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Réf.

: C244 V3

Murs et écrans
Date de publication :
10 mai 2015 de soutènement
Date de dernière validation :
20 juillet 2020

Cet article est issu de : Construction et travaux publics | Mécanique des sols et
géotechnique

par Thomas SIMONNOT, Yann JUILLIÉ

Mots-clés Résumé Cet article présente les différents types d'ouvrages de soutènement (murs
Génie civil | construction poids, murs en sols renforcés et en sols cloués, murs caissons et écrans), ainsi que leurs
routière | construction
méthodes de dimensionnement actualisées selon les normes d'application de l'Eurocode
7 (glissement, renversement, poinçonnement, grand glissement, défaut de butée, massif
d'ancrage). Il fait suite à l'article C242 qui traite plus précisément des forces de poussée
et de butée à l'oeuvre dans ce type de construction.

Keywords Abstract This article describes the different types of retaining structures (gravity walls,
Civil engineering | road MSE, crib walls, embedded walls) and their design methods updated according to the
construction | building
Eurocode 7 standards. It follows upon article C242, which deals more precisely with
strengths of passive and active earth pressures in the work in this type of construction in
civil engineering and building.

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Murs et écrans de soutènement


par Thomas SIMONNOT
Directeur ACCOTEC, Gif-sur-Yvette (France)

et Yann JUILLIÉ
Expert près la Cour d’appel de Paris Gif-sur-Yvette (France)

1. Différents types d’ouvrages de soutènement ........................... C 244v2 – 2


1.1 Cas de poussée reprise par le poids de l’ouvrage de soutènement — 3
1.2 Cas de poussée reprise par encastrement de l’ouvrage
de soutènement dans le sol de fondation ......................................... — 4
1.3 Cas de poussée reprise en totalité ou partie par des ancrages ....... — 4
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2. Dimensionnement des ouvrages de soutènement ................... — 4


2.1 Approche n 2 de l’Eurocode 7 .......................................................... — 4
2.2 Mécanismes de ruine des ouvrages de soutènement ...................... — 6
2.3 Modes de rupture des ouvrages de soutènement ............................ — 6
2.4 Résistance au cisaillement du sol et frottement sol-mur ................. — 7
2.5 Calcul des efforts de poussée ou de butée ....................................... — 10
3. Dimensionnement des murs-poids en maçonnerie ou béton . — 11
3.1 Stabilité externe ................................................................................. — 12
3.2 Stabilité générale du site – Sécurité au grand glissement ............... — 16
4. Murs en sols renforcés et murs en sols cloués......................... — 16
4.1 Fonctionnement du sol renforcé ....................................................... — 17
4.2 Principes du dimensionnement interne des ouvrages en sols
renforcés ............................................................................................. — 17
4.3 Avantages et limitations des murs en sols renforcés ....................... — 18
4.4 Clouage et murs à ancrages multiples .............................................. — 18
5. Murs caissons et batardeaux cellulaires .................................... — 18
5.1 Dimensionnement des murs caissons ............................................... — 19
5.2 Dimensionnement des batardeaux cellulaires fondés
sur le substratum compact ................................................................ — 20
5.3 Dimensionnement des batardeaux cellulaires fondés dans le sable — 23
5.4 Dispositions constructives pour les batardeaux cellulaires ............. — 23
6. Écrans de soutènement ................................................................. — 23
6.1 Différents types d’écran ..................................................................... — 23
6.2 États limites à vérifier ........................................................................ — 24
6.3 Vérification des butées ....................................................................... — 24
6.4 Stabilité du massif d’ancrage ............................................................ — 30
7. Exemples........................................................................................... — 31
7.1 Cas d’un mur de soutènement .......................................................... — 31
7.2 Cas d’un écran de soutènement ........................................................ — 32
8. Conclusion........................................................................................ — 32
9. Glossaire – Définitions................................................................... — 35
Pour en savoir plus.................................................................................. Doc. C 244v2

L e rôle des ouvrages de soutènement est de retenir les massifs de terre.


Il en existe une grande variété se caractérisant par des fonctionnements dif-
férents et conduisant à des études de stabilité interne spécifiques. Les deux
grandes familles d’ouvrages de soutènement sont les murs et les écrans.
Tous ces ouvrages ont en commun la poussée exercée par le massif de sol ou
de roche retenu. Par contre, c’est principalement la manière dont est reprise
cette force de poussée qui différencie les différents types d’ouvrages.

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MURS ET ÉCRANS DE SOUTÈNEMENT –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Après avoir donné une classification des divers ouvrages de soutènement, on


indique pour chaque type les étapes principales de la méthode d’étude de
dimensionnement.
Le principe général du dimensionnement d’un soutènement repose sur les
vérifications suivantes.
Nota : le lecteur trouvera en fin d’article un glossaire des termes et expressions importants utilisés tout au long de l’article.

On distingue donc trois grandes familles d’ouvrages de


1. Différents types d’ouvrages soutènement :
de soutènement – les murs de soutènement : ce sont des ouvrages généralement
fondés superficiellement, dont le poids (incluant parfois une partie
de la masse de sol retenu) joue un rôle prépondérant ;
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– les écrans de soutènement : ce sont des ouvrages minces


Un ouvrage de soutènement peut retenir soit des terres en rem- (acier, béton armé ou bois), retenus ou soutenus par des ancrages,
blai, c’est-à-dire rapportées, soit le terrain en place, en déblai. des butons ou la butée des terres. Leur résistance à la flexion joue
L’effort de poussée exercé par le massif de terre retenu (cf. arti- un rôle important, alors que leur poids est insignifiant ;
cle [C 242]) peut être repris de diverses manières. – les ouvrages en remblai ou sol renforcé : ce sont des ouvrages
Trois modes principaux peuvent être distingués : qui comportent des rangées sensiblement horizontales de renforce-
ments, interposées entre des couches successives du remblai au
– la poussée est reprise par le poids de l’ouvrage de fur et à mesure de la construction de l’ouvrage.
soutènement ;
– la poussée est reprise par encastrement de l’ouvrage de Le tableau 1 montre les différents types d’ouvrages de soutène-
soutènement ; ment classés d’après la distinction précédente, en séparant les
– la poussée est reprise par des ancrages. ouvrages rigides des ouvrages souples ou semi-souples.

Tableau 1 – Classification des ouvrages de soutènement d’après le mode de reprise de la poussée


Mode de reprise
Ouvrages de soutènement
de la poussée

Poids de l’ouvrage

Mur-poids en béton ou maçonnerie Mur en sol renforcé Ouvrage cellulaire

Encastrement

Mur en « T inversé » en béton armé Paroi moulée Palplanches

Ancrage

Mur en béton, ancré Paroi moulée ancrée Rideau ancré

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1.1 Cas de poussée reprise par le poids


de l’ouvrage de soutènement
On distingue 4 familles principales d’ouvrages.

& Murs-poids en béton ou maçonnerie


Barbacanes
Le type d’ouvrage le plus classique et le plus ancien est le mur-
poids en béton ou en maçonnerie (figure 1). Ce sont des ouvrages
rigides qui ne peuvent supporter sans dommages des tassements
différentiels supérieurs à quelques pour-mille.

& Murs en sols renforcés


Les murs en sols renforcés (figure 2), dans lesquels le sol est a mur en béton b mur en maçonnerie
renforcé par des inclusions souples résistant à la traction (géosyn-
thétiques, armatures métalliques), sont des ouvrages souples qui Figure 1 – Murs poids
supportent les tassements différentiels du sol de fondation.
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a ouvrage à b ouvrage à c culée porteuse d culée mixte


parement vertical parement incliné

e ouvrage avec parement f ouvrage avec parement g ouvrage avec parement


d’éléments de hauteur partielle de blocs modulaires semi-elliptique en acier

h ouvrage avec parement i ouvrage à parement à fruit avec j ouvrage à parement vertical
constitué de gabions retours de nappe avec retours de nappe et écran
désolidarisé

Figure 2 – Murs en sol renforcé

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MURS ET ÉCRANS DE SOUTÈNEMENT –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

& Murs en gabions


Les murs en gabions (figure 3), dans lesquels le sol est renforcé
par des inclusions souples résistant à la traction (géosynthétiques,
armatures métalliques), sont des ouvrages souples qui supportent
les tassements différentiels du sol de fondation.
Géodrain
& Ouvrages cellulaires
Les ouvrages cellulaires (figure 4) sont très variés et le type le
plus ancien est le mur caisson en éléments préfabriqués.
Remblai drainant
Dans les travaux maritimes, par exemple, on utilise pour la cons- Gabion
truction des quais de grands batardeaux cellulaires en palplanches
métalliques ou de grands caissons en béton armé.
Géotextile anti-contaminant
Dans un ouvrage cellulaire, la cellule est remplie de sol et
l’ensemble forme un ouvrage qui peut être, dans certains cas, très
souple.
Drain de collecte
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1.2 Cas de poussée reprise


par encastrement de l’ouvrage Figure 3 – Mur en gabions

de soutènement dans le sol


de fondation
Décalage
Parmi les ouvrages de ce type, on citera 2 types de murs et de
parois.
& Mur en « L » ou « T inversé » en béton armé (ou mur cantilever)
Le mur en « L » ou en « T inversé » en béton armé (ou mur canti- q - Angle de pose
lever) qui, doté d’une base élargie et encastrée à la partie supé-
rieure du sol de fondation, fonctionne en faisant participer à
l’action de soutènement une partie du poids du remblai. Ce type
de mur peut d’ailleurs être considéré comme un ouvrage poids si
l’on y inclut le poids du remblai compris entre le mur et la verticale
passant par l’extrémité arrière de la semelle (figure 5). Figure 4 – Mur cellulaire
Les murs cantilever en béton armé sont également des ouvrages
rigides. Il existe également des techniques d’ouvrages en déblai où la
poussée des terres est totalement reprise par des ancrages précon-
& Écrans en parois auto-stables traints. C’est le cas des murs épinglés construits par excavations
Les écrans en parois auto-stables (figure 6) comprennent par successives de 2 m de hauteur environ, avec coulage d’éléments
exemple : verticaux en béton armé et mise en place d’ancrages précontraints
(figure 8b).
– les parois moulées, technique qui consiste à construire un mur
au sein du sol en place, avant toute excavation, par bétonnage
d’une tranchée remplie de boue pour en assurer la stabilité. Cette
technique est particulièrement utilisée pour les travaux sous la
nappe, en zones urbaine et portuaire. Une paroi moulée fonctionne 2. Dimensionnement
par encastrement total ou partiel dans le sol de fondation ;
– les rideaux de palplanches, encastrés dans le sol de fondation :
des ouvrages
ce sont des ouvrages de soutènement flexibles, où l’interaction
structure-remblai a une influence prépondérante sur le comporte-
de soutènement
ment de l’ouvrage ;
– les parois composites, réalisées à partir de pieux forés sécants.
2.1 Approche n 2 de l’Eurocode 7
1.3 Cas de poussée reprise en totalité Dimensionner un ouvrage de soutènement consiste à déterminer
ses éléments géométriques et ses éléments structuraux pour qu’il
ou partie par des ancrages soit stable sous l’action des forces qui lui sont appliquées et
Dans les ouvrages de soutènement en déblai, l’effort de poussée notamment de la poussée des terres qu’il retient.
est fréquemment repris en partie ou en totalité par des ancrages La plupart des méthodes de dimensionnement reposent sur des
(figure 7). C’est le cas notamment des rideaux des parois moulées calculs à la rupture avec la prise en compte de coefficients de sécu-
et des écrans composites de type berlinoise ou assimilé (lutétienne, rité. Dans le cas des parois souples ou semi-flexibles ancrées, telles
parisienne, moscovite). que les rideaux de palplanches et les parois moulées, il est courant
À la différence d’une paroi moulée, une paroi berlinoise est réali- de dimensionner l’ouvrage par un calcul en déformation à partir de
sée à partir de poteaux placés préalablement dans le sol en place. la méthode aux coefficients de réaction, qui consiste à assimiler la
Au fur et à mesure de l’excavation, on vient placer entre les paroi retenant le sol à une poutre sur un appui élasto-plastique
poteaux des éléments de soutènement soit préfabriqués (poutres, continu.
plaques), soit coulés en place, et l’on reprend la poussée des terres Avec l’application de l’Eurocode 7, le calcul des ouvrages de sou-
par des ancrages précontraints fixés sur les poteaux (figure 8a). tènement est réalisé en justifiant la résistance structurale de

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Voile

Patin
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a mur avec contreforts intérieurs b mur avec contreforts extérieurs

Figure 5 – Murs « L » ou « T inversé »

