Vous êtes sur la page 1sur 22

UNIVERSITE MOHAMMED PREMIER

Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales d’Oujda

Economie Finance & Emergence Economique

L’économie des inégalités

Réalisé par : Encadré par :

TASSI Zouhir Mr. EL OUDRI

FARID Rania

JOUHAR Jihane

LAHRACH Fatima Zahra


Sommaire
Introduction :.........................................................................................................................................3
Partie 1 : historique de l’économie des inégalités..................................................................................4
 Section 1 : Les causes fondamentales de l’économie des inégalités..........................................4
 Section 2 : Les effets de l’économie des inégalités.....................................................................8
Partie 2 : l’influence de la répartition des revenus sur l’économie des inégalités................................12
 Section 1 : les fondements de la répartition des revenus.........................................................12
I. Les types de répartition des revenus  :...................................................................................12
II. Les objectifs de la redistribution  :.........................................................................................15
 Section 2 : la politique de la redistribution...............................................................................16
I. Les fondements de la redistribution  :...................................................................................16
II. Les justifications de cette redistribution  :.............................................................................17
III. Les instruments de la redistribution  :...............................................................................18
Conclusion :..........................................................................................................................................19
Bibliographie :......................................................................................................................................20
Webographie :......................................................................................................................................21
Table de matières :...............................................................................................................................22
Introduction :
Depuis la fin des années 1980, les disparités de revenus reculent dans le monde en
raison de la croissance des pays émergents. Ce recul devrait se poursuivre. Il en est
probablement de même, mais beaucoup plus lentement, des inégalités de patrimoines.

Pourtant, dans nombreux pays avancés, les inégalités de revenus et de patrimoines ont
recommencé à croître. Une redistribution plus efficace dans ces pays accélérerait-elle la
réduction des inégalités dans le monde ? C’est possible, si elle facilite en particulier la
formation des ménages modestes, mais n’entrave pas l’innovation et la croissance qui sont
les meilleurs instruments de lutte contre la pauvreté.

Alors, quelle est la combinaison causes-effets de l’économie des inégalités ?


Et quel est le lien entre Cette dernière et la redistribution des revenus ?
Partie 1 : historique de l’économie des inégalités 

 Section 1 : Les causes fondamentales de l’économie des inégalités 


Les causes de la croissance des inégalités depuis les années soixante-dix 1

La hausse substantielle des inégalités depuis la fin des années soixante-dix, à la fois
dans les économies développées et émergentes. Dans certains pays, particulièrement en
Europe et aux États-Unis, ce sont les classes moyennes qui ont perdu du terrain, alors que
dans d’autres (par exemple la Chine) ce furent les populations très pauvres. Mais dans tous
les cas, la redistribution des revenus a surtout profité aux riches et aux très riches ce qui a
donné naissance à ce que Dew Becker et Gordon (2005) ont appelé « l’économie des
superstars ».

Au cours des trente dernières années, la hausse des inégalités a été ignorée des
économistes rattachés au courant de pensée dominant. Ceci résulte de la restauration des
idées néoclassiques, qui a suivi la crise de l’économie keynésienne dans les années soixante-
dix. La théorie néoclassique repose sur la dichotomie entre l’efficacité et la justice à propos
de l’allocation des ressources, qui, comme c’est décrit dans les manuels traditionnels, est
fondée elle-même sur un principe fondamental de la théorie : l’égalité entre la rémunération
des facteurs de production et leur productivité marginale. La productivité est le critère «
objectif » qui garantit que la distribution des revenus entre les acteurs économiques est la
plus efficace possible.

Une conséquence très forte de ce résultat consiste en ce que la désirabilité sociale de


la répartition du revenu, son caractère équitable, ne concerne pas les économistes. Les
sociologues et les politologues peuvent bien entendu proposer un schéma de redistribution
fondé sur des critères extra-économiques, comme la stabilité sociale, la justice ou d’autres
critères du même genre. Les économistes doivent seulement être préoccupés par le fait que
la redistribution des revenus ne s’accompagne pas de distorsions, c’est-à-dire qu’elle ne
coupe pas le lien entre les productivités marginales des facteurs et leurs rémunérations.

