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Université d’Abomey-Calavi (UAC)

Institut de Mathématiques et de Sciences Physiques (IMSP)


The Abdus Salam International Centre for Theoretical Physics (ICTP)

MPSI - PCSI & Filières Technologiques


CLASSES PREPARATOIRES AUX GRANDES ECOLES DE L’IMSP

COURS

RELATIVITE RESTREINTE

Auteur

Toussaint D. OKE

Année académique : 2020-2021

• Formation Continue • Formation Présentielle


COURS DE RELATIVITÉ RESTREINTE

Dr. Toussaint D. OKE


Enseignant-Chercheur à l’IMSP-Dangbo

8 octobre 2020
Sommaire

1 FONDEMENTS DE LA RELATIVITE RESTREINTE 3


1.1 Rapels sur la loi de Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Changement de référentiel galiléen en mécanique classique . . . . . . . . 5
1.3 Transformation galiléenne des masses et des forces . . . . . . . . . . . . . 6
1.4 Expérience de Michelson (1887) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

2 LA TRANSFORMATION DE LORENTZ 9
2.1 La transformation spéciale de Lorentz déduite des deux postulats . . . . 9
2.2 Conséquences immédiates de la transformation de Lorentz . . . . . . . . 11

3 L’ESPACE-TEMPS ET LES QUADRIVECTEURS 15


3.1 L’espace-temps ou l’univers de Minkowski . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.2 Exemples de 4-vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

4 PROPAGATION DES ONDES ET RELATIVITÉ 20


4.1 Conservation de la phase d’une onde électromagnétique plane . . . . . . 20
4.2 Effet Doppler-Fizeau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
4.3 Application de l’effet Doppler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

5 MÉCANIQUE RELATIVISTE DU POINT MATÉRIEL 24


5.1 Principe classique de conservation de l’énergie . . . . . . . . . . . . . . . 24
5.2 Équation de la dynamique relativiste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
5.3 Transformation de Lorentz des 4-vecteurs force F~ et énergie-impulsion P~ 26
5.4 Transformation des champs électrique E ~ et d’induction magnétique B ~ . . 29
5.5 Le 4-vecteur courant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
5.6 Collisions élastiques et inélastiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

1
INTRODUCTION

Vers 1900, toute la physique était fondamentalement englobée dans deux grandes
théories : la mécanique et l’électromagnétique. La mécanique (de Newton) avait
des prédictions d’une satisfaisante simplicité confirmées par des expériences terrestres
et des observations astronomiques. Maxwell avait montré que l’optique, l’électricité et
le magnétisme étaient des aspects différents de la même théorie électromagnétique. La
mécanique de Newton et l’électromagnétique étaient sans lien entre eux. Les lois de la
mécanique sont covariantes, c’est-à-dire que leurs expressions gardent les mêmes formes
lorsqu’on passe d’un référentiel galiléen à un autre tandis que les lois de l’électromagnétique
ne le sont pas. C’était donc des théories fondamentalement incompatibles et très peu de
physiciens s’en apercevaient. Cette difficulté et d’autres échecs de la physique vers la
fin du 19eme siècle ont permis de jeter les bases de la relativité restreinte grâce à la
profondeur des idées de Einstein en 1905.
La nouvelle théorie relativiste remit en question nos idées les plus élémentaires sur
l’espace et le temps et réduisit les incompatibilités entre la mécanique et l’électromagnétique
à deux postulats nécessaires à son succès :
1er Postulat
les résultats de toute expérience entièrement conduite à l’intérieur d’un
certain système de référence sont indépendants de tout mouvement de
translation uniforme de ce système de référence.
2e Postulat
Dans tout système de référence, la vitesse de la lumière est indépendante
de la vitesse de sa source
Le premier postulat est appelé postulat de la relativité tandis que le second est
appelé postulat de l’invariabilité de la vitesse de la lumière.
L’intérêt de la théorie relativiste ne se limite pas seulement à l’aspect théorique
de la physique. Ses prolongements technologiques sont très importants : fabrication des
accélérateurs de particules, électricité nucléaire, etc . . .

2
CHAPITRE 1
FONDEMENTS DE LA RELATIVITE
RESTREINTE

La mécanique classique encore appelée mécanique non relativiste est fondée sur des
concepts arbitraires de temps et de longueur absolus.

1.1 Rapels sur la loi de Newton


Un système de référence est un système de coordonnées par rapport auquel les
mesures sont faites lors d’une expérience de Physique.

1.1.1 Référentiels galiléens


1.1.1.1 Définition
Un référentiel galiléen est un référentiel dans lequel le principe de l’inertie
P(première 
loi de Newton) s’applique, c’est-à-dire un référentiel où tout système isolé f~ext = ~0
est soit au repos, soit en mouvement de translation uniforme.
Tout référentiel en translation uniforme par rapport à un référentiel galiléen est
galiléen.

Y Y0
~u

(K) (K0 )

O O0
X X0
Z Z0

Le référentiel (K) est galiléen. Le référentiel (K0 ) animé de la vitesse constante ~u par
rapport à (K) est aussi galiléen.
Dans la suite du cours, on se réfèrera à des référentiels (K) et (K0 ) galiléens avec les
conditions habituelles définies comme suit :
à l’instant t = t0 = 0s,
O est confondu à O0 ,
OX est confondu à O0 X 0 .

3
Chapitre 1. 1.1 Rapels sur la loi de Newton

1.1.1.2 Exemples de référentiel galiléen


• Le référentiel héliocentrique : Son origine O se trouve au centre du soleil. Les
trois axes OX, OY et OZ sont dirigés vers trois étoiles fixes. C’est un référentiel
galiléen par excellence. On y étudie le mouvement des planètes.
• Le référentiel géocentrique : Son origine O se trouve au centre de la terre. OX
et OY se trouvent dans le plan équatorial terrestre. L’axe OZ est dirigé suivant
l’axe des pôles. Pendant la durée d’une expérience au laboratoire, le mouvement
de son origine dans le référentiel héliocentrique est à peu près rectiligne et uni-
forme. À cause de cette approximation on dit que le référentiel géocentrique est
galiléen en première approximation. On y étudie le mouvement des fusées, des
satellites.
• Le référentiel terrestre : Son origine O se trouve sur la terre ou sur un objet
terrestre. Il est galiléen en deuxième approximation.

1.1.2 Loi de Newton


m p~
~v

Soit un corps de masse m en mouvement de vitesse ~v et d’impulsion p~.


La force de Newton agissant sur ce corps est :


− d~p d(m~v )
F = = (1.1)
dt dt

1.1.3 Invariance spatiale et temporelle de la loi de Newton


Une expérience de mécanique conduite en un point A à l’instant t et ensuite en
un point B à l’instant t0 dans un même repère galiléen (K) donne toujours les mêmes
résultats. Ainsi, dans un repère galiléen, les mêmes causes produisent toujours les mêmes
effets.

1.1.4 Invariance galiléenne de la loi de Newton


Soit un ressort de raideur k et de longueur à vide l0 auquel pn fixe une masse m.
Ce système est mis en rotation de vitesse de vitesse ω autour du point O, origine de (K).
Soit r le rayon de la trajectoire de m. La force agissant sur m est :

F = mω 2 r = k∆l. (1.2)


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Chapitre 1. 1.2 Changement de référentiel galiléen en mécanique classique

Y
(K)

r
O
X

où ∆l est l’allongement du ressort et ω la vitesse angulaire de rotation du système. Dans


un autre repère galiléen (K0 ), cette expérience conduit toujours à la même loi.

Loi de Relativité de Newton


Les lois de la mécanique sont les mêmes dans tous les référentiels ga-
liléens. Il est donc impossible, par une expérience de mécanique conduite
à l’intérieur d’un repère galiléen, de mettre en évidence le mouvement
de translation uniforme de ce repère par rapport à un autre : autre-
ment dit, il n’existe pas d’expérience de mécanique pouvant déterminer
le mouvement absolu dans l’espace.
Remarque
La formulation des lois physiques dans les systèmes non inertiels,
accélérés par exemple,relève de la théorie plus complexe de la relati-
vité générale.

