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Semestre 6, UniNE APPII - Biologie moléculaire et cellulaire 2

L’acide ß-aminobutyrique comme potentielle hormone endogène


impliquée dans les mécanismes de défense chez Arabidopsis
thaliana (L.)
Babando Benoit, Bulliard Manon, Cereghetti Alissa, Gobat Céline, Kaiser Simon, Mamin
Marine, Scott Derek, Seilaz Timothée et Serra Lucas

Laboratoire de Biologie moléculaire et cellulaire groupe phytopathologie,


Université de Neuchâtel, Suisse

Introduction

Les végétaux, des organismes sessiles, ont évolué diverses stratégies de reconnaissance
et de défense envers les stress biotiques et abiotiques (Mauch-Mani et al., 2017). Les
défenses contre des pathogènes impliquent des mécanismes physiques, tels que la cire
cuticulaire et le dépô t de callose, ou des mécanismes chimiques, tels que les
phytoanticipines et les phytoalexines. Si certains de ces mécanismes sont constitutifs,
d’autres sont inductibles, ce qui leur confère une flexibilité de réponse aux perturbations
soudaines de leur environnement. Cette capacité d’ajustement limite les coû ts
qu’engendreraient des processus continuellement activés (Anderson, Gleason et al.
2010)

Les mécanismes défenses n'agissent pas uniquement dans les zones où l’'alarme est
donnée. En effet, une résistance systémique peut être induite localement par un
pathogène ou ses molécules (résistance systémique acquise, « RSA »1). Ce type de
réponse permet non seulement l'activation directe de processus de défense contre une
large gamme de pathogènes, mais potentialise aussi la capacité de résistance contre de
futures infections. Ce phénomène, nommé « priming », est plus largement défini par
Mauch-Mani et al. comme étant "l'augmentation de la sensibilité et de la réactivité à un
stress, qui résulte d'une expérience préalable et qui mène à une résistance et/ou
tolérance au stress abiotique.» Le priming n'est pas déclenché uniquement par des
pathogènes: il a en effet été constaté que des microorganismes bénéfiques à la plante ou
des arthropodes peuvent aussi le provoquer. Le stimulus induisant un priming peut
encore être un signal chimique et abiotique (Mauch-Mani et al., 2017).

L’acide -aminobutyrique (BABA) est un acide aminé non-protéique connu pour induire
une résistance nommée « BABA-IR »2 , résistance induite par BABA, chez plusieurs
espèces de plantes lorsqu’il est appliqué de manière exogène. Celle-ci, s’effectuant par
divers changements biochimiques, est effective contre une large gamme d’agents
pathogènes et ravageurs. BABA induit également une tolérance à plusieurs stress
abiotiques, tels que salinité, sécheresse ou encore chaleur (Cohen, Vaknin et al. 2016).

1
En anglais : systemic acquired resistance, « SAR »
2
BABA induced resistance

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Chez Arabidopsis thaliana il a été montré que cette résistance induite est liée au
phénomène de priming : BABA n’active pas directement les défenses mais permet à la
plante de réagir plus vite et plus fortement à un futur stress. Ceci évite les coû ts
énergétiques que l’activation totale directe des défenses engendrerait et expliquerait dès
lors comment BABA peut servir de signal inducteur pour une résistance si largement
dirigée. Les mécanismes de défense potentialisés par BABA sont nombreux et dépendent
du stress auquel la plante est soumise. Par exemple, BABA peut amorcer des
mécanismes de défense dépendant de l’acide salicylique (SA) ou de l’acide abscissique
(ABA), ou encore potentialiser la déposition de callose (Ton, Jakab et al. 2005).

Toutes les informations mentionnées précédemment concernent l’effet de BABA


exogène. Il a été en effet longtemps considéré que le BABA est une substance
xénobiotique. Cependant Thevenet et al. ont montré, grâ ce au développement d’une
méthode de détermination et de quantification du BABA, que plusieurs espèces de
plantes sont capables de le synthétiser en réponse à des stress abiotiques, à savoir stress
salin et submersion, ainsi que biotiques. Ainsi, l’infection par l’oomycète biotrophe
Hyaloperonospora arabidopsidis, le champignon nécrotrophe Plectosphaerella
cucumerina et la bactérie hémibiotrophe Pseudomonas syringae causent l’augmentation
rapide de BABA endogène (Thevenet, Pastor et al. 2017).

