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LA LITTERATURE MEDIEVALE : ALTERITES ET SPECIFICITES

I. LE MOYEN-AGE : MILLE ANS D’HISTOIRE, QUATRE SIECLES DE MEPRIS

Moyen-Age : 10 siècles (Vè-XVè siècle) - 476/1453


Période subdivisée par historiens en trois périodes :
- le Haut Moyen-Age (du Vè au Xè siècle)
- le Moyen-Age central (XI-XIIIè)
- le Bas Moyen-Age ou MA tardif (XIII-XVè)

Apparition de la littérature qu’au XIè siècle seulement, puis 1450 : invention de l’imprimerie : déclin
transmission manuscrite des écrits

Définition : « Moyen-Age » = terme tardif forgé par les Humanistes au XVIIè (méprisant)
Moyen = terme péjoratif : période intermédiaire jugée culturellement pauvre et prise entre deux périodes
riches culturellement et valorisées (Antiquité/Humanisme)
Modèle de l’Antiquité = modèle culturel par excellence  volonté d’aller à l’encontre du MA

Représentations : Image de l’ombre apparentée au MA par opposition à la lumière de l’Antiquité et de


l’Humanisme —> cf Pétrarque = 1er à développer cette métaphore
 MA = associé à période de fanatisme religieux, d’obscurantisme intellectuel (pas de science expérimentale),
d’archaïsme politique, et à un art primitif (cf art gothique “got = barbares”)

II. FACTEURS D’EMERGENCE DE LA LITTERATURE FRANÇAISE

A. Facteurs linguistiques : le passage à l’écrit de la langue romane

 Bi-linguisme inconscient roman et latin


Clergé détenaient monopole du savoir et de la culture & se désignaient comme ‘litterati’ (= lettrés) et langue de
transmission du savoir = latin (pour écrire, communiquer et enseigner)
Le roman = langue “batârde” du latin  passage progressif à langue romane écrite après prise de conscience
du clergé de ce bilinguisme : montre la valeur de la langue romane au même niveau de la langue latine
 La légitimation du roman comme langue écrite
Les serments de Strasbourg (842) : Charles le Chauve parle roman et Louis le Germanique parle latin —> afin
de se retourner contre le 3è frère, chacun prête serment dans la langue de l’autre
 Roman apparait comme une langue suffisamment digne d’un serment royal officiel
 Officialisation et légitimation de la langue romane d’écriture
 Ce passage marque naissance à la fois de la langue et littérature française

B. Facteurs socio-culturels : la demande d’une littérature profane

 Evolution des modes de vie à partir de 1100 :


 Des besoins et des goûts nouveaux : + de loisirs, + de vie sociale + de rpst° de soi
 Cessation des guerres : nobles + riches  veulent littérature de divertissement
 Nobles se tournent vers clercs pour PO de contenus littéraires profanes/divertissants
 Envie d’une écriture accessible qui dépeigne valeurs profanes (féodalité, courtoisie)

III. LES SPECIFICITES DE LA CULTURE LITTERAIRE AU MOYEN-AGE

A. L’oralité

 Mode de transmission dominant au 12ème : performance à l’oral, rôle de la mémoire


 Exemple du jongleur polyvalent : raconte histoires connues (lue ou entendue) : ø de création PLUTOT
interprétation
 Transmission orale décline au 13ème mais perdure  progression de la transmission écrite
B. La “mouvance” du texte

 Textes parvenus dans un état pluriel (ø une version figée de référence) car chaque manuscrit est unique car
copié à la main
 mouvance = caractère pluriel, multiple, variabilité du texte roman du MA

C. L’auteur : une auctorialité problématique

 Vision romantique de l’auteur : exprime son ego et se distingue des autres par son écriture
 OR : MA = CONTRAIRE : s’inscrit dans la tradition, dans quelque chose qui existe déjà
 Auctor (auctoritas) : celui qui fait autorité (Ovide, Virgile, etc.) MAIS clercs du MA ne se considèrent pas
comme des auteurs : se voient comme exécutants
 Litté MA : s’appuie sur des autorités et s’appuie sur ce qui a déjà été fait
 Notion d’auteur et de propriété intellectuelle étrangère au MA