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Réflexion sur les déterminants de la demande de logement dans la ville


de Mwene-Ditu
Par LUMBALA LEU*, Urbain TSHIBANGU KABAYIL** (Assistants Deuxième Mandat à
L’Institut Supérieur des Techniques Médicales de Kalenda) et Richard TSHIAMA ***(Assistant à
l’Université de Mwene-Ditu)

Introduction.

La question de logement a été de tout temps une sérieuse préoccupation des


hommes. Les artistes l'ont souvent chanté, les philosophes en ont fait un des thèmes
préférés de leur méditation (Poirie et Petit, 2004). Dès lors, se loger, mais se loger
décemment est devenue une question sensible au point de constituer l'un des besoins
fondamentaux de l'homme.

Le logement est le point central de la vie quotidienne, son importance tient


également à influence sur les comportements humains et les relations interpersonnelles. La
place centrale qu’il occupe dans la vie des gens est telle qu’il constitue éventuellement une
voie par laquelle les déterminants sociaux et économiques agissent sur la santé et sur le
bien-être.

C'est sans doute ce qui explique qu'au cours des dernières décennies, le logement a
attiré l'attention de nombreux gouvernements et organismes internationaux. Que ce soit
dans les pays développés ou en voie de développement, on reconnaît de plus en plus que
les questions liées à l'habitation et les problèmes qu'elles soulèvent revêtent une importance
déterminante au sein des sociétés nationales. Dans le cadre des travaux préparatoires de la
conférence des Nations Unies sur l'habitat en 1976, Barbara Ward soulignait le caractère
universel et fondamental du logement en ces mots : « la maison est le cœur, le centre, le
point de départ de toute vie au sein des organisations humaines, en somme elle représente
la vie elle-même » (Ward Barbara, 1976). Ainsi, faudra-t-il notait que le logement est vécu
par les gens à la fois comme une condition de leur épanouissement personnel et comme
une condition pour l’intégration de chacun dans la société, ce qui le confère une
appréciation donc d’être une nécessité vitale, dans la formation de l'identité personnelle et
de la structure sociale.

L’importance du logement pour le bien-être humain et la survie est universellement


reconnue ; ce caractère universel pose le problème du droit au logement. Ce droit justifie
néanmoins l'existence dans presque tous les pays d'un secteur du logement social, autrefois
dit populaire ou ouvrier ou à bon marché, aujourd'hui à loyer modéré et financé en partie par
la collectivité. L'Etat participe ainsi à la satisfaction de la demande de logement de la
population en contribuant à l'offre de logement en même temps qu'il fixe les normes pour
rendre l'offre compatible avec les besoins humains.

L’agence nationale des investissements en 2012 avait constaté des déficits globaux
en logement évalués à 3.945.555 soit 263.039 logements à construire par an avec la ville de
Kinshasa dont les déficits sont estimés à 54,4% du déficit global, soit 143.092 logements à
construire par année (ANAPI, 2012). Fort étonné du déficit global en logement qu’enregistre
notre pays, l’idée était pour nous de voir la situation dans la ville de Mwene-Ditu qui a vue, le
nombre de ménages ordinaires passait d’environ 9.026 en 2003 à environ 24.346 en 2015
en une espace de douze ans. Cette évolution du nombre des ménages qui devrait être
accompagnée d'une augmentation dans les mêmes normes du nombre de logements, mais
malheureusement aucune statistique ou aucune étude n'a été faite dans le domaine pour
qu'on puisse apprécier ce phénomène.
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Devant une telle situation nos préoccupations étaient celles de savoir comment le
nombre des logements avait-t- il évolué durant les douze années passées ? Et quels
peuvent être alors les facteurs explicatifs ou déterminants de la demande de logements des
ménages dans la ville de Mwene-Ditu ? Telles sont les deux questions majeures de notre
problématique.

Afin de bien cerner ce problème, nous allons examiner successivement les


considérations générales, les problèmes méthodologiques, la présentation de résultats des
variables d’analyse et pour en fin conclure.

