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Chapitre 2

MACHINES SYNCHRONES
Fonctionnement en alternateur

I- CONSTRUCTION ET PRINCIPE
I-1 constitution
Un alternateur est constitué de :
‰ Un stator : c’est un anneau en tôle feuilleté pourvu intérieurement d’encoches dans
lesquels sont logés les conducteurs d’un bobinage triphasé( chaque enroulement comprend p
bobines).
‰ Un rotor : c’est un anneau en tôle portant p paires de pôles alternés N – S . les
bobines magnétisantes sont parcouru par courant continu (courant d’excitation Ie). c’est la
roue polaire.
il existe deux types de roues polaires :
- Les roues polaires à pôles lisses où l’entrefer est constant.
- Les roues polaires à pôles saillants où l’entrefer est variable.

1 1
3’ 3’

2 2
S
S N
1’ 1’
N N
1’’’ 1’’’
N S
3 3
S

2’ 2’

1’’ 1’’

Alternateur à pôles lisses Alternateur à pôles saillants

I-2 Principe
Dans le chapitre précédent nous avons mis en évidence que des f.e.m triphasées
apparaissent aux bornes d'un bobinage triphasé lorsqu'un champ magnétique tourne par
rapport à ce bobinage: c'est le principe d'un alternateur.
L'alternateur comprendra:
µ Un système d'enroulements triphasés à 2p pôles.
µ Un système de p paires de pôles alternés tournants par rapport aux enroulements.

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Machine synchrone : Alternateur

L'un des systèmes est disposé au stator, l'autre au rotor. Donc, à priori, on peut disposer
les pôles indifféremment au stator ou au rotor; mais on choisit de les disposer au rotor pour
les raisons suivantes:
• Le rotor parcouru par des lignes de champ fixe peut être réalisé en matériau
ferromagnétique massif, donc, mécaniquement rigide. La carcasse qui porte les enroulements,
soumise à un champ variable, est feuilletée pour limiter les pertes fer.
• L'énergie qui doit parvenir au bobinage d'excitation est plus faible que celle qu'on
recueille aux bornes de l'induit, par conséquent, son transfert par un système bague balais est
plus facile.

II- FONCTIONNEMENT A VIDE


Soit un champ tournant à 2p pôles à la vitesse Ω. Soit un enroulement triphasé, chaque
enroulement est formé de p bobines.
Champ
tournant Axe de
La phase
3’
ω = pΩ
1
2
Ωt ⎧
⎪e = E 2 Sin(ωt − pα )
α1 x
⎪1 1
O ⎪ ⎛ 2π ⎞
⎨e2 = E 2 Sin⎜ ωt − pα 1 − ⎟
2’ 1’
⎪ ⎝ 3 ⎠
⎪ ⎛ 4π ⎞
⎪e3 = E 2 Sin⎜⎝ ωt − pα 1 − 3 ⎟⎠

3

Alternateur à pôles lisses

π 2LR
E=
K b Nf B m (voir le chapitre sur les champs tournants)
2 p
• Kb = Kd.Ki.Kr coefficient de bobinage.
ω Ω
• f = =p fréquence.
2π 2π
• N nombre total des conducteurs de l'enroulement.
• L, R longueur utile et rayon de l'alésage stator.
• Bm amplitude de l'induction

Soit Φm le flux maximal sous un pôle:


2
Φm = B m LR
p
π
d'où E= K b NfΦ m = 2.22 K b NfΦ m formule de Boucherot
2

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On appelle caractéristique à vide E(Ie) (Ie courant d'excitation) ou appelée encore


caractéristique interne:

Pt de fctnt

Ie

La machine est construite de telle sorte que le point de fonctionnement soit situé
légèrement au dessus du coude de saturation. Une variation de la f.e.m d'excitation engendre
une faible variation de la f.e.m induite.

