Vous êtes sur la page 1sur 16

Manage ou virginité ?

Le carmen 62 de Catulle et
la lutte entre deux idéaux de vie

A. Introduction

Le célèbre carmen 62 de Catulle contient quelques réflexions générales sur


la virginité, le mariage et certains domaines apparentés. Le jeu du pour et
du contre qui y est présenté, formellement soutenu par la technique du carmen
amoebaeum , est précédé par trois strophes d'introduction. Dans celles-ci, une
idée est donnée des circonstances dans lesquelles tout le débat sera mené.
En outre, la contradiction radicale entre les deux chœurs rivaux y est déjà
dépeinte en de nombreux contrastes bien travaillés, soutenus par un parallélisme
antithétique dans le choix des mots et la construction des vers (*).
A la base du concours de chant proprement dit, on retrouve les mêmes
principes de composition : l'effet de contraste, suscité par des parallèles et
des antithèses, donne une ordonnance généralement symétrique qui peut être
considérée comme «claire et de type énumératif» (2). Toutefois, cette symétrie
formelle a entraîné des conclusions trop radicales dans l'interprétation du
contenu. Il est vrai que l'affirmation de O. Thomsen, selon qui les jeunes
filles «do not enter into a discussion with the youths, they hear nothing» (3),
répond à la structure du poème (4) et, jusqu'à un certain point, également
aux strophes d'introduction. Cependant, cette affirmation ne tient plus
lorsqu'on analyse le contenu de la pensée développée pendant le concours.
Une évaluation de ce contenu montrera en effet que les jeunes filles écoutent
au moins leurs rivaux masculins et qu'elles tiennent sans doute compte de
leurs objections. Simultanément nous montrerons que les interventions des

(1) Voir notamment les analyses de S. Commager, The Structure of Catullus 62


dans Eranos 81, 1983, p. 22-24 et de H. P. Syndikus, Catull. Eine Interpretation ,
Zweiter Teil : Die großen Gedichte (61-68), Darmstadt, 1990, p. 59-62.
(2) H. Bardon, L'art de la composition chez Catulle, Paris, 1943, p. 32.
(3) Dans : Ritual and Desire. Catullus 61 and 62 and Other Ancient Documents
on Wedding and Marriage , Aarhus, 1992, p. 199 (c'est nous qui soulignons) ; cf. aussi
p. 264.
lous íes paralleles aans íes stropnes au concours ae cnant proviennent
évidemment des jeunes gens.

This content downloaded from 140.77.168.36 on Tue, 12 Feb 2019 16:46:33 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
42 G. ROSKAM

jeunes gens réfutent avec préc


dire que les oppositions entr
antithèses au niveau de la form
de la pensée.

B. La première paire de stroph

1. La confrontation est entam


adressé au dieu Hespérus. Sa
rhétorique provocante : Quid f
évidemment une hyperbole, m
immédiatement si radicales ? E
veut nous le faire croire (5) ?
Après un premier examen
véritable des vers reste encore
des positions opposées à trave
le début toute l'argumentation
centrale : la virginité. Cepen
que suggérer leur idéal sans lu
elles présentent deux conséq
de l'amour et une définition d
Quel rôle l'amour a-t-il enco
idéalisée de façon absolue ?
comme l'amour d'une mère en
(v. 22), trouvera grâce aux yeu
par les jeunes filles en termes
la mère : l'accent des mots e
et non sur natam. L'élision com
ici des conséquences de Y aue
qu'Hespérus arrache sa fille.

(5) O.e. [n. 1], p. 66 et passim.


«jeu», mais cela n'implique pas d
soit pas solide. Par contre, un déb
à une parodie au lieu d'un jeu.
(6) Ce qui est précisément la per
(7) Elles ne le feront d'ailleurs
finalement prononceront le mo
de chant est déjà terminé (cf. infr
(8) La répétition quasi littérale
outre par un ordre des mots trè
p. 181-182, et J. Godwin, Catul
ressortir la forte réciprocité entre m

This content downloaded from 140.77.168.36 on Tue, 12 Feb 2019 16:46:33 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
MARIAGE OU VIRGINITÉ ? 43

