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STRATEGIES DE MAINTENANCE BTS MI

GESTION DES PIECES DE RECHANGE


I – OBJECTIFS DE LA GESTION DES STOCKS :
Une entreprise doit posséder en temps voulu, les matières et les produits nécessaires à la production, à la maintenance
et à la vente. Pour cela, il faut donc déterminer quelles quantités commander et à quelles dates  ; afin que le coût global
soit le moins élevé possible. Le stock coûte environ 25% de la valeur du produit et le non respect d’un délai de livraison
peut entraîner la perte d’un client.
Un système de gestion des stocks doit donc permettre d’assurer la continuité de fonctionnement d’un appareil de
production, d’un service, etc. ; même lorsque la cadence des flux de consommation diffère de celle qui caractérise les
flux d’approvisionnement.
Un système de gestion des stocks doit :
 Dimensionner les niveaux de stocks théoriques en fonction des objectifs qui lui sont donnés.
 Maintenir à un seuil acceptable le niveau des services pour lequel le stock considéré existe.
 Ajuster le volume des commandes de réapprovisionnement de manière à maintenir le niveau de chaque stock dans
la zone visée (en fonction des aléas de la demande et en tenant compte, éventuellement, des aléas affectant le
délai de réapprovisionnement).
 Chercher à obtenir un niveau de stock le plus faible possible, compatible avec l’objectif précédent.
Un stock peut être considéré comme un réservoir de régulation situé entre deux flux qui présentent des irrégularités de
débit :
Flux d’entrée

Stock
Flux de sortie

Ce stock représente une immobilisation financière (c’est de l’argent que l’on a investi et qui ne rapporte pas) qu’il faut
optimiser. Son niveau doit être ajusté entre 2 cas extrêmes :
RUPTURE DE STOCK = arrêt de la fabrication
SUR – STOCK = immobilisation financière mettant en
entraînant un surcoût de production et un allongement du
péril la rentabilité de l’entreprise
délai de livraison au client

Flux d’entrée Flux d’entrée

Stock
Stock

Flux de sortie Flux de sortie

De plus, ces stocks sont composés d’articles de différentes valeurs.


Selon ces valeurs et selon leurs besoins en consommation, ces différents articles ne seront pas gérés de la même
manière.
Ainsi, la gestion des stocks vise à une maîtrise des QUANTITES, des DELAIS et des COUTS.

II – LES CATEGORIES DE STOCKS :


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 Stocks amont de fabrication (1) : essentiellement constitué de matières premières et de fournitures de base
approvisionnées auprès d’autres usines, grossistes, importateurs, etc.
 Stocks intermédiaires de fabrications (3) et (6)  : on désigne ainsi les pièces, composants, modules, directement
incorporés dans les productions de l’entreprise et approvisionnés en l’état auprès de fournisseurs divers dont
notamment les sous-traitants.
 Stocks semi-finis et produits finis (4) & (7) : la situation décrite dans l’exemple ci-dessous montre une production
à deux niveaux :
o Un atelier At1 où sont fabriqués, en grandes séries, sur des lignes spécialisées, un ensemble de produits
semi-finis (4)  production sur prévision de vente.
o Un atelier At2 où sont montés et configurés des produits finis (7) à partir des spécifications des clients  
production en petits lots sur commande.
 Stocks «  en cours » (2) & (5)  : on notera que l’importance des en-cours est généralement, à la fois, proportionnelle
à la longueur du cycle de production et inversement proportionnelle au degré de fluidité des flux.

Les stocks sont de natures différentes.


Certains sont des stocks « subis » c’est-à-dire involontaires :
 Erreurs de prévisions
 Séries trop importantes
 Production par lots
 Différences de rythme des différents postes de charges
D’autres sont « voulus » car inhérents au mode production afin de :
 Réduire les délais de livraisons
 Niveler les fluctuations des commandes
 Compenser les aléas du système de production
 Réduire les temps de mise en route
III – HIERARCHISATION DES ARTICLES :
Stocker, c'est engager des dépenses pour acquérir des biens qui ne produiront des revenus qu'ultérieurement.
Selon ce que l'on stocke, en quelle quantité et suivant la durée, ces dépenses peuvent s'avérer conséquentes.
Il est évident que dans une menuiserie, il est facilement acceptable de stocker de grandes quantités de vis ou de
chevilles, dont l'utilisation est importante, fréquente et de coût faible.
Par contre, stocker des planches en chêne, en hêtre ou autres essences entraîne, outre le prix d'achat du bois, des
dépenses pour le stocker à l'abri, des dépenses de manutention, d'assurance, etc.
Il existe une hiérarchie des produits nécessaires à l'activité, une classification en fonction de leur prix, des quantités
utilisées, de leur fréquence d'utilisation, des quantités minimales d'achat, des délais, etc.

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Une hiérarchisation commode est la classification ABC, basée sur le principe de la loi des 20/80 de Pareto.
Par exemple ;
 Classe A : produits très chers, rares, délais longs
 Classe B : produits moyennement chers, disponibilité aléatoire sur le marché
 Classe C : produits courants, peu chers
Il est clair qu'en fonction de sa classe, chaque produit aura un mode de gestion spécifique.
Afin de déterminer la classification des éléments d'un ensemble, la méthode ABC propose la démarche suivante :
 Recherche du critère d'analyse correspondant à la classification désirée
 Classification des articles par valeur décroissante du critère d'analyse
 Calcul des valeurs de classification (pourcentages cumulés du critère d'analyse)
 Tracé de la courbe des pourcentages cumulés du critère d'analyse où les abscisses représentent les éléments
à classifier et les ordonnées les pourcentages cumulés du critère d'analyse
 Interprétation de la courbe et détermination des classes d'importance
Exemple :
Etant données les informations de stock, on désire définir le système de gestion de chaque article sachant que celui-ci
peut être déterminé en fonction de l'importance des consommations :

Consommation Prix Produit Cumul des %


Produit Consommation
annuelle unitaire (ordonnée) consommations cumulés
1 3000 20 2 20000 20000 29,41
2 20000 150 6 15000 35000 51,47
3 5000 70 7 10000 45000 66,18
4 4000 199 9 8000 53000 77,94
5 500 178 3 5000 58000 85,29
6 15000 73 4 4000 62000 91,18
7 10000 37 1 3000 65000 95,59
8 1500 33 8 1500 66500 97,79
9 8000 2 10 1000 67500 99,26
10 1000 98 5 500 68000 100

Cumul des consommations

120
100

80
Cumul (%)

60
40

20
0
2 6 7 9 3 4 1 8 10 5
Produits

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Il faut noter que cette hiérarchisation des articles pour gérer les stocks suppose que ces articles soient codifiés. Une
gestion des stocks n’est efficace que si tous les articles sont clairement identifiés.
IV – LA FONCTION APPROVISIONNEMENTS :
La « fonction approvisionnements » est responsable de la
satisfaction des besoins exprimés en matières premières, EXPRESSION DU
composants et fournitures nécessaires pour la réalisation des BESOIN

opérations de fabrication et de maintenance de l’entreprise.


Un approvisionnement se déroule généralement suivant le
schéma ci-contre.
L’ensemble des activités relatives à un approvisionnement
doit être réalisé en temps opportun et avec un coût global ACTE D'ACHAT
minimum.
La structure générale de la fonction approvisionnements met
en évidence 2 sous fonctions : les achats et la gestion des
stocks.
LIVRAISON

Approvisionnements

CONTROLE DE
En quantités et qualité
CONFORMITE

Achats Gestion des stocks

PAIEMENT DE LA STOCKAGE et MISE


FACTURE A DISPOSITION

Magasinage

V – PRINCIPES DE GESTION :
51 – Evolution théorique du stock d'un article :
Le cas idéal : la consommation est extrêmement régulière et les fournisseurs livrent dans un délai fixe et constant.
Entrée en
magasin
Quantité

Consommation

délai

temps

Le stock varie entre un maximum au moment de l'entrée d'une commande du magasin et zéro au moment où la
commande suivante va arriver.

