Vous êtes sur la page 1sur 21

Université Mohammed Premier

Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales

Oujda

Master : Economie, Finance et Emergence Economique

Le problème de la monnaie et du financement


économique

Encadré Par : Mr .EL OUDRI

Réalisé Par : OMRI El Mehdi


ZNASSNI Islam
RAHMANI Chaymae
BAKKALI Akram
AMRAOUI Fatima Zahrae

Année Universitaire :2019/2020

Plan

 Introduction

 Chapitre I : Qu’est ce que la monnaie ?


 Section 1 : Historique de la monnaie
 Section 2 : Les formes de la monnaie
 Section 3 : Les fonctions de la monnaie

 Chapitre II : La création monétaire


 Section1 : Comment la monnaie est-elle créée?
 Section 2 : La création monétaire est encadrée

 Chapitre III : Le financement de l’activité économique


 Section 1 :Qu'est-ce que le financement de l'économie?
 Section 2: les différentes modalités de financement
 Section 3: L'évolution du financement économique

 Conclusion
 Bibliographie

Introduction :

Que l’on s’en réjouisse ou non, la monnaie occupe une place prépondérante dans nos
économies développées. Elle est, en effet, au cœur de tous les mécanismes économiques
dans la mesure où, de façon quasi exclusive, les opérations d'achat et de vente s'effectuent
en monnaie ; le troc, nous y reviendrons, a pratiquement disparu de nos économies. Ainsi,
dans notre vie de tous les jours, nous sommes confrontés à des phénomènes monétaires : –
directement au travers de nos actes économiques : en tant que consommateur, nous
utilisons tous les jours cette monnaie, pour acheter des biens et services ; en tant que
travailleur, nous sommes rémunérés en monnaie ; – indirectement au travers des
informations économiques et financières qui nous parviennent : taux d'inflation,
endettement des pays du Tiers-Monde, taux de change mais aussi évolution de la
consommation finale, du Produit intérieur brut... toutes ces informations ou du moins leur
calcul présupposent l’existence de la monnaie. La monnaie est ainsi au cœur de l'économie
et les difficultés actuelles des économies réelles suite à la crise des subprimes attestent de
son importance.

Dans une première partie, nous nous attarderons sur l’historique, les formes anciennes et
actuelles de la monnaie et ses fonctions.

Dans une deuxième partie, nous traiterons la création monétaire.

Enfin dans une troisième partie, nous aborderons le financement de l’économie en détaillant
les différentes modalités de financement et le marché financier avec son rôle économique.

Ces faits nous conduisent à poser une question cruciale autour de laquelle s’articuler a notre
travail de recherche :

Comment l'activité économique est-elle financée?

Chapitre I : Qu’est ce que la monnaie ?


Section 1 : Historique de la monnaie

1. La monnaie chez les classiques et les néo-classiques :


Pour les classiques et les néo-classiques, la monnaie n'est qu'un bien comme les autres,
choisi comme étalon de référence pour fixer le prix des autres biens. Elle n'est donc qu'un
moyen d'échange et le seul motif de sa détention est le motif de transaction.

Pour J.B Say, l'échange à l'aide de la monnaie n'est qu'une illusion d'optique : dans tout
échange monétaire (biens contre monnaie, ou services contre monnaie) se cachent en fait
des échanges réels : biens contre services, biens contre biens, services contre services

Dans son ouvrage « Traité d'économie politique - Livre I - chapitre XXI », il affirme même que
l'idée selon laquelle les échanges sont le fondement essentiel de la production des richesses
est fausse et qu'elle n'est que accessoire étant donné que si chaque famille dans une société
peut produire tous ce dont elle a besoin, il n'y aurait pas d'échanges.

Mais ensuite, il a souligné l'indispensabilité des échanges dans les sociétés modernes en
montrant combien il serait difficile si les échanges se faisaient en nature. Ainsi, il admet la
nécessité d' « une marchandise qui soit recherchée non à cause des services qu'on en peut
tirer par elle-même, mais à cause de la facilité qu'on trouve à l'échanger contre tous les
produits nécessaires à la consommation, une marchandise dont on puisse exactement
proportionner la quantité qu'on en donne avec la valeur de ce qu'on veut avoir ». C'est cette
marchandise qu'il dénomme monnaie.

Ensuite, il définit deux qualités essentielles que la monnaie possède et qui la rend préférable
à un bien de valeur :

- Etre un moyen d'échange acceptable par tout le monde - Etre parfaitement divisible

Pour Ricardo, La valeur d'une marchandise, ou la quantité de toute autre marchandise


contre laquelle elle s'échange, dépend de la quantité relative de travail nécessaire pour la
produire et non de la rémunération plus ou moins forte accordée à l'ouvrier. Ainsi, pour lui
ni l'or, ni aucun autre objet ne peuvent servir à mesurer exactement la valeur des
marchandises.

2. La monnaie chez Maynard Keynes :

Contrairement aux classiques et aux néo-classiques, Keynes accorde une grande importance
à la monnaie. Il l'introduit dans sa théorie générale à travers la théorie de la préférence pour
la liquidité (liquidity-preference) et celle du taux d'intérêt, moyennant la formule ci-dessous :

M = L(r)
Où : M est la quantité de monnaie, L la fonction de préférence pour la liquidité et r le taux
d'intérêt qu'il définit comme étant le « prix » qui équilibre le désire de détenir la richesse
sous forme de « cash » avec la quantité de « cash » disponible.

