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12èmes Journées Internationales de Thermique

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ETUDE NUMERIQUE DE LA CONDENSATION EN FILM DE LA VAPEUR
DE METHANOL A L’INTERIEUR D’UN TUBE DU CONDENSEUR
D’UNE MACHINE FRIGORIFIQUE SOLAIRE

Hossein HENNI, Xavier CHESNEAU, A.P.P.F.LEITE*, Belkacem ZEGHMATI

Laboratoire de Mathématiques et Physiques des Systèmes Groupe de Mécanique Energétique (M.E.P.S-G.M.E),


Université de Perpignan, 52 Avenue.Paul Alduy, 66860 Perpignan Cedex, France
*Departamento de Engenharia Mecânica, Universidade Federal de Campina Grande,
Av. Aprigio Veloso, 882-58.109-970 Campina Grande-PB, Brasil
henni@univ-perp.fr

Résumé
Nous présentons une étude numérique des transferts lors de la condensation de type film du méthanol sur la paroi
interne d’un tube vertical du condenseur d’une machine solaire destinée à la production de glace. Les transferts dans le
condensât et la phase vapeur sont régis respectivement par les équations classiques du ruissellement et celles de la
convection forcée. A l’interface liquide-vapeur, les transferts sont couplés par l’égalité des contraintes de cisaillement et
celle de la densité des flux de chaleur. Les équations adimensionnelles sont résolues à l’aide des volumes finis et de la
méthode TDMA. L’adéquation entre les champs de pression et de vitesse est assurée par l’algorithme SIMPLE.
L’épaisseur du film de condensât est déterminé par la méthode de la sécante.

Mots-clés : Condensation - Ecoulement diphasique – Volumes finis .

Nomenclature u : composante axiale dimensionnelle de la vitesse


Cp : capacité calorifique massique à pression constante (m.s −1)
(J .kg −1
.K −1
) v : composante radiale dimensionnelle de la vitesse
D gv : coefficient de diffusion m 2 .s −1 ( ) (m.s −1)
H : hauteur du tube (m ) ⎛ m ⎞
W : fraction massique du gaz condensable ⎜⎜ = c ⎟⎟
h z : coefficient de transfert thermique local W .m 2 .K −1 ( ) ⎝ mtot ⎠
z : coordonnée longitudinale (m )
⎛ qz ⎞
⎜⎜ = ⎟⎟
⎝ ∆T ⎠

k : conductivité thermique W .m −1 .K −1 ( ) Lettres grecques
α : (= 1) pour le gaz, (= 0) pour le liquide
Lc : chaleur latente de condensation J .kg −1 ( ) ( )
β : coordonnée longitudinale = z *
( ) γ : (= 0 ) pour le gaz, (= 1) pour le liquide
.
m : débit massique de condensât kg .s −1
⎛ h R⎞
δ : épaisseur du fil de condensât (m )
Nu l : nombre de Nusselt local ⎜⎜ = z ⎟⎟ η g : coordonnée radiale pour la vapeur
⎝ kl ⎠
P : pression N .m −2 ( ) η g : coordonnée radiale pour la vapeur
η l : coordonnée radiale pour le liquide
µCp ⎞
Pr : nombre de Prandtl ⎛⎜ = ⎟ (
µ : viscosité dynamique kg.s −1 .m −1 )
⎝ k ⎠
q z : densité de flux de chaleur local à la paroi W .m −2 ( ) (
ρ : masse volumique kg .m −1 )
⎛ * ⎞
⎜ = k l ∂Tl ⎟ • Exposants et indices
⎜ ∂rl* ⎟⎠ ∗ : adimensionnel

r : coordonnée radiale (m ) c : condensât
e : entrée
⎛ u mg R ⎞
Re : nombre de Reynolds ⎜⎜ = ⎟ E : Est
⎝ µ ⎟⎠ g : gaz
⎛ ρD gv ⎞ k : itération
Sc : nombre de Schmit ⎜⎜ = ⎟ l : liquide
⎝ µ ⎟⎠ N : nord
T : température dimensionnelle (K ) O : ouest
∆T : différence de température entre celle du fluide à P : paroi, point considéré
l’entrée du tube et celle de la paroi = T ge − T p ( ) S :sud

