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CONTENU BIOCHIMIE NIVEAU 2 SEQUENCE 1

HIGHER INSTITUTE FOR NURSES AND


TECHNICO-SANITARY PERSONNELS B.4. UE 1 BIOCHIMIE/IMMUNOLOGIE/BIOLOGIE MOLECULAIRE

Métabolisme et rôle des glucides, des lipides


INSTITUT SUPERIEUR DES INFIRMIERS Notion fondamentale de biochimie générale : définition d’un dosage
ET DES TECHNICIENS MEDICO- et exploration
SANITAIRES

BIOCHIMIE
CLINIQUE
SEQUENCE 1
NIVEAU 2
disaccharides ont un pouvoir sucrant. Les polysaccharides, comme
CHAPITRE 1 : METABOLISME DES GLUCIDES l'amidon, sont insipides.
Les oses (sucres simples) sont des molécules simples, non hydrolysables,
formant des cristaux.
Objectifs pédagogiques du chapitre
Les osides (sucres complexes), hydrolysables sont des polymères d'oses
Connaitre les différents glucides liés par une liaison osidique.
Connaitre les deux voies anaboliques On peut ainsi diviser les glucides :
Connaitre les deux voies cataboliques  les monosaccharides ;
 les disaccharides / Les polysaccharides ;
 les glycoconjugués.

I. LES GLUCIDES
I.2.1.1. LES MONOSACCHARIDES
I.1.GENERALITES
Les monosaccharides sont des molécules formées de C, H et O. La plupart
I.1.1. DEFINITION ont pour formule générale CnH2nOn. La plupart des monosaccharides que
Les glucides sont une classe de molécules organiques contenant un l'on retrouve chez les êtres vivants ont 5 ou 6 carbones.
groupement carbonyle (aldéhyde ou cétone) et plusieurs groupements  monosaccharides à 5 carbones (C5H10O5) = pentoses ;
hydroxyle (-OH). Les glucides étaient historiquement appelés hydrates de  monosaccharides à 6 carbones (C6H12O6) = hexoses ;
carbone. Leur formule chimique est basée sur le modèle Cn(H2O)p (d'où Les plus importants pentoses sont :
l'appellation historique).  le ribose ;
Cependant, ce modèle n'est pas valable pour tous les glucides, qui  le désoxyribose ;
contiennent, pour certains, des atomes d'azote ou de phosphore. Les monosaccharides les plus abondants sont des hexoses. Les plus connus
sont :
I.1.2. CLASSIFICATION  le glucose (ou dextrose) ;
Les glucides sont habituellement répartis entre  le fructose (ou lévulose) ;
 oses (monosaccharides tel que le glucose, le galactose ou le  le galactose.
fructose) et Ces trois glucides ont pour formule C6H12O6.
 osides, qui sont des polymères d'oses (polysaccharides).
Les disaccharides (diholosides), tel que le saccharose ou le lactose, font Ils ont la même formule moléculaire Mais, ont des structures différentes.
partie de cette dernière catégorie. Mais, seules les monosaccharides et les Ce sont des isomères.
I.2.1.2. LES DISACCHARIDES
Un disaccharide est un glucide formé de l'union chimique de deux
monosaccharides. Ex. le saccharose
Synthèse du saccharose
Le saccharose se forme par l'union d'un glucose à un fructose. Au cours de I.2.1.3. LES POLYSACCHARIDES
la réaction, le groupement OH d'un des deux sucres se lie à un H du OH de La plupart des polysaccharides sont des polymères de glucose. Les trois
l'autre sucre. Il se forme alors une molécule d'eau. polysaccharides les plus connus sont :
Les deux sucres demeurent liés par l'intermédiaire d'un O. Ce type de  l'amidon ;
réaction où deux molécules simples s'unissent avec dégagement d'une  le glycogène ;
molécule d'eau est appelé réaction de condensation (ou synthèse par  la cellulose.
déshydratation).
La réaction inverse est appelée hydrolyse. I.1.2.3.1. L'AMIDON
Les disaccharides les plus courants sont : L'amidon est formé de deux types de polymères de glucose: l'amylose et
 le saccharose = glucose-fructose ; l'amylopectine. L'amylose est formée de chaînes linéaires de glucoses (les
 le lactose = glucose-galactose ; glucoses sont liés les uns aux autres comme les maillons d'une chaîne)
 le maltose = glucose-glucose. alors que l'amylopectine est formée de chaînes ramifiées (il y a des
embranchements comme les branches d'un buisson).
Le glycogène est un polymère de glucose semblable à l'amylopectine,
présent dans les muscles (la viande) et le foie des animaux.
On qualifie le glycogène de sucre de réserve des animaux.
C'est en effet une façon pratique, pour l'organisme, de mettre en réserve
des surplus de glucose.
Suite à un repas riche en sucres, le sang risque de devenir dangereusement
trop concentré en glucose.

On dit alors que la glycémie augmente (la glycémie, c'est la concentration


de glucose dans le sang).
Les cellules (foie et muscles surtout) transforment alors ces surplus de
glucose en molécules de glycogène ce qui contribue à faire baisser la
glycémie. L'organisme est capable de stocker jusqu'à 600 g de glycogène.

I.1.2.3.3. LA CELLULOSE
Tout comme l'amidon et le glycogène, la cellulose est un polymère de
glucose. Elle est formée de longues chaînes linéaires de glucoses liés les
uns aux autres. Par contre, les liaisons entre les glucoses sont différentes de
celles de l'amidon ou du glycogène.

Chaque molécule peut contenir de 100 à 20.000 glucoses.


L'amidon est le sucre de réserve des plantes. C'est à dire que c'est surtout
sous cette forme que les plantes mettent en réserve leurs surplus de
glucose. On retrouve de l'amidon surtout dans les racines, les graines et les
fruits.
L'amidon est particulièrement abondant dans les céréales (riz, blé, maïs,
etc.) et les tubercules (pommes de terre).

