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REFLETS DE LA SYNTHÈSE DES YOGAS

Introduction

La vie et le yoga

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Introduction, Chapitre 1)

Un vaste changement à l’époque présente

Fait renaitre le monde à une vie nouvelle.

Il faut remodeler les formes désuètes

Et savoir préserver leurs fondements premiers.

Une harmonie se crée par de justes synthèses

Adaptées au besoin d’un effort concerté.

Le principe invoqué reproduit de son mieux

Le modèle idéal, la Nature elle-même.

L’évolution poursuit un but de perfection,

Haussant la création vers un statut divin.

Le yoga accélère un processus normal

Par une intensité accrue, chez l’être humain.

L’aspect particulier de méthodes spéciales

Dans un univers clos isole les adeptes.

Une approche intégrale impliquant l’être entier

Permet l’activité au milieu des semblables.


Alors la voie suivie englobe l’existence

Et devient accessible à tous ceux qui aspirent.

Un progrès général s’envisage sur terre

Par le pouvoir concret de la réalité.

Les trois étapes de la Nature

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Introduction, Chapitre 2)

La Nature évolue en suivant des étapes.

Elle établit d’abord une vie corporelle.

Par la suite l’accent est mis sur le mental

Pour enfin cultiver des facultés divines.

Ce qui doit apparaitre a voilé sa présence.

Dans un sens bien précis, la remontée s’opère.

L’ascension présuppose une base solide;

La négliger rendrait la construction précaire.

Pourtant, les avancées procèdent sans attendre;

Un repli intervient pour replacer les choses.

Le progrès accompli se limite à certains;

Il faut le diffuser pour atteindre la masse.

À présent l’intellect accroit son importance,

L’être émotif recherche un contact plus subtil.


Il reste à rehausser le niveau de conscience

Et créer le support d’une assise robuste.

Alors tout simplement, par l’effort du yoga,

L’accès sera ouvert à des plans supérieurs.

Pour la transformation, pourront descendre ici

Les pouvoirs de l’Esprit jusque dans la Matière.

La triple vie

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Introduction, Chapitre 3)


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L’être humain a le choix de trois genres de vie

Rejoignant les objets que poursuit la Nature.

Le but peut s’arrêter à l’individu seul

Ou vouloir prodiguer les bienfaits à l’ensemble.

La plupart envisagent un dessein matériel :

Conserver, répéter, puis se multiplier.

Leur notion du progrès demeure utilitaire.

La religion pour eux est un culte formel.

Pour certains, la beauté, le bien, la vérité

Motivent leur mental visant la perfection.

Beaucoup vont s’isoler, sans engager la lutte.

D’autres déploient l’effort en vue du changement.


L’enjeu spirituel vaut pour le petit nombre,

Soucieux de rester purs, chercheurs d’éternité.

Mais leur contribution d’autant plus est requise

Dans l’œuvre destinée à transformer le monde.

Le yoga constitue un des puissants moyens

Pour amener plus près de l’expression divine.

Une vaste synthèse adaptée à l’époque

Diffuserait partout l’idéal le plus haut.

Les systèmes de yoga

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Introduction, Chapitre 4)

Le yoga a pour but d’établir un contact

Reliant la conscience au Divin transcendant.

La Nature fournit le moyen de l’effort.

Selon le point choisi, varie la discipline.

Dans le Hatha-Yoga, le procédé est lourd.

Par sa complexité, il isole du monde.

Quant au Râdja-Yoga, il recourt à la transe.

Il se ferme à l’action dans la vie extérieure.

Une voie triple adjoint l’intellect et le cœur,

Aussi la volonté, pour atteindre ses fins.


Mais d’ordinaire un seul instrument entre en jeu.

Leur emploi combiné serait plus effectif.

L’usage habituel vise à se libérer

Par l’immersion de soi au sein de l’Absolu.

Une vision plus large inclut toute apparence

Comme manifestant l’Existence suprême.

Connaissance et amour et œuvre consacrée

Se tournent intensément vers l’Un et le Multiple.

Chacun de ces aspects entrainant les deux autres

Bâtit le consensus d’une approche intégrale.

Synthèse

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Introduction, Chapitre 5)

La Nature poursuit, sur une vaste échelle,

Le succès des idées que lui propose l’Âme.

Un yoga intégral, ne fuyant pas la vie,

Assume le parcours d’une façon consciente.

Il amène l’égo à chercher le contact

Afin que le Divin collabore à la tâche.

Une préparation par la suite s’opère,

Fouillant chaque recoin, l’offrant à la lumière.


Le travail s’effectue sans un programme fixe.

L’ensemble tout entier subit un changement.

Le moindre évènement acquiert de l’importance.

Chacun peut devenir l’occasion d’un progrès.

Global, le résultat inclut tous les aspects

Pouvant être couverts par d’autres disciplines.

L’Un est perçu en soi, mais aussi dans le monde,

Œuvrant à accomplir le projet de son Être.

Celui qui a atteint l’unité qui libère

Aspire à partager la perfection acquise.

Par la transformation de la vie matérielle,

Le royaume des cieux s’instaure sur la terre.

Le Yoga des Œuvres divines

Les quatre aides

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre I, Chapitre 1)

Connaitre et devenir le Divin que nous sommes

Constituent le projet voilé de l’existence.

De l’aide nous provient sous de nombreuses formes

Pour répondre aux besoins bien précis de chacun.

Un savoir intuitif déjà présent s’éveille.


Des écrits, des paroles infusent la sagesse.

Un exposé concret sur le chemin à suivre

Initie le chercheur aux secrets du parcours.

L’aspiration de l’âme à entrer en contact

Insuffle le désir de la consécration.

Par l’effort personnel, le changement progresse.


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À la fin, l’être entier sert d’instrument fidèle.

Le Maître du yoga est le Guide intérieur.

Il prend parfois les traits d’une divinité.

Ou une Incarnation, un prophète, un gourou

Offre l’enseignement, l’exemple, l’influence.

Le temps d’achever l’œuvre apporte son secours.

Il donne après la mort l’occasion de renaitre.

Il invite pourtant à l’énergie intense

Apte à réaliser dans le plus court délai.

La consécration de soi

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre I, Chapitre 2)

En réponse à l’appel, une consécration

Véritable s’impose, effective et complète.

La foi servant de guide et la vision des choses


Devront se convertir au choix profond de l’âme.

Une complexité effarante apparait

À l’intérieur de soi et dans l’action des forces.

La conscience se fixe un nouveau point d’ancrage,

Le mental supérieur ou l’entité psychique.

Une concentration sur l’Un qui est le Tout

Préserve l’objectif de transformer l’ensemble.

Invités, la pensée, le cœur, la volonté

Contribuent à l’effort d’entrer en relation.

Le désir doit apprendre à ne viser rien d’autre,

Puis adopter des buts au-delà de soi-même.

Il lui faut consentir à une Direction

Dépassant la portée des schèmes personnels.

La nature soumise et l’égo aboli,

Un transfert s’effectue vers le Pouvoir plus haut.

La perfection s’instaure au niveau du mental,

De la vie et du corps pour des œuvres divines.

Le don de soi dans les œuvres – La voie de la Guîtâ

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre I, Chapitre 3)

La conscience croissant jusqu’à la Découverte,


Voilà le but premier de l’existence humaine.

Le yoga peut hâter la nouvelle naissance,

Soulever vers l’esprit, transformer la nature.

L’un des trois, l’intellect, le cœur, la volonté,

Suffit à initier la conversion requise.

Mais pour un changement de la vie extérieure,

Il faut un don de soi consenti dans les œuvres.

Deux pouvoirs, le désir et le sens de l’égo,

Nous tiennent prisonniers dans un faux libre arbitre.

L’action doit s’accomplir sans convoiter le fruit,

Comme la chose à faire évidente pour l’âme.

Un sentiment égal en toute circonstance

Manifeste l’état spirituel parfait.

Il permet de gouter l’unité rassemblant

L’entière création dans un même regard.

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Le seul motif devient l’offrande du service

Au Divin immanent, se consacrer à Lui.

Avec la soumission, un transfert s’effectue :

L’impulsion et la force ont une autre origine.


Le sacrifice, la triple voie et le Seigneur du Sacrifice

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre I, Chapitre 4)

La loi du sacrifice oblige à se donner,

Non pas à s’immoler, en offrande au Divin.

Une consécration complète et sans réserve

Établit en retour l’union spirituelle.

La Présence apparait dans sa réalité

Sous différents aspects de son être suprême.

Dans son infinitude, elle habite et englobe;

Elle est ce qui devient, car rien d’autre n’existe.

L’expérience du Moi, de Cela dans le monde,


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De l’Esprit transcendant, voilà des premiers pas.

Il reste à concilier ce qui semble opposé,

La conscience immobile et la force agissante.

La Nature revêt un masque d’illusion,

Un côté mécanique ou montre sa puissance.

Par sa Dualité, la Personne s’exprime :

La Mère universelle et le Maître des Œuvres.

Pour la transformation, une jonction s’impose :

Une ascension là-haut suivie d’une descente.


L’émergence de l’âme et l’accueil sans entrave

Des effluves subtils facilitent la chose.

L’ascension du sacrifice (1)

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre I, Chapitre 5)

L’union doit s’établir sur le plan de l’esprit

Mais aussi s’accomplir au sein de la nature.

Quant aux activités multiples de la vie,


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Elles sont modifiées par l’état de conscience.

Durant le long parcours vers le Supramental,

Une loi doit guider pour éviter la chute.

Il convient de s’ouvrir à la Force divine

Et à l’autorité de l’entité psychique.

