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SIXIÈME COMMUNICATION NATIONALE SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES | 2013

2013

SIXIÈME COMMUNICATION NATIONALE SUR LES

CHANGEMENTS CLIMATIQUES
en vertu de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques
2013

SIXIÈME COMMUNICATION NATIONALE SUR LES

CHANGEMENTS CLIMATIQUES
en vertu de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques
Table des matières

1. Résumé 4.3. Les politiques et mesures et leurs effets........... 65 7.4. APD bilatérale belge...................................... 151
4.4. Politiques et mesures qui ne sont plus 7.5. Activités liées au transfert de technologies
2. Circonstances nationales ayant des incidences appliquées......................................................... 93 et au renforcement des capacités.................... 154
sur les émissions et les absorptions de gaz 4.5. Réduction au minimum des effets néfastes
à effet de serre des mesures de riposte...................................... 93 8. Recherche et observation systématique
2.1. Structure institutionnelle.................................. 14 8.1. Politique générale........................................... 176
2.2. Profil démographique....................................... 16 5. Projections, effet des politiques et mesures
et des mécanismes du Protocole de Kyoto 8.2. Recherche....................................................... 177
2.3. Profil géographique et climatique.................... 18
5.1. Projections........................................................ 94 8.3. Observation systématique.............................. 188
2.4. Profil économique............................................ 22 5.2. Évaluation des effets agrégés
2.5. Profil énergétique............................................. 23 des politiques et des mesures......................... 108 9. Sensibilisation, éducation et formation
2.6. Secteur des transports....................................... 28 5.3. Supplément concernant les mécanismes 9.1. Introduction.................................................... 192
en vertu des articles 6, 12 et 17 du Protocole
2.7. Secteur industriel.............................................. 30 9.2. Sensibilisation au réchauffement
de Kyoto......................................................... 108
2.8. Secteur des déchets.......................................... 33 climatique....................................................... 193
2.9. Parc immobilier................................................ 35 6. Évaluation de la vulnérabilité, incidences des 9.3. Sensibilisation à l’environnement.................. 198
2.10. Secteurs agricole et forestier............................ 36 changements climatiques et mesures d’adaptation 9.4. Sensibilisation aux économies d’énergie....... 199
6.1. Introduction ................................................... 110 9.5. Sensibilisation à la mobilité........................... 209
3. Informations extraites des inventaires 6.2. Impacts prévus des changements
9.6. Enseignement et formation............................ 212
des émissions de gaz à effet de serre climatiques en Belgique ................................ 111
6.3. Évaluation des vulnérabilités 9.7. Les sources d’information sur Internet.......... 220
3.1. Tables de synthèse............................................ 40
et mesures d’adaptation.................................. 118
3.2 Analyse des tendances......................................... 43 Annexes
6.4. Coopération en matière d’adaptation............. 138
3.3. Système national d’inventaire.......................... 52 Annexe 1. Informations complémentaires au titre
3.4. Registre national.............................................. 55 7. Ressources financières et transfert de technologies de l’Article 7, paragraphe 2,
du Protocole de Kyoto.
7.1 Cadre législatif et institutionnel
4. Politiques et mesures des politiques et des programmes Tableau de correspondance�������������������223
4.1. Processus décisionnel....................................... 58 de coopération au développement.................. 142 Annexe 2. Tableaux résumés des tendances
4.2. Programmes nationaux et régionaux ; 7.2 Aide publique belge au développement............ 144 d’émissions��������������������������������������������223
organisations législatives, procédures 7.3. Contributions financières aux institutions Annexe 3. Tableau d’inventaire des PAM��������������242
exécutoires et administratives ......................... 63 et programmes multilatéraux......................... 147 Liste des acronymes������������������������������������������������276
Circonstances nationales ayant des incidences sur les
émissions et les absorptions de gaz à effet de serre

1. Résumé
Géographie & climat du pays et de la répartition des compétences
entre les différents niveaux de pouvoir, la
La Belgique dispose d’un territoire rela-
politique climatique est menée de manière
tivement restreint, au relief modéré, parcou-
décentralisée. Différents organes de coopé-
ru par un important réseau de cours d’eau et
ration assurent la coordination et l’intégra-
par un réseau très dense de voies de commu-
tion des politiques appliquées par les diffé-
nication (routes et réseau ferroviaire). Elle
rentes autorités ainsi que la cohérence de la
possède une frontière maritime : la mer du
politique climatique nationale. La Commis-
Nord. Son territoire est très urbanisé et sa po-
sion Nationale Climat est chargée d’élaborer
pulation très dense. Cette dernière affiche un
et d’assurer le suivi du Plan National Climat.
faible taux de croissance, dû essentiellement
au flux migratoire. Le climat est tempéré,
caractérisé par de faibles écarts thermiques,
Économie
des vents dominants soufflant du secteur La Belgique est une économie très ou-
sud-ouest, une forte nébulosité et des pluies verte, située au centre d’une zone d’activi-
fréquentes. L’évolution des températures au té économique intense. Les exportations de
cours du siècle dernier montre une tendance biens et de services représentaient 84,8 % de
de fond à la hausse, avec une accentuation du son PIB en 2012 et les importations 83,6 %.
phénomène au cours des dernières années. L’économie belge est actuellement dominée
La faune et la flore belges correspondent à par le secteur des services. Son PIB à prix
celles de l’Europe tempérée. À l’heure ac- courants en 2012 s’élevait à 376,229 mil-
tuelle, 22,8 % seulement du territoire belge liards d’euros. Comme ses pays voisins, la
est encore boisé (forêts de feuillus ou de ré- Belgique a ressenti les effets de la crise de
sineux). Cette superficie est en léger recul l’euro en 2012. Une timide reprise est atten-
par rapport à 1990, de même que les terres due en 2013.
agricoles, qui occupent toujours néanmoins
la majeure partie du territoire. Énergie
La baisse généralisée de l’intensité
Institutions énergétique primaire dans l’ensemble de la
La Belgique est un État fédéral compo- Belgique depuis 1990 reflète le découpage
sé de trois Communautés linguistiques et de entre croissance économique et consom-
trois Régions, qui disposent chacune d’or- mation énergétique primaire. Les bâtiments
ganes exécutifs et législatifs. Compte tenu de constituent le premier consommateur final
la complexité de la structure des institutions d’énergie primaire (33,7 %), suivis de l’in-

5
dustrie (30,9 %) et des transports (20,7 %). Transport troisième secteur industriel du pays et s’est Agriculture
Globalement, la consommation finale notamment avéré la plus résistante face à la
Le transport est un secteur en croissance L’agriculture belge est spécialisée dans
d’énergie a diminué à un rythme annuel de crise. L’industrie chimique représente quant
continue dans la mesure où la Belgique est les cultures maraîchères et horticoles, les
0,06 % entre 2000 et 2011. Le pétrole reste à elle plus d’un cinquième du chiffre d’af- céréales, la pomme de terre, la betterave su-
un pays de transit et dont l’activité écono-
l’énergie dominante (45,3 % en 2011) au faires du secteur industriel belge. La Bel- crière, l’élevage du bétail et la production de
mique est largement tournée vers l’exporta-
niveau de la consommation finale, suivi par gique constitue, dans ce domaine, la dixième lait. La pêche représente une activité écono-
tion. Cette croissance concerne en particulier
le gaz (28,3 %), l’électricité (15,6 %), les puissance commerciale du monde. En Bel- mique d’un poids relativement faible. Bien
le transport routier et le transport aérien. Le
renouvelables (7,5 %), les combustibles so- gique, l’industrie automobile se limite à que la surface agricole exploitée soit restée
parc automobile de voitures particulières
lides (1,7 %) et la chaleur (1,7 %). Il assure l’assemblage, pratiqué en majorité dans de relativement stable, le nombre d’exploita-
connaît une croissance spectaculaire (en Bel-
principalement la couverture des besoins gique, le taux de motorisation est d’une voi- grandes unités de montage détenues par des tions agricoles, de même que la population
du secteur du transport, du secteur résiden- ture pour deux  habitants). Cette croissance entreprises multinationales. La construction active dans ce secteur, ont continué de baisser
tiel et de celui des usages non énergétiques est encore plus forte pour les véhicules de ferroviaire, ainsi que le secteur hautement sensiblement au cours des dernières années,
(feedstocks). L’électricité et le gaz naturel transport routier de marchandises. On s’at- technologique de l’aéronautique, constituent poursuivant une tendance observée depuis
jouent en revanche un rôle majeur dans l’in- tend à une poursuite de l’augmentation de deux autres secteurs bien implantés dans le la Deuxième Guerre mondiale. À l’heure
dustrie et le résidentiel, alors que l’usage des la demande de combustibles fossiles dans pays. actuelle, la population active dans l’agricul-
combustibles solides reste essentiellement ce secteur. La percée des nouvelles techno- ture et la pêche représente à peine 1 % de la
confiné à la sidérurgie. logies visant à améliorer l’efficacité énergé- Déchets population. Malgré ce déclin, l’agriculture et
La production d’électricité, en hausse tique des véhicules tarde à produire des ef- la pêche n’en demeurent pas moins des sec-
Entre 2006 et 2010, la production des teurs économiques importants. L’agriculture
de 0,7 % par an en moyenne au cours de fets sur les émissions de substances nocives. déchets a augmenté de 6  %. Des progrès
En 2011, la route est de loin le principal biologique se développe rapidement.
la période 2000-2011, est assurée à hauteur remarquables ont pu être constatés dans le
de 53,5 % par les centrales nucléaires et de mode de transport en Belgique, tant pour les domaine du recyclage des emballages. En
34,5  % par les centrales thermiques clas- passagers (78,3 % en véhicules privés contre
2010, les taux de recyclage et de valorisation
siques. Le solde de production, soit 12 %, est 6,1 % en transports en commun), que pour
des emballages industriels étaient de 81,6 %
assuré par les centrales de pompage, l’éner- les marchandises (74 % par camion).
et 90 % respectivement, tandis que dans le
gie hydraulique, l’énergie éolienne et les
secteur des ménages, ces taux étaient de
combustibles renouvelables et de récupéra- Industrie
83,2 % et 94,5 %.
tion. La part des combustibles liquides dans En Belgique, le profil de l’industrie a
la production d’électricité présente depuis de subi de profondes mutations depuis 1960 et Logements
nombreuses années une tendance à la baisse son poids dans l’activité économique s’est
(elle est passée de 52,7 % en 1971 à 0,1 % réduit. Le secteur métallurgique, principale- Le parc immobilier belge est caractérisé
en 2011). La consommation d’électricité des ment constitué de grosses entreprises situées par une proportion importante d’immeubles
secteurs résidentiel et tertiaire (51,5 %) a dé- au cœur des anciens bassins industriels de anciens. En 2010, la pénétration du chauf-
passé celle du secteur industriel (46,5 %). La Wallonie, a connu d’importantes restructu- fage central dans les logements belges était
part des énergies renouvelables a considéra- rations depuis le début de la crise dans ce de l’ordre de 81,7 %. Le gaz naturel a désor-
blement augmenté au cours des dix dernières secteur, dans les années 70. Dans le secteur mais dépassé le mazout en tant que princi-
années et représentait 7,9 % en 2011. À plus textile, qui a également dû faire face à des pale source de chaleur (57 % contre 30,8 %).
long terme, les énergies renouvelables de- difficultés importantes au cours de cette Le charbon a connu dans le même temps
vraient constituer une part très significative même période, on a assisté à un phénomène un très net recul (0,7 % en 2010). Le taux
de la production énergétique primaire en de regroupement de l’activité. L’industrie d’équipements électriques des logements
Belgique. agroalimentaire est par contre devenue le continue d’augmenter.

6 1. Résumé
Informations résultant des inventaires des émissions plémentarité. La Commission Nationale
Climat est l’un d’entre eux ; elle est chargée
de réduction des émissions en fonction de
ses compétences individuelles. Le Plan Na-
de gaz à effet de serre d’élaborer et de mettre en œuvre la politique
climatique.
tional Climat, appliqué entre 2009 et 2012 et
quasiment achevé, est le résultat de la conso-
En tant qu’État membre de l’Union eu- lidation de ces différentes politiques. Depuis
ropéenne, la Belgique contribue aux enga- 2013, la Commission Nationale Climat s’est
gements pris dans le cadre du Protocole de engagée à prolonger le Plan jusqu’à 2020 et
Kyoto : une réduction de 8 % par rapport aux les autorités régionales définissent actuelle-
En Belgique, les émissions de gaz à ef- de consommation d’énergie. Une utilisation ment leurs propres politiques. Toutefois, le
fet de serre ont diminué de 17,4 % en 2011 plus rationnelle de l’énergie se répand égale- niveaux de 1990 des émissions de gaz à effet
partage de la charge résultant de la contribu-
par rapport à l’année de référence. Cette ment, mais elle s’accompagne souvent d’une de serre pour la période 2008-2012, dans le
tion de la Belgique au Paquet Énergie-Cli-
évolution favorable masque cependant des augmentation de la consommation d’électri- but de parvenir à réduire les émissions d’au
mat n’est pas encore finalisé1.
tendances contrastées entre les différents cité, de sorte qu’il est difficile de quantifier moins 20 % dans le cadre d’un prolongement
secteurs. son impact sur les émissions réelles. Enfin, de ce Protocole jusqu’en 2020. En outre, Les politiques climatiques des diffé-
la fermeture de certains sites sidérurgiques dans le cadre de son Paquet Énergie-Climat, rentes autorités belges sont concentrées sur
D’une part les émissions occasionnées l’Union européenne s’est fixé pour objectifs six priorités stratégiques sectorielles : opti-
par le transport routier augmentent conti- ces dernières années a également contribué à
la diminution des émissions. Cette évolution de réduire les émissions de gaz à effet de miser la production d’énergie ; utiliser ra-
nuellement depuis 1990 en raison du nombre serre de 20 % entre 1990 et 2020 ; de porter tionnellement l’énergie dans les bâtiments ;
croissant de voitures et de l’intensification industrielle devrait se poursuivre à l’avenir.
la part d’énergie produite à partir de sources agir sur les processus industriels ; dévelop-
du trafic, qui tend toutefois à se stabiliser ces Dans le secteur agricole, les émissions renouvelables à 20 % de sa consommation per les modes de transport durable ; favoriser
dernières années. de CH4 et de N2O sont en baisse, reflétant d’énergie finale à l’horizon 2020 (10  % de la gestion durable des écosystèmes agricoles
Les émissions des secteurs résidentiel et la diminution du cheptel ainsi que certaines la consommation dans le secteur des trans- et forestiers ; renforcer les efforts en matière
tertiaire ont diminué en 2011 par rapport aux modifications des pratiques agricoles. Dans ports)  ; et d’améliorer de 20  % l’efficacité de gestion des déchets. Viennent en com-
dernières années, bien que plusieurs indica- les centres d’enfouissement technique, la énergétique (par rapport au scénario de réfé- plément des axes plus transversaux comme
teurs soient à la hausse, comme le nombre récupération et la valorisation du biogaz ont rence). L’objectif fixé pour les émissions de le soutien à la R&D, la sensibilisation et la
de logements ou le nombre d’employés dans entraîné une nette réduction des émissions gaz à effet de serre est lui-même réparti entre formation de divers publics cibles, le renfor-
les secteurs tertiaire et institutionnel. Cela de CH4. les secteurs participant au système d’échange cement du rôle d’exemple que doivent jouer

Politiques et mesures
s’explique par une année exceptionnelle- de quotas d’émissions (le système ETS qui les pouvoirs publics, la mise en œuvre des
ment douce, qui a eu un impact important couvre une grande partie de l’industrie et de mécanismes de flexibilité et l’intégration de
sur la tendance globale des émissions de la la production/transformation d’énergie) et la dimension climatique dans la politique
Belgique. Cela étant, la tendance claire du les secteurs qui ne sont pas couverts par le d’aide au développement.
secteur tertiaire depuis 1990 reste une aug- Dans le contexte fédéral belge, les poli- système ETS (ou « secteurs non-ETS »). Par
mentation nette des émissions. conséquent, la Belgique doit réduire de 15 % Énergie
tiques et mesures visant à réduire les émis-
D’autre part, on observe un rempla- sions de gaz à effet de serre sont élaborées à ses émissions (non-ETS) entre 2005 et 2020, Les deux principaux instruments de la
cement des combustibles solides par les différents niveaux de gouvernance, en fonc- et porter la part d’énergie produite à partir de politique climatique dans les secteurs de la
combustibles gazeux dans les secteurs de tion de la répartition des compétences entre sources renouvelables à 13 % de sa consom- production d’électricité et de la transforma-
la production d’électricité et de l’industrie. le Gouvernement fédéral et les Régions. mation d’énergie finale à l’horizon 2020. tion d’énergie sont les suivants :
Cette évolution, ajoutée au développement Différents organes de coordination ont été Afin de poursuivre son premier objec- –– le système ETS visant à réduire les émis-
des combustibles renouvelables dans cer- mis en place afin d’harmoniser les politiques tif de Kyoto, la Belgique a réparti la charge sions de gaz à effet de serre 
tains secteurs, a permis de réduire le facteur menées par le Gouvernement fédéral et par entre ses trois Régions et le Gouvernement
d’émission de CO2 pour un niveau donné les trois Régions, en garantissant leur com- fédéral, chacun ayant fixé sa propre politique 1 Situation à l'automne 2013.

7
–– les certificats verts (ainsi que les cer- Industrie matière d’épandage du lisier, la limitation de 2020. Les facteurs principaux de cette di-
tificats de «  cogénération  » en Région la quantité de bétail) et sur l’amélioration des minution après 2010 sont la baisse modé-
Dans l’industrie, le système ETS est un
flamande) visant à promouvoir la pro- pratiques agricoles (traitement, stockage et rée probable des émissions dans l’industrie
instrument important pour réduire les émis-
duction d’électricité par le recours à des épandage du lisier, récupération des déchets, manufacturière d’ici à 2020, une baisse des
sions de gaz à effet de serre de la manière la
sources d’énergie renouvelables et à des lutte contre la dégradation du sol, etc.). Le émissions dans les procédés industriels et
plus rentable possible. Les accords sectoriels
cogénérations à haut rendement. Ces reboisement et la préservation des forêts sont une forte diminution des émissions dans la
conclus entre les Gouvernements régionaux
mesures sont complétées par un soutien encouragés par une législation spécifique. production d’électricité. D’après les me-
et leurs industries concernant les objectifs
financier (subventions, bourses, allège- à atteindre pour améliorer leur efficacité sures additionnelles existantes, on peut esti-
Déchets mer que la réduction supplémentaire totale
ment fiscal) en vue de favoriser l’inves- énergétique et réduire les émissions de gaz
tissement dans ces installations de pro- à effet de serre constituent un deuxième outil Les politiques poursuivies en vue de ré- en 2020 sera d’environ 1,9 Mt éq. CO2. Le
duction. crucial. Ces accords ouvrent la voie à l’utili- duire le volume des déchets et d’optimiser Gouvernement fédéral et les Gouvernements
sation de sources d’énergie renouvelables et leur traitement reposent sur une fiscalité régionaux belges s’attachent actuellement à
à l’établissement d’un « mapping CO2 » de environnementale (favorisant les embal- définir des mesures visant à atteindre, pour
Bâtiments
l’activité des sites industriels ou des chaînes lages réutilisables), sur le renforcement des 2020, les objectifs du Paquet Énergie-Climat
Les mesures destinées à encourager une des produits de base. réglementations (interdiction de mise en européen en matière d’énergies renouve-
utilisation rationnelle de l’énergie et le re- décharge, traitement obligatoire des gaz de lables et les objectifs non-ETS
cours aux sources d’énergie renouvelables Transport décharge, normes pour les incinérateurs) et
dans les bâtiments sont axées sur la transpo- sur le développement de canaux spécifiques Des incertitudes existent concernant les
Dans le secteur des transports, les initia- variables exogènes telles que la croissance
sition des directives européennes relatives à tives entreprises par les autorités fédérales de traitement et de récupération des déchets.
économique, les conditions climatiques, les
la performance énergétique des bâtiments et et régionales se concentrent essentiellement importations d’électricité et leur niveau in-
à l’amélioration de l’efficacité énergétique. sur :
Projections et effet total
fluençant la quantité des émissions de gaz à
Elles fournissent un calendrier pour l’entrée
–– la limitation de la croissance du trafic effet de serre, en particulier dans les secteurs
en vigueur de normes énergétiques de plus en
plus strictes pour les nouvelles constructions
routier et sur l’incitation au « transfert
modal » (vers le transport ferroviaire et des politiques et mesures couverts par la directive EU ETS.
Les émissions de la période d’inven-
et les rénovations substantielles, notamment fluvial) : des services de transport public
les installations de chauffage et de produc- taire 2008-2011, ainsi que les premières
de meilleure qualité, la promotion du co-
tion d’eau chaude, et prévoient un soutien indications pour 2012, suggèrent que les
voiturage, l’amélioration de l’infrastruc- Le scénario « avec mesures » indique
financier pour l’amélioration de l’efficacité émissions de gaz à effet de serre en Belgique
ture  l’évolution probable des émissions de gaz à
énergétique des bâtiments existants. –– des mesures visant à encourager les au cours de la période de Kyoto 2008-2012
effet de serre en Belgique dans le cadre des seront inférieures à l’objectif de Kyoto.
L’obligation d’établir une certification conducteurs à acquérir et utiliser des vé- politiques et mesures actuelles. Il intègre
hicules à faible consommation d’énergie toutes les politiques et mesures adoptées Une limite d’émission de gaz à effet de
énergétique pour tout bâtiment faisant l’ob-
(information, incitations fiscales), et à fin 2012 par le Gouvernement fédéral et les serre de -20 % en 2020 par rapport aux ni-
jet d’une transaction (vente, location) devrait
adopter une conduite modérée (conduite Gouvernements régionaux dans le but de ré- veaux de 1990 a été fixée pour la Belgique
permettre, à moyen et à long terme, d’attri- écologique). duire les émissions de gaz à effet de serre. dans la décision 1/CMP8. Cependant, cet ob-
buer une valeur ajoutée aux bâtiments les
Dans le cadre de ces politiques (scénario jectif fera l’objet d’un partage de la charge
plus efficaces. Secteurs agricole et forestier « avec mesures existantes »), il était prévu entre les États membres de l’Union euro-
Le recours à un fonds de tiers investis- Les actions menées dans le secteur agri- qu’en Belgique, les émissions de gaz à effet péenne, conformément à l’article 4 du Pro-
seur est la solution choisie par le Gouverne- cole se concentrent essentiellement sur la ré- de serre (hors secteur LULUCF) diminuent tocole de Kyoto. Par conséquent, il semble
ment fédéral pour améliorer son propre parc duction des émissions de gaz à effet de serre, de 131,6  Mt  éq.  CO2 en 2010 à 122,0 Mt qu’il soit encore trop tôt pour se prononcer
immobilier. la diminution de la production (normes en éq.  CO2 en 2015 et à 120,6  Mt  éq.  CO2 en sur les émissions prévues en 2020.

8 1. Résumé
Dans la politique interne de l’Union eu- 75,7  Mt. éq. CO2, les mesures existantes Les changements climatiques sont déjà Il existe néanmoins des exceptions, à savoir
ropéenne2, les objectifs belges sont de -21 % et les mesures additionnelles actuellement intégrés dans différents plans et programmes les mesures visant à rafraîchir les villes au
pour les secteurs ETS et de -15 % pour les envisagées ne seraient pas suffisantes pour (existants), comme au niveau de l’aména- moyen de toitures vertes ou les réglemen-
secteurs non-ETS. En tenant compte de l’ef- atteindre l’objectif prévu pour les secteurs gement du territoire (Projet flamand de re- tations dans le domaine de la construction
fet attendu des ajustements conformément à cherche sur les changements climatiques et concernant les zones inondables.
non-ETS en 2020. Toutefois, le partage de
l’article 10 de la décision relative à la réparti- l’aménagement du territoire – CcASPAR), Dans le contexte de la coopération au dé-
la charge interne belge relative aux objectifs
tion de l’effort, cela se traduit par un objectif un plan d’aménagement de l’espace mari- veloppement, une plateforme de recherche
de réduction des émissions pour les secteurs de cette décision n’a pas encore été adopté, time, des plans et des études sur la gestion
donc aucune conclusion définitive ne peut universitaire a été mise en place (la plate-
non-ETS en Belgique de 66,7  Mt  éq.  CO2. et la purification de l’eau (projet AMICE forme de recherche sur les changements
Comme les émissions projetées à l’heure être établie pour le moment d’un point de concernant l’adaptation de la Meuse aux im- climatiques et la coopération au dévelop-
actuelle pour le secteur non-ETS sont de vue régional ou national. pacts des évolutions du climat), des conseils pement) afin d’apporter un soutien à l’éla-
et avis techniques en matière d’agriculture boration de politiques en matière de chan-
et de développement rural (unité GISER), gements climatiques. Cela inclut la mise au
le plan de transport à Bruxelles, et le plan
Évaluation de la vulnérabilité, incidences des estival et hivernal pour les chemins de fer,
point d’un ensemble d’outils en faveur de la
durabilité environnementale (Environmental
changements climatiques et mesures d’adaptation
le Plan directeur pour la sécurité du littoral Sustainability Tool Kit). Outre les différents
et le plan Sigma, ainsi que le plan national programmes bilatéraux et organisations mul-
d’action environnement santé (NEHAP). tilatérales consacrés à l’adaptation au climat,
L’information et la sensibilisation de la la Belgique soutient la recherche scientifique
population belge, comme dans le cas des internationale dans les domaines de l’adapta-
Les changements climatiques auront des tion ont été élaborés et adoptés aux niveaux campagnes relatives à l’eau ou aux vagues tion au climat et de l’agriculture, notamment
incidences sur le quotidien des citoyens du régional et fédéral. de chaleur, constituent un aspect majeur. par l’intermédiaire du « Groupe consultatif
monde entier, et par conséquent, sur les ci- Des études régionales ont établi des pro- pour la recherche agricole internationale  »
toyens belges également. Des recherches Les procédés nouveaux ou novateurs
jections en matière de climat. Celles-ci ont peuvent être très différents. La nouvelle poli- (CGIAR).
ont été menées sur le sujet dans différents
Ressources financières et
fourni de plus amples informations sur la tique industrielle flamande cherche à relever
secteurs (gestion de l’eau, gestion des zones vulnérabilité des secteurs aux conditions cli-
côtières, biodiversité, agriculture, foresterie, les nouveaux défis. Le secteur de l’énergie
transfert de technologies
matiques futures. Des groupes cibles trans- est également à la recherche de stabilité et
pêche, infrastructure, transports, industrie et versaux ont été créés et des programmes de
services, énergie, tourisme, santé et coopéra- de sécurité dans le contexte des changements
recherche ont été lancés afin d’améliorer la climatiques.
tion au développement) et des mesures ont compréhension des effets des changements
été prises. En tout état de cause, il s’agit des climatiques et de l’adaptation à ce phéno- Cela entraînera des coûts, mais égale-
premières étapes d’un long et profond pro- ment des avantages. En conséquence des Ce chapitre fait la synthèse des efforts
mène. À cet égard, il est indispensable de ne
cessus. étés chauds, les côtes belges pourraient sé- déployés par la Belgique pour intégrer la
pas sous-estimer la valeur de certains projets
duire un plus grand nombre de touristes et lutte contre les changements climatiques
Encouragée par les développements au exploratoires. Parmi les exemples positifs
les changements climatiques pourraient ap- dans la coopération au développement. Les
niveau européen (la stratégie européenne figurent le projet Interreg « Future Cities »,
porter un avantage à la Belgique par rapport ressources financières concernées ont été
en matière d’adaptation, la plate-forme le projet MODIRISK qui étudie les espèces
aux régions concurrentes. mises à disposition pour la période 2008-
d’échange « Climate-Adapt », etc.), la Bel- de moustiques exotiques et endémiques,
gique a accompli des progrès significatifs l’expérience « Cities Adapt » de la ville de La législation relative à l’adaptation
au niveau de la politique d’adaptation. Par Gand et des projets plus sectoriels dans les aux changements climatiques demeure peu
exemple, en 2010, la Stratégie Nationale domaines de l’agriculture, de la foresterie et abondante et il est peu probable d’assister à 2 Décision n° 406/2009/CE relative à la répartition
d’Adaptation a été adoptée et des plans d’ac- de la pêche par exemple. des développements majeurs en la matière. de l’effort et autres actes législatifs.

9
2012 par le Gouvernement fédéral, les Ré-
gions et les Communautés.
partie  : aide humanitaire (sous-secteurs  :
coordination, prévention et reconstruction),
88 millions d’euros, ont été alloués en plus
des mesures prévues chaque fois pour le fi-
Recherche et observation
L’effort total consenti au titre de l’aide industrie (sous-secteurs : administration,
recherche, industrie agricole, industrie du
nancement à mise en œuvre rapide en 2010,
2011 et 2012.
systématique
officielle belge au développement durant
cette période représente un montant de près bois), transports (transports maritimes) et
La DGD, comme les entités fédérales, a
de 8 milliards d’euros3. secteurs multiples (sous-secteurs : général,
toujours inclus le transfert de technologies
développement alternatif, recherche, déve- Sur le plan institutionnel, la Belgique est
En ce qui concerne la sixième commu- et le renforcement des capacités dans ses
loppement urbain, formation et développe- une sorte de « mini-Europe » où chacune des
nication à la CCNUCC, les données pour le accords bilatéraux. Le transfert de techno-
ment rural). Pour chaque sous-secteur, un entités fédérées (Régions et Communautés
calcul des dépenses liées aux changements logies respectueuses de l’environnement linguistiques) a des compétences propres en
facteur de pondération a été appliqué afin
climatiques proviennent de la base de don- d’évaluer la part liée au climat. doit favoriser la croissance rapide des pays matière de sciences, de technologie et d’in-
nées de l’aide publique au développement en développement tout en protégeant l’en- novation (STI) en vertu de la législation. Le
(APD) de la Direction Générale de la Coopé- À partir de 2010, la part de l’APD en vironnement et les ressources naturelles. Le
rapport avec le climat dans les secteurs sé- long processus de décentralisation, qui a dé-
ration au Développement (DGD). Une ana- renforcement des capacités vise le même buté dans les années 70, a donné lieu à une
lyse sectorielle a été réalisée et les secteurs lectionnés a fortement augmenté avant de se objectif et doit permettre aux différents pays
stabiliser à environ 25 % de l’APD totale ac- différenciation intéressante des institutions
suivants ont été traités dans leur intégrali- de satisfaire rapidement aux exigences des et des conceptions politiques adaptées au
té : protection de l’environnement, appro- cordée à ces secteurs. divers accords internationaux, plans natio- potentiel spécifique en matière de STI ainsi
visionnement en eau et épuration des eaux, En dépit des conditions budgétaires dif- naux, de l’évolution technologique, etc. La qu’aux besoins sociaux et économiques de
agriculture et élevage, foresterie, énergie et ficiles, la Belgique a accompli des efforts au plupart des activités sur le terrain dans le chaque partie de la Belgique et de ses diffé-
pêche/aquaculture. La même méthode de cours de cette période afin de contribuer au domaine du renforcement des capacités et rentes entités.
calcul a été utilisée pour la cinquième Com- financement à mise en œuvre rapide, comme du transfert de technologies sont menées par
munication nationale, ce qui permet d’établir convenu durant les COP de la CCNUCC te- La répartition des responsabilités en ma-
des acteurs multilatéraux et indirects. Bien
des tendances entre les différentes périodes nues à Copenhague et à Cancún. Des fonds tière de STI entre les différentes autorités
qu’il soit difficile d’évaluer avec précision
étudiées. D’autres secteurs ont été repris en supplémentaires, d’un montant total de belges est fondée sur les domaines de com-
la part des programmes et des projets consa-
pétences plutôt que sur les acteurs. Dans la
crée aux changements climatiques, plusieurs
pratique, cela signifie que les établissements
exemples d’interventions comprenant un
d’enseignement supérieur peuvent recevoir
élément clair de transfert de technologies
des fonds des autorités fédérales, régionales
Aperçu (en EUR) 2009 2010 2011 2012 sont ajoutés au chapitre 7. ou des communautés (en fonction de leur
À cet égard, il y a également lieu de men- localisation et de leur régime linguistique)
Adaptation 46 580 798 65 775 345 69 683 424 43 476 874
tionner les projets de recherche des universi- mais pour servir différents objectifs à diffé-
tés et établissements scientifiques belges. À rentes conditions.
Atténuation 32 450 553 45 966 100 44 453 700 23 009 164 titre d’exemple, citons la plate-forme de re- La coopération, la coordination et la
cherche KLIMOS – un partenariat entre les consultation, qui sont à la base de la formu-
Total en rapport avec différentes universités et hautes écoles fla-
79 031 351 111 741 445 114 137 124 66 486 038 lation des décisions et positions relatives à
le climat
mandes – créée en 2010. Différents groupes la politique en matière de recherche, sont or-
APD totale pour les de recherche travaillent sur les thèmes clés ganisées par la Commission de Coopération
416 405 569 430 284 282 449 239 320 293 317 140
secteurs sélectionnés suivants : énergie, sécurité alimentaire et internationale (CCI) et la Commission de
% de l’APD en forêts. Grâce à leurs recherches, ces scienti-
19 26 25 23 fiques aident la DGD à élaborer la politique
rapport avec le climat
visant à intégrer l’atténuation et l’adaptation 3 Les chiffres pour 2012 étaient incomplets au mo-
dans la coopération au développement. ment de la rédaction du rapport.

10 1. Résumé
Coopération fédérale (CCF), deux comités aux ISF d’échanger des connaissances, des de Bruxelles (INNOVIRIS) accorde des le cadre du programme de recherche STE-
permanents de la Conférence interministé- idées, des expériences et des chercheurs avec bourses aux PME, aux universités et aux REO II (observation de la Terre par satellite).
rielle de la Politique scientifique (CIMPS). des pays tiers. organismes de recherche souhaitant mettre L’un des aspects abordés dans l’accord
La recherche climatique est un domaine Le département de l’économie, des en place un projet de partenariat internatio- administratif récemment conclu entre le pré-
traditionnel de la coopération internationale. sciences et de l’innovation du Gouverne- nal. Par l’intermédiaire de cette initiative, sident de la Politique scientifique fédérale
Cette coopération concerne diverses activi- ment flamand (EWI) ainsi que l’Agence INNOVIRIS finance la préparation, la né- et le ministre responsable à l’époque est la
tés : la recherche et l’observation, ainsi que pour l’innovation par la science et la tech- gociation et la présentation de projets de création d’un centre de référence dans le do-
l’évaluation scientifique et l’intégration. La nologie (IWT), le Fonds pour la recherche R&D associant un ou plusieurs participants maine de l’expertise climatique au sein des
Belgique participe activement à tous ces ef- scientifique en Flandre (FWO) et la Fonda- de Bruxelles à une ou plusieurs entités étran- établissements scientifiques fédéraux.
forts. tion Hercules (financement des infrastruc- gères dans le contexte des programmes euro-
péens de R&D. Une nouvelle plate-forme d’expertise sur
Au niveau européen, la coopération a lieu tures de recherche) participent à plusieurs les scénarios climatiques orientera l’élabora-
par l’intermédiaire d’instruments de coordi- programmes et réseaux de recherche sur les De plus, l’Agence Bruxelloise de l’Éner- tion d’hypothèses cohérentes en la matière et
nation de la recherche financée au niveau na- question ayant trait au climat, comme les gie (ABEA) aide gratuitement les acteurs mettra au point une « approche prospective »
tional, comme par les ERA-NET (Réseaux ERA-NET (ECO-INNOVERA, «  Future concernés de la région (entreprises, associa- pour les besoins futurs relatifs au dévelop-
de l’espace européen de la recherche), COST Travelling », etc.), l’initiative technologique tions, universités ou centres de recherche) pement de scénarios et de modèles. Cette
(un cadre intergouvernemental pour la coo- conjointe «  Pile à combustible et hydro- intéressés par l’obtention d’un financement avancée majeure ouvre la voie à la mise en
pération européenne dans le domaine de la gène » (FCH), ESFRI, les initiatives de pro- européen pour la recherche et l’innovation. place d’un environnement davantage axé sur
recherche) ESFRI (le Forum pour la straté- grammation conjointe, les CCI (communau- Elle prête toute particulièrement attention les services.
gie européenne en matière d’infrastructures tés de la connaissance et de l’innovation), aux domaines technologiques thématiques
etc. Par ailleurs, l’Agence flamande de l’en- qui constituent une priorité régionale (no- En Wallonie, les sciences, la technologie
de recherche) et les initiatives de program- et l’innovation relèvent de plusieurs direc-
mation conjointe (par exemple, JPI-FACCE, vironnement (VMM) participe activement à tamment l’environnement, l’énergie et la
tions générales du Service Public de Wal-
Urban Europe). plusieurs projets Interreg. construction durable).
lonie (SPW). La Région wallonne finance
Depuis 2012, les collaborations bilaté- La Flandre et VITO (l’Institut flamand La majeure partie des recherches clima- principalement les activités de recherche
rales du Service public de programmation de pour la recherche technologique), sont tiques menées par le Gouvernement fédéral et développement et d’innovation visant à
la Politique Scientifique fédérale (BELSPO) membres de BERA (l’Alliance des centres fait partie intégrante du programme-cadre accroître l’activité économique et indus-
se concentrent sur la formation de réseaux belges de recherche en énergie) et participent « La science pour un développement du- trielle, ainsi que la recherche dans le but
afin d’établir une collaboration structurelle à différents programmes conjoints de l’EE- rable » (SSD) (2005-2009 – prolongé) et de de renforcer l’expertise spécifique dans ses
à long terme. Les Changements climatiques RA (Alliance européenne de recherche dans l’Action de recherche belge via des réseaux domaines de compétence. Le budget accor-
sont un thème qui peut être abordé dans le le domaine de l’énergie). En outre, la Flandre interdisciplinaires (BRAIN-BE). Ce pro- dé par la Région wallonne à la recherche et
cadre d’un appel à projet commun financé est fermement engagée dans le plan straté- gramme-cadre permet, par le financement développement dans le domaine de l’énergie
par les deux acteurs, BELSPO et le parte- gique pour les technologies énergétiques de projets de recherche fondés sur l’excel- s’élève à environ 30 millions d’euros par an.
naire bilatéral. (plan SET), qui est un l’un des premiers à lence scientifique et les liens européens et D’après la classification de l’Agence inter-
proposer une approche efficace coordonnée internationaux, de répondre aux besoins nationale de l’énergie (AIE), les principaux
Le premier appel à propositions a débou-
pour tous les pays européens en matière de des départements fédéraux en matière de domaines de recherche sont généralement la
ché sur un projet commun avec le Burundi
concernant l’exploitation d’observations technologie énergétique. connaissances scientifiques et de soutenir conservation de l’énergie (46 %), l’énergie
pour des applications climatiques et l’amé- Afin d’encourager la participation des le potentiel des établissements scientifiques renouvelable (28 %), suivis de la production
lioration de la recherche dans le cadre de acteurs basés à Bruxelles à différents pro- fédéraux. Les projets sont sélectionnés aux d’électricité et les technologies de stockage
l’instrument de coopération « Établissement grammes de recherche européens ou inter- moyens d’appels et d’évaluations. (12 %).
de réseaux avec des Institutions scientifiques nationaux, l’Institut d’encouragement de la Il existe également un certain nombre La Wallonie participe également à de
fédérales (ISF)  », un instrument permettant Recherche Scientifique et de l’Innovation de projets actuels axés sur le climat dans nombreux projets sur le climat comme le

11
captage du carbone par les écosystèmes, le (« Vlaanderen in Actie  » ou ViA) a permis matiques. Il couvre à la fois les observations
recyclage du CO2 contenu dans les déchets de recenser six centres d’innovations plu- nationales et étrangères depuis le sol et les
et la création de valeur à partir de biomasse ridisciplinaires qui abordent les principaux observations régulières par satellites.
(SCOT, ERA-NET, divers projets du FE- défis de la société. Trois d’entre eux portent
DER, ICOS, etc.). Dans la Fédération Wal- sur les questions relatives au climat, à savoir

Éducation, formation et sensibilisation du public


lonie-Bruxelles, l’administration chargée de l’éco-innovation, l’énergie verte ainsi que la
développer et de mettre en œuvre la politique mobilité et la logistique durables.
scientifique est la Direction de la Recherche En Région de Bruxelles-Capitale, le Plan
scientifique. Parmi les responsabilités de régional pour l’innovation 2007-2013 (PRI)
cette administration figurent le financement pose les bases de la stratégie actuellement La population belge accorde une grande pels à projets, etc. Cela ressort clairement
des universités et des établissements d’ensei- suivie à Bruxelles en matière de recherche importance à la question des change- des nombreuses activités axées sur les bâti-
gnement supérieur promouvant la recherche scientifique. L’environnement est l’un ments climatiques, mais par rapport à il y a ments (isolation, utilisation de l’énergie so-
fondamentale (FRS-FNRS), le dévelop- des trois piliers sur lesquels la Région de quelques années, cette question occupe une laire, etc.) ou la mobilité.
pement d’actions de recherche concertées Bruxelles-Capitale a décidé de développer place moins importante dans les débats pu-
(ARC) et la formation dans la recherche Les enfants et les jeunes constituent (de
son excellence dans la recherche. En ce qui blics et dans la presse. plus en plus) un groupe cible prioritaire :
industrielle et agricole (FRIA). Dans la pra- concerne les actions spécifiques, la Région
tique, le Fonds National de la Recherche Les résultats de la dernière enquête Eu- il existe un vaste ensemble de matériel et
a décidé de renforcer le potentiel technolo-
Scientifique (FRS-FNRS) est l’organisme robaromètre, menée en mai 2013, confirment d’activités pédagogiques pour les différents
gique du milieu universitaire et le soutien des
principal chargé du financement et de la ges- cette constatation. D’après cette enquête, à groupes d’âge. L’éducation à l’environne-
entreprises à la recherche et développement.
tion. laquelle plus de 1 000 Belges ont participé, ment est fermement ancrée dans le système
INNOVIRIS œuvre en faveur de la recherche
les questions ayant trait à l’environnement, éducatif belge et elle s’accompagne de toute
En Flandres, la majeure partie des acti- sur le développement durable et écologique
au climat et à l’énergie dans notre pays sont une série d’initiatives de sensibilisation
vités de recherche sont menées dans les uni- au moyen de différents programmes de fi-
clairement considérées comme étant bien qui sortent du cadre scolaire. Des activités
versités et les instituts de recherche. Diffé- nancement. D’autres administrations, telles
moins importantes qu’en 2009, année où a d’éducation liées au développement durable,
rents centres de recherche flamands mènent que l’IBGE (Bruxelles Environnement) et
été rédigée la cinquième Communication na- à l’intérieur comme à l’extérieur de l’école,
également des activités de recherche dans le l’Administration de l’Équipement et des
tionale. sont menées par un nombre croissant d’ac-
domaine du climat : le Centre d’Information Déplacements (AED – Bruxelles mobilité),
Durant la période 2010-2013, plusieurs teurs grâce aux fonds publics.
Flamand pour l’Agriculture et l’Horticul- financent les études isolées principalement
ture (VILT), l’Institut de Recherche sur la orientées vers le développement et l’évalua- campagnes de sensibilisation à l’environ- Dans l’enseignement supérieur, les chan-
Nature et les Forêts (INBO) et l’Institut de tion de leurs politiques. L’Agence Bruxel- nement de façon générale et plus particu- gements climatiques suscitent un intérêt de
Recherche de l’Agriculture et de la Pêche loise de l’Entreprise (ABE) aide les sociétés lièrement au réchauffement climatique ont plus en plus vif : des cours ont été déve-
(ILVO). L’étude réalisée par VITO (Institut à évaluer, entreprendre et développer des été lancées aux divers niveaux politiques du loppés sur le sujet et des sous-programmes
flamand pour la recherche technologique) projets innovants ou ayant une composante pays (fédéral, régional et communal). spécifiques sur les questions environnemen-
porte sur la technologie innovante qui sou- technologique. Toutefois, dans le domaine de la sensibi- tales, les changements climatiques, la glacio-
tient la transition vers une industrie plus du- lisation aux économies d’énergie, il semble logie, l’architecture bioclimatique, etc., sont
Le paragraphe «  Observation  » de ce
rable. chapitre est une version courte du rapport que nous assistions à un passage progressif actuellement introduits.
Bien que la politique scientifique et de GCOS (Système d’Observation Climatique des campagnes à caractère général à des acti- Enfin ce chapitre mentionne également
l’innovation flamande soit fondée sur une Mondial) demandés par la CCNUCC, four- vités davantage orientées vers des solutions, les efforts déployés dans le domaine de la
approche ascendante, d’autres priorités thé- nissant des informations supplémentaires bien adaptées aux groupes cibles et sous la formation dans les pays du Sud et fournit un
matiques sont définies par le Gouvernement. sur les activités d’observation nationales et forme de la fourniture plus spécifique de aperçu des principaux sites internet mis à la
Le futur projet «  La Flandre en Action  » mondiales concernant les changements cli- conseils, d’orientations personnelles, d’ap- disposition du public.

12 1. Résumé
La Belgique en bref [1] [2]

Population (au 1er janvier 2012) : 11 035 948 habitants


Superficie terrestre : 30 528 km²
Capitale fédérale : Bruxelles

2. Circonstances
Chef de l’État : le Roi Philippe
Premier ministre : Elio Di Rupo
Langues nationales : néerlandais, français, allemand

nationales ayant Monnaie :


PIB 2012 (prix courants) : [6]
l’euro (EUR)
376,229 milliards EUR

des incidences Taux de croissance du PIB (en volume, variation par


rapport à l’année précédente) :
1,9 %

sur les émissions


Population active (2012) : 4 847 422
Valeur ajoutée brute par branche d’activité 2012
(estimations à prix courants) [6]

et les absorptions
Agriculture 2 798 millions EUR
Industrie 55 499 millions EUR
Construction 19 150 millions EUR

de gaz à effet
Services 258 310 millions EUR
Densité de la population (au 1er janvier 2011) : 364 habitants au km2

de serre
Point culminant : le Signal de Botrange (694 m)
Température moyenne (Uccle, 2000-2012) : 11,0 º Celsius
Précipitations (Uccle, 2000-2012) : 877 mm
Ensoleillement (Uccle, 2000-2012) : 1 574 heures

La préparation de ce chapitre a été coordonnée par :


Laurence de Clock
Service Public Fédéral Santé Publique, Sécurité de la Chaîne
Alimentaire et Environnement
DG Environnement – Service Changements climatiques

13
2.1. Structure institutionnelle
Figure 2.1 La Belgique, un État fédéral

LA BELGIQUE LES COMMUNAUTÉS LES RÉGIONS


2.1.1. Structure fédérale de l’État exerce ses compétences dans les communes
de la région de langue allemande, toutes si-
La Belgique est un État fédéral qui se L’ÉTAT FÉDÉRAL LA COMMUNAUTÉ LA RÉGION
tuées dans la province de Liège (figure 2.1). FLAMANDE FLAMANDE
compose des Communautés et des Régions4.
Elle a accédé à l’indépendance en 1830 et Le deuxième axe de la réforme de l’État
a évolué graduellement d’une structure trouve ses fondements dans l’histoire et, plus
unitaire vers une structure fédérale. Six ré- particulièrement, dans l’aspiration de cer-
formes successives de l’État ont été néces- tains à plus d’autonomie économique. Les
saires (en 1970, 1980, 1988-89, 1993, 2001 Régions sont le fruit de ces aspirations. La
et 2011) afin d’aboutir à la structure actuelle création de trois Régions en a été la consé-
[3]. La sixième réforme de l’État (accord quence. La dénomination des trois institu-
institutionnel du 11/10/2011) est en cours tions régionales se rattache au nom donné
à leur territoire. C’est pourquoi, du nord au LA COMMUNAUTÉ LA RÉGION DE
de mise en œuvre. Le projet de loi spéciale FRANÇAISE BRUXELLES-CAPITALE
transférant certaines compétences a été sou- sud, on parle de la Région flamande, de la
mis au Parlement en vue de son adoption. Région de Bruxelles-Capitale et de la Région
wallonne (figure  2.1). Leurs compétences
La répartition des compétences au fil de ont été élargies au cours des différentes
ces réformes a évolué selon deux axes prin- phases de la réforme de l’État. À l’heure ac-
cipaux. Le premier se rattache à la langue tuelle, chacune des trois Régions est pourvue
et, de manière plus large, à la culture. Les d’un organe législatif et d’un organe exécu-
Communautés en sont issues. Le concept de tif : le Conseil régional et le Gouvernement
“Communauté” renvoie aux personnes qui régional. En Flandre, les institutions de la LA COMMUNAUTÉ LA RÉGION WALLONNE
la composent et aux liens qui les réunissent, Communauté et de la Région étant fusion- GERMANOPHONE
à savoir précisément la langue et la culture. nées, il n’y a donc qu’un Conseil flamand et
La Belgique utilise trois langues officielles : un Gouvernement flamand.
le français, le néerlandais et l’allemand. La
Belgique actuelle est donc composée de trois La réforme de l’État a ainsi abouti à un
Communautés : la Communauté flamande, système à trois étages. L’étage supérieur est
la Communauté française et la Commu- occupé par l’Etat fédéral, les Communautés
et les Régions, tous trois étant égaux en droit
nauté germanophone. Elles correspondent à
(à noter que la 6ème réforme déplace désor-
des groupes de population. La Communau-
mais le centre de gravité du pays de l’État
té française exerce ses compétences dans
fédéral vers les Régions et Communautés).
les provinces wallonnes, à l’exception des
Ils interviennent donc sur un pied d’égalité,
communes germanophones, et à Bruxelles
mais dans des domaines différents.
; la Communauté flamande exerce ses com-
pétences dans les provinces flamandes et à Source : SPF Chancellerie du Premier ministre
Bruxelles ; la Communauté germanophone 4 Article premier de la Constitution belge.

