Vous êtes sur la page 1sur 3

Laâyoune, le 25 novembre 2020

Madame la Haute Commissaire,


Je vous écris en ma qualité de Coordonnateur du Comité de pilotage de la Plateforme Internationale de Défense
et de Soutien au Sahara marocain, une structure indépendante rassemblant des juristes, des journalistes, des
universitaires, et des acteurs de la société civile issus de 155 pays, attachés à la paix et au développement de la
région du Sahara marocain, mais également en tant que citoyen marocain sahraoui, originaire de la ville de
Laâyoune.
Notre engagement en faveur de la paix et de la quiétude du Sahara marocain nous vient avant tout de notre
attachement à la paix et à la sécurité internationale, dont la préservation est la raison d’être de l’Organisation des
Nations Unies.
C’est ainsi que je vous écris au nom des trois milles membres de la Plateforme Internationale de Défense et de
Soutien au Sahara marocain pour vous faire part de notre vive condamnation des actions déstabilisatrices que
mène le groupe séparatiste « polisario », appuyé par l’Algérie, visant à porter atteinte à la paix, à la quiétude, et au
développement de la région du Sahara marocain.
La dernière itération de la stratégie du « polisario » visant à contrarier l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc,
seule garantie d’un exercice effectif du droit à l’autodétermination des populations du Sahara marocain, fût le
blocage du poste-frontière marocain de Guerguerate par un groupe de civils encadrés par des éléments lourdement
armés du « polisario ».
Il s’agit d’une violation caractérisée des résolutions du Conseil de Sécurité, qui exigent du « polisario » de s’abstenir
de toute action de déstabilisation à l’est et au sud du dispositif marocain de défense, et du cessez-le-feu en vigueur
depuis 1991.
Il ne vous échappera pas que cette action de blocage ne pouvait qu’avoir l’aval et l’appui de l’Algérie, qui a créé le
« polisario » et auquel elle apporte un appui politique, logistique, financier, et diplomatique.
L’Algérie est le pays hôte des camps de Tindouf, qui ont été placés sous l’autorité du « polisario » dans une violation
flagrante du droit international humanitaire et d’où ont été déployés les éléments responsables du blocage de
Guerguerate.
Son agence de presse officielle, Algérie Presse Service, s’est transformé en organe de propagande à l’encontre du
Maroc, un Etat souverain membre des Nations Unies et pourvoyeur de paix et de stabilité dans son
environnement, en violation des principes inscrits dans la Déclaration sur les principes sur les relations amicales
entre les Etats portée par la résolution 2625.
L’action de blocage du poste-frontière de Guerguerate, un point de transit stratégique pour toute la région de
l’Afrique de l’Ouest, illustre le danger que posent les actions déstabilisatrices du « polisario » sur la paix et la sécurité
internationales.
Son Excellence Mme. Michelle Bachelet
Haute Commissaire aux Droits de l’Homme
Genève
La propension systématique de l’Algérie à se dérober de ses obligations et responsabilités internationales vis-à-vis
de la situation grave et anachronique qui prévaut dans les Camps de Tindouf depuis bientôt près d’un demi-siècle,
inquiète au plus haut point. En juillet 2018, le Comité des Droits de l’Homme a exprimé ses préoccupations au
sujet de la dévolution par l’Algérie de ses compétences juridictionnelles au mouvement séparatiste du « polisario
», en estimant qu’une telle dévolution est contraire aux obligations de l’Etat partie selon lesquelles il doit respecter
et garantir les droits reconnus dans le Pacte à tous les individus se trouvant sur son territoire.
Le Comité s’est d’autant plus inquiété du sort des populations vivant dans les camps de Tindouf, que les nombreux
rapports, récits et témoignages des victimes et des personnes rescapées ont relaté les souffrances et le calvaire
vécus dans ces camps, où les tortionnaires du « polisario » pratiquent une mainmise de fer sans concession sur la
