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Chapitre 2 Equation de Combustion et Thermochimie

Chapitre 2. Equation de combustion et Thermochimie

1. Introduction
De la définition même de la combustion (voir chapitre 1), il apparait évident que les aspects
chimique et thermodynamique (thermochimie) de la combustion font parties intégrantes de cette
discipline. Nous aborderons dans ce qui suit quelques notions ayant trait à ces aspects.

2. Equation de combustion et stœchiométrie


- L’oxygène stœchiométrique (parfois appelé oxygène théorique) est la quantité d’oxygène juste
suffisante pour convertir la totalité du carbone contenu dans le combustible en CO2 et tout
l'hydrogène en H2O, sans qu’il en reste de l’oxygène.

Dans le cas du carburant le plus simple des hydrocarbures, le méthane CH4, brûlant avec de
l'oxygène stœchiométrique, l'équation chimique équilibrée est :

CH4 + 2 O2 CO2 + 2 H2O

Si le combustible est de l'isooctane, l’équation de combustion stœchiométrique avec de l'oxygène


serait :
C8H18 + 12,5 O2 8 CO2 + 9 H2O
La combustion stœchiométrique du méthane avec l’air est alors :
CH4 + 2 O2 + 2(3,76) N2 CO2 + 2 H2O + 2(3,76) N2
Et de l’isooctane avec l’air est :
C8H18 + 12,5 O2 +12,5 (3.76) N2 8 CO2 + 9 H2O + 12,5(3,76) N2

Dans le cas d’un hydrocarbure de formule générale CnHm et d’air sec atmosphérique, on a en
supposant la combustion complète :
CnHm + (n + m/4).(O2 + 3,76.N2) n.CO2+ m/2.H2O + 3,76.(n + m/4).N2 + Hc
Avec Hc, enthalpie de combustion
Remarque :

 La quantité maximale de l'énergie chimique qui peut être libérée (chaleur) à partir du
combustible, c'est quand il réagit (brûle) avec une quantité stœchiométrique d'oxygène.

 Il est commode d'équilibrer les équations de réactions de combustion pour une kmole de
carburant. L'énergie libérée par la réaction aura alors l’unité d'énergie par kmole de carburant,
qui est facilement transformable en énergie totale lorsque le débit de carburant est connu.

 La réaction globale de combustion s’écrit sous la forme d’une équation chimique qui relie les
réactifs aux produits. Cette équation ne rend pas compte du mécanisme réel de la combustion.
Dans la réalité :
- le processus de combustion fait intervenir, non pas une seule réaction, mais une succession
d’un nombre très élevé de réactions élémentaires, réactions en chaînes, qui ne mettent en
jeu que deux, au maximum trois particules, qui peuvent être des molécules stables ou plus
généralement des radicaux libres, espèces transitoires de réactivité très élevée.

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- la composition du mélange de gaz brûlés est toujours très complexe.


- la combustion peut ne pas être complète par défaut d’oxygène localement ou globalement.
- dans tous les cas, les produits finaux de la combustion résultent de diverses réactions
mettant en jeu les corps précédents, ainsi que CO et H2 et différentes espèces chimiques
issues de dissociations et réactions à haute température comme H, O, C, N, OH, NO, NO2,
N2O, …
- l’état réel des produits de combustion n’est que rarement celui correspondant à l’équilibre

2.1 Rapport air/carburant, dosage stœchiométrique

L’équation de combustion stœchiométrique précédente :

CnHm + (n+m/4).(O2 + 3,76.N2) n.CO2 +(m/2).H2O + 3,76.(n+ m/4).N2

permet de calculer la masse d’air nécessaire pour brûler 1g de carburant :

s = masse d’air/masse de carburant = n  m / 4 . 32  3,76.28 


12.n  m
Ce rapport air/combustible est parfois appelé pouvoir comburivore.

