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Chapitre 3: L’organisation juridictionnelle

Cette organisation repose sur un grand principe: la séparation des juridictions judiciaires et des juridictions
administratives.

Section 1: Les juridictions judiciaires

I] Juridictions de l’ordre judiciaire

Fondamentalement, elles sont compétentes pour statuer sur les litiges opposant des personnes privées entre elles, ce
sont donc des litiges posant des problèmes de droit privé.
Au sein de ces juridictions, on a les juridictions civiles, les juridictions répressives/pénales. On a un double degré de
juridiction, c’est-à-dire on a la possibilité de contester la décision rendue et de faire juger une 2ème fois une affaire. On
a les juridictions de 1ère instance, et celles de 2nde instance (attention, seconde instance, pas deuxième, il n’y a que 2
instances).

Juridictions civiles de 1ère instance

Elles sont diverses. On utilise l’expression de 1ère instance pour désigner toutes les juridictions qui sont appelées à
connaître des litiges pour la 1ère fois. Il faut savoir que la loi du 23/03/2019, dite de programmation et de réforme de
la justice, réalise une réorganisation des juridictions civiles qui se manifestent notamment par la fusion des tribunaux
de grande instance et des tribunaux d’instance au sein des tribunaux judiciaires. Cette réforme est rentré en vigueur
le 01/01/2020.

A- Les tribunaux judiciaires

Lorsque le tribunal de grande instance et d’instance était situés dans la même ville, ils deviennent une juridiction unie
dénommée tribunal judiciaire. Lorsque le tribunal d’instance n’était pas situé dans la même ville que le tribunal de
grande instance, ils deviennent chambres de proximité du tribunal judiciaire, qui est dénommé tribunal de proximité.

Si il existe plusieurs tribunaux judiciaires dans un même département, ceux-ci pourront être spécialement désignés
pour connaître seuls de certaines matières.
Ces matières sont: les actions en responsabilité médicales, les litiges relevant de l’exécution d’un contrat de
transport de marchandises, ou encore les actions en paiement, en garantie et en responsabilité liés à une opération
de construction immobilière.
Le tribunal judiciaire peut comprendre, en-dehors de son siège, des chambres de proximité dénommées tribunaux de
proximité, dont le siège et le ressort, ainsi que les compétences matérielles sont fixés par décret. D’une manière
générale, les chambres des tribunaux de proximité sont compétentes pour les litiges civils, quand le litige porte sur des
demandes d’un montant inférieur ou égal à 10 000€.

Au sein du tribunal judiciaire, un ou plusieurs juge(s) exerce(nt) les fonctions de juge des contentieux de la
protection. Le juge des contentieux de la protection exerce les fonctions de juge des tutelles des majeurs.
Juge des contentieux = quelqu’un qui va protéger les majeurs incapables.
Il connaît également la sauvegarde de justice, de la curatelle, de la tutelle des majeurs, et de la mesure
d’accompagnement judiciaire.

Il y a aussi les actions relatives à l’exercice du mandat de protection future. En vertu de ce dispositif juridique, toute
personne majeure ou mineure émancipée (mandant), à condition qu’il ne fasse pas l’objet d’une mesure de tutelle,
peut désigner à l’avance une ou plusieurs personne(s) mandataire(s) pour la représenter. Quand le mandant ne sera
plus en état physique/mental de pourvoir seul à ses intérêts, le mandataire pourra protéger les intérêts personnels
et/ou patrimoniaux du mandant. Les parents peuvent aussi utiliser le mandat pour leur(s) enfant(s) souffrant de
maladie ou de handicap.
Il statue également sur les demandes formées par un époux quand son conjoint est hors d’état de manifester sa
volonté, afin d’être autorisé à passer seul un acte, pour lequel le concours/consentement de ce dernier serait
nécessaire, ou afin d’être habilité à le représenter.

Autre compétence, la constatation de la présomption d’absence.


Il y a aussi la compétence relative aux actions tendant à l’expulsion des personnes qui occupent, à des fins
d’habitation, des immeubles sans droit ni titre.

Il est aussi compétent concernant les actions relatives aux crédits de la consommation.

Dernière compétence accordée: elle concerne le traitement des situations de surendettement des particuliers.

