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Collection DadaSègboton

Accolades entre Christianisme et Vaudou !

Elie Y. KPOGUEMABOU
Epigraphe
« Ce qui peut rebuter ou intéresser DIEU dans les religions, c’est le
type d’homme qu’elles forment.»
A point nommé !
Les religions "civilisatrices" des Noirs colonisés font voir nettement
chaque jour leurs forces et leurs faiblesses. L’aveuglement
conformiste des Africains face à ces confessions exotiques perd
donc en partie ses assises de foi. Des voix érudites s’élèvent pour
sensibiliser l’opinion publique sur l’inanité de notre extraversion. De
nombreuses chaînes de radiodiffusion et de télévision africaines,
d’une manière ou d’une autre, s’intéressent à la problématique d’une
résurgence de la Tradition mystique locale. Le vieux "paganisme"
nègre se fait de plus en plus approcher, vu ses aspects
bienfaisants ; mais lui non plus n’est pas tout beau. La preuve, c’est
que de nombreuses plaintes sont formulées contre ses volets
pervers très nuisibles.
Des officiels montent au créneau et prennent le problème à bras-le-
corps. Plaidant en faveur d’un écrémage intelligible des choses du
passé, les uns projettent d’organiser "Les Etats généraux de la
sorcellerie africaine", les autres proposent carrément l’ouverture
d’une "Grande Ecole de métaphysique africaine pour tous". Dans les
deux cas, des intellectuels non-initiés (administrateurs et officiels)
vont se joindre à des initiés pour aborder la question des mystères.
Alors, pour ne pas y aller à vau-l’eau, pour n’y pas voir que du bleu,
ils devront avoir en mains un document préparatif, un abécédaire
des sciences cachées, à défaut d’un bréviaire dont l’objet serait une
pré-initiation graduelle et illustrée à tous les mystères accessibles à
l’homme. Aussi les officiels feront-ils aisément les aiguillages
nécessaires.
Oui. Il faudrait un livre comme celui dont le titre fait Accolades entre
Christianisme et Vaudou. Les matières que cet ouvrage développe
sont intéressantes :
Table des matières
Première partie
Avant-propos : Vodoun-Yèhwé, lois et totems
A – Les lois de Sègbolissa-Wèkèdoto-Créateur
1 – Ne pas détruire l’écosystème
2 – Le principe du retour de la cendre jetée
3 – Un envoûteur frappé
B – Le Caméléon, Totem terrestre de Sègbolissa-Créateur
1 – L’épreuve de la Pondération
2 – L’épreuve de l’Omni-convenance
• Chez Sagbata, Dieu de la Terre et des trésors matériels
• Chez Dan, Dieu géminé de l’Air, de l’Eau et des fluctuations
• Chez Mahou, Dieu de Vérité, de Bonté et d’Amour altruiste
• Chez Hèviesso, Dieu de Justice et du Feu céleste

3 – L’épreuve de la Performance en course


C – Le Soleil, Totem céleste de Sègbolissa-Créateur
Introduction
Le rez-de-chaussée
A –Négativités du niveau matériel
B – Qualités du travailleur de la matière
C - La Bible éthérico-physique
D - Délivrance, protection et micro-vision
E – Quelques recettes
Exemple 1 : Pour purifier les corps, les objets et les lieux
Exemple 2 : Contre les palpitations du cœur
Exemple 3 : Pour aider la mémoire
Exemple 4 : Pour traiter le torticolis
Exemple 5 : Pour faciliter la dentition chez l’enfant
Exemple 6 : Pour traiter les éruptions cutanées
Exemple 7 : Contre l’hémorragie d’une accouchée
Exemple 8 : Pour traiter les angines
Exemple 9 : Contre l’hypertension artérielle

F - Les duperies du rez-de-chaussée


Cas No 1 : Amour ou parasitisme ?
Cas No 2 : Expertise ou perfidie ?
Cas No 3 : Les produits toxiques dits bio
Cas No 4 : Visible et invisible à la fois

G - Que dire d’autre du rez-de-chaussée ?


Le premier étage
A – Expériences :
1 - Création d’un vodoun par un enfant
2 – Vivification des médicaments
B – Protection et autres prestations
C – Négativités des pouvoirs éthériques
1 – Les méchants types
2 – Les victimes présumées
D –Voyance éthérique
E – La pratique de la tradition africaine
Exemple 1 : L’homme - vipère.
Exemple 2 : L’homme-abîme de nuit.
Exemple 3 : Contre les sorcières de nuit
Exemple 4 : Le garde du corps éthérique
Exemple 5 : L’homme énergique
Exemple 6 : Pour identifier un repas empoisonné
Exemple 7 : Pour démasquer les sorcières à l’œuvre
Exemple 8 : Pour écarter les esprits trublions d’une maison
Exemple 9 : Pour annuler les effets des gris-gris animaux
Exemple 10 : Pour appeler en urgence l’amour et l’argent.
Exemple 11 : La parole renforcée
Exemple 12 : L’Ethérique humain non-mangeable
Exemple 13 : Pour enivrer les sorcières
Exemple 14 : Pour une aura attrayante
Exemple 15 : Pour attirer du monde
Exemple 16 : Pour que le raisonnable ait raison
Exemple 17 : Le corps éthérique piment
Exemple 18 : Sous-groupe minéral

F – Bo en tant que science occulte


Premier exemple : Popularité des chants magiques Bo
Deuxième exemple : Comparaison avec des choses imaginaires
Troisième exemple : Numérologie imaginaire
Quatrième exemple : L’arbre ressuscité.
Cinquième exemple : Les pouvoirs de la jungle.
Sixième exemple : Le limogeage d’un crapaud-chef d’orchestre.
Septième exemple : La biologie au service de la magie-Bo

G – L’occultisme d’Azé-Sorcellerie
1 – Les mondes éthérique et astral
2 Les mondes physiques et éthérique
3 – La pratique de la sorcellerie
4 – La sorcellerie fétichiste et le développement
H – Les duperies du premier étage
Cas No 1 : La calebasse-marmite
Cas No 2 : La tortue-vodoun
Cas No 3 : L’eau changée en feu
Cas No 4 : L’eau chaude froide
Cas No 5 : Le crapaud qui meurt de choc en retour
Cas No 6 : Le lombric ou le colimaçon ennemis de la poudre salée
Cas No 7 : L’œuf qui écrase l’ennemi en s’écrasant sur le sol.
Cas No 8 : La mastication sans blessure d’une lame neuve
Cas No 9 : Le pacte avec un Vodoun protecteur
Cas No 10 : Le philtre des amoureux
Cas No 11 : Le Vodoun qui parle
Cas No 12 : L’argent donné aux Vodoun
Cas No 13 : Le courrier magique
Cas No 14 : La fabrication magique de billets de banque
Cas No 15 : Le vol de personnes ou de biens par incantation inhibitrice
Cas No 16 : Le stylo magique
Cas No 17 : Le lavage des yeux éthériques
Cas No 18 : La main du margouillat magique
Cas No 19 : Le guérisseur-envoûteur
Cas No 20 : L’extraction de Tchakatou
Cas No 21 : Pour anémier un ennemi
Cas No 22 : La toile protectrice
Cas No 23 : La poudre qui traverse la peau sans blessure
Cas No 24 : Le bout de fer qui trotte dans le corps
Cas No 25 : Plus gros que le goulot dans le ventre d’une bouteille
Cas No 26 : La mise en contact d’une personne avec son "ange gardien"
Cas No 27 : Envoûteur ou visionnaire chrétien ?

I - Que dire d’autre du premier étage ?


1 – La sorcellerie destructrice qui se nourrit du fluide vital d’autrui
2 – La sorcellerie modératrice qui se nourrit de fluide humain
3 – La sorcellerie modératrice qui se nourrit de fluide animal
4 – La sorcellerie protectrice qui mange des fruits
5 – La sorcellerie bénéfique qui ne mange rien

Deuxième partie
Avant-propos : Judaïsme et Tradition vodoun
1 – La création par DIEU YEHWE
2 – Le jardin d’Eden et la terre des Tohouiyo
3 – L’ancêtre de l’humanité et les Genèses
4 – Le monothéisme judaïque et le panthéisme des Fon
5 – Veau d’or et Vodoun
6 – Les Prémices pour le Seigneur en Israël et au Bénin
7 – Offrande d’un feu profane au Seigneur
8 – Sacrifice pour apaiser le Seigneur ou les Vodoun
9 – La vengeance des morts
10 – La vindicte publique
11– La mort fait retourner l’homme à sa parenté
12 – Les impuretés dues aux dépouilles mortelles
13 – La purification après les obsèques
14 – Les impuretés liées au sexe
15 – Loi pour une femme soupçonnée d’adultère
16 – Exception de la polygamie
17 – Les onguents et les huiles d’onction
18 – La magie utilisant le sang
19 – Problématique du diabolisme judaïque

Le deuxième étage
A – Expériences
No1 : Création psychique d’un esprit de crocodile
No1 : Victime d’une idole chrétienne

B – Délivrance et Protection
C – La visualisation spontanée en prière
D- Les faiblesses éventuelles du croyant
1 – Faiblesses éventuelles des chrétiens
2 – Navette des chrétiens hypocrites
E- Voyance astrale
1 – Révélant le subconscient des vivants
2 – Révélant les sanctions programmées contre les fautifs
3 – Révélant les péchés-fautes
F – Le culte vodoun
1 – Thron Kpéto Deka Alafia
2 – Culte vodoun élevé
3 – L’éthique traditionnelle vodoun
G – Négativités de la prépondérance psychique
1 – L’aveuglement du cœur
2 – La sorcellerie médiumnique et le développement
3 – Les victimes des dogmes
H - Les duperies du deuxième étage
Cas No 1 : La veuve qui meurt d’un crime marital
Cas N° 2 : Syncrétisme Tolègba et Jésus
Cas N° 3 : Sorciers déguisés en pasteurs

Cas No 4 : La question des endoctrinements

Cas No 5 : Le fanatisme tueur

Cas No 6 : Lâchez le diable et ses choses

I - Que dire d’autre du deuxième étage ?


Le troisième étage
A – Expérience : Le pouvoir de l’éloquence.
B – Les négativités magico-symbolistes
C- Délivrance et protection par des signifiants d’Eglise
D – Les signes et symboles parlants d’Europe
E – L’astrologie, la chiromancie et la numérologie
F - La Géomancie-Fa
1 – La Géomancie-Fa : bouche des Vodoun
2 – Les oracles par la Géomancie-Fa
3 – L’initiation élémentaire à la Géomancie-Fa
4 – L’initiation secondaire à la Géomancie-Fa
5 – L’initiation supérieure à la Géomancie-Fa
6 – Matérialisation de Boko-Lègba
7 – Les limites de la Géomancie-Fa
G – Le Culte vodoun et les cultes assimilés
1 – Nunyi : les noms des êtres et des choses
2 – Les offrandes parlantes
3 – Le claquement des doigts
4 – La croix des coups de balai et la croix de la Terre
5 – Le cercle et le carré
6 – Le rinçage et le frottement
7 – Les Eléments Eau et Feu
H – La symbolique des couleurs
I – Lumière sur le concept “magie”
1 – Les prestidigitateurs
2 – La magie repeinte
3 – Qu’est-ce que la vraie magie ?
4 – Etendue de la magie
5 – Les types de magie
6 – Lieux chargés d’éthers
7 - Responsabilité magique de l’homme
8 – Noircissement de la magie
9 – Le 10 Janvier non-magique au Bénin
10 – Karma et magie
11 – Magie et ingérence karmique
12 – La magie et les forces de délivrance-protection
13 – La magie et l’obsession
14 – La magie et la Vierge Marie
15 – La magie sexuelle
J – Le concept de la mort
K – La culture africaine
L – La sorcellerie symboliste et le développement
1 – Le décollage mental
2 – L’art royal
M – Les duperies du troisième étage
Cas No 1 : L’illusion des différences religieuses

Cas No 2 : L’intellectualisme contre tout un peuple

Cas No 3 : L’illusion des jours fastes ou néfastes


N – Que dire d’autre du troisième étage ?
Troisième partie
Le quatrième étage
A – Expériences volitives
1 – La puissance de la volition
2 – La puissance de la cohésion
B – Au-delà des noms de DIEU
C – Le panthéisme béninois en question
D - Les sept protections
E – Les négativités imaginatives
1 – Les lunatiques
2 – Les mondains
3 – Les mages noirs
4 – Les chercheurs ballottés
5 – Les rebelles terroristes
F – L’oniromancie ou oracle par les songes
G – La sorcellerie volitive et le développement
H - Quelques prières pratiques
1 – Cinq maximes mystiques
2 – La Foi magique
3 – Jésus-Christ plébiscité au Bénin
4 – Le Verbe de DIEU
5 – Se dégager des formes-pensées négatives
6 – Une description bénéfique
7 - Prière du Sauveur (qui délivre et protège)
8 - Prière mentale de protection
9 – Prière du deuxième étage rénovée
10 – Pour exorciser une nourriture
I - Prendre parti pour le bon Dieu
1 – Attitude mentale contre des agressions subtiles
* L’antipathie pour la partenaire
* La colère contre les enfants
* Les faux amis
* Les idées noires
* Les mauvais rêves
* La phobie du serpent

2 – DIEU ne pardonne pas tout


3 - Le bénéfice du pardon
4 – La proximité du bon Dieu
J – Duperies du quatrième étage
1 – Intolérance révolutionnaire
2 – Volonté de quelques hommes et non de Dieu
K – Que dire d’autre du quatrième étage ?
Le cinquième étage
A – Préambule
B – Pierres d’achoppement de l’homme
N°1 : Des défauts cajolés
N°2 : Chasser sans lâcher les défauts
C – Les effets immédiats du travail sur soi
D – Quelques pratiques
1/ L’homme véritable
2/ Pratiques négro-africaines
a/ Actions vodoun sur le caractère
b/ L’éveil des potentialités supranormales

3/ Pratiques occidentales
a/ Actions sur le caractère
b/ Réveil des facultés supranormales

4/ Pratiques orientales
a/ Actions sur le caractère
b/ Merveilles des Maîtres

E – Un libéré parle
F – Duperie des faux maîtres
G – Que dire d’autre du cinquième étage ?
Conclusion
Postface, par l’auteur
Bibliographie
Première partie :
Avant-propos : Vodoun-Yèhwé, lois et totems
C’est sur Yèhwé Sègbolissa-Wèkèdoto que les chefs chrétiens, s’ils
aimaient la vérité, devraient vous entretenir. Ce nom Fon a une
valeur sémantique claire et nette. Sè, c’est l’esprit tutélaire ; Gbo
signifie grand, au-dessus ; Lissa veut dire unique ; Doto, c’est le
propriétaire ; Wèkè, c’est l’univers des 4 cornes de feux. Sègbolissa-
Wèkèdoto donc signifie “Grand Esprit Suprême, Unique, Créateur et
Propriétaire de l’Univers des quatre Feux”. Il est le Père et la Mère
de tous les Vodoun originels. Il n’a pas de forme fixe car il est
présent dans toutes les formes. Il n’a pas de couleur exclusive car il
est la source de toutes les couleurs. Ses caractéristiques
fondamentales sont la lumière, la vérité, la sagesse, l’universalité,
etc.
Le Créateur ayant conçu l’homme comme quatrième règne un peu
partout sur la Terre, il appartenait à chacun de ses Jets de Sang –
ses Fils – de gérer chaque « sortie physique de Gbèto (hommes) »
en un lieu donné. Là il y eut les clans, les langues, les traditions et
les enseignements éthiques sous l’égide des Dieux qui parfois se
manifestèrent physiquement tels des hommes, Tohouiyo, les Pères
divins adorables.
Le temps passa et les différences raciales, morphologiques et
culturelles divisèrent les hommes. Des conflits fusèrent. La filiation
d’un Père divin s’élevait contre celle de l’autre, et la fraternité
mondiale n’existait pas.
Sègbolissa descendit au centre de la terre de l’actuel Bénin, chez les
Fon, à qui il fit savoir, en présence de Sagbata-Terre, de Tovodoun-
Eau, de Dan-Aguè-Air, de Hèviesso-Feu, de Mahou-Vérité et des
Tohouiyo-Dieux-Pères, qu’il était la Source de tous les Dieux, la
Source de toutes les ethnies et de tous les cultes. Il réunifia toutes
les croyances, donna un enseignement et fit connaître son Totem.

A – Les lois de Sègbolissa-Wèkèdoto-Créateur


Sur la Terre physique du commencement étaient donc les végétaux,
les animaux, les hommes et les Vodoun. Ceux-ci semblaient avoir un
corps physique puisqu’ils communiquaient aisément et de visu avec
les hommes et les animaux. Il en était de même, plus tard, de
DadaSègbo, une Emanation royale masculine de DIEU Sègbolissa
près des hommes.
1 – Ne pas détruire l’écosystème
L’un des enseignements de DadaSègbo demandait aux hommes de
ne tuer un végétal ou un animal que par nécessité. C’est pourquoi
jusqu’à présent, quand un initié par mégarde tue un animal, ne
serait-ce qu’un poussin, il en rôtit le bec ou une autre partie et y
appose sa langue. Ainsi, symboliquement, l’animal tué est mangé.
Cette loi demeure vivace jusqu’à aujourd’hui, et les contrevenants en
souffrent d’une manière ou d’autre.
Une jeune fille de Djègbé séchait des cossettes de manioc pendant
qu’elle apprêtait une sauce de gombo. Une chèvre, de ses
mâchoires avides, prit une quantité importante du produit séché et
en remplit la panse. La fille sortant de la cuisine en fut irritée. Elle
attrapa la chèvre, lui brisa les quatre pattes avec un pilon et la jeta
sur un tas d’ordures où la bête mourut souffrante. Sa propriétaire
l’enterra, ne voulant pas l’accommoder. L’année suivante, la fille se
maria mais ne conçut pas. Cinq ans après, au lieu de consulter la
Géomancie-Fa, elle se convertit à une religion exotique et tomba
enceinte. Sept mois plus tard, elle accoucha d’une fille dont les
quatre membres avaient l’air brisés. Sa mère se souvint de la chèvre
maltraitée et se mit à pleurer.
Les animaux, quoique non-humains, ont aussi, dans le fond de leur
être animal, une existence réelle au plan éthérique. Qu’on ne les
torture pas ! Sinon on pourrait en souffrir plus tard.
Le même enseignement de DadaSègbo était passé aux animaux.
Ceux-ci avaient la mission de contribuer au bonheur de l’homme.
Les êtres vivants des brousses et des forêts, ceux des cours et des
étendues d’eau, et ceux de l’air avaient appris par cœur leur leçon,
et en avaient déduit une chanson :
« Nous ne savons rien faire de nos mains
Pour oser nous comparer aux humains.
Si d’une chose nous avons envie,
C’est que l’homme veille à notre survie ».
Cela explique pourquoi Sègbolissa avait fait des bêtes domestiques
pour l’alimentation carnée de l’homme et du Vodoun, et en sorte que
l’homme dût faire de l’élevage et de l’agriculture pour assurer la
continuité de toute vie.
2 – Le principe du retour de la cendre jetée
L’une des plus grandes institutions de Yèhwé Sègbolissa, après la
loi d’amour pour l’écosystème, c’était le principe du retour de la
cendre jetée. Sagbata prit une poignée de cendre, et face aux
Vodoun-Fils et aux hommes, la propulsa vigoureusement. C’était
DadaSègbo qui le lui avait demandé. La cendre revint vers Sagbata.
Alors DadaSègbo dit : « La cendre revient vers celui qui l’a lancée.
Faites donc attention à ce que vous pensez, dites ou faites, car cela
vous reviendra et sauvegardera l’équilibre de ma création ».
Cette loi fut la plus contraignante pour les Vodoun, et surtout pour
les hommes dont le devoir était, entre autres, de protéger et de faire
vivre la nature végétale, animale et humaine, et de ne faire que le
bien juste. Que les hommes dans notre monde tridimensionnel
chassent les hommes, qu’ils déciment les forêts ou qu’ils les pillent,
qu’ils souillent la terre ou qu’ils vident les eaux de leurs vies, qu’ils
polluent l’atmosphère ou qu’ils massacrent les oiseaux sauvages,
qu’ils brûlent les insectes tels que les abeilles ou qu’ils détruisent
leurs milieux de vie, ce sont des fautes graves punies par la
prolifération inexplicable de graines de maladies contagieuses, de
moucherons, de moustiques, de criquets saisonniers, de rats
pillards, et par la fréquence de tornades ravageuses, d’inondations
malencontreuses alternant avec des séquences de sécheresses
inopportunes et des incendies sans cause connue. La conscience
collective savait que c’était des intempéries punitives, et à chaque
calamité, les anciens consultaient la Géomancie-Fa pour en savoir la
source et la justification.
Des initiés protègent leur vie et leurs biens, en renvoyant tout
envoûtement à sa source, en comparant ce sortilège à une cendre
lancée. Et des envoûteurs meurent sur place, en perpétrant un
sortilège. Ceux qui ne meurent pas appellent la misère et la mort sur
leurs propriétés et leur entourage.
3 – Un envoûteur frappé
Bien que la loi du "retour des cendres" soit largement connue, de
grands sorciers envoûteurs choisissent d’exercer la profession de
destruction, pour de grands honoraires. Des politiciens malhonnêtes,
des commerçants véreux, des administrateurs fourbes s’en vont les
voir avec beaucoup d’argent et leur commandent l’assassinat
occulte de leurs rivaux ou ennemis. Pour parvenir sans heurt à leurs
fins maléfiques, ces envoûteurs de renom se protègent de dix mille
manières, affichant leur doigté de véritables magiciens noirs, noirs
au cœur et non à la peau, et sont trois fois blindés contre les forces
compensatrices. Mais leur entreprise d’agressions demeure une
œuvre ardue à mille risques, et ils n’en sortent pas toujours vivants.
Un de ceux-là, le vieil Agboyidou, prépara un piquet de dix
centimètres avec des charges malodorantes. Les piquets ainsi faits
sont de véritables condensateurs fluidiques, et lorsqu’ils sont
enfoncés dans la terre avec des vœux, bons ou mauvais, ces vœux
s’impriment dans le monde éthérique de la Terre, dans le monde des
mânes des ancêtres et dans le monde des réalités symboliques.
Agboyidou alla à une croisée de chemins pour y enfoncer ce piquet
avec le désir exprimé d’empêcher un mariage coutumier. Pour quelle
raison ???
Il suffirait que ce piquet passe quelques minutes ou quelques heures
là, enfoncé, pour que des événements contraires au mariage se
produisent et mettent en péril la convivialité de ce soir par des
insultes et des rixes.
Agboyidou porta un gant magique dont il brandit le piquet à
enfoncer. Le Tonnerre le regardait. Il prit un morceau de granite. Le
Tonnerre écarquilla les yeux et le gronda. Il hésita un peu, prononça
des paroles protectrices pour éloigner la foudre. Les éclairs vinrent
jusqu’à deux mètres, apparemment, au-dessus de la tête du
téméraire Agboyidou. Ce brave porta à la bouche une sorte de cola
préparée dans une mixture et prononça une kyrielle de paroles
incantatoires. Hèviesso se replia et laissa faire. Le malfaiteur ne
doutait pas que sa protection fût totale contre toute riposte. Il
enfonça le piquet et rebroussa chemin.
Soudain la foudre descendit sur lui. Agboyidou en reçut la balle dans
sa main gauche, tout en marchant. Quelques instants après,
Hèviesso tira à nouveau sur lui, mais il en reçut la balle dans la main
droite. Ayant compris l’enjeu, il jeta les balles afin que sa main pût
en recevoir d’autres. Son pouvoir était tel qu’il serait foudroyé s’il
avait déjà quelque chose dans les deux mains. Et la balle, une sorte
de pierre taillée à la forme d’un soc de hache, suffisait à occuper
toute seule la poignée de main.
Le Tonnerre lui envoya un autre coup de feu, puis un autre encore.
Agboyidou reçut les deux socs dans ses paumes de mains et les
jeta aussitôt. Il prononça encore quelques incantations, accéléra les
pas et se trouva à deux mètres du seuil de sa case de gris-gris. Le
Vodoun du Feu céleste, en une fraction de seconde, lui administra
successivement cinq coups de canon. A peine avait-il eu le temps de
jeter les deux premières balles que la cinquième le foudroya. La
foule de curieux vint le voir aplati face au ciel, à un mètre du seuil de
sa case, avec un soc dans chaque paume de main et, sur le thorax,
le piquet précédemment enfoncé à la croisée de chemins.
Il faut savoir que le Dieu du Feu foudroyant un fourbe utilise
effectivement une forme de hache que l’on retrouve sur le lieu de la
"fusillade". C’est peut-être une tradition spécifique au Bénin.
Les Vodoun-Fils de Yèhwé Sègbolissa respectent et font respecter
le principe du retour de la cendre propulsée. Dans le monde des
désincarnés, les mânes des malfaiteurs morts subissent les
conséquences de leurs mauvais actes. Ils sont mis à genoux
pendant des décennies ou des siècles avant d’être écoutés, jugés et
condamnés par Tohouiyo. Chez nous, l’enfer de feu n’est qu’un
genre d’enfer et non tout l’enfer pour tous.

B – Le Caméléon, Totem terrestre de Sègbolissa-


Créateur
Sur cette Terre physique à cette époque, DadaSègbo confirma
l’homme “Gbèto”, c’est-à-dire père et maître du monde vivant. Puis,
avant de se retirer du monde physique avec ses Fils-Dieux, le Grand
DIEU décida de désigner parmi les animaux son représentant. Pour
le faire, l’Etre Suprême allait soumettre tous les animés non-humains
à trois épreuves : l’épreuve de la Pondération, l’épreuve de l’Omni-
convenance, l’épreuve de la Performance en course (suppléant
l’ubiquité).
Afin de représenter l’Unique Source de tous les Vodoun, il faudrait
avoir de la circonspection en tout, témoigner d’une aptitude à traiter
avec tous les Fils et créatures de l’Un, et savoir parcourir de grandes
distances à défaut d’une totale omniprésence. Le représentant de
Sègbolissa devait faire preuve de dignité, non d’un point de vue
humain, mais selon la Volonté de DIEU. Et pour cela, il fallait passer
ces trois épreuves d’examen-concours avec succès. Si personne
n’était qualifié pour refléter DIEU, il n’y aurait nul Totem pour
l’Universel. Mais DadaSègbo ignorait-il vraiment qui réussirait ?
Tous les animaux vivants de la Terre étaient informés. La perdrix, le
lièvre et le renard, mis au courant de la Nouvelle, se montrèrent
sceptiques. Le renard, lui, se demanda comment un être
naturellement calme pourrait aussi faire une belle performance
sportive. Il se demanda enfin comment porter une fourrure ou un
plumage bienséant pour tous à la fois. Alors il souffla à ses voisins
indécis que les épreuves divines n’en valaient pas la peine. « C’est
absurde ! C’est absurde ! », répéta-t-il. Or Sègbolissa, Intelligence
universelle, savait où il voulait en venir.
1 – L’épreuve de la Pondération
Le jour de la première compétition arriva. Les Vodoun-Sujets de
DadaSègbo se réunirent. De nombreux animaux candidats se
présentèrent à l’examen de la Pondération. L’épreuve unique
consistait à marcher de manière à faire ressortir un certain niveau de
sérénité et de prudence.
Le poisson et ses frères, la grenouille et ses sœurs, l’araignée et ses
parents proches ou lointains, eux, abdiquèrent. Les concurrents se
mirent en rang. Le lion imbu de lui-même et le caméléon, humble à
la limite de la complaisance, laissèrent d’abord aller les autres.
Le singe, tout premier examiné, était frivole. Ses grimaces ne
l’honorèrent pas. Le caïman offrit ses prestations mais fut ridiculisé
par sa propre démarche. Le lézard eut honte de l’échec du caïman
et glissa sous un buisson. Le chien, alors réquisitionné par Boko-
Lègba, aidait à la sécurité de l’examen. Il n’était donc pas candidat.
Les oiseaux, excepté l’aigle, le pique-bœuf et la colombe, crurent à
la parole défaitiste de la perdrix rapportant les propos du renard.
L’aigle, malgré son allure magnifique, perdit quelques points à cause
de sa vanité…
Le lion s’avança, après le léopard et ses voisins. Il fixa son regard
sur un point de l’horizon, la tête haute, et marcha superbement ;
mais voici qu’il écrasa un souriceau tremblotant oublié par sa mère
enchantée. Aussi le lion perdit-il des points.
Le caméléon, chose incroyable, leva le doigt et fut autorisé à tenter
sa chance. Il avança, tête droite, signe de sa détermination.
Cependant ses yeux tout mobiles et tournants lui permettaient de
voir et savoir tout ce qui se passait aux quatre points cardinaux.
Mieux, chacun de ses pas ne se posait sur le sol qu’au troisième
essai. DadaSègbo sourit, visiblement satisfait. C’était bon signe,
n’est-ce pas ?
Sur la base des notes attribuées aux concurrents, le Conseil des
Vodoun délibéra. Le caméléon eut la meilleure note, et fut ovationné.
Ainsi fut passée la première épreuve. L’aigle serait nommé roi de la
gent ailée, et le lion roi des quadrupèdes, comme il en rêvait, mais
rien n’était encore dit.
2 – L’épreuve de l’Omni-convenance
A l’examen de l’omni-convenance testant le charisme de
rassembleur, les animaux, une fois encore, s’essayèrent. Les grands
Jets du Sang de Yèhwé Sègbolissa (Vodoun-Houn) regagnèrent
chacun sa demeure symbolique. Sagbata, dans son ample jupe ocre
alla au Nord, s’entoura de ses enfants et de ses serviteurs
spirituels. Dan géminé, drapé dans un grand pagne blanc
apparaissait au Nord-Ouest pour se dérouler jusqu’au Sud-Est,
comme maints fleuves du Bénin. Quand il s’arrêta sur une nappe
d’eau et se redressa, sa taille était infinie, et se fondait dans la voûte
du ciel. N’est-il pas dit que l’Arc-en-ciel est ce Serpent (Dan) mi-Eau
mi-Air élevé au-dessus des eaux pour gérer à la fois les affaires
fluviales et éoliennes ? Hèviesso, vêtu de vermeil, s’en alla
carrément au ciel, au-delà des nuages du Sud. Mahou, Fils-dauphin
de DIEU (confondu avec DIEU) gérant les quatre éléments à la fois,
portait des habits or ou jaunes ou blancs. Lui demeura au milieu des
hommes, lesquels lui sont conformes. Fa, venu de l’Est, du même
côté que le Soleil levant, accompagné de Boko-Lègba, circulait, pour
tout noter.
• Chez Sagbata, Dieu de la Terre et des trésors matériels
Les émules furent chacun chargé d’un message de Sègbolissa, et
prirent tous la direction de Sagbata. Les forces courtisanes de cet
Etre terrien refoulèrent de nombreuses bêtes pour l’étrangeté de leur
couleur. Car la concordance de couleur était un atout. L’abeille toute
peinte de brun parvint à passer les mailles policières, tout comme le
caméléon qui pour la circonstance changea sa peau en ocre. Malgré
la couleur de leur pelage, des fauves (et l’aigle) furent empêchés,
eux qui avaient écarquillé les yeux et grondé les esprits servants. Le
léopard, lui, réussit, pour s’être donné une voix douce et des yeux
mi-clos. Plus tard ce félin servirait de véhicule à Sagbata-Terre
lorsque ce dernier est courroucé. A cause de lui, il a été dit que
Sagbata avait la peau tachetée. Vous comprendrez cela quand ce
carnassier sera sur l’échelle de Hèviesso. Le singe avait échoué
parce qu’il avait escaladé la clôture et s’était retrouvé nez-à-nez
avec Sagbata, sans être introduit par le service du protocole dont
Bossou était le chef. Le chien, lui, n’avait pu offrir aucune prestation ;
il sillonnait les lieux en compagnie de Fa et Boko-Lègba. La tortue,
elle, n’avait pas effectué le déplacement. Elle s’était découragée
depuis qu’elle avait entendu parler d’une épreuve de course. Et c’est
ainsi que le léopard, l’abeille et le caméléon firent la commission à
Sagbata. On comprend pourquoi l’abeille est traditionnellement
appelée “véhicule volant de Sagbata”.
• Chez Dan, Dieu géminé de l’Air, de l’Eau et des Fluctuations
Les rivaux se retrouvèrent à nouveau au même point de départ, et le
top fut donné pour aller à Dan. Ce Vodoun toujours en train de
s’étirer fut aperçu par les candidats. Dès que Dan vit venir les
compétiteurs, il déversa de larges vagues d’eau en leur direction.
Des poilus craignirent de se noyer et firent demi-tour. Quelques
bêtes persévérantes nagèrent mais furent repoussées à cause de
leur couleur inadaptée. Les poissons n’arrivèrent pas à se tenir
debout sur l’eau. Ils ne purent donc pas faire la commission. Le
caméléon qui habituellement mangeait peu flotta, et changea sa
peau en blanc. Il n’y avait pas de serpent au corps de neige qui pût
se mesurer à ce saurien réservoir de mille couleurs. Dans le rang
des oiseaux, la colombe, et après elle le pique-bœuf, contacta cet
ondoyant blanc-bleu, et furent, avec le caméléon, les seuls à
transmettre le message de Sègbolissa. N’est-ce pas pour cette
raison que la colombe plus rapide en vol que les autres oiseaux
blancs est considérée comme Dan et experte des messageries
aériennes ?
Attention ! Ne confondez pas Dan (Dan-Air et Tovodoun-Eau) avec
les sirènes et ces nombreux esprits de l’Ethérique humain ou animal
qui se font nommer Dan Ayidohouèdo.
• Chez Mahou, Dieu de Vérité, de Bonté et d’Amour altruiste
Pour faire la commission à Mahou, il n’y avait aucune difficulté
matérielle. La seule condition était d’avoir la conscience dorée, sans
épine ni fumée. Il fallait donc tout simplement avoir le cœur toujours
ouvert au bien. En dehors des bêtes querelleuses, tous les
pacifiques de la savane et de la forêt pouvaient venir à la demeure
des hommes à qui Mahou déjà donnait des leçons de morale.
Caméléon aussi. Mahou les reçut sans histoire.
• Chez Hèviesso, Dieu de Justice et du Feu céleste
C’est le moment d’aller à la caserne céleste où travaillent Hèviesso,
ses enfants et ses serviteurs commandos.
Une longue échelle de deux cent quarante-six échelons, soit six fois
quarante et un, était posée sur le sol, obliquement, et conduisant à
la demeure du Feu du ciel austral. Tous les concurrents étaient
présents. Le lion qui, dans la forêt, à l’insu des hommes et des
Vodoun, se faisait vénérer, était premier cette fois-ci à franchir les
marches. Sa devise, c’était de ne jamais s’avouer vaincu.
Le lion, donc, franchit la première marche, puis la deuxième. Il alla
loin, si loin qu’il sembla n’être qu’une fourmi. Hèviesso le vit, et larda
le ciel de grands éclairs autour du solitaire. L’être imposant de la
jungle en perdit la vue pendant quelques instants. Hésitant, le fauve
jeta un coup d’œil sur le sol et fut pris de vertige. Il faillit tomber et
éclater en lambeaux. Pour ne pas perdre sa vie et avec elle son
trône forestier, il renonça au Trône de toute la Terre et marcha à
reculons. Le voilà sur le sol. La plupart des animaux hochèrent la
tête. Il n’y eut pas de commentaire là-dessus. Seuls quelques
soupirs se firent entendre.
Le léopard, qui se savait grimpeur, se dégagea vers l’échelle et s’y
accrocha. Il en gravit les barreaux et, leste, monta très haut. Des
lanières de feu dans tous les sens déchirèrent le ciel. Décidé à
gagner la partie, il rassembla toutes ses forces et disparut dans les
nuages. Les éclairs reprirent de plus belle. Quelques instants plus
tard, le félin reparut sous les nuages et descendit en grande hâte.
Quand il eut lâché la traverse près du sol, l’assistance vit ses yeux
larmoyants et son corps tacheté de brûlure. Les gens se regardèrent
sans mot dire. Pris de pitié pour lui, le crocodile cilla trois fois et
pleura. Ah ! Les honneurs ! Vraiment…
Le singe entra en lice, passa quelques traverses, s’arrêta et fit des
simagrées en direction du ciel. Quelques rais ignés l’effrayèrent, et
le voilà sur le sol. En dépit de la gravité de l’heure, les assistants
pouffèrent de rire.
L’éléphant venu en spectateur s’avança, imposa un vigoureux
spasme à son grand corps, tourna autour de l’échelle, et baissa la
tête, sans vraiment se décider.
L’aigle se moqua de l’échelle, piqua le ciel avec volupté et disparut
derrière des rangées de strato-cumulus. Des languettes de flammes
l’accueillirent. Son plumage en brunit, mais il se donna du courage,
et s’approcha des enfants de Hèviesso. Ceux-ci refoulèrent cet
oiseau, malgré sa bravoure, au motif que son costume n’était pas en
harmonie avec le leur. Eu égard à cela, la colombe et le pique-bœuf
ne montèrent pas. Et ainsi la quasi-totalité des animaux échouèrent.
Le caméléon calmement s’agrippa au premier échelon, puis au
deuxième, au troisième… et enfin, il disparut derrière des nuages.
Les enfants de Hèviesso zébrèrent tout autour du messager de
Sègbolissa. L’animal à mille couleurs tint bon et devint vermeil. Les
descendants du Feu céleste l’approchèrent et soufflèrent sur lui de
l’air lumineux. Le caméléon devint à son tour lumineux, et avec
plaisir il fut conduit au palais privé de Hèviesso à qui il fit la
commission…
Une flûte réunit aussitôt les « Jets de Sang » autour de leur Père-
Yèhwé. Fa raconta toutes les péripéties de l’épreuve de l’Omni-
convenance. Boko-Lègba était son témoin oculaire et auriculaire.
Les quatre Stratèges positionnés pour éprouver le représentant de
leur Père sur la Terre physique reprécisèrent leur manège et leurs
résultats à l’examen de ladite Omni-convenance. Et le caméléon fut
classé premier comme à l’issue de l’épreuve de la Pondération.
Néanmoins, il restait une épreuve, celle de la Course.
3 – L’épreuve de la Performance en course
A l’examen de la Performance, les animaux arrivèrent nombreux, y
compris certains qui avaient raté les précédentes épreuves. C’était
maintenant une épreuve de course à la fin de laquelle le gagnant
devait s’asseoir sur le Trône du monde. La distance à parcourir était
celle que parcourrait un caméléon en deux cent quarante-six jours
(six fois quarante et un jours). Car le nombre quarante est celui de
l’Univers, le Un celui de son Créateur Sègbolissa, et le six celui de la
Performance.
Les animaux se mirent sur la ligne de départ. Le caméléon choisit de
se placer derrière le cheval, et dès que le top fut donné, il s’agrippa
à la queue de ce coureur de renom. Dans une poussière opaque, les
grands rivaux démarrèrent en trombe et disparurent. Les poissons
regrettèrent que l’épreuve ne fût pas celle de la nage. Ils remuèrent
la queue en signe de désapprobation et replongèrent dans l’eau.
L’escargot, qui jusque là ne s’était pas montré, fila, bousculant avec
frénésie sa charge de coquille mi-pleine, mais n’avança pas. Le
serpent remua tout son corps dans le sable mouvant et manqua
d’adhérence pour rattraper les sportifs. Le lézard jeta la honte
derrière lui et se tortilla à grand-peine pour effectuer de grands pas.
Sur le chemin, là-bas, le lion et le léopard, qui avaient au départ
bondi, s’écroulèrent. La gazelle et l’antilope se surpassèrent mais
leurs bonds devinrent fébriles. Le chien, gueule ouverte, haletait,
pour pouvoir suivre les compétiteurs endurants.
Les trois oiseaux étaient partis depuis longtemps. Ils filaient
tellement qu’ils dépassèrent le lieu du Trône et se perdirent au-
dessus des forêts. Les insectes volants tournèrent en rond, firent
des randonnées et se retrouvèrent au point de départ. Le cheval, lui,
fut plus endurant que tous. Lui seul galopait encore, et encore. Il
arriva à destination et accéda au siège royal. Au moment où il
tournait les fesses pour s’asseoir en tant que champion, le caméléon
promptement lâcha sa queue, se posa sur le grand siège, et lui cria :
« Ne t’assois pas sur moi ». Le cheval sursauta d’étonnement. Il
tourna le cou et vit cet être si petit et si faible sur le trône qu’il rêvait
de tenir en trophée. Les gardes du lieu furent très surpris. Personne
ne comprenait comment le caméléon avait pu courir plus vite que le
cheval. Et ça, c’était de la Performance ! Caméléon premier, cheval
deuxième.
Faut-il encore attendre la décision d’un jury pour savoir que le
caméléon est vainqueur sur toute la ligne ?

C – Le Soleil, Totem céleste de Sègbolissa-Créateur


DadaSègbo enferma le caméléon dans une chambre toute noire et
lui demanda de prendre la couleur blanche des champignons qui
avaient poussé dans cet espace clos. Le caméléon dont la peau
avant cette opération ultime était verdâtre devint plutôt gris-sombre.
Et DadaSègbo de lui dire : « Le Soleil me représente au ciel lointain,
et toi tu représentes le Soleil au niveau de la Terre. De même que le
Soleil reçoit de moi ses énergies lumineuses, de même toi caméléon
tu es à l’image du Soleil d’où tu reçois lumière et couleurs. Sans le
Soleil, sans la lumière du Soleil, tu n’aurais jamais su changer de
pagne ».
Depuis que cette connaissance a été transmise aux hommes, le
temple qui abrite l’Autel de Yèhwé-Sègbolissa est construit de façon
à faire face au Soleil levant. Malheureusement l’urbanisation,
caractérisée notamment par le tracé des routes et la destruction des
forêts peut s’acoquiner avec la démystification de tout, pour faire
ouvrir ces temples-là face aux voies et à n’importe laquelle des
quatre cornes de l’univers (les points cardinaux). Mais ce serait une
erreur !
Voilà en quelques mots comment Gbèto-homme, chef présumé du
monde vivant terrestre, est amené à vénérer Sègbolissa-Caméléon
et Sègbolissa-Soleil, maître de toute existence.
Le Caméléon n’est appelé Sègbolissa que par celui qui lit à travers
lui la pensée du Créateur de l’Univers. L’animal caméléon est, en
Fon, appelé Aganma, et, qu’il soit capturé ou blessé ou tué ne
signifie pas que Dieu ait des problèmes. Toutefois, par respect pour
le Totem, les adeptes de Sègbolissa ne tuent pas, ne blessent pas,
n’arrêtent pas un Caméléon qui marche…
A l’issue de tous les examens-concours, Boko-Lègba réunit toutes
les âmes humaines. Toutes, sans exception. DadaSègbo de leur
dire :
« Bientôt, vous ne me verrez plus directement. C’est pourquoi j’ai
décidé de vous tourner vers des Totems édifiants. Chaque fois que
le Soleil apparaîtra à l’Est, voyez-y le Créateur qui commence à
illuminer votre Univers pour la Vie matérielle. Chaque fois que le
Soleil disparaîtra à l’Ouest, sachez qu’il commence à illuminer votre
Univers spirituel. Le Soleil qui se retire est vivant sur les plans
subtils. Plus proche de vous, le Caméléon vous rappellera que je
suis. A lui, pour ses courses, je donne le Cheval, grand coursier sur
la Terre, coursier sans hargne, sans griffes ni cornes ».
« La Terre vous apprendra tout, dans l’application de la Loi du
Retour des cendres jetées. La Nature est une parole vivante. Elle est
ma parole. Ecoutez-la. Ne souffrez jamais de me perdre de vue ».
Depuis cette époque indéfinissable et ce jusqu’à aujourd’hui, à
l’autel des Dieux et des ancêtres, les prières de nuit commencent
par : « Voici votre jour ». Si c’est le jour, l’invocation rappelle : « Voici
votre nuit ». Car le jour visible ensoleillé est la nuit de l’Invisible.
L’esprit s’ouvre quand les yeux physiques se ferment et ne voient
plus rien de matériel.
Cependant, il est recommandé à l’homme de se réveiller à l’aube et
d’être vertical avant l’apparition du soleil à l’horizon Est. Car par
cette étoile brillante du matin, DadaSègbo bénit et revigore ses
enfants déjà sur pied.
Quant au Panthéon béninois, il n’est un secret pour personne que le
Soleil, Totem des totems, est la marque du DIEU des Dieux, pour
l’humanité.
D’après le roman : "Marc en marche vers Vodoun-Yèhwé".
N.B : Les reconstitutions préhistoriques faites sur la base de
quelques fossiles (en réalité des roches à formes squelettiques)
n’auraient de valeur que si les chercheurs archéologues étaient
intègres et impartiaux. La peau lisse d’Eve dans une thèse fixiste sur
l’origine de l’humanité ainsi que le corps velu des anthropomorphes
de la thèse dite révolutionnaire sont des inventions de laboratoire. Il
en est de même de la couleur noire ou blanche de la peau des
Egyptiens ou des Cananéens du passé. Nous ne nous en
préoccupons guère. N’est-il pas dit que certaines momies ont été
contrefaites ?
Introduction
« A l’engloutissement des continents de Mû et d’Atlantide, les
savoirs authentiques de la Doctrine secrète furent transférés en
intégralité à l’Inde », dit-on en métaphysique. « L’Afrique est le
berceau de l’humanité, et donc de la spiritualité », enseigne-t-on
dans des écoles d’Afrique. « L’Egypte est le Temple du monde
entier », dit Hermès Trismégiste à Asclépios. « Le Bénin est le lieu
où DadaSègbo Créateur fit connaître sa Loi aux hommes »,
rapporte-t-on dans la Tradition Vodoun. « Le Dieu (Yahvé ou Allah)
et l’ancêtre d’Abraham sont DIEU et Ancêtre du monde », pensent
les chrétiens et les musulmans. « La Lumière salvatrice vient de
l’Orient », dit-on dans le Shintoïsme. « Le Japon est le berceau de
l’humanité. C’est sur cette terre que Dieu SUNOKAMI descendit
pour créer les différentes races d’hommes, la race noobhito (la race
jaune d’or) étant seule laissée au Nippon, pays du soleil levant »,
confirme-t-on dans l’Art japonais de Mahikari. « La Chine est le
berceau de l’humanité, car c’est par le Tibet, en Chine, non loin du
désert de Gobi, que se déverse sur Terre, depuis le commencement,
la Lumière divine Transhimalayenne que la Grande Loge Blanche
utilise maintenant au profit de l’humanité », souligne-t-on dans les
milieux de haute spiritualité (sans frontière). Etc.
L’établissement de la carte d’identité de DIEU n’est donc pas
possible. D’ailleurs la situation géographique du Créateur n’a
apporté à l’humanité que des joutes et des conflits. C’est pourquoi il
est maintenant préférable de revenir à l’Incorruptible : « L’homme est
dieu parce que fait à l’image de DIEU ».
A l’instar du photogrammètre qui part d’une image en papier pour
connaître des centaines de milliers de kilomètres carrés, nous
pensons qu’en étudiant les mystères en l’homme, tous les Etats
peuvent s’entendre sur un minimum autour de l’Intelligence Créatrice
Universelle appelée DIEU. Oui. L’homme est miroir de DIEU.
Tout ce que nous les hommes faisons, disons et pensons de
manière réaliste, et que nous avons en mémoire, fait partie de notre
vécu conscient. Nous en avons une conscience objective.
Tout ce que nous avions fait, connu, ressenti, dit, pensé,
expérimenté, vécu, aimé ou détesté, et dont nous n’avons plus
clairement conscience parce que nous ne nous en souvenons plus
vraiment, tout cela demeure niché dans le profond de notre
psychisme en tant que notre subconscient et détermine nos
réactions, nos impulsions, nos penchants, en un mot notre
caractère, notre état de conscience. Le subconscient (la
conscience subjective) fait de chacun de nous une personnalité à
part, un être différent des autres.
Ce subconscient, qui est le démon (ou plus rarement l’ange) blotti
sous le Conscient, a le défaut d’être un conservateur, un défenseur
de sa propre texture. En cela, il est ennemi de tout changement de
la conscience. Son mot de passe est le statu quo, le statu quo ante
bellum.
Le subconscient est le Boko-Lègba auquel se vouent les initiés de
la Géomancie-Fa. Se purifier, se dégager, se convertir à proprement
parler, c’est se délivrer du subconscient négatif (le démon en nous),
pour enfin emprunter le chemin de la Lumière divine (bonté, vérité,
beauté, respect de la vie, etc.) Toutes les techniques
d’autosuggestion proposées çà et là et qui sont à la mode aux Etats
Unis d’Amérique et en Europe visent l’extirpation des scories du
subconscient et l’ensemencement de graines de vie et de bonheur.
Les techniques de libération yogi, bouddhiques ou taoïstes n’ont de
matière que celle du subconscient.
Les bons et les mauvais aspects des conscients et subconscients
des personnes vivant en communauté ou simplement sur un même
terroir constituent un puissant amalgame de pensées, de paroles, de
sentiments et d’actes qui est appelé Inconscient collectif (Boko-
Lègba général). C’est un réservoir d’énergies incommensurables, un
temple de pratiques mystico-religieuses diverses où puisent les
croyants, les mystiques, les occultistes, etc.
Même créée de toutes pièces, une doctrine religieuse qui de gré ou
de force s’est fait beaucoup d’adhérents finit par donner lieu à des
pratiques puissantes de délivrance, de guérison, de protection et
même d’envoûtement, parce que toutes les énergies mentales et
psychiques émises par des milliers de croyants se focalisent en un
Dieu, un dogme, un caractère et des façons de faire... Là se justifie,
non seulement dans la Grèce antique, mais aussi dans chaque
contrée de la Terre, ce qu’on appelle PANTHEON et qui est un
temple unique à plusieurs étages où s’adore la Divinité unique
différemment conçue dans les multiples formes ou principes
agissants. Matérialistes, animistes, fétichistes, chrétiens,
musulmans, bouddhistes et taoïstes opèrent tous dans le même
temple, mais à divers niveaux, chacun selon sa spécificité.
Dans ce temple, on peut appréhender six niveaux en étages, de la
terre vers le ciel.
Le rez-de-chaussée correspond au monde physique où règne la
matière dense (C’est le monde de la matérialité). Le premier étage
gère nos forces vitales. Cet étage est celui du double de toute
matière (C’est le monde des fonctions végétatives). Le deuxième
étage est le niveau de la vie émotionnelle et sentimentale (C’est le
monde de la psyché). Le troisième étage est le monde des idées
concrètes (monde de nos mentalités). Le quatrième étage
correspond au monde des idées abstraites et de la volonté. Le
cinquième étage, celui de la pure Essence divine, la pure spiritualité.

Le rez-de-chaussée
- Religion : affairisme
- Confusion du bien et du mal
- Plaisirs du corps physique
- Sadisme et masochisme
- Viol, vol, détournement,
- Agression pour usurpation
- Offrandes aux accointances : pots de vin
- Devoir : Dextérité ou frustration de la communauté

A –Négativités du niveau matériel


Lorsque la conscience collective est au rez-de-chaussée, presque
tout le monde use de moyens détournés. C’est un plaisir que d’aller
en grève par cessation de travail avec l’ardent désir d’être payé à la
fin du mois. L’égoïsme remplace le patriotisme à tous les points de
vue.
Certaines autorités administratives des pays sous-développés
descendent au rez-de-chaussée et s’illustrent par des pots-de-vin,
par des dix ou quinze ou vingt pour cent de corruption imposés aux
entreprises réalisant des travaux de génie-civil, par des
constructions inachevées ou fissurées, sans lendemain, par des
auto-octrois de primes non méritées, par du je-m’en-foutisme au
plan du développement. Elles opèrent des détournements de
deniers publics et font les troubadours auprès de la hiérarchie
supérieure. Et pour ne jamais être débusqués, il y en a qui agissent
sur les ordinateurs, font disparaître des témoins écrits, brûlent des
archives ou carrément incendient des bureaux. Ce niveau est le plus
bas où puisse tomber un intellectuel.
Les gens du rez-de-chaussée se cachent dans les nuages du
proverbe selon lequel « Les intérêts guident le monde ». Ils sont
dans les affaires, l’escroquerie, l’imposture et toutes sortes de
faussetés. « La vie n’existe qu’ici-bas », croient-ils.
B – Qualités du travailleur de la matière
Naturellement, ceux qui s’enrichissent par le travail manuel sont au
rez-de-chaussée par leur dextérité, mais leur conscience est
nécessairement élevée.
La calligraphie, la sérigraphie, la décoration, la broderie, le tissage,
la coiffure, le labour, la chasse, la pêche, l’élevage, la sculpture, l’art
du guitariste ou du manœuvre sont donc des valeurs du rez-de-
chaussée.

C – La Bible éthérico- physique


Il est d’usage d’enregistrer des sons et des images et de les faire lire
par un appareil lecteur. C’est que la Science a découvert ce qu’a
toujours su l’animisme : Nos pensées et paroles s’enregistrent
subtilement en nous et autour de nous. Il en est ainsi parce la parole
de DIEU, véhicule de la Volonté de DIEU dans tous ses aspects, est
enregistrée dans les vertus des plantes, des roches et des organes
animaux. C’est la Bible des guérisseurs traditionnels d’Afrique, des
rebouteux d’Europe, des naturopathes, des pharmaciens et des
diététiciens de tous les continents.
On peut vivre sans écouter un prédicateur ni lire son livre saint, mais
nul ne peut vivre sans exploiter le grand Livre de la Nature.

D - Délivrance, protection et micro-vision.


On se délivre d’une maladie physique en éliminant les vers, les
bactéries, les amibes, les virus ; en corrigeant carences ou excès
en oligo-éléments, ou en restaurant les glandes endocrines, etc.
Au rez-de-chaussée et à l’interne, le corps physique est protégé
par les soins préventifs et la vaccination. A l’externe, ce sont des
coups de poing, de bâton, de machette, de flèche, de fusil. Les
nantis prennent des gardes du corps, dressent des forteresses, etc.
Les techniciens de laboratoire et ceux de l’imagerie médicale voient
les causes de nos maux, mais leurs aptitudes s’arrêtent au niveau
des microscopes, des réactifs et des scanners.

E – Quelques recettes
Certaines plantes médicinales agissent au rez-de-chaussée et
quelquefois efficacement au premier étage.
Exemple 1 : Pour purifier les corps, les objets et les lieux
Pour débarrasser un appartement des ondes nocives qui causent
des insomnies ou des sommeils agités, on cherche : afama ordinaire
(kalanchoe crenata), desigεma (hysope : newbouldia laevis),
xisixisima ( ocimum basilicum), anyama ( feuille de dracaena
arborea), sinfifama ( peperomia pellucida), citron non greffé,
zalεnkpon ( gomme de daniellia oliveri, encens végétal), camphre.
On triture le tout ensemble dans de l’eau et on en fait le toilettage du
sol des locaux. On prend aussi un bain de cette eau. Ça détruit les
larves éthériques qui rendaient le lieu peu propice à la santé
psychosomatique. Des véhicules qui tombent trop souvent en panne
ont été dégagés par aspersion du liquide de purification sur le
moteur, la carrosserie et tout l’engin. Pour éliminer les larves
volantes, faites une fumigation d’encens, de camphre et de basilic
xisixisima.

Exemple 2 : Contre les palpitations du cœur


On cherche : Aïzanhoun, poivres de Guinée, kaolin, carapace
ventrale de la tortue bossue, gravillon. On pile le tout et on en obtient
une poudre fine que l’on lèche matin et soir pendant quelques jours.
Exemple 3 : Pour aider la mémoire
Mettre dans une bouteille propre : poudre d’atakun (poivres de
Guinée), racines de menthe poivrée (tchiao), gbakwεgbakwε
(brindilles enfermées dans les termitières par les fourmis blanches),
du vrai miel anhydre. Remuer et prendre une cuillerée chaque matin.
Ceux qui ont la trouille dès que le professeur entre en salle peuvent
se guérir en léchant les matins une pincée de la poudre obtenue en
écrasant gbakwεgbakwε, xudε (seiche), sucre (comme excipient).
Exemple 4 : Pour traiter le torticolis
Chez nous, on dit d’un malade de torticolis qu’il a jeté le cou.
Ignorant ce qu’on appelle aujourd’hui calcium et hypocalcémie, nos
grands parents, pour rendre le cou mobile et flexible sans douleur,
mettaient une coquille vide d’escargot sur de la braise, la laissaient
brûler sans trop se déformer, récupéraient la coquille ainsi blanchie
au feu et la pulvérisaient. Avec une pincée de cette poudre sur du
beurre de karité dans la paume de main, on massait le cou, tout
autour, du haut vers le bas et vice-versa, pendant environ cinq
minutes.
A la fin de l’opération, on apposait la main ouverte sur un tronc
d’arbre, un mur ou le sol, à la pensée que le mal y est transféré.
Absurde ? Peut-être oui, peut-être non.
Exemple 5 : Pour faciliter la dentition chez l’enfant
Rechercher un certain nombre de crabes (3, 5 ou 7 crabes) et une
gousse de poivres de Guinée. Calciner le tout. Ne pas laisser brûler
jusqu’à donner de la cendre. Une partie de cette poudre est délayée
dans une bouillie à manger par le petit. L’autre partie est malaxée
dans du savon traditionnel adiwi pour servir au bain du corps et en
particulier de la tête. Cela consolide aussi la fontanelle chez le bébé.
Le calcium des pharmacies a les mêmes effets.
Des personnes ayant déjà poussé les dents peuvent s’en servir en
cas de maux de tête ordinaires.
Exemple 6 : Pour traiter les éruptions cutanées
La tradition des Fon compare les fièvres éruptives aux éruptions
volcaniques et en déduit que la variole, la varicelle et même la
rougeole sont des troubles causés par la colère (feu) de la Terre-
Sagbata. Ce sont donc les prêtres du Dieu terrien qui conservent les
rites de purification des personnes souillées à l’épiderme. Deux
exemples seront donnés ici :
Piler alomagblé (vernonia colorata). Y ajouter du sel et de l’eau.
Recueillir le liquide. S’en servir pour la boisson et le bain plusieurs
fois par jour.
Les lianes de nyεsinkεn wiwi aussi font bien l’affaire. Laver
proprement ces lianes. Triturer fort pour en extraire la chlorophylle.
Mélanger cette eau verte avec de l’alcool fort à égal volume. Remuer
et boire trois ou quatre fois par jour. Passer ce remède sur le corps
plusieurs fois par jour. Efficace. Mais la valeur des antibiotiques
vendus en pharmacie ne doit pas être bafouée pour traiter les
dermatoses.
Exemple 7 : Contre l’hémorragie d’une accouchée
Il arrive que la femme qui vient d’accoucher soit en proie à un
saignement excessif, et que la matrone ou la sage-femme y perde
son doigté. Dans ce cas, ne la laissez pas périr, sous prétexte que
vous êtes déboussolé. Pensez à nos grand-mères. Allez chercher un
tronc de bananier vivant. Extrayez sa moelle. Pilez-la et pressez-la
pour en tirer la sève collante. Faites boire cette sève à la dame qui
saigne. Utilisez la pâte de fibres comme couche jetable pour la
femme. L’hémorragie s’arrêtera. Certes l’hygiène n’est pas garantie
dans ce genre de traitement, mais si la dame est récupérée, le reste
sera maîtrisé par la médecine.
Exemple 8 : Pour traiter les angines
Nous avons eu des cas d’angine que n’a pas pu traiter la péni-v
prise par automédication. Curieusement, avec une ou deux noix de
cajou calcinées et réduites en poudre noire, le mal disparaît. La
personne malade lèche cette poudre au goût âcre, seule ou
mélangée à de l’huile végétale. Si vous essayez et que cela ne
réussisse pas, allez confier le cas à un médecin. Si le mal résiste à
tout cela, pensez au désenvoûtement.
Exemple 9 : Contre l’hypertension artérielle
On triture Kokolosudεnkpajε (heliotropium indicum) dans de l’eau.
On en tire un filtrat auquel on ajoute du jus de citron au huitième du
volume. On prend un verre bambou 3 ou 4 fois par jour, par voie
orale.
Au lieu de kokolosudεnkpajε, on peut s’essayer avec ajatunma
(urena lobata), mais cette fois-ci les feuilles bien lavées sont mises
dans une eau très chaude en thermos. Refermer la bouteille
thermos. Laisser tiédir et commencer à en prendre comme l’autre.
Si l’hypertension était le jeu d’une possession d’esprit, il faudrait
penser à exorciser la personne malade. La tradition des Fon
propose quelques feuilles kokolosudεnkpajε plus un peu de bouse
de vache, les deux enfermés dans une feuille d’hysope pliée.
Quelques gouttes d’eau là-dessus. Le jus est mis sur les yeux.
Aujourd’hui, on peut en douter, en raison des risques d’infection
oculaire.