1. Les Considérations Générales.

Il serait mal aisé, voire superfétatoire d’aborder une réflexion comme la nôtre, sans
pouvoir la réduire afin de permettre une compréhension jusqu’à un niveau moyen. Ainsi,
nous définirons les concepts (réflexion, déterminant, logement et demande de logement) et
nous présenterons la ville de Mwene-Ditu.

1.1. Définitions des Concepts

1.1.1. Réflexion.

La réflexion est une action de réfléchir, d’arrêter sa pensée sur quelque chose pour
l’examiner en détail. (Brunes, 1942)

1.1.2. Déterminant

En économie comme en santé publique, le déterminant est un facteur qui influence


l’état d’une population soit isolément, soit en association avec d’autres facteurs. (J. Rostand,
2001)

1.1.3. Logement

Le logement est un concept multidimensionnel qui englobe plus qu’un simple toit. Il
s’agit d’un concept qui englobe les caractéristiques de la maison (conception et structure
physique), du ménage (aspects sociaux et psychologiques) et du quartier (services locaux et
aspects physiques et sociaux).

Le logement est un local ou un ensemble de locaux formant un tout, destiné à


l’habitation, et habitent ensemble plusieurs personnes, qu’elles aient ou non des liens de
parenté entre elles, qui constitue un ménage. (Merlin et Choay, 1996).

1.1.4. Demande de logement.

Dans le cas du logement, la définition traditionnelle de la demande se complique


parce que les notions de quantité ou volume, bien et prix sont moins bien définies que dans
le cas de la demande d'un autre bien (ou service). Plusieurs méthodes permettent de
résoudre cela, notamment :
 l'hypothèse du bien homogène, qui suppose qu’il existe des services-logement
homogènes ou dont les différentes dimensions peuvent être agrégées. Ainsi, leur
volume est obtenu à partir de la dépense consentie par le ménage (loyer) et du prix
correspondant à la définition d’une unité de logement homogène. Il faut rappeler
3

toutefois la difficulté réelle qui existe dans les analyses de terrain pour définir l’unité
de logement (pièces, mètres carrés, aspects qualitatifs, etc.);

 la méthode hédonique, qui tient compte du fait que seul le prix du paquet de
caractéristiques est connu et que le locataire ne paie pas un loyer pour un logement
ou un lieu d'habitation en soi, mais pour leurs caractéristiques dans la mesure où
elles correspondent à ses désirs. Dans ce cas, bien qu’implicites et non observables,
les prix de ces caractéristiques peuvent être identifiés par l’estimation statistique
d’une fonction dite hédonique reliant le loyer payé et les caractéristiques du
logement.

L'analyse économique traditionnelle de la demande de logements retient l'hypothèse


que le ménage est indifférent entre louer ou accéder à la propriété, ce qui n'est
manifestement pas le cas quand il y a traitement fiscal différencié ou imperfections du
marché financier (capacité d'endettement limité, par exemple). En outre, pour être plus
réaliste, il conviendrait de tenir compte du fait que la demande en matière de logement
échappe à une définition précise. (Dominique Frei et al, 2005).

1.2. Présentation de la ville de Mwene-Ditu


Cette entité qui est aujourd’hui une ville, est le transfert du chef-lieu de l’ancien
territoire de Kanda Kanda créé par l’ordonnance n°0077/AMO du 29/09/1933. Le transfert
fut confirmé par l’ordonnance n°21/426 du 08/12/1954, portant création d’autres territoires
dans la province du Kasaï. Ce transfert se fait en 1952. Cette entité où les belges avaient
érigés des bâtiments administratifs, à ce temps-là Mwene-Ditu était une forêt intense longée
par la voie ferrée reliant port Francis (Ilebo) à Elisabethville (Lubumbashi).
La ville de Mwene-Ditu est créée par le décret (présidentiel) n°043/2003 du
28/03/2003, portant création d’une ville de Mwene-Ditu au Kasaï-Oriental.
La ville de Mwene-Ditu est composée de trois communes suivantes :
- Commune de Musadi (Musady) ;
- Commune de Mwene-Ditu ;
- Commune de Bondoyi (Bondooy).