I.1.2.3.2. LE GLYCOGENE
I.1.2.4. LES GLYCOCONJUGUES effet le glucose est dégradé dans le cytosol puis dans la mitochondrie en
Les glycoprotéines ou mucoprotéines sont des protéines liées par une CO2, H2O et ATP.
réaction de glycosylation à des chaînes oligosaccharidiques. On en trouve Dans la lumière intestinale on trouve du glucose, du fructose et du
dans les membranes cellulaires, dans la circulation (albumine). galactose qui iront tous les trois au niveau du foie par le sang où ils seront
Les glycolipides sont des constituants en particulier des cellules nerveuses dégradés.
cérébrosides, ou gangliosides. Lors d’une trop grande assimilation de sucres le foie sera saturé obligeant
Les antigènes des groupes sanguins ABO sont des oligosaccharides l’organisme à les stockés sous forme de graisse au niveau des tissus
présents sur des glycoprotéines et des glycolipides de la membrane du adipeux.
globule rouge. Par la suite, lorsque l’organisme en aura à nouveau besoin, le foie sera
La spécificité du groupe sanguin est définie par le type d'oligosaccharide. cette fois-ci responsable de la fabrication de glucose à partir de substances
Les enzymes nécessaires à leur synthèse, reçues à la naissance d'un non-glucidiques, on parle de la néoglucogenèse.
individu, détermine son groupe sanguin A, B, ou O.
II.2. REGULATION DE LA GLYCEMIE
II. ASSIMILATION ET RASPORT DES GLUCIDES La glycémie normale, qui correspond au taux de glucose sanguin, est de 4
ALIMENTAIRES à 6 mmol par litre de sang (ou 0,8 g/L).
L’organisme doit pouvoir gérer l’alternance « apport alimentaire-jeûne » et
Les glucides ont différents rôle au sein de l’organisme :
ceci principalement par les sécrétions d’insuline et de glucagon qui sont
 production énergétique ou mise en réserve,
responsables du maintien permanent de la glycémie par action au niveau
 synthèse de glycoprotéines et de macromolécules (GAG, …),
des cellules hépatiques. En effet l’organisme n’est jamais à l’équilibre.
 synthèse des nucléotides (ribose et NADPH),
L’insuline est l’hormone de la phase alimentaire, dans le sens où elle sera
 épuration des produits insolubles et toxiques, interrelation
responsable de la régulation de l’augmentation importante de la glycémie
métabolique.
qui suit un repas. Cette diminution de la glycémie est la conséquence de la
mise en stock du glucose au niveau du foie sous forme de glycogène, on
II.1. SCHEMA GENERAL DE L’ASSIMILATION DES
parle de glycogénogenèse. L’hyperglycémie sera redevenue normale au
GLUCIDES ALIMENTAIRES bout de 3 heures après la fin du repas.
Au niveau de l’intestin on trouve du glucose provenant des glucides, des Le glucagon est l’hormone du jeûne, dans le sens où elle sera responsable
acides-aminés provenant des protéines et des chylomicrons provenant des de la régulation de la diminution progressive de la glycémie entre deux
lipides. repas due à la consommation des organes. Cette stabilisation de la
Le glucose passe ensuite dans la circulation pour rejoindre les cellules du glycémie est la conséquence d’une libération de glucose par le foie, on
foie ou hépatocytes, dans lesquelles il sera stocké. Il pourra également être parle de glycogénolyse. On note que le glucagon n’est pas le seul à avoir
utilisé directement par les cellules de l’organisme en manque d’énergie. En une action hyperglycémiante, en effet comme dit précédemment il agira
principalement au niveau du foie et les catécholamines (adrénaline)
agiront principalement au niveau des muscles. III.1. LA GLYCOLYSE (OU VOIE D’EMBDEN-MEYERHOF)
La glycolyse est la première chaîne du catabolisme des glucides, elle
II.3. TRANSPORT CELLULAIRE DU GLUCOSE s’effectue dans le cytosol par des enzymes solubles et en anaérobie (sans
Le transport du glucose par diffusion facilitée est une étape limitante du apport d’oxygène). Elle a comme fonction la synthèse de molécule riche en
métabolisme cellulaire. Les isoformes de transporteurs ont des affinités énergie, ainsi que la formation de pyruvate qui aura plusieurs destinées.
variables pour le glucose et l’expression de ces isoformes a une certaine
spécificité tissulaire. En effet on trouve des isoformes ubiquitaire (GLUT 1
III.1.1. LES DIFFERENTES ETAPES DE LA GLYCOLYSE
et 3), c’est-à-dire présentent dans tous les tissus, et des isoformes
La glycolyse est composée de 10 grandes étapes, faisant intervenir 10
spécifiques (GLUT 2 et 4) :
enzymes :
GLUT 1 est principalement visible au niveau des érythrocytes et des
1. Réaction de transphosphorylation du glucose en glucose-6-
neurones,
phosphate catalysée par la glucokinase au niveau du foie ou par
GLUT 2 est principalement visible au niveau des hépatocytes et des
l’hexokinase au niveau des autres organes. Cette réaction consomme une
cellules β des îlots de Langerhans,
molécule d’ATP.
GLUT 3 est principalement visible au niveau des neurones,
2. Réaction d’isomérisation du glucose-6-phosphate en fructose-6-
GLUT 4 est principalement visible au niveau des cellules musculaire
phosphate catalysée par la 6-phosphohexose-isomérase.
striées et des adipocytes,
3. Réaction de transphosphorylation du fructose-6-phosphate en
GLUT 5 est principalement visible au niveau des entérocytes et des
fructose-1,6-biphosphate catalysée par la 6-phosphofructo-kinase. Cette
spermatozoïdes.
réaction consomme une molécule d’ATP.
De manière plus localisé, il est important de comprendre les mécanismes
4. Réaction de dégradation du fructose-1,6-biphosphate en
d’absorption du glucose au niveau des entérocytes. Au niveau de la
dihydroacétone-phosphate et en gycéraldéhyde-3-phosphate catalysée
bordure en brosse dirigée vers la lumière intestinale, le glucose rentre dans
par l’aldolase.
la cellule par un transporteur symport glucose-sodium. Au pôle basal il
5. Réaction d’isomérisation du dihydroacétone-phosphate en
sera ensuite pris en charge par un transporteur uniport afin de passer dans
glycéraldéhyde-3-phosphate catalysée par la triosephosphate-isomérase.
la circulation sanguine. Le sodium quant-à lui ressortira de la cellule par
6. Réaction de phosphorylation du glycéraldéhyde-3-phosphate en 1,3-
une pompe sodium-potassium (Na-K ATPase).
biphosphoglycérate catalysée par la glycéraldéhyde-3-phosphate-
déshydrogénase. Cette réaction nécessite une molécule de phosphate ; elle
III. CATABOLISME GLUCIDIQUE permet également la formation de NADH, H+ à partir de NAD+.
Le catabolisme glucidique correspond à la dégradation des molécules de
glucose permettant la formation de molécules riches en énergie.
7. Réaction de transphosphorylation du 1,3-biphosphoglycérate en 3- III.1.3. REGULATION DE LA GLYCOLYSE
phosphoglycérate catalysée par la phosphoglycérate-kinase. Cette réaction Dans les voies métaboliques, les enzymes qui catalysent des réactions
permet la formation d’ATP à partir d’ADP. irréversibles sont des sites potentiels de contrôle. Au niveau de la glycolyse
8. Réaction de mutation du 3-phosphoglycérate en 2-phosphoglycérate les enzymes sont régulés par trois mécanismes : les régulations par des
catalysée par la phosphoglycéromutase. effecteurs allostériques, les régulations par
9. Réaction de déshydrogénation du 2-phosphoglycérate en phosphorylations/déphosphorylation et l’expression des gènes de ces
phosphoénolpyruvate catalysée par l’énolase. Cette réaction relargue une enzymes.
molécule d’H2O. Au niveau de la glycolyse on met en évidence essentiellement trois
10. Réaction de transphosphorylation du phosphoénolpyruvate en réactions irréversibles :
énolpyruvate catalysée par la pyruvate-kinase. Cette réaction permet la La réaction de transphosphorylation du glucose en glucose-6-phosphate
formation d’ATP à partir d’ADP. catalysée par la glucokinase ou l’hexokinase. L’hexokinase est inhibée
Réaction de tautomérie cétone-énol de l’énolpyruvate en pyruvate par le glucose-6-phosphate.
catalysée par la pyruvate-kinase. La réaction de transphosphorylation du fructose-6-phosphate en fructose-
1,6-biphosphate catalysée par la 6-phosphofructokinase. Cette enzyme est
III.1.2. BILAN ENERGETIQUE inhibée par l’ATP, le citrate, le glucagon (foie) et l’adrénaline (muscle), et
La glycolyse peut être divisée en trois grandes parties : est activé par l’insuline et l’AMP.
Activation du glucose avec consommation d’énergie (2 ATP) : La réaction de transphosphorylation de l’acide phospho-énol-pyruvique en
 Le premier du glucose au glucose-6-phosphate. acide énol-pyruvique catalysée par la pyruvate-kinase. Cette enzyme est
 Le deuxième du fructose-6-phosphate au fructose-1,6-biphosphate inhibée par le pyruvate, l’alanine, l’ATP et le NADH, H+.
Formation du glycéraldéhyde. On retiendra globalement qu’il y a :
Synthèse du pyruvate et formation de molécules riches en énergie (4 Inhibition de la glycolyse lorsque l’organisme est en excès d’énergie et
ATP et 2 NADH, H+) : donc par l’excès d’ATP, le citrate dont la concentration cytosolique
 Les deux premiers ATP du 1,3-Biphosphoglycérate au 3- augmente, le glucagon, l’adrénaline et l’acidose.
Phosphoglycérate. Activation de la glycolyse lorsque l’organisme est en déficit d’énergie et
 Les deux derniers ATP du phosphoénolpyruvate à l’énolpyruvate. donc par l’excès d’ADP et d’AMP, l’insuline et l’alcalose (cf. suite du
 Les deux NADH, H+ du Glycéraldéhyde-3-phosphate au 1,3- cours : 2,3-DPG).
Biphosphoglycérate ; ils permettront chacun d’eux la formation
théorique de 2 ATP chacun (en réalité de 1,5 ATP chacun). III.2. METABOLISME DU PYRUVATE
Le bilan final théorique est donc de 6 ATP (en réalité de 5 ATP). Suite à la glycolyse les deux pyruvates, formés à partir d’une molécule de
glucose, auront plusieurs destinées :
En aérobie (avec consommation d’O2), le pyruvate aura différents III.3.1. LES DIFFERENTES ETAPES DU CYCLE DE
devenirs suivant les besoins de l’organisme : KREBS
Le pyruvate entrera dans la mitochondrie pour être transformé en ACoA
Le cycle est composé de 9 grandes étapes, faisant intervenir 8 enzymes :
(Acétylcoenzyme A). Cette étape sera responsable de la synthèse d’un
1. Réaction de condensation de l’acétylcoenzyme A (ACoA) et de
NADH, H+. L’ACoA aura lui aussi plusieurs destinées :
l’oxaloacétate en citrate catalysée par la citrate-synthase. Cette réaction
 Il entrera dans le cycle de Krebs.
nécessite une molécule d’H2O et relargue une molécule de CoA-SH.
 Il jouera le rôle de précurseurs pour des réactions de synthèse (cf.
2. Réaction d’isomérisation du citrate en isocitrate catalysée par
métabolisme des lipides).
l’aconitase.
Le pyruvate pourra également jouer un rôle dans la synthèse d’acides
3. Réaction de déshydrogénation de l’isocitrate en oxalosuccinate
aminés.
catalysée par l’isocitrate-déshydrogénase. Cette réaction permet la
En anaérobie (sans consommation d’O2), le pyruvate aura différents
formation de NADH, H+ à partir de NAD+.
devenirs suivant l’organisme dans lequel il se trouve :
4. Réaction de β-décarboxylation non oxydative de l’oxalosuccinate en
Chez l’Homme, le pyruvate formera de l’acide lactique (lactate) par la
α-cétoglutarate. Cette réaction entraîne un dégagement de CO2.
lactate-déshydrogénase, avec consommation d’un NA.
5. Réaction de α-décarboxylation oxydative de l’α-cétoglutarate en
succinyl-CoA catalysée par l’α-cétoglutarate-déshydrogénase. Cette
III.3. LE CYCLE DE KREBS réaction nécessite une molécule de CoA-SH et entraîne un dégagement de
Le cycle de Krebs (ou cycle tricarboxylique ou cycle de l’acide citrique) CO2 ; elle permet également la formation de NADH, H+ à partir de
est la plateforme énergétique de la cellule, continuant le catabolisme des NAD+.
glucides après la glycolyse. Il se réalise dans la matrice mitochondriale et 6. Réaction de transphosphorylation du succiny-CoA en succinate
se fait exclusivement en aérobie. catalysée par la succinate-thiokinase. Cette réaction nécessite une molécule
Le cycle a différents rôles : de phosphate et relargue une molécule de CoA-SH ; elle permet également
 la dégradation du substrat (ACoA) en CO2 grâce à l’oxygène, la formation de GTP à partir de GDP.
 la prise en charge d’hydrogène et d’électrons riches en énergie par 7. Réaction de déshydrogénation du succinate en fumarate catalysée
les FAD et les NAD+, par la succinate-déshydrogénase. Cette réaction permet la formation de
 la production d’énergie sous forme d’ATP. FADH2 à partir de FAD.
Attention, les érythrocytes (globules rouges) ne possèdent pas d’organites 8. Réaction d’hydratation du fumarate en malate catalysée par la
et donc pas de mitochondrie qui est indispensable à la réalisation du cycle fumarase. Cette réaction nécessite une molécule d’H2O.
de Krebs. De cette manière ils utilisent uniquement l’énergie produite par 9. Réaction de déshydrogénation du malate en oxaloacétate catalysée
la glycolyse, le pyruvate sera quant à lui transformé en acide lactique. par la malate-déshydrogénase. Cette réaction permet la formation de
NADH, H+ à partir de NAD+.
d’acides nucléiques (ADN et ARN) et la formation de NADPH, H+ pour
III.3.2. BILAN DU CYCLE DE KREBS les réactions de biosynthèse.
Comme dit précédemment, en aérobie l’acétylcoenzyme A entre dans le
cycle de Krebs. Un tour de cycle, c’est-à-dire l’utilisation d’une molécule III.4.2. LA VOIE DU 2,3-DIPHOSPHOGLYCERATE (2,3-
d’acétylcoenzyme A permet la formation : DPG)
 3 NADH, H+ qui permettront théoriquement la formation de 3 La voie du 2,3-diphosphoglycérate (2,3-DPG) se réalise au niveau des
ATP chacun au niveau de la chaîne respiratoire (2,5 ATP en érythrocytes (globules rouges) et correspond à une voie de stockage du
réalité), et donc au total la formation de 9 ATP (7,5 ATP en glucose mais dans de moindre mesure que le glycogène.
réalité). Elle se met en place à partir de la glycolyse ; on est face à deux situations :
 1 FADH2 qui permettra théoriquement la formation de 2 ATP au  Lorsque la cellule est en présence d’un excès de glucose, on
niveau de la chaîne respiratoire (1,5 ATP en réalité). observe une accumulation de 2,3-diphosphoglycérate, par
 1 ATP. transformation du 1,3-diphosphoglycérate en 2,3-
De cette manière une molécule d’acétylcoenzyme A permet la formation diphosphoglycérate, réaction catalysé par une mutase.
théorique de 12 ATP (10 ATP en réalité).  D’autre part lorsque les besoins énergétique des érythrocytes le
demande, on observe l’activation de la phosphatase responsable de
III.3.3. REGULATION DU CYCLE DE KREBS la dégradation du 2,3-diphosphoglycérate en 3-phosphoglycérate
Au niveau du cycle de Krebs on met en évidence essentiellement une permettant la poursuite de la glycolyse.
réaction soumis à régulation, la réaction de déshydrogénation de Le 2,3-DPG joue également un rôle dans la régulation du transport de
l’isocitrate à l’oxalosuccinate catalysée par l’isocitrate déshydrogénase. l’oxygène par l’hémoglobine. En effet, le 2,3 DPG étant un anion
Cette enzyme est inhibée par l’excès d’ATP et activée par le NAD et le fortement polaire il se lie à la désoxyhémoglobine et diminue ainsi
FAD. l’affinité de l’hémoglobine pour l’O2.
D’autre part la régénération d’oxaloacétate est nécessaire pour que le cycle On peut faire la remarque ici que le pH est un des facteurs qui influencent
de Krebs fonctionne à flux constant. En effet l’oxaloacétate joue un rôle la teneur en 2,3-DPG des érythrocytes. En effet l’acidose au niveau des
dans un certain nombre de métabolisme, son apport régulier au cycle de poumons, inhibe la glycolyse et donc la synthèse de 2,3-DPG permettant à
Krebs est permis par les acides aminés. l’O2 de se fixer, et inversement au niveau des tissus.