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12èmes Journées Internationales de Thermique
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1 Introduction
La production de froid par énergie solaire a fait l’objet de
nombreuses études expérimentales et théoriques compte
tenu de l’intérêt économique et écologique qu’elle
représente [1, 2, 3, 4]. La performance des machines
frigorifiques solaire est étroitement liée au choix du fluide
frigorigène (ammoniac, méthanol, eau..etc ) et au
rendement de chacun de ces composants tels que le
capteur, l’évaporateur et le condenseur. La présence de
gaz non condensables dans un fluide frigorigène réduit
d’une part, l’intensité des transferts entre le fluide et la
paroi et d’autre part, le débit de condensât [5, 6, 7]. Dans
les travaux théoriques portant sur la condensation en film
d’une vapeur saturée sur la paroi interne d’un tube
vertical [8, 9, 10] et sur une plaque verticale [11] les
équations qui régissent les transferts dans les phases
liquides et vapeur sont respectivement celles du
ruissellement et de la convection. Les transferts sont à
l’interface liquide-vapeur, couplées par la continuité de la
densité des flux de chaleur et de la contrainte de
1 ∂ri v i ∂u i
*
cisaillement [11]. Dans certains travaux, tels que ceux + =0 (1)
reportés dans les références [8, 9, 10], la contrainte de ri* ∂ri* ∂z *
cisaillement et le flux de chaleur transféré au condensât
lors de la condensation en film d’une vapeur en présence ∂Φ i ∂Φ i ∂Φ i
de gaz non condensables sont déduites de relations semi- + v i* + u i* =
empiriques. Les équations de transfert sont en général ∂t *
∂ri* ∂z *
(2)
résolues en utilisant la méthode des différences finis [8, 9, 1 ⎡ 1 ∂ ⎛⎜ * ∂Φ i ⎞⎟ ∂ Φ i ⎤
2
10] ou celle des volumes finis [11]. L’épaisseur du film ⎢ * * ri + ⎥ + SΦ
F ⎢ ri ∂ri ⎜⎝ ∂ri* ⎟⎠ ∂z *2 ⎥
est déduite de la résolution, à l’aide d’une procédure ⎣ ⎦
itérative, de l’équation représentant le bilan thermique à Avec : i = g pour le gaz et i = l pour le liquide
l’interface liquide-vapeur.
Φ F SΦ
Dans ce travail, nous procédons à une étude
numérique de la condensation en film de la vapeur de u 1 ∂Pi* Rg
méthanol sur la paroi interne d’un tube vertical d’un − +γ
Re g ∂z * 2
U mg
condenseur. L’une des finalités de cette étude est
d’analyser l’influence des conditions d’entrées sur le débit v 1 ∂Pi*
de condensât et le coefficient de transfert de chaleur lors −α
de la condensation.
Re g ∂ri*
T 1
2 Formulation mathématique Pri Re g 0
Considérons un écoulement en convection forcée
d’une vapeur saturée de méthanol en présence de gaz non W 1
condensables à l’intérieur d’un tube vertical de rayon R et Sc g Re g 0
de hauteur H (figure 1). La paroi est supposée être
maintenue à une température constante inférieure à celle Associons à ces équations les conditions initiales et
de la vapeur. Il en résulte une condensation supposée se aux limites suivantes :
dérouler sous la forme d’un film liquide ruisselant sur la – Conditions initiales
paroi interne de ce tube.
Posons les hypothèses simplificatrices suivantes : ∀ t ≤ t 0 : t 0 étant l’instant à partir duquel les fluides
– Les fluides sont incompressibles, newtonien et pénètrent dans le tube
s’écoulent en régime laminaire. 1
– Les propriétés physiques des fluides sont constantes. u i* = 0 , v i* = 0 , W * = 0 , Ti* = 0 , Pi* = − (3a-e)
2
– Les effets Duffour et Soret ainsi que l’énergie de – Conditions à l’entrée
dissipation visqueuse sont négligeables. 1
– Les transferts radiatifs sont négligeables. u *g = 1 , W * = 0 , T g* = 1 , Pg* = −
– Les transferts de chaleur et de masse sont 2
bidimensionnels et obéissent à une symétrie axiale. u le
u l* = , v l* = 0 (4a-h)
u mg
Compte tenu des hypothèses simplificatrices,
formulées ci-dessus, les équations adimensionnelles Tle − T p 1
Tl* = , Pl* = −
s’écrivent : T ge − T p 2

– Conditions aux limites . ∀t ≥ t 0


FIG. 1 – Schéma du modèle physique – rg* = 0

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∂Φ g 200. Ce choix est justifié par une étude comparative des
=0 (5) nombres de Nusselt moyens déterminés pour plusieurs
∂rg*
maillages qui montre que l’incertitude relative n’excède
– rl = 1* pas 3% entre les différents maillages.