14 2. Circonstances nationales ayant des incidences sur les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre
L’étage immédiatement inférieur est oc- rative) et, d’autre part, l’aide aux personnes 2.1.3. Organes de coordination Internationale de l’Environnement (CCPIE)
cupé par les provinces (au nombre de 10). (la protection de la jeunesse, l’aide sociale, en rapport avec la politique et au sein desquels siègent des représentants
Elles doivent agir dans le cadre des com- l’aide aux familles, l’accueil des immigrés, des divers départements des administrations
climatique
pétences fédérales, communautaires ou ré- etc.). Les Communautés sont également publiques fédérales et régionales concernées.
gionales en étant subordonnées à toutes les compétentes en matière de recherche scienti- La Conférence Interministérielle
Le CCPIE est l’organe principal pour la
autorités supérieures. fique et de relations internationales dans les de l’Environnement et le Comité de
coordination de la politique internationale de
domaines qui relèvent de leurs attributions. Coordination de la Politique Internationale
À la base de l’édifice, on trouve encore l’environnement, à l’exception des matières
Les Régions ont des compétences dans de l’Environnement
les communes (au nombre de 589), qui sont relatives à la politique environnementale eu-
les lieux de pouvoir les plus proches du ci- les domaines qui touchent à l’occupation du Compte-tenu de la structure fédérale de ropéenne, qui est sous la responsabilité de la
toyen. Elles aussi, comme les provinces, sont “territoire” au sens large du terme. Ainsi, la la Belgique et de la répartition des compé- Direction générale Coordination et Affaires
soumises aux autorités supérieures. Selon les Région flamande, la Région de Bruxelles-Ca- tences entre les différents niveaux de pou- européennes (DGE) du Service public fédé-
compétences exercées, elles relèvent donc pitale et la Région wallonne exercent leurs voir, plusieurs structures ont été créées afin ral Affaires étrangères, Commerce extérieur
soit de l’État fédéral, soit de la Communau- compétences en matière d’économie, d’em- de promouvoir la concertation et la coopé- et Coopération au développement. La DGE
té, soit de la Région. Elles sont financées et ploi, d’agriculture, de politique de l’eau, de ration entre eux et d’assurer la cohérence joue un rôle de pivot et de coordination dans
contrôlées en ordre principal par les Régions. logement, de travaux publics, d’énergie, de de l’action de l’État belge et de ses com- le suivi de la politique européenne de la Bel-
transport (à l’exception de la SNCB), d’en- posantes. Parmi ces structures, seize confé- gique, en concertation et en collaboration
2.1.2. Répartition des compétences vironnement, d’aménagement du territoire et rences interministérielles se rapportant cha- avec les partenaires des entités fédérales et
d’urbanisme, de rénovation rurale, de conser- cune à un domaine politique particulier ont fédérées. Elle approuve les positions belges
L’État fédéral conserve des compétences vation de la nature, de crédit, de commerce
dans des domaines clés comme, entre autres, été instituées. Il s’agit de comités spécialisés pour les sessions du Conseil de l’Union eu-
extérieur, et de tutelle sur les provinces, les au sein desquels siègent les ministres concer- ropéenne. La CIE et le CCPIE fonctionnent
les affaires étrangères, la défense nationale, communes et les intercommunales. Elles
la justice, les finances, la sécurité sociale, nés des différents Gouvernements. selon le principe du consensus, qui exclut les
sont également compétentes en matière de décisions unilatérales.
ainsi qu’une partie importante de la san- recherche scientifique et de relations interna- L’une d’elles, la Conférence Interminis-
té publique et des affaires intérieures. Les tionales dans les domaines précités. térielle de l’Environnement (CIE), regroupe Parmi les groupes de travail du CCPIE,
Communautés et les Régions sont cependant en son sein le ministre fédéral compétent l’organe principal relatif à la politique clima-
compétentes pour établir des relations avec Dans le cadre de la 6 réforme institu-
ème
pour l’environnement, les ministres de l’en- tique est le Groupe de coordination Effet de
l’étranger dans le cadre des matières qu’elles tionnelle, de nouveaux transferts de compé-
vironnement de chacune des trois Régions serre. Celui-ci est composé de représentants
tence et une autonomie accrue reviennent
gèrent. (Bruxelles-Capitale, Flandre et Wallonie) et de toutes les administrations et cellules po-
aux entités fédérées. Ainsi, elles acquièrent
Les compétences des Communautés le ministre fédéral en charge de la politique litiques fédérales et régionales ainsi que des
de plus grandes compétences dans le cadre
concernent les “matières liées aux per- scientifique. Selon les matières traitées, et cabinets fédéraux et régionaux concernés
des allocations familiales, de la politique de
sonnes” : la culture (théâtre, bibliothèques, l’emploi, des soins de santé ou de l’accueil vu le caractère transversal de nombreux dos- par la politique climatique belge et inter-
audiovisuel, etc.), l’enseignement, l’emploi des personnes âgées, soit 40 % de moyens siers environnementaux, cette conférence nationale. Sa principale mission consiste à
des langues et les matières dites “personna- supplémentaires. La grande nouveauté est peut être élargie à d’autres ministres concer- participer, par la coordination de la position
lisables” qui comprennent, d’une part, la po- également l’autonomie fiscale donnée aux nés. La CIE se consacre aux matières pour de la Belgique en la matière, à l’élaboration
litique de santé (médecine préventive et cu- Régions à hauteur de 12 milliards d’euros. lesquelles la coopération intergouvernemen- des documents stratégiques, des décisions,
tale est requise pour mettre en œuvre les des recommandations, des législations et
politiques environnementales. Elle a un rôle des autres textes réglementaires européens
central à jouer dans la politique du climat. et multilatéraux portant sur les changements
Ses décisions sont préparées et exécutées par climatiques ou sur la politique au sens large
différents groupes de travail, qui dépendent lorsque les changements climatiques sont
du Comité de Coordination de la Politique l’un des thèmes traités. Le Groupe de coor-

15
dination Effet de serre assure également les dans le suivi et l’adaptation des politiques et européen et du Conseil et de la Décision Les membres de la task-force endossaient
contacts avec les autres organes politiques, des mesures de ce plan, dans le rassemble- n° 280/2004/CE du Parlement européen alors, chacun pour leur secteur, le rôle de
de concertation et d’avis ad hoc en Belgique. ment et l’échange de données, et l’établisse- et du Conseil) coordinateur vis-à-vis des représentants de
Il organise aussi la concertation avec les dif- ment des rapports obligatoires. La Commis- –– DNA/FP (ex : coordination des tâches de ce groupe étendu. Une fois le Plan flamand
férents acteurs concernés par les sujets men- sion Nationale Climat peut également jouer l’Autorité Nationale Désignée (DNA) et d’atténuation approuvé, la task-force fla-
tionnés ci-dessus. Son secrétariat est assuré un rôle de conseil vis-à-vis du CCPIE en du Point Focal (FP) belges), mande sur l’atténuation continuera à assurer
par le Service Changements Climatiques de matière de politique internationale dans les –– ETS (ou SEQE, système d’échanges de la coordination de sa mise en œuvre.
la DG Environnement fédérale, qui assume domaines des changements climatiques et quotas d’émission) (ex : coordination des
également le rôle de point focal national de
la convention-cadre des Nations unies sur les
des émissions de gaz à effet de serre. Elle est rapports annuels obligatoires au titre de
la directive SEQE).
2.2. Profil
composée de quatre mandataires de chacune
changements climatiques (CCNUCC). des parties contractantes, désignés par leurs D’autres groupes de travail, non perma- démographique
Le Groupe de travail Émissions du CC- Gouvernements. nents, ont été établis pour appuyer les tra-
PIE est quant à lui chargé de réaliser les Elle est assistée d’un secrétariat perma- vaux de la CNC sur certains dossiers spéci-
inventaires nationaux des émissions de pol- nent et de groupes de travail thématiques fiques, tels que l’élaboration d’une Stratégie
luants atmosphériques et de gaz à effet de qu’elle mandate pour exécuter diverses et d’un Plan National Adaptation, ou l’éla- 2.2.1. Distribution de la population
serre, conformément aux obligations euro- tâches en lien avec ses missions. Des groupes boration d’un accord de coopération sur la À ce jour, la Belgique est l’un des pays
péennes et internationales. C’est lui qui ré- de travail ont notamment été constitués pour répartition nationale des efforts dans le cadre les plus densément peuplés, avec une den-
alise les travaux méthodologiques relatifs à travailler sur les sujets récurrents suivants : du paquet européen climat/énergie. sité moyenne de 364,3 habitants par km²
l’estimation des émissions au fil du temps, (chiffre au 1er janvier 2011), ce qui le place à
y compris l’harmonisation des méthodo- –– PAMs (ex : suivi des politiques et des La task-force «Politique Climatique»
mesures du Plan National Climat …) flamande la 3ème place au niveau européen. Cette den-
logies appliquées par les trois Régions. Il sité est toutefois très variable d’un endroit à
contribue également aux travaux européens –– Projections (ex  : travaux d’harmonisa- Réunie sous la présidence du domaine
tion des projections en matière d’émis- l’autre. Les plus fortes densités s’observent
et multilatéraux concernant les inventaires. politique Environnement, la task-force fla- dans le triangle central Anvers-Bruxelles-
Enfin, il participe aux efforts visant à la sions de gaz à effet de serre élaborées par mande sur l’atténuation a assuré la prépa-
l’État fédéral et les trois Régions) Gand. La Région de Bruxelles-Capitale af-
mise en œuvre des obligations relatives aux ration, sur le plan administratif, du Plan fiche une densité de 7131,1 habitants/km².
inventaires des émissions de polluants at- –– Mécanismes de flexibilité (ex : Loi por- flamand d’atténuation 2013-2020. La task-
tant assentiment à l’Accord de coopé- On rencontre également de fortes densités
mosphériques et de gaz à effet de serre. La force a été chargée de coordonner le Plan fla-
ration entre l’Autorité fédérale, la Ré- dans d’autres zones, notamment dans la ré-
responsabilité de l’approbation formelle des mand d’atténuation et d’élaborer un système
gion flamande, la Région wallonne et gion côtière et le long d’un axe traversant la
inventaires d’émissions de gaz à effet de de suivi. Elle a ainsi facilité la coordination
la Région de Bruxelles-Capitale relatif Wallonie, de Mons à Liège. À l’inverse, une
serre de la Belgique incombe spécifiquement entre les différents domaines politiques et
à la mise en œuvre de certaines dispo- grande partie du sud du pays ne dépasse pas
à la Commission Nationale Climat. constitué une plate-forme de discussion adé-
sitions du Protocole de Kyoto, conclu à les 50 habitants/km². La province du Luxem-
quate pour l’échange d’informations sur les
La Commission Nationale Climat Bruxelles, le 19 février 2007) bourg est la moins densément peuplée (61,9
bonnes pratiques se fondant sur l’expérience,
–– Registre (ex : 18 JUIN 2008. - Accord hab./km2). [1]
Instaurée par l’Accord de coopération du les exemples à l’étranger et la concertation
14 novembre 2002 entre l’État fédéral et les de coopération entre l’État fédéral, la avec la société civile. Le groupe de travail Le territoire belge est très urbanisé. La
trois Régions, la Commission Nationale Cli- Région flamande, la Région wallonne et comprenait des représentants des domaines Belgique compte 135 villes, dont les plus
mat, mise en place à la fin de l’année 2003, la Région de Bruxelles-Capitale relatif à politiques Environnement, Énergie, Mobili- importantes sont Bruxelles (1 138 854 ha-
assume une série de missions liées à l’exécu- l’organisation et à la gestion administra- té et Agriculture. Lorsque c’était nécessaire, bitants), Anvers (502 604 habitants), Gand
tion nationale de la politique climatique. Ses tive du système de registre normalisé et un groupe étendu, comprenant d’autres re- (248 242 habitants), Charleroi (203 871 ha-
missions centrales consistent dans la mise en sécurisé de la Belgique conformément présentants, abordait des thèmes spécifiques bitants) et Liège (195 576 habitants). Les dix
œuvre et le suivi du Plan National Climat, à la directive 2003/87/CE du Parlement dans le cadre de réunions complémentaires. plus grandes villes du pays regroupent plus

16 2. Circonstances nationales ayant des incidences sur les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre
de 25 % de la population. Le principal pro- 2.2.2. Croissance et composition de
Figure 2.2 Densité de la population par commune au 1 janvier 2011 er cessus à l’œuvre sur le plan démographique la population
est la redistribution des populations urbaines
La Belgique affiche un taux de crois-
dans les nouvelles banlieues des villes, voire sance annuel de sa population de 0,6 % (ta-
en milieu rural. Actuellement, le poids dé- bleau 2.1). Cette croissance, plus soutenue
mographique de la Région flamande est en Région bruxelloise (1,4 %) qu’en Flandre
de 57,5 %; il est de 32,1 % pour la Région et en Wallonie (0,5 %), résulte notamment
wallonne, et de 10,3 % pour la Région de de l’immigration (10,6 % de la population
Bruxelles-Capitale (tableau 2.1). est d’origine étrangère). La diminution du

Figure 2.3 Structure de la population au 1er janvier 2012


(par classes d’âge de 5 ans et pour 1 000 habitants)

HOMMES 2012 FEMMES


100-105
95-100
90-95
85-90
80-85
75-80
70-75
65-70
Source : SPF Économie - DGSIE, Service Démographie
60-65
55-60

Classe d’âge
50-55
45-50
40-45
Tableau 2.1 Population au 1er janvier 2012 et évolution annuelle 35-40
30-35
Évolution annuelle 25-30
Population
(période 2000-2012) 20-25
Belgique 11 035 948 0,63 % 15-20
10-15
Région flamande 6 350 765 0,56 % 5-10
0-5
Région wallonne 3 546 329 0,50 %
500 400 300 200 100 100 200 300 400 500
Région de Bruxelles-Capitale 1 138 854 1,44 %

Source : SPF Économie - DGSIE, Service Démographie Source : SPF Économie - DGSIE, Service Démographie

17
taux de natalité, la diminution du solde de tout à Bruxelles (32,6 % de la population sur les décès. Le mouvement migratoire in- tante de l’accroissement total de la popula-
la balance migratoire, la nette amélioration de Bruxelles-Capitale) et dans les régions ternational, qui présente un solde positif de tion.
des performances médicales et une politique industrielles de l’axe Sambre et Meuse, en 62 157 unités, reste la source la plus impor-
plus sélective dans l’accueil des immigrants Lorraine belge, dans les communes minières
provoquent graduellement une diminution du Limbourg et aux frontières.
de l’accroissement naturel de la population et Au niveau national, sur l’année 2011, 2.3. Profil géographique et climatique
son vieillissement (figure 2.3). Les étrangers, l’accroissement de la population est dû pour
dont près des deux tiers sont originaires des un peu plus d’un quart au mouvement na-
pays de l’Union européenne, résident avant turel, c’est-à-dire le surplus des naissances
2.3.1. Situation géographique et relief continentale, et en Campine, à cause du type
de sol, que la température présente la plus
Petit pays par sa taille (sa superficie est
Figure 2.4 Relief de la Belgique grande amplitude au cours de l’année [4].
de 30 528 km²), la Belgique est située en Eu-
rope du Nord-Ouest. Sa frontière, longue de Il est à noter que les valeurs climatolo-
1 482 km, borde les Pays-Bas, l’Allemagne, giques normales de la station d’Uccle ont été
le grand-duché de Luxembourg, la France et révisées récemment, en se basant maintenant
la mer du Nord (la frontière maritime s’étend sur la période 1981-2010 comme période de
sur 73,1 km). La Région wallonne occupe référence au lieu de la période 1901-2000
la plus grande partie du territoire (55,2 %), qui avait encore été utilisée à l’occasion de
suivie de la Région flamande (44,3  %) et la 5e Communication Nationale. Dans les
de la Région de Bruxelles-Capitale (0,5 %). bilans climatologiques régulièrement émis
La Belgique comprend trois grandes zones par l’IRM, les degrés d’anormalité des para-
de relief, orientées est-ouest et sud-ouest : mètres (exceptionnel, anormal, très anormal,
les plaines, les bas plateaux et les hauts pla- etc.) sont donc maintenant déterminés par
teaux. Les sommets de ces hauts plateaux rapport à des valeurs normales qui prennent
constituent une ligne de crêtes dont le point en compte l’augmentation des températures
culminant, le Signal de Botrange, atteint observées durant les dernières décennies.
694 m.
Le tableau 2.2 reprend les valeurs
2.3.2. Climat moyennes de différents paramètres sur dif-
férentes périodes dans le passé. L’examen de
Sa latitude et la proximité de la mer ré- ce tableau illustre l’évolution des conditions
chauffée par le Gulf Stream valent à la Bel-
climatiques à Bruxelles-Uccle depuis la se-
gique un climat tempéré de type océanique,
conde partie du XIXème siècle.
caractérisé par de faibles écarts thermiques,
des vents dominants soufflant du secteur sud À l’échelle internationale, la période de
à ouest, une forte nébulosité et des pluies fré- référence souvent utilisée dans le cadre de
quentes. Dans l’intérieur du pays, les mois l’étude des changements climatiques – no-
de juillet et août sont en moyenne les plus tamment pour le suivi de l’évolution des
pluvieux, alors qu’à la côte, c’est le cas des températures – est l’époque préindustrielle
Source : © Institut géographique national – A2941 mois d’automne. C’est en Lorraine belge, (1750-1799). Étant donné que les tempé-
dans la partie méridionale du pays, la plus ratures moyennes annuelles enregistrées à

18 2. Circonstances nationales ayant des incidences sur les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre
l’époque préindustrielle de 1750 à 1799 sont en différents lieux au cours de cette dernière de la période de référence 1850-1899 [22]. Vent
très proches (du moins, en Europe) de celles période, l’évaluation de la concrétisation des Cette évaluation montre d’emblée que d’im- Les vents de secteur sud à ouest, do-
enregistrées pour la période 1850-1899 et objectifs climatiques (par exemple, l’objectif portants changements se sont déjà produits
minants, affectent l’ensemble du pays. Les
qu’il existe bien plus de relevés effectués de 2 °C) s’effectue généralement sur la base entre 1850-1899 et aujourd’hui.
vitesses moyennes sont relativement homo-
gènes sur l’ensemble du territoire, sauf sur la
côte où elles sont plus importantes. Des épi-
sodes de tempête peuvent se produire partout
Tableau 2.2 Données climatologiques moyennes sur différentes périodes pour la station de référence d’Uccle, située au centre du pays dans le pays entre novembre et mars ; ils sont
souvent les plus violents le long du littoral.
Moyennes Anciennes Nouvelles valeurs Moyennes
valeurs normales normales Température
1850-1899 1901-2000 1981-2010 2000-2012 2012 Malgré sa superficie réduite, la Belgique
Durée de l’ensoleillement (en heures)* 1 500** 1 572 1 545 1 574 1 529 présente des variations thermiques selon ses
zones géographiques. Le premier facteur
Température moyenne annuelle*** (°C) 8,8 9,7 10,5 11,0 10,6
responsable de ces variations est la distance
Température maximale ****
moyenne annuelle (°C) 12,6 13,7 14,2 14,7 14,4 par rapport à la mer. C’est dans le sud-est
Température minimale**** moyenne annuelle (°C) 5,8 6,2 6,9 7,2 6,8 du pays, en Lorraine belge, que le climat
est le plus continental, caractérisé par une
Total annuel des précipitations (en mm) 758 804,8 852,4 877 976,5
plus grande différence de température entre
Nombre annuel de jours de précipitations l’été et l’hiver. Le deuxième facteur est lié à
195 207 199 197 212
(total journalier ≥ 0,1 mm) l’élévation du relief depuis la côte vers l’Ar-
Nombre annuel de jours de gel**** denne. Les régions plus élevées connaissent
63 56 46 43 37
(min. < 0 °C) en moyenne des températures plus froides
Nombre annuel de jours d’hiver**** que les basses terres. La diversité du relief
15 9 7 6 14 provoque également des différences locales
(max. < 0 °C)
entre les plateaux et les vallées. Les diffé-
Nombre annuel de jours d’été**** rents types de sol peuvent aussi expliquer
13 22 28 29 24
(max. ≥ 25 °C)
des variations régionales dans les tempéra-
Nombre annuel de jours de forte chaleur**** tures extrêmes. Les écarts de température
2 3 4 4 4
(max. ≥ 30 °C) entre le nord et le sud de la Belgique sont peu
*
marqués en été ; en revanche, durant les mois
les mesures avant 1997 ont été ramenées, par estimation, à la technique actuelle de mesure (seuil de 120 W/m2 pour comptabiliser la durée).
**
d’hiver, le contraste est légèrement plus pro-
la valeur est une moyenne sur la période 1887-1899. noncé entre la région côtière et l’Ardenne,
***
les valeurs sont obtenues en utilisant les températures moyennes journalières (0-24h) calculées à partir des températures horaires. Les mesures effectuées dans cette dernière conjuguant les effets de l’éloi-
un abri ‘ouvert’ avant 1968 ont été réduites, par estimation, aux mesures effectuées depuis cette date dans un abri ‘fermé’.
****
gnement de la mer et de l’altitude.
les valeurs sont obtenues en utilisant les températures extrêmes journalières (maximum et minimum) relevées à 8 heures du matin. Les mesures effectuées
dans un abri ‘ouvert’ avant 1968 ont été réduites, par estimation, aux mesures effectuées depuis cette date dans un abri ‘fermé’. L’évolution de la température annuelle
moyenne au cours du XXème siècle a suivi à
Uccle une courbe globalement ascendante,
Source : Institut Royal Météorologique de Belgique (IRM), Milieurapport Vlaanderen (VMM) relativement parallèle au réchauffement
planétaire En Belgique, les relevés de tem-

19
pérature indiquent une nette tendance à la Avec une température moyenne annuelle nombre de jours d’été (TX ≥ 25  °C) et du les plus fortes précipitations. La région des
hausse. L’analyse statistique de la tempé- de 11,6 °C, l’année 2011 détient le record nombre de jours de canicule (TX ≥ 30 °C), Hautes Fagnes reçoit en moyenne 1 400 mm
rature moyenne annuelle mesurée à la sta- absolu depuis le début des mesures, en 1833. on observe une tendance générale à l’aug- de précipitations par an, alors que dans le
tion d’Uccle montre que la température a Les années 2007 et 2006 complètent le po- mentation des fréquences pour ces tempé- centre et le nord du pays, il tombe entre 700
considérablement augmenté depuis la fin dium, avec des températures de, respecti- ratures. Par décennie, le nombre de jours et 850 mm de pluie. Sur les sommets ar-
du XIXème siècle. Cette progression s’était vement, 11,5 °C et 11,4 °C. Les 17 années d’été augmente de 3 jours en moyenne et le dennais, il pleut en moyenne 220 jours par
presque interrompue au milieu du XXème les plus chaudes depuis 1833 ont toutes été nombre de jours de canicule d’un demi-jour an, contre environ 200 jours ailleurs dans
siècle, avant de reprendre de plus belle. Ces observées au cours de la période 1989-2011, en moyenne (cf. tableau 2.3). Par contre, les le reste du pays. Les caractéristiques de la
dernières années, la température a grimpé à tandis que les 20 années les plus froides ont couche de neige en Belgique dépendent en
tendances pour les fréquences annuelles du
un rythme soutenu de +0,4 °C par décennie. été enregistrées avant 1895. L’année 2012 premier lieu de l’altitude de l’endroit où elle
nombre de jours de gel (TN < 0 °C) et du
La courbe de tendance indique qu’actuelle- se classe tout juste dans le top 20 des an- se forme, mais également des trajectoires des
ment, la température en Belgique serait plus nées les plus chaudes, avec une température nombre de jours d’hiver (TX < 0  °C) sont
non significatives [22]. masses d’air.
élevée de 2,3 °C en moyenne par rapport à moyenne annuelle de 10,6 °C [21 ; 22].
celle de l’époque préindustrielle (figure 2.5) Lorsqu’on examine sur les quatre der- Précipitations 2.3.3. Hydrographie
[21 ; 22]. nières décennies l’évolution annuelle du Dans le nord du pays, les précipitations L’abondance des précipitations tout au
augmentent d’ouest en est, jusqu’à l’estuaire long de l’année et la présence de sols sou-
de l’Escaut. C’est la région des hauts reliefs, vent imperméables ont favorisé la création
située dans l’est de la Belgique, qui subit d’un important réseau de cours d’eau. Ceux-

Figure 2.5 Évolution de la température moyenne annuelle (Uccle, 1833-2011)


Écart par rapport à la température moyenne annuelle pendant la période 1850-1899 (°C)
3,0 Tableau 2.3 Évolution récente, par décennie, des fréquences annuelles de
2,5 températures ‘chaudes’ et ‘froides’ à Uccle (abri fermé)
2,0
1,5
Nombre de jours par an
1,0
Décennie Jours d’été Jours de canicule Jours de gel Jours d’hiver
0,5
(TX ≥ 25 °C) (TX ≥ 30 °C) (TN < 0 °C) (TX < 0 °C)
0,0
1971-1980 20,3 3,3 43,6 6,2
-0,5
-1,0
1981-1990 26,5 2,7 48,3 8,8
-1,5 1991-2000 27,1 4,4 43,9 7,1
-2,0 2001-2010 30,8 5,0 46,9 6,3
1830 1840 1850 1860 1870 1880 1890 1900 1910 1920 1930 1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010

Intervalle de confiance de 95 % pour les points de la courbe de tendance


Courbe de tendance Moyenne annuelle des valeurs mesurées TX = température maximale journalière - TN = température minimale journalière

Source: Rapport environnemental flamand (Agence flamande de l’environnement) sur la base de données de l’IRM Source : Institut Royal Météorologique de Belgique (IRM)

20 2. Circonstances nationales ayant des incidences sur les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre
ci, ainsi que de nombreuses nappes souter- végétation de prairies et de landes. À l’heure
raines, assurent au territoire national une actuelle, 22,8 % seulement du sol est en- Tableau 2.4 Utilisation du sol (1990, 2000 et 2009)
importante quantité d’eau potable et indus- core boisé. Les forêts subsistent dans les ré-
trielle, surtout en Wallonie. gions où les sols sont les moins adaptés aux 1990 2000 2009

Deux grands fleuves, l’Escaut et la cultures et aux pâturages, principalement Proportion Proportion Proportion
Surface Surface Surface
Meuse, tiennent une place majeure dans le dans le sud du pays. (km2)
de surface
(km2)
de surface
(km2)
de surface
occupée occupée occupée
réseau hydrographique belge. Ils drainent La flore a connu une modification impor-
presque la totalité des cours d’eau du terri- tante qui a entraîné la raréfaction ou la dis- Terres agricoles totales 17 833 58,4 % 16 394 53,7 % 15 351 50,3 %
toire, bien qu’ils n’y aient ni source, ni em- parition de certaines espèces. Les principales Forêts et autres terrains
6 980 22,9 % 6 944 22,7 % 6 971 22,8 %
bouchure en Belqigue. Le bassin de l’Yser, causes en sont l’abandon des pratiques agro- boisés
le troisième fleuve belge, est presque entiè- pastorales traditionnelles, l’intensification Terrains bâtis et terrains
rement côtier. De petites parties du territoire de l’agriculture, l’augmentation des surfaces 4 980 16,3 % 5 640 18,5 % 6 050 19,8 %
connexes (1)
relèvent d’autres bassins hydrographiques : bâties et des routes, la lutte contre les crues, Divers (2) 536 1,8 % 1 356 4,4 % 1 961 6,4 %
celui du Rhin et celui de la Seine. Au nord- la rectification et la pollution des cours d’eau
ouest, la mer du Nord borde la côte belge sur ainsi que les pollutions atmosphériques. Eaux 200 0,7 % 195 0,6 % 195 0,6 %
plus de 73,1 km. La faune belge correspond à celle de
La Flandre maritime est constituée d’une l’Europe tempérée. Parmi les petites es- (1) Excepté les bâtiments agricoles dispersés

(2) Fagnes, landes, marais, terres vaines et vagues, rochers, plages, dunes
région littorale, composée d’un ruban de pèces les plus courantes à l’heure actuelle,
plages et de dunes derrière lesquelles s’étend on note la belette, le furet, le lièvre, le lapin,
la région des polders. Cette bande de terre le hérisson, le renard et l’écureuil. Les forêts
argileuse extrêmement fertile, d’une lar- abritent sangliers, chevreuils et cerfs. Les oi- Sources : Estimations DGSIE sur base des données du SPF Finances (Cadastre), DGSIE (Recensement agricole)
geur de 15 km environ et parallèle à la côte, seaux sauvages, parmi lesquels le faucon, le et littérature. [5]
se prolonge le long de l’Escaut inférieur pinson, le rossignol, le hibou, le pigeon, le
jusqu’à Anvers et a été gagnée sur la mer et moineau et la grive, constituent une grande
les estuaires par assèchement. Cette zone est partie de la population animale. Parmi les
protégée par des digues et est sillonnée de poissons présents au large des côtes belges, Tableau 2.5 Le réseau des voies de transport (2010)
canaux de drainage. la morue, le maquereau, le hareng et les pois-
Densité (km pour
sons plats (raie, soles, plies, limandes) sont Longueur (km) Évolution 1.000 km²)
2.3.4. Écosystèmes des espèces d’une importance capitale sur le 2010/1990
plan commercial, car elles sont pêchées pour 1990 2010 1990 2010
En dépit de la petite taille du pays et de
son faible gradient topographique, les condi- leur chair. Routes 140 240 155 210 +10,7 % 4 593,8 5 084,2
tions climatiques et géologiques ont généré
plusieurs types d’écosystèmes : les types at- 2.3.5. Utilisation du sol et voies de dont autoroutes 1 666 1 763 +5,8 %
lantique (dunes, landes, marais, tourbières, transport
Chemin de fer 3 479 3 582 +3,0 % 114,0 117,3
prairies, forêts caduques), méridional (prai- Les terres agricoles occupent la moitié
ries calcaires, bosquets, forêts) et septentrio- du territoire national, tandis que les forêts Voies navigables 1 515 1 532 +1,1 % 49,6 50,2
nal (tourbières, forêts de résineux) peuvent occupent plus de 22 % du territoire (ta-
être distingués. Typique des zones tempé- bleau 2.4). Le territoire belge est par ailleurs
rées, la flore belge est caractérisée par des sillonné par un réseau très dense de voies de
forêts de feuillus et de résineux, et par une communication (tableau 2.5). Sources : BfP en convention avec le SPF Mobilité et Transports, DGSIE

21
La Belgique possède le deuxième réseau ployaient plus que 5 fois plus de personnes reprise ne se ferait sentir que dans le cou- L’économie belge, qui a enregistré une
ferroviaire le plus dense de l’Union euro- que l’industrie [2]. rant de 2013, serait graduelle et serait tirée croissance légèrement négative de 0,3 % en
péenne (après les Pays-Bas) et occupe la La Belgique est une économie très ou- essentiellement par les exportations nettes, 2012 et une croissance très limitée de l’em-
deuxième place pour la densité de son réseau verte située au centre d’une zone d’acti- la demande intérieure demeurant bridée par ploi, n’a pu échapper à la crise de la zone
autoroutier. Par milliers de kilomètres carrés, le désendettement en cours dans la plupart euro, même si, jusqu’à présent, la Belgique
vité économique intense. À cela s’ajoute
la Belgique compte 4 fois plus d’autoroutes des pays. a payé un moins lourd tribut que les pays les
le fait que le port d’Anvers occupe la deu-
et plus du double de voies ferrées que la plus durement touchés. En 2012, après une
xième place en Europe (après Rotterdam)
moyenne de l’Union européenne. Entre 1990 longue période de blocage politique, une sé-
et compte parmi les dix premiers à l’échelle
et 2010, la longueur du réseau autoroutier a
mondiale. Les exportations de biens et de
augmenté de 5,8 % (la longueur de ce réseau
services représentaient 84,8 % du PIB en
est par ailleurs stable depuis 2005), tandis Tableau 2.6 Taux de croissance du PIB réel (en volume)
2012 et les importations près de 83,6 %,
que celle du réseau ferroviaire a augmenté Variation (%) par rapport à l’année précédente
soit une balance légèrement bénéficiaire. Ce
de 3,0 %.
commerce est fortement orienté vers le mar-
ché européen. La moitié des biens exportés 1990 2000 2005 2009 2010 2011 2012
par la Belgique sont écoulés en Allemagne, UE (27) 3,9 2,0 -4,3 2 1,5 0
2.4. Profil économique en France et aux Pays-Bas et un quart est Belgique 3,1 3,7 1,8 -2,8 2,2 1,9 0,3
destiné aux autres États membres de I’UE.
Les importations suivent plus ou moins le
même schéma. Cette situation reflète le rôle
2.4.1. Généralités de la Belgique comme plaque tournante au
Source: [1, 6]
sein de I’Union européenne.
Jusqu’au milieu du XIXème siècle, l’éco-
nomie belge est restée dominée par l’agricul- La Belgique bénéficie également de la
ture. La Belgique a ensuite subi très rapide- présence de la Commission européenne dans
ment l’influence de la révolution industrielle sa capitale. Celle-ci s’accompagne en effet
née en Angleterre. La construction d’un d’une importante concentration d’agences Tableau 2.7 Origine du PIB
réseau ferroviaire y a largement contribué, internationales et d’entreprises prestataires Variation (%) par rapport à l’année précédente
ainsi que la présence de charbon, qui a favo- de services. D’autres grandes organisations
risé le développement de l’industrie lourde internationales y sont également établies, 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
(surtout dans le sud du pays). comme l’OTAN. Produit intérieur brut 2,7 2,9 1 –2,8 2,4 1,8 –0,3
Aujourd’hui, le poids de l’industrie Agriculture, foresterie
manufacturière dans l’économie belge est 2.4.2. Évolution récente [6] 10,4 -1,2 3,9 -0,1 4,2 7,9 2,4
et pêche
moindre : depuis une trentaine d’années, le Les pays qui avaient jusqu’à présent le
Industrie 1,4 3,3 -0,1 -9,7 5,2 2,4 -2,5
secteur industriel s’est largement fait dépas- moins pâti de la crise de l’euro – les pays
ser par celui des services, qui représente à dits core, dont fait partie la Belgique - ont Construction 8,9 1,6 0,9 -1,9 0,5 4,8 1,1
l’heure actuelle près de 70  % de la valeur eux aussi enregistré un très net essouffle- Services 2,5 2,9 2,0 -1,4 1,7 1,9 -0,1
ajoutée des différentes branches d’activité. ment de l’activité économique en 2012.
Le marché de l’emploi a suivi la même évo- Après un vif repli compris entre 0,4 et 0,6 %
lution. En 1970, les secteurs de l’industrie de l’activité économique dans la zone euro
et des services offraient environ le même en 2012, la croissance resterait très modeste Source : Institut des Comptes Nationaux (ICN) et Banque Nationale de Belgique (BNB)
nombre d’emplois. En 2011, les services em- en 2013, se situant entre -0,9 et 0,3 %. La

22 2. Circonstances nationales ayant des incidences sur les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre
rie de réformes des pensions et du marché En 2012, les dépenses de consommation nettes de biens et services ont apporté une de la tendance sous-jacente de l’inflation et
du travail ont été mises en œuvre, et des finale des particuliers se sont repliées de contribution légèrement positive à la crois- l’augmentation soutenue des prix des pro-
mesures ont été prises en vue de réduire le 0,3 % en volume après avoir très légèrement sance du PIB. La contribution des variations duits alimentaires non transformés [7].
déficit public. augmenté en 2011. Cette croissance positive de stocks à la variation du PIB est ressortie
Le taux d’endettement s’élevait à 99,6 % sur une base annuelle en 2011, fût-elle mo- à -0,2 point de pourcentage en 2012, contre
du PIB à la fin de 2012, contre 97,8  % un
an plus tôt. Le taux d’endettement du sec-
deste, était attribuable à une forte progres-
sion dans le courant de 2010, qui a masqué
+0,6 en 2011 [6].
2.5. Profil énergétique
Le repli de l’activité s’est reflété dans
teur privé s’est par contre inscrit en baisse, le mouvement de baisse de la consommation
l’emploi. La création d’emplois en 2012 est
revenant de 143,8 à 139,9 % du PIB en sep- privée amorcé dès 2011. Une évolution né-
restée limitée à 8 200 à peine (+0,2 %) contre
tembre 2012. gative de la consommation des ménages sur
61 600 au cours de l’année 2011. C’est dans 2.5.1. Consommation primaire
une si longue période n’avait plus été obser-
Le ralentissement progressif de l’activi- l’emploi salarié que le ralentissement a été
vée depuis le début des années 1980. Les La Belgique dispose de ressources limi-
té qui s’était amorcé au deuxième trimestre le plus marqué (croissance de 0,1 % en 2012
investissements en logements ont également tées en matière énergétique et est donc fort
2011 s’est poursuivi en 2012. Sur l’ensemble contre 1,4 % en 2011). L’emploi indépendant dépendante de l’étranger pour son approvi-
présenté une tendance à la baisse : ils ont
de l’année 2012, le produit intérieur brut s’est avéré un peu moins sensible au repli de sionnement, en particulier depuis la fin de
reculé de 2,8 %, au cours de l’année 2012,
(PIB) en volume a diminué de 0,3 % après l’activité économique et a encore augmenté l’exploitation des charbonnages (la dernière
après avoir déjà chuté de 5,3 % en 2011 [6,
avoir crû de 1,8 % en 2011 (tableau 2.6). En de 0,8 % en 2012. mine a été fermée en 1992). La politique
7].
dépit d’une reprise hésitante, le PIB se situait Contrairement à ce qui s’était produit énergétique belge est dès lors guidée par une
toujours en 2012 à un niveau supérieur à ce- En revanche les dépenses des adminis-
durant la crise de 2008-2009, où l’ajuste- volonté de diversification tant de ses sources
lui de 2008. trations publiques ont apporté une contri-
ment du volume de travail s’était principa- d’approvisionnement que de ses fournis-
bution légèrement positive à la croissance
La valeur ajoutée a ralenti dans toutes les lement opéré au travers d’une baisse des seurs. À côté des importations de pétrole, le
économique. Les dépenses de consomma-
branches d’activité (tableau 2.7). La valeur heures moyennes ouvrées par personne, le pays a fortement développé l’utilisation du
tion finale des administrations publiques ont, gaz naturel et, plus récemment le recours aux
ajoutée a fortement diminué dans l’industrie tassement en 2012 aurait été absorbé de ma-
pour leur part, augmenté de 0,4 % en 2012. sources d’énergie renouvelables. Le Gouver-
où elle a reculé de 2,5 % après avoir augmen- nière plus égale par l’emploi en personnes et
té de 2,4 % en 2011. Le rythme de croissance Les entreprises ont fortement freiné leurs par les heures de travail par personne [18]. nement a également programmé la sortie du
dans la construction s’est nettement ralenti investissements, le net ralentissement des ex- L’inflation annuelle moyenne s’est élevée à nucléaire5.
(1,1 % en 2012). Dans les services, la crois- portations venant s’ajouter à la faiblesse de 2,6 % en 2012. Douze mois après avoir at- La consommation d’énergie primaire a
sance a été légèrement négative (-0,1 %). la demande intérieure. Les importations ont teint un pic de 4 %, l’inflation mesurée par augmenté en moyenne de 0,1 % par an au
décéléré plus encore que les exportations, de la variation annuelle de l’indice des prix à cours de la période 2000-2011 et même de
Le recul du PIB au cours de l’année 2012
sorte que le solde des opérations courantes la consommation harmonisé (IPCH) est tem- 0,9 % entre 2007 et 2011 (tableau 2.8). Cette
résulte principalement (à hauteur de 0,4
s’est légèrement redressé. Sur l’ensemble de porairement revenue à 2 % en juillet de l’an- augmentation s’est répartie de manière très
point de pourcentage) de la contraction de
l’année 2012, la croissance des exportations née 2012, soit le rythme de croissance des différenciée entre les différentes sources. La
la demande intérieure, essentiellement sous
de biens et services est revenue de 5,5 % en prix le plus faible depuis mars 2010. Par la part du charbon a fortement régressé, pour ne
l’effet du tassement en volume des dépenses
2011 à 0,7 % en 2012 [6, 7]. suite, l’inflation est repassée à 2,6 % d’août plus représenter en 2011 que 4,8 % du bilan
du secteur privé et des ménages, puisque
tant leur consommation que leurs investisse- Compte tenu de leur haute teneur en à octobre, avant de ralentir en fin d’année,
ments ont régressé. La stagnation du revenu produits importés, le ralentissement de la pour retomber à 2,1 % en décembre. Ainsi,
disponible des particuliers et l’augmentation croissance des exportations se reflète dans en moyenne annuelle, l’inflation est descen- 5 Loi sur la sortie progressive de l'énergie nucléaire
à des fins de production industrielle d'électricité du
du taux d’épargne, alimentée par l’incerti- l’évolution des importations de biens et ser- due de 3,5 % en 2011 à 2,6 % en 2012. Ce
31 janvier 2003 (publié au MB, le 28 février 2003)
tude entourant les perspectives d’emploi, ont vices. Ces derniers ayant toutefois affiché recul résulte de l’effet de la hausse plus mo- et modifiée par la décision du comité ministériel res-
occasionné une diminution de la consomma- une hausse (+ 0,6 %) quelque peu inférieure dérée des prix des produits énergétiques, qui treint du 4 juillet 2012 concernant le paquet de déci-
tion privée. à celle des exportations, les exportations a plus que compensé la légère accélération sions sur la sécurité d’approvisionnement électrique.

23
primaire, du fait notamment de la diminution importations nettes et la consommation inté- L’intensité énergétique (rapport entre 2.5.2. Consommation finale
de la demande dans certains secteurs utili- rieure brute d’énergie primaire du pays) était la consommation d’énergie primaire et le
La consommation finale d’énergie qui
sateurs (cokeries et centrales électriques). de 80,98 % en 2011. PIB exprimé en volume) mesure la quantité
représente la consommation apparente brute
La consommation de pétrole et l’apport du d’énergie que l’économie consomme pour
L’approvisionnement de la Belgique produire une unité de sa production. Depuis d’énergie primaire après déduction des acti-
nucléaire sont restés relativement stables.
en pétrole brut bénéficie certes de sources 1990, elle décroît assez régulièrement, pour vités de transformation et des pertes d’éner-
Les combustibles renouvelables montrent
variées, mais une dépendance croissante s’établir en 2011 à 55 % de l’année 1990 gie s’établit à 44 287,39 ktep en 2011.
une belle progression (9,2 % du total de la
consommation en 2011 avec une évolution semble se profiler à l’égard des deux grandes (soit 64,95 kg équivalent pétrole /EUR 1000 En Belgique, ce sont les bâtiments (rési-
annuelle depuis 2000 de 43,4 %) qui les zones de production que sont d’une part la en 2011). dentiels et tertiaires) qui constituent les pre-
placent désormais avant le charbon. Le taux Russie et les pays d’Asie centrale et d’autre On relève sur la période observée (1990- miers consommateurs finaux d’énergie pri-
de dépendance global (le rapport entre les part l’OPEP. 2011) un desserrement du lien entre crois- maire (33,7 %), suivis de l’industrie (30,9 %)
sance économique et consommation éner- et des transports (20,7 %). Les usages non
gétique primaire. Cette dissociation de la énergétiques, qui constituent l’indicateur
croissance de l’activité économique et de d’activité de l’industrie pétrochimique
Tableau 2.8 Évolution de la consommation d’énergie primaire celle de la consommation énergétique est (naphta, gaz naturel), représentent égale-
Consommation apparente brute en 2011, en Ktep (PCI), et taux de croissance annuel souvent citée comme un des objectifs du dé- ment un poste de consommation substantiel
moyen en %, calculé sur les périodes 2000-2011 et 2007-2011 veloppement durable [8]. (tableau 2.9). Globalement, la consomma-

Évolution Évolution
2011 2000-2011 2007-2011
(% annuel) (% annuel) Figure 2.6 Intensité énergétique primaire
2 925 250 %
Combustibles solides -5,9 % -9,1 %
4,8 %
22 953 200 %
Pétrole, produits pétroliers -0,6 % -0,1 %
37,6 %
16 698 150 %
Gaz naturel +2,2 % +2,9 %
27,4 %
5 596 100 %
Combustibles renouvelables +43,4 % +23,0 %
9,2 %
12 570 50 %
Énergie nucléaire +0,0 % +0,0 %
20,6 %
288 0
Autres (électricité primaire) -2,7 % -14,4 % 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010
0,5 %
Consommation intérieure Produit Intérieur Brut Rapport = intensité énergétique
TOTAL 61 030 +0,1 % +0,9 % brute d’énergie

Source : SPF Économie – DGSIE Source : SPF Économie - DGSIE

24 2. Circonstances nationales ayant des incidences sur les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre
tion finale d’énergie a diminué au rythme Au niveau du résidentiel et des secteurs 2.5.3. Prix de l’électricité et du gaz rées en fonction des parts de marché des
annuel de -0,06 % entre 2000 et 2011. équivalents, le gaz naturel demeure en 2011 différents fournisseurs opérant sur le marché
Suite à la nouvelle méthodologie mise
En ce qui concerne les parts de marché le premier combustible utilisé avec 45,99 % belge de l’électricité (cf. tableau 2.10).
en place au niveau européen en 2008, les
de la consommation finale totale, le pétrole suivi par le pétrole (26,07 %), l’électricité prix sont désormais collectés sur la base de Le prix pour un ménage moyen est re-
reste l’énergie dominante (45,32 % en 2011), (23,77 %), les combustibles renouvelables tranche de consommation présentant une présenté par la tranche de consommation Dc
immédiatement suivi par le gaz (28,28 %), (1,99 %), la chaleur (1,48 %) et les combus- limite inférieure et supérieure de consom- (2500 à <5000 kWh/an).
l’électricité (15,56 %), les combustibles re- tibles solides (0,71 %). mation annuelle et non plus sur celle de
nouvelables (7,51 %), la chaleur (1,67 %) et L’évolution des prix de l’électricité ven-
Sur la période 2000-2011, les combus- consommateurs type. due aux clients domestiques depuis la libéra-
les combustibles solides (1,66 %) Dans le
secteur industriel, le pétrole avec 11,28 % tibles solides enregistrent un recul moyen Les prix pour chaque tranche de consom- lisation s’est soldée par des coûts de distribu-
est très nettement distancé par le gaz naturel de 13,2 %/an, tandis que les combustibles mation représentent des moyennes pondé- tion variables entre région. Ainsi, en Flandre,
qui maintient sa part de marché à 37,32  % renouvelables progressent nettement avec
en 2011. L’électricité représente 23,41 %, une croissance annuelle moyenne de 23,1 %.
les combustibles renouvelables 19,60 %, les Pour les autres vecteurs énergétiques, la ten-
combustibles solides 4,59  %, et la chaleur dance d’évolution se révèle être relativement Tableau 2.10 Évolution du prix de l’électricité (en eurocent/kWh, TTC) pour les
3,80 %. stable sur la période considérée. consommateurs domestiques en Belgique entre 2000 et 2012 au premier semestre

Tranches Evolution
Consommateurs-types [a] 2000 de consom- 2008 2012 de 2008
Tableau 2.9 Consommation finale d’énergie (consommation en 2000 et 2011, en Ktep
mation [b] à 2012
(PCI), et taux de croissance annuel moyen en %, calculé sur la période 2000-2011)
Da (consommation Da (<1 000
20,30 27,85 29,21 5 %
annuelle : 600 kWh) kWh)
Consommation finale Consommation finale Taux annuel moyen
(ktep) (ktep) en % Db (1 000
Db (consommation
2000 2011 2000-2011 18,55 à <2 500 21,71 23,27 7 %
annuelle : 1 200 kWh)
kWh)
14 111 13 686
Industries -0,28 Dc (consommation Dc (2 500
31,7 % 30,9 %
annuelle : 3 500 kWh 14,33 à <5 000 19,72 23,27 18 %
9 598 9 163 dont nuit : 1 300 kWh) kWh)
Transport -0,42
21,5 % 20,7 %
Dd (consommation Dd (5 000
Résidentiel 14 373 14 916 annuelle : 7 500 kWh 13,20 à <15 000 17,68 19,34 9 %
+0,34
et équivalents 32,3 % 33,7 % dont nuit : 2 500 kWh) kWh)
Usages non 6 480 6 523 De (consommation
+0,06 De (≥ à 15
énergétiques 14,5 % 14,7 % annuelle : 20 000 kWh 8,40 15,92 18,35 15 %
000 kWh)
TOTAL 44 562 44 287 -0,06 dont nuit : 15 000 kWh)

Source : SPF Économie - DGSIE Source : Eurostat. [a] : ancienne méthodologie ; [b] : nouvelle méthodologie

25
les consommateurs ont, pour des raisons importante de la composante distribution accrue de 0,7 % par an en moyenne au cours production, soit 12,0 %, a été assuré par les
géographiques et urbanistiques, profité de dans la facture annuelle totale du client, de de la période 2000-2011 (tableau 2.12). En centrales de pompage (1,4 %), l’énergie hy-
conditions plus favorables. Un système de l’ordre de 30 % de la facture du client d’élec- 2011, elle a été assurée à raison de 53,5 % draulique (0,2 %), les éoliennes / l’énergie
100 kWh gratuit par raccordement et par tricité. Étant donné qu’il peut exister des par les centrales nucléaires et de 34,5 % par solaire / la géothermie (3,9  %) et les com-
membre du ménage est de plus en place ; Ils différences considérables entre les régions, les centrales thermiques classiques (combus- bustibles renouvelables et de récupération
payent donc leur électricité moins chère. Par surtout sur le plan des obligations de service tibles solides 3,8 %, combustibles gazeux raccordés au réseau électrique (6,5 %). La
contre, les clients de Bruxelles et de la Wal- public et des prélèvements, la composition 30,4 %, fuel liquide 0,3 %). Le solde de la part des combustibles liquides dans la pro-
lonie qui ne bénéficient pas de ce système est indiquée séparément pour la Flandre, la
ont vu leur facture augmenter [9]. Wallonie et Bruxelles.
Le tableau 2.11 fournit un aperçu global
de la composition du prix de l’énergie et du 2.5.4. Production et consommation Tableau 2.12 Production d’électricité: structure (2011) et évolution (taux de croissance
poids des différentes composantes pour un d’électricité annuel moyen en %, calculé sur la période 2000-2011)
client résidentiel moyen en Belgique. Les En 2011, la production totale primaire
chiffres montrent clairement la proportion d’électricité s’élevait à 90 168 GW. Elle s’est Evolution
2011 2000 annuelle (%)
2000-2011
PRODUCTION PRIMAIRE 90 168 83 894 0,7 %
Tableau 2.11 Composition du prix de l’électricité tout compris pour un utilisateur 48 234
résidentiel moyen Nucléaire 48 157 0,0 %
53,5 %
196
Flandre Wallonie Bruxelles Hydraulique 459 -7,4 %
0,2 %
2009 2011 2009 2011 2009 2011 1 227
Centrales de pompage 1 240 -0,1 %
Prix du fournisseur 37 % 34 % 43 % 42 % 44 % 43 % 1,4 %
Distribution (hors Géothermique, solaire, éolien, 3 548
32 % 35 % 27 % 26 % 25 % 27 % 15 64,4 %
prélèvements publics) etc. 3,9 %
Taxe sur l'énergie Combustibles renouvelables et de 5 860
19 % 18 % 18 % 18 % 18 % 18 % 1 219 15,3 %
et TVA récupération 6,5 %
Prélèvements publics 2 % 4 % 3 % 5 % 7 % 7 % Liquides 290
Combustibles 31 103
Transport (hors Gazeux 27 409 32 804 -0,5 %
5 % 4 % 5 % 4 % 5 % 4 % fossiles 34,5 %
prélèvements publics) Solides 3 404
Contributions énergie IMPORTATIONS 13 189 11 645 1,1 %
renouvelable et 5 % 5 % 4 % 5 % 1 % 1 %
cogénération EXPORTATIONS 10 652 7 319 3,5 %

