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3.

1 La notation sigma

L’intégrale définie 3
Nous verrons dans ce chapitre qu’il existe une relation étonnante entre
la notion de primitive et la notion de somme. Cette relation permettra
de résoudre rapidement certaines sommes provenant aussi bien des
mathématiques que de la physique, de la chimie, de la biologie, de
l’économie, de la psychologie, de la sociologie, etc...

3.1 La notation sigma


On aura souvent à traiter de sommes à plusieurs termes. Il convient
d’adopter une notation appropriée pour les traiter. La notation “sigma”
sera celle utilisée. Elle tire son nom de la lettre grecque ∑ l’équivalent
de notre lettre S, la première lettre du mot somme.

Une façon d’abréger l’écriture

1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6 + 7 + 8 + 9 + 10

10
lire “la somme des termes
de la forme i où i varie
est d’écrire ∑i
i=1
de 1 jusqu’à 10”
symbole correspondant à la somme des dix premiers entiers positifs
c’est-à-dire à 55.

7
Ainsi, ∑ i2 = 12 + 22 + 32 + 42 + 52 + 62 + 72
i=1
= 1 + 4 + 9 + 16 + 25 + 36 + 49

= 140
La variable i est une variable fictive (indice de sommation). On peut
utiliser une autre lettre sans changer la valeur de la somme. Les bornes
de cette variable fictive sont des valeurs quelconques entières. La borne
inférieure est toujours plus petite que la borne supérieure.

Par exemple
1
∑ 3j + 2 = (3(-2) + 2) + (3(-1) + 2) + (3(0) + 2) + (3(1) + 2)
j = -2
= (-4) + (-1) + 2 + 5

= 2

André Lévesque 3-1


3.1 La notation sigma

n
∑ (k + 1)3 = 13 + 23 + 33 + 43 + ... + (n + 1)3
k=0
= 1 + 8 + 27 + 64 + ... + (n + 1)3 (n ≥ 0)

D’une façon générale,

n
notation sigma ∑ ai = am + am+1 + am+2 + am+3 + ... + an-1 + an
i=m

où m et n sont des entiers tels que m ≤ n et


a i est un nombre réel.

5
exemple 3.1.1 Si a1 = -4, a2 = 1/2, a3 = 7, a4 = -7/2, a5 = 1 alors calculer ∑ ak .
k=1
____________

5
solution
∑ ak = a1 + a2 + a3 + a4 + a5 = (-4) + 1/2 + 7 + (-7/2) + 1 = 1
k=1

exemple 3.1.2 Écrire à l’aide de la notation sigma.

ƒ(x1)∆x1 + ƒ(x2)∆x2 + ƒ(x3)∆x3 + ƒ(x4)∆x4 + ... + ƒ(xn)∆xn


____________

100
exemple 3.1.3 Évaluer ∑
 1 - 1 .
j=2 
j j - 1
____________

rép: - 0,99

André Lévesque 3-2


3.1 La notation sigma

n n
propriétés de la
sommation
1) ∑ ca i = c ∑ a i où c est une constante,
i=m i=m
n n n
∑ ( a i ± b i) ∑ai
m et n sont des entiers
tels que n ≥ m 2) = ± ∑ bi ,
i=m i=m i=m

n
démonstration 1) ∑ ca i = cam + cam+1 + cam+2 + cam+3 + cam+4 + .. . can-1 + can
i=m
= c (am + am+1 + am+2 + am+3 + am+4 + ... an-1 + an)
n
= c∑ ai ,
i=m

n
2) ∑ ( a i + b i) =
i=m

n n n
∑ ( a i - b i) = ∑ai - ∑ bi se démontre de la même façon.
i=m i=m i=m

André Lévesque 3-3


3.1 La notation sigma

28 28 28
exemple 3.1.4 Si ∑ ak = 19 et ∑ bk = 8 alors trouver ∑ 2ak + 3bk.
k=1 k=1 k=1
____________

28 28 28
solution
∑ 2ak + 3bk = ∑ 2ak + ∑ 3bk (par la propriété 2)
k=1 k=1 k=1

28 28
= 2 ∑ ak + 3 ∑ bk (par la propriété 1)
k=1 k=1

= 2(19) + 3(8) (par hypothèse)


= 62

n
formules utiles 1) ∑ c = nc pour toute valeur de n ≥ 1 (c est une constante),
i=1
n
n(n + 1)
noter que la borne inférieure de
la variable fictive i est 1 2) ∑i = 2 pour toute valeur de n ≥ 1,
pour les 3 formules i=1
n
n(n + 1)(2n + 1)
3) ∑ i2 = 6 pour toute valeur de n ≥ 1.
i=1

n
démonstration 1) ∑ c = c + c + c + c + c + ... + c (n fois)
i=1
= nc

n
n(n + 1)
preuve par induction
2) ∑i = 2 pour toute valeur de n ≥ 1
i=1

a) Vérifions que la proposition est vraie pour n = 1.

1
1(1 + 1)
∑i = 2
i=1

1 = 1 (vraie pour n = 1)

André Lévesque 3-4


3.1 La notation sigma

b) Démontrons que la proposition est vraie pour n = k + 1


lorsqu’elle est vraie pour n = k.

k+1 k
∑i = ∑i + ( k + 1)
puisque par hypothèse , la i=1 i=1
proposition est vraie pour n = k
k(k + 1)
k = 2
+ (k + 1)
k(k + 1)
alors ∑ i = 2
i=1 k(k + 1) + 2(k + 1)
= 2

(k + 2)(k + 1)
= 2

=
( (k+ 1) + 1 ) (k + 1)
2
La proposition est toujours vraie pour n = k + 1 lorsqu’elle est
vraie pour n = k.

On conclut qu’elle est vraie pour toute valeur de n ≥ 1.

n
n(n + 1)(2n + 1)
3) ∑ i2 = 6 pour toute valeur de n ≥ 1
i=1

Prouver cette proposition par induction.

André Lévesque 3-5


3.1 La notation sigma

17
exemple 3.1.5 Évaluer ∑9 .
j=1
____________

17
solution
∑9 = 17(9) (par la formule 1)
j=1

10
exemple 3.1.6 Évaluer ∑ 5 - 3i .
i=1
____________

10 10 10
solution
∑ 5 - 3i = ∑5 - ∑ 3i (par la propriété 2)
i=1 i=1 i=1

10 10
= ∑ 5 - 3∑ i (par la propriété 1)
i=1 i=1

10(11) 
= 10(5) - 3  (par les formules 1 et 2)
 2 

= 50 - 165

= -115

André Lévesque 3-6


3.1 La notation sigma

n
exemple 3.1.7 Évaluer ∑ (2i + 1) .
i=1
____________

rép: n(n + 2)

n
exemple 3.1.8 Évaluer ∑ 6(1 + i)2 .
i=1
____________

rép: n(2n2 + 9n + 13)

André Lévesque 3-7


3.1 La notation sigma

_  n i
exemple 3.1.9 Évaluer dans R
lim
n→ ∞  ∑ 2
.
 i=1 n 
____________

rép: 1/2

André Lévesque 3-8


3.1 La notation sigma

Exercices 3.1

1. Évaluer chacune des sommes.


4 1000
a) ∑ 1
k d) ∑ (-1)k
k=1 k=1
5 100
b) ∑ 2i e) ∑ ( √ k - √
k - 1)
i=0 k=1
6
c) ∑ j3
j= -5

18 18 18
2. Si ∑ ak = 37 et ∑ bk = -83 alors trouver ∑ bk - 3ak
k=1 k=1 k=1

3. Évaluer chacune des sommes.


utiliser les propriétés de la 75 20
sommation (page 3-3) ainsi que a) ∑ (2i - 1) b) ∑ (5 - 3k2)
les formules de la page 3-4 i=1 k=1

4. Calculer chacune des sommes.


n n
utiliser les propriétés de la
sommation (page 3-3) ainsi que a) ∑ (3 + 2i ) c) ∑ i (3i - 2)
les formules de la page 3-4 i=1 i=1
n n
b) ∑ (j2 - 2j + 1) d) ∑ (2j - 1)2
j=1 j=1

_
5. Évaluer chacune des limites dans R .
utiliser les propriétés de la
sommation (page 3-3) ainsi que n 2 n 2
les formules de la page 3-4 a)
lim
n→ ∞ ∑  i   1
 n  n
b)
lim
n→ ∞ ∑  2k  2
 n   n
i=1 k=1

André Lévesque 3-9


3.1 La notation sigma

Réponses 3.1

1. a) 25/12 d) 0
b) 63 e) 10
c) 216

2. -194
3. a) 5625 b) -8510

n(2n - 1)(n + 1)
4. a) n(4 + n) c) 2
n(2n - 1)(n - 1) n(2n - 1)(2n + 1)
b) 6 d) 3
5) a) 1/3 b) 8/3

André Lévesque 3-10


3.2 Somme intégrale et intégrale définie

3.2 Somme intégrale et intégrale définie


Examinons trois problèmes de nature différente que l’on tentera de ré-
soudre en utilisant dans chacun des cas une approche similaire.

Problème 3.2.1: Calculer l’aire de la région délimitée par la courbe y = x2 , l’axe des x
évaluation d’une aire et la droite verticale x = 3.
____________
solution
Le problème présente une difficulté de taille. La région en question
(figure 3.2.1) possède une forme irrégulière. Les règles de la géométrie
9
élémentaire ne sont d’aucune utilité.
8 y = x2 Nous pouvons néanmoins obtenir une approximation de cette aire en
7 décomposant la région en six rectangles.
6
Pour cela,
5
4 • on subdivise l’intervalle [0,3] en six sous-intervalles de
3 longueur 1/2,
2
0 1/2 1 3/2 2 5/2 3
1

1 2 3 • dans le but d’approximer l’aire de la région hachurée, on


considère le point milieu de chaque sous-intervalle,
figure 3.2.1
1/4 3/4 5/4 7/4 9/4 11/4

puis, on construit six rectangles ayant pour base, la longueur des


9 sous-intervalles et pour hauteur, l’image du point milieu des sous-
intervalles (voir la figure 3.2.2),
8
y = x2
7 • on calcule l’aire de chacun des rectangles puis, on additionne ces
6 aires,
5
on obtient
4
3 (1/4)2× 1/2 + (3/4)2× 1/2 +(5/4)2× 1/2 + (7/4)2× 1/2 + (9/4)2× 1/2 + (11/4)2× 1/2
2
1 = 1/32 + 9/32 + 25/32 + 49/32 + 81/32 + 121/32
1/2 1 3/2 2 5/2 3 = 286/32 ou 8,937.
1/4 3/4 5/4 7/4 9/4 11/4
figure 3.2.2 Nous n’avons pas résolu le problème mais, nous savons que l’aire est
approximativement de 8,937.

André Lévesque 3-11


3.2 Somme intégrale et intégrale définie

Problème 3.2.2: La vitesse d’un escargot est de v = (2t + 1) mm/s. Évaluer la distance
évaluation d’une distance parcourue par l’escargot entre t = 0 s et t = 4 s.
____________

solution
Nous savons que la distance parcourue par un objet est fonction de sa
vitesse. Les deux quantités sont reliées par l’équation
distance = vitesse × temps .

Si la vitesse de l’escargot avait été constante sur l’intervalle de temps


considéré, le problème aurait été très simple à calculer. La vitesse étant
variable il est beaucoup plus difficile de le résoudre. Contentons-nous
d’approximer la distance parcourue par l’escargot.
Comme au problème précédent,
le nombre de sous-intervalles
considérés est arbitraire et ceux-
• on subdivise l’intervalle [0,4] en quatre sous-intervalles de 1 s,
ci pourraient ne pas être égaux
0 1 2 3 4

la valeur choisie dans chaque


sous-intervalle est aussi • la vitesse de l’escargot dans chaque sous-intervalle est variable,
arbitraire, son choix est souvent on approxime cette vitesse en utilisant le point milieu du sous-
fonction de la simplicité des intervalle,
calculs

1/2 3/2 5/2 7/2

v(1/2) = 2(1/2) + 1 = 2 mm/s dans le premier sous-intervalle,


v(3/2) = 2(3/2) + 1 = 4 mm/s dans le second sous-intervalle,
v(5/2) = 2(5/2) + 1 = 6 mm/s dans le troisième sous-intervalle,
v(7/2) = 2(7/2) + 1 = 8 mm/s dans le quatrième sous-intervalle,

• on calcule la distance approximative parcourue par l’escargot


dans chacun des sous-intervalles puis, on additionne les
distances,
on obtient
distance = vitesse . temps
(2(1/2) + 1) × (1) + (2(3/2) + 1) × (1) + (2(5/2) + 1) × (1) + (2(7/2) + 1) × (1)

=2+4+6+8
= 20 mm.
Encore ici, bien que le problème n’ait pas été résolu, nous savons que
la distance approximative parcourue par l’escargot est de 20 mm.

André Lévesque 3-12


3.2 Somme intégrale et intégrale définie

Problème 3.2.3: Calculer le volume d’une tente pyramidale dont un des côtés est
évaluation d’un volume perpendiculaire à la base. La hauteur de cette tente mesure 3 m et sa
base est un carré de 3 m de côté (voir la figure 3.2.1) .
_____________
solution Bien que le problème soit à trois dimensions, nous allons utiliser une
technique de solution semblable aux deux derniers problèmes.
• On subdivise la hauteur de la tente en six parties égales.
Associons la valeur 0 au sommet de la tente et la valeur 3
à la base de celle-ci.
3m
0 1/2 1 3/2 2 5/2 3

Cette subdivision a pour effet de sectionner en six parties le


3m 3m
volume cherché (voir la figure 3.2.2).

figure 3.2.1 • Nous allons maintenant estimer le volume des six tranches
obtenues en considérant la plus grande valeur de chacune des six
parties associées à la hauteur.

1/2 1 3/2 2 5/2 3

0 La section du bas sera approximée à l’aide d’une boîte carrée


1/2 de 3 m de côté par 1/2 m de hauteur (voir la figure 3.2.3).
1 La section suivante sera approximée à l’aide d’une boîte carrée
3/2 de 5/2 m de côté par 1/2 m de hauteur.
2 La troisième section sera approximée à l’aide d’une boîte carrée
5/2 de 2 m de côté par 1/2 m de hauteur.
3 La quatrième section sera approximée à l’aide d’une boîte
carrée de 3/2 m de côté par 1/2 m de hauteur.
La cinquième section sera approximée à l’aide d’une boîte
carrée de 1 m de côté par 1/2 m de hauteur.
figure 3.2.2
La section du haut sera approximée à l’aide d’une boîte carrée
de 1/2 m de côté par 1/2 m de hauteur.
À titre d’exercices montrer que les bases des six boîtes sont des
carrés et que les longueurs d’arêtes de ces carrés sont respective-
0 ment: 3 m pour la boîte du bas, 5/2 m, 2 m, 3/2 m, 1 m, et 1/2 m.
1/2
• On calcule le le volume de chacune des boîtes puis, on additionne
1
ces volumes. On obtient
3/2
2 (1/2)2(1/2) + (1)2 (1/2) + (3/2)2 (1/2) + (2)2 (1/2) + (5/2)2 (1/2) + (3)2 (1/2)
5/2
1 1 9 25 9
3 =8+2+8+2+ 8 +2

91
= 8 ou 11,375 m3.
figure 3.2.3
Rappelons que 11,375 m3 n’est qu’une valeur approximative du
volume cherchée.

André Lévesque 3-13


3.2 Somme intégrale et intégrale définie

Afin de résoudre partiellement les trois derniers problèmes, on a dû


recourir à une technique un peu spéciale. Cette technique loin d’être
nouvelle, était utilisée dans l’Antiquité. Les mathématiciens de cette
époque ne se contentaient pas de réponses partielles à leurs problèmes.
Isaac Newton Ils développèrent des méthodes de solution très avancées mais aussi
(1642-1727) excessivement longues (nous le constaterons un peu plus loin). Au
et XVII ième siècle NEWTON et LEIBNIZ les créateurs du calcul
Gottfried Wilhelm Leibniz intégral introduisirent une méthode de solution basée sur le calcul
(1646-1716) différentiel qui fit oublier les longs développements de leurs
sont considérés comme les pères prédécesseurs et bouleversa du même coup les mathématiques. Cette
du calcul différentiel et intégral
méthode porte le nom de théorème fondamental du calcul.

Pour approximer les réponses des trois problèmes précédents, nous


avons construit des sommes en utilisant un même modèle. Nous
étudierons maintenant ce modèle.

somme intégrale Soit une fonction ƒ continue sur un intervalle [a,b].