F - Les duperies du rez-de-chaussée


Cas No 1 : Amour ou parasitisme ?
Le mariage est en principe une affaire de cœur, mais l’argent s’en
mêle tellement que l’amour lui-même est relégué au second rang.
Ceux qui trompent les femmes portent des tenues empruntées,
roulent des motos louées pour rendre visite, montrent la belle
maison du père d’un ami, lequel père serait à l’étranger ; ils se
donnent un titre professionnel qu’ils n’ont pas, etc. Ainsi des filles
valeureuses tombent enceintes pour des gueux et grincent des
dents.
Les femmes qui trompent leurs copains ouvrent les bras à plusieurs
hommes, mentent à chacun d’eux, inventent des épisodes de
choses onéreuses : baptême d’un frère, anniversaire du père,
mariage d’une sœur, remise de diplôme à une amie, obsèques au
village, grossesses et fausses couches… Tout cela pour dépouiller
leurs maris, au pluriel. Et ce n’est pas tout ; ce n’est pas seulement
en amour que les gens sont dupés.
Cas No 2 : Expertise ou perfidie ?
Lorsque votre voiture, votre moto, votre téléviseur, votre
photocopieur, votre ordinateur, votre imprimante ou votre générateur
tombe en panne, gardez les yeux ouverts. Le technicien réparateur
défait votre chose mais vous montre une pièce abîmée qu’il a sortie
de son sac. Il dit que c’est la vôtre, alors que c’est votre propre pièce
qu’il veut vous revendre. Et il vous la revend cher. Ou bien il détache
de votre appareil une pièce originale en bon état, et il l’empoche
sous prétexte qu’elle est détériorée, puis il vous vend toujours cher
une pièce contrefaite qui engendrera des pannes fréquentes.
Même avec les yeux ouverts, demeurez vigilant. Car il peut faire
semblant de ne pas vouloir de votre argent mais pour vous prendre
à son piège, il vous conduit chez un vendeur de "pièces originales"
avec lequel il avait tout manigancé pour ses ristournes.
Parfois c’est votre majordome même qui, vous faisant des achats,
demande au vendeur de majorer les prix sur la facture afin que la
différence lui revienne.
De nombreux hommes s’abreuvent de faussetés pareilles dès qu’ils
en ont l’opportunité. « L’occasion fait le larron », disent-ils, tout
bonnement.
Inutile de parler des agents de santé privés, non-qualifiés pour la
plupart, qui font des traitements "tout fournis", avec une facture deux
fois plus élevée que ce qui aurait été réaliste, et qui vous font
cadeau d’une partie, pour vous tenir en laisse.
Inutile de parler de ces entremetteurs de partout qui viennent vous
mettre la puce à l’oreille de ce que vous devrez donner pour avoir
gain de cause auprès du Commandant de la brigade de
gendarmerie, du Commissaire de police, du juge d’instruction, du
président d’une chambre de droit, du procureur de la République,
etc.
Par des prouesses de ce genre, certains agents de l’Etat s’arrogent
des biens publics.
Cas No 3 : Les produits toxiques dits bio
La chimie organique peut reconstituer des molécules à partir des
sous-produits du pétrole. Les spécialistes de la nutrition ne cessent
de stigmatiser des produits de la famille des sucres, des tomates,
des crèmes, des fromages, etc. Les commerçants véreux, eux,
reprennent toujours le dessus en s’adaptant aux critères bio avec
des denrées frelatées. C’est une affaire connue.
Ce que tout le monde ne sait pas cependant, c’est que vous pouvez
acheter votre mort à travers des flacons de teinture, de décocté, de
poudre, etc. Lisez cette anecdote.
Deux jeunes gens avaient en mains quatre flacons de racines,
d’écorces et d’épices concassées. Trois flacons étaient
empoisonnés ; le quatrième était laissé sain. Dans ce dernier flacon,
il y avait de l’eau sur le produit pour la décoction.
Les vendeurs se dirigèrent vers un quinquagénaire assis devant son
appartement. En bons publicitaires, ils présentèrent le produit et
vantèrent ses vertus : purification du sang, réduction du taux de
cholestérol et des toxines, amélioration du potentiel d’Hydrogène
(pH) par augmentation du degré d’alcalinité du sang, etc. Pour
rassurer davantage le monsieur, l’un d’eux but le décocté sans
mesure. « C’est un alicament très bio », conclurent-ils. L’homme eut
confiance et acheta un flacon parmi les trois.
Cinq jours plus tard, quand notre frère prit un verre-bambou du
produit, il se passa des choses horribles. Nous préférons taire toutes
les péripéties dans lesquelles DIEU lui-même intervint pour que
l’homme eût la vie sauve.
Des témoins rapportèrent, à la suite des tracasseries, que les deux
commis n’étaient allés nulle part ailleurs, et qu’ils n’avaient proposé
leur médicament à personne d’autre. Puis quand tout était revenu
dans l’ordre, l’un des conspirateurs vint décrire la trame de l’affaire
pour être pardonné. Car, dit-il, « la survie de la victime a prouvé que
DIEU est pour lui ».
Parmi les hommes-brebis, jusqu’à aujourd’hui, il y a trop de loups-
garous.

Cas No 4 : Visible et invisible à la fois


Une autre tromperie du rez-de-chaussée est celle des friandises
qu’on donne aux enfants ou aux adultes. Biscuit, bonbon, chocolat,
gâteau, beignet et des fruits tels que la noix de cola et la datte sont
apparemment ce qu’ils sont, mais parfois ce sont des
transformations de morceaux d’aliments sabbatiques. Lorsque vous
en recevez et en mangez, le sorcier généreux dédoublé vient chez
vous au moment où vous vous endormez la nuit, et tire votre corps
éthérique pour vous conduire au sabbat nocturne de la
circonscription locale.
Cette affaire est tellement connue que les parents d’élèves
interdisent à leurs enfants d’accepter n’importe quel cadeau
comestible.
De même que la manne céleste décrochée par Moïse s’anéantissait
au bout de quelques heures, de même les transmutations sorcières
mangeables voire appétissantes retournent à leur état initial au plus
tard le lendemain. Une noix de cola redevient une main de bébé ; un
bonbon refond en sang humain, etc.
A cause de ces métamorphoses sorcières, les coureurs de jupon
doivent beaucoup faire attention de nos jours. Nul au monde ne
doute qu’une sorcière puisse se changer en un animal (guêpe,
requin, saurien, hibou, chien…) Par contre, les métamorphoses de
femme ou d’homme en une autre femme, puis les possibilités de
changer une vieille grand-mère en une jeune fille, qui étaient
interdites à l’époque antique de l’ésotérisme vodoun, ne s’opèrent
que maintenant, au nom du romantisme mis en vogue par les
nouveaux vodoun d’eau dits Mami-Wata (sirènes adorées).
A Zogbodomey, comme aussi ailleurs, un jeune gars s’est plusieurs
fois changé en jeunes filles connues. Par exemple, il a pris la forme
de la copine de l’un de ses amis (corpulence, teint, taille, vêtements,
coiffure, parures, tout de la fille). Lui devenu elle a rendu visite à
l’ami qui a couché avec elle. A la fin de l’acte d’amour, la fille est
retournée dans son état de garçon adolescent. L’affaire a éclaté. La
victime a commencé à souffrir d’écoulement séminal. Le sorcier a
affirmé qu’il a déjà pompé sa semence de vie. Les deux jeunes gens
sont conduits à la brigade de gendarmerie de Zogbodomey puis au
parquet d’Abomey, mais pour le Procureur de la République, c’est un
non-lieu. Le jeune sorcier est lâché le même jour. Ses parents n’ont
qu’à le conduire à Cotonou chez ses frères chrétiens pour exorcisme
et délivrance auprès des prêtres ou pasteurs. Ceux-ci réussiront-ils ?
Wait and see !

G - Que dire d’autre du rez-de-chaussée ?


Faites attention à ce que vous consommez. Ne vous fiez pas à
l’école de la presse audio-visuelle. Tout n’y est pas censuré. On
vous dit : « Evitez la viande. Ne mangez plus de sucre. Tournez le
dos au sel. Prenez très peu d’huile. Adoptez le régime des fruits ».
Et toutes les personnes âgées s’appliquent à manger “sain”. Et les
voilà à l’hôpital sous sérum glucosé ou salé, invitées à consommer
ce qu’elles ont banni de leur menu. A des vieux de 70 ans manque
parfois le sucre ordinaire.
Faites faire le bilan de votre état de santé, avant de définir votre
régime. Car ce qui est excédent chez l’autre peut faire carence chez
vous.
Cependant, l’alcoolisme, le tabagisme et la consommation de
certains aliments carnés doivent être proscrits pour protéger le corps
éthérique (premier étage).

Le premier étage
- Religion : fétichisme et spiritisme
- Vision instinctive et sensualisme
- Pratiques empiriques
- Fabrication d’objets magiques à partir de la Nature terrestre
- Offrande aux divinités : sang frais, cuisson d’aliments à l’eau,
libation.
- Devoir : recherche des pouvoirs de la densité.
A – Expériences :
1 - Création d’un vodoun par un enfant
Un cousin germain âgé de dix ans faisait un drôle de jeu avec
quelques garçonnets de sa génération. Il fit avec de la terre pétrie un
corps ayant une tête de chat et un abdomen. C’est son vodoun,
auquel il donna le nom d’Afindouto (mangeur de rats). Avec ses
camarades, il faisait une adoration qui simulait celle des vrais
Vodoun. Ils capturaient des rats vivants et les immolaient au vodoun.
Ils lui donnaient de l’eau, de l’huile et parfois de l’alcool. Ils
mangeaient ensemble l’amiwo au rat au chevet du vodoun. Ils lui
parlaient comme à une divinité. La pratique dura deux ans, et les
jeunes adorateurs se dispersèrent pour diverses raisons. Le vodoun
était donc abandonné.
Six mois après ce délaissement, le cousin fut pris d’une lancinante
fièvre. La médecine ne comprenait pas le mal, vu les résultats des
analyses. Une consultation au Fa fut faite. L’oracle révéla la colère
d’un vodoun déserté. Enquêtant profondément auprès de Fa, on sut
qu’il s’agissait d’Afindouto, vodoun que les jeunots avaient eux-
mêmes créé. Le prêtre de Fa proposa un rite pour tuer ce vodoun.
Quand cela fut fait, la fièvre disparut, et le cousin retrouva son train-
train habituel. Qu’en faut-il conclure ?
La composition d’un vodoun n’est pas une affaire complexe. Ce qui
cependant n’est pas à la portée de tout le monde, c’est le rite de
dislocation réelle de l’entité engendrée. Même si celle-ci n’est pas
très intelligente, elle aussi, dotée d’un instinct de conservation, veut
exister le plus longtemps possible.
2 – Vivification des médicaments
Prenez trois hommes (A, B et C) tous malades à degré égal du
paludisme. Prescrivez-leur du Coartem, un médicament anti-malaria,
tout en sachant que chacun des malades dénote un caractère
différent.
L’homme A, en avalant ses comprimés, dit : « Ma maladie est très
grave. Coartem n’y peut rien. J’obéis à l’infirmier, pour qu’il ne me
crie pas dessus, mais il ne tardera pas à s’apercevoir qu’il m’aurait
dû prescrire un produit plus fort ». Et il avale le machin, mais le mal,
comme il le prédit, ne guérirait pas. Force du doute.
L’homme B, en avalant ses comprimés, dit : « Cet infirmier est
compétent. Beaucoup de gens l’apprécient. C’est une chance que je
sois tombé sur lui. Je vais bientôt guérir ». Et il prend son
médicament, et il guérit. (Cf. la fameuse formule "Ta foi t’a sauvée").
L’homme C, animiste compétent, avale ses comprimés comme un
truc magique, en disant : « Je suis Coartem. Aucun germe de
paludisme ne résiste devant Coartem. Moi Coartem, je massacre
tous les germes pathogènes, j’élimine tous les plasmodiums
falciparum et je marche sain ». Ainsi engagé dans la lutte menée par
coartem, cet homme guérira plus vite.
Le rationaliste coriace peut s’en moquer ; le psychothérapeute, non.
Nous exalterons les effets de la comparaison – contagion dans "La
magie-bo en tant que science occulte".
Une soupe de légumes, de crustacés, de tête de mouton, de sang
de bœuf, d’huile de palme, d’épices, d’eau et de sel est
agréablement servie à tout le monde (chrétiens, pasteurs, abbés…)
Mais si par oubli, vous laissez le feu brûler le contenu de la marmite,
la soupe de tout à l’heure sera carbonisée, et elle sera taxée de
satanisme par les chrétiens noirs évangélistes, curés, fidèles
enrôlés…
Ce sera le comble si en léchant une pincée de la poudre de ce
charbon, vous vous dites : « De même que tout taurillon sain est tout
fort, de même j’acquiers de plus en plus de la force et de la vitalité ».
La magie-Bo, c’est cela. Et pourtant c’est savant de prononcer ce
bogbé qui n’a rien d’écœurant. C’est une autosuggestion bénéfique.
En dehors des vodoun composés dont nous devons nous méfier à
cause de leur éventuelle rébellion, les poudres vertueuses, les
amulettes, les bagues, les chaînes, les liquides de bain et les
onguents fonctionnent sur cette base du renforcement du
médicament par l’autosuggestion exprimée en parole.
Les poudres noires proviennent des ingrédients calcinés après une
parole (bogbé). C’est la manière africaine de conserver les remèdes,
à défaut du formol (Cf. aussi les teintures). Une carcasse d’oiseau
calcinée et gardée en sachet pendant longtemps redevient un
oiseau vivant après un traitement magique. Un charbon de basilic
demeure du basilic actif en Ethérique.
Les bagues chauffées dans un remède s’imprègnent du fluide actif
du remède. Placée à l’annulaire ou à l’index, une telle bague
transmet son rayonnement à l’organisme.
Les cordes enduites de remèdes sont des remèdes. Utilisée en
ceinture, une telle corde agit sur votre aura, conformément au
pouvoir dont elle est dotée.
Une amulette peut n’être qu’un médicament auquel on a parlé et qui
s’active en Ethérique.
Les talismans sont des formes vivantes, à l’instar des autres objets
magiques.
Une mise en garde
Une bague, une amulette, un talisman, une corde, une chaîne, une
infusion et tout autre support d’énergie peuvent tirer leurs charges
d’un certain séjour dans l’engrenage d’un vodoun exigeant. Dans ce
cas, l’utilisation du produit mystique peut vous donner des avantages
serviles. Tout ce qui est immédiatement intéressant n’est pas bon à
long terme.
Par ailleurs la lumière du support magique est le reflet des
ingrédients qui lui ont conféré du pouvoir. Que peut vous donner une
poudre (ou une bague) préparée à base de musaraigne, par
exemple ?

B – Protection et autres prestations


Au premier étage, on se protège
- par des bains de tisanes ou d’infusions pris de temps en temps ;
- par des massages du corps avec des onguents faits d’éléments
végétaux et animaux accompagnés de paroles archétypes (bogbé) ;
-par des ports d’amulettes, de cordes tressées, de chaînes, de
perles, de bagues, le tout préparé dans les ingrédients en question ;
- par des exhortations faites sur des contenus de calebasses
véhiculant des vodoun constitués desdits éléments ;
- par des lèches de poudres noires, grises ou blanchâtres
accompagnées de paroles archétypes (bogbé) ;
- par des scarifications faites autour du tronc, ou aux côtes, à la
poitrine et au dos, au front, sur les sourcils, en bandoulières
croisées ;
- par des poudres ou métaux introduits dans le corps sans blessure,
etc.

Etant donné que l’Ethérique est l’essence même du physique, le


premier étage béninois offre des prestations intéressantes. Par
exemple, faire tomber la pluie si possible pour une bonne récolte ou
empêcher la pluie de tomber au cours d’une célébration importante,
purifier le corps éthérique et traiter maints maux occultes, faciliter un
accouchement, renforcer le quotient éthérique et tuer le pessimisme,
etc.
Nous en donnons quelques illustrations à la partie pratique.
Toutefois, aucun protégé vulgaire du premier étage ne devrait défier
les maîtres sorciers. S’il le faisait, la plupart de ses gris-gris seraient
désactivés et il tomberait dans la ruine.
C – Négativités des pouvoirs éthériques
1 – Les méchants types
Lorsque la conscience collective est au premier étage, presque tout
le monde veut tout régler par la magie noire. La femme envoûte son
mari pour lui faire ouvrir la main. Le mari envoûte sa femme pour la
rendre docile. L’élève envoûte l’enseignant sévère. Le chef envoûte
le service pour ne pas être muté. L’intérimaire envoûte le titulaire
pour qu’il ne revienne pas. Le DGA envoûte le DG pour occuper sa
place. Le faussaire envoûte le plaignant au commissariat ou au
tribunal pour étouffer l’affaire. Etc. Et l’Etat régresse.
Les hommes du premier étage peuvent créer toutes sortes de
maladies, rendre stérile une femme ou faire avorter son fœtus. Ils
peuvent envoûter les sièges, les chemins, les champs ; ils ont les
moyens de bloquer une prise de conscience ou un évènement
heureux, faire des transferts occultes de biens ou d’argent,
provoquer des échecs aux examens. Ils adorent le proverbe qui dit :
« La raison du plus fort est toujours la meilleure ». Ainsi, ils ne
respectent que ceux qui sont plus avancés qu’eux en pouvoirs
occultes, quel que soit leur âge.
2 – Les victimes présumées
Si les yeux fermés, avant ou pendant le sommeil, vous voyez des
horreurs de violences et de sadisme, si à la douche vous êtes
souvent grimpé par une araignée, si en marchant vous avez
l’impression d’être pris dans des toiles d’araignée là où il n’y a rien,
sachez que vous êtes dans les négativités du premier étage. De plus
si vous êtes craintif, alors vous êtes vulnérable. Les sorcières le
savent et, à dessein, elles vous effraient par des miaulements de
chats, des hululements d’oiseaux nocturnes, des tapages aux
plafonds, des présences de reptiles…

D –Voyance éthérique
Simplement définie, la voyance est une seconde vue, une autre
vue, c’est la vue de ce qui est invisible à l’homme ordinaire. Les
voyants les plus appréciés au Bénin sont ceux qui parlent des
ennemis. N’êtes-vous pas ravi d’entendre le nom d’une
enchanteresse réputée, d’un rival endiablé, d’un mari délaissé, d’une
femme abandonnée, de la grand-mère capricieuse, de la coépouse
jalouse? Il y a des voyants qui, percevant les images laissées par
vos souffrances, les querelles avec les voisins, les rivalités entre les
pairs, les litiges domaniaux, citent ces problèmes comme motifs de
votre ensorcellement. Ils vous trompent et enfument votre mental du
sentiment de persécution, juste pour vous faire ouvrir la main.
Une dame de Zoukalikpa souffrait de dysenterie avec de fréquentes
selles sanguinolentes. Curieusement son visionnaire muté à
Abomey depuis deux ans l’appela au téléphone : « Les anges m’ont
montré quelque chose te concernant. Les sorcières ont foutu les
griffes dans ton ventre. Tu feras des selles sanguinolentes si ce n’est
déjà le cas. Viens avec dix mille francs pour les tisanes ». Abomey
est à 30 km de Zoukalikpa. La dame affolée et sans le sou vint à
Zogbodota et dit ses préoccupations à son beau-frère. Celui-ci,
apparemment sans moyens financiers, lui donna à prendre des
comprimés de Tinidazole, en attendant d’aller rechercher cinq ou dix
mille francs. La dame dut s’en tenir à cela. Mais le mal disparut
après la prise des médicaments. Confondue, la soi-disant envoûtée
ne savait quoi dire au visionnaire. Celui-ci avait bien vu les matières
fécales en sang mais c’est sans doute lui-même qui en avait imputé
la responsabilité à la sorcellerie.
D’autres "voyants" abusent de votre crédulité et ne font qu’inventer
des malheurs à venir. Ils proposent des solutions à ce futur funeste
qu’ils ont eux-mêmes créé, et vous grugent pour rien du tout.
En homme intelligent, vous devriez vous demander pourquoi les
voyants ne vous parlent jamais des vers qui vous rongent l’estomac,
des germes qui ont créé le paludisme, de la substance qui a créé le
cancer, de l’alimentation qui a causé la cirrhose, du VIH qui a
provoqué le SIDA, etc. Chez des guérisseurs meurent des malades,
faute d’antibiotiques.

E – La pratique de la tradition africaine


Il faut savoir qu’il y a trois sous-groupes au premier étage. Le
premier sous-groupe, le plus dense des trois, est fait de gris-gris
composés d’organes ou d’ossements animaux ou humains. Le
second sous-groupe est fait d’associations de végétaux sans les
animaux. Le troisième embrasse les roches et l’eau.
Exemple 1 : L’homme - vipère.
L’homme qui se veut vipère se rase la tête, récupère tous les
cheveux, les met dans un canari au feu, y ajoute une gousse
d’atakun (aframomum meleguetta), et une tête de vipère (+ sa
queue). Il divise la poudre en trois et délaye dans gikpan en trois
aubes. Les effets? Oui. Ils sont terribles. Tout ennemi du premier ou
du deuxième étage attaquant l’homme-vipère sera mordu par une
vipère invisible (réelle au premier étage). C’est puissant mais cet
homme – vipère en devient irascible.
Exemple 2 : L’homme -abîme de nuit.
Si vous vous voulez abîme à éviter, cherchez de la suie (poudre
noire de fumée recueillie du plafond des cuisines) + les feuilles de
Yèkou (signe populus) bien connues des prêtres de Fa + sang de
poule toute noire. Pilez le tout avec un bout d’os de caïman. Faites-y
le signe géomantique du doublet de populus trois fois. La parole
archétype est : « Les nœuds formés sur l’arbre ne tuent pas l’arbre ;
les nœuds de la liane ne tuent pas la liane ; la rugosité de l’écaille du
caïman ne tue pas le caïman ; c’est la complicité de la nuit qui rend
le gouffre terrifiant. Que les miens d’ici-bas et d’au-delà me couvrent
et me protègent ». Malaxez cette poudre avec du savon local koto
ou adiwi. Servez-vous-en pour le bain. Vous devenez un pagne noir
dans une nuit noire, ou un fond d’abîme dans les ténèbres, ou un
caïman à écailles rudes dans la nuit. Tout vous manque ou vous
oublie : sorciers, envoûteurs, sexualité, argent, succès, tout. Même à
un festin, les serveuses oublient de vous servir...
Exemple 3 : Contre les sorcières de nuit
Les scarifications sont très nombreuses dans les pratiques
magiques protectrices des Fon. En effet ces derniers ont découvert
que l’on peut toucher et aguerrir le subconscient de l’homme via son
aura, sa peau ou son sang. Là se justifie l’effet des bains, des
frictions d’huile et des scarifications.
Dans un canari sans eau et sur le feu, calciner les ingrédients
suivants : têtes de différents oiseaux nocturnes rapaces (hibou,
effraie, chouette, duc…), des gousses d’atakun, quelques ahowe et
vi, 1dm3 d’atakin winiwini (capsicum frutescens), et des feuilles de
sokpatin (elæophorbia drupifera). Ecraser le charbon obtenu.
Paroles : « Aucun fol enragé ne tient debout s’il se débarbouille avec
une pâte de piment-foudre. Sorcellerie-visage en lambeaux, tu
perdras ta vue. »
Les scarifications sont faites à des parties stratégiques du corps : 7
au front, 3 sur chaque arcade sourcilière, 3 à la base de la nuque, 3
à la poitrine, 3 à chaque flanc du thorax et 3 au dos. Avec la poudre
entre les doigts, on frotte la partie scarifiée où sourd un peu de sang,
tout en prononçant la parole sus-indiquée avec conviction et
fermeté. Changer la lame.
Les sorcières qui mangent au sabbat nocturne ne peuvent pas
regarder en face le scarifié. Elles le lâchent si elles l’avaient attaqué.
Il faut comprendre qu’au Bénin et sans doute ailleurs aussi, les
chiens aboient rageusement en voyant ceux qui se nourrissent de la
viande de chien. En fait ces canidés le font par peur instinctive. Ils
ressentent que s’ils ne sortent pas immédiatement de leurs gonds,
ils risquent d’être attaqués, tués et dévorés. En consommant par
voie orale ou sanguine (par scarification) un rapace ou un carnivore,
on se fait craindre des sorcières qui s’y changent (qui se changent
en ces animaux).
Exemple 4 : Le garde du corps éthérique
Toute forme arrosée de sang cru et sur laquelle vous émettez
des paroles de suggestion déterminée finit par véhiculer une entité
spirituelle dont vous êtes le créateur. Sachant cela, des initiés
fabriquent des vodoun de toutes sortes. Les uns sont mis en terre
avec un relief dans la cour de la maison, les autres sont placés près
du lit, les autres encore (dont la fabrication et l’entretien coûtent
cher) sont chez le maître initié ou au bord d’une rue. Ces vodoun
sont des sujets protecteurs commandés par leur maître.
Exemple 5 : L’homme énergique
Faisant un dispatching sur le paysage du sous-groupe animal,
reconnaissons que le pigeon a des vertus saines. Une super-
sorcellerie à base de pigeon donne un pouvoir certain au premier
étage. C’est en tout et pour tout un repas. Les chrétiens s’en servent
dignement.
Exemple 6 : Pour identifier un repas empoisonné
Vous mélangez des bagues de fer ou de cuivre avec des ingrédients
que vous grillez. Ces choses peuvent être un poussin tué par des
fourmis rouges à pinces, de la graisse charnue d’une poule mère, un
gecko vivant ayant happé cette graisse, une gousse de poivres de
Guinée, etc. Avec une de ces bagues à l’annulaire, vous êtes censé
détecter n’importe quel poison présent dans un plat, en y voyant l’un
des ingrédients.
Exemple 7 : Pour démasquer les sorcières à l’œuvre
Rechercher kokolosudεnkpajε / heliotropium indicum (qui détend les
nerfs), ahwanglon / tribulus terrestris (qui découvre la foule en
embuscade), une fiente de cochon (qui ouvre les portes du monde
sorcier), une penne rouge de queue de perroquet (qui apporte la
lumière éthérique). Les feuilles ahwanglon sont cherchées sans
leurs piquants. La bouse de cochon ne doit pas être mouillée par la
pluie. La plume rectrice de perroquet doit être réelle. Pas de plume
d’oiseau cardinal ni de rémige de pique-bœuf peinte en rouge.
Nettoyer les feuilles à l’eau, les froisser un peu avec l’excrément de
porc, mettre le tout en boule, envelopper cette dernière d’une feuille
d’hysope propre, introduire la penne de perroquet dans la boulette
enveloppée, fixer l’enveloppe avec un chicot de palme et l’utiliser
comme collyre sur les yeux du malade le soir. Celui-ci, tel un voyant
ou en songe, perçoit les sorcières qui le dérangent.

Exemple 8 : Pour écarter les esprits trublions d’une maison


Le margouillat est cet esprit fauteur de troubles, selon les Fon.
Lorsqu’il vous grimpe, vous risquez de tomber dans une affaire qui
vous oppose à la communauté.
Si vous tuez un margouillat ayant une blatte dans la gueule et que
vous en calciniez la tête avec une gousse de poivres de Guinée et
certaines feuilles, la poudre noire obtenue peut servir à frotter une
scarification faite sur le revers de la main gauche. Cette main
acquiert par là le pouvoir de détruire ou de désunir.
Mais pour conjurer les forces atrabilaires et de désordre dans une
maison, on prend un margouillat (mâle) mort, on l’ensevelit dans un
linceul blanc, on met la dépouille dans un trou rectangulaire creusé
presque au milieu du domaine. Ce trou est la tombe de sa mesure.
On y verse un litre de miel pur en guise d’absolution et on ferme le
trou comme pour inhumer les forces du mal. Si quelqu’un par
envoûtement cherche à bloquer la construction que vous venez
d’entamer, il risque fort de subir le boomerang.
La symbolique est claire et ne nécessite pas de commentaire.
Exemple 9 : Pour annuler les effets des gris-gris animaux
Pour briser la protection éthérique d’un malfaiteur qui a enfoui des
gris-gris défenseurs dans son propre corps (caillou, fer, animal
vivant...), on casse contre son crâne un œuf neuf d’une poule
locale. Il s’agit d’un œuf à coquille blanche et à germe, et non de ces
œufs de provende pondus sans rut. La brisure de la protection du
jaune et du blanc de l’œuf contamine le corps éthérique de l’homme,
lequel se déchire et laisse sa puissance couler à perte.
Pour ôter le dynamisme à certains gris-gris composés d’organes
divers, que ce soit dans le corps de l’homme, ou sur son corps, ou
dans sa chambre, ou dans la cour, on les enduit de la graisse de
cochon. Le sang ou la graisse de porc engourdissent les gris-gris et
ils perdent leurs activités. Sauf s’il s’agit d’un produit magique épris
de l’omni-voracité des porcins. Ces produits cochons, eux, bravent
les impuretés et se dégourdissent dans toutes sortes d’immondices.
Toutefois, ils ne conviennent pas aux néophytes en quête de lumière
et de transmutation de l’être.
Le sang de porc ou sa graisse sont inefficaces contre la sorcellerie.
Alors, pour se faire affaiblir, certaines sorcières, qui redoutent
d’exterminer leur progéniture, recommandent à leurs propres enfants
de les rosser à coups de balai usagé. Quand on se souvient que des
sorcières s’ébattent dans les airs en étant posées sur des balais, on
comprend ce que vaut un vieux balai sur une sorcière: ça la met en
bas. Mieux, tout vieux balai a le pouvoir de dégager l’Ethérique.
Certains produits d’occultistes sur lesquels les œufs, le porc et le
balai n’ont pas d’effet peuvent être désamorcés s’ils sont arrosés de
l’urine d’une femme en menstrues. Cette urine (symbole des rejets)
pouvait être renforcée. Ainsi dans une grosse bouteille contenant
cette urine, on mettait une étoffe ayant servi de couche à une femme
en règles, le liquide recueilli du creux du tronc d’un vieil arbre, un nid
de guêpes non-maçonnes, civido (racines de la plante “qui éteint le
feu”) et mitindo (racines de l’arbre “matières fécales”). La bouteille
était recouverte de toile et suspendue à une pointe sur le pan
extérieur d’un mur. On n’y touche que pour l’utiliser. Ça pollue et
affaiblit tout gris-gris, bon ou mauvais. Bien entendu: ça ne se
consomme pas, ne s’applique pas sur le corps.
Exemple 10 : Pour appeler en urgence l’amour et l’argent.
Si vos gris-gris font de vous un loup, vous serez craint par les cabris
et les brebis. S’ils vous ont changé en un fouillis inextricable d’arbres
et de ronces, vous vivrez avec des reptiles et des fourmis. Si vous
êtes devenu un caïman insatiable, vous ne serez approché que par
des hippopotames et des crocodiles. Si vous êtes comme un pagne
noir dans une nuit noire, les femmes ne vous verront pas, l’argent
non plus.
Pour toutes ces raisons, il est dit que les gris-gris de protection sont
des porte-poisse. En vérité, les protections machinalement
centrifuges nécessitent l’utilisation de certaines forces centripètes de
bonheur réel ou simulé. Ainsi, que font les traditionalistes ? Ils
associent les témoins des choses qui invitent à venir vers elles, sans
effort. Donc, dans une bouteille, ils mettent la feuille akwεma (
Akwεma invite l’argent à venir ), le sable du corps d’un Tolεgba
fréquenté ( Tolεgba, tranquille, reçoit des visiteurs ), les débris de sol
d’un grand marché ( Le marché, sans publicité, voit venir des foules
à lui ), les poils de pubis d’une jeune femme ( Les regards d’homme
ne s’empêchent pas de se jeter sur le pubis d’une femme dénudée
), un morceau du vêtement d’un revenant Egungun ( Les folklores
d’Egungun attirent les jeunes gens ), kεsεzan ( Le perroquet se fait
attrayant par la couleur de sa queue ), le sable d’une vallée ou d’une
carrière abandonnée devenue réservoir des eaux de pluie ( Le
ruisseau d’averse charriant des trésors ne se détourne pas de sa
compagne Dépression pour aller enrichir une colline ), du parfum
bien apprécié ( La bonne odeur attire tout le monde ). On y ajoute
certains signes géomantiques appelant l’amour et l’argent. Nous
taisons comment l’ensemble se compose, de crainte que les
hommes du premier étage s’y essaient. Car en même temps que
l’amour et l’argent, les esprits impurs et les forces indisciplinées de
leur environnement psychique se rueront sur eux. Parfois même,
avant que le bonheur n’arrive, les gars risquent fort d’être victimes
d’accidents de toutes sortes. A moins qu’ils fussent auparavant très
protégés.
Certaines cérémonies de « lavage de tête » utilisant le sang de
pigeon ont conduit au mariage ou à la fortune, mais des blessures
graves ou des décès brusques s’en sont suivis.
Conseil: Délivrez-vous, protégez-vous sainement et travaillez. Le
reste viendra naturellement, sans conséquence catastrophique.
Exemple 11 : La parole renforcée
Les signes géomantiques sont en principe du troisième étage,
cependant au Bénin ils sont utilisés pour renforcer les gris-gris à
base de matières animales et végétales.
Au Bénin, donc, on traçait les doublets Cε-tula une fois et lεtε-cε trois
fois en se couvrant de pagne pour que mouche n’y touche, en les
nommant en Fon, dans la poudre obtenue par la pulvérisation de
kaolin, écrevisses fumées, rameaux du palmier aux fruits verts
(sεdezan). Une pincée de cette poudre sur la langue leur permettait
de se protéger par la parole suivante:
«L’écrevisse qui, sortie de l’eau, lutte corps à corps contre le feu ne
retourne pas vivante dans l’eau de mare. Pareillement tous gris-gris
mauvais envoyés à moi seront détruits par le feu ».
Le tracé des signes géomantiques au Bénin obéit à une règle
précise. On utilise le majeur et l’annulaire pour faire deux traits, le
majeur seul pour faire un trait. Le tracé se fait de droite à gauche et
de haut en bas. Pour cε-tula ou tchè-toula, cε est à droite et tula à
gauche. On fait un trait à droite puis un trait à gauche ; sous le trait
de droite, on revient faire deux traits puis on s’en va faire deux traits
sous le trait de gauche ; on retourne à droite pour faire un trait puis
on passe à gauche pour un trait ; enfin à droite on fait deux traits
puis à gauche un trait. Le tout fait deux colonnes. Celle de droite est
lue cε de haut en bas (un-deux-un-deux) et celle de gauche tula (un-
deux-un-un). Cela n’est pas bête. Les hébreux écrivent de droite à
gauche. Voir un Bokonon pour appeler kpoli Jagla dans la poudre.
Ces choses sont de l’Ancien Testament du Bénin, pourtant quelques
croyants s’en servent pour réussir leur prière d’appel de feu. Ici
l’écrevisse (premier étage) est l’ennemi symbolique brûlé par la
parole de feu (deuxième étage) en liaison avec le doublet
géomantique tracé (troisième étage). Ce gri-gri peut être dangereux.
Ceux qui en blague profèrent des malédictions ne devaient pas s’en
servir. L’usage de kpe (condensateur du verbe) n’était réservé
qu’aux sages. Nous en parlerons dans les duperies, cas No 15.
Les exemples 12 à 17 illustrent le SOUS-GROUPE VEGETAL.
Exemple 12 : L’Ethérique humain non-mangeable
La feuille de nyikpotin (jatropha curcas) mangée chaque jour avec
un peu de cola rend votre corps dégoûtant aux sorcières. Nos aïeux
se mettaient nus à 100% et en mangeaient d’une certaine façon
sans être vus. Alors la protection reçue durait plus d’un an.
Exemple 13 : Pour enivrer les sorcières
La feuille de jeleletin (croton zambezicus) désactive le double
éthérique des sorciers et sorcières. Un oiseau de nuit qui volait à
basse altitude a eu du plomb dans les ailes et est tombé dans la
maison Ago à cause d’un arbre jeleletin. Se débattant
frénétiquement, il s’est transformé en une jeune mariée "fidèle"
d’une Eglise évangélique. C’est une affaire connue à
Gbèdjlomèdé/Zogbodomey.
Les feuilles jelelema sèches peuvent être pilées avec gbéfévi ou
sεnkun (gombo sauvage), une pincée de soufre, zalεnkpon (encens)
en quantité raisonnable et quelques petits piments appelés piments
de la foudre (capsicum frutescens). Une pincée de cette poudre sur
de la braise donne une fumée qui soûle et affaiblit les sorcières en
éthérique ou physiquement. Lorsque quelqu’un pique une crise ou
tombe en syncope, on fait cette fumigation avant les soins curatifs,
afin qu’une présence indésirable invisible n’extirpe pas les principes
actifs des remèdes.
Exemple 14 : Pour une aura attrayante
Triturer le légume amavivε (vernonia amygdalina). En tirer la
chlorophylle et la mélanger avec du vrai miel. Pétrir avec koto (savon
pâteux) et s’en servir à la douche.
Exemple 15 : Pour attirer du monde
Utiliser le liquide de purification donné au rez-de-chaussée pratique.
Après cela, commencer à se baigner avec le savon donné pour une
aura attrayante. Enfin prendre le produit sucré dont nous avons
donné la recette dans notre livre Comprendre nos réalités invisibles.
Ainsi on devient chanceux, sans risque d’accident.
Exemple 16 : Pour que le raisonnable ait raison
Avant d’aller au tribunal ou au commissariat de police, manger vi
(cola acuminata), ahowé (fruit de garcinia kola), atakun (aframomum
meleguetta) et la feuille hwεcényon (argemone mexicana) en disant
« hwεcényon », ce qui en français signifie : « Je suis raisonnable, j’ai
raison ». Mais si vous savez en votre for intérieur que vous êtes
fautif, la feuille hwεcényon n’obnubilera pas la conscience des
justiciers en votre faveur.
Exemple 17 : Le corps éthérique piment
Dépouiller une gousse de poivres de Guinée, en extraire toutes les
graines sans en omettre une, coller toutes ces graines les unes
après les autres à une banane plantain ( dont la peau est enlevée),
mettre, entre 23h et minuit, dans un plat dehors à l’arrière-cour, au
centre de trois cercles concentriques, cette banane dont le corps
sans peau est bardé de boutons (les graines d’atakun). Se réveiller à
l’aube (entre 5h et 6 h) pour essayer de gober cette banane sans
écraser les graines d’atakun. Ça renforce et protège.
Exemple 18 : Sous-groupe minéral
Le règne minéral ne se désagrège presque pas. Ici-bas, tout est
terre et à la terre tout retourne. Un adage Fon dit : « La sorcellerie si
réputée en sa gloutonnerie ne peut cependant manger du gravillon
».
Le soufre simple est reconnu comme nuisible aux oiseaux de nuit
véhiculant des corps éthériques sorciers. En raison de cela,
d’aucuns enterrent une poignée de soufre à chacun des quatre
angles de leur appartement et au seuil de chaque entrée. Le sel de
cuisine béni exorcise tout sol enfumé de gris-gris à ondes nocives.
Même non béni, le sel fait son travail mais à une moindre échelle.
La pierre magnétique du nord, dont les vertus sont vantées par les
radiesthésistes d’Europe, agit sur le rayonnement personnel, sans
arrêter les ensorceleurs du premier étage. Par contre, les anneaux
et bagues de cuivre chauffés dans des huiles ou poudres
vertueuses en gardent le pouvoir. Mais la qualité reste à déterminer.

F – Bo en tant que science occulte


Les plus grands principes de la magie-bo étant la comparaison et la
contagion, la puissance de cette magie dépend de ce à quoi le
magicien se compare.
Premier exemple : Popularité des chants magiques bo
On peut réagir à entendre dire que la magie-bo n’est pas naturelle
(La Super-Nature n’est-elle pas le double éthérique de la Nature ?)
La magie bo est si naturelle que la musique traditionnelle du Bénin
en est fortement imprégnée, de même que les autres coutumes du
territoire. Toutes nos chansons s’illustrent dans la Nature qui est la
mère pourvoyeuse des ingrédients de cette magie. Les arguments
d’autorité sociale y valent moins que les préceptes empiriques de la
vie et de la terre. La découverte de la vidéo est la bienvenue dans ce
contexte d’association de la parole avec des images vivantes
naturelles.
Pour se montrer roi d’une filière musicale, la vedette dit qu’elle est le
lion du territoire et le cinéaste fait voir en mixage un lion marchant
superbement. Si le chanteur se dit rocher invincible, c’est en
affichant une pierre contre laquelle se brise un œuf. Pour magnifier
la vitalité de son choix tournant le dos à la mort, il rappelle à la mort
que le scarabée ne fait pas face à la bouse qu’il roule, et ordonne à
la mort de marcher à reculons de derrière lui. Et pendant que ce
message passe, la vidéo fait voir un bousier roulant à reculons une
molle boule.
Le naturel de nos chansons est aussi celui de la magie-bo. Et que
cette magie en vienne à nuire est une orientation que lui donne
parfois l’homme amawato pervers.
Deuxième exemple : Comparaison avec des choses imaginaires
Le pouvoir premier de la magie-bo comme de toute magie, c’est la
croyance supportée par l’émotion, la parole et la pensée. La
croyance a donc du pouvoir, même si elle est basée sur du faux.
Les chrétiens ont longtemps cru à la rigidité du ciel d’au-delà des
nuages, à de beaux édifices bâtis là-haut avec des matériaux
terrestres, à l’existence en ces lieux d’un Jésus ressuscité en chair
et en os. Et ces imaginations ont donné cours à des pratiques
magiques réussies.
Les Fon croyaient que le lion âgé urinait en cercle de manière
continue autour d’une futaie et allait rugir au milieu de ce cercle. Les
petits herbivores affolés par le rugissement prenaient la fuite mais
tombaient en syncope en franchissant la ligne tracée par l’urine du
fauve. Ce dernier alors parcourait la circonférence pour y prendre
ces proies faciles. C’était peut-être un fragment de conte qui a eu
force de loi.
Cette croyance, quoiqu’absurde (car aucun carnassier ne peut
uriner en marchant sur des kilomètres), avait donné une magie-bo
de protection efficace. L’autosuggestion verbale est la suivante :
« Aucune bête ne franchit la trace d’urine de lion sans en mourir. Je
suis bien gardé dans le cercle d’urine de lion. Que tous mes
ennemis restent à l’écart de ma circonscription de vie ».
En réalité, cette parole-bogbé est renforcée par la visualisation
spontanée du cercle infranchissable dont on est le centre. Et ce
cercle d’urine n’existe que dans la tête du Amawato, faiseur de
magie-bo. Il est possible qu’une goutte de l’urine recueillie de la
vessie d’un lion tué serve à renforcer un onguent de protection. S’il
est vrai que "le chien du roi est le roi des chiens", comme disait
Ferdinand OYONO, il doit être encore plus vrai que l’urine du lion est
la lionne des urines.
Troisième exemple : Numérologie infondée
Chez les Fon, la numérologie magique attribue le nombre sept (7) à
la femme et neuf (9) à l’homme, et on explique cette tradition par le
fait que la femme à sept côtes tandis que l’homme en a neuf. Par
exemple, pour avoir le dessus lors d’une émulation quelconque, la
femme mange sept graines d’atakoun avec sept feuilles de
zoundjikoutou pendant que l’homme en prend neuf feuilles et neuf
graines. La vertu utilisée est celle de la liane qui monte jusqu’au faite
des arbres comme pour leur dire : “Je suis au-dessus de vous”. Tel
est le pouvoir de Baissea zygodioides (zoundjikoutou), mais
pourquoi les nombres sept et neuf ? En anatomie l’homme et la
femme auraient le même nombre de côtes. Mais puisqu’on y croit,
ça marche.
Quatrième exemple : L’arbre ressuscité
A Ouidah, au quartier Kpassè, un arbre sacré est tombé avec une
partie de ses racines en l’air. Le quarante et unième jour, cet arbre
s’est de son propre chef relevé entièrement et vit jusqu’à aujourd’hui.
Les occultistes y ont vu une vertu de résurrection et depuis lors son
écorce est recherchée pour ressusciter les victimes d’arrêt
cardiaque. En cela la magie-bo est bel et bien une science des
vertus contagieuses.
Cinquième exemple : Les pouvoirs de la jungle

Un homme lèche une poudre faite de feuilles, de souris et de


morceau de calebasse mi-grignoté par une souris, et se dit : « Je
suis souris. Aucune loi ne frappe une souris qui a rongé une
calebasse cassée. Mes actes ne me porteront aucun préjudice ». Et
il s’attend à se remettre de tous ses péchés et de son Karma.
Un autre homme met une tête de souris dans la gueule d’un chat et
calcine les deux têtes (la petite dans la grande) avec hwεcényon,
une gousse d’atakun, axéxé (dicoma tomentosa), zεntiti (lycopodium
cernuum), danwunkan (schrankia leptocarpa), etc. Il lèche la poudre
noirâtre en disant : « Je suis le chat de cette maison. Ce n’est pas
en la présence du chat que les souris font la pluie et le beau temps.
Moi chat, je règne sur les souris de mon appartement ». Et ça le
place au-dessus des autres, en principe, dans le foyer. L’homme-
souris tremble déjà, parce que son chef-chat est présent.
Un troisième homme qui utilise ces deux gris-gris à la fois sera
intérieurement agité, car le partenariat chat-souris sera porteur de
dissentiment, le bo-chat étant supérieur et ennemi au bo-souris. A
savoir que si un porteur de bo-panthère rend visite à l’homme-chat,
ce dernier sera décontenancé. C’est son chef, n’est-ce pas ? De la
même manière, si un tiers-lion arrive, l’homme-panthère ne sera pas
de tout repos. Si une troupe de bisons blessés traque le lion afin de
le mettre à mort, ce lion n’aura la vie sauve qu’en les dribblant. Ainsi
fonctionnent les gris-gris tant prisés mais méconnus.
Sixième exemple : Le limogeage d’un crapaud-chef d’orchestre.
Le chanteur initié, en rivalité avec d’autres chanteurs, subjugue
ceux-ci à travers une magie le comparant au crapaud-chef
d’orchestre. Il dit : « Deux crapauds dans une même mare
n’entonnent pas simultanément la chanson : je suis le crapaud qui
dans l’étang donne le top du concert ». Si les autres sont ignares en
prières ou en magie, ils subiront les effets d’une amnésie
momentanée. Ils ne pourront pas chanter. Mais si parmi eux se
trouve un connaisseur, il fera taire d’éventuels rivaux-crapauds, en
appliquant une magie supérieure à base d’un bois ayant battu un
milieu aquatique où coassaient des batraciens: « Ce n’est pas à la
suite d’un coup de bâton dans l’étang que les crapauds chantent à
cœur-joie. Le perturbateur est venu. Vous, crapauds, taisez-vous ! »
Ainsi les bo, qui exploitent de multiples vertus, se cognent et
s’éliminent. Tel qui est fort ici est faible là-bas. Et les recherches
continuent…
Septième exemple : La biologie au service de la magie-bo
La biologie étant la science formelle du monde vivant, elle dépasse
l’empirisme ordinaire dont se sert la magie-bo et apporte de
nouvelles informations au monde occulte traditionnel.
On sait aujourd’hui que la chauve-souris en vol, de jour comme de
nuit, évite les accidents, non par le pouvoir de ses yeux, mais grâce
à des ultrasons qu’elle émet et qui la renseignent sur les obstacles
par échos. Cela eût été le point d’ancrage d’une magie-bo contre les
accidents. Et la parole-bogbé serait : « La chauve-souris, même les
yeux fermés, ne fait collision avec aucun corps. Pareillement, je suis
hors de tout choc et de tout accident lors de mes déplacements ». Il
reste à définir s’il faut calciner une chauve-souris avec certaines
feuilles et en lécher la poudre avec la parole-bogbé, ou s’il faut faire
une amulette à base de la tête de chauve-souris.
Tout est science. La magie-bo est une Science.

G – L’occultisme d’Azé-Sorcellerie
1 – Les mondes éthérique et astral
Les trois plus bas mondes sont le monde physique (rez-de-
chaussée), le monde éthérique (premier étage) et le monde astral
(deuxième étage). Les sorciers, qui se dédoublent aisément, savent
et affirment eux tous qu’en étant dans le monde éthérique ils ne
voient pas les morts du monde astral. Quand un sorcier est interpellé
par un procès en cours en Astral sous Tohouiyo, il subit les attaques
psychiques comme le commun des mortels. Les nécromanciens,
eux, voient en Astral et discutent avec les morts. L’Astral et
l’Ethérique sont donc séparés.
2 – Les mondes physique et éthérique
Le Physique et l’Ethérique sont également séparés, mais à une
moindre échelle. Ces deux mondes sont comme la chair et le sang
d’un même organisme. Ce que l’on voit en Ethérique n’est pas
exactement ce qui est physique. Un baobab peut abriter un marché
de dix mille personnes. Une maison fermée physiquement peut être
ouverte en Ethérique. Il est vrai que les réalités éthériques
imprègnent fort le Physique. Un homme constamment sain en
Ethérique ne sera presque jamais malade physiquement.
3 – La pratique de la sorcellerie
Toutes les victimes de sorcellerie sont changées en bêtes éthériques
et non physiques avant de servir au festin. Les sorciers donc tuent
des animaux et non des êtres humains. La personne dont le double
éthérique est métamorphosé, en attendant d’être sacrifié, laisse voir
d’elle parfois physiquement sa forme éthérique. Les faits rapportés
sur des chauffeurs disant avoir tué une chèvre là où gît sur l’asphalte
un corps humain ne sont pas que des balivernes. Un homme qui
croyait chasser un cabri a donné un coup de branche de palme à un
garçon de quatre ans, à cause de la métamorphose qui lui est
apparue.
Les sorcières se transforment elles-mêmes jusqu’au plan physique.
La vieille dame devient la jeune fille de son choix. La fillette se fait
adulte. Et pour se déplacer, elles appellent le véhicule de leur choix :
reptile, oiseau, mammifère, insecte, vent, voiture, chaland, avion.
Ces réalités du monde éthérique apparaissent physiquement, de
manière sporadique. C’est ainsi qu’à Koussoukpa, l’an dernier,
toutes les moissonneuses d’un champ de coton ont aperçu un avion
vrombissant et qui a disparu au-dessus de l’arbre sous lequel est fait
un grand tas de coton. Elles n’y comprenaient rien. Mais, quelques
jours plus tard, au cours d’une prière de combat à l’église, c’est une
orpheline qui s’est confessée. La pupille du fermier, fille sorcière
âgée de onze ans, a révélé que l’avion n’était pas matériel, que
c’était une forme donnée au vent qui transportait les sorcières, et
que celles-ci ayant vu le fermier (chargé d’une paroisse de l’E.C.C)
assis sur le tas de coton ont fait fiasco. Car leur intention, selon la
pupille sorcière, c’était d’emporter le coton éthérique pour que celui-
ci perde toute sa qualité et son poids au moment d’être vendu.
En raison de la loi de la séparation des mondes, les métamorphoses
éthériques qui se manifestent dans le monde physique ne doivent
pas durer longtemps. C’est ainsi que des oiseaux nocturnes
capturés retournent à leurs formes de personnes connues. Une belle
jeune fille conquise par un garçon frivole à Cotonou pour une nuit de
lit à Calavi s’est changée le lendemain dès l’aube en une vieille
grand-mère décrépite. Elle a été conduite à Hèvié chez ses petits-
enfants qui, ébahis, lui ont demandé comment elle était sortie de la
maison la veille. (Relire les duperies du Rez-de-chaussée, Cas No 4)
4 – La sorcellerie fétichiste et le développement
Un super-sorcier de l’arrondissement de Zoukou, confirmant les
rumeurs, a dit que c’est le pouvoir du vodoun du ventre qui fait tout
par la parole et le geste du sorcier. Nul doute à ce sujet. Un malade
mental marchant nu sur les rues devient un super-sorcier si tel est le
pouvoir de ce qu’il mange ou avale. Aucune explication scientifique
n’est possible. Comment expliquer rationnellement que des avions
soient garés dans un arbre ? Les belles maisons et les voitures de
luxe détournées vers l’Ethérique et possédées par les prêtresses
sorcières au premier étage ne sont que des fortunes de rêve. Des
sorcières vénérées comme reines en Ethérique vivent physiquement
dans un état de dénuement lamentable. C’est que les richesses
qu’elles volent, en appauvrissant d’honnêtes gens, ne sont pas les
leurs et ne peuvent pas se concrétiser pour elles. Il est vrai que sans
pouvoir elles-mêmes utiliser physiquement les biens qu’elles
arrachent à autrui en Ethérique, les grandes sorcières sont capables
de les reverser dans les marchandises d’une tierce personne. Cette
dernière fait fortune rapidement au plan matériel, mais risque tôt ou
tard de revenir à la case de départ, par le jeu des Forces rectrices
de l’Univers.
A chaque libation, à chaque immolation de bête à une divinité, les
sorcières se présentent et, au lieu de renforcer les bénédictions
chantées, elles détournent les avantages des actions de dévotion à
d’autres fins éthériques. Et les innocents adorateurs voient leur
situation péricliter après des offrandes aux Vodoun. Et la croyance
aux Vodoun perd ses lettres de noblesse. C’est lamentable, n’est-ce
pas ?
La sorcellerie fétichiste (imprégnation de soi par un élémentaire
incorporé agissant pour soi à travers soi) n’est pas que destructrice,
mais ses aptitudes positives les plus élevées se limitent aux
remèdes traditionnels basés sur le pouvoir des roches, des plantes,
des pièces animales et des carcasses. L’Afrique ne doit pas en
attendre un développement scientifique et technologique.

H – Les duperies du premier étage


Très nombreux sont les imposteurs qui tirent parti de notre tradition
pour escroquer des gens peu avertis.
Cas No 1 : La calebasse-marmite
Les imposteurs cherchent ahwama (feuille d’un néré n’ayant jamais
donné de fruit), agboma (feuille gluante) et une troisième feuille. Ils
les frottent sérieusement sur le dos et dans le ventre d’une
calebasse évidée et taillée. De loin la calebasse (issue d’un végétal)
peut être confondue avec une marmite (faite d’argile).
La calebasse contenant des bagues et le filtrat des 3 feuilles est
mise au feu. Chose étrange, l’eau y bout sans que la calebasse
brûle. Ça vous éblouit et vous achetez ces bagues qui ne vous
apporteront rien du tout.
Cas No 2 : La tortue-vodoun
De même que l’iroko et le baobab sont des arbres qui peuvent vivre
des siècles, de même la tortue est réputée pour sa longue vie
séculaire.
Profitant de cela, l’initié du premier étage attache au dos d’une tortue
bossue quelques ingrédients (axexe, zεntiti, adoblakan, etc), vous
demande de spécifier que cette tortue est vous-même, enferme la
tortue préparée dans une terrine dont le couvercle a une forme
pyramidale, et enterre ce colis chez vous. Un an après cela, il vient
déterrer le colis et vous constatez que la tortue est vivante, bien que
n’ayant ni mangé ni bu pendant les douze mois. Epaté, vous payez
les redevances, mais ça ne vous protège guère.
Si, connaissant ce lien, un malfaiteur colle le nom Tortue à votre
prénom pour vous envoûter, il vous fauche la vie banalement. Les
sorcières, elles, font disparaître votre tortue, sans creuser votre sol,
et vous devenez aussi vulnérable qu’une chenille.