Source : CREG [10] Source : SPF Économie, DGSIE

26 2. Circonstances nationales ayant des incidences sur les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre
duction d’électricité présente une tendance à 2.5.5. Énergies renouvelables
la baisse depuis de nombreuses années. Elle La part des énergies renouvelables dans Figure 2.7 Comparaison entre la part attendue et la part réelle des sources
était de 52,7 % en 1971 et ne représentait la production primaire d’énergie a progres- d’énergie renouvelables à la consommation (en %) en 2010
plus que 0,1 % en 2011. sé de manière significative (inférieure à 1 %
au cours de la période 1990-2000, elle attei- 6,97
La consommation finale d’électricité
s’est accrue à un rythme annuel de 0,3 % au gnait 7,9 % en 2011) [11]. Malgré certaines
5,05 4,8
cours de cette même période. La consomma- limites au développement des énergies re- 4,51 4,46
3,8 3,5 3,8
nouvelables, notamment liées à l’exiguïté du
tion qui se répartissait à part presque égale
territoire, les pouvoirs publics ont entrepris
auparavant entre les secteurs résidentiels de promouvoir le développement de ces
et tertiaires et le secteur industriel, montre énergies pour répondre aux questions de sé-
désormais une prédominance des premiers curité de l’approvisionnement énergétique, Total Chauffage et refroidissement Electricité Transport
(51,5 % contre 46,5 %,) suite à une progres- des émissions polluantes mais aussi de la Part attendue Part réelle
sion plus soutenue de ceux-ci (1,2 % contre valorisation des ressources locales et de la
-0,6 %). Le ralentissement de la consomma- création d’emploi.
tion du secteur industriel est à attribuer pour La directive 2009/28 de l’Union euro- Source : DGSIE [12]
une certaine part à la crise et à la diminution péenne a fixé à la Belgique un objectif de
d’activité. Le reste (2,0 %) est consommé 13 % de sources d’énergie renouvelables
par les transports. dans la consommation finale brute d’énergie
Figure 2.8 Contribution des différentes sources à la production brute d’électricité
d’énergie renouvelable (2011)
Tableau 2.13 Consommation d’électricité par secteur (en GWh) Déchets municipaux :
Éolien : 13,0 %
21,5 %
Evolution annuelle Déchets industriels :
5,4 %
2011 2000 (%)
2000-2011
Photovoltaïque solaire :
Industrie 37 261 (46,5 %) 39 868 -0,6 % 10,9 %

Transport 1 631 (2,0 %) 1 443 1,1 %


Domestiques et équivalents* 41 223 (51,5 %) 36 231 1,2 %
Consommation finale** 80 115 (100 %) 77 542 0,3 %

Hydraulique : Biomasse solide primaire :


* Ceci recouvre les commerces & services, les usages domestiques et l’agriculture 13,2 % 29,0 %
** La consommation finale considérée ici exclut la consommation du secteur énergie Biocarburants liquides :
2,1 % Biogaz :
(définition différente de l’AIE/Eurostat) 4,9 %

Source : SPF Économie, DGSIE Source : SPF économie, DGSIE

27
d’ici 2020. Les nombreux projets d’implan- Belgique fait mieux que prévu dans la tra- La principale source d’énergie renouve- un réseau routier et ferroviaire dense (l’un
tations d’éoliennes, notamment offshore, jectoire pour l’ensemble des sous-objectifs lable exploitée en Belgique reste la biomasse des plus denses de l’Union européenne) et
devraient contribuer de manière significative (chauffage, électricité et transport renouve- (figure 2.8). s’appuie également sur des voies navigables.
à la réalisation de cet objectif. À plus long lables (cf. figure 2.7). L’expansion de l’espace intra-européen a
terme, les énergies renouvelables devraient En 2010, les énergies renouvelables (hy- encore renforcé le trafic de transit. Il en ré-
constituer une partie très significative de
la production énergétique primaire en Bel-
draulique, éolienne, biomasse et combus-
tibles de récupération) intervenaient pour
2.6. Secteur des transports sulte une croissance continue des transports,
grands consommateurs de produits pétroliers
gique. Les quatre ministres (fédéral et régio- 6,8 % dans la production primaire d’électri- (figure 2.10). Cette croissance concerne en
naux) en charge de l’énergie ont entrepris en cité. particulier le transport routier et le transport
2011 de faire réaliser par un consortium de aérien, pour lequel on observe la plus forte
trois institutions scientifiques une étude de 2.6.1. Description générale croissance. Le transport routier est, parmi
6 Towards 100% renewable energy in Belgium in
faisabilité et d’impact d’une évolution du 2050. Bureau Fédéral du Plan, ICEDD, VITO  – 19
Située au cœur de l’Europe et densé- les différents modes de transport, celui qui
système énergétique belge vers un mix éner- Avril 2013 - 2nd ed. http://www.icedd.be/I7/mediathe- ment peuplée, la Belgique est un lieu de consomme le plus d’énergie en Belgique
gétique composé exclusivement d’énergies que/energie/renouvelable/130419_Backcasting_Fi- transit important. Son activité économique, (8 859 000 tep en 2011) et le plus d’énergie
renouvelables à l’horizon 20506. En 2010, la nalReport.pdf surtout tournée vers l’exportation, nécessite par unité transportée au km sur terre. Le parc

Figure 2.9 Parc de véhicules


Figure 2.10 Consommation finale d’énergie des transports
Nombre total de véhicules immatriculés en Belgique au 01/08/yy (1930-2012)
Selon le mode de transport (1 000 tep)
6000000

5000000 10000
9000
4000000 8000
7000
3000000
6000
2000000 5000
4000
1000000 3000
2000
0
1930 1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010 1000
Voitures particulières Autobus et autocars 0
1990 1995 2000 2005 2010
Camions, camionnettes, véhicules tout-terrain, véhicules-citernes et tracteurs Tracteurs agricoles
Engins spéciaux Motocycles Transports ferroviaires Transports routiers Transports aériens Navigation intérieure

Bron: Eurostat Source : Eurostat

28 2. Circonstances nationales ayant des incidences sur les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre
automobile de voitures particulières a litté- 2.6.2. Transport de personnes –– la “désurbanisation” et la dispersion de ploi, mais également des déplacements
ralement explosé au fil du temps (figure 2.9) l’habitat (ou périurbanisation croissante) pour les navetteurs
et s’avère peu dépendant de la conjoncture Si l’on exprime la mobilité des personnes –– les chaînes de déplacement qui se com-
–– le développement du secteur des ser-
économique (taux de motorisation belge : en voyageurs-kilomètres, la voiture reste le plexifient et encouragent le recours de
vices, combiné à une faible polarisation
1 voiture pour 2 habitants). principal mode de transport en Belgique plus en plus fréquent à la voiture (cf. les
de l’implantation des commerces et des
Le taux de motorisation demeure élevé : (la voiture et la moto constituent 79,1 % du enquêtes MOBEL 1999 et BELDAM
entreprises 2010)
5,5 millions de voitures particulières pour total des déplacements motorisés en 2011).
–– l’augmentation du temps de loisirs des –– les comportements en matière de mobili-
11  millions d’habitants en 2012. Chaque Les transports en commun ne constituent
ménages té et le choix des ménages pour des véhi-
voiture particulière parcourt en moyenne que 5,8 % du transport de passagers (ta-
–– une réforme de la fiscalité des véhicules cules confortables dont les taux d’occu-
15 500 km par an. Cette tendance s’observe bleau 2.14).
également dans d’autres pays d’Europe. de société qui prend davantage en compte pation sont de plus en plus bas (cf. taux
Les déplacements en voiture ont continué les émissions de CO2 mais qui reste très élevé de motorisation).
Les tendances récentes montrent égale- de s’accroître au cours des dernières années, favorable à l’acquisition de véhicules de La conjugaison de ces différents fac-
ment que la percée des nouvelles technolo-
quoique dans une moindre mesure que les société encourage l’usage des véhicules teurs, qui vont tous dans le même sens,
gies concernant le rendement énergétique
des véhicules n’est actuellement pas suffi- transports publics (bus, tram, métro et che- à des fins privées (parcourir des km)7 risque d’avoir pour conséquence la pour-
samment rapide pour compenser la hausse min de fer). La persistance de cet accroisse- –– le développement de Bruxelles en tant suite de la croissance du trafic routier pour
de consommation énergétique liée à l’aug- ment du transport routier de personnes peut que capitale nationale et siège des insti- le transport de personnes et des émissions
mentation du trafic routier. s’expliquer par les facteurs suivants : tutions européennes, qui génère de l’em- qui en découlent (d’après le Bureau fédéral
du Plan entre 2005 et 2030, le nombre de
passagers-km augmentera de 30 %, celui de
tonnes-km de 60 % et les émissions de GES
Tableau 2.14 Évolution de la mobilité routière en 2011 (exprimée en voyageurs-kilomètres) de 18 %).
Par ailleurs, la saturation croissante du
Voitures Transports en commun
Milliards de voyageurs-km/an Autocars Chemin de fer réseau routier induit une augmentation de
et motos (métro, tram, bus)
la consommation de carburant (et des émis-
TOTAL 147,3 116,51 8,61 11,33 10,85 sions) plus forte que l’augmentation des
dont Flandre : 65,95 4,48 4,98 kilomètres parcourus. Paradoxalement, la
Wallonie : 47,20 2,31 5,56 détérioration des conditions de circulation
Région de Bruxelles Capitale : 4,32 1,82 0,80 via la diminution de la vitesse moyenne sur
PART RELATIVE EN % 79,1 % 5,8 % 7,7 % 7,4 % le réseau encourage plus le recours à la voi-
en 2000: 82,8 % 6,0 % 8,1% 6,0 % ture individuelle (“pour gagner du temps”)
EVOLUTION 2000-2011 +9,4 % +113,0 % +9,1 % +39,9 % qu’aux moyens collectifs, ce qui aggrave en-
core plus le problème.
Enfin, il faut noter que la pénétration
augmentation
en 1960: 47 147,9 %   croissante du diesel (la proportion des voi-
depuis 1960 :

7 Depuis 2011, l’avantage toute nature lié à la voi-


ture de société ne prend plus en compte la distance
Source: SPF Mobilité et Transports, DGSIE et SNCB domicile-travail et est donc indépendant du nombre
de kilomètres effectués à usage privé.

29
tures diesel en Belgique atteint 62,5 % en Dans la recherche d’autres moyens de La baisse de part de marché que les à offrir sur les plans de la flexibilité, de la
2012) dans le parc automobile belge marque transport, la vente des deux-roues motori- transports publics connaissaient auparavant fiabilité et du prix, il reste préféré à la navi-
également l’évolution des émissions (vers le sés est en hausse et l’usage du vélo est plus a cessé et les sociétés de transport public gation intérieure (env. 15,3 %) et au chemin
bas pour le CO2, mais vers le haut pour les développé au nord du pays. Cependant à respectives investissent toutes massivement de fer (env. 12,5 %). Toutefois, le transport
NOX et les particules). La pénétration des Bruxelles, il montre une nette amélioration pour augmenter leur capacité. de marchandises par rail et par navigation
équipements d’air conditionné est également alors que la Wallonie stagne. intérieure connaît également une belle crois-
en forte croissance. 2.6.3. Transport de marchandises sance.
Transports publics
Les dépenses des ménages liées aux Grâce à la situation géographique du Les tonnages acheminés sont en aug-
transports ont augmenté plus rapidement que Tous les modes de transports publics sont
pays – au centre des principaux marchés mentation pour tous les modes de transports
la consommation totale : de 11,7 % en 1995, en forte expansion, par suite des efforts des
européens – et à sa bonne gestion de la lo- (cf. tableau 2.15).
leur part passe à 12,9 % en 2011. autorités pour une mobilité plus durable et
des politiques privées davantage orientées gistique et des transports, le transport de fret
La part de marché occupée par les vé- sur le client. augmente de manière considérable en Bel- 2.7. Secteur industriel
hicules dits propres (≤ 115 g CO2) a atteint gique, tous modes confondus. Les volumes
31,9 % en 2012 [13]. de transport globaux ont diminué depuis la
crise économique de 2008 mais, au vu de la
Par le passé, l’acier, la construction mé-
croissance économique mondiale (en Chine,
canique, le textile et l’industrie chimique ont
Figure 2.11 Evolution de la part des dépenses liées au transport dans la au Brésil et en Inde, par exemple), la crois-
fait le succès de l’industrie belge, largement
sance devrait normalement reprendre.
consommation totale des ménages en Belgique (%) à prix courant exportée. Mais depuis 1960, en Belgique
La demande de transport terrestre de- comme ailleurs en Europe, le profil de l’in-
14
meure principalement axée sur le transport dustrie a subi des mutations profondes. Son
routier (part de marché de 72,6 % environ) : poids dans l’activité économique a diminué ;
12 suite aux avantages que celui-ci continue les structures et les répartitions spatiales se

10

8
Tableau 2.15 Évolution du transport de marchandises
6

Million de tonnes km Pourcentage relatif (%)


4
2007 2011 2007 2011
2 Navigation intérieure 9,006 9,251 13,5 % 15,3 %
Chemin de fer 9,258 7,593 13,9 % 12,5 %
0 Transport par route 48,495 43,658 72,6 % 72,6 %
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Achat de véhicules personnels Frais liés à l’utilisation de véhicules Services de transport

Source : Bureau fédéral du Plan Source: SPF Economie - DGSIE, Eurostat

30 2. Circonstances nationales ayant des incidences sur les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre
sont transformées. La figure 2.13 reprend de grosses entreprises situées au cœur des tement de la bulle financière et la crise qui à s’assombrir au vu des dernières données
l’évolution de la valeur ajoutée des princi- anciens bassins industriels de Wallonie, mais en découle, ont totalement renversé la ten- conjoncturelles. La demande extérieure est
pales branches d’activité de l’industrie de- également en Flandre, dans des espaces plus dance. Durant les années 2008 et 2009, l’in- en baisse, les exportations de biens et de ser-
puis 2000. dispersés. Dans les années 1970, la crise du dustrie technologique a été touchée de plein vices diminuent dans un contexte de ralen-
En 2012, la valeur ajoutée a fortement secteur a provoqué d’importantes restructu- fouet par la crise. Durant les années 2010 et tissement de l’activité chez nos principaux
diminué dans l’industrie (recul de 2,5 % rations. Tous ces changements ont entraîné 2011, la plupart des activités des entreprises voisins [14].
après avoir augmenté de 2,4 % en 2011). Le la redéfinition des organisations et des outils technologiques ont connu une embellie et
rythme de croissance dans la construction de production. Ces derniers ont également ce essentiellement grâce aux exportations. 8 Pour le secteur construction, se référer à la partie
s’est nettement ralenti8 [6]. évolué suite aux améliorations technolo- Toutefois, cette embellie économique tend 2.9 « Parc immobilier ».
giques.
2.7.1. Métallurgie Après une conjoncture extrêmement fa-
Ce secteur en déclin inclut la sidérurgie, vorable en 2007 poussée par la demande des Figure 2.13 Evolution (2000-2011) de la valeur ajoutée dans le secteur industriel et
la transformation de l’acier et les métaux secteurs utilisateurs, qui avait même permis de la construction pour les principales branches d’activité
non ferreux. Il est principalement constitué la réouverture d’un haut-fourneau, l’écla-
20000

18000
Figure 2.12 Transport de marchandises en millions de tonnes-km (1960-2011)
16000

80000 14000

12000
70000
10000
60000
8000
50000
6000

40000 4000

2000
30000
0
20000 2000 2002 2004 2006 2008 2010

10000 Fabrication de denrées alimentaires, Métallurgie


de boissons et de produits à base de tabac
Industrie automobile
0 Fabrication de textiles, industrie de l’habillement,
industrie du cuir et de la chaussure Industrie pharmaceutique
1960

1963

1966

1969

1972

1975

1978

1981

1984

1987

1990

1993

1996

1999

2002

2005

2008

2011

Industrie chimique Construction


Transport par route Navigation intérieure Chemin de fer

Source : SPF Economie - DGSIE Source : ICN BNB Belgostat on line

31
2.7.2. Industrie agroalimentaire En 2012, l’industrie textile belge repré- manufacturier en Belgique. Le chiffre d’af- plastiques et des sciences représentaient
sente un chiffre d’affaires de 5,8 milliards faires a dépassé les 54 milliards d’euros en 31,8 % des exportations totales de biens en
En Belgique, le secteur agroalimentaire
d’euros et occupe 21 833 travailleurs. 2012. Les sous-secteurs les plus performants 2012. Les investissements ont atteint 2,75
occupe une place importante dans l’industrie sont le secteur pharmaceutique, la chimie de
Le chiffre d’affaires de l’industrie tex- milliards d’euros en 2012. Ils comprennent
manufacturière. L’industrie agroalimentaire base et les savons/détergents/cosmétiques.
est, en valeur ajoutée, le troisième secteur tile a reculé en 2012 de 6 % environ après tant des extensions de capacités de produc-
avoir encore enregistré une hausse de 2,1 % L’emploi direct dans le secteur est resté re- tion que de nouveaux investissements. Près
industriel en Belgique. Elle est aussi le deu- lativement stable ces 30 dernières années
en 2011. La détérioration de l’activité écono- de la moitié de ces investissements sont réa-
xième employeur et se caractérise par un (avec un recul de 0,7 % du nombre d’em-
mique était déjà perceptible durant le dernier lisés dans la chimie de base, dont deux tiers
très grand nombre de PME. Les exportations plois directs en 2012) malgré la tendance à
trimestre 2011 et s’est amplifiée tout au long dans la région d’Anvers [17].
constituent la moitié du chiffre d’affaires. la diminution du nombre de postes dans l’in-
de l’année 2012. Malgré l’augmentation
Les sous-secteurs les plus importants sont de l’activité dans la période 2010-2011, le dustrie manufacturière depuis les années 80.
les secteurs de la viande, du lait, du chocolat, La part du secteur dans l’emploi industriel 2.7.5. Construction mécanique
chiffre d’affaires textile se situait en 2012
du sucre et des boissons. L’industrie agroa- encore toujours près de 15 % sous le niveau total augmente de manière continue et repré- L’industrie automobile en Belgique se li-
limentaire a par ailleurs des liens avec toute de 2007, dernière année avant la Grande Ré- sentait 17,7 % en 2012. mite à l’assemblage. Celui-ci est pratiqué en
une série d’autres secteurs économiques cession. Le secteur de la chimie et sciences de la majorité dans les grandes unités de montage
tels que l’agriculture, le commerce de dé- vie est fortement orienté à l’exportation. On détenues par des entreprises multinationales.
L’activité fort maussade en 2012 n’est
tail, l’industrie pharmaceutique, l’industrie observe une hausse sensible des exportations La construction ferroviaire est également
pas restée sans conséquences pour l’emploi.
chimique, le conditionnement ou la logis- Entre mi-2011 et mi-2012, environ 1 500 ces 10 dernières années. Les exportations bien implantée, de même que le secteur hau-
tique. postes de travail ont été supprimés (-6,4 %) de produits issus de la chimie, des matières tement technologique de l’aéronautique.
L’industrie alimentaire belge connaît de- dans l’industrie textile belge. Celle-ci oc-
puis 2005 une croissance de plus de 44 % en cupe aujourd’hui encore environ 22 000 per-
termes de chiffres d’affaires. L’explication sonnes. [16]
de ces bons résultats en temps de crise est
due à l’exportation. 2.7.4. Industrie chimique Tableau 2.16 Nombre d’établissements et d’emplois du secteur automobile
La chimie représente plus d’un cin-
Le ratio des exportations est passé de
quième du chiffre d’affaires du secteur in- Nombre de
46 % en 2004, à 52 % en 2012. Nombre
dustriel belge et plus de 20 % des exporta- d’établisse-
Nombre de postes de travail travailleurs
Entre 2002 et 2012, l’emploi dans l’in- tions totales du pays. Depuis 2002, le chiffre salarié en 2007 indépendants
ments en 2007
dustrie alimentaire a augmenté de 2 % [15]. d’affaires progresse à un rythme similaire au en 2006
taux de croissance annuel moyen Région wallonne 2 877 19 979 4 546
2.7.3. Industrie textile La Belgique constitue, dans ce do- Région de Bruxelles-Capitale 594 7 992 468
Pendant plusieurs siècles, le textile a été maine, la dixième puissance commerciale du Région flamande 4 702 66 626 7 587
une activité importante et renommée, tant monde, réalisant environ 4 % des échanges
Belgique 8 173 94 597 12 601
dans le nord que dans le sud du pays. Ces commerciaux de la planète. Les productions
dernières décennies, cette industrie s’est du secteur de la chimie belge couvrent un
essentiellement regroupée en Région fla- très large éventail de produits.
mande, qui fournit 90 % de la production na- Ce secteur a atteint un degré de spécia- Sources : ONSS - statistiques décentralisées 31 décembre 2010 et ICN - Comptes régionaux 2010, calculs le Forem
tionale. Le secteur a souffert des plus faibles lisation qui figure parmi les plus élevés au [18]
coûts salariaux pratiqués hors de l’Europe. monde. Il représente le deuxième secteur

32 2. Circonstances nationales ayant des incidences sur les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre
L’ensemble de l’industrie automobile
(assembleurs, constructeurs et importateurs)
2.8. Secteur des déchets De 1996 à 2007, la quantité de déchets
municipaux a augmenté de 10  % (figure
Les deux organismes agréés pour les
déchets d’emballages (FostPlus pour les
a une influence considérable sur l’économie 2.15). De 2007 à 2011, la quantité de déchets emballages ménagers et val-I-Pac pour les
et l’emploi. L’ensemble du secteur automo- municipaux a diminué de 6 %. Les amélio- emballages industriels) prennent en charge
bile y compris les services associés (com- Tous secteurs confondus, la production rations significatives dans le traitement ont l’exécution de l’obligation de reprise des
merce de véhicules et de carburants, entre- de déchets en Belgique s’élève à 62 537 contribué à limiter drastiquement la mise en responsables d’emballages.
tiens et réparations, etc.) représente plus de milliers de tonnes (2010), en progression décharge (figure 2.16). Néanmoins la problé- Ces taux de recyclage et de valorisation
107 000 emplois (tableau 2.16). de 3,5 % par rapport à 2006. Les plus gros matique de la réduction de la production de élevés sont en outre obtenus à un coût relati-
contributeurs sont les industries (55 %) et la déchets reste une priorité pour les autorités. vement limité (en 2011 ce coût se chiffrait à
construction (29  %) (cf. figure 2.14). Seuls Des progrès remarquables ont pu être 5,7 euros par habitant et par an).[19]
les secteurs des industries et de la construc- constatés dans le domaine du recyclage des
tion voient leurs volumes augmenter entre emballages industriels et ménagers.
2004 et 2010.

Figure 2.14 Production de déchets par activité économique (2004-2010)

40000 Figure 2.15 Evolution de la quantité de déchets municipaux générés par habitant
(1996-2011)
34332
35000
Production de déchets (en millier de tonnes)

31489
30323 500
30000

24031 490
25000

Déchets municipaux générés (kg/hab.)


20000 18165
480
15442
15000 13174
11038 470
10000
10647
5703
4746 4402 5130
5000 460
5325 4459 4679
1196 366 288 231
0
2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 450

Agriculture Industrie Construction Services Ménages


440
1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011

Source : DGSIE sur base d’enquêtes, sources administratives (OVAM, IBGE-BIM, DGARNE) et modèles. Données et
info supplémentaires : Eurostat Source : Eurostat

33
Figure 2.16 Répartition entre les différents traitements des déchets municipaux Tableau 2.17 Résultats (2010) de recyclage des organismes agréés
de 1995 à 2011 pour les déchets d’emballages

600
Fost Plus Val-I-Pac
500 Recyclage Verre 114,7 % s.o.
Recyclage Papier-carton 114,6 % 96,1 %
400 Recyclage Cartons à boissons 78,7 % s.o.
kg/habitant

Recyclage Métal 102,1 % 85,1 %


300 Recyclage Plastique 37,9 % 55,7 %
Recyclage Bois s.o. 64,6 %
200
Recyclage total 83,2 % 81,6 %
Recyclage papier carton sans adhésion (en T) 25 558 T
100
Recyclage verre sans adhésion (en T) 31 991 T
Recyclage métaux sans adhésion (en T) 1 706 T
0
1995 1997 1999 2001 2003 2005 2007 2009 2011 Incinération résidu PMC 26 792 T
Collecte Incinération sans récupération d’énergie Valorisation 94,5 % 90,0 %
Mise en décharge (Ycompris les scories d’incinération) Recyclage
Incinération avec récupération d’énergie Compost et fermentation

Source : DGSIE sur base de données administratives Source : rapport d’activité 2011 ICE, rapport d’activités 2011 FostPlus

34 2. Circonstances nationales ayant des incidences sur les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre
2.9. Parc immobilier projet EU-SILC (European Union Statistics
on Income and Living Conditions / enquête
En 2010, le parc immobilier restait an-
cien avec seulement moins d’une personne
Dans un logement, un autre poste que le
chauffage contribue à la consommation éner-
sur les revenus et les conditions de vie) dont sur cinq (18,6 %) bénéficiant d’un logement gétique de façon non négligeable : il s’agit du
de moins de 30 ans. Cependant, 71,9 % des taux d’équipement des ménages en appareils
l’échantillonnage est plus large (au moins
Les dernières données complètes concer- ménages étaient alors propriétaires de leur consommateurs d’énergie. Le tableau sui-
4 750 ménages d’après le Règlement (CE) vant donne un aperçu de ces biens (tableau
nant le parc immobilier belge datent de logement.
l’enquête socio-économique 2001 dont les n° 1177/2003). Ce mode de calcul induit pour 2.18). Ces données reflètent tant l’augmenta-
résultats ont été présentés dans la 4ème Com- 2001, quelques différences dans les chiffres Le taux d’équipement en chauffage tion du confort ménager que l’évolution des
munication Nationale. Depuis 1999, nous entre les deux sources d’information. central a continué d’augmenter et atteint progrès technologiques.
disposons cependant d’enquêtes mensuelles 81,7 % en 2010 contre 75,2 % en 2000. Le L’enquête sur le budget des ménages
En 2011, un peu moins de trois ménages combustible le plus utilisé est le gaz naturel
auprès de 300 ménages (400 à partir de 2010 nous apprend également que 4,7 % des
sur quatre habitent toujours une maison uni- (57,0 %). Cette progression s’est faite essen-
2012) dont les réponses sont extrapolées à la ménages disposent de panneaux photovol-
population totale (enquête sur le budget des familiale (71,6 %) et un sur quatre un appar- tiellement au détriment du mazout (30,8 %) taïques chez eux et 1,8 %, de panneaux so-
ménages). Depuis 2010, les résultats de l’en- tement (27,5 %). La proportion de ménages (cf. figure 2.18). Le charbon continue égale- laires thermiques pour le chauffage de l’eau.
quête paraissent sur une base bisannuelle. La occupant un appartement s’est quelque peu ment de reculer pour ne plus représenter que Enfin, 24,4 % utilisent l’eau de pluie pour les
Belgique participe également depuis 2003 au accrue ces dernières années (cf. figure 2.17). 0,7 % en 2010. sanitaires, la lessive ou le nettoyage.

Figure 2.17 Répartition des types de logements en 2001 et 2011 Figure 2.18 Energie ou combustible utilisé principalement pour le chauffage
2001 2011

2000 2010
Autre Autre
1,2 % 0,9 % Charbon Charbon Bois
Appartement Appartement Bois 2,6 %
1,8 % 0,7 %
22,8 % 27,5 % 3,3 % Autre Mazout Autre Mazout
Électricité 0,5 % 39,6 % Électricité 1,8 % 30,8 %
6,6 % 6,9 %

Maison Maison
unifamiliale unifamiliale Gaz Gaz
75,9 % 71,6 % 48,2 % 57,0 %

Source : SPF Economie - DGSIE - Enquête socio-économique 2001 & EU-SILC 2011 Source : SPF Economie - DGSIE - Enquête sur les budgets des ménages 2001 & 2010

35
2.10. Secteurs agricole et forestier [5]
Tableau 2.18 Proportion de ménages (%) possédant des biens d’équipement
en 2001 et 2010

2001 2010 Favorisée par ses sols fertiles et son cli- rant lesquels les secteurs agricoles et horti-
Gros électroménager mat tempéré, l’agriculture en Belgique est coles peuvent avoir recours à des travailleurs
Cuisinière électrique 62,5  68,9  spécialisée dans les cultures maraîchères et saisonniers et la diminution des charges en
Cuisinière au gaz naturel 28,3  27,4  horticoles, les céréales, la pomme de terre, vigueur pour les travailleurs engagés via
Cuisinière au gaz en bonbonne 11,5  6,6  la betterave sucrière, l’élevage du bétail et la les agences d’intérim. Cette disposition ré-
Autre cuisinière 3,9  3,4  production de lait. Du fait de l’étendue cô- glementaire, combinée à un renforcement
Four à micro-onde 74,2  87,2  tière réduite du pays, la pêche représente une des contrôles et des sanctions, a permis de
Lave-vaisselle 42,3  54,6  activité économique d’un poids relativement faire diminuer le travail non déclaré dans le
Réfrigérateur 67,7  67,9 
faible. Bien que les terres agricoles totales secteur. Les travailleurs indépendants de-
représentent la majeure partie de la superfi- meurent toutefois beaucoup plus nombreux
Combiné réfrigérateur-congélateur (2 portes) 39,2  44,5 
cie terrestre en Belgique, elles diminuent de que les salariés dans cette branche d’activi-
Congélateur (bahut ou à tiroirs) 63,2  62,0 
plus en plus (tableau 2.4), essentiellement au té : 45 000 contre 19 600 en 2010. Or, entre
Machine à laver le linge 88,9  88,6  profit du bâti. 2000 et 2010, la part des indépendants dans
Séchoir à linge électrique 53,1  60,0  le secteur a chuté de 8,7 %.[2]
En 2011, on comptait un total de 39 528
Machine à laver faisant également séchoir 1,4  1,3 
exploitations agricoles et horticoles (ta- La caractéristique majeure du secteur
Petit électroménager
bleau 2.19). La Wallonie dispose d’une su- agricole belge est la diminution structurelle
Machine à coudre 46,3  41,8 
perficie agricole utile plus étendue que celle du nombre d’exploitations agricoles qui en-
Fer à repasser 95,7  93,1  de la Flandre (55 % contre 45 %), mais gé- traîne un phénomène de concentration des
Aspirateur 95,7  93,9  nère la moitié de la valeur ajoutée de celle- terres. En 30 ans, de 1980 à 2010, le pays a
Appareils de loisirs et de communication ci (les deux tiers des exploitations agricoles perdu 63 % de ses exploitations et sur cette
G.S.M. 63,2  94,2  intensives se situent en Flandre). période, le rythme de disparition a été le
Fax 14,3  10,6  même en Flandre et en Wallonie (-3,4 % par
La population active occupée dans le
Ordinateur personnel (PC) 48,8  80,9  secteur de l’agriculture n’a cessé de se ré- an en moyenne). Au cours de la même pé-
Télévision 95,2  95,9  duire depuis la Deuxième Guerre mondiale. riode, la superficie moyenne par exploitation
Magnétoscope (pour cassette-vidéo) 74,8  54,8  À l’heure actuelle, la population active dans a plus que doublé.
Lecteur de DVD de salon - 76,0  l’agriculture et la pêche représente à peine Depuis 1987, le nombre de tracteurs et
Chaîne hi-fi 77,9  66,3  1 % de la population (contre 21,5 % en 1910). autres outils agricoles a augmenté spectacu-
Lecteur CD (y compris portable) Sur les 10 dernières années (2001-2011), il y lairement : +22,9 %.
37,1  34,8 
non intégré dans une chaîne hi-fi a toutefois eu une augmentation des effec-
tifs salariés dans l’agriculture (+23,5 % soit Malgré le déclin observé, l’agriculture et
Caméra vidéo 18,3  18,7 
4 000 emplois supplémentaires). Elle s’ex- la pêche n’en demeurent pas moins des sec-
Appareil photo digital - 70,6  teurs économiques importants.
plique principalement par la régularisation
des travailleurs saisonniers. En effet, un ar- Depuis 1987, les terres consacrées à
rêté royal adopté en 2004 a facilité l’engage- l’agriculture biologique ont quant à elles vu
Source : SPF Economie – DGSIE - Enquête sur les budgets des ménages 2001 & 2010 ment de travailleurs saisonniers notamment leur surface multipliées par presque soixante
via la suppression du plafond de jours du- (59,7) ; dans le même temps, le nombre

36 2. Circonstances nationales ayant des incidences sur les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre
d’exploitations agricoles “bio” a été multi-
Tableau 2.19 Recensement agricole et horticole (2011) plié par presque treize (12,7) (figure 2.19).
La répartition par type d’exploitation montre
qu’en Wallonie la conversion touche prin-
2000 2011 cipalement les éleveurs alors qu’en Flandre
Nombre d'exploitations agricoles et horticoles 61 705 39 528 elle concerne particulièrement l’horticulture.
Dans un but de simplification administrative, l’en- Tout cela est bien sûr lié aux différentes spé-
Superficie agricole utilisée (en km )
2
13 940,83 13 373,03 quête de 2011 ne se fonde plus sur les agriculteurs cialisations des deux régions.
Main-d'œuvre agricole 107 399 74 399 qui ont fait une déclaration au recensement agri-
cole en 2010 mais sur les agriculteurs qui ont intro- Il faut encore noter l’évolution très im-
Animaux (x1000) duit une « déclaration de superficie » à la Région portante du nombre de bovins certifiés en bio
Bovins 3 042 2 560 wallonne ou une « verzamelaanvraag » à la Région qui a doublé en 5 ans.
flamande. Cela a des implications sur le nombre
- dont vaches laitières 594 488 d’exploitations agricoles qui composent notre reg- En 2010, la superficie moyenne d’une
Porcins 7 369 6 521 istre. Dans un certain nombre de cas, une « unité » exploitation en agriculture biologique est de
de production, que l’on considérait précédemment 38,22 km2 en Région flamande (contre 4,17
Poules et poulettes 15 232 12 292 comme une exploitation, est maintenant intégrée km2 en 1987) et 448,78 km2 en Région wal-
Poulets de chair 24 498 23 084 dans une déclaration effectuée à un niveau de lonne (contre 5,83 km2 en 1987).
gestion plus large. Les superficies et le cheptel
Cultures (en km ) 2
associés à cette ancienne unité ne disparaissent Le tableau 2.20 indique la répartition
Céréales pour le grain 3 134,85 3 276,79 pas dans les résultats mais ils sont comptabilisés des zones boisées en Belgique. La couver-
Betteraves sucrières 908,58 621,99
avec d’autres déclarations. La conséquence princi- ture forestière en Flandre s’élevait au total
pale est donc une diminution du nombre d’unités à 1 479 km2 en 2010, tandis que les forêts
Maïs cultivé pour la graine 357,83 720,25 agricoles (ou entreprises) distinguées dans le reg- wallonnes recouvraient 5 563 km2.
istre. C’est une diminution « administrative » qui
Pommes de terre (sauf plants) 658,44 823,41
s’ajoute, cette année-ci, à l’évolution des départs
Cultures énergétiques 30,21 et créations d’exploitations. L’année 2011 se
Dont biocarburants 6,59 marque donc par une rupture chronologique dans
le registre des exploitations agricoles.

Source : SPF Économie DGSIE – Chiffres clés de l’agriculture 2012 - Enquête agricole de mai 2011 –
résultats définitifs (tableau A)

37
Figure 2.19 Nombre d’exploitations consacrées à l’agriculture biologique et superficie
correspondante (km2) pour la période 1987-2012 en Région flamande et en Région
wallonne
Agriculture biologique
1200

1000

800

600

400

200

0
1987 1992 1997 2002 2007 2012
Région flamande Région wallonne

Superficie
600

500 Tableau 2.20 Couverture forestière en Belgique (2010)

400 Surface boisée (km2) Couverture % de la


Surface
Autres terres forestière surface
300 totale (km2) Forêt
boisées (%) boisée totale

200 Wallonie 16 844 5 297 266 33,0 78,8


Flandre 13 522 1 464 15 10,9 21,0
100
Bruxelles-Capitale 162 17 0 10,5 0,2
0 Belgique 30 528 6 778 281 23,1 100,0
1987 1992 1997 2002 2007 2012
Région flamande Région wallonne

Source : SPF économie - DGSIE Sources : FAO [20]

38 2. Circonstances nationales ayant des incidences sur les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre
Références 2012 http://www.creg.be/pdf/Tarifs/E/ de%20presse%20chiffres%20
evolprixe_fr.pdf clés%20FR.pdf]
[1] Chiffres-clés 2012, Aperçu statistique [10] Etude (F) 120628-CDC-1140 sur « les [18] Fiche secteurs d’activités, Automo-
de la Belgique – SPF Économie, Di- tarifs appliqués durant la période ré- bile (fabrication, services et com-
rection Générale Statistique et Infor- gulatoire 2009-2012 pour les réseaux merce) – Le Forem http://www.lefo-
mation Economique de distribution d’électricité et de gaz rem.be/Horizonsemploi/secteur/19.
[2] Panorama de l’économie belge en naturel en Belgique » - 28 juin 2012 html#
2011 – Rapport annuel du SPF Éco- -– CREG www.creg.info/pdf/Etudes/ [19] Rapport d’Activités 2012 – Fost Plus
nomie, P.M.E., Classes moyennes et F1140FR.pdf
Énergie [20] Evaluation des ressources forestières
[11] Renewables information – AIE – édi- mondiales – rapport national – Bel-
[3] La Belgique, un État fédéral – Publi- tion 2012 gique – FAO Rome, 2010 http://www.
cation du Service fédéral d’informa- [12] Chiffres clés 2010 Observatoire de fao.org/docrep/013/al456f/al456f.pdf
tion (S.F.I.) l’Energie - SPF Économie, Direction [21] MIRA Indicatorrapport 2012 (Rap-
[4] Notice sur le climat de la Belgique Générale Statistique et Information port d’indicateurs 2012) (2013) Mar-
(R. Sneyers et M. Vandiepenbeeck, Economique leen Van Steertegem (éditeur en chef),
Publication scientifique et technique, [13]
Evolution des immatriculations de Milieurapport Vlaanderen (Rapport
N°002, IRM, 62 p, 1995) voitures neuves ≤ 115 g CO2/km – environnemental flamand), Vlaamse
[5] Chiffres-clés 2012 de l’agriculture, FEBIAC http://www.febiac.be/statis- Milieumaatschappij (Agence fla-
L’agriculture en Belgique en chiffres tiques/2013/2.G.3.c.%20Evolution%20 mande de l’environnement)
– SPF Économie, Direction Générale des%20immats%20VN%20moins%20 [22] MIRA Indicateurs des changements
Statistique et Information Econo- de%20115g%20CO2.xls climatiques http://www.milieurap-
mique [14] Fiche secteurs d’activités, Métallurgie port.be/nl/feitencijfers/MIRA-T/mi-
[6] Comptes nationaux – Partie 1 – Pre- et fabrication de produits métalliques – lieuthemas/klimaatverandering/
mière estimation des comptes annuels Le Forem http://www.leforem.be/Hori-
2012 – Institut des Comptes Natio- zonsemploi/secteur/14.html
naux, Banque Nationale de Belgique. [15] L’industrie alimentaire : support solide
ISSN 1784-2506 (on line) http:// de l’industrie belge ! – Fevia http://
www.nbb.be/doc/DQ/F/DQ3/HISTO/ www.fevia.be/#ref=article&val=48858
NFDA12.PDF
[16] Conjoncture dans l’industrie textile
[7] BNB Rapport 2012 - Banque natio- belge en 2012 et début 2013 – Fedus-
nale de Belgique tria http://www.fedustria.be/Content/
[8] Le marché de l’énergie en 2009 - SPF Default.asp?PageID=34&languageco-
Économie, Direction Générale Statis- de=fr
tique et Information Economique [17] Essenscia - chiffres-clés 2012 -
[9] Evolution des prix de l’électricité sur http://www.essenscia.be/Upload/
le marché résidentiel – CREG – mars Docs/130424%20conférence%20

39
3.1. Tables de synthèse

Les données issues de l’inventaire qui Tableau 3.1 Aperçu des émissions et des
sont présentées dans ce chapitre9 proviennent
de la soumission 201310, conformément aux
recommandations de la CCNUCC (lignes   1990 1991

3. Informations
directrices de la Cinquième Communication Émissions de CO2,
Nationale sous la CCNUCC annotées pour y compris émissions
les Parties de l’Annexe I, y compris les élé- 118 167 120 898
de CO2 nettes de

extraites
ments de rapportage sous le Protocole de l’UTCATF
Kyoto). Cet inventaire inclut les chiffres re- Émissions de CO2,
latifs aux émissions pour les années 1990 à hors émissions de CO2 119 094 121 552

des inventaires
2011. Les tableaux synthétiques 10s1 à 10s4 nettes de l’UTCATF
(format commun de rapportage) de l’inven-
taire national sur les émissions de gaz à effet Émissions de CH4, y
compris émissions de 9 708 9 524

des émissions
de serre sont présentés à l’annexe 2 de ce
CH4 de l’UTCATF
rapport.
Émissions de CH4,

de gaz à ef fet
hors émissions de CH4 9 708 9 523
de l’UTCATF
Émissions de NO2, y

de serre
compris émissions de 10 890 10 768
NO2 de l’UTCATF
Émissions de NO2,
hors émissions de NO2 10 877 10 750
9 Exprimées en équivalent-CO2, c’est-à-dire prenant de l’UTCATF
en compte le pouvoir de réchauffement global de cha- HFC NA, NO NA, NO
cun des gaz, qui est un indice servant à évaluer la con-
tribution relative au réchauffement de la planète de PFC 1 753 1 678
l’émission dans l’atmosphère d’un kg d’un gaz à effet SF6 1 662 1 576
de serre particulier, par comparaison avec l’émission
d’un kg de CO2 et compte-tenu de leurs durées de vie Total (secteur
142 181 144 444
et de leurs pouvoirs radiatifs respectifs (CO2= 1, CH4 UTCATF inclus)
La préparation de ce chapitre a été coordonnée par : = 21 et N2O = 310). À un horizon de 100 ans, un kg de
CH4 provoque donc le même effet de serre que 21 kg Total (hors secteur
Olivier Biernaux 143 095 145 080
de CO2.. UTCATF)
10 Les données correspondent à la soumission du
Compilateur de l’inventaire national
mois d’avril 2013. Certaines petites différences liées
Cellule Interrégionale de l’Environnement aux recalculs apparaissent dans la re-soumission du
mois de novembre 2013 (qui est la soumission offi-
cielle de l’année 2013).
absorptions de gaz à effet de serre de 1990 à 2011 (en Gg d’équivalents CO2)11

1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011

119 065 118 138 122 594 123 675 127 906 122 007 128 353 122 797 124 520 124 313 123 572 126 707 127 523 124 251 120 475 116 127 119 226 106 845 113 422 103 028

120 015 119 018 123 500 124 422 128 452 122 821 129 066 123 545 125 250 125 222 124 971 128 161 128 864 125 611 121 800 117 436 120 533 108 254 114 873 104 467

9 380 9 271 9 242 9 274 9 057 8 899 8 757 8 623 8 290 7 954 7 540 7 076 6 998 6 796 6 705 6 688 6 533 6 448 6 508 6 352

9 380 9 271 9 242 9 274 9 034 8 899 8 756 8 623 8 290 7 954 7 540 7 076 6 998 6 796 6 705 6 688 6 533 6 448 6 508 6 346

10 404 10 701 11 266 11 749 12 337 11 793 11 929 11 825 11 084 10 854 10 357 9 299 9 494 9 227 8 277 7 622 7 547 7 759 8 362 7 232

10 383 10 676 11 238 11 720 12 073 11 754 11 885 11 780 11 036 10 802 10 300 9 238 9 432 9 160 8 207 7 546 7 465 7 671 8 268 7 068

445 445 451 452 540 650 786 815 943 1 071 1 290 1 442 1 479 1 462 1 559 1 739 1 822 1 883 1 936 1 996
1 830 1 759 2 113 2 335 2 217 1 211 669 348 361 223 82 209 307 154 159 180 202 116 85 179
1 744 1 677 2 035 2 205 2 121 526 271 116 112 129 112 100 84 86 75 81 91 97 111 116

142 867 141 990 147 701 149 690 154 178 145 087 150 766 144 525 145 310 144 544 142 953 144 833 145 886 141 975 137 250 132 437 135 421 123 147 130 425 118 903

143 796 142 844 148 578 150 408 154 437 145 862 151 434 145 228 145 992 145 401 144 295 146 226 147 165 143 269 138 505 133 670 136 645 124 468 131 782 120 172

11 Les
émissions de l’année de référence utilisées pour calculer l’objectif de Kyoto sont de 145 728,763 Gg éq. CO2 (chiffres 1990 et 1995 approuvés lors de la vérification de l’inventaire en 2007).
Les chiffres des tableau 3.1 et 3.2 présentent des corrections mineures par rapport à ces données du fait de l’actualisation de certains paramètres depuis 2007.

41
Tableau 3.2 Aperçu des émissions et des absorptions de gaz à effet de serre dans les principaux secteurs de 1990 à 2011 (en Gg d’équivalents CO2)

  1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003

1. Énergie 112 375 115 174 113 664 112 733 115 918 116 461 121 251 115 197 121 371 115 551 116 994 117 511 116 156 119 398
Industries énergétiques 29 990 29 930 28 767 28 235 30 016 29 422 29 244 28 109 30 839 27 128 28 528 27 005 28 502 29 622
Industries de production et
32 793 32 700 31 893 30 786 32 204 32 658 31 961 31 155 33 614 32 164 33 331 32 512 31 237 30 654
construction
Transports 20 815 21 003 21 757 22 278 22 780 22 894 23 343 23 535 24 223 24 575 24 869 25 479 25 782 26 339
Résidentiel, tertiaire et
27 672 30 561 30 405 30 555 30 135 30 754 35 994 31 709 32 022 31 000 29 541 31 811 29 951 32 162
agriculture
Autres combustions 163 163 163 162 162 105 89 97 94 94 94 96 95 93
Émissions fugitives des
942 817 679 718 621 628 619 591 579 589 631 607 589 528
combustibles
2. Procédés industriels 15 776 15 103 15 382 15 474 18 015 19 223 18 854 16 386 15 898 15 550 15 658 14 934 15 365 14 782
3. Utilisation de solvants et
213 210 209 207 204 200 199 199 198 197 214 213 213 213
d’autres produits
4. Agriculture 11 317 11 182 11 103 11 203 11 206 11 391 11 165 11 121 11 145 11 210 10 529 10 409 10 187 9 712
5. Utilisation des terres,
changements d’affectation des -914 -636 -930 -854 -877 -718 -259 -775 -668 -703 -682 -857 -1 342 -1 393
terres et foresterie
6. Déchets 3 413 3 411 3 438 3 227 3 235 3 132 2 966 2 959 2 821 2 720 2 597 2 334 2 374 2 122
Total
142 181 144 444 142 867 141 990 147 701 149 690 154 178 145 087 150 766 144 525 145 310 144 544 142 953 144 833
(secteur UTCATF inclus)

42 3. Informations extraites des inventaires des émissions de gaz à effet de serre


3.2 Analyse rence, elles ont diminué de 17,4 % en 2011
(figure 3.1)
des tendances Dans le cadre du Protocole de Kyoto et
de l’Accord européen de « répartition de la
charge  », la Belgique s’est engagée à ré-
duire ses émissions de GES de 7,5 % (voir la
3.2.1. Tendances générales ligne bleue de la figure 3.1). En raison de la
Les émissions totales de gaz à effet de
serre en Belgique (à l’exception du secteur
12 LaBelgique a choisi de ne pas inclure la gestion
UTCATF) s’élevaient à 120,2 Mt éq. CO2 des prairies et des terres cultivées en vertu de l’article
en 2011 et à 120,4 Mt éq. CO2 avec l’ar- 3.4 dans sa comptabilisation pour la première période
2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 ticle 3.312 du Protocole de Kyoto inclus. Par d’engagement. L’article 3.3 correspond aux activités
rapport aux émissions de l’année de réfé- de boisement, déboisement et reboisement.
119 786 116 235 112 411 108 102 111 418 101 935 108 156 97 698
29 778 29 427 27 934 27 436 25 470 25 911 26 435 22 049

30 674 28 868 29 022 27 820 28 369 19 980 23 626 23 565 Figure 3.1 Émissions de gaz à effet de serre de la Belgique entre 1990 et 2011 (hors secteur
UTCATF, mais incluant l’article 3.3 du Protocole de Kyoto) par rapport à l’objectif de Kyoto
27 334 26 354 25 771 25 653 27 975 27 230 27 128 27 047
110

Indice (année de base des émissions approuvée = 100)


31 394 30 962 29 037 26 588 29 026 28 241 30 369 24 486

Indice (année de base des émissions = 100)


105
93 93 93 69 62 56 48 50
100
514 531 554 536 515 516 549 501 96.4
95
93,9 92,5
15 359 15 320 14 542 13 955 13 889 11 231 12 220 11 283 90,6
90
87,7
213 212 212 212 212 212 211 211 85 85,6
82,6
9 662 9 450 9 325 9 397 9 259 9 359 9 427 9 366 80
1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012
Émissions de gaz à effet de serre Émissions de CO2 Engagement de Kyoto
-1 279 -1 294 -1 255 -1 233 -1 225 -1 321 -1 357 -1 268 (hors secteur UTCATF,
comprenant l’article 3.3)

2 145 2 051 2 015 2 004 1 868 1 731 1 769 1 613 Pour les gaz fluorés, l’année de référence utilisée est 1995, de sorte que la valeur d’indice 100 sur
l’axe Y correspond aux émissions de CO2, CH4 et N2O en 1990 et aux émissions de HFC, PFC et
145 886 141 975 137 250 132 437 135 421 123 147 130 425 118 903 SF6 en 1995, telles qu’approuvées lors de la révision, en 2007, du rapport initial de la Belgique
au titre du Protocole de Kyoto (ligne bleue).

43
crise économique qui frappe le pays depuis En Belgique, le principal gaz à effet de au cours de la même période. La figure 3.3 1990 et 2011. Elle met clairement en évi-
2009, la Belgique est toujours en phase avec serre est le dioxyde de carbone (CO2), qui donne un aperçu de la contribution des prin- dence la forte augmentation des émissions du
ses engagements pour les quatre premières représentait 86,9 % des émissions totales en cipaux secteurs aux émissions de gaz à effet transport routier, d’une part, mais également
années de la période d’engagement (2008- 2011. Le méthane (CH4) représentait 5,3 %, de serre en Belgique en 2011. Le transport, l’augmentation des émissions provenant des
2011) malgré l’augmentation des émissions l’oxyde nitreux (N2O) 5,9 % et les gaz fluo- l’industrie manufacturière, les industries bâtiments dans le secteur tertiaire, d’autre
en 2010. Si l’on tient compte des quatre pre- rés, 1,9 % des émissions totales (figure 3.2). part. Depuis 1990, ces deux secteurs ont aug-
énergétiqueset le chauffage (résidentiel) ont
mières années de la période d’engagement, Les émissions de CO2 ont diminué de 12,3 %
été les secteurs qui y ont le plus contribué.
on constate que la Belgique a réduit ses entre 1990 et 2011, tandis que le CH4, le N2O
émissions (exprimées sur une base annuelle) et les émissions de gaz fluorés ont chuté res- La figure 3.4 résume l’impact des princi-
de 11,8 %. pectivement de 34,6 %, 35,2 % et 54,1 %13 paux secteurs sur la tendance nationale entre 13 Par rapport aux émissions de 1995.

