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Qu’est-ce que la responsabilité contractuelle ?

La responsabilité contractuelle fait référence à l’obligation de réparer tous les


dommages qui résulteraient d’une défaillance dans la réalisation des obligations
issues du contrat qui a été conclu par les parties au contrat. La théorie générale
est celle de la liberté contractuelle c’est -à-dire la liberté de rentrer dans le
contrat (contracter) ou de ne pas l’intégrer (refuser le contrat). Il s’agit d’un
principe constitutionnel bien connu en droit cons titutionnel. Cette liberté
constitutionnelle est encadrée par des règles strictes dès lors que l’on décide
d’être partie à un contrat.
En effet, lorsqu’un fait dommageable survient en dehors d’un contrat ou au
cours de l’étape précontractuelle, c’est la re sponsabilité extracontractuelle qui
s’en occupe. Mais tout dommage qui survient lors des relations contractuelles
entre les parties appelle la responsabilité contractuelle de l’auteur du
dommage.
Il faut reconnaître que la responsabilité contractuelle adme t quelques
conditions ; notamment un fait dit de générateur, également un dommage qui
doit exister et il faudra être en mesure de lier ce dommage à l’évènement qui l’a
occasionné (le lien de causalité). Il est aussi permis aux parties d’aménager des
clauses dans le contrat selon leurs volontés (on parle alors d’aménagements
contractuels).
Pour mieux expliquer la responsabilité contractuelle et apporter plus de
précisions aux notions abordées ci-dessus, nous baserons notre développement
sur trois axes. Dans une première partie, nous présenterons la responsabilité
contractuelle en donnant sa définition et ses conditions. Ensuite dans une
seconde partie, nous ferons la lumière entre la responsabilité contractuelle et la
responsabilité délictuelle puis nous prés enterons le régime juridique de la
responsabilité contractuelle.

