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ÉTAN CH ÉITÉ. IN F O # 43  SE PT.

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I S O l at I O n D E S t O I t u R E S - t E R R a S S E S

Il ne suffit pas d’augmenter


les épaisseurs
Les exigences de performance énergétique poussent les
concepteurs à augmenter significativement les épaisseurs d’isolant
en toiture, au-delà des contraintes réglementaires. Des dispositions
qui n’autorisent pas à s’affranchir des règles de l’art. aDElInE DIOnISI

O
n le constate dans les appels d’offres, dans les
CCTP, sur les chantiers : les épaisseurs d’iso-
lant mises en œuvre sur les toitures-terrasses
augmentent au même rythme que les exigences de
performance énergétique du bâti imposées par les
réglementations thermiques. Avec la RT 2012, des
épaisseurs de 240 voire de 300 mm ne sont plus
anecdotiques. Pour atteindre les niveaux de résis-
tance thermique (R) requis en évitant les charges trop
importantes sur la structure, il arrive également que
certains concepteurs s’autorisent quelques libertés
avec les règles de l’art décrites dans les NF DTU, en
isolant également la sous-face de la toiture.

RéféREntIElS
Ces évolutions posent un certain nombre de ques-
tions : ces dispositions constructives répondent-elles

© Isover
toujours de façon optimale aux résultats attendus ?
Comment s’effectuent les calculs de performance
des toitures ? Que doit-on y intégrer et de quelle et étanchéité des points singuliers de toiture avec Sur acier et bois, les apports de
manière ? Ne risquent-elles pas d’être à l’origine éléments porteurs en maçonnerie » parues en mars charges admissibles sont limités afin
de désordres ? Pour y répondre et accompagner les dernier. d’éviter les surdimensionnements
maîtres d’ouvrage, les maîtres d’œuvre et l’ensemble Quel que soit l’élément porteur, les NF DTU 43.1 de structure.
des professionnels de l’étanchéité, la Chambre syn- (béton), 43.3 (acier), 43.4 (bois) et les Avis
dicale française de l’étanchéité (CSFE) a publié en Techniques des procédés sont unanimes : l’isola-
mai 2012 les Recommandations professionnelles tion thermique est mise en œuvre sur l’élément
n°4 pour la conception de l’isolation thermique des
toitures-terrasses et toitures inclinées avec étan-
chéité (téléchargeables gratuitement sur l’application l’isolant en sous-face
kiosque étanchéité et bardage et sur www.etancheite. Selon le NF DTU 43.4, repris dans les Recommandations professionnelles n° 4 de la CSFE,
com), reprises en partie, pour les éléments porteurs le principe de la toiture froide ventilée est admissible sur élément porteur en bois. Mais les conditions
en maçonnerie dans le Cahier des prescriptions d’application sont strictes : l’ouvrage sera de petites dimensions, à forte pente et avec une
techniques n°3741 du CSTB. Leurs objectifs : « définir géométrie adaptée afin de permettre un tirage assurant une ventilation efficace de la lame d’air.
les bonnes pratiques en matière de pose de l’isolation Les locaux concernés doivent être classés à faible et moyenne hygrométrie. L’isolation thermique
thermique en toitures avec étanchéité, dans le neuf est mise en œuvre sous une lame d’air ventilée communiquant avec l’extérieur, créée sous l’élément
comme en rénovation sur toutes les natures d’élément porteur. L’épaisseur de la lame d’air et la section totale de la ventilation sont fonction de la longueur
porteur ». Ce document a également servi de base de du rampant, de la classe d’hygrométrie du local sous-jacent et de la perméance du plafond. Cette
travail pour l’élaboration des Recommandations pro- solution est en pratique très peu utilisée, car délicate à gérer sur le plan de la ventilation, et les fortes
fessionnelles RAGE 2012 sur l’« Isolation thermique épaisseurs d’isolant requises actuellement militent encore moins pour cette solution.
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principe de la règle des 2/3 - 1/3

