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Université M.

BOUGARA de Boumerdès

Faculté de technologie
Département Génie mécanique

Module : CHAUFFAGE ET CLIMATISATION


Chapitre 2 : Thermique du bâtiment

DR.ZARITA Rahouadja

(Mme Khaldi)

Le contenu de ce module permet de donner aux étudiants

les notions et les outils nécessaires pour le dimensionnement

des installations de chauffage et de climatisation

Master1 : Energétique

Avril 2020
Cours : Chauffage climatisation Chapitre 2 : Thermique du bâtiment

2.1 Document de règlementation thermique Algérienne (DTR):


Le document de règlementation thermique, constitue une réponse aux problèmes liés à la thermique du bâtiment
et aux préoccupations contenues dans la loi 99-09 du 28 Juillet 1999 relative à la maitrise de l’énergie.

Le DTR permet de définir les principes généraux règlementaires de la conception des installations de chauffage
et de climatisation, et de mettre à la disposition des professionnels des méthodes d’évaluation des besoins
énergétiques pour les périodes d’hiver et d’été.

Les exigences règlementaires sur lesquelles s’appuie le DTR consistent à limiter les déperditions calorifiques en
période d’hiver et les apports calorifiques en périodes d’été en fixant des seuils à ne pas dépasser, appelés
respectivement déperditions de références et apport de référence.

Le respect de ces seuils devrait permettre une économie sur la consommation d’énergie pour le chauffage et la
climatisation.

2.2 Besoins de l’occupant:


Le rôle premier d’un bâtiment est de protéger ses occupants, des rigueurs du climat extérieur. Un bâtiment
confortable assure à ses habitants un climat intérieur agréable et peu dépendant des conditions extérieures
(météorologiques et acoustiques).

2.2.1 Confort
Le confort est une sensation physiologique, faisant intervenir plus d’un paramètre. En plus des paramètres qui
caractérisent l’individu (l’activité, habillement, métabolisme, etc…), les paramètres suivants interviennent dans le
confort thermique :

-Conditions thermiques (température de l’air)


-Qualité de l'air (pureté ou pollution de l’air)
-Acoustique (niveau de bruit)
-Visuel(Eclairage)

2.2.2Confort thermique
Le confort thermique tient compte des paramètres suivants :

Les facteurs liés à l’individu

 Son activité
 Son habillement

Les facteurs liés à l’environnement

 Température de l’air et des surfaces environnantes


 Vitesse relative de l’air
 Pression de vapeur d’eau ou d’humidité relative

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La chaleur dégagée par le métabolisme est plus ou moins grande selon l'activité, est éliminée, directement ou au
travers des habits, par convection et conduction vers l'air ambiant, par rayonnement vers les surfaces voisines et
par évapotranspiration dans l'air comme indiqué sur la (Figure 2.1). On constate que, dans la zone confortable, les
échanges par rayonnement, convection - conduction et évapotranspiration se répartissent en trois parts
approximativement égales.

Figure2.1 Répartition des échanges de chaleur d’une personne


en fonction de la température ambiante, supposée homogène.

On peut mesurer la sensation de confort selon (Fanger, 1982, EN ISO 7730) en utilisant l’échelle suivante :

Deux paramètres permettent de mesurer le confort thermique :

-Le vote moyen prévisible(PMV :predicted mean vote) qui est l’appréciation moyenne d’une population dans un
environnement donné sur l’échelle de -3 à +3. Le confort optimal correspond à un PMV nul.

-Le pourcentage prévisible d’insatisfaits : PPD (Predicted percentage of dissatisfied) qui exprime la part des
sujets insatisfaits dans une condition donnée.

On peut calculer le PPD en utilisant la relation empirique suivante :

PPD  1  0.95 exp( 0.03353PMV 4  0.2179PMV 2 )

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Figure2.2 Relation entre le pourcentage d’insatisfaits (PPD)


et le vote moyen (PMV) [EN ISO 7730] .

Ainsi d’après la (figure 2.2), avec un PMV nul, il reste 5 % d'insatisfaits. Ce nombre augmente à 10 % pour un
PMV = ± 0,5 et 20 % pour un PMV = ± 0,84.

En comparant le vote d'un grand nombre de personnes mises dans des conditions de confort diverses avec leur
bilan thermique donné par des relations bien connues de la physique, Fanger [1982] a établi une équation
prédisant le PMV à partir des paramètres de confort qui sont énumérés dans la Table 2.1 ci-dessous.