Cas No 3 : L’eau changée en feu


Pour vous faire accroire à n’importe quel gri-gri, et surtout pour vous
faire débourser beaucoup d’argent, le sorcier pose une condition :
« Si cette eau prend feu au contact de cette poudre, le produit qui
vous est remis aura les effets escomptés. Sinon, partez avec votre
argent ». Cela vous rassure que cet occultiste ne veut pas vous
escroquer, mais erreur !
L’eau en question, c’est de la glycérine ; la poudre magique n’étant
rien d’autre que du permanganate écrasé. Le mélange des deux
produits pharmaceutiques sur du coton enflamme ce dernier. C’est
une question de réaction chimique. Vous voyez que même la
Science matérielle est utilisée pour vous tromper !
Cas No 4 : L’eau chaude froide
Les anciens ont découvert que l’eau chaude passée au filtre
d’un faisceau de rameaux de palme (Sèdézan) se refroidit
instantanément.
Sachant cela, les imposteurs font bouillir n’importe quelles feuilles ou
racines dans de l’eau, plongent le pinceau de rameau dans la tisane
bouillante et laissent dégouliner celle-ci sur votre buste nu. C’est
tiède ou froid. Et ils profitent de cela pour vous rassurer d’une
protection que vous n’avez pas.
Cas No 5 : Le crapaud qui meurt de choc en retour
On vous demande d’apporter un crapaud vivant en pleine forme et
un coq également vivant. On vous annonce qui si le coq meurt au
cours de l’opération, c’est la preuve que vous ne pouvez pas être
défendu. Si le crapaud meurt, c’est bon, car sa mort symbolise le
déclin de vos ennemis. Et ça commence.
La feuille de wlekpekpe est triturée dans de l’alcool fort. On vous
demande de verser un peu de cette chlorophylle alcoolisée
alternativement sur le dos du crapaud et sur celui du coq. Quelques
instants après, le crapaud meurt asphyxié, soûlé. Le coq n’est pas
affecté, vu que le liquide fort glisse sur ses plumes.
La chose a réussi, n’est-ce pas ? Et vous payez fort pour une
protection que vous n’avez pas, car n’importe quel batracien sur le
dos duquel vous versez à petits coups de l’alcool haut degré meurt.
Cas No 6 : Le lombric ou le colimaçon ennemis de la poudre
salée
Des gens mélangent sel et suie, vous comparent à ce mélange (dit
gri-gri) et prennent le ver de terre ou l’escargot pour vos ennemis
envoûteurs. Ils mettent l’un ou l’autre mollusque sur le mélange salé
et vous laissent constater qu’il meurt. Aussi êtes-vous convaincu que
tous vos ennemis mourront. Et vous donnez l’argent qu’ils vous
demandent. Or le phénomène est simplement osmotique.
Il convient de signaler que ce jeu peut imprégner votre subconscient
même si vous laissez de côté la suie. Dans ce cas, le sel blanc qui a
tué et mis en morceaux le ver de terre est utilisé comme sel de
désenvoûtement lorsqu’il est dissous dans une infusion de la feuille
gbagbadama (boerhavia diffusa) dont vous vous baignez. Si votre
peau démange en quelques secondes, c’est bon.
Cas No 7 : L’œuf qui écrase l’ennemi en s’écrasant sur le sol
Après avoir grignoté ahowé préparé au sang de pigeon, le sorcier
met contre un mur debout un œuf neuf et prononce une incantation
qui colle cet œuf au mur au moyen d’un adhésif invisible. C’est tout.
Mais pour vous escroquer, il vous dit que cet œuf tombera et
écrasera toute la force vitale de votre ennemi si jamais ce dernier
tente de vous nuire. La même chose est simulée avec un
conglomérat latéritique suspendu en l’air par une aiguille au bout
d’un fil de couture attaché au plafond.
Cas No 8 : La mastication sans blessure d’une lame neuve
Pour vous amener à penser qu’il a des pouvoirs réels, l’occultiste
sort des lames neuves, les envoie dans la bouche, y ajoute une
pincée de poudre et se met à les mastiquer comme une bouchée de
pop-corn. Il mâche et avale le tout comme un vrai bol alimentaire.
S’il vous dit que toute sa protection tient à cela et qu’il est même
immunisé contre les fers et tous les enchantements, n’allez-vous pas
croire et aspirer à être comme lui ? Or le secret, c’est que la poudre
calcine tout métal en paillette et le rend friable.
Cas No 9 : Le pacte avec un Vodoun protecteur
Le mot diable vient du grec diabolos signifiant « qui désunit, qui
entrave ». Est donc considéré comme diabolique tout pacte conclu
avec un occultiste ou un esprit qui vous ôte la liberté de vous
épanouir ou qui vous arrache à votre famille, à votre Dieu. En cela,
le pacte de sang est à craindre absolument.
Lorsque quelqu’un laisse tomber une goutte de son sang dans un
verre d’alcool, tout ce qu’il dit là-dessus prend un corps éthérique et
porte son sceau. Vous, abruti en quête de protection, vous vous
présentez devant le féticheur qui vous demande de prendre le verre
posé sur un fétiche et d’en avaler le contenu, pour bénéficier de la
protection indéfectible du Vodoun. Vous obéissez, et les années
passent couci-couça, mais au moment de changer de vision
religieuse, vous vous apercevrez qu’en réalité vous étiez au bagne.
Le dedans vous torture, le dehors vous est inaccessible. Car vous
parjurerez si vous claquez la porte. Alors vous collaborez forcément
avec l’occultiste malin.
Cas No 10 : Le philtre des amoureux
Le philtre en France est un liquide. Au Bénin, c’est une poudre très
souvent faite des témoins de la personne qui aspire à être aimée :
poils, rognures d’ongle, extrait vaginal, urine, sperme, et beaucoup
d’autres choses. Naturellement la personne qui charme son mari (ou
sa femme) n’en mange pas, car elle sait que c’est sale et écœurant.
Pis elle peut s’aimer à la folie.
Beaucoup de maris le savent et ne mangent au foyer que dans le
même plat que leurs épouses. Prudence capitale, car vos ennemis
prennent par votre femme pour vous empoisonner et vous tuer. Il
suffit de lui dire que vous l’adorerez au point de lui verser tous vos
gains. La faible créature se livre au jeu et se fait veuve, à sa plus
grande surprise.
Cas No 11 : Le Vodoun qui parle
Des sorciers raniment des encéphales et en font des vodoun qui
parlent. Une tête d’homme ou de renard ou d’ours ou de perroquet
ou de crapaud sert à scruter des mondes invisibles. N’étant ni du
troisième ni du quatrième étages, ces vodoun élémentaires
racontent des choses de votre passé ou de votre vie intime, sans
discernement véritable. Au lieu de vous élever, ces révélations
époustouflantes sèment la mésintelligence autour de vous et vous
tuent à petits feux.
Ces choses, toutefois, plaisent beaucoup aux Béninois. Et pour les
"servir", des pseudo-prêtres ont inventé la technique du tuyau
parlant. Le jeu a lieu entre deux studios séparés par un mur mitoyen
dont la base perforée est traversée par un tube en plastique. Au
studio tenant lieu de salle de consultation est posé un relief de
vodoun voilant le terminal du tube de communication. Un acolyte
trône à l’autre bout du tuyau dans le second studio. C’est en réalité
lui le vodoun qui parle. C’est un homme malin qui vous pose
beaucoup de questions et vous donne votre histoire reconstituée à
partir de vos propres réponses. Et il vous propose des solutions
magiques onéreuses à vos problèmes.
Cas No 12 : L’argent donné aux Vodoun
Par un oracle primaire, vous êtes persuadé qu’un Vodoun de votre
tribu a besoin d’argent pour se changer en être humain et dépenser
les sous en votre faveur (santé, protection, fécondité, fortune…)
Pour vous ôter toute suspicion, on vous prévient que c’est vous-
même qui irez déposer le colis de pognon chez le Vodoun là-bas
dans votre village…
Leur art est d’apprêter des colis quasi-identiques. Dans un
emballage déjà fait, il y a des feuilles d’arbre sèches et des chutes
de fer ramassées chez les soudeurs. Dans un autre qui sera réalisé
devant vous, vous êtes invité à mettre beaucoup de pièces d’argent
et de billets de banque. Le montant minimum vous est soufflé à
l’avance. Des consultations intermédiaires par la Géomancie-Fa
vous y poussent davantage. L’emballage étant fini, quelqu’un vous
conduit dehors pour un rite de départ. Pendant ce temps, le colis
rempli d’argent est remplacé par celui de feuilles d’arbre et de
métaux. Et ainsi, précautionneusement, vous prenez et allez
déposer le colis de chutes de fer et de végétaux chez votre Vodoun
adoré. C’est horrible, n’est-ce pas ?
Cas No 13 : Le courrier magique
Soit pour vous faire une révélation, soit pour vous imposer un
sacrifice, l’occultiste se saisit d’un morceau de cierge blanc (neutre
en réalité). Dans le secret d’une de ses cases il écrit (ou dessine)
soigneusement ce qu’il veut de vous sur du papier blanc A4 ou A3. Il
sort et pose le papier (toujours blanc) sur une table devant vous. Aux
sons d’une castagnette, il invoque des divinités et implore leurs
écritures magiques. Après cette invocation, il vous remet une poudre
de carbone (charbon ou suie) et vous invite à la passer doucement
sur le papier, du bout de vos doigts. Les traces de bougie retiennent
le carbone et ce qui y était écrit paraît nettement, lisible. Sidéré,
vous prenez le papier obséquieusement, à l’idée que les Dieux vous
ont écrit. Votre foi vous emprisonne et le faussaire fait de vous ce
qu’il veut.
Cas No 14 : La fabrication magique de billets de banque
Nous ne voulons pas ici aborder la ruse des escrocs qui vous
montrent une "machine à couper des billets de banque". Ceux-là ne
sont pas magiciens.
Le fabricant qui nous intéresse ici est un sorcier capable de faire des
transferts occultes de biens. Quand on sait qu’au Nigéria et au Bénin
existent des secrets pour entrer "physiquement" dans un arbre, qu’à
travers cet arbre on se retrouve dans le monde éthérique, essence
du monde physique, et que bénéficiant de l’invisibilité corporelle on y
fait tout ce qui est faisable sur la terre physique, on comprend que le
transfert d’objet soit une chose aisée pour les sorciers et les Vodoun
éthériques, mais le magicien qui en fait une source
d’approvisionnement permanente raccourcit sa durée de vie et
précipite sa mort et son entrée en enfer. Telle est la conséquence du
portefeuille (portemonnaie) magique qui vous donne de l’argent à
dépenser, à la suite d’un simple rite de transfert (de vol occulte).
L’escroquerie, quoiqu’injuste et punissable, n’est pas empêchée par
les Dieux, car c’est vous-même qui donnez ce qui vous est
demandé. C’est un marché qui vous est proposé et dans lequel vous
finissez perdant.
Le sorcier qui cherche à vous dévaliser fait devant vous un transfert
de billet de banque à partir de sa propre bourse ou de celle d’un
voisin peu protégé. Il vous donne ce vrai billet (de 5 000 ou 10 000)
et vous "explique" en quoi il ne peut pas lui-même dépenser les
monnaies qu’il "fabrique". Il va de soi qu’en acceptant cette offre,
vous scellez le pacte au détriment de votre personne. Les Dieux
vous savent débiteur et vous n’avez point de rambarde pouvant vous
éviter le précipice. Vous croyez à tout, notamment au fait que vous
gagnerez vingt ou trente fois la somme d’argent que vous verserez
au magicien. Vous remuez ciel et terre pour totaliser le plus haut
montant dont vous soyez capable.
Après avoir encaissé les sous, le faiseur de magie vous montre des
feuilles de papier taillées aux dimensions d’un billet de dix mille,
lesquelles feuilles en liasses sont encadrées par des photocopies
colorées de vrais billets de dix mille. Ensuite, en guise de
subterfuges, le faussaire vous sert une kyrielle d’intempéries : une
bouteille de mercure se serait brisée, le fournisseur serait retourné
au Ghana ou au Mali, le Vodoun suppôt aurait exigé un bœuf de
plus, un autre Vodoun de votre famille se serait interposé, un
antécédent avec une grande sorcière serait un préalable à régler, un
émissaire aurait été arrêté par la douane, une enquête policière
serait en cours, le Tolègba de votre contrée aurait été en cause,
votre Fa (fétiche géomantique) aurait besoin d’un bain, etc.
Au bout du tunnel, vous vous trouvez lourdement endetté sans avoir
gagné un ongle de crabe. En général, les personnes empêtrées
dans ce genre de courant impétueux meurent de soucis,
psychologiquement traquées.
Au cas où la victime aurait l’audace de porter plainte au parquet,
l’escroc, s’il ne voulait pas faire la prison, n’aurait qu’à lui jeter toutes
sortes de mauvais sorts pour noyer l’affaire, ou à prendre la clef des
champs. Là serait le commencement de son tour de décadence.
Les arnaqueurs d’aujourd’hui, jeunes pour la plupart, ne prennent
pas ce risque. Ils procèdent par télécommunications et des rendez-
vous à des coins de rue ou dans des maisons louées. Ils n’ont point
besoin de transiter par des transferts occultes de biens. L’une des
stratégies qu’ils mettent en œuvre consiste à faire miroiter de belles
opportunités aux personnes nanties bien connues d’eux. Si vous
mordez à leurs appâts, alors ils vous envoient un esprit (Kennessi ou
autre vodoun) qui vous change en un béni-oui-oui extra-docile. Une
parfaite confidence vous est recommandée sous prétexte que votre
aubaine est convoitée. Et ainsi vous êtes tenu pour une vache à
traire, à l’insu de vos proches. Si vous ne vous réveillez pas tôt, c’est
tant pis pour vous.
La vérité, c’est qu’aucun Vodoun, aucun magicien, par quelque
procédé que ce soit, ne fabrique de vrais billets de banque.
Nos mises en garde peuvent paraître superflues aux yeux des
intellectuels chevronnés. Mais qu’ils se souviennent, eux, que des
escrocs, au vingt et unième siècle, laissent entendre, sur les ondes
de nos radios locales, qu’ils vendent des sachets de sel ou de sable
et que ces sachets achetés et gardés en armoire produisent
régulièrement des billets de banque. A savoir que des milliers de
Béninois y croient et achètent les maudits sachets, enrichissant les
faussaires, pour plus tard se mettre à grincer des dents dans un
silence geignard. Est-ce qu’ils sont réfléchis ?
En tout cas, un homme averti en vaut dieu (et pas seulement deux
hommes).
Cas No 15 : Le vol de personnes ou de biens par incantation
inhibitrice
Une autre stratégie relativement surprenante est celle des
incantations.
Avec le cou de cobra, les crocs de vipère, les babines
d’hippopotame, la moelle-calcaire d’iroko, le savon pâteux local et
certaines feuilles, les initiés forment une pâte qui, passée sur les
lèvres, réalise les vœux prononcés, de manière plus express que
par la poudre d’écrevisse. Ils assèchent des arbres en quelques
heures ou tuent des animaux en quelques minutes par le seul fait de
la parole. Avec quelques traces de cette pâte sur la langue ou sur
les lèvres, il ne faut pas prononcer « Tant pis » à l’endroit d’un parent
ou allié. Il ne faut pas dire : « Tu échoueras si tu te comportes
ainsi ». Ce serait une malédiction plus agissante qu’un sortilège par
objet magique.
Ne vous alarmez pas. La Nature oriente ceux qui en abusent vers la
destruction des leurs, de sorte qu’ils finissent par jeter le manche
après la cognée. Même avant cette issue heureuse, DIEU les punit
fort et sauve les justes. Les archives de couvents vodoun rapportent
des cas d’aphasie brusque ou de bégaiement chez des sorciers
prêts à lancer la parole meurtrière sur des âmes innocentes. Le Dieu
Hèviesso (le Saint-Michel des Noirs) était à l’œuvre. Des
envoûteurs ont été foudroyés "en flagrant délit". La christianisation
des Noirs s’étant trop appesantie sur la rémission des péchés au
détriment de la Justice divine, le Saint-Michel des Noirs frappe de
moins en moins. Et feu vert à la criminalité !
Les nouveaux "stratèges", souvent au nombre de deux, prennent
donc par voie incantatoire. L’un vous parle de choses futiles et
amicales dans une langue connue de vous, tandis que l’autre vous
corne à l’oreille des incantations dans un dialecte que vous ne
comprenez pas. La chose vous inhibe et vous ne savez rien d’autre
que d’obtempérer. Soit ils vous ordonnent de monter sur leur moto
ou dans leur voiture et vous le faites "avec plaisir", soit ils vous
demandent de remettre votre TSF portatif et votre valise, et vous
vous exécutez.
Dans ce dernier cas, c’est quand vous êtes bien loin d’eux que vous
revenez à vous-même. Vous vous demandez alors pourquoi vous
leur avez obéi. Mais c’est déjà trop tard.
Cas No 16 : Le stylo magique
Une certaine crédulité possède quelques enfants élèves qui, au lieu
d’étudier, confient leur sort au stylo magique qui, légèrement tenu
par le candidat, écrirait lui-même les réponses attendues aux
consignes. Ils échouent aux examens mais n’en parlent pas pour
éveiller leurs condisciples. C’est ce qu’ils font, malheureusement.
De sorte que les faussaires opèrent toujours et en vivent
allègrement jusqu’à aujourd’hui. Certes des animaux sont dits
intelligents parce que magiquement modifiés pour servir en
spiritisme, mais s’attendre à ce qu’ils remplacent des étudiants à
l’examen, c’est se trouver au paroxysme de l’aliénation du genre
humain.
Cas No 17 : Le lavage des yeux éthériques
Le chien qui aboie la nuit sans qu’il y ait un visiteur visible n’est pas
nécessairement incongru. Il aurait vu une entité du monde éthérique.
Le sens de la vue chez ces bêtes est plus performant que chez
l’homme. L’occultiste le sait et s’en sert bien. Donc, moyennant de
gros sous, le connaisseur débarbouille son chien, recueille l’eau de
bain, y ajoute quelques ingrédients et en fait un liquide magique
permettant de voir en Ethérique. Vous en prenez et en utilisez mais
sans en connaître les risques de dérapage conduisant parfois à la
démence.
Par ailleurs, en quête de voyance ou de "paroles de connaissances",
un chrétien indélicat peut, sans arrière-pensée, se confier à un
sorcier. Celui-ci lui fera manger une sorcellerie à base de lucioles.
Ce type de sorcellerie fait de lui un voyant vers lequel accourent des
gens, mais si au bout du rouleau, il n’en devient pas sorcier
destructeur, qu’il dise Alléluia !
Une autre vraie sorcellerie consiste à calciner le corps complet d’un
oiseau rapace mort, avec des feuilles de pouvoir (Lokoma, zεnali,
nyεsikεn, kpanwunma, etc.), à écraser et transvaser le tout dans un
verre bambou, avec de l’huile rouge, de l’alcool et du sang frais
d’une poule mère, à ingurgiter le tout avec une incantation. L’oiseau
ressuscite dans la matrice de la dame et peut sortir par le vagin et la
vulve. Avec tous les attributs de la dame sorcière, cet oiseau exerce
des pouvoirs d’invisibilité, de métamorphose et de rapace. Il doit sa
survie à la consommation d’alcool, d’huile, de mets sabbatiques et
de forces vitales volées à certaines personnes en sommeil.
Toutefois, cette recette est incomplète et ne peut être efficace. Ceux
qui veulent se noyer dans la sorcellerie acrobatique doivent chercher
leur maître ailleurs. Les histoires faisant état d’oiseaux tombés de
jour comme de nuit, et transformés en dames chrétiennes connues,
sont les conséquences du lavage des yeux éthériques dans les
milieux chrétiens.
Cas No 18 : La main du margouillat magique
Il s’agit d’un rite opté par une secrète société nigériane appelée
Senior Brothers, Frères aînés en français et Ogboni en Ifè. Cette
société est aussi connue au Bénin.
Au début d’un séminaire d’initiation qui dure trois jours, une
scarification est faite à la base du pouce gauche puis un pansement
mystique est réalisé sur les blessures. Par ce fait, une entité
éthérique entre en vous.
On vous dit votre puissance : « Vous êtes à l’abri des envoûtements.
Votre main gauche peut arrêter un ouragan. Quelqu’un en a éteint
un incendie. Vous commettrez un homicide si de votre main gauche
vous frappez un enfant. Pour exorciser un siège suspect, il vous
suffit de lui donner un coup de main gauche. Vous êtes parmi les
frères aînés de l’humanité… » C’est attrayant, n’est-ce pas ? Mais
attention !
Le mal dans cette affaire c’est la présence dans votre main gauche
(donc dans votre corps) d’un esprit de reptile saurien ayant des
griffes : margouillat, lézard, varan. Le margouillat (mâle) selon la
tradition des Fon est un ingrédient majeur dans les produits
magiques voués à la désunion, au conflit et à l’émeute. Le
margouillat, en liaison avec la poudre à canon et quelques éléments,
éveille l’aspect destructeur de Tolègba.
Ce que nous dénonçons ici, c’est qu’on vous cache le fait que vous
êtes possédé par un esprit de margouillat. On se contente de vous
dire que vous ne devez jamais tuer ni manger un margouillat, un
lézard. Et vous-même ignorez le fait qu’une super-sorcière peut
s’adresser de manière impérative au margouillat en vous et faire
obéir celui-ci comme un soldat recevant des ordres d’un officier.
Vous l’auriez amèrement su si une grande prêtresse était à vos
trousses.
Cas No 19 : Le guérisseur-envoûteur
Dans le rang des jeunes Vodounnon de nos jours figurent de faux
guérisseurs détenteurs de quelques secrets d’envoûtement ayant
des antidotes. Ils opèrent par bande, plus souvent à l’étranger. Ils
identifient les familles opulentes de la zone où ils logent. Le chef
d’orchestre jette un mauvais sort à un enfant de la famille ciblée.
Celui-ci tombe malade. Un membre du groupe escroc se présente
devant l’un des parents du petit souffrant, comme étant un voyant-
guérisseur itinérant. Il fait des révélations précises sur la maladie
dont souffre le gosse et propose des remèdes infaillibles coûtant
cher.
Pour la survie de leur enfant, les parents dépensent énormément,
car ils sont déjà devenus une marionnette dont les ficelles sont
tenues par les pseudo-guérisseurs. Ceci n’a rien de moins qu’un
pacte avec le diable.
Cas No 20 : L’extraction de Tchakatou
Le nom TOU est un mot Fon signifiant fusil. Tchakatou est un fusil
qui brave les calculs d’espace et de temps. Tchakatou n’a ni
gâchette ni œilleton. La cible à atteindre est visée, non avec les yeux
de chair, mais par la pensée et la notification verbale de son nom,
son prénom et son adresse. Parfois la seule description de la
personne suffit.
Tchakatou est formé d’un tube (bambou, bois creusé, cylindre à
canon, tibia évidé…), d’une poudre à canon très inflammable, de
certains projectiles insolites et d’un condensateur fluidique. Les
balles projectiles sont des cailloux, des tessons de bouteille, des
hameçons, des débris de fer, du sable, de la cendre, etc.
Lorsque la poudre à canon est enflammée, les balles disparaissent
pour pénétrer dans l’organisme de la personne visée, même si celle-
ci réside à des centaines de kilomètres du lieu d’envoûtement. Pas
de perforation cutanée. Juste un bouton brûlant sur la peau.
Des scarifications délivrent, des bains spécifiques délivrent, la prière
adressée à l’Esprit-Saint délivre, l’huile sainte délivre. Mais si vous
aimez le sensationnel, vous vous confierez à un détenteur de magie
rouge qui extrairait Tchakatou de votre corps. Les choses tombent
apparemment de votre organisme, tandis que les douleurs
persistent. Exemple :
Un jour chez notre sœur vint un homme qui ne voyait que Tchakatou
dans les souffrances des gens. Il mettait la bouche contenant une
poudre sur la partie malade et, telle une ventouse, il “aspirait” des
objets, des cauris, des morceaux de verre cassé et autres, et les
crachait.
Il lécha la poudre à nouveau et voulut poser sa ventouse buccale sur
le bras souffrant d’un gars quand celui-ci, piqué par on ne sait quel
taon, détala. Chose surprenante, la bouche du sorcier se remplit de
balles rocailleuses de Tchakatou alors qu’il ne l’avait portée sur
personne. Voilà comment Tchakatou est extrait du corps.
Les cordes tressées en blanc-noir ou les chaînes de quelques
maillons que l’on vous montre dans des œufs cassés après avoir
promené ceux-ci sur votre corps ne sont pas Tchakatou. Elles ont
été intentionnellement introduites dans ces œufs, sans vous, par
truchement éthérique.
A ce propos, les vieux ont tout dit : « On n’extrait pas Tchakatou du
corps physique. On le tue dans l’organisme ». Ce qui est entré en
vous par voie éthérique peut vous quitter par voie éthérique,
invisible. Dieu délivre de tout ça.
Cas No 21 : Pour anémier un ennemi
Un cierge rouge sang (ou une cire de couleur rouge) est enveloppé
d’une toile blanche portant les références du "coupable". Ce rouleau
déposé au fond d’un canari est fixé par une pierre d’un certain poids.
Après des incantations mystérieuses, une eau bouillante est versée
dans ledit canari. On ferme ce dernier et cinq minutes après, on le
rouvre. La surface de l’eau est rouge sang, à cause de la fusion de
la cire rouge. Vous êtes persuadé que là flotte le sang de l’ennemi.
Quoi de plus pour vous rassurer que le gars, là-bas, est anémié ?
Ceci est une bonne duperie pour décourager les commanditaires
d’assassinats occultes.
Cas No 22 : La toile protectrice
Ici le procédé est magique. Une étoffe est préparée pour défier l’eau
ou le feu. Elle ne se laisse ni brûler par les flammes ni traverser par
les liquides, et ainsi elle sert d’appât pour les escrocs.
Premier appât. Le carré ou le rectangle d’étoffe est tenu par deux
hommes à ses quatre bouts au-dessus d’un foyer de bois en feu. Au
milieu de cette toile est versée un litre d’huile. Celle-ci se chauffe de
sorte qu’en elle se fait de l’omelette, sans altérer les fibres du tissu
magique. « Un peu de cette omelette sous la dent, et vous êtes
protégé », dit-on, mais c’est faux.
Deuxième appât. L’étoffe magique sert de tapis aux parois (internes)
d’une corbeille (passoire). On y verse une tisane qui y reste, sans du
tout suinter, et on vous dit que cette tisane passée sur le corps agit
tel un rempart contre les forces adverses. Mais, ce n’est pas
efficace, pas souvent, en tout cas.
Cas No 23 : La poudre qui traverse la peau sans blessure
Tout se base sur la poudre d’une plante nigériane (Oyo) appelée
Ighi-nla en Yorouba.
La légende raconte que cette plante le matin se trouve couchée tête
jetée à l’Est, qu’elle se redresse à mesure que le soleil monte dans
le ciel, qu’elle décline en “regardant” le soleil à son allure et qu’elle
se couche la tête à l’Occident lorsque le soleil disparaît à l’Ouest. Et
ceci, chaque jour. Ce n’est peut-être qu’un mythe mais les Yorouba
d’Oyo en parlent encore aujourd’hui avec ferveur. Il y aurait un lien
avec le Dieu-Père des Yorouba.
Si vous mettez une pincée de cette poudre sur la saignée, au niveau
du pli entre le bras et l’avant-bras, en tapotant sur elle, ladite poudre
entre dans le tissu via l’épiderme et le derme. Alors pour renforcer le
corps éthérique, on ajoute une poudre vertueuse à cette poudre
d’Ighi-nla et celle-ci lui fraie le chemin pour entrer dans le corps
physique sans scarification.
C’est spectaculaire, n’est-ce pas ?
Bien sûr que si. Et les imposteurs s’en saisissent. Tout ce qu’on fait
entrer dans votre chair par ce biais n’est pas vertueux. Demeurez
vigilant.
Cas No 24 : Le bout de fer qui trotte dans le corps
D’emblée, nous disons que c’est une pratique qui offre sa part de
protection, notamment contre des accidents et des fractures.
Avec une nasse usagée appelée zondjè, les feuilles de laitue
sauvage et celles de basilic (akohoun) un cylindre de fer de 2
millimètres de diamètre et d’un centimètre de longueur est envoyé
dans le corps via une des narines. L’étranger ne s’arrête pas dans le
nez. Il glisse ou trotte et vous le sentez se déplacer, jusqu’à ce qu’il
se fixe un endroit dans l’organisme. Et là peut se poser un problème
qui n’est pas toujours anodin. Assis sur un nerf particulier, ce bout de
métal peut affecter un organe de sens. Il existe d’autres affections
dues à sa place dans le corps. Nous en parlons à demi-mot.
Consultez la Géomancie-Fa avant de bénéficier de cette magie-Bo.
Point.
Cas No 25 : Plus gros que le goulot dans le ventre d’une
bouteille
Une corde d’étoffe est passée en ceinture équidistante du cul et du
goulot sur une grande bouteille. Cette étoffe imbibée de pétrole
lampant est enflammée. La bouteille étant chauffée au seul niveau
de la ceinture de coton, il se produit une cassure horizontale parfaite
divisant le récipient en deux. L’escroc introduit l’objet taillé dans le
ventre de la bouteille et replace la partie enlevée à l’aide d’une super
glu.
La présence du gros corps dans la bouteille vous paraît mystérieuse
et vous achetez le "puissant" gri-gri qui n’en est pas un.
Cas No 26 : La mise en contact d’une personne avec son "ange
gardien"
Pour votre protection, votre bien-être et votre réussite sociale, on
vous propose de vous mettre en contact avec votre ange gardien
afin que vous lui suggériez le type de destin que vous désirez. On
vous rassure que c’est lui, votre ange tutélaire, qui détient votre
agenda de vie et que ce qu’il y inscrit se réalise inéluctablement. Ce
qui serait vrai si on soulignait aussi que cet ange solaire n’inscrivait
rien au hasard dans son registre.
En général l’occultiste vous marie à un esprit éthérique de l’eau ou
de l’air. Pour un(e) ondin(e), il vous demande d’apporter sept types
de parfum, sept types de savon de beauté, des bougies de couleurs
et de l’argent pour les autres ingrédients. Les recettes varient d’un
occultiste à l’autre.
A la plage ou dans un enclos arboré couvert de sable de mer, vous
êtes invité à prendre un bain de nuit. Vous percevez une voix
mélodieuse qui vous approche. Parfois vous voyez une silhouette
qui s’adresse à vous.
Le contrat du mariage a lieu conformément aux prédictions du prêtre
marieur. Le "démon" vous donne une date et une heure pour un
rendez-vous quelque part. Il vous donne protection et argent. Par
rapport à l’amour, soit il s’impose à vous dans une alliance sensuelle
sans mesure, soit il vous envoie en quête de partenaires sexuels
parmi les êtres humains et fait de vous un canal pour ponctionner
vos conquêtes amoureuses.
Ceux qui condescendent à l’esprit malin finissent par lui établir un
autel. Et par ce fait, ils sont asservis. Quand ils en sont rebutés, ils
cherchent à s’en séparer, mais la Nature ne leur facilite pas la tâche,
car ils ont trouvé ce qu’ils ont cherché.
Ce qui est clair, c’est qu’il n’y a d’ange de haut niveau qu’au
cinquième étage. Et cet ange n’est forcé par quoi que ce soit de
fétichiste.
Cas No 27 : Envoûteur ou visionnaire chrétien ?
En l’an 2000 à Parakou, une jeune fille ravissante et travailleuse en
atelier avait un fiancé également jeune, par surcroît bosseur et nanti.
Un ouvrier paresseux du même quartier que la fille fit la cour à cette
dernière, sans succès. Mais décidé à gagner la partie, le vaurien
confia son problème à un visionnaire d’une église de la place. Celui-
ci fit une magie-bo bien connue en matière d’alliance psychique, en
remplaçant les piquets de bois mâle et femelle par deux bougies
baptisées mâle et femelle, en collant le nom de la fille sur papier à la
bougie dite femelle puis celui de l’homme sur papier à la bougie
mâle. Au lieu d’attacher les deux témoins (en signe de mariage)
avec des fibres végétales tressées, le visionnaire se servit de
cordons industriels.
En un mot il réalisa sa charge magique en ayant un œil sur la
Tradition locale-bo et l’autre sur la Bible. Ainsi influença-t-il
sérieusement le cœur de la pauvre désirée.
Pour parfaire son envoûtement d’amour, l’occultiste chrétien prétexta
une balade pour se faire accompagner chez Tètènon, la grande
sœur de Rufine, la fille recherchée. Il en profita pour une séance de
"voyance" et put inviter la belle à la paroisse pour des actions de
délivrance.
Rufine dormit mal cette nuit-là. Le lendemain, elle eut un torticolis.
Dans ses investigations avec sa sœur aînée, elle se souvint des
dires du visionnaire. Le mal persistant, elle ne put s’empêcher de se
rendre au lieu de culte indiqué. On lui donna pour onction une huile
dite sainte et à laper chaque jour un flacon de miel teinté d’un
mélange. « Gratuitement, au nom de Jésus », lui dit-on. Elle
remercia le chrétien et s’exécuta comme prescrit.
En moins de deux semaines, la fille oublia son fiancé providentiel et
s’accrocha au gueux, bravant ses parents et ses amies qui n’y
comprenaient rien. Et le triste mariage s’ensuivit.
La Bible dit : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ». Aujourd’hui,
avant de croire, il faut ouvrir grand les yeux et regarder ce qui est
proposé, car dans toutes les religions du monde, il y a de nombreux
faux prophètes.

I - Que dire d’autre du premier étage ?


Il a été dit que la sorcellerie fétichiste est le pouvoir suprême du
premier étage. Or même avant de lire cela, vous avez sûrement été
mis au courant par quelqu’un du fait que la sorcellerie fétichiste est
un pouvoir facile à obtenir. Vous mangez ou avalez quelque chose et
vous acquérez dès l’instant même le pouvoir de la voyance
éthérique, de l’injonction magique, de la télékinésie, de la
métamorphose, du dédoublement, de la percée des arbres et des
termitières, etc. On ne vous explique pas que ce que vous avalez ou
mangez est un fétiche (vodoun) qui dans votre ventre réclame sa
nourriture et sa boisson. Or là est le problème, car de son régime
dépend votre vie. Nombreux, très nombreux sont les types de
sorcellerie fétichiste. Ce sont des centaines, mais on en peut
distinguer cinq catégories.
1 – La sorcellerie destructrice qui se nourrit du fluide vital
d’autrui
Cette sorcellerie est la plus répandue. Pour nuire, elle met en œuvre
toutes sortes de prouesses, réunissant les malignités des démons,
des mauvais esprits, des envoûteurs, etc. Elle est destructrice à
100%. Elle fait retourner son porteur du règne humain au règne
animal féroce. Naturellement elle ne coûte rien. C’est cette
sorcellerie qui, rivalisant de prosélytisme avec les sectes
chrétiennes, se fait transmettre dans les couvents, les églises, les
mosquées, les écoles et les marchés par de simples dons de cola,
de tabac, de gari, de biscuit, de bonbon, d’arachide. (Cf. Les
duperies du 1er étage, Cas No17 : Le lavage des yeux éthériques).
Un homme normal peut se fâcher contre son ennemi et ne guère
nuire à ce dernier. Il en est ainsi pour quiconque a le cœur souple.
Mais la colère d’une sorcière peut tuer son adversaire légitime, par
l’entremise du vodoun de son ventre, car comme dit le proverbe,
« Ce qui irrite la sorcière irrite son messager ailé ».
2 – La sorcellerie modératrice qui se nourrit de fluide humain
C’est celle qu’épousent les sorciers guérisseurs. Elle donne à ces
gens-là le pouvoir de commander les sorciers destructeurs. Elle
coûte cher, parce qu’elle est puissante, mais elle est négative à
75%. C’est elle qui par défaut juge “avec équité” les “accusés” et
autorise les crimes de sabbat. Elle est un gros vodoun contenant les
256 signes de géomancie, les 41 feuill es de pouvoir, les marques
de tous les vodoun de la communauté, les forces de fauves, etc.
Lorsque le porteur de cette sorcellerie se résout à vous nuire, ses
frappes sont terrifiantes. La Géomancie-Fa ne peut vous délivrer, car
tous les vodoun installés çà et là sont de connivence avec lui. Il est
donc lui-même très protégé. La loi de la cendre jetée ne le
sanctionne que difficilement. Ce n’est qu’à sa mort que le gros
vodoun le lâche.
3 – La sorcellerie modératrice qui se nourrit de fluide animal
C’est cette sorcellerie que des gens appellent sorcellerie blanche.
Elle est similaire à la sorcellerie de la deuxième catégorie. Mais
quand elle réclame de la nourriture, le sorcier boit un mélange du
sang de chèvre ou de poule avec de l’huile de palme et de l’alcool.
Si le sorcier s’en tient à cela, cette sorcellerie n’est pas très nuisible.
Cependant la colère du sorcier sera celle du vodoun en son ventre
qui à l’insu du porteur peut attaquer ses supposés ennemis. Cette
sorcellerie bascule souvent dans la deuxième catégorie pour peu
que le sorcier goûte à un mets du sabbat. On peut dire qu’elle est
périlleuse à 50%.
4 – La sorcellerie protectrice qui mange des fruits
Lorsque cette sorcellerie a faim, le sorcier mange des colas (Ahowe
et vi) et des poivres de Guinée (Atakoun). C’est un pouvoir qui coûte
cher et pour lequel des pseudo-initiés vous escroquent. Cette
sorcellerie qu’aiment les politiciens protège sans nuire, a priori. Elle
n’est pas toujours toute-puissante. Si le sorcier aime aller au sabbat,
il y commet une erreur et passe sous la coupe des destructeurs.
Dans tous les cas, si c’est bien dosé, ses risques ne dépassent pas
25%.
5 – La sorcellerie bénéfique qui ne mange rien
C’est une magie blanche qui donne du pouvoir super-sorcier au
preneur sans constituer un vodoun en son ventre. Elle ne demande
rien, ne mange rien, ne boit rien. Vous dormez comme tout le monde
et vous vous réveillez comme tout le monde. Il y en a qui protège
fort, sans vous délivrer de vos envoûtements antérieurs. Il y en a
aussi qui vous délivre. Celle-ci est une magie blanche qui détruit les
séquelles laissées en vous par les attaques sorcières.
Les personnes en bonne santé apparente et qui veulent entrer dans
le monde de la sorcellerie n’apprécient guère cette magie blanche.
Car elle ne provoque pas de dédoublement, elle n’ouvre pas les
yeux éthériques. Pas donc de voyance, pas de télékinésie, pas de
jettatura, pas de possibilité de métamorphose, pas d’enchantement
par nouement, etc. Tout ce qu’elle fait de métaphysique, c’est
d’exhumer les tréfonds du subconscient négatif. Et ça vous fait avoir
des rêves (sans peur) sur votre passé horrible. Vos vrais ennemis
sont mis à nu. Ce qui vous invite à corroborer cet effet par des
pratiques du quatrième étage.
Quel que soit le type de sorcellerie que vous aurez envie de manger,
demeurez vigilant. Ne soyez pas complaisant. Demandez au
compositeur de la sorcellerie ce que ça mange. Insistez là-dessus.
Menacez de vous plaindre au commissariat ou au parquet au cas où
il vous tromperait. Les vendeurs d’illusions, en ce domaine, sont
innombrables. Pour ce qui concerne l’auteur de ce livre, il n’y a que
cette cinquième catégorie de sorcellerie qui soit recommandable au
premier étage.
N.B : Les fétiches et tous les élémentaires dont la survie éthérique
dépend de ce qu’ils mangent, boivent, inhalent ou fument,
deviennent des démons-vampires au sein des êtres humains, s’ils
ne sont pas rituellement tués et jetés dans un cours d’eau à la mort
de leurs propriétaires. Les mystiques d’Europe, par la plume
d’Alexandre Moryason, rapportent que la colère de DIEU, qui avait
englouti l’Atlantide et autorisé la guerre mondiale, venait entre autres
de la création d’élémentaires et de leur évasion définitive.
Dans tous les cas, le fétichisme n’est pas une fin. Raison pour
laquelle il est nécessaire de monter vers les étages supérieurs (3e
au 5è étages)

Deuxième partie :
Avant-propos : Judaïsme et Tradition Vodoun
En faisant redécouvrir aux chrétiens d’Afrique la religion juive dont
les textes leur servent d’appoint à tant de théories fallacieuses, et en
comparant ce beau judaïsme aux religions traditionnelles africaines,
nous croyons pouvoir assagir ces chrétiens par rapport à la
diabolisation de leurs pères.
A cet effet, nous tirons quelques passages du Pentateuque, les cinq
premiers livres de l’Ancien Testament des chrétiens.
1 – La création par DIEU YEHWE
La Genèse de la Bible nous parle de la succession des actes de la
création. D’abord la Terre, puis l’eau sur la Terre, puis l’air sur l’eau.
Après tout cela, Dieu dit « Fiat Lux » (Que la lumière soit) et la
lumière fut. Enfin Dieu créa les luminaires (le Soleil et la Lune) et le
reste.
Par contre, malgré l’immensité apparente de la Terre et la petitesse
également apparente du Soleil (dont le diamètre est cent fois celui
de la Terre), la Tradition vodoun a su depuis la nuit des temps que
SEGBOLISSA-SOLEIL est Père Créateur de Sagbata-Terre.
Aujourd’hui l’héliocentrisme de la Tradition vodoun n’est-il pas plus
gagnant que le géocentrisme de l’Ancien Testament ?
2 – Le jardin d’Eden et la terre des Tohouiyo
Tous les grands historiens du monde, à l’instar de la Société Biblique
Française, reconnaissent que l’histoire du jardin d’Eden où sont
citées des paroles du Seigneur Dieu, est une narration de faits
imaginaires. “La Lumière sur le Royaume” d’Alexandre Moryason
explique : « A un groupe restreint il (Moïse) révéla les connaissances
qu’il avait acquises en Egypte et à Babylone : la Kabbale. A la
masse restante, il enseigna les origines de notre humanité et de
notre univers en utilisant le symbolisme et la représentation
mythique divulgués aux masses chaldéennes : le jardin d’Eden, un
homme et une femme, un serpent, un arbre et un fruit… »
La Traduction Œcuménique de la Bible (TOB), qui est la version
biblique la plus proche de la réalité, dit dans son introduction à la
Genèse : « En racontant les origines du monde et de l’humanité, les
auteurs bibliques n’ont pas hésité à puiser directement ou
indirectement dans les traditions de l’ancien Proche-Orient ».
Le jardin d’Eden donc doit être pris sous un angle symbolique et non
comme un lieu terrestre d’où est sorti l’ancêtre de l’humanité. Et
chaque peuple avait son Tohouiyo et sa genèse.
3 – L’ancêtre de l’humanité et les Genèses
La Bible parle de la venue au monde d’Adam et d’Eve, de leurs deux
enfants Caïn et Abel, de l’assassinat d’Abel par Caïn, de la colère de
Dieu contre Caïn puis de la clémence de Dieu. Et pendant qu’au
monde il n’existerait qu’Adam, Eve et Caïn, « Le Seigneur mit un
signe sur Caïn pour que personne en le rencontrant ne le frappe »
(Genèse 4, verset 15). Cela prouve qu’il y avait d’autres êtres
humains, d’autres familles, d’autres agglomérations de vies que
craignait Caïn. « Caïn connut sa femme » (Genèse 4, verset 17).
Cette femme n’était pas fille d’Adam, puisque Caïn n’avait pas de
sœur avant de se marier. Elle était née de mère et de père
différents, ce qui confirme la pluralité des genèses.
La Tradition vodoun dit clairement qu’il y a une Genèse par clan, que
chaque clan avait son Dieu qui était DIEU pour lui. Le Dieu Tohouiyo
du clan enseignait un culte et faisait mettre un signe (les balafres) au
visage de chacun de ses fils (peuple élu) sur une terre particulière
(la terre sainte). Les panégyriques claniques transmis de génération
en génération jusqu’à aujourd’hui témoignent de la vigueur de cette
vérité ancestrale.
Par la suite, des dissidents claniques choisissent d’adorer des
Tohouiyo récents. Les gens venus de Tado ont abandonné leur
Tohouiyo lointain, préférant soit Agassou ou Adjahouto comme
Tohouiyo, soit Aligbonon comme Nohouiyo.
D’une manière générale, toute nouvelle religion finit par déifier son
instigateur ou son fondateur, et cette déité passe pour le Tohouiyo
de cette secte.
On sait que le judaïsme fut une secte chaldéenne qui s’est imposée
au titre de religion, que le christianisme fut une secte judaïque qui
s’est imposée au titre de religion que l’islamisme fut une secte judéo-
chrétienne qui s’est imposée au titre de religion, que les Témoins de
Jéhovah formèrent une secte adventiste qui s’est imposée au titre de
religion.
Les Juifs ont déifié Abraham, les catholiques St Pierre, les
musulmans Mahomet, les Témoins de Jéhovah Russel, les Yokoshi
Seio, etc.
Nous démontrerons au quatrième étage qu’il faudra que l’humanité
dépasse les croyances séparatistes des Tohouiyo pour aller à la
lumière de la raison.
L’humanité n’a pas un ancêtre ; elle a des ancêtres. Les Noirs n’ont
pas un ancêtre, mais des ancêtres.
La morphologie peule ou haoussa est nettement distinguée au pays
des Fon. Tous les Noirs ne sont pas égyptiens. Tous les Blancs ne
sont pas descendus de l’ancêtre blanc aux yeux bleus. Les plantes
tropicales n’ont pas de communauté ancestrale avec celles des
zones tempérées ou polaires. Le jaguar de l’Amérique, le léopard de
l’Afrique, la panthère de l’Europe et le guépard de l’Asie, quoique
tous félins, n’ont pas un ancêtre commun.
Monumentale est donc cette erreur d’histoire qui recherche
périlleusement l’ancêtre unique de l’humanité. L’Afrique n’est pas le
berceau de l’ancêtre de toutes les races. Certes elle fut le premier
berceau de l’homme sur la Terre, mais après elle les autres parties
du monde accueillirent leur prototype humain. Le GOSEIGEN, livre
des révélations divines transmises par le religieux Okada Séio du
Japon, rapporte que la race noire est celle que SUNOKAMI (DIEU)
forma en premier sur notre planète. Les conditions climatiques s’y
prêtaient et l’Afrique put devenir l’espace géophysique accueillant
les premiers hommes, les premières coutumes, les premières
religions, les premières civilisations. Mais les Japonais, toujours
selon le GOSEIGEN, furent plus tard matérialisés au Nippon pour le
Nippon.
Faisant suite à la croyance erronée en un ancêtre commun à tous, la
seconde erreur historique consiste enfin à croire que tous les
peuples de tous les continents étaient parqués en un seul lieu, que
les parties de la Terre émergée (le seul Continent) se sont
dessoudées pour donner les continents séparés et que les hommes
se sont par conséquent retrouvés à divers endroits du globe. Et les
historiens partent de cette hypothèse pour faire des recherches
d’approbation. La question “D’où venez-vous ?” à laquelle doivent
répondre des autochtones est posée de manière péremptoire. Et des
intellectuels noirs se consolent à l’idée qu’ils sont descendants de la
sagesse égyptienne. Mais ce n’est pas toujours vrai. Tout le monde
n’est pas venu d’ailleurs pour se sédentariser.
Tout dernièrement, des fouilles archéologiques effectuées par des
danois au village souterrain d’Agongointo à Bohicon au Bénin ont
exhumé des reliques vodoun ayant existé avant la naissance de
Jésus-Christ. Un outil de silex datant de plus de mille ans avant
Jésus-Christ a été retrouvé dans l’un des caveaux. Ce qui met une
croix sur toutes les histoires de migrations fomentées jusque-là et
qui tiennent le territoire de Bohicon et ses environs pour une plaine
inhabitée jusqu’à l’an mille après Jésus-Christ.
L’ancêtre unique de l’humanité, c’est le Créateur divin lui-même.
Nous savons qu’à ce propos, le rationalisme imbattable muselle les
scientifiques. Et pourtant nous devons le dire. Les hommes-esprits
ont été faits à l’image de leur Dieu-esprit, puis ils se sont manifestés
physiquement et séparément, dans l’espace et dans le temps, sur
les continents. Et pour se réincarner, ils prennent l’héritage matériel
de leurs parents physiques et sont noirs, blancs, rouges ou jaunes
suivant leur terre d’accueil.
Aucune race n’est l’ancêtre des autres.
4 – Le monothéisme judaïque et le panthéisme des Fon
Au Bénin, quand un Fils de DIEU se manifeste en tant qu’être
anthropomorphe, on cherche à savoir quelle est sa filiation (Feu, Air,
Eau, Terre ou Mahou) et on le désigne par son nom. Chez les
Hébreux, les Dieux sont nombreux, comme chez les Fon, mais eux
autres s’évertuent à la théorie du monothéisme. Dans Genèse 18,
versets 1 à 15, Abraham « leva les yeux et aperçut trois hommes
debout près de lui. A leur vue il courut de l’entrée de la tente à leur
rencontre, se prosterna à terre et dit : “Mon Seigneur, si j’ai pu
trouver grâce à tes yeux, veuille ne pas passer loin de ton
serviteur”… » Et Abraham donna à boire et à manger à ces trois
hommes considérés comme manifestation du seul DIEU. Au Bénin,
on aurait précisé tel Dieu de telle filiation. On aurait cherché à savoir
si ce n’était pas Dada-Sègbo accompagné de Hèviesso et d’Aguè.
En disant, comme dans Genèse 1verset 26 : « Faisons l’homme à
notre image », DIEU s’est montré coordonnateur, ayant des Fils
associés à l’œuvre de la création. Ces Fils étaient-ils les Séraphins
et les Chérubins placés à l’entrée du jardin d’Eden ? Etait-ce le
Verbe de DIEU qui s’est fait chair en Jésus-Christ ? Ou le groupe
des 72 anges ayant à leur tête le YHWH (Jéhovah) ?
Jetant un coup d’œil hors de la Bible, on voit que la philosophie
OKADA donnée dans Mahikari (La Lumière de Vérité) depuis le
Japon parle de DIEU SU entouré de 48 Dieux principaux. DIEU est
Un, mais ses Emanations sont plurielles.
Au Bénin, pour escroquer des gens, des initiés fabriquent et utilisent
un vodoun appelé Kennessi. Mais le Dieu des Hébreux, selon la
Bible, fait tout. « Les fils d’Israël avaient agi selon la parole de
Moïse ; ils avaient demandé aux Egyptiens des objets d’argent, des
objets d’or et des manteaux. Le Seigneur avait accordé au peuple la
faveur des Egyptiens qui avaient cédé à leur demande. Ainsi
dépouillèrent-ils les Egyptiens (Exode 12 versets 35 et 36).
Hors du Pentateuque, « L’esprit du Seigneur s’était retiré de Saül et
un esprit mauvais venu du Seigneur le tourmentait. Les serviteurs de
Saül lui dirent : "Voici qu’un esprit mauvais, venu de Dieu, te
tourmente"… » (1Samuel 16, versets 14 et 15). Par ailleurs, « le
Seigneur a mis un esprit de mensonge dans la bouche de tous les
prophètes… ». (1 Rois 22, verset 23). Et cela se retrouve dans la
Tradition Fon, mais attribué à Awovi, l’esprit du mal. C’est Awovi qui,
chez nous, aurait pu durcir le cœur de Pharaon, au plaisir de voir
massacrer les Egyptiens par la puissante magie de Moïse.
Le monothéisme des biblistes, c’est qu’ils mettent toutes les
contrariétés du monde sur les épaules d’un seul Dieu : Yahvé.
5 – Veau d’or et Vodoun
Des Nègres béninois végétant sur des racines pré-palestiniennes
font de la paronymie évidente entre “Veau d’or” et “Vodoun” une
insulte à la Tradition de leurs pères. Heureusement le respect
témoigné à tous les Vodoun d’ici et d’ailleurs impose aux sages
locaux un vénérable silence sur des paronymies injurieuses entre
certains noms de la Bible et des noms Fon désignant des choses
dégueulasses. Nous choisissons de taire ces formidables
paronomases. “Le ridicule ne s’arrête jamais à une seule personne”,
dit un proverbe malien.
Le terme “Vodoun” a longtemps parcouru les lèvres des
Danxomènou avant l’arrivée au 19è siècle des missionnaires et de
leur Bible parlant du veau d’or, expression française avec laquelle
les noms Yèhwé, Ahwandjo, Vodoun et Houn n’ont aucun lien.
Vodoun sera plus tard un nom générique désignant tout esprit : Sè
est Vodoun, les mânes des ancêtres sont Vodoun, la parole est
vodoun, la pensée est vodoun, etc. Mais le vrai Vodoun, c’était
Sègbolissa.
L’Esprit de Dieu manifesté est un "Esprit-Soleil" (Yèhwé). A sa
descente sur Terre, “la foule se forme” (Ahwandjo) et constate que là
est une “Source intarissable d’énergies de vie qu’on peut tirer à son
gré” (Vobodoun). Vobodoun signifiant “Puise à ton aise”, est devenu
par élision Voodoun et Vodoun. Or tout Yèhwé est un Jet du Sang
invisible de DIEU (Houn : Sang).
Le couvent est un organisme dont le sang invisible circule
dynamique. L’expression Fon "gbahoun" (Répandre du sang) signifie
"Dévoiler un secret de Vodoun".
Le prêtre d’un Vodoun est appelé Yèhwé-non, Houn-non, Vodoun -
non. Le chef des prêtres d’une zone est appelé Hounnon-gan ou
Houngan. Ce dernier est le nom dont se servent les Haïtiens.
En ce qui concerne le Totem Caméléon de Sègbolissa, il ne peut
aucunement être l’objet de risée. Parlant du Nouveau Testament des
chrétiens, entre parenthèses, si Jésus avait canalisé le Christ au
Bénin, il aurait été traité comme un Esprit de l’Air ou du Feu, et la
Colombe (le pigeon blanc) descendue sur lui au Jourdain aurait été
considérée comme le Totem très sacré du christianisme. Parce
qu’ainsi se faisaient les choses au Bénin.
Le culte Vodoun était dépourvu de la sorcellerie dévastatrice qui se
mange maintenant parfois contre zéro franc. A ce propos, l’histoire
rapporte que ce sont les rois d’Abomey, le roi Agadja en particulier,
qui étaient allés chercher du pouvoir au Nigéria au17è siècle. Ayant
vu que cette nouvelle force pouvait être détournée à des fins
nuisibles, les rois en ont placé le siège et le gardiennage à soixante-
dix kilomètres au Sud d’Abomey, sur une terre considérée comme
une partie d’Abomey. C’est la ville d’Abomey-Calavi, en réalité
Agbomey-Kandofi signifiant “Abomey coupée et installée ici”.
En outre, il convient de souligner que la liturgie vodoun ayant institué
la mort de l’initié, des actions sur son caractère, sa résurrection, le
port d’un nouveau nom, la communication dans une langue
étrangère “adverse”, fut formalisée par la dynastie de Houégbadja.
Et tout cela a ouvert des brèches à l’instrumentalisation du Culte
vodoun mis à tort au service des conquêtes territoriales et
esclavagistes opérées par le royaume de Danxomè. Le despotisme
féodal faisait dire de notre religion qu’elle était Houégbadja-
kassoudo, c’est-à-dire la calebasse magique fermée du pouvoir de
Houégbadja, fondateur du royaume d’Abomey au 17è siècle
seulement. Cette calebasse symbolisait la puissance de la dynastie
royale de Danxomè, et non la puissance de DIEU Sègbolissa-
Wèkèdoto, l’Eternel.
Il s’agissait plutôt, dans le cadre de Vodoun-Yèhwé, du Houn-
Kassoudo, c’est-à-dire, de la Calebasse fermée du pouvoir de
Vodoun-Houn, symbole d’un hermétisme réservé aux couvents.
Cette Calebasse mystique invisible a aujourd’hui pour prêtre
suprême Baba Ahinadjè, Dah Hounkassoudonon, de la Collectivité
Houndadjo au quartier Zakpo, Bohicon, Bénin. C’est d’ailleurs ce
grand homme qui nous a confié l’étymologie de Vodoun et
Ahwandjo.
Enfin sachez que si la première corruption du culte Yèhwé a été
celle que firent les rois, l’inquisition moderne est maintenant le
sensationnel. Tournant le dos à son Eglise la nuit, l’hypocrite veut
voir chez le Vodounnon des formes bizarres, effrayantes, preuves
d’un pouvoir certain. Des charlatans alors se livrent à la sculpture de
plusieurs statuettes multiformes appelées Vodoun et arrosées
d’huile, d’alcool, de sang… Cependant, à l’Autel de Sègbolissa ou
de Mahou, jusqu’à présent, il n’y a pas de statuette, il n’y a rien
d’étrange, si ce ne sont quelques récipients de terre cuite, à l’image
de l’Autel du Seigneur d’Israël.
Est-ce un hasard si, sans que l’un soupçonnât l’existence de l’autre,
le peuple Fon et le peuple juif apprirent que le nom le plus brillant de
Dieu était YEHWE ?
Remarque historique
Les Agassouvi furent venus de Tado (en réalité : Sado) – Togo au
14è siècle. Au Dahomey, ils avaient maîtrisé les Aïzonou (Allada-
Toffo) pendant deux siècles. Des dissidents de leur succession au
16è siècle allèrent les uns à Hogbonou (Porto-Novo), les autres à
Alladaho et à Houawé auprès des Fon. Couci-couça au 17è siècle,
ceux de Houawé migrèrent chez les Guedevy, fondèrent le royaume
de Danxomè et assujettirent les Fon, mettant en péril la concorde
légendaire instituée par Sègbolissa. Au 18è et au 19è siècles, ils
firent des guerres de conquêtes vers le Nord des Collines, le Sud de
l’Atlantique-Littoral, l’Est de l’Ouémé-Plateau et l’Ouest du Mono-
Couffo. On les distinguait et on les distingue encore par leurs
panégyriques claniques : Houègbonou, Sadonou et Alinon. Les Fon
autochtones étaient les Ayinon (maîtres des terres).
Contrairement à l’histoire racontée par les Nago aux Nago des
Collines, les fils de Houégbadja avaient maltraité plus les Fon que
les Nago. Ces Fon étaient nombreux vendus aux esclavagistes
blancs. Ceux qui étaient restés au bercail étaient forcés soit à
guerroyer pour Abomey, soit à travailler dans l’agro-pastoral et
l’artisanat pour nourrir et servir la grande cour royale et le palais
privé du roi. Si la langue africaine la plus connue en Haïti est celle
des Fon et que la religion haïtienne soit le vaudou (Vodoun) des Fon
(avec quelques aspects apportés par les esclaves en provenance de
la Guinée ou de Benin-City), c’est parce que les Fon y étaient
nombreux.
On accuse les Fon de manquer de parti-pris pour leurs frères Fon,
certes, mais le tribalisme des autres n’est pas un exemple à suivre
dans un Bénin qui rêve d’être une Nation.
6 – Les Prémices pour le Seigneur en Israël et au Bénin
Au Bénin, la toute première récolte de l’année est apportée aux
Dieux à travers une fête appelée “la fête des ignames”, parce que
l’igname y est plus importante que le haricot et le mil. Cela se fait en
août. C’est pourquoi la lune qui occupe le maximum de jours dans
ce mois sert de repère pour compter les lunaisons de l’année, juillet
étant le douzième mois.
Une chose pareille est faite par les fils d’Israël. « Vous présenterez
au Seigneur une offrande de la nouvelle récolte… C’est Les
Prémices pour le Seigneur… » (Lévitique 23, versets 16 et 17).
7 – Offrande d’un feu profane au Seigneur
Tous les autels formellement constitués ont des interdits. Y faire
certaines choses même de bonne foi peut être fatal à l’adepte. Les
sorciers le savent et pour vous nuire ils font des offrandes interdites
aux Vodoun Yèhwé en se disant envoyés de vous.
« Or Nadav et Avihou, fils d’Aaron, prenant chacun sa cassolette, y
mirent du feu sur lequel ils déposèrent du parfum. Ils présentèrent
ainsi devant le Seigneur un feu profane qu’il ne leur avait pas
ordonné. Alors un feu sortit de devant le Seigneur et les dévora ; et
ils moururent devant le Seigneur » (Lévitique 10, versets 1 et 2).
8 – Sacrifice pour apaiser le Seigneur ou les Vodoun
Le Vodoun appelé Mahou est outragé lorsque la communauté est
secouée par des discordes, lorsque des femmes de la maison se
battent entre elles. Alors pour apaiser la colère de Mahou, chacune
d’elles doit sacrifier un bélier sain à Mahou conformément à un
cérémonial défini.
Chez les Hébreux existent aussi des sacrifices pour apaiser
Jéhovah : « En raison du péché qu’il a commis, le prêtre présente au
Seigneur un taurillon sans défaut, en sacrifice pour le péché. Il
égorge le taurillon, trempe son doigt dans le sang et de ce sang,
devant le Seigneur, il asperge sept fois le côté visible du voile. Le
prêtre met de ce sang sur les cornes de l’autel, et il déverse tout le
reste du sang du taurillon à la base de l’autel » (Lévitique 4, versets
1 à 7). Si le pécheur manque de moyens, « il peut amener au
Seigneur deux tourterelles ou deux pigeons ; il arrache la tête de l’un
en avant de la nuque, mais il ne la sépare pas. Du sang de la
victime, il asperge la paroi de l’autel, puis il fait gicler le reste du
sang à la base de l’autel… » (Lévitique 5, versets 7 à 9), Parole du
Seigneur Tout-Puissant.
9 – La vengeance des morts
« Si l’on tue Caïn, il sera vengé sept fois » (Genèse 4, verset 15)
La vengeance des mânes des personnes mises à mort est au Bénin
une loi répressive fort crainte par les envoûteurs. Parmi ceux-ci, il y
en a qui courent chassés par la personne qui vient d’être tuée, et qui
décédés se mettent à persécuter leurs complices. La protection
contre les lémures est une entreprise ardue dans la Tradition
vodoun.
10 – La vindicte publique
Certains assassinats sont si horribles qu’ils révoltent la population de
la contrée qui spontanément se lève et lapide le meurtrier. Cette
révolte est maintenant déconseillée, bien qu’elle parût juste aux yeux
de la Tradition vodoun.
« Qui verse le sang de l’homme, par l’homme verra son sang versé ;
car à l’image de Dieu, Dieu a fait l’homme » (Genèse 9, verset 6).
11 – La mort fait retourner l’homme à sa parenté
Au Bénin, lorsque quelqu’un décède, ses parents “civilisés” laissent
entendre : « Il est retourné à la demeure du Père céleste ». Et les
nègres ignorants croient qu’à leur mort ils y verront Adam et
Abraham qui ne font pas partie de leur parenté. C’est une erreur !
Les anciens Béninois ont enseigné que chaque collectivité familiale
visible sur Terre est connectée à sa Source familiale d’au-delà
appelée Djessou (monde de la Terre astrale). Les funérailles
traditionnelles renferment une part qui invite les parents invisibles du
séjour des morts à venir accueillir le leur en marche vers eux. Une
cérémonie ultime est chez les princes d’Abomey appelée “mise en
pirogue des mânes des récents défunts”. Lors de cette cérémonie,
même des non-initiés ont des "hallucinations", perçoivent des feux
ou des formes humaines fugaces, entendent parler des gens
invisibles…
De tout temps, les mourants rencontrent leurs parents qui les ont
précédés dans le trépas. Ces "anciens" du monde Djessou les
initient à la "nouvelle" existence. Mais parfois, dans certains cas de
mort subite par arrêt cardiaque, des parents anciennement morts
forcent le nouvel arrivant à retourner dans le monde physique pour
achever une mission. Par exemple, à Agaga, dans l’arrondissement
de Zogbodomey, un homme de 40 ans mourut d’une crise cardiaque
chez lui l’année dernière. Ses enfants, sa femme et ses sœurs
pleurèrent. Des personnes "bien intentionnées" vinrent proposer leur
véhicule pour conduire le corps dans un funérarium. Sur ces
entrefaites s’ouvrit la porte où était enfermé le cadavre. Le mort en
sortit, la peau en sueur. Tous se turent et s’éloignèrent. Personne ne
voulut l’approcher. Il se plaignit quand même : « J’étais sur un
chemin désert. Après une longue marche, je rencontrai ma mère.
Ayant en main une chicotte (fouet), elle cria : "Retourne d’où tu
viens", et elle se mit à me cravacher. Je pris le chemin du retour en
courant, et soudain je me suis réveillé. Regardez mon dos… ». Le
ressuscité avait des marques de coups de lanière partout sur le dos.
Il est en vie jusqu’à ce moment où nous écrivons ceci. De telles
histoires sont innombrables, au contraire des chimères chrétiennes.
Les chrétiens qui chez nous parviennent à l’âge d’être chefs de
collectivité et qui s’y dérobent par obéissance à leur Eglise sont
rappelés à l’au-delà par leurs ancêtres fâchés. Une statistique révèle
que cela se produit à cent pour cent (100%). Aucune Eglise n’a pu
défier la Collectivité familiale de l’Invisible. Car c’est le Dieu du Clan
(Tohouiyo) qui siège en Astral et juge ses fils qui lui reviennent.
Parlant à Abram (Abraham), le Seigneur dit : « Toi, en paix, tu
rejoindras tes pères et tu seras enseveli après une heureuse
vieillesse » (Genèse 15, verset 15). Par ailleurs le Seigneur dit à
Moïse et Aaron : « Aaron va être enlevé pour rejoindre sa parenté »
(Nombre 20, verset 24). Et à Moïse, après, Dieu dit : « … tu seras
enlevé, toi aussi, pour rejoindre ta parenté comme l’a été ton frère
Aaron » (Nombres 27, verset 13).
12- Les impuretés dues aux dépouilles mortelles
Au Bénin, sur la terre de Sègbolissa, la Tradition stipule que les
autels de Vodoun et les autels d’ancêtres risquent d’être souillés par
la présence dans le milieu d’un corps d’homme mort si rien n’est fait.
Ainsi avant de déclarer une personne sans souffle, on isolait tous les
autels de Vodoun au moyen de toile blanche ou de rameaux de
palme dépourvus de pétioles. Il y a quarante ans, même les
véhicules transportant des cadavres portaient les marques
d’isolement.
La dépravation des mœurs par le christianisme mondain a foulé aux
pieds toutes ces choses.
Peut-être que les Juifs, eux, y tiennent encore. « Celui qui touche un
mort est impur pour sept jours » (Nombres 19, verset 11).
« Lorsqu’un homme meurt dans une tente, quiconque entre dans la
tente et quiconque se trouvait dans la tente est impur pour sept
jours » (Nombres 19, verset 14).
13 – La purification après les obsèques
Sur la terre de Sègbolissa, après les funérailles, la maison, le
hameau est purifié par un bain complet ou une sérieuse aspersion
d’eau lustrale où on a trituré des feuilles d’hysope, de basilic, etc.
Cela se fait encore aujourd’hui (Wuslasla) par les soins des
fossoyeurs et des patriarches.
Chez les Juifs, c’est pareil. Pour la purification, « on prend de la
cendre du brasier du sacrifice pour le péché et on la met dans un
vase en y ajoutant de l’eau vive (eau de source ou eau courante).
Un homme en état de pureté prend une branche d’hysope qu’il
trempe dans cette eau et il fait l’aspersion de la tente et de tous les
récipients ainsi que des personnes… » (Nombres19, versets 17 et
18), parole du Seigneur Tout-Puissant.
14 – Les impuretés liées au sexe
Sur la terre de Sègbolissa, l’accouchée ou la femme atteinte
d’écoulement sont dites impures et capables de souiller le pouvoir
éthérique des Vodoun et des hommes. Les autels et les temples
sont formellement interdits d’accès à ces femmes impures. Elles ne
peuvent ni préparer ni servir un repas aux initiés. Tous les gris-gris
sont rigoureusement séparés des lieux qu’elles fréquentent.
Chez les Israélites, « Si une femme enceinte accouche, elle est
impure, aussi longtemps que lors de son indisposition menstruelle.
Elle ne touche aucune chose sainte et ne se rend pas au sanctuaire
jusqu’à ce que s’achève son temps de purification » (Lévitique 12,
versets 1 à 8 pour les détails).
Par ailleurs, toujours sur la terre de Sègbolissa, l’inceste commis
entre père et fille, entre mère et fils attise la colère des Yèhwé. La
conséquence est calamiteuse. Yèhwé-Hèviesso ferme les valves de
pluie de la région. La sécheresse sévit. Les cultures vivrières
périssent. La population s’alarme et consulte les oracles. Le cas est
découvert. Les incestes sont saisis, leur cou enroulé de raphia et
leur corps saupoudré de cendre tiède. La foule se forme autour
d’eux et les accompagne au marché où ils font trois ou sept fois le
tour d’Ayizan, Dieu des effectifs, jouant précédemment le rôle de
Tolègba.
Lisez Lévitique 20, versets 10 à 21, pour savoir comment sont
traitées les personnes ayant commis des relations sexuelles
interdites (adultère, homosexualité, inceste, etc.) Les condamnations
à mort y sont nombreuses.
15 – Loi pour une femme soupçonnée d’adultère
Sur la terre de Dada-Sègbo, une femme soupçonnée d’adultère est
conduite à l’autel de Tohouiyo (Dieu de la tribu) ou à l’autel des
ancêtres. La femme se confesse ou déclare son état de pureté.
Dans le cas d’une confession, elle bénéficie d’un rite de purification
pendant lequel la prêtresse lui fait une toilette intime symbolique. Si
elle se déclare immaculée, elle est invitée à boire une eau ayant
séjourné à l’autel. Si elle buvait cette eau, et que sa déclaration de
femme impeccable fût erronée, elle ne pourrait plus dormir ou elle
cauchemarderait en une compagnie épouvantable des mânes des
morts. Elle pourrait en mourir.
A Moïse, Jéhovah fit à peu près la même recommandation. « Si un
homme soupçonne sa femme, il l’amènera au prêtre. Il apportera
pour elle le présent requis… Le prêtre fera comparaître la femme
devant le Seigneur et il prendra de l’eau sainte dans un vase de
terre. Il prendra de la poussière du sol de la demeure et la mettra
dans l’eau. Il fera prêter serment à la femme, puis il écrira les
malédictions qui frapperont la femme si son serment est faux. Alors il
dissoudra les imprécations dans l’eau et la femme boira. Son ventre
enflera et son sein dépérira, si elle a couché avec un autre
homme ». (Lire les détails dans les Nombres 5, versets 11 à 31).
16 – Exception de la polygamie
Sur la terre de Yèhwé Sègbolissa comme celle de Jéhovah, la
soumission de la deuxième épouse semble être la condition posée
par Dieu pour la bigamie. La querelle entre les coépouses est
sanctionnée dans la Tradition du Bénin.
Abraham avait connu la bonne domestique (Hagar) de sa femme
Sara avant que le Seigneur n’accordât la fécondité à cette Sara, sa
première femme. Dieu semblait n’attendre que cette bigamie
pratique. Mieux, quand Hagar devenue insolente dut quitter son mari
Abraham et sa maîtresse Sara, l’ange du Seigneur lui dit à elle
Hagar, mère d’Ismaël : « Retourne vers ta maîtresse et plie-toi à ses
ordres » (Genèse 16, verset 9).
Les divorces aujourd’hui créés dans de paisibles foyers polygames
récemment convertis à une Eglise ne sont pas ordonnés par DIEU.
Si ces Eglises existaient du temps des quatre épouses de Jacob, le
plan de Yahvé Dieu aurait échoué à propos des douze tribus
d’Israël. Car le curé en aurait chassé trois et il ne resterait que
Rachel. Non ? Ne dites pas que Dieu aussi change d’épaule à son
fusil. La vraie Volonté de DIEU ne change pas !
17 – Les onguents et les huiles d’onction
Au Bénin, avec les feuilles, les écorces, les racines, les huiles et les
roches, des gens fabriquent beaucoup d’onguents ou d’huiles
d’onction. Ces choses sont diabolisées par les chrétiens, alors que
le Père céleste dont le Christ est issu, selon la Bible, adressa cette
parole à Moïse : « Procure-toi aussi des aromates de première
qualité : de la myrrhe fluide… du cinnamome aromatique… du
roseau aromatique… de la casse… avec un hîn d’huile d’olive. Tu en
feras l’huile d’onction sainte… » (Exode 30, versets 22 à 25)
18 – La magie utilisant le sang
Dans certaines infusions de feuilles, les traditionalistes font couler du
sang de pigeon ou de poulet en prononçant des paroles. Et l’infusion
est utilisée pour purifier le malade.
La Bible, elle aussi, en a le secret : « Le prêtre ordonne de prendre
deux oiseaux vivants purs, du bois de cèdre, du cramoisi éclatant et
de l’hysope. Le prêtre ordonne d’égorger le premier oiseau au-
dessus d’un récipient d’argile contenant de l’eau vive : il prend
l’oiseau vivant avec le bois de cèdre, le cramoisi éclatant et l’hysope.
Il les trempe, y compris l’oiseau vivant, dans le sang de l’oiseau
qu’on a égorgé sur l’eau vive ; il effectue sept aspersions sur celui
qui se purifie de la lèpre ; il le déclare pur ; il fait s’envoler l’oiseau
vivant vers la pleine campagne ; celui qui se purifie lave ses
vêtements, rase tout son poil, se lave dans l’eau et alors il est pur ;
ensuite… » (Lévitique 14, versets 1 à 20 pour les détails)
19 – Problématique du diabolisme judaïque
Après avoir lu ces lignes, croyez-vous que l’Ancien Testament des
chrétiens, de même que la Tradition vodoun à laquelle il ressemble,
est diabolique ? Croyez-vous, comme St Paul, que l’Alliance entre le
Seigneur Dieu et les fils d’Abraham est démodée et qu’elle doit être
entièrement délaissée ? (Hébreux 8, versets 7 et 13). Si oui, que
cherchent les noms Abraham, Jacob, Moïse, Aaron, Elie, Isaïe et
Daniel dans votre bouche prêcheuse ? Ou bien, soutenez-vous que
Jésus-Christ est venu donner à la loi de Moïse sa véritable
signification ? Si oui, ne pensez-vous pas que le Nouveau Testament
des Africains devrait donner à nos traditions locales leur véritable
signification, au lieu de les diaboliser ? Bien entendu, c’est ce que
fait notre livre.
Quoi qu’il en soit, la dénégation irrévérencieuse de soi et de sa
propre parenté est un crime contre la Vie.