(somme de Riemann)
a) On subdivise l’intervalle [a,b] en n sous-intervalles plus
petits, on obtient ainsi une partition de l’intervalle [a,b].
a = x0 , x1, x2, ... xi-1, xi, ... xn-1 , xn = b
les sous-intervalles ne sont pas
nécessairement égaux
a = x0 x1 x2 .... x i-1 xi .... x n-1 xn = b

La longueur de chaque sous-intervalle est notée ∆xi .


∆x1 = x1 - x0, ∆x2 = x2 - x1, ... ∆xi = xi - xi-1, ... ∆xn = xn - xn-1

b) On choisit un point arbitraire (le représentant ) dans chaque


sous-intervalle. Le représentant est noté ci .
c1 ∈ [x0,x1], c2 ∈ [x1,x2], ... ci ∈ [xi-1,xi], ... , cn ∈ [xn-1,xn].

c1 c2 .... ci .... cn

c) On effectue la somme,
ƒ(c1)∆x1 + ƒ(c2)∆x2 + ƒ(c3)∆x3 + ƒ(c4)∆x4 + ... + ƒ(cn)∆xn .
En utilisant la notation sigma la somme devient,
n

les sommes intégrales sont


∑ ƒ(ci) ∆xi .
i=1
également appelées sommes de
Riemann en l’honneur de
Georg Riemann, La somme obtenue est appelée somme intégrale (somme de Riemann)
mathématicien du XIX ième pour la fonction ƒ sur l’intervalle [a,b] .
siècle pour sa contribution au
développement du calcul intégral

André Lévesque 3-14


3.2 Somme intégrale et intégrale définie

exemple 3.2.1 Calculer la somme intégrale de la fonction ƒ(x) = 1 - x2 sur


l’intervalle [0,3] en considérant 6 sous-intervalles égaux et en prenant
le point milieu comme représentant de chaque sous-intervalle.
____________
solution
• On subdivise l’intervalle [0,3] en six sous-intervalles égaux de
longueur ∆xi = 1/2 (i = 1, 2, 3, 4, 5, 6).

0 1/2 1 3/2 2 5/2 3

x0 = 0, x1 = 1/2, x2 = 1, x3 = 3/2, x4 = 2, x5 = 5/2, x6 = 3


• On choisit comme représentant ci , le point milieu de chaque
sous-intervalle.

1/4 3/4 5/4 7/4 9/4 11/4

c1 = 1/4, c2 = 3/4, c3 = 5/4, c4 = 7/4, c5 = 9/4, c6 = 11/4


6
• On effectue la somme ∑
ƒ(ci) ∆xi
i=1
= ƒ(c1)∆x1 + ƒ(c2)∆x2 + ƒ(c3)∆x3 + ƒ(c4)∆x4 + ƒ(c5)∆x5 + ƒ(c6)∆x6
= ƒ(1/4)(1/2)+ƒ(3/4)(1/2)+ƒ(5/4)(1/2) +ƒ(7/4)(1/2)+ƒ(9/4)(1/2)+ƒ(11/4)(1/2)
= 15/32 + 7/32 + (-9/32) + (-33/32) + (-65/32) + (-105/32)
= -190/32 (- 5,9375)

Si dans l’exemple précédent, nous avions choisi un autre représentant


que serait devenue la somme intégrale ?

1) En prenant la valeur inférieure de chaque sous-intervalle, on


obtient: c1 = 0, c2 = 1/2, c3 = 1, c4 = 3/2, c5 = 2, c6 = 5/2
La somme intégrale devient dans ce cas,
ƒ(0)(1/2) + ƒ(1/2)(1/2) + ƒ(1)(1/2) + ƒ(3/2)(1/2) + ƒ(2)(1/2) + ƒ(5/2)(1/2)
= -3,875.

2) En prenant la valeur supérieure de chaque sous-intervalle, on


obtient: c1 = 1/2, c2 = 1, c3 = 3/2, c4 = 2, c5 = 5/2, c6 = 3
La somme intégrale devient dans ce cas,
ƒ(1/2)(1/2) + ƒ(1)(1/2) + ƒ(3/2)(1/2) + ƒ(2)(1/2) + ƒ(5/2)(1/2) + ƒ(3)(1/2)
= -8,375.
Dans ce cas, le choix du représentant a une grande influence sur la
valeur obtenue. En est-t-il toujours ainsi ?

André Lévesque 3-15


3.2 Somme intégrale et intégrale définie

Pour répondre à la question on a construit un tableau comparatif


des sommes intégrales obtenues pour un nombre croissant de
sous-intervalles égaux en considérant dans chaque cas trois choix
de représentant:
a) la valeur inférieure de chaque sous-intervalle,
b) la valeur médiane de chaque sous-intervalle,
c) la valeur supérieure de chaque sous-intervalle.

nombre inférieure médiane supérieure


3 -2 -5,75 -11
6 -3,875 -5,9375 -8,375
12 -4,90625 -5,98775 -7,15625
24 -5,445313 -5,996094 -6570313
48 -5,720703 -5,999023 -6,283203
96 -5,859863 -5,999756 -6,141113
192 -5,929809 -5,999940 -6,070435
384 -5,964874 -5,999985 -6,035187
768 -5,982430 -5,999996 -6,017586

Il apparaît à la lecture du tableau que pour un nombre élevé de sous-


intervalles, les sommes intégrales s’approchent de la valeur -6 indé-
pendamment du représentant choisi. Nous verrons qu’effectivement
sous certaines conditions, lorsque la longueur des sous-intervalles
s’approche de 0 , quels que soient les représentants choisis, les
sommes intégrales convergent.

intégrale définie Soit une fonction ƒ et l’intervalle [a,b].


n

Si
lim
max ∆xi → 0
∑ ƒ(ci) ∆xi = A ∈ R
i=1
alors ƒ est dite intégrable sur [a,b] et la quantité A est appelée
l’intégrale définie de la fonction ƒ sur [a,b].
b
lire: l’intégrale définie de la
fonction ƒ de a à b Elle sera notée
a
∫ ƒ(x) dx = A .

Le symbole ∫ est une déformation de la lettre S pour somme.


Les valeurs a et b sont les bornes d’intégration.
ƒ(x) est l’intégrande du problème.
dx représente un petit intervalle sur l’axe des x.

André Lévesque 3-16


3.2 Somme intégrale et intégrale définie

La valeur A (lorsqu’elle existe) est indépendante


a) de la subdivision de l’intervalle et,
b) du représentant choisi dans chaque sous-intervalle.

Puisque la subdivision de l’intervalle n’affecte pas la quantité A, on


utilisera des sous-intervalles égaux pour calculer cette quantité. Dans
ce cas la définition de l’intégrale définie de la fonction ƒ sur [a,b]
deviendra:

b n


a
lim
ƒ(x) dx = n → ∞ ∑ ƒ(ci) ∆xi
i=1

En effet lorsque les sous-intervalles sont égaux, on aura

(b - a)
∆xi =
n

si de plus,

max ∆xi → 0
(b - a)
⇒ n → 0
⇒ n→ ∞

La valeur de A étant indépendante du représentant choisi, on prendra


la plupart du temps comme valeur ci, le point supérieur, inférieur ou
milieu du sous-intervalle. Ce choix aura pour avantage de simplifier les
calculs.

On en vient maintenant à la question d’existence de cette valeur A. Le


théorème qui suit permettra de déterminer si une fonction est intégrable
sur un intervalle. On se contente d’énoncé la proposition en laissant à
un cours plus avancé sa démonstration.

Théorème 3.2.1 Si ƒ est continue sur [a,b] alors ƒ est intégrable.


condition d’existence

Retournons au problème précédent et cherchons à montrer que


l’intégrale définie de la fonction
ƒ(x) = 1 - x2 sur [0,3]
est bien la quantité -6 obtenue à partir du tableau de la page
précédente.

André Lévesque 3-17


3.2 Somme intégrale et intégrale définie

3
exemple 3.2.2 Montrer que ∫ (1 - x2) dx = -6 en utilisant les sommes intégrales.
0
____________
on commence toujours par
vérifier si la fonction est La fonction est continue sur [0,3] donc elle est intégrable .
continue sur l’intervalle

• On subdivise l’intervalle [0,3] en n sous-intervalles égaux

b-a 3-0 3
∆xi = = = 0 3/n 6/n 9/n 12/n .... 3
n n n

de longueur ∆xi = n3 (i = 1,2,3,4, ... , n) .

• On choisit un représentant ci dans chaque sous-intervalle (on


utilise comme représentant la valeur supérieure de chaque sous-
intervalle).

c1 =
3
, c =2
n 2 ( n3) , c = 3( n3) ,
3 c4 = 4 ( n3). ... ci = i( n3)
• On évalue la somme intégrale correspondante.
n n
2
∑ ƒ(ci ) ∆xi = ∑ 1 -
 ( 3in)  ( n3 )
i=1 i=1
n

2
=  3 - 273i 
i=1 n n 
propriétés 1 et 2 de la sommation n n
(p 3-3) =
3

n i=1
27
1 - 3
n i=1
i2 ∑
formules 1 et 3
(p 3-4)
=
3
n
27
. (n) - 3
n ( n(n+1)(2n+1)
6 )
27 9
= -6 - -
2n 2n2

• On considére la somme intégrale lorsque n tend vers l’infini,


3 n

∫ (1 - x2 ) dx
lim
= n→ ∞ ∑ ƒ(ci ) ∆xi
0 i=1
lim
= n→ ∞ ( -6 - 2n27 - 2n9 )2

= -6

André Lévesque 3-18


3.2 Somme intégrale et intégrale définie

4
exemple 3.2.3
Évaluer ∫ (2 - 3x) dx en utilisant les sommes intégrales.
0
____________

rép: -16

André Lévesque 3-19


3.2 Somme intégrale et intégrale définie

4
exemple 3.2.4
Évaluer
1
∫ x2 dx en utilisant les sommes intégrales.
____________

rép: 21

André Lévesque 3-20


3.2 Somme intégrale et intégrale définie

exemple 3.2.5 Calculer la valeur exacte de l’aire de la région définie à la page 3-11
(problème 3.2.1) en utilisant les sommes intégrales.
____________

8 y = x2
7
6
5
4
3
2
1

1 2 3

lorsque ƒ est une fonction


continue et non négative sur
[a, b] alors
b


a
ƒ(x) dx

correspond à l’aire sous la


courbe y = ƒ(x) au dessus de
l’axe des x entre x = a et x = b

rép: 9

André Lévesque 3-21


3.2 Somme intégrale et intégrale définie

Exercices 3.2

1. Calculer la somme intégrale de la fonction


1
utiliser la démarche de
ƒ(x) = x + 1 sur l’intervalle [0, 1]
l’exemple 3.2.1
en utilisant 4 sous-intervalles égaux et les points milieux des sous-
intervalles comme représentants.

2. Calculer la somme intégrale de la fonction


utiliser la démarche de g(x) = √
x sur l’intervalle [1, 4]
l’exemple 3.2.1
en utilisant 6 sous-intervalles égaux et les points supérieurs des
sous-intervalles comme représentants.

3. Évaluer
2 1
a)
0
∫ 3 dx d)
0
∫ (x2 + 2) dx
utiliser la démarche de 1 3

∫ ∫
l’exemple 3.2.2
b) x dx e) (1 - 4x) dx
0 1
3 3
c) ∫ (2x + 1) dx f) ∫ (3x2 - 2) dx
0 2

4. Montrer que
b
a) ∫
a
c dx = c(b - a) où c est une constante .

b
b2 a2
utiliser la démarche de
l’exemple 3.2.2
b) ∫ x dx = 2 - 2 .
a
b
b3 a3
c)
a
∫ x2 dx = 3 - 3 .

5. Calculer la distance exacte parcourue par l’escargot à la page 3-12


(problème 3.2.2) en utilisant les sommes intégrales.

André Lévesque 3-22


3.2 Somme intégrale et intégrale définie

6. Calculer le volume exact de la tente à la page 3-13 (problème 3.2.3)


en utilisant les sommes intégrales.

y = x2
7. Calculer l’aire de la région délimitée
par la courbe y = x2, l’axe des x et
les droites verticales x = 1 et x = 2.
(Utiliser les sommes intégrales)
1 2

8. Après t secondes, la vitesse d’un objet est de t 2 mètres par seconde.


Trouver la distance parcourue par l’objet dans l’intervalle [2,5].
(Utiliser les sommes intégrales)

diviser la hauteur en n sous-


intervalles égaux et former 9. Calculer le volume d’un cône dont 23 m
m

n disques le rayon est de 2 mètres et la hau-


teur est aussi de 2 mètres.
(le volume d’un disque de rayon
r et de hauteur h est πr2 h) (Utiliser les sommes intégrales) 23 mm

André Lévesque 3-23


3.2 Somme intégrale et intégrale définie

Réponses 3.2

1. 0,691
2. 4,91

3. a) 6 d) 2,33
b) 0,5 e) - 14
c) 12 f) 17

4.
5. 20 mm

6. 9 m3
7. 2,33

8. 39 m

9. 8,378 m3

André Lévesque 3-24


3.3 Le théorème fondamental du calcul

3.3 Le théorème fondamental du calcul


Les quelques problèmes que l’on a résolu à la section précédente mon-
trent à quel point il est difficile et long de calculer une intégrale définie.
Avant le XVII siècle, on était contraint à utiliser ces méthodes. Newton
et Leibniz ont découvert une façon simple de résoudre ce genre de
problème. Leur méthode utilise le lien profond qui existe entre
l’intégration et la dérivation. Cette section a pour objet l’exposé de
cette méthode.

Lorsqu’on a introduit la notion d’intégrale définie, on a supposé a < b.


Que se passe-t-il si b < a ou si b = a ?

b a a
définition 1.
a
∫ ƒ(x) dx = -
b
∫ ƒ(x) dx si
b
∫ ƒ(x) dx existe,

2.
a
∫ ƒ(x) dx = 0 si ƒ(a) existe.

b b

∫ ∫
propriétés de
l’intégrale définie 1 c ƒ(x) dx = c ƒ(x) dx où c∈R
a a
b b b

2. ∫
a
( ƒ(x) ± g(x) ) dx = ∫
a
ƒ(x) dx ±
a
∫ g(x) dx

b c b

3. ∫
a
ƒ(x) dx = ∫
a
ƒ(x) dx + ∫
c
ƒ(x) dx où a, b, c ∈ R

(pourvu que les trois intégrales existent)

b n
c ƒ(x) dx = n→ 0 ∑ c ƒ(ci) ∆xi
lim
démonstration 1. ∫
a i=1
 lim n 
propriétés de la sommation et = c ∑ ƒ(ci) ∆xi
des limites  n → 0 i=1 

b
par définition = c ∫ ƒ(x) dx
a

André Lévesque 3-25


3.3 Le théorème fondamental du calcul

b n
± g(x) )dx = n→ 0 ∑ ( ƒ(ci) ± g(ci) ) ∆xi
lim
2. ∫ ( ƒ(x)
a i=1

lim  
n n
= n → 0  ∑ ƒ(ci) ∆xi ± ∑ g(ci) ∆xi
propriété de la sommation  i=1 i=1 
n n
lim
= n→ 0 ∑ ƒ(ci) ∆xi ± n→ 0
lim
∑ g(ci) ∆xi
propriété de la limite i=1 i=1
b b
= ∫ ƒ(x) dx ± ∫ g(x) dx
a a

par définition (cette propriété se généralise à plusieurs fonctions)

3 a) Supposons d’abord que a < c < b.


a c b
b b

n→ 0 ∑
∫a ƒ(x) dx = lim ƒ(ci) ∆xi
a

lim  
c b
= n→ 0  ∑ ƒ(ci) ∆xi + ∑ ƒ(ci) ∆xi
 a c 
c b
= n → 0 ∑ ƒ(ci) ∆xi + n→ 0 ∑ ƒ(ci) ∆xi
lim lim
propriété de la limite a c
c b

= ∫ ƒ(x) dx + ∫ ƒ(x) dx .
a c
par définition

3 b) Supposons maintenant que a < b < c.


a
a b
c cb
c b c
en utilisant 3 a)
∫ f(x) dx = ∫ f(x) dx + ∫ f(x) dx
a a b
b c c

car si b < c ⇒ ∫ ƒ(x) dx = ∫ ƒ(x) dx - ∫ ƒ(x) dx


b c a a b

∫ ∫
c b
ƒ(x) dx = - ƒ(x) dx
c b = ∫ ƒ(x) dx + ∫ ƒ(x) dx .
a c

3 c) À démontrer: b < a < c ; b < c < a ; c < b < a ; c < a < b .