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Il faudra avoir pris soin d'engager la commande de réapprovisionnement en tenant compte du délai donné par le
fournisseur si la livraison s'effectue au bon moment.
52 – Rupture de stock :
Allongement du délai  : pour des raisons dues aux fournisseurs ou liées aux problèmes économiques, le délai peut
alors s'allonger d'une durée indéterminée et parfois imprévisible.
La venue de tels événements va modifier l'allure de la courbe théorique d'écoulement du stock :

Quantité

délai : d d + d

temps

Rupture de stock

« d » est l'accroissement de délai exprimé dans une unité de temps définie et « k » la consommation pendant la
même unité de temps. La quantité « q » demandée pendant l'allongement du délai sera égale à : q  k(d  d)
Le gestionnaire des stocks devra à ce moment déterminer un nouveau délai et déterminer si cet accroissement est du à
un phénomène durable (structurel) ou accidentel (conjoncturel).
53 – Augmentation de la consommation :
Dans bien des entreprises, la notion de consommation est sous tendue par un calcul de moyenne effectué sur un passé
récent.
Il n'est pourtant pas rare de voir augmenter la consommation de manière parfois importante pendant le temps du délai.
Il faudra alors faire face à une rupture de stock.

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Quantité

délai : d

k + k

temps

Rupture de stock

L'un des problèmes à résoudre sera donc de savoir si cette consommation sera durable ou simplement passagère ; de
façon à pouvoir passer la commande de rattrapage qui permettra d'assurer un bon fonctionnement futur.
 Remède : création d'un « stock de protection » ou d’un « stock de sécurité » pour pallier la rupture due à un
allongement du délai ou à une augmentation de la consommation.

Quantité

délai : d d + d

k + Dk

Stock de
protection
temps

Graphiquement, cette solution conduit à la création d'une zone neutralisée, égale à la quantité que l'on désire conserver
en stock et qu'il va falloir calculer.
Ce stock de protection entraîne comme conséquence une augmentation du volume des stocks et donc des
immobilisations (au sens comptable du terme). Il conviendra de réaliser un calcul de son niveau afin d'optimiser les
coûts et les avantages qu'il procure à l'entreprise.
54 – Le stock moyen :
Une seule livraison annuelle :
 consommation de 100 pièces par mois

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 situation initiale : 1200 pièces au 1er jour de l'année (quantité reçue à chaque livraison Q)
A la fin des 12 mois, si la consommation a été de 100 unités par mois, il ne reste plus rien au magasin. Le stock moyen
(Stm) se trouve donc être égal à la moitié de la quantité reçue.

Quantité

1200

Stm=1200/2
600

temps

12 mois

Influence du nombre de livraisons :


 2 livraisons dans l'année
 quantité reçue : Q = 600 unités

Quantité

1200

600

Stm=600/2
300

temps

12 mois

Q
Le stock moyen est égal à la moitié de la quantité reçue : Smoy 
2
Qu
Le montant du stock sera simple à trouver avec « u » le coût unitaire hors taxe de l'article concerné : Smoy 
2
Remarque importante  : si on double le nombre de réceptions ou le nombre de demandes de livraisons aux
fournisseurs, on divise par 2 la valeur moyenne du stock. Le gestionnaire, à qui l'on demande précisément d'avoir des
stocks bas, aura tendance à augmenter le nombre d'ordres de livraisons. Il ne faut cependant pas oublier que d'autres
paramètres doivent être pris en compte.
55 – Influence du stock de protection :
Hypothèses :
 la protection est égale à un mois de consommation
 on reprend les mêmes données que précédemment

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Constat :
 la première commande est égale à 700 unités (600 pour la consommation des 6 premiers mois et 100 de stock
de protection)
 la seconde est de 600 unités.
 Le stock va donc évoluer entre 700 et 100 unités.

Quantité

700
Stock actif

Stm

100
Stock de temps
proctection

12 mois

56 – Calcul du stock moyen :


 ordonnée à l'origine : 700
 ordonnée à l'extrémité : 100
 ordonnée au milieu du segment : (700+100)/2=400
La même opération pour la seconde période de 6 mois donnera le même résultat ; donc le stock moyen sur l'année
sera de 400 unités.
Le stock moyen total peut être considéré comme la somme du stock moyen actif et du stock de protection  ; ce qui se
traduit par :
Q 
Smoy val    Sp   u
2 
 Smoy.val = Stock total moyen valorisé
 Q = Quantité reçue à chaque livraison (Q/2 car 2 livraisons dans l'année, ici période de référence)
 Sp = Stock de protection
 u = Coût unitaire rendu hors taxe
57 – Analyse du stock de sécurité :
La vie d’un stock met en évidence 4 parties dans le stock d’un article :
 Le stock vivant correspondant à la consommation moyenne et aux réapprovisionnements. Son volume est lié à
celui de la quantité reçue à chaque livraison.
 Le stock de sécurité correspondant à la partie nécessaire pour absorber les irrégularités de la consommation et
du délai d’approvisionnement. Son volume est lié à l’importance des irrégularités.
 Le stock mort qui correspond à un surstockage inutile
 La réserve de sécurité constituée pour se préserver d’un risque particulier identifié.
Le stock de sécurité a pour utilité de protéger contre les aléas :
 De la consommation
 Du délai d’approvisionnement

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CM = moyenne de consommation
SR = (CM + EQ)*(D + ED) = CM*D + SS EQ= Ecart de consommation
ED= Ecart de délai de livraison
D = délai de livraison
SS = stock de sécurité
Le stock de couverture est un stock vivant destiné à couvrir les besoins moyens prévus pendant le délai
d’approvisionnement : SC = CM * D
Le stock de sécurité est en moyenne un stock dormant, donc une immobilisation coûteuse. Il est destiné à nous
prémunir contre :
 les écarts de consommation : SSEQ = EQ*D
 les écarts de délais : SSED = ED*CM
L’idéal serait de ne pas avoir de stock de sécurité, on essaiera donc de prendre toutes les mesures possibles
susceptibles de réduire ces aléas avant de le calculer.

SS = (D * EQ)+(CM * ED) = SSEQ + S SED

 Si l’on veut se prémunir contre tout risque de


rupture de stock : il suffit de prendre pour EQ et ED
les maximums possibles mais avec comme
contrepartie un niveau moyen des stocks (coût de
stockage) qui s’alourdit.
 Inversement plus on choisira une valeur faible du
stock de sécurité, plus on accroît les risques de
ruptures, c’est ce qu’on appelle les coûts de
pénurie.
Le niveau optimal sera finalement celui qui minimise la
somme des deux coûts parasites :
 Coût de rupture = coût de pénurie * probabilité de
rupture
 L’accroissement du coût de stockage

S SEQ = KQ* σQ *√ D SSED = KD* σD *√ CM

KD ou KQ = coefficients de risque
D = délai d’approvisionnement
CM = consommation moyenne
σQ = écart type de consommation
σD = écart type de dispersion des délais
Le niveau de stock qui déclenche finalement le réapprovisionnement s’écrit :

S R = (CM * D) + SSED + SSEQ = CM*D + (KQ* σQ *√ D) + KD* σD *√ CM


58 – Rotation et couverture moyenne :
Taux de rotation du stock  : ce ratio donne le nombre de fois où le stock a « tourné » pendant une période déterminée
(généralement l'exercice comptable de l’entreprise).
Il est obtenu en divisant de nombre total des sorties ou des consommations d'une année par le stock moyen de la
même période :
S
Tr 
Stm
 Tr : Taux de rotation du stock
 S = Quantité consommée dans l'année

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 Stm = Stock moyen en quantité
Couverture moyenne : cette notion correspond en fait à la détermination du temps pendant lequel l'entreprise pourrait
fonctionner sans réaliser de réapprovisionnement de ses stocks. On calcule la couverture moyenne en divisant le stock
moyen par la consommation à l'unité de temps ; la plus utilisée est le mois, mais d'autres sont possible en fonction de
l'activité de l'entreprise :
Stm
Cm 
K
 Stm = Stock moyen par unités de temps
 K = Consommation moyenne pendant l'unité de temps choisie.