Le deuxième étage
- Religion : spiritualisme.
- Lumière blafarde, dogmatique (Croyance).
- Beaucoup de louanges pour les Divinités.
- Amour fanatique pour Dieu et pour le dirigeant.
- Jérémiades parfois.
- Cœur (sentiments) et cœcum (émotions) via cordes vocales
(paroles).
- Offrandes : fleurs, fruits, grillades (holocaustes) et libation.
- Devoir : Respecter les restrictions religieuses, même les plus
absurdes.

A – Expériences
N°1 : Création psychique d’un esprit de crocodile
Un élève flegmatique du CEG de Pahou avait, pour s’amuser,
acheté un crocodile en jouet plastique ayant à l’abdomen un bouton
sur lequel il suffisait d’appuyer pour faire bâiller l’animal. Et le jeune
homme exerce une pression rapide sur le bouton, et la gueule du
reptile s’ouvre en éclair. Naturellement cela fait tressaillir de peur les
camarades de classe, notamment les filles, et le bonhomme en rit.
Au début le mal n’était que de la frayeur, mais par la suite, peu à
peu, les jeunes gens épouvantés tombent sous l’effet d’une
tachycardie sévère. Enfin, carrément, c’est la syncope qui les prend.
Certaines des victimes ont été conduites au Centre National
Hospitalier et Universitaire (CNHU) de Cotonou. N’ayant pas été
soulagées là-bas, elles ont été retirées des mains de la médecine
occidentale pour des délivrances chrétiennes ou des bains
traditionnels de désenvoûtement.
Le mal était un enchantement pur et simple. Les décharges
psychiques occasionnées chez les enfants par l’écartement brusque
des mâchoires du reptile forment des esprits taillés sur la mesure de
l’image effrayante, des schèmes, beaucoup de schèmes qui, logés
dans le jouet, se détachent pour entrer dans les personnes
alarmées. Au bout du compte, le jouet est devenu un fétiche
redoutable, tels les démons cornus créés par la peur des croyants.
C’est ainsi que les personnes qui s’affolent à tout bout de champ
créent des esprits qui les possèdent. Aussi souffrent-elles de maux
psychosomatiques dont elles sont génératrices elles-mêmes.
Le cas cité ici est une histoire vraie qui s’était déroulée en 2002. Le
directeur du CEG Savi-Gakpé de la Commune de Ouidah en était
personnage, pour en avoir sauvé sa propre fille.
Trop d’émotions, ça crée des formes, des représentations, des
schèmes, et ça peut aliéner ou tuer.
No2 : Victime d’une idole chrétienne
Mimie, une chrétienne très fervente, était malade et hospitalisée.
Son frère Joël, qui l’accusait souvent de fanatisme, voulut en cette
occasion critique tester la qualité de sa foi. Il acheta un Nouveau
Testament de petit format, emballa ce bouquin de quelques feuillets
extraits d’un vieux livre d’anglais et alla poser ce colis sous l’oreiller
de sa sœur endormie. Réveillée, celle-ci constata le déséquilibre
sous sa tête. On l’informa du présent protecteur apporté par son
frère. Elle hurla en sourdine, pencha sa tête et demanda qu’on
enlevât cet objet. Fort courbatue, elle n’avait pas elle-même la force
d’ôter ce truc qui ne serait rien d’autre qu’un gri-gri. Séraphine la
domestique ne voulait pas non plus avoir des démêlés avec Joël.
Cette nuit-là, Mimie n’avait que des cauchemars. Elle secouait de
toute sa vigueur maladive sa tête en sueur dont les paupières
s’ouvraient et se refermaient par intermittence. Elle hurla d’une voix
étouffée : « Non, c’est pas mwaa… ! »
Au petit matin, dans la salle d’hospitalisation entra le pasteur de
l’Eglise nourricière de Mimie. A grand-peine, cette fidèle raconta
comment Jésus très renfrogné dans son rêve lui reprochait d’avoir
accepté un gri-gri, une chose du diable. « Mais ce n’est pas de ma
volonté », ajouta Mimie, en pleurant. Le pasteur jeta un coup d’œil
sur Séraphine qui du doigt indiqua où était “la chose de Satan”. Le
dirigeant religieux souleva précautionneusement l’oreiller et en retira
le maudit colis. Sans peur, il défit l’emballage et accéda à une Bible
neuve. « Mais, je ne te comprends pas, Mimie », dit-il en regardant
fixement la fille émotionnée. Mimie, non plus, ne comprenait pas.
Elle ne pouvait pas comprendre.
Si c’était autre chose que la Bible, si c’était un mélange de feuilles et
d’argile, des témoignages contre la Tradition vodoun s’ensuivraient,
colportés de paroisse en paroisse, d’Eglise en Eglise, d’Etat en Etat,
pour la gloire du Dieu de leur imagination.
En vérité, en vérité, ce qui affecte les croyants, ce n’est pas DIEU
Créateur, c’est plutôt ce qui est dit de Lui.
Le Jésus qui est apparu en songe à Mimie n’était pas le Christ.
C’était un Jésus conçu et forgé de toutes pièces par les régisseurs
de sectes, un Jésus farouchement hostile à tout ce qui frise les us et
coutumes de l’Afrique.
Nous savons que pour nous comprendre il faut être connaisseur et
non croyant.
Au lieu de rechercher l’Etre suprême qui les a créés, de nombreux
hommes adorent des portraits animés par des hommes et souffrent
de l’arbitraire de leur idole. L’homme est un dieu qui s’ignore.

B- Délivrance et Protection
On est délivré et protégé au deuxième étage en appartenant à un groupe de
prières autour d’un ‘’Dieu particulier’’. Les regroupements peuvent se
faire pendant les libations, les offrandes d’holocaustes, les agapes,
l’adoration, le bénéfice des mêmes rites, l’orientation des forces
psychiques vers le même point focal.
Les grands bruits musicaux accompagnant des joutes oratoires à
l’encontre des forces du mal excitent la dévotion et l’émotion de la
foule pour une forte émission psychique. Les plus grandes armes du
deuxième étage sont et demeurent la sensation, la sensitivité, et
l’émotion. Crier, chanter, louer Dieu, se confesser, pleurer, tels sont
les moyens d’action du deuxième étage de foule.
Comment ne pas pleurer d’entendre une description aussi
pathétique que celle-ci :
« Pour vos péchés Jésus est giflé, il est affublé d’un chapeau
d’épines, il est flagellé. Lui-même n’a commis aucun péché, lui Fils
de DIEU, venu pour effacer vos péchés. Regardez, regardez Dieu
crucifié à votre place, blessé à votre place, torturé à votre place.
Pour expier vos péchés, coule le sang de Jésus, le sang de Dieu.
Voyez le Fils de DIEU souffrir sans faute, sans péché. L’injustice du
monde fait tuer Dieu le Seigneur. Vous pleurez, vous gémissez et ça
se comprend. Car c’est vous qui devriez souffrir là où Jésus de
Nazareth souffre pour vous… »
En pleurant ainsi pour s’être identifiés à Jésus souffrant une fois
pour tous les péchés commis, certains croyants gagnent le
sentiment d’être affranchis.

C – La visualisation spontanée en prière


Certaines Eglises évangéliques ont compris qu’on peut tuer un mal
et non le malfaiteur, qu’on peut détruire une sorcellerie et non la
sorcière, qu’on peut brûler un vodoun malfaisant et non le prêtre
Vodounnon, qu’il faut supprimer les péchés et non les pécheurs.
Une bruyante assemblée de deuxième étage répétait, après le
devancier qui hurlait : « Que leurs rapaces brûlent. Que leurs
prédateurs brûlent. Que leurs venimeux brûlent. Qu’ils brûlent eux
tous, messagers sorciers. Au nom de Jésus de Nazareth. Oui. Ils
brûlent. Voyez-les brûler. Voyez. Ils se tortillent dans les flammes.
Les hiboux brûlent, les chats brûlent, les serpents aussi. Voyez-les. Il
n’en reste que des cendres. Ils sont détruits. Alléluia ! Amen ! ».
Par cette "prière", le devancier suggère de la visualisation mentale,
l’imagination (quatrième étage) de ce qui est supposé accompli.
C’est pourquoi il répète : « Voyez ». C’est ainsi que sans le savoir
réellement, des croyants de tous les bords font des pratiques
convergentes, dans le creuset du seul Inconscient collectif de leur
milieu de vie.

D - Les faiblesses éventuelles du croyant


1 – Faiblesses éventuelles des chrétiens
On faiblit en protection au deuxième étage
-si on a peur, car craintif on est troublé et ouvert aux négativités
venant d’ailleurs ;
-si on outrage le chef d’orchestre qu’est le pasteur (le prêtre…), car
on peut recevoir une décharge psychique meurtrière de la batterie
du groupe ;
-si on croit à la suprématie de la sorcellerie et des envoûtements, car
on tombe à genoux devant ce qu’on croit plus grand que soi ;
-si on est trop avare à l’égard du groupe de prières auquel on
appartient, car sans participer à la vie du groupe, on en devient
débiteur et on en est de moins en moins protégé. C’est la "loi du
donner et du recevoir". La dîme en est une approximation.
On faiblit également au deuxième étage
-si on transgresse la loi d’amour de DIEU car quiconque nuit
délibérément à ses prochains est passible de peines plus graves,
selon la loi de cause à effet, la loi de la compensation appelée
karma ;
-si au su et au vu des conservateurs, on profane les tabous
totémiques de la tradition locale, car les centaines de gens morts
dans la foi de leur totem (deuxième étage) sont plus forts et plus
autorisés que les sorciers jaloux du premier étage. DIEU qui nous a
fait naître Noirs béninois ne va point se rebeller contre sa propre
Volonté de nous donner des ancêtres de la race noire.

2 – Navette des chrétiens hypocrites


A cause de toutes les faiblesses susmentionnées, certains "fidèles"
dribblent leur pasteur tout comme certains pasteurs dribblent leurs
fidèles pour ravir certaines protections traditionnelles. Ils sont
hypocrites, n’est-ce pas ?
En réalité, il y a plus de protections durables dans la Tradition
vodoun que dans la Tradition chrétienne. Nombreux sont donc les
chrétiens qui font des va-et-vient entre ces deux Traditions,
christianisme et Vodoun.
Armeline, une chrétienne catholique en classe de troisième, qui
souffrait d’atroces maux de tête, qui s’évanouissait souvent, qui
parfois se piquait d’une folie furieuse, qui en crise parlait la langue
Mina sans l’avoir jamais apprise, et qui était considérée comme
possédée par Mami-wata, était allée chez différents prêtres
exorcistes à Zogbodomey, à Houansougon, à Dan, pour se délivrer.
C’était en vain, car l’esprit chassé partait mais revenait pour faire sa
loi. Alors, n’en pouvant plus, elle s’est confiée à un guérisseur. Cette
fille-là a bénéficié d’un rite de la tradition Vodoun. La nuit même de
cette opération, elle a vu en rêve un gros serpent sortir de son corps.
Et de ce jour jusqu’à présent, la fille se porte bien. Elle a son BEPC
puis son Bac A, sans renier sa foi catholique. Sa conviction est que
la prière dite par son curé l’a conduite chez le guérisseur qui l’a
délivrée.
Philippe, fervent adepte d’Adjogla et initié à la Géomancie-Fa,
souffrait d’insomnie. Evangélisé, il commença à mieux dormir la nuit.
Pour parfaire sa nouvelle situation, il cassa son Lègba et brûla son
Fa. Un an après, le bilan était catastrophique : son bétail s’était
éteint, son verger avait dépéri, sa production céréalière s’était
annulée. Il manquait de force. Il faillit mendier. Peu stoïque, il revint
au Vodoun et réinstalla son Lègba. Tout recommença à lui prospérer,
accompagné du désagrément de l’insomnie. Il démolit le nouveau
Lègba, qui disparut en même temps que sa vie matérielle. Où était
sa faute ?
Une dame de Lalo était mariée à un prince à Abomey. Elle vivait
bien et heureuse avec son mari et ses enfants. Elle entra dans
l’Eglise évangélique de renaissance d’homme (EERH) et renonça
aux gris-gris de son mari et à ceux de ses propres parents. Elle ne
s’en portait pas mal.
Le temps passa et sa mère tomba malade à Lalo. Elle s’y rendit et y
vit ses frères et sœurs. Parmi ceux-ci, quelqu’un fit venir un
guérisseur qui offrit un liquide de bain à prendre par la vieille et tous
ses enfants. Tous prirent le bain, du moins à l’exception de la
chrétienne qui refusa net. Le guérisseur insista, car, disait-il, « La
Mort, en sortant du corps de la vieille mère, cherchera à prendre l’un
de ses enfants ».
La femme du prince tomba malade, présentant les mêmes
symptômes que sa mère dont la santé s’améliorait nettement. La
grand-mère, informée, pleura et pria la mort de revenir à elle pour la
faucher et laisser la vie sauve à sa fille. Mais la mort fit la sourde
oreille. Le prince pria sa femme d’accepter de prendre le bain. Le
guérisseur aussi, mais c’était peine perdue ! Les chrétiens s’y
opposèrent par leurs tumultueuses prières. N’ayant pas réussi, ils
conduisirent la souffrante au CNHU de Cotonou pour des soins
médicaux. La mort les défia là aussi et, finalement, emporta leur
"sœur en Christ". A qui la faute ?
Le cas de cette dame de Lalo est un prototype. Lorsque la mort
(envoûtement mortel ou lettre de rappel à Tohouiyo) entre sous un
toit et saisit une personne avec la force F, elle ne peut être éjectée
que par une force supérieure (F+N). Si tous les membres de la
famille ne se dotent pas de cette force (F+N), le plus faible prend le
coup et meurt. Si l’envoûteur d’un membre de la famille est lui-même
membre de la famille, il est difficile de jeter la mort dehors. L’enfant
qui aime bien sa mère sorcière souffre ou meurt pour elle. Le père
envoûteur, indirectement, tue ses enfants plus faibles que lui. C’est
pourquoi il est important que tous les membres d’une même famille
se livrent aux mêmes pratiques protectrices, sans s’envoûter.
Dans le cas de Lalo, c’est une chrétienne qui a été victime de la mort
destinée à sa mère. Or à Agbangnizoun, c’est le contraire qui s’est
produit. La vieille sorcière NG jette un mauvais sort à sa fille R de
Zogbodomey. Celle-ci, à l’aide d’une intense prière, se délivre. La
sorcière se réveille le lendemain matin avec une brûlure à la jambe
gauche. En trois jours elle en est vraiment torturée, et l’imminence
de sa mort fait la joie autour d’elle. Le quatrième jour, elle se lève
assez bien portante, sans aucun traitement connu. Les profanes n’y
comprennent rien, mais une mauvaise nouvelle arrive de Cotonou.
La sœur de R a une légère brûlure qui se généralise
mystérieusement autour de la jambe gauche. Son mari animiste
consulte les oracles. C’est la brûlure de la jambe gauche de sa belle-
mère qui s’est transférée sur la jambe de sa femme. Par des
courses et de fortes dépenses chez les tradi-praticiens, la sœur de R
est guérie avec quelques séquelles de locomotion. Il est difficile de
tuer la mort sans dommages.
Gogan, un haut initié du monde Vodoun, se convertit à Koto à une
secte chrétienne. On lui demanda de tout donner à brûler. Il apporta
ses gris-gris et tout fut mis au feu. Tout brûla, sauf une statuette en
bois sec. De l’essence, beaucoup d’essence y fut versée mais la
statuette refusa de se consumer. Des prières, des alléluia, des
amen, des oligofaya, des prézélor vibrèrent sur le morceau de bois
qui resta indemne. Essoufflé et transpirant, l’évangélisateur fit le
point à Gogan resté à l’écart. Ce dernier reprit le fétiche irréductible,
tritura quelques feuilles dont la chlorophylle fut passée sur le bois
magique, puis murmura quelque chose à l’“oreille” de l’idole.
Quelques instants après, il acquiesça par un signe de tête. « L’esprit
s’est séparé du bois sculpté et s’en est allé », déclara Gogan… Le
chef chrétien reçut à nouveau la statuette alors exorcisée et la jeta
dans la braise restante, sans prière orale. Le petit morceau de bois
s’y laissa manger par le feu et l’épisode se termina.
Alors, entre l’évangélisateur et l’initié de Vodoun, qui est maître
spirituel ?
Dans le Vodoun tout comme dans le christianisme, il y a des forces
bénéfiques. Diaboliser les unes au profit des autres, c’est
s’accrocher au Moyen Age des Européens, c’est vivre de nombreux
siècles en arrière par rapport à la Science.
E- Voyance astrale
1 – Révélant le subconscient des vivants
Certains hypnotiseurs portent le manteau de pasteur ou
d’évangéliste pour rassembler des gens comme vous et endormir
votre conscience. Ainsi ils font parler votre subconscient. Et comme
la terreur occulte de l’Afrique d’aujourd’hui n’est rien d’autre que la
sorcellerie, c’est une sorcière imaginaire qui se met à parler à
travers vous de tout ce qu’elle trame pour vous détruire. Il arrive que
la personne incriminée ne soit pas sorcière et que ce soit un schème
créé par votre crainte. Parfois la sorcière qui parle est une personne
décédée depuis des années. Tant pis, elle est sorcière dans votre
subconscient, et à ce niveau elle n’est pas morte. Et elle parle….
2 – Révélant les sanctions programmées contre les
fautifs
Le deuxième étage est le monde des morts, des saints et des
Dieux pères appelés en Fon Tohouiyo, Dieux descendus au niveau
astral.
Les Fon devenus chrétiens sont liés à leur deuxième étage de
naissance et au deuxième étage du christianisme béninois. C’est
ainsi, n’en déplaise aux excentriques. Selon leur faute, ils sont aussi
frappés par Tohouiyo.
Dans la plupart des familles de Tradition Fon, l’adultère est un
péché. La femme adultère doit se confesser à l’autel des ancêtres et
bénéficier d’un rite de purification. Si elle ne le fait pas, elle est
attaquée au plan psychique : insomnie, tachycardie, cauchemar,
hallucination, névrose, etc. (Cf. Avant-propos : Loi pour une femme
soupçonnée d’adultère)
Si elle se confesse à son mari qui tout seul lui pardonne, c’est lui le
mari qui sera attaqué par la Tradition. C’est ainsi que de nombreux
hommes meurent du péché d’adultère commis par leurs épouses.
En cela, la voyance est utile.
3 – Révélant les péchés-fautes
Les voyants ne peuvent-ils pas montrer, au sujet des problèmes de
notre vie, la part de responsabilité de nos péchés de chair (adultère,
viol, luxure, sadisme), de nos péchés par omission (paresse,
ingratitude, non-assistance dans certains cas, oubli des prières), de
nos péchés en paroles (mensonge, vexation d’autrui,
travestissement d’un bon message, fourvoiement des pairs,
malédictions ciblées, tout jugement défectueux ….), de nos péchés
de cœur (rancune, colère d’orgueil, attachement à un fuyard, doute
du bien, inquiétude, crainte, sentiment de haine…), de nos actes
répréhensibles (vengeance, asservissement, envoûtement, vol,
détournement, assassinat, pacte avec des esprits immondes)? Ne
sont-ce pas en réalité ces fautes qui dans notre aura font des
entailles par où prennent les esprits mauvais pour nous nuire?
NB : Il n’est pas conseillé de prendre par la nécromancie et le
spiritisme pour faire parler les morts, car cette communication peut
emprisonner le psychisme du consulté dans une pénombre
névrotique.

F – Le culte vodoun
Au cours d’une offrande faite (libation, sacrifice de bêtes à cuire) à
une divinité de la collectivité familiale, la communauté se rassemblait
pour prier avec le prêtre ou la prêtresse. Les bénédictions fusaient et
les répliques de Axo-Adi (Amen) s’ensuivaient. Les mets se
prenaient au chevet de la divinité dans un esprit de communion. Et
des chants de joie et d’amour terminaient la partie.
La concorde qui fait la légende des coutumes ancestrales était un
gage de paix, car les esprits perturbateurs étaient en quelque sorte
endigués. La religion vodoun n’était pas mal.
1 – Thron Kpéto Deka Alafia
Thron est du premier étage, car c’est un Vodoun constitué chez
lequel on immole des chatons, des chiots, des poussins et parfois
des moutons sur on ne sait quoi. Thron serait un Vodoun ghanéen
lié à l’Islam.
Ce qui fait parler de Thron au deuxième étage, c’est le
rassemblement périodique des adeptes, les messes hebdomadaires,
les prières quotidiennes. Les disciples de Papa Thron Koundé
s’organisent en une sorte d’Eglise et mettent à leur profit le pouvoir
magique de la cohésion des membres.
Thron Kpéto Déka serait plus pur et plus rassurant que Kpéto vé.
Celui-ci communierait avec la sorcellerie de K enn essi.
Dans la pratique, tout affilié qui s’exclut du sceau quotidiennement
marqué au visage des adeptes de Thron Kpéto Deka Alafia file un
mauvais coton par rapport à sa protection. Or même en se faisant
tatouer de poudre blanchâtre à chaque aurore, on tombe sous le
coup du Vodoun lui-même en contrevenant aux lois et tabous
internes : ne pas tuer de serpent, ni de scorpion, etc. Ne pas manger
certains légumes, etc.
Il est à regretter que certains initiés de Thron, Sakla et Bahounglé
font des envoûtements égoïstes en martelant le bas relief du fétiche
au moyen d’une pierre magique (kpεnxuxo). S’ils n’abandonnent pas
cette façon de faire, ils subiront le même sort karmique que les
anciens enchanteurs-vodounnon à présent délaissés parce que
craints.
2 – Culte vodoun élevé
Le culte vodoun peut-il être épuré ?
Nous disons oui. Le culte vodoun peut être amélioré autour des
Vodoun principaux :
Sègbolissa-Wèkèdoto : Créateur de l’Univers, Père et Mère des
Dieux et de l’humanité.
Mahou, Fils-Dauphin de DIEU, Dieu de Vérité et d’Amour-Harmonie,
Légataire de tous les Attributs de DIEU Sègbolissa.
Hèviesso : Huissier de Justice frappant les contrevenants de la Loi
d’Amour-Harmonie de DIEU. Etc.
Sans oser nous ériger en réformateur de la religion traditionnelle
africaine, nous donnons un exemple.
Un jour, le Vodounnon Gandaho, prêtre de Lissa (Wèkèdoto, le
Créateur) était au centre de santé de Zogbodomey avec sa femme
qui était dans les douleurs de l’enfantement. N’en pouvant plus, la
sage-femme lui dit : « Va chercher un véhicule pour conduire ta
femme à Abomey, au Centre Hospitalier Départemental de Goho ».
Il n’y avait pas d’ambulance à Zogbodomey.
Gandaho frémit. Il n’avait pas d’argent, et il ne savait où aller en
chercher. Le temple de son Vodoun Yèhwé Wèkèdoto étant à Massi,
à 20 km au Sud de Zogbodomey (Goho étant à 18 km au Nord), s’il
devait chercher cabri et poulets à immoler au Vodoun avant de lui
parler, ce serait trop tard. Alors, spontanément, les mains levées
face à l’Orient, il s’écria :
« Sègbolissa Wèkèdoto, c’est toi le Créateur de l’Univers manifesté.
C’est toi qui donnes la Lumière aux Nations. Tu es le Père du Dieu
de la Terre-Sagbata et du Dieu du Feu Céleste-Hèviesso. Ton
témoin vivant est le Soleil. Ta suprématie est incorruptible. Ne me
laisse pas subir la honte à propos de la femme que tu m’as donnée.
Envoie-lui ton Fils Hèviesso. Nous savons que, entouré de tes Fils-
Dieux, tu es DIEU Créateur Tout-Puissant. La femme attend d’être
délivrée. Je n’y peux rien sans toi. Ne m’abandonne pas. Envoie ton
Energie sur la femme. Son échec est mon échec. Mon échec est ton
échec, car moi je suis ton prêtre ici-bas. Le Créateur Tout-Puissant,
je le sais, n’échoue jamais. Sois l’accoucheur invisible… »
Deux larmes descendirent le long des joues de l’homme en
détresse, mais il continuait à prier.
Subitement, les choses changèrent. L’aide-soignante héla la sage-
femme. Celle-ci accourut, surprise. Le bébé, mû par on ne sait
quelle force, cherchait à sortir. Les accoucheuses s’empressèrent.
L’accouchement eut lieu, sans déchirure. Le bébé cria.
Gloire à Dieu, le Père Créateur qui assiste l’homme en prière.
Le cas sus-indiqué est récent, mais dans la réalité, nos archives
orales abondent en récits portant sur des égarements en forêt le
jour, sur des plaines ou dans des vallées la nuit. Les personnes
quelque peu honnêtes qui dans cette situation se mettent à évoquer
les mânes de leurs ancêtres ou les Vodoun protecteurs de leurs
tribus sont sauvées. Tantôt c’est une forte intuition qui leur montre le
chemin du salut, tantôt c’est une "personne inconnue" qui les
rencontre et leur indique la bonne voie, tantôt c’est un "homme" qui
surgit de derrière un buisson, qui les escorte jusqu’à l’orée de la
maison et qui disparaît dans un clac d’inattention. Nos Dieux
n’attendent donc pas des dons avant de nous secourir voire nous
sauver. Ils aiment naturellement les justes.
3 – L’éthique traditionnelle vodoun
L’éthique de la Tradition vodoun est basée sur la Loi fondamentale
selon laquelle "La cendre lancée s’en retourne vers celui qui l’a
lancée". Cette Loi appliquée à l’éthique de la Tradition donne trois
commandements majeurs exprimés sous forme d’interdictions :
1 – N’avoir ni front, ni bouche, ni mains, ni pieds dans le malheur
d’autrui.
2 – N’être ni cause ni complice de son propre malheur.
3 – Ne pas commettre de sacrilège.
Quiconque contrevient à ces interdictions est puni d’une façon ou
d’une autre. Vous apprécierez tout cela à travers la lecture des
quatre petits écrits que voici :
Premier écrit : un récit
Parmi les hommes de cette époque, il y avait des voleurs. Mais que
se passa-t-il ? Après une adoration généralisée à tous les Vodoun
Yèhwé de la contrée, tous ces larrons délirèrent, chacun passant de
porte en porte et disant : « C’est moi qui ai volé ci, c’est moi qui ai
volé ça ». Certes ils revinrent à eux-mêmes après s’être dénoncés,
mais la pratique était honteuse, et les voleurs cessèrent de voler. Et
plus personne ne volait.
L’auteur de ce livre se souvient qu’il y a 50 ans à Zogbodomey, il n’y
avait de vol ni dans les champs ni dans les plantations ni dans les
maisons. Un homme de Wassa, distrait, oublia son vélocipède au
marché Zogbodo et s’en retourna chez lui à pieds. La bicyclette
passa cinq jours et cinq nuits dans cet espace sans clôture ni
gardien, sans qu’aucun s’en saisît. Le gars put récupérer sa chose le
sixième jour après avoir appris qu’un vélo abandonné était garé
contre un arbre au marché Zogbodo.
Deuxième écrit : un récit
Dans un hameau du canton d’Alahé en 1920 était un coupeur
d’arbres. Le terme "coupeur d’arbres" est un euphémisme Fon
employé pour désigner quelqu’un qui met des gens à mort par
envoûtement.
Gando, homme juste de Zado, était au rôle sur la liste des
personnes à abattre. L’envoûteur rendit visite à cet homme jalousé
comme pour en faire un ami, mais c’était pour le tuer par
empoisonnement de nourriture ou de boisson. Par ce biais, il avait à
son actif une dizaine de décès occultement provoqués.
Retourné chez lui, le coupeur ne put manger. On eût dit qu’un bol
alimentaire s’était arrêté dans sa gorge. Aidé de ses enfants, il
donna à manger et à boire à tous les Vodoun de sa tribu et en
espéra le "pardon" de ses meurtres magiques.
Chose étrange, il eut une double vue. Ceux à qui il avait retranché la
vie l’entouraient et lui pinçaient le goulet. Sagbata ("Homme" trapu
en jupe ample et portant deux chapelets de cauris en bandoulières
croisées), Dan ("Homme" svelte vêtu de bandeaux blancs en spirale
autour du corps) et Tolègba ("Homme" viril à tête imposante)
semblaient vouloir aider ce demandeur de secours, mais ils étaient
tous impuissants face à la colère justifiée des personnes tuées.
Minona (Jeune "Dame" vêtue de pagne blanc remonté à l’aisselle)
vint et demanda : « Pourquoi vous ne le laissez pas manger et
boire ? ». Sagbata, Dan et Tolègba répondirent : « Voici les
personnes qu’il a mises à mort, sans compter celles qu’il projette de
tuer… » Minona se tut et rebroussa chemin.
L’envoûteur, après avoir raconté ses visions, dit : « Je ne peux pas
survivre ». Puis il donna les grandes lignes à suivre pour ses
obsèques.
Troisième écrit : un récit
Un jeune homme de 18 ans fut soupçonné d’adultère avec une
jeune mariée de sa génération. C’était à Djègbé, Abomey, dans les
années 1980. Au lieu de prendre son courage à deux mains, à l’idée
que l’avenir finirait par voir son cœur immaculé, il fit l’option de la
démission et se jeta dans un puits très profond. Il mourut
physiquement noyé mais pas éthériquement.
A la tombée de la nuit, une voix plaintive qui ressemblait à celle du
défunt du fond du puits disait grelotter de froid. Le voisinage apeuré
se coucha très tôt. Les choses se passèrent ainsi plusieurs nuits de
suite, puis les vieux se résolurent à y mettre fin. Ils invitèrent un
maître fossoyeur qui vint délivrer l’esprit emprisonné dans l’eau.
De telles prisons psychiques sont appelées Jibakuléi au Japon. Se
donner la mort est un piège sans fin.
Quatrième écrit
Nous ignorons à partir de quel siècle il n’y avait point de sacrilège
dans la Tradition Vodoun. Ce que nous savons, c’est que les objets
et les lieux sacrés étaient fort respectés par tous. Même un arbre
adoré qui mourait de vieillesse était tenu pour vivant et ses branches
asséchées par le soleil ne servaient jamais de bois de chauffe.
Par le passé, la forêt sacrée du Dieu-Père de la tribu des Ayato ne
pouvait être visitée que par les enfants Ayatovi. Quiconque d’une
autre tribu s’y rendait y voyait un fauve dès l’entrée.
Les choses changèrent pendant et après la colonisation. On se
souvient de cet arbre fétiche dont le professeur Jean Pliya rapporta
la nouvelle et qui en tombant avait écrasé le bûcheron Dossou qui
l’avait abattu.
On peut aussi parler de ce prêtre exorciste de Godomey qui mourut
subitement jeune après avoir démoli des reliefs vodoun installés par
ses ancêtres à Ouidah.
C’est récent, cette anecdote qui força les Chinois construisant la
route Akassato – Bohicon à éviter le Tolègba de Bohicon appelé
Akpodokouin-Lègba. Cherchant à écraser ce Tolègba, trois engins
ont lâché l’un après l’autre, avec des pannes mystérieuses.
La profanation de la tradition a nui à de nombreux chrétiens. Inutile
de vous lasser avec d’interminables écrits (Cf. Fanatisme tueur à ce
2è étage).
– Négativités de la prépondérance psychique
1 – L’aveuglement du cœur
Le cœur est aveugle et irraisonné. Il n’est que sentiment ou
ressentiment. Tout le temps il fait le tri lui permettant de distinguer
amour, indifférence, haine, etc. Et des sorciers "convertis" lui disent
qu’il leur est très facile d’attirer, de tuer et d’accommoder au sabbat
le double éthérique des personnes qui les aiment bien. Et, paf ! La
Bible se referme et le cœur parle.
Un guérisseur traditionnel vous avait-il sauvé à crédit ? Nenni ! Ne
lui payez rien. C’est Dieu qui vous a sauvé. Une femme stérile est-
elle tombée enceinte après avoir promis un cabri à un Vodoun-
Yèhwé ? Parbleu ! Qu’elle ne rembourse rien. C’est Dieu qui l’a
rendue féconde. Un chef coutumier est-il accusé de manipuler les
morts ? Ah ! Satan. Adieu l’autel des ancêtres ! Un chrétien est-il dit
envoûté par le nom de sa tribu ? Bon Dieu ! Renoncez à vos tribus.
Vous êtes descendants (noirs !) d’Abraham. Un spirite se sert-il d’un
encens ? C’est clair ! Les encens sont sataniques. Les feuilles
d’hysope et de basilic ne sont-elles pas fréquemment utilisées par
les prêtres de Sagbata-Terre ? Diantre ! Ce sont des feuilles du
diable. Un délateur médit-il de la Vierge Marie ? Aïe ! L’Ave Maria est
de Lucifer. Les produits esthétiques sont-ils dits venus de la mer ?
Vite ! Brûlez cosmétiques, mèches et bijoux.
Et finalement le protégé du cœur glisse par-à-coups et péniblement,
comme un ver de terre dans un pays où foisonnent des cristaux de
sel.
Or, plus longtemps l’homme croit à la malignité d’une chose, plus
cette malignité vit en lui collée à son support, et le jour où,
désillusionné, il approche la bonne chose crue maligne, son
subconscient réagit violemment contre lui, crée des événements
malencontreux décourageants, et lui donne des sommeils
cauchemardesques allant jusqu’à affecter sa santé physique.
Parce que les Eglises ignorent cela, elles engendrent chez leurs
fidèles divers blocages qu’elles attribuent soit au diable, soit à Dieu.
Ce qui renforce leur paranoïa.
2 – La sorcellerie médiumnique et le développement
Le sorcier-médium se fait brancher à un esprit de l’eau ou de l’air ou
d’un astre. Il n’a ni fétiche ni objet magique. Il ne se donne pas la
peine d’étudier la Bible. Il se contente des différents noms de Jésus
pour faire passer le pouvoir de l’esprit en lui. Nous en parlerons dans
les duperies du deuxième étage sous le titre “Sorciers déguisés en
pasteurs”.
L’Afrique ne doit pas, de cette sorcellerie, attendre un progrès
scientifique et technologique, bien que, selon le niveau de l’esprit, le
médium mette parfois en déroute des sorciers destructeurs.
Les récits bibliques faisant état de personnes investies d’un esprit
saint abondent en œuvres "miraculeuses", mais l’Occident qui jure
sur la Bible n’a recherché son progrès scientifique et technologique
qu’à travers une structure scolaire parallèle basée sur le rationalisme
et non sur la croyance. Et l’Eglise se renfrogne.
En effet, par exemple, dans l’Encyclique de Grégoire XVI,
"Mirari vos" de 1832 (cité par Alexandre Moryason), « la liberté de
conscience était définie comme " une doctrine absurde, trompeuse,
et pour mieux dire folie…", la liberté de penser comme "une erreur
pernicieuse…" ; sont également condamnés par le Pape l’éclairage
au gaz, les ponts suspendus, le chemin de fer, etc., qui étaient tous
"des inventions de l’Enfer". Plus proche de nous l’Encyclique de Pie
XII d’août 1950, "Humanis generis", demande à tous les
scientifiques chrétiens de soumettre les conclusions de leurs
recherches sur les origines de l’Humanité à l’approbation des
autorités ecclésiastiques ». Voyez-vous ? C’est malgré elle que
l’Eglise laisse développer une civilisation matérielle plus florissante
que celle du roi Salomon de la Bible.
3 – Les victimes des dogmes
A force d’être gavée par des illogismes de toutes sortes, la pensée
perd son assise volontaire, et le subconscient remonte en surface
pour délirer à qui mieux-mieux, à en défier les évangélistes et leur
pasteur.
A Ouassa, un haut initié des secrets vodoun s’est converti à une
secte rigoriste. Un petit malaise le prend un jour, et le voilà qui
commence à parler sans répit la langue nago, langue de son
initiation. Aucun pasteur n’a pu chasser ce "diable" qui n’était rien
d’autre qu’une partie de l’initié lui-même. Récupéré par les Houngan,
le malheureux est traité dans les couvents vodoun.
A Abomey, c’était un fidèle séide qui lors d’une messe s’était mis à
crier : « Changez de vie. Le moment est proche. C’est moi Jésus de
Nazareth qui vous parle. Changez de vie… » Il ne répétait que les
mêmes phrases. Perplexe, le pasteur ne sut quoi faire. Comment
chasser Jésus de Nazareth au nom de Jésus de Nazareth ?
A Cotonou, un chrétien sort d’une Eglise où se vénère la Vierge
Marie. En quête de mieux-être il se plonge dans les eaux glauques
d’une mare ecclésiale où s’insulte la Sainte Vierge. Insatisfait là-bas
aussi il revient à la case de départ, dans un groupe de Renouveau.
Présent à une procession mariale un soir, il entre en transe et
commence à marmonner : « Je vous salue Marie, je vous salue
Marie… » Problème métapsychique, n’est-ce pas ? Marie vénérée,
Marie injuriée, Marie vénérée, voilà qui le décontenance !
Les troubles d’amour paroissiaux, les crises de confessions
tumultueuses, les évanouissements dits de délivrance, les propos
paranoïaques, les euphories portant sur le paradis gagné, voilà
autant de maux qui gangrènent les sociétés africaines chrétiennes.
Nous parlerons au troisième étage de l’obsession par rapport à ce
que l’on appelle magie.

H - Les duperies du deuxième étage


Cas No 1 : La veuve qui meurt d’un crime marital
Il arrive qu’une femme, pour diverses raisons, mette à mort son mari,
soit par empoisonnement de nourriture, soit par enchantement.
Après le décès du pauvre homme, les occultistes ont l’art de
soulever son corps psychique (deuxième étage) contre son épouse
traîtresse et elle meurt.
Il arrive aussi qu’une veuve honnête soit tuée. Dans certaines
contrées du Bénin, la veuve que l’on veut déshériter est accusée
d’avoir tué son mari. Et on parie qu’elle ne peut pas boire l’eau de
bain du corps de son homme sans vie depuis plusieurs jours. Et on
lave le cadavre avec une main empoisonnée.
Si, pour prouver son innocence, la veuve prend et boit le liquide
souillé, elle tombe malade et meurt.
Certes des riches et des fonctionnaires encourent le risque d’être
mis à mort par leurs épouses cupides et insatiables, mais abuser
d’une digne veuve en lui faisant boire un poison à la place d’un
liquide de vérité, parce que les beaux frères veulent disposer de tous
les biens de son défunt mari, c’est abominable.

Cas N°2 : Syncrétisme Tolègba et Jésus


Un mécréant se rendit chez un Tolègba avec un piquet fétiche. En
vue d’empêcher une rencontre qui pourrait dénuder un de ses délits,
ce mécréant enfonça le truc devant Vodoun Tolègba avec un verbe
agissant. Chose étrange, à la fin de son incantation, le malfaiteur
dit : « Jésus de Nazareth, j’ai appris que si on t’appelle sur une
œuvre magique, celle-ci réussit à merveille. Je t’évoque sur ce
piquet afin que par toi les éléments constitutifs de la rencontre soient
éparpillés. Lorsque les plantes de pieds ne se déplacent pas, la tête
ne peut pas assister à une assemblée ». Après cela, le mauvais gars
s’en retourna chez lui. L’un des protagonistes eut une panne de
voiture. Un autre fut pris d’une urgence et se rendit ailleurs. Le
témoin attendu oublia l’affaire, parce que son enfant venait d’avoir
une inquiétante crise de fièvre…
Evidemment, la rencontre ne se tint pas. Mais quelques semaines
plus tard, comme par effet de choc en retour, le faiseur de magie fut
en proie à une défectuosité de la circulation et, par une collision, il
eut une fracture au tibia droit.
On déplaît à DIEU quand on fait le mal, même si c’est au nom de
Jésus.