Concernant la compétence générale du tribunal judiciaire, comme le tribunal de grande instance précédemment, il
est la juridiction de droit commun en matière de droit privé. Cela signifie que, sauf textes contraires, c’est devant lui
que doit commencer tout procès concernant l’application du droit civil. Plus précisément, il est compétent pour
trancher les litiges en matière civile, mais aussi ceux concernant les bons commerciaux, les successions, les
procédures collectives quand l’entreprise n’exerce pas une habilité commerciale ou artisanale. Les procédures
collectives concernent le traitement des entreprises en difficulté. 3 types de procédures collectives:
- La sauvegarde
- Le redressement judiciaire
- La liquidation judiciaire

Les tribunaux judiciaires sont composés au moins de 3 magistrats du siège, dont un président.
Magistrat du siège = magistrature assise, qui rend la décision
Magistrat debout ou du parquet = rend un réquisitoire, demande une sanction

Les juges siègent en nombre impair (3 ou 5). Cependant, ce principe de collégialité (tribunal à plusieurs) connaît
certaines exceptions, comme par exemple, quand il statue sur des affaires familiales.
Auprès du tribunal judiciaire, il existe un représentant du ministère public, le procureur de la République, auquel
sont adjoints un ou plusieurs substitut(s). Donc ils forment le parquet du tribunal judiciaire.
La parquet est constitué de la magistrature debout, qui demande l’application de la loi, et veille au respect des
intérêts généraux de la société dans son ensemble.

Contrairement aux magistrats du siège, ils ne sont pas indépendants. Les jugements sont rendus au nom du peuple
français.

Il existe également un secrétariat greffe, dirigé par un greffier en chef, qui est chargé de la rédaction écrite du
jugement, le compte rendu écrit est appelé minute quand il s’agit de l’original et grosse du jugement lorsqu’il s’agit de
la copie. Les greffiers rédigent les actes judiciaires et en garantissent l’authenticité. Les décisions des tribunaux
judiciaires, comme de tout tribunal, sont appelées jugements. Ils sont en principe susceptibles d’appel, sauf quand le
litige porte sur un montant inférieur à 5000€ (taux du ressort). Dans ce cas, quand le taux du ressort n’est pas atteint,
on dit que le tribunal judiciaire statue en premier et dernier ressort. Le seul recourt possible est le pourvoi de
cassation. La loi du 23/03/2019 instaure une nouvelle procédure totalement dématérialisée dont le montant du litige
est inférieur ou égal à 4000€.

B- Les tribunaux de commerce et conseils de prudhommes

Les tribunaux de commerce: ils ont pour origine les juridictions qui, au 14ème siècle, siégeaient temporairement à
l’occasion des grandes foires pour trancher les litiges survenant entre vendeurs et acheteurs. Ce sont des juridictions
d’exception et des juridictions corporatives qui ont pour compétences de juger en 1ère instance les affaires
commerciales, les litiges entre commerçants, entre sociétés commerciales, les litiges entre associés, mais aussi à
statuer sur les procédures collectives concernant les entreprises commerciales et artisanales. Le ressort du tribunal
de commerce est en principe l’arrondissement, mais certains arrondissements ont plusieurs tribunaux de commerce
(région parisienne).
Juridictions corporatives = ne sont pas composée de magistrats professionnels mais de commerçants élus par leurs
pairs.
Le tribunal de commerce comprend un président et un nombre variable de juges titulaires et suppléants, assistés
d’un greffe à la tête duquel se trouve un greffier. Il comprend au moins 3 juges, c’est-à-dire au moins un président et
de 2 juges qui sont élus pour 2 ans et qui sont rééligibles. La formation du jugement est en principe collégiale, cela
dit, les plus grands tribunaux de commerce, notamment quand ils comptent plus de 8 juges, sont divisés en plusieurs
chambres. Le taux du ressort est de 5000€. A partir de 5000€, il est possible de faire appel à la cour d’appel.
Les conseils de prudhommes sont des juridictions dont le rôle est de concilier, à travers un bureau de conciliation, et
de juger, à travers un bureau de jugement, les partis qui ont un litige provenant d’un contrat de travail.

Les conseils de prudhommes sont des juridictions paritaires composées de juges élus pour 5 ans par leurs pairs,
comprenant à égalité des conseillers représentants des employeurs et des conseillers représentants des salariés.

La formation de jugement est composée d’au moins 2 conseillers employeurs et de 2 conseilleurs salariés. Le nombre
doit toujours être pair, contrairement au tribunal de commerce. L’inconvénient est qu’il est parfois difficile de
prendre une décision quand ils sont 4. En cas de partage des voix, un juge du tribunal judiciaire est appelé pour les
départager.