III- FONCTIONNEMENT EN CHARGE


III-1- Réaction magnétique d'induit
On s'intéressera, dans un but de simplification, à une machine bipolaire.
Ox1 est confondu avec l'axe de la x1
phase 1 ⇒ α1 = 0. Champ
G i1
e1 = E 2 Sin(ωt ) Résultant ε r
⎛ 2π ⎞
e2 = E 2 Sin⎜ ωt − ⎟ 1
⎝ 3 ⎠ Ωt
⎛ 4π ⎞
e3 = E 2 Sin⎜ ωt − ⎟
⎝ 3 ⎠
3 O
i3
2
i2
Fonctionnement en charge ⇒ Système de courants débités:
i 1 = I 2 Sin (ωt − ψ )
⎛ 2π ⎞
i2 = I 2 Sin⎜ ωt − ψ − ⎟ ψ déphasage des courants/f.e.m
⎝ 3 ⎠
⎛ 4π ⎞
i 3 = I 2 Sin ⎜ ωt − ψ − ⎟
⎝ 3 ⎠
Le système des courants i1, i2, i3 va engendrer un champ tournant qui va se composer
avec le champ d'excitation pour donner un champ résultant responsable des f.e.m résultantes
e1, e2, e3.
Position du champ dû à la réaction d'induit par rapport au champ résultant?
3
Or i1, i2, i3 ⇒ ε I = AI 2 Sin (ωt − ψ − θ) (voir chp champs tournants)
2

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3
Sur Ox1: ε I = AI 2 Sin (ωt − ψ ) (εI champ induit)
2
Le champ est confondu avec l'axe d'une phase lorsque le courant est maximum dans
G π π
cette phase. ε I est dirigé selon Ox1 lorsque: ωt − ψ = ⇒ ωt = ψ + .
2 2
G G
Soit αr la position de ε r par rapport à Ox1 (résultant) et αI la position de ε I par rapport
à Ox1. Si αI = 0 ⇒ = Ωt = ωt (machine bipolaire).
π
αr - αI = ψ +
2

QUELQUES CAS PARTICULIERS:


π G
• ψ = (charge purement inductive) ε0 (départ)
2 Nr
SI G G G
εr = ε0 + εI
αr - αI = π
G
NI
εI (RMI)
Réaction d'induit longitudinale démagnétisante
Sr

• ψ = 0 (charge purement résistive)


G
εr
Nr G
ε0
π G
αr - αI = εI
2 SI NI

Sr

π
• ψ =− (charge purement capacitive)
2 Nr
G
NI ε0
G
αr - αI = 0 εr

SI G
Réaction magnétique d'induit longitudinale magnétisante εI
Sr

III-2 Equations électriques de la machine


Pour un fonctionnement intermédiaire, le flux total φt résultant (flux de l’inducteur +
flux dû à la réaction d’induit) peut être décomposé en deux termes :
- le flux de fuite φf des conducteurs de l’enroulement et qui circule essentiellement dans
l’air : φf = λ i (λ est le coefficient d’auto-induction de fuite et i le courant dans
l’enroulement d’induit)
- le flux magnétique résultant qui circule dans l’inducteur, l’entrefer et l’induit : φr

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il vient donc : φt = φr + φf = φr +λ i
et la f.e.m induite s’écrit : et = er - λ di/dt
en sinusoïdale cette expression s’écrit : E t = E r − jωλ I
l’équation aux tensions d’une phase de l’alternateur devient :
V = E r − R I − jωλ I
où Er dépend de Ie (courant d’inducteur) et de I (courant d’induit)
i
Ie
λω R
Er V

On appelle Er la valeur instantanée de la force magnéto-motrice (f.m.m) responsable de φr.


