Vous êtes sur la page 1sur 83

ETAT DES LIEUX DE LA SITUATION

DES ENFANTS EN CONFLIT AVEC LA LOI A


MADAGASCAR
___________

TERMES DE REFERENCE

Intitulé du poste : Consultant national pour faire l’état des lieux de la


situation des enfants en conflit avec la loi.

Affectation : UNICEF
Ministère de la Justice

Durée : Quatre mois

CONTEXTE :

Madagascar ayant ratifié la Convention relative aux Droits de l’Enfant


se trouve dans l’obligation de mettre sa législation en conformité avec ladite
Convention. En effet, selon la Constitution malgache, cette Convention fait
partie intégrante de notre droit positif et les juges sont tenus de l’appliquer.
Certes, la législation malgache comporte déjà des textes spécifiques
relatifs à l’enfance, mais en réalité leurs dispositions ne sont pas pour la
plupart en parfait accord avec ladite Convention. Par conséquent, des
réformes législatives et administratives fondamentales s’imposent.
L’ordonnance 62-038 du 19 septembre 1962 relative à la protection de
l’enfance constitue le principal texte de référence du Juge des enfants dans
le traitement des cas des enfants en danger et des enfants en conflit avec la
loi. Ainsi, il s’avère nécessaire de prévoir deux lois distinctes pour régler les
deux situations.
A cet effet, des efforts ont été déployés et actuellement le projet de loi
sur la protection des enfants en danger est déjà validé au niveau de la
Commission de réforme du Droit des Enfants.
En ce qui concerne la protection des enfants en conflit avec la loi et
pour en évaluer la situation, un état des lieux doit être fait au préalable avant
l’élaboration du projet de loi. Afin d’avoir un texte qui reflète la réalité
malgache, l’état des lieux doit mettre en exergue les différents points
d’achoppements par rapport à la Convention et portant notamment sur le
traitement des dossiers, l’organisation du Tribunal pour enfant, les catégories
d’âge en matière de responsabilité pénale, l’application des peines, les
conditions de placement et de détention, les conditions d’application d
mesures alternatives à la détention, solutions autres qu’institutionnelles.
A l’issu de ces travaux, des propositions de réformes à apporter à
l’ordonnance 62-038 doivent être présentées pour servir de base à
l’élaboration du nouveau texte. Et c’est dans ce cadre que s’inscrit cette
demande de consultance.

1
OBJECTIFS DE LA MISSION

Mise en conformité des textes nationaux avec la Convention Relative aux


Droits de l’Enfant ratifiée par Madagascar. Réformes portant sur :
- le traitement des dossiers depuis l’enquête préliminaire jusqu’à la
phase du jugement notamment sur la compétence, la procédure à
suivre, les délais à respecter …) ;
- l’organisation du cabinet du juge des enfants, du Tribunal pour
enfant et de la Cour Criminelle des Mineurs ;
- la nécessité d’uniformiser l’âge en matière de responsabilité pénale
et l’application des peines ;
- la situation des enfants faisant l’objet de placement dans un centre
de rééducation et les conditions de détention.

Pour ce faire, le consultant aura à :


- Faire un état des lieux sur la situation des enfants en conflit avec la
loi. A cet effet, il aura à recueillir des renseignements auprès de
différentes entités qui travaillent étroitement avec ces enfants
notamment les juridictions, la Police , la Gendarmerie, les centres de
rééducations, les centres de détention, les ONGs et les associations.
- Identifier et analyser les blocages, lacunes et opportunités
d’application de mesures alternatives à la détention ;
- Comparer les données avec les statistiques disponibles ;
- Se déplacer sur les sites : chefs lieux de FARITANY et NOSY BE,
MORONDAVA, FORT-DAUPHIN.

ORGANISATION, DUREE ET RESULTATS ATTENDUS :

- Le consultant aura à visiter les différentes entités aux fins d’obtenir


des renseignements ;
- Il procèdera à des entretiens avec les responsables nationaux et les
enfants concernés ;
- Il produira un document de rapport provisoire après deux mois de
travail ;
- A l’issue des quatre mois, il produira un document de synthèse final
des renseignements recueillis qui constituera l’état des lieux pour
servir de base à l’élaboration du projet de loi relative à la protection
des enfants en conflit avec la loi.
- La consultation durera quatre mois.
- Les documents de rapport provisoire et le document final seront
déposés à la Direction des Réformes Législatives du Ministère de la
Justice avec les propositions de réformes envisagées.

QUALIFICATIONS :

- Formation supérieure en Droit Privé, avec une expérience pratique


juridique et judiciaire d’au moins 3 ans ;

2
- Connaissances approfondies et pratique en matière de droit des
enfants et de la procédure pénale ;
- Expérience en matière de consultance et en droit comparé ;
- Libre durant la période de quatre mois pour tous déplacements
éventuels.

REMUNERATION :

L’UNICEF prendra en charge les honoraires du Consultant national qui sera


rémunéré aux conditions fixées dans le contrat de consultation
conformément aux barèmes en cours.
Les dossiers de candidature composés d’une demande manuscrite, d’un
curriculum vitae détaillé et d’une lettre de disponibilité à plein temps pendant
la période de consultation devront parvenir à La Direction des Réformes
Législatives du Ministère de la Justice.

3
INTRODUCTION

Au cours des dernières années, il y a eu partout dans le monde, une


préoccupation grandissante à propos de l’administration de la justice des
mineurs, notamment les enfants en conflit avec la loi.

Un point de départ important dans ce domaine a été la Convention


relative aux Droits de l’Enfant qui a été signée par l’Assemblée Générale des
Nations Unies en 1989, à laquelle Madagascar est une partie prenante
l’ayant ratifiée en 1991.

L’article 40 de la Convention préconise pour les Etats parties,


l’obligation de reconnaître à tout enfant suspecté, accusé ou convaincu
d’infraction à la loi pénale le droit à un traitement qui soit de nature à
favoriser son sens de la dignité et de la valeur personnelle, qui renforce son
respect pour les droits de l’homme et les libertés fondamentales d’autrui, et
qui tienne compte de son âge ainsi que de la nécessité de faciliter sa
réintégration dans la société et de lui faire assumer un rôle constructif au
sein de celle-ci et de prendre toutes les mesures nécessaires chaque fois
que cela est possible et souhaitable, pour traiter les enfants sans recourir à
la procédure judiciaire, étant entendu que les droits de l’homme et les
garanties légales doivent être pleinement respectés.

L’article 37 de la Convention interdit également l’imposition de la peine


capitale et l’emprisonnement à vie pour les infractions commises par des
personnes âgées de moins de 18 ans.

Les normes internationales comptent également trois autres


instruments concernant spécifiquement la justice pour mineurs à savoir :

• L’Ensemble de règles minima des Nations Unies concernant


l’administration de la justice pour mineurs (Règles de Beijing),
• Les Principes directeurs des Nations Unies sur la prévention de la
délinquance juvénile (Principes directeurs de Riyad),
• Les Règles des Nations Unies sur la protection des mineurs privés de
liberté.

De ce fait, il ressort que la justice des mineurs est un vaste sujet qui
couvre, à la fois, la prévention de la délinquance, les types d’infractions dont
les enfants sont parfois accusés, et la façon dont ils sont traités par la police,
les tribunaux et le personnel des centres de détention pour délinquants
mineurs.

Il couvre donc la façon dont est traité l’enfant à partir du moment où il


est considéré comme suspect, puis durant l’enquête, l’arrestation,
l’accusation, éventuellement la détention préventive, le jugement et la
condamnation.

4
Madagascar, ayant ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant
est pleinement conscient de ce problème, se trouve donc dans l’obligation de
mettre sa législation en conformité avec ladite Convention et prouve ainsi
son engagement à prendre toutes les mesures nécessaires pour y faire face.
En effet, selon la Constitution malagasy, cette Convention fait partie
intégrante de notre droit positif et les juges sont tenus de l’appliquer.

Certes, la législation malagasy comporte déjà des textes spécifiques


relatifs à l’enfance, mais en réalité leurs dispositions ne sont pas pour la
plupart en parfait accord avec ladite Convention. Par conséquent, des
réformes législatives et administratives fondamentales s’imposent.

Ainsi, dans le cadre de cet engagement, il a été jugé nécessaire


d’entreprendre une étude sur l’administration de la justice des mineurs et sur
les cas des enfants en conflit avec la loi, en partenariat avec l’UNICEF.

L’ordonnance n°62-038 du 19 septembre 1962 relative à la protection


de l’enfance constitue le principal texte de référence du Juge des enfants
dans le traitement des cas des enfants en danger et des enfants en conflit
avec la loi. Ainsi, il s’avère nécessaire de prévoir deux lois distinctes pour
régler les deux situations.

A cet effet, des efforts ont été déployés et actuellement le projet de loi
sur la protection des enfants en danger est déjà validé au niveau de la
Commission de réforme du droit des enfants et est prêt pour être présenté
aux diverses instances d’adoption des textes.

A l’issu de ces travaux, des propositions de réformes à apporter à


l’ordonnance n°62-038 du 19 septembre 1962 relative à la protection de
l’enfance seront présentées pour servir de base à l’élaboration du nouveau
texte.

CONTEXTE DE L’ETUDE

Concernant la protection des enfants en conflit avec la loi et pour en


évaluer la situation, un état des lieux doit être fait au préalable avant
l’élaboration du projet de loi ; Afin d’avoir un texte qui reflète la réalité
malagasy, l’état des lieux doit mettre en exergue les différents points
d’achoppements par rapport à la Convention et les autres instruments
internationaux pertinents relatifs à la justice pour les mineurs portant
notamment sur le traitement des dossiers, l’organisation du Tribunal pour
enfant, les catégories d’âge en matière de responsabilité pénale, l’application
des peines, les conditions de placement et de détention, les conditions
d’application de mesures alternatives à la détention, solutions autres
qu’institutionnelles.

5
OBJECTIFS DE LA MISSION

L’étude doit tendre vers :

La mise en conformité des textes nationaux avec la Convention Relative aux


Droits de l’Enfant ratifiée par Madagascar.
Les réformes portant sur :
- le traitement des dossiers depuis l’enquête préliminaire jusqu’à la
phase du jugement notamment sur la compétence, la procédure à
suivre, les délais à respecter …) ;
- l’organisation du Tribunal pour enfant et la Cour Criminelle des
Mineurs ;
- la nécessité d’uniformiser l’âge en matière de responsabilité pénale
et l’application des peines ;
- la situation des enfants faisant l’objet de placement dans un centre
de rééducation et les conditions de détention…

Le présent rapport s’appuie sur un travail de collecte effectué par le


Consultant.

Ainsi, nous nous sommes servi d’un questionnaire relatif aux


renseignements concernant la situation et le nombre exact des enfants en
conflit avec la loi, les problèmes à identifier quant au respect de tous leurs
droits, et les différentes informations à collecter qui a été envoyé aux 36
juridictions de première instance de Madagascar et à tous les établissements
pénitentiaires pour l’obtention d’informations uniformes et fiables.

Nous nous sommes également appuyé sur un constat et sur l’état des
lieux de la situation des enfants en conflit avec la loi ; ceci a été effectué par
des descentes dans sept grandes villes de Madagascar, en l’occurrence :
Antananarivo, Toamasina, Toliary, Nosy Be, Tolagnaro, Fianarantsoa et
Morondava. Il est à remarquer que les déplacements à Mahajanga et à
Antsiranana n’ont pu être effectués à cause des intempéries dus au cyclone,
toutefois, des informations ont été recueillis et pris en compte dans la
présente étude.

Pour ce faire, le rapport devra :

- présenter un état des lieux sur la situation des enfants en conflit avec
la loi basé sur :
ƒ des renseignements recueillis auprès de différentes entités, au
niveau des six Faritany et dans les juridictions, qui travaillent
étroitement avec ces enfants notamment les juridictions, la
Police , la Gendarmerie, les centres de rééducations, les
centres de détention, les ONGs et les associations…
ƒ l’identification et l’analyse des blocages, lacunes et
opportunités d’application de mesures alternatives à la
détention ;
ƒ les données avec les statistiques disponibles.

6
PREPARATION DU RAPPORT

Très peu d’informations relatives au problème étaient disponibles au


moment de l’élaboration de la méthodologie de recherche à part le fait que le
problème revêt une très grande importance dans la protection des droits des
enfants, notamment ceux en conflit avec la loi. Ainsi, une visite de 4 jours
chacune a eu lieu dans les sites sus énumérés afin d’avoir une
compréhension directe du sujet.

Nous avons ainsi tenu des réunions avec les responsables des
tribunaux de première instance visités, des responsables des établissements
pénitentiaires, des représentants de divers départements de l’administration
comprenant la police, des représentants d’ONG oeuvrant dans le domaine
de la protection des droits des enfants, ainsi que d’autres personnes
susceptibles d’avoir des connaissances sur le sujet.

Lors des déplacements, on a pu visiter des établissements


pénitentiaires et des centres de détention et a pu ainsi avoir des contacts
avec les enfants en détention et recueillir leurs aspirations quant aux
conditions de détention.

STRUCTURE DU RAPPORT

Le rapport s’articule autour de trois parties :

ƒ Le résumé exécutif ;
ƒ L’état des lieux proprement dit ;
ƒ Les recommandations et propositions de réformes pour la mise
en conformité de la législation malagasy avec les instruments
internationaux.

METHODOLOGIE

La méthodologie que nous avons adoptée inclut donc une approche


qualitative et quantitative basée essentiellement sur l’analyse des réponses
au questionnaire et des informations et renseignements obtenus lors des
descentes sur sites, ainsi que sur des entretiens ou des discussions avec
des groupes de réflexion composés de personnes ressources telles que les
représentants des juridictions, la police, la gendarmerie, les centres de
rééducation, les centres de détention, les ONGs et les associations.

Le rapport est donc le fruit de la compilation et de l’analyse


comparative des données fournies par toutes ces entités afin de pouvoir
identifier et analyser les blocages, les lacunes et opportunités d’application
de mesures alternatives à la détention.

7
Toutefois, le rapport a ses limites et ce pour les raisons suivantes :
l’impossibilité de visiter toutes les juridictions de Madagascar, la période
électorale, et les intempéries causées par les cyclones.

Dès lors, il ne veut ni ne peut être exhaustif ; ce rapport entend :


ƒ faire émerger des facteurs,
ƒ poser des questions,
ƒ proposer des éléments de réflexion quant à la procédure à utiliser
pour les enfants en conflit avec la loi,
ƒ proposer des réformes et des mesures alternatives à la détention ainsi
que le recrutement de personnels qualifiés pour encadrer ces
mesures non privatives de liberté.

Lorsqu’on a élaboré une méthodologie pour mener à bien la


recherche, on a commencé par les questions suivantes :

I. Quels types d’informations sont nécessaires (Domaines


d’information)
II. Qui pourraient fournir les informations (Groupes cibles)
III. Quelles techniques devrait-on adopter pour la collecte de données
(Techniques/outils de collecte de
données/quantitatives/qualitatives)

Nous voudrions préciser que cette étude sur l’état des lieux des
enfants en conflit avec la loi n’aurait pas été réalisée sans la contribution d’un
grand nombre de personnes et d’organisations à qui nous tenons à exprimer
notre sincère reconnaissance.

8
PREMIERE PARTIE
__________

RESUME EXECUTIF
Les descentes sur sites, les réponses au questionnaire données par
les juridictions non visitées, le traitement des dossiers des mineurs en conflit
avec la loi au niveau de l’enquête préliminaire, lors de la phase d’instruction
par le juge des enfants ou du juge d’instruction et les conditions de détention
desdits mineurs en milieu carcéral nous emmènent aux observations et
constatations suivantes :

En dehors de quelques chefs lieu de Faritany, il n’existe aucun


enquêteur spécialisé pour le traitement des cas de mineurs en conflit avec la
loi.

Tout officier de police judiciaire (OPJ) est habilité à traiter toutes


infractions sans distinction aucune. D’ailleurs, aucune des unités visitées
(Police, Gendarmerie) n’est en possession de l’ordonnance n°62-038 du
relative à la protection de l’enfance.

A plus forte raison, aucun des Instruments internationaux relatifs aux


enfants et ratifiés par Madagascar n’a pu être trouvé au sein de ces unités.

Cependant, malgré leur non spécialisation et l’absence des textes sus


énoncés, les mineurs sont soumis à certains égards : audition en présence
des parents ou autorités locales autant que possible, pas de garde à vue
mais plutôt remise aux parents, et en cas d’impossibilité de remise, non
placement en chambre de sûreté mais plutôt, rétention du mineur dans les
locaux de la police.

Selon les enquêteurs, sauf en cas de crime, ils ne sont saisi de faits
mis à la charge des mineurs que lorsque aucun arrangement au niveau des
parties en cause ou du Fokontany n’est intervenu, ce qui semble être
confirmé par le nombre peu important des dossiers relatifs aux mineurs en
conflit avec la loi dans la plupart des juridictions visitées.

Les centres de rééducation et de réinsertion, en nombre insuffisant et


n’existant que dans quelques chefs lieu de Faritany (Antananarivo,
Toamasina, Fianarantsoa…) l’insuffisance d’institution spécialisés acceptant
des mineurs en conflit avec la loi contraignent les juges des enfants à placer
en détention préventive des mineurs, et seulement si cette détention s’avère
absolument nécessaire.

