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LES AnCANES QUi y SONT,. l'RÉDITS, ET QUI JUSQU'A PlItSENT


ONT r:nt PROFONDÉMENT CACH};S.

OUVl\AGE POSTHUME

D'EMMANUEL S'VEDENBORG
'l'RADllIT DU LA'l'I:'l

PAR J.-F.-E. LE BOYS Dl~S GUAYS.

TOME DEUXIÈME.
CHA PIT RES V ET VI.

N°" 296 il '\ U.

SAINT-AMAND (CHER),

:\ la Iiùrail'ie de I.A NOUVELLE JÉRUSALEM, chez POnTE, Librair('.

PARIS,

M. MiNOT, rue du Four-S'-Germain, tlo.

THEUTTEL et WUIlTZ, Libraires, rue de Lille, 17.

. LONDHES,
SWF.DENOOnG SOCIETY, 361l100lllSbuI'Y Street, Oxford Slreel.

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LES ARCANES QUI Y SONT" l'RÉDITS, ET QUI JUSQU' A PIIÉSENT


ONT t:Tlt PROFONDÉMENT CACHt:S.

OUVHAGE POSTHUME

D'EMMANUEL S'VEDENBOUG
l'R.~DUIT DU L.\TlX

PAR J.-F.-E. LE BOYS DES GUAYS.

TOME DEUXIÈME.
CHAPITRES V ET VI.
No, 296 il iH.
"1

SAINT-AMAND (CHER),
!\ la librairie de LA NOUVELLE JÉRUSALEM, chez l'OIlTE, LibraÜ'i'.
PARIS,
M. MINOT, rue du Four-S'-Germain, 40.
TllEUTTEL et WUllTZ, Libraires, l'lie de Lille, i 7.

. LONDUES,

S\VEDE1ŒOm; SOCLETY, 3li 1I1oomsbUl'Y Street, Oxford Streel.

185 ().
L'.APOCALYP8E.

CHAPITRE CINQUIÈME.

:1. Et·je vis dans la (main) droite de Celui qui était assis SUI'
le Tr'ône un Livre écrit en dedans et pal' derrière, scellé de ~ept
sceaux.
2. Et je vis un Ange puissant qui cl'iait à voix grande4t Qui est
digne d'ouvrir le Livre, et d'en rompre les sceaux?
. 3. Et personne ne put dans le Ciel, ni SUI' la tCl're, ni sous la
telTe, ouvrir le Line, ni le regarder.
!J. Et moi je pleUl'ais beaucoup, de ce que personne n'était trouvé
digne d'ouvrir et de lire le Livre, ni de le regardCl'..
5. Et l'un des Anciens me dit: Ne pleUl'e point. Voici, il a
vaincu, le Lion qui est de la tribu de Jehudah, la l'acine de David,
pour ouvrir le livre et en rompre les sept sceaux.
6. Et je vis, et voici, au milieu du Trône, et des quatre Ani­
maux, et"au milieu des Anciens, un Agneau debout comme tué,
ayant sept comes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu,
envoyés pal' toute la tene.
7. Et i.l vint et prit le livre de la (main) droite de Celui qui
était assis sur le Trône..
8. Et quand il eut pl'is le livl'e, les quatre Animaux et Jes vingt­
quatre Anciens se pl'osternèrent devant l'Agneau, ayant chacun
des barpes, et des coupes d'or pl~ines de parfums, qui sont les
prières des saints.
9. Et ils chantaient un Cantique nouveau, disant: Digne tu es
de prendre le liVl'e et d'en ouvril' les sceaux, pal'ce que tu as été
tué e.t nous as rachetés à Dieu en ton sang, d~ toute tl'ibu et lan­
gue, et peuple et nation.
10. Et tu nous as faits à notl'eDieu rois et prêtres; et nons ré­
gnel'ons sur la tene.
u. 1.
2 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. l\' 296.

11. Et je vis, et j'entendis une voix de beaucoup d'Anges au­


lour du T"One et des Animaux et des Anciens, et leUl' nombre était
des myriades de myriades et des milliers de milliers.
i 2. Disant d'une voix grande: Digne est l'Agneau, qui a été
tué, de "ecevoit' le pouvoir et richesse et sagesse et honneur et
gloire et bénédiction.
13. Et toute chose cl'é6e, qui esl dans le ciel et dans la terre et
sous la terre, et dans la mel' celles qui sont, et toutes celles qui sont
en elles, je les entendis, disant: A Celui qui esl assis sur le TrOne
el à l'Agneau la bénédiction et l'honneur et la gloit'e et la force aux
siècles des siècles.
14, Et les quatre Animaux disaient: Amen, Et les vingt-quall'e
Anciens S'e prosternèl'enl et adol'èrent Celui qui vit aux siècles des
siècles.

EXPLICATION.

296. Vel·s. 1. Et je ris dans la (main) droite de Celui qui


était assis sur le Tr6ne un Livre écrit en dedans et par der­
rib'e, scellé de sept sreaux. - Et je 'llis dans la (main) droite
de Celui qui était assi~ sur le T/'l5I1C, signifie le SeigneuI' quant
à la Toute-Puissance et quant à la Toute-Science: un Livre écrit
en deda,l'ls et par derrit1re, signifie l'état de la vie de tous dans
le Ciel et sur la Terre, dans le commun et dans le particulier' :
uellé de sept sceaux, signifie entièrement caché.
297: Et Je vis dans la main droite de Celui qui était assis
sur le Tr&ne, si.qnifie le Seigneur quant à la TOltte-Pu~sance
et quant et la TOllte-Science : on le voit par la signification de
la nU/in droüe, quand il s'agit du Seigneur, en ce qu'eUe est la
Toute-Puissance et aussi la 'foute-Science, ainsi qu'il va êl1'e ex­
pliqué; et par la signification de Celui qui était assis sur le Tr6ne,
en ce qu'il est le Seigneur quant au Divin Bien dans le Ciel; en
effet, le TI'One signifie en général le Ciel, en particulier le Ciel spi­
rituel, et abstractivement le Divin Vrai procédant d'après lequel
- existe le Ciel et par lequel se fait le Jugement, "OÙ' ci-dessus,
Vcrs, 1. CHAPITRE ClNQUlÈ~E. 3
N° 253. Si le Seigneur est signifié par Celui qui était assis sur le
Trône, et aussi pal' l'Agneau qui prit le Iivl'e de la main de Celui
qui était assis sur le Trône, c'est pal'ce que par Celui qui était assis
sur le Trône il est entendu le Sei~eur quant au Divin Bien, et
par l'Agneau le Seigneur quant au Divin Vl'ai : il y a, en effet, deux
choses qui procèdent du Seigneur comme Soleil du Ciel, à savoir,
le Divin Bien et le Divin Vrai; le Divin Bien pl'océdant du Sei-
gneur est appelé le Père qui est dans les Cieux, et le Pèl'e qui est
dans les Cieux est désigné pal' Celui qui est assis sur le TI'ône, et
le Divin Vrai procédant du Seigneur est appelé le Fils de l'homme,
mais Ici il est appelé l'Agneau; et comme le Divin Bien ne juge
pel'sonne, et que c'esl le Divin Vrai qui juge, c'est pour cela qu'ici
il est dit que l'Agneau prit le livre de la main de Celui qui élait
assis sur le Trône; que le Divin Bien ne juge personne, mais que
ce soit le Divin Vrai qui jlige, c'est ce qui est' entendu par ces pa-
l'oies du Seigneur, dans Jean: « Le Pere ne Juge personne,
mais t01t1 le jugement il a donné au Fil,ç, pm'ce que F'its de
l'!tomme il ('st. Il - V. 22, 27; - par le Père il esl entendu le
Seigneur quant au Divin Bien, et par le Fils de l'homme le Sei-
gneUl' quant au Divin Vl'ai : si le Divin Bien ne juge pel'sonne,
c'est parce que le bien n'examine personne; mais le Divin Vrai
jnge, car il examine chacun. Toulefois, il faut qu'on sache que le
Seigneur Lui-Même ne juge non plus personne.d'après le Divin Vrai
qui pl'ocède de Lui, car ëe Vrai a été uni au Divin Bien au point
. qu'ils sont un, mais que c'est l'homme-esprit qui se juge lui-même,
car c'est le Divi~ Vrai l'eçu par lui qui le juge, et comme il semhle
que c'est le SeigneUl' qui juge, c'est pour cela que dans la Parole il
est dit que tous 'seront jugés par le Seigneul'; c'est aussi ce qU'cn-
seignc le Seignoul', dans Jean: Il J éSllS €Iii: Si quelqu'ull en-
tend mes parolfs et ne croit point, Moi, Je ne le Juge point;
car Je suis venu, non pour Juger le monde, mm~ pour sauver
le monde; cflui qui iWe rejette, et Ile reçoit point mes pa-
roles, il a qui le juge; la Parole que i' ai prononcée, c'est elle
qui le jugera (tu demier Jour. Il - XII. 47,48, - Voici, en
effet, ce qui al'l'ive à l'égard du jugement: Le Seigneur est pl'é-
sent chez tous, et d'après le Divin Arnoul' il veut les sauver tous,
et aussi il les tourne et les conduit tous vers Lui; cenx qui sont
h L'APOCAU PSE EXPLJQuiŒ, 1\·297.

dans le bien et par suite dans lac; vrais, ceux-là suircnt, car ils
s'attachent, tandis que ceux qui sont dans le mal el pal' suite dans
les faux ne suivent pas, mais ils se lournenl en al'l'ière du Seigneur,
et se tOUl'ner en al'l'ièl'c du Seigneur, c'est se tourner du Ciel vers
l'Enfel'; e'1 effel, toul homme-espril est ou son hien et par suite
son vrai, ou il esl son mal el pal' suite son faux; celui qui est le
bien èt par suile le vrai se laisse conduire pal' le Seigneul', mais
celui qui est 'le mal et par suite Le faux ne se laisse pas conduire, il
résiste de toute sa force et de tous ses efforts, car il veut être à
son amour, il l'aspire et l'anime, c'est pourquoi il désil'e nller vers
ceux qui sont dans un semblable amour du mal: par là on peut voir
que le Seigneur neJuge pel'sonne, mais que c'est le Divin Vrai l'eçU
qui juge pOUl' le Ciel ceux qui ont reçu le Divin Vrai de cœUI', c'est­
à-dil'e, pal' amoUl'; et pour l'Enfer ceux qui n'ont pas l'eçU le Divin
Vrai de cœur et qui l'ont-nié: d'apl'ès cela 'on peut voir comment
il faut entendl'e ce que le SeigneUl' a dit, que lout jugement a élé
donné au Fils pat'ce que Fils de l'homme il est; et ailleul's, qu'il
est venu non pour juger le monde, mais pour sauver le monde, et
que la Parole qu'il a Jll'ononcée doit le juger. Mais ces choses sont
de celles qui ne lombent pas dans l'intelligence propre de l'homme,
car elles sont au nombl'e des Arcanes de la sag~e des Anges;
néanmoins il a été donné quelques éclaircissements SUI' ce sujet dans
le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, N°' 5A5 à 551, où il a été monlré
que le Seigneur ne jette personne dans l'Enfel" mais que l'esprit
s'y précipite lui-même, Que ce soit le Seigneur qui est entendu par
Celui qui était assis sur le TI'One, et non un autre qu'on distingue
de Lui el qu'on appelle Dieu le Pèl'e, c'est ce que chacun peut voir,
en ce que le Divin que le Seigneur a appelé Père n'a pas été autre
que son Divin, car Celui-ci a pris l'Humain, c'est pOUl'quoi Celui­
ci a été son Père; et que Celui-ci soit Infini, Éternel, Incréé, Tout­
Puissant, Dieu, SeigneUl', et ne différant absolument en l'ien QIl
Divin Même qu'on distingue de Lui et qu'on appelle Pèl'e, c'est ce
qu'on peut voit' pal' la Foi l'eeue, qui est appelée Athanasienne, où
même il est dit, qu'aucun d'eux n'est le plus Gt'and ni le plus Pe­
tit, et qu'aucun d'eux n'est le Premier ni le Dernier, mais qu'ils
sont absolument égaux, et que l'un, de même que l'autl'e, est In­
fini, Étemel, Incréé t Tout-Puissant, Dieu, Seigneur, el que ce­
Vers. 1. CHAPI'l'lΠCINQUIFJME. 5
pendant il Y.3, non trois Infinis mais un Seul, non trois Éternels
mais un Seul, non trois Incréés mais un Seul, non trois Tout-Puis­
sants mais un Seul, non trois Dieux ni trois Seigneurs mais un
Seul. Ceci vient d'être dit, afin qu'on sache que par Celui qui est
assis sur le TI'One et pal' l'Agneau, comme aussi dans la suite pal'
Dieu et par l'Agneau, il u'est pas entenùu deux êtres distincts,
mais que par l'un il est entendu le Divin Bien, et par l'autre le
Divin Vrai dans le Ciel, l'un et l'autre procédant du SeigneUl'. Que
le Seigneur soit entendu par Celui qui était assis sur le TrOne, c'est
enCOI'e ce que l'on voit, dans le Chapitre IV précédent, par chaque
passage où il est question du TrOne et de Celui qui était assis des­
sus, voir les explications, Nos 258 à 295; et en outl'e dans Mat­
thieu : Quand viendra le Fils de l'homme dans sa gloire, et
(l

tous les saints Anges avec Lui, alors il s'assiéra sur le TrtJne
de sa gloire. Il - XXV. 31. XIX. 28, 29; - puis dans F..zé­
chiel: « Au-dessus de l'étendue qui était SUi' la tête des Ché­
rubins, (il y avait) comme un aspect de pierre de saphir, une
f'essemblance de Trône, et sur cette ressemblance de Trône
une res.~emblance coinme l:aspect d'un homme sur lui au­
dessus. ) - 1. 26. X. 1 ; - et dans Ésaïe: Je vis le Seigneur
(l

assis sur un Trône haut et élevé, et ses (ranges remplis­


saient le Temple. Il - VI. 1. - Comme pal' le TrOne il est si­
gnifié' le Ciel, et par Celui qui était assis SUI' le Tl'One le SeigneUl'
quant à son Divin dans le Ciel, c'est pour cela qu'il a.été dit ci­
dessus, dans le Chapitre III : A.celui qui vaincra, je lui don­
(1

nerai de s'asseoir avec Moi en mon Trône. ) - Vers. 21;­


ce qui signifie qu'il sera dans le Ciel, où est le Seigneur, voir ci­
dessus, N° 253; et c'est aussi pour cela que plus bas il est dit, dans
ce Chapitre V : J e l~i$., et voici, ail milieu du TrtJne un
(l

Agneau. Vers. 6; - et dans le Chapitre XXII: Il me


1) - (l

montra un {leuî'e d'eau de la vie /;orlant du Trône de Diel,l


et de l'Agneau. II - Vel's. 1 ; - par le TI'One de Dieu et de l'A­
/

gnean il est entendu le Ciel et le Seigneur' dans le Ciel quant au


Divin Bien et quant au Divin Vrai, Dieu y est le SeigneUl' quant
au Divin Bien, et l'Agneau le Seigneur quant au Divin Vrai; ici il
est distingué entl~e l'un et l'autl'e, parce qu'il y en a qui reçoivent
l'un plus que l'autre; ceux qui reçoivent le Divin Vrai dans le bien
(S L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. r-."297.

sont sauvés, mais ceux qui reçoivent le Divin Vrai, qui est la Pa­
role, non dans lebien, ne sont pas sauvés, puisque tout Divin Vrai
est dans 1e bien, et non ailleurs; ceux donc qui ne le reçoivent pas
dans le hien, le rejettent et le nient, sinon ouvertement du moins
tacitement, et sinon de bouche du moins de cœur, car leUl' crem'
est le mal, et le mal l'ejette : l'ecevoÎl' le Divin Vrai dans le bien,
c'est dans le bien de la chal'ité, car ceux qui sont dans ce bien,
ceux-là reçoivent.
298. Si la main dl'oite, quand il s'agit du SeigneUl', signiOe et
la 'foute-Puissance et la Toute-Science, c'est pal'ce que dans le Ciel
le Midi est à la droite et le Septentrion à la galJche, et que par le
Midi est signïtié le Divin Vrai dans la lumière, et par le Septentrion
le Divin Vrai dans l'ombl'e; et comme loute puissanec est au Divin
Bien pal' le Divin Vrai, c'est pour cela que la main droite, quand
il s'agit du Seigneur, signifie la Toute-Puissance; et comme le Di­
vin Bien a toule intelligence et loute sagesse par le Divin VI'ai, et
que dans le Ciel le Divin Vrai dans la lumière est à la dl'oite, ainsi
qu'il vient d'etre dit, c'est pour cela que la main droite, quand il
s'agit du Seigneur, signifie aussi la Toute-Science: que dans le
Ciel le Midi soit à la droite, et que là il Y ait le Divin Vrai dans la
lumière, et que ceux qui y sont soient dans l'intelligence et dans
la sagesse, puis aussi, que le Septentrion y soit à la gauche, et que
là il Y ait le Divin Vrai dans l'ombre, on le voit dans le 'l'I'aité DU
CIEL ET DE L'ENFER, où il s'agit des quall'e Plages dans le Ciel,
N°' 11&1 à 153 : que toute puissance vienne du Divin Bien par le
Divin Vrai, on le voit daus le mNne Tl'ailé à l'Article où il s'agit
de la Puissance des Anges du Ciel, N°> 228 à 233 : et que toute
Intelligence et toute Sagesse viennent aussi du Divin Bien par le
Divin Vrai, on le ,'oit encore dans le même Traité à l'Article de la
Sagesse des Anges uu <':iel, N°' 265 à 275 ; et à J'Ar'licle des Sages
et des Simples dans Je Ciel, N°' 3AG il 356, Que la main droite,
quand il s'agit du Seigneur, signifie la Toute-Puissance et la Toute­
Science, et quand il s'agit des hommes, la puissance et la sagesse,
c'est ce qu'on voit par les passages suivants; dans David: « Le
Septentrion et la Droite, Toi, tu tes as créés; Thabor et
Cftel'/non par ton Nom se réjouiront; à Toi un bras o:vec
vigueur; forte est la maill, exaltée sera ta droite; la Justice
Vers. 1. CHAPI'fRE CINQUIÈME. ï
et le Jugement (sel'ont) le soutien de tOll Trône; la Miséri­
corde et la Vérité se tiendront devant tes (aces. Il - Ps.
LXJC"X.IX. 13, lll, 15; - que pal' la DI'oite ici il soit entendu le
Midi, cela est évident, car il est dit cc le Septentrion et la Droite,
Toi, tu les as cl'éés, )) ct le Midi signifie le Divin Vrai dans la lu­
mière, par conséquent dans le sens suprême, où il s'agit du Sei­
gneul', la Toute-Puissance et la Toute-Science qui sont au Divin
Bien pal' le Divin Vrai, ainsi qu'il vient d'êlre dit: comme l'une et
l'aulre est signifiée, tant la Toute-Puissance que la Toute-Science,
c'est pour cela qu'il est dit Il Thabor et Chermon, la Justice et le
Jugeme'nt, la Miséricorde et la Vérité; Il Thabor et Chermon signi­
fient ceux qui sont dans le Divin Bien et dans le Divin Vrai; la Jus­
tice et le Jugement signifient le Divin Bien et le Divin Vrai; il en est
de même de la Miséricorw et de la Vérité; par l'une et pal' l'autre
ensemble dans le sens spirituel est signifié le Divin Bien par le Di­
vin Vl'aî : par li à Toi un bras avec vigueur, Il et pal' Il forte est ta
main, exaltée sera ta droite, ) il est signifié la 'l'oule-Puissance et
la Toute-Science qui sont au Divin Bien pal' le Divin Vrai. Dans le
Meme: Il Serait-ce que je t'oublierais, Jérusalem, que (t')ou­
-blierait ma droite?) - Ps. CXXXVII. 5; -:..- Jérusalem signifie
l'Église quant à la Doctrine du Divin Vrai, et la Droite de Jéhovah
le Divin Vrai dans la lumière, puisque, ainsi qu'il vient d'être dit,
à la droite du Seigneur dans le Ciel il y a ceux qui sont dans la
lumièl'e et dans la sagesse pal' le Divin Vrai : d'apr~ cela on voit
pourquoi il est dit, (1 serait-ce que je t'oublierais, Jérusalem, que
t'oublierait ma droite? Il Dans le Meme: li Voici, (je suis) stupide,
je n'ai point de connaissance; mais Moi (je suis) toujours
avec toi, tu as saisi la main de ma droite; dans t011 cOlUjeil tll
me conduis, et e1-tSuite en gloire tu me reçois. ) - Ps. LXXIII.
22, 23, 2h ; - comme la main de' la droite, quand il s'agit de
l'homme, signifie la sagesse qui vient du Divin Vrai, c'est pour
cela qu'il est dit « je suis stupide, je n'ai point de connaissance;
dans ton conseil tu me conduis, et ensuite en gloire tu me reçois; l)
conduil'e dans le conseil, c'est pal' le Divin VI'ai; et recevoir en
gloire, c'est rendre heureux pal' l'intelligence; cal' la gloire, quand.
il s'agit du Seigneur, sigllifie le Divin Vrai et la Divine Sagesse,
mais quand il s'agit de l'homme, elle signifie l'intelligence qui en
8 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE, N° !lQS.