III.4. VOIES ANNEXES IV. BILAN ENERGETIQUE DU CATABOLISME


III.4.1. LA VOIE DES PENTOSES-PHOSPHATES GLUCIDIQUE
La voie des pentoses-phosphates se réalise en parallèle à la glycolyse et On considérera ici la dégradation d’une molécule de glucose par la
permet la formation de pentose-phosphate indispensable à la biosynthèse glycolyse et le cycle de Krebs, sans prendre en compte les voies annexes.
V. RESERVE GLUCIDIQUE & METABOLISME DU
IV.1. EN ANAEROBIE GLYCOGENE
Bilan de la glycolyse : formation de 2 ATP et de 2 NADH, H+ (qui seront V.1. GLYCOGENOGENESE
utilisés dans la formation du lactate : FERMENTATION). La glycogénogenèse correspond au stockage du glucose sous forme d’un
Bilan du catabolisme du pyruvate : catabolisme impossible en anaérobie polysaccharide (polymère de glucose), appelé le glycogène. La synthèse du
! glycogène se réalise au niveau du cytosol par un enzyme appelée la
Bilan du cycle de Krebs : en anaérobie le cycle de Krebs ne fonctionne glycogène-synthase.
pas ! Le glucose est tout d’abord phosphorylé pour donner le glucose-6-
Bilan de la formation de lactate : les deux molécules de pyruvate phosphate qui sera isomérisé en glucose-1-phosphate, lui-même activé par
formées par la glycolyse sont dégradées en lactate, nécessitant chacune un de l’UTP (uridine triphosphate) entraînant la formation d’UDP-glucose ;
NADH, H+ (ceux formés lors de la glycolyse). ces deux premières étapes consomment 2 ATP.
Le bilan global de la dégradation d’une molécule de glucose en anaérobie Une fois activés les UDP-glucoses se lient les uns après les autres à la
est donc de 2 ATP qui sont immédiatement mobilisable. chaîne en voie d’élongation. Après la fixation d’un certain nombre de
résidus glycosyles, la glycosyl-4,6-transférase (ou enzyme branchante)
IV.2. EN AEROBIE transfère un bloc de 5 à 8 unités en C6 d’un résidu d’au moins 11 unités
Bilan de la glycolyse : formation théorique de 6 ATP (5 ATP en réalité). entraînant la formation d’une ramification ; la synthèse reprend ensuite
Bilan du catabolisme du pyruvate : formation de 3 ATP par molécule de jusqu’à l’obtention du polysaccharide désiré.
pyruvate en théorie (2,5 en réalité) et donc de 6 ATP en théorie (5 ATP en Cette réaction de branchement a deux conséquences sur le glycogène :
réalité) pour une molécule de glucose.  L’augmentation de la solubilité.
Bilan du cycle de Krebs : en théorie 12 ATP par molécule  L’augmentation du nombre de résidus terminaux permettant un
d’acétylcoenzyme A (10 ATP en réalité) et donc en théorie 24 ATP (20 recrutement plus rapide des unités glucidique lors d’un besoin
ATP en réalité) pour une molécule de glucose. énergétique.
Le bilan global théorique de la dégradation d’une molécule de glucose en
aérobie est donc de 36 ATP (30 ATP en réalité) qui ne sont pas V.2. Glycogénolyse
immédiatement mobilisable car la majorité des ATP formés proviennent de V.2.1. TISSUS IMPLIQUES
la phosphorylation oxydative.
La glycogénolyse est la réaction inverse de la glycogénogenèse et se
Il est important de préciser ici que certains ouvrages parlent d’un bilan
réalise principalement dans le foie et dans les muscles, mais à des fins
global théorique de 38 ATP ; cette différence est explicable par le type de
différentes :
navette utilisée (cf. cours Phosphorylation oxydative).
Le foie joue un rôle dans le maintien de l’homéostasie, et ceci grâce à
différentes caractéristiques :
La présence de transporteurs du glucose insulinodépendants,
La présence de récepteurs au glucagon, V.3. REGULATION DES RESERVES DE GLYCOGENE
La présence de l’enzyme glucose-6-phosphatase. Cette dernière enzyme La glycogénolyse et la glycogénogenèse sont des mécanismes inverses et
donne la caractéristique du foie d’être le seul à pouvoir libérer en quantité alternatifs qui sont dirigés par des signaux régulateurs importants qui
du glucose dans le sang. lorsqu’ils activent l’un, ils inhibent l’autre. La glycogénolyse et la
Les muscles stockent le glucose pour une utilisation ultérieure. En effet ils glycogénogenèse ne peuvent donc pas avoir lieu en même temps.
ne peuvent en aucun cas reverser du glucose dans le sang pour d’autres
organes, ne possédant pas la glucose-6-phosphatase permettant le retour au V.3.1. LE GLUCAGON ET LES CATECHOLAMINES
glucose et les transporteurs membranaires étant spécifiques du glucose ne
En effet, les catécholamines (adrénaline) au niveau des muscles et le
permettent pas le passage de glucose-6-phosphate. De cette manière tout le
glucagon au niveau du foie entraînent l’activation de protéines kinases qui
glucose entrant dans les muscles est strictement utilisé par les muscles.
auront deux fonctions différentes mais complémentaires :
 La phosphorylation de la glycogène-synthase active pour la
V.2.2. ETAPES DE LA GLYCOGENOLYSE désactiver, stoppant ainsi la glycogénogenèse.
La glycogénolyse se réalise en trois étapes principales :  La phosphorylation de la phosphorylase-kinase inactive pour
Tout d’abord le glycogène est lesté d’une unité par la glycogène- l’activer, déclenchant ainsi la glycogénolyse.
phosphorylase, entrainant la formation de glucose-1-phosphate. Cette étape
se fera dans le cytosol. V.3.2. L’INSULINE
Le glucose-1-phosphate est ensuite isomérisé en glucose-6-phosphate, L’insuline aura un effet inverse au niveau du foie et ceci en agissant à
réaction catalysé par la phospho-glucomutase. Cette étape se fera différent niveau de la mise en réserve du glucose sous forme de glycogène
également dans le cytosol. :
Et finalement le glucose-6-phosphate est transformé en glucose par la L’insuline et l’augmentation de glucose (et donc de glucose-6-phosphate)
glucose-6-phosphatase, et ceci au niveau du réticulum endoplasmique des entraîne l’activation de la glucokinase (foie), induisant une diminution de
cellules hépatiques, les seules à posséder cette enzyme. la glycémie. On note que l’hexokinase, qui a la même fonction catalytique
La glycogénolyse permet donc la formation de glucose-6-phosphate sans que la glucokinase, est moins spécifique d’un tissu et est inhibée par le
consommation d’ATP. glucose-6-phosphate.
Remarque : L’insuline entraîne l’activation de phosphatases qui auront deux fonctions
L’hydrolyse complète du glycogène demande l’intervention d’une différentes mais complémentaires :
transférase et de l’α-1,6-glucosidase (ou enzyme débranchante), La déphosphorylation de la glycogène-synthase inactive pour l’activer,
responsables de la dégradation des nœuds de ramifications formés lors de déclenchant ainsi la glycogénogenèse.
la glycogénogenèse.
La déphosphorylation de la phosphorylase-kinase active pour la désactiver, VI.2. MECANISME D’ACTION ET ENZYMES CLE
stoppant ainsi la glycogénolyse. La néoglucogenèse n’est en fait pas exactement l’inverse de la glycolyse
dans le sens où certaines réactions de la glycolyse sont irréversibles. Afin
VI. ANABOLISME GLUCIDIQUE : NEOGLUCOGENESE que la néoglucogenèse fonctionne des alternatives ont dues être trouvées.
(OU GLUCONEOGENESE) Dans ce sens il a été mis en place trois mécanismes nécessitant trois
La néoglucogenèse est l’inverse de la glycolyse, en effet elle permet la enzymes caractéristiques :
production de glucide et ceci à partir de précurseurs non glucidiques. Elle Le passage du pyruvate au phosphoénolpyruvate catalysé par la
est réalisée au niveau du (cytosol-mitochondrie), majoritairement au phosphoénolpyruvate-carboxykinase se fait indirectement. En effet cette
niveau du foie mais également au niveau du rein (principalement à partir réaction est contournée à partir du malate qui a la possibilité de sortir de la
d’acides aminés). mitochondrie par la navette malate-aspartate et d’être retransformé en
La néoglucogenèse est activée lors d’une période de jeûne prolongé, oxaloacétate au niveau du cytosol. L’oxaloacétate sera lui-même
lorsque les nutriments apportés par la nutrition ainsi que les stocks de transformé en phosphoénolpyruvate par la phosphoénolpyruvate-
glycogène ne permettent plus de satisfaire les besoins énergétiques de carboxykinase.
l’organisme. On observe dans cette situation un manque d’ATP ainsi que Le passage du fructose-1,6-biphosphate au fructose-6-phosphate catalysé
excès d’AMP. par la fructose-1,6-biphosphatase se fait directement.
Le passage du glucose-6-phosphate au glucose catalysé par la glucose-6-
phosphatase se fait directement. Il est important de noter que cette enzyme
VI.1. LES PRECURSEURS
est uniquement présente au niveau du foie, qui sera donc le seul organe à
Les précurseurs non glucidiques sont de différents types : pouvoir libérer du glucose dans le sang.
 le lactate formé au niveau des muscles et transformé en pyruvate
par l’action de la lactate-déshydrogénase.
VII. CARREFOUR ET INTERRELATION METABOLIQUE
 les acides-aminés glucoformateurs provenant de l’alimentation et
Il est important de préciser que les différentes voies métaboliques ne sont
de la dégradation des protéines des muscles squelettique. Parmi
pas isolées les unes des autres mais qu’il existe des liens entre elles.
eux on compte l’alanine (pour 40 à 60%), la sérine, la cystéine, la
thréonine, la glycine, la tyrosine, la phénylalanine et l’isoleucine.
 le glycérol provenant de la dégradation des triglycérides au niveau VII.1. AU NIVEAU DE LA GLYCOLYSE
des cellules adipeuses. On observe des relations avec les stocks glucidiques de la cellule : la
Ces précurseurs sont tout d’abord convertis en des intermédiaires de la dégradation du glycogène entraîne la formation de glucose-6-phosphate.
glycolyse : le pyruvate pour le lactate et les acides aminés ; le On observe des relations avec la voie des pentoses-phosphate :
dihydroacétone pour le glycérol. Le glucose et le glucose-6-phosphate rentre dans la voie des pentoses-
phosphate.
Le fructose-6-phosphate et le glycéraldéhyde-3-phosphate sont synthétisés VII.3. GALACTOSE ET FRUCTOSE
par la voie des pentoses-phosphates. On remarque que le galactose et le fructose ne sont pas stockés dans
On observe des relations avec le métabolisme des lipides : le glycérol l’organisme, ils proviennent de l’alimentation et rejoignent le métabolisme
formé suite à la dégradation des triglycérides peut former du du glucide au niveau de la voie de réserve ou au niveau de la glycolyse
glycéraldéhyde-3-phosphate (et inversement). suivant les tissus. On note également que le galactose et le fructose ne sont
pas soumis à une régulation hormonale.
VII.2. AU NIVEAU DU CYCLE DE KREBS Le galactose peut rentrer dans la voie de réserve du glucose, l’UDP-
On observe des relations avec le métabolisme des lipides : la dégradation galactose étant en équilibre avec l’UDP-glucose, réaction catalysé par
des acides gras entraîne la formation d’acétylcoenzyme A. l’UDP-galactose-épimérase et peut rentrer dans la voie de la glycolyse par
Il est important de noter ici qu’au niveau du cycle de Krebs le citrate se isomérisation entre le galactose-6-phosphate et le glucose-6-phosphate.
transforme défavorablement en isocitrate ; de cette manière on sera face à Le fructose possède un catabolisme beaucoup plus rapide que le glucose,
deux situations : surtout grâce à la fructokinase qui a une activité beaucoup plus importante
 un manque d’ATP poussera le cycle de Krebs à se poursuivre, que la glucokinase. Le fructose peut également participer à la voie de
 un excès d’ATP poussera le citrate à sortir de la mitochondrie réserve, le fructose-6-phosphate étant en équilibre avec le glucose-6-
permettant la reformation d’acétylcoenzyme A qui entrera dans la phosphate, réaction catalysé par la phospho-hexose-isomérase. La plupart
formation des acides gras. Le citrate aura également un rôle du fructose est métabolisé au niveau du foie en fructose 1-phosphate qui
d’inhibition de la 6-phosphofructokinase et donc de la glycolyse. sera scindé en glycéraldéhyde et dihydroacétone afin de rejoindre la voie
On observe des relations avec le métabolisme des protéines : la de la glycolyse.
dégradation des protéines peut entraîner la formation de pyruvate,
d’acétylcoenzyme A, d’α-cétoglutarate, de fumarate et d’oxaloacétate.
Inversement le pyruvate peut également être à l’origine de la formation
d’acides aminés.

Comme dit précédemment le malate peut traverser la membrane interne de


la mitochondrie par la navette malate-aspartate pour aller dans le cytosol et
reformer du glucose. Certains acides aminés joueront ainsi un rôle
important dans la néoglucogenèse, on parle d’acide aminés
glucoformateurs.
Remarque :
Le pyruvate peut être également reformé à partir d’alcools et de lactate.
PRINCIPALES ETAPES DU METABOLISME DES
GLUCIDES