VI – Méthodes de réapprovisionnement  :
61 – Introduction :
Une entreprise doit posséder en temps voulu, les matières et les produits nécessaires à la production, à la maintenance
et à la vente. Pour cela, afin que le coût global soit le moins élevé possible, il faut déterminer :
 quelle quantité commander
 à quelle date commander
Cette politique étant fondée sur des prévisions (par définition inexactes), le mode de réapprovisionnement choisi doit
faire preuve d'une grande souplesse pour être adaptable en cas d'erreurs de prévision.
Les différents modes d'approvisionnement s'articulent autour de 2 paramètres :
 la quantité commandée qui peut être fixe ou variable
 la date de réapprovisionnement qui peut être à périodes fixes ou variables
Cela permet d'envisager 4 méthodes :

Période fixe Période variable


Méthode du réapprovisionnement fixe
Quantité fixe méthode du point de commande
ou méthode calendaire
méthode à période et quantités
Quantité variable Méthode du « recomplètement »
variables (achats opportunistes)

62 – Méthode de réapprovisionnement cyclique : quantité fixe, périodicité fixe :


Exemple : Le magasin approvisionne 1000 vis CHc tous les 10 mois.
Ce type de contrat, extrêmement simple, constitue plus un cas théorique qu'une réalité d'entreprise. Il peut être utilisé
pour des articles de faible valeur (articles se trouvant dans la catégorie C de l'analyse ABC) dont la consommation est
régulière ou qui ne sont pas fabriqués par l'entreprise.
Les quantités commandées seront voisines de la quantité Qe, le stock de sécurité pouvant être réduit car il existe peu
de risque de pénurie sur les pièces concernées, les délais de livraison étant assez stables.
Graphe d'approvisionnement par quantités fixes à dates fixes  :

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Quantité

Qe

Qe
temps

Qe
P P P

Rupture de
stock
AVANTAGES :
 Simplicité de la gestion des stocks
 Gains d'échelle négociables par les acheteurs
INCONVENIENTS :
 Si la quantité de réapprovisionnement est mal calculée ou si la consommation n'est pas régulière, il y a risque
« d'inflation » ou de rupture de stock.
 Les livraisons urgentes ou hors contrat, peuvent être très coûteuses (recours au fret aérien, lancement spécial
chez le fournisseur, etc.)
63 – Méthode du « recomplètement » : quantité variable, périodicité fixe :
Pour chaque produit, un niveau optimum de stock est défini. A période fixe, le magasinier analyse son stock et
commande la quantité permettant de recompléter au niveau requis.
Cette méthode s'applique à des produits :
 dont la consommation est régulière,
 coûteux, périssables ou encombrants.
Il est possible de faire des périodes d'inventaire ou d'analyse différentes suivant les catégories de produits.
Exemple : tous les 10 mois le magasinier passe une commande de vis CHc en fonction du niveau de stock constaté,
afin de réapprovisionner celui-ci. Dans ce cas on suppose que la consommation est régulière, et que l'on connaît le
total annuel.

Quantité Niveau de recomplétement

temps

Stock de sécurité

D D D

P P P

AVANTAGES :
 Gestion des stocks simple.
 Immobilisation financière faible ou maîtrisée.

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INCONVENIENTS :
 Possibilité de rupture de stock.
Calcul de la quantité à commander  :
 T : intervalle entre 2 commandes
 D : délai d'obtention
 Ni : consommation de l'article par jour
 Si: niveau de stock de l'article i à l'instant de la commande
 Ci: quantité de l'article i correspondant aux commandes en instance
 Ri: quantité de l'article i allouée à des OF
La quantité à commander sera : Qi  Ni  T - Si - Ci  Ri
64 – Méthode du point de commande : quantité fixe et périodicité variable :
Plus connue sous le nom de « méthode du point de commande », elle consiste à définir, dans un concept de flux tiré
et de juste à temps, le niveau de stock qui déclenche l'ordre d'achat, de façon à être livré juste au moment de
l'utilisation de la dernière pièce.
Ce niveau de stock (point de commande) doit permettre de satisfaire les besoins durant le délai allant de la date de
déclenchement de commande à la date de livraison.
Le « point de commande » s'appelle également « seuil de commande » ou « seuil de réapprovisionnement ».
Cette technique est utilisée essentiellement pour les articles de classe A de l’analyse ABC car elle demande un suivi
permanent des stocks entraînant un coût de gestion élevé.
Remarque : la méthode Kanban est une forme d'approvisionnement à point de commande.
AVANTAGES :
 Permet d'éviter les ruptures de stocks.
 Adapté à une consommation partiellement irrégulière.
INCONVENIENTS :
 Impose un suivi permanent des stocks pouvant entraîner des coûts administratifs importants.
 Peut encourager à faire des stocks de sécurité.
Exemple : dès que le stock de vis à atteint la valeur limite de 250 unités, on déclenche une commande de 1000 vis.
Le point de commande est le niveau de stock que doit déclencher l'ordre d'achat.
Il est défini comme étant le niveau de stock nécessaire pour couvrir les besoins pendant le délai entre la commande et
la livraison.
Paramètres :
 St : Stock en magasin ou stock temporaire
 c : reliquat de commandes non encore livrées
 f : affectations ou quantité retenue non encore prélevée.
 d : délai de livraison en mois.
 Ss : Stock de sécurité ou de protection.
 Cl : Coût de lancement de commande.
 Cu : Prix unitaire
 T : Taux de possession du stock
On commande systématiquement la quantité économique Qe. On commande au moment où le disponible  atteint la
Q
valeur du point de commande N C = stock d'alerte Sa.
 = St + c – f
N
Aussi : N C  S 
Q
*d
s 12
N
* d représente la consommation moyenne pendant le délai de livraison d.
12
Représentation graphique :

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D
Période de conso Période de conso Période de conso
= moyenne > moyenne < moyenne

Date
Date
livraison 1
livraison 2 Date
livraison 3
Qe

Qe
Stock

Qe
d’alerte Sa

(Nxd)/12 Date
Date Date cde 3
cde 1 cde 2
Stock de
sécurité Ss d
Utilisation du stock
d de protection d

Remarque : lorsque la consommation n'est pas régulière entre 2 arrivages, elle peut être supérieure à la moyenne.
Cette situation justifie la nécessité d'un stock de sécurité adapté au risque de rupture de stock choisi.
La périodicité des commandes étant aléatoires, il est impossible d'effectuer un planning.
Ce schéma est bien sûr purement théorique. Le délai de commande n'est pas sans aléas et la consommation peut subir
quelques variations.
Le problème posé consiste alors à :
 Prévoir la consommation moyenne probable pendant le délai d'approvisionnement
 Prévoir la consommation moyenne probable
 Prévoir les écarts probables de consommation
 Prévoir les écarts éventuels de délai.
La rupture de stock peut être causée par 2 phénomènes :
 Un accroissement de la demande
 Un retard de livraison
Prévision
Q Q
Date de livraison prévue

Consommation réelle

Temps Temps
Rupture Rupture

Afin d'éviter cette rupture de stock, il faut prévoir un stock de sécurité qui permet d'absorber « l'imprévisible ».
Au délai de livraison (date de commande – date de réception) correspond une quantité moyenne consommée qui,
ajoutée au stock de sécurité, fixe la valeur du point de commande au niveau de réapprovisionnement.
Les quantités commandées sont celles résultant du calcul de la quantité économique Qe. Le gestionnaire suit
l'évolution du stock aussi fréquemment que possible afin de détecter le point de commande.
Remarque :
 Le stock de couverture (Sa – Ss) est un stock VIVANT