Par exemple pour un combustible C8 H18, on obtient : s = 15,11

Si on met la composition du combustible sous la forme CnHm = (CHy)n avec y = m/n on a :

n.(CHy + (1+ y/4).(O2 + 3,76.N2)) n.(CO2 + y/2.H2O + 3,76. (1+y/4).N2)

- la masse d’air nécessaire pour brûler 1g de carburant vaut : s 


1  y / 4 . 32  3,76.28 
12  y
- le rapport y=H/C (nombre d’atomes) suffit ainsi à déterminer les conditions de combustion
34 ,32.4  y 
stœchiométrique par :
s 
12  y

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- L’inverse du rapport air/combustible stœchiométrique s’appelle dosage stœchiométrique ds


1
ds 
s
2.2 Mélange air/carburant quelconque : dosage, richesse, excès d’air

La combustion peut avoir lieu, dans certaines limites, lorsque plus que l'air stœchiométrique est
disponible (mélange pauvre) ou lorsque moins que l’air stœchiométrique est mis en jeu (riche) pour
une quantité donnée de carburant.

- Si la combustion n’a pas lieu dans des conditions stœchiométriques, on peut écrire :

Par exemple, si le méthane est brûlé avec 150% d’air stœchiométrique, l’excès d’oxygène est retrouvé
dans les produits :
CH4 + 3 O2 + 3(3,76) N2 CO2 + 2 H2O + 3(3,76) N2 + O2

Si l’isooctane est brulé avec 80% d’air stœchiométrique, il n’y a pas suffisamment d’oxygène pour
convertir tout le carbone en CO2, on retrouve alors le monoxyde de carbone dans les produits :

C8H18 + 10 O2 + 10(3,76) N2 3 CO2 + 9 H2O + 5 CO +10(3,76) N2

Dans le cas d’un hydrocarbure de formule générale CnHm, brulant avec un excès d’air, on a :

CnHm + A.(O2 + 3,76.N2) CO2.CO2 + H2O.H2O + N2.N2 + O2.O2

A.32  3 ,76.28 
- Dans ce cas le rapport masse d’air/masse de carburant vaut :

12.n  m
- L’inverse de  s’appelle de dosage d : 1
d

- On définit la richesse ( ) du mélange par :
 masse de combustible 
 
 masse d' air  réel
 
 masse de combustible 
 
 masse d' air  stoechiométrique
- On a donc : d s
 
ds 
Ainsi les mélanges peuvent être distingués comme suit :

  1 mélange pauvre, présence d’oxygène dans les produits

 = 1 mélange stœchiométrique, dégagement maximal d’énergie

  1 mélange riche, CO et hydrocarbures dans les produits

-Ainsi, on peut déterminer le débit d’air d’un moteur par :


1 1
masse d’air = masse de combustible . .
 ds
C.a.d à partir:
- de la mesure du débit de combustible

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- de la connaissance de la nature du combustible


- de la richesse
1 m
- Le lien entre A et la richesse est évident : A . n  
  4

- On définit le Coefficient d’excès d’air  qui est égal à l’inverse de la richesse :

= 1 /

Remarques :

1. Dans les publications anglaises et américaines on trouve les termes :

Air/Fuel ratio : A/F (masse d’air/masse de combustible)

Fuel/Air ratio : F/A (masse de combustible/masse d’air)

- La notion de Fuel-Air équivalence Ratio (F/A ER.) ou Relative Mixture strenght (R.M.S.)
ou relative Fuel-Air Ratio, représentent les mêmes expressions que la richesse :
F
 
 A  réel
Fuel-Air équivalence Ratio 
F
 
 A  stoechio
- Dans les publications allemandes, de même que dans le monde des turbines à gaz et des chaudières,
on utilise le Coefficient d’excès d’air  (luftzahl).

