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L’Institut Supérieur Privé d’Administration

des Entreprises de Tunis

Agrément N° 08/2014

Projet de Fin d’Etude pour l’obtention du Master Professionnel


en comptabilité, contrôle, audit

Sujet :

Evaluation des provisions techniques


pour sinistres à payer : cas de sinistre
automobile corporel

Réalisé par :

Channouf Sofien

Encadreur académique : Encadreur professionnel :


Mohamed Hedi Kammoun Mohamed Hedi Kammoun

Année Universitaire 2017-2018


Remerciement

Je tiens à saisir cette occasion pour remercier Monsieur Mohamed Hedi


kammoun pour son encadrement, ses précieux conseils et recommandations
ainsi que sa contribution à l’enrichissement de ce travail tout au long de mon
stage.

Mon remerciement s’étend également à Khawla Riahi , manager de l’équipe


d’assurance au sein du Cabinet Mazars , pour son accueil ainsi que la confiance
qu’elle m’a accordée dès le début de mon stage sans oublier sa participation à
la progression de ce rapport .

Je tiens aussi à remercier particulièrement et chaleureusement, mes parents,


ma fiancée, mon frère et ma sœur pour leur encouragement, soutien, et leur
amour inconditionnel.

Je remercie également les membres du jury qui m’ont bien voulu accepter
d’évaluer mon travail.
Sommaire
Introduction générale..........................................................................................5
Première partie : Présentation du cabinet et du secteur des assurances.............................8
Chapitre 1 : Présentation du CABINET MAZARS et les tâches effectuées...........8
Section 1 : Présentation du abinet Mazars............................................................................8
Section 2 : Les tâches effectuées........................................................................................17
Chapitre 2 : Présentation des assurances, le cadre normatif, réglementaire et de
contrôle du secteur.......................................................................................................19
Section 1 Présentation des compagnies d’assurances.........................................................19
Section 2 Le cadre normatif et de contrôle des compagnies d’assurances.........................30
Deuxième partie : Evaluation des provisions techniques pour sinistres à payer..............35
Chapitre 1 : le contrôle interne, audit et évaluation.................................................36
Des provisions techniques pour sinistre à payer.......................................................36
Section 1 Définition des provisions techniques : les éléments constitutifs.........................36
Section 2 Le contrôle interne des provisions techniques...................................................39
Section 3 L’audit des provisions techniques dans une compagnie d’assurance..................41
Section 4 Méthode d’évaluation pratique des provisions techniques.................................44
Cas Pratique : Evaluation des provisions techniques pour sinistre corporel automobile48
Introduction.......................................................................................................49
Section 1 Les règles d’évaluation des indemnités..............................................................49

Conclusion générale..........................................................................................61
Référence bibliographique :.......................................................................................................63
Introduction générale

Au sens Large, l’audit désigne « l’étude critique de documents et d’autres preuves en vue de
déterminer l’authenticité et l’exactitude d’un registre ou d’une assertion, ou pour évaluer la
conformité à des lignes de conduite ou à des clauses contractuelles ».

SYLVAIN : 1982

Depuis des siècles, les Romains employaient le terme «  Audit » pour désigner un contrôle au
nom de l’empereur sur la gestion des provinces. Ce terme provient du verbe latin « audire » 
qui signifie «  écouter ».

Dans un environnement économique de plus en plus compétitif ,le législateur a vu la nécessité


d’imposer au entreprise l’audit des comptes afin de communiquer une information fiable ,
pertinente ainsi que de préserver et protéger l’intérêt aussi bien des bailleurs de fond que celui
des tiers principalement , et c’est pour cette raison que l’audit s’est imposé comme un outil
indispensable pour la plus part des secteurs , notant bien le secteur des assurances ou le but est
de préserver l’intérêt des actionnaires et en même temps celui des assurés

Le monde de l’assurance parfois désigné comme secteur financier ou secteur de la


bancassurance, reste dynamique malgré la crise financière, c’est un secteur actif, diversifié,
et très règlementé , le législateur tunisien a voulu , par la promulgation d’une nouvelle loi , en
2005 , traitant du sujet , mettre en évidence l’importance qu’il accorde à la fiabilisation de
l’information financière et autre organes de contrôle tel que le comité d’audit instauré par la
loi de sécurité financière .

Au cours de mon stage, j’ai été affecté à plusieurs missions d’audit dans des compagnes
d’assurances diverses, et étant impressionné par la particularité de cette dernière, j’ai choisi
d’orienter mon projet de fin d’études en conséquence et traiter le sujet ou la problématique
suivante :

« Comment procéder à l’évaluation des provisions pour sinistres à payer en assurance non
vie ? »
Pour répondre à cette question et afin d’expliquer le problématique énoncé ci-dessus, nous
avons bien structuré mon projet de fin d’études en Trois parties :

Une première partie pour présenter le cabinet dans lequel j’ai effectué mon stage

Une deuxième partie pour présenter les assurances, leur cadre normatif, réglementaire et
gouvernance du secteur.

Une troisième partie pour le contrôle Interne, audit et évaluation des provisions techniques
pour sinistre à payer.
Première partie :
Présentation du
cabinet et du secteur
des assurances
Chapitre 1 : Présentation du CABINET MAZARS et les tâches
effectuées

Dans ce premier chapitre, nous allons présenter le cabinet ou j’ai effectué mon stage de 3
mois de fin d’études, ainsi que les tâches effectuées pendant cette période.

Section 1 : Présentation du cabinet Mazars


Mazars est une organisation internationale, intégrée et indépendante, spécialisée dans l’audit,
le conseil et les services comptables, fiscaux et juridiques. 

1940
Fondé en 1940 par Robert Mazars, MAZARS a
su évolué, en tant que cabinet français, dans un
marché de l'audit largement dominé par les
cabinets anglo-saxons pour venir se placer parmi les 5 cabinets les plus
importants dans le monde en terme de chiffre d’affaires et d’effectif,
aujourd'hui.
300

Présent dans 102 pays en tant qu'organisation intégrée, MAZARS s'impose tant en tant que
cabinet d'Audit qu' à travers les joint venture et les correspondants.

20000

980 Avec 20000 collaborateurs dans le monde MAZARS assure sa présence


universelle en Asie, Afrique, Amérique, Europe et au Moyen orient.

Ayant opté pour une organisation intégrée, Mazars se place dans un partnership regroupant
tous les associés dont le nombre est 568.

I. Mazars en Tunisie

Mazars Tunisie a été crée en 1996 par Adel Mohsen Chaabane et Mohamed

1996 Ali Elaouani en vue de fournir des services d’audit, de commissariat aux
comptes, d’assistance comptable et fiscale, et de consulting juridique et fiscal à
des clients opérants dans différents secteurs.

Depuis sa création, Mazars Tunisie n’a cessé de se développer en terme de


ressources Humaines et de chiffre d’affaires pour se placer aujourd’hui parmi les
5 cinq plus importants cabinets d’audit et de conseil en Tunisie.

1996 Création du cabinet ECC et accord de correspondance avec Mazars

1999 Devient membre à part entière du Groupe Mazars

2001 Obtention de la première certification ISO 9001


2006 Accord de correspondance en Lybie
2007 Fusion avec le cabinet "Auditeurs Conseils" et lancement de l'alliance Praxity
Le cabinet Mazars

LOGO du cabinet :

Nom du cabinet : Mazars

Dénomination sociale : ECC Mazars

Siège social : Immeuble Mazars, Rue du lac Ghar El Melh


Les Berges du Lac - 1053 Tunis

Tunisie

Forme juridique : S.A.R.L

Le régime social : CNSS

Le cadre réglementaire :
 L'activité du cabinet est régit par les dispositions du code
des sociétés commerciales CSC.
 Les lois, textes et décrets qui sont applicables au sein du cabinet sont les mêmes avec ceux
qui régissent les professions libérales.

 C'est la convention dite Cadre qui gère la relation salarié-entreprise relative aux
professions libérales.

Positionnement stratégique sur le marché : Mazars se place aujourd'hui parmi les cinq
cabinets les plus importants dans l'Audit et le Conseil, en termes de chiffre d'affaires et
d'effectif.
II. Organigramme général du cabinet et organigramme
détaillé du département Banque & Assurance

Organigramme général du cabinet

C'est l'effectif total de Mazars.

8 C'est le nombre d'associés.

Les activités de Mazars sont articulées autour de trois axes : les Public Interest Entity
(entités d'interêt public), les Owned Business (PME) et la TAX (la fiscalité). Ce qu'on
entend par les entités d'interêt public c'est toutes les entités publiques ou privées où l'interêt de
plusieurs personnes entre en jeu, que ce soit les actionnaires ou les salariés. C'est génralement
les entités avec un effectif important ou celles qui sont côtées en bourse. Les PME sont les
petites et moyennes entreprises qui sont généralement privées et où l'intérêt d'un nombre
réduit de gens entre en jeu. On peut remarquer dans l'organigramme de Mazars que la fiscalité
n'est pas un département à part entière, c'est dû au fait que cette activité a été introduite
récemment.