1
https://www.cairn.info/revue-de-l-ofce-2014-3-page-187.htm
Selon ce point de vue traditionnel, deux phénomènes interdépendants peuvent expliquer la
hausse des inégalités :

Le premier est que la vague de progrès technique récente entraîne un biais dans les
qualifications. La révolution des TIC serait inégalitaire car elle augmente la productivité des
travailleurs hautement qualifiés, plus que celle de ceux qui sont peu ou pas instruits (Katz et
Autor, 1999 ; Rajan, 2010). La divergence des salaires refléterait dès lors le creusement de
l’écart de productivité.

Le deuxième phénomène ayant une incidence sur l’inégalité des salaires est la
mondialisation. Les salariés non qualifiés étant désormais en concurrence sur un marché du
travail global incluant les économies émergentes et en développement, la productivité
marginale du travail diminue en moyenne, ce qui réduit la part des salaires relativement à
celle du capital.

En outre le renforcement de la compétition sur le marché du travail réduit le pouvoir de


négociation des salariés. Ensembles, le biais du progrès technique en faveur des qualifiés et
l’augmentation de la compétition sur le marché global du travail peuvent expliquer
l’augmentation des inégalités (salariales) selon un processus inéluctable auquel la politique
ne doit pas s’opposer si ce n’est au prix d’une réduction de l’efficacité économique et de la
croissance. L’idée selon laquelle « la marée soulève tous les bateaux » sert alors pour
justifier la croissance impétueuse des hauts et des très hauts revenus au cours des deux
décades de prospérité 1990 et 2000. L’analyse économique traditionnelle accepte aussi
d’autres facteurs d’inégalités, comme par exemple les imperfections des marchés financiers
qui font peser une contrainte de liquidité sur les agents, ce qui limite leurs investissements
en capital humain. Ces imperfections peuvent cependant être éliminées facilement par des
réformes structurelles, sans devoir s’attaquer directement au problème de la répartition.
 La crise, la dette et les inégalités :

Au début de la crise, pendant l’été 2007, l’économie mondiale était en situation de faiblesse
structurelle du fait de l’accumulation progressive de déséquilibres extérieurs. Certains pays,
comme les États-Unis et certains pays périphériques de l’Europe, connaissaient une situation
d’excès de demande relativement à leur capacité de production domestique, ce qui se
traduisait par un déficit commercial croissant. Ces déficits étaient financés par l’épargne
excédentaire disponible, pour différentes raisons, dans les autres régions du monde comme
l’Asie de l’Est, les pays producteurs de pétrole, et, last but not least, le cœur des pays
européens. Ces déséquilibres de sens contraires se sont compensés pendant presque vingt
ans, ce qui avait conduit à un équilibre global dont la crise a révélé la fragilité. L’excès de
dette des pays en déficit, qu’elle soit publique ou privée, est apparu soudainement comme
un fardeau qui a déclenché une course au désendettement par une chute brutale des
dépenses.