André Lévesque 3-26


3.3 Le théorème fondamental du calcul

Soit ƒ une fonction continue sur l’intervalle [a,b]. La valeur moyenne


1re application de µ de cette fonction sur l’intervalle [a,b] est donnée par
l’intégrale définie b
1
µ = b - a ∫ ƒ(x) dx
valeur moyenne d’une fonction
sur un intervalle
a
____________
démonstration Pour résoudre le problème, y = f(x)
on subdivise l’intervalle [a,b]
en n sous-intervalles égaux
puis, on considère la valeur
la plus grande de chaque
sous-intervalle. Soient
c1, c2, c3, c4, ... , ci ... , cn a c1 c2 c3 c4 ... c i ... c n = b

les n valeurs.

La valeur moyenne µ peut être approximée de la façon suivante.

ƒ(c1) + ƒ(c2) + ƒ(c3) + ƒ(c4) + ... + ƒ(ci) + ... + ƒ(cn)


µ ~
n
n
~ ∑ 1
ƒ(ci) n
i=1
b-a 1 ∆x i n
∆x i = ⇒ = ∆x
n n b-a
~ ∑ ƒ(ci) b - ia
i=1
pour obtenir la valeur exacte n
∆xi
de µ, on fait tendre le nombre de
sous-intervalles vers l’infini ⇒ µ =
lim
n → ∞
∑ ƒ(ci)
b-a
i=1
n
∆xi
lim
= n→ ∞
∑ ƒ(ci) b - a
i=1
propriété de la sommation et
1  lim 
propriété de la limite n
= b-a n→ ∞
∑ ƒ(ci) ∆xi
 i=1 
par définition b
1
et µ =
b - a a∫ ƒ(x) dx

Le résultat précédent est plus souvent utilisé sous la forme suivante.

théorème 3.3.1 Si ƒ est une fonction continue sur l’intervalle [a,b] alors il existe un
théorème de la moyenne nombre c dans [a,b] pour lequel
(pour l’intégrale) b
∫ ƒ(x) dx = ƒ(c) (b - a)
a

André Lévesque 3-27


3.3 Le théorème fondamental du calcul

démonstration Si m et M sont respectivement la plus petite et la plus grande valeur


de ƒ(x) sur [a,b] alors
m ≤ µ ≤ M
b
1
m ≤ b - a ∫ ƒ(x) dx ≤ M
a
ƒ(x) étant continue sur [a,b], elle prend toutes les valeurs comprises
entre m et M. On aura donc pour une certaine valeur de c (a ≤ c ≤ b)
µ = ƒ(c)
b
1
⇒ b - a a∫
ƒ(x) dx = ƒ(c) où a≤c≤b

b

a
∫ ƒ(x) dx = ƒ(c) (b - a) où a≤c≤b

exemple 3.3.1 Calculer la valeur moyenne µ de ƒ(x) = x2 sur [0,2].


____________
solution La valeur moyenne µ de ƒ(x) = x2
sur [0,2] est donnée par
b 2 f(x) = x2
1 1
b - a a∫ ƒ(x) dx = 2 - 0 0∫ x dx
2

par le résultat du #4 c),


1 2 3 03 
à la page 3-22 = 2  - 1,33
 3 3 
b
b3 a3
a
∫ x2 dx =
3
-
3
4
= 3 = 1,33
2

exemple 3.3.2 Calculer la valeur moyenne de ƒ(x) = 2x2 - 3x - 2 sur [-1,3].


(utiliser les propriétés de l’intégrale définie page 3-25 ainsi que les
trois résultats du # 4 à la page 3-22)
____________

rép: -0,33

André Lévesque 3-28


3.3 Le théorème fondamental du calcul

À l’aide du théorème fondamental du calcul on est maintenant en


mesure
a) d’établir le lien qui existe entre l’intégration et la dérivation,
b) de développer un moyen rapide pour calculer une intégrale
définie.

On a vu que si une fonction ƒ est continue sur [a,b] alors


b

a
∫ ƒ(x) dx
existe et correspond à un nombre réel. Si maintenant la borne supé-
rieure est variable
x
∫ ƒ(x) dx où x ∈ [a,b]
a
la valeur de l’intégrale variera en conséquence. L’intégrale définie sera
alors une fonction de sa borne supérieure. Supposons que F(x) est cette
fonction. (pour éviter toute confusion utilisons la lettre t comme va-
la valeur de l’intégrale définie ne riable d’intégration.
dépend pas de la variable x
d’intégration
b b b ∫ ƒ(t) dt = F(x) où x ∈ [a,b]
a
∫ ƒ(x) dx = a∫ ƒ(y) dy =a∫ ƒ(t) dt
a Déterminons la nature de F(x).

théorème 3.3.2 Soit ƒ(x) une fonction continue sur [a,b] et soit x une valeur de
théorème fondamental du l’intervalle.
calcul (première partie) x
Si F(x) =
a
∫ ƒ(t) dt alors F(x) est une primitive de ƒ(x).

démonstration Soit ƒ(x) une fonction continue sur [a,b] et x une valeur de
l’intervalle. Donnons à la variable x un accroissement ∆x positif
(figure 3.3.1) ou négatif.

On admettra facilement à partir de la remarque du haut que:


y = f(x)
x x + ∆x


a
ƒ(t) dt = F(x) et
a
∫ ƒ(t) dt = F(x + ∆x)

a x x+∆x b où F(x) est une fonction définie sur [a,b] .


x + ∆x x
figure 3.3.1 ⇒ F(x + ∆x) - F(x) = ∫ ƒ(t) dt - ∫ ƒ(t) dt
a a
x x + ∆x x
par une propriété de l’intégrale
définie
=
a
∫ ƒ(t) dt + ∫
x
ƒ(t) dt - ∫
a
ƒ(t) dt

André Lévesque 3-29


3.3 Le théorème fondamental du calcul

donc
x + ∆x
F(x + ∆x) - F(x) = ∫ ƒ(t) dt
x

Appliquons le théorème de la moyenne (théorème 3.3.1) à la dernière


b intégrale. On obtient

a
∫ ƒ(x) dx = f(c) (b - a) F(x + ∆x) - F(x) = ƒ(c)(x + ∆x - x)
où c ∈ [a,b] = ƒ(c) ∆x où c est entre x et x + ∆x

On divise chaque membre de l’équation par ∆x.


F(x + ∆x) - F(x)
∆x = ƒ(c)

Par conséquent lorsque ∆x → 0,

lim F(x + ∆x) - F(x) lim


∆x→ 0 ∆x = ∆x→ 0
ƒ(c)

Puisque c est entre x et x + ∆x alors c → x lorsque ∆x → 0,

lim F(x + ∆x) - F(x) lim


∆x = c→ x ƒ(c)
∆x→ 0
par définition de la dérivée
et ƒ est continue sur [a,b] F’(x) = ƒ(x)

On conclut que F(x) est une primitive de ƒ(x).

théorème 3.3.3 Si F(x) est une primitive de la fonction continue ƒ(x) sur [a, b] alors,
théorème fondamental du b
calcul (seconde partie)
a
∫ ƒ(x) dx = F(b) - F(a)

démonstration Par hypothèse F(x) est une primitive de ƒ(x) et d’après le théorème
précédent,
x

a
∫ ƒ(t) dt est aussi une primitive de ƒ(x).

On conclut que
deux primitives d’une même x
fonction diffèrent par une
constante ∫
a
ƒ(t) dt = F(x) + C

André Lévesque 3-30


3.3 Le théorème fondamental du calcul

L’égalité tient pour toute valeur de x alors


a

lorsque x = a on a,
a
∫ ƒ(t) dt = F(a) + C
par définition 0 = F(a) + C
C = - F(a)
b

lorsque x = b on a,
a
∫ ƒ(t) dt = F(b) + C

Puisque C = - F(a),
a
∫ ƒ(t) dt = F(b) - F(a)

En utilisant la variable x comme variable d’intégration on obtient,


b
cette formule est souvent appelée
formule de Newton-Leibniz
a
∫ ƒ(x) dx = F(b) - F(a)

-1
exemple 3.3.3 Effectuer ⌠  2 - 4x3 - 2 dx
⌡  x2 
-2
____________
solution 2
a) ⌠  2 - 4x3 - 2 dx =
⌡ x 
∫ ( 2x-2 - 4x3 - 2) dx

x-1 x4
= 2 - 4
-1 4 - 2x + C
2
= - x - x4 - 2x + C

2
condition nécessaire pour b) La fonction ƒ(x) = 2 - 4x3 - 2
appliquer la formule de x
Newton-Leibniz est continue sur R \ {0} donc elle est continue sur [-2,-1].

-1
-1
c) ⌠  2 - 4x3 - 2 dx =  - 2 - x4 - 2x + C 
⌡  x2   x  -2
-2
= ( 2 - 1 + 2 + C ) - ( 1 -16 + 4 + C)
il est inutile de tenir compte de la = 3 + C + 11 - C
constante C puisque de toute
façon, elle s’annule
= 14

André Lévesque 3-31


3.3 Le théorème fondamental du calcul

3
dt
exemple 3.3.4 Effectuer ∫
-3 36 + 4t2
____________

Soit ƒ une fonction continue sur [-a, a]

a) Si ƒ est une fonction paire


(ƒ(x) = ƒ(-x) ∨
– x)
alors
r r

-r
∫ ƒ(x) dx = 2 0∫ ƒ(x) dx
b) Si ƒ est une fonction impaire
(ƒ(x) = -ƒ(-x) ∨
– x)
alors
r

-r
∫ ƒ(x) dx = 0
rép: π/24

π/3
exemple 3.3.5 Effectuer ∫
0
x cos x dx
____________

π
√3 - 3
rép:
6

André Lévesque 3-32


3.3 Le théorème fondamental du calcul

changement des bornes Soit ƒ une fonction continue sur l’intervalle [a,b],
d’intégration lors d’un u = h(x) une fonction continue et dérivable sur l’intervalle [a,b] et
changement de variable g une fonction continue sur [h(a), h(b)].
Si ƒ(x) dx = g(h(x)) h’(x) dx sur [a,b]
b h(b)
alors ∫ ƒ(x) dx = ∫ g(u) du où u = h(x)
a h(a)

3
exemple 3.3.6 Effectuer
0
∫ √
9 - x2 dx
____________
solution x
x
Posons u = arcsin x (3) ⇒ sin u = 3
( ) est continue et
u =arcsin 3
1
⇒ cos u du = 3 dx
dérivable sur [0,3]

∫ 
√ 9 - x2 dx = ∫ (3 cos u) (3 cos u du)
= 9 ∫ cos2 u du

= 9⌠
1 + cos 2u
du
⌡ 2

9
= 2 ∫ 1 du + 29 ∫ cos 2u du
9 9  sin 2u
= u +
2 2 2  + C

9 9 2 sin u cos u
= 2u + 2 + C
 2 

sin u = x 9 9
23 = 2
u + 2 sin u cos u + C (1)

3
( ) + 29 x3 √
9 9-x 2
x = 2 arcsin x3 
u
3 
9 - x2
9
= 2 ( ) + 12 x√
arcsin x3 9 - x2 + C (2)

André Lévesque 3-33


3.3 Le théorème fondamental du calcul

La fonction f(x) = √

9 - x2 est continue sur [-3, 3]; elle est donc
continue sur [0,3].
3
évaluation de l’intégrale définie 3
en utilisant la primitive sous la
forme (2)

0
∫ 
√ 9 - x2 dx =  2 arcsin x3

9
()1
+ 2 x√ 9 - x2
  0
9 9
=  arcsin 1 -  arcsin 0 
 2  2 
9π 9
= 2  2  - 2 (0)

= 4

Il est possible d’intégrer en laissant la primitive exprimée à l’aide de la


variable u. Dans ce cas les bornes d’intégration deviennent
évaluation de l’intégrale définie
en utilisant la primitive sous la (0)
x = 0 ⇒ u = arcsin 3 = arcsin 0
forme (1)
⇒ u=0

()
x = 3 ⇒ u = arcsin 3 = arcsin 1
3
π
⇒ u=
2
donc

3 π/2
9
∫ √
9 - x2 dx = 2 0∫ 1 + cos 2u du
0

La fonction g(u) = 1 + cos 2u est continue sur l’ensemble des réels;


elle est donc continue sur [0, π/2].
π/2
=  u + 2 sin u cos u 
9 9
 2  0

=  9  π  + 9 (1) (0)  -  9 (0) + 9 (0) (1) 


 2 2  2   2 2 


= 4 .

André Lévesque 3-34


3.3 Le théorème fondamental du calcul

Exercices 3.3
utiliser la définition ainsi que les 1. Si ƒ et g sont deux fonctions continues telles que
propriétés de l’intégrale définie 2 5 5
(page 3-25)

1
∫ ƒ(x) dx = 3 , ∫
1
ƒ(x) dx = 2 , ∫
1
g(x) dx = 1 alors évaluer:

5 5 5
ƒ(x) + g(x)
a) ∫ g(x) dx c) ∫ 5 dx e) ∫ ƒ(x) dx
5 1 2
1 5
b) ∫
2
4ƒ(x) dx d) ∫ (3ƒ(t) - 2g(t)) dt
1

utiliser la définition ainsi que les 2. Si ƒ est une fonction continue telle que
propriétés de l’intégrale définie
(page 3-25) c b c

a
∫ ƒ(x) dx = b et ∫
a
ƒ(x) dx = c alors évaluer
b
∫ (aƒ(t) - b) dt

il est important de toujours 3. Effectuer chacune des intégrales.


vérifier que l’intégrande soit
continue sur l’intervalle -1 π/3

∫-3  x12 - x13 dx ∫ dx


d’intégration
a) h) 1 - sin x
0
4 1
dx
b)
0
∫ 
√ 9 - 2x
i)
0
∫ ln(y2 + 1) dy

2 π/2
dx
c) ∫ x2 + 4
j) ∫ sin3y cos3y dy
-2 0
π/3 2
dy dx
d) ∫ sin2y
k) ∫ x2 - 9
π/6 -1
-1 π/4
e) ∫-2 9x2 +dx6x + 1 l) ∫ sec4θ dθ
0

π/2 2

f) ∫ sin2 x dx m) ∫ x3ex2 dx
-π/4 0
2 π/3
x3
g) ∫ x + 1 dx n) ∫ sin4x cotg2x dx
0 π/6

André Lévesque 3-35


3.3 Le théorème fondamental du calcul

si vous faites un changement de 4. Effectuer chacune des intégrales.


variable, effectuer le changement
de bornes 4 -1
dx dx
a) ∫ 2+√

d) ∫
-1 5+x -2

√ (x2 + 4x + 5) 3
2 1
dx
b) ∫ e) ∫ x2 √

4 - x2 dx
-2 
√ 4 + x2 -1

1 4 4
√ x dx
∫ √
16 - x2
c) ∫ 1+√ x
f)
x2
dx
0 2

5. Quelle est la valeur moyenne des fonctions suivantes sur


l'intervalle indiqué.

a) ƒ(x) = x2 sur [-1, 3] d) ƒ(x) = √



4 - x2 sur [-2, 2]

b) ƒ(x) = ln x sur [1, e] e) ƒ(x) =arctg x sur [0, 1]


1
c) ƒ(x) = sur [2, 3]
x + x2

6. La population du Mexique peut être modélisée à l'aide de la


fonction suivante
P = 67,38 (1.026)t
où P est en millions d'habitants et t en années depuis 1980. Utilisez
cette fonction pour prédire la valeur moyenne de la population du
Mexique entre les années 2000 et 2020.

7. Une barre de métal se refroidit, passant de 1000˚C à la température


ambiante, soit 20˚C. La température T de la barre, t minutes après
qu'elle commence à refroidir, est donnée en degrés Celcius par
T = 20 + 980e-0,1t
Trouver la valeur moyenne de la température durant la première
heure.

8. Le nombre d'heures H où il fait jour à Madrid en fonction de la


date est calculé approximativement par la formule
H = 12 + 2,4 sin(0,0172(t - 80))
où t est le nombre de jours depuis le début de l'année. Trouver le
nombre d'heures moyen où il fait jour à Madrid en janvier.

