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Introduction au droit international

examen : QCM. livres : ≠ alland « DIP ». eric canal-forgues et patrick rimbaud « DIP ». carlos santouli
« introduction au DI ».

THÈME 1

L’ORDRE JURIDIQUE INTERNATIONAL

Le DI est l’ensemble des institutions, notions et mécanismes régissant la conduite des sujets du DI entre
eux. C’est le droit entre les états. Phénomène il y a 30 ans qui fait que le DI change : la place considérable
des personnes privées, dont les entreprises multinationales. Il y a 100 ans, le DI ne tenait compte que des
états. Des traités ne régissaient uniquement les relations entre les états, les personnes privées ne se mettaient
pas en avant en disant que tel état violait ses droits. Le DI est né de la coutume : des comportements que les
états ont adopté plus ou moins consciemment. Ce comportement qu’ils adoptent s’est vu répété par d’autres,
et c’est finalement devenu une règle, sous la volonté des états. La complexité vient de la multitude des
acteurs.

Ex: USA veulent en août 2018 sanctionner la Russie pour la Crimée. En nov 2013, rassemblement pro euro
en Ukraine quand le gvt ne voulait pas signer de traité avec l’UE. Devant la pression, le Président pro russe a
pris la fuite et fut destitué de ses fonctions. Constitution d’un nouveau gvt. fév 2014 : la péninsule de Crimée
est occupée par des troupes pro russes non identifiées à ce stade. A la frontière de l’Ukraine il y a des
mouvements de l’armée. La Russie considérait que le nouveau gvt est illégitime et l’Ukraine a alors accusé
la Russie d’invasion. La Russie a alors nié la présence de soldats russes en Crimée et que les mouvements de
l’armée étaient de l’auto défense. Quelle incidence qu’un gouvernement en trouve un autre illégitime ? Un
état peut-il introduire des troupes sur le territoire d’un autre sans autorisation ? En mars 2014, le Pt de
Crimée déclare l’indépendance de la Rép de Crimée, qui faisait alors partie de l’Ukraine. Cela a-t-il un sens ?
Une telle déclaration est-elle conforme au droit ? Les autres états du monde ont-ils l’obligation de
reconnaître cette entité en tant qu’état et établir des RI avec ? S’est tenu en Crimée un référendum pour
décider du rattachement de la Crimée en Russie. La Russie a déclaré que c’en était une partie intégrante.
Selon la Russie, la Crimée cesse d’être ukrainienne. Le statut d’indépendance est donc une transition ?
Quelle est la valeur d’un tel référendum sur le statut futur d’un territoire ? Une pop° peut-elle ainsi
s’autodéterminer par cette indépendance ? Dans quelles conditions un état va-t-il apparaître puis
disparaître ? Si c’est bien un état, un autre peut-il disposer de lui en l’absorbant malgré la volonté de ce
premier ? L’opinion mondiale s’est indigné du comportement de la Russie, l’UE et les USA l’ont accusé de
violer le DI et l’intégrité et la souveraineté de l’Ukraine. Ils ont alors annoncé des sanctions contre la Russie.
Un état a-t-il le droit d’adopter de telles sanctions sur la base de l’appréciation que eux-même ont fait
de la situation ?

En droit interne seul le juge est investi pour exercer la fonction d’exécution forcée. En DI ce n’est pas la
même chose. Non ingérence dans les aff. int. : principe de DI. Leur appréciation est subjective.

Les Nations unies (Russie membre permanent du Conseil de sécu : a mis un veto donc ne pouvait rien
faire) : l’AG a adopté une résolution qui dénonçait le résultat du référendum en Crimée. L’AG estimait que
ce référendum était contraire au DI et qu’il ne saurait donc n’avoir aucun effet sur le statut juridique de la
Crimée. La Crimée reste une partie de l’Ukraine, ni un état indépendant ni faisant partie de la Russie.
Mais quelle est la valeur de la résolution ? Le CS peut adopter des résolutions obligatoires donc
sanctionnées en cas d’inexécution. L’AG est l’organe purement politique de l’ONU, mais ses résolutions
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ne sont pas obligatoires. Ce sont des prises de positions politiques. Mais elle a un poids car donne du crédit
aux actions entreprises par la suite, la majorité le justifie par le poids de l’ONU dans les RI.

§1. La société internationale : caractéristiques de ses acteurs


Parmi les acteurs de l’ordre juridique international, l’état a une condition statutaire : situation qu’un OJ va
faire à un être uniquement. Ex : dans le droit interne, il existe un statut de proprio, citoyen, salarié etc. En DI
il existe un véritable statut d’état et est le seul à avoir cette condition statutaire, les autres acteurs c’est plus
trouble : les OI et les personnes privées. Ces derniers sont des sujets dérivés. Le DI était simplement destiné
à diriger les relations inter-étatiques et les états ont une existence juridique absolument sans condition, il
leur suffit de l’indépendance pour être état et souverain, mais il ne leur faut rien d’autre pour être
sujet de DI. Nous, juridiquement, nous n’aurions existence sans l’intervention des états.

L’OI n’est rien d’autre qu’une créature des états. Les états créent cette O pour s’occuper de tel domaine. ex :
ONU, OMC. Même chose pour les entreprises et les personnes privées.

Les caractéristiques essentielles sont au nombre de trois :


- la souveraineté
- la personnalité juridique internationale
- la capacité d’agir internationalement

A - Souveraineté : caractéristique exclusive des Etats


Caractéristique exclusive et principale des états. Une entité souveraine est un état, une entité non
souveraine ne peut en être un. Dès lors qu’on est un état on est souverain. C’est la singularité exclusive des
états par rapport aux autres sujets du DI. C’est une caractéristique qui sert à délimiter ce qui est un
état de ce qui n’en est pas.

1 - Les deux faces de la souveraineté : interne et internationale


Premier point de ce qu’est la souveraineté :
- sou interne : ça vise la structure interne de l’état et sa puissance dans l’ordre interne. il n’existe au sein de
cet état aucune entité qui n’a une puissance supérieure à celle de l’état. par implication, tous les sujets de
cet état sont soumis à sa puissance. Rien n’est plus puissant que l’état. C’est un contenu positif.
- sou internationale : le Ccons pense que ces deux sou sont les deux faces d’une même médaille alors que
ces deux sou n’ont rien à voir. Pourquoi ? car la déf interne de la sou ne peut être projetée vers l’extérieur.
ça ne marche pas car il y a 200 états souverains et ils sont tous souverains de la même manière, il n’y a
pas de souveraineté étatique supérieure à une autre. La sou s’exprime de manière négative : absence de
soumission à une autre. L’état est le sujet du DI mais de personne d’autre. Personne ne peut assujettir
l’état.

2 - Souveraineté et indépendance
Sou n’est pas le synonyme d’indépendance non plus. Les deux relèvent de registre d’ordre ≠. La sou
appartient au monde du droit, c’est un terme juridique pour désigner une situation juridique. Or,
l’indépendance appartient au monde du fait. Si cette situation factuelle d’indépendance est acquise, elle
permet alors à l’entité de prétendre à la qualité d’état.

Cela serait paradoxal qu’un souverain devrait obéir. Pour Duguit, l’état ne peut avoir d’obligations, que
des droits : c’est sa définition de la sou. Un souverain peut-il devoir obéir ? Oui et non. Ce qui est vrai, c’est
qu’aucun être légal ne lui est supérieur, exercer sur lui une puissance et donc lui imposer des obligations.
Sinon, c’est l’état qui l’aura alors accepté.

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3 - Souveraineté, liberté et autolimitation
En revanche, l’état, dans sa liberté initiale, est libre de renoncer à sa liberté pour l’avenir : l’auto limitation .
L’état contracte des engagements desquels il s’engage pour l’avenir à agir d’une certaine manière car il s’y
est engagé.

Depuis 10 ans est apparue une catégorie d’obligations appelé du droit impératif (jus cogens) qui se
caractérise par le fait que les états ne peuvent pas prendre d’engagements qui iraient contre ce droit. Il
est consacré dans le droit positif, est mentionné dans la Convention de Vienne (esclavage, génocide). Leur
liberté n’est pas totale. Il y a des objets qui sont considérés comme étant impératifs pour des raisons
idéologiques. Un traité serait alors nul.

Il existe également les libertés résiduelles de l’état. D’autres parlent du domaine réservé de l’état. Ce sont
des domaines dans lesquels l’état va choisir de conserver sa compétence nationale exclusive. L’état va les
faire échapper au DI. Typiquement, on y trouve les pouvoirs régaliens. C’est le principe de non ingérence, ce
domaine réservé.

4 - Souveraineté et égalité
Le corollaire de la sou des états est l’égalité souveraine. Ils sont égaux juridiquement. C’est un principe
cardinal du DI. Dans la Charte des NU, elle parle d’égalité souveraine, ce sont deux mots qui vont
ensemble. Art 2-1. Cela relève du droit, pas de la puissance de l’état. Peu importe la taille politique de l’état,
sur la scène internationale ils sont égaux avec tous les droits qu’a un état souverain.

5 - Implications de la souveraineté

a - Devoir de non intervention

La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. Cela signifie que :
- devoir de non intervention, s’exprime de deux manières :
(1) Principe de non ingérence

Dans le principe de non ingérence dans les aff int : les états ont des compétences exclusives sur leur
territoire. ils peuvent autoriser d’autres états à venir chez eux mais seulement par autorisation.

(2) Interdiction du recours à la force

Principe le plus cardinal du DI, première règle de droit impératif auquel aucun état ne peut déroger. tout
recours à la force est interdit. Toute intervention qui n’est pas autorisée (sauf légitime défense) est
directement dans le recours à la force (même un pied). intervention humanitaire : quand l’état les demande
c’est bon, sinon c’est un problème.

A quel titre intervient-on ? pourquoi protéger une pop° ? droits fondamentaux. commission et prévention
d’un génocide sont ≠ par ex. Il n’y a pas de fondement juridique qui donne une base sûre à ces interventions.

Deux exceptions au non recours à la force :


- la légitime défense est un droit naturel des états dans la charte : tout état victime d’une agression peut
faire valoir son droit, donc droit au recours à la force
- quand CS agit sur fondement du chap 7 de la charte : CS peut décider de mesures coercitives pour
obliger un autre état à redevenir à un état licite, à cesser son recours à la force.

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B - La personnalité juridique internationale

C’est l’aptitude à être titulaire de droits et obligations. Si un être juridique est apte, on dira alors qu’il est un
sujet du droit. Qui est apte alors ?
- les états : ont cette personnalité juridique qui s’exprime de deux manières :

1 - Des Etats

a - L’Etat, sujet de droit international

est un sujet immédiat de DI => toutes les règles du DI d’une manière ou d’une autre s’adressent à lui ; est
un sujet originaire, de plein droit => ils tirent leur personne juridique d’aucun acte. sa simple existence en
tant qu’état implique qu’il est un sujet de droit

b - L’Etat, personne morale

est une personne morale : l’état en lui-même ne fait rien, il ne peut agir légalement sur la scène du droit que
par l’intermédiaire de ses organes et c’est de part leur intervention qui va matérialiser des actes qui seront
artificiellement réputés être ceux de l’état. les individus qui matérialisent les actes étatiques disparaissent
derrière l’état. ce qui compte c’est de savoir si tel acte ou tel comportement de tel organe peut être IMPUTÉ
à l’état. du moment où l’état est formé jusqu’au moment où il disparaît, il va être juridiquement identique à
lui-même. son existence juridique ne change pas, reste la même => continuité de l’état => identitcité de
l’état dans le temps, peu importe le changement de régime politique, l’état en tant que figure juridique
demeure.

2 - Des OI
une OI : c’est une assoc d’état constituée par un traité. le texte juridique avec lequel on fonde cette OI est un
traité, non une C, donc ce n’est pas un état. Les parties à ce traité ne sont pas des organes internes aux états,
ce sont les états eux-mm. quelle que soit la puissance qu’ils donnent à l’OI, tant que l’état demeure, il reste
souverain. une OI ne peut faire que ce que ses états créateurs ont accepté de leur donner comme
compétences. l’OI ne peut agir que si la charte le lui permet.

3 - Des personnes privées


les personnes privées : sont-elles dotées de telles personnalités internationales ? sont-elles aptes dans l’OI à
être titulaire de D et O ? bcp de règles internationales nous considère directement. ce sont des sujets de droit
de l’OJI mais c’est délicat car l’état fait écran entre nous et l’OI. rare qu’un individu puisse se prévaloir
directement dans le DI des avantages qui lui sont conférés. c’est une qualité passive : elle nous permet
d’avoir des D et O mais ces O sont reçues par une activité inter étatique à laquelle nous n’avons pas
participé.

C - Capacité d’agir internationalement

1 - Des Etats
C’est l’aptitude donnée à un sujet d’agir dans l’OJ d’où il tient cette capacité. C’est une capacité
d’exercice. Pas à confondre avec la personnalité jur. : titularité de D et O. Q° de savoir si un être légal
donné a effectivement des moyens d’actions dans un OJ. Moyens d’action/d’exercice :

a - Capacité substantielle

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conclure un traité (créer une norme conventionnelle) => capacité substantielle, capacité à produire du
droit substantiel. Porter une réclamation quand on a qqch de quoi se plaindre, saisir le juge. Pour les E dans
l’OJ international, la q ne se pose pas car ils sont sujets originaires donc leur capacité d’agir est originaire,
inhérente du fait qu’ils sont des E. Ont le pv de prendre des actes jur. Les Etats peuvent créer des normes ou
en combinaison avec d’autres Etats, ou peuvent constituer des situations légales

b. Capacité processuelle

Ils disposent d’actions légales quand un état viole le droit.

(1) Pouvoir de réclamation non contentieuse

Canal des agents non diplomatiques : consuls, ambassadeurs, on les engage. On le sait par les médias, on
sait ce qui se passe au niveau du contentieux, de la diplomatie etc. Qq part un compromis se fait quand on
voit que cela se calme.

(2) Pouvoir d’action contentieuse

C’est une part moins abondante alors qu’elle est visible : porter une réclamation devant un juge. Il faut
saisir une juridiction qui regarde si elle est comp. Le contentieux n’est que la part pathologique du DI. La
grande part du DI se règle de manière douce sans passer devant un juge. La solution rendue est conforme
au droit et est rendue en vertu du droit : avantage du contentieux. Elle déclare une situation jur. de
manière objective.
Ce pv d’ester appartient de plein droit à l’Etat dans sa dimension active : est demandeur d’une instance
ou aussi dans une situation passive : sera défendeur. Particularité dans l’OJ international : tient à cette
caractéristique propre aux états qu’est la souveraineté. Les deux états doivent accepter la comp de la
juridiction. Il n’existe aucune entité supra étatique par nature, capable à l’Etat d’imposer des oblig qu’il n’a
pas voulu; le juge va alors dire qu’un des états à tord : il doit donc arrêter de faire ce qu’il fait et doit revenir
à la bonne exécution de ses engagements. Un juge oblige l’état à faire qqch. Mais c’est illogique, donc
l’état doit avoir accepté avant que l’instance ait démarré la comp de la juridiction du trib qui est saisi. Sans
l’accord des deux l’action ne peut avoir lieu.

2 - Des organisations internationales

a - Capacité substantielle

Cette capacité d’agir n’est pas comparable à celle qu’ont les états. Les OI sont capables de conclure des
espèces de c, peuvent conclure des traités mais ont une particularité qui tient au fait qu’elles sont la créature
des états. Leur limite : il faut voir ce que les états créateurs ont bien voulu la voir faire. Les états
peuvent conclure des c sur n’importe quel objet, sauf le droit impératif qui constitue l’ordre public
international (génocide, esclavage), aussi domaine réservé/libertés résiduelles de l’Etat.

Mais le traité doit être lié à la fonction de l’OI. C’est un principe de spécialité en vertu duquel les OI ne
peuvent agir que dans le domaine qui leur a été confié par les états et qui rentre donc dans leur champ
de comp. Mais peuvent rogner les marges : c’est lié à la fonction qu’on est censé exercer, on voit des
traités qui s’éloignent du domaine spécialisé de l’OI. Telle organisation est faite pour ça et pourra pour
réaliser son objectif conclure des traités, créer des organes subsidiaires.

Les OI peuvent aussi se voir imputer des faits jur. : cela veut dire que l’OI a une capacité délictuelle. Le
comportement des organes d’une O, de ses agents est imputable à l’O et donc peut engager la resp de
l’O.

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b - Capacité processuelle

Cela devient moins généreux à l’égard des OI : il est clair qu’elles ont la personnalité jur internationale et
donc sont aptes à avoir des droits subjectifs et des oblig, et ayant des droits subjectifs il n’est que logique
qu’elles aient la capacité processuelle : enclencher des voies de droit pour chercher à voir garantis leurs
D et O.

Elles ont un pv de réclamation pour les dommages qu’elles mêmes ont subi : ce pv fut reconnu en 1949
dans un avis consultatif rendu par la CIJ. Elle reconnaissait qu’une O en tant que personne morale peut subir
un dommage et donc déclencher un mécanisme de resp pour avoir une réparation du dommage subi.
=> C’est excessivement rare. Généralement, les juridictions internationales ne donnent pas accès aux
OI. Disent qu’elles ont comp pour recevoir les états -> exclut les OI.

En revanche, bcp de ces juridictions permettent aux OI ou certains de leurs organes spécialisés peuvent
demander un avis consultatif. On leur ferme la porte mais on leur ouvre la fenêtre. Ce n’est qu’un avis et
donc la juridiction va examiner la q° de la même manière qu’elle le fait dans un litige, ce qu’est à son avis
l’état du droit, forte impression morale mais ce n’est pas obligatoire.

3 - Des personnes privées


Leur situation est compliquée et controversée. Pas tellement de capacité substantielle : ne produisent pas
en tant que tels du DI. Dans l’OJ interne oui cependant. Mais ce n’est pas le cas dans l’OJ international : ne
produisent pas du DI, pris en compte cependant parfois. La capacité d’agir des pers privées dépend
entièrement des états.
Quand elles ont cette capacité, c’est une capacité active : vont participer eux mm dans l’activité
internationale. Surtout processuelle : porter une réclamation contentieuse. Les cours sont singulières, ce
n’est pas norme. Ce sont des juridictions qui vont examiner si tel comportement de l’état est conforme au DI.
Une pers privée attaque un état devant le juge international, alors que les états sont très frileux de ça à
cause de leur sou, ne veulent pas se voir imposer des oblig.

Le contentieux international veut dire inter étatique, en sortant des dts de l’H, il y a peu de domaines où nous
individus avons accès à un juge. Enormément de normes qui nous concernent, mais on a aucun moyen d’aller
directement un juge international, de faire respecter ces droits.

§2. Le système juridique international : caractéristiques de sa


logique
A - S’agissant de la production du droit : logique d’existence et d’opposabilité
(vs logique de validité)
Cette logique s’oppose au SJ interne.
- Dans le SJ étatique, les rapports jur sont verticaux : du haut vers le bas, le droit est rendu ainsi. Dans la sté
internationales, les rapports sont horizontaux
- Dans le SJ interne, on a une sté juridique composée de ≠ sortes de sujets qui est très hiérarchique. En DI
c’est une sté anarchique : pas de pv publics ne sont au dessus des états, des OI.

Il n’y a pas d’organes centraux (DA : Admin ; Constit : pv législatif, exécutif) car ils n’existent pas. Il n’y en
a pas dans l’OJ international car il n’y a pas d’autorité sup. Cela se vérifie dans la pt° du droit et dans son
exécution/réalisation. La base du DI est toujours qq part dans l’engagement pris par un sujet de droit, à celui
envers qui cela sera opposable. Rien ne se passe sans volonté des états, donc les rapports sont engagés
différemment. Ils sont tous situés au mm plan : les OI. On a donc un système anarchique. Cela a des cques
sur le SJ international. Dans le système interne, on s’intéresse à la validité d’une norme : quand elle est
produite d’une manière conforme à ce qui est prescrit par l’autorité sup. Mais un SJ c’est plus largement

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évidemment le système de normes mais aussi les modes de production de ces normes. Dès qu’on sort de
l’OJ interne, cela devient compliqué quand c’est anarchique et que les sujets sont tous égaux.

Manière dont les normes produites seront opposables aux sujets, c’est ce qui différence OJ et SJ.
Opposable : moment à partir duquel l’opposable est obligé juridiquement de respecter ce qui est dit .
Opposabilité : on regarde aussi le S international.

Sur qui les actes jur vont-ils avoir des effets, aux yeux de qui un énoncé légal fait droit ? A la charge de qui,
au profit de qui une norme crée des O puis des D ? Qui peut la tenir comme du non droit et n’est donc pas
obligé ? Qui l’est ? Deux possibilités :
- soit les effets de droit que produit un acte/fait jur sont objectifs (= cet effet vaut au delà du cercle des
sujets qui les ont produit, cela sera opposable aussi aux sujets qui n’ont pas participé à la production
de cette norme. ex une loi interne produite par le Pt fr.) C’est le SJ interne.

- soit les effets de droit vont se limiter exclusivement à ceux qui ont contribué à la pt° de ces effets :
ceux qui produisent une norme sont en même temps ceux qui seront les sujets de cette norme, personne
d’autre. C’est le modèle inter étatique, pas international.

Pt° du droit : dans le SJ interne, on est dans une logique de droit objectif et de validité : état est producteur
originaire et principal du droit. Il est objectif dans le sens que dès qu’il est valablement édicté, il sera
opposable objectivement (au delà du cercle de ceux qui l’ont produit. Illustre la verticalité. En droit interne,
tjr la question de la validité d’un acte jur qui se posera.

Dans le SJ international on peut l’oublier : c’est une sté de droit mais sans lois, dans le sens classique du
droit interne. Il n’existe pas, à l’exception de ce droit impératif, de règles objectives. Dans le système
international il faut distinguer deux moments :
- le premier moment dans l’international c’est le moment où une norme sera fabriquée : on fait toutes les
opérations qui vont faire en sorte que la norme existe, elle existera comme un objet inerte : on sait qu’elle
est là et ce qu’elle dit mais les effets ne sont que virtuels, pas encore effectifs.
- 2e : celui où l’état va prendre par un acte individuel son engagement. Il crée un lien entre lui et cette
norme : alors seulement elle sera opposable à l’état. On passe du purement virtuel au réel. Quand l’état a
exprimé son consentement à voir une norme produire des effets à son égard, elle lui sera opposable.

La notion de validité : en système interne c’est REP alors qu’en DI la q n’est pas de savoir si qqch est valide
ou pas mais si c’est opposable ou non.

B - S’agissant de la réalisation du droit: logique d’une société a-centralisée (vs


logique de centralisation)

1 - Illustration (1) : mécanismes juridictionnels


Comment est organisé le système juridictionnel interne ? Tout vient de l’Etat. Les trib sont des organes de
l’Etat qui exercent en son nom une partie de sa puissance. Les trib ne sont pas libres de la procédure à suivre,
leurs pv leur sont conférés par l’état. La juridiction étatique est obligatoire (garantie de l’effectivité du
droit interne) : les particuliers ne peuvent se souscrire aux voies juridictionnelles (mais on peut choisir
de ne pas pas y recourir).

Alors que dans le S juridique international, les cours et trib ne sont pas des organes de l’Etat, d’une pers
pub : pas d’existence objective détachée des parties. Sont créés par les états donc a des cques sur les rapports
entre les états et les juridictions qu’ils ont créé. La juridiction obligatoire n’existe pas en DI. Une action
contentieuse ne se déroule pas forcément pcq un Etat déclenche une action contre un autre Etat. Enormément
d’aff ne sont jamais traitées substantiellement dans le fond. La volonté de l’état : pivot des mécanismes
institutionnels. L’acceptation de la juridiction des états est dans la Convention EDH : le consentement
des états se trouve en amont de cela, dans la ratif de la Convention. Le consentement des Etats n’est
jamais absent.

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2 - Illustration (2) : sanctions
Dans le droit interne, sanction = toute cque attachée à un comportement qui est un manquement au
droit. ex : un acte jur illégal + comportement illicite. La sanction est la nullité : invalidité. L’irrégularité est
constatée par un juge. Pour le comportement illicite le juge intervient et constate que ce comportement est
illicite au regard de tel art. et dit qu’on a cette illiciité, et l’art y attache des cques et prévoit la sanction. Ex
occupation illicite d’un appartement. Donc il doit partir, et s’il ne le fait pas le juge constate que le jugement
n’est pas respectée et la force publique agira alors. Ce sont donc les organes de l’Etat qui se chargeront de
la sanction étatique.

Dans le DI : l’acte jur illégal existe aussi. L’Etat constate qu’un autre a pris un acte illégal : non produit
conformément à ce qu’autorise le droit national. La sanction logique est la nullité. Mais comme il n’existe
pas de juridictions obligatoires, il y a un pb. Deux hypothèses :
- soit ce juge existe car les Etats lui ont donné comp : dit si l’acte est légal ou illégal : jugement objectif.
- plus fréquent, les parties n’ont pas consenti à saisir un juge car n’ont pas accepté sa juridiction, ou veulent
le faire à l’amiable. ex : traité de commerce d’esclaves, donc nul. donc on reste dans une situation où
l’était attaquant dit que ça devrait être nul mais l’état esclavagiste dit qu’il ne veut pas aller devant le juge.
Les deux prétentions subjectives viennent de deux états souverains, donc on en reste là. Aucune n’a
vocation à l’emporter sur l’autre.

La même chose va pour un comportement tenu pour illicite. Qui dit que c’est illicite ? Si un juge est
compétent c’est très bien mais si les états ne veulent pas aller devant le juge, ils vont camper sur leurs
positions. Aucune prétention n’est vraie en droit. C’est une vérité légale cependant. Si un juge impartial
n’est pas intervenu ce n’est pas une vérité en droit.

Cela a une cque sur le système des allégations concurrentes : un dispositif centralisé de voies d’exécution
comme en droit interne car on a recours à la PP, ne peut exister car pas d’autorité sup aux Etats. Pas de
gendarme mondial. On ne peut imposer aux Etats des sanctions.

Les contre mesures : technique du DI qui n’existe pas en droit interne. Mécanisme par lequel un Etat qui
estime qu’un autre a commis un fait illicite (a violé le droit) va répondre à cette illiciité par son propre
comportement qui lui est aussi illicite. Attaquer le mal par le mal. La particularité de ces contre mesures
est que l’Etat qui la prend, sa contre mesure est gommée car ce n’est pas violation mais seulement
réaction à une violation. Quand un état pense que qqch est illicite, c’est pas sûr, c’est une appréciation
subjective. Cela peut déclencher des réactions à la chaîne.

THÈME 2
FORMATION DES ENGAGEMENT
INTERNATIONAUX (1) : LES TRAITÉS
(FORMATION CONVENTIONNELLE)

Cmt on en arrive que des Etats soient obligés par des traités. La notion de traité (sous l’angle du c) : accord
de volonté par écrit entre deux ou plusieurs parties produisant des effets de droit obligatoires. Le droit
anglais est coutumier. La trace écrite est la condition de forme d’un traité. Le nom qu’on donne au texte
est absolument indifférent. traité, convention, accord, acte final, pacte, charte, protocole, code de conduite,
concordat, déclaration, notes, procès verbal, communiqué… Il faut combiner les différents éléments qui
feront que qqch est un traité.

Le premier critère est le critère formel : on a un texte écrit : distingue ce qui est un traité de ce qui n’en est
pas à coup sûr mais ce n’est pas fini. Il reste le critère matériel : la substance, mais le DI peut porter sur tout

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et n’importe quoi. Le juge regarde le critère qui est de regarder si sur le fond ce texte écrit est sensé produire
des effets de droit. ex : procès verbal entre deux ministres aff étrangères qui disait qu’ils acceptaient de
prendre les engagements : juge a considéré que c’était un traité. Pareil si il y a un sommet avec un
communiqué conjoint par écrit. Il faut regarder le formules, si les Etats ont la volonté de s’engager. Il faut
voir l’intention des parties.