Le travail du juge des enfants se trouve également entravé par la


quasi-inexistence ou l’insuffisance de service social dans la plupart des
juridictions.

9
La création de centre de rééducation dans les localités où la
délinquance juvénile est assez marquée, ainsi que l’instauration d’un service
social auprès de ces localités constituent une priorité absolue pour lutter
efficacement contre cette délinquance, et pour permettre aux juges des
enfants de respecter les « impératifs » stipulés dans les Conventions dont
Madagascar est signataire.

Les observations portent sur trois (3) points : les locaux, les loisirs et
l’éducation.

Il n’existe pratiquement pas de quartier de mineur de sexe féminin


dans les établissements pénitentiaires de Madagascar, les mineures en
conflit avec la loi étant toutes placées dans les quartiers réservés aux
femmes.

Concernant les quartiers des mineurs détenus, seul celui de la maison


centrale d’Antananarivo est digne de ce nom car excentré des quartiers
réservés aux adultes, ce qui exclut toute promiscuité avec les détenus
majeurs.

Dans les autres établissements pénitentiaires où les mineurs détenus


sont séparés des adultes (Tolagnaro, Toliara, Toamasina) la séparation des
quartiers des adultes et celui des mineurs consiste en de simple grillage.
Dans toutes les autres maisons centrales visitées, tous les détenus sont
mélangés dans le même quartier.

Les « dortoirs », quant à eux sont constitués par de simples « bas


flanc » à étage installés dans des conditions souvent vétustes et mal aérées,
nattes ou de minces matelas (qui seraient fournis par les mineurs eux-
mêmes).

Un meilleur agencement des lieux serait de nature à instaurer le


respect des droits de l’enfant à jouir d’un minimum de commodités.

Les douches et les lieux d’aisance doivent également être améliorés.

L’épanouissement d’un enfant nécessite un minimum de loisir.

En dehors d’Antananarivo où les mineurs en détention disposent d’un


« centre de lecture », et peuvent assister à des émissions éducatives
télévisées deux fois par semaine, outre la possibilité de pouvoir jouer au
basket-ball et de jouer à divers jeux de société, les détenus dans les autres
maisons centrales sont quasiment laissés à eux-mêmes.

Il n’existe pas d’agents spécialisés pour la surveillance et l’éducation


des mineurs en conflit avec la loi au sein des maisons centrales de
Madagascar.

10
Il n’existe pas non plus d’instituteurs et de formateurs par l’Etat pour la
scolarisation, l’initiation et l’apprentissage des détenus à une activité
professionnelle.

Les instituteurs se chargeant de prodiguer des cours aux détenus sont


constitués de bénévoles provenant d’ONG. Il en résulte que la scolarisation
n’est pas permanente, et est fonction des moyens dont disposent les ONG.

Ainsi, si dans la maison centrale d’Antananarivo, les mineurs détenus


sont scolarisés par 2 bénévoles provenant de l’ONG « Sentinelle », et
travaillant pendant tous les jours ouvrables de la semaine, par contre les
détenus mineurs de TOAMASINA ne sont pris en charge par les bénévoles
que lorsque ces derniers sont disponibles, et au plus 2 fois par semaine.

Quant à l’initiation et à l’apprentissage d’une activité professionnelle,


ils sont assurés par des détenus compétents en la matière si les matériaux
pour ce faire sont disponibles. C’est le cas notamment de la maison centrale
de TOLAGNARO ou des initiations et apprentissage sur « sculpture sur
bois » sont pratiqués grâce à la fourniture par l’ONG « Cellio-terra » des
outils et du bois, initiation et apprentissage prodigué par un détenu, à tout
détenu, majeur ou mineur désireux d’y participer.

La responsable de l’ONG « Cellio-terra » nous a déclaré qu’une


soixantaine de détenus libérés formés à la maison centrale, dont 2 mineurs,
ont entamé une procédure de constitution d’une association de sculpteurs
sur bois à TOLAGNARO.

La majorité des mineurs en conflit avec la loi sont, comme nous avons
pu le constater, issus de famille défavorisée et sont analphabètes d’une part
et d’autre part, leur séjour en milieu carcéral étant souvent très court (environ
3 à 6 mois) il semble qu’il faille favoriser plutôt les initiations ou
apprentissage d’une activité professionnelle au détriment de la scolarisation,
sans toutefois abandonner cette dernière.

Par ailleurs, bien que les visites ou les réponses au questionnaire


n’ont pu faire ressortir que les enfants incarcérés puissent être victimes de
violences ou de maltraitance de quelque forme que ce soit, il ressort du
rapport annuel de l’Observatoire des Droits de l’Enfant de la Région de
l’Océan Indien (ODEROI) que dans de nombreux cas, les établissements
pénitentiaires ou les institutions d’accueil tendent à mélanger les catégories
d’enfants, en effet, ils accueillent aussi bien des enfants en danger placés là
pour leur protection que des enfants en conflit avec la loi, ce qui est une
source de violence entre eux.

En outre, bien que le nombre d’enfants incarcérés soit insignifiant par


rapport au nombre d’enfants inculpés ou prévenus, il faut également signaler
que le pays souffre d’une surpopulation carcérale si bien que les enfants ne
sont pas toujours séparés des adultes. De même, les enfants en détention
préventive sont souvent incarcérés avec les condamnés.

11
On a pu relever des causes de retard différentes dans l’évacuation
des dossiers de mineurs :

ƒ Absence de pièces, notamment les actes de naissance ;


ƒ Eloignement : délai de convocation à respecter ;
ƒ Peu d’enquête foraine pour insuffisance de moyens tant matériels que
financiers ;
ƒ Manque de diligence de la part des OPJ ;
ƒ Insuffisance en nombre des magistrats en charge des mineurs ;
ƒ Non comparution des civilement responsables ;
ƒ Désintéressement des parents ou personnes responsables.

De tout ce qui précède, et au vu des propositions et observations,


nous pensons que les solutions au problème des enfants en conflit avec la loi
ainsi que les améliorations à mettre en place sur ce thème seront plus ou
moins identifiées et feront ultérieurement l’objet de réformes qui cadreront
avec les besoins et les réalités à Madagascar.

12
DEUXIEME PARTIE
___________

ETAT DES LIEUX

I- JURIDICTION D’ANTANANARIVO

TRIBUNAL DE PREMIERE INSTANCE D’ANTANANARIVO :

Le tribunal de première instance d’Antananarivo a été visité en


premier, vu l’importance de la juridiction et de ce fait le nombre assez
conséquent des affaires concernant des mineurs, tant du point de vue pénal
que civil.

De cette visite, les constats suivants ont été relevés :

PARQUET :

En 2OO6, 250 dossiers impliquant 285 mineurs ont fait l’objet de


procédure de citation directe devant le tribunal pour enfant (sans détention
préventive) dont :

ƒ 121 mineurs pour coups et blessures volontaires


ƒ 66 pour vol
ƒ 35 pour violences et voies de fait
ƒ 17 pour diffamations publiques
ƒ 08 pour abus de confiance
ƒ 07 pour menaces
ƒ 07 pour détournement de mineure
ƒ 05 pour violation de domicile
ƒ 06 pour homicide- blessures involontaires
ƒ 04 pour escroquerie
ƒ 02 pour recel d’objets volés
ƒ 02 pour abattage d’arbres
ƒ 01 pour attentat à la pudeur
ƒ 01 pour complicité d’adultère
ƒ 03 pour empoisonnement

CABINETS DES JUGES DES ENFANTS

PREMIER CABINET :

ƒ En 2006, 127 dossiers sont entrés impliquant 153 mineurs.

13
ƒ Sur les dossiers avec 20 mineurs placés en détention préventive, ceux
concernant 18 mineurs ont été réglés ; il reste donc à régler les
dossiers concernant 2 mineurs.
ƒ Parmi les dossiers impliquant 37 mineurs ayant fait l’objet d’une
ordonnance de placement le sort des 07 mineurs reste à régler.

DEUXIEME CABINET :

ƒ En 2006, 193 dossiers impliquant 246 mineurs ont été répertoriés;


ƒ Sur les 32 mineurs placés en détention provisoire, il reste à régler le
sort de 2 mineurs ;
ƒ Sur les 53 mineurs ayant fait l’objet d’une ordonnance de placement,
le sort de 11 mineurs restent à régler.

TROISIEME CABINET :

ƒ En 2006, 144 dossiers impliquant 187 mineurs ont été enregistrés;


ƒ Parmi les 38 mineurs placés sous mandat de dépôt il reste à régler
les dossiers de 14 mineurs ;
ƒ En ce qui concerne les 37 mineurs ayant fait l’objet d’une ordonnance
de placement, les dossiers de 15 mineurs sont encore à régler.

SUGGESTIONS COMMUNES DES JUGES DES ENFANTS :

1 : Pour assurer un bon suivi des mineurs en conflit avec la loi, faisant l’objet
de placement dans les centres de rééducation, il est nécessaire d’avoir une
voiture de fonction, qui dans la mesure du possible soit une voiture tout
terrain, avec le carburant nécessaire, les centres étant éloignés
géographiquement les uns des autres (certains à Anjanamasina, certains à
Faravohitra…)
Un bon suivi est nécessaire pour ces mineurs pour voir leur
adaptation, leur réinsertion, surveiller si les programmes d’éducation et de
formation mis en œuvre auprès de ces centres sont effectivement mis en
marche.

2 : Pour avoir une bonne qualité de services, une dotation en


ordinateur, imprimante, papier est indispensable.
- L’informatisation des données facilite la connaissance des cas des
mineurs : quelles sont les infractions courantes,
- quelle sorte de jeunes sont touchés par telle infraction,
- combien de temps tel mineur a déjà passé en prison,
- quels sont les problèmes qui font obstacle au règlement d’un tel
dossier…

Il devrait y avoir un logiciel permettant d’effectuer une telle recherche


sur ordinateur ; en effet la police des mineurs et de la protection des mœurs
dispose déjà d’un logiciel répertoriant les cas des mineurs objets de
maltraitance ; L’informatisation accélère également le règlement des
dossiers.

14
3 : Pour parfaire la contribution dans la lutte contre la délinquance
juvénile, il faut qu’après leur passage dans les centres de rééducation, ou
dans les établissements pénitentiaires, les mineurs puissent bénéficier d’un
suivi pour éviter qu’ils replongent dans la délinquance à nouveau.

Ce suivi pourrait être fait par des travailleurs sociaux qui doivent
transmettre leur rapport et signaler leurs appréhensions, leurs avis pour
pallier à de nouvelles rechutes. Et là il y a lieu de convoquer le mineur en
cause pour discuter de son cas, pour en tirer les mesures à prendre le
concernant.

L’idée est qu’après que le dossier d’un mineur ait reçu règlement
définitif, c'est-à-dire qu’il ait obtenu une condamnation avec sursis ou ferme,
son cas sera changé en cas social ; là le mineur fera l’objet d’une sorte de
liberté surveillée, c'est-à-dire il fera l’objet d’un suivi par les travailleurs
sociaux qui feront un compte rendu de suivi auprès du juge des enfants pour
que ce dernier puisse prendre les mesures appropriées.

Evidemment, cela donne plus de travail, toutefois, si le juge des


enfants dispose de moyens matériels, humains adéquats notamment, de
plus d’assistantes sociales, un tel suivi sera bien mené.

4 : Actuellement, le tribunal ne dispose que d’une seule assistante


sociale, et avant qu’elle ne parte à la retraite, il faut assurer la relève. Il faut
également avoir au moins deux assistantes sociales au cas où l’une d’elle
tombe malade.

5 : Il faut aussi un autre centre de rééducation pour les garçons, pour


mettre ceux qui ont manifesté des améliorations de conduite afin qu’ils ne se
mélangent pas avec les nouveaux venus (une sorte de centre intermédiaire) ;

6 : Une formation professionnelle du juge des enfants à l’étranger


serait très bénéfique pour étoffer l’expérience et les connaissances sur les
droits des enfants quant à la promotion et à la protection de ces droits.

CABINET DU JUGE D’INSTRUCTION


POUR TRAITER LES CRIMES
_____________

En 2006, 55 mineurs inculpés ont été répertoriés dont :

- 43 inculpés pour viol ;


- 3 inculpés d’attentat à la pudeur ;
- 1 Inculpé d’incendie volontaire
- 2 inculpé de vol sur le chemin public
- 1 inculpé coups mortels
- 1 inculpé de vol à mains armées
- 1 inculpé de vol de bovidé
- 1 inculpé de meurtre

15
- 1 inculpé de vol avec effraction
- 1 inculpé d’empoisonnement
Du point de vue de leur âge :

- 3 mineurs de 6 ans en liberté provisoire


- 1 mineur de 7 ans en liberté provisoire
- 4 mineurs de 8 ans en liberté provisoire
- 2 mineurs de 9 ans en liberté provisoire
- 1 mineur de 10 ans en liberté provisoire
- 3 mineurs de 12 ans en liberté provisoire
- 3 mineurs de 13 ans dont 2 ordonnances de placement et 1 en
liberté
- 8 mineurs de 14 ans dont 4 ordonnances de placement, 3
Libres et 1 mandat de dépôt
- 9 mineurs de 15 ans dont 6 en liberté, 2 ordonnances de
placement et 1 mandat de dépôt
- 5 mineurs de 16 ans dont 3 ordonnances de placement et 2
mandats de dépôt
- 15 mineurs de 17 ans dont 5 en liberté, 1 ordonnance de
placement, 10 mandats de dépôt

Du point de vue du règlement des dossiers :

- 6 ordonnances de soit communiqué pour règlement


- 6 ordonnances de renvoi devant le tribunal pour enfant
- 3 dossiers transmis au Task Force
- 22 ordonnances de renvoi devant la cour criminelle des
mineurs
- 2 ordonnances de transmission des pièces de la procédure à la
chambre d’accusation.

Les garçons placés sous mandat de dépôt sont détenus à Antanimora


dans un quartier réservé aux mineurs.

Quant aux filles, elles sont détenues dans le quartier des femmes.

Les centres de placement des garçons sont : Anjanamasina,


Ankadivato, et Ambohimangakely.

Les centres de placement pour les filles sont : Faravohitra et


Ambohidratrimo.

Les autres mesures sont : La remise aux parents, au tuteur, à la


personne qui en avait la garde et rarement à une personne digne de
confiance prévue par l’ordonnance 62.038 Titre I, art.12.

16
Le tableau ci-après reproduit la récapitulation des données de la
juridiction d’Antananarivo pour l’année 2006 :

PROCEDURE NOMBRE DE LP ORD DE MD


MINEURS PLACEMENT

Citation directe 285 285

JE 1er cabinet 153 96 37 20

JE 2ème cabinet 246 161 53 32

JE 3ème cabinet 187 112 37 38

Juge d’instruction 55 29 12 14

TOTAL 926 683 139 104

SUGGESTION DU JUGE D’INSTRUCTION

1 : La présence d’un défenseur dès l’enquête préliminaire est


indispensable : En effet, dans la plupart des cas, l’article 22 de l’ordonnance
précitée (A défaut de choix d’un défenseur par le mineur ou la personne qui
le représente, le Juge d’instruction peut lui faire commettre un avocat
d’office) n’a pas reçu application ; le mineur, avec le civilement responsable
comparait généralement sans défenseur lors de la première comparution
devant le juge.

2 : Dans les cas où des condamnations à la peine d’emprisonnement


seront prononcées, il y a lieu d’étudier les modalités ainsi que l’exécution de
la dite peine ; En effet il est de principe, unanimement admis, que les
mesures devant être prises à l’égard d’un mineur sont des mesures de
surveillance, de sauvegarde et d’éducation ; Or il se trouve que les
dispositions de l’ordonnance précitée n’ont prévu ni les modalités ni
l’exécution de ces peines.

3 : Qu’en est-il de l’exécution de l’ordonnance de prise de corps à


l’encontre du mineur qui a fait l’objet d’une ordonnance de renvoi devant la
cour criminelle des mineurs en attente du jugement de l’affaire ? la prise
d’une ordonnance de prise de corps est-elle nécessaire pour les mineurs
inculpés de crime et faisant l’objet de renvoi devant la cour criminelle ?

17
LE SERVICE SOCIAL

L’assistante sociale, étant responsable des dossiers des mineurs en


situation difficile, (cas sociaux) s’occupe :
- de l’accueil,
- de l’information,
- de l’orientation,
- de l’enregistrement des dossiers sociaux.

En outre elle assiste le juge des enfants à l’audience en chambre du


conseil.
Elle effectue aussi les enquêtes sociales ordonnées par les juges
civiles et les Cours d’Appel ainsi que les visites auprès des centres recevant
les mineurs placés sous ordonnance du juge des enfants.

Sur les 218 affaires entrées du 1er Janvier 2006 au 8 Novembre 2006,
191 affaires ont été jugées ; Les 27 autres sont en instance.

PROBLEMES RENCONTRES :

• Surcharge de travail ; En effet une seule assistante sociale pour


assurer tout le service.
• Insuffisance de fournitures de bureau
• Déplacements non indemnisés
• Inexistence de centre public pour placer les enfants de bas âge.