1/3 de la résistance 2/3 de la résistance


thermique totale
Pare-vapeur

thermique totale
© Gitec Constructions

Les très fortes épaisseurs d’isolant porteur, sous le revêtement d’étanchéité (ou effet largement fait leur preuve. Elles assurent une
sont de plus en plus courantes. au-dessus selon le principe de l’isolation inversée meilleure pérennité de l’ouvrage et protègent le bâti
dans le cas des éléments porteurs béton). Seul le des chocs thermiques, tout en éloignant les risques
NF DTU 43.4 admet une variante avec pose de de condensation. Mais sont-elles compatibles, dans
l’isolant en sous-face dans un principe de toiture les cas des structures légères, avec l’augmentation
froide ventilée (voir encadré). des épaisseurs d’isolant et les surcharges induites ?
« Il faut stopper cette course à l’épaisseur », propose
RèGlE DES 2/3 - 1/3 Michel Piquet, directeur technique chez Recticel. Il
Une alternative au principe de mise en œuvre de est en effet aujourd’hui admis que « la consommation
les isolants l’isolant sur l’élément porteur existe, bien que non énergétique d’un ouvrage diminue significativement
visée dans les NF DTU, mais doit être pratiquée sur les premiers centimètres d’isolant puis diminue
admissibles avec prudence. Pour les toitures à éléments porteurs lentement jusqu’à une asymptote », confirme Claude
• Sous membrane d’étanchéité en acier ou en bois, elle consiste, pour des locaux Da Silva, responsable développement France chez
bitumineuse : classés à faible ou moyenne hygrométrie, à admettre Rockwool. Le risque : surisoler pour un gain ther-
- tous les isolants dits soudables : laine qu’une partie de l’isolation puisse être disposée en mique parfois limité. Le coût induit, tant en termes de
minérale, perlite expansée, sur partie sous-face de l’élément porteur. À condition que quantité de matériaux que de dimensionnement de
courante comme en relevé ; le point de rosée calculé en régime permanent la structure, n’est donc pas toujours justifié. Pourtant,
- le verre cellulaire sur partie courante reste toujours situé au-dessus du pare-vapeur ou il reste difficile aujourd’hui de déterminer à partir de
comme en relevé ; de l’élément porteur acier lorsque le pare-vapeur quelle valeur de résistance thermique, le rapport entre
- les isolants en polyuréthane n’est pas obligatoire. En première approximation, gain énergétique et épaisseur se dégrade. D’autant
et polyisocyanurate (en relevé, cela conduit à « répartir l’isolation en surface et plus que « la réglementation thermique exprime la
uniquement lorsqu’ils sont aptes à sous-face de l’élément porteur en respectant un ratio performance de la toiture en termes de coefficient de
recevoir un revêtement auto-adhésif) ; d’environ 2/3 de la résistance thermique totale de transmission surfacique (U), exprimé en W/m².K,
- les isolants en polystyrène expansé, la paroi au-dessus du pare-vapeur ou de l’élément qui intègre les ponts thermiques de la paroi et non en
en partie courante uniquement. porteur et de 1/3 en dessous », souligne Julien résistance thermique (R) qui n’est qu’une caractéris-
• Sous membrane d’étanchéité Lamoulie, ingénieur construction au sein de l’Ins- tique intrinsèque du matériau isolant », rappelle Henri
synthétique, sur partie courante titut Technologique Forêt Cellulose Bois-construction Desgouilles, président de la commission nationale
comme en relevé : laine minérale, Ameublement (FCBA). Cette solution est intégrée technique de la CSFE. Et pourtant, beaucoup d’acteurs
perlite expansée, verre cellulaire, dans les Recommandations professionnelles de la raisonnent encore à partir du R de l’isolant, valeur
polyuréthane, polyisocyanurate et CSFE et dans celles de RAGE 2012 sur l’ « isola- qui aura tendance à mener vers la surisolation. Or,
polystyrène expansé. tion thermique des sous-faces des toitures chaudes à les calculs le montrent, « plus la résistance thermique
• En isolation inversée, en partie élément porteur en bois relevant du NF DTU 43.4 » de l’isolant est importante, plus les ponts thermiques
courante comme en relevé : parues cet été. Elle s’avère particulièrement utili- sont impactants », souligne Michel Piquet. Comme
polystyrène extrudé. sée avec les éléments porteurs en bois et tend à se l’explique Nicolas Robert, ingénieur au pôle conseil
Les isolants dits biosourcés, par développer sur les bâtiments en acier. Le béton est rénovation du bureau d’études Pouget Consultants :
exemple à base de bois ou de chanvre, moins concerné, essentiellement pour des raisons « Mieux vaut traiter les ponts thermiques qu’augmenter
ne sont actuellement pas admis, pratiques de réalisation des plafonds isolants. les épaisseurs d’isolant ». Aujourd’hui, les solutions
n’ayant pas apporté la justification La CSFE encourage toutefois à privilégier les concep- existent pour la plupart d’entre eux et sont disponibles
de leur aptitude à l’emploi et de leur tions traditionnelles avec la totalité de l’isolation dans les documents techniques mis à disposition des
durabilité pour cet usage. au-dessus de l’élément porteur. Ces dernières ont en professionnels. l
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© Etanco
I S O l at I O n