La typologie simple est traité bilatéral ou autre. Les bilatéraux sont très fréquents. On parle de traité-
contrat. Les bi permettent mieux de réagir en fonction des nécessités du moment. Les multilatéraux ont
une portée très variée, ils sont à vocation universelle ou régionale. Ils peuvent porter sur n’importe quel
domaine. Ce sont les traités-lois, ils ont une portée objective. Ex traités visant à établir le statut
international de qqch : ex traité de l’antarctique de 1959.

Notion de droit des traités : toutes les règles et mécanismes qui vont régir tous les aspects d’un traité
de sa naissance jusqu’à son extinction, tout ce qui concerne sa vie. Cmt on interprète un traité, cmt il
devient opposable, quels sont les événements pouvant surgir et affecter le traité ? Le droit des traités sont
des règles relevant aussi bien du DI que du droit interne.

Il faut regarder la répartition interne des comp : qui sont les ≠ organes que la C fait intervenir dans ce
processus de faire partie d’un traité. Le PdR ratifie, les parlementaires peuvent saisir le Ccons. Le Pt va
pouvoir intervenir pour certains traités en autorisant le PdR à ratifier. Le DI ne peut se mêler de cela. Il
faut jongler avec les deux droits dans le droit des traités.

Toutes ces règles furent codifiées : la Convention de Vienne de 1969. La codif est une opération qui consiste
à rassembler des énoncés normatifs (règles éparses et disparates) et de les unifier de manière écrite. On
cherche des règles coutumières. On fait passer des règles de leur nature coutumière non écrite à une nature
désormais conventionnelle. Tout le DI repose sur la coutume. La Commission du DI aux NU a pour
mandat de codifier le DI et de faire le développement progressif du droit. Cette Commission regroupe 34
experts du monde entiers indépendants. Les élus n’obéissent plus aux instructions de leur gvt une fois
élus. Cette Commission pendant 20 ans a codifié ce droit des traités. Un texte définitif a été soumis à l’AG
des NU qui a convoqué la conférence des NU sur le droit des traités qui a adopté ce projet d’articles et en a
fait la Convention de Vienne. Cette Convention est le texte fonda pour le droit des traités, mais c’est
paradoxal : un traité sur les traités. Cette Convention est ce qu’on appelle du droit dispositif, au sens où
les états peuvent tjr convenir d’autre chose par un accord spécial : « sauf disposition contraire ». Il
arrive souvent que que d’autres traités prévoient des dispo spéciales. C’est du droit qui intervient seulement
si le traité en q ne prévoit rien à la place.

En tant que traité, la convention de vienne obéit elle-même à l’un des principes cardinaux qu’elle énonce :
l’effet relatif des traités. Cela oblige pour les états parties, le traité est obligatoire et ne produit des
effets jur que pour les états qui l’ont approuvé, ratifié. Pour tous ces états parties, les règles énoncées
dans la Convention de Vienne valent à titre de règle conventionnelle : on peut invoquer l’art 12 contre tel état
partie. Cque pour ces états : qd il y a une q de droit des traités on utilise la convention plutôt que la règle
coutumière.

PB : elle a introduit qq règles nouvelles qui n’étaient pas coutumières avant : n’ont QUE valeur
conventionnelle, ont été mise dans un traité, les états tiers l’ont accepté. Que se passe-t-il pour les états tiers ?
La FR n’a jamais accepté le droit impératif donc n’a pas ratifié la convention de Vienne . La FR est-elle
donc déliée du droit des traités ? P-e que si mais pas sur la base du droit conventionnel mais puisqu’elle a
comme base la coutume, on invoquera la règle coutumière « originelle ». Donc les règles nouvelles ne
peuvent êtres opposées à la FR puisqu’elles n’existaient pas à titre coutumier auparavant.

=> Cela a une cque importante : la convention de Vienne n’est pas une référence absolue en matière de
droit des traités, on ne peut s’en référer que lorsque la règle conventionnelle est très fidèle à la règle
coutumière dont elle a été codifiée.

§1. L’élaboration du texte

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C’est une procédure internationale, rien à voir avec le droit interne. Aussi bien que pour la participation que
le déroulement, c’est très souple car le DI est très peu formaliste : les Etats ont un choix très grand quant à
la manière dont ils font un traité.

A - Participation à la procédure
Partie au traité : principalement des états et éventuellement des OI. L’état a exprimé son consentement à être
lié. Etat-partie : état lié au traité. Q préalable : l’état est-il déjà cap de traiter ? donc qu’on est un sujet du
droit (personnalité jur, capacité d’agir), donc les états l’ont au sens strict. Qui peut alors participer à la
procédure ? Les états. Dès lors qu’une entité a un statut controversé, elle ne va pas pv s’assoir à la table des
négociations quand d’autres états contestent ce statut.

Cela pose pb pour des collectivités elles mm composées de ≠ membres comme un état fédéral. L’état sera le
sujet du DI qui participe à la procédure, donc l’Allemagne en principe ne participe pas. Même chose pour
les entités pré-étatiques : n’en sont pas encore, en sont à devenir. La capacité de traiter n’entre pas dans leurs
attributs. La q de leur personnalité jur dépend surtout de la reconnaissance par les autres états.

Les OI ont la capacité d’agir, dont la substantielle : produire du droit et traiter. La Conv de Vienne
l’acquiert. Mais la capacité des OI n’est pas aussi illimitée que celle des états : ne peuvent sortir du
principe de spécialité, sont cantonnées dans le domaine fonctionnel dans lequel elles ont été créées.

Il y a un mécanisme de représentation qui va intervenir car l’état ne fait rien lui-mm. La conclusion du c
dans son ensemble est menée pour le compte de l’état par un ou plusieurs de ses organes/agents. Les
individus sont absolument nécessaires mais n’agissent pas à titre d’intermédiaire mais vraiment comme des
représentants : censés exprimer la volonté de la pers morale.
Condition principale pour que cela marche : ces individus doivent être compétents : spécialement
habilités à cet effet là.
=> Tous les actes et comportements de ces représentants vont être automatiquement imputés à ces
états/OI. Il faut un contrôle dès lors que l’état est engagé : il est desserré dès que le resp est haut placé.

Illustrations, types de compétence : la plus simple est l’ex officio : compétence qu’une pers tire de la seule
facultét qu’elle exerce, la compétence est supposée car elle exerce telle faculté. Cela n’existe pas pour les
OI. C’est typiquement le chef de l’état, le chef de gouvernement et le chef de la diplomatie : personnes à
qui le DI reconnait l’aptitude légale à représenter l’État. Ce sont les seuls canaux officiels par lesquels
transitent les RI, en l’absence de report spécial d’accréditation.

Quand ce n’est pas la faculté qui emporte la compétence avec elle, c’est plus compliqué : il faut une
habilitation spéciale : tous les organes doivent justifier leur qualité (prouver qu’on est bien un agent de la
pers morale qu’on prétend représenter) et la compétence qui nous est reconnue par la perso morale pour
mener pour son compte toutes les opérations conventionnelles d’après les termes de cette habilitation
spéciale : la compétence peut être assortie de restriction. Elle peut résulter des pleins pouvoirs :
- les représentants sont plénipotentiaires : prend la forme d’un doc qui émane de l’autorité compétence
dans l’état qui désigne une pers pour représenter l’état pour plusieurs opérations conventionnelles.
- Aussi les pleins pv peuvent ressortir des docs et organes centraux : telle signature sur un autre papier.
Les docs doivent attester de façon univoque que les organes centraux ont eu la volonté d’habiliter la pers
en q de pv rpz l’état sur la scène internationale.

En FR c’est le chef de l’Etat qui est désigné. Le pv de traiter n’est attribué constitutionnellement qu’au seul
PdR. Sauf que les termes de la C provoquent des confusions : ils impliquent qu’il existe un partage de
comp avec d’autres autorités. L’art 52 parle de traités et d’accords : cela renvoie à la mm chose et c’est
traité de la même manière par le DI. Pb : l’art effectue cette distinction mais oublie de préciser qui sont ces
autres autorités pouvant passer des accords. La ratification est un acte qui ne peut être accompli que par le
seul chef de l’Etat. ==> Mais en réalité le chef est simplement informé de la ratification. La plupart des
traités sont conclus par des agents de l’exécutif qui ne sont pas le PdR. Lors de grosses conf
internationales, on va avoir des pers qui ont comp ex officio. Le plus souvent ces agents appartiennent à
l’Admin qui ne sont ni soumis au chef du gvt, ni au ministre des aff étrangères.

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B - Déroulement de la procédure
Procédure classique, tel que cela se passe pour les traités hors conférences internationales.

1 - Négociation et rédaction
N’ont pas de sens jur, c’est une phase éminemment pol. Il y a très souvent des négo préalables à la négo. Ce
sont des négo très hardies ayant même de parler de l’objet du traité sur lequel on veut se mettre d’accord car
il faut se mettre d’accord sur comment on va se mettre d’accord. Il faut mettre au point le texte du futur
traité. Il n’y a pas de format imposé : totale liberté des états et OI pour organiser et conduire les négo comme
ils l’entendent. Pour les traités bilatéraux ou multilatéraux restreints on imagine cela facilement. Cela peut
être négocié par correspondance, les agents ne se rencontrent jamais. Multi : les négo sont + organisées et
structurées. Selon l’objet du traité, si c’est sensible et 60 représentants, cela peut être disséqué en plusieurs
négo.

Multi : technique du compromis légal : package deal : permet de remettre en cause n’importe laquelle des
dispo du traité sur lequel on négocie aussi lgt que le texte global n’est pas arrêté. Conforte une très grande
légitimité au texte. Nothing is agree until everything is agree.

Dans quelle langue on négocie ? Plus simple d’employer une seule langue dans un souci de facilité de
logistique. Dans les grands traités c’était à l’origine le français, c’est maintenant l’anglais. Mais pour des
traités multi à vocation universelle (ONU), on utilise simultanément dans une même négo toutes les langues
officielles.

2 - Adoption
On arrive dans le terrain du droit. L’adoption est une phase collective. C’est un acte jur collectif. La négo se
clôt généralement par cette adoption qui est un acte formel. C’est une q de procédure très importante.
Mais c’est encore une phase préparatoire à l’engagement : le traité n’est pas encore engagé, acquis. Elle
met un terme à la négo. On ne peut plus revenir sur la discussion.

Tous les états étant aux négo doivent participer à l’adoption. C’est une procédure d’adoption dans la Conv de
Vienne. ≠ entre états parties et les états participant à la négo. Comme les états n’ont pas encore adopté ni
signé le traité, ils ne sont obligés en rien. Les états peuvent participer à l’élaboration d’un traité sans jamais
en devenir partie. C’est une q de technique : quelle technique on utilise pour adopter un traité ?
- il y a une pression pol pour qu’ils acceptent certaines choses si majorité simple. ex participation d’un état
au traité d’environnement : il faut qu’il devienne partie au traité => il ne faut pas lui faire trop peur car on
a besoin de lui => les états de la majorité vont être enclins à retirer une dispo controversée. si les états
choisissent une méthode d’adoption qui permet le blocage par la minorité, la minorité prend la main sur le
traité.
- aussi technique de consensus : ne pas voter sauf si l’objection est exprimée.
- adoption par un acte unanime : bilatéraux ou multilatéraux restreints. Mais cela revient à donner à chaque
état un droit de veto.

Effet légal de cette adoption ? C’est un acte collectif donc ne vaut pas engagement unilatéral des états.
Les participants à la négo vont d’une part y mettre fin et d’autre part c’est le moment où on fait naitre le
traité en tant que texte. On se met d’accord sur le texte. Phase importante : vise l’existence objective du
traité.

Cques de l’adoption :
- le traité devient un être jur parfait, terminé, prêt pour la suite.

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- l’adoption entraine mécaniquement l’application de toutes les clauses qui sont dans le traité et qui
rendent possible son changement de statut : devient juridiquement contraignant. Les clauses qui
permettent de rendre le traité contraignant sont immédiatement mises en application et entrent en vigueur.

3 - Signature
L’état ne s’oblige pas encore. Il n’y a pas d’effet juridique à la signature. Authentification : art 10 « Le
texte d’un traité est arrêté comme authentique et définitif :
a) suivant la procédure établie dans ce texte ou convenue par les Etats participant à l’élaboration du traité ;
ou,
b) à défaut d’une telle procédure, par la signature, la signature ad referendum ou le paraphe, par les
représentants de ces Etats, du texte du traité ou de l’acte final d’une conférence dans lequel le texte est
consigné. »

La fonction est d’arrêter le texte comme définitif : chacun le signe. Le texte ne doit plus bouger. Ca a une
fct de forclusion. C’est une phase collective : tous les représentants sont là collectivement, chacun met sa
signature. On sait à quel date le traité est signé.
2e fonction : ça authentifie le texte : on l’arrête comme étant authentique. La signature est l’acte par
lequel un état individuellement va reconnaître que le texte qu’il est en train de signer est le reflet fidèle
de ce qui a été adopté et négocié. L’état ne peut plus contester le texte. C’est une espèce d’acte notarial.

Un effet légal non attaché à cet acte : la signature n’exprime pas le consentement de l’état à être lié
(pas = que la ractification). Encore moins un état-partie. La signature ne rend pas opposable à l’état les
dispo substantielles au traité : personne ne peut invoquer ce traité contre lui et dire qu’il viole ses oblig.

Il y a des effets légaux qui sont attachés à ça. La signature témoigne d’une certaine sympathie de l’état à
l’égard du traité, manifestation d’approbation de son contenu. Elle a tendance à annoncer implicitement
l’intention de l’état à devenir partie. Cela a une portée pol assez importante, mais ce n’est aussi que de la
spéculation, ex : le statut de Rome qui a porté création de la Cour pénale internationale : les USA ne veulent
pas s’y soumettre. Ils ont signé le statut de Rome mais ne l’ont jamais ratifié. On peut y mettre en
accusation les chefs d’état. Or, les chefs d’Etat ont une immunité pendant l’exercice de ses fct. Plus tard, les
USA ont retiré leur signature. Il n’y a pas d’effet juridique à la signature, retirer sa signature est un acte
impossible puisqu’il n’y a rien à retirer, c’est uniquement pol.

Dès qu’on a signé le traité, l’état peut le ratifier : faire savoir son engagement définitif. Mais dans certains
cas la signature peut engager l’état. L’état n’est pas lié juridiquement, mais il y a des oblig de
comportement : l’état n’a pas le droit de se comporter d’une telle manière qu’en réalité il vide
totalement de sens ce traité : se comporter de manière diamétralement opposée à ce qu’il vient de
conclure.

C - Statut du texte à l’achèvement de l’élaboration


Quel est le statut du texte une fois qu’on a fait tout ça ? Il n’est qu’un texte, il ne produit aucun des effets que
les négociateurs veulent lui voir produire. Mais il n’est pas complètement sans effet, phase provisoire. La
conclusion d’un traité est une succession d’actes juridiques indifférents à part, mais avec adoption +
signature aucun de ces actes n’est indifférent juridiquement. L’opération d’établissement du texte produit des
effets. Statut du texte à ce stade:

1 - Dispo substantielles
=> comportement que ls états doivent avoir à partir du moment sur les dispo du traité (génocide). Le traité
existe objectivement en tant que texte : il est donc un peu opposable aux états, pas sur les dispo
substantielles mais il y a des oblig. Art 18 : « Un Etat doit s’abstenir d’actes qui priveraient un traité de
son objet et de son but » C’est une application du principe de BF : on ne doit pas se comporter
contrairement à ce qu’on a fait paraitre précédemment. Il n’impose que des oblig de comportement pour

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les états tirées du DI coutumier. Tant qu’il n’a pas fait savoir qu’il n’allait pas devenir partie au traité, il
doit rester cohérent avec son comportement précédent.

L’état doit se conduire des telle façon que s’il devint ultérieurement partie au traité, il ne doit pas
compromettre la bonne exécution du traité par la suite. Et ne doit pas altérer les conditions d’exécution du
traité par les autres états par son comportement. Le terrain de jeu doit rester le même.

Comme le traité n’est pas encore opposable aux états, on ne peut pas engager sa resp sur la base du traité.
S’il y a une norme coutumière ou peut le faire mais pas sur la base du traité. Promettre si je deviens membre
de l’OMC de baisser les prix par ex, donc les états augmentent les tarifs douaniers pour se défendre : il a
négocié mais n’a pas signé : il ne peut pas contrairement à ce qu’il a promis de faire monter ses tarifs
douaniers à 300%. La Russie dans sa C a prévu de s’abstenir de tout comportement de priver un traité signé
de ses objets et buts avant son entrée en vigueur.

2 - Dispo non substantielles


=> a-t-on le droit de se retirer etc, ne comportement aucune oblig de fond, concernent des q de procédure et
d’entrée en vigueur du traité. Elles entrent en vigueur immédiatement : sont applicables. Appelées
clauses finales. Ces clauses permettent aux effets conventionnels de se produire un jour.

Moment du dépôt du traité/de l’instrument : confier à une pers ou organe l’Admin du traité. Cette fct de
dépositaire parait purement technique mais en réalité peut être délicate. Qd un état envoie une
communication au traité, le dépositaire l’enregistre et le répercute aux autres. Mais en réalité il peut être
amené à prendre des initiatives que les états pourraient être amenés à contester par la suite. Si la Belgique
n’accepte pas l’art 17, cela se passe avec tous les états. Chacun réagit à toutes les communications. Pour
éviter que chaque état doive faire cela, c’est le dépositaire qui le fait. C’est en général ministre des affaires
étrangères. P-e la FR n’accepte pas que la Belgique le fasse.
=> Cette fct de dépositaire est compliqué, problème de logistique. Si l’état dit je veux dénoncer le traité, or
ce dernier dit qu’il n’est pas dénonciable.

§2. L’engagement conventionnel


Il y aura alors un lien conventionnel où il y a des obligations qu’on peut opposer à l’État et qui donc l’oblige.
C’est un engagement unilatéral par lequel l’état exprime son consentement à être lié par le traité : acte
par lequel il fixe sa propre situation juridique vis à vis de ce traité. C’est acte peut devenir opposable à l’État.
Dans un multi, ça situe l’état aussi par rapport aux autres états avec des nuances cependant : il peut mettre
une réserve. Ce sont des relations intersubjectives entre chaque état : faisceau de relations conventionnelles
bilatérales.

A - Formation de l’engagement

1 -Exigences du droit international : la procédure internationale


Ce n’est pas la même pour tous les traités : organisée par les états au moment de leur négo : décident par
quelle procédure un état exprime son consentement à être lié et ce choix de procédure on le détecte dans
les clauses finales.

a - La procédure d’engagement

Deux types de procédure :


• Procédure longue : le mode normal de procédure, car elle décompose la formation de ce traité en deux
phases très distinctes :
• L’élaboration du texte (jusqu’à signature)
• Le consentement individuel des états : celui-là emporte que l’état devient partie au traité
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Raisons pratiques de la choisir : comme les individus qui ont participé à la négo sont des agents de l’état, les
délégants vont pouvoir vérifier s’ils se sont effectivement acquittés de leur mission en vertu de l’habilitation
qu’ils ont reçu : période de contrôle. A partir du moment où l’état ratifie, c’est trop tard.

Raisons politiques : très souvent, ce type de procédure longue s’avère nécessaire au regard de l’organisation
interne des états impliqués dans la négo. Des organes sont impliqués. Si on passait sans transition de
l’élaboration à la ratification, cela voudrait dire que les organes législatifs et juridictionnels n’auraient
aucun moyen pour contrôler rapidement ce que l’exécutif a fait. Ce contrôle ne peut avoir lieu qu’après
que la le phase ait été achevée et durant la 2nde phase donc, c’est pour cela que c’est bien qu’elle soit longue.

…….
- Procédure courte : peut être choisi. 2 phases : phase d’élaboration du texte et la phase de ratification : la
signature va au même temps que la ratification.
• Les organes exécutifs cherchent à soustraire le contrôle du traité à d’autres organes de l’état. Les
deux phases ont lieu au mm moment, et dans certains cas il y aura un seul acte avec deux fonctions :
arrêter le texte puis engager l’état : une seule signature va produire les deux effets simultanément. Ce
sont les accords en forme simplifiée, accords de l’exécutif : les autres organes sont totalement
écartés. executive agreament.

b - L’acte d’engagement

………. => dans les clauses finales. Si le traité ne dit rien, pas d’autre choix que d’aller fouiller dans les docs
qui habilitent le représentant. Que l’état a voulu que le représentant fasse ? Il faut une ratification ou une
approbation …

Le consentement peut être différé (procédure longue) ou immédiat (courte)

• Consentement différé : procédure longue. Cela a une fonction qui tient aux raisons pratiques et
politiques : permet de vérifier les actes de l’agent, de confirmer la signature de l’agent et un contrôle très
poussé du texte (juge). Ce consentement est un acte unilatéral qui vient de l’état mais qui n’est pas un
acte interne : un acte de DI, n’a aucune portée dans le droit interne. Cela a comme fonction de
transformer la qualité de l’état en état-partie. Il engage l’état internationalement : n’a pas pour
fonction de faire incorporer le traité dans l’OJ interne. Parfois les Pt nationaux doivent intervenir entre la
signature et l’acte d’engagement définitif : cas pour le Pt fr. Il doit adopter une loi d’autorisation qui est un
acte interne.

……………….. La ratification relève du chef de l’état normalement, en FR toujours. L’approbation et


l’acceptation : c’était le chef de l’état quand il n’y avait pas beaucoup de traités, mtn cela fait intervenir
d’autres organes qui vont vérifier ce qu’ont fait les représentants. Le traité ne dit pas grand-chose : dit
seulement qu’il sera ratifié, accepté ou approuvé. Cela va résulter des habilitations qu’ont reçu les agents.
L’approbation et l’acceptation sont moins solennelles mais même effet juridique : cela engage l’Etat.

• Consentement immédiat : très adapté à la souplesse qu’offre une procédure courte. Cela peut être deux
choses : la signature ou bien l’engagement va être produit par l’échange d’instruments.
• Signature peut avoir une double faculté : authentifie le texte et engage définitivement et
individuellement l’état ; mais cela ne veut pas dire que l’état a forcément le statut d’état-partie.
Signature sans ratification ne veut rien dire. La conv de vienne art 12 « Expression, par la signature, du
consentement à être lié par un traité » : 3 manières pour déterminer si la signature remplit effectivement
cette double fonction : surtout celle d’engager l’état. D’abord les clauses finales + comportements des
pays pendant les négo + pleins pv qu’a reçu l’agent. La signature vaut alors authentification du texte
qui devient définitif et simultanément l’engagement de l’état.
• L’échange d’instruments : seulement pour les bilatéraux. Conclus sous forme d’échange de lettres qui
ont exactement le même contenu. Idéalement négo, diplomates sont d’accord sur les termes du traité,
puis les négociateurs vont envoyer une lettre à l’agent de l’autre état qui propose la conclusion d’un
traité sur tel objet. On propose une rédaction complète du traité, une seule partie l’a fait. Le destinataire
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répond alors. …….. Si totalement d’accord, ou alors il faut refaire. Il y a plusieurs correspondances
alors, cela peut se faire en qq jours.

c - La situation des sujets qui vont devenir parties ultérieurement au traité

La plupart des traités ne sont pas sensés restés une vaste clause, il faut agréger le plus grand nombre
possible de sujets du DI pour que tlm ait les mêmes oblig. en général armes nucléaires, environnement.
Mais on a une procédure par lesquels les états ont négocié, ratifié… On ne peut ratifier que si on a signé.

Il faut des modalités pour permettre aux tiers de devenir parties : l’accession. Un état n’ayant pas négocié ne
peut signer. On ne peut pas accepter qqch qui confirme qqch où on a pas été. Il reste seulement l’accession
qui consiste en une seule étape pour les non signataires : c’est l’adhésion. Technique : accession et manière
dont on le fait : l’adhésion. Est-ce un droit de ratifier pour les états tiers ? La situation générale avant
Vienne de 1969 c’était que certains traités à vocation universelle étaient ouverts à tous. Mais dans la Conv il
n’y a rien dedans qui dit ceci. Donc en principe il n’y a pas de droit automatique à devenir partie à un
traité.

Donc il faut regarder les clauses finales d’un traité, s’il autorise l’accession. Ou alors, le traité ne dit rien
mais les états parties invitent un état à se porter candidat à l’adhésion. Sinon, il faut que l’état entre en
relation avec les états parties qui négocient avec contre parties.

Situation particulière : traités semi fermés : il apparait que les parties ont voulu gardé la maîtrise sur
ceux qui ont voulu faire partie du club : c’est du recrutement avec conditions donc. Ce sont des
conditions de fond auxquels les candidats doivent satisfaire. Qui contrôle ? Ce sont aussi des conditions de
pur fait par ex : le dépositaire vérifie très simplement par ex (seuil PIB par ex), ou en filtrant très
rigoureusement : filtrage de l’admission (pas sur) : traité prévoit que d’autres états peuvent devenir partie
avec conditions tellement larges que cela donne un pv d’appréciation immense aux états parties.

2 - Exigences du droit français : les procédures constitutionnelles internes


Dans la C il y a une répartition des compétences entre l’exécutif et les autres organes : Pt et Ccons.

• Compétence exclusive de l’exécutif pour engager l’État.

art 52 établit une dichotomie entre les traités et accords. Fait apparaitre 3 formes d’engagement :
approbation, acceptation ou ratification. La césure apparait dans le type de procédures qui est choisie (brève
ou longue). Pour une courte il n’y a pas de contrôles, pour les traités de l’exécutif par ex ni par le Pt ni
par Ccons.

Mais la césure est là car procédure longue il y a des contrôles dans le droit interne auquel le DI est
indifférent. Le DI ne prévoit aucune procédure particulière en vertu de laquelle l’État peut s’engager, il veut
juste qu’il s’engage, il s’en fiche de la procédure.

- Engagement qui résulte d’une procédure longue


On a deux catégories de traités :
- les ratifiés par le Pdt
=> la C parait entendre les traités dans un sens étroit : ceux conclus en forme solennelle. Il est donc normal
que la natif intervienne ultérieurement par le PdR qui aura alors l’occasion de confirmer les actes et décisions
prises au cours de l’élaboration du traité. La ratif est un endossement d’une décision prise ailleurs par un
autre.

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- les approuvés par le gvt
ceux que la C qualifie d’accords. On croit que ce sont les traités au sens large. Ils sont soumis à une
procédure longue mais pas avec une ratif : c’est exclusivement le PdR. C’est une simple approbation par
le gvt, mais ça produit le mm effet : Etat est engagé et devient partie au traité.
Ce sont ceux négociés au nom du gvt et donc non au chef de l’Etat. Aussi ceux auxquels la FR accède par
adhésion : l’Etat devient ultérieurement partie au traité.

Cette procédure d’approbation est moins lourde et est la seule qui les distingue des traités ratifiés.

- d’une procédure courte


confusion des comp. comp pour négocier et préparer le texte qui se superpose avec celle pour engager
internationalement la FR. Il y a à la fois signature, authentification du texte ET engagement de la FR. La
comp pour négocier et établir le texte de ce type de traité là est souvent donnée à des autorités relativement
périphériques par rapport aux organes centraux et relativement subalternes.
Donner ce type de pv à des autorités assez éloignées peut paraitre curieux quand on sait que pour ces traités
il n’y a pas de ratif, donc pas de contrôle. le pv d’engager l’Etat échappe très largement aux organes de l’Etat
qui pourtant seront tenus pour resp derrière.