A cause des différences physiologiques, il est impossible de satisfaire tout le monde en réunissant des conditions
idéales. Par contre, il est possible de créer un environnement dans lequel le pourcentage de personnes satisfaites
est maximum.

Table 2.1 : Taux de métabolisme moyen correspondant à diverses activités [EN ISO 7730]

On utilisera la Table 2.1 pour les taux de métabolisme et la Table 2.2 pour l'habillement. Ces valeurs ont été
mesurées au laboratoire.

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Table 2.2: Valeurs en clo pour quelques habillements [EN ISO 7730]

Le taux de métabolisme ou l'activité peut être rapporté à un taux conventionnel, par exemple celui d'un
individu assis tranquille. L'unité est alors le met, qui correspond à une puissance de 58 W dissipée par
mètre carré de surface du corps.

Figure 2.3: Température opérative idéale en fonction de l'habillement


et du métabolisme [EN ISO 7730].

Sur la figure 2.3, Les valeurs notées dans les ovales, et correspondant pour chacune à une zone du graphique
(blanc ou hachuré) représentent l'écart de température (par rapport à la température opérative idéale) pour laquelle
le PMV vaut ±0,5. Par exemple pour 1 clo et 1 met, la température opérative idéale est d'environ 23°C, et la zone
usuellement considérée comme confortable (PMV ±0,5) correspond à l'intervalle [21°C;25°C].

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2.2.3Facteurs d’inconfort supplémentaires

Des facteurs supplémentaires tels que, les courants d’air, les gradients de température, la qualité de l’air peuvent
engendrer une sensation d’inconfort. L’air intérieur est plus pollué ( odeurs, co 2, vapeur d’eau) que l’air extérieur.
Le rôle de l’aération est précisément de remplacer l’air intérieur pollué (vicié) par de l’air extérieur moins pollué

2.3L’aération

Le but de l’aération est d’assurer un environnement intérieur confortable. Un air sans cesse renouvelé à l’intérieur
des bâtiments est nécessaire.

2.3.1Débit d’air minimum requis


En régime permanent, le débit d’air pur nécessaire pour maintenir la concentration d’un polluant donné en
dessous d’une certaine limite est donnée par :

S
V 
Clim  Ce

Avec :

S : Intensité de la source de polluant principal


Clim : Concentration limite admise
Ce : Concentration du polluant dans l’air extérieur

Exemple :
Considérons les polluants émis par une personne moyenne, en activité de bureau, les polluants émis par cette
personne sont donnés dans le tableau. On doit calculer le débit d’air pur minimum nécessaire pour maintenir une
certaine qualité de l’air.

Polluants Odeurs CO2 Vapeur d’eau


Intensité de la source 1 olf 18 l/h 72 g/h
Concentration limite 0.2 pol 1000 ppm 8g/kg
Concentration extérieure 0.1 pol 360 ppm 5 g/kg
Débit d’air (m3/h) 36m3 / h 28m3 / h 20m3 / h

La personne émet 1 olf. Le débit nécessaire est de :

S 1olf 1olf
Vodeurs     10l / s  36m3 / h
Clim  Ce 0.2 pol  0.1 pol 0.1 pol

Cette personne expire 18 l/h de CO2. Le débit nécessaire est de :

S 18l / h
VCO 2    28m3 / h
Clim  Ce 1000  360  10  6

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Elle transpire 72 g/h de vapeur d’eau , l’air extérieur, à Text=4°C et 100 % d’humidité relative, contient 5g/kg
d’air sec. L’air intérieur, à 21°C et 50% d’humidité relative contient 8 g/kg d’air sec. Le débit nécessaire est de :

S 72 g / h
Vvapeur    24kg / h  20m3 / h
Clim  Ce 8  5g / h

Le débit minimum est le plus grand des trois. Donc celui nécessaire pour éliminer les odeurs.

Les odeurs peuvent être quantifiées de la manière suivante (Fanger, 1988) :

Le pourcentage d’insatisfaits (PD) de l’odeur de l’air parmi les personnes entrant dans un local est lié à la
concentration en odeurs corporelles dans ce local par la relation empirique suivante :

   1.83 
PD  min 100;395 exp  0.25 
 C 

Pour éviter de dépasser 10% d’insatisfaits parmi les visiteurs, il convient donc d’assurer un niveau de pollution
inférieur à 0.06 pol environ, que l’on obtient en réalisant un débit d’air frais d’au moins 17 litre /s/Personne.