Figure 3.2 Part des émissions de gaz à effet de serre en Belgique (2011) Figure 3.3 Part des principaux secteurs en 2011

PFCs Autres
0,1 % 0,6 %
HFCs Agriculture
SF6 9,6 % Déchets
N20 1,7 % 1,3 % Industries énergétiques
5,9 % 0,1 % 18,3 %
CH4
5,3 % Tertiaire
4,3 %

Résidentiel Industrie
14,2 % (combustion)
19,6 %

« Autres » comprend les


« Émissions fugitives des com-
bustibles », les « Autres com-
Transport Industrie bustions » et l’« Utilisation de
CO2 22,5 % (procédés) solvants et d’autres produits ».
86,9 % 9,4 % Les combustions provenant de
l’agriculture sont incluses dans
le secteur « Agriculture ».

44 3. Informations extraites des inventaires des émissions de gaz à effet de serre


menté de 28,3 % et sont responsables d’une Les moteurs de ces tendances sont analy- pétrole et la production de combustibles so- du raffinage du pétrole étaient presque au
hausse de 5,0 % des émissions totales14. sés et commentés dans les pages qui suivent, lides représentaient respectivement 20 % et même niveau qu’en 1990. Les émissions
secteur par secteur. 1 % des émissions. de ce secteur peuvent varier en fonction du
Cette tendance est contrebalancée par la
baisse de 21 % des émissions dans d’autres Les émissions liées à la production de contexte économique général et des arrêts
secteurs, notamment l’industrie (les combus- 3.2.2. Production d’énergie combustibles solides ont chuté de 88 % de- planifiés à des fins d’inspection, d’entretien
tions ont enregistré une diminution de 6,4 % La principale source d’émission de ce puis 1990 (-1783  Gg d’équivalents CO2),
14 En2011, le secteur résidentiel a connu une dimi-
dans les émissions totales), qui a entraîné secteur est la production publique d’élec- en raison de la fermeture de six cokeries,
nution (les émissions provenant du secteur résidentiel
une baisse globale des émissions de 16,0 % tricité et de chaleur, qui représentait 79  % respectivement en 1993, 1995, 1997, 2000, dépendent plus fortement des conditions hivernales et
par rapport à 1990. de ces émissions en 2011. Le raffinage du 2005 et 2010. En 2011, les émissions issues 2011 a été une année relativement chaude).

Figure 3.4 Impact des principaux secteurs sur la tendance globale 1990-2011 Figure 3.5 Émissions de gaz à effet de serre issues du secteur de la production
(Gg éq. CO2) publique d’électricité et de chaleur, par rapport à la production électrique brute (hors
nucléaire) [1]
Total (hors UTCATF) -26,6 %
-22923

Autres (CRF: 1B, 1A5, 3) -42,2 %


40000
-557
Déchets -52,4 % 50000
-1800 35000

Agriculture (+CRF 1A4c) -18,2 %


-2572 30000

Production totale d’électricité (GWh)


40000

Émission de GES (Gg éq. CO2)


Tertiaire 20,2 %
873
25000
Résidentiel -16,7 %
-3437 30000
20000
Transport 29,9 %
6232
15000 20000
Industrie (procédés) -28,5 %
-4493
-28,1 % 10000
Industrie (combustion) -9228
10000
Industries énergétiques -12,0 % 5000
-7941
-25000 -20000 -15000 -10000 -5000 0 5000 10000 0 0
Changement en % Changement absolu (Gg éq. CO2)

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Centrales électriques (émissions) Raffineries (émissions)
Cokeries (émissions) Production électrique (énergie)
La catégorie « Autres » comprend les « Émissions fugitives des combustibles », les « Autres combus-
tions » et l’« Utilisation de solvants et d’autres produits ». Les combustions provenant de l’agriculture
sont comprises dans le secteur « Agriculture ».

45
et de rénovation. Tel a été le cas en 2011 pour 3.2.3. Industrie manufacturière ajoutée et de la consommation d’énergie est –– Dans le secteur de la chimie, la consom-
l’une des raffineries du pays. imputable à des différents facteurs selon les mation de combustibles a augmenté
En 2011, dans l’industrie manufactu-
secteurs: de 47 % de 1990 à 2006, tandis que la
Comme cela a été mentionné ci-dessus, rière, la valeur ajoutée15 [3] a augmenté de valeur ajoutée a augmenté de 65 % [2].
23 % par rapport au niveau de 1990, tandis –– Dans l’industrie métallurgique, de nom-
la principale source de ce secteur est la pro- Ce découplage relatif s’explique par une
que les émissions de gaz à effet de serre ont breux sites fonctionnent avec des fours
duction publique d’électricité et de chaleur. électriques depuis 1990. Par exemple, utilisation rationnelle de l’énergie et par
diminué de 28 % au cours de la même pé- la conception de produits à forte valeur
Bien que la production d’électricité a aug- la consommation électrique du secteur
riode (seule la partie énergétique des émis- ajoutée. En 2011, ce secteur représentait
menté de 55 % entre 1990 et 2011 [1], les a augmenté de 28 % entre 1990 et 2002
sions est ici prise en considération). 34 % de la consommation énergétique de
émissions ont diminué de 26 % en raison des [2]. C’est là la principale explication de
Comme on peut le constater sur la figure la baisse apparente de la consommation l’industrie manufacturière.
améliorations technologiques, du nombre –– Le secteur de l’alimentation et des bois-
3.6, la consommation de combustibles a di- d’énergie, alors qu’on constate une va-
accru d’unités de cogénération, et du passage sons représentait 7 % de la consomma-
minué de 14 % entre 1990 et 2011 (et même leur ajoutée stable dans le secteur. Ce
des combustibles solides (charbon) aux com- jusqu’à 25 % si l’on se limite à 2009). Cette dernier représentait encore en 2011 24 %
bustibles gazeux (gaz naturel) ainsi qu’aux forte diminution est évidemment liée à la de la consommation d’énergie des indus- 15 Valeur ajoutée brute de “l’industrie manufac-
combustibles renouvelables. Cette tendance crise économique dans le secteur métallur- tries manufacturières et a donc un impact turière” estimées en “euros chainés” (année de
est illustrée à la figure 3.5. gique. Cet découplage apparent de la valeur important sur la tendance globale. référence 2005) – Bureau fédéral du Plan.

Figure 3.6 Secteur manufacturier : indice des émissions de gaz à effet de serre, Figure 3.7 Types de combustibles utilisés dans les industries manufacturières
consommation d’énergie et valeur ajoutée [2]
130 % 250000

120 %
200000

Consommation d’énergie (TJ)


110 %
Indice (1990 = 100)

150000
100 %

90 % 100000

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Combustibles Combustibles Combustibles Biomasse Autres


Émissions de GES Valeur ajoutée Consommation d’énergie liquides solides gazeux

46 3. Informations extraites des inventaires des émissions de gaz à effet de serre


tion énergétique des entreprises manu- scierie imprégnés, les déchets animaux, diminution à partir de 2009 en raison de la visant à réduire les émissions de leurs pro-
facturières en 2006, mais 13 à 14 % de les pneus, etc. Ces combustibles représen- crise économique). cédés (utilisation de catalyseurs depuis 2003
leur valeur ajoutée [2]. C’est le secteur taient 47 % de leur consommation d’éner- avec une baisse des émissions en 2011 en
qui présente la plus forte croissance de gie en 2011, contre 8 % en 1990. La part 3.2.4.1. Produits minéraux raison de la mise en place de nouveaux ca-
valeur ajoutée par rapport à la consom- de ces combustibles ne provenant pas de la Les émissions de CO2 sont liées à la dé- talyseurs sur deux installations à la fin de
mation d’énergie. La diversité des en- biomasse est incluse dans la catégorie des carbonatation du carbonate de calcium pour 2010). Cependant, cette tendance est en par-
treprises du secteur ne permet pas ici « autres combustibles ». Celle provenant de la production de ciment et de chaux. Elles tie contrebalancée par une augmentation des
une analyse détaillée de la tendance. la biomasse est comprise dans la rubrique sont étroitement liées à cette production, qui émissions de CO2 issus d’autres produits.
Mais dans les industries sucrières, par « biomasse » et n’est pas comptabilisée dans est relativement stable.
exemple, certains produits à forte valeur les émissions nationales pour ce qui est de la 3.2.4.3. Production de métaux
ajoutée, comme l’inuline et le fructose, composante CO2 des émissions résultantes. 3.2.4.2. Industrie chimique Dans le secteur métallurgique, il est
ont été développés récemment, quoique Les cimenteries sont à l’origine d’un double- Malgré la fermeture de deux usines de compliqué de différencier entre les émis-
le principal moteur du secteur reste ment de l’utilisation de combustibles à base production d’acide nitrique (en 1995 et en sions énergétiques des combustibles solides
le rendement des betteraves sucrières de biomasse depuis 1990, avec une aug- 2000), la production des deux usines res- et celles issues de leur utilisation en tant
(quantité et teneur en sucre), qui est for- mentation particulièrement forte en 2001, tantes a augmenté de 43 % en 2011 par rap- qu’agent réducteur. De ce fait, les combus-
tement tributaire des conditions clima- lorsque la « crise de la dioxine » en Belgique port à 1990 (après une forte baisse en 2009). tibles solides utilisés en tant qu’agent ré-
tiques. a entraîné l’élimination de quantités élevées En parallèle, ces usines ont pris des mesures ducteur sont comptabilisés dans le secteur
–– Dans les cimenteries, le découplage entre de volaille et de farines animales dans les
la consommation d’énergie et la produc- fours à ciment. L’autre moitié de la consom-
tion totale est lié au mode de production : mation de combustibles à base de biomasse
en Belgique se situe dans les secteurs du pa- Figure 3.8 Émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des procédés industriels
la voie sèche, qui demande considérable-
ment moins d’énergie, remplace graduel- pier et de la pâte à papier, qui utilisent de-
20000
lement la voie humide et en 2010, elle puis toujours une partie du bois brut comme
était utilisée pour 71 % de la production combustible. 18000

de clinkers, contre 61 % en 1990. 16000


3.2.4. Procédés industriels
La figure 3.6 indique également une 14000
Le secteur des « procédés industriels et

Émissions (Gg éq. CO2)


baisse des émissions de gaz à effet de serre,
des gaz fluorés  » désigne la part des émis- 12000
à consommation énergétique égale. Cela
sions industrielles qui ne proviennent pas de 10000
s’explique notamment par le recours plus
la combustion de combustibles fossiles. En
fréquent aux combustibles gazeux, associé à 8000
2011, les émissions de gaz à effet de serre
la baisse des combustibles liquides et solides
de ce secteur étaient essentiellement provo- 6000
observées dans tous les secteurs. Cette évo-
quées par les produits minéraux (45 % des
lution est illustrée à la figure 3.7. 4000
émissions, dont 40 % rien que pour la pro-
L’utilisation grandissante des « autres duction de ciment et de chaux) et par l’in- 2000
combustibles » reflète d’une part le nombre dustrie chimique (30 % des émissions, dont 0
croissant de sites de craquage du pétrole et 15 % rien que pour la production d’acide
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l’extension des sites pétrochimiques exis- nitrique et d’ammoniac). Les gaz fluorés re-
Produits minéraux Industrie chimique Production de métal
tants. D’autre part, les cimenteries utilisent présentaient 20 % des émissions totales du
Production d’halocarbures et de SF6 Consommation d’halocarbures et de SF6
de plus en plus de combustibles de substi- secteur, tandis que la production de métaux
tution depuis 1990, tels que les déchets de ne représentait que 5 % des émissions (nette

47
de l’industrie manufacturière et pas dans les ceux-ci ont été remplacés par des gaz non consommation de combustibles solides et dans le secteur résidentiel. L’une des rai-
procédés industriels. Les émissions de gaz à fluorés, tels que l’ammoniac pour la réfrigé- liquides a diminué, même si les seconds re- sons est le nombre croissant des employés,
effet de serre ont diminué de 73 % en 2011 ration, le pentane et le CO2 pour les mousses présentent toujours 47 % du total. L’une des qui a augmenté de 27 % de 1993 à 2010.
par rapport à 1990. Cette évolution corres- isolantes, etc. explications est que le réseau de distribution Un passage clair des combustibles liquides
pond à la crise économique qui a frappé le du gaz ne couvre pas les zones à faible densi- aux combustibles gazeux est observé de-
On constate une réduction des émis-
secteur métallurgique en 2009, avec une té de population, ce qui freine le passage des puis 1995 et les combustibles gazeux repré-
sions de SF6 générées par la production de
contraction de l’activité de près de 50 % double vitrage acoustique, pour laquelle on combustibles liquides (mazout) aux com-
dans tous les sous-secteurs. utilise aujourd’hui des produits alternatifs. bustibles gazeux (gaz naturel) observé dans 16 Degré-jour : différence exprimée en degrés cen-
d’autres secteurs. tigrades, entre la température moyenne d’un jour
3.2.4.4. Gaz fluorés Les émissions de SF6 liées à la consomma- déterminé et une température de référence (15 °C
tion devraient toutefois augmenter dans les Dans le secteur tertiaire et institutionnel, pour la référence 15/15 ou 16,5 °C pour la référence
Les émissions de gaz fluorés représen- années à venir, suite au démantèlement des 16,5/16,5). Les températures moyennes supérieures
taient 1,91 % des émissions totales de gaz en 2011, la consommation de combustibles
installations existantes. a augmenté de 30 % depuis 1990 (65 % si à la température de référence, ne sont pas compta-
à effet de serre en 2011. Une distinction est bilisées. Pour une période donnée (mois, année), on
opérée entre les « émissions de production », l’on prend l’année 2010). Les variations an- effectue la somme des degrés-jours de la période.
3.2.5. Résidentiel et tertiaire nuelles sont également liées au climat, mais
qui sont les émissions fugitives au cours du Les degrés-jours permettent d’évaluer les besoins de
Dans le secteur résidentiel, la consom- la tendance générale est moins affectée que chauffage.
processus de production, et les « émissions
mation de combustible a augmenté de 12 %
de consommation », qui correspondent aux
entre 1990 et 1999, principalement suite à
émissions observées lors de l’utilisation ou
l’augmentation du nombre de logements
du démantèlement des équipements et des
(+13 % entre 1991 et 2001) puisque ces deux
produits existants.
années étaient très semblables d’un point de
La forte baisse des émissions liées à la Figure 3.9 Émissions de gaz à effet de serre des secteurs résidentiels et tertiaires
vue climatique. Les variations annuelles
production de HFC entre 1996 et 1999 (fi- sont étroitement liées au climat, un des pa-
gure 3.8) résultait de l’installation en 1997 170 %
ramètres essentiels pour établir le bilan des
3518
d’un incinérateur à gaz avec récupération consommations énergétiques du secteur 160 %

Indice consommation et émissions (1990 = 100)


des HF (unité de récupération du fluorure) étant les degrés-jours16. Ceci est particuliè- 3318
150 %
sur la principale source identifiée, à savoir rement clair pour les années 1996 et 2010, 3118
une unité de synthèse électrochimique. deux années froides assorties d’une hausse 140 %

Degrés-jours annuels
2918
La consommation croissante de HFC (fi- marquée des émissions dues au chauffage,
130 %
gure 3.9) est directement liée à la mise en de même que pour 2006 et 2007, deux an- 2718

œuvre du Protocole de Montréal et du règle- nées aux hivers exceptionnellement doux, 120 %
2518
ment européen 2037/2000, qui interdit l’uti- qui ont amené une véritable chute de la 110 % 2318
lisation de substances destructrices d’ozone, consommation. Récemment, l’augmentation
du prix de l’énergie et l’amélioration des 100 % 2118
telles que les CFC. Ces derniers, utilisés
précédemment, sont à présent remplacés par performances énergétiques des bâtiments ont 90 % 1918
les HFC dans la plupart des secteurs, tels que probablement également contribué à réduire
les consommations. 80 % 1718
les installations de réfrigération et de condi- 90

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tionnement d’air, la production de mousses Depuis 1990, la consommation de com- Tertiaire (émissions) Tertiaire (consommation)
isolantes et de certains aérosols. Les quanti- bustibles gazeux est passée de 34 à 48 % Résidentiel (émissions) Résidentiel (consommation) Degrés-jours (16,5/16,5)
tés de HFC sont cependant plus faibles que de la consommation totale d’énergie (hors
celles des CFC car, dans de nombreux cas, électricité et chauffage). Parallèlement, la

48 3. Informations extraites des inventaires des émissions de gaz à effet de serre


sentent désormais 73 % de la consommation Le gaz naturel représente près de 73 % de la 3.2.6. Transport évolution résulte en fait du passage de la mo-
d’énergie du secteur (hors électricité et cha- consommation énergétique du secteur et ex- torisation diesel à la motorisation électrique,
Les émissions dues au transport repré-
leur). Dans le même temps, la consommation plique la diminution relative des émissions les émissions liées à la consommation élec-
d’électricité a également augmenté de 96 %. sentaient 14,5 % des émissions totales de
par rapport à la quantité d’énergie consom- gaz à effet de serre en 1990 et 22,5 % en trique étant comptabilisées dans le secteur
Cela s’explique essentiellement par le déve- de la production d’électricité.
loppement des technologies de l’informa- mée (figure 3.9). 2011. Cette proportion croissante est liée au
tion, la multiplication des zones réfrigérées transport routier, qui représentait 97,6 % des Dans le secteur du transport routier, la
Pour les deux secteurs, les autres com-
et le recours accru aux systèmes de condi- émissions totales du secteur en 2011 (hors plupart des indicateurs sont à la hausse : le
bustibles et la biomasse restent actuellement secteur CRF 1.AA.3.E « autre transport »).
tionnement d’air. Les émissions provenant nombre de véhicules a augmenté de 49  %
relativement négligeables. Dans le secteur
de cette consommation finale d’électricité Les émissions dues à la navigation in- depuis 1990 (40 % de voitures particulières)
sont incluses dans les émissions du secteur tertiaire, une légère tendance à la hausse est [4], parallèlement au trafic (véhicule.km),
térieure sont relativement stables et repré-
de l’énergie observée depuis 1998, même si la biomasse sentaient 2 % des émissions totales du sec- qui, dans le même temps, a augmenté de
Ces augmentations sont partiellement ne représente que 0,8 % de sa consommation teur des transports en 2011. Celles causées 41 % [5]. Au cours de la même période, le
contrebalancées par le remplacement du ma- énergétique. Dans le secteur résidentiel, la par le transport ferroviaire (0,4 % en 2011) transport routier de marchandises a connu
zout par le gaz naturel observé depuis 1995. biomasse représente 3,2 %. semblent décroître depuis 1990, mais cette une hausse de 82 %, tandis que le taux d’oc-

Figure 3.10 Émissions liées au transport par route (selon l’« approche de référence ») Figure 3.11 Émissions liées au transport par route et volume du trafic

350 %
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Trafic et émissions (indice: 1990 = 100 %)


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Essence (combustibles fossiles) Diesel (combustibles fossiles)


Essence (combustibles fossiles) Diesel (combustibles fossiles)
GPL (combustibles fossiles) Transport routier (combustibles fossiles liquides) Trafic (véh.km) – voitures privées au diesel Trafic (véh.km) - véhicules utilitaires lourds
Trafic (véh.km) – voitures privées à essence

49
cupation des véhicules privés a augmenté de émet globalement moins de GES par kilo- rapport à 1990. Les progrès accomplis durant sources (“key sources”) pour l’évaluation de
seulement 30 % [5]. mètre qu’une voiture roulant à l’essence. les années 2000 (grâce à des subventions et la tendance (+6380 Gg d’équivalents CO2).
à un meilleur prix) ont désormais complète-
On constate un passage marqué des La cylindrée moyenne des moteurs a Transport aérien et maritime international
ment disparus. Les voitures privées roulant
moteurs à essence aux moteurs diesel. Le également augmenté depuis 1995. Elle re-
au GPL représentaient seulement 0,6 % des Conformément aux lignes directrices de
nombre de moteurs à essence (tous véhi- flète d’une part le passage au diesel et, de
voitures particulières en 2011 contre 1,6 % la CCNUCC, les émissions issues du trans-
cules) a diminué entre 1990 et 2011 (-17 %), l’autre, le succès croissant des véhicules en 1987.
« utilitaires et de loisirs » et des « véhicules port aérien et maritime international ne sont
tandis que celui des moteurs diesel a presque
Le transport routier est une source ma- pas incluses dans les émissions nationales.
triplé (+190 %) au cours de la même période. multi-usage ». L’âge moyen des véhicules a
jeure d’émission de gaz à effet de serre en En 2011, elles représentaient 25 % des émis-
Cette évolution se reflète dans les émissions augmenté (amélioration de la protection an-
Belgique, à la fois en termes de niveau et sions nationales, le transport maritime étant
respectives de ces deux carburants (figures tirouille et de la résistance globale) et la dis-
de tendance. Avec une progression de 30 % la source la plus importante (86 % des émis-
3.11 et 3.10). Le diesel émet 4 %17 de CO2 tance moyenne parcourue chaque année s’est
des émissions de GES entre 1990 et 2011, il sions de cette catégorie). Les émissions liées
en plus que l’essence pour produire une désormais stabilisée.
constitue l’un des principaux facteurs d’aug- au transport aérien international ont augmen-
quantité identique d’énergie, mais comme Le nombre de véhicules roulant au GPL mentation des émissions. L’augmentation té de 38 % depuis 1990, tandis que celles
la consommation d’un moteur diesel est en a progressé de 93 % entre 1990 et 2002, et absolue des émissions de CO2 du transport
moyenne de 12 % inférieure à celle d’un mo- a ensuite diminué de 47 %. En 2011, il af- routier entre 1990 et 2011 est la deuxième 17 En utilisant les facteurs d'émission et les pouvoirs
teur à essence, une voiture roulant au diesel fichait une croissance de seulement 2 % par hausse la plus élevée parmi les principales calorifiques inférieurs de COPERT 4v10.0

Figure 3.12 Émissions dans le secteur agricole Figure 3.13 Émissions et absorptions dans le secteur UTCATF
5000 2000

4500 1000

0
4000
Émissions (Gg éq. CO2)

Émissions (Gg éq. CO2)


-1000
3500
-2000
3000

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19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20
-3000

2500
-4000

2000 -5000
90

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00

01

02

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09

10

11

Forêts Terres cultivées Prairies Terres humides


19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

Fermentation entérique Gestion du lisier Zones habitées Autres terres Total UTCATF
Terres agricoles

50 3. Informations extraites des inventaires des émissions de gaz à effet de serre


dues au transport maritime ont subi une En 2011, 37,2 % de ces émissions (hors En 2011, 14,8 % des émissions étaient 39,3 % des émissions agricoles sont des
hausse de 90 % (émissions en baisse à partir combustions) étaient des émissions de CH4 des émissions de CH4 liées à la gestion des émissions de N2O provenant des sols agri-
de 2009 en raison de la crise économique et issues de la fermentation entérique, impu- effluents. Elles provenaient majoritairement coles. Celles-ci ont diminué de 23 % en rai-
marquées par un regain en 2011). tables pour 93 % aux bovins. Comme le des porcins (77 %). Ces émissions sont fonc- son, d’une part, des plus petites quantités
montre la figure 3.12, elles ont diminué de tion du cheptel : le cheptel porcin a augmen- d’engrais minéraux épandus et, d’autre part,
3.2.7. Agriculture té entre 1990 et 1999, et a depuis lors reculé. de la diminution du cheptel (azote excrété
14 % depuis 1990, principalement en raison
Les émissions de gaz à effet de serre Son impact sur les émissions a été atténué lors du pâturage). Ces deux réductions ont
d’une réduction générale du cheptel, mais
issues de l’agriculture (hors combustions) par l’évolution du cheptel bovin expliquée également des répercussions sur les émis-
aussi du passage des vaches laitières aux
représentaient en 2011 7,1 % des émissions ci-dessus. sions indirectes de N2O.
totales en Belgique. Dans l’ensemble (y vaches allaitantes (une tendance générale
compris les émissions des combustions du au sein de l’UE due à la politique agricole
secteur de l’énergie CRF 1A4c), elles ont di- commune), ces dernières générant moins
minué de 18,2 % entre 1990 et 2011. d’émissions.
Figure 3.15 Émissions dans le secteur des déchets

3500
Figure 3.14 Émissions et absorptions dans les compartiments UTCATF
3000
500
2500

Émissions (Gg éq. CO2 )


0
2000
Émissions (Gg éq. CO2)

-500 1500

1000
-1000

500
-1500
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-2000

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19

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19

19

19

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20

20

20

20

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20

20

20

20

20

20
Élimination des déchets solides
90

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19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

20

Incinération des déchets (hôpitaux, chimie, déchets municipaux sans récupération d’énergie)
-2500 Incinération des déchets municipaux (secteur de l’électricité)
Traitement des eaux usées
Variations des stocks de carbone de la biomasse vivante
Compostage
Variations des stocks nets de carbone dans la matière organique morte
Total des déchets (hors secteur de l’électricité)
Variations des stocks nets de carbone des sols
5(III) Émissions de N2O associées à la conversion vers les terres cultivées
de l’utilisation des sols en terres cultivées Les émissions des incinérateurs de déchets ménagers, bien que rapportées dans le secteur de la
5(IV) Émissions de CO2 imputable au chaulage production d’électricité conformément aux lignes directrices du GIEC, sont illustrées ici afin de
5(V) Combustion de la biomasse donner un aperçu complet des émissions liées à la politique des déchets
Total UTCATF

51
3.2.8. Utilisation des terres, en Belgique, de l’ordre de -1 000 Gg éq. CO2
(-1 268 Gg éq. CO2 en 2011).
d’enfouissement technique, la récupération
du biogaz - qui selon sa richesse est éliminé
3.3. Système national
changements d’affectation des
terres et foresterie Les émissions de N2O et de CH4 (seu- en torchère ou utilisé à des fins énergétiques
– s’est largement développée depuis 1990 et
d’inventaire
La méthodologie utilisée pour évaluer lement des sources) ne représentent que 2 à
3 % des sources totales du secteur (sauf en constitue le principal moteur de la tendance
les émissions et les absorptions de carbone observée dans le secteur. Les émissions liées
liées à l’utilisation des terres, aux change- 1996 et en 2011 où elles représentaient res-
pectivement 12,2 % et 6,7 % en raison d’im- à la mise en décharge de déchets solides ont
ments d’affectation des terres et à la fores- 3.3.1. Responsabilité générale de
portants feux de forêt). baissé de 75 % entre 1990 et 2011.
terie est expliquée dans le rapport national l’inventaire national belge
Si nous examinons les compartiments Les 59 % restants se répartissent entre
d’inventaire (RNI). L’agence belge, désignée comme étant
plutôt que les sous-secteurs (voir la figure trois sources différentes : l’incinération des
Comme le montre la figure 3.13, les fo- la « seule entité nationale ayant une respon-
3.14), nous constatons qu’il y a une accumu- déchets, le traitement des eaux usées et le
rêts en Belgique constituent un puits de car- sabilité générale de l’inventaire national »
lation de carbone dans la biomasse vivante compostage. Les émissions provenant de
(compilateur national) est la Cellule Interré-
bone majeur qui reste plutôt stable au fil du l’incinération des déchets couvrent prin-
relativement stable depuis 2002 et que celle- gionale de l’Environnement CELINE, créée
temps, alors que tous les autres secteurs sont cipalement les activités de torchage (et de
ci est liée aux forêts. Ce puits de carbone est par l’Accord de coopération du 18 mai 1994
des sources d’émissions (à l’exception des post- combustion) dans l’industrie chimique.
partiellement compensé par les émissions de (modifié par la décision du 21 mai 1995) en
prairies et des zones humides au cours des Les émissions provenant de l’incinération
carbone provenant des sols, résultant prin- matière de surveillance des émissions atmos-
dernières années). cipalement de la conversion des terres en des déchets municipaux sans récupération
phériques et de structuration des données.
Les terres cultivées affichent une aug- zones urbanisées et en terres cultivées. Les d’énergie ont diminué de manière consi-
Elle est constituée de membres des trois Ré-
mentation constante des émissions de car- émissions issues de la combustion de la bio- dérable, pour atteindre à peu près 10 Gg
gions.
bone (64 % depuis 1990), principalement en masse (secteur CRF 5(V)) ont été significa- d’équivalent CO2 en 2011. Conformément
tives pour les seules années 1996 (+504 Gg aux lignes directrices du GIEC, les déchets
raison de la conversion des « autres terres »
hospitaliers sont également inclus jusqu’en
en cultures. En revanche, les émissions pro- éq. CO2) et 2011 (+138 Gg éq. CO2)
2004. Les émissions issues de l’incinération
venant des prairies ont constamment dimi- L’absorption nette de CO2 pour la pé- des déchets municipaux sont donc principale-
nué, à tel point que, depuis 2008, les prai- riode 2008-2011 a représenté, sur une base ment attribuées au secteur de l’énergie, étant
ries sont devenues un puits de carbone (c’est annuelle, environ 1 % des émissions totales donné que presque tous les incinérateurs de
également du à la conversion des “autres de GES. Cependant, en raison des règles de déchets municipaux sont des producteurs
terres” en prairies). Les émissions des zones comptabilisation du Protocole de Kyoto18, d’électricité (à l’exception de certains inci-
urbanisées ont augmenté de façon constante la Belgique a enregistré une émission nette nérateurs au début des années 1990). Toute-
depuis 1990 (croissance de 18 % entre 1990 d’environ 220  Gg éq. CO2 (moyenne an- fois, les émissions de CO2 non biogéniques 18 La Belgique a choisi d’inclure les émissions et ab-
et 2011), ce qui bien sûr est uniquement du à nuelle sur la période 2008-2011). provenant de l’incinération des déchets so- sorptions nettes des activités de boisement, de reboi-
l’accroissement de l’urbanisation. Les émis- lides municipaux avec récupération d’éner- sement et de déboisement en vertu de l’article 3.3 et
sions de la catégorie « autres terres » ont 3.2.9. Déchets gie sont ajoutées à la figure 3.15 pour donner
de ne pas inclure la gestion des prairies et des terres
continué à augmenter, mais elles restent à cultivées en vertu de l’article 3.4 dans sa comptabili-
Les émissions de gaz à effet de serre is- un aperçu complet des émissions de gaz à sation pour la première période d’engagement (2008-
un faible niveau (+107 Gg éq. CO2 en 2011), effet de serre du secteur des déchets.
sues des déchets19 représentaient 1,3 % des 2012).
tandis que les émissions provenant des zones 19 Conformément aux lignes directrices du GIEC, les
émissions nationales en 2011, contre 2,4 %
humides ont diminué, devenant également émissions des incinérateurs de déchets qui produisent
en 1990. Cette baisse est principalement due
un très petit puits de carbone depuis 2007. de l’électricité sont rapportées dans le secteur « Pro-
aux émissions de CH4 provenant de la mise duction d’électricité » dans ce rapport. Cependant, les
Le résultat de ces évolutions génère en décharge de déchets solides, qui représen- émissions des incinérateurs de déchets ménagers sont
des émissions nettes négatives relativement taient 41 % de l’ensemble des émissions du discutées ici afin de donner un aperçu complet de la
stables pour l’ensemble du secteur UTCATF secteur des déchets en 2011. Dans les centres politique des déchets liée aux émissions.

52 3. Informations extraites des inventaires des émissions de gaz à effet de serre


3.3.2. Organisations légales et –– [ ..] les inventaires futurs des émissions dans les pays. La CIE a décidé que les Convention-cadre des Nations Unies sur les
agences régionales de GES seront établis sur la base des données des émissions seront collectées changements climatiques et du Protocole de
données fournies par les régions et com- conformément aux procédures telles que Kyoto du 14 novembre 2002 précise :
3.3.2.1. Organisations légales plétés, si nécessaire, par des informa- définies dans les directives de la CC-
NUCC, concernant l’inventaire national [la Commission Nationale Climat:]
La Conférence interministérielle sur tions complémentaires.
l’environnement20 a pris une série de déci- des émissions de gaz à effet de serre. Les –– Assume les obligations concernant
sions qui clarifient le rôle et les responsa- (b) Décision de la Conférence interministé- Régions s’engagent à fournir leurs don- l’échange et la transmission de données
bilités des différentes entités concernant la rielle sur l’environnement du 6 mars 2002 nées sur les émissions de gaz à effet de
et d’informations, imposées par la déci-
préparation de l’inventaire GES national. –– [..] La CIE confirme que les Régions serre pour les années précédentes, à par-
tir du 31-12-2004. sion 1999/296/CE du Conseil de l’Union
Une vue d’ensemble de ces décisions et les présenteront annuellement leurs données européenne et par la Convention-cadre
extraits de celles-ci sont listés ci-dessous : les plus récentes sur les émissions de gaz –– [..] La Cellule Interrégionale de l’En- des Nations Unies sur les Changements
(a) Décision de la Conférence interminis- à effet de serre pour permettre les rap- vironnement (CELINE) est chargée de
climatiques (CCNUCC), et ce, en colla-
térielle sur l’environnement (CIE) du 7 oc- ports internationaux et l’évaluation des la compilation annuelle des données de
l’inventaire des gaz à effet de serre sur le boration avec les départements concer-
tobre 1999 politiques de changement climatique
plan national, selon le Format Commun nés et le CCPIE
de Rapportage, décrit dans les directives –– Veille à la compatibilité et, si possible,
de la CCNUCC en se basant sur les don- à l’harmonisation, entre les Parties
nées publiées annuellement par les Ré- contractantes des méthodes et des pro-
gions. La CIE décide que les ressources cédures de travail, de l’interprétation des
Figure 3.16 Principales institutions et organisations impliquées
humaines au sein de CELINE doivent
dans la préparation de l’inventaire GES national données, de l’établissement des rapports
être consolidées afin d’assurer la confor-
mité avec les obligations de rapport in- et des prévisions, et de l’échange d’infor-
ternationales concernant les inventaires mations.
Commission Nationale Climat
de gaz à effet de serre. Les Régions s’engagent à remettre tous
–– [..] La CIE mandate le Groupe de travail les ans à la Commission Nationale Climat
sur les émissions et le Comité de coor- un rapport contenant les informations pres-
dination de la politique internationale de crites, permettant au Gouvernement fédéral
Groupe de travail sur l’environnement (CCPIE) et CELINE, de rapporter les données selon les directives
les émissions du CCPIE, en collaboration avec le groupe de coor-
mandaté par la Conférence imposées par la Conférence des Parties de
interministérielle dination « Effet de serre » du CCPIE, [..]
de l’environnement (CIE) pour élaborer une procédure de contrôle la Convention-cadre des Nations Unies sur
qualité de l’inventaire national des gaz à les Changements climatiques et le Proto-
effet de serre et pour notifier cette procé- cole de Kyoto et en conformité avec la dé-
dure auprès de la CIE. cision 280/2004/CE du Conseil de l’Union
L’Accord de coopération entre l’Etat européenne.
Bruxelles SPF Santé CELINE –
VMM Environnement - AWAC publique, Sécurité Cellule fédéral, la Région flamande, la Région wal-
de la Chaîne 20 La Conférence interministérielle sur l’environne-
Région IBGE Région Région alimentaire et inter-régionale lonne et la Région de Bruxelles-Capitale re-
flamande de Bruxelles- wallonne Environnement- de ment (CIE) est un comité spécialisé en charge des
Capitale DG Environnement l’environnement
latif à l’établissement, l’exécution et le suivi matières pour lesquelles une coopération intergouver-
d’un Plan National Climat, ainsi que l’éta- nementale est nécessaire afin de mettre en œuvre des
blissement de rapports, dans le cadre de la politiques environnementales.

53
3.3.2.2. Institutions et procédures (nommé ci-après le « CCPIE-GT Émis- Kyoto. De ce fait, la Commission a la charge gère le Guide de bonnes pratiques du GIEC
sions ») joue un rôle central dans la coordi- d’approuver les rapports d’inventaire. pour le secteur UTCATF. Chaque gaz à ef-
Les entités responsables pour assumer
les principales fonctions du Système d’in- nation de l’inventaire GES national. LE CC- fet de serre émis par une seule catégorie de
PIE est l’organe principal de coordination 3.3.3. Processus d’élaboration des source est examiné séparément. L’analyse
ventaire belge, ainsi que les principales ins-
titutions concernées par le processus déci- de la politique environnementale internatio- inventaires d’émissions des sources clés est réalisée en utilisant des
sionnel de ce système sont présentées dans nale. Son CCPIE-GT Émissions organise un Une description générale et détaillée des émissions en équivalents CO2, calculées
la figure 3.16 et listés ci-après. échange régulier d’informations entre les Ré- méthodologies se trouve dans le Rapport na- grâce aux potentiels de réchauffement global
gions, CELINE et le point focal national de tional d’inventaire soumis chaque année à la (PRG) spécifiés dans les lignes directrices
Conformément aux accords de coopéra-
la CCNUCC. Tous les aspects techniques de CCNUCC. de rapportage sur les inventaires nationaux
tion, les 3 Régions sont responsables de la
l’inventaire GES (choix méthodologiques, En suivant intensément les travaux ré- de la CCNUCC. Cette procédure conduit à
production de leurs inventaires sur les gaz
facteurs d’émission, analyse d’incertitudes, gionaux, nationaux et internationaux sur la détermination d’un ensemble de 49 caté-
à effet de serre qui seront ensuite compilés
afin de constituer l’inventaire des émissions AQ/CQ, etc.), ainsi que les aspects organi- l’estimation des émissions des GES, les gories de sources clés lors de l’évaluation
de GES belge. Les principales institutions sationnels du processus de préparation sont institutions responsables de l’établissement des niveaux en 2011, couvrant 95 % du total
régionales impliquées sont : coordonnés par le CCPIE-GT Émissions. En de l’inventaire des émissions en Belgique des émissions agrégées et de 53 catégories
dehors des soumissions à la CNUCCC, les restent informées de tous les développe-
–– L’Agence Flamande de l’Environne- de sources clés pour l’évaluation de la ten-
autres obligations de rapportage, telles que ments possibles sur ce sujet et essaient d’op-
ment (VMM) pour la Région flamande dance 1990-2011, contribuant à 95 % de la
le Rapport National d’Inventaire et les ré- timiser l’inventaire des émissions pour qu’il
–– L’Agence wallonne de l’Air et du Climat tendance de l’inventaire.
ponses lors des vérifications de l’inventaire soit aussi utile que possible.
(AWAC) pour la Région wallonne
par des experts internationaux, sont préparés
–– L’Institut bruxellois pour la gestion 3.3.4. Identification des sources clés 3.3.5. Recalcul
dans le cadre de ce groupe. Le CCPIE-GT
de l’environnement (Bruxelles Envi- Les recalculs des émissions de GES
Émissions est également chargé du proces- Les « sources clés » (key sources) sont
ronnement - IBGE) pour la Région de en Belgique, conformément au Guide de
sus d’amélioration du système d’inventaire identifiées conformément au Niveau 1 de
Bruxelles-Capitale. bonnes pratiques du GIEC et aux décisions
national. la méthodologie décrite dans le Guide de
Au niveau fédéral, la Direction géné- bonnes pratiques et Gestion des incertitudes pertinentes de la Conférence des Parties/
La Cellule Interrégionale de l’Environne-
rale de l’Energie du SPF Economie, P.M.E., dans les inventaires nationaux des gaz à ef- Réunion des Parties, sont réalisés dans les
ment (CELINE) est la seule entité nationale
Classes moyennes et Energie (SPF – DG fet de serre du GIEC, et dans le Guide de inventaires d’émission régionaux et natio-
responsable de la préparation de l’inventaire
Energie) est responsable de l’estimation bonnes pratiques du GIEC pour le secteur nal. Tous les recalculs réalisés dans les in-
top-down des émissions de CO2 concernant GES belge et agit en tant que compilateur
UTCATF. Une évaluation du niveau (contri- ventaires d’émissions de GES soumis précé-
l’énergie, en utilisant l’ « approche de réfé- national des émissions de gaz à effets de
bution de chaque catégorie de source à l’es- demment sont décrits chaque année dans le
rence » du GIEC, sur la base du bilan énergé- serre en Belgique. Elle est responsable de la timation nationale totale) et une évaluation
collecte des estimations régionales des émis- Rapport national d’inventaire (paragraphes
tique national. La Direction générale du Ser- de la tendance (contribution de la tendance
sions par les sources et absorptions par les 3 à 10).
vice public fédéral Santé publique, Sécurité de chaque source à la tendance totale) ont été
de la Chaîne Alimentaire et Environnement puits de GES et de la compilation des trois effectuées au cours de la soumission 2013. De nombreux recalculs ont été effectués
(SPF – DG Environnement) est également ensembles de données régionales en un in- Une évaluation du niveau est réalisée pour depuis la cinquième communication natio-
impliquée dans le système d’inventaire na- ventaire unique national. les années 1990, 2010 et 2011 et une ana- nale, en particulier dans la soumission 2013,
tional en tant que point focal national de Bel- La Commission Nationale Climat a la lyse de la tendance est faite pour les périodes suite à l’examen effectué dans le pays (“in-
gique auprès de la CCNUCC. responsabilité générale d’établir, d’exécuter 1990-2010 et 1990-2011, avec et sans le sec- contry review”) en septembre 2012.Les
Le Groupe de travail sur les émissions et de suivre le Plan National Climat et d’as- teur UTCATF. détails sont donnés dans le chapitre  9 du
du Comité de Coordination de la politique sumer les obligations de rapportage dans le L’analyse des sources clés est réalisée RNI 2013, téléchargeable à l’adresse www.
internationale de l’environnement (CCPIE) cadre de la CCNUCC et du Protocole de sur la base du tableau 5.4.1, tel que le sug- unfccc.int.

54 3. Informations extraites des inventaires des émissions de gaz à effet de serre


3.3.6. Plan Assurance Qualité des gaz à effet de serre et la mise en place mécanisme pour surveiller les émissions de Nationale Climat (soumission auprès de
et Contrôle Qualité et le développement du plan AQ/CQ, sont gaz à effet de serre dans la Communauté et la CCNUCC : 15/04).
coordonnées par le « Groupe de travail sur mettre en œuvre le protocole de Kyoto, sont
La Belgique a soumis le 20 octobre 2008,
auprès des experts de la CCNUCC, un plan
les émissions du Comité de coordination
de la politique internationale de l’environ-
soumis à l’approbation de la Commission
Nationale Climat. Les versions finales de ces
3.4. Registre national
AQ/CQ complet du système national belge
nement » (CCPIE) (nommé ci-après « CC- rapports obligatoires sont communiquées
pour l’estimation des émissions de gaz à ef-
PIE-GT Émissions »). Ce groupe joue un rôle à la Commission Nationale Climat, deux
fet de serre anthropogéniques par les sources (a) Le nom et les coordonnées de l’admi-
central dans la coordination de l’inventaire semaines avant la date de soumission. Ces
et les absorptions par les puits, selon l’ar- nistrateur désigné par la Partie afin de tenir le
GES national. Il constitue une plate-forme versions de rapports peuvent être modifiées
ticle 5, paragraphe 1 du Protocole de Kyo- Registre national sont :
permanente pour l’échange des informations à la demande de la Commission Nationale
to, suivant la demande exprimée lors de la
entre les Régions, CELINE, la Commission Climat. Une semaine au moins avant la date Service public fédéral Santé publique,
vérification de la CCNUCC, réalisée du 1er
Nationale Climat (voir ci-dessous) et le de soumission, la Commission Nationale Sécurité de la chaîne alimentaire et
au 6 septembre 2008. Dans le Rapport de
vérification annuelle final de la CCNUCC Point focal national belge de la CCNUCC. Climat donne son approbation pour les docu- Environnement
(Rapport sur la vérification individuelle des Tous les aspects méthodologiques de l’in- ments qui sont ensuite soumis au secrétariat DG Environnement – Service Change-
inventaires GES de la Belgique soumis en ventaire GES (choix méthodologiques, fac- de la CCNUCC par le Point focal national ments Climatiques
2007 et 2008), l’équipe d’experts en vérifi- teurs d’émission, analyse d’incertitudes, ou à la Commission de l’UE via la Repré- Mark LOOMAN – Représentant autori-
cation a conclu que le plan AQ/AC a été pré- etc.) ainsi que la mise en œuvre et l’amélio- sentation permanente de la Belgique auprès sé de l’administrateur du Registre
paré et mis en œuvre conformément au guide ration du système national, y compris le plan de l’Union européenne. Bâtiment Eurostation, Place Victor Hor-
de bonnes pratiques du GIEC. AQ/CQ, sont coordonnés via le CCPIE-GT ta 40 - boîte 17, 1060 Bruxelles
Émissions. Ce groupe de travail se réunit ré- Le délai pour l’approbation et la sou-
mission des données de l’inventaire (an- Tél: +32 (0)2 524 95 32
La Belgique est un État fédéral orga- gulièrement et est responsable de la coordi-
née 20XX correspondant à la dernière an- Mobile: +32 (0)473 333 968
nisé en Communautés et en Régions. Les nation de toutes les tâches d’inventaire des
née disponible) et des autres informations Courriel: Mark.Looman@environment.
trois Régions (flamande, wallonne et de émissions en Belgique.
relatives aux inventaires de GES est résumé belgium.be
Bruxelles-Capitale) sont responsables de
l’inventaire GES de leur propre territoire. Plus d’informations sont reprises dans ci-dessous : Remarque: il y a deux représentants au-
De ce fait, tous les ans, 3 inventaires sont le Système National d’Inventaire belge qui torisés de l’administrateur du registre (Pieter
a été mis à jour au cours de la soumission de –– 01/01/20XX+2: soumission des données
compilés et agrégés en un seul inventaire na- Baeten est le second).
2009 auprès du secrétariat de la CCNUCC. de l’inventaire et des informations sup-
tional des gaz à effet de serre qui est géré par (b) Le nom des autres Parties avec les-
plémentaires à la CNC pour approbation
la Cellule Interrégionale de l’Environnement quelles la Partie coopère pour maintenir ses
3.3.7. Procédures d’approbation (soumission auprès de la Commission
(CELINE). Registres nationaux dans un système conso-
officielle de l’inventaire européenne : 15/01)
Les organismes responsables de la prépa- –– 01/03/20XX+2: soumission des versions lidé :
ration des inventaires dans les trois Régions Après la compilation de l’inventaire finales des données de l’inventaire natio-
national, dans le format CRF (Common re- En juin 2012, le registre belge (ainsi que
sont : nal, du RNI et des informations supplé- tous les autres registres européens) a migré
porting format pour “format commun de
–– l’Agence Wallonne de l’Air et du Climat mentaires auprès de la Commission Na- vers le système consolidé de registres eu-
rapportage”), la soumission de la Belgique
- AWAC tionale Climat (soumission auprès de la ropéens (CSEUR) développé par Trasys à
est tout d’abord approuvée par le CCPIE-GT
–– l’Agence flamande de l’environnement - Commission européenne : 15/03) la demande de la Commission européenne
Émissions. Elle est ensuite transmise à la
VMM (CE).
Commission Nationale Climat. Tous les –– 31/03/20XX+2: soumission des versions
–– Bruxelles Environnement (IBGE).
rapports obligatoires dans le cadre de la finales des données de l’inventaire na- La CE est chargée de l’hébergement,
Les activités de ces organismes, concer- CCNUCC, du Protocole de Kyoto et de la tional, du RNI et des informations sup- du développement et de la maintenance du
nant la préparation de l’inventaire national décision 280/2004/CE de l’UE relative à un plémentaires auprès de la Commission CSEUR.

55
(c) une description de la structure de la d’allocation, transfert, réception, annulation L’accès de l’utilisateur au CSEUR est sé- Certaines mesures de sécurité supplé-
base de données et de la capacité du registre et retrait des URE, URCE, URCE-T, URCE- curisé grâce à un identifiant, un mot de passe mentaires (listes de comptes de confiance et
national : LT, UQA et/ou des unités supprimées ; le et un code à usage unique par SMS. Des me- délais d’opérations) ont été également mises
Le logiciel utilisé pour le registre de la remplacement des URCE-T et URCE-LT ; sures de sécurité supplémentaires concernant en œuvre.
Belgique depuis juin 2012 est le CSEUR les étapes entreprises pour finaliser les tran- l’accès des utilisateurs et de l’administrateur Toutes les procédures administratives
développé par Trasys (actuellement la ver- sactions pour lesquelles une incohérence est sont actuellement en discussion au sein du sont actuellement documentées, maintenues
sion 5.4.2). notifiée et pour corriger les problèmes en cas groupe de travail sur la sécurité. et mises en œuvre dans un outil d’appui
La description complète du registre d’échec dans la finalisation de ces transac-
consolidé a été fournie à la CCNUCC dans tions :
les documents de préparation commune et de La modification globale du CSEUR a
préparation spécifique pour le registre natio- également entraîné des modifications dans
nal de l’UE et tous les registres nationaux de les procédures d’incohérences, comme en
Tableau 3.3 Temps d’arrêt prévu et imprévu du registre belge en 2012
consolidation. témoigne le document d’intervention ma- (en minute par mois)
(d) Une description de la façon dont le nuelle mis à jour et le plan opérationnel. La
registre national est conforme au DES (Data procédure ITL relative aux interventions ma- Temps d’arrêt
Temps d’arrêt programmé
Exchange Standard) dans le but d’assurer nuelles a été incluse dans la procédure d’in- Mois 2012 imprévu
un échange de données correct, transparent tervention manuelle relative au CSEUR.
[minutes]
[minutes]
et efficace entre les registres nationaux, le Chaque année, le rapport SEF vérifie Janvier 0 0
registre CDM (Clean Development Mecha-
qu’il n’y a pas d’incohérences entre les en- Février 0 0
nism) et le journal international des transac-
registrements des unités de Kyoto dans les
tions (décision 19/CP.7, paragraphe 1). Mars 0 0
systèmes de registres belge, des Nations
Le CSEUR est totalement conforme Unies et de l’UE. Au cours des dernières an- Avril 0 0
aux normes DES. Le logiciel CSEUR a été nées (depuis janvier 2009), les rapports SEF Mai 0 0
accrédité par l’administrateur de l’ITL (le belges ont été jugés complets par la CC- 17 400
1er juin 2012) pour fonctionner dans le cadre NUCC et n’ont montré aucune incohérence. Juin* 0
(migration vers et activation du CSEUR)
des règles de Kyoto. Au cours de la procé-
dure de certification, le CSEUR a notam- (f) Une vue d’ensemble des mesures de Juillet* 0 0
ment été soumis à des tests de connectivité, sécurité employées dans le registre national Août* 360 934
des tests de fiabilité de la connectivité, des en vue d’éviter des manipulations non auto-
3 240
tests de distinction et des tests d’interopéra- risées et des erreurs de l’opérateur et la façon Septembre*
(mise à niveau du logiciel CSEUR à la version 4.04)
0
bilité pour démontrer la capacité et la confor- dont ces mesures sont mises à jour :
mité au DES. 1 980
La modification globale du CSEUR a en- Octobre* 0
(mise à niveau du logiciel CSEUR à la version 4.04)
Depuis le début de l’année 2009, des traîné des modifications en matière de sécu-
Novembre* 0 0
rapports annuels SEF ont été fournis pour rité, comme en témoigne le plan de sécurité
garantir la bonne comptabilisation des unités mis à jour. Le logiciel a été amélioré afin de Décembre* 120 120
de Kyoto. prévenir et d’empêcher certaines transac- *
tions non voulues (par exemple, certaines Les chiffres pour le deuxième semestre 2012 sont des estimations
(e) Une description des procédures em-
s’appuyant sur les communications reçues du CSEUR ServiceDesk
ployées dans le registre national afin de mi- opérations peuvent être bloquées par une
nimiser les incohérences dans les opérations matrice de sécurité).