SUGGESTIONS :

• Recrutement d’assistante sociale


• Dotation régulière de fournitures de bureau
• Création d’un centre public pour les enfants de bas âge
• Allocation d’indemnité de déplacement
• Séparation de centre pour placer les mineurs inadaptés et les mineurs
délinquants
• Formation périodique des éducateurs et assistantes sociales
• Dotation de véhicule pour le Tribunal pour enfant

POUR LE SUIVI :

• Recrutement d’assistante sociale dans chaque cabinet du juge des


enfants pour se charger de l’enquête sociale avant le passage du
mineur délinquant devant le juge, laquelle assistante sociale devant
se charger du suivi du mineur au cours du placement et après sa
sortie.
• Renforcer la collaboration avec les ONG qui travaillent déjà avec les
centres de rééducation pour la réinsertion et le suivi du mineur.
• Collaborer avec les comités locaux.
• Application effective des dispositions de l’Ordonnance n°62-038 sur le
Délégué à la Liberté Surveillée.

18
LA MAISON CENTRALE D’ANTANIMORA

Pour les Mineurs Garçons :

• Les mineurs garçons sont détenus dans un quartier spécial séparé


des majeurs. A la date du mois de Novembre 2006, l’effectif
comprenait 64 mineurs dont 61 prévenus et 03 condamnés.
• Ils disposent de 2 chambres à coucher assez suffisantes vu leur
nombre.
• Ils dorment sur des lits en bois installés d’une manière globale le
long des chambres. Chaque chambre est équipée d’un WC.
• La cuisine est placée dans la cour.
• Ils disposent aussi d’un lieu déterminé pour leur toilette.
• Ils se réveillent le matin à 6 heures, et sont enfermés dans les
chambres à coucher le soir à 17 heures.

Du point de vue soin, la maison centrale d’Antanimora dispose d’un


médecin en permanence et d’un médecin auxiliaire. Les médicaments
génériques s’avèrent suffisants suite à l’opération RRI.

Du point de vue éducation, les détenus mineurs reçoivent une


éducation ( enseignement général) grâce à « l’Association BETLEHEM »
sous la direction de Sieur RABESAIKA Dominique qui est en même temps
Directeur du Centre Educatif d’Antanimora. Ils disposent de 4 salles de
classes équipées de tables- bancs et de tableau noir et sont assistés de 10
enseignants volontaires dont 6 bénévoles et 4 titulaires.

Parmi les détenus, 3 ont déjà leur diplôme de CEPE ; le reste se situe
entre T1 et la classe de 3è.

Il est à mentionner que le taux de la récidive en matière de mineur


garçon est très bas.

Il est à signaler qu’ils disposent d’une bibliothèque et d’un terrain de


basket ball dans la cour ; toutefois, ils ne sont pas dotés de ballon.

Concernant les loisirs, ils ont accès à la télévision périodiquement et


à des séances de vidéo dont le calendrier est fixé par les responsables.

Ils ont aussi droit à des visites tous les Jeudi et les Vendredi.

Du point de vue régime alimentaire, les Lundi, Mardi, Vendredi et


Dimanche. Les détenus mineurs sont ravitaillés par des ONG et par
l’Aumônerie Catholique d’Ambatomainty.

En général ils mangent du manioc ou du maïs en poudre ; Ce qui est


notoirement insuffisant.

19
Pour les filles mineures

Elles sont au nombre de 5 dont une mineure enceinte de 7 mois, elles


sont toutes détenues avec les détenues femmes.

Il faut siganler que le cas de mineures enceintes placées en détention


préventive doit être spécialement pris en considération.

L’ONG « SENTINELLE » s’occupe de leur éducation ; En effet elles


apprennent à tisser, à coudre.

Du point de régime alimentaire, elles reçoivent l’aide :

ƒ des Sœurs de Mahamasina tous les Jeudi


ƒ du temple FLM qui les ravitaille périodiquement en riz ;
ƒ du Pasteur Caleb qui les ravitaille aussi en riz 2 fois par mois.

Face à ces informations, on peut avancer que les mineurs en


détention à la Maison centrale d’Antanimora bénéficient d’un petit avantage
par rapport aux autres établissements pénitentiaires ; même si de manière
générale, les conditions de détention y sont médiocres, leur amélioration
dépend en grande partie de l’implication des associations confessionnelles et
d’ONG.

CONCERNANT LE CENTRE DE REEDUCATION


D’ANJANAMASINA (AMBOHIDRATRIMO)

Eléments recueillis lors de la visite et de l’entretien avec le Directeur


du Centre Mr RAJAONARISON Jean De Kopy.

Le centre ne dispose pas d’éducateur spécialisé au sens propre du


terme. Ce sont des Pénitentiaires qui y sont affectés.

Au total, actuellement il y a 17 personnels dont 13 hommes et 4


femmes se répartissant comme suit :
- 9 surveillants pénitentiaires
- 2 greffiers comptables
- 2 contrôleurs
- 1 inspecteur d’administration pénitentiaire
- 2 instituteurs publics
- 1 assistant des services judiciaires

Il y a un représentant de l’ONG Sentinelle dont le siège se trouve


en Lausanne (Suisse).

Avant, cette ONG Sentinelle avait pris de grandes responsabilités au


sein du centre. Actuellement, elle ne s’occupe plus de la nourriture et
n’assure qu’une présence sociale : entretien, soutien moral, et ceci deux fois
par semaine seulement. Les mardi et Jeudi elle pourvoie aux frais médicaux
des enfants malades ou hospitalisés.

20
Cependant, le centre a été notifié en Octobre 2006 que cette ONG
va arrêter toute ses actions pour des raisons inconnues. Actuellement donc
elle ne s’occupe que des enfants placés au centre avant la date du 15
Octobre 2006.

Depuis l’année 1987 jusqu’en 2006, l’ONG Sentinelle avait pris en


charge la formation des mineurs dans la section menuiserie. Depuis, la
menuiserie ne fonctionne plus.

Le centre a actuellement en charge 55 enfants mineurs masculins.


Mais sa capacité d’accueil est de 80 mineurs.

Le nombre de mineurs prévenus est de 45


Le nombre de mineurs déjà jugés est de 04
Le nombre de mineurs en danger est de 07.

Le centre étant destiné aux mineurs délinquants ou en danger, il n’y


a pas de quartier.

La séparation par catégorie d’âge est plus courante surtout pendant


la nuit (dans le dortoir).

En moyenne la durée de séjour d’un mineur dans le centre varie de


3 mois à 2 ans.

Les infractions commises sont essentiellement les vols, les viols, les
détournements de mineurs.

Généralement, ces mineurs ont été condamnés à une peine avec


sursis.

Selon le Directeur du centre, la formation d’éducateurs spécialisés


est nécessaire car les enfants en difficulté comme ceux placés dans un
centre de rééducation ont besoin des services d’agents qualifiés en la
matière.

En ce qui concerne le régime alimentaire, les mineurs bénéficient


d’un régime alimentaire spécial fourni par la Direction Régionale de
l’Administration Pénitentiaire d’Antananarivo :
- Vary sosoa(riz blanc) le matin
- Vary sy laoka(riz blanc) à midi
- Vary sosoa(riz blanc) le soir.

En ce qui concerne la scolarisation, une éducation de base leur est


dispensée. Le niveau actuel va de la classe de 11è à la classe de 7è.

Le problème se situe au niveau des enfants qui sont au-delà de ces


classes ; En effet, il y a des problèmes pour les envoyer ailleurs. Donc
l’enseignement de base est suspendu pour eux pour être remplacé par la
formation dans le secteur agricole.

21
Le centre dispose d’une bibliothèque. Il dispose également de
terrain de basket, volley, foot, de centre de loisirs.

Les petits enfants de l’artiste malgache très connu, RAKOTO-FRA


dispensent des cours de musique aux mineurs.

Le programme d’éducation dispensé aux mineurs du Lundi au


Vendredi est comme suit :

ƒ 7h : petit déjeuner
ƒ 8h à 11h 50 : classes et formation en agriculture et élevage.
ƒ 12h à 13h : Déjeuner
ƒ 13h à 14h : sieste
ƒ 14h à 16h 30 : classes et formation en agriculture et élevage
ƒ 17h : dîner
ƒ 18h : fermeture

D’une manière générale les enfants placés dans le centre sont


issus :
ƒ de familles urbaines
ƒ de familles vulnérables
ƒ de familles aisées mais dont les parents sont séparés ou
décédés
ƒ des enfants de rue.

Le centre ne dispose pas d’un médecin mais d’un infirmier. Il y


existe une salle de soin.

C’est l’Etat qui fournit les médicaments en grande partie ; mais il y a


aussi des ONG et d’autres acteurs sociaux.

Une association dénommée « APRAM » avait fait une sensibilisation


sur la lutte contre le SIDA en 2005 et 2006.

Actuellement le centre est en pleine période de réhabilitation avec


deux volets :
ƒ un volet réhabilitation bâtiment
ƒ un volet réinsertion sociale, matériel, formation
professionnelle (ce volet est en attente de financement).

Il existe actuellement un projet de réhabilitation sur financement de


l’union Européenne concernant l’élevage de poule pondeuse, l’ouvrage
métallique.

Néanmoins il faut mentionner que chaque mineur dispose d’un lit


individuel ; seulement, les matelas sont pourris.

Les mineurs disposent aussi d’eau courante potable, de douche, de


WC fosse sceptique à l’intérieure.

22
Des rizières d’une superficie de 4 ha sont à la disposition du centre.
Elles ne sont pas entièrement cultivées par les mineurs, une partie est
cultivée par des détenus d’Antanimora. Le centre cultive aussi du manioc.

Concernant les effets vestimentaires, les mineurs reçoivent


périodiquement des dons.

Les suggestions émanants du Directeur du centre :

ƒ Pour assurer la bonne marche du centre de rééducation


d’Anjanamasina, il faut qu’il dispose d’un crédit de
fonctionnement indépendant de la DIRAP d’Antananarivo.
ƒ Il faut donner aux mineurs du centre, comme pour les autres
centres privés, des frais de garde prévus par le texte en vigueur.

CONCERNANT LE CENTRE AVOKO AMBOHIDRATRIMO

Nous y avons eu un entretien avec Madame Hardy Steve, Directrice


du Centre qui ne recueille que des filles. Exceptionnellement, le centre reçoit
les mineurs garçons par exemple s’il s’agit de deux collatéraux.

Le centre se charge également de la prise en charge de femmes


mariées en difficulté « half way home » ou des filles mères, qui y sont
formées la journée et retournent chez elles le soir.

Les locaux :

Les locaux sont en dur, le parquet en carreaux. Le milieu est très


sain et propre. Il y a 8 chambres à coucher équipées de lits superposés avec
matelas et couvertures.

Un réfectoire, spacieux et équipé de tables et de chaises, est mis à la


disposition des mineures.

Le centre dispose d’une bibliothèque assez étoffée.

Les mineures ont accès à la télévision les Samedi et Dimanche après


midi.
Elles pratiquent aussi du sport.

Composition du centre :

Le centre dispose de :
- deux éducateurs spécialisés diplômés de l’Ecole sociale.
- 45 personnels (y compris les gardiens et la sécurité).

23
Admission au centre :

Le centre reçoit :
- les filles mineures de 12 à 18 ans placées par le Tribunal
- les filles mineures victimes de cas sociaux. (ex :enlèvement
ou viol commis par le beau père)
- les filles mineures sans abris.

Le Financement :

Quant au financement, le centre reçoit :


- des aides de l’Etat,
- les frais de garde venant du Ministère de la Justice (1000 Ar
par jour),
- les aides provenant du système de parrainage intérieur et
extérieur par enfant.
- les dons en nature des ONG (habits, nourriture..) : (ex :
Association enfant de l’île Rouge de la Réunion)
- les aides du CRS.

Les soins médicaux :

Concernant les soins médicaux, le centre s’en occupe en


collaboration avec SISAL, POPULATION SERVICE INTERNATIONAL, les
EGLISES et autres.

Le centre dispose d’un infirmier et de médicament, il y existe une


pharmacie.

Régime alimentaire :

Le régime alimentaire est le même pour tous. (repas trois fois par
jour).

Scolarisation :

Il existe une école primaire publique au sein du centre.


Les mineures qui sont au delà des classes primaires sont envoyées
au CEG ou Lycée mais habitent toujours au centre.

Certaines mineures fréquentent des classes ménagères ; par


exemple, elles sont envoyées dans des pâtisseries ou salles de coiffure pour
avoir un certificat.

Le nombre de mineures placées dans ce centre actuellement est de


130.
Cependant seules 50 parmi ces mineures ont été placées par le
tribunal dont 08 délinquants ; tout le reste concerne des cas sociaux. Parmi
ces délinquants, deux mineures seulement restent à juger.

24
Il s’agit des nommées :
- Nambinina, 17 ans inculpée de vol de radio, placée au
centre depuis un an, et qui est en attente de jugement ;

- Joséphine, âgée de 15 ans placée au centre depuis le mois


de Septembre 2006 ; elle a commis une fugue et sera jugée
le 09 Février 2007.

En général la durée du séjour au centre varie de 3 à 6 mois.

AKANY AVOKO FARAVOHITRA


La Directrice de l’Akany est Madame Ranivoson Niaina Herilalao.

Le centre dispose de 04 éducatrices salariées actuellement pour


s’occuper des 18 filles mineures qui y sont admises.

Parmi ces 18 mineures, il y en a qui ont été placées par le Juge des
enfants, déjà jugées ou en attente de jugement ; il y en a qui ont été confiés
directement par leurs parents ; et il y en a qui y sont pour des cas sociaux.

La durée de séjour ne dépasse pas 5 mois.

Les locaux :

Les locaux sont en dur, très sains et propres. Le centre dispose de 4


chambres à coucher équipées de lits, de matelas et des couvertures.

En outre il existe un réfectoire assez grand et équipé de tables et de


chaises.

Les soins :

Le centre ne dispose pas de médecin, mais les soins sont assurés par
le centre AVOKO qui fournit les médicaments.

25
DEPLACEMENTS SUR SITES
Pour pouvoir envisager et prendre toutes les mesures nécessaires,
afin de résoudre les problèmes liés aux enfants en conflit avec la loi,
notamment des enfants en détention, outre les réponses aux questionnaires
envoyés aux juridictions de Madagascar, des descentes sur sites ont été
prévues.

Ainsi, après la visite effectuée au sein du Tribunal de Première


Instance d’Antananarivo, des descentes dans les chefs lieux de Faritany,
considérés comme importants quant au nombre et au type d’infractions
commis par des enfants ont été réalisées.

Lesdites visites ont été effectuées comme suit :

ƒ NOSY BE : du 14 au 16 Novembre 2006

ƒ TOLAGNARO : du 20au 23 Novembre 2006

ƒ TOAMASINA : du 26 au 29 Novembre 2006

ƒ MORONDAVA : du 5 au 8 Décembre 2006

ƒ FIANARANTSOA : du 1er au 4 Décembre 2006

ƒ TULEAR : du 12 au 14 Décembre 2006

Comme il a été dit auparavant, les descentes, devant être effectuées


dans les villes de MAHAJANGA et d’ANTSIRANANA, n’ont pu se faire à
cause des intempéries dues au cyclone qui était passé dans le nord et
également de la période électorale.

Par ailleurs, des réponses aux questionnaires, lesquelles seront


détaillées dans le présent rapport, ont été données par les juridictions
suivantes :

ƒ AMBATOLAMPY

ƒ MORAMANGA

ƒ FARAFANGANA

ƒ MIANDRIVAZO

ƒ ANTSIRABE

ƒ ANKAZOABO SUD

26
I. JURIDICTION DE NOSY- BE
La visite effectuée à NOSY BE a eu lieu du 14 au 16 Novembre 2006.

Telles sont les constatations relevées :

Par rapport à une approche comparative des deux dernières années,


on a pu constaté que 35 dossiers concernant des mineurs, dont 9 traités en
citation directe et 26 transmis devant le juge des enfants, ont été répertoriés
en 2005 ; mais seuls 3 enfants étaient placés en détention durant toute
l’année.

Tandis qu’en 2006, tous les dossiers, au nombre de 18, ont été
transmis soit au juge des enfants soit au juge d’instruction et aucun dossier
n’a été ainsi traité par voie de citation directe. Durant toute l’année, 5 enfants
seulement ont été placés en détention préventive.

A la date du 14 Novembre 2006, un dossier, communiqué par le juge


des enfants pour règlement définitif en date du 28 juin 2006 n’a pas encore
été traité par le magistrat du parquet et est donc en instance au moment de
notre visite au sein de la juridiction.

Le problème important à Nosy-Be est l’absence de centre de


rééducation même si le nombre d’enfants incarcérés n’est pas important.

Ainsi, à chaque fois qu’un mineur est déféré, il n’y a que deux
solutions : la liberté ou le mandat de dépôt, sans autre mesure alternative
comme le placement dans un centre de rééducation. Ce qui fait que les
mineurs sont en danger une seconde fois. D’autant plus que la législation
malagasy relative aux enfants ne prévoit aucune mesure alternative à
l’emprisonnement qui doit être un dernier recours pour le cas d’enfant.

Sans toutefois s’écarter du thème même de l’étude, il y a lieu de


souligner que les enfants notamment les jeunes filles y sont en danger du fait
qu’elles sont surtout exploitées sexuellement.