Ces règles vont porter sur l’ensemble des œuvres,

Consacrées par l’offrande au Seigneur immanent.

Ce faisant le mental se spiritualise

Et le Maitre devient l’auteur à chaque instant.

L’ascension fait gravir les différents paliers

Permettant d’accéder aux sommets de la Gnose.

Descendant, appelés, le Pouvoir, la Lumière

Transforment l’être entier pour vaincre l’Ignorance.


Une âme véritable au plus profond du cœur

A soif de vérité, de bien et de beauté.

Elle incite à aimer avant tout l’Un suprême


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Et à transfigurer le monde à Son image.

L’ascension du sacrifice (2)

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre I, Chapitre 6)

Une transformation par la Force divine

Prépare la nature à son nouveau progrès.

Tout doit être accompli dans une adoration

Pour l’Un omniprésent, en symbole d’amour.

Un effort soutenu abolit le désir.

Une équanimité complète prédomine.

Un transfert s’effectue vers le calme joyeux

Et la vaste énergie de l’être vital vrai.

Une écoute attentive à l’entité psychique

Fournit la direction évitant les écueils.

L’appel se fait pressant pour une conversion

De la vie tout entière en offrande au Suprême.

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L’égo séparateur se dissout peu à peu.


La personne est centrée sur son âme immortelle.

La conscience s’étend à des régions nouvelles.

Avec la soumission, la perfection s’accroit.

Mais pour un changement plus profond tout en bas,

Il faut une ascension vers le Supramental.

De là une descente infuse les pouvoirs

Capables d’éclairer le subconscient obscur.

Règles de conduite et liberté spirituelle

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre I, Chapitre 7)

Jalonnant le progrès, des règles de conduite

Témoignent d’un penchant envers la perfection.

Les besoins et désirs sont confrontés déjà

À ceux du collectif plus vaste qui englobe.

Amenant le débat au niveau du mental,

Le penseur recommande un principe moral.

La vie supporte mal son côté arbitraire.

La société en tire un compromis douteux.

La solution se trouve à un plan supérieur,

Par le contact de l’âme avec la Vérité.

La soumission a lieu et l’égo se dissout.

Le sens de l’unité domine la conscience.


La direction provient de l’intérieur de l’être,

Spontanément selon la volonté divine.

La liberté permet de se réaliser

Et d’œuvrer à l’essor de l’ensemble du monde.

Si tous pouvaient monter jusqu’au Supramental,

Ce serait l’Âge d’or incarné sur la terre.

Quelques-uns, précurseurs, concevront un modèle

Repoussant par endroits l’ignorance en déclin.

La Volonté suprême

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre I, Chapitre 8)


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Les besoins et désirs, les lois et règlements,

Les préceptes moraux ne sont que transitoires.

Au-delà intervient la soumission parfaite

Suivant spontanément la Volonté divine.

Sur le plan personnel, le niveau évolue

Du physique au mental puis au spirituel.

Une étape psychique introduit ce dernier;

Il atteint son sommet dans le Supramental.

L’égo n’apparait plus comme l’élément clé.


L’âme au centre du cœur révèle sa présence.

Le témoin immobile exerce une influence

Et prévaut à la fin : il accepte ou refuse.

Devenu réceptif, l’être accueille un pouvoir

Et une connaissance induisant son agir.

Il laisse le Seigneur et sa Force consciente

Œuvrer à travers lui avec son libre accord.

Mais le chercheur avant l’émergence complète

Traverse la vallée de l’ombre de la mort.

La foi et un effort persévérant s’imposent.

L’aspiration conduit vers l’horizon de joie.

Égalité et annihilation de l’égo

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre I, Chapitre 9)

La soumission inclut comme première étape

Une consécration des œuvres sans désir.

L’attachement au fruit et au travail lui-même,

L’idée d’être l’auteur expirent sur l’autel.

L’adoration suppose une égalité d’âme

Pour tout ce qui existe et les évènements.

L’endurance est suivie par une indifférence,

Un don de soi voyant la Sagesse et l’Amour.


Puis le sens de l’égo doit être anéanti
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Même au cœur de l’action. Seul le Seigneur agit.

Mais l’abandon requiert une sincérité

Dans le subliminal discernant les faussaires.

Le chercheur entreprend une transformation,

D’abord par le mental, de sa propre nature.

Grâce à l’être psychique, il voit à l’élever

Vers un fonctionnement d’un degré supérieur.

Par un nouvel effort, une ascension conduit

Au plan spirituel et au Supramental.

Alors il n’y a plus qu’un instrument conscient

De l’Ouvrier divin s’affairant dans le monde.

Les trois modes de la Nature

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre I, Chapitre 10)

Inaction, mouvement, équilibre désignent

Les qualités fondant le tout de la Nature.

Corps, vital et mental en sont des instruments

Formant une entité soumise au mécanisme.

D’abord ne suffit pas de faire prévaloir


Le mode d’harmonie sur les deux opposés.

Il s’agirait alors d’un compromis précaire.

Aucun des trois ne peut l’emporter à lui seul.

Pour la libération, l’âme prend du recul.

Elle observe le jeu et en saisit les règles.

Son accord est requis; elle a une influence.

Elle peut se relier à un pouvoir plus grand.

Témoin dans le repos, elle laisse une force

Impersonnelle agir, la puissance cosmique.

Pour la transformation dynamique de l’être,

Un passage s’opère à un niveau divin.

Les désirs et l’égo ayant été bannis,

L’ouverture se crée au changement global.

La paix de l’Éternel, sa volonté maitresse

Son savoir dans la joie imprègnent la conscience.

Le Maître de l’Œuvre

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre I, Chapitre 11)

Rien n’existe partout que le Maître de l’Œuvre.

En devenir conscient fait partie du yoga.

L’appliquer dans la vie requiert la soumission

Après un long parcours de foi et de patience.


L’effort porte en premier sur la consécration

Puis mène à délaisser l’attachement au fruit.

L’égo du travailleur perçoit sa vacuité

Et doit être dissout celui de l’instrument.

Le témoin silencieux regarde agir la Force.

L’univers prend l’aspect d’une vaste machine.

Le Moi s’est dégagé. Il reste à conquérir

La perfection pour soi et pour toute la terre.

Le Transcendant présente un côté personnel.

Il souhaite amener vers lui l’âme incarnée.

Elle provient de lui. Il vient à sa rencontre.

Pour cette évolution, il a créé le monde.

Le chercheur doit monter jusqu’aux plans supérieurs,

Surpassant le mental même spirituel.

De là une descente introduit ici-bas

Des pouvoirs façonnant la nature divine.

L’Œuvre divine

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre I, Chapitre 12)

Pour l’âme libérée, que reste-t-il à faire?

Son passé l’a conduite où elle est maintenant.


Elle jouit de l’union avec le Transcendant.

Elle voit la Nature agir dans l’univers.

Quel attrait peut avoir, sans désir, sans égo,

Un salut personnel au ciel ou dans la pa ix?

Son destin le plus haut l’incite à rechercher

L’avancement de tous sur les voies de l’Esprit.

Un appel intérieur définit la manière

Pour qu’elle contribue au travail du Divin.

Ce peut être une action subtile et limitée

Aussi bien qu’un chantier immense et manifeste.

La conduite est dictée par l’être véritable

Lorsque sont purifiés le cœur et l’intellect.

Les instruments soumis accueillent les pouvoirs

Donnant la perfection aux efforts déployés.

La volonté consciente obéit librement

Et laisse circuler la lumière et la force.

L’individu parvient à la félicité

Et répond au besoin de transformer le monde.

Le Supramental et le yoga des œuvres

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre I, Chapitre 13)


Le projet intégral de conversion complète

Débute chez certains par un yoga partiel.

Mais l’objectif ultime englobe l’être entier

Dans une élévation du niveau de conscience.

L’ascension terminée vers le Supramental

Suivie d’une descente achève le travail.

Au-delà d’un contact par l’envolée de l’âme,

La Nature parvient à l’union au Divin.

C’est le but essentiel. L’ambition personnelle,

La quête du pouvoir lui sont incompatibles.

Il y a un danger lorsque l’égo subsiste.

La perfection reçue ne dépend pas de soi.

Le changement ne vient que par plusieurs étapes

D’un progrès exigeant et chacune s’impose.

Procéder autrement fait perdre l’équilibre.

Transcender la raison n’admet pas l’ineptie.

Un stade intermédiaire ouvrant sur l’inconnu

Peut être confondu avec l’état final.

Cela crée le péril d’une grave méprise

Ou d’une interruption dans le parcours suivi.

Le Yoga de la Connaissance intégrale


L’objet de la connaissance

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 1)

L’exploration menée sur les voies de l’esprit

S’efforce d’approcher la connaissance ultime.

La pensée en arrive à un reflet du Moi

Sur l’écran apaisé tourné vers le silence.

Elle exclut du regard le corps et la matière

La vie et l’énergie, le cœur et le mental.

Dans la contemplation d’une pure existence,

Elle éprouve la joie de la libération.

Mais au lieu d’un plongeon vers l’abstraction finale,

L’escalade procure un savoir plus complet.

Dans le Supramental, se trouve justifié

Un sens pour l’univers et pour l’individu.

Car une Volonté travaille à dissiper

L’ignorance affectant la nature présente.

L’aspiration de l’âme y répond en chacun.

Parvenir au repos n’interdit pas l’action.

Sur les plus hauts sommets des niveaux de conscience

La Vérité devient un pouvoir effectif.


L’Absolu transcendant concilie les extrêmes.

Un destin grandiose attend l’être incarné.

L’état de Connaissance

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 2)

L’effort par l’intellect se montre insuffisant

Pour connaitre le Moi et transformer la vie.

