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Mekki HOUBAD

Séries Entières
Chapitre V d’Analyse III et IV

Avril 2017
Mekki
c HOUBAD
Département de Mathématiques
Université Abou Bekr Belkaid
Tlemcen 13000
Algérie
m.houbad@gmail.com

http://www.univ-tlemcen.dz
Table des matières
4 Séries Entières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
4.1 Notions de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
4.2 Propriétés des séries entières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
4.3 Développement en série entière au voisinage de zéro d’une fonction d’une variable réelle 5
4.3.1 Fonction développable en série entière sur l’intervalle ouvert de convergence . . . . 6
4.4 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
4.4.1 Le développements en séries entières des fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
4.4.2 Recherche de solution d’une équation différentielle ordinaire du premier et
deuxième ordre à coefficients variables sous forme de séries entières . . . . . . . . . . . 7

i
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Chapitre 4
Séries Entières

4.1 Notions de base


Définition 1 (Série entière). On appelle une série entière toute série de fonction de la forme
X
an .x x0 /n ; x0 2 R ou C:
n0

avec x0 est un point fixe dit centre de la série et .an /n une série numérique réelle ou complexe.
Par un changement de varivable en X D x x0 on peut ce ramené à une série entière centré en zéro de
la forme X
an X n :
n0

Exemple 1. la série de fonction


X sin.2n/
.x 1/n

n0

est une série entière dans R centrée en 1.


X X
Lemme 1 (Abel). Soit la série entière an .x x0 /n , tel que il existe xQ 2 R (ou C) et an .xQ x0 /n
n0 n0
X
converge. Alors 8x 2 R. ou C/ tel quejx x0 j < jxQ x0 j la série an .x x0 /n converge.
n0
X X
Corollaire 1. Soit la série entière an .x x0 /n , tel que il existe xQ 2 R (ou C) et an .xQ x0 /n
n0 n0
X
n
diverge . Alors 8x 2 R. ou C/ tel quejx x0 j > jxQ x0 j la série an .x x0 / diverge.
n0

Définition 2 (Rayon de convergence). Soit Dcv le domaine de convergence de la série entière, autrement
dit c’est l’ensemble des x 2 R ou C pour lesquelsX la série entière converge.
On appelle rayon de converge de la série entière an .x x0 /n la quantité
n0

R D Sup fjx x0 j ; x 2 Dcv g :

Remarque 1.[Notation]
On appelle un disque ouvert un ensemble de la forme

D.x0 ; rŒD fx 2 R ou C W jx x0 j < rg :

On appelle un disque fermé un ensemble de la forme

D.x0 ; r D fx 2 R ou C W jx x0 j  rg :

Chapitre V : Séries Entières 1


M.HOUBAD,
c Département de Mathématiques
2 4 Séries Entières
X
Lemme 2 (Rayon de convergence). Le rayon de converge de la série entière an .x x0 /n est donné
n0
par la formule
1
RD ˇ ˇ:
ˇ anC1 ˇ
Lim ˇ ˇ
n!C1 ˇ a ˇ
n
ˇ ˇ
ˇ anC1 ˇ
Si la limite Lim ˇˇ ˇ n’existe pas (multiple) alors
n!C1 an ˇ
1
RD ˇ ˇ:
ˇ anC1 ˇ
LimSup ˇ
ˇ ˇ
n!C1 a ˇ n

Exemple 2.
1. Soit la série entière
X 2n C 1
.x 1/n
3n2 CnC3
n0
2n C 1
on a an D donc
3n2CnC3
1 1
RD ˇD ˇ D 1;
3n2 C n C 3 ˇˇ
ˇ
ˇ anC1 ˇ ˇ
ˇ 2n C 2
Lim ˇ ˇ Lim ˇ
n!C1 ˇ an ˇ n!C1 ˇ 3.n C 1/2 C n C 4 2n C 1 ˇ
donc la série converge dans le domaine x0 R; x0 C RŒD0; 2Œ
a. Pour x D 0 on a
ˇ
ˇ
X 2n C 1 nˇ
X 2n C 1
. 1/n
ˇ
2
.x 1/ ˇ D
3n C n C 3 3n2CnC3
n0 ˇ n0
xD0

est une série alternée qui converge.