1.2 Changement de référentiel galiléen en mécanique


classique
1.2.1 Loi de changement des coordonnées
Considérons deux référentiels (K) et (K0 ) avec les significations habituelles. La
donnée des coordonnées d’un mobile M à un instant t est un évènement dans chacun
de ces référentiels.
Soient les évènements M (x, y, z) dans (K) et M (x0 , y 0 , z 0 ) dans (K0 ). Selon le concept de
temps absolu (le temps s’écoule de la même manière dans tous les référentiels), t = t0 . Le
principe de longueur absolue implique :



 x = x0 + ut0
y = y 0


. (1.3)




z = z0
t = t0


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Chapitre 1. 1.3 Transformation galiléenne des masses et des forces

Les relations précédentes peuvent s’écrire :





 t0 = t
x0 = x − ut0


(1.4)




y0 =y
 0

z =z

ou plus simplement

x 1 0 0 u x0
     
y  0 1 0 0  y 0 
 
 =   . (1.5)
   
z  0 0 1 0 z 0 
t 0 0 0 1 G t0

La matrice G est appelée matrice de transformation des coordonnées de Galilée.


L’ensemble des matrices de ce genre muni de la loi de composition des transformations
forme un groupe appelé groupe de Galilée.

1.2.2 Loi de changement des vitesses


Soit ~v (vx , vy , vz ) la vitesse du mobile M dans (K) et ~v 0 (vx0 , vy0 , vz0 ) sa vitesse dans
0
(K ). De la relation (1.3), il vient :



 dx = dx0 + udt0
dy = dy 0


. (1.6)




dz = dz 0
dt = dt0

On déduit :

vx

 = vx0 + u

vy = v 0 y (1.7)
vz = vz0

et sous la forme vectorielle :


~v = ~v 0 + ~u. (1.8)

1.3 Transformation galiléenne des masses et des forces


En mécanique classique, la masse est un invariant.

m(~v 0 ) = m(~v ) = cste = m0 . (1.9)

Soient les référentiels (K) et (K0 ) et un mobile M . Un observateur dans (K0 ) mobile

→ v0 )
(MOB) va considérer une force : F 0 = d(m~ dt0 tandis qu’un observateur dans (K) fixe


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Chapitre 1. 1.4 Expérience de Michelson (1887)



(FIX) considérera qu’une force F s’exerce sur le mobile M .


F = d(m~
dt
v)
.
d(mvx ) 0 0
= m0 d(vxdt+u) = m0 dv

Fx

 = dt dt0
x
= Fx0
d(mvy )
F =
 y dt
= Fy0 . (1.10)
d(mvz )
= Fz0


Fz = dt

On en déduit finalement que :



− −

F = F 0. (1.11)

1.4 Expérience de Michelson (1887)


1.4.1 But
Cette expérience avait pour but de détecter le mouvement de la terre dans l’Ether,
milieu hypothétique reposant dans un référentiel absolu dans lequel devait se propager la
lumière.
Le résultat de cette expérience fut négatif et démontra l’inexistence de l’Ether et
d’un référentiel absolu.

1.4.2 Principe
Un faisceau lumineux issu d’un point A tombe sur une glace semi-argenté (semi-
transarente) G (au centre du dispositif ci dessous) qui dévie la moitié du faisceau vers le
point D. Les miroirs en C et D réfléchissent les faisceaux scindés vers G qui envoie une
partie des faisceaux vers le détecteur en B.
D
~v

2
1
A C
G

B
GC=GD=L’
Schéma de l’interférence de Michelson
Supposons que l’Ether existe et que la terre se déplace par rapport à l’Ether avec
la vitesse ~v et calculons les temps aller-retour θ1 et θ2 des faisceaux (1) et (2).
L0 L0 2cL0
θ1 = + = 2 ; (1.12)
c−v c+v c − v2
2L0
θ2 = . (1.13)
c

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Chapitre 1. 1.4 Expérience de Michelson (1887)

D’après ce raisonnement classique, θ1 6= θ2 et les faisceaux (1) et (2) arrivent au détecteur


à des époques différentes. Ce résultat classique est en parfait désaccord avec les résultats
de l’expérience qui montrent que les faisceaux qui se superposent en B sont cohérents et
interfèrent.
Après bien des précautions et des vérifications, le résultat de l’expérience est resté
négatif et montre que la loi classique de composition des vitesses ne marche pas lorsque
l’une des vitesses est égale à celle de la lumière. Aucun mouvement de la terre par rapport
à l’Ether ne peut être décelé.
La vitesse de la lumière doit être c dans tous les référentiels galiléens. La loi de
composition des vitesses par la transformation de Lorentz le justifie.


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CHAPITRE 2
LA TRANSFORMATION DE LORENTZ

2.1 La transformation spéciale de Lorentz déduite


des deux postulats
Soient les référentiels (K) et (K0 ) avec les conditions habituelles.
À t = t0 = 0, on émet une onde électromagnétique du point O. Le point R(x, y, z) dans
(K) et R(x0 , y 0 , z 0 ) dans (K) est atteint par l’onde à l’instant t dans (K) et à l’instant t0
dans (K0 ).
— D’après le premier postulat, la surface d’onde est sphérique pour un observateur
fixe dans (K) (FIX) et un observateur de (K0 ) en mouvement(MOB) ;
— D’après le deuxième postulat, la vitesse de l’onde est c dans (K) et dans (K0 ).
Il vient :
OR2 = x2 + y 2 + z 2 = c2 t2 dans (K)
O0 R2 = x02 + y 02 + z 02 = c2 t02 dans (K0 )
x2 + y 2 + z 2 − c2 t2 = 0 = x02 + y 02 + z 02 − c2 t02 .
En posant ct = x0 et ct0 = x00 on a :
x2 + y 2 + z 2 − x20 = (x0 )2 + (y 0 )2 + (z 0 )2 − (x00 )2 = 0. (2.1)
La transformation de Lorentz (x0 , x, y, z) → (x00 , x0 , y 0 , z 0 ) doit satisfaire cette rela-
tion fondamentale.
On démontre en mathématique que cette transformation est linéaire de la forme :
x00 = a00 x0 + a01 x1 + a02 x2 + a03 x3
x01 = a10 x0 + a11 x1 + a12 x2 + a13 x3
. (2.2)
x02 = a20 x0 + a21 x1 + a22 x2 + a23 x3
x03 = a30 x0 + a31 x1 + a32 x2 + a33 x3
avec les coefficients aij tous scalaires réels. Dans (K) et (K0 ), le temps est uniforme et
l’espace homogène et isotrope. On en déduit que les aij ne dépendent ni du temps,
ni de l’espace, ni de l’orientation de ~v mais ne sont fonction que de la norme de ~v . Par
ailleurs les axes OX et O0 X 0 sont confondus ainsi que les plans OXZ et O0 X 0 Z 0 d’une part
et les plans OXY et O0 Y 0 Z 0 d’autre part. On en déduit que la transformation de Lorentz
laissent les coordonnées y et z invariantes. La relation fondamentale (2.1) devient :
x2 − c2 t2 = (x0 )2 − c2 (t0 )2 . (2.3)
Supposons maintenant que x2 − c2 t2 désigne une certaine distance dans le plan de
variables (x, ict). Cette distance n’est pas modifiée lorsqu’on imprime une rotation d’angle

9
Chapitre 2. 2.1 La transformation spéciale de Lorentz déduite des deux postulats

ψ (identifée à T !) aux axes de coordonnées. Il vient :


! ! !
ict cos ψ i sin ψ ict0
= . (2.4)
x −i sin ψ cos ψ x0
Déterminons l’angle ψ en fonction de u.
ict = ict0 cos ψ + i sin ψx0
. (2.5)
x = −i sin ψ · ict0 + cos ψx0
Considérons l’origine O0 de (K0 ) en mouvement dans (K) de vitesse u comme évènement
particulier. Il vient :
ct = ct0 · cos ψ
(2.6)
x = ut = ict0 · sin ψ
iu
tan ψ = = iβ
c
1 1
cos ψ = q =q 2
=Γ (2.7)
1 + tan ψ 1 − uc2
2

u
q u
sin ψ = 1 − cos2 ψ = q c 2 = Γ = βΓ (2.8)
1 − u2 c
c

Les transformations deviennent :


  
0 u 0




ct = Γ ct + x
c 

0 u 0

x = Γ x + ct


c




y = y0 . (2.9)
= z 0

z




 
t = Γ t0 + u 0



c2
x
Ce sont les formules de transformations de Lorentz. Pour trouver la transformation in-
verse, il faut remplacer u par −u car (K) est en translation de vitesse −u par rapport à
(K0 ).
ct Γ βΓ 0 0 ct0
    
x βΓ Γ 0 0  x0 
 =  . (2.10)
    
y  0 0 1 0  y 0 
z 0 0 0 1 z0
Nous adopterons dans la suite la forme :
  0
x Γ 0 0 βΓ x
  
y  0 1 0 0  y0 
 =  0. (2.11)
     
z   0 0 1 0 z 

ct βΓ 0 0 1 T ct0
La matrice T est appelée matrice de Lorentz spéciale. Elle est déduite par Lorentz
en 1904 avant quelle ne soit obtenue par Einstein. La matrice T de Lorentz est symétrique
et son déterminant est égal à 1. Les matrices de ce genre forment un groupe appelé groupe
spécial de Lorentz. Les équations de Maxwell en électromagnétisme sont covariantes par
rapport à ce groupe.