pas uniquement l'accent sur «the closeness with which


mother's embrace» (9), mais aussi sur la réalité irrévers
lequel fille et mère (au début et à la fin du vers !) s
de l'autre. L'addition de retinentem au v. 22 marque le
de la mère à celle de la fille. En effet, à présent l'ac
se rejoignent sur natam (maintenant en fin du vers
et matris (maintenant en tête !). À nouveau, l'élision
est multifonctionnelle. Elle souligne en ce cas-ci les con
pour la fille : tandis qu'elle résiste, elle est enlevée
(de nouveau matris et natam sont éloignés l'un de l'a
est mis sur auellere (notamment grâce à la place d
les deux vers) : mère et fille partagent le même destin ;
Enlevée à ce milieu protecteur, la jeune fille (et sa vir
par Hespérus à Yardens iuuenis (v. 23). Iuueni et puellam
significative au début et à la fin du vers : après la
celles qui étaient unies en esprit (mère et fille), suit
l'union charnelle de ceux qui sont totalement séparés en
et le jeune homme appartiennent à deux mondes to
la raison propre de leur opposition spirituelle se situe e
et castam , placés côte à côte en antithèse frappant
ce sont exactement ces deux mondes, si éloignés l'u
réunis dans le lien du mariage par l'action d'Hespér
les jeunes filles présentent une seconde conséquence de
c'est contre son gré que la fille est enlevée d'un milieu
le mariage apparaît comme un raptus . En effet, éta
le mariage paraît inconciliable avec la virginité, et que
est acceptée comme idéal par excellence, ce mariage
voulu.
Dans la perspective présentée ci-dessus, la question rhétorique du v. 24 ne
peut plus surprendre. Pour nous (comme pour le chœur des jeunes gens),
la question est hyperbolique, parce que nous partons d'un autre point de
vue sur le mariage et sur l'amour . Cependant, si on définit comme les jeunes
filles le mariage comme un raptus , qui a lieu à l'encontre de la volonté de
la jeune fille, et où l'amour ne joue aucun rôle, la différence entre le mariage
et les atrocités commises lors de l'invasion d'une ville est en effet moins
évidente.
2. Tandis que les jeunes filles prennent leur accusation du dieu Hespérus
comme point de départ pour présenter leurs thèses sur l'amour et le mariage,
le chœur des jeunes gens de son côté développera sa refutado à partir de

(9) Cf. J. Ferguson, o.e. [n. 8], p. 182.


(10) Sur donare , voir J. Godwin, o.e. [n. 8], p. 117.

This content downloaded from 140.77.168.36 on Tue, 12 Feb 2019 16:46:33 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
44 G. ROSKAM

la défense du dieu. En décri


la réalisation d'un mariage, l
Hespérus n'est pas un raptor
seul le rôle - nécessaire (v. 2
avant lui, lui est dévolu.
Aussi les idées des jeunes fille
être mises en question. C'est
pepigerunt ante parentes (v.
qui serait opposé au mariage
en effet avoir joué un rôle acti
des jeunes filles en ce qui conc
contredites : le mariage appa
suite à un accord obtenu ent
délibérations antérieures (v.
Tout comme les jeunes filles,
de vue par des procédés de s
hyperbates croisées et le ryt
coïncident presque toujours) so
d'une part et des uiri et par
les deux parties ont à jouer est
pour Hespérus (v. 27), pepig
tout est construit selon une st
en valeur le caractère auxi
structure circulaire (où se tro
masculin), le pepigere - pepi
répétition du mot et au parall
22) souligné par les jeunes fille
donc les vers dans lesquels e
premier et dernier vers enf
correspondants dans la stroph
la négation totale de la perspec
mais iucundus et le mariage
jeunes filles sont réfutées dan

(11) Pour la différence essentiel


filles, et celle qu'ont les jeunes g
New York, 1981, p. 127-128 ; cf.
Zürich - New York, 1982, p. 139.
(12) Le v. 28 au centre : le rôle d
du v. 28 : le rôle du dieu.

This content downloaded from 140.77.168.36 on Tue, 12 Feb 2019 16:46:33 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
MARIAGE OU VIRGINITÉ ? 45

C. La deuxième paire de strophes (v. 32, 33-38)

1. La conclusion du chœur masculin ne parvient pas à co


féminin : les réponses du chœur masculin ne rencontrent fi
quelques idées très précises soulevées par les jeunes filles
le débat ne peut encore être clos ici : les jeunes filles on
dans leur jeu.
Malheureusement, l'interprétation de la deuxième paire
rendue difficile à cause d'une lacune. De la strophe des
reste qu'un vers, qui contient déjà l'essentiel de leur rép
objection des jeunes gens. En soulignant qu'elles appartienne
groupe, celui où l'épouse avait aussi sa place auparavant
parfaitement unies (14), elles se présentent elles-mêmes
exemple, cette fois incontournable, d'un amour qui ne mena
De plus, les jeunes filles semblent continuer à compare
raptus (cf. abstulit). Sur quoi se basent-elles pour persé
conviction après la première intervention des jeunes gen
chœur masculin peut nous aider à éclaircir ce problème.
2. A nouveau, les jeunes gens assument la défense d'Hes
au début et à la fin de la - même (15) - nuit, le dieu
protecteur par excellence de l'ordre judiciaire. L'accusati
semble donc erronée. Cependant, ce raisonnement enge
important : «Was soll der Hinweis auf gewöhnliche Die
Hesperos nicht begünstigt werden, wenn es sich doch um
Art von Diebstahl oder Raub handelt ?» (16) De ce point
gens répondent totalement à côté de la question, et leur