b. Pour x D 2 on a ˇ
ˇ
X 2n C 1 nˇ
ˇ X 2n C 1
2
.x 1/ ˇ D
3n C n C 3 3n2 CnC3
n0 ˇ n0
xD2
est une série en équivalence avec une série de Riemann qui diverge.
Donc le domaine de convergence de la série est Œ0; 2Œ.
2. Soit la série entière
X nŠ
en .x 2/2n
2n nn
n1

on pose X D .x 2/2 on a
X nŠ
en Xn
2n nn
n1
donc

an D e n
2n nn
ainsi
1 1
RD ˇD ˇ D 2:
2n nn ˇˇ
ˇ ˇ
ˇ anC1 ˇ ˇ nC1 .n C 1/Š
Lim ˇ ˇ Lim eˇ
n!C1 ˇ an ˇ n!C1 ˇ 2nC1 .n C 1/nC1 e n nŠ ˇ
p p
ce qui donne que X < 2 et donc .x 2/2 < 2 ainsi x 22 2; 2 C 2Œ.
4.2 Propriétés des séries entières 3
p
a. Pour x D 2 2 on a
ˇ
ˇ
X nŠ X nŠ
en 2ˇ
. 1/n e n
ˇ
.x 2/ ˇ D
2n nn p 2n 1 nn
n1 ˇ n0
xD2 2


la terme un D e n n 1 n est décroissante (unC1 =un < 1) ver zéro donc on a une série alternée
2 n
qui converge.
p
b. Pour x D 2 C 2 on a
ˇ
ˇ
X
n nŠ 2ˇ
X nŠ
en n 1 n
ˇ
e n n .x 2/ ˇ D
2 n p 2 n
n1 ˇ n0
xD2C 2

on applique le critère de d’Alembert on a une série convergente.


p p
Donc le domaine de convergence de la série est Œ2 2; 2 C 2.
X
Lemme 3 (Règle D’Hadamard). Soit la série entière an .x x0 /n , alors le rayon de convergence R
n0
est donnée par
1
8
ˆ
ˆ S i 0 <  < C1;

ˆ
ˆ
ˆ
ˆ
<
RD
ˆ
ˆ 0 S i  D C1;
ˆ
ˆ
ˆ
ˆ
C1 S i  D 0:
:

Avec p
n
 D LimSup jan j:
n!C1
X
Lemme 4 (Second lemme d’Abel). Soit la série entière S.x/ D an .x x0 /n avec un rayon de
n0
convergence R > 0. Alors
X
1. Si an Rn converge alors
n0
X
Lim S.x/ D an R n :
x!.x0 CR/
n0
X
2. Si . 1/n an Rn converge alors
n0
X
Lim S.x/ D . 1/n an Rn :
x!.x0 CR/C
n0

4.2 Propriétés des séries entières


X
Théorème 1 (La convergence). Soit an .x x0 /n une série entière avec un rayon de convergence R.
n0
Alors
1. Dans le disque de convergence on a la convergence simple.
2. Dans tout domaine de la forme D.x0 ; r avec 0 < r < R on a la convergence simple, absolue,
uniforme et normale.
4 4 Séries Entières

Théorème
X 2 (Continuité de la somme, Intégration terme à terme, Dérivation terme à terme). Soit la série
entière an .x x0 /n admet une rayon de convergence R > 0. On pose
n0
X
S.x/ D an .x x0 /n ; 8x 2 Dcv :
n0

Alors
1. S est continue sur tout K  D.x0 ; RŒ.
2. S est intégrable sur tout K  D.x0 ; RŒ et
Z x X an
S.t /dt D .x x0 /nC1 :
x0 nC1
n0