PRÉSENTATION GÉNÉRALE DE LA RESPONSABILITÉ


CONTRACTUELLE
Aperçu de la responsabilité contractuelle
Définition de la responsabilité contractuelle
Aujourd’hui, la responsabilité contractuelle ne concerne plus seulement le droit
des affaires. Elle est devenue l’apanage de tous les domaines du droit, qu’il
s’agisse de droit privé, en droit public, comme en droit international. Ainsi, le
droit fiscal s’intéresse à la responsabilité contractuelle, par exemple pour les
impôts et les taxes qui sont collectés par l’État ; le droit administratif s’y
intéresse aussi au regard de certains contrats de marchés publics ( contrat
administratif) passés entre les personnes publiques et les personnes privées.
Le principe de la liberté contractuelle
L’un des principes fondamentaux en droit des obligations se retrouve dans le
principe de liberté contractuelle. Selon ce principe, toute personne est lib re de
contracter, parce qu’on ne peut la contraindre à rentrer dans une relation
contractuelle avec autrui. Elle est aussi libre de ne pas contracter. C’est ce
qu’on appelle encore en droit français le principe de l’autonomie de la volonté.
De façon plus claire, on ne peut obliger personne à se soumettre à une
obligation contractuelle. Chacun dispose d’un libre -choix en la matière.
Ce principe de la liberté contractuelle implique deux réalités que nous allons
préciser ci-dessous.
Les conséquences de la liberté de contracter
La première conséquence est l’exercice de la liberté de contracter par chacune
des parties au contrat. Il s’agit en réalité de trois types de libertés : celle de
rentrer dans le contrat, celle de déterminer ses contractants et celles de
déterminer le contenu du contrat. Le contrat peut être frappé de nullité si l’une
de ces libertés fondamentales est bafouée.
Il est toutefois possible de déroger aux règles fondant les libe rtés contractuelles
notamment lorsque le droit commun impose des obligations non dérogatoires
dans certains contrats.
Exemples pratiques : Certaines conventions, comme la souscription d’un contrat
d’assurance, sont imposées à tout citoyen français dans cer tains domaines
comme l’assurance des véhicules.
Dans le domaine de la sécurité sociale, il est institué à partir de 2016 une
protection sociale complémentaire obligatoire en France pour la protection de
santé collective. Cette protection sociale à la charg e des employeurs vise à
couvrir les salariés.
Aussi, en droit du travail, l’employeur doit respecter les droits fondamentaux
des demandeurs d’emploi, ce qui réduit l’autonomie de son choix. Ainsi, la non -
discrimination est un principe à valeur constitutionnelle. La jurisprudence du
Conseil constitutionnel est constante en cette matière. Ne pas le respecter au
moment du recrutement, c’est risquer ensuite des poursuites.
Le consensualisme
La seconde conséquence est le consensualisme des contrats d ans le droit positif
français. En effet, tout contrat suppose une volonté des parties. Dès lors que
l’accord de volonté est donné, le contrat est supposé formé ( article 1109 alinéa
1 du Code civil, contrat consensuel). Seuls certains contrats exigent un
formalisme particulier (par exemple la rédaction d’un écrit lorsqu’il s’agit d’un
contrat de vente d’immeuble).
Toutefois, il exige une restriction au consensualisme des contrats. Il s’agit du
respect de l’ordre public. La notion d’ordre public est intrinsèquement liée à la
situation où il existe un déséquilibre contractuel. En cas de déséquilibre
significatif, on fait jouer la notion d’ordre public en vue de mettre les parties
sur le même pied d’égalité.
Autrement dit, l’ordre public va déroger au principe d’autonomie de la volonté
en évitant qu’une des parties s’en sorte trop gagnant sur l’autre. Il s’agit d’une
protection que le législateur accorde à la partie la plus faible en vue de rétablir
l’équilibre du contrat.
La responsabilité contractuelle ne peut être invoquée lorsque le contrat est bien
exécuté. Toutefois, il faut se demander ce que recouvre l’exécution du contrat
et quels sont ses effets ?
L’exécution du contrat
Le Code civil, en tant que garant de la promesse que se sont fait les contractants
au moment de conclure un contrat, veille au grain et au respect de certains
principes fondamentaux. Dans ce sens, le code permet de distinguer deux effets
du contrat.
L’effet obligatoire du contrat pour les contractants
Le premier principe est relatif à la force obligatoire du contrat pour les
contractants. Le Code civil l’a prévu, les conventions légalement formées par les
contractants sont assimilables à une règle légale qui s’impose à eux. Autr ement
dit, elles tiennent lieu de loi que nul d’entre eux ne peut plus réfuter.
Le corollaire de la force obligatoire du contrat pour les contractants est qu’ils
sont soumis à un principe de bonne foi au moment de l’exécution de leurs
obligations contractuelles. La partie qui est de mauvaise foi sera soumise à la
sanction du juge civil. Pour encadrer ce principe, l’ancien article 1134 a laissé la
place au nouvel article 1104 après la réforme du droit des obligations. Par ce
nouvel article, changer unilatéralement une clause du contrat n’est pas admis.
Le faire constituerait une violation des droits et obligations initialement prévus.
La question de la bonne foi contractuelle
Elle est l’une des préoccupations fondamentales du droit des contrats. Même si
elle n’est pas mentionnée dans le contenu du contrat, l’obligation de bonne foi
est un devoir qui pèse sur chacun des contractants. Certains juristes pensent
d’ailleurs qu’elle est une obligation fondamental e du contrat.
En effet, pour le juriste, il ne suffit pas de bien exécuter le contrat, encore faut -
il le faire avec loyauté et franchise. La jurisprudence s’est, elle aussi, intéressée
à la question. Le juge peut sanctionner toute personne qui viole l’obli gation de
bonne foi.
L’effet relatif du contrat pour les contractants
En droit privé, quelle que soit la forme d’un contrat (contrat
synallagmatique, contrat commutatif / aléatoire, contrat de gré à gré /
d’adhésion, etc.), il n’est applicable qu’entre les parties. Ceci sous -entend que
toutes les tierces personnes ne doivent pas être atteintes par les effets d’un
contrat entre deux ou plusieurs parties. Ceci se justifie dans la mesure où tout
le monde dispose de droits et de libertés garanties par la constitution.