André Lévesque 3-36


3.3 Le théorème fondamental du calcul

Réponses 3.3

1. a) 0 c) 3/5 e) -1
b) -12 d) 4

2. (b - c)(a + b)

10
3. a) h) 1+ √
3
9
π
b) 2 i) 2 - 2 + ln 2
π 1
c) 4 j) 12
2√3 1 1 1
d) 3 k) 6 ln 10 ou - 6 ln 10
1 4
e) 10 l) 3
3π - 2 e2 + 1
f) 8 m) 2
8 - 3 ln 3 2π + 3√ 3
g) 3 n) 96

4. a)
4
2 + 4 ln 5 d) √ 2
2

  2 + 1
ln √
4π - 3 √
3
b)  = 2 ln(√ 2 + 1) e) 6
√2 - 1

c)
3π - 8
f) 3 - π
3√
3 3

7 9 π ln 2
5. a) 3 c) ln 8 e) 4 - 2
1 π
b) e-1 d) 2

6. environ 147 millions d'habitants

7. 183˚C

8. 9,9 heures

André Lévesque 3-37


3.4 Intégrales impropres

3.4 Intégrales impropres


Jusqu’à maintenant seule l’intégration de fonctions continues sur des
intervalles finis ont été considérées. La formule de Newton-Leibniz
s’applique seulement si ces conditions sont satisfaites. Nous verrons
dans cette section comment contourner la difficulté lorsqu’elle se
présente.

b
intégrale impropre L’intégrale définie ∫ ƒ(x) dx est une intégrale impropre si
a
a) ƒ(x) possède au moins un point de discontinuité sur [a,b] et/ou,
b) au moins une des bornes d’intégration est infinie.

exemple 3.4.1 Lesquelles parmi ces intégrales sont des intégrales impropres ?
____________
5 1 3 2

a)
1
∫ dx
x-2 b)
0
∫  r dr
√ c) ∫
1 √
1

t-1
dt d) ∫
-∞
1
x dx

intégrande discontinue sur Soit ƒ une fonction continue sur [a,b]


l’intervalle d’intégration
a) sauf à droite en a, on définit
b b
lim
a
∫ ƒ(x) dx = t → a + ∫ ƒ(x) dx
t
( si la limite existe dans R)

b) sauf à gauche en b, on définit


b t
lim
∫ ƒ(x) dx =
t → b- a
∫ ƒ(x) dx ( si la limite existe dans R)
a

c) sauf en c ∈ ]a, b[, on définit


b c b

a
∫ ƒ(x) dx = ∫
a
ƒ(x) dx +
c
∫ ƒ(x) dx
t b
lim lim
= t → c - ∫ ƒ(x) dx + t → c + ∫ ƒ(x) dx
a t
(pourvu que les limites existent dans R)
intégrale convergente et
intégrale divergente L’intégrale est dite convergente lorsque la limite du second membre
existe dans R, et divergente dans le cas contraire.

André Lévesque 3-38


3.4 Intégrales impropres

3
dx
exemple 3.4.2 Effectuer ∫
0 
√ 9 - x2
____________
solution 1
ƒ(x) = est continue sur [0,3] sauf à gauche en x = 3.
√
 9 - x2

⌠ dx x
⌡ = arcsin   + C

√ 9- x2  3
3 t
dx lim dx
⇒ ∫ = t → 3- ∫
0 
√ 9 - x2 0 √ 
9 - x2
lim  xt
= arcsin
t → 3-  30
lim  t
= arcsin 3 - arcsin 0
t → 3-  
= arcsin 1- - arcsin 0
arcsin 1- = π/2
arcsin 0 = 0 π
= 2

4
dx
exemple 3.4.3 Effectuer ∫ (x - 2)2
0
____________

si on n’avait pas tenu compte de


la discontinuité au point x = 2
quelle aurait été la réponse du
problème?

montrer à l’aide des sommes


intégrales que ce résultat est
impossible!

rép: diverge (∞)

André Lévesque 3-39


3.4 Intégrales impropres

1
exemple 3.4.4 Effectuer
0
∫ ln x dx
____________

rép:-1

borne(s) infinie(s) Soit ƒ une fonction continue

a) sur [a, ∞[ , on définit


∞ t
lim
a
∫ ƒ(x) dx = t → ∞ ∫ ƒ(x) dx
a
( si la limite existe dans R)

b) sur ]-∞, b] , on définit


b b

∫ ƒ(x) dx = lim
t→-∞ t ∫ ƒ(x) dx ( si la limite existe dans R)
-∞

c) sur R, on définit
∞ c ∞
on utilisera la valeur c = 0
lorsque le problème le permet
∫ ƒ(x) dx = ∫ ƒ(x) dx + ∫ ƒ(x) dx ( où c ∈ R )
-∞ -∞ c
c t
lim lim
= t→-∞ ∫ ƒ(x) dx + t → ∞ ∫ ƒ(x) dx
t c
(pourvu que les limites existent dans R)

L’intégrale est dite convergente lorsque les limites du second membre


existent dans R, et divergente dans le cas contraire.

André Lévesque 3-40


3.4 Intégrales impropres


dx
exemple 3.4.5 Effectuer ∫ x2
2
____________
1
solution ƒ(x) = 2 est continue sur R \ {0} donc continue sur [2, ∞[ .
x

⌠ dx = - 1 + C
⌡ x2 x
∞ t
dx dx
⇒ ∫ x2 t → ∞ ∫ x2
= lim
2 2
t
= lim - 1 
t→∞  x
2

= lim  - 1 + 1
t→∞  t 2
1
= 2

1
dx
exemple 3.4.6 Effectuer ∫
-∞ 1 + x2
____________

rép: 3π/4

André Lévesque 3-41


3.4 Intégrales impropres


exemple 3.4.7 Effectuer ∫
-∞
xex dx
____________

rép: diverge (∞)


dx
exemple 3.4.8 Effectuer
0
∫  x (x + 4)

____________

rép:π/2

André Lévesque 3-42


3.4 Intégrales impropres

Exercices 3.4
Effectuer chacune des intégrales.
1 ∞
dx dx
1. ∫ x3
13. ∫ (x2 - 1)
0 1
4 2

∫0 √
dx 9 - x2
2.
0
∫ 
√ 4-x
14.
x2
dx

2 ∞
dx dx
3. ∫ (x - 1)
2 15. ∫ ex + e-x
0 -∞
π/4 -1/2
sec2x dx
4. ∫ 

dx 16. ∫
0 tg x -1 x√

4x2 - 1
2 ∞
dx dx
5. ∫ 17. ∫ x√

-2 √
 4 - x2 3 x-1
π/2 ∞
6. ∫ sec x dx 18. ∫ 2
xe-x dx
π/4 -∞
∞ 2
dx dx
7. ∫ ex/2
19. ∫
0 1 x2 √

4 - x2
3 e
dx
8. ∫ √
7-x
20. ∫ x ln x dx
-∞ 0
∞ ∞
9. ∫2 x dxln2x
21. ∫ dx
x(x + 1)
0
∞ ∞
dx
10. ∫ 1 + x2
22. ∫ e-x sin x dx
-∞ 0
0 ∞
ln x
11. ∫ xex dx 23. ∫ x2
dx
-∞ 1
π/2 π/2
cos x
12. ∫ 
√ 1 - sin x
dx 24. ∫ (sec x tg x - sec2 x) dx
0 0

André Lévesque 3-43


3.4 Intégrales impropres

Réponses 3.4

1. diverge 13. diverge

2. 4 14. diverge
π
3. diverge 15. 2

π
4. 2 16. -3

5. π 17. π - 2arctg √
2

6. diverge 18. 0

√ 3
7. 2 19. 4
e2
8. diverge 20. 4

1
9. ln 2 21. diverge

1
10. π 22. 2

11. -1 23. 1

12. 2 24. -1

André Lévesque 3-44


3.5 Calcul d’aires

3.5 Calcul d’aires


Les applications de l’intégrale se retrouvent dans une multitude de do-
maines. La physique est sûrement la discipline qui utilise le plus ce
concept. De nos jours on retrouve des applications de l’intégrale aussi
bien dans des domaines scientifiques (physique, chimie, biologie, ...)
que dans des domaines tels l’administration , l’économie, la sociologie,
la psychologie ...
Le champ des applications de l’intégrale est énorme. Le cours n’a pas
pour but de couvrir d’une façon exhaustive l’ensemble des possibilités
de ce concept. On se contentera d’applications de nature strictement
mathématique en laissant aux autres disciplines le soin de de compléter
le travail.

calcul de l’aire entre Soit ƒ et g deux fonctions continues sur l’intervalle [a,b]. Si on a
deux courbes ƒ(x) ≥ g(x) pour toute valeur dans l’intervalle [a,b] alors l’aire de la
région bornée par les deux courbes entre x = a et x = b est donnée par
(découpage vertical)
x=b

x=a
∫ h(x) dx où h(x) = ƒ(x) - g(x)

Essayons d’approximer l’aire de la région en question (figure 3.5.1) à


l’aide d’une somme intégrale. Pour cela,
y = f(x) - subdivisons d’abord l’intervalle [a,b] en n sous-intervalles
égaux de longueur ∆x1, ∆x2, ∆x3, ∆x4, .... , ∆xn ;
- considérons ensuite la valeur la plus grande de chaque sous-
intervalle, soient x1, x2, x3, x4, .... , xn les n valeurs ;
- construisons dans chaque sous-intervalle, un rectangle ayant
y = g(x) pour hauteur et pour base:
hauteur base
a b
figure 3.5.1 h(x1) = f(x1) - g(x1) ∆x1
h(x2) = f(x2) - g(x2) ∆x2
h(x3) = f(x3) - g(x3) ∆x3
h(x4) = f(x4) - g(x4) ∆x4 etc ...

On obtient le découpage vertical ci-dessous.

y = f(x)

h( x i) = f ( x i) - g( x i)

y = g(x) ∆ xi

aaa x1 x2x3x4x5 xi-1xi xn-1b

figure 3.5.2

André Lévesque 3-45


3.5 Calcul d’aires

En additionnant l’aire des rectangles on obtient une approximation de


l’aire A cherchée.
A ~ h(x1) ∆x1 + h(x2) ∆x2 + h(x3) ∆x3 + ... + h(xn) ∆xn
n
~ ∑ h(xi) ∆xi où h(xi) = ƒ(xi) - g(xi)
i=1
L’aire exacte est donnée par
n

A = n→∞
lim

i=1
h(xi) ∆xi
n
puisque les ∆xi sont égaux lim
= max ∆x → 0
i

i=1
h(xi) ∆xi
b
par définition
= ∫
a
h(x) dx où h(x) = ƒ(x) - g(x)

exemple 3.5.1 Calculer l’aire de la région bornée par les courbes d’équations
y = x2 et y = 2x.
____________
solution
On trace d’abord les deux courbes puis, on détermine les points
d’intersection des courbes. Il suffit pour cela de résoudre le système
formé des équations y = x2 et y = 2x.
y = x2
(2
( 2,( 2
,(42
4),( y = x2 et y = 2x ⇒ x2 = 2x ⇒ x2 - 2x = 0 ⇒ x(x - 2) = 0
⇒ x = 0 ou x = 2
∆ xi
2xi Les courbes se coupent aux points (0,0) et (2,4).
x i2 Une fois la région délimitée, on trace un petit rectangle de base ∆x i
(découpage vertical). La hauteur de ce rectangle est égale à l’ordonnée
xi en xi de la courbe supérieure moins l’ordonnée en xi de la courbe
y y=y=
y2y
==
y
x
2
inférieure (figure 3.5.3).
figure 3.5.3
h(xi) = ysupérieur - yinférieur
= 2xi - xi 2
L’aire du rectangle est (2x i - xi2) ∆xi et celle de la région entière
n

A = n→∞
lim

i=1
(2xi - xi2) ∆xi

x=2

= ∫ (2x - x2) dx
x=0

x3 2
=  x2 - 3 
0
8 4
= 4- 3 = 3

André Lévesque 3-46


3.5 Calcul d’aires

exemple 3.5.2 Calculer l’aire de la région bornée par les courbes d’équations

y = -x2 + 4x - 3, y = 0 et x = 0.
____________

4
rép:
3

exemple 3.5.3 Calculer l’aire de la région bornée par les courbes d’équations

y = x3 et y = x.
____________

1
rép:
2

André Lévesque 3-47


3.5 Calcul d’aires

Il existe une seconde façon d’obtenir l’aire entre les deux courbes. Au
lieu d’utiliser un découpage vertical, on utilise un découpage horizon-
tal. Toutes les données doivent au préalable être exprimées en fonction
de la variable y.

calcul de l’aire entre Soit q et p deux fonctions continues sur l’intervalle [c,d]. Si on a
deux courbes q(y) ≥ p(y) pour toute valeur dans l’intervalle [c,d] alors l’aire de la
région bornée par les deux courbes entre y = c et y = d est donnée par
(découpage horizontal)
y=d

y=c
∫ h(y) dy où h(y) = q(y) - p(y)

On approxime l’aire de la région (figure 3.5.4) à l’aide d’une somme


intégrale en y. Pour cela,
d
x = p(y) - on subdivise l’intervalle [c,d] en n sous-intervalles égaux de
longueur ∆y1, ∆y2, ∆y3, ∆y4, .... , ∆yn ;
- on considère la valeur la plus grande de chaque sous-intervalle,
x = q(y) soient y1, y2, y3, y4, .... , yn les n valeurs ;
c - on construit dans chaque sous-intervalle, un rectangle ayant
pour hauteur et pour base:
hauteur base
figure 3.5.4
h(y1) = q(y1) - p(y1) ∆y1
h(y2) = q(y2) - p(y2) ∆y2
h(y3) = q(y3) - p(y3) ∆y3
h(y4) = q(y4) - p(y4) ∆y4 etc ...

Cette fois les n rectangles sont empilés les uns sur les autres. La
hauteur de chaque rectangle est h(y i) = q(yi) - p(yi) et la base ∆yi .

x = p(y)
d
h(yi) = q(yi) - p(yi)
x = q(y)
yi
∆ yi

p(yi) q(yi)
figure 3.5.5

L’addition de l’aire des rectangles donnera une approximation de l’aire


cherchée; lorsque le nombre de sous-intervalles augmente vers l’infini,
on aura
y=d

A =
y=c
∫ h(y) dy où h(y) = q(y) - p(y)

André Lévesque 3-48


3.5 Calcul d’aires

exemple 3.5.4 Calculer l’aire de la région bornée par les courbes d’équations
y = x2 et y = 2x.
____________
solution
Le problème est le même que celui de l’exemple 3.5.1. Cette fois on le
résout à l’aide d’un découpage horizontal. On trace un petit rectangle
de base ∆yi (figure 3.5.6). La hauteur de ce rectangle est égale à
y = x2 l’abscisse en yi de la courbe supérieure moins l’abscisse en yi de la
(2
( 2,( 2
,(42
4),( courbe inférieure.
h(yi) = xsupérieur - xinférieur
yi
= yi
√ - 2
yi ∆ yi
y
L’aire du rectangle est ( √yi - 2i) ∆yi ,
yyii y
// 2i yyi i
y y=y=
y2y
==
y
x
2
2 et celle de la région entière


figure 3.5.6 n
lim √ yi
A = n→∞ yi - 2  ∆yi
i=1
 

y=4

= ⌠ √ y
 y - 2 dy
⌡  
y=0

=  2 y3/2 - y2 4
3 40

2 3 42
= 3 (√
 4) - 4

16
= 3 - 4
4
= 3

La réponse est bien la même que celle de l’exemple 3.5.1. On remarque


par ailleurs que la solution de l’exemple 3.5.1 est sensiblement plus
courte que celle de l’exemple 3.5.4. Dans les problèmes qui suivront, à
moins d’avis contraire, on choisira la méthode qui semble la plus facile
à calculer.