La Global Business Unit GBU (l'unité commerciale internationale) exerce son contrôle
sur les trois axes les plus importants qui sont les Public Interest Entity, les Owned Business
et la TAX, et cela dans le but de s'assurer du respect des règles et des principes de
déontologie. La GBU veille aussi au respect de ses valeurs : l'integrité, la responsabilité, la
diversité, la connaissance, l'indépendance et la continuité.
Organigramme du département Banques&Assurances

On peut noter une structure très hiérarchique : junior 1, junior 2, senior 1, senior 2,
senior 3, manager 1, manager 2, manager 3, senior manger et finalement fondé de pouvoir. Le
passage d'un grade se fait suite à une évaluation annuelle ou bien par le nombre d'années
d'expérience par exemple pour le fondé de pouvoir. En ce qui concerne les associés « Carl
partners », ils occupent leurs postes à vie.

Associé
Partner

Senior Manager Fondé de


Pouvoir
Directeur de la
Manager
Mission

Senior Senior Senior Chef de Mission

Auditeur
Junior Junior Junior Junior Junior
confirmé

stagiaire stagiaire

Figure 1  : L’organigramme du département banques & assurances


III.  : Principaux cycles d’activités et/ou domaines
d’intervention 
L’équipe Mazars intervient dans plusieurs domaines et cycles d’activité à savoir :

Outsourcing

Disposant d’un effectif qualifié, le département outsourcing de Mazars propose des


solutions d’externalisation par la prise en charge opérationnelle d’un ou de plusieurs process
administratifs et comptables :

 Tenue / assistance comptable ;


 Gestion des aspects comptables fiscaux et réglementaires d’opérations complexes ;
 L’établissement de situations prévisionnelles ;
 La mise en place et suivi de comptabilité analytique ;
 Reportings périodiques ;
 L’arrêté des états financiers ;
 Gestion administrative ;
 Clôture annuelle des comptes ;
 Traitement de la paie/RH ;
 Confection contrats de travail CDI & CDD ;
 Gestion des contrats SIVP et autres régimes spécifiques ;
 Gestion des résidences & situations fiscales des expatriés ;
 Secrétariat juridique (PV assemblées, etc.) ;
 Autres conseils & assistance pour des besoins spécifiques & personnalisés ;
 Conseils préliminaires droit des affaires (à enlever /risqué de le mettre).

Audit financier et commissariat aux comptes

L'approche d'audit de Mazars repose sur les normes internationales de l’IFAC. Elle
respecte les normes professionnelles locales et les obligations légales prévues par la
réglementation en vigueur.
Mazars travaille sur la mise en place d'outils de travail afin d’assurer une démarche intégrant
toutes les phases du processus d'audit depuis l’acceptation de la mission jusqu’à l’émission de
l’opinion, et assurant la planification des travaux, la réalisation des tests, l’analyse des risques
et la documentation des travaux.

Tax

La fiscalité est une donnée essentielle de l'environnement économique et financier des


entreprises. C'est pourquoi, Mazars Tunisie a fait le choix de structurer une ligne de métier
dédiée à l’offre fiscale.
Les spécialistes TAX assure une veille fiscale permanente, permettant de développer un haut
niveau de service en matière de fiscalité notamment :
 Intervenir au service d’entreprises en difficulté, afin de les accompagner dans la
mise en œuvre de solutions de redressement ;
 Assurer un support aux équipes d’audit et d’outsourcing.

Accompagnement d'investisseurs

Cet accompagnement est assuré par une équipe polyvalente, expérimentée et efficace
qui vous oriente et vous accompagne dans vos projets et votre évolution par des conseils
personnalisés qui portent sur les aspects juridiques, fiscaux, sociaux et comptables dont
notamment :

 L’assistance et le conseil d’un expert-comptable associé au profit de la Direction


Générale, de la société mère et des vis-à-vis directs ;
 L’assistance auprès de toutes les administrations tunisiennes pour les démarches à
entreprendre (rédaction courriers / contacts / formalités / relationnel…) ;
 Les études de faisabilité des projets ainsi que la réalisation des montages liés à
l’implantation, au développement des entités existantes, d’appui dans la recherche de
financement, etc.

Consulting

Mazars met toute son expertise, à travers ses équipes de consulting pour aider les
structures publiques et privées sur le plan stratégique, financier et opérationnel dans le but de
faire converger leurs organisations avec leurs stratégies. En effet, le consulting repose sur la
proposition de solutions visant à réduire les coûts et améliorer la qualité et la performance.
Récapitulatif des services de Mazars Tunisie
Présentation Mazars 2018

Section 2 : Les tâches effectuées 

Durant la période de stage, J’ai été affecté à 2 missions d’audit des compagnes d’assurance
Astrée et al zitouna assurance.

Les taches qui m’ont été assigné durant la mission d’audit sont les suivantes :

 Pour les dossiers documentés avec des pièces justificatives :

 Prise de connaissance des dossiers sinistre


 Vérifications des pièces jointes des dossiers
 Evaluations des montant calculé par le gestionnaires des compagnies
d’assurances des provisions pour SAP conformément à la réglementation et
loi en vigueur
 Calcul du montant de la provision pour SAP non vie
 Rapprochement du résultat calculé avec les provisions constituées par les
gestionnaires compagnies d’assurances

 Pour les dossiers non documentés avec pièces justificatives :


 Vérifier que les évaluations sont constatées par les clients à travers une
formule de calcul de cout moyen d’ouverture des dossiers sinistres
 Calculer la provision à travers une maquette de travail préparée par le
cabinet pour calculer les provisions des dossiers

 Après avoir calculé les provisions pour sinistres, deux situations peuvent être
constitués :

 En cas d’écart entre provisions Mazars et provisions de la compagne


d’assurance et de réassurance un entretien doit être planifié avec le
gestionnaire pour justification de l’écart constaté des dossiers sinistres
vérifiés.
 En cas de défaut d’écart, la provision des compagnes d’assurances et de
réassurances est validée

 Le travail effectué se récapitule en fin dans un fichier qui englobe toutes les
provisions constatés par les compagnies d’assurances et de réassurances ainsi que par
le Cabinet et l’écart constaté entre les deux évaluations , le cabinet dans ce cas doit
justifier dans un commentaire la base de son évaluation .

Conclusion :

Après avoir décrit les tâches effectuées pendant les missions d’audit des provisions pour
sinistres à payer, je vais présenter dans la partie suivante le cadre normatif, réglementaire et
de contrôle relatif a l’évaluation des provisions techniques.
Chapitre 2 : Présentation des assurances, le cadre normatif,
réglementaire et de contrôle du secteur.
Avant de de s’immixer dans l’audit et le contrôle interne relatif aux provisions techniques
ainsi que le développement de la démarche pratique de l’évaluation de cette provision, il est
important de présenter de façon sommaire le secteur des assurances, le cadre normatif,
réglementaire ainsi que les organes de contrôle du secteur.

Section 1  Présentation des compagnies d’assurances


De nos jours, le secteur des assurances en Tunisie joue un rôle très important dans l’économie
tunisienne par la présence de plusieurs compagnies de différentes natures, dans cette
première section , on va définir les assurances ainsi que leurs activités sur le marché tunisien .

I.  : Définition des compagnies d’assurances

L’assurance : est définie comme une convention par laquelle une compagnie d’assurance
s’engage, en cas de survenance de sinistre a payer une indemnisation fixée dans un contrat
d’assurance à l’assuré, cette prestation est réglée en contrepartie d’une rémunération payée à
l’avance appelée prime.

Le contrat d’assurance : il a été défini par le 1er article du code des assurances tunisiennes
comme étant « la convention par laquelle une entreprise d’assurance ou assureur s’engage, en
cas de réalisation du risque ou au terme fixé au contrat à fournir à une autre personne appelée
assurée une prestation pécuniaire en contrepartie d’une rémunération appelée prime ou
cotisation  »

En général, une opération d’assurance se caractérise comme suit :

 L’assureur s’engage à effectuer une prestation en cas de survenance d’un sinistre


 Moyennant un prix déterminé et payé dès la souscription du contrat d’assurance
(prime)

1. Les parties engagées au sein d’une opération d’assurance

Le bénéficiaire : La personne qui perçoit la prestation après la survenance du sinistre


Le souscripteur : c’est la compagnie d’assurance qui prend en en charge les risques, perçoit
des cotisations ou primes et règles les sinistres lors de leurs survenances.

2. Le secteur des assurances en Tunisie


Selon la fédération tunisienne des sociétés d’assurance (FTUSA) , 22 compagnies
d’assurances sont présentées aujourd’hui sur le marché tunisien  :

 15 entités opérant sous la forme juridique des sociétés anonymes (sociétés résidentes
en Tunisie),
 4 sous forme mutuelle
 2 entités offshores.

Les assurances en Tunisie sont contrôlées par plusieurs organismes qui ont pour rôle et
objectifs de protéger les intérêts économiques du secteur, défendre les assurés et s’assures à ce
que les compagnies d’assurances et de réassurances honorent leur engagement envers les
assurés et respectent la réglementation en vigueur qui connait une évolution au cours des
dernières années suite à l’évolution de l’environnement économique et social.