Paradoxal par rapport à l’unité de l’Etat : reste unique au point international, compliquer de dispatcher la
comp pour engager l’Etat.

• mais existent des mécanismes de contrôle de l’exercice de cette compétence

-> manière dont on exercera cette comp pour engager l’Etat. Comment contrôler l’exercice de la comp de
l’exécutif ? Plusieurs types de dispo constit prévoient 2 mécanismes de contrôle.

- Contrôle politique
Confié dans certains cas au Parlement. La Constitution prévoit pour certains traités en effet que
l’engagement de l’État ne peut intervenir qu’après que le Pt l’a autorisé. art 53. On a une loi d’autorisation
avant la ratification. Le Pt ne fait qu’autoriser que le traité soit ratifié ou approuvé, il ne ratifie ou
approuve pas. Personne d’autre n’engage l’État en FR en dehors des organes de l’exécutif.
D’un côté le PdR a compétence pour ratifier le traité et le gouvernement pour les approuver mais le
législateur doit intervenir pour qu’ils puissent exercer cette compétence. C’est un mécanisme
d’exception.

art 53 énumère des catégories de traités pour lesquels il faut passer par le Pt : commerce, paix, finances de
l’État, état des personnes, cession, échange ou adjonction de territoires.
Critères paraissant déterminants : le plus sur est de regarder si c’est un traité qui touche à la compétence
constitue du Parlement : art 34.

la forme de ce contrôle est une loi d’autorisation : le Pt doit voter ou refuser de voter une loi qui va
expressément autoriser le PdR à ratifier le traité ou autoriser le gouvernement à approuver. Ce mécanisme a
pour faculté d’habiliter l’exécutif à exercer sa compétence. C’est rendre légalement possible les
ratification et approbations.

permet qu’il y ait des débats à l’AN : donc ça permet de donner une voix à la représentation du peuple :
démocratiser le DI. c’est très important sur des objets où la FR risquerait de contracter une obligation
internationale sur un objet qui soulève des controverses entre les organes internes (exécutif/pt).

Si on fait voter une telle loi par le législateur, l’exécutif peut être tranquille sur le fait que le traité ne posera
pas de pb majeurs quand on devra l’exécuter ou de pb de logistique ou d’organisation concrète.
L’intervention parlementaire a pour objectif de veiller à un équilibre entre les pv et permet avant de
s’engager de s’assurer du soutien interne de ≠ organes pour le traité.
fct : habiliter. raison pragmatique : paragraphe ci dessus.
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Ce n’est pas non plus une incorporation d’une loi internationale dans l’OJ interne cette loi. le traité n’est pas
encore opposable à la FR, la loi est avant la ratif de la FR de toute manière.

Implications de cette procédure qui est d’habiliter l’exécutif :


- Cette forme de contrôle ne peut opérer que pour les traités soumis à une procédure longue
- Très grande liberté de l’exécutif qui reste libre pour solliciter le Pt par le dépôt d’un projet de loi
- Exécutif libre de dédier ce qu’il va faire ou ne pas faire de la loi qu’il a reçu : exécutif a un pv
discrétionnaire, n’est pas tenu de prendre l’engagement mm s’il a l’habilitation
- pv législatif a une marge de manœuvre très encadrée : soit il donne l’autorisation, soit ne la donne pas. Le
Pt a le projet de loi devant lui : il ne peut faire aucun amendement, comme en temps normal.

Normalement c’est une procédure ordinaire avec des variations. Pt saisi d’un projet par le gvt, en discute et
l’adopte selon la procédure normale, sauf qu’il ne peut amender, donc cela va très vite. la loi d’autorisation
est publiée au JO : mais ne signifie pas que l’exécutif est lié, il est seulement habilité à lier.

Référendum : exercice direct de la sou. Ce n’est pas le Pt l’organe de contrôle mais le peuple lui mm. le Pt
est totalement court-circuité, il est déjà marginal en DI mais alors là.

- contrôle juridictionnel
confié dans certains cas au Ccons. c’est un contrôle préalable : avant que l’Etat soit engagé. Nature de ce
contrôle : contrôle de constit : on vérifie la constitutionnalité de l’engagement, n’existait pas avant 58. C’est
pour prévenir une incompatibilité entre traité et C. => veut dire que c’est un contrôle a priori : avant
que le traité ne soit en vigueur. Pour qu’il y ait violation, il faut deux normes en vigueur, c’est pour ça
qu’on parle d’incompatibilité et non violation. C’est un contrôle préventif d’une possible
incompatibilité entre traité et C. On veut éviter que la C ne viole pas le traité, donc on fait le contrôle avant
= a priori.

Le traité aura rarement pour objet de réglementer des q d’organisation des organes internes. Il s’en fiche. Les
dispo concernées où il peut y avoir des pb avec la C sont celles touchant à des principes fonda de l’Etat.
surtout art 3 de la sou nationale.

DIP ≠ droit interne : dépend pour chaque état de la quantité de dessaisissement de cet Etat accepte pour lui-
mm. L’un des contrôles que fait le Ccons est que le traité pourrait donc être contraire à l’art 3.
sou nationale : appartient au peuple. nous sommes titulaires, l’exerce-t-on ? non, l’exercice de la sou
nationale passe par les personnes qu’on envoie à l’AN. Mais il y a aussi le référendum dans l’art 3.
représentation et référendum : modes d’exercice de la sou nationale.

Le Ccons s’est fait gardien de la sou de la FR : sou au sens international. sou : fait que l’Etat n’est le sujet de
personne, déf négative. sou internationale se définit matériellement selon la FR, donc en résulte une
confusion dans la jsp du Ccons, qui dans une décision au sujet de la communauté euro devait voir si le traité
était conforme à la C, art 3 et y a fait une ≠ entre les limitations de sou et les transferts de sou. limitations :
sont autorisées, mais transferts de sou sont interdits, à une autre instance.

Cette distinction n’est pas connue du DI et n’a aucun sens du pdv du DI. On ne peut pas limiter sa sou, mais
on peut limiter l’exercice de droit souverain.

Critère : la FR peut elle sortir d’un traité ? L’engagement est il réversible ? en pratique il existe tjr des
mécanismes pour en sortir.
Substance : sur quoi porte le traité, quelles compétences on transfère ? et aussi des q de procédure : Ccons se
demande comment l’expression de la volonté de la FR est préservée ou ménagée.

Mais le Ccons a tjr le dernier mot : a la maitrise sur ce qui est ou n’est pas contraire aux «  conditions
essentielles d’exercice de la sou nationale ». Cette doctrine s’interroge en 1985 sur cette expression qui fut
parachutée par hasard : les membres du Ccons se sont demandé comment ils allaient motivé la décision. Ils

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l’ont reprise de 1970. La seule préoccupation du Ccons était de savoir si le protocole de l’abolition de la
peine de mort était contraire à l’art 16. Il y a quand mm une q pol.

Objectif : détecter les potentielles incompatibilités, les éviter en amont. C’est un contrôle préventif,
intervient a priori. art 54 C. Si on détecte une clause contraire à la C, on aura autorisation de ratifier qu’après
qu’on aura réviser la C. On peut être tenté d’interpréter ça comme un rapport hiérarchique entre C et traité,
deux manières de voir ce rapport :
- puisque le traité doit impérativement être compatible avec la C : traité < C.
- puisque c’est la C qu’on révise, traité > C.
=> Donc ce rapport n’a aucun intérêt. On n’a qu’un instrument en vigueur : la C, or le traité ne l’est pas et on
se demande si il peut l’être, donc c’est un conflit virtuel.

Cela explique toute la logique de ce contrôle : faire en sorte qu’il ne se présentera pas de conflit une fois que
la norme internationale sera en vigueur.
Ce n’est pas de la hiérarchie mais de la prévention de conflit. L’art 54 donne à l’organe interne comp le
choix entre deux solutions qui se présentent sous la forme d’alternatives :
- on a un pb : traité comporte clauses contraires à la C : on peut renoncer à engager internationalement
la FR (choix que l’exécutif peut faire)
- on modifie la C
Réviser la C est plus simple : le traité est signé et adopté : on ne peut plus le réviser, la négo est finie. Existe
la révision remède au sens où on remédie pour une clause particulière de la C à un pb : on ouvre une petite
brèche dans un principe constit. Cette révision sera alors relativement simple.

Ce contrôle préventif peut intervenir à deux moments avant l’engagement, on a deux fondements jur selon
lesquels on peut contrôler un traité :
- art 54 : cette procédure (classique) est importante car permet deux sortes de blocage :
- empêcher le déclenchement du processus qui devrait conduire à la ratif (PdR et 1M saisit le Ccons, si
dit qu’il y a un pb avec le traité l’exécutif ne peut plus faire de loi de ratif)
- empêcher la loi d’autorisation en bloquant sa promulgation
Ce contrôle va se faire dans un contexte où les ≠ acteurs constit sont divisés au sujet de ce traité.
L’exécutif le veut sinon n’aurait pas signé, mais d’autres acteurs constit peuvent être hostiles au traité et le
Ccons tranche alors en droit la q de constitutionnalité du traité de manière à rendre juridiquement
incontestable la ratif, politiquement c’est une autre histoire. Exemple : protocole 6 CEDH portant abolition
peine de mort.

- on n’y pense pas forcément : art 61. C’est le contrôle de constitutionnalité banal : celui de la loi
d’autorisation du Pt. cette possibilité n’existe que si on a un projet de loi de ratification. Pq est-ce
intéressant ? PdR, 1M, deux présidents des deux chambres avant. En 1974 : on l’a élargi à 60 députés ou
sénateurs => donne la possibilité à l’opposition de faire contrôler un traité, or c’est impossible avec
l’art 54 car c’est exécutif : PdR 1M. Ce mécanisme fut utilisé à plusieurs reprises.

B - Portée : les réserves au traité


Sur quoi va porter exactement l’engagement. Cela soulève la question des réserves au traité. Quand un Etat
s’engage dans un traité, on peut penser qu’il s’engage à respecter l’ensemble du traité et le fait sur tout son
territoire. Seule limite : non rétroactivité, un traité ne sera jamais rétroactif : art 28 et 29 Conv Vienne. C’est
le champ d’application spatial et temporel.

Autre histoire : champ d’application matériel. A ce sujet l’Etat garde la plus grande maîtrise, qui vient
d’une institution internationale : les réserves. mécanisme par lequel un Etat par un acte unilatéral auquel les
autres EP vont réagir peut choisir de se rendre inopposable une ou plusieurs dispo du traité. aussi le sens
qu’il donne à un article.

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1 - Notion
Déf donnée par conv vienne : « l’expression « réserve » s’entend d’une déclaration unilatérale, quel que
soit son libellé ou sa désignation, faite par un Etat quand il signe, ratifie, accepte ou approuve un traité
ou y adhère, par laquelle il vise à exclure ou à modifier l’effet juridique de certaines dispositions du traité
dans leur application à cet Etat »

Vise uniquement l’Etat lui-mm. C’est une déclaration unilatérale : il fait cette démarche seule. On sort de
cette logique conventionnelle. Elle est d’origine étatique. La chose ne peut se faire qu’à un moment précis.
Cela ne peut intervenir au plus tard que au moment où on s’engage. Une fois qu’on a pris
l’engagement, on est coincés. Ce que vise à faire une réserve : exclue ou modifie l’effet jur de certaines
dispo. On peut exclure totalement l’application d’une dispo, réputée non écrite en un sens. Ou alors, une
réserve peut chercher à donner à l’avance une interprétation unilatérale d’une dispo : l’Etat entend par cette
interprétation ne pas se voir opposer plus tard l dispo telle que l’entendent les autres mais pas lui.

« quel que soit son libellé » dans la pratique les Etats disent ne pas faire de réserves mais au moment de la
signature ils font une déclaration interprétative : « gvt fr précise que l’expression x sera entendue comme
signifiant ceci ». Quand un Etat arrive avec cette déclaration, la conv ne dit rien à ce sujet car elle ne connait
que les « réserves ». Il n’y a pas de régime pour elle, c’est un simple acte diplomatique.

Mais la q se pose devant un juge : il est censé appliquer l’art x, un Etat va pourtant dire que cet art veut dire
ceci et c’est comme ca que je l’applique. Le juge a alors le vrai art et l’interprétation de l’Etat. Le juge va
regarder si c’est une déclaration qui ne change rien, que cela n’a pas d’effet majeur sur le traité. La conv
vienne dit alors que la dénomination de la chose n’a aucune incidence : elle donne 4 indices (unilatéral,
d’origine étatique, moment où c’est fait et l’objet d’une réserve).

Nature jur d’une réserve

C’est un acte unilatéral : acte jur destiné à produire des effets jur. Donc ce n’est pas une interprétation, car
elle n’a pas d’effets jur. Cque : ces déclarations sont soumises aux mm règles que tous les actes unilatéraux
en DI. Quand un AU sera-t-il efficace ? Deux cas de figure :
- soit prévu lui mm par une règle , est prévue qu’on peut en prendre. prévoit les conditions d’édiction de
l’acte et ses effets seront déclenchés (clauses finales) si elles sont respectées
- soit l’AU n’est pas prévu, on est dans un vide jur. A ce moment-là, les effets d’un AU vont
nécessairement dépendre des réactions des autres (paradoxal) : dans l’OJ international, on a une
communauté d’Etats qui sont tous souverains : ce que dit l’un n’a pas vocation à être supérieur à ce que
dit un autre. S’ajoute la caractéristique qu’il n’y a pas d’organes centraux capables de trancher les q une
fois pour toutes et de manière globale. quand on n’a pas de règle, on rentre dans cette logique de
croisement entre les Etats : répondent à ce que dit un autre. L’échange de réactions produit un effet.
- => mène à la situation où un AU reste inopposable à un autre Etat s’il n’a pas rép par un AU à l’AU.
Aucun ne l’emporte, le premier n’a pas d’effet jur tant que le second n’a pas répondu.
- => Autre situation : AU par un Etat auquel un autre Etat ne répond pas une autre déclaration. On
considère alors que l’absence de réponse n’est pas une réaction : donc 1er AU l’emporte. Le silence est
une réaction, un acte jur dans certaines situations. Si un Etat ne répond pas positivement, cela veut
dire qu’il a accepté tacitement : l’acceptation tacite vaut comme un AU. Ce silence suffit pour
rendre opposable dans leurs rapports réciproques le premier AU.

Problème vient du fait que la plupart des traités ont une technique d’adoption à la majorité, car maximise les
chances d’adoption, pour que l’opposition de qq participants à la négo ou à certaines dispo seulement ne
puisse pas bloquer l’ensemble de la procédure.
=> De nombreux traités ne sont pas satisfaisants dans tous leurs éléments pour tous les participants et
personne n’est dupe. C’est tjr une oeuvre de compromis, comme une loi.
=> Il faut voir l’inverse : l’ensemble des dispo sont jugées acceptables par la plupart des Etats.

Dans ces conditions, une fois le texte accepté :

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- faut-il exiger que tous les Etars acceptent le texte tel qu’il est mtn ? risque : entre l’adoption et la ratif, on
risque de voir énormément d’Etats se rétracter. Entre tout et rien ils préfèrent rien
- peut-on admettre à ce stade que les Etats réservent certaines dispo que eux ne jugent pas opportunes ?
avantage : on s’assure que bcp participent. risque : que l’opposabilité de ce traité devienne totalement
fragmentée, morcellement d’un texte pourtant unique. Le texte est la base commune, mais ce qui est
vraiment important c’est de voir les réserves que les Etats ont faites et donc la véritable opposabilité de
ces traités à l’égard des Etats. Ca sert à rien d’avoir bcp d’Etats parties si ils ont viré 90% de la
dispo.

Admettre que les Etats assument des réserves, c’est admettre qu’il n’existera jamais un régime
conventionnel unique et général. Ce ne sont que des régimes propres unilatéraux, presque 1 par Etat.
La cohérence, en plus de l’intégrité, du traité sera affectée : cela se voit dans les traités contenant une
clause qui dit que quand il y a un litige c’est la CIJ qui le traite.
Le DI jugeait ce problème très grave en 1950 : on avait une vision intègre du DI, donc interdiction de
formuler des réserves. Il y eut alors un basculement à cause de l’évolution des RI, des rapports de force…
Avis consultatif de 1951 CIJ sur le crime de génocide : on peut avoir des réserves sous certaines
conditions car il faut maximiser les chances qu’il y a le plus d’Etats possibles ratifiant une convention.

Le choix pol sur si oui ou non on accepte les réserves : on privilégie la participation la plus large possible
sur l’intégrité des traités.

2 - Régime

a - Est-il autoriser de former des réserves (conditions d’admissibilité)

-> validité mm d’une réserve. Illustre la singularité du DI : logique inter-subjective. art 19 conv : « Un Etat,
au moment de signer, de ratifier, d’accepter, d’approuver un traité ou d’y adhérer, peut formuler une
réserve, à moins :
a) que la réserve ne soit interdite par le traité ;
b) que le traité ne dispose que seules des réserves déterminées, parmi lesquelles ne figure pas la réserve en
question, peuvent être faites ; ou
c) que, dans les cas autres que ceux visés aux al. a) et b), la réserve ne soit incompatible avec l’objet et le
but du traité. »

a = le traité doit tolérer les réserves. il peut être explicite ou ne pas l’être. le traité peut dans les clauses
finales dire expressément que dans ce traité, les réserves ne sont pas admises. exemple : convention de l’OIT.
Les réserves seraient contraires avec le régime juridique institué. exemple : l’UE. exemple : traité de rome,
toute la logique du droit communautaire n’aurait aucun sens si les Etats pouvaient tailler dans ce régime.
Autre hypo : si on admettait les réserves, cela porterait atteinte à la structure de la négo mm. => situation où
la négo du traité faisait participer un nombre très restreint d’Etats et il apparait que l’application intégrale du
traité par tous était une condition de l’acceptation de chacun.
Package deal : tout ou rien, donc ø réserves. exemple convention montego bay sur le droit de la mer.

b = certaines réserves sont possibles sauf sur tel art, car jugé trop important, intangible d’après le
traité lui mm. une espèce de noyau dur minimum d’oblig conventionnelle, sinon porterait trop atteinte à la
substance. C’est dit dans les clauses finales du traité. exemple charte de l’OMC.

c = pose le plus pb; la réserve ne doit pas être incompatible avec l’objet et le but du traité. consacré par
avis consultatif CIJ et repris dans la conv vienne. c’est une limite objective et la plus importante et difficile.
C’est ouvert à interprétation, à quel moment on touche à la substance ? Qui contrôle ? exemple : convention
des NU sur l’élimination des discriminations à l’égard des femmes. Impose la non discrimination dans tout
un tas de situations et rapports, dont art 16 non discrimination portant sur égalité HF dans mariage et rapports
familiaux : tous les Etats ont formulé une réserve à cet art, dont certaines très restrictives. La q se pose : est
ce que les Etats qui ont fait une réserve à cet art n’ont-ils pas porté atteinte au traité dans sa substance ?

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MAIS ces conditions ne peuvent entrainer aucune nullité car il n’y a aucun organe central objectif et
impartial qui a compétence pour statuer sur l’admissibilité d’une telle réserve. Ce sont les Etats qui
apprécient alors : pas en tant que collectif, chaque Etat pour lui mm regarde si la réserve lui convient quand
le dépositaire la lui remet. C’est une q jur mais la réponse est pol. C’est une qualif unilatérale de situation.

Parler de validité n’est pas correct : tout ramène vers la réaction des autres Etats, c’est une q d’opposabilité.
Le DI ne peut opérer par une logique de validité. Sauf CEDH : censure réserves qui ne sont pas admissibles.

b - Si oui, quels sont ses effets (conditions d’opposabilité)

-> q d’effets, d’efficacité de la réserve. à quelles conditions la réserve est-elle opposable ? C’est inter
subjectif : un état par rapport à un autre. Chaque état va résoudre pour lui mm quand il reçoit notif d’une
réserve cette q de savoir s’il tient pour valable et acceptable une réserve, et si oui s’il donne à l’état
réservataire la qualité de partie au traité et accepte les effets de la réserve.

Un état qui formule une réserve ne sera objectivement partie au traité que si TOUS les autres ont
accepté la réserve, sinon il n’est pas partie à l’égard de celui qui n’accepte pas. Ce ne sont que des rapports
bilatéraux.

(1) types de réactions

Elles sont simples : on peut soit accepter, on on s’y oppose. L’acceptation est entendue très largement : art
20§5, peut être expresse « Aux fins des par. 2 et 4 et à moins que le traité n’en dispose autrement, une
réserve est réputée avoir été acceptée par un Etat si ce dernier n’a pas formulé d’objection à la réserve soit
à l’expiration des douze mois qui suivent la date à laquelle il en a reçu notification, soit à la date à laquelle
il a exprimé son consentement à être lié par le traité, si celle-ci est postérieure. »
Peut aussi être tacite : si l’état garde le silence pendant un an après reçu notif de la réserve, on dit qu’il a
accepté.

Opposition : à quoi on objecte et comment un objecte. Le point commun de toute sorte d’objection est
qu’elles visent à refuser que la réserve obtienne les effets qu’elle cherche à obtenir, on veut bloquer les
effets. Conv donne choix à la façon d’objecter :
- peut objecter à l’opposabilité de la réserve : un état répond en disant « je refuse que cette réserve produise
des effets dans mes rapports avec l’état réservataire, mais je n’ai pas de pb avec la validité, c’est juste que
moi j’en veux pas » => état répond en disant qu’il estime que la réserve est compatible avec le traité,
est admissible mais ne veut pas qu’elle produise des effets à son égard individuel
- quand l’état objecte à la validité mm de la réserve, à son admissibilité : il souvent que la réserve est
inadmissible, est nulle. La conv de Vienne prévoit cette hypo mais ce n’est pas clair : « l’objection faite
à une réserve par un autre Etat contractant n’empêche pas le traité d’entrer en vigueur entre l’Etat qui a
formulé l’objection et l’Etat auteur de la réserve, à moins que l’intention contraire n’ait été nettement
exprimée par l’Etat qui a formulé l’objection » => nettement veut dire que ce doit être une
protestation virulente et préciser quand on objecte qu’on n’estime qu’elle devrait être nulle et
pourquoi.

(2) Effets de ces réactions

L’état réservataire va-t-il devenir partie au traité ou non, et si oui à l’égard de qui ? Un effet par type de
réaction.
Le principe est que une réserve et une réaction ne vont tjr qu’avoir une portée relative, entre eux. Tout se
joue entre un état et chaque autre qui va y répondre. Tout est relatif, ce n’est jamais objectif et général.
Mais qu’est ce qui est relatif ?

- quel est l’effet entre l’auteur de la réserve et un état qui l’a accepté ?

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relations les plus simples : l’état qui a accepté la réserve accepte tout : elle est valide, admissible et en plus
elle produit des effets à son égard. Le traité entre en vigueur entre les deux états mais entre avec une version
modifiée, pas le texte officiel.

- auteur de la réserve et état qui a objecté ?


deux types d’objection, dont l’effet ne sera pas le mm :
- situation la plus grave : objection porte sur la validité mm de la réserve : objection de valeur objective.
elle devrait être sanctionnée de nullité alors. cque : l’état réservataire qui verrait sa réserve nulle ne
pourrait devenir partie au traité car la réserve est nulle mais n’existe pas de nullité générale, que entre
deux états car on ne peut l’imposer aux autres. Cette situation ne vaut que les deux états alors. La nullité
n’existe qu’aux yeux de l’état qui a objecté. ils font alors comme si le traité n’existait pas, c’est ce que
se dit l’état objecteur.
- objection subjective : situation où l’objection vise à empêcher que la réserve soit opposable à l’état qui
objective, il ne remet pas en cause la validité. ne veut pas qu’elle produise des effets à son égard à lui.
cque : les deux états auront des relations conventionnelles normales, l’état devient partie au traité sauf
qu’on a donc cette objection, un désaccord entre les deux états sur la q de l’opposabilité de la réserve. que
rend-on inopposable alors ? car deux états souverains.
- c’est l’état le plus fort souvent, c’est celui qui sanctionne de part sa force de frappe : situation quand on
n’a pas de règles.
- mais avec la conv de vienne on a des règles :
- c’est l’état qui objecte qui gagne si on rend inopposable la réserve
- c’est le réservataire qui gagne si on rend inopposable la dispo
diff entre accepter et objecter une réserve si quand on objecte subjectivement ça ne change rien ? ça n’a
aucun effet. La conv prévoit deux modes de réaction qui reviennent au final à la mm chose. l’effet de
l’objection n’existe pas : c’est prendre acte qu'un état a objecté, c’est tout.

Cette solution n’est pas satisfaisante; on voit dans ce régime des réserves telle que la conv de vienne l’a fait
en 1969 est que le souci prédominant est d’augmenter les chances que de plus en plus d’états deviennent
parties au traité, par dessus l’intégrité/l’intégralité du traité.

C - Entrée en vigueur (internationale) du texte


Un Etat va devenir contractant par son engagement individuel. Qd le traité n’est pas en vigueur
internationalement il n’est rien de plus qu’un texte. Qd l’Etat ratifie il lie un lien conventionnel avec
l’instrument mais ce dernier reste inerte. Il faut l’entrée en vigueur, on en distingue deux :
- celle du traité lui même : entrée « internationale »
- du lien conventionnel : du lien individuel

1 - Entrée en vigueur collective du traité


=> cque qui est l’applicabilité des dispo conventionnelles. Elle est réglée dans les clauses finales du traité.
Elle est déterminée en fct d’un choix d’opportunité pol.
- Soit les Etats font primer l’effectivité du traité : choisissent que le traité entre en vigueur qd bcp d’Etats
ratifient.
- soit font primer la plus rapide possible : même si ca signifie que le traité ne sera applicable qu’à un petit
nombre d’entre eux. effet boule de neige : certains Etats représentatifs ratifient entrainent d’autres
ratifications.

Selon ce choix, on a deux situations :


- celle où on va choisir une applicabilité immédiate du traité : on l’obtient en faisant coïncider
l’engagement individuel de l’Etat et l’entrée en vigueur. parfois le traité prévoit qu’il va s’appliquer aux
Etats qui ont participé à la négo dès qu’ils sont devenus contractants. les Etats deviennent parties au traité

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en prenant leur engagement individuel donc le traité entre en vigueur. si traité prévoit rien : entrée en
vigueur qd instruments de ratification sont échangés.
- applicabilité suspendue à une condition : tant qu’on intervalle une condition, il y a un découplage entre
entrée individuelle des Etats et entrée en vigueur du traité. souvent le cas pour les grands traités
multilatéraux où les Etats négociant suspendent l’entrée en vigueur en posant des conditions.
Condition suspensive que les négociateurs configurent librement. Assez souvent pour ces traités, on dit
dans les clauses finales l’entrée en vigueur intervient au moment du dépôt de l’énième instrument de
ratification. Ex : charte des NU fut convenu que son entrée en vigueur se ferait après le dépôt de
l’instrument des 5 membres du CS et de la majorité des pays signataires. Parfois il peut arriver que le
traité ne dise rien : il entre alors en vigueur dès que le consentement à être lié par le traité a été donné par
tous les états qui ont participé à la négo. technique d’application provisoire : parce qu’il n’est pas encore
en vigueur, on applique temporairement ses dispo entre les états comme s'il était déjà en vigueur :
difficulté en cas de litige elle prend fin à l’égard d’un état si après avoir signé le traité il notifie aux autres
qu’il ne souhaite pas s’engager définitivement.