Er peut être décomposer en :
- une f.m.m E ( Ie ) due à la roue polaire : E (Ie ) =M Ie Cos(ωt)
- une f.m.m E (I ) due à la réaction magnétique d’induit : E (I ) = 3/2 A I Sin(ωt - ψ)

la linéarité du théorème d’ampère permet d’écrire :


Er = E (Ie ) + E (I ) = M Ie Cos(ωt) + 3/2 A I Sin(ωt - ψ)
En complexe, on obtient :
E r = ( M Ie – j K I e-jψ ) ejωt
On note Ie0 le vecteur complexe tel que : M I e 0 = M Ie + K I e-jψ e-jπ/2
M Ie0 est la valeur maximale de la f.m.m résultante.

On remarque qu’en alimentant la roue polaire avec un courant Ie0 ,on obtient, à vide,
une f.e.m égale à Er , donc le point (Ie0 , Er ) appartient à la caractéristique interne de la
machine.
Dans le plan de Fresnel la relation précédante s’écrit : M . I e 0 = M .I e + k .I

Ou encore : I e 0 = I e + α .I , avec α = k/M nombre réel positif, appelé coefficient


d’équivalence ou coefficient de réaction magnétique
d’induit.

Les équations aux tensions et aux intensités d’un enroulement de l’alternateur s’écrit :

V = E r − R I − jωλ I
et I e 0 = I e + α .I Ie0 est l’intensité du courant d’excitation qui permet
d’avoir, à vide, une f.e.m de valeur efficace Er .

I e 0 et Φ r sont en phase.
E r est en quadrature arrière sur I e 0 .

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IV- MODELISATION D’UN ALTERNATEUR TRIPHASE


IV-1- Diagramme de la réactance synchrone (Ben-Eschenburg)
Dans un premier temps, on suppose que le circuit magnétique n’est pas saturé, dans ce
cas les équations précédantes se simplifier et on obtient la méthode de Behn-Eschenburg.
Cette méthode est réservée aux alternateurs non saturés à pôles lisses.
Dans le cas où l’alternateur n’est pas saturé, la linéarité de la loi d’ampère implique
celle des flux : φr = φ0 + φI
φ0 : flux crée par la roue polaire (flux qui circulerait à vide) ⇒ E0
φI : flux crée les courants d’induit (proportionnel au courant d’induit)

On obtient donc pour les f.e.m :


E r = E 0 − jLω I

d’où l’équation aux tensions d’une phase de l’alternateur s’écrit :


V = E r − R I − jλ ω I = E 0 − R I − jλ ω I − jLω I
on note : λω + Lω = L ω
L ω est la réactance totale d’un enroulement ou réactance synchrone d’une phase de
l’alternateur.
On obtient : V = E 0 − R I − jL ω I
Où E0 est la f.e.m induite lorsque l’excitation est fournie par le courant d’excitation Ie
(E0 ne dépend que de Ie).

D’où le schéma équivalent d’un enroulement de l’alternateur :


I
Ie
L ω R
E0 V

Pour déterminer la réactance synchrone, on effectue un essai en court-circuit :


E0 Icc
L’équation devient : E0cc
E 0 cc = ( R − jL ω ) I cc
soit en module :
E 0cc = R 2 + (L ω ) 2 .I = Z .I cc
Icc
on détermine L ω en relevant :
- La caractéristique interne E0 = f(Ie) à f = cste
- La caractéristique de court-circuit Icc = f(Ie)
Ie
Pour une valeur de Iecc les 2 courbes donnent Iecc
E0cc et Icc . on calcule Z = E0cc / Icc
Et on mesure la résistance R de l’enroulement, à la température de fonctionnement
Et on en déduit L ω

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Diagramme vectoriel :
E0

V jL ω I
ϕ
RI

Ce diagramme simplifié est tres utilisé car il permet d’expliquer qualitativement le


fonctionnement de la machine synchrone.
Toutefois il ne convient pas aux études quantitatives des machines saturés, dans ce cas
on fait appel à l’un des deux diagrammes suivants :
- le diagramme de Potier pour les machines à pôles lisses.
- Le diagramme de Blondel pour les machines à pôles saillants.