3. Activité de l’assurance

a. Activité de l’assurance

L’activité de l’assurance est soumise à l’agrément et l’autorité du ministre des finances sur
avis du comité général des assureurs CGA. (Article 48 du code des assurances) :

« Sont considérées comme entreprises d’assurances et soumises de ce fait à l’agrément toutes


les entreprises qui se livrent, à titre d’activité habituelle, à la souscription et à l’exécution de
contrats ‘assurances »

La forme des compagnes des assurances : (Article 53 du code des assurances)

 Société anonyme :
 Capital social des SA > 10 millions de dinars libérés
totalement
 Capital social des assurances de forme juridique « SA » qui
pratiquent une seule catégorie d’assurances> 3 millions de
dinars totalement libérés

 Société de forme mutuelle


 Caisse mutuelle agricole constituée conformément aux textes particuliers
la régissant

b. L’objectif de l’activité d’assurance

Selon la norme comptable tunisienne 29, le cycle d’assurance où/et de réassurance se


caractérise par :

 Un cycle de production inversé : contrairement au cycle bancaire, dans les compagnies


d’assurance reçoivent la prime à la souscription et verse l’indemnité à la survenance
du sinistre.
 Une promesse de la prestation qui peut se réaliser comme elle peut ne pas se réaliser

C’est pourquoi donc que l’entreprise d’assurance et / ou de réassurances doit

 Détenir des capitaux en actif et en résultats : plus et moins-value sur cession d’actifs
 Obéir à la règle de couverture : Obligation de faire un équilibre entre les provisions
techniques et les engagements prévus par la loi à l’actif
 Méconnait son prix de revient réel (Sinistre à payer + marge de sécurité) vu que le
montant des sinistres a payé n’est pas stable et fixe.

IV.  : Cycle de production et produit des assurances

1. Cycle de production

Le cycle de production dans une compagnie d'assurance est inversé par rapport au cycle
d’exploitation des banques. En effet, le prix de vente représenté par la prime d'assurance est
perçu avant la réalisation de la prestation (la survenance du sinistre) alors que chez les
banques, les crédits sont accordés au début de l’opération par les banques et le remboursement
se fait à un instant futur. Les primes sont fixées sur la base des estimations statistiques des
montants futurs des sinistres. Le règlement fait par les assurances dépend de la réalisation du
sinistre.
Les provisions, inscrites au passif doivent obligatoirement être représentées par des
placements dans l’autre côté du bilan de valeur et de nature équivalente. Principe de
représentation des provisions techniques (Arrêté du ministre des finances du 27 février 2001)

Ce cycle de production inversé se caractérise donc par :


 La vente de la garantie a un prix calculé selon la réglementation
 Connaissance approximative du coût futur lors de la survenance du sinistre
 Décalage de délais quasiment long entre le fait générateur (encaissement de la prime)
et le décaissement (versement de l’indemnisation)

L’importance de l’inversion du cycle de production

 L’importance du cycle de placement


 Rôle primordial de la tarification
 Nécessité de suivi des marges
2. Les produits de l’assurance  :

Les compagnies peuvent commercialiser une seule catégorie d’assurance Vie ou Non Vie ou
bien commercialiser les deux catégories Vie et Non Vie (MIXTE)

L’assurance non-vie regroupe les opérations d’assurance qui n’ont pas pour objet la vie
humaine, c’est l’assurance des choses ou de biens, responsabilités, dommages corporel …

Les différences entre les deux types de contrats vie ou non vie c’est la date de survenance du
sinistre qui est certaine pour l’assurance non vie et incertaine dans l’assurance vie (cas
d’accident grave et les blessés sont dans un état critique), ainsi, la différence se caractérise
dans le calcul de l’indemnité qui est connu dans le cas d’assurance vie et le cout dans
l’assurance vie est rarement connu à l’avance.

En Tunisie, le marché des assurances assures les mêmes produits dont les contrats vie et non
vie quel que soit la nature des compagnies : compagnies spécialisées en vie ou en non vie ou
bien des compagnies multi branche

A. Vie

-Temporaire décès : versement au bénéficiaire d’un montant fixe appelé (capital décès) en
cas de décès pendant la période de couverture.

-Vie entière : versement d’un capital au bénéficiaire au moment du décès de l’assuré.

-Capital différé : versement d’un capital à l’échéance du contrat seulement si l’assuré est
vivant à cette date.

-Epargne pure : versement à l’assuré ou au bénéficiaire d’un capital revalorisé


indépendamment de l’état de survie de l’assuré.

-Rente viagère : versement d’une annuité (arrérage) tant que l’assuré est vivant.

-Assurance accidents corporels : Versement de prestations forfaitaires ou indemnitaires en


cas d’accident de la vie privée ou du travail ayant entrainé une incapacité ou une invalidité .

B. Non vie

-Dommages auto :
Dommages causés au véhicule de l’assuré

- Assurance de responsabilité civile ( toutes responsabilité


civile résultant de l’emploi de véhicules terrestres à moteur
y compris la responsabilité du transporteur .

- Assurance des dommages subis par les véhicules terrestres à


moteur

-Multi Risque Habitation :

- Incendie
- Dégât des eaux
- Catastrophe naturelle
- Bris de glace …

-Responsabilité civile :

- se substituer à l’assuré pour l’indemnisation des dommages


causés à des tiers

-Arrêt de travail, invalidité: versement d’une rente tant que l’assuré est en
incapacité/invalidité

-Caution:

Se substituer, en cas de sa défaillance, au débiteur principal

- Assurance des crédits à l’exportation


- Assurances des autres crédits
- Assurances caution

-Tous risques:

- Assurance des dommages aux ouvrages


- Assurance de la responsabilité civile des intervenants dans
la construction

-L’assurance des autres dommages aux biens : Vol …

-Assurance des risques agricoles :

- Assurance contre la grêle

- Assurance contre la mortalité du bétail

- Assurance contre l’incendie des récoltes

- Assurance des cultures sous serres

- Assurance de la responsabilité civile

-Assurance transport :

- Assurance des marchandises transportée 


- Assurance des corps véhicules aériens et maritimes
- Assurance de responsabilité civile résultant e l’emploi des
véhicules aériens et maritimes.

V.  : Les états financiers d’une compagnie d’assurance 

Les règles d’élaboration des états financiers édictées par la NC 01 sont applicables aux
sociétés d’assurance et / ou de réassurance pour les principes d’ordre général, mais compte
tenu des spécificités du secteur, ainsi que les particularités d’élaboration et de présentation
des états financiers devraient être définies pour ces entreprises.

1. Présentation générale des états financiers


Les entreprises d’assurance et / ou de réassurance qui n’ont pas la catégorie de
l’assurance non-vie n’ont pas l’obligation d’élaborer un état de résultat
technique de l’assurance non-vie ( et inversement pour compagnies qui n’ont pas
l’activité de la catégorie de l’assurance vie.

2. Bilan
Le bilan fait apparaître en particulier dans les compagnes d’assurances :

Actif passif
Capitaux propres

Placements engagements techniques

Parts des réassureurs

Autres Autres

Le Bilan d’une compagnie d’assurance se présente comme suit :

Actif Passif
AC1 Actifs incorporel CP Capitaux propres
AC2 Actifs corporels d'exploitation PA1 Autres passifs financier

AC3 Placements PA2 Provisions pour autres risques et charges


AC4 Placements représentant les provisions PA3 Provisions techniques brutes
techniques aux contrats en unité de compte

AC5 Part des réassureurs dans les provisions PA4 Provisions techniques de contrats en unités
techniques de compte

AC6 créances PA5 Dettes pour dépôts en espèces reçus des


cessionnaires

AC7 Autres éléments d'actif PA6 Autres dettes


PA7 Autres passifs

Particularités :
 Les provisions techniques :
Les provisions techniques concernent principalement les deux branches vie et non vie
 Les placements :
-Les placements doivent représenter les provisions techniques à l’actif de la compagne
-Les placements doivent être admis en représentation des provisions techniques par
l’arrêté du 27/02/2001 fixant la liste, le mode de calcul des provisions techniques et les
conditions de leur représentation.
- Selon la norme comptable tunisienne 31, ces placements sont répartis au bilan en 5
catégories :
1. Placement immobiliers.
2. Les placements dans les entreprises liées et participations
3. Les autres placements financiers.
4. Les créances pour espèces déposées des entreprises
cédantes.
5. Les placements relatifs aux contrats en unité de compte.

3. Etat de résultat compagnie d’assurance

-La norme comptable 26 «  La présentation des états financiers des entreprises d’assurance
et/ou de réassurance » a mis en place 3 états de résultats :

 Etat de résultat technique non vie


 Etat de résultat technique vie
 Etat de résultat technique
-Les charges sont classées selon leur destinations, on distingue a cet effet les 5 destinations
principales suivantes :

- Les frais de gestion de sinistres


- Les frais d’acquisition des contrats
- Les frais d’administration
- Les frais de gestion des placements
- Les autres charges techniques.

4. Etat de flux de trésorerie


-Les assurances doivent élaborer un tableau des flux de trésorerie tel qu’exposée en annexe
n°7 de la norme comptable tunisienne 26 citée ci-dessus qui permet une meilleure vision des
différents opérations de trésorerie d’exploitation (Primes, sinistres, Placements …)

(1)Les mouvements de trésorerie liés à l’exploitation sont par exemple :

- L’encaissement des primes et les décaissements relatifs aux paiements des sinistres,
rachats arrivées à l’échéance, commissions sur les acceptations.
- Les mouvements de fond liés aux cessions de primes et de sinistres et à l’encaissement
des commissions sur les affaires cédées.
- Les règlements des salaires du personnel et les paiements d’impôts et taxes directs à
moins qu’ils ne sont pas liés directement à l’activité d’investissement et de
financement de l’assurance.
- Les décaissements et les encaissements relatifs à l’acquisition et la vente de
portefeuilles titrent, sauf pour les entreprises liées ou dans l’entreprise détiennent des
participations.
- Les flux de trésorerie liés aux produits financiers reçus.

