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Nombres remarquables

Tebtoub A. F.

13 septembre 2020
Table des matières

1 Nombres de Stirling 3
1.1 Nombres de Stirling de seconde espèce . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.1 Définition et relation de récurrence . . . . . . . . . . . 3
1.1.2 Valeurs particulières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.3 Relation avec les puissances descendantes . . . . . . . 5
1.1.4 Forme explicite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Nombres de Stirling de première espèce . . . . . . . . . . . . 8
1.2.1 Définition et relation de récurrence . . . . . . . . . . . 8
1.2.2 Valeurs particulières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.3 Relation avec les puissances ascendantes . . . . . . . 10
1.2.4 Forme explicite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

2 Nombres Eulériens 12
2.0.1 Définitions et relation de récurrence . . . . . . . . . . 12
2.0.2 Valeurs particulières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.0.3 Relation entre les puissances ordinaires et les coeffi-
cients binomiaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

3 Nombres de Fibonacci 15
3.1 Quelques identités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.2 Triangle de Pascal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.2.1 Directions dans le triangle de Pascal . . . . . . . . . . 18
3.2.2 Relation avec les nombres de Fibonacci . . . . . . . . 20

1
introduction

Dans ce chapitre, nous allons parler de quelques suites importantes, tels


que : les nombres de Stirling des deux espèces, les nombres de Lah, les
nombres Eulériens.

2
Chapitre 1

Nombres de Stirling

Les nombres de Stirling de première et de seconde espèces introduient


par James Stirling dans son ouvrage Methodus Differentialis (1730). Ils
représentent respectivement les coefficients à appliquer aux puissances ordi-
naires pour obtenir les puissances factorielles, et aux puissances factorielles
pour obtenir les puissances ordinaires.
Ces nombres sous différentes appellations intéressent plusieurs mathématiciens
dans le 18ème et 19ème siècles. Ch. Jordan (1939) donne une présentation
approfondie de ces nombres dans son ouvrage sur les différences finies. L. La-
grange s’intéresse aux relations de récurrence et aux propriétés théoriques
des nombres de Stirling de première espèce, ensuite, P. S. Laplace et A.
Cayley fournissent plusieurs approximations de ces nombres. A. Cauchy,
N. Nielsen et d’autres étudièrent plus profondément les nombres des deux
espèces.
On adopte pour ce qui suit les notations utilisées par J. Karamata pour
désigner les nombres de Stirling des deux espèces.
Les nombres de Stirling de seconde espèce apparaissent plus souvent, c’est
pour ça nous allons commencer par les étudier en premier.

1.1 Nombres de Stirling de seconde espèce


1.1.1 Définition et relation de récurrence
Definition 1.1.1. Les nombres de Stirling de seconde espèce, notés nk ,


comptent le nombre de partitions de l’ensemble [n] en k sous-ensembles non


vides.

Un tel partage s’appelle : une partition d’ensemble

Exemple 1.1.1. Ils existent sept partitions d’un ensemble de quatre élements
en deux sous ensembles :

3
CHAPITRE 1. NOMBRES DE STIRLING 4

{1, 2, 3} {4},{1, 2, 4} {3},{1, 3, 4} {2},{2, 3, 4} {1},


{1, 2} {3, 4},{2, 3} {1, 4},{1, 3} {2, 4}.
4
Donc : 2 = 7.
Les nombres de Stirling de seconde espèce satisfont la relation de récurrence
suivante :
 
n
= δ0,n si k = 0,(1.1)
k
     
n n−1 n−1
= k + si k > 0. (1.2)
k k k−1
Où : δ0,n = 1 si n = 0 et 0 sinon.

Démonstration. On cherche à partitionner un ensemble de n élements en


k sous-ensembles non videe. Alors il suffit de
 raisonner sur l’élement n. Si
cet élement forme un singleton, alors on a n−1

k−1 de partitionner les n − 1
élements restants en k − 1 sous-ensembles. Si, d’autre part, l’élement n ne
forme pas un singleton, alors on a n−1

k possibilités de partitionner les n−1
élements en k sous-ensembles et on a k possibilités de placer n dans chacune
des partitions possibles.