procède. Dans le Même: l( Jéhovah (est) ton Gardien, JéhovQh


(est) ton ombre sur la main de ta Droite; durant le jour le so­
leil ne te frappera point, ni la lune dam la nuit. Il -Ps. CXXI.
5, 6; - être une ombl'e sur la main de la droite signifie êlre une
protection contre le mal et le faux; l'ombl'e ici est pour un abri
afin de ne pas êlre blessé, et la main droite est pour la puissance
et la sagesse pl'océdant du Divin Vrai, lesquelles seraient blessées
par le mal et le faux si le SeigneuI' ne pl'otégeait pas; comme c'est
là ce qui est signifié, c'est pour cela qu'il est dit li durant le joUI' le
soleil ne Le frappel'a point, ni la lune dans la nuit; Il là, le soleil
signifie l'amOlli' de soi et par suite tout mal, et la lune le faux du
mal; que le soleil et la lune aient ces significations, on le voit dans
le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, No' 1.22, 123; et dans les AR­
~ES CÉLESTES, N°' 2441,7078, 8u87, 9755, 1.01.30,1.01.89,
10420, 1.0702. Dans le Même: II Jéhovah! que soit ta main
pour r !tomme de ta droit', pour l~ fils de t'homme, (que) tu
T'cs fortifié. ll-PS. LXXX. 18;-I(Jéhovah ! que soit ta main, Il
signifie la Garde d'après la Toule-Puissance et la Toute-Science;
l'homme de la dl'oile, pour lequel il y a Garde, signifie le sage, et
le fils de l'homme l'intelligent, J'un et l'autre par le Divin Vrai.
Dans le Même: u CeilM ton épée sur ta cuisse, 0 Puissant en
ta gloire ~t en ton honneur! Dalls ton honneur monte, che­
vauche sur la parole de vérité, de mansuétude et de justice;
elle T'enseignera des men'eitles, ta Droite: des filles de rois
(sont) parmi te,~ précieusclJ; la Reine se tiendrtl li ta Droite
dans t'or excellent d'Op/iir. Il - Ps. XLV. 4, 5, 1.0; - ces
choses sont dites du Seigneur; ceindl'C l'épée sur la cuisse signifie
le Divin Vrai combattant d'après le Divin Bien, aussi est-il dit
l( Puissant en ta gloire et en ton honneur! 1) la gloire signifie le

Divin Vrai, et l'honneur le Divin Bien, l'oir ci-dessus, No' 1.31' et


288; puis il est dU aussi u dans ton honneur mOUle, chevauche
SUl' la pal'ole de vél'ité; » montCl' dans l'honneur signifie combattre
d'après le Divin Bien, et chcvaocllCI' sur la parole de vérité signifie
combattre d'apl'ès Je Divin VI'ai, ainsi d'apl'ès le Divin Bien par le
Divin Vmi; la. TOllLe-Puissance et la 'foute-Science du SeigneuI'
sont signifiées par (( elle T'enseignera des merveilles, ta Dl'oite ; Il Jes
filles de l'ois, qui sont parmi les précieuses, signifient les affections
Vers. 1. CHAPlTRE CINQUIÈME. 9
du vl'ai; la Reine, qui sera à la droite dans l'or excellent d'Ophir,
signifie le Ciel et l'Église, et ceux qui y sont dans ll'.$ vrais d'après
le bien; la droite est le vrai dans la lumièl'e, et l'or d'Ophir est le
bien de l'amour. Dans le Méme : « Parole de Jéhovah à mon
Seignetll' : Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis
tes c1I1l.emis pour marchepied de tes pieds. Le Seigneur (est)
il ta Droite, il a frappé au jour de sa colère les.. 1'ois. Il - PS,
ex. 1, 6. Matth. XXII. hâ. Marc, XII. 36. Luc, XX. !t2, !tS ;
- que ces choses aient élé dites du SeigneUl', cela est notoire; par
elles sont décrits le combat du Seigneur dans le monde contre les
Enfers et la subjugalion des enfers, ce qui a été fait d'après le Di­
vin Bien par le Divin Vrai; la droite y signifie le Divin VI'ai, aussi
est-i1 dit jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis pour marchepied de
(1

tes pieds; Il par les ennemis sont signifiés les Enfel's; pal' les meUre
pOUl' mal'chepied des pieds il est signifié les subjuguer enlièl'ement;
la même chose est signifiée par l( le Seigneur est à La droite, il a frappé
au jour de sa colère les l'ois; Il le jour de la colère est l'état du
combat, et les rois signifient ceux qui sont dans les faux d'après le
mal: ,que le Seigneur, quand il était dans le monde, ait revétu le
Divin Vl'ai d'après le Divin Bien, et que par te Vrai il ait subjugué
les Enfers et mis en ol'dre toutes choses dans les Cieux, on le voit
dans l'Opuscule SUi' LE JUGEMENT DERNIER, N° hG; et dans la
DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM, N'" 29S, 29b, S01, SOS.
Dans les 1!;vangélistes : (1 J bus dit : Désormais vous verrez le
Fils de l'homme assis li la dl'oite de la puissance. Il - Matth.
XXVI. 63, M. Marc, XIV. 61, 62. Luc, XXII. 69; - et dans
Marc: « Le Seigneur, après leur avoir parlé, fut enlcré au
Ciel, et il s'assit il la droite de Dieu. )1 - XVI. 19;- s'asseoir
à la droite de la puissance et à la droite de Dieu, signifie la Toule­
Puissance et la Toute-Science, qui appartiennent au Seigneu.r d'a­
près le Divin Bien pal' le Divin Vrai. Dans Ésaïe: (1 Je t'ai for­
tifié, même je t'ai aidé par, la Droite de maju,~tice: 1J/oi, (je
suis) Jéhovah ton Dieu, qui soutiens ta Droite, qui te dis: Ne
crains point; Moi, je t'aide. Il - XLI. 1.0, 1~; - « je t'ai
fortifié, même je t'ai aidé, » signifie d'après la Toule- Puissance
et la Toute-Science, qui sont au Divin Bien par le Divin Vrai,
donner la puissance et l'intelligence; c'est pOUl'quoi il est dit, « je
10 l' APOCALYPSE EXPLlQUÉ~. l'(°298.

t'ai aidé par- la droite de ma justice; II la droite signifie le Divin


Vrai, et la justice le Divin Bien; soutenir ta droite signifie la puis·
sance et la sagesse qui sont pal' suite à l'homme; comme ici il est
entendu l'une et l'autre, à savoir, la Toute-Puissance et la Toute­
Sci~nce qui sont au Seigneur d'après le Divin Bien par le Divin
Vrai, c'est pour cela qu'il est dit llJéhovah ton Dieu, II cal'leSeigneul'
est dit Jéhovah d'après le Divin Bien, et Dieu d'après le Divin Vrai,
voir No' 709, 732, 2586, 2769, 2807, 2822, 3921,428ï,4402,
701.0,9167. Dans le Méme : Il Ainsi a dit Jéhovah à son Oint,
li Koresch, dont j'ai pris la droite, pour soumettre devant
lui les nations, afin que les reins des rois je délie, pour ouvrir
devant lui les battants de portes, afin que les portes ne soient
point fermées. Il ­ XLV. 1 ; -liaI' Koresch, dans le sens repré­
sentatif, est entendu le SeigneUl' ; sa 'foute-Puissance et sa Toute­
Présellce d'après le Divin Bien par le Divin VI'ai, par lequel dans
le monde il a subjugué tous les Enfers, et les tient depuis lors sub­
juguéS pOUl' l'étel'Dité, sont signifiées par Il dont j'ai pris la droite,
pOUl' sonmellre devant lui les nations, afin que les reins des l'ois je
délie; II puis par IC pour ouvrir devant lui les battants de portes, aOn
que les portes ne soient point fermées; II pal' les nalions qui seront
soumises devant lui sont signifiés les Enfel's quant aux maux, et par
les rois, dont les reins seront déliés, sont signifiés les Enfers quant
aux faux; pal' les battants de portes qui seront ouverts devant
Lui, afin que les portes ne soient point fermées, il est signifié que
d'après la Toule-Science toutes choses Lui ont llté manifestées, et
que d'après la Tonte-Puissance il a le pouvoir de sauver. Que la
droite signifie la Toute-Puissance et la Toute-Science appartenant
au Seigneur d'après le Divin Bien pal' le Divin Vrai, c'est aussi ce
qu'on voit dans les passages suivants; dans David: Il Jéhm'all Oe
me suis pl'oposé) det't.lIIt 1/Ioi continuellement; puisqu'il (est) à
ma droite, je ne serai point ébranlé. 11- Ps. XVI. 8; - dans
le Mème : Il Dieu, ta Droite Ille IiOtaient. 11- Ps, XVIII. 36;
- dans le Même: Il Dieu, pleine de justice est ta Droite. 11­
Ps, XLVIII. il; - dans Ésaïe: l( AM main a {ondé la tel're,
el ma Droite de Stt paullle a {orlllé les Cieux. Il - XLVIII.
13; - dans le Même: Cl Dieu a juré par sa Drol'te, et par le
'hras de sa l'oree. ,,- LXII. 8 ; - dans l'Apocalypse: (1 Le Fils
Vel's. i. CHAPITRE CINQUIÈME. 11
de l'homme ayant dans sa main droite sept étoiles. 1) - J. 16;
- dans David : « La Droite de J ého1.'ah fait bravoure, la
Droite de J éhOJ)ah est élel)ée. » - Ps. CXVlIl. 15, 16. ­
Puisque par la Droite, quand il s'agit des Anges et des hommes,
il est entendu la sagesse et l'intelligence qui leur viennent du Divin
Bien par le Divin Vrai procédant du Seigneur, c'est pour cela que
(1 il apparut à Zacharie un Ange du Seigneur, se tenant de­

bout à droite de l'Autel du parfum. »-Luc, 1. 11;- et que


« un An.qe fut vu, assis à la d,'oite, dm/B le Sépulcre où le
Seigneur mmit été mis. » - Marc, XVI. 5, 6; - c'est allssi
pour cela que (1 les brebis sont dites placées à la droite, et les
boucs à la gauche. » - !fallh. XXV. 33, 3!L et suiv. ;-là, pal'
les Bl'ehis sont entendus ceux qui sont dans les vrais d'après le
bien, ou dans la foi du vrai d'après le hieu de la charité; et pal' les
Boucs sont entendus ceux qui sont dans la foi sans la charité, foi
qui est appelée la foi seule, et qui, considél'ée en elle-même, es.t
une foi nulle. Comme la droite avait ces signï'fications, c'est }lour
cela que lorsq~l' Aharon et ses fils étaient inaugurés dans le sa.cer­
doce, « du sang était répandu sur le bout de leur oreille droite,
et sur le pouce de lew' main droite et de leur pied droit. » ­
Exod. XXIX. 20; - là, par le sang est sign~fié le Divin Vrai
d'après le Divin Bien,; par le bout de l'oreille droite, le perceptif
ùu vrai d'après le bien; pal' la main droite et par le pied droit,
l'intelligence et la puissance du vrai d'après le bien dans l'homme
interne ou spirituel et dans l'homme extel'ne ou naturel, et par le
pouce le plein. Comme dans la Parole la plupart des expressions
ont aussi .un.. sens opposé, il en est de même de la Droite, et d.ans
ce sens la droite signifie le faux d'après le mal, et aussi le raison­
nement et le combat de ce faux contre le vrai d'après le hien j par
exemple, dans David: (1 Tu as élevé la droite de se$ enl/l'1uis. J)
- Ps. LXXXIX. !L3; - dans le Méme: (1 (Délivre-moi) de ceux
dont la bouche prononce la vanité, et dont la ("'oile (est) une
droite de mensonge. »- CXLlV. 8, 11; - dans Ésaie: (1 De
telle sorte qu'il ne délivre point SOIl âme, et ne dit point:
N'y a-t-il pas mel/BOnge en ma droite? ;) - XLlV. 20 j - dans
l'Apocalypse: « Ils recevront le caractère de la bête SUl' la
main droite ou sur le front. )l - XIII. 16. XIV. 9. - Si la
12 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 298.

droite, quand il s'agit des mécbanLs, signifie le faux, eL par suite


le raisonnement et le combat contre le vl'ai, c'est parce que les
Plages chez ceux qui sont dans le mal sont opposées aux Plages
les
chez ceux qui sont dans le bien, et ainsi à leur droire Sont VI'ais
dan~ une obscurité épaisse, et les faux comme dans une très-grande
lumière: que les Plages, dans le Monde spirituel, pour ceux qui
sont dp.ns le mal, soient opposées aux Plages pour ceux qui sont
dans le bien, on le voit dans le Tl'aité DU CIEL ET DE L'ENFER,'
No' 151, 152; la raison en est donnée, No' 122, 123,
299. Un Livre écrit en dedans et par derrière, signifie
l'état de la m'e de-tous dans le Ciel et ,çur la Terre, dans le
commun et dal/S le partintlier : on le voit par la signification du
livre, ici du livre de la vie, en ce que c'est ce qui a été inscrit ou
implanté pal' le Seigneur dans l'espl'it de l'homme, c'est-à-dire,
dans son cœur et dans son âme, ou, ce qui est la même chose,
dans sou amour et dans sa foi, ainsi qu'il a été expliqué ci-dessus,
N° 109; d'après cela le livre ici signifie l'état de la vie de tous
dans le Ciel et sur la tene, et écrit signifie qui a été implanté par
le Seigneur, car écl'ire signifie implantel', comme il-a été montl'é ci­
dessus, N° 222; et par la signification de en dedans et par der­
rière, en ce que c'est ce qui est dans le cœur et dans ('âme, ou dans
l'amour et dans la foi, car l'amoUl' est en dedans chez l'homme et
chez l'esprit, parce qu'il fait sa vie, tandis que la foi, à moins qu'elle
ne soit dans son amoUl', n'est pas en dedans chez lui, mais elle est
derrièl'e lui ou pal' del'fière; en effet, la foi qui est la foi fait abso­
lument uo avec l'amour, car ce que l'homme aime appartient à sa
foi, tandis que ce qu'il n'aime pas n'appartient pas à sa foi; il sem­
ble, à la vérité, que ce que quelqu'uu pense d'après la mémoire eL!'
enseig~e d'après la doctl'ine, soit la foi, mais s'il aime cela seule­
ment par amour naturel et non par amou\, spirituel, ce n'est qu'une
vue de la pensée de l'homme externe, vue qui simule la foi, mais
comme cette foi est sans vie avant qu'elle ait été implantée dans
l'homme interne et dans son amour, elle n'est point dans l'homme,
mais elle est derrière lui ou par derrière; la foi implantée dans
l'homme interne et dans son amour, est de croire et d'aimer le vrai
parce que c'est le vrai, et non pas de l'aimer principalement pour
une renommée d'érudition, et pal' suite pour l'honneul' ou le lucre:
Vel's. t. CHAPltlŒ CINQUI.È~lE. 13
d'après ce qui vicnt. d'être dit, on peuL \'oil' ce qui esl signifié par
(1 écl'it en dedans et par derrière. Il Dans ce Chapitre, le sujet qui

est tl'ailé, c'est que le Seigneul' connall Seul les états de la vie de
tous dans le commun cl lie chacun dans le parliculiel', et que per­
sonne autre que Lui ne les connall; cela est manifesté d'une ma­
nière représentative par un Livl'e écrit que personne ne peut ouvl'Îr,
ni liI'c, ni regarder, que l'Agneau Seul, c'est-à-dire, le Seigneur: si
personne ne les connalt que le Seigneur Seul, c'est parce que Seul
il est Dieu, et parce qu'il a formé le Ciel Angélique à son image,
et l'homme à l'image du Ciel; Lui donc connaU toutes les choses
du Ciel dans le commun, et Celui qui connall toules les choses dl!
Ciel dans le commun, connait aussi chacun dans le pal'ticulier; en
effet, un homme qui ~st dans les vrais d'apl'ès le bien, et un Ange,
sont une image du Ciel, car ils en sont la fOl'me; de là aussi ré­
sulte que pel'sonne ne connait les états de quelqu'un en particulier,
à moins qu'il ne connaisse l'état commun de tous, cal' l'un dépend
inséparablement de l'autre: mais ces choses ne peuvent ~tre dé­
Cl'ites en peu de mots; voir en conséquence ce qui en a été dit dans
le Traité DU CIEL ET DE I.'ENFER, où elles ont été décl'ites plus dis­
tinctement et plus clairement dans ces Al'ticles : Le Divin du Sei­
gneur fait le Ciel, NOl 7 à 12 : chaque Ange est le Ciel dans la
forme la plus petite, NOl 51 à 58 : tout le Ciel dans le complexe
l'aSsemble à un seul homme, NOl 59 à 67 : chaque Sociélé dans
le Ciel ressemble à un seul homme, N°· 68 à 72 : de là chaque
Ange est en parfaite forme humaine, N°· 73 à 77 : c'est d'après
le Divin Humain du Seigneul' que le Ciel, dans le tout et dans la
partie, ressemble à un homme, Nol 78 à 87: il y a cOl'fespondance
-de toutes les choses du Ciel avec toutes celles de l'homme, NOI.87
à 102 : de la conjonction du Ciel avec le Genre Humain, NOl 291
à 302. II faut qu'on sache qu'ici, et ailleurs dans la Parole, il est
dit un Livre, mais que pal' un Livre il est entendu un Rouleau (Vo­
lumen). car dans les temps anciens on écrivait sur des Membranes,
qui étaient roulées, et la Membrane se nommait Livre et Rouleau
de IiVl'e, ainsi qu'on peut aussi le voir d'apl'ès la Parole; pal' exem­
ple, dans Ézéchiel: « Je vis. et ?Jofci. une main fut envoyée
vers moi; et voici. en elle (était) un Rouleau de livre. écrit
devant et de1'rière. )1 - II, 9, 10; - el dans David: le Alors
1ft L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. 1\" 299.