Les conseils de prudhommes comprennent en principe un secrétariat greffe. Depuis le 01/01/2020, quand un conseil
de prudhomme siège dans la même commune qu’un tribunal judiciaire, est organisé un greffe commun au tribunal
judiciaire et au conseil de prudhomme.

Le taux du ressort est également de 5000€.

II] Juridictions répressives ou pénales de 1ère instance

Elles statuent en matière pénale.

A- Juridictions pénales de droit commun

Le tribunal de police

Le tribunal de police juge les contraventions de 5ème classe (les plus sérieuses). Les contraventions sont les infractions
pénales les moins graves (tapage nocturne, chasse sans permis, …). Les contraventions de 5 ème classe sont passibles
d’amendes de 1500€ maximum, ou de 3000€ en cas de récidive, mais aussi de peines privatives ou restrictives de
droit (suspension du permis, …).

Le tribunal de police territorialement compétent est celui du lieu où l’infraction a été commise/constatée, ou du lieu
de la résidence, ou du domicile de la personne poursuivie. Mais encore, du siège de l’entreprise détentrice d’un
véhicule mis en cause.

Le tribunal de police statue toujours à juge unique. Ce juge est assisté d’un greffier.

Devant le tribunal de police, le ministère public, chargé de défendre les intérêts de la société, en requérant
l’application de la loi et en proposant une peine, est représenté par le procureur de la République ou l’un de ses
substituts.

Le tribunal correctionnel

1) Compétences

Le tribunal correctionnel juge les délits. Les délits sont des infractions plus graves que les contraventions, qui peuvent
donner lieu notamment à une peine d’emprisonnement et/ou d’amende ou des peines complémentaires (vol,
escroquerie, coups et blessures graves, …). Il juge également les contraventions connexes à un délit.

La compétence territoriale est définie par rapport au lieu de l’infraction, mais aussi à la résidence du prévenu, au lieu
d’arrestation, au lieu de détention. Les décisions du tribunal correctionnel (verdicts) sont susceptibles d’appels. Les
appels sont exercés devant la chambre correctionnelle de la cour d’appel.
2) Composition

Le tribunal correctionnel est composé de 3 magistrats du siège assistés d’un greffier. L’un des 3 juges président le
tribunal correctionnel. Devant le tribunal correctionnel, le ministère public est représenter par le procureur de la
République ou par l’un de ses substituts.

La cour d’assises

La cour d’assises juge les personnes accusées de crimes et de complicité de crimes. Les crimes sont les infractions les
plus graves, passibles d’une peine d’emprisonnement allant de 10 ans à la perpétuité (meurtre, assassinat, viol, vol à
main armée, …).

1) Compétences

Elle est compétente pour tous les crimes de droit commun commis par les majeurs. Elle siège également en
formation de cour d’assises des mineurs avec les jurés, quand il s’agit de crimes commis par des mineurs de plus de
16 ans. Certains crimes relatifs aux crimes terroristes, militaires, ou relatifs au trafic de drogue, sont jugés par la cour
d’assises spéciale.
Cour d’assises spéciale = dans ce cas, les jurés sont remplacés par des magistrats professionnels parce qu’on craint que
les jurés subissent des représailles.

Pour les crimes commis par un membre du gouvernement dans l’exercice de ses fonctions, la cour de justice de la
République est compétente.

La cour d’assises est composée de 3 juges professionnels, dont un président et 2 assesseurs, et un jury composé de
citoyens tirés au sort sur une liste établie à partir des listes dressées annuellement par les communes, 6 jurés en 1ère
instance, 9 en appel. Devant la cour d’assises, le ministère public est représenté par l’avocat général (ce n’est pas un
avocat, c’est un magistrat membre du parquet). Il défend les intérêts de la société et demande l’application de la loi.
Il soutient l’accusation et propose une peine, ou bien requiert l’acquisition dans son réquisitoire. Le greffier assiste la
cour, note le déroulement des débats, met en forme et authentifie la décision. Il est garant de la procédure.

La cour d’assises peut prononcer des peines de réclusions criminelles, à perpétuité ou à temps, ferme ou avec sursis.
Mais aussi des peines d’amendes et des peines complémentaires. L’arrêt rendu par la cour d’assises doit être motivé.
Cette motivation est rédigée par le président de la cour d’assises ou l’un des magistrats assistés.