Elle est une ville carrefour par sa grande gare, reliant les villes de Mbuji-Mayi,
Kananga et Lubumbashi. Elle est située à 132 km de la ville de Mbuji-Mayi sur la ligne
routière à 108 km de la cité de Ngandajika sur la ligne routière, à 1155 de Sakania, et à 665
km d’Ilebo sur la ligne de chemin de fer.
La superficie de la ville de Mwene-Ditu est non encore exprimée par les services
techniques du domaine spécialisé pour des raisons non identifiées. Mais est-il que, celle-ci
dispose d’une grande étendue estimable de 9 à 15 km2.
Le cadre humain de la ville de Mwene-Ditu est composé d’une population hétérogène
constituée des différentes communautés locales.
Cependant, la population autochtone de la ville est Kanyòk. Dans cette ville on y
trouve habité plusieurs autres communautés entre autres : Kanyòk, Songye, Otetela
(Tetela), Luba lolo (Luba Katanga), Luba Kasaï, Kanincin, ainsi que d’autres communautés
de la RDC et du Rwanda (Les réfugiés Rwandais de FAO au Kasaï-Oriental, territoire de
Mwene-Ditu entre 1997-2000, qui sont aujourd’hui éparpillés partout dans la ville Mwene-
Ditu et dans le territoire de Lwiil’).
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La ville a un climat tropical humide ayant l’alternance de deux saisons dont la saison
de pluie et la saison sèche. La saison de pluie commence le 15 Août et se termine le 15 mai
dont la durée est de 9 mois. Et la saison sèche par contre commence le 15 mai au 15 Août
dont la durée est de 3 mois. Elle a une végétation importante de type herbeuse avec une
galerie forestière et une Altitude : 37-39°C. L’économie de la ville est basée beaucoup plus
sur l’agriculture artisanale et l’élevage extensif, le commerce, et elle est non industrielle. Elle
est très primaire, le secteur tertiaire étant très moindre. (O. Mandjandju Mabele, 2013).

Position de la ville de Mwene-Ditu sur une carte

2. Cadre méthodologique
Notre réflexion part d’une étude descriptive corrélationnelle, elle couvre une période
de 2003 à 2015 et admet deux critères d’inclusion à savoir : Etre locataire (un demandeur de
logement) et être chef de ménage lors durant la période.
L’échantillon a pour objectif de produire des résultats représentatifs au niveau de
l’ensemble de la ville. (Institut National de statistique, 2015). Pour ce faire, la ville était
découpée en trois domaines d’étude correspondant aux trois communes qui la constituent
et, dans chaque domaine d’étude, trois strates ont été créées. Ainsi, l’échantillon est basé
sur un sondage aréolaire, stratifié au niveau des unités primaires et tiré à plusieurs degrés.
Dans ces strates, on a tiré, au premier degré, un certain nombre de quartiers à partir
de la liste exhaustive de l’ensemble des quartiers dans des communes. Au second degré,
on a tiré 10 ménages dans les quartiers sélectionnés au premier degré. Le tirage a été
effectué avec probabilité proportionnelle à la taille en population des unités de sondage. La
base de sondage est le recensement général de la population de 1984 qui a été actualisée
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partiellement à plusieurs reprises par des recensements administratifs et récemment dans le


cadre des élections présidentielles et législatives de 2011.
Au total 40 grappes ont été tirées, Un dénombrement des ménages dans chacune de
ces unités a fourni une liste exhaustive de ménages à partir de laquelle a été tiré un
échantillon de 360 de ménages.

3. La présentation de résultats des variables d’analyse et les facteurs


explicatifs de la demande de logement.

Trois variables sont retenues pour notre analyse, la variable relative aux
caractéristiques d'habitat et à l’évolution des ménages par rapport aux nombres logements
avec trois composantes à savoir des caractéristiques des types de logement, les
caractéristiques liées au nombre total des pièces occupées et le caractère évolutif des
logements par rapport à l’évolution de ménage, la variable relative aux caractéristiques
sociodémographique, économique et culturelle du chef ménage avec comme composantes
le sexe, l’âge, la profession, statut d’occupation, statut dans l’occupation et les nombres
d’actifs dans les ménages et le revenu et la variable d’indentification socio-culturelle du chef
ménage avec deux composantes qui sont le niveau d’instruction et les aspirations et
préférences et choix des chefs de ménage.