Apprendre à discerner, à s’intérioriser

Facilite l’accès aux étapes suivantes.

La réalisation comprend trois éléments.

Le premier porte sur la vision intérieure.

Dans l’âme une lumière apparait et revient

Selon l’aspiration maintenue sans relâche.

Le second multiplie les types d’expérience.

Chaque partie de l’être éprouve le contact.

Des impressions, mentale, émotive, esthétique,

Vitale, aussi physique, habitent la conscience.

Le dernier fait sentir l’identité profonde

De la Réalité en ses formes diverses.

L’unité s’accomplit avec la Transcendance

Et avec l’Absolu dans tous ses devenirs.


Mais le point culminant exige une ascension

Des niveaux conduisant vers le Supramental.

Ce qui a précédé préparait la montée.

L’Ineffable s’y tient dans sa félicité.

La compréhension purifiée

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 3)

Pour gravir les niveaux de la compréhension,

La nature au complet doit être purifiée.

Chacun des éléments remplirait sa fonction,

S’en tenant à la loi qui lui est appliquée.

À cela la raison contribue fortement,

Aidant à discerner les apports respectifs.

Le désir aboli, les émotions filtrées,

S’établit dans la paix l’égalité d’humeur.

La pensée se défait de l’illusion des sens

Et se tient en retrait du mental sensoriel.

Elle acquiert la rigueur et l’impartialité

D’un intellect cherchant la vérité entière.

Elle peut distinguer l’intuition véritable

Et la laisser venir en gardant le silence.

Dans l’immobilité, sur un miroir limpide,


Le Moi se manifeste, ouvrant à l’Absolu.

La conscience atteignant les paliers supérieurs

Accède aux perceptions d’une autre faculté.

Une source voilée de connaissance infuse

Révèle le futur autant que le passé.

Concentration

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 4)

Par la concentration, un aspect du Divin

Apparait dans le champ scruté de la conscience.

Sa présence permet d’en prendre connaissance,

De se l’approprier, de devenir semblable.

Une méditation assidue sur l’idée

Cerne son contenu riche de vérité.

L’expérience rejoint plusieurs parties de l’être.

Peu à peu l’habitude acquise prédomine.

Dans la contemplation profonde de l’essence,

La pensée se dissout, remontant vers la source.

S’il garde en descendant les fruits de sa conquête,

Cet état supérieur persistera ensuite.

Par la tranquillité imposée au mental,


La clarté se répand, projetée du silence.

Relayant les faisceaux, en insufflant la force,

La volonté travaille à changer la nature.

S’identifiant au Moi, l’âme obtient la vision

Englobant l’univers et ce qui le transcende.

Dans le Supramental est rejoint le niveau

Capable d’amener une vie plus divine.

Renoncement

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 5)

Le renoncement est non une fin en soi,

Mais un moyen d’atteindre un accomplissement.

Il sert à déblayer, à maintenir le cap,

À ne pas s’arrêter avant le but ultime.

Il n’admet sur la voie aucun attachement,

Ni appétit des sens, ni désir dans le cœur.

Il en sort un amour, une félicité

De pure intensité, embrassant l’univers.

Il faut se libérer de toute préférence,

Habitude, opinion, formation établie.

Rien ne doit limiter l’avancée de l’esprit,

Son progrès au-delà des vérités acquises.


Mais l’ennemi premier est en fait l’égoïsme,

Souvent dissimulé sous des aspects contraires.

Il importe de voir le Moi divin en tout

Et de laisser le guide intérieur prévaloir.

L’abnégation de soi, le rejet du plaisir

Conditionnent souvent la perception requise.

Vient un temps où cela s’avère indifférent.

L’âme éprouve la joie dans chaque évènement.

La synthèse des disciplines de la Connaissance

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 6)

Un état d’ignorance affecte l’existence.

La fausseté produit un malaise global.

D’augustes disciplines ont cherché le moyen

Pour établir en soi la vérité des choses.

L’âme s’identifie selon l’erreur commise

À un des instruments, corps, vital ou mental.

Elle est plus que cela. Sa vision doit changer

Mais sans perdre l’aspect intégrant la Nature.

La tradition enseigne une façon d’exclure

Du regard intérieur les perceptions fautives.


Elle en vient à nier que l’univers possède

Une réalité autre qu’évanescente.

La conception plus large envisage le Moi

Comme incluant le Tout et ce qui le transcende.

Il faut s’unir à Lui et le sentir présent

À titre de Seigneur unique omnipotent.

L’effet libérateur de cette connaissance

Ne nécessite pas l’évasion hors du monde.

Il permet d’y œuvrer en sachant qu’il y a

Une seule conscience immanente en chacun.

La délivrance de la sujétion au corps

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 7)

Un procédé s’emploie à dissocier le moi

De ses trois instruments, corps, vital et mental.

Il consiste en premier à changer le rapport

Fusionnant la conscience à la base physique.

L’attitude propice à un détachement

Se fait indifférente aux choses corporelles.

Le mental se perçoit tel un soutien à part

Employant l’énergie pour animer la forme.


Il devient le témoin et observe la scène

De son cheminement comme extérieure à lui.

Il y voit les effets produits par la Nature

Quant à une personne en contact avec soi.

Un contrôle effectif lui apparait possible.

L’approbation de l’âme a un rôle à jouer.

Son retrait modifie l’habitude antérieure.

Des horizons nouveaux s’ouvrent par la maitrise.

Une capacité de rester immobile,

Sans tendre à l’inertie, se montre impérative.

L’attachement vaincu à la vie et aux œuvres,

Sans la peur de la mort, le clivage intervient.

La délivrance de la sujétion au cœur et au mental

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 8)

Pour accéder au moi, il faut se libérer

D’une autre sujétion, à l’énergie de vie.

Un mental de désir en est la conséquence

Et chez l’individu limite et fausse tout.

Il affecte les sens, les émotions du cœur,

La fonction cognitive et le raisonnement.

L’âme doit cultiver son rôle de témoin


Et voir que son accord est nécessaire au jeu.

D’abord par l’intellect, elle impose le calme.

L’être psychique émerge et occupe la place.

Au lieu de la passion, puis de l’indifférence,

Se profilent l’amour et la félicité.

De plus, dans la pensée, le silence s’installe.

Un contrôle bannit le tumulte intérieur.

Sur le miroir passif, un reflet se dépose.

L’expérience du Moi remplace le concept.

Pour s’élever plus haut, vers les champs de conscience

D’où vient la Vérité, cela ne suffit pas.

L’obstacle de l’égo interdit le passage.

Il reste à s’affranchir de sa domination.

La délivrance de l’égo

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 9)

Sur la voie de l’esprit vers une vie divine,

L’âme doit délaisser le prisme de l’égo.

Étant plus que le corps, le vital, le mental,

Elle abandonne aussi ce qui rompt l’unité.

Elle exclut en pensée ce que le moi n’est pas


Ou se tient absorbée à chercher l’Absolu.

Sur la réalité, le point de vue s’ajuste.

L’impression dans l’abstrait se mue en expérience.

De plus en plus fréquents, des états se présentent.

La soumission s’opère, adressée au Suprême.

Sur la Nature en paix, la quiétude règne.

La conscience cosmique abolit les frontières.

L’éveil au Transcendant permet la délivrance

Et l’extinction de soi au sein de l’Ineffable.

Mais ce qui semble vide englobe l’univers,

Est partout immanent, constitue chaque chose.

Rien n’existe que Lui et son jeu dans le monde.

L’individu prend part comme acteur sur la scène.

Libéré de l’oubli, il assume son rôle,

Adorer et servir l’Un devenu multiple.

La réalisation du Moi cosmique

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 10)

En plus de retrouver l’état de transcendance,

L’âme doit acquérir la conscience cosmique.

Des gradations relient l’Esprit et la matière.

Le Moi désigne en fait l’unité d’un seul tout.


Il contient l’univers par lequel se déploie

L’infinité voulue quant à son devenir.

Rien en dehors de lui ne saurait exister.

Il soutient l’invention du Temps et de l’Espace.

Il se maintient présent, actif en chaque chose,

Assure son parcours, organise l’ensemble.

Il donne à l’apparence une réalité,

Participant au jeu pour la joie d’explorer.

Il est la source vive insufflant l’énergie

Pour former le mental, le vital et le corps.

Son action met en œuvre un récit gigantesque

Où les individus contribuent à l’intrigue.

Il parvient à cela selon ses façons d’être,

Exposant des aspects différents de lui-même.

La manifestation appartient à un mode

Que voit à englober l’entière connaissance.

Les modes du Moi

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 11)

Réaliser le Moi en son être essentiel

Ouvre aussi au regard ses façons d’exister.


La connaissance acquise oriente la vie

Selon la vérité assumée du Seigneur.

D’un même et seul Divin, l’unité inclut tout,

Mais une infinité de relations survient.

Chaque élément contient une parcelle d’âme.

Vu la continuité, l’explorateur progresse.

L’Un devenu multiple admet la différence

Pour la joie de chercher l’identité première.

Par sa force consciente, il a tissé les liens

De rapports personnels dans la diversité.

Il transcende à la fois son état immobile

Et l’action dans le jeu déployant l’univers.

Celui qui réussit à s’allier au Suprême

En éprouve la paix, la puissance et la joie.

Un Être indéfini se pourvoit d’attributs.

Il adopte les traits qu’il choisit à sa guise.

S’unir à lui permet semblable liberté,

Soumis à son vouloir pour son œuvre divine.

La réalisation de Sat-chit-ânanda

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 12)


Un premier pas conduit vers l’Être impersonnel,

Un, seul, indivisible et libre d’attributs.