IV-2 Diagramme de Potier


Le diagramme de Potier est une traduction des équations établies précédemment,
(paragraphe III-1). Ces équations ne sont valables que lorsque l’entrefer de l’alternateur est
constant.
Le diagramme de Potier ne s’applique qu’aux alternateurs à pôles lisses, et dont l’état
magnétique peut être saturé ou pas.
Les équations de la machines :
V = E r − R I − jλω I
I e = I e0 − α I
avec E r et I e 0 sont en quadrature de phase ( I e 0 est en avance sur E r ) et dont les
modules sont liés par la caractéristique interne.

Le schéma équivalent de la machine peut être représenté par :

I
Ie Ie0 αI
λ ω R
Er V

Le diagramme vectoriel est donc :

-αI
Ie
Ie0
Er

jλωI

V
ϕ
RI
I

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Pour ϕ = π/2 (charge purement inductive), le diagramme vectoriel et les équations de la


machine deviennent :
(R est la résistance d’un enroulement mesurée à
chaud, R<< λω)
-αI Ie
⎧ E r = V + λω .I
⎨ Ie0
⎩ I e = I e 0 + α .I
V
RI Er
On remarque donc que la courbe U = f(Ie)
à I = cste et ϕ = π/2 (charge purement I jλωI
inductive) se déduit de la courbe à vide par une
translation : (αI, -λωI)

Donc pour déterminer les éléments α et λω on a besoin de :


, La caractéristique interne E0 = f (Ie ) à f = cste
, Un point P(Ie, V) en charge purement inductive (essai en déwatté).
, Le point P0(Iecc, V = 0) correspondant au court-circuit pour le même courant.

Er M

λω I N H P
V

αI
N0 P0 Ie
Iecc Ie0 Ied

La courbe contenant les points P et P0 se déduit de la caractéristique à vide par une


translation (αI, -λωI).
Pour déterminer les éléments de cette translation on opère ainsi :
On détermine :
- Le point N tel que PN = P0N0
- Le point M, intersection de la droite ∆ (parallèle avec la partie linière de la
caractéristique interne) avec la caractéristique interne.
- Le point H, projection de M sur la droite (NP)
Les éléments de la translation sont :
HP = Ie –Ie0 = αI
HM = Er – V = λωI
Connaissant la valeur du courant, on en déduit les valeurs des grandeurs α et λω .

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IV-3 Diagramme de Blondel (ou de la double réaction)


Le diagramme de Blondel est réservé aux alternateurs à pôles saillants. Et dont l’etat
magnétique peut être saturé.
Dans ce cas on décompose le flux résultant en deux parties :
- flux longitudinal φ
- flux transversal φ φr
X
on obtient donc : φr = φq + φl
φq
et le flux total : φl
φt =φr + φf = φq + φl +φf
O
on en déduit pour les f.e.m :
E t = E q + E l + E f = E q + E l − jλω I

La composante transversale circule en majorité dans l’air, donc le circuit magnétique


emprunté par ce flux ne se sature pas.
Si on appelle Ia la composante de I (courant d’induit) suivant l’axe OX, et τ la
réactance cyclique transversale d’un enroulement, on obtient :
E q = − jτ I a
et E t = E l − jτ I a − jλω I

d’où l’équation électrique de la machine s’ecrit :


V = E t − R I = E l − R I − jτ I a − jλω I

La composante longitudinale du flux est due à l’action combiné de la roue polaire et de


la composante réactive Ir du courant (composante suivant l’axe perpendiculaire à OX).
Donc l’intensité d’excitation fictive qui permet d’obtenir El peut s’écrire :
I e 0 l = I e + α .I r

Les équations de la machines se résume donc à :


V = E l − R I − jτ I a − jλω I
I e 0 l = I e + α .I r
avec E l et I e 0l sont en quadrature de phase ( I e 0l est en avance sur E l ) et dont les
modules sont liés par la caractéristique interne.