1
h

2
f

1 Terrain naturel

2 Terrain excavé

3 Terrain en place

Figure 6 – Paroi auto-stable ou « en console » Figure 7 – Paroi ancrée

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39,40 NGF

N
640 k

T
80 0 kN
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3,80 m

kN
00
13
15,80 m

P Poteau A Ancrages précontraints


T Tête d’ancrage de tirant précontraint P Poutre
NGF Nivellement général de la France

a paroi berlinoise b mur épinglé de 35 m de hauteur


construit à Monaco

Figure 8 – Écrans partiellement ou totalement ancrés

l’ouvrage (STR) et la résistance du terrain (GEO) selon l’approche – instabilité générale (grand glissement) ;
de calcul n 2 définie par l’Eurocode, qui consiste à appliquer les – rupture interne du mur (insuffisance de résistance structurale).
coefficients de sécurité partiels aux actions ou leurs effets et aux
résistances (et non pas aux propriétés du terrain).
2.3 Modes de rupture des ouvrages
de soutènement
2.2 Mécanismes de ruine des ouvrages
de soutènement & Pour les murs de soutènement
Cinq modes de rupture, illustrés à la figure 9, peuvent être
Il convient de distinguer les murs de soutènement et les écrans rencontrés :
de soutènement qui ont des mécanismes de ruine communs et
différents. – le glissement de l’ouvrage sur sa base (figure 9a) ;
– le renversement de l’ouvrage (figure 9b) ;
& Pour les écrans de soutènement – le poinçonnement du sol de fondation, ou défaut de portance
Les risques de ruine à prendre en considération sont : (figure 9c) ;
– le grand glissement englobant l’ouvrage (figure 9d) ;
– l’insuffisance de résistance du terrain (défaut de butée en pied, – la rupture des éléments structuraux de l’ouvrage (figure 9e).
de capacité portante, de butée en tête, de soulèvement du fond de
fouille, etc.) ; Les quatre premiers types de rupture sont relatifs à l’instabilité
– l’insuffisance de résistance de la structure de l’écran ; externe de l’ouvrage, la rupture des éléments structuraux consti-
– l’instabilité d’ensemble ; tuant l’instabilité interne.
– l’instabilité du massif d’ancrage (ancrage trop proche de l’écran) ;
& Pour les écrans de soutènement
– l’annulation de la butée du terrain en pied de l’écran par écou-
lements et pressions d’eau (boulance, érosion). On peut rencontrer sept états limites ultimes :
& Pour les murs – défaut de butée (figure 10) ;
– rupture par insuffisance structurale de l’écran (figure 11) ;
Il convient de considérer la ruine par : – défaut de capacité portante (figure 12) ;
– défaut de capacité portante du sol de fondation (poinçonne- – rupture d’un appui (buton ou tirant – figure 13) ;
ment ou rotation excessive) ; – instabilité hydraulique (figure 14) ;
– glissement du mur sur sa base (insuffisance de résistance – instabilité du massif d’ancrage (figure 15) ;
mobilisable) ; – instabilité d’ensemble (grand glissement – figure 16).

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a b c
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d e

Figure 9 – Modes de rupture des murs de soutènement

L’étude de la stabilité externe d’un ouvrage de soutènement fait Pour le calcul des efforts de poussée ou de butée d’un sol non
appel à des concepts et à des méthodes de calcul qui sont com- saturé, on prendra généralement la résistance effective (c′, j ′)
muns à l’ensemble des ouvrages. Nous ne les détaillerons que mesurée sur le sol saturé.
dans le cas des murs en béton ou en maçonnerie. Dans le cas d’un sol fin saturé (limon, argile), il sera parfois
Par contre, l’étude de la stabilité interne est assez spécifique à nécessaire de faire deux calculs, l’un à court terme correspondant
chaque type d’ouvrage. Nous l’expliciterons systématiquement, aux conditions juste après la construction, l’autre à long terme cor-
sauf dans le cas des murs poids en béton ou en maçonnerie où respondant aux conditions dans lesquelles les surpressions inter-
cette étude relève des calculs classiques de béton. stitielles se sont dissipées, soit quelques semaines à quelques
mois après la construction. C’est le cas des parois exécutées dans
le sol en place avec excavation. Cependant, l’expérience montre
2.4 Résistance au cisaillement du sol que c’est le calcul à long terme et en contraintes effectives (c′, j ′)
qui est le plus défavorable, aussi se contente-t-on souvent de ce
et frottement sol-mur seul calcul.

2.4.1 Paramètres de résistance au cisaillement Remarque


Il convient d’être prudent sur la prise en compte de la cohésion
La résistance au cisaillement du sol est l’un des paramètres les
effective c′ dans le cas des sols saturés. On la néglige souvent
plus importants dans l’étude de la stabilité d’un ouvrage de sou- dans le calcul de la poussée considérant qu’elle peut être faci-
tènement. En dehors des sols pulvérulents où seul intervient lement détruite sous l’effet, notamment, des déplacements de
l’angle de frottement interne j, les sols comportant une partie l’ouvrage.
notable de fines ont une résistance au cisaillement dépendant à
la fois de leur état de saturation et de la rapidité de la sollicitation
de cisaillement. Pour un sol fin saturé, la résistance à court terme 2.4.2 Frottement sol-mur
est caractérisée par la seule cohésion non drainée cu, l’angle de
frottement étant alors nul (j u = 0). Par contre, la résistance effec- L’angle de frottement d entre le sol et le parement arrière du mur
tive ou à long terme est caractérisée par deux paramètres : c′ la dépend des facteurs suivants :
cohésion effective et j ′ l’angle de frottement interne effectif (cf. – la rugosité du parement ;
article [C 216]). – l’angle de frottement interne du sol j ;

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a basculement autour d’un centre de rotation situé


sous le fond de fouille (écran non ancré)
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b basculement autour d’un appui en tête c basculement autour d’un appui en pied

Figure 10 – Défaut de butée

a écran non ancré (en console) b écran avec un appui en tête c écran avec plusieurs niveaux d’appuis

Figure 11 – Insuffisance structurale de l’écran

– le tassement relatif entre le mur et le sol ; Lorsque l’ouvrage de soutènement a tendance à tasser plus que
– l’inclinaison de la surface. le sol retenu, ce qui est le cas, par exemple, d’un mur plaqué contre
un talus de déblai, l’angle d est alors négatif. Le tassement relatif
En première approximation, on peut déterminer cet angle de frot- entre le sol et le mur joue ainsi un rôle important.
tement en fonction de l’état de surface du parement, comme il est
Dans tous les cas courants de murs rugueux en béton ou en
indiqué dans le tableau 2.
maçonnerie, la valeur de 2/3 j est celle à retenir.

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Tableau 2 – Angle de frottement sol-mur en fonction


de l’état de surface du parement

Angle de frottement
État de surface du parement
sol-mur

Surfaces très lisses ou lubrifiées d=0

Surface peu rugueuse


d = 1/3 j
(béton lisse, béton traité)

Surface rugueuse
d = 2/3 j
(béton, béton projeté, maçonnerie, acier)

Murs caissons δ ≥ 2/3 ϕ

Parements fictifs inclinés des murs


d=j
cantilever (figure 1)
Figure 12 – Défaut de capacité portante
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a rupture d’un tirant d’ancrage b rupture d’un buton

c arrachement d’un tirant d’ancrage

Figure 13 – Rupture d’un appui

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2.5 Calcul des efforts de poussée Ainsi, lorsqu’il n’y a pas possibilité de déplacement d’un mur de
soutènement, comme cela est le cas pour les murs latéraux d’un
ou de butée pont cadre, la force de poussée doit être calculée avec le coefficient
de pression des terres au repos K0 et non avec le coefficient de
Le calcul des efforts de poussée ou de butée dans les ouvrages poussée Ka.
de soutènement doit tenir compte des paramètres et des facteurs
suivants : D’une façon générale, le calcul de la force de poussée ou de
butée doit tenir compte de l’amplitude et de la direction du mouve-
– le poids volumique du sol ; ment relatif de l’ouvrage par rapport au sol. On admet que, pour
– la résistance au cisaillement du sol ; atteindre les états de poussée et de butée limites dans des sables
– le frottement entre le sol et l’ouvrage ; moyennement denses et dans des sols fins normalement consoli-
– l’inclinaison de la surface du sol à l’amont et à l’aval de dés (avec un indice de consistance IC compris entre 0,75 et 1,00), il
l’ouvrage ; faut des mouvements tels qu’indiqués au tableau 3.
– les déformations et déplacements relatifs de l’ouvrage par rap-
port au sol ;
– la présence d’une nappe d’eau ; Tableau 3 – Mouvements pour mobiliser la poussée
– les surcharges à la surface du sol. ou la butée limite

Les méthodes permettant de déterminer les forces de poussée et Poussée Butée


de butée exercées sur un ouvrage de soutènement ont été expo-
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sées dans l’article [C 242]. Déplacement Rotation q Déplacement Rotation q


Même si l’étude de la stabilité externe des ouvrages de soutène-
ment repose sur des méthodes de calcul à la rupture, la poussée ou arctan 0,100
la butée calculée tient compte des déformations de service de (rotation autour
arctan 0,002
du pied)
l’ouvrage. 0,001 H (rotation autour 0,05 D
arctan 0,020
du pied)
(rotation autour
1 de la tête)

H : hauteur totale de l’ouvrage, fiche comprise.


D : fiche de l’ouvrage dans le sol de fondation.
2

1 Niveau de l’excavation (gauche)


1 Niveau de la nappe (droite)
2 Eau
3 Sable

Figure 14 – Instabilité hydraulique Figure 15 – Instabilité du massif d’ancrage

1 2

a surface de rupture non circulaire b surface de rupture circulaire

Figure 16 – Instabilité au grand glissement

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Pour des sols granulaires très denses et des sols fins très surcon- & Dimensionnement
solidés (IC > 1,00), des mouvements plus faibles sont suffisants Dimensionner un mur consiste à déterminer sa géométrie et sa
pour mobiliser, soit la poussée limite, soit la butée limite. structure (ferraillage pour un mur en béton armé) pour qu’il soit
stable sous l’action des forces suivantes (figure 18) :
– le poids du mur W ;
– la force de poussée Pa ;
3. Dimensionnement – la force de butée à l’aval Pp ;
– la réaction du sol sous la fondation R.
des murs-poids
Le dimensionnement comporte les étapes suivantes en ce qui
en maçonnerie ou béton concerne la stabilité externe :
– calcul des efforts de poussée et de butée ;
– sécurité vis-à-vis d’un glissement sur la base du mur ;
On distingue essentiellement les murs-poids et les murs cantile- – sécurité au renversement ;
ver simples ou avec des contreforts pour augmenter leur résistance – sécurité vis-à-vis d’une rupture du sol de fondation ;
structurale (figure 17). – sécurité vis-à-vis d’un grand glissement englobant le mur.
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Pa

II ϕ

Pa

δ= 2 β
3

Contrefort

Figure 17 – Murs cantilever en béton armé, simples et avec contreforts

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MURS ET ÉCRANS DE SOUTÈNEMENT –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

3.1 Stabilité externe


3.1.1 Sécurité vis-à-vis d’un glissement sur la base
du mur
Pour vérifier que la sécurité aux ELU est suffisante vis-à-vis de la
rupture par glissement sur le terrain, il convient de s’assurer que :

Hd ≤ Rh + Rp
Pa
H avec Hd charge horizontale mobilisatrice du glissement,
δ
Rh résistance au glissement de la fondation du
W mur,
Rp résistance frontale ou tangentielle de la fonda-
tion sous l’effet de Hd.
D
Pp Plus précisément
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R & Résistance au glissement

 En conditions non drainées :

Pa Force de poussée ⎧⎪ A ′Cu ⎫⎪ ⎧ A ′Cu ⎫


Rh = min ⎨ ; 0,4Vd ⎬ = min ⎨ ; 0,4Vd ⎬
Pp Force de butée γ γ
⎩⎪ R;h R;d;h ⎭⎪ , × 0,9
⎩11 ⎭
R Réaction du sol sous la fondation
avec A′ surface effective de la base de la fondation du
W Poids du mur
⎡ e⎤
mur = A ⎢1 − 2 ⎥,
⎣ B⎦
Figure 18 – Forces s’exerçant sur un mur-poids
Cu cohésion non drainée du terrain d’assise de la
En premier lieu, il convient de vérifier que les déplacements du fondation,
mur sont suffisants pour mobiliser la poussée ou la butée (cf. Vd charge totale verticale transmise par la fonda-
article [C 242]). tion du mur,
La force de poussée doit, par ailleurs, être calculée en fonction g R;h et g R;d;h coefficients de sécurité partiel Eurocode 7.
des conditions hydrauliques probables les plus défavorables der-
rière le mur.
 En conditions drainées :

Vd tan δ V tan δ
Remarque Rh = = d
γ R;h γ R;d;h 11
, × 0,9
Il faut savoir qu’un remblai horizontal totalement saturé d’eau
pousse environ 2,5 fois plus que le même remblai sec. avec d angle de frottement entre la base de la fonda-
tion du mur et le terrain,

Il est donc nécessaire d’éviter toute saturation du remblai et de d 2/3j en général,


toujours assurer un bon drainage à l’arrière d’un mur de façon à Vd charge effective verticale transmise par la fon-
diminuer, autant que faire se peut, l’effet de l’eau sur la force de dation du mur,
poussée exercée.
g R;h et g R;d;h coefficients de sécurité partiel Eurocode 7.