Les inégalités ont joué un rôle important dans le processus d’accumulation de dettes
(Charpe et al., 2009 ; Cynamon et Fazzari, 2008 ; Fitoussi et Saraceno, 2010, 2011). Le
transfert de ressources des pauvres et des classes moyennes vers les plus riches, c’est-à-dire
de ceux qui consomment l’essentiel de leurs revenus vers ceux qui ont une forte propension
à épargner, a entraîné une chute de la propension moyenne à consommer et une
augmentation de la masse globale d’épargne. Ceci a eu deux effets qui ont joué chacun un
rôle dans le déclenchement de la crise. Le premier est qu’une masse énorme de liquidité a
alimenté le gonflement d’une série de bulles spéculatives. La rentabilité très élevée de la
finance, et l’augmentation de son poids dans le Pib a enclenché un cercle vicieux car aucun
investissement dans le secteur réel ne pouvait entrer en compétition avec les rendements
offerts par le secteur financier. En conséquence les ressources ont été détournées de leur
usage dans le secteur productif pour être orientées vers l’accumulation d’actifs financiers
dont la valeur était artificiellement gonflée. La tendance des économies avancées à sauter
d’une bulle à une autre peut dès lors être expliquée par l’augmentation des inégalités
(Fitoussi et Saraceno, 2011 ; Galbraith, 2012 ; Stiglitz, 2013).
Le deuxième effet de la redistribution des revenus au bénéfice des très riches est de
générer une tendance chronique à la compression de la demande. Lors de la réunion
annuelle du FMI de l’automne 2013, Larry Summers a présenté une hypothèse selon laquelle
les économies avancées pourraient avoir à faire face à un taux d’intérêt d’équilibre faible,
voire négatif, qui pourrait conduire à une situation « normale » d’un nouveau type dans
laquelle le choix serait difficile à faire entre une croissance instable reposant sur
l’endettement et une situation de quasi-dépression (secular stagnation). Un grand nombre
de facteurs allant du vieillissement et de la démographie au ralentissement du progrès
technique, peuvent justifier cette conjecture selon laquelle on pourrait être confronté en
permanence à un haut niveau d’épargne et à un faible montant d’investissements, ce qui
conduirait à un taux d’intérêt d’équilibre négatif.

La conjecture de Summers a été largement discutée. Mais de manière surprenante,


l’attention s’est portée principalement sur les facteurs d’offre ; la tendance de long terme à
la baisse de la propension à consommer du fait des inégalités n’a pas été mentionnée dans
les débats. Pourtant la redistribution, en comprimant la demande agrégée, peut avoir
contribué, associée aux facteurs démographiques et au ralentissement de l’innovation, à la
lente dérive de l’économie globale vers la stagnation séculaire.
 Section 2 : Les effets de l’économie des inégalités

Le creusement généralisé des inégalités de revenu a conduit à s’inquiéter de leurs


conséquences potentielles pour nos sociétés et nos économies. De récentes recherches de
l’OCDE révèlent que toute amplification de ces inégalités fait chuter la croissance
économique. L’une des raisons en est que les plus défavorisés se trouvent moins à même
d’investir pour s’instruire. Corriger les inégalités peut rendre nos sociétés plus justes et nos
économies plus fortes.

Les inégalités de revenu n’ont cessé d’augmenter depuis 30 ans dans les pays de
l’OCDE (organisation de coopération et de développement économique). Par exemple, en
2014, 1% de la population mondiale possédait 48% des richesses. L’aggravation globale des
inégalités de revenu est certes tirée par les 1 % les plus riches, qui sortent du lot, mais le plus
important pour la croissance, ce sont les familles au revenu modeste, qui prennent du
retard.

Les inégalités se creusent fortement. L’aggravation des inégalités de revenu nous est
révélée non seulement par l’élargissement du fossé entre les déciles inférieur et supérieur,
mais aussi par un indicateur de mesure plus complet, le coefficient de Gini (dont la valeur
s’échelonne de 0, si l’égalité de revenu est parfaite, à 1, si tout le revenu va à un seul
individu). Dans les pays de l’OCDE, la valeur de ce coefficient était de 0.29 au milieu des
années 1980 ; elle avait augmenté de trois points en 2011-12, s’établissant à 0.32. La valeur
du coefficient de Gini a progressé dans 16 des 21 pays de l’OCDE pour lesquels on dispose de
longues séries chronologiques : elle a bondi de plus de 5 points aux États-Unis, en Finlande,
en Israël, en Nouvelle-Zélande et en Suède, ne diminuant légèrement qu’en Grèce et en
Turquie.
Une nouvelle analyse de l’OCDE donne à penser que les inégalités de revenu ont une
incidence négative, statistiquement significative, sur la croissance à moyen terme. Une
aggravation des inégalités de 3 points de Gini soit la moyenne des pays de l’OCDE pour les
vingt dernières années ferait perdre 0.35 point de croissance par an sur 25 ans, soit une
perte cumulée de PIB de 8.5 % à terme. Le graphique 1 indique dans quelle mesure le taux
de croissance du PIB entre 1990 et 2010 aurait été meilleur ou moins bon si les inégalités
étaient restées inchangées de 1985 à 2005.2