André Lévesque 3-49


3.5 Calcul d’aires

exemple 3.5.5 Calculer l’aire de la région bornée par les courbes d’équations
y2 = x et y = x - 2 .
a) Utiliser un découpage horizontal.
b) Utiliser un découpage vertical.
____________
solution

y2 = x

y = x - 2

figure 3.5.7

y2 = x

y = x - 2

figure 3.5.8

2 1 4
rép: a) ∫ ((y + 2) - y2 ) dy
-1
; b)
0
∫ (√ x - (- √ x)) dx + 1∫ (√ x - (x - 2)) dx ;
9
2

André Lévesque 3-50


3.5 Calcul d’aires

exemple 3.5.6 Calculer l’aire de la région bornée par les courbes d’équations
y2 = x + 2 et y2 = 2x.
____________

16
rép:
3

exemple 3.5.7 Calculer l’aire de l'ellipse d'équation 4x 2 + y2 = 4 ;


____________

4x2 + y2 = 4

figure 3.5.9

rép: 2π

André Lévesque 3-51


3.5 Calcul d’aires

exemple 3.5.8 Calculer l’aire de la région bornée par la courbe d’équation y = 2√


 x,
la droite tangente à cette courbe au point x = 1 et l’axe des x.
____________
solution

y = 2x x
1

figure 3.5.10

2
rép:
3

exemple 3.5.9 Sachant que l’aire de la région bornée par les courbes d’équations
y = x2 et y = cx3 (c > 0) est 2/3, on demande de calculer la valeur de c.
____________
solution

y = x2

aire = 2/3
3
y = cx

figure 3.5.11

1
rép:
2

André Lévesque 3-52


3.5 Calcul d’aires

Exercices 3.5

déterminer graphiquement 1. Calculer l’aire de la région bornée par les courbes suivantes:
chacune des régions puis,
résoudre en utilisant un a) y = 2x - x2 , y = 0 ;
découpage vertical
b) y = x2 - 3 , y = x - 1 ;
1
c) y = x , y = 0 , entre x = -1 et x = -2 ;

d) y = ex , y = 2 , x = 0 ;

e) y = x3 - x , y = 0 .

déterminer graphiquement 2. Calculer l’aire de la région bornée par les courbes suivantes:
chacune des régions puis,
résoudre en utilisant un a) x = y2 - 1 , x = 0 ;
découpage horizontal
b) y=√
x , x = 4 , y = 0 ;

c) y2 = 2x , x - y = 4 ;
2
d) y=x, y=3-x;

e) x - 4y + 4 = 0 , x - y - 2 = 0 , x = 0 , y = 0 .

déterminer graphiquement 3. Calculer l’aire de la région bornée par les courbes suivantes:
chacune des régions puis,
résoudre en utilisant d'abord un
découpage vertical a) y = x2 , y = 4 ;
et ensuite un
découpage horizontal b) x = y2 , y = 3 , x = 0 ;
c) y = ln x , y = -1 , x = 1 ;

d) y = arctg x , x = 1 , y = 0 ;

e) x2 = 8y , y2 = x .

4. Calculer l’aire à l’intérieur

a) du cercle d’équation x2 + y2 = 4 ;
x2 y2
b) de l’ellipse d’équation
4 + 9 = 1.

André Lévesque 3-53


3.5 Calcul d’aires

5. Calculer l’aire des régions hachurées.

a) b)

y = 7 - 3x

y 2 = x2 (1 - x)

y = 42
x

c) d)

y=-x-3

y = 4x3

y = 3x - 1

x = y2 - 9

e) f)

y == cos
c osx x
(2, 4)

(-1,1)
(-1,1
(-1,
(-1
(-(

y =ysy=yin(
y=sin
y=y=sin
2y=
sin
y=
sin
2x
xy=si
y=
2s)
(1, -1)

André Lévesque 3-54


3.5 Calcul d’aires

6. La région délimitée par les courbes de y = 1/x2 , l’axe des x et les


droites x = 1 et x = 2 est partagée en deux régions de même aire
par la droite d’équation x = c. Quelle est la valeur de c?

7. Trouver la valeur de c telle que la droite d’équation y = c divise


en deux régions d’aires égales le triangle borné par les droites
d’équations y = 2x, y = 0 et x = 1.

8. La région bornée par les courbes d’équations y = x - x2 et y = ax


(a < 0) a une aire de 9/2. Quelle est la valeur de a ?

9. Calculer si possible l’aire des régions hachurées non bornées.


a) b)

y = x2 ee--x
-xx

y = ln x

10. Calculer l’aire de la région bornée par la courbe d’équation


y = x2 , la droite tangente à cette courbe en x = 2 et l’axe des y.

11. Calculer l’aire de la région bornée par la courbe d’équation y = x3


et la droite tangente à cette courbe en x = 1.

12. Calculer l’aire de la région bornée par la courbe d’équation


y = 4 - x2 la droite tangente à cette courbe au point x = 1 et la
droite
a) x = 0 (utiliser un découpage vertical)
b) y = 0 (utiliser un découpage horizontal)

André Lévesque 3-55


3.5 Calcul d’aires

y=3

13. Calculer l’aire de la région


bornée par les courbes
x = -2
y = ex, la droite tangente à
utiliser
cette courbe en x = 0 et
un découpage vertical en a) a) la droite x = -2, y = ex
un découpage horizontal en b) b) la droite y = 3.

y = x2

14. Calculer l’aire de la région


bornée par la courbe
d’équation y = x2 et les
deux droites tangentes à
cette courbe en x = 1 et en
x = -2. -2 1

x = c
-x
15. Déterminer c pour que les y= e
régions R1 et R2 aient R1 y=1

a) des aires égales,


b) une aire totale minimale.
R2

André Lévesque 3-56


3.5 Calcul d’aires

Réponses 3.5

1. a)
0
∫ 4
(2x - x2) dx = 3
2

b) ∫-1 ((x - 1) - (x2 - 3)) dx = 29


-1
c) ⌠ (- 1x) dx = ln 2

-2
ln 2

d) ∫
0
(2 - ex) dx = 2ln 2 - 1

0 1

e) ∫-1 (x3 - x) dx + 0∫ (- (x3 - x)) dx = 21


1

2. a) ∫-1 (- (y2 - 1)) dy = 34


2

b)
0
∫ 16
(4 - y2) dy = 3

4
⌠ y2
c)

( (4 + y) - 2 ) dy = 18
-2
2
d) ⌠ ( (3 - y) 2 3
- y ) dy = 2 - 2 ln 2

1
1 2

e) ∫ (y + 2) dy + 1∫ ((y + 2) - (4y - 4)) dy = 4


0

3. a) V ∫-2 (4 - x2) dx = 323


4

H ∫0 2√ y dy = 323

André Lévesque 3-57


3.5 Calcul d’aires

b) V
0
∫ (3 - √x) dx = 9
3

H ∫0 y2 dy = 9
1

c) V ∫
1/e
( ln x - (-1)) dx = e1
0

H ∫-1 (1 - ey) dy = e1
1

d) V ∫0 arctg x dx = 4π - ln √ 2
π/4

H ∫0 (1 - tg y ) dy = 4π - ln √ 2
4
⌠ ( x - x2) dx = 8
⌡ √
e) V 8 3
0
2

H ∫0 (√8y - y2) dy = 38
4. a) 4π b) 6π

8 1
5. a) 15 b) 2
27 32
c) 16 d) 3
1
e) 2 f) 6

4
6. 3

7. 2-√
2
8. -2
5
9. a) 1 b) e
8
10.
3

André Lévesque 3-58


3.5 Calcul d’aires

27
11. 4
1

12. a) ∫0 ( (-2x + 5) - (4 - x2) ) dx = 31


3
b) ⌠ (5 - y - √ 7
4 - y ) dy = 12

⌡ 2
0

1
13. a) 1- 2 b) 4 - 3 ln 3
e
9
14. 4

15. a) 1 b) - ln ()1
2
ou ln 2

André Lévesque 3-59


3.6 Calcul du volume d’un solide de révolution

3.6 Calcul du volume d’un solide de révolution


À la section précédente nous avons utilisé l’intégrale pour obtenir l’aire
d’une région bornée par deux courbes. Dans cette section nous allons
l’utiliser pour obtenir la mesure d’un volume.

Imaginons que l’on fasse tourner une région autour d’une droite fixe
(appelée axe de rotation) . Chaque point de la région décrira une orbite
circulaire délimitant un solide de révolution.

y = x2 y = x2

-1 2 -1 2

figure 3.6.1 figure 3.6.2


Rotation autour de l’axe des x de la Solide de révolution correspondant.
région bornée par les courbes d’équations:
y = x 2 , y = 0 entre x = -1 et x = 2.

Dans la plupart des cas, il est possible de calculer le volume d’un solide
de révolution en faisant appel au calcul intégral. Nous verrons deux
façons de le faire:
a) la méthode du disque,
b) la méthode des enveloppes cylindriques.
a) la méthode du disque Avant d’entreprendre cette étude, rappelons d’abord deux formules de
la géométrie élémentaire.

r Le volume V d’un disque de rayon r et de


hauteur h est donné par la formule:
h
V = πr2h

Dans le cas d’un disque troué de rayons R


r R
et r et de hauteur h, le volume V devient:
h V = πR2h - πr2h
= π(R2 - r2)h

André Lévesque 3-60


3.6 Calcul du volume d’un solide de révolution

calcul du volume d’un Soit ƒ et g deux fonctions continues sur l’intervalle [a,b]. Si pour
solide de révolution toute valeur de l’intervalle [a,b] on a ƒ(x) ≥ g(x) ≥ c alors le volume
V du solide de révolution engendré par la rotation autour de la droite
(méthode du disque) y = c de la région bornée par les deux courbes entre x = a et x = b
(figure 3.6.3) est donné par
x=b

V= ∫
x=a
2
π ( ( ƒ(x) - c ) - ( g(x) - c )
2
) dx

Pour approximer le volume en question, utilisons une somme intégrale


y = f(x)
comportant un découpage vertical.

- subdivisons l’intervalle [a,b] en n sous-intervalles égaux de


longueur: ∆x1, ∆x2, ∆x3, ... , ∆xi, ... , ∆xn ;
y = g(x)
- prenons comme représentant, la valeur la plus grande de chaque
y y= =
cc sous-intervalle: x1, x2, x3, ... , xi, ... , xn ;
- construisons dans chaque sous-intervalle un rectangle ayant une
base ∆xi et une hauteur ƒ(xi) - g(xi ) ; (figure 3.6.4)
x =a x =b - faisons faire une rotation à ces rectangles autour de la droite y = c,
on obtient n disques troués ; (figure 3.6.5)
figure 3.6.3

y = f(x) f(x i) ∆x i

y = g(x)
x1x2x3x4x5 xi
yy==cc
g(x i)

xi
x =a x =b c

figure 3.6.4

figure 3.6.5

le volume du i ième disque troué est


Vi = π (Ri2 - ri2) hi
Ri = ƒ(xi ) - c
ri = g(xi ) - c Vi = π (( ƒ(xi) - c)2 - ( g(xi) - c)2) ∆xi
hi = ∆xi

André Lévesque 3-61


3.6 Calcul du volume d’un solide de révolution

- en additionnant les volumes des n disques troués, on obtient une


approximation du volume cherché.
n

V ~ ∑
i=1
π ( ( ƒ(xi) - c )2- ( g(xi) - c)2) ∆x i

V = n→∞
lim

i=1
π ( ( ƒ(xi) - c)2- ( g(xi) - c )2) ∆x i

ƒ et g sont continues sur [a,b],


on peut donc utiliser le théorème x=b
fondamental du calcul
V = ∫
x=a
2
π ( ( ƒ(x) - c ) - ( g(x) - c )
2
) dx

y = f(x) Si pour toute valeur de l’intervalle [a,b] on a ƒ(x) ≥ g(x) = c, c’est-à-


dire si la fonction g correspond à l’axe de rotation sur l’intervalle [a,b]
f(xi)
(figure 3.6.6), la somme intégrale sera constituée de disques non troués
et le volume deviendra
x=b


y = g(x)= c
xi V = π ( ƒ(x) - c )2 dx
x=a

x =a x =b Si pour toute valeur de l’intervalle [a,b] on a ƒ(x) ≤ g(x) ≤ c, c’est-à-


dire si la région se trouve sous l’axe de rotation sur l’intervalle [a,b]
figure 3.6.6 (figure 3.6.7), la mesure des rayons se trouve inversée et le volume
devient
x =b
x=b
x =a
V = ∫
x=a
2
π ( ( c - ƒ(x) ) - ( c - g(x) )
2
) dx

xi
c Lorsque l’axe de rotation traverse la région, la solution du problème
y =c dépend du cas considéré. Nous aurons l’occasion d’étudier quelques
y = g(x) exemples de problèmes reliés à cette situation.
g(x
f(xi)
Évidemment la rotation pourra se faire autour d’un axe vertical. Dans
g(x
f(xi)i)
ce cas la méthode du disque exige un découpage horizontal. On solu-
y = f(x) tionne ce genre de problème en utilisant les mêmes règles que pour un
découpage vertical. Nous verrons un peu plus loin plusieurs exemples
figure 3.6.7 de problèmes utilisant un découpage horizontal.

La méthode du disque utilise toujours


un découpage perpendiculaire à l’axe de rotation.

André Lévesque 3-62


3.6 Calcul du volume d’un solide de révolution

exemple 3.6.1 Trouver le volume engendré par la rotation de la région bornée par les
courbes d’équations y = x2 , y = 0 , x = 2
a) autour de l’axe des x,
____________

Pour obtenir le volume du solide de révolution en utilisant la


méthode du disque, considérons une somme intégrale qui
y = x2 utilise un découpage vertical.
Traçons dans la région hachurée un rectangle vertical.
Lorsque ce rectangle tourne autour de l’axe des x, il
engendre un disque. Le volume de ce disque (non troué)
est
 ri = xi2
x i2 Vi = π ri2hi où 
 hi = ∆xi

xi Vi = π (xi2)2 ∆xi
n
∆x i x=2 ⇒ V = n→∞
lim
∑ π (xi2)2 ∆xi
figure 3.6.8 i=1

x=2

V = ∫
x=0

πx 5 2
π x4 dx =  5  = 5
0
32π

b) autour de la droite y = 4,
____________

∆xi
2
y=x

y=4

xi 2

xi

x=2

figure 3.6.9

224π
rép:
15

André Lévesque 3-63


3.6 Calcul du volume d’un solide de révolution

c) autour de l’axe des y,


____________

y = x2

yi ∆y i

yi

x=2
figure 3.6.10

rép: 8π

d) autour de la droite x= 2.
____________

y = x2

yi ∆y i

yi

x=2
figure 3.6.11


rép:
3

André Lévesque 3-64


3.6 Calcul du volume d’un solide de révolution

b) la méthode des Il existe une autre façon d’obtenir le volume d’un solide de révolution.
enveloppes cylindriques Au lieu d’approximer le volume à l’aide d’une somme intégrale
constituée de disques, on utilise plutôt des enveloppes cylindriques.
rr R
R Considérons un disque troué ayant un rayon extérieur R, un rayon
intérieur r et une hauteur h. Le volume V du disque troué est donné
par
V = π(R2 - r2) h
V = π(R - r)(R + r) h
hh Lorsque R → r le disque troué devient ce qu’on appelle une
enveloppe cylindrique avec une paroi très mince de ∆r = R - r.
Le volume de cette enveloppe cylindrique sera donc
V = π (∆r) (r + r) h
V = 2πrh∆r
figure 3.6.12

Le volume V d’une enveloppe cylindrique


de rayon r et de hauteur h ayant une paroi
d’épaisseur ∆r est donné par la formule
V = 2πrh∆r

calcul du volume d’un Soit ƒ et g deux fonctions continues sur l’intervalle [a,b]. Si a ≥ c et
solide de révolution si, pour toute valeur de l’intervalle [a,b] on a ƒ(x) ≥ g(x) alors le
volume V du solide de révolution engendré par la rotation autour de la
(méthode des enveloppes droite x = c de la région bornée par les deux courbes entre x = a et x
cylindriques) = b (figure 3.6.13) est donné par
x=b

V= ∫
x=a
2π (x - c) (ƒ(x) - g(x)) dx

x=c x=b
Pour approximer le volume en question, utilisons encore une fois une
somme intégrale comportant un découpage vertical.
y = f(x)
- subdivisons l’intervalle [a,b] en n sous-intervalles égaux de
longueur: ∆x1, ∆x2, ∆x3, ... , ∆xi, ... , ∆xn ;
y = g(x)
- prenons comme représentant, la valeur la plus grande de chaque
sous-intervalle: x1, x2, x3, ... , xi, ... , xn ;
- construisons dans chaque sous-intervalle un rectangle ayant une
base ∆xi et une hauteur ƒ(xi) - g(xi ) ; (figure 3.6.14)
x=a
- faisons faire une rotation à ces rectangles autour de la droite x= c,
on obtient n enveloppes cylindriques ; (figure 3.6.15)
figure 3.6.13

André Lévesque 3-65


3.6 Calcul du volume d’un solide de révolution

x=c x=a x=b


x=c x=b

y = f(x)

y = f(x)

y = g(x)

x=a

xi

figure 3.6.14

figure 3.6.15

y = g(x)
Le volume de la i ième enveloppe est
y = f(x)
ri = x i - c Vi = 2π ri hi ∆ri
hi = ƒ(xi ) - g(xi) f(xi)
∆r i = ∆ x i Vi = 2π (xi - c)((ƒ(xi) - g(xi) ) ∆xi
(voir figure 3.6.16)
- en additionnant les volumes des n
enveloppes cylindriques, on obtient une
approximation du volume cherché.
n g(xi)
V ~ ∑ 2π(xi - c)(ƒ(xi) - g(xi))∆xi
i=1 c a xi b
figure 3.6.16
n
lim
⇒ V = n→∞ ∑ 2π (xi - c)(ƒ(xi) - g(xi)) ∆xi
i=1
x=b

V = ∫
x=a
2π(x - c)(ƒ(x) - g(x)) dx

La rotation pourra aussi se faire autour d’un axe horizontal. Dans ce cas
la méthode exige un découpage horizontal.