56 3. Informations extraites des inventaires des émissions de gaz à effet de serre


administratif (application de gestion de re- Site Internet général du registre pour le ment publiées du logiciel CSEUR doivent
gistre, REMA) spécialement conçu à la de- public : http://www.climateregistry.be ; encore être fournis. Références
mande de l’administrateur du registre belge Accès sécurisé vers le registre : https:// Mis à part ce test légalement obligatoire, [1] SPF Economie, P.M.E., Classes
pour une utilisation avec la CSEUR. Cela ets-registry.webgate.ec.europa.eu/eure- le logiciel du registre est testé par la Com- moyennes et Énergie - (Direction
garantit une vérification cohérente et appro- gistry/BE/index.xhtml mission et par les équipes du registre. Les générale de l’Energie - Observa-
fondie de toutes les demandes. incohérences ou les bogues trouvés sont in-
(i) Une description des mesures prises toire de l’énergie) - http://economie.
Pour demander l’ouverture de comptes, pour protéger, maintenir et récupérer les sérés dans un système de suivi des bogues fgov.be/
la modification de données relatives à un dénommé « JIRA » et régulièrement classi-
données afin d’assurer l’intégrité de l’enre- [2] Banque nationale de Belgique
compte, etc., les utilisateurs doivent envoyer fiés, marqués et résolus.
gistrement des données et la récupération (Comptes nationaux / régionaux)
les formulaires papier complétés et signés des services du registre en cas de panne : Un outil existe pour vérifier la disponibi- - http://www.nbb.be/pub/stats/na/
par courrier recommandé en utilisant les mo- lité de quelques pages clés du CSEUR à des na.htm?l=fr et VITO (Vlaamse
dèles fournis (sur la base desquels une procé- Des sauvegardes sont effectuées et une
intervalles réguliers. Instelling voor Technologisch On-
dure sera lancée dans le REMA). procédure de récupération après panne dé-
taillée est en place pour veiller à ce que, dans Le tableau 3.3 indique pendant combien derzoek) [Institut flamand pour la
(g) Une liste des informations acces- le pire des cas, le CSEUR puisse être récupé- de minutes pour chaque mois de la période recherche technologique] - http://
sibles par le public grâce à l’utilisation d’une ré sur un site de secours avec une perte mi- de rapport le registre belge a été indisponible www.emis.vito.be/
interface utilisateur pour l’enregistrement nime de données. pour ses utilisateurs (a) en raison d’un temps [3] Bureau federal du Plan - http://
national : d’arrêt programmé, et (b) en raison d’un pro- www.plan.be/
Chaque jour ouvrable, le registre est
Les rapports publics sont disponibles blème imprévu.
testé manuellement sur plusieurs points de [4] SPF Economie, P.M.E., Classes
sur le site Internet général du registre pour contrôle afin d’assurer entre autres que les moyennes et Énergie - Statistics
le public: réconciliations et les transactions soient Belgium - http://statbel.fgov.be/fr/
http://www.climateregistry.be/NL/INF/ effectuées sans erreurs et qu’il n’y ait pas statistiques/chiffres/circulation_et_
reports.htm (version néerlandaise) de modification anormale du nombre de transport/circulation/parc/
comptes, d’utilisateurs, d’ouvertures de ses- [5] SPF Mobilité et transport
http://www.climateregistry.be/FR/INF/
sions manquées, etc.
reports.htm (version française)
(j) Les résultats de toutes les procédures
http://www.climateregistry.be/EN/INF/
de test qui peuvent être disponibles ou se-
reports.htm (version anglaise)
ront développées dans le but de tester les
Des rapports détaillés sur les comptes, performances, les procédures et les mesures
les opérateurs, les entités juridiques, les de sécurité du registre national entreprises
opérations et les soldes sont disponibles sur conformément aux conditions de la décision
ces pages relatives aux rapports publics. Les 19/CP.7 relative aux normes techniques pour
pages Internet contiennent également des l’échange des données entre les systèmes de
informations détaillées sur les deux projets registre :
belges de l’Article 6 qui ont été approuvés à Le CSEUR a été testé conformément au
ce jour (les projets intitulés « YARA Tertre plan de test d’accréditation de l’administra-
Uhde 2 abatement project » et « YARA teur de l’ITL et a été certifié avec succès le
Tertre Uhde 3 abatement project »). 1er juin 2012 pour fonctionner dans le cadre
(h) L’adresse Internet de l’interface du des réglementations européennes et de Kyo-
registre national : to. Les résultats des tests des versions récem-

57
4.1. Processus décisionnel

4.1.1. Contexte politique général libres de fixer elles-mêmes leurs objec-


tifs, dans le cadre de leurs compétences

4. Politiques
Le caractère fédéral de la Belgique ré-
propres. Une telle situation exige la mise
partit les compétences et les pouvoirs de en place d’organismes de coordination
décision entre un pouvoir fédéral et 3 Ré- qui sont décrits au chapitre 2, la structure

et mesures
gions (Wallonie, Flandres et la Région de la plus directement impliquée ici étant la
Bruxelles-Capitale). Commission Nationale Climat.
Pour ce qui concerne la lutte contre Dans ce contexte, le Plan National
les changements climatiques, les Régions Climat (2009-2012), qui a été adopté
jouissent de grandes responsabilités dans en avril 2009, s’appuie sur les plans res-
des domaines comme l’utilisation ration- pectifs des 4 autorités compétentes. Le
nelle de l’énergie, la promotion des sources 26 avril 2012, la Commission Nationale
d’énergie renouvelables, l’aménagement Climat a pris la décision d’étendre ce Plan
du territoire, l’agriculture et la gestion des à la période 2013-2020, mais les travaux
déchets. d’élaboration sont toujours en cours tant
Pour sa part, le pouvoir fédéral est com- que la répartition de la charge des engage-
pétent en matières fiscales et en matière de ments belges à 2020 n’est pas réalisée21.
politiques de produits (formulation de pro-
duits, composition des carburants, labels 4.1.2. La Belgique et le Protocole
et règlementations des performances des de Kyoto
équipements électroménagers ou indus- La Belgique a signé (1992) et ratifié
triels…). Il a la charge d’assurer la sécurité (1996) la Convention Cadre des Nations
d’approvisionnement énergétique du pays Unies sur les Changements Climatiques.
et a autorité en matière d’énergie nucléaire.
Il exerce en outre le contrôle des eaux de 1ère période de Kyoto : 2008-2012
mer territoriales au large de la côte, ce qui En 2002, elle ratifiait le Protocole de
le rend notamment responsable du déve- Kyoto, s’engageant solidairement avec
loppement de parcs éoliens « offshore ». les autres États Membres de l’Union eu-
Dans ces conditions, la mise en place ropéenne à une réduction globale d’émis-
de politiques et mesures en matière de lutte sions de gaz à effet de serre de 8 % entre
contre les changements climatiques résulte 1990 et 2008-2012. La contribution belge
La préparation de ce chapitre a été coordonnée par :
de la mise en commun des plans élaborés à cet engagement solidaire s’est traduite
Georges Liébecq par les autorités fédérale et régionales qui
Agence wallonne de l’air et du climat (AwAC) se donnent leurs propres priorités et sont 21 Situation à la mi-octobre 2013.
par un objectif de réduction d’émissions de plafond moyen annuel d’émissions autorisé péenne à une réduction globale des émis- 4.1.3. Le cadre européen
7,5 % sur cette même période22. Cet enga- en Belgique entre 2008 et 2012 dans le cadre sions de gaz à effet de serre de 20 % entre
En tant que Membre de l’Union euro-
gement devrait faire passer ses émissions du Protocole de Kyoto. Afin de compenser 1990 et 2013-2020 au cours de la deuxième
péenne, la Belgique doit apporter sa contri-
de gaz à effet de serre de 145,729 Mt éq. le déficit (soit 2,442 Mt éq. CO2 par an pour période d’engagement du protocole de Kyo-
CO2 en 1990 à 134,799 Mt en moyenne an- la période 2008-2012), il a été décidé que le to (2013-2020). La manière d’atteindre cet
nuelle pour la période 2008-2012. Gouvernement fédéral devrait obtenir des objectif est détaillé davantage dans le Paquet 22 Décision 2002/358/CE du Conseil du 25 avril 2002
quotas supplémentaires grâce à l’utilisation Énergie-Climat européen pour la période relative à l'approbation, au nom de la Communauté
Le 8 mars 2004, le Comité de Concer-
des mécanismes de flexibilité sous le Proto- s’étendant jusqu’à 2020 inclus, comme dé- européenne, du protocole de Kyoto à la conven‑
tation entre Régions et Communautés est tion-cadre des Nations unies sur les changements
arrivé à un accord précisant les responsabi- cole de Kyoto. crit au point 4.1.3 ci-dessous.
climatiques et l'exécution conjointe des engagements
lités de chacun et répartissant l’effort global Conformément à cet Accord, le Gouver- qui en découlent.
entre les 3 Régions et le pouvoir fédéral. Le nement fédéral a également dû s’engager à
tableau 4.1 indique les objectifs régionaux prendre des mesures de politique fédérale
fixés pour la première période d’engagement interne (dans les limites de ses domaines de
(2008-2012). compétence) afin de soutenir les efforts de
Avec cet accord national sur le partage réduction des Régions. Le Conseil des Mi-
Figure 4.1. Division de l’objectif européen de réduction de 20 % des émissions
de la charge, la somme des émissions auto- nistres des 19-20 mars 2004 a approuvé un
ensemble de mesures fédérales à mettre en
de gaz à effet de serre en un objectif SEQE et un objectif non-SEQE
risées dans les 3 Régions est supérieure au
œuvre pour réduire les émissions de gaz à
effet de serre. L’ensemble de ces mesures Objectif :
devrait assurer une réduction d’émissions de -20 % par rapport à 1990
Tableau 4.1 L’Accord national de 4,8 Mt éq. CO2 par an pour la période 2008-
partage de la charge pour la période 2012, ce qui profiterait aux Régions.
2008-2012 La Commission Nationale Climat est
sensée effectuer un suivi régulier de la mise
Réductions -14 % par rapport à 2005
en œuvre de ces mesures et en évaluer l’im-
d’émissions par
pact en terme de réduction d’émissions afin
rapport à 1990
de vérifier si cet impact est conforme à l’es-
Flandre -5,2 % timation préalable.
SEQE EU Secteurs non-SEQE
Enfin, cet accord précise également que -10 % par rapport à 2005
Wallonie -7,5 % -21 % par rapport à 2005
les Régions peuvent déterminer les limites
dans lesquelles elles peuvent avoir recours
Région de +3,475 %
aux mécanismes de flexibilité.
Bruxelles- Objectifs des 27 États membres, compris entre -20 % et +20 %
Capitale Les structures nécessaires pour l’utilisa-
-
tion des mécanismes par projets de Kyoto
Gouvernement
sont opérationnelles.
fédéral

Total Belgique -7,5 % 2e période de Kyoto : 2013-2020


La Belgique s’engage solidairement avec
les autres États Membres de l’Union euro-

59
bution à la mise en œuvre de la politique niveau atteint en 2020 dans le cadre d’un
climatique européenne actuelle, connue sous scénario tendanciel de base.
Tableau 4.2 Cadre décisionnel européen (liste non exhaustive)
le nom de « Paquet Énergie-Climat », et qui
Au niveau européen, l’objectif relatif à
vise à :
la réduction des émissions de gaz à effet de
–– réduire de 20 % les émissions de gaz à serre a été subdivisé en un objectif pour les Domaine Référence Sujet
effet de serre de l’ensemble de l’Union secteurs couverts par le système SEQE et un 2003/87/CE Système d’échange des quotas
européenne entre 1990 et 2020 objectif pour les secteurs non couverts par le 2009/29/CE d’émission
–– couvrir au moins 20 % de la consomma- système SEQE (système d’échange des quo- Transversal
2004/101/CE Mécanismes de flexibilité
tion d’énergie finale brute en 2020 par tas d’émission). Ce système, destiné aux en-
l’exploitation de sources d’énergie re- 2012/27/UE Efficacité énergétique
treprises grandes consommatrices d’énergie,
nouvelables constitue un instrument politique très impor- Promotion de la cogénération
2004/8/CE
–– améliorer, en 2020, l’efficience énergé- tant pour les secteurs de l’énergie et de l’in- Production et (remplacé par 2012/27/UE)
tique européenne de 20 % par rapport au dustrie. Il est conçu de manière à permettre, transformation d’énergie 2001/77/CE Promotion des sources d’énergie
2009/28/CE renouvelables
2002/91/CE Performance énergétique des
2010/31/UE bâtiments
Figure 4.2 Évolution linéaire de la réduction des émissions de gaz à effet de serre en Efficience énergétique et services
2006/32/CE
Belgique, conformément à la décision européenne relative à la répartition de l’effort Utilisation rationnelle de énergétiques
2012/27/UE
(décision 406/2009/CE) l’énergie et réduction des Efficience énergétique
émissions de gaz à effet de Décision relative à la répartition de
406/2009/CE
Émissions Point de départ 2013 = moyenne 2008-2010 serre l’effort
Labels écologiques ; éco-conception
divers
des produits et équipements
2003/96/CE Taxe énergie
-15%
Livre blanc sur la politique des
 
transports
 
Transports durables Biocarburants
Évolution linéaire
2013-2020 avec plafonds Règlements 443/2009 Émission des nouveaux modèles de
510/2011 voitures et d’utilitaires légers
d’émission annuels
Agriculture et forêts durables
 
Traitement des déchets
Autres  
Incinération et co-incinération de
 
biomasse

2005 2008 2010 2013 2020

60 4. Politiques et mesures
au coût le plus bas possible, la réduction des La figure 4.1 présente cette division de 4.1.4. Suivi et évaluation des d’évaluation de l’impact de chaque mesure
émissions de gaz à effet de serre provenant l’objectif européen de 20 % de réduction des politiques et des mesures sur les émissions de GES et l’évaluation de
des entreprises. Le Paquet Énergie-Climat émissions de gaz à effet de serre. cet impact. Plusieurs ont buté sur la difficulté
revoit et renforce le système SEQE via la Les entités belges (Régions et État fédé- que présentent les mesures techniques sou-
directive  2009/29/CE (modifiant la direc- Dans le cadre du Paquet Énergie Climat, ral) se sont engagées à évaluer périodique- tenues par des politiques différentes au ni-
tive 2003/87/CE). la Belgique doit réduire ses émissions de ment l’impact de leur politique et de leurs veau fédéral et à celui des Régions. Ainsi par
gaz à effet de serre issues des secteurs non mesures. Ces évaluations doivent faire appel exemple, comment répartir l’impact sur les
La distinction entre un objectif pour les à des méthodologies qui varient selon les
couverts par le système d’échange de quotas émissions de GES de l’isolation thermique
secteurs couverts par le système SEQE et un mesures ou groupes de mesures considérés
d’émissions (SEQE) de 15 % entre 2005 et d’une habitation quand cette mesure est à la
objectif pour les secteurs non couverts par et qui se construisent sur base de diverses
2020, selon une évolution linéairement dé- fois soutenue par une prime régionale et par
le système SEQE est opérée au niveau euro- hypothèses. Il est primordial que ces métho-
croissante, avec des objectifs de réduction une déduction fiscale d’une fraction de l’in-
péen pour la période 2013-2020 de manière dologies soient harmonisées, afin de pouvoir vestissement consenti ?
à créer des conditions égales pour toutes les annuels, et couvrir 13 % de sa consomma- consolider les estimations effectuées par les
entreprises européennes. Pour pouvoir ef- tion d’énergie finale brute par le recours à Il ressort de ces évaluations que l’impact
différentes entités, d’assurer leur comparabi-
fectuer cette distinction, l’objectif européen des sources d’énergie renouvelables. Elle global sur les émissions de GES des mesures
lité et de pouvoir identifier les mesures les
relatif à une réduction de 20 % par rapport à du pouvoir fédéral est fortement dépendant
doit en outre tendre à améliorer l’efficience plus efficaces.
1990 (l’année de référence utilisée au niveau des hypothèses que l’on est amené à poser.
énergétique des activités qui ont lieu sur son Un groupe de travail a été mis en place, La vérification de la conformité de l’effort
international) est converti en un objectif de
territoire. fin 2008, afin de développer une base de don- fédéral aux objectifs de départ ne peut donc
réduction de 14 % par rapport à 2005. L’an-
née 2005 est l’année d’entrée en vigueur du Ces objectifs doivent encore être répar- nées unique qui permet un suivi harmonisé être qu’indicative.
règlement relatif au système SEQE et consti- tis entre les 3 Régions, tout en définissant la et coordonné des politiques et mesures. Les
Tous les résultats de ces études sont dis-
tue dès lors la première année pour laquelle mesures sont classées via différentes entrées ponibles en ligne24 et ont été présentés à la
contribution que le pouvoir fédéral devrait
l’Europe dispose de données suffisantes pour (secteur cible, gaz à effet de serre affectés, Commission nationale Climat. Quant aux
pouvoir apporter dans le cadre de ses com- type d’instrument…) et associées aux diffé-
pouvoir effectuer la division de l’objectif. hypothèses et méthodologies utilisées, elles
pétences. rents indicateurs adéquats (statut de la mise
L’objectif européen de réduction de 14 % sont également partagées au sein du groupe
La politique climatique belge s’inscrit en œuvre, réduction de CO2 prévue et/ou de travail sur les politiques et mesures de
par rapport à 2005 est quant à lui divisé en : observée…) avec de multiples relations (cer-
bien entendu au sein de celle que mène cette Commission afin de contribuer aux es-
–– un objectif de réduction de 21 % par rap- l’Union européenne. Elle consiste donc taines mesures peuvent être associées à plus timations nationales de réductions des émis-
port à 2005 pour toutes les entreprises d’un indicateur et inversement…)23. sions de GES.
entre autres à mettre en œuvre un ensemble
couvertes par le système SEQE
–– un objectif de réduction de 10 % par de décisions et règlementations ainsi qu’à
Fédéral Flandre
rapport à 2005 pour tous les secteurs transposer en droit national et/ou régional
les termes de certaines directives. Une part de la responsabilité du pou- Le Plan de politique Climat flamand de
non couverts par le système SEQE. Il
voir fédéral dans le cadre de la répartition 2006-2012 est une politique stratégique ser-
s’agit essentiellement des secteurs du Le tableau 4.2 présente quelques-uns des
transport, des bâtiments, de l’agricultu- de la charge découlant de l’engagement de vant de fil conducteur pour la sus-dite pé-
principaux textes européens qui établissent Kyoto consiste à mettre en œuvre un certain riode afin d’atteindre les objectifs flamands
re et, dans une moindre mesure, d’une
le cadre dans lequel la politique climatique nombre de mesures permettant de réduire les de Kyoto, c’est-à-dire, la réduction des émis-
partie des secteurs de l’énergie et de
l’industrie qui ne sont pas couverts par belge doit se développer. Il est donc nor- émissions de gaz à effet de serre de quelques
le système SEQE. Cet objectif est réparti mal de retrouver dans les politiques et me- 4,8 Mt éq. CO2 par an entre 2008 et 2012.
23 Pour consulter la base de données  : http://www.
entre les 27 États membres dans la déci- sures présentées dans ce chapitre, un grand Plusieurs études se sont succédé dans cnc-nkc.be/Klimaatplan/Default.aspx
sion relative au partage de l’effort (déci- nombre d’actions qui relèvent de l’un ou ce but. Elles ont dressé un tableau des me- 24 Voir les différents rapports successifs sur www.
sion 406/2009/CE). l’autre de ces textes législatifs européens. sures, incluant un descriptif de la méthode climat.be/mediatheque/publications

61
sions de gaz à effet de serre en moyenne de En outre, le Gouvernement flamand a ténuation flamand 2013-202025. Ce plan est élaboré et adapté au calendrier et aux exi-
5,2 % comparé aux émissions de 1990, pour décidé d’entamer un dialogue concernant un plan stratégique contenant des mesures gences de rapport de l’Union européenne.
la période 2008-2012. En termes absolus, la politique climatique flamande avec tous destinées aux secteurs flamands non cou- Ce système de suivi se basera, du point de
cela signifie que les émissions moyennes au les acteurs concernés issus des domaines de verts par le système SEQE, issues de tous les vue de la forme, du contenu et du calendrier,
cours de la période 2008-2012 peuvent at- connaissance qui touchent à la probléma- domaines politiques flamands pertinents. Il sur d’autres systèmes de rapport (sectoriels)
teindre au maximum 82,463 Mt éq. CO2 par tique du climat. Il s’agit d’un groupe très complète la politique plus vaste du Gouver- dans un cadre équivalent (par exemple, plan
an. éclectique et large d’organisations telles que nement flamand. Il tient compte des objec- de mobilité, plan pour l’efficacité énergé-
des conseils consultatifs, des entreprises, tifs du Pacte 2020 en se fondant sur le plan tique, etc.). Si des différences de suivi sont
Le 1er juillet 2011, le Gouvernement fla- des fédérations professionnelles, des asso- «  Vlaanderen in Actie  » (ViA), la stratégie constatées par rapport aux réductions indi-
mand a approuvé la note conceptuelle rela- ciations de protection de l’environnement, flamande pour le développement durable, le catives préétablies, des mesures correctrices
tive au travail préparatoire du troisième Plan des autorités, des organisations sociales, des plan 4 MINA et d’autres plans politiques en devront être adoptées. Le plan est donc
de politique Climat flamand de 2013-2020, bureaux d’étude, des universités et d’autres la matière élaborés par les domaines poli- considéré comme un document vivant ou
qui se compose, d’une part, d’un plan d’at- institutions scientifiques, des syndicats, des tiques concernés (plan de mobilité flamand, évolutif, qui est mis à jour annuellement au
ténuation (Mitigatieplan) et, d’autre part, organisations d’employeurs, etc. Faisant plan d’action flamand pour l’efficacité éner- moyen des rapports sur les progrès accom-
d’un plan d’adaptation (Adaptatieplan). Le suite à une Conférence flamande sur le cli- gétique, plan d’action flamand pour les éner- plis.
Vlaams Mitigatieplan 2013-2020 (VMP) mat (VKC  – Vlaamse Klimaatconferentie) gies renouvelables, politique flamande du
est préparé au niveau administratif par la tenue dans le cadre du Plan Climat flamand logement, plan urbanistique flamand, etc.). Wallonie
Vlaamse Task Force Mitigatie (VTFM  – 2006-2012, une nouvelle conférence a été Pour atteindre en temps utile les objec- Dans une première phase, un agent du
task-force flamande pour l’atténuation), qui organisée, sous une nouvelle forme et avec tifs climatiques internationaux et européens, Gouvernement wallon a été engagé pour as-
s’est réunie sous la présidence de la politique une nouvelle approche, dans le but essentiel la priorité va à la mise en œuvre de toutes surer le suivi du plan Air-Climat adopté défi-
de l’environnement. La VTFM était chargée de réunir une nouvelle fois tous les acteurs les mesures internes qui sont exécutables nitivement le 15 mars 2008. Une Task Force
de la coordination du VMP et de l’élabora- importants. sur les plans technique et économique et qui administrative a également été mise sur pied.
tion du système de suivi. La VTFM a favori- Le ministre de l’environnement a donné sont acceptables sur le plan social. Le rap- Elle regroupait les Directeurs généraux de
sé à cet égard le rapprochement des domaines le coup d’envoi du volet consacré à l’atté- port coût-efficacité est un élément essentiel l’administration et des Organismes d’Intérêt
politiques et a également constitué un forum nuation dans le cadre de la Conférence re- dans la sélection des mesures politiques. Le Public (OIP) concernés par le Plan (en l’oc-
approprié pour l’échange d’informations nouvelée lors d’une réunion d’ouverture gé- cas échéant, celles-ci sont complétées par currence l’ISSeP, le FOREM, la SOFICO,
relatives aux bonnes pratiques sur la base nérale qui s’est tenue le 25 novembre 2011. des mécanismes de flexibilité. À cet égard, la SRWT, la SWCS, la SWL et le FLW, et
des connaissances propres, des exemples Durant cette réunion, les défis climatiques les conditions internationales en matière l’Agence Wallonne de l’Air et du Climat).
étrangers et de la concertation avec la socié- Un groupe de pilotage procédait au pilotage
à court et long terme et le déroulement du de développement durable sont appliquées.
du Plan et était chargé de donner les impul-
té civile. Le groupe de travail se composait plan d’atténuation flamand 2013-2020 ont L’objectif non-SEQE pour la Flandre est en-
sions et de fixer les priorités de la Task Force
de représentants des domaines politiques de été expliqués. Ensuite, une table ronde a été core inconnu parce que la répartition entre
administrative.
l’environnement, de l’énergie, de la mobilité organisée pour chaque secteur non couvert les différentes régions de Belgique n’a pas
et de l’agriculture. Le cas échéant, il a été fait par le système SEQE avec les parties pre- encore été fixée. Dans le plan d’atténuation En juillet 2009, la mission de suivi du
à appel à un groupe élargi de représentants nantes du secteur. Durant ces concertations, flamand 2013-2020 tel qu’approuvé, les plan a été confiée à l’AwAC. Depuis lors et
lors de réunions extraordinaires concernant les possibilités d’atténuation existantes ont quotas d’émission annuels pour la Flandre jusqu’en 2012, une évaluation semestrielle
été discutées et d’éventuelles mesures sup- pour les secteurs non couverts par le système de l’état d’avancement a été réalisée par
des thèmes spécifiques. Les membres de la
task-force ont joué, chacun pour leur sec- plémentaires à court et long terme ont été SEQE, sont basés sur un objectif (indicatif)
teur respectif, un rôle de coordination avec recherchées. de réduction de 15 % pour la Flandre.
25 http://www.lne.be/themas/klimaatverandering/kli-
ce groupe élargi de représentants. La VTFM Le 28  juin  2013, le Gouvernement fla- En vue de pouvoir faire rapport sur les maattips/klimaattips/wat-doet-de-vlaamse-overheid/
continuera à exécuter et à suivre le VMP. mand a approuvé définitivement le plan d’at- progrès accomplis, un système de suivi sera vlaams-klimaatbeleidsplan

62 4. Politiques et mesures
l’AwAC sur base des données rapportées par
les personnes gérant directement les mesures
plus large que celui du premier plan et vise
à couvrir l’ensemble des compétences de la
4.2. Programmes nationaux et régionaux ;
au sein des différentes administrations wal-
lonnes.
Région ayant notamment un impact sur le organisations législatives, procédures exécutoires
et administratives
climat, à savoir : les bâtiments, l’urbanisme,
Les politiques et mesures concernant les l’aménagement du territoire, les entreprises
émissions de CO2 font partie de différents actives à Bruxelles, le transport, l’exempla-
plans, par exemple : le Plan Air-Climat, le rité des pouvoirs publics, la consommation
Plan d’action pour l’efficacité énergétique, le et l’usage de produits, le financement et la
Plan d’action pour les énergies renouvelables production d’énergie. Cette approche inté-
et l’Alliance Emploi-Environnement. Ces 4.2.1. Description des organisations Cet Accord découle également de l’obli-
grée dans un seul et unique plan permettra de gation d’appliquer la décision européenne
mesures sont actuellement suivies par les ad- législatives nationales pour
garantir l’harmonisation des mesures prises 280/2004/CE établissant le mécanisme de
ministrations respectivement en charge. répondre aux engagements du
dans ces différentes thématiques, d’appré- suivi et de rapportage des émissions de gaz
Le suivi concerne principalement la Protocole de Kyoto
cier leurs effets conjugués sur la qualité de à effet de serre dans la Communauté euro-
mise en œuvre des mesures, et tente, dans la l’air et le climat, de mettre en lumière leurs Conformément aux lignes directrices péenne et la mise en œuvre du Protocole de
mesure où cela est possible, d’évaluer l’im- interactions et synergies avérées et poten- de rapportage du Protocole de Kyoto (para- Kyoto26.
pact de ces mesures sur les consommations graphe 37), la Belgique doit établir un rap-
tielles et d’éviter que les effets de certaines
d’énergie et les émissions de GES. C’est le port décrivant toutes les organisations natio- 4.2.2. Accès à l’information
cas pour ce qui concerne les accords volon- d’entre elles puissent constituer des entraves nales et régionales et toutes les procédures
aux effets escomptés des autres. En Belgique, l’accès du public aux infor-
taires énergie/CO2 dans l’industrie, l’octroi exécutoires et administratives qui doivent
mations environnementales, y compris les
de soutiens financiers à l’utilisation ration- À Bruxelles, les politiques et mesures être mises en place, la façon dont ils sont mis
instruments législatifs, les politiques et me-
nelle de l’énergie, ou le marché des certifi- concernant les émissions de CO2 font partie en œuvre et les procédures de règlement des
sures développées sous le Protocole de Kyo-
cats verts pour l’exploitation des sources de différents plans, à savoir : le Plan Air-Cli- cas de non-conformité dans le cadre légal
to, est réglementé au niveau fédéral et des
d’énergie renouvelables. Dans la mesure mat et le Plan d’action pour l’efficacité belge.
Régions par la législation transposant la di-
des disponibilités, ces sources d’information Le Plan National Climat 2009-2012, ap- rective européenne 2003/4/CE sur l’accès du
énergétique. Ces mesures sont actuellement
sont exploitées pour assurer la quantification prouvé par la Commission Nationale Climat, public aux informations environnementales
suivies par Bruxelles Environnement sur la
de l’impact des mesures du présent chapitre. répond à cette obligation et son extension (basé sur le premier pilier de la Convention
base – notamment- des inventaires des émis-
sions GES, du bilan énergétique annuel de la attendue à 2020 fournira la base légale aux d’Aarhus sur l’accès aux informations en-
Région de Bruxelles-Capitale décisions à prendre pour réaliser les enga- vironnementales, la participation du public
Région et de projections.
Un nouveau plan intégré Air-Cli- gements contractés par la Belgique dans le et l’accès à la justice en matière environne-
mat-Énergie est en cours d’adoption au ni- Ce suivi concerne principalement la mise cadre du Paquet Énergie Climat européen. mentale). Cela s’est traduit par diverses ini-
veau de la Région de Bruxelles-Capitale, en œuvre des mesures et l’évaluation de leur La base légale pour l’obligation d’éva- tiatives législatives et règlementaires tant au
pour succéder au premier plan régional impact sur les consommations d’énergie et luer les politiques et mesures fédérales niveau fédéral que dans les Régions.
Air-Climat 2002-2010. Son objectif est les émissions de GES. (PAMs) est l’Accord de coopération du
14/11/2002 entre l’État fédéral, la Flandre, la
Wallonie et la Région de Bruxelles-Capitale
qui établit qu’un Plan National Climat doit
être mis en place, exécuté, évalué et rapporté
auprès de la CCUNCC sous le Protocole de
Kyoto. Un cadre est également développé 26 Désormais remplacé par le règlement UE
pour la période 2013-2020. n°525/2013.

63
4.2.3. Participation aux mécanismes ou de plusieurs personnes à une activité de toujours introduite et traitée par la Région en 4.2.5. Transports internationaux
de Kyoto projet. question.
La répartition des compétences en ma- L’article 5 de cet Accord précise dans Toute activité de projet qui ne relève pas Transport aérien international
tière d’approbation des activités de projet, quels cas l’autorité fédérale ou celle des Ré- de la compétence d’une Région ou d’une au- Le 13 janvier 2009, la directive 2008/101/
est fixée dans un accord de coopération gions est habilitée à donner son approbation. torité fédérale, relève de la compétence de CE intégrant l’aviation dans le système eu-
entre l’Autorité fédérale et les 3 Régions Les activités qui n’entrent dans aucune de la Commission Nationale Climat, conformé- ropéen d’échange de quotas d’émission
du pays en matière d’exécution de certaines ces catégories sont, conformément à l’ar- ment à l’article 5. (SEQE) a été publiée dans le Journal Officiel
dispositions du Protocole de Kyoto (19 fé- ticle 7, approuvées au sein de la Commission de l’Union européenne.
vrier 2007). Nationale Climat. Procédures d’approbation
La directive introduit un système
Une Région peut approuver les activités Chaque Région, le Gouvernement fédé- d’échange de certificats d’émissions pour
Désignation DNA/DFP de projet suivantes : ral et la Commission Nationale Climat ont les sociétés aériennes. Celui-ci requiert de
Le 8 mars 2007, la Belgique a notifié à –– toute activité de projet entièrement ou approuvé leur procédure et leurs critères transmettre les autorisations d’émissions
la CCNUCC que sa Commission Nationale partiellement financée par la Région en d’approbation. Ils sont détaillés sur leur site pour toutes les émissions de CO2 émis au
Climat avait été légalement désignée en tant question, ou par une province ou com- Internet respectif. cours de l’année calendaire (en commençant
que point focal national (focal point  – FP) mune située sur son territoire en 2012) par les vols concernés par la direc-
et autorité nationale désignée (designed na- 4.2.4. Informations sur les articles 3.3. tive. Les émissions doivent être déterminées
–– toute activité de projet dont la Région en
tional authority – DNA) aux fins de l’appro- question désire obtenir des unités Kyoto et 3.4 du Protocole de Kyoto en utilisant un système de monitoring qui
bation des activités de projet MOC et MDP. –– toute activité de projet MDP ou MOC Les activités de boisement/déboisement est développé conformément aux lignes di-
pour laquelle est introduite une demande selon l’article 3.3 du Protocole de Kyoto, rectrices de suivi et de rapportage (MRG).
Les procédures d’approbation ont été
d’approbation par une personne phy- dont la comptabilisation est obligatoire pour Les émissions doivent être rapportées après
publiées sur le site web de la Commission
sique ayant son domicile dans la Région la période d’engagement, représentent une chaque année calendaire (avant le 1er avril de
Nationale Climat (www.cnc-nkc.be/FR/Fo-
concernée ou par une personne morale émission nette de 225 kt CO2 en 2011, soit l’année suivante) et la quantité émise de CO2
calpoint/ApprovalNCC/Pages/default.aspx).
ayant une adresse commerciale dans 0,2 % des émissions totales de la Belgique. rapportée doit être transmise avant le 1er mai.
Dans cette fonction, la Commission est
cette Région A noter que les surfaces boisées et dé- La quantité totale des quotas d’émissions
habilitée à approuver les activités de projet
–– toute activité de projet exécutée sur le boisées annuellement sont pratiquement correspond à 97 % de la moyenne annuelle
qui lui sont soumis. Toutefois, elle est obli-
territoire de cette Région. en équilibre (1130  ha boisés pour 900  ha historique des émissions pour la période
gatoirement tenue de respecter les décisions
déboisés en 2011), mais que ceci aboutit à 2004-2006 pour l’année 2012, et à 95 % pour
d’ordre administratif et technique par les- L’autorité fédérale approuve toutes les
des émissions nettes car les émissions du les années 2013-2020. 85 % des quotas se-
quelles les autorités régionales et fédérales activités de projet dont elle retire des unités
déboisement sont comptabilisées dans l’an- ront distribués gratuitement jusqu’en 2020.
donnent leur approbation à des activités de Kyoto.
née, alors que le reboisement n’amène qu’un En principe, tous les vols au départ ou à l’ar-
projet dans les cas où cela relève de leur
Lorsqu’une activité de projet, conforme stockage progressif du CO2 par les écosys- rivée des aéroports du territoire d’un État
compétence.
aux critères susmentionnés, relève simulta- tèmes. membre sont soumis au système d’échange,
nément de plusieurs Régions ou d’une ou mais certaines activités ont été exemptes de
Répartition des compétences en vue de La Belgique n’a choisi aucune activité
plusieurs Régions et de l’Autorité fédérale, ce système. La Directive prévoie qu’un État
l’approbation des activités de projet sous l’article 3.4.
elle sera traitée par l’autorité auprès de la- membre est responsable de l’administration
Selon l’art.1er § 27° de l’Accord de coo- quelle la demande d’approbation a été intro- de chacune des compagnies aériennes qui
pération «  Flex Mech  » (et conformément duite, après consultation des autres autorités participe au système européen d’échange
aux Accords de Marrakech), l’approbation compétentes concernées. Dans le cas où d’émissions. La Belgique en tant qu’État
d’un projet constitue l’autorisation écrite l’activité de projet aurait lieu sur le territoire membre est responsable de la gestion de 56
donnée en faveur de la participation d’une d’une Région, la demande d’approbation est compagnies aériennes.

64 4. Politiques et mesures
Lors de la réunion ICAO du mois de no- the clock » et n’ont été allouées que pour les Ce délai est arrivé à échéance sans marché et à toute norme d’efficacité pour le
vembre 2012, des progrès sensibles ont été vols non soumis à la dérogation. qu’une action internationale suffisante ait secteur maritime, la Commission a publié le
réalisés dans la négociation visant à mettre été entreprise pour permettre des réductions 28 juin 2013 une proposition de règlement
en place une régulation sur les émissions de Transport maritime international absolues des émissions par rapport aux an- qui introduit des obligations de suivi, de rap-
gaz à effet de serre pour la navigation aé- nées de référence historiques (du fait de la port et de vérification à compter de 2018 pour
rienne internationale. En juillet 2011, le comité environnement croissance du transport maritime, l’EEDI et le transport maritime de plus de 5 000 GT au
de l’Organisation maritime internationale le SEEMP ne suffisent pas). En raison de la départ des ports de l’UE et à destination de
L’ICAO reconnaît qu’une approche ba- a décidé que tous les nouveaux navires de-
sée sur les marchés est réalisable. Un cadre préférence marquée des États membres de ceux-ci. La proposition a pour objectif d’ac-
vraient, dès 2013, satisfaire à l’indice de l’UE et de la Commission européenne pour célérer la mise en place d’une initiative au
pour la mise en œuvre des mécanismes de conception d’efficacité énergétique (Energy
marché pourrait être approuvé à l’assemblée une mesure globale et du fait qu’un système sein de l’OMI. La proposition de la Commis-
Efficiency Design Index - EEDI) et que tous solide de suivi et de rapport soit une condi- sion est examinée par le Conseil et le Parle-
de 2013 de l’ICAO. Un processus politique
les navires devraient disposer d’un Plan de tion préalable à toute mesure basée sur le ment européen en 2013-2014.
de haut niveau travaillera à la préparation
gestion de l’efficacité énergétique (SEEMP)
des recommandations.
au moyen de la modification de l’annexe VI
Afin de montrer sa bonne volonté par de la convention MARPOL. L’EEDI exige
rapport à ces propositions, la Commission un niveau d’efficacité énergétique minimum
européenne a proposé un mécanisme dit pour les différents types et les différentes di-
« stop the clock ».
L’objectif de ce dispositif est de per-
mensions de navires. Le SEEMP est un plan
qui décrit la manière dont un navire peut 4.3. Les politiques et mesures et leurs effets
mettre la non comptabilisation des vols améliorer son efficacité énergétique de façon
extra européens dans les déclarations des rentable.
émissions de gaz à effet de serre pour l’an-
Dans le Paquet Énergie- Climat qui a été
née 2012. Ce dispositif est volontaire. Si un
adopté en 2009, le Parlement européen et
opérateur désire mettre en œuvre cette dis- adaptation annuelle de ce plan en fonction
le Conseil ont appelé la Commission euro- 4.3.1. Le Plan National Climat et les
position, il devra volontairement remettre les des résultats obtenus, adaptation qui repose
quotas liés à ces vols reçus gratuitement. Ces péenne, en l’absence d’un accord internatio- politiques régionales à l’horizon
nal d’ici au 31 décembre 2011, qui inclurait 2020 sur un monitoring des effets de ces poli-
quotas seront par la suite annulés. Les États tiques.
membres s’engagent alors à ne pas mettre en dans ses objectifs de réduction les émissions
œuvre le processus de pénalité. provenant du transport maritime internatio- Le Plan National Climat (2009-2012) Le premier objectif du Plan National
nal et serait approuvé par les États membres Le Plan National Climat est construit sur Climat consiste à formaliser les grands axes
Ce dispositif est temporaire. Les modifi-
de l’Union européenne ou par la Commu- l’ensemble des politiques et mesures conte- stratégiques prioritaires que la Belgique doit
cations ultérieures de la directive dépendent
nauté dans le cadre de la Convention-Cadre nues dans les plans climat régionaux et celles mettre en œuvre. Il s’agit notamment d’op-
des progrès accomplis au niveau de l’ICAO
des Nations Unies sur les Changements Cli- dévolues au pouvoir fédéral. Il a été établi timiser l’impact des politiques et mesures
en 2013.
matiques, à présenter une proposition visant dans le but premier de permettre à la Bel- mises en place par les différentes autorités
De ce fait, les États membres ne doivent à inclure les émissions du transport maritime gique de répondre à ses obligations dans le compétentes, de manière à développer des
pas modifier leur législation. international dans l’objectif communautaire cadre du Protocole de Kyoto. synergies et identifier des complémentarités,
Pour la Belgique, 17 compagnies aé- de réduction, en vue de l’entrée en vigueur Le Plan National Climat n’est pas un do- compte-tenu des compétences respectives de
riennes ont bénéficié de la dérogation « stop de l’acte proposé d’ici à 2013. cument figé. Il est formellement prévu une ces entités.

65
A cet effet, 11 axes (ou domaines d’inté- A chaque axe correspond une série de Enfin, le quatrième objectif du Plan Pour sa part, la Région de Bruxelles-Ca-
rêt) stratégiques ont été identifiés : politiques et mesures concrètes. Le Plan National Climat est la préparation d’une pitale a déjà adopté un tel cadre légal ouvrant
National Climat établit les engagements des stratégie à long terme de lutte contre le ainsi la porte à l’élaboration d’un ensemble
axes stratégiques prioritaires en termes de changements climatiques. Les échéances de politiques et mesures : elle a adopté le
Six axes stratégiques sectoriels sont réduction d’émissions de gaz à effet de serre auxquelles la Belgique doit se préparer sont 2 mai 2013 son Code bruxellois Air-Cli-
dressés : (équivalent CO2) par rapport à une situation d’une part une 2e  phase du Protocole de mat-Énergie (dénommé COBRACE)27 qui,
de référence. Kyoto, d’autre part, les négociations qui se comme son nom l’indique, intègre l’en-
1. Optimiser la production d’énergie
semble des politiques de la Région ayant un
Le deuxième objectif du Plan National mènent au niveau des Nations Unies en vue
2. Utiliser rationnellement l’énergie impact sur le climat, la qualité de l’air et la
dans les bâtiments Climat est la mise en place d’un système d’élaborer d’ici à 2015, un accord internatio-
maîtrise de l’énergie. Il comprend un certain
coordonné de surveillance en vue d’assurer nal ambitieux. Mais c’est également la défi- nombre de mesures dans ces domaines et
3. Agir sur les processus industriels nition d’une trajectoire de transition, encou-
le suivi, l’évaluation et l’adaptation des poli- sert de fondement légal à son Plan intégré
4. Développer les modes de transport tiques et mesures. La Commission Nationale ragée par les autorités européennes, vers une Air-Climat-Énergie en cours d’adoption. Ce
durable société européenne à bas carbone à l’horizon plan fixera les lignes directrices ainsi que les
Climat est en charge d’une évaluation régu-
5. Favoriser la gestion durable des lière de la mise en œuvre du Plan national 2050, condition nécessaire, mais insuffisante mesures à prendre afin d’atteindre au mini-
écosystèmes agricoles et forestiers Climat. Elle dispose de deux types d’instru- à elle-seule, pour éviter un réchauffement mum les objectifs fixés par le COBRACE,
ments : trop important de la planète. conformément à la politique de l’Union
6. Renforcer les efforts en matière de
européenne et au droit international en ma-
gestion des déchets –– d’une part, les modèles de projection Les politiques à l’horizon 2020 tière d’air, de climat et d’énergie. Les infor-
A ceux-ci s’ajoutent cinq axes straté- d’émission de gaz à effet de serre per- mations minimales contenues dans le plan
giques auxiliaires plus horizon- mettant une estimation « a priori » des Actuellement, les différentes entités pré- figurent à l’annexe 1.1. du COBRACE. En
taux : effets des politiques et mesures parent leur propre politique climatique et ont sa qualité de Région à caractère urbain, la
–– d’autre part, une base de données com- entamé les discussions qui devraient mener à Région bruxelloise s’est par ailleurs engagée
7. Amplifier les efforts de recherche
en matière de changements clima- prenant des indicateurs d’effet des poli- une répartition des engagements contractés dans la Convention des Maires, se donnant
tiques tiques et mesures, avec une actualisation par la Belgique à l’horizon 2020. un objectif de réduction de ses émissions de
régulière prévue au sein du Secrétariat Le Gouvernement flamand a définiti- 40 % entre 1990 et 2025.
8. Sensibiliser tous les acteurs belges
à la lutte contre les changements Permanent de la Commission Nationale vement adopté son « Vlaams Mitigatieplan Enfin, l’autorité fédérale développera sa
climatiques Climat. 2013-2020 », le 28 juin 2013. Ce plan couvre propre stratégie climatique à partir du mo-
les secteurs d’activité qui ne participent pas ment où elle connaîtra sa part de responsabi-
9. Renforcer l’implication directe des Le troisième objectif du Plan National
au système d’échange d’émissions. lité dans le partage des engagements belges
pouvoirs publics dans la réduction Climat consiste à initier l’élaboration d’une à 2020.
des émissions de GES Stratégie Nationale d’Adaptation aux chan- La Wallonie élabore le cadre légal qui
gements climatiques. Devant le caractère devrait permettre au Gouvernement régional Pour les initiatives au-delà de 2020, il
10. Mettre en œuvre les mécanismes de est possible de se référer au paragraphe 9.4.8
flexibilité inéluctable des conséquences de la hausse de formuler un plan climat à 2020. Ce dé-
« Vers une société bas-carbone ».
des températures, il est important de prépa- cret « Climat » devrait définir une trajectoire
11. Intégrer la dimension climatique
rer l’ensemble des secteurs. Seules quelques de transition vers une société à bas carbone
dans la politique d’aide au déve-
loppement pistes de réflexion sont présentes dans cette à l’horizon 2050, établissant des «  budgets
version du Plan National Climat. Depuis, la carbone », échelonnés de 5 en 5 ans. Le Plan
Stratégie Nationale d’Adaptation a été adop- Climat, en préparation, serait l’instrument de
27 Ordonnance du 2 mai 2013 portant le Code bruxel-
tée (voir le chapitre 6 du présent document mise en œuvre de la trajectoire pour la pre- lois de l'Air, du Climat et de la Maîtrise de l'Énergie,
pour plus de détails). mière étape à l’horizon 2020. M.B., 21 mai 2013, p. 28357.

66 4. Politiques et mesures
4.3.2. Inventaire des principales PAMs
Tableau 4.3 Plan National Climat : domaines d’intérêt (axes) et clusters de mesures Parmi la centaine de mesures qui com-
posent le Plan National Climat, seules les
Domaines Clusters de mesures
principales sont reprises ici. Les mesures
Production et EP-A Promotie
Promouvoir vanunemilieuvriendelijke
production d’énergie energieproductie
respectueuse de l’environnement ayant trait à la recherche, à la formation-édu-
EP
transformation de l’énergie EP-B Maximaliseren van deénergétique
Améliorer l’efficacité energie-efficiëntie van de elektriciteitsproductie
de la production d’électricité cation et à l’aide au développement sont
Utilisation rationnelle EC-A Transversale maatregelen
Mesures transversales présentées dans les autres chapitres corres-
EC de l’énergie dans les EC-B Maatregelen
Mesures dansinlede residentiële
secteur sector
résidentiel pondants de cette 6ème Communication Na-
bâtiments EC-C Maatregelen tionale.
Mesures dansinlede tertiaire
secteur sector
tertiaire
IP-A Energie-efficiëntie
Efficience énergétique in dedans
industrie
l’industrie Les mesures sont d’abord regroupées
IP Procédés industriels IP-B Acties
Actionsm.b.t fluorgassen
sur les gaz fluorés par axe. Ensuite, elles sont regroupées par
IP-C Actie
groupes ou « clusters » en fonction de leurs
Actionm.b.t.
sur lesdeémissions
industriëleindustrielles
uitstoot vande N2NO2O
complémentarités, soit qu’elles visent une
TR-A De intermodaliteit
Favoriser van dedes
l’intermodalité transportmiddelen
moyens de transportbevorderen
même cible, soit que leur impact agisse sur
TR-B Verhoging
Augmentation van dede l’efficacité
vervoersefficiëntie
du transport les mêmes sources d’émissions. Le tableau
TR Transports
TR-C Promotie
Promouvoir vanlesmilieuvriendelijke voertuigende l’environnement
véhicules plus respectueux 4.3 présente ces différents clusters répartis
TR-D Biobrandstoffen bevorderen
Promouvoir les biocarburants selon les domaines d’action, ces derniers
AG-A Rationeel
Utilisationenergiegebruik in de landbouw
rationnelle de l’énergie dans l’agriculture correspondant aux principaux axes cités ci-
AG-B De uitstoot
Limiter van CH4 endeNCH
les émissions beperken
et de N2O avant.
2 4
AG Agriculture AG-C Het potentieel
Maintenir van koolstofsequestratie
le potentiel de séquestration du in de bossenenhandhaven
carbone forêts L’annexe 3 de cette Communication
AG-D Productie
Productionvande biomassa
biomasse voorà desenergiedoeleinden
fins énergétiques Nationale dresse, elle, un aperçu détaillé
AG-E Transversale maatregelen
Mesures transversales mesure par mesure et fournit, là où cela est
WA-A De productie
Limiter van afvaldes
la production bijdéchets
de bronàbeperken
la source
possible, des estimations de l’impact de ces
mesures sur les émissions de gaz à effet de
WA-B Terugwinning van energie uit
Valorisation énergétique des déchets afval
serre.
WA Déchets WA-C Recuperatie
Récupérationvan desstortgassen
gaz de décharge
WA-D Samenstelling vanfluxde biomassastromen Un code de référence est attribué à
Composition des de biomasse
chaque mesure. Ce code est constitué de
WA-E Reductie van fluorgasemissies
Réduction des émissions de gaz fluorés
2  lettres pour identifier le domaine d’ap-
SE-A Transversale acties
Actions transversales plication, une troisième lettre identifiant le
SE-B Sensibilisering
Sensibilisation àvoor een rationeel
l’utilisation energiegebruik
rationnelle in de
de l’énergie bouw
dans le bâtiment « cluster » auquel la mesure appartient, sui-
Sensibilisation aux
SE SE-C Sensibilisering
Sensibilisation desvan milieux
de industrie
industriels vie de deux chiffres. Ainsi par exemple, la
changements climatiques
SE-D Sensibilisering
Sensibilisation àvoor duurzame
la mobilité mobiliteit
durable mesure TR-A01 traite des plans de déplace-
SE-E Sensibiliseringsmaatregelen
Mesures de sensibilisation axées gericht
surop een duurzame
l’agriculture et laland- en bosbouw
sylviculture durables ment du personnel d’entreprises. Elle s’ap-
OB-A Transversale acties
Actions transversales
plique au domaine des « transports » (TR)
Obligations des services et figure dans le cluster A «  favoriser l’in-
OB OB-B Bevordering
Promotion devan een rationeel
l’utilisation energiegebruik
rationnelle in gebouwen
de l’énergie dans les bâtiments
publics termodalité des moyens de transport ». Ces
OB-C Duurzame mobiliteit
Mobilité durable références sont reprises dans le texte, pour
en faciliter la lecture.