B- Les juridictions pénales spécialisées

Les juridictions pénales pour mineurs:

a) Le tribunal pour enfant

Le tribunal pour enfant est compétent pour statuer sur les contraventions de 5ème classe et les délits
commis par les mineurs de moins de 18 ans et sur les crimes commis par les mineurs de moins de 16
ans.
Il existe en principe un tribunal pour enfant par département. Il est composé du juge des enfants,
qui est un magistrat professionnel qui le préside, et de 2 assesseurs (qui assistent) qui sont de
simples citoyens nommés parmi des personnes s’étant signalées par l’intérêt et la compétence dont
elles ont fait preuve concernant les problèmes de l’enfance.

b) La cour d’assises des mineurs


Le mineur ayant atteint 16 ans qui commet un crime relève de la cour d’assises des mineurs. Au plan
organisationnel, elle est identique aux cours d’assises ordinaires. Néanmoins, s’y appliquent
certaines règles spécifiques, par exemple, du fait de la jeunesse de l’accusé, les débats ont lieu à
huit-clos (pas de présence de public lors des audiences).

III] Les voies de recours contre les décisions des juridictions civiles et pénales

L’organisation juridictionnelle française est dominée par le principe du double degré de juridiction, c’est-à-dire qu’en
principe, il est possible d’interjeter appel contre une décision rendue à un tribunal en 1ère instance. En outre, un
pourvoi en cassation peut être formé pour contrôler que les juges du fond (les juges de 1ère instance et de 2nde
instance) ont bien appliqué le droit.

A- L’appel devant la cour d’appel

a) Organisation et composition

Il existe plus de 30 cours d’appel en France, leur ressort territorial comprend plusieurs
départements à l’exception de celle de Metz. Elles reçoivent les appels interjetés contre les décisions
des juridictions de leur ressort. Elles sont composées d’un 1er président, de présidents de chambre,
et de représentants du ministère public (magistrats du parquet). Il s’agira ici d’un procureur général,
un ou plusieurs avocats généraux, un ou plusieurs substituts du procureur général. S’ajoute à cette
organisation un système de greffe (avec des greffiers). Les décisions des cours d’appel sont
dénommées « arrêts ». Ils confirment, ou au contraire, réforment les jugements des juridictions de
1ère instance.

b) L’appel

Le principe du double degré de juridiction est écarté quand, compte tenu de la modicité du litige,
l’affaire est jugée en 1er et dernier ressort. On dit que le jugement est rendu en 1er et dernier ressort.
Dans ce cas, l’appel n’est pas possible.
Pour chaque juridiction, la loi fixe un chiffre appelé « taux du ressort » au dessein duquel l’appel est
exclu. Le taux du ressort est de 5000€ pour le tribunal judiciaire, de commerce et pour les conseils
des prudhommes. Lorsque le taux du ressort est inférieur à 5000€, il n’est pas possible de faire
appel contre le jugement.
Règle importante: devant les juridictions judiciaires, l’appel est suspensif d’exécution (la décision
frappée d’appel ne sera pas exécutée). Il doit être formé dans un délai d’1 mois à compter de la
notification du jugement.
L’appel des décisions du tribunal de police et des tribunaux correctionnels se fait devant la chambre
des appels correctionnels (chambre spécialisée de la cour d’appel compétente en matière pénale).
Le délai est de 10 jours à compter du jugement rendu par la juridiction pénale.
Désormais, l’appel contre les verdicts des cours d’assises est possible. En effet, la loi du 15/06/2000
dite renforçant la présomption d’innocence met fin à l’impossibilité de faire appel des décisions des
cours d’assises. Les condamnés, mais aussi le ministère public et la partie civile qui ont poursuivi le
prévenu, peuvent désormais faire appel du verdict d’une cour d’assises.
L’appel est porté devant une autre cour d’assises désignée par la chambre criminelle de la cour de
cassation. L’appel doit être interjeté dans un délai de 10 jours. La cour d’assises en appel comprend 9
jurés. L’appel est une voie de recours qui tend à faire annulé un jugement rendu par une juridiction
du 1er degré (ou 1ère instance). La juridiction d’appel doit rejuger en fait et en droit la décision qui lui
est dévolue. Elle peut infirmer la décision en toute ou partie, ou au contraire la confirmer.
B- Le pourvoi en cassation devant la cour de cassation