Ce travail portera sur le BABA endogène comme inducteur de résistance chez A.


thaliana. La première partie a pour but de savoir si la non-sensibilité au BABA exogène,
c’est-à -dire que l’application externe de BABA n’induit pas de résistance, implique aussi
une non-sensibilité au BABA endogène. Si cela est le cas, il est attendu que des mutants
d’A. thaliana dont la sensibilité au BABA exogène est altérée ne soient pas non plus
sensibles au BABA endogène. Ainsi, l’infection primaire locale par un pathogène ne
devrait pas induire de résistance pour une infection secondaire sur une autre partie de
la plante. H. arabidopsidis, P. syringae et P. cucumerina sont les trois pathogènes pour
lesquelles la résistance sera testée car ce sont trois types de pathogènes différentes
(oomycète, bactérie et champignon) et qui présentent les trois cycles de vie différents.
Le tableau ci-dessous récapitule les résultats cités dans la littérature pour la résistance
induite lors de l’application externe de BABA, pour les 3 mutants qui seront utilisés dans
ce travail. Le but est de regarder si les mêmes résultats sont obtenus avec une source
endogène de BABA.

Ibi1-1 Ibs1 Ibs3


P. syringae ?  
H. arabidopsidis   
P. cucumerina  ? ?
Tableau 1 : Sensibilité à l’application de BABA : résistance induite par BABA contre un pathogène ou non.  : les
mutants sont compromis pour la résistance induite par BABA contre le pathogène.  : la résistance induite par BABA
est effective contre le pathogène. Selon Luna, Van Hulten et al. (2014) et Ton, Jakab et al. (2005). Les mêmes résultats
sont attendus si le BABA endogène agit de la même façon que la BABA exogène.

Dans une seconde partie, la quantité de BABA produite après une infection primaire
locale sera quantifiée chez quinze mutants d’A. thaliana. Ceci permettra de déterminer
quelles voies sont liées à la synthèse de BABA puisque la fonction altérée chez les
mutants ne produisant pas ou peu de BABA devrait être impliquée dans sa production.

2 Mars 2017
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Matériels et méthodes

1. Résistance systémique acquise

Les écotypes et les mutants étudiés

Deux écotypes d’A. thaliana servent de base de l’étude. Ces dernières sont Columbia-0
(Col-0) et Wassilewskija (Ws). Trois mutants sont inclus dans ce travail, à savoir Ibi1-1
concernant Col-0 et Ibs1 ainsi qu’Ibs3 pour Ws. Ces mutants sont supposés ne pas
répondre à l’acide -aminobutyrique soit parce qu’ils possèdent des voies effectrices
bloquées, ce qui se retrouve chez Ibs1 et Ibs3 (Ton et al., 2005), ou alors dans le cas
d’Ibi1-1, car le récepteur est absent (Luna et al., 2014). En effet, Ibi1-1 possède une
mutation qui empêche le BABA endogène d’induire les réponses d’A. thaliana à la fois
par la voie de l’acide salicylique ainsi que par des voies indépendante de celui-ci, par
exemple la voie d’ABA (Luna et al., 2014). Ibs1 possède une mutation réduisant
l’induction de la voie de l’acide salicylique alors qu’Ibs3 réduit celle pour la formation de
callose, à savoir les réponses dépendantes de l’acide abscissique (ABA) (Ton et
al.,2005). 

Les différents pathogènes utilisés

Pseudomonas syringae

P. syringae pv. Tomato est une bactérie filamenteuse Gram négative dont l’hô te naturel
est la tomate mais qui infecte aussi A. thaliana. Il s’agit d’un pathogène hémibiotrophe de
milieux très divers. En effet il possède de nombreux enzymes lui conférant la possibilité
de digérer de nombreuses substances distinctes présentes dans le sol, dans l’eau, sur la
surface foliaire ou dans les cellules végétales. Les facteurs de virulence sont divers,
incluant des effecteurs protéinés et la coronatine, une polycétide phytotoxine mimant le
jasmonate, une hormone végétale participant à la résistance des plantes. Les symptô mes
en résultant sont très variés et peuvent notamment donner lieu à un assèchement des
feuilles. La présence de cette bactérie induit la production endogène de BABA qui agit
dans ce cas sur la voie de l’acide salicylique, participant à la défense de la plante contre
cet agent pathogène (Cohen et al., 2016).