& Choix d’un dispositif de drainage


& Résistance tangentielle : butée des terres devant la partie ancrée
Parmi les dispositifs de drainage couramment adoptés, on distin- du mur, généralement négligée par sécurité.
gue (figure 19) :
– les barbacanes, qui sont des tubes légèrement inclinés vers 3.1.2 Sécurité vis-à-vis de la portance du sol
l’aval et traversant le mur, ce qui permet à l’eau située derrière le
mur d’être évacuée ; La ruine par défaut de capacité portante du sol d’ancrage de la
fondation du mur se traduit par un poinçonnement du sol support
– le filtre placé à l’arrière du mur, soit directement contre le pare-
ou une rotation excessive avec renversement.
ment vertical, soit sur le terrain naturel en pente. Lorsque la pente
À l’ELU, et pour toutes les combinaisons de charge, il convient de
⎛ π ϕ′⎞
du talus naturel est plus faible que tan ⎜ + ⎟ , où j ′ est l’angle démontrer que :
⎝4 2 ⎠
de frottement interne du sol, la mise en place d’un filtre sur ce Vd − R0 ≤ Rv
talus empêche le coin de Coulomb d’intercepter la nappe et élimine
complètement son effet sur la poussée exercée sur le mur. avec Vd charge verticale transmise par le mur au ter-
rain,
Lorsque la géométrie du parement du mur, du côté du remblai,
R0 poids du volume de sol (figure 21),
est complexe, on utilise pour évaluer la force de poussée un pare-
ment fictif qui englobe une partie du remblai (figures 17 et 20). Rv résistance nette du terrain sous le mur.

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Filtre

Nappe

Remblai

Barbacanes
Sol
naturel
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Filtre

Nappe
Remblai

Sol
naturel

Figure 19 – Dispositifs de drainage derrière un mur

Pour le calcul de la résistance du sol Rv, on peut utiliser les qua- & À partir des essais pénétrométriques :
tre méthodes suivantes (voir article [C 246]).
A ′ qnet A ′ qnet A′
& À partir des essais pressiométriques : Rv = = = ⎡K c qce i δ iβ ⎤
γ R;v γ R;d;v 1,4 × 10
, 1,4 ⎣ ⎦

A ′ qnet A ′ qnet A ′
Rv = = = ⎡k p ple
* i i ⎤
1,4 ⎣
δ β⎦
γ R;v γ R;d;v 1,4 × 10
,
avec A′ surface effective de la base de la fondation du
avec A′ surface effective de la base de la fondation du ⎡ e⎤
mur = A ⎢1 − 2 ⎥,
⎡ e⎤ ⎣ B⎦
mur = A ⎢1 − 2 ⎥,
⎣ B⎦
kc facteur de portance pénétrométrique,
kp facteur de portance pressiométrique,
qce résistance de pointe équivalente,
p *le pression limite nette équivalente,
id coefficient réducteur lié à l’inclinaison de la id coefficient réducteur lié à l’inclinaison de la
charge, charge,
ib coefficient réducteur lié à la proximité d’un ib coefficient réducteur lié à la proximité d’un
talus. talus.

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b 0
b

F d
Hv d

B
Bl
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b mur à redans

a mur en T b

F
l d

c mur monolithique

β β

F
λ

δ
F

e mur en gabions
d mur cellulaire

Figure 20 – Parement fictif utilisé pour la détermination de l’effort de poussée sur un mur-poids

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Matériaux
remblayés et
Mur de compactés
soutènement

Profil du
terrain initial

Profil du
terrain final

Profil du terrain lors des


travaux de terrassement
nécessaires à la réalisation
Surface de la fondation
A du mur de soutènement
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Volume de terrain à
considérer pour le
calcul de R0

Figure 21 – Exemple de calcul de R0

& À partir des valeurs de cisaillement en conditions non drainées :

A ′ qnet A ′ qnet A′
Rv = = = ⎡( π + 2) cu bc sc i c + q ⎤⎦
γ R;v γ R;d;v 1,4 × 10
, 1,4 ⎣

avec A′ surface effective de la base de la fondation du


mur,
cu cohésion non drainée du sol d’assise de la fon-
dation,
Pa
bc sc ic coefficients de base inclinée, de forme et d’in-
clinaison de la charge,
W
q pression de surcharge au niveau de la base de d2
la fondation.
A
& À partir des valeurs de cisaillement en conditions drainées : d1

A Arête extérieure
A ′ qnet A ′ qnet Pa
Rv = = Force de poussée tendant à renverser le mur autour de A
γ R;v γ R;d;v 1,4 × 1,7 W Poids du mur

Figure 22 – Sécurité au renversement


A′
Rv = ⎡c ′N cbc sc ic + q0′ N qbqsqi q + qN cbc sc i c + 0,5γ ′B ′N γ bγ s γ i γ ⎤
2,38 ⎣ ⎦ 3.1.3 Sécurité au renversement
La sécurité au renversement d’un mur traduit son équilibre sta-
avec A′ surface effective de la base de la fondation du tique par rapport au moment des forces exercées. Le coefficient de
⎡ e⎤ sécurité est calculé en considérant l’équilibre limite, généralement
mur = A ⎢1 − 2 ⎥,
⎣ B⎦ lorsque le mur se renverse autour de son arête extérieure.
c′ cohésion effective du sol d’assise de la fondation, Au-dessus de la base, le mur est sollicité par deux types de for-
ces (figure 22) :
Nc Nq Ng facteurs de capacité portante, fonctions de l’an-
gle de frottement interne effectif j ′, – des forces qui tendent à renverser le mur autour de son arête
extérieure ; principalement la force de poussée ;
g′ poids volumique effectif du sol, – des forces qui tendent à stabiliser le mur autour de cette arête ;
q′0 contrainte effective à la base de la fondation, principalement le poids du mur.
bc bq bg coefficients de base inclinée, Si M1 et M2 sont les moments de ces forces autour de l’arête
extérieure, on définit le coefficient de sécurité au renversement F R
s c sq sg coefficients de forme,
par le rapport de ces deux moments :
ic iq ig coefficients d’inclinaison de la charge,
M2 W d1
q pression de surcharge au niveau de la base de FR = =
M1 Pa d 2
la fondation.

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La valeur de F R doit être supérieure ou égale à 1,5.


Il convient également de vérifier que la limitation de l’excentre-
ment suivante est vérifiée :

2e 1
1− ≥
B 15

On utilise aussi parfois la règle du tiers central, qui consiste à Pa


s’assurer que la réaction R sur la base passe dans le tiers central
de la semelle de fondation (figure 23). Cette règle équivaut à ce
que, dans une distribution linéaire des contraintes verticales sous
la semelle, aucune zone de cette semelle ne soit décomprimée.
Vis-à-vis de la sécurité au renversement, la règle du tiers central
est plus sévère que la méthode du rapport des moments ; elle cor-
respond à une valeur de F R supérieure à 2 et voisine de 3 selon les B/3 B/3
cas. Lorsque le mur est fondé sur un terrain résistant, on peut W
admettre que la réaction sur la base soit en dehors du tiers central.
R
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3.2 Stabilité générale du site – Sécurité


B Largeur de la semelle
au grand glissement
Il y a rupture du mur par grand glissement lorsque la partie du Figure 23 – Règle du tiers central pour le calcul de la sécurité
massif de sol qui glisse englobe le mur, la surface de rupture pas- au renversement
sant alors à l’arrière du mur (figure 24).
Le coefficient de sécurité correspondant est défini comme le rap-
0
port du moment des forces motrices (forces de pesanteur) au
moment des forces résistantes mobilisables le long de la surface
de rupture.
On utilise, en général, des surfaces de rupture cylindriques, à
section circulaire, et l’on détermine par un calcul systématique, le i
plus souvent fait à l’aide de logiciels adéquats (TALREN, GEOS-
TAB…), la valeur minimale du coefficient de sécurité et la position Vi-1 Hi
du cercle de rupture correspondant.
Vi
La méthode la plus fréquemment utilisée est la méthode des Hi-1 Wi
tranches de Bishop (cf. article [C 254]).
La valeur du coefficient de sécurité doit être supérieure ou égale
à 1,5. Ni
Ti

4. Murs en sols renforcés Vi et Hi Forces verticale et horizontale s’exerçant sur la tranche i

et murs en sols cloués

Le sol renforcé constituant l’ouvrage de soutènement (figure 25)


est un matériau résultant de l’association d’un sol de remblai et
βt

1
d’armatures métalliques sous forme de bandes, généralement en
1
acier galvanisé ou de géosynthétiques. On l’appelle aussi mur en
h

« terre armée ». 2
Lorsque le massif sol renforcé est sollicité, les armatures, par le
3
biais du frottement, se mettent en traction et apportent au sol une 4
cohésion anisotrope. Les principaux avantages de ce matériau sont
βp

d’être souple et déformable, donc peu sensible aux tassements du


sol de fondation, et économique. Les ouvrages réalisés avec ce
matériau sont de trois types :
a ouvrage en remblai renforcé b massif en sol cloué
– murs de soutènement ;
– culées de pont ;
– radiers de fondation. 1 Parement 3 Renforcement
2 Remblai 4 Clou
Le parement de l’ouvrage, ou peau, est généralement constitué
d’écailles de béton cruciformes. La peau ne joue qu’un rôle local :
celui d’empêcher la terre de s’écouler entre les armatures. Figure 25 – Ouvrage en sols renforcés

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L’étude du dimensionnement d’un mur de soutènement en sol


renforcé comporte deux parties : T
H/3
– le dimensionnement interne, spécifique au sol renforcé, qui
comporte notamment le dimensionnement des lits d’armatures ; Zone
– le dimensionnement externe, reposant sur les mêmes principes active TM (τ = 0)
que le dimensionnement des murs-poids en maçonnerie ou en Zone
béton. résistante

On donne au § 4.1 quelques indications sur le dimensionnement


interne. τ τ
H R

4.1 Fonctionnement du sol renforcé ΔH

Des expérimentations sur ouvrages réels et des modélisations H/2


numériques ont permis d’expliquer le mécanisme de fonctionne- Ligne des tractions maximales TM
ment d’un massif en terre armée, en précisant la répartition des
efforts de traction le long des armatures. La figure 26 schématise Ligne schématisée des tractions maximales
cette répartition.
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On constate que :
T
– l’effort de traction présente un maximum TM qui n’est pas à
l’aplomb du parement ; la peau joue donc mécaniquement un rôle T T + dT
beaucoup moins important que les armatures, son action est
locale ;
– les points de traction maximale sont situés sur une courbe dl
assez proche du parement et verticale en tête ;
– la composante tangentielle de la contrainte exercée par le sol R Remblai
T Effort de traction le long des armatures
sur chaque face de l’armature étant égale à : TM Effort de traction maximal
t Composante tangentielle de la contrainte exercée par le sol sur
dT 1 chaque face de l`armature
τ=
dl 2b
Figure 26 – Répartition des tractions dans les armatures d’un mur
avec b largeur de l’armature, en sol renforcé
l abscisse sur l’armature,
qu’elle est inférieure ou égale à la résistance au frottement de
T effort de traction dans l’armature. l’armature dans la zone résistante, soit :

Les points de traction maximale permettent de séparer deux 1 1 La


Tmax ≤ Rf = τmax PsL a ≤ ∫ μ * σ v (x )2b dx
zones dans le massif : γM F2 0
– une première zone située près du parement, dans laquelle, la
contrainte tangentielle étant dirigée vers le parement, la terre a ten- avec gM coefficient de sécurité partiel,
dance à entraı̂ner les armatures : c’est la zone active ;
t max contrainte maximale de cisaillement mobili-
– une seconde zone dans laquelle, la contrainte tangentielle étant sable,
dirigée vers l’intérieur, le sol a tendance à retenir les armatures :
c’est la zone résistante. b et e largeur et épaisseur de l’armature,
La longueur de l’armature dans la zone résistante,
C’est en assurant une liaison mécanique entre zone active et
zone résistante que les armatures permettent au mur en sol ren- sv contrainte verticale de pression des terres,
forcé de fonctionner. m* coefficient de frottement apparent entre le sol
Le phénomène essentiel dans le sol renforcé est le frottement entre et l’armature.
le sol et l’armature. Celui-ci doit avoir une valeur suffisante, ce qui
impose l’utilisation d’un remblai frottant (c’est-à-dire ne contenant La traction maximale Tmax dans chaque armature est calculée à
pas plus de 15 % en poids d’éléments inférieurs à 15 mm). partir de la contrainte verticale s v(z) s’exerçant à la profondeur z
par la formule :

4.2 Principes du dimensionnement 1


Tmax = K σv s
interne des ouvrages en sols N
renforcés avec N nombre d’armatures par mètre linéaire dans le
lit d’armatures considéré,
Le calcul des armatures, à placer de façon régulièrement espacée
en hauteur (DH = 37,5 cm - valeur usuelle courante), repose sur la s espacement vertical constant des lits de renfor-
considération de la ligne des tractions maximales. Deux critères sont cement (de 0,2 à 0,8 m),
utilisés, qui correspondent chacun à un mode de rupture de ces murs : K coefficient semi-expérimental variant de K0 en
– la rupture par cassure des armatures ; tête des murs jusqu’à Ka dans le bas, comme
– la rupture par manque de frottement dans la zone résistante, indiqué à la figure 27a.
dite « rupture par défaut d’adhérence ».
La contrainte verticale s v est calculée en tenant compte de la force
On écrit, d’une part, que la traction maximale Tmax est inférieure de poussée exercée à l’arrière du mur en sols renforcés. C’est la répar-
ou égale à la résistance en traction de l’armature, d’autre part tition de Meyerhof qui est la plus fréquemment utilisée.