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Chapitre 2. 2.2 Conséquences immédiates de la transformation de Lorentz

2.2 Conséquences immédiates de la transformation


de Lorentz
2.2.1 Non conservation des intervalles de temps et des distances
2.2.1.1 Définition
On appelle évènement, la donnée des trois coordonnées de l’espace x, y, z et du
temps t. Soient les deux évènements : E1 (x1 , y1 , z1 , ct1 ) dans (K) et (x01 , y10 , z10 , ct01 ) dans
(K0 ).
E2 (x2 , y2 , z2 , ct2 ) dans (K) et (x02 , y20 , z20 , ct02 ) dans (K0 ).
∗ Soit ∆t12 = t2 − t1 dans (K) ; ∆t012 = t02 − t01 dans (K0 ).  
En utilisant les formules de Lorentz, on obtient : ∆t012 = Γ t2 − t1 − v
c2
(x2 − x1 ) .
Pour x2 = x1 par exemple, ∆t012 = Γ∆t12 6= ∆t12 .
Les intervalles de temps ne sont pas conservés.
∗ Soient A(x1 , y1 , z1 ) et B(x2 , y2 , z2 )

L212 = (x2 − x1 )2 + (y2 − y1 )2 + (z2 − z1 )2


(L012 )2 = (x02 − x01 )2 + (y20 − y10 )2 + (z20 − z10 )2 .

En prenant t2 = t1 par exemple, on remarque en utilisant les formules de Lorentz


que :(L012 )2 6= L212 . Les distances ne sont pas conservées par la transformation de
Lorentz.

2.2.1.2 Conclusion
Pour caractériser l’évènement E1 par rapport à l’évènement E2 , il faut utiliser non
seulement ∆t12 ou L12 mais une grandeur qui soit toujours invariante par la transforma-
tion de Lorentz : cette quantité s’appelle intervalle d’univers (voir chapitre suivant).

2.2.2 Mesure des longueurs : contraction ds règles en mouve-


ment
Soient (K) et (K0 ) avec les significations habituelles.

Y Y0
~u

(K) (K0 )

O O0
X X0
Z Z0


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Chapitre 2. 2.2 Conséquences immédiates de la transformation de Lorentz

On considère une règle en mouvement dans (K) et immobile dans (K0 ). La longueur
x0B − x0A de la règle est connue dans (K0 ). Il s’agit de sa longueur au repos, sa longueur
propre.

x0 = Γ (xA − ut)
A
⇒ x0B − x0A = Γ (xB − xA )
x0 = Γ (xB − ut)
B
1 0
⇒ xB − xA = (x − x0A ).
Γ B
Comme Γ ≥ 1, (xB − xA ) ≤ (x0B − x0A ) ; la règle apparaı̂tra donc pour FIX, se contracter
dans la direction du mouvement. La réciproque est vraie. Une règle immobile dans (K)
apparaı̂tra pour MOB se contracter dans la direction de son mouvement.

2.2.3 Mesure des intervalles de temps : retard des horloges en


mouvement
Soient deux évènements se produisant en un même point de (K).
E1 (x01 , y10 , z10 , ct01 ) ; E2 (x02 , y20 , z20 , ct02 ).
Avec x01 = x2 ; y10 = y20 ; z20 = z10 .
Dans
 (K) on a : (x1 , y1 , z1 , ct1 ) et (x2 , y2 , z2 , ct2 ).
0
t1 = Γ t 1 + cu2 x01 ;
0 0
x1 = Γ(x  1 + ut1 );
t2 = Γ t02 + cu2 x02 ;
x2 = Γ(x02 + ut02 ).
Donc (t2 − t1 ) = Γ(t02 − t01 ) ≥ (t02 − t01 ). Pour FIX, l’horloge dans (K0 ) retarde.
Ces évènements produits en un même point dans (K0 ), ne sont plus locaux dans (K) :
x2 − x1 = Γu(t02 − t01 ) = u(t2 − t1 ) 6= 0. Inversement, si les deux évènements se produisent
en un même point dans (K), on montre que :
t02 − t01 = Γ(t2 − t1 ) ≥ (t2 − t1 ). Pour MOB, l’horloge dans (K) est en mouvement et
retarde. FIX et MOB arrivent à la même conclusion lorsqu’ils mesurent dans leur repère,
l’intervalle de temps séparant deux évènements locaux dans un autre repère. L’intervalle
de temps leur paraı̂t dilaté dans le rapport Γ. Les horloges en mouvement retardent.

2.2.4 Addition des vitesses


Considérons les repères galiléens (K) et (K0 ). Soient dans (K0 ) un point M se
déplaçant avec la vitesse v 0 (vx0 , vy0 , vz0 ). Cherchons les composantes de la vitesse v(vx , vy , vz )
1
de ce point dans (K). Posons q 2
= Γ.
1 − uc2
t = Γ(t0 + cu2 x0 ); x = Γ(x0 + ut0 )
0 udx0
dt = Γ(dt0 + udxc2
dt
); dt 0 = Γ(1 + c2 dt0 );


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Chapitre 2. 2.2 Conséquences immédiates de la transformation de Lorentz

dx = Γ(dx0 + udt0 ) ;
dx vx0 + u
= = vx ;
dt (1 + cu2 vx0 )
dy dy 0 dy 0 dt0 vy0
= = 0 · = 0 = vy ;
dt dt0 dt dt Γ(1 + u vcx2 )
dz dz 0 dz 0 dt0 vz0
= = 0 · = 0 = vz .
dt dt dt dt Γ(1 + u vcx2 )
Les formules de composition des vitesses sont :
vx0 + u
vx = ; (2.12)
1 + cu2 vx0
q
2
vy0 0
1 − uc2
vy = = v y ; (2.13)
Γ(1 + cu2 vx0 ) 1 + cu2 vx0
q
2
vz0 0
1 − uc2
vz = = v z . (2.14)
Γ(1 + uu2 vx0 ) 1 + cu2 vx0
Remarque
~0 0 0 v0 + u
— Pour v k OX alors vy = 0, vz = 0 et on a : v = ;
1 + cu2 v 0
— Pour v~0 = ~c (cas de la lumière), v 0 = c → vx = vy = vz = c
(isotropie de propagation), on obtient également v = c.

2.2.5 Formules de transformations des accélérations


Soient ~a(ax , ay , az ) dans (K) et a~0 (a0x , a0y , a0z ) dans (K0 ).
0 0
ax = dvdtx = dv
dt0
x
· dt
dt
; a0x = dvx
dt0
;
udx0
dt0 + 0
dt = q c2
2
= Γdt0 (1 + u vcx2 ).
1 − uc2
 
dvx d  vx0 + u  dt0
= ax = 0
dt dt0 1 + u vcx2 dt
dvx0 uvx0 u dvx0 0 dt0
!
1
= · (1 + 2 ) − 2 0 (vx + u) 0 ·
dt0 c c dt (1 + u vcx2 )2 dt
v0 dv 0 dt0
!
u 1
= 1 + u 2x − 2 (vx0 + u) · x0 · 0
c c dt (1 + u vcx2 )2 dt
q 3
q u2
1− u2 1− u2
dvx 1− c2
c2 c2
= 0 · 0 =  3
(1 + u vcx2 )2 1 + u vcx2 dt 0
1 + u vcx2
 3
u2 2
1− c2 0
ax =   a . (2.15)
vx0 3 x
1+ u c2

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Chapitre 2. 2.2 Conséquences immédiates de la transformation de Lorentz

De la même manière on aura


v0
 
2
a0
u c2y
ay = δ 3
y − 0 · a0x  (2.16)
1 + u vcx2
0
 
2
a0
u vc2z
az = δ 3
z − 0 · a0x  . (2.17)
1 + u vcx2

Avec  3
u2 2
1− c2
δ= 0
3 . (2.18)
1 + u vcx2


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CHAPITRE 3
L’ESPACE-TEMPS ET LES QUADRIVECTEURS

3.1 L’espace-temps ou l’univers de Minkowski


3.1.1 L’Évènement-Représentation
En relativité, le temps tout comme l’espace dépend du repère utilisé et n’a donc pas
un caractère absolu. Le repérage d’un évènement nécessite trois coordonnées spatiales
(x, y, z) et une coordonnée temporelle t. Pour garder la même dimension, il faut les
coordonnées x, y, z et ct. Ceci conduit à décrire les phénomènes physiques dans un espace
à quatre dimensions appelé espace-temps ou univers de Minnkowski. Le mouvement d’un
point représentatif dans cet espace est une suite d’évènements. Ce point décrit dans le
4-espace une courbe appelée ligne d’univers. Dans cet espace, on peut définir un produit
scalaire qui induit une métrique.