Cette relation de récurrence nous permet de tracer le tableau suivant :


nk 0 1 2 3 4 5 6 7 8
0 1
1 0 1
2 0 1 1
3 0 1 3 1
4 0 1 7 6 1
5 0 1 15 25 10 1
6 0 1 31 90 65 15 1
7 0 1 63 301 350 140 21 1
8 0 1 127 966 1701 1050 266 28 1
9 0 1 255 3025 7770 6951 2646 462 36
10 0 1 511 9330 34105 42525 22827 5880 750

Table 1.1 – Triangle des nombres de Stirling de seconde espèce 2 (Sur OEIS
A048993).

1.1.2 Valeurs particulières


n
— 1 = 1. En effet, il y a exactement une façons de mettre n élements
dans un seul sous-ensemble non vide ;
0
— 0 = 1. Par convention ;
CHAPITRE 1. NOMBRES DE STIRLING 5

n
— 2 = 2n−1 − 1, (n > 0). En effet, Si on divise un ensemeble à n
élements en deux sous-ensembles non vides, l’une de ces deux parts
contients le dernier élement et un sous ensemble des n − 1 élements
restants ; et il y a 2n−1 possibilités, car chaque élements est soit dans
un ensemble soit dans l’autre. Toutefois, il ne faut pas y mettre la
totalité des n − 1 élements dans un seul sous-ensemble, car sinon
l’autre sera vide. C’est pourquoi on soustrait 1.

1.1.3 Relation avec les puissances descendantes


Théorème 1.1.1. Pour tout, n ≥ k > 0, on a :
X n
n
x = xk , (1.3)
k
k

où : xk = x(x − 1) · · · (x − (k − 1)).

Exemple 1.1.2.

— x1 = x1 ;
— x2 = x2 + x1 ;
— x3 = x3 + 3x2 + x1 ;
— x4 = x4 + 6x3 + 7x2 + x1 .

x0
     0
coefficients x
 x1   du   x1 
 2 
 x   triangle   x2 
  
     
∗ . 
 . =
De manière générale, on a :  de
 
  
 .   Stirling   . 
     
 .   de seconde   . 
xn éspèce xn

Démonstration. 1. Preuve par induction : Supposons que (1.3) est


vraie jusqu’à l’ordre n − 1 et montrons qu’elle reste vraie à l’ordre n.
On a : xk+1 = xk (x − k) = xxk − kxk , d’où : xxk = xk+1 + kxk .
CHAPITRE 1. NOMBRES DE STIRLING 6

X n − 1
n−1
xx = x xk ,
k
k
X n − 1
= xk x,
k
k
X n − 1 X n − 1 
k+1
= x + k xk ,
k k
k k
X n − 1 X n − 1 
= xk + k xk ,
k−1 k
k k
X n − 1 
n−1

= +k xk ,
k−1 k
k
X n
= xk .
k
k

2. Preuve combinatoire :

(a) Soit
xn = x ∗ x ∗ x ∗ · · · ∗ x. (1.4)
Supposons qu’on a x chemins et n personnes, l’affectation des
personnes un à un à un chemin, possède xn possibilités, car chaque
personne a le choix entre les x chemins.
(b) Soit
X n 
xk . (1.5)
k
k

Supposons maintenant qu’on a x chemins et n personnes, et on


veut affecter k groupes de personnes aux chemins (deux groupes
ne peuvent pas être dans le même chemin), alors :
— le premier groupe a le choix entre les x chemins ;
— le deuxième groupe a le choix entre les x − 1 chemins restants ;
— .
— .
— .
— le k ieme groupe a le choix entre les (x − (k − 1)) chemins
restants. On obtient : x(x − 1) · · · (x − (k − 1)) = xk .
Les partitions des n personnes en k groupes est égal à nkP. Ainsi


l’ensemble de toutes les possibilités sur k est donné par : k nk .