Identifier, calculer et traiter


les ponts thermiques
Les performances énergétiques des toitures-terrasses dépendent
en grande partie du traitement des ponts thermiques. Les Avis
techniques, les Recommandations professionnelles de la CSFE et
les nouveaux documents RAGE 2012, proposent aujourd’hui des
solutions pour les gérer sans dommage pour l’ouvrage. aDElInE DIOnISI

L
es ponts thermiques sont responsables de déper- de transmission surfacique des premières (Up) sera Les attelages à rupteur de pont
ditions qui peuvent dépasser, pour certains donc largement impacté par les ponts thermiques thermique font tendre le 𝜒fixation vers 0.
bâtiments, 40 % des déperditions totales à tra- de fixations alors que pour les secondes, ce sont les
vers l’enveloppe. Les identifier suppose d’abord de ponts thermiques d’acrotère qui influeront le plus
raisonner en termes de natures d’élément porteur sur les performances de la terrasse.
« car la conception des toitures diffère tout comme
les modes de pose », souligne Gérard Persuy, chef de p O n t S t h E R m I q u E S D E f I x at I O n
marché national étanchéité chez Knauf. « Sur tôles « Tous les Avis techniques (ATec) d’isolants donnent
d’acier nervurées, l’isolant et la membrane d’étanchéité un exemple de calcul déterminant la manière dont
sont le plus souvent fixés mécaniquement. Sur béton, les ponts thermiques de fixation seront pris en
en revanche, l’isolant est collé dans la très grande compte », souligne Dominique Royer directeur
majorité des cas car la dalle est généralement plane en technique chez Smac. Intitulé « Détermination de
partie courante », ajoute Claude Da Silva, responsable la résistance thermique », il y est précisé que « les
développement France chez Rockwool. Le coefficient modalités de calcul de Up ou coefficient de déper-
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Le marché des fixations est tenu


à 90 % par les attelages métalliques,
les fûts plastiques en représentent
10 %.