La méthode des enveloppes cylindriques


utilise toujours un découpage parallèle
à l’axe de rotation.

André Lévesque 3-66


3.6 Calcul du volume d’un solide de révolution

exemple 3.6.2 Trouver le volume engendré par la rotation de la région bornée par les
comparer chacune des solutions courbes d’équations y = x2 , y = 0 , x = 2
avec celles de l’exemple 3.6.1 a) autour de l’axe des y,
____________

Pour obtenir le volume du solide de révolution en utilisant


la méthode des enveloppes cylindriques, considérons une
y = x2 somme intégrale qui utilise un découpage vertical. Traçons
dans la région hachurée un rectangle vertical. Lorsque ce
rectangle tourne autour de l’axe des y, il engendre une
enveloppe cylindrique dont le volume est
∆xi
 ri = x i

xi 2 Vi = 2π ri hi ∆ri où  hi = xi2
 ∆ri = ∆xi
xi Vi = 2π( xi) (xi2) ∆xi
n

figure 3.6.17
x=2
⇒ V = n→∞
lim
∑ 2π xi3 ∆xi
i=1
x=2

V = ∫
x=0

x4 2
2π x3 dx =  2π 4  = 8π
0

b) autour de la droite x = 2,
____________

y = x2

∆xi

xi2

xi

x=2
figure 3.6.18


rép:
3

André Lévesque 3-67


3.6 Calcul du volume d’un solide de révolution

c) autour de l’axe des x,


____________

y = x2

yi ∆yi

yi

x=2
figure 3.6.19

32π
rép:
5

d) autour de la droite y= 4.
____________

y = x2

y=4

yi ∆yi

yi

x=2
figure 3.6.20

224π
rép:
15

André Lévesque 3-68


3.6 Calcul du volume d’un solide de révolution

exemple 3.6.3 Trouver le volume engendré par la rotation de la région bornée par les
courbes d’équations y = x2 , y = x+6 autour de l’axe des y.
(Utiliser la méthode de votre choix)
____________

y = x2

y = x+ 6

figure 3.6.21

63π
rép:
2

André Lévesque 3-69


3.6 Calcul du volume d’un solide de révolution

exemple 3.6.4 Une sphère de rayon 3 cm est coupée en trois morceaux en divisant
son diamètre en trois parties égales. Calculer le volume du morceau au
centre.
(Utiliser la méthode de votre choix)
____________

x2 + y

figure 3.6.22

52π 3
rép: cm
3

André Lévesque 3-70


3.6 Calcul du volume d’un solide de révolution

Exercices 3.6

déterminer graphiquement Calculer le volume du solide de révolution engendré par la rotation,


chacune des régions autour de l’axe donné, de la région comprise entre les courbes
d’équations:

laisser votre réponse 1. y = 3√


x , y = 0 , x = 1 ;
sous forme symbolique
(n'évaluer pas les intégrales) a) autour de l’axe des x,
b) autour de l’axe des y,
c) autour de la droite x = 1,
d) autour de la droite y = 3.
(utiliser la méthode du disque puis, celle des enveloppes cylindriques)

x
laisser votre réponse 2. y = 2 , y = -1 , x = 0 ;
sous forme symbolique
(n'évaluer pas les intégrales) a) autour de l’axe des x,
b) autour de l’axe des y,
c) autour de la droite y = -1,
d) autour de la droite x = -3.
(utiliser la méthode du disque puis, celle des enveloppes cylindriques)

laisser votre réponse 3. y = ln x , x = e , y = 0 ;


sous forme symbolique
(n'évaluer pas les intégrales) a) autour de l’axe des x,
b) autour de l’axe des y.
(utiliser la méthode du disque puis, celle des enveloppes cylindriques)

1
4. y = x , y = 0 , x = 1 , x = 4 ;

a) autour de l’axe des x,


b) autour de la droite y = 2,
c) autour de la droite x = 4.

5. y = sin x , y = 0 , x = -π , x = 0 ;
a) autour de l’axe des x,
b) autour de l’axe des y.

6. y = ex , y = 1 , x = -1 ;
a) autour de l’axe des x,
b) autour de l’axe des y.

André Lévesque 3-71


3.6 Calcul du volume d’un solide de révolution

7. y2 = 2x , y = x - 4 ; autour de l’axe des x.

8. y = 2x , y = 4 , x = 0 ;
a) autour de la droite y = 2,
b) autour de la droite y = 3. (Ne pas évaluer l’intégrale.)

6
9. Trouver le volume de la soucoupe y=1 - x
6
volante engendrée par la rotation
autour de l’axe des y de la région
comprise entre les courbes -1 1
4
x4 - 1 1 - x6 y =x -1
y= 4 , y= 6 , x=0, x=1 4
figure 3.6.23

10. Déterminer le volume d’une sphère de rayon r en faisant tourner


autour de l’axe des x le demi-cercle de rayon r d’équation
y=√ 
r2 - x2

11. Calculer le volume du solide résultant de la rotation autour de l’axe


des x de la partie supérieure de la boule elliptique définie par
x2 y2
2 + 2=1.
a b

12. Soit la région délimitée par les courbes d’équations


y = x et y = ax 2 (a>0)
Sachant que le volume engendré par la rotation de cette région
autour de l’axe des y est π/48, trouver la valeur de a.

13. Soit la région délimitée par les courbes d’équations


x
y=√
 x , y = 2 de x = 0 à x = a (0<a<3)

Sachant que le volume engendré par la rotation de cette région


autour de l’axe des x est πa3/3, trouver la valeur de a.

14. Soit la région (non bornée), délimitée par les courbes d’équations:
1
y = x , l’axe des x et à droite de x = 1.

a) Calculer l’aire de cette région.


b) Calculer le volume engendré par la rotation de cette région
autour de l’axe des x.

André Lévesque 3-72


3.6 Calcul du volume d’un solide de révolution

2y 2 = x(x 2 - 4)
15. Calculer le volume du solide de
révolution obtenu par la rotation
autour de l’axe des x de la région
bornée par la boucle d’équation
2y2 = x(x2 - 4)

figure 3.6.24

16. Soit le triangle formé par les points (1,3), (3,1) et (3,3). Calculer
le volume du solide engendré par la rotation de ce triangle autour
a) de l’axe des x,
b) de la droite x = -1.

17. Un trou cylindrique de 3 cm de


5 cm
rayon est percé dans une sphère
de 5 cm de rayon. Quel est le
volume de matériau enlevé ? 3 cm

figure 3.6.25

x =3
18. Trouver le volume d’un x ==33
x

tore (beignet) engendré x2 + y2 = 1


par la rotation autour de
la droite x = 3 du cercle
d’équation
x2 + y2 = 1
figure 3.6.26

André Lévesque 3-73


3.6 Calcul du volume d’un solide de révolution

Réponses 3.6

1. a) D ∫0 π (3√ x)2 dx = 9π2


3

E ⌠ 2π y  1 - y2 dy = 9π
⌡  9 2
0

3
⌠ π  2 -  y22 dy = 12π
b) D  1  9   5
⌡  
0
1

E ∫0 2π x(3√ x) dx = 12π
5

3
2
⌠ π  y2 dy = 8π
c) D   1 - 9 5

0
1

E
0
∫ 2π (1 - x)(3√ x) dx = 8π
5

d) D ∫0 π (32 - (3 - 3√ x)2) dx = 15π


2
3

E ⌠ 2π (3 - y)  1 - y2 dy = 15π
⌡  9 2
0

0
⌠ π  2 -  -x2 dx = 4π
2. a) D  1  2   3
⌡  
-2
0

E ∫ 2π (-y) (-2y) dy =
-1

3

b) D ∫-1 π (-2y)2 dy = 4π3

André Lévesque 3-74


3.6 Calcul du volume d’un solide de révolution

E ⌠ 2π (-x)  x + 1 dx = 4π
⌡ 2  3
-2

0
⌠ π  x + 12 dx = 2π
c) D  2  3

-2
0

E ∫-1 2π (y + 1) (-2y) dy = 2π3


0

d) D ∫-1 π ((3)2 - (2y + 3)2) dy = 14π


3
0

E ⌠ 2π (x + 3)  x + 1 dx = 14π
⌡ 2  3
-2

e
3. a) D ∫1 π (ln x)2 dx = π (e -2)
1

E ∫ 2π y (e - ey) dy = π(e -2)


0
1

∫0 π (e2 - e2y) dy = π (e 2+ 1)
2
b) D

∫1 2π (x)(ln x) dx = π (e 2+ 1)
2
E


4. a) 4
3
b) π  4(ln 4) - 
 4
c) 2π (4(ln 4) -3 )

π2
5. a) 2
b) 2π 2

André Lévesque 3-75


3.6 Calcul du volume d’un solide de révolution

1 1
6. a) π  2 + 2
 2e 
4
b) π  e - 1
 

128π
7. 3
20π
8. a) 3
⌠ 
4 2
+ ⌠ 2π (3 - y)  2 dy 
31π y y
b) 6  ⌡ 2π (y - 3)2 dy ⌡  
3 0 

9. 24

10. 4πr 3/3

4
3 πab
11. 2

12. a=2

6
13. a=5

14. a) l’aire est infinie


b) π

15. 2π

28π
16. a) 3
40π
b) 3

244π 3
17. 3 cm

18. 6π 2

André Lévesque 3-76


3.7 Longueur d’un arc de courbe

3.7 Longueur d’un arc de courbe


Sous certaines conditions, l’intégration permet de calculer la longueur
d’une courbe même si celle-ci n’est pas une figure régulière (droite,
polygone, cercle). Comme pour les applications précédentes, nous
chercherons à approximer la longueur de la courbe à l’aide d’une
somme intégrale puis, à évaluer cette longueur en utilisant l’intégrale
définie.

calcul de la longueur d’un Soit y = ƒ(x) une fonction continue sur


arc de courbe l’intervalle [a,b]. Si ƒ’ est continue sur y = f(x)
l’intervalle ]a,b[ alors la longueur L de
l’arc de courbe défini par la fonction ƒ
entre x = a et x = b est donnée par
x=b
a b

L= ⌡
x=a

√ 1 + (ƒ’(x))
2
dx
figure 3.7.1

Nous pouvons approximer la longueur de l’arc de courbe de la façon


suivante:
- subdivisons l’intervalle [a,b] en n sous-intervalles égaux de
longueur: ∆x1, ∆x2, ∆x3, ... , ∆xi, ... , ∆xn ; cette partition de
l’intervalle détermine les points: P0, P1, P2, P3, ... , Pn ;

(x i , f(x i))))
(x i , f(x i))
Pi

PP
i -i-1
1 y = f(x)
Pn
(x - 1, f(x
(xii-1 ,f(xi-1
i -))1)

P5
P P4
P0 P1 P2 3

a x1 x2 x3 x4 x5 x i-1 x i b

figure 3.7.2

- joignons ces points par des segments de droite; on obtient alors une
ligne polygonale qui constitue une approximation de la longueur
d’arc cherchée.

André Lévesque 3-77


3.7 Longueur d’un arc de courbe

(x i , f(x i ))
La longueur du ie segment de
cette ligne brisée est
f(x i ) - f(x i - 1 )
par le théorème de Pythagore
√
 2
(xi - xi-1) + (ƒ(xi) - ƒ(xi-1))
2
(x i - 1 ,f(x i - 1)
x i - xi - 1
figure 3.7.3

La somme des n segments constitue une approximation de la valeur


cherchée

∑ √
n
2 2
L ~
i=1
( ) ( xi - xi-1 + ƒ(xi) - ƒ(xi-1))

par hypothèse
Selon le théorème de la moyenne il existe une valeur x = ci dans
a) ƒ est continue sur [xi-1, xi] chaque sous-intervalle ]x i-1, xi[ telle que
b) ƒ est dérivable sur ]xi-1, xi[
ƒ(xi) - ƒ(xi-1) = ƒ’(ci) (xi - xi-1)

∑ √
n
2 2
⇒ L ~
i=1
( ) ( )
xi - xi-1 + ƒ’(ci) (xi - xi-1)

∑ √
n
2 2 2
L ~
i=1
( ) ( )( )
xi - xi-1 + ƒ’(ci) xi - xi-1

∑ √
n
2
L ~
i=1
( ) 1 + ƒ’(ci) (xi - xi-1)

∑ √
n
xi - xi-1 = ∆xi
2
L ~
i=1
( ) 1 + ƒ’(ci) ∆xi

La longueur de l’arc de courbe sera donc de

∑ √
n
lim 2
L = n→∞
i=1
( ) 1 + ƒ’(ci) ∆xi où xi-1 < ci < xi

x=b

L =
x=a

  2
1 + (ƒ’(x)) dx

André Lévesque 3-78


3.7 Longueur d’un arc de courbe

exemple 3.7.1 Trouver la longueur de l’arc de courbe définie par l’équation


ƒ(x) = √x3 entre x = 1 et x = 4.
____________
solution a) La fonction ƒ est continue sur [0, ∞ [,
⇒ ƒ est continue sur [1,4].

ƒ’(x) = √2
3 x
b)
La fonction ƒ’ est continue sur [0, ∞ [,
⇒ ƒ’ est continue sur ]1,4[.

La longueur L de la courbe entre x = 1 et x = 4 est donnée par


x=4

L= ⌡
x =1
√ 2
1 + (ƒ’(x)) dx

x=4



⌠ 2
1 +  √
3 x
=  dx
⌡ 2 
x =1

x=4

√1 + 4
⌠ 9x
= ⌡ dx
x =1

x=4
si u = 4 + 9x = ⌠ √
4 + 9x
dx
du = 9 dx ⌡ 2
x =1

u = 40
1
= 18 ∫
u = 13
√ u du

40
 u3 
= √ 
 27  13

= 403
√ - 
√ 133
27 27
80√
10 - 13√
13
=
27
= 7.63

André Lévesque 3-79


3.7 Longueur d’un arc de courbe

Lorsque la variable x est exprimée en fonction de la variable y, nous


pouvons à l’aide d’un raisonnement semblable au précédent, démontrer
le résultat suivant.

calcul de la longueur d’un Soit x = ƒ(y) une fonction continue sur x = f(y)
arc de courbe l’intervalle [c,d]. Si ƒ’ est continue sur d
l’intervalle ]c,d[ alors la longueur L de
l’arc de courbe défini par la fonction ƒ
entre y = c et y = d est donnée par
y=d

L= ⌡
y=c

  2
1 + (ƒ’(y)) dy c

figure 3.7.4

exemple 3.7.2 Trouver la longueur de l’arc de courbe définie par l’équation


ƒ(y) = 23 y3/2 - 1 entre les points (-1,0) et (17,9)
____________

x xx= 2 y 3/2 - 1 (17,9)


3

(-1,0)

figure 3.7.5

2
rép: (10
√10 - 1) = 20,42
3

André Lévesque 3-80


3.7 Longueur d’un arc de courbe

exemple 3.7.3 Trouver la longueur de l’arc de courbe définie par l’équation


x3 2
y=
24 + x entre x = 2 et x = 4.
____________

3
y yy= x + 2
24 x

x3 2 4

figure 3.7.6

17
rép: = 2.83
6

André Lévesque 3-81


3.7 Longueur d’un arc de courbe

Exercices 3.7
1. Calculer la longueur d’arc de la courbe définie par l’équation
y=√ 
25 - x2
pour 0 ≤ x ≤ 5√ 2.
2

2. Calculer la longueur d’arc de la courbe définie par l’équation


y = ln(cos x)
π
pour 0 ≤ x ≤ 3.

3. Trouver la longueur du segment de droite y = 3x - 2 entre les


points (1,1) et (4,10).

a) Utiliser le résultat de la page 3-77.


b) Utiliser le résultat de la page 3-80.
c) Utiliser le théorème de Pythagore.

4. Calculer la longueur d’arc de la courbe définie par l’équation


2
y= (x - 2)3/2
27

pour 2 ≤ x ≤ 11.