De (a) et (b), on obtient : xn = k nk xk .


P 
CHAPITRE 1. NOMBRES DE STIRLING 7

1.1.4 Forme explicite


Théorème 1.1.2. Pour tout n ≥ k > 0, on a :
  k  
n 1 X j k
= (−1) (k − j)n . (1.6)
k k! j
j=0

Démonstration. Soit E l’ensemble des applications de A → B et F un sous


ensemble de E représentant les applications surjectives.
Appliquons maintenant le principe d’inclusion exculsion pour trouver le
nombre des applications surjective F (A, B), où |A| = n et |B| = k.
On sait que |E| = |B||A| = k n et |F | = k! nk (car l’ensemble des antécedants


constitue une partition de A).

Donc par le principe d’inclusion exclusion, on a :


[ [ [
|F | = k n − A1 A2 · · · Ak ,

où : |A1 A2 · · · Ak | = kj=1 (−1)j+1 i1 <i2 <···<ij Ai1 Ai2 · · · Aij .


S S S P P T T T
T T T
Donc : Ai1 Ai2 · · · Aij est le cardinal des applications non surjectives,
càd les j élements de B qui n’ont pas d’antécedants, il y a alors kj façons


de choisir les j élements de B et pour les (k − j) restants, on aura (k − j)|A|


applications possibles.
Donc :
[ [ [
|F | = k n − A1 A2 · · · Ak ,

k  
j+1 k
X
n
= k − (−1) (k − j)n ,
j
j=1
k  
n
X kj
= k + (−1) (k − j)n .
j
j=1

0
Pour j = 0, on obtient : (−1)0 (k − 0)n = k n .

j
Donc :
k  
X kj
|F | = (−1) (k − j)n ,
j
j=0
  k  
n X
j k
k! = (−1) (k − j)n ,
k j
j=0
  k  
n 1 X j k
= (−1) (k − j)n .
k k! j
j=0
CHAPITRE 1. NOMBRES DE STIRLING 8

1.2 Nombres de Stirling de première espèce


Definition 1.2.1. Un cycle est une configuration cyclique comme les col-
liers.

Il peut s’ecrire, de façons plus compacte, [A, B, C, D], en convenant que :

[A, B, C, D] = [B, C, D, A] = [C, D, A, B] = [D, A, B, C].

Ainsi, un cycle reste le même si on lui fait subir des décalages circulaires,
car son début et sa fin sont reliés.

— Un cycle singleton représente la même chôse qu’un ensemble single-


ton.
— Un cycle à deux éléments est identique à un ensemble à deux éléments,
car [A, B] = [B, A] comme {A, B} = {B, A}.
— En revanche, il existe deux cycles différents à trois éléments [A, B, C] =
[A, C, B].

1.2.1 Définition et relation de récurrence


Definition 1.2.2. Les nombres de Stirling de première espèce, notés nk ,
 

comptent le nombre de façons de répartir n objets en k cycles (le nombre


des n-permutations à k cycles).

Exemple 1.2.1. Ils y a onze façons de former deux cycles avec quatre
éléments :
[1][2, 3, 4], [2][1, 3, 4], [3][1, 2, 4], [4][1, 2, 3],
[1][2, 4, 3], [2][1, 4, 3], [3][1, 4, 2], [4][1, 3, 2],
[1, 2][3, 4], [1, 3][2, 4], [1, 4][2, 3].

Les nombres de Stirling de première espèce satisfont la relation de récurrence


suivante :
 
n
= δ0,n si k = 0,(1.7)
k
     
n n−1 n−1
= (n − 1) + si k > 0. (1.8)
k k k−1

Où : δ0,n = 1 si n = 0 et 0 sinon.


CHAPITRE 1. NOMBRES DE STIRLING 9

Démonstration. On cherche le nombre de répartition de n objets en k cycles.


