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ABREVIATIONS ET SIGLES

BCEAO : Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest

BOAD : Banque Ouest Africaine de Développement

BRVM : Bourse Régionale des Valeurs Mobilières

FCFA : Franc de la Communauté Financière Africaine

FMI : Fonds Monétaire International

FRPC : Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance

IDE : Investissements Directs Etrangers

OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement

PCB : Plan Comptable Bancaire

PIB : Produit Intérieur Brut

SFD : Systèmes Financiers Décentralisés

SYSCOA : Système Comptable Ouest Africain

UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine

UMOA : Union Monétaire Ouest Africaine

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TABLE DES MATIERES

VOLUME I

PREAMBULE 6
RESUME 7

PROBLEMATIQUE DU FINANCEMENT DES PETITES ET MOYENNES


ENTREPRISES SENEGALAISES 8

RAPPEL DES TERMES DE REFERENCES DE L’ETUDE, 10

VUE D'ENSEMBLE DE L’AFFACTURAGE ET ETAT DES LIEUX DANS LES CINQ


CONTINENTS AINSI QUE DANS LES PAYS DE L’UEMOA 12

PREMIERE PARTIE : ETUDE DU CADRE REGLEMENTAIRE, JURIDIQUE ET 16


FISCAL DE L’AFFACTURAGE AU SENEGAL

DEUXIEME PARTIE : ETUDE DES OBSTACLES LIES AU DEVELOPPEMENT DE


L’AFFACTURAGE AU SENEGAL. 55

CAS DU MAROC : ACTIONS ET AMENAGEMENTS APPORTES A LA


LEGISLATION POUR LEVER LES CONTRAINTES SUSCEPTIBLES DE
CONSTITUER DES FREINS A L’EXERCICE DE L’AFFACTURAGE 70

TROISIEME PARTIE : ETUDE DE L’OFFRE ET DE LA DEMANDE 89


D’AFFACTURAGE AU SENEGAL

QUATRIEME PARTIE : ETUDE DU COUT DE L’AFFACTURAGE 100

CINQUIEME PARTIE : ETUDE DES CAS DES SOCIETES D’AFFACTURAGE


AYANT EXISTEES AU SENEGAL (SOFIA ET SENFAC) 115

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VOLUME II :

PREMIERE PARTIE : PROPOSITION D’UN CADRE INSTITUTIONNEL,


JURIDIQUE, REGLEMENTAIRE POUR LA RELANCE ET LE DEVELOPPEMENT
DES SOCIETES D’AFFACTURAGE 124

DEUXIEME PARTIE : PROPOSITION D’UN MODELE DE CONTRAT TYPE


D’AFFACTURAGE ET DE QUELQUES DOCUMENTS UTILISES DANS LE CADRE
DE L’AFFACTURAGE 142

TROISIEME PARTIE : PROPOSITION DE LA CREATION DE SOCIETE


D’AFFACTURAGE DANS LE MICRO CREDIT EN RELATION AVEC LA LOI N°
2008-47 DU 03 SEPTEMBRE 2008 ET DU DECRET 2008-1366 PORTANT
REGLEMENTATION DES SFD 158

QUATRIEME PARTIE : PROPOSITIONS ET RECOMMENDATIONS


FAVORABLES A L’EMERGENCE, A LA RELANCE, A LA REDYNAMISATION ET
AU DEVELOPPEMENT DE L’ACTIVITE DES SOCIETES D’AFFACTURAGE AU
SENEGAL 166

PLANS D’ACTIONS 189

PLAN D’ACTIONS POUR LA MISE EN PLACE D’UN CADRE INSTITUTIONNEL


JURIDIQUE ET REGLEMENTAIRE 190

PLAN D’ACTIONS POUR LA CREATION DE SOCIETE D’AFFACTURAGE DANS


LE MICRO CREDIT EN RELATION AVEC LA LOI N° 2008-47 DU 03 SEPT 2008
ET DU DECRET 2008-1366 PORTANT REGLEMENTATION DES SFD AU
SENEGAL 193

PLAN D’ACTIONS POUR LA MISE EN ŒUVRE DES PROPOSITIONS &


RECOMMANDATIONS FAVORABLES A L’EMERGENCE, LA RELANCE, LA
REDYNAMISATION ET LE DEVELOPPEMENT DE L’ACTIVITE ET DES
SOCIETES D’AFFACTURAGE AU SENEGAL 194

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PREAMBULE

Le présent rapport définitif relatif à l’étude sur le développement de l’affacturage au


Sénégal – Contraintes et solutions comporte deux volumes (I) et (II). Le premier
volume est articulé autour des points suivants : Tout d’abord, une introduction
générale aborde la problématique du financement des PME au Sénégal et est suivie
du rappel des termes de référence de l’étude. Ensuite, l’architecture globale du
volume I est complétée respectivement par les cinq dossiers suivants :

 Etude du cadre réglementaire, juridique et fiscal de l’affacturage au Sénégal ;


 Etude des obstacles au développement de l’affacturage au Sénégal;
 Etude de l’offre et de la demande d’affacturage au Sénégal ;
 Etude comparée du coût de l’affacturage avec les financements voisins ;
 Etude des cas des sociétés d’affacturage ayant existé au Sénégal (SOFIA) et
(SENFAC)
Il sied de rappeler que chacune de ces cinq études supra listées fait l’objet d’un
résumé avant d’être développée.
Le volume II comprend les cinq parties suivantes :
 Propositions d’un cadre institutionnel, juridique et réglementaire pour la
relance et le développement des sociétés d’affacturage ;
 Proposition d’un modèle type de contrat d’affacturage et des documents utilisés
par les sociétés d’affacturage ;
 Proposition de la création de société d’affacturage dans le micro crédit
conformément à la loi n° 2008-47 du 03 Septembre 2008 et du décret 2008-1388
portant réglementation des systèmes financiers décentralisés au Sénégal
 Propositions et recommandations favorables à l’émergence, la relance, la
redynamisation et le développement de l’activité des sociétés d’affacturage au
Sénégal
 Plans d’actions des propositions et recommandations

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RESUME
Cette introduction de l’étude des conditions du développement de l’affacturage au
Sénégal – contraintes et solutions a été centrée autour des deux points ci-après :

Nous avons abordé dans une première partie de l’étude, la problématique du


financement des PME sénégalaises ayant conduit à l’organisation de la seconde
Concertation Nationale sur le Crédit en Mars 2010 en vue de chercher des solutions à
ce sérieux problème.

Les conclusions de la concertation ont porté entre autres sur l’idée de diversification
de la gamme de financements des PME. Ainsi le développement de l’affacturage a été
envisagé mais avec comme prélude de mener une étude relativement aux obstacles et
solutions à son développement au Sénégal.

Dans une seconde partie de l’introduction de l’étude, nous avons rappelé les termes de
références de notre mission articulés autour des rubriques suivantes :

 Contexte de l’étude
 Objectifs de l’étude
 Mandats du consultant
 Méthodologie
 Résultats attendus

I. PANORAMA DE L’ECONOMIE SENEGALAISE

A) ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE

A1) ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL


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I. PRBLEMATIQUE DU FINANCEMENT DES PETITES ET
MOYENNES ENTREPRISES - PME- SENEGALAISES

Les Pme ont difficilement accès au crédit, à cause de leur incapacité à remplir les
conditions posées par les établissements de crédits. Devant cette situation, ces
entreprises se retrouvent avec un déficit de financement de 500 milliards de francs
Cfa.

L'accès des Petites et moyennes entreprises (Pme) au crédit est problématique. La


non fiabilité des états financiers, l'absence de garantie suffisante, etc., sont des
arguments avancés par les banques notamment devant le besoin exprimé de ces
entreprises. Aussi le coût du crédit est-t-il 'exorbitant' et 'contraignant' à cause du
taux de risque.

L'atelier sur la Deuxième concertation sur le Crédit (16-17 mars à Dakar), sous le
thème de 'l'amélioration de l'accès des Pme au crédit', a été l'occasion de présenter
un diagnostic. Il est ressorti de la première concertation nationale, 65 mesures
opérationnelles dont la mise en œuvre intégrale pouvait permettre de faire des
avancées significatives dans la couverture des besoins de financement des Pme et
l'accès des populations défavorisées aux services financiers. Cependant, le niveau
d'exécution de ces mesures lors de l'évaluation de 2008, s'est révélé faible (28%).

Des nombreux facteurs bloquants, résulte un gap de financement énorme. Sur un


besoin de crédit estimé à 1000 milliards de francs, les petites et moyennes
entreprises n'ont obtenu que la moitié. Soit un différentiel de 500 milliards de francs.

Les petites et moyennes entreprises manifestent un besoin de financement de leur


investissement, chose à laquelle les établissements bancaires sont réticents. Le gap
de financement des PME se situerait à 1200 milliards de francs si l'on y ajoute la
mise en œuvre de la Stratégie de croissance accélérée qui nécessite un financement
public de 700 milliards de francs.

Ce chiffre suffisamment éloquent, renseigne de l'ampleur des problèmes et des défis


qui interpellent les autorités et toutes les parties prenantes de l’entreprise en
générale et surtout des PME-PMI. Il s'agit notamment de créer un environnement
propice permettant aux établissements de crédit, aux Systèmes financiers
décentralisés (Sfd) et au marché financier de contribuer de manière plus efficace à la
couverture des besoins de financement des Pme tout en préservant la stabilité et la
solidité du système.

Une étude de marché, réalisée sur un échantillon de 703 entreprises, révèle un


concours bancaire de 20% du Pib et un taux de bancarisation de 11% des Pme. Les
taux imposés sur les crédits, par ailleurs, alourdissent les coûts. Les institutions de

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Micro finance, partenaires financiers par essence des petites entreprises ont un taux
d'usure de 27% ce qui pénalise l'activité des Pme et rend difficile le remboursement.
Ce faisant, l'Etat doit mettre en place un Fonds de garantie afin de réduire le risque
Pme. L'objectif de ce Fonds serait de couvrir ces entreprises et également les
établissements de crédit, au cas où l'entreprise serait dans l'impossibilité de
rembourser.

L'atelier sur la Deuxième Concertation sur le Crédit visait à approfondir, enrichir et


valider le diagnostic et l'analyse effectués sur le coût, l'offre, la demande et
l'environnement juridique et judiciaire du crédit, enrichir et valider les
recommandations formulées, enrichir et valider les plans d'actions de façon à
disposer de mesures opérationnelles réalisables avec un échéancier précis,
impliquer l'ensemble des acteurs pour une meilleure appropriation des
recommandations formulées en vue de leur mise en œuvre diligente, disposer d'un
plan d'actions opérationnel, consensuel et partagé par tous les acteurs, définir les
procédés et modalités d'une évaluation périodique de l'accès des Pme au crédit.
Aussi l’étude sur le développement de l’affacturage, ses contraintes et solutions a été
commanditée en vue de relancer cette source de financement intéressante pour les
PME-PMI.

L’affacturage traditionnel synthétise en une procédure unique des services de


gestion du poste-clients, de garantie de paiement et de mobilisation des créances de
l’adhèrent-client du factor. L’intervention du factor ne trouve, en principe, à se justifier
que si l’adhèrent confie au factor la totalité de son chiffre d’affaires sauf dérogations
et l’évolution vers la «modularité» des services selon la taille de l’entreprise
adhérente. Le cadre juridique de l’opération d’affacturage, spécifique en ce qu’elle
rassemble une gamme de services, s’appuie sur les instruments juridiques les plus
classiques : inscription des opérations en compte courant, transfert des créances par
subrogation, gage-espèces…Le véritable partenariat qu’induit la relation
contractuelle entre factors et adhérents rend compte de leurs obligations respectives,
notamment : pour l’adhérent, obligation de remise de ses créances, certaines et
exigibles ; pour le factor, satisfaire aux contraintes de son statut, comme de sa
qualité de financier et de prestataire de services professionnels.

L’opposabilité des droits du factor au débiteur de son adhérent est un point sensible,
d’autant qu’il n’est pas sans droit, ni moyens de défense (exceptions diverses…). La
règle de la priorité dans le temps de la cession d’un droit n’évacue pas non plus
toutes les difficultés dans les conflits avec les tiers. Le renforcement de
l’uniformisation des pratiques de cession de créances devient essentiel à un
développement, tant national qu’international, des services des factors sans compter
la normalisation des échanges de données informatisées et des structures de
collaboration entre factors (chaînes, réseaux…).

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Cette étude vient à point nommé, car elle vise à centrer les contraintes au
développement de l'affacturage et dans un second temps proposer des solutions à
mettre en œuvre pour un succès de ce type de financement nécessaire et efficace.

II. RAPPEL DES TERMES DE REFERENCES DE L’ETUDE,

1. Contexte

L’affacturage qui se définit selon la Banque de France comme le transfert de


créances commerciales de leur titulaire à un factor qui se charge d’en opérer le
recouvrement, d’en garantir la bonne fin, même en cas de défaillance momentanée
ou permanente du débiteur et de régler, par anticipation, tout ou partie du montant
des créances transférées, constitue une bonne opportunité de financement du cycle
d’exploitation des PME, de sécurisation de leurs portefeuilles clients et de
satisfaction de leurs besoins de trésorerie. Ainsi, eu égard aux services proposés
notamment le financement, la prévention du risque d’impayé et la gestion du compte-
client, l’activité d’affacturage qui a vu le jour aux Etats Unis s’est développée pour
devenir, aujourd’hui, dans des pays comme la France, la deuxième source de
financement à court terme des entreprises.

Cette activité a atteint une dimension importante dans beaucoup de pays africains
notamment en Afrique du Sud, au Maroc et en Tunisie. Elle est présente au Burkina,
nonobstant la faiblesse de ses parts de marché (0,07% en 2006). Cependant, en
dépit de son développement, de l’engouement croissant qu’elle suscite à travers le
monde et des nombreuses opportunités qu’elle offre aux PME, l’activité d’affacturage
est quasi-absente du marché bancaire et financier sénégalais. En effet, au regard du
paysage bancaire sénégalais qui était composé en 2009 de vingt (20) établissements
de crédit dont 17 banques et 03 établissements financiers, aucune institution n’a été
agréée en vue d’effectuer l’activité d’affacturage. Toutefois, Sénégal Factoring
(SENFAC) a été agréé en 2005 pour effectuer l’activité d’affacturage mais son
agrément a dû être retiré car n’ayant pas pu démarrer ses activités du fait de
certaines difficultés. Cette expérience de SENFAC était la deuxième dans l’histoire
du Sénégal en matière d’affacturage. En effet, au début des années 80, une
première expérience qui, malheureusement, n’a pu connaître la réussite escomptée
a été enregistrée avec la création de la Société Financière d’Intermédiation et
d’Affacturage (SOFIA). Nonobstant ces échecs, la persistance des difficultés des
PME d’accéder aux crédits bancaires et le souci d’une diversification des instruments
de financement et d’un élargissement de l’offre de crédit ont incité les acteurs, dans
le cadre de la 2ème Concertation nationale sur le Crédit à travers l’axe stratégique «
promouvoir des institutions de financement spécialisées et diversifier les produits », à
formuler des recommandations dans le sens de mettre en place des sociétés
d’affacturage dans un cadre de dispositions législatives, réglementaires et fiscales
favorables au développement de leur activité.

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En effet, quoiqu’en première analyse l’échec de SENFAC ne serait pas lié à un
problème de cadre réglementaire inadéquat, beaucoup d’auteurs soutiennent que les
échecs seraient liés à une absence de cadre réglementaire adéquat.

C’est pour cette raison qu’il a été décidé de faire effectuer, par un consultant
individuel, une étude approfondie sur l’affacturage en vue d’identifier toutes les
contraintes à son développement au Sénégal et d’y apporter des solutions.

2. Objectifs

L’étude vise d’une part à faire le diagnostic de l’activité d’affacturage en identifiant les
contraintes qui peuvent être liées à l’environnement économique et financier ou
d’ordre réglementaire et fiscal et d’autre part à proposer des solutions allant dans le
sens de la redynamisation de l’activité d’affacturage.

3. Mandat du consultant

Le Consultant, chargé de mener l’étude sur l’affacturage, devra :

₋ Identifier les facteurs d’échec des sociétés ayant exercé des activités
d’affacturage notamment SOFIA et SENFAC ;
₋ recueillir l’opinion des entreprises et de certains banques et établissements
financiers, notamment ceux ayant recouru à l’affacturage quand à la
pertinence de l’affacturage au Sénégal comme source de financement ;
₋ examiner la question avec les autorités monétaires et étatiques ;
₋ analyser l’environnement de l’activité d’affacturage et plus particulièrement les
contraintes légales et réglementaires qui pourraient exister ;
₋ analyser l’offre et la demande d’affacturage ;
₋ évaluer les éléments de coûts en comparaison avec les autres moyens de
financement ;
₋ analyser le cadre réglementaire et fiscal en vue d’identifier les contraintes au
développement de l’affacturage ;
₋ identifier toute autre contrainte empêchant le développement de l’affacturage
au Sénégal ;
₋ faire une revue documentaire sur des expériences qui ont réussi en Afrique
dans le domaine de l’affacturage ;
₋ faire des recommandations pertinentes et des propositions de solutions qui
permettront l’émergence de sociétés d’affacturage viables à même de
redynamiser cette activité ;
₋ proposer un cadre réglementaire et juridique spécifique adapté, favorable à la
relance et au développement de l’activité de l’affacturage au Sénégal.

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4. Méthodologie

Le Consultant devra faire une étude documentaire sur l’affacturage, identifier


l’ensemble des acteurs de cette activité, tenir des séances de travail avec ces
derniers et enfin rédiger le document en étant clair et précis aussi bien pour le
diagnostic que pour les recommandations.

5. Résultats attendus

Au terme de l’étude, le consultant présentera au commanditaire un document


complet qui fait une identification claire, précise et exhaustive des contraintes et qui
formule des recommandations pertinentes pour un développement harmonieux de
l’activité d’affacturage dans notre pays y compris un projet de cadre règlementaire et
juridique spécifique.

VUE D'ENSEMBLE DE L’AFFACTURAGE ET ETAT DES LIEUX DANS LES CINQ


CONTINENTS AINSI QUE DANS LES PAYS DE L’UEMOA

Définition

L'affacturage est un contrat par lequel un établissement de crédit spécialisé, appelé


factor, achète ferme les créances détenues par un fournisseur, appelé vendeur, sur
ses clients locaux ou étrangers, appelés acheteurs ou bénéficiaires de services,
moyennant rémunération. Par cette opération, le fournisseur cède au factor ses
factures en échange d'une avance sous déduction des intérêts et commissions. Le
vendeur accorde au factor l'exclusivité de l'affacturage de toutes ses créances.

De ce fait, celui-ci s'attelle à l'encaissement des créances. En contrepartie, le factor


avance au vendeur le montant des créances cédées moyennant le paiement de
commissions. Il reste entendu qu'en cas d'impayés, le risque est assuré par le factor
qui ne pourra aucunement se retourner contre le vendeur cédant la créance. Les
dispositions contractuelles établissent, à cet égard, que le factor assume l'ensemble
des peines et risques relatifs au processus de recouvrement.

Sur cette base, le factoring constitue un puissant instrument susceptible d'offrir des
services adéquats de refinancement de l'activité d'entreprises, à travers la production
de ressources au poste clients exposé souvent au décalage avec les sorties
(fournisseurs). Ces services portent généralement sur :

- le financement du poste client (avance sous forme de la remise d'un


chèque),
- la gestion du recouvrement des créances (c'est le factor qui se charge de
récupérer le montant des factures),
- la garantie de paiement de ces dernières (en cas d'impayé, le risque est à la
charge du factor).

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Ses avantages pour l'utilisateur se reflètent dans la faculté d'être un procédé de
recouvrement efficace puisque le factor décharge le vendeur du souci de la gestion
du poste clients et de l'encaissement des sommes dues :
- c'est une technique de mobilisation du poste client et ce, quel que soit le
mode de règlement convenu avec l'acheteur,
- c'est une garantie de bonne fin puisque le factor s'engage à payer au
vendeur les factures qu'il a émises.
Le risque d'insolvabilité de l'acheteur et le risque de non-paiement à l'échéance sont
pris en charge par le factor sauf faute du fournisseur. Au titre des avantages
accessoires, en offrant la sous-traitance totale du poste client, le factor permet à
l'entreprise de faire d'importantes économies d'échelle, d'une part sur les charges de
personnel, d'autre part sur les frais d'assurance et les coûts des financements
bancaires
- en remettant ses créances clients au factor l'entreprise évite de devoir
estimer jusqu'à quelle limite d'encours elle peut traiter avec un client : il lui
suffit alors d'interroger son factor qui fixera l'encours garanti. En outre, les
fonds sont réglés par chèque, virement ou billet à ordre aussitôt facture faite ;
dans le cas d'un règlement par billet à ordre, le factor ne percevra pas
d'intérêts si l'échéance du billet est identique à la date de règlement de la
facture par le client du cédant.

Au plan opératoire, la rémunération du factor comprend deux éléments :

- la commission d'affacturage calculée sur le montant des créances


transférées, qui constitue le paiement des services de gestion comptable, de
recouvrement et de garantie de bonne fin. Le coût de ce service est compris
entre 0,70 et 2,50 % du chiffre d'affaires confié, avec un taux moyen de 1,5 %.
- les intérêts débiteurs, ou commissions de financement sont calculés prorata
temporis, et représentent le coût du financement anticipé.
Leur taux varie en fonction de l'évolution du loyer de l'argent, de la qualité du
cessionnaire et du mode de règlement des factures cédées : chèque ou billet à
ordre. En cas de paiement par chèque, le coût est équivalent à celui du crédit
bancaire ; en cas de paiement par billet à ordre, le factor perçoit une commission de
l'ordre de 1 % l'an. L'affacturage au Sénégal a connu des faiblesses structurelles
étayées par le peu d'établissements spécialisés dans le domaine, qui ont tous
disparus à ce jour :

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Cette situation est due à une série de contraintes, notamment :
- des difficultés de recouvrement ;
- les couts de montage des sociétés ;
- les exigences de reporting à la BCEAO ;
- les incertitudes juridiques spécifiques liées à l'activité ;
- les contraintes liées à l'impossibilité de faire des opérations de crédit ;
- une mauvaise gestion
- etc.
Relations contractuelles entre factor et adhérent

Les relations contractuelles entre la société d’affacturage et l’adhérent sont donc


régies par un contrat d’affacturage. A l’occasion de la signature de ce contrat,
l’adhérent va consentir une quittance subrogative (ou subrogatoire) permanente au
bénéfice de la société d’affacturage.

L’adhérent va donc émettre, comme auparavant, ses factures à l’attention de ses


clients (que nous appellerons par commodité « débiteurs cédés », bien que le terme
soit ambigu, en raison de la confusion qu’il crée avec une cession de créance
professionnelle de type bordereau Dailly).

La nouveauté, c’est que l’adhérent doit inclure dans le corps de la facture une
mention de subrogation, indiquant expressément que le paiement de cette facture
devra se faire auprès de la Société X, en exécution d’un contrat d’affacturage. La
mention doit également préciser que seul un paiement effectué entre les mains du
factor sera libératoire (c’est-à-dire emportera extinction de la dette). L’adhérent remet
ensuite l’ensemble de ses factures à la société d’affacturage, en général
accompagné d’un bordereau de remise, qui comporte une nouvelle clause de
subrogation conventionnelle (renforçant celle contenue dans la quittance
subrogative). Conformément au contrat d’affacturage, le factor a ouvert « dans ses
livres » un compte courant au nom de son adhérent (nous reviendrons sur la nature
de ce compte courant). Il s’agit d’un compte qui ressemble, pour l’essentiel, à
n’importe quel compte bancaire.

Après réception du bordereau de remise, la société d’affacturage va payer le


montant global des factures qui lui sont remises : ce paiement sera fait par
l’inscription au crédit du compte courant de l’adhérent du montant global des
factures. Selon une jurisprudence constante, vaut paiement une inscription au crédit
d’un compte courant. Par ce paiement, en raison de la clause conventionnelle de
subrogation, la société d’affacturage est immédiatement subrogée dans les droits de
son adhérent : subrogée, cela veut dire que la société d’affacturage « prend la place
» de son adhérent, et devient seule titulaire des créances. Cette subrogation a deux
conséquences

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- Seule la société d’affacturage est en droit de réclamer le paiement des
factures aux clients de l’adhérent (les fameux débiteurs cédés (« transférés »
si l’on préfère) par voie de subrogation)
- Tout paiement fait entre les mains de l’adhérent n’est pas libératoire : le
client ou débiteur cédé peut être condamné à payer une seconde fois, entre
les mains du créancier subrogé cette fois, selon l’adage « Qui paie mal paie
deux fois ».
Après ce paiement effectué par inscription au compte courant, l’adhérent peut alors
demander un financement à la société d’affacturage (pour lui, c’est l’intérêt essentiel
de l’opération, obtenir des fonds avant l’échéance normale de ses factures).
Conformément au contrat, l’adhérent peut demander au factor un financement dans
la limite du disponible du compte courant (nous reviendrons également sur cette
notion bancaire) : le disponible correspond, grosso modo, au montant des factures
remises moins les commissions perçues par le factor, moins les comptes de réserve.
Le financement sera réalisé par un virement bancaire effectué par la société
d’affacturage sur le compte bancaire de son adhérent.

De son côté, la société d’affacturage va procéder au recouvrement des factures qui


lui ont été transférées (qu’elle a achetées) : à la date d’échéance des factures, le
débiteur cédé devra spontanément adresser son règlement à la société
d’affacturage. Par l’effet de ce règlement, la facture réglée sortira alors de la «
balance âgée détaillée », encore appelée « balance acheteurs », qui récapitule pour
un même adhérent l’ensemble des factures dans les droits desquelles il se trouve
subrogée (un portefeuille de factures, en quelque sorte). Par ce paiement fait au
créancier subrogé, le débiteur se sera valablement acquitté de sa dette et sera
libéré de son obligation.

Avantages et inconvénients de l'affacturage

Avantages

Grande souplesse d’utilisation car le financement n’est pas plafonné par une ligne de
financement déterminée à l’avance. La seule limite de financement est la limite de
garantie qui est accordée sur un client. Possibilité de financer des entreprises en
création sans attendre leur premier bilan. L’affacturage permet de financer, outre les
créances domestiques, également les créances export et grand export de
l’entreprise.

Inconvénients

L’entreprise s’engage sur un an avec un minimum annuel de commission


d’affacturage à régler, bien que certains contrats d’affacturage soient désormais sans
engagement annuel avec un préavis de résiliation de trois mois.

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Etat des lieux de l'affacturage par continent et dans les
pays de l’UEMOA.
ETATS DES LIEUX DE L’AFFACTURAGE PAR CONTINENT :

I. STATISTIQUES SUR L’AFFACTURAGE PAR CONTINENT DE 2003 A 2009

1. VOLUME D’AFFACTURAGE TOTAL PAR CONTINENT DE 2003 A 2009

(en millions d’euros)

Continents
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009

Europe 546.935 612.504 715.486 806.983 932.269 888.533 876.649


Amérique 104.162 109.619 135.240 140.493 149.673 154.195 142.013
Afrique 5.840 7.586 6.237 8.513 10.705 13.263 14.796
Asie 88.933 111.478 135.470 149.606 174.244 235.512 209.991
Australie 13.979 18.417 23.380 27.853 33.780 33.246 40.110
Total 759.849 859.604 1.015.813 1.133.448 1.300.671 1.325.111 1.283.559

2. VOLUME D’AFFACTURAGE TOTAL PAR CONTINENT DE 2003 A 2009 (en


pourcentage)

Continents 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009


Europe 72 71,2 70,5 71,2 71,7 67 68
Amérique 13,7 12,8 13,3 12,4 11,5 11,7 11
Afrique 0,8 0,9 0,6 0,7 0,8 1 1
Asie 11,7 13 13,3 13,2 13,4 17,8 17
Australie 1,8 2,1 2,3 2,5 2,6 2,5 3
Total 100 100 100 100 100 100 100

3. AFFACTURAGE DOMESTIQUE ET INTERNATIONAL PAR CONTINENT EN 2009


(en millions d’Euros)

Nombre Affacturage Affacturage Affacturage


Continent
d’entreprises domestique international total
559 Europe 760.699 115.950 876.649
1.163 Amérique 132.278 9.735 142.013
18 Afrique 14.335 461 14.796
143 Asie 170.713 39.279 209.991
26 Australie 40.075 35 40.110
1.909 Total 1.118.100 165.459 1.283.559

16
4. AFFACTURAGE DOMESTIQUE ET INTERNATIONAL PAR CONTINENT EN 2009
(en pourcentage)

Nombre Continent Affacturage Affacturage Affacturage


d’entreprises domestique international total
559 Europe 68 % 70,07% 68%
1.163 Amérique 11% 5,88% 11%
18 Afrique 1,5% 0,27% 1%
143 Asie 15,5% 23,73% 17%
26 Australie 4% 0,05% 3%
1.909 Total 100% 100% 100%

Source : selon statistiques de la 1ère Société mondiale d’affacturage FCS

ETAT DES LIEUX DANS LES PAYS DE L’UEMOA REALISANT


L’AFFACTURAGE :
Source : BCEAO – Rapport de la commission bancaire de l’UMOA 2009

Etat des lieux dans tous les Etablissements de crédit de l’UEMOA au 31/12/2009 selon la taille du
bilan, le volume des dépôts et crédits

Montants en Millions de FCFA

Bilans 31/12/2007 31/12/2008 31/12/2009 Variation Variation


2007/2008 2008/2009
Comptes de l’Actif

 Opération avec la 5 199 563 5 943 203 6 500 211 14,3% 9,4%
clientèle

 Dont affacturage 7915 8946 1323 13% - 85,2%

Comptes du Passif
 Opération avec la 6 758 798 7 440 985 8 441 520 10,1% 13,4%
clientèle

 Dont compte 479 0 0 - 100% _


d’affacturage

17
Etat des lieux du Bénin
Bilans 31/12/2007 31/12/2008 31/12/2009 Variation Variation
2007/2008 2008/2009
Comptes de l’Actif

 Opération avec la 563 537 668 083 776 205 18,6% 16,2%
clientèle

 Dont affacturage 45 0 10 - 100% _

Comptes du Passif
 Opération avec la 804 814 940 536 1 044 865 16,9% 11,1%
clientèle

 Dont compte 0 0 0 _ _
d’affacturage

18
Etat des lieux du Burkina Faso
Bilans 31/12/2007 31/12/2008 31/12/2009 Variation Variation
2007/2008 2008/2009
Comptes de l’Actif

 Opération avec la 572 947 679 162 709 586 18,5% 4,5%
clientèle

 Dont affacturage 764 433 38 - 43,3% -91,2%

Comptes du Passif
 Opération avec la 730 306 833 835 960 257 14,2% 15,2%
clientèle

 Dont compte 479 0 0 - 100% _


d’affacturage

19
Etats des lieux de la Côte d’Ivoire
Bilans 31/12/2007 31/12/2008 31/12/2009 Variation Variation
2007/2008 2008/2009
Comptes de l’Actif

 Opération avec la 1 571 980 1 761 141 1 901 892 12% 8%


clientèle

 Dont affacturage 1132 1111 730 - 1,9% - 34,3%

Comptes du Passif
 Opération avec la 1 971 300 2 175 069 2 342 821 10,3% 7,7%
clientèle

 Dont compte _ _ _ _ _
d’affacturage

20
Etats des lieux du Niger
Bilans 31/12/2007 31/12/2008 31/12/2009 Variation Variation
2007/2008 2008/2009
Comptes de l’Actif

 Opération avec la 201 040 265 092 325 374 31,9% 22,7%
clientèle

 Dont affacturage _ _ 60 _ 100%

Comptes du Passif
 Opération avec la 277 531 311 699 343 173 12,3% 10,1%
clientèle

 Dont compte
d’affacturage 0 0 0 _ _

21
Etats des lieux du Togo
Bilans 31/12/2007 31/12/2008 31/12/2009 Variation Variation
2007/2008 2008/2009
Comptes de l’Actif

 Opération avec la 308 471 309 329 336 796 0,3% 8,9%
clientèle

 Dont affacturage 5974 6231 0 4,3% - 100%

Comptes du Passif
 Opération avec la 392 518 465 135 546 165 18,5% 17,4%
clientèle

 Dont compte 0 0 0 _ _
d’affacturage

22
Etats des lieux du Mali
Bilans 31/12/2007 31/12/2008 31/12/2009 Variation Variation
2007/2008 2008/2009
Comptes de l’Actif

 Opération avec la 690 631 727 526 837 664 5,3% 15,1%
clientèle

 Dont affacturage 0 0 0 _ _

Comptes du Passif
 Opération avec la 888 469 944 161 1 161 551 6,3% 23%
clientèle

 Dont compte 0 0 0 _ _
d’affacturage

23
Etats des lieux de la Guinée Bissau
Bilans 31/12/2007 31/12/2008 31/12/2009 Variation Variation
2007/2008 2008/2009
Comptes de l’Actif

 Opération avec la 9174 23 710 38 367 147,5% 68,9%


clientèle

 Dont affacturage 0 0 0 _ _

Comptes du Passif
 Opération avec la 32 713 44 530 47 530 36,1% 6,7%
clientèle

 Dont compte 0 0 0 _ _
d’affacturage

24
Etats des lieux du Sénégal

Bilans 31/12/2007 31/12/2008 31/12/2009 Variation Variation


2007/2008 2008/2009
Comptes de l’Actif

 Opération avec la 1 281 783 1 510 160 1 574 327 17,8% 4,2%
clientèle

 Dont affacturage 0 1171 485 _ - 58,6%

Comptes du Passif
 Opération avec la 1 661 147 1 726 020 1 995 158 3,9% 15,6%
clientèle

 Dont compte 0 0 0 _ _
d’affacturage

25
26
RESUME

Ce dossier nous a permis de faire une revue puis une analyse du cadre
réglementaire, juridique et fiscal de l’affacturage au Sénégal. Il s’étale en
quatre grandes parties.

Dans la première partie, nous avons étudié la notion d’affacturage en


examinant ses différents caractères juridiques. Ce qui a permis de justifier
que l’affacturage est un contrat E.C.O.S.S.A.I. c'est-à-dire un contrat
d’Exclusivité, Commercial, Onéreux, Synallagmatique, Sus-generis,
d’Adhésion et enfin Innommé.

La deuxième partie nous a donné la possibilité d’analyser le cadre


réglementaire des sociétés d’affacturage. En effet, les sociétés d’affacturage
sont tenues aux formalités d’agrément en qualité d’établissement financier à
caractère bancaire. Ainsi, pour ce qui concerne les conditions d’exercice de
la profession de sociétés d’affacturage et leurs modalités de fonctionnement,
on fait référence à la nouvelle loi bancaire instituant les établissements de
crédit mais aussi aux dispositifs prudentiels applicables aux banques et
établissements financiers. Dans ces textes, on retrouve une réglementation
des opérations effectuées par les banques et établissements financiers et les
normes de gestion de contrôle et de supervision de ces derniers.

L’étude du cadre juridique de l’affacturage (troisième partie) a révélé


l’absence de réglementation spécifique à l’affacturage au moment où nous
menions cette étude. D’où la référence aux textes légaux existants tels que le
Code des Obligations Civiles et Commerciales (COCC), le Code Général des
Impôts (CGI), les actes uniformes de l’Organisation pour l’Harmonisation en
Afrique du Droit des Affaires (OHADA) et la convention Unidroit de l’Ottawa
organisant l’affacturage international. Dans cette partie nous avons aussi
étudié les conditions d’existence de l’affacturage et déterminé les aspects
juridiques relatifs à ses règles de fonctionnement sans manquer d’examiner
les problèmes juridiques nés de la pratique de l’affacturage au Sénégal.

L’analyse du cadre fiscal des opérations bancaires (quatrième partie) a été un


prétexte de déterminer le régime fiscal de l’opération d’affacturage malgré
l’inexistence de règles spécifiques.

INTRODUCTION

27
Dans le cadre de leur transaction, les entreprises sont souvent obligées d’accorder à
leurs clients des délais de paiement. Pour financer ce décalage, elles peuvent avoir
recours à l’affacturage. Le contrat d’affacturage est une opération de crédit à cours
terme qui met en rapport au moins deux parties : une entreprise, un intermédiaire
financier, et un tiers : le client. L’entreprise vend à crédit à son client et transfert la
créance à un établissement financier qui se charge du recouvrement et garantie
l’insolvabilité du débiteur (client) Ainsi, l’affacturage, en anglais « factoring » est une
technique du droit commercial par laquelle une société financière dite le « Factor »
ou « facteur » ou « affactureur » accepte de se charger des risques du recouvrement
des factures d’une entreprise commerciale dite « adhérant » à laquelle elle en règle
le montant moyennant le paiement d’une commission. Le factor est subrogé dans les
droits et actions du remettant (adhérant).
C’est cette technique qu’il nous est demandé d’étudier les contraintes,
réglementaires, juridiques et fiscales au Sénégal. L’étude d’un tel sujet renvoie
l’analyse des règles applicables à l’affacturage et aux difficultés de leur mise en
œuvre. L’examen d’une telle interrogation n’est pas dépourvu d’intérêt en ce sens
qu’il nous permet de déterminer l’état actuel de la législation sur l’affacturage, aussi
bien sur le plan national qu’international. Ensuite, il nous permet sur le plan pratique
de diagnostiquer les caractéristiques et le mécanisme de l’affacturage ainsi que les
difficultés rencontrées par les parties au contrat et leur rapport avec les tiers. Pour
mettre de l’ordre dans notre démarche, nous allons emprunter une démarche
synthétique sans oublier de mettre en exergue les aspects purement analytiques,
théoriques et pratiques de la réglementation de l’affacturage. Ainsi, nous
examinerons successivement :
₋ La notion d’affacturage ;
₋ Le cadre réglementaire des établissements financiers ;
₋ Le cadre juridique de l’affacturage ;
₋ Le cadre fiscal des opérations bancaires.

I- LA NOTION D’AFFACTURAGE
A. Définition de l’affacturage
Gestion, garantie et financement des créances commerciales. –

Plusieurs définitions de l’affacturage peuvent être proposées, selon que l’on met
l’accent sur son aspect juridique ou son cadre économique. La définition de base à
connotation juridique a été donnée par la Banque de France dans sa note
d’information n°21 d’octobre 1973, où elle énonçait : « l’opération de factoring
consiste en un transfert de créances commerciales de leur titulaire à un factor qui se
charge d’en opérer le recouvrement et qui en garantit la bonne fin, même en cas de
défaillance momentanée ou permanente du débiteur. Le factor peut régler par
anticipation tout ou partie du montant des créances transférées ».

28
Toujours en France, l’arrêté du 29 novembre 1973 qui a traduit le terme de
« factoring » par celui « d’affacturage » en rappelle les éléments économiques :
« Opération ou technique de gestion financière par laquelle, dans le cadre d’une
convention, un organisme spécialisé gère les comptes clients d’entreprises en
acquérant leurs créances, en en assurant le recouvrement pour son propre compte
et en en supportant les pertes éventuelles sur les débiteurs insolvables. Ce service,
qui permet aux entreprises qui y recourent d’améliorer leur trésorerie et de réduire
leurs frais de gestion, est rémunéré par une commission sur le montant des
factures. »

Aucun nom nouveau n’a été proposé, en revanche, pour le factor, sauf à trouver, ici
ou là, le terme d’affactureur, voire des tentatives de réhabilitation du terme
« facteur » dont la richesse polysémique peut pourtant en faire une source
d’ambiguïtés. Il peut être intéressant de rapprocher ces définitions officielles déjà
anciennes du texte retenu par la Convention Uni droit sur l’affacturage international,
dite Convention d’Ottawa, du 28 mai 1988, que la France a ratifiée par la loi n° 91-
640 du 10 juillet 1991. Il y est ainsi spécifié que « le cessionnaire doit prendre en
charge au moins deux des fonctions suivantes : le financement du fournisseur,
notamment le prêt ou le paiement anticipé, la tenue des comptes de créances,
l’encaissement des créances, la protection contre la défaillance des débiteurs ».

Si cette définition a l’avantage de bien prendre en compte la polyvalence


fonctionnelle de l’affacturage et son évolution vers une offre modulaire, elle risque
d’appauvrir en pratique la spécificité de ce métier en ouvrant des possibilités de
confusion avec des métiers voisins, tels que celui des sociétés de recouvrement de
créances, elles aussi en charge des comptes de créances de leurs clients pour en
effectuer l’encaissement.

Retenons donc que l’affacturage établit une relation économique triangulaire entre
vendeur, acheteur et factor. Cette relation s’appuie sur des obligations juridiques
bilatérales, naissant, d’une part, du contrat de vente (ou de prestation de services)
entre vendeur et acheteur, d’autre part, du contrat d’affacturage à la base d’un
transfert des créances en contrepartie de prestations, composites mais modulables,
de gestion, de garantie et de financement desdites créances. Conséquemment, les
factors désignent généralement le vendeur par l’appellation générique « d’adhérent »
et l’acheteur par « débiteur ».

29
En définitive, l’affacturage est un contrat par lequel un établissement de crédit
spécialise, appelé factor, achète ferme les créances détenues par un fournisseur,
appelé adhérent, sur ses clients (acheteurs ou bénéficiaires de services) et ce
moyennant rémunération. L’opération consiste donc pour le fournisseur à céder au
factor ses factures en échange de quoi ce dernier lui consentit une avance sous
déduction des intérêts et commissions.

B. Le caractère contractuel de l’affacturage : un contrat E.C.O.S.S.A.I.


L’obligation est un lien de droit en vertu duquel une personne que l’on appelle
créancier peut exiger d’une autre que l’on appelle débiteur, l’exécution d’une
prestation déterminée. Ce lien de droit est appelé contrat. Des lors, c’est compte-
tenu de l’existence d’obligations réciproques et volontaires créées a la charge de
l’adhérent et du factor par le contrat d’affacturage qu’on dit qu’il a un caractère
contractuel. Ce qui emporte un certain nombre de conséquences sur le plan
juridique. Ainsi l’affacturage est un contrat ECOSSAI c'est-à-dire un contrat
d’exclusivité, commercial, a titre onéreux, synallagmatique, sus-generis, d’adhésion
et innommé.

a) Un contrat d’exclusivité
Le vendeur ou prestataire de service, que l’on appelle adhérent dans le contrat
d’affacturage, accorde au factor l’exclusivité du transfert de ses créances.
Ces clauses sont régulières en ce sens que l’article 275 COCC prévoit que la clause
par laquelle un commerçant s’engage à se fournir exclusivement chez un fournisseur
est valable mais a condition qu’elle soit approuvée par l’autorité administrative
compétente.

30
Aussi, la clause par laquelle un fournisseur s’engage à ne vendre qu’à certains
commerçants exclusivement est licite a condition qu’elle soit approuvée par l’autorité
administrative compétente.

Un contrat commercial
L’Acte Uniforme de L’OHADA donne une énumération des actes de commerce. A
priori, il suffit de se référer à cette liste légale pour connaître les actes de commerce,
tous les autres étant civils. Mais, en réalité, le droit commercial hérité du droit
français est plus complexe puisqu’il faut en outre tenir compte de l’influence possible
de la profession de l’auteur de l’acte. Influence qui peut avoir pour effet, de rendre
commercial un acte ne figurant pas sur cette liste ou inversement de rendre civil un
acte figurant sur cette liste.
L’article 3 de l’Acte Uniforme dispose : « Ont d’actes de commerce, notamment :
-L’achat de biens meubles ou immeubles en vue de le revendre,
-Les opérations de banque, de bourse, de change, d’assurance, et de transit,
-Les contrats entre commerçants pour le besoin de leur commerce,
-L’exploitation industrielle des mines, carrières, et gisements naturels,
-Les opérations de location de meubles, de manufactures, de transport, et des
télécommunications,
-Les opérations intermédiaires de commerce.
Le contrat d’affacturage est une opération de crédit effectuée avec un établissement
financier agrée par conséquent il a le caractère d’acte de commerce par la forme.

b) Un contrat onéreux
Dans l’affacturage, l’adhérent est tenu de payer des commissions au factor et en
contrepartie, ce dernier assure le financement de sa créance et la gestion de son
portefeuille client. Donc c’est un contrat à titre onéreux puisque chaque contractant
reçoit une contrepartie, un équivalent.
Tandis que dans les contrats à titre gratuit, une des parties se dépouille d’un élément
de son patrimoine sans rien recevoir en retour. C’est un acte de bienfaisance, c’est la
préférence d’autrui à soi-même

c) Un contrat synallagmatique

L’affacturage est un contrat dans lequel les obligations des parties sont
interdépendantes, réciproques : c’est un contrat synallagmatique. La particularité du
contrat synallagmatique c’est que chaque partie a le droit de refuser de s’exécuter si
son contractant ne s’exécute pas. C’est ce que l’on appelle l’exception d’inexécution.
Le contrat synallagmatique a pour opposé le contrat unilatéral qui est un contrat dans
lequel une seule partie est tenue d’obligations. Par exemple le contrat de dépôt où
seul le dépositaire est tenu de restituer ce qu’il a reçu en dépôt.

31
L’intérêt de cette distinction c’est que le contrat synallagmatique et le contrat
unilatéral sont soumis à des formalités probatoires différentes ; le contrat
synallagmatique étant soumis à la formalité du double, c’est-à-dire qu’il doit être
rédigé en autant d’exemplaires qu’il y a de parties à l’acte. Il faut que chaque partie
ait une preuve du contrat. Par contre, lorsque le contrat est unilatéral, seule la partie
qui s’engage est tenue à la formalité du « bon pour », c’est-à-dire elle doit rédiger de
sa main, en toutes lettres et en tous chiffres, le montant de son engagement.

d) Un contrat sus-generis
Le caractère sus-generis de l’affacturage fait allusion a sa spécificité par rapport aux
autres types de contrat. Cette particularité de l’affacturage apparait aussi bien dans
sa formation, dans sa mise en œuvre que dans sa finalité. Il fait parti des rares
contrats qui nécessitent corolairement l’application du COCC et des actes uniformes
de l’OHADA. Ce caractère spécifique se justifie par le fait que l’affacturage est un
contrat découvert par les praticiens du droit et tient lieu de loi entre les parties.

e) Un contrat d’adhésion
L’affacturage est un contrat d’adhésion qui contrairement au contrat de gré à gré
dans lequel les parties discutent chaque élément du contrat jusqu’à convenir d’un
accord, il s’agit de contrat généralement pré rédigé par la partie la plus puissante
économiquement en l’occurrence l’établissement financier et qui ne laisse à l’autre
partie aucune possibilité de négociation, celle-ci ne fait qu’y adhérer ou refuser de
conclure. Par exemple, le contrat d’ouverture de compte bancaire est un contrat
d’adhésion.

f) Un contrat innommé
Les contrats nommés étant ceux qui ont fait l’objet d’une réglementation dans le
code et qui ont été expressément nommés (vente, bail, dépôt, mandat, etc.). Quant
aux contrats innommés, ce sont des contrats qui généralement ont été découverts
par la pratique postérieurement et, qui de ce fait n’ont pas fait l’objet d’une
réglementation spécifique. L’affacturage en est une, dans la mesure où il a été
découvert dans la pratique du droit du crédit. Mais, cela ne signifie pas pour autant
que les contrats innommés ne sont pas soumis au droit. Ce sont des contrats peut
être sans loi, mais qui sont assujettis au droit.

