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La future norme d'exécution EN 1090 : Présentation

Point (Juin 2005) sur les principaux documents relatifs à l'exécution des structures en acier.
Considérations générales et particularités de la future norme EN 1090.

La future norme d'exécution


EN 1090
« Exécution des structures en acier - Exigences techniques »

Etat actuel des documents relatifs à l'exécution (principalement)

• DTU 32-1 de 1964,


• Fascicule 66 du CCTG,
• Normes de la série P22 avec :
o Assemblages rivés : P 22-411
o Assemblages boulonnés :
ƒ non précontraints : P22-431
ƒ à serrage contrôlé : P22-462 & 463
o Assemblages soudés : P22-471 à 474
• Poutres de roulement : P 22-615
• Préparation des pièces en atelier : P 22-800
• Tolérances dimensionnelles : P 22-810 :
• Exécution des structures en acier : FD ENV 1090-1 et
XP P22-501-1.

Objet de la future norme d'exécution EN 1090

Cette norme va conditionner l'exécution (atelier et chantier) comme les Eurocodes vont le faire
pour le calcul.

Les documents listés ci-dessus seront remplacés.

La future norme d'exécution EN 1090 est à l'enquête jusqu'en octobre 2005 et la position française
sera arrêtée fin septembre. Les commentaires techniques sont autorisés.

Les chapitres de la norme

Approvisionnement, fabrication (débit, assemblage), soudage, boulonnage, traitement de surface,


montage, contrôles, critères d'acceptation, tolérances de fabrication et de montage, plan qualité.

Quelques considérations sur cette norme

La norme européenne EN 1090-2 énonce des exigences pour assurer un niveau approprié de
résistance et de stabilité mécaniques, d'aptitude à l'utilisation et de durabilité. Le niveau d'exigences
applicable est lié au critère de classe d'exécution.

Cette norme s'articule autour de règles qui sont applicables à tout type de structure (bâtiment ou
ouvrage d'art) et qui couvrent les différents types de produits (éléments en acier laminé d'usage
courant ou à haute limite d'élasticité, éléments formés à froid, profils creux, aciers inoxydables,
structures mixtes).

Certaines règles donnent des critères de performance mesurables spécifiques ou traitent de


problèmes d'interface avec d'autres corps d'état, sujets qui n'étaient pas abordés dans notre collection
de normes actuelles.
Cette norme permet :

• de définir et préciser les responsabilités et obligations des Maître d'ouvrage, Maître d'ouvre et
Constructeur dans le domaine de la définition des risques et l'identification des exigences,
• de récapituler les exigences relatives à un projet,
• d'apporter, si besoin est, une aide dans la définition et la mise en place de processus de
qualité chez les Constructeurs.

Enfin, cette norme apporte un éclairage utile aux concepteurs dans le but :

• de transférer les exigences du Concepteur au Constructeur ;


• de donner des instructions concernant le travail « physique » ;
• d'énoncer des exigences sur la précision de ce travail.

Quelques particularités de cette norme

Classes d'exécution

Au lieu d'exigences prédéfinies selon la nature de l'ouvrage, c'est à partir du critère de classe
d'exécution, que l'ensemble des exigences requises est fixé à tous les stades d'exécution :
approvisionnement (matériaux et produits), fabrication (débit, assemblage boulonné ou soudé),
montage, contrôles à effectuer et critères d'acceptation. Un tableau récapitule les exigences par
classe d'exécution en fonction de la nature de l'opération exécutée. Lorsque aucune classe
d'exécution n'est définie, ce sont les exigences de base qui s'appliquent.

La classe d'exécution relève d'une combinaison d'une classe de conséquences et d'une catégorie
d'exécution et de service.

Les classes de conséquences (élevée, moyenne ou faible), sont définies dans l'EN 1990 (annexe
B), en fonction des conséquences de la défaillance d'un élément. Ce choix incombe normalement au
Maitre d'ouvrage.

Les catégories d'exécution et de service (fatigue, température de service, épaisseur d'éléments


soudés, types de structures ou d'éléments, etc.) sont relatives à des risques potentiels pendant
l'exécution. La détermination de la (des) catégories est principalement du ressort du Maître d'oeuvre.

Références aux normes

Le document renvoie systématiquement aux normes (plus de 200) telles que :

• normes produits (harmonisées et supports) pour les aciers, les consommables pour soudage
et la boulonnerie ;
• normes d'organisation générale en soudage (qualité, mode opératoire, personnel) et de
contrôle (méthodes, niveau d'acceptation et niveaux de qualité), contrairement aux normes
P22-XXX sur le soudage ;
• normes relatives au traitement de surface.