La cour de cassation est la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire. Elle assure le contrôle de la légalité des
jugements et des arrêts contre lesquels est formé un pourvoi en cassation. Elle n’est pas un 3ème degré de juridiction.
En effet, elle n’est pas juge du fait. Elle doit s’en tenir aux faits tels qu’ils ont été constaté dans la décision attaquée.
Elle n’est juge que du droit. Autrement dit, elle se contente de vérifier que la règle de droit a bien été appliquée dans
le procès.

a) Composition

La cour de cassation comprend des magistrats du siège répartis comme suit: un 1er président, 6
présidents de chambre (car 6 chambres), 84 conseillers et 36 conseillers référendaires. La cour de
cassation est organisée en 6 chambres:
- Une chambre criminelle
- Une chambre sociale
- Une chambre commerciale
- 3 chambres civiles.

Mais la cour de cassation comprend aussi des représentants du ministère public (magistrats du
parquet): 1 procureur général, 1 premier avocat général, et 19 avocats généraux. Elle comprend enfin un
service de greffe.

b) Pourvoi en cassation

A la suite de l’arrêt de la cour d’appel, il y aura un gagnant et un perdant. Celui-ci peut intenter (ou
former) un pourvoi en cassation. En matière civile, en principe, le délai pour former ce pourvoi est
de 2 mois à compter de la notification de la décision attaquée. En matière pénale, le délai pour
former un pourvoi en cassation est de 5 jours francs à compter du lendemain du prononcé de la
décision. Le pourvoi en cassation, sauf exception, n’est pas suspensif d’exécution.
- La cour de cassation, ou bien, estimera que la cour d’appel n’a pas méconnu la règle de droit. Elle rejettera
alors le pourvoi. Le procès sera alors terminé.
- Ou bien elle estimera que la cour d’appel a méconnu la règle de droit (elle ne l’a pas correctement
appliquée). Elle cassera alors l’arrêt de la cour d’appel (arrêt de cassation). Elle reverra l’affaire, soit devant
une autre juridiction du même ordre, et du même degré, et la plus proche géographiquement de celle qui a
rendu la décision attaquée; soit devant la même juridiction composée d’autres magistrats.

La juridiction nouvellement saisie pourra: ou bien juger (comme l’a fait la cour de cassation) et le procès sera
alors terminé. Ou bien juger dans le même sens que la cour d’appel. Dans ce cas, un second pourvoi pourra
être formé. Ce pourvoi sera alors porté devant l’assemblée plénière de la cour de cassation. Celle-ci pourra
soit désavouer la chambre de la cour de cassation saisie durant le 1er pourvoi, le procès étant alors terminé.
Soit casser l’arrêt de la 2ème cour d’appel saisie. Dans ce cas, l’affaire peut être renvoyée devant une 3ème cour
d’appel qui devra alors obligatoirement suivre la décision de la cour de cassation, mais il arrive que la cour de
cassation ne renvoie pas à une 3ème cour d’appel et substitue sa décision à celle de la 2ème cour d’appel.
Section 2: Les juridictions administratives

Il y a des juridictions administratives de droit commun et spécialisées.

I] Les juridictions administratives de droit commun

A- Les tribunaux administratifs

Ils sont juges de droit commun, c’est-à-dire qu’ils sont en principe compétents, sauf quand un texte spécial
attribue le litige à une autre juridiction des actes et contrats administratifs faits par une autorité publique
située dans leur ressort territorial. Ils sont également compétents pour statuer sur les actions en
responsabilité qui sont exercés contre la puissance publique. Le ressort territorial du tribunal administratif
est de plusieurs départements (par exemple pour la Normandie réunifiée, il y a 2 tribunaux administratifs ->
Caen et Rouen). Ils jugent en 1er ressort, leur jugement sont susceptibles d’appel. Cet appel est en principe
interjeté devant les cours administratives d’appel.

B- Les cours administratives d’appel

Elles ont été crées par une loi du 31/12/1987. Elles sont instituées à partir du 01/02/0989. Elles sont
compétentes pour statuer sur les appels formés contre les jugements des tribunaux administratifs, à
l’exception de certains recours en annulation formés contre des actes réglementaires. Le délai pour
interjeter appel contre un jugement d’un tribunal administratif est de 2 mois. L’appel devant la cour
administrative d’appel n’est pas suspensif. Les arrêts des cours administratives d’appel peuvent être déferrées
au conseil d’Etat par la voie du recours en cassation.