Figure 1 : Pseudomonas syringae

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Plectosphaerella cucumerina

Ce champignon est un ascomycète filamenteux nécrotrophe (Pétriacq et al., 2016),


pathogène de nombreuses plantes, créant des nécroses sur les feuilles et causant la mort
et des rouilles chez de nombreuses cultures (Chen et al., 1999). Il survit dans les sols
grâ ce à la décomposition de matériel végétal (Palm et al., 1995). En réponse à ce dernier,
la plante hô te augmente fortement ses défenses (Pétriacq et al., 2016). De nombreuses
stratégies pour lutter contre ce pathogène se retrouvent chez Arabidopsis, à savoir la
déposition de callose, les ROS, les glucosinolates et les défenses via jasmonate, acide
salicylique, ABA et auxine (Tierens et al., 2001; Sá nchez-Vallet et al., 2010; Gamir et al.,
2014; Pastor et al., 2014). L’acide β-aminobutyrique est un agent inducteur de résistance
contre ce pathogène en amorçant les défenses de la plante, telles que déposition de
callose qui est un mécanisme régulé par la voie dépendante d’ABA (Ton et Mauch-Mani,
2004).

Figure 2 : Plectosphaerella cucumerina

Hyaloperonospora arabidopsidis

Ce pathogène est un oomycète biotrophe, agent pathogène du mildiou chez A. thaliana


(Kamoun et al., 2014). Il possède des effecteurs avec le motif RXLR, leur permettant
d’infecter des cellules hô tes (Coates et Beynon, 2011). Ces effecteurs entrainent une
diminution de la résistance des plantes face à ce pathogène qui réduit la croissance de sa
plante hô te. Dans le cycle asexué, les conidiospores sont libérés par les conidiophores et
infectent les feuilles par appressorium. Une fois dans la feuille, le pathogène développe
un haustorium dans le but de prélever des nutriments à la plante (Kamoun et al., 2014).
Dans ce cas le rô le de BABA contre ce pathogène est d’induire une déposition de callose
contrô lée par l’ABA (Ton et Mauch-Mani, 2004).

Figure 3 : Conidiophore d'Hyaloperonospora arabidopsidis

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L’infection primaire

Afin de comprendre les voies impliquées dans la reconnaissance de l’acide -


aminobutyrique, différentes souches et mutants d’A. thaliana sont testés. Les feuilles de
ce végétal sont toujours liées deux par deux, ce qui permet d’observer l’effet de
l’infection d’une feuille sur la seconde. Celles-ci sont préalablement marquées pour
définir lesquelles sont locales ou systémiques. Trois feuilles de chaque catégorie sont
déterminées avant de commencer à les manipuler. L’infection primaire est réalisée sur
les feuilles locales soit avec une solution comportant une souche avirulente du
pathogène Pseudomonas syringae (Pst AvrRpt2) soit avec une solution de chlorure de
magnésium (MgCl2 x 6H2O), qui permet de faire subir un traitement identique aux
plantes mais sans induction des défenses. La souche avirulente est semblable à la souche
sauvage mais possède un plasmide modifié suite à l’ajout du gène AvrRpt2. Elle est ainsi
directement reconnue par Col-0 et Ws par l’intermédiaire du récepteur RPS2 (Caicedo et
al., 1999). La culture bactérienne de Pst AvrRpt2 est réalisée le soir avant l’infection
permettant d’obtenir un nombre suffisant de bactéries en phase de croissance
exponentielle. Celle-ci est préparée avec l’antibiotique rifampicine, auquel P. syringae est
naturellement résistante (Xin et Yeng He, 2013 ; Cuppels, 1986), afin de ne pas avoir
d’autres bactéries indésirables. La culture bactérienne est ensuite centrifugée et lavée au
MgCl2 pour obtenir une solution pure. Elle est ensuite diluée avec du MgCl2 10mM suite à
une analyse de densité optique au spectrophotomètre afin d’obtenir une concentration
bactérienne optimale pour l’infection des feuilles. Pst AvrRpt2 est injectée aux feuilles à
une concentration de 107 CFU3/ml (OD600=0.02). L’infection des feuilles se fait en
injectant environ 25 l de solution sous la feuille à l’aide d’une seringue.

Mesures indirectes de la résistance aux trois pathogènes suite à l’infection


secondaire

Après deux jours passés dans un phytotron, les plantes subissent l’infection secondaire
sur les feuilles systémiques, avec cette fois-ci une solution comportant une souche
virulente d’un des trois pathogènes.

