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Concevoir des déroulés pédagogiques avec la taxonomie de bloom

 7 septembre, 2017 |  9 Commentaires

Malgré un nom un peu barbare, la « taxonomie de Bloom » c’est très simple : c’est un
schéma qui permet de regrouper des actions (ou opérations) comme «  choisir »,
« assembler », « décrire », « interpréter » ou « schématiser » au sein de grandes
catégories cognitives. L’intérêt ? Mesurer les compétences de manière plus globale,
analyser l’apprentissage de chacun et ainsi adapter les objectifs pédagogiques des
formations.

De quoi suis-je capable ?


C’est en 1956 que Benjamin Bloom, psychologue en éducation, a fait émerger une
classification des compétences impliquées dans l’apprentissage. Cette taxonomie (du grec
« taxis » et « nomos », qui signifie la « règle de classification ») détermine six habiletés
cognitives allant de la plus simple à la plus complexe, auxquelles correspondent des
opérations typiques.

 
 
 
 

1) La connaissance : c’est le fait de mémoriser des informations.


Opérations : définir, dupliquer, nommer, identifier, reproduire, etc.

2) La compréhension : c’est le fait d’interpréter de l’information en fonction de ce qui a été


appris.
Opérations : classifier, décrire, reconnaître, reformuler, traduire, etc.

3) L’application : c’est le fait de sélectionner des données pour réaliser une tâche ou résoudre
un problème.
Opérations : démontrer, illustrer, interpréter, planifier, schématiser, etc.

4) L’analyse : c’est le fait de mettre en relation des faits et des énoncés ou questions.
Opérations : estimer, calculer, critiquer, distinguer, questionner, etc.

5) La synthèse : c’est le fait de synthétiser des idées en une proposition, un plan, un produit
nouveaux.
Opérations : collecter, construire, formuler, gérer, proposer, installer, etc.

6) L’évaluation : c’est le fait d’estimer et de critiquer en fonction de critères que l’on se


construit.
Opérations : argumenter, évaluer, justifier, prédire, chiffrer, etc.

Comment et pourquoi l’utiliser en formation ?

SITUER LE NIVEAU DES APPRENANTS


Cette taxonomie permet aux formateurs d’avoir des points de repère pour évaluer le niveau de
compétence de chaque formé : par exemple, est-ce qu’il sait catégoriser des informations ? La
réponse à cette question peut permettre au formateur de savoir si les capacités d’analyse du
formé sont satisfaisantes et d’adapter sa formation en fonction.

FACILITER L’EXPRESSION DES OBJECTIFS PÉDAGOGIQUES


Définir les objectifs pédagogiques est une étape importante dans le développement d‘un projet
de formation. Cela permet de baliser le parcours et d’en faciliter l’évaluation.

La taxonomie de Bloom permet de formuler plus clairement ces objectifs : « Au terme de ma
formation, je souhaiterais que mes apprenants soient en mesure de… » Voici quelques
exemples d’objectifs pédagogiques fournis par la taxonomie de Bloom :
1) La connaissance : Pour un professeur qui enseigne la biologie par exemple, un des objectifs
peut être de légender des schémas.

2) La compréhension : Pour un professeur de français, un des objectifs peut être d’écrire le


résumé d’une nouvelle, par exemple.

3) L’application : Pour un formateur en pâtisserie, un des premiers objectifs peut être de


suivre et mettre en application une recette.

4) L’analyse : Un formateur en vente commerciale peut avoir comme objectif de savoir


rédiger un argumentaire de vente.

5) La synthèse : Pour un professeur en architecture, l’objectif prioritaire peut être de


concevoir les plans d’un bâtiment.

6) L’évaluation : Pour un enseignant en philosophie, un des objectifs peut être d’être capable
de conduire un débat.

Dans ce lien, différentes activités sont proposées pour chaque catégorie cognitive. Cela peut
être d’une aide précieuse pour les concepteurs de formation, qui peuvent tout de suite savoir si
l’activité qu’ils imaginent est pertinente, ou trouver une activité s’ils sont en panne d’idée.

PLANIFIER LES SÉQUENCES D’APPRENTISSAGE


Pour être efficace, une séquence d’apprentissage doit débuter au niveau le plus simple et
évoluer au fur et à mesure vers des niveaux plus complexes. La taxonomie de Bloom permet
d’organiser logiquement la succession des séquences d’apprentissage. Par exemple, le
formateur peut solliciter les activités d’analyse en premier puis le travail de synthèse pour
finir.

La taxonomie de bloom est le plus souvent représentée dans un tableau ou sous la forme
d’une fleur :