Ccl : soit l’applicabilité est immédiate car l’engagement individuel et l’entrée en vigueur coïncident ou
elle est différée car suspendue à une condition : cas quand on découple les deux.

2 - Entrée en vigueur individuelle du lien conventionnel


que chaque état établit pour lui entre le traité et lui. Ce n’est pas une question d’applicabilité mais
d’opposabilité : a partir de qd les oblig que l’état contracte vont lui devenir opposable en justice contre
lui. Il faut ≠ selon que le traité est en vigueur ou pas :
- si c’est le cas : état devient immédiatement parti et le traité lui est opposable
- si non : s’engage individuellement alors que le traité n’est pas encore applicable. cas du 47e état montego
bay alors qu’il en faut 60. A ce moment-là, le fait que l’état ratifie ne rend pas le traité applicable à lui. En
revanche quand cela se fera, l’entrée en vigueur internationale se fera alors ce qui entrainera alors
que le traité devienne applicable dans les rapports mutuels entre l’ensemble de ceux qui ont déjà
ratifié.

tous les traités contiennent des nouvelles oblig pour les états et l’OJ interne doit être conforme, sinon l’état
peut engager sa resp. raison pratique : il faut donner aux états d’adapter leur OJ pour le purger de toutes les
possibles incompatibilités (réglementaires et législatives) : temps de sas donc qui diffère l’entrée en
vigueur individuelle.

Ccl: il faut ≠ entre l’EV du traité lui mm et donc de ses normes qui est régie par les clauses finales et qui
assure que les dispo du traité sont bien applicables par les organes internes ET l’EV du lien conventionnel :
ce qui fait que l’état devient partie et que son engagement va lui devenir opposable.

§3. L’engagement non conventionnel


A - Relativité du lien conventionnel
=> l’engagement qu’un état prend quand il ratifie un traité ne peut produire d’effets légaux qu’à
l’égard de ceux qui l’ont pris. => effet relatif en droit national. Ce principe parait aller de soi mais il
soulève des questions y compris à cause de cette technique d’application provisoire. Des affaires surgissent
régulièrement. Ce principe a été posé par la pratique et la jsp de manière unanime et uniforme depuis
très lgt. Décision 1926 Cour permanente de justice internationale. Aussi en 1955 CIJ : son statut n’a
aucune force de droit pour les états non signataires.

Déclaration de Bonnes : puissances qui occupaient l’ALL et de leur situation au regard d’un traité entre la
rép démocratique d’ALL et l’URSS. Les puissances avaient énoncé que les droits et resp des 4 puissances
pour Berlin et l’ALL ne sont pas affectés par le traité d’amitié, d’assistance nationale conclu en 1975 =>
effet relatif. L’engagement est toujours et nécessairement individuel et l’étant, il est relatif.

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Art 34 Conv Vienne : Un traité ne crée ni oblig ni droit pour un état tiers sans son son consentement. =>
parait de bon sens. Le consentement intrigue : l’idée signifierait que si y a consentement, un traité pourrait
créer droit et oblig. Il faut prendre l’art 26 : principe le plus structurant du DI. « tout traité en vigueur lie les
parties ». => rien d’autre qu’une locution latine : pacta sunt servanda. => les traités et conv obligent ceux
qui les ont faites, on doit exécuter ce à quoi on s’est engagés.
L’art 34 est le miroir exact de ce principe. Les traités obligent ceux qui les ont fait, mais a contrario ce
qui a été convenu n’engage que ceux entre qui ça a été convenu, et pas les tiers.

Traduction : les traités ne peuvent nuire ou profiter aux tiers en créant des droits à leur égard qu’ils
pourraient invoquer. De cette absence de participation au traité le tiers ne peut se prévaloir des dispo du traité
donc il n’y a pas de lien conventionnel. Donc il n’a aucun effet envers les tiers => inefficace, il n’a pas
d’effets légaux.

Première déclinaison : un lien conventionnel ne peut résulter des oblig mises à la charge des tiers. affaire
restée célèbre : affaire de l’île de Palme. Elle faisait il y a plus de cent aux partie des Philippines qui étaient
intégrées à l’empire espagnol. Mais à la fin du 19e, guerre hispano-américaine. Les USA ont alors pris le
contrôle sur les colonies espagnoles dont les Philippines. traité de cession a été signé qui reconnaissait
la sou des USA sur l’ile de Palme. Chose est devenue compliquée quand Pays bas s’y sont mêlés car
contrôlaient les indes orientales et ils avaient des vues sur l’ile. Un fonctionnaire américain a visité l’ile et il
constate que les pays bas se comportent comme s’ils avaient sou sur cette ile. USA et Pays bas se sont
disputés : traité VS présence. Le différend fut porté devant la cour d’arbitrage : Pays bas ont dit que cela fait
plus de 200 ans qu’ils exercent leur autorité sur cette ile. Les pays bas disent que le traité ne le leur est pas
opposable. Max Hoover a donné raison aux Pays Bas : « il est évident que les traités conclus par l’Espagne
avec les tierces puissances et qui reconnaissent sou sur philippines ne pourraient avoir d’effets sur les pays
bas. »

C’est de là qu’est dégagé le principe d’intégrité territoriale : état peur repousser toute atteinte de notre
assise spatiale.

Deuxième déclinaison : du lien conventionnel ne peuvent pas résulter des droits en faveur des tiers. Un état
non patrie au traité ne peut se prévaloir des dispo conventionnelles pour invoquer un droit qu’il veut faire
valoir à son bénéfice. ex ile de cliverton : entre FR et Mexique. Différend sur sou sur l’ile, la FR l’avait
découverte au 18e siècle et au cours 19e la FR en a pris possession officiellement. intérêt stratégique : elle
est située directement en face de l’isme de panama et FR avait prévu de percer cette bande de terre pour faire
un canal. On a découvert du gouano. Le Mexique s’y est intéressé. Il a installé des garnisons sur l’ile. Il était
plus proche d’elle que la FR. Arrive la révolution mexicaine de 1910 à 1920 qui l’a suffisamment occupé
pour que les bateaux d’approvisionnement n’arrivent plus depuis 1912. Le gvt mexicain a oublié les
garnisons stationnées sur place, ils sont tous morts sauf femmes et enfants (viols par gardien du phare…). Un
bateau américain les a sauvé. Le roi d’Italie a été arbitre : il a examiné la situation jur de l’ile et son
occupation effective : le droit puis la réalité effective. il a constaté que quand la FR a proclamé sa sou, cette
ile était dans une situation jur qui était terra nullius : terre de personne, donc elle est libre et susceptible
d’occupation : c’est au premier arrivant. MAIS la situation s’est compliquée car le Mexique cherchait à
opposer à la FR l’acte de berlin de 1885 qui prévoyait qu’une annexion supposait une occupation effective
du terrain, et cela arrangeait bien le Mexique. Donc malgré tous les drapeaux, c’était toujours terre à
personne que le Mexique pouvait occuper. Le Mexique remplissait donc les conditions et est devenu
souverain. L’arbitre a rejeté l’invocation par le Mexique de cet acte : certes la FR y est partie mais le
Mexique non. Cet acte concerne les territoires des côtes d’Afrique donc HS + ce traité ne lie que les
états qui y sont devenus parties dans leurs rapports réciproques mais le Mexique est un état tiers, donc
l’acte ne saurait avoir de valeur dans le cas présent.

Ccl : un état non partie au traité ne peut invoquer à son profit des droits qui résultent d’un traité qui
lui est totalement étrangers.

B - Extension des effets du traité


Il est possible que les effets des traités soient étendus à des états tiers, sans lien avec le traité. La situation
reste inchangée par rapport au traité : tiers ne peuvent se prévaloir du traité, du lien conventionnel puisqu’il
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est relatif mais rien n’empêche aux tiers de se rendre opposable ce qui résulte du traité (normes,
institutions, situations). Ils doivent reconnaitre les effets du traité pour eux ou que les EM le fassent
pour eux.

1 - Opposabilité consentie : extension conditionnée

Les tiers consentent à ce que ça produise des effets pour eux. Un tiers peut effectivement tirer des D&O des
dispo d’un traité dans ses rapports avec les parties au traité SI les parties ont entendu faire naitre de tels
droits à son profit ou mettre des oblig à sa charge. Le consentement des tiers reste le pivot.

- intention des parties : ils doivent avoir entendu étendre le régime jur à des tiers.
- consentement du tiers : plus problématique. il doit consentir à ce que cet effet se produise pour lui et
sur lui. la conv vienne établit distinction si droit ou oblig :
- droit : la règle du consentement est souple car on ne met rien à sa charge, il profite de qqch. Le
consentement est présumé tant qu’il n’y a pas d’indications contraires. ce fctt se comprend car le traité
se présente pour le tiers comme un acte unilatéral, il est extérieur à cette mécanique contractuelle =>
institution jur, être jur à la formation duquel il n’a pas participé. Il considère en tant que tiers que
c’est un acte unilatéral comme n’importe quel autre. Il peut accepter ses effets de manière
expresse ou par consentement tacite (acquiescement).
- oblig : on met à leur charge qqch. art 35 conv vienne : « Une obligation naît pour un Etat tiers d’une
disposition d’un traité si les parties à ce traité entendent créer l’obligation au moyen de cette
disposition et si l’Etat tiers accepte expressément par écrit cette obligation. » => ce seront des effets
extraconventionnels => on va étendre à sa charge ou bénéfice les énoncés conventionnels
autrement dit les dispo. C’est un accord collatéral au sens où on a un accord : rencontre d’une
offre faite par cette collectivité d’état qui sont les parties au traité qui consiste à dire qu’on est prêt à
étendre les effets de notre traité. différent de l’adhésion : photo. Et il y a l’acceptation des états tiers.

clause de traitement de la nation la plus favorisée : très répandue en DI éco. l’expression veut dire que on a
un traité et dedans il y a cette clause (TNPF) qui prévoit que le traitement que les parties au traité s’accordent
entre eux peut être étendu à n’importe qui d’autre de la manière la plus favorable qu’on traité un EM. Ex :
accords dans l’OMC. Si deux états membres décident entre eux de s’accorder un traitement
commercial préférentiel (baisser tarifs douaniers), il doit l’étendre à tous les autres membres de
l’OMC. (non discrimination).

Cette clause est dans un traité et clairement, le fondement du traitement dont veut bénéficier un tiers, ce n’est
pas le traité qui contient la clause mais l’accord collatéral qui peut naitre de manière tacite. Ils veulent
bénéficier du traitement que les EM s’accordent entre eux avec la clause.

2 - Opposabilité non consentie : extension automatique

Les tiers n’ont rien à faire. Cela se fait de manière automatique => toutes les hypo où les énoncés non
conventionnels sont étendus aux tiers sans qu’ils ne donnent leurs accords. Droits : passent encore mais
complexe pour oblig.
Situation de l’opposabilité de l’oblig erga omnes : un état a à l’égard de l’ensemble de la communauté
internationale. Donc chaque état a un droit subjectif au respect de telle oblig. La cour de justice a énoncé
qu’il existe des oblig que les états ont envers la communauté internationale dans son ensemble. L’enjeu est
l’importance des droits en cause : ils sont donc dûs à tous les états, et inversement ils ont un intérêt jur
à ce que ces droits là soient protégés. Les oblig dont il s’agit sont des oblig erga omnes. Pourtant on était
dans une logique bilatérale, avec le lien conventionnel : tout une toile d’araignée de rapports bilatéraux.
Illustration par la cour de ces oblig : interdiction de l’agression, du génocide, discrimination raciale,
esclavage, droits fonda de la pers humaine. Appelé le jus cogens ajd : oblig que les états ont
indépendamment de tout support conventionnel, auxquelles aucune dérogation n’est admise.

Quand ces droits et oblig résultent du DI général, du coutumier, on a pas vraiment de difficultés. C’est
problématique quand ces oblig résultent d’un traité qui ne doit lier que les EM. Un état tiers peut il se

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voir opposer des oblig à partir de normes d’un traité auquel il n’est pas partie, n’a jamais consenti. L’art 36
envisage expressément le cas où les parties entendent étendre des droits envers tous les états.

Oblig : compliqué d’admettre que contrairement à l’effet relatif, les parties à un traité puissent créer des
oblig qui simplement pcq sont importantes puissent être mises à la charge de tiers, on leur impose des
choses. On ne peut présumer qu’ils sont d’acc comme avec les droits. reflet de cette difficulté : art 35. S’il
est passif, on peut supposer qu’il soit d’accord d’être lié à des oblig qu’on lui impose.

Cas des régimes conventionnels institués dans l’IG de la communauté internationale : qd des états
insinuent une OI, le traité constitutif crée une situation objective => opposable à tous les autres . Les
autres ne peuvent dire qu’elle n’existe pas. Cette oblig erga omnes existait donc déjà. Décision 1948 : 50
états représentant large population de la communauté internationale avaient le pv conformément au DI de
créer une entité possédant une personnalité internationale objective (NU) (=> opposable à tous) et non
pas simplement une reconnue par eux seuls. Donc les états non membres peuvent se voir opposer la
personnalité jur des NU qui existe objectivement. Démonstration de la loi du plus fort. Les états puissants
imposent leur volonté aux moins puissants. Approche volontariste : même dans cet ex, on peut considérer
que finalement ils n’ont certes pas accepté par écrit cette OI MAIS qu’en revanche ils n’ont pas été assez
vigoureux dans leur objection, donc revient à dire qu’il y a un consentement tacite.

Existe droit impératif : n’a pas besoin d’être consenti par les états pour leur être opposable, oblige tous les
états, mais en plus aucune dérogation n’est permise. On ne leur demande pas leur volonté.

THÈME 3
FORMATION DES ENGAGEMENTS
INTERNATIONAUX (2) : LA COUTUME

Coutume reste présente et déterminante dans certains cas. La coutume lie la FR donc on peut opposer toutes
les normes de la conv vienne à la FR au titre du droit coutumier. Ex : affaire en 2012 Belgique/Sénégal sur
l’oblig de poursuivre ou d’extrader. Il y avait les poursuites de l’ancien dictateur du Chad qui était à l’abri au
Sénégal et les tribunaux locaux ne permettaient pas de le condamner contre les incriminations qu’on faisait
peser sur lui : déclarations d’incompétence. Là où on aurait pu le poursuivre, on l’avait pas physiquement
donc cela ne servait à rien. Finalement cette affaire est remontée à la CIJ car Belgique a monté un mandat
d’arrêt international et la saisit contre le Sénégal pour faire déclarer par la CIJ qu’il a le choix entre deux
choses : soit poursuit, soit extrade. La Belgique a invoqué un fondement conventionnel : la conv sur la
torture qui dit que les états ont l’oblig de poursuivre ou extrader les personnes dont il est allégué qu’elles
auraient commis des actes de torture + a invoqué une oblig coutumière. La CIJ a examiné les deux
fondements et l’enjeu pour la juridiction est de savoir si la coutume existe et ensuite si elle est opposable à
l’état envers qui on exige qqch.

La coutume est un mot du langage courant : c’est non écrit, pratique ancienne, et répété, par la parole. Et
surtout élément psychologique : ce n’est pas que matériel. Droit coutumier : ce n’est pas forcément jur dans
le langage courant, c’est comme ça qu’on fait. Mais la question est pourquoi. Il y a cette idée que c’est du
droit quand on parle du droit coutumier, par rapport à la coutume. Comment on arrive d’une habitude à qqch
qui est une oblig ? Comment passer des faits à l’existence d’une norme jur qui peut donner des droits et créer
des oblig ? On touche là à l’une des questions les plus mystérieuses du monde jur : passage du fait au droit.

Truman, déclaration : le plateau américain s’étendait jusque là donc USA avait sou contrairement au droit
de la mer. Il se passa qqch : les USA ont fait ça et à moins d’avoir la forme matérielle de résister à ça, qu’y a
t il à faire ? on peut faire comme eux. C’est ce qui s’est fait. C’est devenu une norme coutumière ajd et
même la base de la convention de montego bay.

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Déf du droit coutumier dans statut CIJ : art 38 qui parle du droit qui est applicable par la CIJ : applique les
traités, la coutume. Même si l’art 38 parle du droit applicable, il envisage la coutume comme étant la
preuve d’une pratique générale acceptée comme étant le droit. On a là dedans cette idée d’une pratique
générale et l’élément psychologique/subjectif/immatériel : acceptée comme étant le droit. A ce stade, on peut
au moins supposer que il faut une pratique (des comportements) et qu’elle soit générale (que suffisamment
de sujets du DI aient une habitude qui s’installe).
- Le droit coutumier résulte donc de comportements matériels, jur. Pas nécessairement des actes jur
qui forment la coutume.
- acceptée comme étant le droit : l’une des plus grandes portes à pb du DI. Cela a l’air de vouloir dire que
les états ont la conviction qu’en ayant cette pratique, ils se conforment à une règle de droit. permet de
distinguer le droit coutumier des habitudes et usages.

Place délicate du droit coutumier : comment dire à coup sur comment va se former une règle coutumière ? Et
comment a coup sur identifier ce qu’elle dit exactement ? c’est le propre de la coutume de ne rien dire.

CHAPITRE I. – EXISTENCE DU DROIT COUTUMIER

Existence objective de la coutume : existe bien une règle de droit qui est de nature coutumière et subjective
: situation que une règle coutumière donnée va être pur un état individuellement qqch qui fait autorité pour
lui. objective : formation de la règle coutumière dans le panorama jur. subjective : ne veut pas dire qu'elle
est opposable à tel état donné.

Section I. – Eléments constitutifs du droit coutumier : formation


N’existe aucune procédure particulière, pas d’étape chronologique pour que se forme une coutume. N’obéit
pas à des règles de formation précise. Il n’y aucune procédure, chronologie à suivre, il n’y a pas d’étapes. Il y
a un opinio juris.

§ 1. – Elément matériel : la pratique


factuel, la pratique. La formation du droit coutumier peut s’appuyer sur l’ensemble des comportements
des ≠ sujets du DI : ce peut être tout et n’importe quoi. Des comportements positifs ou négatifs, et plus
largement toute expression d’opinion au sujet des agissements d’autres sujets de DI, ce peut être pris en
compte dans le processus coutumier.
A - Répétition de précédents
Un précédent ? quelque chose qui vient avant autre chose. Quel est ce qqch qui vient avant cet autre chose ?
Qu’est-ce qu’il fait que certains qqch seront pris en compte par le droit et d’autres non ? Quel est ce qqch qui
fait que un précédent jur est pris en compte par le droit car a été requalifié ? C’est un comportement qui doit
nécessairement être imputable à un sujet de DI.

Donc un précédent ? ce n’est pas n’importe quel comportement qui sera pris en compte : uniquement ceux
dont il apparait qu’ils sont pour leur auteur censé être une sorte de modèle de conduite => le
comportement que a un état exprime une stratégie normative. On doit y détecter une forme de volonté
ou d’intention de la part de l’état : on y voit une volonté d’un pdv jur. Forcément un regard rétrospectif
qui est jeté sur le comportement qui permet de dire qu’il y avait une volonté derrière cet acte, qui
devait créer un effet jur.

On détecte alors dans le comportement une volonté qui fait de lui après coup un acte jur car on le requalifie.
Un acte jur est un acte de volonté destiné à produire des effets de droit. C’est cette intention qui est
l’essence même de l’acte jur et qui le distingue des autres actes. Effets légaux attachés à un comportement.

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Il y a l’intention qui permet de distinguer les comportements constitués de précédents, par rapport à
ceux tributaires des circonstances du moment et de distinguer ce qui est des précédents et qui peut
donc être de la coutume par rapport à la courtoisie internationale : ses codes sont très nombreux mais ne
sont pas du droit : domaine du protocole. Enormément d’actes sont accomplis seulement par courtoisie car
relèvent de bienséance. Il n’y aucune volonté de créer des effets de droit.

Précédent : on peut y voir la volonté de l’auteur du comportement :


- soit de se conformer à ce qu’il croit déjà être une règle
- soit de transformer un cas isolé en droit : espère qu’à terme cela deviendra du droit.
Il faut un comportement étatique exprimant la volonté de produire un effet de droit. Volonté de
l’auteur de la première occurence de produire immédiatement ou à terme du droit. L’état veut établir un
modèle de conduite qui va devenir obligatoire : exprime une intention : ceci est pour moi une règle jur ou
doit en devenir une.

Explique la prudence des états dans toute sorte de déclaration qu’ils font. Ex : cas du Kosovo quand il a
déclaré son indépendance : a émis une prétention. Pour qu’il soit traité comme un état par les autres, les
autres doivent le reconnaître. Quand il l’a déclaré, bcp d’états ont fait des déclarations pol dans lesquelles ils
ont reconnu le Kosovo comme étant un état. Tous les états disaient « nous félicitions l’accession du Kosovo
à l’indépendance, pleine sou… » et arrive la prudence : « il reste que la naissance du Kosovo est issue
d’une situation singulière » pour qu’on ne se sente pas coincé qd un état plus tard voudra être
indépendant et qu’on soit obligé de l’accepter également.
=> N’importe quel comportement, même si on ne s’en rend pas compte, peut être requalifié comme un
précédent car par accumulation de précédents il se trouve qu’une règle coutumière existe. On ne se rend pas
compte au moment que cela peut devenir un précédent dans un futur indéterminé.

Ce comportement doit donc être imputable à un sujet de DI, à la personne morale en tant que telle. Les
agents des organes doivent avoir agi dans le cadre de leur fct pour que cela soit affecté à leur état. Il faut que
ce soit dans le cadre de leur fct et de leur comp ; sinon c’est leur resp personnelle.

Actes internationaux : Variété de comportements pouvant constituer des précédents : tout et n’importe
quoi au sens où ce peut être tout sorte d’actes internationaux imputables à l’état. Pas important qu’ils
aient des effets propres. Ce qui compte c’est que après coup on y voit une intention de leur auteur. Tous
les actes conventionnels peuvent être pris en compte. Une pratique coutumière peut résulter du fait qu’on
voit que sur un point donné 150 traités bilatéraux contiennent la même règle. Peut être des actes unilatéraux
qui reflètent une prise de position d’un état sur un sujet donné destiné à produire des effets de droit. Toutes
les juridictions infernales judiciaires et arbitrales constituent des précédents car ont des décisions et elles
citent dans la pratique leur propre jsp comme des précédents utiles. Elles renforcent leurs propres décisions.
Actes des OI également : toutes résolutions et décisions adoptées peuvent être prises en compte.

Actes internes : Egalement actes purement internes pouvant avoir portée internationale : ce peut être
inséré dans le processus coutumier. Aussi actes dans lesquels l’état exerce sa compétence internationale.
Ex : quand il attribue la nationalité à qqlq : c’est une règle qui a une portée international car définit ce qui est
national et étranger. Le juge se demande où se détecte les précédents : cherche dans les juridictions de tous
les états du monde : toutes les juridictions tranchent les règles de la mm manière.

Immunité juridictionnelle : devant des tribunaux italiens l’ALL était attaquée pour les dommages causés
durant la 2GM à des ressortissants et ALL a dit immunité : ne peut faire l’objet d’une procédure devant un
trib interne sans son consentement. ALL a saisi CIJ pour faire reconnaitre son immunité : Italie a répondu
qu’il faut lever l’immunité car les crimes en cause sont les plus graves, relèvent du droit impératif : la
gravité des crimes doit céder sur l’immunité : la CIJ a dit non. Elle a fait une investigation car il fallait
voir s’il y avait une règle coutumière sur l’immunité : typiquement les trib internes accordent l’immunité aux
états étrangers ou non ? CIJ a considéré qu’est ressorti une pratique importante dans tous les états du
monde sur l’accord de cette immunité. Les états eux mm invoquent l’immunité devant les trib
étrangers et les trib l’accordent => donc ne cède pas devant le droit impératif.

Comportements factuels : comportements matériels pouvant être positifs ou négatifs selon ce qu’on cherche à
obtenir. négatif : principe fonda de l’interdiction du recours à la force par ex. L’abstention pose difficulté :
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quelle est l’intention derrière un comportement, l’abstention pose difficulté de savoir si elle est motivée par
la volonté de ne pas agir ou traduit une indifférence à un sujet donné. Pareil pour comportements
immatériels : d’ordre purement intellectuel ; ex : état exprime son opinion sur le comportement d’un autre.
Si les états commentent projet d’art de la Commission : comportement intellectuel qui pourra plus tard être
requalifié comme étant précédent.

B - Concordance des précédents


Même raisonnement : l’idée de répétition implique l’idée de concordance : il faut que ce soit la même chose
qui soit faite. Plusieurs décisions qui donnent des indications : « seule une pratique constante effectivement
suivie et sans changement peut devenir génératrice d’une règle de droit coutumier » ; « une pratique
internationale constante » ; « pratique constante et uniforme » ; « pratique fréquente et pratiquement
uniforme » => les mots sont qd mm ≠, cela ne vise pas la mm chose. Il en ressort trois choses :

- Identique de contenu (uniformité) : les actes successifs d’un même Etat doivent être identiques. Pas que
un Etat : s’il se heurte à des avis ≠ par d’autres états ce n’est pas de la constance. Il y a trop de fluctuations
et de discordances, donc pas de coutume.

Cela soulève une difficulté : pb des violations : quand un état a un certain comportement, il faut réussir à
déterminer si l’auteur de la violation a agi en pensant, en étant convaincu qu’il viole une règle coutumière :
donc la conteste-t-il ? Ex : interdiction du recours à la force. Elle n’est pratiquement pas respectée alors que
c’est inscrit dans la Charte des NU, mais c’est aussi non écrit. Ces états ont un comportement uniforme et
constant qui viserait à remettre en cause cette règle coutumière. Pourtant les institutions internationales
veulent à tout prix le maintenir.

On parte attention sur ce que font les états quand ils recourent à la force : l’Etat fait tjr une déclaration pol
avant ou après dans laquelle il explique pq il fait cette intervention militaire : tjr l’invocation des deux
grandes exceptions : légitime défense et actions couvertes par le CS en vertu du chap 7 Charte.

- Répétition d’un précédent dans le temps : « constant » et « fréquent ».


constance = idée de continuité. c’est difficile à apprécier : cb de fois un comportement doit être répété et
pendant cb de temps il faut le constater ? Cette idée de continuité et de constance avait bcp d’importance
traditionnellement, c’est encore le cas ajd. « pratique constante » par la CIJ.
Mais quelle est la durée moyenne alors pour dire qu’à partir de tant d’années, il y a une coutume ? Constance
est le cadre temporel mais on ne connait pas ce cadre.

La CIJ n’a pas de jsp fixe. En 1960 elle avait à faire des précédents invoqués devant elle qui s’étaient répétés
pendant 25 ans et elle a décidé que la condition était remplie. Mais dans une autre réflexion en 1951 elle a
parlé seulement de « pratique suffisamment longue » : langage très flou pour ne pas se lier les mains.

fréquence : ajd il y a une plus grande densité des RI et le droit qui les régit se forme plus vite. Il faut donc
admettre des délais plus brefs, mais cela suppose qu’il faut assouplir cette condition de constance et
continuité. En 1969 (plateau continental) la Cour a considéré que le fait qui ne ce soit écoulé qu’un bref
laps de temps ne constitue pas un empêchement à la formation d’une règle coutumière. La CIJ a dit qu’il
était indispensable que cette pratique a été fréquente et pratiquement uniforme : là est arrivée cette idée de
fréquence. On se concentre davantage sur la fréquence : la répétition à des intervalles proches. Les
juridictions continuent cette expression ‘constante et uniforme’ mais on peut désormais le remplacer par
fréquent. Plus on resserre le temps, plus il faut qu’il y ait eu bcp de répétitions.