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 Le stock de sécurité est un stock DORMANT
65 – Calcul du stock de sécurité :
Cas idéal :

Q
Point de commande
Q1

Livraison

Stock de couverture
Cu

Temps
d

Cas où il existe un écart de consommation « ec  »  :


Q Point de commande

Q1

Stock de
couverture
Cu + ec ec
Temps

Ss stock de
d sécurité
Cas où il existe un écart de délai de livraison « ed » :
Q Point de commande

Q1
Livraison

Stock de
couverture
ed
Cu
Temps
d Ss stock de sécurité

Cas où il existe un écart de consommation « ec  » et un écart de délai de livraison «  ed  »  :

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Q Point de commande

Q1
Livraison

ed
Stock de
couverture Cu+ec

Temps

Ss stock de sécurité
d

Problème : on veut calculer le stock de sécurité permettant d'avoir « x% » de chance de ne jamais être en rupture de
stock. Ce problème n'est pas simple car la demande et le délai de livraison peuvent être aléatoires. Le risque de rupture
n'existe qu'entre l'instant de la passation de l'ordre et celui de la livraison.
Si on désire maintenir la qualité du service à un niveau donné «  » alors :
Probabilité (rupture) = probabilité (XD < s) > 
 D le délai de réapprovisionnement
 XD la demande associé au délai D
 s le seuil.
Méthode d'évaluation du stock de sécurité : hypothèse de répartition selon la loi de Gauss
Pour évaluer les paramètres (moyenne et variance) de la consommation, il faut les déterminer à partir de relevés de
périodes précédentes.
De plus pour appliquer cette méthode, il faut vérifier de l'appartenance de la variable aléatoire à une loi normale.
Premier cas : le délai de livraison D est fixe, la consommation est variable.
La consommation varie autour d'une moyenne sur une période « x » et suivant une loi normale d'écart type  x .
Les périodes d'approvisionnement sont indépendantes.
Sur l'ensemble des périodes, il y a additivité des variances :  x , D  D   x
2 2

De ce fait, la consommation sur une période D suit une loi normale d'écart type :  x , D   x  D

Si u est la variable réduite associée au risque de rupture choisi alors le stock de sécurité est égal à : S  u   x  D

Exemple :
Considérons un article de consommation moyenne hebdomadaire x  50 avec une variation d'écart type  x  5 .
Le délai moyen de livraison est de 4 semaines (20 jours) avec une variation d'écart type de 2 jours.
Le risque de rupture est de 2,5% (u = 1,96).
En considérant le délai fixe, on peut calculer le stock de sécurité
S  u  x  D  1,96  5  4  19,6
La consommation sur les 4 semaines est de 50 x 4 = 200.

Deuxième cas : le délai de livraison D est variable, la consommation est fixe.


Soit  l (jours), l'écart type de la variation sur le délai de livraison.
Effectuons un changement de variable jour par consommation :
 l (Consommation)  (Consommation / jour )   l ( jours )
Si u est la variable réduite associée au risque de rupture choisi alors le stock de sécurité est égal : S  u   l
Exemple (suite) :

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50
 l (Consommation)  (Consommation / jour )   l ( jours)   2  20
5
S  u   l  1,96  20  39,2

Troisième cas : le délai de livraison D est variable, la consommation est variable.


Les deux variables sont indépendantes, on peut appliquer le théorème d'additivité des variances :    l  D   x
2 2 2

Le stock de sécurité est égal à : S  u  

Exemple (suite) :
 2   l2  D   x2  400  100  500
S  u    1,96  22,36  44 pièces

66 – Réapprovisionnement à date et quantité variables :


Cette méthode est principalement utilisée pour les articles de classe A dont les prix de revient varient fortement ou dont
la disponibilité n'est pas permanente. Exemple : Métaux précieux, bois exotiques, etc. L'achat se fait sur estimation en
fonction des opportunités du marché. Dans les estimations, il faudra prévoir les besoins pour les commandes
spécifiques, les fabrications de l'entreprise, les aléas de fabrication, etc.
AVANTAGES : permet, éventuellement, de profiter de tarif très intéressant.
INCONVENIENTS : il faut faire un suivi permanent des coûts du marché pour effectuer les achats les plus intéressants.
Il ne peut être utilisé que pour un nombre réduit d'article sinon l'entreprise risque de se fragiliser. Il peut favoriser la
spéculation
67 – Limites des méthodes classiques de réapprovisionnement :
Ces méthodes de gestion des stocks et de réapprovisionnement sont valables lorsque l'on est dans les hypothèses
suivantes :
 Les coûts sont proportionnels au nombre d'articles achetés (il n'y a pas de rabais)
 Il n'y a pas de pénurie
 La demande est constante
 Les coûts de stockage de commande et de lancement sont définis et constants.
Alors dans ces conditions, le couplage entre la demande de produits finis et les besoins en composants est donnée par
l'historique de la consommation moyenne et des délais d'approvisionnement.
En cas d'augmentation brutale de la consommation, les différentes méthodes exposées conduisent inévitablement à
une rupture de stock. De même qu'une diminution conduit alors à un gonflement du niveau des stocks et à une
augmentation du coût de possession.
VII – LES COUTS DE STOCKAGE :
La mission du gestionnaire des stocks est de rendre minimum la somme des coûts, de passation des ordres de
livraisons « Cpa »et du coût de possession des stocks « Cpo » : Cpa  Cpo  MINIMUM
Dans l'entreprise qui pratique la comptabilité analytique, les coûts sont généralement fournis. Dans le cas contraire, le
responsable des approvisionnements devra les calculer avant d'appliquer les méthodes de gestion des stocks
71 – Le coût de passation :
L’Unité d'œuvre  :
L'unité d'œuvre du coût de passation est l'ordre de livraison. Le coût de l'unité d'œuvre « a » est défini comme suit :
Total des frais
a
nombre d'ordres de livraison
Les éléments du coût de passation (liste non exhaustive) sont :
 les salaires et charges des sections achat, de réception, de comptabilité fournisseurs
 les frais de déplacement des acheteurs
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 les frais de timbres, de téléphone, de fax
 le frais d'achat des différentes fournitures et imprimés utilisés par les sections précédentes
 l'amortissement des matériels et mobiliers
 le loyer ou l'amortissement des locaux utilisés par ces sections
 le prix de l'énergie dépensée pour éclairer, chauffer, faire fonctionner les différentes machines
 le coût des services informatiques
 etc.
Ordre de grandeur : la valeur dépend essentiellement de l'entreprise et il est difficile de donner une fourchette de valeur
d'autant plus que bon nombre d'entreprises ne savent pas combien leur revient une commande ou un lancement en
fabrication. A titre indicatif, on peut trouver des valeurs comprises entre 15 et 60 euros.