j'ai dit: Voici, je viens; dans le Rouleau du Livre il a été


écrit de moi. l) - Ps. XL. 8; - c'est pourquoi il est dit dans
Ésaie : (1 Toute rarmée des Cieux se fondra, et' les Cieux se­
ront roulés comme un Livre. II - XXXIV. li; - pareillement
dans l'Apocalypse: I( Le Ciel se retira comme un livre qui est
roulé. )1 - VI. 14; - d'après cela on peut savoir, comment le
Livre, qui apparut à Jean, était écrit en dedans et pal' derrièl'e.
300. Scellé de sept sreaux, signifie entièrèment ':aché, à
savoil', ['état de la vie de tous dans le Ciel et sur la terl'e : on [e
voit par la significatio,n de sceller de sceaux, en ce que c'est être
caché, cal' ce qui est contenu dans un livre scellé de sceaux, per­
sonne ne le sait avant qu'il soit ouvel't et lu ; et par la signIfication,
de sept, en ce que ce sont tous et toutes choses, et aussi le plein et
le tout, comme il a été dit ci-dessus, N° 257, par conséquent aussi
entièrement; car entièrement, c'est pleinement et en totalité. .
30f. Vers. '2, 3. Et je vis un Ange puissant qui criait à
1.'oix grande: Qui est digne d'ouvrir le livre, et d'en rompre
les sceaux? - Et personne ne put dans le Ciel, ni sur la
ten'e, ni sous la terre, ouvrir le livre, ni le regarder. - Et
je vis un Ange puissant qui criait à t'oix grande, signilie l'in­
flux duSeigneUl' dans lè Ciel: Qui est digne d'ouvrir le livre,
et d'erl, rompre les sceaux? signifie si [à quelqu'un est tel, qu'il
sache et pCl'çoive les états de la vic de tous: et persol111,t' Ile put
drt/l.~ le Ciel, ni sur -l{~ terre, ni sous la terre, ouvrir le /ilrre,
ni le regarder i signifie [a manifestation qu'il n'y a personne qui
de soi-même sache ct pel'çoive [a moindre cllOse de l'état de la vie
de tous dans le commun et de chacun dans le particulieJ',
302. Et je ris un Ange puissant qui criait à voix grande,
signifie l'examen d'après l'influx du Seigneur dans le Ciel:
on le voit par la signification d'un Ange puissant, en ce que c'est
le Ciel, ainsi qu'il va être expliqué; et par la signification de crier
cl voix g1'ande, en ce que c'est l'examen d'après l'influx du Sei­
gneul', à savoil', l'examen si quelqu'un peut connaltl'e [es états de
la vie de tous dans le Ciel et sur la terre dans le commun et dans
[e pal'ticulier,cal' c'est de cela qu'il s'agit ici; cet examen est si­
gnifié par crier, et l'influx du Seigneur est signifié par une voix
,'1rnnde; en effet, quand il s'agit du Seigneur, la voix signifie tout'
Vl!l's.2. CHAPITRE CINQlIIÈME. 15
Vrai de la Parole, de la doctrine el de la foi, venant du Seigneur,
el quand il s'3git du Ciel et de l'Église, toute pensée et toute affec­
tion qui en proviennent; et comme tout ce qui est vrai et bien, que
les Anges dans le Ciel, et les hommes en qui est l'Église, pen­
sent et dont ils sont affectés, Vient de l'influx du SeigneUl', c'est
pour cel3 que cet influx est signifié ici par une voix grande; on
sail, en effût, que JlCl'sonne ne peut de soi-même être affecté du bien
d'après 1'31U0ur du bien, ni pensel' !e vrai d'après l'amour du vrai,
mais que cela influe du Ciel, c'est-à-dire, du Seigneur par le Ciel;
et comme il en est ainsi, la voix gl'ande signifie l'influx du Sei­
gneur: que la Voix, dans la Parole, signifie le vrai de la Parole.
de la doch'ine et de la foi, puis aussi toute chose annoncée d'après
la Parole, on le voit ci-dessus, N° 261-, et dans' les ARCANES CÉ­
LESTES, No' 3663, 6971, 8813, 9926 : et qu'elle signifie l'affec­
lion intérieure du vrai et du bien, et par suite la pensée, on le voit.
N° 10&5&. Si l'Ange puissant signifie le Ciel, c'est parce que tout
le Ciel Angélique devant le Seigneur est comme un seul Homme
ou comme un seul Ange, il en est de même de chaque Société du
Ciel; c'est pourquoi, dans la Pal'ole, par un Ange il est entendu,
non pas un seul Ange, mais toute une Société Angélique, par
exemple. pal' Michel, Gabriel, Raphaël, ici donc par un Ange puis­
sant qui cl'iait à voix gl'ande il est signifié l'influx. du SeigneUi'
dans tout le Ciel; que ce soit daus tout le Ciel, on le voit même
clairement pal' ce qui suit, cal' il est dil, Il et personne ne put dans
le Ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, ouvrir le livre, ni le regar­
der; ) que pal' les Anges, dans la Parole, il soit entendu. des So­
ciétés entières du Ciel, et dans le sens suprême le Seigneul' quant
au Divin Vrai procédant, on le voit ci-dessus, N°' 90, 130, 200 :
et que lout le Ciel devant le Seigneur soit comme un seul Homme
ou comme un seul Ange, et qu'il en soiL de même de chaque So­
ciété du Ciel, on le voit dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFEB,
N°' 59 à 87.
SOS. Qui est digne d'ouvrir le livre, et d'en rompre les
sceaux, signifie si lli que/qu'un est tel, qu'il sache et perçoive
les états de la vie de tous: on le voil par la signification de qui
est digne, en ce que c'est qui a le mérite ~t la justice, et qui a la
toute-science, par conséquent si quelqu'un est leI; cal' par dignf,
1ô L' APOCALYPSE I~XPLlQLÉE. V' 303.

quand il s'agit du,Seigneur, il esl signifié le mérite et la justice qui


app~rtienncnt à Lui Seul, roi" ci-dessus, N° 29S; et aussi la
Toule-Science, comme il est évident pal' ce qui suit, où il est dit,
que l'Agneau prit le livre de la main droite de Celui qui était assis
sur le Trône et l'ouvrit, car la dl'oite signifie la Toute~Science et
la Toute-Pllissance, ci-dessus, N° 297; par la signification du
livre, en ce qu'il désigne les états de la vie de tous dans le commun
et dans le particulier, ainsi qu'il vient d'êtl'e dit, N° 299; et par
la signification de l'ouvrir et d'en rompre les lJl'eaux, ell ce que
c'est savoÎl' ei. pel'cevoir, car lorsque le livre signifie les états de la
vie de tons, l'ouvrir et en rompre les sceaux signifie savoir et per­
cevoir ces états; en elfet, savoir et pel'cevoir se disent de l'état de
la vie, tandis que ouvrir et rompre les sceaux se disent du livre;
ainsi les pal'oles dans le sens intel'De sont accommodées aux choses
qui sont signifiées pal' les paroles dans le sens de la leltre, car elles
correspondent; c'est pourquoi oUlJrir signille savoir, et rompre les
sceaux signifie percevoir les choses qui ont été entièrement cachées
aux autres, comme ci-dessus, N° 300,
SOli. Et personne ne put dans le Ciel, ni sur la terre, ni sous
la terre, ouvrir le livre, ni le regarder, signifie la manifes­
tation qu'il n'y a personne qui de soi-meme sache et pet'çoive
la moz'ndre chose de l'état de la vie de tous dans le commun
et de chacun dtlns le particulier: on le voit par la signilicatioll
de et personne ne put ouvrir le·Uvre, ni le regarder, en ce que
c'est que personne ne sait ni ne perçoit de soi-même les états de la
vie de tous dans le commun el de chacun dans le particulier: ainSi
qu'il vient d'êtrè dit, N° 303; et par la signification de dans le
Ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, en ce que c'est non-seule­
ment qu'il n'y a personne en quelqu'endroit que ce soit, mais en­
core que la moindl'e chose ne peut être ni sue ni perçue; en effet,
pal' dans le Ciel, par sur la terre et par sous la terre, i. est en­
tendu les trois Cieux, et par tous ceux qui y sont il est entendu le
Ciel dans tout le complexe; et comme le Ciel est Ciel d'après le
Divin Vrai qui influe du Seigneur et est reçu par les Anges, et nul­
lement d'après quelqu'intelligence pl'opre des Anges, car cette in­
telligence est une intelligence nulle, c'est pOl1r cela que ces mêmes
paroles signifient que personne ne peut de soi-même savoir ni per­
Vers. 3. CHAPITRE ClNQUlÈM1~, 'l7
cevoir la moindl'e chose. Que les Anges dans le Ciel aient, de même
que les hommes dalls le monde, un propl'e qui, cOl1Sidér6 cn soi,
n'est que le mal, on le voit dans le Tl'aité DU ClEL ET DE L'ENFER,
N° 592; et comD;le le mal ne reçoit rien de l'intelligence ni de la
sagesse, il s'ensuit que les Anges par eux-mêmes,pas plus que les
hommes, ne compl'ennant absolument rien du vrai, mais qu'ils
comprennent seulement le vrai d'après le Seigneur: si les Anges
sont tels, c'est par'ce que tons les Anges viennent du Geure Hu­
main, et que chaque homme retient son propre apl'èS la mort, et
pal'cequ'ils sont détournés des maux qui appartiennent à leur pro­
pre, et sont tenus dans les biens par le Seigneur : que tous les Anges
viennent du Genr~ Humain, et qu'aucun d'eux n'ait été créé Ange
dès le commencement, on le voit dans l'Opuscule SUI' LE JUG"EMENT
DERNIER, N°· 14 à 22 ; et que tous soient détournés du mal et te­
nus dans le hien pal' le Seigneur, on le voit dans la DOCTRINE DE
LA NOUVELLE JÉRUSALEM, N° 166. Si «( dans le Ciel, SUl' la terre
et sous la terre, Il signifie les trois Cieux, c'est parce que les Anges
qui sont dans le Tl'oisième Ciel ou Ciel Supl'ême habitent sur des
montagnes, ceux qui sont dans le Second Ciel ou Ciel Moyen, sur
des collines, et ceux qui sont dans le Premier ou Demier Ciel, sous
ceux-ci dans des plaines et dans des vallées: en effet, dans le Monde
spirituel où sont les esprits et les Anges il y a des terl'Cs, des col­
lines et des montagnes, absolument comme dans le Monde natul'et
où sont les hommes; et, quant à l'apparence, il ya une telle simi­
litude que l'ien absolument ne diffèl'e ; aussi est-ce pour cela qu~ les
hommes après la mort savent à peine autr'e chose, sinon qu'ils vi­
vent enCOl'e sur la terl'e, et quand la faculté de regal'der sur notre
terre lem' est acc(lI'dée, ils ne voient rien de dissemblable: outre
cela, où habitent les Anges du Troisième Ciel, les Anges qui sont
dans le Dernier Ciel appellent cela ciel, parce que c'est tl'ès-haut
au-dessus d'eux; mais où ils habitent eux-mêmes ils appellent cela
terre; et même Je Troisième Ciel ou Ciel Suprême, qui est sur tes
montagnes, n'appal'aIt pas à ceux qui sont au-dessous ou sur terre,
autrement qu'apparait devant nous la région suprême de l'atmo­
sphère couvel'te d'une nuée légère et Nanche, ainsi non autrement
que le ciel devant nous: pal' là on peut voir ce qui est entendu ici en
particulier par Il dans le Ciel, sur la tetTp. et sous la terre; 1) mais
')
Il. -.
18 L'APOCALYPSE EXPLIQlIÉE, N" 304,

on voit plus de détails sur ce sujet dans le Traité DU CIEL ET DE


L'ENFER, à l'Article Des Appal'ences dans le Ciel, No, 170 à 1.76;
et à l'Article Des Hallitations et des Demeures des Anges, N°· 183
à 1.89. Comme les hommes n'ont pM su que dans l'un et l'autre
Monde, le NatUl'cl et Je Spirituei, il y a des 'ferres qui sont sem­
blables de forme, c'est pour cela qu'ils n'onl pu faire autrement que
de percevoir, quand ils onllu la Pal'ole, que pal' le Ciel el la Terl'e
il y est entendu le Ciel visible à nos yeux et la Terl'e habitée par
les hommes; de là est née l'opinion SUI' la destruction du Ciel et
de la TCI're, et sur la création d'un nouveau Ciel et d'une nouvelle
Terre, au joUi' du Jugement Dernier, lorsque cependant pal'le Ciel
et par la Tel're il est entendu le Ciel et la Terre où sont les Espl'its
et les Anges, et dans le sens spiritUel l'Église chez les Anges et
chez les hommes, car chez les Anges il ya une Église de même que
chez les hommes; l.'oir dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, les
Nu 221 à 227 : il est dit dans le sens spirituel, pal'ce que l'Ange
n'est point Ange et l'homme n'est point homme d'apl'ès la forme
humaine qu'ils ont l'un et l'autre, mais ils le sont d'apl'ès le Ciel
et l'Église chez eux; de là vient que par le Ciel et par la Terl'e où .
habitent les ARges et les hommes il est signifié l'Église, par le Ciel
l'Église interne et aussi l'Église chez les Anges, et par la Terre
l'Église externe et aussi l'Église chez les hommes. 'foutefois, comme
on peut difficilement croire que pal' la Terre, dans la Parole, il est
entcndu l'Église; et cela, parce qu'on n'a pas encore su que dans
chaque chose de la Parole il y a un sens spirituel, d'où il résulte
que l'idée matérielle est adhérente et tient la pensée fixée dans la
signification la plus proche du mot, je vais pal' plusieurs passages
tirés de la Parole illustl'er et confirmer celte signification de la
'fel're; dans Ésaie : Voici, J éhol-'ah va videt' la Terre et ré­
(1

puiser, et il en boulerersera les faces; étant vidée elle sera


vidée, la Ter/'e; et étant dépouillée elle sera dépouillée: elle
sera dans le deuil, et elle sera confondue, la Terre habitable;
confondu sera le Globe: la Terre sera profanée sous ses ha­
bitarlts .. c'est pourquoi la malédiction dévorera la Terre, et
consumés seront les habitants de la Terre, et l'homme sera
laissé rare, Clameur au sujet du vin dans les rues, exilée ut
l'ullégt'esse de la T er/'c; il Y aura au milieu de la Terre comme
Vers. 3. CHAPITRE CINQmf:ME. 10
une cueillette d'olivier, comme un grapillage quand a été ter-
minée la vendange. De l'extrémité de la Terre nous avons
entendu des Cantiques: Gloire au juste. Les cataractes d'en
haut ont été ou.vertes, et ébranlés ont été les fondements de
la Terre; en froissant a été froissée la Terre, en déchirant a
été déchirée la Terre, en agitant a été agitée la Terre, en
chancelant chancellera la Terre, comfne un homme it're, et
de t.ôlé et d'autre elle sera agitée comme une cabane; et il
orri~)era qu'en ce jour-là, J éhovalt fera la t'isite sur l'armée
de la hauteur- dans ta hauteur, et sur les rois de la Terre qui
(sont) sur la Terre. Il-XXIV. 1,3, h, 5,6,11,13,16,18,
1.9, 20, 2'1, 23; - ici, il est bien évident que pal' la terre il est
entendu, non la terre, mais l'Église; 'qu'on suive chaque expres-
sion et qu'on examine; celui qui est dans l'idée spirituelle, quand
la terre est nommée, ne pense pas à la tel'l'e elle-méme, mais il
pense à la nation qui l'habite et à la qualité de cette nation, à plus
forte raison encore ceux qui sont dans le Ciel, ceux-ci étant spil'i-
tuels perçoivent l'Église; là, il s'agit de l'Église délI'uite; sa des-
truction quant au bien de l'amour et au vrai de la foi, qui la COll-
stituent, est décrite par Il Jéhovah va vider la terre et l'épuiser; )l
par (1 étant vidée elle sel'a vidée, la terre; étant dépouillée elle sera
dépouillée; elle sel'a dans le deuil, et elle sera confondue; )l par Il elle
sera profanée, et la malédiction la dévorera; 1)" par Il les cataractes
d'en haut ont été ouvertes, et élwanlés ont été les fondements de la
terre; )l par Il elle a été froissée, elle a été déchirée, elle a été agi-'
tée; l) pal' ~ elle chancellera comme un homme ivre; 1) ces choses
peuvent étre dites, non pas de la terre, ni de la nation, mais de l'É-
glise. Dans le Méme : Il Voici, le jour de J é/wl'ah vient pour
mettre la Terre en dévastation, et ses péçheurs il détruira
de dessus elle; car les étoiles des Cieux et leurs astres lie
brilleront point de leur lumière; obscurci a été le soleil il son
lever, et la lune ne fait point briller sa lueur; rare je "cndrai
l' homme plus que t'or pur; c'est pourquoi j'ébranlerai les
Cieux, et sera remuée la Terre de sa place. ll-XIll. 9, 10,
12, 13; - d'après chaque expression, entendue dans le sens spi-
rituel, il est évident qu'ici la te~re est l'Église; il Yest question de
sa lin quand il n'y a plus ni vrai ni bien, ou ni foi ni charité; en
')0 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE, 1'\" 304,