Alors il suffit de raisonner
n−1 sur le dernier objet n. Soit il constitue un cycle en
lui seul, alors on a k−1 de répartir les n−1 élements restants en k−1 cycles.
Si, d’autre part, l’élement n est inséré dans un cycle des n−1
 
k répartitions
possibles des (n − 1) premiers objets. Dans ce cas il a (n − 1) façons d’insérer
n.

Cette relation de récurrence nous permet de tracer le tableau suivant :

nk 0 1 2 3 4 5 6 7 8
0 1
1 0 1
2 0 1 1
3 0 2 3 1
4 0 6 11 6 1
5 0 24 50 35 10 1
6 0 120 274 225 85 15 1
7 0 720 1764 1624 735 175 21 1
8 0 5040 13068 13132 6769 1960 322 28 1
9 0 40320 109584 118124 67284 22449 4536 546 36
10 0 362880 1026576 1172700 723680 269325 63273 9450 780

Table 1.2 – Triangle des nombres de Stirling de première espèce (Sur OEIS
A132393).

1.2.2 Valeurs particulières


n
— 1 = n−1!. Pour tout n > 0, il existe n!
n = n−1! cycles de n éléments
distincts. En effet, il y a n! permutations de n éléments, et chaque
cycle correspond à n d’entre elles car chacun des élements du cycle
peyt être le début d’une permutation ;
0
— 0 = 1. Par convention ;
n
≥ nk , n ≥ k ≥ 0. Car chaque partition d’un ensemble corres-

— k
pond au moins une configuration de cycles. On a égalité lorsque tous
les cycles sont des singletons ou des doubletons, car dans cas un cycle
équivaut à un ensemble.
n
= nn = 1. En effet, tous les cycles ou sous-ensembles sont des
 
— n
singletons.

n
 n 
= n2 . En effet, de répartir n objets dans n − 1 cycles
 
— = n−1
n−1
ou sous-ensembles est égal au nombre de façons de choisir les deux
CHAPITRE 1. NOMBRES DE STIRLING 10

objets qui seront dans le même cycle ou sous-ensemble.


Pn n
= n!. nk represente le nombre de permutations
   
— k=0 k de n objets
qui possèdent exactement k cycles ; si on somme nk sur tout k, on
 

obtient donc
4le nombre
4 4total4des
 permutations.
Exemple : 0 + 1 + 2 + 3 + 44 = 0 + 6 + 11 + 6 + 1 = 24 = 4!.


Toute permutation est équivalante à un ensemble de cycles. Considérons


par exemple la permutation qui transforme 123456789 en 384729156.
Une bonne façon de la représenter consiste à l’écrire sur deux ligne :

123456789
384729156

La structure de cycle apparaı̂t lorsqu’on dit que 1 devient 3, qui


devient 4, qui devient 7, qui devient l’élément d’origine 1. Cela forme
le cycle [1, 3, 4, 7]. Il y a deux autre cycles aussi : [2, 8, 5] et [6, 9]. Par
conséquent, la permutation 384729156 est équivalante à la répartition
en cycles suivante : [1, 3, 4, 7][2, 8, 5][6, 9].

1.2.3 Relation avec les puissances ascendantes


Théorème 1.2.1. Pour tout, n ≥ k > 0, on a :
X n 
n
x = xn , (1.9)
k
k

où : xn = x(x + 1) · · · (x + k − 1).


Exemple 1.2.2.

— x1
= x1 ;
— x2
= x1 + x2 ;
— x3
= 2x1 + 3x2 + x3 ;
— x4
= 6x1 + 11x2 + 6x3 + x4 .
  
x0
  0
coefficients x
 1 
x   du   x1 
  2
 x   triangle   x 
 2   
De manière générale, on a :  .  =  de ∗ . 
     
 .   Stirling    . 
    
de première  . 
  