Pseudomonas syringae

Pour ce pathogène, 18 plantes pour chaque écotype et mutant sont nécessaires. La


moitié d’entre elles servent de contrô le et les autres de traitement. L’infection
secondaire est réalisée de la même manière que la primaire à l’exception que la souche
est cette fois-ci virulente, à savoir P. syringae pv tomato DC3000. La culture bactérienne
résultant de l’ « overnight culture » est centrifugée, lavée au MgCl2 10mM et diluée avec
le même MgCl2 suite à la mesure spectrophotométrique de sa densité optique, puis
injectée à l’aide d’une seringue et de pression digitale à trois feuilles systémiques de
chaque plante à une concentration de 10 5 CFU/ml (OD600=0.0002). Des mesures du taux
de bactérie ayant colonisé ces feuilles sont prises directement suite à l’infection mais
également après trois et cinq jours. Afin de mener à bien ces mesures, les feuilles
systémiques de trois plantes de chaque écotype et mutant sont récoltées aux trois jours
de mesure. Elles sont ensuite pesées, lavées trois fois, soit deux à l’eau courante et une à
l’eau distillée afin d’enlever les bactéries externes déposées non volontairement sur les
feuilles lors de l’injection. Puis elles subissent le broyage à l’aide d’un pilon et d’un
3
Colony-forming unit

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mortier dans 5 ml de MgCl2 ou de MgSO4, qui tous deux n’entrainent pas de choc
osmotique. Les liquides obtenus sont déposés dans des tubes Falcon et subiront ensuite
une série de dilution de facteur 10, à l’aide de pipettes et d’eppendorfs. Dans le premier
d’entre eux, 500 l de liquide sont ajoutés avec la P1000 et ensuite 20l sont pipetés à
l’aide de la P20 et transférés dans le deuxième eppendorf contenant 180 ml de MgCl 2. Le
tout est mélangé par pipetage inverse avant de reprendre 20 ml et de les transférer dans
l’eppendorf suivant en faisant les mêmes manipulations, et ceci jusqu’au sixième et
dernier eppendorf, qui correspond à un facteur 5 de dilution. Pour les mesures à cinq
jours après l’infection, les dilutions ont été réalisées jusqu’au facteur 7 puisque la
quantité de bactérie est supposée être plus conséquente. 20 l de ces différentes
dilutions sont ensuite déposées sur des boîtes de Pétri carrées et quadrillées contenant
du milieu King’s B Agar en réalisant une boîte par écotype/mutant. Celles-ci sont
incubées entre un et deux jours et les colonies développées sont ensuite comptées à l’œil
nu ou à l’aide d’un microscope optique. Le résultat final est obtenu en nombre de
colonies par milligramme de feuille. Une analyse statistique est ensuite réalisée avec les
résultats obtenus.

Hyaloperonospora arabidopsidis

Comme il s’agit d’un organisme biotrophe, les cultures de maintien sont faites sur des
plantes vivantes. L’isolat Noco2 d’H. arabidopsidis est virulent sur l’écotype Columbia-0
d’A. thaliana et l’isolat EMWS est virulent sur l’écotype Wasiliewskija (Slusarenko and
Schlaich 2003).
L’infection secondaire des deux écotypes d’A. thaliana et de ses mutants respectifs se fait
en sprayant sur l’ensemble de la plante une suspension de conidiospores, qui sont les
spores asexuées. Elles sont portées par les conidiophores qui sortent à la fin du cycle de
l’oomycète par les stomates et sont donc principalement visible sous les feuilles.
Pour récupérer les conidiospores présentes sur les plantules de culture, la partie
aérienne des plantes est coupée à l’aide de ciseaux et placée dans un tube Falcon. Le tube
est ensuite rempli d’eau jusqu’à recouvrir entièrement les morceaux de végétaux, soit
environ 10 ml. Le tube est vortexé à vitesse lente ou agité à la main afin de détacher les
conidiospores des conidiophores. Le contenu est ensuite filtré sur une compresse de gaz
afin d’obtenir uniquement la solution avec les conidiospores à l’intérieur.
Idéalement, la concentration de spores devrait se situer entre 5 et 10 x 10 4 spores /ml.
Puisque les plantes à infecter sont déjà assez â gées et que leur résistance est donc
accrue (Panter et Jones, 2002), une concentration à 1x105 spores/ml est visée. Les
spores sont comptées sur un hémocytomètre de type cellule de Neubauer sous
microscope optique (cf protocole comptage Neubauer en annexe). Le comptage est
effectué plusieurs fois avec la même solution et une moyenne est effectuée. Si la quantité
de spores est trop basse, les opérations décrites ci-dessus sont répétées afin
d’augmenter la concentration en spores. Si elle est trop haute, la suspension est diluée.
Des concentrations d’environ 1,1x105 spores/ml pour EMWA et de 8x104 spores/ml
pour Noco2 sont obtenues.
Une fois la bonne concentration obtenue, l’infection secondaire est effectuée à l’aide d’un
brumificateur4. L’ensemble des plantes, à savoir Ibs1, Ws, Ibi1-1, Col-0, ainsi que deux
mottes de plantules Ws et Col-0 pour culture, a ainsi été sprayé de la façon la plus
homogène possible.