5. Calculer la longueur d’arc de la courbe définie par l’équation


y = ln(x + √

x2 - 1)
pour 2 ≤ x ≤ 3.

6. Calculer la longueur d’arc de la courbe définie par y = x2/3


pour 1 ≤ x ≤ 8.
a) Utiliser le résultat de la page 3-77.
b) Utiliser le résultat de la page 3-80.

7. Calculer la longueur d’arc de la courbe définie par l’équation


x2 ln x
y= 4 - 2
pour 1 ≤ x ≤ 2.

8. Calculer la longueur d’arc de la courbe définie par l’équation


x4 - 12x + 3
y= 6x
pour 2 ≤ x ≤ 3.

André Lévesque 3-82


3.7 Longueur d’un arc de courbe

9. Calculer la longueur d’arc de la courbe définie par l’équation


ex + e-x
y= 2
pour 0 ≤ x ≤ 1.

10. Calculer la longueur d’arc de la courbe définie par l’équation


y = ln(1 - x2)
1
pour 0 ≤ x ≤ 2.

9y 2 = x (x - 3)2

11. Trouver la longueur totale


de la boucle définie par
l’équation 9y2 = x(x - 3)2 .
3

figure 3.7.7

12. Calculer la longueur d’arc de la courbe définie par l’équation


y = ln x
entre x = 1 et x = 2√ 2.

13. Calculer la longueur d’arc de la courbe définie par l’équation


ex - 1 
y = ln  x
 e + 1
pour 2 ≤ x ≤ 4.

14. Calculer la longueur d’arc de la courbe définie par 16x = y2


entre les points (4,8) et (4,-8).

André Lévesque 3-83


3.7 Longueur d’un arc de courbe

Réponses 3.7


1. 4 = 3,93

2. ln(2+√ 3) = 1,32

3. a) , b) et c) 3√10 = 9,49

4. 14

5. 2√
2 - √
 3 = 1,10

80√
10 - 13√
13
6. a) et b) 27 = 7,63

3 + 2ln 2
7. 4 = 1,10

13
8. 4 = 3,25

e2 - 1
9. 2e = 1,18

1
10. ln 3 - 2 = 0,60

11. 4√ 3 = 6,93

12. 3-√
 2 - ln(2 - √ 2) = 2,12

13. ln(e4 + 1) - 2 = 2,02

14. 8√ 2 + 4 ln √


 2 + 1 = 18,36

√ 2 - 1

André Lévesque 3-84


3.8 Aire d’une surface de révolution

3.8 Aire d’une surface de révolution


Dans cette section nous allons utiliser l’intégrale définie pour calculer
l’aire d’une surface de révolution. On appelle surface de révolution
une surface engendrée par la rotation d’un arc de courbe autour d’une
droite.

y = f(x) y = f(x)

figure 3.8.1 figure 3.8.2


Rotation autour de l’axe des x de l’arc Surface de révolution correspondante
de courbe définie par y = ƒ(x). (région hachurée).

D’abord rappelons les formules permettant d’obtenir


a) l’aire latérale d’un cône,
b) l’aire latérale d’un cône tronqué.

Pour obtenir l’aire latérale d’un cône de rayon R et de hauteur latérale S


(figure 3.8.3), il suffit de couper ce cône selon sa hauteur latérale et de
le déplier pour en faire une surface plane. On obtient ainsi un secteur
circulaire de rayon S (figure 3.8.4).

S
S

R 2πR
figure 3.8.3 figure 3.8.4

aire du secteur circulaire L’aire du secteur circulaire est obtenue à l’aide d’un simple rapport.
aire du cercle
= aire du secteur circulaire 2πR
longueur de l’arc du secteur = 2πS
circonférence du cercle
πS2

André Lévesque 3-85


3.8 Aire d’une surface de révolution

Donc l’aire du secteur circulaire est


(2πR)(πS2)
2πS = πRS

et par conséquent

L’aire latérale d’un cône de rayon R


et de hauteur latérale S est πRS.

On tranche maintenant le cône de la figure 3.8.3


à l’aide d’une coupe horizontale et on considère
la partie du bas. On obtient un cône tronqué de S
r
rayons r et R et de hauteur latérale s (figure 3.8.5). S S

L’aire latérale du cône tronqué est obtenue en s s


soustrayant l’aire latérale du cône de rayon r de
l’aire latérale du cône de rayon R.
R
πR(S + s) - πrS figure 3.8.5

Les côtés correspondants étant proportionnels dans les triangles


semblables, nous avons
S r
S+s = R
⇒ RS = r(S + s) (*)

Il en découle que
πR(S + s) - πrS = πRs + πRs - πrS
puisque par (*) Rs = r(S + s) = πr(S + s) + πRs - πrS
= πrS + πrs + πRs - πrS
= πrs + πRs
= π(r + R)s
et par conséquent

L’aire latérale d’un cône tronqué


de rayons r et R et de hauteur
latérale s est π(r + R)s.

Cette dernière formule combinée à l’intégrale définie permettra


d’évaluer l’aire d’une surface engendrée par la révolution d’un arc de
courbe autour d’un axe.

André Lévesque 3-86


3.8 Aire d’une surface de révolution

calcul de l’aire d’une Soit y = ƒ(x) une fonction continue et non-négative sur l’intervalle [a,b].
surface engendrée par Si ƒ’ est continue sur l’intervalle ]a,b[ alors l’aire de la surface engen-
la révolution d’un arc drée par la révolution autour de l’axe des x de la courbe définie par la
de courbe autour fonction ƒ entre x = a et x = b est donnée par
de l’axe des x
x=b

Asr =
x=a
⌡ 2π ƒ(x) √ 2
1 + (ƒ’(x)) dx

Nous pouvons approximer l’aire de la surface de révolution de la façon


Pi-1 P
P2P3 i y = f(x)y = f( suivante:
P
P0 1 Pn-1
Pn - subdivisons l’intervalle [a,b] en n sous-intervalles égaux de
longueur: ∆x1, ∆x2, ∆x3, ... ∆xi-1, ∆xi, ... , ∆xn ; cette partition
de l’intervalle détermine les points: P0, P1, P2, P3, ...Pi-1, Pi ..., Pn
a = xx00 x1x2x3 xi-1 xi xn-1 xn= b ;
y = f(x)

y = f(x)
f(x3) f(xi-1)
figure 3.8.6 f(x2) f(xi)
f(x1)
f(x0)
f(xn-1)

f(xn)

Ln

L1
L2
L3 Li

figure 3.8.7

- joignons ces points par des segments de droite; on obtient alors


une ligne polygonale; dans sa rotation autour de l’axe des x, le
l’aire latérale d’un cône tronqué i ème segment tracé engendre un cône tronqué dont l’aire latérale
est donnée par la formule: est
π(r + R)s π (ƒ(xi-1) + ƒ(xi)) Li
(Li correspond à la longueur du i ème segment)

André Lévesque 3-87


3.8 Aire d’une surface de révolution

La somme des n aires constitue une approximation de la valeur


cherchée
n
Asr ~ ∑ π(ƒ(xi-1) + ƒ(xi)) Li
i=1


à la section précédente n
on a montré que
Asr ~
i=1
π (ƒ(xi-1) + ƒ(xi)) √ 2
1 + (ƒ’(ci)) ∆xi où xi-1 < ci <
Li = √

1 + (ƒ ’(ci ))2 ∆xi xi
L’aire de la surface de révolution est donc


n
lim
Asr = n → ∞
i=1
π (ƒ(xi-1) + ƒ(xi)) 
√ 2
1 + (ƒ’(ci)) ∆xi

Puisque xi-1 < ci < xi alors lorsque n → ∞ on a ci → xi-1 et ci → xi


n
lim
Asr = n → ∞
i=1
π (ƒ(c i) + ƒ(ci)) 
√ 2
1 + (ƒ’(ci)) ∆xi


n
lim
Asr = n → ∞
i=1
2π ƒ(ci) √ 2
1 + (ƒ’(ci)) ∆xi où xi-1 < ci < xi

x=b

⇒ Asr = ⌡ 2π ƒ(x)
x=a

√ 2
1 + (ƒ’(x)) dx

Lorsqu’une courbe est donnée sous la forme x = ƒ(y) et que l’axe de


rotation est l’axe des y , on peut démontrer le résultat suivant de la
même façon.

calcul de l’aire d’une Soit x = ƒ(y) une fonction continue et non-négative sur l’intervalle [c,d].
surface engendrée par Si ƒ ’ est continue sur l’intervalle ]c,d[ alors l’aire de la surface engen-
la révolution d’un arc drée par la révolution autour de l’axe des y de la courbe définie par la
de courbe autour fonction ƒ entre y = c et y = d est donnée par
de l’axe des y
y=d

Asr = ⌡ 2π ƒ(y)
y=c
√ 2
1 + (ƒ’(y)) dy

André Lévesque 3-88


3.8 Aire d’une surface de révolution

exemple 3.8.1 Calculer l’aire engendrée par la rotation autour de l’axe des x de la
courbe définie par l’équation ƒ(x) = √ 2x entre x = 0 et x = 1.
____________
solution a) La fonction ƒ est continue sur [0, ∞ [,
⇒ ƒ est continue sur [0,1].
1
b) ƒ ’(x) =
2x

La fonction ƒ ’ est continue sur ]0, ∞ [,
⇒ ƒ ’ est continue sur ]0,1[.
L’aire Asr de la surface de révolution de la courbe entre
f(x) = 2x x = 0 et x = 1 est donnée par
x=1

Asr = ⌡ 2π ƒ(x)
x =0

√ 2
1 + (ƒ’(x)) dx

x=1
1

√
⌠ 1 2
=  2π √2x 1+  dx
⌡ √2x
x =0
x=1

√1 + 2x dx
⌠ 1
figure 3.8.8 = 2π ⌡ √
2x
x =0
x=1

= ⌠ √2x √

2x + 1
dx

⌡ 2x

x =0
x=1

= 2π
x =0
∫ √
2x + 1 dx

u=3
si u = 2x + 1
du = 2 dx 2π
= 2 ∫
u=1
√ u du

3
2π  
= 3 √ u3 
1

= 3 (√ 33 - √ 13)
2π (3√
 3 - 1)
= 3 = 8.79

André Lévesque 3-89


3.8 Aire d’une surface de révolution

exemple 3.8.2 Calculer l’aire engendrée par la rotation autour de l’axe des y de la
courbe définie par l’équation y = 2x - 1 entre x = 1 et x = 2.
____________

solution

y = 2x - 1

1 2

figure 3.8.9

rép: 3π
√ 5 = 21,07

André Lévesque 3-90


3.8 Aire d’une surface de révolution

exemple 3.8.3 Calculer l’aire de la surface d’une sphère de rayon r.


____________
solution

figure 3.8.10

rép: 4πr2

André Lévesque 3-91


3.8 Aire d’une surface de révolution

Exercices 3.8
1. Calculer l’aire engendrée par la rotation autour de l’axe des x de
la courbe définie par l’équation
y = x3 entre x = 0 et x = 1 .

2. Calculer l’aire engendrée par la rotation autour de l’axe des x de


la courbe définie par l’équation
y =√

25 - x2 entre x = 0 et x = 4.

3. Calculer l’aire engendrée par la rotation


a) autour de l’axe des x,
b) autour de l’axe des y,
de la courbe définie par l’équation
y = 4x entre x = 2 et x = 4.

4. Calculer l’aire engendrée par la rotation autour de l’axe des x de


la courbe définie par l’équation
y2 = 12x entre x = 0 et x = 3

5. Calculer l’aire engendrée par la rotation autour de l’axe des y de


la courbe définie par l’équation
y = x2 entre x = 1 et x = 2

6. Calculer l’aire de la surface de l’ellipse définie par l’équation


x2 y2
+ =1
16 4

7. Calculer l’aire engendrée par la rotation autour de l’axe des x de


la courbe définie par l’équation
x3 1
y = 6 + 2x entre x = 2 et x = 4.
∫ sec3u du =
sec u tg u + ln|sec u + tg u| 8. Calculer l’aire engendrée par la rotation autour de l’axe des y de
+C
2 la courbe définie par l’équation
y = x3 entre x = 0 et x = 2

André Lévesque 3-92


3.8 Aire d’une surface de révolution

9. Calculer l’aire engendrée par la rotation autour de l’axe des x de


la courbe définie par l’équation
y = sin x entre x = 0 et x = π

10. Calculer l’aire engendrée par la rotation autour de l’axe des y de


la courbe définie par l’équation
y = ln x entre x = 1 et x = e

André Lévesque 3-93


3.8 Aire d’une surface de révolution

Réponses 3.8

π
1. 27 (10√
10 - 1) = 3,56

2. 40π = 125,66

3. a) 48π√
17 = 621,75 b) 12π √
17 =155,44

4. 24π(2 √
 2 - 1) = 137,86
π
6 (17√
17 - 5√
 5) = 30,85
5.


6. 9 (9 + 4√
 3π) = 85,91

7. 364,57

π
8. 3 (12√
 145 +12)) = 154,65
145 + ln(√

9. 2π (√
 2 + ln(1 + √ 2)) = 14,42

10. π (e
√
1 + e2 + ln(e + 
√
1 + e2) - √  2 + 1)) = 22,94
 2 - ln(√

André Lévesque 3-94


3.9 Centre de masse
3.9 Centre de masse

centre de masse Considérons une plaque mince de forme quelconque et de densité


homogène. À l’aide de l’intégrale définie nous chercherons maintenant
à obtenir le centre de masse de cette plaque c’est-à-dire le point d’appui
sur lequel la plaque demeure en équilibre.
En se basant sur un principe découvert par Archimède et appelé «la loi
du levier», on sait que deux personnes assises aux extrémités d’une
balançoire demeurent en équilibre s’ils sont à une certaine distance du
point d’appui de la balançoire. Un petit garçon peut contrebalancer un
garçon plus gros si le point d’appui est situé à un endroit bien précis.

en état d’équilibre, le centre de


masse de la plaque coïncide avec le
point d’appui
figure 3.9.2
figure 3.9.1

Selon le principe d’Archimède si deux masses m1 et m 2 sont situées


m1
m2 sur une tige (de masse négligeable) de part et d’autre du point d’appui
et que ces masses se trouvent respectivement à des distances d1 et d2 du
d1 d2
point d’appui alors la tige sera en équilibre si

point d'appui m1d1 = m2 d2


figure 3.9.3

moments statiques Plaçons maintenant la tige sur un axe que nous considérerons être l’axe
des x et déposons la masse m 1 au point x1, la masse m2 au point x2 et le
point d’appui au point x̄.
m1 m2
x
0 x1 123 1442443x2 x
x - x1 x2 - x x figure 3.9.4

La tige sera en équilibre si


m1(x- - x1 ) = m2 (x2 - x-)
m1 x- + m2 x- = m1 x1 + m2 x2
m x +m x
⇒ x- = 1m 1 + m 2 2
1 2

Les quantités m1x1 et m 2 x2 sont appelées les moments statiques (ou


simplement moments) des masses m1 et m2 par rapport à l’origine. En
additionnant les moments des deux masses puis, en divisant le tout par
la masse totale, on obtient le centre de masse x- du système.

André Lévesque 3-95


3.9 Centre de masse

Un système qui possède n particules de masses:


m1, m2, m3, ... , mn
situées sur l’axe des x respectivement aux points:
x1 , x2 , x3 , ... , xn
aura son centre de masse au point
n
∑ mixi
x- =
i=1
n

i=1
mi

exemple 3.9.1 Trouver le centre de masse d’un système constitué de quatre objets
dont les masses de 10 g, 45 g, 32 g et 24 g sont situées respectivement
aux points -4, 1, 3 et 8 de l’axe des x.
____________
10 g 45 g 32 g 24 g 4
∑ mixi
m1x1 + m2 x2 + m3x3 + m4 x4
x- =
-4 0 1 3 8 i=1
4 = m1 + m2 + m3 + m4

i=1
mi
figure 3.9.5
10(-4) + 45(1) + 32(3) + 24(8)
= 10 + 45 + 32 + 24

293
= 111

= 2,64
Le centre de masse se situe au point 2,64 de l’axe des x.

De la même façon nous pouvons obtenir les coordonnées du centre de


masse d’un système à deux dimensions.