Exemple d’application 1
L’isooctane est brulé avec 120 % d’air théorique dans un moteur trois-cylindres suralimenté
d’automobile. Calculer :
1. Le rapport air-carburant ψ
2. Le dosage d
3. La richesse Φ

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Exemple d’application 2
Une petite turbine à gaz, stationnaire, de faibles émissions, fonctionne à pleine charge (3950 kW)
à une richesse de 0,286 avec un débit d’air de 15,9 kg/s. La compostion équivalente du combustible
(gaz naturel) est C1,16H4,32. Déterminer le débit massique du combustible et le rapport air-combustible
de la turbine.

Exemple d’application 3
Un four industriel au gaz naturel fonctionne avec une concentration d’oxygène de 3 moles
pourcent dans les gaz brulés. Déterminer le rapport air-carburant ainsi que la richesse du mélange
réactif. Considérer le gaz naturel comme du méthane.

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3. Résolution de l’équation de combustion sans dissociation

- L’équation de combustion peut s’écrire sous différentes formes selon que l’on se rapporte à :

Une mole de combustible :


CnHm 1 m
 . n   .(O2 + 3,76.N2)  k .Xk
  4

Une mole d’oxygène :  m
CnHm + (O2 + 3,76.N2)  k . Xk
n  
 4

Une mole d’air :
 m
.CnHm + (0,21.O2 + 0,79.N2)  k . Xk
 n  .4 ,76
 4

- Résoudre l’équation de combustion revient à déterminer le nombre de mole de chaque produit


de combustion lorsqu’on se fixe la nature du combustible (n,m) et la richesse 

- Dans un premier temps, nous négligerons les dissociations moléculaires et nous supposerons
l’équilibre chimique atteint.

3.1 Résolution de l’équation de combustion en mélange pauvre

L’excès d’air dans les réactifs se traduit par la présence d’oxygène dans les produits de
combustion :

CnHm + 1 . n  m  .(O2 +3,76.N2) CO2.CO2 + H2O.H2O + O2.O2 + N2.N2


  4

On dispose de 4 équations de bilan qui permettent de calculer les 4 i :

Bilan C CO2 = n

2.CO2 + H2O + 2.O2 =


2 m
Bilan O . n  
  4

Bilan H 2.H2O = m
2 m
Bilan N 2.N2 =  . n  .3,76
4

Connaissant le nombre total de moles Nt, on peut exprimer les concentrations molaires de chaque
constituant en base humide :
XCO2 = CO2/Nt
XH2O = H2O/Nt
XO2 = O2/Nt
XN2 = N2/Nt
- Les analyseurs de gaz au banc d’essai étant sensibles à l’eau, les gaz sont desséchés avant
analyse. Les concentrations sont alors exprimées en base sèche.

- Le calcul de la concentration en base sèche donne :


XsCO2 = XCO2 / (1-XH2O)
XsO2 = XO2 / (1-XH2O)
XsN2 = XN2 / (1-XH2O)

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Exemple d’application 1 :
Soit la combustion du C8H18 à la richesse 0,8, calculer la concentration de chaque constituant
des gaz brûlés en base humide et en base sèche.

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3.2 Résolution de l’équation de combustion en mélange riche


L’excès de combustible se traduit par la présence d’imbrûlés (CO et H2) dans les produits de
combustion. On a :
1 m
CnHm + . n   .(O2+3,76.N2) CO2.CO2+ H2O .H2O + CO.CO + H2.H2 + N2.N2
  4

On dispose quatre équations de bilan :

Bilan C CO2 + CO = n


2 m
Bilan O 2.CO2 + H2O + CO = . n  
  4
Bilan H 2.H2O + 2H2 = m
2 m
Bilan N 2.N2 = . n  .3 ,76
 4

La 5ième équation manquante permettant de déterminer les 5 inconnues i résulte d’une hypothèse qui
trouve sa justification dans la comparaison des calculs et des expériences. On suppose que les produits
CO2, H2, CO et H2O obéissent à l’équation d’équilibre dite « du gaz à l’eau » :

CO2 +H2  CO + H2O

- A cette équation chimique est associée une constante d’équilibre dépendant de la température :
CO . H O
K CO2 ( T ) 
CO . H
2

2 2

- En réalité, les expériences ont montré que la composition des gaz mesurée à l’échappement
correspond à un figeage de la réaction du gaz à l’eau à une température de l’ordre de 1700 K.
(T = 1700 K, la constante K CO2 vaut 3,8)

- Cette température est appelée température de figeage.