(13) L'idéal même de virginité, dont les jeunes filles n'ont pas e
explicite, reste pour les jeunes gens encore inconnu, et ne peut do
les facettes de cet idéal qui portent sur le mariage et l'amour e
par le chœur féminin, ne sont pas réfutées de manière absolue
de vue des jeunes filles : seuls l'argumentation et les exemples
proposés par le chœur féminin, ont été contredits.
(14) Voir aussi leur attitude décrite dans les strophes d'introduc
14). A cet égard, il faut nuancer la remarque [voir entre aut
Observations on Two Poems of Catullus dans RhM 114, 1971, p
chez les jeunes filles tout tournerait autour de l'aspect phys
Évidemment, c'est surtout l'élément corporel qui se manifeste, m
(notamment le thème traditionnel - mais ici employé dans une t
- de la concordia / ôfióvoia ) donnent à l'idéal de virginité d
supplémentaires.
(15) Pour cette faute courante, voir, entre autres, A. Le Bœu
du soir », et les écrivains latins dans REL 40, 1962, p. 120-125 ;
and Catullus LXIIá ans Latomus 33, 1974, p. 22-33.
(16) Cf. H. P. Syndikus, o.e. [n. 1], p. 69.

This content downloaded from 140.77.168.36 on Tue, 12 Feb 2019 16:46:33 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
46 G. ROSKAM

leurs adversaires féminins de


l'accusation des jeunes filles cont
Il existe toutefois une autre p
contredisent le chœur féminin
(et la troisième) paire de strop
cas ? La réponse du chœur mas
des principes généraux, n'a de
aussi accusé Hespérus en partan
termes, si elles ont associé ce «vo
générale d'Hespérus qui est d'ê
protège toujours les voleurs, il
de ce 'vol'-ci aussi (et donc, il
réponse du chœur masculin de
voleurs, et donc dans ce cas-
justifiée)».
La seconde perspective offre un certain nombre d'avantages importants.
En premier lieu, elle cadre fort bien dans la progression générale du poème.
Si les jeunes filles veulent maintenir leur accusation du dieu, elles doivent
se replier sur d'autres arguments. Et quels pourraient bien être ceux-ci ? Seule
la caractéristique générale d'Hespérus comme «dieu des voleurs» peut encore
sauver les jeunes filles sur ce point. De plus, l'objection de H. P. Syndikus
perd alors sa force. Pour les jeunes filles, le mariage est vraiment un raptus .
Leurs idées concernant le mariage ne sont pas sapées de façon définitive. Pour
elles, il reste donc sensé de lier le mariage, une forme de «vol», à la
caractéristique générale d'Hespérus, à savoir qu'il est le «dieu des voleurs».
Mais s'il est vrai que les jeunes filles suivent cette voie - ce qui évidemment
reste hypothétique à cause de la lacune - pourquoi le chœur des jeunes
gens semble-t-il accepter cette équation sans discussion ? Il est clair qu'une
négation catégorique de l'équation mariage = raptus ne pourrait en aucun
cas convaincre le chœur féminin : à ce stade, le débat se réduirait à un jeu
de oui et de non sans perspective, ce qui affecterait aussi la crédibilité des
jeunes gens. Tout comme pour leur première intervention, les jeunes gens s'en

(17) Voir déjà P. Y. Forsyth, The Poems of Catullus. A Teaching Text , Lanham,
1986, p. 321.
(18) Évidemment, Hespérus n'est pas le «dieu des voleurs», ce qui sera bientôt prouvé
par les jeunes gens. Cependant, cela n'implique pas que les jeunes filles ne puissent
pas le qualifier ainsi : Hespérus n'est pas un raptor non plus ! Peut-être, l'hémistiche
nocte latent fures a aussi fait partie de l'argumentation des filles, et a été repris par
les jeunes gens (comme ils le font souvent ; cf. v. 20-26, 42-55, 44-53, 45-56).
L'observation nocte latent fures , associée au fait que l'arrivée d'Hespérus (cf. tuo
aduentu) annonce le début de la nuit, suffisait peut-être pour les jeunes filles pour
marquer - à tort - Hespérus comme «dieu des voleurs».