3.1.2 Couple d’évènements-intervalle d’univers- ligne d’univers


 


 x1 

x2
 
y
 y

1 2
Soient deux évènements dans (K) : E1 et E2 .




z1 



z2
 

ct1 
ct2
On appelle intervalle d’univers de ce couple, la quantité :
2
∆S12 = (x2 − x1 )2 + (y2 − y1 )2 + (z2 − z1 )2 − c2 (t2 − t1 )2 = l12
2
− c2 t212 . (3.1)

L’intervalle d’univers a un caractère absolu. Il est le même pour tous les observateurs
galiléens en relativité.

15
Chapitre 3. 3.1 L’espace-temps ou l’univers de Minkowski

Cas particuliers
— Intervalle du genre lumière : ∆S 2 = 0 E1 et E2
peuvent être le passage de deux photons dans un compteur
ou l’émission et la réception d’un signal lumineux.

∆S 2 = l2 − c2 t212 = (l0 )2 − c2 (t012 )2 = 0 ⇒ l2 = c2 t212 .

L’invariance de ∆S 2 exprime ici, l’invariance de c.


— Intervalle du genre temps : ∆S 2 < 0 Donc l2 −c2 t212 < 0 ⇒
l12 < ct12 .
Pour t12 = 0 on voit l12 < 0 (distance) (Jamais ! ! !). Il n’y
a aucun référentiel où E1 et E2 seraient simultanés (t12 = 0) ;
l12 < ct12 ⇒ E1 peut être la cause de l’évènement E2 . On
montre que l’effet de la cause n’est jamais inversé. Autrement
dit, il n’y a aucun référentiel (K0 ) où
∆(S 0 )2 = (l0 )212 − c2 (t0 )212 > 0 alors que ∆S 2 < 0 dans (K).
— Intervalle du genre espace : ∆S 2 > 0 On en déduit que
2
l12 > c2 t212 , l12 > ct12 .
Pour l12 = 0 ⇒ 0 > ct12 (Anormalie ! ! !). E1 et E2
peuvent être des évènements simultanés mais non locaux. Ces
évènements ne sont pas liés par une relation de cause à effet.
— Le cône isotrope
Dans le 4-espace, x2 + y 2 + z 2 − c2 t2 = 0 définit un cône appelé
cône isotrope. Dans le cas le plus simple, x + y 2 − c2 t2 = 0, on
a:

−ct Futur absolu ct

Ailleurs O Ailleurs
y

Passé absolu

Surface de cône : genre lumière


Intérieur du cône :genre-temps
Extérieur du cône :genre-espace
(Pas de relation de cause à effet)

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Chapitre 3. 3.1 L’espace-temps ou l’univers de Minkowski

3.1.3 Métrique dans l’espace-temps de Minkowski


La définition de l’intervalle entre deux évènements infiniment voisins, introduit une
métrique dans le 4-espace.
dS 2 = dx2 + dy 2 + dz 2 − c2 dt2
Le 4-espace devient un espace métrique. La métrique précédente est définie par la signa-
ture (+ + +−). L’espace euclidien à 4 dimensions a pour métrique (+ + +−) et la notion
de distance y a un sens.
Le 4-espace est de ce fait appelé espace pseudo-euclidien ou pseudo-pythagorien.

3.1.4 Produit scalaire de deux quatre-vecteurs et pseudo-norme


a1 b1
   

−→ −−−→ a 
  −→ −−−→ b  
Soient R1 = OM1  2  , R2 = OM2  2 .

a3  b3 
a4 b4
Produit scalaire

− → −
R 1 · R 2 = +a1 b1 + a2 b2 + a3 b3 − a4 b4 = ai bi . (3.2)
Pseudo-norme

−2
R 1 = R12 = a21 + a22 + a23 − a24 = a2i . (3.3)
Remarque
La norme ou carré scalaire d’un 4-vecteur est une constante par la
transformation de Lorentz. Suivant la pseudo-norme d’un 4-vecteur,
on peut classer les 4-vecteurs en genre-temps, genre-espace ou genre
lumière.

3.1.5 Temps propre


Soit (K0 ) le référentiel rigidement lié à un mobile M dont la vitesse est v~0 dans (K0 )

dx


et ~v dans (K). Pendant l’intervalle de temps dt dans (K), on a un déplacement d~r dy



dz

ds2 = dx2 + dy 2 + dz 2 − c2 dt2


!2 !2 !2
ds2 dx dy dz
= + + − c2 = v 2 − c2 .
dt2 dt dt dt

À dt correspond un intervalle de temps propre dt0 dans (K0 )


ds2 = (v 2 − c2 )dt2 = −c2 dt20 (car d~r = ~0). On en déduit que
dt0
dt = q = γdt0 (3.4)
v2
1− c2
avec
1
γ= 1 (3.5)
v2 2
1− c2

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Chapitre 3. 3.2 Exemples de 4-vecteurs

De manière analogue, on a :
dt0
dt0 = q = γ 0 dt0 (3.6)
(v 0 )2
1 − c2
N.B.
1 1
Ne pas confondre Γ = q et γ = q
u2 v2
1− c2
1− c2
dt0 < dt0 et dt0 < dt
Dans tout référentiel différent de (K0 ), l’intervalle de temps entre deux
évènements est supérieur à l’intervalle de temps propre.
Définition
On appelle durée propre, l’intervalle de temps qui sépare deux
évènements qui se produisent en un même point du même référentiel.
Selon le problème, elle peut être mesurée dans (K) ou dans (K0 ). Dans
tout autre référentiel, cette durée est impropre et est supérieure à la
durée propre : s
u2
∆Tpropre = ∆Timpropre × 1 − 2 . (3.7)
c

3.2 Exemples de 4-vecteurs


3.2.1 Le 4-vecteur position
Le 4-vecteur position correspond à un évènement dans l’espace de Minkowski :
−−→ →−
OM = R = (x, y, z, ct)

• Le 4-vecteur position se transforme par Lorentz :



−0 →

R = LR; (3.8)

• Le produit scalaire de deux 4-vecteurs est invariant par Lorentz ;



→ − → −
→ − →
• R1 · R2 = 0 ⇒ R1 et R2 sont orthogonaux dans l’espace de Minkowski.

3.2.2 Le 4-vecteur vitesse ou vitesse d’univers (quadrivitesse)


C’est par définition dérivée du 4-vecteur position par rapport au temps propre :

− −

dR
U = dt0
.

− →
− →


− dR d R dt dR d
U = = · =γ = γ (x, y, z, ct) (3.9)
dt0 dt dt0 dt dt



 Ux = γ dx
dt
= γvx


− Uy = γvy


U = (γ~v , γc) . (3.10)
U z = γvz






Ut = γc

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Chapitre 3. 3.2 Exemples de 4-vecteurs

Dans (K0 ) on aura :




U 0 = (γ 0 v~0 , γ 0 c). (3.11)

−0 →
− −
→ →

R = L( R ) on montre que, U 0 = L( U ) et

−2 
v2

U = γ 2 (v 2 − c2 ) = −γ 2 c2 1 − c2
= −c2
−2 −
→ → . (3.12)
U = U 02 = −c2 < 0

Cette relation indique que la vitesse d’univers est du genre-temps.


Remarque
Ut = γc 6= 0 quand bien même la particule est au repos (v = 0).
Physiquement, cela signifie dans le 4-espace que le temps ne s’arrête
jamais. Le «repos» n’est jamais atteint dans l’espace des phénomènes
physiques. Le temps doit couler de façon éternelle.