Le cœur recherche en plus un progrès positif.

La paix bien établie permet de l’accomplir.

Selon la connaissance entière, tout exprime

La manifestation d’une Existence unique.

Elle anime et revêt sa Nature divine.

Chacun doit sciemment la prendre pour modèle.

Sa conscience est ce qui se change en univers.

Une échelle relie la matière à l’esprit.

L’évolution humaine en gravit les niveaux.

La personne contient ces plans en elle-même.

Rien ne subsisterait sans la félicité,

Élément essentiel du mystère ineffable.

Mobile originel, finalité ultime,

Elle invite à ce but le monde en devenir.

L’individu a pris son égo comme centre.

Des aspects fragmentaires attirent l’attention.

Réaliser le Moi élargit l’horizon.

L’unité retrouvée abolit l’ignorance.

Les difficultés de l’être mental


(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 13)

Réaliser le Moi dans sa totalité

Dépasse le pouvoir inhérent du mental.

Trois modes en font partie, passifs ou souverains :

Existence et Conscience, aussi Félicité.

Entre les deux niveaux, humain et puis divin,

Qui semblent s’opposer, un voile les sépare.

Lorsqu’il est soulevé par un effort intense,

Un abime apparait d’abord infranchissable.

Il faut jeter un pont. Une ardeur concentrée

Fait plonger dans la transe, en sortant de soi-même.

Ou on peut transformer la condition de veille

En lui ouvrant l’accès à ses plans supérieurs.

Cela atteint, arrive une difficulté.

L’attention envisage un seul aspect du Moi.

L’objectif se limite à la région perçue :

Aller se fondre en elle ou l’accueillir en soi.

Dans l’essai d’harmonie, une embuche se dresse,

Une incapacité d’unifier sans rien perdre.

L’Un s’impose au regard, différent du Multiple :

L’Absolu contredit les choses relatives.


Le Brahman passif et le Brahman actif

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 14)

Deux solutions répondent à la difficulté

Du mental pour unir le Seul et le Multiple.

Les sages très anciens connaissaient l’ascension

Progressive des plans globaux de la conscience.

L’approche plus récente accède en premier lieu

Au Moi sur un niveau élevé, par un bond.

Il faut le concilier au fait de l’univers

Et gravir les degrés vers le Supramental.

La réalisation de la pure Existence

Confirme l’impression d’un Témoin transcendant.

S’absorber en cela mène à l’Inconnaissable.

Un effort doit veiller à intégrer le Tout.

D’abord le monde est vu comme un reflet trompeur

Prêtant une valeur à des noms et des formes.

Pourtant ceci permet une action extérieure

De l’instrument offert que régit la Nature.

Puis le regard perçoit la vérité des choses :

L’Un infini devient le mouvement cosmique.


D’une essence immuable, il varie l’expérience

Tirée des gestations de sa propre substance.

La conscience cosmique

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 15)

La conscience cosmique accepte deux approches.

L’une accède en premier à un plan transcendant.

L’autre agit en perçant les parois de l’égo

Au niveau du mental, du vital ou du corps.

Le fondement s’acquiert avec le plus d’aisance

En découvrant le pur Témoin omniprésent.

L’éternel Moi de tout est la source et l’auteur.

Le Divin prend ainsi le rôle de Seigneur.

Mais un écart subsiste entre deux hémisphères

Tant que la connexion demeure inaccessible.

La paix de l’Absolu seule sait rendre libre

Si n’est pas transformée l’existence inférieure.

Répondant à l’effort vers l’unité sur terre,

Le toucher de l’Esprit peut abattre les murs.

Des régions supérieures une invasion puissante

Diffuse sa clarté pour changer la nature.


Par le Supramental, s’établit la jonction

Montrant la vérité de l’Un et du Multiple.

L’offrande en sacrifice appelle une descente.

Une ascension conduit vers l’immortalité.

L’unité

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 16)

Par le Supramental se trouvent conciliés

Les plans superposés qu’établit la Nature.

Le niveau inférieur s’apprête à refléter

La splendeur dont il est l’image déformée.

La Vérité conçoit une vaste unité

Par un schème admettant toutes les différences.

Elle fait ressortir la grandeur sous-jacente

Dans le présent obscur de l’être en devenir.

Une seule Existence, éternelle, immuable,

Déploie un univers au sein de sa pensée.

Chacun des éléments formant la multitude

Participe à la même identité première.

Une Force consciente œuvre à régir les choses.

L’énergie créatrice appartient au Seigneur.

Notre volonté peut s’accorder à la sienne,


Libérée de l’égo, agir comme instrument.

Le Divin prend l’aspect de la Félicité.

Il nous attire à lui. Il réchauffe le cœur.

Sa présence partout suscite la ferveur.

Rien n’échappe à l’amour de l’âme à sa recherche.

L’âme et la Nature

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 17)

L’expérience vécue au sein de la conscience

Fait connaitre vraiment le tout et chaque chose.

Un élément premier concerne à cet égard

Le rapport qu’entretient l’âme avec la Nature.

Dans l’état inférieur, emmêlée au mental,

Elle subit l’action, plutôt qu’elle dirige.

Soulevée en l’Esprit, elle accède à la paix.

Se livrant au Divin, elle acquiert la maitrise.

Se tenant en retrait, elle peut adopter

L’attitude figée d’un pur témoin passif.

Par ce détachement, une impression survient

D’un être indépendant de la vie dans un corps.

Une autre position lui permet de choisir


D’accorder son soutien ou de le refuser.

En plus de refléter l’énergie mise en œuvre,

Elle exerce sur elle un contrôle effectif.

Lorsque sa perception devient universelle,

Sa volonté s’unit à celle du Seigneur.

Alors, elle prend part à la félicité

Qui l’anime en créant l’existence cosmique.

La libération de l’âme

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 18)

Dans l’effort de retrait pour prendre ses distances,

L’âme tend à chercher l’abstraction absolue.

Il ne subsisterait qu’un moi impersonnel

Ou la forte impression de la félicité.

Mais si dans son parcours elle renoue contact,

Le monde apparaitra sous un jour différent.

Sa vision contiendrait l’être intérieur des autres.

La vie ne serait plus frappée de nullité.

Après avoir vaincu l’attraction du plaisir

Sur terre ou dans le ciel, il reste un autre obstacle.

Le gout de l’évasion doit être dépassé.

Alors l’individu atteint la liberté.


Une vaste conscience a remplacé l’égo

Sans devoir encourir l’immolation de soi.

Le fait de l’unité concilie les contraires.

Dans la diversité s’exprime la Nature.

Le regard transcendant n’exclut pas l’univers.

Le progrès de chacun importe pour l’ensemble.

La perfection d’un seul bénéficie à tous,

Aidant à s’élever l’humanité entière.

Les plans de notre conscience

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 19)

Les mondes se déploient sur des plans de conscience,

Des façons d’exister pour l’âme et la Nature.

Ils maintiennent avec nous un échange invisible

Selon l’affinité pour nos différents corps.

L’univers matériel fait partie d’un ensemble.

Il pose le défi de vaincre l’inconscience.

Une insatisfaction talonne nos efforts.

Un soutien supérieur permet l’évolution.

Au niveau du vital, le désir prédomine.

Des cieux et les enfers y trouvent leur domaine.


Des entités étranges exercent une influence

Traversant les confins subtils de l’organisme.

Le mental intervient d’une façon semblable.

Une déformation est subie au passage.

Le produit apparent vient du subliminal.

Son royaume contient les paradis psychiques.

Au-delà des plus hauts sommets de ces contrées,

S’ouvrent les profondeurs des horizons divins.

L’envolée dans la transe y conduit pour un temps.

Y demeurer suppose une transformation.

Le triple Pourousha inférieur

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 20)

L’être humain se prépare à un statut divin.

La religion propose une voie de salut.

Le yoga définit les moyens de gravir

Les échelons de l’âme élevant la conscience.

Après que soit connu le Moi impersonnel,

Il reste à découvrir divers champs d’expérience.

Le corps assujettit aux lois de la matière.

Il est prépondérant au niveau du physique.


Par un détachement, l’attention se concentre

Sur le plan du vital, où règne le désir.

Une proximité se ressent pour ce monde,

Ouvrant à ses pouvoirs et à son énergie.

Parvenant au mental par un effort semblable,

Une autre dimension, plus subtile, apparait.

Un nouveau dynamisme anime l’existence,

Au savoir plus profond, aux effets plus puissants.

Ces facultés en fait représentent une étape

Avant la liberté, la maitrise réelles.

Une ascension conduit sur les nombreux plateaux

Rapprochant du sommet encore inaccessible.

L’échelle de la transcendance de soi

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 21)

Un schéma répartit sur des plans ascendants

L’être humain et le monde entre deux hémisphères.

Un reflet peut percer des régions supérieures.

Plus encore est requis pour modifier la base.

L’équilibre trouvé au niveau du physique

Crée des limitations qui emprisonnent l’âme.

Par un certain éveil au sacré intangible,


Elle cherche au-delà un salut dans la paix.

Sur l’échelon suivant, le vital prédomine.

L’individu s’élève au monde du désir.

Il lui faudra atteindre une vision plus haute

Et savoir résister aux appels de la vie.

Parvenu au mental, il s’ouvre aux facultés

D’un corps subtil actif, apparemment suprêmes.

Mais c’est bien en dessous des attributs divins

Que revêt la nature inhérente à l’Esprit.

Un Moi de connaissance, un de béatitude

Évoquent les degrés de la conscience ultime.

En s’y établissant, une transformation

Des paliers inférieurs peut s’achever enfin.