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Spray gun

6 Mars 2017
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Les plantes sont placées dans un phytotron avec 8h de lumière à 18°C et 16h de nuit à
16°C. Un cycle complet de H. arabidopsidis dure une semaine. Durant ce cycle, les boîtes
sont fermées par un couvercle humidifié au préalable pendant 2 jours, ceci permettant
d’avoir 100% d’humidité relative. Elles sont ensuite ouvertes durant 3 jours, puis
refermées les deux derniers jours du cycle.

Une coloration à l’aide du colorant Trypan-blue est effectuée afin d’observer les hyphes
de H. arabidopsidis au sein des feuilles. La solution de Trypan blue est constituée de
Trypan blue stock et d’éthanol (1:2). La composition de la solution de Trypan blue est
décrite dans l’annexe…. Les feuilles notées comme systémique de chaque plante sont
colorées selon le protocole décrit dans l’annexe ….

Plectosphaerella cucumerina

Les spores de ce champignon sont prélevées afin d’infecter les plantes. Pour leur
extraction, 1ml de PDB est ajouté à la boîte de Pétri de la culture de P. cucumerina et
étalé à l’aide d’une spatule en plastique pour délicatement mélanger les spores dans la
solution. Après avoir ajouté encore 1ml de PDB, 1ml de solution contenant les spores est
transféré dans deux eppendorfs. Une première dilution avec du PBD est alors nécessaire
afin d’éviter la présence d’une trop grande quantité de spores au moment du comptage.
10l de cette dernière solution est ensuite répartie sur une plaque de comptage
Neubauer, qui permet de déterminer, sous microscope, le nombre de spores sur une
surface définie par les propriétés de la plaque (cf protocole comptage Neubauer en
annexe). Le comptage est effectué dans deux zones de 25 quadrants chacune. La
moyenne de spores obtenue suite à ce dernier vaut 50.31. La concentration finale est
obtenue en multipliant cette moyenne par le nombre de quadrants comptés et par 104,
une constante déterminée par le volume des zones de comptage de la plaque, et équivaut
à 1,257 x 107 spores. En sachant que 2ml d’une concentration sporique 10 6 sont requis
pour obtenir suffisamment de solution à répartir sur les feuilles une dilution de 10x est
effectuée avec du PBD.
5l de solution de spores sont déposés sur chacune des trois feuilles systémiques,
marquées au préalable. Neuf plantes par écotypes sont infectées par le pathogène et
neuf par MgCl2, solution servant de contrô le.

Les lésions obtenues sont utilisées pour mesurer indirectement la résistance des
plantes. Le diamètre des nécroses est la base de la mesure. Sur chaque feuille
systémique, ces mesures sont prises trois fois, avec un intervalle de deux jours entre
elles. Finalement un test statistique de type ANOVA est effectué sur ces données afin de
voir si une différence significative existe entre les différents écotypes/mutants analysés
en fonction du traitement auxquels ils ont préalablement été exposés.