C- Le conseil d’Etat

a) La double fonction du conseil d’Etat

Comme son nom l’indique, il a une fonction de conseil, il est le conseiller juridique de l’Etat et du
gouvernement. C’est ainsi que le conseil d’Etat donne des avis juridiques au gouvernement sur les
projets de décret. Il peut être également consulté sur les projets de loi.

Il a une fonction juridictionnelle, il statue sur des affaires. Le conseil d’Etat est la plus haute
juridiction administrative. On va se consacrer essentiellement à sa fonction juridictionnelle.

b) La fonction juridictionnelle du conseil d’Etat

En tant que juridiction, sa compétence est triple:


- Il est juge en 1er et dernier ressort des recours en annulation formés contre les décrets et les arrêtés
ministériels.
- Il est juge en appel des jugements des tribunaux administratifs qui échappent à la compétence de la cour
administrative d’appel.
- Il est juge en cassation des arrêts des cours administratives d’appel, mais aussi des décisions rendues par les
juridictions administratives spécialisées comme la cour des comptes.

Le pourvoi en cassation doit être introduit dans un délai de 2 mois à compter de la notification de
l’arrêt de la cour administrative d’appel.
II] Les juridictions administratives spécialisées

A- La cour des comptes

Elle fut crée en 1807 afin de contrôler le budget de l’Etat. La cour des comptes a pour fonction de contrôler le bon
emploi de l’argent public, de contrôler le budget de l’Etat, et donc la régularité des comptes publics. Mais aussi de
contrôler le budget des établissements publics nationaux, des entreprises publiques, de la sécurité sociale, des
organismes privés bénéficiant d’aides de l’Etat ou faisant appel à des dons du public.

La cour des comptes exerce un examen approfondi des comptes des comptables publics de l’Etat (directeurs
régionaux, départements des finances publiques, ou inspecteur principal des finances publiques). Les décisions de la
cour des comptes peuvent faire l’objet d’un recours en cassation.

B- Les chambres régionales des comptes (CRC)

Elles ont été crées par la loi du 02/03/1982. Elles ont une compétence régionale (à peu près 15 CRC en métropole et 2
en outre-mer). Elles sont compétentes pour contrôler les comptes des collectivités territoriales de leur ressort
territorial, ainsi que ceux de leurs établissements publics. Plus précisément, elles vérifient les comptes de leur
comptables publics de ces collectivités territoriales. Elles vérifient également les comptes des entreprises publiques
locales et des associations bénéficiant d’une subvention de plus de 1500€.

La décision de la CRC peut faire l’objet d’un appel qui est de la compétence de la cour des comptes.

C- La cour de discipline budgétaire et financière (CDBF)

Elle est une juridiction ayant pour mission de sanctionner les violations des règles régissant les finances publiques.
Elle est chargée de juger les infractions aux règles financières et budgétaires commises par les agents publics, mais
aussi les ordonnateurs ayant le pouvoir de gérer les crédits dont ils disposent.

Elle est composée pour moitié de magistrats de la cour des comptes, et du conseil d’Etat. Ces décisions peuvent faire
l’objet d’un recours devant le conseil d’Etat.

Conclusion:

Le tribunal des conflits:

Le tribunal des conflits a pour compétence générale de résoudre les conflits de compétence entre les juridictions
administratives et les juridictions judiciaires. Sa composition est paritaire, c’est-à-dire qu’il est composé pour moitié
de magistrats judiciaires, et pour moitié de magistrats administratifs (membres du conseil d’Etat). La présidence du
tribunal des conflits est assurée par le garde des sceaux, ministre de la justice.

Les juridictions européennes:

- La cour de justice de l’Union européenne (CJUE)


- La cour européenne des droits de l’homme (CEDH)

La CJUE est l’autorité judiciaire de l’UE.


La CJUE a pour mission d’assurer le respect du droit de l’UE et donc veille à l’interprétation et l’application du droit
communautaire ou de l’UE. Elle désigne l’ensemble du système juridictionnel de l’UE. C’est ainsi qu’elle est composée
de 3 juridictions:
- La cour de justice
- Le tribunal de l’UE
- Le tribunal de la fonction publique
La CEDH est une juridiction du conseil de l’Europe, chargée d’assurer le respect des droits énoncés par la convention
européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales (droit à un procès équitable, droit au respect de la
vie privée et familiale, liberté d’expression, …). Cette juridiction s’applique aux Etats ayant adhéré au conseil de
l’Europe et ayant ratifié la convention des droits de l’homme.