32
II. LE CADRE REGLEMENTAIRE

A. La nouvelle loi bancaire instituant les établissements de crédit

La réglementation sur les établissements de crédit est uniformisée par une nouvelle
loi portant réglementation bancaire. Selon l’article premier du titre premier de cette loi
qui détermine le champ d’application de la réglementation bancaire, cette présente
loi « s’applique aux établissements de crédit exerçant leur activité sur le territoire de
l’état où est promulgué la loi, quels que soient leur statut juridique, le lieu de leur
siège social ou de leur principal établissement dans l’Union Monétaire Ouest
Africaine, ci-après dénommée « UMOA », et la nationalité des propriétaires de leur
capital social ou de leurs dirigeants. » Certes, cette nouvelle loi bancaire, entrée en
vigueur en avril 2010, fait une distinction entre les banques et les établissements
financiers à caractère bancaire, mais elle leur donne une dénomination commune :
« établissements de crédit »

C’est l’article 4 de cette nouvelle loi bancaire sur les établissements de crédit, qui
précise que les établissements financiers à caractère bancaire sont habilités à
effectuer les opérations de banque pour lesquelles ils sont agréés. Ils sont classés,
par instruction de la banque Centrale, en diverses catégories selon la nature des
opérations de banque qu’ils sont habilités à effectuer. Pour plus de précision, l’article
6 considère comme opérations de crédit, pour l’application de la présente loi, « tout
acte par lequel une personne, agissant à titre onéreux : met ou promet de mettre des
fonds à la disposition d’une personne ; prend, dans l’intérêt de celle-ci, un
engagement par signature tel qu’un aval, un cautionnement ou une garantie. » sont
assimilés à des opérations de crédit, le crédit-bail et, de manière générale, toute
opération de location assortie d’une option d’achat. Par ailleurs, l’article 9 de la
même loi dresse des opérations que les établissements de crédit sont également
habilités à effectuer parce que considérées comme connexes à leurs activités.

Cependant l’affacturage, n’ayant pas était énuméré parmi les activités des
établissements financiers à caractère bancaire, reste une opération de crédit et
notamment d’acquisition de créances qui de ce fait peut être classé parmi les
techniques de financement prévues à l’article 6 de la réglementation bancaire. En
plus, les établissements financiers qui jouent le rôle de factor sont tenus de respecter
les procédures d’agrément visées au titre 2 de ladite loi. Par conséquent, Nul ne
peut, sans avoir été préalablement agréé et inscrit sur la liste des banques ou celles
établissements financiers à caractère bancaire, exercer l’activité définie à l’article 2 ,
ni se prévaloir de la qualité de banque, de banquier ou d’établissement financier à
caractère bancaire, ni créer l’apparence de cette qualité, notamment par l’emploi de
termes tels que banque, banquier, bancaire ou établissement financier, dans sa
dénomination sociale, son nom commercial, sa publicité ou d’une manière
quelconque dans son activité. De ce point de vue, l’opération d’affacturage est tenue
au respect des dispositions de la nouvelle loi bancaire de 2010.

33
La loi portant réglementation bancaire dans l'UMOA constitue le texte de base du
dispositif de supervision bancaire et, plus généralement, de l'organisation et de la
surveillance des activités bancaires dans l'UMOA. En application de cette loi ou pour
en compléter les dispositions, un certain nombre de textes légaux ou réglementaires
ont été adoptés. Il s'agit notamment :

- de la convention portant création de la Commission Bancaire, entrée en


application le 1er octobre 1990 ;
- du dispositif prudentiel applicable aux banques et établissements financiers de
l'UMOA, réaménagé par le Conseil des Ministres au cours de sa session du
17 juin 1999 et entré en application depuis le 1er janvier 2000 ;
- du décret relatif au classement, à la forme juridique et aux opérations des
établissements financiers (pris entre 1984 et 1992, selon les pays de l'UMOA);
- du plan comptable bancaire ou PCB, entré en vigueur le 1er janvier 1996.

La loi bancaire contient les principes et dispositions régissant globalement l'exercice


des activités bancaires et plus exactement celles des banques et établissements
financiers à caractère bancaire. S'agissant plus précisément du contrôle bancaire, la
loi définit la répartition des compétences entre les organes de réglementation et de
contrôle de l'activité bancaire, ainsi que les conditions de leurs interventions. De
même, elle établit une distinction entre les fonctions de réglementation d'une part, et
celles de contrôle et de sanctions, d'autre part, entre les différents organes ou
institutions : Conseil des Ministres, Ministres des Finances, Banque Centrale et
Commission Bancaire. Le Conseil des Ministres est habilité à prendre toutes
dispositions en matière de réglementation prudentielle, notamment concernant la
liquidité, la solvabilité, la division des risques et l'équilibre de la structure financière
des banques et établissements financiers à caractère bancaire (Article 56 de la loi
bancaire). Il a par ailleurs compétence pour fixer le capital minimum des banques
dans chaque pays de l'UMOA.

Les compétences du Ministre des Finances recouvrent principalement l'agrément, la


nomination d'administrateur provisoire ou de liquidateur, la suspension des
opérations de l'ensemble des banques et établissements financiers, les dérogations
et autorisations diverses (crédits aux dirigeants et personnel excédant un
pourcentage de leurs fonds propres, etc.). Par ailleurs, le Ministre des Finances
détient l'essentiel des prérogatives en matière de constitution et de contrôle des
institutions mutualistes ou coopératives d'épargne et de crédit. Dans le but de
susciter l'émergence d'une jurisprudence uniforme dans toute l'Union, certaines
décisions sont prises après avis conforme de la Banque Centrale ou de la
Commission Bancaire.

34
En matière de contrôle bancaire, la Banque Centrale a les principales attributions
suivantes : définition des modalités d'application des décisions prises par le Conseil
des Ministres de l'Union dans le cadre de ses compétences, des dispositions
comptables applicables aux banques et établissements financiers à caractère
bancaire et des conditions de banques, détermination du plafond des risques
encourus sur le personnel et les dirigeants de banque, pouvoirs de contrôle sur
pièces et sur place et fixation du montant de la réserve spéciale. Par ailleurs
plusieurs textes à caractère technique (avis, instructions, circulaires) ont été en outre
pris par la BCEAO et la Commission Bancaire, notamment pour préciser les
modalités d'application des dispositions contenues dans les textes susvisés.

B. Le dispositif jurisprudentiel applicable aux banques et aux


établissements financiers de l’UMOA

La supervision bancaire au sein de l'UMOA est organisée et réglementée sur la base


d'instruments juridiques qui prennent leur essence dans les dispositions de la loi
portant réglementation bancaire. Les grandes caractéristiques du dispositif prudentiel
applicable aux banques et établissements financiers sont présentées ci-après. Les
nouvelles règles prudentielles adoptées par le Conseil des Ministres au cours de sa
session du 17 juin 1999, tiennent notamment compte des exigences internationales
en matière de supervision bancaire, des mutations survenues dans le paysage
bancaire de l'UMOA, ainsi que de l'entrée en vigueur du plan comptable bancaire de
l'UMOA en 1996. Elles portent sur les domaines suivants : *

1. Conditions d'exercice de la profession


a. Le montant du capital social minimum des banques est fixé à un (1)
milliard de FCFA et celui des établissements financiers à 300 millions de
FCFA.
b. Le capital social d'une banque ou d'un établissement financier agréé dans
un Etat donné doit être employé dans cet Etat ou dans tout autre de
l'Union. Toutefois, les dotations des implantations doivent être employées,
au moins à concurrence du seuil minimum fixé par la loi portant
réglementation bancaire, dans le pays d'accueil.
c. Les banques et établissements financiers doivent justifier, à tout moment,
de fonds propres effectifs au moins égaux au capital minimum fixé dans la
décision d'agrément.
d. Les banques et établissements financiers sont tenus de constituer une
réserve spéciale dont le taux est fixé à 15%, incluant toutes réserves
éventuellement exigées par les lois et règlements en vigueur, alimentée
par un prélèvement annuel sur les bénéfices nets réalisés, après
imputation, le cas échéant, du report à nouveau déficitaire. Sa dotation est
obligatoire, quel que soit le niveau atteint par son montant cumulé par
rapport au capital social de la banque ou de l'établissement financier
concerné.

35
e. Les banques et établissements financiers sont tenus d'organiser leur
comptabilité selon les dispositions prévues dans le plan comptable
bancaire de l'UMOA.
f. Les banques et établissements financiers doivent se doter d'un système de
contrôle interne permettant notamment de vérifier le respect des
dispositions et usages en vigueur dans la profession et de garantir la
qualité de l'information financière et comptable.

2. Réglementation des opérations effectuées par les banques et


établissements financiers
a. Il est interdit aux banques et aux établissements financiers de détenir
directement ou indirectement, dans une même entreprise, autre qu'une
banque, un établissement financier ou une société immobilière, une
participation supérieure à 25% du capital de l'entreprise ou à 15% de leurs
fonds propres de base.
b. Le montant global des concours (y compris les engagements par
signature) pouvant être consenti par les banques et les établissements
financiers aux personnes participant à leur direction, administration,
gérance, contrôle ou fonctionnement, ne doit pas dépasser 20% de leurs
fonds propres effectifs.
c. Le montant global des immobilisations hors exploitation et participations
dans des sociétés immobilières dont les banques et établissements
financiers peuvent être propriétaires, est limité à un maximum de 15% de
leurs fonds propres de base.
d. L'ensemble des actifs immobilisés des banques et des établissements
financiers, hormis ceux spécialisés dans les opérations de capital-risque
ou d'investissement en fonds propres, doit être financé sur des ressources
propres.
3. Normes de gestion
a. La règle de couverture des risques est définie par un rapport minimum à
respecter, dit "rapport fonds propres sur risques". Ce ratio comporte au
numérateur, le montant des fonds propres effectifs de la banque ou de
l'établissement financier, et au dénominateur, les risques nets pondérés
selon la qualité ou la catégorie des contreparties. Le pourcentage
minimum à respecter est fixé à 8%.
b. Les banques et établissements financiers doivent financer au moins à
hauteur de 75% leurs actifs immobilisés ainsi que leurs autres emplois à
moyen et long terme par des ressources stables.
c. Le montant total des risques pouvant être pris sur une seule et même
signature, est limité à 75% des fonds propres effectifs d'une banque ou
d'un établissement financier. Par ailleurs, le volume global des risques
atteignant individuellement 25% des fonds propres effectifs d'une banque
ou d'un établissement financier, est limité à huit (8) fois le montant des
fonds propres effectifs de l'établissement concerné.

36
d. La règle de liquidité fait obligation aux banques et établissements
financiers de disposer d'actifs disponibles et réalisables ou mobilisables à
court terme (trois mois maximum) pour couvrir au moins à hauteur de 75%
le passif exigible à court terme ou les engagements par signature
susceptibles d'être exécutés à court terme (trois mois maximum).
e. Le ratio de structure du portefeuille, rapport entre d'une part, l'encours des
crédits bénéficiant d'un label de qualité délivré par l'Institut d'émission à la
banque déclarante et d'autre part, le total des crédits bruts portés par
l'établissement concerné, doit être, à tout moment, égal ou supérieur à
60%. Cette disposition s'applique aux banques et aux établissements
financiers spécialisés dans la distribution de crédit.

II- LE CADRE JURIDIQUE DE L’AFFACTURAGE

A. L’ABSENCE DE REGLEMENTATION SPECIFIQUE A L’AFFACTURAGE

Contrairement à la France où on constate l’existence d’une réglementation précise


du contrat d’affacturage par le code monétaire et bancaire et par le code civil, au
Sénégal aucun texte de loi ne fait mention de l’affacturage. Cette situation freine le
développement de l’offre de crédit puisqu’elle en constitue une contrainte majeure. Il
y a ainsi au Sénégal, une faible diversification des produits financiers due à
l’absence d’une réglementation juridique spécifique aux opérations d’affacturage, à
l’inexistence d’une fiscalité propre aux sociétés de capital risque et d’affacturage,
malgré la spécificité de leurs activités, aux contradictions entre les dispositions
obligatoire du SYSCOA et des plans comptables bancaires.

Dès lors, la solution serait d’adopter une fiscalité allégée des opérations
d’affacturage surtout en ce qui concernent le sort de la TVA sur les créances
achetées. Par ailleurs, l’UMOA devrait mettre en place un cadre réglementaire
spécifique applicable aux opérations d’affacturage par l’élaboration d’un dispositif
relatif à l’affacturage. Il y a lieu de signaler que l’absence de réglementation
spécifique de l’affacturage est liée à son caractère de contrat innommé parce que
découvert par la pratique. Cependant, compte tenu du besoin en financement
grandissant des entreprises et surtout des PME, le législateur devrait s’atteler à une
modification de la réglementation en intégrant clairement des règles spécifiques
régissant l’affacturage. Sous réserve de cette précision, il faut faire remarquer que
l’affacturage, bien qu’étant un contrat innomé, est tenu au respect des règles
juridiques et fiscales existants au Sénégal, dans le droit communautaire et dans le
droit international.

37
B. LA REFERENCE AUX TEXTES LEGAUX EXISTANTS

Bien que n’étant pas prévu spécifiquement par la loi du fait de sa découverte par la
pratique, le contrat d’affacturage est soumis aux textes nationaux et se conforme
aussi au droit communautaire. Il arrive, dans le cadre de l’affacturage international,
que la convention de l’Ottawa soit applicable.

Comme tout contrat, celui d’affacturage est tenu au respect des règles du code des
obligations civiles et commerciales. Et compte tenu de la cession de créance et de
subrogation qui s’opère dans le cadre de l’affacturage, en plus de la présence d’un
établissement financier dans ladite transaction, il est fait application des dispositions
du code général des impôts relatives aux droits d’enregistrement et à la taxe sur les
opérations bancaires et à la taxe sur la valeur ajoutée.

1. Le respect des règles du COCC

Le contrat d’affacturage est tenu de respecter les règles générales du droit des
obligations présentes dans le COCC (articles 39 à 156) aussi bien dans sa formation,
dans son exécution, dans ses effets que dans sa fin. Dans ses conditions
d’existence, l’affacturage nécessite préalablement une opération de vente ou de
prestation de vente. Et ces dites opérations doivent respecter les règles spécifiques
à la vente (loi n°98-21 du 21 mars 1998 – articles 264 à 371 COCC) et aux
prestations de services (article 433 et suivants). Tous les conflits nés d’un contrat
d’affacturage, trouvent leur résolution juridique dans le droit des obligations et
notamment les dispositions concernant la circulation ou la transmission des
obligations à savoir le paiement par subrogation (article 249 et suivants du COCC)
et la cession de créance (article 241 à 243 du COCC). Ainsi, la société d’affacturage
est subrogée dans les droits de l’adhérent, fournisseur de la marchandise ou de la
prestation de service.

L’affacturage est une subrogation conventionnelle, parce que résultant d’un contrat.
Dans le déroulement de l’affacturage, les procédures de recouvrement de créances
telles que la répétition de l’indu, l’exécution forcée ou l’astreinte sont parfois utilisées.
La répétition de l’indu est une application de l’enrichissement sans cause qui est
réglementée par les articles 187 et suivants du COCC. Le support de la répétition de
l’indu peut être traduit par cette disposition : « Celui qui, par erreur ou sous l’effet de
la violence, effectue un paiement sans cause ou exécute un contrat entaché de
nullité, peut demander la répétition de l’indu sous réserve des dispositions
particulières aux incapables et aux contrats contraires aux bonnes mœurs ». Il y a
des conditions qui justifient la répétition de l’indu. Par contre, l’exécution forcée est
réglementée par les articles 194 à 199 du COCC. Elle peut se traduire par la
contrainte (articles 195 et 196 COCC) ou l’astreinte (197 à 199 COCC). L’exécution
forcée c’est la contrainte exercée sur le débiteur pour l’amener à s’exécuter. Elle
peut être directe ou indirecte.

38
Lorsqu’elle est directe, elle peut se traduire par la saisie des biens du débiteur, la
vente de ses biens sur autorisation judiciaire, et sur le produit de cette vente on va
désintéresser le créancier. Cette exécution directe est relativement facilitée lorsqu’il
s’agit d’obligations de sommes d’argent, d’obligations pécuniaires.Mais, s’il s’agit
d’une obligation de faire, on ne peut exercer une contrainte sur le débiteur parce que
toute obligation de faire ou de ne pas faire se résout par l’allocation de dommages et
intérêts. L’exécution forcée peut aussi se traduire par la destruction de ce qui a été
fait par le débiteur de façon indue. Exemple la destruction d’une construction bâtie
sur un terrain appartenant à autrui. Mais, le créancier peut aussi faire exécuter par
un tiers ce qu’aurait dû faire le débiteur mais au frais de ce dernier. Quant à
l’exécution indirecte, elle prend la forme d’une astreinte. L’astreinte c’est une
sanction pécuniaire à caractère successif qui tend à inciter le débiteur récalcitrant à
s’exécuter avec célérité (rapidité). L’astreinte peut être provisoire comme elle peut
être définitive. D’ailleurs, en France, la jurisprudence fait régulièrement interprétation
et application des articles du code civil aux situations litigieuses impliquant une
relation formalisée par un contrat d’affacturage.

2. La conformité aux règles de l’OHADA


L’affacturage, restant une technique du droit commercial fait référence à l’acte
uniforme portant sur le droit commercial général. Mais aussi, dans le cadre du
recouvrement de créances les procédures utilisées sont celles de l’acte uniforme sur
les procédures simplifiées de recouvrement de créances. En effet, dans ses
conditions préalables, l’affacturage nécessite l’existence d’une vente commerciale
(articles 202 à 288 AUDCG) ou d’une prestation de services qui peut s’agir d’une
intermédiation commerciale (articles 137 à 201AUDCG). Dans tous les cas les
parties au contrat sont tenues de respecter les dispositions de l’acte uniforme. Les
procédures simplifiées de recouvrement des créances telles que l’injonction à payer
(articles 1 à 18 AUPSRC), et les procédures simplifiées tendant à la délivrance ou à
la restitution d’un meuble déterminé (articles 19 à 27 AUPSRC) sont souvent
utilisées lors du déroulement de l’affacturage.

3. La référence à la convention d’Ottawa sur l’affacturage international.


Cette convention internationale a été établie depuis le 28 mai 1988. L’objectif de
cette convention sur l’affacturage international est d’uniformiser certaines règles
relatives à l’affacturage pour les contrats internationaux et notamment les règles
relatives à la validité des clauses sur la cession de créance.

C. CONDITIONS D’EXISTENCE DE L’AFFACTURAGE


1. Conditions préalables : L’existence d’une vente ou d’une
prestation de services

L’existence d’une vente ou d’une prestation de services est une condition préalable à
l’affacturage.

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Au Sénégal, la vente est le contrat par lequel une personne, le vendeur, transfert la
propriété d’une chose à une autre, l’acheteur, qui s’oblige à payer un prix. L’accord
des volontés suffit à la formation du contrat. Mais, le consentement exprimé doit être
exempt de vices. Les parties doivent être capables et l’objet du contrat de vente est
double : le prix et la chose ; il doit être licite. La cause de l’obligation doit exister et
celle du contrat aussi doit être licite. En principe, le transfert de propriété est
immédiat, l’accord sur la chose et sur le prix transfère immédiatement et
automatiquement la propriété. Le transfert de propriété entraine le transfert des
risques. Cependant, il peut arriver que le transfert de propriété soit retardé pour les
choses de genre ou pour les choses futures. Et parfois même, par la clause de
réserve de propriété dans la vente à crédit ou par les clauses relatives aux transferts
des risques. Il faut signaler que dans l’exécution du contrat de vente, les parties ont
des obligations qu’elles sont tenues de respecter. Les contrats de vente entre
commerçants sont des actes de commerce. Ainsi, la preuve du contrat commercial
se fait par tous les moyens et la prescription extinctrice est brève et fondée sur une
présomption de paiement. Le tribunal de commerce est compétent et les juges
tiennent compte des usages de la profession. Par ailleurs, est considérée comme
une prestation de services l’opération autre qu’une livraison. Et c’est la circulaire
d’application du code général des impôts qui en donne la définition la plus détaillée.
Tel est le cas :

₋ des cessions et concessions de biens meubles incorporels ;


₋ des locations de biens meubles ou immeubles ;
₋ des transports et prestations accessoires ;
₋ des ventes à consommer sur place ;
₋ des opérations de commissions ;
₋ des opérations de courtage ;
₋ des travaux d’études, de recherche et d’expertise ;
₋ des abandons de créances ou des subventions consentis pour des motifs
commerciaux c’est à dire lorsque les sommes versées au titre des abandons
de créances ou des subventions constituent en fait la contrepartie d’une
opération quelconque réalisée au profit de la partie versante ou lorsqu’elles
complètent le prix d’une opération taxable ;
₋ les prestations des télé-services ;
₋ d’une manière générale, de toutes les opérations relevant du louage d’industrie
ou du contrat d’entreprise par lequel une personne s’oblige à exécuter,
moyennant une rémunération déterminée ou en échange d’un autre service,
un travail quelconque ou à exercer des activités qui donnent lieu à la
perception de profits divers. Par télé-services, il faut entendre des services
effectués à distance, en dehors de l’endroit ou le travail est attendu, au moyen
de communication électronique, informatique, télématique et à partir d’un
réseau comportant au moins deux cents (200) positions de travail actives et
permanentes.

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Sont notamment considérés comme télé-services, au sens du Code général
des impôts, les activités de télé-secrétariat, télé-accueil, télé-contact et de
télé-saisie. Ainsi, c’est lors de la facturation de la vente ou de la prestation de
services que l’adhérent inclut la quittance subrogative dans la facture du client
et adresse à l’affactureur un double de ses factures, soit au fur et à mesure,
soit après regroupement. Il lui envoie également tous les documents pouvant
faciliter le recouvrement.

2. Conditions sine qua none : Le transfert de créances

Le transfert de la créance au factor étant une caractéristique fondamentale de cette


opération de crédit, il importait de choisir un procédé de transfert adapté aux buts
poursuivis. A défaut d’une législation propre au factoring, deux procédés de transfert
peuvent être envisagés : la cession de créance et la subrogation conventionnelle.
La cession de créance sera traitée pour justifier le choix du procédé de la
subrogation conventionnelle.

a) La cession de créance

« Selon les professeurs C. GAVALDA et J. STOUFFLET il existe une large


coïncidence entre les effets légaux de la cession de créance et ceux recherchés par
le factoring. Seulement, la cession de créance du droit français est inutilisable en
pratique en raison de la lourdeur de ses formes ». La cession de créance est régie
en particulier par les articles 241 et suivants du COCC qui prévoit que le
cessionnaire n’est saisi à l’égard des tiers que par la signification du transport faite
au débiteur. Néanmoins, le cessionnaire peut être également saisi par l’acceptation
du transport faite par le débiteur dans un acte authentique. On voit que l’opposabilité
de la cession aux tiers nécessite un écrit et une signification au débiteur par exploit
d’huissier, ou bien encore un acte notarié constatant l’acceptation du débiteur. Ces
formalités complexes sont étrangères aux pratiques courantes des affaires où
l’intervention d’un officier ministériel est généralement considérée comme
annonciatrice de difficultés.

Elles demandent en outre, de longs délais et leur coût est loin d’être négligeable. Il
faut noter aussi que l’esprit est différent dans la cession de créance, telle qu’elle est
habituellement pratiquée, et le factoring. Dans le premier cas, il y a souvent
l’intention de spéculer : la créance est acquise à un prix nettement moins élevé que
le prix d’origine, et ce dans l’espoir d’aboutir à une « différence » substantielle lors du
recouvrement. Dans le factoring, l’esprit est celui des transactions commerciales
normales, parce que nombreuses et suivies. Si le factor fait aussi une « différence »
(montant de la commission de factoring), celle-ci est réputée raisonnable et liée au
service rendu. Et l’on a déjà vu que le factoring est un service multiforme très
complet.

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Le procédé de cession de créance, convenable pour des opérations isolées et, de ce
fait, importantes, s’exclut de lui-même, par sa complexité, pour les opérations de
factoring. Encore que la cession de créance puisse s’appliquer théoriquement,
l’usage lui a préféré, dans l’état actuel de la législation, un autre procédé plus
simple : la subrogation conventionnelle. Dans cette victoire du pragmatisme, on peut
voir la confirmation que le Droit, loin de toujours réglementer les mœurs - ici les
usages et commodités commerciales - s’adapte fréquemment à elles quand, à la
limite, il ne se contente pas de les ratifier.

b) La subrogation conventionnelle

La subrogation conventionnelle résulte d’une convention par laquelle un tiers (le


subrogé payant le montant de sa créance à un créancier, celui-ci (le subrogeant)
subroge le tiers dans ses droits, actions, privilèges ou hypothèques contre le
débiteur. La subrogation conventionnelle d’un tiers par le créancier contre son
débiteur doit être expresse et faite en même temps que le payement. Dés lors que
sont remplies ces deux conditions de forme et de temps, la subrogation est réalisée.
Le débiteur n’a d’ailleurs aucune possibilité de s’opposer à une convention de
subrogation.
Si une stipulation expresse de la subrogation est requise par la loi, un simple acte
sous seing privé y satisfait. Quant à la concomitance de la subrogation et du
paiement, un document la constate et opère en même temps, la subrogation : c’est la
quittance subrogative dûment datée. Ce document établit à l’égard des tiers le
transfert de la créance (ici au factor). La quittance subrogative peut être rétrocédée
(ici à un autre factor).Stipulons bien qu’une convention de subrogation anticipée, ou
bien encore postérieure au payement, n’aurait aucune valeur. La subrogation
conventionnelle est différente de la cession de créance en ce sens que le subrogé ne
peut exiger du débiteur plus qu’il n’a lui même versé au créancier, alors que, s’étant
fait céder une créance à un prix inférieur au montant nominal, le cessionnaire peut
exiger du débiteur ce montant nominal. En outre, le cessionnaire doit avoir signifié la
cession au débiteur, formalité dont est dispensé le subrogé, ce qui constitue un
avantage pratique considérable. A remarquer que dans le procédé de subrogation
conventionnelle, l’intérêt des parties n’a pas à être justifié. La loi est muette à ce
sujet et la subrogation résulte essentiellement du respect des formes prescrites.
On a objecté que le caractère onéreux du factoring s’opposait à l’utilisation du
procédé de subrogation conventionnelle, celui-ci étant supposé gratuit.

Outre que la gratuité n’est nullement l’essence de la subrogation, on peut seulement


affirmer que seule la spéculation est exclue puisque le subrogé ne peut réclamer
plus qu’il n’a payé. Mais rien n’empêche que, dans la subrogation conventionnelle,
soit rémunéré le service rendu, surtout si la rémunération (commission et intérêts) se
rattache davantage au service rendu et au crédit consenti qu’à la subrogation
proprement dite.

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En matière de factoring, cet aspect du problème impose toutefois une précaution : le
calcul séparé des commissions et agios dus au factor par le créancier. Le montant
de ces commissions et agios n’est pas déduit de la quittance subrogative et fait
simplement l’objet d’une comptabilisation au compte courant ouvert au nom du
vendeur, client du factor, dans les livres de ce dernier. Avec la subrogation
conventionnelle, le créancier initial (subrogeant) n’est pas tenu de garantir le
subrogé. Celui-ci n’a d’autre recours contre le subrogeant que de disposer d’une
action en répétition de l’indu en cas d’inexistence totale ou partielle de la dette. Dans
le factoring, cette hypothèse des fausses créances constitue l’un des risques du
factor. La subrogation conventionnelle transfère la créance au créancier subrogé,
avec tous les droits et suretés (aval, caution, droit de résolution…) attachés à cette
créance. Entre autres, le créancier subrogé peut invoquer le titre exécutoire dont
disposait le subrogeant et revendiquer les règles de compétences et de procédure
dont ce dernier pouvait se prévaloir.

Au nombre des suretés transférées, il faut compter les clauses dites de réserve de
propriété. Si la portée de telles clauses est assez réduite en droit interne français -
elles ne sont pas opposables à la masse des autres créanciers de l’acheteur en cas
de faillite de ce dernier - ces clauses peuvent jouer favorablement dans les
opérations de commerce international. L’utilisation du procédé de subrogation
conventionnelle n’est pas exclusive de l’utilisation d’un autre procédé dés lors que
serait crée, par les voies légales, un procédé de transfert entièrement nouveau. A ce
propos, on peut déjà s’interroger sur les conséquences qu’aura en cette matière
l’institution d’un régime de factures protestables encore que ce système ait plus
particulièrement pour but de remplacer l’escompte des effets de commerce.

D. L’OFFRE ET L’ACCEPTATION D’AFFACTURAGE

L’affacturage ou « factoring » est une opération de crédit, par laquelle un banquier ou


« factor » achète à une entreprise, ou « adhérent », les créances que celle-ci détient
sur des tiers. Ce procédé repose sur un véritable transfert de propriété des créances.
Le factor prend la place de l’adhérent à l’égard de ses clients : il est subrogé dans
ses droits et devient leur créancier. On sait que l’affacturage est un contrat et le
contrat c’est un accord de volontés générateur d’obligations. Encore faudrait-il que
cet accord soit régulièrement conclu, qu’il soit valablement formé. La conclusion du
contrat d’affacturage, bien qu’étant pas expressément prévu par la loi, nécessite le
respect des conditions de fond et parfois des conditions de forme réglementées par
le code des obligations civiles et commerciales. Parmi les conditions de fond il y’a le
consentement des parties. Le consentement est l’essence même du contrat. En
effet, l’article 58 du COCC dispose qu’« Il n’y a point de contrat sans consentement
émanant de l’une et de l’autre partie ».

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Mais, en réalité, le véritable consentement c’est celui qui opère une jonction de deux
volontés concordantes. Chaque partie dit « Oui » et c’est la rencontre de ce double
« Oui » qui constitue le consentement, qui scelle le contrat. C’est la rencontre de
l’offre et de l’acceptation. Précisément ce sont ces deux éléments du consentement
dont la réunion crée le lien contractuel qui font l’objet de notre étude. Alors, quels
sont les caractères que doivent revêtir l’offre et l’acception pour donner naissance au
contrat d’affacturage ? A quel moment considère-t-on qu’il y’a rencontre des
volontés ? En principe il n’y a aucune difficulté sur ces points ainsi soulevés sauf,
lorsque les deux personnes qui veulent contracter ne sont pas l’une en face de
l’autre.

C’est l’hypothèse des contrats par correspondance, abusivement appelés contrats


entre absents par le législateur sénégalais.

1. La rencontre des volontés dans l’affacturage : l’offre et l’acceptation


a : L’offre

L’offre est une déclaration unilatérale de volonté par laquelle l’offrant, encore appelé
pollicitant, fait savoir son intention de conclure un contrat déterminé à des conditions
déterminées. Pour être considérée comme offre dans le cadre de la conclusion d’un
contrat d’affacturage, cette déclaration unilatérale de volonté doit revêtir certains
caractères. Il faut d’abord préciser que l’offre ou la pollicitation peut être faite à
personne déterminée ou au public. Cette offre doit être ferme, précise et non
équivoque.

L’offre d’affacturage s’opère généralement par un « dossier d’étude d’affacturage »


que le factor transmet à l’adhérent. Elle doit renfermer les éléments essentiels du
contrat. Les éléments essentiels du contrat sont l’objet et le prix. L’objet étant, la
gestion, la garantie et le financement des créances commerciales alors que le prix
fait référence au coût de l’opération d’affacturage. En principe, l’offre doit être
assortie d’un délai avant de pouvoir être rétractée. Ce délai peut être expressément
convenu. Mais si tel n’est pas le cas, il peut résulter des circonstances, donc être
implicite. Tant que le délai n’est pas expiré, l’offrant ne peut retirer son offre. Mais,
l’incapacité ultérieure ou le décès du pollicitant rendent caduques l’offre. Ce qui
signifie que le COCC n’a pas consacré la théorie de l’engagement unilatéral de
volonté : «L’incapacité ultérieure ou le décès de l’offrant rendent caduques l’offre »
art. 80, al. 2.

b : L’acceptation

C’est le second terme de l’accord. C’est la réponse positive apportée par le


destinataire à l’offre de contracter. Elle doit être identique à tout point de vue à l’offre.
Elle peut être expresse ou tacite, elle doit être précise et non équivoque.

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Et, elle ne doit pas être accompagnée de réserves sinon, il s’agit d’une contre-offre,
d’une contre-proposition. L’acceptant devient nouvel offrant parce que du fait de la
réserve ou de la modification de l’offre, les rôles vont être renversés. Dans
l’affacturage, ce dernier problème se pose rarement puisqu’il s’agit généralement
d’un contrat d’adhésion, préétabli, où l’entreprise adhérente ne peut qu’accepter ou
refuser de contracter.

2 : Les contrats d’affacturage par correspondance ou centre absents

C’est une hypothèse plus ou moins complexe, celle dans laquelle les personnes qui
veulent contracter sont géographiquement distantes l’une de l’autre. Elles ne sont
pas en face l’une de l’autre : le factor (l’offrant) est à Dakar, l’entreprise adhérente
(acceptant) à Ziguinchor.
C’est par abus de langage que le législateur sénégalais parle de contrat entre
absents, parce que l’absent en droit c’est celui dont on est resté longtemps sans
nouvelles jusqu’à douter de son existence. C’est l’hypothèse de l’incertitude sur la
personne. Or, ici on fait allusion au contrat de personnes non présentes. C’est
pourquoi, l’appellation de contrat par correspondance traduit mieux la réalité. C’est
un problème qui présente au moins deux intérêts relativement à la date et au lieu de
conclusion du contrat. En effet, la date du contrat va permettre de déterminer à partir
de quels moments les parties sont soumises aux obligations contractuelles. Quant au
lieu du contrat, il permet souvent de déterminer le tribunal compétent. Le problème
du contrat entre absents a suscité en France une controverse doctrinale
accompagnée d’une jurisprudence contrariante et contrastée. Mais, en droit
sénégalais, la situation est paradoxalement plus inquiétante, même s’il existe un
texte à ce propos, contrairement au droit français. Mais, c’est que le texte sénégalais
consacre une fausse solution à un vrai problème. Pour en avoir la conviction, il y a
lieu dans un premier temps de rappeler brièvement la valse hésitation du droit
français (a) avant de relever la fausse solution sénégalaise (b).

a : Les péripéties du droit français

Les péripéties du droit français se ramènent à une doctrine controversée et à une


jurisprudence embarrassée. En ce qui concerne la doctrine, elle se manifeste à
travers deux théories : la théorbe l’émission et la théorie de la réception. En vertu de
la première théorie, c’est-à-dire celle de l’émission, le contrat entre absents est
conclu à partir du moment où l’acceptant aura émis son intention d’accepter le
contrat. Cette théorie renferme elle-même deux sous variantes. La première on
l’appelle la théorie de la déclaration : il suffit que le destinataire ait émis son intention,
son acceptation. C’est précisément lorsque l’adhérent extériorise son intention de
conclure le contrat d’affacturage ; par exemple en opposant sa sigle« dossier d’étude
d’affacturage ». La deuxième sous variante est appelée système de l’expédition.
C’est lorsque le destinataire se sera dessaisi de son acceptation, par exemple en
expédiant sa réponse.

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En l’occurrence, il suffit que l’entreprise adhérente envoie son acceptation par la
poste, par fax, par correspondance électronique ou encore lorsqu’elle commence à
transférer ses créances au factor pour approbation. Cette théorie connaît des
critiques dans la mesure où elle n’est pas totalement satisfaisante. C’est pourquoi on
a proposé une seconde théorie, c’est la théorie de la réception qui connaît elle-même
deux sous variantes. La première variante c’est la théorie de la réception proprement
dite dans laquelle le contrat est formé au lieu et au moment de l’arrivée de
l’acceptation.
C’est lorsque le factor aurait pu prendre connaissance de l’acceptation de
l’adhérent : par exemple l’acceptation est dans sa boite postale ou dans sa boite
E-mail.
La deuxième variante c’est la théorie de l’information en vertu de laquelle le contrat
est conclu quand l’offrant aura eu effectivement connaissance de l’acceptation, c’est-
à-dire concrètement quand le factor (l’offrant) aura lu la lettre d’acceptation de
l’adhérent. Mais, dans ce cas aussi, il faut convenir que l’on fait dépendre la
conclusion du contrat de la diligence bonne ou mauvaise de l’offrant.
C’est ce qui explique certainement la contrariété de jurisprudence, parce qu’aucune
des deux théories n’est totalement satisfaisante. Ainsi, la jurisprudence a eu à
consacrer successivement, sans aucune logique, l’une et l’autre théorie jusqu’à ce
que la Cour de cassation française soit saisie de la question et aggrave le problème,
parce qu’elle décide que le problème de la conclusion du contrat dépend de
l’appréciation souveraine des juges du fond. C’est une fuite en avant de la Cour.

b : La fausse solution sénégalaise

Cette solution a son siège dans l’article 82 du COCC qui constitue un texte clair
obscur, ce que l’on appelle un camaïeu juridique. C’est un texte qui ne veut rien dire
ou qui dit ce qu’il vient de contredire. En effet, l’article 82 du COCC dispose :
« Entre absents, le contrat se forme comme entre personnes présentes au moment
et au lieu de l’acceptation. Cependant, si l’offre est acceptée tacitement, le contrat se
forme au moment où l’acceptation tacite est réputée être intervenue ».

Cette solution n’en est pas une. D’abord, elle peut faire l’objet de critiques quant à la
forme pour la maladresse de rédaction. Le terme absent est impropre parce qu’il ne
traduit pas la réalité visée, l’absent étant en droit la personne dont on est resté
longtemps sans nouvelles. Mais, il s’agit là d’une critique vénielle. C’est au fond que
l’article 82 est surtout contestable. Le texte semble dire que le contrat entre
personnes non présentes se fait de la même façon qu’entre personnes présentes et
que le contrat est conclu au lieu et au moment où l’acceptation est intervenue. Il faut
d’abord remarquer que l’assimilation avec les personnes présentes est impossible
parce qu’objectivement les deux contractants sont éloignés l’un de l’autre. Par
définition, cela ne peut pas se passer comme entre personnes présentes.
Il s’y ajoute qu’entre personnes présentes le problème de la détermination du lieu et
du moment ne se pose pas parce que tout se fait en même temps.

46
Chaque partie sait que son contractant a dit Oui de façon instantanée. L’hésitation
n’est pas permise. Mais, si l’on s’en tient à la lettre de l’article 82, alinéa 1 er on peut
estimer a priori qu’on a consacré la théorie de la réception si le contrat se forme
comme entre personnes présentes parce que dans ce cas l’offrant sait que
l’acceptant a dit Oui. Or, dans le même temps, l’alinéa 1er dispose que : « Le contrat
est formé au moment et au lieu de l’acceptation ». Si c’est le lieu de l’acceptation qui
détermine la formation du contrat, alors c’est la théorie de l’émission. Il y a par
conséquent dans le même alinéa deux solutions contradictoires.

C’est pourquoi l’article 82 n’apporte pas de solution au problème posé. Mais il y a


pire, parce que l’alinéa 2 semble apporté une solution différente, or il dit la même
chose. Finalement, l’existence de texte ne règle pas le problème en droit sénégalais
et on peut même dire que l’opacité est plus grande qu’en droit français. Nul ne peut
affirmer quelle est la solution retenue par le droit sénégalais en matière de contrats
par correspondance. On peut tout au moins se rassurer parce qu’il est possible aux
parties de prévoir dans une clause du contrat d’affacturage quelle est la date de
formation de leur accord. La détermination de cette date n’étant pas d’ordre public.

E. ASPECTS JURIDIQUES RELATIFS AUX REGLES DE FONCTIONNEMENT


DE L’AFFACTURAGE

Le contrat d’affacturage est un contrat synallagmatique par nature. Il produit des


obligations réciproques entre l’adhérent et le factor. Avec l’utilisation du mécanisme
de paiement par subrogation, l’affacturage produit des effets sur le client de
l’adhérent.

1. LES OBLIGATIONS A LA CHARGE DES PARTIES AU CONTRAT


D’AFFACTURAGE : L’ADHERENT ET LE FACTOR.
a) Les obligations à la charge de l’adhérent

Trois obligations fondamentales pèsent sur l’adhérent. Il s’agit de l’obligation de


transfert des créances à l’établissement financier, l’obligation de coopération et de
bonne foi et de l’obligation de payer les commissions.

i. L’obligation de transfert des créances à l’établissement financier.

Le contrat d’affacturage a un caractère d’exclusivité très poussé. Lorsque la


convention est acceptée, elle oblige l’adhérent à transférer les créances sous
diverses formes qu’il détient sur ses clients. Ce principe dit de globalité oblige donc
l’adhérent à se déplier de toutes ses créances qui entrent dans le champ
d’application du contrat d’affacturage. Lorsque ces créances sont agrées par
l’établissement financier, elles sont transférées à titre de propriété à ce dernier.

47
Ce transfert de créance se fait selon les techniques du droit cambiaire et droit civil.
Les techniques du droit cambiaire ont été écartées au profit de la cession de
créances et de la subrogation. En droit sénégalais on a préférer le recours à la
subrogation à la technique de la cession de créances qui est entourée d’un
formalisme qui risque d’handicaper l’opération d’affacturage (notification en 1/3
cédé, ou créancier du cédant et même constatations par acte authentique). En
France, d’après une jurisprudence constante, la subrogation dans le contrat
d’affacturage ne nécessite pas une notification, même pas au client de l’adhérent ni
même à ces créanciers.

ii. l’obligation de coopération et de bonne foi.

Ces deux obligations constituent le caractère subjectif du contrat d’affacturage. Pour


permettre à l’établissement financier d’apprécier convenablement l’entreprise de
l’adhérent. Il faut requérir de ce dernier la mise à disposition de toute information
avant la conclusion du contrat. L’adhérent doit en outre, donner à l’établissement
financier toute information relative à ses clients pour lui faciliter les actions de
recouvrement amiable ou contentieux. Il est interdit à l’adhérent de donner à
l’établissement financier de façon sélective les créances détenues. L’obligation de
coopération et de bonne foi est juridiquement sanctionnée en cas de violation par la
responsabilité civile (violation de l’obligation de renseignement). Cette violation de
l’obligation de renseignement peut s’assimiler à la réticence dolosive au moment de
la formation du contrat d’où une nullité relative et comme une violation d’une
obligation contractuelle qui peut entrainer la responsabilité civile de l’adhérent.

iii. L’obligation de payer des commissions

Le paiement des commissions est une conséquence du caractère onéreux du contrat


d’affacturage. Dans le contrat d’affacturage, deux types de commissions peuvent
être réclamé à l’adhérent. Une commission générale ou commission de financement
qui vise à rémunérer le financement des créances non encore échues et une
commission spéciale ou commission d’affacturage qui rétribue les autres charges de
l’établissement financier.

b) Les obligations de l’établissement financier (Factor)

L’établissement financier (de crédit ou factor) doit prendre en charge les créances
qui lui sont transférées. Il doit ensuite intervenir dans la gestion comptable et
financière de l’adhérent.

i. La prise en charge des créances de l’adhérent

Le principe de globalité qui oblige l’adhérent à transférer toutes ses créances à


l’établissement financier n’a pas comme conséquence la prise en charge
automatique de ces créances.

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L’établissement financier procède à une double sélection. Il sélectionne d’abord les
clients qui verront leurs créances approuvées, dont il se chargera du recouvrement
en tant que factor. Les créances qui sont approuvés entre dans le patrimoine de
l’établissement du crédit et sont sous le régime juridique du contrat d’affacturage.
Elles sont couvertes par la garantie de bonne fin et la garantie d’insolvabilité. Les
créances non-approuvées retournent en principe dans l’entreprise de l’adhérent.
Mais, très souvent, l’adhérent et le factor parviennent à un accord qui permet de
confier le recouvrement de ces créances à ce dernier. Dans ce cas, il n’agit plus en
tant que factor mais comme simple mandataire. Il a alors une obligation de moyen,
mais est payé dans tous les cas où il aura accompli sa mission de mandataire.

ii. L’intervention du factor dans la gestion du portefeuille client de


l’adhérent.

Cette intervention revêt plusieurs formes. Il peut s’agir de la tenue de comptabilité


client et du service contentieux, l’assainissement de la gestion financière,
l’orientation de l’activité commerciale. En effet, l’affacturage propose la gestion du
poste « client » avec un suivi par pays, par client, par facture sans oublier la gestion
des encaissements et le recouvrement des créances. Ainsi, l’affacturage se présente
comme un procédé de recouvrement efficace puisque le factor décharge l’adhérent
du souci de la gestion du poste clients et de l’encaissement des sommes dues.
C’est une technique de mobilisation du poste client et ce quel que soit le mode de
règlement prévu avec l’acheteur. En offrant en sous-traitance totale du poste clients,
le factor permet à l’entreprise de faire d’importante économie d’échelle : d’une part
sur les charges du personnel, d’autre part sur les frais d’assurance et les coûts des
financements bancaires. En remettant ses créances clients au factor, l’entreprise
évite de devoir estimer jusqu’à quelle limite d’encours elle peut traiter avec un client,
il lui suffit alors d’interroger son factor qui fixera l’encours garanti.

2. LES RAPPORTS JURIDIQUES ENTRE LE FACTOR ET LE CLIENT DE


L’ADHERENT.

Le recouvrement de créance se fait à l’échéance auprès du client. Entre le factor et


ce dernier, il n’y a pas de convention, c’est pourquoi très souvent le client invoquait
l’effet relatif du contrat pour échapper au paiement à l’établissement financier. Mais,
généralement, il existe une mention de subrogation du contrat d’affacturage. En effet,
c’est la mention qui doit apparaitre sur la facture que l’adhérent envoie à ses clients.
Elle indique le nom et l’adresse de la société d’affacturage qui doit recevoir le
payement de son client. Cette mention subrogative est inscrite sur un tampon qui est
transmis à l’adhérent par la société d’affacturage au moment du démarrage du
contrat. Cette mention subrogative peut aussi être inclue dans les factures sur le
système informatique de facturation de l’adhérent. Par ailleurs, la cession de créance
ou la subrogation permet de créer un droit direct au profit du factor à l’égard du
client.