En effet, lors des conversations qu’on a pu avoir avec les autorités de


la ville, notamment de la sous-préfecture et de la mairie, il a été dit les
enfants de familles pauvres sont surtout concernés, ils commencent par
colporter des marchandises dans les marchés locaux ainsi qu’à des endroits
fréquentés par les touristes, et se laissent ainsi entraîner dans le commerce
du sexe. Il a été évoqué que pour certaines, ce sont leurs parents qui les
encouragent à quitter la maison et à vivre seules.

Il a été également constaté que le manque d’instruction, les désordres


familiaux, la pauvreté, le chômage, accompagnés parfois de maternité
précoce sont considérés par beaucoup de personnes comme étant des
facteurs majeurs de vulnérabilité d’un enfant, les conduisant dans la
délinquance.

27
CONCERNANT LA MAISON CENTRALE :

Lors de notre visite, aucun mineur n’était en détention à la maison


centrale de Nosy-Be.

Il n’y a pas non plus de quartier spécial réservé aux mineurs ; ce qui
fait qu’en cas de présence de mineurs, ils sont mis avec les détenus adultes,
qu’ils soient prévenus ou condamnés.

Aucunes mesures spéciales concernant les loisirs, la restauration,


l’hébergement ne sont mises en place à l’intention des enfants incarcérés.

Selon l’avis du chef d’établissement, la construction d’un quartier pour


mineurs est possible étant donné qu’il y a encore assez de place pour cela.

L’établissement pénitentiaire n’est pas non plus doté d’éducateurs


spécialisés ; cependant, il est possible de dispenser des formations à l’Ecole
Nationale de l’Administration Pénitentiaire à Tetezambato, Toamasina et d’en
doter tous les établissements pénitentiaires de Madagascar.

CONCERNANT LE COMMISSARIAT DE POLICE :

Le véritable problème réside dans le fait que les mineurs sont


effectivement en danger et peuvent aboutir à la commission de multiples
infractions.

En effet, comme il est dit auparavant, le manque d’instruction, les


désordres familiaux, la pauvreté, le chômage, accompagnés parfois de
maternité précoce sont considérés comme étant des facteurs majeurs de
vulnérabilité d’un enfant, les exposant et les conduisant vers la délinquance.

Le commissariat est doté d’un enquêteur spécialisé pour traiter les cas
des enfants qui est un inspecteur principal de classe exceptionnelle et qui
travaille dans le domaine de la protection des mineurs

Même si les mineurs ne devraient pas faire l’objet de garde à vue,


parfois, celle-ci s’avère indispensable pour certains mineurs d’un âge assez
élevé qui commettent des infractions graves. Toutefois, ils ne sont pas
maintenus dans les chambres de sûreté mais dans les salles de garde.

Le problème se pose aussi au niveau des parents, car la plupart du


temps, ils sont introuvables ; et même quand ils sont présents, ils refusent de
parler ; il y a là donc obligation de recourir à une tierce personne pour
assister l’enfant lors de ses auditions.

Les placements ne sont pas possibles étant donné qu’il n’y a pas de
centre ; donc tous les dossiers sont transmis au parquet du tribunal pour être
instruits soit par la voie de la citation directe soit par la voie de l’instruction
devant le juge des enfants ou le juge d’instruction. Ce qui amène le juge à

28
choisir seulement entre la mise en liberté provisoire de l’enfant ou le
placement sous mandat de dépôt.

CONCERNANT LA SOUS PREFECTURE :

Selon les déclarations des responsables qu’on a pu rencontrer à la


sous préfécture, la réalité est que, à cause de la pauvreté, les parents
incitent leurs enfants à fréquenter certains milieux pouvant les entraîner à la
dépravation ; et en cas de problème, les parents n’hésitent pas à intervenir
pour défendre les agissements de leurs enfants.

Un autre problème est celui du couple : en effet, le père quitte le foyer


quand la femme accouche ; cette attitude facilite la dépravation ; ce qui est
pire même c’est que la société semble être contre les autorités voulant
mettre fin à ces agissements.

CONCERNANT LA MAIRIE DE NOSY-BE :

Bien qu’un réseau de protection des enfants et des droits des enfants
existe déjà à Nosy-Be, encadré par la justice, la police, le Ministère de la
population, les collectivités décentralisées, pour renforcer les actions déjà
entreprises, la Mairie de Nosy-Be est sur le point de mettre en place un autre
réseau de protection des enfants et des droits des enfants par arrêté
municipal, en attente du financement de l’UNICEF. A toutes fins utiles, le
projet d‘arrêté sera annexé au présent rapport.

L’ONG « SAGE » est une ONG qui désire aider les parents par
l’intermédiaire des différents ateliers et rencontres dans la prise en charge de
l’éducation des enfants ; elle œuvre ainsi dans le domaine environnemental,
dans la lutte contre le travail des enfants, les travaux domestiques, les
travaux illégaux (travail minier, etc…). Mais il n’y a encore rien eu de
concret ; C’est encore, en quelque sorte, une agence de coordination et de
suivi.

En conclusion, si tout le monde est conscient du sort que pourrait


avoir les enfants s’ils continuaient à vivre dans les conditions sus
mentionnées, et si les parents prenaient leur responsabilité dans l’éducation
de leurs enfants, la situation pourrait vraiment s’améliorer à NOSY BE,
surtout que le nombre d’enfants en conflit avec la loi et notamment
incarcérés est minime.

29
II-JURIDICTION DE TOLAGNARO
La descente dans la juridiction de TOLAGNARO et de son ressort
s’est tenue du 20 au 23 Novembre 2006.

Telles sont les informations qui ont été recueillies :

CONCERNANT LE PARQUET :

En 2006 le Parquet de Tolagnaro a traité par voie de citation directe


27 dossiers concernant :

¾ des coups et blessures volontaires,


¾ des destructions de biens d’autrui
¾ de violences et voies de fait
¾ de vol de récoltes sur pieds
¾ d’abus de confiance
¾ de diffamation publique
¾ de vol avec effraction
¾ d’association de malfaiteurs
¾ de menace de mort avec arme blanche de vol de chèvres

35 mineurs ont été impliqués se répartissant comme suit :


¾ 5 mineurs de moins de 13 ans
¾ 8 mineurs de 13 à 16 ans
¾ 22 mineurs de 16 à 18 ans

CONCERNANT LE JUGE DES ENFANTS :

Durant l’année 2006, le juge des enfants avait à traiter 12 dossiers de


mineurs dont 5 dossiers entièrement instruits car ayant déjà fait l’objet d’une
ordonnance de soit communiqué au Parquet pour règlement définitif.

Les autres dossiers sont encore au niveau du cabinet du juge des


enfants, en instance pour attente convocation des parties civiles, des
civilement responsables ou de témoins.

17 mineurs sont impliqués dont 11 placés sous mandat de dépôt et 6


laissés en liberté provisoire se répartissant comme suit :

¾ 2 mineurs de moins de 13 ans


¾ 12 mineurs de 13 à 16 ans
¾ 3 mineurs de 16 à 18 ans

Les infractions principales retenues sont :

• Les vols de mouton


• Les vols de planche
• Les vols de divers objets

30
• Les vols de volaille
• Les vols de numéraires

CONCERNANT LE JUGE D’INSTRUCTION :

Durant l’année 2006, le juge d’instruction avait à traiter 31 dossiers


impliquant 41 mineurs dont 3 filles.

Leur répartition selon l’âge est comme suit :

¾ Mineurs de moins de 13 ans : 05


¾ Mineurs de 13 à 16 ans : 15
¾ Mineurs de 16 à 18 ans : 21

Les infractions principalement retenues sont :

ƒ Les vols de chèvre


ƒ Les coups et blessures volontaires
ƒ Les vols avec effraction
ƒ Les vols de bovidé
ƒ La rébellion
ƒ L’abus de confiance

CONCERNANT LA MAISON CENTRALE DE TOLAGNARO

19 mineurs dont 18 garçons et 1 fille ont été placés en détention par le


juge des enfants et le juge d’instruction

Dont : 2 moins de 13 ans


1 mineur de 14 ans
16 mineurs de 16 à 18 ans

Les mineurs garçons disposent d’un quartier séparé de celui des


adultes.

Leur scolarisation est assurée par l’ACP 2 fois par semaine.


L’ACP donne aussi des vêtements.
Leur principal loisir est le foot ball.

L’ONG Italienne CIELO TERRA fournit les matériaux et les outils pour
la formation professionnelle qui est la sculpture sur bois.

Elle soutient également l’établissement pénitentiaire dans la fourniture


d’aliments aux personnes détenues surtout les enfants.

Pour la menuiserie, ce sont les détenus eux-mêmes qui s’apprennent


entre eux ; cependant, le problème de financement se pose. Or, ceci pourrait
être une solution adéquate à la formation professionnelle qui pourrait profiter
aux enfants incarcérés en vue de leur réinsertion sociale.

31
Pour les détenues filles et femmes, la formation professionnelle est
relative à la vannerie.

Il y a une section sociale mise en place par l’aumônerie catholique qui


est dirigée par les détenus condamnés à perpétuité et qui reçoit 2 fois par
semaine, avec les mineurs, du riz, du maïs du haricot et quelques fois de la
viande.

Il a été constaté par les responsables de la maison centrale que les


récidivistes sont en générale les originaires d’Ambovombe et de Tolagnaro.

Les visites des parents sont autorisées.

Concernant la nourriture, le manioc est le principal repas qui leur est


donné une fois par jour.

L’ACP s’occupe aussi de la nourriture des chétifs et des mineurs en


principe tous les jours.

CONCERNANT LA BRIGADE DE LA GENDARMERIE :

La Brigade de la Gendarmerie de Tolagnaro n’est pas dotée


d’enquêteur spécialisé.

Lors de l’enquête des mineurs, l’assistance des parents ou tuteurs est


toujours respectée.

Il n’y a pas de chambre de sûreté ni de cellule pour les mineurs ; et à


l’issue de l’enquête, la plupart du temps, les mineurs sont confiés à leurs
parents.

Il a été constaté que les mineurs délinquants sont issus des familles
en difficulté.

Dans le cas où la victime accepte, et pour des infractions minimes, un


arrangement est fait ; cependant ce sont généralement les parents qui
n’acceptent pas les arrangements.

CONCERNANT LE COMMISSARIAT DE POLICE DE


TOLAGNARO
La police n’a pas non plus d’enquêteurs spécialisés ; Il y a assistance
systématique des parents ou du tuteur lors des enquêtes.

La police ne dispose pas non plus de chambre de sûreté ; Au besoin


le mineur est maintenu au poste, dans la salle de garde.

Dans la mesure du possible, l’admonestation a été toujours utilisée ;


10 à 12 cas environ ont été constatés durant l’année.

32
CONCERNANT L’ONG CELLO-TERRA
Son objectif est d’appuyer l’administration pénitentiaire sur l’état
nutritionnel des détenus, en effet, cette ONG pourvoit aux besoins
alimentaires des personnes incarcérées.

En outre, lors des travaux de construction et de rénovation du quartier


des mineurs, en 2001 et 2002, elle a contribué et participé activement avec
l’ACP à la gestion desdits travaux.

Actuellement, elle travaille avec les artisans incluant 25 femmes et


avec le groupe social composé de détenus ayant le droit de sortir des
prisons. Chaque livraison d’objets finis permet l’achat du matériel. Le groupe
social contribue à l’amélioration de la nourriture.

A leur sortie de prison, l’ONG Cello-Terra aide les détenus en leur


fournissant de petits équipements pour leur permettre de continuer les
travaux qu’ils ont appris au sein de la maison centrale durant leur détention
et achète les produits finis.

Actuellement il y a un stand de cité artisanal au bord de la mer où les


ex-détenus vendent des produits artisanaux provenant des établissements
pénitentiaires.

Actuellement aussi, il y a 2 mineurs artisans à la maison centrale.

33
III -JURIDICTION DE TOAMASINA
La juridiction de Toamasina ainsi que les établissements pénitentiaires
et les organisations qui sont en relation directe avec les enfants dans la ville
ont été visités du 26 au 29 Novembre 2006.

Les constats suivants ont été relevés :

CABINET DU JUGE DES ENFANTS :

Il est à remarquer qu’il n’y a qu’un seul Juge des enfants dans la
juridiction de Toamasina.

Le tableau ci-après montre les données statistiques disponibles dans


le cabinet du juge des enfants :

ANNEE NOMBRE LP ORD DE MD


DE PLACEMENT
MINEURS

2004 75 10 18 43

2005 77 8 22 47

2006 73 6 24 43

TOTAL 225 24 64 133

Les types d’infraction impliquant des mineurs sont notamment le vol


dont le nombre est assez élevé, viennent ensuite les coups et blessures
volontaires, le détournement de mineurs, l’incendie volontaire et l’évasion.

Selon le juge des enfants, les structures et pratiques existantes


actuellement ne respectent pas d’une manière effective les droits des
mineurs inculpés ; En effet les mineurs sont dans la plupart des cas des
enfants moralement en danger et, ont besoin de protection sociale à travers
la loi.

Les lacunes consistent en l’inexistence de textes régissant les


conditions socio-culturelles des mineurs incarcérés.

De ce fait, la réforme du texte relatif à la procédure pénale applicable


aux mineurs doit faire l’objet d’une refonte totale pour une meilleure

34
harmonisation avec les instruments internationaux en la matièreen vue de la
suppression de toutes formes de contrainte pour la poursuite des mineurs.

L’installation d’un centre de rééducation et d’éducation surveillée pour


les mineurs délinquants, centre indépendant des maisons centrales mais
sous la surveillance des personnels pénitentiaires et des assistants sociaux,
serait une solution en vue d’une amélioration.

Concernant les relations de travail du juge des enfants avec les


assistantes sociales et les centres de rééducation : certaines assistantes
sociales des centres privés saisissent le juge des enfants pour demander
des conseils juridiques pour la constitution de dossier d’ordonnance de garde
provisoire, de transfert à un autre centre pour des soins médicaux ; D’autres
qui se heurtent à des problèmes d’inadaptation de certains mineurs au centre
exposent le cas au juge des enfants et demandent ses avis.

Ces relations de travail nécessitent la visite du centre mais à cause


des attributions diverses auprès de la juridiction et des problèmes de
déplacement, le Juge des enfants doit programmer les visites des centres.

Le Juge des enfants est en relation avec le Réseau anti-maltraitance


rattaché à la Direction provinciale du Ministère en charge de la population sur
les cas de maltraitance dont les mineurs sont victimes aux fins de recevoir
les dénonciations par des fiches de signalement. La collaboration avec le
réseau renforce l’opération EKA.

Concernant le retard dans la clôture des dossiers impliquant des


mineurs, le juge des enfants invoque les causes de retard, notamment :

ƒ Cas des mineurs qui n’ont pas pu produire leur acte de naissance
et pour lesquels il faut recourir à l’examen somatique.
ƒ Cas des dossiers provenant des districts limitrophes de Toamasina
qui nécessitent des enquêtes foraines (délai de convocation 2 mois
pour être exécuté et la pluralité des dossiers à instruire par le juge
à l’enquête foraine).

CABINET DU JUGE D’INSTRUCTION


POUR TRAITER LES CRIMES
____________

PREMIER CABINET D’INSTRUCTION :

En 2004, les dossiers impliquant des mineurs étaient de 02 contre 04


en 2005 et 01 en 2006.

Durant les 3 années, il n’y a pas eu de mineur de moins de 13 ans.

Par contre il y a eu 06 mineurs de 13 à 16 ans et 03 mineurs de 16 à


18 ans.

35
Il a été enregistré :

ƒ 2 viols sur mineure


ƒ 5 vols avec effraction
ƒ 1 meurtre
ƒ 1 vol de bovidés

Les décisions prises concernant les dossiers sont :

¾ l’ordonnance de renvoi devant la cour criminelle des


mineurs
¾ l’ordonnance de disqualification et de renvoi devant le
tribunal pour enfant.

Le juge d’instruction estime qu’à Madagascar, que ce soit dans un


établissement pénitentiaire ou dans un centre de rééducation, les conditions
de détention ne permettent pas aux enfants délinquants de réintégrer dans la
bonne voie la société. Il n’y a pas encore de protection effective des mineurs.

L’Etat doit mettre l’éducation, la réintégration des enfants délinquants


parmi ses priorités. Il faut qu’il consacre des moyens financiers pour la mise
en place d’une structure adéquate notamment des centres de rééducation et
de réinsertion et même des centres d’accueil pour les enfants en danger.

Par ailleurs, il a été précisé que la lenteur au niveau des OPJ, la non
comparution des civilement responsables constituent une des causes du
retard dans l’évacuation des dossiers impliquant des mineurs.

DEUXIEME CABINET D’INSTRUCTION :

En 2006 il a été enregistré 03 dossiers de viol impliquant 05 prévenus


mineurs dont 02 âgés de 13 à 16 ans et 03 de 16 à 18 ans ;

Selon l’avis du juge d’instruction, il n’y a pas encore de protection


effective des mineurs ; les centres d’accueil ou centres de placement, de
rééducation sont insuffisants.

Pour y remédier il faudrait la responsabilisation des parents et


enseignants ainsi que l’information et la sensibilisation de tous.

Il invoque comme causes de retard de l’évacuation rapide des


dossiers le manque de diligence au niveau de la Police Judiciaire, et aussi
l’éloignement.

36
TROISIEME CABINET D’INSTRUCTION :

En 2006, un seul dossier entré concernait 1 mineur de 16 à 18 ans qui


a été placé sous mandat de dépôt.