- Répétition d’un précédent dans l’espace : vise l’adjectif « général »


=> Un état seul qui répète seul dans son coin un même comportement ne suffit pas à créer une coutume. Les
comportements doivent être dispersés. Faut-il un comportement universellement partagé ? Une distinction
s’est opérée entre l’idée de droit coutumier général et local.

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Droit coutumier général : on a lgt pensé que c’était le cas. Général ne veut pas dire unanime. Plateau
continental a fourni le critère d’appréciation : pratique très large et représentative à la condition que les
états qui sont particulièrement intéressés par la situation participent au précédent. Par ex, toutes les
règles de droit de la mer sont d’application générale mais il est pourtant évident que les règles de droit de la
mer ont été dégagés par les états ayant accès à la mer. Ex2 : règle coutumière qui interdit les essais nucléaires
existe ? La réponse était radicalement non car trop d’états nucléaires importants ne participent pas puisqu’ils
en sont, et dès lors qu’ils sont importants on ne peut pas dire qu’une telle règle existe.

La pratique peut aussi se dégager d’abstentions : appréciation très large exige que les autres états qui ne
font rien ne se prononcent pas contre les comportements qu’ont les autres. Résulte que peu d’états peuvent
faire naitre une règle coutumière, dès lors que la majorité d’autres ne disent rien et ne disent pas qu’ils
sont contre. Inversement, un petit nombre d’états peut empêcher la formation d’une règle coutumière
si ils protestent contre un comportement dans le monde. Exemple : Chine, USA : ces deux états suffisent
à empêcher que la peine de mort devienne une sanction interdite en droit pénal.

Droit coutumier local : énormément de règles sont venues de certaines régions : droit de la guerre
maritime vient d’états d’Europe occidentale; changement de gouvernement en cas de révolution : USA.
Cette q de généralité de la pratique est énormément souple. Général ne veut pas dire universel. Plus le
cercle d’états sera restreint plus la participation doit être large. Si c’est une coutume qui viserait l’ensemble
de l’Am du Sud, on ne peut pas que se concentrer sur les précédents de l’Uruguay et Argentine.
Coutume bilatérale est reconnue : Inde faisait valoir que la coutume invoquée contre elle n’existait pas,
mais la CIJ a dit pourquoi pas.

§ 2. – Elément immatériel : l’opinio juris


La coutume c’est la pratique et l’opinio juris. Cette expression, on ne connait pas son origine donc compliqué
d’en rendre le sens. Cela veut dire : la conviction du droit ou de la nécessité. C’est cette conviction qui
distingue la coutume de la courtoisie internationale. La pratique est acceptée comme étant le droit. Cet
élément matériel n’est pas une deuxième étape : la coutume ou sa formation n’obéit pas à une procédure, ce
n’est qu’un processus. Il n’y a pas de fil chronologique. C’est simplement un autre élément pour que la
coutume devienne une règle. Pratique et opinio juris doivent être impliqués.

A - Point de départ : l’article 38 du Statut de la CIJ


On a qqch d’écrit, qui parait tangible et nous dit ce qu’est l’OJ. coutume = la preuve d’une pratique
générale acceptée comme étant le droit. Cela change le regard que l’on a sur la pratique matérielle. Elle
doit être animée par un sentiment. Accepté : il y a une volonté derrière. Le DI accorde une importance à la
volonté et l’intention. La pratique matérielle qu’on adopte exprime l’intention des auteurs d’être
obligatoire, de créer une règle de droit : à un moment déterminé il y a une acceptation par les autres et soi-
même.

Sauf que en réalité, l’OJ ce n’est pas que l’acceptation est qqch qui devient obligatoire : la chose s’est formée
par nécessité. On a des comportements répétés et concordants : une coutume nait. L’OJ n’est donc pas que le
sentiment d’être lié par une règle : les états savaient justement qu’ils ne l’étaient pas.

Deux manières d’aborder l’OJ :

- une face probatoire : on se sert de lui comme une preuve. Ce qqch, on le prouve donc il existe. On
cherche à prouver que la règle coutumière existe DÉJÀ. => l’OJ veut surement dire que les états ont la
croyance à tord ou à raison que la règle existe, donc c’est ça qui les anime.
- une face « génétique », au sens de l’essence de formation : elle est en train de se former : proclamation
truman est l’exemple parfait : il était l’acte inaugural qui à terme a donné naissance à une coutume. L’OJ
ne peut que être la prétention qu’à l’avenir elle existe et qu’on essaye peut-être de la former.

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Se place-t-on d’un pdv actuel avec un regard rétrospectif en essayant de prouver que qqch existe ? ou d’un
pdv inaugural en essayant de montrer qu’il y a un processus coutumier en cours ?

B - L’opinio juris comme mode de preuve de l’existence d’une règle coutumière :


la croyance que la règle existe (déjà)
L’OJ signifie qu’on croit que la règle existe déjà. La vérité, c’est que ce premier pdv est le seul qui d’un pdv
de la pratique est pertinent. Un juge ne se posera jamais la q° de savoir si une règle va se former, est en train,
il n’a besoin que d’une règle positive. Le mode probatoire est la seule chose qui l’intéresse. Il faut prouver
que cela existe, cette règle. Il faut essayer de mettre au point une méthode rationnelle pour prouver le droit
matériel.

Pour cerner l’OJ en 1927, la Cour a dit que les états ont conscience d’un devoir de s’abstenir. Elle n’a pas
expliqué cependant comment est né ce devoir. L’OJ sera le témoignage d’une conviction que la pratique en
cause va être obligatoire car il existerait une règle qui prescrit cette conduite spéciale.

Derrière cette perspective, le droit coutumier pourrait naitre d’une erreur de jugement collective. On se
plante sur ce qu’on croit être obligatoire, c’est donc pour ça qu’on le fait, car on le croit obligatoire. Et cela
devient alors cinq ans plus tard obligatoire alors que ce ne l’était pas au départ.

OJ de ce pdv : croyance actuelle au moment où on fait qqch qu’on agit conformément à une règle qui existe
déjà. Le juge va chercher des éléments qui témoignent, attestent que y a bien ce sentiment d’être déjà lié
par une règle. C’est en ça que l’OJ est un mode de preuve.

C - L’opinio juris comme mode de formation d’une règle coutumière : la


prétention/volonté que la règle existe (à l’avenir)
L’intention que cette règle existe à l’avenir. Cela concerne la formation de la règle : ex proclamation truman.
Ici l’OJ n’est qu’une représentation de l’avenir : ce qu’on veut que le futur soit. D’autres états vont le répéter
car ils le veulent aussi. Pb : dès lors que l’OJ signifie une intention etc, on ne peut pas tenir compte de cette
volonté là pour dire qu’une règle existe : la volonté est qu’elle existe à l’avenir, elle n’existe pas encore. pb
de cohérence : intention que cela existe bientôt et raison pour laquelle le juge ne s’intéresse pas à l’OJ dans
ce sens là.

Mais important car ce pdv explique comment une règle va exister. Le juge ne s’intéresse qu’au produit fini,
c’est binaire : cela existe ou non.

Section II. – Autorité du droit coutumier : son champ d’application


Va-t-elle être applicable à un cas particulier ? Dans quelle relation une règle coutumière se situe par rapport
aux autres règles de DI et avec le droit interne ?

§ 1. – Autorité dans les rapports entre sujets du droit


international : l’opposabilité de la règle coutumière
Le traité est opposable aux états qui s’y sont engagés : le mécanisme est similaire au sens où règle n’est
opposable qu’à certains sujets. Particularité : le mode d’expression du consentement n’est pas du tout le
même puisqu’il n’y a pas de ratification.

A - Règles coutumières générales : présomption de consentement

Le principe pour une coutume générale est que le droit coutumier a une autorité générale. L’opposabilité
de la coutume est plus large donc que celle d’un traité. Mécanisme : on suppose qu’il y a acceptation et donc
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on traite le silence comme un consentement. Une règle coutumière est opposable si un état ne s’est pas
expressément opposé à la règle ; s’il la fait, elle ne lui est pas opposable.

- Pas d’opposition expresse


La règle devient opposable donc. Une norme coutumière va devenir opposable indépendamment de la q de
savoir si l’état a participé au précédent. La règle se forme si un petit groupe d’états a participé activement en
répétant les précédents et on présume le consentement de ceux qui n’ont pas participé. l’état n’a rien à
faire pour exprimer son consentement contrairement au traité.

Que fait-on des états nouveaux ? Q s’est posée au moment des décolonisations. La règle est que la règle
leur sera opposable puisque c’est général. C’est insatisfaisant car n’étaient pas en situation d’y participer ni
de s’y opposer. C’était des règles occidentales et donc taillées sur mesure pour ces pays. Seule possibilité
pour eux : commencer un nouveau processus normatif : conventionnel ou coutumier. Il est indifférent donc
que tous les états aient participé à la formation.

Une fois que la coutume est formée, un état n’a rien à faire pour qu’elle lui soit opposable. Le silence est
interprété comme un consentement. Si un état n’a rien dit au moment où les précédents étaient répétés, qu’il
observait sans protester, il ne peut plus s’opposer après coup car la règle est formée et lui sera opposable.
Cela exprime la prudence de la part des états.

- Opposition expresse
Inopposabilité en cas d’objection expresse à la formation de la coutume. On appelle ça l’institution de
l’objecteur persistant. Il faut manifester clairement son opposition pour ne pas être lié par la règle.
Cette objection doit être exprimée pendant la formation de la règle, pas après coup, pas une fois qu’il a
été reconnu qu’elle existe et qu’elle s’applique. Si un état ne fait rien quand il se trame des choses,
l’acceprtation est présumée. Si une règle est formée, elle lui sera opposable et il ne pourra dire qu’il n’a rien
fait car on présume son consentement : il faut donc être vigilant. Tout comportement d’un autre qui peut
affecter vos intérêts doit vous obliger à réagir ….. Mais l’état ne peut empêcher que la règle se forme quand
même : le processus ne s’arrête pas MAIS IL PEUT EMPECHER QUE LA RÈGLE LUI SOIT
OPPOSABLE À LUI.

Cette objection va produire à effet qu’à 4 conditions qui doivent absolument être cumulatives :
- doit être imputable à l’état
- doit être expresse
- doit être répétée (persistance) : l’état a protesté contre ce que font d’autres => persistant signifie qu’il faut
aussi systématiquement que possible on prenne position d’où la multiplicité des réactions des états car on
ne sait jamais si dans 10 ans dans un procès cela peut être utile («  là j’ai protesté, là aussi : je suis
objecteur persistant »)
- doit se faire nécessairement au moment de la formation : difficile car on ne sait pas ce qui est en train de
se passer, on ne voit que des comportements et si on les désapprouve il faut le dire.

Ces conditions expliquent pq c’est compliqué de faire valoir ce moyen de défense, l’objection persistante. Il
faut protester au moment où c’est en train de se faire.

Effet légal : l’état qui fait objection dans ces conditions, la coutume une fois formée ne lui sera pas
opposable. L’état doit avoir la maîtrise sur ce à quoi il s’engage ou pas.

affaire des pêcheries anglo-norvégiennes : les pêcheurs britanniques péchaient proche des côtes norvégiennes
et le gvt a donc protesté en même temps que les gens. Le gvt a pris un décret qui a limité sa zone de pêche
exclusive mais au delà de ce qui prévoyait à l’époque une règle coutumière. Le UK a dit que ce décret lui
n’est pas opposable car il y a le droit coutumier. La Cour a dit que le UK ne peut pas opposer à la Norvège
cette règle coutumière car la Norvège avait systématiquement dit qu’elle s’opposait à cette règle.

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B - Règles coutumières régionales et locales : absence de présomption de
consentement
A qui seront-elles opposables et dans quelles conditions ? Cette absence se décline de deux manières :
- il faut nécessairement avoir participé à la formation de la règle
- avoir accepté la coutume en participant à la formation
Lient un groupe d’états restreints : donc uniquement ceux ayant activement contribué à leur formation
donc constituer des précédents soi-même. On interprète la participation comme signifiant que les états,
puisqu’ils font ce qu’ils font, exprime leur consentement à ce que cette règle devienne obligatoire. Ils ont la
volonté que la règle devienne obligatoire ou la conscience qu’elle l’est déjà. C’est un engagement
individuel qui se traduit par une prise de position de l’état qui révèle qu’il est favorable à cette
pratique et qu’il y adhère. Il voulait que cette règle devienne obligatoire.

C - Règles coutumières universelles : indifférence de l’acceptation et


impossibilité de l’opposition
Présomption de consentement. Indifférence totale à l’acception ou l’opposition de l’Etat et donc
impossibilité de s’y opposer. Erga omnes : universalité des règles, c’est opposable à tous. Est apparu en
1970 : la Cour l’a dit. Cela a pris le contre pied totalement du DI, car n’était envisagé que comme un faisceau
de relations bilatérales. Tous les états ont des intérêts jur à ce que ces droits soient protégés. Cette idée fit
peur à l’époque.

Implication : en admettant même qu’on a une présomption d’acceptation (37 statut de la Cour), la réalité est
qu’ils n’ont rien accepté. Cette présomption d’acceptation est irréfragable : l’objection persistante est
impossible. Aucun état ne peut s’opposer à une telle coutume, aucun moyen de s’y soustraire.

§ 2. – Autorité dans les rapports avec d’autres règles de droit :


la valeur normative de la règle coutumière
S’agissant de l’OJ international : comment elle s’insère dans les normes qu’elle existe. La coutume est la
première forme du DI par ailleurs. Le droit coutumier s’est dvlp : arbitrage par ex. Le dvlp du droit
conventionnel a-t-il faut reculer le coutumier ? Sont-ils en conflit ? Trois situations de rapports :

- entre dt coutumier, conventionnel : pas de hiérarchie des sources. Le coutumier n’est pas inférieur au
conventionnel. Mais dans la pratique on préfère s’appuyer sur du droit écrit. Laquelle des deux règles va-t-
on opposer ? Comment le juge va choisir ? Il va regarder à qui elle est opposable.
- Il peut prendre n’importe laquelle si les deux sont opposables
- en revanche si les parties ne sont pas identiques (que l’un des deux ne s’est pas rendu opposable) on
prend la règle conventionnelle

coutume par rapport à acte unilatéral : si une règle coutumière est opposable, il ne peut y avoir de conflit.
si la coutumière est opposable à un état auteur de l’acte, l’acte est alors illicite par rapport à la coutume à
laquelle son auteur (l’état) est lié et se voit opposable.

- entre normes coutumières qui se succèdent : opposables aux mêmes états sont incompatibles voire se
contredisent. On applique la norme la plus récente qui l’emporte sur l’ancienne : lex posterior, ou alors lex
specialis. spécial > général.
- Exception : qd la plus ancienne est du droit impératif, du coup aucune dérogation n’est admise.
- dt coutumier régional ≠ général : conflit n’existe que si la norme générale ne relève pas du dt impératif.
on ne peut appliquer lex posterior car les normes coutumières ne sont pas opposables aux mêmes états,
pas d’identité de parties. Donc on réfléchit uniquement en terme d’opposabilité, du cas par cas.
- si les deux sont opposables aux mêmes états, on applique la régionale.
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- Mais si elles ne sont pas opposables aux deux, on applique la générale.
introduction coutume dans ordre juridique interne : pas même difficulté que les traités car pas de
promulgation, publication. Règle traditionnelle : international law is part of the law of the land. Le DI au
sens large fait partie du droit du pays, ça intègre le droit interne. La C de 1958 renvoie au préambule 46 : La
Rép se conforme aux règles du droit public international. Donc le droit coutumier est compris.

SAUF QUE que se passe-t-il en termes d’application dans la pratique ? certes l’incorporation est faite,
mais très rare que ce soit appliqué dans les juridictions nationales : sont très méfiants à l’égard de la
coutume internationale et vont préférer le droit écrit. Ils bifurquent sur autre chose : affaire Barbie où
Ccass préfère parler de principe général de DI car c’est connu en droit national plutôt que de parler de
coutume.

Les juges sont restés lgt sur une conception assez inter étatique de la coutume : fait entre les états pour
eux. Les moyens étaient déclarés traditionnellement irrecevables.
Contre exemple : en ALL la coutume internationale fait naitre D&O envers les individus.

Revirement : faire primer la coutume en droit interne. En FR, le DI est supérieur aux lois, mais pas à la C. La
coutume devrait primer sur une loi en FR. MAIS, les juges fr à cause de leur méfiance ont tjr essayé de la
rattacher à une norme conventionnelle pour plutôt se fonder sur ça. On a donc pas appliqué la supériorité du
DI sur la loi au sens large : quand il y avait une coutume on la faisait céder devant la loi. Si la FR n’applique
pas la coutume en interne, en DI sa resp peut être engagée.

CHAPITRE II. – ATTESTATION DE L’EXISTENCE DU DROIT


COUTUMIER
=> q de savoir comment on trouve la coutume et qui va la trouver.

§ 1. – Méthode d’attestation
par quels moyens, techniques on va établir qu’une coutume existe. Ces méthodes sont qu’on recherche la
pratique et l’OJ. Difficulté : qu’ils sont bien réunis et il faut être sur qd on les recherche que si les états se
sont comportés ainsi c’est car il y avait une volonté derrière, d’obéir à ce qu’ils croient être une oblig.

En 1996 « est-il permis en DI de recourir à la menace ou emploi d’armes nucléaires en toutes


circonstances ? » => veut dire que la cour avait à rép exclusivement à la q de savoir s’il existe dans le DI
une règle coutumière permissive. A dit que l’OJ ressort très clairement de résolutions adoptées : bcp d’états
estiment que le DI le leur interdit mais a ajouté que la pratique ne confirme pas cet OJ.
Les matériaux d’attestation sont la doctrine, la résolution, le jugement.

§ 2. – Modes d’attestation
Cmt la coutume sera énoncée : l’énonciation n’est pas ce qui fait qu’elle existe. Elle va exister
indépendamment à un moment qu’on ne connait pas. Va consolider l’existence : deux cadres :

- codification : conv vienne par Commission de DI. Va faire projets dans lesquels on rassemble ce
qu’on pense être la coutume. Après l’AG des NU examine et va adopter le projet sous un modèle
d’articles mais qui n’ont pas d’effet obligatoire. peut invoquer une conf qui donne une valeur
conventionnelle à tout ca. Commission => AG => conférence.
- attestation de la coutume par le juge : va faire une première recherche, si elle existe il va l’appliquer. il
est dans la position la plus favorable pour la détecter mais aussi défavorable car n’existe pas en tant que
trace matérielle : risque de faire de la cuisine judiciaire. Juge ne fait que énoncer une règle qui existe déjà
ou cela va-t-il plus loin ? Ne contribue-t-il pas à créer la coutume ? Voit la pratique, l’OJ + son
interprétation. Le juge crée tout le temps du droit, l’inverse est un mythe. Quand un juge interprète
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une règle, dans l’interprétation il y a de la création, il a créé une nouvelle règle. Il fabrique le
raisonnement, la démonstration. Cela c’est d’un pdv sociologique, mais d’un pdv jur le juge ne fait
qu’appliquer le droit.

THÈME 4
FORMATION DES ENGAGEMENTS
INTERNATIONAUX (3) : LES ACTES UNILATÉRAUX
Comment un seul état qui veut produire des actes de DI rend ces actes obligatoires ? C’est une logique
intersubjective le DI où rien ne se passe sans le consentement des états pourtant. Leur existence est
incontestée. Le DI tout entier repose sur des AU. Ensemble de ce qui fait un traité : c’est une
juxtaposition et une succession d’AU : ratification, promulgation, réserve, exception aux réserves etc.

CHAPITRE I. – ACTES UNILATERAUX ETATIQUES


Section I. – Actes produits par l’Etat dans l’ordre juridique international

§ 1. – Identification
A - Actes juridiques
Ce sont tous les actes diplomatiques émanant des autorités ayant comp pour agir dans les RI et qui
concernent des rapports purement étatiques. Le régime de ces actes résulte du DI. Il y en a deux sortes :

- AU liés à une opération conventionnelle : actes relatifs situation de un état donné par rapport à un traité
(ratif, approbation, objection, modif…) => relève du droit des traités. Ces actes obéissent aux règles du
droit des AU. L’acte qui fait dénonciation est un AU.
- AU purs : l’idée est que ce sont des AU qui n’ont besoin d’aucune réaction pour être efficace,
contrairement une réserve. La réserve ne sera pas efficace tant que les autres n’ont dit oui ou non. Ils sont
automatiquement efficaces. Deux exemples type :
- la reconnaissance : acte par lequel un état atteste l’existence à son égard d’une situation de fait et
s’engage à en tirer les cques que le droit y attache.
- déclaration :
- déclaration facultative de juridiction obligatoire : mécanisme selon lequel fonctionne la CIJ : pour
qu’elle ait comp pour juger un état, ce dernier doit lui avoir donné comp, cela passe par ce genre de
déclarations : il accepte à l’avance la juridiction de la CIJ. Les deux doivent avoir consenti à être
jugé.
- autre exemple : déclaration déclaration d’acceptation d’une règle par laquelle on va prendre un
engagement unilatéral. promesse de faire qqch ou de ne pas faire qqch à l’égard de la communauté
internationale par ex. ex : essais nucléaires. Déclaration de guerre : on n’en fait plus mais c’est un
exemple type. Avait un effet jur : celui d’opérer immédiatement le basculement du régime de droit
commun vers celui de temps de guerre.

B - Comportements matériels
Les comportements matériels sont tous ceux qui vont produire des effets de droit par la seule vertu d’une
règle de DI. Ce sont des comportements imputables à un état mais indépendamment de sa volonté en tant que
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telle. + des comportements qui sont appréhendés en tant qu’actes contrairement aux matériels. Le silence
peut être un acte jur avec un régime jur qui lui sera attaché.

Ils vont être pris en considération soit en tant que faits jur : veut dire tous les comportements matériels qui
vont produire des effets de droit mais par la seule vertu d’une règle de DI. Ce sont des comportements où
la volonté de l’Etat est indifférente. ex type : resp pour fait internationalement illicite => indifférent que
l’Etat ait eu l’intention d’engager sa resp. Ce comportement matériel est un AU.

Deuxième sorte de comportement matériel : comportements pris en compte en tant qu’acte jur. Il faut
l’imputation à l’Etat et qu’il y ait la volonté de l’Etat car elle est déterminante. Ce sont les précédents surtout.

§ 2. – Régime
A - Actes conditionnés par une règle internationale supérieure
Acte qu’un Etat prend. Les règles internationales peuvent être de deux sortes.

1 - Cas d’une règle permissive


Cette règle autorise les Etats à avoir une certaine conduite : conventionnelles comme coutumières, leur
nature indiffère. Par ex, un traité qui dans ses clauses finales prévoit expressément que les états peuvent
formuler une réserve. Qd l’état la fera, il prendra un AC conditionné par une règle internationale sup. Il faut
suivre les règles données par le traité. Autre ex : traité qui prévoit que ultérieurement que des états peuvent
adhérer.

Si les états en vertu de ces règles font ces choses permises, leur AU est légal au sens de valide car a été pris
conformément à ce que dit la règle sup. Puisqu’il est valide il est inutile de l’accepter et objecter serait en
principe inefficace.

Efficacité : cet AU sera t il efficace ? Oui car dans ce cas là on a un cas de coïncidence entre l’objet de l’AU
et son effet. Ex : le statut d’une juridiction prévoit cmt les états vont pv introduire une instance. On a l’AU,
la requête envoyée à la juridiction : son objet est d’introduire une instance et donc de saisir un trib d’une
question et simultanément cela produit un effet : saisir le trib.

Chose cruciale : dans les cas où l’acte en q° a besoin d’un acte de mm nature des autres états, à ce moment là
les effets du premier acte vont tjr se limiter aux rapports entre l’auteur de l’acte initial et l’état qui accepte
que ses effets lui sont opposables. limités aux relations entre état réservataire et l’état qui a accepté.
=> AU croisés : on a besoin d’un premier acte et d’une réaction, qui est elle aussi un AU.
Par ex, qd un état donne son consentement à une juridiction, cette déclaration qui fait que l’état accepte la
comp de la CIJ ne sera efficace que quand le deuxième état aura aussi consenti à la juridiction. => là aussi
on a besoin d’un croisement.

2 - Cas d’une règle prohibitive


Clauses finales d’un traité disent qu’il interdit les réserves. Principe : si un état prend qd mm un AU qui va à
l’encontre de cette règle, cet acte devrait être illégal, privé de validité, nul. Par cquent, ne pas avoir
d’effet. Situation aggravée car il a pris un acte qu’il n’a pas le dt de prendre : cque : l’état a commis un fait
illicite, violé une règle prohibitive, il peut donc engager sa resp pour avoir commis un fait internationalement
illicite.

Mais en pratique, comme on n’a pas d’organe international centralisé qui a le pv de déclarer
objectivement que tel acte est contraire à une règle prohibitive, rien n’empêche d’autres états à tenir cet
acte pr valide. La réserve devrait donc être nulle, mais puisque pas d’organe, les autres parties
contractantes peuvent dire qu’elles n’ont pas de pb avec cette réserve. Cet acte peut donc être tenu

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valide pour les autres : donc l’acte produit des effets de dt entre les deux : tout dépend de si les autres
protestent ou pas.

B - Actes non conditionnés par une règle internationale supérieure

=> situation où il y a un vide jur dans le sens où le DI n’a rien prévu : pas d’interdiction ni permission. On a
≠ types d’AU, et le régime sera ≠.

1 - Cas des actes unilatéraux « purs » : obligation inconditionnelle de leur auteur


Caté plus rare : déclaration de guerre. Il produit ses effets jur indépendamment de toute réaction.
Produisent des effets par leur seule force et ont donc la particularité que l’état va s’engager par sa
seule volonté. Contracte avec lui mm une oblig que les autres pourront lui opposer. « tu as dit ça il y a trois
ans ». Seul l’état qui a fait l’AU sera obligé : pas besoin qu’un autre état réponde ou rejette. Cela crée des
oblig pour l’auteur de l’acte et des dts réflexes dans le chef des tiers qui vont pouvoir leur opposer.

Affaire Groenland oriental 1933 : état peut s’engager par sa seule volonté. Danemark se comportait au
Groenland comme s’il y était souverain et y avait autorité territoriale. il cherchait à obtenir pour réussir à
s’approprier ce territoire des garanties des autres états que aucun état n’objecterait à sa prétention. Il a réussi
à obtenir une telle déclaration du ministre des aff étrangères de Norvège : a déclaré « ne ferait pas de
difficultés au règlement de cette affaire ». Le DK a donc étendu son autorité sur l’ensemble du Groenland et
la Norvège a ensuite proclamé son autorité sur la partie orientale. DK va devant la cour permanente en
demandant de dire que la N a fait une déclaration d’occupation qui ne serait pas valide. Tout s’est concentré
autour de la déclaration du ministre. Mais le ministre est un organe de l’état qui peut engager l’état. Effet jur
à donner à la déclaration ? La cour a dit que le ministre avait l’intention de faire une reconnaissance
définitive que le DK aurait sou sur le G. En revanche, la cour s’est demandé si qd mm y avait pas eu un
engagement de la part de la N : a dit que oui. Déclaration est inconditionnée et définitive, la N a fait
une promesse. DK n’avait pas besoin de dire merci pour cette promesse je l’accepte, c’était inconditionné.