67
La structure des grands axes déployés le Report by Belgium for the assessment of La stratégie développée dans le Plan L’équipement d’un périmètre exploitable
dans le PNC a été ici quelque peu modifiée projected progress du 29 mars 2013 destiné National Climat porte essentiellement sur et l’octroi de concessions en mer pour l’ins-
afin de faire ressortir les faits les plus mar- à la Commission européenne29, ainsi que le la promotion de sources d’énergie renou- tallation de champs d’éoliennes offshore
quants. Ainsi, les mesures associées au rôle velables et de la cogénération à haut rende- constituent également des éléments impor-
rapport à la Commission nationale Climat
d’exemple des pouvoirs publics ont été ré- ment pour la production d’électricité. Les tants de la politique belge en matière de pro-
sur l’État d’avancement du Plan National instruments de politique énergétique mis en motion des sources d’énergie renouvelables.
affectées aux différents secteurs correspon-
Climat (septembre 2011). œuvre sont essentiellement des mécanismes
dants. Le système d’échanges de quotas
de marché : d’émission (SEQE) joue un rôle significatif
Pour chaque groupe de mesures, une
EP : Optimiser la production d’énergie –– des certificats verts pour les énergies re- dans le secteur électrique, mais les alloca-
distinction est faite entre les mesures princi-
L’axe production d’énergie décrit la poli- nouvelables et la cogénération en Wallo- tions de quotas d’émissions aux producteurs
pales (texte normal) et les mesures complé-
nie et dans la Région de Bruxelles-Ca- d’électricité ont jusqu’à présent plutôt été
mentaires (texte en italique). tique belge visant à réduire les émissions de
pitale, guidées par les perspectives de développe-
Pour plus de détails, il est possible de se gaz à effet de serre résultant de la production –– des certificats séparés pour l’énergie re- ment des énergies alternatives plutôt que par
référer directement au texte du Plan Natio- d’électricité et de chaleur (centrales élec- nouvelable et pour la cogénération en la recherche d’améliorations de l’efficience
nal Climat28. On pourra également consulter triques, cokeries et raffineries de pétrole)30. Flandre. énergétique des installations de production
d’électricité conventionnelles. A partir de
2013, les entreprises de ce secteur devront
acquérir leurs quotas d’émissions par des
ventes aux enchères.
Tableau 4.4 Production d’électricité (EP), Clusters EP-A et EP-B
Toutes les mesures planifiées pour as-
surer la promotion de l’usage d’énergies
Entités responsables renouvelables et de cogénérations de quali-
Production d’électricité
Fédéral Flandre Wallonie Bruxelles té ont été mises en place et la politique en
la matière commence à récolter ses fruits. Il
EP-A : Promotion d’une production d’énergie respectueuse de l’environnement.
s’agit là essentiellement d’aides publiques
EP-A01 : régime des certificats verts (CV) et des certificats de cogénération X X X X au financement, de l’établissement de sys-
EP-A02 : aide financière à la production d’électricité respectueuse de l’environnement X X X X tèmes de certificats verts (et de certificats
WKK pour la cogénération en Flandre) et de
EP-A03 : arrêt de l’exonération d’accise & mise en place d’une accise sur l’énergie pour X la mise en place de réseaux de facilitateurs.
les produits houillers et le fuel lourd
EP-A04 : mise en place d’un réseau de facilitateurs en matière de SER et de cogénération X X X
EP-A05 : plan d’action pour les énergies renouvelables et la cogénération X X X X
EP-B : maximisation de l’efficacité énergétique de la production d’électricité
28 www.climat.be/fr-be/mediatheque/publications
EP-B01 : mesures d’octroi spécifiques de quotas aux producteurs d’électricité X* X X X
29 http://cdr.eionet.europa.eu/be/eu/ghgpro/envu-
EP-B02 : établissement de plans énergétiques par les producteurs d’électricité X vhu0a
30 La stratégie en matière d’utilisation des biocarbu-
rants pour le transport fait également partie de l’ap-
* provisionnement en énergie durable, mais elle est dé-
Seulement administratif
crite sous les axes “Transport durable" et "Agriculture
et sylviculture durables”.

68 4. Politiques et mesures
En ce qui concerne la production d’éner- nel au sein de chaque entité belge (fédérale EP-A02 Aide financière et logistique renouvelables et à la cogénération sont of-
gie par les éoliennes offshore, les mesures et régionale) bien que le mécanisme fédéral à la production d’électricité fertes au secteur tertiaire et industriel. Elles
que le pouvoir fédéral devait mettre en place repose sur des prix minimaux garantis plutôt respectueuse de l’environnement peuvent être cumulées avec les aides à l’ex-
l’ont été. Il demeure encore un risque de que sur des quotas imposés aux fournisseurs. Outre le système de certificats verts, les pansion économique et à la déduction majo-
non réalisation de l’objectif dans les délais Le mécanisme des CV s’accompagne ainsi, rée pour investissement.
autorités belges ont mis en œuvre plusieurs
car le niveau de production d’énergie de ces dans certaines entités, de mécanismes visant
mesures visant le développement de la pro- Pour le secteur industriel, les aides à
éoliennes tient essentiellement à la mise en à garantir un revenu minimal aux produc-
duction d’énergie à partir de SER. Ainsi, les l’expansion économique comprennent des
service effective du parc éolien offshore teurs d’électricité verte, soit via des aides à
producteurs d’électricité verte bénéficient soutiens au recours à des sources d’énergie
(2  000 MW à l’horizon 2012, on envisage la production, soit via un prix minimal ga-
dans chaque entité d’un accès prioritaire au renouvelables.
2 200 MW en 2020). Tout retard dans l’oc- ranti pour les certificats verts. En Wallonie
réseau.
troi des concessions et au cours des travaux et à Bruxelles, le mécanisme des certificats Des mesures complémentaires sont en
nécessaires limite la réduction des émissions verts est également applicable à la produc- Le Gouvernement fédéral a également place également, qui s’appuient sur des
attendues. tion d’électricité par une cogénération à haut pris un certain nombre de mesures addition- plans d’actions pour l’utilisation de la bio-
rendement, au prorata des émissions de CO2 nelles ayant pour effet de diminuer le coût masse (via un engagement et un code de
évitées par rapport à des productions sépa- relatif de la production d’électricité à partir conduite), la promotion de l’énergie éo-
EP-A01 Le régime des certificats verts rées d’électricité et de chaleur. En Flandre, de sources d’énergie renouvelables. Celles- lienne offshore (via le financement du câble
(CV) et des certificats de cogénération les CV sont réservés exclusivement à l’élec- ci consistent en des droits d’accises spéciales sous-marin de raccordement au réseau, des
Le mécanisme des certificats verts (et tricité d’origine renouvelable, des certificats ou des cotisations sur la consommation des mesures de soutien en cas d’écart de produc-
certificats de cogénération) a été dévelop- distincts étant attribués à la cogénération à fuels lourds, de charbon, etc. (voir égale- tion, une garantie de l’investissement initial,
pé pour soutenir la production d’électricité haut rendement. ment EP-A03 avec la suppression des exo- une procédure simplifiée pour l’octroi des
verte (c’est-à-dire produite à partir de SER : On notera que les régimes d’octroi des nérations d’accises des produits houillers et concessions en mer, etc.) et on shore (via
énergie éolienne, énergie hydraulique, éner- certificats verts ont dû être corrigés afin fuel lourd). l’aménagement du territoire et les possibi-
gie solaire et biomasse) et la production d’éviter des déséquilibres de marché dus à L’aide de la Région flamande encourage lités de raccordement au réseau) et la pro-
combinée de chaleur et d’électricité (cogé- l’engouement du public pour l’installation l’industrie à investir dans des énergies renou- motion de la cogénération (via l’adaptation
nération). Le principe de base consiste à dé- de panneaux photovoltaïques, les soutiens velables, des unités de cogénération et l’ef- des rendements de référence où les produc-
livrer aux producteurs d’électricité verte ou financiers (CV et subsides) se révélant trop ficacité énergétique. Cette mesure de soutien teurs reçoivent des certificats de cogénéra-
d’énergie par cogénération des certificats, avantageux. tion complémentaires, par l’alignement des
est décrite dans l’axe « industrie » (IP-A06)
avec une obligation faite aux fournisseurs normes d’émission sur celles des carburants
En appui de cette mesure, on pourra ci- et peut être adaptée de façon cumulative aux
d’électricité d’acquérir un quota minimum fossiles, par le soutien de projets de co-fer-
ter l’action des « facilitateurs » dont le rôle autres mécanismes de soutien, à savoir les
de certificats, calculé sur la base de leur mentation de lisier et de produits agricoles
est d’informer et de conseillers les investis- certificats verts ainsi que la déduction fédé-
vente totale d’électricité. Si un fournisseur ou de déchets organiques dans des installa-
seurs, ainsi que de contribuer à la sensibi- rale pour investissement majorée.
ne satisfait pas à cette obligation de produc- tions de biogaz, etc.) (EP-A05).
tion, il est tenu de payer une amende. Les lisation de groupes cibles tels que l’indus- En Wallonie, l’arrêté UREBA entré en
quotas à restituer sont en croissance d’une trie, les promoteurs de projets, les autorités vigueur le 10 juin 2003 vise à octroyer des
locales et les établissements d’enseignement subventions aux personnes de droit public et EC : Utilisation rationnelle de l’énergie
année à l’autre, afin de soutenir l’expansion
(voir EP-A04). aux organismes non commerciaux pour la ré- dans les bâtiments
des filières.
alisation d’études et de travaux visant l’amé- Ici, deux actions phares :
Ce «  marché des certificats  » crée les
conditions nécessaires afin de rendre le coût lioration des performances énergétiques de –– la transposition des directives euro-
de la production d’électricité verte (ou de co- leurs bâtiments. péennes sur la performance énergétique
génération) compétitif par rapport aux autres En Région de Bruxelles-Capitale, des des bâtiments (2002/91/CE & 2010/31/
sources non renouvelables. Il est opération- primes en faveur du recours aux énergies UE), notamment via des exigences de

69
Tableau 4.5 Utilisation rationnelle de l’énergie dans les bâtiments (EC) ; Clusters EC-A, EC-B et EC-C

Entités responsables
Conservation de l’Énergie
Fédéral Flandre Wallonie Bruxelles
EC-A : mesures transversales
EC-A01 : URE dans le cadre des obligations de service public X X X
EC-A02 : mise en œuvre des moyens du fonds gaz naturel X X X
EC-A03 : performance énergétique et certification des bâtiments X X X
EC-A04 : désignation d’experts en matière d’énergie X X X
EC-A05 : amélioration de l’efficacité énergétique des appareils domestiques X X X X
EC-B : mesures spécifiques pour les bâtiments résidentiels
EC-B01 : incitants financiers pour l’utilisation rationnelle de l’énergie (URE) et le recours aux sources d’énergie renouvelables (SER) X X X X
EC-B02 : contraintes spécifiques sur les chaudières X X X X
EC-B03 : aides spécifiques en matière d’URE pour les personnes défavorisées X X X X
EC-B04 : amélioration de l’information mise à disposition du consommateur relative à l’impact environnemental des produits X
EC-B05 : imposition d’exigences en matière de performance énergétique et d’environnement climatique intérieur (exigences PEB) aux X X
habitations et appartements
EC-B06 : optimisation des prescriptions urbanistiques dans le cadre des constructions et transformations économes en énergie  X X
EC-C : mesures spécifiques pour les bâtiments du secteur tertiaire
EC-C01 : FEDESCO Recours à un fond de tiers investisseur dans le secteur public X
EC-C02 : imposition d’exigences en matière de performance énergétique et d’environnement climatique intérieur (exigences PEB) aux X X X
bâtiments du secteur tertiaire
EC-C03 : mesures dans le secteur médical, social et de l’enseignement X X
EC-C04 : imposition d’exigences en matière de performance énergétique et d’environnement climatique intérieur (exigences PEB) aux X X X
bâtiments industriels
EC-C05 : subsides pour une politique énergétique durable dans les ateliers protégés et les ateliers sociaux X

70 4. Politiques et mesures
plus en plus strictes sur les performances leurs fournitures sont imposés annuellement EC-A03 / EC-B05 / EC-C02 / EC- Les actions fédérales et régionales am-
des nouvelles constructions, à titre d’obligation de service public. C04 Performance énergétique des bitionnent une consommation énergétique
–– l’existence d’incitatifs financiers à la Dans le cadre de ses obligations résultant bâtiments (PEB) – certification des rationnelle et la promotion des énergies
rénovation (primes régionales et déduc- de l’accord de coopération sur le partage de bâtiments  durables au sein des bâtiments publics (OB-
tions fiscales fédérales). la charge de Kyoto, l’État fédéral a accordé B01). Différentes mesures sont prises en la
Les régions élaborent leur propre sys-
des déductions fiscales au bénéfice d’inves- matière : mise en place d’une comptabilité
Aux termes des directives, la perfor- tème de certification de performances éner-
tissements économiseurs d’énergie ou por- énergétique, campagne d’audits énergé-
mance énergétique des bâtiments ne se gétiques. Ce certificat de performances
tant sur l’exploitation de sources d’énergie tiques, mise à disposition des infrastructures
mesure plus simplement par un coefficient énergétiques informe les propriétaires, les pour les panneaux solaires, achat d’électri-
d’échange thermique global, mais résulte renouvelables. Ce mécanisme fiscal a été candidats locataires et acheteurs ainsi que les cité d’origine renouvelable, etc.
d’une estimation technique prenant en abandonné à la fin de 2011, hormis pour utilisateurs, de la qualité énergétique d’un
l’isolation des toits, pour des raisons budgé- bâtiment et des mesures d’amélioration de La mesure OB-B03 reprend les actions
compte l’enveloppe du bâtiment mais égale-
taires et de transfert de compétences dans le l’efficacité énergétique susceptibles d’être entreprises par les différents pouvoirs pu-
ment les performances de ses équipements.
cadre de la nouvelle réforme de l’État. amorties sur le court terme. blics en la matière.
Il en résulte une règlementation de plus en
plus exigeante, échelonnée par étapes d’ici Deux initiatives visent également à amé- Des exigences en matière de perfor-
à 2020 et visant à ce que les nouvelles liorer la performance énergétique de bâti- mance énergétique et d’environnement EC-B01 Incitants financiers pour
constructions ainsi que les rénovations ap- ments existant en s’attribuant chacune un climatique intérieur (exigences PEB) sont l’utilisation rationnelle de l’énergie
profondies d’immeubles atteignent à terme public cible particulier, à savoir : appliquées dans chaque région aux travaux (URE) et le recours aux sources
des performances très basse énergie, voire –– La création en 2006 d’un Fonds de Ré- de construction avec autorisation de l’ur- d’énergie renouvelables (SER)
un comportement solaire passif ou même un duction du Coût global de l’Énergie banisme. En cas de nouvelle construction, Le levier le plus efficace pour pousser
niveau « zéro carbone ». (FRCE) qui s’adresse tout particulière- grande extension ou transformation d’un les utilisateurs à l’URE et avoir recours aux
Un deuxième volet des directives sur ment aux personnes les plus démunies31. logement, le pack d’exigences est étendu : SER passe par des incitants financiers. Il
la performance énergétique des bâtiments Dans le cadre de la nouvelle réforme exigences en termes d’isolation thermique, s’agit principalement de mesures fiscales ou
impose l’établissement d’un «  certificat de institutionnelle qui est actuellement en un niveau de performance énergétique à at- de primes, dont les montants sont actualisés
performance énergétique » lors de toute tran- cours, ce fonds devrait faire l’objet d’un teindre et des exigences en matière d’envi- chaque année. Sont ainsi visés l’isolation du
saction concernant une habitation ou un ap- transfert de compétences vers les Ré- ronnement climatique intérieur. (EC-B05). toit, des murs, des sols, le remplacement du
gions. Les dispositions spécifiques de la PEB sont simple vitrage par du double vitrage, l’iso-
partement (vente, location). Ce certificat est
–– La mise sur pied de FEDESCO, société également appliquées au niveau du secteur lation thermique d’une maison unifamiliale
établi par des experts énergétiques formés et
anonyme de droit public établie à l’ini- tertiaire (EC-C02) et devraient l’être pour les neuve, la construction d’une maison passive
agréés.
tiative du Gouvernement fédéral, ayant bâtiments industriels (EC-C04). unifamiliale, l’installation d’un système de
Des primes aux investissements écono- pour objet l’amélioration de l’efficience ventilation avec récupération de chaleur,
miseurs d’énergie (et au recours aux énergies énergétique des bâtiments des adminis- Dans le secteur médical, social et de
les chaudières au gaz basse température ou
renouvelables), tant pour les particuliers que trations fédérales par un mécanisme de l’enseignement, les régions ont aussi mis en
à condensation ou générateur d’air chaud,
pour les personnes morales, sont accordées tiers investisseur. place des programmes et réglementations les chauffe-bains instantanés au gaz natu-
par les pouvoirs publics régionaux. En Wal- spécifiques de performance énergétique qui rel ou générateur d’eau chaude à conden-
Ces initiatives visent des objectifs à un sont détaillés dans la mesure EC-C03.
lonie et en Région de Bruxelles-Capitale, ces sation, les aérothermes, générateurs d’air
horizon de temps au-delà de la première pé-
primes sont financées du moins en partie par riode de Kyoto mais commencent déjà à dé- Au sein des 3 régions, il a été procédé à
un fonds énergie et gérées directement par livrer des premiers résultats. la reconnaissance des experts énergétiques
les pouvoirs publics. En Flandre, ces primes pour l’exécution d’audits énergétiques dans
sont distribuées par les distributeurs d’élec- les habitations, de sorte qu’un conseil de
tricité auxquels des quotas proportionnels à qualité puisse être fourni (EC-A04). 31 http://www.frce.be/index.html

71
chaud à condensation et appareils rayon- seurs d’énergie aux personnes qui ne pou- ver les obstacles à l’investissement en vue les changements climatiques dans le secteur
nants – chauffage, les pompes à chaleur, les vaient bénéficier, ou seulement en partie, d’économiser l’énergie, le Gouvernement industriel sont d’une part la mise en œuvre
chaudières biomasse (bois, céréales, etc.), de l’avantage fiscal fédéral sur l’impôt des fédéral a créé le 4 mars 2005 une société du système de droits d’émission européen
les régulations thermiques (vannes ther- personnes physiques. Ce mécanisme fiscal belge de services en énergie (Energy Service (système d’échanges de quotas d’émission,
mostatiques, thermostats, etc.), les audits est en grande partie abandonné désormais Company – FEDESCO). Cette société finan- SEQE) et d’autre part un ensemble d’ac-
énergétiques, les audits par thermographie pour des raisons budgétaires et de transfert cée par des capitaux publics et privés investit cords sectoriels passés entre les pouvoirs pu-
infrarouge, les unités de cogénération, les de compétences : seule l’isolation des toits dans des projets présentant un potentiel in- blics flamands et wallons et leurs principaux
analyses des consommations électriques demeure déductible. téressant de diminution de la consommation acteurs industriels. Les deux ont longtemps
(pour syndics), l’installation d’un système Au sein des régions, il convient égale- d’énergie, mais dont le coût d’investisse- été liés, tant que les États/Régions avaient
de gestion des installations électriques (pour ment de citer le crédit à la rénovation éner- ment est trop élevé pour le propriétaire ou en charge l’élaboration d’un plan d’alloca-
syndics), l’amélioration de l’efficience gétique (« Energierenovatiekrediet ») ou l’administrateur du bâtiment. tion de quotas, dans la mesure où le contenu
énergétique et photométrique de l’éclairage les prêts à taux zéro. Depuis 2008, la Ré- Les économies réalisées sur la facture technique des accords fournissait au système
(pour syndics). gion flamande a instauré une réduction du énergétique servent dans un premier temps SEQE la méthodologie d’évaluation des
précompte immobilier pour les nouvelles à rembourser l’investissement consenti émissions des sites industriels qui devaient
La liste des investissements soutenus
constructions économes en énergie. En Wal- par la société ESCO puis bénéficieront au recevoir des allocations de quotas d’émis-
est régulièrement mise à jour en fonction de
lonie, ces mécanismes ont débouché sur une client. Fedesco est opérationnelle depuis sions.
l’actualité et des priorités que les pouvoirs
politiques se donnent. En particulier les véritable politique énergétique dénommée septembre 2005. Fin 2007, Fedesco s’est vue Pour ce qui concerne le système SEQE,
primes s’adaptent au fur et à mesure que de « Alliance Emploi-Environnement » dans octroyer une mission complémentaire en ce toutes les procédures d’allocation, de vé-
nouvelles contraintes réglementaires appa- le cadre de laquelle les pouvoirs publics qui concerne l’installation de panneaux so- rification et de rapportage sont en place et
raissent, afin de ne soutenir que les efforts proposent aux propriétaires d’immeubles laires photovoltaïques sur les toits des bâti- opérationnelles. La vente aux enchères de
réalisés au-delà de la norme imposée. Le de véritables contrats de rénovation de leur ments des autorités fédérales. quotas d’émissions est en place.
renforcement des aides vers l’isolation no- habitation. Pour autant que les propriétaires
En Wallonie, les accords sectoriels ont
tamment dans la rénovation et vers les bâ- s’engagent sur un programme de travaux IP : Agir sur le secteur industriel
pris la forme d’accords de branche portant
timents passifs ou basse énergie devrait par- concernant au moins un aspect « améliora-
Dans l’industrie, la combinaison des al- sur l’amélioration de l’efficience énergétique
ticiper à l’amélioration de la réduction des tion de l’enveloppe du bâtiment » et un aspect
locations de quotas CO2 du système SEQE et et des émissions qui y sont liées sur les sites
émissions de CO2. « amélioration des systèmes de chauffage ou
des engagements des entreprises via : concernés. En Flandre, deux types d’accord
d’eau chaude sanitaire  », ils bénéficient en
La réduction fiscale applicable et les mon- contrepartie de la jouissance d’un ensemble –– les accords de branche énergie/CO2 en existent : des accords de « benchmark » pour
tants maximaux susceptibles d’être déduits de primes et peuvent couvrir le solde des Wallonie, les grands consommateurs d’énergie, et des
ont été progressivement augmentés jusqu’en investissements par un prêt à taux zéro. Ce –– la convention énergétique en Flandre, « audits covenanten » pour les consomma-
2012. Par le biais de la loi-programme de fin système intègre en outre les aides à la réha- teurs de moyenne importance. Ces accords
a permis d’enregistrer des réductions ont remporté un grand succès et impliquent
2006, la réduction fiscale pour des investis- bilitation des logements et celles réservées d’émissions significatives, au-delà de la per-
sements énergétiquement économes dans les aux plus démunis. Il a rencontré un succès un très grand nombre d’entreprises. Ils
formance dite « business as usual » couvrent plus de 80 % de la consommation
habitations a été doublée, à savoir de 1 000 marqué dès sa mise en œuvre.
à 2 000 euros Cette réduction fiscale pouvait Des résultats significatifs sont également d’énergie finale de l’industrie dans chacune
être cumulée aux primes offertes par les ré- enregistrés en ce qui concerne la réduction des deux Régions.
gions et/ou les gestionnaires du réseau dans EC-C01 / OB-B02 Recours à un fond des émissions de procédés industriels, tout En outre, les Régions ont établi éga-
le cadre de leurs obligations de service pu- de tiers investisseurs dans le secteur particulièrement en matière d’émissions de lement des aides à l’investissement dans
blic relatives à l’URE (voir aussi EC-A01). public N2O. les économies d’énergie ou le recours aux
Depuis 2008, la Région flamande offrait une Afin de promouvoir l’efficacité énergé- Les grands axes de la politique de énergies renouvelables dans l’industrie. Ces
prime pour les investissements économi- tique dans les bâtiments publics, et de le- conservation de l’énergie et de lutte contre mécanismes ont notamment été développés

72 4. Politiques et mesures
dans le cadre des politiques régionales de IP-A01 Plan d’Allocation des quotas La part des États et Régions dans l’éla- Membres (et chez nous les Régions concer-
soutien à l’expansion économique. 2008-2012 boration du système SEQE pour les années nées), prennent en charge la transcription
L’État fédéral, ici aussi, accorde des dé- 2013-2020 est devenue essentiellement des allocations au niveau des entreprises, la
Aux fins de la mise en œuvre de la direc-
ductions fiscales pour investissements de ce opérationnelle. La Commission européenne gestion des registres et les procédures de vé-
tive 2003/87/CE, les Régions ont été respon-
type. Ces aides fiscales ont rencontré un suc- prend maintenant en charge l’élaboration rification sur site.
sables de Plans d’Allocation de quotas aux
cès limité, peut-être par manque d’informa- installations situées sur leur territoire, par- d’un plan d’allocation européen, répartissant
tion ou d’attractivité (cf. IP-A06). ticipant à l’échange des droits d’émissions. la charge par secteur, en se basant notam- IP-A02 Accords de branche et
Le plan national belge d’allocation de quo- ment sur les performances d’installations Accords volontaires
tas se composait des trois plans régionaux. de référence servant de «  benchmarks  » En synergie avec le Plan d’Allocation, les
L’autorité fédérale coordonnait le plan belge pour l’octroi de quotas dans les situations Régions ont conclu des Accords de branche
et assurait le rôle d’interlocuteur pour les où les entreprises bénéficient de quotas gra- avec les principales fédérations industrielles.
contacts avec la Commission européenne. tuits (risque de carbon leakage). Les États Les Accords de branche en Belgique s’inté-
ressent essentiellement à l’amélioration de
l’efficacité énergétique.
En Flandre, les entreprises dont la
consommation d’énergie annuelle est d’au
Tableau 4.6 Procédés industriels (IP) ; Clusters IP-A, IP-B et IP-C
moins 0,1 PJ ont été encouragées à réduire
Entités responsables leur consommation énergétique en concluant
Procédés industriels une convention énergétique. Dans la conti-
Fédéral Flandre Wallonie Bruxelles nuité du précédent accord en matière d’audit
IP-A : action sur la production de CO2 : Maximisation de l’efficacité énergétique de l’industrie et de benchmarking, les autorités flamandes
ont établi, en concertation avec les secteurs,
IP-A01 : plan d’allocation des quotas 2008-2012 X X X
une convention énergétique pour, d’une
IP-A02 : accords de branche et accords volontaires X X part, les entreprises couvertes par le système
SEQE et, d’autre part, les entreprises non
IP-A03 : établissement de plans énergétiques par l’industrie X
couvertes par le système SEQE pour la pé-
IP-A04 : centre de référence X X riode 2013-2020. Les entreprises qui signent
la convention énergétique s’engagent à éta-
IP-A05 : promotion des zones d’activités durables X X X
blir un plan énergétique et à exécuter toutes
IP-A06 : mesures financières spécifiques et prime écologique X X X X les mesures rentables qui en découlent. Par
IP-B : action sur les composés fluorés ailleurs, les entreprises qui adhèrent à la
convention s’engagent à effectuer des études
IP-B01 : réduction des émissions de composés fluorés : HFCs, PFCs X X X X de potentiel pour la cogénération de qualité
IP-B02 : réduction des émissions de composés fluorés : SF6 X X X et pour les chaînes du chaud et du froid et à
mettre en œuvre des mesures de gestion de
IP-C : action sur la production de N2O
l’énergie. Les autorités flamandes suggèrent
IP-C01 : accord spécifique avec les producteurs d’acide nitrique X X en contrepartie qu’aucune mesure politique
flamande supplémentaire ne soit imposée en
IP-C02 : réduction des émissions de N2O émanant de l’industrie du caprolactame X
vue de l’amélioration de l’efficacité énergé-
tique ou de réductions des émissions de CO2

73
pour les activités industrielles qui ne relèvent En Région de Bruxelles-Capitale, les être appliquées de manière cumulative avec précisent notamment certains éléments du
pas de la convention. entreprises ont la possibilité de participer d’autres mécanismes de soutien, à savoir les règlement 842/2006.
En Wallonie, les Accords de branche au système de label d’entreprise éco-dyna- certificats verts et les certificats de cogéné- Les trois Régions ont également adop-
mique. Ce système de management environ- ration ainsi qu’avec la déduction fiscale fé- té, conformément aux règlements 842/2006
portent sur plus de 80 % de la consommation
nemental visant le label « Entreprise éco-dy- dérale. et 303/2008 (lequel précise le règle-
énergétique de l’industrie wallonne. Selon
namique » est une reconnaissance officielle ment  842/2006 en matière de certification
les termes de ces Accords, les secteurs in-
en Région de Bruxelles-Capitale des bonnes des entreprises et des techniciens frigoristes),
dustriels s’engagent chacun sur un objectif IP-B01 , IP-B02 (et WA-E)
pratiques de gestion environnementale mises
d’amélioration de leur efficacité énergétique Réduction des émissions de composés des dispositions réglementaires ayant pour
en œuvre dans les entreprises. Il récompense
et de leur efficacité en matière d’émission de fluorés objectif l’agrément des techniciens chargés
leur dynamisme environnemental et leurs
gaz à effet de serre (ici uniquement du CO2) de l’installation et de la maintenance des
progrès en matière, notamment, de gestion La Belgique s’inscrit dans la lutte contre
à un horizon donné. Ces objectifs sont dé- applications fixes contenant des gaz réfri-
des déchets, d’utilisation rationnelle de les émissions de composés fluorés, confor-
terminés de manière objective par des audits gérants fluorés. Des centres de certifications
l’énergie, et de gestion de la mobilité. mément au règlement (CE) n° 842/2006 re-
en considérant tous les investissements qui reconnus par les trois Régions organisent des
sont réalisables et répondent à des critères latif aux gaz fluorés qui ont un impact sur formations et des examens de certification
de rentabilité exigeants, afin de s’assurer que IP-A06 Mesures financières l’effet de serre et conformément aux direc- destinés aux techniciens.
les entreprises participantes s’engagent dans spécifiques et prime écologique tives 2006/40/CE et 2000/53/CE.
La Région flamande a également adop-
un plan d’action qui va bien au-delà du « bu- Les entreprises peuvent bénéficier d’un Le règlement européen 842/2006 stipule té une réglementation similaire pour ce
siness as usual ». En contrepartie, les auto- avantage fiscal lorsqu’elles investissent dans notamment que les États membres de l’UE qui concerne les systèmes de protection
rités publiques régionales, dans le cadre de les économies d’énergie. En effet, certains doivent établir des programmes de forma- contre l’incendie (application des règle-
leurs compétences, s’engagent à ne pas im- investissements économiseurs d’énergie tion et une certification du personnel et des ments 842/2006 et 304/2008) contenant des
poser par voie réglementaire des exigences donnent droit à une déduction pour inves- entreprises impliquées dans l’installation, gaz fluorés et les appareillages de connexion
complémentaires en matière énergétique et tissement de l’ordre de 13,5 % de la va- l’entretien et le service après-vente des ins- à haute tension contenant du SF6 (applica-
d’émissions de gaz à effet de serre concer- leur d’investissement. Les immobilisations tallations frigorifiques. Il instaure également tion des règlements 842/2006 et 305/2008)
nés par l’Accord de branche aux entreprises doivent se rapporter à une utilisation plus un régime de contrôle périodique des équi- et pour le personnel chargé de récupérer les
contractantes. Elles s’engagent également à rationnelle de l’énergie, à l’amélioration des pements de production de froid contenant agents frigorigènes émis par les systèmes de
défendre, auprès des autorités nationales et processus industriels au point de vue éner- des gaz à effet de serre fluorés. conditionnement d’air des automobiles et
européennes, le principe d’une exonération gétique, à la récupération d’énergie dans des utilitaires légers (application des règle-
La directive 2006/40/CE impose une
de toute taxe énergie/CO2 ou tout au moins l’industrie, etc. Ils correspondent à l’une des ments 842/2006 et 307/2008). Étant donné
certaine étanchéité aux appareils de régula-
de ses effets. L’engagement des entreprises catégories listées. Cette déduction est opérée que, conformément à la réglementation eu-
tion climatique présents dans les véhicules
est volontaire. sur leurs bénéfices ou profits. ropéenne précitée, les certificats obtenus par
et interdit l’utilisation de HFC présentant un
Ces accords sont en phase de reconduite les entreprises et les techniciens sont des cer-
Par le biais de la prime d’aide à l’in- potentiel de réchauffement de la planète su-
pour la période 2013-2020, en y intégrant tificats européens, ils sont par voie de consé-
vestissement, les régions promeuvent les périeur à 150 dans les nouveaux véhicules.
notamment un volet spécifique concernant quence valables sur l’ensemble du territoire
investissements en matière d’efficacité éner-
les opportunités d’exploitation des sources La directive 2000/53/CE traite de la ré- belge.
gétique au sein de l’industrie. On entend
d’énergie renouvelables sur les sites indus- cupération des HFC des épaves.
ici par investissements écologiques : des La Région flamande prévoit également
triels, et en demandant aux entreprises d’éta- investissements environnementaux, des in- Les trois Régions ont adopté des régle- des possibilités de primes écologiques (voir
blir un « mapping CO2 » de leurs principaux vestissements dans le domaine de l’énergie, mentations concernant l’exploitation des la mesure IP-A06) pour la transformation
produits, soit à travers un bilan carbone de des investissements dans les énergies renou- équipements fixes de réfrigération, de cli- d’applications de réfrigération contenant
leur site, soit en effectuant une analyse du velables et des investissements dans la co- matisation et de pompe à chaleur contenant des gaz fluorés. Une prime écologique peut
cycle de vie de leurs produits. génération. Ces mesures de soutien peuvent des gaz réfrigérants. Ces réglementations également être obtenue pour l’installation de

74 4. Politiques et mesures
Tableau 4.7 Transports ; Clusters TR-A, TR-B, TR-C et TR-D

Entités responsables
Transports
Fédéral Flandre Wallonie Bruxelles
TR-A : favoriser l’inter-modalité des moyens de transport
TR-A01 : plan de mobilité ou de déplacement à l’échelle locale (communes, entreprises) X X X X
TR-A02 : améliorer et promouvoir les transports publics X X X X
TR-A03 : promotion de l’utilisation du vélo X X X X
TR-A04 : promotion des systèmes multimodaux pour le frêt X X X X
TR-A05 : amélioration de l’efficacité du transport (gestion des engorgements et régulation du trafic) X X X
TR-A06 : contraintes urbanistiques sur le stationnement X X X
TR-A07 : taxation sur le transport routier X
TR-A08 : gratuité des transports en commun pour les employés X X
TR-B : augmentation de l’efficacité du transport
TR-B01 : promotion du covoiturage X X X X
TR-B02 : promotion du car-sharing X X X
TR-B03 : promotion du télétravail X X X
TR-B04 : amélioration de l’efficacité de transport du transport de marchandises X X X
TR-B05 : conduite économique X X X X
TR-C : Promouvoir les véhicules plus respectueux de l’environnement
TR-C01 : mesures fiscales pour l’achat de véhicules neufs X X
TR-C02 : promotion à l’achat de véhicules économes en énergie X X X X
TR-C03 : évaluation des impacts environnementaux des véhicules et réforme de la taxe de circulation et de la taxe sur la X X X
mise en circulation (ECOSCORE)
TR-C04 : aide spécifique à la construction de véhicules propres X
TR-C05 : BAT dans les transports en commun X X
TR-D : Biocarburants
TR-D01 : défiscalisation des biocarburants X

75
nouvelles applications de réfrigération utili- TR : Développer les moyens de transport TR-A01 / OB-C01 Plan de mobilité cement des capacités de transport et de la
sant des agents réfrigérants écologiques. durable La réalisation de plans de mobilité à qualité du service.
Une politique visant à réduire les émis- l’échelle locale, soit au niveau des villes et Au niveau de l’État fédéral, la mission de
sions de GES en provenance des transports communes, soit en relation avec les entre- base impartie aux sociétés de droit public du
IP-C01 et IP-C02 Réduction des doit s’articuler le long des 3 axes suivants : Groupe SNCB/NMBS (chemins de fer) est
prises ou les institutions publiques (écoles,
émissions de N2O dans les industries administration) est entreprise par l’ensemble double : d’une part, promouvoir le transport
1. réduire les besoins en mobilité en encou-
d’acide nitrique et de caprolactame rageant par exemple le travail à domicile, des entités fédérées. Ces plans locaux visent ferroviaire sur le réseau belge, offrant ainsi
les vidéoconférences ou en réduisant les à optimiser les déplacements des passagers une alternative aux autres moyens de trans-
Les émissions de N2O à la fabrication port moins respectueux de l’environnement,
d’acide nitrique sont le fait de plusieurs distances entre zones de logement, d’ac- concernés et à limiter le recours aux combus-
tivité et de loisirs et d’autre part, garantir un service de qualité
tibles fossiles.
sites. Dans une première étape, la Région fla- optimale de manière à ce que l’évolution du
2. si le déplacement est incontournable,
mande et la direction de l’entreprise avaient Pour le transport de passagers, les plans trafic ferroviaire soit plus élevée que l’évolu-
veiller à ce qu’il soit effectué avec les
conclu un Accord visant à considérablement de mobilité intègrent les politiques et me- tion générale du trafic tous moyens de trans-
moyens de transport les plus respectueux
de l’environnement  : marche ou bicy- sures visant à améliorer la qualité et l’offre port confondus.
réduire les émissions sur les sites flamands
clette pour les petits trajets, transports en de transports en commun, à inciter les per- En Région flamande, les déplacements
en recourant notamment à un catalyseur dé- sonnes à privilégier les alternatives à la voi-
commun pour les plus grandes distances domicile-lieu de travail revêtent une attention
veloppé par cette entreprise. ture personnelle pour se rendre sur leur lieu
3. si le déplacement doit impérativement prioritaire à court terme. Le « Pendelplan »
Depuis 2011, un accord a également per- être effectué par la route, encourager les de travail, à la promotion du vélo, etc. Ces (navettes) indique l’élaboration concrète des
mis d’obtenir des réductions d’émissions du usagers à conduire de manière souple, mesures passent notamment par l’adaptation actions nécessaires en ce qui concerne les
respectant l’environnement, à acquérir des réglementations relatives à l’aménage- déplacements domicile-lieu de travail. Les
même ordre de grandeur en Wallonie. Cet
des véhicules performants, à se regrou- ment des voiries, la signalisation, etc., per- transports publics en Flandre sont également
accord a pris la forme d’un projet d’applica- per à plusieurs dans un même véhicule mettant d’augmenter la vitesse commerciale étendus et améliorés notamment par des tra-
tion conjointe domestique. lorsque l’occasion se présente. des transports en commun et de renforcer la vaux d’infrastructure nécessaires. En outre,
Les émissions de N2O émanant de la sécurité des usagers faibles de la route (pié- les campagnes de sensibilisation nécessaires
Deux aspects sont particulièrement dé-
tons cyclistes). sont également mises en œuvre (voir le cha-
production du caprolactame se situent en veloppés dans le Plan National Climat :
pitre consacré à la sensibilisation). Diverses
Flandre et proviennent d’un seul fabricant. –– la promotion des transferts modaux, que mesures de promotion des transports en
L’entreprise a déjà entrepris des initiatives ce soit pour remplacer des déplacements TR-A02 Améliorer et promouvoir les commun ont été prises en Wallonie. On peut
concrètes tendant à réduire les émissions en voiture individuelle par l’usage des transports publics (TR-A02) notamment citer : la gratuité pour les enfants
d’oxyde nitreux. Ainsi, une étude a été me- transports en commun (train, bus, métro) jusqu’à 12 ans, la réduction de 50 % du prix
Une des priorités de la Belgique en
ou pour développer le transport de mar- de l’abonnement pour les scolaires jusqu’à
née concernant les technologies de réduction matière de mobilité est de favoriser l’inter-
chandises par chemin de fer ou par les 24 ans, des mesures spéciales pour les per-
des émissions disponibles. Celle-ci trace des modalité, par la promotion des transports
voies navigables sonnes qui restituent une plaque d’immatri-
perspectives prometteuses pour une réduc- –– des incitants financiers orientant le choix en commun. Cette volonté de diversifier
culation à l’administration, etc.
tion effective des émissions à moyen terme des usagers vers des véhicules moins l’offre en matière de type de transport de
passagers et de marchandises s’exprime par Les Maisons de la Mobilité TEC32 dis-
(via l’intégration de catalyseurs). En outre, consommateurs d’énergie.
des mesures complémentaires prises aux pensent, outre les informations liées à la
l’entreprise réalise d’ores et déjà une réduc- échelles fédérales et régionales. De grands
tion des émissions par rapport au niveau projets d’infrastructures sont mis en œuvre 32 Les entreprises de transport public sont appe-
d’émission de 1990 grâce à une optimisation en concertation entre les différentes autorités lées « TEC » en Wallonie, « De-Lijn » en Flandre et
des processus de production utilisés. (RER, projet Diabolo, etc.), visant le renfor- « STIB/MIVB » à Bruxelles.

76 4. Politiques et mesures
mission de prestataire d’autobus, toute une la priorité aux transports en commun dans activité liée au vélo offertes par des entre- Chaque autorité (fédérale, et dans les 3
série de renseignements sur les acteurs de la les centres urbains et partant, accroître leur prises d’économie sociale. Régions) propose une formule de télétravail
mobilité présents en Wallonie : les partena- attrait par rapport à l’automobile (TR-A05). Les trois Régions ont mis en œuvre di- à son personnel.
riats avec les sociétés de taxis, la promotion verses mesures pour promouvoir l’utilisation
des voitures partagées Cambio, le vélo, les du vélo :
abonnements combinés TEC-SNCB, TEC- TR-A03 Promotion de l’utilisation du TR-B05 Eco-conduite
STIB, TEC-De Lijn, l’échange de sa plaque vélo –– un programme d’investissement en vue En application de la directive 2003/59/
d’immatriculation, etc. L’utilisation du vélo est particulièrement d’aménager des pistes cyclables le long CE, transposée en droit belge par l’arrê-
préconisée pour les petits trajets (< 5 km) à des voiries régionales té royal du 4 Mai 2007, l’introduction de
Quelle que soit leur efficacité, les trans- –– l’ouverture aux vélos de la circulation
ports en commun ne peuvent répondre seuls l’instar de la marche à pied en remplacement « certificat d’aptitude professionnelle » pour
de l’automobile. dans les deux sens dans les rues à sens la conduite des véhicules a pour but de pro-
à tous les besoins en déplacements. La STIB unique
mène dès lors en Région de Bruxelles-Ca- Depuis le 1er janvier 1998, le Gouverne- voquer un changement de comportement
–– la mise en place d’un certain nombre de dans le style de conduite des conducteurs, y
pitale une politique d’intermodalité, une ment fédéral encourage fiscalement les dé- facilités appropriées (espaces de station-
placements à vélo. Désormais, l’indemnité compris des chauffeurs professionnels. Les
recherche permanente de complémentarité nement spécifiques, stations de location
versée par un employeur à son travailleur, principes de la conduite économique (vitesse
entre les transports en commun et d’autres de vélos et services de petites répara-
dans le cadre des déplacements domicile-tra- adaptée, changements de vitesses adéquats,
moyens de transport. tions) aux principaux arrêts et stations
vail effectués à vélo, est exonérée d’impôts utilisation judicieuse des accessoires, pres-
Depuis 2006, la Région propose la prime des transports publics notamment sion correcte des pneus, etc.) doivent devenir
et de charges sociales à concurrence d’un –– la construction du réseau d’itinéraires
Bruxell’Air aux Bruxellois qui remettent des automatismes du conducteur, qu’il doit
maximum de 0,15 euro par km parcouru. En réservés aux piétons, aux cyclistes, aux
leur plaque d’immatriculation. Au moyen appliquer quotidiennement au volant de son
mars 2010, le montant maximum exonéré a personnes à mobilité réduite et aux ca-
de cette prime d’une valeur de 525 euros, la véhicule.
été fixé à 0,20  euro par km et sera doréna- valiers
Région encourage les Bruxellois à renoncer
vant indexé. Pour 2013 cela correspond à un –– dans diverses villes, afin de favoriser les Après avoir déjà intégré en sep-
à leur voiture et à faire détruire leur vieille
montant de 0,22 euro par km. déplacements occasionnels à vélo, un tembre 2008 la conduite économe dans le
voiture polluante. La prime Bruxell’Air
L’acquisition et la mise à disposition de système de location de vélos stationnés contenu des cours et de l’examen pour le
consiste en un abonnement en transports en
vélos de service, destinés aux déplacements en rue a été mis en place. permis de conducteur des bus et autocars
commun et/ou à un chèque-vélo, combiné à
professionnels ou aux déplacements domi- (Groupe D), l’éco-conduite est étendue aux
un abonnement Cambio (car-sharing). Sur Dans l’administration fédérale et celle
cile-travail du personnel, ainsi que l’entre- cours théoriques, pratiques et à l’examen
une période d’un an, plus de 1 500 Bruxel- des Régions, une indemnité kilométrique est
tien et la réparation des vélos, peuvent faire de permis de conduire pour les camions
lois auront reçu leur prime Bruxell’Air. octroyée aux fonctionnaires qui utilisent leur
l’objet d’une déduction majorée de 120 %. (Groupe C) en septembre 2009.
Le faire-valoir de ces mesures réside vélo pour (une partie de) leurs déplacements
Une attention particulière a été réservée domicile / travail (OB-C03). Des actions sont menées à l’intention du
dans l’offre de la gratuité du transport do-
à la promotion de l’utilisation du vélo dans grand public et de groupes cibles spécifiques
micile-lieu de travail pour les usagers (TR-
les nouveaux contrats de gestion (ainsi que (comme les représentants de commerce ou
A08) et les fonctionnaires (OB-C02).
dans les plans d’entreprises) d’Infrabel et de TR-B03 Promotion du télétravail les chauffeurs professionnels) et des pou-
L’attrait des transports en commun est la SNCB. Ainsi, les autorités ont obtenu les voirs publics (par ex. formation du personnel
Le télétravail participe à la diminution du
aussi renforcé par une image visible de du- engagements d’augmenter le nombre de par- communal).
trafic routier aux heures de pointe (conges-
rabilité qui passe par l’utilisation des meil- kings vélos et d’optimiser la surveillance des tion) puisque le travailleur reste chez lui et À des degrés divers, les Régions ont ac-
leures technologies disponibles (voir TR- abris vélos. le développement de « points vé- est d’autant plus efficace que le travailleur quis les dispositifs techniques nécessaires
C05). los » dans les gares, proposant ainsi des es- habite loin de son lieu de travail. Le télétra- et ont développé des formations, jusqu’à
Enfin, des mesures de régulation du tra- paces pour offrir des services de location de vail est encouragé, en concertation avec les présent essentiellement orientées vers les
fic routier sont mises en place pour donner vélos, de réparation de vélos ou toute autre partenaires sociaux. conducteurs professionnels (chauffeurs de

77
camions ou de transports publics). Elles font Le 21 janvier 2011 a été conclu un accord mobilité et la qualité de l’air, et d’augmenter critères environnementaux (les meilleurs
parfois face à des problèmes budgétaires politique entre les trois Régions en vue d’une la performance environnementale du sys- résultats possibles pour les gaz à effet de
pour assurer le plein développement de leurs réforme de la fiscalité routière. Cet accord tème de transport dans les trois Régions. serre, amélioration de l’efficacité éner-
projets. prévoit que, dans le respect des particularités Afin de mettre en œuvre cet accord, les gétique dans tous les secteurs), agrono-
de chaque Région, ces dernières conviennent Régions ont créé un comité technique com- miques (les doses les moins élevées de
de coopérer en vue d’une réforme de la fisca- mun qui a pour mission de mettre en œuvre pesticides et de fertilisants) et de distance
TR-C03 Évaluation des impacts lité routière qui constitue en :
environnementaux des véhicules les aspects de coopération et de concertation (distance la plus courte entre le site de
1° L’introduction pour les poids lourds entre les trois Régions et de procéder à l’exa- production de biomasse et l’unité de pro-
(Ecoscore) réforme des taxes de
d’un système de péage en fonction du men des modalités concrètes des systèmes. duction), etc.
circulation et des taxes de mise en
nombre de kilomètres réellement parcourus, –– en fonction de ces critères, les autorités
circulation En août  2011, le marché d’étude sur la
en lieu et place du système Eurovignette au- ont approuvé la production et la com-
réforme de la fiscalité routière a été attribué
Cette mesure comporte en fait deux vo- quel adhère aujourd’hui la Belgique et qui
au consortium Fairway. Un comité politique mercialisation de biocarburants par un
lets distincts : consiste en un droit d’usage forfaitaire ap-
(CICP) et un comité administratif (CICA) nombre limité de producteurs, sélection-
pliqué aux poids lourds pour l’utilisation des
avec douze groupes de travail ont analysés nés par l’intermédiaire d’un appel à pro-
infrastructures routières principales.
Le volet Ecoscore : les différentes facettes du projet. Une « ar- positions,
2° L’introduction, préalablement à la chitecture provisoire  » a été approuvée fin –– le Gouvernement fédéral a autorisé
Ces mesures sont renforcées à l’échelle mise en œuvre éventuelle d’un prélèvement juillet 2012 par les trois Gouvernements ré- l’exonération fiscale de certaines quan-
des régions par la promotion des véhicules kilométrique pour les véhicules légers, d’un gionaux. Après consultation des parties pre-
plus respectueux de l’environnement dans tités de bioéthanol et de biodiesel et de
droit d’usage à la durée des infrastructures nantes suivie d’une consultation du marché,
tous ces aspects (CO2 et autres polluants). quantités établies de biocarburants à in-
routières, applicable aux véhicules légers – la une « architecture définitive », tenant compte
Cette évaluation est notamment réalisée via vignette électronique. Dans un souci d’équi- corporer à l’essence et au diesel offerts
des remarques formulées par la Commission
le système Ecoscore, qui classe les automo- té, ce droit d’usage forfaitaire à la durée de- sur le marché.
européenne qui a été consultée, doit être
biles en fonction de leurs impacts environ- vra également être applicable aux véhicules fournie prochainement. Sur base de l’«  ar- Ces règlements sont aujourd’hui en cours
nementaux potentiels. Ce faisant, les divers étrangers circulant sur le réseau routier belge chitecture définitive », un cahier des charges de révision et seront mis à jour afin de tenir
effets nuisibles (effet de serre, nuisances so- afin que tous les utilisateurs des infrastruc- sera élaboré et un Single Service Provider compte des nouveaux critères établis par
nores et qualité de l’air, impact sur la santé et tures routières participent à leur coût. (SSP) sera retenu. La préparation du projet l’Union européenne. Ces critères envisagent
les écosystèmes) entrent en ligne de compte 3° L’introduction, concomitante au droit par le SSP débutera mi 2014 pour un lance- notamment des taux d’incorporation de 6 %
dans la détermination de l’Ecoscore. d’usage, de nouveaux modes de calcul pour ment effectif fin 2015 – courant 2016. dans le diesel, de 9 % dans l’essence E10 et
Remarque : L’achat de véhicules respec- la taxe de circulation et la taxe de mise en de 4 % dans l’essence E5 ( % en volumes).
tueux de l’environnement fait partie intrin- circulation, qui doit mener à une fiscalité Ils ouvrent également la voie à la production
TR-D01 Défiscalisation des
sèque du rôle d’exemple des pouvoirs pu- plus verte, réduire la charge et l’impact en- et à l’incorporation éventuelles de biocarbu-
biocarburants
blics (OB-C07) et est repris dans les termes vironnemental du trafic, et internaliser les
rants de deuxième génération.
des marchés durables (OB-A01). coûts liés à l’usage des routes. La base im- Conformément à la législation euro-
posable sera constituée de paramètres envi- péenne relative à la promotion des biocarbu- Dans ce contexte en pleine évolution, la
ronnementaux. Elle sera fixée en fonction rants, la Belgique a adopté plusieurs initia- Belgique a été autorisée par la Commission
Le volet fiscal : de l’émission de CO2 et des principaux pol- tives : européenne à organiser une suppression pro-
Ce volet s’est élargi et porte maintenant luants (microparticules, NOx, bruit, etc.). –– la production des biocarburants est sou- gressive sur un an de l’exonération fiscale et
sur une coopération interrégionale en vue de Selon les termes de l’accord, la réforme mise à des spécifications établies dans une transition progressive vers de nouvelles
modifier toute la fiscalité régionale liée aux de la fiscalité routière a pour but d’instaurer une loi sur les biocarburants datant du prescriptions en matière de production et de
transports routiers. une fiscalité plus équitable, d’améliorer la 10 juin 2006, qui fixe en particulier des commercialisation.