CATABOLISME :
Glycolyse / glycogénolyse

ANABOLISME :
Glycogénogenèse / Néoglucogenèse
À ces signes cliniques sont associés:
VIII. Diabète sucré:  une glycosurie intense, jusqu’à 100 mg/jr;
 une hyperglycémie qui dépasse les 15mmol/l (2.7g/l
VIII.1. Définition:
 une acidose qui peut entrainer rapidement la mort.
Le diabète représente un groupe hétérogène de maladies métaboliques Etiologies:
caractérisées par de l’hyperglycémie chronique. La cause en est Le diabète type 1 est causé par un manque absolu d’insuline.
généralement un manque absolu ou relatif d’insuline. L’examen histologique démontre une disparition presque complète des
Il associe une polyurie, polydipsie (excès de soif), polyphagie et une cellules β de Langerhans. Celle-ci commence plusieurs années avant
glycosurie. l’apparition de l’hyperglycémie, et les symptômes n’apparaissent que
lorsque 80% des cellules sont détruites.
Il est admis que le diabète type 1 est de cause auto-immune chez des sujets
VIII.2. Classifications des Diabètes
génétiquement prédisposés.
1. Diabète de type 1 Durant la phase de destruction, le plasma renferme des Ac dirigés contre
2. Diabète de type 2 des composants naturels des îlots de Langerhans:
3. Diabètes secondaires:  Les Ac anti-îlots, ICA,
- Pancréatiques  Ac 64K réagit avec une protéine de MM 64000 et qui n’est
- Endocrinopathies présente que dans la membrane des cellules β.
- Médicamenteux/Toxiques  Ac anti-insuline, présents chez les diabétiques au début de la
- Autres maladie, avant tout traitement insulinique.
4. Diabète gestationnel  AC anti Gad
5. Intolérance au glucose Perspectives thérapeutiques:
On distingue deux types principaux de diabète, qui représente les cas les Insulinothérapie;
plus fréquents de diabète: type 1 et type 2. Traitement immunosuppresseur
Diabète type 1: Diabète type 2:
Symptômes: Symptômes:
 diabète insulino-dépendant;  Non insulino-dépendant;
 touche surtout le sujet jeune (avant 30 ans);  Évolution progressive;
 de survenue brutale;  Symptômes peu évocateurs, découvert le plus souvent fortuitement
 polyurie, polydipsie, amaigrissement rapide malgré un appétit lors d’un bilan biologique;
vorace et une asthénie constante;  80% des cas de diabète;
 Touche les sujets de plus de 40 ans, davantage les femmes que les Le risque de malformations est écarté car l’organogénèse est terminée
hommes; après la 26ème semaine de grossesse. Dans son ensemble, 60% des
 Obésité constitue un facteur de risque. femmes ayant fait un diabète gestationnel deviennent diabétiques dans les
Etiologies: 16 années qui suivent
Causé à la fois par: Intolérance au glucose:
*une résistance de l’organisme à l’action de l’insuline; Elle est définie comme :
*une diminution du pouvoir sécréteur du pancréas.  une glycémie à jeun normale, <1,26 g/L;
Dans la majorité des cas, le trouble réside dans l’incapacité des tissus  une glycémie élevée après une HPO (hyerglycemie provoquée par
périphériques à répondre de façon adéquate à une stimulation par voie orale), entre 1,40 et 2 g/L.
l’insuline. Il a une origine génétique.  Véritable problème de santé publique:
Traitement: -en tant que stade fréquent de transition vers le diabète
Quel que soit le mécanisme, le traitement repose sur: type 2.
 Instauration d’un régime alimentaire; -en tant que facteur de risque de développement de
 Administration d’hypoglycémiants oraux maladie cardiovasculaire.
 Insulinothérapie dans les diabètes avancés.
Les diabètes secondaires:
VIII.3. Diagnostic du diabète:
Dans 5% des cas, le diabète est secondaire à une maladie bien définie,
La mesure de la glycémie reste encore le meilleur moyen diagnostic du
impliquant un trouble de la glycorégulation.
diabète.
Diabète gestationnel: Le diagnostic est posé sur la base de la glycémie à jeun et la glycémie de
Le diabète est dit gestationnel lorsque l’intolérance au glucose ou bien 2h après une charge orale de glucose (HGPO).
l’hyperglycémie est découverte pour la 1ère fois au cours de la grossesse: Glycémie à jeun:
 Il peut s’agir d’un diabète type 2 découvert fortuitement au cours a. prélèvement:
de la grossesse, et qui persistera après l’accouchement. Le risque *Sérum ou plasma +++
de malformations congénitales est réel. *Sang total (valeurs < 10 à 15 % p/p au sérum)
 Il peut s’agir d’un diabète gravidique « vrai », qui apparait vers la *Sujet à jeun depuis 10 heures.
26ème semaine de gestation, correspondant à la sécrétion d’HPL Prélèvement analysé le plus rapidement possible.
(hormone lactogène placentaire) responsable de Si délai entre le prélèvement et l’analyse > 1 heure, un inhibiteur de la
l’insulinorésistance. glycolyse est additionné au sang afin de bloquer l’action glycolytique des
Ce type de diabète disparait après l’accouchement. érythrocytes.
Inhibiteur utilisé: le fluorure de Na (inhibiteur de l’énolase) +l’oxalate de Remarque : courbe anormalement élevée (obésité, hépatites, pancréatites)
K sans qu'il s'agisse véritablement de diabète, courbe plate (troubles de
b. Valeurs usuelles: l'absorption intestinale).
0,7 à 1.10 g/l de 10 à 60ans En cas d’anomalie, un 2ème test doit être pratiqué dans les jours suivants
c. Variations physiologiques pour confirmer l’anomalie glycémique.
Alcool et tabac entraînent une augmentation de la glycémie Dosage de l’insuline:
Grossesse : diminution progressive jusqu'à la 18è semaine Méthode immunochimique;
Nouveau-né : hypoglycémie néo-natale Les méthodes immunochimiques utilisent un anticorps spécifique de la
Age (50-60 ans -> 10 %) molécule à doser ainsi qu’une forme marquée de ce même composé. La
Taux diminués lors d'un effort prolongé ou un jeûne mise en présence d’une quantité connue d’anticorps, de molécule
Taux augmentés lors d'un stress, d'une surcharge pondérale spécifique marquée et d’une quantité inconnue de molécules à doser
provenant d’un échantillon, va entraîner la formation de deux types de
HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale) : complexes antigène-anticorps entrant en compétition, l’un avec la
Il s’agit d’une épreuve dynamique qui permet d’apprécier la tolérance molécule marquée, l’autre avec la molécule à doser. Le nombre de
glucidique en suivant les variations de la glycémie après une charge en molécules marquées se fixant à l’anticorps est inversement proportionnelle
glucose administrée per os. au nombre de molécules non marquées initialement présentes dans
Conditions : l’échantillon à doser. Il existe ensuite deux méthodes principales de
Le sujet étant à jeun depuis 12h avec une alimentation équilibrée (200 g de quantification de la réaction : les méthodes en phase homogène et les
glucides) dans les 3 jours qui précédent l’épreuve, repos strict pendant méthodes en phase hétérogène. Ces dernières nécessitent la séparation des
l'épreuve, pas de tabac, proscrire les médicaments qui diminuent la formes liées et des formes libres car il n’existe pas de différence entre les
tolérance au glucose (corticoïdes, oestroprogestatifs…). signaux produits par chacune des formes. C’est le cas notamment de la
Protocole : radio-immunologie, mais ces techniques, nécessitant une étape
on administre une quantité de glucose standard de 75 g (1,75g/kg de poids supplémentaire, ne sont plus utilisées dans le dosage du médicament. À
chez l’enfant) dissoute dans 200 à 300 ml d’eau en moins de 5mn. l’inverse, lorsque le marquage est réalisé par une enzyme ou un
La glycémie veineuse est mesurée à jeun, puis 2h après la charge en fluorophore, la mesure est réalisée par un changement optique généré par
glucose. une différence de comportement entre la forme libre et la forme liée. Ce
Interprétation des résultats : sont les méthodes en phase homogène, plus rapides et entièrement
» A jeun : < 1 g/l , après 2h : < 1,40 g/l ……. Sujet normal automatisables.
» A jeun : 1 - 1.26 g/l , après 2h : 1,40 – 2 g/l …… Sujet intolérant au Jeun de 12h;
glucose Permet de faire la différence entre le type 1 et le type 2.
» A jeun : > 1.26 g/l , après 2h : > 2g/l …… Sujet diabétique Valeurs normales: 2 à 25 μu/ml.
Dosage du peptide C: Fructosamine:
Méthode immunochimique; - Désigne l'ensemble des protéines glyquées présentes dans le sérum, en
Jeun de 12h; particulier l'albumine glyquée (80 %).
Meilleur indicateur de l’intégrité des cellules β. - Leur renouvellement est beaucoup plus rapide que celui de l’HbA1C.
En cas d’insulinome (tumeur rare des cellules béta du pancréas): - La fructosamine est un témoin du niveau moyen du glucose sanguin sur 2
insuline augmente, peptide C augmente à 3 semaines.
En cas d’insuline iatrogène (provoqué par un trraitement): Indications du dosage des fructosamines:
insuline augmente peptide C diminue Hémoglobinopathies : thalassémies, drépanocytoses
Evaluation d'un changement thérapeutique antidiabétique
VIII.4. Surveillance biologique du diabète: Au cours de la grossesse
Hémoglobine glyquée: Dosage: méthode colorimétrique.
Non indiqué comme moyen diagnostique du diabète.
On appelle hémoglobine glyquée, la part de l’hémoglobine qui se fixe sur
le glucose quand le taux de sucre dans le sang est élevé. Son taux est un Micro albuminurie:
reflet de la glycémie pendant toute la durée de vie des globules rouges. Correspond à une élimination d’albumine supérieure à la normale mais
L’hémoglobine glyquée est un paramètre biologique de la surveillance de inférieure à la quantité pouvant être détectée par les bandelettes réactives.
l’équilibre glycémique des états diabétiques (diabète instable, mal Méthode de dosage: immuno turbidimétrie.
équilibré, insulino-dépendant ou non). Valeurs comprises entre 30-300 mg/24h.
Le dosage de l’hémoglobine glyquée pour surveiller la glycémie des Si valeur >300 mg/24h détectée par les bandelettes réactives et on parle de
personnes diabétiques. Cet examen permet de vérifier le contrôle du macro albuminurie.
diabète des deux derniers mois. L’HbA1C aide à visualiser la Intérêt:
concentration moyenne de glucose dans le sang sur cette période. Grâce à Indicateur précoce de la dénaturation de la barrière glomérulaire;
ce dosage, le médecin pourra voir si le traitement pris par le patient pour Évaluation de la glomérulopathie à un stade précoce.
contrôler son diabète est efficace ou non.
L’hémoglobine glyquée est obtenue grâce à un prélèvement sanguin sur VIII.5. Complications du diabète:
anticoagulant (héparine, EDTA), en général au pli du coude. Le dosage a. complications aigues:
peut aussi être réalisé à partir d’une goutte de sang obtenue par piqûre au  Acidocétose diabétique:
bout du doigt. Complication fréquente dans le diabète type 1.
Un taux normal d’hémoglobine glyquée représente entre 4 et 6 % de Résultat de l’exacerbation de l’état de jeûne
l’hémoglobine totale. Chez une personne diabétique dont le diabète est Associe:
contrôlé, ce taux doit être autour de 6,5 %. Hyperglycémie:
Diminution de l’entrée de glucose dans les cellules par manque d’insuline;
Surproduction hépatique de glucose par sécrétion accrue de glucagon IX. Les syndromes hypoglycémiques
d’adrénaline et de cortisol (glycogénolyse et néoglucogenèse).
IX.1. Définition de l’hypoglycémie
Hypercétonémie:
Blocage de la synthèse des TG et activation de la lipolyse ==> oxydation Elle se définit comme la constatation simultanée de:
des AG ==> formation des corps cétoniques: acide acétoacétonique, acide - signes de neuroglucopénie;
β hydroxy butyrique, acétone. - une glycémie basse: <0.6g/l à jeun ou < 0.5g/l 2 à 3 h après un repas;
Acidose: - correction des symptômes lors de la normalisation de la glycémie.
Accumulation des acides acétoacétiques et β-hydroxy butyrique
 Coma hyperglycémique hyperosmolaire: IX.2. Symptômes de l’hypoglycémie
Se caractérise par une glycémie élevée et une absence de cétose. Ceux liés à la neuroglucopénie:
La sécrétion pancréatique d’insuline est suffisante pour prévenir la lipolyse Spécifiques et de survenue brutale:
mais pas assez pour prévenir la néoglucogenèse et faciliter l’entrée du - trouble brutal du comportement
glucose dans les cellules. - perte brutale de la capacité à exécuter une tâche, un raisonnement,
Les symptômes du syndrome hyperosmolaire relèvent principalement de la - trouble brutal de la vue de la parole, de la marche,
déshydratation des cellules du SNC. - crise d'épilepsie,
b. Complications dégénératives (chroniques) du diabète: - au maximum perte de connaissance,
 Angiopathies diabétiques: - coma.
Complications artérielles; Ceux liés à la réaction neurovégétative:
Micro angiopathie: épaississement des parois capillaires diminution de - Sueurs;
lumière vasculaire privation en oxygène agrégation plaquettaire - Palpitations;
thrombose. - Tremblements;
Au niveau des Yeux et des reins - Tachycardie;
Macro angiopathie: développement de lésions athérosclérosiques dans les - Pâleur;
artères de gros et moyens calibres
 Neuropathies diabétiques:
IX.3. Les syndromes hypoglycémiques
Complications neurologiques:
Hypoglycémie organique
Hypoglycémie réactionnelle
IX.3.1. Hypoglycémies réactionnelles L’hypoglycémie est liée au rôle que joue le foie dans l’homéostasie
Se définit comme une glycémie <0.5g/l 2 à 3 h après un repas, avec une glucidique.
glycémie à jeun normale. Ainsi au fait que le rein réalise la néoglucogenèse et catabolise l’insuline:
Hypoglycémies postprandiales: ceci explique en partie la survenue occasionnelle d’hypoglycémie sévère
Liées à l’absorption rapide du glucose et à une sécrétion insulinique dans l’IRC.
exagérée. Pathologies endocriniennes:
Chirurgie gastrique (gastrectomie); Déficit en cortisol:
Hypoglycémie post prandiale idiopathique ou essentielle. primaire entraine : insuffisance surrénalienne
secondaire entraine : hypopituitarisme
IX.3.2. Hypoglycémies organiques ou à jeun Déficit en GH et en adrénaline sans réel impact sur le plan clinique.
Hypoglycémie à jeun induite par l’alcool:
Survient à jeun ou après un exercice physique; Se définit par une glycémie
L’alcool inhibe la néoglucogenèse.
à jeun < 0.6g/l.
Sepsis:
Insulinome:
Libération de cytokines qui stimulent l’insulino sécrétion ou agissent
C’est une tumeur sécrétante des cellules β des ilots de Langerhans. Il
directement sur la production hépatique de glucose.
associe:
un hyperinsulinisme >20 pmol/l et une glycémie < 2.2 mmol/l.
le peptide C est sécrété en quantités équimolaires que l’insuline. IX.3.3. Hypoglycémie de l’enfant
Hypoglycémies iatrogènes Néonatale:
Surdosage d’insuline ou prise excessive d’antidiabétiques chez les Survient de façon transitoire chez un bébé sain mais aussi chez des bébés:
diabétiques; - en détresse respiratoire;
Administration d’insuline ou d’hypoglycémiants oraux chez un sujet sain; - portant une infection sévère;
β bloquants associés au jeun, pathologie hépatique ou exercice physique; - ayant un faible poids de naissance;
Aspirine chez les enfants;
Hypoglycémie induite par l’insuline ou autre médicaments est potentialisée
par l’alcool.
Tumeurs extra pancréatiques:
Comme les carcinomes hépatocellulaires et surrénaliens.
Soit ces tumeurs sont consommatrices de glucose;
Soit elle produisent des facteurs mimant l’action de l’insuline:
Pathologies hépatiques et rénale:
CHAPITRE 2 : METABOLISME DES LIPIDES Ce sont des acides carboxyliques aliphatiques de formule générale: CH3-
(CH2)n-COOH.
Objectifs pédagogique du chapitre :
I.3.1. NOMENCLATURE ET STRUCTURE
 Comprendre les différentes voies du catabolisme des lipides
 Pouvoir interpréter un bilan lipidique I.3.1.1. ACIDES GRAS SATURES
Ces hydrocarbures ont une nomenclature comportant le terme "acide" suivi
I. LES LIPIDES du nombre d'atomes de carbone et le suffixe -anoïque (exemple: acide
octanoïque).
I.1. DEFINITION
Dans les graisses naturelles, les acides gras saturés trouvés sont
Ils sont composés d'un groupe de substances chimiquement hétérogènes
généralement des dérivés à chaîne linéaire et ont un nombre pair d'atome
apparentées aux acides gras.
de C.
Ces molécules sont caractérisées par leur hydrophobicité, mais elles sont
La biosynthèse des acides gras aboutit, chez les mammifères, à un acide
solubles dans les solvants organiques non polaires tels que l'éther ou le
gras saturé à 16 C: l'acide hexadécanoïque ou acide palmitique de formule
chloroforme.
CH3-(CH2)14-COOH.
Sur une chaîne d'acide gras, la numérotation des carbones commence avec
I.2. CLASSIFICATION le C du groupement carboxylique (C n°1) et finit par le carbone méthylique
Elle se fait principalement selon un critère fonctionnel. terminal. Le C n°2 est dénommé α, le C n°3 est β et le carbone méthylique
On distingue ainsi : terminal est le carbone ω.
 des lipides de réserve (les triacylglycérols), Citons un autre acide gras : l'acide stéarique à 18 C. Tous les acides gras
 des lipides de structure (acide phosphatidique et dérivés, humains sont synthétisés soit à partir de l'acide palmitique, soit à partir
sphingolipides, stérides...), d'acides gras d'origine alimentaires.
 des lipides à vocation de molécules informatives (prostaglandines,
facteur d'agrégation des plaquettes, thromboxanes, hormones I.3.1.2. ACIDES GRAS INSATURES
stéroïdes...). Leur nomenclature s'effectue de la même façon que précédemment,
On peut néanmoins réaliser une classification basée sur leur structure cependant le suffixe devient -énoïque. Il existe principalement deux
chimique selon les notions de lipides simples (esters d'acides gras et de conventions d'indication des positions des doubles liaisons.
divers alcools) et de lipides complexes (esters d'acides gras et d'alcool dont Voyons cela avec des exemples.
la molécule contient divers groupes en plus de l'acide gras et de l'alcool). L'acide oléique est un acide gras mono-insaturé à 18 C avec une seule
double liaison entre les carbones 9 et 10. On peut donc le nommer en
I.3. LES ACIDES GRAS indiquant l'emplacement de la double liaison en partant du carbone n°1 :
(18 :1) Δ 9 (18C, 1 double liaison, elle se trouve dès le C n°9). On peut La cyclisation de l'acide gras précurseur par des cyclo-oxygénases COX
aussi partir du sens opposé, du C ω et déterminer que la double liaison et à aboutit à la formation de prostanoïdes. L'oxydation par des lipo-
9 carbones de l'ω, on parlera alors d'ω 9. oxygénases permet la synthèse des leucotriènes.
Les doubles liaisons des acides gras naturels sont majoritairement en
position cis selon des angles de repliement de 120°. I.3.2. PROPRIETES DES ACIDES GRAS
Il existe aussi des acides gras poly-insaturés, dont les doubles liaisons sont Plus un acide gras a une chaîne longue, moins il sera soluble.
séparées par 3 carbones. Citons : La seule partie réactive des acides gras est le groupement carboxylique.
 l'acide linoléique : (18 :2) Δ 9,12 ou ω 6, L'insaturation détermine le point de fusion. Plus un acide gras est insaturé,
 l'acide α-linolénique : (18 :3) Δ 9,12,15 ou ω 3, plus son point de fusion est bas : l'acide stéarique a un point de fusion de
 l'acide γ-linolénique ou linolénique : (18 :3) Δ 6,9,12 ou ω 6, 69,4°C, l'acide oléique : 13,4°C, l'acide linoléique : -5°C.
 l'acide arachidonique ou eicosatétranoïque : (20 :4) Δ 5,8,11,14 ou On comprend donc aisément que les graisses animales solides à 20°C
ω 6. soient riches en acides gras saturés et que les huiles soient riches en acides
 L'acide linoléique et l'acide α-linolénique ne peuvent pas être gras insaturés.
désaturés chez l'homme, dépourvu de désaturase au-delà du C n°9. Les acides gras insaturés sont de plus sensibles à l'oxydation entraînant des
Cela explique qu'ils sont indispensables à l'homme et doivent donc coupures de doubles liaisons, c'est le rancissement des graisses
être apportés par l'alimentation. (responsable par exemple de l'odeur désagréable que peut avoir le beurre).
Les eicosanoïdes, dérivés d'acides gras polyénoïques à 20 carbones, se
trouvent facilement dans l'organisme (leucotriènes, prostaglandines...). Ces I.3.2.1. REACTION D'ESTERIFICATION
composés sont d'origines endogènes, ce qui nous amène à déterminer la
synthèse d'acides gras polyinsaturés depuis les deux acides gras
indispensables.
La ration alimentaire normale apporte de l'acide linoléique et de l'acide α- In vivo on peut observer cette réaction enzymatique pour former des
linolénique. L'acide linoléique perd deux hydrogènes sous l'action de la lipides de l'organisme.
désaturase Δ 6.On obtient l'acide γ-linolénique qui va se rallonger de deux Citons le glycérol, trialcool dont chaque fonction alcool est estérifiable par
carbones sous l'action d'une synthase. Cette réaction donne l'acide des acides gras. Cela peut mener à des monoacylglycérols, des
eicosatriénoïque (20 :3) Δ 8,11,14 ω 6. Et sous l'action d'une désaturase Δ diacylglycérols et des triacylglycérols ou triglycérides. Les possibilités
5 (à nouveau perte de 2H) on aboutit à la création de l'acide arachidonique. sont multiples par la multiplicité de combinaisons d'acides gras pouvant
L'acide eicosatriénoïque et l'acide eicosatétranoïque sont donc les entrer dans leur composition. On peut donc définir les graisses et huiles
précurseurs de prostanoïdes (prostaglandines et thromboxanes) et de comme étant des esters d'acides gras et d'alcools en conservant
leucotriènes. individuellement les caractéristiques énoncées antérieurement.
Un exemple concret de ces estérifications est le cholestérol, stérols des Peuvent ainsi être ajoutés : sérine --> phosphatidylsérine, éthanolamine -->
tissus animaux le plus abondant. A l'origine des hormones stéroïdes, il est phosphatidyléthanolamine,choline (triméthyléthanolamine) -->
constitué de : 4 cycles accolés (formant le noyau cholestane), d'une seule phosphatidylcholine, inositol (hexa-alcool cyclique) -->
double liaison (entre les C5 et C6) et d'une fonction alcool estérifiable sur phosphatidylinositol, glycérols --> phosphatidylglycérols.
le carbone β par un acide gras pour former un stéride. Un phosphatidylglycérol dispose d'une fonction OH libre permettant sa
réaction avec un autre acide phosphatidique donnant un lipide complexe
I.3.2.2. REACTION D'AMIDIFICATION nommé cardiolipine (ce composé contient donc 2 phospholipides esters).