Contrôle des soudures

Le document est basé sur le principe de l'approche française (P 22-473).

Qualification des soudeurs

Tous les soudeurs doivent être qualifiés (par exemple : pour des cordons d'angle si cela
correspond à leur pratique).
Tolérances géométriques

Deux types sont définis :

• les tolérances fondamentales liées à la conception et aux exigences de l'Eurocode. Elles


conditionnent la sécurité de la structure.
• les tolérances additionnelles liées aux nécessités du montage. Elles doivent permettre une
bonne correspondance entre les éléments.

Organisation de la qualité

La norme propose un plan d'assurance de la qualité, basé sur le modèle français (fascicule 66 du
CCTG), définissant les documents (organisation générale, préalables à l'exécution et suivi) requis et
les points d'arrêt.

Le texte est disponible sous forme électronique et sera adressé sur simple demande par courriel
auprès du BNCM (Bureau de normalisation de la Construction métallique) à l'adresse suivante :
bncm@cticm.com.

Auteur(s) :B.N.C.M.
J.P. PESCATORE
La future norme d'exécution EN 1090 : Commentaires
Compte-rendu de la Journée Technique du 08/03/06 sur cette norme, incluant les analyses
depuis celles des rédacteurs jusqu'à celles des monteurs.

1 - Introduction
La première journée technique du CTICM en 2006 a eu pour thème la future norme EN 1090 d'exécution des
structures en métal, pendant pour la réalisation de ce que les Eurocodes sont aux calculs.
Elle s'est déroulée le 8 mars à Paris, sous la présidence de Monsieur
P. Estival, président du CTICM.
L'animateur du groupe de rédaction européen pour ce qui a trait à l'acier, Monsieur J.P. Gourmelon,
Ingénieur Général des Ponts et Chaussées et spécialiste de la normalisation depuis plus de 30 ans, et
le secrétaire de ce même groupe, Monsieur J.P. Pescatore, Directeur du BNCM*, ont animé cette
manifestation.
Leurs présentations et commentaires ont accompagné les analyses de sept autres intervenants :
Madame Y. LE TALLEC (Responsable Certification au CTICM), et Messieurs P. GOLAB (Jaillet-
Rouby), J.L. MARTIN (SNCF),
P. MAÎTRE (SOCOTEC), P. LEPERS (EIFFEL), S. BRUN (Castel et Fromaget), et enfin P. BOUDIER
(Président du Syndicat des Monteurs Levageurs).
Chacun, de par sa place dans l'acte de construire, a témoigné de sa lecture et des avantages
apportés par ce document, mais aussi de ses légitimes interrogations.

2 - Contenu de la norme
Cette Norme comprend trois parties :

• 1090 - 1 : Exigences pour l'évaluation de la conformité des éléments structurels (Partie dite
« harmonisée ») ;
• 1090 - 2 : Exigences techniques pour l'exécution des structures en acier ;
• 1090 - 3 : Exigences techniques pour l'exécution des structures en aluminium.

La présentation de la première partie a sensibilisé les participants aux questions qui se poseront
demain lors dela la publication des normes : Quels produits structurels devront être « marqués CE » ?
Les produits structurels sur catalogue, les structures types « industrialisées », tout travail sous-traité ?
Les exigences seront celles d'un système dit « 2 + », c'est-à-dire :

(Nota : Le CTICM est Organisme Notifié pour un certain nombre de poduits tels que « Les aciers
laminés à chaud relevant de la norme harmonisée NF EN 10025-1 »).

La seconde partie de la norme qui traite de l'acier s'articule autour de trois thèmes majeurs :
Les classes d'exécution,
Les tolérances géométriques,
L'organisation de la qualité.