cft'ct, les étoiles et les astl'cs, qui ne brilleront point dc 10uI' lumière,
signifient les coD1laissances du vrai et ,du biea ; le soleil, qui a été
obsCurci à son le\'er, signifie l'amour; la lune, qui ne fait point
brlllel' sa lueur, signifie la foi; l'homme, qui sera rendu plus rare
que 1'01' pur, signifie l'intelligence et la sagesse; de là on voit clai­
rement ce qui est signifié pal' « voici, le jour de .Jébovab vient pour
meUre la terl'e en dévastation; j'ébranlerai les cieux, et sel'a ,'e­
muée la terre de sa place; )) le jouI' de .Jéhovah est la dernière fin
de l'Église, quand se fait le jugement, la tel'I'e est l'Église; on peut
voi!' que la terre elle-m6me n'est pas I~emuée de sa place, mais que
l'Église est éloignée dès qu'il n'y a ni amour ni foi; être remuée
de place, c'est être éloignée de l'état antél'ieur, Dans le Même:
Il Voici, le Seignew', c01;une une inondatio'n de gr~le, une

lenapete de carnage, comme une inondation de grosses eaux,


ilabâttra à terre avec la main: consommatioll el décision
j'ai entendu de la part du Seigneur J tltovih Stbaoth sur toute
la Terre. )1-XXVlII. 2, 22;-ces choses ont été dites du jour
du jugement SUI' ceux qui sont de l'~~glise; le jour du jugement
quand arrive la tin de l'Église est signifié par Il consommation et
.décision j'ai entendu de la part du Seigneur Jéhovib Sébaoth sur
toute la tel'l'e; Il c'est pourquoi il est dit que, comme ·une inonda-.
tion de gl'êle, une tempêle de carnage, comme une inondation de
grosses eaux, il aoolll'a à terl'e avec la main; par la grêle et son
inondation sont signifiés les faux qui détruisent les vrais de l'É­
glise; par le carnage et sa tempête sont signifiés les maux qui dé­
truisent les biens de l'Église; par les grosses eaux sqnt signifiés
les faux du mal: que par l'inondation et le déluge il soit signifié
t'immersion dans les nlaux et dans les faux, et par suite la des­
truction de l'Église, on le voit, N°' 660, 705, 739, 756, 790,
5725, 6853; la même chose est signifiée par abattre à terre ou
fail'e pleuvoir à vel'se, Dans le Même :. Cl La Terre sera en poix
ardente, de génération en gtntration elle Se1'(l dévastée. Il ~
XXXIV. 9, 10; - par la poix ardente est signifié tout mal jail­
lissant de l'amour de soi, par lequel l'Église pél'it et est dévastée
entièrement, aussi est-il dil, Il la tel're sera en poix ardente, de gé­
nél'alion en génél'ation elle sera dévastée; llqui ne voit que de telles
cboses ne se disent point de la terre elle-même? Dans le Même:
VèI's.3. CHAPJTIŒ CINQUIÈME. 21
<l Elle eit dans le deuil, elle l{(Itguit, la Terre; il a été COIl/'u:;,

le Liban; et il s'est flétri. Il - XXXIII, 9; -là aussi, la terre


est l'Église, qui est dite dans le deuil et languir, quand tes faux
commencent à être saisis et l'econnus pour des vl'ais, c'est pourquoi
il est dit (1 il a été confus, le Liban; et il s'est flétri; Il pal' Je Liban
il est signifié la même chose que par le cèdl'e, Il savoir, le vrai de
l'Église. Dans Jérémie: « Un lion est monté de SOJI fourré, et
un destructeur des nàtio11S est parti de son lieu, pour réduire
ta Terre en dévastation; tes villes seront détruites. J'ai vu
ta 1'erre, et voici, vague et vide; et vers les cieux, et voici,
elle n'est plus, leur lumière;j'ai Vil les montagnes, et voicl~
elles sont ébranlées, et toutes les collines sont bouleversées.
Jéhovah a dit : D~astation sera toute Ir" Terre, c'est pour­
quoi dans le deuil sera la Terre, et noirs seront les Cieux en
haut. li - IV, 7, 23, 24, 27, 28; - ici, il s'agit aussi de la vas­
talion de l'Église; elle al'five lorsqu'il n'y a plus de vrai ni de bien,
et qu'ils sont remplacés par le faux et pal' le mal; celle vastation
est décl'ite par un lion montant de son fourré, et par un destructeul'
des nations parti de son lieu; par le lion et par le' destl'Ucteur des
nations il est signifié le faux et le mal qui dévastent; par les mon­
tagnes qui sont ébranlées, et par les collines qui sont bouleversées,
il est signifié l'amoul' envel's le Seigneur et la charité à l'égard du
prochain; si les montagnes et les collines ont cette signification,
c'est parce que dans le Ciel ceux qui sont dans l'amour envers le
SeigneUJ' habitent sur des montagnes, et que ceux qui sont dans la
charité à l'égard du prochain habitent sur des collines, comme il a
été dit dans ce qui pl'écMe, et aussi dans le Traité DU CIEL ET DE
L'ENfER, N° 188, et dans la note (c) ùe ce N° ; pal' les cieux qui
o'ont plus leur lumière, et qui sel'ont noil;s, sont signifiés les illté­
rieur's <.les hommes de l'Église, qui, lorsqu'ils ont été bouchés Pal:
les maux et les faux, n'admettent pas la lumière qui vient du ciel,
mais aùmellent au lieu de celte lurnière les ténèbres qui viennent
de l'enfel'; d'apl'ès cela, on peut VOil' ce qui est signifié pal' (1 uu
lion, et un dévastateUl' dos nations réduiront la terl'e en dévasta­
lion; Il puis, par (1 j'ai vu la tel'I'e, et voici, vague et vide; ~l et aussi
par «( dévastation sera toute la tel're, c'est pourquoi dans le deuil
seI'a la tel'I'C; Il il savoit', que Iii, c'est l'Église ôl nOl/ la tel're qui est
22 L' APOCALl'PSI<; EXPLIQUÉE. N"SO..,

entendue. Dans le Même: (1 Jusques à quand sera-t-elle dalls le


deuil, la Terre, et t'herbe de tout le champ sera-t-elle dC$sé­
cMe? à cause de la malice de ceux qui y habitent consommés
seront betes et oiseau; désolée a été toute la l'erre, parce
qu'i/n'y a point d'homme qui (la) mette sur son (œur: sur
toutes les collùtes dans le désert sont venus des dél'Qstateurs,
pm'ce qu'une épée de Jéhovah dénore depuis une e~rtrémité
de la terre jusqu'à t'extrémité de la terre; ils ont semé des
froments et ils ont moù,.sonné des épines. JI - XlI. h, 11,1.2,
1.3; - qu'ici la terre signifie l'Église, cela est é\'ident en ce qu'il
est dit, que la terre sera dans le deuil, et l'hel'be de tout le champ,
et que bêtes et oiseau seront consommés à cause de !a malice de
ceux qui y habitent, et parce qu'i! n'y a point d'homme qui la melle
sur son cœur; par l'hel'be de tout le champ il est signifié tout bien
et tout, vrai de l'Église; èt pal' les bêtes et les oiseaux les affections
du bien et du vrai; et comme l'Église est signifiée pal' la terre, et
qu'il s'agit de l'Église dévastée, C'est pour cela qU'i! est dit, (1 SUl'
toutes les collines dans le désel't sont venus des dévastateurs, parce
qu'une épée de "Jéhovah dévore depuis une extrémité de la terre
jusqu'à l'extr.émité de la terre; ils ont semé des froments et ils ont
moissonné des épiaes; Il par les collines dans le désel'l, sur les­
quelles sont venus des dévastateurs, sont signifiées les choses qui
appartiennent à la charité; le désert, c'est où il n'y a pas le bien
parce qu'i! n'y a pas le vl'ai ; par une épée de Jéhovah est signifié
le faux détruisant le vrai; depuis une extl'émit~ de la terl'e jusqu'à
l'extl'émité de la terl'e signifie le tout de l'Église; pal' semer des
froments et moissonner des épines il est signifié tirel' de la Parole
les vrais du bien et les changer en faux du mal; les froments sont
les vrais du bien, et les épines les faux du mal. Dans Ésaïe: (1 Sur
la Terre de mon peuple t'épine et la ronce monteront; le pa­
lai,~
sera désert, la multitude de la ville sera abandonnée. 11­
XXXII. 13, 1.!J; -l'épine ct la l'once, qui montel'ont sur la terre,
signifient le faux et le mal; [e palais, qui sera désel't, signitie où
le bien habite; et la multitude de la ville qui sel'a abandonnée, si­
gnifie où sont les vl'ais, car la ville signifie la doctrine du vrai.
Dans le Même: « Épine et rOllce sera toute la Terre; au con­
traire, toutes {e,~ montagnes qui seront stlreléet. m'cc le sar­
Vers. 3. CHAPITHE CINQUIÈME, 23
cloir, là ne l.'iendra point la.crainte des épines et des ronces,
mais le hœuf y sera envoyé et la hrebis les foulera. Il - VII.
24, 25; - par les épines et les ronces il est signifié le faux et le
mal, de là on voit clairement ce que signifie II épine et ronce sera
toute la terl'e; )1 pal' les montagnes, qui sel'ont sarclées avec le sar­
cloir, sont signillés ceux qui d'apl'ès l'amoul' du bien font les biens;
par « là ne viendl'a point la crainte des épines et des ronces, mais
le bœuf y sel'a envoyé et la brebis les foulel'a, Il ou, on y mettra les
bœufs, et les brebis les foulel'ont de leurs pieds, il est signifié que
chez eux il n'y aura pas le faux ni le mal, mais le bien tant natul'el
que spirituel, par le bœuf est signifié le bien naturel, et par la bre­
bis le bien spirituel. Dans Ézéchiel: Il Ta mère, une lionne, qui
parmi les lions s'est couchée; il s'est levé un de ses petits, les
villes il a dévasté; désolée a été la Terre, et sa plénitude, par
la-,,'oix de SO/'l. rugissemellt. ) 1 - XIX. 2, 3, 7; - par la mère
il est signifié l'Église; par la lionne et les lions, la puissance du
mal et du faux contl'e le bien et le vrai; par le rugissement du lion,
le désir de détruire et de d~lel'; par les villes qu'il a dévastées
est signifiée la doctrine avec ses vrais; d'après cela on voit ce qui
est signifié par l[ désolée a été la Terre, et sa plénitude, Il à savoir,
toute l'Église. Dans le Même: Cl Leur pain avec anxiété ils'man­
geront, et 'Iew's eaux avec stupeur ils hoiront, afin que soit
dévastée la Terre de ce qu'elle contient, à cause de la violence
de tous ceux qui hahitent en elle; et les tilles hahitées seront
dé't'astées, et la T~rre sera une désolation. Il - XII, 19, 20;
- ici, par la Terre et par les villes qui sel'ont dévastées et seront
une désolation il est signifié les mêmes choses que ci-dessus, à sa­
voil', par la Terre l'Église, et par les villes la doctrine avec ses
vrais, c'est pOUl'quoi il est dit, Il à cause de la violence de tous ceux
qui habitent en elle; Il c'est en raison de ces significations qu'il est'
dit auparavant; « leur pain avec anxiété ils mangeront, et leurs
eaux avec stupeur ils boiront; 1) par le pain et l'èau dans la Parole
.il est signifié tout bien de'l'amour et tout vrai de la foi, N° 9323;
et par mangel' et boil'e, êl1'e instruit. et être approprié, NOl 3168,
3513, 3832, 9U2. Dans David: Il J'ai invoqué Jého1.'ah, et à
mon Dieu j'ai crié; alors a été agitée et ébranlée la Terre,
et le~. foltdemelll.~ de.~ montagnes onl tremhlé el ,~e ,~ont ugi­
2& L'APOCi\.LYPSE EXPLIQUÉE, N° 304.
tés, quand il s'est courroucé. Il - Ps. XVIII. 7 t 8; - iel, la
terre est l'Église t qui est dite avoÏl' été agitée et ébranlée quand elle
est lJervertie par la falsification des nais; et alors les fondements
des montagnes sont dits trembler el s'agitel',cal' les biens de l'a-.
mour t qui sont fondés sur les vl'ais de la foi t s'évanouissent; en
effet, les montagnes sont les biens de l'amouf t comme ci-dessus t
et les fondements des montagnes sont les vrais de la foi; de là aussi
il est évident què la Terre est l'Eglise. Dans le Même: Il A Jého­
vah la Terre et sa plénitude, le globe et ceux qui y habitent;
et L1lÎ, sur les mers il t'a fondé, sur les fleuves il t'a affermi. 1)
- Ps, XXIV. :l t 2; - la Terre et le globe t c'est l'Église; et sa
lllénitude, toules les choses de l'Église; les mers sur lesquelles il
l'a fondé, ce sont les connaissances du vrai dans le commun; les
fleuves sont les doctrinaux; comme l'Église est fondée sur les unes
et sur les autres t c'est pOUl' cela qu'il est dit « sur les mel's il ra
- fondé, sur les fleuves il l'a affermi; II il est évident pOUl' chacun que
cela ne peut être dit ni i.le la Tene ni du Globe. Dans le Même:
« NOliS ne craindrons lJoint quand sera bouleversée la Terre,
et quand seront ébranlées les montagnes dans le eœur des
mers; quand seront soulevées, seront troublées ses eaux; que
se soulèvent les nations; que ~;' ébranlent les royaumes; quand
il donnera de sa voix la Terre se fondra, Il - Ps, XLVI. 3,
ft, 7 t 9; - que par la lerl'c soil entendue l'Église t cela est évident,
puis qu'il est dit qu'elle sera bouleversée et se fondra; puis aussi t
que les montagnes seront ébranlées dans le cœur des mers t que
ses eaux seront troublées, que les nations se soulèvel'ont et que les
royaumes s'ébranleront; par les montagnes sont signifiés l~ biens
de l'amoul' t comme ci-dessus t elles sont dites être ébranlées dans
le cœur des mers quand les connaissances essentielles du vrai sont
perverties; par les eaux sont signifiés les nais de l'Égliset elles
sont dites troublées quand ils sont falsifiés; par les nations sont si­
gnifiés les biens de l'Église, et dans le sens opposé ses maüx t et
par les l'oyaumes les; vrais de l'Église t et dans le sens opposé ses
faux; ct au~si ceux qui sont dans les maux et dans les faux. Dans
le Même: <1 DiCIl! tft nous (($ abmutonllJs, tu t'es courroucé,
le repos; tu Ils j'lIit tremblcr la l'n're, tu l'as
1'UlIU\llC-1WILS
brisée; guéris scs fmctllres, lJarec 'Itl.' elle a été ébranlée, »­
Vers. 3. CHAPITRE CINQUIÈME. 25
Ps. LX. 3,4; -que ces choses aient été dites de l'Église el non
de la terre, on peut le voir, car il est dit (1 tu as fait trembler la
telTe, tu l'as brisée, g11éris ses fractures, par'ce qu'eUe a été ébran­
lée; Il el comme par la. terre est signifiée l'Église, icI l'Église dé­
vastée, c'est pour cela qu;il est dit, (c Dieu 1 tl1 nous as abandonnés,
tu t'es coUl'roucé, ramène-nous le repos. 1) Dans le Même: cc Quand
j'aurai saisi le temps fixé, Moi, ltVec rectitude je jugeraz'; la
Terre se fondra a/Je(: tousses habitants; lIfoz~ j'affermirai
ses colonnes. Il - Ps. LXXV. 3, 4; - ici pareillement la Terre
est l'Église, qui est dite se fondre quand manquent les vrais pal' les­
quels il yale bien; comme les vl'ais soutiennent l'Église, ils sont
appelés ses colonnes que Dieu affermÏl'a; que ce ne soient pas les
colonnes de la terre qui sont affermies, cela est évident; comme la
restauration de l'Église est décl'ite ici, c'est pOUl' cela qu'il est dit,
Il quand j'aUl'ai saisi le temps fixé, l\'loÎ, avec rectitude je juger~; Il

les vrais de l'Église, qui sont ici nommés colonnes de la terl'e, sont
aussi nomméS Bases de la terre, - 1 Sam. II. 8; - et Fonde­
ments de la terre, dans Ésaie : lC Ne comprenez-volis point, les
fondements de la Terre? Qui habite au-dessus du cercle de
la Terre? Qui réduit les princes il néant, et rend les juges de
la Terre comme une chose vaine? Il-XL. 21, 23; - par les
princes qui seront réduits à néant, et par les juges de,la terre qu'il
rendra comme une chose vaine, sont signifiées les choses qui vien­
nent de la propl'e intelligence et du propre jugement. Dans Jéré­
mie: lC Un tumulte vient jusqu'ù l'extrémité de la Terre;
ainsi a dit Jéhovah: Voici, un mal sortira de nation ù na­
tion, et une tempUe grande se lèvera des cdtés de la Terre;
et il y aura des trampercés de Jéhovah en ce jour-"tti depuis
Une extrémité de la Terrejllsqu'ù l'extrémité de la Terre. Il
- XXV. 31, 32, 33; - par l'extrémité de la terre et par les
côtés de la terre il èst signifié où sont les demiers de l'Église, et
où commencent les maux et les faux; et par d'une extrémité de la
terre jusqU'à l'extl'émité de la terre sont signifiées toutes les choses
de l'Église; de là on peut savoir ce qui est signifié par le tumulte
(1