Un exemple d’application est présenté sur la figure (3.1) indiquant la composition théorique des gaz
d’échappement en fonction de la richesse pour un carburant de formule globale (CH1,75)x proche de
celle des essences classiques.

Fig. 2.1. Composition en volume des gaz d’échappement secs, pour des carburants du type CH1,75

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4. Thermodynamique de la combustion
La connaissance de la composition initiale et finale n'est pas suffisante dans la majorité des
applications. En effet, l'intérêt de la combustion réside la plupart du temps dans le dégagement de
chaleur associé. Il est donc important de connaitre non seulement la composition chimique, mais aussi
le contenu énergétique associé à l'état initial et à l'état final.

4.1 Chaleur de combustion

a. Enthalpie absolue (ou standard) et enthalpie de formation

La fonction enthalpie correspond à l'énergie totale d'un système thermodynamique. Elle


comprend l'énergie interne qui est l'énergie nécessaire pour créer le système, à laquelle est additionné
le travail que ce système doit exercer contre la pression extérieure pour occuper son volume.
L'enthalpie « H » d'un système n'est pas connue de façon absolue car elle dépend de l'énergie interne
dont la valeur ne peut être déterminée. On ne peut donc avoir accès qu'à des variations d'enthalpie ΔH.
Une échelle de valeurs de l'enthalpie des corps purs peut néanmoins être adoptée; On peut ainsi
définir, pour chaque espèce chimique, une enthalpie absolue (ou standard), qui est la somme d’une
enthalpie qui prend en compte l’énergie associée aux liaisons chimiques, l’enthalpie de formation, hf ,
et une enthalpie qui dépend uniquement de la température, la variation d’enthalpie sensible, Δhs .
Ainsi, on peut écrire l’enthalpie molaire absolue de l’espèce i comme

hi(T) = h0f,i(Tref) + Δhs,i(T)


Enthalpie absolue Enthalpie de formation Variation d’enthalpie sensible
à la température T aux conditions de référence entre Tref et T
standard (Tref , P0)

avec Δhs,i(T)= hi(T) - h0f,i(Tref)

Ce qui suppose la définition d'un zéro arbitraire d'enthalpie et d'un état de référence. L'état
standard (P = 1 atm (101,325 Pa)), peut être défini en principe à une température quelconque, mais les
valeurs de l'enthalpie consignées dans les tables thermodynamiques, se réfèrent le plus souvent à la
température de référence de 25°C (298,15 K). Ainsi, on choisit une pression standard, Pref = P0 = 1
atm (101,325 Pa) et une température standard Tref = 25 °C (298,15 K), compatible avec les bases de
données thermodynamiques de la NASA et Chemkin. Il convient toutefois de s'assurer que la
référence est bien la même pour les différentes sources que l'on utilise, ce qui n'est pas toujours le cas.

Par ailleurs, on adopte la convention que les enthalpies de formation sont nulles pour les corps
pures simples stables éléments apparaissant dans leur état naturel aux conditions de références.

L'enthalpie standard de formation à T, d'un composé chimique, h0f (T) (ou ), est la
différence d'enthalpie mise en jeu lors de la formation d'une mole de ce composé à partir des corps
simples, purs, pris dans l'état standard et stables à la température considérée T. Elle correspond à

l'enthalpie standard de réaction à T, de la réaction de formation du corps pur composé à partir


des corps purs simples correspondants, stables dans l'état standard à T.