Cas N°3 : Sorciers déguisés en pasteurs


De véritables mages noirs convoient des légions de vrais démons
des plans astraux sur l’un des leurs pour la formation d’une secte
(chrétienne !) Ils font des miracles de guérison instantanée mais
précaire, et ils attirent des foules de dévots. Assisté par les esprits,
le leader fait œuvre de voyance avec une Bible en main, et est
déclaré persona grata par des chrétiens.
Au lieu de sang matériel, les esprits (vampires) butinent de la force
vitale sur leurs fidèles. La force vitale (premier étage) étant l’essence
même du sang frais (rez-de-chaussée), une sorcière qui ne touche
plus jamais au sang peut être une excellente goule anémiant des
dizaines, voire des centaines de gens. On se méprend beaucoup
quand on fait les jugements de pratiques religieuses à partir des
seules immolations de bêtes. Les magiciens déguisés en chrétiens
sont peu nombreux.
Mais comment reconnaît-on ces lucifériens?
A leurs manières, car
- Ils proposent des rites très simples, absurdes par surcroît, à travers
lesquels ils agissent occultement sur les fidèles.
- Ils formulent des souhaits qui ne respectent pas la justice divine
(nuire par exemple aux créanciers, aux émules, aux devanciers, aux
véridiques)
- Ils foulent aux pieds les demandes de pardon adressées à DIEU
Créateur et octroient des biens immérités avec toutes leurs
conséquences inévitables (Karma)
- Ils accusent la Nature et les hommes, comme si sans eux, leurs
fidèles, même dans les péchés, connaîtraient la félicité.
- Ils cherchent à embrigader les membres de leur association et leur
créent des difficultés si ceux-ci se désolidarisent d’eux.
Si vous apprenez qu’un pasteur a été surpris en flagrant délit de
communion sabbatique avec des adorateurs de Mami-Wata
(Sirènes), sachez qu’il s’agit d’un sorcier magicien et non d’un
disciple du Christ.
Si vous apprenez qu’un pasteur fait pirouetter des gens dits
possédés au rythme de son micro ou de son mouchoir, agissant
arbitrairement, sachez qu’il s’agit d’un sorcier magicien et non d’un
disciple du Christ.
Si vous apprenez qu’un pasteur a dit à une femme stérile qu’elle
tomberait enceinte dans le mois, et qu’elle est effectivement tombée
enceinte, tandis que tout au long de ce mois la femme jure n’avoir
connu aucun homme, son mari étant à l’étranger, sachez qu’il s’agit
d’un sorcier magicien et non d’un disciple du Christ.
Si vous apprenez que de ses doigts huilés un pasteur fait tomber
des gens en quête de délivrance, et qu’ils tombent eux tous au bout
du même type d’attouchement, sachez qu’il s’agit d’un sorcier
magicien et non d’un disciple du Christ. Le vrai DIEU, dans la
distribution de ses grâces, tient compte du niveau de conscience de
chacun de nous. Il ne donne jamais la même chose de la même
façon à tout le monde. Et c’est en cela que DIEU est juste.
Cas No 4 : La question des endoctrinements
Une croisade nationale organisée par une secte chrétienne avait
rassemblé un samedi à Ouidah de nombreux fidèles venus de tous
les coins du Bénin. Avec amplificateur et haut-parleur, un récit était
donné à des lieues à la ronde. Nous étions au CEG2 de la partie. Le
témoignage lu d’un de nos cousins nous percuta l’oreille. Il s’agissait
d’une affaire bien connue de nous à Zogbodomey, mais qu’avons-
nous remarqué ? La narration était allongée, étoffée, revêtue,
enjolivée. Nous avions l’impression que c’était un faux témoignage.
La preuve, c’est que le miraculé, dont le cas était cité à cœur-joie,
est aujourd’hui un grand chef féticheur maître de Thron Kpéto Déka
à Zogbodomey.
Ce cas n’est pas isolé. Il faut prendre avec circonspection les
témoignages qui fusent çà et là. Excepté quelques lamentations
faites en sourdine, rien n’est dit des revers de fortune. Ni par les
victimes ni par les pasteurs. Nous savons que le principe-roi de tout
marketing, c’est de cacher à tout prix le revers de la médaille. Mais
sommes-nous aux prises avec des marchands parlant de DIEU ?
Les fidèles sont-ils des clients paroissiaux? Pourquoi tant
d’arguments tout faits pour enchaîner ceux qui, dépités, veulent
sortir ?
Méditez les excuses suivantes fournies par les pasteurs:
- Même si la guérison à vous promise n’est pas obtenue, sachez que
l’heure de DIEU est la meilleure.
- Votre entreprise périclite et vous êtes devenu pauvre parce que le
diable auquel votre âme a échappé vous punit matériellement.
- Vous avez échoué à l’examen national car votre réussite vous
aurait plongé dans une catastrophe lugubre.
- Le paroissien a couché avec votre épouse parce que le diable l’y a
poussé pour vous décourager ; il faut résister au diable.
- Si tel jeune pasteur est fauché par la mort, c’est que Dieu l’a vu
dans un état de pureté tel que Dieu le retranche du nombre des
vivants pour qu’il ne retombe pas dans le péché.
- Que votre ferveur ne s’émousse point même si on dit de votre
pasteur qu’il n’a que le certificat d’études primaires. C’est le Saint-
Esprit, et non le niveau d’études, qui donne la sagesse des Ecritures
bibliques.
- Les intellectuels sont les pires ennemis que DIEU ait jamais
connus. Fermez l’oreille à tout chercheur qui vous parle de DIEU s’il
n’est votre coreligionnaire, à moins que vous ayez les moyens de le
persuader.
Méditez ces propositions et jugez-en pour votre propre gouverne,
car en fait, vous-même pourrez vous enfouir dans ce cul-de-sac
religieux en trois marches. La première étape sera celle du bien-être
matériel qui vous sera promis : Santé, protection, amour, etc. La
deuxième vous recommandera la patience de Job qui dans la piété
avait connu triomphe après défaite. La troisième vous gavera
d’euphories axées sur le rêve du paradis céleste et vous sortira des
réalités de ce monde.
C’est ainsi que la religion endort la conscience humaine, que « La
religion est l’opium du peuple » (Karl Marx).
Cas No 5 : Le fanatisme tueur
En disant « Quand vous serez réunis en mon nom, je serai au milieu
de vous », Jésus-Christ a exprimé une loi physique et métaphysique
très importante : la résultante des forces concourantes.
Lorsque vous êtes nombreux à apporter du bois à un bûcher, le feu
qui en résulte est bien grand. Lorsque tout le peuple se révolte
contre un gouvernement despote, la voix du peuple en devient la
voix de DIEU.
Plus il y a de forces concourantes dans un même sens, plus la
résultante est grande et terrible. Plus nous sommes nombreux à
prier DIEU par le Christ, plus le Christ est présent parmi nous. De la
même manière, plus une paroisse est secouée par des dissensions,
plus le diable y est présent, même si chacun croit y voir Jésus, car
les forces psychiques, au lieu de s’additionner, s’émiettent et se
détruisent.
Aussi longtemps que des conservateurs seront un certain nombre à
se réunir au nom d’une idole, la force psychique attachée à cette
idole pourra frapper les contrevenants aux tabous.
Un grand hommage doit être rendu à l’Eglise catholique qui
pionnière a sacrifié ses prêtres à la fin du 19e siècle dans la
christianisation d’un monde totalement et terriblement vodoun.
Tout n’est pas cependant gagné, car la Tradition ancestrale, acculée
par la chrétienté de notre pays, ne manque pas de donner des
coups de merlin à des fanatiques qui l’affrontent individuellement.
Ensemble les chrétiens sont forts, mais isolé, chacun d’eux est
vulnérable. D’où l’utilité de l’Eglise. Nous l’avons déjà dit.
Pour ne prendre que l’exemple de la Commune de Zogbodomey,
savez-vous qu’à Cana un chrétien ayant nargué une manifestation
vodoun s’est par la suite offert "lui-même" pour être adepte avancé
du culte vodoun ? Savez-vous que le premier chrétien ayant apporté
une secte évangélique à Zado est maintenant un grand homme du
monde vodoun ? Savez-vous qu’à Magon des chrétiens ont été
grièvement blessés dans les ravages d’un ouragan déchaîné après
que ces chrétiens eurent démoli les installations rituelles vodoun
destinées à discipliner les vents du village ? Savez-vous qu’à Akiza
un chrétien ayant bafoué le totem du Vodoun Akiza est mort après
avoir été mystérieusement giflé ? Savez-vous qu’à Atchia un
chrétien a eu les doigts recroquevillés après avoir mis la main dans
le sang du porc ennemi du totem du fleuve Hlan ? Savez-vous qu’à
Hlanhonou ( où la consommation de la viande de cochon est
également interdite), un chrétien est mort d’indigestion et de
constipation après avoir consommé la viande interdite et bu l’eau du
totem-Hlan ? Savez-vous qu’à Zohoungomè, un chrétien est victime
d’hémiplégie après avoir cassé des autels de jumeaux Hoxo ?
Savez-vous qu’à Zogbodomey-centre un pasteur-évangéliste, qui
s’est entêté à convertir la femme d’un Vodounnon, a attrapé une
maladie physique et psychique telle que, incompris, il a été expulsé
de son Eglise ? Savez-vous qu’à Hlankpa un pasteur-évangéliste,
qui a suscité la révolte magique de sa paroisse contre un chef-
féticheur, a commencé à se battre avec les paroissiens au point
qu’aujourd’hui seuls les rats et les reptiles vont à la messe dans
cette église devenue herbeuse ? Savez-vous que… Non. Ça suffit.
Nous vous disons ces choses pour que vous sachiez vous
comporter, car lorsque cela vous arrivera, les autres chrétiens
défendront à coup sûr leur Eglise : Le mal qui vous ronge serait
médical, l’heure de DIEU aurait sonné pour votre retour à l’Eternel,
les plans de DIEU auraient été insondables ; ou bien vous auriez eu
peu de foi, vous auriez peu fréquenté la paroisse dans le temps,
vous auriez mis à l’épreuve DIEU votre Créateur, ce dernier
argument étant le seul vrai.
Les affaires de DIEU et des religions sont des affaires occultement
scientifiques. Demeurez vigilant.
Cas No 6 : Lâchez le diable et ses choses
Si dans un coin de la rue, vous rencontrez deux ou trois personnes
en train de montrer le chemin du vrai bonheur, écoutez-les bien. Ils
vous demanderont de rejeter Satan et ses produits. Satan, selon
eux, c’est le culte vodoun. Ses produits, ce sont les remèdes
traditionnels de l’Afrique noire.
Cette forme d’évangélisation jette le bébé avec l’eau de bain. Nos
remèdes traditionnels ne sont pas tous liés à des esprits geôliers,
ces esprits étant particulièrement réveillés dans le cœur des
chrétiens fanatiques.
Le répugnant fétichisme négro-africain a offert aux Européens des
recettes sur les règnes végétal et animal, lesquelles recettes ont
donné à leur tour plus du quart (¼) des médicaments vendus en
pharmacie aujourd’hui.
Une poudre d’ovaires de truie calcinés pour traiter des troubles de
menstruation est dite satanique par la négresse “chrétienne”, mais
celle-ci prend des produits pharmaceutiques à base d’extraits
ovariens de cochon femelle.
Les séides confondent éclectisme et syncrétisme, ce dernier devant
être compris, non comme une application judicieuse de vertus issues
de diverses traditions religieuses, mais comme une combinaison de
forces incompatibles.
Une incompatibilité bien nuisible est celle qui est faite de deux
choses toutes utiles : la délivrance et la protection, par exemple. La
première dégage le corps et le subconscient, la deuxième entoure et
préserve l’existant. Par la délivrance, on se déshabille en quelque
sorte, on se lave et on prend un laxatif ; par la protection on se vêt
de cuirasse, d’anti-balles et contre tout mal. Les deux ne peuvent
pas se faire en même temps.
Le syncrétisme ici consiste à se laver, tout en étant habillé, accoutré,
c’est-à-dire, à mélanger des forces de délivrance avec des forces de
guérison ou de protection. Les conflits internes ainsi occasionnés
sont des disgrâces.
Il y a des protections de la Tradition Vodoun qui ne peuvent pas
convenir à des pratiques exorcistes, mais ce n’est pas
nécessairement parce qu’elles sont démoniaques.
Les notices accompagnant les produits pharmaceutiques parlent
clairement des interactions médicamenteuses et mentionnent les
produits contre-indiqués. Est-ce là du satanisme ?

I - Que dire d’autre du deuxième


étage ?
Il serait souhaitable que le christianisme du deuxième étage marche
un peu vers la raison du troisième étage pour comprendre ce que
sont le symbolisme et la Science. Qu’il cesse de croire aux âneries
proférées au sujet des industries installées au fond de la mer et qui
fabriqueraient des perles, des boucles d’oreilles, des mèches, des
produits cosmétiques, des cierges, des encens, etc.
Tout en pratiquant le deuxième étage, faites attention à vos gestes, à
vos signes et à vos imaginations. Ne visualisez que ce qui peut vous
faire du bien. Ainsi, vous aurez le soutien des troisième et quatrième
étages.

Le troisième étage
- Religion : symbolisme
- Lumière intellectuelle (Savoir)
- Gratitude mesurée
- Amour-propre et fierté (Côté négatif : orgueil)
- Fermeté (Négatif : entêtement)
- Pharisaïsme parfois
- Parole (ou écrit) exprimant le raisonnement
- Offrande à DIEU : Condamnation de ce qui est blâmable et
élévation de ce qui est juste.
- Devoir : S’instruire et prendre part à l’instruction du monde.

A – Expérience : Le pouvoir de l’éloquence.


Linfortuna avait perdu son mari. Dans la désolation, elle ne faisait
que pleurer par intermittence.
Gaillardo et Lamentine, mari et femme, se décidèrent à aller la
consoler chez elle. A peine se furent-ils apprêtés qu’un ami de
Gaillardo se pointa. Lamentine les laissa à leur palabre et se rendit
seule à la demeure de la dame éplorée.
Déjà à proximité de la maison, Lamentine composa une attitude
plaintive, marcha piteusement, fit une mine sombre et regagna la
case où régnait un silence funeste. Elle mit les mains ouvertes
plusieurs fois alternativement l’une dans l’autre et s’assit. La veuve
recommença à pleurer. La “consolatrice” enclencha le speech qu’elle
avait dans la tête : « Que c’est déplorable ! Mais quel âge a-t-il ? A
peine trente-cinq ans. Non. Ça, ce n’est pas un âge pour la mort. Il
ne peut pas mourir à cet âge-là. A qui laisse-t-il sa femme et ses
deux enfants ? Dieu fait des choses bizarres… ». La veuve pleura
davantage. La femme de Gaillardo continua : « On ne finit pas de
pleurer une telle tragédie. Je le sais, mais tu dois tout laisser dans
les mains de Dieu ».
Linfortuna alors pleura à grands cris, sanglotant à en mourir. Les
voisins immédiats accoururent. Lamentine aussi pleurnicha.
Sur ces entrefaites arriva Gaillardo.
« Que faites-vous là ? demanda-t-il.
• Assois-toi, pria quelqu’un
• Je vous apporte une nouvelle », dit Gaillardo promenant son regard
sur l’assistance.
Tout le monde se tut. Linfortuna, qui voulut savoir de quoi il était
question, domina ses gémissements.
Gaillardo s’assit à côté de sa femme et dit :
« Un bébé a marché plus vite qu’un adulte ».
Les voisins présents, plus patients que jamais, cherchèrent du
regard un siège. Lamentine se frotta les yeux pour s’assurer une
meilleure visibilité. Etait-ce bien son mari qui avait à raconter une
histoire drôle? Linfortuna se sécha le visage par un coup de
mouchoir.
« Dans une compétition de course, continua Gaillardo, le caméléon
a été plus performant que le cheval.
• Comment ? Et le bébé ? questionna l’un des voisins.
• C’était une histoire de trône. Le chef suprême lui-même était aux
commandes… »
Et Gaillardo raconta éloquemment le déroulement des trois épreuves
de sélection à l’issue desquelles le caméléon avait été plébiscité
pour s’asseoir sur le trône du monde.
Dans la salle, bien des visages s’étaient épanouis. Même la veuve
souriait. Le deuil qui la torturait précédemment s’en était allé. Par
quelle magie ?
La mimique et la parole. Lamentine avait fait de la mimique (gestes
et signes) et de la parole une pratique négative ayant tourmenté la
pauvre Linfortuna. Son mari Gaillardo a opéré une délivrance
utilisant la parole et la mimique dans un sens bénéfique. C’est la
magie à la portée de tous.
Dans les centres de formation musicale, pédagogique, presbytérale,
pastorale et dans les écoles de mystères, on apprend à associer
gestes et sons pour agir sur l’homme, la foule et le monde. Les
mystères n’y sont pas mystérieux.
Le troisième étage est celui de la logique intellectuelle, des
symboles parlants, des messages codés et des principes normatifs.
C’est le monde des chercheurs de la vérité, où qu’elle soit. Ceux qui
sont au troisième étage ne se contentent jamais de croire : ils
veulent connaitre et être en mesure d’expliquer. DIEU est vérité et
omniscience. Tous ceux qui se sacrifient pour nous conduire dans la
Vérité absolue et la Science sont nécessairement proches du DIEU
universel.

B – Les négativités magico-symbolistes


Par le fait de l’homme, le troisième étage est soit positif soit négatif.
Ceux qui développent à dessein un syllogisme dupeur sont campés
dans les mauvais rais du troisième étage. De ce même côté sont les
politiciens qui menteurs et traîtres font flèche de tout bois, les
syndicalistes qui amplifient intentionnellement quelques pans
négatifs des actions gouvernementales, les leaders religieux qui
peignent en noir tout ce qui est hors de leur empire, les
pamphlétaires de mauvais aloi qui publient des caricatures
déconcertantes de personnes honorables, les inspecteurs qui
pervertissent les bonnes prestations de ceux qui se refusent à les
corrompre, les juges qui étouffent ou contournent la vérité pour
donner raison à un faussaire généreux... Tous ceux-là ont leurs
noms au troisième étage mais leur conscience intellectualiste frôle
le plancher du rez-de-chaussée, étant donné que leur art
argumentatif est mis au service de la matière et non de l’Esprit. Ce
sont des rusés du troisième étage. A côté d’eux, on trouve aussi des
pervers de la magie symboliste. En voici un exemple :
« On ramène dans un cimetière un clou de vieux cercueil, en
murmurant l’affirmation du sortilège. On trace un triangle, pointe
devant, en renfermant un autre, par une parallèle à la base, sur une
planche neuve. On fiche le clou au milieu du triangle, en récitant une
partie du Pater (jusqu’à in terra). Frapper le clou avec une pierre, en
disant "Que tu fasses mal à N… jusqu’à ce que je te tire de là". On
pose la planche par terre et on la recouvre de sable ». C’est un
envoûtement symboliste, chez les Blancs. Il y en a d’autres, sur
lesquels nous nous taisons. Ce type de sortilège prouve que même
les figures géométriques peuvent être nuisibles.

- Délivrance et protection par des signifiants


d’Eglise
Au troisième étage, il y a également la prière adressée à DIEU,
mais pas avec un cœur séparatiste. Ici, on fait fi des histoires de
peuple élu et de terre sainte exclusive. Au lieu d’associer la prière à
l’émotion et à la susceptibilité, on prie plutôt avec sérénité, foi et
conviction. Au lieu d’une croyance aveugle parfois abrutissante, on
ne fait que des demandes raisonnables et justes, en liaison avec des
symboles et des signes. On se branche sur les batteries de certains
mots de pouvoir tels que Jésus, Jésus de Nazareth, Jésus-Christ, le
Seigneur ressuscité, le Lion, Emmanuel, Alpha et Omega, Via-
Véritas et Vita, Ely, Elohim, Shadayi, Adonayi, Jéhovah,
Tétragrammaton, Gloire à Dieu, Alléluia, Amen, etc. On fait en sorte
que dans les chants et les prières il y ait ces mots de pouvoir en
grand nombre. Ainsi les fait-on vibrer.
Une technique exorciste bien structurée de l’Eglise, en liaison
avec des signes de croix, de l’eau lustrale, de l’huile sainte et une
prière sincère nommant Dieu, délivre. Fait avec la visualisation de la
lumière, cet exorcisme est très puissant. Nous en donnerons des
exemples au quatrième étage.
Il faut reconnaître que les voies émotionnelles sont plus aisément
praticables que celles du mental et de la raison. En vérité, pour être
protégé au troisième étage,
- Il faut éviter les paroles changeantes, car ces paroles confèrent à
notre subconscient des réflexes contradictoires ou négatifs.
- Il faut nous émouvoir uniquement du bien des autres comme de
nous- mêmes, car le manque d’amour pour nous-mêmes autant que
pour nos voisins ne permet pas à notre moi d’accéder à l’Amour de
DIEU.
- Il faut conformer nos pensées 24 h sur 24 à nos prières, sans rien
dire ni penser d’antagoniste, car en nous comportant à la légère, en
nous réjouissant du malheur d’autrui, nous polluons nos prières,
toutes nos bonnes prières, par des éléments indigestes.

– Les signes et symboles parlants d’Europe


Cet étage est, comme c’est déjà dit, celui des symboles et signes
(croix, triangle, carré, pentagramme). C’est le monde des codes
(code de vie, code de route, code écrit, code oral, code iconique).
La compréhension des Ecritures saintes dérive du 3è étage. Il faut
être lettré pour décoder et bien interpréter les messages textuels de
la Bible. Les dirigeants des Eglises analphabètes dénigrent le
symbolisme pour masquer leur ignorance.
Tout ce qui est tracé, écrit et représenté suivant un code quelconque
véhicule une force, un pouvoir tiré des usagers, des hommes. Il en
est de même de ce qui est dit et qui a un sens précis.
Des croyants, avec de l’encre noire, recopiaient sur parchemin
vierge l’oraison de Saint-Charlemagne, requéraient la bénédiction de
l’abbé sur l’écriture, plissaient ce papier, l’emballaient bien au moyen
de scotch et le portaient sur eux en guise de protection lors des
voyages.
Le pentateuque (les cinq premiers livres de l’Ancien Testament)
formé en hébreu à la main sur du parchemin pur et jalousement
gardé dans un appartement préservait les habitants de toutes
formes de détresse.
En Europe et en Amérique, les seize (16) signes géomantiques
étaient, l’un après l’autre, tracés dans une poudre de silice, en
même temps que la prononciation consciencieuse de leur nom en
latin (Via-gbe, populus-yεku, conjunctio-woli, carcer-di, etc.) Cette
poudre servait à des fins de guérison ou de protection par des
procédés de radionique (dispositif servant à émettre des ondes).
Sur le blanc intérieur d’une étoile de Salomon, laquelle est une étoile
à six branches formée par deux triangles équilatéraux entrelacés,
des chrétiens inscrivaient le chiffre 9 trois fois (Cf. l’apocalypse). Le
parchemin portant cette figure était placé au haut du seuil de la
chambre à coucher comme entrave aux esprits mauvais qui
chercheraient à y entrer. On veillait à ce que les 999 fussent bien
positionnés, car le nombre 666 était considéré comme celui du
diable. Il arrivait qu’on remplaçât les 999 par le monogramme de
Jésus-Christ. Ce chrisme vibrant au sein de l’Hexagramme sur
parchemin était mis sous oreiller pour protéger le dormeur contre les
forces du mal. Et cela marchait, parce qu’ils y croyaient.
Le labarum historique était fait de chrisme. En effet Constantin fit
placer sur cet Etendard romain la croix et le monogramme du Christ
avec l’inscription «In hoc signo vinces» (Par ce signe tu vaincras).
L’histoire rapporte que c’est grâce à cette inscription que Constantin
eut la victoire.
Faisant partie de l’accoutrement des prêtres catholiques, une étoffe
portait le monogramme du Christ. Consacrée par un dignitaire
ecclésiastique, cette étoffe donnait du pouvoir aux actes du curé qui
en devenaient magiques.
Oraison de St-Charlemagne
+ Dieu Tout-Puissant, qui avez subi la mort sur l’arbre patibulaire de
la croix, pour expier tous mes péchés, ayez pitié de moi.
+ O Sainte Croix de Jésus-Christ, repoussez loin de moi toute arme
tranchante.
+ O Sainte Croix de Jésus-Christ, préservez-moi de tout accident
corporel.
+ O Sainte Croix de Jésus-Christ, versez en moi tout bien.
+ O Sainte Croix de Jésus-Christ, détournez de moi tout mal, faites
que je puisse sauver mon âme.
+ O Sainte Croix de Jésus-Christ, éloignez de moi toute crainte de la
mort, et accordez-moi la vie éternelle.
+ O Sainte Croix de Jésus-Christ, gardez-moi et faites que les
esprits malins, tant visibles qu’invisibles, fuient devant moi, dès
aujourd’hui et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il !
Aussi vrai que Jésus est né le jour de Noël, aussi vrai que Jésus a
été circoncis, aussi vrai que Jésus a reçu les offrandes des trois
Rois Mages, aussi vrai que Jésus a été crucifié le vendredi saint,
aussi vrai que Joseph et Nicodème ont ôté Jésus de la croix et l’ont
mis dans le sépulcre, aussi vrai que Jésus est ressuscité et monté
au ciel ; de même, qu’il soit aussi vrai que Jésus me préserve et me
préservera de tout attentat de mes ennemis, tant visibles
qu’invisibles, dès aujourd’hui et dans les siècles des siècles. Ainsi
soit-il !
O Dieu Tout-Puissant, sous la protection de
+ Jésus, Maria, Joachim ;
+ Jésus, Maria, Anna ;
+ Jésus, Maria, Joseph ;
Je me remets entre vos mains. Ainsi soit-il !
O Seigneur, par l’amertume que vous avez soufferte pour moi sur la
Sainte Croix principalement lorsque votre âme s’est séparée de son
corps, ayez pitié de mon âme quand elle sera séparée de ce monde.
Ainsi soit-il !
Voilà l’Oraison de St-Charlemagne telle que nous l’avons connue.
Elle vouvoie Dieu, car le Créateur doit être à la fois très familier
(tutoyé) et très royal (pouvant être vouvoyé).

E – L’astrologie, la chiromancie et la numérologie


Les oracles du troisième étage sont des consultations par les
signes et symboles. En astrologie, il y a douze signes traversés par
le soleil apparent en un an (à cause du mouvement de révolution),
douze signes ascendants qui passent à l’horizon Est en une journée
de 24 h (à cause du mouvement de rotation de la Terre) et douze
maisons astrologiques parcourues par le signe solaire en 24 h. Les
astrologues, au minimum, combinent ces trois données pour essayer
de définir la destinée de leurs clients. C’est pourquoi ils ont besoin
de la date de naissance (pour le signe solaire), de l’heure précise et
du lieu de naissance (pour l’ascendant et la maison astrologique).
On peut donc affirmer qu’il y a 1728 (12 x 12 x 12) types d’hommes,
au moins sur Terre, selon l’astrologie.
Mieux, le véritable thème natal établi par un astrologue scientifique
définit la croix du client par rapport à son soleil natal, son décan, son
ascendant, son descendant, son milieu du ciel, son fond du ciel et
ses aspects planétaires. Or les horoscopes ne parlent que du soleil
natal, ce pour quoi ils ne méritent aucune considération.
La chiromancie table aussi sur des signes naturels : les lignes de la
main. Mais l’homme n’en a pas encore percé le mystère. Un bébé
dont la ligne de vie est pourtant très nette peut mourir le jour de sa
naissance tandis qu’un homme dont la ligne de vie est courte ou
brisée fait de vieux os. Il en est de même des autres lignes décrites
par la chiromancie. Une belle ligne de fortune ne vous donnera pas
la fortune comme par une baguette magique. Une ligne d’amour en
bon état ne rassure pas machinalement d’un foyer heureux. Ceux
qui regardent les lignes de la main et font des divinations
acceptables ne sont pas des chiromanciens, mais des sorciers.
La numérologie, quant à elle, est une jonglerie associant nombres et
lettres. Heureusement, l’alphabet hébreu de 22 lettres coïncide en
nombre avec les 22 arcanes ou lames du tarot, mais en français
l’alphabet graphique de 26 lettres et l’alphabet phonétique de 36
sons ne facilitent pas la tâche aux faiseurs de tests d’identification.
Les satisfactions que donne la numérologie des patronymes des
dialectes Fon, Nago ou Dendi, en liaison avec des prénoms français,
sont purement hasardeuses.
Nous préférons ne pas approfondir la question du tarot. Ses 22
lames sont en principe 22 arcanes (mystères). S’en servir en
cartomancie est une pratique venue après. Une divination impliquant
78 cartes révèle en quelque sorte le subconscient du consulté,
comme fait déjà la Géomancie-Fa chez nous.
F - La Géomancie-Fa
Au Bénin les combinaisons de 16 x 16 signes de Fa nous
décrivent 256 types d’hommes. C’est mieux que les douze types
d’aventures quotidiennement rabâchés comme horoscope sur les
chaînes de Radio et de Télévision.
A une graine de bonduc, le demandeur murmure ses problèmes et
lui ordonne d’apporter la lumière nécessaire à la solution. Le prêtre
enroule son chapelet sur la graine posée à terre et recouvre cet
ensemble de la sacoche de Fa, après avoir évoqué la lumière de
Sègbolissa, l’akashique monde d’Ifè et les premiers Bokonon (ceux
de l’Invisible). Ce branchement à la Source est de première
nécessité. Le prêtre détourne votre attention en guise de “lâchez-
prise” par une causerie d’actualité et revient sur la consultation
proprement dite. Toutes ces précautions ont pour but de faire
descendre le signe qui au mieux s’apparente à votre situation. C’est
pourquoi il est dit que la réussite de la voyance par la Géomancie-Fa
dépend à la fois du consultant et du demandeur. Mais on y va, pour
écouter les esprits.
1 – La Géomancie-Fa : bouche des Vodoun
La géomancie du golfe du Bénin (Nigéria-Bénin-Togo) fut instaurée
pour faire parler des divinités de la tradition ancestrale locale. Par
exemple, le Dieu de la Terre (Sagbata) se révèle par Amissio (Chè)
et Puer ( Lètè), le Dieu du Feu de Justice (Hèviesso) par Fortuna-
Minor (Losso), le Dieu du Feu de Guerre (Gou) par Cauda Draconis
(Gouda), les Mânes des Défunts (Klouto) par Populus (Yèkou), le
Dieu des Relations Sociales (Hoxo) par Tristitia (Aklan), le Dieu de
l’Inconscient collectif (Tolègba) par Amissio-Puella (Chè-Toula), la
Déesse-Mère (Minona) par Caput Draconis (Sa), etc. Il suffirait de
voir apparaître l’un de ces signes pour en déduire que c’est tel
Vodoun qui est concerné. Et chacun des 16 signes principaux ainsi
parle d’un ou de plusieurs Vodoun.
Il n’est pas exclu que la Géomancie-Fa du Bénin soit revue pour
faire parler Jésus, la Vierge Marie, l’Ange Gabriel, etc. Et les rites
qu’elle propose, ne peuvent-ils pas être également modernisés ?
C’est l’homme qui formalise tout.
2 – Les oracles par la Géomancie-Fa
Dans le fond, l’oracle par une interprétation de signes trouvés
comme par hasard est une extériorisation du subconscient et de
l’Inconscient collectif. Toutes les formes de géomancie et de
cartomancie ont leur secret là.
Prenez une des jeunes stars féminines que vous appréciez de loin et
allez demander à la Géomancie-Fa si cette fille acceptera de vous
prendre dans le lit. L’oracle vous répondra par une affirmative
encourageante. Vous enquêtez et vous apprenez que la vedette est
porteuse du V.I.H. Cela produit un choc en vous, mais vous
retournez chez le prêtre de Fa pour la même consultation. L’oracle
révélera des problèmes, en disant « oui, mais… ». Vous vous
entêtez et téléphonez à votre aimée mais la conversation est l’une
des pires que vous ayez connues. Vous retournez encore chez le
Bokonon. La Géomancie-Fa vous parlera d’un échec cuisant. Même
si vous donnez à manger à des Vodoun, même si vous faites les
cérémonies indiquées par le signe géomantique, vous n’aurez pas
gain de cause. Plaintif vous retournerez une troisième fois chez le
géomancien. Il vous donnera un conseil d’ami : « Ne faites pas les
sacrifices révélés par Fa si vous n’avez pas touché la femme ». Car
il est dit : « Le “oui” de la Géomancie-Fa n’empêche pas la femme
de divorcer ». Fa lui-même avertit : « En me consultant, consultez
aussi votre esprit de discernement ». Les sages rassurent : « Là où il
y a la sagesse, Fa se repose ».
Une antithèse à notre point de vue fait de la publicité pour la
Géomancie-Fa, en affirmant que « Fa ne ment jamais ». S’il est vrai
que la Géomancie-Fa ne ment pas (puisqu’elle contacte le
subconscient), il est aussi vrai qu’elle ne voit pas tout.
Un homme nommé Rogatien, dont la femme était gravement
malade, s’en alla consulter Fa à deux endroits différents.
Curieusement, chacun des deux Bokonon découvrit le Fadou Gbé-
Woli (Via-Conjunctio). Cela signifiait que la mort était inévitable.
Aucun des deux prêtres de Fa n’avait proposé le moindre sacrifice.
Les médecins aussi de leur côté y perdaient leur latin. Et la maladie
s’aggravait de jour en jour : fièvre, nausée, ulcère, éruption cutanée,
asthénie, insomnie. La Géomancie-Fa n’avait donc pas menti dans
sa prédiction primaire.
Le mari, voulant tenter l’incroyable, fit faire une prière à la Divine
Mère et se rendit chez un guérisseur mystique qui appliqua à sa
femme une sorcellerie bénéfique de la cinquième catégorie (Cf. Que
dire d’autre du 1er étage).
Deux semaines après, l’un des prêtres de Fa croisa la dame avec,
sur la tête, un fagot de bois. Il avorta son programme de sortie et se
rendit précipitamment au domicile de son client.
« J’ai vu ta femme. Elle est guérie, n’est-ce pas ? fit Bokonon.
• Bien sûr que si.
• Où et comment ? demanda Bokonon, curieux.
• Pourquoi es-tu si surpris ? questionna Rogatien.
• Excuse-moi. Je n’aurais pas de plaisir à voir mourir ta femme. Mais
si je n’avais proposé aucun remède, c’est que Gbé-Woli ne descend
jamais sans que s’ensuive un creusement de tombe. Qu’as-tu fait
pour qu’elle soit sauvée ?
• Je l’ai confiée à une Eglise évangélique. Dieu est grand. Trinquons
pour sa survie », conclut Rogatien, pour ne pas devoir parler des
détails.
Bokonon et Rogatien burent, mais ce dernier était malaisé, pour
avoir menti au sujet de ce qui avait guéri sa femme.
En conclusion, la Géomancie-Fa ne voit que les conséquences des
actions enclenchées. Le prêtre de Fa, qui vous recommande
d’établir à l’air libre un autel de Tohossou, ne sait pas si vos ennemis
vous nuiront aisément en versant sur l’autel de votre Tohossou une
potion maléfique. La Géomancie-Fa ne perçoit pas l’avenir de
l’avenir. Pis, lorsque l’affaire consultée est inextricable, la
Géomancie-Fa y balbutie. Le prêtre de Fa alors embrouillé vous
renvoie soit à des Vodoun soit à ses initiations.
3 – L’initiation élémentaire à la Géomancie-Fa
Il se pose le problème de la Congrégation de la Géomancie-Fa, qui
est une voie spirituelle empruntée par la plupart des Béninois du
passé.
A l’initiation élémentaire, c’est le Bokonon-Babal’Awo, prêtre de Fa,
qui découvre pour vous à la maison-Fa-gbassa le signe révélateur
de votre état de conscience. Ce signe imprègne 16 ou 18 noix de
palme. Le lavage mystique de ces noix (Fadekouin) dégage quelque
peu votre aura et peut vous apporter de la chance et du mieux-être.
Cette étape appelée Fasinsεn a ses rites et ses interdits.
4 – L’initiation secondaire à la Géomancie-Fa
A l’initiation secondaire, vous êtes conduit par un ou deux Bokonon
dans une forêt sacrée appelée Fazoun. Vous subissez un rituel qui
vous met en condition pour que vous soyez vous-même le Bokonon
qui découvre son Sè-Kpoli (Ame-Personnalité). De ce signe trouvé
comme par hasard, le prêtre initiateur fabrique un talisman-amulette
(en y ajoutant les feuilles correspondantes) que vous pouvez porter
en des temps critiques. C’est votre Kpoli, le témoin de Boko-Lègba
général près de vous. Ce vodoun portatif auquel de temps à autre
vous immolez un poulet est une voie d’accès à votre propre Boko-
Lègba, votre subconscient. La Géomancie-Fa vous aiguille, en vous
révélant pour votre bien ce que vous ne devez ni manger, ni boire, ni
porter, ni posséder, ni faire, etc. Des rites spécifiques liés à votre
Kpoli existent, que vous devez faire pour réduire le champ des
influences négatives et majorer vos prédispositions au bonheur, etc.
Cette étape est celle de Fatitε.
5 – L’initiation supérieure à la Géomancie-Fa
L’initiation supérieure à la Géomancie-Fa consiste à mettre en place
avec vous et pour vous un Vodoun mâle qui est votre alter ego dans
les mondes invisibles et qui fait œuvre de sentinelle devant votre
maison pour repousser les assaillants occultes. Ce Vodoun est
appelé Lègba. Il se manifeste comme étant un grand chien de garde.
Il agit du premier au quatrième étage, à tous les niveaux de la
personnalité humaine. Pour le renforcer, on lui immole un cabri ou
un coq. Il agit tant en faveur de vos relations sociales que pour votre
plénitude vitale. Etant un Vodoun de sexe masculin, il n’est jamais
réalisé pour une femme. Celle-ci d’ailleurs n’est en général autorisée
qu’à l’initiation élémentaire de la Géomancie-Fa. Le Vodoun qui lui
correspond, à elle femme, est Minona (la Déesse Mère). Elle reçoit
une marque de ce Vodoun dans sa matrice et fait œuvre de grande
prêtresse. Ce qui fait d’elle un sexe privilégié en sorcellerie pratique,
sans nul besoin de Lègba privé.
L’initié supérieur a le grade de Bokonon, mais pour être un vrai
consultant, il devra apprendre les 256 récits mythiques de Fa, se
rendre capable d’interpréter toutes les allégories contenues dans
ces récits, maîtriser les cérémonies rituelles remédiant aux tares de
chacun des 256 personnages symboliques, connaître des secrets du
Lègba de la communauté, Tolègba, etc. A savoir que Falègba,
Hounlègba et Gbadou sont des variantes de Lègba.
6 – Matérialisation de Boko-Lègba
Si le Lègba individuel est constitué avec un témoin de votre corps et
avec votre seul signe de Fa, le Tolègba (Lègba du peuple) est
constitué avec les 256 signes. La légende rapporte qu’un ancien
Tolègba, c’était un homme (volontaire, croyons-nous) qui après avoir
mangé la sorcellerie des 256 signes était inhumé vivant debout ou
assis dans un trou creusé à cet effet. Sur ce vodoun est fait un relief
ayant la forme d’un mâle au phallus phénoménal. Il est posé non loin
de la voie et face à la voie. Etant un “magic maker”, comme c’est
écrit dans un ancien livre d’anglais au programme dans les cours
secondaires du Bénin, Tolègba est en relation avec tous les êtres
humains, tous les Vodoun (les dieux) et avec les mânes des défunts.
Qui ne se souvient pas de ce fameux soldat combattant pour la
France et à qui le Tolègba de Covè avait été envoyé pour son salut ?
L’homme Tolègba lui était apparu pour lui remettre un collier à porter
pour sa protection à la guerre. Tolègba est un corps pour Boko-
Lègba, l’Inconscient collectif. Il sait tout, et peut presque tout dans
les relations sociales.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Boko-Lègba est dans
toutes les religions. Car il est la somme de nos pensées, de nos
paroles, de nos sentiments et de nos actes, quelle que soit notre
croyance. La Tradition dit que Tolègba est l’imprésario
incontournable de tous les Dieux manifestés. C’est seulement là où il
n’y a ni pensée, ni parole, ni acte, qu’il n’y a pas de Boko-Lègba.
Le Yao-Icha de Kinta enseigne que le Dieu Hèviesso de Feu, avant
de frapper quiconque par un coup de foudre, “téléphone” au Tolègba
de la contrée, afin de savoir avec précision ce qui justifie les plaintes
formulées contre l’accusé. Aussi Hèviesso (informé par Tolègba)
foudroie-t-il même des chrétiens fautifs ayant en main une Bible.
Tout un autel de paroisse a été foudroyé pour exhumer un colis
magique nuisible placé par un paroissien égoïste.
Si Hèviesso est juste, il faut avouer que Tolègba, lui, est un peu
neutre. Sa maison (Tolègbahoué) est un lieu fort chargé d’éthers.
Les envoûteurs et les sorciers y vont et, à leur guise, réorientent les
forces de l’Inconscient vers des cibles faibles blâmées pour des
péchés mignons, alors que des tyrans sont là, à l’aise, épargnés.
Est-ce pour cela que les chrétiens le rudoient comme s’il était
Awovi, l’esprit du mal ?
Boko-Lègba n’est pas mortel. Il est présent dans chaque peuple,
chaque communauté, qu’il ait été fixé ou non en un lieu. En insultant
et dénigrant Lègba ou Tolègba, les chrétiens au plus minimisent les
négativités de leurs propres subconscients. En le glorifiant, les initiés
de la Géomancie-Fa mettent les forces raisonnables de leur
personnalité au-dessus des impulsions mentales.
Quand l’initié de Fa meurt, son Fa et son Lègba doivent être tués,
pour ne pas constituer des démons ambulants, mais nul ne tue
Boko-Lègba, archiviste invisible de la communauté.
7 – Les limites de la Géomancie-Fa
Enfin nous vous disons que si vous voulez profondément agir sur
votre moi, ne le fixez pas par des initiations à la Géomancie-Fa. La
liste d’interdits vous fichera le camp, si vous ne cherchez pas à vous
désaltérer chez les Bokonon. Les envoûteurs initiés d’aujourd’hui
sont si astucieux, si malicieux qu’ils parviennent à nuire aux initiés
de Fa. Votre Lègba ne peut plus rester dehors, au portail. Il faut
l’enfermer, pour le protéger. Que vaut un chien de garde dans un
coin de la chambre à coucher ? De plus, qui ignore qu’un super-
sorcier est un puissant Lègba en déplacement ?
Malgré cet avertissement, nous devons faire preuve de réalisme.
Les hommes qui ne cherchent qu’à amplifier la vie dans la matière
ont tout intérêt à se confier à la Géomancie-Fa. Cela vaut mieux
pour eux que d’être ballottés comme des bouchons de liège dans les
torrents de la vie.
Le difficile cependant, c’est de pouvoir rencontrer un vrai Babal’Awo
là où les charlatans sont les plus nombreux.

G – Le Culte Vodoun et les cultes assimilés


1 – Nunyi : les noms des êtres et des choses
Le troisième étage étant celui des codes, il est naturellement celui
des noms. Mais ceux-ci n’ont de valeur que s’ils parlent, s’ils
s’adressent à quelqu’un ou à quelque chose. Or voici que les
apostrophes que nous recevons nous touchent à deux niveaux : un
niveau matériel et un niveau psychique. Au plan matériel, l’oreille
capte le message et le transmet au cerveau qui l’interprète et lui fait
la réplique voulue. Au plan psychique, c’est l’oreille éthérique qui
capte le message par audition directe ou par télé-audition (sans
téléphone). Dans ce second cas, l’objectivité mentale n’intervient
pas. Ce que le linguiste appelle décodage et interprétation n’y vaut
rien. Le verbe transperce votre corps et vous fait agir, sauf si vous
êtes psychiquement plus fort.
La tradition reçue des Fon tient un répertoire des noms mystiques
des êtres et des choses. L’homme a un autre nom, la femme a un
autre nom. Le chien, le chat, le serpent ont leurs sacrés noms. Les
nuages, les vents, la pluie, tout a un nom sacré. Ces noms sont
transmis d’un initié à l’autre, exclusivement de bouche à oreille, et
sont bien distingués sous le vocable de nunyi (nougni) signifiant
"noms sacrés des créatures". Le nom Sagbata était nunyi du Dieu
de la Terre. On l’évoquait religieusement, et pour parler de lui en
profane, on indiquait la Terre du bout du doigt. Ou bien on l’appelait
maître des éruptions volcaniques ou cutanées. On l’appelait aussi
Dokounnon, c’est-à-dire propriétaire des trésors de la Terre.
L’évocation par incantation du sacré nom de Vodoun Dokounnon
était et demeure source de grande protection du corps physique, où
que l’on soit.
L’initié qui sort la nuit appelle le nom secret de la Nuit et lui demande
de le protéger. Il prononce le nom de la Pluie et lui ordonne de
l’épargner. Alors même si la pluie tombe, aucune goutte d’eau ne le
touche. Tout se passe comme s’il était sous un grand parapluie. S’il
entre en forêt, armé, en quête de gibier, sa parole le fait seigneur
des bêtes cruelles. Les scorpions et les serpents s’éloignent de son
chemin. Les fauves le respectent. Le nom Dègan désigne ce
chasseur savant que rien n’attaque de la jungle.
Pour majorer l’efficacité de l’incantation, l’homme grignote une
tranche d’ahowe-garcinia kola enduite de sang de pigeon et passée
au feu de bûchette et du soleil, avant de lancer le verbe agissant.
Cela explique pourquoi nous ne pouvons donner aucune recette ici.
Le pouvoir des noms mystiques est neutre et peut blêmir sous la
houlette des valets du seul vodoun jamais adoré : Awovi. (Cf. Cas
No 15 des duperies du premier étage).
2 – Les offrandes parlantes
Au troisième étage, les offrandes de fruits sucrés sont faites aux
Divinités dans l’espoir de recevoir d’elles le nectar de la vie. Le
modernisme amène aujourd’hui les nôtres à substituer des boissons
sucrées aux fruits. Mais le sérieux du troisième étage vodoun,
hormis les risques de nuisance, c’est la parole donnée par le choix
des mots. Le verbe. On y magnifie tout par la parole. Un verre de
sucrerie est appelé jarre de miel. Un gâteau est présenté comme
étant une corbeille de beignets de haricot. Un peu d’argent, c’est un
lourd sac de gros sous-cauris. Quelques personnes venues
communient, mais on dit que tout le village s’est réuni et que tout le
monde a mangé. Au lieu de dire naïvement que la paillote du
mausolée se délabre, on laisse entendre (et penser) qu’elle se fait
de plus en plus belle. On fait beaucoup attention, car un message
véridique rébarbatif délivré en ces endroits est un ensorcellement
suggéré. Les murs ont des oreilles. Et pas seulement eux.
Il y a dans la mystique vodoun de nombreux signes et gestes
efficaces.
3 – Le claquement des doigts
Pour envoyer une force volontaire à une cible bien en vue, on
regarde fixement le point de chute et on fait claquer le majeur et le
pouce à l’idée que le missile est parti. Les Eglises évangéliques du
Bénin ont intégré cette technique à leur arsenal combatif, sans
aucune marque de gratitude envers le Culte vodoun.
4 – La croix des coups de balai et la croix de la Terre
Tout objet régulièrement utilisé pour balayer des ordures est un
balai. Tout vieux balai conquiert le pouvoir de chasser les ordures (y
compris les esprits orduriers) et de les jeter sur les tas
d’immondices. Quand on est chez soi angoissé à la limite de la
névrose, on bat l’air et les angles du local avec un balai usé, en
signe de croix, obliquement, en disant : « Je brise et chasse toutes
les ordures de cet appartement, au nom des vieilles et antiques
utilisatrices de balais de ménage ». Commencez à l’intérieur et
finissez au seuil de la maison. Des sorcières invisibles ainsi battues
en ont rendu un vivant témoignage dès leur retour dans le corps
physique.
Il n’y a pas que la croix des coups de balai. Le signe de croix est le
signe-témoin de Vodoun Sagbata-Terre. L’adepte imprégné de
Sagbata fait une salutation en forme de croix, partant du bas au
centre et à gauche, encore du bas au centre et à droite, puis de bas
en haut, en passant par le centre et en se redressant. Ce signe n’est
pas tiré du christianisme. Sagbata portait des chapelets de cauris en
bandoulières croisées à la poitrine au niveau du diaphragme, et au
dos. La protection que donne Sagbata est liée à la croix. Les
scarifications par lesquelles certaines poudres vertueuses dites de
Sagbata touchent le sang et le subconscient sont en forme de croix
d’André sur le corps voué à la protection de Sagbata. Nous aurions
dû dire "Croix de Sagbata" au lieu de croix de St-André.
5 – Le cercle et le carré
Les analphabètes prêtres de Fa (Bokonon), avant n’importe quel
oracle, évoquent DADASEGBO (DIEU WEKEDOTO) et le prient de
projeter (même la nuit) la lumière de son Soleil toujours vivant sur le
centre des archives de l’univers. Le faisant, ils dessinent un cercle
(l’univers) et marquent sa circonférence de quatre coupes
équidistantes, formant ainsi dans le cercle le carré des quatre points
cardinaux. Pour en savoir plus, il faut aller au Fa. Le cercle et le
carré sont fort utilisés en magie nègre, magie des Noirs (A ne pas
confondre avec la sorcellerie destructrice appelée magie noire).
Pour ne pas être perturbé par des esprits indésirables pendant que
l’on prépare ou prend un repas mystique protecteur ou aiguilleur, on
fait au préalable trois cercles concentriques (chacun ayant sa
couleur) autour du point opératoire. Ainsi utilise-t-on la suie ou le
charbon, le kaolin ou les cendres de veille, la poudre de pierre
ferrugineuse ou la farine de maïs mélangée à l’huile rouge.
6 – Le rinçage et le frottement
Le geste consistant à rincer par le frottement d’un corps dans l’eau
est connu de la Tradition vodoun. On rince intentionnellement les
habits d’un malade pour le dégager. Avec la feuille Yεyihwε (Entada
abyssinica) utilisée pour frotter le corps d’un possédé psychique à
l’eau, à l’idée de l’exorciser, on libère la personne. Le Bokonon frotte
dans une infusion de purification (hysope, basilic…) pendant des
heures les noix de Fa imprégnées du subconscient d’un initié. La
personne concernée est ainsi purifiée et la chance lui sourit en
argent, en amour, en relations professionnelles, etc.
On soulage de violents maux de tête en frottant avec les deux mains
le crâne du malade et en ordonnant aux céphalées de déguerpir. Les
paumes de mains sont enfin posées sur un mur qui absorbe le mal.
7 – Les Eléments Eau et Feu
La symbolique occidentale dit de l’eau qu’elle est magnétique et
féminine, et du feu qu’il est électrique et masculin. Les deux liés
donnent un certain électromagnétisme bénéfique. Sans aller à
l’école des Blancs, les Noirs du Bénin utilisaient et utilisent encore
l’eau contenant du feu : tisane chaude, bain chaud, huile chauffée au
soleil, eau dans laquelle est éteinte une braise, etc.
On demande à DADASEGBO-Soleil de remplir de feu une cuvette
en argile contenant de l’eau. On jette alors dans celle-ci du charbon
ardent, à l’idée d’y envoyer du feu. Cette eau dégage par bain ou
boisson.
Dans notre livre Comprendre nos réalités invisibles, nous avons
rapporté une recette sur comment on met du feu dans du sang de
pigeon aux fins de fabriquer un condensateur fluidique solide.
Le Dieu Hèviesso, Fils-Feu de DADASEGBO-Soleil, gère les feux
en tenant compte des eaux. N’est-il pas appelé Dieu de la Foudre
(Tonnerre) et des eaux du ciel (précipitations atmosphériques :
crachin, pluie, averse) ?
Aujourd’hui, c’est peut-être superstitieux d’exiger dans sa chambre
la nuit un feu à côté d’une calebasse d’eau. Nos aïeux en tiraient un
bien certain, cependant.
Un cierge allumé à côté d’un verre d’eau, voilà qui est moderne. Au
lieu d’éteindre dans une calebasse contenant de l’eau potable le
bout enflammé d’un tison, en y appelant le pouvoir libérateur de
Hèviesso, aujourd’hui on éteint une bougie à la mèche enflammée,
dans un verre d’eau vive, en y appelant le pouvoir libérateur de
Saint-Michel-Archange. Le moderniste ou le traditionaliste font
cependant la même chose. Il fait aussi la même chose, ce chrétien
qui, au lieu de Saint-Michel-Archange, appelle le pouvoir salutaire de
Jésus-Christ.
Proche d’eux est le kabbaliste qui allume six bougies en cercle
autour du verre d’eau et qui y trace un hexagramme du Soleil en
évoquant le pouvoir de Tipheret (6ème Emanation de l’arbre de vie
séfirotique) géré par Saint Raphaël.
Si dans un verre d’eau à moitié rempli vous mettez debout un cierge
allumé plus haut que le verre et que vous demandiez à DIEU de
daigner créer chez vous une parfaite harmonie entre l’eau et le feu,
et qu’aucune puissance immonde (impure) ou démoniaque (qui
divise) ne puisse y subsister un instant, sachez que le Dieu de
Lumière, d’Amour et d’Harmonie est présent chez vous. Laissez
consumer le cierge dans l’eau et endormez-vous sous les rayons
d’une douce veilleuse allumée. Le lendemain, voyez le restant d’eau
et de mèche. Il est chargé de feu converti. Ne le jetez que pour
renouveler l’opération.
Dans une certaine mesure, tout corps solide est Terre, tout liquide
est Eau, tout gaz est Air et toute chaleur est Feu. Les huiles font
donc partie de l’Elément Eau.
Si ça vous plaît d’imiter vos aïeux nègres, prenez une calebasse un
peu grande, mettez-y une poudre de feuilles vertueuses de votre
choix, renversez sur la poudre végétale une terrine passoire
(ajalalazεnvi) de la grosseur d’une orange, versez-y de l’huile de
palme ou de palmiste, faites passer par le trou central du dos de la
poterie une mèche de coton tressé qui surplombe l’huile. Appelez
DADASEGBO (SEGBOLISSA-WEKEDOTO) ou son Fils-Dauphin
MAHOU ou son Archange Hεviesso dans une prière que peuvent
exalter les feuilles mises en poudre. Evoquez la Lumière invisible de
DADASEGBO-SOLEIL et enflammez la mèche. Reprenez la diction
de vos vœux, lesquels doivent être conformes aux vertus des
feuilles (Cf. premier étage pratique et rez-de-chaussée). Mettez dans
l’huile vos doigts gauches (si les vœux sont sublimes) ou droits (pour
les vœux matériels), frottez les deux paumes de mains l’une contre
l’autre, ouvrez-les au-dessus de la flamme au milieu, et portez-les
sur votre corps. Enduisez-vous en reprenant les vœux.
A la fin, remerciez vos guides spirituels, les Dieux et DIEU, puis
éteignez la flamme, au moyen du pouce et de l’index pressant la
mèche. La Tradition des Fon rapporte qu’en éteignant un tel feu de
vie par le souffle sorti de sa bouche un mystique est devenu fou.
Cela n’est pas idiot pour quiconque se souvient que le souffle (l’air)
fait vivre la flamme (le feu) plutôt que de la tuer (l’éteindre). Pour se
sentir en condition avant l’opération, on grignote N’dida
(condensateur du verbe).
Ce rituel est fait quand on sort de la douche (du lavabo), le soir. Les
quatre Eléments y sont représentés : la Terre (la poterie et les
feuilles), l’Eau (l’huile), l’Air (la prière dite) et le Feu (la flamme).
NB : Si quelqu’un parvient, matériellement ou éthériquement, à
dissocier les supports que sont la terre et l’eau, ce type de pouvoir
du troisième étage se disloque. D’où la prééminence irréversible des
quatrième et cinquième étages.

H – La symbolique des couleurs


Tout être humain, dès sa naissance, frotte avec les couleurs.
La couleur que nous avons sur le corps et celle que nous regardons
habituellement agissent un peu (ou beaucoup) sur notre aura.
L’aura, c’est le rayonnement que dégage notre corps et qui
s’exprime en énergie colorée mais invisible autour de l’organisme,
de la tête aux pieds. Des photographies couleurs de l’aura se font
dans les services de l’imagerie médicale en Europe notamment en
Russie (Cf. l’œuvre de Kirlian). Décidément, la métaphysique petit à
petit lègue ses trésors aux sciences physiques et au monde de la
technologie !
La couleur de notre aura témoigne de notre niveau de conscience et
de l’état de notre santé.
Le jaune d’or, couleur solaire de l’amour altruiste, de l’harmonie et
de la vie dans la densité, est la couleur de la guérison par
excellence. Couleur de mûrissement et de la réflexion intellectuelle,
elle est bonne pour les murs des salles de classe.
Le blanc brillant, source de toutes les radiances, est la couleur de la
pureté et de la sainteté. Couleur de la sagesse divine, elle convient à
quiconque se veut inoffensif dans les prières adressées à Dieu
créateur.
Le bleu clair pacifie et sécurise. C’est le badigeon des chambres à
coucher pour un meilleur sommeil.
Le vert nourrit les nerfs, notamment les nerfs optiques, raison pour
laquelle on peint parfois les tableaux d’études en vert. Toute
promenade en verdure est une chose agréable. Le vert également
fait prospérer l’agriculture. Le vert des champs donne de l’espoir
pour une bonne récolte et le jaunissement des épis (mûrissement du
vert) est signe d’une grande provision et d’une richesse certaine, à
l’instar de la richesse intellectuelle. Notre hymne national en parle.
Le bleu-roi rend honorable. Un manteau bleu-roi sur une robe
blanche est un accoutrement parfait pour faire appel à la Divine
Miséricorde, la Divine Mère.
Le rouge vif, qui aiguise aussi les appétits culinaire et sensuel, rend
brave et zélé, faisant des ouvriers compétents et des sauveteurs (Cf.
l’étoile rouge des révolutionnaires, le béret rouge des sapeurs-
pompiers et la Croix-Rouge des secouristes).
Le noir, en tant que couleur, n’existe pas. Le noir, c’est l’absence de
la lumière et du bien. Or voici qu’inconsciemment nous appelons
dans notre aura des forces ténébreuses. Nos idées noires, nos
pensées négatives, nos mauvaises impressions, nos sentiments vils,
nos propos vexatoires et nos actes répréhensibles font dans notre
aura des entailles polluées qui engendrent des disfonctionnements
en nous et dans la vie de nos proches. Qui ignore que le rouge de la
colère et de l’emportement est un rouge sale et sombre qui crée une
hypertension artérielle capable de tuer ?
La chromothérapie n’est pas une vaine pratique. Un hypertendu qui
peint en bleu-clair ou en bleu-vert les faces internes des murs de
son appartement, tout en évitant de porter des habits rouges et de
penser rouge, verra son état de santé s’améliorer. Ce n’est pas pour
rien que les moustiquaires sont teintes en bleu-clair, en bleu-vert ou
en blanc. Une moustiquaire rouge troublerait plutôt la quiétude et le
sommeil.
Une question capitale se pose cependant. Faut-il changer la couleur
de la peau suivant les circonstances ? Nous savons que non.
Nonobstant, force est de reconnaître que la couleur raciale a son
mot à dire dans la vie des peuples et des continents.
Le problème ne se pose pas sur les plans supérieurs de l’être.
L’intellectualité, la volition et la spiritualité ne sont l’apanage
d’aucune race ni d’aucune ethnie. La petite nuance est qu’elles
s’expriment chez l’homme vulgaire à travers les mailles de sa peau.
Les Noirs ont donc intérêt à s’affranchir des trois plus bas niveaux.
I – Lumière sur le concept “magie”
Le troisième étage étant aussi celui des conceptions intellectuelles, il
serait important de dire ici ce qu’est la magie et ce qu’elle vaut par
rapport à certaines théories non-rationnelles.
1 – Les prestidigitateurs
Ce sont des magiciens qui sont ainsi appelés par les athées, les
rationalistes. Ils sont plutôt des hypnotiseurs qui font voir ce qui
n’existe pas, ou des sorciers qui font des métamorphoses
spectaculaires. Les Zangbéto du Bénin en ont des secrets.

