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DM1 • Fibre Optique

1. Atténuation dans la fibre


Les pertes par transmission (notées X) sont exprimées en dB.km−1 . On rappelle que XdB =
P2
10 log , avec P1 puissance optique à l’entrée de la fibre et P2 puissance optique au bout d’un
P1
kilomètre de parcours. Vers 1970, l’atténuation était de 10 dB.km−1 . Actuellement, on arrive à
0, 005 dB.km−1 . Dans les deux cas, exprimer en % les pertes au bout d’un km.
2. Profil d’indice
Une fibre optique est généralement constituée d’un cœur de rayon a dont
n2
l’indice n varie avec la distance r à l’axe, et d’une gaine d’indice constant
n2 . On suppose que : n(r)
a
O
n2 (r) = n21 (1 − 2∆.( ar )α ) pour r < a b
n2 (r) = n22 pour a < r < b
n21 − n22
avec n2 < n1 , α constante positive, b rayon extérieur de la gaine et ∆ = .
2n21
Dans la pratique, n1 et n2 ont des valeurs très voisines et ∆ est très petit, en général ∆ ≈ 10−2 .
→ Représenter n = f (r) pour α = 1 , α = 2 et α infini.
3. Fibre à saut d’indice
On envisage le cas d’une fibre à saut d’indice (α infini) 1 .
a) Le plan d’incidence d’un rayon SI se propageant dans l’air et
r
tombant sur la fibre est le plan du schéma ci-contre.
air gaine
→ Montrer que si θi reste inférieur à un angle θa , un rayon peut
n=1
être guidé dans le cœur. coeur z
O
On appelle ouverture numérique (O.N.) la quantité sin θa .
qi I
→ Exprimer l’O.N. en fonction de n1 et ∆.
Application numérique :
Calculer l’O.N. pour ∆ = 10−2 et n1 = 1, 5.

DM1 • Opt.
b) Une impulsion lumineuse arrive à t = 0 , au point O (r = 0) sous la forme d’un faisceau
conique convergent, de demi-angle au sommet θi (θi < θa ). Pour une fibre de longueur l , calculer
l’élargissement temporel ∆t de cette impulsion à la sortie de la fibre.
Exprimer ∆t en fonction de l , n1 , c et θi .
A.N : Calculer ∆t pour l = 10 km, θi = 8◦ et n1 = 1, 5. On prendra c = 3.108 m.s−1 .
c) Soit un faisceau conique convergent à l’entrée d’une seconde fibre à saut d’indice. Ce faisceau
a pour demi-angle au sommet l’angle θa′ correspondant à l’O.N. de la seconde fibre.
→ Exprimer ∆t′ en fonction de l , n1 , n2 et c.
Application numérique : Calculer la nouvelle O.N. et ∆t′ pour l = 1 km, n1 = 1, 456 et n2 =
1, 410 (fibre silice/silicone).
d) On envoie à l’entrée de la fibre de la question précédente des impulsions très brèves de durée
δT avec une période T (on suppose que δT ≪ T ).
→ Quelle est la valeur minimale de T pour que les impulsions soient séparées à la sortie de la
fibre ?
e) En transmission numérique, on exprime le résultat en nombre maximum d’éléments binaires
(présence ou absence d’impulsion = bit) qu’on peut transmettre par seconde. Que vaut le débit
en b.s−1 (bits par seconde) des fibres étudiées ?
Les comparer aux standard téléphone Numéris (64 kb/s), au standard télévision (100 M b/s) ou
à une ligne « ADSL » classique qui permet un transfert de 512 M o par seconde (soit plus de
4.109 b/s).
1. Utiliser les lois de Descartes et un soupçon de géométrie.
Optique géométrique — Fibre optique 2011-2012

Solution   
P2 P2 X P2 X
1) X(dB) = 10 log ⇔ log = ⇔ = 10 10
P1 P1 10 P1
• En 1970 : X = −10 dB.km−1
P2
→ donc le pourcentage de pertes au bout d’une km est : = 0, 1 = 10%
P1
• « Aujourd’hui » : X = −0, 005 dB.km−1
P2
→ donc le pourcentage de pertes au bout d’une km est : ≃ 0, 999 = 99, 9%
P1

2)
• Pour a < r < b : n(r) = n2
• Pour r < a : 
h  r α i1/2 1   r α    r α 
n(r) = n1 . 1 − 2.∆. ≃ n1 . 1 + . −2.∆. ⇒ n(r) ≃ n1 . 1 − ∆.
a ↑ 2 a a
(1 + x)β
DL1 car∆ ≪ 1
≃ 1 + β.x r α
lorsque x ≪ 1 donc 2.∆. ≪1
a

α=1 Profil linéaire α=2 Profil parabolique α= Profil à saut d'indice

oo
n n n
n1 n1 n1

n2 n2 n2

r r r
a b a b a b

3.a) r
Pour que le rayon soit b
n2 A
guidé dans le « cœur » a
de la fibre, il faut qu’il n=1 n1
DM1 • Opt.