Pour appréhender les facteurs explicatifs de la probabilité pour un ménage de


demander un logement, il a été retenu une méthode d'analyse multivariée fondée sur la
régression logarithmique binaire.

Cette méthode estime la probabilité d'apparition d'un évènement selon que celui-ci
se produit ou non. Elle présente l'avantage de fournir l'effet de chacune des variables
indépendantes en présence des autres.

L'équation qui permet de mener l'analyse de la régression est la suivante :


Soit :

 p = Probabilité pour que le chef du ménage demande un logement et


 1- p = Probabilité pour que le chef du ménage ne demande pas, le modèle de
p
régression permet de poser l'équation D = log [ ]. Les résultats obtenus par le
1− p
modèle s'interprètent en termes de chances ou de risques relatifs des paramètres qui
sont les exponentielles des coefficients ^β .

Les variables explicatives sont celles qui ont permis de faire la description du
demandeur de logement omis le type de construction et le nombre de pièces occupées par
le ménage.

Tableau I. Répartition des caractéristiques des types des logements enquêtés

Fréquence des caractéristiques relatives aux types de construction


Modalités Fréquences %
maison isolée 138 43.40 %
maison en bande 114 35.85 %
Villa 00 00.00 %
Immeuble (maison à étage) 01 00.31 %
case isolée (traditionnelle) 65 20.44 %
Total 318 100 %
Source : nous même selon notre enquête sur terrain.
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Ce tableau I, nous renseigne sur les caractéristiques des logements qu’occupe les
ménages, à la lecture nous constatons les maisons isolées sont nombreuses avec 43.40 %
soit 138 maisons suivi des maisons en bande 35.85% soit 114 maisons, les cases isolées
du type traditionnelle (65) sont encore visible dans la ville de Mwene-Ditu soit 20.44%, un
immeuble en étage soit 0.31% et aucun villa.

Tableau II. Répartition des caractéristiques liées au


Nombre total des pièces occupées

Fréquence des caractéristiques relatives au nombre total des pièces


occupées.
Modalités Nombre %
1 pièce 23 6.39 %
2 pièces 45 12.50 %
3 pièces 112 31.11 %
4 pièces 114 31.67 %
5 pièces 27 7.50 %
6 pièces et + 39 10.83%
Total 360 100%
Source : nous même à partir des données de l’enquête.
Le tableau II présente la situation des caractéristiques liées au nombre total des
pièces occupées par les ménages, sur un total de 360 ménages enquêtés, 114 soit
31.67% occupe un logement à quatre pièces dans la série, ils occupent la tête de cette
série tandis que 23 ménages soit 6.39% occupent un logement à une pièce et ils sont au
bas de la série.
Logement ménage
30000

25000

20000

15000

10000

5000

0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

Graphique I. évolution des ménages par rapport aux logements dans la ville de
Mwene-Ditu depuis 2003-2015
Source : le service urbain de logement et habitat et celui de l’Etat civil.
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Le graphique ci-haut présente les évolutions des ménages par rapport au logement,
la simple vue du graphique démontre le déficit que connait la ville de Mwene-Ditu.

Tableau III. Répartition des enquêtés selon leurs sexes.

Répartition Des Chefs De Ménage Enquêtés Selon Leurs Sexes


Modalités Fréquences % Probabilités et Variables dans
l'équation
p 1 - p ^β Sig.
Masculin 268 74.44% 196 72 0.833 0.001
Féminin 92 25.26% 48 44 0.174 0.000
Total 360 100%
Source : nous même à partir des données de notre enquête
Le tableau III nous renseigne que sur 360 ménages, 268 enquêtés soit 74.44% du
genre masculin sont chefs des ménages contre 92 enquêtés soit 25.56% du genre féminin.
Les chances de demander un logement sont plus fortes chez les chefs de ménage de sexe
masculin que ceux du sexe féminin. Cette situation explique donc l’instabilité ou
l’insatisfaction des hommes par rapport aux femmes de vivre à une même place pendant
une longue période.