Selon le juge d’instruction, il faut qu’il y ait égalité de traitement des


mineurs à Madagascar, effectivité de la rééducation, sinon les placements
deviendront des écoles de banditisme.

Il faudrait aussi que le mineur soit assisté durant toute la procédure.

QUATRIEME CABINET D’INSTRUCTION :

Le juge d’instruction signale qu’en matière de délit, il n’y a qu’un seul


juge des enfants alors que pour le traitement des affaires criminelles, la
juridiction est dotée de 6 juges d’instruction.

En 2004, il y a eu 4 dossiers contre 2 dossiers en 2005 et 1 dossier en


2006.
Il s’agit essentiellement de 3 dossiers de viol, 3 dossiers de vols et 1
dossier pour usage de faux billets accomplis par 1 mineur de moins de treize
ans, 2 mineurs de 13 à 16 ans, et 4 mineurs de 16 à 18 ans.

Il y a eu 5 placements sous mandat de dépôt, 1 ordonnance de


placement provisoire et 1 liberté provisoire.

Il constate que la protection des mineurs n’est pas encore effective,


car le traitement est le même pour les majeurs que pour les mineurs, en
effet, la durée de la détention préventive est la même, les enfants peuvent
également être placés par le juge d’instruction quel que soit son âge.

Au cours de l’enquête préliminaire, les mineurs doivent être


obligatoirement assistés et normalement auditionnés en tant que témoin
avant d’être interrogés comme suspect.

Actuellement, le juge d’instruction n’a aucune relation de travail avec


les centres de rééducation outre la vérification et la surveillance des mineurs
placés provisoirement par ordonnance, ce qui devrait être revu dans la
nouvelle procédure à mettre en place.

Outre le réseau de protection qui existe actuellement, un réseau


national de protection des mineurs doit être créé ; structure devant être
instituée d’une manière permanente pour aboutir à cette protection.

La non comparution des civilement responsables, le défaut de copie


d’acte de naissance ou d’examen somatique, ou jugement supplétif, telles
sont les causes de retard dans l’évacuation rapide des dossiers.

37
Durant les années 2004, 2005, 2006, les nombres d’enfants inculpés
au niveau de la juridiction ont atteint le nombre total de 641 dont 348 jugés.
De ces 348 jugés, 298 ont été condamnés à une peine d’emprisonnement,
ferme ou avec sursis, et 50 au paiement d’amende, étant donné que la
législation actuelle ne prévoit pas encore d’autres alternatives.

MAISON CENTRALE DE TOAMASINA


La maison centrale de TOAMASINA dispose de 42 surveillants
pénitentiaires dont 30 hommes et 12 femmes, mais aucun d’eux n’est
spécialement chargé de la surveillance des mineurs bien qu’il y ait un
quartier spécial pour les mineurs garçons prévenus et condamnés ensemble.

A la date de notre visite, le nombre total des enfants en détention


préventive était de 22 dont 19 garçons et 3 filles, et dont 2 des garçons
faisait l’objet de placement par ordonnance du juge des enfants ; aucun
n’était encore condamné.

Les responsables ont émis le souhait d’avoir un quartier spécial pour


les filles pour qu’elles puissent être séparées des femmes détenues tout en
précisant que vu le nombre restreint des garçons incarcérés, il n’est pas
encore indispensable de séparer les détenus des condamnés.

Il a été également souligné que pour le moment, la maison centrale


n’est pas encore doté d’agent chargé des mineurs ayant reçu une formation
spécialisée ; toutefois, vu la recrudescence de la délinquance juvénile
actuelle qui tend à augmenter l’effectif des détenus mineurs, pour les
encadrer, la formation des agents est indispensable ; d’ailleurs, le Ministère a
déjà pris les dispositions pour les recruter en adoptant le décret n°2006-901
du 19 décembre 2006 portant organisation de la préparation à la réinsertion
sociale, familiale et professionnelle des personnes détenues et en organisant
un concours de recrutement en vue d’une formation à l’Ecole Nationale de
l’Administration Pénitentiaire.

Concernant la prise en charge des enfants détenus quant aux


questions sanitaires et alimentaires, on peut avancer qu’en général, c’est
l’aumônerie catholique des prisons qui se charge de la fourniture de savon
et de couverture de temps en temps et quelque fois de poudre de maïs et du
riz avec de la viande ou du poulet pour les jours de fête. Par ailleurs,
quelques groupes religieux leur fournissent du riz, de la viande, des légumes
et des boissons hygiéniques lors des grandes occasions.

De ce qui précède, il faut retenir qu’en général, sans les aides d’ONG
ou d’autres groupes ou associations, les établissements pénitentiaires auront
du mal à fonctionner ; qu’il faut alors encourager et favoriser ces actions en
faveur des personnes en détention.

En outre, côté santé, la maison centrale dispose de 2 médecins qui


viennent effectuer leur visite deux fois par semaine ainsi que de 4 infirmiers.
Quelques ONG oeuvrent également dans la lutte contre le SIDA en leur

38
dispensant des formations.

Pour le moment, les détenus mineurs ne bénéficient pas d’éducation


en matière d’alphabétisation faute de moyen humain et matériel, ainsi il est
vraiment indispensable d’activer la formation des éducateurs spécialisés
pour encadrer les enfants détenus comme il se doit.

CENTRE DE REEDUCATION ET DE REINSERTION ( ASPE


BETAINOMBY- TOAMASINA I) :

Ce centre a été mis en place le 05 Février 2002 avec pour objectif la


sauvegarde de la protection de l’enfance. Pour le moment il se limite à des
activités scolaires et sportives dirigées par un homme et une femme qui sont
de simples éducateurs.

Actuellement, il y a 4 mineurs dans le centre pour vol, coups et


blessures, placés sur ordonnance du juge des enfants.

C’est un centre situé dans un lieu assez éloigné de la ville et du


Tribunal ; les bâtiments sont en durs et meublés.

Ce centre dispose de douche, de WC, de chambres à coucher


convenables avec des matelas et des couvertures.

Il n’y a pas de médecin affecté au service des mineurs au sein de ce


centre, mais en cas de maladie les malades sont évacués à l’hôpital.

Jusqu’à maintenant ce sont les parents des mineurs en détention qui


pourvoient à leur nourriture, l’Etat n’est pas du tout impliqué.

Selon les éducateurs trouvés sur place le mode de financement du


centre serait une aide partenariale ; ils ne reçoivent aucun salaire.

Les centres de ce genre devraient être développés sur l’ensemble du


territoire avec implication effective de l’Etat surtout pour la prise en charge
financière.

AFFAIRES CONCERNANT LES MINEURS TRAITEES PAR LA


BRIGADE DE LA GENDARMERIE NATIONALE DE
TOAMASINA
Au cours de l’année 2006, la Brigade a enquêté sur des affaires
impliquant 7 mineurs :

ƒ 3 mineurs ont été relaxés après admonestation ;


ƒ 4 mineurs ont été déférés devant le parquet du tribunal.

Les difficultés résident en ce que les mineurs auteurs d’infraction sont


sans domicile fixe ; d’autre part ils n’ont ni parent ni actes de naissance. Ce

39
qui pose des problèmes de garde vue, aucune chambre de sûreté pour les
mineurs n’existant au sein de la Brigade.

Selon la suggestion du commandant de Brigade, l’enquête devrait être


axée sur la responsabilité civile des parents.

AFFAIRES TRAITES PAR LE SERVICE PROVINCIAL DE LA


POLICE JUDICIAIRE DE TOAMASINA

En 2006 le Service Provincial de la Police Judiciaire (SPPJ) de


Toamasina a enquêté sur des affaires impliquant 39 mineurs dont 21
victimes et 18 auteurs d’infraction. De ces 18 auteurs, 5 mineurs ont été
relaxés après admonestation, et 13 ont été déférés.

Les difficultés rencontrées dans la procédure sont :

¾ Le retard de la délivrance du résultat d’examen somatique ;


¾ L’inexistence de copie ou acte de naissance ;
¾ La non assistance d’une personne civilement responsable.

Telles sont les suggestions :

ƒ Création de locaux pour servir de bureau spécialement


destinés pour le P.M.P.M ;
ƒ Formation d’éléments enquêteurs en matière de délinquance
juvénile.

De ces informations, il ressort que le service de la police des mœurs


et de la protection de mineurs traite aussi bien les affaires impliquant des
mineurs auteurs d’infraction que de mineurs victimes ; en effet, ces 2
situations ne peuvent être dissociées et doivent toujours être prises en
considération par les personnes en charge des affaires concernant des
mineurs.

40
IV – JURIDICTION DE FIANARANTSOA
La descente dans la juridiction de FIANARANTSOA et de son ressort
s’est tenue du 1er au 04 Décembre 2006.

Telles sont les informations qui ont été recueillies :

CABINET DU JUGE DES ENFANTS

La juridiction de FIANARANTSOA est dotée d’un juge des enfants

Telles sont les données statistiques relatives aux affaires traitées par
le juge des enfants durant les 3 dernières années :

ANNEE NOMBRE NOMBRE MINEURS MINEURS


DOSSIERS MINEURS MD PLACES
PAR ORD

2004 32 38 00 16

2005 34 39 00 12

2006 41 43 00 11

TOTAL 107 120 00 39

Il est à signaler que faute de centre de rééducation, les enfants sont


placés provisoirement dans l’établissement pénitentiaire par le biais d’une
ordonnance de garde provisoire.

Le juge des enfants estime que les structures et pratiques existantes


actuelles ne respectent pas effectivement les droits des mineurs impliqués.

Les lacunes constatées par le juge des enfants consistent aux points
suivants :

ƒ Le droit à la défense des mineurs n’est pas suffisamment respecté ;


ƒ L’assistance juridique gratuite n’est pas assurée ;
ƒ La procédure judiciaire doit être le dernier recours : des solutions
alternatives doivent être recherchées ;
ƒ Les mineurs prévenus doivent être séparés des mineurs condamnés
lors de leur détention ;

41
ƒ L’emprisonnement doit être la dernière solution à envisager, alors que
dans la réalité, à défaut de centre approprié, le mineur est placé en
prison ;
ƒ Le mineur doit être jugé dans le respect de la loi en vigueur :
l’ordonnance en vigueur prévoit l’existence des assesseurs membres
du tribunal pour enfant alors que dans la réalité seul le juge des
enfants y siège ;
ƒ Connaître la personnalité de l’enfant et son environnement est
nécessaire pour l’adéquation de la peine alors qu’il n’y a pas
d’assistance sociale au sein de la juridiction ;
ƒ Les dossiers concernant les mineurs doivent être traités par un
personnel qualifié alors que le juge des enfants n’a pas de greffier
affecté spécialement dans son cabinet ;
ƒ La réinsertion sociale du mineur en conflit avec la loi doit être assurée
alors qu’aucun suivi n’est fait après le jugement ;
ƒ Les dossiers concernant les mineurs doivent être traités séparément
de ceux des majeurs même s’il s’agit des mêmes faits.

Par ailleurs, aucune relation de travail avec les assistantes sociales


n’existe car la juridiction n’est pas dotée de travailleurs sociaux ; dans les cas
où un rapport social concernant un mineur est inévitable, on a recours à une
assistante sociale travaillant au niveau de la commune.

Le juge des enfants entretient des relations avec les entités


suivantes :

ƒ Avec les centres d’accueil d’enfants en difficulté : seulement lorsqu’il


convient de prendre en charge des mineurs en danger et non pas en
conflit avec la loi ;

ƒ Avec le plate forme municipal de partenariat qui a vocation de soutenir


les actions tendant à améliorer l’environnement familial et la protection
de l’enfant. Le juge des enfants participe à la réunion périodique de
cette entité afin de trouver des solutions communes dans le but de
faire respecter les droits fondamentaux des enfants ;

ƒ Avec le père aumônier de la prison afin de trouver des alternatives à


l’emprisonnement pour les mineurs qui doivent être placés
provisoirement ;

ƒ Avec l’alliance internationale qui est une ONG qui soutient les actions
des communautés pour la lutte contre le VIH/SIDA et la promotion de
la santé sexuelle et reproductive. Le juge des enfants assiste à ces
réunions périodiques afin d’apporter des éclaircissements juridiques,
notamment en ce qui concerne la prostitution des mineurs et le
proxénétisme.

ƒ Avec les OPJ lorsqu’il convient de leur donner des instructions dans
les dossiers à traiter et les sensibiliser sur certaines dispositions
légales ;

42
ƒ Avec le chef d’établissement pour le suivi et le contrôle de la détention
ƒ
Comme cause de retard, il a été soulevé que les dossiers sans
défèrement sont difficiles à régler car les parties concernées ne répondent
pas aux convocations. Dans certains cas, l’acte de naissance du mineur
n’est pas versé.

CABINETS DES JUGES D’INSTRUCTION

Durant les 3 dernières années, telles sont les données :

CABINET DU JI DOSSIERS MINEURS

1er CAB 04 07

2ème CAB 05 07

3ème CAB 01 01

4ème CAB 06 06

TOTAL 16 21

POLICE DES MŒURS ET DE LA PROTECTION DES MINEURS

Existe-t-il un traitement spécial des mineurs en conflits avec la loi


à Fianarantsoa ?

La Police Nationale de Fianarantsoa dispose d’Officiers de Polices


Judiciaires spécialisés.

Il existe en outre une division spécialisée de la protection des


mineurs :
- Une division pour Fianarantsoa ville
- Une division pour toute la Province

Si la garde à vue s’avère indispensable, les mineurs ne sont jamais


placés en violon. Ils peuvent être remis aux bonnes sœurs ; S’il s’agit de
mineurs sans parents, il y a une concertation avec le Tribunal.

43
Il existe aussi un comité au niveau communal (cellule) ; ce comité
prend aussi des décisions pour le placement d’enfants mineurs. Il y a même
une assistance sociale au niveau de la commune.

Le problème se pose quand il s’agit d’un mineur sans parent donc pas
de civilement responsable, surtout concernant sa nourriture en cas de garde
à vue.

Il existe 2 centres d’accueil à Fianarantsoa, toutefois ce ne sont pas


des centres de rééducation.

MAISON CENTRALE

Le nombre de surveillants pénitentiaires y est de 46 dont 37 hommes


et 09 femmes pour toutes les personnes en détention, adultes et enfants
dont un avec formation spécialisée pour les enfants.

Au total, il a 11 mineurs en détention qui sont tous des garçons.

Il existe un quartier spécial pour les mineurs ; Il s’agit d’un local assez
grand, en dur.

Au rez de chaussée se trouve une salle de classe animée par les


bonnes sœurs tous les matins et par le Père Alexis Rakotozanany tous les
Mercredi de 14h à 15h.

Au premier étage se trouve le dortoir équipé de lits en bois sans


matelas ni couverture.

Les mineurs disposent de douche et de toilette.

Cependant il y a un problème de ravitaillement d’eau. Avant, c’étaient


les sœurs qui ont pris en charge l’eau et l’électricité. Mais elles ont cessé il y
a quelque temps car il y aurait eu des abus de la part des agents
pénitentiaires. Selon les dires d’une bonne sœur présente lors de notre
visite, la prise en charge reprendra d’ici peu de temps.

En ce qui concerne la nourriture, outre le ravitaillement par l’Etat et


des bonnes sœurs, il y a des dons de maïs et de manioc de la part de
Catholic Relief Service (CRS).

Toutefois les détenus entendus se sont plaints du manque de riz et de


viande.

En ce qui concerne les loisirs, les détenus jouent au ballon ou autre


jusqu’à 16h.

Il y a une bibliothèque mise en place par l’ACP (Aumônerie


Catholique des Prisons).

44
Il y a aussi une infirmerie prise en charge par les bonnes sœurs.

Les médicaments sont fournis par ACP. Il y une salle de consultation.

Selon le Père Alexis Rakotozanany présent lors de notre passage, ces


détenus ont surtout besoin d’appui moral. Et il devrait y avoir un ou des
éducateurs en permanence ainsi qu’une initiation professionnelle.

LA COMPAGNIE DE LA ZANDARIMARIAM-PIRENENA
La brigade de gendarmerie de Fianarantsoa ne dispose pas d’OPJ
spécialisés.

Toutefois ils ont bénéficié d’une formation dispensée par les


Réunionnais.

Lors des enquêtes, les mineurs sont toujours assistés soit des
parents, soit des Civilement responsables soit d’autres personnes.

Ils ne sont jamais retenus dans les violons si la garde à vue s’impose.
Ils sont mis dans une salle avec le planton. Toutefois il y a le problème de
nourriture.

Il est envisageable de régler les dossiers au niveau même de la ZP.


Cependant l’existence des plaignants victimes pose un problème.

Vu que les enfants résidants dans la circonscription sont presque tous


de petites tailles, il est difficile de distinguer les majeurs des mineurs, donc il
faut toujours recourir à l’examen somatique.

Ce qui est aussi remarquable c’est que presque tous les délinquants
sont actuellement des mineurs issus de la couche sociale défavorisée. Les
causes en sont peut être la pauvreté, les fugues, le manque d’éducation. Il y
a tout de même des délinquants mineurs issus des grandes têtes.

La circonscription de Fianarantsoa II est le record en matière de


délinquance. Viennent ensuite AMBOHIMAHASOA et IKALAMAVONY.