u l* = 0 , v l* = 0 , Tl* = 0 (6a-c) 4 Résultats


– Conditions à l’interface liquide-vapeur Nos calculs ont été effectués pour une différence de
u *g = u l* , T g* = Tl* température entre celle du mélange méthanol-gaz non
condensable à l’entrée du tube et celle de la paroi égale à
dδ *
ρ g v *g u mg − ρ g u *g u mg = 20 K, une fraction massique des gaz condensables à
dz * l’entrée du tube, supposée constante, égale à 0,8 et trois
dδ * . nombres de Reynolds (500, 1000 et 1500). Nous
ρ l v l* u mg − ρ l u l* u mg =m présentons sur les figures (2,3,4,5), les profils de vitesses,
dz * de température, de fraction massique ainsi que la variation
∂u *g µ l ∂u l* de l’épaisseur du film et du nombre de Nusselt local.
= (7a-f) La figure 2 représente l’évolution des vitesses
∂rg* µ g ∂rl*
longitudinales en fonction de la coordonnée radiale pour
. différents nombres de Reynolds. On remarque que dans la
mR W ge ∂W g*
=− phase vapeur le profil de vitesse tend vers celui d’un
ρ g D gv 1 − (W geW g* + W ge ) ∂rg* écoulement de type Poiseuille au fur et à mesure que la
.
vapeur s’écoule dans le tube traduisant ainsi une
∂T g* k ∂Tl* R m Lc prédominance du transfert convectif. Dans la phase
= l − liquide, l’épaisseur du film de condensât est petite et les
∂rg* k g ∂rl* k g (T ge − T p )
transferts se déroulent principalement par diffusion. Il en
– A ces conditions, nous rajoutons l’équation de la résulte que la composante axiale décrit un profil linéaire
conservation du débit de liquide : caractérisé par une diminution importante de sa valeur à
Rz * l’approche de la paroi.
∫ v (1 − δ )dz
1 1

∫ u le* rl* ∂rl* = ∫ u l* rl* ∂rl* − L’évolution des distributions de températures dans les
* * *
g (8)
deux phases est similaire à celle de la composante axiale
1−δ 0* 1−δ * 0
de la vitesse (figure 3). En effet la condensation de la
3 Méthodologie numérique vapeur de méthanol à l’interface liquide-vapeur
Afin de palier la non uniformité du maillage s’accompagne d’une diminution de la température de la
engendrée par le profil de l’épaisseur du condensât le long vapeur au voisinage de l’interface liquide-vapeur.
de la paroi du tube, nous utilisons le changement de L’accroissement de l’épaisseur du film de condensât
coordonnées suivant : au fur et à mesure que l’écoulement progresse dans le
rg* tube s’accompagne d’une augmentation de la vitesse dans
(rl* + 2δ * − 1)
ηg = , η l = (9a-b) les deux phases au dépend des contraintes de cisaillement
1− δ * δ* et du gradient de pression (figure 4).
Le domaine physique est ainsi transformé en deux Le nombre de Nusselt local diminue fortement avec
domaines numériques délimités par deux plans parallèles. l’augmentation de la coordonnée longitudinale jusqu’à
Les équations de transfert sont écrites dans ce nouveau une valeur puis tend asymptotiquement vers une valeur
domaine puis discrétisées à l’aide de la méthode des sensiblement constante (figure 5). Cette évolution résulte
volumes finis. Les systèmes d’équations algébriques ainsi de la définition du nombre de Nusselt local. En effet, à
obtenues sont exprimées sous la forme : l’entrée du tube , la différence de température entre celle
a P Φ P = a O Φ O + a E Φ E + a N Φ N + a S Φ S + b (10) de la vapeur et celle du condensât est très grande ; il en
Les coefficients a P , a O , a E , a N ,+ a S sont obtenus en résulte un nombre de Nusselt élevé. Celui ci diminue au
fur et à mesure que l’écoulement progresse dans le tube
utilisant un schéma d’interpolation hybride et b est le
parce que la condensation de la vapeur de méthanol
terme source.
s’accompagne d’une diminution de la température de la
La discrétisation de l’équation (2) conduit à un
phase vapeur et du flux de chaleur transféré par mode
système de n équations à n+1 inconnues (profil de vitesse
latent lors de la condensation au film de condensât.
et de pression) en lui associant l’équation du bilan
massique. Le système d’équations algébriques, ainsi
obtenu est résolu par l’algorithme de Gauss. Pour les Reg=1500
équations de la chaleur et de diffusion nous obtenons des 0,25

systèmes d’équations algébriques que nous pouvons écrire 0,20 Reg=1000


sous la forme de matrices tridiagonales qui sont résolues
en utilisant l’algorithme TDMA. 0,15
u*