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Le coût de possession ou coût de stockage  :
C'est le coût représenté par l'existence d'un stock dans l'entreprise. L’unité d'œuvre est l’euro de stock moyen qui est
retenu par la quasi-totalité des entreprises.
Le coût de l'unité d'œuvre « t » est obtenu en divisant le coût total des frais de possession par la valeur moyenne du
stock. Ce résultat est exprimé en % du stock moyen en valeur : t  taux de possession des stocks
Les taux couramment utilisé dans les entreprises se situent entre 15% et 35% suivant le type des articles et la qualité
de la gestion des stocks.
Les principaux éléments constitutifs sont :
 loyer de l'argent immobilisé dans les stocks
 salaires et charges des sections de gestion des stocks et de magasinage
 loyer ou amortissement des locaux utilisés
 frais d'éclairage et de chauffage des locaux
 prix de l'énergie dépensée pour maintenir la qualité des produits en stock (penser au maintien de la
température pour la conservation)
 coût de l'entretien des stocks et du matériel
 loyer ou amortissement des moyens de manutention
 frais d'assurance
 pertes éventuelles par coulage ou détérioration
 etc.
La quantité économique  :
But : commander ou fabriquer suffisamment de pièces pour que le total annuel des coûts d'acquisition et de possession
soit minimal pour l'entreprise.
Wilson a établi une formule basée sur un modèle mathématique simplificateur dans lequel on considère que la
demande est stable sans tenir compte des évolutions de prix, des risques de rupture et des variations dans le temps
des coûts de commande et de lancement.
Soit :
 N : le nombre de pièces consommées (fabriquées ou achetées)
 Q : le nombre de pièces approvisionnées ou lancées en fabrication en une seule fois
 Pu : le prix unitaire de la pièce
 Ss : le stock de sécurité envisagé pour cette pièce
 t : le taux de possession de l'entreprise exprimée en %
 Cl : le coût d'approvisionnement ou de lancement en fabrication.
Calcul du coût annuel de lancement :
N
 Le nombre annuel de lancements =
Q
N
 Le coût annuel de lancement=  Cl
Q
Calcul du coût de possession
Q
 Le stock moyen dans l'entreprise =  Ss
2
Q 
 Le coût annuel de possession =   SS   t  Pu
2 
Calcul de la quantité économique
N  Q 
 Le coût total des coûts : Ct    Cl     SS   t  Pu
Q  2 
Il faut donc trouver Q tel que ce coût total soit minimum. Le minimum est atteint lorsque la dérivée de ce coût total par
rapport à Q est nulle.

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La valeur de Q est alors égale à la quantité économique (notée Qe) d'où la formule de Wilson :
2  N  Cl
Qe 
t  Pu
Exemple d'application  : trouver la quantité économique qui correspond aux informations suivantes :
Consommations mensuelles : 1 000 pièces
 Pu : le prix unitaire de la pièce = 5€
 Ss : le stock de sécurité envisagé pour cette pièce = 500 pièces
 Cl : le coût d'approvisionnement ou de lancement en fabrication = 500€
 t : le taux de possession de l'entreprise exprimée en % = 25%
L'application de la formule de Wilson implique d'utiliser la consommation annuelle donc : N = 1000 x 12 = 12000 pièces
Calcul de la quantité économique :

2  1000  12000
Qe   4382
0, 25  5
Limite d'application de la quantité économique  :
Il est évident que les coûts de lancement et de possession sont ceux de l'entreprise et non des valeurs universelles.
Compte tenu des hypothèses simplificatrices de la formule, celle-ci ne s'applique pas lorsque la consommation et/ou les
prix sont fortement instables. Toutefois, Si le résultat n'est pas exact dans ce cas, il peut servir d'ordre de grandeur.
Une idiotie serait de commander exactement la quantité obtenue par la formule. En effet, celle-ci ne donnera jamais un
résultat compatible avec les unités d'achat imposées par le fournisseur.
72 – Analyse sur la quantité économique :
La quantité économique à approvisionner est : QE = √ ((2.N.Cl)/(Pu. t ))
Le nombre économique de commandes est pour une année : NE = N / QE
Le coût économique d’une pièce est CTU avec Q = QE : C.E = Pu + (N /QE) + (Pu * QE * t) / (2* Cl)
Si on se fixe un écart économique de 1% par rapport au coût économique d’une pièce : E.E = C.E /100
Si on cherche la zone économique ZE à l’intérieur de laquelle Q pourra varier sans accroître le coût d’une valeur
supérieure à EE :
Q max = QE + √ ( EE . QE3 / Cl )
Q min = QE – 0,5 .√ ( EE . QE3 / Cl )

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(N*Cl)/Q

73 – La valorisation des stocks :


Le niveau de l'ensemble des stocks pèse sur la trésorerie de l’entreprise. C’est là une préoccupation majeure de la
direction qui doit, pour fixer un niveau à maintenir, se poser 2 questions essentielles :
 Quelle est la valeur du stock ?
 Quel est le niveau optimum ?
Pour valoriser un article en stock, il existe plusieurs méthodes dont les choix relèvent souvent de la direction financière :
 Méthode du coût standard.
 Méthode du coût moyen pondéré.
 Méthode LIFO (Last In First Out).
 Méthode FIFO (First In First Out).
La valorisation des en-cours est une opération complexe pour laquelle l’informatique se révèle le seul outil efficace.
La valorisation des stocks, difficile lorsque le stock est tenue de façon manuelle, devient facile et rapide grâce à
l’informatique qui connaît les quantités en stock et la valeur unitaire des articles ; encore faut-il que ces informations
soient fiables.
Le coût moyen pondéré : CUMP  :
Il est calculé en fin de mois. Il est utilisé pour valoriser toutes les sorties du mois :
 QSI  CUI     QLi  CUi 
CUMP 
QT
 QSI : Quantité en stock initial au début du mois. Elle est considérée comme une entrée
 CUI : Coût d'achat unitaire
 QLi : Quantité à la livraison i
 Cui : Coût d'achat unitaire à la livraison i
Le prix d'achat est différent du coût d'achat.
Coût d'achat = Prix d'achat + frais d'achat
Frais d'achat = Quantités achetées x coût de l'unité d'œuvre d'approvisionnement.

Méthode FIFO : Premier entré premier sorti  :


Les quantités sorties sont prélevées en priorité dans les lots les plus anciens et valorisés au coût d'achat de ces
derniers.
Les produits sont consommés selon leur ordre d'arrivée. Ex : quand on fait la queue au supermarché, la règle du FIFO
s'applique à la caisse. Premier arrivé à la caisse, premier à sortir du magasin.
Méthode LIFO : Dernier entré, premier sorti  :

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Les quantités sorties sont prélevées en priorité dans les lots les derniers entrés et valorisés au coût d'achat de ces
derniers. Ex : les produits frais sont consommés selon leur date de péremption. Quand on a dans le frigo 2 plaquettes
de beurre, on utilise en premier la plus ancienne, c'est du FEFO !
74 – Le taux de service :
Il correspond à la mesure de la disponibilité des articles demandés par l’utilisateur, qu’il s’agisse de clients extérieurs,
d’ateliers ou de dépôts régionaux.
Après le niveau du stock, le taux de service constitue le second objectif que l’on doit se fixer. Pour le définir, deux
questions essentielles se posent :
 Comment mesurer le taux de service ?
 Quelle valeur lui attribuer ?
Mesure du taux de service  : cette opération s’effectue de diverses manières qui peuvent être regroupées en deux
catégories :
 Mesure du taux de service en valeur absolue. On choisit une ou plusieurs données représentatives, telles que :
o Le temps perdu par suite de rupture des stocks matières ou des stocks composants.
o Le nombre de jours où des commandes n’ont pu être suivies.
o La valeur des commandes multipliée par le nombre de jours où elles n’ont pu être suivies.
o Le nombre d’articles en rupture.
o Le total des jours d’articles en rupture.
 Mesure du taux de service en valeur relative. On calcule plusieurs pourcentages par rapport à une donnée de
référence.
Exemple :
 Commandes livrées dans les délais par rapport aux commandes totales à livrer :
 60 % des commandes livrées dans le délai
 10 % des commandes livrées avec 1 ou 5 jours de retard
 20 % des commandes livrées avec 1 ou 3 semaines de retard
 10 % de commandes livrées avec plus de 3 semaines de retard.
 Articles livrés dans les délais par rapport aux articles totaux commandés.
 Valeur des commandes livrées dans les délais par rapport à la valeur totale commandée.
 Commandes en retard par rapport aux commandes totales à livrer.
Toutes ces mesures ne sont intéressantes que si elles sont suivies dans le temps, analysées et comparées à un
historique éventuel.
Le taux de service diffère suivant le type d’articles en stock.
 Besoin dépendant : besoin interne, ensemble des articles fabriqués ou achetés dont la demande dépend de
celles des autres articles. La demande a pour origine une source interne à l'entreprise. Les besoins ne peuvent
pas être anticipés.
 Besoin indépendant : besoin externe, ensemble des articles fabriqués ou achetés dont la demande ne
dépend pas de celle des autres articles. La demande a pour origine une source externe à l'entreprise. Les
besoins peuvent être anticipés.
Pour les articles à demande indépendante : il dépend directement du stock de sécurité dont le niveau varie de façon
exponentielle avec le taux de service demandé.
Il faut fixer un taux de service réaliste, c’est-à-dire environ 95 %.
Pour les articles à demande dépendante : le taux de service devrait être de 100 % compte tenu des exigences de la
planification de la production.
Exemple : soient 5 composants gérés comme s’ils étaient indépendants avec le taux de service de 95 % chacun.
La probabilité de trouver les 5 composants ensemble au montage ou dans leur casier est de : 0,95 * 0,95 * 0,95 * 0,95 *
0,95 = 0,77soit 77% ; c’est-à-dire que une fois sur quatre il y a absence d’un des 5 composants.
Conclusion : dès l’instant où le nombre de composants augmente, on se rend compte à quel point un taux de service
individuel de 95 % pour des composants dépendants s’avère insuffisant en fabrication.
VII – LE STOCK MAINTENANCE :
81 – Constitution :