49
Mais malgré la subrogation, le client invoquait certaines exceptions nées du contrat
de base pour échapper au paiement. En outre, il invoquait l’absence de notification
de la subrogation pour échapper au paiement. La jurisprudence a systématisé toutes
ces questions en décidant d’une part que la subrogation ne nécessite pas une
notification, il suffit simplement que son existence soit manifeste dans l’esprit du
débiteur : la règle de la connaissance acquise. D’autre part, elle précise que les
exceptions qui sont nées entre l’adhérent et son client ne sont pas opposables à
l’établissement financier : l’inopposabilité des exceptions. Et à ce principe, la
jurisprudence n’accepte que quelques exceptions : c’est le cas de l’inexistence de la
créance transférée, sa compensation ou le défaut de paiement de la créance par le
factor.
Cependant, le factor, quant à lui, peut se retourner contre l’adhérent par une action
en enrichissement sans cause, la répétition de l’indu. S’il s’agit de l’inexistence de la
créance, le factor peut aussi intenter une action en justice pour mauvaise foi.

F. LES PROBLEMES JURIDIQUES NES DE LA PRATIQUE DE


L’AFFACTURAGE AU SENEGAL

Nous avons pris le soin d’examiner les quinze (15) bulletins des arrêts de la Cour
Suprême du Sénégal publiés à ce jour, cependant aucune décision n’a été rendue en
matière d’affacturage. Il y’a ainsi une inexistence de jurisprudence en matière
d’affacturage, ce qui constitue un frein au développement de cette opération de
crédit au Sénégal.

IV- LE CADRE FISCAL DES PRODUITS BANCAIRES

Les banques et établissements financiers à caractère bancaires installés au Sénégal


sont soumis aux mêmes obligations fiscales que les entreprises qui y exercent une
activité commerciale, industrielle, artisanale, etc. C’est ainsi qu’ils doivent notament :

₋ Déclarer leurs résultats imposables et payer l’impôt sur les sociétés ;


₋ Effectuer les retenues à la source et procéder aux déclarations y
relatives ;
₋ Payer les impôts et taxes suivants et procéder aux déclarations y
relatives :
 Contribution à la patente et contribution à la propriété foncière ;
 Droit d’enregistrement et de timbre…
Les produits financiers, ou revenus mobiliers, ont un régime fiscal qui varie suivant la
nature des produits en cause. Ces produits peuvent découler de la gestion d’un
portefeuille titre de valeurs mobilières ou d’opérations financières.

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Constituent des éléments du portefeuille titres :
- les actions et autres titres donnant ou pouvant donner accès, directement ou
indirectement, au capital ou aux droits de vote, transmissibles par inscription en
compte ou tradition ;
- les titres de créances qui représentent chacun un droit de créance sur la
personne morale qui les émet, transmissibles par inscription en compte ou tradition,
à l’exclusion des effets de commerce et des bons de caisse ;
- les parts ou actions d’Organismes de Placements Collectifs en Valeurs
Mobilières (OPCVM).
La notion d’opérations financières recoupe toute opération ayant pour objet soit de
réunir les moyens de financement des investissements ou des opérations
d’exploitation de l’entreprise, soit le placement temporaire de ces moyens. Elle
comprend les emprunts et prêts, l’apport de capitaux, l’autofinancement et les
subventions d’équipement, la gestion des disponibilités (banques, caisse, valeurs
mobilières de placement), les dépôts et cautionnements, etc.
L’imposition des produits financiers peut être analysée au regard de la fiscalité
directe et indirecte. La taxation directe des produits financiers concerne
particulièrement l’impôt sur les revenus de capitaux mobiliers dont le mécanisme
d’imposition est la retenue à la source ainsi que l’impôt sur les revenus des sociétés
ou des personnes physiques. Les revenus de capitaux mobiliers sont divisés en deux
catégories de revenus soumises à une taxation propre :
- les produits des actions et des parts sociales assimilés distribués aux
associés ou dirigeants de sociétés passibles de l’impôt sur les sociétés et les
produits des obligations et autres emprunts négociables sont imposés au titre de
l’impôt sur les revenus des valeurs mobilières (IRVM) ;
- Les produits des créances, des dépôts de sommes d’argent, de
cautionnements, de bons de caisse et de comptes courants sont imposés au titre de
l’impôt sur les revenus de créances, dépôts et cautionnement (RCDC).De manière
générale, les capitaux mobiliers doivent en principe être compris dans les revenus
d’ensemble du contribuable pour être soumis à l’impôt sur le revenu ou les sociétés
(IR ou IS) ;mais, ils donnent lieu, sauf exonération, à une taxation à la source.
Toutefois, les banques exercent une activité spécifique et réalisent quotidiennement
des opérations propres au secteur bancaire. C’est ainsi qu’à titre principal elles sont
autorisées à recevoir des dépôts (qu’elles rémunèrent) et à consentir des prêts ou
avances à leurs clients (moyennant rémunération par ces derniers). Avec la rapide
évolution des techniques bancaires, ces opérations deviennent de plus en plus
complexes et variées.
Pour des raisons d’ordre pratique, dans le cadre de notre étude sur la fiscalité des
produits bancaires et en particularité celle de l’opération d’affacturage, c’est
l’imposition indirecte des produits financiers qui nous intéressera. Cette taxation
indirecte porte sur les opérations rémunérant les services que rendent les banques à
leur clientèle (les produits bancaires au sens large).

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Nonobstant, les obligations fiscales de droit commun incombant aux banques et
établissements financiers à caractère bancaire, ces opérations emportent un régime
fiscal spécifique qu’il importe d’étudier. Cette imposition s’analyse principalement au
niveau de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) (A) et de la Taxe sur les opérations
bancaires (TOB) (B) et au niveau des droits d’enregistrement (C).

A. LA TAXE SUR LA VALEUR AJOUTEE (TVA)


Il y a lieu de distinguer selon qu’il s’agisse des produits financiers encaissés par les
entreprises de ceux perçus par les banques et établissements financiers.

1) Les produits financiers des entreprises


En général, les opérations génératrices de produits financiers sont constitutives de
prestations de services imposables à la TVA qui frappe les affaires faites au Sénégal
et relevant d’une activité économique à l’exclusion des activités agricoles et des
activités salariées au sens du Code du travail. Toutefois, le régime actuel des
produits financiers à la TVA varie suivant leur nature.
S’agissant des dividendes, il est admis que leur perception, n’étant la contrepartie
d’aucune activité économique, ces revenus n’entrent pas dans le champ
d’application de la TVA. De même, il est admis que ne relèvent pas d’une activité
économique, la détention par un holding de participations financières dans ses
filiales, la simple acquisition et la simple détention d’obligations par une entreprise,
l’achat et vente de titres dans le cadre d’une simple opération de gestion. Toutefois,
la doctrine fiscale considère que les revenus de valeurs mobilières doivent être pris
en compte pour le calcul du prorata de déduction TVA et être inscrits au
dénominateur de ce prorata. S’agissant des revenus de créances, dépôts,
cautionnements et comptes courants, ils découlent d’opérations de placement
considérés comme relevant d’une activité économique et taxables à la TVA à ce titre.
Le cas échéant, la TVA et l’impôt sur les revenus de créances, dépôts et
cautionnement (RCDC) sont calculés sur les mêmes bases lorsque ces impôts sont
effectivement dus.

2) Les produits financiers des banques

Parmi les opérations exonérées de TVA figurent les opérations bancaires qui sont
soumises à une taxation spécifique. Toutefois certaines opérations réalisées par les
banques sont passibles de la TVA. Il s’agit de la location de coffres, des prestations
de conseil, de gestion de titres ainsi que des opérations de crédit-bail. Le cas
échéant, l’organisme bancaire est tenu de déterminer un prorata de déduction au
titre de ses déclarations TVA. Par ailleurs, dans l’affacturage il y’a deux types de
commissions que perçoit le factor : une de financement et une autre facturée pour
les prestations de services issues de la gestion du portefeuille clients. A notre avis,
cette dernière commission pourrait subir la taxe sur la valeur ajoutée de 18% après
analyse des articles 282 et suivants du CGI.

52
B. LA TAXE SUR LES OPERATIONS BANCAIRES (TOB)

1) Domaine de la TOB

La règlementation de l’affacturage exige que l’affactureur soit agrée comme société


financière. Cette dernière, dans le cadre du financement des créances transférées
par l’adhérent, perçoit des commissions de financement. Or, les articles 323 à 325
du code général des impôts portant taxe sur les opérations bancaires précises que
ladite taxe s’applique aux intérêts, commissions et autres rémunérations perçues par
les banques et établissements financiers agrées au Sénégal sur les crédits, prêts et
avances, engagements par signature et opérations de service réalisées avec des
personnes physiques ou morales quelque soit leur domicile. Donc, l’opération
d’affacturage est soumise à la taxe sur les opérations bancaires. L’exonération à la
TOB concerne :
-les intérêts sur prêts, avances, dépôts et autres opérations conclus entre
banques ou établissements financiers installés ou non au Sénégal ;
- les intérêts et commissions sur prêts d’une durée de cinq ans au moins
consentis à des entreprises de production de biens industriels ou agricoles ou du
secteur de la pêche ou du tourisme ;
-les intérêts et commissions perçus sur les opérations réalisées dans le cadre
du fonctionnement normal des missions diplomatiques et organismes internationaux ;
- les intérêts et commissions sur prêts consentis aux personnes physiques
pour la construction ou l’acquisition de locaux à usage d’habitation lorsque la valeur
hors taxes des constructions ne dépasse pas 20 millions de francs ;
- les intérêts et commissions perçus sur les opérations réalisées avec des
entreprises installées en zone franche industrielle ;
- les marges réalisées par les banques sur les opérations de change autres
que manuel ;
-les opérations réalisées par la B.C.E.A.O ;
- les intérêts et commissions sur prêts et avances consentis à l’Etat.

2) Taux de la TOB

Le taux e la TOB est de 17%.Toutefois, il est réduit à 7% pour les intérêts,


commissions et frais perçus à l’occasion des opérations finançant des ventes à
l’exportation.

3) Fait générateur et exigibilité de la TOB

Le fait générateur est constitué par l’encaissement ou par l’inscription des


rémunérations de la banque au débit du compte du bénéficiaire du prêt ou de
l’opération.
La TOB est exigible dans le mois qui suit celui du fait générateur et recouvrée dans
les mêmes conditions que la TVA.

53
4) Déductibilité de la TOB par les assujettis de la TVA

Les assujettis à la TVA sont autorisés à déduire chaque mois de la taxe sur la valeur
ajoutée exigible sur leurs opérations taxables du même mois la TOB entrant dans le
prix de revient des biens et services ouvrant droit à déduction.

C. LES DROITS D’ENREGISTREMENT

S’agissant du portefeuille titres, les cessions d’actions, de parts sociales des sociétés
commerciales ainsi que les cessions d’obligations sont assujetties à un droit de
mutation de 1%. Ce droit est liquidé sur la valeur sur la valeur vénale des biens ou
sur le prix stipulé si celui-ci n’est pas inférieur à la valeur vénale. Les transferts,
cessions et autres mutations à titre onéreux de créances sont assujettis à un droit de
1%. Ce droit est liquidé sur le capital de la créance. Dans le contrat d’affacturage,
l’adhérent cède, à titre onéreux, ses créances à l’établissement financier.
Or, dans le cadre du droit d’enregistrement prévu par le code général des impôts, il
est stipulé que les transferts, cessions et autres mutations à titre onéreux de
créance, sont assujettis à un droit de 1%, ce droit est liquidé sur le capital de la
créance. Par voie de conséquence, l’affacturage est tenu au respect des dispositions
du code général des impôts relatives aux droits d’enregistrement, notamment les
articles 505 et 506.
En définitive, le compte courant et les dépôts de garantie seraient-ils soumis à la
retenue sur les créances, dépôts et cautionnement prévue aux articles 143 à 148 du
CGI. En outre, les sociétés d’affacturage sont soumises à l’impôt sur les sociétés sur
les bénéfices réalisés annuellement au taux de 25%. Cette imposition est prévue par
le code général des impôts dans ses articles 1 à 26.Cette multiplicité d’imposition ne
resterait-elle pas une contrainte au développement de l’activité d’affacturage au
Sénégal ?

54
55
RESUME

Plusieurs catégories d’obstacles sont été identifiées concernant l’étude des


obstacles ou contraintes au développement de l’affacturage :

1. Contraintes de financements

2. Contraintes liées à la disponibilité de l’information et à la bonne


connaissance des risques

3. Contraintes liées au coût du contrat d’affacturage

4. Contraintes psychologiques

5. Contraintes matérielles liées à l’absence ou à la quasi-inexistence de


factors

6. Contraintes matérielles liées à la facturation

7. Contraintes liées aux Entreprises et secteurs concernés


8. Contraintes juridiques et réglementaires

9. Contraintes économiques et financières

10. Contraintes psychologiques

11. Contraintes liées à la multiplicité des impositions sur le plan fiscal

12. Contraintes économiques et financiers


13. Obstacles liés à la complexité, à la diversité du droit économique, au
déficit de formation des juges ainsi qu’au système d’unité de
juridiction qui n’est pas approprié pour régler efficacement et
rapidement les litiges. Après cet inventaire des obstacles, l’expérience
Marocaine en matière d’actions et d’aménagements de sa législation
pour faire face aux freins de l’affacturage a été passée en revue .

Le développement du factoring au Sénégal, qu’il s’agisse d’ailleurs du factoring


intérieur ou du factoring extérieur, se heurte à certains obstacles. Au nombre de
ceux-ci ne peuvent évidemment figurer les obstacles techniques tenant à la nature
même du factoring. Le factoring étant ce qu’il est, on ne peut considérer comme des
obstacles ses limites naturelles. Les seuls obstacles qui vaillent d’être considérés
sont donc ceux qui peuvent, tôt ou tard, et plus ou moins facilement, être surmontés.

56
1. Contraintes de financements

La faiblesse ou l’absence d’intervention des banques dans le refinancement des


sociétés d’affacturage trouve son explication notamment :
 dans la méconnaissance ou le manque de confiance de l’activité
d’affacturage par les banques,
 la structure des ressources des banques qui sont généralement
constituées par les dépôts à vue ou à court terme, ce qui limite leur
capacité de transformation ;
 dans le faible niveau de capitalisation des sociétés d’affacturage qui ont
existé au Sénégal.
Le rôle assumé par les factors implique que ceux-ci aient une assise financière très
large et très sûre. Le problème des capitaux propres des sociétés d’affacturage s’est
souvent posé dans le passé car ces capitaux sont rarement suffisants pour couvrir la
totalité des opérations de factoring traitées. L’obligation qu’auront les factors d’avoir
des engagements bancaires au moins d’un certain niveau leur donneront des
possibilités d’intervention.

Aussi le problème du financement des factors est-il posé et de la solution plus ou


moins heureuse de ce problème pour une bonne part le développement du factoring
du moins du fait des factors. Quoi qu’il en soit et indépendamment d’un financement
des factors par les banques ceux-là sont contraints de se financer auprès de celles-
ci.

Pour augmenter leurs fonds propres les factors devront pouvoir faire donc appel à
divers compartiments du marché des capitaux .

Quant aux besoins de trésorerie les factors pourront avoir recours aux banques
sous la forme d’un découvert pur et simple ainsi d’ailleurs qu’au marché monétaire
(ouverture de comptes) mais de ces deux manières de procéder s’exerceront dans
les limites du rapport imposé entre capitaux propres et engagements.

2. Contraintes liées à la disponibilité de l’information et à la bonne


connaissance des risques

Comme toute entreprise ou plutôt comme tout entrepreneur le factor prend des
risques et de mettre en œuvre les moyens correspondant à cette préoccupation.
Nombre de risques encourus peuvent être qualifiés de techniques c’est-à-dire
susceptibles d’être éliminés ou maitrisés par une meilleure connaissance du
problème. Tels sont par exemple les risques tenants à la qualité des acheteurs
(sélection des créances) à la qualité des vendeurs (sélection des vendeurs) le
nombre de vendeurs admis au bénéfice du factoring (facteur de compensation :
répartition du risque). On peut noter dés maintenant l’importance pour le factor du
problème des informations qu’il doit avoir sur les entreprises impliquées dans le
factoring vendeurs et acheteurs.

57
Il est aussi d’autres risques techniques tels ceux concernant la productivité du factor.
C’est ici toute la question des méthodes de moyens et plus généralement de
l’organisation interne du factor sans oublier le choix et l’utilisation des hommes
constituant sa structure organique. Tout cela résulte bien évidemment d’une gestion
éclairée et efficace soucieuse de rentabilité.

Tous les risques techniques ne peuvent être totalement éliminés et surtout pas celui
constituant l’une des justifications du factoring : la garantie de bonne fin. Certes le
factor peut toujours contracter une assurance-crédit mais outre le cout de l’opération
la garantie n’est que partielle et ne joue qu’après constatation de défaillance
définitive du débiteur. Il semble que certaines sociétés de factoring aient bien recours
aux compagnies d’assurance mais toutefois sous des formes différentes de
l’assurance crédit.

Outre les risques techniques il existe aussi des risques commerciaux qui découlent
d’une adéquation plus ou moins heureuse de l’entreprise (le factor) avec son marché
(les vendeurs). La question se pose en premier lieu pour les prix de vente (c’est-à-
dire les taux de commission d’intérêt). Une entreprise peut être bien organisée et
produire à bon compte et finalement n’être pas rentable si ses prix de ventes sont
inadaptés au marché. Mais si ce cas se produit dans certaines professions ou le prix
de marché est difficile à cerner (les travaux sur devis par exemple) reconnaissons
que ce n’est certainement pas le cas avec le factoring.

Le contrat de factoring impose à l’entreprise utilisatrice cet examen de conscience et


comme de toute façon il devra être fait il est préférable qu’il le soit avant la
conclusion effective de la vente. La décision du factor si elle était négative pouvant
peser sur celle du vendeur ou tout au moins inciter celui-ci à limiter son risque en
exigeant des acomptes à la commande ou un paiement comptant.

Cette contrainte est d’autant plus légère que la clientèle est plus stable. Dans cette
hypothèse en effet on sait que tel acheteur est garanti par le factor. Si le risque de
garantie peut être insuffisant dans une conjoncture donnée, le vendeur est-il au
moins assuré que son acheteur est considéré comme solvable et qu’au moins une
part de ses ventes lui sera réglée quoiqu’il arrive. En restant dans cette hypothèse de
clientèle stable on peut ainsi remarquer que la contrainte qui peut résulté d’une
définition préalable de la position du factor ne porte que sur un nombre relativement
faible de transactions commerciales : celles concernant les nouveaux clients.

Si la nature de l’activité du vendeur fait que la clientèle est mouvante soit qu’elle se
renouvelle dans des délais plus ou moins rapprochés soit que les mêmes clients
réapparaissent mais à des intervalles plus ou moins longs on est alors conduit à
demander l’approbation du factor pour une part importante des ventes à réaliser. Il
en résulte une sujétion consistant à se livrer à nombre d’opérations administratives
pour des ventes qui peuvent ne pas se concrétiser (commandes enlevées par la
concurrence ou simplement déclinées). La contrepartie de cette sujétion pour
inchiffrable qu’elle soit n’est pas moins importante.
58
C’est l’appréciation du risque financier ainsi écarté si l’on admet qu’économiquement
une vente n’est parfaite que lorsqu’elle est encaissée. Or les clientèles se
renouvelant rapidement ou réapparaissent à des délais éloignés ne permettent pas
cette relative sûreté d’appréciation que peuvent donner des relations suivies.

Détermination du risque

La demande à formuler au factor entraîne toujours une estimation chiffrée du risque


financier que représenteront la ou les transactions envisagées. Le montant à
proposer à l’approbation sera déterminé pratiquement une fois pour toutes dans le
cadre des modalités de gestion des risques adoptés par le factor.

On trouve à ce point de vue deux modalités principales :

-la valeur des livraisons faites pendant une certaine période (semaine quatorzième
mois)

-le découvert total de l’acheteur c’est-à-dire le solde de son compte tel qui apparaît
aux époques fixées pour l’examen de ce compte (une ou deux fois par mois par
exemple).

Dans les deux cas il faut d’abord apprécier le montant des transactions par périodes
successives de temps. Il s’agit en d’autres termes de calculer la valeur approximative
de facturations correspondantes aux livraisons qui seront effectuées la première
semaine la seconde. Si des écarts d’une période à l’autre sont prévisibles il
conviendra de retenir le montant le plus élevé. Précisions encore s’il en est besoin
que le montant ainsi calculé devra comprendre les taxes sur le chiffre d’affaires cas
général du commerce intérieur puisque les créances correspondent à la dette réelle
totale de l’acheteur c’est-à-dire les taxes comprises.

Le souci est la charge de l’estimation ci-dessus reviennent logiquement chez le


vendeur à la fonction commerciale laquelle est la mieux placée pour estimer le
volume prévisible des transactions possibles avec un acheteur éventuel nommément
désigné. Diverses formules pratiques peuvent être trouvées quant à la répartition des
tâches : intervention de la seule fonction commerciale estimation en quantité par le
commercial et valorisation par un autre service (facturation service des prix service
spécialisée dans les relations avec le factor).

Si le contrat factoring retient un calcul du risque suivant les cadences de livraison


l’estimation précitée fournit le montant de l’approbation à demander au factor. Cette
approbation peut alors être donnée soit pour un montant précis égal ou inférieur à la
demande soit en recourant à une codification conventionnelle par tranche de valeur.
Dans cette dernière méthode l’approbation est donnée pour tel plafond pouvant par
conséquent être comme dans le cas précédent inférieur au besoin estimé mais
pouvant être également supérieur à lui si la demande ne se situe pas ce qui est
fréquent exactement à la limite d’une tranche.

59
Par contre si le factor identifie le risque qu’il gère avec le solde dans ses livres du
compte de l’acheteur d’autres paramètres doivent être pris en compte pour établir la
demande d’approbation.

Il s’agit avant tout du délai de paiement qu’observera l’acheteur. Le compte de celui-


ci s’accroîtra en effet de factures successives qui viendront s’inscrire au débit. Le
risque maximal du factor sera donc le solde débiteur tel qu’il apparaît juste avant le
premier paiement. Au-delà de ce moment le risque évoluera en fonction des
nouvelles factures et des paiements ultérieures. Pratiquement l’approbation à
demander au factor résultera de la somme des facturations probables pendant le
délai de paiement. Il importe donc que celui-ci soit clairement précisé et que l’on
évite le conflit classique entre le délai du vendeur et celui de l’acheteur ces
protagonistes ont en effet des intérêts opposés sur le plan de leurs trésoreries
respectives et les conditions générales de ventes divergent de ce fait des conditions
d’achat.

3. Contraintes liées au coût du contrat d’affacturage

Le coût tout d’abord de l’affacturage pourrait éliminer bien des candidats et il est de
fait que le factoring se présente comme un mode de gestion réservé aux entreprises
à large marge bénéficiaire.
Les factors auront à gérer dans un premier temps qu’un faible nombre de contrats et
ils devront créer eux même un service de risques ce qui est long et onéreux (sauf
pour les banques qui ont déjà ces services). La fixation de leur taux de commission
est souvent fonction des facultés contributives du factoré alors qu’ils ne sont pas
encore tous en mesure d’assurer toutes les prestations annoncées :
Les services prestés en général par les factors ne seront pas toujours faciles à
mettre en œuvre :
-les factors ne seront pas forcément au début capable de prendre en charge toute la
facturation
-les statistiques de ventes peuvent connaitre quelques difficultés dans leur gestion
au début.
La souscription du contrat de factoring éclaire l’adhérant sur ses obligations alors
qu’il n’est pas encore en mesure d’évaluer la nature et l’étendue des prestations
rendues en échange. Le coût lui en paraîtra donc élevé d’autant plus qu’à la
commission de gestion s’ajoute l’intérêt des avances qui lui sont consenties. En
d’autres termes il considérera cette commission comme une charge supplémentaire.
Il établira un parallèle avec l’escompte négligeant par là même les services
accessoires qui doivent lui être proposés.

60
De plus cette commission lui sera notifiée par le factor qui aura tous pouvoirs pour la
modifier : l’adhérent aura le sentiment de subir sa loi.
4. Contraintes psychologiques

Au moment de la vente

Peu de particularités marquent la négociation commerciale fait du recours au


factoring. Ce recours n’influe en rien en effet sur le contenu de l’acte de vente : de
quantité, nature, et qualité (spécifications) du produit ou du service, délai de
paiement, mode de paiement. Le fait que les créances soient factorées entraîne tout
au plus pour le débiteur (acheteur) une légère complication administrative résultant
de ce que le destinataire du règlement n’est pas le fournisseur émetteur de la
facture. Encore faut-il noter que les acheteurs s’habituent vite au changement et que
les irréductibles ou les administrations ou établissements soumis a des règles
comptables analogues ont toujours la possibilité de payer directement le vendeur le
contrat de factoring prévoyant dans ce cas un reversement immédiat au factor.

Pour compléter les dispositions mises en place au moment de la conclusion du


contrat factoring (avis à la clientèle) le vendeur factoré peut au moment de la vente
rappeler à l’acheteur qu’il utilise les services d’un factor. S’il s’agit d’un client
nouveau il ne s’agira évidemment pas d’un rappel mais d’une première information.
Dans le même but le vendeur factoré qui a coutume, ce qui est excellent, d’accuser
réception par écrit des commandes reçus peut inclure dans son accusé de réception
une formule rappelant le recours au factoring et en explicitant d’une manière
succincte les raisons. Certains opérateurs ont des blocages psychologiques pour
faire des opérations avec des facteurs.

5. Contraintes matérielles liées à l’absence ou à la quasi-inexistence de


factors

Le premier obstacle matériel venant à l’esprit est l’absence de factors au Sénégal


bien qu’il y ait eu deux sociétés qui ont tenté l’expérience dans cette activité. Ces
sociétés ont eu plusieurs types de difficultés qui ont été passées en revue dans le
dossier de la SOFIA et de SENFAC.

Un second obstacle matériel lié également à la dimension des marchés sénégalais


est à relever. En effet, Il ne faut pas oublier que le factoring est issu des rapports
entre l’ancien et le nouveau monde : le factoring à besoin de grands espaces
économiques tels ceux par exemple que lui offre le marché de l’UEMOA voire de la
CDEAO. Le cloisonnement des marchés sénégalais et la permanence des circuits
traditionnels constituent autant de freins à son expansion.

6. Contraintes matérielles liées à la facturation

Sur le plan purement administratif de l’établissement de la facture, le recours au


factoring exige :

61
-la création à l’intention du factor d’un exemplaire supplémentaire de la facture
-la mention sur l’exemplaire destiné au factor du nom du vendeur.
-l’apposition sur cet exemplaire du numéro de compte de l’acheteur dans les livres
du factor.
-la reproduction sur les originaux destinés à l’acheteur de la formule selon laquelle le
paiement est à faire entre les mains du factor.
La création d’un exemplaire supplémentaire de la facture ne soulève pas de
difficultés. Le factor se contente (d’une pelure) qu’il suffit d’ajouter lors de
l’élaboration de la facture ou de le prévoir dans la liasse facture. Ce peu d’exigences
du factor en ce qui concerne le document qui lui est destiné entraîne cependant la
nécessite d’identifier le vendeur d’où la seconde particularité énoncée ci-dessous on
la résout en dactylographiant le nom du vendeur parmi les références de ce dernier
ou en prévoyant pré-imprimée la même mention sur l’exemplaire factor de la liasse
facture.
A côté de ces constantes il importe d’identifier l’acheteur par le numéro de son
compte chez le factor. Le factor assurant la gestion des créances même pour celles
dont il ne garantit pas la bonne fin, attribue un numéro à l’acheteur dans tous les
cas. Le vendeur doit alors choisir parmi les différents supports administratifs
concourant à la facturation (fichiers dossiers) celui le mieux adapté à recevoir cette
mention. Le numéro de l’acheteur venant en quelque sorte s’ajouter à l’état civil de
l’acheteur c’est le support affecté chez le vendeur aux données permanentes de la
clientèle qui se révèlera préférable. Indépendamment de ces modalités d’ordre
pratique, une formule à caractère juridique doit être apposée sur chacune des
factures.
Cette formule dont la rédaction veut parier informe l’acheteur de la subrogation
consentie par le vendeur au factor le paiement n’était alors libératoire qu’entre les
mains de ce dernier. A ce titre on peut reproduire la rédaction qu’impose
contractuellement une grande société de factoring français pour le factoring
interne :
Règlement à l’ordre de (nom du factor) à lui adresser directement (à telle adresse).

Il (le factor) le reçoit par subrogation dans le cadre du contrat de factoring.

Le factor doit être saisi de toute demande de renseignement et de réclamations.

62
Pratiquement ce texte peut être lui aussi pré-imprimé ou apposé au moyen d’un
timbre.

Si les modalités de règlement convenues avec l’acheteur comportent l’émission


d’une traite la création de celle-ci reste le plus souvent de la compétence du
vendeur. Ce dernier doit donc l’établir matériellement à l’ordre du factor la dater
timbrer signer et l’adresser à l’acheteur avec la facture aux fins d’acceptation. Dans
le souci d’accélérer et de faciliter la circulation de la traite le factor remet parfois au
vendeur des enveloppes imprimées libellées à l’adresse du factor et que le vendeur
le joint à l’effet qu’il envoie à l’acceptation.

La procédure matérielle décrite est celle classique des factures successives émises
et réglées individuellement. Des modalités particulières peuvent cependant prévoir
des règlements sur relevés périodiques mensuels par exemple. Dans ce cas le factor
peut établir lui-même les relevés et les acheminer vers l’acheteur avec la traite
correspondante.

On voit donc combien il est impératif pour le vendeur de formuler de façon précise et
complète les conventions de règlements passées par l’acheteur.

Les précisions données ci-dessus à propos des factures sont applicables aux autres
éléments constitutifs du compte de l’acheteur : avoirs notes de débit ou de crédits
diverses débours… leur remise au factor s’impose (du fait de la globalité du contrat)
sous les mêmes conditions de forme et de délai.

7. Contraintes liées aux Entreprises et secteurs concernés


L’utilisation du factoring se place à un stade précis du cycle économique. Il ne
concerne dans l’ensemble que des industries de biens de consommation à
l’exclusion le plus souvent des industries de biens d’équipements unitaires ou de
petites séries.
A l’exportation par contre le factoring pourrait être pratiquement universel (sauf pour
l’industrie lourde les produits agricoles bruts). Dans ce domaine ses limites sont
plutôt d’ordre géographique, politique ou économique.
A l’intérieur de ces secteurs intéressés de nouveaux critères indiquent des limites de
son emploi. Sur un plan général la société de factoring désire traiter avec une
entreprise saine bien gérée ou tout au moins décidée à évoluer vers une
rationalisation de son économie. Elle peut éprouver des difficultés de trésorerie mais
celles-ci doivent se justifier.

63
On devine dans ces conditions que les factors tireront déjà les conclusions de
premiers contrats conclus avec des affaires en perte de vitesse mal organisées au
déficit parfois chronique et qui ne trouvent plus auprès de leurs banquiers
traditionnels les concours nécessaires à leur survie. Ils ne vont pas travailler avec ce
type d’entreprises.
Dans un légitime souci de rentabilité la société de factoring souhaiterait certainement
éviter de conclure avec des entreprises dont le montant moyen des factures est
faible (inférieur à un certain montant fixé) et dont la clientèle n’est pas trop
renouvelée. Les impératifs financiers lui imposent par ailleurs de pouvoir mobiliser
les créances de ses adhérents. En revanche, l’entreprise « factorée » entendra avoir
la faculté d’utiliser tous les services proposés pour amortir le coût élevé de ce contrat
quoiqu’il réponde généralement à des objectifs non chiffrables.
Il importe de se borner à une énumération non limitative des entreprises intéressées,
ce qui nous autorisera, à contrario, à en écarter d’autres en principe et sur un plan
très général.
Entreprises intéressées

Les entreprises disposant de marges bénéficiaires élevées : telles sont par exemple
les industries des articles de luxe, de précision et les entreprises exploitant des
brevets nouveaux.
Les entreprises saisonnières : articles de sports – jouets – confiseries – cadeaux,
etc., le factor peut aisément absorber le travail comptable occasionné par les
importantes fluctuations dans le volume des factures.
Celles qui travaillent à l’exportation, avec une clientèle variée, renouvelée, mais dont
le volume des affaires ne lui assure pas la rentabilité d’un service spécialisé à
l’exportation.
Les entreprises en expansion constante qui ne peuvent disposer d’une trésorerie
suffisante pour répondre à une demande rapidement croissante faute de capitaux
permanents suffisants.
Les entreprises qui consentent du crédit.

64
Entreprises à priori exclues
Toutes les entreprises travaillant avec faibles marges ne permettant pas de faire face
à la dépense élevée d’une commission de factoring : telles pourraient être les
industries de base (industrie lourde, sidérurgie, pétrole…) et les entreprises
agricoles.
Les sociétés de construction de travaux d’infrastructures titulaires d’importantes
marchés de fournitures traitant avec un nombre limité et bien connu de clients. Elles
libellent très peu de factures et ne nécessitent pas sur ce point le recours à une
société de factoring.
Les sociétés qui disposent d’importants moyens financiers et peuvent parfaitement
financer leurs ventes à crédit.
Les commerces de détail qui traitent de très nombreuses petites ventes.
Ceux qui font du crédit à la consommation (la société de factoring ne pourrait pas
« mobiliser » ses avances).
Ceux qui vendent au comptant (le concours financier du factor étant ici sans objet).
8. Contraintes juridiques et réglementaires

On a vu que le contrat de factoring ne fait l’objet dans notre droit d’aucune définition,
ni disposition légale ou réglementaire sanctionnant son régime ou ses effets.

Sans admettre que les considérations d’ordre juridique soient au premier plan des
préoccupations des chefs d’entreprises, on peut craindre cependant que l’absence
d’un statut légal pour le factoring soit nuisible à la diffusion de cette technique. Et ce
n’est pas le fait que les dirigeants de petites et moyennes entreprises les plus
intéressées soient rarement des juristes, qui améliore la situation, bien au contraire.
La loi a d’une certaine manière un pouvoir tout à la fois inquiétant et rassurant,
surtout pour ceux qui en ignorent les mécanismes : Aussi en est il ainsi dans les
pays de tradition juridique et plus spécialement de droit écrit.

A défaut d’une législation appropriée les usagers comptent sur la jurisprudence. Mais
dans le cas présent celle-ci est à ce jour quasi-existante.

Le fait que la loi ne soit souvent qu’un effet de mœurs, donne à penser si le factoring
se développe, le législateur ne manquera pas de lui donner un statut. Mais faudra t-il
encore que ce statut soit en conformité avec les législations étrangères ayant le
même objet, du moins sur le plan de la communauté économique ouest africaine
voire africaine.

Au nombre des obstacles règlementaires nous pouvons citer en outre : La forme


juridique (société de capitaux exigée), le capital social minimum, la possession d’un
agrément pour exercer l’activité etc…

65
9. Contraintes économiques et financières

Le premier obstacle du factoring en manière économique est son coût apparent qui
risque de prime abord de paraître élevé. Le coût apparent du factoring peu à lui seul
empêcher des entreprises techniquement intéressés d’y recourir. Mais il peut aussi
inciter une entreprise factorée à reconsidérer sa collaboration avec le factor dès lors
par exemple qu’elle aura reconstitué un fond de roulement suffisant. Une fois passée
des difficultés en raison desquelles il a été recouru au factoring il se peut qu’une
entreprise factorée devienne plus exigeante envers le factor. Non que cette
entreprise n’ait pas mesuré à sa juste valeur le service rendu mais simplement parce
qu’elle est tentée peut-être imprudemment d’améliorer ses résultats. C’est là un
réflexe normal. Il n’est d’ailleurs pas exclu que le recours au factoring ait contribué à
améliorer le fonctionnement de l’entreprise, et du même coup diminué ses risques
donc ceux du factor.

10. Contraintes psychologiques

Les obstacles psychologiques gravitent autour d’un mal paraît-il bien africain le
secret des affaires : crainte de laisser radiographier son entreprise, de voir un
créancier professionnel s’immiscer dans les relations avec les acheteurs, d’être livré
à un concurrent par des indiscrétions.

A ces craintes très répandues, s’ajoutent pour les dirigeants des considérations
comme la crainte de la nouveauté.

Pour le personnel administratif de l’entreprise, le recours au factoring peut sembler


le signe d’une perte d’emploi prochaine : pour les acheteurs la fin d’une
compréhension si nécessaire en affaires, pour les « commerciaux » un
amoindrissement de leurs prérogatives.

L’intervention du factor qu’elle aboutit à des changements durables dans la gestion,


a pour conséquence une modification profonde de certains rapports. Il va se placer
tel un écran entre le factor et ses clients d’une part, entre le factoré et ses banquiers.
Si les obstacles à son emploi s’exprimeront en termes de coûts, ils seront aussi
d’ordre psychologique traduisant par là, les craintes du chef d’entreprise de perdre
son autonomie de gestion, sa faculté d’évaluer ses risques ou de faire des choix. En
fait, ces difficultés se regroupent sous trois aspects.

66
Dans l’entreprise
Dans l’entreprise les interventions du factor ne seront pas toujours au départ
interprétés avec un esprit de franche coopération que ce soit les services de
comptables auxquels la tenue des comptes clients échappe, de même que certaines
responsabilités financières ou les services commerciaux qui se voient déchargés
d’une partie de leurs prérogatives tous n’y verront souvent qu’un abandon de leurs
fonctions traditionnelles et une diminution de leur rôle. Il faut bien reconnaître
comme ailleurs, que toute modification profonde de structure se heurte à son origine
aux réticences voire à un essai d’obstruction quasi systématique des services
concernés.
Le factor sera amené à coopérer de façon étroite à la gestion. Il sait que le
financement instantané des ventes qu’il apporte, entraîne une aisance de trésorerie
qui peut-être à l’origine d’une dangereuse euphorie. Il entendra surveiller les
utilisations parfois contre une tendance prématurée au renouvellement des
immobilisations ou un accroissement injustifié des stocks, à un allongement anormal
des délais de règlement des clients. Jaloux de ses prérogatives, soucieux par
tradition de garder à ses affaires un caractère secret, le chef d’entreprise considère
déjà l’enquête préalable comme une mesure inquisitoriale.
Il admet difficilement de se plier à la clause d’exclusivité qui lui impose de céder
toutes ses créances alors que certaines sont absolument sans risque dans la mesure
où ses clients lui sont connus de longue date. A l’occasion de la limitation du plafond
à consentir pour chaque client, il pourra craindre que le factor n’en vienne à sous-
évaluer la capacité d’achat de ses clients habituels ou même à les sélectionner en
éliminant ceux qui présentent le plus de risques mais qui, en cas de succès, peuvent
être à l’origine des plus grands profits. Si cette obligation sur les acheteurs douteux
n’est pas absolue (puisqu’il a toujours la faculté de livrer des marchandises à un
acheteur sans approbation en conservant pour lui le risque d’insolvabilité), il est peu
tenté de le faire car s’il persistait dans de nombreux cas à ne pas suivre les
recommandations du factor, ce dernier serait vite amené à réaliser le contrat.
Dans ses relations avec le tiers
La notification du paiement direct au factor constitue une formalité de publicité qui
exclut pour ce contrat tout caractère occulte. En seront donc informés, les clients
d’abord, les fournisseurs ensuite.

67
C’est un obstacle très sérieux auquel le factor va ici se heurter. L’adhérent craint en
effet, que cette publicité ne le desserve et que des doutes soient émis.
Ainsi les clients auxquels des modalités assez souples de financement étaient
accordées qui traitaient même de gré à gré avec les services commerciaux vont
devoir en référer à un « étranger » pour toutes conditions de paiement et demandes
de délais. Par suite ils peuvent craindre que cet interlocuteur anonyme fasse preuve
d’une inflexibilité aveugle. Certains acheteurs dans leur confirmation d’ordre d’achat
peuvent stipuler d’ailleurs qu’ils refusent de régler entre les mains de toute autre
personne que le fournisseur lui-même.
Cette dépersonnalisation nuit sans conteste aux courants possibles d’affaires.
Dans ses rapports avec ses banquiers
Le chef d’entreprise redoute une coupure dans ses rapports avec ses banquiers. Il a
souvent une dette de reconnaissance à leur égard ; des relations amicales se sont
fréquemment instaurées et il est hostile à toute mesure de nature à réduire un
courant d’affaires continu. Il pense que leur concours lui sera toujours nécessaire et
qu’enfin, si l’expérience factoring ne lui paraît pas concluante, il devra plus encore
compter sur eux.
Parmi les obstacles à l’implantation du factoring, il nous est difficile enfin de passer
sous licence la pratique de l’escompte, génératrice pour son utilisateur de crédits
habituellement bon marché. Si elle ne suit pas toujours aussi étroitement le volume
des ventes, si elle exige la présentation d’un effet, il n’en reste pas moins qu’elle jouit
encore des faveurs de l’utilisateur et de son banquier en dépit des réserves d’ordre
général manifestées actuellement dans le secteur bancaire. Par conséquent, seules
des restrictions très sérieuses quant à son utilisation ou une élévation très sensible
de son coût pourraient conduire l’emprunteur à recourir à d’autres modalités de
financement. En d’autres termes une dernière interrogation subsiste, le factoring est-
il amené à bénéficier de la modification des techniques du crédit à court terme ?
11. Contraintes liées à la multiplicité des impositions sur le plan fiscal

Dans le contrat d’affacturage, l’adhérent cède à titre onéreux ces créances à


l’établissement financier. Or, dans le cadre du droit d’enregistrement prévu par le
code général des impôts, il est stipulé que les transferts, cessions et autres
mutations à titre onéreux de créance, sont assujettis à un droit de 1%, ce droit est
liquidé sur le capital de la créance. Par voie de conséquence, l’affacturage est tenu
au respect des dispositions du code général des impôts notamment les articles 505
et 506.
68
La société d’affacturage est tenue aux taxes sur les opérations bancaires qui sont
réglementés au taux de 17%. En plus, dans l’affacturage il y’a deux types de
commissions que perçoit le factor : une de financement et une autre facturée pour
les prestations de services issues de la gestion du portefeuille clients. Cette dernière
commission subit la taxe sur la valeur ajoutée de 18% selon les articles 282 et
suivants du CGI. Par ailleurs, les sociétés d’affacturage sont soumises à l’impôt sur
les sociétés sur les bénéfices réalisés annuellement au taux de 25%. Cette
imposition est prévue par le code général des impôts dans ses articles 1 à 26.
Cette fiscalité trop chère, faite de triple voire de quadruples impositions décourage la
pratique de l’affacturage ou la rend moins attrayante.

12. Contraintes économiques et financiers

Le premier obstacle du factoring en matière économique est son coût apparent qui
risque de prime abord de paraître élevé. Le coût apparent du factoring peut, à lui
seul, empêcher des entreprises, techniquement intéressées, d’y recourir. Ce coût
peut aller de 1% à 3% flat du montant de la facture. Mais il peut aussi inciter une
entreprise factorée à reconsidérer sa collaboration avec le factor dès lors, par
exemple, qu’elle aura reconstitué un fonds de roulement suffisant. Une fois passées
les difficultés en raison desquelles il a été recouru au factoring, il se peut qu’une
entreprise factorée devienne plus exigeante envers le factor. Non que cette
entreprise n’ait pas mesuré, à sa juste valeur, le service rendu, mais simplement
parce qu’elle est tentée, peut-être imprudemment, d’améliorer ses résultats.

C’est là un reflexe normal. Il n’est d’ailleurs pas exclu que le recours au factoring ait
contribué à améliorer le fonctionnement de l’entreprise et, du même coup, diminué
ses risques, donc ceux du factor. Une forte croissance est l’un des principaux
critères objectifs du vendeur pour recourir au factoring. Mais on ne peut ignorer que
cette croissance, si elle se maintient, posera des problèmes dont le factoring peut
faire les frais. L’entreprise en forte croissance a encore plus besoin de disposer de
fortes possibilités d’adaptation. Or, l’adaptabilité résulte de la plus ou moins grande
facilité à modifier ce qui existe.

L’entreprise qui grandit peut vouloir modifier profondément ses méthodes


administratives et, à partir d’un certain niveau, faire appel à des moyens très évolués
en matière de traitement de l’information. Cette évolution sera-t-elle toujours
compatible avec le maintien de relations avec le factor ? N’y a-t-il pas un risque de
supporter deux fois des frais administratifs une première fois réglés au factor, une
seconde fois compris dans les frais généraux de l’entreprise ?
Paradoxalement, la réussite et la croissance obtenues peut-être grâce au factoring,
ne risquent-elles pas de nuire à celui-ci ? Aussi, il semble bien qu’en cas de succès,
le factoring doive disposer d’un second souffle.

69
13. Obstacles liés à la complexité et à la diversité du droit économique ainsi
qu’au système d’unité de juridiction qui n’est pas approprié pour régler
efficacement et rapidement les litiges et au déficit de formation des juges

La complexité et la diversité du droit économique, et le système d’unité de juridiction


qui n’est pas assez approprié pour obtenir le règlement efficace et rapide des litiges,
est un réel obstacle pour le développement de l’affacturage.
L’absence de normes de performance des tribunaux et de formation spécialisée des
juges diminuent l’efficacité générale du système judiciaire et handicapent le
développement de l’affacturage. De même, l’absence d’organe de régulation et de
critères de compétence pour les administrateurs des procédures de traitement des
difficultés des entreprises et les liquidateurs est un obstacle majeur au
fonctionnement efficace du système.

CAS DU MAROC : ACTIONS ET AMENAGEMENTS APPORTES A LA


LEGISLATION POUR LEVER LES CONTRAINTES SUSCEPTIBLES DE
CONSTITUER DES FREINS A L’EXERCICE DE L’AFFACTURAGE

Le Maroc a une riche expérience en matière d’affacturage. En effet il convient de noter que
plus de 10% du produit Intérieur Brut marocain provient des revenus d’affacturage. La
réussite voire le succès de l’affacturage au Maroc est la conséquence d’une réelle politique
de financement des entreprises surtout des PME. Une des préoccupations majeures des
autorités marocaines à été très tôt d’essayer de lever les contraintes susceptibles de
constituer des freins à l’exercice de l’affacturage dans le pays. A cet effet, plusieurs actions
ont été mises en œuvre, dans différents domaines, que nous allons passer en revue sur la
base du plan ci-après:

I. Reformes du système bancaire et aménagements divers

a- la reforme du 6 juillet 1993

Le système bancaire marocain a fait l'objet, en 1993, d'une importante réforme avec la
promulgation du dahir portant loi n° 1-93-147 du 15 moharrem 1414 (6 juillet 1993) relatif à
l'exercice de l'activité des établissements de crédit et de leur contrôle. Ce texte a, en effet,
permis :

1)- d'unifier le cadre juridique applicable aux établissements de crédit qui comprennent
désormais les banques et les sociétés de financement.

Les banques étant habilitées à effectuer les principales opérations suivantes:

la réception de fonds du public, quel que soit leur terme;

₋ la distribution de crédits;
₋ la mise à disposition de la clientèle de tous moyens de paiement ou leur gestion.