Pour lui, la monnaie possède des caractéristiques spéciales qui la différencient par rapport
aux autres biens. Il résume ses caractéristiques comme suit :

· La monnaie a un rendement nul que ce soit dans le court ou dans le long terme,

· Son élasticité-production est égale à zéro ou au moins très petite,

· Elle a une élasticité de substitution presque égale à zéro, c'est-à-dire qu'il n'y a aucun autre
bien qui peut lui être substitué.

3. La monnaie chez Friedman :

Pour Friedman, la monnaie n'est qu'un actif comme les autres et il ne lui reconnaît aucune
propriété particulière à part le fait qu'elle est la plus liquide et celle qui a le rendement le
plus bas par rapport à tous les actifs. D'ailleurs, il l'analyse avec la théorie générale de la
demande d'actifs.

Selon lui, la monnaie est un patrimoine parmi les autres, qu'il classe en quatre catégories :
- Le stock de monnaie
- Les actifs financiers (Actions, obligations,...)
- Les actifs réels (Maisons, immeubles, terrains,...)
- Les actifs humains : Le capital humain des individus (Formation, instruction,
compétences,...)

Section 2 : Les formes de la monnaie

La monnaie a connu au cours de son histoire plusieurs formes. Ainsi, les premières formes de
la monnaie ont été la monnaie marchandise et la monnaie métallique (pièce) qui présente
l'intérêt d'être homogène, divisible et de faible volume.

Les formes actuelles de la monnaie sont :

· La monnaie divisionnaire : c'est l'ensemble des pièces ou monnaie métallique. Elle est
utilisée dans les transactions de faibles montants (pièces de 5, 10, 20 et 50 centimes, pièces
de 1, 2, 5 et 10 Dirhams)

· La monnaie fiduciaire : c'est une monnaie dont la valeur repose uniquement sur la
confiance que lui accordent les agents économiques. Ainsi, la valeur d'une pièce n'a aucun
lien avec la valeur du métal qui la constitue. De même, la valeur d'un billet ne correspond
pas à une contrepartie en métal physique qu'une banque garantirait.
Cette définition ne se réfère pas à la forme physique de la monnaie (métal ou papier). Par
conséquent on comprend que la monnaie fiduciaire inclut aussi bien les pièces métalliques
que les billets de banque (Billets de 20, 25, 50, 100 et 200 Dirhams)

· La monnaie scripturale : comme son nom l'indique, cette monnaie n'existe que sous forme
d'écritures comptables. Le support monétaire de la monnaie scripturale est, aujourd'hui, une
information contenue dans des fichiers informatiques.

Elle est constituée de l'ensemble des dépôts dans les organismes financiers. Elle circule par
jeux d'écritures (électroniques le plus souvent) entre comptes par l'intermédiaire
d'instruments tels que les chèques ou les virements. La monnaie scripturale doit
normalement être considérée comme monnaie fiduciaire puisqu'il est évident que les agents
économiques lui accordent la même confiance accordée aux pièces et billets de banque.

Cependant, on réserve exclusivement le terme de "fiduciaire" à la monnaie qui se présente


sous la forme de billets et de pièces

Section 3 : Les fonctions de la monnaie

La monnaie est souvent définie par les économistes par ses trois fonctions essentielles : c’est
un moyen de paiement immédiat, accepté par tous sur un territoire donné, qui sert d’unité
de compte et de réserve de valeur.

 La monnaie sert d’intermédiaire des échanges : la monnaie permet de fractionner


l’échange en deux opérations distinctes. La première étape consiste à échanger un bien
contre une certaine quantité de monnaie. La seconde étape, cette quantité de monnaie (ou
seulement une partie) permet d’acheter un autre bien. Elle permet d’éviter l’inconvénient de
la double réciprocité des besoins caractéristiques du troc. La monnaie est donc cette
marchandise particulière qui est acceptée par tous les échangistes dans une société ; elle
peut servir à payer n’importe quelle autre marchandise que l’on souhaite acheter et par
conséquent, si l’on souhaite vendre quelque chose, on accepte cette marchandise comme
moyen de paiement, puisqu’on est certain de pouvoir à nouveau l’échanger contre autre
chose que l’on souhaite acquérir : on dit que la monnaie est l’équivalent général.
L’équivalent général n’est pas une marchandise quelconque. Au départ, les sociétés
choisissent une marchandise ayant un caractère très désirable. Très vite, les sociétés
occidentales utilisent les métaux précieux, qui offrent la garantie d’une matière première
parfaitement malléable et largement inaltérable.

 La monnaie permet de mesurer la valeur de toutes les marchandises, en fixant un


prix simple. En tant qu’équivalent général, elle permet de définir un rapport d’échange
simple avec toutes les autres marchandises.

 La monnaie a une fonction de réserve de valeur : elle peut être conservée afin de
reporter dans le temps l’achat d’un bien. La monnaie est, comme l’écrivait Keynes, un « lien
entre le présent et l’avenir ».
On peut noter que pour qu’une marchandise puisse remplir ces fonctions, elle doit respecter
certaines conditions : tous les objets ne peuvent servir de monnaie. La monnaie doit être un
bien divisible (en petites quantités pour pouvoir régler les achats quotidiens), elle doit
également être transportable et pouvoir se conserver dans le temps. Et il faut qu’elle soit
acceptée, donc désirée par tous.