Etats ont pris vraiment conscience des AU en tant que tels dans affaire des essais nucléaires 1974 : idée
que l’AU peut créer des oblig pour l’état qui en prend. Depuis 1966 la FR avait prgm d’essais nucléaires qui
ont attiré la foudre de la communauté internationale. Australie et Nv Zélande ont râlé. Y eut des inquiétudes
puis c’est passé à un langage ferme car jur : NVZ a annoncé que si la FR exécute son prochain essai, elle
tiendra la FR resp pour tous les dommages qu’elle causerait. FR a rép qu’elle ne peut être resp que si elle
commet une faute lors de l’opération et qu’il faudrait la prouver, ce qu’aucun état ne peut faire. Puis
Australie fit une déclaration dans laquelle elle faisait valoir ce qui était selon elle l’illicéité des essais : FR a
rép qu’elle est convaincue de n’avoir violé aucune règle de DI car ne prescrit ni ne prohibe rien =>
actes non conditionnés par une règle sup. NVZ et AUS saisissent CIJ : FR ne reconnait pas comp donc n’a
pas comparu. Les deux ont demandé que la cour indiquent des mesures d’urgence permettant d’obtenir que la
situation ne se dégrade pas, que la cour a accordé : pas d’essais jusqu’à ce qu’elle décide si y a violation. La
FR n’a pas respecté car ne se sent pas liée par la cour. Elle a poussé le zèle de son programme : a fait des
essais le jour où les plaidoiries se déroulaient et y a mis fin avant que la cour rende son arrêt. La cour était
devant une situation embarrassante et complexe car ce que lui demandait de dire AUS et NVZ que la cour
avait violé le DI. Si violation, les deux lui demandaient de demander à la FR de cesser l’illicite. L’objet du
litige avait disparu avant le rendu de l’arrêt : donc a arrangé la cour. Mais violation ou non finalement ? mm
venant coutume. la cour n’a pas rép mais a tout déporté sur la FR et sur les déclarations fr ayant été
faites : ne s’est pas intéressé à ce que dit le DI. La FR a t elle contracté une promesse ? a regardé toutes
sortes de déclarations que le gvt fr avait fait au sujet de ces essais. « Les essais seront normalement les
derniers » la cour a considéré que ce sont des actes de l’état fr et que des déclarations de ce type ne
peuvent être interprétées autrement que des manif par lesquelles la FR a entendu assumer une oblig
internationale à l’égard des autres, la FR ne se rendait pas compte de ça. donc a violé le DI en violant
sa propre promesse. les oblig en DI sont donc aussi dans leurs propres comportements à eux seuls, pas
seulement dans les traités ou coutumes, et qui peuvent se retourner contre eux.

=> Conditions tout de mm : il faut que l’engagement soit pris publiquement et exprime l’intention de se lier.
il faut que la déclaration limite le champ d’action, la liberté future des états auteurs.
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Régime : efficacité automatique
Au sens où l’AU une fois identifié comme tel sera efficace (produit ses effets jur) du seul fait de la volonté
de son auteur.

2 - Cas des actes unilatéraux « croisés » : obligation mutuelle de leurs auteurs


respectifs
Ont besoin d’une réaction, d’un AU en réponse qui se positionne par rapport au premier : là seulement l’effet
jur pourra être produit ou rejeté. oblig mutuelle de leurs auteurs respectifs. un état seul ne déclenche pas une
oblig, il faut un croisement.

CIJ, Temple de Préah Vihéar 1962 : q° de l’occupation d’un espace libre donc susceptible d’appropriation,
situations d’espaces contestés, où états se disputent la sou. Temple situé au Cambodge. conflit au coeur d’un
litige territorial de sou entre C et Thailande. A l’endroit où ce temple est situé est là où il y a la frontière
naturelle : la crête de montagne. Ce temple est une enclave. Les fr se sont installés dans la zone au moment
où ce qui est ajd le C était passé sous suzeraineté siamoise. Traité entre T et FR : la T renonce à sa
suzeraineté sur C en échange que la FR protège le Siam. La T renonce à sa sou sur le Cambodge, qui a le
temple. Commission mixte pour délimiter frontière entre deux pays : fut convenu par les deux gvt que la
rédaction des cartes serait confiée à la FR car la Siam n’avait pas moyens techniques pour le faire. Près du
temps, le groupe d’experts de cette commission s’efforcerait de prendre comme tracé de frontières la ligne de
crête des montagnes. Si cela avait été fait, le temps aurait été thaïlandais. FR n’a pas suivi cette instruction, la
frontière s’éloigne de la ligne de crétoise et donc situe le temps du côté cambodgien. Arrive l’indépendance
du cambodge, puis l’armée thai envahit le temple, le C proteste, les relations diplomatiques deviennent
tendues et les deux camps font des menaces d’intervention militaire. 1959 : C saisit CIJ pour lui faire
dire que la frontière a été tracée et que la T viole l’intégrité territoriale du C et donc viole sa sou. La
Cour s’appuie de la manière dont la T s’est comportée. Le C soutient que la carte montre que le temple est de
son côté, la ligne de crête n’est pas celle de frontière et donc le temple lui appartient. T soutient que la
commission n’a pas suivi les instructions reçues, les fonctionnaires fr ont violé le principe qu’ils auraient du
suivre. La T dit que si jusqu’à ajd ils n’ont pas protesté est car ils n’avaient pas vu sur la carte que ct
incorrect.
=> Décision Cour : tempe appartient au C. Les cartes ont été faites début 20e et furent données aux deux gvt,
or l’affaire arrive fin des 50s. Donc 5 grosses décennies se sont déroulées avant que la T dise ah oui mais on
avait pas vu. les autorités thai n’avaient jamais protesté devant une instance internationale contre la
localisation du temps. n’ont pas protesté non plus quand le C a fait flotté son drapeau. Tous ces
comportements (réception des cartes : n’avoir rien dit, réception d’un diplomatique et n’avoir rien dit)
: T aurait du réagir. => ne rien avoir dit est une acceptation. La T a donc accepté la prétention que la
frontière est celle ci et le temps est du côté du C. lorsque les intérêts d’un état sont en cause il doit réagir,
sinon son silence est un acte jur qui vaut acceptation. leur silence peut se retourner contre eux.

Régime : efficacité conditionnelle


nature juridique de l’acte initial ?
réaction(s) des autres Etats ?

L’état veut que son acte jur crée des effets et son acte fait que les autres doivent réagir : accepter ou refuser.
C’est une prétention jur au départ. Si on refuse la prétention initiale, cela crée un litige qu’on doit porter
devant le juge ou qu’on règle par voie diplomatique.

Section II. – Actes produits par l’Etat dans l’ordre juridique interne : leurs
effets dans l’ordre juridique international

§ 1. – Identification

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A - Position du problème

Pratiquement toute règle internationale quelle qu’elle soit a forcément besoin du droit étatique
complémentaire pour opérer. Le DI : on parle souvent de nationaux, d’étrangers, de sté, de propriété, de chef
d’état, de représentants des états. Mais en même temps ces caté jur ne sont pas opératoires s’il n’y a pas de
droit interne pour opérer ça. Il ne peut rien faire sur qui est un national par ex. Les deux droits sont très
imbriqués, relation de très grande complémentarité. => L’Etat doit produire par ses actes internes ce droit
complémentaire.
B - Notion d’ « acte étatique interne à effets internationaux »
C’est dans un domaine qui touche le DI. Ce sont des actes qui n’ont pas le caractère d’acte jur international.
Ce qui est un acte jur dans l’un ne l’est pas forcément dans l’autre. Du pdv du DI, une décision de justice,
une loi adoptée par le pv constituant d’un Etat ne sont que des faits, pas du droit. Ce droit qu’on
sacralise dans le droit interne, pour le DI ce n’est même pas du droit. Mais ce sont des faits qui produisent
des effets de DI. Ce sont des actes qui vont demander à voir leurs effets internes reconnus par les autres états.

C - Variétés
« actes-règles » : sont des actes de droit interne qui posent des règles de droit => application objective.
Une règle de droit est la C, une loi, un règlement. Une règle interne qui détermine le régime de la zone éco
exclusive d’un état par ex, ou celles relatives à l’attribution de la nationalité. Ces deux règles ont en commun
que ces règles formellement sont internes produits par des organes internes exclusivement MAIS
MATÉRIELLEMENT, ces règles sont aussi internationales car interviennent au moins partiellement
dans des domaines couverts par le DI.

actes individuels : tous les actes qui vont constituer une situation jur individuelle. Ex AAU, jugement.
dans l’ex précédent, c’est le décret pour définir la zone éco.

§ 2. – Régime
Le droit interne est il prédéterminé par le DI ?

A - Cas où la règle internationale est complète : règle internationale substantielle


avec renvoi à des règles internes formelles

=> on a une règle internationale écrite qui détermine complètement cmt les états doivent se comporter. Cette
règle renvoie à des règles internes qui sont seulement formelles. Ex type : conv de dt uniforme. leur
application par des lois internes doivent reproduire ces conv dans un modèle d’uniformité parfait. Le
droit interne doit être exactement ce qui est prescrit par le DI : tout acte déviant va être considéré comme
étant un délit international. La FR engage alors sa resp.

B - Cas où la règle internationale est incomplète : règle-cadre internationale,


avec renvoi à l’Etat qui doit la concrétiser par du droit interne complémentaire
Illustrations : CIJ, Nottebohm, 1955 ; CIJ, Pêcheries norvégiennes, 1951

Espèce de règle carde qui fixe les grandes lignes de ce qu’il faut faire; renvoie à l’état qui doit compléter la
règle au droit interne. Le DI fixe seulement un cadre et projette aux états le soin de compléter . Le pv de
l’état n’est pas libre car on a qd mm une règle à suivre. La marge de manoeuvre est qd même déjà plus
grande : au sein de ce cadre cmt on fait les choses, c’est décidé par l’état. La marge de manoeuvre est
encadrée mais existe qd mm.

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Mm situation au niveau du régime : l’AU de l’état est valide et efficace dans les deux OJ s’il y a un rapport
de conformité. Pas besoin de stricte conformité mais seulement compatibilité : rapport de
correspondance entre ce que l’état fait et ce que le DI demande. Le DI n’est pas en mesure d’invalider
quoi que ce soit qui soit contraire de toute façon. Qd un état prend un acte qui a l’air de sortir de ce qu’il a
droit de faire, c’est du coté des effets qu’on va chercher la solution au niveau de l’efficacité.

Affaire entre Lichtenstein et Guatemala : L l’a attaqué pour obtenir réparation pour le traitement dont avait
fait l’objet un mec et les dommages qu’il a subi car c’est un national du L. L’Etat fait comme si c’était lui qui
avait subi le dommage. Le G a essayé de faire en sorte que la requête soit déclarée comme irrecevable en
disant que la protection diplo marche pas car il faut que ce soit un national, or sa nationalité n’est pas
opposable au G. Le mec était un allemand et s’est installé au G mais est encore allemand quand en 1939 son
fondé de pv en Europe demande sa naturalisation au L. Le L le naturalise sans difficulté avec des entorses à
la loi en vigueur, notamment la loi du L qui prévoyait une condition de logement. Le G disait qu’on ne
pouvait lui opposer la nationalité du L après l’avoir naturalisé de manière irrégulière : font ce qu’ils veulent
chez eux mais on ne l’oppose pas au nid international. L a comp exclusive de fixer les conditions de
l’attribution de la nationalité. Q de savoir si cette nationalité peut ensuite avoir des effets internationaux
est une autre histoire : CIJ dit que pour apprécier ces effets, il faut rechercher le caractère sérieux ou
effectif de la nationalité : critère d’effectivité de la nationalité. Ici c’était pas le cas car y avait pas de lien réel
entre le mec et L. Juridiction internationale ne peut annuler ce qu’un état a fait MAIS cette nationalité n’est
pas opposable internationalement, même s’ils font ce qu’ils veulent chez eux.

C - Cas où la règle internationale est vide : règle internationale formelle avec


renvoi à des règles internes substantielles
La règle internationale existe mais est vide : seulement formelle et qui renvoie à des règles internes
substantielles. Ce sont des situations « de vide jur » : on a des règles internationales mais elles sont
purement formelle, ex règle de pure habilitation. Cas où le DI ne prétend pas intervenir dans un domaine
pour ≠ raisons. Du coup le pv de l’Etat est totalement discrétionnaire dans sa sphère de comp : par ex qui
sont les organes internationaux de l’Etat ? Le DI n’a pas le droit de prescrire à un état qui chez lui est
l’organe qui va engager internationalement l’état. Le DI parle de qqch, des organes internationaux de
l’état, qui peut engager l’état, mais ne peut engager qui c’est.

Ici le régime est simple : tout acte interne va être valide car le DI ne peut l’invalider et sera pleinement
efficace dans les deux OJ car tous les actes sont permis. Le DI est vide justement. Leurs effets internes
doivent être pris en compte au niveau international.

CHAPITRE II. – ACTES UNILATERAUX DES ORGANISATIONS


INTERNATIONALES
Section I. – Perspective d’ensemble

§ 1. – Le « droit des OI »
A - Droit originaire
C’est le traité qui a créé une OI. C’est l’acte constitutif. On a un traité entre les états et être partie veut
dire devenir membre de l’OI. Ce traité est soumis au droit des traités. Dans ce traité constitutif, il y a des
éléments substantiels (régissant ce que les EM ont et n’ont pas le droit de faire entre eux) et institutionnels
(régissent l’OI elle même et les rapports qu’elle a avec les EM).

B - Droit dérivé

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Doit nécessairement être conforme au droit originaire. Dans l’originaire, dans les éléments institutionnels on
a plein de chose qui concernent des choses le concernant et qui vont préciser ce que ces organes peuvent
faire, dont parfois produire du dt. Tout ce dt est prévu par les traités constitutifs et ne peuvent être pris
légalement qu’en vertu du traité constitutif. Autrement dit, on peut vraiment parler de validité comme en
dt interne : le dt dérivé tire leur validité, leur valeur légale d’un pv qui a été attribué à l’organe par l’auteur de
l’acte dans un acte constitutif. Ils sont subordonnés à l’acte constitutif ces actes de dt dérivé.

Variétés : on a des actes non normateurs au sens où ça pose pas une norme : actes par lesquels l’OI passe
directement sans passer par les EM : sont opératoires, ne prescrivent rien. Par ex : créer un organe.

En revanche, les actes normateurs sont ceux par lesquels les organes vont créer pv au profit et à la charge de
leurs destinataires : contiennent des normes jur. Ces actes entendent prescrire ou prohiber qqch : réguler le
comportement. Ce sont des énoncés jur qui prescrivent une certaine conduite.
Ces actes peuvent être à portée purement interne : le destinataire seulement un autre organe de l’OI. Aussi
portée externe : s’adresser aux EM. => Leur valeur jur ? obligatoire pour les EM ?

§ 2. – Effets légaux
A - Présentation générale
Délicat : l’OI n’est qu’un sujet dérivé du DI. Le CS des NU par ex est cap de produire un acte qui va obliger
les EM ? tout dépend du mode de formation. C’est cette OI qui a produit un AU mais l’enjeu réside dans le
mode de votation : que dit l’acte constitutif ? C’est lui qui va prévoir les majorités nécessaires très variables.
Trois techniques :

- unanimité : très difficile et rigoureuse. Chaque état a un droit de veto donc.


- majorité
- consensus : constitue à considérer que l’acte est adopté sans vote formel tant qu’il n’y a pas d’objection
formelle qui est exprimée

Découle alors la difficultés des effets que vont avoir les AU des OI. Qd sont adoptés à la majorité, cela peut
il s’imposer à un état qui n’a pas voté pour ? Tout va déprendre de l’acte en q et de l’OI. Certains effets
directs que les actes vont avoir : effets intrinsèques qu’ils portent en eux : tous les actes non
normateurs ont cette autorité jur : nomination d’un secrétaire jur par ex sera d’effet direct. Cela sera
immédiatement opposable à l’OI et aux EM.

Effets directs pour actes normateurs, qui donc contiennent des normes : plus compliqué mais oui car deux
raisons :
- caractéristiques propres de l’acte concernés : actes juridictionnels par ex ont autorité propre
- pv de l’organe qui édicte l’acte : il faut regarde l’acte constitutif. On se rend dompte qu’il y a peu d’actes
normateurs qui bénéficient d’un effet direct car ils donnent aux organes des OI à l’égard des EM
seulement un pv de recommandation et non de décision : peuvent cependant recommander des choses.

Controverse : actes normateurs sans effet obligatoire : qd on prend une résolution adoptée par AG aux EM.
un AU qui n’est pas oblig peut le devenir par la suite ? Ce n’est pas l’AU qui est oblig : elle le devient car
il y a eu une réponse de l’Etat qui contient une promesse, un autre AU.

Principe général : ce sont des recommandations : actes dont la valeur n’est qu’indicative de la valeur qu’on
souhaiterait. Mais certains cas d’actes mais dont le but est de créer des D&O. L’acte est bien imputé à l’OI et
pas aux EM => admettre qu’un organe puisse adopter un acte qui va s’imposer aux EM destinataires,
c’est admettre qu’on aurait un acte produit de type législatif au sens où il est produit à l’ordre
hiérarchique alors que le DI est anarchique.

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Pas de rép unique pour résoudre ça : la situation générale est que ces actes sont non obligatoires. Ne vont pas
créer par eux mm des D&O pour les EM. Quand il y a des D&O ils résultent du fait qu’un Etart les a
spécifiquement adopté.
MAIS Cas particuliers : certains actes sont oblig. C’est le pv réglementaire de certaines OI. Certaine
institutions spécialisées des NU : OMS.

B - Illustration particulière : le cas des actes normateurs dérivés à portée externe

Section II. – Illustration : Les actes unilatéraux des organes délibérants des
Nations Unies
Quels sont les pv que la charte des NU donne aux AS et CS ?

§ 1. – Formation des actes de l’Assemblée générale et du


Conseil de sécurité
A - Actes produits par l’AG
art 18 Charte : tous les actes adoptés (résolutions) le sont à majorité des 2/3 pour les q importantes.
Majorité simple pour les actes importants. Important : AG décide ce que c’est. Donc possible que des
résolutions soient adoptées par l’organe plénier.

B - Actes produits par le CS


Art 27 : majorité de 9 membres sur 15 quels que soient ces 9 pour les q de procédure ; en revanche pour
les q de fond (importantes) il faut que parmi ces 9 il y ait les 5 membres permanents du CS. Que faire des
résolutions adoptées ?

§ 2. – Effets légaux
Que faire des résolutions adoptées ?

A - Cas des normes particulières


individuelles. Ce sont celles qui sont particulières car désignent un destinataire et ont objet particulier.
situation concrète. Deux ex :
- résolution AG : le référendum d’auto détermination n’a aucune validité et ne peut servir de fondement à
une modif du statut de la Crimée.
- résolution : CS s’adresse directement à la Syrie et à tous les membre sauf elle.
Autorité légale de ces textes ? AG aucune autorité jur, CS oui. Cela vient de l’acte constitutif de la Charte
des NU. AG : ses résolutions ont leur facultative de recommandations, même quand il s’agit de règles
particulières.
=> Cas exceptionnel : CS : cas particulier de résolutions que sont les décisions. Art 25 : les membres de
l’OI conviennent d’accepter d’appliquer les décisions du CS. Les EM acceptent par voie de traité
d’accepter les décisions du CS.
« décide » : le verbe d’une résolution est déterminant : les EM acceptent d’accepter les décisions. C’est après
ce verbe qu’il y a les oblig jur.

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B - Cas des normes-règles

THÈME 5
EFFICACITÉ DES ENGAGEMENTS
INTERNATIONAUX DANS L’ORDRE JURIDIQUE
INTERNE
Le droit interne donne une efficacité au DI. Introduction du DI dans le droit interne

CHAPITRE I. – INVOCABILITÉ DES ENGAGEMENTS


INTERNATIONAUX DANS L’ORDRE JURIDIQUE INTERNE
Section I. – Invocabilité formelle
Question d’un pdv de technique jur : les règles internationales ont-elles été intégrées dans l’OJ interne et
comment ? C’est une question qui se pose dès lors qu’on parle de règles qui ont une origine internationale. Si
on veut qu’elles protègent les individus, il faut les faire passer dans l’OJ interne. Dans quelles conditions
ces règles vont-elles faire partie de la légalité interne ? On parle d’applicabilité directe ≠ effet direct.

§ 1. – Incorporation du DI
Le DI vaut-il comme droit étatique ? Les états doivent intégrer les règles internationales dans leur OJ
interne, comment font-ils pour que ces règles deviennent une composante de l’OJ interne ? La règle va-t-elle
pv être appliquée par les organes et juridictions habituelles ?

A. Analyse théorique

=> Portée de la différence formelle des modes de formation du DI et du droit interne. Cette règle sera t elle
applicable telle quelle et en tant que telle ?

1. Position du problème : monisme c. dualisme (unité c. dualité des ordres


juridiques)
Q globale que chaque Etat se pose est celle de savoir si on a un seul OJ global dans lequel il existe des sous
ordres (DI en étant un et le droit interne aussi) ou si on a deux OJ qui se juxtaposent et sont clairement
cloisonnés

2. Solutions théoriques possibles : incorporation automatique c. réception


Monisme : un seul OJ global avec à l’intérieur des sous ordres : unité de l’OJ donc peu importe quelle est
l’origine des différents éléments. L’OJ étant un tout, les règles internationales et internes forment un corps
unique et les mêmes organes étatiques vont appliquer toutes ces règles qui sont donc indifférenciées aux
mêmes sujets.
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=> Donc une seule réponse : incorporation automatique puisqu’il n’y a pas de cloisonnement entre les OJ.
=> Le seul fait que l’Etat se soit rendu opposable à un traité en le ratifiant entraine automatiquement
que les énoncés qu’il y a dans ce traité intègrent le droit interne et devraient être applicables.
FRANCE : art 55. Le juge ne va appliquer un traité qu’à condition que la réciprocité est établie. Mais ce
n’est pas une condition d’incorporation. On est dans le système moniste : aucune condition de
transposition qui est posée.

Dualisme : on a une véritable hétérogénéité des OJ, qui fonctionnent différemment donc dualité du fait de
l’origine formelle très différente des règles, des effets très différents des actes. Les états se concertent pour
produire du droit et dans le droit interne le droit est produit unilatéralement par les institutions étatiques. Ce
sont deux OJ clairement cloisonnés : comment faire passer une obligation du premier OJ au deuxième ? On
peut les articuler mais il faut trouver un outil jur qui fournit le pont entre les deux.

Donc il faut une incorporation de chaque règle internationale par ce pont qui sera construit par une
technique jur. C’est un OJ étranger au OJ interne : il doit être naturalisé, on doit changer la nature de
cet OJ. Cette opération peut être appelée la naturalisation et doit être opérée par un acte interne . De
internationale la règle va devenir interne. Cet acte interne nouveau va reprendre l’exact contenu de la norme
internationale.

Seule chose qui compte : acte interne qui donne une enveloppe formelle à l’acte international. L’acte interne
enveloppe la règle internationale. Beaucoup d’états ont choisi le dualisme (Italie, UK, ALL) : il y a un
transformateur qui opère le passage ; le transformateur en ALL est une loi du Pt allemand qui approuve le
traité et opère l’incorporation. Cela a une cque importante : dès lors qu’on donne à cette norme avec
enveloppe formelle interne le rang que va avoir cette règle est totalement prédéterminé : ne pourra jamais
avoir un effet supérieur à une loi puisqu’il est enveloppé par l’acte formel qui est une loi. Le traité a alors
l’autorité de la loi, ou l’autorité d’un règlement si c’est lui qui opère la transformation. Tout se joue dans
l’acte, cela conditionne l’importance du traité dans l’ordre interne.

Le DI est indifférent à ce débat, ce sont des positions théoriques élaborées à partir de la vision que les
juristes ont de ce que sont les OJ et ces positions ont une incidence sur le droit interne. La seule chose qui
intéresse le DI est que ses règles soient effectivement appliquées dans le droit interne. Mais peu
importe le moyen par lequel ces règles seront incorporées pour être appliquées. Donc le DI ne donnera
jamais une indication : le traité ne prévoira jamais que l’état doit adopter une loi pour intégrer le
traité. Le DI renvoie au droit étatique donc existe grande diversité de procédures différente d’un pays à un
autre, et aussi selon les types de normes (coutume ou autre).

B. Solutions du droit français


Différencie selon la nature de la règle.

1. S’agissant du DI conventionnel

Simple car réponse textuelle : art 55. « Les traités ou accords ont dès leur publication autorité. » =>
l’incorporation du DI conventionnel dans l’OJ interne est réalisée par le jeu de l’art 55, dit comment ça
fonctionne : incorporation automatique.

a. L’« autorité » au sens de l’article 55 C.

Règle a priori qui sera générale : concerne tous les traités et n’exige pas une certaine formalité pour que les
traités aient cette autorité. Qu est-ce qu’il faut pour qu’une règle aie autorité ? La promulgation : acte
jur. Mais dans l’art 55 on en a pas besoin. L’exécutif n’a pas besoin d’intervenir. L’art 55 pose cette autorité
des traités indépendamment de tout acte.

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b. Condition de publication

formalité préalable : déclenchement du jeu de l’art. 55.


Condition de leur autorité : publication mais ce n’est pas un ordre d’incorporation, elle ne veut pas
dire qu’on est dans un système dualiste, c’est une petite formalité préalable pour que l’autorité de l’art
55 puisse opérer. Mais c’est la publication qui va déclencher le jeu de l’art 55. Cette publication
intervient par décret au JO. Cela relève du PdR.

fonction : entrée en vigueur interne


Cette publication a une fct : condition de déclenchement de l’art 55 + faire entrer en vigueur dans l’OJ
interne le traité. C’est une formalité très importante car c’est par l’acte de publication (JO) que le traité va
devenir opposable aux sujets internes, et donc aux organes de l’Etat : ce qui permet à un justiciable
d’opposer à l’administration le traité. N’importe quel juge interne est là pour appliquer le droit interne,
applique le DI seulement s’il est incorporé, il l’applique à titre de droit interne.
Date à laquelle le traité produit ses effets au niveau interne : publication, sauf si disposition expresse dans le
traité.

difficultés pratiques
Les juges internes : seule date qui compte pour eux est la date d’entrée en vigueur dans l’OJ interne. Regarde
la date de publication et pb est que dans la pratique il y a souvent de grands retards de publication,
parfois elle n’intervient même jamais. Que fait on de ces traités ? Les trib ne peuvent pas faire jouer l’art
55. La position dominante des juges est d’être sévère avec cette condition de publication : vont refuser
de tenir compte d’un traité non publié au JO, même s’il est publié ailleurs. Si c’est pas le JO le juge
interne en tient pas compte en FR. Pas d’effet rétroactif : tous les faits ayant eu lieu avant que le traité ne
soit publié en FR y échappent : justiciables ne peuvent bénéficier de la protection du traité.

2. S’agissant du DI coutumier

Cons. const., 98-408 DC, Statut de la CPI, 1999 CE, Aquarone, 1997
CE, Mme Om Hashem, 2011

L’art 55 ne sert à rien car ne concerne que les traités. Mais dans Préambule C 46 : alinéa 14 qui dit que la FR
se conforme aux règles du droit public international. Cet aliéna énonce un principe d’observance du DI qui
appartient donc au bloc de constit. C’est une oblig constit pour l’Etat et toutes ses autorités.

MAIS n’indique en rien la manière dont une norme coutumière internationale va produire effet dans
l’OJ interne. Qu’en est il de l’incorporation de cette coutume dans l’OJ fr ? La jsp a été lgt réfractaire à
cette idée mais depuis qq années se précise de plus en plus. Ils semblent considérer que l’alinéa 14 est une
sorte de clause générale d’incorporation qui est l’équivalent de l’art 55 pour la coutume. Ccons 82 :
requérant invoquait un principe de DI coutumier. Il a écarté le moyen comme non fondé => veut dire que
après examen il a considéré qu’il n’y avait pas de substance pour soutenir l’argument : donc a regardé
l’argument, ne l’a pas rejeté dès le départ (inopérant).