vient jusqu'à l'extl'émité de la terre, Il et par (1 une tempête gr'ande


se lèvera des côtés de la terre, Il et aussi par Il il Yaura des lI'ans­
percés de Jéhovah cn ce joul'-là depuis une cxlt'émité de la terre
26 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 804.
jusqu'à l'extrémité de la terre; Il par les transpercés sont signifiés
ceux chez qui les vrais et les biens de l'Église ont été éteints; voir
N° !J503. Dans Ésaïe: (1 Les îles ont vu, elles ont craint; les
elttrémités de la Terre. ont tremblé, elles se sont approchées
et sont venues; je mettrai le désert en un étang d'eaux, et la
Terre seche en une source d'eaux. Il - XLI. 5,1.8; -l'instau­
ration de l'Église chez les nations est ainsi décl'ite; les nations sont
signifiées par les lles et par les extrémités de la terre, car dans la
Parole les l1es et les extrémités de la terre signifient ceux qui sont
tl'ès-éloignés des vrais et des biens de l'Église, parce qu'ils n'ont pas
la Pal'ole et sont pal' suite dans l'ignorance; par « je mettrai le désert
en un étang d'eaux, et la terre sèche en une source d'eaux, Il il est
signifié que l'Église sera instaurée chez ceux-là; le désert signi~e
où le bien n'est pas enCOl'e parce qu'il n'y a pas encore le vrai, cela
est aussi signifié par la terre sèche; l'étang d'eaux et la source
d'eaÏJx signifient le bien parce qu'il yale vrai, car tout bien spi­
rituel, qui est le bien de l'Église, est acquis par les vrais. Dans le
Méme: Il Malhew' à la Terre ombragée quant aux ailes, qui
(est) au-delà des fleuves de Kusch! Allez, ambassadeurs, vers
la nation foulée, dont les fleuves ont ravagé la Terre.l)­
XVIII. 1, 2; - ce que c'est que la terre ombragée quant aux
ailes, et la terre que les fleuves ont ravagée, personne ne le sait, à
moins qu'on ne sache que la terl'e est I~Église, et que les fleuves,
sont les faux; la terre ombl'agée quant aux ailes est l'Église qui
est dans l'obscurité quant aux Divins Vrais, les Divins Vrais sont
signifiées pal' les ailes, voir ci-dessus, N° 283 ; au-delà dès tleuves
de Kusch signifie quan~ aux connaissances elles-mémes d'a~rès le
sens de la lettre de la Parole, lesquelles ont été falsifiées; la nation
foulée vers laquelle doivent aller les ambassadeurs, et dont les fleuves
ont ravagé la terre, signifie ceux qui, hors de l'Église, sont dans les
faux par ignorance; les fleuves sont les vrais de la doctl'ine, et dans
le sens opposé les faux; les ambassadeurs, qui devaient aller vers
eux, signifient qu'ils étaient invités à recevoir l'Église chez eux.
Dans. le Meme: l( Dans l'emportement de Jéhovah Sébaoth a été
obscurcie la Terre. Il - IX. 1.8; -la terre obscurcie signilie les
choses appartenant à l'Église dans l'obscul'ité ou dans les faux, cal'
les faux du mal sont dits être dans l'obscurité, mais les vrais sont
Vers. 3. CHAPITRE CINQUIÈME. 27
dits être dans la lumière. Dans le Même: (c Uhovah éloignera
l'homme, et les déserts seront multipliés dans le milieu de la
l'erre. Il - VI. 12; - l'homme que Jéhovah éloignera signifie le
sage, et abstl'activement la sagesse, voir ci-dessus, Na 280; les dé­
serts, multipliés dans le milieu de la terre, signifient qu'il n'y aura
. absolument aucun bien par'ce qu'il n'y aura aucun vrai; le milien
de la terre, c'est où il yale vrai dans la plus grande lumière,
aussi lorsque là il n'y a point de lumière, l'obscurité est partout,
,ainsi il n'y a aucun vrai nulle part. Dans le Même : (1 Jéhovah
frappera la Terre de la verge de sa bouche, et par l'esprit de
ses levres il tuera t'impie, ) - XI. !J ; - la vel'ge de la bouche
de}éhovah, qui frappera la terre, signifie le vrai dans les del'niers,
qui est le vl'ai du sens de la lettre de la Pal'ole; l'espl'it des lèvres,
qui tuel'a l'impie, signifie le vrai dans le sens spirituel de la Pal'ole;
ces vrais sont dits fl'appel' la tene et tuel' l'impie, quand par eux
on est condamné, car chacun est jugé par les vrais et condamné
par eux. Dans le Même: (1 Etle se repose et etle est tranquit/e,
la Terre; l'Enfer a excité contre toi les Réphaim, tous les
puissants de la Terre; ceux qui te verront diront: IV' est-ce
pas ici t'homme qui ébranlait la Terre, qui faisait trembler
les royaumes? JI a mis le globe en désert, et il en a détruit
les vit/es : ta Terre tu as perdu, ton peuple tu as tué: pré­
parez pour ses fils la tuerie, que point ils ne se relèvent et ne
possèderu la Terre, et que soient remplies les faces de la Terre
de vit/es : j~briserai Aschur dans ma Terre, et sur mes mon­
tagnesje le roulerai. » - XIV. 7,9,16, 17, 20, 21, 25; ­
ces choses ont été dites du roi de Babel, pal' lequel est signifiée la
destruction du vrai pal' l'amolli' de dominel' SUI' le Ciel el SUI' la
terre, auquel les vrais de la Pal'ole on les vrais de l'Église servent
de moyens; il s'agit ici de la damnation de (',eux de Babel;'les Ré­
phaïm, que l'enfer a excités, sont ceux qui sont dans une affrense
persuasion du faux, lesquels d'après cela sont appelés puissants de
la tel'l'e ; ébranler la terre, fail'e trembler les royaumes, mettre le
globe en désert, et en détruire les villes, signifie pervertir toutes
les· choses de l'Église; la terre et le globe sont l'Église, les l'oyau­
mes sont les vrais qui font l'Église, et les villes sont toutes les choses
de la docl1:~l1e ; par là on voit clail'cment ce qui est signifié pal' CI ta
28 L'APOCALYPSE EXPLIQUEE, N" 804,

tel're tu as perdu, ton peuple tu as tué; JI par Aschur, qui sera


brisé dans la terre et foulé SUl' les montagnes, est signifié le rai­
sonnement d'après les faux contre les vrais; être brisé, c'est être
dissipé; et être foulé, c'est être entièrement détruit; les montagnes,
sur lesquelles il sera foulé, signifient où règne le bien de l'amour
et de la charité; car là, ou chez eux, tout raisonnement d'apl'ès les
faux est dissipé ou détl'Uit. Dans le Même : lt G~missez" navire.'
de Tharscln'sch; d'une Terre de Chittéens cela viendra ma­
nifestement à eux: Traverse ta Terre comme le./leuve, fille
de T Itarschisch, plus de ceinture: Voici, Terre de Chald~enS',
Aschur l'a fondée en monceaux: Jéhovah visitera Tyr, afin
qu'elle retourne à son salaire de prostitution. et qu'elle com­
mette scortation avec tous les royaumes de la Terre sur les
faces du globe. Il - XXIII. 1, :10, :13, :17; - d'apl'ès tout ~
que renfèJme ce Chapitre, on peut voir qu'il n'est entendu ici ni
les navires de Tharschisch, ni Tyr,ni une terl'e de Chittéens, ni
terre des Chaldéens, ni Aschur; mais par les navÎl'es de Thars­
chisch il est entendu les connaissances du vrai et du bien, et pa­
l'eillemeqt par Tyr; par une terre de Chittéens l'idolâtrie, par
Lene des Chaldéens la pl'ofanation et la destruction du vl'ai, et par
Aschur le raisonnement d'apl'ès les faux; de là il est évident que,
l( gémissez, navires de Thal'chisch, parce que Tyr a été dévastée, J)

signifie qu'il n'y aUl'a plus aucune connaissance du vrai; que,


li d'une terre de Chittéens cela viendra manifestement à eux, Il si­

gnifie l'idolâtrie qui en provient; Il plus de ceinture, JI signifie qu'il


n'y a plus aucune cohérence du vl'ai avec le bien; IC voici, terre de
Chaldéens, Il signifie qu'ainsi il y a profanation et destruction du
vl'ai; C( Aschur l'a fondée en monceaux, II signifie que le l'aisonne­
ment d'après les faux l'a détruite; Il l'etoUl'l1er à son salaÎl'e de pros- .
titution et commelll'e sCOl'tation avec tous les royaumes sur les faces
du globe, Il signifie la falsification ùe toutes les vérités de l'Église
enliél'C. Dans le Méme : Cf Le roi d'AschU1' ira il travers Jehu­
dalt, il inonder" et t1'((VCI'Sera, jusqu'au cou il atteindra; et
les mO/lve)llents de sa largeur seront la plénitude de la lar­
geur de ta Terre, Immanuel. 1) - VIII. 8; - ici, le roi d'As­
ChUl' signil1e aussi le raisonnement d'après les faux contre les vrais;
(cil ira à tl'avcrs Jchudab, il inonder.. èl tiL\\'erscro, 1) signifie qu'il
Vers. 3. CHAPiTRE CJNQmÈME. 29
détruira le bicn de l'J~glisc; inondel' se dit des faux, parce que les
eaux les signifient; (1 jusqu'au cou il alleindl'a, signifie qu'ainsi il
1)

n'y aura plus aucune communication du bien et du vl'ai ; et « les


mouvements de sa largeUl' seront la plénitude de la largeur de ta
tel're, Immanuel, II signifie que les faux sel'ont contre Lous les vrais
de l'Église du Seigneur; la largeur de la tene signifie les vrais de
l'Église, r.omme on le voil dans le Traité DU ClEL ET DE L'ENFER,
N° 197, et par suite, dans le sens opposé, les faux, c'est pourquoi
les mouvements de sa largeur signifient les raisonnements d'apl'ès
les faux contre les vl'ais; la plénitude signifie toutes choses, ainsi
la plénitude de la largeUl' de la terre signifie tous les vrais de l'É-
glise, Dans le Même: li En ce jour-là, le germe de Jéhovah
sera en hOflneur et en gloire, et le fruit de la terre en magni-
/lcence et en ornement aux restes d'braël. IV. 2; - le
1) -

germe de Jéhovah, qui sera en honneur et en gloh'e, signifie (e


vrai de l'Église; cL le fruit de (a tel'I'e, qui sel'a en magniOceuee et
en ornement, signifie le bien de l'Église; Israêl signifie l'Église
spirituelle; il est bien évident que ce n'est ni le germe ni le fruit
de la terre qui seront en honneur, en gloire, en magnificence et en
ornement, mais que ce sera le vrai elle bien de l' J~glise : quand il
('.st dit le vrai et le bien de l'Église, il est entendu le vrai de la foi et
le bien de l'amour, car tout vrai appartient à la foi, et tout bien ap-
partient à l'amour. Dans le Même: (1 Tu as ajouté cl la nation,
J éh()vah; tu as été glorifié; tu as éloigné toutes les extrémités
de la Terre. 11- XXVI. 15; -la nation, à laqUelle Jéhovah a
ajouté, signifie ceux qui sont dans le bien de l'amour, qu'il s'est
attachés; les extrémités de la telTe, qu'il a éloignées, signifient les
faux et les maux qui iufestent l'Église, desquels il les a purifiés.
Dans le "Même: «( Tes yeux verront le Roi dans sa beauté, ils
considéreront la Terre d'éloignements. ) 1 - XXXIII, 1i; -
voir le Roi dans sa beauté, c'est le V1'ai récl qui procède du Sei-
gneur Seul; considérer la terl'e d'éloignements, signifie l'extension
de l'intelligence et de la sagesse. Dans le Même: (f Je T'ai donné
en alliance du peuple, pour rétablir la Terre; chantez, Cieux!
bondis, Terre! et ,'etentissez, Montagnes, par le chant! li -
. XLIX. 8, i.3;-là, il s'agit du Seigneur et de son uvénement; l'in-
stauration de l"Église par le Seigneur est décrite par (1 je T'ai donné
30 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. 1'\" 304.

cn alliance du peuple pour rétablil' la terre; Il l'établir la lene, c'est


restaurer l'Église: il est connu que le Seigneul' n'a pas rélabli la
terre pour le peuple Juif, mais qu'il a institué l'Église chez les na­
tions; la joie qui en résulle est décrile pal' IC chantez, Cieux 1bondis,
Terre 1 et retentissez, Montagnes, pal' le chant 1 Il par les cieux il
est entendu les Cieux qu'habilent les anges qui sont dans les vrais
intérieurs de l'Église; par la terre, l'Église chez les hommes; et
par les montagnes, ceux qui sont dans le bien de l'amour envers
le Seigneur. Dans Jérémie: Il D'adultères pleine est la Terre,
car à cause de la malédiction dans le deuil est la Terre, flé­
tris ont été les pâturages du désert. Il - XXIlI, 10; - les
adullèl'es signifient ceux qui adultèrent les biens de l'Église, aussi
est-il dit, Il d'adullères pleine est la terre, Il et IC à cause de la malé­
diction dans le deuil est la tel're; Il les pâturages du désert, qui ont
été flétris, signifient la nutrilion spirituelle devenue nulle dans une
telle Église; le désert, c'est où il n'y a point de bien parce qu'il
n'y a point de vrai. Dans le Même: li S(lcheresse sur ses eaux,
en sorte qu'elles tarissent, parce que Terre d'images taillées,
elle. Il - L. 38; - séchel'esse sur les ('.aux, afin qu'elles tarissent,
signifie qu'il n'y aura plus de vrais, les eaux sonlles vrais; IC parce
que tene d'images taillées, elle, Il signifie l'Église détruite par les
faux provenant de la Pl'opl'e intelligence, qu'ils disent être des
vrais; les images taillées signifient ces faux, Dans Ézéchiel: cc La
fin vient sur les quatre plages de la Terre: la Terre est pleine
dcjugement de sangs, ct la ville est pleine de violence. 1 1 ­
VII. 2, 23; -la fin vient sur les quall'e plages de la terre, si­
gnifie le dernier temps et le del'nier état de l'Église quand elle est
à sa fin, les qualre plages sont tous ses VI'ais et tous ses biens, et
dans le sens opposé tous ses faux et tous ses maux, ainsi toutes les
choses de l'Église; la terre pleine de jugement de sangs, signifie
qu'elle est remplie de maux de tom genre, les sangs sont les maux
qui font violence aux biens de l'amour et de la chal'ité et les dé­
truisent entièl'ement; la ville pleine de violence, signifie la doctl'ine
de celle Église pareillement. Dans le Même: Cl Tous les lumi­
naires de lumière dans le Ciel, je lcs noircirai sur toi; et je
répandrai des ténèbres sur ta Terre, )1 - XXXII. 8; - par
les luminaires de lumière dilns le Ciel sont entendus le soleil, la
Vel's.3. CHAPITlŒ CINQUIÈME. 31
lune et les étoiles, et par le soleil est signifié l'amour, par la lune
la foi· qui en pl'ovient, et par les étoiles les connaisSances du bien
et du ,'rai, d'où l'on voit ce qui est signifié par (de les noircirai sur
toi, )) à savoir, que ces choses n'existent plus j de là aussi l'on voit
ce qui est signifié par Il je répandrai des ténèbl'es sur ta terre, 1) à
savoir, que les faux sont dans l'Église; les ténèbl'es sont les faux,
et la terre est l'Église. Dans le Meme: (( Prophétise touchant la
Terre d'Israël, et dis aux montagnes et aux collines, et aux
ruisseaux et aux vallées: Me voici près de rous, et je me re­
tournerai t'ers vous, afin que vous soyrz cultivées et ensemen­
cées. Il - XXXVI. 6, 9 j - pal' la terre d'Israêl est entendue
l'Église; les montagnes, les collines, les ruisseaux et les vallées,
signifient toutes les choses de l'Église depuis ses premiel's jusqu'à
ses derniers; les montagnes sont les biens de l'amour envers le
SeigncUl', les collines sont les biens de la charité à l'égal'd du pro­
chain, ce sont là les premiers de l'Église; les ruisseaux et les val­
lé~s sont les vrais et les biens qui sont les derniers de l'Église; que
œ soit là ce qui est signifié, on peut le voir d'apl'ès ce qui a été dit
au commencement de cet Ar~icIe, à savoit', que dans le Ciel sur des
montagnes habitent ceux qui sont dans le bien de l'amour envel'S
le seigneur, sur des collines ceux qui sont dans la chal'ité à l'égard
du prochain, et dans des plaines et des vallées ceux qui sont dans
les biens et les vrais dans le dernier ciel; les ruisseaux y sont les
vrais de la doctrine j semer ces biens et ces vrais est signifié par
(1 je me retournerai vers vous, afin que vous soyez cultivées et en­
semencées. Dans Bosée : (e En ce jour-là j'exaucerai les cieu,T,
et eux exauceront la Terre, et la Terre exaucera le {roment,
et le moût et l'huile, et eux exauceront Izréel, et je le sème­
rai pour Moi dmis la Terre! )) - Il. 21, 22, 23; - que ces
expressions doivent être entenùues spirituellement, et non naturel­
lement selon le sens de la lettre, cela est évident, car il est dit que
ces choses exaUCCl'ont IZI'éel, et (1 je le sèmerai popr Moi dans la
Terre;» c'est pourquoi par les cieux il est .entendu. les Cieux où
est le Seigneur, et par la terre l'Église où est aussi le Seigneur;
par le froment, le· moû.t et l'huile, toutes les choses de nourriture
spirituelle, qui sont les biens de l'amour et de la charité et les vrais
de la foi. Dans Malachie: Il ne corr01nlJra point pour t'OUS le
(1
32 L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. ~. a04,
p'uit de la terre, et pour vous n'avortera point le cep dans le
clUJmp: heureux vous diron.t toutes les nati01ls; et vous serez,
vous, une Terre de bon plaisir. Il - 111. 1.1., f 2 ; - ces choses
sont dites de ceux chez qui et en qui est l'Église; et comme par le
fruit de la terre et par le cep dans le champ sont signifiés les biens
et les vrais de l'Église, par le fl'ui't ses biens, el par \e cep ses vrais,
c'est pour cela qu'iis sont appelés telTe de bon plaisir. Dans David:
(1 Que ton Esprit bon me conduise ell une T e,'re fÜ droiture;
à cause de ton N om, Jéhovah, vivifie-moi. Il - Ps. CXLllI.
:1.0; -la terl'e de droitul'e, c'est l'Église dans laquelle il yale
dl'oil el le vrai; et comme l'Esprit de Jéhovah signifie le Divin
Vrai, et que chacun l'eçoit la vie spil'ituelle par ce vrai, c'est pour
cela qu'il est dit, (( que ton Esprit bon me conduise; Il et « Jého­
vah, vivifie-moi. Il Puisque la Terre signifie l'Église, et que où est
l'Église là est le Ciel, le Ciel en conséquence est appelé Tel're
des vivants, et Terre de vie; Terre des vivants, dans Ésare:
(1 J'avais dit : Je ne verrai point J ah dans la Terre des l)i­