I.4.1.2. LES PHOSPHOLIPIDE-ETHERS


Soit, in vivo : acide gras + sphingosine (aminoalcool à 18C) --> céramides On conserve le glycérol en structure de base avec son groupement alkyl en
(famille des) + eau C1.
En C2, la fonction alcool est estérifiée par un acide gras et on retrouve
I .4. LES LIPIDES COMPLEXES l'acide phosphorique en C3.
On distingue deux grandes familles : les glycérophospholipdes et les On va donc retrouver les mêmes possibilités de réactions que
sphingolipides. précédemment : addition de molécule alcool aboutisant à une multidute de
lipides complexes.
4.1. LES GLYCEROPHOSPHOLIPIDES Citons par exemple le facteur d'activation des plaquettes : plaquets
Leur structure est constituée d'une molécule de glycérol comportant une activating factor (PAF) : la 1-alkyl-2-acétylglycérophosphocholine.
liaison ester ou éther en position 1 du glycérol.
On obtient donc deux sous familles : I.4.2. LES SPHINGOLIPIDES
 les phospholipides-esters Issu des céramides (étudiées en 3.2.2) ou N-acylsphingosine, ils sont le
 les phospholipides-éthers. fruit de l'addition/fixation d'une molécule sur la fonction alcool primaire de
la sphingosine.
I.4.1.1. LES PHOSPHOLIPIDE-ESTERS Si la molécule fixée est une phosphorylcholine, on aboutit à la famille des
Ils ont pour structure de base l'acide phosphatidique : un glycérol estérifié sphingomyélines.
par deux acides gras en C1 et C2 et estérifié par une molécule d'acide S'il s'agit d'un ose, on aboutit à la famille des cérébrosides.
phosphorique en C3. Ce dernier C3 est donc porteur d'un motif OH en bout Citons par exemple les galactosylcéramides, constituant majeur des
de branche. myélines.
Cela permet l'addition éventuelle d'une deuxième alcool pour aboutir à
d'autres glycérophospholipides. I.4.3. Conclusion sur la bicouche lipidique
Elle renferme un grand nombre de lipides complexes qui vont se répartir - Les phospholipases qui hydrolysent les phospholipides sont au nombre de
spécifiquement sur le feuillet interne ou externe, selon leur charge. 4 : A1, A2, C et D.
Ainsi, sur le feuillet externe, on trouvera : Les phospholipases A1 et A2 (B) libèrent respectivement les acides gras
 phosphatidylcholines, qui estérifient les fonctions alcool primaire et secondaire du glycérol. Les
 sphingomyélines, composés privés de ces acides gras sont appelés des lysophospholipides.
 glycolipides. La phospholipase C hydrolyse la liaison ester entre le glycérol et le
Sur le feuillet interne : groupement phosphate.
 phosphatidylsérine, Enfin la phosphlipase D libère l’alcool qui spécifie le phospholipide.
 phosphatidyléthanolamines, Ces enzymes hydrolytiques agissent uniquement à l’interface eau-lipide.
 phosphatidylinositols. Aussi se fixent-elles à la surface des grosses gouttelettes de graisses.
Le cholestérol est présent sur les deux faces. Les premiers produits de l’action des lipases et phospholipases, acides gras
et lysophospholipides, servent de puissants détergents qui accélèrent le
II. METABOLISME DES LIPIDES processus en réduisant les graisses en fines gouttelettes.
II.1 - DIGESTION DES LIPIDES ET MOBILISATION DES L’action des sels biliaires complète la mise en émulsion et la formation de
micelles des triglycérides.
LIPIDES DE RESERVE
II.1.1 - DIGESTION DES LIPIDES ALIMENTAIRES II.1.1.2 - ABSORPTION
Les principaux lipides de l’alimentation humaine ou animale sont Les micelles mixtes contiennent, après l’action complète des lipases, des
constitués essentiellement de acides gras et des 2-mono-acylglycérols, Elles sont absorbées par les
 triacylglycérols (triglycérides), entérocytes (cellules absorbantes de l’intestin grêle). Une fois entrés dans
 phospholipides l’entérocyte, les acides gras sont pris en charge par un transporteur
 stérols. spécifique qui les achemine dans le réticulum endoplasmique lisse. Ils sont
La digestion de ces lipides est sous la dépendance des enzymes rejoints par les 2-monoacylglycérols qui ont la capacité de traverser par
pancréatiques et des sels biliaires. diffusion passive. Les acides gras et les 2-mono-acylglycérols sont
recombinés en triacylglycérols par les enzymes du réticulum
II.1.1.1 - LES ENZYMES endoplasmique.
Les enzymes qui hydrolysent les lipides sont les lipases et les
phospholipases. Leur activité se déroule dans l’intestin grêle. II.1.1.3 - LES LIPOPROTEINES
- L’action complète de la triglycéride lipase (pancréatique) conduit à la Les lipoprotéines sont des formes de transport des graisses hydrophobes
libération de 2 acides gras et du 2-monoacylglycérol. Seuls les esters des dans le plasma sanguin. De structure globulaire, elles sont constituées d’un
fonctions alcool primaire du triglycéride sont hydrolysés.
cœur hydrophobe de triglycérides, entouré de protéines, d’esters de hydrolysés en acides aminés. Le cholestérol est incorporé dans le réticulum
cholestérol et de phospholipides. Les lipoprotéines majeures sont endoplasmique.
- les chylomicrons synthétisés dans les entérocytes (intestin) : forme de Les HDL circulent sans discontinuer et contiennent une enzyme (la
transport des triglycérides alimentaires vers les tissus utilisateurs et le tissu phosphatidylcholine:cholestérol acyltransférase) qui estérifie le cholestérol
adipeux. libre. Ils sont prélevés par les hépatocytes et se retrouvent dans les sels
- les VLDL (very low density lipoproteins) synthétisées dans le foie biliaires.
- les LDL (low density lipoproteins)
- les HDL (high density lipoproteins) synthétisés dans le sang II.1.2 - MOBILISATION DES TRIGLYCERIDES DE
C’est sous la forme de triglycérides que les lipides sont transportés vers
RESERVE
les tissus adipeux et c’est sous la même forme qu’ils sont acheminés vers
Les triglycérides de réserve constituent une source d’énergie utilisable par
les tissus utilisateurs.
toutes les cellules. Ils sont mobilisés en l’absence du glucose. La diète
Au niveau des capillaires, les chylomicrons et les VLDL s’attachent
prolongée, les exercices physiques et le stress favorisent leur mobilisation.
progressivement aux parois où une lipoprotéine lipase les débarrasse de
Ils sont hydrolysés par une triglycéride lipase sensible aux hormones
leur triglycéride en les hydrolysant en acides gras et en 2-
(adrénaline, glucagon, noradrénaline, corticostéroïdes, hormones
monoacylglycérol.
hypophysaires, etc.). Leur hydrolyse dans les adipocytes fournit des acides
Le reste protéique du chylomicron retourne dans le flux sanguin et est
gras et des 2-monoacylglycérol. Ce dernier est hydrolysé dans les cellules
retiré par le foie.
par une lipase intracellulaire non sensible aux hormones.
Les acides gras et le monoglycéride pénètrent dans les cellules adjacentes :
musculaires ou adipeuses, par diffusion grâce au gradient entre les deux
compartiments. Ces composés sont utilisés directement dans la b- II.2 - ß-OXYDATION DES ACIDES GRAS
oxydation ou sont retransformés en triglycérides pour être stockés. II.2.1 - INTRODUCTION
Les VLDL sont transformés en LDL dans les tissus. Ces derniers sont Les acides gras et les glucides jouent un rôle très important comme
abondants dans la circulation. Ils constituent une source de cholestérol substances énergétiques aussi bien chez les animaux que chez les
exogène aux tissus. Au cours de leur déplacement dans le flux sanguin ils végétaux.
se fixent sur des récepteurs spécifiques localisés dans des certains sites de Les cellules peuvent en accumuler de très grandes quantités sous forme de
la membrane plasmique, appelés “ vésicules recouvertes ”. Lorsque la triglycérides. Chez les vertébrés les lipides fournissent environ 40% de
quantité de récepteurs-ligands est suffisante, la vésicule s’invagine et se l'énergie lorsqu'ils sont soumis à un régime normal. Les triglycérides
ferme sur elle-même donnant un réceptosome inclus dans le cytoplasme représentent des formes de mise en réserve de l'énergie hautement
(figure 54). Ces réceptosomes sont dirigés, à travers des tubulures, vers des concentrée. Ceci est lié au fait qu’ils sont mis en réserve pratiquement sous
lysosomes avec lesquels ils fusionnent. Les enzymes du lysosome libèrent forme anhydre alors que les glucides et les protéines sont liés à l'eau. Ces
les acides gras, le cholestérol et les récepteurs protéiques qui sont lipides sont essentiellement stockés dans le cytoplasme des cellules
adipeuses qui sont spécialisées dans leur synthèse. Ils sont véhiculés par le
sang vers les sites d'utilisation.
La séquence de réactions dans laquelle ils sont impliqués débute par une
hydrolyse enzymatique par les lipases, puis par une dégradation
préparatoire appelée ß-oxydation, avec transformation des acides gras en
acétyl-CoA qui alimente ensuite le cycle tricarboxylique. Pour être oxydés
les acides gras à longue chaîne (nombre de carbones supérieur à 10)
doivent d'abord être activés. Dans la mitochondrie l’acyle est transféré sur
le coenzyme A dans l’espace intermembranaire, puis transporté dans la
matrice par la navette acylcarnitine à travers la membrane mitochondriale
interne. Les acides gras à courte chaîne peuvent être transportés
directement dans la matrice mitochondriale pour y être activés. II.2.3 - ACTIVATION ET ENTREE DES ACIDES GRAS
DANS LA MITOCHONDRIE
II.2.2 - HYDROLYSE DES TRIGLYCERIDES II.2.3.1 - ACTIVATION DES ACIDES GRAS PAR LE
L'utilisation des triglycérides comme source d'énergie débute par une COENZYME A
hydrolyse par les lipases qui libèrent le glycérol et les acides gras. Elle se
fait en deux étapes : Les acides gras sont activés par leur fixation sur HSCoA. L’activation est
La première activité hydrolytique, catalysée par la triglycéride lipase, catalysée par l’acyl-CoA synthétase. La réaction est la suivante :
libère un 2- monoacylglycérol et 2 acides gras. Elle est régulée par des
hormones comme l'adrénaline, la noradrénaline, le glucagon et l'hormone
corticotrope. On obtient : Au cours de la réaction, l'ATP subit une coupure libérant du
pyrophosphate et de l'AMP. Le pyrophosphate est hydrolysé par une
pyrophosphatase pour apporter l’énergie complémentaire à la formation de
la liaison thioester. L'AMP est rephosphorylé ensuite en ADP puis en
ATP par Adénylate kinase. Les acides gras à courte chaîne (nombre de
carbones au plus égal à 10), peuvent être transportés directement dans la
matrice et y subir leur activation par une acyl-CoA synthétase matricielle.
En ce qui concerne les acides gras à longue chaîne (nombre de carbones
supérieur à 10) l’activation se fait dans l’espace intermembranaire de la
mitochondrie par une acylCoA synthétase liée à la face interne de la
membrane mitochondriale externe, voir figure. Le radical acyle est alors
transporté dans la matrice par le système cartine.