2. Quantification de BABA

L’écotype et les mutants étudiés

La mesure du taux de BABA synthétisé se réalise avec des plantes des deux écotypes, à
savoir Col-0 et Ws, ainsi qu’avec plusieurs de leurs mutants, qui dérivent tous de Col-0, à
l’exception d’Ibi1-1. Ces différents mutants ont diverses conséquences dans le
métabolisme de défense d’A. thaliana. En effet, certains d’entre eux affectent la voie de

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réponse liée à l’éthylène comme Ein2-1 et Etr1 (Schaller et al., 1995 ; Hirschj et al.,
2002), d’autres la formation de callose, à savoir Npq2 et Pmr4 (Ton et al., 2005).
Plusieurs d’entre eux, tels que Sid2, NahG, ou encore Ibs1, sont engagés dans la voie de
l’acide salicylique avec pour effet une réduction de son efficacité (Nawrath et al., 1999 ;
van Wees et al., 2003 ; Ton et al., 2005). Ibi1-1 est dépourvu du récepteur RPS2 et ne
reconnaît par conséquent pas le BABA, impliquant des dysfonctionnements dans les
voies de l’acide salicylique et d’ABA (Luna et al., 2014). RbohD et RbohF sont impliqués
dans la formation de ROS (Morales et al., 2016), alors que Pad2-1 intervient dans la
synthèse du gluthation (Dubreuil-Maurizi et al., 2011) Quant à Coi1, il réduit l’activité du
jasmonate (Raya-Gonzá lez et al., 2012) et Mpk3 ainsi que Mpk6 inhibent certaines
cascades de signalisation liées au stress (Martínez-Aguilar et al., 2016). Enfin, Lin1
entraine une forte croissance latérale des racines chez A. thaliana (Malamy et al., 2001).
D’autres mutants ont été plantés pour l’étude mais n’ont pas suffisamment poussés pour
pouvoir être utilisés pour l’expérience. Il s’agit d’ibs3, npr1 et ocp3.

Préparation des échantillons

Dans le but d’observer si les différents mutants produisent du BABA endogène, une
solution bactérienne de Pst AvrRpt2 est préparée en réalisant tout d’abord une
« overnight culture » contenant l’antibiotique rifampicine pour ne conserver que les
bactéries d’intérêt. La solution les comportant est ensuite centrifugée et lavée au MgCl2
10mM. Elle est par la suite diluée avec ce même chlorure de magnésium, suite à l’analyse
de sa densité optique mesurée au spectrophotomètre, afin d’obtenir la concentration
souhaitée pour l’infection des feuilles. Des plantes de chaque mutant servent de contrô le
au temps 0 et leur nombre s’élève à trois pour tous les mutants sauf ibs1 pour qui seules
deux plantes sont des contrô les. Les six plus grandes feuilles de chacune de ces
dernières sont coupées et entourées dans du papier d’aluminium, le tout déposé dans de
l’azote liquide afin de les conserver. Si la plante était trop petite, ce ne sont pas six
feuilles qui étaient mises dans l’azote mais la plante entière. Les feuilles sont ensuite
sorties de l’aluminium et broyer avec un pilon et un mortier préalablement déposé dans
de l’azote liquide. Elles sont broyées et le contenu en résultant est versé dans un
eppendorf. 50 mg de chacun de ces eppendorfs sont transférés dans de nouveaux
eppendorfs qui seront préservés à -80°C jusqu’au moment de l’extraction. En ce qui
concerne les six plantes ne servant pas de contrô le, les six feuilles les plus imposantes de
trois d’entre elles sont infectées par du MgCl2 et les six feuilles les plus grandes des trois
autres subissent l’infection par la solution bactérienne de la souche avirulente, injectée à
une concentration de 106 CFU/ml (OD600=0.002) dans du chlorure de magnésium 10mM.
Après 24 heures, les feuilles sont coupées et déposées dans de l’aluminium dans l’azote
liquide. Elles subissent le même traitement que celles des plantes contrô le, c'est-à -dire le
broyage et le prélèvement de 50 mg pour chaque plante.

Mesure du taux de BABA synthétisé

Afin de mesurer le BABA produit par les différentes plantes, la méthode de la


chromatographie en phase liquide à haute performance est réalisée pour chacun des
échantillons de 50 mg préalablement préparés.

Résultats

8 Mars 2017
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1. Résistance systémique acquise

Pseudomonas syringae

Hyaloperonospora arabidopsidis

Plectosphaerella cucumerina

2. Quantification de BABA

Discussion

Conclusion

Références

Sites internet :

Images :

Figure 1 : Gordon Vrdoljak, Electron Microscopy Laboratory, U.C. Berkeley


Figure 2 : Francessco Stefanelli
Figure 3 : Plant biology: Defence at dawn, C. Robertson McClung, Nature, 470, 44-
45, 03 Février 2011
Annexes

9 Mars 2017