70
Les sociétés de financement, quant à elles, ne peuvent effectuer, parmi les opérations citées
ci-dessus, que celles précisées dans les décisions d'agrément qui les concernent. En outre,
ces sociétés ne peuvent recevoir, du public, des fonds à vue ou d'un terme inférieur ou égal
à 2 ans.

2)- d'élargir les bases de la concertation entre les autorités monétaires et la profession et ce,
à travers notamment la mise en place des deux organes suivants :

- Le Conseil National de la Monnaie et de l'Epargne " CNME " : présidé par le


Ministre des Finances, le CNME est consulté sur toute question intéressant les
orientations de la politique monétaire et du crédit et les moyens de sa mise en
œuvre. Il donne aussi son avis sur les conditions générales de fonctionnement des
établissements de crédit ;
- Le Comité des Etablissements de Crédit " CEC ": présidé par le Gouverneur de
Bank Al-Maghrib, le CEC donne son avis conforme au Ministre des Finances sur les
questions relatives à l'activité des établissements de crédit. Il peut également être
consulté par le Gouverneur sur les aspects techniques de la politique monétaire et
des règles prudentielles ;

3)- d'affermir le pouvoir de supervision de Bank Al-Maghrib, notamment par le renforcement


de ses attributions en matière prudentielle et l'extension de ses contrôles aux personnes
morales liées aux établissements de crédit. Ce pouvoir a également été consolidé par
l'institution de l'obligation de l'audit externe des comptes pour les établissements qui
reçoivent des fonds du public ainsi que par la révision, dans un sens plus dissuasif, des
sanctions et la mise en place de la Commission de discipline des établissements de crédit ;

4)- d'améliorer la protection de la clientèle, en particulier les déposants en mettant


notamment en place un fonds de garantie des dépôts ainsi qu'un mécanisme de soutien aux
établissements de crédit en difficultés.

Le Dahir portant loi du 6 juillet 1993 a, cependant, expressément exclu de son champ
d'application Bank Al-Maghrib, la Trésorerie Générale du Royaume, le service de comptes
courants et de chèques postaux, le service de mandats postaux, la Caisse de Dépôt et de
Gestion, la Caisse Centrale de Garantie, les banques off-shore et les compagnies
d'assurances et de réassurances.

De plus, la Caisse d'Epargne Nationale n'est pas régie par les dispositions dudit dahir, en
vertu des prescriptions de la loi n° 24/96 relative à la poste et aux télécommunications,
promulguée par le Dahir n° 1-97-162 du 2 Rabbi II 1418 (7 août 1997).

En 1996, suite à la réforme de son statut, le FEC a été agréé en qualité de banque.

Il est à signaler, enfin, qu'un processus de réforme du Crédit Populaire du Maroc a été
entamé avec l'entrée en vigueur de la loi n° 12/96, promulguée par le dahir n° 1-00-70 du 19
Rajab 1421 (17 octobre 2000) qui prévoit notamment la transformation de la Banque
Centrale Populaire en société anonyme à capital fixe et l'ouverture au privé de son capital,
ainsi que le renforcement de l'autonomie des banques populaires régionales.

71
b. la nouvelle loi du 2 mars 2006

loi n° 34-03 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés

source : bulletin officiel n° 5400 du 1er safar 1427 (2 mars 2006)

titre premier - champ d’application et cadre institutionnel

chapitre premier - champ d'application

chapitre ii - cadre institutionnel

titre deuxième - octroi de l’agrément, conditions d’exercice et retrait de l’agrément aux


établissements de crédit

chapitre premier - agrément et conditions d'exercice

chapitre ii - retrait d’agrément

titre troisième - dispositions comptables et prudentielles

chapitre premier - dispositions comptables

chapitre ii - dispositions prudentielles

titre quatrième - contrôle des établissements de crédit

chapitre premier - contrôle par bank al-maghrib

chapitre ii - contrôle par les commissaires aux comptes

chapitre iii - secret professionnel et collaboration entre autorités de supervision

titre cinquième - administration provisoire et liquidation des établissements de crédit

chapitre premier - administration provisoire des établissements de crédit

chapitre ii - liquidation des établissements de crédit

titre sixième - protection de la clientèle des établissements de crédit

chapitre premier - fonds collectif de garantie des dépôts

chapitre iii - intermédiaires en opérations effectuées par les établissements de crédit

titre septième - sanctions disciplinaires et pénales

72
chapitre premier - sanctions disciplinaires

chapitre ii - sanctions pénales

titre huitième - dispositions diverses et transitoires

dahir n° 1-05-178 du 15 moharrem 1427 (14 février 2006) portant promulgation de la loi n°
34-03 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés

louange a dieu seul ! (grand sceau de sa majesté mohammed vi) que l’on sache par les
présentes - puisse dieu en élever et en fortifier la teneur ! que notre majesté chérifienne,

vu la constitution, notamment ses articles 26 et 58,

a décidé ce qui suit :

est promulguée et sera publiée au bulletin officiel, à la suite du présent dahir, la loi n° 34-03
relative aux établissements de crédit et organismes assimilés, telle qu’adoptée par la
chambre des conseillers et la chambre des représentants.

fait à ifrane, le 15 moharrem 1427 (14 février 2006).

pour contreseing :

le premier ministre, driss jettou

titre premier - champ d’application et cadre institutionnel

chapitre premier - champ d'application

Article premier

Sont considérés comme établissements de crédit les personnes morales qui exercent leur
activité au Maroc, quels que soient le lieu de leur siège social, la nationalité des apporteurs
de leur capital social ou de leur dotation ou celle de leurs dirigeants et qui effectuent, à titre
de profession habituelle, une ou plusieurs des activités suivantes :

- la réception de fonds du public ;

- les opérations de crédit ;

- la mise à la disposition de la clientèle de tous moyens de paiement ou leur gestion.

73
Article 2

Sont considérés comme fonds reçus du public les fonds qu’une personne recueille de tiers
sous forme de dépôt ou autrement, avec le droit d’en disposer pour son propre compte, à
charge pour elle de les restituer.

Sont assimilés aux fonds reçus du public :

- les fonds déposés en compte à vue, avec ou sans préavis, même si le solde du compte
peut devenir débiteur ;

- les fonds déposés avec un terme ou devant être restitués après un préavis;

- les fonds versés par un déposant avec stipulation d’une affectation spéciale, si l’entreprise
qui a reçu le dépôt ne le conserve pas en l’état, à l’exception des fonds versés auprès des
sociétés légalement habilitées à constituer et gérer un portefeuille de valeurs mobilières ;

- les fonds dont la réception donne lieu à la délivrance, par le dépositaire, d’un bon de
caisse ou de tout billet portant intérêt ou non.

Toutefois, ne sont pas considérés comme fonds reçus du public :

- les sommes laissées en compte, dans une société, par les associés en nom, les
commanditaires et les commandités, les associés, les gérants, les administrateurs, les
membres du directoire ou du conseil de surveillance et les actionnaires, détenant 5% au
moins du capital social;

- les dépôts du personnel d’une entreprise lorsqu’ils ne dépassent pas 10% de ses capitaux
propres;

- les fonds provenant de concours d’établissements de crédit et des organismes assimilés


visés aux paragraphes 3, 4 et 5 de l’article 107 ci-dessous.

Article 3

Constitue une opération de crédit tout acte, à titre onéreux, par lequel une personne :

- met ou s’oblige à mettre des fonds à la disposition d’une autre personne, à charge pour
celle-ci de les rembourser;

- ou prend, dans l’intérêt d’une autre personne, un engagement par signature sous forme
d’aval, de cautionnement ou de toute autre garantie.

Sont assimilées à des opérations de crédit :

- les opérations de crédit-bail et de location avec option d’achat et assimilées;

- les opérations d’affacturage;

74
- les opérations de vente à réméré d’effets et de valeurs mobilières et les opérations de
pension telles que prévues par la législation en vigueur.

Article 4

Les opérations de crédit-bail et de location avec option d’achat visées à l’article 3 ci-dessus
concernent :

- les opérations de location de biens meubles qui, quelle que soit leur qualification, donnent
au locataire la possibilité d’acquérir à une date fixée avec le propriétaire, tout ou partie des
biens pris en location, moyennant un prix convenu tenant compte, au moins pour partie, des
versements effectués à titre de loyers

- les opérations par lesquelles une entreprise donne en location des biens immeubles,
achetés par elle ou construits pour son compte, lorsque ces opérations, quelle que soit leur
qualification, permettent au locataire de devenir propriétaire de tout ou partie des biens pris
en location, au plus tard à l’expiration du bail;

- les opérations de location de fonds de commerce ou de l’un de ses éléments incorporels


qui, quelle que soit leur qualification, donnent au locataire la possibilité d’acquérir, à une date
fixée avec le propriétaire, le fonds de commerce ou l’un de ses éléments incorporels,
moyennant un prix convenu tenant compte, au moins pour partie, des versements effectués
à titre de loyers, à l’exclusion de toute opération de cession bail, à l’ancien propriétaire, dudit
fonds ou de l’un de ses éléments.

La cession bail est l’acte par lequel une entreprise utilisatrice vend un bien à une personne
qui le lui donne aussitôt en crédit-bail.

Article 5

L’affacturage, visé à l’article 3 ci-dessus, est la convention par laquelle un établissement de


crédit s’engage à recouvrer et à mobiliser des créances commerciales, soit en acquérant
lesdites créances, soit en se portant mandataire du créancier avec, dans ce dernier cas, une
garantie de bonne fin.

Article 6

Sont considérés comme moyens de paiement tous les instruments qui, quel que soit le
support ou le procédé technique utilisé, permettent à toute personne de transférer des fonds.

Article 7

Les établissements de crédit peuvent aussi effectuer, sous réserve du respect des
dispositions législatives et réglementaires applicables en la matière, les opérations connexes
à leur activité, telles que :

1) les opérations de change;

75
2) les opérations sur or, métaux précieux et pièces de monnaie;

3) le placement, la souscription, l’achat, la gestion, la garde et la vente de valeurs mobilières,


de titres de créances négociables ou de tout produit financier;

4) la présentation au public des opérations d’assurance de personnes, d’assistance et


d’assurance-crédit;

5) l’intermédiation en matière de transfert de fonds;

6) le conseil et l’assistance en matière de gestion de patrimoine;

7) le conseil et l’assistance en matière de gestion financière, l’ingénierie financière et, d’une


manière générale, tous les services destinés à faciliter la création et le développement des
entreprises;

8) les opérations de location simple de biens mobiliers ou immobiliers, pour les


établissements qui effectuent, à titre habituel, des opérations de crédit-bail.

Article 8

Les établissements de crédit peuvent prendre des participations dans des entreprises
existantes ou en création, sous réserve du respect des limites fixées, par rapport à leurs
fonds propres et au capital social ou aux droits de votes de la société émettrice, par
circulaire du gouverneur de Bank Al-Maghrib, après avis du Comité des établissements de
crédit visé à l’article 19 ci-dessous.

Article 9

Les établissements de crédit peuvent être autorisés à effectuer des opérations autres que
celles visées aux articles premier et 7 de la présente loi.

La liste de ces opérations est fixée par arrêté du ministre chargé des finances après avis du
Comité des établissements de crédit.

Seules peuvent être autorisées, dans ce cadre, les opérations qui sont effectuées
habituellement par les établissements de crédit sur les places financières internationales et
dont l’exercice n’est pas de nature à empêcher, restreindre ou fausser le jeu de la
concurrence au détriment des entreprises qui les effectuent à titre principal.

Ces opérations doivent demeurer d’une importance limitée par rapport aux opérations visées
à l’article premier ci-dessus.

Pour l’exercice de ces opérations, les établissements de crédit sont soumis aux dispositions
législatives et réglementaires particulières applicables aux activités concernées.

76
Article 10

Les établissements de crédit comprennent deux catégories, les banques et les sociétés de
financement.

Les banques et les sociétés de financement peuvent être classées par Bank Al-Maghrib en
sous-catégories, en fonction notamment des opérations qu’elles sont autorisées à effectuer
et de leur taille.

Les modalités d’application des dispositions de la présente loi peuvent être fixées pour
chaque catégorie ou sous-catégorie d’établissements de crédit.

Article 11

Les banques peuvent exercer toutes les activités visées aux articles premier et 7 ci-dessus
et sont seules habilitées à recevoir du public des fonds à vue ou d’un terme égal ou inférieur
à deux ans.

Les sociétés de financement ne peuvent pratiquer, parmi les activités visées aux articles 1er
et 7 ci-dessus, que celles précisées dans les décisions d’agrément qui les concernent ou,
éventuellement, dans les dispositions législatives ou réglementaires qui leur sont propres.

Par dérogation aux dispositions du premier alinéa ci-dessus, les sociétés de financement
peuvent être agréées, dans les formes et les conditions prévues à l’article 27 ci-dessous, à
recevoir du public des fonds d’un terme supérieur à un an.

Article 12

Il est interdit à toute personne non agréée en qualité d’établissement de crédit d’effectuer, à
titre de profession habituelle, les opérations visées à l’article premier ci-dessus.

Toutefois, toute personne peut pratiquer les opérations suivantes :

- consentir à ses contractants, dans l’exercice de son activité professionnelle, des délais ou
des avances de paiement, notamment sous forme de crédit commercial;

- conclure des contrats de location de logements assortis d’une option d’achat;

- procéder à des opérations de trésorerie avec des sociétés ayant avec elle, directement ou
indirectement, des liens de capital conférant à l’une d’elles un pouvoir de contrôle effectif sur
les autres;

- émettre des valeurs mobilières ainsi que des titres de créances négociables sur un marché
réglementé;

- consentir des avances sur salaires ou des prêts à ses salariés pour des motifs d’ordre
social;

77
- émettre des bons et des cartes délivrées pour l’achat, auprès d’elle, de biens ou de
services déterminés;

- prendre ou mettre en pension des valeurs mobilières inscrites à la cote de la bourse des
valeurs, des titres de créances négociables ou des valeurs émises par le Trésor.

Article 13

Nonobstant les dispositions législatives qui leur sont applicables et sous réserve des
conditions spécifiques qui seront édictées à cet effet par arrêtés du ministre chargé des
finances, après avis du Comité des établissements de crédit :

- les services financiers de la poste qui sont constitués du service de la Caisse d’épargne
nationale, du service des comptes courants et des chèques postaux et du service des
mandats postaux sont soumis aux dispositions des articles 40,48, 51, 53, 55, 57, 84, 112,
113, 115, 116, 118, 119 et 120 et à celles du titre VII de la présente loi

- la caisse de dépôt et de gestion et la caisse centrale de garantie sont soumises aux


dispositions de l’article 40 et à celles des titres III, IV et VII de la présente loi

- les associations de microcrédit régies par la loi n° 1 8-97 sont soumises aux dispositions
du titre IV de la présente loi;

- les banques off-shore, régies par la loi n° 5 8-90 relative aux places financières off-shore,
sont soumises aux dispositions des articles 40, 45, 47, 48, 50, 51, 52, 53, 55, 57 et 84 ainsi
qu’à celles du chapitre II du titre IV de la présente loi.

Article 14

Les dispositions des articles 47, 49, 50, 51, 53, 55 et 57 ainsi que celles du chapitre II du titre
IV de la présente loi sont, dans les conditions fixées par circulaire du gouverneur de Bank Al-
Maghrib, après avis du Comité des établissements de crédit, applicables aux compagnies
financières.

Sont considérées comme compagnies financières, au sens de la présente loi, les sociétés
qui ont pour activité principale, au Maroc, de prendre et gérer des participations financières
et qui, soit directement soit par l’intermédiaire de sociétés ayant le même objet, contrôlent
plusieurs établissements effectuant des opérations à caractère financier dont un, au moins,
est un établissement de crédit.

Article 15

Sont agréées conformément aux dispositions de l’article 27 ci-après :

- les entreprises qui effectuent, à titre de profession habituelle, les opérations


d’intermédiation en matière de transfert de fonds consistant en la réception ou l’envoi, par
tous moyens, de fonds à l’intérieur du territoire marocain ou l’étranger;

78
- les entreprises qui effectuent, à titre de profession habituelle, le conseil et l’assistance en
matière de gestion de patrimoine à l’exclusion des sociétés légalement habilitées à
constituer et à gérer un portefeuille de valeurs mobilières.

Ces entreprises sont soumises aux dispositions des titres III, IV et VII de la présente loi, sous
réserve des conditions spécifiques qui seront édictées à cet effet par arrêtés du ministre
chargé des finances, après avis du Comité des établissements de crédit.

Article 16

Ne sont pas soumis aux dispositions de la présente loi :

1) Bank Al-Maghrib;

2) la Trésorerie générale;

3) les entreprises d’assurances et de réassurance régies par la loi n° 17-99 portant code des
assurances et les organismes de prévoyance et de retraite;

4) les organismes à but non lucratif qui, dans le cadre de leur mission et pour des raisons
d’ordre social, accordent sur leurs ressources propres des prêts à des conditions
préférentielles aux personnes qui peuvent en bénéficier en vertu des statuts de ces
organismes;

5) le Fonds Hassan II pour le développement économique et social régi par la loi n° 36-01;

6) les institutions financières internationales et les organismes publics de coopération


étrangers autorisés par une convention conclue avec le gouvernement du Royaume du
Maroc à exercer une ou plusieurs opérations visées à l’article premier ci-dessus.

c. Le droit des obligations et des contrats marocains

Il convient de noter que le droit des obligations et des contrats marocains DOC a jouer un
rôle éminemment important dans le développement de l’affacturage. En effet, l’affacturage
étant un contrat, tous les aspects juridiques de ce contrat sont pris en charge par le DOC.

79
c. Uniformisation des règles d’affacturage marocaines avec les règles
internationales

La Convention d’Ottawa, adoptée le 28 mai 1988, a été signée par 14 Etats ( la France,
l’Allemagne, la Belgique, les Etats-Unis, la Finlande, le Ghana, la Guinée, l’Italie, le Maroc,
le Nigeria, les Philippines, le Royaume Uni, la Tanzanie et la Tchécoslovaquie2). Elle a été
ratifiée par la France, l’Italie et le Nigeria, et est entrée en vigueur entre ces Etats le 1er mai
1995. Cette Convention est une œuvre de synthèse des droits des Etats contractants

Une nouvelle Convention Unidroit uniformisant les règles internationales d’affacturage est
entré en vigueur au Maroc depuis le 1er octobre 2010. Elle va dans le sens d’une
acceptation large de la validité des cessions de créances, mais le royaume Chérifien a
souscrit à une clause de réserve concernant les cessions contenant une clause de
prohibition de cession.

II. L’ASSOCIATION PROFESSIONNELLE DES SOCIETES DE FINANCEMENT AU


MAROC

Au Maroc, les sociétés de financement exercent, selon un agrément délivré par la Bank Al-
Maghrib (par le ministère des Finances en vertu de la loi du 6 juillet 1993) plusieurs métiers,
allant du crédit-bail à la gestion des moyens de paiement, en passant par l'affacturage, le
cautionnement et la mobilisation de créances, le crédit immobilier, la gestion des moyens de
paiement ou le crédit à la consommation. Ces métiers sont regroupés selon qu'ils sont
destinés à financer les particuliers ou les entreprises.

Dans le but de faciliter l’exercice de leur métier aux professionnels du financement, une
Association professionnelle des sociétés de financement a été instituée par la loi du 6 juillet
1993, confirmée par la loi du 14 février 2006

 Mise en place d’outils pour gérer les risques liés à l’affacturage et l’asymétrie
voire le déficit d’informations :

Le Système d'Aide à l'Appréciation du Risque- SAAR vise à répondre aux


préoccupations des sociétés membres, en leur fournissant :

- des informations sur la situation des clients qui s’adressent à elles (incidents de
remboursement et engagements) ;

- des éléments de score (catégorie socioprofessionnelle, situation de famille … pour les


particuliers, secteur d’activité… pour les professionnels).

De manière générale, le SAAR constitue :

- pour les sociétés membres :

un outil d’aide à la prise de décision et de score pour l’octroi d’un crédit ;

80
un outil de suivi des clients présentant des incidents de remboursement au niveau des
services de recouvrement ;

un tableau de bord marketing ;

- pour la profession :

un observatoire du comportement des clients, particuliers et entreprises, en tant


qu’utilisateurs de crédit ;

- pour les clients :

un dispositif dissuasif contre les arnaqueurs ;

un garde-fou contre le risque de surendettement des honnêtes gens.

Le Système d'Aide au management - SAM

Le management d’une société de financement, comme pour toute entreprise, requiert, de


plus en plus, de disposer d’informations pertinentes tant internes que sur l’environnement. Le
management se préoccupe de la pérennité et du développement de son entreprise, guettant,
au niveau de l’environnement, les opportunités à saisir ou les contraintes devant être
affrontées et ce, en mettant en œuvre ses propres atouts ou forces et en palliant ses lacunes
ou faiblesses.

En outre, le manager s’intéresse à l’évolution des performances de son entreprise aussi bien
dans le temps (indicateurs d’activité et de performance) que dans l’espace (comparaison des
indicateurs internes avec ceux de la Profession). Les informations sur l’environnement ont
trait notamment à :

- la réglementation bancaire, fiscale, juridique, comptable

- la technologie

- la concurrence (nouveaux entrants, nouveaux produits). Les informations sur


l’environnement émanent de différentes sources et sont, en principe, du ressort de l’APSF, à
charge pour elle de les diffuser aux membres au fur et à mesure qu’elle y a accès. Les
informations d’évolution de l’activité et des performances ont trait notamment :

- aux financements (crédits distribués)

- aux conditions d’exploitation (refinancement, chiffre d’affaires et résultats, risques


encourus sur la clientèle).

Ces informations ne peuvent provenir que des sociétés membres, à charge pour l’APSF de
les diffuser globalement ou détaillées et à charge pour les membres de les communiquer à
temps et régulièrement pour qu’elles ne perdent pas de leur pertinence. En principe, la
communication de ces informations ne devrait pas poser de difficulté majeure dans la

81
mesure où, déjà, toutes les sociétés membres sont tenues de les communiquer à Bank Al-
Maghrib selon un calendrier précis. Il en est ainsi de la situation comptable, du bilan, du
CPC, de l’ESG, etc…. Les informations relatives au risque encouru sur la clientèle
proviennent également des sociétés membres. Celles-ci sont tenues de les transmettre au
Service Central des Risques de Bank Al-Maghrib (ici, tous les financements dépassant 300
000 dirhams et les clients en souffrance).

Les sociétés membres peuvent, à cet égard, gagner en efficacité en adhérant au SAAR de
l’APSF. Enfin, le management, quand son établissement appartient à une communauté
d’intérêt, et c’est le cas pour les sociétés de financement regroupées au sein de l’APSF, a
tout intérêt à ce que sa profession d‘appartenance véhicule une image positive et rayonne
pour davantage de business. L’APSF pourrait, et c’est son rôle, alimenter régulièrement les
médias en informations (statistiques, réalisations, innovations, etc…) pour "vendre" le
secteur au public.

III. DISPOSITIF DE PREVENTION ET DE REGLEMENT DE CONFLITS NES DE


L’AFFACTURAGE : LE MEDIATEUR DE L’ASSOCIATION PROFESSIONNELLE
DES SOCIETES DE FINANCEMENTS

Références légales

• Loi 08-05 relative à l'arbitrage et la médiation

• Charte relative au dispositif de Médiation des sociétés de financement

Le Médiateur de l’APSF a pour objectif de faciliter la recherche d’une solution négociée et


amiable à un différend qui oppose un client à une société de financement.

Il aidera à rapprocher les points de vue du client et à l’entendre, et peut lui proposer un
accord transactionnel qui satisfait tous les deux parties.

Le Médiateur, est appelé à se prononcer sur des litiges relevant des seules relations des
sociétés de financement avec leur clientèle, à l'exclusion de toute autre question liée au
crédit proprement dit.

Il y a lieu de signaler que :

- Le Médiateur n'intervient que sur les dossiers ne faisant pas l'objet d'une procédure
de recouvrement amiable ou contentieuse ;
- le dispositif de médiation est instauré sans préjudice du droit des parties de recourir
aux juridictions de droit commun ou à des procédures arbitrales ;
- le dispositif de médiation est volontaire et gracieux pour les parties qui y recourent.

82
IV. AUTRES AMENAGEMENTS
 Orientations stratégiques pour les métiers de financement : Les quatre axes de
la feuille de route pour les métiers de financement élaborés par le Gouverneur
de Bank Al-Maghrib et l’Association professionnelle des sociétés de
financement pour saisir les opportunités et éviter les dérapages

Les métiers de financement disposent d'un savoir-faire et d'une expertise qui les autorisent à
prétendre à des parts de marché à l'étranger. Il est nécessaire, cependant, de se doter de
grands groupes pour ce faire, à l'instar de l'expérience récente du secteur bancaire. Il y a
lieu, ainsi, de penser à la restructuration du secteur par des regroupements. Par ailleurs, les
sociétés de financement sont appelées à examiner les moyens de mutualiser tout ce qui
peut l'être, notamment la formation, l'objectif étant de réduire les coûts et d'améliorer le
service rendu. Feuille de route pour les métiers de financement. L'adoption des principes de
bonne gouvernance, la promotion de la culture du risque, l'amélioration des relations avec la
clientèle et la communication constituent quatre axes de la feuille de route pour les métiers
de financement.

 Mise en place de systèmes juridiques de protection des droits des créanciers


et de recouvrement efficaces pour décourager la délinquance financière et
sécuriser les sociétés de financement

Les systèmes juridiques de protection des droits des créanciers et de recouvrement au


Maroc sont assez modernes. Si les procédures judiciaires d’exécution ont tendance à être
relativement inefficaces, des reformes récentes ont apporté des améliorations. La protection
des droits des créanciers est fondée sur un système contractuel et processuel d’inspiration
française et repose sur un large éventail de sûretés et garanties. Le système est
relativement complexe en ce qui concerne les règles de priorité et les privilèges. Les
contraintes du système et la liquidité limitée des marchés conduisent à un faible taux de
recouvrement, même pour les créanciers privilégiés. Le code des obligations et des contrats
et le code de commerce offrent tous types de sûretés, mais les nantissements et les
hypothèques en particulier ont la préférence des banques qui utilisent aussi l’escompte,
l’affacturage et la cession de créance.

Ces techniques sont fiables mais les créanciers privilégiés souffrent des insuffisances du
système judiciaire, toutefois en nette régression, qui ont pu empêcher un recouvrement
efficace. Le cadre juridique marocain de l’insolvabilité commerciale a été refondu en 1996
avec l’adoption d’une nouvelle loi traitant des difficultés des entreprises ; celle-ci prévoit des
procédures judiciaires de prévention des difficultés, de redressement et de liquidation de
l’entreprise. Des juridictions commerciales (tribunaux de première instance et cours d’appel)
ayant compétence en matière de procédures collectives ont été créées en 1997 et facilitent
l’application cohérente de la nouvelle législation. Le redressement et la liquidation sont régis
par une procédure unique entraînant l’application de l’une ou l’autre solution. L’efficacité du
nouveau système est toutefois restreinte par un recours abusif aux procédures de traitement
des difficultés des entreprises par les débiteurs qui bénéficient d’une suspension des
poursuites d’une durée parfois excessive et par le manque de professionnels (syndics)
suffisamment formés et qualifiés.

83
La création de tribunaux de commerce spécialisés a amélioré considérablement la résolution
des litiges commerciaux et contribue à un traitement plus cohérent et efficace des litiges par
le système judiciaire. En revanche, l’absence de normes de performance des tribunaux et de
formation spécialisée des juges diminue l’efficacité générale du système. De même,
l’absence d’organe de régulation et de critères de compétence pour les administrateurs des
procédures de traitement des difficultés des entreprises et les liquidateurs est un obstacle
majeur au fonctionnement efficace du système. La quasi-totalité du crédit aux entreprises est
garantie, les crédits non garantis représentant une minorité du montant total des avances.
Les grandes banques marocaines et étrangères utilisent des procédures sophistiquées de
gestion des défauts de remboursement et emploient une palette de méthodes de
recouvrement amiables et contentieux.

Droits des créanciers et procédures d’exécution

1. La loi offre un très grand choix de sûretés et garanties sur une grande diversité
d’actifs. Ce choix inclut le cautionnement, le droit de rétention, la réserve de propriété, la
cession et la délégation de créances, la cession de créances professionnelles à titre de
garantie ou en propriété, le nantissement d’actions, le gage et nantissement de meubles et
immeubles, le nantissement de fonds de commerce, d’outillage et d’équipement,
l’hypothèque de biens immobiliers, de bateaux et d’aéronefs et les privilèges. La création et
l’exécution des garanties et sûretés sont notamment régies par le Code des Obligations et
des Contrats (Dahir du 12 septembre 1913 modifié et complété par le Dahir du 11 mai 1995),
la législation applicable aux immeubles immatriculés (Dahir du 2 juin 1915), le Code de
Commerce (Dahir du 1er août 1996) et le Code de recouvrement des créances publiques
(Dahir du 3 mai 2000).

2. Des procédures accélérées permettent aux créanciers de recouvrer des dettes


échues plus rapidement au moyen d’une injonction de payer, d’une saisie ou d’une
action en justice. Tout créancier, quelque soit sa nationalité, peut saisir le tribunal
compétent pour obtenir paiement de sa créance selon les règles de procédures applicables.
Le droit marocain offre des moyens efficaces de recouvrement aux créanciers dont la
créance répond à certaines conditions. La procédure d’injonction de payer est une procédure
simplifiée d’ordonnance sur requête délivrée par le président du tribunal. Une telle
ordonnance permet au créancier dont la créance est fondée sur un titre ou une promesse
reconnue d’obtenir rapidement satisfaction du débiteur ou bien un titre exécutoire lui
permettant de saisir les biens mobiliers ou immobiliers.

3. Les procédures de saisie sont plus efficaces, moins onéreuses et généralement


plus rapides qu’une action en justice. Une procédure de saisie permet de faire vendre des
biens immobiliers et mobiliers, y compris le fonds de commerce, d’un commerçant ou d’une
société. Un ensemble de techniques juridiques, telles que la saisie conservatoire, la saisie
réelle, la saisie-exécution de meubles et d’immeubles, la saisie-arrêt, la saisie gagerie et la
saisie-revendication, peuvent être mises en œuvre. Les créanciers chirographaires ne
peuvent faire vendre un bien immobilier qu’en cas d’insuffisance ou d’absence de biens
mobiliers. L’intervention du tribunal est nécessaire au cas où le créancier veut vendre en
totalité le fonds de commerce du débiteur y compris l’équipement et les stocks.

84
4. Différentes lois ont été votées récemment dans le but d’accélérer le recouvrement
des dettes civiles et commerciales en réduisant les délais et limitant les effets de
l’appel dans certains cas. En particulier la loi n°19-02 complétant le Code de procédure
civile dispose que l’exécution d’une injonction ordonnée par le Président du tribunal de
première instance fondée sur un effet de commerce ou un titre authentique ne peut être
suspendue ni par l’effet du délai d’appel courant ou même de l’appel interjeté. La loi n° 18.02
complétant la loi instituant les tribunaux et cours d’appel de commerce confère au président
du tribunal de commerce le pouvoir de trancher les réclamations concernant des sommes
supérieures à 20.000 Dirhams lorsque ces réclamations sont fondées sur un billet à ordre ou
un acte passé devant notaire.

5. Les règles de priorité entre créanciers établies par la loi procurent une prévisibilité
satisfaisante dans le recouvrement de créances garanties par un bien nanti au profit
de plusieurs créanciers. En particulier, le privilège du trésor sur les biens immobiliers,
contrairement à celui des frais de justice, doit être publié à la conservation de la propriété
foncière pour être opposable aux tiers.

6. L’inscription des sûretés portant sur les meubles et les immeubles est portée sur
différents registres, selon la nature des actifs en cause. L’inscription des sûretés portant
sur les biens immobiliers est faite obligatoirement sur deux registres distincts : celui du
Bureau de la conservation foncière et hypothécaire et celui du Service de l’enregistrement.
Le premier enregistrement a un effet constitutif et conditionne l’opposabilité aux tiers des
hypothèques tandis que le second a une vocation essentiellement fiscale. Les lieux et
systèmes d’enregistrement relatifs aux biens meubles dépendent du type de bien sur lequel
porte la sûreté. Le nantissement de fonds de commerce est enregistré au Registre du
commerce du lieu d’activité du débiteur. Les sûretés portant sur l’équipement et l’outillage
sont établies sur un registre spécial tenu par le greffier du tribunal du lieu où sont situés les
biens et au Registre du commerce ainsi qu’au registre spécial du lieu du siège social du
débiteur. Les sûretés prises sur les biens des filiales d’une société doivent également être
enregistrées au greffe du tribunal du siège de la société mère. D’autres registres sont
spécifiquement utilisés en matière de sûretés sur les marques, les aéronefs, les véhicules
automobiles et les navires.

7. Les procédures d’inscription peuvent être considérées comme assez transparentes,


faciles d’accès, peu onéreuses et ouvertes aux étrangers. La procédure
d’enregistrement d’une sûreté immobilière au Service de l’enregistrement peut être, selon la
nature du bien, gratuite ou soumise à un taux fixe ou à un taux proportionnel appliqué à la
valeur de l’immeuble grevé.

8. La procédure d’enregistrement d’une sûreté immobilière au Bureau de la


conservation foncière et hypothécaire est toujours payante et calculée en fonction du
montant garanti par l’hypothèque. Les registres sont à la disposition du public et peuvent
être consultés de façon assez transparente. Les frais d’enregistrement au registre du
commerce sont calculés ad valorem. Aucune restriction ne s’applique aux étrangers en ce
qui concerne la constitution et l’enregistrement des sûretés.

9. La réalisation des sûretés est une procédure assez simple, en particulier dans le
contexte industriel et commercial mais elle est souvent retardée par une confiance

85
excessive accordée aux experts. L’exécution des sûretés est régie par le code de
commerce, le code des obligations et des contrats, la loi applicable aux immeubles
immatriculés et le code de procédure civile qui définit les règles applicables aux saisies et
ventes forcées pour l’ensemble des créanciers. Par exception, l’Etat et l’administration sont
soumis aux dispositions du code de recouvrement des créances publiques sauf en ce qui
concerne leurs créances commerciales. Outre leur rang préférentiel lors de la distribution du
prix de vente des biens du débiteur sur lequel porte leur sûreté, les créanciers nantis
bénéficient de droits particuliers sur le bien grevé. En matière immobilière, le créancier
hypothécaire a le droit de procéder à une saisie exécution sans avoir à poursuivre au
préalable le débiteur sur ses biens meubles ; le créancier titulaire d’un certificat d’inscription
peut poursuivre la vente de l’immeuble par expropriation forcée même s’il n’est pas pourvu
d’un titre exécutoire.

10. En matière de meubles, les créanciers gagistes peuvent faire vendre les biens
dans des délais de principe très brefs et selon des formalités simplifiées. Pour autant,
les voies d’exécution sont souvent alourdies par l’intervention des officiers d’exécution et par
le recours important à des experts pour la fixation de la valeur des biens qui ne
correspondent pas toujours à leur valeur marchande.

 Spécialisation des tribunaux et formation pour une bonne prise en charge des
litiges. La mise en place récente des tribunaux de commerce et des cours d’appels
correspondantes, et l’existence au sein de ces juridictions de chambres spécialisées
dans le traitement des difficultés des entreprises, marquent un progrès significatif
dans la promotion d’un règlement cohérent et efficace des litiges commerciaux

 Mise en place de fonds et de lignes de financement en faveur des entreprises


tant pour leur création, leur développement , restructuration ainsi que de
lignes de refinancement en faveur des sociétés de financement, ce en vue de
faire face à la contrainte de ressources financières.

 Mise en place de sociétés d’assurances sectorielles pour sécuriser les


entreprises et les sociétés de financement. Exemple la Société Marocaine
d'Assurance à l'Exportation – SMAEX qui est une société d'économie mixte qui
a pour objet la gestion du système d'assurance à l'exportation.

 Mise en place de fonds de garantie

Les fonds de garantie permettent de faciliter l'accès des entreprises aux crédits
bancaires afin de permettre le financement de leurs programmes d'investissement.
Le principe des fonds de garantie est basé sur le partage du risque avec
l'entrepreneur en couvrant par sa caution une partie du crédit accordé par la banque.
Exemple de fonds de garantie

1. FOGAM.
2. Garantie des crédits de mise à niveau (FORCE).

86
3. Garantie des crédits d'investissement (CCG).
4. Garantie des crédits de fonctionnement "Oxygène" (Dar Ad Damane).
5. Fonds de garantie pour la création de la jeune entreprise.
6. Garantie des crédits d'investissement "ALMOUHAJIR".
7. Fonds de Garantie des Industries Culturelles (FGIC).
8. Garantie de crédits "Energie" (Dar Ad Damane).
9. Fonds de Garantie Meda I (PAIGAM).
10. Fonds de garantie français en faveur du Maroc.
11. Cautionnement des marchés à l'exportation.

87
88
RESUME :

Dans ce dossier, il est fait étude de l’offre et de la demande d’affacturage.


Les termes d’offre et de demande d’affacturage font référence au
comportement des entreprises quand celles-ci sont en relation sur un
marché d’affacturage.

Dans les deux premières parties, nous avons exposé les déterminants de la
demande individuelle d’affacturage et de l’offre individuelle de marché
d’affacturage. Ce travail a motivé une comparaison entre la demande de
marché d’affacturage et la demande individuelle d’affacturage mais aussi le
rapport entre offre individuelle et offre de marché.

Ensuite, la rencontre de l’offre et de la demande d’affacturage à fait l’objet


d’un examen minutieux qui a permis de procéder à leur analyse particulière
au Sénégal afin de cerner les contours du cadre réglementaire et juridique.

Enfin, dans la dernière partie de ce dossier nous avons présenté les trois
étapes pour analyser les modifications de l’équilibre.

Un marché d’affacturage, c’est un groupe d’acheteurs et de vendeurs d’affacturage.


L’ensemble des acheteurs détermine la demande d’affacturage du marché, tandis
que l’ensemble des vendeurs détermine l’offre d’affacturage.

I) LA DEMANDE D’AFFACTURAGE

Nous commencerons notre étude par l’analyse du comportement des entreprises.


Nous nous intéresserons à ce qui détermine la quantité demandée d’affacturage.
C’est-à-dire la quantité que les entreprises sont prêtes à acheter et capables de
payer en produits d’affacturage.

89
1) Les déterminants de la demande individuelle d’affacturage.

- Le prix. Si le prix d’affacturage augmente les entreprises en achèteraient


moins. Elles passeront peut être à d’autres modes de financements tels que le
découvert, l’escompte, les facilités de caisse etc.
Si au contraire le prix baisse les entreprises en achèteraient plus. Si la
quantité demandée d’affacturage diminue quand le prix augmente et
augmente quand le prix baisse, on dit que la quantité demandée d’affacturage
évolue en fonction inverse du prix. C’est la loi de la demande.
Le revenu. Le revenu de l’entreprise est constitué de la capacité
d’autofinancement qui est la richesse globale crée par l’entreprise. Elle est
constituée du bénéfice net majoré des dotations aux amortissements et
provisions ayant un caractère de réserve. Qu’adviendra t-il de la demande
d’affacturage si les entreprises ont des problèmes de trésorerie ? Elle
diminuera très certainement.
- Le prix des services comparables. Imaginons que le coût des financements
voisins (découvert, escompte, facilité de caisse) baisse. D’après la loi de la
demande, la demande de ces derniers vont augmenter. Et en même temps,
les entreprises vont renoncer à l’affacturage. L’affacturage et les financements
voisins satisfont des désirs similaires. Quand la baisse du prix d’un bien ou
service réduit la demande d’un autre bien, ces deux produits sont appelés des
substituts.
- Les anticipations. Les attentes des entreprises concernant l’avenir affectent
leur demande présente d’affacturage. Par exemple si elles attendent à avoir
une augmentation de leur trésorerie le mois prochain, elles seront peut-être
plus enclines à acheter plus dés aujourd’hui. Autre exemple, si elles pensent
que le prix d’affacturage va baisser dans quelques jours, elles en achèteront
au prix du jour.

2) La demande de marché et la demande individuelle

Pour comprendre comment fonctionne un marché d’affacturage, il faut calculer la


demande de marché, qui est égale à la somme des demandes individuelles
d’affacturage c'est-à-dire la somme des demande d’affacturage de toutes les
entreprises consommant ce produit. La quantité demandée globalement dépend des
facteurs qui déterminent les quantités d’affacturage demandées individuellement.
Elle dépend donc non seulement du prix de l’affacturage, mais aussi de la trésorerie
des entreprises, de leurs anticipations et du coût des financements voisins. En outre
la quantité demandée par le marché varie avec le nombre d’entreprises qui
demandent l’affacturage. (Si d’autres entreprises se mettent à vouloir l’affacturage, la
quantité demandée par le marché sera supérieure pour tous les niveaux de prix).

90
Il convient donc de retenir que les déterminants de la demande d’affacturage sont
constitués des points ci-après :

- Le prix du produit affacturage


- Le revenu des entreprises
- Prix de produits comparables (découvert, escompte, facilité de caisse etc..)
- Les anticipations
- Le nombre d’entreprises demandeurs

II) L’OFFRE D’AFFACTURAGE

La quantité offerte d’affacturage se définit comme la quantité que les sociétés


d’affacturage ou factors sont prêts a vendre et capable de vendre.

1) Les déterminants de l’offre individuelle d’affacturage


- Le prix. Le prix de l’affacturage constitué des commissions de service et de
financement est l’un des facteurs déterminants. Quand le prix de l’affacturage
est élevé, la société d’affacturage ou factor en profite et la quantité offerte est
plus grande. Au contraire, si le prix de l’affacturage est faible le factoring est
peu rentable. Si le prix d’affacturage descend trop bas, la société d’affacturage
ou factor devra cesser son activité, et la quantité offerte sera réduite à zéro.
- Comme la quantité d’affacturage offerte augmente quand le prix s’élève et
diminue quand le prix baisse, on dit que l’offre d’affacturage est une fonction
croissante du prix. Cette relation entre l’offre et le coût de l’affacturage est
appelée loi de l’offre.
- Le prix des facteurs de production. Pour offrir l’affacturage, la société de
factoring ou factor a besoin de nombreux facteurs : les ressources
financières, les ressources humaines etc. Si le prix de l’un des facteurs
augmente, l’affacturage est moins profitable, et le factor offre moins. Si les
deux facteurs sot trop élevés, les factors peuvent décider de quitter le marché.
Ainsi, la quantité offerte évolue en fonction inverse du prix des facteurs de
production.
- Les anticipations. La quantité d’affacturage que le factor propose aujourd’hui
dépend certainement de ses attentes pour l’avenir. Par exemple s’il anticipe
une augmentation du coût de l’affacturage dans le futur il va probablement
réduire l’offre sur le marché et essayer de se rattraper plus tard.

2) Offre individuelle et offre de marché

De même la demande du marché est égale à la somme des demandes individuelles,


l’offre d’affacturage du marché est aussi égale à la somme des offres individuelles.
La quantité offerte par le marché dépend des mêmes facteurs que ceux déterminant
les quantités offertes par les sociétés d’affacturage individuels : le prix d’affacturage,

91
le coût des facteurs de production, la technologie et les anticipations. En outre, la
quantité offerte par le marché dépend du nombre de sociétés d’affacturage (si
certaines décident de se retirer de cette activité, la quantité offerte par le marché
diminuera).
On peut retenir que les déterminants de l’offre d’affacturage sont les suivants :

- Le prix
- Prix des facteurs
- les anticipations
- Le nombre de factor

III) LA RENCONTRE DE L’OFFRE ET DE LA DEMANDE D’AFFACTURAGE

Après avoir étudié l’offre et la demande d’affacturage, il est maintenant temps de les
combiner pour voir comment elles permettent de fixer la quantité vendu d’affacturage
ainsi que son coût. Le dictionnaire définit la notion d’équilibre comme une situation
dans laquelle plusieurs forces en présence annulent leurs effets respectifs, et c’est
bien ce qui se passe au point d’équilibre du marché d’affacturage. Au prix d’équilibre,
la quantité d’affacturage que les entreprises sont prêtes à acheter et/ou capables
d’acheter est exactement égale à la quantité que les sociétés d’affacturage factors
sont prêtes à vendre et/ capables de vendre. Le prix d’équilibre est parfois appelé
prix de satisfaction du marché, puisque c’est le prix qui satisfait à la fois les sociétés
d’affacturage et les entreprises qui achètent les produits d’affacturage. Les actions
des entreprises et des sociétés d’affacturage amènent naturellement le marché vers
le son point d’équilibre. Pour comprendre cela voyons ce qui se passe si le prix de
marché est différent du prix d’équilibre.

Supposons pour commencer que le prix d’affacturage soit supérieur au prix


d’équilibre, la quantité d’affacturage offerte est supérieure à la quantité demandée. Il
y a donc un surplus de l’offre : les factors sont incapables de vendre au prix courant.
Cette situation est dite d’offre excédentaire. Quand il existe une offre excédentaire
sur le marché d’affacturage, les sociétés d’affacturage ou factors vont donc essayer
d’augmenter leurs ventes en baissant les prix de l’affacturage. Les prix baissent
jusqu’au prix d’équilibre. Supposons maintenant que le prix de l’affacturage soit
inférieur au prix d’équilibre. Il y a alors une pénurie du produit affacturage: les
entreprises ne peuvent pas satisfaire leur demande d’affacturage au prix courant.

On parle alors de demande excédentaire. Quand cette situation se présente sur le


marché, les factors peuvent augmenter leurs prix sans perdre des clients. Au fur et à
mesure que les prix montent, le marché tend vers le point d’équilibre. C’est ainsi que
les activités de la multitude d’entreprises consommatrices de produits d’affacturage
et les sociétés d’affacturage ou factors poussent automatiquement le prix du marché
vers son point d’équilibre. Une fois ce point atteint, tout le monde est satisfait et le
prix ne subit plus aucune pression. La vitesse à la quelle ce point est atteint dépend

92
du marché d’affacturage et plus particulièrement de la vitesse d’ajustement des prix.
Sur la plupart des marchés fonctionnant librement, les surplus ou les pénuries ne
sont que temporaires car les prix se déplacent pour assurer l’équilibre de l’offre et de
la demande. Ce mécanisme d’équilibre est tellement important pour les marchés que
l’on parle de la loi de l’offre et de la demande : le prix de l’affacturage s’ajuste de
manière à assurer l’équilibre de l’offre et de la demande.

IV) ETUDE DE L’OFFRE ET DE LA DEMANDE D’AFFACTURAGE

ETUDE DE LA DEMANDE D’AFFACTURAGE

Des crédits Sur une période de quatre ans, le tableau ci-dessus nous renseigne sur
l’utilisation accordée respectivement aux différents secteurs d’activité économique au
Sénégal sur les opérations avec la clientèle et enfin sur les emplois nets par nature
de crédits.