Ccons Statut de la CPI, 1999 : a fondé la coutume sur le statut de 46. Les juridictions ordinaires ont
commencé à faire pareil car ont cette méfiance traditionnelle envers la coutume et donc les juges ordinaires
préfèrent tjr invoquer soit des traités, ou des PGD.

CE, Aquarone, 1997 : le CE a écarté la coutume, jugé le moyen inopérant mais on voit que l’alinéa 14 peut
être le fondement. Se précise en 2011 : CE, Mme Om Hashem : a montré que changement d’esprit total à
l’égard de la coutume : a fondé expressément l’applicabilité de la coutume dans l’OJ fr sur l’alinéa 14.

3. S’agissant du DI dérivé des OI


résolutions qui ont besoin d’efficacité dans l’OJ interne. Mais ne rentrent pas dans le champ de l’art 55. Les
résolutions sont prises par l’habilitation prise dans un traité (Charte pour CS). Mais ce sont des AU les

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résolutions donc ne peuvent bénéficier de l’art 55 car ne sont pas des traités : incorporation automatique ne
marche pas donc ces résolutions ne sont pas publiées.

Donc incorporation par une transposition / transformation : il faut un acte interne de transposition .
Trib fr sont favorables à l’application des résolutions individuelles qui ont été publiées, peu importe où
à partir du moment où c’est d’un ministère pub. Le juge va même contourner le pb et son malaise se voit
dans le fait qu’il ne veut pas se prononcer : arme qui est la théorie des actes du gvt. => actes dits politiques
(pas jur par nature) qui ont une caractéristique : sont immunisés contre tout recours : on ne peut l’attaquer.

Actes touchant les RI, de diplomatie. Donc résolutions : juges se servent de cette théorie en disant que tout ce
qui est mesure interne d’exécution d’une résolution du CS que la FR applique dans l’ordre interne est un acte
de gvt. Juge est incomp donc.

§ 2. – Applicabilité du DI
une fois incorporé, le DI est-il traité comme l’est le droit étatique ?

A. Condition de validité constitutionnelle formelle : existence et régularité de


l’engagement

1. Article 55 C. : ratification ou approbation régulière


2. Pratique des tribunaux
« Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité
supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l'autre
partie. » => concerne la validité interne de l’engagement. Un requérant en particulier devant le JA va pv
contester le respect des conditions dans lesquelles l’état fr s’est engagé. On ne peut attaquer le traité
mais le décret d’application. Personne ne voulait contrôler l’art 55 avant, jusqu’en 98 (Blotzheim) : le CE a
admis le principe que le JA puisse contrôler si c’est soulevé devant lui le respect de l’art 55. Le juge doit
protéger l’exercice par le Pt des compétences que la C lui donne.

2000 : a applique cette jsp et a censuré un traité appliqué sans approbation parlementaire et a annulé le décret
de publication ds lors que la procédure d’engagement était irrégulière.

B. Condition de réciprocité internationale

Fait que le traité soit appliqué par les autres parties.

1. Art. 55 : « sous réserve (...) de son application par l’autre partie » (= réserve
de réciprocité)
Autre condition donc aussi nouvelle possibilité pour contester l’applicabilité d’un traité international.
que veut dire « sous réserve… » ?
Première réponse : s’intéresser au traité au moment de sa formation/conclusion : a t il été ratifié par les
autres, entré en vigueur entre FR et autres états ?
Deuxième : s’intéresser au stade de l’application du traité : est-il effectivement appliqué par l’autre
partie ?

2. Pratique des tribunaux


ère
Cass. civ. 1 , Kryla, 1994
CE, Chevrol Benkeddach, 1999
CE, Cheriet-Benseghir, 2010 (v. CEDH, Chevrol Benkeddach, 2003)

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Quelle condition pour voir si appliqué par l’autre partie ? on peut regarder si le juge doit l’autre partie, les
organes étatiques appliquent ce traité, qu’il a pris corps dans la législation interne… et comment on fait ça ?
le traité est il appliqué là bas ? comment le juge fait ? plein de pb concrets se posent (la langue par ex).

=> Les juges se sont défilés en ayant pdt lgt précisément cette attitude de poser la q au ministère des aff
étrangères. C’est ce que le CE a fait lgt. Divergence entre Cass et CE. Favorable à la Cass : a très vite
trouvé une parade pour s’en sortir en expliquant qu’elle va supposer que la condition de réciprocité est
acquise car tant que le traité est en vigueur en FR, elle ne l’a pas dénoncé et si elle était mécontente de
l’application du traité ailleurs elle le dénoncerait. Tant que le gvt n’a pas pris l’initiative de se retirer d’un
traité, la condition est présumée. Elle ne renvoie pas la q° au ministère des aff étrangères ainsi.

CE : plus laborieux. Dit qu’il ne lui appartient pas d’office de soulever la q. En 81 Rekhou s’est instaurée
cette q de renvoyer le litige à titre préjudiciel au ministère des aff étrangères . ingérence de l’exécutif dans le
judiciaire : FR fut condamnée bcp par la. A jugé que cette pratique pour le juge de poser une q au gvt
était une atteinte au procès équitable dès lors qu’il n’y a pas de débat contradictoire avec le ministère.

CE n’a pas changé sa pratique mais la q n’est plus préjudicielle et cela change tout. Soumet le cas au
ministère en demandant ses observations et éventuellement de l’autre état en cause, débat contradictoire et
avec elles le CE va apprécier lui mm si la condition de réciprocité est acquise ou non.

C. Condition de sens déterminé

1. Position du problème
pb d’identification de la consistance de l’engagement / d’interprétation
Condition de sens déterminé qui renvoie à un pb d’interprétation. voir la consistance de l’engagement :
l’interpréter mais qui a la compétence d’interpréter une norme ? Ce n’est pas une norme purement interne
malgré l’enveloppe donc vient du DI donc risque d’interprétation divergente. 3000 trib vont appliquer le
même traité mais comme chacun le fait pour lui mm donc risque d’interprétation, l’oblig ne sera peut être
alors plus commune alors que c’est la même règle.

Donc recherche d’unification en revoyant la q à une autorité qui pourrait donner une interprétation unique :
parfois on peut renvoyer à un trib international, dans le cas de l’UE, c’est même une obligation. A le
monopole de l’interprétation du DUE : la réponse de la CJUE oblige le juge qui a posé la q et fourni
une interprétation qui oblige tous les autres.

Sinon d’autres autorités : les exécutives donc ministères des aff étrangères : sont en relation entre eux et
ont les traces des réunions au cours lesquelles on a négocié les traités, ont les traces des ratifications etc. Pb
au niveau de la séparation des pv : demander au ministère a pour cque que l’exécutif deviendrait partie et
juge dans un même différend, en particulier devant les litiges admin.

2. Pratique des tribunaux


Cmt les trib ont fait : théorie du sens clair depuis lgt. Deuxième attitude : on faisait un renvoi préjudiciel
mais la réponse apportée va lier le juge. Le juge se sent priver de sa fct : dire ce que veut dire une norme.
Donc pendant lgt, puisque les juridictions admin n’aimaient pas ça, le CE a systématiquement dit que tout est
clair dans le traité.

Changement : CE, GISTI, 1990 : le CE a appliqué un traité et l’a interprété sans se réfèrer au sens clair, a
considéré qu’à partir de là, si la position du ministère peut lui être utile, il n’est pas lié par ça. Il a juste de
lui mm interpréter le traité. Donc revirement spectaculaire. Cass. : il est de l’office du juge d’appliquer les
normes qu’elle applique : Cass civ. 1e, Banque africaine de développement, 1995

Section II. – Invocabilité substantielle


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§ 1. – Objet et effet des normes des deux ordres juridiques :
analyse théorique
Q qui vise l’objet des règles internationales. => ce que disent concrètement ces règles et a qui elles
s’adressent. Vont elles imposer des oblig aux seuls états ou peuvent affecter la situation des sujets
internes ? C’est ce qu’en DUE on appelle l’effet direct d’une norme avec la q de savoir si une norme
matériellement internationale (formellement interne) fait naitre des dts, oblig au profit ou charge des
individus, dts que les individus pourraient faire valoir devant les juridictions ? Il y a des positions théoriques
très différentes. Que dit la norme : ce qqch dont elle en parle, en traite elle comme un objet de
réglementation ou comme étant un sujet de droit ? On doit se demander qui est le destinataire de la règle
et donc qui est le titulaire des dts et oblig que la règle énonce.

Ex de l’animal : ne doit pas rentrer dans un magasin. c’est une dispo normative car pose une norme jur. c’est
aussi une norme d’ordre général, une règle car tout ce qui rentre dans la caté animal rentre dans la règle.
Mais cette règle ne fait aucun sens car l’animal n’a pas de personnalité jur. l’animal n’est pas le destinataire
de la règle, il faut un sujet de droit. donc ça n’a aucun sens de formuler la norme comme ça car n’est pas
applicable. l’interdiction est destinée aux propriétaires qui sont les sujets de dt. l’objet n’a pas de droit à
réclamer protection. en revanche s’il est sujet cela change.

Les règles de DI qui généralement concernent des pers privées incorporées dans le droit interne envisagent
les individus comme des sujets du DI ou simplement des objets d’une réglementation internationale ? peut-
on invoquer un traité devant le juge car nous sommes objets ou sujets ?

A. Analyse « internationaliste » : deux ordres juridiques hétérogènes par leur


objet
lecture dualiste : normes internationales intéretatiques par leur origine (faites par état) et par leur objet
(régissent leurs conduites entre eux). Dans cette première analyse, le DI reste un engagement entre états,
cque : médiateté de la norme internationale : les individus ne sont traités qe comme des objets de DI,
sont intéressés par leur application mais ne sont pas les destinataires, cela reste les états. Il faut la
médiation de l’état, sinon il ne se passe rien. L’individu reste un objet et ne peut invoquer de droits
subjectifs.

B. Analyse « fédéraliste » : un seul ordre juridique homogène par son objet,


comportant deux sous- ordres
lecture moniste
Il y a un seul OJ homogène par son objet : les règles internationales peuvent avoir pour objet des normes qui
substantiellement seront les mêmes qu’en droit interne.
immédiateté de la norme internationale
sujets internes sont perçus et traités comme des sujets de DI. Mais n’ont pas d’action pour les faire valoir car
dans l’OJ international les individus n’ont pas accès aux trib internationaux. Donc décalage car sont
destinataires de la règle, en tirent des dts subjectifs immédiats mais dans OJ international ne peuvent
rien faire mais dans OJ interne n’ont pas besoin de l’Etat pour invoquer leurs dts subjectifs.

§ 2. – Solutions du droit positif


A. Réponse du droit international

Le DI ne s’intéresse pas de manière générale au statut interne des engagements internationaux. Ce qui
compte, c’est l’objet de la norme dans l’intention commune des parties : CPJI, Compétence des tribunaux de
Dantzig, avis consultatif, 1928. Traité entre Plogne et le territoire de Dantzig qui prévoyait des conditions de
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travail des employés de chemin de fer qui étaient favorables. Mais traité est convention entre états donc
particuliers n’ont aucun droit qu’ils peuvent faire valoir devant le juge. Mais dispo invoquées sont dans un
traité donc les destinataires exclusifs des normes sont les états et non les particuliers. donc ne sont que
sujets médiats du DI.

Cour dit : Selon un principe de DI, un traité ne peut comme tel créer directement des D&O pour les
particuliers. MAIS on ne saurait contester que l’objet même d’un traité dans l’intention des parties
contractantes puisse être que les parties adoptent ensuite dans leur OJ interne des règles qui vont créer des
D&O pour les individus qui pourront invoquer ces règles là. Ne peuvent invoquer directement le
traité.

=> en principe le traité ne crée pas de D&O invocables pour les particuliers => pas d’effet direct. Mais qd
l’objet du traité et que les états adoptent chez eux des règles qui vont créer des D&O chez les
particuliers. Double critère : objet du traité et intention commune des parties. Il faut que ça a été l’intention
des parties de faire ça.

Le DI ne veut pas donner de réponse trop radicale. Cette décision dit que les sujets internes ont
potentiellement la personnalité internationale lorsque ça ressort de l’intention des parties et l’objet du
traité qu’on va leur créer des droits. Est activé seulement si les états le veulent bien.

B. Application : casuistique de l’immédiateté


savoir si la norme est immédiate, d’effet direct, peut être invoquée par les particuliers mais pas de réponse
commune : c’est du cas par cas.

1. Indices de l’immédiateté
toute une série : objet de la règle : coutumière (jsp considère qu’un particulier ne peut s’en prévaloir pour se
plaindre de l’infraction par un état au DI) ou conventionnelle. Deuxième indice : finalité de la règle : que
veut elle faire, protéger les intérêts des individus ou des états ? ex convention d’extradition : une règle qui
dit dans la convention qu’aucun individu ne sera extradé vers son état de nationalité si ce dernier pratique
la peine de mort pour l’infraction commise; l’état de nationalité sera notifié avant que l’état procède à son
extradition nationale. est ce que les dispo énoncent des dts qui sont inconditionnels ou sont-ce des
engagements à légiférer ou réglementer ? « les EM prennent les mesures nécessaires pour… » -> cela
s’adresse aux états en priorité.
Autre indice : caractère opérationnel de la règle : est-elle auto exécutoire, peut elle telle quelle s’appliquer ou
a t elle besoin d’une dispo interne pour lui donner corps ?

2. Modes de solution du problème

solution « idéale » : réponse uniforme


Avec ces ≠ indices, pour résoudre la q de savoir si la règle s’applique immédiatement ou de manière médiate,
l’idéal serait une réponse uniforme. Si on n’a pas d’organe international pour donner une interprétation
uniforme, on a un pb. Le DI renvoie tjr au dt interne pour ces q avec le risque d’interprétation
divergente.

cas de la France
CE, GISTI, 2012. L’art 55 nous aide pas. dans cette situation de vide jur, la réalité est que la q et la
réponse est tranchée devant les trib en situation concrète. Cette situation est instable dans la manière dont
elle applique les indices.
Q de méthode s’est posée : faut il donner une réponse globale pour le traité entier ou cas par cas pour
chaque disposition ? les deux ordres de juridiction ont fait deux choses différentes, c’est pour ça qu’on se
pose la q. ont tjr considéré qu’il faut dispo par dispo.

- le JJ avant avait tendance à raisonner en bloc : considérer l’ensemble du traité, et dire qu’il n’est pas
d’effet direct.
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- ensuite, s’agissant du principe même de savoir si le traité peut être invoqué par individus devant elle :
décision en 93 a dit que la conv sur dts de l’enfant n’est pas invocable par les individus devant elle.
revirement 2005 : 1e civ a reconnu l’invocabilité directe pour deux dispo de la conv. entre temps, tous les
instruments de protection des DH sont invocables.

- le JA a commencé par GISTI 1997 où CE a donné premiers indices qui seraient sa jsp qd oui ou non une
dispo peut être invoquée. a dit qu’une dispo conventionnelle qui donne pas de dts subjectifs ne peut
être invoquée car n’est pas claire, précise et inconditionnelle (comme directive communautaire). Si ces
critères sont remplis, la dispo pourra être éventuellement invoquée.
- ensuite, décision où a reconnu l’effet direct de la conv dts de l’enfant en motivant par intérêt supérieur de
l’enfant.
- décision GISTI 2012 : considérant de principe copié collé dans toutes ses décisions : les dispo d’un traité
introduites dans l’OJ interne conformément à art 55 peuvent utilement être invoquées (d’effet direct) dès
lors qu’elles créent des droits dont les particuliers peuvent directement se prévaloir. mm chose que 97. CE
continue en disant qu’une dispo doit être reconnue d’effet direct lorsque eu égard à l’intention des
parties et à l’économie générale du traité (son but) ainsi qu’à son contenu et ses termes (cmt formulé),
la dispo n’a pas pour objet exclusif de régir relations entre états et que la dispo ne requière pas
l’intervention d’un acte complémentaire pour produire des effets à l’égard des particuliers. Donc 5
conditions. Et l’absence de tels effets entre ces états ne saurait être déduite de la seule circonstance que la
dispo désigne les états parties comme sujets de l’oblig. => ne suffit pas que la norme paraisse désigner
des états comme les sujets pour dire que les individus sont des objets.

CHAPITRE II. – RANG INTERNE DES NORMES RÉSULTANT


D’ENGAGEMENTS INTERNATIONAUX
Section I. – Analyse théorique

A. Réponses possibles du DI

perspective fédéraliste (= moniste) : rapport de validité entre deux normes


comment positionner DI par rapport à droit interne. Le DI est supérieur au droit interne : évident. l’objet
du DI repose sur cette prémisse que si il y a un conflit entre les deux, le DI l’emporte. Sauf que supériorité
peut vouloir dire qu’une norme interne non conforme au DI ne serait pas valide. veut dire qu’il faut rendre
inapplicable les normes internes incompatibles car ne seraient pas valides. donc veut dire que les organes
internes devraient déclarer toutes ces normes incompatibles inapplicables en vertu du DI.

perspective internationaliste (=dualiste) : rapport de primauté entre deux normes


Deuxième manière de voir les choses, de comprendre la supériorité : la comprendre comme un rapport de
primauté. si deux normes entrent en conflit, pas un pb de validité ici. elles sont incompatibles
substantiellement. Comme le DI est sup, une seule norme pourra être efficace dans l’OJ interne, y produire
les effets qu’elle veut : c’est la norme internationale. la norme interne n’est pas annulée, elle reste valide, on
n’a juste pas le droit de l’appliquer
=> dans ce rapport, il est possible que dans l’OJ interne il y ait plein d’éléments déviants. Ce n’est pas un pb,
c’est toléré car la coexistence de normes contradictoires ne posent pas de pb. Ce qui cause pb c’est si on
appliquer la norme interne qui est contraire à l’internationale => état risque d’engager sa resp
internationale. DI interdit d’appliquer le droit interne, mais on peut l’adopter. Deux normes peuvent
tout à fait coexister mais dans un cas concret on ne peut en appliquer qu’une des deux : l’internationale droit
primer en somme.

B. Réponses possibles du droit interne face à cette exigence


formule dualiste

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admet la supériorité du DI mais lui aussi va le faire selon deux modalités différentes qui conduisent à des
statuts différents. Le rang du DI sera déterminé par le rang de l’acte de réception / transposition. ALL :
il faut une loi, donc les normes du traité ne peuvent avoir que valeur législative.

formule moniste
FR : art 55 détermine pour toutes les normes conventionnelles futures la manière dont elles vont être
incorporées et donc le rang. Compliqué : Certains admettent la supériorité du DI mais sinon des auteurs
disent que c’est l’inverse car le rang du DI chez nous est déterminé par notre C. C’est toujours d’une norme
interne que va dépendre le rang donné à une norme internationale selon ces auteurs.

Section II. – Solutions du droit français


A. Position du problème

Comment il appréhende ces situations de conflit de rang du DI une fois incorporé. Touche le pb de la
conventionnalité des normes de droit interne. Norme interne conforme à un traité ? Que se passe t il si elles
entrent en conflit pcq non ?
Une norme de DI ne peut en aucun cas annuler une dispo interne, quelle qu’elle soit, elle ne peut que
obliger l’Etat soit à la faire disparaitre soit devra laisser inappliquée la norme interne qui pose pb.

Art 55 : système dualiste (FR par ex) n’interdit pas en tant que telle la production de dt fr qui serait contraire
au DI. En revanche, au stade de l’application, le juge doit traiter une norme interne à laquelle ils ont affaire
contraire au DI comme il traiterait un cas d’élément contraire à une loi. On doit appliquer les évents internes
contraires au DI.

Sauf que les juges ont encore ajd une sorte de tendance à l’auto restriction au sens où on est
récalcitrant de ne pas appliquer son droit interne pour faire appliquer le DI. Participe de la culture jur
fr, de la sdp. Les juges ont invoqué la théorie des actes de gvt et législateur c’est pareil : si on a une loi qui
entre en conflit avec traité, on n’applique pas la loi et pourtant c’est resté inappliqué et ça tient au malaise
des juridictions fr de laisser inappliquées des dispo législatives produites par législateur fr.

Faire ça produit un autre pb : on applique la loi au détriment du traité et donc on est en violation de la C.
cette tendance à l’auto restriction des juges résulte de l’exigence constit de faire primer traité sur loi et de
l’autre cote l’exigence plus large de respecter sdp, pas écarter une loi faite par le Pt car sensée être parfaite.
Pb encore derrière : DI peut embêter la FR : si juge fr fait primer une loi fr contraire à un traité sur ce traité,
une juridiction peut la censurer car engage sa resp internationale.

B. Droit positif (s’agissant du droit conventionnel spécifiquement)

1. Hypothèse (1) : conflit entre norme conventionnelle et norme de rang


inférieur à la loi
Situation la plus simple car la réponse est très claire : les juges admin fr n’ont aucun mal à annuler des AA
quand ils sont illégaux. Donc en effet, c’est également ce qu’ils font qd ils à juger d’un AA par rapport à un
traité.

2. Hypothèse (2) : conflit entre norme conventionnelle et norme de rang législatif

a. Supériorité du traité : inexistence de voies d’annulation de la loi

=> supériorité du traité à la loi, pb ? ce ne peut vouloir dire qu’il y a un rapport de validité car il suffit de
regarder comme le Ccons a donné réponse à cette loi : pas de voie d’annulation de la loi. Une loi qui
entrerait en conflit avec un traité ne pourrait être annulable, c’est infaisable. Pq ? Car juridictions
ordinaires sont incompétentes juridiquement => ne peuvent invalider la loi.
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Ca laisse que la possibilité du Ccons mais ce dernier lui non plus ne peut rien faire : Cons. const., 74-54
DC, IVG, 1975. Crée distinction entre contrôle de constit et de conv des lois. On l’a saisit pour faire contrôler
la loi IVG et il y avait un argument soulevé : la loi IVG était contraire à la CEDH (droit à la vie). Disaient
que ct contraire à un traité.
- La C dit que le traité est sup à la loi (art 55) donc la CEDH est sup à la loi IVG.
- Ensuite, la loi qui légalise l’IVG est contraire à la CEDH et donc elle est aussi nécessairement contraire à
la C (art 55)
- Donc les auteurs de la saisine étaient conscients que le Ccons n’était que compétent pour contrôle de
constit. Disaient que ne pas contrôler la loi par rapport à CEDH reviendrait à la violation de la C car
reviendrait à ne pas donner son plein effet à l’art 55.

Arguaient que c’était un contrôle de constit. Ccons a répondu qu’il ne pouvait faire ce type de contrôle. N’est
compétent que pour contrôler la constit des lois et a précisé que l’argument des auteurs de la saisine ne
marche pas car une loi contraire à un traité n’est pas forcément contraire à la C.

=> Juridictions ordinaires ne sont pas compétentes pour annuler une loi en vigueur et le Ccons qui aurait pu a
estimé qu’il ne l’est pas non plus. Ne peut empêcher la promulgation sauf s’il trouve contrariété par rapport à
C. Avec cette décision, on voit qu’en définitive ce qui est contraire à l’art 55, c’est que les organes
exécutifs et juridictionnels appliquent effectivement cette loi ou cette réglementation.
=> Supériorité du traité ne veut pas faire qu’on peut annuler une loi contraire.

b. Primauté du traité : voies tendant à l’inapplication de la loi

Donc art 55 veut dire primauté du traité : pas d’annulation mais inapplication de la loi. Mais ce n’est pas
allé de soi. La pratique antérieure a consisté à littéralement éviter la q du conflit. fut appelée doctrine Matter.
Ccass en 1931. Le commissaire de gvt Matter a suggéré cette manière de procéder.

A titre principal, qd on est dans une situation où traité et loi peuvent s’appliquer, les juridictions vont
appliquer une présomption de compatibilité totalement artificielle. On présume que les deux sont
compatibles : on cherche à éviter de déclarer qu’il y a un conflit. On force l’interprétation. Raison : si pas de
conflit, les normes ont la même substance, donc le juge fr peut en toute bonne conscience appliquer la loi fr.

De plus, à titre subsidiaire, si on arrivait pas à forcer suffisamment l’interprétation, on a qd même appliqué
la loi : application adage lex posterior : loi postérieure même contraire au traité est appliquée. Donc en vertu
de cette doctrine et de la possibilité de toujours forcer l’interprétation, on a réussi à presque
systématiquement appliquer la loi au détriment du traité.

C’était encore acceptable jusqu’à la C de 1958, mais il arriva ensuite l’art 55 et ce fut devenu
problématique : c’est ignorer une dispo constit qui oblige les juges du coup. Dura jusqu’en 1975 pourtant.
Mais certaines juridictions éparses s’écartaient de la doctrine Matter. La rupture s’est produite en 1975 par la
Ccass. Cass ch. mixte, Sté des Cafés Jacques Vabre, 1975 => a tendu la perche que le Ccons a tendu aux
juridictions ordinaires. Elle s’est engouffrée dans la brèche : on peut au moins laisser inappliquée la loi
contraire.
CE, Aquarone, 1997

Juridictions admin : situation plus chaotique et bloquée. eu recours à théorie des actes de gvt en vertu de
laquelle un traité n’était pad inondable devant le juge car rentre dans relations diplomatiques qui sont
prérogatives de l’exécutif donc intouchables. Même après Jacques Vabre, le CE s’est obstiné à faire primer
la loi sur le traité en vertu de la théorie de la loi-écran : loi interne même quand contraire au traité fait
écran entre AA et traité. Révolution : CE, Nicolo, 1989. Ca n’a pratiquement plus posé pb après ça. Juges
n’ont plus réticente à écarter une loi postérieure au traité si elle est contraire au traité : application de l’art 55.

3. Hypothèse (3) : conflit entre deux normes conventionnelles

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CE, Kandyrine de Brito Paiva, 2011
n’avait jamais été exposée devant un juge. Un juge fr est dans un litige et les normes invoquées devant loi
sont toutes tirées de traités différents qui ne disent pas la même chose. Le juge a été confronté à ceci.
Réponse : considérant de principe dans lequel il y a le mode d’emploi de gestion d’un tel conflit. Déclaration
de principe : qd JA est saisi d’un recours contre un acte qui porte publication d’un traité, il ne lui
appartient pas de se prononcer sur la validité de ce traité au regard d’autres engagements
internationaux. => pas une q de validité. En revanche, les stipulations conventionnelles sont incompatibles
entre elles : il admet qu’on a un conflit.

- va vérifier après avoir que les dispo sont entrées en vigueur dans l’OJ interne (incorporation) si
l’incorporation a été faite régulièrement : les deux sont en vigueur pour l’instant mais sont contraires
- fait une interprétation : essaye de voir comment doivent être appliqués respectivement en les interprétant
de manière à assurer leur conciliation
- si n’y arrive pas, le JA va faire application de la norme dans le champ de laquelle la décision admin
contestée a entendu se placer => regarde quel est le champ matériel des deux traités qui est le plus
proche de la décision de la juridiction admin écarte la plus lointaine : utilise un critère de connexité. il
laisse inappliqué un traité alors. La FR peut alors engagée sa resp internationale à cause de cette affaire
là car a écarté un traité.