© Sarec

dition par transmission à travers la paroi-toi- mise en œuvre manuelle. « En France, la pose auto-
ture sont données dans les règles Th-Bât/Th-U. Pour matisée reste rare, contrairement à l’Allemagne par
le calcul, il faut prendre en compte la valeur Rutile du exemple. Or, jusqu’à présent, les fixations à rupteur
panneau mentionnée dans le dossier technique de de ponts thermiques étaient très difficiles voire im-
l’ATec ». Dans le cas de la fixation mécanique des possibles à mettre en œuvre à la main », explique
panneaux d’isolant ou des revêtements d’étanchéi- le directeur technique d’Etanco. Les fabricants de
té, les ponts thermiques intégrés liés aux fixations fixations ont donc innové en ce sens et proposent
seront pris en compte de la manière suivante : aujourd’hui des produits axés sur le confort de
Up = Uc + ΔUfixation avec ΔUfixation = Σχfixation/A. pose. « Cet argument ne tient donc plus, pas plus
« Dans le cas le plus courant des toitures-terrasses que celui du prix », poursuit Philippe Tolleret.
en acier, avec les fixations mécaniques classiques
avec vis autoperceuses, le pont thermique intégré est
d’environ 0,03 W/m².K », ajoute Dominique Royer.
L’alternative constituée par les fixations à rupteur les typologies de ponts thermiques
de pont thermique permet de faire tendre le χfixation Les ponts thermiques peuvent être classés selon trois familles :
vers 0. « Par exemple, pour un même diamètre, le - Les ponts thermiques linéaires, exprimés en W/(m.K), caractérisent les déperditions à la jonction
χfixation d’un attelage métallique sera de 0,006 W/K, de deux parois. « La RT 2012 limite, dans le cadre des exigences de moyens, le ratio de transmission
qui est la valeur par défaut mentionnée dans les thermique linéique moyen global des ponts thermiques du bâtiment RatioΨ
règles Th-Bât. Avec un fût plastique, cette valeur à 0,28 W/(m2SHONRT.K) », rappelle Lise Boussert, déléguée technique de la CSFE.
descend jusqu’à 0,0008 W/K », précise Philippe Tol- - Les ponts thermiques ponctuels, exprimés en W/K, caractérisent les déperditions à la jonction
leret, directeur technique et du co-développement de trois parois, par exemple au droit d’un angle haut entre deux murs de façades et la toiture.
chez Etanco. - Les ponts thermiques structurels ou intégrés à une paroi donnent lieu à des déperditions
thermiques supplémentaires par rapport à la partie courante, qu’il faut intégrer dans le
p O S E D E S f I x at I O n S coefficient surfacique intrinsèque Up de la paroi considérée. Cette valeur est la donnée d’entrée de
Les attelages métalliques constituent encore près la performance de la paroi au regard de la RT 2012. Les fixations mécaniques des isolants et des
de 90 % du marché. Deux raisons à cela : leur prix, revêtements d’étanchéité en toiture ainsi que les lanterneaux sont des éléments intégrés à la paroi,
en moyenne 20 % moins élevé que les solutions générant ce type de ponts thermiques ponctuels.
à rupteur de ponts thermiques, et leur facilité de Source : le courrier de l’étanchéité
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En effet, la suppression des ponts thermiques conforme au NF DTU 20.12. Enfin, l’isolation sur
de fixation limite de fait l’augmentation des épais- la face intérieure de l’acrotère n’est justifiée ther- les valeurs
seurs d’isolant. Pour les fabricants de ces disposi- miquement que sur une hauteur de 0,60 m maxi-
tifs, cela ne fait pas de doute : le surcoût généré mum au-dessus du plan de l’isolant de la partie de la paroi
par les fixations plastiques est donc largement ou courante de la toiture. Au-delà, l’incidence sur le A : surface totale de la paroi, (m2)
totalement amorti et les surépaisseurs évitées. calcul du coefficient de transmission linéique Ψ R : résistance thermique d’un iso-
est faible. Si l’acrotère fait moins de 0,60 m de lant exprimant sa résistance au pas-
hauteur, il sera isolé en totalité, y compris sur sa sage d’un flux de chaleur (m2.K/W)
pOntS thERmIquES D’acROtèRE
face supérieure. « L’attribution des prestations est Rutile : calculée à partir de la
Sur les éléments porteurs en béton, avec une isola-
tion thermique par l’extérieur des façades, les ponts ici déterminante, souligne Gérard Persuy. À qui re- résistance du matériau déclarée par