3.2.3 Le 4-vecteur accélération ou accélération d’univers


Dans l’espace tridimensionnel euclidien qui nous est familier,
dvi
ai = (i = 1, 2, 3). (3.13)
dt0
Dans le 4-espace, on a :



− dU
ω = . (3.14)
dt0
Uα = γvα (α = 1, 2, 3).
d d dt d
ωα = (γvα ) = (γvα ) = γ (γvα ).
dt0 dt dt0 dt
! !− 1 !− 3
d d d d v2 2
1 v̇ v2 2
= γ γ vα + vα (γ) ; (γ) = 1− 2 = 2v 2 1 − 2 .
dt dt dt dt c 2 c c
dγ 3

dt
= γc2 v · v̇ (v̇= accélération tridimensionnelle)
3
ωα = γ 2 dtd (vα ) + γvα v · v̇ γc2 (α = 1, 2, 3).
4
Pour α = 4, ω4 = dtd0 (γc) = cγ dtd (γ) = cγc2 v v̇ ; l’accélération d’univers s’écrit :
! !
γ4
2 4v d c d 2
ω = γ ~a + 2 ~v · v · a ; γ a = γ (γ~v ) ; (γ ) (3.15)
c c dt 2 dt


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CHAPITRE 4

PROPAGATION DES ONDES ET RELATIVITÉ

4.1 Conservation de la phase d’une onde électromagnétique


plane
Une onde électromagnétique a pour équation : E = E0 exp j(wt − ~k · ~r).
Soit φ = wt−~k·~r. Cette phase φ est un invariant relativiste. Elle peut naturellement
~ = (~k, w ).
~ r, ct) et K
s’écrire sous la forme d’un produit scalaire de deux 4-vecteurs : R(~ c

~ = ~r · ~k − ct · w = (wt − ~k~r).
~ ·K
R
c
 
~ = ~k, w
K est appelé le 4-vecteur d’onde. C’est un 4-vecteur du genre lumière car
c
w2
k2 = c2
.

4.2 Effet Doppler-Fizeau


Soit une onde émise à l’origine O du repère (K).

Y Y0
(K) ~u

~k (K0 )

θ
O O0
X X0
Z Z0

~ ~k, ct). Cherchons les composantes de K


K( ~ 0 . On sait que K
~ 0 = L(K)
~ ;
 w
kx0
 
k0 kx
 = Γ(kx − β )
 
 x0 


 c
ky 

k   0

 y ky = ky
= L  ⇔ 
k 0  .
 
 z  kz  k0 = k
w w



 w0 = Γ( w − k β)

c

c c c x

20
Chapitre 4. 4.3 Application de l’effet Doppler

w w0 w w
kx = k cos θ = cos θ ⇒ = Γ( − β cos θ)
c c c c
0
⇒ w = Γw(1 − β cos θ).

En fréquence on a :
[
ν 0 = Γν(1 − β cos θ), θ = (~k, ~u), ν 0 : fréquence reçue, ν : fréquence émise.
On réalise que ν 0 est une fonction de ν 0 : C’est l’effet Doppler-fisceau. Désignons
par βr = β cos θ ; ur = u cos θ est appelé puissance radiale, c’est-a-dire la vitesse de
l’observateur dans la direction de propagation de l’onde.
— Pour θ = 0 ; ur = u, l’onde se propage dans la direction OX c’est-à-dire pa-
rallèlement à ~u. Dans ce cas,
v
u 1 − u/c
u
ν0 = νt .
1 + u/c

Il s’agit de l’effet Doppler longitudinal.


Pour, u  0, w0 ≈ w(1 − u/c);
— Si θ = π2 , il s’agit de l’effet Doppler transverse et on a ν 0 = Γν et pour u  c ;
w0 ≈ w(1 + u2 /2c2 ).
L’effet Doppler transversal est un effet de second ordre découvert par Ives et
Stillwell en 1938.

4.3 Application de l’effet Doppler


4.3.1 Mesure de la vitesse radiale des étoiles
À l’aide d’un spectrographe, on peut enregistrer le spectre fourni par la lumière
émise par une étoile. On sait produire les mêmes spectres au laboratoire. La comparaison
des spectres met en évidence un décalage des longueurs
 d’onde
 du à l’effet Dopller.
0 ν cos θ
Appliquons la formule du cours : ν = Γν 1 − c ; appelons ν cos
c
θ
= vr .
0 vr
ν = Γν(1 − c ) ; en longueur d’onde on a :
vr vr
   
λ = Γλ0 1 − ⇒ Γλ0 = λ 1 + .
c c
E
~v
θ ~u

E
~u T
ν0
~v θ


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Chapitre 4. 4.3 Application de l’effet Doppler

Si v  c, Γ ≈ 1.
Le décalage vers le rouge observé au laboratoire implique : λ0 = λ ⇒ vr > 0 ⇒
v cos θ > 0 ⇒ θ est un angle aigu. On conclut que l’étoile s’éloigne de la terre. Notre
univers est en pleine expansion.

4.3.2 Mesure des vitesse : le radar de la gendarmerie


~v v~0
voiture radar

!
ν cos θ
ν = ν0 Γ 1 − ; θ = π;
c
v
ν u 1 + ν/c
  u
ν = ν0 Γ 1 + ⇒ ν = ν0 t .
c 1 − ν/c

Dans le rapprochement, la fréquence reçue est supérieure à la fréquence émise :


ν > ν0 . Le véhicule reçoit l’onde radar et la reémet en direction du radar.
N Attention
Ici, ce qui émet est en mouvement. On supposera que ce qui émet est
fixe et le radar a une vitesse −~ν qui le rapproche du véhicule. Ainsi
θ = π de nouveau.
Fréquence de l’onde réfléchi : ν ;
Fréquence reçue au radar : ν 0 .
!
0 ν cos θ
ν = νΓ 1 − ;
c
  r
1+ν/c
ν 0 = νΓ 1 + ν
c
. On remplacera ν par sa valeur dans ν 0 = ν 1−ν/c

v v
u 1 + ν/c u 1 + ν/c 1 + ν/c
u u
ν 0 = ν0 t ·t = ν0 ( ).
1 − ν/c 1 − ν/c 1 − ν/c
!
1 + ν/c
ν 0 = ν0 .
1 − ν/c
ν 0 : fréquence retour ;
ν0 : fréquence d’émission.
 
v  c, ν 0 = ν0 1 + 2νc et ∆ν = 2 νc ν0 .
De la mesure de ∆ν, le radar déduit la vitesse du véhicule et si v > vmax (autorisée),
il y a contravention et le gendarme verbalisé.


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Chapitre 4. 4.3 Application de l’effet Doppler

4.3.3 Mesure de la vitesse d’un satellite ou d’un avion


On envoie de la terre une onde de fréquence ν0 vers l’avion ; l’avion reçoit la fréquence
de ν
ν cos θ
ν = ν0 Γ(1 − c
); ∆ν = ν − ν0 ⇒ ν = ν0 + ∆ν.

1 − ν cos
c
θ
(ν0 + ∆ν) = ν0 2 .
(1 − νc2 )1/2
~v

~u
h
θ
+
x
Il vient qu’en négligeant les thermes du second ordre on a :
ν0
ν0 + ∆ν = ν0 − ν cos θ
c
∆ν = − νc · ν0 cos θ or cos θ = +x
(x2 +h2 )1/2
(x > 0)
ν x
∆ν = −ν0 · · 2
c (x + h2 )1/2
On peut donner ∆ν en fonction de t. Soit x = vt.

ν 2t
∆ν = −ν0 ;
c(x2+h2 )1/2
d(∆ν) ν2 h2
= −ν0 · · ;
dt c (ν 2 t2 + h2 )3/2
d2 3ν0 · ν · 4h2 t
(∆ν) = + 2 2 .
dt c(ν t + h2 )1/2

+∆ν∞

O t

−∆ν∞

La courbe présente un point d’inflexion à l’origine O. En ce point la pente vaut :


ν2 ν2
P = −ν0 2 = −νν 0
c · hh3 ch
La détermination expérimentale de P et de ∆ν∞ = ν0 νc permet de calculer la vitesse
et l’altitude de l’avion. On peut agir sur les signes soit en changeant l’orientation de l’axe,
soit en prenant ν0 = ν + ∆ν.