3. S 2 C 1 .K/ pour tout K  D.x0 ; RΠet


X nŠ X S .n/ .0/
S .k/ .x/ D an .x x0 /n k
; S.x/ D .x x0 /n :
.n k/Š nŠ
nk n0

Exemple 3. On veut calculer ca somme


X 1
x 2nC1 :
2n.2n C 1/
n1

1. Domaine de convergence de la série : on a


X 1 X 1
x 2nC1 D x x 2n
2n.2n C 1/ 2n.2n C 1/
n1 n1
X 1
Dx X n; X D x2:
2n.2n C 1/
n1

donc
1 1
aN D H) R D ˇ ˇ D1
2n.2n C 1/ ˇ anC1 ˇ
Lim ˇ ˇ
N !C1 ˇ a ˇ
n

alors X < 1 ce qui donne x 2 < 1 et alors x 2 1; C1Œ et pour x D C 1 on obtient une série
équivalente à une série de Riemann convergente donc le domaine de convergence est Œ 1; C1.
2. Calcule de la somme. On pose
X 1
g.x/ D x 2nC1 ; 8x 2 1; C1Œ
2n.2n C 1/
n1

donc
X 1
g 0 .x/ D x 2n ; 8x 2 1; C1Œ
2n
n1

et aussi X
g 00 .x/ D x 2n 1
; 8x 2 1; C1Œ
n1
or X X x
g 00 .x/ D x .x 2 /.n 1/
Dx .x 2 /N D :
1 x2
n1 N 0
4.3 Développement en série entière au voisinage de zéro d’une fonction d’une variable réelle 5

ainsi
g 0 .x/ D ln 1 x 2 C g 0 .0/ D ln 1 x2
 

et donc
Z x
t 2 dt C g.0/

g.x/ D ln 1
Z0x
t 2 dt

D ln 1
0
Z x
ˇx 2 t2
D t ln 1 t 0 C ˇ dt
0 1 t2
Z x
1
D x ln 1 x 2 C

1dt
0 1 t2
Z x
2
 1 1
D x ln 1 x C C 1dt
0 2.1 t / 2.1 C t /
 x
1 1
D x ln 1 x 2 C

ln.1 t / C ln.1 C t / t
2 2 0
1 1
D x ln 1 x 2

ln.1 x/ C ln.1 C x/ x:
2 2
X
Proposition 1 (Linéarité et produit de deux séries entières). Soit an .x x0 /n une série entière avec
n0
X
n
un rayon de convergence R1 et bn .x x0 / une série entière avec un rayon de convergence R2 et
n0
soit ; mu 2 R ou C on note par R D min fR1 ; R2 g. Alors
1. Dans le disque D.x0 ; RŒ
0 1 0 1
X X X
.an C bn / .x x0 /n D  @ an .x x0 /n A C  @ bn .x x0 /n A :
n0 n0 n0

2. Dans le disque D.x0 ; RŒ


0 10 1
X X X
@ an .x x0 /n A @ bn .x x0 /n A D cn .x x0 /n ;
n0 n0 n0

avec
n
X
8n 2 N W cn D an k bk :
kD0

4.3 Développement en série entière au voisinage de zéro d’une fonction


d’une variable réelle
Définition 3 (Série de Taylor-Maclaurin d’une fonction de classe C 1 ). Une fonction f est dit analytique
au voisinage de x0 si elle est dévellopable en série de Mac-Laurin au voisinage de x0 autrement dit
X f .n/ .x0 /
9R 2 RC I 8x 2 D.x0 ; RŒW f .x/ D .x x0 /n :

n0

Exemple 4.
6 4 Séries Entières
X xn
1. converge ver e x sur tout R.

n0
X x 2n
2. . 1/n converge ver cos x sur tout R.
.2n/Š
n0
X x 2nC1
3. . 1/n converge ver sin x sur tout R.
.2n C 1/Š
n0

4.3.1 Fonction développable en série entière sur l’intervalle ouvert de convergence


X
Proposition 2. Soit an .x x0 /n une série entière converge ver S.x/, alors cette série est la série de
n0
Taylor de la fonction S.x/ au voisinage de x0 . autrement dit

S .n/ .x0 /
8n 2 N W an D :

Proposition 3 (Fonction développable en série entière). Soit f une fonction de classe C 1 au voisinage
de x0 , alors f est développable en série entière dans un voisinage de x0 .
Proposition 4 (Unicité du développement en série entière). Le développement en série entière d’une
fonction f est unique.