45
V - JURIDICTION DE MORONDAVA
La juridiction de MORONDAVA a été visitée du 5 au 8 Décembre
2006.

A cet effet, on a pu relever les constatations suivantes :

AFFAIRES JUGEES

Telles sont les affaires jugées durant les années 2004, 2005, 2006 :

ANNEE DOSSIERS JUGES MINEURS JUGES

2004 10 15

2005 6 6

2006 16 20

Quant aux peines, 10 condamnations à l’emprisonnement avec sursis


ont été prononcées.

Les mineurs sont toujours assistés d’un conseil à l’audience.

CONCERNANT LE CABINET DU JUGE DES ENFANTS :

24 mineurs impliqués dans 20 dossiers ont été répertoriés en 2006


dont :

¾ 2 vol de bovidé : 1 mineur de moins de 13 ans – 1 mineur de 16 à


18 ans
¾ 1 crime de sang : 1 mineur de 13 à 16 ans
¾ 1 vol qualifié : 1 mineur de 16 à 18 ans
¾ 8 vols : 4 mineurs de 13 à 16 ans et 4 mineurs de 16 à 18 ans
¾ 4 CBV : 3 mineurs de 13 à 16 ans et 1 mineur de 16 à 18 ans
¾ 1 VVF : 2 mineurs de 16 à 18 ans
¾ 1 viol : 1 mineur de 13 à 16 ans et 3 mineurs de 16 à 18 ans
¾ 1 destruction de culture : 1 mineur de 16 à 18 ans
¾ 1 Stupéfiant : 1 mineur de moins de 13 ans

Le nombre total de mineur en détention est de 11 durant l’année 2006.

46
Quant au nombre de dossiers instruits :

¾ 5 dossiers de vol impliquant 5 mineurs


¾ 2 dossiers de CBV impliquant 2 mineurs
¾ 1 dossier de VVF impliquant 2 mineurs
¾ 1 dossier de destruction de culture impliquant 1 mineur
¾ 1 dossier de stupéfiant impliquant 1 mineur

Il reste donc à instruire 09 dossiers impliquant 5 mineurs de 13 à 16


ans et 8 mineurs de 16 à 18 ans.

Le délai de règlement d’un dossier est en principe de 3 mois.


Cependant il y a le problème du retard de délivrance des examens
somatiques par le service de la santé, en cas d’absence d’acte de naissance
ou de jugement supplétif de naissance.

CONCERNANT LE MAGISTRAT DU PARQUET EN CHARGE DES


AFFAIRES DES MINEURS

Le nombre des dossiers impliquant des mineurs est de :


ƒ 38 en 2004
ƒ 35 en 2005
ƒ 33 en 2006

Le nombre des mineurs inculpés selon la catégorie d’âge est de :


ƒ 07 mineurs de moins de 13 ans
ƒ 56 mineurs de 13 à 16 ans
ƒ 62 mineurs de 16 à 18 ans

Le nombre de mineurs impliqués par genre d’infraction commise


durant les trois années est indiqué comme suit :

-13ans 13à 16 ans 16à 18 ans TOTAL

VOL 01 15 14 30

CBV 08 15 23

Vol dans un lieu 06 04 10


habité
Meurtre 01 01 02 4

Vol bovidés 02 06 12 20

47
Incendie 01 1
volontaire
VVF 01 02 06 9

Vol de récolte 03 3

Vol aggravé 01 1

Coups mortels 01 1

Non assistance 01 1

Viol 04 4

Association de 02 2
malfaiteurs

Devastation de 01 1
culture

Vol avec 01 1
effraction
Usage de faux 01 1
billets
Injures 01 1
publiques
Destruction de 01 1
cabane
Détournement 01 1
de mineur
Détention 01 1
chanvre
Tentative de vol 02 02 4

Diffamation 02 2
publique
Vol à l’esbroufe 01 1

Vagabondage 02 2

Violation de 01 1
domicile

TOTAL 10 52 63 125

48
Telles sont les décisions prises par le parquet :

ƒ Le Classement sans suite


ƒ L’Instruction préparatoire
ƒ La citation directe
ƒ Le renvoi devant le juge des enfants

Dans l’objectif d’une amélioration, le magistrat du parquet en charge


des mineurs suggère l’implantation d’un centre de rééducation ou service
d’assistance sociale près la juridiction.

Pour une meilleure protection des droits des enfants en conflit avec la
loi, les lacunes viennent de l’absence d’institution spécialisée, publique ou
privée, ainsi que de la non séparation des quartiers des mineurs avec les
majeurs dans l’établissement pénitentiaire de la localité.

CONCERNANT LE JUGE D’INSTRUCTION :

La Juridiction est dotée de 2 Juges d’Instruction mais seul le 1er


cabinet traite des dossiers de mineurs.

Durant l’année 2006, 3 dossiers de mineurs ont été enregistrés au


niveau du cabinet du juge d’instruction :

ƒ Meurtre commis par un mineur de 16 ans : en détention préventive


ƒ Complicité de vol avec port d’armes 17 ans : en détention préventive
ƒ Vol de bovidés : en liberté provisoire.

Ainsi, 2 ont été placés sous mandat de dépôt et 1 laissé en liberté.

En tout donc, que ce soit chez le juge des enfants ou le juge


d’instruction, 13 mineurs ont été placés sous mandat de dépôt durant l’année
2006.

CONCERNANT L’ACP

Le Père RAMIARAMANANA Sylvain est le responsable de la Prison.


M. Ignace Michel RAZANAKOLONA est le responsable comptable de
l’ACP et du CRS.

Il s’agit d’une aide commune pour les détenus : approvisionnement en


nourriture et en riz (3 fois par semaine).

Une demande de financement est en cours pour la mise en place d’un


quartier pour mineurs auprès d’une famille aux Etats-Unis ainsi que pour un
projet de scolarisation et de formation professionnelle pour travailler sur le fer
et le bois.

Il y a également le projet « Fonja mamokatra » avec la participation


du CRS.

49
CONCERNANT LA MAISON CENTRALE :

Le nombre de surveillants pénitentiaires est de 24 dont 21 hommes et


03 femmes.

09 mineurs sont incarcérés à la maison centrale dont 8 garçons et 1


fille. Des 8 garçons 7 sont en détention préventive et 1 condamné à 30 mois
d’emprisonnement ferme.

Il n’y a pas de quartier de mineur. Selon l’avis des responsables de la


maison centrale, l’absence de quartier spécial pour les mineurs handicape le
traitement des mineurs quant aux loisirs et à leur développement intellectuel.
Ainsi, il n’y a pas de loisirs spécifiques, toutefois, un projet d’édification d’un
quartier spécial pour les mineurs par l’ACP est en cours.

La création d’un centre de rééducation serait également bénéfique.

La nuit, les mineurs sont placés dans les quartiers des travailleurs
(corvée extérieure) ; Le jour, ils sont avec les autres détenus. Depuis le
départ de la famille SHEA qui a assuré la scolarisation de enfants détenus, il
y a actuellement une scolarisation sporadique assurée par l’ACP, une fois
par semaine.

Il n’y a pas d’éducateurs spécialisés ; toutefois il y a une formation


dans le cadre de la protection des droits de l’homme.

Le régime alimentaire est le même pour tous les détenus.

Pour les soins, la maison centrale dispose d’une infirmerie ; mais le


problème qui se pose concerne le manque de médicament surtout
l’inefficacité du traitement en cas de décalcification et également en cas
d’hospitalisation.

En outre, l’établissement voudrait être doté de médecin référent,


spécial au service de l’établissement, car en cas de décès, il leur est
vraiment difficile de se faire délivrer un acte de décès auprès de la
commune, étant donné que ce n’est pas de la compétence du médecin de
l’ACP.

Les mineurs qui ont leurs parents domiciliés près de la maison


centrale bénéficient de la nourriture apportée par ces derniers ; il en est de
même pour les visites.

Les détenus mineurs disposent de 2 WC, de 2 douches.

Par contre ils ne sont pas dotés de couverture et de savon.

La descente au niveau de l’établissement pénitentiaire de


MORONDAVA nous a conduit à la visite des locaux dont la chambre n°5

50
dans laquelle sont placés 23 détenus dont 6 mineurs. Ladite chambre
mesure 4 m x 8 m avec latrine incorporée ainsi que des nattes ou éponges
fournies par les détenus eux-mêmes à titre de literie.

CONCERNANT LE COMMISSARIAT DE LA VILLE :

Selon le Commissaire ROGER JEAN MARIE, il n’y a pas beaucoup


d’affaires de mineurs.

Dans les cas où des mineurs sont impliqués, il y a assistance


automatique des parents ou tuteurs durant les enquêtes.

Il n’ y a pas de chambre de sûreté ; mais un accord avec les parents


est toujours sollicité pour « une garde à vue spéciale » c’est-à-dire dans la
salle de garde du poste de police.

Le commissariat ne rencontre aucun problème concernant les


examens somatiques.

Le Commissaire souhaite l’instauration d’une brigade des mineurs,


d’un centre de rééducation, et d’un service social dans la ville pour
solutionner le placement des mineurs ainsi que pour leur suivi.

CONCERNANT LE COMMISSAIRE DIVISIONAIRE :

Il n’y a pas de personnel spécialisé.

Il n’y a pas non plus de chambre de sûreté.

L’assistance des parents ou tuteurs est automatique lors des


enquêtes.

Il n’y a pas de problème concernant les examens somatiques.

Le commissaire divisionnaire suggère l’instauration d’une assistance


sociale, d’un réseau de protection des mineurs, et d’un centre de rééducation
et de réinsertion.

De ces informations, il ressort que les problèmes ainsi que les


desiderata sont les mêmes aussi bien pour le commissariat de la ville que
pour le commissariat divisionnaire.

CONCERNANT LA BRIGADE DE LA GENDARMERIE :

Le commandant de Brigade déclare ne pas être en possession de


l’ordonnance n°62 038 relative à la protection des enfants; il n’y a pas non
plus d’enquêteur spécialisé. Ce qui devrait être pallié par la dotation de texte
suffisant aux responsables en charge de traiter des affaires de mineurs.

51
D’ailleurs il n’y a presque pas de mineurs impliqués dans les affaires
traitées par la gendarmerie.

Si les parents sont présents, ils assistent à l’enquête ; sinon ce sont


les tuteurs ou les « komitim-pokontany » qui les remplacent.

Les arrangements au niveau de la brigade sont souvent tentés, à


défaut, il y a déferrement devant le parquet.

Il n’y a pas de problème avec le corps médical concernant la


délivrance des examens somatiques.

Il n’ y a pas de chambre de sûreté, les mineurs sont confiés à leurs


parents avec l’engagement de ces derniers de représenter leurs enfants en
temps voulu. En cas de nécessité, les mineurs sont retenus au bureau sous
la surveillance des agents de permanence.

Le commandant de brigade suggère que les arrangements au niveau


des fokontany seraient bénéfiques.

De tout ce qui précède, il ressort que le problème des enfants en


conflit avec la loi, notamment de ceux incarcérés, n’y est pas encore très
grave ; toutefois, il y a lieu de prendre des mesures pour que la situation ne
s’aggrave pas.

52
VI. JURIDICTION DE TULEAR
La visite au sein de la juridiction de TULEAR n’a pu se faire car notre
descente qui s’est tenue, du 12 au 14 décembre 2006, a coïncidé avec la
période de recensement des votes lors de l’élection présidentielle. En effet,
tous les magistrats étaient en déplacement en vue dudit recensement, aussi,
aucun renseignement n’a pu être fourni des magistrats en fonction à
TULEAR.

Toutefois, on a pu visiter et recueillir des informations de la maison


centrale, du commissariat de la ville, du Service régional de la police
judiciaire, de la Brigade de Gendarmerie et de l’ONG BEL AVENIR.

MAISON CENTRALE
De la visite effectuée à la maison centrale de TULEAR, on a pu
recenser 13 mineurs dont l’un est incarcéré pour complicité de meurtre.

La maison centrale est dotée d’un quartier pour mineur, quartier qui a
été aménagé par l’Aumônerie Catholique pour la Prison.

Bien que la maison centrale n’est pas dotée d’éducateur spécialisé


pour leur réinsertion sociale, la scolarisation des mineurs est assurée par les
sœurs en plein air tous les mercredi après-midi ; toutefois, aucune formation
professionnelle n’y est assurée alors qu’ils aspirent à être formés en
menuiserie et en forge.

Tous les jours, ils mangent du manioc ou du maïs ; mais parfois, ils
reçoivent du riz environ une à deux fois par semaine. Comme aide et
assistance, l’ACP leur fournit de la viande, du riz ou du haricot au moins une
fois par mois. L’aumônerie protestante assiste également la maison centrale
en fournissant de la nourriture et des vêtements à la fête de Noël et à
l’occasion du Nouvel an.

Pour leurs loisirs, ils peuvent jouer au Football et au Basket-ball tous


les jours ; ils peuvent également jouer aux cartes et au domino même s’il n’y
a pas de bibliothèque.

Quant aux soins, même dotée d’une infirmerie, la maison centrale


manque de médicaments, manque en partie comblé par l’aide de l’ACP et de
l’ONG BEL AVENIR qui leur fournit également l’assistance d’un infirmier.

Par ailleurs, l’Association KODHA apporte son aide à la maison


centrale sur sollicitation de cette dernière.

Les responsables de la maison centrale ont exprimé leur souhait de


pouvoir assurer l’extension de l’enceinte par la construction de nouvelle
infrastructure pour en faire de salles de classe ou une bibliothèque.

53
On a pu ainsi visiter une chambre de 5 m sur 6 m où les personnes
détenues dormaient sur des bas flancs à étage avec leur propre literie, la dite
chambre est dotée de 2 pots de chambre et la douche se trouve à l’extérieur.

On a pu avoir une conversation avec un mineur dénommé Noëlson


NOMENJANAHARY, qui est actuellement en classe de T5 et dont la
scolarisation est assurée une fois par semaine par un Curé.

On y a trouvé un jardin potager où on trouve du maïs, du


« Baranjely », des patates douces.

ONG BEL AVENIR


C’est une organisation non gouvernementale malagasy.
Toutefois, la coordination est assurée par un français et un espagnol.

Le programme de l’éducation de base est axé sur quatre points :

ƒ Travailler avec les écoles primaires publiques en diffusant des


films éducatifs,
ƒ Faire respecter les droits de l’homme, notamment, les droits de
l’enfant,
ƒ Faire interdire les pires formes de travail des enfants,
ƒ Travailler à la réinsertion des femmes et des enfants.

L’objectif de l’ONG consiste à maintenir au sein de la maison centrale


la réinsertion sociale des personnes détenues notamment en dispensant aux
femmes la couture et le tressage.

Mais le grand problème consiste en l’existence de la corruption en


milieu carcéral qu’il faut arriver à résoudre à tout prix par le dialogue.

L’ONG envisage également d’apporter son appui nutritionnel aux


personnes en détention à la maison centrale.

L’AUMONERIE CATHOLIQUE POUR LA PRISON


L’aumônerie catholique y assure les messes de tous les dimanches,
ainsi la présence de l’église dans la maison centrale constitue une
amélioration dans les actions entreprises pour leur réinsertion sociale.

En outre, elle fournit de la nourriture et des médicaments pour les


chétifs et ceux qui n’ont plus de parents.

Les cours d’alphabétisation sont dispensés aussi bien pour les


mineurs que pour les adultes et depuis peu, cette alphabétisation se fait par
niveau.

54
L’ACP intervient également auprès des autorités judiciaires pour les
cas de personnes faisant l’objet de longue détention pour qu’elles puissent
être jugées dans des délais raisonnables.

Elle a œuvré dans la construction d’un quartier pour mineurs et


également pour femmes. L’ACP pense également œuvrer dans les actions
de réinsertion qui sont en cours d’être mises en place.

COMMISSARIAT CENTRAL
Nous avons pu avoir un entretien avec le commissaire
RABARIJAONA Théophile qui nous a donné les éléments ci-après :

Le commissariat n’est pas doté d’élément spécialisé en matière de


droits des enfants ni de police des mœurs et de la protection des mineurs,
les enquêtes des mineurs sont effectuées par les officiers de police judiciaire
(OPJ). Toutefois, les parents ou tuteurs assistent effectivement aux enquêtes
et au besoin par un greffier ad’hoc choisi parmi les agents de police.

Concernant les mesures de garde à vue, aucune mesure spéciale


n’est prévue pour les mineurs, ils sont placés avec les adultes.

Les cas fréquents qui se présentent sont la détention et


consommation en groupe de « rongony »par des adolescents de plus de 16
ans.

Le problème consiste à la lenteur administrative due à la délivrance de


rapport pour examen somatique sur réquisitions à personne qualifiée.

Le commissariat estime qu’il est nécessaire de mettre en place des


centres de rééducation et de réinsertion ainsi que d’un service social par des
personnes de bonne volonté.

SERVICE REGIONAL DE POLICE JUDICIAIRE


En principe, il n’y a pas beaucoup d’affaires concernant des mineurs
traitées au niveau du Service régional. Au cas où il en existe, l’absence des
parents lors des interrogatoires constitue un des blocages quant au
traitement de ces affaires.

Si les enfants, objet d’enquête, doivent être maintenus en garde à


vue, ils le sont dans la salle de garde ou même des fois, si besoin est, au
violon pour sa sécurité.

