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Joal et

De Dakar à Saint Louis ...


Quand l’Afrique déploie ses plumes

l’île de Fadiouth
Le berceau du poète
JOAL (dans Chants d’Ombre) Léop
old S
édar
SEN
« Joal ! GHO
R
Je me rappelle.
Je me rappelle les signares à l’ombre verte des vérandas
Les signares aux yeux surréels comme un clair de lune sur
la grève.
Je me rappelle les fastes du Couchant
Où Koumba N’Dofène voulait faire tailler son manteau
royal.
Je me rappelle les festins funèbres fumant du sang des
troupeaux égorgés
Du bruit des querelles, des rhapsodies des griots.
Je me rappelle les voix païennes rythmant le Tantum
Ergo
Et les processions et les palmes et les arcs de triomphe.
Je me rappelle la danse des filles nubiles
Les chœurs de lutte – oh ! la danse finale des jeunes
hommes, buste
Penché élancé, et le pur cri d’amour des femmes – Kor
Siga !
Je me rappelle, je me rappelle…
Ma tête rythmant
Quelle marche lasse le long des jours d’Europe où
parfois
Apparaît un jazz orphelin qui sanglote sanglote sanglote. »
In Œuvres Poétiques, Paris, Editions du Seuil, 1990.

Léopold Sédar Senghor occupe une place importante dans l’histoire du Sénégal, il devient le 5 septembre
1960 le premier président du Sénégal, suite à son indépendance. Né à Joal en 1906, il est fils d’un homme
d’affaire sérère et d’une peule musulmane. Son nom est issu de la culture créole de Casamance. Son édu-
cation commence chez les Saints Pères au Sénégal avant qu’il ne parte pour la France terminer ses études
au lycée Louis le Grand puis ensuite à la Sorbonne.
Très vite, les critiques lui collent l’étiquette de « Français de couleur », en réaction, il lance à Paris le premier
mouvement littéraire et philosophique Négritude, théorie affirmant les valeurs de l’Afrique noire.
Sa carrière politique commence dès l’année 1945 et il est élu plusieurs fois député du Sénégal et notamment
délégué de la France à la conférence de l’UNESCO et à l’assemblée générale de l’ONU. En novembre 1956,
il est maire de Thiès. Elu à la présidence, il fait tout pour garder un lien fort avec la France mais va également
contribuer à promouvoir la culture sénégalaise, en créant notamment le premier festival mondial des Arts
nègres, à Dakar en 1966.
Il se retire des affaires politiques en 1980 et devient le premier Noir élu à l’Académie française en 1983.
Il est l’auteur d’une importante et de plusieurs essais (cinq volumes, sous l’intitulé, ).

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