This content downloaded from 140.77.168.36 on Tue, 12 Feb 2019 16:46:33 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
MARIAGE OU VIRGINITÉ ? 47

tiennent de nouveau strictement au domaine abor


l'équation sous-jacente, mariage = raptus , n'est pa
mais l'argumentation qui plaide en sa faveur est détr
A la fin de leur strophe, les jeunes gens présen
commentés. Se basant sur la conviction - qui n
qu'une fille ne subit jamais un rapt sans le vouloir ell
mesure), les jeunes gens déclenchent une attaque d
même des jeunes filles (v. 36-37). Ces deux vers co
fonctionnel dans l'argumentation des jeunes gens
réfuter le deuxième pilier de l'argumentation des jeu
nation du mariage n'est que façade ; en réalité leur d
De nouveau, l'exemple que les jeunes filles ont
concrète d'un amour pur est infirmé. Mais cette fois
masculin a aussi un effet secondaire. L'attachemen
propre idéal ayant été mis en doute, celles-ci sont
position claire et engagée. C'est seulement en proc
idéal qu'elles pourront éviter de perdre totalement le

D. La troisième paire de strophes (v. 39-48, 49-58)

1. La seconde intervention du chœur masculin a


pied du mur. Toute leur façon de penser semble
Hespérus va disparaître de la scène, et le lien entr
plus affirmé explicitement. En plus, si même l'e
sentiments est mis en question, ne s'ensuivra-t-il pas
exemple imaginable sera écarté comme peu conv
derniers vers du chœur des jeunes gens sont auss
aux jeunes filles, un défi qui doit les amener à m
du début, pour aborder la confrontation à la fois
tout reste possible : une fois de plus, le débat ne peu
Le débat atteint donc son sommet dans la troisiè
moment est arrivé où, enfin, les jeunes filles se pron
le fondement de leurs convictions. Cependant, l'id
que petit à petit à travers la comparaison suggestive
de la part des jeunes filles à exprimer leur idéal
fonctionnelle. C'est certainement un élément de s
ici : à cause des objections présentées par le chœur
sont quasiment forcées à jouer cartes sur table et
s'aventurer sur un terrain glissant ; les deux confron
ont probablement appris à faire preuve d'une certain

(19) Cf. Hdt. I, 4, une opinion qui fut attaquée pa


856E-857A. Voir aussi carm. 66, v. 15-18.

This content downloaded from 140.77.168.36 on Tue, 12 Feb 2019 16:46:33 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
48 G. ROSKAM

Sur le plan stylistique, les jeun


Elles présentent leur idéal au
énoncée sur un rythme souten
placement des mots très recher
de pensée : Ut flos in saeptis sec
mots, l'isolement de la fleur est
pense à la signification de sae
(grâce à la place de l'allitérations
séparés du restant du vers). Suit
peut s'épanouir en toute tranqu
pecori, nullo conuolsus aratro
fonctionnent bien dans la com
culture humaine, on peut éven
dans ignotus pecori que dans a
«logique» le lien entre la compar
alors d'une structure binaire à u
binaire reste présent) : Quem m
Asyndète et parallélisme soulign
ces vers l'idéal apparaît très clai
toute influence de la culture hu
sa pureté. Le crescendo des tr

(20) L'image de la fleur est bien ch


dans le prolongement de l'idéal
l'influence possible de Sappho, ic
E. Fraenkel, Vesper adest dans JRS 45, 1955, p. 5-8 ; C. Valerius Catullus ,
herausgegeben und erklärt von W. Kroll, Stuttgart, 1968, p. 123-127 (passim) ; M.
Lenchantin de Gubernatis, Il libro di Catullo , Torino, 1969, p. 121 ; U. von
WiLAMowiTz, Hellenistische Dichtung in der Zeit des Kallimachos , Dublin-Zürich,
1973 [=1962], p. 278-280 ; E. Courtney, Three Poems of Catullus dans BICS 32,
1985, p. 85-88 ; J. Ferguson, o.e. [п. 8], p. 183 ; H. P. Syndikus, o.e. [п. 1], p. 51-
55. Contra : H. Akbar Khan, On the Art of Catullus Carm. 62. 39-58 , its Relationship
to 11. 21-24, and the Probability of a Sapphic Model dans Athenaeum NS 45, 1967,
p. 160-175 ; Id., Observations [n. 14], p. 166-178.
(21) Voir l'analyse philologique de H. Akbar Khan, On the Art [n. 20], p. 165-
167 ; Id, Observations [n. 14], p. 170-171 ; voir aussi B. Arkins, o.e. [n. 11], p. 141 ;
S. Commager, o.e. [n. 1], p. 28.
(22) Plusieurs auteurs donnent, sur la foi de Cicéron, Off. 3, 58, la signification
de «parc» au pluriel hortis ; voir, parmi d'autres, J. Granarolo, L'œuvre de Catulle.
Aspects religieux , éthiques et stylistiques , Paris, 1967, p. 307 ; voir aussi P. Y. Forsyth,
o.e. [n. 17], p. 322. Cependant, la notion de «parc» suppose culture et activité humaine,
ce qui est inadmissible ici (parce que rejeté par les jeunes filles). Probablement, n'avons-
nous ici qu'une idée générale : «comme une fleur pousse dans des circonstances qu'on
trouve dans (tous) les enclos». Une autre explication possible est celle du pluriel
poétique.