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C’est l’ensemble des articles stockés, nécessaires à la réalisation optimale de la fonction maintenance, c’est à
dire dans les meilleures conditions de délais, de coûts et de sécurité (NF X 60-000).

PIECES EN STOCK
Etude des pièces de rechange
Les rechanges indispensables Les rechanges nécessaires Les faux rechanges
Ces pièces sont à posséder absolument en stock Ces pièces sont à tenir en stock
car elles sont liées aux risques de production, de selon les variations de prix de vente Tout le reste ! Et qui n’a rien à faire dans
sécurité, de qualité ou de délai en cas de panne des fournisseurs, de leurs délais de le magasin…
ou de casse garantie et de leur consommation
Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Pièces Surplus Pièces
stratégiques spécifiques consommables spécifiques consommables oubliées travaux obsolètes
Composants
ou organes
qui ont été
Articles qui Composant
spécialement Composants
n’ont rien à s en bon
réalisés pour plus
voir avec la état visuel
un classiques Composants
maintenan mais qui
équipement des utilisés souvent Composants
ce mais qui sont
donné et qui fournisseurs et en grand Articles d’ancien
Composants qui restent de technique
ne sont habituels nombre, facile à standards des équipement
ont une rotation certains ment
absolument mais aux trouver chez les fournisseurs démonté ou
importante pour travaux mauvais
pas délais fournisseurs mais peu disparu de
lesquels il faut neufs (problèmes
disponibles d’approvision habituels. utilisés par l’entreprise.
prévoir une parce de durée
chez les nement très l’entreprise
politique d’achat qu’on ne de vie, de
fournisseurs longs. Pièces peu donc aux Souvent de
permettant d’en sait pas où mauvais
habituels ni coûteuses, mais délais parfois vieilles
réduire les coûts. les stockage).
chez le Pièces souvent long. pièces
entreposer.
constructeur. coûteuses vendues par lots stratégiques.
C’est 10 à
car importants.
Il ne faut 20% de la
Pièces fabriquées à
surtout pas totalité du
coûteuses car la demande.
les jeter ! stock.
nécessitant
un savoir faire
particulier
12% du 13% du 18% du
9% du stock 10% du stock 15% du stock 13% du stock 10% du stock
stock stock stock
26% du coût 23% du coût 9% du coût 12% du coût 18% du coût 6% du coût 4% du coût 2% du coût

Le stock maintenance est constitué, selon la politique de maintenance de l’entreprise :


1) Par les articles appartenant à la nomenclature des biens à maintenir selon le niveau de maintenance défini
par l’entreprise.
2) Par les articles tels qu’outils, outillages ou équipements nécessaires à la réalisation des travaux de
maintenance.
Les articles du stock maintenance peuvent être classés par exemple suivant leur nature :
 Consommables : fusibles, joints, visserie, huiles, etc.
 Pièces de rechanges : capteurs, moteurs, courroies, roulements, vérins, etc.
 Outillages classiques : outillage courant de l’agent de maintenance, équipements de graissage, appareils de
mesure, etc.
 Outillages spéciaux : engins de levage, caméra de thermographie infrarouge, analyseur vibratoire, etc.
Il est nécessaire de faire une distinction au niveau des pièces de rechange :
 D’une part celles qui sont spécifiques à un matériel et qui ne peuvent être acquises que chez le constructeur
du bien.
 D’autre part celles qui sont banalisées, qui peuvent se monter sur plusieurs matériels et qui peuvent être
acquises chez différents fournisseurs.
Les pièces spécifiques entrant en compte dans la sécurité des personnes et des biens doivent être parfaitement
identifiées et faire l’objet d’un suivi rigoureux.

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82 – Eléments du coût de gestion :
En gestion des stocks, il faut prévoir les quantités à commander, les dates de réapprovisionnement tout en minimisant
le coût total de ces opérations. Ce coût comprend :
 Le coût de passation de commande ou coût d’acquisition : ce coût varie en fonction du nombre de
commandes à passer à un même fournisseur (commandes unique ou groupées). Dans l’entreprise, il
occasionne des coûts dans les services suivants : achats, gestion des stocks, réception (contrôle qualité et
quantités), magasin, comptabilité. Le coût d’acquisition est égal au coût d’acquisition unitaire multiplié par le
nombre de commandes.
 Le coût des matériels achetés (coût d’achat) : c’est le produit de la quantité commandée en une année par
le coût unitaire d’achat de l’article.
 Le coût de possession des matériels : c’est ce que pourrait rapporter à l’entreprise les capitaux dégagés par
une diminution du stock moyen. Calculé sur une année, ce coût est égal au produit du taux de possession par
la valeur du stock immobilisé. Le taux de possession est fonction de l’intérêt du capital immobilisé et des frais
de stockage (locaux, surface de stockage, installations de manutention, impôts, assurances, obsolescence des
matériels).
Coût total = coût de passation + coût d’achat + coût de possession
83 – Quantité économique de commande : formule de WILSON :
K  consommation annuelle prévisionnelle (en nombre) Ca  coût d’acquisition unitaire
Q  quantité commandée à chaque réapprovisionnement Cp  coût de possession
N  nombre de commandes annuelles Cu  coût d’achat
Pu  prix d’achat unitaire des matériels CT  coût de stockage d’un
i  taux d’intérêt appliqué à la valeur moyenne du stock ; c’est le taux de matériel
possession

Coût d’acquisition K
annuel
Ca.N=Ca.
Q
Coût d’achat K.Pu
K
Par commande, on réapprovisionne Q matériels avec Q=
N
On peut en 1ère approche représenter l’évolution du stock de la manière suivante :

Coût de possession Valeur moyenne


du stock

T1 T2 T3 T4

Q
La valeur moyenne est égale à
2
Q
Le coût de possession est donc égal à .Pu.i
2
K Q
Le coût total par an a donc comme expression : CT = K.Pu + .Ca + .Pu.i
Q 2

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L’objectif est de déterminer s’il existe un
optimal entre passer un grand nombre de
commandes de faibles quantités et passer un
faible nombre de commandes de fortes
Cette quantité économique Qe doit être telle
que CT soit minimale. Il faut donc dériver CT
par rapport à Q. Qe sera la quantité
économique qui permet d’annuler cette
dérivée.

dCT
0
dQ
On obtient donc la formule de WILSON :
dCT 1 1
 0  K .Ca.  Pu.i
dQ Q² 2
K .Ca 1 2K .Ca
  Pu.i Qe 
Q² 2 Pu.i
2K .Ca
 Q² 
Pu.i
La quantité économique de commande Qe correspond en moyenne à N commandes par an. La durée optimale T0 entre
commandes s’en déduit :
En année En mois
1 Qe 12.Qe
T0   T0 
N K K
Exemple 1 Exemple 2
K = 55 K = 550
Ca = 100€ Ca = 100€
Pu = 20€ Pu = 20€
i = 15% i = 15%
 Déterminer Qe et T0  Déterminer Qe et T0
2 x 55 x100 2 x 550 x100
Qe   60,55  60 objets Qe   191,48  191 objets
20 x 0,15 20 x 0,15
60 191
T0   1,09 ans = 12  0,09 x12  13 mois T0   0,347 an = 0,347 x12  4 mois
55 550