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CHAPITRE 5

MÉCANIQUE RELATIVISTE DU POINT


MATÉRIEL

5.1 Principe classique de conservation de l’énergie


Soit un point matériel de masse m0 soumis à une force f~. Il est animé d’une
accélération ~a telle que :

d~p d
f~ = m0~a = = (m0~v ). (5.1)
dt dt
De (5.1), on déduit le théorème de l’énergie cinétique :
d 1
 
m0 v 2 = f~ · ~v ⇒ d(Ec ) = ~v dt
f~ . (5.2)
dt | 2 {z } | {z } | {z }
puissance travail élémentaire
Ec

Si la particule est dans un champ de potentiel d’énergie potentielle U on a :


−−→ 1
 
f~ = −gradU ⇒ d m0 v 2 = −dU. (5.3)
2
De (5.2) et (5.3), il vient le principe classique de conservation de l’énergie totale E

E = Ec + U = C ste et = 0. (5.4)
dt

5.2 Équation de la dynamique relativiste


5.2.1 Force et impulsion tridimensionnelles relativistes
Soient (K), (K), ~v , v~0 , ~u, p~ et f~ avec les significations habituelles. Désignons par :
U~ le 4-vecteur vitesse,
P~ le 4-vecteur impulsion,
F~ le 4-vecteur force.
Par analogie à la relation (5.1),
dUi
Fi(i=1,4) = m0 · . (5.5)
dt0

24
Chapitre 5. 5.2 Équation de la dynamique relativiste

Considérons les 3 premières composantes spatiales :


dγvα
Fα(α=1,2,3) = m0
dt0
d
Fα(α=1,2,3) = γ (m0 γvα ).
dt
d
En posant Fα = γfα Il vient, fα = dt (m0 γvα).
Désignons par pα = m0 γvα, l’impulsion tridimensionnelle relativiste. On a
d~p
f~ = avec p~ = (m0 γ~v ). (5.6)
dt
Il nous reste maintenant à trouver les composantes temporelles de F~ et P~ . Les prin-
cipes fondamentaux relativiste et classique diffèrent seulement par la facteur γ. Gardons
la même formules p~ = mv revient à définir une masse en mouvement m telle que :
m0
m = γm0 = q . (5.7)
1 − v 2 /c2

5.2.2 Quadrivecteur-force

~ ~
~ · dU = d 1 U 2 = d (−c2 ) = 0 ⇒ F~ · U ~ · dU = 0
 
U ~ = m0 γ U
dt dt 2 dt dt
F1 U1 + F2 U2 + F3 U3 − F4 U4 = 0 ⇒
γ γ
F4 = fα vα = f~ · ~v . (5.8)
c c
La force de Minkowski prend la forme :
γ
 
F~ = γ f~ · f~ · ~v . (5.9)
c

5.2.3 Énergie cinétique relativiste


La relation (5.5) projetée sur l’axe des temps donne :
dU4 F4 1
m0 = = f~ · ~v
dt γ c
d
(m0 γc2 ) = f~ · v. (5.10)
dt
Des relations (5.2)et (5.10), on déduit que (m0 γc2 ) est une énergie. On l’appelle
énergie relativiste de la particule :
E = m0 γc2 . (5.11)
La relation (5.11) montre que même si v = 0, (γ = 1), Il subsiste une énergie au repos
E0 = m0 γc2 à la particule. C’est cette énergie au repos E0 qui est libérée dans les réactions
de fission et de fusion nucléaire qu’on désigne sous le nom d’énergie atomique.
On définit l’énergie cinétique de la particule par :
Ec = E − E0 = (γ − 1)m0 c2 . (5.12)
1
Pour v  c on tend vers la formule Ec ≈ 2
mv 2 de la mécanique classique.

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Chapitre 5.5.3 Transformation de Lorentz des 4-vecteurs force F~ et énergie-impulsion P~

5.2.4 le 4-vecteur énergie-impulsion

1 E
P4 = m0 γc = mc = (m0 γc2 ) = .
c c
La quatrième composante du 4-vecteur impulsion est reliée à l’énergie. C’est pour
cette raison qu’on appelle P~ le 4-vecteur énergie-impulsion.

E
 
P~ = p~ = m0 γ~v , . (5.13)
c

Pseudo-norme de P~ est :
2
E

P~ 2 = p2 − or P~ 2 = (m20 c2 ) (5.14)
c
E 2 = m20 c4 + p2 c2 . (5.15)

On peut aussi écrire p~ sous la forme :


~v
p~ = E .
c2
ν
Dans le cas du photon, v = c ; m = 0 ; E = hν ⇒ p = h .
c

5.3 Transformation de Lorentz des 4-vecteurs force


F~ et énergie-impulsion P~
5.3.1 Cas du 4-vecteur énergie-impulsion P~ et de l’énergie re-
lativiste E
E = m0 γγc2 E0 ?
P~ = m0 γ~v P~ 0 ?
~
F~ /γ = dt
d P
P~ 0 ?
Nous avions établi les formuyles suivantes d’addition des vitesses.
q q
vx0 vy0 1 − u2 /c2 vz0 1 − u2 /c2
Vx = , Vy = , Vz = .
vx0 1 + u vx0 0
1 + u vcx2
1+u 2 c2

c
De ce qui précède, nous déduisons la relation :
 2 !2 !2
v 2 + vy2 + vz2 v 02
!
v2 1  u2
1− 2 = 1− x = 0 1− 2 1− 2 .
c c2 1 + u vcx2 c c

Où V 02 = Vx02 + Vy02 + Vz02 .


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Chapitre 5.5.3 Transformation de Lorentz des 4-vecteurs force F~ et énergie-impulsion P~

On en déduit que :
−1  0

1 + u vcx2
s
 1−
v2 
= !1 !1 ;
c2 u2 2
v 02 2
1− 2 1− 2
c c
0
 
1 + u vcx2
E = m0 γc2 = m0 c2 !1 !1 ;
u2 2
v 02 2
1− 2 1− 2
c c
m 0 c2 m0 vx0
!1 +u !1
02 2
v v 02 2
1− 1− 2
c2 c E 0 + up0x
E= !1 = !1 ;
u2 2
u2 2
1− 2 1− 2
c c

E = Γ(E 0 + up0x ). (5.16)


E
Ainsi, la quatrième composante de p~ qui est P4 = P1 = se transforme comme :
c
E0 u 0 u
+ px p0t + p0x
c
Pt = s c =s c ;
u2 u2
1− 2 1− 2
c c
m0~v
p~ = s ;
v2
1− 2
c
0
 
m0 vx m0 1 + u vcx2 (vx0 + u)
px = s = !1 × !.
v2 u2
!1
2
vx0 2 vx0
1− 2 1− 2 1− 1+u 2
c c c2 c
En posant
E0 1
E 0 = γ 0 m0 c2 ; = m0 ; γ0 = q .
γ 0 c2 1− v 02
c2
On a
E0

p0x + u

E0

 !

c 2 0
px = s = Γ px + u 2



u2 c



1− 2 . (5.17)

 c
0




 py = py

pz = p0z

Remarquons que px se transforme comme le temps t. À partir des résultats, on peut


vérifier que : P~ = L(P~ 0 ) où L est la transformation de lorentz.

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Chapitre 5.5.3 Transformation de Lorentz des 4-vecteurs force F~ et énergie-impulsion P~

5.3.2 Transformation de 4-vecteur-force F~


F~ (γ f~, γc f~ · ~v );
t = Γ(t0 + c2ux0 ); dt = Γ(dt0 + u
c2
dx0 );
0
px = Γ(p0x + uE c2
);
py = p0y ;
pz = p0z ;
pt = Γ(p0t + uc p0x ) = Ec ;

E0 dp0x E0
! !
0 u
dp x + ud + d
u dp0 c2 dt0 c2 dt
 
dpx = Γ p0x + 2 0 ⇒ x = u = 0 ;
c dE dt dt0 + 2 0 u dx
c dx 1+ 2 0
c dt
dE 0
dpx fx0 + u
c2 dE 0
dt ~ ~0
fx =
dt
= u 0 . Or dt0 = f · v ;
1 + 2 vx
c
u u
fx0 + 2 · f~0 · v~0 fx0 + 2 · f~0 · v~0
fx = c c
u 0 ; Fx = γ u .
1 + 2 · vx 1 + 2 · vx0
c c
s s
0 u2 dp0y v2
dp0 dp0y dp y 1 − dt0
1 −
dpy c2 c2
fy = = y = u = u = .
dt dt Γ(dt0 + 2 dx0 ) dt0 + 2 dx0 u dx0
c c 1+ 2 · 0
c dt
 u ~0 ~0

 fx0 + ·f ·v
c2

fx = ; Fx = γfx



 u
1 + 2 · vx0



q c



 2
fy0 1 − vc2




fy = ; Fy = γfy . (5.18)
u dx0

 1+ 2 · 0
qc dt




0 v2

f 1 −


 z c2
f = ; Fz = γfz


z
u dx0



1+ 2 · 0



c dt

F4 s’obtient à partir de la transformation de f~ · ~v = dE


dt
.
Remarque
~ 0
P~ = P~ 0 or F~ = ddtP et F~ 0 = dP
dt0
. On en déduit que : F~ = LF~ 0 . On passera
fx − u ·f~·~v
alors de F~ à F~ 0 en remplacant u par −u. Ainsi : fx0 = 1− cu2 vx .
c2


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Chapitre 5. ~ et d’induction magnétique B
5.4 Transformation des champs électrique E ~

5.4 ~ et d’in-
Transformation des champs électrique E
~
duction magnétique B
On considère une particule de charge q, de vitesse ~v qui entre dans une région où
règnent les champs E ~ Elle sera soumise à la force de lorentz : f~ = q(E
~ et B. ~ + ~v ∧ B).
~

5.4.1 ~
Transformation de E
On considère des repères (K) et (K0 ) avec ~v = (u, 0, 0) et v~0 = (0, 0, 0). On a :
f~ = q(E ~ dans (K) et f~ = q(E
~ + ~v ∧ B) ~ 0 + v~0 ∧ B
~ 0 ) dans (K0 ).
~i ~j ~k
 
0
~ ~
~v ∧ B = u 0 0 ici on a ~v ∧ B −uBz  .
 