vants. II - XXXVllI. ff; - et dans Ézéchiel: li Ceux qui out


donné de la terreur dans la Terre des vivants, Il - XXXII.
23, 2!J, 2Q, 26, 27; - Terre de vie, dans David: (1 Si je n'a­
vais cru voir le bien de Jéhovah.dans la Terre de vie. 'Il-PS.
XXVII. :1.3. --:- Dans Moise : Il Pien'e parfaite et de justice
tu auras; Ephah parfait et de justice tu auras, afin que
soient prolongés tes jours surla Terre. Il - Deutél'. XXV. f5;
- prolongel' les jours sur la terre ne signifie pas prolongel'la durée
de la vie dans le monde, mais c'est prolonger l'état de la vie dans
l'Église, ainsi'dans le Ciel; en effet, pl'olonger se dit du bien et de
l'augmentation du bien, et le jour signifie l'élat de la vie; et comme
la piel'l'e parfaite et de justice qui était un poids, el'l'éphah parfait
et de justice qui était une mesure, signifient le vrai et le bien et
lem' qualité, et l'une et l'autl'e ensemble la justice, la pierl'e le vr:ai
et la mesure le bien, et que ne point tl'omper par le poids ni par la
mesure, c'est, être juste, voilà pourquoi ils aUl'ont la vie de l'Église
et ensuite la vie dans le Ciel, ce qui esl entendu par prolonger leurs
jOUl'S sur, la tene. La même chose est signiliée dans le précepte du
Décalogue, (1 Honore tOTt père et ta 111ère, afin que soient pro­
longés tes jours Sllr 1(1 Terre. Il - Exod. XX. 12; - si Je Ciel
Vel's. 3. CHAPITRE CINQUIÈME. 33
et la félicité du Ciel sont pour ceux qui honorent leur père et leul'
mère, c'cst parce que dans le Ciel on ne cannaU d'autl'e Père que
le Seigneur, car tous ceux qui y sont ont élé engendrés de nouveau
par Lui, et que dans le Ciel pal' la Mère il est entendu l'Église, et
en général le Royaume du Seigneur; il est bien évident que ceux
qui adorônt le Seigneur et cherchent son Royaume doivent avoir la
vie dans le Ciel; et aussi qu'un grand nombre de ceux qui honorent
leur pèl'e et leUl' mèré dans le monde, ne vivent pas très-longtemps
sur la terl'e. Dans Matthieu: (e Heureux ceux qui sont doux,
parce qu'ils hériteront de la Terre. ) - V.l>; -l'héritage de
la terre ne signifie point la possession de la Lene, mais c'cst la
possession du ciel et la béatitude dans le ciel; ceux qui sont doux
signifient (',eux qui" sont dans le bien de la charité. Dans Ésaie:
«( Voicl~ la Vierge concevm et enfantera un Fils, et elle ap­
pellera son N mil Dieu avec nous; beurre et 'miel il mangera,
afin qu'il sache 1'ejeter le mal et choisù' le bien; car avant que
['Enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, abandonnée
sera la Terre, de laquelle, toi, tu as dégoût devant ses deux
rois. Il m'rivera en ce jour-là qu'en raison de la multitude
de lait qui se fera, On mangera du bem're, car du beurre et
du miel mangera quiconque (sel'a) de reste au milieu de la
Terre. ) - VII. 1ft, 1.5, 16, 22; - que ces choses aient été dites
du Seigneur et de son avénemcnt, cela est notoire; le beurre et le
miel qll'il mangel'a signifient les iliens de l'amour, le beurre le bi~n
de l'amour céleste et ~piriluel, le miel le ilien de l'amour natUl'e1 ;
par là il est entendu qu'il s'approprierail le Divin aussi quant il
l'Humain, manger signifie s'appropJ'iel'; la terre qui sel'a aban­
donnée, avant qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien, signifie
qu'il ne restel'aitl'ien de l'Église dans toute la terre quand il naî­
tràit; et comme ceux, où était l'Église, ont rejeté tout Divin Vrai,
et qu'ils ont perverti toutes les choses de la Parole et les ont expli­
quées en leur CaveUl', c'est pour cela qu'il est dit « abandonnée sel'a
la terre, 1) c'est-à-dil'e l'Église, « de laquelle, toi, tu as dégoû.t devant
ses deux l'ois; II les rois signifient les vrais du Ciel et de l'Église, les
deux l'ois le Vrai de la Parole dans le sens "inteme ou spÎl'ituel et
le Vrai de la Pal'ole dans le sens externe ou naturel; le lait signifie
le vrai pal' lequel il yale bien, et comme le beurl'e signifie le hien
II, 3.
3A L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N"So4.
qui en provient, c'est pour cela qne par C( en l'aison de la multitude
du lait qui se fel'a, quiconque sera de l'este au milieu de la terre
mangera du beurl'e, Il il est signifié que !out vrai appartiendra au
bien. Dans Matthieu: Cl A la consommation du siècle gémiront
toutes les tribus de la Terre. Il - XXIV. 30; - la consom­
mation du siècle, dont il est question dans ce Chapitre, est le der­
nier temps de l'Église, quand se fait le jugement; toutes les tribus
de la tene signifient tous les vrais et tous les biens de l'Église;
elles sont dites gémil', quand il n'yen a plus. Dans Luc: cc Alors
il y aura des signes dans le soleil, dans la lune et dans les as­
tres, et sur la Terre angoisse de nations en désespoir, mer et
flots retentissant, hommes expirant de crainte et d'attente
des choses qui arriveront sur le globe de la terre, car les puis­
sances des cieux seront ébranlées. Ce jour comme un piége
viendra sur tous ceux qui sont assis sur la face de toute la
Ten·e. l l - XXI. 25, 26, 35; - là, il s'agit aussi du dernier
temps de l'Église, quand se fait le jugement; et là, par la terl'e et
le globe est entendue l'Église; l'angoisse des nations sur la terre,
la crainte et l'attente des choses qui arriveront sur le globe de la
telTe, et sur tous eaux qui sont assis sur la face de toute la tene,
signifient que ce sera non pas sur ceux qui sont dans les terres
dans le monde naturel, mais sur ceux qui sont dans le monde spi­
rituel; que là aussi il y ait des terres, on le voit au commence­
m~nt de cet Article, et que là ail été fail le Jugement Del'nier, on
le voit dans l'Opuscule sur le JUGEMENT DERNIER; ce que c'est que
le soleil, la lune et les astl'es, dans lesquels il y aura des signes,
cela a été dit ci-dessus, à savoir, que le soleil signifie l'amour, la
lune la foi qui en pl'ovient, et les astres les connaissances du bien
et du vrai; C( mel' et flots retentissant, JI signifie les raisonnemell;ts
et les attaques du vrai d'après le sens de la lettre de la Parole ap­
pliqué de travers et d'une manière perverse; les puissances des
cieux, qui seront ébranlées, signifient la Parole dans le sens de la
lettre, puisque ce Sens est le fondement des vérités spirituelles qui
sont dans les cieux; voir, dans le Tl'aité DU CIEL ET DE L'ENFER,
l'Article où il s'agit de la conjonction du ciel avec l'homme par la
Parole, No' 303 à 310. Dans Ésaïe: Il Chantez, Cieux! éclatez
en jubilation, lieux inférieurs de la Terre! retentissez de
Vers. a. CHAPITRE CINQUIÈME. 36
chants, montagnes, torOt, et tout arbre qw' y est! parce que
Jéhovah a racheté Jacob. Moi; J éh01)ah, je fais toutes choses,
dépl(1!jant les Cieux Seul, étendant la T err/~ par Mai-Mime. Il
- XLIV. 23, 24 -; - chantez, Cieux! éclatez en jubilalion, lieux
inférieurs de la Terre! retentissez de chants, montagnes, forêt et
tout arbre qui y est 1signifient toutes les choses du Ciel et de l'É­
glise, tant les internes que les externes, qui toutes se réfèrent au
bien et au vrai; les internes sont signifiées par- les Cieux, les ex­
ternes 'par les lieux inférieurs de la lel'relles montagnes sont les
biens de l'amour, la fOI'êt est le vl'ai naturel, et les arbres là sont
les connaissances du vrai; c'est à cause de ces significations qu'il
est dit (1 parce que Jéhovah a l'acheté Jacob; Il par .Jacob dans la
Parole est signifiée l'Église externe, et par Israël l'Église inte\'lle;
déployer les cieux et étendre la terre, signifie l'Église de toute part,
laquelle est déployée et étendue par la multiplication du vrai et la
fructification du bien chez ceux qui sont de l'Église. Dans Zacha­
rie: « Jéhovah qui étend les Cieux, et fonde la Terre, et qui
forme l'esprit de l'homme au milieu de lui. '1 - XII. 1; ­
de même ici par les cieux et pal' la tene est signifiée l'Église de
toute palt, ainsi quant à ses intérieurs et quant à ses extérieuI's;
c'est pour cela qu'il est dit aussi, (1 qui fOl'me l'esprit de l'homme au
milieu de lui. Il Dans Jérémie: (1 Les dieux qui n'ont point fait
le Ciel et la Terre, qu'ils périssent de dessus la Terre et de
dessous les Cieux 1 Jéhovah qui fait la Terre par sa vertu,
qui dispose le globe par sa sagesse, et qui par son intelligence
étend les cieux; à la voix qu'il donne, Lui, une multitude
d'eaux (est) dans les Cieux, et il fait monter des vapeurs du.
bout de la Terre. JI - X. H, 12, 13. LI. 15; - parce que les
Çieux et la Terre signifient l'Église, comme ci-dessus, c'est pOUl'
cela qu'il est dit que Jéhovah fait la terre par sa vertu, dispose le
globe par sa sagesse, et étend les cieux par son intelligence; et c'est
aussi pour cela qu'il est dit, li à la voix qu'il donne, Lui, une mul­
titude d'eaux est dans les cieux, et il fait monter des vapeUl's du
bout de la terre; Il par la voix que Jéhovah donne est signifié le
Divin VI'ai qui procède de Lui; pal' la multitude des eaux dans les
cieux sont signifiés les vrais en abondance, ear les eaux signifient
les vrais; et par les vapeUl's, qu'il fait monter du bout de la terl'e,
36 L'APOCALYPSE EXPLIQUI~E, ~. 304.
sont signifiés les derniers vrais de l'Église, les vapeurs sont ces
"l'ais, et le bout de la tel're cslle denliel' de l'Église; el comme les
dieux signifient les faux de la docll'ine et du culte, qui détruisent
l'Église, c'est pOUl' cela qu'il est dit, (c les dieux qui n'ont point fait
le ciel et la tel're, qu'ils périssent de dessus la terre et de dessous
les cieux 1 Il· Dans David: « Jéhovah qui fait les Cieux par in­
tel/ige/lce, et étend la Terre sur les eaux. Il - Ps. CXXXVI.
0, 6; - comme le ciel el la tel're signifient l'Église, et que l'É­
glise est formée pal~ les \Irais, et que les v.rais de l'Église ·fonll'in­
telligence, c'est pour cela qu'il est dit, que Jéhovah fait les cieux
pal' intelligence, et étend la terre sur les eaux; les eaux sont les
vrais de l'Église, Dans ÉsaYe.: (( Ainsi a dit Dieu, Jéhovah qui
crée les Cieux et les déploie, qui étend la Terre et ses pro­
ductions, qui donne une lime au peuple sur el/e, et un esprit
ù cellx qui y marchent. Il - XLII. 1); - par créer les cieux et
étendl'e la terre et ses productions, il est signifié former l'Église e~
l'éformer ceux qui y sont; les productions sont toutes les choses de
l'Église; c'est pourquoi il est dit, (c qui donne une âme au peu­
ple SUI' elle, et un espl'it à ceux qui y marchent; Il que créer, ce
soit l'éformer, on le voit ci-dessus, N° 2911, Dans le Méme : cc Dis­
tillez, cieux d'en haut, et que les nuées découlent de justice;
que s'ouV1'e la Terre, et qll'elle fructifie le salut: "foi, j'ai
fait la Tern, et l'homme sur ellefai créé. Ainsi a dit Jého­
vah qui crée les cieux, Lui, Dieu, qui fm'me la Terre, ei qui
la fait, ct qui la prépare: J'ai parlé, non pas en secret, dans
un lieu d'une Terre de ténèbres, l l - XLV. 8, 1.2, 1.8, 19;­
qu'ici, par les cieux et la tene soient entendues toutes les choses
de l'Église, tant ses internes que ses externes, cela est évident, car
il est dr!, (c distillez, cieux, el que les nuées découlent de justice;
que s'ouvre la.terre, et qu'elle fructifie le sa/ur; Il si par les cieux
sont signifiés les intél'icUl's de l'Êglise, c'est parce que les inté­
rieurs, qui appartiennent au mental spirituel de l'homme, sont les
cieux chez lui; que chez l'homme. chez qui est l'Église, il y ait le
ciel, on le voit dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, N°' 130 et
57; par créer les cieux, et fOI'mcl'.1a tene, la faire el la préparel',
il est signifié instituer pleinement l'Église. Dans le Méme : (c Voici,
Moi, je c"fe des Ciell:r 1I01lt'eauz et une Terre nouvel/e, et
Vllrs,3. CHAPITRE (~INQUIÈME, Si
l'on ne se souviendra point des précédents. Il-LXV. 17;­
par créer des cieux nouveaux et une tel're nouvelle, il est signifié
instaurer une nouvelle Église quant à Ses intl~l'idUI'S' et à ses exté­
rieurs, tant dans les Cieux que dans les terres, comme ci-dessus.
Dans le Même: « Qui a entendu une telle chose? est-ce que la
Terre enfalltera en un seul JOU1'? est-ce qu'une nation sem
engendrée en une seitle fois? De même que le,ç Cieux nOll­
eaux et la Terre nouvelle, que je vais faire, se maintien­
dront devant Moi, de même se maintiendra votre semence et
vot,'e nom. »- LXVI. 8, 22; - comme par la terre est signifiée
l'Église, c'est pOUl' cela qu'il est dit, ct est-ce que la tel're enfantel'a .
en un seul jour? est-ce qu'une nalion sera engendl'ée en une seule
fois? dans la Parole, par enfanter et par l'enfantement, el aussi
1)

par engendrer el par la génél'alion, il est signifié l'enfantement


. spirituel et la génération spil'ituelle, qui appal'tiennerrt à la foi et à
l'amour, pal' conséquent la réformation et la régénél'ation; qu:allt
aux cieux nouveaux et à la tene nouvelle, il a été dit ci-dessus
ce qu'ils signifient. Dans Jérémie: Il Moi, lai fait la Tel're,
l' homme et la h€te qui (sont) sur· les faces de la Ten'e; et je
la donne à celui qui (est) droit à mes yeux, Il - XXVII. 0;­
pal' l'homme et la bêle, qui sont sur les faces de ln tel're, sont si­
gnifiées les affections du vrai et du bien dans l'homme Spil'ituel et
dans l'homme naturel, voir N° 280; et dans les ARCANES CÉLESTES,
N°' 7h2!J, 7523, 7872; et comme ces affections chez les hommes
font l'Église chez eux, c'est pour cela qu'il est dit, ct j'ai fait la lene,
l'homme et la bêle qui sont SUi' les faces de la terre, et je la donne à
celui qui est droit à mes yeux; que Dieu donne la tel're non-seu­
l)

lement à ceux qui sont droits il ses yeux, mais aussi à ceux qui ne
sont pas dl'oits, cela est notoire, mais il ne donne l'Église qu'il ceux
qui sont dl'oits; ce qui est droit signifie le \'l'ai et l'affection du vl'ai.
Dans Ésare : Il Les Cieux comme la fumée s'b)anollÎI'Ol1t, et
la Terre comme un vetement vieillira, et les hahitants pa­
reillement mourront, 1) - LI. 6; - les cieux qui s'évanouiront
et la terre qui vieillira comme un vêtement signifient l'Église; celle­
\ ci tombe successivement et est enfin désel'te, mais non le Ciel vi­
sible ni la tel're habitable; aussi est-il dit, ct et les habilants pal'eil­
lement ruourl'onl ; Il mOUl·il' signifie mourir spirituellement. La
38 L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 804.
même chose est signifiée par cc les Cieux et la Terre passeront, IJ
- MaLtb. XXlV: 35.. Marc, XIII. 31. Luc, XVI. 17. - Dans
l'Apocalypse"t CI le vis quatre Anges, qui se tenaient sur les
qua~re angles de la Terre, retenant les quatre vents de la
Terre, afin que ne soufflat point un vent sur la Terre. 11­
VlI. 2, 3; - par les quatre angles de la terre et par les quatre
vents de la terre, sont signifiés tous les vrais et tous les biens de
l'Église dans le complexe; car par eux sont signifiées les mêmes
choses que paJ' les quatre plages du ciel; que celles-ci signiftent ces
vrais et ces biens, on le voit dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER,
à l'Article des quatre Plages dans le Ciel,. N°' 141 à 153; les re­
tenÏl' signifie qu'ils n'intluent pas parce qu'ils ne sont pas J'eçus,
c'est pourquoi il est dit, Cl afin que ne souffia.t point un vent sur la
terre. Il La Terre signifie pareillement l'~~glise dans d'autres pas­
sages de l'Apocalypse, par exemple, Chap. X. 2, 5, 6, 8. XlI.
16. XIII. 13. XVI. 2, 14. XX. 8, 9, 11. XXI. 1; et en outre
dans beaucoup d'autres passages de la Parole, qui en raison de leur'
grand nombre ne seront pas J'apportés. Comme la Terre, et sur­
tout la Terre de Canaan, signifiait l'Église, puisque là était l'É­
glise, et comme l'Église qui était dans celte terre était représenta­
tive, c'est pour cela que toutes les cboses de la Terre de Canaan
représentaient, et que les paroles qui ont été dites par le Seigneur
à ceux qui habitaient cette terre signifiaient les spirituels ou les in­
térieurs de l'Église, et cela jusqu'à la Terre elle-même et à ses
productioI1s; par exemple, ces paroles dans MoIse: CI Si tu ob­
serves ses préceptes, 1éhovah te conduira dans une Terre
bonne, Terre de torrents d'eau, de fontaines, d'abtmes, sor­
tant de la vallée et de la montagne; Terre de froment, d'orge,
de cep, de figuier, de grenadier; Terre d'olivier, d'huile et
de miel; Terre où non pas avec disette tu mangeras ton pain,
rien n'y manquera; Terre où les pierres (sont) du fer, et des
montagnes (de laquelle) tu tailleras l'airain; et tu mangeras
et tu seras rassasié dans cette Terre bonne. Il - Deutér. VIII.
1,7,8, 9,10;-pal' ces paroles sont décrites toutes les choses
de l'Église, tant ses intérieUJ's que ses extéJ'ieUl's; mais. il serait trop
iong et hors de pl'OpOS d'exposer ce que chacune signifie. Comme
la Ten'e signifiait l'Église, c'est pour cela qu'au nombre des béné­
Vers. 3. CHAPITRE CINQUIÈME. S9
dictions il Yavait, (c que s'ils lJivaient selon les préceptes, la
Terre donnerait son produit, les mauvaises b~tes disparai-
traient de la Terre, et l'épée ne passerait point par leur
Terre. li - Lévit. XXVI. 3, h, 6; - Cl la terre donnerait son pro-
duit, Il signi-fie que dans l'Église il y aurait le bien et le vrai; Cl les
mauvaises bêtes disparattraient, signifie qu'il n'y aurait point les
1)

affections mauvaises ni les convoitises qui la détruisent; cc l'épée


• ne passerait point par la terre, li signifie que le faux ne chassel'ait
point le vrai. Pal'ce que la Tene signifiait l'Église, c'était aussi un
statut cc que la septlëme année fût le Sabbath pour la Terre,
et qu'aucun trav(J.il ne fût fait sur elle, l) - Lévi!. XXV. 1 à
8; - et pour la même raison il est dit aussi, que la Terre a
(t