(2)Les mouvements de trésorerie liés aux activités d’investissement comprennent par


exemple :
- Les décaissements et les encaissements relatifs des titres des entreprises liées
directement ou aux entreprises dont l’entreprise détient des participations.
- Les décaissements et les encaissements relatifs aux terrains et constructions relatifs à
l’exploitation
- Les encaissements et décaissements des immobilisations corporelles et incorporelles
ainsi que les actifs immobilisés

(3)Les mouvements de trésorerie liés aux activités de financement comprennent par exemple :

- Les flux liés à l’émission d’actions ou autres instruments de capitaux propres et au


rachat par l’entreprise de ses propres actions
- Les flux liés a l’émission d’emprunts obligatoires, d’emprunts hypothécaires, de
billets de trésorerie ou d’emprunts à court terme et à long terme et aux
remboursements des montants empruntés (en principal et intérêts) .

______________________________________________________

1,2,3 : Norme comptable tunisienne 26

Section 3 Le cadre normatif et de contrôle des compagnies


d’assurances
La deuxième section du premier chapitre présente les normes tunisienne qui encadre les
compagnies d’assurance surtout en matière d’établissement des états financiers ainsi que
les organes de contrôle de ces compagnies.

I.  : Le cadre normatif
Du fait de l’importance de l’activité des assurances, on remarque que six normes comptables
ont été consacrées aux assurances, et on trouve notamment :
1. La normalisation tunisienne

Pour la normalisation tunisienne, ce sont les normes suivantes :

 NCT 26 : La présentation des Etats financiers des entreprises d’assurances et/ou de
réassurance ;
 NCT 27 : Le contrôle interne de l’organisation comptable dans les entreprises
d’assurance et/ou de réassurance ;
 NCT 28 : Les revenus dans les entreprises d’assurances et/ou de réassurance
 NCT 29 : Les provisions techniques dans les entreprises d’assurances et/ou de
réassurance ;
 NCT 30 : Les charges techniques dans les entreprises d’assurance et/ou de
réassurance ;
 NCT 31 : Les placements dans les entreprises d’assurance et/ou de réassurance.

2. La normalisation internationale 
En ce qui concerne la normalisation internationale, c’est la norme :

 IFRS 4 INSURANCE CONTRACTS qui réglemente l’activité d’assurances.

VI. Le cadre réglementaire 


1. Les principaux textes et lois sont :
 Le système comptable des entreprises des assurances à partir du 1 er janvier 2001
 La loi n° 92-24 du 9 mars 1992 portant promulgation du code des assurances ;
 La loi n° 2002-37 du 01 avril 2002 modifiant et complétant le code des assurances ;
 La loi n°2005-86 du 15 aout 2005, fixant la responsabilité civile de l’assurance
matérielle pourtant usage de véhicule à moteur terrestre ainsi que indemnisation des
préjudices résultant des accidents de circulations atteintes aux personnes
 Le décret n° 92-2257 du 31 décembre 1992 fixant les dispositions types des statuts des
sociétés d’assurances a forme mutuelle.
2. Organes de réglementation

Le secteur des assurances est sous la tutelle du ministre des finances.

Les instances de régulation sont :

a. Comité général des Assurances (CGA) :


Selon le code des assurances, le comité général des assurances est défini comme suit :

« Le CGA est un organisme doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière


et qui relève du ministère des finances

Le comité veille à la protection des droits des assurés et des bénéficiaires des contrats
d’assurance et à la solidarité de l’assise financière des entreprises d’assurances et des
entreprises des réassurance et leur capacité à honorer leurs engagements.»

Le code des assurances, Article 177,178

Comme défini par le code des assurances, le CGA est un organisme central émanant du
Ministère des finances son objectif est de :

 Protéger les bénéficiaires des contrats d’assurances (les assurés)


 Sauvegarder les capacités des compagnies à honorer leurs engagements

Le champ d’intervention du comité général des assurances (CGA) :

 Contrôle des compagnies d’assurances et de réassurances et des professions liées au


secteur
 L’étude de toutes les situations d’ordre juridique et technique relatifs à l’activité
d’assurances et de réassurances et préparations des textes et décrets y afférents
 Développement et l’organisation du secteur
 Etudier et émettre son avis sur toute autre question relevant de ses attributions
 Représenter l’Etat dans toutes les entités et organismes économiques ayant une
relation avec le secteur des assurances.
b. La fédération tunisienne des sociétés des assurances

(FTUSA)

C’est un organisme chargé d’étudier et de défendre les intérêts économiques et sociaux de la


profession, elle regroupe vingt et une entreprises d’assurances et de réassurance de droit
tunisien agréent à pratiquer les opérations d’assurances.

La FTUSA est organisée en quatre organes qui sont :

 L’assemblée générale qui représente 21 entreprises d’assurances 


 Le comité Directeur : composé de 7 membres au moins élus par l’assemblée générale.
 Le bureau exécutif : constitué par :
 Un président
 Deux vice-présidents
 Un trésorier
 Un délégué général
 La délégation générale : comprend les organes suivants
 Les commissions techniques et la commission de conciliation
 Les services administratifs
c. Le Bureau unifié Automobile tunisien (BUAT)

C’est une association professionnelle entre les entreprises d’assurances agréées pour pratiquer
l’assurance de la responsabilité civile du fait de l’usage des véhicules terrestres à moteur :
calcul de la prime ou la cotisation d’assurances

VII. La gouvernance des compagnies d’assurances


1. Les organes de gestion

Les organes de gestion sont :

 Le conseil d’administration ou le directoire et le conseil de surveillance


 La direction générale
 Les comités de direction (elles peuvent être faite par département : production auto,
sinistre auto, …) selon l’organisation de la compagnie.

2. Les organes de contrôle


 Le comité d’audit insaturé par l’article 256 bis nouveau du code des sociétés
commerciales.
 Le Co-commissariat aux comptes insaturés par l’article 13 ter nouveau du code des
sociétés commerciales.

Schéma récapitulatif des organes de réglementation


Présentation Mazars des principales caractéristiques
Financières des assurances.

VIII. Particularités organisationnelles de gouvernance


L’organisation interne est adaptée par la mise en place :

 Un organigramme détaillé de tous les départements de la compagnie


 Un système de répartition des responsabilités et pouvoir de tous les services liés à la
compagnie .
 La séparation des taches et d’incompatibilité des fonctions, d’autorisation des
engagements, de règlement et d’enregistrement au niveau de :
 La souscription
 La production, l’émission, l’annulation, le recouvrement des
provisions
 Les sinistres et les règlements
 Les opérations financières particulièrement les placements
 Le traitement informatisé de l’information.

Conclusion :

L’objectif de toute cette réglementation ainsi que les organes de contrôle et de gouvernance
est la protection des assurés, en effet , ces organes cherchent à renforcer la compétitivité du
secteur ainsi que d’inciter les entreprises à mieux gérer leurs risques et avoir une gestion plus
fine .

Ces organes de réglementation cherchent à renforcer la position du secteur dans le marché


financier en incitant les compagnies d’assurances à publier des informations fiables et
pertinentes par l’obligation de faire un audit des comptes .
Deuxième partie : Evaluation
des provisions techniques
pour sinistres à payer

Chapitre 1 : le contrôle interne, audit et évaluation


Des provisions techniques pour sinistre à payer 

Afin d’avoir une information fiable et pertinente ainsi qu’ une assurance raisonnables sur
l’efficacité du contrôle interne mis en place par l’entreprise, l’auditeur doit procéder a
plusieurs opérations d’audit afin de donner son opinion sur les informations présentées.
Durant ce chapitre , nous allons voir les techniques que l’auditeur se base sur durant la
mission d’audit afin d’évaluer le contrôle interne ainsi que les méthodes d’évaluation et
l’audit des provisions techniques pour sinistres non vie .

Section 1 Définition des provisions techniques : les éléments


constitutifs
La première section du deuxième chapitre définit et présente les provisions techniques pour
sinistres à payer, ces éléments constitutifs ainsi que les méthodes pratiques d’évaluation de
ces provisions

I.  : Définition des provisions techniques

Selon la norme comptable tunisienne 29, la provision technique est définie comme suit :
« Les provisions techniques présentent l’ensemble des provisions évalué par l’entreprise
d’assurance et/ou de réassurance diffusantes pour le règlement intégral de son engagement
technique vis-à-vis des assurés ou des bénéficiaires des contrats.»

NC29 : Les provisions techniques dans les entreprises


D’assurances et /ou de réassurance

La définition de la provision technique, par la norme comptable en vigueur, permet de faire la


distinction entre les provisions techniques et les autres provisions notant bien provisions pour
risques et charges, les provisions pour dépréciation.