Mais n’envisager la monnaie que comme un simple objet économique ne suffit pas à rendre
compte de toutes ses dimensions. Elle ne peut se réduire à un simple instrument pratique
qui peut faciliter le commerce et les échanges. Elle est véritablement une institution sociale,
une convention et elle a une importante dimension politique.
Chapitre II :Les mé canismes de la
cré ation moné taire
Section 1 : Comment la monnaie est-elle créée ?
Il faut en préambule de cette étude de la création monétaire corriger certaines idées reçues
qui sont fausses. La première d’entre elles : imprimer des billets, ce n’est pas créer de la
monnaie. En effet, aujourd’hui, on imprime des billets pour remplacer les billets abimé (donc
le nombre de billets en circulation n’augmente pas, il n’y a pas création monétaire). On
imprime également des billets pour faire face aux demandes des clients qui souhaitent
retirer de « l’argent liquide » au guichet. Dans ce cas, des billets entrent en circulation, mais
une somme équivalente est débitée du compte du client qui a retiré ces billets. Il n’y a donc
pas création monétaire (la quantité de monnaie n’augmente pas).

Il existe en réalité trois moyens de créer de la monnaie, c’est-à-dire de faire augmenter la


monnaie monétaire dans un pays : lorsque les banques privées accordent des crédits à leurs
clients, lorsque les banques accordent un prêt au Trésor Public, ou lorsqu’elles achètent des
bons du Trésor, et lorsqu’il y a une entrée de devises dans le pays.

A. La création monétaire par le crédit bancaire


Les banques commerciales/privées créent de la monnaie chaque fois qu’elles accordent un
crédit aux particuliers sans qu’il y ait eu épargne préalable.

« Ce sont les crédits qui font les dépôts et non l’inverse ». En effet, l’argent prêté par la
banque est dépensé, et donne naissance à des revenus, qui se transforment en dépôts.
Autrefois, dans le fonctionnement des banques, on ne prêtait que l’argent qui était
disponible dans les caisses de la banque : on disait alors que les dépôts faisaient les crédits.
Mais progressivement, les banquiers se sont aperçus que les dépôts n’étaient jamais
entièrement retirés par leurs propriétaires et que les crédits donnaient naissance à des flux
monétaires entrants (des dépôts de leurs clients). Donc ils pouvaient accorder plus de prêts
qu’ils n’avaient d’argent dans la caisse. A partir de là, il y a création monétaire : le crédit
accordé ne s’est pas traduit par une ponction sur les dépôts existants mais par la création
d’une capacité de paiement supplémentaire. La banque n’a utilisé aucune ressource
préalable pour effectuer cette opération, elle a créé de la monnaie.

Évidemment, dans un pays, il n’y a pas qu’une seule banque. Les crédits accordés par une
banque se traduisent par des dépôts dans les autres banques. Si un client du Crédit Agricole
fait un chèque en faveur d’un client d’une Caisse d’Épargne, cela implique que sa banque, le
Crédit Agricole, doit verser la somme correspondante à la Caisse d’Épargne. On dit que la
Caisse d’Épargne a un avoir sur le Crédit Agricole.
Chaque jour, les banques calculent ce qu’elles doivent aux autres banques, et ce que ces
autres banques leur doivent. Cela s’appelle la compensation. À l’issue de ce calcul, elles
savent quelle est leur position par rapport aux autres banques, et elles règlent le solde de
leurs avoirs et de leurs dettes. Ce règlement des dettes se fait au niveau de leur compte à la
Banque Centrale. La Banque Centrale est la "banque des banques" : elle n’est pas une
institution privée, mais publique, et se situe au sommet de la hiérarchie du système
bancaire. Chaque banque commerciale (dite aussi banque de second rang) doit posséder un
compte à la Banque Centrale, approvisionné en monnaie Banque Centrale (en d’autres
termes, les banques commerciales ne peuvent pas créer cette monnaie en s’accordant à
elles-même un prêt !). Les banques commerciales doivent alimenter ce compte, de façon à
pouvoir à tout moment disposer des sommes en monnaie banque centrale dont elles
peuvent avoir besoin (on précisera un peu plus loin en quelles occasions elles ont besoin de
monnaie banque centrale). Or se procurer de la monnaie banque centrale a un coût : elles
doivent l’emprunter à d’autres banques ou à la Banque Centrale elle-même. C’est comme
cela qu’on peut contrôler la création de monnaie dans une économie.

Terminons avec les autres sources de la création monétaire, avant de revenir sur la question
du contrôle du système monétaire.

B. La création monétaire par le Trésor Public


Les banques de seconde rang créent de la monnaie lorsqu’elles achètent des bons du Trésor
sans avoir l’épargne préexistante, comme si elles faisaient un crédit. Elles créent également
de la monnaie scripturale lorsqu’elles accordent un crédit au Trésor public (qui gère les
finances de l’État). Les banques acquièrent en contrepartie des créances sur le Trésor, en
souscrivant des bons du Trésor.

C. La création monétaire par l’entrée de devises


Il existe une autre source de création monétaire : le commerce international. Quand une
entreprise exporte plus qu’elle n’importe, elle a à sa disposition des devises étrangères.
Comme elle ne peut se servir de ces devises dans le pays, elle va les changer à sa banque
contre de la monnaie nationale. Il y a ici création monétaire, dans la mesure où la monnaie
scripturale ou manuelle qui entre en circulation n’existait pas dans le pays auparavant.