Tableau IV. Répartition des chefs de ménage enquêtés selon leurs âges

Répartition des chefs de ménage enquêtés selon leurs âges


Modalités Fréquences % Probabilités et Variable dans l'équation

p 1-p ^β Sig.
Moins de 30 ans 64 17.78% 43 21 0,722 0,000
30 – 34 ans 116 32.22% 89 27 0,925 0,000
35 – 39 ans 100 27.28% 64 26 0,712 0,000
40 – 44 ans 33 9.17% 17 16 0,638 0,000
45 – 49 ans 29 8.05% 12 17 -0,422 0,000
50 ans et plus 18 5.00% 07 11 - 0,625 0,000
total 360 100%
Source : nous à partir des enquêtes.
Ce tableau nous montre que 116 soit 32.22% des chefs de ménage ont la tranche
d’âge qui varient entre 30-34 ans, ils occupent la tête de la série et 18 soit 5.00% ont 50 ans
plus ils occupent la base de la série. L'âge du chef de ménage affecte négativement sa
probabilité de demander un logement. Mieux, le risque que l'âge affecte le choix de
demander ou de ne pas demander de logement diminue avec la tranche d'âge auquel
appartient le chef de ménage. Donc le risque de demander un logement diminue au fur et à
mesure que l'âge du chef ménage augmente. Ceci vient confirmer le fait que les chefs de
ménage propriétaires sont en général âgé d'au moins 45 ans.

Tableau V. Répartition de la taille de Ménage dans les logements

Répartition des chefs de ménage enquêtés selon leurs tailles


Fréquen Probabilités et la Variable dans l'équation
Modalités ces % binaire
p 1-p ^β Sig.
1 à 2 pers 190 52.78% 123 67 0,722 0,000
3 à 4 pers 132 36.67% 95 35 0,836 0,000
8

5 à 6 pers 22 06.11% 10 12 -0,371 0,000


7 pers et + 16 04.44% 04 12 -0,168 0,000
total 360 100%
Source : nous à partir des enquêtes.
Le tableau V ci-haut renseigne que 190 des ménages soit 52.78% vivent dans un
logement avec une ou deux personnes et que 16 des ménages soit 4.44% vivent avec 7 ou
plus de personnes. La taille du ménage exerce, sur la demande de logement un effet
semblable aux variables précédentes ; elle l'affecte négativement. Autrement dit le risque
qu'un ménage demeure locataire diminue avec la taille du ménage. Ainsi, tous les différents
ménages ont moins de chance de demeurer locataire que les ménages à deux personnes
au moins.
Tableau VI. Répartition des chefs de ménages selon leurs professions

Fréquence des chefs des ménages selon leurs Professions exercées


Fréquen Probabilités et la Variable
Modalités ces % dans l'équation binaire
p 1 - p ^β Sig.
Personnel technique, libéral et 97 26.95% 43 54
spécialiste dans le service -0,722 0,00
Directeurs et cadres administratifs 11 3.06% 3 8
supérieurs -0,836 0,00
personnels administratifs et 8 2.22% 6 2
travailleurs assimilés -0,371 0,00
Employé ouvriers 48 13.33% 24 24 0,500 0,00
agriculteurs, éleveurs, forestiers, 63 17.50% 33 30
pécheurs et chasseurs 0.576 0,00
Manœuvres non agricoles 133 36.94% 59 74 -0,612
total 360 100%
Source : nous à partir des enquêtes.
Le tableau VI montre que 133 chefs de ménages soit 36.94% sont ouvriers et
manœuvres non agricoles et 8 soit 2.22% sont des personnels administratifs et travailleurs
assimilés. La profession du chef de ménage a sur la demande de logement les mêmes
effets que dans les variables ci –haut évoquées. Mieux, on note que le demandeur de
logement a plus de chance d'être travailleurs spécialisés dans les services, manœuvre non
agricoles que cadres administratifs. Ceci s’explique par leurs statuts dans la société.