En général les provisions techniques sont les montants des estimations calculées par les
compagnies d’assurance et de réassurance pour régler la totalité des engagements qu’elles ont
envers les assurés .

IX. Eléments constitutifs des provisions techniques


La norme comptable NC29 a prévu deux catégories de provisions techniques à savoir les
provisions techniques vie et les provisions techniques non-vie.

1. Les provisions techniques vie


Les provisions technique vie s’agissent d’un contrat de placement engagent à verser un capital
ou une rente en cas de décès en échange d’un versement d’une prime.

2. Provision technique non vie

La provision technique non vie incluses tous contrats hors les contrats d’assurances vie
regroupent les opérations qui n’ont pas pour objets la vie de l’assuré.

3. Définition des éléments constitutifs des provisions :

Les provisions techniques quelques soit vie ou non vie englobe une séries de provisions
notamment :

a. Les provisions mathématiques


Les provisions mathématiques se constituent de la différence à la date d’inventaire entre les
valeurs actuelles des engagements respectivement pris par l’assureur et les assurés

La provision mathématique d’assurance vie comprend la valeur actuarielle estimée des


engagements de l’entreprise d’assurances, y compris les participations aux bénéfices déjà
allouées et déduction faite de la valeur actuarielle des primes futures.

NC29 : Les provisions techniques dans les entreprises


D’assurances et /ou de réassurance

b. Les provisions pour sinistre à payer

Les provisions pour sinistres à payer s’agit de la dette de l’entreprise d’assurance envers ses
assurés pour les sinistres, rachats, arrivées à l’échéance déclarés mais non encore décaissés
par l’entreprise d’assurance ainsi que les sinistres survenus mais non encore déclarés ( les
sinistres tardifs )

NC29 : Les provisions techniques dans les entreprises


D’assurances et /ou de réassurance

c. Les provisions pour primes non acquises (assurance non vie)


Il s’agit de la provision destinée à constater pour l’ensemble des contrats en cours , la part des
primes émises et des primes restant à émettre se rapportant à la période comprise entre la date
d’inventaire et la date de la prochaine échéance de prime ou , à défaut , du terme du contrat .

NC29 : Les provisions techniques dans les entreprises


D’assurances et /ou de réassurance

d. Les provisions de recours à encaisser

Il s’agit de la provision destinée à constater , pour l’ensemble des contrats en cours , la part
des primes émises et des primes restant à émettre se rapportant à la période comprise entre la
sate d’inventaire et la date de la prochaine échéance de prime ou , à défaut, du terme du
contrat .

NC29 : Les provisions techniques dans les entreprises


D’assurances et /ou de réassurance

Section 4  Le contrôle interne des provisions techniques


La deuxième section du présent chapitre définit le contrôle interne ainsi que l’objectif et
l’élément essentiels du contrôle interne dans les compagnies d’assurances.

I.  : Définition du contrôle interne


Selon la norme d’audit ISA 315 ‘’ Identification et évaluation des risques d’anomalies
significatives par la connaissance de l’entité et de son environnement ‘’ :

«  Le contrôle interne est un processus conçu et appliqué par ceux chargés de la


gouvernance , la direction et les autres personnes opérant dans l’entité , et destiné a
fournir une assurance raisonnable quant à l’atteinte des objectifs de l’entité au égard de la
fiabilité des rapports financiers , efficacité et efficience des opérations et conformité avec
la réglementation en vigueur » 

ISA 315

X.  : Objectif du contrôle interne dans les compagnies


d’assurances
Selon le système comptable des entreprises en Tunisie, les normes comptables NCT 1 :
« Norme Comptable Générale » et NCT  27 : « Le contrôle interne et l’organisation
comptable dans les entreprises d’assurance / ou de réassurance » .

L’objectif du contrôle interne est de connaitre, les points suivants :

 Assurer la réalisation et l’optimisation des opérations et la protection des


ressources de l’entreprise ;
 Assurer la conformité aux lois et aux réglementations
 Garantir la fiabilité de l’information produite

Les entreprises d’assurances et/ou de réassurance doivent disposer d’un système de


contrôle interne efficace , qui doit se conformer aux dispositions de la NCT1 , tout en étant
couvert par des sous-systèmes et la mise en place de procédures simples et fiables
permettant la surveillance et le contrôle des risques spécifiques des opérations d’assurance
et de réassurance, des procédures qui régissent et organisent les relations avec les tiers , et
ce en s’assurant notamment parmi les risques d’assurance de  :

 La surveillance des risques techniques


 La surveillance des risques de contrepartie
Dans cette étude, je vais m’intéresser au contrôle interne des provisions techniques afin de
réduire les risques techniques à un niveau d’assurance raisonnable et comprendre
l’environnement.

XI. Eléments essentiels du contrôle interne des assurances


Un système efficace de contrôle interne repose essentiellement sur les impératifs suivants
cités dans la norme comptable tunisienne 27 :

 Une organisation interne adaptée


 Des méthodes et des procédures appropriées
 Un personnel de qualité
 Des moyens matériels et sûrs de protection
 Une maitrise parfaite des risques

XII. Le contrôle interne des provisions techniques


L’outil de travail pour l’audit et contrôle interne de la procédure sinistre technique consiste
en un questionnaire élaboré à partir des dispositions des assurances et la norme comptable
27 relatives au contrôle interne et à l’organisation comptable des assurances .

Le questionnaire a pour but de relevée les points forts et faibles du cycle sinistres/Règlement
ainsi que le respect des étapes de déclaration, ouverture, gestion, règlement, et clôtures du
dossier sinistre. (Annexe 1)

Section 5 L’audit des provisions techniques dans une compagnie


d’assurance
L’audit des provisions techniques est une des opérations obligatoires a traités par les
commissaires aux comptes afin d’établir des états financiers fiables dans les compagnies
d’assurances.
Cette troisième partie traite l’audit des provisions techniques, son objectif ainsi que les risque
que l’auditeur peut faire face lors de ces travaux d’audit.

I. L’audit des provisions techniques


Toutes les compagnies d’assurances sont soumises selon la réglementation tunisienne à un
audit des comptes et établissements d’un rapport comportant une opinion sur le contrôle
interne mis en place par l’entreprise ainsi que le respect des principes comptables et loi en
vigueur pour l’élaboration des états financiers.

L’audit des comptes dans les compagnes d’assurance se fait principalement par :

 Faire des tests de conformité et de permanence par sondage à partir des dossiers pour
s’assurer du respect des lois et conventions (l’échantillonnage).
 Revue des événements postérieurs à la date de clôtures
 Analyser les différentes étapes du cycle
 Examens analytiques

Pour les provisions techniques qui présentent le poste le plus spécifique de l’assurance au
niveau de son passif (60% à 80% du total), ils doivent être représentés au niveau d’actif par
des valeurs réglementées pour réaliser une marge de solvabilité afin de respecter ses
engagements envers ses clients.

XIII. Objectif de l’audit des provisions techniques


L’importance des provisions techniques dans les compagnes d’assurance exige aux organes de
réglementation et de contrôle d’exécuter un audit sur ces provisions afin de s’assurer que :

 Les provisions techniques sont correctement évaluées et comptabilisées conformément


aux dispositions du code des assurances
 La couverture des engagements réglementés par des actifs est conforme à la
réglementation en vigueur.
 La séparation des exercices
 La bonne comptabilisation des provisions techniques dans leurs comptes appropriés

XIV. Les risques d’audit des provisions techniques


Ce tableau récapitulatif présent les risques des provisions d’audit ainsi que les
approches d’audit à faire pour réduire le risque d’anomalies significatif.

Risques
Approche d’audit

 Intégration des données dans  Validation de l’inventaire


l’inventaire permanent (non saisie des permanent
mouvements, omission)

 Risque de perte d’information  Evaluation du système


d’information

 Evolution anormale des provisions  Une analytique et contrôle des


techniques changements de la réglementation

 Erreur d’application des méthodes  Contrôle du respect de la


réglementaires réglementation

 Erreur de totalisation des calculs des  Validation des calculs


états des provisions techniques arithmétiques
 Validation de l’intégration des
données

XV. Travaux effectués pour audit des provisions techniques


Les travaux d’audit concernant les provisions consistent principalement à :

 Vérifier si les règles d’évaluation des provisions techniques sont conformes avec la
réglementation en vigueur
 Recalculer par sondage les sinistres à payer dossier par dossier à partir des dossiers
physiques (annexe 2)
 Vérifier à partir des statistiques de la société la correcte évaluation des IBNR
(sinistres déclarés tardivement)
 Vérifier le fondement de la détermination des prévisions de recours

Ces vérifications se basent essentiellement sur la technique d’échantillonnage prévue par la


réglementation en vigueur et citée si dessus dans le paragraphe précédent.

L’étendue de l’échantillon pour les dossiers documentés est égale a :

BRANCHE Nombre de dossiers à examiner


Agricole 30%
Risques civiles 20% avec un plafond de 300 dossiers
Multirisques 30% avec un plafond de 300 dossiers
Auto corporel 30% avec un plafond de 800 dossiers
Individuel 30% avec un plafond de 300 dossiers
Incendie 30%
Risques techniques 30% avec un plafond de 300 dossiers
Auto matériel 30% avec un plafond de 400 dossiers

Section 6 Méthode d’évaluation pratique des provisions techniques


Les provisions techniques dans une compagnie d’assurances sont évaluées tout au long de
l’activité de l’entreprises, cette évaluation est progressive avec l’apparition ou la disponibilité
des nouvelles informations qui peuvent soit augmenter soit diminuer le montant de la
provision.