SENEGAL : UTILISATIONS DE CREDIT PAR SECTEUR D’ACTIVITE


DECLAREES A LA CENTRALE DES RISQUES

(Source BCEAO-Rapport annuel de la Commission bancaire de 2009 et 2008)

Secteurs d’activité Décembre Décembre Décembre Décembre


2006 2007 2008 2009

Agriculture, sylviculture et pêche 3% 2% 3% 4%

Industries extractives 0% 2% 6 0%

Industries manufacturières 30% 25% 24% 15%

Electricité, gaz, eau 4% 4% 3% 0%

Bâtiments, travaux publics 6% 6% 6% 10%

Commerce, restaurants, hôtels 25% 27% 26% 37%

Transports, entrepôts et 7% 8% 10% 5%


communications
7% 7% 7% 13%
Assurances, immobilier, services aux
entreprises 18% 19% 21% 16%

Services divers

TOTAL 100% 100% 100% 100%

93
SITUATION DES OPERATIONS AVEC LA CLIENTELE (en milliards de FCFA)

(Source BCEAO-Rapport annuel de la Commission bancaire de 2009 et 2008)

Opérations avec la clientèle Décembre Décembre Décembre Décembre

2006 2007 2008 2009

Total opérations avec la clientèle 1 228 1 282 1 515 1574

Portefeuilles d’effets commerciaux 58 62 89 84

Autres crédits à court terme 314 276 321 324

Comptes Ordinaires débiteurs 235 239 279 277

Crédit à moyen terme 446 513 580 632

Crédit à long terme 55 65 74 86

Valeurs non imputées

Créances rattachées 2 2 19 4

Créances en souffrance 8 8 10 12

112 116 142 155

94
SITUATION DES EMPLOIS NETS PAR NATURE DE CREDITS

(En milliards de FCFA)

(Source BCEAO-Rapport annuel de la Commission bancaire de 2009 et 2008)

Opérations avec la clientèle Décembre Décembre Décembre Décembre

2006 2007 2008 2009

Total crédits nets accordés 1250 1324 1535 1605

Crédits à court terme 630 618 732 719

Crédits moyen terme 446 513 580 631

Crédit long terme 55 65 74 86

Crédit bail 7 11 13 13

Crédit en souffrance 112 116 143 155

95
ESTIMATION DE LA DEMANDE D’AFFACTURAGE

(En milliards de FCFA)

Année 2007 Année 2008 Année 2009 Moyenne


estimée sur
les 3 ans de
la demande
d’affacturage
Crédits à court 618 732 719
terme = A

29% des 0,29 0,29 0,29


crédits à court
terme
accordés par
les banques

=B
Demande 179 212 209 200
d’affacturage
estimée =

C = AXB

Commentaires :
La demande d’affacturage pourrait être estimée en moyenne à FCFA 200
milliards de FCFA déterminée sur la base des crédits à court terme accordés
par le système bancaire aux entreprises pendant les années 2007, 2008 et 2009
pondérés d’un coefficient de 29%. Ce coefficient de 29% représente le
pourcentage des entreprises disposées à utiliser ce mode de financement
selon l’enquête de notre focus group.

96
ETUDE DE L’OFFRE D’AFFACTURAGE

- Sur une période de quatre ans, le tableau ci-dessus nous renseigne sur
l’utilisation des ressources de financement (dépôts) disponibles pour le
financement des différents secteurs d’activité économique au Sénégal.

SITUATION DES RESSOURCES (DEPOTS ET EMPRUNTS) (En milliards de fcfa)

Dépôts et Emprunts Décembre Décembre Décembre Décembre

2006 2007 2008 2009


Total dépôts et Emprunts 1 490 1 656 1722 1992

Dépôts à vue 711 814 840 972

Dépôts à terme 779 842 883 1020

Bons de caisse 380 391 392 504

Compte d’épargne à régime spécial 342 371 385 410

Autres 57 80 105 106

97
ESTIMATION DE L’OFFRE D’AFFACTURAGE

Année 2007 Année 2008 Année 2009 Moyenne


estimée sur
les 3 ans de
l’offre
d’affacturage
Total dépôts et 1 656 1722 1992
Emprunts
disponibles au
niveau des
banques pour
couvrir les
besoins de
financement
des
entreprises
29% des 0,29 0,29 0,29
ressources
disponibles
dans le
système
bancaire pour
financer les
entreprises

=B
Offre 480 499 578 519
d’affacturage
estimée =

C = AXB

Commentaires :

Au Sénégal, à l’heure actuelle l’on ne peut véritablement parler d’offre en terme


d’affacturage car il n’y a pas officiellement, ni réellement de sociétés
d’affacturage. Cependant l’offre pourrait être estimée en moyenne à FCFA 519
milliards de FCFA déterminée sur la base des ressources disponibles dans le
système bancaire pendant les années 2007, 2008 et 2009 pondérés d’un
coefficient de 29%. Ce coefficient de 29% représente le pourcentage des

98
entreprises disposées à utiliser ce mode de financement selon l’enquête de
notre focus group.

99
RESUME

L’étude comparée du coût de l’affacturage avec celui des financements voisins


est l’objet de ce dossier.

Dans une première partie, un exposé est fait sur le coût de l’affacturage. Il nous
a permis d’apprécier le coût du factoring dans ses différents aspects. Ainsi,
nous avons confronté son coût apparent et les économies réalisables par les
adhérents. Ces économies peuvent être d’ordre commercial, d’ordre
administratif et même de gestion générale. L’examen des dépenses
supplémentaires créées par le factoring a retenu notre attention, s’agissant des
dépenses initiales comme des dépenses permanentes. Concernant la
détermination du coût réel du factoring et les services rendus notre analyse
s’est effectuée suivant une approche qualitative et quantitative.

Dans la seconde partie est étudié le coût des financements bancaires voisins.
Nous nous sommes tout d’abord interrogés sur les ressources du prêteur
avant de donner les raisons qui font que les banques soient de véritables
centrales de gestion du risque et enfin nous avons scruté les mystères de la
recette du banquier. En définitive, il a été inséré un tableau faisant état de la
structure du coût (en pourcentage) pour les financements voisins de
l’affacturage tels que le découvert, l’escompte, les facilites de caisse etc. La
comparaison entre le coût de l’affacturage et celui des financements voisins
n’a de sens qu’en comparant la structure des coûts.

100
I/ ETUDE DU COUT DE L’AFFACTURAGE

L'affacturage a certes un coût, mais celui-ci répond à une offre de services beaucoup
plus développé que dans les financements bancaires classiques. Les services
connexes au financement (garantie et gestion du poste clients) peuvent s'avérer très
rentables pour l'entreprise puisqu’elle n'aura pas elle même à en assumer le coût en
interne. Le coût apparent du factoring est constitué par la différence entre le
montant des créances factorées et celui des sommes effectivement perçues à
leur sujet par le vendeur. Cette différence est constituée par tout ce que
perçoivent le factor, c’est-à-dire ses commissions et éventuellement les
intérêts pour règlements anticipés. Ce coût est qualifié d’apparent pour le
distinguer du coût réel, lequel fait entrer en ligne de compte les économies
réalisées du fait du factoring ainsi que les dépenses supplémentaires
entraînées :
Le coût apparent est donc supérieur au coût réel.

1. Coût apparent :

Pour les raisons déjà exposées, le taux de la commission de factoring varie


pour chaque vendeur, chaque contrat de factoring étant à cet égard un cas
particulier. Ce taux résulte, de la prise en considération de facteurs nombreux
et différents selon le vendeur. S’agissant du coût apparent du factoring, ce
coût annuel pour le vendeur, par rapport à son chiffre d’affaires annuel toutes
taxes comprises (T.T.C.), peut se formuler comme suit
Soit : Ca : le coût apparent annuel par rapport au chiffre d’affaires annuel
T.T.C. ; CA : le chiffre d’affaires annuel T.T.C. du vendeur ;
t1 : le taux de commission du factor ;
t2 : le taux d’intérêt convenu pour le règlement anticipé ;
em : l’échéance moyenne convenue, exprimée en jours ;
er : l’échéance de règlement réalisée, exprimée également en jours.
La différence em – er correspond donc à la possibilité d’anticipation, exprimée
en jours, laissée par le factor à la discrétion du vendeur.

101
La formule générale de calcul est :

Ca = (CA . t1) + [ CA . (t2 . em – er)/ 360]

Application
L’hypothèse relativement plausible d’un vendeur ayant une échéance moyenne de
45 jours et dont le contrat de factoring prévoit un taux de commission de 1,5 % et un
taux d’intérêt de 8% c’est-à-dire une hypothèse où les conditions sont réputées
moyenne.
Dans ce cas, la formule générale donne :
Ca = (CA ; 1,5/100) + [CA. 8/100 . 45/360]
S’il n’y a aucune anticipation, Ca = 1,5% du chiffre d’affaires T.T.C.
S’il existe une anticipation totale (c’est-à-dire un règlement au comptant) :
Ca = (CA . 1,5/100) + (CA . 1/100) soit 2,5CA/100
Dans l’hypothèse considérée, le coût apparent du factoring varie de 1,5% à 2,5% du
chiffre d’affaires T.T.C.

2. Economies réalisables :

Comme il vient d’être exposé, les économies réalisables par le vendeur utilisateur du
factoring, se placent essentiellement sur le plan de la gestion à façon du compte-
clients, c’est-à-dire en dehors de considérations purement financières (crédit et
financement). C’est donc dans les domaines où le compte-clients pose à l’entreprise
des problèmes autres que financiers qu’il convient de rechercher les économies
réalisables. Il importe de noter dès maintenant qu’il s’agit souvent d’économies
potentielles dont la concrétisation est subordonnée à des décisions et à des actions
du vendeur factoré dans le sens de ces décisions. Une économie peut être, en effet,
réalisable mais jamais réalisée.

a. Economies d’ordre commercial :

Que le vendeur ait ou non le souci de sélectionner ses clients en fonction de leur
solvabilité, le factoring résous la question. Ce problème celui des renseignements
commerciaux répond à une double préoccupation : traiter ou non avec tel acheteur
et, si oui, jusqu’à quelle somme s’engager avec lui.

102
Si les grosses entreprises sont généralement bien équipées sur ce plan, il n’en est
pas de même des petites et moyennes. Celles-ci, le plus souvent, s’adressent à leur
banquier habituel pour obtenir des informations sur la solvabilité présumée d’un futur
acheteur. Ou bien encore, elles utilisent les services d’entreprises spécialisées dans
les renseignements commerciaux. Il faut noter qu’il est difficile d’obtenir des
renseignements précis et surtout à jour. Si donc le factor se substitue aux entreprises
de renseignements commerciaux, l’économie ainsi réalisée par le vendeur économie
réelle n’est pas très élevée. Au reste, cette économie variera selon que les vendeurs
ont une clientèle plus ou moins renouvelée et plus ou moins susceptible de donner
lieu à une évaluation du crédit qu’il est possible de consentir.

b. Economies d’ordre administratif

Le recours au factoring implique, théoriquement du moins, la suppression de la tenue


de comptes-clients individuels chez le vendeur. Ce travail dont l’importance varie
avec le nombre de comptes et de mouvements est remplacé par la tenue d’un
compte unique, celui du factor, débiteur final, aux créances non approuvées près, de
l’intégralité des créances du vendeur. Il s’agit là d’une économie incontestable
économie de personnel, de place, de matériel, de fournitures de bureau, etc. mais
qui n’est pas nécessairement immédiate. Bien des vendeurs seront, en effet, tentés,
dans un souci de sécurité, de conserver leur comptabilité-clients quelque temps
encore après la mise en place du factoring.
Pour ce qui est des créances non approuvées, la tenue ou non de comptes-clients
individuels dépend du nombre relatif de ces créances. Il faudrait, d’ailleurs, distinguer
s’il s’agit de créances non approuvées du fait d’un dépassement de crédit sur un
acheteur approuvé, ou bien de créances non approuvées parce que l’acheteur est
rejeté en bloc par le factor. Lorsque les créances non approuvées sont peu
nombreuses, il n’est pas indispensable de tenir des comptes clients individuels : il
suffit d’un compte général regroupant toutes les créances non approuvées,
lesquelles sont individualisées dans ce compte. Une économie immédiate est la
suppression de la surveillance des encaissements et de leur comptabilisation. Le
vendeur factoré voudrait-il conserver ce travail qu’il ne le pourrait matériellement
plus, faute de disposer des informations nécessaires.

S’agissant de la relance des débiteurs défaillants, il ne serait pas exact de dire que le
vendeur en est totalement déchargé. L’obligation faite au factor d’agir en accord avec
le vendeur amène celui-ci à considérer chaque cas. Toutefois, ce n’est plus le
vendeur qui négocie avec le débiteur et il y a là une économie de coûts en temps de
toutes sortes : conversations téléphoniques, correspondances, démarches… Sans
que tous les frais correspondants disparaissent complètement avec le factoring, ils
n’en sont pas moins considérablement réduits.

103
Avec le factoring, les liaisons du vendeur avec ses banques (remises, etc.) sont
moins nombreuses, mais elles sont remplacées par les liaisons du vendeur avec le
factor. On ne saurait donc trouver là matière à économie. S’agissant des économies
de personnel, il convient d’ajouter à celles réalisées ou non en permanence, celles
résultant d’un recours moindre, voire nul, au personnel comptable intérimaire.

c. Economies de gestion générale

La principale économie en matière de gestion générale, économie tenant à l’essence


même du factoring, est la suppression pour le vendeur des frais entraînés par le
contentieux d’encaissement. Ces frais sont pour partie mesurables (honoraires de
conseils juridiques, d’avocats, d’agréés, d’huissiers, d’arbitres, d’entreprises
spécialisées dans le recouvrement, etc.) et pour partie non mesurables (temps passé
à constituer les dossiers, à être entendu par les divers conseils, à assister aux
séances judiciaires et, à la limite, à participer aux assemblées de créanciers).

On pourrait également considérer qu’avec le factoring, il n’y a plus de perte du fait de


l’insolvabilité définitive d’un créancier. Mais c’est très illusoire, car le factor est
particulièrement bien armé pour éviter de laisser un vendeur factoré traiter avec un
acheteur à la solvabilité incertaine. Le risque pour le vendeur reste donc
pratiquement le même, sauf qu’il se trouve localisé sur les créances non approuvées.
Si le vendeur traite avec un acheteur malgré l’avis défavorable du factor, il prend
alors un risque délibéré. De plus, les créances non approuvées sont pénalisées, car
dans le taux de commission qui s’applique à ces créances comme aux créances
approuvées, figure une quote-part correspondant à la garantie de bonne fin dont,
précisément, ces créances non approuvées ne bénéficient pas.

Autre source d’économie de gestion générale : les réductions (escompte) sur le


montant des factures des fournisseurs. En effet, la mobilisation du compte-clients
peut, dans certains cas, dégager des disponibilités obtenues à un taux inférieur au
taux d’escompte accepté par des fournisseurs pour être payés plus tôt.

104
3. Dépenses supplémentaires :
a. Dépenses initiales :

Les dépenses initiales supplémentaires sont constituées par des frais d’étude qu’il
s’agisse de frais internes ou externes (conseils extérieurs) pour la conception et la
mise en place des modifications d’organisation entraînées par l’utilisation du
factoring. Même si le factor apporte en cette occasion ses conseils à titre gracieux,
un certain nombre de responsables de l’entreprise n’en sont pas moins mobilisés
pour participer aux études, ce qui joue dans les domaines administratifs (facturation,
comptabilité) et commercial (vendeurs, etc.) sans compter qu’il faut aussi, pour la
Direction, consacrer le temps nécessaire à convaincre les banquiers habituels de
l’entreprise. Sur le plan commercial, lorsque la clientèle est nombreuse, on échappe
rarement à l’envoi d’une lettre-circulaire l’informant des nouvelles modalités de
paiement.

b. Dépenses permanentes :

S’agissant des dépenses de fonctionnement supplémentaires qu’entraîne le


factoring, elles peuvent n’être pas très élevées. Toutefois, lorsque l’utilisation du
factoring aboutit à rendre du personnel disponible (comptables), il faut bien
reconnaître que le plus souvent, ce personnel reste sans contrepartie à la charge de
l’entreprise pendant un certain temps. Soit que l’on conserve ce personnel en
surnombre par prudence, en attendant de voir ce que va « donner » le factoring, soit
encore que l’on maintienne ce personnel en sous-emploi jusqu’à ce que la
croissance de l’entreprise ait entraîné son utilisation. La solution d’un licenciement
pur et simple est envisagée en tout dernier ressort, surtout dans les petites et
moyennes entreprises, très attachées à leur personnel de structure. On se contente,
dans la plupart des cas, d’attendre de souhaiter ? Un départ volontaire (changement
d’emploi, retraite, etc.). Il y a donc là, une dépense qui, sans être permanente, est de
nature à subsister pendant un certain temps. Il reste bien sûr le cas où le personnel
rendu disponible est utilisé pour exécuter des travaux que l’entreprise n’avait pas
encore eu la possibilité d’envisager.
Parmi les dépenses supplémentaires de fonctionnement dépenses permanentes il
faut citer celles liées à une facturation effectuée sur de nouvelles bases : nombre
d’exemplaires des factures plus élevé, mentions supplémentaires ou utilisation d’un
tampon, multiplication des justificatifs de livraison, envois de tous ces documents au
factor, etc. Quant aux autres liaisons du vendeur avec le factor, il n’y a pas lieu de
croire qu’elles sont plus coûteuses que celles avec les banquiers lorsque ce sont
ceux-ci qui assurent le crédit à court terme.

105
4. Coût réel et services rendus :

Si tous les services qu’apporte le factoring existaient avant son introduction dans une
entreprise, le coût réel du factoring serait très exactement la différence entre son
coût apparent et le coût antérieur de tous ces services. Mais c’est là un cas limite,
jamais rencontré dans la pratique, car il est dans le factoring des services
spécifiques. Si, par hypothèse, tous les services qu’apporte le factoring existaient
dans l’entreprise avant la factorisation, il faudrait néanmoins s’interroger sur la
qualité de ces services, tels qu’ils étaient antérieurement fournis, par rapport à leur
qualité lorsqu’ils sont fournis par le factor. Il est clair que cette approche qualitative
est, par définition, difficilement mesurable quand bien même serait-on éclairé sur le
sens dans lequel jouent les différences de qualité.

Approche qualitative :
S’agissant du factoring intérieur, les services rendus ou les fonctions remplies par le
factoring sont :
1. Les renseignements commerciaux (solvabilité ou insolvabilité des acheteurs)
2. Le service crédit (détermination et suivi des plafonds de crédit) ;
3. La tenue des comptes-clients (travaux comptables) ;
4. La gestion des comptes-clients (apurement) ;
5. Le précontentieux d’encaissement (surveillance des encaissements et
relance des débiteurs hors délai) ;
6. L’encaissement proprement dit (opérations matérielles) ;
7. La garantie de bonne fin du crédit consenti aux acheteurs (couverture à
100% du risque d’insolvabilité : disparition des pertes par créances
douteuses) ;
8. La couverture du risque de trésorerie (certitude de paiements aux dates
prévues) ;
9. Les facilités de mobilisation du compte-clients (règlement par anticipation)
avec tous les avantages financiers en découlant (escompte pour paiements
anticipés des fournisseurs) ;
10. Le contentieux d’encaissement ;
11. La fourniture de statistiques financières ou commerciales ;
12. La fourniture de conseils divers (juridiques, financiers, comptables,
commerciaux).

106
Soit :
T = la période de temps étudiée exprimée dans une certaine unité ;
Cr = le coût réel du factoring ;
Ca’ = le coût apparent en valeur absolue ;
Ds’ = les dépenses supplémentaires permanentes ;
Ds’’ = les dépenses supplémentaires initiales ;
t = la durée retenue pour amortir les dépenses initiales, exprimée dans la même unité
que T ;
Et = les économies théoriques qui sont constituées par la somme des économies
effectivement réalisées (suppression de coûts réels antérieurement provoqués par des
services ou fonctions que le factoring remplace) et les manques à dépenser (coûts
estimés des services ou fonctions apportés par le factoring et dont le vendeur ne
bénéficiait pas auparavant).
Af = avantages financiers annexes (escompte sur le montant des factures fournisseurs
payées plus tôt).

Le coût réel est alors :

Cr = (Ca’ + Ds’ + [(Ds’’ . T)/t]) – (Et + Af)

Au sein de l'entreprise, ces coûts de gestion sont estimés à environ 3 % du CA selon


la décomposition suivante :

- Coût de gestion administrative des comptes clients : 0.8 % du CA environ


- Coût moyen des créances irrécouvrables : 0.6 % du CA environ
- Coût de l’inflation sur le retard de paiement : 0.2 % du CA environ
- Coût du recouvrement des créances : 1.4 % du CA environ .

107
TAUX ANNUEL EQUIVALENT APPARENT D’AFFACTURAGE

TAUX TAUX TAUX TAUX TAUX


Equivalent. Equivalent. Equivalent. Equivalent. Equivalent.
apparent apparent apparent apparent apparent

Sur 12 Sur 9 mois Sur 6 mois Sur 3 mois Sur 1 mois


mois

0 ,5% du 6% 4 ,5% 3% 1,5% 0,5%


CA

1 ,5% du 18% 13,5% 9% 4,5% 1,5%


CA

2 ,5% du 30% 22,5% 15% 7,5% 2,5%


CA

3 ,5% du 42% 31,5% 21% 10,5% 3,5%


CA

108
TAUX ANNUEL EQUIVALENT REEL D’AFFACTURAGE

SUR 12 MOIS

Taux Equivalent. Coût de gestion Taux Equivalent. Réel sur 12


Apparent sur 12 économisé = CGE mois = T.E.R = TEA –CGE
mois = T.E.A

0 ,5% du 6% 3% 3%
CA

1 ,5% du 18% 3% 15%


CA

2 ,5% du 30% 3% 27%


CA

3 ,5% du 42% 3% 39%


CA

II/ ETUDE DU COUT DES FINANCEMENTS BANCAIRES VOISINS

Il convient tout d’abord de s’interroger sur comment se fabrique un taux d’intérêt


bancaire. Jeter un petit coup d’œil dans le laboratoire du banquier permet de voir
comment il mesure les ingrédients de son prix de revient et mitonne son « taux
clientèle » exprimé par le T.E.G. (Taux Effectif Global).

109
Les ressources du prêteur

Centrale de gestion du risque


Le banquier intervient comme une véritable centrale de gestion du risque puisqu’il
s’expose à :
 devoir rendre l’argent des déposants, institutionnels et investisseurs divers,
avant d’avoir été remboursé par son client emprunteur (à qui il arrive même de
ne jamais le rembourser),
 être surpris par l’évolution divergente du taux d’intérêt qu’il verse au déposant
par rapport à celui qu’il reçoit de l’emprunteur : ce dernier revient volontiers
renégocier à la baisse le taux de son emprunt immobilier, jamais à la hausse.
 faire coïncider les montants et échéances des dépôts avec ceux des crédits,
anticiper l’évolution respective des taux longs et des taux courts, trouver des
ressources dans la même devise que celle des crédits… est le rôle de la
« gestion actif-passif » (Asset Liability Management - ALM - en Anglais).

Les mystères de la recette du banquier

A la différence d’une entreprise industrielle ou commerciale, dont la rentabilité des


ventes est rapidement connue, celle d’une banque n’est certaine que beaucoup plus
tard, après l’échéance des crédits préalablement accordés. Le talent du « Chef »
réside dans le bon dosage des sucres rapides (les découverts et autres crédits de
trésorerie) avec les sucres lents qui financent par exemple les acquisitions de
résidence principale. Il veille à ce que chaque client ne souffre ni d’inanition (crédit
trop rationné) ni d’indigestion (crédit trop facilement confié à celui qui ne le
transformerait pas bien en énergie créatrice de richesse).

Toute erreur de dosage conduirait tôt ou tard à de regrettables accidents de santé


qui altèreraient aussi celle de la banque. Dans cette délicate préparation, il lui faut
quantifier tous les éléments, souvent qualitatifs, de manière à proposer un taux
acceptable par le client et dégageant une marge après couverture de tous les
risques connus ou prévisibles.
Sur la base des expériences passées et des prévisions des économistes, chaque
secteur d’activité, chaque forme de crédit se voit attribuer une marge pour couvrir le
risque, plus importante lorsque le crédit est sans garantie. Cette marge est modulée
client par client puis ajoutée au coût du financement pour obtenir le taux proposé.

110
STRUCTURE DU COUT POUR LES FINANCEMENTS VOISINS DE
L’AFFACTURAGE TELS QUE LE DECOUVERT L’ESCOMPTE LES FACILITES
DE CAISSE ETC….

Structure du coût du crédit Taux Type de crédit voisins


au factoring

Coût de l’argent confié par les 3% Concours Bancaires


épargnants et emprunté sur les marchés Courants (Découvert,
Escompte, Facilité de
caisse, avances sur
marchés, avances sur
factures etc…)

Coût direct estimé de distribution, de 2%


gestion et de recouvrement du crédit

Coût estimé du risque 2%


(de non-remboursement, de taux,
d’immobilisation de fonds propres …)

Coût estimé du risque 1,25%


(de non-remboursement, de taux,
d’immobilisation de fonds propres …)

Frais généraux et assurance 1,25%

Taux de base bancaire ou T.B.B ou 9,5%

Coût de revient pour la banque

Marge d’intermédiation de la banque

Attention : Les taux indiqués sont des ordres de grandeur et peuvent évoluer dans
le temps notamment selon la conjoncture économique. Il faut relever que le taux de
base bancaire est en moyenne entre 9% et 11% au niveau du système bancaire
sénégalais.

111
RATIOS CARACTERISTIQUES DU SYSTEME BANCAIRE SENEGALAIS

(Source : Rapport Annuel de la Commission Bancaire 2009 et 2008)

(Nb : ratios calculés sur la base des encours moyens trimestriels de la période)
Ratios caractéristiques Année Année Année Année

2006 2007 2008 2009

Coût des capitaux empruntés 2,2% 2,3% 2,3% 2,4%

Total des agios payés/Total des capitaux empruntés

Coût de l’ensemble des Ressources 2,5% 2,6% 3,0% 3,0%

Total des agios payés/Total des capitaux empruntés

+Fonds propres

Taux des Crédits à la clientèle 11,4% 11,4% 11,3% 11,2%

Agios encaissés sur crédits à la clientèle/Encours

des crédits à la clientèle

Marge Globale 7,0% 7,0% 7,1% 6,8%

Rendement des prêts – Coût des prêts

112
COMPARAISON D’UN TAUX ANNUEL EQUIVALENT

REEL D’AFFACTURAGE SUR 12 MOIS AVEC UN TAUX BANCAIRE

TAUX TAUX de MARGE TAUX OBSERVATIONS


Equivalent. Base BANCAIRE D’INTERET
Réel Bancaire GLOBAL
Selon rapport BANCAIRE =
Sur 12 = commission
mois = bancaire 2009 TIBG =

T.E.R = MB TBB+MB
TEA -CGE TBB

0 ,5% du 3% 11% 7% 18% TER plus intéressant


CA que TIBG

1 ,5% du 15% 11% 7% 18% TER plus intéressant


CA que TIBG

2 ,5% du 27% 11% 7% 18% TER moins intéressant


CA que TIBG

3 ,5% du 39% 11% 7% 18% TER moins intéressant


CA que TIBG

Nota Bene :

La comparaison n’a de sens qu’entre choses comparables. Donc pour


comparer le coût de l’affacturage avec celui des financements voisins, il faut
tenir compte de part et d’autre du montant à financer, de la durée du
financement, du risque encouru sur le client etc. C’est pourquoi il est
important de bien étudier la structure des coûts des deux types de
financements et de faire une comparaison sur cette base. Ce qu’on peut retenir
de cette comparaison c’est qu’il n’y a pas dans l’absolu un taux qui est plus
intéressant qu’un autre. Cependant, dépendant de la durée, du risque, et du
taux d’affacturage par rapport au chiffre d’affaires, l’affacturage peut être plus
compétitif (entre 0,5% du CA et 1,5% du CA) sur 12 mois.

113
114
RESUME

L’étude du cas des sociétés d’affacturage SOFIA crée en 1987 et qui a


cessé ses activités en Juillet 1990 et de la SENFAC née en 2001 et morte
en 2009, a été abordée suivant le plan suivant :

D’abord nous avons essayé de bien comprendre quelle était l’activité de la


Société Financière d’Affacturage SOFIA en examinant ses cinq produits de
base, le mode opératoire de la société, et le plus de la SOFIA par rapport
aux financements voisins. Dans une seconde phase on avons passé en
revue les facteurs d’échec de la SOFIA qui sont au nombre de deux à
savoir : Les facteurs d’origine interne et les facteurs d’origine externe. IL
importe de signaler que les causes d’échec de la SOFIA sont surtout
internes et ont pour nom, le manque de maîtrise des charges, des fonds
propres insuffisants doublés d’un manque de soutien financier de la part
des banques.

La même démarche pour comprendre la SOFIA et les causes de son échec


a été appliquée à la Sénégalaise d’Affacturage SENFAC. Il convient de
retenir que se sont comme la SOFIA des facteurs internes qui ont causé
l’échec de la SENFAC. Parmi ces facteurs on peut citer :

- Sous effectif et déficit de personnels compétents.


- Charges locatives très élevées.
- Déficit en pratique marketing pour stimuler la demande.
- Carence dans le lancement du projet.

Bien entendu il y a eu des facteurs externes qui ont contribué à l’échec des
PREMIERE PARTIE
deux sociétés tels :LA SOFIAde(Société
le manque garanties,Financière d’Intermédiation
l’hostilité de l’environnementet
d’Affacturage)
économique d’alors et l’absence de lignes de refinancements
etc<<<<<<<<<<<<<<<<

115
La SOFIA (Société Financière d’Intermédiation et d’Affacturage) pionnière de
l’affacturage en Afrique et au Sénégal, a été créée en Octobre 1987 et à dû arrêter
ses activités en Juillet 1990.

I/ L’ESSENTIEL A SAVOIR DE LA SOFIA

Pourquoi le contrat d’affacturage de la Société Financière d’Intermédiations et


d’Affacturage ?

Définition de l’Affacturage :

Vos avantages à la SOFIA :


Le contrat société financière d’Intermédiations et d’Affacturage s’articule en cinq (5)
services de base :
₋ L’Augmentation de votre chiffre d’affaires
₋ L’amélioration de votre trésorerie
₋ La garantie à 100% de vos créances commerciales
₋ La gestion de vos comptes-clients
₋ Le paiement comptant de vos factures
Cinq services en un… assurer l’équilibre de votre entreprise

Les plus de la SOFIA :

La garantie à 100% de vos créances commerciales.


La SOFIA joue auprès de ses clients le rôle du département crédit d’une grande
entreprise avec des moyens d’investigations très supérieurs. Sa technique de
garantie des risques revêt trois aspects :
₋ La prévention :
 Enquête et suivi de la surface financière de vos clients une sélection
judicieuse de ceux-ci.
- La garantie :
 La SOFIA accorde, par approbation préalable et cas par cas, un
encours de crédit qui correspond au montant qu’elle garantit pour tel ou
tel client, encours qui peut varier en fonction de vos besoins ou de la
situation financière de votre client.
- A la différence de l’assurance crédit, le contrat SOFIA est annuel et la SOFIA
règle dans les plus brefs délais à 100%, toute facture qu’elle a garantie.
- La surveillance : La SOFIA surveille votre portefeuille clients et sur votre
demande, gère à vos risques ceux de vos clients qu’elle n’a pas approuvé.

La gestion de vos comptes clients :


Vos comptes-clients sont remplacés dans vos livres par le seul compte « société
financière d’intermédiations et d’affacturage » dont la tenue est aussi simple que
celle d’un relevé bancaire. La SOFIA simplifie votre comptabilité !

116
Le processus :
Au fur et à mesure de vos livraisons, vous facturez vos clients, vous adressez à la
SOFIA un double de vos factures. Dès réception, les services de la SOFIA les
enregistrent, surveillent le retour des traites s’il y a lieu, ainsi que les encaissements,
relancent les débiteurs et au besoin effectuent les démarches précontentieuses puis
contentieuses.
₋ Dès qu’il s’agit de grandes entreprises ou d’administrations, pour lesquelles le
problème de solvabilité ne se pose pas, la SOFIA module et personnalise sa
procédure de relance.
₋ Des informations périodiques vous sont envoyées sur l’ensemble de vos
clients gérés par la SOFIA.
₋ La SOFIA simplifie la tâche de votre service commercial qui n’a plus qu’à
suivre l’évolution de vos produits et les comportements des consommateurs
et/ou utilisateurs.
Votre service comptable n’a plus qu’à suivre les écritures car les factures sont
gérées par la SOFIA.

Le paiement comptant de vos factures :

Sur votre demande ou selon votre contrat, la SOFIA règle immédiatement,


totalement ou partiellement vos factures par chèque ou par billet établi à votre ordre.
Des postes clients rendus disponibles, qu’ils soient privés ou administratifs.
 Financement SOFIA : Contrairement à un financement « classique où l’impayé
reste à votre charge, le financement SOFIA vous reste acquis dans la limite
des créances approuvées.
 Le financement SOFIA est permanent :
₋ Le financement classique est révocable à échéance des factures
remises en cas d’incidents…
₋ La SOFIA vous met à l’abri d’un retrait de concours.
 Le financement SOFIA n’est pas plafonné
Il suit vos besoins !
₋ Le financement classique raisonne en risque « tireur ». La SOFIA raisonne en
risque « tiré » (qualité du débiteur, réalité de la créance).
Assurez votre indépendance, votre croissance. Prévoyez l’imprévisible… Grâce au
financement SOFIA…

Comment fonctionne votre contrat SOFIA ? :

Il vise deux objectifs :


- Vous libérer de certaines contraintes
- Alléger votre gestion.
 L’approbation du contrat : c’est l’accord préalable des services de la SOFIA
qui vous permet de bénéficier de la garantie du paiement sur votre client.

117
 Comment l’obtenir ? : pour chacun de vos clients, elle fait l’objet d’une
demande de votre part, par laquelle vous indiquez à la SOFIA le montant du
crédit que vous désirez voir consenti.
- C’est la première démarche que vous avez à effectuer. Il vous suffira de
remplir l’imprimé de la SOFIA intitulé « demande d’approbation » ou alors
interroger la SOFIA par TELEX ou Téléphone.
- Le montant de cette approbation est révisable à tout moment en fonction de
l’évolution des affaires.
 Comment suivre les approbations : il vous sera adressé semestriellement un
état complet des approbations qui vous fournira le maximum d’informations :
sur vos clients et leur évolution.

II/ LES FACTEURS D’ECHEC DE LA SOFIA - SOCIETE FINANCIERE


D’INTERMEDIATION ET D’AFFACTURAGE

Les facteurs de l’échec de la SOFIA peuvent être résumés comme ci-dessous :


 Facteurs Internes :
- Personnel Pléthorique : 75 personnes en 24 mois
- Masse salariale très élevée : 9.700.000 CFA par mois soit environ
120.000.000/AN et les charges de fonctionnement (eau+électricité+
téléphone etc.…) se montaient à 650.000 F/mois soit 7.800.000 l’AN.

NB : Ces montants n’intègrent pas, tout ce qui est matériel et fournitures


de bureaux.

- Le non respect des ratios prudentiels (BCEAO)


Nous en citerons ici quelques uns des ratios :

1. Aux normes de solvabilité


Trois (3) normes sont principalement utilisées pour apprécier la solvabilité des
établissements de crédit de l’Union. Il s’agit de la représentation du capital
minimum, des règles de couverture des risques et de limitation des
immobilisations et participations, en liaison avec le niveau des fonds propres
réglementaires de chaque établissement. Ces derniers sont corrigés des
provisions complémentaires, requises par les Autorités de contrôle, à l’issue
des missions de vérification sur place, et non encore constituées. Le capital
de la SOFIA de l’époque soit FCFA 300 000 000 et la faiblesse des résultats
voire les déficits accumulés n’ont pas permis de respecter ce ratio.

2. La limitation des engagements par signature qui ne doivent dépasser 75%


des fonds propres effectifs.
3. La limitation des prêts aux principaux actionnaires, aux dirigeants et au
personnel à 20% des fonds propres effectifs

118
4. La couverture des emplois à moyen et long termes par des ressources
stables. Cette norme vise à éviter une transformation excessive des
ressources de la clientèle à court terme en emplois à moyen et long termes. Il
fallait faire des emplois pour assurer la continuité d’exploitation de la SOFIA
mais en face la faiblesse des ressources stables due à un capital fable et à un
manque de lignes de refinancement bancaire et de réserves constituait de
réels handicaps.
5. Coefficient de liquidité
Il est destiné à prévenir les risques d’illiquidité ; aussi à chaque contrôle, la
SOFIA devait justifier de disponibilités suffisantes ou d’emplois dont la durée
n’excède pas trois mois, ce qui n’était pas le cas
- Charges locatives et de fonctionnement élevés
- Le montant du loyer s’élevait à 1.600.000 CFA par mois soit 19.200.000
CFA/L’AN
- De non respect des ratios prudentiels (BCEAO)
 Facteurs Externes :
Ceux ci s’expliquent par les phénomènes ci-dessous :
- La nouveauté de l’activité sur le marché
- La faiblesse du capital (300.000.000 CFA à l’époque contre1.000.000.000
CFA actuellement)
- L’absence de garanties réelles, de cautions ou avals solides dans
l’actionnariat
- La fragilité du système bancaire à l’époque
- Absence de refinancement bancaire
- Manque de discrétion des banques partenaires
- Manque de discrétion d’une bonne partie du personnel
- Le désintéressement progressif de certains actionnaires
NB : Il faut se rappeler qu’entre 1988 et 1992 le Sénégal a dû fermer pour cause
d’ajustement structurel plusieurs banques et établissements financiers dont la SOFIA
(USB, BSK, SONABANK, SONAGA, BNDS, SOFISEDIT etc.). C’est dire que le
contexte économique de l’époque n’était pas très reluisant

DEUXIEME PARTIE : LA SENFAC (Sénégal Factoring)

Sénégal-Factoring a été crée en Novembre 2001 et inscrite au registre du commerce


et du crédit mobilier sous le numéro 2001.B.2126. Elle a obtenu son agrément en
Avril 2005 et a dû arrêter ses activités en Février 2009.

I/ L’ESSENTIEL A SAVOIR DE SENFAC

Sénégal Factoring est une institution financière d’affacturage de gestion externalisée


de comptes « clients » et de renseignement commercial créé en novembre 2001.
La société fut créée avec un capital social de 412 040 000FCFA qui fut porté à
487 070 000 FCFA en janvier 2003.

119
L’actionnariat de Sénégal Factoring est composé de la société générale de Banques
au Sénégal « SGBS »et d’actionnaires Sénégalais et sous régionaux.
Le 1er avril 2005 la commission bancaire de l’UMOA à accordé a Sénégal Factoring
un agrément en qualité d’institution financière d’affacturage et de cautionnement.
Par arrêté N° 17.05.2005*002413 du Ministre de l’Economie et des Finances
Sénégal Factoring SA a été inscrite sur la liste des établissements financiers de
l’UMOA sous le numéro K0130F et a été autorisée à exercer les activités
d’établissement financier du premier groupe septième (escompte prise en pension
acquisition de créances affacturage) et huitième (garantie par cautionnement aval ou
autrement) catégories sur le territoire de la République du Sénégal conformément
aux dispositions de la loi portant réglementation bancaire .

LE METIER DE SENFAC

Sénégal Factoring se veut le spécialiste de la maitrise des flux financiers


Fournisseurs- clients. L’institution dispose une offre unique sur le marché qui donne
la possibilité aux entreprises de moduler un ou plusieurs services financiers
(financement par affacturage, titrisation ou cautionnement, assurance crédit, gestion
externalisée de comptes «client » ou du Poste « Achats » recouvrement de créances
renseignement commercial…) et de les combiner selon leurs besoins pour sécuriser ,
financer et optimiser la gestion de leur portefeuille client ou réduire les couts de
gestion de leur poste « Achats ».
Suivant le type de produits, Sénégal Factoring est en mesure de garantir au client
une meilleure gestion du cycle de facturation une transformation des couts fixes
incontrôlables en couts variables prévisibles un contrôle accru sur l’exécution de la
politique du crédit et une automatisation accrue du recouvrement de ses créances
tout en respectant un degré de souplesse suffisant pour s’adapter aux
recommandations du client.

Les produits et services de SENFAC

₋ Financement : affacturage, titrisation, et cautionnement


₋ Sécurisation du portefeuille : gestion externalisée de comptes clients et
assurance crédit
₋ Gestion externalisée du Poste « Achats »
₋ Recouvrement
₋ Renseignement Commercial et Conseil

Amélioration de la productivité dans la gestion des comptes « clients » de


l’entreprise :

SENFAC souhaite améliorer la productivité de la gestion des comptes


« clients » de l’entreprise sans pour autant que la trésorerie ne transite par elle.
SENFAC vend du service avec une obligation de résultat.

120
Ainsi, grâce à son outil informatique performant, son centre d’appel sa structure
souple, ses équipes polyvalentes sur le terrain, et sur la base de règles de gestion
préalablement définies avec l’entreprise, Sénégal Factoring propose une
externalisation de la pré-relance et de la relance des créances de l’entreprise.
En d’autres termes, SENFAC assure :
 La planification et la gestion d’appels aux clients de l’entreprise,
l’automatisation des envois de fax et courriers en masse pour permettre un
recouvrement à bonne date de ses créances par l’entreprise.
 La qualification et la transmission pour la résolution des contestations reçues
des « clients ».
 Le suivi des promesses de règlement avec les « clients » récalcitrants.
 L’appropriation des objectifs quantitatifs (règlements et promesses de
règlement, récupération des créances anciennes) et qualitatifs qui sont
confiés à la société.
 La coordination et le suivi, en collaboration avec l’entreprise, de l’éventuelle
phase contentieuse du recouvrement.

Les objectifs de l’ intervention de la SENFAC


Viseraient donc à obtenir :
1. Une amélioration de la trésorerie de l’entreprise.
2. Une productivité accrue dans la gestion du recouvrement des créances
3. Une information en temps réel sur l’état de recouvrement des créances.
Assurance crédit :
Les impayés constituent l’une des raisons majeures des défaillances d’entreprises.
S’en protéger est donc une préoccupation permanente pour bon nombre de chefs
d’entreprise. Toute créance cédée au factor « Sénégal Factoring » est assurée
contre le risque d’impayé dans la mesure où elle entre dans le cadre de l’agrément
négocié pour le client concerné. Sénégal Factoring peut s’engager à garantir ses
clients contre les risques d’impayés si l’externalisation de la gestion des comptes
client est opérée. En effet, cette externalisation lui permet de s’assurer du respect de
l’exécution de la politique du crédit. La garantie contre le risque d’insolvabilité par
une assurance crédit adaptée renforce alors la sécurisation du portefeuille, le risque
d’insolvabilité étant alors transféré à Sénégal Factoring. Sénégal Factoring vous
propose du financement immédiat et déplafonné. Suivant qu’il s’agit d’une PME/PMI
(affacturage) ou d’une Grande Entreprise (titrisation ou affacturage) les techniques
vont varier et l’entreprise pourra adapter le produit à son cas particulier.

121
II/ LES FACTEURS D’ECHEC DE LA SENFAC

Les facteurs de son échec peuvent être résumés comme ci-dessous :

 Facteurs Internes
- Sous effectif et déficit de personnels compétents.
- Charges locatives très élevées.
- Déficit en pratique marketing pour stimuler la demande.
- Carence dans le lancement du projet.
- Le non respect des ratios prudentiels (BCEAO)

 Facteurs Externes
- Manque de visibilité de l’Entreprise et de ses offres
- L’absence d’engouement de la clientèle cible
- Absence de refinancement bancaire
- Le manque de discrétion au niveau de la banque partenaire
- Le retrait de deux actionnaires essentiels

Ces deux entreprises ont connu les mêmes aventures, le même sort parce qu’ayant
subit les mêmes pesanteurs environnementales et ayant commis les mêmes pêchés
malgré un marché plus porteur que jamais.

122
123
PREMIERE PARTIE

124
Pré-requis

La première des conditions d’une évolution favorable à laquelle on songe tout


naturellement est l’élimination des obstacles déjà passées en revue supra.

S’agissant des obstacles juridiques et réglementaires il faudrait que le factoring fît


l’objet d’un statut juridique aussi indiscutable que le sont en France, au Maroc, en
Afrique du Sud etc.

Le ‘’Factors Acts Statut’’ pourrait être crée en harmonie avec la législation OHADA.
Remarquons que l’indispensable évolution juridique du factoring aboutit à un cercle
vicieux : s’il faut un statut au factoring pour se développer le factoring ne sera
vraisemblablement doté d’un statut qu’après s’être suffisamment développé. Ainsi le
factoring doit-il en quelque sorte prouver le mouvement en marchant…

En matière réglementaire et institutionnel, il faudrait que les pouvoirs publics laissent


au factoring toutes ses chances par rapport aux autres techniques et que des
conditions souples et viables de l’exercice de ce métier soient mises en œuvre avec
toutes les facilitations que cela nécessite. Il faut par conséquent desserrer beaucoup
des contraintes que nous avons passées en revue tout au long de ce travail.

Les banques à commencer par les grands groupes bancaires (CBAO Attijari, Société
Générale, Bicis - BNP Paribas) devraient jouer le jeu tout comme au Maroc pour
ouvrir des départements d’affacturage prêts à relancer cette activité au Sénégal.

En matière d’obstacles économiques et financiers il faut d’abord souhaiter un


abaissement du coût du factoring. Comment ? Par une réduction des coûts du factor
et cela est possible. Il faut encourager les possibilités de refinancements à des coûts
préférentiels par l’Institut d’émission et inciter le système bancaire à accompagner
les sociétés de factoring dans le financement de leur besoin d’exploitation ;

Au nombre des causes externes les factors devront bénéficier de la baisse du prix
des matériels de traitement de l’information ; cette baisse jouant aussi bien pour
l’acquisition, pour la location ou pour l’utilisation de ces matériels. Une spécialisation
des factors par secteurs d’activités aura peut-être les mêmes effets bénéfiques sur
les coûts.

Toujours à propos du coût du factoring on pourrait considérer comme un obstacle au


développement la relative ignorance des utilisateurs éventuels quant à l’étendue des
services rendus. Les candidats au factoring risquent de reconnaître l’importance des
avantages financiers de cette technique en ignorant ou en minorant tous les autres
avantages. Or le factoring ne se réduit pas au règlement immédiat et définitif des
factures. A ne considérer que les avantages financiers, l’entreprise intéressée par
cette technique risquera de l’éliminer en raison de son coût apparent alors qu’il faut
passer du coût apparent au coût réel c’est-à-dire connaître tous les services
obtenues en contrepartie du coût.