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4.4 Clouage et murs à ancrages multiples


0 Ka K0 K 0 tan ϕ μ*= 1,5 μ*
0
& Clouage
La technique du clouage consiste à réaliser un mur de soutène-
ment d’excavation en utilisant le sol en place et en y incluant au
fur et à mesure du terrassement, des barres passives subhorizonta-
les travaillant essentiellement à la traction, comme les barres en
6 6 sols renforcés. Ces barres peuvent être, soit battues, soit scellées
au coulis de ciment dans des forages. Le parement, vertical ou
incliné, est généralement constitué d’un béton projeté armé dont
le rôle local est de retenir la terre entre les barres.

On appelle les barres, des clous, et l’ouvrage de soutènement


z(m) z(m) ainsi obtenu, un mur en sol cloué.
a b
La figure 28 montre la coupe d’un mur en sol cloué de 16 m de
Figure 27 – Variation, en fonction de la profondeur, du coefficient K hauteur.
et du coefficient de frottement apparent
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La construction d’un mur en sol cloué se fait par phases succes-


sives comme l’indique la figure 29. Il y a tout d’abord la phase de
terrassement ou d’excavation que l’on exécute sur 1 à 2 m de pro-
Phases d’excavation fondeur, ce qui requiert l’existence d’une légère cohésion à court
terme dans le sol (dans le cas des Sables de Fontainebleau, une
Barres scellées
12 m
cohésion de 5 kPa est suffisante pour assurer la stabilité de phases
d’excavation de 1 m de hauteur). Puis, l’on procède à la mise en
place des clous comme indiqué précédemment. Ensuite, on réalise
le parement, lequel est souvent un béton projeté, armé par un treil-
1 lis soudé. On recommence alors une phase de terrassement, et
Maillage 2 x 2 m ainsi de suite.
16 m Compétitivité et rapidité d’exécution sont les deux avantages
11 m 10
principaux du clouage. Cette technique ne peut être utilisée que
Moraines hors nappe et requiert à la fois une légère cohésion à court terme
et une bonne valeur du frottement interne du sol en place
Béton projeté armé considéré.
Le mode de fonctionnement d’un mur en sol cloué est assez
similaire à celui d’un mur en sols renforcés avec des contraintes
de cisaillement le long des barres permettant de séparer une zone
Figure 28 – Mur de soutènement en sol cloué active proche du parement et une zone résistante à l’arrière.
Le calcul de ces ouvrages se fait par des méthodes de calcul à la
Le coefficient de frottement apparent m* est sensiblement diffé- rupture à l’aide de logiciels utilisant la méthode des tranches et
rent du coefficient de frottement réel m dont la valeur maximale analysant la stabilité vis-à-vis de surfaces de rupture potentielles.
est tan j. Il intègre en effet l’aspect tridimensionnel du frottement La figure 30 montre le calcul d’un ouvrage en sol cloué réalisé à
sol-armature et le fait que la contrainte normale s qui s’exerce sur l’aide du programme Talren. On fait généralement travailler les bar-
l’armature peut varier fortement avec l’augmentation de la res à une contrainte ne dépassant pas la limite élastique, et l’on
contrainte de cisaillement. Il en résulte que le coefficient m* dimi- prend vis-à-vis du frottement sol-clou et de la résistance au cisaille-
nue généralement avec la profondeur et, dans le cas des armatures ment du sol, un coefficient de sécurité de 1,5.
nervurées classiquement utilisées dans la technique des remblais
& Murs à encrages multiples
en sols renforcés, cette variation est présentée à la figure 27b.
Les murs à ancrages multiples, construits en remblai ou en
Le coefficient de sécurité g M vis-à-vis de la rupture des armatures
déblai se différencient des murs en sols renforcés et du clouage
est implicitement déterminé en faisant travailler l’acier à sa limite
en ce sens que l’interaction entre le sol et le tirant d’ancrage est
élastique. On adopte, par ailleurs, vis-à-vis de la rupture par défaut localisée à l’extrémité libre du tirant, dans la zone de l’ancrage
d’adhérence, un coefficient de sécurité égal à 1,25 aux ELU. généralement constitué, soit d’un corps mort (ouvrage en remblai),
soit d’un bulbe de scellement au coulis injecté (ouvrage en déblai).
Le dimensionnement des murs à ancrages multiples se fait par
4.3 Avantages et limitations des murs des méthodes de calcul à la rupture et de logiciels comme le pro-
en sols renforcés gramme Talren.

Les avantages de la technique en sols renforcés sont les


suivantes :
– rapidité d’exécution ; 5. Murs caissons
– murs souples pouvant supporter sans dommage des tasse-
ments différentiels importants ; et batardeaux cellulaires
– construction ne nécessitant qu’un matériel très léger ;
– coût compétitif.
Les murs caissons sont constitués par un assemblage d’éléments
La principale limitation à l’utilisation de cette technique est la structuraux préfabriqués en béton armé ou en acier (figure 31), for-
qualité du remblai, qui doit être frottant (matériau granulaire). mant une série de cellules sans fond et remplies de terre appelées

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a déblaiement du terrain b mise en place des clous


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c confection du parement d nouveau terrassement

Figure 29 – Phases d’exécution d’un mur en sol cloué

caissons. Ce type de mur est très ancien et a été utilisé pendant des possible, une risberme du côté où elles ne sont pas chargées, afin
siècles dans les Alpes autrichiennes avec des éléments en bois d’améliorer la stabilité du batardeau (figure 34).
(troncs d’arbre). Le dimensionnement des batardeaux cellulaires est encore
Compétitivité, rapidité et facilité d’exécution sont les principaux essentiellement empirique. La méthode le plus couramment utili-
avantages de ces murs caissons. Ils sont, par contre, limités en sée est celle de Terzaghi, qui distingue les batardeaux fondés sur
hauteur à cause de leur élancement et l’un des facteurs les plus le rocher et ceux fondés dans le sable.
importants reste leurs déplacements latéraux.

À titre d’exemple, un mur caisson vertical à éléments préfabriqués 5.1 Dimensionnement des murs caissons
en béton subit un déplacement latéral maximal, situé à mi-hauteur du
mur, égal à 2 % de la hauteur totale lorsque le mur est construit en Le dimensionnement d’un mur caisson se fait en considérant que
même temps que le remblai et à 5 % de la hauteur totale lorsque le le mur se comporte comme un monolithe pour l’étude de la stabi-
remblai est placé une fois le mur construit. lité externe et en utilisant la théorie des silos (cf. article [C 242])
Une inclinaison du mur à 1/10 (verticale/horizontale) divise ces & Pour la stabilité externe
déplacements par 2.
L’excentricité de la résultante ne doit pas excéder b / 6 dans toute
section du mur, si b est la largeur du mur. Par ailleurs, la force de
Parmi les ouvrages de soutènement cellulaires, les batardeaux poussée sur le mur est généralement calculée avec un angle de
de palplanches métalliques représentent un type très fréquemment frottement d ª 0,8 j et il convient de considérer des surfaces
utilisé pour construire, en site aquatique, des enceintes étanches, à potentielles de rupture passant à l’intérieur du mur caisson que
l’intérieur desquelles les ouvrages projetés (écluse, usine hydro- l’on ne peut pas, malgré tout, considérer complètement comme
électrique, etc.) sont réalisés en totalité ou en partie. un monolithe.
Ils sont également utilisés pour la réalisation, en site aquatique, & Pour l’étude de la stabilité interne
de structures définitives, telles que des murs de quai par exemple.
De nombreuses expérimentations, tant sur modèles que sur
Les cellules sont construites à partir de palplanches métalliques, ouvrages réels, ont montré que les contraintes dans le sol des cel-
et remplies d’un sol frottant, généralement du sable. Leurs formes lules étaient à l’état au repos K0 et que l’angle ds de frottement
sont variées, et elles sont juxtaposées pour constituer le massif de entre les parois des caissons et le remblai était voisin de :
soutènement proprement dit (figure 32).
Les palplanches métalliques sont battues et enfilées les unes δs ≈ 2 / 3 ϕ
dans les autres par l’intermédiaire de joints appelés serrures, qui
permettent une certaine mobilité des éléments les uns par rapport La théorie des silos donne alors (figure 34) :
aux autres. L’enveloppe extérieure des cellules est donc flexible.
Les palplanches de profil plat sont en général limitées en longueur σ v (z ) = γ z 0 ⎡⎣1 − e − z / z 0 ⎤⎦
à 25 ou 30 m (figure 33). σh (z ) = K 0 σ v (z )
Les cellules sont fondées de préférence dans un sol résistant. τ (z ) = tan δs σh (z )
Lorsque les cellules sont hautes, on construit, chaque fois que

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No 1 2 3 4
<?> <?> <?> <?> <?>
γ <?> <?> <?> <?>
c <?> <?> <?> <?> <?> <?> <?> <?> <?>
ϕ <?> <?> <?> <?>
cs <?> <?> <?> <?> <?> <?> <?> <?> <?>
pl <?> <?> <?> <?>
k s.B <?> <?> <?> <?>
<?> <?> <?> <?> <?>
Unités en kN, mètre et degré

<?> <?> <?> <?> <?>


Espacement horizontal des clous : Sh = 2,5 m
Sr 1
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Cl 1

Cl 2

Cl 3

Cl 4

Cl 5 Fmini = 1,30

Échelle
0 1 10m

γ poids volumique ϕ angle de frottement interne du sol pl pression limite k s.B module de réaction
c cohésion c s frottement latéral k s coefficient de réaction F coefficient de sécurité global

Figure 30 – Étude de stabilité. Programme Talren (doc. Terrasol)

avec
A 1
z0 = Cellule
P K 0 tan δs

avec A surface unitaire d’un caisson,


P périmètre unitaire d’un caisson.

Ces expressions permettent de dimensionner les éléments struc-


turaux préfabriqués longitudinaux et transversaux.
Il convient cependant de remarquer que l’état des contraintes
dans les cellules est très dépendant du déplacement relatif vertical
entre le remblai et les parois. Ainsi, si le mur caisson repose sur un
sol compressible sans interposition d’une semelle de fondation, la
contrainte verticale peut dépasser g z par suite d’un frottement Figure 31 – Murs caissons avec éléments préfabriqués en béton armé
inversé (- ds). Il convient, par ailleurs, de ne pas utiliser de sol de
remblai très argileux qui, sous l’effet d’imbibitions, peut fortement 5.2 Dimensionnement des batardeaux
tasser à l’inférieur des cellules, conduisant à des reports d’efforts
très importants sur les parois par mobilisation de la cohésion c.
cellulaires fondés sur le substratum
compact
La formule précédente de la contrainte verticale devient en effet
dans ce cas : En supposant que le batardeau constitue une structure rigide
⎛ P⎞
σ v (z ) = ⎜ γ − c ⎟ z 0 ⎡⎣1 − e − z / z 0 ⎤⎦ résistant par son poids, il faut vérifier sa stabilité vis-à-vis des
⎝ A⎠ modes de rupture suivants :
– glissement sur la base ;
A
conduisant à un report complet sur les parois si c = γ . – renversement ;
P

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α b

γ
W'

γ' H
Hw
Pw R
Q Q
a cellules circulaires H1
Hs S Pa Pu
B C A

T
Q

2b
3 Q
b cellules semi-circulaires Poids du remblai
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Ligne phréatique
Pa Poussée effective
Pu Force horizontale
Pw Poussée due à l’eau
c cellules en feuilles de trèfle Q Force de cisaillement interne du batardeau
R Risberme
S Sol
Figure 32 – Types classiques de cellules dans les batardeaux T Rocher
de palplanches Remblai
Eau
W' Poids du remblai
S S
γ et γ' poids volumique du sol et du sol déjaugé Pe = Pw + Pa

a palplanche plate Figure 34 – Batardeau

σv σv

b palplanche type Larssen


dz 1 σh
S Serrures
H
τ
Figure 33 – Exemples de palplanches
z
– tractions excessives dans les serrures ;
– désorganisation interne.