S 1olf
Vodeur    16.66  17l / s
Clim  Ce 0.06

Note :

On définit l’olf comme la quantité d’odeurs corporelles émises par un individu moyen, se lavant pratiquement
chaque jour et changeant de linge régulièrement.

Le pol est la concentration en odeurs corporelles résultant d’une émission permanente d’un olf dans un débit de
1litre/s d’air pur.

Les odeurs désagréables peuvent provenir d’autres sources que les personnes : mobiliers, matériaux de
construction, cuisines, fumeurs, etc…

Les impuretés non odorants (radon, CO, etc…) ne sont pas mesurés par l’insatisfaction des usagers d’où
l’importance de l’aération ou le renouvellement d’air dans un bâtiment.

2.4Isolation thermique

En Algérie, le secteur du bâtiment (tertiaire ou résidentiel) est le secteur le plus énergivore. Sa consommation
représente plus de 42% de la consommation finale. Les actions de maitrise de l’énergie proposées pour ce secteur
portent sur l’introduction de l’isolation thermique des bâtiments qui permettent de réduire la consommation
d’énergie liée au chauffage et la climatisation d’un logement.

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2.4.1Matériaux d’isolation

Un matériau isolant thermique est un matériau à basse conductivité thermique. Avec une épaisseur relativement
faible, il présente une résistance thermique suffisante pour les besoins envisagés. C’est donc un matériau qui
transmet mal la chaleur, que ce soit par conduction, convection ou rayonnement.

2.4.2 Conductivité thermique


La conductivité thermique est la quantité de chaleur qui passe en 1 seconde au travers de 1 m2 d’une couche de
matériau homogène de 1 m d’épaisseur, soumis à une différence de température de 1°C.

2.4.3 Différents matériaux d’isolation


-Matériaux fibreux inorganiques : (la fibre de verre, la laine de roche, etc…)

-Matériaux fibreux organiques :(la laine, le coton, etc…)

-Mousses organiques : (polyuréthane, polystyrène, le PVC, le polyéthylène, etc…)

-Matériaux ligneux : (les bois légers, la paille agglomérée)

-Le liège

-Isolation mince réfléchissante : leur fonction est de réfléchir le rayonnement infrarouge et donc de supprimer la
transmission de chaleur par rayonnement.

-Isolants exceptionnelles : On peut diminuer fortement la conduction, supprimer la convection et réduire presque
à zéro les échanges par rayonnement. On obtient ainsi des isolants thermiques exceptionnellement efficaces.

L’isolation thermique dans l’espace est particulièrement facile à réaliser, le vide spatial interdit la convection et la
conduction et seul le rayonnement reste. Une feuille réfléchissante assure alors une isolation thermique presque
parfaite.

2.4.4 Caractéristiques des isolants thermiques


Lors du choix d’un isolant thermique, il est important de tenir compte des caractéristiques suivantes, ceci dit la
conductivité thermique n’est pas la seule propriété à prendre en compte, suivant le type d’application :

 Résistance au feu
 Résistance mécanique (traction et compression)
 Étanchéité à l'air
 Résistance à la diffusion de vapeur d'eau
 Faible absorption d'eau par immersion, par flottaison et par diffusion
 Stabilité dimensionnelle et comportement à la chaleur
 Qualités acoustiques
 Prix.

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2.5Transmission thermique
Calcul du coefficient de transmission thermique de composants multicouches (norme EN ISO 6946)

2.5.1Résistance thermiques des couches homogènes


La conduction est le mode de transfert de chaleur principal à l’intérieur des matériaux. Dans ce mode de transfert
de chaleur la densité de flux de chaleur, q est proportionnel au gradient de température.
 
Loi de Fourier : q  gradT

Où  : Conductivité thermique du matériau

On peut trouver la conductivité thermiques des matériaux, dans les normes ou sont données par les fabricants des
matériaux.

En régime stationnaire lorsque les flux de chaleur en tout point sont constants :

T
q  
e

q : densité de flux de chaleur (W /m2)

 :Conductivité thermique (W/m.C)


T :Différence de température (°C)

e :épaisseur de la couche

Par analogie avec la loi d’ohm (U=RI), on peut poser :

T  R.q

e
Où : R 

R : Résistance thermique de la couche

2.5.2Résistance des couches limites (résistances superficielles)


L’échange de chaleur entre une surface et son environnement se fait d’une part par rayonnement vers les autres
surfaces environnantes et d’autre part par convection-conduction dans l’air.

