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Département d’architecture [COURS HCA 5] Troisième

Guelma Année

1ère Partie : La Maghreb et aire d’influence culturelle.

Chapitre 01 : Aperçu sur les grandes écoles stylistiques islamiques :

Résumé du cours n°6 :

LES ALMORAVIDES, LES ALMOHADES & LES NASRIDES

I- LES ALMORAVIDES (1056-1147) :

I-1 Qui sont les Almoravides :


La dynastie des Almoravides est issue d’un mouvement religieux et politique né chez des
tribus berbères du sud du Sahara, à partir de 1039.
Yûsuf ibn Tâshfîn seul au pouvoir vers 1070, assoit l’autorité almoravide en poursuivant la
conquête de la moitié ouest du Maghreb jusqu’à Alger (1083).
Il s’établit dans sa nouvelle capitale, Marrakech, fondée probablement en 1070, et prend le
titre souverain d’Émir des musulmans tout en reconnaissant le calife abbasside de Baghdad, .
La victoire d’Ibn Tâshfîn à la bataille de Zallâqa (Andalus) en 1086, lui offre la légitimité
nécessaire pour soumettre progressivement à son autorité les royaumes des Taifas et annexer
leur territoire à son empire.
I- 2

Essore de la dynastie almoravide :


L’empire almoravide s’étendant de la vallée de l’Èbre jusqu’à la Mauritanie actuelle, se
dote d’un appareil administratif organisé et centralisé, chapeauté par des dignitaires
almoravides.

Mme Hana SALAH-SALAH FILALI


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L’espace almoravide bénéficie d’un développement économique important, grâce au contrôle


des axes du commerce transsaharien. L’or africain alimente ainsi d’une manière continue les
ateliers de frappe monétaire, d’où sont émis des dinars d’un bon aloi, largement diffusés dans
les royaumes chrétiens d’Espagne (où ils sont nommés marabotins).
I-2 Urbanisme Almoravide :
On doit aux Almoravides deux réalisations majeures dans l’urbanisme du Maroc:
Ils fondent Marrakech, la dotent d’une zone palatiale (Qasr al-hajar, palais de pierre, situé à
l’emplacement de la future Kutubiyya almohade), d’une grande mosquée.
Marrakech est protégée plus tard, devant la menace des rebelles almohades, par une grande
enceinte en terre.
Leur deuxième réalisation majeure concerne Fès, divisée depuis sa fondation par
les Idrissides en deux noyaux indépendants. La ville est réunifiée par les Almoravides, qui
construisent une nouvelle enceinte et effectuent le plus important agrandissement de la
mosquée al-Qarawiyyîn
I-3 L’architecture des Almoravides.
En matière d’architecture religieuse, l’œuvre
almoravide, peu conservée au Maroc, est connue
notamment grâce à des réalisations dans la partie
orientale de leur empire, dans l’actuelle Algérie.
Les grandes mosquées de Nédroma, d’Alger et de
Tlemcen, offrent toutes la même disposition
architecturale, avec des nefs perpendiculaires au mur
Fig 1 : Plan de la Grande mosquée de
de qibla. Tlemcen

L’art almoravide a apporté certaines nouveautés à la tradition


architecturale de l’Occident musulman : l’utilisation des arcs
polylobés, déjà connus en al-Andalus omeyyade, est abondante, et
s’accompagne d’une nouvelle forme du découpage de l’intrados en
tracé recti-curviligne.

Fig 2 : L’arc recti-curviligne

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I-4 Déclin et chute :


Malgré leur force militaire et la série de fortifications mises en place pour verrouiller les accès
aux plaines depuis les zones montagneuses dissidentes, les Almoravides succombent aux
attaques almohades, et la capitale Marrakech tombe en 1147.
En al-Andalus, l’effondrement de la dynastie donne lieu à une phase d’instabilité, parfois
appelée « taifas post-almoravides ». Seule l’insularité des Baléares offre à un dernier clan
almoravide, les Banû Ghâniya, la possibilité de maintenir un pouvoir autonome pendant un
demi-siècle.

I- LES ALMOHADES )1269-1130( ‫الموحدن‬ :

II-1 Qui sont les Almohades :

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L’histoire des Almohades commence avec la prédication d’Ibn Tûmart, juriste berbère
originaire de la tribu des Hargha. En s’insurgeant contre les Almoravides, et en s’indignant
particulièrement contre la mainmise des juristes (fuqahâ’) malikites sur le pouvoir du
souverain ‘Alî b. Yûsuf, Ibn
Tûmart prône la réforme et professe une nouvelle doctrine, le tawhîd (l’unitarisme). Celle-ci
propose une synthèse des apports de plusieurs courants musulmans, notamment l’ash`arisme
et le chiisme, et prêche le retour aux sources fondamentales du droit musulman (Coran et
sunna) afin de remplacer le recours aux compilations de jurisprudence, pratique
prépondérante chez les juristes malikites.
Ibn Tûmart se proclame ensuite Mahdî (Bien guidé), notion empruntée au chiisme, impliquant
le caractère messianique de son mouvement, et lui octroyant l’impeccabilité (‘isma)
nécessaire à la légitimation de son action.
Les Almohades ne reconnaissent pas l’autorité des Abbassides.