été souillée à cause des maux, et qu'elle a vomi les habitants


à cause de leurs abominations. Il - Lévit. XVIII. 1 à 28. -
Et parce que la Terre signifiait l'Église, (c le Seigneur cracha à
Ter'e, et fit un limon avec son crachat, et oignit de ce limon
les yeux de l'aveugle; et il lui dit: Va, lave-toi dans la pis-
cine de Siloah. li - Jean, IX. 6, 7, 11, 15 ; - c'est aussi poU\'
la même raison que Cl le Seignew', quand les Scribes et les Pha-
risiens L'interrogèrent au sujet de la femme surprise en adul-
tère, s'étant baissé écrivit sur la Terre deux fois, Il - Jean,
VIII. h, 6, 8; - ce qui signifie que J'Église était pleine d'adul-
tères, c'est-à-dire, pleine d'adultél'ation du bien et de falsification
du vrai; allssi est-ce pOUl' cela que le Seigneur lem' dit: Cl Que
celui de VOIlS qui est sans péché jette le premier la pierre
contre elle; mais ils sortirent l'un après l'autre, en co,mmen-
çant par les plus vieux jusqu'aux derniers. Il ,-Vers. 7, 9.-
Parce que dans la Parole la plupart ùes expressions ont aussi le
sens opposé, il en est de même de la Terre qui, dans ce sens,
signifie l'Église dévastée, c'est-à-dire, quand en elle il n'y a plus
le bien de l'amour ni le vrai de la foi, mais qU'à leur place il
yale mal et le faux; et comme le mal et le faux damnent
l'homme, par la Terre dans ce sens il est signifié aussi la damna-
tion; par exemple, dans les passages suivants: - Ésaïe, XIV. 12.
XXI. 9. XXV. 12, XXVI. 19, 21. XXIX. h. XLVII, i.
LXIII. 6, Lament. II. 2, 10. Ézéch. XXVI. 20. XXXII. 211.
Nomb. XVI. 29 à 33. XXVI. la; et ailleurs.
hO L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N·SOS.
305. Vers. h, 5. Et moi je pleurais beaucoup, de ce qrte
personne n'était trouvé digne d'ouvrir et de lire le Livre, ni
de le regarder. - Et l'un des Anciens me dit: Ne pleure
point. Voici, il a vaincu, le Lion qui est de la tribu de J ehu­
dIlh, la racine de David, pour oUV7'ir le livre et en l'ompre les
sept sceaux. - Et mot je pleurais beaucoup, de ce que per­
sonne n'était trouvé digne d'ouvrir et de lire .le Lit','e, ni de
le regarder, signifie une douleur de cœUl', à cause du manque
d'ordl'e, et à cause de la ruine de toutes choses, si pel'sonne ne pou­
vait savoir, ni connattre, ni examinel' tous ceux qui étaient la, et
~ontes les choses qui les concernaient: et l'un de6 Anciens, signifie
une société du ciel qui était plus que les autres dans la sagesse :
me dit: Ne pleure point, signifie qù'i1 n'y ait pas de douleUl'
pour cela: voici, il a vaincu, le Lion, signifie que le Seigneur,
par la propre puissance, a subjugué les enfers et remis toutes choses
en OI'dre dans les cieux: de la tribu de J ehudah, la racù!e de
David, signifie pal' le Divin Bien uni au Divin Vrai dans son Hu­
main : pour ou1Jrir le livre et en rompre les sept sceaux, si­
gnifie qu'il sait et qu'il COllllatt tous et chacun, eL les choses les
{llus secl'êtes de chacun,
306. Et moije pleul'ftis beaucoup, de ce que personne n'é­
tait troU'lJé digne d'ouvrir et de lire le Livre, ni de le regar­
der, signifie une. douleur de cœur il cause du manque d'QI'dre,
et à cause de la ruine de toutes choses, si personne ne pouvait
savOir, ni connaître, ni èxaminer tous ceux qui étaient là, et
toutes les choses qui les concernaient: on le voit par la signifi­
cation de pleurer, en ce que c'est avoir de la douleur; de là pleU/'er
beaucoup, c'est avoir de la douleUl' pl'ovenant du cœur, ou une
douleur de cœur ;.que ce soit à cause du manque d'ordl'e, et à cause
de la ruine de toutes choses, c'en est la suile; eL pal' la significa­
tion de ces mots, de ce que pel','wlm(J n'était trouvé digne d'ou­
vrir et de lire le Livre, ni de l(~ regarder, en ce que c'est que
})eJ'sonne n'est tel, qu'il puisse savoir les états de la vie de tous dans
le commun et de chacun dans le particuliel', voir ci-dessus, N°' S03,
30fJ; ou, ce qui est la mèrne chose, que personne n'est tel, qu'il
puisse savoir, conna1tre et examinel' tous ceux qui étaient là, eL
toutes les choses qui les concel'l1aient. Quant à ce qui r,oncerne ta:
Vers. [l, CHAPITRE CfNQUlÈME. lit
douleur de cœur, qui est signiliée PQr je pleurais beaucoup, Il à
(1

cause du manque d'ol'dre, et à cause de la l'uine de toules choses,


si personne n'est tel, Qu'il puisse savoir, connailre et examinel' tous
ceux qui étaient là, et toutes les choses qui les concernaient, je vais
l'exposer en peu de mots : Pour que le Ciel Angélique existe et
subsiste, il faut que toutes les choses y soient dans l'ol'dre, car si
ce Ciel n'était pas dans l'ordl'e, il serait dissipé; en elfet, le Ciel
Angélique a été distingué en Sociétés, et les soeiétés ont été mises
en ordre selon les affections du vrai et du bien, el ces affeclions
sont multiples ct innombl'ables; ceUe ol'dination dépend unique­
ment de-Ia Sagesse Infinie d'un Ètl'e Unique qui sait toutes choses,
connaît toutes choses et examine Ioules choses, et qui pal' suile
dispose et met en ordre toutes choses: cet f'Me Unique est le Sei­
gneur Seul, aussi est-il dit dans la Parole., que le jugement Lui
appartient, qu'il a pouvoir dans les Cieux et dans les terres, et
ici, qu'il a pris Lui-Même le livre et en a rompu les -Sceaui' : en
outre, si le Ciel n'était pas en ol'(II'e, le Monde, c'est-à-dil'e, les
hommes dans les terres, Ile pourrait ni exister, ni subsistel', cal' le
Monde dépend du Ciel et de son influx dans les spirituels el dans
les rationnels des hommes, en un !Qat, toutes choses périraient;
mais ce sujet peut être mieux saisi d'après ce qui a été montré dans
le Traité DU CIEL ET DE L'ENl'ER, et aussi dans l'Opuscule DU Ju­
.GEMENT DERNIER, et même d'après chacune des explications qui y
sont données, si on les lit aveô attention. S'il est dit savoir, con­
naUre et examiner, c'est parce que ces expressions sont signifiées
par ouvrir le livre, le lire et le regarder, car par lë livre sont si­
gnifiées toutes les CllOSes qui sont chez l'homme, chez l'espl'it et
chez l'ange, OlT tous les états de lem vie quant à l'amOlli' et à la
foi, c'est poUl'quoi ouvl'ir le livre signifie les savoir, lil'e le livre si-­
gnil1e les connattl'e, et l'egardel' le livre signifie les examiner.
307. Et l'un des Anciens, signifie une société du ciel qui
était plus que les autres dans la sagesse: on le voit par la si­
gnification des Anciens, en ce qu'ils désignent ceux qui sont dans
les vrais d'après le bien, et abstractivement les vrais d'après le
bien, comme il a été montré ci-dessus, N° 270; ainsi, ceux qui
sont plus que les autres dans l'intelligence et dans la sagesse, car
toute intelligence vicnt du bien par les vrais ou par les vrais d'a­
u l' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 807.

près le bien, et personne ne ·la tire d'autre palt : si par l'un des
Anciens est signifiée une société du ciel, c'est parce que dans la
Parole par l'Ange il est entendu, non pas un seu~ Ange, mais une
Société entière; voir ci-dessus, No' 90, 302; par conséquent aussi
par l'un des Anciens; s'il est entendu une Société qui est plus que
les autres dans la sagesse, c'est parce qu'il a enseigné que c'est le
Seigneur Seul, qui, quant à l'Humain, s'est acquis la Divine Sa­
gesse poursavoit·, connaltre et examiner chacun, et aussi les états
de la vie de tous dans le commun et de chacun dans le pa,rticuliel',
ce qui est signifié parles paroles qu'il a dites, à savoir: Ne pleure
(l

point; voici, il a vaincu, le Lion qui est de la tribu de Jehudah,


la racine de David, pour ouvrit' le livre et en rompre les sept
sceaux; ) en effet, savoir cela, c'est-à-dire, savoir que c'est le Sei­
gneur Seul qui est tel, appartient à la sagesse des Anges du Ciel,
et les Sociétés Angéliques, dans le Tl'oisième Ciel ou Ciel Intime,
le savent d'après la perception ou d'après l'influx procédant du
Seigneur; les autres le savent aussi, mais c'est d'apl'ès l'illustl'a­
tion de l'entendement et non d'apl'ès la perception; la perception
appal'tient aux Anges du troisième Ciel ou Ciel intime, l'illusll'a­
tion de l'entendement appartient aux Anges du second et du del'­
niel' Ciel; ces facultés sont distinctes en ce que la perception est une
pleine confirmation d'apl'ès l'influx procédant du Seigneul', tandis
que l'illustration de l'entenàement est une vue spiJ'Ïtuelle; ceux qui
sont dans la charité à l'égal'J du pl'ochain et par suite dans la foi
ont cette Vile, et ceux qui fo~t dans l'amour envers le Seigneur ont
la perception; ce que c'est que la pel'ception, on le voit dans la
DOCTRINE DE LA NOUVELLB JÉRUSALEM, No, 135 à 140.
308. Me dit" Ne p!e:ire point, signifie qu'il n'y ait pas de
douleur POIl1' cela: on le voit pal' la signification de pleurer, en
ce que c'est une douleu~ d.e cœur, comme ci-dessus, N° 306; pour
queUe raison, lloir aussi au même endroit.
309. Voici, il a vaincu, le Lion, signifie que le Seigneur,
par la propre puissance, a subjugué les enfers et remis toutes
choses en ordre là, et dans les cieux: on le voit pal' la signifi­
cation de vaincre quand il s'agit du Seigneur, en ce que, quand il
était dans le monde, il a subjugué les enfers, et remis toules choses
en Ol'dre là, et dan~ les cieux, el cela par les tentations admises dans
Vers. 5. CHAPITRE CINQUIÈME. 43
son Humain, et par les victoires remportées alors continuellement;
voir sur ce sujet dans la DOCTRINE DELA NOUVELLE J~RUSALEM,
N°' 293, 294, 301, 302; c'est donc là ce qui est signifié par
Vaincre, quand il s'agit du Seigneur: et comme 'le Seigneur avait
fait cela par la propl'e puissance, il est appelé LIOn, car le Lion si~
gnifie la puissance; voir ci-dessus, N° 278 : que le Seigneur l'ait
fait par la propre puissance, cela est connu d'apl'ès la Parole, mais
comme il en est peu qui le sachent, je vais en dire quelque chose:
Le Seigneur a fait cela d'après le Divin qui était en Lui d'après la
conception, c'est-à-dire, qui était à Lui comme l'âme est à l'homme
d'après le père, et l'âme de chacun opère par le corps, car le corps
est l'obéissance de l'âme: le Divin qui était rlans le SeigneUl' d'a­
pl'ès la conception était son Divin, qui, dans la Foi Athanasienne,
est dit égal au Divin qu'on y appelle le Père; en effet, il est dit
que le Fils est aussi, comme le Pèl'e, Infini, Incréé, Étemel, Tout­
Puissant, Dieu, Seigneur, et qu'aucun d'eux n'est ni le plus Grand
ni le plus Petit, et n'est ni le Pl'emier ni le Dernier, mais qu'ils
sont absolument égaux; et il est dit aussi, que le Divin et l'Hu­
main du Seigneur sont, non pas deux Personnes, mais une Personne
unique, et que, comme l'âme et le COI'pS, ils font un seul homme,
ainsi le Divin et l'Humain, c'est un seul Christ; de là aussi, ceux
qui ont foi à Athanase peuvent savoil' que le Seigneur a fait cela
par la propre puissance, puisqu'il l'a fait d'après son Divin : on
peut voir clairement, d'apl'ès ces considérations, comment doit étre
entendu ce que le Seigneur dit, dans Jean: Cl Le Père, qui en
Moi demeure, (ait Lui-Meme les œuvres; croyez-Moi que
Moi Oe suis) dans le Père, et que le Père (est) en Moi. II ­
XIV. 10, 11; - ct ailleurs dans le Même: (1 En vèrité, je vous
dis: Le Fils ne peut (aire de Lui-Meme rlen, sinon ce qu'il
voit (aire au Père; car les choses que Celui-ci (ait, le Fils
aussi les (ait pareillement: de même que le Père ressuscite
les morts et vivifie, de même aussi le Fils, qui il veut, vivifie:
comme le Père a la vie en Lui-Meme, pareillement il a aussi
donné au Fils d'avoir la vie en Lui-Meme. li - V. i9, 21,
26; -comme le Divin que le Seigneur appelle le Père était Son
Divin, et non un autre Divin, on peut voir par là qu'il a fait d'après
Lui-Méme t011t ce qu'il avait fait d'apl'ès le Père. et aussi tout ce
Mt L'APOCALYPSE EXPLIQU ÉE. N° 309.

