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POTEAUX et POUTRES EN FLEXION COMPOSEE

1. GENERALITES
Les poteaux sont généralement des éléments soumis à une flexion et à un effort axial.
Ces éléments n’étant pas isolés du reste de la structure, leur comportement est de ce fait
influencé par l’ensemble des éléments auxquels ils sont liés.
Lorsqu’un élément est soumis simultanément à la flexion et à la compression, les
sollicitations dues à la flexion se trouvent amplifiées du fait de la présence de l’effort de
compression. Le premier point à reprendre est donc l’examen de l’influence de l’effort
de compression sur les sollicitations de flexion, puis il faut considérer, comment sur
cette base théorique, les règlements ont traité le problème en fonction des conditions
réelles et de la sécurité.

2. ÉQUILIBRE D’UNE POUTRE SOUMISE À LA FLEXION


COMPOSEE
Il s’agit, dans ce cas, d’une pièce idéale rectiligne, soumise simultanément à un effort
normal N et à un moment de flexion M0(x).
En comparaison au flambement simple, il y a dans ce cas amplification de la déformée
et donc des contraintes de flexion.
Si M0(x) est le moment fléchissant initial, le moment fléchissant total dans la pièce
comprimée et fléchie vaut :
M(x) = M0(x) + N w(x) (17)

Prenant l’exemple simple où M0(x) est provoqué par un chargement transversal de


distribution sinusoïdale (figure ).

Élément comprimé soumis à un chargement transversal -

L’expression de M0(x) est :


x
M 0  x   M 0 sin
l
En flexion simple le moment M0(x) provoque une déformée w0(x) qui est égale à:
x
w0  x   f 0 sin
l
où :
f0 = M0 / Nk

1
La présence de N va amplifier cette déformée (comme nous l’avons déjà vu
précédemment) avec un coefficient d’amplification [Nk /(Nk-N)]. La déformée finale
obtenue est :
Nk x M0 x
w x   f 0 sin  sin
Nk  N l Nk  N l
et moment fléchissant total est donc :
x M0 x
M  x   M 0 sin N sin
l Nk  N l
c’est-à-dire :
Nk x Nk
M  x  M 0 sin  M  x
Nk  N l Nk  N 0
La présence de la compression a donc amplifié le moment fléchissant initial par le
coefficient [Nk /(Nk-N)]. Pour d’autres conditions de chargements transversaux, on aura
d’autres coefficients d’amplification.

2.2. MÉTHODES DE VÉRIFICATION DES POUTRES SOUMISES À


UNE FLEXION COMPOSEE
Nous allons examiner ci-dessous, les principes de vérification de ces poutres d’après les
les règles EC3.

2.2.1. Vérification à l’ELS


La vérification à l’ELS des poteaux n’est en général pas déterminante. Une telle
vérification peut se faire par le calcul en vérifiant, selon la construction considérée,
les déplacements horizontaux des poteaux en certains points bien déterminés.

2.2.2. Vérification aux états limites ultimes


La vérification à l’ELU d’un élément soumis à une flexion et à un effort axial revient à
vérifier la résistance des sections transversales, puis la résistance des éléments qui tient
compte des instabilités par flambement et par déversement.

a) Résistance des sections transversales


a-1) Moment fléchissant + Effort axial ( MSd + NSd )
 Sections de classe 1 et 2
Pour les sections de classe 1 et 2, il faut vérifier, en l’absence d’effort tranchant que
la valeur de calcul MSd du moment fléchissant reste inférieure au moment résistant
plastique MN.Rd réduit du fait de l’effort axial, soit :

M Sd  M N .Rd
avec :
 pour un plat sans trous de fixations :

  N  
2

M N . Rd  M pl . Rd  1   Sd
 
  N pl . Rd  
et le critère devient :
2
M Sd  N Sd 
  1
M pl . Rd  N pl . Rd 

2
 pour les sections sans trous de fixations des profils laminés en I ou H :
Aw  A  2  b  t f

a  min Aw A ; 0,5 

 flexion autour de l’axe yy :

 N Sd 
1  N 
 M pl . y . Rd  
pl . Rd
M Ny . Rd
 1  0.5  a 
 
 

mais : M Ny . Rd  M pl . y .Rd

Ce moment résistant peut être représenté graphiquement comme ci-dessous :

a/2 1
Moment fléchissant MNy.Rd -

 flexion autour de l’axe zz :

N Sd
 si a : M Nz .Rd  M pl .z .Rd
N pl . Rd

  N Sd  
2

N Sd   N a 
 si a : M Nz .Rd  M pl .z .Rd 1  

pl . Rd
 
N pl .Rd  1 a  
   
   

Ce moment résistant peut aêtre représenté


1 graphiquement comme ci-dessous :

3
: Moment fléchissant MNz.Rd -

 flexion biaxiale :

 M y .Sd   M z.Sd 

    1
 M Ny .Rd   M Nz .Rd 

les exposants  et  valant, pour des sections en I et H :


N Sd
  2 et   5  N avec   1
pl . Rd

 Sections de classe 3
Les sections de classe 3 sont considérées comme satisfaisantes, si la contrainte
longitudinale maximale  x . Ed vérifie la condition :

 x .Ed  f y  M 0
Pour les sections transversales sans trous de fixations, la condition précédente peut
s’écrire :
N Sd M y .Sd M z.Sd fy
  