II-2 L’urbanisme Almohade :


Dans la capitale Marrakech une nouvelle cité palatiale, la Qasba, est aménagée.
Séville, siège andalou de l’autorité califale almohade, connaît également d’importants
chantiers dans les espaces palatiaux (le qasr ou Alcázar), et la construction d’une nouvelle
grande mosquée.
Ribât al-Fath (future Rabat), est la principale nouvelle fondation almohade, initiée par ‘Abd
al-Mû’min et poursuivie par ses successeurs.
L’urbanisme almohade est marqué notamment par l’importance des systèmes de fortification
urbaine, et l’intérêt particulier accordé à
l’extension des zones de jardins péri-urbains
grâce à l’aménagement des bahîra (jardins
dotés de grands bassins d’eau), comme à
Marrakech, Fès ou Séville.
II-3 Art & architecture Almohades :
Plusieurs grandes mosquées almohades sont de
véritables chefs-d’œuvre.
On en compte dans toutes les villes capitales de l’empire : à Marrakech d’abord, avec les deux
Kutubiyya (1147 et 1158) et la mosquée de la Qasaba (vers 1197), à Séville ensuite, dotée
d’une nouvelle grande mosquée après 1172. Les deux nouvelles fondations almohades, Taza
et Rabat, sont pourvues chacune d’une grande mosquée, respectivement en 1135 et 1196-

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1197, sans oublier Tinmel, principal noyau du mouvement almohade, où une grande mosquée
est construite vers 1153 pour cultiver le souvenir du Mahdî Ibn Tûmart.

Caractéristiques :
 Le croisement des nefs (nef-transept) dans la salle de prière
 Architecture distinguées des minaret
 La porte monumentale.

II-4 Déclin et Chute :


Victime de ses propres contradictions et de l’importance grandissante de ses concurrents
internes, le régime almohade s’écroule progressivement à la suite de la débâcle de Las Navas
de Tolosa (al-‘Uqâb, 1212). La conquête chrétienne en al-Andalus s’accélère et les principales
villes musulmanes tombent l’une après l’autre : Cordoue (1236), Valence (1238), Murcie
(1243), ou encore Séville (1248). Seule une enclave musulmane autour du royaume de
Grenade réussit à se maintenir sous l’égide de la nouvelle dynastie nasride. Au Maghreb, le
pouvoir almohade, fragilisé sur le plan idéologique par l’abrogation du dogme de
l’infaillibilité du Mahdî par le calife al-Mâ’mûn en 1232, est confronté au démembrement
inévitable de son empire, que se partageront désormais, ses trois successeurs hafside, ‘abd al-
wadide et marinide.

II- Les Nasrides de Grenade (1232–1492) :


II-1 La dernière Principauté D’EL andalous :
Née de la fragmentation du territoire andalou à la fin de la période almohade, dans un
contexte de reconquête chrétienne, la dynastie nasride est fondée en 1232 par Muhammad
ibn Yûsuf ibn Nasr ibn al-Ahmar, un chef militaire originaire de la région de Jaén.
Dès 1237, il installe sa capitale à Grenade, et organise les défenses d'un territoire modeste
englobant les villes de Málaga et d’Almería.
Les premiers émirs nasrides s'emploient à consolider leur position face aux Castillans,
dont ils sont obligés malgré tout de reconnaître la souveraineté et à qui ils doivent fournir
tribut et contingent armé occasionnel. Ils réussissent néanmoins à tirer parti de la division
entre les Castillans et les Catalo-Aragonais et s'allient par intermittence aux Abd al-

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Wadides de Tlemcen et surtout aux Marinides du Maroc, qui attaquent à plusieurs reprises
les

positions castillanes entre la fin du XIIIe et la première moitié du XIVe siècle.

II-2 L’Alhambra de grenade :

Fig 4 : L’Alhambra de Grenade

La résidence palatiale de l'Alhambra, bâtie sur un promontoire rocheux dominant la ville de


Grenade dès la fondation de la dynastie, fut modifiée et embellie au cours des siècles.
Ceinte par d'imposantes murailles ponctuées de tours, elle se décompose en
quartiers militaires, administratifs et différents pavillons princiers, dont les volumes simples,
ajourés de portiques, sont dispersés au milieu de jardins et de pièces d’eau
aux connotations clairement paradisiaques.
Les règnes fastueux de Yûsuf Ier (1333-1354) et de Muhammad V ont marqué le site d'une
forte empreinte, avec la construction des fameux patio de Comares et palais des Lions, ainsi
que les extraordinaires salles à coupole dites des Deux-Sœurs et des Abencérages.
Mêlant avec une virtuosité éblouissante les panneaux de céramique, les stucs sculptés et les
boiseries, les intérieurs de l'Alhambra portent à un extrême raffinement une grammaire
décorative.
II-3 Déclin et chute

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Alors que les productions artistiques semblent se maintenir au cours du XV e siècle,


la situation politique devient de plus en plus préoccupante et l’instabilité politique grandit, du
fait des luttes internes à la famille nasride, auxquelles s’ajoutent les intrigues du puissant clan
des Banû Sarraj (Abencérages).
Le dernier siècle nasride se débat entre convulsions successives, courtes périodes de répit et
derniers soubresauts, tandis que l’étau chrétien, fort de l’alliance castillo-aragonnaise réalisée
en 1479, se resserre inéluctablement jusqu’à la reddition de Grenade, signée par Boabdil le 2
janvier 1492, signant la fin de toute domination musulmane en al-Andalus.

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