125
Le sort de cette objection mi-économique mi-psychologique dépend des actions de
promotion à réaliser par les factors : c’est là un problème d’éducation de la clientèle
classique en matière de vente.

Quant aux obstacles psychologiques ils devraient disparaître d’eux-mêmes avec le


temps du moins ceux qui tiennent aux seuls vendeurs. Il existe toutefois une
objection d’ordre psychologique qui tient aux factors et dont on ne saurait préjuger
l’évolution. Il s’agit de leur origine : les dirigeants des entreprises de factoring
proviennent pour la plupart de la banque. Et si ce sont probablement les éléments
les plus dynamiques qui vont accepter d’être les pionniers du factoring on peut
cependant craindre qu’ils n’aient pas toujours réussi à se défaire d’ un excès de
prudence et de rigorisme assez souvent constaté dans la profession bancaire. Or si
la prudence et le rigorisme sont des qualités, l’audace peut en être aussi. L’optique
bancaire traditionnelle donne une vue globale (investissements, trésorerie) mais de
ce fait un peu lointaine et accordant une priorité aux aspects financiers. Or le
factoring intéresse autant la gestion sinon son coût. Les factors doivent être
conscients de cela et se comporter en conséquence. Banquier peut-être, mais
surtout homme d’affaires : tel doit être le profil du factor type (le banquier traditionnel
est lui-même condamné à évoluer en ce sens). Le style des factors gagnera à être
toujours plus commercial c’est-à-dire empreint de tact, de courtoisie, de persuasion
car convaincre n’est pas vaincre.

Le développement du factoring lequel est incontestable contribue aussi à la création


de nouveaux factors. D’autre part la décentralisation des factors peut se situer dans
la perspective d’une mise en place de correspondants locaux et de l’emploi de
moyens de liaisons très évolués (par exemple le télétraitement des données,
l’intranet, etc).

Un autre obstacle matériel à savoir la dimension des marchés peut se trouver écarté
en raison du développement du marché de l’UEMOA facteur favorable au factoring
semble-t-il sous réserve comme il a été dit de l’adoption d’une législation ad hoc et
d’une bonne communication, sensibilisation et information.

Quant aux garanties personnelles qui pourraient être demandées par le factor aux
dirigeants de l’entreprise factorée elles ne vont pas constituer un obstacle lorsque
les factors disposeront d’un corps de contrôleurs très étoffé. Le style requis pour les
factors eux-mêmes, tact, courtoisie, persuasion devra chez ces contrôleurs coexister
avec la plus grande conscience professionnelle.

Dans tout ce qui précède il n’est question d’une évolution favorable du factoring qu’à
raison de la disparition des obstacles au développement de cette technique. Est-ce
suffisant pour garantir le succès et le rendre durable ? Probablement pas. Service
complet, le factoring gagnera à le devenir.

Un accroissement des services rendus peut d’abord se réaliser au stade de la


facturation ce qui ne serait qu’un retour aux sources.

126
L’exécution matérielle des factures par le factor comporte des avantages aussi bien
pour le vendeur que pour lui-même. Le vendeur y trouve avantage en frais de
personnel, en moyens immobilisés. Le factor peut y gagner en traitement des
données celles-ci devenant plus intégrées. A noter que la préparation des factures
resterait à la charge du vendeur et que l’intérêt du factor dans cette formule irait
décroissant avec le nombre des factures. Si celui-ci est très élevé, le factor peut
souhaiter en laisser la charge au vendeur lequel dans ce cas pourrait s’équiper de
moyens très mécanisés.

La nécessité pour un factor d’utiliser dès que possible les services d’un ordinateur
devrait l’inciter à prendre appui sur ce puissant moyen pour élargir ses prestations.
Rien n’exclut en effet que le factor devienne un véritable comptable à façon traitant
non seulement la comptabilité des ventes du vendeur mais encore les comptes de
représentants, la comptabilité générale, la comptabilité analytique d’exploitation, les
stocks, la gestion budgétaire. Cette voie paraît d’autant plus justifiée qu’il est notoire
que les ordinateurs ne sont souvent pas saturés. Le factor pourrait donc dans le
domaine des moyens, atteindre la taille supérieure et par là même abaisser ses
coûts en réalisant des « économies d’échelle».

Aux travaux comptables et para-comptables ci-dessus évoqués le factor ajoutera des


travaux statistiques de plus en plus nécessaires aux entreprises. Si le besoin en
statistiques croît avec la dimension de l’entreprise, cela est encore plus vrai en
matière de ventes qu’en d’autres domaines. A part celles dites de pointe, les
techniques vont en se nivelant : produits et services concurrents se ressemblent de
plus en plus. D’où la primauté : croissance de la vente et de la recherche appliquée
dans le maintien des marchés anciens et la conquête des nouveaux. La mise en
place et l’utilisation de moyens de gestion commerciale toujours plus élaborés à
commencer par une analyse rationnelle des ventes fondée sur un fort appareil
statistique n’est plus un luxe mais une impérieuse obligation.

I. CADRE INSTITUTIONNEL, JURIDIQUE, REGLEMENTAIRE DE L'ACTIVITE


DES BANQUES ET ETABLISSEMENTS FINANCIERS A CARACTERE
BANCAIRE DU SENEGAL
L'exercice de l'activité bancaire au Sénégal s'inscrit dans un environnement
fortement influencé par divers facteurs tels que l'intégration économique dans le
cadre de l'UEMOA1. , une réglementation bancaire et financière uniforme adoptée
par les pays membres et une structure économique nationale empreinte de
libéralisme. Ces trois facteurs constituent les points essentiels qui caractérisent le
contexte des établissements de crédit.

1 Bénin, Burkina, Côte d'Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo

127
1.1. Cadre institutionnel
Depuis son accession à la souveraineté internationale, le Sénégal a inscrit son
programme de développement économique dans le cadre de l'Union Monétaire
Ouest Africaine.
Cette Union est une zone intégrée regroupant huit pays membres représentant
environ 83 millions d'habitants qui se partagent une même monnaie, le franc CFA et
quasiment la même langue, le français. Outre, la gestion de la monnaie commune
par un institut d'émission unique, la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de
l'Ouest (BCEAO), la zone UEMOA se caractérise par la centralisation des réserves
de devises, une réglementation bancaire uniforme applicable aux banques et aux
établissements financiers installés sur toute l'étendue du territoire ainsi qu'une
législation harmonisée des relations financières avec l'extérieur.

L'Union a pour objectif essentiel d’instaurer un cadre économique et financier stable,


propice à une expansion de la production et des échanges, en vue de renforcer les
bases du développement. Parmi les nombreux objectifs qui ont incité les Etats
membres à instaurer cette intégration monétaire, figurent la facilitation des
transactions entre eux, la nécessité de promouvoir une mobilité des facteurs de
production, l’atténuation des contraintes en réserves de change, la stabilité
monétaire et de change, indispensables à l’expansion du commerce et de
l’investissement.
Cette Union contribue à réduire les coûts de transactions entre pays partenaires, à
éliminer le risque de change et à améliorer la qualité des anticipations des agents
économiques pouvant se traduire notamment par la baisse des taux d’intérêts
comparativement à la situation d'isolement.

Par ce choix, qui correspond à une anticipation des mutations de leur


environnement, les pays membres ont manifesté une préférence commune : celle du
maintien de la stabilité financière et de l’approfondissement de l’intégration monétaire
régionale comme modalité d’insertion harmonieuse dans le courant d’échanges
internationaux.
Du fait de son rattachement à l’euro par une parité fixé, le franc CFA intègre de fait
les pays de l’UEMOA à une vaste zone économique et monétaire d'une population
de prés de 400 millions de personnes structurée autour de la monnaie unique
européenne. Cet ancrage comporte de réels avantages, notamment le renforcement
de la stabilité monétaire et financière, la consolidation du système financier, et
contribue à rassurer les opérateurs économiques, quant à l’évolution future de la
valeur de leurs investissements.
Il se traduit également par une plus grande ouverture des marchés européens aux
produits des pays de l’UEMOA, la moitié du commerce extérieur de l'Union
s’effectuant dans un environnement monétaire stable, marqué par l’absence de
fluctuations de change. Outre la réduction des coûts des transactions commerciales,
le lien monétaire du FCFA avec l'euro est de nature à stimuler la mobilité des
personnes et des biens et des capitaux entre les deux zones.
128
Au total, soucieuses de corriger l’étroitesse des marchés nationaux, les plus hautes
Autorités de l'Union ont défini un processus d’intégration économique reposant sur
les quatre axes fondamentaux suivants :
 l’organisation de la convergence des politiques macroéconomiques
visant à consolider la stabilité macroéconomique et à éviter, à l’échelle
communautaire, les répercussions négatives des politiques inappropriées
mises en œuvre au niveau national. Le Traité de l’UEMOA a prévu, à cette fin,
un dispositif de surveillance multilatérale des politiques et performances
économiques en vue d’assurer, en particulier, la compatibilité entre la politique
monétaire commune et les politiques budgétaires nationales ;

 l’unification des espaces économiques et financiers, dont la finalité est de


rendre la zone UEMOA plus attractive aussi bien en termes de marché que de
rentabilité des investissements. A ce titre, il a été préconisé les principes de la
libre circulation des biens, des services, des capitaux, des personnes et du
droit d’établissement, ainsi qu’une politique commerciale et des règles
communes de concurrence ;

 la mise en œuvre de politiques sectorielles communes, devant favoriser la


promotion d’un développement harmonisé et équilibré des Etats membres.
Les objectifs poursuivis portent notamment sur le renforcement de la sécurité
alimentaire, la diversification des bases de l'économie, la lutte contre la
désertification et l’émergence d’entreprises industrielles compétitives et
intégrées.
Le Traité de l'UEMOA et le schéma d'intégration adopté en vue de sa mise en
œuvre, concilient l'intégration des marchés avec celle des systèmes productifs que
devrait favoriser la conduite de politiques communes dans les secteurs vitaux pour le
développement économique et social des Etats membres.
1.2. Cadre réglementaire
La loi-cadre portant réglementation bancaire dans l'UMOA constitue le texte de base
du dispositif de supervision bancaire et, plus généralement, de l'organisation et de la
surveillance des activités bancaires dans l'UMOA.
1.2.1. Principaux textes de référence
En application de cette loi ou pour en compléter les dispositions, un certain nombre
de textes légaux ou réglementaires ont été adoptés. Il s'agit notamment :
 de la convention portant création de la Commission Bancaire, entrée en
application le 1er octobre 1990 ;
 du dispositif prudentiel applicable aux banques et établissements financiers de
l'UMOA, réaménagé par le Conseil des Ministres au cours de sa session du
17 juin 1999 et entré en application depuis le 1er janvier 2000 ;
 du décret relatif au classement, à la forme juridique et aux opérations des
établissements financiers (pris entre 1984 et 1992, selon les pays de l'UMOA)

129
 du plan comptable bancaire ou PCB, entré en vigueur le 1er janvier 1996.
La loi bancaire contient les principes et dispositions régissant globalement l'exercice
des activités bancaires et plus exactement celles des banques et établissements
financiers. S'agissant plus précisément du contrôle bancaire, la loi définit la
répartition des compétences entre les organes de réglementation et de contrôle de
l'activité bancaire, ainsi que les conditions de leurs interventions. De même, elle
établit une distinction entre les fonctions de réglementation d'une part, et celles de
contrôle et de sanctions, d'autre part, entre les différents organes ou institutions :
Conseil des Ministres, Ministres des Finances, Banque Centrale et Commission
Bancaire. Le Conseil des Ministres est habilité à prendre toutes dispositions en
matière de réglementation prudentielle, notamment concernant la liquidité, la
solvabilité, la division des risques et l'équilibre de la structure financière des banques
et établissements financiers (Article 44 de la loi bancaire). Il a par ailleurs
compétence pour fixer le capital minimum des banques dans chaque pays de
l'UMOA.
Par ailleurs, il convient de noter que le Gouverneur de la BCEAO a pris en Décembre
2010 les instructions suivantes relativement aux Etablissements Financiers à
Caractère Bancaire :
 instruction N° 011-12 /2010/RB, relative au classement, aux opérations et à la
forme juridique des Etablissements Financiers à Caractère Bancaire :
 instruction N° 012-12 fixant les modalités d’obtention de l’agrément en qualité de
banque ou d’Etablissements Financiers à Caractère Bancaire, par les filiales d’un
Etablissement de crédit ayant fait l’objet d’agrément :
 instruction N° 013-12 /2010/RB, fixant les montants des pénalités de retard en
matière de transmission de documents et renseignements à la Banque Centrale
des Etats de l’Afrique de l’Ouest et à la Commission Bancaire de l’Union
Monétaire Ouest Africaine :
 instruction N° 014-12 /2010/RB, fixant le montant des sanctions pécuniaires
applicables aux Etablissements de crédit par la Commission Bancaire de l’Union
Monétaire Ouest Africaine :
 instruction N° 015-12 /2010/RB, fixant les conditions d’exercice des activités
d’intermédiaires en opérations de banque
1.2.2. Les compétences du Ministère des Finances
Les compétences du Ministre des Finances recouvrent principalement l'agrément, la
nomination d'administrateur provisoire ou de liquidateur, la suspension des
opérations de l'ensemble des banques et établissements financiers, les dérogations
et autorisations diverses (crédits aux dirigeants et personnel excédant un
pourcentage de leurs fonds propres, etc.).
Par ailleurs, le Ministre des Finances détient l'essentiel des prérogatives en matière
de constitution et de contrôle des institutions mutualistes ou coopératives d'épargne
et de crédit.

130
1.2.3. La Commission Bancaire
Dans le but de susciter l'émergence d'une jurisprudence uniforme dans toute l'Union,
certaines décisions sont prises après avis conforme de la Banque Centrale ou de la
Commission Bancaire. Cet organe a été créé par une Convention signée le 24 avril
1990 en vue de garantir le fonctionnement harmonieux du système bancaire dans
l’espace de l’Union Monétaire. Soucieux de renforcer ce contrôle, les autorités de
l'UEMOA ont procédé, en avril 2007, à l'adoption d’une nouvelle Convention
régissant cette commission. Cette évolution est sous tendue par la volonté de
prendre en compte les principes fondamentaux édictés par la communauté financière
internationale pour une supervision bancaire efficace, de renforcer le rôle des
contrôleurs et promouvoir la transparence financière.
La Commission se compose, entre autres, du Gouverneur de la BCEAO qui en est le
Président, d’un représentant de chaque Etat membre, de membres nommés par le
Conseil des Ministres de l’UMOA. Outre son avis sur l'agrément d'une banque, elle
est chargée de veiller notamment à l’organisation et au contrôle des établissements
de crédit. A cet égard, elle effectue des opérations de contrôles des établissements
de crédit ou des systèmes financiers décentralisés. Elle peut, lorsqu’elle constate
une infraction à la réglementation bancaire, prendre des mesures administratives ou
prononcer des sanctions qui peuvent aller jusqu’au retrait d’agrément ou
d’autorisation d’installation.
1.2.4. La Banque Centrale
En matière de contrôle bancaire, la Banque Centrale dispose des attributions de
définition des modalités d'application des décisions prises par le Conseil des
Ministres de l'Union dans le cadre de ses compétences, des dispositions comptables
applicables aux banques et établissements financiers et des conditions de banques,
détermination du plafond des risques encourus sur le personnel et les dirigeants de
banque, pouvoirs de contrôle sur pièces et sur place et fixation du montant de la
réserve spéciale.
Pour améliorer la qualité de l'information financière et favoriser ainsi l'efficacité de la
surveillance bancaire, un Plan Comptable Bancaire (PCB) uniforme pour les
banques et établissements financiers de l'UMOA a été élaboré par la BCEAO et
approuvé le 9 avril 1994 par son Conseil d'Administration. Ce plan comptable est
entré en application le 1er janvier 1996. Plusieurs textes à caractère technique (avis,
instructions, circulaires) ont été en outre pris par la BCEAO et la Commission
Bancaire, notamment pour préciser les modalités d'application des dispositions
contenues dans les textes susvisés.
1.2.5. Les Commissaires aux Comptes
S'agissant des commissaires aux comptes, ils doivent être inscrits sur une liste
agréée par la Cour d’Appel. Le choix du ou (des) commissaire (s) aux comptes doit
être soumis à l'approbation de la Commission Bancaire.

131
Les modalités d'approbation et les obligations ont été précisées par deux circulaires
(n°01-90/CB du 20 décembre 1990 et n°02-91/CB du 10 juin 1991), ainsi que par le
Dispositif prudentiel applicable aux banques et établissements financiers.
Le Commissaire aux comptes a pour mandat de vérifier la régularité et la sincérité
des états financiers de fin d'exercice. Les diligences à mettre en œuvre doivent
aboutir à une certification des comptes selon les normes d'audit internationales, et à
un avis sur le respect de la Réglementation Bancaire.
Par ailleurs, les documents à adresser à la Banque Centrale et à la Commission
Bancaire doivent être certifiés réguliers et sincères par un commissaire aux comptes
agréé par la cour d'appel. Le secret professionnel n'est pas opposable à la
Commission Bancaire. L’obligation faite au commissaire aux comptes de certifier les
comptes est également contenue dans l’Acte Uniforme relatif au Droit des Sociétés
Commerciales et du Groupement d’Intérêt Economique (GIE), applicable dans le
cadre de l’OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des
Affaires).
1.2.6. Les règles prudentielles et le mécanisme de surveillance de l'activité
bancaire
Les nouvelles règles prudentielles adoptées par le Conseil des Ministres au cours de
sa session du 17 juin 1999, tiennent notamment compte des exigences
internationales en matière de supervision bancaire, des mutations survenues dans le
paysage bancaire de l'UMOA, ainsi que de l'entrée en vigueur du plan comptable
bancaire de l'UMOA en 1996. Elles portent sur les conditions d'exercice de la
profession, la réglementation des opérations effectuées par les banques et
établissements financiers, les normes de gestion et la procédure d'instruction de
dossiers d'agrément en qualité de banque dans l'UEMOA.

1.2.6.1. Conditions d'exercice de la profession des banques et Etablissements


Financiers d’affacturage
NOTA
Selon l’instruction n° 011-12 / 2010 RB du Gouverneur de la BCEAO (Titre I - art 1 et
titre II art 3)) les Etablissements Financiers à caractère bancaire sont classés en
catégories selon la nature des opérations de banque qu’ils sont habilités à effectuer.
La présente instruction précise aussi la forme juridique sous laquelle chacune des
catégories d’établissements peut être constituée. Elle vise également à réglementer
les opérations des différentes catégories d’établissements financiers à caractère
bancaire.
Catégories des établissements financiers à caractère bancaire :
 Catégorie 1 : établissements financiers de prêts
 Catégorie 2 : établissements financiers de crédit-bail ou de location avec option
d’achat
 Catégorie 3 : établissements financiers d’affacturage
 Catégorie 4 : établissements financiers de cautionnement
 Catégorie 5 : établissements financiers de paiement

132
L’article n° 6 précise les opérations des établissements financiers d’affacturage. En
effet, selon cet article, les établissements financiers d’affacturage assurent la gestion
des comptes-clients, le recouvrement des factures, le préfinancement des créances
à recouvrer et la garantie contre le risque de non-paiement. Ils agissent dans le
cadre d’une convention, soit en acquérant les dites créances, soit en se portant
mandataires du créancier avec une garantie de bonne fin, dans ce dernier cas.
Il sied de rappeler qu’à compter du 1er janvier 2008, le capital social minimum des
banques et établissements financiers était porté respectivement , dans une première
phase, à 5 milliards pour les banques et à 1 milliard pour les établissements
financiers. Les banques et établissements financiers en activité avaient eu comme
date butoir pour se conformer à ces nouveaux seuils au plus tard le 31 décembre
2010. La date d'application des seuils de 10 milliards et 3 milliards respectivement
pour les banques et les établissements financiers, sera indiquée à l'issue de la
première phase.

Remarques et Suggestions :

Le montant de FCFA Trois milliards de capital exigé pourrait être élevé et sa


mobilisation immédiate difficile pour les fondateurs (actionnaires) de la société
d’affacturage car ceux-ci doivent libérer intégralement et immédiatement le
capital. Cette situation pourrait constituer une contrainte pour la création d’un
établissement financier d’affacturage. Aussi nous suggérons que seul le tiers
de ce capital soit FCFA Un milliard soit obligatoire à libérer à la constitution et
les Deux Tiers à libérer dans les trois voire cinq ans suivants.

Nous requérons parmi les conditions préalables à l’obtention d’agrément, que


l’établissement financier d’affacturage prouve qu’il dispose de ressources de
refinancement auprès des banques ou autres Etablissements de crédits pour
financer tout ou partie de son business plan.

Par ailleurs, selon l’article 9 Titre III de l’instruction 011-12 /2010 RB, les
Etablissements financiers à caractère bancaire peuvent exercer toutes les
activités relevant de la catégorie à laquelle ils appartiennent. Ils sont habilités à
exercer les activités relevant d’une catégorie autre que celle dans laquelle
leurs opérations ont été classées, sur autorisation préalable accordée comme
en matière d’agrément. Nous recommandons que cette autorisation préalable
pour exercer les activités relevant d’une catégorie autre que celle dans laquelle
leurs opérations ont été classées ne soit pas de mise pour les établissements
financiers d’affacturage (contrainte) si ceux-ci souhaitent exercer des activités
de cautionnement, vu le lien de connexité de ces métiers et les opportunités
d’affaires ouvertes par les activités de cautionnement.

133
Ceci permet d’ouvrir des possibilités aux établissements financiers
d’affacturage de délivrer des cautionnements aux PME et aux très petites
entreprises dans le cadre des marchés publics comme privés et d’éviter d’être
victime des lenteurs administratives qui pourraient provenir de la délivrance
d’un agrément.

STATUT DU FACTOR

L’affacturage établie une relation économique triangulaire entre le vendeur,


l’acheteur et le factor. Cette relation s’appuie sur des rapports juridiques bilatéraux
naissant d’une part du contrat de vente ou de (prestation de services) entre vendeur
et acheteur et d’autre part du contrat d’affacturage à la base d’un transfert de
créances en contrepartie des prestations composites mais modulables, de gestion de
garantie et de financement desdites créances.

a. Un strict encadrement : De par son activité, le factor à comme vocation de


gérer des moyens de paiement, encaisser des sommes d’argent ainsi qu’à
prendre des risques en tant que garant de la bonne fin des créances. Il doit
être capable de faire face à tout moment à de lourdes responsabilités, celles
d’un établissement de crédit. C’est pourquoi les entreprises d’affacturage
doivent être suffisamment structurées, strictement encadrées et
contrôlées par les autorités de tutelle.
Le statut du factor, parfaitement circonscrit et sécurisant, aura sans doute
contribué à une bonne acclimatation de l’affacturage dans notre
environnement économique et financier.

b. Qualité d’établissement de crédit : Les opérations d’affacturage sont


assimilées en droit comme des opérations de crédit, ces dernières, par
nature, ne pouvant être exercées que par des banques et établissements
financiers à caractère bancaire.
c. Dés lors, la qualité de banque ou d’établissement financier à caractère
bancaire s’avère obligatoire pour l’exercice de l’activité d’affacturage.
Les opérations d’affacturage sont des avances de fonds.

d. Obligation d’un agrément : Comme tout établissement de crédit, le factor


avant d’exercer son activité doit avoir un agrément délivré par la BCEAO
qui vérifie la présence d’un capital libéré d’un montant minimum, la qualité
des apporteurs de capitaux, l’honorabilité et l’aptitude des dirigeants ainsi que
l’adéquation de la forme juridique à l’activité financière envisagée.
Globalement la banque centrale s’assure de l’aptitude de l’entreprise à
réaliser ses objectifs de développement dans des conditions qui assurent à la
clientèle une sécurité satisfaisante.

134
Conditions particulières d’exercice :
La spécificité de l’agrément est affirmée par la loi bancaire qui fait interdiction aux
sociétés financières d’effectuer, sauf à titre purement accessoire, d’autres opérations
que celles résultant de la décision d’agrément les habilitants.
Nous recommandons que les sociétés d’affacturage soient également
habilitées à exercer des opérations de cautionnement, du seul fait d’un
agrément unique. La diversification des opérations financières effectuées par
les sociétés d’affacturage constitue aussi un moyen de les booster de sorte à
les maintenir durablement dans le marché bancaire et conforter ainsi
l’environnement économique et financier du Sénégal.

Les établissements financiers d’affacturage doivent justifier, à tout moment, de fonds


propres effectifs au moins égaux au capital minimum fixé dans la décision
d'agrément. Les établissements financiers d’affacturage sont tenus de constituer une
réserve spéciale dont le taux est fixé à 15%, incluant toutes réserves éventuellement
exigées par les lois et règlements en vigueur, alimentée par un prélèvement annuel
sur les bénéfices nets réalisés, après imputation, le cas échéant, du report à
nouveau déficitaire. Sa dotation est obligatoire, quel que soit le niveau atteint par son
montant cumulé par rapport au capital social de l'établissement financier
d’affacturage. Les établissements financiers d’affacturage sont tenus d'organiser leur
comptabilité selon les dispositions prévues dans le plan comptable bancaire de
l'UMOA. Les établissements financiers d’affacturage doivent se doter d'un système
de contrôle interne permettant notamment de vérifier le respect des dispositions et
usages en vigueur dans la profession et de garantir la qualité de l'information
financière et comptable.
1.2.6.2. Réglementation des opérations effectuées par les établissements
financiers d’affacturage
Il est interdit aux établissements financiers d’affacturage d’acquérir leurs propres
actions ou parts sociales, ou de consentir des crédits contre affectation en garantie
de leurs propres actions ou parts sociales.(art 10 Titre III) instruction 011-12).
Remarques et Suggestions
Dans un souci de bonne gouvernance et de protection des ressources financières de
l’institution pour sa destination aux activités d’affacturage, nous recommandons que
l’article 10 du titre III soit complété par ce qui précède : le montant global des
concours (y compris les engagements par signature) pouvant être consenti par les
établissements financiers d’affacturage aux personnes participant à leur direction,
administration, gérance, contrôle ou fonctionnement, ne doit pas dépasser 20% de
leurs fonds propres effectifs. Selon la loi bancaire le montant global des
immobilisations hors exploitation et participations dans des sociétés immobilières
dont les banques et établissements financiers peuvent être propriétaires, est limité à
un maximum de 15% de leurs fonds propres de base.

135
L'ensemble des actifs immobilisés des banques et des établissements financiers
d’Affacturage, hormis ceux spécialisés dans les opérations de capital-risque ou
d'investissement en fonds propres, doit être financé sur des ressources propres.
1.2.6.3. Normes de gestion
La règle de couverture des risques est définie par un rapport minimum à respecter,
dit "rapport fonds propres sur risques".
Ce ratio comporte au numérateur, le montant des fonds propres effectifs de la
banque ou de l'établissement financier, et au dénominateur, les risques nets
pondérés selon la qualité ou la catégorie des contreparties. Le pourcentage minimum
à respecter est fixé à 8%.
Les banques et établissements financiers d’Affacturage doivent financer au moins à
hauteur de 75% leurs actifs immobilisés ainsi que leurs autres emplois à moyen et
long terme par des ressources stables.
Le montant total des risques pouvant être pris sur une seule et même signature, est
limité à 75% des fonds propres effectifs d'une banque ou d'un établissement
financier. Par ailleurs, le volume global des risques atteignant individuellement 25%
des fonds propres effectifs d'une banque ou d'un établissement financier, est limité à
huit (8) fois le montant des fonds propres effectifs de l'établissement concerné.
Remarques et Suggestions
Dans un souci de protéger, d’assurer la pérennité des établissements
financiers d’affacturage, voire de protéger les ressources financières de
l’institution et de la clientèle, nous recommandons que le montant des risques
pouvant être pris sur une seule et même signature soit limitée à 50% (au lieu de
75%) des fonds propres effectifs dans les trois premières activités de relance
et d’impulsion du secteur. Ceci permettrait de rabaisser le niveau d’exposition
au risque et de sécuriser le secteur surtout en surveillant l’envol des activités
d’affacturage.
La règle de liquidité fait obligation aux banques et établissements financiers de
disposer d'actifs disponibles et réalisables ou mobilisables à court terme (trois mois
maximum) pour couvrir au moins à hauteur de 75% le passif exigible à court terme
ou les engagements par signature susceptibles d'être exécutés à court terme (trois
mois maximum). Le ratio de structure du portefeuille, rapport entre d'une part,
l'encours des crédits bénéficiant d'un label de qualité délivré par l'Institut d'émission à
la banque déclarante et d'autre part, le total des crédits bruts portés par
l'établissement concerné, doit être, à tout moment, égal ou supérieur à 60%. Cette
disposition s'applique aux banques et aux établissements financiers spécialisés dans
la distribution de crédit.

1.2.6.4. Autorisations relatives à certaines opérations particulières pour les


banques et les Etablissements financiers d’affacturage
La réglementation bancaire subordonne la réalisation de certaines opérations
relatives à la vie de la société, à l'autorisation préalable du Ministre des Finances.

136
Il s'agit en particulier :
 du transfert du siège social ;
 de la dissolution anticipée ;
 de la modification de la forme juridique, de la dénomination ou raison
sociale, ou du nom commercial ;
 de la prise ou la cession de participation qui aurait pour effet de porter
la participation d'une même personne ou groupe de personnes, d'abord
au-delà de la minorité de blocage puis au-delà de la majorité des droits
de vote dans la banque, ou d'abaisser cette participation en dessous
de ces seuils ;
 de la cession de plus de 20% correspondant à des opérations sur le
territoire national ;
 de la mise en gérance ou de la cession de l'ensemble de ses activités
sur le territoire national.
Remarques et Suggestions
Les autorisations préalables requises pour les activités ci-haut citées nous
paraissent opportunes à l’exception de celle portant sur la cession de plus de
20% correspondant à des opérations sur le territoire national. Ceci nous parait
être une contrainte car le niveau de 20% nous parait bas surtout quand nous
voulons inciter les plus grandes sociétés mondiales d’affacturage à venir au
Sénégal. Nous recommandons que cette autorisation soit obligatoire quand la
cession atteint ou dépasse 50%
1.2.6.5. Obligations des établissements financiers d’affacturage
Conformément aux dispositions contractuelles ayant présidé à l'octroi de l'agrément,
les banques et établissements financiers d’affacturage sont tenues de respecter les
contraintes imposées par la BCEAO et la Commission Bancaire.
Au plan des obligations juridiques et fiscales, les établissements financiers
d’affacturage sont tenus de respecter les dispositions de la loi qui régit la forme
juridique sous laquelle elles sont constituées. Il s'agit essentiellement de la
réglementation sur les sociétés commerciales et le droit commercial général.
Selon l’article 12 – Titre III de l’instruction 011-12 2010/RB, les établissements
financiers à caractère bancaire sont constitués sous forme de sociétés anonymes à
capital fixe ou de sociétés coopératives ou mutualistes à capital variable. Donc les
Ets financiers d’affacturage doivent être sous la forme ci-haut décrite.

Sur le plan comptable, les banques et les établissements financiers d’affacturage


doivent tenir une comptabilité régulière. Il faut souligner qu'un plan comptable
bancaire commun aux pays membres de l'UEMOA est en vigueur depuis le 1er
Janvier 1996.
Ce plan fixe la date d'arrêté des comptes annuels au 31 Décembre de chaque
année. Par ailleurs, la loi bancaire prévoit la publication au Journal Officiel et à la
diligence de la Banque Centrale, des comptes annuels de chaque banque.

137
Sur le plan fiscal, les banques et les établissements financiers d’affacturage doivent
respecter les dispositions du Code Général des Impôts. Les banques et Ets
Financiers d’Affacturage doivent notamment :
 établir et déposer la déclaration des BIC au plus tard le 30 Avril de
chaque année ;
 établir et déposer les autres déclarations : taxes sur salaires, taxe sur les
opérations bancaires (TOB), IRC, IRVM, etc.

Les opérations bancaires sont soumises à la TOB, au taux de 17%. Les produits des
placements sont soumis à l'IRC au taux de 15%. Cet impôt qui est à la charge
exclusive du créancier est en principe prélevé à la source par l'entité qui paie les
intérêts, pour être reversé à l'Administration Fiscale.
Sur le plan social, les banques et établissements financiers d’affacturage sont
soumises à la réglementation du travail et de la sécurité sociale.
Il faut souligner qu'une convention collective des banques et établissements
financiers existe depuis le 28 mars 1994. Ce texte a fait l'objet d'une révision en
2001 et une nouvelle convention collective signée le 13 août 2001 a été adoptée.
Cette dernière est entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2001.
 A la BCEAO et à la Commission Bancaire, les banques et
établissements financiers d’affacturage doivent fournir, au plus tard 6
mois après la date d'arrêté des comptes, les documents suivants :
 le bilan détaillé ;
 le bilan à publier au journal officiel ;
 les comptes de résultat, d'exploitation et de perte et profit ;
 la fiche annuelle de renseignements et annexes ;
 la liste des prises de participation au capital social des entreprises
publiques et privées arrêtée au 31 Décembre ;
 le rapport du Conseil d'Administration sur les comptes de l'exercice au 31
Décembre ;
 le rapport des commissaires aux comptes au 31 Décembre ;
 le procès-verbal de l'Assemblée Générale des actionnaires ;
 la décomposition des créances gelées par nature et branche d'activité au
31 Décembre ;
 le rapport d'activités au 31 Décembre ;
 l'état détaillé des provisions constituées au titre des créances gelées au
31 Décembre ;
 la répartition des engagements hors bilan au 31 Décembre par terme et
branche d'activité.

138
1.2.6.6. Liste des documents et informations requis dans le dossier de
demande d'agrément des établissements Financiers d’Affacturage
1 - Documents et informations concernant la personne physique ou morale sollicitant
l'agrément
 nom et dénomination sociale ;
 domicile ou adresse du siège social ;
 pièces d'état civil pour les personnes physiques ;
 statuts et règlement intérieur ;
 procès-verbal de l'Assemblée Générale constitutive si celle-ci s'est
réunie ;
 récépissé de demande d'immatriculation au Registre du Commerce ;
 montant de la dotation ou du capital, ainsi que répartition et modalités
de libération de celle-ci ;
 état de souscription du capital et liste de l'ensemble des actionnaires
avec l'indication de leur participation et de leur nationalité ainsi que de
leur adresse ;
 attestation notariale prouvant la libération du capital.

2 - Documents et informations d'ordre économique et financier

 indications sur la politique générale et les objectifs poursuivis par les


promoteurs en créant le nouvel établissement ;
 étude de marché ;
 programme d'activités comportant la nature et le volume des emplois,
des ressources et des engagements hors bilan, ainsi que leur évolution
prévisionnelle sur cinq (5) ans au moins ;
 moyens humains et matériels, ainsi que leur évolution prévisionnelle
sur cinq (5) ans au moins ;
 prévision en matière d'implantation du réseau de guichet ;
 bilan d'ouverture ;
 bilans et comptes de résultats prévisionnels sur 5 ans au moins, faisant
ressortir notamment la situation prévisionnelle de l'établissement au
regard des règles de liquidité, de solvabilité et de structure financière
en vigueur ;
 plan de trésorerie.
3 - Autres documents et informations sur la personne physique ou morale sollicitant
l'agrément
 organisation (organigramme détaillé, procédure des opérations...) ;
 calendrier d'installation ;
 indications sur l'appartenance éventuelle à un groupe avec la liste des
principales sociétés du groupe, ainsi que sur le réseau de
correspondants ;

139
 convention d'assistance technique ;
 convention éventuelle avec l'Etat.
4 - Documents et informations sur les promoteurs, administrateurs, gérants et
directeurs

 identité, nationalité et adresse des promoteurs et actionnaires de


référence;
 curriculum vitæ et extrait de casier judiciaire pour les personnes
physiques ;
 situation financière des promoteurs et actionnaires de référence,
personnes morales, avec à l'appui les derniers états financiers certifiés
et rapports d'activités, sur une base individuelle ou consolidée selon le
cas ;
 liens des promoteurs et actionnaires de référence avec d'autres
établissements bancaires ou financiers et toute autre société ;
 situation de fortune pour les personnes physiques ;
 expérience dans le domaine bancaire ou financier ;
 implantation nationale ou internationale sous forme d'agences, de
filiales, bureaux de représentation, avec indication de leur statut
bancaire ou financier ;
 noms des administrateurs, gérants et directeurs avec indication de leur
nationalité et adresse ;
 demandes de dérogations individuelles pour les non-ressortissants de
l'UEMOA ne bénéficiant pas par ailleurs d'une assimilation à des
nationaux de l'Union en vertu d'une convention d'établissement ;
 curriculum vitæ et extrait de casier judiciaire des dirigeants ;
 expérience dans le domaine bancaire et financier.

140
DEUXIEME PARTIE

141
1. LE CONTRAT D’AFFACTURAGE

Entre les soussignés :

Banque/Ets Financier d’Affacturage

M. …………………… RESPONSABLE
...................................................

LE FACTOR(*) …………………......................................................................

Ci-après
dénommé « ……………........................................................................................ »

D’une part,

Et la personne morale désignée ci-après :

Dénomination sociale :
…………………………………...........................................................

Forme : ……….. Capital : …………..FCFA R.C. :


………….............

Siège social :
………………………………………………………..............................................

Activité :
……………………………………………………………..............................................

Représentée par :

Nom & Prénom :

………………………………….. Agissant en qualité de : ….………......

Ci-après dénommée « le Cédant »

D’autre part,

Est conclu le présent contrat d’affacturage, aux conditions générales et particulières


ci-après :

LE FACTOR (*) = Banque ou Ets Financier d’Affacturage

142
CONDITIONS GENERALES DU CONTRAT D’AFFACTURAGE

ARTICLE 1- OBJET DU CONTRAT

1.1 Par le présent contrat, LE FACTOR s’engage, moyennant rémunération, à payer


au Cédant, contre subrogation dans ses droits, le montant de ses créances
commerciales certaines, liquides et exigibles selon les modalités et les conditions
définies ci-après.

1.2 LE FACTOR assure, conformément aux Conditions Particulières, un ensemble


de services relatifs au financement, à la gestion, à la garantie et au
recouvrement des créances dans les droits desquelles elle est subrogée.
LE FACTOR se réserve le droit, en accord avec le Cédant, de procéder aux
opérations ci-dessus énumérées par d’autres moyens juridiques que la
subrogation.

1.3 Le Cédant s’engage à ne remettre au FACTOR que des créances commerciales


₋ Qui correspondent à des prestations de service effectivement rendues ou à des
ventes fermes de marchandises effectivement livrées rentrant dans le cadre de
son objet social et dont le montant est indiscutable et n’est pas litigieux à savoir
qu’il n’a pas donné lieu à une contestation judiciaire et qui n’est susceptible d’y
donner lieu,
₋ Qui portent sur des entreprises qui n’ont avec le Cédant ni liens financiers, ni
actionnaires ou administrateurs communs,
₋ Qui sont exemptes de tout obstacle, légal ou conventionnel, susceptible de
s’opposer au transfert de créances par voie de subrogation.

1.4 Le Cédant s’engage à remettre au FACTOR la totalité de ses créances


commerciales sur une même entreprise. En conséquence, pendant toute la
durée du présent contrat, le Cédant s’interdit de recourir aux services de toute
autre société financière ou établissement de crédit pour financer une créance
quelconque qu’il détiendrait sur un débiteur déjà agrée chez LE FACTOR.
Cependant, LE FACTOR sera en droit et en mesure de rejeter certaines factures
sur une même entreprise au cas où les dites créances paraissent douteuses
dans la forme ou le fond.
LE FACTOR (*) = Banque ou Ets Financier d’Affacturage

ARTICLE 2 – AGREMENT DES DEBITEURS ET GARANTIE DELIVREE PAR LE


FACTOR

2.1 Préalablement à toute remise de créance concernant une des entreprises


clientes (ci-après dénommée « Débiteur »), le Cédant s’engage à demander au
FACTOR un Agrément et à lui communiquer le montant du volume d’affaires
traité avec ledit Débiteur.

143
2.2 En délivrant un Agrément sur un Débiteur déterminé, LE FACTOR accepte de
prendre en affacturage des créances sur ledit Débiteur selon les modalités
déterminées aux Conditions Particulières. L’Agrément ainsi délivré par
LE FACTOR pourra comporter, par Débiteur, une limite d’encours toutes taxes
comprises (ci-après dénommée « Plafond d’Agrément »).
2.3 Le Plafond d’Agrément détermine le montant maximum de la garantie accordée
au Cédant par LE FACTOR pour le Débiteur concerné ; LE FACTOR assume
alors à hauteur du Plafond d’Agrément le risque de défaillance finale du débiteur
pour les créances qui lui ont été transférées en bonne et due forme ; LE
FACTOR supporte donc, à ce seul titre, la charge des créances impayées pour
cause de redressement ou liquidation judiciaire du débiteur concerné. En cas de
contestation, la garantie du FACTOR ne pourra être mise en jeu que dans la
mesure où le Cédant pourra produire l’écrit sur lequel LE FACTOR a marqué son
accord pour l’Agrément concerné et le Plafond d’Agrément.

2.4 Le Cédant s’engage à ne remettre au FACTOR que des créances qui portent
sur des Débiteurs qui ne sont ni en redressement, ni en liquidation judiciaire. La
sanction du non-respect de cet engagement est l’absence de garantie du
FACTOR sur les créances concernées.

2.5 La cessation des paiements, le redressement ou la liquidation judiciaire d’un


Débiteur ou toute situation similaire quel qu’en soit le nom, entraîne
immédiatement, de plein droit, la résiliation de l’Agrément délivré par LE
FACTOR sur le Débiteur concerné.

2.6 Le Cédant s’engage à communiquer au FACTOR toute information permettant


d’apprécier la solvabilité de chaque Débiteur et notamment tout retard de
paiement et tous litiges actuels ou antérieurs, toutes fausses déclarations à ce
sujet entrainant la suppression de la garantie, et si tel est le désir du FACTOR, la
résiliation pure et simple du présent contrat.

LE FACTOR se réserve le droit, sur simple notification au Cédant, par écrit,


télécopie, télémessagerie ou tout autre moyen de télétransmission, de résilier ou
suspendre l’Agrément précédemment délivré ou d’en modifier les termes
(modification du Plafond d’Agrément) sans toutefois qu’une telle décision puisse
affecter les conditions de prise en charge des créances déjà payées.

2.7 Indépendamment de tout Agrément délivré par LE FACTOR sur un Débiteur


donné, LE FACTOR se réserve le droit de refuser, à tout moment, de payer une
créance qui ne lui semblerait pas certaine, liquide et exigible ou qui ne serait pas
conforme aux stipulations des Conditions Particulières.

144
2.8 La communication au Cédant des informations relatives aux Agrément délivrés
ainsi que des Plafonds d’Agrément a un caractère strictement confidentiel et le
Cédant s’interdit d’en faire état en dehors de ses relations avec LE FACTOR; à
défaut la responsabilité du Cédant pourrait être engagé tant envers LE FACTOR
que tout tiers concerné

ARTICLE 3 – REMISE DES CREANCES ET PRISE EN CHARGE

3.1 Le Cédant remet périodiquement au FACTOR ses factures, au moyen d’un


bordereau récapitulatif dûment rempli et signé, conforme au modèle annexé et
comportant la quittance subrogative. LE FACTOR, s’il l’estime nécessaire, se
réserve le droit d’adresser directement aux Débiteurs les originaux des factures.

3.2 Le bordereau récapitulatif doit impérativement être accompagné des factures et


des pièces justifiant de la réalité des créances telles que défini aux Conditions
Particulières. Les factures doivent être accompagnées des bons de livraison des
marchandises ou de justificatifs de cette livraison par tout moyen.

3.3 Le Cédant s’engage à remettre dans les 48 heures de la demande formulée par
LE FACTOR tout justificatif complémentaire nécessaire à établir la réalité de la
créance. La non-fourniture par le Cédant de ces documents, dans les délais
impartis, entrainerait l’annulation de la garantie du FACTOR

3.4 Les factures doivent être remises au FACTOR avant leur échéance et dans un
délai maximum de 30 jours à compter de leur émission. Elles doivent comporter
toutes les mentions exigées par la loi ou les usages et, le cas échéant, les
clauses de réserve de propriété.

3.5 Le Cédant s’interdit de remettre au FACTOR des factures dont le délai de crédit
est supérieur à 120 jours sauf dérogation spéciale dans les conditions spéciales.
Dans le cas où le Cédant émet ses propres moyens de paiement, ceux-ci doivent
être à l’ordre du FACTOR.

3.6 La totalité des exemplaires des factures émises par le Cédant, transmises à ses
débiteurs, et remises au FACTOR, doit indiquer que le paiement devra être fait à
au FACTOR dans les termes de la mention de subrogation suivante :
« Pour être libératoire, le règlement de la facture doit être effectué directement à
l’ordre du FACTOR, qui le reçoit par subrogation dans le cadre d’un contrat
d’affacturage. LE FACTOR devra être avisé de toute demande de
renseignements ou réclamations »

145
3.7 Le Cédant s’engage à remettre au FACTOR, au moyen d’un bordereau
spécifique, selon le modèle joint aux Conditions Particulières, tous les avoirs,
remises ou ristournes qu’il émettra ou dont il aura connaissance pour autant qu’ils
se rapportent à des Débiteurs ayant fait l’objet d’un Agrément.

3.8 LE FACTOR, s’il estime nécessaire, se réserve le droit de pratiquer des


sondages auprès des Débiteurs du Cédant lors de la prise en charge et avant tout
paiement des factures concernées au Cédant.

ARTICLE 4 – PAIEMENT PAR SUBROGATION

Après prise en charge des créances détaillées sur le bordereau récapitulatif de


remise, LE FACTOR paie au Cédant le montant brut des factures approuvées par
inscription au crédit d’un sous-compte du compte-courant principal.
Du seul fait du paiement ainsi reçu et à l’instant de ce paiement, le Cédant subroge
LE FACTOR dans tous ses droits et actions attachées aux créances payées, et aux
termes de la quittance subrogative incluse dans le bordereau de cession annexé au
présent contrat, récapitulatif des créances professionnelles remises.

ARTICLE 5 – FINANCEMENT

Les avances de fonds se feront au crédit du compte-courant du cédant ouvert sur les
livres de l’agence avec valeur j+1, étant j la date de remise de la quittance
subrogative, appui des factures et justificatifs prévus dans les conditions particulières
du contrat.
LE FACTOR Agence ………… Compte N°………..suivant la quotité de
financement prévue.

ARTICLE 6 – FONDS DE GARANTIE

6.1 Pour garantir le remboursement de toute somme dont le Cédant pourrait être
débiteur envers LE FACTOR, le Cédant accepte de constituer dans les livres du
FACTOR un gage espèces, ci-après dénommé « Fonds de Garantie » non
productif d’intérêts. (NB : C’est un montant versé sous forme de ‘’déposit’’ encor
dénommé cash-collatéral en anglais pour amoindrir le risque de défaillance du
cédant ou de son débiteur)

6.2 Les sommes ainsi affectées en garantie au profit du FACTOR sont portées au
crédit du compte dénommé « Fonds de Garantie » ; devenues la propriété du
FACTOR, ces sommes sont indisponibles pour le Cédant et font naître à son
profit une créance en restitution dont le solde ne sera établi qu’après clôture
définitive des comptes.

