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Plan du Phédon

Introduction

            À la demande d’Echécrate, le récit est rapporté par Phédon qui, à l’inverse de
Platon, assistait à la mort de Socrate. Le récit commence véritablement en 59c. 
            
            Prologue : La mise à l’écart de Xanthippe, épouse et pleureuse (60a et s.) ;
Socrate poète met en vers Esope et compose un hymne à Apollon (60d et s.). 
           

Première partie : L’homme devant la mort

            La question du dialogue : l'homme devant la mort. Faut-il aimer la mort ?


Pourquoi, alors, condamner le suicide ? Faut-il haïr la mort ? Ne faut-il pas plutôt se
révolter contre elle, et la fuir à tout prix ? Face à l’énigme de la mort, le dialogue
s’oriente d’abord vers une réponse pratique : comment se conduit le philosophe devant la
mort ? Puis vers une question théorique : que pouvons-nous savoir de l’immortalité de
l’âme ?

I- Le philosophe devant la mort (63e et s.)


L’exercice de la pensée – sa réflexion dialogique – est une purification de l’âme. Il nous
prépare à surmonter la peur de la mort, et à demeurer maîtres de nous-mêmes. 
II- L’immortalité de l’âme (70a)
Le second mouvement est introduit par la crainte de Cébès : ne faut-il pas mettre la mort
dans l’âme et penser qu’après la mort, l’âme ne se « disperse comme une fumée », et
s’anéantisse tout à fait ?
a- L’antique tradition (70c) 
La croyance pythagoricienne en la métempsychose ; la génération se fait par les
contraires : selon un parcours circulaire et perpétuel, la mort naît de la vie et la vie de la
mort.
b- La réminiscence (72e) 
L’âme préexiste à elle-même, et tout savoir est anamnèse d’un savoir antérieur.
Cependant, la méditation – l’incantation – n’est pas encore assez puissante pour exorciser
la hantise du Croquemitaine (77e).  D’où :
c- L’âme et le corps 78b
Le corps est un composé, susceptible de décomposition. L’âme est une dans le
recueillement de la pensée. Elle est simple, donc incorruptible. En ce point, Socrate
marque un temps d’arrêt, et « un silence se fit » (84c). La pensée approche les limites de
l’impensable et la parole de Socrate n’est plus démonstrative mais musicale, à la façon du
chant qu’entonnent les cygnes, oiseaux d’Apollon, à l’approche de la mort (84e).
Transition 

Puis la rumeur de la méditation – nécessairement infinie – reprend : « Cébès et Simmias


dialoguaient à voix basse » (84c).
Objection de Simmias (85c) : L’harmonie survit-elle à la lyre ? L’âme survit-elle au
corps ?
Objection de Cébès  (87d) : L’âme ne connaît-elle ni la fatigue ni la vieillesse ? Ne s’use-
t-elle pas comme un vieux vêtement ? Tout ce que l’usure atteint ne doit-il pas, en fin de
compte, mourir ?
Intermède : « Après qu’ils eurent parlé, tous ceux qui les avaient écoutés ressentirent une
impression pénible. » (88c) Si l’âme est désir de l’immortel (Banquet), le matérialisme de
la double objection humilie cette espérance et met la mort dans l’âme.

Deuxième partie : la réfutation du matérialisme

Prologue : Socrate prend son temps pour répondre. Phédon coupera-t-il ses cheveux en
signe de deuil (89b) ? Ne pas haïr la pensée ; ne pas céder à la tentation de la misologie
(89d). Le pari de Socrate : il faut croire, contre l’hypothèse matérialiste, que la mort n’est
pas une fin (91b).
I- Réfutation de Simmias (91c) : L’Harmonie est accord et unisson ; l’âme au contraire
est capable de résistance et d’opposition (ainsi Ulysse exhortant son propre cœur). 
II- Réfutation de Cébès (95a) : la critique du matérialisme d’Anaxagore (96a). Principe
d’identité : toute existence est conforme à son essence, et ne saurait la renier.
L’âme est la vie ; une âme morte – ou fatiguée et mourante, « grise » – est aussi irréelle
qu’un cercle carré. Ici encore, la méditation s’achève sur l’énigme (Simmias : « Il m’est
impossible de ne pas éprouver au fond de moi une certaine réticence à croire aux
affirmations précédentes » (107b). Le chemin qui conduit à l’Hadès est inconnaissable et
mystérieux (108a). La conclusion ne sera donc pas démonstrative mais fabuleuse et
mythique. De même que la vie de l’homme s’achève dans la mort, de même le dialogue
du Phédon s’achève dans le mystère et dans le mythe.

Le mythe final (107d)

Le Phèdre, qui à la suite du Banquet pense l’Amour, donne lieu à un mythecéleste.


Le Phédon, qui pense la mort, donne lieu à un mythe terrestre. Selon Platon, le séjour de
l’âme n’est pas au ciel, mais bien sur la Terre. Il faut distinguer trois régions dans la
Terre :

1. Le séjour des hommes (109b) : lieu intermédiaire  ; cavités remplies d’eau et de


brouillard ; la vision est brouillée.
2. La « vraie » Terre (110b) : terre d’émeraude et de diamant qui resplendit dans la
lumière. Ici, les hommes communiquentdirectement avec les dieux.
3. Le monde souterrain (111c) : le Tartare et les quatre fleuves de l’Enfer.
Géographie Infernale. Le châtiment des âmes coupables.
Conclusion de Socrate : « Certes, prétendre à toute force qu’il en va exactement comme
je viens de le dire, cela ne convient pas à un homme qui a quelque intelligence » (114d)
… mais c’est un « beau risque à courir ». Socrate conclut sa vie sur le pari de
l’immortalité.

Epilogue (115b)

Les « orphelins » de Socrate qui penseront après sa mort. Le rituel funèbre : son peu
d’importance. Le serviteur des Onze, exécuteur irresponsable. La dernière prière : « Que
le sort soit favorable à ce changement de séjour. » Le dernier sacrifice : « Nous devons un
coq à Asclépios. »

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