Tableau VII. Répartition des chefs ménages selon le statut d’occupation.

Fréquence des chefs des ménages selon le statut d’occupation.


Modalités Fréque % Probabilités et la Variable
nces dans l'équation binaire
Occupé dans le secteur informel 289 80.28% p 1 - p ^β Sig.
Occupé dans le secteur formel de 53 14.72% 43 21
l'Etat 0,722 0,000
Occupé dans le secteur formel 18 5,00% 75 57
privé 0,836 0,000
Total 360 100%
Source : nous à partir des enquêtes.
Le tableau VII montre que 289 chefs de ménage soit 80.28% sont dans le secteur
informel, 53 soit 14.72% dans le secteur formel de l’Etat et 18 soit 5% sont occupés dans le
secteur formel privé. L'influence du statut d'occupation du chef de ménage sur la demande
de logement est significative mais non uniforme : Alors que le fait d'être travailleurs du
secteur formel étatique influence négativement la demande de logement, les travailleurs
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dans l’informel ont des influences contraires. Le risque de demande est par ailleurs plus
élevé qu'au niveau de ceux de l'informel que ceux du secteur formel privée ou public.

Tableau VIII. Répartition des chefs ménages selon le statut dans l’occupation.

Fréquence des chefs des ménages selon le statut dans l’occupation.


Modalités Fréquenc Probabilités et la Variable
es % dans l'équation binaire
p 1 - p ^β Sig.
Employeur 65 18.06% 43 21 0,722 0,00
Indépendant 175 48.61% 75 57 0,836 0,00
Salarié permanent 16 4.44% 10 12 -0,371 0,00
Salarié contractuel 24 6.67% 04 12 -0,168 0,00
Autre 80 22.22% 40 40 0,500 0,00
total 360 100%
Source : nous à partir des enquêtes.
Le tableau ci-haut montre que sur 360 ménages enquêtés, 175 soit 48.61% des
chefs de ménage enquêtés sont indépendants et 16 soit 4.44% sont salarié contractuel. Le
statut dans l'occupation influence positivement la demande de logement. Ainsi, le fait d'être
indépendant, salarié permanent ou salarié occasionnel augmente les chances d'être
demandeur de logement. Mieux, on remarque que le demandeur de logement a un peu plus
de chance d'être un indépendant qu'un employeur.

Tableau IX. Répartition des nombres des actifs dans le ménage.

Fréquence des nombres des actifs dans le ménage


Modalités Fréquences %
pas d'actifs dans le ménage 134 37.22%
un actif 59 16.39%
deux actifs 62 17.22%
Trois actifs 47 13.06%
quatre actifs et plus dans le ménage 58 16.11%
Total 360 100%
Source : nos enquêtes.
A la lecture du tableau VIII nous constatons que 134 ménages soit 37.22% ne logent
pas avec d’actifs, 62 soit 17.22% logent avec deux actifs, 59 soit 16.39% logent un actif, 58
soit 16.11% logent quatre actifs et plus enfin 47 soit 13.06% logent deux actifs.

Tableau X. Répartition des enquêtés selon leurs revenus perçus.

Fréquence des enquêtés selon leurs revenus perçus.


Modalités Fréque Probabilités et Variable dans
nces % l'équation binaire
p 1-p ^β Sig.
10.000- 49.999 F.C. 127 35.28% 103 24 0,921 0,000
50.000 – 99.999 F.C. 119 33.06% 75 44 0,638 0,000
100.000 – 250.000F.C 96 26.67% 51 45 -0,473 0,000
Supérieur à 250.000FC 18 5% 06 12 -0,668 0,000
10

total 360 100%


Source : nous à partir des enquêtes.
Ce tableau dénote que sur le total répondant à nos critères d’inclusion, 127 soit
35.28%, ont un revenu entre 10.000 et 49.999 F.C, tandis que 18 soit 5%. Ce qui explique
que le revenu a une implication négative sur la demande de logement, au mieux, la hausse
du revenu fait baisser la demande de logement.