This content downloaded from 140.77.168.36 on Tue, 12 Feb 2019 16:46:33 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
MARIAGE OU VIRGINITÉ ? 49

un point d'orgue : Multi ilium pueri, multae opta


présentation circulaire dédoublée soutient également
autour des deux mots centraux (illum [= flos ] et opta
est encore soulignée par une élision : tout tourne auto
Mais d'un seul mouvement bref, cet idéal peut êt
Idem cum tenui carptus defloruit ungui (v. 43). C
juxtaposés de manière très significative : la cueillette
déjà de manière immanente sa conséquence destructiv
qui de prime abord semble superflu, dépeint aussi
de l'idéal : un seul coup d'ongle 'fin' suffit pour pa
42 au vers 44 : Nulli illum pueri, nullae optauere puel
entre les vers 42 et 44, formellement très réduite,
pour le contenu : la perte de l'idéal est irréversibl
filles commettent toutefois une faute importante. Ta
elles ont toujours utilisé des moyens formels et st
leur argumentation, elles construisent maintenant une
et cela en conservant au vers 44 la structure circulair
même si en cet endroit cette structure a complète
représentation de l'idéal comme point central attir
il penser de cela ? Les jeunes filles ne peuvent-elles
à présenter leur idéal comme prioritaire, malgré
lesquelles il a été détruit ? Ou faut-il conclure qu
gens aux v. 36-37 contient une part de vérité et q
leur for intérieur, ne rejettent pas totalement une fl
cas, dans leur strophe, les jeunes gens corrigeront l'er
Pour l'application de la comparaison, les jeunes fi
peu de mots. L'idéal, lui, ne reçoit qu'un seul vers
manet, dum cara suis est (v. 45). La séparation est
la place des mots (sic uirgo , comme auparavant ut
séparé au début du vers) ; une fois de plus le p
l'anaphore, exprime la simplicité limpide de l'idéal
l'idéal du chœur féminin est à nouveau mis en vale
la jeune fille doit rester intacte pour continuer à j
propre entourage. Intacta est la référence la plus c
dans le discours du chœur féminin. Et le cara suis
de l'idéal, comme conséquence inhérente, reprend
l'amour qui ne détruit pas la virginité. Cependant
important : qui doit-on comprendre sous le vague

(23) Cf. H. Akbar Khan, On the Art [n. 20], p. 171. L'i
P. Y. Forsyth, o.e. [n. 17], p. 323 [suis = «her kin»] reste
C. Knapp, A Discussion of Catullus LXIÌ, 39-58 dans CR

This content downloaded from 140.77.168.36 on Tue, 12 Feb 2019 16:46:33 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
50 G. ROSKAM

elle-même contient trois exem


imber , v. 41), mais qu'est-c
parents ? Un groupe de jeunes
mises en doute, sinon réfutée
quel autre exemple les jeunes f
de suis est donc la conséquenc
Le deuxième volet de la comp
deux phases. D'abord, la destr
polluto corpore florem (v. 46).
polluto , tous deux placés de
poignante de Y amisit. De plus
de l'autre au début et à la fin du
jamais, doivent faire place à la r
du vers. La conséquence de la de
пес cara puellis (v. 47). La per
perdre l'attirance qu'elle exerç
groupe des jeunes filles. La str
le chiasme, illustre pour la de
filles. Pour le reste, la reprise d
qu'on pourrait identifier le suis
la même opinion. C'est sur cette
la strophe des jeunes filles. Su
les jeunes gens, croyant peut-êt
contredire leurs adversaires f
telle réfutation n'est pas néces
la loyauté des jeunes filles.
2. Après cette troisième inter
est placé face à un défi encor
gens relèvent le gant, et com
précision les facettes (et rien
la même manière et avec la mêm
à une critique approfondie. Gr
les jeunes filles une comparai
nombreux parallélismes de vocab

(24) Et fournit directement, quo


clairs du fait que les jeunes filles n
de leurs adversaires masculins.
(25) A nouveau, l'image est bien
l'image de la vigne, s'harmonisen
gens.
(26) Voir notamment S. Comma
[n. 17], p. 324.