4. Hypothèse (4) : conflit entre norme conventionnelle et norme de rang


constitutionnel

Ccass et CE ont reconnu que la C prime sur les traités. Cette supériorité est posée comme une évidence,
il a simplement fallu le dire dans les décisions mais ça n’a pas toujours été aussi clair. Résoudre le conflit :
Cons. const. : contrôle préventif au titre de l’art. 54, résolution a priori des conflits virtuels mais bcp
de traités ont échappés
juridictions ordinaires : résolution a posteriori de conflits réels : non-application de la norme
conventionnelle

CE, Koné, 1996 : fut posé la solution inverse : traité prime sur loi mais C prime sur traité. le CE était saisi
d’un décret d’extradition qu’on lui demandait d’annuler. Il y avait un traité d’extradition entre FR et Mali.
L’extradition était accordée et embêtait car le traité ne contenait pas une dispo habituellement classique qui
est que l’extradition doit être refusée si elle a un but politique. CE voulait annuler mais le décret était légal.
CE a fait preuve d’ingéniosité : a inventé un PFRLR en disant que l’extradition doit être refusée qd elle
est demandée dans un but politique, c’est à valeur constit. Or, une conv d’extradition qui ne mentionne
pas expressément cette condition (« doit être interprétée conformément à ce principe »), le JA a écarté le
traité en disant qu’il doit appliquer sa C nationale.
CE, Sarran, 1998 + Cass. plén., Delle Fraisse, 2000 : « la suprématie conférée par l’art 55 aux engagements
internationaux ne s’applique pas dans l’ordre interne aux dispo de nature constit »

THÈME 6
ÉVOLUTION DES ENGAGEMENTS
INTERNATIONAUX
Comment admettre que ce que veut un Etat a un impact sur tous les autres ? Il y a des actions individuelles
qui se rejoignent et se combinent et produisent un effet de DI particulier.

CHAPITRE I. – PAR ACTION CONJOINTE


Section I. – Amendement ou modification de l’engagement
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A. Notions et position du problème
Amendement ou modif : on parle de révision en droit interne. Révision : mot écarté mais expression
générique donc encore parfois utilisé. Conv Vienne parle d’amendement et modification. Art 40 et 41 :
traité est changé par toutes les parties : amendement. modif : changé par certaines parties, mais donc on
reste d’avoir deux versions ? version initiale et la modifiée qui va obliger ceux qui ont produit la
modif. Si le traité lui même contient des clauses finales qui disent que le traité ne peut être changé par ex, on
ne change pas : traité est lex specialis sur la Conv Vienne.

B. Régime

1. Conditions de validité
modification
art 41 conv vienne : certaines parties se rendent compte que finalement le traité tel qu’il est n’est pas assez
sévère mais pas d’accord général sur ça donc certaines parties décident de changer. « sous réserve de ce que
dit le traité lui même » : conclure un tel accord n’est autorisé qu’à certaines conditions restrictives :
- traité doit prévoir expressément cette possibilité.
- traité ne doit pas interdire la modif qui concrètement est envisagée à la condition que cette modif concrète
ne porte pas atteinte à la manière dont les autres parties au traité vont pv jouir des droits dont ils
disposent par ce traité.
- modif ne peut pas porter sur une dispo à laquelle si on y touche on touche également à l’objet et le
but du traité.

amendement
entre toutes les parties. art 40. ce changement est possible dans tous les cas. parties ont le seul droit à
participer à la négociation de l’amendement.

2. Acquisition de la décision
Comment la décision va être prise ? avant majorité à unanimité. mtn art 39: un traité peut être amendé par
accord entre les parties. peu importe leur nombre. la règle de majorité est définie au cas par cas mais le plus
souvent c’est majorité renforcée.

3. Effets
deux instruments : traité et accord portant amendement. donc deux types de régime conventionnel. Art 40 § 4
et 5.
- D’une part §5, les relations entre états parties à l’amendement régies par le nouvel accord.
- D’autre part §4, rapports entre états qui sont parties à l’accord qui porte amendement et ceux qui ne
sont pas parties à l’amendement, qui restent donc parties au traité initial. il va falloir appliquer le
traité initial si le deuxième état partie ne se voit pas opposable l’accord amendé.

Section II. – Survenance d’obligations postérieures


engagement international change car survient plus tard une autre oblig internationale => conflit entre norme
antérieure et nouvelles normes produites. Ces oblig postérieures peuvent être conventionnelles et
coutumières. traité : succession des engagements dans le temps est très courant. Ne sont pas fait au mm
moment mais doivent être exécutés simultanément car une fois en vigueur pour un état, a l’oblig de respecter
simultanément l’ensemble des oblig qu’il a contracté.

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§ 1. – Conclusion d’un nouvel engagement conventionnel
A. Position du problème : la succession d’engagements incompatibles

B. Résolution de l’incompatibilité

1. Par le droit conventionnel

déclaration de compatibilité : états qui négocient entre eux un traité croissent d’introduire dans leur traité une
clause qui établit des critères hiérarchiques. peuvent le faire de deux manières :
- Hypothèse 1 : cas où dans un traité on insère une clause qui dit que ce traité qu’on conclut se
subordonne à un autre. le traité va fixer à l’avance pour lui mm sa place dans l’ordre de priorité en
cas de normes concurrentes. lorsque le traité déclare pour lui même qu’il est compatible avec un autre
traité, et énonce qu’il n’y aura pas de conflit. art 30§2 conv vienne.
- Hypothèse 2 : le traité antérieur veut subordonner le traité postérieur. cas où un art admet par avance
que les états parties pourront conclure des accords dérogatoires au traité initial mais seulement d’une
manière qui ne soit pas incomp avec principes et objectifs de la conv. des traités successifs sont
possibles, ils vont pv coexister simultanément mais c’est le traité antérieur qui va primer en cas de
conflit. cque : traité antérieur ne peut pas invalider un traité postérieur qui entrera en conflit avec lui mais
peut imposer qu’il soit inapplicable.

2. Par le droit international général

On peut appliquer principe lex posterior si mêmes parties mais les deux traités doivent porter sur la
même matière mais si l’un est plus spécifique que l’autre : lex specialis. On va distinguer selon
l’opposabilité :
- on a d’un coté les relations entre états parties aux deux traités pour lesquelles les situations sont très
simples :
- si les deux traités sont compatibles entre eux, on prend le plus récent
- si pas compatible les deux traités, il faut appliquer le traité initial et ça ne devrait même pas exister
car ça veut dire que le traité postérieur est illicite
- un est partie aux deux traités et l’autre seulement à l’un des deux : on fait jouer lame principe de l’effet
relatif des traités (on peut opposer une norme conventionnelle qu’aux états parties) et de l’opposabilité.

Il faut toujours regarder quelle est la norme qui est possible aux deux états parties et c’est nécessairement
celle là qu’il faut prendre.

Hypothèse 1 : traités successifs liant les mêmes parties


Hypothèse 2 : traités successifs ne liant pas les mêmes parties
dans les relations entre parties aux deux traités
dans les relations entre Etat partie aux deux traités et Etat partie à l’un seulement des deux

§ 2. – Apparition d’une nouvelle norme coutumière


Embarrassé car hypo que conv vienne ne prévoit pas. Traité et coutume dans DI sont de puissance
juridique égale. Donc on ne peut pas raisonner en terme de rang. Donc, l’application sera régie par la règle
lex posterior. Le traité deviendra caduque ou désuet.

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§ 3. – Apparition d’une nouvelle norme de jus cogens
Situation particulière : nouvelle norme de droit impératif : tout traité existant qui est en conflit avec cette
norme devient nul et prend fin. Ici c’est de la validité car on parle de nullité, non de l’applicabilité. C’est la
seule trace de hiérarchie des normes qui existe en DI.

On s’en rend compte avec art 44 conv vienne : divisibilité des dispositions. prévoit l’hypo où on peut diviser
le traité en pièces détachées. on peut diviser la norme incompatible et le reste du traité reste en vigueur.

CHAPITRE II. – PAR ACTION CONCERTÉE SUITE À UNE


INITIATIVE ÉTATIQUE UNILATÉRALE
Un état unilatéralement prend une initiative et aura un effet sur l’action des autres états. On veut donner aux
états la possibilité de se délier d’un engagement sans rendre ce désengagement trop facile pour préserver la
sécu jur des autres.

Section I. – Evolution résultat d’un défaut de validité : nullité


Première chose qui peut se produire : que l’engagement soit nul. Qqch affecte sa validité. Un état va
l’invoquer, aimerait faire valoir la nullité de ce traité.

§ 1. – Défaut de validité externe : les vices du consentement


sa formation, ce qui est formel : comment le traité a été produit, comment fut formé. ce qui peut vicié le
traité en terme de pt, c’est comment le consentement s’est exprimé : théorie des vices du consentement.
Peut toucher au consentement d’après des règles constit internes ou des règles internationales.

A. Irrégularités au regard du droit interne: violation des règles


constitutionnelles relatives à l’expression du consentement
=> règles constit sont en cause, précisent dans quelles conditions l’état peut donner son consentement à être
lié par un traité (ratif, promulgation, publication…). Deux pb :

- problème de compétence : règles internes qui attribuent comp à tel organe n’ont pas été respectées =>
c’est une autorité incompétente qui a opéré à la ratif : ratif « imparfaite ». Le premier état fait valoir que
son consentement est vicié car la C interne prévoit que c’est le PdR qui aurait du intervenir alors que c’est
une autre autorité qui a procédé à la ratif. Pdv du droit interne c’est un gros pb mais pdv DI problème
moindre car autres états ne connaissent pas les exigences constit fr par ex. doivent faire confiance au fait
que l’autorité est bien la compétente. Conv vienne a essayé de trouver une formule de compromis : art 46.
Le fait qu’une autorité incompétence a exprimé le consentement de l’état ne peut être invoqué par
l’état pour se désengager, c’est son pb, il n’avait qu’à vérifier. SAUF SI la violation interne qui a été
commise était si manifestement une violation que n’importe quel observateur extérieur pouvait se douter
qu’il y avait pb : question de BF de l’état.

- problème de restriction du pouvoir : des représentants ont pv pour tout, mais bcp de cas dans lesquels on
donne un pv particulier au représentant qu’on envoie sur la scène internationale. on peut envisager que ce
représentant avait vu son pv restreint par l’autorité interne dont il dépend et s’il n’a pas respecté cette
nouvelle restriction, l’état en cause peut quand il s’en rend compte faire valoir ce non respect de la
restriction et essayer de faire en sorte que le traité soit nul de cette manière là. En principe, si le
représentant ne respecte pas cette restriction, c’est le pb de l’état. Raison : les autres états contractants
n’ont aucune raison de savoir précisément quelles sont les habilitations données aux représentants, toute
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cette cuisine interne. Solution de compromis : art 47. sauf si la restriction de pv avait été notifiée à
l’ensemble des autres contractants. CIJ, Frontière terrestre et maritime entre le Cameroun et le Nigéria,
2002. —> CIJ a appliqué la conv vienne en disant qu’une restriction de pv de l’autorité qui a engagé l’état
ne peut être considérée comme étant manifeste si elle n’a pas au minimum été rendue publique de manière
appropriée.

B. Irrégularités au regard du droit international

1. Motifs...

...tenant exclusivement au consentement exprimé : erreur —> cas du consentement faussé=>celui qui
s’engage croit vrai qqch qui ne l’est pas. art 48 insiste dessus, c’est la condition que cette erreur porte sur un
fait que l’état a cru existait au moment où le traité a été conclu et qui était une condition pour que l’état
ratifie le traité.
... tenant à un comportement illicite du cocontractant : dol (consentement est faussé car l’état croyait
vrai qqch qui ne l’est pas : erreur causée par l’autre co contractant, l’autre l’a trompé art 49), corruption
(représentant a donné son consentement uniquement car a été corrompu par un autre état participant à la
conclusion du traité), contrainte (cas singulier : a donné son consentement uniquement car a été l’objet de
contrainte : 1- exercée contre le représentant 2- exercée contre l’état lui-même ( = recours à la force))

2. Sanction
nullité du traité mais puisque la validité n’est pas connue en DI (seule opposabilité), on a calqué sur le
modèle du droit interne.

nullité relative
créée pour protéger les co contractants en droit interne. le bénéficiaire du régime de protection est le seul à
pv l’invoquer, celui qui a subi l’erreur, le dol, l’erreur… juge ne peut le soulever d’office.
nullité absolue
c’est la sanction d’atteinte à l’IG. elle peut être invoquée par toute personne qui y a intérêt et doit être reliée
d’office par le juge en droit interne.

DI ignore cette distinction, ne connait que les relatives. Pas complètement vrai car conv vienne contient
bien cette ≠ : consacre les deux types. Ne sont pas appelées comme cela : dispo sur erreur, dol, contrainte,
on voit que c’est ça qui est en cause. d’ou sort cette ≠ ? erreur : art 48 commence par « l’état peut invoquer
une erreur comme viciant son consentement ». dol : « si un état a été amené par une conduite frauduleuse,
peut invoquer le dol comme viciant son consentement ». incompétence en droit interne : « le fait que le
cosnnetement de l’état a été exprimé par une autorité incompétente ne peut être invoqué par cet été comme
viciant son consentement ». contrainte : art 52 « Est nul tout traité dont la conclusion a été obtenue par la
menace ou l’emploi de la force » : n’importe qui peut l’invoquer, y compris des états non parties au
traité donc nullité absolue.

§ 2. – Défaut de validité interne : l’illicéité de l’objet


qqch qui affecte la substance. l’objet est en soi même illicite. C’est une situation qui n’est pas caractéristique
du DI. Les états ont conclu un traité sur quoi ils n’avaient pas la liberté de contracter. L’objet est illicite : une
seule situation où l’objet du traité peut être illicite : s’il contrevient à du droit impératif, sinon les états
ont une liberté totale.

A. Position du problème : hiérarchie des actes et hiérarchie des normes


pb du droit impératif : DI ne connait pas de hiérarchie des normes. Cette logique de validité car contradiction
entre deux normes est étranger en DI, on parle toujours de primauté (on écarte un et applique l’autre). Mais
les traités sont tous des actes jur de valeur équivalente. En revanche DI connait une hiérarchie seulement

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avec l’objet de la norme : on touche au contenu des normes, idée qu’il pourrait y avoir une hiérarchie
de la substance de certaines normes : c’est reconnu ajd mais n’est pas allé de soi.

En terme de resp doit on établir une hiérarchie des infractions ? Comme en DI ? Cette idée existe dans le
droit pénal du DI : crimes internationaux. C’est uniquement dans cette branche là. A part cette
branche, n’importe quel fait illicite est une infraction : donc des oblig de DI ne sont pas plus importantes que
d’autres.

B. Statut du droit impératif : indérogeabilité


Mais le concept jur de droit impératif existait : il existerait des norme sup à d’autres à cause de l’objet sur
lequel elles portent, ce qu’elles protègent. Ces normes supérieures ont un statut particulier qui est d’être
absolument indérogeable. Conv vienne parle du droit impératif aux art 53 et 64. 53 : « Est nul tout traité
qui, au moment de sa conclusion, est en conflit avec une norme impérative du droit international général. Aux fins de la
présente Convention, une norme impérative du droit international général est une norme acceptée et reconnue par la
communauté internationale des Etats dans son ensemble en tant que norme à laquelle aucune dérogation n’est permise
et qui ne peut être modifiée que par une nouvelle norme du droit international général ayant le même caractère . »

Le principe qui faut retenir : un traité qui au moment où il est conclu entre en conflit à cause de l’objet sur
lequel il porte avec une norme de droit impératif est norme : cas de nullité absolue. Un tel traité est
considéré comme jamais formé. Ce statut est exceptionnel en DI : logique de relations intersubjectives.
Aucun état ne peut se soustraire au droit impératif. Ce sur quoi il porte n’est pas à la disposition des
états, ne peut conclure un traité dont l’objet va à l’encontre d’une norme de droit impératif. Une règle
de droit impératif est une règle qui ne souffre d’aucune dérogation.

C. Identification
Qu’est le droit impératif ? art 53. Norme acceptée et reconnue par le DI dans son ensemble en tant que norme
à laquelle aucune dérogation et ne peut être modifiée que par une norme de droit impératif ayant le même
caractère. 1e piste : la seule autorité qui a le droit de dire ce qui relève du droit impératif et n’en relève pas
c’est cette communauté internationale des états dans son ensemble. Les états en tant que communauté
internationale et non pris individuellement ou même collectivement.
2e piste : forcément déjà formalisée dans le droit positif : ce n’est pas qqch qui est créé, ça existe déjà, il
s’agit de la détecter et de dire que cette norme-là est du droit impératif.
3e piste : acceptée comme étant une norme => règle de droit. Cela rappelle une autre expression : art 38
statut de la cour sur la coutume qui est la preuve d’une pratique générale acceptée comme étant du droit. On
y reconnait que le droit coutumier est le seul qui peut alimenter le droit impératif, c’est nécessairement
du droit coutumier que va surgir du droit impératif.

Incertitude : pb principal est que cette définition n’est pas opérationnelle, elle ne reflète pas la réalité de la
situation, « dans son ensemble » montre qu’on a voulu créé cette autorité mais qu’est-ce que c’est que la
communauté internationale ?

Il faut que ce soit tous les états et il faut chercher dans leurs déclarations politiques la preuve qu’ils admettent
que ceci est de valeur de droit impératif. La manière dont la conv vienne a formulé ça a cherché à mettre à
distance les états pris individuellement.

communauté ≠ ensemble des états : organe à part entière qui est le seul à avoir le pv de reconnaitre du droit
impératif. pb : la communauté est une belle idée mais n’existe pas. C’est un concept juridique mais qu’y
a-t-il derrière ? Elle n’a pas les moyens d’exprimer son opinion. Qui serait l’organe ou le représentant de
cette communauté ? Ce pourrait être les Nations Unies mais il n’y a pas tous les états dedans. Elle regroupe
le plus d’états dedans mais ce n’est pas suffisant. Il faut être un état : que fait on des territoires qui en droit
on un statut contesté mais qui y siègent quand même car y sont admis en tant que membres ?
Où est cette communauté ? On en a jamais entendu parler autrement que par le biais de certains états à qui
d’autres autorités politiques imputent la qualité de porte parole d’opinion.

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D’où vient le droit impératif alors ? ex : interdiction recours à la force, esclavage, piraterie. Un moment où
qqlq va dire que cette norme est du droit impératif : le juge. Il est hyper puissant. Il maintient la fiction
en faisant comme le juge en droit interne quand il déterre un PFRLR. Il va dire ceci est une norme de droit
impératif alors que c’est la communauté qui est la seule autorité pour le faire mais elle n’a pas de volonté
propre, ni de moyens pour l’exprimer.
D. Fonction
Sa fct est très claire : une fct d’ordre public. La logique essentiel du droit impératif est d’être soustraite au
jeu des volontés en DI. => Le droit impératif est opposable à tous indépendamment d’un quelconque
consentement.

Par le comportement on peut le violer mais on ne peut conclure un traité qui entre en conflit avec une nome
de droit impératif sans voir ce traité frappé de nullité. Sa fct est de limiter la liberté des états de passer des
traités. N’ont pas le pv de rendre valide entre un traité qui cherche à y apporter ne serait-ce qu’un
infléchissement.

C’est un mécanisme de défense de l’OP qui est une bonne chose intellectuellement mais il n’est assorti
d’aucune protection institutionnelle. Il n’existe aucun juge qui représenterait la communauté internationale et
qui serait obligatoire. C’est une schizophrénie du DI. C’est un mécanisme de droit objectif auquel
correspond aucune garantie de son efficacité qui serait objective aussi. On a créé le concept mais DI
n’est pas équipé des outils pour garantir son efficacité. L’existence du droit impératif n’est plus contestée
mais la notion elle même est très difficilement opérationnelle.

CIJ, Immunités juridictionnelles de l’Etat (Allemagne c. Italie), 2012 : affaire portée par l’ALL c l’Italie.
ALL a été condamnée malgré immunité, c’est monté jusqu’aux juridictions suprêmes. Elle a saisi la CIJ pour
contre attaqué l’ITA. Elle a demandé à la cour de dire que l’Italie a violé le principe coutumier des
immunités juridictionnelles de l’Etat. Le consentement à l’immunité devait céder quand ce pq il s’agit de
juger l’Etat sont des crimes contre l’immunité : la gravité des crimes fait que l’immunité doit s’infléchir
mais la CIJ a dit non. L’immunité est un principe qu’on ne peut infléchir peu importe le crime.
Juridictions italiennes ne pouvait infléchir le principe d’immunité au motif que les crimes de l’ALL
étaient des crimes c l’humanité.

Section II. – Evolution affectant l’applicabilité de l’engagement :


extinction et suspension
annulation : pour le passé aussi. extinction juste avenir. conv vienne donne des motifs qui peuvent être
invoqués pour conduire à l’extinction ou suspension d’un traité.

§ 1. – Evolution résultat de la volonté d’une partie : la


dénonciation (proprement dite)
A. Notion
=> volonté de l’une des parties, elle souhaite quitter le régime conventionnel, purement unilatéral et
c’est appliqué par juridictions internes. Conçu par ressort du pv exécutif.

B. Régime
N.B. : s’agissant de la dénonciation proprement dite, les §§ 4 et 5 ne valent pas.

- le traité va prévoir expressément les conditions dans lesquelles il se termine lui-même, dans clauses
finales surtout (cas pour la CEDH qui prévoit ses propres conditions de dénonciation en indiquant qu’il
faut laisser passer un délai de 5 ans de participation avant de pv la dénoncer, après on peut notifier la

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dénonciation mais elle ne prendra effet qu’après un préavis de 6 mois, l’état sera ensuite seulement
désengagé) : pas besoin de motiver
- si traité ne dit rien, c’est la conv vienne qui intervient. Si le traité dit autre chose c’est lui qui prime, la
conv est supplétive. conv vienne art 56 : la dénonciation est impossible si le traité ne le permet pas. La
conv vienne est un régime plus serré car l’état doit notifier son intention 12 mois à l’avance avant de
pv être effectivement désengagé. Cque :
- pour traités bilatéraux extinction du traité
- multilatéraux : traité subsiste dans les relations entre tous les états, seul l’état qui dénonce est délié.
exception : un traité peut tjr prévoir autre chose et certains prévoient qu’une seule dénonciation entraine
la caducité de l’ensemble des instruments, ou si le traité perd trop d’états parties, la dénonciation d’un
état à un moment devient une condition résolutoire.

Mais l’effet extinctif ne peut pas être présumé.

§ 2. – Evolution résultat du comportement d’une ou plusieurs


parties : motifs d’extinction ou de suspension (1)
A. Violation du traité (art. 60 CV)

1. Principe : exception d’inexécution (inadimplenti non est adimplendum)


même que celui qui existe en droit interne : exception d’inexécution qui reflète l’idée qu’une partie au
contrat ne peut pas exiger de son co contractant que lui continue à exécuter ses oblig si lui ne l’exécute pas.
La réciprocité est sensée être celle dans l’exécution. On est pas tenu d’exécuter envers celui qui n’exécute
pas lui-mm. Tiré d’un principe général du DI. Ce principe est présumé pour tous les traités.

Aucune de ces violations ne conduit en soi, pcq un état prétend que ça existe, à l’extinction du traité ou
suspension de son application. Pour un traité bilatéral

2. Régime

a. Condition : violation substantielle du traité

Il existe une violation substantielle du traité selon la conv vienne. Peut être un rejet du traité que le traité
n’autorise pas, violation d’une dispo essentielle pour la réalisation de l’objet ou du but du traité. Etat peut
invoquer cette violation comme motif de l’annulation ou extinction.

b. Effets

MURIEL

cas d’un traité bilatéral


première parti a le droit de déclencher la procédure.
cas d’un traité multilatéral
cas de figures plus sophistiqués : s’agit de protéger plus d’états. ex :
motif invoqué collectivement ou individuellement ? par la partie spécialement atteinte par la violation
ou par toute partie autre que l’Etat auteur de la violation ?
- §2 a- situation où collectivement l’ensemble des autres parties va faire valori qu’une partie viole le traité,
soulèvent ce motif par accord unanime, vont essayer d’obtenir que le traité s’éteigne.
- -b et -c motif soulevé individuellement par un état : celui particulièrement atteint par la violation + tout
autre état partie peut également soulever cette violation en ce qui la concerne

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=> rapports intersubjectifs.

toute dispo qui concerne les DH : ne fonctionne pas, tout comme la réciprocité

3. Exclusions du champ d’application de l’art. 60

B. Situation de conflit armé


commission 2011 : existence d’un conflit armé entre états n’entraine pas l’extinction des traités ou
suspension de son application : sont tenus de continuer à exécuter les dispo du traité.

§ 3. – Evolution résultat de circonstances indépendantes de la


volonté des parties : motifs d’extinction ou de suspension (2)
A. Changement fondamental de circonstances (art. 62 CV)

1. Principe : rebus sic stantibus


très familier de la théorie de l’imprévision : des circonstances radicalement imprévues au moment de la
conclusion du traité surgissent et qu’elles changent tellement les conditions du traité et qui font que les
états doivent s’en sortir. Mais s’en distingue : conduit au désengagement de l’état, peut être délié de son
engagement international. « Les choses demeurant en l’état » => les engagements qu’on a pris doivent être
exécutés tant que les choses restent dans le même état qu’au moment de la conclusion du traité. La FO du
traité est liée au moment de la situation qui prévalait au moment de la conclusion du traité. Mais les
conditions sont très strictes -> a stabilité des engagements reste la ligne directrice.

2. Conditions

CIJ, Compétences en matière de pêcheries, 1973


CIJ, Gabčikovo-Nagymaros, 1997

Deux conditions :
- caractère fondamental du changement de circonstances, le bouleversement doit être fondamental. Si
la base essentielle du consentement n’est pas touchée, le bouleversement n’est pas si fondamental.
- transformation vraiment radicale de la portée des engagements à exécuter. le changement de
circonstances doit avoir pour effet de changer radicalement les engagements que les parties doivent encore
exécuter et les moyens (lourd et couteux).

B. Impossibilité d’exécuter (art. 61 CV)


FM. rend l’exécution impossible. raison : l’objet indispensable à l’exécution a été détruit définitivement ou a
disparu. si l’une des parties disparait en tant qu’état et donc sujet de DI.

§ 4. – Procédure d’établissement
N.B. : cette procédure, prévue dans la CV, est commune au retrait (à l’exclusion de la dénonciation
proprement dite), à la nullité, à l’extinction du traité et à la suspension de son application. C’est pour que les
états n’apprécient pas unilatéralement une situation jur.

A. Position du problème : absence de constatation objective


MURIEL
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B. Solution de la CV : mécanisme de concertation

1. Notification de la prétention
Un état qui veut se désengager doit notifier sa présentation aux autres, doit indiquer clairement ce qu’il veut
faire. On leur laisse 3 mois, c’est un délai de négociation aux états.

2. Réaction des autres parties


acceptation : retrait, nullité, extinction ou suspension de l’application acquis. Il suffit d’avoir gardé le
silence pour être réputé avoir accepté.
objection : naissance d’un différend. Si un état objecte à l’un des motifs invoqué par le premier étant,
c’est un différend juridique qui est créé et qu’il faut régler. principe quand on a un litige, les états peuvent
choisir librement. une seule hypo dans laquelle les états n’ont pas le choix de simplement négocier entre
eux : cas où on a un litige qui nait de l’invocation du droit impératif : art 66. Ici on doit avoir recours à la
CIJ.

§ 5. – Effets
Un état va faire avancer un motif : j’ai un pb car mon consentement était vicié. mais après procédure de notif
et de réaction des autres, on a une réponse définitive. Avant, cette prétention unilatérale n’a aucun effet.

A. Statut de l’engagement contesté

MURIEL

B. Statut définitif de l’engagement après établissement de son invalidité ou de


son inapplicabilité
MURIEL suspension : mécanisme plus souple. ouvre q car conv vienne habile pour donner des mécanismes
pour provoquer suspension de l’application. effet : parties sont déliées dans le délai de la suspension. MAIS
n’a été rien prévu pour réactiver le traité.

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