 . 
x n éspèce xn
Démonstration. Preuve par induction :
Supposons que (1.9) est vraie jusqu’à l’ordre n − 1 et montrons qu’elle reste
CHAPITRE 1. NOMBRES DE STIRLING 11

vraie à l’ordre n.
On a : (x + n − 1)xk = xk+1 + (n − 1)xk .

xn = (x + n − 1)xn−1 ,
X n − 1 
= (x + n − 1) xk ,
k
k
X n − 1 
= xk (x + n − 1),
k
k
X n − 1  X 
n−1 k

k+1
= x + (n − 1) x ,
k k
k k
X n − 1  X 
n−1 k

k
= x + (n − 1) x ,
k−1 k
k k
X n − 1 
n−1

= + (n − 1) xk ,
k−1 k
k
X n 
= xk .
k
k

1.2.4 Forme explicite


Théorème 1.2.2. Pour tout n ≥ k > 0, on a :

(h − j)n−k+h
     
n X
j+h h n−1+h 2n − k
= (−1) .
k j n−k+h n−k−h h!
0≤j≤h≤n−k
(1.10)

Démonstration. Voir le livre de L.Comtet (Advanced Combinatorics), page


216.
Chapitre 2

Nombres Eulériens

Nous allons maintenant voir un nouveau triangle, aussi important que


les deux précedants, ce dernier est dû à Euler.

2.0.1 Définitions et relation de récurrence


Definition 2.0.1. Soit σ = σ1 σ2 · · · σn , une permutation de taille n, i est
dite montée (resp. déscente) si σi < σi+1 (resp. σi > σi+1 ).

Exemple 2.0.1.

σ= 5 9 7 8 6 3 1 2 4

1 3 7 8 −→ 4 Montées

Definition 2.0.2. Les nombres d’Euler, notés nk , comptent le nombre de



permutation de taille n ayant k montées (déscentes).

Exemple 2.0.2. Ils existent onze permutations de taille 4 ayant deux montées,
en effet, on a :

1324, 1423, 2314, 2413, 3412,

1243, 1342, 2341, 2134, 3124, 4123.

Les nombres d’Euler satisfont la relation de récurrence suivante :


 
n
= δ0,n si k = 0,(2.1)
k
     
n n−1 n−1
= (k + 1) + (n − k) si k > 0. (2.2)
k k k−1

Où : δ0,n = 1 si n = 0 et 0 sinon.

12
CHAPITRE 2. NOMBRES EULÉRIENS 13

Démonstration. Soit σ = σ1 σ2 · · · σn une permutation de taille n. Toute per-


mutation P = P1 P2 · · · Pn−1 de {1, . . . , n − 1} donne lieu à n permutations
de {1, . . . , n}, en insérant lélément n dans toutes les façons possibles. Suppo-
sons que n est inséré dans une montée (Pi < P
i+1 ) ou au début de p , alors, σ
aura le même nombre de montées que P càd n−1 k et on a (k + 1) positions.
Soit il est inséré dans une déscente (P
i > P i+1 ) ou à la fin de P , dans ce cas
σ aura une montée de plus que P càd n−1 k−1 et on (n−2)−(k −1)+1 = n−k
positions.

Cette relation de récurrence nous permet de tracer le tableau suivant :


nk 0 1 2 3 4 5 6 7 8
0 1
1 1 0
2 1 1 0
3 1 4 1 0
4 1 11 11 1 0
5 1 26 66 26 1 0
6 1 57 302 302 57 1 1
7 1 120 1191 2416 1191 120 0 0
8 1 247 4293 15619 15619 4293 247 1 0

Table 2.1 – Triangle des nombres Eulériens (Sur OEIS ).

Les lignes du triangle des nombres Eulériens, comme celle du triangle


de Pascal, sont symétriques. Toutefois la loi de symétrie est légèrement
différente dans ce cas :
   
n n
= .
k n−1−k

2.0.2 Valeurs particulières



0
— 0 = 1, par convention.
— Pour tout
n > 0, il ne peut y avoir que n − 1 montées au plus. C’est
n

pourquoi
n

nn = 0 sur la diagonal du triangle.
— k = n−1−k . En effet, la permutation σ1 σ2 · · · σn a n−1−k montées
si et seulement si son image miroir σn σn−1 · · · σ1 a k montées.