Les conditions de la responsabilité contractuelle


Un fait générateur doit exister
Après la conclusion du contrat, chaque partie a l’obligation de l’exécuter comme
prévu par ses clauses. En cas d’inexécution, c’est la responsabilité contractuelle
du créancier ou du débiteur qui est enclenchée (en fonction de qui a commis la
faute). Il en va de même lorsque celui -ci connait un retard dans
l’accomplissement d’une de ses obligations ou exécu te mal le contrat.
Autrement dit, c’est la défaillance dans la relation contractuelle qui amorce la
responsabilité.
Cependant, la charge sur chaque contractant varie selon que le contrat lui ait
imposé une obligation de résultat ou une obligation de moyens (voir la
différence entre ces 2 obligations ici ). Par ailleurs, la preuve des obligations
varie selon chacun des deux types d’obligation.
Obligation de résultat ou obligation d e moyen
Lorsque nous nous situons sur le terrain d’une obligation de résultat, le fait
générateur est prouvé lorsque le créancier démontre que le résultat convenu au
moment de la formation du contrat n’est pas atteint par son débiteur.
Dans une obligation de moyens, celui qui doit exécuter le contrat n’est pas
soumis à atteindre un résultat donné. Cependant, il doit mettre en œuvre tous
les efforts possibles et les moyens nécessaires en vue de l’atteinte du résultat.
S’il faillit, sa responsabilité sera eng agée en matière contractuelle.
Exemple pratique : Un médecin qui a pris l’engagement de soigner un patient
doit mettre en œuvre toute sa compétence et tous les moyens nécessaires pour
guérir son patient. S’il n’a pas commis une faute particulière, sa respo nsabilité
contractuelle ne peut être engagée.
Mais une question se pose à ce niveau. Avec l’introduction de la loi relative à la
réforme du droit des obligations, les obligations de moyens et de résultat sont -
elles toujours en vigueur ? En effet il faut répondre par l’affirmative. S’il est vrai
que l’ordonnance du 10 février 2016 portant réforme du droit des obligations,
n’a plus explicitement distingué ces deux obligations, du point de vue de la
doctrine, elles continuent de demeurer. Il ne faut donc pas é carter le fait que la
Cour de cassation maintient cette séparation sur le fondement des articles 1231
et 1197 nouveaux.
Cependant, le législateur a prévu que la responsabilité contractuelle d’une
personne peut être engagée si l’exécution du contrat dépend d’une autre dont
elle répond. Ainsi, la responsabilité contractuelle d’un commettant peut être
engagée si c’est son préposé qui a fauté au moment d’exécuter des contrats
donnés.
Il en va de même, si c’est plutôt les choses utilisées par le débiteur qui ne
correspondent pas à ce que son cocontractant attendait de lui.
Un dommage doit survenir
Les liens contractuels sont affectés lorsque l’un des cocontractants subit un
dommage de la part de l’autre au cours de l’exécution du contrat. Le préjudice
subi peut être matériel, corporel ou moral.
Un lien doit exister entre le manquement et le dommage
Si le lien de causalité entre le fait ou la faute et le dommage n’est pas établi,
c’est-à-dire lien de causalité entre l’inexécution du contrat et la survenance du
dommage, il sera difficile de faire jouer la responsabilité contractuelle de la
partie fautive.
Cependant, certaines circonstances tenant aux relations contractuelles peuvent
exonérer la responsabilité du débiteur. La plus importante de ces situations est
la force majeure. Elle s’apparente à une situation d’imprévision qui échappe au
contractant débiteur. À côté de cette situation spécifique, il subsiste celles où le
créancier est à la base lui-même de l’acte qui a empêché le débiteur de bien
exécuter le contrat conclu. Dans ce cas, la responsabilité contractuelle de ce
dernier est partiellement dégagée.
Le schéma ci-dessous présente le résumé des conditions de la responsabilité
civile dont découle l’engagement de la responsabilité contractuelle.
DISTINCTION ENTRE RESPONSABILITÉ DÉLICTUELLE
ET RESPONSABILITÉ CONTRACTUELLE
La distinction
De prime abord, il faut remonter à la notion de responsabilité civile. En droit
civil, la responsabilité civile suppose que toute personne ayant porté un
quelconque tort à une autre doit apporter une juste réparation à l’autre
partie : Article 1240 du Code civil et article 1241 du Code civil . Elle se divise en
deux sous-branches : la responsabilité contractuelle (qui s’applique en cas
d’existence d’une convention entre les parties et qui est soumise au droit des
contrats) et la responsabilité délictuelle (encore appelée responsabilité
extracontractuelle). Le schéma ci-dessous permet de faire le point sur la
responsabilité civile.
Pour établir la différence entre ces deux types de responsabilités, il faut donc
chercher à savoir s’il existe un contrat conclu entre les parties. Si c’est le cas,
nous sommes en matière de responsabilité contractuelle, si ce n’est pas le cas
nous sommes face à la responsabilité dite de délictuelle.
Quand on parle de responsabilité contractuelle, le but poursuivi consiste à ne
pas laisser l’inexécution du contrat impuni ; mais de demander à la partie
fautive de réparer la faute commise par le fait même de l’inexécution du
contrat. La sanction peut appeler un déboursement d’une somme d’argent
comme c’est le cas lors des dommages et intérêts, mais le fautif peut être aussi
astreint à réparer en nature les torts dus à son manquement contractuel.
Il est important de préciser que dû au fait que le régime général de l’une diffère
de celui de l’autre, il n’est pas possible alors de cumuler les deux
responsabilités.
Autrement dit, dans un contentieux lié à la responsabilité civile, si on peut
démontrer un lien contractuel entre les parties on appliquera alors uniquement
la responsabilité contractuelle, dans le cas contraire, c’est la responsabilité
délictuelle qui prévaudra. C’est l’avant-projet de loi de réforme du droit de la
responsabilité civile qui a posé la consécration de ce principe. La raison
principale induite par l’ordonnance portant réforme du dro it des contrats
consistait à éviter l’enrichissement sans cause du bénéficiaire en chargeant deux
fois le débiteur par le jeu de la responsabilité contractuelle et délictuelle.