Graphique1 : Conséquences estimées de l’évolution des inégalités (1985-2005) sur la


croissance cumulée ultérieure (1990-2010), Taux de croissance, en pourcentage :

Source : Focus Inégalités et croissance Décembre 2014

Le graphique présente les conséquences estimées de l’évolution des inégalités sur le


taux de croissance du PIB par habitant (calculé par rapport à la population âgée de 25 à 64
ans) entre 1990 et 2010. « Effectif » désigne le taux de croissance effectif du PIB par habitant
; l’« Impact estimé des inégalité » est calculé à partir de l’évolution des inégalités observée
dans les pays de l’OCDE (de 1985 à 2005) et de leur incidence moyenne sur la croissance
dans les pays estimée dans l’analyse. L’évolution des inégalités est limitée à la période 1985-
2000 dans le cas de l’Autriche, de la Belgique, de l’Espagne et de l’Irlande.

Donc elles indiquent cependant, que l'impact de l'inégalité peut être quantifié. On
estime que le creusement des inégalités a coûté plus de 4 points de croissance dans la moitié
2
Focus Inégalités et croissance Décembre 2014, page : 2.
des pays sur plus de deux décennies. À l’inverse, une situation plus égalitaire avant la crise a
contribué à faire progresser le PIB par habitant dans quelques pays, notamment en
Espagne.3

Les faits viennent corroborer l’une des théories avancées quant à l’impact des
inégalités sur la croissance, à savoir qu’en entravant l’accumulation de capital humain, les
inégalités de revenu compromettent les possibilités de s’instruire pour les populations
défavorisées, limitant ainsi la mobilité sociale et le développement des compétences. Le
poids de l’origine sociale L’analyse de données sur l’éducation et des résultats de la récente
enquête de l’OCDE sur les compétences des adultes x (PIAAC) révèle que le capital humain
des personnes dont les parents ont un faible niveau d’instruction diminue à mesure que les
inégalités de revenu sont plus prononcées. Ce qui n’est pratiquement pas le cas, voire pas du
tout, avec un niveau d’instruction parental moyen ou élevé. La tendance se vérifie aussi bien
au plan quantitatif (par ex., durée de la scolarité) que qualitatif (par ex., niveau de
compétences), en donne l’illustration avec les résultats en mathématiques : un
accroissement de six points des inégalités de revenu (correspondant à l’écart États-Unis-
Canada en 2010) se traduit par un recul de six points du résultat obtenu par les individus
d’origine modeste. Cela explique près de 40 % du fossé observé par rapport aux individus
dont les parents ont un niveau d’instruction moyen. En somme, il ressort de l’analyse que les
inégalités conditionnent fortement les perspectives des personnes défavorisées en matière
d’instruction et de progression sociale.

Dans les pays avancés, le fossé entre riches et pauvres s’est élargi comme jamais
depuis plusieurs décennies. Dans les pays émergents et en développement, en revanche,
l’augmentation des inégalités s’explique d’abord par le fait que les revenus des classes
moyennes supérieures ont rejoint ceux des classes supérieures, comme en Chine et en
Afrique du Sud. Cet état de fait a amené une réflexion qui a essayé d’évaluer les
conséquences potentielles de l’inégalité sur nos sociétés et sur notre économie.