2 – La magie repeinte
C’est la première Eglise qui avait fait le jeu en Occident. Selon elle,
magie égalait sorcellerie destructrice. Elle avait en main les pouvoirs
politique, économique et militaire, et elle voulait être l’unique religion
au monde, au nom d’une théocratie. Comment serait-ce possible
que cette Eglise s’abaisse au point de concéder aux mages le
caractère divin de leur art ?
3 – Qu’est-ce que la vraie magie ?
Quelles ont été les toutes premières personnes divinement mises
au courant de la naissance du bébé attendu ? Quelles personnes
ont été guidées de très loin, métaphysiquement, jusqu’à ce
Bethléem où naissait l’enfant Jésus ? Quelles personnes ont donné
le top des hommages rendus à Jésus-Christ jusqu’à aujourd’hui à
travers le monde ? Quelles ont été les premières personnes
« divinement averties » du plan machiavélique du roi Hérode à
l’encontre de l’enfant Jésus ? Incontestablement, dans tous ces cas-
là, c’étaient les Mages venus de l’Orient. Leur nom donne une idée
de leur science : La Magie.
Simplement définie, la magie est la science des connexions
permettant à l’homme pensant, parlant, ressentant et agissant
d’utiliser les forces de la Nature, de l’Inconscient collectif et du
Cosmique en vue d’obtenir des résultats pris pour miraculeux. Les
ressources humaines sont donc les vrais canaux des pratiques
magiques, quelles qu’elles soient. Tout ce dont l’homme impacte
l’homme ou son environnement, sans que le rationaliste en saisisse
le fondement, est a priori magique.
4 – Etendue de la magie
La malédiction est magique, tout autant que la bénédiction. La magie
est la Science de DIEU dont des aspects fondent l’occultisme, le
mysticisme, la théurgie, le spiritisme, le spiritualisme et la
spiritualité. Ceux qui pratiquent la magie sans le savoir aboutissent
à des trouvailles hasardeuses qu’ils appellent miracles. Or tout
homme est magicien, qu’il en ait conscience ou non.
5 – Les types de magie
Symboliquement, Dieu est au Ciel, en haut, bien haut au-dessus de
notre tête. Le diable lui est dans la Terre, en bas. En cela se justifie
l’emploi des expressions “Monter au Paradis”, “Descendre en Enfer”
ou “Passer au Purgatoire”. Ce schéma nous offre trois types de
magie : la magie divine, la magie blanche et la magie noire. La
magie divine est celle qui purifie le subconscient et élève l’homme
vers son Dieu. La magie blanche est une magie pure dont la
résultante est le bonheur partagé sur terre. Elle s’allie facilement
avec la magie divine. La magie noire, elle, est une magie facile, sans
exigence éthique et qui procure plaisirs diaboliques et pouvoirs
oppressants à qui en use. La magie des démonstrations
spectaculaires, qui n’est ni noire (ni nuisible), ni blanche (ni
bénéfique), ni divine (ni élévatrice), et qui n’est pas un type de magie
à part, est parfois appelée magie rouge.
Difficile est-il cependant de définir des frontières séparant nettement
les trois types de magie. A moins que l’on catégorise les praticiens
selon leurs degrés de pureté et de pouvoir.
Les hommes purs et puissants sont les vrais mages à qui DIEU
confie des missions de salut. Les hommes purs et faibles sont des
agneaux dans le besoin de se faire conduire par un mage bon
pasteur. Les hommes impurs mais puissants sont des magiciens
noirs qui jouent le rôle du mal dans les compensations karmiques,
les épreuves initiatiques et les tendances involutives. Les hommes
impurs et faibles sont très vulnérables. Ils vénèrent les magiciens
noirs et s’abreuvent à leur mare boueuse. Marchant après un bon
pasteur, ils sont hypocrites et inconstants.
6 – Lieux chargés d’éthers
Certains lieux d’amplification des charges mentales et psychiques
sont, en magie, préférés. Il s’agit des tas d’ordures, de maints
vodoun, de l’autel des ancêtres, des croisées de chemins, des
fourmilières, des termitières, des plages, des rivages, des grands
arbres, des forêts sacrées, des lieux de cultes (paroisses, couvents,
temples), des tombeaux, des cimetières, des devantures funèbres,
des lieux de pèlerinage, etc. Les chrétiens magiciens noirs utilisent
les charges du Tolègba mentalement formé par les paroissiens.
La Tradition béninoise, connaissant le pouvoir magique de ces lieux,
conseille de savoir garder la bouche-vodoun quand on est à
certains endroits chargés d’éthers.
7 - Responsabilité magique de l’homme
Les êtres humains sont les seuls vrais canaux des pratiques
magiques. C’est que, en vérité, DIEU "n’agit pas" directement et
matériellement dans la vie des hommes, si ce n’est par ses Lois et
mécanismes. Même les esprits non-humains qui opèrent de manière
palpable sur Terre sont appelés et/ou manipulés par des hommes.
Sans mage kabbaliste à ses côtés, Israël a tout le temps souffert de
guerres ou d’exil, quoiqu’adorant le même Elohim (Dieu), Adonaï (le
Seigneur), Shaddaï (le Puissant) et Sabaoth (le Tout-Puissant) de la
même façon que prescrite par Moïse le Mage.
Sans homme puissant "à ses côtés", aucun Dieu ne fait du
génocide. DIEU nous inflige Karma, en nous donnant du libre-
arbitre. Bien sûr que oui. Du libre-arbitre. Quand des hommes
décident de bombarder un pays, ils le font, à moins que leurs
ennemis aguerris sachent les repousser. Quand des Kamikazes
décident de faire du carnage au milieu d’une foule nombreuse de
chrétiens réunis à la messe, ils le font aisément, à moins que
d’autres hommes déjouent leur plan lugubre. Peu importe que ce
soit le moment précis où se célèbre l’Eucharistie ; DIEU laisse
détoner l’explosif.
Dans les églises, les temples, les mosquées, les couvents, les loges,
les dojos, écoutez bien le dirigeant, regardez ce qu’il fait, appréciez
ses recommandations. Ses paroles et actes lui incombent
entièrement. Si jamais il vous maudit au nom de Dieu, sachez qu’en
réalité c’est lui (et non Dieu) qui vous maudit et qu’il le fait en usant
de ses pouvoirs magiques. La malédiction qui avait tué Ananias et
sa femme Saphira (Actes 5, V. 1 à11) était sortie de la bouche de
Pierre et non de Jésus le miséricordieux. Question de responsabilité.
A Haya, une jeune fille élève accepta de s’unir au comptable (d’une
institution de micro-finance) qui lui avait fait la cour quoiqu’il fût déjà
marié à son Eglise. Deux mois plus tard, la dame de 18 ans fut
invitée par le "pasteur" qui ne voulait pas excommunier l’argentier,
car celui-ci investissait beaucoup dans son association.
La dame vint, et à la fin de la messe, le "pasteur" lui demanda
d’attendre. Sitôt que tous les fidèles eurent vidé les lieux, les sept
membres du comité paroissial entourèrent la pauvre alors enceinte.
Le dirigeant lui dit : « Le frère Untel est déjà marié dans notre Eglise.
Si tu ne le quittes pas, ce que tu portes dans le ventre ne donnera
rien. Ton union avec notre fidèle te portera éternellement malheur.
Au nom de Jésus de Nazareth ». Et les six autres, en chœur,
redirent la même malédiction, "au nom de Jésus de Nazareth".
Dès ce soir, la pauvre perdue commença à souffrir de maux de
ventre. Un mois plus tard elle eut un avortement. Enfin à l’hôpital,
elle sut qu’elle avait contracté un mal d’utérus. Le scanner fit voir
une matrice crottée étreinte d’un rouleau de serpent mystérieux. Une
lourde ordonnance lui fut remise. Mais que peut y faire la
médecine matérielle ?
Les dirigeants religieux savent bien qu’ils forcent la main à Dieu,
puisqu’ils maudissent des gens là où ils auraient dû laisser Dieu
juger librement.
8 – Noircissement de la magie
La magie noire (sorcellerie destructrice) n’est rien d’autre que
l’utilisation néfaste des pouvoirs personnels connectés aux forces de
la Nature, aux esprits et aux négativités de l’Inconscient collectif, en
vue de déstabiliser un bonheur existant (ou imminent) ou de détruire
une vie ou encore d’insinuer une involution spirituelle.
D’une manière absolue, DIEU ne donne pas de leçon de magie
noire. C’est le serpent du mental humain qui, connaissant le POUR
et le CONTRE des choses, tourne la médaille du bien et fait de son
revers le mal qu’il veut. Nous avons déjà souligné la responsabilité
magique de l’homme. Et c’est capital.
Pour dégager l’utérus congestionné d’une femme désireuse de
concevoir, certains médicaments sont utilisés, qui donnent une
menstruation abondante, mais des gens se servent de ces mêmes
médicaments comme produits abortifs et donc pour expulser des
fœtus.
Pour guérir à distance un malade, on a besoin d’orienter la charge
magique créée sur la personne en se servant de son nom et de son
adresse. Pour être sûrs de réussir, des guérisseurs font usage des
rognures d’ongles, des cheveux ou des vêtements précédemment
portés par le gars. Mais pour nuire, des bêtes sauvages enfouissent
ces témoins dans des termitières vives ou des tas d’ordures ou les
enterrent au cimetière accompagnés d’une malédiction.
Pour empêcher l’arrivée de la discorde dans une manifestation
folklorique, les connaisseurs donnent à Lεgba ou à Tolεgba une
tasse de lait froid fait du mélange de la farine de maïs blanc avec de
l’eau fraîche. Et la paix règne sur le lieu. Les méchants gars, eux,
donnent une bouillie très chaude à Tolεgba en lui disant que cette
bouillie appelée ADAN (colère en Fon) lui est envoyée par telle
personne ou tel groupe de personnes qui doivent en souffrir. Et la
colère éclate au sein de la foule.
Pour attirer les faveurs relationnelles de Vodoun Dan (esprit de l’air),
les "animistes" donnent à ce Vodoun un aliment sucré aux couleurs
douces (banane mûre verte, ananas, patate douce, maïs blanc cuit
arrosé de sucre blanc, etc.), mais vos ennemis offrent en votre nom
à ce Vodoun du piment rouge sauvage très piquant, pour vous
chauffer la vie avec dix mille problèmes.
Pour émerger dans une saine émulation ou à une compétition, des
chrétiens se comparent au Lion de la tribu de Juda, Jésus de
Nazareth, Roi des Juifs. Mais pour arrêter ou éliminer des
adversaires légitimes, les tordus comparent Jésus à un Lion féroce
et lui demandent par la magie de dévorer leurs ennemis (en réalité
leurs concurrents).
Pour faciliter la concorde entre des amis ou copains, Jésus avait dit :
« Tout ce que vous lierez sur la Terre sera lié au Ciel », mais des
"chrétiens" magiciens noirs récitant des psaumes et attachant des
bougies nommées telle fille et tel garçon, citent cet archétype pour
changer des personnes libres en bêtes amoureuses obsédées et
asservies par magie noire.
Pour alléger le travail sur soi et faciliter l’ascension spirituelle,
Pythagore avait enseigné la pratique du pentagramme qu’il fallait
tracer avec une pointe en haut et deux en bas, à la manière d’un
homme debout, jambes écartées, bras étendus horizontalement.
Mais les magiciens noirs tracent le pentagramme de façon qu’il ait
une pointe en bas et deux pointes en haut, ce qui symbolise un
homme marchant sur la tête et ayant les deux jambes tendues vers
le ciel, ce qui aussi fait manger la poussière des "biens" matériels et
de l’inconscience avérée.
Inutile de continuer à citer des exemples. Comme nous venons de le
voir, certains éléments des œuvres sacrées sont corruptibles. Il en
est de même des versets dits sataniques du Coran et des
archétypes de la Bible. C’est l’homme qui pervertit tout à sa guise.
D’ailleurs le mental en chacun de nous est un bon dieu mais aussi
un Lucifer (étymologiquement : ancien porteur de lumière) qui, s’il
n’y prend garde, tombe dans le mal et paraît en tout comme un
prince des démons.
Un tel maniaque qui, noircissant la magie, éteint des lampes
humaines nourries par la Centrale Electrique du Père Solaire se
crée, par rapport à la Loi de la Compensation (Karma), une
conscience ténébreuse dont la destinée involutive est
immanquablement l’Enfer à tous les niveaux.
9 – Le 10 Janvier non-magique au Bénin
Dans les duperies de cet étage nous expliquerons le danger de la
divulgation des calendriers inventés sur la multitude des mauvais
jours de l’année. Car nous savons qu’en salissant certains jours par
leurs paroles et leurs pensées, les hommes envoûtent ces jours et
ceux-ci suscitent des accidents et des épisodes de malchance. Par
contre, s’agissant de la célébration d’une tradition multiséculaire, il
est indispensable d’en respecter les croyances qui ont force de lois.
Les mesures de temps traditionnelles au Bénin se prenaient par
rapport aux jours de marchés, aux lunes et aux saisons. Or le 10
Janvier pour célébrer les “religions endogènes” est monstrueux. Le
terme médical “endogène” convient peu pour qualifier un culte. Il
devrait laisser sa place au qualificatif “indigène” plus approprié aux
cultures, à moins que l’on consente à changer le tout en “Religion
Vodoun” ou “Religion traditionnelle africaine”, suivant le mot du Pape
Jean-Paul II venu au Bénin en 1993. Le 10 Janvier, lui, n’a rien de
traditionnel. Au fait il tombe parfois sur un vendredi, un mardi ou sur
un jour de lune noire (nouvelle lune). Et les adeptes du culte Vodoun
ne font la fête que dans la résignation totale. Ce qui comporte un
danger psychologique grave.
Si donc au nom de la laïcité constitutionnelle de notre patrie, l’on
tient à la célébration une fois par an de la Religion traditionnelle
africaine, l’on devra croiser les exigences de la semaine des sept
jours (devenue semaine béninoise pendant et après la colonisation)
avec celles de la lunaison et des saisons. Ainsi pourra-t-on mettre
cette célébration au dimanche, jour de SEGBOLISSA-SOLEIL,
Sunday en anglais, jour d’Apollon et d’Amon-Râ. Ce sera le
deuxième dimanche venant après la première ou l’unique nouvelle
Lune du mois de décembre. Et le lendemain, lundi, sera chômé, à
l’instar du lundi de Pâques ou de Pentecôte. Ce moment convient
car la lune croissante est le meilleur aspect lunaire selon nos
traditions. Mieux, c’est la lunaison des récoltes partout au Bénin.
L’auteur de ce livre ne trouve aucun inconvénient à cette
commémoration. Et ce n’est pas l’UNESCO qui dira le contraire.
10 – Karma et magie
En Afrique, il est souvent dit : « Quiconque a semé du voandzou ne
peut s’attendre à récolter du souchet » ou : « La cendre jetée revient
vers celui qui l’a jetée ».
En Occident, on sait que « Qui sème le vent récole la tempête », que
« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » ou que
« Comme on fait son lit on se couche ».
En Australie on donne l’exemple du boomerang qui, lancé, revient à
son point de départ.
En Orient, c’est karma, la loi qui fait subir à l’homme ce que cet
homme fait subir à autrui. Est-ce la loi du Talion ?
A la magie s’applique la loi de Karma. Puisque ce que nous
émettons et lançons nous revient, le mage tâche de ne produire que
ce qu’il aimerait recevoir avec plaisir. A cela se conforment les
croyants sans le savoir.
Pour affaiblir les négativités du subconscient (sans le savoir), les
chrétiens chantant et dansant piétinent Satan, disant fort qu’ils
piétinent le mal, le diable. Ainsi font-ils de la magie.
Pour recevoir les grandeurs du Ciel, ils louent la grandeur de Dieu
(Jésus est le Roi, Jésus est le Maître des maîtres, Jésus est le
Seigneur. Jésus est vivant pour toujours. Jésus est tout-puissant,
Alléluia, Amen…)
Le karma magique diffère de certains péchés qui sont de simples
contraventions des lois sectaires non-universelles (Par ex : Travailler
le samedi est un péché judaïque.)
Que ce soit la cendre jetée selon les Béninois, la loi de la
transformation énumérée par le français Lavoisier, le Boomerang
des Australiens ou le Karma oriental, il s’agit de cette Loi qui nous lie
(bien pour bien et mal pour mal) à tout ce que nous faisons,
ressentons, disons et pensons. C’est l’homme qui façonne son
destin.
11 – Magie et ingérence karmique
Karma veut que chaque homme assume ses responsabilités, sa
croix.
Sauf les personnes possédées par certains esprits agissant à
travers elles, nul ne peut délivrer tout le monde. Allez interroger les
prêtres exorcistes de l’Eglise catholique, questionnez les effusés du
Renouveau Charismatique. Ils vous diront qu’ils subissent des coups
pendant ou après les activités d’exorcisme ou de délivrance. Le cas
est bénin dans les Eglises évangéliques, parce qu’elles impliquent
de nombreux fidèles travaillant en synergie, mais là aussi, tout n’est
pas rose.
En forçant la délivrance d’un grand débiteur karmique non contrit, le
chercheur peut périr pour s’être immiscé dans une affaire qui ne le
regarde pas. Même si vous croyez le faire au nom de Jésus-Christ,
les négativités du subconscient du malade ou du forcené, de même
que les esprits dérangés par la lumière ne connaissent que vous,
praticien.
Il n’est pas donné à tout le monde de jouer au petit Jésus dans son
milieu de vie. La non-assistance à des personnes en danger est une
faute qu’il faut apprendre à éviter avec circonspection. Que de gens
ont été incarcérés pour avoir, en vain, prêté main-forte à des
désespérés à la rue ?
12 – La magie et les forces de délivrance-protection
Disons tout net que tout est vibration, que tout est force. C’est une
vibration colorée que l’on engendre quand on prie un Esprit divin,
quand on loue un Esprit Saint, quand on fait une litanie, quand on
visualise un bien, quand on médite, quand on communie, etc. L’effet
dépend de la quantité et de la qualité de la force arrivée. Cette
vibration colorée en bien (que nous appelons lumière) peut être si
intense qu’elle fait transpirer les assistants. Des guérisons ou des
délivrances interviennent, par une action sur les glandes et les
organes. La radiesthésie atteste bien cela.
Une élève en première au CEG Zado est malade. Quand elle entre
en transe, un esprit se manifeste et lui demande d’abandonner les
études.
L’affaire est connue, et le prêtre prie souvent pour elle. Mais un
samedi, l’esprit reparaît tandis que la fille est en famille, à la maison.
Ses frères et sœurs lui montrent un crucifix. Elle ouvre grand les
yeux et dit : « Un crucifix, qu’est-ce que ça peut me faire ? » Alors
ses parents commencent la récitation d’un Pater. Elle coupe et dit :
« Moi aussi je récite ça. Ecoutez… ». Et l’entité en la fille dit
parfaitement le Pater. On lui dit : « Sang de Jésus ! Sang de
Jésus ! » Elle dit : « C’est quoi ? Je dis ça aussi… » Et elle crie, elle
aussi : « Sang de Jésus ! ». Quelqu’un parmi les siens lance :
« Conduisons-la au jardin d’exorcisme ». La fille possédée rit et dit :
« Ce n’est pas la peine. Le père n’est pas là ». On l’y conduit quand
même. Effectivement, l’abbé venait de partir pour une réunion à
Abomey. Heureusement la rencontre est différée, et le curé aussitôt
retourne à la paroisse et au jardin. L’esprit sourit et hoche la tête. Le
prêtre prend sa toge d’exorcisme et la jette sur la fille. L’esprit en elle
hurle : « Enlevez ça, je brûle. Enlevez vite, ça me brûle… » C’est
que la charge véhiculée par cette toge dépasse ce que l’esprit peut
supporter. Là est la vérité.
C’est dans l’intention de “créer” une plus grande quantité de force
que les sectes font répéter à leurs fidèles des propositions telles
que : “Brûle-les, brûle-les, brûle-les”. Ou bien pour exorciser, elles
font dire : « Sors, je te dis, au nom de Jésus. Sors, sors, sors de ce
corps. Je te l’ordonne, au nom de Jésus de Nazareth. Sors vite. Sors
d’ici, au nom de… » Ainsi de suite.
Le Pater et l’Ave Maria sont récités des dizaines de fois dans “le
chapelet”. Eckankar matin et soir fait chanter le HU pendant vingt à
vingt-cinq minutes. D’autres mystiques répètent OM, AOUM, OUM,
RAMA plus de cent fois par jour. Tout ça pour intensifier la force
appelée.
Le professeur Jean Pliya, dans le cadre du Renouveau
Charismatique à Ouessè Wogoudo, un peu avant l’an 2000, nous a
parlé de l’un de ses déplacements en avion. Ce dernier signalant
une panne commença à tanguer. Le mécanicien en vain tenta de
réparer l’appareil volant. Le tangage devenait de plus en plus violent.
Il n’y avait plus rien à faire. La fatalité était là.
Quelqu’un commence à chanter « Jésus-Jésus-Jésus… » Puis
spontanément toutes les personnes embarquées, à savoir les
chrétiens, les musulmans, les éckistes, les animistes, les impies,
tous chantent Jéézu-Jéézu-Jéézu. Sans fin. Puis le signal rouge vire
en vert. Le vol se stabilise. Le pilote, agréablement surpris, déclare :
« Votre foi nous a sauvés ».
Dans une salle de conférence réunissant sur terre tous ces
opposants religieux, l’unanimité n’aurait jamais été faite autour du
nom Jésus. Or dans l’avion, là-haut, l’imminence du danger fatal a
mieux fait qu’un catéchisme, qu’un prêche, qu’une croisade, qu’une
guerre… Des croyants précédemment adversaires religieux ont, de
toutes leurs forces psychiques et mentales, convergé vers un même
point focal : l’avion et sa survie. Et ils ont chanté le même mot de
pouvoir, de la même façon, avec la même sincérité et pour le même
but. Et les puissantes vibrations ainsi créées ont envahi la panne de
l’aéronef et l’ont réglée.
Si les parents de la fille possédée étaient nombreux à crier et répéter
“Sang de Jésus !” sans interruption, en ayant dans la tête le fait
qu’ils appellent ce sang brûlant et purificateur sur l’esprit possesseur,
ça aurait réussi.
Tout est force et vibration, mais tout n’est pas qualifié pour opérer
des changements.
13 – La magie et l’obsession
Lorsque vous maintenez fixe dans votre tête une idée exclusive, et
que vous avez dans votre cœur le sentiment qui y correspond,
toutes vos énergies mentales et psychiques se ruent sur cette idée
et la nourrissent à vos dépens, si bien qu’elle vous chevauche
comme un esprit. Cela s’appelle obsession, surtout si peu à peu
l’esprit de discernement s’amenuise et disparaît.
L’obsession est une maladie mal connue dans les milieux religieux
où elle est taxée d’œuvre de Dieu ou du diable. “Œuvre de Dieu” si
l’obsession porte sur le prophète, une idée défendue ou une image
sainte. “Œuvre du diable” lorsque l’objet de l’obsession est rejeté par
la religion. La femme abandonnée par son mari le jour de leur
mariage peut facilement s’obséder et avoir des hallucinations où le
mari apparaît et lui tourne le dos. Œuvre du diable ou de la pensée ?
Mais voici un idolâtre qui, après avoir longtemps fixé sa pensée sur
l’image du fondateur de sa religion, est l’objet d’hallucinations où le
fondateur l’exhorte à aller propager son crédo à mains armées. Ce
dévot idolâtre n’est-il pas aussi un malade obsédé ? Bien sûr que si.
Tous les fanatiques sont des obsédés d’une croyance excentrique,
car l’impact majeur de l’obsession, c’est de mettre le deuxième
étage au-dessus du troisième, les émotions au-dessus de la raison,
la sensiblerie au-dessus de l’intelligence. (Cf. Négativités du
deuxième étage).
14 – La magie et la Vierge Marie
La vénération de la Vierge Marie par l’Eglise catholique est une
affaire très controversée. L’ignorance intellectuelle (Excusez
l’oxymore) fait dire que Marie n’est que la mère déifiée d’un
empereur romain. La terminologie « Mère de Dieu » très critiquée
serait une stupidité. Les catholiques malheureusement croient que la
Sainte Vierge est cloîtrée dans le seul rôle d’intercession, parce
qu’ils ne voient en elle que la mère physique de Jésus, ce qui ouvre
la bouche aux délateurs parlant de Jésus rejetant sa mère et ses
frères et disant : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent
mon enseignement ».
Il y a un préalable. Si vous ne concevez pas que Dieu puisse
prendre la forme que vous lui donnez pour se manifester à vous,
alors vous ne comprendrez jamais en quoi Jésus-Christ est Jésus
“fils de l’homme” et Christ “Fils de DIEU et Dieu”, à la fois ; vous
ignorerez que la Mère du Christ (donc la Mère de Dieu) se manifeste
à travers Marie mère de Jésus.
La Sainte Vierge aujourd’hui vénérée par les catholiques est
beaucoup plus la Déesse Mère du monde qu’une simple juive par
laquelle le Verbe de DIEU s’est fait chair. Elle porte un manteau bleu
sur une robe blanche. Debout sur le globe terrestre et écrasant de
ses pieds le serpent (symbole du mental dévié), elle nourrit la
Nature-Vie de la Terre par une Energie lumineuse sortant du bout de
ses doigts tendus. Sa grandeur est telle que sa tête (au ciel) est
auréolée d’étoiles pendant que son visage clément prouve qui elle
est : une Mère aimante.
Cette image était connue par les Hébreux avant l’ère chrétienne
comme étant celle de l’Archange de la Terre. C’est cette image qui
fut révélée à Catherine Labourée en 1830 dans la chapelle de la rue
du Bac à Paris. Sa seconde image, c’est une mère, jeune et belle,
allaitant son fils unique, notre Dieu. Là encore, ce n’est pas la mère
physique de Jésus, puisque la Bible dit que Jésus avait des frères.
Si jusque-là vous ne comprenez pas qu’il puisse y avoir une Mère de
Dieu, sachez en plus que si en Occident on parle du Père Céleste,
en Orient c’est courant d’invoquer la Divine Mère. On parle de
Minona (la Reine Mère du monde) au Bénin subéquatorial, de Iya (la
Mère magicienne) aux pays Nago, d’Isis (la Mère pourvoyeuse du
Dieu Horus) en Egypte antique. Des astrologues savent avec
précision que le Logos de notre Système solaire est notre Dieu, que
ce Dieu reçoit son Energie d’une Entité de grande Envergure
siégeant dans la constellation de Sirius et que cette Grande Entité
est la Mère de tous les Dieux planétaires et la Mère du Logos
Solaire, notre Dieu. Aussi donnent-ils à l’Ame du Soleil le nom de
Christ cosmique. C’est clair, non ?
Dans tous les cas, si on admet que l’Origine divine universelle est
Une, on doit pouvoir accepter que cette Source Ineffable unique est
un Tout de nature électromagnétique, équilibrée. Depuis que cet
Electromagnétisme primordial s’était différencié en Feu (Electricité,
Masculinité, Vivacité, Expansion…) et en Eau (Magnétisme,
Féminité, Douceur, Attraction…), on ne devrait jamais soutenir
l’existence d’un Père divin, sans admettre l’éventualité existentielle
d’une Mère divine. Et pour tout l’Occident aujourd’hui, la Divine Mère
a pour nom La Vierge Marie.
Tous les peuples de la Terre vénèrent la Mère divine mais à divers
niveaux, sous différents noms.
15 – La magie sexuelle
A supposer que le premier individu de chaque peuplade primitive fût
un hermaphrodite (comme Adam), on pourrait affirmer que la
copulation entre le mâle et la femelle reconstitue l’androgyne initial.
Ce qui sous-entend l’existence d’un principe de vie conjugale. En
fait, la bouche est magnétique chez l’homme et électrique chez la
femme, tandis que la verge est électrique et la vulve et le vagin
magnétiques. Pour donc engendrer un électromagnétisme parfait, il
faudrait que l’homme et la femme s’embrassent bouche à bouche et
sexe à sexe. Inverser les pôles comme fait voir la pornographie,
c’est renforcer un déséquilibre psychologique exécrable. Cette
inversion abêtit et avilit le mâle au foyer (à cause de son hyper-
passivité buccale) pendant que la femme devient plus hargneuse (à
cause de l’hypertension ignée de sa gueule). La mystique béninoise
en sait bien des choses qui assujettissent des maris riches au profit
de leurs femmes cupides.
Un dérèglement comparable est observé à propos de
l’homosexualité et de la masturbation. Ceux qui se livrent souvent à
cette dernière commencent à souffrir de petits malaises faisant d’eux
à la longue des maladifs. Pis, la masturbation et les chimères
érotiques attirent des esprits vampires tels que les succubes dans la
vie de l’homme et les incubes chez la femme.
Les Eglises à ce propos parlent beaucoup aujourd’hui des “femmes
de nuit” et des “maris de nuit”, et on pense en général que ces
succubes et incubes sont des ondines et des ondins cherchant à se
marier à des êtres humains. Or la vérité c’est que les “démons” qui
viennent à nous sont souvent ceux que nous créons ou attirons
nous-mêmes par notre comportement. Les cas où des magiciens
pactisent avec ces esprits en notre nom, à notre insu, sont rares.
Dans le domaine de l’amour sensuel, l’homme fait mille choses qu’il
marque du sceau du diable. La magie sexuelle instruit sur ces
choses et elle nous demande de tenir compte des énergies
maniables en nous pour ne pas abuser et souffrir de l’acte de la
procréation.
Nous ne croyons pas nécessaire de vous enseigner que toute
personne vulgaire a des impuretés psychiques et qu’en changeant
fréquemment de partenaires sexuels, l’homme ou la femme
ramassent çà et là des négativités qui leur compliquent la vie. Faut-il
rappeler que par l’acte sexuel, l’homme et la femme boivent dans un
calice où chacun d’eux a versé son "sang" ?
Nous ne voulons pas non plus ici verser dans la polémique de la
chasteté ou du célibat considérés comme condition sine qua non
pour avancer en spiritualité. Nous savons qu’en Asie se pratique une
magie sexuelle tantrique recommandant, entre autres, le coït sans
éjaculation. Cette pratique ferait reverser le liquide séminal dans le
sang, ce qui favoriserait l’acquisition des pouvoirs paranormaux.
Nous savons aussi que, sans pour autant rechercher de tels
pouvoirs, un vieillard décrépit qui atteint l’orgasme au cours d’un
acte charnel normal avec une jeune dame et qui s’arrête là, sans
émettre la semence de vie, se charge par là d’une quantité
importante de l’énergie personnelle de la femme, avec ses qualités
et ses défauts. C’est que dans le calice, seule la femme a versé son
“sang”. Par contre le vieil homme sujet à des éjaculations précoces
et qui prend en mariage une demoiselle creuse sa propre tombe, car
il perd trop de forces vitales en cherchant à satisfaire la jeune
mariée.
Quant au péché de la fornication, il n’est pas établi en magie
sexuelle si l’acte débouche sur une union légitime et heureuse. La
barrière du mariage civil ou religieux n’en est une qu’aux yeux de
l’administration officielle et des organisations non gouvernementales.
Devant Dieu, devant les esprits et devant les hommes réfléchis,
l’union sexuelle de l’homme et de la femme constitue déjà le
mariage, un mariage pratiqué, qu’il soit réversible ou non. Les
anneaux que des gens se passent aux doigts ainsi que le papier
signé à la mairie au nom d’un mariage absent du cœur et du corps
ne sont rien devant Dieu et devant les esprits. Le monogame qui a
une ou des maîtresses hors du foyer est polygyne. La monogame
qui a un ou des amants est polyandre. Et cette polygamie est pire
que celle de la tradition bénie devant l’autel des ancêtres, puisque
les mariés traditionnels font ouvertement leur jeu auquel ils se
limitent, sans le crime psychique de l’hypocrisie.
Pardon ! Nous parlons du fond des choses, et non de la forme
législative “moderne”. Vous savez vous aussi que chaque fois que
des mariés se querellent, chaque fois que des mariés se battent,
chaque fois qu’une séparation de corps est nécessaire, chaque fois
qu’un forcené assassine son épouse, chaque fois qu’une femme tue
son mari, toutes ces fois-là, l’acte du mariage est interpellé. Voilà
qu’on ne peut pas envoyer un gendarme à chaque foyer pour
surveiller les mariés jusque dans leur lit.
Sans vouloir disculper les conjoints et les conjointes qui demandent
à se séparer pour n’importe quelle raison, nous pensons que le
divorce vaut mieux qu’un veuvage programmé et exécuté par l’un
des mariés. Vous nous comprenez, non ? Le mariage est une affaire
de cœur. Inutile de nous étendre là-dessus intellectuellement.

J – Le concept de la mort
Le troisième étage étant celui des théories métaphysiques et
parapsychologiques, nous pensons qu’il y convient d’aborder le
concept de la mort.
Le corps physique, qui se meut au rez-de-chaussée (monde
physique) en vient à périr. Dans ce cas, le corps éthérique erre et se
dissout au premier étage. Parfois il est happé par les sorcières pour
être accommodé et mangé. On comprend pourquoi il y a tant de cris
d’oiseaux nocturnes dans les grands centres hospitaliers. Parfois
aussi il se fait habiter par un autre esprit qui se manifeste comme
fantôme, comme vodoun, à l’apparence de la personne décédée.
Le corps éthérique, qui se meut au premier étage (monde
éthérique) peut périr le premier, du fait d’un envoûtement, d’une
attaque par les sorcières ou d’un auto-empoisonnement mental.
Dans ce cas, le corps physique meurt nécessairement, faute de
support vital.
Certaines personnes qui ont lutté pour une cause juste et qui
meurent tuées avec plein de projets dans leurs portefeuilles
n’acceptent pas le fait de leur mort. Au Bénin ces désincarnés
exigent, en perturbant les leurs, un cérémonial vodoun leur
permettant de se mouvoir en éthérique, à défaut de revivre dans le
monde physique. Ils sont appelés Tohossou (rois des eaux, parce
qu’ils se retiennent dans l’eau éthérico-psychique qui sépare l’Astral
de l’Ethérique). Chez les druides, au lieu de la constitution d’un
vodoun pour eux, on organise une cérémonie de demande de
pardon, ultime action pour enterrer les haches (et les hargnes) de
guerre.
Il existe parfois des esprits qui, voulant agir à partir de l’Ethérique,
s’incarnent avec une infirmité symbolique et recommandent qu’on
les noie (qu’on les tue mystiquement) et qu’on les sorte de l’eau en
faisant d’eux des vodoun TOHOSSOU adorables et adorés (Cf.
Zomadonou, etc.)
Le corps psychique, dépourvu de physique et d’éthérique, va
normalement au séjour des morts, l’au-delà, dans le monde astral.
Le bas-astral correspond à l’enfer, zone de turbulences, de
violences, de haine et d’horreurs. Le moyen-astral correspond au
purgatoire, zone d’incommodités légères, de malaises et de
disgrâces, sans amour. Le haut-astral correspond au paradis où l’on
bénéficie d’amour, de concorde, de joie et de paix. C’est à ce niveau
que l’Eglise arrête sa prospection. Jugement dernier,
emprisonnement de Satan, fin du monde, anéantissement des
pécheurs, résurrection du corps des pieux, vie éternelle, telles sont
les croyances habituelles des chrétiens d’aujourd’hui.
Selon les premiers chrétiens et les mystiques, l’enveloppe astrale en
vient (Sauf chez certains) à se dissoudre et l’homme perd son nom,
son sexe, son âge, sa parenté, son ethnie, sa race, et se transfère
au troisième étage où le corps mental individuel n’a de trésor que
son subconscient (avec ses défauts et ses qualités). C’est à ce
niveau que se prépare une nouvelle incarnation avec le même (ou
un autre) sexe, dans le même (ou un autre) pays, dans la même (ou
une autre) race, etc.
Les mères qui pleurent trop de perdre leurs bébés attirent ceux-ci
qui par elles encore se réincarnent précipitamment sans rien
changer à leurs attributs. Au Japon, un bébé mort, sur le dos duquel
on a apposé un sceau métallique chauffé à blanc, s’est réincarné
dans l’intervalle de deux ans. On a vu sur son nouveau dos, au
même emplacement, le tatouage laissé par le sceau ayant brûlé le
dos du précédent corps mort du bébé. Au Bénin, le bébé qui fait ces
va-et-vient entre la vie et le trépas est appelé Abikou. Il existe des
cérémonies pour les "attraper" et les maintenir en vie, dans le
monde physique. A ce propos, et parlant de la réincarnation, M.
Kplagbéto, un grand prêtre d’Abikou demeurant à Agbangnizoun, a
déclaré ceci : « Tout le monde est Abikou. Tout le monde meurt et se
réincarne ». Et c’est vrai, car comment les Abikou pourraient-ils se
réincarner aisément si la réincarnation n’était pas une loi de la vie
éternelle ? Le prêtre de Hèviesso de Kinta, Yao-Icha Adjaba
Kabiéssinon, a rassuré les siens qu’il se réincarnerait dans sa propre
famille, pour une autre expérience de prêtrise auprès du même
Vodoun de Feu. Alors qu’il était physiquement encore bien portant, il
a annoncé que sa mission s’étendrait jusqu’en 2012 (selon un cycle
de 32 ans). Et il est mort en 2013.
Elie de la Bible s’est réincarné peu avant la naissance de l’enfant
Jésus. L’ange dit à Zacharie : « Ta femme tombera enceinte. Elle
accouchera d’un enfant à qui tu donneras le nom de Jean. En cet
enfant sera l’esprit et le pouvoir de Elie » (Lire Luc, chapitre 1,
versets 11 à 17). En disant cela, l’ange Gabriel a montré que la
réincarnation est une réalité. Ensuite, des pharisiens ont demandé à
Jean-Baptiste : « Es-tu Elie ? » Cette question posée à un jeune
homme né après la disparition d’Elie ne peut être posée que par des
connaisseurs de la réalité de la réincarnation. Enfin, Jésus a dit
clairement : « Elie est déjà revenu ; c’est Jean-Baptiste » (Lire
Mathieu 11, versets 7 à 15. Lire aussi Luc 7, versets 24 à 27). Il n’y a
donc pas de doute sur la réincarnation de l’esprit et du pouvoir
(subconscient) de Elie, comme de tout un chacun de nous.
L’Eglise, jusqu’au Concile de Constantinople tenu au 9e siècle de
notre ère croyait fortement à la réincarnation des esprits humains.
Ce Concile qui a renié la composition tripartite de l’homme (corps,
âme et esprit) en faveur de la bipartite (corps et âme), et qui a
occulté le retour des âmes sur Terre, au profit du dogme de la
résurrection de tous les morts, est la cause principale de la
séparation des Cathares et plus tard des Rose-Croix.
Connaître ces choses sur les mondes enrichit le cœur et l’esprit. Car
on abhorre le sexisme, le racisme, le régionalisme, le tribalisme, le
nationalisme étroit, le sectarisme religieux ou politique. Certes, aimer
son prochain comme soi-même, c’est déjà se conformer à la réalité
des réincarnations, car "l’autre" que vous frustrez en faveur de
"votre" enfant peut avoir été votre cher père dans une vie antérieure
tandis que "votre" actuel fils eût été d’une autre famille votre ennemi
juré il y a 200 ou 300 ans. C’est pourquoi la seule vérité des
relations sociales, c’est l’AMOUR et la TOLERANCE dans une
FRATERNITE sans frontière.
K – La culture africaine
Une musique, une danse, un type d’artisanat, une habitude
vestimentaire, un art culinaire, une religion, une organisation sociale,
en voilà qui font la culture d’un peuple. Et l’Afrique a la sienne, dont
nous devons préserver "la substantifique moelle". Toutefois, nous ne
sommes nullement du bord des chantres du panafricanisme
aveugle, lesquels dépoussièrent des pratiques telles que la
sorcellerie nuisible et la magie noire considérées comme africaines.
Ce qui est une maldonne.
Avant le christianisme, les Français (les Gaulois, pour mieux dire),
dans le celtisme, adoraient Bog, leur Dieu Cernunos, dont la
représentation matérielle était une forme animale ayant une tête de
bouc. Ils avaient donc leurs Veaux d’or. Leurs prêtres appelés
druides, sages, engendraient Tolègba à leur manière. C’était un
homme vivant envoyé en Ethérique comme gardien de l’ésotérisme.
Ils savaient calmer leurs défunts Tohossou, ou les soulever contre
autrui à l’aide de la racine de mandragore ; ils savaient fabriquer des
produits magiques, tant pour le bien que pour le mal, constituer des
vodoun (élémentaires) et utiliser le sang en cas de magie noire. Les
Bohémiens résidant en France savaient faire divers envoûtements
par la poupée (dagyde), le mauvais œil (jettatura), le chevillage, le
nouement, l’enclouage, les incantations ; des sorcières savaient
opérer des métamorphoses diverses (Cf. la lycanthropie ou la
zoanthropie) ou des dédoublements pour des festins sabbatiques
dans les clairières (sorcellerie fétichiste). Les Gaulois étaient bien
connus pour leur animisme, eux qui pratiquaient le culte des arbres
et des plantes. Leurs guérisseurs traditionnels, qu’ils appellent
rebouteux, n’ont rien de moins que ceux qui en Afrique sont
spécialistes en traitement de membres démis. La légende de Merlin,
et du roi Arthur, représentée en une série audio-visuelle
(reconstituée, bien entendu) et déroulée sur de nombreuses chaînes
de télévision du monde, donne une idée de la magie celte et des
pouvoirs druidiques.
Aujourd’hui, en France et ailleurs en Europe, cet ensemble est
appelé “la vieille religion” ou “l’ancienne religion”.
Le fétichisme est la première tendance religieuse de tous les
peuples de la Terre, et non une chasse gardée de l’Afrique. Dans
quelle région du monde n’y a-t-il pas eu de sacrifices sanglants et
d’idolâtrie ? Les Aztèques du Mexique et les prêtres du chamanisme
en Mongolie ou en Sibérie ne nous démentiront pas. Mais maints
peuples s’en sont déjà passés.
Ce qui est obsolète est dépassé. L’Afrique doit amputer et enterrer
certains membres de sa culture. Les intellectuels noirs
panafricanistes sont-ils prêts à retourner eux-mêmes aux pratiques
de l’Africain primitif, à s’offrir par exemple en spectacle d’adeptes
possédés d’esprit, accoutrés de feuilles d’arbres ou de raphia, ou
dansant torse nu, recevant des crachats d’alcool sur la tête et faisant
des roulades par terre ? Vous êtes certain que non. Mais pourquoi
feignent-ils d’être à cela corps et âme?
Il est vrai que, pour lancer une mise en garde à l’endroit des
Africains partisans du snobisme, on a coutume de dire
aujourd’hui : « La culture sans ma culture m’acculture ». Cette
assonance est laudative, encore qu’elle doive exclure de notre
culture toute la malignité orchestrée par la connivence du fétichisme
avec les forces du mal, notamment la sorcellerie dévastatrice.
Par ailleurs, des Noirs donnent l’exemple du Japon et de la Chine,
et en tirent une fameuse conclusion : « L’arbre ne se développe que
sur ses propres racines ; l’on ne s’épanouit que dans sa propre
religion ». Ce qui n’est pas toujours vrai. De nombreux fruits greffés
valent beaucoup mieux que nos fruits naturels ordinaires. L’Africain
imprégné de la culture de ses pères et qui se nourrit des bons fruits
culturels cueillis ailleurs, sans que ceux-ci le déracinent, est plus
équilibré que le traditionaliste pur et simple.
L’Europe et l’Amérique blanche se sont démerdées avec un
christianisme imposé à elles par Rome qui, elle-même, était allée le
chercher en terre de Palestine avant de le reformer. Ayant vu qu’il
s’agissait dans l’Eglise d’un conservatisme implacable, de nombreux
Blancs se sont tournés vers des sociétés secrètes maintenant
discrètes, de tradition égyptienne, chaldéenne ou essénienne :
Kabbale, Rose-Croix, Martinisme… dont le mysticisme est novateur.
La Chine pour elle-même a perfectionné le bouddhisme des Indiens
en le reformant sur des bases taoïstes (Cf. Tchan). Le Zen japonais
est un bouddhisme repeint aux couleurs nipponnes.
On progresse en passant des niveaux inférieurs au niveau
intellectuel au moins, en tournant le dos aux vieilleries, en visant
haut, même en empruntant un culte, et non en s’accrochant à des
choses nuisibles. A preuve : Où est l’Afrique avec son Egypte
berceau de tout ?

L – La sorcellerie symboliste et le développement


1 – Le décollage mental
Par l’usage de certains mantras (mots de pouvoir), le sorcier
symboliste fait détacher son corps mental et réalise une projection
de la conscience dans les sphères supérieures. Il peut en revenir
avec beaucoup d’autres connaissances symboliques.
Le docteur français Francis Lefébure dans son "phosphénisme" en a
donné une approche scientifique, allant jusqu’à inventer un moulin à
prières et une machine à faire monter la Kundalini, le fouet de l’esprit
cher aux Yogi.
La sorcellerie symboliste est bien cotée dans les pays développés
où elle est enseignée dans des écoles de mystères, parce qu’elle
permet au mental de faire des découvertes merveilleuses. C’est
d’elle que parle Eckankar, sans doute, quand cette religion aborde la
question des voyages de l’âme. Connue en Chine sous le nom de
Yeou-Kien, la pratique de la projection mentale n’est plus gardée
sous le boisseau. Le Dr Spencer Lewis des USA par ce biais a
appris et enseigné beaucoup de nouveaux tableaux sur le champ de
la Connaissance universelle, notamment au plan symbolique.
Raymond Bernard, fondateur du CIRCES, en a lui aussi rapporté
des "Messages du Sanctum Céleste".
Evidemment, la sorcellerie symboliste ne remplace pas l’école
officielle. Elle ne donne à l’homme que ce que ce dernier peut
comprendre. Seuls les savants peuvent en être aidés pour
approfondir le domaine de recherche qui est le leur. Les
analphabètes et les petits lettrés y errent, sans faire aucune
découverte. Pis ils croient naïvement à la vision de croyances
animées par la pensée et, une fois revenus à eux-mêmes, ils
racontent des choses totalement absurdes.
N.B : Le seul fait de parvenir à un voyage mental ne vous protège
pas. D’ailleurs pour vous y essayer, il faut appartenir à un égrégore
pur et puissant. (Cf. quatrième et cinquième étages. Cf. aussi les
ordres ésotériques authentiques suivant les critères de l’ancienne
FUDOSI).
2 – L’art royal
L’alchimie, de même que la haute magie, est ainsi appelée parce
que c’est l’art de transformer des objets de peu de valeur en des
corps précieux.
Or si, avec ou sans la pierre philosophale, les alchimistes du monde
pouvaient régulièrement transformer de vils métaux en or, pourquoi
ce précieux métal se raréfierait-il ? Pourquoi cette transmutation ne
se substituerait-elle pas aux paillettes périlleusement recherchées
dans de minables vallées aurifères ? Le fondateur de la Rose-Croix
AMORC, Dr Spencer Lewis, en public et devant un journaliste de
New York World, avait changé du zinc en or, en juin 1916, à New
York. Mais combien de fois l’a-t-il fait ? Combien de fois Jésus a-t-il
multiplié du pain et du poisson ? Combien de fois a-t-il changé de
l’eau en vin ?
La magie n’est pas encore autorisée à évacuer les contraintes
matérielles de temps, d’espace, de poids, de volume, de forme, de
structure… Elle ne peut remplacer la mathématique, la physique, la
chimie, la technologie.

M – Les duperies du troisième étage


Cas No 1 : L’illusion des différences religieuses
Voici quelques paragraphes comparant certaines pratiques
religieuses entre elles :
En Europe, le pythagoricien trace en l’air une étoile évolutive à cinq
branches face à chacun des quatre points cardinaux, revient à l’Est
et prend la même posture que ce pentagramme, en écartant les
jambes et en étendant les bras du Sud au Nord. En Asie, le taoïste
prend la posture dite Yin-Yang qui consiste à rester debout face à
l’Est (ou au Nord), jambes écartées et bras étendus du Sud au Nord
(ou de l’Est à l’Ouest) avec la main gauche ouverte “regardant le
ciel” et la main droite ouverte “regardant la terre”. Dans le fond,
l’occidental et l’oriental font les mêmes choses et reçoivent les
mêmes effets : équilibre et redressement de l’égo.
L’allégorie mise en scène en Israël au début de notre ère semble
recopier celle que donna la Cosmogonie égyptienne des millénaires
plus tôt. Si Jésus-Christ est le bien-aimé Fils que DIEU a envoyé
pour être le roi des Juifs et de l’humanité, Osiris fut le Dieu-Fils que
le grand DIEU désigna pour régner sur le monde et l’humanité. Si
Jésus-Christ a été maltraité et crucifié par pure méchanceté, Osiris
fut maltraité et tué par son frère Seth par pure jalousie. Si on parle
beaucoup aujourd’hui du sang de Jésus, on parlait beaucoup du
sang d’Osiris. Si Jésus-Christ est ressuscité pour l’éclosion de toute
sa Gloire, Osiris fut ressuscité au nom d’Horus pour régner à jamais
sur le monde. Si le Christ est appelé "Verbe de DIEU et Lumière du
monde", Hôr (Horus) fut appelé "Dieu du Soleil levant et des
espaces aériens, Celui en qui l’humanité a la vie et l’être". (Cf. Le
livre Créator de Jean-François Messager ayant traité du Oudjat, l’œil
du Dieu Hérou marqué par le mage divinThot).
Le christianisme en Europe n’avait fait que sauver la face, en posant
nombre de ses pas dans les empreintes du paganisme celtique. La
Trinité des chrétiens est calquée, semble-t-il, sur la trinité honorée
par la religion druidique avec Teutatès, Hésus et Taranis. La fête du
Samain, célébrée dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre,
nouvel an des celtes, est restée comme la fête de tous les Saints. Le
culte solsticial druidique du 21 juin est resté aussi, et les feux
"païens" celtes sont dits de Saint-Jean. La fête païenne du Dieu du
Soleil célébrée le 25 décembre est appelée Noël et commémorée au
nom de la Nativité, bien que Jésus ne fût pas né à cette date.
L’Eglise du christianisme céleste (ECC) et le Culte vodoun Mami-
Wata (mammy-water) se ressemblent. Tous deux exigent le port de
vêtements blancs, l’association de bandes bleues, la marche pieds
nus, l’utilisation de parfum liquide et de bougies blanches ou bleues,
la fumigation d’un certain encens. Tous deux gèrent les possessions
d’esprits et les exorcismes, opèrent la voyance par médiumnité,
recommandent le jeûne et la consommation d’œufs crus ou cuits,
pratiquent la magie cérémonielle…
L’Eglise catholique et le bouddhisme du grand véhicule (Bouddhisme
religieux et non ésotérique) marchent dans la même direction. Tous
deux adorent un Père céleste, une Mère divine, un Fils divin (Christ
ici et Bouddha là-bas). Ils récitent des prières toutes faites (litanies
ici et japa là-bas), prononcent des incantations (Sang de Jésus ici et
Om-mani-padme-Oum là-bas), châtient le corps (mortification ici et
Asanas là-bas), définissent une perfection humaine (Sainteté ici et
Bouddhéité là-bas), reconnaissent une Alliance démodée (Yahvisme
/Judaïsme ici et Védisme là-bas), et s’inspirent d’une image sainte
(Sacré-Cœur / Crucifix ici et Statue(tte) de Çakya-Mouni là-bas), etc.
Les sectes de réveil sont sœurs jumelles de la religion vodoun. Elles
toutes utilisent les mêmes outils, sauf que les Eglises délaissent les
témoins vodoun. Ces chrétiens-là se servent de l’archétype de la
cendre jetée, sans la poudre qui renforce la parole. Ils utilisent la
clochette des Bokonon en prononçant Alléluia. Ils pratiquent le
claquement des doigts pour exécrer, comme font les sorciers
traditionnels. Ils s’adonnent à des musiques et danses vodoun, avec
les mêmes chants, en remplaçant les noms vodoun par des noms
bibliques. Ils crient éperdument comme des adeptes possédés par
leur Vodoun, etc.
Excepté les sacrifices sanglants et les fabrications modernes dans
tous les azimuts de fétiches à mille risques, la tradition du Sud-Bénin
et celle du Japon semblent formées par les mêmes Dieux. Toutes
deux parlent du Conseil des Dieux (autour d’un DIEU Créateur)
siégeant lors de chaque tournant pris par l’humanité ; toutes deux
disent du Soleil la Source de la Lumière divine salvatrice ; toutes
deux s’adonnent à la vénération des disparus à travers des autels
pour les ancêtres, configurent de la même façon chaque autel
familial (une Stèle principale collective et de petites stèles pour les
récents disparus), donnent à manger à leurs ancêtres
(périodiquement au Bénin et quotidiennement au Japon), etc.
Ne serait-ce qu’en considérant ces ressemblances, on peut affirmer
que toute la Terre adore les mêmes Dieux et que les guerres
religieuses ne sont que des guerres de nomenclatures, des guerres
de langues, des guerres de cultures, des guerres de traditions, des
guerres d’histoires tronquées…
Cas No 2 : L’intellectualisme contre tout un peuple
En lisant les différents cas des duperies des précédents niveaux, on
peut être tenté de croire que le diable ne trouve son expression que
dans les fétiches, les idoles, la sorcellerie et le fanatisme. Or le vrai
diable est en l’homme. C’est le mental de l’homme qui est ou non
désaxé de la Loi d’Amour altruiste. C’est le mental désaxé, sans foi
ni loi, qui fabrique les fétiches et les utilise égoïstement et pour
nuire. C’est le mental désaxé qui crée les faux leaders religieux.
C’est pourquoi il importe de savoir que des gens, sans vodoun ni
fétiche, sont pires que des Houngan et féticheurs.
Sont-ce les féticheurs qui font entrer au Boto des déchets toxiques,
des denrées alimentaires avariées, de faux médicaments, des armes
à feu pour des bandits, des cultures européennes déformées, des
programmes d’études rétrogrades ?
Quant aux Nouveaux Programmes Educatifs (NPE) savamment
baptisés Approche Présupposée Compétente (APC), ils ont été
imposés au peuple botolais comme par un maître de Kennessi : le
Kennessi du bailleur de fonds. Avec ce Kennessi en valise,
l’Occidental au Boto est supplié d’accepter d’être servi. Même si la
requête de l’Argentier blanc est une délicatesse économique et non
un bombardement des Noirs, ce sont des dirigeants noirs qui lui
ouvriront la voie pour la guerre, pourvu que leurs petites familles à
eux trouvent asile en Europe ou en Amérique. Cela dit, nous
rendons hommage à ces quelques dirigeants noirs dont la vie est un
modèle pour les jeunes patriotes du Continent.
Dès 1999, à la généralisation des NPE, tous les parents ont décrié la
nouvelle pédagogie, car les écoliers ne savaient ni lire ni écrire. Ils
étaient appelés "apprenants", donc des gens très proches des
étudiants de l’Université. Agés de cinq ans ils devraient eux-mêmes
reconstruire la langue française, ils devraient tout redécouvrir. Ils
n’avaient point de maîtres mais des facilitateurs. On les voyait se
promener dans la rue avec qui un questionnaire en mains, qui une
photocopie de croquis, pour limer leur cervelle embryonnaire contre
celle des adultes (illettrés pour la plupart !)
L’échec des apprenants était prévisible, mais hélas ! Les
pédagogues et les inspecteurs de l’enseignement, qui avaient un œil
sur la valise des bailleurs de fonds, parce qu’ils construisaient déjà
de belles maisons (Cf. Quartier Nouveaux Programmes à
Tokpotanou-Adjlatchè) défendaient les NPE de manières
concevables et inconcevables : Nous sommes à l’ère de la
globalisation ; les enfants doivent commencer à lire dès leur entrée
au cours d’initiation (cours préparatoire première année) ; la
méthode syllabique est une aberration ; le tâtonnement accusé de
faire perdre du temps aux apprenants est instructif ; tous les enfants
ont un background leur permettant de se débrouiller seuls ; ils n’ont
point besoin de mémoriser quoi que ce soit ("Tête bien faite vaut
mieux que tête bien pleine") ; les livres, les ordinateurs et l’internet
sont là ; les NPE sont des produits des dernières découvertes en
Sciences de l’Education, ils feront l’âge d’or de l’éducation au Boto,
puisqu’ ils répondent au mieux aux défis des Etats généraux de
l’Education. Le Boto serait un pays phare en Afrique occidentale…
Puis, pour museler le peuple botolais, des actions musclées ont été
entreprises : piètres publicités à la télévision montrant des enfants
NPE jouant avec du matériel électrique ; sombres éclairages à la
radio nationale ; accord acheté de hauts responsables des parents
d’élèves ; implication fort rémunérée de plusieurs syndicats ;
stigmatisation des instituteurs réticents, etc.
En 2005, malgré l’échec réel des NPE, tout a été mis en œuvre pour
afficher un taux trompeur de réussite de 99% au CEP. Une revue de
presse à la radio nationale à ce propos a laissé entendre : « Les
NPE ont vaincu sans convaincre ». Pour la première fois dans
l’histoire du Boto, des enfants non-instruits, littéralement
analphabètes, se sont vu délivrer le Certificat d’Etudes Primaires.
Puis sur ce modèle, la médiocrité pédagogique est lavée de toute
souillure. Le CEAP et le CAP sont délivrés presque à tous les
enseignants ayant passé par une structure de formation. « On
n’échoue pas à un examen professionnel », murmure-t-on.
A la rentrée d’octobre 2005, les inspecteurs du Secondaire, qui
s’étaient montrés virulents contre les NPE du cours primaire, ont fait
volte-face pour accueillir avec sourire la pédagogie généreuse.
En 2007, les professeurs certifiés encore "rebelles tapageurs" ont
été nommés conseillers pédagogiques, et eux aussi ont été
consentants, pour "bouffer". Les autres professeurs attachés à la
pédagogie active, quoiqu’ils donnent de bons résultats en classe,
sont réprimandés à cor et à cri vexatoires, à travers des visites
intempestives…
Les Botolais Hlodjé BEGNOVI et Félissi LOKO, voix autorisées en
principe, dénoncèrent eux aussi la nouvelle pédagogie, vu qu’elle
était une pluie d’acide précipitée sur le Boto, pour étioler la vie
cognitive du pays. Mais hélas !
A l’examen du Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC) en 2009,
comme au CEP, les NPE ont vaincu sans convaincre. Pour avoir ces
résultats faussement élogieux, il avait fallu occulter les cours
d’orthographe et de grammaire, supprimer les épreuves de dictée,
forger et imposer aux enseignants des grilles de correction libérales
et laxistes, faire des rachats officieux. La langue française, véhicule
des savoirs dans les écoles, est donc martyrisée. Toutes les autres
matières par ricochet en pâtissent ; les scientifiques eux polémiquent
autour de leur légendaire logique parfois attaquée par la nouvelle
donne pédagogique.
Après quinze ans de ce terrorisme apécéique dans ce pays, des
organisations internationales ont par ailleurs jaugé la scolarité des
enfants africains, et elles ont fait un classement Etat par Etat. Il s’est
alors révélé que le Boto est dernier en lecture et avant-dernier en
mathématiques en Afrique noire au sein de l’échantillon étatique
prélevé…
Voilà. Le Kennessi fiscal a réussi à dévaliser l’entrepôt didactique du
pays. Le bas peuple en pleure. Les nantis, pas tellement, puisque
leurs enfants sont dans les cours privés qui mettent les bouchées
doubles pour se distinguer.
Pour faire remonter la pente aux enfants botolais, sans chercher
noise à la fameuse APC, le Comité Syndical de l’Internationale de
l’Education au Boto (COSIEB), en partenariat avec son homologue
de l’Océanie, a invité des enseignants à un atelier de rédaction des
suppléments de lecture. C’était à Gboxikon, dans les résidences
Sεnami-Hôtel, du 07 au 17 avril 2016. Les documents classant le
Boto au bout inférieur de la chaîne des Etats nègres ont été lus au
début des travaux d’atelier… Mais quel miracle feront ces
suppléments de lecture ?
Ayant accompli sa mission titanesque, le Kennessi du fisc dort
maintenant sur ses lauriers. Toutefois les conseillers pédagogiques
et les inspecteurs, eux, se sentent attachés à la survie de cette APC
qu’ils ont constamment, depuis vingt ans, affublée de clinquant et
gavée de palliatifs éphémères dits mesures correctives. Ces
élagages et greffages opérés sur les NPE n’en ont fait qu’un
monstre hideux mi-APC mi-PI qui étrangle plus d’un.
Le président botolais DébonoTRIBALISTO, incapable d’arrêter le
flux impétueux du terrorisme apécéique, avait dû en sortir son
rejeton personnel pour l’inscrire à l’Ecole française Montaigne du
Littoral. C’était sa façon d’afficher son désaccord avec les NPE. Les
Botolais ont donc tout intérêt à lutter eux-mêmes pour renouer avec
une école qui ne geigne pas sous le joug des puissances d’argent.
En soixante ans de colonialisme, les Français ont amené le Boto de
l’état d’analphabétisme total à celui du "district latin" de l’Afrique.
Puis en soixante autres années, les Botolais indépendants ont tué
leur système éducatif au point que leurs enfants sont devenus les
moins lettrés du Continent. Alors ne démontrent-ils pas par là qu’il
leur faut un chef d’Etat rigoureux qui les redresse malgré eux?
Le président Patrio TALENT, lui, a résolu des énigmes devant
lesquelles les présidents Foncio MARXISTO et Débono
TRIBALISTO avaient eu les mains liées (fixation des chefs-lieux des
six nouveaux départements, réduction du taux de corruption au
niveau de l’administration, éjection de plusieurs centaines de
fonctionnaires fictifs payés, suppression quasi-totale des germes de
conflits domaniaux par une application rigoureuse du code foncier,
révision impartiale très applaudie de la Constitution botolaise, etc.)
Pourquoi ne prendrait-il pas le Taureau de l’Education nationale par
les cornes ? Pourquoi ne s’imposerait-il pas aux "pédagogues
assermentés devant l’APC" pour un éventuel retour des
programmes intermédiaires de l’enseignement primaire et de la
pédagogie active à l’enseignement secondaire ? Pourquoi ne
testerait-il pas les enseignants pour séparer le bon grain de l’ivraie ?
Pour redorer le blason des enfants botolais, il faudrait reconsidérer
le mot du mathématicien Monge : « Il n’y a pas de saine pédagogie
sans un minimum de connaissances intellectuelles ». Que les
enseignants redeviennent donc des connaisseurs (et non de simples
compagnons d’apprenants abrutis dans les classes), car l’enjeu,
c’est la COMPETENCE chantée mais manquée dans l’APC.
Pour cette glorieuse et victorieuse prise de conscience, tous les
Botolais patriotes se doivent de prier DIEU, afin que les détracteurs
de la Lumière de vérité ne tergiversent point.
NB : Cet écrit est une fiction destinée à raisonner l’instinct grégaire
de cette grande masse africaine qui telle une troupe frappée de
cécité se fait conduire dans une véritable impasse par une poignée
de borgnes intellectualistes. Nous disons bien "une fiction". N’en
dites pas autre chose, s’il vous plaît.
Cas No 3 : L’illusion des jours fastes ou néfastes
Nous n’allons pas développer ce qui est trouvable sur internet.
Seulement, il faut savoir que tous les jours de la semaine sont égaux
au regard de l’Eternel. Seules les traditions des peuples choisissent
certains repères, nomment les jours de la semaine et leur attribuent
des couleurs (vives ou sombres).
Selon les Juifs, le samedi est le jour de repos de la semaine, parce
que Yahvé s’est reposé ce jour. Un homme surpris à ramasser du
bois le jour du sabbat (samedi) a été mis à mort (Bible : Nombres 15
v. 32 à 36). Les chrétiens ont choisi le dimanche (parce que Jésus
s’est ressuscité ce jour). Les cartomanciens craignent le 13è jour de
chaque mois (car l’arcane no13 est celui de la mort). Les Fon dans
leur semaine de 4 jours croyaient fort à leur Mioxi-Houndjro, parce
que la Tradition tient des conseils ce jour : Un cultivateur travaillant
au champ un jour de Mioxi fut foudroyé par Hèviesso pour son
insoumission. Des sorciers pensent plutôt et vaguement à la
semaine de 9 jours fεzan partant de chaque nouvelle lune
(hasardeuse sans éphéméride). Fεzan, inconnu jusqu’au XXe siècle,
est insinué par des sorciers qui se donnent 162 jours néfastes tout
au long de l’année pour que la Conscience collective se jette elle-
même dans une prison dont eux seuls sont régisseurs. Le
mercantilisme aidant, d’autres magiciens publient d’autres
calendriers fεzan dans lesquels la semaine compte 10 jours. La
comparaison des deux fεzan offre une contradiction risible.
Par ailleurs, d’autres sorciers ont inventé la méchanceté de 45
jours. Au nombre de ces 45 mauvais jours de l’année, ces gens
pervers ont cité le 1er janvier, le 1er août, le 1er novembre et d’autres
jours de fête, afin que la croyance populaire à cette abomination
autorise les dégâts qu’ils programment pour ces jours.
Les mésaventures d’horoscope sont annoncées, non par des
scientifiques astrologues, mais par des médiums voyants, suppôts
du diable. Nous l’avons déjà dit.
Des kabbalistes “méticuleux” ont attribué des influences astrales aux
anges : Raphaël pour dimanche jour du Soleil, Gabriel pour lundi
jour de la Lune, Michael pour mardi jour de Mars, Aniel pour
mercredi jour de Mercure, Tzadkiel pour jeudi jour de Jupiter, Aouriel
pour vendredi jour de Venus et Zaphkiel pour samedi jour de
Saturne. Mais sur ces correspondances, tous les kabbalistes ne
s’entendent pas.
Avant la pénétration au Bénin des colons français au 19è siècle, les
cultivateurs Fon qui bravaient l’interdiction sur Mioxi et allaient faire
des travaux champêtres les jours de Houndjro subissaient des
représailles occultes. Aujourd’hui, simplement parce que de
nombreux chrétiens Fon n’y croient plus, n’importe quel paysan tous
les jours de la semaine peut aller labourer son champ et y semer
même du haricot, sans nul risque encourir.
L’homme étant créé à l’image de la puissance de DIEU, les jours
considérés comme fastes par les roseaux pensants d’un groupe
social sont fastes pour eux, les autres étant disqualifiés à leur
fantaisie.
Le danger de croire à ces interdictions cependant, c’est de devoir
affronter des jours néfastes où il y a examens, concours, promotions
professionnelles, affaires commerciales, rencontres prometteuses,
nécessité d’aller à l’hôpital, etc. Psychologiquement, vous êtes
entravé, abattu par votre propre sentiment d’échec.
Quant à nous, auteur de ce livre, tous les jours sont fastes, excepté
certaines couleurs traditionnelles multiséculaires, qui seront bénies
si telle est la volonté des hommes. Parce que tous les jours sont
nourris par le même Soleil et bénis du même Créateur divin.