II.2.3.2 - TRANSFERT SUR LA CARNITINE


Sous la forme d’acyl-CoA, les acides gras à longue chaîne ne peuvent
traverser la membrane mitochondriale interne. Leur passage est facilité par
la carnitine. Le radical acyle est pris en charge par la carnitine. La réaction
est catalysée par l'acyl-carnitine transférase 1 (située sur la face externe de
la membrane interne). L'acyl-carnitine et le HSCoA sont libérés dans
l’espace intermembranaire. Acyl-CoA + Carnitine ¾® Acyl-carnitine +
HSCoA

II.2.3.3 - TRANSFERT PAR LA TRANSLOCASE


L'acyl-carnitine traverse la membrane mitochondriale grâce à l’action
d’une acylcarnitine translocase).

II.2.3.4 - TRANSFERT DU RADICAL ACYLE SUR LE


HSCOA MATRICIEL
Dans la matrice mitochondriale le radical acyle est retransféré sur le
HSCoA. La réaction est catalysée par l'acyl-carnitine transférase 2, située
sur la face matricielle de la membrane interne. L’acyl-CoA ainsi
reconstitué devient le substrat des réactions qui vont se dérouler dans la
matrice mitochondriale. Acyl-carnitine + HSCoA ¾® Acyl-CoA +
Carnitine

II.2.4 - ETAPES DE LA b-OXYDATION DES ACIDES


GRAS
La séquence des réactions se déroule en 4 étapes, appelée tour. Pour un
acide gras à 2n carbones (n-1) tours sont nécessaires pour son oxydation R-CO-CH2-CO~SCoA + HSCoA ¾® CH3~CO~SCoA + R-CO~SCoA
complète en n acétylCoA.
A la fin de chaque tour il y a libération de 1 acétyl-CoA, de 1 FADH2 et de
II.2.4.1 - PREMIERE DESHYDROGENATION DE L’ACYL- 1 NADH,H+ à l'intérieur de la matrice. Si nous partons d'un acide gras à 2n
COA carbones il faut (n-1) tours pour obtenir la ß-oxydation complète de l'acide
gras avec la libération de n acétyl-CoA. Dans le cas d'un acide gras à
Entre les carbones 2 et 3 de l’acyl-CoA il se produit une déshydrogénation
(2n+1) carbones la ß-oxydation de l'acide conduit à la libération de (n-1)
effectuée par l'acyl-CoA déshydrogénase, flavoprotéine à FAD, qui crée
acétyl-CoA et de 1 propionyl-CoA.
une double liaison. R-CH2-CH2-CH2-CO~SCoA + FAD ¾® R-CH2-
CH=CH-CO~SCoA + FADH2
II.2.4.5 - BILAN DE LA DEGRADATION D’UN ACIDE
II.2.4.2 - HYDRATATION DE LA DOUBLE LIAISON GRAS PAR B-OXYDATION
Elle est assurée par une énoyl-CoA hydratase. Le produit obtenu est le Il est résumé dans le tableau ci-dessous.
béta- hydroxyacyl-CoA. La fixation du radical OH est orientée sur le
carbone 3. R-CH2-CH=CH-CO~SCoA + H2O ¾® R-CHOH-CH2-CO-
ScoA

II.2.4.3 - DEUXIEME DESHYDROGENATION


Elle porte sur le béta-hydroxyacyl-CoA. L'accepteur des hydrogènes est le
NAD+. L'oxydation de la fonction alcool conduit à une fonction cétone.
L'enzyme est le beta- hydroxyacyl-CoA déshydrogénase et le composé
obtenu est le beta-cétoacyl-CoA : R-CHOH-CH2-CO~SCoA + NAD+ ¾®
R-CO-CH2-CO~SCoA + NADH,H+
II.3 - DEVENIR DU GLYCEROL, DU PROPIONYL-CoA ET
II.2.4.4 - CLIVAGE DE L'ACIDE GRAS DES ACETYL-CoA
C'est la dernière réaction de la séquence. L'enzyme qui intervient est la II.3.1 - DEVENIR DU GLYCEROL
ßcétothiolase (lyase). Au cours de la thiolyse en présence d'un HSCoA il y Le glycérol issu de l’hydrolyse des triglycérides ou des phospholipides
a libération d'un acétyl-CoA et reformation d'un acyl-CoA dont la chaîne peut être réutilisé comme précurseur de la synthèse des lipides ou du
est privée de 2 carbones. Ce dernier acyl-CoA va servir de substrat pour le glucose (néoglucogenèse) ou suivre la voie de la glycolyse. Il subit la
tour suivant. séquence des réactions qui suivent :
II.3.1.1 – PHOSPHORYLATION DU GLYCEROL
La réaction est catalysée par la glycérol kinase. Le glycérol 3-P formé peut
être prélevé pour la synthèse des lipides
II.3.2.2 - ISOMERISATION DU 2-METHYL MALONYL-
COA
Le 2-méthylmalonyl-CoA est transformé en succinyl-CoA par la 2-méthyl
II.3.1.2 – DESHYDROGENATION DU GLYCEROL 3-P
malonylCoA carboxymutase, intermédiaire du cycle de Krebs et
Elle est catalysée par la glycérol-P déshydrogénase. Il se forme de la 3- P
susceptible d’être converti en malate, précurseur de la néoglucogenèse.
dihydroxyacétone.

II.3.1.3 – ISOMERISATION EN GLYCERALDEHYDE 3-P


L’enzyme qui intervient est la phosphotriose isomértase rencontrée dans la II.3.3 - DEVENIR DES ACETYL-COA
glycolyse. Le glycéraldéhyde 3-P peut suivre la voie de la glycolyse ou
II.3.3.1- OXYDATION DANS LE CYCLE DE KREBS
celle de la néoglucogenèse.
Les acétyl-CoA sont complètement oxydés en CO2 suivant la réaction
globale :

II.3.2 - DEVENIR DU PROPIONYL-CoA


Les acides gras à nombre impair de carbones sont rares et ne se trouvent II.3.3.2 - PRECURSEURS DE BIOSYNTHESE DES
que dans quelques organismes marins et dans les végétaux. On obtient, à LIPIDES ET DES PHOSPHOLIPIDES
l’issue de la ß-oxydation, un résidu final qui est le propionyl-CoA. Ce Ils sont des précurseurs dans la synthèse des acides gras ou des lipides,
dernier subit une séquence de réactions qui le transforment en succinyl- cholestérol et des corps cétoniques via la cétogenèse. Ils peuvent aussi être
CoA. oxydés en glyoxylate dans les glyoxysomes. Les acétyl-CoA, par ce biais,
deviennent des précurseurs de la synthèse du glucose.
II.3.2.1- CARBOXYLATION ET FORMATION DU 2-
METHYL MALONYL-COA II.4 - CETOGENESE HEPATHIQUE
La réaction est catalysée par la propionyl-CoA Carboxylase.
La cétogenèse se déroule exclusivement dans les mitochondries du foie. II.4.3.2 – FORMATION DU 3-HYDROXYBUTYRATE ET
L’acétylCoA est transformé en corps cétoniques (acétoacétate, acétone, et DE L’ACETONE
3-hydroxybutyrate). Les réactions conduisant à l’acétoacétate sont au
L'acétoacétate, une fois formé, est réduit en 3-hydroxybutyrate par 3-
nombre de 3.
hydroxybutyrate déshydrogénase et/ou décarboxylé en acétone par
l’acétoacétate décarboxylase suivant les réactions
II.4.1 – FORMATION DE L’ACETOACETYL-COA
Elle est catalysée par l’acétoacétyl-CoA synthase 2 CH3-CO~SCoA ¾®
CH3-CO-CH2-CO~SCoA + HSCoA