vie et le devenir des dizaines de milliers de personnes en toute impunité. Dans cet espace de non-droit ou les
populations sont maintenues en autarcie, les droits élémentaires de femmes, d’hommes et même d’enfants ont été
violés, de manière récurrente par un acteur non-étatique sous la responsabilité de l’Algérie.
Devant la gravité de ces actes, le prétexte invoqué par l’Algérie pour justifier la dévolution de ses compétences
juridictionnelles ne peut qu’apparaitre juridiquement irrecevable, moralement inacceptable et humainement
tragique.
Le mouvement séparatiste du « polisario » tout comme son parrain l’Algérie, a une attitude ambivalente à l’égard
des droits de l’Homme qu’il ne cesse d’instrumentaliser à des fins politiques, de manière éhontée, selon les
échéances et agendas et qu’il utilise à sa guise en tant qu’outil de propagande et de pression pour faire avancer ses
objectifs et son dessein séparatiste loin de toute réelle et sincère adhésion aux nobles valeurs afférentes à ces droits
humains et à leur respect.
Dans l’attente d’un règlement définitif de ce différend sur le Sahara marocain, il est inacceptable que notre pays,
nos Provinces du Sud fassent l’objet de calculs prémédités et de surenchères de la part de quiconque, sous prétexte
de droits de l’Homme, sans être au fait de la réalité de la situation dans le Sahara marocain. En tant que marocain
sahraoui, je peux attester de la situation de normalité des droits de l’Homme au Sahara marocain où les populations
jouissent, à l’instar de leurs concitoyens dans le reste du territoire national, de la garantie de l’exercice de leurs
droits fondamentaux en termes de libertés de rassemblements, de réunions ou d’associations.
En ma qualité de marocain sahraoui, je peux aussi attester, en toute connaissance de cause du climat de stabilité
et de développement économique et social remarquables dont jouit le Sahara marocain, qui affiche des indicateurs
le plaçant parmi les régions les plus développées de notre continent.
Le retrait formel du cessez-le-feu annoncé par le « polisario » est un développement gravissime, qui dénote la
volonté de l’Algérie et du « polisario » d’entraîner la région dans l’instabilité. Le recours à des attaques nocturnes
contre le dispositif marocain de défense illustre les intentions belliqueuses du « polisario », appuyé par l’Algérie.
Par ailleurs, l’utilisation d’armes lourdes et coûteuses par le « polisario » lors de ses attaques doit être contrasté
avec la situation humanitaire des camps de Tindouf, et vient une nouvelle fois confirmer le détournement à grande
échelle de l’aide humanitaire destinée aux populations de ces camps.
Le retour à la normale après l’opération responsable menée par les Forces Armées Royales dans la zone de
Guerguerate ne signifie pas un désengagement du Maroc du processus politique ou une remise en cause du cessez-
le-feu en vigueur.
Sa Majesté le Roi Mohammed VI a confirmé à S.E. M. Guterres l’engagement du Royaume en faveur de la
préservation du cessez-le-feu.
L’offensive médiatique que mène le « polisario » vise à brouiller les efforts du Secrétaire général pour relancer le
processus politique sur la base de la dernière résolution du Conseil de Sécurité.
La Plateforme Internationale de Défense et de Soutien au Sahara marocain en appelle au Secrétaire général pour
faire pression sur l’Algérie et le « polisario » pour qu’ils respectent leurs engagements, les résolutions du Conseil
de Sécurité, et les appels du Secrétaire général pour la préservation du cessez-le-feu.
Je souhaite vous affirmer le plein appui de la Plateforme Internationale de Défense et de Soutien au Sahara
marocain aux efforts de l’Organisation des Nations Unies pour apporter une solution définitive à ce différend
régional
Mohammed Ahmed GAIN
Coordonnateur du Comité de Pilotage
de la Plateforme Internationale de Défense
et de Soutien au Sahara marocain

Vous aimerez peut-être aussi