A Wel . y Wel .z  M0

 Sections de classe 4
Les sections de classe 4 sont considérées comme satisfaisantes, si la contrainte
longitudinale maximale  x . Ed calculée en utilisant les largeurs efficaces des parois
comprimées, vérifie la condition :

 x .Ed  f y  M 1
Pour les sections transversales sans trous, la condition précédente peut s’écrire :
N Sd M y .Sd  N Sd  e Ny M z.Sd  N Sd  e Nz fy
  
Aeff Weff . y Weff .z  M1
avec :
Aeff = aire efficace de la section transversale supposée soumise à une
compression uniforme.
Weff = module élastique de la section efficace, la section transversale étant
supposée soumise uniquement à un moment fléchissant suivant l’axe concerné.

4
eN = décalage du centre de gravité suivant l’axe concerné, la section
transversale étant supposée soumise à une compression uniforme.

a-2) Moment fléchissant, Effort axial, Effort tranchant ( MSd, NSd , VSd )
Lorsque l’effort tranchant dépasse la moitié de l’effort tranchant résistant plastique, il
faut prendre en compte son effet, ainsi que celui de l’effort axial, pour calculer le
moment résistant plastique réduit.
Si VSd  0.5  V pl .Rd  critères du paragraphe a-1),
Si VSd  0.5  V pl . Rd  la résistance de calcul de la section transversale aux
combinaisons de moment et effort axial doit être calculée en utilisant une limite
d’élasticité réduite fred pour l’aire de cisaillement AV .
avec :
2

  2VSd 1
 
f red   1     f y et
V pl .Rd 

b) Résistance des éléments


b-1) Éléments fléchis et tendus
Les éléments soumis à une interaction de moment fléchissant et d’effort axial de
traction doivent être vérifiés au déversement en traitant l’effet résultant de ces
sollicitations soit :
Meff.Sd  Mb.Rd
où :
Meff.Sd = moment fléchissant effectif de calcul égal à :

Meff.Sd = Wcom . com.Ed


avec :
Wcom = module élastique de section relatif à la fibre extrême comprimée.
com.Ed = contrainte calculée dans la fibre extrême comprimée égale à:
com.Ed = (MSd /Wcom ) - (Nt.Sd /A)

Nt.Sd = valeur de calcul de l’effort axial de traction.

Lorsque l’effort axial et le moment fléchissant peuvent varier indépendamment, il


convient de multiplier la valeur de calcul de l’effort de traction par un facteur de
réduction d’effet vectoriel:
vec = 0,8
La contrainte com.Ed est alors à déterminer par :
com.Ed = (MSd /Wcom ) - vec . (Nt.Sd /A)
Pour les éléments fléchis et tendus, il y a lieu de vérifier aussi les résistances des
sections transversales.

b-2) Éléments comprimés et fléchis


Les éléments sollicités simultanément en flexion et en compression axiale doivent
satisfaire à diverses conditions, selon la classe de leur section transversale.

 Éléments à section transversale de classe 1 ou 2

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Ces éléments doivent satisfaire à la condition :

N Sd k y  M y .Sd k z  M z.Sd
  1
A  f y Wpl . y  f y Wpl.z  f y
 min 
 M1  M1  M1
avec :
 y  N Sd
k y  1 mais k y  15
.
 y  A f y
 Wpl . y  Wel . y 
 y  . y  2  My  4    mais  y  0.9
 Wel . y 

 z  N Sd
kz  1
 z  A f y mais k z  15
.

 Wpl .z  Wel .z 
 z  .z  2  Mz  4    mais  z  0.9
 Wel .z 

 min est la plus petite des valeurs de  y et  z



 y et  z sont les coefficients de réduction définis précédemment.
et
 My et  Mz sont les facteurs de moment uniforme équivalent pour le
flambement par flexion, calculés d’après le tableau III donné ci-après.

Si le déversement présente un mode potentiel de ruine, il faut également vérifier que:


N Sd k LT  M y .Sd k M
  z z .Sd  1
A fy Wpl . y  f y Wpl .z  f y
z   LT 
 M1  M1  M1
avec :
 LT  N Sd
k LT  1 
 z  A fy mais k LT  1,5

 LT  0,15  .z  MLT  0,15 mais  LT  0,9

 MLT est un facteur de moment uniforme équivalent pour le déversement,


calculé d’après le tableau III donné ci-après.

 Éléments à section transversale de classe 3


Les formules établies pour les sections de classe 1 et 2, que ce soit avec ou sans risque
de déversement, restent valables à condition de remplacer Wpl par Wel .

 Éléments à section transversale de classe 4


Les formules deviennent, en introduisant les sections et modules efficaces :

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N Sd k y  ( M y .Sd  N Sd  e Ny ) k z  ( M z .Sd  N Sd  e Nz )
  1
Aeff  f y Weff . y  f y Weff . z  f y
 min 
 M1  M1  M1

Si le déversement représente un mode potentiel de ruine, il faut également vérifier :


N Sd k LT  ( M y.Sd  N Sd  e Ny ) k z  ( M z.Sd  N Sd  e Nz )
  1
Aeff  f y Weff . y  f y Weff . z  f y
z   LT 
 M1  M1  M1

Tableau III.