Vijñâna ou Gnose

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 22)

La transition du moi vers le Supramental

Élève à un niveau supérieur de conscience.

Par la transformation, un changement s’opère

De la nature humaine à une autre divine.

Son volet cognitif surclasse l’intellect.


Il n’a pas à chercher. Il a la connaissance.

Il comprend l’infini. La Vérité le guide.

D’un tout n’excluant rien, les parties se déduisent.

Le mental intuitif en capte des reflets.

Le rayon illumine un aspect limité.

Une déformation se produit au passage

Ou des imitations camouflent l’ignorance.

Dans la gnose intervient l’élément du pouvoir

Déterminant le cours infaillible des choses.

Une force accomplit l’idée mise en lumière,

Poursuivant une joie d’arriver à son but.

L’ascension en retour modifie la substance

Après la conversion au nouveau dynamisme.

L’âme unie au Suprême exprime dans l’action

Le bonheur d’approcher la perfection ultime.

Les conditions de réalisation de la gnose

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 23)

Un changement profond de toute la conscience

Conditionne l’accès au niveau de la gnose.

Sur le plan que régit la Vérité suprême,

L’unité sert de base à la diversité.


Une globalité dans la vision des choses

Inclut l’universel et perçoit l’infini.

La moindre intervention de l’égo diviseur

Créerait une scission ramenant le mensonge.

Une ascension déplace au-dessus du mental

Le centre d’où provient l’activité de veille.

Un regard surplombant perçoit l’individu

Comme un représentant de la personne entière.

Cette haute station d’un être illimité

Œuvre à la perfection des instruments humains.

Elle accroit leurs pouvoirs de connaissance infuse,

De volonté sans faille et de félicité.

L’âme se voit permise une vie droite et pure

Dans un jeu associant la nature divine.

Plus rien ne fait obstacle à l’expression sans voile

D’un progrès idéal dans le cadre terrestre.

Gnose et Ânanda

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 24)

L’ânanda se profile au-delà de la gnose,

Donnant sur l’absolu de l’Infini divin.


En deçà seulement des reflets se perçoivent,

Qui souvent laissent croire au terme du voyage.

La conscience physique, ou vitale ou mentale

Peut s’offrir en miroir ou s’abstraire en le Moi.

L’échappée lui procure un gain de liberté,

Mais sans l’élévation de l’ensemble de l’être.

L’équilibre s’obtient par le Supramental

Sublimant la Nature en accord avec l’âme.

Sa loi, la vérité, régit la connaissance

Jointe à la volonté pour la pleine maitrise.

Sur le plan supérieur de la Béatitude,

Le sens de l’unité atteint son paroxysme.

Un seul et même esprit jouit de son existence

Dans la contemplation de la totalité.

L’heure n’est pas venue pour le passage ultime.

L’évolution attend la race surhumaine.

Une force d’amour enchantera le cœur

Et saura transformer la terre en paradis.

La Connaissance supérieure et la connaissance inférieure

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 25)


La pleine connaissance accessible au yoga

Envisage les buts d’un idéal extrême :

Posséder le Divin et lui appartenir,

S’élever jusqu’à lui, revêtir sa nature.

Les champs d’activité de la vie ordinaire

Préparent l’être humain à tenter l’aventure.

L’intellect comprend mieux, les émotions s’affinent,

La volonté admet la direction à suivre.

Le chemin vers l’esprit reçoit le voyageur

Absorbé maintenant dans sa quête intérieure.

La purification et la concentration

Accompagnent l’effort d’identification.

L’usage habituel des formes du savoir

Participe au travail d’apprentissage utile.

Mais pour la fin en vue, il faut l’intensité

Et l’apport décisif de méthodes spéciales.

Le yogi parvenu à se réaliser

Continue de voir Dieu agissant dans le monde.

Il se fait l’instrument fidèle de son Maître,

Aidant l’humanité à progresser vers Lui.

Samâdhi
(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 26)

La transe du yoga, intégrée à la vie,

Constitue un moyen, non une fin en soi,

Elle donne un accès à des champs de conscience

Que ne perçoivent pas les sens du corps physique.

Dans le subliminal, des parts voilées de l’être

Sont liées à des plans plus subtils ou trop denses.

L’état de samadhi déplace la présence

Vers des niveaux situés par-delà la matière.

Le mental libéré conserve ses pouvoirs

Et jouit de facultés accrues de connaissance.

La pensée, l’émotion, la volonté active

Là-haut intensifient l’évolution de l’âme.

L’ascension vers la gnose et la béatitude

Conduit à des sommets voisinant le Divin.

Il existe à la suite une ultime frontière :

On ne saurait franchir le seuil de l’Ineffable.

Un fil peut ramener au creux de la mémoire

L’expérience intérieure et la mettre en lumière.

Il sera important d’acquérir l’aptitude

À générer ces gains même à l’état de veille.


Le Hatha-yoga

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 27)

L’état de samadhi joue un rôle important

Dans le Hatha-yoga pour s’unir au Divin.

Il couronne l’effort se résumant ainsi :

Purifier, concentrer, libérer l’être entier.

L’âsana interrompt l’agitation physique

Et aide à contrôler la force accumulée.

Un rapport s’établit entre celle du corps

Et la vaste énergie agissant au-dehors.

Par le pranayama, l’attention se dirige

Vers le réseau nerveux parcourant l’organisme.

La maitrise du souffle augmente le pouvoir

D’agir sur la façon dont les centres fonctionnent.

La discipline intense arrive à imposer

Des éléments subtils dans le cadre grossier.

L’instrument corporel trouve une perfection

Le rendant moins sujet aux aléas humains.

Mais tout cela fournit seulement une base.

Il reste la question des buts spirituels.


C’est ici qu’intervient la méthode tantrique

Utilisée aussi par le Râdja-yoga.

Le Râdja-yoga

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre II, Chapitre 28)

Dans le Râja-yoga, un début essentiel

Prévoit de purifier, d’assagir la nature.

Des règles de conduite et de saines pratiques

Posent les fondements au point de vue moral.

L’emploi d’un âsana et du pranayama

Éveille l’énergie assoupie dans le corps.

Le courant ascendant déverrouille les centres

Aux niveaux successifs du moi subliminal.

L’effort s’intensifie par la concentration.

Les procédés varient. Le but reste le même.

Le mental en arrive à se plonger, muet,

Par la contemplation dans l’union au Divin.

Par l’ouverture accrue de champs de la conscience,

Se présente un accès à des pouvoirs occultes.

Ils se différencient selon le plan atteint.

Pour parer aux abus, des conditions s’imposent.


Un yoga intégral pourrait se dispenser

Des méthodes fixées par cette discipline.

La voie spirituelle est plus appropriée

Et s’adapte aux besoins de chacun des adeptes.

Le Yoga de l’Amour divin

L’Amour et la triple voie

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre III, Chapitre 1)

Trois leviers, la pensée, la volonté, le cœur,

Permettent l’ascension pour s’unir au Divin.

Débutant par l’un d’eux, leurs pouvoirs se combinent

Et forment l’essentiel d’un yoga intégral.

Car chacun se rattache à un aspect de l’Être,

La conscience ou la force ou la béatitude.

Ce trio fait partie d’une unique existence

Vivant la perception de sa réalité.

Chaque voie au départ tend à l’exclusivisme.

Plus loin sur le parcours, elle s’adjoint les autres.

La connaissance admet la dévotion intense.

Les deux, pour s’affirmer, s’expriment par les œuvres.

L’amour suppose un lien avec une personne


Et explore la joie de l’unité première.

Le culte célébré devient adoration

Dans l’action éclairée adressée au Suprême.

Par la félicité se résout le mystère

De la source de tout et de sa destinée.

Soucieux de compassion, le travail s’accomplit

Pour que la vérité triomphe sur la terre.

Les mobiles de la dévotion

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre III, Chapitre 2)

Pressentant un Pouvoir déterminant les choses,

Les humains ont cherché des moyens d’influence.

La peur et le désir ont inspiré des cultes.

Une idée de justice appuyait la morale.

Le sentiment pieux pour ce qui nous dépasse

Se tenait à l’écart dans un respect craintif.

Le dévot vénérait, adorait quelqu’un d’autre,

Étranger à lui-même et semblable à la fois.

Mais le yoga s’adresse à un Être conscient

Ouvert à la rencontre et présent parmi nous.

Le Divin prend l’aspect conforme à l’émotion.

Il noue la relation en réponse à l’appel.


Et quel que soit la forme ou le nom invoqué,

L’affinité se tisse à travers l’expérience.

La vie n’avait été qu’une préparation.

La Nature en entier poursuit le même but.

Un mobile suffit, qui éclipse les autres.

Le cœur fait s’apaiser la soif de vérité.

Pour la félicité, tout dépend de l’amour

Qui établit le lien et jouit de l’unité.

Les émotions tournées vers le Divin

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre III, Chapitre 3)

Le yoga s’accomplit par l’union au Divin.

La voie de la bhakti se sert des émotions.

Une sublimation de sentiments innés

Instaure dans le cœur les conditions requises.

La peur utilisée par tant de religions

Doit prendre fin avec l’évolution de l’âme.

La recherche du bien vise avant tout la joie

De l’être libre et pur en phase avec l’esprit.

Le désir s’exprimant par l’ardente prière

Se convertit plus tard en dévotion sublime.


La foi, l’aspiration, la volonté humaines

Ont permis la jonction et reçu en échange.

La relation se vit comme entre des personnes.

L’adorateur s’adresse au maitre et à l’ami.

Ou il devient l’enfant pour son père ou sa mère.

Plus l’affection grandit, plus l’unité s’affirme.