Prenons un exemple : Airbus qui vend un A38O aux USA. Les Américains vont payer cet avion
en dollars. Mais Airbus doit payer ses salariés et ses fournisseurs en euro. Donc Airbus va
échanger ses dollars contre des euros. La banque d’Airbus va créer de la monnaie en
créditant le compte de l’entreprise de l’équivalent en euros des dollars déposés par Airbus.
La masse monétaire en circulation augmente. Dans le bilan comptable de la banque, elle
inscrit à son actif le montant des devises qu’elle a récupéré (et au passif, elle crédite le
compte de son client).
Inversement, lorsqu’un consommateur achète un produit américain en ligne (un CD ou un
DVD par exemple), il doit d’abord se procurer des dollars pour régler son achat : son compte
est alors débité d’un montant en euros contre lequel il reçoit des dollars (qu’il verse sur le
compte du commerçants aux États-Unis). La masse monétaire en circulation dans la zone
euro a donc diminué (et elle a augmenté aux États-Unis).

Pour résumer, une entrée de devises se traduit par une augmentation de la masse
monétaire (si ces devises sont échangées contre de la monnaie nationale). À l’inverse, une
sortie de devise correspond à une diminution de la masse monétaire en circulation.

En pratique donc ce sont surtout les banques commerciales par l’intermédiaire du crédit
bancaire qui créent la monnaie. Mais elles ne sont pas libres de faire ce qu’elles veulent  : le
processus de création monétaire est très encadré. C’est la Banque Centrale qui est chargée
de contrôler la création monétaire.

Section 2 : La création monétaire est encadrée


A. Pourquoi faut-il limiter la création monétaire ?
Le risque principal d’une création monétaire excessive est l’inflation. En effet, si on crée
beaucoup de monnaie, on stimule la consommation et l’investissement : la demande
augmente. Or l’offre est rigide à court terme : les entreprises, lorsqu’elles utilisent
pleinement leurs capacités de production, sont obligées d’investir et d’embaucher si elles
veulent produire plus, ce qui prend du temps. L’offre ne peut donc pas augmenter à court
terme. Ce sont alors les prix qui augmentent (puisque la demande est supérieure à l’offre,
conformément à la loi de l’offre et de la demande). On peut définir l’inflation comme la
hausse durable du niveau général des prix à l’intérieur d’un espace donné (généralement le
pays). Ce phénomène a un caractère prolongé et généralisé : une hausse ponctuelle et
localisée des prix ne peut pas être considérée comme de l’inflation sauf si elle se propage à
toute l’économie et se reproduit sur la période suivante. L’inflation peut-être aussi définie
par ses conséquences sur le consommateur : elle constitue une perte de pouvoir d’achat de
la monnaie ou encore une diminution de la valeur de la monnaie (avec la même quantité de
monnaie, on achète moins de biens et services).

Il faut distinguer inflation et hyperinflation. L’hyperinflation est une forme exacerbée de


hausse du niveau général des prix (un taux supérieur à 50% par mois). C’était le cas de
l’Allemagne en 1923 : il fallait, en mars 1922, 401 marks pour un dollar et fin novembre 4200
milliards de marks pour un dollar. Plus récemment, le Zimbabwe a connu un épisode
d’hyperinflation extrême, au cours de la décennie 2000, avec un taux d’inflation journalier
proche de 100%, ce qui signifie que le niveau général des prix doublait tous les jours.

Les conséquences de l’inflation sont nombreuses.


L’inflation conduit à une perte de compétitivité-prix par rapport aux partenaires, dans le
cadre d’une économie ouverte et mondialisée. Les exportations risquent de baisser et les
importations de progresser, ce qui peut entraîner ou aggraver le déficit commercial.

Les effets de l’inflation sur la consommation et l’épargne sont ambigus. La perte de pouvoir
d’achat diminue la consommation et ralentit la croissance économique. Le chômage se
développe. Mais d’un autre côté, l’inflation réduit le poids des dettes (la somme que vous
devez rembourser "vaut" moins que celle que vous avez emprunté), ce qui dégage du
pouvoir d’achat pour les personnes endettées.

L’inflation brouille le calcul économique des agents : l’incertitude est plus forte, et il peut
être difficile pour les entreprises de déterminer leur niveau de production et leurs prix de
vente lorsque les prix augmentent fortement et/ou rapidement.

L’inflation modifie la répartition des revenus au détriment des détenteurs de revenus fixes
(rentiers, les agents économiques touchant des pensions qui sont revalorisées avec retard
comme les retraités) et des épargnants : on remarque en effet qu’en période de forte
inflation, les taux d’intérêts sont faibles. Les agents endettés tirent parti de l’inflation qui
opère un transfert de revenus des créanciers vers les débiteurs.

Il apparaît donc nécessaire de contrôler la création de la masse monétaire pour préserver le


pouvoir d’achat de la monnaie. C’est la Banque Centrale qui est chargée de surveiller la
création monétaire.

B. Comment la Banque Centrale contrôle-t-elle la création monétaire ?


Le système bancaire est hiérarchisé. La Banque Centrale se situe au sommet de la hiérarchie.
Elle est la « banque des banques », et les banques de second rang sont obligées d’avoir un
compte à la Banque Centrale et de posséder de la monnaie centrale (la monnaie que crée la
Banque Centrale : pièces et billets + monnaie scripturale sur les comptes de banques
commerciales à la Banque Centrale). Les banques de second rang sont soumises à un certain
nombre de contraintes, qui les empêchent de créer de la monnaie de façon illimitée. Ces
contraintes sont en grande partie déterminée par la Banque Centrale elle-même.