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D’où le diagramme vectoriel correspondant :

-α.Ir
Ie
El jτ.I
Ie0l jτ.Ia

Er
Ia
jλω.I
ϕ V
R.I

I
Ir

Pour pouvoir tracer le diagramme on a besoin de :


- la caractéristique interne à la vitesse nominale pour un enroulement.
- La résistance d’un enroulement (mesurée à chaud)
- La réactance de fuite λω et le coefficient d’équivalence α : ils sont déterminés de la
même façon que pour le diagramme de Potier (essais sur charge purement inductive
et essai en court-circuit pour le même courant).
- La réactance cyclique transversale τ .

Pour déterminer cette dernière réactance, on entraîne le rotor de l’alternateur à une


vitesse voisine de la vitesse de synchronisme et on alimente les enroulements de l’induit avec
une tension réduite (pour éviter l’accrochage en moteur de la machine) de fréquence
nominale. Les courants appelés par l’induit donc entre :
V V
I Max = correspondant à la réactance transversale et I Min = correspondant à la
Xq Xl
réactance longitudinale.
Comme Xq = λω + τ et Xl = Lω + λω = L ω

Un oscilloscope permet de mesurer le rapport :

I Min X q λω + τ
= =
I Max X l L ω
et on en déduit la réactance transversale τ.
L ω correspond à la réactance synchrone, que l’on mesure par la méthode de Behn-
Eschenburg.

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V- CARACTERISTIQUES D’UN ALTERNATEUR TRIPHASE :


Les caractéristique d’un alternateur triphasé sont :
1- caractéristique à vide (caractéristique interne) E0 (V)
C’est la courbe : E0 = f (Ie ) , à f = fn et I = 0
Elle est relevée au cours d’un essai à circuit ouvert. Vn E0 = f(Ie)

Ie
A

V U0
Ie (A)
Ω Ie0n

2- caractéristique en court-circuit
C’est la courbe Icc = f ( Ie ) , à f = fn Icc
Elle est relevée lors d’un essai en court-circuit. (A)
In Icc = f(Ie)

Ie
A

A Icc

Ie (A)

Iecn

3- caractéristique en charge
C’est la courbe V = f (Ie ) , à f =fn, I = cte et ϕ = cte V cosϕ AR
On la relève en charge ou on la prédétermine. (V)
cosϕ=1
La courbe correspondante à I = In et Cos(ϕ) = 0 AR
cosϕ AV
est appelé courbe de Potier.

Ie
A V
charge

Ie (A)
A
I = cte

4- caractéristique externe
C’est la courbe V = f (I), à f = fn, Ie = cte et ϕ = cte
On la relève en charge ou on la prédétermine. V
(V)
cosϕ AV
V0
Ie cosϕ=1
A V
charge

cosϕ AR

A
I (A)
I = cte
Ω Icc

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5- caractéristiques de réglages Ie
Ce sont les courbes (A) cosϕ AR
Ie = f( I ), f = fn, V = Vn et ϕ = cte cosϕ=1
On les relève directement ou on les prédétermine. Ie0
Puisque les alternateurs fonctionne à tension
constante, ces courbes permet le calcul des cosϕ AV
dispositifs de régulation.
I (A)

6- caractéristique de Mordey (courbes en V ou en U)


Ce sont les courbes :
I
I = f( Ie ), à f = fn, Pu = cte, (à V = Vn = cte) (A) cosϕ=1
cosϕ AV
Ces courbes montrent le comportement d’un cosϕ AR

alternateur couplé à un réseau tres puissant. Pu2 >Pu1


Si on agit sur l’excitation, on décrit une courbe Pu1
en U (la puissance reste constante et ce qui
change c’est le facteur de puissance). Pu =0
Si on veut varie la puissance de l’alternateur, il
Ie (A)
faut agir sur le débit de la turbine.