L’adéquation entre les champs de pression et de Reg=500


0,10
vitesse est assurée par l’algorithme SIMPLE. L’épaisseur
du film de condensât est quant à elle déterminée par la 0,05

méthode de la sécante. La détermination du maillage


0,00
optimum qui représente un compromis entre les critères 0,0 0,5 1,0 1,5 2,0
η
de stabilité des algorithmes de Gauss, de Thomas et de
l’algorithme SIMPLE ainsi qu’une occupation mémoire
FIG. 2 – Evolution radiale de la vitesse U. Durée 3s
acceptable nous a conduit à retenir un maillage de 90 ×
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powered adsorptive icemaker ». Proceedings of ENCIT
1,0 1x10 2004– ABCM, Rio de Janeiro, Brazil, Nov.29–Dec.03,
-3

Re =1500
g Re =1500 g
1x10 2004, Paper CIT04-0279.
-3

0,8 Re =1000
g 9x10 [3] C.O.Rivera, W.Rivera. « Modeling of an intermittent
-4

Re =500 -4
g 8x10 solar absorption refrigeration system operating with
-4
7x10
0,6
Re =1000
ammonia-lithium nitrate mixture ». Solar Energy
-4
g 6x10
Materials & Solar Cells 76 (2003) 417-427.
T*

-4
5x10
0,4
Re =500 g 4x10
[4] E.E.Anyanwu, C.I.Ezekwe. « Design, construction
-4

3x10
and test run of a solid adsorption solar refrigerator using
-4

0,2 2x10 actved carbon/methanol, as adsorbent/ adsorbate pair ».


-4

1x10 Energy Conversion and Management 44 (2003) 2879-


-4

0,0
0,0 0,5 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
0 2892.
ηg ηl [5]S.B.Al-Shammari, D.R.Webb, P.Heggs.
« Condensation of steam with and without the presence of
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169 (2004) 151-160.
[6] S.Oh, S.T.Revankar. « Effect of noncondensable gas
-3
2,8x10
in a vertical tube condenser ». Nuclear Engineering and
2,7x10 -3
Design (2005), Article sous Presse.
Re =1500
2,6x10 -3
g
Re =1000 g [7] S.Z.Kuhn, V.E.Schrock, P.F.Peterson. « An
Re =500 g
investigation of condensation from steam-gas mixtures
-3
2,5x10
flowing downward inside a vertical tube ». Nuclear
*

Engineering and Design 177 (1997) 53-69.


δ

-3
2,4x10

2,3x10 -3 [8] A.Dehbi, S.Guentay. « A model for the performance


of a vertical tube condenser in the presence of
-3
2,2x10
noncondensable gases ». Nuclear Engineering and Design
2,1x10 -3
0 2 4 6 8 10
177 (1997) 41-52.
β
[9] Y.Pan. « Condensation characteristics inside a vertical
tube considering the presence of mass transfer, vapor
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condensât. Durée 3s Heat and Mass Transfer 44 (2001) 4475-4482.
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1200
1100
noncondensable gas ». Applied Mathematical Modelling
1000 29 (2005) 341-359.
900 [11] E.C.Siow, S.J.Ormiston, H.M.Soliman. « A
800
700
twophase model for laminar film condensation from
steam-air mixtures in a vertical parallel-plate channels ».
Nul

600
500
Re =1500
g
Heat and Mass Transfer 40 (2004) 365-375.
400
Reg=1000
300
Reg=500
200
100
0
0 2 4 β 6 8 10

FIG. 5 – Evolution longitudinale du nombre de Nusselt


local. Durée 3s
5 Conclusion
Nous avons étudié numériquement les transferts lors
de la condensation de type film de la vapeur de méthanol
sur la paroi interne d’un tube vertical. Le transfert de
chaleur diminue le long de la paroi du tube démontrant
ainsi que la condensation en film d’une vapeur de
méthanol s’accompagne d’un abaissement de la
température de la phase vapeur. En outre, le taux de
condensation de la vapeur de méthanol augmente avec le
nombre de Reynolds de l’écoulement gazeux.

Références
[1] A.P.F.Leite, M.B.Grilo, F.A.Belo, R.R.D.Andrade.
« Dimensioning, thermal analysis and experimental heat
loss coefficients of an adsorptive solar icmaker ».
Renewable Energy 29 (2004) 1643-1663.
[2] A.P.F.Leite, M.B.Grilo, F.A.Belo, F.Meunier.
« Experimental performance of an advanced solar-
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