146
6.3 Le montant du Fonds de Garantie ainsi constitué vient se compenser de plein
droit avec le solde débiteur du compte d’avance.

6.4 Le montant et les modalités des prélèvements destinés à constituer ce Fonds de


Garantie sont précisés aux Conditions Particulières.

6.5 En cas de litiges tels que définis à l’article 7 – RECOURS, le montant du Fonds
de Garantie doit être au minimum égal au montant des litiges dont le Cédant a été
informé et qui ne sont pas résolus.

6.6 Les sommes constituant le Fonds de Garantie ne peuvent faire l’objet d’un
nantissement ou d’une cession au profit d’un tiers.

ARTICLE 7 – RECOURS

7.1 La garantie assurée par LE FACTOR porte exclusivement sur l’insolvabilité


financière finale du Débiteur, matérialisée par un jugement de redressement ou
de liquidation judiciaire ou toute autre situation similaire à l’étranger, à l’exclusion
de tout risque de change ou de non transfert de fonds.

7.2 En cas de refus par un Débiteur de payer une créance pour toute autre cause
que son insolvabilité, et plus particulièrement en cas de contestation à caractère
juridique, commercial ou technique (ci-après appelé « Litiges »), LE FACTOR en
informera le Cédant.

7.3 La détection d’un Litige pourra suspendre la garantie qui aurait pu être accordée
sur la facture concernée par ledit Litige.

7.4 Au cas où ce litige n’aurait pas été réglé dans les 60 jours qui suivent cette
information, LE FACTOR pourra débiter le compte spécial d’affacturage du
Cédant du montant des créances contestées ou prélèvera ce montant sur toutes
sommes dues au Cédant et ce, sans que les rémunérations perçues soient
remises en cause.

7.5 Lorsque le Cédant reçoit directement les règlements correspondant à des


factures prises en charge par LE FACTOR il est réputé les avoir reçus pour le
compte du FACTOR en qualité de mandataire. En matière internationale sont
assimilés à des règlements effectués directement entre les mains du Cédant,
tous règlements perçus par un représentant, un préposé, un agent ou toute
personne se référant au Cédant.

147
7.6 Le Cédant s’engage à restituer ces moyens de paiement immédiatement au
FACTOR sous leur forme originale. En cas de non respect par le Cédant de cette
obligation, LE FACTOR est autorisé à débiter immédiatement cette somme au
compte-courant ou à la prélever sur toutes sommes dues au Cédant au titre de
nouvelles cessions de factures.

7.7 LE FACTOR peut exiger le remboursement immédiat des factures non garanties,
dès leur date d’échéance ; ce remboursement s’effectuera par le débit du
compte-courant du Cédant.
7.8 A défaut de précision apportée par les Débiteurs, les règlements s’imputent en
priorité sur les factures garanties.*

ARTICLE 8 – RECOUVREMENT DES CREANCES

8.1 LE FACTOR effectue auprès des Débiteurs toutes les démarches nécessaires
au recouvrement des créances dans les droits desquelles elle est subrogée.

8.2 Pour permettre au FACTOR de recouvrer les créances prises en charge, le


Cédant s’engage à donner au FACTOR toute l’assistance nécessaire et, le cas
échéant, à lui remettre tout mandat qui s’avérerait utile.
En cas d’application d’une clause de réserve de propriété, les conditions de revente
des marchandises récupérées devront être soumises par le Cédant au FACTOR.
Les sommes ainsi récupérées seront assimilées à un paiement qui doit être
remboursé au FACTOR.
Le cédant dispense LE FACTOR de faire dresser protêt ou avis de non acceptation
ou de non paiement prévu par les lois en vigueur. Le défaut de protêt ou d’avis ne
fera pas perdre à LE FACTOR ses recours contre le Cédant quand un tel recours est
prévu au présent contrat.
Si LE FACTOR accepte, à la demande du Cédant, de ne pas entreprendre d’action
de recouvrement contre un Débiteur donné, la subrogation sera réputée annulée et
le Cédant devra rembourser au FACTOR immédiatement l’ensemble des créances
prises en charge sur le Débiteur concerné.

8.3 Créances Garanties : LE FACTOR assume à ses seuls frais et risques toutes les
opérations d’encaissement et de recouvrement des créances garanties.

8.4 Créances Non Garanties ou litigieuses : Les frais et honoraires des procédures
sont à la charge du Cédant pour le recouvrement de toutes créances non
garanties et des créances garanties s’il s’avère que le défaut de paiement n’était
pas dû à l’insolvabilité du débiteur. Les conditions applicables sont déterminées
aux Conditions Particulières.

148
ARTICLE 9 – MANDAT

Le Cédant donne tout pouvoir au FACTOR, à titre de mandat d’intérêt commun, de


tirer à son lieu et place tous effets de commerce représentatifs de factures à
recouvrer, d’endosser tous chèques et effets établis à l’ordre du Cédant en
règlement de créances dont l’encaissement incombe au FACTOR, procéder à son
lieu et place au timbrage, à la signature, accepter toutes modifications de sommes et
prorogation d’échéances sur des effets de commerce émis en règlement de
créances du Cédant, endosser en son lieu et place les billets à ordre émis LE
FACTOR, en règlement des factures prises en charge par cette dernière, en vue de
les faire escompter par toutes les banques.

ARTICLE 10 – REMUNERATION DU FACTOR

Le présent contrat d’affacturage est conclu et accepté sous les conditions de


rémunération suivantes :

10.1 Commission générale d’affacturage : En contrepartie de ses prestations,


LE FACTOR prélève une commission d’affacturage dont les modalités sont fixées
aux Conditions Particulières sur la base de critères que LE FACTOR considère
essentiels et déterminants. Cette commission d’affacturage demeure acquise à
LE FACTOR en toute circonstance et quel que soit le sort des factures et moyens
de paiement à recouvrer.

10.2 Taux de financement : Le financement des créances est assuré par LE


FACTOR moyennant un taux annuel « prorata temporis », déterminé aux
Conditions Particulières. Il est susceptible de varier en fonction de l’évolution d’un
taux de référence convenu.

10.3 Des frais annexes peuvent être perçus conformément aux Conditions
Particulières.
Le cédant autorise LE FACTOR à débiter son compte-courant …………des
commissions, intérêts et frais.

ARTICLE 11 – INFORMATION – COMMUNICATION – AUDIT

11.1 Le Cédant s’engage à informer ses débiteurs de l’existence du contrat


d’affacturage par courrier établi selon le modèle fourni et autorise LE FACTOR à
informer elle-même à tout moment les débiteurs ainsi que les autres partenaires
financiers de la signature du contrat d’affacturage et de sa qualité de subrogé.

11.2 Le Cédant s’engage à transmettre au FACTOR une copie certifiée conforme


de son bilan, son compte de résultat, et ses annexes au plus tard six mois après
la clôture de chaque exercice.

149
LE FACTOR pourra vérifier ou faire vérifier par la personne de son choix dans les
livres et la comptabilité du Cédant, la réalité, l’exactitude et la sincérité de l’ensemble
des pièces fournies par celui-ci ainsi que le respect de ses obligations. Le Cédant
s’engage en outre à faciliter l’exercice de tout travail de vérification et à communiquer
au FACTOR, à première demande, tout document.

ARTICLE 12 – DUREE DU CONTRAT

12.1 Les Conditions Générales et les Conditions Particulières forment ensemble le


Contrat qui pourra être modifié d’un commun accord entre les parties par des
Avenants.
12.2 Sauf disposition contraire dans les conditions particulières, il peut être résilié
à tout moment par chacune des parties moyennant un préavis de deux mois
adressé par l’une des parties à l’autre sous forme d’une lettre recommandée avec
accusé de réception.

12.3 LE FACTOR peut résilier à tout moment et sans préavis le présent contrat :
₋ En l’absence de respect par le Cédant de l’une des dispositions du
présent contrat,
₋ En cas de mise en gérance du fonds de commerce, si le Cédant n’a pas
prévenu LE FACTOR par lettre recommandé avec accusé réception un
mois minimum avant la prise d’effet de ladite location gérance,
₋ Dans le cas d’une modification dans la situation juridique ou
commerciale du Cédant, dans la répartition du capital ou la personne
des dirigeants ou bien dans le cas d’une dégradation significative de la
situation financière du Cédant.

12.4 Dans le cas où la créance cédée serait l’objet d’une contestation fondée sur le
faux, l’usage du faux ou tout acte frauduleux.

ARTICLE 13 – FRAITS ET TAXES

Tous frais, impôts et taxes applicables au présent contrat sont à la charge du


Cédant. De même toute modification intervenant dans la fiscalité relative aux
contrats d’affacturage sera répercutée au Cédant.

ARTICLE 14 – JURIDICTION COMPETENTE

Toute litige né de l’interprétation et ou de l’exécution du présent contrat seront de la


seule compétence des tribunaux de commerce du Sénégal

150
FAIT EN DEUX EXEMPLAIRES A DAKAR LE

Jour /Mois / Année.

LE FACTOR................................................................................................

LE CEDANT (1)

(1) Signature autorisée et qualité du signataire et cachet commercial

2. LA LETTRE DE NOTIFICATION AU DEBITEUR

Entête
DESTINATAIRE (client cédé)

Adresse

Dakar, le : ………………….

Messieurs,
Nous avons l’honneur de vous informer que nous avons conclu avec la LE FACTOR
un contrat d’affacturage en date du ……………………. , aux termes duquel cette
société se charge de la tenue de nos comptes clients et de l’encaissement de nos
factures.
En application de cette convention nous vous sollicitons de bien vouloir effectuer le
règlement de nos factures au nom et entre les mains de
LE FACTOR................................................................................................
………………………………............................................................................................
Dakar..................................................................................................................
Compte Banques
N°..………………………………………………..........................................
A qui nous avons transféré par voie de subrogation, la propriété de nos créances et
qui, de ce fait, aura seule qualité pour procéder au recouvrement.
Nous vous remercions de bien vouloir noter que ces instructions ne pourront être
modifiées sans le consentement de LE FACTOR.
Nous vous remercions à l’avance de votre coopération et vous prions d’agréer,
Messieurs, l’expression de nos sentiments distingués

Signature et cachet

151
DOSSIER ETUDE D’AFFACTURAGE

Strictement confidentiel

Et sans engagement de votre part

IDENTIFICATION DE L’ENTREPRISE (ou joindre une copie du RC)

Raison sociale : ………………………………………….……………………………………………………………. ...............................................................

Adresse du siège : ……………………………………….……………………………………………………………. ...............................................................

………………………………….……………………………………………………………………………………… ...................................................................

Code Postal : ………..……….…................................................... Ville : ………………....................……………. Tél : ………………...............................

N° Ninéa : ……………….…....................: ……………….........…...........……. Fax : …………………………...................................................…………...

Forme Juridique : ……….…………………………...........................................……. Date de Création : ……………………………...........................……

Montant du capital : ……….………………...........................……..……. Nom du Dirigeant : ……………......................................…………………...……

Activité : ……….…………………………..……………………………………….…..................................................................………………...………..……

Domiciliation bancaire : ……….………………………………………..…………………….................................................................………………………..

CLIENTELE DE L’ENTREPRISE

COMPOSITION APPROXIMATIVE DE LA CLIENTELE (EN % DU CA DU DERNIER


EXERCICE ANNUEL)

Ets industriels & Sociétés Organismes ne relevant Particuliers


% apparentées que de juridictions
commerciales
(sociétés mères & administratives
filiales)

ACTIVITE DE LA CLIENTELE : ……….…………………………..………………………...…………… CONDITIONS DE PAIEMENT


Conditions de paiement accordées à vos clients : ……….………......................................................................................................

152
CREANCES IRRECOUVRABLES ET/OU DOUTEUSES (ou joindre un relevé comptable de
ces pertes)
Indiquez par exercice le nombre et le montant total des créances impayées et précisez si pour
ces impayés le montant total que vous avez provisionné ou passé en perte.

Par exercice 200… 200… 200… 200…

Total des impayés Nb Nb Nb Nb

Dont : ....... .... ....... ....... ......... ........... ......... ...........


- provisions* ....... .... ....... ....... ......... ........... ......... ...........
- pertes** ....... .... ....... ......... ........... ......... ...........

* Dotations annuelles aux comptes clients.


** Montant des créances perdues registrées dans les compte

153
LISTE NOMINATIVE DES PRINCIPALES DEFAILLANCES (ou joindre un état comptable
des sommes)

Exercice Raison sociale et domicile des Montant de la créance Sommes récupérées


débiteurs ou N° de NINEA irrécouvrable ou douteuse

………....... ……………………………... ………………………... ............................

…...……… ……………………...……… ………………………... ............................

………….. ……………………….…..… ................................... ............................

CHIFFRE D’AFFAIRES

(Réalisé au cours des 2 derniers exercices sur le marché intérieur et éventuellement à l’export)

PAYS A ASSURER Au …./…./200… Au …./…./200… Au …./…./200…


Nombre de mois Nombre de mois Nombre de mois

France H.T.

Export

Préciser les pays concernés par l’export : ………………………………………………………………...……........................................................................………

154
ENCOURS CLIENTS
Par « encours clients » il convient d’entendre le solde débiteur maximum que peut présenter
dans vos livres le compte d’un client, y compris les effets en circulation et/ou escomptés et
non échus.
Nombre total de clients : (facturés en moyenne dans l’année)
France : ……………………………………………….................................................. Export : …………………..………………………….........................………
Répartition approximative de la clientèle par tranche d’encours :

Encours Sup. à de de de de de Moins de TOTAL


clients en 153 000 E 77 000 à 46 000 à 16 000 à 8 000 à 3000 à 3 000 E
euros 153 000 E 77 000 E 46 000 E 16 000 E 8000 E

France

Export

* En nombre

LISTE DES PRINCIPAUX CLIENTS (joindre relevé pour étude gratuite)

Noms Adresse N° NINEA Encours en Mode de


Euros paiement

- Bénéficiez- vous actuellement d’une police assurance crédit ou d’un contrat affacturage ? oui
non
- Si oui, pouvez-vous nous préciser le nom de la compagnie : ……………………………………………………….......................
- Pour une étude d’affacturage, veuillez nous indiquer la taille moyenne de vos factures :
………………………….....................................................................................................................................
DOCUMENTS A JOINDRE : Le bilan et le compte de résultat du dernier exercice
Nom de l’interlocuteur et sa fonction dans la société : ………………………………………………………………...........................
Le proposant soussigné certifie l’authenticité des renseignements ci-dessus qui ne
l’engagent qu’au moment de la signature du contrat.

Lieu et date

Cachet et signature

155
CONSEILS SUR QUELQUES POINTS PARTICULIERS DU CONTRAT
D'AFFACTURAGE A NE PAS NEGLIGER

Dans un contrat d’affacturage il y a plusieurs points à étudier de très près afin de


bien faire correspondre votre besoin de financement et votre contrat d’affacturage.

Le portage des créances :

Dans le cadre d’un contrat d’affacturage la créance commerciale peut être portée par
le factor ou non. C'est-à-dire que la créance peut être conservée par la société
d’affacturage après l’échéance contractuelle de paiement. Le portage de la créance
permet d’éviter qu’elle soit définancée puis débitée de votre compte chez le factor
pour ensuite vous être restituée. Vous devez ensuite regarder la durée du portage
qui peut aller jusqu’à 90 jours après l’échéance chez certaines sociétés
d’affacturage.

Le calcul du taux avant et après échéance :

Selon les sociétés d’affacturage il y a plusieurs manières de calculer le taux de


financement. Le taux peut être précompté ou post compté. Le taux peut également
être majoré après l’échéance contractuelle de paiement. Vous devez veiller à obtenir
un taux postcompté qui permet un calcul du taux réel à payer et à conserver le
même taux avant et après l’échéance contractuelle de paiement.

Les relances et recouvrements clients :

Selon les contrats d’affacturage vous pouvez conserver ou non la relance et le


recouvrement de vos créances clients. Il est possible de financer en confidentiel ou
semi-confidentiel et de vous laisser ainsi la gestion entière du poste clients. C'est-à-
dire de vous laisser la gestion des encaissements clients, les relances et le
recouvrement amiable et contentieux.

La coordination avec le contrat d’assurance crédit :

Vous devez bien veiller à ce que les dispositions du contrat d’affacturage entrent
bien dans le cadre du contrat d’assurance crédit dans le cas d’une intervention en
délégation d’assurance crédit. Par exemple il faut bien être attentif à ce que la durée
du portage de la créance du contrat d’affacturage corresponde bien au délai
maximum de remise du dossier en sinistre, en cas d’impayés, du Contrat
d’assurance crédit.

156
TROISIEME PARTIE

157
Préliminaires

L’examen de la loi n° 2008-47 du 03 Septembre 2008 et du décret 2008-1388


portant réglementation des structures financières décentralisées sur le Sénégal ,
montre que rien ne s’oppose à ce que des Structures Financières Décentralisées qui
le souhaitent puissent réaliser des activités d’affacturage. Il suffit qu’il y ait certaines
modifications voire adaptations du texte juridique pour y arriver. Aussi proposons-
nous ces développements pour arriver à la création de sociétés d’affacturage dans le
micro crédit autrement dit la réalisation de l’activité d’affacturage par certaines
Structures Financières Décentralisées -SFD qui remplissent les conditions.

I. Buts de cette proposition :

- La diversification des produits financiers pour permettre l’accès du plus grand


nombre d’agents économiques : Petites et Moyennes Entreprises PME, Très
Petites Entreprises TPE à des services financiers fournis pour les structures
financières décentralisées en mesure d’offrir des garanties de sécurité des
transactions à leur clientèle.
- Favoriser la modernisation des instruments de paiement aux SFD afin
qu’elles contribuent davantage à l’offre de produits financiers diversifiés aux
Pme et TPE, partant à contribuer au développement économique du Sénégal.

II. Structure et contenu de la proposition d’une création de sociétés


d’affacturage dans le microcrédit :

- Les principales innovations de cette proposition de création de société


d’affacturage dans le micro crédit portent essentiellement sur :
1. l’extension du nombre d’institutions pouvant offrir des produits
d’affacturage aux structures financières décentralisées.
2. l’accès des très petites entreprises et des micros entreprises aux
produits d’affacturage.
3. la saisie d’opportunités qu’offre déjà l’existence de la réglementation
des SFD qui pourrait être adaptée pour les besoins de la réalisation des
activités d’affacturage.
Nous proposons le remplacement de la phrase suivante de la LOI N° 2008-47 du 03
septembre 2008 portant réglementation des Systèmes Financiers Décentralisés au
Sénégal à la partie structure et contenu de la réglementation :
‘’ La présente réglementation régit tous les SFD exerçant leurs activités d‘épargne et
/ ou et de crédit sur le territoire ou elle est promulguée’’

Par :La présente réglementation régit tous les SFD exerçant leurs activités
d‘épargne et / ou et de crédit mais aussi d’affacturage sur le territoire ou elle
est promulguée. Dé même nous proposons que le titre II soit être modifié comme
suit afin de lever une contrainte de la réglementation.

158
De manière concrète, les institutions non constituées sous forme mutualiste
ou coopérative devront également solliciter un agrément. Par ailleurs,
contrairement aux banques et aux établissements financiers, les services
financiers offerts sont limités à la collecte de dépôt, à l’octroi de prêt et aux
engagements par signature, de même qu’aux activités d’affacturage pour les
sdf ayant une grande taille – celles ayant au moins FCFA deux milliards
d’encours de crédit).Dans le but d’étendre la protection des déposants et des
acteurs dans les activités d’affacturage, nous proposons que le titre III dans son
dernier paragraphe soit modifié comme suit :Enfin, il a été prévu des dispositions
relatives à la protection des déposants, et des acteurs dans les activités
d’affacturage notamment l’adhésion des SFD à un système de garantie des
dépôts, particulièrement les SFD spécialisés dans l’opération d’affacturage
adhèrent à un fonds d’impulsion mis en place pour les sociétés d’affacturage
dénommé SADAGA (fonds de suivi, d’Amorçage, de développement,
d’Assistance et de garantie des Acteurs et activités d’affacturage). Cette
prescription vise à favoriser la gestion de crises éventuelles susceptibles
d’affecter le secteur. Dans le souci de l’extension des activités de certaines SFD
aux activités d’affacturage, nous estimons que l’article premier de la loi dans son
alinéa 17 doit être modifié comme suit :

''Services financiers'' : opérations (collecte de dépôts, prêt d'argent,


engagement par signature, affacturage –gestion, financement, garantie et
recouvrement-) réalisées par les systèmes financiers décentralisés dans le
cadre de l'agrément délivré par le Ministre ;

III. Champs d’application de la société d’affacturage dans le micro


crédit :
L’Article 4 (chapitre 2) relative aux opérations que peuvent réaliser les systèmes
financiers décentralisés ne prévoit pas les activités d’affacturage et se limite à trois
alinéas. Aussi nous proposons le quatrième alinéa suivi

4°) les opérations d’affacturage

Est considérée comme opération d’affacturage tout acte par lequel un système
financier décentralisé procède à l’achat des créances assorti d'un terme, avec
paiement par anticipation. Dans ce transfert de créances de leur titulaire
(l'adhérent) à un système financier décentralisé (factor), ce dernier se charge
concomitamment d'en opérer le recouvrement, d'en garantir la bonne fin,
même en cas de défaillance momentanée ou permanente du débiteur, de
régler, par anticipation, tout ou partie du montant des créances transférées ».
L’affacturage constitue donc une opération composite portant sur la gestion
du poste-client, son financement, la garantie et le recouvrement de créances
clients.

159
S’agissant de l’Article 6 qui classe les systèmes financiers décentralisés en deux
catégories, selon la nature des opérations qu'ils sont autorisés à effectuer :

• les institutions qui collectent des dépôts et accordent des prêts à leurs
membres ou aux tiers ;
• les institutions qui accordent des prêts, sans exercer l'activité de collecte des
dépôts ;
Nous proposons que ce nombre de catégories soit porté à trois avec la troisième
catégorie suivante :
• les institutions qui achètent des créances et assurent la gestion du poste
clients de leurs adhérents ainsi que le financement, la garantie et le
recouvrement de leurs créances. Par ailleurs, nous considérons que les deux
derniers paragraphes suivants de l’article 6 – comportent des contraintes :
‘’Les systèmes financiers décentralisés d'une catégorie ne peuvent exercer les
activités d'une autre catégorie sans l'autorisation préalable du Ministre, accordée
comme en matière d'agrément. Les systèmes financiers décentralisés qui envisagent
d'exercer des activités ou professions régies par des dispositions spécifiques doivent
solliciter les autorisations requises et se soumettre aux réglementations applicables
aux opérations envisagées, sous réserve des dispositions contraires de la présente
loi’’.

Aussi, nous proposons que les systèmes financiers décentralisés qui ont une
grande taille – FCFA Deux milliards d’encours moyens doivent pouvoir exercer
cumulativement toutes les activités déterminées à l’article 4, par l’effet d’une
seule et unique autorisation extensible aux activités d’affacturage.). Il serait
nécessaire de faire une requête à la BCEAO pour qu’une directive soit prise
dans le sens d’une seule et unique autorisation extensible aux activités
d’affacturage.) En outre, nous proposons que les systèmes financiers
décentralisés qui envisagent d'exercer des activités d’affacturage puissent
aussi le faire en créant des sociétés de services financiers avec des
partenaires en vue d’atteindre les objectifs de leurs membres conformément
aux dispositions de l’article 36.

Nous proposons que l’Article 24 soit structuré autours de deux points suivants
1°) L'Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés et ses
objectifs poursuivis qui sont les suivants :
• assurer la promotion et la défense des intérêts collectifs de ses membres ;
• favoriser la coopération entre ses membres ;
• assurer la formation de ses membres ;
• organiser et assurer la gestion de services d'intérêt commun en faveur de
ses membres ;
• informer le public sur ses activités ou les initiatives prises ou entreprises
dans le cadre de sa mission.

160
Les statuts de l'Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés
sont soumis à l'approbation du Ministre, après avis de la Banque Centrale.
2°) Le fonds d’impulsion, de Suivi, d’Amorçage, de Développement
d’Assistance (Assurance) et de Garantie des Activités et Acteurs d’affacturage
et ses multiples fonctions :
 Impulser, voire relancer l’activité d’affacturage dans le pays grâce à des
actions de sensibilisation, de communication et d’information au niveau
de tous les acteurs.
 Amorcer et développer l’activité d’affacturage grâce à la mise en place
d’infrastructures, et de dispositifs juridiques
 Organiser des séances de formation de renforcement de capacités des
acteurs
 Mettre en place un mécanisme d’assurance crédit
Forme juridique des sociétés d’affacturage dans le micro crédit.
- Elles peuvent être soit des mutuelles d’épargne de crédit et d’affacturage –
MECA ou des coopératives d’épargne de crédit et d’affacturage CECA ou de
sociétés d’épargne de crédit et d’affacturage SECA.
- Les SFD qui ont un agrément unique ou autorisation d’exercer doivent
pouvoir faire des activités d’affacturage sous réserve de demander une
extension de leurs activités classifiées (épargne, dépôt, crédit) aux activités
d’affacturage.

Dispositions relatives à l’agrément :


L’agrément est prononcé par le ministre de l’économie et des finances après avis
conforme de la BCEAO. Au lieu d’un délai d’instruction des dossiers d’autorisation
d’exercice de six (06) mois, nous suggérons que ce délai soit de trois mois car les
SFD qui vont demander de pratiquer l’affacturage sont déjà bénéficiaires de
l’agrément de la BCEAO donc elles vont demander la spécialisation dans les
activités d’affacturage.
► L’autorité de tutelle des CECA comme des MECA, et des SECA est
Ministère le l’Economie et des Finances.
► Dispositif de surveillance des MECA, des CECA et des SECA. En matière
de surveillance le dispositif de contrôle interne des SFD par la
détermination des rôles et responsabilités des dirigeants et l’identification
des diligences voire des obligations à accomplir par les organes de
l’institution seront de rigueur. (voir instruction de la BCEAO et les modalités
d’organisation du contrôle interne des SFD)

Comme les SFD qui auront atteint une certaine taille, voire un certain seuil
d’activités, (encours de crédit de FCFA Deux Milliards), la BCEAO et la Commission
Bancaire exerceront une surveillance sur les MECA, les CECA et les SECA de
grande taille.

161
- La mise sous administration provisoire, redressement sur la liquidation des
CECA ou des MECA et des SECA peut être décidée par la BCEAO ou la
commission bancaire tandis que l’Administrateur provisoire ou le liquidateur
sera prononcée par le Ministre Chargé des finances.
- Nous recommandons dans un souci de protection des clients adhérents que
toutes les MECA, les SECA et les CECA adhèrent au fonds d’impulsion
SADAGA (fonds de suivi, d’Amorçage, de développement, d’Assistance et de
garantie des Acteurs et activités d’affacturage. Cette recommandation vise à
favoriser l’impulsion de l’affacturage, la gestion des crises des sociétés
d’affacturage, etc.
► Infractions et sanctions applicables aux CECA, MECA et SECA :
Un pouvoir de sanctions (disciplinaire et pécuniaire) est conféré à la BCEAO et à la
Commission Bancaire comme dans le cadre des SFD d’une certaine taille financière.

Chapitre 8 Protection des déposants :


L’Article 69 qui stipulent que les systèmes financiers décentralisés agréés dans
l'UMOA adhèrent à un système de garantie des dépôts doit être à notre avis
complété par la phrase qui suit :
Pour chaque pays de l’UMOA, le système de garantie des dépôts pourra jouer
pour les systèmes financiers décentralisés spécialisés dans les opérations
d’affacturage un rôle de fonds d’impulsion, de suivi d’Amorçage, de
développement, d’Assistance et de garantie des Acteurs et activités
d’affacturage.
L’Article 76 dans son second paragraphe nous parait être une contrainte surtout pour
les SFD de grande taille et qui ont une certaine expérience : En conséquence nous
proposons le rajout suivant dans ce paragraphe :Dans le cas où un système
financier décentralisé d’une grande taille – FCFA Deux Milliards d’encours et
expérience professionnelle d’au moins cinq ans, voudrait exercer une autre
catégorie d’activité différente de celle pour laquelle il a obtenu l’agrément, une
simple notification écrite au Ministre devrait suffire en lieu et place de
l’autorisation préalable).

Les deux articles suivants 85 et 86 doivent tenir compte dorénavant des


activités d’affacturage et doivent en conséquent être libellés comme suit :
Article 85 : Les institutions mutualistes ou coopératives d'épargne, de crédit, et
d’affacturage sont régies par les principes de la mutualité ou de la coopération.
Elles sont tenues de respecter les règles d'action mutualiste ou coopérative. Les
institutions mutualistes ou coopératives d'épargne, de crédit et d’affacturage sont
également tenues au respect des règles suivantes :
• la limitation de la rémunération des parts sociales ;
• la norme de capitalisation fixée par instruction de la Banque Centrale ;
• et la constitution obligatoire d'une réserve générale, dont les modalités de
prélèvement sont fixées par instruction de la Banque Centrale. Les sommes
mises en réserve générale ne peuvent être partagées entre les membres

162
Article 86 : Nul ne peut se prévaloir dans sa dénomination sociale ou sa raison
sociale de l'une ou l'autre des appellations suivantes ou d'une combinaison de celles-
ci : "coopérative d'épargne, de crédit et d’affacturage" ou "mutuelle d'épargne, de
crédit et d’affacturage" ou, dans le cas d'une union, d'une fédération ou d'une
confédération, selon le cas, "union", "fédération" ou "confédération" de telles
"coopératives" ou "mutuelles", ni les utiliser pour ses activités, ni créer l'apparence
d'une telle qualité, sans avoir été préalablement agréé conformément aux
dispositions des articles 7 et 111. Quiconque contrevient à l'une des dispositions du
premier alinéa du présent article est passible des sanctions prévues à l'article 76 de
la présente loi.
Le Chapitre 3 relatif à : Affiliation, désaffiliation, fusion, scission, dissolution et
liquidation doit être complété au dernier paragraphe de son Article 101 par:
Pour les systèmes financiers décentralisés qui font l’affacturage, le solde sera
versé au fonds d’impulsion SADAGA.
Nous recommandons que le Chapitre 6 : Incitations fiscales soit modifié dans
son article 118 et complété par un article 118 bis.
Article 118 : Les institutions mutualistes ou coopératives d'épargne de crédit, et
d’affacturage sont exonérées de tout impôt direct ou indirect, taxe ou droit afférents
à leurs opérations de collecte de l'épargne et de distribution du crédit.
Article 118 bis : les institutions mutualistes ou coopératives spécialisées dans
l’activité d’affacturage bénéficient d’un gel fiscal sur trois ans de tout impôt
direct ou indirect pour tout investissement mobilier et/ou immobilier portant
sur la mise en place de cette dite activité.
Les Articles 123 et 124 doivent être modifiés comme suit :

Article 123 : Les fonds propres des systèmes financiers décentralisés non
constitués sous forme coopérative ou mutualiste d'épargne, de crédit et
d’affacturage ayant leur siège social en ( ) 7 doivent respecter la norme de
capitalisation fixée par instruction de la Banque Centrale.

Article 124 : Les systèmes financiers décentralisés non constitués sous forme
coopérative ou mutualiste d'épargne, de crédit et d’affacturage sont tenus de
constituer une réserve générale, dont les modalités de prélèvement sont fixées par
instruction de la Banque Centrale.

L’Article 129 doit être complété dans son dernier paragraphe comme suit :

• la Banque Centrale ou la Commission Bancaire, une fois saisie, informe sans


délai, s'il y a lieu, l'organisme chargé de la gestion du système de garantie des
dépôts, le fonds de Suivi d’Amorçage Développement d’Assurance et de
Garantie des Acteurs et Activités d’affacturage s’il s’agit un système financier
décentralisé spécialisé dans l’affacturage et le Ministre.

S’agissant de l’Article 135 il convient de tenir compte du fond SADAGA ainsi l’article
se présenterait comme suit :

163
En cas d'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des
biens, sont dispensés de la déclaration prévue aux articles 78 à 80 de l'Acte
Uniforme de l'OHADA portant organisation des procédures collectives d'apurement
du passif, l'organisme chargé de la gestion du système de garantie des dépôts, le
fonds de Suivi d’Amorçage Développement d’Assurance et de Garantie des
Acteurs et Activités d’affacturage et les déposants pour leurs créances entrant
pour tout ou partie dans le champ d'intervention de cet organisme. L’organisme
chargé de la gestion du système de garantie des dépôts informe les déposants du
montant des créances exclues de son champ d'intervention et précise les modalités
de déclaration desdites créances auprès du syndic.

164
QUATRIEME PARTIE

CHAPITRE I

165
PROPOSITIONS ET RECOMMANDATIONS FAVORABLES A L’EMERGENCE ET

AU DEVELOPEMENT DES SOCIETES ET ACTIVITES D’AFFACTURAGE

1 RECOMMANDATIONS RELATIVES AUFINANCEMENT

Le rôle assumé par les factors implique que ceux-ci aient une assise financière très
large et très sûre. Nous recommandons que les banques et les sociétés d’assurance
voire les investisseurs institutionnels participent au capital des sociétés d’affacturage.
De ce fait, le problème des capitaux propres peut se trouver relativement résolu, car
dans le passé les sociétés de factoring au Sénégal se retrouvaient dans les cas tels
que leurs capitaux étaient rarement suffisants pour couvrir la totalité des opérations
de factoring traitées. En outre, il convient d’obliger les factors d’avoir des
engagements bancaires sous forme de lignes de refinancement au moins égal à
deux voire trois fois leur capital social en vue d’assurer une bonne couverture de
leurs besoins de financement. Aussi le problème de financement des factors est-il
posé, et de la solution plus ou moins heureuse de ce problème dépend, pour une
bonne part, le développement du factoring, du moins du fait des factors. Quoi qu’il en
soit, et indépendamment d’un financement des factors par les banques, ceux-là sont
contraints de se financer auprès de celles-ci.

Nous recommandons que pour augmenter leurs fonds de refinancement, les sociétés
d’affacturage ou factors puissent faire appel au marché monétaire. Les factors
pourront avoir recours aux banques sous la forme d’un découvert pur et simple.
L’escompte commercial restera toutefois la voix préférentielle du financement des
factors, soit qu’il s’agisse d’escompter les effets mobilisables déjà en portefeuille et
tirés par les vendeurs sur leurs acheteurs, soit encore qu’il s’agisse d’escompter des
effets créés par le factor lui- même sur les débiteurs. Cette dernière éventualité
résulte du fait que le factor est devenu titulaire de la créance et que cette façon de
faire a été dûment prévue dans le contrat conclu entre lui et le vendeur.

2 REGLEMENTATION DE LA RETENUE DE GARANTIE

Retenue de garantie : le contrat d’affacturage prévoit une retenue de garantie


constituée et appelée au fur et à mesure des opérations d’affacturage. Nous pensons
qu’il est judicieux de procéder à une réglementation de cette retenue de garantie en
fonction de la crédibilité de l’adhérent et de la solvabilité de ses clients. Nous
recommandons une variation de la retenue de garantie entre 10 et 20% sur le
montant de la créance cédée pour les banques et établissements financiers
spécialisés dans l’affacturage, et une variation de la retenue de garantie entre 20 et
25% sur le montant de la créance cédée pour les Structures Financières
Décentralisées qui font de l’affacturage.

166
3. LEVIERS DE PROMOTION ET DE DEVELOPPEMENT DE L’AFFACTURAGE
AU SENEGAL

a. REDUIRE LES DELAIS DE PAIEMENT PAR L’ADOPTION DE DELAIS


CONVENTIONNELS PAR SECTEUR D’ACTIVITE ET POUR L’ETAT ET
SES DEMEMBREMENTS

Dans le souci d’uniformiser les délais de paiement dans tous les secteurs de
l’économie et en vue de protéger les petites et moyennes entreprises des diktats des
grandes qui leur imposent des délais insupportables, nous proposons de fixer en
accord avec les acteurs des secteurs de l’économie sénégalaise, des délais
plafonnés par secteur.
A titre indicatif nous proposons les délais conventionnels suivants :.
 Délai de crédit conventionnel par secteur d’activités
 Secteur Agriculture (exemple 90 jours)
 Secteur Industrie (exemple 60 jours)
 Secteur Commerce (exemple 45 jours)
 Secteur Services (exemple 30 jours)
 Délai de crédit conventionnel accordé à l’Etat et aux Sociétés Nationales
(maximum 60 jours)

b. FAVORISER UNE PERIODE DE GEL FISCAL SUR LES


INVESTISSEMENTS LIES A L’AFFACTURAGE

Dans le souci d’inciter les acteurs économiques à créer des sociétés d’affacturage, et
les banques à ouvrir des départements d’affacturage, nous proposons de créer une
période de gel fiscal expérimental sur cinq ans sur l’ensemble des investissements
liés à l’activité d’affacturage en vue de promouvoir l’investissement et le
développement de l’affacturage.

c. INCITER A LA CREATION DE SOCIETES D’AFFACTURAGE DANS LE


MICROCREDIT ET L’AGREMENT DES STRUCTURES FINANCIERES
DECENTRALISEES A FAIRE DE L’AFFACTURAGE

Il convient d’agréer les systèmes financiers décentralisés qui ont une certaine taille
(niveau d’encours de crédit de FCFA Deux Milliards et expérience professionnelle
d’au moins de cinq ans) pour l’exerce des activités d’affacturage. Ceci se fera en
tenant compte de la loi et du décret portant organisation des structures financières
décentralisées…

167
d. INSTITUER LA FACTURE AVEC RECOURS CAMBIAIRE EXECUTOIRE

La Facture Avec Recours Cambiaire Exécutoire est un écrit, comportant certaines


mentions, par lequel une personne morale, s’engage à payer à une date déterminée,
une certaine somme d’argent, à une autre personne physique et/ou morale ou à
l’ordre de celle-ci ou de son représentant. Elle n’est utilisée que dans des opérations
commerciales ou à caractère commerciale (ventes ou prestations de services)
payables à crédit. La Facture avec Recours Cambiaire a un caractère F A A R c'est-
à-dire :
Formaliste parce que sa validité dépend du seul respect des formes
Abstraite parce qu’elle est détachée de sa cause. La seule apposition de sa
signature fait du signataire un débiteur. Celui qui appose sa signature sur cette
facture est obligé dans ses rapports, dans ses droits et obligations cambiaires ;
Autonome parce que la nullité de l’engagement d’un signataire n’engage pas la
nullité de celui des autres ;
Rapide parce que lorsque le débiteur ne peut pas payer, sa défaillance est constatée
par le créancier (bénéficiaire) par tout moyen à l’instar de la preuve entre
commerçant. Il faut noter qu’avec la Facture avec Recours Cambiaire , le débiteur
s’interdit de bénéficier d’un délai de grâce, encore moins solliciter un référé sur
difficulté.

LA PLACE DE LA FACTURE.AVEC.RECOURS.CAMBIAIRE.EXECUTOIRE.
DANS LA CATEGORIE DES TITRES DE CREANCES NEGOCIABLES

Cette facture pourrait bénéficier de l’ensemble des droits et prérogatives attachés


aux effets de commerce. La facture avec recours cambiaire exécutoire comme les
titres de créances négociables, est un écrit qui comporte certaines indications
constatant des droits au profit des personnes et transmis selon des procédés
simplifiés (de gré à gré, sur simple endossement).
C’est un titre comportant certain indications
Les titres font penser nécessairement à un écrit. La loi pourrait exiger que les
mentions obligatoires figurant sur la facture combinent celles indispensables aux
factures commerciales et aux effets de commerces. Le non-respect de ce formalisme
entraîne la nullité absolue de la facture avec recours cambiaire exécutoire.
C’est un titre transmissible selon des procédés simplifiés
Pour mieux comprendre cela, il faut faire un parallèle avec la cession de créances.
Lorsque par exemple une personne veut céder sa créance à une autre, il lui faut
rédiger un écrit et cet écrit doit être signifié au débiteur par voie d’huissier. Par
contre, pour les titres négociables, il n’est pas nécessaire de concourir aux règles de
la cession de créance.

168
Pour simplifier la transmission de la facture, les modes suivants sont requis :
- La tradition, c’est à dire la remise en main du titre ;
- L’endossement qui consiste à signer au dos du titre et à le remettre à une
autre personne dénommée endossataire ;
La facture avec recours cambiaire exécutoire constate un droit au profit d’une
personne physique et/ou morale
Le titre ne se borne pas à constater un droit, mais l’on fait comme si ce droit était
incorporé dans le titre de telle sorte que celui qui le détient est considéré comme le
titulaire du droit. Cependant, ce droit qui est incorporé dans la facture ne peut être
qu’un droit de créance à court terme sur une personne morale.

PARTICULARITES DE LA FACTURE. AVEC RECOURS


CAMBIAIRE.EXECUTOIRE.

La facture, plus qu’une facture classique, est une innovation majeure dans notre droit
car permettant de bénéficier de l’ensemble des avantages liés aux effets de
commerces (recours cambiaires - inopposabilité des exceptions, solidarités des
signataires etc…) sans en être victime de ses pesanteurs (délivrance permise que
dans des opérations commerciales, protêt en cas d’impayé…). Cette facture est
d’abord un instrument qui a non seulement un substrat commercial (facture) mais
aussi financier en ce qu’elle est un instrument de mobilisation de créances voire de
financement. La facture avec recours cambiaire exécutoire a la valeur d’un effet de
commerce avalisé. Le débiteur s’engage à n’élever aucune contestation vis-à-vis de
son créancier encore moins à lui faire porter le risque de dispute commerciale.
La facture avec recours cambiaire exécutoire n’est fondée que sur un rapport
bilatéral. Il n’y a que 2 personnes morales : c’est à dire une personne morale A qui
s’engage à payer une somme d’argent à une personne morale B ou à son ordre, à
une échéance certaine

e. FAVORISER LES TRANSFERTS DE CREANCES

L’économie sénégalaise est marquée par les ventes et prestations à crédit. Or le


Sénégal manque d'entreprises de garantie et d’assurance crédit. Dans ce contexte,
nous proposons de faciliter la cession plus facile des créances, en abaissant les
droits de mutation à titre onéreux lorsque la valeur de la créance est supérieure à un
plafond de 50.000.000 FCFA ou en établissant un seuil de 5.000.000 FCFA à partir
duquel la taxation commence à s’appliquer

f. DEVELOPPER L’ACCES AU TRES HAUT DEBIT ET AUX NOUVELLES


TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION

Démocratiser l'accès au très haut débit en facilitant le raccordement des entreprises


tout en préservant l'exercice d'une concurrence saine et durable. L'intérêt du très
haut débit, c'est une plus grande vitesse de communication pour développer des
services de communication tels que le e-factoring, la visioconférence, le télétravail,
etc. Ceci permettra de bien amorcer les activités d’affacturage au Sénégal.
169
g. ENCOURAGER L’INSTALLATATION DE SOCIETES D’AFFACTURAGE
INTERNATIONALES AU SENEGAL

La venue au Sénégal d’Investisseurs étrangers constitue un plus pour le dynamisme


économique. Il convient d’introduire une incitation fiscale à la venue des sociétés
d’affacturage internationales au Sénégal (voire recommandations sur la fiscalité) de
même qu’il sied de toujours améliorer l’environnement des affaires sénégalais pour
donner l’appétit aux deux plus grands réseaux mondiaux d’affacturage (International
Factoring Group et Factors Chain International pour ouvrir des succursales au
Sénégal.

h. FAVORISER LE DEVELOPPEMENT DE LA PLACE FINANCIERE


SENEGALAISE

La création d’un droit financier domestique voire communautaire moderne, couplé


avec un environnement juridique et des affaires attractives serait un levier important
pour développer la place financière sénégalaise et partant les sociétés
d’affacturage. Les réformes de modernisation et d'attractivité de la place financière
sénégalaise devraient donc porter sur la création d’un système d’informations et de
management des entreprises, et d’un système d’amélioration et de gestion des
risques des sociétés d’affacturage. Ces réformes appuieront aussi des domaines
comme la cotation des entreprises, le droit des titres, les rachats de créances ou
encore l'élaboration des normes comptables.

i. CREER UNE CENTRALE DES RISQUES INCIDENTS ET


MALVERSATIONS EN MATIERE D’AFFACTURAGE A PARTIR DE LA
CENTRALE DES RISQUES EXISTANTS ET EN RELATION AVEC LA
BCEAO

La centrale des risques, incidents et malversations pourra être directement gérée


par la Banque Centrale en relation avec tous les acteurs de l’affacturage. Il sera fixé
les modalités d'échange des données par télétransmission entre la BCEAO et les
établissements d’affacturage. De même, des textes juridiques et réglementaires
fixeront les conditions et modalités d'accès aux informations détenues par le service
de centralisation des risques

j. CREER UN CADRE JURIDIQUE POUR PROTEGER LA CLIENTELE

Créer un cadre juridique qui garantisse à la clientèle un fonds collectif des retenus de
garantie réalisées par les sociétés d’affacturage dans leurs opérations. Le fonds
SADAGA pourrait jouer entre autres ce rôle de fonds collectif de retenus de garantie.

170
Il serait utile de déterminer un taux maximum des intérêts conventionnels des
établissements d’affacturage. Obliger juridiquement des modalités selon lesquelles
les établissements d’affacturage doivent porter à la connaissance du public les
conditions qu'ils appliquent à leurs opérations.
En vue de mieux protéger la vie privée des affaires des personnes, un dispositif sera
aménagé pour la protection de celles-ci à l'égard du traitement des données à
caractère personnel.

k. INSTITUTION DE CREANCES MOBILISABLES SUR L’ETAT (CME)

Les Créances Mobilisables sur l’Etat est un document qui permet aux personnes
physiques et/ou morales de mobiliser leurs créances à court terme sur l’Etat. Elles
permettent de disposer immédiatement du montant des créances que vous détenez
sur l’Etat, en attendant l’encaissement effectif du produit des ventes ou prestations
de services réalisées. Ainsi, une personne physique et/ou morale qui aura besoin de
capitaux utilise ces créances mobilisables sur l’Etat auprès d’une société
d’affacturage qui se chargera du financement et du recouvrement de créances. Ce
document doit être délivré par l’Etat après la réalisation des opérations de ventes ou
de prestations de services et dès que la personne physique et/ou morale créancière
en fait la demande. Les CME permettent de pallier les inconvénients de la lenteur
administrative sur les marchés avec l’Etat et de liquéfier les créances sur l’Etat très
rapidement. Ceci permettra à l’Etat de mieux acheter car les délais de règlement
seront écourtés et les retards de paiement atténués et de meilleures conditions
d’achats auprès de ses fournisseurs obtenues. En outre, ce document permet de
regrouper les créances sur l’Etat toute échéance confondue par un effet de
mobilisation même électronique. En effet, regrouper les créances sur un même
document permettrait au créancier d’alléger le travail des sociétés d’affacturage
quant à l’exhaustivité de documents à étudier et de lever des sommes importantes.

l. INSTITUTION DE CREANCES IMMEDIATEMENT MOBILISABLES (CIM)

le rôle des créances immédiatement mobilisables

Ce dispositif permet à la Banque Centrale d’assurer le refinancement des sociétés


d’affacturage en admettant les Créances Immédiatement Mobilisables (CIM), à coté
des supports de garantie tels que les titres d’État (bons du Trésor et obligations), les
titres de créances négociables émis par les entreprises bénéficiant de la meilleure
cotation de la Banque Centrale. Ces créances immédiatement mobilisables sont
représentatives de crédits consentis à l’Etat et à ces mêmes entreprises. La
possibilité de mobiliser cette catégorie de refinancement est importante pour les
sociétés d’affacturage puisque les créances immédiatement mobilisables
constitueront une possibilité nouvelle, rapide moins onéreuse pour les
établissements financiers à caractère bancaire spécialisé dans l’affacturage.