VI- COUPLAGE D’UN ALTERNAREUR SUR LE RESEAU :


VI-1 Introduction
Une centrale à courants alternatifs comporte plusieurs alternateurs. Quand, disposant
d'une certaine énergie mécanique, on se propose de la transformer en énergie électrique à
courants alternatifs, on a généralement le choix entre l'emploi d'un seul alternateur puissant
ou la répartition de la puissance électrique entre plusieurs unités. C'est, le plus souvent, la
deuxième solution qui est préférable ; non seulement parce qu'en prévision d'un accident sur
l'unique alternateur il faudrait disposer d'une machine de secours de même puissance, mais
encore parce que la puissance demandée par un réseau est très variable : un seul générateur
prévu pour la charge maximale fonctionnerait souvent à fraction de charge et son rendement
moyen serait médiocre.

VI-2 Conditions électriques de couplage en parallèle


On n'effectue le couplage que lorsque les bornes homologues de l'alternateur et du
réseau sont du même potentiel sinon la connexion s'accompagne de courant important
susceptible de provoquer des chutes de tension aux bornes de la ligne, la disjonction des
appareils de protection et un couple important qui pourrait provoquer la rupture de
l'accouplement rotor - turbine.
Pour éviter cela, il faut réaliser les conditions suivantes entre les tensions aux bornes
de l'alternateur et les tensions aux bornes du réseaux:
• Même ordre de succession des phases.
• Même valeur efficace des tensions.
• Même fréquence.
• Tensions homologues en phase.

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Trois lampes branchées comme ci-dessus permettent de vérifier toutes ces conditions.
Ordre de succession correct ⇒ feux battants
Le couplage s'effectue à l'extinction des lampes.
L1
V1
V1 E1
V2
V3

E2
2
3 L2
1 V3
GS
V2
3 L3
E3

La précision du couplage peut être améliorer par le montage suivant :


Les feux sont ‘tournants’ et le couplage sera commandé à l’extinction de L1 et à
l’égalité des luminances de L2 et L3.
L1
V1 E1 V1
V2
V3

2 E2
3
1 GS
V3 L2
3 V2

E3 L3

Pour les gros alternateurs où on exige une grande précision on utilise un


synchronoscope, petit moteur asynchrone monophasé alimenté entre deux phases
homologues.
Le moteur est arrêté à l'égalité des fréquences. Sinon, il indique par son sens de rotation le
signe et l'écart des fréquences.

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VII- PROTECTION DES ALTERNATEURS :


VII-1 Généralités :
L’alternateur doit être rapidement déconnecté du réseau en cas de problèmes. D’une
part pour éviter qu’il ne soit endommagé ou détruit, d’autre part afin d’éviter de perturber
le réseau. Ainsi les pôles du disjoncteur de couplage s’ouvrent en cas de :
‰ court-circuit (un relais magnétique à maximum d’intensité par phase),
‰ surcharge,
‰ manque de tension alternateur,
‰ surtension,
‰ retour de puissance (afin d’éviter que la machine synchrone ne fonctionne en moteur et
n’entraîne le diesel ou la turbine, ce qui n’est pas le but recherché !),
‰ protection différentielle contre les défauts interne de l’alternateur (vérification que

I1 + I 2 + I 3 = 0 )
‰ défaut masse,
‰ protections de la machine qui entraîne l’alternateur (survitesse, pression d’huile,
température échappement, palier, ...).