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IX – TYPES DE GESTION DES PIECES DE RECHANGE  :
91 – Modèles utilisés :
Mode de gestion Quantités commandées Temps entre commandes
Point de commande Fixes Variable
Plan d’approvisionnement Variables Fixe
Programme d’approvisionnement Fixes Fixe
Cas des pièces de sécurité Variables Variable
92 – Méthode du point de commande :
C’est une méthode qui consiste à commander la quantité
économique Qe lorsque le stock diminuant atteint le stock Q
d’alerte.
Le stock d’alerte est déterminé par la relation suivante :
Sa = Cd + Ss
Stock d'alerte
Sa  stock d’alerte
Cd  consommation moyenne pendant le délai d
Ss  stock de sécurité pendant le délai d
t

d d
921 – Sortie gaussienne des matériels  :
La sortie des matériels suit une loi normale  grandes T1 T2

quantités.

Sa = C.d + k. . d
/C.d

C  consommation moyenne mensuelle


d  délai d’approvisionnement
  écart-type de la distribution des quantités sorties Probabilité de
rupture de stock
mensuellement
k  nombre d’écarts types correspondant au niveau de
couverture souhaité (risque acceptable de rupture du stock)
Q
La quantité maxi à détenir en stock Qmax = Qe + Ss

922 – Sortie des matériels suivant une loi de Poisson  :


La sortie des matériels suit une loi de poisson.
Si m est la moyenne des sorties durant l’unité de temps, la moyenne M durant la période à risque (d) est :
M = m.période de risque
M = m.d
x=k
e  M .M X
La loi de Poisson est : P(x  k)= (avec M =  dans la loi mathématique)
x=0 X!
Suivant le niveau de couverture désiré (risque de ne pas manquer de rechanges), on détermine k qui correspond au
stock d’alerte.
923 – Remarques  :
Dans ces 2 cas, on lance la commande lorsque l’on atteint le stock d’alerte «  Sa » ou aussi appelé « point de
commande PC ».

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Si le délai est soumis à d’importantes variations, il faut en tenir compte pour le calcul du stock de sécurité «  Ss » en y
ajoutant alors un stock de sécurité pour le délai « Ssd » tel que : Ssd  k . d .C . « k » correspond au niveau de
couverture souhaité et «   d  » l’écart type du délai.
Cette méthode concerne 80% de la gestion des pièces de rechange.
924 – Exemple 1  : la sortie des matériels suit une loi normale  :
Les coûts liés à une commande ont pour valeur totale 700€. Le taux de possession des stocks Mois Quantité
est de 30%. Janvier 20
La consommation d’un matériel liée à des opérations de maintenance est donnée ci-contre. Février 30
Le coût d’un matériel est de 50€. Mars 25
Le délai de réapprovisionnement est d’un mois. Avril 15
On accepte un risque de rupture de 5% Mai 30
 Déterminer les paramètres de gestion par la méthode du point de commande. Juin 10
Quantité économique  : Juillet 35
2 x 285 x 700 Septembre 40
Qe   163 Octobre 25
50 x 0,30
Novembre 40
Consommation mensuelle moyenne  : 285 /11  26 Décembre 15
Ecart type de la distribution  :

1 i n
  
n i 1
( xi  x )²  10,2
Estimation de k  : utilisation de la table de la loi normale centrée réduite.

k estimé par la table = 1,65

1 – risque envisagé
1-0,05=0,95

Détermination du stock d’alerte  : Sa=26x1+1,6x10,2. 1  43


925 – Exemple 2  : la sortie des matériels suit une loi de Poisson  :
La consommation d’un matériel liée à des opérations de maintenance est donnée ci-contre. Mois Quantité
On accepte un risque de rupture de 5%. Le délai de livraison est d’un mois. Janvier 1
 Déterminer les paramètres de gestion par la méthode du point de commande. Février 1
Consommation mensuelle moyenne  : m  6 /11  0,55 Mars 0
Estimation de k  : utilisation de la table de la loi de Poisson. Avril 1
Mai 0
Juin 1
Juillet 1
Septembre 0

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GESTION DES PIECES DE RECHANGE
Octobre 1
Moyenne mensuelle Novembre 0
Décembre 0
1 – risque envisagé
1-0,05=0,95

Détermination du stock d’alerte  : K estimé par la table  compris entre 1 et 2  K=2

93 – Méthode du plan d’approvisionnement :


Elle consiste à passer commande d’une quantité variable à dates fixes. Le nombre annuel moyen de commandes
s’obtient à partir du modèle de Wilson en déterminant la quantité économique Qe.
K K ².Pu.i K .Pu.i
N  N 
Qe 2K .Ca 2Ca
On en déduit la périodicité :
1 an 12 2Ca
T0    12
Nb de commandes par an N K .Pu.i
La quantité à commander « Qc » doit faire face à la consommation pendant le délai « d » ainsi qu’au temps séparant 2
commandes « T0 » :
Qc  C.T0  Ss  M
K
Avec C la consommation annuelle moyenne et « M » la quantité restante en magasin (afin de ne pas augmenter
12
inutilement les stocks).
Le stock de sécurité se calcule de la même façon que le « point de commande », mais il faut tenir compte également de
la périodicité « T0 » :
Ss  k . . d  T0
Q max  C.T0  k. . d  T0
Qmax
k est la variable de la loi normale centrée réduite correspondant
au risque de rupture des stocks : Qc

 k = 1,645 pour une probabilité de rupture des stocks de


5%
 k = 2 pour une probabilité de rupture des stocks de
Ss
2,5%
 k = 3 pour une probabilité de rupture des stocks de t
0,15% T0 2T0 3T0

C’est une méthode qui facilite les achats et l’ordonnancement des commandes du fait de sa périodicité constante. Par
contre, on risque une rupture du stock en cas de forte augmentation de la demande.
Cette méthode concerne 10% de la gestion des pièces de rechange, en particulier pour les articles très
banalisés.

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94 – Méthode du programme d’approvisionnement :
Elle consiste à passer commande d’une quantité fixe à
périodes fixes. Cette gestion concerne surtout les articles
tels que les fournitures de bureau. Qmax

Le risque de rupture de stock est d’autant plus grand que


la période couverte est longue.
Qc Qc Qc Qc
La périodicité est :
12 2Ca
T0   12
N K .Pu.i
La quantité à approvisionner est : t

Qc  C.T0 T0 T0 T0

Il est possible de prévoir un stock de sécurité « Ss » ; cela dépend du type et du coût des articles.
95 – Cas des pièces de sécurité :
Il s’agit de pièces vitales pour l’entreprise ; ce qui interdit le risque de ne pas en disposer en cas de besoin. Il faut donc
toujours avoir au moins un article en stock et en commander un autre dès qu’il est utilisé.
96 – Rupture de stock – Taux de pénurie :
Le calcul par la formule de Wilson permet de déterminer les
quantités économiques à commander et leurs fréquences de
réapprovisionnement ; évitant ainsi les ruptures de stock. Q
Cependant, il convient de prendre en compte les coûts
consécutifs à une rupture de stock (arrêt de production, perte
de clients, pénalités de retard). a.Q
Notons « W » le coût de pénurie par pièces manquantes et
par an. Ce coût intègre les pertes de production et le coût des
solutions compensatoires mises en œuvre.
Hypothèses  :
 Les réapprovisionnements sont effectués après une T 2T t
durée « r » telle que r  (1  a ).T
aT r aT r
 T  période d’approvisionnement économique
 (1 - a)  taux de pénurie