Bx By Bz uBy
u ~0 ~0
fx0 + ·f ·v
• fx = c2 = fx0 = qEx0 car v 0 = 0. Or
u 0
1 + 2 vx
c
fx = q(Ex + 0) = qEx ⇒ Ex = Ex0 ; (5.19)
s
u2
fy0 1 − s
fy0
c2 u2 Ey − uBz
• fy = = fy0 0
1 − 2 ⇒ fy = =qs = qEy0 .
vx0
s
c u 2
u 2
1+u 1− 2 1− 2
c c c
On obtient :
Ey − uBz
Ey0 = q 2
(5.20)
1 − uc2
et
Ez + uBy
Ez0 = q 2
. (5.21)
1 − uc2
La transformation réciproque est facilement trouvée en remplaçant u par −u. Par exemple :
E 0 − uBy0
Ez = qz 2
.
1 − uc2

5.4.2 ~
Transformation de B
Analysons les 2 formules :
E 0 + up0x 0
px − cu2 E
E = (énergie) = q 2
et p x = s .
1 − uc2 u2
1− 2
c
E z + uB y
Constatons que Ez0 = q 2
a la forme de la relation (5.5).
1 − uc2

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Chapitre 5. ~ et d’induction magnétique B
5.4 Transformation des champs électrique E ~

On en déduit par analogie que :

By0 − cu2 Ez0


By = q 2
. (5.22)
1 − uc2

Ainsi :
By + u2 Ez Bz − u2 Ey
By0 = q c 2 et Bz0 = q c 2 . (5.23)
1 − uc2 1 − uc2

Bx0 est obtenusen choisissant v~0 (0, v 0 , 0) et en utilisant la relation


u2
fz0 1 − 2 s
c 0 u2
fz = = f 1 − ; (vx0 = 0).
uvx0 z
c2
1+ 2
c
On obtient :

Bx0 = Bx . (5.24)
q
u2
Dans ce cas, ~v a pour composante : ~v (u, v 0 1 − c2
, 0) lorsque les formules de lorentz
sont utilisées.

5.4.3 APPLICATION : Champs E ~ et B


~ créés par une charges
en mouvements rectiligne uniforme
Soit une charge q liée au point O0 , origine du repère (K). Sa vitesse est v~0 (0, 0, 0)
dans (K0 ) et ~v (u, 0, 0) dans (K).
O0 M = r0 et r02 = x02 + y 02 + z 02 dans (K0 ). Or
x0 = Γ(x −ut) ; y 0 = y ; z 0 = z.

~ 0 = E~ 0 =
q r~0
·

E
Dans (K0 ) 4πε0 r03 car charge fixe dans (K0 ).
~ 0 = ~0

B

5.4.3.1 ~ crée dans (K)


Champs E

q x0
Ex = Ex0 = · 03 ; (5.25)
4πε0 r
E + uBz0
0
Ey0 q y0
Ey = qy =q = · q ; (5.26)
1 − u2 /c2 1 − u2 /c2 4πε0 r03 1 − u2 /c2
E 0 + uBy0 Ez0 q z0
Ez = q z =q = · q . (5.27)
1 − u2 /c2 1 − u2 /c2 4πε0 r03 1 − u2 /c2


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Chapitre 5. 5.5 Le 4-vecteur courant

5.4.3.2 ~ crée dans (K)


Champs B

Bx = Bx0 = 0; (5.28)
By0 − cu2 Ez0 u q
By = q = 2 Ez (car Ez0 = ez 1 − u2 /c2 ); (5.29)
1 − u2 /c2 c
B 0 + u2 E 0 u q
Bz = q z c y = 2 Ey (car Ey0 = Ey 1 − u2 /c2 .) (5.30)
1 − u2 /c2 c

~ − u2 Ez , u2 Ey ) dans (K) ; on peut le mettre encore sous la forme :


B(0, c c

~ = 1 · ~v ∧ E
B ~ avec ~u = ~v . (5.31)
c2
~ est le vecteur champ électrique créé par la charge au point M dans (K), le
Si E
champs d’induction magnétique B ~ créé en M par la charge en mouvement rectiligne
uniforme de vitesse ~v est :
~ = 1 · ~v ∧ E.
B ~ (5.32)
c2

5.5 Le 4-vecteur courant


Soient (K) et (K0 ) avec les significations habituelles. Considérons Q0 comme la
charge totale d’un ensemble de charges immobiles en moyenne et contenus dans une
boite de forme cubique, de volume Ω 0 = L0x L0y L0z = (L0x )3 dans (K0 ).

Y Y0
(K) ~u

(K0 )

O O0
X X0
Z Z0

Dans (K0 ), la charge Q0 est immobile : v~0 (0, 0, 0) et la densité de charge est :
Q0
ρ0 =
Ω0
L’observation
q fixe dans (K) mesure un volume
Ω = (Lx 1 − u2 /c2 )L0y L0z et donc une densité de charge :
0

Q0 Q0 1 ρ0
= 0q =q = γρ0
Ω Ω 1 − u2 /c2 1 − u2 /c2

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Chapitre 5. 5.6 Collisions élastiques et inélastiques

.
Il va observer un courant électrique ~j = ρ~v ou ~v = ~u est la vitesse de Q0 vue de
(K).

~j = ρ0 · q 1 · ~v . (5.33)
1 − v 2 /c2

Cette relation est analogue a la relation :


1
p~ = m0 · q · ~v , (5.34)
1 − v 2 /c2

qui définit le vecteur quantité de mouvement d’une particule relativiste. Par analogie à la
relation du 4-vecteur énergie-impulsion, on définit un 4-vecteur courant ou quadricourant :

J~ = (~j, ρc) = ρ0 (γ~v , γc). (5.35)

J~ dans (K) et (J~ 0 ) dans (K0 ) se transforment par la matrice de lorentz.

5.6 Collisions élastiques et inélastiques


On considère un système de particules isolés en interaction pendant une collision de
très courte durée. Avant et après la collision, l’interaction est négligeable. Dans tous les
problèmes de collision dans les référentiels galiléens, on appliquera les principes suivants :
— Conservation de la quantité de mouvement ;
— Conservation de l’énergie totale.

5.6.1 Définitions
Une particule A1 (m1 ) bombarde une particule A2 (m2 ) au repos dans le laboratoire
avant le choc. Le choc donne lieu à deux particules A3 (m3 ) et A4 (m4 ). On peut traduire
ce choc par la relation :

A1 + A2 −→ A3 + A4 . (5.36)

— Si A1 = A3 et A2 = A4 (nature des particules conservée), le choc est dit élastique


et il y a conservation de l’énergie cinétique totale ;
— Si A1 6= A3 et A2 6= A4 le choc est dit inélastique (réaction nucléaire par
exemple).

5.6.2 Bilan de la réaction


Soit mi les masses des particules Ai . On appelle bilan de la réaction ci-dessus, la
quantité Q définie par :

Q = [(m1 + m2 ) − (m3 + m4 )]c2 . (5.37)


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Chapitre 5. 5.6 Collisions élastiques et inélastiques

— Si Ti est l’énergie cinétique de la particule Ai (εi = Ti + mi c2 ), la conservation


de l’énergie totale implique :

Q = (T3 + T4 ) − (T1 + T2 ). (5.38)

Q s’identifie donc a la variation de l’énergie cinétique du système.


— la nature des particules est conservée (A1 = A3 ; A2 = A4 ), Q = 0 (choc
élastique).
— Q > 0, on parle de défaut de masse et l’énergie cinétique totale augmente
(réaction exothermique).
— Si Q < 0, on a une production de masse et l’énergie cinétique totale diminue.
Ici, de l’énergie cinétique est transformée en masse et on peut définir une énergie
seuil pour que la réaction puisse avoir lieu.