Mais le couple amoureux ressent l’ardeur ultime,

Une soif d’absolu dans la félicité.

Son vœu d’éternité énonce une exigence

Que seulement l’amour immortel peut remplir.

La voie de la dévotion

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre III, Chapitre 4)

Suivant le processus propre à la religion,

Le culte prend d’abord une forme extérieure.

La ferveur fait appel à une vague idée

De la divinité pour lui rendre un hommage.

Le yoga intervient lorsque la dévotion

Répond à un besoin impérieux d’un contact.

Elle amène à chercher la purification

Pour rejeter de soi tout ce qui pose obstacle.


L’effort s’intensifie par un don de tout l’être

Dans la consécration des pensées et des œuvres.

Il peut se concentrer sur un domaine étroit

Ou inclure la vie dans son entièreté.

Parfois dès le début, la force de l’amour

Dans le cœur et dans l’âme atteint son paroxysme.

Une soif de beauté et de félicité

Presse à ne rien vouloir que le Divin lui-même.

La relation se noue comme entre des personnes,

Mais Il se manifeste en tout ce qui existe.

Le monde environnant prend une autre apparence :

La scène de son jeu vers la béatitude.

La Personnalité divine

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre III, Chapitre 5)

L’ancienne perception d’un Dieu identifiable

Limite l’étendue de la Réalité.

Il restera toujours une part d’ineffable

Au-delà de ce qui approche l’infini.

L’intellect se complait dans les notions abstraites.

Il peut se figurer un néant absolu.

La tendance opposée du cœur et de la vie


Les pousse à rechercher la possession concrète.

La pensée voit ainsi la force impersonnelle

D’un concept de l’esprit agir dans l’univers.

La dévotion perçoit la démarche d’un Être

Accessible malgré sa nature insondable.

L’expérience accomplie de l’union au Divin

Relie l’individu à un pouvoir conscient.

Hormis les qualités qu’il voit manifestées,

Demeure inexploré un aspect du mystère.

Une lumière issue d’une intuition globale

Projette la vision réconciliant l’ensemble.

Par-delà le mental, tous les chemins se joignent

Pour découvrir enfin la vérité entière.

La Félicité du Divin

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre III, Chapitre 6)

Un effort concentré permet de devenir

Ce sur quoi l’attention se fixe intensément.

Ainsi la dévotion unissant au Divin

Fournit l’élément clé d’un yoga intégral.

D’autres voies accentuent l’aspect impersonnel


Et adoptent une approche aisément exclusive.

Ici, l’empressement pour la félicité

Suscite une recherche englobant tout l’ensemble.

L’ardente aspiration n’envisage aucun but

Si ce n’est la jonction avec l’Être suprême.

Sa quête a pour objet l’exploration complète

Et vise à partager la joie de son royaume.

La ferveur de l’élan mène à mieux le connaitre.

Dans les œuvres se voit son action manifeste.

La perfection contient l’indice de son charme.

La nature se met à ressembler à lui.

Un amour débordant prend possession du cœur.

Partout et en chacun, la beauté se révèle.

Dans la vaste étendue de l’unité conquise,

L’extase est ressentie de la béatitude.

Le Brahman d’Ânanda

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre III, Chapitre 7)

Des reflets quelquefois de la félicité

Visitent le mental devenu réceptif.

L’expérience répond au besoin grandissant

De beauté absolue, d’amour pur ou de paix.


Le yoga entreprend de rendre habituelle

Sans support extérieur l’impression ressentie.

L’effort intensifie l’attention concentrée.

La conscience se joint à la béatitude.

Le Divin se révèle à nous de trois manières :

En dedans, à l’entour et au-dessus de l’être.

Dans le subliminal, les lieux pour la rencontre

Se situent près du cœur et au sommet du crâne.

Le regard sur le monde aperçoit la Présence

Habitant, contenant, constituant toutes choses.

Ouverts à notre appel, en haut se manifestent

Des effluves de joie, de pouvoir, de lumière.

Mais si la relation demeure impersonnelle,

Il reste à découvrir la connaissance ultime.

Une main est tendue, un visage sourit,

Un guide nous enseigne à ressembler à lui.

Le mystère de l’amour

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre III, Chapitre 8)

Le cœur le plus souvent adore une personne

Au lieu d’un Infini dans la contemplation.


D’abord il s’en fera une image accessible,

Puis saisira l’ampleur de la divinité.

Un Être transcendant inclut toutes les formes.

Sa présence est partout. Rien n’existe que lui.

La dévotion le voit dans chaque évènement.

La moindre activité doit lui appartenir.

Il entre en relation comme un individu.

Sous de multiples traits, il accepte le lien.

Il parait au contact l’instructeur et le guide,

Le maitre et le seigneur, l’ami, le conseiller.

Il réserve l’accueil d’un père ou d’une mère,

Mais aussi de l’enfant, de l’âme sœur chérie.

Il répond sans froideur aux sentiments humains.

Il incarne l’amour et son entier mystère.

Par l’union absolue vient la libération.

Elle prend les couleurs de la félicité.

Il persiste une joie de demeurer ensemble

Et de voir l’unité dans la pluralité.

Le Yoga de la Perfection de Soi

Le principe du yoga intégral


(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 1)

La Nature et l’Esprit, par l’unité qu’ils forment,

Créent une aspiration à se joindre au Divin.

Les différents leviers dont se sert le yoga

Pour atteindre le but sont des pouvoirs de l’âme.

S’il vise seulement l’union libératrice,

Il peut utiliser un instrument unique.

Pour transformer la vie, la rendre plus divine,

Une action combinée de tout l’être s’impose.

Le Tantra ancestral propose une synthèse

Poursuivant son objet sans renoncer au monde.

Par cette discipline un contrôle s’acquiert

Et un plus haut niveau des facultés humaines.

Une voie intégrale opte pour l’ouverture

Du mental réceptif aux forces supérieures.

Le travail s’effectue par leur intervention.

Le plan spirituel œuvre à perfectionner.

La perte de l’égo et le Supramental

Marquent les points cruciaux de l’effort entrepris.

La tentative prend un aspect collectif,

La participation au progrès de l’espèce.


La perfection intégrale

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 2)

L’idée de perfection prend des formes diverses.

Une minorité en fait son but premier.

Un point de vue partiel qualifie l’objectif

De progrès séculier ou de gain religieux.

Par la vie ordinaire, une préparation

Du mental, du vital et du corps se produit.

Mais ce travail omet l’enjeu spirituel,

Relégué en dehors de l’existence humaine.

Le yoga intégral essaie de concilier

La recherche profane et l’immortalité.

Le désir du Divin et d’une conversion

De l’ensemble de l’être éveille au changement.

Un effort personnel de purification

Et de concentration établit le contact.

Pour la transformation, il faut s’abandonner.

Un pouvoir supérieur exerce une influence.

L’union au Transcendant et à l’Universel

Permet une ouverture à la force nouvelle.


L’individu reçoit. Sa nature en entier

Se voit transfigurée par le Supramental.

La psychologie de la perfection de soi

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 3)

Selon ce qu’il perçoit, l’esprit se manifeste.

Il devient l’univers, aussi l’individu.

Il regroupe à la fois divers plans d’existence,

Avec chacun un monde et une façon d’être.

L’être humain participe à la totalité

Dans une évolution fondée sur la matière.

La vie et le mental ont émergé déjà.

Il lui reste à gravir les niveaux supérieurs.

L’ensemble se déploie conformément au jeu

Où l’âme et la Nature apparaissent distinctes.

Cela donne ouverture à tous les scénarios

Selon la relation qui s’établit entre elles.

Lorsque la division domine la conscience,

Sur la vue peut s’étendre un voile d’ignorance.

Sous la cloison se crée l’hémisphère inférieur.

L’égo prend le dessus et le désir tenaille.


Poursuivant sans relâche un effort de maitrise,

Le pouvoir du yoga opère une percée.

Le contact élargit le champ de connaissance

Et permet le labeur de perfection de soi.

La perfection de l’être mental

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 4)

À travers le yoga, l’être humain va quitter

L’illusion de l’égo et trouver son vrai moi.

Un retrait s’accomplit par l’âme qui observe

Avec détachement l’action de la nature.

Cette voie peut mener à la libération.

Mais pour la perfection, autre chose est requis.

Tout ne s’achève pas dans le déterminisme.

Au-dessus du mental, une maitrise existe.

Un moyen essentiel, la purification,

Permet de repousser la confusion régnante.

La conversion assure une base solide.

Une grâce intervient par la félicité.

Puis l’individu doit se rendre universel.

Sa conscience rejoint les plans subliminaux.

Le manque d’unité et d’harmonie s’estompe.


La connaissance donne une vision plus juste.

Le progrès décisif se fait par l’ascension

Vers le spirituel et le Supramental.

La Vérité confère un pouvoir salvateur.

L’influence s’étend sur le monde extérieur.

Les instruments de l’Esprit

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 5)

La purification redresse les défauts

Transmis dès l’origine aux instruments de l’âme.

L’ignorance perçoit un monde fragmenté.

L’inférieur avilit le progrès qui émane.

D’abord il faut savoir quels éléments composent

La partie à changer dans la nature humaine.

Le corps de chair pressé par la force de vie

Témoigne du combat dans l’inertie première.

Le mental imprégné par l’énergie vitale

Amène l’intrusion d’une âme de désir.

La contagion atteint la conscience de base,

La fonction sensorielle et le raisonnement.

La substance primaire enregistre et répond.


Au fil des réactions, l’émotion se produit.

Le contact a l’effet de stimuler les sens.

Tout un réseau nerveux structure l’habitude.

L’intelligence nait. Trois degrés se succèdent.