4.4 Applications
4.4.1 Le développements en séries entières des fonctions usuelles
Remarque 2. Le développement d’une fonction de classe C 1 en série entière au voisinage d’un point
x0 ce fait par le développement limité suivi d’une détermination de rayon et domaine de convergence. 4
Exemple 5. On veut développer la fonction
1 1 1
f .x/ D D
.x C 1/.x C 2/ 1Cx 2Cx
en série entière au voisinage de zéro
2 3
1 16 1 7 1X  n
n x
D 4 D . 1/
aCx a 1C x a a
5
n0
a
donc
2 3 2 3
X 1 X  x 5
 n
f .x/ D 4 . 1/n x n 5 C 4 . 1/n
2 2
n0 n0
 
X 1
D . 1/n 1 C nC1 x n
2
n0
 
n 1
soit an D . 1/ 1 C on a
2nC1
ˇ ˇ    
ˇ an
ˇ D Lim 1 C 1 1
ˇ
R D Lim ˇˇ = 1 C D1
n!C1 a nC1
ˇ n!C1 2nC1 2nC2
4.4 Applications 7

pour x D C 1 on a
 
n 1
Lim jan x jxDC 1 D Lim 1 C D1¤0
n!C1 n!C1 2nC1
donc le domaine de convergence est D D 1; C1Œ est donc la fonction f .x/ est développable en série
entière au voisinage de zéro sur la domaine D.

4.4.2 Recherche de solution d’une équation différentielle ordinaire du premier et deuxième ordre
à coefficients variables sous forme de séries entières
Remarque 3. Pour résoudre les équations de la forme
a.x/f .2/ .x/ C b.x/f .1/ .x/ C c.x/f .x/ D g.x/
on fait les étapes suivante
1. On dévellope a.x/, b.x/, c.x/ et g.x/ en série entière au voisinage de la donnée initiale x0 .
2. On cherche f .x/ sous la forme X
f .x/ D an .x x0 /n
n0

3. On utilise le produit de Cauchy pour développer les termes a.x/f .2/ .x/, b.x/f .1/ .x/ et c.x/f .x/
sous forme de série entière
4. On utilise l’identification pour déterminer les coefficients an
5. Finalement on déterminer le domaine de convergence de la série
X
an .x x0 /n
n0

4
Exemple 6. On veut résoudre
xf .2/ .x/ C f .1/ .x/ C f .x/ D 1 (4.1)
soit X X X
f .x/ D an x n ; f .1/ .x/ D nan x n 1
; f .2/ .x/ D n.n 1/an x n 2
;
n0 n1 n2
donc l’équation (4.1) ce transforme en
X X X
n.n 1/an x n 1
C nan x n 1
C an x n D 1
n2 n1 n0

un changement d’indice permet d’avoir


X X X
.l C 2/.l C 1/alC1 x l C .l C 1/alC1 x l C an x n D 1
l1 l0 n0

ce qui donne X
a1 C a0 C Œ.n C 3/.n C 1/anC1 C an  x n D 1
n1
et donc
a1 C a0 D 1; 8n  1 W .n C 3/.n C 1/anC1 C an D 0
alors
1 3Š
a1 D 1 a0 ; 8n  1 W anC1 D an H) an D . 1/n 1
.1 a0 /:
.n C 1/.n C 3/ .n C 2/ŠnŠ
et donc
X 3Š
f .x/ D a0 C . 1/n 1
.1 a0 /x n ; a0 2 R:
.n C 2/ŠnŠ
n1