Un système qui possède n particules de masses


m1, m2, m3, ... , mn
situées dans un plan cartésien respectivement aux points
(x1 , y1 ), (x2 , y2 ), ... , (xn , yn )
aura son centre de masse au point de coordonnées:

n n

∑ mixi ∑ miyi
x- = y- =
i=1 i=1
n n

i=1
mi ∑
i=1
mi

André Lévesque 3-96


3.9 Centre de masse

exemple 3.9.2 Trouver le centre de masse d’un système comprenant trois objets de
masses 3 g, 4 g et 8 g situés dans un plan cartésien respectivement aux
points (-1, 1), (2, -1) et (3, 2).
____________
3
centre de masse ∑ mixi
m1x1 + m2 x2 + m3x3 3(-1) + 4(2) + 8(3)
x- =
i=1
= = = 1,93
8g 3 m1 + m2 + m3 3+4+8
3g
(3, 2)

i=1
mi
(-1, 1)
3
(2, -1)
4g
∑ miyi
m1y1 + m2 y2 + m3y3 3(1) + 4(-1) + 8(2)
y- =
i=1
3
= m1 + m2 + m3 = 3+4+8 = 1

figure 3.9.6

i=1
mi

Le centre de masse se situe au point (1,93; 1) du plan cartésien

centroïde Trouver le centre de masse d’un ensemble fini de points matériels dont
on connaît les masses relève de l’arithmétique et non pas du calcul
intégral. Par ailleurs l’évaluation du centre de masse d’une distribution
y continue de matière nécessite l’utilisation de l’intégrale définie.
Considérons maintenant une plaque mince de densité uniforme ρ (rhô)
occupant une région ℜ du plan. Tout au long de cette section nous
supposerons que ρ est constant et que le métal est par conséquent
ℜ parfaitement homogène. Cherchons à trouver le centre de masse de cette
plaque mince que l’on appelle le centroïde de la région du plan.
a b x
figure 3.9.7

le centroïde de la mince plaque (de


densité uniforme) de la figure 3.9.8
est localisé au point (x̄, ȳ)

le centroïde d’un fil contenu dans un


plan n’est pas nécessairement un
point du fil (voir la figure 3.9.9)

figure 3.9.8 figure 3.9.9

Pour obtenir le centroïde d’une région du plan nous utiliserons un


centroïde principe tiré de la physique qui affirme que lorsqu’une région ℜ est
symétrique par rapport à une droite l, le centroïde de la région ℜ se situe
sur la droite l, Par conséquent le centroïde d’un rectangle est situé en
son centre.
figure 3.9.10
De plus, le moment d’une région provenant de l’union de deux régions
qui n’ont pas de points en commun correspond à la somme des mo-
ments de chacune des régions.

André Lévesque 3-97


3.9 Centre de masse

proposition 3.9.1 Soit ℜ la région du plan bornée par la courbe y = ƒ(x) l’axe des x et
les droites x = a et x = b. Si ƒ est continue et non négative sur
l’intervalle [a, b] et l’aire de la région est A alors le centroïde de ℜ est
situé au point (x-, y-) où
b b

∫ x ƒ(x) dx ∫
1 1 2
x- = A et y- = A
1
2
[ƒ(x) ] dx
a a

démonstration Essayons d’obtenir une valeur approchée du centroïde de la région en


question à l’aide d’une somme intégrale. Pour cela,
y
• subdivisons d’abord l’intervalle [a,b] en n sous-intervalles
égaux de longueur ∆x1 , ∆x2, ∆x3, ∆x4, .... , ∆xn ;
• considérons ensuite le point milieu de chaque sous-intervalle,
soient c1 , c2, c3, ... ,cn les n valeurs ;
ℜ • construisons dans chaque sous-intervalle un rectangle de
base ∆xi et de hauteur ƒ(ci) ;
a b x
On obtient le découpage vertical de la figure 3.9.12 représentant l’ap-
figure 3.9.11 proximation polygonale de la région ℜ. Le centroïde du ie rectangle est
localisé en son centre c’est-à-dire au point
y P (c ,1/2ƒ(c ))
i i i (
Pi ci, 12 ƒ(c i ) )
Puisque
n

∑ mixi
x- ≈
i=1

n

a
∑ mi
ci b x i=1
figure 3.9.12
et que la masse d’une mince plaque de densité homogène est égale au
produit de son aire par sa densité, la ie plaque rectangulaire aura donc
une masse égale à ρƒ(ci)∆xi.
n
mi = ρƒ(ci)∆xi
xi = ci

=
(ρƒ(ci)∆xi)ci
x- ≈
i 1
n


=
i 1
ρƒ(ci)∆xi


=
i 1
ρciƒ(ci)∆xi
≈ n


=
i 1
ρƒ(ci)∆xi

André Lévesque 3-98


3.9 Centre de masse

Lorsque n → ∞, on a
b b

ρ ∫ x ƒ(x) dx ∫ x ƒ(x) dx
x- = a
= a
b b

ρ ∫
a
ƒ(x) dx ∫
a
ƒ(x) dx

De même
n
∑ miyi
y- ≈
i=1
n

i=1
mi
n
mi = ρƒ(ci)∆xi ∑
i=1
(ρƒ(ci)∆xi) 12 ƒ(ci) ( )
1 ≈
yi = ƒ(ci) n
2

i=1
(ρƒ(ci)∆xi)
n

∑ 1
2
ρ [ƒ(ci)] ∆xi
2

i =1
≈ n


=
i 1
ρƒ(ci)∆xi

Lorsque n → ∞, on a
b b

∫ ∫
1 2 1 2
ρ 2 [ƒ(x)] dx 2 [ƒ(x)] dx
y- =
a a
b
= b

ρ ∫
a
ƒ(x) dx
a
∫ ƒ(x) dx

D’une façon plus concise, le centre de masse d’une plaque mince et


homogène d’aire
b

A = ∫
a
ƒ(x) dx

est situé au point (x-, y-)

b b

∫ ∫
1 1 2
x- = A y- = A 1
x ƒ(x) dx et 2
[ƒ(x) ] dx
a a

André Lévesque 3-99


3.9 Centre de masse

exemple 3.9.3
Trouver le centroïde du demi-cercle d’équation y = √ 
1 - x2 .
____________
Il est inutile de calculer x- puisque la région est symétrique par rapport
à l’axe des y (la fonction est paire). Le centroïde est situé sur l’axe des
y par conséquent x- = 0. On trouve y- à l’aide de la proposition 3.9.1.
b


1 2
y- = A 1
2
[ƒ(x)] dx
a
1
l’aire d’un demi-cercle
1 1
∫ (√
2
de rayon r = 1 est A = π/2 = π 2 1-x ) 2 dx
2 -1
1
1
= π
-1
∫(1 - x2 ) dx

1
= π x - 3 
1 x3 1 4 4
= π . 3 = 3π
 
-1

Le centroïde est situé au point (0, ) 4


exemple 3.9.4 Trouver le centroïde de la région triangulaire bornée par


1
l’axe des x, l’axe des y et la droite y = 1 - 2
x .
____________

y y = 1 - 1/2x
centroïde

0 x

rép: (2/3, 1/3)

André Lévesque 3-100


3.9 Centre de masse

exemple 3.9.5 Trouver le centroïde de la région bornée par l’axe des x, l’axe des y, la
droite x = π/2 et la courbe y = cos x.
____________

rép: (π/2 -1, π/8)

proposition 3.9.2 Soit ƒ et g deux fonctions continues sur l’intervalle [a, b]. Si pour toute
valeur de l’intervalle [a, b] on a ƒ(x) ≥ g(x) alors les coordonnées du
centroïde de la région d’aire A bornée par les courbes des deux
fonctions entre x = a et x = b sont
b b
1
x- = A
a
∫ x [ƒ(x) - g(x)]dx ;
1
y- = A
a
∫ [(ƒ(x)) - (g(x)) ]dx
1
2
2 2

y Pi(ci, 1/2(ƒ(c i) + g(c )))


i
y = ƒ(x)
On peut démontrer cette proposition
en utilisant une démarche semblable
à celle de la proposition 3.9.1. La
démonstration est laissée à l’étudiant. y = g(x)

figure 3.9.13 x
a ci b

exemple 3.9.6 Trouver le centroïde de la région bornée par les courbes


y = x et y = x2 .
____________

rép: (1/2, 2/5)

André Lévesque 3-101


3.9 Centre de masse

centroïde et Le centroïde d’une région plane ℜ est étroitement lié au volume du


volume de révolution solide engendré par la rotation de la région ℜ autour d’un axe. Le
théorème de Pappus, mathématicien grec du quatrième siècle, met en
lumière cette relation.

proposition 3.9.3 Soit ℜ une région du plan. Le volume du solide engendré par la rotation
théorème de Pappus de la région ℜ autour d’une droite (qui ne rencontre pas la région)
correspond à la distance parcourue par le centroïde de ℜ pendant sa
rotation multipliée par l'aire de ℜ.

démonstration La démonstration est faite pour le cas où la région ℜ est située entre les
courbes y = ƒ(x) et y = g(x) comme à la figure 3.9.13. L’axe des y
correspond à l’axe de rotation. À l’aide de la méthode des enveloppes
cylindriques, on a
b

V =
a
∫ 2πx [ƒ(x) - g(x)] dx
b

= 2π
a
∫ x[ƒ(x) - g(x)] dx
puisque par la proposition 3.9.2
b
= 2π (x- A)
-x = 1
A a
∫ x [ƒ(x) - g(x)]dx
= (2πx-) A

2πx- correspond à la distance parcourue par le centroïde durant sa


rotation autour de l’axe des y et A représente l’aire de la région ℜ.

exemple 3.9.7 À l’aide du théorème de Pappus, trouver le volume du tore (beignet)


engendré par la rotation d’un cercle de rayon 3 cm autour d’une droite
distante de 5 cm de son centre.
____________

rép: 90π2 cm3

André Lévesque 3-102


3.9 Centre de masse

exemple 3.9.8 Soit la région hachurée

-1 1 2 3

a) Trouver le centroïde de cette région.


b) Trouver le volume du solide engendré par la rotation de cette région
autour
• de l’axe des x,
• de la droite x = 3.
____________

rép: a) (2/3; 5/3) ; b) 40π ; 56π

André Lévesque 3-103


3.9 Centre de masse

Exercices 3.9

1. Trouver le centroïde d’un système


8g
on suppose que les objets ont a) constitué de deux objets dont les masses 4g
une densité homogène de 4 g et 8 g sont situées respectivement
aux points (-1, 2) et (2, 4),

3g
b) constitué de trois objets dont les masses 2g
de 2 g , 1 g et 3 g sont situées respective-
ment aux points (5, 1) , (4, -2) et (-2, 4),
1g

4g

c) constitué de quatre objets dont les


masses de 3 g , 4 g , 6 g et 8 g sont 3g
situées respectivement aux points (0, 0),
(1, 5) , (3, -4) et (-3, -2). 8g
6g

2. Trouver le centroïde de la région bornée par les courbes


a) y = x2 , y = 0 , x = 2

b) y = 1 - x2 , y = 0

c) y = 2x + 1 , y = 0 , x = 0 , x = 1
1
d) y=x-1,y=0,x=2,x=4

e) y = sin x , y = 0 , x = π/2 (entre x = 0 et x = π/2)

f) y = ex , y = 0 , x = 0 , x = 1

g) y = ln x , y = 0 , x = e
h) y=√
x , y = x
i) y = sin x , y = cos x , x = 0 , x = π/4

André Lévesque 3-104


3.9 Centre de masse

3. À l’aide du théorème de Pappus, trouver le volume du solide


engendré par la rotation des formes géométriques suivantes,
• autour de l’axe des x ; • autour de l’axe des y.

a) b)

1 1
1 1

4. Trouver le centroïde de la région C


hachurée puis à l’aide du théorème
de Pappus, trouver le volume du 2
solide engendré par la rotation de
3 1
la région hachurée autour 3
2
a) du segment AB ,
b) du segment AC . A 6 B

5. Trouver le centroïde de la région bornée par les courbes


y=√ x , y = 0 , x = 4
puis, à l’aide du théorème de Pappus, trouver le volume du solide
engendré par la rotation de cette région

a) autour de l’axe des x,


b) autour de l’axe des y.

6. Démontrer la proposition 3.9.2.

André Lévesque 3-105


3.9 Centre de masse

Réponses aux exercices 3.9

1. a) (1 , )10
3

b) (,)
4
3
2

c) ( , )
-2 -20
21 21

2) a) (,)
3
2
6
5

b) (,)
0
2
5

c) ( , )
7 13
12 12

d) ( , )
2 + ln 3
ln 3
1
3 ln 3

π
e) (1 , )8

f) ( , )
1
e-1
e+1
4
e2 + 1 e - 2
g) ( , )4 2

h) (,)
2
5
1
2

i)  π√2 -4 1 
 4(√ 2 - 1) , 4(
√ 2 - 1) 
 

3 a) 32π 2 (autour de l’axe des x) 16π 2 (autour de l’axe des y)


b) 36π (autour de l’axe des x) 12π (autour de l’axe des y)

4. le centroïde de la région est situé au point (2910 ; 1)


a) 20π b) 58π

5. le centroïde de la région est situé au point (125 ,34)


128π
a) 8π b) 5

6.

André Lévesque 3-106


Problèmes de révision

(subdiviser l’intervalle en parties 1. Évaluer les intégrales suivantes en les considérant comme la
égales et utiliser le limite d’une somme. (Ne pas utiliser la formule de Newton et de
point supérieur Leibniz)
de chaque sous-intervalle pour
représentant ) 2 3
⌠ (1 + 2x) dx ⌠ (2x - 3) dx
a) ⌡ b) ⌡
0 1

2. Évaluer, si elles existent, les intégrales suivantes:

2 ∞


a)



4 - x2
x2
dx d) ∫ x ln x dx
e

3

4 ∞
b) ⌠

dx
⌡ (x - 2)
2/3 e)
- ∞
∫ x e-2x dx
0

e ∞
⌠ ⌠ dx
c) ⌡ ln x dx f)
0 ⌡ x√

x-2
3

3. Calculer l’aire de la surface délimitée par y = √ x, la droite


tangente à cette courbe au point (9,3) et l’axe des x.

4. Considérer la région bornée par les courbes d’équations:


y = 6x - x2 et y = x + 4
a) Calculer l’aire de cette région.
b) Calculer le volume engendré par la rotation de cette région
autour de
i) l’axe des y,
ii) la droite x = 3,
iii) la droite y = -1.

André Lévesque 3-107


5. Considérer la région bornée par les courbes d’équations:
x = 3y2 - 9 , x = 0 , y = 0 , y = 1
a) Calculer l’aire de cette région.
b) Calculer le volume engendré par la rotation de cette région
autour de
i) la droite x = 1,
ii) la droite y = 2.

6. Considérer la région non bornée entre les courbes d’équations:


y = e-x , y = 0 et à droite de x = 0.
a) Calculer l’aire de cette région,
b) Calculer le volume engendré par la rotation de cette région
autour de
i) l’axe des x,
ii) l’axe des y.

7. Calculer la longueur d’arc de la courbe définie par les courbes


d’équations:

a) y = 
√ 9 - x2 pour 0 ≤ x ≤ 3,
x2 ln x
b) y = - 4 pour 1 ≤ x ≤ e,
2
c) 6xy = x4 + 3 pour 1 ≤ x ≤ 2.

8. Considérer la région située


dans le quatrième quadrant,
comprise entre
y = ln cx (c > 0) , l’axe des x 1
et l’axe des y.
Si le volume engendré par
la rotation de cette région
autour de la droite y = 1
est de 4π, déterminer la
valeur de c en utilisant la
méthode des enveloppes
cylindriques. y = ln cx

André Lévesque 3-108


Réponses aux problèmes de révision

1. a) 6 b) 2

1 π
2. a) - 6 d) diverge
3

3
b) 6 √
2 e) diverge
π
c) 0 f) √ 2  - arctg √
 2 
2 
2

3. 9

4. a) V ∫1 ((6x - x2) - (x + 4)) dx


4

b) i) E ∫1 2πx((6x - x2) - (x + 4)) dx


3

ii) E ∫ 2π (3 - x)((6x - x2) - (x + 4)) dx


1
4

iii) D ∫1 π (((6x - x2) - (-1))2 - ((x + 4) - (-1))2) dx


1

5. a) H ∫0 (0 - (3y2 - 9)) dy
1

b) i) D ∫0 π((1 - (3y2 - 9))2 - (1 - 0)2) dy


1

ii) E ∫0 2π (2 - y)(0 - (3y2 - 9)) dy


6. a) 1
π
b) i) 2 b) ii) 2π

André Lévesque 3-109


3π e2 1 17
7. a) 2 b) -
2 4
c) 12

8. c=1

André Lévesque 3-110