171
En effet le coût de ce refinancement sera d’un taux privilégié par rapport au taux de
refinancement en vigueur. Exemple taux de pension pour les signatures A moins 2
points pour supporter le secteur d’affacturage.

Champ d’application des créances immédiatement mobilisables

. Les débiteurs éligibles

Les sociétés d’affacturage susceptibles d'avoir recours aux créances immédiatement


mobilisables sont les établissements qui disposent d’un portefeuille de créances
détenues sur leurs débiteurs qui peuvent être des entités publiques et/ou privées.
Toutes ces signatures seront considérées comme des signatures de rang A. En
outre il faut noter que les créances détenues sur les débiteurs domestiques comme
sur les débiteurs étrangers sont éligibles
. Les modalités d’éligibilité des Créances Immédiatement Mobilisables au
refinancement Banque Centrale
Il serait souhaitable que les créances admises au refinancement auprès de l’institut
d’Emission soient privilégiées.

172
CHAPITRE II

PROPOSITIONS ET RECOMMANDATIONS D’UN CADRE FISCAL

On peut distinguer trois hypothèses :

- 1ère hypothèse :

Réaménager le cadre fiscal en place. Malgré l’inexistence d’un régime fiscal


spécifique à l’activité d’affacturage dans le code général des impôts, il serait
possible, comme nous l’avions démontré, de trouver un cadre fiscal si on décompose
l’opération d’affacturage. Le but que vise cette proposition est de réaménager la
fiscalité applicable à l’affacturage. Ainsi :
 Concernant les règles relatives au droit d’enregistrement des cessions à titre
onéreux de créances : il sera instauré un droit fixe (timbre de FCFA 2 000 par
page) sur le contrat d’affacturage et la quittance subrogatoire au lieu de 1% du
montant à transférer;
 Pour ce qui est de la taxe sur les opérations bancaires (TOB=17%) qui
sanctionne la commission de financement et la taxe sur la valeur ajoutée
(TVA) qui est grevée sur la commission d’affacturage ou commission de
gestion :
 nous recommandons l’aménagement d’un taux réduit à 10%.
L’administration fiscale pourrait même convenir, en raison de leur nature
particulière, que l’intégralité des rémunérations reçues au titre
d’opérations d’affacturage constituée des commissions de gestion soit
passible de la TVA. Il y va d’une certaine transparence des tarifs pour les
entreprises adhérentes, en droit, elles-mêmes, de récupérer cette TVA, et
ce, à la différence d’autres impositions non récupérables, telle que la
TOB. En outre, sur la TVA collectée, les factors peuvent eux-mêmes
imputer, selon les règles habituelles, la TVA qu’ils payent sur leurs
achats. Une telle option est en adéquation avec la doctrine
commercialiste selon laquelle la globalité du service de l’affacturage,
achat ferme par voie de subrogation de créances commerciales, justifie,
selon la théorie de l’accessoire, l’application, à la rémunération d’un
paiement anticipé, du régime fiscal assure le risque d’impayé, sa
rémunération globale correspond à la différence entre la valeur à
l’échéance et la valeur actuelle de la créance. Il demeure que cette
divergence, susceptible d’évolution, ne fait que souligner la spécificité
intrinsèque de l’affacturage, acte économique global à considérer en tant
que tel, ou technique composite à analyser selon ses différentes
fonctions.

173
 Quant au sort réservé à la TVA des créances impayées par le débiteur : toute
entreprise acquittant la TVA sur les débits peut, une fois réunies les conditions
de l’insolvabilité démontrée de son client, récupérer à la charge de
l’administration fiscale la TVA de ses factures impayées. Mais avec l’intervention
d’un factor, cette règle peut rencontrer quelques difficultés dans son application.
En France, on considère que, l’adhérent ayant encaissé du factor le montant
TTC de sa facture payée contre subrogation ne pouvait prétendre à cette
récupération, mais le factor non plus, sous prétexte qu’il n’était pas le redevable
légal de l’impôt et que la subrogation dont il bénéficiait se situait dans le cadre
d’un contrat non opposable à l’administration fiscale. Ainsi, au regard du droit
fiscal français, la subrogation emporte donc novation, alors que, selon la
meilleure doctrine, la subrogation dans les droits et actions de l’adhérent aurait
dû conserver au factor des droits identiques à ceux de son adhérent. Cette
situation peut d’autant être amenée à évoluer au Sénégal, compte tenu de ce
que la pratique doit être différente dans notre pays. L’administration fiscale
sénégalaise pourrait admettre que l’adhérent, dûment informé par le factor du
caractère irrécouvrable de la créance, pourra effectuer la récupération de la taxe
précédemment acquittée au Trésor. Il suffira donc que la convention

 d’affacturage entre l’adhérent et le factor organise au profit de celui-ci le


reversement de la TVA ainsi récupérée pour que la garantie donnée par le factor
puisse, sans inconvénients pour l’adhérent, se limiter au montant hors taxes de
la créance. Cette récupération de la TVA des impayés par l’entremise de
l’adhérent, redevable initial et légal de la taxe, reste dans la logique de
l’interprétation rappelée dans ce même paragraphe, tout en répondant à l’attente
des professionnels puisqu’elle corrige une discrimination économiquement peu
justifiée.

 En ce qui concerne l’Impôt sur les sociétés, pour éviter la double imposition
des dividendes (au niveau de l'impôt sur les sociétés et sur les revenus de
l'investisseur) nos recommandations sont les suivantes :

 l’État du Sénégal peut créer pour les sociétés d’affacturage un mécanisme


compensateur appelé avoir fiscal, qui revient à neutraliser au niveau de
l'investisseur l'effet de l'impôt sur les sociétés. Ainsi, lorsque la société
d’affacturage perçoit un bénéfice, il est frappé par l'impôt sur les sociétés,
celle-ci peut décider de distribuer les sommes qui restent, d’où imposition
au titre de l'impôt sur le revenu. Les bénéfices vont donc subir, en
cascade, deux (2) impositions : source de discrimination. D’où la nécessité
d’instaurer le système de l’avoir fiscal pour les sociétés d’affacturage afin
d’accompagner leurs activités, mieux les protéger contre le retrait
d’agrément et propulser l’environnement économique et financière.

174
L'avoir fiscal peut représenter 50% des sommes distribuées.
Ou encore instituer un abattement de 40% sur le montant des dividendes
pris en compte dans les revenus imposables.
D’une manière générale, le volume global de l’impôt sur les sociétés qui
frappe les bénéfices des sociétés d’affacturage devrait être réinvesti dans
l’activité d’affacturage ou être versé dans le fonds S.A.D.A.G.A. (suivi,
amorçage, développement, assistance, garantie des activités et acteurs
d’affacturage) ;

 Pour la retenue sur les créances, dépôts et cautionnement qui


constitue un impôt direct grevant les intérêts, arrérages et autres produits
du compte de dépôt de garantie et du compte courant ouverts chez le
factor, nous pensons qu’il serait plus judicieux de le supprimer puisse que
ce dernier agit en qualité de gestionnaire et que la TVA qui frappe la
commission d’affacturage ou commission de gestion est assez
caractéristique de sa soumission à l’impôt. Ceci juste pour éviter la double
imposition.

2ème hypothèse :

Créer un nouveau régime fiscal dénommé TA.P.I = Taux d’Affacturage


Préférentielle d’Imposition. La proposition d’un cadre fiscal de l’activité
d’affacturage passe d’abord par un assouplissement de la multiplicité d’impositions
de l’opération, en envisageant un package fiscal de l’affacturage : c'est-à-dire un
TA.P.I = Taux d’Affacturage Préférentielle d’Imposition. (Exemple du taux TAPI égal
à 5%).
Ce taux allégé englobe le droit d’enregistrement de 1% qui frappe le transfert de
créance, la taxe sur les opérations bancaires de 17% qui s’impose à la commission
de financement, la taxe sur la valeur ajoutée de 18% dont est soumise la
commission d’affacturage et enfin la retenue sur les créances, dépôts et
cautionnements de 8% pour les intérêts, arrérages et autres produits du compte de
dépôt de garantie et du compte courant ouverts chez le factor ;

3ème hypothèse :

Instituer un régime fiscal optionnel pour l’affacturage. Nous proposons la


combinaison des deux premières hypothèses recommandées (voir supra) avec une
possibilité pour la société d’affacturage de choisir l’une ou l’autre, mais cette option
doit être irrévocable.

175
CHAPITRE III

PROPOSITIONS ET RECOMMANDATIONS POUR LA RELANCE ET LA


REDYNAMISATION DE L’ACTIVITE D’AFFACTURAGE

1 Recommandations relatives à la mise en place d’un Fonds d’impulsion


de l’affacturage dénommé : SADAGA

Fonds d’impulsion, de Suivi, d’Amorçage, de Développement d’Assistance


(Assurance) et de Garantie des Activités et Acteurs d’affacturage. Ce fonds a de
multiples fonctions :
 Impulser, voire relancer l’activité d’affacturage dans le pays grâce à des
actions de sensibilisation, de communication et d’information au niveau de
tous les acteurs.
 Amorcer et développer l’activité d’affacturage grâce à la mise en place
d’infrastructures, et de dispositifs juridiques
 Organiser des séances de formation de renforcement de capacités des
acteurs
 Mettre en place un mécanisme d’assurance crédit
 Etc.…

2. Recommandations relatives aux Objectifs du factors

Les objectifs des factors il s’agit ici d’objectifs les plus élevés que l’on pourrait aussi
bien qualifier de finalités ne différent pas de ceux de toute autre entreprise
industrielle ou commerciale. Il s’agit donc ici comme d’ailleurs et sinon d’avantage en
raison du caractère financier de la profession de maximiser le profit à court terme
comme à long terme. Et tout ce qui peut concourir à cette maximisation du profit sera
normalement utilisé par les factors. Comme toute entreprise, ou plutôt comme tout
entrepreneur, le factor prend des risques. Aussi aura-t-il la préoccupation de limiter
et de mesurer ses risques et de mettre en œuvre les moyens correspondant à cette
préoccupation.

Nombre de risques encourus peuvent être qualifiés de techniques, c’est-à-dire


susceptibles d’être éliminés ou maîtrisés par une meilleure connaissance du
problème. Tel sont, par exemple, les risques tenant à la qualité des acheteurs
(sélection des créances), à la qualité des vendeurs (sélection des vendeurs), le
nombre de vendeurs admis au bénéfice du factoring (facteur de compensation :
répartition du risque), etc. On peut noter, dés maintenant, l’importance, pour le factor,
du problème des informations qu’il doit avoir sur les entreprises impliquées dans le
factoring, vendeurs et acheteurs. Il est aussi d’autres risques techniques, tel que
ceux concernant la productivité du factor. C’est ici toute la question des méthodes,
des moyens et, plus généralement, de l’organisation interne du factor sans oublier le
choix et l’utilisation des hommes constituant sa structure organique.

176
Tout cela résulte, bien évidemment, d’une gestion éclairée et efficace, soucieuse de
rentabilité. Tous les risques techniques ne peuvent être totalement éliminés et
surtout pas celui constituant l’une des justifications du factoring : la garantie de
bonne fin. Certes le factor peut toujours contracter une assurance-crédit mais, outre
le coût de l’opération, la garantie n’est pas partielle et ne joue qu’après constatation
de la défaillance définitive du débiteur.
Outre les risques techniques, il existe aussi des risques commerciaux qui découlent
d’une adéquation plus ou moins heureuse de l’entreprise (le factor) avec son marché
(les vendeurs). La question se pose en premier lieu pour les prix de vente (c’est-à-
dire les taux de commission et d’intérêt). Une entreprise peu être bien organiser et
produire à bon compte, et finalement n’être pas rentable si ses prix de vente sont
inadaptés au marché. Mais si ce cas se produit dans certaines professions où le prix
de marché est difficile à cerner (les travaux sur devis, par exemple), reconnaissons
que ce n’est certainement pas le cas avec le factoring.

3. Recommandations relatives à l’Organisation fonctionnelle

Les fonctions-clé d’un factor sont les fonctions commerciales, de crédit, de la


comptabilité, de recouvrement et d’ordre juridique.
a. La fonction commerciale.
La fonction commerciale répond à l’évidente nécessité pour le factor d’avoir une
clientèle. Elle recouvre les activités de prospection (recherche des clients), de vente
(conclusion des contrats de factoring) et de promotion. On pourrait et l’on devrait y
ajouter les activités d’après-vente (action dans le but de maintenir de bonnes
relations entre le factor et ses clients, les vendeurs) encore que ces pratiques aient
assez peu pénétré les professions bancaires et para-bancaires. A noter que dans le
cas présent, les actions systématiques d’après vente contribuent à mettre à jour les
informations indispensables au factor.
b. La fonction de crédit.
La fonction de crédit est probablement la plus importante car avec elle on pénètre
au cœur du factoring et du risque du factor. La fonction de crédit peut se ramener à
quatre grandes activités :
- Recueil d’informations sur les vendeurs, clients actuels ou potentiels du
factor. Il s’agit de tenir à jour les renseignements recueillis initialement, au
moment de la conclusion du contrat. Les informations peuvent provenir de
différentes sources : banquiers, vendeurs, entreprises, ou agences
spécialisées dans les renseignements commercial, etc. à la limite, et si le
vendeur donne son accord, le factor peut pendre directement contrat avec
l’acheteur envisagé afin de lui demander tous les renseignements jugés
nécessaires (bilans, etc.). Si l’acheteur refuse d’informer le factor, celui-ci aura
quelque raison de se montrer circonspect envers cet acheteur. Le rôle du
service de crédit, en matière de renseignements commerciaux, sera donc de
centraliser toutes les informations et de les enregistrer sous forme exploitable.

177
Il est facile de concevoir que c’est là une fonction-clé pour l’exercice du métier
de factor.
- « Suivi » des relations commerciales entre chaque vendeur et ses
acheteurs. Ici, encore il importe de s’assurer que les indications recueillies
initialement gardent leur valeur et ne risquent pas, dans le cas contraire, de
fausser au moins momentanément le risque du factor. Dans le même sens, ce
dernier se doit de surveiller la qualité des produits ou des prestations du
vendeur, un abaissement de cette qualité se traduisant par des retours et des
contestations sur les factures. C’est un fait que dans une entreprise en
difficulté, on constate parfois une baisse de la qualité des produits.
- Surveillance des crédits autorisés pour chaque client (vendeur) du
factor. En réalité, il s’agit d’une surveillance à deux niveaux. D’abord, du
crédit consenti au vendeur pour chacun de ses acheteurs et, ensuite, du
niveau du crédit accordé pour chaque vendeur. Si ce dernier crédit est en
théorie illimité, il bute néanmoins sur la confiance faite à chaque vendeur et
aussi le crédit total que le factor peut consentir à l’ensemble de ses clients.
- Tenue du fichier des clients (vendeurs). Outre qu’un tel fichier matérialise
plus ou moins la surveillance des crédits, il permet de consigner toutes les
informations recueillies sur chaque client au fil du temps, en particulier le
volume d’opérations traitées et les divers événements de nature à influer sur
la solvabilité de ce client.
c. La fonction comptable.
La fonction comptable dont il s’agit n’est pas tellement celle orientée vers la tenue
des comptes de l’entreprise (factor) que celle correspondant à l’obligation pour le
factor de tenir la comptabilité-clients des vendeurs. La tenue de ses comptes est
l’une des présentations importantes que comporte le factoring. C’est donc là en
quelque sorte, une fonction de production, le factor produisant des tenues de
compte. Il est bien évident que la tenue des comptes-clients recoupe la comptabilité
générale du factor et, plus particulièrement, la partie consacrée aux comptes
courants ouverts pour chaque vendeur dans les livres du factor.
Pratiquement, les opérations imbriquées que sont la tenue de comptes-clients et
celle de compte courants, exigent une organisation comptable très étudiée et
recourant à des méthodes et moyens appropriés : codification des vendeurs,
codifications des acheteurs, numérotage des bordereaux, etc. la fonction comptable
a la charge d’adresser périodiquement aux vendeurs des relevés où sont consignées
les opérations de la période. Sur les relevés, peuvent apparaître les retards de
paiement, les relances effectuées (1er, 2e, 3e), les créances constatées.
d. La fonction de recouvrement.
La nécessité de la fonction de recouvrement n’est pas contestable. Toutefois, cette
fonction doit être remplie dans les formes, et surtout dans l’esprit, du contrat de
factoring ainsi que suivant les indications portées sur chaque facture factorée. C’est
à la fonction de recouvrement qu’incombe l’émission, en temps utile, des relevés
mensuels ou autres, lorsque le recouvrement est prévu par ce moyen.

178
De même, la fonction de recouvrement a dans son champ d’action les rappels de
paiements et l’octroi éventuel de prorogations. Enfin, c’est ici que l’on calcule le
montant des commissions et intérêts dus par le vendeur au factor.
Bien qu’un tiers soit souvent mieux payé plus régulièrement qu’un fournisseur,
l’encaissement des créances ne peut manquer de donner quelque souci au factor,
soit du fait des vendeurs (imprécision ou incertitude sur les dates de payement), soit
du fait des acheteurs (escomptes et rabais imprévus, payements tardifs), soit du fait
des uns et des autres (difficultés d’identifier exactement les payements), sans parler,
bien entendu, de l’insolvabilité des acheteurs dont le factor a garanti les créances.
e. La fonction juridique.
Ici encore, il ne s’agit pas des statistiques nécessaires au factor mais de celles
indispensables aux vendeurs. Bien que les besoins en statistiques et leur forme
varient avec chaque entreprise, il est un minimum de statistiques concernant le
compte-clients qui s’avère nécessaire pour toutes les entreprises bien gérée. La
solution de cette question dépend, certes, des demandeurs (les vendeurs) mais
aussi du factor, selon son niveau d’équipement en méthodes et en matériel de
traitement des informations.

4. Recommandations relatives aux factors et les tiers.

On a pu dire le factoring mettait en présence trois personnes distinctes : le factor, le


vendeur et l’acheteur. Si seul les deux premiers ont contracté des engagements
formels, le troisième n’en est pas mois directement impliqué dans l’opération. En
outre, le caractère de service complet du factoring fait que celui-ci empiète sur des
domaines habituellement réservés à d’autres services extérieurs spécialisés. Il n’est
donc pas sans intérêt de considérer les points de vue de tous ces tiers mis plus ou
moins en cause par le factoring.

a. Les acheteurs.

De tradition, acheteurs et vendeurs répugnent à voir un intermédiaire, étranger aux


contrats de vente et d’achat, s’interposer dans leurs relations commerciales. Cela est
vrai en tout temps et en tous lieux. Lorsque cet intermédiaire fait métier d’obtenir le
payement de créances, les débiteurs craignent alors d’être traités avec moins de
ménagements que de la part des créanciers initiaux, commerçants ou industries
comme eux. C’est un fait que les métiers de l’argent sont souvent l’objet d’une
prévention défavorable de la part de ceux qui exercent les autres activités. Il faut
d’ailleurs reconnaître que, jusqu’à une période récente, les banques pouvaient
donner l’impression qu’elles prenaient très rarement des risques véritables bien qu’il
y ait encore des progrès à faire dans le domaine de la prise de risque.

179
b. Les banques

Les banques au Sénégal ne doivent pas instinctivement prendre une attitude


hostile vis-à-vis de cette activité à relancer. Au contraire nous recommandons que
les rapports entre factors et banquiers aient un caractère idéal, et qu’ils se
maintiennent, sinon se renforcement, de jour en jour.
c. Les auxiliaires du commerce et de l’industrie.

Outre les banques traditionnelles, la réintroduction et le développement du factoring


au Sénégal intéresseront d’autres auxiliaires du commerce et de l’industrie et plus
spécialement les organismes de renseignements commerciaux (à créer), les
organismes de recouvrement, les assureurs-crédit, les comptables et les experts-
comptables. Il faut donc bâtir des relations solides et durables avec les factors et ces
auxiliaires.

5. RECOMMANDATION RELATIVE A LA CREATION D’UN SYSTEME D'AIDE A


L'APPRECIATION DU RISQUE – SAAR

a. Objectifs
Le Système d'Aide à l'Appréciation du Risque vise à répondre aux préoccupations
des sociétés d’affacturage et/ou des banques membres, de l’Association
Professionnelle des Banques et Sociétés de Financement Bancaire en leur
fournissant :
- des informations sur la situation des clients qui s’adressent à elles (incidents
de remboursement et engagements) ;
- des éléments de score (catégorie socioprofessionnelle, situation de famille
pour les particuliers, secteur d’activité, pour les professionnels).
De manière générale, le SAAR constitue :
- pour les sociétés membres :
 un outil d’aide à la prise de décision et de score pour l’octroi d’un crédit ;
 un outil de suivi des clients présentant des incidents de remboursement au
niveau des services de recouvrement ;
 un tableau de bord marketing ;
- pour la profession :
 un observatoire du comportement des clients, particuliers et entreprises, en
tant qu’utilisateurs de crédit ;
- pour les clients :
 un dispositif dissuasif contre les arnaqueurs ;
 un garde-fou contre le risque de surendettement des honnêtes gens.

180
b. Menu proposé

Connaître les incidents de remboursement avec leur degré de gravité, c’est bien ;
être renseigné sur ces incidents avec les montants, c’est mieux ; avoir une
connaissance sur les engagements actuels du client vis-à-vis du marché, c’est
encore mieux ; disposer d’informations de score, c’est l’idéal. Le système est conçu
pour répondre aux souhaits des sociétés membres. Ainsi, trois profils d’adhésion
sont offerts aux adhérents dès le démarrage :
- Profil C : Incidents de remboursement avec montants (en indiquant le niveau
de gravité : impayé, pré douteux, douteux, compromis).
- Profil B : Incidents de remboursement avec montants et engagements du
client avec montants.
- Profil A : Incidents de remboursement avec montants et engagements du
client avec montants, ainsi que les informations de score.

d. Valeur ajoutée immédiate du SAAR

- Profil C : Ce profil d’adhésion correspond aux informations partagées


auparavant tant au niveau de la section crédit à la consommation qu’à celui de
la section crédit-bail.
La valeur ajoutée du SAAR réside dans :
- l’indication du montant de la créance en souffrance ;
- la sécurité du système ;
- l’éventail des informations fournies ;
- la fiabilité des informations communiquées ;
- l’actualité des informations fournies ;
- l’élargissement des points de consultation ;
- le repérage des consultations ;
- l’exploitation pour le recouvrement.
-
Au plan de la sécurité, le système est conçu pour n’être accessible qu’aux seules
sociétés qui y adhèrent par des utilisateurs dûment mandatés par elles et
authentifiés par le Système. En outre, le système est conçu pour ne répondre qu’à
l’occurrence, c’est-à-dire qu’il ne renseigne que sur le client objet de la consultation.
Par ailleurs, le système est conçu pour repérer les tentatives d’incursion de quelque
origine qu’elles viennent et de les bloquer. Au plan de l’éventail des informations
fournies, le système comporte les déclarations de toutes les sociétés membres
adhérentes, quel que soit leur métier. Aussi, l’adhérent est-il informé sur les incidents
de remboursement du client effectués tant à titre personnel (crédit à la
consommation, crédit immobilier) qu’à titre professionnel (crédit-bail, affacturage…).

181
Au plan de la fiabilité des informations communiquées, le système est conçu au
niveau de l’alimentation et de sa mise à jour mensuelle par les adhérents, de
manière à les alerter sur toute incompatibilité ou erreur relevées dans leur propre
déclaration. Il participe ainsi au « nettoyage » des bases de données des adhérents.
En outre, les informations qui seront restituées par le système lors des consultations
sont fiables. A terme, la profession aura une base de données harmonisée et
normalisée. Au plan de l’actualité des informations fournies, les adhérents disposent
de données régulièrement mises à jour et donc pertinentes.

Au plan de l’élargissement des points d’accès, la latitude est donnée à chaque


société adhérente d’opter soit pour un accès à partir du seul siège (la liaison entre le
siège et ses points de vente étant laissée à sa discrétion), soit à partir des différents
points de vente (y compris le siège).
Au plan du repérage des consultations, chaque société adhérente a la possibilité de
suivre les consultations effectuées par ses collaborateurs. Celle-ci est ainsi en
mesure d’apprécier le volume de crédits octroyés par rapport aux demandes qui lui
ont été faites (taux de rejet). Au plan de l’exploitation pour le recouvrement, le
système renseigne sur la situation sur le marché d’un client ayant des incidents de
remboursement et permettra ainsi de relever son comportement.

e. Valeurs ajoutées des profils « supérieurs »

- Profil B : Le système offre, en sus des informations fournies par le profil C, des
informations sur les engagements du client vis-à-vis du marché. Il présente ainsi
l’avantage pour l’adhérent d’apprécier la situation globale du client, présente et
historique.
- Profil A : Le système offre, en sus des informations fournies par les profils C et
B, des éléments de score : catégorie socioprofessionnelle, situation de famille …
(pour les particuliers), secteur d’activité … (pour les entreprises).

6. RECOMMANDATION RELATIVE A LA CREATION D’UN SYSTEME D'AIDE AU

MANAGEMENT- SAM

Note de présentation

Le management d’une société de financement, comme pour toute entreprise,


requiert, de plus en plus, de disposer d’informations pertinentes tant internes que sur
l’environnement. Le management se préoccupe de la pérennité et du
développement de son entreprise, guettant, au niveau de l’environnement, les
opportunités à saisir ou les contraintes devant être affrontées et ce, en mettant en
œuvre ses propres atouts ou forces et en palliant ses lacunes ou faiblesses.

182
En outre, le manager s’intéresse à l’évolution des performances de son entreprise
aussi bien dans le temps (indicateurs d’activité et de performance) que dans l’espace
(comparaison des indicateurs internes avec ceux de la Profession).

Les informations sur l’environnement ont trait notamment à :


- la réglementation bancaire, fiscale, juridique, comptable
- la technologie
- la concurrence (nouveaux entrants, nouveaux produits).

Les informations sur l’environnement émanent de différentes sources et sont, en


principe, du ressort de l’Association Professionnelle des Banques et Sociétés de
Financement à Caractère Bancaire - APBEFCB, à charge pour elle de les diffuser
aux membres au fur et à mesure qu’elle y a accès. Les informations d’évolution de
l’activité et des performances ont trait notamment :
- aux financements (crédits distribués)
- aux conditions d’exploitation (refinancement, chiffre d’affaires et résultats,
risques encourus sur la clientèle).
Ces informations ne peuvent provenir que des sociétés membres, à charge pour
l’APBEFCB de les diffuser globalement ou détaillées et à charge pour les membres
de les communiquer à temps et régulièrement pour qu’elles ne perdent pas de leur
pertinence. En principe, la communication de ces informations ne devrait pas poser
de difficulté majeure dans la mesure où, déjà, toutes les sociétés membres sont
tenues de les communiquer à Banque Centrale selon un calendrier précis. Il en est
ainsi de la situation comptable, du bilan, des états décadaires etc. Les informations
relatives au risque encouru sur la clientèle proviennent également des sociétés
membres. Celles-ci sont tenues de les transmettre au Service Central des Risques
de la BCEAO. Les sociétés membres peuvent, à cet égard, gagner en efficacité en
adhérant au SAAR de l’APBEFCB. Enfin, le management, quand son établissement
appartient à une communauté d’intérêt, et c’est le cas pour les sociétés de
financement regroupées au sein de l’APBEFCB, a tout intérêt à ce que sa profession
d‘appartenance véhicule une image positive et rayonne pour davantage de business.
L’APBEFCB pourrait, et c’est son rôle, alimenter régulièrement les médias en
informations (statistiques, réalisations, innovations, etc.) pour "vendre" le secteur au
public.

6. RECOMMANDATION RELATIVE A L'ORIENTATION STRATEGIQUE POUR

LES METIERS DE FINANCEMENT

Les métiers de financement disposent d'un savoir-faire et d'une expertise qui les
autorisent à prétendre à des parts de marché à l'étranger. Il est nécessaire,
cependant, de se doter de grands groupes pour ce faire.

183
Par ailleurs, les sociétés de financement sont appelées à examiner les moyens de
mutualiser tout ce qui peut l'être, notamment la formation, l'objectif étant de réduire
les coûts et d'améliorer le service rendu. Feuille de route pour les métiers de
financement. L'adoption des principes de bonne gouvernance, la promotion de la
culture du risque, l'amélioration des relations avec la clientèle et la communication
constituent quatre axes de la feuille de route pour les métiers de financement.

7. RECOMMANDATION RELATIVE A L'INSTAURATION ET AU RESPECT DE

8. REGLES D’ETHIQUE ET DE BONNE GOUVERNANCE

Le code d'éthique constitue le socle pour l'application des principes de bonne


gouvernance par les sociétés de financement. Ce code est appelé à préciser les
conditions de concurrence, les sociétés de financement n'ayant pas intérêt à une
concurrence désordonnée ou sauvage. LA BCEAO veillera, bien entendu, à ce qu'il
n'y ait pas entente entre les opérateurs. Ce code est appelé, également, à poser les
règles de publicité des offres de crédit. Il devra prévoir des sanctions, en cas de
manquement par un opérateur à l'une ou l'autre des règles établies.

9. RECOMMANDATION RELATIVE A LA FORMATION DES ACTEURS DU

SECTEUR A LA CULTURE DU RISQUE

Il s'agit d'imprégner, à quelque niveau du management que ce soit, les ressources


humaines de la culture du risque. La formation revêt à cette fin une importance
capitale. De même, il est nécessaire de participer à l'éducation financière des
Sénégalais et ce, dès leur plus jeune âge. A cet égard, l'Association Professionnelle
pourrait être appelée à faire des propositions pédagogiques qui pourraient alimenter
les programmes de l'Education nationale.

10. UNE ATTENTION PARTICULIERE AUX RELATIONS AVEC LA CLIENTELE

Les sociétés de financement sont appelées à traiter la clientèle avec toute la


transparence requise, qu'il s'agisse de l'octroi des prêts et des financements ou de la
gestion desdits prêts et financements. L’institution d’un Médiateur de l’affacturage et
des activités annexes prend, ici, tout son sens.

184
11. RECOMMANDATION RELATIVE A LA MISE EN PLACE D'UN DISPOSITIF DE

PREVENTION ET DE REGLEMENT DE CONFLIT LIE A L’AFFACTURAGE : LE

MEDIATEUR
Qu’est-ce que la médiation ?
La Médiation est un mode de résolution des litiges entre deux parties qui recourent
de manière volontaire à un tiers indépendant et impartial, le médiateur, pour trouver
une solution négociée à leur différend.
Quels sont les avantages de la médiation ?
Avec la médiation, les parties d’un différend réalisent une économie de ressources
(temps et charges financières).

Que propose le Médiateur ?


Le Médiateur a pour objectif de faciliter la recherche d’une solution négociée et
amiable à un différend qui vous oppose un client à une société de financement. Il
aidera à rapprocher les points de vue et à entendre le client, et peut proposer aux
parties un accord transactionnel qui satisfait toutes les deux.

Quand est mise en œuvre la médiation ?


La médiation est mise en œuvre à la demande des parties ou d’une partie.
Auparavant, vous devez avoir saisi la société de votre réclamation. Si, dans un délai
de 21 jours, la solution proposée par la société ne vous satisfait pas ou, si tout
simplement la société ne répond pas à votre requête, adressez-vous au Médiateur.
Les services du Médiateur sont-ils payants ?
Les services du Médiateur sont rendus à titre gracieux.

Comment saisir le Médiateur ?


Un formulaire de demande de médiation est mis à votre disposition pour saisir le
médiateur. Ce formulaire doit être dûment renseigné et comprendre votre identité et
vos coordonnées, l’objet du litige, un exposé succinct des faits et le nom de la
société de financement concernée.

Comment se déroule la médiation ?


Le Médiateur traite votre réclamation dans un délai d’un mois et ce, dans la stricte
confidentialité, clé de succès de la médiation.

Que se passe-t-il au terme de l’instruction de la réclamation ?


Au terme de l’instruction de la réclamation, le Médiateur :
- prend acte de la solution à laquelle les parties sont elles-mêmes
arrivées, ou
- propose la solution qu’il estime appropriée au litige, ou
- constate le refus, par l’une ou l’autre partie, de la solution qu’il propose.
Dans ce cas, le recours à la justice est toujours possible.

185
12. RECOMMANDATION RELATIVE A L'AMELIORATION DU DROIT DES

CREANCIERS ET DES PROCEDURES D’EXECUTION

Il est nécessaire d’aménager la loi portant sur le droit des créanciers ainsi que les
procédures d’exécution de sorte à offrir un très grand choix de sûretés et garanties
sur une grande diversité d’actifs des débiteurs ou de leurs garants. Ce choix devra
inclure le cautionnement, le droit de rétention, la réserve de propriété, la cession et la
délégation de créances, la cession de créances professionnelles à titre de garantie
ou en propriété, le nantissement d’actions, le gage et nantissement de meubles et
immeubles, le nantissement de fonds de commerce, d’outillage et d’équipement,
l’hypothèque de biens immobiliers, de bateaux et d’aéronefs et les privilèges.

. Des procédures accélérées permettant aux créanciers de recouvrer des dettes


échues plus rapidement au moyen d’une injonction de payer, d’une saisie ou d’une
action en justice devront être mises en place. Tout créancier, quelque soit sa
nationalité, peut saisir le tribunal compétent pour obtenir paiement de sa créance
selon les règles de procédures applicables. Notre droit devra offrir des moyens
efficaces de recouvrement aux créanciers dont la créance répond à certaines
conditions. La procédure d’injonction de payer est une procédure simplifiée
d’ordonnance sur requête délivrée par le président du tribunal. Une telle ordonnance
permet au créancier dont la créance est fondée sur un titre ou une promesse
reconnue d’obtenir rapidement satisfaction du débiteur ou bien un titre exécutoire lui
permettant de saisir les biens mobiliers ou immobiliers

.Les procédures de saisie devront être plus efficaces, moins onéreuses et


généralement plus rapides qu’une action en justice. Une procédure de saisie
permet de faire vendre des biens immobiliers et mobiliers, y compris le fonds de
commerce, d’un commerçant ou d’une société. Un ensemble de techniques
juridiques, telles que la saisie conservatoire, la saisie réelle, la saisie-exécution de
meubles et d’immeubles, la saisie-arrêt, la saisie-gagerie et la saisie-revendication,
peuvent être mises en œuvre plus rapidement. Les créanciers chirographaires ne
peuvent faire vendre un bien immobilier qu’en cas d’insuffisance ou d’absence de
biens mobiliers. L’intervention du tribunal est nécessaire au cas où le créancier veut
vendre en totalité le fonds de commerce du débiteur y compris l’équipement et les
stocks.

Différentes lois devront être votées dans le but d’accélérer le recouvrement


des dettes civiles et commerciales en réduisant les délais et limitant les effets
de l’appel dans certains cas. L’exécution d’une injonction ordonnée par le
Président du tribunal de première instance fondée sur un effet de commerce ou un
titre authentique ne devrait pouvoir être suspendue ni par l’effet du délai d’appel
courant ou même de l’appel interjeté.

186
L’inscription des sûretés portant sur les meubles et les immeubles devrait être
portée sur un seul registre, selon la nature des actifs en cause. L’inscription des
sûretés portant sur les biens immobiliers est faite obligatoirement sur deux registres
distincts : celui du Bureau de la conservation foncière et hypothécaire et celui du
Service de l’enregistrement. Le premier enregistrement a un effet constitutif et
conditionne l’opposabilité aux tiers des hypothèques tandis que le second a une
vocation essentiellement fiscale.
Les lieux et systèmes d’enregistrement relatifs aux biens meubles dépendent du type
de bien sur lequel porte la sûreté. Le nantissement de fonds de commerce est
enregistré au Registre du commerce du lieu d’activité du débiteur. Les procédures
d’inscription doivent être considérées comme assez transparentes, faciles
d’accès, peu onéreux et ouvertes aux étrangers. La procédure d’enregistrement
d’une sûreté immobilière au Service de l’enregistrement devrait être, selon la nature
du bien, gratuite ou soumise à un taux fixe ou à un taux proportionnel appliqué à la
valeur de l’immeuble grevé.
La procédure d’enregistrement d’une sûreté immobilière au Bureau de la
conservation foncière et hypothécaire est toujours payante et calculée en fonction du
montant garanti par l’hypothèque. Un montant plafond devrait être retenu pour les
types et valeurs des biens objets de l’hypothèque. Les registres doivent à la
disposition du public et peuvent être consultés de façon assez transparente. Les frais
d’enregistrement au registre du commerce sont calculés ad valorem.
.La réalisation des sûretés devrait être une procédure assez simple, en
particulier dans le contexte industriel et commercial et ne devrait pas retardée
par aucun obstacle. En matière immobilière, le créancier hypothécaire devrait avoir
le droit de procéder à une saisie exécution ; le créancier titulaire d’un certificat
d’inscription pourrait poursuivre la vente de l’immeuble par expropriation forcée
même s’il n’est pas pourvu d’un titre exécutoire. En matière de meubles, les
créanciers gagistes devraient pouvoir faire vendre les biens dans des délais de
principe très brefs et selon des formalités simplifiées. Pour autant, les voies
d’exécution ne doivent plus comme c’est souvent le cas être alourdies par
l’intervention des officiers d’exécution et par le recours important à des experts pour
la fixation de la valeur des biens qui ne correspondent pas toujours à leur valeur
marchande.

187
CINQUIEME PARTIE

188
PLAN D’ACTIONS POUR LA MISE EN PLACE D’UN CADRE INSTITUTIONNEL
JURIDIQUE ET REGLEMENTAIRE

Actions Etapes Qui Objectifs Résultats


réalise ? attendus

(Acteurs)

Capital : Seuls le tiers MEF Lever la Naissance de


du capital sera à libérer contrainte du nouvelles
Mise en place pour démarrer l’activité BCEAO montant très sociétés
d’un cadre lors de la constitution élevé du capital d’affacturage
institutionnel, de la société de trois milliards
juridique et d’affacturage et le reste à constituer et à
réglementaire à libérer dans les trois mobiliser
voire cinq ans. immédiatement
pour créer une
société
d’affacturage.

Mise en place Habiliter les Ets MEF Elargir le champ Développement


d’un cadre Financiers d’activités des de l’activité par
institutionnel, d’affacturage à exercer Ets Financiers diversification des
juridique et des opérations de d’affacturage produits
réglementaire cautionnement du seul BCEAO pour leur financiers et par
fait d’un agrément permettre de conséquent de la
unique capter plus rentabilité des Ets
d’opportunités Financiers
d’affaires d’affacturage

Plafonnement du
Mise en place montant global des MEF Eviter un Limiter les crédits
d’un cadre concours (y compris les surendettement aux dirigeants,
institutionnel, engagements par des personnels maîtriser le
juridique et signature) pouvant être dirigeants voire plafond
réglementaire
consenti par les Ets BCEAO un abus de prêts d’endettement du
financiers d’affacturage personnels personnel des
aux personnes alloués à ces Ets Financiers
derniers d’affacturage
participant à leur
direction,administration,
gérance, contrôle
à 20% de leurs fonds
propres effectifs.

189
Plafonner le montant
Mise en place des risques pouvant MEF Relancer, Sécuriser le
d’un cadre être pris sur une seule diversifier, secteur surtout
institutionnel, et même signature à BCEAO impulser l’activité garantir l’envol
juridique et d’affacturage des activités
50% des fonds propres
réglementaire d’affacturage
effectifs dans les trois
premières années
d’activités.

Plafonner le montant
Mise en place MEF Relancer, Sécuriser le
des risques pouvant
d’un cadre être pris sur une seule diversifier, secteur surtout
institutionnel, et même signature à BCEAO impulser l’activité garantir l’envol
juridique et d’affacturage des activités
50% des fonds propres
réglementaire effectifs dans les trois d’affacturage
premières années
d’activités.

Déplafonner de 20% à
Mise en place MEF Inciter les plus Arrivée de
50% le niveau de
d’un cadre cession des actions grandes sociétés grandes sociétés
institutionnel, d’un Ets Financiers Acteurs mondiales mondiales
juridique et d’affacturage à d’affacturage à d’affacturage
réglementaire
soumettre à s’installer
l’autorisation préalable facilement au
Sénégal.
du Ministre des
finances.
Promouvoir les
sociétés
d’affacturage

190
PLAN D’ACTIONS POUR LA CREATION DE SOCIETE D’AFFACTURAGE DANS
LE MICRO CREDIT EN RELATION AVEC LA LOI N° 2008-47 DU 03 SEPT 2008
ET DU DECRET 2008-1366 PORTANT REGLEMENTATION DES SFD AU
SENEGAL

Actions Etapes Qui réalise ? Objectifs Résultats


attendus
(Acteurs)

Création de Modifier, adapter Min. Micro Etendre le nombre Des SFD qui
société la présente finance de SFD pouvant s’adonnent
d’affacturage réglementation offrir des produits activement à
dans le micro régissant les SFD MEF d’affacturage. l’affacturage.
crédit en relation exerçant leurs Accès des PME
avec la loi et le activités BCEAO et des micros Grande impulsion
décret portant d‘épargne et / ou entreprises aux du secteur
réglementation de crédit à produits d’affacturage
des SFD au pouvoir faire des d’affacturage.
Sénégal activités Développement
d’affacturage sur significatif des
Saisir des
le territoire. produits
opportunités
qu’offre déjà d’affacturage
Modifier surtout l’existence de la
les articles ci- réglementation
après :
des SFD qui
pourrait être
Art. 4, Art. 24, Art. adaptée pour les
36, Art. 69, Art. besoins de la
76, Art. 85, Art. réalisation des
101, activités
d’affacturage
Art. 118,

Art. 123,

Art. 124,

Art. 129

Art. 135

191
PLAN D’ACTIONS POUR LA MISE EN ŒUVRE DES PROPOSITIONS &
RECOMMANDATIONS FAVORABLES A L’EMERGENCE, LA RELANCE, LA
REDYNAMISATION ET LE DEVELOPPEMENT DE L’ACTIVITE ET DES
SOCIETES D’AFFACTURAGE AU SENEGAL

Actions Etapes ou Qui réalise ? Objectifs Résultats


phase attendus
(Acteurs)

Recommandations Faciliter l’accès MEF Diversifier les Faciliter l’accès


relatives aux aux fonds de possibilités de aux crédits aux
modes de refinancements Acteurs financement aux entreprises
financement aux sociétés PME
d’affacturage

Promouvoir la
densification des
fonds propres des
Mise en place des sociétés
leviers de d’affacturage
promotion et de
développement de Réduire les délais MEF Amélioration de
l’affacturage au de paiement par Ecourter les la rentabilité et de
Sénégal l’adoption de Acteurs délais de la solvabilité des
délais règlement trop PME
conventionnels Min.PME longs qui coûtent
par secteur et chers aux Appétit des
Mise en place des pour l’Etat et ses entreprises banques et
leviers de démembrements sociétés
promotion et de d’affacturage à
développement de acheter les
l’affacturage au créances sur
Sénégal l’Etat
MEF Etendre le
Instituer la facture recours Développer les
avec recours cambiaire aux produits
Min. Justice
cambiaire factures d’affacturage et
exécutoire commerciales au un nouveau type
Min.PME
titre que les effets de garantie sur
de commerce l’affacturage

192
Action Etapes Qui réalise ? Objectifs Résultats
attendus
(Acteurs)

Mise en place des Favoriser, MEF Développer


leviers de encourager Attirer de gros l’activité
promotion et de l’installation de investisseurs d’affacturage
Min. PME
développement sociétés dans le secteur
de l’affacturage d’affacturage de l’affacturage et
au Sénégal internationales et APIX étendre
le développement l’affacturage au
de la place niveau
financière international
Mise en place des sénégalaise
leviers de
promotion et de BCEAO
développement Connaitre en Assainir le
de l’affacturage Créer une centralisant les secteur d’activité
au Sénégal Centrale des
MEF délinquances de l’affacturage
risques, incidents financières faites
et malversations Acteurs par les acteurs
en matière afin de mieux
Mise en place des d’affacturage à sélectionner les
leviers de partir de la acteurs
promotion et de centrale des
développement risques existants
de l’affacturage et en relation
au Sénégal avec la BCEAO
Grande confiance
faite aux acteurs
et secteur
Créer un cadre MEF Protéger les d’affacturage
juridique qui clients, les
garantit à la Min.PME sécuriser
clientèle un fonds
collectif des
retenues de
garanties ainsi
que la protection
de la vie privée
des acteurs

193
Action Etapes Qui réalise ? Objectifs Résultats
attendus
(Acteurs)

Mise en place des Instituer des MEF Liquéfier


leviers de créances Disposer rapidement les
promotion et de mobilisables sur immédiatement créances sur
MPME
développement l’Etat du montant des l’Etat, ouvrir
de l’affacturage créances l’appétit aux
au Sénégal Acteurs détenues sur sociétés
l’Etat d’affacturage
d’acheter les
créances sur
Mise en place des l’Etat
leviers de
promotion et de BCEAO
développement Diversifier les
de l’affacturage Instituer des possibilités de Permettre le
au Sénégal
MEF refinancement
créances refinancements
immédiatement des créances via
Propositions et mobilisables Acteurs la BCEAO, et
recommandations renforcer la
d’un cadre fiscal surface financière
favorable des sociétés
d’affacturage

Réaménager le MEF Baisser la fiscalité


Propositions et cadre fiscal en relative à
recommandations place en faveur l’affacturage, Donner une
d’un cadre fiscal d’une fiscalité de éviter les doubles attractivité fiscale
favorable développement impositions aux acteurs et
investisseurs

Créer un nouveau Baisser la fiscalité


régime fiscal Donner une
MEF
préférentiel attractivité fiscale
aux intervenants
du secteur

194