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Ainsi de cette définition même découle :

L'enthalpie standard de formation à Tref, d'un corps simple stable à cette température, est nulle,
puisque la réaction de formation c'est la réaction de formation à partir de lui-même.

On a par exemple :

 si le graphite est stable à la température choisie T. En revanche,


l'enthalpie de formation du carbone diamant (métastable) est différente de zéro puisqu'elle
correspond à la réaction de formation du diamant à partir du corps simple stable dans les
conditions standards, le graphite.
 le dioxygène est stable à T = 25°C et P = 1 atm, on a donc

 car c'est un corps composé.

b. Chaleur de combustion à volume constant

C’est la quantité de chaleur à extraire par refroidissement des gaz brûlés pour revenir à la
température initiale, la combustion ayant lieu à volume constant.
En vertu du premier principe de la thermodynamique appliqué à un telle système évoluant de
façon isochore de l'état i nit i al 1 (les réactifs) à l'état f i n al 2 (les produits), s’il n’y a pas de travail
susceptible d’être échangé par le système, en dehors de celui des forces de pression, et de
l’intervention de l’énergie cinétique et potentielle, on a pour une transformation finie :

Qc,v = U2 - U1 = Up - UR

Exemple : Bombe calorimétrique


QRef = Qc,v

P0=1 atm
T0=298,15 K Produits
V=constant Air + de Refroidissement
C4H10 combustion
T0=298,15 K
Combustion

Etat initial Etat final

Fig. 2.3. Détermination de la chaleur de combustion à volume constant

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c. Chaleur de combustion à pression constante (Enthalpie de combustion)

C’est la quantité de chaleur à extraire par refroidissement des gaz brûlés pour revenir à la
température initiale, la combustion ayant lieu à pression constant.

Exemples :

1. Système fermé

Si on considère la combustion du méthane avec de l’air dans le système cylindre piston suivant :

Pext=Cste Pext=Cste
QRef = Qc,p

T0=298,15 K
Gaz Refroidissement T0=298,15 K
brûlés
Air + Combustion
CH4

Etat initial Etat final

Fig. 2.3. Détermination de la chaleur de combustion à pression constante

En appliquant le premier principe de la thermodynamique à un telle système évoluant de façon


isobare de l'état i ni t ial 1 (les réactifs) à l'état fin al 2 (les produits), s’il n’y a pas de travail
susceptible d’être échangé par le système, en dehors de celui des forces de pression, et de
l’intervention de l’énergie cinétique et potentielle, on a :

U2 - U1= Qc,p + ʃ-Pdv


= Qc,p - Pext(V2 – V1)
Avec P2=P1=Pext , on a :
Qc,p = (U2+ P2V2)- (U1+ P1V1)
Qc,p = H2 - H1=Hp - HR

2. Système ouvert

Considérons le réacteur, montré sur la figure (4), dans lequel un mélange stœchiométrique de
réactants entre et des produits sortent, tous aux conditions standards (1 atm, 25°C). La combustion est
supposée complète. Pour que les produits sortent à la même température d’entré des réactants, de la
chaleur doit être extraite du réacteur. La quantité de chaleur extraite peut être liée aux enthalpies des
réactifs et des produits en appliquant le premier principe de la thermodynamique sous sa forme
stationnaire pour un système ouvert :

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en l’absence de travail et des termes d'énergie cinétique et potentielle

qc,p = h0 – hi = hprod – hréact

La chaleur de combustion ou l’enthalpie de combustion, ΔhR (par unité de masse de mélange) est :

ΔhR = qc,p = hprod – hréact


-qc,p

Réactifs
(mélange air+combustible, Produits
stœchiométrique, aux (aux conditions standards)
conditions standards)

Fig. 2.4. Réacteur stationnaire utilisé pour la détermination de l’enthalpie de combustion

En termes de grandeurs extensives :

ΔHR = Hprod – Hréact

Remarque :
1. Notons que la valeur de l’enthalpie de combustion dépend de la température, du fait que les
enthalpies des réactifs et des produits varient tout deux avec la température.
2. Il existe une relation entre la chaleur de combustion à volume constant et la chaleur de
combustion à pression constante.