Les aménagements à la responsabilité contractuelle


Étant donné que les droits et libertés de tous les citoyens sont garantis par les
textes constitutionnels (constitution, Déclaration des droits de l’homme et du
citoyen, préambule de la constitution, etc.), les parties peuvent modifier le
contrat ou y mettre tout ce qu’elles désirent . Les parties peuvent, par exemple
décider d’insérer dans leur contrat des clauses de limitation de leur
responsabilité. Elles peuvent y inclure des évènements pouvant provoquer la fin
de contrat, etc.
Toutefois, les parties doivent respecter les règles im pératives qui assurent
l’ordre et ne pas aller à l’encontre des prohibitions faites par l’État.
C’est par exemple le cas dans le droit de la consommation où les professionnels
ne peuvent introduire des clauses en vue de limiter leur responsabilité ou de la
dégager alors qu’ils sont face à des non professionnels.
Il est loisible aux parties de déterminer également des plafonds que ne devront
pas dépasser les dommages et intérêts. Il peut s’agir d’un montant forfaitaire ou
d’un taux ou pourcentage de la prest ation financière à exécuter. Ces clauses
permettent de fixer pour chaque contractant le montant qu’il devra à l’autre
lorsqu’il n’exécutera pas sa prestation ou qu’il connaîtra un retard significatif
dans la réalisation de la prestation.
Il peut être également prévu dans ce cas que le cocontractant lui adresse une
mise en demeure avant de rompre les relations contractuelles ou d’intenter une
action contre lui.
Lire aussi : La responsabilité pénale des personnes morales . Cours
complémentaire : Cliquez sur le lien afin d’en savoir plus sur ce sujet �