78 4. Politiques et mesures
TR-C01 / TR-C02 / OB-A01 / OB-C07 –– Toujours du côté de l’employeur, en mesure centrale. Elle passe aussi par l’amé- mobilité, qui est en cours d’élaboration, pré-
Achat de véhicules neufs économes en matière de déductibilité de frais, des lioration des moyens de transport fluvial et voient des mesures de promotion en faveur
énergie nouvelles mesures sont rentrées en appli- ferroviaire. de la navigation intérieure. Le Flanders In-
Dans le cadre de la révision de la directive cation depuis le 1er janvier 2012 : la dé- À cet égard, le Gouvernement fédé- land Shipping Network (FISN, réseau fla-
ductibilité fiscale des voitures de société ral soutient le programme NAIADES de la mand de navigation intérieure), la conven-
européenne (1999/94/CE), le Gouvernement
est davantage fonction des émissions de Commission européenne promouvant la na- tion de navigation intérieure 3E et le plan
fédéral prend toutes les mesures nécessaires
CO2. vigation fluviale, notamment par l’exonéra- d’action 3E pour la navigation intérieure
afin de faire appliquer correctement l’AR
du 5/09/2001 visant à renforcer et contrôler En Région wallonne, un incitant écofis- tion fiscale de l’impôt sur les plus-values ré- œuvrent également à une navigation inté-
les dispositions légales concernant la men- cal portant sur l’acquisition, par toute per- alisées sur les bateaux fluviaux destinés à la rieure plus écologique.
tion, dans la publicité, de la consommation sonne physique, d’un véhicule automobile navigation commerciale. En y couplant des En Wallonie, afin de favoriser le transport
de carburant et des émissions de CO2 afin est en vigueur depuis le 01/01/2008. Les conditions écologiques, la mesure contribue par voie d’eau, le Gouvernement a décidé le
de réaliser l’objectif prévisionnel de réduc- voitures de société ne sont pas concernées. également à une amélioration des prestations 15 mars 2007 de revoir la législation relative
tion d’émissions de CO2. La publication an- écologiques du transport fluvial. L’État fé-
Depuis le 1er janvier 2013, il se décline aux aides économiques en matière de trans-
nuelle du « Guide CO2 de la voiture - Roulez déral soutient également le transport com-
comme suit : port par voies navigables. Dans le cadre du
économe… un plus pour vous et la nature » biné en Belgique, via un mécanisme d’aide
Plan Marshall, la Wallonie a mis en place un
permet au citoyen qui souhaite acquérir un –– un bonus compris entre 2 500 euros intervenant au bénéfice des opérateurs de
pôle de compétence logistique et transport
véhicule neuf de disposer d’une information et 250 euros est octroyé à l’acquéreur transport combiné de marchandises utilisant
le mode ferroviaire pour les distances infé- qui vise à fournir une assistance aux entre-
objective et comparative entre les différents lorsque le taux d’émission de CO2 du vé-
hicule est compris en 0 et 70 g de CO2. rieures à 300 km. prises désireuses de recourir à une logistique
modèles disponibles sur le marché belge. multimodale qui privilégie les transports les
–– un malus commençant à 100  euros En Région flamande, Flanders Land
Diverses mesures fiscales relèvent éga- lorsque le taux d’émission de CO2 du plus respectueux de l’environnement (ferro-
Logistics continue à œuvrer en vue de viaire et voie d’eau). Par ailleurs, la Wallo-
lement de la compétence de l’autorité fédé- véhicule est supérieur à 145  g de CO2 l’optimalisation de la chaîne logistique, de nie a programmé pour la période 2007-2010
rale : et atteignant 2500 euros lorsque le taux l’amélioration de la petite distribution, de des investissements importants (60 millions
–– Le travailleur qui bénéficie d’une voiture d’émission de CO2 du véhicule est supé- la promotion des initiatives en matière de
rieur à 255 g de CO2. d’euros) pour la réalisation de plusieurs
de société paye une taxe sur l’avantage « green/reverse logitics », du maintien et de
plates-formes multimodales (Voie d’eau/
de toute nature (ATN). Depuis le 1er jan- Le Parlement flamand a par ailleurs adop- l’attractivité d’activités logistiques à haute
chemin de fer/Route) à Liège, Sambreville,
vier 2012, cette taxe ne tient plus compte té le 15 février 2012 un décret réformant la valeur ajoutée. Les entreprises sont assistées
Charleroi et Garocentre (La Louvière), ainsi
de la distance domicile-lieu de travail, taxe de mise en circulation d’un véhicule par dans la recherche d’alternatives durables
(notamment par des consultants logistiques). que des travaux de développement et d’adap-
mais est calculée en fonction des émis- les personnes physiques. Celui-ci est d’ap-
Les outils d’aide nécessaires, tels qu’une tation du réseau.
sions de CO2 et de la valeur catalogue du plication depuis le 1er mars 2012. Cette taxe
véhicule est modulée sur base des émissions de CO2 et feuille de route pour la logistique verte, un La Région de Bruxelles-Capitale agit
–– Depuis le 1er  janvier  2005, pour chaque de la norme Euro. Ce décret promeut par ail- modèle de simulation en vue de l’optimali- pour la promotion des voies navigables pour
voiture de société avec utilisation privée, leurs l’acquisition de voitures au gaz naturel sation des flux de marchandises sur la route, le transport de marchandises. Par l’intro-
une cotisation de solidarité est due par (CNG) et au LPG. des meilleures pratiques pour la logistique duction de son plan de gestion, approuvé en
l’employeur sous forme d’une taxe CO2, verte, les avantages et inconvénients de l’uti- avril 2006, le Port de Bruxelles ambitionne
calculée sur la base du type de carburant lisation d’outils d’émission, sont élaborés à par ailleurs 27  % du transport de marchan-
et des émissions de CO2 de la voiture TR-A04 Promotion des systèmes cet effet. Une assistance est également four- dises de la Région. Pour atteindre cet ob-
depuis le 1er janvier 2012, la formule de multimodaux pour le fret nie par des consultants en logistique. jectif, la Région encourage la combinaison
calcul de la contribution annuelle a été Pour les marchandises, le développement Le plan d’action 3 E pour la navigation chemins de fer-voies navigables, renforce les
revue. de plates-formes multimodales constitue une intérieure et le plan flamand en matière de liens avec les grands ports européens sans

79
transbordement et accentue le rôle des voies
navigables pour le transport des déchets.
Des mesures pour augmenter l’efficacité
du transport de marchandises (réduction des
embouteillages, problèmes de chargement/
déchargement, offre de stationnement réser-
vé, centre logistique, etc.) renforcent égale-
ment ces dispositions (voir TR-B04).

AG : Favoriser la gestion durable des


écosystèmes agricoles et forestiers

Tableau 4.8 Clusters et mesures pour l’agriculture et les forêts Cet axe comprend la lutte contre les
émissions de gaz à effet de serre de l’en-
semble du secteur agricole en Belgique et
Entités responsables les mesures visant à accroître ou maintenir
Agriculture et forêts
Fédéral Flandre Wallonie Bruxelles le rôle de puits de carbone des écosystèmes
forestiers ou à favoriser leur adaptation aux
AG-A : utilisation rationnelle de l’énergie dans l’agriculture
changements climatiques.
AG-A01 : URE pour les cultures sous serre X
Hormis ce qui concerne l’usage de com-
AG-A02 : Soutien financier à l’URE dans l’agriculture X X bustibles dans des serres, les émissions de
AG-B : limiter les émissions de CH4 et N2O GES issues de l’agriculture sont fortement
AG-B01 : Limiter les émissions provenant des engrais et des effluents X X influencées par les mesures que les États
Membres devront mettre en place dans le
AG-C : Maintenir le potentiel de séquestration du carbone en forêts
cadre de la Politique agricole commune eu-
AG-C01 : Limiter le déboisement et favoriser le reboisement X X ropéenne qui fait actuellement l’objet d’une
AG-C02 : Préserver la stabilité écologique de la forêt X X profonde révision.
AG-D : production de biomasse à des fins énergétiques
AG-D01 : Plan bois-énergie X AG-A01 Utilisation rationnelle de
AG-D02 : Promotion des cultures énergétiques dédiées X X l’énergie pour les cultures sous serre
AG-D03 : Soutien spécifique à la filière biométhanisation X En Région flamande, des mesures ont
été prises pour réduire les émissions de CO2
AG-D04 : Normes de qualité des combustibles X
dans les secteurs agricoles et horticoles.
AG-E : mesures transversales Elles concernent principalement les cultures
AG-E01 : Observatoire de la biomasse X X X X sous serre, très importantes dans le Nord
du pays. En premier lieu, la consommation
rationnelle de l’énergie par l’utilisation des
meilleures techniques disponibles est en-
couragée et soutenue par les autorités fla-
mandes au moyen d’instruments financiers,

80 4. Politiques et mesures
de consultants en énergie et de services tech- AG-B01 Limitation des émissions trants en céréale, prairie naturelle et prairie –– l’obligation de planter des essences
nologiques, etc. En ce qui concerne la de- de GES provenant des engrais et de haute valeur biologique contribuent aussi adaptées à la station, ce qui contribue à
mande énergétique qui subsiste après la mise effluents à la diminution des apports d’azote minéral. limiter les risques de chablis et de dépé-
en œuvre de ces mesures, l’utilisation de Dans le secteur agricole, la majeure par- Enfin, la couverture hivernale du sol évite rissement et améliore la résistance aux
diverses sources d’énergéties renouvelables tie des mesures porte sur les pratiques cultu- les pertes d’azote et donc limite les apports changements climatiques
(soleil, vent, biomasse, froid ou chaleur rales et les apports d’intrants plutôt que sur ultérieurs. –– la création de réserves intégrales
–– la limitation du drainage (ce qui favorise
verte, chaleur résiduelle) est encouragée au la consommation d’énergie et s’appuient En Flandre, la sensibilisation et l’infor- le maintien de la matière organique)
maximum et soutenue financièrement. L’im- donc sur les politiques existantes en matière mation quant à l’optimisation de la compo- –– la stimulation de la production de bois
pact de l’utilisation de carburants fossiles de programme de gestion durable de l’azote sition de la ration et à l’ajout d’additifs est de qualité, et donc de l’utilisation du
est limité en remplaçant, dans la mesure du (PGDA), les mesures agri-environnemen- encouragée et des études sont menées en bois dans les usages à long terme, avec
possible, le fuel (lourd) par le gaz naturel et tales (MAE) et les conditionnalités dans le la matière en vue de réduire les émissions des gains en CO2  liés à la substitution
la combinaison d’énergies fossiles avec des cadre de la Politique Agricole Commune de méthane dues à la digestion (bovidés) d’autres matériaux
(PAC).
technologies durables. et les émissions de protoxyde d’azote et de –– norme de traitement en pessières régu-
En Wallonie, on s’attend également à ce méthane dues au stockage du fumier (bovi- lières de 2009. Cette nouvelle norme
Comme l’essentiel des serres sont si-
que le cheptel total continue à diminuer, ce dés, volaille et porcs). En outre, des bonnes s’inscrit dans une sylviculture plus dy-
tuées au nord du pays, la Wallonie est peu
qui va bien entendu encore réduire la charge pratiques de stockage du fumier sont appli- namique que celle pratiquée en de nom-
concernée par les émissions de CO2 prove- climatique. Outre le PDR et la directive sur breux endroits. La volonté de redynami-
quées, des systèmes de nettoyage de l’air
nant de la consommation d’énergie fossile. Il les nitrates mentionnée plus haut, les agri- ser la sylviculture du principal résineux
(filtres) sont développés dans les systèmes
existe toutefois une aide spécifique wallonne culteurs (tant flamands que wallons) doivent présent en Wallonie a surtout pour but de
de production fermés et de stockage des en-
à l’installation de serres à haut rendement également satisfaire à des conditions annexes produire du bois, dans des peuplements
grais, et l’utilisation de digesteurs de poche
énergétique. (cross compliance), impliquant notamment stables et sains, avec une biodiversité
est encouragée (financièrement), etc.
qu’aucun herbage permanent ne peut être plus élevée et une révolution plus courte.
arraché, que l’agriculteur, à intervalles régu- Dans le contexte d’un réchauffement
AG-D01 Plan Bois-Énergie liers, doit faire analyser la teneur en carbone climatique, ces avantages liés au dyna-
Cluster AG-C (AG-C01, AG-
En Wallonie, depuis 2001, s’est mis en et le degré d’acidité dans ses parcelles et que C02) Maintenir le potentiel de misme des éclaircies ne peuvent être que
place un Plan Bois-Énergie. Il visait à im- des mesures de lutte contre l’érosion doivent séquestration du carbone en forêts  bénéfiques à la production, en limitant
planter sur le territoire wallon une dizaine de être prises en cas de parcelles fortement sen- les inconvénients subis par des séche-
En Wallonie, le Code forestier (Décret du resses prononcées ou des populations de
projets de chaufferie automatique au bois, de sibles à cette dernière.
15 juillet 2008), a introduit un certain nombre scolytes plus nombreuses, par exemple33.
gazogène ou d’autres technologies adaptées Plusieurs mesures agri-environnemen- de contraintes favorables à la conservation En outre, une dynamisation de la sylvi-
de valorisation énergétique du bois. Ce plan tales contribuent également significati- des forêts et au maintien du matériel ligneux culture, tant en résineux qu’en feuillus,
concerne essentiellement les communes et vement à la réduction des apports azotés et du carbone, notamment : contribue à accroître la part de bois dans
les collectivités, avec ou sans connexion au organiques ou minéraux. Par exemple, l’in-
–– la suppression des droits de succession les usages à long terme et donc le stoc-
réseau de chaleur. terdiction d’apport de fertilisation minérale
sur la valeur du matériel sur pied, ce qui kage dans les produits en bois.
pour les mesures «  tournières enherbées  »,
En juin 2012, le Plan avait soutenu « bandes de prairie extensive » et « bandes favorise des choix sylvicoles plus écolo-
45 installations pour une puissance totale de aménagées en cultures ». La mesure « faible giques (maintien du matériel, possibilité
11,3 MW et 7,6 km de réseau de chauffage. charge en bétail » a un impact direct sur les accrue de choisir des essences à longue
Il prévoit de soutenir 44 autres projets, pour apports d’azote organique, indirectement révolution et les traitements à couvert 33 dePotter B., 2011. Prise en compte des change‑
une puissance totale de 9 MW et de plus de reflétée dans les inventaires via la réduction continu, etc.) ments globaux pour la gestion des pessières en Wallo‑
10 km de réseau. du cheptel. Les mesures de réduction d’in- –– la limitation des mises à blanc nie. Forêt Wallonne 114 : 17-25.

81
La désignation de 1 500 km2 de forêts la notion de gestion durable des forêts dans En Wallonie encore, l’Observatoire wal- WA : Continuer les efforts en matière de
en Natura 2000, par les règles particulières les pratiques sylvicoles. L’application de lon de la santé des forêts (OWSF), inaugu- gestion des déchets
fixées pour la gestion, contribue aussi à ces la directive européenne sur la préservation ré en avril 2011, est un outil puissant pour L’axe « Continuer les efforts en matière
différents objectifs. des habitats (Natura 2000) va dans le même l’évaluation et la surveillance phytosanitaire de gestion des déchets » couvre les mesures
La Flandre dispose d’une politique ac- sens, à savoir la préservation de la forêt. des forêts wallonnes à court et à long terme. de réduction des émissions de GES durant
tive en matière d’extension des bois. Les au- Cela peut passer par exemple par la pro- Dans le contexte particulier du réchauffement l’ensemble des étapes de la gestion des dé-
torités flamandes ont élaboré une réglemen- motion des systèmes de certification fores- climatique et de la sauvegarde de la biodi- chets, depuis la prévention des quantités de
tation stricte visant à préserver et à protéger tière. matière éliminée, jusqu’à l’élimination fi-
versité, l’OWSF intervient en proposant des
au mieux les bois flamands (Bosdecreet du
Le 18 novembre 2005, le Gouvernement solutions rapides en cas de problèmes sani- nale en décharge.
13/06/1990 et Décret du 18/05/1999 portant
organisation de l’aménagement du territoire fédéral a conclu un Accord relatif à une cir- taires, de calamités, d’extension de parasites Ici, la politique climatique des Régions
et Décision du Gouvernement flamand du culaire bois durable (voir aussi OB-A01). ou de pathogènes ou de tout autre problème s’appuie directement sur les plans de gestion
16/02/2001 relative aux modalités de com- Cette circulaire impose aux autorités fédé- susceptible d’affecter les forêts wallonnes. des déchets qu’elles mettent en œuvre.
pensation du déboisement et à la dispense rales de ne plus choisir dans le cadre de leur La veille sanitaire constitue le principe de
d’interdiction de déboisement). En principe, politique d’achat à partir de mars 2006 que
base de la surveillance phytosanitaire des
le déboisement est interdit. Il existe des ex- des bois certifiés, provenant de la gestion fo- WA-A01 Limitation des quantités
restière durable. En ce sens, la circulaire fixe forêts puisqu’elle permet d’enregistrer un mises en décharges
ceptions mais une autorisation est chaque
des critères auxquels doivent satisfaire les problème dès lors qu’il est observé. La san-
fois requise et n’est accordée qu’en échange Les actions dans ce domaine portent sur
d’une compensation. L’obligation de com- systèmes de certification du bois. Plusieurs té des forêts est évidemment envisagée sur
la prévention (y compris des actions de re-
pensation consiste à planter un bois aussi actions ont été décidées par le Gouverne- l’ensemble du territoire. Il s’agit autant de la
cyclage, réparation, …) et sur la gestion des
grand voire plus grand à un autre endroit. ment fédéral pour empêcher l’importation et forêt publique que de la forêt privée.
flux destinés aux décharges.
la commercialisation de bois abattu illégale-
La compensation peut également être fi- En Région de Bruxelles-Capitale, la Fo-
ment et renforcer le contrôle et la sanction de En Belgique, l’interdiction de mise en dé-
nancière, avec le versement d’une cotisation rêt de Soignes est certifiée FSC. Sa gestion
ce commerce. charge des déchets organiques est effective.
de conservation des bois au Fonds de com- vise à en assurer une stabilité écologique. En
pensation des bois. Par ailleurs, les autorités La Wallonie s’est engagée dans la certifi- Toutes les décharges existantes et encore
plus d’assurer la capacité de régénération, sous contrôle sont équipées d’une récupéra-
flamandes ont développé des instruments cation PEFC de la gestion durable des forêts.
la diversité biologique et les aspects écolo- tion de biogaz, le plus souvent exploité pour
afin de sauvegarder la biodiversité et d’uti- La certification est un outil d’amélioration
liser durablement des ressources naturelles. giques et sociaux sont pris en compte. la production d’électricité. Les anciennes
continue de la gestion au niveau régional
Ainsi, le boisement est soumis à l’obtention et des pratiques de terrain. Elle permet la Les autorités flamandes ont développé décharges font l’objet d’une surveillance qui
d’une autorisation d’aménagement de la na- rencontre et le consensus entre les acteurs différents instruments afin d’assurer la biodi- peut conduire, au besoin, à l’installation de
ture dans le cas de végétations (ouvertes) intéressés de près ou de loin à la gestion torchères de sécurité.
versité et l’utilisation durable des ressources
protégées (Décret du 21/10/1997 relatif à forestière : propriétaires, industriels, scien- naturelles (protection des végétations et du
la conservation de la nature et du milieu na- tifiques, environnementalistes et usagers.
turel ; Arrêté du Gouvernement flamand du paysage). En Flandre, depuis 2008, il existe WA-B01 Optimisation des
La certification permet aussi d’apporter la
23/07/1998 fixant les modalités d’exécution une certification collective dans le cadre du incinérateurs
garantie au consommateur que l’utilisation
du décret sur la conservation de la nature) ou du bois va de pair avec une bonne gestion système FSC, ouverte à tous les propriétaires Tous les incinérateurs de déchets ména-
des plantations en zone agricole (Code rural de la forêt. Actuellement, plus de 80 % des de bois disposant d’un plan de gestion des gers sont équipés de turbines à vapeur gé-
du 07/10/1886). forêts des propriétaires publics, gérés par la bois détaillé et conforme aux critères établis nérant de l’électricité. En Flandre, de telles
Des mesures sont prises pour préserver la Division de la Nature et des Forêts, sont cer- par le Gouvernement flamand pour la ges- productions sont éligibles à l’octroi de cer-
stabilité écologique des forêts, en renforçant tifiés PEFC. tion durable des forêts. tificats verts.

82 4. Politiques et mesures
Tableau 4.9 Aperçu des initiatives d’achat du Gouvernement fédéral et des trois Gouvernements régionaux pour la première période d’engagement (2008 – 2012)

Décisions gouvernementales Initiative Groupe cible Budget initial


Gouvernement fédéral
13 mai 2005 Premier marché public MOC/MDP Marché primaire EUR 13 millions
24 février 2006 / 16 février 2007 Deuxième marché public MOC/MDP Marché primaire EUR 22 millions
24 février 2006 / 16 février 2007 Accord avec KfW Bankengruppe Marché secondaire / Fonds carbone EUR 25 millions
27 juin 2008 Fonds d’investissement vert Pays visés par l’annexe I EUR 30 millions
9 mai 2008 / 19 décembre 2008 Troisième marché public MOC/MDP Marché secondaire / Agrégateur EUR 100 millions
24 novembre 2008 Partenariat avec la Chine Gouvernements EUR 10 millions
EUR 167,7 millions
Budget total révisé du Gouvernement fédéral
(2005 – 2014)
Région de Bruxelles-Capitale
Novembre 2004 FCCD Banque mondiale Fonds carbone USD 9,5 millions*
(2005 – 2014)
Région flamande
Fonds
20 octobre 2006 Fonds multilatéral pour l’échange de crédits carbone [Banque Fonds carbone EUR 22 millions
européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et
Banque européenne d’investissement (BEI)]
8 décembre 2006 Première tranche du Fonds carbone Europe (Banque mondiale, Fonds carbone EUR 10 millions
BEI)
22 juin 2007 Fonds Carbone Asie-Pacifique (Banque asiatique de Fonds carbone EUR 20 millions
développement)
Projets individuels EUR 3,4 millions
xx/xx/xxxx Marché public MOC/MDP Marché secondaire EUR 8,25 millions
Budget total révisé de la Région flamande EUR 63,65 millions
Région wallonne
23 décembre 2004 FCCD Banque mondiale Fonds carbone USD 5 millions**
(2005 – 2014)

* Sur la base d’un taux de change de 1 EUR = 1,3 USD, ce qui équivaut à ± EUR 7,3 millions.
** Sur la base d’un taux de change de 1 EUR = 1,3 USD, ce qui équivaut à ± EUR 3,85 millions.

83
Utilisation des mécanismes de Kyoto lité, réserve pour la période d’engagement, crédits carbone. Le budget réservé à l’achat lois de l’Air, du Climat et de la Maîtrise de
(Première période d’engagement : 2008 – aspects bancaires, limites des crédits pour les de ces crédits provient dudit «  Fonds Kyo- l’Énergie (M.B. du 21 mai 2013, p. 28357).
2012) puits de carbone, etc.). L’accord de coopé- to », qui a été établi en 2003 par arrêté royal La Région de Bruxelles-Capitale entend
ration est entré en vigueur le 26 mars 2007 du 24 mars 2003. Les revenus proviennent utiliser uniquement le mécanisme de déve-
La Belgique met en œuvre les méca- après avoir été approuvé par chacune des d’une taxe sur la consommation électrique, loppement propre (MDP).
nismes de Kyoto afin d’atteindre son objectif quatre assemblées fédérées (par le parlement établie dans le but de financer plusieurs obli-
dans le cadre de la première période d’enga- fédéral et les parlements des trois régions). gations de service public.
gement du protocole de Kyoto (2008 -2012). Région flamande
Outre l’accord de coopération, le Gou- L’objectif du Gouvernement fédéral est
Cette décision politique a été transposée dans
vernement fédéral et les Gouvernements La base juridique pour l’utilisation des
le droit national belge le 19 février 2007 au d’acheter en priorité des crédits provenant
régionaux disposent chacun de leur propre mécanismes flexibles est contenue dans ledit
moyen d’un accord de coopération entre le de projets MOC et MDP. L’achat de crédits
législation, de leurs programmes opération- « Décret Énergie », qui a été adopté par le
Gouvernement fédéral et les trois Gouverne- par l’intermédiaire du système international
nels et de leurs décisions institutionnelles parlement flamand le 8  mai  2009. Le Gou-
ments régionaux. d’échange d’émissions (IET  – International
aux fins de l’utilisation des mécanismes de vernement flamand a défini les procédures
Cet accord de coopération inclut la dé- Kyoto. Emissions Trading) n’est une possibilité que d’approbation flamandes pour les activités
signation officielle de la Commission Na- depuis 2008 (comme défini dans l’accord na- de projet, ainsi que les procédures d’acqui-
tionale Climat en tant qu’autorité nationale tional de partage de la charge). sition tant pour les entités privées que pour
désignée pour la Belgique et point focal Gouvernement fédéral le Gouvernement flamand lui-même. Le
belge, ainsi que la transposition de la direc- Conformément à l’accord national de 27  avril  2010, le Gouvernement flamand a
Région de Bruxelles-Capitale
tive 2001/101/CE et de certaines dispositions partage de la charge, prévu par l’objectif de décidé d’établir un Fonds flamand pour le
du protocole de Kyoto relatives à l’utilisa- Kyoto pour la Belgique, le Gouvernement La base juridique pour l’utilisation des climat afin de financer les politiques clima-
tion des mécanismes (exigence d’admissibi- fédéral s’apprête à acheter 12,2 millions de mécanismes de Kyoto est le Code bruxel- tiques internes ainsi que l’acquisition d’uni-
tés de Kyoto.
La décision du Gouvernement flamand
concernant l’utilisation des mécanismes
flexibles du protocole de Kyoto définit la
Tableau 4.10 Utilisation prévue des mécanismes de Kyoto par le Gouvernement fédéral et les trois régions
durant la première période d’engagement (2008-2012)
stratégie d’acquisition flamande. En premier
lieu, la Région flamande fera usage de méca-
nismes flexibles basés sur des projets (MOC
Quantités totales prévues
Type de mécanisme flexible Budget alloué au niveau du et MDP) et achètera des unités de Kyoto qui
Entité pour la période 2008 – 2012
(MEE, MDP, MOC) Gouvernement (en millions EUR) découlent d’un investissement ou d’une acti-
(en millions d’unités)
vité de projet connue ou testée. Depuis 2008,
Gouvernement fédéral MDP, MOC et MEE (SIG) 12,207 167,7 la Région flamande peut également acheter
Région de Bruxelles-Capitale MDP 0,155 7,3 directement des unités de Kyoto relatives
Région flamande MDP, MOC et MEE (SIG) 17,000 63,65 aux projets sur le marché international. S’il
s’avère que les budgets fournis sont insuffi-
Région wallonne MDP 0,087 3,9
sants pour combler l’écart de réductions res-
Total MDP, MOC et MEE (SIG) 29,449 232,9 tant, d’autres voies d’acquisition probable-
ment moins chères pourraient également être
utilisées en dernier lieu. La Région flamande
achètera des REC et des URE sur le marché

84 4. Politiques et mesures
secondaire afin de combler l’écart de Kyoto nomiques. À long terme, leur impact global demande de primes à l’investissement des mesures d’un même cluster visant ce
restant. devrait se lire dans l’évolution des émissions dans un équipement économiseur d’éner- but
par secteur telles qu’elles apparaissent d’an- gie. Dans ce cas, si l’on dispose d’une –– enfin, certaines mesures ou certains clus-
née en année dans les inventaires d’émis- part de statistiques de vente ou d’octroi ters de mesures constituent de véritables
Région wallonne sion. Toutefois, si la considération des in- de primes et d’autre part d’une estima- politiques de développement. C’est le
La base juridique pour l’utilisation ventaires permettra de juger si le pays ou ses tion de l’économie d’énergie et de la ré- cas des systèmes de certificats verts (et/
des mécanismes de Kyoto est le décret du régions se rapprochent de leurs objectifs de duction d’émissions qui en découle, on ou WKK) visant au développement de
10 novembre 2004 instaurant un système réduction, elle ne permet pas d’isoler l’im- peut établir une estimation de l’impact de la production d’électricité à partir de
d’échange de quotas d’émission de gaz à ef- pact individuel de chacune des mesures, ni la mesure. Elle sera toutefois approxima- sources d’énergie renouvelables ou de
fet de serre, créant un Fonds wallon Kyoto et de dissocier l’influence des mesures du plan tive, vu les incertitudes qui sont en gé- cogénération à haut rendement. C’est
relatif aux mécanismes de flexibilité du Pro- de celle d’une évolution « naturelle » des néral liées à l’estimation de l’économie également le cas des politiques de réduc-
tocole de Kyoto. Ce décret prévoit la créa- activités socio-économiques du pays pour unitaire. Elle ne prendra pas en compte tion des émissions en provenance du sec-
tion du Fonds wallon Kyoto dont les recettes d’autres raisons que la mise en œuvre des non plus la totalité des réductions réali- teur industriel (système SEQE et accords
peuvent être utilisées pour acquérir des cré- mesures du plan. sées en recourant à l’équipement consi- volontaires du type accords de branche
dits basés sur des projets (MOC ou MDP) déré car certains acteurs économiques ou benchmark). Ici, les concepteurs de
Il ne sera donc pas toujours possible
ou pour acheter des crédits d’émissions (sys- en auront réalisé l’acquisition sans intro-
d’identifier individuellement l’impact de ces politiques ont prévu des indicateurs
tème international d’échange d’émissions). duire une demande de prime
chaque mesure du plan. En fait, différentes de suivi qui permettent d’obtenir une
–– dans certains cas, un ensemble de me-
Actuellement, la Région wallonne uti- situations peuvent se présenter : évaluation globale de l’impact de leur
sures sont mises en œuvre de manière
lise uniquement les MDP (par l’intermé- –– certaines mesures sont tout à fait trans- mise en œuvre.
complémentaire en vue d’un même but.
diaire du FCCD), mais si l’achat de crédits versales et leur impact est quasi impos- Ainsi par exemple, pour obtenir une ré- Dans ce qui suit, il nous faudra tenir
supplémentaires est nécessaire, elle pourrait sible à évaluer : il s’agit par exemple de duction des déplacements domicile-tra- compte de plusieurs facteurs influençant
envisager d’utiliser tous les mécanismes campagnes de sensibilisation tout public vail en voiture individuelle en favorisant notre analyse, en particulier :
flexibles. –– l’efficacité de certaines mesures peut le transfert modal vers les transports en
être évaluée mais l’impact qu’elles au- –– De nombreuses incertitudes affectent les
Le tableau 4.10. fournit un aperçu de commun ou des modes de déplacements
raient sur les émissions ne peut en être estimations d’impact, essentiellement
l’utilisation prévue des mécanismes de Kyo- alternatifs comme la marche ou la bicy-
directement déduit : une mesure visant à clette, il convient d’une part d’améliorer en ce qui concerne l’estimation de la si-
to par le Gouvernement fédéral et les trois
régions. limiter l’offre de parking dans un centre- l’offre des transports en commun (fré- tuation de référence à partir de laquelle
ville doit pouvoir éliminer un certain quences, régularité, confort, tarifs, zones on estime l’économie d’énergie réalisée
nombre de voitures du trafic, mais il est desservies, correspondances,…) mais grâce à la mesure et les émissions ain-
impossible d’évaluer les distances que aussi d’aménager des accès et des pos- si évitées. Par exemple, on estime que
4.3.3. Évaluation de l’impact des l’isolation d’une toiture de maison indi-
parcouraient ces voitures auparavant. sibilités de parking aisé autour des gares
mesures sur les émissions viduelle permet de réduire de 20 à 30 %
Les conducteurs qui n’utilisent plus leur et stations importantes de transports en
de GES voiture utilisent un autre moyen de trans- la consommation de combustibles pour
commun, ainsi que d’autre part, de régle-
port, mais on ne sait pas lequel. Peut-être menter, voire limiter les possibilités de le chauffage de l’habitation, mais on ne
Préambule ont-ils simplement renoncé à ce type de connaît qu’une estimation très grossière
parking dans les zones urbaines encom-
Les mesures du Plan national climat déplacement brées. S’il est possible d’évaluer l’impact de la consommation moyenne d’une ha-
visent toutes à réduire nos émissions de gaz –– la mise en œuvre de certaines mesures de toutes ces mesures en se basant sur bitation individuelle. Autre exemple, on
à effet de serre. Ce sont des mesures prises débouche sur la pose d’actes écono- l’évolution des statistiques de fréquen- peut observer et quantifier la croissance
par les pouvoirs publics dans le but de modi- miques qui peuvent être tracés, par tation des transports en commun, on ne de fréquentation des chemins de fer, mais
fier le comportement des acteurs socio-éco- exemple l’achat d’équipements ou une pourra pas dissocier l’impact de chacune nous n’avons pas la garantie que toute

85
cette croissance est attribuable aux me- d’abonnements pris en charge risque de éviter les doubles comptages, et de les leidslijnen en Maatregelen van de Nationale
sures du plan. surévaluer l’impact recherché repérer quand ils sont inévitables Klimaatcommissie, sept. 2011 (en NL)
–– Il faut éviter les redondances et les –– L’effet multiplicateur : l’exemple fourni –– les estimations demeurent entachées de VITO & ECONOTEC : Evaluation of the
doubles comptages : ainsi, à un certain à leur entourage par des gens qui réalisent fortes incertitudes, liées à la disponi- greenhouse gas emission reductions resul-
moment, l’acquisition d’équipements des économies d’énergie peut générer bilité limitée de données ainsi qu’aux ting from policies and measures taken by the
économiseurs d’énergie bénéficiait de chez d’autres des initiatives même s’ils nombreuses hypothèses qui devront être
Federal Government, Étude pour le compte
primes à l’investissement, mais elle avait n’auront pas recours aux demandes de posées, en général pour identifier la si-
du Service public fédéral Santé publique, sé-
également droit à une déduction fiscale, prime à l’investissement ou de déduction tuation de référence (baseline)
curité de la chaîne alimentaire et environne-
deux mécanismes ayant le même but. fiscale. Vu que nous basons notre estima- –– il sera très difficile, voire impossible,
ment, 17 mars 2012 (en EN), www.climat.
Les deux mécanismes se complétaient tion sur les statistiques de demande d’in- d’établir un lien entre les estimations de
be/files/vito-econotec-report.
mais l’investissement réducteur d’émis- citants financiers, nous ne couvrirons pas réductions d’émissions effectuées ici et
sions n’était effectué qu’une fois. Un les tendances observées dans l’évolution Le tableau 4.11 indique en grandes
ces initiatives. Dans le même esprit, on
autre exemple : si l’on évalue l’impact temporelle des inventaires d’émissions lignes les approches suivies par les diffé-
notera que les exigences techniques liées rentes autorités pour établir les estimations
d’une politique d’accords volontaires –– le grand nombre d’hypothèses à poser
à l’octroi d’une prime peuvent servir d’impact des principales mesures.
dans l’industrie, on prendra soin à ne pas implique une nécessaire harmonisation
de référence pour la réalisation des me- entre participants mais aussi avec le
y additionner l’impact de déductions fis- sures techniques. Ainsi, auparavant, un Il importe de souligner que l’on a essayé
cales pour investissements économiseurs Groupe de travail CONCERE qui prend de tirer parti du plus grand nombre de don-
installateur d’isolation thermique en toi- en charge l’évaluation de l’impact des
d’énergie, dans la mesure où un grand nées statistiques disponibles et en particu-
ture posait invariablement une épaisseur mesures du plan pour l’amélioration de
nombre de demandes de déductions fis- lier :
de 8 cm. Maintenant que l’octroi d’une l’efficience énergétique requis par les
cales émanent d’entreprises engagées
prime à l’isolation impose un coefficient directives européennes 2006/32/CE et –– des statistiques en matière de certificats
dans ces accords.
de transmission thermique maximum à 2012/27/UE relatives à l’efficience et verts (et de certificats WKK) délivrés,
D’autres phénomènes peuvent agir sur la paroi isolée, la profession installe par aux services énergétiques. mesures des émissions de CO2 évitées (et
l’impact des mesures mais leur effet sur l’es- défaut une épaisseur de 20 cm. d’économies d’énergie obtenues par la
timation de cet impact ne pourra pas être pris –– L’effet rebond qui fait qu’un équipement cogénération)
Méthodologies appliquées
en considération ici : peu consommateur d’énergie a tendance –– des statistiques d’octroi de primes et/ou
à être utilisé plus souvent ou de manière L’estimation de l’impact de chaque me- de déductions fiscales pour investisse-
–– L’effet d’aubaine : les mesures mises en sure requiert une méthode de calcul appro-
plus laxiste. Un exemple bien connu est ments économiseurs d’énergie
œuvre s’appliquent à tous les acteurs, priée. Décrire chacune de ces méthodes en
celui des lampes basse énergie que l’on –– des statistiques de fréquentation des di-
même ceux qui avaient déjà posé les détails serait fastidieux et nécessiterait un
ne prend plus la peine d’éteindre. vers transports en commun (train, métro,
actes visés par la mesure. Par exemple, nombre inutilement élevé de pages. Le lec- autobus)
la prise en charge du coût des déplace- De ces considérations, on tirera les teur intéressé pourra consulter les références –– de l’évolution des indices de perfor-
ments du personnel des administrations conclusions suivantes : suivantes : mance (efficience énergétique, réduc-
en transports en commun pour se rendre
–– des estimations d’impact ne pourront État des lieux et évaluation de l’impact tions d’émissions) utilisés dans le suivi
sur leur lieu de travail favorise certes
pas être réalisées pour chaque mesure du des mesures du Plan National Climat, Rap- des accords de branche dans l’industrie,
le transfert modal de la voiture vers
plan port du groupe de travail Politiques et Me- –– …
ces moyens de transport mais bénéficie
également aux personnes qui utilisaient –– là où des estimations sont réalisables, sures de la Commission Nationale Climat, Il faut également préciser que l’on s’est
déjà ce mode de transport avant la mise elles le seront parfois pour un ensemble Sept. 2011 (en FR) efforcé d’assurer une parfaite cohérence
en œuvre de la mesure. Si on ne sait pas de mesures (un cluster par exemple), vi- Stand van zaken en evaluatie van de im- entre les calculs d’impact du présent cha-
distinguer ces deux catégories d’usagers, sant toutes un même objectif. Il convien- pact van de maatregelen van het Nationaal pitre et les projections d’émissions établies
l’évaluation réalisée à partir du nombre dra d’être particulièrement attentif à Klimaatplan, Verslag van het werkgroep Be- au chapitre suivant (chapitre 5). En outre,

86 4. Politiques et mesures
Tableau 4.11 Méthodologies pour l’estimation des impacts des mesures

  Mesures  Méthodologie
EP-A01 Régimes des certificats verts (CV) Wallonie Données : nombre de certificats verts délivrés.
et des certificats de cogénération Méthode : chaque certificat représente une masse fixe d’émissions de CO2 évitées dans une centrale électrique de référence (ou une chaudière
pour la chaleur obtenue par cogénération)
Corrections : récupération des certificats délivrés aux installations qui existaient avant la mise en place du système de certificats verts.
Projections : conformes à l’objectif adopté visant la production de 8 000 GWh d’électricité provenant de sources d’énergie renouvelables d’ici à
2020 (la part de certificats d’ici à 2020 est fixe).
Couverture : Région wallonne.
Flandre Données : nombre de certificats verts et de cogénération délivrés.
Méthode : chaque certificat représente une masse fixe d’émissions de CO2 évitées dans une centrale électrique de référence (ou une chaudière
pour la chaleur obtenue par cogénération).
Projections : conformes à la croissance attendue des sources d’énergie renouvelables et de la cogénération pour la production d’électricité dans le
scénario WEM. 
Non couverts : solaire photovoltaïque et biomasse dans des centrales électriques au charbon (voir la mesure EP-A03)
Couverture : Région flamande.
EP-A03 Arrêt de l’exonération d’accise État fédéral Données et méthode : production d’électricité à partir de biomasse injectée dans des centrales électriques au charbon.
sur les carburants fossiles pour les Correction : ne tient compte de l’impact en Flandre que comme une contribution complémentaire à la mesure EP-A01
centrales électriques
EP-A05 Plan d’action pour les énergies État fédéral Tient uniquement compte des éoliennes offshore.
renouvelables et la cogénération Données : puissance installée.
(parcs à éoliennes offshore) Méthode : hypothèse du nombre annuel moyen d’heures d’exploitation à pleine charge ; hypothèse des émissions de CO2 évitées dans la centrale
électrique de référence.
Projections : saturation de la zone consacrée d’ici à 2020 (2200 MW installés)
Couverture : en plus de la mesure EP-A01
EC-A03 Performance énergétique des Wallonie Données : nombre de nouveaux logements.
bâtiments Méthode : amélioration de la consommation énergétique moyenne annuelle unitaire des logements lors de l’amélioration de la régulation ther-
mique : K45 avant 2008, Ew < 100 avant 2010 et Ew < 80 avant 2011.
Projections : augmentation du parc immobilier d’1,25 % par an.
Flandre Données : nombre de nouveaux bâtiments
Méthode : critères dépendant notamment du type, de l’âge et de l’équipement du logement. En bref : E-valeur de 100 avant 2010, 80 avant 2012,
70 d’ici à 2014 et 60 d’ici à 2016. Dans le sous-secteur des immeubles de bureaux et des immeubles réservés à l’enseignement : de E100 en
2006 à E80 en 2012 et E70 d’ici à 2014 et E60 d’ici à 2016. Dans d’autres sous-secteurs : E-valeur de 100 pour toute la période prévisionnelle.
Couverture : Flandre
Bruxelles Données : nombre de nouveaux bâtiments et de rénovations.
Méthode : critères dépendant notamment du type, de l’âge et de l’équipement du logement. En bref : E-valeur de 90 avant 2008 et 70 avant 2011
(E 75 pour le secteur tertiaire)
Couverture : Région de Bruxelles-Capitale

87
  Mesures  Méthodologie
EC-B01 Incitants financiers pour l’utilisation Wallonie Données : statistiques sur les primes régionales.
rationnelle de l’énergie (URE) et Méthode : économie d’énergie unitaire et consommation énergétique unitaire du logement moyen, établies conformément à la directive 2006/32/
le recours aux sources d’énergies CE adoptée en comitologie et sélection par le groupe CONCERE/ENOVER de paramètres applicables à la Belgique.
renouvelables dans le secteur Projections : conformes aux perspectives du PAEE
résidentiel Couverture : Wallonie
Flandre Données : statistiques sur les primes régionales pour l’isolation de toit effectuée soi-même et les investissements d’URE effectués par les
agences sociales de location (les déductions fiscales nationales ne s’appliquent pas à ces investissements)
Méthode : économie d’énergie unitaire et consommation énergétique unitaire du logement moyen, établies conformément à la directive 2006/32/
CE adoptée en comitologie et sélection par le groupe CONCERE/ENOVER de paramètres applicables à la Belgique.
Projections : conformes aux perspectives du PAEE
Couverture : Flandre
État fédéral Il a été mis un terme à l’exonération fiscale. Néanmoins, les projections nationales sont encore utilisées pour 2015 et 2020, jusqu’à ce que l’ex-
périence pratique montre l’impact de cette décision.
EC-B03 Aides spécifiques en matière d’URE État fédéral  Données : taux d’intérêt avantageux pour les personnes défavorisées souhaitant améliorer l’efficacité énergétique de leur logement.
pour les personnes défavorisées Méthode : éviter la double comptabilisation des effets de la déduction fiscale (EC-B01). Seuls les non-contribuables sont pris en considération.

EC-C01 Recours à un fond de tiers investis- État fédéral FEDESCO est le fonds de tiers investisseur désigné pour améliorer les bâtiments fédéraux.
seur dans le secteur public Données : issues des rapports du FEDESCO
Prévisions : basées sur les objectifs du FEDESCO
Couverture : les bâtiments fédéraux principalement situés dans la Région de Bruxelles-Capitale.
EC-C03 Mesures spécifiques dans les Wallonie Données : programme UREBA, nombre de subventions par type et économies d’énergie correspondantes.
secteurs médical, social et de l’en- Méthode : données préparées par l’université de Mons-Hainaut.
seignement Projections  : nombre identique de demandes chaque année.
Couverture : Région wallonne.
IP-A02 Benchmarking et accords à long  Wallonie Données : indicateurs relatifs à l’efficacité énergétique et aux émissions de CO2.
terme sur l’efficacité énergétique / Méthode : les indicateurs comparent la consommation énergétique efficace /les émissions de CO2 avec une situation de production identique
CO2 dans le secteur industriel dans une situation de base (sans mesure).
Correction : les économies BAU bénéficient aux indicateurs industriels. Déduction des économies BAU des économies totales, en supposant que
l’efficacité s’améliore naturellement de 0,5 % par an.
Prévisions : une amélioration similaire des deux indicateurs est prévue d’ici à 2020.
Couverture : Wallonie
Flandre Données : rapport annuel prévu par l’accord de branche en matière d’audit :
http ://www.auditconvenant.be/docs/044%2019%20101130%20 Jaarverslag%202009%20-%20 goedgekeurd%20op%2030%2011%202010.pdf
Rapport annuel prévu par l’accord de branche en matière de benchmarking : http ://www.benchmarking.be/docs/061-0046%20 Finaal%20 Jaar-
verslag%20CB%202009%20 goedgekeurd%20op%2030%2011%202010.pdf
Projections : aucune décision n’a encore été prise concernant une éventuelle reconduction de la mesure après 2012.
Couverture : Flandre

88 4. Politiques et mesures
  Mesures  Méthodologie
IP-A06 Mesures financières spécifiques et État fédéral  Données : déductions fiscales pour les entreprises investissant dans des équipements permettant des économies d’énergie
primes écologiques pour l’industrie Couverture : toute l’industrie
Double comptabilisation avec la mesure IP-A01 ou IP-A02
IP-C01 Accord spécifique avec les produc-  Wallonie Données fournies par le producteur.
teurs d’acide nitrique Couverture : Wallonie
Flandre Données fournies par le producteur
Couverture : Flandre
TR-A01 Transports : plans de mobilité à Bruxelles Plans de mobilité obligatoires dans les moyennes et grandes entreprises et administrations.
l’échelle locale Données : issues du programme de mobilité régional.
Méthode : hypothèse d’une diminution de 5 % des distances parcourues en voiture, 4 % de ces distances étant parcourues en remplacement en
transports publics et 1 % en vélo et à pied.
Couverture : la réglementation s’applique au territoire de la Région de Bruxelles-Capitale, mais les déplacements couvrent une région plus large.
Chevauchement avec les mesures TR-A02 et TR-A03
TR-A02 Améliorer et promouvoir les trans-  Wallonie Données : utilisation des bus et des trams.
ports publics Méthode : calcul du nombre de passagers/km (pkm), comparaison de la consommation énergétique par pkm en voiture et en transports publics,
supposer toutes les augmentations depuis 2004 dues à la mesure.
Projections : suivent les objectifs fixés dans le contrat de gestion de l’entreprise de transport public et supposer que le nombre de passagers reste
constant après 2012.
Couverture : Wallonie
Flandre Données : scénario de référence en matière de transports (établi en 2006) et prévisions WEM.
Méthode : différence entre les émissions/prévisions WEM et le scénario de référence ; cela inclut non seulement la mesure TR-A02, mais toutes
les mesures de transport.
Couverture : Flandre
État fédéral Données : utilisation de trains
Méthode : calcul du nombre de passagers/km (pkm), comparaison de la consommation énergétique par pkm en voiture et en transports publics,
supposer toutes les augmentations depuis 2004 dues à la mesure.
Projections : suivent les objectifs fixés dans le contrat de gestion de l’entreprise de transport public et supposer que le nombre de passagers reste
constant après 2012.
Couverture : Belgique
TR-A03 Promotion de l’utilisation du vélo Bruxelles Données : longueur des pistes cyclables.
Projection : distances parcourues à vélo afin d’augmenter linéairement la longueur des pistes cyclables, en présumant que l’augmentation génère
une transition de la voiture au vélo.
Couverture : Région de Bruxelles-Capitale.
État fédéral Déductions fiscales pour déplacement à vélo jusqu’au lieu de travail.
Méthode : augmentation de l’utilisation du vélo pour les déplacements domicile-lieu de travail observée entre 2005 et 2008 dans une enquête
effectuée par l’administration fédérale de la mobilité. Cette croissance annuelle vaut jusqu’à fin 2011.
Projections : nombre de pkm par vélo pour les trajets domicile-lieu de travail présumé stable (valeur de 2011).