4.2 Les pouvoirs calorifiques des combustibles


a. Définition :
Le pouvoir calorifique (soit en anglais : heating value) massique ou volumique représente la
quantité de chaleur dégagée, avec un signe opposé, par unité de masse ou de volume du carburant lors
de la réaction chimique de combustion complète conduisant à la formation de CO2 et H2O. Le
carburant est pris, sauf mention contraire, à l’état liquide et à une température de référence,
généralement 25 °C. L’air et les produits de combustion sont considérés à cette même température.
On fait la distinction entre le pouvoir calorifique supérieur (PCS) et le pouvoir calorifique
inférieur (PCI) selon que l’eau obtenue par combustion se trouve à l’état liquide ou à l’état gazeux. La
seule grandeur véritablement utile en pratique est le PCI, puisque, dans les produits de combustion des
moteurs et des brûleurs, l’eau est rejetée sous forme de vapeur. Pour le méthane par exemple, le PCS
est approximativement supérieur au PCI de 11%. Les PCI d’une variété de combustibles
hydrocarbonés sont donnés dans le tableau 2.1.

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Tableau 2.1. Valeurs typiques de PCI massique et volumique des carburants liquides et gazeux

b. Méthodes de détermination. Données numériques

1. La mesure du pouvoir calorifique supérieur massique s’effectue au laboratoire (norme


ASTM D 240) par combustion d’un échantillon de carburant, sous atmosphère d’oxygène, dans une
bombe calorimétrique renfermant de l’eau. L’effet thermique est calculé à partir de l’élévation de
température du milieu et des caractéristiques calorifiques de l’appareillage.
Les techniques calorimétriques fournissent le PCS massique (PCSm); pour déterminer le PCI
massique (PCIm), il faut connaître, en outre, la teneur massique en hydrogène du carburant. Si WH
désigne cette teneur en pourcent, la masse d’eau formée lors de la combustion d’un kilogramme de
carburant s’écrit en kg d’eau/kg de carburant :

Avec MH2O masse molaire de l’eau (= 0,018 kg).

En prenant en compte l’enthalpie massique de vaporisation Δh de l’eau à 25 °C, soit 2 358 kJ ·


kg-1, on obtient :

Remarque :

 La précision attachée à la détermination du PCIm (mesure calorimétrique et calcul) est


satisfaisante, avec une erreur de répétabilité de 0,3 % et une erreur de reproductibilité de 0,4 %
 Pour un très grand nombre d’hydrocarbures et de fractions pétrolières, le PCIm est de l’ordre
de 40 000 à 45 000 kJ·kg-1. De façon générale, il augmente avec le rapport NH/NC, puisque les

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enthalpies massiques de combustion de l’hydrogène et du carbone sont respectivement de 120


800 et 32 800 kJ·kg-1. Par ailleurs, la présence éventuelle d’oxygène dans la molécule tend
évidemment à réduire le PCI. Par exemple, le PCIm est de 19 937 kJ · kg-1 pour le méthanol
CH3OH, au lieu de 50 009 kJ · kg-1 pour le méthane CH4. Enfin, le PCIm ne dépend pas
uniquement de la composition en masse : il varie aussi selon l’énergie de formation du
carburant à partir de ses éléments constitutifs C, H2, O2, etc.