Bien peu sont parvenus au niveau supérieur.

Et encore au-delà vient le Supramental.

Ce passage requiert une préparation.

Purification – Le mental inférieur

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 6)

Par une opération d’analyse intérieure,

Le mental apparait un pouvoir séparé.

La distinction s’opère entre son énergie

Et la force de vie qui anime le corps.

Il devient plus aisé d’éteindre le désir

Afférent au statut d’organisme distinct.

La conscience de base assume mieux son rôle

De matériau servant l’autorité de l’âme.

L’attrait, la répulsion perdent leur influence

Qui fait se comporter de façon impulsive.

Le cœur libre et paisible oublie l’attachement,

L’habitude à vibrer en émotions contraires.


De la dualité le souvenir s’estompe

Dans le discernement des sensations reçues.

Le dynamisme pur de l’action en réponse

Aide à l’affirmation du meilleur en soi-même.

Ces obstacles levés, une voie peut s’ouvrir

Pour le jeu éclairé de la raison humaine.

Celle-ci à son tour devra se purifier

Puis porter son regard vers le Supramental.

Purification – L’intelligence et la volonté

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 7)

L’être humain est pourvu d’un pouvoir de penser

Supérieur à celui du mental sensoriel.

Mais cette intelligence et cette volonté

Constituent une étape, un stade intermédiaire.

La perfection réelle apparait à la gnose

Après un processus de purification.

Un premier pas consiste à cultiver en soi

Le vrai, le bien, le beau pour assoir la conscience.

Un rejet persistant des suggestions plus basses

Crée le détachement libérateur de l’âme.


Par des signes divins s’offrant à la recherche,

L’Esprit manifesté révèle sa présence.

Un progrès se produit dans la compréhension.

Le processus courant se voit tranquillisé.

La raison pragmatique assume un nouveau mode.

La fonction cognitive expose un pur miroir.

Encore à ce niveau la vérité saisie

Demeure fragmentaire. Autre chose est requis.

S’élevant par degrés, l’intuition servira

D’antichambre menant vers le Supramental.

La libération de l’Esprit

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 8)

La purification des instruments de l’âme

Ne suffit pas en soi pour la libération.

Un côté négatif cherche à dénouer les liens.

Un autre, positif, vise à croitre en l’esprit.

Par la diversité, la volonté unique

Agit distinctement dans chaque individu.

Le désir intervient quand la séparation

Prévaut sur l’unité au sein de la conscience.


Il en résulte aussi le début de l’égo,

Qui érige les murs de la limitation.

L’ignorance produit la souffrance et le mal,

Le manque d’harmonie en soi et avec l’autre.

La vision est centrée sur les dualités

Opposant les aspects contraires du réel.

Tout semble s’opérer par le déterminisme

D’un rouage précis selon des modes fixes.

Le retour s’effectue en recouvrant le moi

Uni au transcendant et à l’universel.

L’être doit s’élever jusqu’au Supramental,

La nature changer pour devenir divine.

La libération de la Nature

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 9)

Une fois rejetés le désir et l’égo,

On peut se demander si l’action continue.

Pour l’esprit libéré, il semble plus facile

De rester immobile et d’oublier le monde.

Car la Nature emploie un mélange variable

Fait de trois qualités pour régir toute chose.

Dans un ordre croissant, vient une primauté


Sur le corps, le vital et sur l’intelligence.

Au niveau inférieur s’affrontent les principes


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D’inertie, d’impulsion et d’équilibre instable.

Leur conflit discordant crée les dualités

Dans une perception opposant des contraires.

Vus d’une autre façon, leur conversion produit

Le calme, l’énergie, la lumière, divins.

Le jeu de l’harmonie remplace le combat.

La connaissance acquise admet la perfection.

Un sens spirituel en devenir conclut

L’énigme résolue par le Supramental.

Inspiré par la gnose, un regard visionnaire

Découvre la Beauté, le Bien, la Vérité.

Les éléments de la perfection

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 10)

Après la pureté, la liberté conquises,

S’acquiert la perfection de soi, spirituelle.

Sa réalisation comprend des éléments

Successifs se classant en six catégories.


D’abord l’égalité en toutes circonstances

Doit consacrer le lien à la paix de l’esprit.

Puis il faut préparer la nature à franchir

Un seuil la conduisant à un nouveau statut :

Accroitre le pouvoir et la capacité,

Rehausser l’ascendant de la force de l’âme,

Appeler à régner la Puissance divine,

Prendre appui sur la foi et l’infuser dans l’être.

Le prochain pas élève au-delà du mental

Pour passer à la gnose et convertir l’ensemble.

Par un progrès suivant visant la loi du corps,

Ceci transformera la conscience physique.

Alors devient possible une existence pleine

Selon la vérité dans le Supramental.

Enfin, l’évolution permet l’union ultime

Ouvrant sur l’Absolu dans sa Félicité.

La perfection de l’égalité

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 11)

La perfection s’appuie sur l’équanimité

Qu’éprouve le Divin dans sa gestion des choses.

Plus que l’assentiment et la compréhension,


Elle met l’instrument en position d’agir.

Une énergie de vie libérée du désir

Répond aux impulsions de façon impartiale.

Dans le cœur apaisé, un amour transformé

Montre une sympathie puissante universelle.

Un calme supérieur soutient la volonté

Affranchie de l’égo, ouverte à la lumière.

Le dynamisme joue sans les dualités,

Guidé par la vision de l’attitude juste.

Le mental se délie de ses attachements

Et se fait réceptif à un savoir plus grand.

Sa substance s’apprête à prononcer le verbe

Donnant corps à la voix qui jaillit du silence.

Dans l’être tout entier, se crée une atmosphère

De paix spirituelle et de pouvoir serein.

La nature s’adapte à la félicité

Animant l’infini lorsqu’il se manifeste.

La voie de l’égalité

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 12)

Deux mouvements conduisent à l’équanimité :


La réception passive et le regard conscient.

L’effort premier emploie l’endurance stoïque,

La froide indifférence ou la résignation.

Sous l’effet de l’impact, un écart apparait

Entre ce qui répond et ce qui reste calme.

Peu à peu s’atténue la réaction courante.

L’influence du Moi parvient à dominer.

L’approche positive aborde les contacts

En gardant à l’esprit l’unité inhérente.

Ceci rend plus aisée l’acceptation totale,

Mais accroit le fardeau, joint à celui des autres.

Là aussi se produit la scission instruisant

Sur la capacité permettant la maitrise.

Le pouvoir convertit le mental inférieur

Qui devient réceptif à la félicité.

Le travail s’accomplit pour soi et pour autrui.

L’instrument du Divin se consacre à son œuvre.

Non soumis à la terre, aux cieux ni au néant,

Il est uni à Lui sur tous les plans de l’être.

L’action de l’égalité

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 13)


Par l’équanimité, la perfection s’acquiert

Pour embrasser la vie comme le fait l’esprit.

L’objectif se résume en quatre qualités

Qui trouvent leur sommet dans le Supramental.

Il ne doit y avoir aucune préférence,

Mais une acceptation, sans être perturbé.

Dans une paix solide, une foi absolue

Voit partout l’unité et l’action du Divin.

Rien ne peut déranger le pur bonheur en soi,

Qui propage sa loi de joie spirituelle.

Une félicité imprègne l’existence

Par le ravissement et le rire de l’âme.

Dans l’état optimal, les valeurs se transforment

Pour le mental, le cœur, l’être vital, le corps.

Ils seront satisfaits de tout ce qui viendra,

Le succès ou l’échec, le plaisant, son contraire.


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Un progrès s’accomplit vis-à-vis des personnes,

Tendant vers un amour universel égal.

Il n’exclut pas le jeu de la diversité

Pour le bien de chacun et l’avenir du monde.


Le pouvoir des instruments

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 14)

À l’équanimité, s’ajoute le pouvoir

Accru des instruments pour les œuvres divines.

Il faut les préparer à la transformation

De leur fonctionnement par le Supramental.

La volonté obtient la maitrise du corps

À un très haut degré pour le rendre docile.

Il cesse d’imposer ses lourdeurs qui limitent,

Se laissant modeler, porteur de dynamisme.

Un contrôle s’acquiert sur la force vitale,

Traçant le devenir selon la foi intense.

Diverses qualités de l’énergie psychique

Octroient la perfection à l’âme de désir.

Un progrès s’accomplit quant à l’être émotif,

Le dotant de puissance alliée à la douceur.

Le cœur a la croyance au bien universel

Et éprouve l’amour pour tout ce qui existe.

L’intellect purifié devient un clair miroir

Où vient se refléter la Vérité entière.


Une compréhension souple, riche et ouverte

Le rend apte à saisir la connaissance exacte.

La force d’âme et la quadruple personnalité

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 15)

Un quadruple pouvoir grandissant définit

La personnalité dans sa forme complète.

Mais le tempérament assume une tournure

Identifiée d’abord à l’un de ces aspects.

Les vœux de l’intellect, à des niveaux croissants,

Seront prépondérants pour tracer la conduite.

Ou bien la volonté affirme sa puissance,

Capable d’affronter la vie à bras le corps.

Un mental pragmatique aussi peut dominer,

Joint à l’instinct vital centré sur les échanges.

Ou la tendance innée chez plusieurs prédispose

Au labeur pour servir, plus ou moins de bon cœur.

Toutes ces qualités cherchent la plénitude.

Aucune n’y parvient sans inclure les autres.

À l’intérieur de l’être, une présence y veille,

Une force de l’âme, impartiale et active.


Lorsqu’est réalisée la nature parfaite,

Beaucoup plus librement le moi alors s’exprime.