III.4.2 – FORMATION DE LA 3-HYDROXY 3-METHYL Les corps cétoniques sont des composés énergétiques qui sont libérés dans
GLUTARYL-COA (HMG). le sang. Lorsque les glucides sont abondants et que le glucose est fourni
Ce composé est aussi le précurseur de la synthèse du cholestérol. La sans limitation aux tissus, les corps cétoniques sont en quantité faible dans
réaction est catalysée par la 3-hydroxy 3-méthyl glutaryl-CoA synthase qui le sang. Lorsque, par contre, de grandes quantités de triglycérides sont
condense un autre acétylCoA sur l’acétoacétyl-CoA. dégradés en réponse à une demande de tout l’organisme, le foie accroît sa
cétogenèse et la quantité de corps cétoniques augmente et peut atteindre 2 à
3 mmol/l dans le sang. L'acétoacétate et le ß-hydroxybutyrate constituent
des composés énergétiques de valeur pour les muscles squelettiques et le
muscles cardiaque. Ils fournissent environ 10% de l'énergie consommée
par ces tissus. En effet ces muscles contiennent une 3-cétoacyl Coenzyme
II.4.3 – GENERATION DES CORPS CETONIQUES A transférase qui transforme l'acétoacétate en acétoacétyl-CoA. Ce dernier
II.4.3.1 – FORMATION DE L’ACETOACETATE peut être clivé en 2 acétyl-CoA par une thiolase, semblable à celle
Le clivage du 3-hydroxy 3-méthyl glutaryl-CoA par la 3-hydroxy 3-méthyl rencontrée dans la boxydation des acides gras.
glutarylCoA lyase
II.5 - ß-OXYDATION DES ACIDES GRAS INSATURES
Les acides gras insaturés sont dégradés de la même façon que les acides
gras saturés après leur activation et leur liaison au coenzyme A. Cependant
deux enzymes, une isomérase et une épimérase sont nécessaires pour
l'oxydation complète de ces acides. L'action de l‘isomérase peut être
illustrée au moyen de la dégradation de l'acide oléique en C18 qui présente
une double liaison cis entre les carbones 9 et 10. Les trois premiers tours
enlèvent 6 carbones sous forme de 3 acétyl-CoA. La molécule restante a La vitesse de l’hydrolyse des triacylglycérols est accélérée par des
une double liaison entre C3 et C4 et sous forme cis, ce qui empêche la hormones (glucagon, adrénaline, noradrénaline, etc.) qui se fixent sur la
formation de la double liaison de la ß-oxydation entre C2 et C3. surface de la cellule-cible.
L'isomérase transforme la liaison cis en trans et la déplace entre C2 et C3, La stimulation de l’adényl-cyclase transforme l’ATP en AMPc. Ce dernier
ce qui permet à la ß-oxydation de se poursuivre. active la protéine kinase A. Cette dernière phosphoryle la triglycéride
lipase déphosphorylée (inactive dans les adipocytes) en triglycéride lipase
phosphorylée (active). La vitesse de l’hydrolyse augmente et ceci est un
signal pour l’utilisation des acides gras pour les tissus tels que le coeur, le
Dans le cas des composés insaturés avec des doubles liaisons cis en
muscle squelettique et le foie. Dans le foie la b-oxydation et la ré-
position 6 et 9, les deux premiers tours enlèvent 2 acétyl-CoA. Le composé
estérification des acyl-CoA sont possibles. La vitesse de l’oxydation des
restant qui a deux doubles liaisons en position 2 et 5 est hydraté sur la
acides gras est déterminée par le taux d’entrée des acyl-CoA dans la
première double liaison en donnant un produit de la configuration D qui
mitochondrie par l’intermédiaire de l’activité de l’acyl-carnitine tranférase.
n'est pas un substrat de la ß-oxydation. Il est alors épimérisé en composé L
Ce taux peut être modifié par le malonyl-CoA (produit de carboxylation de
par une épimérase.
l’acétyl-CoA) qui inhibe l’acylcarnitine transférase 1. Lorsque la
concentration du malonyl-CoA est suffisante pour inhiber l’acylcarnitine
transférase 1 (ce qui maintient les acides gras dans le cytoplasme) la
lipogenèse est stimulée.
En cas de jeûne la libération des acides gras par le tissu adipeux s’accroît et
la cétogenèse s’accélère. Après un jeûne prolongé (supérieur à 2 ou
3semaines) le taux sanguin en corps cétogènes est de 8 mmol.l-1 , le
cerveau s’adapte à l’utilisation des corps cétoniques et 70 % des besoins
énergétiques sont assurés par leur soin. Le diabète sucré sévère est
provoqué par une insuffisance de la sécrétion ou d’action de l’insuline. Il
provoque une mauvaise utilisation du glucose. Les personnes malades ne
peuvent pas synthétiser des acides gras et des triacylglycérols à partir des
glucides ou des acides aminés. La vitesse d’oxydation des acides gras et
des acides aminés est accrue ainsi que la formation des corps cétoniques.
II.6 - REGULATION DU METABOLISME DES LIPIDES
Ces malades perdent donc du poids. L’insuline a un effet antilipolytique.
La libération des acides gras par le tissu adipeux est contrôlée Elle permet le transport du glucose dans le tissu adipeux, ce qui stimule la
- par la vitesse de l’hydrolyse des triacylglycérols lipogenèse et réduit la lipolyse. Dans ces conditions la pyruvate DH et
- et par celle de l’estérification du glycérol par les acyl-CoA. l’acétyl-CoA carboxylase sont stimulées pour la production respective de
l’acétyl-CoA et du malonyl-CoA. L’insuline stimule aussi la synthèse du prise de médicaments doit également être signalée au médecin car certaines
cholestérol dans le foie provoquant l’activation, par déphosphorylation, de substances peuvent altérer les résultats du bilan lipidique.
la HMG CoA réductase. L’insuline active les phosphatases aussi bien dans
le foie que dans les adipocytes. Dans ces conditions et sous son action, la III.3. INTERET
HMG-CoA réductase active prédomine dans les cellules hépatiques et
Un bilan lipidique est indispensable pour évaluer et prévenir le risque
oriente la synthèse vers le cholestérol alors que la triglycéride lipase est
d'apparition de maladies cardiovasculaires. Il constitue un examen médical
inactivée dans les adipocytes.
important pour :
 Étudier le métabolisme des graisses au sein de l'organisme ;
III. LE BILAN LIPIDIQUE  Identifier une hypercholestérolémie, c'est-à-dire un taux trop élevé
III.1. DEFINITION en cholestérol dans le sang ;
Le bilan lipidique permet d'évaluer le taux de lipides dans le sang. Aussi  Identifier une hypertriglycéridémie, c'est-à-dire un taux trop élevé
nommé exploration d'une anomalie lipidique ou EAL, ce bilan contrôle en triglycérides dans le sang ;
différents paramètres dont :  Identifier un risque thrombogène, c'est-à-dire l'apparition de
 Le taux total de cholestérol, qui est impliqué dans de nombreux thombose ou caillots sanguins ;
processus de l'organisme, mais qui est également connu pour être  Identifier un risque athérogène, c'est-à-dire l'apparition
impliqué en cas d'excès dans la survenue de maladies d'athéromes, qui se définissent comme un dépôt de plaques riches
cardiovasculaires ; en cholestérol sur la paroi interne des artères.
 Le taux de HDL-cholestérol, responsable du transport du Un bilan lipidique s'intéresse tout particulièrement au taux de cholestérol
cholestérol entre le foie et les différents tissus de l'organisme ; pour prévenir l'apparition de maladies cardiovasculaires. Le bilan lipidique
 Le taux de LDL-cholestérol, responsable du transport du s'intéresse également aux transporteurs du cholestérol car ceux-ci peuvent
cholestérol entre le sang et le foie ; être impliqués dans la survenue de troubles cardiovasculaires. Cela est
 Le taux de triglycérides, qui sont apportés par l'alimentation puis notamment le cas du LDL-cholestérol qui peut entraîner un dépôt de
stockés dans les cellules adipeuses où ils constituent une réserve cholestérol sur les parois des artères lorsque le cholestérol est en excès
d'énergie. dans le sang ; c'est d'ailleurs pourquoi le LDL-cholestérol est souvent
présenté comme le « mauvais cholestérol ».
III.2. CONDITIONS DE PRELEVEMENT À l'inverse, le HDL-cholestérol est considéré comme le « bon cholestérol
» car il permet de transporter le cholestérol du sang vers le foie où le
Un bilan lipidique consiste en une prise de sang. Celle-ci doit être réalisée
cholestérol peut être détruit en cas d'excès.
à jeun, c'est-à-dire en ayant ni mangé ni bu (à l'exception de l'eau) lors des
12 heures précédentes. De plus, il est préconisé de ne pas fumer et de ne
NB:
pas pratiquer une activité physique trop intense avant l'examen médical. La
 Le développement d'athéromes peut entraîner la survenue
d'athérosclérose, une pathologie provoquant une déformation de la CHAPITRE 3 : NOTION FONDAMENTALE DE BIOCHIMIE
structure des artères et entraînant des lésions, une obstruction ou
GENERALE DEFINITION D’UN DOSAGE ET
encore une rupture des artères.
 Il est important de surveiller le taux de lipides dans le sang pour EXPLORATION
prévenir l'apparition de maladies cardiovasculaires. En effet, une
augmentation de ce taux ne présente pas de symptômes facilement Objectifs
identifiables. Par conséquent, il convient de réaliser régulièrement o Définir dosage
un bilan lipidique dès l'âge de 20 ans. Pour les personnes o Décrire les techniques d’explorations
diabétiques, il est recommandé de faire un bilan lipidique au moins o Enumérer les apports diagnostiques des valeurs de référence
une fois par an.

INTRODUCTION
La biochimie est l'étude des réactions chimiques qui se déroulent au
sein des êtres vivants, et notamment dans les cellules.
La biochimie s'intéresse en particulier aux structures, aux fonctions
et aux interactions des macromolécules biologiques telles que les
glucides, les lipides, les protéines et les acides nucléiques, qui
constituent les structures cellulaires et réalisent de nombreuses
fonctions biologiques.
Pour accéder aux résultats et les comparer à la valeur de référence
l’échantillon doit subir plusieurs phases.

I. PHASE PRE ANALYTIQUE : C'EST LA PREMIERE

PHASE DE L'ANALYSE MEDICALE.


Elle comprend l'état du patient (à jeun ou non), la phase de normaux. On peut avoir un contrôle ou bien un calibrateur spécifique
prélèvement, celle de l'étiquetage des échantillons prélevées, de d’un ou bien de plusieurs paramètres biochimiques. Après avoir
l'enregistrement des demandes d'analyses, de la centrifugation, de calibré l’automate, il devra être prêt à l’utilisation, la mise en analyse
l'aliquotage des prélèvements et de leur prétraitement éventuel commence mais il faut d’abord préparer des échantillons numérotés,
(filtration, lyse des cellules, etc.). Pendant cette étape un certain c’est pour cela les phases qui suivent toutes les étapes de la phase
nombre d'opérations peut fausser les résultats comme par exemple pré analytique seront le triage des échantillons et la centrifugation.
l'utilisation d'un tube avec un mauvais anticoagulant ou la présence TRIAGE DES ECHANTILLONS (SANG, URINE,
d'une hémolyse. Au niveau matériel, la phase pré analytique englobe
LCR…) :
la calibration des appareils pour avoir des résultats fiables et
Le triage des échantillons est commencé par la classification des
reproductible.
différentes liquides à analysées, selon leur nature, Puis chaque
CONTROLE :
couple tube-band doit avoir le même numéro, les bands numérotés
Les contrôles se sont des solutions pré à l’emploie, il contient des seront reçus par le technicien responsable de la saisie et les tubes
concentrations connue d’un paramètre biochimique, par exemple le numérotés seront centrifugés puis distribués dans les racks selon
glucose et on le fait passer ce contrôle à l’automate. Par la suite le leurs ordres numériques. Les données du patient (numéro obtenu
résultat obtenu nous indique sur la précision d’analyse du paramètre après le triage, nom de patient et les analyses à faire) seront saisies
concerné. pour que le système informatique de l’automate devienne capable de
CALIBRATEURS : comparer ces dernières informations avec les racks numérotés qui
Ce sont des solutions pré à l’emploie, ils sont utilisés on cas ou les contiennent les échantillons numérotées.
contrôles prononces des faux résultat, d’un seul ou bien de plusieurs CENTRIFUGATION :
paramètres biochimiques, ce qui déclare l’utilisation d’un calibrateur La centrifugation est une technique indispensable au laboratoire de
pour remettre le ou les paramètre(s) biochimique(s) aux valeurs biochimie, puisque toutes les prélèvements reçus (Sang, Urine,
Liquide gastrique, Liquide pleurale, LCR…) doivent subirent la ➜ VERIFICATION
centrifugation avant la mise en analyse, pour obtenir du plasma pour Confirmation par examen et établissement des preuves que les
le dosage des paramètres biochimiques et le sérum pour les analyses exigences spécifiées ont été satisfaites.
élecrophorétiques.
PARAMETRES LIES AU SUJET
Si un jeûne de 12 heures est impératif pour un bilan lipidique, la
II. PHASE ANALYTIQUE :
glycémie et la phosphatémie, un jeûne de 3 heures est suffisant pour
Il concerne la mise en analyse soit à travers l’automate, soit à travers la majorité des autres paramètres.
l’appareil d’électrophorèse. Sujet
- état physiologique • âge, sexe, taille, poids • jeûne, stress, activité
III. PHASE POST ANALYTIQUE : physique, régime, tabac • grossesse, lactation, ménopause
La phase poste analytique, est le but d’une analyse médicale, il - position • debout • couchée
contient l’obtention et l’observation des résultats. - rythmes • circadien • hebdomadaire• mensuel
PARAMETRES LIES AU CONSTITUANT DOSE
IV. METHODE D’EXPLORATION II faut éviter une dégradation du constituant à doser soit en utilisant

➜ VALIDATION un agent conservateur, soit en respectant la chaîne du froid. Un point


particulier doit être noté pour les prélèvements sanguins :
Confirmation par examen et apport de preuves objectives du fait que
l'hémolyse. Généralement l'hémolyse est liée à un mauvais
les prescriptions particulières en vue d'une utilisation prévue
prélèvement, elle pose des problèmes pour la majorité des analyses
déterminée sont remplies. Validation de méthode : c'est l'ensemble
Constituant
des procédures à mettre en œuvre pour s'assurer qu'une méthode
- métabolisme in vitro, dégradation
présente la fiabilité requise pour répondre aux exigences de qualité
dans l'état actuel de l'art.
- sensibilité aux agents extérieurs • lumière • variations de ➜ METHODE QUANTITATIVE
température Méthode fournissant un résultat chiffré, sur une échelle continue,
- effecteurs • analogues structuraux • médicaments dont les limites basses et hautes sont connues, en relation directe
PARAMETRES LIES AU SPECIMEN avec une quantité ou une activité donnée de l'analyte à mesurer.
Ils varient avec la nature du spécimen et du lieu de ponction
Spécimen ➜ METHODE SEMI-QUANTITATIVE
- plasma/sérum
Méthode fournissant un résultat de type qualitatif (positif/négatif)
- urines
extrapolé à partir de la mesure d'une donnée quantifiable (signal
- liquide céphalorachidien
continu). Ce type de méthode est assimilable à une méthode
- ponction veineuse / artérielle
quantitative.
- ponction avec ou sans garrot

IV.2. METHODE DE DOSAGE


IV.1. METHODE D’ANALYSES
Un spectrophotomètre est un appareil qui permet de mesurer
➜ METHODE QUALITATIVE l’absorbance d’une solution à longueur d’onde donnée ou sur une
Méthode générant un résultat n'apportant pas d'information sur la région du spectre.
quantité de l'analyse, mais seulement sur sa présence ou son absence L'absorbance mesure la capacité d'un milieu à absorber la lumière
(positif/négatif), voire sur une présence ou une activité supérieure à qui le traverse.
celle d'un témoin donné. Elle peut également résulter d'une De nombreuses molécules en solution possèdent un spectre
observation par un opérateur. On classe dans cette catégorie toutes d’absorption c’est-à-dire qu’elles absorbent plus ou moins le
les méthodes pour lesquelles aucune mesure d'une donnée rayonnement lumineux à différentes longueurs d’onde qui
quantifiable n'est disponible. constituent le « spectre ».
Un spectrophotomètre est un appareil constitué de: Le dosage colorimétrique repose sur un changement de couleur lors
 Une source lumineuse polychromatique d’un dosage. Ce changement ayant généralement lieu lors des
(lumière blanche émise par une lampe à filament de tungstène). équivalences
 Un monochromateur permettant de sélectionner une Les indicateurs colorés acido-basiques
longueur d’onde lambda (λ) à partir de la lumière blanche. Un indicateur coloré est une molécule dans une solution présentant
• Le monochromateur est formé d’un réseau ou un différentes colorations selon le PH
prisme qui selectionne la longueur d’onde recherché Exemple
et disperse la lumière blanche Bleu de bromothymol Jaune : 0˂pH˃6 ; Vert : 6˂pH˃7,6 ; Bleu :
• Les autres longueurs d’ondes sont dispersées par un 7,6˂pH˃14
jeu de fente et de miroir. Le rayon lumineux devient Bleu de thymol Rouge : 0˂pH˃1.2 ; Orangé : 1.2˂pH˃2.8 ; Jaune:
monochromatique 2.8˂pH˃8
Le rayon monochromatique traverse une cuve de lecture dans Phénolphtaleine Incolore : 0˂pH˃8.2 ; Fuschia : 8.2˂pH˃10.0 ;
laquelle se trouve la solution contenant l’échantillon à doser. Fuschia: 10˂pH˃13
Exemple dosage du glucose, cholestérol total
Une cellule photoélectrique permet une mesure relative de l’intensité
lumineuse
IV.2.2. METHODE CINETIQUE EN DEUX POINTS
NB: un réglage préalable du blanc permet de mesurer l’absorbance
Enzyme et substrat sont mis en contact pendant un temps t
du solvant.
déterminés puis la réaction est arrêtée à l’aide d’un réactif d’arrêt
(exemple solution de soude concentrée). Le changement brutal de Ph
IV.2.1. METHODE COLORIMETRIQUE provoque une dénaturation instantanée de l’enzyme ce qui met fin à