La croissance économique est une préoccupation qui concerne tout le monde et, en
particulier, les industriels, les ouvriers, les politiques…Sa relation avec l’inégalité est discutée
avec des arguments souvent divergents :

3
Ibid.
Contre le rôle négatif de l’inégalité se dresse le courant de pensée néo libéral qui
considère le principe de l’égalitarisme comme étant contre-productif sur le plan économique
et moralement illégitime dans la mesure où la majorité qui regroupe souvent les plus
pauvres votera pour l’augmentation des impôts auxquels elle ne sera pas soumise.
L’inégalité serait, selon ces théoriciens, un aiguillon à l’initiative et à l’innovation. La réussite
sociale concrétise la sanction du marché et toute tentative pour réduire les inégalités
détraque la machine économique. Les inégalités auraient un effet positif sur la création de
richesses. On estime que les incitations à travailler, à s’éduquer, à innover qui en découlent
sont porteuses de croissance. Par ailleurs, la lutte contre l’inégalité pourrait
déresponsabiliser les agents économiques en les incitants à l’oisiveté et au moindre effort. 4

Pour d’autres, les inégalités freinent la croissance en entravant l’accumulation du


capital humain. Les inégalités de revenu compromettent les possibilités de s’instruire pour
les populations défavorisées, limitant ainsi la mobilité sociale et le développement des
compétences. Les autres causes de ces inégalités seraient la mondialisation financière, le fait
que les taux de croissance du capital (7% ou plus pour les patrimoines les plus importants)
tendent à être supérieurs aux taux de la croissance économique (en moyenne 1 à 1,5%).
Celle-ci ne permet pas un accès suffisant aux soins, à l’éducation ; elle alourdit la charge de
l’Etat social qui doit assumer les frais de l’éducation, de la santé, des retraites, des
allocations familiales, du chômage et du maintien de l’ordre, particulièrement menacé en
période de crise. La réaction de l’Etat, en général, est d’assurer une redistribution en
augmentant les prélèvements fiscaux avec le risque, s’ils sont trop lourds, d’assécher la
demande, de réduire les investissements et donc de freiner la croissance (des politiques de
redistribution mal ciblées et non centrées sur les outils les plus efficaces peuvent se solder
par un gaspillage de ressources et être source d’inefficience).

Cependant, selon Keynes, si les mesures sont bien pensées et correctement mises en
œuvre, lutter contre les inégalités par l’impôt ne nuit pas à la croissance et est même le
moyen le plus direct de les corriger. Il était favorable à l’intervention de l’Etat pour stimuler
la demande. Il affirmait aussi que la redistribution favorisait l’investissement. 5

4
André Babeau, « L’ÉVOLUTION DES INÉGALITÉS DANS LE MONDE », page : 264.
5
Ibid.
Partie 2 : l’influence de la répartition des revenus sur l’économie
des inégalités

 Section 1 : les fondements de la répartition des revenus  

I. Les types de répartition des revenus  :


1. La répartition primaire des revenus :
La création de richesse, c’est-à-dire la production de la valeur ajoutée, résulte de
l’engagement de facteurs de production. Ceux-ci sont d’une manière ou d’une autre,
achetés, loués ou payés par l’entreprise. Ainsi apparait la répartition de la valeur ajoutée,
donnant naissance à la répartition primaire des revenus6.

 La répartition primaire correspond au partage de la valeur ajoutée :


La richesse créée par les entreprises permet de rémunérer les acteurs économiques
ayant participé à sa création, principalement des apporteurs de travail, qui en reçoivent près
de 60%.

Les pouvoirs publics, qui participent indirectement à la création de richesses (formation


de la main-d’œuvre, infrastructures de communication…), en reçoivent une part sous forme
d’impôts. Une autre partie permet de rémunérer les apporteurs de capitaux, qui reçoivent
des dividendes s’ils sont propriétaires de l’entreprise (actionnaires) et des intérêts quand ils
sont créanciers. La dernière fraction de la VA est conservée par les entreprises comme
bénéfices en réserve, qui s’ajoutent aux amortissements pour autofinancer leurs
investissements7.