3 - Commentaires
Les deux maîtres d'oeuvres présents nous ont fait part de leur satisfaction d'avoir un texte unique,
complet, proposant de véritables tables d'exigences fonction du type d'ouvrage, ou de partie
d'ouvrage.
Par exemple, cela offre à la SNCF la possibilité de ne pas demander le même niveau d'exigence pour
des éléments secondaires ou passerelles de visites d'un pont que pour la structure principale du dit
pont ; ce document va, entre autre, entraîner une réécriture, allant vers la simplification, du livret 2.32
de la SNCF.
Pour le spécialiste du cabinet Jailllet-Rouby, ce texte n'apporte sur le fond rien de révolutionnaire. En
revanche, de par son collationnement d'informations et sa structure, ce texte est l'outil actualisé,
efficace et indispensable pour le Maître d'Oeuvre, tant du point de vue spécification
qu'organisation de la qualité et critères d'acceptation des ouvrages construits.
Le Contrôleur Technique, impliqué tout au long de la vie des projets, a insisté sur l'obligatoire
cohérence, nécessaire à obtenir entre les dossiers initiaux et les dossiers d'exécution quant au
choix des classes d'exécution.
Pour cela, un guide clarifiant et homogénéisant l'interprétation de la norme serait le bienvenu, et en
complément, information ou formation des prescripteurs.
Par ailleurs, il est clair que la France a un fonctionnement différent de celui d'un certain nombre de
ses partenaires européens ; il serait donc utile que la norme s'adapte à ces différentes organisations
de marchés.
Les entreprises ont beaucoup apprécié l'imposant travail de clarification des références, l'existence
de très nombreuses tolérances et de critères d'acceptation clairs.
Certes, quelques points portent à discussion, telle la nécessaire obligation d'avoir en atelier un
référent soudure ; ce à quoi, les spécialistes du texte ont répondu qu'un chef d'atelier d'expérience est
en mesure de répondre à cette demande dans de nombreux cas.
Quelques points, signalés aussi par les entrepreneurs, peuvent présenter des risques de divergence
d'interprétation, et donc devenir source de litige. Là encore, il y a donc eu expression du besoin d'un
guide d'interprétation.
Le monteur a apprécié l'existence d'un texte qui répertorie simplement les exigences que ce corps
de métier réclame, depuis fort longtemps, à chaque affaire, sans avoir eu de réels moyens à ce jour
de les exiger.
Il s'agit de points, simplement découlant du bon sens, mais dont l'absence dans le contractuel ou le
normatif est, là aussi, source de conflits (par exemple : qualité de la plateforme, réception des
supports...).
Dans toutes les interventions, le point systématiquement mis en exergue a concerné les critères de
choix des classes d'exécution. Il y a une crainte de sur-qualité entraînant risque de surcoûts. Il
faudra donc raisonner par parties d'ouvrages et non par ouvrage dans sa globalité, et ce point devra
être éclairci puisqu'il sera à la base de tous les contrats.
Les questions sont nombreuses, les débats, animés ; certaines réactions un peu vives prouvèrent
l'intérêt suscité par ce texte, l'envie d'en savoir plus, voir de modifier rapidement certains points.
Ce à quoi, MM. Gourmelon et Pescatore ont bien précisé que nous n'en sommes plus au stade de
l'élaboration et que tout n'est plus possible. Mais ces réactions nous montrent l'implication de la
profession dans son avenir.

4 - Prochaines échéances
Le texte a été soumis au vote technique et 16 pays européens l'ont approuvé ; les remarques ont été
collectées et leur examen a commencé, en groupe de travail. Ces analyses et discussions vont
continuer.
Le nouveau texte devrait être prêt fin 2006, pour être soumis au vote formel début 2007, puis être
publié comme norme française homologuée mi-2007.
Contrairement aux Eurocodes qui ont une procédure dérogatoire, cette publication entraînera une
annulation des normes d'exécution actuelles et son utilisation deviendra effective pour les
nouveaux contrats.
En attendant, des documents de travail provisoires seront rédigés. Nous les mettrons en ligne sur
www.steelbizfrance.com dès leur parution ; il se pourra toutefois qu'un certain nombre de ces
documents soient en anglais ; la norme définitive disposera, bien sûr ,d'une version française.

5 - Conclusion
Il reste trois tâches à réaliser :
• Finaliser le texte : c'est le travail du groupe de rédaction européen ;
• Informer et former : c'est le travail entre autre du CTICM ;
• Mettre en oeuvre : ce sera le travail de tous dès la publication prévue mi 2007.

Pour en savoir plus :


Allez sur www.cticm.com, rubrique « Norme » où nous mettrons en complément à l'avancement des
différentes parties des Eurocodes, les publications des trois parties de l'EN 1090.
N'hésitez pas non plus, à contacter J.P. Pescatore au 01 30 85 20 54.

Nota :
*BNCM = Bureau de Normalisation de la Construction Métallique, hébergé par le CTICM
**CPU : Contrôle de Production en Usine

Auteur(s) :Christophe ANTOINE