Les banques de second rang ont besoin de se procurer de la monnaie centrale pour trois
raison:
 elles doivent constituer des réserves obligatoires, proportionnelles au montant des crédits
accordés (c’est une règle établie par la Banque Centrale)
 elles doivent se procurer de la monnaie centrale auprès de la Banque centrale pour
répondre à la demande de leurs clients (demande de billets)
 elles doivent se procurer de la monnaie centrale pour régler leurs dettes envers les autres
banques après les opérations de compensation.
- La Banque Centrale agit sur le coût du refinancement des banques
commerciales

Si une banque commerciale n’a pas assez de liquidités (monnaie immédiatement disponible),
elle peut s’en procurer sur le marché monétaire interbancaire auprès d’autres banques
commerciales ou directement auprès de la Banque Centrale. Un rôle important de la Banque
Centrale est donc de refinancer les banques commerciales, c’est à dire de leur fournir des
liquidités (de la monnaie banque centrale) en "prenant en pension" des actifs en leur
possession (bons du Trésor et créances privées sûres). Ces refinancements sont le plus
souvent d’une durée très courte, de un à quelques jours. La monnaie ainsi créée disparaît
dès son retour à la Banque Centrale à la fin de la prise en pension.

Ce refinancement n’est pas gratuit, et son "prix" est déterminé par la Banque Centrale : c’est
le taux directeur. Le taux directeur, c’est le taux d’intérêt auquel la Banque Centrale prête de
la monnaie banque centrale aux banques de second rand, c’est-à-dire le taux d’intérêt
minimum auquel se refinancent les banques. Compte tenu de la place particulière de la
Banque centrale dans le système bancaire, le taux directeur influence directement le taux du
marché interbancaire (si le taux interbancaire est supérieur au taux directeur, alors la
demande de liquidité sur le marché diminue, les banques choisissant d’aller voir directement
la Banque centrale. Le taux du marché monétaire diminue donc lui aussi (car l’offre est
supérieure à la demande).

En faisant varier son taux directeur, la Banque Centrale va donc contrôler la création
monétaire :

si elle pratique des taux d’intérêt bas : le coût du refinancement est relativement faible pour
les banques de second rang. Elles seront donc incitées à accorder plus de prêts à des taux
bas aux agents économiques. La quantité de monnaie en circulation va donc augmenter. On
parle alors de politique monétaire expansionniste. Les entreprises et les ménages accèdent
plus facilement au crédit et augmentent leur consommation et leur investissement. Cette
politique stimule donc la demande globale, et donc la croissance économique.

A l’inverse, si la BC décide de remonter ses taux d’intérêt, le coût du refinancement est plus
élevé. Les banques de second rang ont tendance à augmenter les taux d’intérêt pratiqués
auprès de leurs clients et à accorder moins de crédits. La demande de crédit diminue, la
quantité de monnaie en circulation se réduit. On parle dans ce cas de politique monétaire
restrictive. Ce type de politique a tendance à ralentir la croissance économique, puisqu’elle
freine la demande des agents économiques qui accèdent moins au crédit.

La Banque Centrale est garante de la confiance accordée à la monnaie qu’elle gère. Elle a
pour rôle principal de préserver le pouvoir d’achat de la monnaie, défini par la quantité de
biens et services qu’une unité monétaire permet d’acquérir. Sur le plan interne, le pouvoir
d’achat de la monnaie varie en fonction du niveau général des prix : l’objectif prioritaire de la
politique menée par la BCE est ainsi d’assurer la stabilité des prix (un taux d’inflation proche
de 2%). Sur le plan externe, le pouvoir d’achat de la monnaie se mesure par la quantité de
devises étrangères (et donc de biens et services achetés à l’étranger) qu’une unité
monétaire permet de se procurer : une dépréciation de la monnaie sur le marché des
changes correspond à une baisse de son pouvoir d’achat et réciproquement ; la Banque
Centrale peut ainsi être amenée à intervenir sur le marché des changes.

- La Banque Centrale joue le rôle du prêteur en dernier ressort en cas


de crise grave

En cas de crise de liquidités (manque de monnaie) sur le marché monétaire, la Banque