This content downloaded from 140.77.168.36 on Tue, 12 Feb 2019 16:46:33 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
MARIAGE OU VIRGINITÉ ? 51

un schéma d'argumentation identique (27), et partan


les jeunes gens aboutiront à une conclusion opposée.
Comme dans la strophe des jeunes filles, le ton est
vers : Ut uidua in nudo uitis quae nascitur aruo (v.
marié») s'adapte parfaitement à la vision des jeunes fill
on fait appel à de tout autres sentiments, tant par l
que par l'emplacement des mots (29). Les vers suivan
tances dans lesquelles la plante se trouve : Numquam
mitem educai uuam (v. 50). L'acharnement de l'anaph
inéluctable de la situation : la plante ne pousse même p
elle porter des fruits (30). De plus, au lieu d'un mouvem
on perçoit un mouvement descendant : Sed tenerum pr
corpus (v. 51). A cause d'un manque de soutien, la
sairement sous son propre poids. La structure circul
autour de deflectens - qui forme l'essentiel aussi su
présente visuellement un mouvement en courbe ( versu
d'un vers supplémentaire, le crescendo est encor
retardatio) : Iam iam contingit summum radice fl
inversion remarquable, l'idéal solipsiste des jeunes f
ainsi dire, sens dessus dessous. Ici encore, le mouv
(summum) vers le bas (radice) et à nouveau vers le haut
grâce à la place des mots. La conséquence directe (3
filles semble être une inversion totale de l'ordre naturel.
C'est ainsi que les jeunes gens en arrivent à la conclusion opposée : Hanc
nulli agricolae, nulli coluere iuuenci (v. 53). Le parallélisme entre les vers 53
et 44 saute aux yeux. Cependant, sur le plan de la forme, il y a aussi une
différence importante : au lieu de nulli illam , comme on pouvait s'y attendre
(et qui d'ailleurs était parfaitement possible du point de vue métrique), c'est
hanc nulli qui apparaît ici (ânpoaôÓKrjzov). D'où vient donc ce changement
soudain ? Comme nous l'avons dit plus haut, les jeunes filles ont conservé

(27) Tout comme les jeunes filles, les jeunes gens décrivent d'abord par une
comparaison la condition de virginité avec ses conséquences, puis la destruction de
cette condition, de nouveau avec ses conséquences. A la comparaison succède ici aussi
l'application, d'abord concernant l'idéal lui-même, puis la destruction de celui-ci avec
ses conséquences.
(28) Les connotations de «trop peu» dans uidua (ainsi que d'«abandon» dans nudo),
dès le début sapent de façon implicite le point de vue féminin.
(29) Suite à une petite transposition, uitis ne se trouve pas en tête, contrairement
à flos (v. 39), mais perdu au milieu des autres mots ; la place importante de flos est
occupée par uidua , sur lequel tombe donc l'accent au niveau du contenu.
(30) Educai fonctionne tout à fait différemment dans la perspective des jeunes gens
que dans celle des jeunes filles (v. 41) !
(31) Le caractère d'immédiateté est souligné par la répétition iam iam.

This content downloaded from 140.77.168.36 on Tue, 12 Feb 2019 16:46:33 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
52 G. ROSKAM

au vers 44 une structure qui s


évitent cette inconséquence. Par
(comme l'idéal, mis de côté), e
même que tout contact avec l'
se trouve à présent nulli , qui
plan du contenu, et qui par un
donc eo ipso est encore plus dét
une forme qui s'harmonise fort
(mais cela saute aux yeux) le
façon un point.
En même temps, il faut auss
du contenu. Le chœur mascul
jeunes filles : si on laisse pous
elle ne reçoit plus de soins de
pas précisément ce que les jeu
pecori, nullo conuolsus aratro
s'accorde bien au discours des
fois de plus, tout est évalué de
que Yoptare désengagé des jeune
plus positif. Il s'ensuit que tang
jeunes filles, reçoit ici implici
Quelles sont alors les conséqu
At si forte eadem est ulmo co
entre l'orme et la vigne, qui a
parfaitement au point de vue de
de leur idéal de virginité. Mai
à fait différemment : Multi illa
Un «mariage» avec l'orme a p
et bien cultivée par les paysan
par les jeunes filles, est clairem
idéal. Sur le plan de la forme,
réalisé comme on pouvait s'y
circulaire binaire (qui, évidem
mots essentiels ( illam = uitis
le lien puissant entre l'idéal et c
élision {mult[i] ill[am] agricola

(32) Tout comme ignotus pecori et


en premier lieu à sa fonction pro
H. P. Syndikus, o.e. [n. 1], p. 70,
homme», le lien entre la comparais
(33) Voir F. Della Corte, Catullo
(34) On peut d ailleurs signaler