Le commissaire propose la création de centre de sport et de loisirs,


ainsi que de centre de rééducation et de réinsertion sociale. Il propose
également la participation des grandes sociétés pour œuvrer dans ce sens.

55
BRIGADE DE LA GENDARMERIE
Telles sont les situations qui peuvent exister pour les cas des enfants
en conflit avec la loi :

ƒ Les parents ou tuteur ou au besoin, un membre du Comité du


Fokontany assistent aux enquêtes ;
ƒ Si c’est dans l’intérêt de l’enfant, il est retenu au poste de garde, sinon
remise aux parents ;
ƒ Les mineurs impliqués sont souvent âgés de 16 à 18 ans.
ƒ Durant les deux dernières années, aucun mineur n’a été impliqué au
niveau de la brigade.

Les responsables souhaitent que les juges des enfants fassent une
note sur les dispositions à prendre pour la protection et la promotion des
droits des enfants.

56
JURIDICTION DE MORAMANGA
La Juridiction de Moramanga n’étant pas dans la liste des sites à
visiter, les éléments suivants ont été recueillis en réponse au questionnaire
envoyé à toutes les juridictions.

CONCERNANT LE PRESIDENT DU TRIBUNAL :

Le nombre de dossiers impliquant des mineurs à juger est de :


ƒ 26 en 2004
ƒ 12 en 2005
ƒ 33 en 2006.

Le nombre des inculpés à juger est de :


ƒ 16 en 2004
ƒ 12 en 2005
ƒ 33 en 2006

Tous ces dossiers ont été déjà jugés, donnant ainsi :


ƒ 49 peines d’emprisonnement ferme
ƒ 9 peines d’emprisonnement avec sursis
ƒ 6 peines d’amende ;

Dans la plupart des cas, il a été dit que les mineurs jugés sont
assistés de conseil d’office, toutefois, la présence des civilement
responsables n’a pas été invoquée.

Il y a lieu d’accélérer à tous les niveaux le traitement des dossiers


impliquant des mineurs.

Les conditions de détention préventive doivent aussi être améliorées.

Il y a également lieu d’insister sur la responsabilisation des parents et


des tuteurs.

CONCERNANT LE PARQUET EN CHARGE DES MINEURS :

Le nombre de dossiers impliquant des mineurs est de :


¾ 19 en 2004
¾ 30 en 2005
¾ 28 en 2006

Le nombre de mineurs inculpés est au total de :


¾ 3 mineurs de moins de 13 ans
¾ 29 mineurs de 13 à 16 ans
¾ 43 mineurs de 16 à 18 ans

Du point de vue des infractions :

57
¾ 16 infractions contre les personnes
¾ 20 infractions contre les biens
¾ 4 infractions contre les mœurs ;

Les décisions prises par le Magistrat du Parquet :

¾ Classement sans suite


¾ Citation directe
¾ Instruction préparatoire

Selon le Magistrat du parquet en charge des mineurs les solutions


existantes actuellement pour assurer la protection effective des mineurs sont
séduisantes sur table mais ne sont pas appliquées effectivement.

Les lacunes résident dans l’absence de centre de rééducation, de


personne spécialisée dans la rééducation des mineurs délinquants ou en
danger près la juridiction et dans l’établissement pénitentiaire de la ville.

L’application des textes doit être effective : séparation des mineurs et


des majeurs, installation de centre de rééducation dans toutes les juridictions
de Madagascar.

Il y a également lieu de séparer les mineurs condamnés des mineurs


prévenus.

La non comparution des parties devant le juge d’instruction ou le juge


des enfants pour information, l’absence des pièces indispensables dans les
procès verbaux des OPJ (actes de naissance, rapport d’examen somatique,
expertise médico-légale) sont les causes des retards dans l’évacuation
rapide des dossiers.

CONCERNANT LE JUGE DES ENFANTS :

Il y a 2 juges des enfants au tribunal de première instance de


Moramanga.

Nombre de dossiers impliquant des mineurs :


ƒ En 2004 : 12 avec 19 mineurs impliqués
ƒ En 2005 : 18 avec 23 mineurs impliqués
ƒ En 2006 : 20 avec 23 mineurs impliqués

Quant à la catégorie d’âge :

ƒ 3 mineurs de moins de 13 ans


ƒ 11 mineurs de 13 à 16 ans
ƒ 51 mineurs de 16 à 18 ans

58
Concernant le genre d’infraction :

ƒ 35 infractions contre les biens


ƒ 8 infractions contre les personnes
ƒ 6 infractions contre les mœurs

Il n’y a eu aucun placement dans des centres de rééducation.

Par contre, concernant les mandats de dépôts décernés il y a eu :


ƒ 17 en 2004
ƒ 14 en 2005
ƒ 20 en 2006.

Il n’y a ni assistantes sociales ni centre de rééducation.

Suggestions des juges des enfants :

ƒ Création d’un centre spécialisé pour recueillir les mineurs


délinquants et en danger, en vue de leur réinsertion sociale,
ƒ Apprentissage pour les mineurs de métiers (menuiserie,
broderie, bâtiments..)

Les causes des retards de la clôture des dossiers sont :

ƒ L’inexistence des actes de naissance


ƒ Les parents introuvables, donc attente de civilement
responsable
ƒ L’absence de centre de service de santé dans les lieux de
l’infraction, d’où pièces de forme du dossier incomplètes
(rapport médico-légale, acte de décès).

CONCERNANT LE JUGE D’INSTRUCTION :

*
La juridiction est dotée de 2 juges d’instructions.

Le nombre de dossiers impliquant des mineurs :


ƒ En 2004 : 5
ƒ En 2005 : 4
ƒ En 2006 : 7

Du point de vue infraction :


ƒ 2 infractions contre les personnes
ƒ 9 infractions contre les biens
ƒ 9 infractions contre les mœurs

Ils ont tous fait l’objet d’ordonnance de transmission des pièces à la


chambre d’accusation ou de renvoi devant la cour criminelle des mineurs.

59
Selon les juges d’instruction, les solutions existantes actuellement
n’assurent pas la protection effective des mineurs ; en effet avec l’absence
d’assistantes sociales et de centre d’accueil, aucune alternative n’est laissée
au juge dans sa décision. L’ordonnance de placement provisoire ne peut
guère recevoir application.

Comme solution, il y a la création d’un centre d’accueil pour la


délinquance juvénile mixte dans chaque ressort de tribunal, ou à défaut
d’attribuer un crédit pour financer le placement du mineur dans un
établissement social privé payant.

Les causes des retards dans l’évacuation rapide des dossiers sont :

ƒ L’inexistence d’acte de naissance


ƒ Le civilement responsable introuvable
ƒ L’absence de pièces de formes (certificats et rapports médico…)

CONCERNANT L’ETABLISSEMENT PENITENTIAIRE :

Les surveillants pénitentiaires sont au nombre de 8 dont 6 hommes et


2 femmes.

Il n’y a pas de quartier spécial pour mineurs.

13 mineurs sont en détention préventive dont 9 garçons et 4 filles.

Le responsable de l’établissement pense que l’existence d’un quartier


spécial pour mineur est nécessaire pour éviter la promiscuité carcérale.

Il n’y a pas d’éducateurs spécialisés.

Il n’y a ni WC, ni douche, ni savon, ni couverture pour les détenus.

Il n’y a aucun régime alimentaire spécial ; seuls les malnutris reçoivent


une ration supplémentaire de la part des bonnes sœurs.

La nourriture habituelle est le manioc sec à midi et le soir.

L’établissement dispose d’un infirmier ; le médecin chef du dispensaire


de la commune urbaine de Moramanga est le responsable des malades.

Les médicaments sont fournis par les sœurs et l’Administration


centrale.

L’établissement ne dispose ni de bibliothèque, ni de terrain de sport, ni


d’autres centres de loisirs.

Une formation en broderie est dispensée aux filles par les


surveillantes.

60
Les locaux abritant le service pénitentiaire de Moramanga souffrent
d’exiguïté, d’austérité et de vétusté.

Les solutions suggérées par les responsables de l’établissement


pénitentiaire consistent en :

ƒ la délocalisation de la maison centrale,


ƒ la réhabilitation de l’ancien établissement pénitentiaire à
Anosibe An’ala pour désengorger celui de Moramanga,
ƒ la dotation de l’établissement de matériels adéquats pour le
bon fonctionnement du service.

61
JURIDICTION DE MIANDRIVAZO

Les informations et éléments ont été également recueillis en réponse


au questionnaire envoyé à toutes les juridictions.

CONCERNANT LE PRESIDENT DU TRIBUNAL :

Le nombre de dossiers impliquant des mineurs à juger est de :


ƒ 07 en 2004
ƒ 04 en 2005
ƒ 12 en 2006

Le nombre total de mineurs inculpés est de :


ƒ 07 en 2004
ƒ 04 en 2005
ƒ 14 en 2006

Le Tribunal a jugé :
ƒ 07 dossiers en 2004
ƒ 04 dossiers en 2005
ƒ 10 dossiers en 2006

Le nombre total de mineurs jugés est de :

ƒ 07 en 2004 dont 03 mineurs condamnés à la peine


d’emprisonnement ;
ƒ 04 en 2005 dont 02 mineurs condamnés à la peine
d’emprisonnement ;
ƒ 15 en 2006 dont 04 condamnés à la peine d’emprisonnement.

Selon le Président du Tribunal, l’inexistence de centre de rééducation


dans le ressort du Tribunal de Première Instance de MIANDRIVAZO et
même dans la Région de MENABE constitue un problème en cas de
nécessité de placement de mineurs délinquants dans ledit centre.

Les mineurs sont toujours assistés de conseil constitué ou d’office.

Il n’y a ni assistante sociale ni travailleurs sociaux dans le ressort de la


Juridiction.

Le Président du Tribunal suggère que la création d’un centre de


rééducation est un besoin primordial pour les délinquants mineurs du ressort
du tribunal de Première Instance de MIANDRIVAZO.

Concernant le jugement des mineurs : en cas de prononciation d’une


simple mesure éducative de remise aux parents par exemple, une mesure de
contrôle périodique devrait être aussi prononcée pour s’assurer que le
mineur concerné est entre de bonnes mains parce que des fois les parents
et même la famille ont tendance à abandonner le délinquant mineur.

62
Tels sont les nombres identifiés au sein de la juridiction, que ce
soit au niveau du cabinet du juge des enfants, que de celui du juge
d’instruction :

Le nombre de dossiers impliquant des mineurs est de :


ƒ 09 en 2004
ƒ 27 en 2005
ƒ 15 en 2006

Le nombre de mineurs impliqués est de :


ƒ 12 en 2004
ƒ 33 en 2005
ƒ 15 en 2006

Du point de vue catégorie d’âge, il y a eu :


ƒ 04 mineurs de moins de 13 ans
ƒ 20 mineurs de 13 à 16 ans
ƒ 36 mineurs de 16 à 18 ans

Quant au nombre de mineurs impliqués par genre d’infraction


commise :
ƒ 18 mineurs dont le jugement relève de la compétence de la
Cour Criminelle Ordinaire ;
ƒ 18 mineurs dont le jugement relève de la compétence de la
Cour Criminelle Spéciale ;
ƒ 21 mineurs dont le jugement relève de la compétence du
Tribunal de Grand correctionnel et Correctionnel : 1tentative
de viol ; 13 vols simples ; 05 Coups et blessures
volontaires ; 01 abus de confiance ; 01 achat et
consommation de cannabis.

Le juge des enfants a placé sous mandat de dépôt :


ƒ 02 mineurs en 2004
ƒ 23 mineurs en 2005
ƒ 07 mineurs en 2006

Selon le Juge des enfants, les solutions existantes n’assurent pas la


protection des mineurs aussi bien du côté cadre légal que des structures
d’accueil pour le placement des enfants incarcérés.

La solution serait l’implantation des centres d’accueil ou centre de


rééducation pour les mineurs dans chaque ressort des tribunaux.

Il n’y a ni assistantes sociales ni centres de rééducation dans le


ressort de la juridiction.

Quant aux causes de retard en vue d’une clôture rapide des dossiers
concernant les mineurs, il faut mentionner l’attente des pièces maîtresses

63
concernant les mineurs telles que actes de naissance, jugement supplétif de
naissance, examen somatique.

Selon le Juge d’Instruction, les solutions existantes n’assurent pas la


protection des mineurs. Par exemple, il n’y a pas de quartier pour les
mineurs délinquants.

Selon le Magistrat du Parquet, les solutions existantes actuellement


n’assurent pas effectivement la protection des mineurs car le Juge des
enfants est à la fois Président du Tribunal pour enfant.

Il n’y a pas assez de Magistrats.

Il n’y a pas non plus ni centres de rééducation ni assistants sociaux.

Il y a lieu d’augmenter le nombre de Magistrat, de spécialiser les


Magistrats pour enfants, et de créer des centres de rééducation dans chaque
ressort des Tribunaux de Première Instance.

L’ ETABLISSEMENT PENITENTIAIRE DE MIANDRIVAZO :

Le nombre de Surveillants pénitentiaires est de :


ƒ 16 hommes
ƒ 03 femmes

Le nombre de mineurs détenus est de 13 garçons dont 03


condamnés respectivement à 18 mois, 09 mois et à 01 an
d’emprisonnement ferme.

Il n’ y a pas de fille détenue.

Bien que le responsable de l’établissement pénitentiaire pense


qu’il est indispensable de séparer les mineurs condamnés des mineurs
prévenus, l’établissement n’est pas encore doté d’un quartier pour les
mineurs.

Il n’y a pas non plus de personnel pénitentiaire spécialisé.

Les détenus mineurs ne sont dotés ni de WC, ni de douche, ni de


savon, ni de couverture.

Ils ne bénéficient pas d’un régime alimentaire spécial. Ils mangent


généralement du maïs une fois par jour.

L’établissement reçoit des aides de la mission Catholique de


MIANDRIVAZO une fois par mois.

64
Aucun médecin n’est affecté au service de l’établissement. Par
ailleurs il n’y a ni médicaments, ni mesures spéciales pour la lutte contre le
Sida.

Du point de vue éducation, l’établissement n’est doté ni de


bibliothèque, ni de terrain de sport, ni d’autres centres de loisirs.

Selon le responsable de l’établissement, la structure actuelle, les


mesures prises, les moyens utilisés n’arrivent pas à favoriser la politique de
réinsertion sociale car les moyens manquent (personnel spécialisé,
infrastructure)

Il n’y a ni quartier pour les mineurs, ni séparation des condamnés


et des prévenus, ni d’éducateur spécialisé pour les mineurs, ni
d’alphabétisation : telles sont les lacunes.

65
JURIDICTION D’ANTSIRABE
Des réponses au questionnaire, les informations suivantes ont été
relevées :

CONCERNANT LE MAGISTRAT DU PARQUET EN CHARGE DES


MINEURS :

Le nombre de dossiers impliquant des mineurs est de :


ƒ 70 en 2004
ƒ 145 en 2005
ƒ 122 en 2006

Le nombre de mineurs par catégorie d’âge est de :


ƒ 35 mineurs de moins de 13 ans
ƒ 141 mineurs de 13 à 16 ans
ƒ 191 mineurs de 16 à 18 ans

Le nombre de mineurs impliqués par genre d’infraction commise :


ƒ Vol : 170
ƒ Vol de récoltes : 49
ƒ Vol domestique:13
ƒ Viol : 03
ƒ Destruction de culture : 36
ƒ Abattage d’arbre : 27
ƒ Faux : 01
ƒ Attentat à la pudeur : 01
ƒ Abus de confiance : 03
ƒ Adultère : 01
ƒ Filouterie d’aliment : 01
ƒ Détournement de mineure : 05
ƒ Evasion : 03
ƒ Vol dans un lieu habité : 06
ƒ Outrage publique : 01
ƒ Détention de toaka gasy : 01
ƒ Feux de brousse : 05

Les lacunes présentées sont :


ƒ Méconnaissance du texte
ƒ Insuffisance des infrastructures existantes
ƒ Insuffisance en nombre et indisponibilité des agents
ƒ Il n’y a pas d’assistant social
ƒ Formation des juges des enfants et des substituts chargés des
affaires des mineurs
ƒ Amélioration des conditions de détention
ƒ Accroissement en nombre des agents
ƒ Création d’un bureau d’assistance sociale
ƒ Renforcement du réseau contre la maltraitance

66
Une motivation des agents affectés à la protection des mineurs est
nécessaire.

Les causes des retards de l’évacuation rapide des dossiers sont :

ƒ La carence de la copie de l’acte de naissance du mineur ou


des autres pièces pouvant y suppléer.
ƒ Vetusté des moyens de communication existants
ƒ Non respect des délais légaux
ƒ Citations à l’audience mal servies ou non servies par
l’huissier
ƒ Insuffisance en nombre de magistrats et personnels affectés
aux affaires des mineurs. Ils ne sont disponibles qu’à temps
partiel étant donné qu’ils ont aussi d’autres dossiers à traiter
et d’autres attributions.