Dans la géométrie du batardeau, on considère la largeur équiva- b


lente b, ou largeur moyenne, et la longueur de la cellule L.
Dans les calculs, la cellule est remplacée par une cellule équiva- b
lente rectangulaire, de dimensions respectives b et L.

5.2.1 Glissement sur la base


Le coefficient de sécurité FG vis-à-vis d’un glissement sur la base z0 Koγz
du mur est défini comme le rapport des forces résistantes aux for-
ces motrices, soit par l’expression : σh
a
W ′ tan δ
FG =
Pe − Pu
KoγH
avec Pe force horizontale totale par unité de longueur σhmax
agissant sur la partie chargée du batardeau A = ab
(Pe = Pw + P ′a, cf. figure 35), P = 2 (a + b)

Pu force horizontale par unité de longueur s’exer-


çant sur la partie non chargée du batardeau, Figure 35 – Dimensionnement interne d’un mur-caisson

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W′ poids effectif du remblai dans la cellule par La pression horizontale p est calculée à partir d’un coefficient K
unité de longueur, c’est-à-dire somme du de pression horizontale des terres, de telle sorte que, sur la partie
poids total du remblai au-dessus de la ligne non chargée du batardeau :
phréatique et du poids déjaugé au-dessous de
⎧ ⎡ ⎛ H⎞⎤ ⎛ H⎞⎫
⎢γ (H − H1) + γ ′ ⎜⎝ H1 − 4 ⎟⎠ ⎥ + γ w ⎜⎝ H1 − 4 ⎟⎠ ⎬ L
celle-ci, σM = ⎨K
tan d coefficient de frottement entre le substratum ⎩⎪ ⎣ ⎦ ⎭⎪
de fondation et le batardeau. On prend en Avec les notations de la figure 33, g , g ′ et g w étant respective-
général tan d = tan j ′ (j ′ étant l’angle de frot- ment les poids volumiques du sol, du sol déjaugé et de l’eau.
tement interne du remblai à l’intérieur de la
cellule) ou plus simplement tan d = 0,5. Les valeurs recommandées du coefficient K sont les suivantes :
– pendant le remplissage des cellules K = 0,4 ;
La valeur du coefficient de sécurité FG doit être comprise entre – sur la face non chargée du batardeau K = 0,4 ;
1,25 et 1,5. – sur la face chargée du batardeau K = 0,7 à 1.
Les valeurs du coefficient de sécurité F T, calculées sur la face non
5.2.2 Renversement chargée du batardeau, doivent être comprises entre 1,75 et 2.
La rupture de la cellule par désagrafage des serrures est la cause la
La rupture par renversement est peu probable car elle serait tou-
plus fréquente de rupture des batardeaux cellulaires en palplanches.
jours précédée d’une désorganisation des cellules due, par exem-
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ple, à un échappement du matériau de remblai dans une zone sou-


levée. Pour éviter une telle désorganisation, on s’assure que les 5.2.4 Désorganisation interne
contraintes calculées à la base du batardeau ne deviennent jamais Contrairement à ce que l’on a supposé pour les ouvrages précé-
négatives, en faisant l’hypothèse que la structure reste rigide. dents, un batardeau ne se comporte pas comme une structure
Cette condition correspond à une valeur du coefficient de sécu- rigide. Sous l’effet des forces dissymétriques appliquées, il subit
rité au renversement F R comprise entre 3 et 3,5. Ce coefficient est des déformations de distorsion. Il importe de vérifier que ces défor-
mations restent limitées ou, en d’autres termes, que la stabilité
défini par :
interne du batardeau est assurée. La méthode consiste à examiner
M2 les points suivants :
FR = – cisaillement sur le plan central vertical de la cellule ;
M1
– inclinaison de la cellule par déformation interne ;
– cisaillement au contact entre le remblai et les palplanches.
avec M2 moment par rapport au point A des forces

( )
 On détaille ci-après la méthode proposée par Terzaghi pour la
résistantes W ′ , sécurité vis-à-vis du cisaillement sur le plan central.
En supposant une distribution linéaire des pressions sur la base,
M1 moment par rapport au point A des forces la force de cisaillement Q sur le plan vertical central a pour
motrices (Pw et P ′a) (figure 34). expression :
3M
Q=
2b
5.2.3 Tractions excessives dans les serrures
avec M moment parrapport
 au
 point C des forces ren-
Le coefficient de sécurité F T vis-à-vis d’un arrachement des serru-
versement Pw , Pa′ , et Pu , (figure 34).
res par traction excessive est défini comme le rapport de la
contrainte de rupture s r à la contrainte maximale s M s’exerçant
dans les différentes serrures : La force Q est compensée :
– d’une part, par la résistance au cisaillement du sol le long du
σr plan central, soit :
FT =
σM
P c′ tanϕ ′
Si p est la pression horizontale exercée par le matériau de rem-
blai sur l’enveloppe de la cellule, la traction s M dans les serrures, avec P ′c force horizontale effective au centre de la cellule ;
en un point où le rayon de courbure de l’enveloppe est R, a pour
expression : – d’autre part, par la résistance au cisaillement des serrures des
palplanches, soit :
σM = p R (Pd − Pu )f
En se rapportant à la cellule fictive rectangulaire de largeur b et avec Pd force totale horizontale exercée par le remblai
de longueur L, on écrit plutôt : sur la face non chargée de la cellule, calculée
en utilisant un coefficient K de pression hori-
σM = p L zontale des terres égal à 0,4,
L’effort de traction maximal dans les cellules est lié aux différen- f coefficient de frottement dans les serrures.
tes phases de la vie du batardeau. Les conditions sont critiques,
d’une part, au moment du remplissage des cellules et, d’autre Le coefficient de sécurité vis-à-vis d’une rupture par cisaillement
part, lorsqu’il y a la plus grande différence de charge entre la partie sur le plan central a alors pour expression :
chargée et la partie non chargée du batardeau.
2b
Fc = ⎡P ′ tan ϕ ′ + (Pd − Pu )f ⎤⎦
Compte tenu d’un certain encastrement des palplanches dans le 3M ⎣ c
substratum de fondation, la traction maximale T est calculée au
quart de la hauteur H de la cellule à partir de la base. La valeur de ce coefficient doit être comprise entre 1,25 et 1,5.

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5.3 Dimensionnement des batardeaux b = 0,85 H


cellulaires fondés dans le sable
Un batardeau fondé dans le sable doit, bien sûr, remplir les
conditions de stabilité décrites précédemment pour le cas d’une
fondation sur un substratum compact. Il faut cependant prendre H
comme plan de base pour les calculs de stabilité (plan AB de la
figure 34) un plan intermédiaire entre la base de la cellule et la sur-
A’
face du sol de fondation du côté non chargé du batardeau.
Deux points particuliers doivent par ailleurs être examinés :
D= 2 H
– la fiche des palplanches ; 3
– les problèmes d’hydraulique. A

5.3.1 Fiche des palplanches S

La fiche des palplanches doit être suffisante pour empêcher leur


pénétration dans le sol de fondation sous l’effet des forces de frot-
tement exercées sur l’enveloppe par le remblai de la cellule.
S Sable
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Le coefficient de sécurité Fp contre cette pénétration est défini Eau


comme étant le rapport de la résistance au cisaillement sur les
deux côtés de la fiche des palplanches, du côté non chargé du Figure 36 – Réseau d’écoulement sous un batardeau
batardeau, à la force de frottement exercée sur l’enveloppe par le
remblai du côté non chargé.
On recommande la valeur de 1,5 pour ce coefficient de sécurité.

5.3.2 Hydraulique
Les problèmes posés par l’écoulement de l’eau, sous le batar-
deau, de la face chargée à la face non chargée se résument essen-
tiellement par le fait que les gradients hydrauliques à la base du
batardeau et le long de la fiche des palplanches du côté non chargé
doivent être faibles pour prévenir tout risque de renard ou de dimi-
nution de la capacité portante du sol.
Ces problèmes se résolvent par la construction du réseau d’écou-
lement en régime permanent (cf. article [C 212]). La figure 36 mon-
tre un tel réseau pour les dimensions suivantes :

b / H = 0, 85 D /H = 2 / 3

5.4 Dispositions constructives


pour les batardeaux cellulaires
L’expérience montre que les batardeaux cellulaires sont stables si
le rapport B/H a une valeur comprise entre 0,75 et 1.
Figure 37 – Rideau de palplanches
Le matériau de remblai à l’intérieur des cellules doit être essen-
tiellement drainant. Il est recommandé d’utiliser un sol grenu,
ayant une bonne résistance au cisaillement et relativement peu
compressible. Un mélange de sable et de grave, en proportions
égales, constitue le matériau idéal.

6. Écrans de soutènement

6.1 Différents types d’écran


Parmi les écrans de soutènement, citons les différents types
suivants :
– les rideaux de palplanches (figure 37) : constitués de palplan-
ches métalliques en général, emboı̂tées les unes dans les autres et
battues dans le sol de fondation, pour former un écran vertical, le
plus souvent rectiligne, servant de soutènement à un massif de
sol ;
– les parois composites berlinoises, parisiennes, lutétiennes,
moscovites (figure 38) : écran discontinu constitué d’éléments de
fondations profondes (pieux, micropieux, barrettes), régulièrement
espacés (structure rigide verticale) et d’éléments de blindage Figure 38 – Paroi berlinoise

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soutenant le massif de sol, en s’appuyant sur les éléments rigides


verticaux. Le blindage étant mis au fur et à mesure de l’excavation 1
par passes, cette technique implique l’absence d’eau et une tenue
minimale des terres en phase provisoire ;
– les parois composites en pieux forés sécants (figure 39), écran
discontinu constitué de pieux contigus dont l’entraxe est inférieur
au diamètre. Les pieux sont réalisés selon un phasage adapté,
avec des pieux primaires puis des pieux secondaires ;
– les parois moulées (figure 40) écran continu en béton armé
moulé dans le sol. Le forage est réalisé en tranchées successives,
avec stabilisation des parois à l’aide d’un coulis de bentonite
(boue). Cette boue présente l’avantage d’assurer la pression
hydrostatique qui s’oppose à l’écoulement des parois, ce qui
rend cette technique très utilisée pour les excavations en présence
d’eau ; 2
– les parois armées au coulis, écran continu, technique intermé-
diaire entre la paroi moulée et la paroi berlinoise. Des profilés ver- 1 Pieux primaires
ticaux sont insérés dans le coulis frais après le forage à la boue. On
peut aussi utiliser des palplanches à la place des profilés. Cette 2 Pieux secondaires
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technique est utilisée en soutènement provisoire.


Figure 39 – Pieux sécants
Les écrans de soutènement peuvent constituer des ouvrages pro-
visoires ou définitifs. Leur caractéristique essentielle est que le sou-
tènement ainsi formé est « souple », ce qui nécessite une méthode
spécifique de dimensionnement.
Les pressions exercées par le massif de terre à retenir peuvent
être équilibrées par les forces de butée mobilisées dans la partie
en fiche, si la hauteur hors fiche est faible. Dans le cas contraire,
on a souvent recours à un système d’ancrage en tête au moyen
de tirants (tableau 1).