This content downloaded from 140.77.168.36 on Tue, 12 Feb 2019 16:46:33 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
MARIAGE OU VIRGINITÉ ? 53

le carmen amoebaeum , «aut maius aut contrarium» {Co


III, 28) est élevée ici par le chœur masculin en un « et maiu
Tout comme chez les jeunes filles, l'idéal de virginité
d'un seul vers : Sic uirgo, dum intacta manet, dum inc
Le premier hémistiche est une reprise fidèle des paroles
(v. 45). Jusque dans la forme les jeunes gens restent très p
choisie par les jeunes filles : à nouveau l'anaphore (avec
fois !) et le parallélisme viennent appuyer la limpidité
ici encore, l'isolement est accentué par la place des mots
en tête, détaché du reste du vers). Cependant, les jeunes ge
tout autrement : Y inculta senescit ne laisse subsister aucun
Alors que tangere mène directement à la perte de tout opt
filles, ce même verbe forme pour les jeunes gens la con
de tout colere.
La perte de l'idéal est de nouveau exposée en deux phases. Tout d'abord
la destruction proprement dite : Cum par conubium maturo tempore adepta
est (v. 57). À ce moment le ton change. Les jeunes gens savent que le butin
est acquis : la palme est à leur portée. Du même coup le style devient plus
simple, presque prosaïque : ils ont suffisamment démontré que leur virtuosité
technique est à la hauteur de celle des jeunes filles, sinon supérieure. Même
sur le plan du contenu on constate un changement : après leur longue et
précise refutatio , les jeunes gens présentent une courte confirmatio. La perte
de l'idéal de virginité apparaît encore comme une conséquence du mariage,
évidemment, mais alors que les jeunes filles ont dû abandonner petit à petit
leur équation raptus = mariage, les conceptions des jeunes gens sur le mariage
font ressortir un nouvel idéal. Avec par conubium et maturo tempore deux
nouveaux accents sont déjà mis, cette fois par les jeunes gens eux-mêmes.
Et que par prenne la place de castum (v. 46) et maturo de polluto (v. 46),

critique : pour le vers 53, V donne la lecture nulli coluere (ou colluere), T donne
multi acoluere ; pour le vers parallèle 55, V donne accoluere , T maintient la lecture
acoluere. D'où cette étrange divergence dans les manuscrits de la famille V ? A base
de la tradition manuscrite, on doit opter pour la lecture accoluere dans le vers 55.
Cette variante donne une élision supplémentaire, dont la fonctionnalité est claire (et
qui d'ailleurs se retrouve également dans le vers parallèle 42 : mult[ae] optauere). Au
vers 53, une telle élision serait toutefois peu à sa place : en cet endroit-là il faut donc
probablement retenir (avec la plupart des manuscrits) la lecture coluere. Si les
différences dans l'apparat critique reflètent une rupture du parallélisme dans le texte
originel - ce qui n'est pas impossible, si on pense à la variation claire au début
du vers - le chœur masculin a manifestement pris soin jusqu'à la dernière conséquence,
à ce que la forme et le contenu de leurs mots s'harmonisent. Parmi les éditeurs (plus
récents), seulement H. Bardon a retenu cette lecture osée [ Catullus Carmina , Stuttgart,
1973 (dans la série de Teubner) ; cf. aussi l'édition de R. Ellis, Catulli Carmina ,
Oxford, 1913 (dans la série Scriptorum Classicorum Bibliotheca Oxoniensis)'.

This content downloaded from 140.77.168.36 on Tue, 12 Feb 2019 16:46:33 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
54 G. ROSKAM

cela ne peut être dû au hasard : le concept du mariage est réorienté


définitivement.
Finalement, la conséquence de la destruction de l'idéal de virginité est
formulée : Cara uiro magis et minus est inuisa parenti (v. 58). Après le thème
du mariage, celui de l'amour reçoit un nouveau contenu. On ne retrouve plus
l'amour - stérile, coloré de narcissisme - des jeunes filles entre elles : c'est
l'amour conjugal qui apparaît comme simple évidence. De plus, l'amour des
parents (et donc l'amour maternel) est à nouveau placé dans sa perspective
exacte. Cet amour, loin d'être hostile au mariage, semble ne pouvoir subsister
que par le mariage. Le cercle est bouclé ; pour la troisième fois la balance
penche à l'avantage du chœur masculin.

E. La strophe finale (v. 59-66)

Après la troisième réfutation par le chœur des jeunes gens, les jeunes filles
sont touchées au cœur. Que peuvent-elles encore dire après l'effondrement
de leur idéal, fondement de leur attitude hostile au mariage et raison même
de leurs sentiments de sympathie vis-à-vis de la fiancée ? Les jeunes filles sont
forcées au silence et les jeunes gens peuvent en effet, comme le croit E.
Fraenkel, lancer triomphalement leur dernière strophe (35).
Cette strophe, dans laquelle le chœur masculin se manifeste indépendamment
des jeunes filles, présente un motif circulaire soutenu par de nombreuses
répétitions verbales :

v. 59-60a aucun pugnare avec le marié {pugna / pugnare) 1 vers et demi


v. 60b-61 le rôle des parents (pater / matre) 1 vers et demi
v. 62 l'idée centrale 1 vers
v. 63-64a le rôle des parents (patri / matrî) 1 vers et demi
v. 64b-65 aucun pugnare avec les parents (pugnare) 1 vers et demi

Maintenant, les jeunes gens s'adressent directement à la mariée elle-même :


Et tu ne pugna cum tali coniuge , uirgo (v. 59). Le marié et la mariée, au
début très éloignés l'un de l'autre (v. 23), finissent par trouver leur place l'un
près de l'autre de façon très significative (36).

