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Fiche à jour au 15 décembre 2011

FICHE PÉDAGOGIQUE VIRTUELLE

Matière : Introduction générale au droit

Web-tuteur : Béatrice Kan-Balivet

Mise à jour : Mathias MURBACH-VIBERT

L’APPLICATION DE LA LOI DANS LE TEMPS


(FICHE DE DECISION DE JUSTICE)

SOMMAIRE
I. 1ÈRE MÉTHODE.......................................................................................... 2

II. 2DE MÉTHODE.......................................................................................... 3


FICHE D’ARRÊT

Il existe plusieurs méthodes de la fiche d’arrêt. Deux corrections vous


seront proposées. La première est celle proposée par M. SCARANO
dans le cadre des cours de méthodologie ; la seconde par M. MAYAUX,
dans son ouvrage DEUG, mode d’emploi.
Faites la fiche d’arrêt suivant la méthode qui vous a été enseignée en
travaux dirigés concernant la décision n°2 : Crim., 30 janvier 2002.

I. 1ère méthode

1) Faits :
 Robert Grifhorst, néerlandais, a importé des capitaux d’un montant
supérieur à 50 000 F le 29 janvier 1996, sans déclaration.

2) Procédure :
Ce dernier a été poursuivi devant le tribunal correctionnel sur le chef de
délit d’importation de capitaux pour une somme supérieure à 50 000
francs sans déclaration. Appel ayant été interjeté, la cour d’appel l’a
déclaré coupable de ce délit. Il forme alors un pourvoi en cassation
devant la chambre criminelle de la Cour de cassation.

3) Thèses en présence
La cour d’appel condamne le prévenu aux motifs que l’obligation de
déclaration s’impose à toute personne physique, résident ou non en
France. En outre, une telle formalité n’est pas contraire à la libre
circulation des capitaux.

M. Grifhorst invoque au soutien de sa demande plusieurs moyens, dont


seul le premier nous est rapporté. Il est fait grief à la cour d’appel d’avoir
fondé sa décision sur une dernière jurisprudence plus sévère de l’article
464 du Code des douanes qui n’imposait pas jusque-là le respect de la
déclaration aux non-résidents français. La cour d’appel aurait donc violé
les principes de l’application de la loi dans le temps et de la légalité de
délits. En effet, les lois pénales plus sévères ne peuvent rétroagir. Or, au
sens de la convention européenne des droits de l’homme, la loi est la
norme législative, mais aussi la jurisprudence qui l’interprète. Par
conséquent, le prévenu ne pouvait pas être condamné sur la base d’un
revirement de jurisprudence.

4) Problème de droit
Le principe de non-rétroactivité de la loi pénale plus sévère peut-il
s’appliquer à une interprétation jurisprudentielle ?

5) Solution de la Cour de cassation


La Cour de cassation rejette le pourvoi aux motifs que le principe de
non-rétroactivité ne s’applique pas à une interprétation jurisprudentielle
d’une loi pénale qui n’a pas été modifiée.

II. 2de méthode

1) Faits :
 Robert Grifhorst, néerlandais, a importé des capitaux d’un montant
supérieur à 50 000 F le 29 janvier 1996, sans déclaration.

2) Procédure :
Ce dernier a été poursuivi devant le tribunal correctionnel sur le
fondement du délit d’importation de capitaux pour une somme
supérieure à 50 000 francs sans déclaration. Appel ayant été interjeté, la
cour d’appel l’a déclaré coupable de ce délit aux motifs que l’obligation
de déclaration s’impose à toute personne physique, résident ou non en
France. En outre, une telle formalité n’est pas contraire à la libre
circulation des capitaux. Il forme alors un pourvoi en cassation devant la
chambre criminelle de la Cour de cassation.

3) Prétention et argumentation des parties


M. Grifhorst demande la cassation de l’arrêt de la cour d’appel l’ayant
condamné du chef du délit de non-respect de l’obligation déclarative de
capitaux supérieurs à 50 000 francs. Il invoque au soutien de sa demande
plusieurs moyens, dont seul le premier nous est rapporté. Il est fait grief à
la cour d’appel d’avoir fondé sa décision sur une dernière jurisprudence
plus sévère de l’article 464 du Code des douanes qui n’imposait pas
jusque-là le respect de la déclaration aux non-résidents français. La cour
d’appel aurait donc violé les principes de l’application de la loi dans le
temps et de la légalité de délits. En effet, les lois pénales plus sévères ne
peuvent rétroagir. Or, au sens de la convention européenne des droits de
l’homme, la loi est la norme législative, mais aussi la jurisprudence qui
l’interprète. Par conséquent, le prévenu ne pouvait pas être condamné sur
la base d’un revirement de jurisprudence intervenue postérieurement à la
réalisation des faits.

4) Solution et motifs de la juridiction


La Cour de cassation rejette le pourvoi aux motifs que le principe de
non-rétroactivité ne s’applique pas à une interprétation jurisprudentielle
d’une loi pénale qui n’a pas été modifiée.

5) Problème de droit et réponse de la juridiction


Le principe de non-rétroactivité de la loi pénale plus sévère peut-il
s’appliquer à une interprétation jurisprudentielle ? La Cour de cassation
répond par la négative dès lors qu’il n’y a eu aucune modification légale.
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