PRINCIPE : la réaction. Le substrat restant ou le produit formé est dosé par une
technique appropriée (spectrophotométrie, pH-métrie…). Les deux Principe suivre la production ou la disparition d’une molécule en
points correspondent en général au temps zéro et au temps t. mesurant ses absorbances à une longueur d’onde de travail donnée
Exemple : phosphatase alcaline qui lui est spécifique
Dosage de substrat méthode enzymatique en point final
Dosage d’enzyme par détermination de leur concentration
IV.2.3. METHODE CINETIQUE EN CONTINU
catalytique
L’apparition d’un produit ou la disparition d’un substrat en fonction
Dosage colorimétrique enzymatique
du temps sont suivies directement, en général à l’aide d’un
spectrophotomètre (lorsque le produit ou le substrat absorbent). La Cette technique consiste à suivre l’apparition ou la disparition d’une

variation d’absorbance au cours du temps, à une longueur d’onde molécule colorée dans le domaine du visible (entre 400-800nm)

donnée, est donc directement enregistrée. Exemple TG Cholesterol glucose

IV.2.4. METHODE CINETIQUE EN POINT FINAL V. TRAITEMENT DU PRELEVEMENT

Méthode applicable lorsque tout le substrat est transformé en Pour chaque analyse, il existe une procédure analytique bien définie,
produit. On utilise la plupart du temps une méthode associant les éléments suivants, réunis dans un manuel interne au
spectrophotométrique. La variation d’absorbance entre le temps zéro laboratoire :
(début de la réaction) et le temps t (réaction totale) est directement
proportionnelle à la quantité de substrat transformé. V.1. LOGISTIQUE
Localisation, nom du responsable (numéro de téléphone, de

IV.2.5. METHODE ENZYMATIQUE télécopie), disponibilité, délai de réponse, possibilité de réponse en


urgence, cotation.
V.2. SPECIMEN d'expression, conversions du système SI versus système

Nature, volume, type de tube, identification, étiquetage, conventionnel).

prétraitement éventuel du prélèvement, conditions de stabilité, Contrôle :

conditions de transport en cas de sous-traitance. Prélèvement), Valeurs cibles, limites d'acceptabilité en fonction du type de

renseignements cliniques indispensables. spécimen de contrôle, limites de rejet, limites d'alerte.


Performances analytiques :
Domaine de mesure (limite de détection, limites de linéarité),
V.3. PRINCIPE DE DOSAGE
précision pour différents niveaux de concentration (dans la série, de
Le dosage est l'action qui consiste à déterminer la quantité de
série à série), exactitude, interférences (endogènes : bilirubine,
matière, la fraction, ou la concentration d'une substance précise
trouble, hémolyse-exogènes : médicaments).
(l'analyte) présente dans une autre ou dans un mélange (la matrice).
Valeurs usuelles :
Matériels - méthodes :
En fonction de l'âge, du sexe, des conditions physiologiques.
Appareil, réactifs (qualité, contrôles, stabilité), étalons primaires
Précautions - causes d'erreur :
(nature, nombre, stabilité), spécimens de contrôle (nature, nombre,
Nature du liquide de dilution pour les ré analyses, limites de stabilité
mode d'utilisation, stabilité...), calibrateurs (nombre, nature,
de l'analyse, procédures à suivre pour les spécimens hémolyses,
précautions...).
troubles ou ictériques, précautions pour acheminer les spécimens
Mode opératoire :
adressés à d'autres laboratoires.
Préparation des spécimens, des réactifs, des calibrateurs, conditions
Valeur séméiologique et interprétation :
opératoires du dosage (programmation des instruments, température,
Application au diagnostic ou à la surveillance des maladies, limites
rapport de dilution, durée et nombre de mesures, nature du blanc
et informations utiles.
réactif, mode, fréquence et contrôle du calibrage...), calculs (mode
Cahier de bord :
Changement de lot de calibrateur, changements de lot de réactifs.
Sérothèque. après la virgule. Les unités et leurs sous-multiples résultent de cette
règle.
RESULTAT — INTERPRETATION Tous les éléments doivent contribuer à une interprétation correcte

Erreurs analytique : Erreurs aléatoires des résultats. Cependant, dans tous les cas, un bon dialogue entre le

Elles affectent la PRECISION du processus analytique. prescripteur et le biologiste permettra de supprimer les éventuelles

La précision est : l'accord, la similitude entre des mesures anomalies résiduelles et d'optimiser l'interprétation et les éventuelles

répétées sur un même échantillon. prescriptions complémentaires.

L'imprécision caractérise la dispersion des valeurs obtenues lors


des mesures répétées de ce même échantillon. L'imprécision peut VALEURS DE REFERENCE:
o Autrefois appelés valeurs normales,
être quantifiée par l'ÉCART-TYPE ou par le COEFFICIENT de Valeurs obtenues à partir d'une population sélectionnée suivant des
VARIATION. critères définis, nécessitant l'exclusion de sujets à risque d'anomalie.
Il faut les distinguer avec:
Lorsque l'imprécision est calculée sur des mesures répétées dans les
Valeurs usuelles ou valeurs normales:
mêmes conditions (même série, sans réétalonnage), on utilise le Les valeurs normales ou valeurs usuelles sont établies sans définition de
terme de RÉPÉTABILITÉ. critères et correspondent à des valeurs observées dans la population
générale composée d’individus ¨tout venant¨
Le terme de REPRODUCTIBILITÉ correspond à des mesures o A la différence des valeurs usuelles, les valeurs de référence sont
répétées dans des conditions différentes (jour à jour, laboratoire à collectées sur des population parfaitement connues quand à leur
état physiologique et pathologique, dans des conditions de
laboratoire, technicien à technicien...).
prélèvement et de traitement des échantillons bien codifiés.
. o Résultat d’une maîtrise aussi complète que possible des facteurs de
variation biologique.
Mode d'expression des résultats
Une très grande rigueur doit être utilisée pour exprimer ces résultats.
La valeur numérique doit comporter au maximum deux chiffres
o Limites de référence
o Valeurs de référence
B. Valeur observée
Valeur d’un analyte, obtenue par une observation ou une mesure d’un sujet
à tester, qui doit être comparée à des valeurs de référence, une distribution
de référence, des limites de référence ou un intervalle de référence.
o Distribution de référence
la distribution des valeurs de référence.
o Individu de référence
Une personne sélectionnée sur la base de critères bien définis.
o Population de référence
Un groupe constitué de tous les individus de référence.
o Intervalle de référence
Intervalle entre deux limites de référence (celles-ci incluses).
Exemple : l’intervalle à 95 % d’hommes apparemment en bonne santé de
18 à 65ans.
Correspond à l’intervalle spécifié de la distribution des valeurs obtenues à
partir de populations de sujets sains.
Intérêt o limites de référence
o Epidémiologique: Evaluer l'état de santé d'une population par le Valeur dérivée de la distribution de référence et utilisée dans un but
calcul d'un index de santé descriptif. Assimilable à
o Diagnostic:  Limite de décision: un seuil en-dessous ou au-dessus
o Thérapeutique: duquel une action médicale est recommandée.
 Valeurs de référence
Rappels sur les valeurs de références Valeur obtenue par l’observation ou la mesure d’une quantité définie sur
A. Terminologie un individu de référence.
o Valeur observée
o Distribution de référence Variabilité des résultats
o Individus de référence Pré-analytique:
o Population de référence Variation Biologique:
o Intervalle de référence o Variation inter-individus:
Sexe: Prise médicamenteuse
Grossesse
Ex: Créatininémie plus augmentée chez l’homme (masse musculaire++) La grossesse induit un profond bouleversement de l’organisme féminin
Age: afin de privilégier, préserver la formation de l’enfant à naître.
Nombreux paramètres se modifiant entre la naissance et I 'adolescence.
Ex: Variation des marqueurs du développement osseux en fonction de D'un point de vue pratique, les valeurs de référence permettent de :
l’âge o positionner les patients par rapport au système de
Poids: référence adapté retenu ;
o apprécier une variation biologique significative ;
Race:
o Variation intra-individus: o apprécier une « tendance » notamment dans le cadre de
Heure du prélèvement (hormone de préférence le matin) bilans de prévention successifs en comparant la position
Délai entre le prélèvement et l’analyse des différentes valeurs observées dans l'intervalle de
Exercice physique référence ;
Les changements de la concentration des analytes pendant I'exercice sont o apprécier la probabilité de survenue d'une maladie en
dus aux : fonction de la position de la valeur observée dans la
Déplacements des liquides entre le secteur intravasculaire et le distribution ;
compartiment interstitiel, o apprécier différentes situations cliniques.
Pertes par la sueur et
Secrétions hormonales : augmentation des catécholamines, du glucagon,
de la hGH, du cortisol et de I'ACTH, diminution de I'insuline. Ces VI. DEFINITION ET IMPORTANCE DE LA
secrétions stimulent la production de glucose. On observe également une
augmentation de I'acide urique sanguin, en relation avec une réduction de BIOCHIMIE CLINIQUE
I'excretion urinaire, elle-même due à I 'augmentation des lactates.
Posture
La biochimie clinique traite de la biochimie appliquée à un
Stress processus physiopathologique en vue de déterminer un diagnostic et
L’influence de l’effet du stress est bien connue chez l’homme et peut
de suivre l’évolution d’une maladie de même que l’efficacité d’un
fausser considérablement l’évaluation de constituants hormonaux tels que
l’adrénaline ou traitement.
la prolactine ou Le travail du biochimiste clinique consiste en l'interprétation des
Entrainer une hyperglycémie de stress/Hormones hyperglycemiantes
résultats en fonction du reste du bilan biologique et avec l'aide du
clinicien. Cette interprétation prend en compte les caractéristiques  Cholestérol - LDL
 Lipidogramme
physiologiques du patient (âge, sexe, poids...) et les symptômes
 Lipoprotéines (a) = Lp(a)
repérés par le clinicien dans le but d'aboutir avec lui (à l'aide, si  Triglycérides
besoin, de tests supplémentaires) au diagnostic de la pathologie.
LES SUCRES
 Hyperglycémie provoquée par voie orale ou test de tolérance
IONS ET ÉLECTROLYTES SANGUINS ET au glucose
URINAIRES  Glucose sanguin (glycémie)
 Acide lactique = lactate  Glucose urinaire (glycosurie)
 Acide pyruvique = pyruvate  Peptide C = peptide de connexion
 Acide urique
 Ammoniaque LE FER
 Bicarbonates (HCO3-)  Capacité totale de fixation de la transferrine en fer (CTF)
 Calcium (Ca)  Fer
 Chlore (Cl-)  Ferritine
 Clairance de la créatinine  Transferrine ou sidérophiline
 Créatinine
 Ionogramme sanguin LES PROTÉINES
 Ionogramme urinaire
 Albumine
 Magnésium (Mg)
 CarboxyHémoglobine (HbCO)
 Osmolalité
 CPK = Créatine PhosphoKinase
 Phosphore (P)
 CRP = C-Reactive Protéine
 Potassium (K+)
 Electrophorèse des protéines sériques
 Sodium (Na+)
 Fibrinogène
 Urée
 Haptoglobine
 Hémoglobine plasmatique
LES GRAISSES : BILAN LIPIDIQUE  Hémoglobine glycosylée ou glyquée (HbA1C)
 Apolipoprotéines sériques  Hémoglobinurie
 Bilan lipidique  Hydroxyprolinurie
 Cholestérol - total  Méthémoglobine (MetHb)
 Cholestérol - HDL
 Microalbuminurie
 Myoglobine LES HORMONES
 Préalbumine  Calcitonine
 Protéinurie  Corticostimuline, corticotrophine (ACTH)
 Protéinurie de Bence Jones  Cortisol
 Troponine  Hormone anti-diurétique (ADH) = Vasopressine
 Hormone Chorionique Gonadotrophique (bHCG)
EXPLORATION DES FONCTIONS HÉPATIQUES ET  Hormone de croissance (hGH)
PANCRÉATIQUES  Hormone folliculostimulante (FSH)
 Alcool  Hormone Lutéinisante (LH)
 Amylase  Insuline
 Amylase urinaire  Oestradiol
 Bilirubine  Parathormone (PTH)
 Lactate Deshydrogénase (LDH)  Progestérone
 Lipase  Prolactine
 Phosphatases acides  Testostérone
 Phosphatases alcalines  Thyréostimuline - TSH
 Transaminases (ASAT, ALAT, TGO, TGP)  Thyroglobuline
 5' Nucléotidase  ThyroxineT4
 γ-GT = gamma glutamyl-transpeptidase  Tri-iodo-thyronine T3/FT3

MARQUEURS TUMORAUX
LES VITAMINES
 Alpha foetoprotéine
 Vitamine A1 = Rétinol
 Antigène prostatique spécifique (PSA)
 Vitamine C = Acide ascorbique
 Antigène carcino-embryonnaire (ACE)
 Vitamine B1 = Thiamine
 CA 15-3 = Cancer Antigen 15-3
 Vitamine B2 = Riboflavine
 CA 19-9 = Carbohydrate Antigen 19-9
 Vitamine B3, PP = Nicotinamide
 Enolase NeuroSpécifique (NSE)
 Vitamine B 6 = Pyridoxine
 Hydroxyprolinurie
 Vitamine B9 = Folates (Acide folique)
 Vitamine B12 = Cobalamines
 Vitamine D3 (Cholécalciférol)