2.0.3 Relation entre les puissances ordinaires et les coeffi-


cients binomiaux
Les nombre Eulériens permettent d’exprimer une relation entre les puis-
sances ordinaires et les coefficients binomiaux,
X nx + k 
n
x = . (2.3)
k n
k
CHAPITRE 2. NOMBRES EULÉRIENS 14

Cette formule est appelée : Identité de Worpitzky.

Exemple 2.0.3.
x2 = x2 + x+1

2 ,

x x+1 x+2
x3 =
  
3 +4 3 + 3 ,

x x+1 x+2 x+3


x4 =
   
4 + 11 4 + 11 4 + 4 .

Démonstration. Exercice.

L’identité de Worpitzky (2.3), nous fournit un nouveau moyen de calu-


culer la somme des n premiers carrées.

2 k
2 k+1 k k+1
On a : k 2 =
  
0 2 + 1 2 = 2 + 2 , donc :

           
2 2 2 2 1 2 2 3 n n+1
1 + 2 + 3 + ··· + n = + + + + ··· + + ,
2 2 2 2 2 2
           
1 2 n 2 3 n+1
= ( + + ··· + ··· + )+( + + ··· + ),
2 2 2 2 2 2
   
n+1 n+2
= + ,
3 3
1
= (n + 1)n((n − 1) + (n + 2)).
6
Chapitre 3

Nombres de Fibonacci

Les nombres de Fibonacci ou la suite de Fibonacci doit son nom à Leo-


nardo Fibonacci qui, dans un problème récréatif posé dans l’ouvrage Liber
abaci publié en 1202 , décrit la croissance d’une population de lapins :
Supposons qu’on a une paire de jeunes lapins (un male et une femelle). On
cherche le nombre de lapins produit en une année sachant que :
— chaque paire de lapins prend un mois pour devenir mature ;
— chaque début de mois, toute paire susceptible de procréer engendre
exactement une nouvelle paire de lapins (mixte)
— un couple de lapins âgé donne naissance à une progéniture qui ne
meurt pas.
Supposons que la première paire de lapins est née en Janvier, cette dernière
a besoin d’un mois pour devenir mature et donc au mois de Février on
a toujours une seule paire de lapins. Au début du mois de Mars, la paire
engendre exactement une nouvelle paire de lapins, au total il y aura 2 paires
de lapins. Ainsi, on aura 3 paires en Avril, 5 en Mai etc. . . . (Voir la table
suivante 3.1).

Nombre de paires Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août
Adultes 0 1 1 2 3 5 8 13
Jeunes 1 0 1 1 2 3 5 8
Total 1 1 2 3 5 8 13 21

Table 3.1 –

Definition 3.0.1. La suite des nombres de la dernière ligne de la Table 3.1


est appelée suite de Fibonacci. Elle est notée Fn et définie par

Fn = Fn−1 + Fn−2 , (n ≥ 2) (3.1)

avec : F0 = 0 et F1 = 1.

15
CHAPITRE 3. NOMBRES DE FIBONACCI 16

La simplicité de cette relation (chaque nombre dépend des deux précédants),


fait que les nombres de Fibonacci apparaissent naturellement dans des si-
tuations trés variées.

3.1 Quelques identités


Théorème 3.1.1. Pour tout n ∈ N , on a :
n
X
Fi = Fn+2 − 1. (3.2)
i=1

Démonstration. En utilisant la relation de récurrence (3.1), on a :

F1 = F3 − F2
F2 = F4 − F3
F3 = F5 − F4
..
.
Fn−1 = Fn+1 − Fn
Fn = Fn+2 − Fn+1

En
Pn faisant la somme terme à terme, on obtient :
i=1 Fi = Fn+2 − F2 = Fn+2 − 1.