Sans caractère fixe, il dispose d’un jeu

Infini d’attributs pour les desseins divins.

La Shakti divine

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 16)

Lorsque nait la vision sur le subliminal,

Se signale l’action de la force vitale.

Soutenant l’univers, son pouvoir est immense

Mais le sens de l’égo crée la limitation.

Émergeant au-dessus, quant au mental physique,

La conscience perçoit une énergie psychique.

Un domaine distinct de puissance apparait,

Qui dérive d’un plan plus élevé encore.

Le regard détaché donne un certain contrôle,

Un brin de liberté à l’esprit qui s’affirme.

Il peut l’utiliser pour rehausser l’humain,

Parvenir à la paix ou chercher l’évasion.

Mais une autre ascension conduit près du Divin :

Une forme d’union avec l’Être infini.

La jonction se produit avec l’Âme suprême


Ou avec la Nature absolue qui l’incarne.

Une double unité permet la perfection.

Pour la réaliser, il faut une descente.

Est lancé un appel à la transformation.

Le Supramental vient soulever à la gnose.

L’action de la Shakti divine

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 17)

Une énergie cosmique agit à travers nous.

L’unité se perçoit malgré les différences.

Une âme universelle anime tout l’ensemble.

La Nature recèle un état supérieur.

Mais sur le plan mental un abime subsiste

Entre le fait normal et celui de l’esprit.

Le chainon nécessaire est le Supramental

Alliant la volonté, la sagesse divines.

L’apport doit avoir lieu dans l’équanimité

Et avec l’abandon à la force nouvelle.

Au début intervient un égo qui exige.

Il faut qu’il se soumette et que le Moi domine.

Afin d’y parvenir, un moyen efficace


Effectue un retrait en témoin attentif.

Après la pureté, un but de perfection

Produit par sujétion la maitrise de soi.

Un yoga plus actif procède par étapes.

L’individu s’inscrit dans la conscience unique.

D’abord comme instrument, puis en simple élément,

Il arrive à ne voir que le jeu du Suprême.

Foi et Shakti

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 18)

La perfection dépend du pouvoir de la foi

Que l’esprit veut transmettre aux instruments de l’âme.

Forte, vaste, éclairée, son progrès va exclure

Le besoin de douter, l’étroitesse de vue.

Dans l’intellect, le cœur, le mental à la base,

La vision s’élargit, se rectifie sans cesse.

L’appel de l’Absolu invite à l’expérience

Puisant à la lumière et à la vérité.

Il accroit la confiance en ce qui peut venir

Au moyen du yoga et en ses procédés.

S’ajoute la croyance en nos capacités,

Purifiée des aspects d’égoïsme et d’orgueil.


Le tout repose en fait sur notre assentiment

Au travail continu de la Mère divine.

D’elle seule dépend l’apport de connaissance,

D’énergie et d’amour, de l’adresse à agir.

Derrière elle se tient notre Seigneur suprême

Dans son autorité prévoyante, infaillible.

La moindre circonstance ou conclusion provient

De cette volonté qui est aussi sagesse.

La nature du Supramental

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 19)

Par l’équanimité et la préparation

S’ouvre la transition à un nouveau statut.

La nature s’élève au-delà du mental

Pour changer l’instrument et le rendre divin.

L’Infini se déploie par une intelligence

Réglant chaque détail selon sa vérité.

L’individu conscient cherche à vivre en symbiose

Avec la direction par le Supramental.

La façon de connaitre inhérente à la gnose

S’appuie sur l’unité et sur l’identité.


Le savoir est global, complet et détaillé,

Immédiat, spontané, sans tache d’ignorance.

Il travaille de pair avec la volonté,

Donnant à la sagesse un pouvoir infaillible.

Dans son regard faisant s’accomplir le destin,

Le passé, le présent et le futur se joignent.

Pour former la matière, il s’est dissimulé

Au sein d’un mécanisme apparemment aveugle.

Il ressort par degrés. L’intuition le signale.

L’être humain peut œuvrer à son dévoilement.

Le mental intuitif

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 20)

La gradation prévue vers le Supramental

Passe par l’intuition après un long parcours.

Il s’agit d’assurer une ouverture stable

Permettant de connaitre une transformation.

L’effort d’élévation consiste à remplacer

Ou à changer le mode ancien de fonctionner.

La démarche comprend différentes méthodes

Dont l’usage varie selon l’individu.


Le silence mental laisse un espace libre

Pour les inspirations et les révélations.

Le fait de s’en remettre à la voix dans le cœur

Initie du dedans la pensée et l’action.

On peut se référer au centre le plus haut,

Et piloter de là, au-dessus du cerveau.

Parfaire l’intellect constitue un moyen

Pour hausser la conscience à un plan supérieur.

Il en résultera une transmutation

Sujette à la rechute et à des intrusions.

Un état transitoire amenant à la gnose

Projette des éclairs, non l’éclat du soleil.

Les gradations du Supramental

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 21)

La transformation vient d’un mouvement fluide

Entre ce qui descend et ce qui assimile.

Par-delà l’impression d’un vague moi plus grand,

S’ouvre la gestation du mental intuitif.

Ce premier pas combine un pouvoir qui suggère

Et un discernement sûr de la vérité.

Puis s’ajoute à l’idée l’inspiration précise


Et la révélation dresse un tableau fidèle.

Ce stade complété, ces facultés demeurent

Et peut intervenir une raison divine.

La conscience s’élève et régit la nature.

Pensée et volonté proviennent d’au-dessus.

Mais il subsiste encore une disparité

Entre les instruments et ce qui utilise.

Une harmonie se crée. Un travail les relie

À leurs équivalents des plans spirituels.

La présence immédiate apparait quand prévaut

Un niveau supérieur dans le Supramental.

L’unité en action change l’individu,

Joint à l’universel, à l’Être transcendant.

La pensée et la connaissance supramentales

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 22)

La vérité mentale origine d’ailleurs,

La parcelle d’un tout, un semblant imparfait.

Elle essaie d’établir un compromis viable

Au milieu des conflits et des contradictions.

Quant au Supramental, source de sa lumière,


Il a un lien direct avec la connaissance.

Une fois affermi et répandu dans l’être,

Il soutient l’harmonie et l’unité prévaut.

Son mode de savoir vient de l’identité

Par une introspection au sein de la conscience.

S’y greffent des pouvoirs de vision, d’audition

Et de contact avec la substance elle-même.

Il en ressort aussi la pensée qui révèle,

Interprète ou rappelle une idée fondatrice.

L’expression peut surgir sous forme de langage,

Un verbe donnant corps au sens profond des choses.

Le champ de perception inclut la terre entière

Et les plans intérieurs, sans le voile du temps.

Le regard procédant de l’essence première

Ouvre sur l’omniscience et sur l’omnipotence.

Les instruments supramentaux

Le processus de la pensée

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 23)

Un changement majeur marque le processus

Suivi par la pensée dans le Supramental :

La connaissance nait de la vision du moi,


Le reste découlant de ce regard premier.

L’influence employée va du haut vers le bas.

La libre idéation présente l’essentiel.

Une harmonie extrait la suite pragmatique

Dans la simplicité d’un agencement souple.

L’intellect se situe entre ces deux pouvoirs :

Le mental animal et une intuition mixte.

Il sert d’intermédiaire et permet le passage

À un savoir direct qui est vrai, juste et vaste.

L’unité de conscience explique le progrès

Par le fonctionnement au niveau de la gnose.

L’observation perçoit ainsi une expression

Figurant l’énergie, la qualité, la forme.

Elle a accès à tout dans ses lieux de mémoire

Et l’imagination explore les possibles.

Le jugement ici détient la vérité.

Sa logique construit par-delà la raison.

Le sens supramental

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 24)

L’ascension du mental vers ce qui le dépasse


Entraine un changement global de la conscience.

La nature subit une transformation

Des instruments présents et de ceux qui surgissent.

Une subtilité s’adjoint aux sens physiques.

Pour le subliminal des facultés émergent.

Un accès au vital perçoit le jeu des forces.

L’exploration s’étend aux mondes du psychique.

Un conseil de prudence est pertinent ici,

Avec, pour prérequis, l’extinction du désir.

Les conditions remplies, les pouvoirs en question

Ont leur utilité au plan spirituel.

L’action venant d’en haut modifie la substance

De ce qui constitue les couches inférieures.

Elle accroit l’harmonie et fait réaliser

L’identité partout d’un être universel.

C’est ainsi qu’apparait le sens supramental,

Se figurant l’aspect de l’esprit comme objet.

Un contact s’établit avec ce qui s’exprime

Des attributs choisis de l’Infini divin.

Vers la vision du temps supramental

(Inspiré de La Synthèse des Yogas, Livre IV, Chapitre 25)


L’ascension du mental procède par étapes.

D’abord dans l’ignorance, il vit au fil des heures.

Sa vision ne saisit que l’instant fugitif.

Sa raison accroit peu la portée du regard.

Il cherche à suppléer par des coïncidences,

Par des pressentiments ou d’autres entremises.

Un sens psychique va dans le subliminal.

Il ne peut en tirer aucune certitude.

L’effort aide à former un mental intuitif

Changeant et remplaçant l’intellect ordinaire.

Pour ce faire il s’affirme et devient plus ouvert

À des inspirations, puis des révélations.

À ce point, il n’a pas, il reçoit la lumière.

Il doit s’en imprégner et monter vers la source.

Ceci fait il devient comme un intermédiaire

Travaillant sur la base et pour se transformer.

La transition conduit vers le Supramental

Scrutant l’intemporel et l’infini du temps.

Sa conscience connait dans l’immédiateté

Le passé, le présent et l’avenir des choses.

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