Tableau XI. Répartition des enquêtés selon le niveau d’étude.

Répartition des chefs de ménage enquêtés selon le niveau d’étude


Modali Fréque Probabilités et Variable dans l'équation
tés nces % binaire
p 1-p ^β Sig.
sans instruction 118 32.78% 43 21 0,722 0,000
primaire 126 35.00% 75 57 0,836 0,000
secondaire 69 19.17% 10 12 -0,371 0,000
supérieur 47 13.05% 04 12 -0,168 0,000
total 360 100%
Source : nous à partir des enquêtes.
Ce tableau montre que 126 chefs de ménage enquêtés soit 35% ont un niveau
d’instruction primaire, 118 soit 32.78% sans niveau instruction, 69 soit 19.17% un niveau
primaire et 47 soit 13.05% un niveau supérieur. Le niveau d'instruction du chef de ménage
affecte négativement sa probabilité de demander un logement : En se référant à un niveau
de formation primaire ou moins, on peut noter que le risque de demander de logement
diminue avec le niveau d'instruction. Un chef de ménage ayant un niveau secondaire a
moins de chance d'être demandeur de logement qu'un chef de ménage ayant un niveau
primaire ou moins. Il en est de même pour le chef de ménage ayant bénéficié d'une
formation supérieure, qui a d'ailleurs moins de chance que celui qui a juste reçu une
formation secondaire de demander un logement. Ici aussi, le niveau d'instruction réduit le
risque de demande d'un chef ménage.
Tableau XII. Répartition selon les aspirations et préférences et choix des chefs
de ménage.

Répartition des chefs de ménage enquêtés selon le niveau d’étude


Modalités Fréquences %

Zone calme 71 19.72%


Zone commerciale 74 20.56%
Zone accessibles 72 20.00%
Près du centre-ville 71 19.72%
Autres 72 20.00%
total 360 100%
Source : nous à partir des enquêtes.
La lecture du tableau, nous montre qu’il n’y a pas des dispersions significatives dans
les déclarations des enquêtés quant à leurs aspirations, préférences et choix dans la
demande de logement.
11

Conclusion.
Au terme de cette réflexion scientifique, contrairement à un théâtre de l’absurde qui
chercherait à éliminer tout lien de causalité entre les faits et à dépeindre un monde
incompréhensible, nous avons tentés de saisir des faits qui nous ont permis de comprendre
les déterminants de la demande de logement dans la ville Mwene-Ditu.

En examinant ces déterminants à l’aide des divers outils d’analyses et par la


régression binaire, trois variables essaient d’expliquer la demande de logement, il s’agit de
la variable relative aux caractéristiques d'habitat et à l’évolution des ménages par rapport
aux nombres logements, la variable relative aux caractéristiques sociodémographique,
économique et culturelle du chef de ménage et la variable d’indentification socio-culturelle
du chef ménage.

Pour appréhender les facteurs explicatifs, de scruter l’engrenage du jeu actuel afin
de dégager les impacts de la probabilité pour un ménage de demander un logement, il a été
retenu une méthode d'analyse multivariée fondée sur la régression binaire.

Les résultats de l’enquête montrent que les facteurs explicatifs de la demande de


logement sont l’âge du chef de ménage, le niveau d’instruction du chef de ménage, la taille
du ménage, le statut d’occupation du chef de ménage, son statut dans l’occupation, la
profession du chef de ménage, sa branche d’activité et son revenu.

Eu égard à ce qui précède, ce travail nous a permis d’approcher et de palper la


réalité sur la situation de logement dans la ville de Mwene-Ditu, enfin nous concluons qu’il y
a un impact significatif inverse entre la demande de logement et la situation de chef de
ménage, l’amélioration de la situation sociale et économique apparait en définitive comme
condition essentielle d’un développement durable, dans la ville de Mwene-Ditu ou la
croissance et le développement sont les plus importants.(B. DANSOU, 2005).

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