5.6.3 Seuil de la réaction ( Q 6= 0)


5.6.3.1 Référentiel du laboratoire et référentiel du centre de masse (bary-
centrique).
L’étude des chocs peut se faire dans deux (02) référentiels :
— Le référentiel du laboratoire qui est galiléen (RL). Les grandeurs dans ce référentiel
seront non primées dans ce cours.Ce référentiel est important pour l’expérimentateur ;
— Le référentiel du centre de masse encore appelé référentiel barycentrique (RB)
ou le centre de masse du système a une vitesse nulle. les grandeurs dans ce
référentiel seront primées dans le cours. C’est dans ce référentiel qu’on évalu
souvent les énergies.
Montrons que le référentiel (RB) est Galiléen.
Dans (RB), on a p~0 (total) = ~0 Supposons que (RB) soit galiléen.
  
p~0k = Γ p~k − ~u · E
= ~0
c2
;
~0 ⊥ = p~⊥ = ~0
p

E c2
 
~ ~ 0 E
p~⊥ = 0 ⇒ p k = p~ ⇒ Γ p~ − ~v · 2 = 0 ⇒ p~ = ~v c2 et ~v = p~ .
 c E
p ~
~ = cst
Le système est isolé ⇒ ~v est bien un vecteur constant
E = cst
⇒(RB) est galiléen.

5.6.3.2 Calcul dans (RB) de l’énergie du système avant le choc


E1 E2 E2
   
Dans (RL) : A1 p~1 , ; A2 ~0, ; = m2 c2
c c c
E1 + E2
Système ( A1 + A2 ) : p~1 + ~0, .
c !
E0
Dans (RB) on a : ( A1 + A2 ) : ~0, .
c
La conservation du carré scalaire lorsqu’on passe de (RB) a (RL) implique :

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Chapitre 5. 5.6 Collisions élastiques et inélastiques

(E1 + E2 )2 E 02
p21 − = − ⇒ E 02 = −p21 c2 + (E1 + E2 )2 .
c2 c2
On a également :

E12
− p21 = m21 c2 ⇒ p21 c2 = −m21 c2 + E12 ;
c2
E22
− 02 = m22 c2 ⇒ E22 = m22 c4 ;
c2
Avant le choc on a :

E 02 = m21 c4 + m22 c4 + 2m2 E1 c2 . (5.39)


Remarque
!1/2
v2 pc2 p 1 c2
Γ= 1− 2 , or V = = ;
c E E1 + m2 c2

E1 + m2 c2
Γ= .
[m21 c4 + m22 c4 + 2m2 E1 c2 ]1/2

La relation de passage de (RL) à (RB) ⇒ E1 +m2 c2 = E = Γ(E 0 +V ·p).


On peut alors tirer E 0 .

5.6.3.3 Énergie seuil


Dans (RB), on doit avoir : E 0 ≥ m3 c2 + m4 c2 . Le cas limite correspond à E 0 =
m3 c + m4 c2 où les particules produites sont au repos.
2

Ainsi, on peut avoir une idée de l’énergie seuil :


E 02 = m21 c4 + m22 c4 + 2m2 E1 c2 ≥ (m3 c2 + m4 c2 ) or E 01 = T1 + m1 c2

(m3 + m4 )2 − (m1 + m2 )2 2
T1 ≥ c. (5.40)
2m2
La valeur minimale T1s de T1 définie l’énergie seuil de la réaction :

(m3 + m4 )2 − (m1 + m2 )2 2
T1s = c. (5.41)
2m2
Remarque
Si le choc est élastique, T1s = 0.

5.6.4 Énergie Ed0 disponible dans une réaction (Q 6= 0)


C’est l’énergie cinétique dans le référentiel barycentrique des particules incidentes.
Cette énergie Ed0 est donc égale a :

Ed0 = E 0 − m1 c2 − m2 c2 ; (5.42)
Ed0 = [E 02 = m21 c4 + m22 c4 + 2m2 E1 c2 ]1/2 − m1 c2 m2 c2 . (5.43)

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Chapitre 5. 5.6 Collisions élastiques et inélastiques

Si E1  m1 c2 et E1  m2 c2 on parle de choc ultra-relativiste.


On montre que l’énergie disponible Ed0 dans une réaction est toujours inférieure a
l’énergie totale E1 + m2 c2 du système avant le choc dans (RL).
Si Ed0 = E 0 alors l’énergie cinétique incident a suffi tout juste a la créaction des
particules A3 et A4 au repos dans (RB).

5.6.5 Calcul des quantités dans (RB)


Nous avons :

E 0 = E30 + E40 ; (5.44)


E302 − p~02
3c
2
= m32 c4 ; (5.45)
E402 − p~02
4c
2
= m42 c4 . (5.46)

Dans (RB), le centre de masse est au repos

p~03 + p~04 = ~0 ⇒ p~03 = −p~04 ⇒⇒ .


(5.46) et (5.46) ⇒

(E30 + E40 )(E30 − E40 ) = (m23 − m24 )c4 + (p~02 ~02 2


3 − p4 )c .

On a alors :

E 0 (E30 − E40 ) = (m23 − m24 )c4 , soit :


(m23 − m24 )c4
E30 − E40 = ;
E0
E30 + E40 = E 0 .

On en déduit :

(m23 − m24 )c4 E 0


E30 = + ; (5.47)
2E 0 2
(m23 − m24 )c4 E 0
E40 = − + . (5.48)
2E 0 2
Les relations (5.46) et (5.46) donnent :

E302
p02
3 = − m23 c2 ; (5.49)
c2
E402
p02
4 = − m24 c2 . (5.50)
c2
On peut trouver E10 et E20 par permutation en utilisant les expressions de E30 et E40 .

(m21 − m22 )c4 E 0 (m22 − m21 )c4 E 0


E10 = + et E20 = + . (5.51)
2E 0 2 2E 0 2

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Chapitre 5. 5.6 Collisions élastiques et inélastiques

Dans le cas d’un choc élastique, m1 = m3 et m2 = m4 . Puisque p~01 + p~02 = ~0, Il vient :
kp~0 1 k, kp~0 2 k, kp~0 3 k, kp~0 4 k et la quantité de mouvement est conservée dans (RB).
N.B.
Dans le référentiel du laboratoire, les quantités seront obtenues en uti-
lisant :
— Les formules de lorentz concernant la transformation du 4-
vecteur énergie-impulsion P~ , du système.
— L’invariance du produit scalaire de deux 4-vecteur lorsqu’on
passe de (RB) a (RL) où vice-versa.
B Exercice 5.1: Soient 2 particules A1 (m1 ) et A2 (m2 ) en mouvement rectiligne uni-
forme dans (RL) avec des vitesses colinéaires et de sens contraires. Déterminons l’énergie
E10 et la quantité de mouvement p01 de la particule A1 dans le référentiel (R’) où la particule
A2 est fixe :

Solution
0
!
E
7 → Laboratoire. Nous avons les 4-vecteurs : P~10 =
Soit le référentiel (RL) − p~01 , 1 et
 
c
~ 0 ~
P2 = p2 = ~0, m2 c . Leur produit scalaire : P~1 · P~2 = −m2 E1 = P~1 · P~2 dans le laboratoire.
0 0

E1 E2
  
P~1 · P~2 = p~1 , p~2 , avec E1 = T1 + m1 c2 et E2 = T2 + m2 c2 .
c c
E1 E2
P~1 · P~2 = p~1 · p~2 − 2 ; p~1 k p~2 mais de sens contraire dans (RL) ⇒
c
T1 T2
  
~ ~
P1 · P2 = −p1 p2 − + m1 c + m2 c ;
c c
E2 T1 + m1 c2
p21 = 21 − m21 c2 = − m21 c2 ;
c c2
E2 T2 + m2 c2
p22 = 22 − m22 c2 = − m22 c2 ;
c c2
" ! !#1/2
E12 E22 E1 E2
m2 E10 = 2
− m21 c2 2
− m22 c2 + ;
c c c2
" ! !#1/2
1 E12 E22 E1 E2
E10 = 2
− m21 c2 2
− m22 c2 + ;
m2 c c m2 c2
E102
p02
− m1 c2 .
1 =
c2
B Exercice 5.2: On considère la réaction nucléaire endoénergétique :
A1 + A2 −→ A3 + A4 + A5 + A6
A2 est bombardé par A2 dans le laboratoire. A1 et A2 sont des quantités de mou-
vements p~1 et p~2 faisant un angle α. Calculer le seuil énergétique de la réaction :


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