La densité de flux entre la surface et son environnement s’exprime par :

q  hr  hc T

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Où hr et hc sont les coefficients de transfert de chaleur par rayonnement et convection respectivement.

La résistance de la couche limite, ou résistance superficielle Rs vaut donc :

T 1
Rs  
q hr  hc

La densité de flux de chaleur émise sous forme de rayonnement par un corps s’écrit :

qr   T 4

Où  = 5.6696 10-8w /m2K4 et  est l’émissivité de la surface.

Exemple :

-Notre peau à 35°C émet 510 W/m2 entre 2.5 et 40 micron de longueur d’onde, et reçoit 400W/m2 des surfaces
environnantes qui sont à 20°C.

- Le soleil à 5800K environ, émet 64 MW/m2 entre 0.1 et 2 micron

On peut approximer le coefficient de transfert de chaleur par rayonnement qui vaut, en première approximation :

hr  4 'T 3

Où T est la moyenne des deux températures absolues T1 et T2 de deux surfaces qui échange de la chaleur par
rayonnement et  ' une émissivité effective combinée. Pour des surfaces planes et parallèles :

1
 
1 1
 1
1 2

Le coefficient de transfert de chaleur par convection dépend de la direction du flux de chaleur, de la vitesse de
l’air le long de la surface, et de la température. En première approximation, les valeurs suivantes sont adoptées
dans pr EN ISO 6946 à l’intérieur du bâtiment :

 Flux de chaleur vers le haut (dalle chauffante ou plafond froid) :

hc  5W / m 2 .K

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 Flux de chaleur horizontal (Paroi verticale, mur)

hc  2.5W / m 2 .K

 Flux de chaleur vers le bas ( Plafond chaud ou plancher froid)

hc  0.7W / m 2 .K

A l'extérieur, l'effet du vent prédomine. L'approximation suivante est proposée dans prEN ISO 6946-1:

hc  4  4v

Où v est la vitesse du vent près de la surface en m/s. Notons que hc dépend aussi de la rugosité de la
surface.

Les résistances de transfert superficielles ont relativement peu d'importance dans la résistance totale d'un
élément de construction bien isolé thermiquement. Dans le cadre de ce cours, on adoptera souvent les
valeurs conventionnelles suivantes, valables pour des surfaces émissives (ε >0,8), incluant convection
et rayonnement, et valables quelle que soit l'orientation:

A l’intérieur, hi  8W / m 2 .K Rsi  0.13m 2 .K / W

A l’extérieur, he  25W / m 2 .K Rse  0.04m 2 .K / W

2.5.3Resistance thermique d’une lame d’air


La résistance thermique Ra d’une couche d’air plane est l’inverse de la quantité de chaleur qui est transmise en
régime permanent de la face chaude de la couche d’air vers la face froide, par conduction, convection et
rayonnement. La détermination de Ra est fournie ci-après selon le degré de ventilation de la lame d’air.

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Figure 2.4: Résistance thermique d’une lame d’aire

La ventilation de la lame d’air est caractérisée :


- dans le cas des parois verticales, par le rapport de la section totale S des orifices hauts et bas de ventilation,
exprimée en m2, à la longueur L de la paroi, exprimée en mètres.
- dans le cas des parois horizontales, par le rapport de la section totale S des orifices de ventilation, exprimée en
m2, à la surface A de la paroi, exprimée en m2.

-Lame d’air non ventilée


Une lame d’air peut être considérée comme non ventilée s’il n’y a pas de disposition spécifique pour un
écoulement d’air la traversant. Il s’agit de lames d’air dont les orifices d’ouverture vers l’ambiance extérieure
vérifient les conditions suivantes :

– S/L < 500 mm2 /m pour les lames d’air verticales


– S/A < 500 mm2/m2 pour les lames d’air horizontales

Des valeurs par défaut de la résistance thermique, sont données au tableau ci-dessous, pour des lames d’air non
ventilées dont les émissivités des deux faces sont au moins égales à 0,8.