2. une méthode de calcul du pouvoir calorifique, parfois utilisée lorsqu’on ne connaît d’un
composé que son enthalpie massique de formation extraite des tables de données thermodynamiques.
Le PCIm s’obtient alors en utilisant la relation générale de thermochimie dans les conditions normales
de pression et de température (1 bar et 25 °C).
Le pouvoir calorifique (sous pression constante, soit le plus utilisé) est alors égal à la chaleur
de réaction isobare, et en vertu du premier principe, comme déjà expliqué, on a :

Remarque :

De façon analogue au développement relatif à la combustion isobare, on peut expliciter pour une
combustion effectuée sous volume constant les notions de pouvoirs calorifiques sous volume
constant PCS V et PCI V .
Des quatre pouvoirs calorifiques ainsi définis, le plus utilisé est le pouvoir calorifique inférieur sous
pression constante PCIp car :
 relativement aux pouvoirs calorifiques, les différences PCI P - PCI V et PCS P - PCS V sont en
pratique négligeables
 les cas d’application de la combustion isobare sont les plus répandus
 il est assez rare que l'on puisse refroidir les produits de combustion au point de condenser l'eau
qu'ils contiennent.

3. Signalons enfin l’existence de formules de corrélation entre le PCI des carburants et


quelques caractéristiques physico-chimiques simples, déterminées aisément au laboratoire,
telles que la masse volumique et la composition par familles chimiques

Exemple d’application :
Calculer le pouvoir calorifique massique du toluène à partir des données thermodynamiques
(enthalpies molaires de formation)

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Exemple d’application :

1. Déterminer le PCS et le PCI molaires et massiques du n-décane C10H22 . La masse molaire du


n-décane est 142,284.

2. Si l’enthalpie de vaporisation du n-décane est 359 kJ/kg à 298 K, quels sont le PCS et le PCI
du n décane liquide.

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4.3. La température de combustion adiabatique

Parmi les grandeurs qu'il est important de déterminer, celle de la température théorique de
combustion adiabatique joue un rôle particulièrement important. Cette température est la température
qu’atteindraient les gaz brulés dans un système adiabatique, de telle sorte que la chaleur dégagée par
combustion servirait à chauffer ces gaz.

On définit la température adiabatique à pression constante ou à volume constant en fonction que la


combustion se déroule respectivement à pression constante ou à volume constant. Il est fréquent de
parler de température de combustion adiabatique faisant allusion à celle à pression constante.

En utilisant l’équation déjà définie pour une combustion à pression constante :

Qc,p =Hp - HR

Et en posant Q = 0, on obtient la relation :

Hp - HR = 0
c.à.d.
 N i hi   N i hi
PROD REAC

Considérant que les conditions initiales des réactifs sont connues, on calcule la température des
produits de telle sorte que cette équation soit satisfaite. Cette température est la température de
combustion adiabatique.

Ainsi, si un mélange air-combustible brule d’une façon adiabatique à pression constante,


l’enthalpie absolue des réactifs aux conditions initiales (soit : T=Ti, P=Pi) égale à l’enthalpie absolue
des produits aux conditions finales (T=Tad, P =Pi), soit :

HR (Ti , P)= Hp (Tad , P)


L'enthalpie totale est la somme de l'enthalpie standard H 0298 et de l’enthalpie sensible h  298 C P dt ,
T

il vient, pour l'ensemble des constituants :

 N i h0f   h    N i h0f   h 

   
PROD i REACT i

 N i h0f  298 c p , P dT   N i h0f  298 c p ,R dT


Tad Ti

PROD i REACT i

Remarque :

La température de combustion adiabatique ou la température de flamme adiabatique est la


température maximale théorique idéale que peut atteindre un mélange air combustible donné. Le pic
réel de température dans un cycle moteur par exemple, sera inférieur de plusieurs centaines de degrés
à cette température. En réalité, il existe une perte thermique même si la durée du cycle est très courte,
le rendement de combustion est inférieur à 100 %, donc une quantité de combustible n’est pas
comburée, et certains composés se dissocie aux températures élevées. Tous ces facteurs contribuent
pour que le pic réel de température soit inférieur à la température de flamme adiabatique.