Ce théorème peut aussi être prouver par induction sur n (exercice).

Théorème 3.1.2. Pour tout n ∈ N , on a :


n
X
F2i−1 = F2n . (3.3)
i=1

Démonstration. En utilisant la relation de récurrence (3.1), on a :

F1 = F2 − F0
F3 = F4 − F2
F5 = F6 − F4
..
.
F2n−3 = F2n−2 − F2n−4
F2n−1 = F2n − F2n−2

En
Pn faisant la somme terme à terme, on obtient :
i=1 F2i−1 = F2n − F0 = F2n .
CHAPITRE 3. NOMBRES DE FIBONACCI 17

Exemple 3.1.1. 10
P
i=1 F2i−1 = F20 = 6765. On peut aussi la vérifier par un
calcul direct de la somme.

Corollaire 3.1.1. Pour tout n ∈ N , on a :


n
X
F2i = F2n+1 − 1. (3.4)
i=1
Pn P2n Pn
Démonstration. i=1 F2i = i=1 F2i − i=1 F2i−1 , et d’aprés les Théorèmes
3.1.1
Pn et 3.1.2, on a :
i=1 F2i = (F2n+2 − 1) − F2n = (F2n+2 − F2n ) − 1.
En
Pnutilisant la relation récurrence des Fibonacci (3.1), on obtient le résultat :
i=1 F2i = F2n+1 − 1.

Théorème 3.1.3. (Identité de Cassini)

Fn−1 Fn+1 − Fn2 = (−1)n , (n ≥ 1). (3.5)

Démonstration. Nous prouvonsons ce théorème par récurrence sur n.


Pour n = 1,
L’identité (3.5) est clairement satifaite car : F0 F2 − F12 = 0.1 − 1 = −1 =
(−1)1 .
Supposons maitenant que l’identité est satisfaite jusqu’à l’ordre n et prou-
vons qu’elle reste vraie à l’ordre n + 1.

2 2
Fn Fn+2 − Fn+1 = (Fn+1 − Fn−1 )(Fn + Fn+1 ) − Fn+1
2 2
= Fn Fn+1 + Fn+1 − Fn−1 Fn − Fn−1 Fn+1 − Fn+1
= Fn Fn+1 − Fn−1 Fn − Fn2 − (−1)n (par hypothèse de récurrence)
n+1
= Fn Fn+1 − Fn (Fn−1 + Fn ) + (−1)
= Fn Fn+1 − Fn Fn+1 + (−1)n+1
= (−1)n+1 .

Ainsi, l’identité est datisfaite à l’ordre n + 1.

La forme explicite de Fn est donnée par

Théorème 3.1.4.
1 n
Fn = √ (φn − φ ), (∀n ∈ N ), (3.6)
5
√ √
1+ 5 1− 5
où φ = 2 et φ = 2 .
CHAPITRE 3. NOMBRES DE FIBONACCI 18

Cette formule est connue sous le nom de formule de Binet, elle doit son
nom a Jacques Binet qui la découvrit encore une fois en 1843 après être
oublier aprés sa première découverte par Abraham de Moivre en 1718.
Pour n = 0, la formule (3.6) donne bien F0 = 0, pour n = 1, elle donne
F1 = φ−φ
√ qui vaut exactement 1. Pour les puissances plus élevées, on déduit
5
par induction que ces nombres sont les nombres de Fibonacci.

Le nombre φ = 1+2 5 ≈ 1, 61803 occupe une place trés importante dans
des domaines mathématiques aussi bien que dans le monde des arts.
√ Il a un
1− 5
nom particulier qui est : le nombre d’or. Le nombre φ = 2 partage
aussi des propriétés de φ. C’est deux nombres représentent les racines de
l’équation x2 − x − 1 = 0.

3.2 Triangle de Pascal


Dans cette section, nous allons voir comment les nombres de Fibonacci
sont liées au triangle de Pascal.

3.2.1 Directions dans le triangle de Pascal


Dans cette partie nous définissons la notion de direction dans les triangles
arithmétiques.