θA
subisse des réflexions to- z
tales aux points A, B, C O
θ0
... I P θB
Pour cela, il faut que θA θi
(= θB = θC = . . .) véri- S B
fie :
 
n2 n2
sin θA ≥ soit : θA ≥ arcsin
n1 n1
π
• De plus, comme le triangle IP A est rectangle en P , on a : θ0 = − θA
2
Pour qu’il y ait guidage du rayon (i.e. réflexion totale en A) il faut donc :
 
π n2
θ0 ≤ − arcsin ,
1
2 n1
• De plus, comme il y a réfraction en I : n. sin θi = n1 . sin θ0 , 2
•, 1 et ,
2 donnent :
  
π n2
sin θi = n1 sin .θ0 ≤ n1 . sin − arcsin
2 n1
  
n2
≤ n1 . cos arcsin
n1

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2011-2012 Optique géométrique — Fibre optique

Donc : s   
2 n2
sin θi ≤ n1 . 1 − sin arcsin
n1
s 2
√ n21 − n22

n2
≤ n1 . 1− = n1 . 2.∆ avec : ∆ =
n1 2n21

D’où : O.N. = n1 . 2.∆ = sin θa = 0, 21
On en déduit : θa = arcsin(sin θa ) = arcsin(O.N.), soit θa ≃ 12◦

Cl : Si θi > θa alors il n’y a pas guidage optique.

3.a)
r
b
n2 A
a
n1
θi
(1) O θ0
P z
θi

(2)
B
Impulsion en O
sous forme d'un ∆t
faisceau conique
t convergent t
t=0 t1 t2
date d'entrée des date de sortie date de sortie
rayons (1) et (2) du rayon (1) du rayon (2)

• Le rayon (1) arrive sous incidence nulle dans la fibre de longueur l ; il parcourt une longueur l
c l l
à la vitesse v = . La durée de parcours de la fibre est t1 = = n1 .
n1 v c
• Tout autre rayon (θ 6= 0) met une durée plus longue car sa trajectoire est brisée et non plus
rectiligne.

DM1 • Opt.
Le rayon qui met le plus de temps à traverser la fibre est celui qui arrive sous l’incidence maximale
θ = θi .
Il apparaît sur le schéma que lorsque (1) parcourt la distance OP (l), (2) parcourt la distance
OA (L = OA + AB + BC + . . .).
OP l OA l
D’où : = ⇔ L= .l =
OA L OP cos θ0
L n1 l t1
D’où la durée du trajet (2) : t2 = = . =
v c cos θ0 cos θ0
• D’où l’élargissement temporel de l’impulsion à la sortie de la fibre :
 
n1 .l 1
∆t = t2 − t1 = . −1 avec : 1. sin θi = n1 . sin θ0
c cos θ0
!
n1 .l 1
= . p −1
c 1 − (sin θ0 )2
 
 
n1 .l  1  −7
Cl : ∆t = . s − 1
 = 2, 17.10 s
c   
sin θi
2 
1−
n1

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Optique géométrique — Fibre optique 2011-2012

3.c) Dans le cas de la seconde fibre « attaquée » par un cône de lumière de demi-angle au sommet
θa′ , l’élargissement temporel s’écrit :
 


   
′ n1 .l  1  n1 .l 1
∆t = . s  − 1 = c . √1 − 2.∆ − 1
 car : sin θa′ = n1 . 2.∆
c  

sin θa′ 2 
1−
n1
n22
 
n1 .l n1
= . −1 car : 1 − 2.∆ =
c n2 n21
 
′n1 .l n1
→ ∆t = . −1
c n2
A.N. : avec n1 = 1, 456 ; n2 = 1, 410 ; l = 1 km on a :

O.N. = n1 . 2.∆ = 0, 36 = sin θa′ ⇒ θa′ = 21, 3◦

et ∆t′ = 1, 58.10−7 s

3.d) Si une impulsion dure δT à l’entrée de la fibre optique, elle dure δT + ∆t′ à la sortie de
cette fibre.
Pour qu’en sortie deux impulsions soient séparées, il faut que δT + ∆t′ < T
Comme δT ≪ T , cela revient à imposer : ∆t′ < T soit : T > 158 ns

3.e) Puisque T > ∆t ou ∆t′ , on a une fréquence d’impulsions de valeur :


1 1 1
f= < ou
T ∆t ∆t′
• Pour la première fibre, on obtient un débit maximal de :

1
f= = 4, 6.106 bits/s
∆t
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• Pour la seconde fibre :


1
f′ = = 6, 3.106 bits/s
∆t′
• Soit des des débits supérieurs à celui du standard du téléphone Numéris mais inférieur à celui
de la Télévision ou d’une ligne ADSL. Pour remédier à cette limite due à l’élargissement des
impulsions, on fabrique des fibres à gradient d’indice (dans lesquelles n1 = n(r) varie avec r).

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