La provision des sinistres se constitue soit :

 A l’ouverture du dossier sinistre


 Pendant l’exercice comptable
 A la clôture des comptes
 Après la clôture des comptes

1. A l’ouverture du dossier sinistre

Après la survenance du sinistre, un dossier sinistre quel que soit la branche doit être constitué
chez la compagnie d’assurance sur la base de certains documents :

 La réclamation de l’assuré :

L’assuré, lors de la déclaration du sinistre peut mentionner un montant qui correspond à


son estimation des dommages qu’il a subi.

L’assurance dans certain cas peut constituer sa provision sur la base de cette
déclaration faite par l’assuré comme estimation préliminaire avant de faire les
vérifications nécessaires.

 Le capital assuré :

ce montant correspond au montant total annuel que l’assurance s’engage à couvrir si ce


dommage est lié a un sinistre prévu dans la police d’assurance ou le contrat d’assurance .

 Le coût moyen :

C’est un montant fixé à l’avance par l’entreprise qui présente la moyenne sur le total
annuel des mouvements. le calcul du cout moyen pour une compagnie d’assurance se fait
comme suit :

Règlement + sinistres a payé cout moyen fixé par la compagnie


Nombre de dossier d’assurance

Précisant que pour chaque catégorie de sinistres , un cout moyen peut être calculer
car , chaque branche de sinistres a son cout moyen propres a elle .

 Rapport d’expert préliminaire


Toute compagnie d’assurance peut faire appel à des experts indépendant afin d’avoir une
évaluation fiable des dommages liés aux sinistres pour constituer sa provision.

Ce rapport préliminaire est une estimation globale faite par l’expert désigné dès sa
désignation après avoir faire une analyse préliminaire globale des dommages .

Les honoraires des experts doivent être provisionnés lors de l’ouverture des dossiers si
celui-ci n’a pas encore effectué son travail.

 Facture jointe dans la déclaration du sinistre :

L’assuré a le droit de joindre à la déclaration du sinistre des factures de réparation des


dommages qui peuvent être utilisés par les gestionnaires des compagnies d’assurances afin
de constituer leurs provisions.

2. Pendant l’exercice comptable

Au cours de l’année, le gestionnaire responsable des dossiers sinistres peut recevoir de


nouvelles informations concernant le dossier en cours et qui a été précédemment ouvert.

Ces informations peuvent être sous les formes suivantes :

 Rapport définitif de l’expert

Après avoir donné une estimation globale primaire lors de la première phase de constitution
de dossiers, l’expert mène toutes ces enquêtes afin de mettre ces conclusions finales dans un
rapport définitif.

La valeur des dommages estimés par l’expert dans son dernier rapport peut être directement,
et qui est toujours le cas, utilisé par le gestionnaire de la compagnie afin de constituer la
provision technique du dossier, sans pour autant dépasser les limites prévues dans la police ou
contrat d’assurance.

Notant bien que l’expert prend en compte lors de l’évaluation des dommages des offres de
marché, les devis, les factures ainsi que la valeur de la vétusté à diminuer.

 La police ou contrat d’assurance

Après la réception de rapport final de l’expert, la provision estimée dans le rapport ne doit pas
dépasser le montant du capital assuré dans le contrat , ainsi , le calcul de la provision doit être
comme suit :
Provision pour sinistre à payer = Montant total des dommages – Franchise d’assurance.

La franchise d’assurance présente la part de couverture supporté par l’assuré.

 Les décisions de justice :

La provision pour sinistre à payer peut être définitive pour le gestionnaire car cette
décision est judiciaire, ces documents sont les suivants :

 Le jugement du tribunal de première instance


 L’arrêt de la cours d’appel
 L’Arrêt de la cours de cassation

Le gestionnaire doit faire la somme des montants mentionnée dans ces documents qui sont :

 Indemnité de l’assuré
 Frais d’avocats
 Frais d’enregistrement de décision …

 Pendant l’exercice comptable, la provision peut être diminué par :


 La quittance de règlement
 Acte d’accord entre les 2 parties (Assuré et assureur) .
 Dépassement des délais de prescription

3. A la clôture de l’exercice

Le montant de la provision pour sinistre à payer à la clôture de l’exercice est identique à la


dernière évaluation des dommages avant la clôture de l’exercice.

4. Evaluation post-clôture

La provision dans cette période dépend de l’intervention de l’auditeur, en effet et suite à la


technique d’échantillonnage, l’auteur vérifie toutes les informations du dossier pour s’assurer
que il n’existe aucune nouvelle informations pouvant influencer le montant de la provision
estimée.
L’auditeur dans ce cas peut consulter la base électronique de la compagnie afin de vérifier
tous les mouvements liés au sinistre, il s’intéresse généralement au quittance de règlement qui
diminue le montant de la provision.
Cas Pratique : Evaluation des
provisions techniques pour
sinistre corporel automobile

Introduction

Dans cette partie du projet, nous allons étudier un cas pratique de sinistre corporel résultant
d’un accident de circulation qui engendre soit des personnes blessées soit personnes décèdes.

Donc dans ce cas, nous allons voir les règles d’évaluation pour les cas de blessure ou les cas
mortels.
Section 1 Les règles d’évaluation des indemnités
La fixation des préjudices qui résultent de la survenance de la circulation est calculée
différemment pour les victimes quel que soit blessées ou décédées.

I. Règles d’évaluation des indemnités pour personnes blessées


1. Les barèmes applicables

Après la survenance du sinistre, l’indemnité perçue par l’assuré est calculé sur la base de :

- Les frais de soins relatifs à l’accident 

L’assureur dans le calcul de l’indemnité prend en charge Les tarifs convenus entres les
compagnies d’assurances et les établissements hospitaliers ainsi que les caisses de sécurité
sociale.

- L’incapacité temporaire de travail :

Elle correspond à la perte effective de revenus pour la victime durant la période d’incapacité
qui est toujours mentionnée dans le rapport médical initial ainsi que les rapports finaux.

- Les préjudices corporels, professionnels, moraux et esthétiques :

Ces préjudices sont dus à l’incapacité permanente de l’assuré qui se résume de la réduction
définitive de la capacité fonctionnelle de la victime après la survenance du sinistre par rapport
à sa capacité fonctionnelle normale avant l’accident.

Ces préjudices doivent obligatoirement être évalués par un médecin ayant le certificat
d’aptitude inscrit sur une liste fixée par un arrête di ministre de la justice et des droits de
l’homme :

 Préjudice corporel

L’indemnité relative aux préjudices corporels est égal aux produits du nombre de points
d’incapacité par un montant représentant la valeur d’un point d’incapacité.

Le taux d’incapacité doit être déterminé par une expertise médicale afin de déterminer la
valeur d’un point d’incapacité

Le préjudice corporel est égal à =SMIG de l’année n * Valeur par point


Le préjudice corporel peut être versé sous forme de capital ou arrérage.

La valeur par point se détermine par le tableau d’incapacité permanente partielle (IPP) :

 Préjudice professionnel

L’indemnité calculée par les compagnies d’assurances est déterminée sur la base du revenu
annuel ainsi que le taux de la perte effective.

Le taux de préjudice professionnel est fixé selon un barème qui tient compte de l’âge de la
victime ainsi que le degré de l’incidence du sinistre sur l’activité professionnelle.

Le montant de préjudice professionnel est déterminé selon un rapport d’expertise médicale


après déduction des rentes versées par les caisses de sécurité sociale aux titres des accidents
de travail.

Le préjudice professionnel peut être versé sous forme de capital ou arrérage.


NB : Le préjudice professionnel se calcul sur la base du SMIG en absence des fiches de paies
chez la personne blessée.

 Préjudice moral et esthétique 

L’indemnité est déterminée sur la base d’un taux du SMIG annuel avec un régime de 40
heures.

Comme pour les préjudices professionnels et corporels, le taux est fixé selon un barème qui
tient compte du degré du préjudice évalué éventuellement dans le rapport médical.

Le paiement de préjudices s’effectue cumulé avec les autres préjudices corporels et


professionnels.

Le tableau des taux du degré de préjudices est le suivant :

 Des frais d’assistance d’une tierce personne 

Les frais d’assistance sont imputables dans le calcul de l’indemnité que lorsque l’incapacité
de l’assuré est supérieure ou égale à 80 % et si le médecin expert l’estime nécessaire.

Le montant à verser est égal à 20 % de l’indemnité du préjudice corporel résultant de


l’incapacité permanente.
Le mode de paiement suit le mode choisi pour le préjudice professionnel et corporel.