6.2 États limites à vérifier


Comme pour un mur de soutènement, il convient de vérifier plu- Murette-guide
sieurs états limites pour la conception de l’écran de soutènement :
– la stabilité initiale du site ;
– le défaut de butée (méthodes MISS et MEL) ; 4
– la résistance structurale de l’écran ;
– la portance de l’écran ; 1 3 Coffrage joint
– la résistance des appuis (butons, tirants) ; 1 - Réalisation de la murette-guide
– la stabilité du fond de l’excavation (soulèvement hydraulique, 2 2 - Panneau en cours d’excavation
Boue bentonitique
boulance, érosion interne, érosion régressive) ; 3 - Mise en place des armatures
4 - Bétonnage du panneau
– l’absence d’interaction entre l’écran et l’ancrage (approche
« Kranz ») ;
Figure 40 – Paroi moulée
– la stabilité de l’ensemble de l’écran (grand glissement, renard
solide).
À partir d’une valeur F2 de F, la réaction du sol se réduit à une
Nous ne traiterons ici que de la vérification du défaut de butée et butée et à une contre-butée. Tant que F reste inférieur à la valeur
de la stabilité du massif d’ancrage. Les autres vérifications ont été F3, il n’y a pas de déplacement du pied du rideau (figure 41b).
présentées plus haut ou peuvent être retrouvées dans certains arti-
Lorsque F atteint la valeur F3, le pied du rideau se déplace vers
cles TI (par exemple le [C 201]).
l’amont, ce qui mobilise la contre-butée maximale. Le moment
d’encastrement est alors maximal, on dit qu’il y a encastrement
6.3 Vérification des butées complet dans le sol (figure 41c).
Lorsque F continue à croı̂tre, la butée augmente, tandis que la
L’une des vérifications de l’écran consiste à s’assurer, tant en contre-butée diminue, le rideau est dit « partiellement encastré ».
phase de construction qu’une fois l’ouvrage achevé, que la fiche Pour la valeur F4, la contre-butée disparaı̂t et la butée maximale
de l’écran est suffisante pour que la butée mobilisée sous le niveau est mobilisée sur toute la hauteur en fiche. Le rideau, qui est alors
d’excavation soit suffisamment éloignée de la butée limite. en équilibre limite, est dit « simplement buté en pied » (figure 41d).
En pratique, la fiche adoptée pour un rideau flexible est généra-
6.3.1 Généralités sur les deux méthodes utilisées lement comprise entre la fiche correspondant à l’encastrement
La flexibilité de l’écran rend le schéma de calcul beaucoup plus complet et celle correspondant à la butée simple.
complexe que pour les ouvrages rigides. Ainsi, la distribution des En dehors des calculs par éléments finis dans lesquels on peut
efforts sur la partie en fiche dépend considérablement de l’intensité modéliser complètement l’interaction entre le sol et l’écran, les
de l’effort F exercé par le massif de remblai, comme le montre la méthodes de calcul les plus courantes consistent à considérer une
figure 41. interaction simplifiée dans laquelle l’écran est assimilé à une pou-
Pour de faibles valeurs de F, la réaction du sol est proportion- tre soumise à une distribution de pression normale p (z) sur toute
nelle aux déplacements du rideau et le sol se comporte comme un sa hauteur (figure 42) et où l’inconnue est la déformée y (z) de la
matériau élastique (figure 41a). poutre (voir articles TI dans le Pour en savoir plus).

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F1 F2

I II III II III

a réaction élastique du sol b encastrement sans déplacement du pied


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F4

F3

II III

II III d pieu simplement buté en pied

I I Distribution des contraintes

c encastrement complet II Moments fléchissants


III Déformée du rideau

Figure 41 – Comportement d’un rideau ancré en tête, soumis à une force horizontale croissante

La pression normale p (z) apportée par le sol est supposée être


y proportionnelle à la contrainte normale verticale supposée, quant
à elle, égale au poids des terres, avec un coefficient K ne dépendant
que du déplacement y (z) du rideau au niveau considéré :

− pour z ≤ H : p (z ) = K (y ) γ z
Déformée

γz
H − pour z ≥ H : p (z ) = K (y ) γ z − K ( −y ) γ (z − H )

p (z) avec K a ≤ K ≤ K p .
La valeur du coefficient K (y) est comprise entre celle du coeffi-
cient de poussée Ka et celle du coefficient de butée Kp (cf.
article [C 242]).
L’ensemble de ces hypothèses est malgré tout assez restrictif. Par
D exemple, l’hypothèse d’un coefficient K ne dépendant que du
déplacement y au niveau considéré est généralement fausse, et
cela d’autant plus que se développent des effets de voûte dans le
sol derrière la paroi ou le rideau. Cette hypothèse suppose, en
effet, que le sol réagisse par tranches horizontales sans aucune
interaction de cisaillement entre elles (figure 43a), alors que la
z mobilisation d’un effet de voûte impose au contraire que se déve-
loppent de fortes contraintes de cisaillement entre les tranches
Figure 42 – Écran soumis à une distribution de pression normale p(z) (figure 43b). L’existence de contraintes de cisaillement sur des

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MURS ET ÉCRANS DE SOUTÈNEMENT –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Déplacements

y (z) 0

Tirant d’ancrage
τ=0

p (z) σv

mée
Défor
τ=0 τ≠0

p=k⋅y
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z
a hypothèse du module de réaction b effet de voûte entre la tête du tirant et la fondation

Figure 43 – Incompatibilité entre l’hypothèse du module de réaction et le développement d’un effet de voûte

plans horizontaux entraı̂ne par ailleurs que la contrainte s v n’est détermination des efforts et des déformations en phase finale d’un
plus principale et donc n’est plus égale à g z. ouvrage flexible ou semi-flexible, comme le montre la schématisa-
L’équilibre de la poutre se traduit par l’équation : tion simple suivante qui illustre le principe de la méthode.
Elle consiste donc à vérifier, pour tous les cas de charge et com-
d 4 {E I (z ) ⋅ y (z )} binaisons de charge, que la butée mobilisée Bt sur la face aval de
+ p (y , z ) = 0
dz 4 l’écran est inférieure à la butée mobilisable Bm jusqu’à sa base,
avec les coefficients de sécurité partiels adaptés selon l’approche 2
avec E module d’élasticité, de l’Eurocode 7 :
I moment d’inertie. Bm
1, 35 B t ≤
1, 4
La résolution de cette équation, qui donne la déformée y (z) et,
par suite, les contraintes de flexion dans l’écran, nécessite la
connaissance de la fonction K (y) et des conditions aux limites du En phase transitoire, on peut réduire le coefficient de sécurité de
rideau. Or, la fonction K (y) est très mal connue et certaines des la butée mobilisée à 1,1 au lieu de 1,4.
conditions aux limites, comme la longueur de la fiche de l’écran, Soit une excavation à réaliser à l’abri d’une paroi moulée retenue
sont des inconnues du problème. C’est pourquoi la plupart des en tête par un lit d’ancrages précontraints (figure 44a). La paroi
méthodes sont fondées sur des hypothèses simplificatrices. moulée est schématisée par trois éléments rigides reliés entre eux
On peut distinguer schématiquement les deux types de métho- par des ressorts spirales. Le sol est supposé être constitué de tran-
des suivantes : ches horizontales indépendantes les unes des autres. Chaque tran-
– méthodes aux états ou équilibres limites : K (y) = Ka ou Kp ; che se comportant vis-à-vis de la paroi comme un ressort muni
méthode MEL ; d’un patin, ce qui schématise un comportement élastoplastique
– méthodes aux déformations, interaction sol-structure : utilisa- (figure 44b) et unidimensionnel.
tion d’un module de réaction du sol, K (y ) = m y par exemple, Dans la phase élastique, la relation entre la pression des terres s h
méthode MISS. sur la paroi et le déplacement latéral D a pour expression :
On développera ici les deux types de méthodes, bien que la méthode σh = K 0 γ z + k Δ
aux modules de réaction (MISS) soit actuellement la plus utilisée.
avec K0 coefficient de pression latéral des terres au
6.3.2 Méthode MISS aux coefficients de réaction
repos = (1 + sin β ) (1 − sin ϕ ) OCR ,
L’intérêt principal de cette méthode est de pouvoir tenir compte
des phases de construction qui jouent un rôle essentiel sur la k coefficient de réaction (kN/m3).

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σn/z

0 Kp γ

ue
Sable non saturé θ1

stiq
γ = 15 kN/m3 h=5m
30° k

é la
1re Phase ϕ = 30°
M = ks Δθ τ=0

se
Pha
<?> τ=0
θ2 h=5m
σn
2e Phase z
K0 γ

Ka γ Ressort Patin
Paroi moulée h=5m Phase plastique
z
0 Déplacement relatif de la paroi Δ /z

a paroi moulée et sa schématisation b loi de comportement élastoplastique unidimensionnelle


(hypothèse de Winkler)
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Figure 44 – Schématisation d’une paroi moulée et principe de la méthode aux modules de réaction

γ 48 kN/m2 z ’p = 1,22 m
0
Kp γ z
σ h après pose I K
za = 1 m du tirant θ

Kp γ z z ’p = 3,97 m M

A
σ h avant pose
P
du tirant
za = 4 m
Répartition
initiale
h=5m L
z ”a = 8,00 m

K0 γ z
Ka γ z θ
Ka γ z h = 10 m
J
B
Ka γ z

a première phase d’excavation et pose des tirants b deuxième phase d’excavation

Figure 45 – Influence des phases de construction sur la pression exercée par le sol sur la paroi moulée

Cette schématisation du sol est, en fait, celle de la méthode élas- T = 204 kN par mètre. La partie supérieure du sol est alors en butée
toplastique au module de réaction (méthode MISS). La schématisa- sur 1 m de hauteur et les pressions des terres sont comprises entre
tion de la paroi par éléments rigides permet de développer des cal- Kp g z et K0 g z. Il est intéressant de remarquer que, si la paroi n’avait
culs analytiques mettant en évidence l’influence de la construction pas bougé, l’effort d’ancrage, nécessaire pour la maintenir après
de l’ouvrage. excavation, n’aurait plus été que de 154 kN par mètre, ce qui montre
qu’il est préférable de multiplier les niveaux d’ancrage lorsque l’on
Exemple
veut réduire les déplacements.
Supposons qu’il y ait deux phases d’excavation, chacune de 5 m
de profondeur, et que les tirants soient mis en place à la fin de la  La deuxième phase d’excavation ramène la poussée des ter-
première phase. Le but étant de réduire les déplacements latéraux res à une valeur proche de la poussée (Ka g z) dans le tiers central
à leur minimum, la tension des tirants est déterminée pour ramener de la paroi. En supposant la tête d’ancrage fixe, la traction T du tirant
le déplacement D à la valeur 0 au moment de leur mise en tension. augmente sensiblement et atteint 520 kN par mètre. La zone en
Les figures 45a et 45b montrent les distributions successives de butée en tête augmente également, la paroi ayant tendance à rester
la pression des terres au cours des différentes phases d’excavation. dans le sol au-dessus du lit de tirant.
La raideur en rotation ks est prise égale à 100 000 kN.m/rad et par
mètre linéaire.
 La première excavation a pour effet de mettre le sol en pous- Cet exemple montre l’influence de l’interaction sol-structure
sée sur presque toute la hauteur de la partie excavée et de provoquer associée aux phases d’excavation. Il montre aussi que les métho-
une rotation de la paroi de q1 = 0,001 rad. La remise à zéro de ce des classiques à la rupture (poussée et butée) ne sont pas adaptées
déplacement latéral nécessite d’appliquer un effort d’ancrage dans le cas des ouvrages flexibles et semi-flexibles.

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Comme son nom l’indique, la méthode au module de réaction La plupart des résultats d’expérimentations effectuées sur des
repose principalement sur la détermination d’un coefficient de écrans de soutènement, montrent qu’en dehors du calcul des
réaction horizontale du sol kh. Il n’est pas possible de mesurer déplacements, la méthode au module de réaction MISS est assez
directement ce coefficient, aussi utilise-t-on fréquemment des cor- bien adaptée au dimensionnement des ouvrages. Il convient bien
rélations ou formules empiriques établies par divers auteurs. sûr d’y introduire un état initial des contraintes représentatif ainsi
Plusieurs formules ont été développées : que des modules de réactions convenables. Ce dernier point est
toujours délicat, même s’il s’avère qu’une petite variation du
– Terzaghi [3] (1955) et Rowe (1957), où l’on distingue le cas des module de réaction a peu d’effet sur la distribution des efforts.
sables avec un coefficient variant avec la profondeur et le cas des C’est la raison pour laquelle cette méthode s’est, à l’heure actuelle,
argiles où le module est constant ; bien développée.
– Ménard et Bourdon (1964) ;
– Gigan (1969) ; 6.3.3 Méthode MEL de calcul aux équilibres
– Balay (1984) ;
limites
– Abaques de Chadeisson (Monnet 1994) ;
– Schmitt (1995). Deux méthodes classiques sont couramment utilisées :
La norme d’application de l’Eurocode 7 préconise l’emploi de la – la première, où le rideau est ancré en tête et simplement buté
formule de Schmitt : en pied cf. § 6.3.3.1. Dans ce cas, on doit vérifier que :

4 Mdst ≤ Mstb
⎛ EM ⎞ 3
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⎜⎝ ⎟
α ⎠ avec Mdst moment de toutes les forces déstabilisatrices
kh = 2 1 par rapport au point A,
⎛ E str Istr ⎞3
⎜⎝ B ⎟⎠ Mstb moment des forces stabilisatrices par rapport à
0 A (figure 47b) ;
avec kh coefficient de réaction horizontale du sol vis-à- – la seconde, dans laquelle le rideau n’est pas ancré en tête mais
vis de l’écran, encastré en pied (cf. § 6.3.3.2).
EM module pressiométrique Ménard, On doit alors vérifier que :

a coefficient rhéologique empirique, fb ≥ 1, 2 f0 et C t ≤ Cm


Estr Istr produit d’inertie d’un élément de l’écran de
longueur B0, avec fb fiche de l’écran sous le point de pression nulle,
B0 longueur de référence = 1 m. f0 fiche minimale sous le point de pression nulle
nécessaire à l’équilibre des moments en pied
L’hypothèse fondamentale du calcul au module de réaction (figure 47a),
concerne l’interaction sol-écran. On suppose que le sol n’agit sur Ct contre-butée nécessaire à l’équilibre des forces
l’écran que par des couches horizontales indépendantes les unes horizontales,
des autres, c’est-à-dire parfaitement lisses et ne transmettant donc
aucune contrainte de cisaillement (t = 0) (figure 46). Cette hypo- Cm contre-butée mobilisable de part et d’autre du
thèse revient à considérer que les plans horizontaux sont des point C (figure 47a).
plans principaux, et que les directions principales des contraintes
sont verticales et horizontales. Il est évident que ce n’est pas là
qu’une approximation de la réalité, et d’autant plus inexact que 6.3.3.1 Rideau ancré, simplement buté en pied
les déplacements de l’écran et du sol s’éloignent d’une translation Un rideau ancré en tête est dit « simplement buté en pied »
horizontale. lorsque sa fiche est suffisamment faible pour permettre une