centrale se doit de créer la monnaie nécessaire au bon fonctionnement du système
bancaire. Elle est le prêteur en dernier ressort. La crise des crédits "subprime" de 2007 a
ainsi amené les Banques Centrales à refinancer massivement les banques commerciales. En
effet, les banques, au début de la crise financière, ont refusé de se prêter des liquidités tant
la défiance était généralisée sur les marchés. Personne ne connaissait exactement la
situation financière des concurrents et, après la chute de la banque d’affaires américaine
Lehman Brothers et l’annonce de déficits importants de certaines banques, le risque
d’insolvabilité s’est renforcé. Les banques ont donc cessé de se prêter des liquidités au jour
le jour sur le marché monétaire interbancaire, pour ne pas risquer de se retrouver avec des
débiteurs insolvables : le marché interbancaire était totalement paralysé. Comme les
banques ne pouvaient plus se procurer de la monnaie centrale sur le marché monétaire,
elles n’accordaient plus aucun crédit à aucun agent économique (et donc baisse brutale de la
consommation et surtout de l’investissement des entreprises). Et elles risquaient de faire
faillite, puisqu’elles ne pouvaient plus régler leurs dettes à l’issue des opérations de
compensation. Les Banques Centrales ont donc massivement prêté de la monnaie centrale à
des taux d’intérêt très bas (voire nuls dans certains cas) et ont racheté les « créances
douteuses » qui avaient sapé la confiance des banques les unes vis-à-vis des autres. Les
Banques Centrales ont donc injecté des liquidités sur le marché interbancaire pour éviter les
faillites en chaîne et le credit crunch (le fait que les banques arrêtent d’accorder des prêts).
C’est là la fonction de prêteur en dernier ressort.
Chapitre III: Le financement de l'activité
é conomique
L’activité économique est fondée sur la mobilisation de capitaux qui permettent entre
autre le développement de nouvelles activités. Mais les agents économiques connaissent
rarement un équilibre parfait entre leurs recettes et leurs dépenses. Ceux qui souhaitent
engager des capitaux pour financer de nouvelles activités ne disposent pas nécessairement
des moyens suffisant pour le faire. A l’inverse, certains agents économiques ont à leur
disposition un excédent de ressources disponibles non employé. Le bon fonctionnement de
l’activité économique suppose alors que les capacités de financement puissent être mises à
la disposition des besoins de financement. Il est donc important d'étudier comment les
agents économiques qui ont de l'argent le transmettent à ceux qui en ont besoin, et
comment tout cela crée de l'activité économique. La rencontre peut se faire indirectement,
par le biais d’établissements de crédit dont c’est la fonction principale, ou directement sur
des marchés de capitaux.

Section 1 : Qu'est-ce que le financement de l'économie ?


Le financement d'une économie moderne requiert des capitaux importants et les différents
agents économiques que sont les ménages, les entreprises et les administrations publiques
ont des besoins de financement liés à leur activité économique. Le problème est de savoir
comment mettre en relation ces deux catégories d'agents de manière efficiente.

A. Les agents à capacité de financement


1.La notion de capacité de financement
On dit qu'un agent dégage « une capacité de financement » lorsque
ses revenus (ou recettes) sont supérieurs à ses besoins (ou dépenses). Il présente donc
un solde positif, ses ressources étant supérieures à ses emplois (consommation ou
investissements).

Ressources > Emplois => « Capacité de financement »

2.Qui sont les agents à capacité de financement ?


On distingue trois principales catégories d'agents économiques :
• les ménages,
• les entreprises,
• l'Etat.
Parmi ces trois catégories, seuls les ménages présentent habituellement une situation
d'excédent de financement. En effet, même si les ménages ont des besoins de financement
à court terme pour consommer, et à plus long terme pour investir (principalement dans
l'acquisition de leur logement), leurs ressources (revenus du travail, revenus de la propriété :
loyers, dividendes..., revenus de transfert : allocations familiales, indemnités de chômage...)
restent supérieures à leurs besoins.
Elles sont donc en partie épargnées. C'est pourquoi elles sont classées dans les agents à
capacité de financement.

B. Les agents à besoin de financement


1. La notion de besoin de financement
On dit qu'un agent dégage « un besoin de financement » lorsque ses revenus sont
insuffisants pour couvrir ses besoins. Il présente donc un solde négatif, ses ressources étant
inférieures à ses emplois (investissements).
Ressources < Emplois => « Besoin de financement »

2 .Les agents à besoins de financement


Les agents économiques structurellement en situation de déficit de financement (c'est-à-
dire à besoin de financement) sont principalement les entreprises et l'Etat.

• Les entreprises
Pour assurer le développement de son activité, l'entreprise doit trouver les fonds
nécessaires au financement de ses investissements (besoins à long terme) : remplacement,
accroissement ou modernisation de l'appareil de production par exemple... ; elle doit
également faire face à des besoins de financement liés au cycle d'exploitation de son activité
(besoins à court terme) : financement des achats de marchandises par exemple.

En outre, le cycle d'exploitation présente presque toujours un décalage entre les dépenses
d'exploitation et les recettes d'exploitation. En effet, bien avant les ventes (règlement des
clients), l'entreprise doit financer sa production (règlement des approvisionnements auprès
des fournisseurs, frais de production...).

Or, elle ne dispose pas nécessairement des ressources internes suffisantes (capacité
d'autofinancement) pour financer ces besoins (rares sont celles qui s’autofinancent). Elle
est donc amenée à s'adresser soit au système bancaire soit directement au marché
financier. Les entreprises sont donc des agents à besoin de financement.

• L'Etat
L'Etat est aujourd'hui un véritable acteur de la vie économique. Par ses décisions en matière
de politique économique, l'Etat intervient sur les fonctions de consommation,
d'investissement dans le but de soutenir ou relancer l'activité économique : construction
d'infrastructures telles que des hôpitaux, des écoles ; subventions aux entreprises...

Pour remplir son rôle de d'Etat-providence, l'Etat se trouve bien souvent dans une situation
déficitaire ; cela signifie que les recettes de l'Etat (impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés,
TVA...) sont insuffisantes pour assurer le financement de ses dépenses. Actuellement, l'Etat
français est un agent économique à besoin de financement. En 2005, son déficit budgétaire
s'élevait à plus de 3% du PIB (produit intérieur brut).