 Les pièces manquantes sont Equations de la fonction :


consommées dès leur réception Q.t
 Le stock varie de a.Q à 0 sur la Sur [0, aT] : q    a.Q
T
période [0 – aT] Sur [aT, T] : q  0
 Le stock reste à 0 sur la période
Stock moyen : Sm
[aT – T]
1 T 1 aT 1  aT  Q.t  
f (t ).dt    f (t ).dt   f (t ).dt      
T T
Q Sm    a.Q  .dt   0.dt 
 Le stock moyen est : a ² sur T 0 
T 0 aT 
 T  T
0
 aT

2
1   Q.t ²   1  Q.a ².T ²
aT
la période [0 – T]  1  Q.a ².T 
Sm    a.t .Q    T  2T  a ².T .Q     a ².T .Q 
 Le nombre moyen de pièces T   2T 0   T  2 
(1  a )².Q 1 Q.a ².T Q.a ²
manquantes : sur la Sm  . 
2 T 2 2
période [0 – T]

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La fonction "pièces manquantes" s'écrit sur [0,T] :
pm  0 sur [0, aT ] Pièces manquantres

Q (1-a)Q
pm  .t  a.Q sur [aT , T )
T
Le nombre moyen de pièces manquantes s'écrit sur [0,T] :
1  aT   1  T Q  
t
1 T T Q T 2T
pmm   f (t ).dt     0.dt    .t  a.Q  .dt      .t  a.Q  .dt 
T 
 0 
 T 0 aT
T   T  T aT
  aT r aT r

T
1  Q.t ²  1  Q.T ² Q.a ².T ² 
pmm    a.t.Q     a.T .Q   a ².T .Q 
T  2T  aT T  2T 2T 
 T ² a.T a ².T ² a ².T  1 a²  1 a² 
pmm  Q       Q   a   a²  Q   a  
 2T ² T 2T ² T  2 2  2 2
Q
pmm   1  a  ²
2
L’expression du coût total devient donc :
Coût total réel = coût de passation + coût d’achat + coût de possession + coût de pénurie

K Q (1  a )²
CTr  K .Pu  .Ca  a ². .Pu.i  .Q.W
Q 2 2
dCTr dCTr
Il faut alors déterminer « Q » et « a » tels que le CTr soit minimal :  0 et 0
da dQ
Dérivation par rapport à « a » :
a.Q.Pu.i  (1  a ).Q.W  0
a.Q.Pu.i  a.Q.W  Q.W  0
QW W
a 
Q.Pu.i  Q.W Pu.i  W
W
a
Pu.i  W
Dérivation par rapport à « Q » :
K .Ca a ².Pu.i (1  a )².W
  0
Q² 2 2
K .Ca a ².Pu.i (1  a)².W
 
Q² 2 2
2K .Ca
Q² 
a ².Pu.i  (1  a )².W

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On remplace « a » par sa valeur dans l’expression :
2K .Ca
Q²  2 2
 W   W 
  .Pu.i   1   .W
 W  Pu.i   Pu.i  W 
2K .Ca
Q²  2 2
 W   Pu.i 
  .Pu.i    .W
 W  Pu.i   Pu.i  W 
2K .Ca
Q² 
W ².Pu.i  W .Pu ².i ²
 W  Pu.i  2
2K .Ca.  W  Pu.i  2K .Ca.  W  Pu.i 
2

Q²  
W .Pu.i .(W  Pu.i ) W .Pu.i
2K .Ca.  W  Pu.i 
Q
W .Pu.i
On obtient donc la quantité économique :

2K .Ca.  W  Pu.i 
Qe 
W .Pu.i
Le taux de pénurie est :
Pu.i
(1  a ) 
Pu.i  W

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97 – Coût de défaillance / coût des stocks :
Hypothèses à connaître :
 Coût de la défaillance
 Coût de possession des pièces de rechange
 Loi de rupture en service des pièces
En fonction de la probabilité de rupture des pièces et du coût de défaillance engendré, il faut déterminer le stock
optimum à détenir. Ceci peut se faire avec des lois probabilistes, mais aussi de manière plus pragmatique à l’aide de
l’abaque donné page suivante.
Utilisation de l’abaque  :

Exemple  :
On connaît pour une pièce :
 Le délai d’approvisionnement : 6 semaines  Cout de la défaillance : 1744€
 Nb de défaillances : 3 en 12 mois  Taux de possession : i = 20%
 Coût de la pièce : 4573€
 Déterminer le stock optimum à détenir
Nb de casses pendant le délai d’approvisionnement :
nb de casses x délai d'approvisionnement 3 x1,5
=   0,375
Période d'observation 12
Nombre annuel moyen de casses :
Nb de casses x 12 mois 3 x12
NAMC   3
Période d'observation 12
Coût de défaillance = coût de perte de production
Cout de défaillance = 3x1744 = 5232 €
Nb de pièces à détenir en stocks : 2.

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X – ORGANISATION DU MAGASINAGE :
101 – Conditions de magasinage :
Le magasinage concerne les moyens à mettre en œuvre pour pouvoir physiquement entreposer les différents articles
du stock maintenance. Ce magasinage doit :
 Permettre de repérer facilement les articles entreposés
 Offrir une capacité suffisante à chaque article compte tenu de sa nature et de la quantité maximale à
entreposer
 Etre conçu pour faciliter les opérations de stockage / déstockage des articles
 Eviter la dégradation des articles par des phénomènes de corrosion, de caractéristiques d’ambiance, de
température, hygrométrie non compatibles avec leur bonne conservation
102 – Standardisation :
Le stock maintenance coûte cher. Le choix de la méthode de réapprovisionnement permet de réduire le coût total de sa
gestion. Mais il est possible de réduire ce coût en optimisant les articles qui le constituent. Cette harmonisation doit
permettre à l’entreprise :
 De réduire le nombre des variétés de ses composants
 D’augmenter les quantités commandées
 D’obtenir des fournisseurs des meilleures conditions d’achat
 De réduire globalement le coût de gestion des stocks
103 – Nomenclature et codification des articles :
La nomenclature d’un produit est la liste de ses composants, ordonnés selon une décomposition logique. Pour un
produit, la nomenclature regroupe l’ensemble de ses constituants. Pour la maintenance, la nomenclature d’un matériel
ne regroupe que les constituants qui supportent les interventions de maintenance.
Une nomenclature s’établit toujours après l’inventaire complet des constituants concernés. La classification ainsi
réalisée doit permettre de :
 Trouver en magasin un constituant qui existe, ou d’être sur qu’il n’existe pas
 Disposer d’une place unique en magasin prête à recevoir les articles
 Trouver tous les constituants susceptibles de satisfaire un besoin donné
 Trouver tous les besoins que satisfait un composant
La classification des articles doit obligatoirement faire l’objet d’une codification. Peu importe le type de codification
retenu, il faut cependant respecter un principe fondamental : il doit y avoir unicité de la codification ; un même code
ne doit pas correspondre à plus d’un article (ex : code INSEE propre à chaque personne). Les critères de codification
sont variés :
 Critère géographique :
o Par rapport au lieu d’emploi du composant dans le matériel
o Par rapport au niveau de montage du composant dans le matériel
o Par rapport au lieu de stockage du composant en magasin
 Critère de gestion des stocks : la gestion globale des stocks de l’entreprise impose un code unique
 Critère budgétaire : une partie du code rappelle le numéro de compte des sections comptables de la
maintenance ou le numéro de l’entreprise prestataire de service
104 – Documents de gestion des stocks :
La norme NF X 60-000 définit le catalogue des articles du stock maintenance qui permet aux utilisateurs de contrôler
l’ensemble des articles stockés et leur disponibilité. La norme définit aussi le fichier du stock maintenance qui doit
comporter les données :
 D’identification des articles
 Relatives à la gestion et aux mouvements du stock
 Relatives à l’approvisionnement
 Relatives à l’exploitation de statistiques
De plus en plus, dans le cadre de la GMAO, le suivi des stocks et de la documentation s’y référant est informatisé.

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