Definition 3.2.1. Soit {U (n, k)}0≤k≤n un triangle d’entiers positifs alors :


La suite {U (n − qk, p + rk)}k , est la suite d’entiers parcourant pour chaque
n ∈ N , la transversale de direction (r, q) initialisé à la position p.
Avec : r ∈ N ∗ , q ∈ Z ∗ , r + q > 0 et 0 ≤ p < r.

n o
Exemple 3.2.1. Prenons l’exemple du triangle de Pascal, la suite n−qk
p+rk ,
k
est la suite d’entiers parcourant pour n ∈ N , la transversale de direction
(r, q) initalisée à la position p.

n−qk
xn−(q+r)k−p y p+rk .
P 
On peut aussi écrire : Un+1 = k p+rk

Remarque 3.2.1.

— r ∈ N ∗ , car si on prend r = 0, on tombe sur les directions (0, q) qui


se trouvent sur les colonnes.
— On peut avoir des directions avec q ∈ Z ∗ mais il faut s’assurer que
r + q > 0, cette condition assure que les transversales parcourent un
nombre fini de points.
CHAPITRE 3. NOMBRES DE FIBONACCI 19

— P = 0, donne la représentation principal.


— 0 ≤ p < r, donne toutes les représentations intermédiaires, si P ≥ r,
on se retrouvent avec des représentations déjà prises.

n/k 0 1 2 3 4

0 1

1 1 1

2 1 2 1

3 1 3 3 1

4 1 4 6 4 1

5 1 5 10 10 5

6 1 6 15 20 15

Figure 3.1 – Illustation de la direction (r, q) = (1, 1) dans le triangle de


Pascal avec p = 0

n/k 0 1 2 3 4

0 1

1 1 1

2 1 2 1

3 1 3 3 1

4 1 4 6 4 1

5 1 5 10 10 5

6 1 6 15 20 15

Figure 3.2 – Illustation de la direction (r, q) = (1, 2) dans le triangle de


Pascal avec p = 0
CHAPITRE 3. NOMBRES DE FIBONACCI 20

n/k 0 1 2 3 4

0 1

1 1 1

2 1 2 1

3 1 3 3 1

4 1 4 6 4 1

5 1 5 10 10 5

6 1 6 15 20 15

Figure 3.3 – Illustation de la direction (r, q) = (1, 2) dans le triangle de


Pascal avec p = 1

3.2.2 Relation avec les nombres de Fibonacci


Les nombres de Fibonacci sont donnés par la somme des éléments de la
suite parcourant la direction (1, 1) dans le triangle de Pascal.
Théorème 3.2.1.
bX
2c
n

n−i
Fn+1 = , (n ≥ 0). (3.7)
i
i=0

Démonstration.POn a : Fn+1 = Fn + Fn−1 , avec F0 = 0 et F1 = 1.


Posons : φn = i n−ii .

X n − i − 1 X n − i − 1
φn = + (Formule de Pascal)
i i−1
i i
X n − i − 1 X n − 2 − (i − 1)
= +
i i−1
i i
φn = φn−1 + φn−2
Ainsi, on a : φ0 = φ1 = 1, il s’agit donc de la décalée de la suite de Fibonacci.

Exemple
P 3.2.2.
F6 = 20 5−i 5 4 3
   
i = 0 + 1 + 2 = 1 + 4 + 3 = 8.
P3 6−i
 6
 5
 4
 3

F7 = 0 i = 0 + 1 + 2 + 3 = 1 + 5 + 6 + 1 = 13.
CHAPITRE 3. NOMBRES DE FIBONACCI 21

n/k 0 1 2 3 4
1
0 1
1 2
1 1 1
3 5
2 1 2 1
8 13
3 1 3 3 1

4 1 4 6 4 1

5 1 5 10 10 5

6 1 6 15 20 15

Figure 3.4 – Nombres de Fibonacci dans le triangle de Pascal

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