VII-2 Protection et surveillance des alternateurs


Pour leurs exploitants, les installations de production d’électricité de la gamme
inférieure des puissances, telles les centrales hydroélectriques, éoliennes, à turbines à gaz ou
industrielles, sont tout aussi importantes que les grandes unités et détiennent en général un
rôle bien défini dans le concept de la fourniture d’énergie. Les dispositifs de protection
doivent donc être sélectionnés soigneusement et utilisés correctement. Des exigences
analogues se présentent pour tous les services auxiliaires des centrales électriques.
Des installations de protection numériques à interfaces série peuvent communiquer avec
d'autres appareils de protection ou de contrôle - commande et permettent ainsi de réaliser un
nouveau concept de protection et de technique de contrôle - commande. Ceci est également
valable dans les petites installations, on obtient ainsi de manière économique une disponibilité
plus élevée, grâce à une autosurveillance permanente, une meilleure saisie des événements et
des enregistreurs de défauts, ainsi qu'un meilleur échange d’informations entre les différents
niveaux de la centrale.
Lors du choix des appareils de protection pour alternateurs jusqu'à environ 30 MVA,
l'exploitant est généralement essentiellement intéressé à des solutions de prix avantageux. En
cas de défaut primaire, des déclenchements sélectifs et rapides sont pourtant également
demandés et revêtent un rôle fondamental, tant pour la stabilité du réseau que pour la
limitation des dommages survenant sur l'objet protégé.
La communication entre les appareils et leurs fonctions développe considérablement les
possibilités des fonctions de protection, de commande et de surveillance. Ce concept d'une
technique secondaire unifiée et globale permet en outre d'exploiter les stations sans présence
de personnel.

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Exercice
Exercice1
La plaque signalétique d’un alternateur triphasé tétrapolaire à entrefer constant porte les
indications suivantes : Sn = 55 kVA, Vn = 380 V, IeMax = 18 A, Nn = 1500 tr/min.
Vn est la tension nominale d’un enroulement ;
Les enroulements statoriques sont couplés en étoile.
On a effectué les essais suivants :
- Relevé de la Caractéristique interne à la vitesse nominale : (E0 : tension simple)
Ie (A) 0 2.5 5 7.5 10 11.5 13.5 15 19
E0 (V) 0 150 270 344 390 410 434 450 490
- Essai en court-circuit à la vitesse de rotation nominale : Iecc = 6 A, Icc = 80A
- Essai sur charge purement inductive (cosϕ = 0 AR) à la vitesse de rotation nominale :
Ied = 13 A, Id = 60 A, Ud = 330 V.
- La résistance d’un enroulement mesurée à chaud : 0.1 Ω.
1. Méthode de Potier.
1.1- Déterminer les éléments du modèle de Potier d’un enroulement de cette machine
en fonctionnement équilibré.
1.2- Utiliser ces résultats pour determiner le courant d’excitation permetant de débiter
un courant de 70 A sous Vn à facteur de puissance égal à 0.8 (AV et AR) et à fréquence
nominale.
2. Méthode de la réactance synchrone (BEHN-ESCHENBURG)
2.1- Déterminer la réactance synchrone correspondant à Ie = 15 A.
2.2- Prédéterminer, avec la réactance ainsi calculée, les intensités des courants
d’excitation correspondant aux conditions de fonctionnement définis à la question 1.2.
3. Fonctionnement de l’alternateur couplé au réseau.
On conserve la valeur de la réactance synchrone calculée en 2.1 et on néglige la chute de
tension due à la résistance de l’induit.
3.1- La machine, fonctionnant en alternateur couplé au réseau, fournit une puissance
active de 30 kW sous sa tension nominale. On règle l’intensité Ie pour que l’alternateur débite
des courants d’intensité nominale dans une charge nominale capacitive. Calculer la puissance
réactive fournie au réseau. Quelle est la valeur de l’angle électrique qui sépare deux pôles de
même nom de la roue polaire et du champ tournant dans l’entrefer ?
3.2- L’alternateur fournit toujours 30 kW au réseau. Calculer la valeur de Ie qui permet
d’avoir Cosϕ = 1.
3.3- Couplée sur le même réseau, la machine fonctionne en moteur et développe un
couple utile Cu = 144 Nm avec un rendement de 95 %. L’intensité du courant d’excitation Ie
est réglée à 12 A. calculer l’intensité des courants de ligne.
3.4- Peut-on fournir au réseau une puissance réactive de 40 kVAR, le couple résistant
étant maintenu constant. Quelle devrait être, dans ces conditions, le courant d’excitation Ie ?

FST Tanger / Dépt Génie Electrique 23 M. EL MRABET