2. Calcul pratique d’un cas de blessés

Supposant que le 19/06/2018 un accident est survenu entre un véhicule ASTREE fautif a
percuté un véhicule tiers causant :

- La blessure d’une seule personne accompagnant du véhicule tiers


- Présence des dégâts matériels assez importants dans le véhicule tiers
- Les documents présents lors de la constitution du dossier sont les suivants :
 Procès-verbal des forces de sécurité
 Photocopie de la carte d’identité nationale des blessés
 Déclaration du sinistre de l’assuré de l’ASTREE
 Un rapport médical du blessé
 Dans ce cas, la provision est basée sur le rapport du médecin

 Provision au titre du premier blessé :

Dans le rapport médical du premier blessé, le médecin a mentionné les informations


suivantes dans la conclusion :

Age 28 ans
Nombre de jours de repos 30
Taux d’incapacité permanente partielle (IPP) 20%
Niveau du préjudice moral et esthétique Modéré (3eme degré)
Niveau du préjudice professionnel Moyen (3eme degré)

Le calcul de l’indemnité se fait donc comme suit :

Préjudices Base de calcul Montant du préjudice

= valeur par point *IPP en point


Préjudice corporel 8803
=(3668*12%)*20
=Montant de l’indemnité en %
Préjudice moral et esthétique *SMIG de l’année 917
=25%*3668
= degré de préjudice en % * SMIG
Préjudice professionnel 917
25%*3668

= (revenu annuel *3/4*jours de


Incapacité temporaire de travail repos)/360 229.25
(3668*0.75*30)/360

= 20% * Préjudice corporel


Indemnité pour assistance d’une
= 0 (puisque l’IPP est inférieure à 0
tierce personne
80%)

Evaluation principale = Somme des préjudices 10866.25

+15% augmentation juge sur le


15%*10866.25 1630
total des préjudices
Frais supplémentaires (Avocats,
800 800
frais de soin …)
=Somme des préjudices * 1.15%
Total avant droit d’enregistrement 13296.25
+autres frais
=Total avant DE*5%(montant
Droits d’enregistrement 665
dépasse 3000 dinars)

Provision premier blessé =Total avant DE + DE 13961.25

Remarque :

- L’utilisation de SMIG lors du calcul est obligatoire en absence d’une fiche de paie de
la personne
- Pour des mesures de prudence, le calcul de la provision doit être majoré de 15% du
juge.
- Dans le cas où la victime est un étudiant, élève, ou chômeur, le niveau de préjudice
professionnel et l’incapacité temporaire de travails sont nuls.
XVI. Règles d’évaluation des indemnités pour personnes
décédées
1. Les barèmes applicables

Après la survenance du sinistre et l’ouverture du dossier, l’indemnité perçue par la famille de


la personne décédée est calculée comme suit :

 Le préjudice économique

L’indemnité économique est égale à 80% de la perte de revenus du défunt, elle est allouée à :

 Au conjoint
 Enfant à charge :
 Jusqu’à l’âge de 20 ans sans autres conditions
 Jusqu’à l’âge de 25 ans en cas d’études
 Sans limite d’âge pour les personnes handicapées incapables
de pratiquer n’importe qu’elle activité rémunérée
 Sans limite d’âge pour les filles jusqu’à elle dispose d’une
activité rémunérée ou qu’elle se marie.
 Parents à vie qui sont prises en charge de façons effectives et permanentes
 Pour la femme divorcée bénéficiant d’une rente viagère.

L’indemnité économique est versée aux bénéficiaires sous forme de rente mensuelle répartie
de la façon suivante :

 Pour le conjoint, l’indemnité représente 40% de la perte effective du revenu annuel du


défunt s’il a des enfants
 50% pour le conjoint si le défunt n’as pas d’enfants.
 40% du montant de la pension de divorce ou rente viagère. (annexe 3)

 Pour le cas des enfants :


 Si le conjoint est vivant : 20% pour un seul, 30% pour 2
et 40% pour 3 et plus.
 Sinon, 50% pour un seul, 60% pour deux ,70% pour 3 et
80% pour 4 et plus.
 Pour les parents et petit enfant du défunt, l’indemnité est de 10% du revenu annuel.
 Préjudice moral 

 Pour le conjoint : le préjudice moral est égal à 2.5 fois le SMIG annuel pour le régime
de 40 heures.
 2 fois le SMIG pour chacun des enfants dans la limite de 6 fois le SMIG annuel à
répartir de façon égales entre les enfants.
 2 fois le SMIG pour chacun des parents.

 Les frais de soins 

Les frais de soins sont imputables au calcul de l’indemnité dans la limite des frais imputables
à l’accident jusqu’au décès.

 Les frais de funéraires

Les frais de funéraires sont remboursés dans la limite d’un quart de SMIG annuel

Schéma explicatif du calcul de la provision d’un sinistre automobile mortel


Montant d’indemnisation
des ayants
droits des décédés

Préjudice Préjudice Frais


économique moral funéraires
=
SMIG *
Enfants 25%
Enfants

Conjoint Père/Mère
Conjoint  2 * SMIG
Père/Mère / dans la limite 2 * SMIG
Petits de 6 * SMIG 2,5 * pour chacun
enfants PER*80%*40 SMIG
% si enfants à répartir d’eux
d’une
Sinon Si conjoint Si conjoint manière
PER * 80%
* 10% PER*80%* décédé : survivant : égale entre
50% 1 : PER * eux
80% * 50%
1 : PER *
2 : PER * 80% * 20%
80% * 60%
2 : PER *
3 : PER * 80% * 30%
80% * 70%
>=3 : PER *
>= 4 : PER * 80% * 40%
80% * 80%

2. Calcul pratique d’un cas de décès :

Supposant que le 19/06/2018 un accident est survenu entre un véhicule ASTREE fautif a
percuté un véhicule tiers causant :

- Le décès d’une seule personne accompagnant du véhicule tiers


- Présence des dégâts matériels très importante dans le véhicule tiers
- Les documents présents lors de la constitution du dossier sont les suivants :
 Procès-verbal des forces de sécurité
 Photocopie de la carte d’identité nationale de la personne morte
 Déclaration du sinistre de l’assuré de l’ASTREE
 Certificat de décès
 Autres informations sur le défunt

Les informations sur le défunt sont les suivantes :

Etat civil Marié

Age 50 ans

Fonction Chef comptable

Revenu annuel 10000 DT

Les enfants à charge -Garçon âgé de 19 ans.

-Père âgé de 70 ans.


Les parents à charge
-Mère âgée de 66 ans.

 Calcul de préjudice économique au profit du bénéficiaire ayant


droit

Montant du
Ayants droit Base de calcul de préjudice économique
préjudice en DT

=Revenu*80%*40%*taux de la rente pour femme (45)


Conjoint
=10000*80%*40%*20.62063
65986.016
=((Revenu*80%*20%)*(25-19)
Garçon
=((10000*80%*20%)*(25-19)
9600
=((Revenu*80%10%)/2)*rente homme (73)
Père =((10000*80%*10%)/2)*8.72699 3489.0796

=((Revenu*80%10%)/2)*rente femme (66)


Mère
=((10000*80%*10%)/2)*11.79904
4719.616
Préjudice
économique 68321,8022+9216+31737,8304+3052,4736+4530,8313 83794.7116
Global

 Calcul du préjudice moral au profit du conjoint , enfants et

parents :

Ayants droit Base de calcul de préjudice Montant du préjudice en DT

=2,5*SMIG (2018)
Conjoint
=2,5*3668
9170

=2*SMIG (2018)
Garçon
=2*3668
7336

=2*SMIG (2018)
Père
=2*3668
7336

=2*SMIG (2018)
Mère
=2*3668
7336

Préjudice Moral Global (7336*3)+9170 31178

 Calcul des frais funéraires :

=25%* SMIG (2018)


Frais funéraire
=25%*3668
917

 Le total de l’indemnité au titre décédé :


Indemnité Montant en DT

Préjudice économique 83794.7116

Préjudice Moral 31178

Frais Funéraires 917

Evaluation Principale 115889.7116

15% Juge 17383.456

Autres frais 1600

Sous Total 134873.16834

Droits d’enregistrement (5%) 6743.6584

Provision au titre du décédé 141616.826

Conclusion :

Dans cette partie , nous avons présenté le contrôle interne , audit et les méthodes pratiques de
l’évaluation des provisions techniques non vie adoptée par les compagnies d’assurances
tunisienne , et pour donner plus de clarification sur les méthodes de calcul exprimée
théoriquement lors des premières sections , un cas pratique a été élaborées afin de mieux
expliquée le calcul des indemnisations par l’application de la loi en vigueur .
Conclusion générale

En définitive, le présent sujet permettra de répondre à plusieurs questions relatives aux


secteurs d’assurance principalement celle relatif aux provisions techniques qui présentent
dans toutes les informations financières des compagnies d’assurances la rubrique la plus
importante avec un pourcentage pouvant dépasser dans quelques cas 70% du passif du bilan.

La première partie de ce projet exposait dans le premier chapitre le cabinet Mazars dans le
monde ainsi qu’en Tunisie et qui, connu dans tous le territoire tunisien, disposait d’un niveau
de compétence et savoir-faire très important dans tous les domaines relatifs à la comptabilité
et l’expertise comptable essentiellement.

Le deuxième chapitre de la première partie de ce sujet a été consacrée à la présentation du


secteur des assurances en Tunisie et qui , de nos jours , joue un rôle très important dans
l’évolution du marché financier tunisien ainsi que l’économique tunisienne et c’est grâce aux
organes de contrôle , de réglementation et de gouvernance présentés dans la deuxième et
troisième section de ce présent projet .