Section 2 :Les différentes modalités de financement de


l’activité économique
A-Quelles sont les modalités de financement des agents économiques ?
Le financement des activités économiques est réalisé de manière interne et / ou externe :
Le financement interne est réalisé par voie d'autofinancement. L'autofinancement
correspond au financement de l'investissement d'un agent économique grâce à son épargne

Le financement externe est réalisé en recourant au système monétaire et financier. Il peut


être direct ou indirect :

 Le financement direct : on désigne par financement direct le mécanisme par lequel


un ABF obtient des ressources directement auprès d'un ACF sans passer par un
intermédiaire. Pour ce faire, l'ABF émet des titres (actions, obligations..) qui sont
acquis par les agents ayant des excédents de financement. La transaction s'effectue
sur le marché des capitaux à court terme (marché monétaire) ou à long terme (le
marché financier).

 Le financement intermédié (ou indirect) : on parle de finance indirecte ou


d'intermédiation financière pour désigner le mode de financement par les banques.
Les intermédiaires financiers collectent les fonds des ACF et les prêtent aux ABF. Ils se
font rémunérer pour ce service par le biais des intérêts qu'ils font payer aux
demandeurs de capitaux.

Le financement externe est qualifié de monétaire lorsque les banques réalisent les
opérations de crédit par la création de ressources monétaires nouvelles. 
Le financement non monétaire correspond à la transformation de l'épargne de certains
agents en financement pour d'autres. Il s'agit d'un financement lié à des ressources
préexistantes (l'épargne constituée par les agents économiques).
B-Quelles sont les modalités de financement utilisables par les entreprises ?
Pour produire, les entreprises ont besoin de trouver des ressources financières car leurs
dépenses sont, en général, supérieures à leurs ressources : elles ont un besoin de
financement. Trois modalités de financement sont utilisées par les entreprises :

 L'autofinancement : les bénéfices non distribués constituent la principale source de


l'autofinancement des entreprises. L'autofinancement a le mérite de ne rien coûter à
l'entreprise et de préserver  son indépendance  vis-à-vis des banques. Le taux
d'autofinancement des entreprises françaises a tendance à baisser depuis l'an 2000 (il
est égal aujourd'hui à 50 % environ).

 Le financement par le capital : les entreprises ayant un besoin de financement font


appel à leurs propriétaires ou à des nouveaux investisseurs en faisant une
augmentation de capital. Les entreprises cotées en bourse se procurent des fonds en
émettant des titres de propriété souscrits par des investisseurs.

 Le financement par l'endettement : les entreprises peuvent s'endetter en


contractant un emprunt auprès des établissements de crédit. Cette opération
constitue un financement indirect ou intermédié. Elles peuvent également lancer un
emprunt obligataire sur le marché des capitaux, si elles sont cotées sur ce marché.
Cette opération constitue un financement direct.

Les grandes entreprises ont un accès aisé au marché financier. Les PME ont une forte
dépendance vis-à-vis du crédit bancaire.

C-Quelles sont les modalités de financement utilisables par les ménages ?


Deux modalités de financement sont utilisées par les ménages :
 Le financement sur fonds propres : le revenu disponible et l'épargne accumulée
constituent les principales ressources mobilisées par les ménages pour consommer et
investir.

 Le financement par l'endettement : les ménages s'endettent auprès des institutions


financières pour financer des biens de consommation et des biens immobiliers. Les
biens de consommation sont financés par des crédits à court ou moyen terme et à
taux élevés. Les biens immobiliers sont financés par des crédits à long terme et à taux
faibles. Cet endettement constitue une opération de financement indirect ou
intermédié.

D-Quelles sont les modalités de financement utilisables par l'Etat?


Les administrations regroupent toutes les organisations dont l’activité principale consiste
à produire des services non marchands et à effectuer des opérations de redistribution du
revenu et des richesses nationales. Il s’agit principalement des services de l’Etat, des
collectivités locales, de la Sécurité sociale…regroupés sous la dénomination : Etat.
Deux modalités de financement sont utilisées par l'Etat :

 Le financement sur fonds propres : pour financer son budget, l'Etat dispose de
ressources constituées à plus de 90 % de recettes fiscales. Le solde budgétaire de l’État
permet de déterminer sa situation financière. Si les recettes de l’État sont supérieures
à ses dépenses, le budget de l’État est en excédent. En revanche, si les dépenses sont
supérieures aux recettes, le solde budgétaire est déficitaire. Dans ce cas, l’État doit
s'endetter pour financer son déficit budgétaire.

 Le financement par l'endettement : le trésor public émet des titres de dette qui sont
achetés par des investisseurs. Les transactions s'effectuent sur le marché obligataire.
L'Etat émet deux types d'obligations.

 Les bons du trésor qui sont des obligations à court terme


  
 Les obligations assimilables du trésor (OAT) qui sont des obligations à long terme.

Section 3 : L’évolution du financement


A- Jusqu'à la fin des années 1970, l'économie française peut être qualifiée
d'économie d'endettement.
L'économie d'endettement est l'état d'un système financier se caractérisant par la
prédominance de l'intermédiation bancaire. Dans ce type de système financier, les taux
d'intérêt sont administrés et résultent du comportement de l'offre (Banque Centrale et
banques), et les banques sont assurées de trouver un financement auprès de la Banque
centrale, prêteur en dernier ressort.