Table 2.3 : Résistance thermique d’une lame d’air non ventilée

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-Lame d’air faiblement ventilée

Il s’agit de lames d’air dans lesquelles il y a un écoulement d’air limite du fait d’ouvertures communiquant avec
l’ambiance extérieure, comprises dans les plages suivantes :

500 < S/L < 1500 mm2/m pour les lames d’air verticales
500 < S/A < 1 500 mm2/m pour les lames d’air horizontales

Si la résistance thermique des couches situées entre la lame d’air et l’ambiance extérieure est supérieure à 0,15
m2.K/W, cette résistance thermique doit être remplacée par la valeur 0,15 m2.K/W.

Table 2.4 : Résistance thermique d’une lame d’air faiblement ventilée

-Lame d’air fortement ventilée

Il s’agit de lames d’air dont les orifices d’ouverture vers l’ambiance extérieure vérifient les conditions suivantes :
S/L >1 500 mm2 /m pour les lames d’air verticales,
S/A >1 500 mm2/m2 pour les lames d’air horizontales.
La résistance totale de la paroi est constituée de la somme des résistances des couches se trouvant entre l’intérieur
du logement et la lame d’air fortement ventilée. La résistance de la lame d’air et des couches se trouvant après
cette lame est négligée.

Figure 2.5: Résistance thermique d’une paroi dans le cas d’une lame d’air fortement ventilée

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2.5.4Résistance thermique de composants formés de couches homogènes


La résistance thermique totale d'un composant plan formée de couches homogènes perpendiculaires au flux de
chaleur est la somme des résistances des différentes couches du composant:

De surface à surface :

Rt =R1 + R + . . .+ Rx+ Ra1 + Ra2 + . . + Ran

D'environnement à environnement :

RT = Rsi + Rt + Rse

Où: R1, R.... Rx sont les résistances thermiques des couches homogènes et Ra1, Ra2...Ran sont les
résistances thermiques des lames d'air.

Figure 2.6: Résistance thermique de composants formés de couches homogènes

2.5.5 Résistance thermique de composants contenant des couches non homogènes


Comme le montre la fig2.7. Où nous avons un composant formé de couches non homogènes. Dans ce cas pour
calculer la résistance thermique totale du composant. Il faut d’abord calculer les limites supérieures R'T et
inférieuresR'’T de cette résistance.

Le calcul des limites supérieure et inférieure est effectué en découpant le composant en sections et en
couches, (Figure 2.8), de manière à diviser le composant en parts homogènes. Les sections m ( m = a, b,
c, ...), perpendiculaires à la surface du composant, ont des aires Am. Les couches j (j = 1, 2, ....n),
parallèles aux surfaces, ont des épaisseurs ej. Chaque part a une conductivité thermique λmj, une
épaisseur dj et une résistance thermique Rmj.

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Figure 2.7: Composant formé de couches non homogènes

Découpé en section

Découpé en
couches

Figure 2.8: Composant formé de couches non homogènes découpé en sections puis en couches

Une estimation de la résistance thermique est alors donnée par la moyenne arithmétique des deux limites:

R'T  R' 'T


RT 
2

Note

Pour plus de détaille voir la série d’exercice où un exemple de calcul avec solution détaillée sera présenté.

2.5.6 Coefficient de transmission thermique


Le coefficient U de transmission thermique des composants est l'inverse de la résistance thermique totale
d'environnement à environnement :

U = 1/RT

La densité de flux de chaleur passant au travers d'une paroi plane en régime stationnaire est donnée par:

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q = U (Ti - Te)

Le coefficient U donne le flux de chaleur au travers d'un mètre carré de paroi pour une différence de température
de 1 Kelvin entre les deux environnements.

2.6 Ponts thermiques


Les ponts thermiques sont les endroits où l’isolation est interrompue ou déformée. Il s’agit de points où la
résistance thermique présente une faiblesse. Ce qui signifie que l’enveloppe du bâtiment présente une variation de
résistance thermique. Conduisant à plus de chaleur d’être perdue.