 Les revenus primaires des ménages :


Le revenu primaire est la somme des revenus de facteurs de production, le terme
primaire signifie qu’il est calculé avant tout prélèvement fiscal ou social et toute
redistribution.

Les revenus primaires des ménages rémunèrent leur participation aux activités productives,
ils constituent la rémunération du travail et du patrimoine.

6
Ch. Morrisson. Les inégalités des revenus. Paris ; Presses universitaires de France, 1986
7
Ibid.
o La composition des revenus primaires :

Les revenus primaires se constituent de :


- Revenus du travail versés aux travailleurs salariés ;
- Revenus mixtes versés aux travailleurs indépendants ;
- Revenus du capital versés aux propriétaires d’un patrimoine.

a. Les revenus d’activité :


Les revenus d’activité des ménages sont formés, d’une part des revenus versés aux
travailleurs salariés et d’autre part des revenus mixtes gagnés par les travailleurs
indépendants.

 Les salaires :

Sont perçus par les salariés et constituent l’ensemble des salaires (nets de cotisations
sociales), primes et accessoires (heures supplémentaires ou complémentaires, indemnités,
avantages en nature ou en espèces, pourboires, etc.). Ils constituent l’essentiel du revenu
primaire.

 Les revenus mixtes (revenus du travail non salarié) :

Ils rémunèrent le travail et le capital dans le cas des entreprises individuelles (professions
libérales, entreprises agricoles, artisans...).

b. Les revenus du patrimoine :


Ils se composent des intérêts reçus (par les détenteurs d’obligations, dépôts en banque) ;
des dividendes reçus (par les détenteurs d’actions) ; des loyers (qui rémunèrent la propriété
immobilière et foncière).

2. La répartition secondaire des revenus : la redistribution 


Afin de corriger les inégalités issues de la répartition primaire, les Etats modernes ont
adopté les mécanismes de redistribution.

Les transferts opérés permettent de passer de la notion de revenu primaire à la notion


de revenu disponible.
a. Définition :
La redistribution des revenus désigne les opérations par lesquelles les administrations
publiques modifient la répartition primaire des revenus versés aux ménages.

Une partie des revenus prélevée sur certains agents économiques ou catégories sociales
pour être reversée au profit d’autres ou eux-mêmes. Son but est de réduire les disparités de
revenus entre les agents telles qu’elles résultent de la répartition primaire 8.

b. Du revenu primaire au revenu disponible  :


Le revenu disponible est le revenu qui peut être consacré, par les ménages, à la
consommation finale et à l’épargne.

Le revenu disponible des ménages est obtenu en retranchant du revenu primaire, les
impôts (sur le revenu et le patrimoine), les cotisations sociales et en ajoutant les prestations
sociales (les revenus de transfert).

Calcul :

Revenu disponible = revenu primaire – les prélèvements obligatoires + prestations sociales

II. Les objectifs de la redistribution  :


La redistribution des revenus est légitimée par la volonté d’instaurer des règles de justice
et de solidarité sociales sans pour autant nuire à l’efficacité économique.

 Les objectifs économiques :


La redistribution des revenus cherche à atteindre deux types d’objectifs économiques :

8
Ibid.
 La production de biens collectifs (grandes infrastructures de transport et de
santé, d’éducation…) doit contribuer à l’amélioration de l’efficacité
économique du système productif ;
 Les revenus de transfert visent à stabiliser le revenu disponible des ménages,
afin d’agir sur la demande et réguler ainsi la croissance du PIB.

Dans une optique keynésienne de soutien à la demande globale, l’Etat peut favoriser la
consommation en période de croissance ralentie, contribuant ainsi à la relance de l’activité
économique.