(35) O.e. [n. 20], p. 6 ; voir aussi H. P. Syndikus, o.e. [n. 1], p. 74. Selon O.
Thomsen, o.e. [n. 3], p. 199, la silence des jeunes filles a une cause extérieure ; cf.
aussi J. Ferguson, o.e. [n. 8], p. 183. St. G. P. Small, Catullus. A Reader's Guide
to the Poems , Lanham, 1983, p. 88 suspend son jugement. Pour une position
radicalement différente, voir T. Goud, Who speaks the Final Lines ? Catullus 62 :
Structure and Ritual dans Phoenix 49, 1995, p. 28-29.
(36) Il est également remarquable qu'on trouve ici, pour la première et la dernière
fois, une référence à un époux concret, aussitôt associée à un écho d'un des thèmes
traditionnels de l'épithalame : l'éloge du futur époux (cf. tali). La raison pour laquelle
cette thématique a été si longtemps retardée et n'est finalement qu'effleurée, est évidente :

This content downloaded from 140.77.168.36 on Tue, 12 Feb 2019 16:46:33 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
MARIAGE OU VIRGINITÉ ? 55

L'idée centrale du chœur masculin apparaît au cen


Virginitas non tota tua est, ex parte parentum est (v.
to modem ears» (38), certes, mais elle a une foncti
le plaidoyer des jeunes gens : expliquer ce qui
explicitement auparavant. Car alors que tout le débat
de l'idéal de virginité, c'est ici seulement qu'appara
le mot clé : uirginitas , et ce après le dénouement du d
et comparaisons, tout doit s'écarter enfin pour la plei
soulignée par le style : uirginitas comme mot clé en t
v. 39 ; uidua , v. 49), suivi par un parallélisme de d
aphérèses. La tendance prosaïque à l'énumération donn
gens un cachet presque pédant.
Tant avant le vers central 62 qu'après celui-ci, l'im
parentale est à nouveau soulignée avec une précisio
avec elle l'aspect social du mariage. Le rôle materne
une fois de plus : les adjonctions supplémentaires c
est data tertia matri (v. 63) montrent que la condu
pas avec un amour stérile tel celui qu'a défendu l
l'appel à la jeune mariée de ne pas s'opposer à son
considéré aussi comme un appel à l'obéissance aux
à l'époux sua iura simul cum dote (v. 65). L'adjo
arbitraire, de la dos (mot non poétique) contribue
de la strophe et nous donne, comme auparavant p
tempore (v. 57), une élaboration plus poussée de l'i
pour finir situé dans la sphère légale par le sua iura.

dans le débat, un éloge du futur époux n'aurait eu aucun


les jeunes filles, il est un ardens iuuenis , v. 23) et Vagon u
en est fortement réduite (les qualités du futur époux peuvent
a fortiori, mais le véritable débat est clos). Aussi les aut
le bonheur d'avoir des enfants, le lit nuptial, etc. n'app
dans le carmen 62, pour des raisons similaires (St. G.
épithalame ; o.e. [n. 35], p. 84) ; cf. A. L. Wheeler, Trad
dans AJPh 51, 1930, p. 205-223, et Id., Catullus and the Tr
Berkeley, 1974, p. 183-217. Par contre, le topos de la vil
v. 24), évidemment très inhabituel dans les poèmes de cir
s'harmonise parfaitement avec le point de vue du chœu
place ici.
(37) L'harmonie entre la structure et le contenu, qui se limitait au niveau de chaque
vers dans les strophes précédentes, est à présent élargie au niveau de la strophe.
(38) Cf. P. Y. Forsyth, o.e. [n. 17], p. 325.
(39) Notez la répétition de ipse pater (v. 60-61), et l'énumération exhaustive des
trois «possesseurs» de la virginité de la fiancée (v. 63-64).
(4U) Ut. 5t. U. r. Small, o.e. [n. J3J, p. 88.

This content downloaded from 140.77.168.36 on Tue, 12 Feb 2019 16:46:33 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms
56 G. ROSKAM

Dans la strophe finale, les je


clairement toutes les conclusi
donnent à leur idéal du mariage
rien ne peut en empêcher l'ap
pour la dernière fois...

Aspirant van het Geert Roskam. voor


Fonds
Wetenschappelijk Onderzoek (V
Katholieke Universiteit Leuven.

This content downloaded from 140.77.168.36 on Tue, 12 Feb 2019 16:46:33 UTC
All use subject to https://about.jstor.org/terms

Vous aimerez peut-être aussi