Δmax
y
τ=0 Tirant
ρ
τ=0
ρ τ
ky
ρ=

τ σv
τ

0 σh
y z
dy

Effet fragile Écart par rapport à


d4z + k(z).y= 0
EI = la théorie de Rankine
dz4

a module de réaction b effet de voûte : - réduction de Δmax par déplacement de τ


- rapport des charges sur les zones à Δ = 0

Figure 46 – Hypothèse de base du calcul au module de réaction et son contraire, l’effet de voûte

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β
0

α
h

h
e
1

fa
f

fb
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f
C
F

F
0,2f0

a Écran non ancré b Écran ancré

Figure 47 – Méthode MEL

rotation du rideau autour de son point d’ancrage et un déplace-


ment du pied mobilisant la butée maximale. Le diagramme des
efforts exercés sur le rideau, dans le cas d’un sable, est représenté
sur la figure 48. a
Les inconnues à déterminer sont la fiche D et l’effort d’ancrage T. A T
L’équilibre statique du rideau fournit les deux équations nécessai-
res au dimensionnement.

& Moment résultant nul au point d’ancrage A :


H
⎡2 ⎤ ⎛2 ⎞
Pa ⎢ (H + D ) − a ⎥ = Pp ⎜ D + H − a⎟
⎣3 ⎦ ⎝3 ⎠

avec Pa force de poussée exercée sur la face amont du


rideau,
Pp force de butée sur la face aval, le coefficient 2/3
étant dû à la répartition triangulaire des pres- Pa
sions.

& Résultante horizontale nulle :


D
Pp
T = Pa − Pp

La première relation explicitée permet de déterminer la fiche D à


partir d’une équation du 3e degré, à savoir :
A point d’ancrage
( )
2 K p − k a D 3 + ⎡⎣3 (H − a )K p − 3 (2H − a )K a ⎤⎦ D 2 − 6H (H − a )K aD − H 2 (2H − 3a )K a = 0 T effort d’ancrage

La valeur de D étant alors connue, l’équation précédente fournit Figure 48 – Rideau ancré en tête, simplement buté en pied
la valeur de l’effort d’ancrage T.
Pour tenir compte d’un coefficient de sécurité par rapport à 6.3.3.2 Rideau non ancré en tête et encastré en pied
l’équilibre limite ainsi calculé, on admet généralement que l’on ne
mobilise que la moitié de la butée, ce qui, dans l’équation détermi- Un rideau non ancré, battu dans un sol pulvérulent, subit une
nant la fiche, conduit à remplacer Kp par Kp/2. rotation autour d’un point O situé dans sa partie en fiche. La

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figure 49 montre les déplacements du rideau et les efforts normaux


correspondants.
Le calcul est fait par la méthode de Rankine, à partir des hypothè-
ses simplificatrices suivantes (figure 50) : Pa

– le sol des deux côtés du rideau, au-dessus du point de rotation


O, est en état d’équilibre limite ;
– les efforts de contre-butée sont équivalents à une force horizon-
tale C t appliquée au niveau du centre de rotation O.
On prend généralement une hauteur de contre-butée égale à Pp
20 % de la hauteur de butée z0.
O
Cela réduit les inconnues du problème au nombre de deux :
– la hauteur de butée z0 ; Pa Pp
– la force de contre-butée C t.
Elles peuvent alors être calculées par les équations de la statique
traduisant l’équilibre du rideau. a déplacement du rideau b pression des terres
La valeur de z0 est déterminée en écrivant l’équilibre des sur le rideau
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moments autour du point O, ce qui donne une équation du troi-


Figure 49 – Calcul à l’état limite d’un rideau encastré, non ancré (sol
sième degré en z0, analogue à celle donnant la valeur de la fiche D
pulvérulent)
au § 6.3.3.1. La fiche du rideau a alors pour expression :
H
D= + z 0 + 0, 2 z 0
K p2 − 1

La force de contre-butée Ct s’obtient en écrivant qu’en projection H


Pa
horizontale la résultante générale des forces s’exerçant sur le
rideau est nulle, soit :
C t = Pp − Pa
Pp
D z0
Pour tenir compte d’un coefficient de sécurité par rapport à l’équili-
bre limite ainsi calculé, on considère que la moitié de la butée est Ct
mobilisée, ce qui, dans les calculs, conduit à remplacer Kp par Kp/2. Il 0,2 z0
O O
est alors possible de déterminer la valeur maximale du moment flé-
chissant dans l’écran à partir du diagramme des pressions de Figure 50 – Hypothèses admises pour le calcul d’un rideau non ancré
figure 49, et de choisir un type de palplanches d’inertie convenable.

A B
6.4 Stabilité du massif d’ancrage
Cette vérification doit être effectuée pendant la construction et en
phase définitive. Elle consiste à démontrer que les efforts d’ancrage E
α Tirant
(tirants) appliqués au massif de sol sont exercés suffisamment loin
de l’écran pour ne pas générer d’effort supplémentaire sur la partie Écran
active de celui-ci.
Cette vérification est menée selon l’approche « Kranz » simplifiée
(annexe G de la norme NF P 94-282).
Selon la figure 51, cette vérification consiste à justifier la stabilité C
du massif ABCDA en s’assurant que l’effort d’ancrage dans le tirant
demeure inférieur à une valeur limite correspondant à l’équilibre
ultime du massif, appelée « effort déstabilisant ». La méthode
« Kranz » propose une démarche pour déterminer cet effort
déstabilisant. β
On effectue le bilan des efforts de ce massif de sol (figure 52). D

avec T effort d’ancrage du tirant,


P1 réaction de l’écran, prise égale à la résultante
des pressions de terres sur [AD],
Figure 51 – Schéma de principe de l’approche « Kranz »
P2 effort de poussée à l’amont du massif sur [BC],
W poids du massif (humide au-dessus de la On en déduit donc l’équilibre vectoriel suivant :
nappe, et déjaugé en-dessous),

        
Fe résultante des surcharges extérieures appli- Rc + Rf + W + Fe + P1 + P2 + T = 0
quées sur ou dans le massif,
Rc résistance limite due à la cohésion mobilisable
le long de [CD], La vérification peut également être effectuée dans le cas de plu-
Rf résistance limite due au frottement mobilisable sieurs ancrages en recherchant le mécanisme le plus défavorable,
le long de [CD]. et en considérant un bloc par lit d’ancrage.

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7. Exemples Il convient dans un premier temps d’effectuer le bilan des efforts


(figure 54) :
– poussée ;
7.1 Cas d’un mur de soutènement – butée ;
Examinons l’exemple d’un mur de soutènement (figure 53) de – poids ;
type cantilever en « T » inversé dans les sables de Fontainebleau, – résultante.
avec une hauteur soutenue de 4 m. Le bilan des forces (kN/ml) et des contraintes (kPa/ml) est le suivant :
Dans un deuxième temps, il convient de procéder aux différentes
A B vérifications de stabilité (voir § 3.1) :
– renversement (moment de renversement < moment
Fe P2 déstabilisateur) ;
E
θ2 – glissement horizontal (poussée horizontale < résistance au
W
glissement) ;
F – poinçonnement vertical (< portance du sol support), avec vérifi-
cation de l’excentricité.
T Les coefficients de sécurité Fs au renversement, au glissement et
au poinçonnement sont calculés à l’aide de logiciels dédiés spécifi-
α
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ques de type Geomur ou équivalent et sont vérifiés (figure 55).


C Pour une vérification selon les normes d’application de l’Euro-
P1 code 7, se reporter à la figure 56.
Rc Dans cet exemple, c’est le coefficient de sécurité au glissement
θ1 qui est le plus faible (1,7 en méthode classique et 1,1 aux
Eurocodes).
Φ
β
D Rf σ = 0,00

Figure 52 – Bilan des efforts

W = 192,86

Sables ϕ’ = 30°
4,00

c’ = 0 kPa
γh = 18 kN/m3 P+ = 65,83
pLM = 1 MPa

R = 204,51
0,50

0,50 1,00

min = 16,44 σ = 28,01

1,90 max = 132,50

Figure 53 – Exemple mur cantilever en « T » inversé Figure 54 – Bilan des efforts

Facteurs de sécurité partiels Critères Statique

Sol Eau Charges Poussée Méthode Fs cal Fs min

CLASSIQUE

1,000 1,000 1,000 1,000 1,000 Glissement () 1,698 > 1,500

Renversement () 2,807 > 1,500


Excentricité = 0,338 m doit être < 0,433 m

Poinçonnement () 3,013 > 3,000

Figure 55 – Coefficients de sécurité – Méthode classique

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Approche 2 - Cas 1 : Poussée défavorable

Rh = 101,771 kN

Glissement () Eh = 88,867 kN

Rh/(Eh * gR;h) = 1,145

Mr,o = 290,170 kN.m

Renversement () Mm,o = 139,224 kN.m


Mm,o/Mr,o = 2,084

q’ref = 139,708 kPa


Poinçonnement () q’lim = 311,803 kPa
q’lim/(q’ref * gr,e) = 1,594
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Excen. = 0,338 m < 0,433 m

Approche 2 - Cas 2 : Poussée favorable

Rh = 101,629 kN

Glissement () Eh = 65,827 kN

Rh/(Eh * gR;h) = 1,544

Mr,o = 289,469 kN.m


Renversement () Mm,o = 103,129 kN.m

Mm,o/Mr,o = 2,807

q’ref = 123,741 kPa


Poinçonnement () q’lim = 409,651 kPa

q’lim/(q’ref * gr,e) = 2,365

Excen. = 0,201 m < 0,433 m

Figure 56 – Coefficients de sécurité – Eurocode 7

La vérification au grand glissement (voir § 3.2) et figure 57 est Ces vérifications sont également faites par les logiciels de calcul
également réalisée à l’aide de logiciels de calcul spécifiques (Geos- mentionnés précédemment.
tab, Talren ou équivalent), et menée selon la méthode de Bishop
Et de même que pour les murs, il convient de vérifier la stabilité
modifiée pour des surfaces de rupture circulaires.
au grand glissement (figure 63) :
Elle a vérifiée avec Fs > 1,5.
Les calculs de ces exemples ont été menés à l’aide de logiciels de
calcul spécifiques de type Krea, Geostab et Geomur.
7.2 Cas d’un écran de soutènement
Considérons désormais un écran de soutènement (figure 58),
avec les paramètres suivants.
8. Conclusion
De même que pour le mur, il convient dans un premier temps de
faire le bilan des efforts (figure 59), déplacements, moments de fle-
xion et efforts tranchants pour l’écran. Ces calculs sont facilités par
l’utilisation de logiciels spécifiques dédiés de type Krea ou Rido. Cet article a donc présenté les différents types d’ouvrages de
Il en ressort les vérifications de la figure 59. soutènement, que l’on peut décomposer en deux grandes familles :

Dans un deuxième temps, il convient d’effectuer les vérifications – les murs de soutènement ;
spécifiques aux écrans : – les écrans de soutènement.
– défaut de butée (§ 6.3 – figure 60) ; Leurs différences résident dans leur mode de construction et leur
– effort vertical en pied (figure 61) ; fonctionnement qui génèrent des sollicitations différentes avec des
– massif d’ancrage – méthode Kranz (§ 6.4 – figure 62). justifications spécifiques à ces deux catégories.