CONCERNANT LE JUGE DES ENFANTS :

Le nombre de dossier impliquant des mineurs est :


ƒ 21 en 2004
ƒ 23 en 2005
ƒ 26 en 2006

Le nombre de mineurs impliqués est de :


ƒ 24 en 2004
ƒ 30 en 2005
ƒ 35 en 2006

Le nombre de mineurs impliqués par catégorie d’âge :

Age 2004 2005 2006

-13 ans 03 04 03

13 à 16 ans 06 15 10

16 à 18 ans 15 11 22

Total 24 30 35

67
Le nombre de mineurs impliqués par genre d’infraction :

Infraction 2004 2005 2006


Detention et 01
vente de toaka
gasy
Vol 17 23 26

CBV 05 05 03

Escroquerie 01

VVF 02 01

recel 01

Faux 01

Menaces 01
verbales
Abattage d’arbre 01

Tentative de vol 01

TOTAL 24 30 35

Nombre de mineurs placés en détention par le juge des enfants :


ƒ 09 en 2004
ƒ 07 en 2005
ƒ 07 en 2006

Nombre de mineurs placés dans les centres de rééducation :


ƒ 01 en 2004
ƒ 01 en 2005
ƒ 03 en 2003

LE CABINET DU JUGE D’INSTRUCTION :

Le nombre de dossiers impliquant des mineurs est de :


ƒ 03 en 2004
ƒ 01 en 2005
ƒ 00 en 2006

Le nombre de mineurs impliqués :


ƒ 03 en 2004
ƒ 01 en 2005
ƒ 00 en 2006

68
Le nombre de mineurs impliqués par catégorie d’âge :

2004 2005 2006


Age

Moins de 13 ans

De 13 à 16 ans 03 01

De 16 à 18 ans

TOTAL 03 01

Nombre de mineurs impliqués par genre d’infraction :

2004 2005 2006


Infraction
Incendie 01

Viol et Vol 01

Vol de bovidés 01

Meurtre 01

TOTAL 03 01

Nombre de mineurs placés sous mandat de dépôt :


ƒ 01 en 2004
ƒ 00 en 2005
ƒ OO en 2006

Nombre de mineurs placés dans un centre de rééducation : 01 en


2005. Aucun placement n’a été ordonné en 2006.

Le juge des enfants et le juge d’instruction pensent que les structures


et pratiques existantes actuellement ne respectent pas les droits des mineurs
inculpés.

Les lacunes sont :


ƒ Absence de quartier réservé aux mineurs au sein de la prison
ƒ Absence d’assistants sociaux
ƒ Eloignement du centre de rééducation de l’Etat
ƒ Centre existant non spécialisé dans la rééducation des mineurs
délinquants.

69
La construction d’un nouveau quartier pour les mineurs constituerait
une amélioration à entreprendre.

Comme causes de retard en vue d’une clôture rapide des dossiers


concernant les mineurs, ils invoquent :

ƒ L’inexistence d’un état civil du mineur


ƒ La carence du civilement responsable lors du défèrement ou
pe,dant l’enquête
ƒ Dossier incomplet (sans acte de naissance et sans bulletin de
renseignement)

70
JURIDICTION D’ANKAZOABO SUD
Les éléments ont été recueillis en réponse au questionnaire envoyé
par le Consultant.

CONCERNANT LE PRESIDENT DU TRIBUNAL :

Le nombre de dossiers impliquant des mineurs est :


ƒ 01 en 2004
ƒ 08 en 2005
ƒ 03 en 2006

Le nombre total des inculpé est de :


ƒ 01 en 2004
ƒ 09 en 2005
ƒ 03 en 2006

Le nombre des dossiers jugés est de :


ƒ 01 en 2004
ƒ 08 en 2005
ƒ 03 en 2006

Le nombre total de mineurs jugés est de :


ƒ 01 2004
ƒ 08 en 2005
ƒ 03 en 2006

Nombre de condamnations à l’emprisonnement : 05

Dans la plupart du temps les mineurs sont assistés d’un conseil.

ETABLISSEMENT PENITENTIAIRE D’ANKAZOABO SUD :

Nombre de surveillants pénitentiaires :


ƒ 10 hommes
ƒ 02 femmes

Il n’y a pas de surveillant spécial pour les mineurs

Nombre de mineurs détenus : 03 garçons

Il n’y a pas non plus de quartier spécial pour mineurs.

Selon le responsable de l’établissement, il est nécessaire de séparer


les mineurs des majeurs car les traitements pour la réinsertion sociale que
bénéficient les détenus majeurs, les mineurs condamnés et prévenus ne sont
pas les mêmes.

71
A son avis, les mesures actuelles pour les traitements des mineurs
doivent tendre effectivement vers une politique de réinsertion sociale, en
effet, les mineurs en détention doivent recevoir des éducations culturelles,
morales et physiques. Ils seront biens traités dans les domaines
alimentaires, sanitaires, sportives.

Il présente comme lacune :


ƒ La répartition des avantages non équitable dont la maison
centrale d’Ankazoabo Sud en est victime
ƒ L’absence d’agent formateur et d’éducateur
ƒ L’absence de quartiers spéciaux

Comme solution, il suggère :


ƒ La séparation de quartier pour mineurs de celui des adultes
ƒ Détention plus humaine (dortoir éclairé, équipé de lits avec
matelas, WC, douche)
ƒ Dotation des articles de sport pour loisir
ƒ Aliments suffisants en quantité et en qualité (riz, viande, lait)

Les détenus mangent à midi et le soir du manioc et du maïs, en


principe, fournis par le camp pénal mais aussi par la Direction Régionale de
l’Administration Pénitentiaire (DIRAP) de TOLIARY.

Il n’y a pas de médecin à la disposition de l’établissement.

Aucune éducation n’est dispensée aux enfants incarcérés.

72
JURIDICTION D’AMBATOLAMPY
En réponse au questionnaire, il s’ensuit :

CONCERNANT LE PRESIDENT DU TRIBUNAL :

Le nombre de dossiers à juger est de :


ƒ 26 en 2004
ƒ 26 en 2005
ƒ 15 en 2006

Le nombre total des mineurs inculpés est de :


ƒ 24 en 2004
ƒ 30 en 2005
ƒ 36 en 2006

Le nombre total de dossiers jugés est de :


ƒ 45 en 2004
ƒ 38 en 2005
ƒ 42 en 2006

Le nombre de mineurs jugés est de :

ƒ 58 en 2004
ƒ 45 en 2005
ƒ 52 en 2006

Il y a eu :
ƒ 12 condamnations à l’emprisonnement
ƒ 03 condamnations à l’amende et 03 placements sur
ordonnance.

Les mineurs sont toujours assistés de conseil constitués ou d’office.


La juridiction n’est pas dotée de travailleurs sociaux ni d’assistante
sociale.

CONCERNANT LE MAGISTRAT DU PARQUET EN CHARGE DES


AFFAIRES DES MINEURS :

Le nombre de dossiers impliquant des mineurs est de :

ƒ 26 en 2004 dont 16 citations directes


ƒ en 2005 dont 06 citations directes
ƒ 15 en 2006 dont 06 citations directes

73
Le nombre par catégorie d’âge des mineurs inculpés est de :

ƒ 10 mineurs de moins de 13 ans


ƒ 42 mineurs de 13 à 16 ans
ƒ 38 mineurs de 16 à 18 ans

Le nombre de mineurs impliqués par genre d’infraction est le suivant :

Détention de toaka voarara 01

Vol 60

CBV 18

Viol 01

Homicide involontaire 01

VVF 03

Destruction de culture 02

Recel 03

Blessures involontaires 01

TOTAL 90

Le magistrat du parquet pense qu’il n’y a pas de système parfait


mais qu’il y a lieu d’essayer d’améliorer au vu des problèmes rencontrés.

Les centres de rééducation ne disposent pas assez de moyens


financiers pour assurer leurs rôles. On est en quête de nourriture, la
rééducation est reléguée au second plan.

Aussi, il suggère :
ƒ La dotation de centres à toutes les juridictions avec un
budget conséquent et rationnel.
ƒ Au niveau national, de relever le niveau de vie en général.
ƒ De responsabiliser et éduquer les parents (prévention de la
délinquance juvénile et non répression des jeunes
délinquants).

D’après l’expérience professionnelle vécue, la solution la plus


adéquate serait de :
ƒ Relever le pouvoir d’achat
ƒ Faciliter le coût de l’enseignement
ƒ Dispenser une éducation continue des parents.

74
Les causes des retards de l’évacuation rapide des dossiers sont :
ƒ La production des actes de naissance
ƒ L’absence des civilement responsables.

CONCERNANT LE CABINET DU JUGE D’INSTRUCTION :

Le nombre de dossiers impliquant des mineurs est de :


ƒ 07 en 2004
ƒ 03 en 2005
ƒ 04 en 2006

Le nombre par catégorie d’âge de mineurs imlpiqués est de :


ƒ 00 mineurs de moins de 13 ans
ƒ 02 mineurs de 13 à 16 ans
ƒ 13 mineurs de 16 à 18 ans

Le nombre de mineurs par genre d’infraction commise :

Viol 03

Vol de bovidés 01

meurtre 03

Vol 06

CBV 01

Abattage d’arbre 01

TOTAL 15

11 mineurs ont été laissés en liberté provisoire et 04 placés sous


mandat de dépôt.

Il n’y a pas de quartier réservé aux mineurs au sein de l’établissement


pénitentiaire.

Eloignement du centre de rééducation de l’Etat.

Inexistence des travailleurs sociaux.

La construction d’un quartier des mineurs au sein de l’établissement


pénitentiaire est indispensable.

75
Il en est de même pour la construction d’un centre de rééducation
dans le ressort de la juridiction.

CONCERNANT L’ETABLISSEMENT PENITENTIAIRE :

Nombre de surveillants :
ƒ 15 hommes
ƒ 02 femmes

Nombre de mineurs détenus : 02 garçons

Nombre de mineurs condamnés : 01 (peine de 03 ans


d’emprisonnement ferme).

Il n’y a pas de quartier spécial pour les mineurs.

Il n’a pas d’éducateur spécialisé non plus.

Les détenus mineurs disposent de WC, de Douche, mais ils ne


disposent pas de couverture ni de savon. Les détenus mineurs ne
bénéficient pas de régime alimentaire spécial. ; Ils mangent du mïs, du
manioc sec, du riz, et du poisson sec.

Le manioc sec est fourni par l’établissement ; le riz, le poisson et le


maïs par le nommé Manuel, qui est propriétaire du Restaurant USCRNA à
Ihazolava.

Un médecin est affecté à la disposition de l’établissement.

Les médicaments sont fournis par les bonnes sœurs et le sieur


Manuel.

Selon le responsable de l’établissement : pour que certains


responsables optent l’utile à la place du nuisible, il faut qu’intervienne un
changement considérable, à un avis différent. On ne peut pas progresser
dans la réinsertion sociale des mineurs en détention, sans agir.

76
JURIDICTION DE FARAFANGANA :
En réponse au questionnaire, les informations suivantes ont été
recueillies :

CONCERNANT LE PRESIDENT DU TRIBUNAL :

Le nombre de dossiers impliquant des mineurs est de :


ƒ 44 en 2004
ƒ 25 en 2005
ƒ 30 en 2006

Le nombre de mineurs impliqués est de :


ƒ 56 en 2004
ƒ 31 en 2005
ƒ 39 en 2006

Le nombre de dossiers jugés est de :


ƒ 43 en 2004
ƒ 30 en 2005
ƒ 29 en 2006

Le nombre de mineurs jugés est de :


ƒ 55 en 2004
ƒ 30 en 2005
ƒ 38 en 2006

Le nombre des condamnations à l’emprisonnement est de :


ƒ 14 en 2004
ƒ 04 en 2005
ƒ 11 en 2006

En outre il y a eu 03 condamnations à l’amende

Le Président a constaté que beaucoup de mineurs prévenus se


présentent à l’audience, non accompagnés de civilement responsable.

L’inexistence de centre de rééducation à FARAFANGANA, cause un


problème dans le prononcé et l’exécution d’un jugement.

La constitution d’un conseil commis d’office pour les mineurs est de


règle, notamment pour certaines catégories d’infractions (attentat aux
bonnes mœurs).

Aucun travailleur social ou assistance sociale n’existe dans le ressort


de la juridiction de FARAFANGANA.

77
CONCERNANT LE MAGISTRAT DU PARQUET EN CHARGE DES
AFFAIRES DES MINEURS :

Le nombre de dossiers impliquant des mineurs est de :


ƒ 24 en 2004
ƒ 28 en 2005
ƒ 20 en 2006

Le nombre par catégorie d’âge des mineurs inculpés est de :


ƒ 05 mineurs de moins de 13 ans
ƒ 48 mineurs de 13 à 16 ans
ƒ 28 mineurs de 16 à 18 ans

Le nombre de mineurs impliqués par genre d’infraction est comme suit :

Meurtre 01

Coups mortels 01

viol 05

vol 37

cbv 09

Tentative de vol 02

Vol de bovidés 06

Association de malfaiteurs 01

Homicide involontaire 01

VVF 05

Tapages nocturnes 07

Détention rongony 02

Blessures d’animaux d’autrui 00

Feux de végétation 01

Avortement 01

TOTAL 79

78
Vu l’inexistence de centre de rééducation et l’absence de quartier pour
les mineurs, une création de centre et de quartier pour les mineurs est
indispensable en collaboration avec les associations en charge des mineurs.

Les causes des retards de l’évacuation rapide des dossiers des


mineurs sont :

ƒ L’absence ou inexistence d’acte de naissance pour les mineurs


délinquants ou victimes ;
ƒ La lourdeur de la procédure au niveau du juge des enfants ;
ƒ L’absence de prise en cha rge des coûts des examens somatiques
pour les enfants abandonnés délinquants.

79
TROISIEME PARTIE
________

RECOMMANDATIONS
___________
Les recommandations suivantes sont issues aussi bien des
propositions émises par les responsables au niveau des juridictions, des
établissements pénitentiaires et des organisations et associations intéressés
par le problème que des constatations qu’on a pu faire.

ƒ Mettre les législations nationales en conformité avec les instruments


internationaux relatifs aux enfants en conflit avec la loi ;

ƒ Recrutement de travailleurs sociaux pour assister le juge des enfants


dans les affaires impliquant des mineurs ;

ƒ Mettre en place des mesures de surveillance, de sauvegarde et


d’éducation ;

ƒ Application effective des dispositions relatives au délégué de la liberté


surveillée ;

ƒ Mettre en place une assistance judiciaire spécifique pour les enfants ;

ƒ Inciter les arrangements à l’amiable ;

ƒ Fixer l’âge de responsabilité pénale ;

ƒ Toujours appliquer l’excuse atténuante de minorité pour tous les


enfants de moins de 18 ans ;

ƒ Toujours auditionner les enfants en tant que témoin avant d’être


interrogés comme inculpés lors de l’enquête préliminaire ;

ƒ Garde à vue à proscrire pour les enfants ;

ƒ Présence obligatoire d’un défenseur dès l’enquête préliminaire


conformément aux dispositions du Code de procédure pénal, réforme
apportée par la loi n°97-036 ;

ƒ Supprimer l’application des ordonnances de prise de corps à l’égard


des mineurs ;

ƒ Réduire le délai de traitement des dossiers ;

80
ƒ Ne recourir à la détention préventive qu’en dernier recours et dans
des cas très graves ;

ƒ Etudier les modalités et l’exécution de la peine ;

ƒ Mettre en place des mesures alternatives à l’incarcération ;

ƒ Impliquer effectivement la communauté et les collectivités


décentralisées ;

ƒ Construire des quartiers pour mineurs dans les établissements


pénitentiaires ;

ƒ Doter les établissements pénitentiaires d’infrastructure adéquat ;

ƒ Centres publics différents pour les enfants délinquants et ceux en


danger à mettre en place ;

ƒ Créer des centres publics pour les enfants en danger ;

ƒ Envisager la mise en place de centre intermédiaire (pour les mineurs


en détention déjà avancés dans la réinsertion sociale pour qu’ils ne
soient pas mélangés avec les nouveaux) ;

ƒ Implication effective de l’Etat dans la prise en charge des centres de


rééducation ;

ƒ Mettre en place des mesures de réinsertion sociale ;

ƒ Mettre en place des mécanismes de médiation ;

ƒ Assurer la rééducation des enfants en conflit avec la loi ;

ƒ Assurer la coordination des activités entre la juridiction et les OPJ ;

ƒ Collaboration avec les ONG, les associations, les comités locaux à


renforcer ;

ƒ Encourager les formations professionnelles dans les établissements


pénitentiaires ;

ƒ Doter tous les établissements pénitentiaires d’éducateurs spécialisés ;

ƒ Mise en place d’un système de suivi des mesures prises par le juge
des enfants ;

ƒ Doter les cabinets des juges des enfants de matériels informatiques ;

ƒ Dotation de textes juridiques relatifs aux enfants aux responsables


des dossiers de mineurs ;

81
ƒ Renforcement de capacités des enquêteurs surtout des localités
éloignées ;

ƒ Mise ne place d’un réseau de protection national des droits des


enfants ;

ƒ Pratique de corruption à éradiquer ;

ƒ Coopération avec les ONG pour assister les enfants incarcérés durant
toute la procédure.

82
SOURCES PRINCIPALES

¾ Ministère de la Justice : Direction des Réformes


Législatives

¾ Juridictions

¾ Direction de la Police Judiciaire

¾ Gendarmerie Nationale

¾ Etablissements pénitentiaires

¾ Organisations Non Gouvernementales

83