2.6.1Types de ponts thermiques


On peut rencontrer différents types de ponts thermiques, à savoir, les ponts thermiques géométriques tels que les
angles, les coins, qui constituent les points de raccords des différentes parties de la construction. Les ponts
thermiques matériels dans lesquels la couche isolante est traversée par un matériau ayant une conductivité
thermique différente. On distingue les ponts thermiques linéaires, qui ont une certaine longueur et les ponts
thermiques ponctuels où l’interruption de la couche isolante est locale. Les ponts thermiques peuvent exister
lorsqu’il y a un changement dans l'épaisseur de la structure. Les ponts thermiques sont donc responsables d’une
mauvaise isolation à certains endroits et d’une forte déperdition thermique. Ils peuvent engendrer la condensation
de la vapeur d’eau contenu dans l’air qui se transforme en moisissures en contact avec la paroi.
La Figure 2.9 montre un pont thermique matériel constitué d'une dalle reposant sur un mur avec
isolation intérieure. Tandis que la Figure 2.10 montre un pont thermique géométrique, constitué par un
angle entre deux parois. Les ponts thermiques matériels sont dus à une interruption de la couche
d’isolation ce qui entraine de fortes pertes de chaleur de l’intérieur vers l’extérieur. Tandis qu’un pont
thermique géométrique est du seulement à une déformation de la couche d’isolation. Par conséquent les
ponts thermiques matériels conduisent à de fortes déperditions thermiques comparés aux pertes dues aux
ponts thermiques géométriques.

Figure 2.9: Exemple de Pont thermique matériel

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Figure 2.10: Exemple de Pont thermique géométrique, angle d’un bâtiment. A gauche, en plan, à droite,
Les isothermes (zones colorées) et lignes de flux.

Figure 2.11 A gauche, thermographie de la partie habitation d'une ferme. A droite,


Photographie.

La Figure 2.11, à gauche indique les ponts thermiques de la dalle, des allèges et des fenêtres par
thermographie infrarouge. Où on notera de fortes pertes par la dalle du rez-de chaussée ce qui montre
l’absence d’isolation thermique de la dalle. Le refroidissement du coin du bâtiment (pont thermique
géométrique). Dans la plupart des cas les ponts thermiques sont inévitables et donc il faut en tenir
compte dans le bilan thermique du bâtiment.

2.6.1Déperditions thermiques dues aux ponts thermiques

Les déperditions thermiques (en Watt) d'une paroi plane sans pont thermique sont calculées comme
suit :

Ф = U .A(Ti - Te)

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Pour tenir compte des ponts thermiques, on attribue au pont thermique un coefficient de transmission
thermique linéique ψ. Les déperditions thermiques avec ponts thermiques se calculent comme suit :

Ф = (U A+lψ)(Ti - Te)

On attribue de même un coefficient de transmission thermique ponctuel χ aux ponts thermiques


locaux constitués par des fixations ou des éléments en forme de barres traversant la couche isolante. Si
on tient compte de tous les éléments de l'enveloppe, le coefficient de déperditions par transmission de
celle-ci vaut:
HT = Σi Ai Ui + Σk lk ψk + Σj χj
Ponts thermiques ponctuels
Ponts thermiques linéaires
Parois pleines

Ainsi les déperditions totales se calculent comme suit :

Ф = HT (Ti - Te)

Table 2.5: Quelques valeurs limites des coefficients linéiques de transmission thermique des ponts thermiques

2.6.2Autres effets des ponts thermiques

Figure 2.12 Exemple de moisissures se développant près d'un pont thermique.

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Les ponts thermiques conduisent au refroidissement des surfaces des parois intérieures, ce qui peut
causer des problèmes de condensation et de moisissure, comme c’est montré sur la figure 2.12. Ces
dégâts apparaissent lorsque l'isolation est trop faible pour une aération donnée, ou lorsque l'aération est
trop faible pour une isolation donnée.

2.6.3Transmission thermique des fenêtres


Les fenêtres comportent de nombreux ponts thermiques. Pour simplifier le calcul des déperditions, on
peut calculer approximativement le coefficient de transmission thermique global d'une fenêtre, Uf
comme suit:

où:

Uv est le coefficient de transmission thermique du vitrage


Av est l'aire du vitrage (partie transparente)
Uc est le coefficient de transmission thermique du cadre
Ac est l'aire du cadre
Lv est le périmètre total des vitrages;
ψc le coefficient de transmission thermique linéique du cadre du vitrage (due au pont thermique).

Figure 2.13 Définition des aires de vitrage et de cadre

Table 2.6 Valeurs de calcul pour le coefficient de transmission thermique de fenêtres Uv

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Table 2.7 Coefficients de transmission thermique de cadres Uc

Note

Pour plus de détaille voir la série d’exercice où des exemples de calcul avec solution détaillée seront présentés.

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