N - Que dire d’autre du troisième étage ?


Les babal’awo antiques (vrais prêtres géomanciens) étaient des
ascètes qui assis en lotus méditaient fort pour contacter les archives
du symbolique monde de Ifè. Ils jeunaient, restaient loin des
femmes, surveillaient leur langue, évitaient de faire le mal, et les
signes géomantiques qu’ils traçaient étaient puissants. Pensez à eux
et faites comme eux. Ainsi vous glisserez au quatrième étage où la
pensée fait vibrer les symboles et les signes.

Troisième partie :
Le quatrième étage
-Religion : Déterminisme (Vouloir, c’est pouvoir)
-Lumière : Intelligence humaine branchée ou non sur DIEU
-Amour-propre ou orgueil (Cf. 3è étage)
-Fermeté ou entêtement (Cf. 3è étage)
-Vision : Intérêt général (ou d’un groupe restreint).
-Devoir : Militantisme révolutionnaire.

A – Expériences volitives
1 – La puissance de la volition
Pour voir si on peut agir à partir de sa propre volonté, on se met
derrière une personne et on la regarde sur la nuque, sans rien lui
dire, puis on lui enjoint mentalement l’ordre de retourner la tête. Et la
personne effectivement retourne la tête. Tous ceux qui ont de la
force volitive réussissent cette expérience bien connue en France.
2 – La puissance de la cohésion
Nous étions à Takonkpa. Monsieur Azondato Héélou y était une
terreur. Par sa bouche préparée, il semait des désolations. Devant
un parterre de gens, il dit à une chèvre un jour : « Chèvre, meurs ».
Et la bête culbuta et mourut, bêlant et bavant.
Pour la dernière fois à un déclarant en douane qui venu au village
l’avait irrité par ses "cyniques" libéralités, il dit : « Aux autres, tu
donnes beaucoup plus qu’à moi. Je ne suis rien en ton cœur.
Rouges seront tes yeux ».
Symboliquement au Bénin, le vocable “yeux rouges” évoque une
perte de bien matériel important, une maladie aiguë, un accident
grave, une incarcération inattendue, toutes formes de détresse.
Le déclarant en douane communément appelé agent de transit
retourna à Cotonou, mais que lui arriva-t-il ? Son véhicule prit feu au
niveau du capot tandis que les portières étaient bloquées. Etait-ce
un Tchakatou de feu qui lui était expédié ? Il n’eut pas le temps de
s’échapper. Vous devinez la suite.
La nouvelle ameuta tout le hameau. Sans préparation aucune, une
vingtaine de gaillards brandirent des machettes et se dirigèrent vers
Azondato Héélou. Celui-ci sortit de sa case et entreprit de les
affronter. Il leur dit : « Jetez vos armes ». Avant qu’il n’achevât cette
phrase, un gars hurla : « Hé Choboé ! » (Allons-y !) La masse
répondit « Héya » pour marquer son adhésion totale à l’action en
cours. L’injonction magique du sorcier n’eut donc pas d’effet.
Azondato lança : « A terre, vous tous ». Mais rien n’y fit. Alors il prit
la fuite. Dans sa course claudicante, il reçut un coup de machette
sur le dos et tomba, sans aucune blessure. « Ça, c’est l’effet d’une
magie anti-arme blanche », dit quelqu’un. D’autres coups encore, qui
n’eurent aucun impact.
Un gars se retira de la foule et alla enduire son coupe-coupe du
sang frais de porc à une charcuterie voisine. Il rejoignit la troupe, s’y
faufila et administra un coup au malfaiteur. Ce dernier, grièvement
blessé par le fer ensanglanté, cria alors au secours. Que lui advint-
il ? Inutile de le dire.
Nous savons que nul n’a le droit de se faire justice. Ce qui nous
intéresse ici cependant, c’est le pouvoir insoupçonné de ces “hors-la
loi”, ces “mécréants”, ces “vandales”, qui à leur façon ont mis fin à
une terreur locale. La crue de leur détermination gonflée de leur
courage aiguisé comme en un seul homme leur a donné une volonté
plus puissante et plus agissante que celle d’Azondato. Comme tout
est une affaire de rapport de forces, l’envoûteur a perdu la bataille.
Vous venez de le voir.
Le pouvoir du quatrième étage est celui des révolutionnaires de
Takonkpa. Ce pouvoir est à cent pour cent (100%) en l’homme. Sauf
l’effet de l’enduit sanguin (premier étage). En l’homme vulgaire, son
expression ne vaut pas tripette. Mais quand des hommes sont réunis
pour une même cause, chacun d’eux s’imprègne de la somme des
pouvoirs individuels. C’est pourquoi les poltrons sortant la nuit
adorent se faire accompagner. Pour que les esprits se mettent
vraiment ensemble, il faut qu’il y ait un conducteur qui les rappelle à
l’ordre. Le pouvoir collectif donc croît (grandit) lorsque le meneur du
mouvement de masse pousse certains slogans d’éveil et de
rassemblement des consciences. A ces slogans, la masse répond
par d’autres slogans préconçus et qui déterminent sa cohésion et sa
volonté d’aller de l’avant.
Les partis politiques, les syndicats et les sectes chrétiennes (dites
évangéliques ou de réveil) savent bien de quoi nous parlons. Voyez-
les à travers les cris ci-après :
Pour la Révolution ! – Prêt !
Pour la Révolution ! – En avant !
Prêt pour la Révolution ! – La lutte continue !
Houé zèhouè ! (Le soleil se lève) – Yaan ! (Irradiant)
Héchoboé ! (Allons-y) – Héya ! (Prêts)
Salut camarades ! – Camarade salut !
Alléluia ! – Eémèn ! (Amen)
Gloire à Dieu ! – Alléluia !
Prézélor ! (Praise the Lord) – Alléluia!
Oligo ! (Holy Ghost) – Faya! (Fire)
Vous savez comment les sectes chrétiennes par leur quatrième
étage narguent des envoûteurs, mais de 1972 à 1989, le Parti de la
Révolution Populaire du Bénin (dont le quatrième étage était plus
puissant parce que national) a bravé toutes les religions sans
exception. Il a profané des couvents vodoun, arrêté et incarcéré des
sorcières et sorciers, fermé les paroisses de certaines Eglises, osé
tenir des rencontres politiques dans des “maisons de Dieu”. Le
PRPB a même réussi à soumettre au bagne de grands chefs
coutumiers super-sorciers. La révolution française de 1789, plus
vieille que la nôtre, fit aussi trembler l’Eglise et les sociétés secrètes
d’alors.
Par ailleurs, le pouvoir de la police, de la gendarmerie, du système
judiciaire et de la prison civile, le pouvoir exécutif du chef de l’Etat
avec ses forces de défense nationale, tous ces pouvoirs qui
dépassent les grands sorciers sont ceux que les peuples par leurs
pensées et convictions ont conférés à ces institutions du monde. De
nombreux sorciers gardés en prison ont témoigné sur leur incapacité
à se dédoubler et sortir de la geôle. Ils y sont enfermés sans doute
aussi éthériquement.
Etre nombreux à vouloir ou certifier quelque chose, à se concentrer
là-dessus et à visualiser sa réalité ou sa réalisation, c’est manifester
un pouvoir humain incommensurable. Mais l’individu qui seul dans
sa chambre se connecte à DIEU avant de visualiser du bien n’est
pas seul, au contraire.
B – Au-delà des noms de DIEU
Nous avons fait savoir que c’est au troisième étage que se trouvent
les écritures, les textes, les phrases, les mots, les symboles
mathématiques, les signes, etc. Les noms d’astres, d’anges, de
démons, de divinités et de DIEU sont conçus au troisième étage. Ce
sont des contenants, des signifiants, comme disent les linguistes.
Au quatrième étage, ce sont les contenus, les signifiés qui comptent.
C’est le sens que la Nature ou la communauté donnent à un écrit (ou
à des sons) qui fait la valeur du terme. En pensant à l’Intelligence
Créatrice de l’Univers et de l’humanité, tous les peuples du monde
désignent le même Etre Suprême : DIEU, GOD, YAHVE, ALLAH,
DADASEGBO, MAHOU, KAMI, BRAHMA. Au quatrième étage,
DIEU n’a pas vraiment de nom. Le Christ n’est pas un nom, mais
une Conscience divine. Le nom YIESCHOUA, comme s’appelait
Jésus de son vivant terrestre, n’est ni homophone, ni homographe,
ni paronyme des noms Yessus, Jézu, Jizeuss, Djézou ; cependant
tous ces noms désignent le même Dieu si la pensée qui les meut est
la même.
Le Christ, Jésus, Jésus-Christ, Jésus de Nazareth, Emmanuel, le
Sauveur, le Rédempteur, le Messie, l’Alpha et l’Oméga, le Lion de la
tribu de Juda, le Seigneur, Dieu ressuscité, le Fils de DIEU, le Maître
des maîtres, tous ces noms se rejoignent si la pensée unique collée
à chacun d’eux est le Verbe de DIEU fait chair, l’Emanation divine
scellant la "Nouvelle" Alliance.
Même si la kabbale (la tradition reçue) des diverses ethnies en
général et des Juifs en particulier donne un répertoire des sons et de
leurs valeurs sémantiques, ces sons n’extériorisent leurs forces
qu’en liaison avec la pensée concordante du kabbaliste qui les
prononce.
Que ce soit le SU (Sou) de Mahikari, le HU (You) d’Eckankar, les OM
et AOUM du Bouddhisme, l’ABRACADABRA des kabbalistes,
prononcer ces mots dans un état de vagabondage de la pensée
n’apporterait rien de consistant à l’émetteur.
Au Nigéria, chez les Igbo, le nom “Tchoukou” désigne “Dieu le
miséricordieux” alors que ce mot, en Fon, signifie “chien”. Prononcer
ce mot sur Jéhovah au Bénin aurait été un blasphème, un sacrilège
puni de mort. Cela montre une fois de plus que le Créateur est
Ineffable et que seule la Pensée peut réellement le contacter ou
s’éloigner de lui.
Moïse demanda à son Dieu quel était son nom. Et Dieu dit : « Je
suis ». Voyez-vous ? DIEU est, sans nom.

C – Le panthéisme béninois en question


Au quatrième étage de la Tradition Vodoun-Yèhwé du Bénin, chaque
homme est considéré comme un vodoun vivant. Le vodoun en
l’homme, c’est son esprit, c’est sa pensée, laquelle est très
dynamique.
L’Esprit de DADASEGBO (DIEU) remplissant tous les espaces, on
voit une certaine antenne captatrice en tout ce qui nous environne.
Le golfe du Bénin, à l’ère préchrétienne, était dit animiste parce
qu’on y redoutait les pensées négatives par rapport à chaque
créature. On savait que l’esprit-mental, qui est le vodoun en
l’homme, s’évadait à tout moment. Les rêves étaient et sont encore
sérieusement considérés, parce que faisant état des voyages de
l’âme. On connaissait les rêves freudiens, sans leur coller ce
qualificatif, et quand quelqu’un racontait un rêve pathétique, on lui
demandait si les jours précédents il n’avait pas vécu ou imaginé des
choses similaires. A l’affirmative, le rêve serait banalisé ; à la
négative, il faudrait l’interpréter. Les prémonitions étaient et sont
encore des avertissements divins décernés par Sε (esprit tutélaire)
pour nous guider.
La pensée, disions-nous, trouve son répondant en tout, et
communique avec tout ce qui est visible, tangible et audible. Penser
(et parler) à la légère, c’est semer n’importe quoi dans la terre, dans
l’eau, dans l’air, dans le feu, dans les végétaux, dans les animaux et
dans le mental des esprits. Soliloquer dans un état d’amertume,
c’est porter plainte contre le sujet causant cette amertume.
Regardez les vrais vieux sages. Un patriarche marchant seul sur le
chemin du retour des champs hoche la tête et dit « Pwe » en
crachant de côté. C’est qu’une pensée importune et de mauvais
augure a commencé à patrouiller dans sa tête. Et pour la conjurer, il
prononce ce mot (pwe) qui signifie « Sors de ma vie », et il marque
ce rejet par un crachat jeté hors de son sentier.
Paganisme et démonisme ? Oui au deuxième étage dogmatique des
chrétiens, non au quatrième.
Certaines maximes dites superstitieuses tiennent des hauteurs du
monde Vodoun Yεhwé. Par exemple on vous dit :
1 - « Sur votre canapé de malade, ne vous laissez pas visiter par un
fossoyeur, car vous mourrez s’il vous imagine mort ». Superstition ?
Il reste même à préciser que dans ce cas, pour contre-attaquer, un
des vôtres ou vous-même devez vous imaginer vivant et sur pieds.
Pouvoir de la pensée.
2 - « Si le souvenir d’une ancienne maladie vous hante, dites :
“Maladie, ne te souviens plus jamais de moi” ». (C’est pour rompre
tout lien avec la cause de cette maladie).
3 - « Les gris-gris ont quatre doigts. Le pouce dont ils ont besoin
pour saisir leur proie, c’est votre esprit ». (C’est pour en appeler à
votre volition)
4 - « Aucun fétiche ne nuit à l’homme s’il n’est dirigé par l’homme qui
pense et parle à sa guise ». (C’est pour faire savoir que l’homme est
le vrai fétiche)
5 - « Bo no di to wu a » (La magie ne peut assujettir la conscience
de tout un peuple : La communion consciente du peuple brave toute
magie).
6 - « Mε de su wε no di bo bo no di » (La magie n’est efficace que si
le magicien lui-même est efficace).
Toutes ces maximes – et il en existe d’autres – montrent que le
centre mental des sons et des images est le temple céleste où
puisent toutes les religions du monde, y compris celles du Bénin
précolonial.

D - Les sept protections


Nul au Bénin ne doute de la nécessité d’une protection sûre contre
Bo (charges créées et envoyées pour détruire un être ou une
chose), Azé (maléfices de tous genres occasionnés par les sorcières
en état de dédoublement), Vodoun (esprits inférieurs perturbateurs
naturels ou engendrés par magie) et Klouto (corps psychiques des
désincarnés fortifiés et manipulés à des fins de destruction).
Tous nos concitoyens, y compris les sorciers et charmeurs, dressent
à leur manière des bastions contre ces quatre types d’ennemis.
Ce que la plupart ignorent cependant, c’est l’impérieuse nécessité
de se vêtir de cuirasse contre trois autres malignités : l’attrait ou la
haine du sexe opposé, le gain ou la perte d’une forte somme
d’argent, la valorisation ou la diffamation de la personnalité.
Dans une certaine mesure, ces trois choses (sensualité, aisance
matérielle et V.I.P) sont illusoires et trompeuses, qu’elles soient
gagnées ou perdues. S’y attacher en fer, c’est se vouer à l’enfer.

E – Les négativités imaginatives


Il y a deux types d’hommes au quatrième étage : Ceux qui sages
sont à la Loge blanche gérée par les maîtres du cinquième étage et
ceux qui négatifs sont dans l’antichambre du quatrième étage.
1 – Les lunatiques
Il est des gens qui, sans aucune méchanceté ni convoitise, ont le
naturel de la rêverie. A force de revivre le film de leurs malheurs
passés ou d’imaginer des conséquences désastreuses à tout ce qui
leur advient de pénible, ces personnes de l’antichambre du
quatrième étage créent contre elles - mêmes, des contrariétés de
tous genres et souffrent d’être lunatiques et infortunées au sein de la
communauté.
2 – Les mondains
La plupart des contes fantastiques souillent le mental et le
psychisme. Quel enfant n’a pas été glacé de peur et d’anxiété après
l’audition ou la lecture d’un récit dont les personnages furent des
démons et les spectres des morts ? Il en est de même aujourd’hui
des films de guerre, de magie noire et de sorcellerie. Ceux qui,
devant des écrans vidéo, tressaillent de peur ou pleurent des crimes
commis, finissent la journée avec des maux de tête, car leur mental
est tendu par des images panachées. Nous savons aussi que les
feuilletons pornographiques troublent la libido et font des
nymphomanes, des satyres et une jeunesse dépravée.
3 – Les mages noirs
Les sorciers (jeteurs de mauvais sorts) sont parfois des mages noirs
capables d’utiliser leurs pensées pour vous détruire. Ils vous
imaginent dans des problèmes, des conflits, des échecs, la misère et
la maladie. Il y en a qui vous imaginent mort, qui voient mentalement
le film de vos obsèques et qui en pleurent symboliquement. Parfois,
pour obtenir votre adhésion à vos propres malheurs, ils vous font
des suggestions négatives et essaient de vous faire accroire. (Cf. Le
titre Prendre parti pour le bon Dieu).
Ceux qui croient aux prophéties funestes par horoscopes,
géomancie, cartomancie, chiromancie, voyance ou autres
divinations sur leur vie et qui en ressassent les images destructrices
autorisent la réalisation de ces désastres, même si telle n’est pas
encore la Volonté de leur Dieu. Tout cela vous met en porte-à-faux
avec le quatrième étage, monde des causes profondes de tous vos
maux (antichambre) ou de tous vos biens (loge blanche).
La prière la plus sûre, c’est la pensée et les images correspondantes
que l’on entretient dans la tête.
4 – Les chercheurs ballottés
La quête mystique n’est pas toujours aisée. Le gardien du seuil, qui
n’est rien d’autre que le symbole agissant des négativités du
subconscient, vous distrait. En l’occurrence, si dans votre tête
circulent des pensées séparatistes, des pensées appréhendant plus
les formes diversifiées (trompeuses) que le fond des êtres et des
choses, alors sachez que vous êtes en porte-à-faux avec le
quatrième étage.
5 – Les rebelles terroristes
Tout le monde n’est pas animé de bonne volonté. Les gauchistes et
les rebelles fauteurs de troubles qui n’ont pas pu prendre le pouvoir
qu’ils désirent, tout comme les meneurs de croisades ou de guerres
saintes, commettent des sacrilèges et des actes de vandalisme. La
volonté de détruire pour se faire entendre est leur seul guide.

F – L’oniromancie ou oracle par les songes


Les maîtres du cinquième étage savent ce que nous avons été, ce
que nous sommes et ce que nous pourrions être et dans quelles
conditions. N’ayant pas de compromis avec les sorciers et les esprits
mauvais, ils n’accusent que nos pensées négatives, nos sentiments
vils, nos médisances, nos actes répréhensibles, nos faiblesses,
notre ignorance. Ils sont convaincus que les sorciers et les mauvais
esprits ne sont que des adjuvants à l’accomplissement d’un karma
négatif dont nous sommes responsables.
En fait trois forces font le "destin" de l’homme : Son ange gardien,
son libre-arbitre et son environnement. Notre ange gardien peut être
d’accord ou non avec nous. Nos parents, nos proches et nos
collaborateurs peuvent être d’accord ou non avec nous. Notre libre-
arbitre, que Dieu "respecte", ne fait pas toujours le bon choix. Or
chacune de ces composantes de la vie détermine l’avenir. Choisir,
c’est donc se créer un avenir, un destin. D’où la nécessité d’être
instruit et guidé pour de meilleurs choix.
Pour être connecté au cinquième étage et recevoir de Dieu
l’information qui nous guiderait au quatrième étage, il faut remplir les
conditions précédemment suggérées pour accéder à ce niveau. Il
faut aussi prier DIEU de nous révéler en songe ce qui sous-tend tel
malheur ou mal dont nous souffrons, mais pour que nos rêves
commencent à nous guider sincèrement, il nous faut éviter de mentir
pour nuire à l’homme, que ce soit par plaisir ou par égocentrisme. Si
vous prenez du goût à tromper les êtres humains, la Nature se
réserve le droit de vous abreuver d’illusions. Et c’est justice.
Par le truchement de l’ange gardien, chaque être humain vit sur les
plans subtils les évènements à venir dans le monde matériel, selon
les choix successifs qui sont faits, même si l’individu n’en a pas
conscience. Les rêves sont dits éveillés lorsqu’en état de veille,
quelqu’un vous instruit : la télé, la radio, les passants, les animaux.
Vous recevez une réponse précise à vos problèmes.
Un homme qui se souciait des conditions matérielles de son
émigration en direction du Gabon vit sur le chemin deux jeunes gens
en marche. L’un dit à l’autre : « Ne va pas dans ce pays. Ça va te
porter malheur ». Puis toujours en marchant ils continuèrent leur
discussion. Mais c’était une révélation, qui troubla le gars soucieux.
Celui-ci laissa passer le temps. Puis arriva au bercail son oncle qui
du Gabon venait d’être rapatrié à en perdre tous ses biens. Il comprit
le "hasard", la "coïncidence" de l’autre jour, et en remercia son Dieu.
Les rêves sont conscients lorsque vous savez que vous rêvez, que
votre corps dort et que vous êtes "esprit" à ce moment-là. Ces types
de rêves ne trompent guère. On en profite pour s’instruire auprès de
l’ange gardien.
Tenez compte de vos sentiments pendant que vous rêvez. Cela vous
facilitera la tâche de l’interprétation quand vous vous serez réveillé.
Disposez d’un cahier de notes des rêves. Comparez ceux-ci à ce qui
se passe autour de vous. Découvrez si les rêves vous disent le
contraire de ce qui se passe, s’ils vous révèlent exactement le passé
secret, s’ils sont prémonitoires ou s’ils ne sont que des rêves
freudiens déployant le subconscient en partie. Notre ange gardien
peut nous faire des reproches, en nous apparaissant en rêve comme
étant le guide que nous avons adopté. C’est le Bokonon pour l’initié
de la Géomancie-Fa, le Houngan pour l’adepte de Vodoun, le Curé
pour le fidèle catholique, le pasteur pour le protestant, le Grand
Maître pour le rosicrucien, l’inspecteur pour le fonctionnaire athée, le
père ou le grand-père défunt pour monsieur Tout-le-monde, etc.
Nous rappelons encore que les rêves dépendent de tout ce qui
meuble notre vie. Tous les Jésus vus en rêve ne sont pas Christ ;
tous les Çakya-Mouni ne sont pas Bouddha ; tous les Caméléons ne
sont pas Sègbolissa ; etc.
Identifiez les rêves symboliques et sachez les interpréter. Ne vous
fiez pas aux livres antiques des songes. Ils sont en partie dépassés.
De plus, les valeurs symboliques changent au gré du temps et de
l’espace. Aujourd’hui un match de football vu en rêve peut vous
parler d’une compétition quelconque ; une voiture que vous
conduisez peut symboliser votre libre-arbitre ; une voiture dans
laquelle vous êtes agréablement conduit peut signifier que vous
avez un bon guide ; une voiture que vous conduisez avec quelqu’un
qui vous discute le volant montre que vous avez cru à un mauvais
conseilleur.
Si, toujours en rêve, vous travaillez dans une caserne ou que vous
soyez en bonne camaraderie avec des militaires, alors vous
acquérez une force de défense de votre vie. Une amitié songée avec
le commissaire de police (qui réellement n’est pas votre ami)
signifierait que vous bénéficiez d’un karma positif. Si dans une
affaire pendante devant les juridictions vous vous trouvez grondé par
le chef de l’Etat, alors changez de stratégie. Si pendant ce temps
vous marchez sur l’eau, en rêve, sachez que votre foi en Dieu vous
protège dans cette affaire qui en principe vous noierait. Si en rêve
vous faites un travail pénible qui vous essouffle, c’est que votre
destin prend un mauvais tournant.
Si en rêve vous vous trouvez souvent en relations sexuelles, c’est
qu’une entité invisible vous soutire de l’énergie vitale. Si en rêve
vous faites vos besoins en public ou que vous ayez des taches
d’excréments sur le corps, c’est la révélation d’une humiliation, d’une
chose qui vous ferait honte. Si par contre, en rêve, vous vous lavez
nu en public et que vous deveniez propre, c’est que vous êtes
innocenté. Si au contraire, vous vous rhabillez, sortant d’un bain
sale, c’est que vous ne pouvez pas être disculpé.
Si au Bénin des bœufs de rêve vous chassent, c’est la preuve que
vous êtes persécuté soit par des morts, soit par des sorciers. Les
cochons de rêve sont dits sorciers. Si un hibou vous effraie en
écarquillant les yeux, sachez que les sorciers sont à l’œuvre. C’est
ainsi en Afrique, même si en Europe le hibou symbolise la sagesse.
Si vous vous trouvez en train de ramasser du piment de foudre
(rouge) ou des noix mûres (rouges) de palme, cela signifie qu’un
désarroi vous guette. Etc.
Là sont quelques éléments des rêves symboliques, notamment en
milieux Fon. Cherchez-y ce qui convient à votre personnalité et
découvrez vous-même comment Dieu vous parle.
Il arrive qu’un avenir auquel nous n’allons pas échapper nous soit
montré à travers des sons et images que nous ne pouvons pas
décrypter. Dans ce cas, il n’y a qu’à prier Dieu.

G – La sorcellerie volitive et le développement


Celui qui a développé sa volonté, en liaison avec la capacité de
visualiser ce qui est voulu, est un sorcier volitif, un mage.
L’application stricte et ferme de sa pensée sur une recherche
spécifique le branche sur la Source de la vérité recherchée. La
connaissance lui vient dans le mental de manière intuitive,
inattendue. Dans le domaine scruté, il sait le fond des choses, parce
que sa conscience est au-dessus des considérations partisanes. Il
ne se sert d’aucun produit de magie fétichiste, n’évoque aucun esprit
de médium, ne chante pas nécessairement un mot de pouvoir, ce
dernier n’étant qu’un adjuvant. Son alliée directe : la sorcellerie
symboliste. Son soubassement : le cinquième étage. Cela prouve le
caractère universel du pouvoir volitif.
En d’autres termes, nous affirmons qu’un rationaliste juste, qui ne
professe aucune religion, qui n’appartient à aucune secte, et qui en
plus ne croit ni à la sorcellerie ni aux envoûtements, tandis qu’il a
une volonté positive en acier, peut être plus digne et plus protégé
qu’un dévot craintif. Faut-il encore le rappeler ? Tout est en
l’homme.

H - Quelques prières pratiques


L’auteur de ce livre, quoiqu’il ait parcouru de nombreux paysages
mystiques (ésotériques) et religieux (exotériques) de la Terre,
n’encourage pas le syncrétisme. Il est foncièrement contre la
sorcellerie qui nuit, la magie noire et la méchanceté. Il réprouve tous
les gris-gris qui font des obligations et des interdits sectaires à leurs
propriétaires. Cependant, il tolère les pures vertus, d’où qu’elles
viennent, notamment la vraie phytothérapie et l’usage mystique des
signes et des symboles.
1 – Cinq maximes mystiques
Avant d’aller à la pratique du quatrième étage, il importe de méditer
sérieusement quelques-unes des maximes mystiques qui font la
trame et le fondement de toutes les religions, de tous les ordres
ésotériques et des authentiques sociétés discrètes. Ce sont des
vérités universelles dont la connaissance et le respect élèvent
l’homme, où qu’il soit.
No 1 : Chaque son ou combinaison de sons a une couleur et une
activité vibratoire. Parler, c’est donc agir.
No 2 : Faire un geste en parlant, c’est faire agir la parole dans le
circuit de ce geste.
No 3 : Seule la pensée (exprimée en image ou en parole) fait ou
défait le bonheur.
No 4 : La pensée crée ; la parole crée. Croire trop à un mal, en
l’évoquant émotionnellement, c’est le nourrir, c’est le faire vivre, c’est
être mauvais.
No 5 : Le cœur est pour chaque homme un parapet. S’affoler et
perdre courage en cas de déboires, c’est se dévêtir de sa cuirasse,
c’est se livrer haut les mains.
2 – La foi magique
Avoir foi en Dieu dans un domaine vital, c’est se confier à Dieu, s’en
remettre à Dieu, espérant qu’on recevra la solution de Dieu, puisque
Dieu peut tout. La foi est donc une œuvre de pensée et de
sentiment. Sans tambour ni trompette, l’homme qui s’imagine
entouré de lumière divine et qui voit dans cette lumière le Tout-
Puissant à l’œuvre pour résoudre ses problèmes, cet homme-là
possède de la Foi. Un tel homme présent à une prière de groupe, à
une messe, à une action collective de délivrance, à un pèlerinage…
a des chances d’absorber sérieusement les énergies créées par la
multitude et de guérir "miraculeusement", par exemple.
Nul n’est besoin d’insulter les "faux Dieux" pour témoigner d’une foi
attachante au "vrai Dieu". Le Dieu "jaloux", qui voudrait qu’on prenne
parti pour lui et contre les autres Dieux, est un "Dieu" clanique, tribal,
non-indiqué à l’ère du verseau.
3 – Jésus-Christ plébiscité au Bénin
Le poids ésotérique de la Tradition est constitué par une adoration
multiséculaire, qu’il s’agisse d’un faux ou d’un vrai Dieu. Cela est
bien mesurable au niveau de l’invisible Inconscient collectif.
Il y a deux cents ans, au moment où le roi Guézo accédait au trône
du Danxomè, la Tradition vodoun tenait à elle seule la quasi-totalité
des pouvoirs de l’Inconscient collectif du royaume. Les
missionnaires catholiques des années 1860, du temps du roi Glèlè,
en subissaient le coup de merlin à la moindre incartade et y
perdaient parfois la vie physique. Ils ont dû prendre par l’amitié des
Houngan et la persuasion, en divinisant Jésus, la Bible et l’Eglise.
Ensuite, afin que nous délaissions nous-mêmes nos Dieux et nos
cultes, ils ont commencé à faire passer des saynètes tendancieuses
dans les hameaux réticents pour amener les spectateurs à concevoir
la sainte hauteur du fidèle de l’Eglise aux antipodes de la bassesse
entêtée du pratiquant du Vodoun. Et abjection et Vodoun étaient
greffés pour donner, comme programmé, des "fruits du diable" dans
la Conscience collective des Nègres. Ce n’était pas autrement
possible de dompter sans arme les Lions et les Léopards des
savanes arborées du Bénin pour leur substituer le Lion de la Tribu
de Juda. Les sectes naissantes d’aujourd’hui dites "Eglises de réveil
évangélique" font pis que l’Eglise catholique, en diffusant des
chimères de toutes sortes vilipendant la Tradition vodoun, au moyen
de vidéos diverses portant sur les mondes invisibles, à seule fin de
ligoter le moi des observateurs dans une croyance rudimentaire.
Quoi qu’il en soit, il s’agit de nos frères et sœurs, de ces Africains
envers lesquels nous avons un sacré devoir d’amour. Chercher à les
priver de pratiques (chrétiennes) si ancrées en eux, ce serait vouloir
leur nuire, et cela ne résoudrait en rien le problème. C’est pourquoi
nous publions ces écrits-ci pour ouvrir la voie à un christianisme
intelligent, prêt à « établir des rapports positifs et constructifs avec
les personnes et avec les groupes humains de diverses croyances
en vue d’un enrichissement mutuel », comme souhaitait au Bénin le
Pape Jean-Paul II face aux adeptes du Culte Vodoun, en février
1993 (Cf. Journal La Croix, No 590 du 12 mars 1993).
De nos jours, les noms Christ, Jésus, Yessus, Djézou, Jésus de
Nazareth, Djézou Nazarεtu-ton… sont au Bénin devenus puissants
tels des sons magiques. La charge est faite par les croyants
béninois eux-mêmes. Vodoun Mahou, Ajalonlon, Olowoun,
Olouwa… sont acceptés comme équivalents de Yèhwé, Yahveh,
Jéhovah… Ces noms véhiculent aujourd’hui ce qu’il y a de plus
parfait, de plus saint, de plus divin dans la Conscience collective de
notre pays. Donc, en faisant des prières chrétiennes, vous profitez
d’un égrégore puissant constitué par les Béninois et les chrétiens
d’ailleurs. Dans le fond, le même Créateur divin est toujours adoré,
invoqué, évoqué. Le Christ n’est-il pas en son Essence une
Emanation de Dada-Sègbo-Soleil, l’Etoile brillante du matin ? (Ap.
22, v. 16).
4 – Le Verbe de DIEU
En adorant un Avatar (incarnation anthropomorphe d’un Dieu)
pendant des siècles, les hommes forment un égrégore qui les
nourrit, comme dans une relation de feed-back (Cf. Inconscient
collectif). Un libérateur en Moïse, un éclaireur en Bouddha, un
Sauveur en Christ, ce n’est pas une vaine considération.
Pour donc tirer pleinement profit des prières pratiques proposées ci-
après, il faut croire dur comme fer qu’un Israélite avait vécu à
Nazareth au début de notre ère, que cet homme oint du Seigneur
était une Emanation divine imbriquée avec DIEU lui-même, et qu’il
était et demeure porteur de salut pour toute l’humanité. Cette
croyance, qui n’a pas besoin d’être vérifiée, est de premier ordre.
Car vous avez besoin d’être branché pour pouvoir utiliser le courant.
L’Evangile de Jean chapitre premier, versets 1 à 14, fait bien cette
connexion dont a besoin tout chrétien honnête désireux de se
remettre de ses problèmes.
Le Texte de branchement au Fils divin
Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec DIEU, et le
Verbe était Dieu. Il était au commencement avec DIEU. Toutes
choses ont été faites par lui, et rien de ce qui a été fait n’a été fait
sans lui. En lui était la Vie, et la Vie était la Lumière des hommes. Et
la Lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point
compromise.
Il y eut un homme envoyé de DIEU. Son nom était Jean. Il vint en
témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient
par lui. Il n’était pas la vraie Lumière, mais il était venu rendre
témoignage à la Lumière.
Le Verbe de DIEU était la vraie Lumière, celle qui, venant en ce
monde, illumine tout homme. Et le monde a été fait par lui, et il était
dans le monde, et le monde ne l’a pas reconnu. Il était chez les
siens, et les siens ne l’ont point reçu.
Mais à tous ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son Nom, il a
donné le pouvoir de devenir enfants de DIEU, à ceux qui sont nés,
non de la chair de l’homme ni de la volonté de l’homme, mais de
DIEU même. Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous.
Nous avons vu sa Gloire, la Gloire d’un Fils unique venu du Père,
plein de Grâce et de Vérité.
[Ce Verbe de DIEU, c’est le Christ en Jésus, le Nazaréen. Et parce
qu’il a été commis à la création du monde, il a tout pouvoir sur le
monde, tout pouvoir de Lumière, de Délivrance, et de Protection.
Ainsi soit-il].
Ce texte est à dire avant toute prière adressée à DIEU Créateur au
nom de Jésus-Christ. Après quoi, il est recommandé de dire un
Pater.
Pater paraphrasé
Notre Père qui est aux Cieux,
Que ton nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne,
Que ta Volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux
qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du mal. Car c’est à Toi qu’appartiennent le règne,
la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles. Amen.
5 – Se dégager des formes-pensées négatives
Dans les négativités du quatrième étage théorique, nous avons
esquissé la pratique de l’empoisonnement mental par soi-même ou
par autrui. Ces imaginations maintenues ou fréquemment réitérées
engendrent des événements malheureux et des maladies
neurologiques, ce qui favorise la profusion de germes pathogènes et
des carences ou excès en ceci ou en cela.
Vous avez donc perçu des images et des sons nocifs qui vous
tourmentent. Vous n’avez qu’à les évacuer. Pour le faire, il vous faut
des images et des sons contraires. « Un clou chasse l’autre », dit le
proverbe. Par ce que nous allons vous proposer, vous allez
fusionner votre mental avec une image pure (une flamme de bougie)
en y adjoignant des sons évocateurs saints (une prière à Dieu). Et
rapidement vous êtes dégagé.
Lavez-vous ou faites vos ablutions du soir, asseyez-vous sur une
chaise au bord d’une table, allumez une bougie blanche sur la table,
à trente centimètres environ de vous, la flamme du cierge étant sur
le même plan horizontal que vos yeux.
Regardez fixement la flamme, en priant positif, par exemple en
disant : « DIEU est Créateur ; Christ est Fils de DIEU ; je suis enfant
de DIEU ; Christ est Lumière et je suis lumière ; Christ est Saint et je
suis saint ; Christ est Pur et je suis pur ; Christ est Bon et je suis
bon ; Christ est Amour et je suis amour ; Christ est empli de DIEU, je
suis rempli du Christ et je vis en paix, en paix, en paix, en paix, en
paix, en paix, en paix… » Priez ainsi en toute conscience.
Vous devez apprendre par cœur cette prière car vous ne pouvez lire
un texte tout en regardant la flamme de la bougie.
Après cela, faites votre prière habituelle et reposez-vous.
« Priez en tout temps », dit Jésus (Luc 21, V. 36). En obéissant
formellement à ce commandement, votre mental est axé sur votre
Dieu, dont la lumière dissipe les formes-pensées négatives venant à
vous, tandis que vous n’avez pas le temps d’en produire vous-
même. Celui qui prie Dieu peut-il être en train de regarder un
feuilleton ?
Une bonne musique Gospel orchestrée en vidéo pour magnifier
DIEU, peut valablement remplacer la bougie et sa flamme. C’est un
remède efficace aux horreurs mentales. Les films qui mettent Jésus
de Nazareth aux prises avec le diable ongulé, techniquement
parlant, ne conviennent pas ici. Le calvaire non plus. C’est la
concorde et la paix qui chassent la guerre sans l’invoquer. C’est la
présence lumineuse et bienfaisante de DIEU qui fait l’absence du
diable et du mal. De même que les bonnes images transmutent les
mauvaises, de même la fumée d’un bon encens change une
ambiance perfide en un souffle d’or. Utilisez un bon encens si vous
en avez, en même temps que la bougie allumée.
Certains croyants se méfient des encens vendus un peu partout, car
il y en a qui vous branchent sur des esprits de l’eau, de la terre, de la
violence, etc. Qui ignore la nocivité du chanvre indien, encens des
bandits ? Cependant ce n’est pas une raison suffisante pour blâmer
l’oliban, zalεnkpon et autres bons encens.
6 – Une description bénéfique
A l’école officielle, on dit de la description qu’elle est une
représentation vivante de ce que l’on n’a pas actuellement sous les
yeux. La description est donc un travail d’imagination. Faire la
lecture silencieuse d’un portrait ou d’une description de paysage ou
d’animation de lieu, c’est se représenter (mentalement) la personne,
l’objet ou le lieu décrits. La lecture d’une scène élégiaque,
pathétique ou tragique peut affliger et faire pleurer, alors que l’on
atteint une certaine extase en se plongeant dans un écrit lyrique,
épique ou merveilleux. Il en est de même de l’audio ou de la vidéo
ayant les mêmes tonalités. Faites donc attention à ce que vous
écoutez, à ce que vous regardez et à ce que vous lisez. Nous
l’avons déjà dit dans les négativités du quatrième étage.
De toutes façons, il est possible de choisir de lire ou d’entendre ce
qui peut nous élever dans la pureté et l’agréable.
Exemple :
Un officiant vous parle. Ecoutez-le et obéissez mentalement à ce
qu’il dit :
« Le Christ est assis très haut dans le ciel, à côté de DIEU le Père,
d’où sur demande il règle toutes les situations en vue du bien-être
de l’homme. Ce ciel est juste au-dessus de votre tête, dans le
profond de votre zénith, très élevé.
« En DIEU le Père et en Dieu le Fils, comme autour d’eux, brille une
lumière blanche, synthèse de toutes les couleurs. Vous dites à voix
basse : "Saint est le nom de DIEU". Cette parole vibre dans tous les
sens, monte verticalement au ciel et retentit dans le monde des
Saints autour de DIEU. En retour le Christ, plein de grâces, dit :
"Que la Volonté de DIEU se fasse sur la Terre comme au Ciel". A
ces mots, la divine Lumière emplit tous les cieux étoilés, s’élargit
jusqu’à tous les horizons, et descend sur tout le planisphère,
bienfaisante et agréable. Les malades se portent mieux, les
mélancoliques et les désespérés sont consolés. Les agités et les
angoissés sont apaisés. Tout est clair et sain, très clair et très sain.
Chaque être humain, guéri et béni, comprend ce qui lui arrive et se
calme.
« Du haut du Ciel, pour vous, se fait entendre une voix qui dit: "Cette
maison est la mienne. Je la protège et la bénis". Alors la lumière
blanche, virant en bleu-clair, se fait intense sur le toit de votre
maison, sur le plafond, dans les locaux, autour de chaque habitant,
au salon, sur les meubles, sur et dans les objets : buffet, armoire,
placard, télévision. La Lumière bleu-clair, condensée en vapeur,
entre dans les garages et lave les bicyclettes, les motos, la voiture,
les autres engins ; cette lumière entre à la cuisine et y clarifie tout,
entre aux toilettes et y nettoie tout, entre dans les chambres et y
sanctifie tout.
« Et le Seigneur DIEU d’en-haut dit : "Que la paix soit sur cette
maison". Et la paix y entre pour y régner, accompagnée du vrai
bonheur.
« Alors avec respect et gratitude, vous dites : "Merci Seigneur. Merci
pour la lumière. Merci pour toutes les bénédictions et les grâces.
Que ton nom soit à jamais béni. Amen" ».
Ainsi, l’officiant termine sa suggestion.
Voilà une lecture qui purifie le mental puis le psychisme, et par voie
de conséquence dégage l’Ethérico-physique. Elle protège sans bruit.
Si vous tenez à bien faire ce dégagement sans un officiant parlant
devant vous, enregistrez cette lecture faite à haute voix, enregistrez-
la (en audio) dans un magnétophone, dans un androïde ou un autre
appareil. Que la voix soit posée, ponctuée, expressive.
Le soir, prenez une douche tiède, habillez-vous et asseyez-vous le
dos quelque peu droit et vertical. Fermez les yeux pour mieux vous
concentrer. Faites quelques respirations profondes. Faites lire cet
élément audio à l’appareil. Contentez-vous d’écouter attentivement
cette espèce d’intermède dans votre vie profane. Suivez le film
décrit, engagez-vous dans sa progression, voyez-vous mentalement
dans tout le processus. Dites ce que vous êtes censé dire et allez
jusqu’au bout. Remerciez Dieu.
Si les enfants sont trop petits, papa et maman peuvent écouter la
sonorité donnée par le lecteur audio. Peu à peu, Dieu par cette sorte
de communion se fait présent dans le foyer. On peut être plus
nombreux à méditer ainsi.
De même que ce qui nous souille est en nous et autour de nous, de
même ce qui peut nous purifier est avec nous et en nous. Dieu n’est
jamais loin. Emmanuel.
Nul n’ignore qu’à l’école, les élèves et les enseignants peuvent être
amenés à étudier des élégies, des tragédies et de grossières satires.
Dans ce cas, il est important de se vêtir de cuirasse et de lire l’écrit
comme un journaliste, sans vivre ce qui est lu, sans s’y identifier.
D’ailleurs, cette recommandation n’est utile qu’aux sensitifs. Les
flegmatiques et les cœurs indifférents à la misère humaine n’en
auront cure.
7 - Prière du Sauveur (qui délivre et protège)
[Avant cette prière, le thaumaturge se débarrasse et fait débarrasser
le présumé démoniaque de tous ses objets de protection : anneaux,
chaînes, ceintures, amulettes… Une ou deux heures après la
pratique de la prière du Sauveur, les objets peuvent être replacés
sur le corps s’ils sont du Christ et purs (chrisme, crucifix, Sacré-
Cœur, effigie de tel Saint, talisman de Saint-Michel, etc.)
Appliquée à quelqu’un de particulier, la prière du Sauveur peut être
modifiée. Dire par exemple : Nous te prions de faire face à telle
personne (dire son nom). Fais sur telle personne le signe de ta +
Sainte Croix…]
La prière :
Ô Seigneur Jésus - Christ, Dieu et maître du monde, toi qui es fils de
DIEU et Dieu toi - même, toi qui es envoyé par DIEU le père, pour
enseigner et sauver l’humanité, nous te prions de nous faire face.
Regarde- nous de tes yeux cléments. Viens vers nous. Nous t’en
supplions. Fais sur nous le signe de ta + Sainte Croix. Et pendant
que tu nous marques de ton sceau divin, nous t’entendons dire: + «
Enfants de Dieu, je vous pardonne ».
(Quelques secondes de recueillement)
Ô Adonaï, Dieu de miséricorde, tu nous as vraiment pardonné. Nous
le ressentons et nous t’en remercions. Nos péchés, nos fautes, nos
égarements, tout nous est pardonné, + au nom du Père, + et du Fils,
+et du Saint - Esprit. Amen!
(Quelques secondes de recueillement)
Ô Shaddaï, Dieu sauveur qui nous as pardonné. A présent, tu nous
délivres. + Brisées soient les chaînes d’envoûtement et de
sorcellerie. + Brisées soient les chaînes des morts de l’enfer. +
Brisées soient les chaînes des démons et des mauvais esprits.
+Brisées soient toutes les chaînes ennemies, ici et maintenant. Au
nom de + Alpha et Oméga; + de Via, Véritas et Vita, + et de notre
Seigneur Jésus-Christ tout puissant. Amen.
(Quelques secondes de recueillement)
Ô Emmanuel, Dieu omniprésent, multiplie ton image autour de nous.
Fais que tes vertus nous pénètrent de toutes parts, que devant nous
se voie Jésus, que derrière nous se voie Jésus, qu’à notre droite se
voie Jésus, qu’à notre gauche se voie Jésus, que nos pieds soient
ceux de Jésus, et qu’à notre chevet, tu sois là, Jésus, notre Sauveur
et notre Dieu. Amen.
(Quelques secondes de recueillement)
Ô Sabaoth, ta présence en nous et autour de nous est une grâce et
une bénédiction. Nous te prions d’en faire autant à tous nos frères et
sœurs en DIEU, afin que chacun de nous grandisse dans la paix et
le bonheur.
Loués soient le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Alléluia. Amen +.
(Recueillement / Etat de réceptivité des grâces
divines)
NB : Les signes de croix (+) sont faits sur soi-même, ou par un
exorciste devant soi. Faites donc sur vous le signe de la croix, en
suivant le même tracé que le curé faisant ce signe sur vous. Partez
du front, descendez au niveau du bas-ventre, allez à votre épaule
droite, puis horizontalement à votre épaule gauche. Cela fait un
parfait signe de croix, aux dimensions proportionnées d’un crucifix.
Cette prière du Sauveur est dite chaque jour, matin et soir, ou plus.
Avant de faire cette prière, il est conseillé de dire le texte de
branchement (Au commencement était le Verbe…) et le Pater noster
(Notre Père qui es aux cieux…). A la fin de la prière, c’est également
recommandé de dire un Pater. Mais ce n’est pas obligatoire.
Tout au long de la prière, il est nécessaire de penser (de voir
mentalement) ce qui est dit. Par exemple, visualiser la lumière
pénétrante, en disant : « Fais que tes vertus nous pénètrent de
toutes parts » ; pendant que l’on signe, il faut imaginer irradier une
croix de lumière sur la personne ou sur soi.
Si vous le pouvez, allumez une bougie blanche avant de démarrer le
rituel. Brûlez si possible un peu d’encens végétal, zalεnkpon par
exemple. L’encens pontifical est bon mais évitez les baguettes
vendues çà et là et qui attirent des esprits inférieurs. En cas de
doute, priez sans encens. La prière du Sauveur délivre et protège
formidablement lorsqu’elle est dite par la petite famille réunie au
même endroit. Essayez et vous verrez.
8 - Prière mentale de protection
Nous parlons souvent de calcul mental, mais nous ignorons qu’une
prière mentale agit plus en profondeur qu’une récitation
inconsciente. Partout et toujours, nous pouvons être en prières.
DIEU ne s’accroche à personne, DIEU ne force personne. C’est à
nous de nous accrocher à notre Dieu par la prière.
Consciencieusement, mentalement, et peut-être aussi à voix basse,
tout au long de la journée, dites:
« Le Christ est en moi et moi en Christ: aucun mal venant des
esprits impurs ni des méchantes gens ne peut m’atteindre, car je
suis en Jésus et Jésus est en moi. Loué soit le Seigneur ressuscité.
Amen»
Cette prière mentale peut être superbement remplacée par le
quatrième paragraphe de la prière du Sauveur :
« Ô Emmanuel, Dieu omniprésent, multiplie ton image autour de
moi. Fais que tes vertus me pénètrent de toutes parts, que devant
moi se voie Jésus, que derrière moi se voie Jésus, qu’à ma droite se
voie Jésus, qu’à ma gauche se voie Jésus, que mes pieds soient
ceux de Jésus, et qu’à mon chevet, tu sois là, Jésus, mon Sauveur
et mon Dieu. Amen ».
Cette portion de prière mérite d’être pensée et murmurée, de temps
en temps, en particulier le soir au coucher, dans le lit, jusqu’au
sommeil. Elle jugule le subconscient négatif, délivre et protège.
9 – Prière du deuxième étage rénovée
Au deuxième étage, nous avons rapporté une prière d’Eglise
évangélique qui tenait à la fois des deuxième et quatrième étages
(La visualisation spontanée en prière).
Supposez qu’au lieu de faire brûler les messagers des sorciers par
la pensée des fidèles, le dirigeant suggère : « La lumière de DIEU et
du Saint-Esprit inonde le Ciel. Elle descend, irradiant la Terre. A son
arrivée sur Terre, la Volonté de DIEU commence à se faire comme
au Ciel. Les méchantes gens déposent les armes, les sorcières
regrettent leur perversion et muent en femmes sages, les charmes
et les sortilèges moisissent, inefficaces ; les paresseux et les
escrocs se mettent au travail ; chaque être humain contribue au
bonheur des autres ; la Paix règne sur toute la Terre… C’est ainsi
fait, au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ. Alléluia ».
Si les disciples du Christ dans chaque paroisse du globe voyaient
mentalement les solutions préconisées dans la suggestion ci-
dessus, la chrétienté du monde ne serait-elle pas digne d’être
l’épouse du Christ ?
10 – Pour exorciser une nourriture
La science officielle sait que les mouches, en se posant sur nos
repas, y lâchent des œufs de parasites. Les vers, les amibes et les
vibrions cholériques sont connus de la médecine mais celle-ci ignore
que les sorcières chevronnées peuvent aussi, par des mouches ou
directement à partir de leur invisible monde, empoisonner le plat de
leur ennemi. Le fait n’est pas légion, bien entendu.
A l’instar des sorcières, plus fréquemment, des épouses cherchant à
"zombifier" leurs maris font manger à ceux-ci des aliments
ensorcelés ayant des effets de lobotomie ou d’homicide involontaire.
Dans tous les cas, lorsque vous êtes dans un milieu suspect,
n’embouchez pas n’importe quoi. Pas même un verre à boire pré-
nettoyé pour vous. Priez DIEU pour la bénédiction de la boisson et
de la nourriture. Priez comme les catholiques, en faisant un signe de
croix sur l’assiette ou le verre, et en prononçant les sons JESUS-
CHRIST. Si vous le voulez, dites Jésus en hébreu. Par exemple :
Ouvrez la paume de votre main au-dessus (cinq centimètres
environ) du plat apprêté sur la table. Dites alors : « Que ce repas soit
exorcisé et béni par DIEU Créateur, au nom de Notre Seigneur
Jésus-Christ, de son très Saint Nom YIESCHOUA. Amen ». Pendant
que vous prononcez YIESCHOUA (Jésus en Hébreu), tracez le
signe de la croix, toujours au-dessus, du bout de tous vos doigts
tendus, ou du bout des médius et index tendus, deux autres doigts
(annulaire et auriculaire) étant recourbés dans la paume de main et
maintenus tels par le pouce. C’est très efficace.
Les kabbalistes font la croix sur le plat au nom de YIESCHOUA,
sans articuler ce mot mais en répartissant sur les quatre bouts de la
croix et son centre les cinq lettres hébraïques formant ce nom : Yod-
Hé-Schin-Vau-Hé.
En supposant que le plat (nourriture) soit une représentation du
globe terrestre bien posée devant eux, ils commencent la croix au
Nord par « Yod », viennent au Sud et disent « Hé », vont à l’Ouest et
prononcent « Vau », tracent jusqu’à l’Est et disent « Hé », retournent
au centre de la croix invisible et disent enfin « Manifestés par le
pouvoir de Schin. Amen ». C’est clair, n’est-ce pas ? A savoir que si
le tracé de la croix est maîtrisé, on n’a pas besoin de faire face au
Nord pour le faire. Les croyants vulgaires n’en ont d’ailleurs pas
besoin. Des miracles se sont produits (Verre de boisson cassé après
la bénédiction), quoique le saint nom de Jésus ait été prononcé en
Fon : « Aklounon Djézou ». Voyez-vous ?
DIEU est DIEU, quel que soit le nom qui lui est collé.
Concentrez-vous (3e étage) et visualisez aussi la croix de lumière
(quatrième étage), en disant le nom de DIEU selon votre langue.
L’Eternel, par cette évocation, ne vous laissera pas prendre un
aliment maléfique.
Par cette bénédiction liée au signe de croix sur des appareils
électroniques (Smartphone, etc.), des pannes légères ont été
évacuées. DIEU est grand.
I - Prendre parti pour le bon Dieu
1 – Attitude mentale contre des agressions subtiles
Nombreuses sont les situations dans lesquelles Dieu "regarde" notre
bord stratégique avant d’intervenir dans notre vie. Voici quelques
exemples où Dieu bénit nos bonnes pensées et nos paroles
bienfaisantes:
* L’antipathie pour la partenaire
Vous éprouvez une aversion irraisonnée pour votre femme. Sachez
que peut-être une eau de division a coulé dans votre cœur. Si vous
ne faites rien vous-même, si vous ne changez pas ce mauvais
sentiment, Dieu ne fera rien pour vous réunir à votre épouse.
Répétez à voix basse: «Ma femme et moi, nous nous aimons: rien
ne peut nous séparer». Pensez aux bons côtés de la dame.
Réjouissez-vous de ses qualités. Même si c’est un envoûtement,
sachez que vous l’avez dissipé, car la paix et l’amour s’installeront
en vous pour votre femme. La même chose est à faire par l’épouse
perturbée contre son homme. Vous pouvez aussi tirer parti d’une
fumigation des zalenkpon (encens) + atinken gbaata (clous de
girofle) + xisixisi (basilic). Ça rend l’atmosphère plus vivable.
* La colère contre les enfants
Même si votre enfant se comporte très mal, ne le maudissez pas, ne
le destinez pas à la misère. Même si vous le grondez pour lui faire
prendre conscience, dites-lui mentalement: «Tout s’arrangera pour
toi, mon enfant. Dieu te bénisse!» Car parfois le pire n’attend que
votre approbation pour se réaliser sur votre enfant.
* Les faux amis
Un ennemi peut vous approcher familièrement et vous plaindre pour
vous faire concevoir un malheur, un échec, une maladie. Ne faites
pas semblant de le comprendre. Ne souriez pas. Ne vous renfrognez
pas. Renvoyez mentalement ce qu’il vous apporte, et prouvez-lui par
votre attitude placide que vous n’êtes pas d’accord. Il s’en retournera
avec ses problèmes.
* Les idées noires
Si dans votre mental circulent des idées noires (accident, maladie,
deuil, échec cuisant, opprobre...), ne leur permettez pas de vous
dominer. Combattez-les par la prière et la visualisation mentale.
Fredonnez une chanson optimiste, celle de Don-Métok par
exemple :
D’exister il faut avoir bonne envie,
Pour accomplir les œuvres de la vie.
Il n’y a pas de désastre imminent,
Qui trouble notre bonheur permanent.
Il nous faut vivre la vie d’ici-bas,
Pour concrètement y marquer nos pas.
Que nul homme ne se congèle en plainte !
Que nul ici ne s’éprenne de crainte !
Aucun malheur ne peut nous advenir :
Nous sommes là pour vivre au grand plaisir.
Il faut être dans le monde vivant,
Pour y faire des bilans abondants.
Continuez ainsi jusqu’à ce que la paix et la quiétude s’installent à
nouveau en vous.
* Les mauvais rêves
Si vous vous réveillez en sursaut d’un cauchemar, n’accusez pas le
seul fait que vous manquez de calcium ou de lipide dans vos
aliments ou que vous avez un problème d’indigestion. Commencez à
prier en même temps. C’est préférable d’utiliser la pensée pour ne
pas réveiller les voisins. Comportez-vous comme un homme du
quatrième étage. Car certaines attaques occultes nocturnes sont
vécues en cauchemars et en convulsions nerveuses.
Sachez tout de même qu’il ne faut pas s’endormir avec des idées
noires.
* La phobie du serpent
Ne vous laissez plus affecter par la vue des serpents. Imaginez-vous
très adroit avec un bâton en main. Voyez-vous mentalement en train
de tuer tout serpent qui vous approcherait. Faites cela jusqu’à ce
que vous deveniez indifférent à l’égard de ces reptiles. Ainsi, quand
vous verrez un serpent dans un rêve, vous le tuerez. Il en est de
même pour quiconque s’angoisse aux cris des hiboux, des
chouettes, des effraies, etc.
2 – DIEU ne pardonne pas tout
Fofo Eugène, jeune voleur très craint de l’agglomération de Wesso,
avait des hallucinations. Ceux qu’il avait mis à mort lors de certaines
opérations nocturnes lui demandaient des comptes. Il avait
l’impression de recevoir des coups de bâton sur la tête. Celle-ci,
physiquement, enflait. Il en devenait un être phénoménal. Sa
sorcellerie et ses gris-gris ne purent le guérir. Il se jeta alors dans
une Eglise de réveil évangélique. Le pasteur pria et pria à en
transpirer. La tête prenait du volume, surtout la nuit, et le cambrioleur
ne dormait pas. Son cas fut confié à un thaumaturge compétent. Ce
dernier exigea une profonde confession avant d’agir. Le malade se
confessa, racontant entre autres des épisodes où il avait étranglé
des bébés réveillés lors de certains de ses cambriolages. La
délivrance cependant n’intervint pas. Toute la paroisse hurla sur le
"diable", mais rien n’y fit…
En fin de compte, le bandit mourut et sa tête reprit sa forme normale.
Alors que peut-on en déduire ? Que DIEU ne pardonne pas tout.
Raison pour laquelle il ne faut jamais nuire à l’homme en attendant
d’être gracié.
3 – Le bénéfice du pardon
DIEU nous aime tous sans discrimination. Mais pourquoi
demeurons-nous ensorcelés alors que des prêtres et des pasteurs
nous ont pris en charge? Pourquoi malgré le traitement médical
réussi, une autre maladie surgit-elle pour nous faire souffrir ?
C’est que sur notre tête pèse un fardeau important. Ce qui aurait
amené les anges et notre Dieu à se détourner de nous.
Dans cette situation, notre dernier recours licite, c’est la demande de
pardon adressée à DIEU Créateur. Mais DIEU, qui est le Père de
toute l’humanité, ne nous comprend pas tant que nous avons nos
mains et bouche dans les pleurs, les douleurs et les frustrations
d’autrui.
Ainsi, pour que DIEU nous pardonne, il y a cinq étapes à franchir
dans le repentir:
- Premièrement, il nous faut inventorier nos actes, paroles et
pensées ayant nui à autrui. Cette introspection est nécessaire.
- Deuxièmement, il nous faut corriger les fautes qui peuvent encore
être corrigées: payer une dette négligée, marquer une gratitude
envers notre bienfaiteur, gratifier l’associé frustré ou la femme trahie,
restituer une vérité pouvant libérer un innocent, retourner
(discrètement peut-être) un bien volé à un plaignant, anéantir un
sortilège toujours d’actualité, commencer à aider autrui en bien...
- Troisièmement, il nous faut vider notre cœur de toute rancune, de
tout sentiment de vengeance, de tout désir de nuire à la vie d’autrui,
etc.
- Quatrièmement, il nous faut prier Dieu et lui adresser une
demande formelle de rémission des péchés, comme dans le Pater et
la prière du Sauveur, en rappelant les fautes commises, et en nous
engageant, étant dans les grâces divines, à ne pas retomber dans le
mal.
- Cinquièmement, il faut avoir foi à l’exaucement de notre demande
de pardon. Car dès ce moment, si tout s’est bien passé, notre
fardeau est allégé et nous avons un regain d’espoir. (D’après notre
livre Comprendre nos réalités invisibles).
4 – La proximité du bon Dieu
Au troisième étage, nous avons parlé du pouvoir des lieux chargés
d’éthers. Il est donc compréhensible que pour réussir certaines
opérations magiques, l’on se rende à un endroit particulier (église,
temple, forêt sacrée, etc.)
En raison de cette facilité, des pieux croient que, sans aller à un lieu
chargé d’éthers et y prier à haute voix, ils ne seront pas entendus de
Dieu. Et l’église est appelée "maison de Dieu". Oui, pour la
concentration d’énergies. Non, si on y confine l’œil et l’oreille de
Dieu.
Le temple de Dieu le plus digne de nous, c’est notre corps physique
(le microcosme). C’est pourquoi des gens sanctifient leur corps par
la continence et l’adoption d’un régime.
Le moyen de déplacement le plus infaillible pour aller dans la
demeure de Dieu, c’est notre pensée, c’est notre imagination. La
pensée va plus vite que tout au monde.
Le messager de Dieu le plus disposé à capter toutes nos bonnes
prières, c’est notre Ange gardien, notre Sur-conscient, notre Sε (en
Fon), notre maître intérieur, notre Tao, etc. On fait bien en étant
conscient qu’on est constamment observé et écouté de Dieu, où
qu’on soit.