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––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––– MURS ET ÉCRANS DE SOUTÈNEMENT

Zones d’entrée/sortie des surfaces


Échelle (en m) 1

1
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PC: 0 m

20 000 surfaces calculées Facteur de sécurité 1,574


0 10 20 30

Figure 57 – Grand glissement

3 +5m 4
Tirant1

Tirant
Longueur utile Lu = 1 m
2 Longueur de scellement Ls = 4 m
Espacement des tirants eh = 4 m
Raideur K = 25 725 kN/m
Inclinaison α = 300
Tp = 150 kN
7
Barre d’acier 490 mm2

-4m
1

Écran continu
Module E = 20 GPa
Épaisseur e = 0,3 m
6 - 10 m

Sable
γh γd δ c dc k0 ka kp kd kr kac kpc kh dkh δa/δ δp/δ

kN/m3 kN/m3 0 kN/m2 kN/m2/m kN/m3 kN/m3/m

18 10 30 0 0 0,5 0,282 4,987 0,5 0,5 0 0 180 240 0 0,66 - 0,66

Figure 58 – Exemple d’écran continu ancré

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MURS ET ÉCRANS DE SOUTÈNEMENT –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Déplacements [en mm] Moment [en kNm] Effort Tranchant [en kN] Pressions terre/eau [en kN/m2]
Différentielle Décomposée
5,00 5,00 5,00 5,00
4,00 4,00 4,00 4,00
3,00 3,00 3,00 3,00
2,00 2,00 2,00 2,00
1,00 1,00 1,00 1,00
0,00 0,00 0,00 0,00
-1,00 -1,00 -1,00 -1,00
-2,00 -2,00 -2,00 -2,00
-3,00 -3,00 -3,00 -3,00
-4,00 -4,00 -4,00 -4,00
-5,00 -5,00 -5,00 -5,00
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-6,00 -6,00 -6,00 -6,00


-7,00 -7,00 -7,00 -7,00
-8,00 -8,00 -8,00 -8,00
-9,00 -9,00 -9,00 -9,00
-10,00 -10,00 -10,00 -10,00
-60 -30 0 30 60 -370 -185 0 185 370 -240 -120 0 120 240 -230 -115 0 115 230

Min = - 47,88 - Max = 8,55 Min = - 208,24 - Max = 216,18 Min = - 136,09 - Max = 138,76 Min = - 191,45 - Max = 110,20
Min = - 281,12 - Max = 291,84 Min = - 183,73 - Max = 187,33

Légende des graphiques : Valeurs caractéristiques Valeurs de calcul Eau

Figure 59 – Bilan des efforts et déplacements

Vérification du défaut de butée

Butée mobilisée :

Valeur caractéristique : Bt,k = 593,88 kN

Valeur de calcul : Bt,d = Bt,k * 1,35 = 801,74 kN

Butée mobilisable : Bt,d < Bm,d

Valeur caractéristique : Bm,k = 1 615,79 kN

Valeur de calcul : Bm,d = Bm,k / 1,4 = 1 154,13 kN

Le défaut de butée est justifié pour cette phase.

Figure 60 – Défaut de butée

Résultante verticale Pv des pressions des terres sur la hauteur de l’écran : Pv,d = -22,84 kN γ pv = 1,35
Résultante verticale Tv des efforts dus aux tirants connectés à l’écran : Tv,d = 79,48 kN γ tv = 1,35
Résultante verticale Fv des surcharges “linéïques” appliquées sur la hauteur de l’écran : Fv,d = 0,00 kN γ q = valeur dépendant de la nature
de chacune des actions.
Poids propre P de l’écran : P,d = 0,00 kN γ p = 1,35
Résultante ELU des efforts verticaux : Rv,d = P,d + Pv,d + Fv,d + Tv,d = 56,64 kN
Charge verticale ELU de 56,64 kN à transmettre en pied de l’écran (équilibre vertical OK si portance en pointe garantie).

Figure 61 – Effort vertical en pied

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––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––– MURS ET ÉCRANS DE SOUTÈNEMENT

Situation Nb de tirants Nb Blocs z(D) x(B) z(B) z(C) Aref Wtot P1H P1V P2H P2V RH RV Tdsb,k
m m m m 0 kN kN kN kN kN kN kN kN
1 1 1 -9,23 0,87 5 3,5 30 122,58 625,57 134,73 5,71 0 3 918,04 -2 632,1 5 239,91

x(B) Situation Tdsb,k Tref,k Tdsb,d Tref,d


z(B) kN kN kN kN
A B
1 5 239,91 117,75 4 763,55 158,96 OK
Wtot(+Fe) P2V

P2H
Pondération appliquée sur l’effort d’ancrage de référence :
Tvet
z(C) Tref,d =Tref,k* y1; y1 = 1,35
α vet
P1H Sécurité appliquée sur l’effort d’ancrage déstabilisant :
C
Tdsb,d =Tdsb,k / y2; y2 = 1,1
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P1V
RH La stabilité du massif d’ancrage est justifiée pour cette phase.
z(D)

D RV Détails

Figure 62 – Vérification du massif d’ancrage – Méthode Kranz

Zones d’entrée sortie des surfaces

Échelle (en m) 1

Tirant1

PC: 0 m

20 000 surfaces calculées Facteur de sécurité 2,352


0 10 20 30 40

Figure 63 – Vérification au grand glissement

9. Glossaire – Définitions contrefort, dont le poids, pouvant inclure selon le type de mur une
masse stabilisatrice de terrain, joue un rôle important dans la fonc-
tion de soutènement.
& Mur en sol renforcé ; Mechanically Stabilized Earth (MSE)
& Mur poids ; gravity wall
Ouvrage de soutènement dans lesquels le sol est renforcé par
Ouvrage de soutènement en pierre, en béton ou en béton armé, des inclusions souples résistant à la traction (géosynthétiques,
ayant une semelle à sa base avec ou sans talon, épaulement ou armatures métalliques).

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MURS ET ÉCRANS DE SOUTÈNEMENT –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

& Mur en gabions ; gabion retaining wall froid) simples, doubles, ou multiples, enclenchées les unes dans
Ouvrage monolithique constitué de modules gabions ligaturés les autres, et en général directement mises en place dans le sol,
ou agrafés entre eux dont la géométrie globale est assimilable à par battage, vibrage ou vérinage, ou placées dans une tranchée
celle d’un mur poids. Les gabions sont des structures parallélépipé- remplie d’un coulis auto-durcissant.
diques rectangulaires constituées par une cage de gabion, y com-
& Paroi de pieux sécants ; bored piles wall
pris les éléments de structure utilisés pour son montage, et son
contenu. Le matériau de remplissage est en général constitué de Soutènement constitué de pieux forés en béton dont l’espace-
matériaux grossiers durs, concassés ou roulés. ment est inférieur au diamètre, et est réalisé en exécutant successi-
vement des pieux primaires, puis des pieux secondaires. Les pieux
& Mur cellulaire / mur caisson ; crib wall
primaires ne sont pas ferraillés, peuvent être plus courts que les
Ouvrage de soutènement constitué par des éléments empilés tels pieux secondaires et constituent le blindage ; les pieux secondaires
que des blocs cellulaires en béton dont la géométrie globale est assi- viennent mordre sur les pieux primaires et sont armés pour consti-
milable à celle d’un mur poids en maçonnerie et dont l’assemblage a tuer l’élément résistant de l’écran vis-à-vis de la flexion.
été conçu pour que l’ouvrage fini puisse être considéré comme un
bloc monolithique vis-à-vis des sollicitations extérieures. & Paroi composite (berlinoise – parisienne – lutécienne) ; soldier
pile and lagging wall / strutted wall
& Mur en « L » ou en « T inversé » ; cantilever wall
Soutènement constitué d’éléments principaux et d’éléments
Ouvrage de soutènement qui, doté d’une base élargie et encas-
intermédiaires. Les éléments principaux sont normalement consti-
trée à la partie supérieure du sol de fondation, fonctionne en fai-
tués par des profilés métalliques en H ou par des pieux, espacés
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sant participer à l’action de soutènement une partie du poids du


régulièrement sur toute la longueur de l’écran, et mis en place
remblai. Ce type de mur peut d’ailleurs être considéré comme un
avant le début de l’excavation. Les éléments secondaires sont en
ouvrage poids si l’on y inclut le poids du remblai compris entre le
général constitués de plaques en béton (banché, projeté ou préfa-
mur et la verticale passant par l’extrémité arrière de la semelle.
briqué) ou en bois, ou constitués d’éléments métalliques, et sont
& Paroi moulée ; slurry wall mis en place au fur et à mesure du terrassement après la réalisation
Paroi en béton armé, moulée dans une tranchée excavée, par par- de chaque tranche d’excavation.
ties, dans le terrain. Le béton est coulé soit par la technique du tube & Paroi armée au coulis ; deep soil mixing wall
plongeur lorsque la tranchée est soutenue par un fluide d’excava-
tion, soit, dans certains cas, à sec. Soutènement provisoire formé d’une tranchée remplie de coulis
bentonite-ciment dans laquelle sont scellés des profilés métalliques
& Rideau de palplanches ; sheep pile cantilever wall verticaux régulièrement espacés qui constituent la structure rigide
Écran constitué de palplanches métalliques (profilé en acier de verticale. Le coulis bentonite-ciment, après prise, constitue un blin-
faible épaisseur et de grand élancement pouvant être plat, en dage continu relativement étanche. Une paroi armée au coulis est
forme de Z ou de U, obtenu par laminage à chaud ou profilage à généralement non porteuse.

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P
O
U
Murs et écrans de soutènement R
par Thomas SIMONNOT

et
Directeur ACCOTEC, Gif-sur-Yvette (France)

Yann JUILLIÉ
E
Expert près la Cour d’appel de Paris Gif-sur-Yvette (France) N
Sources bibliographiques
[1] GIROUD (J.P.) et TRAN VO NHIEM. – Force Cornell University. Am. Soc. Civil Engineers, [8] SCHLOSSER (F.). – Éléments de mécanique
S
portante d’une fondation sur pente. Annales New York (1970). des sols. Presses École Nationale des Ponts
ITBTP (Série Théories et Méthodes de Calcul
n 142) (juil.-août 1971). [5] JOSSEAUME (H.). – Méthodes de calcul des
et Chaussées (1988). A
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rideaux de palplanches. Étude bibliogra- [9] Les ouvrages en Terre Armée : Recomman-
[2] HOUY (A.). – Dimensionnement des ouvra-
ges en palplanches en acier. 492 p., M. Houy
phique. Bull. Liaison des Laboratoires des
Ponts et Chaussées, n 72 (juil.-août 1974).
dations et Règles de l’Art. Ministère des
Transports, Direction des Routes (1979). V
[3]
éd. (1986).

TERZAGHI (K.) et PECK (R.B.). – Mécanique


[6] BRANDL (H.). – Retaining walls and other
restraining structures. Ground Engineer’s
[10] Recommandations Clouterre 1991. Presses
de l’ENPC (1991). O
des sols appliquée aux Travaux Publics et Reference Book, § 47, Butterworths and Co.
au Bâtiment. Dunod (1957). (1987).
[11] Guide technique – Construire sur du solide.
Soletanche Bachy. I
[4] LACROIX (Y.), HELVIN (I.) et LUSCHER (U.). – [7] Interactions sols-structures. Colloque ENPC, [12] BRIAUD (J.L.). – Geotechnical engineering :
Design, construction and performance of cel-
lular cofferdans. Speciality Conference at
Presses École Nationale des Ponts et Chaus-
sées (5-7 mai 1987).
unsaturated and saturated soils. Wiley
(2013).
R
À lire également dans nos bases
SIMONNOT (T.) et JUILLIÉ (Y.). – Ouvrages de
soutènement – Poussée et butée. [C 242]
DELEFOSSE (J.). – Pathologies du béton
armé – Erreurs de conception et de calcul.
SÈVE (G.) et DURVILLE (J.L.). – Stabilité des
pentes – Glissements en terrain meuble.
P
(2015).

CALGARO (J.A.). – Normes du bâtiment et


[C 6 100] (2011).

MAGNAN (J.P.). – L’eau dans le sol. [C 212]


[C 254] (1996).

MAGNAN (J.P.). – Résistance au cisaillement.


L
des travaux publics – Base frabiliste des
Eurocodes. [C 60] (2013).
(1999).
[C 216] (1991).

PILOT (G.). – Mécanique des sols –


U
DELEFOSSE (J.). – Pathologies des murs de FRANK (R.). – Fondations superficielles. Symboles, unités et définitions. [C 201]
soutènement. [C 7 201] (2013). [C 246] (1998). (1988). S
Outils logiciels
 TERRASOL 2014 TALREN, [Logiciel]  GEOS 2014 Geostab, [Logiciel]
http://www.terrasol.fr http://www.geos.fr
 TERRASOL 2014 K-rea, [Logiciel]  GEOS 2014 Geomur, [Logiciel]
http://www.terrasol.fr http://www.geos.fr

Normes et standards
NF EN 1997-1 AFNOR 2005 NF P 94-282 AFNOR 2009
AFNOR Eurocode 7 : Calcul géotechnique Partie 1 : règles générales. AFNOR Calcul géotechnique – Ouvrages de soutènement – écrans.
NF P 94-281 AFNOR 2014 NF P 94-270 AFNOR 2009
AFNOR Justification des ouvrages géotechniques – Normes d’application AFNOR Calcul géotechnique – Ouvrages de soutènement – remblais renfor-
nationale de l’Eurocode 7 – Ouvrages de soutènement – Murs. cés et massifs en sols cloués.

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