Enfin , nous avons présenté dans la deuxième partie le contrôle interne , l’audit ainsi que les
méthodes d’évaluation des provisions techniques non vie , et afin de mieux comprendre ces
méthodes , nous avons conclu le chapitre par un cas pratique de calcul des provisions
techniques en application des règles et loi en vigueur pour le calcul d’indemnité pour une
sinistre automobiles corporels pour des personnes blessées et décédées .

Pour finir, l’objectif de ce rapport est de présenter les provisions techniques pour sinistres à
payer non vie par l’application de la loi n86-2005 qui fixe des barèmes de calcul des
indemnisations, cependant, lors de mon stage, j’ai constaté que la pluspart des compagnies
d’assurances utilisent d’autres méthodes d’évaluation de provision qui ne reflète pas la réalité
des sinistres survenus , c’est pour cette raison que , et à mon avis , les organes de
réglementations doivent se manifester en augmentant les pourcentages des dossiers sinistres a
auditer par la méthode d’échantillonnage afin de s’assurer qu’au moins une bonne partie des
provisions constatées sont évaluées selon la réglementation en vigueur afin d’avoir une
information fiable lors de l’élaboration des états financiers .

Référence bibliographique :

 Site WEB :

 www.tn.mazars.com
 www.ftusanet.org
 www.cga.gov.tn
 Normes comptables

 Norme comptable 29 relative aux provisions techniques dans les


entreprises d’assurance et/ou de réassurance
 Norme comptable 27 relative au contrôle interne de l’organisation
comptable des compagnies d’assurance et /ou de réassurance

 Codes

 Code des assurances

 Présentations 

 Présentation Mazars 2018


Annexes

Annexe 1 : QUESTIONNAIRE : CYCLE Sinistres/Règlement

Oui No
Degré QUI ? QUAND ? COMMENT ? DESCRIPTION
Questions / NA n
d’importance

A/ Registre des sinistres :

1. L’entreprise, tient-elle un registre des sinistres ? ***


2. Les événements et/ou les sinistres susceptibles de faire *** Procédure jusqu’à
jouer ou faisant jouer une garantie prévue au contrat sont- l’enregistrement.
ils enregistrés sur le registre ? et quelles sont les
informations enregistrées ?

3. L’enregistrement intervient dans quel exercice ? *** Exercice de


survenance

 De survenance ?
 De règlement du sinistre ?

4. L’enregistrement comporte t-il les renseignements ***


suivants : 
 Date et N° de l’enregistrement ;
 N° de contrat ;
 Date de souscription ;
 Nom de l’assuré ;
 Date de l’événement.

5. Une liste à lecture directe est-elle établie ? *** 1 fois/mois + à


la clôture.

6. Est-il établi un document facilement accessible à partir du ***


numéro d’enregistrement ?
Si oui, ce document donne t-il notamment :

 Les principaux éléments des sinistres et


réclamations et contentieux ;
 Le détail des décaissements et encaissements ;
 Les évaluations successives des sommes à payer ou
à recouvrer, sauf si l’entreprise est dispensée de la méthode
dossier par dossier.

7. Est-il établi, pour chaque catégorie d’assurance, une liste à *** A chaque
lecture directe ? clôture de
l’exercice

Si oui, comporte t-elle pour chaque sinistre survenu dans


l’exercice :

 Le N° d’enregistrement ;
 Les sommes payées au cours de l’exercice ;
 L’évaluation des sommes restant à payer (sauf si
l’entreprise est dispensée de la méthode dossier par dossier) ;
 Le total de ces éléments.

8. Pour les sinistres survenus au cours des exercices ***


antérieurs et qui n’étaient pas réglée à l’ouverture de
l’exercice :

 Font-ils l’objet d’une liste analogue ?


 Si oui, comporte t-elle en outre, les évaluations à la
fin de l’exercice précédent ?

9. Ces listes comportent-ils des informations analogues ***


concernant :

 Les recours ;
 Les sauvetages.

10. La tenue du registre des sinistres est-elle contrôlée ? ***

B/ Inventaire permanent :

11. Tient-on un inventaire permanent des : *** Service


production

 Sinistres à payer ?
 Des provisions y afférentes ?

12. Procède t-on à la mise à jour du dit inventaire ? *** Suite à chaque
paiement
réalisé

C/ Intermédiaires :

13. Y a-t-il transmission d’information de la part des ***


intermédiaires ?
14. S’assure t-on que cette transmission est correcte ***
(contrôle) ?

15. S’assure t-on de l’existence du contrat et des garanties ***


couvertes ?

16. Procède t-on au recensement des recours ? ***

17. Ces recours sont-elles mises en œuvre ? ***

18. S’assure t-on du correct classement et de la ***


documentation des dossiers sinistres ?

D/ Délégation :

19. La délégation des règlements est-elle formalisée ? *** A-t-on une liste des personnes
habilitées aux règlements.

20. Contrôle t-on les personnes déléguées aux règlements ? *** Contrôle des pièces justificatives
prévues dans les dossiers
sinistres (expertise, facture,…)

21. Existe-t-il des procédures de délégation en matière : ***

 De mise à jour des barèmes utilisés ?


 De revue des évaluations ?
 De suivi des contentieux ?

E/ Portefeuille sinistre :

22.  La surveillance du portefeuille sinistre est-elle assurée ? *** Audit


Si oui, procède t-on à : interne

23.  La validation des évaluations des sinistres qui ont été ***
réalisés par les rédacteurs sinistres ?

24. Un contrôle de la qualité des travaux des rédacteurs : ***

 Analyse de l’écart entre paiements effectifs et


évaluations ?
 Analyse des modifications dans les évaluations ?
 Analyse des dossiers ré ouverts ?...

25. L’analyse de la sinistralité par : *** Afin d’évaluer la fiabilité


des tarifs et d’identifier
les risques éventuels.
 Nature de risque ?
 Intermédiaire ?
 Assuré ?
F/ Experts/Commissaires d’avaries :

26. Existe-t-il une liste sur la base de laquelle l’expert ou le


commissaire est désigné ?

27. Vérifie t-on qu’ils respectent les conditions d’exercer, à


savoir (Art.79 du code des assurances) :

 La signature du cahier des charges de la tutelle ?


 Inscription sur un registre tenu par la FTUSA ?
 Le cumul des deux fonctions n’est pas permis ?

Annexe 2 : Calcul par l’application de Mazars


Annexe 3 : Tableau de conversion des rentes décret 2007-1871
Tables des matières
Introduction générale..........................................................................................9
Première partie : Présentation du cabinet et du secteur des assurances...........................11
Chapitre 1 : Présentation du CABINET MAZARS et les tâches effectuées.........12
Section 1 : Présentation du cabinet Mazars......................................................................12
I. Mazars en Tunisie.....................................................................................................14
II. Organigramme général du cabinet et organigramme détaillé du département
Banque & Assurance.........................................................................................................15
III. : Principaux cycles d’activités et/ou domaines d’intervention..............................18
Section 2 : Les tâches effectuées.......................................................................................21
Chapitre 2 : Présentation des assurances, le cadre normatif, réglementaire et de
contrôle du secteur.......................................................................................................23
Section 1 Présentation des compagnies d’assurances.......................................................23
I. : Définition des compagnies d’assurances................................................................23
II. : Cycle de production et produit des assurances......................................................26
III. : Les états financiers d’une compagnie d’assurance.............................................30
Section 2 Le cadre normatif et de contrôle des compagnies d’assurances.......................34
I. : Le cadre normatif....................................................................................................34
II. Le cadre réglementaire.............................................................................................34
III. La gouvernance des compagnies d’assurances.....................................................36
IV. Particularités organisationnelles de gouvernance...............................................38

Deuxième partie : Evaluation des provisions techniques pour sinistres à payer..............39


Chapitre 1 : le contrôle interne, audit et évaluation.................................................40
Des provisions techniques pour sinistre à payer.......................................................40
Section 1 Définition des provisions techniques : les éléments constitutifs........................40
I. : Définition des provisions techniques......................................................................40
II. Eléments constitutifs des provisions techniques......................................................41
Section 2 Le contrôle interne des provisions techniques..................................................43
I. : Définition du contrôle interne...............................................................................43
II. : Objectif du contrôle interne dans les compagnies d’assurances............................43
III. Eléments essentiels du contrôle interne des assurances.....................................44
IV. Le contrôle interne des provisions techniques.....................................................44
Section 3 L’audit des provisions techniques dans une compagnie d’assurance................45
I. L’audit des provisions techniques.............................................................................45
II. Objectif de l’audit des provisions techniques..........................................................46
III. Les risques d’audit des provisions techniques......................................................46
IV. Travaux effectués pour audit des provisions techniques......................................47
Section 4 Méthode d’évaluation pratique des provisions techniques...............................48
Cas Pratique : Evaluation des provisions techniques pour sinistre corporel automobile52
Introduction.......................................................................................................53
Section 1 Les règles d’évaluation des indemnités.............................................................53
I. Règles d’évaluation des indemnités pour personnes blessées.................................53
II. Règles d’évaluation des indemnités pour personnes décédées................................58

Conclusion générale..........................................................................................65
Référence bibliographique :.......................................................................................................66
Annexes....................................................................................................................................67

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