Réciproquement, en période de surchauffe et de tension inflationniste, l’Etat peut modérer


la croissance des revenus disponibles et donc stabiliser la conjoncture en exerçant une
pression sur la demande.

 Les objectifs sociaux :


La redistribution des revenus participe à la réalisation d’un ensemble d’objectifs sociaux :

 Corriger des écarts de revenus jugés excessifs : il s’agit de relever des revenus (et
d’en baisser d’autres) et / ou de payer, à la place des intéressés, des charges qu’ils ne
peuvent courir. Ex : l’aide sociale.
 Reporter certaines ressources dans le temps : il s’agit de se priver d’utiliser son
revenu maintenant afin d’en disposer ultérieurement. Ex : les retraites.
 Parer à un risque : le système redistributif fonctionne comme une assurance
collective en cas de réalisation de certains risques économiques et sociaux. Ex : les
dépenses d’allocation chômage dans certains pays.

 Section 2 : la politique de la redistribution

I. Les fondements de la redistribution9  :


Les fonctions régaliennes de l’État à la base de l’État-gendarme ne supposent pas
d’intervention de l’État dans l’économie.

9
stmgag.wordpress , publié le Avril 29,2017,chapitre12: les objectifs et les instruments.
Par contre le développement des fonctions sociales de l’État dans les années 30
(contexte de la crise de 1929) puis après la Seconde guerre mondiale, sous l’influence des
idées de Keynes, aboutit à la constitution d’États providence dans les pays développés.  

 Une logique d’assurance :
  C’est-à-dire que ceux qui travaillent vont cotiser pour couvrir des risques sociaux qui
sont la maladie, les accidents du travail, la vieillesse, le chômage, la famille,… c’est la logique
de redistribution horizontale (en fonction de leur situation). Pour percevoir dans le cadre de
la redistribution horizontale la question n’est pas d’être riche ou pauvre mais de se situer
dans un cas particulier de risque social et d’avoir auparavant cotisé. C’est le principe de
fonctionnement de la sécurité sociale.

 Une logique de solidarité :
Qui répond au phénomène de chômage de masse qui apparaît lors de la crise de 70, il
est question alors d’assurer des minimums sociaux. C’est une logique de redistribution
verticale c’est-à-dire des plus riches vers les plus pauvres. C’est surtout l’Etat au nom de la
solidarité nationale qui va assurer cette redistribution.
II. Les justifications de cette redistribution  :

Les économistes Keynésiens vont justifier cette redistribution au nom d’une plus
grande justice sociale (moins de différences de revenus entre les riches et les pauvres) mais
surtout au nom de l’efficacité économique.

Pour les Keynésiens, le marché peut être en équilibre tout en permettant un niveau
élevé de chômage, ce dernier, va engendrer une baisse de la consommation et donc des
perspectives sombres pour les entreprises qui ne pourront écouler toute leur production.
Les entreprises vont donc moins investir et moins embaucher ce qui devrait accroître encore
le chômage et créer un cercle vicieux.

Les Keynésiens prétendent que pour éviter cet engrenage, il faut maintenir le
pouvoir d’achat des plus pauvres, c’est là le principe d’une politique de relance.

Mais encore faut-il que la production nationale soit compétitive pour que les
dépenses de transfert au profit des plus pauvres permettent de favoriser la production
nationale, sinon les dépenses supplémentaires des plus pauvres alimenteront les
importations et aggraveront les déficits budgétaires et donc la dette publique sans
permettre le retour de la croissance économique.   
III. Les instruments de la redistribution  :
La redistribution repose donc sur la fiscalité, la protection sociale et l’offre de services
publics accessibles à tous.

 Les prélèvements obligatoires :


Les prélèvements obligatoires opérés sur les revenus primaires des ménages sont de
deux sortes : prélèvements fiscaux et prélèvements sociaux dits « parafiscaux ».