J – Duperies du quatrième étage


1 – Intolérance révolutionnaire
Nous avons dit que la Loge du quatrième étage est mystique et
positive. N’y entrent donc que des personnes faisant des efforts au
cinquième étage, des personnes sérieuses et pures.
Dans l’antichambre du quatrième étage se trouvent les mauvais
penseurs et les fougueux révolutionnaires du monde politique ou du
protestantisme religieux. Ces gens de l’antichambre n’arrivent pas à
mettre en œuvre leur volition sans faire de bruit. Et c’est à ce niveau
qu’ils nuisent.
Les militants de la Révolution Populaire du Bénin étaient de grands
tapageurs mus par une cruelle intolérance. Leurs adversaires non-
révolutionnaires étaient tous punis pour être dits réactionnaires,
valets de l’Impérialisme et ennemis du peuple “progressiste”. Mais
tout cela n’était que du leurre.
Les militants du christianisme de "réveil" font les mêmes tapages
avec la même intolérance. Une dizaine d’entre eux dans une salle
occasionnent du tohu-bohu comme mille personnes. A l’aide de
haut-parleurs, ils perturbent tout autour d’eux. Vous ne pouvez ni
étudier, ni échanger, ni méditer, ni prier différemment. Et quand vous
osez leur témoigner votre agacement, ils vous crachent à la figure
que vous êtes possédé par le diable, et que c’est l’esprit malin en
vous qui souffre de leurs actions de délivrance.
L’usage des slogans et de la haute voix est stratégique pour mener
les mouvements de masse. Les bouviers n’en font-ils pas autant
pour être bons conducteurs des bœufs ? Toutefois, troubler la
quiétude de tout le voisinage est un péché. Alors si vous êtes
pasteur, faites en sorte que vos bruits ne couvrent que vos auditeurs
en salle.
2 – Volonté de quelques hommes et non de Dieu
Nous avons fait savoir que le quatrième étage est celui de la volonté
déterminée par une foi inébranlable et une imagination conséquente.
Or il y a deux grandes volontés : la Volonté des Dieux, et la Volonté
des hommes. S’il fallait faire un classement, la religion viendrait
après DIEU et l’homme, car elle n’a pas de volonté. Même la Volonté
de DIEU est dénaturée, tronquée, dans les religions. De sorte que
sans le savoir des croyants adorent des hommes. A travers une
version révisée de la Bible, quelques individus inscrivent leur volonté
personnelle dans les livres “saints” et font porter à celle-ci le
manteau de la Volonté de DIEU. Ou bien, parce qu’eux tous n’ont
pas les moyens de faire leur bible, des chargés de paroisses
travestissent les versets qu’ils lisent. Par exemple Jésus avait dit
que la richesse matérielle était périssable et que l’homme ferait
mieux d’accumuler ses trésors dans les cieux. C’est clair, pourtant
des "pasteurs" insatiables "expliquent" aux fidèles que par là Dieu
leur demande de verser tout leur argent à la paroisse (en réalité à
eux chargés des paroisses).
Qui fait la Volonté du Très-Haut entre le Sunnite et le Chiite ? De
nombreux terroristes et kamikazes croient faire la Volonté de DIEU,
parce qu’un "islamiste" (non-musulman) leur a raconté que c’est
Allah qui avait dit ci et ça.
Les discours religieux, les articles de canards portant sur des faits
de société, les revues de presse, les débats télévisés ou
radiodiffusés autour de certaines publications, tout cela peut n’être
qu’une machination rémunérée et qui vise une prise de position
populaire voulue par un groupuscule de meneurs.
Les croyants sont manipulés ; le peuple est manipulé.
K – Que dire d’autre du quatrième étage ?
DIEU n’appartient à aucune religion, parce qu’il n’en a formé
aucune. Ce qui n’exclut pas que les Traditions soient très
puissantes.
Le paganisme (en réalité le panthéisme) est engendré par la
communauté ayant vécu de nombreuses expériences de
manifestations spirituelles. Etant naturel, le paganisme (dit
polythéiste) est plus proche de la réalité que le monothéisme forgé.
Le judaïsme fut créé par Moïse, et la Thora est appelée "Loi de
Moïse". N’étant pas entièrement œuvre divine, cette Loi a été
corrigée par Jésus-Christ.
L’islam est fondé par Mahomet à partir du judaïsme et du
christianisme.
L’Eglise fut fondée par des "disciples" de Jésus, surtout par St-Paul.
Philosophe, cet homme put étayer sa thèse ecclésiale par un
volumineux courrier adressé alentour, y compris aux Juifs (les
hébreux), en se basant sur la divinité du Christ.
Jésus-Christ n’avait institué aucune liturgie. S’il l’avait fait, il aurait
été charcuté, puisque l’Eglise s’est charcutée en des sectes
ennemies. S’il avait créé une liturgie, sa pensée aurait été dépassée,
puisque toutes les institutions sociales finissent par être dépassées
par d’autres. La religion égyptienne d’alors est dite dépassée par le
judaïsme. Le judaïsme est dit dépassé par le christianisme. Le
christianisme est dit dépassé par l’islamisme. L’islamisme est dit
dépassé par la Foi bahaïe. Et toutes ces religions sont terrorisées et
forcées au confinement par la rage du Covid-19 qui lui aussi est
voué à l’étiolement.
Tout ce qui prend corps sur Terre est soumis au destin du
démantèlement, de la déliquescence et de la mort, s’il ne se mue en
un nouvel être.
Heureusement Jésus-Christ a basé tout son enseignement sur
ce qui ne sera jamais dépassé : l’éthique et la justice. De manière
définitive, il menace :
« Ils me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas
prophétisé par ton nom ? N’avons-nous pas chassé des démons par
ton nom ? Et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton
nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus,
retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité… » (Matthieu 7,
verset 22 à 24).
Mettant toute la responsabilité sur les êtres humains, Jésus leur a
clairement rappelé (il a rappelé à nous tous): « Vous êtes des
dieux » (Jean 10, verset 34). Les dieux n’ont-ils pas déjà en eux le
divin ? N’est-ce pas absurde que des dieux cherchent le Divin hors
d’eux-mêmes ?

Le cinquième étage
- Religion : pure spiritualité
- Lumière divine et sagesse
- Intelligence et inspiration pour le vrai et le bon
- Gratitude et générosité
- Amour partagé et humilité
- Assiduité au travail
- Courage dans les déboires et les événements de la vie.
- Utilisation disciplinée de la pensée
- Offrande à DIEU : faire partout preuve d’être enfant de DIEU
- Devoir : Contribuer à l’éducation et à l’évolution spirituelle de la
société humaine.

A – Préambule
Il est quelque peu inapproprié de considérer ce chapitre comme
celui d’un étage particulier. En effet les pratiques de ce niveau
peuvent se faire par quiconque, avant, pendant ou après une
expérience religieuse.
Le premier étage exploite les fétiches et les esprits manifestés en
Ethérique. Le deuxième étage adore les Dieux claniques, tribaux ou
ethnocentriques, de manière dogmatique. Le troisième étage se
fonde sur des pratiques symboliques en sachant qu’au
commencement "DIEU géométrisa". Le quatrième étage adore DIEU
en toute liberté en se rappelant que "Vouloir c’est pouvoir". Au
cinquième étage, l’homme regarde en lui-même et cherche à
redevenir un canal de l’essence divine.

B – Pierres d’achoppement de l’homme


N°1 : Des défauts cajolés
Morvat, un jeune agneau peu scrupuleux, était malvoyant et sans
flair. Il se faisait tacher le lainage de matières fécales et d’urine
quand il se mettait à l’aise. Il en avait à peine conscience puisqu’il
était presque aveugle.
Dans sa litière la nuit, il souffrait d’être hanté par des cancrelats, des
bousiers, des scorpions, des araignées, etc. Il dormait mal, il
cauchemardait, il se réveillait cent fois avant l’aurore. Ces insectes
étaient à son avis des esprits mauvais, des démons. Les moments
où il battait des oreilles et des pattes à grands bruits, priant le berger
et évoquant son nom, les commensaux s’éloignaient et lui donnaient
du répit.
Au cours de la journée, c’étaient des mouches qui lui tenaient
compagnie. Il y avait ses oreilles et sa queue dont il chassait ces
insectes indésirables, en scandant « Bèè, Bèè » (Berger ! Berger !)
Comme il ne cessait pas de faire ses besoins dans ses habits, les
mêmes "démons " lui chatouillaient le corps, et il se donnait les
mêmes peines pour s’en débarrasser. Il se souvient qu’il a été dit :
« Priez le Pasteur sans cesse ». Alors il se félicite de ne pas être
paresseux en prières.
Evidemment, il vivait de mendicité, puisqu’il n’avait pas de temps au
pâturage. Il pensait que c’était la faute aux esprits mauvais qui
cherchaient à le sortir de la tutelle de son pasteur.
Quelqu’un lui donne un désodorisant issu d’une tradition lointaine.
Consentant, parce qu’harassé des prières, il en asperge le corps, les
tenues et le lit. Les "esprits" immondes perdent leur intérêt et vident
les lieux. Il prie moins souvent tandis que les ennemis lui collent la
paix. Le pasteur de sa communauté, voyant Morvat relaxe, enquête.
Le déodorant abâtardi est démasqué et attaqué. De vives
remontrances à Morvat sont faites. La chose qui béatifie les odeurs
est fort maudite par la multitude du troupeau, pour la seule raison
que cette chose n’est pas tirée d’une herbe de leur prairie. Morvat la
confie à son maître berger qui la jette au brasier.
L’assaut des insectes nuisibles reprend. Les prières violentes aussi.
C’est le bonheur à reculons, n’est-ce pas ?
Un étudiant peu discret confie à Morvat un secret : « Cesse de
déféquer et d’uriner dans tes couvertures et accoutrements, et tu
seras sauvé ». Ne voulant pas commettre la même "erreur" que par
le passé, Morvat rapporte les propos de l’étudiant à son guide à la
messe des moutons. Faisant vibrer la tente-écurie sous l’effet de la
colère, le prédicateur vomit un prêche sévère : « Faites attention.
Faites vraiment attention. Le serpent qui a fait perdre la première
brebis, le premier bélier et tous les ovidés par conséquent est
toujours là, insidieux. Il est dans les étudiants, dans les professeurs,
dans les philosophes. Des lycaons sont embusqués dans les futaies
et les bosquets de proximité. Si vous vous laissez mordre par ce
serpent ou ces lycaons, vous perdrez votre vie pour toujours. Oui.
Ne voltigez pas. N’errez pas. Qui d’autre que le Grand Pasteur
enlève les impuretés du corps ? Qui d’autre que lui pardonne les
fautes et accorde la vie ? Quel mouton est-il saint sans être gracié ?
Qui peut par lui-même éviter de se salir ? Qui peut se sauver tout
seul ? Des gens vous bleuiront avec de pseudo-techniques
d’expulsion immaculée de crotte et d’urine. Entre le Grand Pasteur
et les techniques inventées, qui sauve ? ». Et toute l’assistance
moutonne répond : « C’est le Grand Pasteur seul ».
Et l’auteur de ce livre de poser trois autres questions : « La
Symbolique du serpent et des loups convient-elle pour juger
l’étudiant et ses dires ? Existe-t-il au monde une religion qui a fait en
sorte que les pourritures malodorantes n’attirent pas les mouches ?
Si DIEU, au gré des croyances, revenait sur les dispositions de sa
Loi fondamentale, les sciences naturelles ou physiques
demeureraient-elles scientifiques ? »
Le déodorant du premier étage, bien que pouvant se périmer, est
efficace et soutenable. Les battements de pattes et de queue liés au
bêlement du deuxième étage ont des effets explicables, quoiqu’ils
soient contraignants. Les conseils donnés par l’étudiant du troisième
étage, bien que difficiles à appliquer, sont pertinents. Le manque de
vouloir au quatrième étage pour réussir la mise en pratique des
leçons de l’étudiant est une insuffisance excusable. Seul le
fourvoiement délibérément opéré par le prédicateur est
indéfendable. A cause de lui, l’agneau n’est pas définitivement libéré
de ses problèmes.
Souffrez d’entendre que les pratiques purificatrices animistes,
vodoun, chrétiennes, musulmanes ou théurgiques sont toutes des
palliatifs à l’effet de chasse-mouches pour temporairement nous
libérer de nos impuretés et des entités néfastes attirées par les
puanteurs de nos manières et caractère. D’où la nécessité pour
l’agneau de travailler sur lui-même au cinquième étage, pour enfin
ne plus se salir, ou du moins se dégager spontanément.
N° 2 : Chasser sans lâcher les défauts
Gbèto a deux chiens. L’un est nommé Guerrier, l’autre appelé
Vénérable. Ses chiens réagissent sauvagement à tous les affronts, à
tous les quolibets, à toutes formes d’injustice flagrante… Ils aboient,
ils griffent les gens, ils les mordent parfois. Bref ils ne supportent pas
la moindre frustration à l’égard de Gbèto. Ils sont ses amis
inséparables, n’est-ce pas ? Mais par leurs offensives et leurs
défensives, Gbèto est sous tension, il est dit sorcier, il est craint, il ne
manque pas d’aller au commissariat de police, il est convoqué au
parquet. Parfois il est amendé, condamné.
Gbèto se décide à présent à faire partir ses deux gardes, même si la
contrepartie est de supporter désormais les insultes et certaines
usurpations. Il procède de deux manières différentes. Il affame le
chien Guerrier, vu que sa méchanceté est criarde. Il ne lui donne
plus rien, pas même une miette de nourriture. Il ne l’appelle plus, il
ne le regarde plus. Même si le Guerrier passe devant lui, il affiche
une indifférence déconcertante. Le chien maigrit, famélique…
Le chien Vénérable continue à manger et à laper comme
auparavant. Gbèto l’appelle. Il vient. Et tantôt il le caresse, tantôt il le
frappe. Parce que ce garde défend ses honneurs, mais parfois avec
trop de zèle. Ainsi, jour après jour, il lui fait subir des coups de fouet
(pour certains de ses outrages) après l’avoir gavé (pour son
soutien). Il lui demande de partir mais il le tient en laisse par ses
libéralités.
Quel chien s’en ira, selon vous ? Le Guerrier ou le Vénérable ? De
toute évidence, le chien Guerrier aura à choisir entre deux fins :
rester et mourir de faim, ou s’évader pour faire sa vie ailleurs.
Naturellement, il disparaîtra de la vie de Gbèto.
Le chien Vénérable, lui, parce qu’il est bien nourri, ne s’en ira pas. Il
ne s’évadera pas. Il se cachera parfois, par peur d’être flagellé. Mais
étant ce qu’il est, certaines de ses réactions seront bizarres et
insupportables.
Selon la Tradition des Fon du Bénin, le chien de garde symbolise
Lègba (esprit gardien mâle de l’individu) ou Tolègba (esprit viril
gardien de la communauté). Le subconscient Lègba et l’Inconscient
collectif Tolègba, outre leur mission de magasinier-gardien du Bien
absolu, sont devenus des agents défenseurs de nos plaisirs, de nos
honneurs, de nos gloires, de nos biens meubles et immeubles et
même de nos pouvoirs oppressants, vu que nous nous attachons
aussi en fil de fer à ces choses-là. Et là sont les mauvais chiens,
personnifiés ou non.
Nos péchés, nos fautes, nos égarements, presque tout tient à ces
chiens-là.
Les initiations à la Géomancie-Fa vous font connaître vos chiens,
elles vous interdisent ce qui les pervertirait (telles nourritures, telles
boissons, tels vêtements) et vous recommandent ce qui peut les
apprivoiser (tel comportement). Ce n’est pas toujours facile.
Les croyants chrétiens vulgaires en général nourrissent et
cravachent les chiens de leur moi, de sorte que ces chiens, c’est-à-
dire leurs défauts pécheurs, se déguisent et rôdent toujours autour
d’eux, pour les prendre au dépourvu, hélas ! Parfois ils prient Dieu
de venir tuer les mauvais chiens en eux, mais leur volonté
personnelle s’en absente.
Le cinquième étage oriental propose des moyens d’affamer les
chiens, afin que ceux-ci disparaissent réellement de nos vies, sans
combats ni sermons fastidieux. De toute façon, sans un travail
profond sur soi-même, les homélies reçues à la messe sont en
général de l’eau jetée sur le dos du canard, sur le dos cuirassé des
chiens.

C – Les effets immédiats du travail sur soi


Le disciple du cinquième étage que chacun de nous doit chercher à
devenir est un homme qui s’est anobli le caractère et qui ainsi
branché sur DIEU en reçoit plus aisément des dons : don de bénir,
don de guérir, don de savoir la vérité, etc.
Le cinquième étage donne à l’homme le pouvoir de réussir les
pratiques des troisième et quatrième étages. La connexion au Christ
ou à tout autre Avatar se fait de telle manière que les assistants
ressentent la présence effective de la lumière divine. La visualisation
du signe de croix n’est plus une bête noire. La demande de pardon
adressée à Dieu porte ses fruits de manière palpable. L’attitude
mentale permanente est chose aisée. Tout cela grâce aux effets du
cinquième étage, parce que la Volonté est affermie, soutenue par
une grande capacité d’imagination suivie et dirigée. Le véritable
homme a de la volition. Il est au-dessus des envoûtements et de la
sorcellerie. En Chine la pensée volitive est appelée "Pouvoir au-
dessus du mal". Les ignorants riront à entendre dire que dans sa
chambre un homme peut par la pensée mettre en déroute une horde
de sorciers armés de gris-gris divers et de terribles fétiches. Et
pourtant cela se passe.
En effet, chaque fois que nous perdons un des défenseurs canidés
de nos intérêts vaniteux et égocentriques, sa place est ipso-facto
occupée par notre véritable ange gardien, le divin en nous, notre
maître intérieur à côté duquel la sorcellerie destructrice ne vaut rien.
La personne qui marche au cinquième étage oriental ne sera pas
attachée aux choses précaires. Elle ne sera pas égoïste. Elle ne
courra pas après des choses vaniteuses. Elle ne remuera jamais ciel
et terre pour être nommée chef. Mais si elle est nommée, son souci
majeur sera de faire avancer l’institution. Le véritable patriotisme
sera pour elle une obligation morale. Elle préférera la grève de la
surproduction à la cessation de travail. Responsable de ce qui lui
incombe, elle accusera peu les autres. Les égoïstes l’apprécieront
sans chercher à lui ressembler. C’est le type d’homme véritable que
devraient rechercher les gouvernants, au lieu des troubadours qui
font les zélés sous leurs yeux.

D – Quelques pratiques
L’auteur de ce livre n’est pas digne de proposer de grandes
pratiques du cinquième étage. Il vous en dira quand même un mot.
1/ L’homme véritable
Partout sur la Terre, l’homme ayant réussi le cinquième étage est dit
« homme véritable ». En Inde, il est appelé Bodhisattva, bouddha,
l’éveillé. En Chine, l’humain véritable est désigné sous le vocable de
Tchen-Jen, le libéré, l’homme du Tao. Au Japon, c’est le mot Hito
(Xito) qui signifie humain véritable. Hito, c’est l’homme ayant
reconquis le statut d’enfant de DIEU, au sens pratique du terme. En
Europe, les bienheureux et les Saints de l’Eglise sont ainsi appelés
pour signifier leur état d’hommes véritables. Dans le rang des
mystiques chrétiens, le terme rose-croix est préféré, mais de simples
affiliés à la Rose-Croix d’Or se font nommer rose-croix et non
rosicruciens comme à l’AMORC. Au Bénin subéquatorial, l’homme
véritable est appelé Yèhwé. Mais ce nom révèle la splendeur divine
et désigne surtout tout esprit divin manifesté et faisant des
merveilles. Ailleurs en Afrique noire, d’autres noms sont employés
pour faire allusion à l’homme véritable. Il n’y a pas de peuple sans
Yèhwé.
2/ Pratiques négro-africaines
Sans pouvoir définir une statistique ni parler en termes de taux, nous
rapportons bel et bien qu’au Bénin indigène d’aujourd’hui existent
des Yèhwé, des personnes du cinquième étage. Le premier Yèhwé
directement descendu du Logos Solaire était un homme jaune d’or.
C’était une divinité solaire, un être du cinquième étage ou du sixième
ou d’au-delà, peu importe. Le mot Yεhwé est décomposable et
décomposé en Yε (Silhouette/Forme) et Hwé (Soleil). Yεhwé, c’est
donc une Emanation solaire, un homme-soleil. Le Logos Solaire est
dit Sègbo-LISSA-Wèkèdoto (Grand Esprit, Unique Créateur de
l’Univers). Les albinos de l’Afrique occidentale sont appelés Lissa
par une sorte de métaphore tirée du teint jaune d’or du Fils du Grand
DIEU-SOLAIRE-SEGBO-LISSA. Cela n’est pas nouveau, puisqu’au
Japon shintoïste jusqu’à aujourd’hui la filiation de l’Empereur est dite
engendrée par un ancêtre directement descendu du Logos Solaire.
Le cas du Bénin paraît étrange, vu la couleur de notre peau. En
réalité les hommes adoraient les Tohouiyo séparément, avec parfois
des conflits, avant l’arrivée au Bénin de l’Emanation Solaire qui a
dit : « Tous les Vodoun, tous les Dieux sont mes Fils ». De là est née
la concorde entre les Vodounnon. Mais chaque Vodoun s’identifie
par un caractère qui lui est propre, une adoration qui est la sienne,
une congrégation différente, etc. Cela n’est pas si loin du culte de
dulie par lequel les catholiques vénèrent les Saints.
Par le fait de SEGBO-LISSA, donc, existe un lien spirituel étroit entre
le Bénin, le Japon et la Chine. Mais qu’en faisons-nous ?
a/ Actions vodoun sur le caractère
La haute initiation au culte Vodoun impose aux candidats une
cérémonie fort secrète au cours de laquelle le futur initié meurt
réellement, subit l’opération magique de la transmutation du
caractère et bénéficie d’une résurrection effective. Le nouveau
caractère étant celui des chiens personnels "génétiquement
modifiés", l’initié reçoit un nouveau nom et de nouvelles charges. La
différence entre les initiés n’est rien d’autre que ce qui différencie les
diverses congrégations : congrégation de Sagbata, congrégation de
Gou, congrégation de Hèviesso, congrégation de Mahou,
Congrégation de LISSA, etc. Naturellement, tout cela reste à
moderniser. Ce qui ne sera possible que si l’ésotérisme vodoun
ouvre ses portes à tout le monde, sans histoire.
En ce qui concerne les affinités divines traditionnelles, on comprend
aisément que Sagbata-Terre soit lié aux pouvoirs de la matière (rez-
de-chaussée et premier étage), que Tovodoun-Eau soit en liaison
avec les relations sentimentales (deuxième étage), que Dan-Air (ou
Aguè) gère le département des transactions et de l’intellect, avec sa
ruse et ses astuces (troisième étage), que Hεviesso-Feu soit
l’expression même du pouvoir du Grand DIEU dans ses aspects
Justice, Equité, Intégrité (quatrième étage), et que SEGBOLISSA
(Créateur duTout) opère en toute intelligence dans des œuvres de
Sagesse, d’Amour, d’Harmonie et de Paix (Cinquième étage). A
savoir que SEGBOLISSA et MAHOU sont permutables.
Les manifestations folkloriques, dans lesquelles l’adepte de Vodoun
est chevauché par le Vodoun de sa congrégation, différencient leurs
traits caractériels. Sagbata-Terre, à travers la personne qu’il
chevauche, est mondain, peu sérieux. Tovodoun-Eau est souple,
attirante mais tentatrice. Dan-Air est mouvant, agréable mais
raisonneur. Hεviesso-Feu est dynamique, justicier mais très
impatient. SEGBOLISSA (les quatre en un) est calme, pondéré,
sage, clairvoyant… Et si c’est Tolεgba, Gardien du Seuil des
mystères, qui chevauche son adepte, ce dernier fait rire par le
quiproquo, le calembour, l’ironie, la parodie, et même la farce.
Le grand DIEU SEGBOLISSA-WEKEDOTO est donc l’Idéal à
adorer. Et pour cause. Même les personnes agitées, qui passent
l’initiation supérieure au couvent de SEGBOLISSA, changent de
caractère et s’assagissent au bout du tunnel. Elles ne trompent pas,
ne frustrent pas, ne vexent pas, ne réagissent jamais violemment,
puisqu’elles ont définitivement reconquis le sentiment (et la pensée)
de l’Amour partagé et de la Fraternité. Il y a là, bien entendu, un
trésor qu’il importe d’exhumer, de dépoussiérer, de moderniser et de
vulgariser…
Le cinquième étage a la particularité d’anoblir l’homme pour son
Créateur, en reformant tant soit peu son caractère via la suppression
de ses défauts majeurs (les chiens de la vanité et de l’égoïsme).
Pourquoi l’humanité ne va-t-elle pas étancher sa soif éthique si elle
peut avoir dans son gobelet de l’eau fraîche (eau distillée et
oxygénée) tirée d’une mare VODOUN, si répugnante soit-elle ?
C’est le droit le plus absolu des Béninois et de tous, même si, jetant
le bébé avec l’eau de bain, le colonialisme ecclésial en Afrique
stigmatise la totalité de la Tradition nègre.
Un aveu : L’initié ici, dans le culte vodoun classique, est un
dépositaire inconscient du caractère conçu par l’initiateur. Sa
transmutation souffre de perdre un don de Dieu : le libre-arbitre.
b/ L’éveil des potentialités supranormales
Le cinquième étage chez les nègres, ce n’est pas la croix et la
bannière. A ce propos, suivez Lavagnon Robert, baptiste, professeur
de math :
« L’un de mes oncles Toffin m’aimait bien et me prenait avec lui pour
des parties de pêche. Les Toffin, ce n’étaient pas des pêcheurs en
barque motorisée comme aujourd’hui. Non. C’étaient des nageurs
sans matériel technique, plongeant torse nu, passant d’une nasse à
l’autre, dans l’eau. Mon oncle peu à peu passait plus de temps sous
l’eau : cinq minutes, huit minutes, dix minutes… Sous l’eau, seule
l’expiration est possible. Dix minutes dans l’eau, c’est dix minutes
pour une seule expiration, puisqu’on plonge après avoir fortement
inspiré et retenu l’air. Dans cet état de contraintes respiratoires, point
de divagation de la pensée. Un footballeur en plein match rêvasse-t-
il ? Non et non. Une seule chose le fait mouvoir : le ballon. Or pour le
pêcheur dans l’eau, les choses se passent au mieux : il ne pense
pas, il ne fait attention à rien, c'est-à-dire qu’il fait attention à tout
alentour, à la fois.
Mon oncle dans le village était l’un des Toffin à pouvoir séjourner
relativement longtemps dans l’eau. Conséquemment il passait
beaucoup de temps dans ce que vous appelez la pensée perceptive,
la non-pensée. Les effets ? Eh bien, il les a indiqués. Dans l’eau,
après un certain temps de pratique, il commença à voir comment
vivait son corps ; il voyait le sang circuler dans ses vaisseaux.
Ensuite il acquérait graduellement le don de la voyance. Enfin, il
connaissait facilement la vérité dans des affaires très enchevêtrées.
Son plus grand caractère : la sérénité ».
Voilà le récit de Lavagnon. Il prouve le caractère libéral du cinquième
étage, cependant il faudrait faire remarquer que les Toffin vivent
comme des batraciens, dans des habitations sur pilotis. Là, Dieu les
protège. La mort par noyade d’un Toffin est considérée comme une
punition. Elle n’est jamais le fait d’un hasard. L’oncle de Lavagnon a
sans doute été aidé par le Dieu-Père de leur tribu, l’Eternel Dieu
Berger qui fait manger les Toffin à travers les lacs, les lagunes et la
mer.
Lavagnon plus tard nous confia ceci :
« Dieu et la religion, ce n’est pas la même réalité. Ma religion
enseigne que tous les pouvoirs mystiques exercés en dehors d’elle
sont diaboliques et contraires à la volonté de Dieu. Toutefois je
n’arrive pas à comprendre que l’on puisse tomber au travers de
DIEU en faisant attention à des fonctions organiques naturelles
telles que les contractions musculaires, les battements du cœur, la
respiration, l’écoute de l’environnement, la vue, le toucher, etc. »
Du côté d’Aplahoué, dans le département du Couffo, plus
précisément à Djowé, un homme communément appelé Nini a fait
lévitation et ascension et est resté au ciel pendant dix-sept ans avant
de revenir. Il avait le don de guérir, de protéger et surtout la capacité
de voir dans le passé, le présent secret et le futur proche ou lointain.
Il n’utilisait lui-même aucun gris-gris. A tous ceux qui lui rendaient
visite, il faisait des révélations capitales et recommandait la non-
violence et la non-nuisance à autrui.
A Abomey, tous les princes se souviennent du roi Agonglo par
rapport à son éthique très élevée et à ses pouvoirs discrets. Il faisait
aisément de la bilocation, gérant une réunion à cet endroit-ci et
méditatif à cet endroit-là. Il était le seul roi à reconnaître les mêmes
droits aux princes, aux princesses ainsi qu’aux esclaves qui les
servaient. Prophète, il a prédit tout ce que ferait celui qui deviendrait
le roi Adandozan et le type d’homme que serait le gosse de trois ans
qui deviendrait le roi Guézo. Maître parmi les maîtres, il veille jusqu’à
aujourd’hui sur les grands axes de la destinée de ce en quoi s’est
mué son royaume : le Bénin.
Encore un aveu : Des cas d’illumination ne sont pas si rares au
Bénin, mais aucune école de mystère ne s’est chargée de formaliser
les pratiques libératoires utilisées.
3/ Pratiques occidentales
Les bienheureuses fleurs du silence mental sont fort connues en
Occident. On n’y ignore pas que le sommeil est le régulateur par
excellence du système nerveux éreinté, et qu’un mental gardé en
silence pendant un certain temps de relaxation du corps se régénère
merveilleusement.
a/ Actions sur le caractère
Lorsque le mystique européen ou américain décide de chasser les
chiens de son moi pervers, il ne les affame pas. Il forme, de son
propre gré, de nouveaux chiens dressés à sa convenance. Et il les
fait foncer un à un sur les canidés pervers. Aux chiens dressés est
assignée la mission de combattre les méchants indésirables. Parfois
ces derniers sont plus cruels, invaincus. Et les défauts s’affichent
comme des démons irréductibles. Mais si les nouveaux combattants
sont bien nourris et bien outillés, ils gagnent la lutte, et le mental est
pacifié.
Voici une expérience où l’autosuggestion bien menée porte de
beaux fruits :
Le matin au réveil et le soir au coucher, dites-vous mentalement ou à
voix basse ce que vous voulez, à l’affirmative. Une phrase simple ou
composée, positive, mise au présent d’actualité ou d’habitude, au
mode indicatif, convient parfaitement. Par exemple, pour vaincre le
chien de la paresse, il faut penser et se dire : « J’utilise mon temps à
travailler ». Pour maîtriser le chien des échauffourées, il faut penser
et se dire : « Je suis tolérant, je pardonne à mes offenseurs ». Pour
anéantir le chien du vol, il faut se dire : « Je respecte les biens
d’autrui », etc. Ici, c’est le moi lui-même qui se livre une guerre, ce
qui est différent du cinquième étage asiatique. Mais si cela permet
de se béatifier, pourquoi n’en pas parler ?
La formule retenue pour être suggérée à soi-même est cette force
antagoniste, ce nouveau chien envoyé dans le subconscient pour
déloger et chasser le chien du défaut incriminé. Bien nourrir le
nouveau combattant, c’est répéter à chaque séance la formule
autosuggérée, autant que faire se peut. L’outiller, c’est imaginer
simultanément le comportement souhaité en remplacement. La bête
fautive, le chien à chasser, même dans ce cas, ne se laisse pas
prendre comme un escargot. Elle affronte, et le défaut combattu
vous dribble, si bien qu’il faut être persévérant pour gagner la partie.
Pour ne pas devoir laisser vivre en soi l’animal non-désiré, il faut
appeler DIEU au secours. Les pratiques du quatrième étage
déploient une artillerie métaphysique dont les percussions sont très
utiles au changement du moi (Cf. Connexion au Christ, Prière du
Sauveur, Prière mentale, etc.)
Les grands hommes de l’Eglise, les prélats, n’ignorent point
l’excellence du travail sur soi, celle de la voie intérieure. St Augustin,
se confessant à son Dieu, déclare : « Au dehors je te cherchais sur
tes gracieuses créatures… Or tu étais au-dedans de moi… »
(Confession X, 27, 38).
b/ Réveil des facultés supranormales
Le pape Jean-Paul II, dans le Rosaire lumineux, a écrit : « Le
rosaire, lentement récité et médité en famille, en communauté,
personnellement vous fera entrer peu à peu dans les sentiments du
Christ et de sa mère en évoquant tous les événements qui sont à la
clé de notre salut ».
Le Saint Père a parlé de la méditation du rosaire, laquelle vous fait
entrer dans les sentiments du Christ. Mieux de telles méditations
sont une connexion magique.
Sachant que le Christ est le maître des maîtres du cinquième étage,
il est évident que le chrétien, qui a éliminé ses défauts et qui s’est
connecté aux vertus du Christ, bénéficiera (comme grâce) du réveil
des facultés supranormales : voir l’invisible, entendre l’inaudible,
comprendre les mystères, servir de canal divin… De nombreux
Saints de l’Eglise ont ces qualités, et d’autres encore…
C’est le préliminaire qui est difficile, ce préliminaire qui consiste à
tuer les chiens tarés.
De nombreux hommes véritables dignes du titre de maîtres ont fait
la lumière de l’Europe et de l’Amérique, bien qu’ils aient été souvent
incompris. C’étaient des initiés de la cosmogonie égyptienne, de la
kabbale, du catharisme, de la rose-croix, de la théosophie, etc. (Cf.
Ci-après : Merveilles des maîtres).
4/ Pratiques orientales
Les techniques orientales visant l’illumination se rejoignent. Il s’agit,
grosso-modo, de travailler sur soi, physiquement, psychiquement et
mentalement.
Les pratiques du Yoga font partie des voies dites indirectes parce
qu’elles ne visent pas strictement la libération de l’être. Le Yoga
contient une douzaine de branches.
Le Mantra-Yoga tire sa force de la répétition d’un mot de pouvoir. Le
Japa-Yoga chante des litanies dont les vibrations sonores agissent
sur certains de nos centres psychiques. Le Prana-Yoga se fonde
particulièrement sur des méthodes de respiration. Le Hatha-Yoga
(que nous recommandons parfois) est basé sur la prise de certaines
postures (asana) ayant des effets glandulaires. Nul n’ignore que les
glandes sont des miroirs du moi.
a/ Actions sur le caractère
Les voies directes s’attellent immédiatement à la purification du
mental dont les chiens (les impulsions destructrices) meurent un à
un, faute de nourriture.
Voici un exemple que nous tenons du Xi-Tchan, le bouddhisme
chinois du petit véhicule.
Asseyez-vous confortablement. Adoptez la position du lotus, position
“Bokonon en consultation”, avec les jambes croisées. Soyez face au
Nord ou à l’Est, car les courants telluriques positifs nous viennent du
pôle Nord pendant que l’énergie solaire revigorante nous arrive de
l’Est.
Efforcez-vous d’avoir le dos droit, l’échine verticale. Ayez les yeux
entrebâillés, ou clos, sans tension, les épaules tombantes. Vous
pouvez avoir sur le corps une étoffe passant sur l’épaule gauche et
sous l’aisselle droite, de telle manière que le bras droit est dénudé
tandis que le côté gauche est recouvert. Que les paumes de mains
ouvertes soient posées sur les cuisses respectives ou sur les
genoux.
Respirez calmement et normalement. Concentrez-vous sur votre
respiration, et rien d’autre. Dites : « Ça inspire », pendant que l’air
emplit les poumons, et « Ça expire », pendant que l’air sort des
poumons. Dites cela mentalement, afin que la bouche n’intervienne
pas. Ne dites pas « J’inspire » ou « J’expire ». Le moi se sentirait
interpellé par le “Je”, et il ne manquerait pas de s’interposer pour
hypothéquer le travail. Vivez le fait que les poumons se vident et se
gonflent alternativement. Mettez-vous-y.
Le souvenir de certains événements passés surgira dans votre
mental. Délaissez-les. Ne les écoutez pas. Ne les suivez pas. Ce
sont des chiens incongrus. N’y faites pas attention. Plongez-vous
dans vos poumons dont seul le travail vous occupe et vous
préoccupe.
Faites cet exercice une fois par jour, pendant cinq à dix minutes, de
préférence le soir, avant le coucher. Cela peu à peu purifie le mental.
Fait avant un travail du quatrième étage, cet exercice est un bain
mental, une ablution plus profonde que celle des orifices du corps.
Si vous continuez sur cette lancée, un jour vient où vous perdez
votre individualité : vous ressentez que vous n’êtes que
RESPIRATION. C’est comme si vous n’aviez plus ni corps, ni tête, ni
pensée. Chose surprenante, vous avez l’impression de remplir votre
chambre puis votre maison et de monter, etc. Au début, ne faites pas
plus de cinq minutes dans cet état.
Ouvrez les yeux. Vous serez surpris de voir que votre corps n’est
pas devenu un éléphant. Vous remarquerez que vous continuez à
respirer normalement, paisiblement.
Par cette identification soudaine au souffle de vie, le peu de scories
lâché par votre mental a laissé sa place à votre Essence divine,
vous paraîtrez grand aux yeux des esprits. Certains sorciers du
premier étage vous appelleront “chef”. Vous comprendrez pourquoi il
est dit que le libéré est un homme invulnérable aux courants
telluriques négatifs.
Il va de soi que votre identification consciente au vide est une
amorce de la non-pensée, la pensée purement perceptive. Mais si
l’expérience se fait caduque par la suite, les privilèges s’amenuisent
et le seul Bosco à bord du navire pensant, ce sera la pensée
spéculative. Et c’est pour qu’il n’en soit pas ainsi qu’au Japon, en
Inde ou en Chine, le travail se fait sous les auspices d’un maître
authentique.
Après la non-pensée, qui est bien plus bénéfique que la pensée
positive, il faut gagner le Vide illuminateur, puis le Tao.
Il existe d’autres exercices, qui doivent emboîter le pas à celui-ci,
des exercices magistralement programmés et suivis, mais l’auteur
de ce livre n’est pas un maître du cinquième étage. Sincèrement,
sans fausse modestie.
Quant au caractère, nous en avons déjà parlé dans les effets
immédiats du travail sur soi à ce cinquième étage.
b/ Merveilles des Maîtres
Les maîtres du cinquième étage, lesquels ont pour coordonnateur le
Christ lui-même, sont ceux-là qui peuvent par la pensée (exprimée
ou non en verbe) changer un foie pourri ou une rate cancéreuse en
un organe sain, réanimer un cœur inerte en cas d’infarctus, charger
une croix ou un objet quelconque de lumière bénéfique, éclairer une
chambre sombre sans feu ni électricité, faire tomber la pluie ou
l’éloigner en cas de nécessité, arrêter des ennemis d’où qu’ils
viennent, marcher sur l’eau ou dans le feu, faire de la lévitation et
naviguer dans les airs, etc.
Nous disons bien « PAR LA PENSEE », ce qui les différencie de
ceux qui se font aider des formes de magie cérémonielle, des
évocations d’esprits, des exhortations fétichistes, des machins de
sorcellerie grossière, etc.
Le cinquième étage tout seul remplace toutes les religions du
monde. Il est par excellence la RELIGION, parce qu’il lave, purifie,
revalorise et élève l’homme vers sa Source spirituelle d’où jaillit toute
la Vérité.

E – Un libéré parle
Va-t’en, homme pervers. Je te rejette, car toutes les fois que les
miens et moi t’avons demandé protection, assistance ou aide, tu
nous as déroutés, tu nous as escroqués et tu nous as voués à
l’insignifiance.
Mon concitoyen a voulu du bien de tout le pays ; tu l’as amené au
tribalisme et à l’ethnocentrisme. Il a voulu d’une justice vraiment
juste ; tu l’as persuadé du népotisme et du favoritisme. Il a voulu être
véridique ; tu l’as contraint à la supercherie.
Mon cousin s’efforçait de mériter son salaire par un travail assidu et
bien fait ; tu lui as miroité les grosses réalisations de la corruption. Il
s’efforçait de préserver les biens publics ; tu lui as inoculé le germe
de l’incivisme débonnaire. Il s’efforçait de respecter la parole
donnée ; tu lui as montré les biens engrangés par des transhumants
politiques.
Ma sœur t’a demandé un amour fraternel ; tu lui as présenté ton
désir égoïste. Elle t’a demandé une franche collaboration ; tu lui as
fait un croc-en-jambe. Elle t’a demandé une bonne culture de
l’intelligence ; tu lui as donné des astuces de ruse.
Mon frère a aspiré à ton universalité métaphysique ; tu l’as moulé
dans une érudition raciste. Il a aspiré à tes connaissances
thérapeutiques ; tu lui as offert des secrets d’envoûtement. Il a
aspiré à un pur pouvoir de protection ; tu lui as fait manger une
sorcellerie destructrice.
Moi-même ai cherché Dieu dans ta religion ; tu m’as conduit dans un
fanatisme suicidaire. Rescapé, j’y ai cherché ma liberté ; tu m’as
entravé, en blâmant tout autour de moi. Ayant condescendu à cet
encadrement, j’y ai cherché mon perfectionnement par ascétisme ;
tu m’as fait croire que seul ton Dieu élève.
Et pendant que les autres, disciplinés là-bas, marchent sous un
soleil radieux, ici nous nous bousculons, au clair-obscur vicieux de
nos myriades d’étoiles chancelantes.
C’est toi qui nous as abusés dans tous les domaines. Tu l’as fait
parce que tu as le cœur noir épineux. Tu t’évertuais à tout tirer à
l’éclat de la précarité, et tu as perdu le Soleil de l’âme et de la
pérennité. Tu n’es qu’un cache-misère qui répondras de tes actes,
devant Dieu, devant la Loi et devant les hommes.
J’en ai marre de céder à tes caprices.

F – Duperie des faux maîtres


Au Bénin, le nombre de rois est dix fois plus grand que celui de la
Tradition précoloniale. Les sorciers fétichistes vendeurs de gris-gris
se font nommer "Majestés" alors qu’en général ils n’ont reçu aucun
sacre. Des sorciers médiumniques ayant survolé l’univers des
sciences occultes se baptisent maîtres, rabbis, rabbins, gourous.
Certes le mot maître est polysémique et s’emploie vulgairement à la
place des mots enseignant, instituteur, formateur, instructeur,
dirigeant, coordonnateur, chargé… mais le vrai maître des mystères
est un homme qui "maîtrise" la vie, qui peut prendre des disciples
pour les former efficacement, qui peut d’un simple regard lire dans la
conscience de son interlocuteur comme si celui-ci était un cahier
ouvert, et qui voit jusque dans des vies (des incarnations)
antérieures. Généralement un tel maître, donc un gourou, ne se
donne jamais le titre de maître et ne manifeste aucune fierté d’être
ainsi appelé.
Sachez choisir votre voie et votre maître !

G – Que dire d’autre du cinquième étage ?


Peu de choses, à dire du cinquième étage sinon que le cinquième
étage (atmique) n’est pas le dernier monde invisible imprégnant
l’homme. La littérature ésotérique orientale parle du sixième étage
bouddhique, du septième étage monadique, et même d’un centre
Adi, Source de tous les étages. Par rapport à ces mondes
supérieurs, l’homme n’a qu’à se conformer aux réalités divines. Qui
connaît DIEU à la perfection ?

Conclusion
Le titre "Accolades entre Christianisme et Vaudou" est un arbre qui
cache la forêt parcourue. En effet, pour saisir la quintessence de
l’enseignement divulgué dans ce livre, vous avez dû froidement
mettre de côté votre pré-requis mystique tant chéri. Puis après
maints rapprochements, vous avez vu que, tout en dénonçant
diverses ruses, impostures et fantasmagories nuisibles, cet essai tire
le lecteur de l’empirisme des croyances vulgaires, et le plonge dans
un monde de véritables connaissances, où la pensée individuelle se
branche volontairement sur l’Ineffable appelé DIEU.
Certes, pour illustrer notre propos, nous avons cité des faits de
proximité, mais c’est en espérant que les autres peuples en tireront
les conclusions nécessaires à la compréhension des us et coutumes
de leurs milieux de vie.
Vous nous comprenez, parce que votre niveau de conscience vous a
hissé au-dessus de tout sectarisme, et vous nous avez pu lire au-
delà du vocabulaire et de la grammaire. Autrement, vous ne seriez
pas d’accord avec nous.
Dans tous les cas, l’enjeu capital, c’est l’avenir de l’homme terrorisé
par des conflits religieux justifiés dans le monothéisme aveugle.
Prions donc pour la mort des théologies exclusivistes et faisons-
nous adopter par la Théosophie, clémente et libérale.

Postface
Malgré la “profusion” des explications que nous avons données dans
cet ouvrage, les lecteurs entichés de panafricanisme posent une
question capitale : « Pourquoi vous intéressez-vous autant au
christianisme qu’au Vodoun là où “tout le monde” prône le retour de
l’Afrique à ses propres religions traditionnelles ? »
A ceux-là, nous disons simplement ceci :
« Tant que la sorcellerie fétichiste, avec toutes ses négativités,
demeurera attachée aux religions traditionnelles africaines, tandis
qu’elle est bravée à cor et à cri par les Eglises de réveil, alors la
théorie du retour aux cultes négro-africains ne sera qu’un vain mot. Il
en sera ainsi même si les noirs chrétiens sont constamment
obnubilés par des prêches fantasmagoriques. Tout le monde aspire
à la vie, à une meilleure vie, n’est-ce pas ? Il suffirait donc que la
sorcellerie destructrice se retire de nos pratiques pour que toutes les
religions exotiques ferment leurs portes, faute de membres. »
Les lecteurs chrétiens, eux, plus séparatistes que les prêtres de
Vodoun, nous posent de nombreuses questions :
« Votre livre n’encourage-t-il pas le syncrétisme ? Que préconisez-
vous contre la propagation nuisible de la sorcellerie ? N’est-ce pas
au nom de Jésus-Christ seul que s’ouvrent les portes du Paradis ?
De quel bord religieux répondez-vous ? Pourquoi avez-vous écrit ce
livre ? »
A ces questions, nous répondons à peu près ceci :
« Chaque association religieuse ou ordre mystique, quel que soit le
niveau de conscience qui est le sien, engendre par le fait de ses
membres, une charge énergétique ayant une couleur et une
orientation particulière, que l’on appelle égrégore. En être membre
implique un engagement implicite à en respecter les clauses. Y
contrevenir, même avec de bonnes intentions, c’est introduire une
perturbation dans le groupe. Si cela a lieu au niveau du gouvernail,
l’égrégore se recolore et prend une nouvelle direction. Si c’est un
membre de la base qui s’insurge contre le patronat, il démantèle
l’égrégore s’il est un puissant sorcier. C’est ainsi que dans certaines
paroisses où s’est faufilée une prêtresse sorcière dénoncée par les
siens, se produisent des attaques d’envoûtements. Si le membre
sorcier est faible, il est éjecté par le pouvoir du groupe et peut
tomber dans la décadence. Dangereuse est aussi la situation du
prétentieux qui opère à la fois dans deux égrégores distincts à
orientations divergentes. Ça, c’est du syncrétisme. Il en est ainsi,
même si chacun des égrégores est bénéfique et en harmonie avec
lui-même. Donc vous avez intérêt à vous conformer au règlement
intérieur de l’association à laquelle vous appartenez. Si vous ne
vous y sentez pas bien, c’est mieux pour vous de mettre fin à votre
affiliation.
« Hors des associations religieuses, notre livre parle des vertus des
êtres et des choses, et démontre qu’il y a des incompatibilités dont il
faut se méfier. Satan n’est rien, Satan n’a rien. L’homme est le bosco
qui conduit le navire de la vie à la dérive ou à un port de fluctuations
intéressantes. Il doit craindre les incompatibilités de tout genre, pour
ne pas subir les affres du syncrétisme.
« Syncrétiste est par conséquent le chrétien qui va au sabbat la nuit,
qui se rend à l’église le jour, et qui donne le pouvoir de la sorcellerie
à des enfants en vue de les porter à faire le mal. Plus que le
syncrétisme, c’est un péché d’antéchrist et d’involution.
« En ce qui concerne la véritable conversion de tous les innocents
sorciers dont les caprices échappent aux pasteurs et aux prêtres, il
n’y a d’issue que répressive. Seul l’Etat peut mettre fin à la
propagation de ce fléau, en ajoutant aux droits des enfants le droit à
une vie saine. Le délit de détournement de mineur ou d’abus de
confiance doit prendre en compte les recrues involontaires ou en
bas âge consacrées à des compagnies occultes.
« Par ailleurs, au syncrétisme christianisme – sorcellerie doit se
relier la chrétienté abusée par une croyance inversée et qui tient le
nom pour l’esprit que ce nom désigne. C’est “Lucifer” qui, vêtu du
manteau du “diable”, fait dire aux chrétiens que l’avenir de toute
l’humanité tient à un mot : JESUS. Croire au nom de Jésus, c’est au
fond épouser l’idéal de DIEU prôné et défendu par son Emanation
appelée Christ. C’est en tout s’astreindre à une Ethique
véritablement chrétienne, car le Christ est trop grand pour être
enfermé dans un nom.
« Le mot peut se charger d’une force et agir favorablement sur l’aura
et la physiologie d’une ou de plusieurs personnes. Des mots de
pouvoirs (Jésus, Yieschoua, Om, Yiou, etc) délivrent et protègent,
mais lorsqu’il s’agit d’être sauvé en esprit et après la mort pour une
heureuse destination, ces mots de pouvoirs ne sont plus grand-
chose. Seul l’état de notre conscience est examiné. Ceux dont la
conscience s’est alourdie des négativités du rez-de-chaussée et du
premier étage n’échappent pas à certaines peines de nature
infernale. Ceux qui se sont abreuvés des négativités des deuxième
et troisième étages subissent quelques redressements appelés
Purgatoire. Ceux qui sur Terre ont su éviter les négativités du rez-de-
chaussée jusqu’au quatrième étage passent dans un monde
agréable appelé Paradis. Aucune question n’est posée sur les
religions et leurs prophètes. Seul le niveau de conscience est jugé.
Et ainsi DIEU fait preuve de JUSTICE à l’endroit de toutes les
croyances de la Terre. Etre juste, bon et tolérant : voilà tout ce que
DIEU veut. Noé était sauvé du déluge parce qu’il était l’homme le
plus juste. Jésus a spontanément aimé un homme riche parce qu’il
était assez juste. En Egypte ancienne, le mort était jugé par rapport
à ses bons ou mauvais actes pesés sur une “Balance”. Au Japon, il
est su que pour être sauvé, il faut éviter KEGARE (péchés) et
TSUMI (impuretés), KOTODAMA (le pouvoir du Verbe) n’étant qu’un
moyen pour y parvenir. En Inde et en Chine, il est dit que le salut ou
la perdition est la récompense ou la sanction de nos engendrements
positifs (Dharma) ou négatifs (Karma). Au Bénin, on rapporte que
Tohouiyo, avant de juger le mort, lui pose une question : « Comment
as-tu vécu par rapport aux êtres de ton milieu ? » Jésus-Christ,
Esprit divin méconnu des chrétiens, a résumé tout cela en disant :
« Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse » ou
bien, qu’en aimant son prochain comme soi-même, on gagnera la
vie (Luc 10, versets 26 à 28). Le salut n’a donc ni religion, ni race, ni
sexe, ni rang social. Il est heureusement le fruit d’un arbre qui
végète en nous et que chacun de nous a le devoir d’arroser :
l’éthique.
« Evidemment l’éthique est, en liaison avec les vertus concordantes
saines, ce qui nous meut, nous auteur de cet écrit. C’est cela, notre
bord mystico-religieux. Nous voyons ce choix si véridique, si juste, si
universel, si bienfaisant que nous nous sommes assigné le devoir de
le vulgariser à travers les Accolades entre Christianisme et Vaudou.
Parce qu’ainsi les religions se comprendront autour d’un minimum
incorruptible. Parce que la tendance de l’ère nouvelle, c’est la
globalisation, la mondialisation de tout. »
Un seul DIEU originel aux pouvoirs déconcentrés, une Humanité
soudée, une Science à branches multiples. Qu’y aura-t-il de mieux ?

Bibliographie
• Comprendre nos réalités invisibles, DadaSègboton, Imprimerie
Gutenberg, Cotonou, Bénin
• La Lumière sur le Royaume, Alexandre Moryason, Boîte Postale
175, 92406 – Courbevoie Cedex (France)
• Traduction Œcuménique de la Bible (TOB), Seconde Edition,
ALLIANCE BIBLIQUE UNIVERSELLE – LE CERF

• Flore du Bénin (Tome 3), Simone de SOUZA, Imprimerie Notre-


Dame de Cotonou
Le Guide des sociétés secrètes, Jean-Pierre BAYARD, éditions
Philippe Lebaud
Du même auteur :
1 – Comprendre nos réalités invisibles, Imprimerie Gutenberg,
Cotonou, Bénin.
2 – Marc en marche vers Vodoun-Yèhwé, Imprimerie Idéale-Presse,
Bohicon, Bénin.
3 – Un mot sur la lecture en seconde, Imprimerie Idéale-Presse,
Bohicon, Bénin.
Dépôt légal N° 12207 du 26/05/2020 Bibliothèque nationale du
Bénin, 2ème trimestre
ISBN : 978 – 999 82 – 952 – 0 – 9