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Chapitre 2 Equation de Combustion et Thermochimie

Exemple d’application :

Calculer la température de flamme adiabatique de l’isooctane comburé avec de l’air sec à une
richesse de 0,833 dans un moteur à combustion interne. Les réactifs sont supposés être à une
température de 427°C (700 K) après le temps de compression.

Exemple d’application :

Estimer (par la méthode itérative) la température de flamme adiabatique à pression constante


de combustion stœchiométrique du mélange CH4-air. La pression est de 1 atm et la température initiale
des réactifs est de 298 K. On considère que la combustion est complète sans dissociations.
Ré-estimer cette température en considérant que l’enthalpie sensible des produits est estimée en
considérant une chaleur spécifique constante évaluée à 1200 K (≈ 0,5(Ti+Tad), où Tad est estimé à
2100 K)
On donne les Cp (à 1200 K) en kJ/ kmol-K :
CO2 : 56,21 H2O : 43,87 N2 : 33,71

Remarque :

On peut aussi écrire la relation précédente comme suit :

On reconnaît dans le dernier terme du membre de droite de cette relation la définition même du
pouvoir calorifique (pour le cas d’une combustion stœchiométrique). On peut réécrire cette relation en


utilisant la notion de chaleur molaire ou massique moyenne C P 0t t  C P dt et en utilisant l'échelle
t

Celsius des températures notée t :

Cette formule ne fait référence qu'au seul P C I , car les températures atteintes par les produits de la
combustion sont incompatibles avec la condensation de l'eau.

Ainsi, la température t P des produits d’une combustion adiabatique s’exprime :

Cette expression montre l'intérêt que l'on a de minimiser la quantité des produits de la combustion,
dont l'effet est au dénominateur, pour obtenir le niveau maximum de température de combustion pour
un P C I donné. C’est ainsi que :

 la haute température atteinte par la flamme d'un chalumeau résulte de l'emploi d'oxygène pur
comme oxydant en lieu et place d'air, évitant ainsi la dilution des produits de combustion par

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Chapitre 2 Equation de Combustion et Thermochimie
l'azote atmosphérique.
 les hautes températures nécessaires à certains procédés industriels (par exemple les opérations
réalisées dans des fours), peuvent être obtenues par le préchauffage de l'air de combustion,
avantageusement réalisé par récupération de la chaleur sensible des produits de combustion qui ne
peuvent quitter la zone du procédé qu'à la haute température exigée par l'opération souhaitée.
Enfin, il ne faut pas perdre de vue les facteurs limitant la température réelle de combustion :

 d'une part, le degré d'avancement de l'oxydation peut être limité par effet d'équilibres chimiques
stabilisant à haute température des produits de dissociation de C O 2 et H 2 O , tels que CO et OH.
Ce phénomène est surtout sensible dans les combustions en prémélange de comburant et de
combustible, qui atteignent en principe les plus hautes densités d'énergie.
 d'autre part, les produits portés à haute température dans la zone de combustion, , peuvent émettre
par rayonnement une fraction non négligeable de la chaleur de combustion et introduire ainsi dans
le bilan thermique un terme de non adiabatisme "à la source". Ce sont plutôt les systèmes de
combustion en diffusion qui favorisent cet effet, par la présence de noyaux riches en carbone, dont
l’émissivité est importante.
 Enfin, la recherche de la minimisation de la quantité de produits de combustion peut comporter le
risque d'apparition d'imbrûlés par défaut de comburant. C'est la chaleur de réaction elle-même qui
est alors affectée, une partie du pouvoir calorifique du combustible se transférant dans le pouvoir
calorifique résiduel des imbrûlés
Quelle que soit la technique mise en œuvre, la recherche de températures de combustion élevées doit
rester compatible avec une qualité chimiquement acceptable des produits de la combustion qui
constituent in fine un effluent rejeté dans l'atmosphère.

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