thermiques générés au niveau des acrotères des vient l’isolation de cette face supérieure ? Qui met en l’industriel (Rd) pondérée par
toitures-terrasses peuvent être traités par isolation œuvre la couvertine ? La coordination avec le faça- un coefficient 1 s’il est certifié Acermi
de ces reliefs. La CSFE s’est emparée de cette pro- dier doit être strictement définie. » ou minorée de 15 % s’il ne dispose
blématique avec la publication en mai 2012 de ses L’isolant d’acrotère sera systématiquement posé en d’aucune certification.
Recommandations professionnelles n°4. Un cha- une seule couche, généralement directement sur Uc : coefficient de déperdition
pitre spécifique y est consacré afin d’accompagner l’élément porteur. Son R n’excédera pas 2 m².K/W. de la toiture en partie courante,
les étancheurs dans les dispositions à prendre pour Il a été démontré qu’au-delà, son incidence sur sans ponts thermiques intégrés.
ces reliefs. Les dispositions présentées reposent sur le pont thermique est négligeable. « De plus, cette Up : exprimé en W/m2.K, il
des calculs réalisés au sein de la Chambre syndi- épaisseur réduite garantit la bonne tenue du rele- correspond au coefficient de
cale. Le document met en lumière trois principes vé », précise Lise Boussert, déléguée technique transmission surfacique de la paroi,
fondamentaux. Tout d’abord, les acrotères ne sont de la CSFE. Un compartimentage de l’isolant de c’est-à-dire le flux de chaleur à
isolés sur leur face intérieure que si la façade est partie courante sera réalisé, soit par remontée du travers un mètre carré de paroi
elle-même isolée par l’extérieur. Ensuite, l’isolant pare-vapeur sur isolant avec équerre, selon les pour une différence de température
doit toujours être appliqué sur un relief en béton dispositions du paragraphe 6.3 du CCT du NF d’un degré entre les deux ambiances
que sépare cette paroi, avec ponts
thermiques intégrés.
χfixation : coefficient ponctuel du
Exemple de mise en œuvre de l’isolation thermique pont thermique intégré, exprimé en
W/K, fixé en fonction du diamètre
des acrotères en béton des fixations métalliques :
Ø 4,8 mm → χfixation = 0,006 W/K et
Relevé d’étanchéité sur isolant apte à B c
Ø 6,3 mm → χfixation = 0,008 W/K
recevoir un revêtement bitumineux soudé ΔUfixation : coefficient majorateur de
(laine minérale et perlite) apparent déperdition de la toiture dû aux ponts
D thermiques de fixations.
Ψ : coefficient de transmission
OUVRAGES D’ÉTANCHÉITÉ
linéique correspondant au flux de
1 Pare-vapeur 3
chaleur à travers une liaison ou une
2 Panneau isolant vertical d’acrotère
ossature pour une différence de
3 Fixations de l’isolant 7 9 8 6
température d’un degré entre les
4 Équerre de compartimentage avec talon
deux ambiances que sépare la paroi
de 0,06 m minimum soudé a
correspondante, ramené à un mètre
5 Panneau isolant de surface courante
de longueur de cette liaison ou cette
6 1ère couche du revêtement d’étanchéité –
ossature.
cas du bicouche
λ : coefficient de conductivité
7 Équerre de renfort (ou 1ère couche du
thermique (lambda, exprimé
relevé d’étanchéité dans le cas de toiture
en W/(m.K)) caractérisant un
végétalisée ou destinée à la retenue
2 4 5 1 matériau. Il correspond au flux
temporaire des eaux pluviales)
de chaleur traversant un mètre
8 2e couche du revêtement d’étanchéité
AUTRES OUVRAGES d’épaisseur de ce matériau pour une
9 Relevé d’étanchéité avec retour sur le
a Isolation thermique par l’extérieur (ITE) différence de 1 °C entre les deux faces
dessus de l’acrotère de 0,15 m minimum,
B Isolant rapporté sur étanchéité en tête du matériau.
soudé sur 0,05 m minimum sur EIF
d’acrotère
c Couvertine
Source : Recommandations professionnelles n°4 de la CSFE D Sabot pour garde-corps
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DTU 43.1 lorsque l’isolant vertical est posé di-
rectement sur l’élément porteur, soit par la mise en
œuvre de deux équerres, lorsque l’isolant vertical
est posé sur l’isolant en partie courante.
Pour illustrer ces dispositions, l’ensemble des
recommandations est accompagné de nombreux
schémas et exemples de mise en œuvre selon dif-
férentes configurations (voir exemple de coupe).
À noter également que la CSFE travaille actuelle-
ment à l’élaboration d’une extension de ces recom-
mandations au cas des terrasses accessibles et d’un
document spécifique se rapportant aux toitures
avec élément porteur en tôles d’acier nervurées.