89
  Mesures  Méthodologie
TR-A04 Promotion des systèmes multimo-  Wallonie Données : fournies par l’administration des voies navigables intérieures
daux pour le fret Méthode : comparaison énergie/CO2 par tkm par bateau et par camion. Tient compte du transport routier jusqu’à la voie navigable et à partir de
celle-ci.
Projections : niveau constant présumé jusqu’à 2020.
Couverture : voies navigables wallonnes.
Bruxelles Promotion des voies navigables intérieures au port du canal de Bruxelles
Source de données et prévisions : port de Bruxelles
Couverture : voies navigables de Bruxelles-Capitale.
État fédéral Les estimations ne tiennent compte que du transport par rail. Des subventions existent en faveur du transport intermodal interne, afin d’aider à
maintenir le niveau du trafic par rail et de l’augmenter de 20 % sur une période de trois ans.
Données : nombre d’UTI (unité de transport intermodal : conteneurs, caisses mobiles et semi-remorques adaptés au transport intermodal)
Supposition : sans subvention, le trafic de fret par train disparaîtrait, sauf entre Anvers et Zeebrugge (où les volumes sont importants) et vers et à
partir d’Athus (où les distances sont longues), qui représentaient respectivement 57 % et 12 % du transport intermodal interne total en 2007
.Projections : s’appliquent uniquement à la transition modale vers le transport par rail, suppositions de 2011 à 2020 : croissance annuelle du
nombre d’UTI : 6 %
Couverture : chemins de fer belges.
TR-B01 Promotion du covoiturage  Wallonie Statistiques et perspectives du système de covoiturage « CAMBIO »
TR-B02 Promotion du car-sharing Couverture : Wallonie
État fédéral Déduction d’impôt pour le covoiturage jusqu’au lieu de travail.
Méthode : hypothèse de 2 passagers partageant le même véhicule. Sur la base d’un covoiturage de maximum 3 jours par semaine.
Projection : évolution globale du nombre de travailleurs, basée sur l’évolution entre 2005 et 2008 (avant la crise)
TR-B05 Conduite économique Bruxelles Formation à la conduite économique pour les chauffeurs de transport public.
Projection : augmentation linéaire du nombre de chauffeurs formés entre 2009 et 2020.
Couverture : Région de Bruxelles-Capitale.
État fédéral Conduite économique dans le cadre de la formation à l’examen pour le permis de conduire (camions et bus).
Méthode : 5 à 7 % d’économies sur les camions et les bus.
Effet réduit à 1 % en présumant que seuls 40 % des chauffeurs concernés d’ici à 2012, 60 % de trafic sur les autoroutes utilisant le régulateur de
vitesse (pas d’effet), chauffeurs étrangers non concernés, etc.
TR-C01 Promotion de l’achat de véhicules Wallonie Statistiques et perspectives du système bonus-malus
TR-C02 économes en énergie et déduction Couverture : Wallonie
fiscale pour l’achat de ces véhicules État fédéral Réduction fiscale pour les flottes de véhicules à faible consommation dans les entreprises.
Couverture : toute la Belgique.
TR-D01 Promotion des biocarburants État fédéral  Mix de 4 % de biocarburant par volume de carburant à base de pétrole à compter de juillet 2009. 10 % d’ici à 2020.
Couverture : Belgique
OB-A03 Système de management environ- État fédéral  Méthode : sur la base d’une diminution de 5 % des consommations de chauffage et d’électricité.
nemental

90 4. Politiques et mesures
  Mesures  Méthodologie
OB-B01 URE dans les bâtiments publics État fédéral  Données : fournies par le tiers investisseur FEDESCO.
Projections : objectifs de 15 000 m2 avant 2012, 1 km2 d’ici à 2020
Chevauchement avec la mesure EP-A01
OB-C02 Promotion des transports alternatifs État fédéral  Données : fonctionnaires utilisant les transports publics
dans les services publics Méthode : présumer que toute augmentation d’utilisation depuis 2005 est due à la mesure.
Chevauchement avec la mesure TR-A02
OB-C04 Promotion du télétravail dans les État fédéral Données fournies par l’État fédéral
services publics Impact modéré
OB-C07 Achat de véhicules moins polluants État fédéral Données fournies par l’administration fédérale
par les administrations publiques Projections : objectif consistant à ce que 50 % des achats de véhicules soient des achats de véhicules à faibles émissions (max. 145 g/pour l’es-
sence et max. 160 g/km pour le diesel)
- Eco-chèques État fédéral  Impact de différents équipements économisant l’énergie achetés à l’aide d’éco-chèques : ampoules basse énergie, douches économiques, etc.
- Prêts verts État fédéral  1,5 % de réduction sur le taux d’intérêt des prêts pour investissements URE.
Chevauchement avec la mesure EC-B01

pour ce qui concerne en particulier l’impact tableau 4.12 reprend ces estimations pour les leur exploitation comme biogaz pour Les réductions d’émissions effectives en
des soutiens financiers à l’amélioration des quatre domaines principaux, la production produire de l’électricité agriculture et dans le traitement des déchets
performances énergétiques des bâtiments, d’électricité, l’industrie, les bâtiments et les –– Dans la distribution de gaz naturel sont dues à des mesures sur lesquelles la po-
nous avons pris soin d’appliquer les mêmes transports. (CH4), le remplacement progressif des litique climatique s’appuie mais qui sont le
méthodologies que celles qui sont utilisées anciennes conduites en fonte par des ins- fait de la mise en œuvre d’autres politiques
dans le cadre des plans d’amélioration de Impacts par gaz tallations en acier ou en polymères sectorielles comme la politique agricole eu-
l’efficience énergétique (PAEE) requis par –– Les mesures de contrôle et d’entretien ropéenne et les politiques agricoles régio-
les directives européennes 2006/32/CE et La toute grande majorité des mesures des installations de réfrigération pour li- nales ou encore les plans régionaux de ges-
2012/27/UE relatives à l’efficience énergé- prises en considération agissent sur les émis- miter les fuites de gaz fluorés tion des déchets.
tique. sions de CO2 des secteurs concernés. Les ex- –– En agriculture, la gestion des nitrates, qui L’impact de telles politiques est déjà vi-
ceptions sont : réduit les émanations de N2O et la réduc- sible dans les inventaires d’émissions.
Réductions d’émissions par cluster –– Dans l’industrie, les mesures spécifiques tion des cheptels bovins qui réduit celles
prises pour réduire les émissions de N2O de CH4 Impacts à long terme
L’estimation de l’impact de la mise en
œuvre des mesures est détaillée au tableau de procédés à la fabrication d’acide ni- Au tableau 4.12, sauf pour ce qui Un grand nombre de mesures du Plan
général du § 4.3.4. ci-après. Ces estimations trique et de caprolactame concerne les émissions de N2O industrielles, National Climat portent sur le soutien à des
sont réalisées pour l’année 2009 et en pers- –– Dans le traitement des déchets, la récu- les évaluations de réductions d’émissions ne investissements dont les effets se maintien-
pectives, pour les années 2015 et 2020. Le pération des gaz de décharges (CH4) et portent que sur les émissions de CO2. dront sur plusieurs années, voire plusieurs

91
dizaines d’années. L’impact à long terme geant les transferts modaux : quais d’embar-
de telles mesures est lié à la durée de vie quement, mise au gabarit des voies fluviales,
technique ou économique des équipements aménagements ferroviaires, achat de maté-
concernés. riel ferroviaire… De tels équipements ont
une durée de vie qui excède souvent 50 ans.
C’est tout particulièrement le cas des
investissements dans des infrastructures : Les mesures portant sur la rénovation
l’isolation des bâtiments, la construction de énergétique des équipements de chauffage et
nouveaux bâtiments basse énergie, mais aus- de production d’eau chaude sanitaire dont la
si par exemple des infrastructures encoura- durée de vie économique moyenne peut at-
teindre 20 ans ou plus. Ce sera également le
cas des infrastructures exploitant des sources
d’énergie renouvelable, dont la durée de vie
est variable selon les technologies mises en
Tableau 4.12 Impact des mesures par cluster œuvre.
À l’opposé, les actions visant à modifier
Estimation de l’impact de l’atténuation les comportements risquent de devoir être
Domaines d’action Clusters de mesures (kt éq. CO2) entretenues, voire renouvelées pendant plu-
sieurs années, au moins jusqu’à ce que l’on
2009 2015 2020 observe une vraie modification des menta-
EP Production et EP-A Production d’énergie respectueuse de l’environnement 654 9 405 13 303 lités dans toutes les couches sociales de la
transformation de EP-B Efficacité énergétique de la production d’électricité       société.
l’énergie
EC Utilisation EC-A Mesures transversales 2 72 147 4.3.4. Tableau d’inventaire
rationnelle de EC-B Mesures dans le secteur résidentiel nd 992 1 828 Le Plan National Climat de la Belgique
l’énergie dans les se compose de nombreuses mesures dont cer-
bâtiments EC-C Mesures dans le secteur tertiaire 55 286 488
taines se renforcent et ne peuvent ainsi être
IP Réduction IP-A Efficacité énergétique dans l’industrie 2 119 2 242 3 876 individuellement évaluées. Le grand tableau
des émissions à l’annexe 3 dresse un inventaire de ces me-
IP-B Réduction des émissions de gaz fluorés      
industrielles sures et de leurs principales caractéristiques.
IP-C Réduction des émissions de N2O dans les procédés 2 705 3 361 3 361 Les effets des mesures de sensibilisation-for-
industriels mation sont inclus dans les mesures qu’elles
TR Transports TR-A Promotion de l’intermodalité des moyens de transports 1 514 2 447 3 517 soutiennent et ne font donc pas l’objet d’une
durables TR-B Augmentation de l’efficacité des transports 17 37 75 évaluation séparée.
TR-C Promotion de véhicules plus respectueux de 41 186 167 Chaque mesure du Plan national Climat
l’environnement fait l’objet d’une ligne du tableau. Certaines
mesures y ont été ajoutées, celles qui notam-
TR-D Promotion des biocarburants 617 895 895
ment peuvent déjà être considérées comme
  TOTAL     7 724 19 923 27 658 envisagées par les autorités régionales,
même si celles-ci n’ont pas encore publié
leurs plans climat définitifs à l’horizon 2020.

92 4. Politiques et mesures
4.4. Politiques et mesures la gestion des déchets ou les gaz fluorés dans
les systèmes de réfrigération, ce qui garantit
nir les produits de qualité et le respect envi-
ronnemental plutôt que les grands volumes
qui ne sont plus appliquées donc une répartition équilibrée des efforts
et une limitation de l’incidence potentielle
de production, et devrait créer des conditions
de marché plus accessibles pour les produits
de mesures uniques qui seraient trop spéci- des pays en développement. Concernant les
fiques. biocarburants, reconnaissant que leur déve-
Pour des raisons budgétaires, et consi- aux investissements économiseurs d’éner- loppement est susceptible de faire pression
La Belgique est un État membre de
dérant qu’il s’agit là de compétences qui gie dans les logements de particuliers. Seule sur les prix des denrées alimentaires et sur
l’Union européenne qui, en tant que tel,
l’isolation des toitures en bénéficie encore. la gestion des terres et des forêts, particu-
doivent être transférées aux Régions dans le conçoit et met en œuvre la plupart de ses
lièrement dans les pays en développement,
cadre d’une réforme de l’État actuellement Depuis le 1er janvier 2012, la réduction politiques dans le cadre de directives, de
l’UE a fixé des critères stricts pour le déve-
mise en place, l’autorité fédérale a supprimé sur facture pour les véhicules propres a été règlements, de décisions et de recomman-
loppement durable, qui incluent en particu-
en 2012  les déductions fiscales accordées supprimée pour raison budgétaire. dations de l’UE. Par exemple, la Belgique
lier l’absence de soutien aux biocarburants
a mis en œuvre la libéralisation européenne
provenant de pays dont la valeur de biodi-
des marchés de l’électricité et du gaz naturel
versité est faible (forêts primaires et surfaces
4.5. Réduction au minimum des effets néfastes
et est impliquée dans le système européen
boisées, zones protégées ou prairies à la bio-
d’échange des quotas d’émission, toutes ces diversité élevée) ou de terres converties en
des mesures de riposte
actions visant à remédier aux imperfections zones humides, tourbières ou zones boisées
du marché et à mieux refléter les externalités en continu. Elle sera également très prudente
des prix de l’énergie/du CO2. quant aux aspects environnementaux et so-
La Belgique a supprimé les subventions ciaux dans une acceptation plus large comme
en faveur de l’utilisation du charbon et des par exemple la qualité de l’air, de l’eau et du
autres carburants fossiles pour la produc- sol ou les conditions de travail.
Au titre de l’article  3, paragraphe  14, sés à l’annexe I (dont la Belgique) prennent tion énergétique. Elle applique également
du Protocole de Kyoto et de la décision 31/ des mesures visant à réduire les émissions de La Belgique tire également avantage
des règles strictes, conformément aux re- des mécanismes de flexibilité, en particulier
CMP.1 de la CCNUCC, les parties visées à gaz à effet de serre par des économies d’éner- commandations de l’UE relatives aux aides
l’annexe I sont invitées à faire rapport sur la gie et par la promotion des sources d’énergie dans sa participation à des projets relatifs
d’État, aux mesures environnementales et aux mécanismes de développement propres.
manière dont elles s’efforcent de s’acquitter renouvelable. En outre, la plupart de ces ac- d’économie d’énergie, de manière à préser-
de leurs engagements tout en réduisant au tions contribuent à réduire, pour le bien de Les actions dans ce domaine incluent le fi-
ver un marché compétitif libre et sans distor- nancement direct de projets ou la participa-
minimum les conséquences sociales, envi- tous les pays, la pollution atmosphérique liée sion à travers l’Europe. Elle n’a jamais pris tion à des fonds de crédit carbone. La sélec-
ronnementales et économiques néfastes pour à l’utilisation des carburants fossiles. de mesure ou exprimé une recommandation tion de projets MDP applique des critères
les pays en développement qui sont parties La plupart des mesures adoptées par la en faveur d’une forme d’énergie au détri- de développement durable basés sur une
prenantes au Protocole. Belgique afin de respecter ses engagements ment d’autres et a toujours veillé à collaborer check-list de « règles d’or » internationale-
Les mesures adoptées dans le cadre des essaient de ne pas impliquer d’effet néfaste de manière égale avec tous les acteurs des ment reconnues, qui concernent les aspects
engagements en vertu du protocole de Kyoto direct ou indirect pour les pays en dévelop- secteurs de la production et de la distribution environnementaux (y compris la biodiversi-
ont pour but d’empêcher toute perturbation pement. Les politiques et mesures belges d’énergie. té), la durabilité sociale et le développement,
anthropique dangereuse du système clima- concernent non seulement la combustion Les politiques agricoles belges et la pro- la qualité de vie et l’emploi ainsi que les as-
tique. Par conséquent, les conséquences né- de carburants fossiles, mais également les motion des biocarburants sont développées pects technico-économiques dont l’emploi et
fastes des changements climatiques sur les émissions de tous les gaz couverts par le dans le cadre des politiques communes eu- l’autonomie technologique.
pays en développement sont donc atténuées protocole de Kyoto, tels que le méthane et le ropéennes. La nouvelle politique agricole
à l’échelle internationale lorsque les pays vi- protoxyde d’azote émis par l’agriculture et commune de l’UE tend aujourd’hui à soute-

93
5.1. Projections Cette projection top-down a été utilisée pour
valider les projections régionales bottom-up.

5.1.2. Contexte macroéconomique et


paramètres de projection
5.1.1. Introduction
Ce chapitre présente les tendances pro- 5.1.2.1. Environnement économique
jetées des émissions et absorptions de gaz international et national

5. Projections,
à effet de serre, compte tenu de la situation Le tableau 5.1 résume les hypothèses
nationale actuelle et future, ainsi que de l’ef- principales concernant l’environnement éco-
fet escompté des politiques et mesures mises nomique international et national.

effet des
en œuvre et adoptées. Les projections sont
présentées à la fois sur une base sectorielle Les projections présentées dans ce rap-
et par gaz. Elles sont présentées pour des port sont basées sur une approche bottom-up

politiques
intervalles de cinq ans, de 2010 à 2020, et dans chaque Région belge. Cette approche
incluent des données d’inventaire jusqu’en part de la demande et des besoins énergé-
2010. tiques des différents secteurs. À ce titre, la

et mesures Cette communication présente un scé- demande énergétique implique une prévision
nario « avec mesures existantes » (WEM), de l’activité de chaque secteur et de chaque
comprenant les politiques et mesures ac- Région, et ne coïncide pas nécessairement

et des tuellement adoptées et mises en œuvre, et avec les hypothèses économiques nationales
un scénario « avec mesures additionnelles » mentionnées au tableau 5.1.
(WAM), comprenant les politiques et me-

mécanismes
Les hypothèses relatives à l’évolution dé-
sures prévues. Elle contient également des mographique (tableau 5.2) reposent sur les
analyses de sensibilité pour le scénario perspectives établies en 2011 par le Bureau
« avec mesures existantes ».

du Protocole
fédéral du Plan34 (Plan & DGSIE, 2011) et
Les projections nationales présentées tiennent compte des observations du 1er jan-
dans ce chapitre ont été établies à partir de vier 2010. Elles ont été calculées par âge, par

de Kyoto
la somme des projections bottom-up élabo- genre et par district. Les perspectives pour le
rées par les trois Régions (Flandre, Wallonie nombre de ménages, une variable importante
et Bruxelles-Capitale) dans le cadre de leurs pour l’utilisation d’énergie par les ménages,
stratégies climatiques respectives. Les prin- ne sont pas comprises dans les perspectives
cipales hypothèses et les paramètres clés ont
été harmonisés entre les Régions. Certains 34 En étroite collaboration avec la DGSIE, le Bu‑
paramètres restent différents, afin de refléter reau fédéral du Plan produit des projections démo‑
La préparation de ce chapitre a été coordonnée par : plus précisément les spécificités et activités graphiques à long terme sur une base régulière.
de chaque Région. Voir également «  Perspectives de population 2010-
André Guns 2060  », Bureau fédéral du Plan et DG Statistique
Le Bureau fédéral du Plan a élaboré et information économique, décembre 2011, ainsi
Agence Wallonne de l’Air et du Climat (AWAC) une projection top-down au niveau national que http://www.plan.be/overview.php?lang=fr&T‑
pour le scénario « avec mesures existantes ». M=46&IS=70.
démographiques de 2010-2060. Ces données
Tableau 5.1 Principales hypothèses internationales et nationales ont été fournies par les Régions.
Les hypothèses sur l’évolution du prix
Moyenne Moyenne du carburant sont présentées dans le tableau
2000 2005 2010 2015 2020
2005-2012 2013-2020 5.3. Elles sont fondées sur des hypothèses
concernant l’évolution des prix du carburant
Croissance du PIB de l’UE (% p.a.) 3,8 1,7 1,9 1,7 1,2 0,9 1,4
utilisées pour le développement du scénario
Croissance du PIB des États-Unis (% p.a.) 3,7 3,1 3,0 3,4 2,7 1,3 2,9 de référence UE 2013.

Taux de croissance des marchés étrangers Les prix du CO2 dépendent particulière-
12,1 6,8 11,4 4,8 4,4 4,1 4,4 ment du choix des carburants utilisés dans
pertinents
le secteur de l’électricité et des installa-
Croissance des prix des matières premières tions industrielles couvertes par le SEQE de
-10,8 -1,4 1,4 2,2 2,0 0,9 1,9
non pétrolières (en USD) l’UE. La Commission européenne a suggé-
ré un prix du CO2 de 10 EUR2010 pour l’an-
Euro en USD:
née 2015 avec une augmentation progressive
- niveau x 100 92,4 124,4 132,7 125,8 125,8 134,1 125,8
à 17 EUR2010 pour 2020 dans le scénario avec
- évolution (en %) -13,4 0,1 -4,8 0,0 0,0 0,5 -0,1
mesures existantes (tableau 5.4).
Taux d’intérêt nominaux à long terme (10 ans) L’évolution des prix du carburant et du
Zone euro 5,4 3,4 3,3 3,7 4,0 3,8 3,8 CO2 n’a pas été explicitement prise en consi-
Inflation dans la zone euro 2,1 2,1 1,6 1,9 1,9 2,0 1,9 dération dans les modèles bottom-up car ces
approches bottom-up ne sont pas adaptées
pour utiliser directement les prix de l’éner-
gie et du CO2 dans les méthodes de calculs.

Tableau 5.2 Hypothèses démographiques Tableau 5.3 Hypothèses Tableau 5.4 Prix du CO2
du prix de l’énergie

Statistiques Perspectives Prix d’importation Prix du carbone (en


Hypothèses démographiques du carburant EUR2010/tCO2)
2010 2015 2020
(en EUR 2010/bep) 2015 2020
Population de la Belgique  10 839 921 11 419 014 11 888 374
2015 2020 Prix du carbone 10 17
Nombre de ménages en Belgique 4,621 5,065 5,365
(million) Pétrole 86,0 88,5 SEQE de l’UE
Taille moyenne des ménages en Belgique 2,33 2,26 2,22 Gaz naturel 53,8 61,5
Charbon 22,0 22,6

95
5.1.2.2. Facteurs d’émissions du CO2 constants tout au long de la période de pro- Les données d’émission pour les années 5.1.3.1. Le secteur de l’énergie
Les facteurs d’émission dans le « Rap- jection. Les écarts entre les Régions sont le historiques font référence au nombre de de- En 2011, le secteur de l’énergie repré-
port d’inventaire national des gaz à effet reflet des différences entre leurs structures et grés-jours réellement rapportés36. sentait 18 % des émissions de gaz à effet de
de serre en Belgique » sont utilisés pour le technologies industrielles. serre de la Belgique. Les hypothèses concer-
calcul des projections des émissions (ta- 5.1.3. Description du scénario nant l’importation nette d’électricité, les prix
5.1.2.3. Potentiel de Réchauffement Global
bleau 5.5). Ces facteurs d’émission restent Le scénario « avec mesures existantes »
Les projections d’émission exprimées en indique l’évolution probable des émissions 35 Les DJ sont définis par rapport à une température
CO2-équivalents sont calculées en utilisant de gaz à effet de serre en Belgique dans le de référence – la température extérieure au-dessus de
les valeurs du Potentiel de Réchauffement cadre des politiques et mesures actuelles. Ce laquelle un bâtiment n’a pas besoin d’être chauffé,
15° dans ces projections. Les DJ sont calculés en
Global (PRG) spécifiées dans les lignes di- scénario inclut toutes les politiques et me- soustrayant la température moyenne d’un jour don‑
Tableau 5.5 Facteurs d’émission rectrices révisées en 1996 du GIEC pour les sures adoptées jusque fin 2012 par le Gou- né de la température de référence. Si la valeur est in‑
utilisés pour les projections relatives inventaires nationaux des gaz à effet de serre. vernement fédéral et les Gouvernements férieure ou égale à zéro, ce jour-là est égal à zéro DJ.
aux émissions de CO2 régionaux dans le but de diminuer les émis- Mais si la valeur est positive, ce chiffre représente le
5.1.2.4. Hypothèses climatiques nombre de DJ de ce jour-là. La somme des DJ jour‑
sions de gaz à effet de serre. Les détails de
Flandre / naliers donne la valeur annuelle.
Les conditions climatiques ont une ces politiques et mesures sont discutés dans 36 Ceux-ci étaient de 1 722 pour 1990 ; 1 922 pour
(kt CO2/PJ) Wallonie / grande influence sur la consommation le chapitre 4 de cette Communication Natio- 1995 ; 1 714 pour 2000 ; 1 828 pour 2005 et 2 308
Bruxelles d’énergie par les ménages, ainsi que dans les pour 2010.
nale.
Charbon 92,7 secteurs des services et de l’agriculture (en
Cokes 106,0 particulier pour les serres). En effet, en Bel-
Charbon brun, lignite 99,2 gique, environ 85 % de l’énergie consommée
par les ménages et le secteur des services est Tableau 5.6 Demande et approvisionnement en électricité pour la Belgique
Autres solides variable
destinée au chauffage des bâtiments, alors
(déchets,...) [TWh] 2010 2015 2020
que dans le secteur agricole, environ 60 % de
Gaz naturel 55,8 l’énergie consommée est destinée au chauf- Demande pour la Wallonie 26,4 27,4 28,1
Gaz des fours à coke 38,0-40,0 fage des serres. Demande pour la 5,8 6,2 6,7
258,0 (Flandre) Un paramètre clé dans les projections Région Bruxelles-Capitale
Gaz des hauts
256,8-264,3 d’énergie pour ces secteurs est donc le Demande pour la Flandre 59,2 59,5 61,3
fourneaux
(Wallonie) nombre de degrés-jours (DJ)35 permet d’es- Demande pour la Belgique* 91,4 93,1 96,1
Gaz de raffinerie 55,1-56,5 timer le besoin de chauffage. Les projec-
Importation nette 4,0 4,0 1,6
Mazout lourd 76,6 tions bottom-up régionales pour le secteur
(solde exportation-importation)
Cokes de pétrole 99,8 résidentiel et tertiaire sont calculées selon
l’hypothèse que le nombre de degrés-jours Production 87,4 89,1 94,5
Mazout domestique, 73,3 Utilisation pour pompage 4,0 4,1 4,0
pour la période 2010-2020 est égal à la va-
gazole et pertes de distribution
leur moyenne de degrés-jours de la période
Essence 68,6 2002-2011. Cette moyenne est égale à 1 819
LPG 62,4 degrés-jours (référence 15/15) et caractérise
Autres carburants 72,6 un climat tempéré. Les informations concer- *
Demande totale (demande + utilisation pour pompage + pertes de distribution) = approvisionnement total
nant l’année de référence (2010) s’appuient (importation nette + production)
sur le nombre réel de degrés-jours (2 308).

96 5. Projections, effet des politiques et mesures et des mécanismes du Protocole de Kyoto


de l’énergie et du CO2 (voir les tableaux 5.3 Les projections de 2013 pour la produc- Le tableau 5.6 présente les données rela- cé par de nouvelles centrales à gaz à cycle
et 5.4), et l’évolution du parc de production tion d’électricité tiennent compte: tives à l’offre et à la demande pour le secteur combiné. Le tableau 5.7 présente la part du
électrique (voir tableau 5.6) déterminent, –– des hypothèses sur l’évolution de la de- de l’électricité en Belgique (TWh). nucléaire, des combustibles fossiles et des
au sens large, l’évolution des émissions au mande d’électricité dans les différents Les données ci-dessous relatives à la de- énergies renouvelables dans la production
cours de la période de projection. secteurs mande ne comprennent pas l’usage propre d’électricité totale au niveau national. Une
Les projections pour le secteur de la pro- –– des hypothèses sur l’évolution du parc de des installations de production d’électricité grande partie de la demande de base (charge
duction d’électricité sont modélisées au ni- production électrique ni les pertes de distribution, et représentent de base) est couverte par les centrales nu-
veau national. –– des hypothèses sur l’importation d’élec- des données nettes. L’usage propre est in- cléaires, les installations de cogénération et
tricité. directement pris en considération en appli- les énergies renouvelables (éolien et bio-
quant des gains d’efficacité nets réduits aux masse). Le tableau 5.8 présente la part des
centrales électriques dans les calculs du mo- installations de cogénération dans la produc-
dèle. tion d’électricité totale au niveau national.
Les hypothèses ci-dessus montrent La part des énergies renouvelables dans
Tableau 5.7 Structure de la production électrique (part des différents carburants) une augmentation annuelle de la demande la production totale d’électricité natio-
d’électricité de 5,1 % entre 2010 et 2020. nale augmente de 6,3 % en 2010 à 27,4 %
Part dans la production nationale totale (%) 2010 2015 2020 Les échanges commerciaux d’électricité en 2020. Cette part de 6,3 % en 2010 res-
entre pays sont considérés comme étant exo- pecte l’objectif indicatif de 6 % à atteindre
Part du pétrole 0,4 0,3 0,3
gènes dans la modélisation de la production pour 2010, fixé par la directive européenne
Part du charbon 5,1 0,5 0,4 d’électricité. Les niveaux d’importation dans 2001/77/CE. Les politiques et mesures pour
les projections belges jusqu’en 2020 sont soutenir et promouvoir l’énergie renouve-
Part du gaz 34,7 36,2 36,8
comparables au projet de référence de l’UE lable dans les trois Régions sont décrites au
Part des énergies renouvelables, et au scénario de référence (février 2013, Chapitre 4 du présent rapport.
6,3 17,6 27,4
y compris la biomasse CE). L’évolution réelle de l’importation La part du gaz dans la production totale
Part du nucléaire 52,1 43,9 33,5 nette dépendra principalement des nouvelles d’électricité nationale augmente de 34,7 %
capacités de transport transfrontalières, des en 2010 à 36,8 % en 2020, alors que la part
Part des déchets
1,4 1,6 1,5 opportunités commerciales et de l’emplace-
(fraction des non-renouvelables) du nucléaire diminue de 52,1 % à 33,5 %.
ment de nouvelles usines de production.
Cette augmentation de la part du gaz est le
Contrairement aux projections pour les résultat d’une augmentation de la demande
autres secteurs, les projections concernant d’électricité et de la fermeture partielle des
l’aspect approvisionnement du secteur élec- premières centrales nucléaires. La produc-
trique sont réalisées au niveau national. tion des centrales nucléaires fermées est
Tableau 5.8 Part des installations de cogénération dans la production nationale totale Le scénario avec mesures intègre le dé- remplacée principalement par celle issue de
mantèlement des centrales nucléaires dès turbines à gaz à cycle combiné et de sources
qu’elles atteignent 40 ans, conformément à la d’énergie renouvelables.
Part dans la production nationale totale (%) 2010 2015 2020
Loi belge sur la sortie progressive de l’éner-
Part des installations de cogénération (y compris 16,5 16,9 18,1 5.1.3.2. L’industrie
gie nucléaire à des fins de production indus-
les centrales à gaz à cycle combiné avec trielle d’électricité, qui a été approuvée par En 2011, les émissions industrielles
production de chaleur) le Gouvernement fédéral le 31 janvier 2003. (énergie et procédés industriels) représen-
Dans ce scénario, le démantèlement des cen- taient 29 % du total des émissions de gaz à
trales nucléaires est généralement rempla- effet de serre en Belgique. Les projections de

97
l’utilisation d’énergie dans le secteur indus- énergétique, la consommation d’énergie et
triel sont basées sur les hypothèses d’activité les émissions de CO2 ont été calculées en te- Tableau 5.10 Hypothèses d’activité et d’intensité énergétique pour le secteur
et parfois également sur l’intensité d’énergie nant compte de l’impact de l’article 7 de la industriel en Wallonie
(quantité d’énergie utilisée par unité d’ac- directive 2012/27/UE, relative à l’efficacité
tivité). Ces hypothèses diffèrent entre les énergétique. 2010 - 2015 2015 - 2020
Régions et reflètent les différences entre les
activités industrielles. Les hypothèses d’activités du tableau 5.9 Taux de
Amélioration Taux de
sont prises en considération. Secteur croissance
En Flandre, pour les entreprises partici- annuelle de croissance annuel
annuel de
pant au nouvel accord énergétique flamand, En Wallonie, les hypothèses de base l’efficacité de l’activité
l’activité
la consommation d’énergie et les émissions prises en considération pour établir les pro- (%)
énergétique (%) (%)
de CO2 ont été modélisées en tenant compte jections d’émissions sont présentées au ta-
Production de fer 0  0,5 0 
de l’amélioration de l’efficacité énergétique bleau 5.10. Ce dernier présente, pour chaque
escomptée grâce à l’accord. Pour les autres secteur industriel majeur, les taux de crois- Production d’acier O2 -100  0,5 0 
entreprises, ne participant pas à l’accord sance supposés des activités entre 2010 et Production d’acier électrique 0  0,5 0 
Transformation de l’acier 0  0,5 0 
Aciéries 0  0,5 0,0
Métaux non-ferreux 0  0,5 0 
Ciment 2,8 0,5 0 

Tableau 5.9 Hypothèses d’activité pour le secteur industriel en Flandre Chaux 5,1 0,5 0,0
Verre plat 4,3 0,5 1,6
Verre d’emballage 4,6 0,5 0 
Secteur 2010 2015 2020
Fibre de verre 1,3 0,5 1,4
1A1b. Raffinage du pétrole 100 100 100 Autres minéraux non métalliques 0,0 0,5 0,9
1A1c. Transformation des combustibles solides et autres 100 100 101 Pâte à papier 0,0 0,5 0,0
industries de l’énergie Papier -0,5 0,5 -0,5
1A2a. Sidérurgie 100 100 101 Chimie de base* 1,8 0,5 1,5

1A2b. Métaux non-ferreux 100 105 116 Spécialités chimiques** 11,8 0,5 0,0
*** 1,9 0,5 1,5
1A2c. Produits chimiques 100 105 116 Aliments et boissons
Traitement des métaux 1,9 0,5 2,0
1A2d. Papier, pâte à papier et imprimerie 100 105 116
Textiles 2,0 0,5 2,0
1A2e. Produits alimentaires, boissons et tabac 100 105 116 Autres industries 2,0 0,5 2,0
1A2f. Autres 100 102 111
*
ordre de grandeur - ** ammoniaque - *** à l’exception du sucre et du lait

98 5. Projections, effet des politiques et mesures et des mécanismes du Protocole de Kyoto


2015, et entre 2015 et 2020. Il fournit éga- Tous les principaux secteurs prennent ment mis en œuvre des mesures comparables Le nombre de ménages et les hypothèses
lement des taux d’amélioration annuelle de part à des accords de branche dans le cadre pour l’industrie chimique. de climat sont, avec les mises en œuvre des
l’efficacité énergétique et calcule les change- desquels ils se sont engagés à améliorer leur Les projections des émissions de gaz politiques et des mesures, les principaux
ments en matière d’énergie au niveau mon- efficacité énergétique/en matière de CO2 fluorés sont élaborées au moyen du modèle facteurs déterminant les émissions projetées
dial entre 2010 et 2015. pour 2010/2012. Les accords de branche développé par ECONOTEC (consultants en dans le secteur résidentiel. Comme il a été
sont mis en œuvre jusqu’en 2012. De nou- énergie et environnement) et le VITO, dans souligné dans le chapitre 4, les politiques et
Les grands consommateurs d’énergie
le cadre d’une étude commandée par la DG mesures diffèrent entre les logements neufs
sont modélisés au niveau des installations. veaux accords pour la période 2012-2020
fédérale de l’environnement37 en 2012. et existants. Les réglementations et les me-
Cela comprend les grandes installations de sont toujours en cours de négociation et ne
sures en matière de climat prises en consi-
fer et d’acier, les fours à clinkers et à chaux, sont pas encore signés. Ils ne sont dès lors Le tableau 5.11 ci-dessous donne le dération pour les projections, telles que la
et les fours à verre plat. Entre 2010 et 2015, pas pris en considération dans le scénario pourcentage des émissions totales couvertes directive CE sur la performance énergétique
les taux de changement des activités s’ap- avec mesures existantes. par le système SEQE de l’UE. des bâtiments et l’utilisation des énergies re-
puient sur des estimations de croissance du nouvelables (chaudières solaires et pompes à
marché ou sur des perspectives des secteurs Dans les deux Régions, les projections 5.1.3.3. Le secteur des bâtiments
des émissions émanant des procédés sont chaleur) sont présentés au chapitre 4, « Poli-
industriels, des projets d’investissement et En 2011, le secteur des bâtiments (rési-
des fermetures d’équipement qui sont an- principalement liées aux taux de croissance dentiel et tertiaire) représentait près de 19 %
noncés. Les taux qui en résultent sont réper- de l’activité et à la mise en œuvre de me- 37 Preparation of a federal policy for the reduction
du total des émissions de gaz à effet de serre
sures de réduction dans certains secteurs, of GHG emissions (HFC, PFC and SF6) [Élaboration
toriés dans le tableau précédent. Après 2015, belges. d’une politique fédérale pour la réduction des émis‑
les grandes installations devraient être main- telles que celles qui ont été mises en œuvre sions de GES (HFC, PFC et SF6)], ECONOTEC et
tenues en activité. Les changements structu- en 2011 en Wallonie pour le secteur de la VITO, 2004.
rels attendus sont pris en considération lors- chimie, entraînant une forte baisse des émis-
qu’ils sont connus. sions de N2O. La Flandre avait précédem-

Tableau 5.11 Répartition SEQE de l’UE : pourcentage des émissions couvertes par le Tableau 5.12 Nombre d’animaux utilisés dans les projections
système SEQE de l’UE (conformément à la portée SEQE 2013-2020)
Nombre d’animaux (en milliers) 2010 2015 2020
  2010 2015 2020
Élevage laitier 462 581 549
Total (hors UTCATF et toutes les émissions 40 % 37 % 37 %
du secteur aéronautique) Élevage non laitier 2 165 1 989 2 043
Énergie - Industries énergétiques (1A1) 90 % 85 % 86 % Moutons 105 100 96
Industries manufacturières et construction 83 % 82 % 79 % Porcs 6 626 6 806 6 786
(1A2) Volaille  32 577 33 592 33 363
Procédés industriels (2) 75 % 71 % 66 % Autres (chevaux, chèvres) 92 95 102
1A4, 1A5, 1B 1% 1% 1%

99
tiques et mesures ». L’évolution supposée de parcourus est basée sur les tendances histo- nières années, tandis que d’autres occupa- pitale). Le Bureau fédéral du Plan a utilisé
la population et du nombre de ménages est riques et sur les hypothèses concernant les tions du sol sont des sources d’émissions. le modèle HERMES pour ses projections au
présentée ci-dessus (tableau 5.2). Une dis- effets des politiques sur le changement mo- L’absorption annuelle moyenne de CO2 est niveau national.
tinction est opérée entre les maisons neuves dal. Les projections intègrent les politiques de l’ordre d’un million de tonnes de CO2
et existantes en matière de performance et mesures soulignées dans le chapitre 4. équivalent (-1268 Gg CO2–éq. en 2011). Il 5.1.4.1. Modèle flamand de simulation
énergétique. Le principal moteur de ce secteur est l’aug- n’existe aucune projection spécifique pour ce des gaz à effet de serre et de l’énergie
La part du gaz naturel dans la consom- mentation attendue du transport routier. En secteur, sauf pour la gestion des forêts, où un Un nouveau modèle flamand de simula-
mation totale d’énergie du secteur résidentiel Flandre, le transport en voiture particulière scénario « business as usual » visant à établir tion des gaz à effet de serre et de l’énergie
augmente au détriment du mazout. se stabilise entre 2010 et 2020, mais le le niveau de référence de la gestion des forêts a été élaboré en 2011 pour établir des pro-
transport routier de marchandises devrait a été présenté à la CCNUCC en 2011. Ces jections à court terme qui seront utilisées
Dans le secteur tertiaire, les projections augmenter de 11 % entre 2010 et 2020. En projections ont été calculées par le Centre dans le Plan flamand de politique clima-
sont basées sur l’évolution prévue de l’ac- Wallonie, la croissance est estimée à 1,8 % Commun de Recherche de la Commission tique 2013-2020. Le modèle de simulation
tivité des différents sous-secteurs et sur la par an jusqu’en 2020 pour le transport de Européenne (CCR) en étroite collaboration est un modèle de projection de la demande
mise en œuvre des mesures d’économie marchandises, tandis que la croissance de la avec les administrations belges compétentes, d’énergie et des émissions de gaz à effet
d’énergie dans chaque Région. mobilité pour les voitures particulières est en tenant compte notamment des émissions de serre qui couvre la plupart des secteurs
5.1.3.4. Le secteur agricole de 0,9 % jusqu’en 2020. Dans la Région de et absorptions historiques provenant de la d’émission concernés (secteur de l’énergie,
Bruxelles-Capitale, les émissions du trans- gestion des forêts, de la structure de classes de l’industrie, résidentiel, commercial et de
La part des émissions agricoles, y com- d’âge de la forêt, des politiques et des me-
port routier devraient augmenter de 0,55 % la construction).
pris les émissions issues de la combustion, sures mises en œuvre avant la mi-2009 et des
par an jusqu’en 2016 ; une fois que la mise
représentaient 9,6 % du total des émissions activités de gestion des forêts. Ce modèle de simulation suit une ap-
en œuvre du RER (réseau express régional
de gaz à effet de serre belges en 2011. proche de type bottom-up, quantifiant par
améliorant le transport public) débute, la
Les émissions de gaz à effet de serre dans 5.1.3.8. Les combustibles de soute exemple la consommation d’énergie et les
tendance est inversée et une diminution an-
le secteur agricole consistent principalement internationaux émissions de gaz à effet de serre grâce à
nuelle moyenne de 0,22 % est attendue.
en émissions de CH4 et de N2O provenant de Les émissions liées au transport aérien des variables d’activités (exprimées, autant
l’élevage et des émissions des terres agri- 5.1.3.6. Le secteur des déchets international ont augmenté de 38 % depuis que possible, en unités physiques), et tient
coles. 1990, tandis que celles dues au transport compte des autres facteurs principaux déter-
En 2011, ce secteur représentait 1,3 %
maritime ont subi une hausse de 90 % (avec minants de la demande énergétique.
Les nombres d’animaux mentionnés du total des émissions de gaz à effet de serre
dans le tableau 5.12 ont été utilisés dans les en Belgique (principalement imputables aux une forte diminution après 2009 en raison de 5.1.4.2. EPM
projections de 2013 et sont les principaux centres d’enfouissement technique et au sta- la crise économique et un renouveau depuis
2011). Les émissions sont calculées sur la Le modèle EPM (Energy/Emissions Pro-
facteurs d’évolution des tendances projetées. tion d’épuration des eaux). Le chapitre 4 dé-
crit les politiques et mesures mises en œuvre base des quantités de carburant vendues. Les jection Model) est un modèle de projection
5.1.3.5. Le secteur des transports pour réduire ces émissions. projections rapportées sont celles qui ont été de la demande d’énergie et des émissions
calculées au moyen du modèle HERMES. atmosphériques qui couvre tous les secteurs
Les émissions issues des transports
5.1.3.7. Changements d’affectation des concernés (secteur de l’énergie, de l’indus-
constituaient 22,5 % des émissions de gaz
terres et foresterie 5.1.4. Modèles utilisés trie, résidentiel, commercial et du trans-
à effet de serre de la Belgique en 2011. Les
Les changements d’affectation des terres port). Il a été développé progressivement par
projections sont basées sur une approche Cette partie décrit les trois modèles uti-
et la foresterie constituent un puits net de lisés pour les projections. Les projections ECONOTEC depuis 1993 dans le cadre de
bottom-up, prenant en considération le
carbone en Belgique. Les forêts sont un im- régionales ont été élaborées grâce au mo- plusieurs études réalisées pour les pouvoirs
nombre prévu de kilomètres parcourus par
les différents modes de transport et les hy- portant puits de carbone relativement stable dèle flamand de simulation des gaz à effet de publics, tant au niveau régional que national.
pothèses concernant la mise sur le marché au fil du temps, ainsi que les prairies et les serre et de l’énergie (Région flamande) et à Compte tenu de l’hétérogénéité des sec-
de véhicules. L’augmentation des kilomètres zones humides qui sont des puits ces der- l’EPM (Régions wallonne et Bruxelles-Ca- teurs tels que l’industrie sidérurgique, le sec-

100 5. Projections, effet des politiques et mesures et des mécanismes du Protocole de Kyoto
teur chimique ou le secteur résidentiel, les déterminées par l’évolution des paramètres moyen termes. Le modèle est également uti- production (capital, travail, énergie et autres
calculs doivent tenir compte des effets struc- qui définissent la consommation de chaque lisé pour l’analyse des variantes. La période intrants intermédiaires) sur la base des prix
turels internes, c’est-à-dire des variations secteur. de simulation varie de 1 à 12 ans, en fonction des facteurs prévus. Les coûts de production
en matière d’évolution des sous-secteurs Par exemple, le secteur résidentiel est dé- de l’exercice. HERMES rejoint la tradition constituent le principal déterminant des prix
lorsque ceux-ci présentent différents niveaux fini par les paramètres suivants : des modèles économétriques annuels fondés dans HERMES. Les taux d’utilisation des
de consommation ou d’émission spécifique. sur l’analyse de séries chronologiques. La capacités dans chaque secteur constituent
–– la population et la taille moyenne des mé- désagrégation étant une caractéristique fon- d’autres déterminants à court terme. Après
EPM est un modèle de simulation de nages (ces deux paramètres définissent le damentale de ce modèle, il permet de décrire avoir calculé la demande sur les différents
type bottom-up, expliquant par exemple la besoin net de nouveaux logements) les changements dans les différents secteurs marchés et les prix, le modèle répartit les
consommation d’énergie et les émissions –– le climat (exprimé en degrés-jours, ce ou les différentes branches d’activité ; il per- ressources totales entre les différents agents
de gaz à effet de serre grâce à des variables paramètre revêt une grande importance met également de révéler les différents effets et calcule leur revenu disponible, en tenant
d’activité exprimées, autant que possible, en pour la Région de Bruxelles-Capitale, de mesures ou de facteurs imprévus exté- compte des impôts et des cotisations sociales
unités physiques, et contenant une représen- étant donné qu’il reflète le besoin de rieurs sur chaque branche prise séparément. versées à l’État, ainsi que des transferts so-
tation détaillée des sources d’émission et des chauffage des bâtiments, ce qui repré- ciaux reçus par chacun d’eux.
principaux facteurs qui déterminent l’évolu- sente 70 % des émissions régionales de HERMES est un modèle orienté vers
tion de la demande énergétique et des diffé- GES) la demande à moyen terme dans lequel les 5.1.5. Projections et effet total des
rents types d’émissions. –– le taux de rénovation, l’amélioration de éléments fournis jouent un rôle important. politiques et mesures selon
Cette option méthodologique repose sur l’efficacité énergétique prévue en cas de L’activité des branches est principalement
le scénario « avec mesures
l’observation selon laquelle il n’y a pas de rénovation. Cette amélioration dépend déterminée par la demande. Celle-ci régit
existantes »
relation simple et homogène entre les va- de la typologie du parc immobilier com- également la capacité de production à long
posé de 244 types de logements : appar- terme, bien que les effets de l’offre soient Les projections sont tout d’abord pré-
riables macroéconomiques agrégées expri-
tement ou maison, 4 tranches d’âge pour présents. Contrairement aux modèles tech- sentées pour chaque gaz à effet de serre visé
mées en valeur monétaire et la consomma-
l’immeuble concerné, 7 vecteurs d’éner- nologiques, HERMES n’intègre pas expli- par le Protocole de Kyoto. Puis, le total des
tion d’énergie réelle.
gie utilisés pour le chauffage, système de citement une description des différentes émissions de gaz à effet de serre est présen-
5.1.4.3. Modèle de projection de Bruxelles chauffage installé (central ou décentrali- technologies de production. L’adaptation de té, ainsi que les informations agrégées pour
Environnement sé), occupation par le propriétaire ou un la production à la capacité existante joue un chaque secteur.
L’Institut Bruxellois pour la Gestion de locataire. rôle dans l’explication des prix, des inves- 5.1.5.1. Projections des émissions de CO2
l’Environnement (IBGE) a développé son tissements et des importations. HERMES
Le modèle tient également compte des Le CO2 est le gaz à effet de serre le plus
propre modèle de projection pour la de- intègre des mécanismes néoclassiques de
émissions directes de GES qui ne sont pas important en Belgique. Les émissions de gaz
mande d’énergie et les émissions atmosphé- base pour la détermination des coefficients
liées à la consommation d’énergie : c’est à à effet de serre dans le scénario « avec me-
riques provenant de sources fixes (secteurs techniques marginaux, pour l’explication de
dire les émissions fugitives de méthane de sures existantes », comprenant toutes les me-
résidentiel, commercial, de l’industrie et de l’investissement et pour le calcul des capaci-
distribution du gaz naturel, l’utilisation de sures politiques en matière de climat approu-
l’énergie). tés. Les effets de l’offre sont également in-
N2O pour l’anesthésie, les émissions pro- vées jusqu’ici, devraient diminuer jusqu’en
corporés aux équations de l’exportation. Le
En tant que modèle de type bottom-up, venant de la décomposition des matières 2020.
progrès technologique est inclus, de façon
les évolutions de la consommation des vec- organiques (usine de compostage, usine de
purification de l’eau). exogène, dans les fonctions de production. 5.1.5.2. Les projections d’émissions de CH4
teurs énergétiques employés en Région de
Bruxelles-Capitale (gaz naturel, huile lé- À partir de la demande interne et externe, En 1990, le méthane (CH4) représentait
gère, propane/butane, charbon, électricité, 5.1.4.4. HERMES le modèle calcule la rentabilité marginale de près de 8 % des émissions de gaz à effet de
bois, pompes solaire et à chaleur) et de leurs HERMES est le modèle macrosectoriel la capacité de production. Pour ce faire, il serre en Belgique. Sa part devrait diminuer
émissions associées (CO2, CH4, N2O, NOx, utilisé par le Bureau fédéral du Plan dans le calcule la répartition optimale des ressources d’ici 2020. Les réductions les plus impor-
CO, COVNM, SOx, NH3, particules) sont cadre de ses prévisions nationales à court et des secteurs entre les différents facteurs de tantes depuis 1990 ont eu lieu dans les sec-

101
Tableau 5.13 Projections des émissions de CO2 pour la Belgique Tableau 5.14 Projections des émissions de CH4 pour la Belgique

Format CRF (kt éq. CO2) 1990 2000 2010 2015 2020 Format CRF (kt éq. CO2) 1990 2000 2010 2015 2020

1 Énergie 110 387 115 416 106 711 97 148 96 131 1 Énergie 1 335 805 768 703 680
1A Combustion de 110 302 115 250 106 608 97 045 96 027 1A Combustion de 477 339 322 250 239
carburant carburant
1A1 Industries 29 789 28 301 26 246 21 570 22 283 1A1 Industries 18 14 41 36 36
énergétiques énergétiques
1A2 Industries 32 605 33 148 23 389 22 337 22 366 1A2 Industries 83 76 67 36 36
manufacturières et manufacturières et
construction construction
1A3 Transport 20 427 24 453 26 857 27 076 26 694 1A3 Transport 128 66 20 12 9
1A4 Commercial 27 320 29 256 30 068 26 014 24 637 249 182 194 166 158
1A4 Commercial /
/ résidentiel /
résidentiel / agriculture
agriculture
1A5 Autres 161 93 47 47 47 1A5 Autres 0 0 0 0 0
1B Émissions 84 165 103 103 103 1B Émissions fugitives 858 466 446 453 441
fugitives imputables imputables aux
aux combustibles combustibles
2 Procédés industriels 8 417 9 662 7 471 8 209 8 390 2 Procédés industriels 0 4 20 20 21
3 Utilisation de solvants NA NA NA 0 0 3 Utilisation de solvants et 0 0 0 0 0
et d’autres produits d’autres produits
4 Agriculture 0 0 0 0 0 4 Agriculture 5 547 5 336 4 941 5 066 4 959
5 Utilisation des -927 -730 -1 451 -2 556 -2 113 5 Utilisation des Terres, 0 0,002 0 0 0
Terres, Changement Changement d’Affectation
d’Affectation des Terres des Terres et Foresterie
et Foresterie (UTCATF) (UTCATF)
6 Déchets 290 172 691 720 786 6 Déchets 2 826 2 145 780 547 402
7 Autres 0 0 0 0 0 7 Autres 5 547 5 336 0 0 0
Total hors UTCATF 119 094 125 250 114 873 106 078 105 306 Total hors UTCATF 15 255 13 626 6 508 6 336 6 062

102 5. Projections, effet des politiques et mesures et des mécanismes du Protocole de Kyoto
Tableau 5.15 Projections des émissions de N2O pour la Belgique

Format CRF (kt éq. CO2) 1990 2000 2010 2015 2020

1 Énergie 654 773 676 586 567


1A Combustion de 654 773 676 586 567
carburant
1A1 Industries 184 214 148 113 114
énergétiques
1A2 Industries 105 107 170 82 29
manufacturières et
construction
1A3 Transport 261 349 252 282 308
1A4 Commercial 103 103 106 108 116 Tableau 5.16 Projections des émissions de gaz F pour la Belgique
/ résidentiel /
agriculture
  Format CRF (kt éq, CO2) 1990 2000 2010 2015 2020
1A5 Autres 2 1 1 0 0
1B Émissions IE,NA,NO IE,NA,NO IE,NA,NO 0 0 1. Émissions de sous-produits -
2E1 2 775,0 6,5 7,7 6,7 6,7
fugitives imputables Autres
aux combustibles 2E2 2. Émissions fugitives 537,7 354,4 69,4 131,7 131,7
2 Procédés industriels 3 943 4 576 2 596 1 499 1 502 Réfrigération et conditionnement
2F1   626,1 1 755,9 1 889,3 1 632,7
3 Utilisation de solvants 213 214 211 214 214