 Les impôts prélevés essentiellement par l’Etat et les collectivités locales


comprennent :
- Les impôts directs sur le revenu et le patrimoine et les impôts locaux ;
- Les impôts indirects récupérés par les entreprises dans le prix des produits vendus et
supportés par le consommateur final, dont la TVA ;
 Les cotisations sociales sont prélevées sur les revenus d’activités et versés par les
employeurs aux organismes de sécurité sociale.

 Les prestations sociales ou les revenus de transferts :


On peut distinguer les transferts sociaux proprement dits et la fourniture de services
non marchands.

 Les prestations sociales :

Ce sont des versements fournis par les organismes de sécurité sociale aux personnes
affiliées. On distingue :

 Les allocations familiales : 200dhs pour chacun des trois premiers enfants et 36dhs
pour les trois suivants.
 Les prestations à court terme : indemnités de maladie, de maternité, l’indemnité
pour perte d’emploi…
 Les prestations à long terme : pensions de retraite, l’invalidité…
 Les services collectifs :

Les administrations publiques rendent de nombreux services aux ménages, dans des
domaines tels que la santé, l’éducation ou le logement social, qui augmentent le bien-être
de la population.
Conclusion :

À ce sujet, les efforts de redistribution devraient privilégier les familles avec des
enfants et les jeunes (qui prennent plus souvent que d’autres des décisions déterminantes
en matière d’investissement) et encourager le développement des compétences et la
formation tout au long de la vie. Concernant les pays émergents et en développement il
s’agirait de donner aux classes moyennes les plus pauvres l’accès aux services financiers.
Bibliographie :

Ch. Morrisson. Les inégalités des revenus. Paris ; Presses universitaires de


France, 1986.

Focus Inégalités et croissance Décembre 2014, page : 2 

André Babeau,  « L’ÉVOLUTION DES INÉGALITÉS DANS LE MONDE », page : 264.

A.B. Atkinson, The economics of inequality, Oxford, Clarendon Press,


1975.
Webographie :

https://www.cairn.info/revue-de-l-ofce-2014-3-page-187.htm
article : stmgag.wordpress , publié le Avril 29,2017,chapitre12: les objectifs et les instruments.
Table de matières :
Introduction :.........................................................................................................................................3
Partie 1 : historique de l’économie des inégalités..................................................................................4
 Section 1 : Les causes fondamentales de l’économie des inégalités..........................................4
 La crise, la dette et les inégalités :.................................................................................6
 Section 2 : Les effets de l’économie des inégalités.....................................................................8
Partie 2 : l’influence de la répartition des revenus sur l’économie des inégalités................................12
 Section 1 : les fondements de la répartition des revenus.........................................................12
I. Les types de répartition des revenus  :...................................................................................12
1. La répartition primaire des revenus :................................................................................12
 La répartition primaire correspond au partage de la valeur ajoutée :........................12
 Les revenus primaires des ménages :..........................................................................13
a. Les revenus d’activité :.............................................................................................13
b. Les revenus du patrimoine :.....................................................................................13
2. La répartition secondaire des revenus : la redistribution.................................................14
a. Définition :................................................................................................................14
b. Du revenu primaire au revenu disponible :.............................................................14
II. Les objectifs de la redistribution  :.........................................................................................15
 Les objectifs économiques :.........................................................................................15
 Les objectifs sociaux :...................................................................................................15
 Section 2 : la politique de la redistribution...............................................................................16
I. Les fondements de la redistribution  :...................................................................................16
 Une logique d’assurance :............................................................................................16
 Une logique de solidarité :...........................................................................................16
II. Les justifications de cette redistribution  :.............................................................................17
III. Les instruments de la redistribution  :...............................................................................18
 Les prélèvements obligatoires :...................................................................................18
 Les prestations sociales ou les revenus de transferts :...............................................18
Conclusion :..........................................................................................................................................19
Bibliographie :......................................................................................................................................20
Webographie :......................................................................................................................................21
Table de matières :...............................................................................................................................22