RaGE 2012
Complétant ces préconisations, dans le cadre du
programme RAGE 2012, ont été publiées en mars

© Soprema
2014 des Recommandations professionnelles
intitulées « Isolation thermique et étanchéité des
points singuliers de toiture avec éléments porteurs
en maçonnerie » (voir Etanchéité.Info n°41). Le 01 02
document complète les règles de l’art existantes en La précision est de mise pour la
précisant pour la première fois certaines disposi- découpe et la pose des panneaux
tions constructives jusque-là absentes de la litté- d’isolant.
rature technique. C’est le cas notamment du rac-
cordement du relevé d’étanchéité isolé en pied de 02
façade isolée par l’extérieur. Joints de gros œuvre, L’isolation de la face intérieure des
ressauts, gradins et escaliers font l’objet de dis- acrotères n’est nécessaire qu’en cas
positions spécifiques, tout comme « l’isolation des d’isolation thermique par l’extérieur
émergences hautes de toitures (locaux techniques) et de la façade.
les fixations de garde-corps », précise Lise Boussert.
Ces derniers seront fixés sur la face supérieure de
l’acrotère avec sabot déporté ou par fixation en
applique sur l’intérieur de l’acrotère, au-dessus
du relevé d’étanchéité. Le cas de l’isolation des
caniveaux et chéneaux est également abordé. Il
est rappelé qu’ils ne doivent comporter ni joint
plat ni joint surélevé. Les ouvrages seront dimen-
sionnés en tenant compte des épaisseurs d’isolant
thermique en partie courante et dans le chéneau.
Quant aux couvertines, le document insiste sur le
fait que ces systèmes sont à la jonction de deux
ouvrages, la toiture et la façade. Par conséquent,
« il est impératif que les DPM indiquent la réparti-
tion des travaux, la responsabilité des entreprises et
la coordination entre les corps d’état ».
Aujourd’hui, il est possible d’affirmer que, sur élé-
ment porteur en béton, le traitement de la quasi- les ponts thermiques de fixation
totalité des ponts thermiques est connu, au moins
sur le papier. Sur le terrain, Nicolas Bretault, chef sur élément porteur en bois
de produit étanchéité et bardage métallique chez Aucune méthode de calcul n’a été actée à ce jour pour les toitures avec élément porteur en bois et
Isover, rappelle qu’ « une grande précision doit être dérivés du bois avec attelages de fixations traditionnels (de même que pour le béton). Il n’était pas
portée à la découpe et à la mise en œuvre des pan- usuel jusqu’alors de les prendre en compte. Des études spécifiques peuvent être faites au cas par
neaux ». l cas. Elles concernent plutôt des solutions avec attelages à rupture thermique.