Ainsi jusqu'au début des années 1980, l'économie française est une économie
d'endettement, c'est à dire que la part des financements intermédiés était très largement
supérieure à celle des financements directs. En effet le faible taux d'autofinancement des
entreprises leur imposait de recourir à des financements externes qui prenaient
essentiellement la forme de crédits bancaires, du fait de l'étroitesse des marchés financiers.

Par ailleurs, du fait du contrôle des changes, qui s'achèvera en 1990, le système était
faiblement ouvert sur l'extérieur. Ainsi le crédit bancaire constituait l'unique moyen de
financement de l'économie, et celui s'exerçait dans un contexte de faible concurrence entre
les institutions financières. De plus la régulation du système financier s'effectuait
essentiellement par un contrôle direct sur les quantités de crédits distribuées chaque année
(encadrement du crédit jusqu'en 1987).
B- Les années 1980 marque le rapprochement vers le modèle anglo-saxon
d'économie de marchés financiers.
La croissance économique des " Trente glorieuses " selon l'expression de Jean Fourastié a
nécessité de forts investissements, et durant cette période le capital s'est largement
substitué au travail.

Ces investissements, les entreprises ont financé par l'endettement jusqu'au début des
années 1980, période à partir de laquelle le taux d'autofinancement s'est redressé, passant
la barre des 100% en 1986.

La décision d'investissement est déterminée par un certain nombres de facteurs dont on


retiendra notamment le profit, le taux d'intérêt, la demande anticipée et le prix relatif des
facteurs.

Le besoin de financement des administrations publiques correspond au déficit budgétaire.


Trois phénomènes l'expliquent depuis le début des années 1970 : la récession, l'inflation et
les politiques économiques de relance. Néanmoins, la réduction de l'inflation (1% en 1998),
les politiques d'austérité menées à partir de 1983 ainsi que les privatisations depuis 1986 ont
favorisé une réduction du déficit budgétaire.
Conclusion

La monnaie est au centre du fonctionnement de l'économie: elle permet de fluidifier les


échanges, d'exprimer le prix des biens et services, et d'épargner. Elle joue aussi un rôle
central dans le financement de l'économie , c'est a dire le transfert de ressources des
épargnants vers les porteurs de projets en quête de financements.

Ainsi la création de la monnaie, la capacité de la banque centrale à contrôler la monnaie et


donc à pouvoir conduire une politique monétaire est remise en question. Pour autant, la
maîtrise qu'elle conserve dans le refinancement lui préserve une influence sur la création de
la monnaie. Les périodes de crise, comme celle qui a suivi la chute de Lehman Brothers en
2008, où la panique incitait les banques à ne plus se prêter entre elles de crainte de voir un
débiteur faire faillite, permettent de s'en convaincre. Sans l'argent fourni par les banques
centrales, le système bancaire mondial aurait sombré corps et âmes.

Un système financier développé permet à la fois une plus grande efficacité dans l’allocation
des ressources, une allocation moins coûteuse et une meilleure répartition des risques.

La création de nouveaux marchés, leur ouverture à tous les agents, les innovations en
termes de produits, ont permis la multiplication des produits de placement et de
financement et ainsi de répondre à des besoins de plus en plus spécifiques (échéances,
risque, rémunération). Dans le même temps, l’accroissement de la concurrence, entre
institutions financières d’une part (loi bancaire de 1984) et entre institutions financières et
marchés d’autre part, a réduit le coût de l’emprunt tout en augmentant la rentabilité de
l’épargne. La déréglementation, en réduisant les charges, a amplifié ce phénomène. Les
banques cependant se rattrapent sur leurs clients captifs (seules 2000 entreprises sur 1,5
millions en France sont susceptibles d’accéder aux marchés financiers). En outre, si le
progrès technique a permis une réduction des coûts de fonctionnement et d’information, il
nécessite des investissements lourds qui réduisent les possibilités de concurrence au sein de
l’industrie bancaire. Un système financier organisé permet enfin une meilleure répartition
des risques. Les agents faisant face à un risque, qu’il soit de taux, de change ou de cours, ont
aujourd’hui les moyens de se couvrir, c’est-à-dire de reporter ce risque sur d’autres agents,
plus à même de prendre ce risque.

Le système financier est ainsi aujourd’hui plus efficace et moins coûteux, mais au final plus
fragile. L’accentuation de la concurrence entre institutions financières qui réduit les marges
bancaires, leurs interventions croissantes sur les marchés financiers, le développement du
hors bilan, sont autant de facteurs qui fragilisent les établissements financiers, diminuent
leur rentabilité, et favorisent les crises bancaires. Des travaux importants sont aujourd’hui
menés aux niveaux national et international, pour renforcer la sécurité et le contrôle des
systèmes financiers.
Bibliographie :

 Courbis B., Froment E. et Servet J.-M., « Enrichir l’économie politique de la monnaie


par l’histoire », Revue Économique, n° 2, 1991.
 P.-A. Corpron et al., Analyse économique et historique des sociétés contemporaines,
Bréal, 2010 ;
 Dominique Plihon, La Monnaie et ses mécanismes, coll. Repères, La Découverte, 2004
; Et François Combe, Thierry Tacheix, L’Essentiel de la monnaie, Gualino éditeur,
2001.

Web graphie :

 http://keepschool.com/fiches-de-cours/lycee/economie/financement-economie.html

 http://sabbar.fr/economie-2/les-differentes-modalites-de-financement-de-lactivite-
economique/

 http://www.ses-et-cie.fr/ses/spip.php?article81