qu'il avait fait d'apl'ès l'Humain qu'il appelle Fils; el qu'ainsi il a


fait toutes choses par la propre puissance, puisque c'élait d'après
ce qui était Sien.
310. De la tribu de Jehlldah, la racine de David, signifie
par le Divin Bien uni au Divin Vrai dans son Humain: on
le voit par la signification de la Tribu de Jehtuiah, en ce que ce
sont tous les biens dans le complexe, car Ioules les Tribus d'Israël
signifiaient tous 11',8 vrais et tous les biens du Ciel et de-l'Église,
comme il a élé montré ci-dessus, N° 39, et Jehudah on sa Tribu
signifiait le bien de l'amour séleste, comme aussi ci-dessus, N° H9,
et dans les ARCANES CÉtESTES, No' 36M, 3881, 5583, 5603,
5782, 6363; de là dans le sens suprême, où il s'agit du SeigneUl',
par la Tribu de Jehudah esl signifié le Divin Bien; el pat la signi­
fication de la racine de David, en ee qu'clle est le Divin Vrai, car
dans la Parole par David est entendu le Seigneul' quant au Divin
Vrai; voir ci-dessus, N° 205; de là vient que par IC de la Tl'ihu
de Jehudah, la racine de David, il est entendu le Seigneur quant
1)

au Divin Bien uni au Di\'in Vl'ai dans son Humain; dans le sens
de la leUre de la Parole il est très-souvent dit deux choses, dont
l'une enveloppe le bien et l'aulJ'e le vl'ai, mais ccs deux sont con­
jointes en une seule dans son sens intel'ne ou spirituel, el cela pour
le mal'jage du bien el du vrai dans chaque chose de la Pal'ole, voir
ci-dessus, N°' 238 f., 288; cela vient de ce que le bien et le vl'ai
dans le ciel ne sont pas deux mais sont un, car là tout vrai est le
bien, Le Seigneul' quant à l'Humain est appelé la racine de David,
par la raison que tout Divin Vrai vient de Lui, comme aussi loutes
choses existent et subsistent d'après leur racine: c'est encore pal'
la même raison qu'il est appelé la racine de Jischaï, dans Ésaïe:
(Ill arrivera en ce jour-là que la racine de Jischai, dressée
pour enseigne des peuples, les nations la chercheront; et sel'a,
son repos, gloire. Il - XI. 1.0; - Jischaï est mis là pour David,
parce qu'il était son père.
311., Pour Oltt'ril' le livre et en l'ompre les sept sceaux, si­
gnifie qu'il sait et qu'il connait Lous et chacun, et tes ch().~p.s
les plus secrètes de chacun: on le voit d'après ce qui a élé montré
ci-dessus, N°' 299, 303, 30ll, où sont ùes expressions semblables.
312. YCl's. 6, 7, Et je m's. el t'oid, au militlll' dit 1'rôll~.
Vers. G, CHAPITRE CINQUll~ME. 45
t des quatre Animaux, et au milieu des.Anciehs, un Agneau
debout comme tué, ayant sept cornes et sept yeux, qui' sont
les se.pt esprits de Dieu, em)oyés par toute la terre. - Et il
vint et prit le livre de la (main) droite de Celui qui était assis
sur le Trône. - Et je vis, et voici, au milieu du Trône, et
des quatre Animaux, et au milieu des Anciens, signifie dans
tout le Ciel, et spécialement dans les Cieux intimes: un Agneau
debout, signifie le Seigneur quant au Divin Humain: comme tué,
signifie reconnu jusqu'ici par un petit nombre: oyant sept cornes,
signifie Auquel appartient la Toute-Puissance: et sept yeux, si­
gnifie et Auquel appartient la Toute-Science: qui sont les sept
e$prits de Dieu, envoyés par toute la terre, signifie de là dans
le Ciel et dans l'Église toute sages~e et. toute intelligence: et il vint
el prit le lit're de la (main) droite de Cc/ui qui était assis sur
le Trône, signifie que ces choses viennent de son Divin Humain.
313. Et je vis, et voici, au milieu du Trône, et des quatre
Animallx, et au milieu des Anciens, sigllifie dans tout le Ciel,
et spédalcment dans les Cieux intimes: on le voit par la signi­
fication de au milieu, en ce que c'est l'intime, et pal' suite aussi [e
tout, ainsi qu'il va être montré; par la signilication du Trône,
en ce qu'il est le Ciel dans tout le complexe, comme il a été dit,
N° 253; par la signification 'des qlliltre Animaux, en ce qu'ils
sont la Pro\'idence et la Garde du Seigneur, afin qu'il ne soit ap­
proché que pal'Ie bien de l'amour,.ainsi qu'il a été montl'é ci-dessus,
N° 277; el comme cette garde est principalement dans le Troisième
Ciel ou Ciel Intime, pal' la l'aison que tous ceux qui l'habitent sont
pal' le Seignet1l' dans le bien de l'Amour envers le Seigneur, c'est
poUl' cela que ce Ciel est signifié spécialement pal' les qualre Ani­
maux, ce qui deviendra encore plus évident dans la suite de ce
Chapill'e; et par la signification des Anciens, en ce que ce sont
ceux qui sont dans les vrais d'après le bien, comme aussi ci-dessus,
Nn 270, ici donc, ceux qui sont dans le Ciel Moyen ou Second Ciel,
puisque tous y sont dans les vrais d'après le bien; car ces deux
Cieux, le Tr'oisième et le Second, sont distingués entl'e eux, en ce
que ceux qui sont dans le Tl'oisièmtl Ciel 80l1t dans l'amoul' envers
le SeigneUl', et ceux qui sont dans le Second, dans la chal'iLé à l'é­
gal'd du prochain; ceux-ci, qui sonl dans la charité à l'égard du
lat) L' APOCALYPSE EXPLIQU.€E, N" 3i3,

prochain, sont dans les vrais d'apl'ès le bien; de là on peut voir ce


qui est spécialement signifié par les quatre Animaux et par les An­
ciens; mais en génél'aJ par les quatre Animaux il eSt signifié dans
le Ciel entier tout Divin Bien qui garde, et en général par les An­
ciens tout Divin Vl'ai procédant du Divin Bien aussi dans le Ciel
entier; l'un et l'autl'e gardent, parce qu'ils sont unis; ainsi par les
quatre Animaux et les Anciens ~nsemble il est signifié le Divin Bien
uni au Divin Vl'ai procédant du Seigneur, et par suite tout le Ciel
Angélique, mais spécialement les deux Cieux intimes; et cela, parce
que les Anges sont Anges, non d'après leur propre, mais d'après le
Divin Bien et le Divin Vrai qu'ils reçoivent, car le Divin chez eux,
ou reçu par eux, fait qu'ils sont Anges, et fait que le Ciel d'après
eux est appelé Ciel; voir dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER,
N°' 2 à 1.2, et 51 à 86. Que le Milieu OlJ au Milieu signifie l'In­
time et pal' suite le Tout, on le voit par plusieurs passages de la
Parole; mais d'abord il sel'a dit d'où vient que le milieu, parce qu'il
signifie l'intime, signifie aussi le tout; cela peut être illustré par la
comparaison avec la lumière, avec le soleil, avec l'ordination de
toutes choses dans les cieux, et aussi de tous ceux qui sont de
l'Église dans les terres. Par la compal'aison avec la Lumière: La
lumière dans le milieu s'étend à l'entour ou du centre vers les pé­
riphéries de tout cOté, et comme elle s'étend de l'intime et remplit
les espaces à l'entoOl', de là vient que au milieu signifie aussi le
tout. Par la compal'aison avec le Soleil: Le soleil est au milieu
pal'ce qu'il est le centl'e de son univers; comme la chaleur et la lu­
mière dans son monde viennent de lui, c'est pourquoi pal' le soleil
au milieu est signifiée sa pl'ésence partout ou dans le tout, Par la
comparaison avec l'Ordination de toutes choses dans les Cieux:
Il y a trois Cieux, et lem' intime est-le troisième' Ciel, celui-ci inOue
dans les deux cieux inférieurs, et fait qu'ils sont un avec lui pal' une
communication qui a lieu pal' l'influx venant de l'intime; dans toute
société des Cieux l'Intime aussi est le plus parfait, de là ceux qui
sont autour de l'intime dans chaque société sont dans la lumière et
dans l'intelligence selon les degrés de distance de l'intime ;1Joir
dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, N°'laS, 00, 1.89, Pal' la
compal'aison avec ceux qui sont de l'Église dans les terres: L'É­
glise du Seigneur est répandue sul' tout le globe des tel'res, mais son
Vers, a, CHAPITRE CINQUltMg. 47
Intime est où le Seigneur est connu el est "ecoouu, et où il y a la
Parole; de cet intime la lumière et l'intelligence s'étendent vel's
tous ceux qui sont autour et qui sont de l'Ég~ise, mais cette pro­
pagation de lumière ou d'intelligence se fait dans le Ciel; voir sur
ce sujet, dans le Traité .DU CIEL ET DE L'ENFER, le N° 308. D'apl'ès
ces explications, on peut voit' que le milieu ou au milieu, parce
qu'il signifie l'intime, signifie aussi le tout: de là on voit ce qui
est entendu par (c je vis, et voici, au milieu du-Trône, et des quatre
Animaux, et au milieu des Anciens, un Agneau debout, à savoir,1)

le SeigneUl' quant au Divin Humain dans tout le Ciel et spéciale­


ment dans les Cieux intimes. Le milieu signifie aussi J'intime et
par suite le tout dans un grand nombre de passages de la Parole;
par exemple, dans les suivants; dans Ésaïe: « Fais l'etentir des
acclamations et éclate en iubilation, habitante de Sion, parce
que grand (est) au Milieu de toi le Saint d'}sl'aël. )) - XII.
6; - par l'habitante de Sion est signifiée la même chose- que par
la fille de Sion, à savoir, l'Église céleste, ou l'Église qui est dans
le bien de l'amour envers le Seigneur; (1 grand au Milieu de toi le
Saint d'Israel" signifie que le Seigneur est là de tout côté et dans le
tout. Dans .David : « Nous avons considéré, ~ Dieu, ta Misé­
l'icorde au Milieu de ton Temple; de m~rne que ton Nom,
ainsi ta louange (s'étend) jusqu'aux bouts de la terre. II-PS.
XLVIII. 10, 11 ; - pal' le Temple est signifiée l'Église qui est
dans les vl'ais d'apl'ès le bien, laquelle est appelée Église spirituelle;
au milieu du Temple, c'est dans l'intime et par suite dans le tout
de l'Église; c'est pour cela qu'il est dit « de même que ton Nom,
ainsi ta louange s'étend jusqu'aux houts de la terre; " jusqu'aux
bouts de la terre, c'est jusqu'aux derniers de l'Église, la terre est
l'Église. Dans le Même: « Dieu (est) mon Roi dès l'Antiquité,
opérant les saluts au Milieu de la terre. 1) - Ps. LXXIV. 12;
- opérant les saluts au milieu de la terl'e signiOe de tout cOté.
Dans le Même: « Dieu s'est établi dans l'assemblée de Dieu,
au Milieu des Dieux il iugera. )1 - Ps. LXXXII. 1; -l'as­
semblée de Dieu signifie le Ciel; au milieu des dieux signifie chez
tous les anges qui y sont, ainsi dans tout le ciel; en effet, les Anges
sont dits dieux d'après le Divin VI'ai qu'ils reçoivent du Seigneur,
car Dieu dans la Parole signifie le Seigneur quant au Divin Vrai
48 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 313.

qui procède de Lui, et qui fait le. Ciel; voir ci-dessus, N°' 2l1, UO,
220, 222, 302. Dans Moïse: cc Voici. j'envoie un Ange devant
toi; garde-toi de ses faces. parce que mon Nom (est) au Mi­
lieu de Lui. Il - Exod. XXlIl. 20, 2:1; - pal' l'Ange ici, dans
le sens suprême, est entendu l~ Seigneur; par mon Nom au Milieu
de Lui, il est entendu que tout Divin Bien et tout Divin Vrai sont
en Lui; voir ci-dessus, N°' :102, 135, 224. Danc Luc: Cl Jésus
a dit des derniers temps: Alm's que ceux qui (seront) lÛlns la
Judée s'enfuient sur les montagnes, et que ceux qui (seront)
au Milieu d'elle en sortent. ) 1 - XXI. 21; -là, il s'agit de la
Consommation du siècle, par laquelle est signifié le derniel' temps
de l'Église quand se fait le jugement; par la Judée il est entendu,
non la Judée, mais l'Église; et par les montagnes, non les n10n­
tagnes, mais le bien de l'amoUl' envers le Seigneur; et puisque ces
paroles ·ont été dites de la fin de.I'ÉgUse, on voit clairement ce qui
est signifié pal' Cl que ceux qui seront dans la Judée s'enfuient sur les
montagnes, et que ceùx qui seront au milieu d'elle en sortent, Il à
savoir, que tous ceux de l'Église, qui sont dans le bien de l'amour
enver!' le Seigneur, Sel'ont sauvés. Dans Ésaie : Il En ce jour-là
sera Israël en troisième ù l'Égypte et à Aschur; bénédiction
au Milieu de la terre, que bénira Jéhovah Sébaoth, en disant:
Béni soit mon peuple, l'Égypte; et l'œuvre de mes mains,
Aschur; et mon héritage. Israël! Il - XIX. 24, 25; - par
ISl'aël il est entendu la spirituel de l'Église, par AschUl' le rationnel
des hommes de l'Église, et pal' l'Egypte les connaissances et les
scientifiques; par là on peut voir ce qui est signifié par cc ISI'aêl sal'a
en troisième à l'Égypte et à Aschtir, bénédiction au milieu de la
terre, Il à savoir, que tout y sera spirituel, tant le rationnel que le
cognitif et le scientifique; car, lorsque l'intime est Je spirituel, qui
est le vl'ai d'apl'ès le bien, le rationnel qui en provient est spirituel
aussi, et de même le cognilif ct le scientifique; en effet, ils sont
l'un et l'autre formés ùe l'intime, qui est le vrai d'après le bien ou
le spirituel. Dans Jérémie: Il Brisé a été llIOll cœur au Milieu
de moi, secoués on t été tous 11US os. IJ - XXIII. 9; - le cœur
brisé au milieu de moi, signifie la douleur dCllllis les intimes jus­
qu'aux derniers ou dans le tout; c'est m~rnc (lOUI' éela qu'il est dit
Cl secoués ont été tous mes os ; Il les os signilient les derniers. Dans
Vel's. 6. CHAPiTRE CINQUlÈM~. M)
les passages qui suivent, au Milieq signifie aussi dans le' tout ou
partout; dans Ésaïe: (1 Il Y aura au iJlilieu de la terre, au Mi-
lie14 des peuples l comme le secouage de l'olb.'Ïf1', comme un
grapillage quand a fié terminée la l'ciulange. )1 - XXIV. 13;
- ces choses ont été dites de l'Église dévastée quant au hien et
quant au vl'ai, et dans laquelle il [)'y a que le mal et le faux;·au
milieu de la (err'e, c'est que dans le tout de l'Église il yale mal,
et au milieu des peuples, c'est que dans le tout de l'Eglise il yale
faux; c'est pourquoi elle est compal'ée au secouage de \'olivier et à
un gl'apillage quand a été lerminée la venùange; l'olivier signifie le
bien de l'Église, et la vendange le vl'ai de l'Église; le seconagc et
le grapillage signifient la vaslation. Dans David: « Ils "echerchent
les perversités, car (tel est) le llfilieu de l' homme et le Cœ!lr pro-
(ond. 1 ) - Ps. LXIV. 7; - le milieu de l'homme (vÙ'i) est l'in-
tellecluel où devait être le nai, cl le cœur le volontail'e où dc\'ait
êlre le bien, ici ils sont porvel'tis l'un et l'autre, celui-ci en mal et
celui-là en faux, Dans Je Même: (1 D.Gns leur bouche, den d'as-
suré; leur Milieu, perditions. )) - Ps. V. 10.- Dans le Même:
(1 De leur bouche ils bénissent, mais au Milieu d'eux-m(>mes

ils maudissent. 1) - Ps. LXII. o. - Dans le Méme : (1 Parole de


prévarication de l'impie: Au lJfilieu de son cœur point de
crainte de Dieu devant ses yeux. 11- Ps. XXXVI. 2. - Dans
Jérémie: (1 Ils ont instruit lew' langue à prononcer le men-
songe; ton habitation est au Milieu de la {raude; à cause de
la (raude ils ont re{usé de Me connaît re. Il - IX, !J, [); - dans
ces passages aussi, et en outre dans d'autres passages, (( au milieu)I
signifie dans le tout, parce qu'il signifie dans l'inlime; en effet, tel
est l'intime, lei est le toul, car de l'inlime sont pl'oduites el déri-
vent toutes les autres choses, comme de l''ilme est produit et dérive
le COt'pS ; l'intime de chaque chose est aussi ce qui est appelé âme;
pal' exemple, l'in time de l'homme est sa volonté et par suite son
entendement, et telle est la volonté et pat' suite l'entendement, tel
est l'homme tout entier; l'intime de l'homme est aussi son amoul'
et par suite sa foi, et tel est son amour et par suite sa foi, tel il est
tout enlier. Que l'homme soit toul enlier tel qu'est son milieu ou
son intime, c'esl même ce qui est entendu par les paroles du Sei-
gneur, dans Matthieu: (1 La lampe du corps est L'œil, si {'œil e,~l
H, !J.
50 L'APOC:\LYPSE EXPLlQUI::E. :\" 313.
b01l, t01l1 le rorps l'st h:/itiré ~ si l'œil ('st mIlUlYtù;; toul le corps
l'si téllébreux. 1 ) - VI. 22,23; - par l'œil est signifié l'entende­
ment de l'homme, voir ci-dessus, N·· 37 et:1 02; s'il est bon, c'cst-à­
dire, si l'entendement provient des vrais d'après le bien, alors
l'homme est lei tout enLiel', ce qui esl signifié par li tout le corps est
éclairé; Il et, vice versl?, si l'entendement pl'ovient des faux du mal,
par (1 toul le corps est ténébreux, Il il est signifié qu'ulors l'homme
est tel tout entier: il est dit l'œil hon, mais dans la Langue
·ol'igiuale il est dit l'œil simple, et simple signifie qui est un, et
un il y a alors que le Vl'ai provient du hien, ou que l'entendement
provient de la volon~é; et même pal' l'œil droit est signifié l'enten­
dement du bien, et par l'œil gauche l'entendement du vrai; si ces
entende111ents font. un, il y a œil simple, ainsi œil bon.
3U, Un Agneau debout, signifie. le Seigneur quant au
Divin llumain : on le vOit [lai' la signification de l'Agneau, lors­
qu'il sc dit du SeigneUl', en ce qu'il est le Seigneul' quant au Divin
Humain; si le SeigneUl' quant à ce Divin est appelé Agneau, c'est
parce que l'Agneau signifie-le Bien de l'innocence, el que le Bieu
de l'innocence ·est le Bien même du Ciel, Bien qui pl'ocède du Sei­
gneur; et autant les Anges reçoivent ce Bien, autant ils sont Anges:
ce Bien règne chez le~ Anges qui sont dans le Troisième Ciel ou Ciel
Intime, c'est pourquoi ceux qui y sont apparaissent comme des En­
fants devant les yeux des aull'Cs Anges: cc que c'est que le Bien
de l'innoccnce, ct que les Anges du Ciel sont dans ce Bien, on le
voit dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, à l'Ai'licIc où il s'agit
de l'état d'Innocence des Anges du Ciel, Nol 276 à 283, et NOl 285,
288, 34:1, 382. Dans le Monde, on C1'oil que le Seigneul' est appelé
Agneau, pal'ce que l'Holocauste pel'l'étuel, ou qui se faisait chaque
jour soir et matin, était composé d'Agneaux, et surtout aux jours de
la Pâque, où l'Agneau aussi était mangé, ~t parce que le Scigneul'
s'est laissésaerilier: mais que celte cause de dénomination soit pour
ceux qui, dans le monde, ne pensent pas au-delà du sens de la lettre
de la Parolc; toulefois, dans le Ciel par l'Agneau, quand il s'agit
du Seigneur, il n'est PCI'ÇU rien de tel, mais quand le mot Agneau
est nommé ou est lu dans la Parole, les Anges, parce qu'ils sont
tous dans le sens spirituel de la Parole, perçoivent le Bien de l'in­
nocence, el quand Ic Sei!Jflcur est appelé ainsi, ils pm'çoivenl son
Vers. 6. CHAPITlŒ CINQUli·:~fE. ,..." ôl
Divin Humain t eten même temps le Bien de l'innocence qui pl'ocèùc
de Lui; je sais qu'on croit dift1cilement qu'il en est ainsi, mais néan­
moins cela est Vrai. Que dans la Parole l'Aglleau signifie le Bien
de l'innocence, et que 100'squ'il se dit du Seigneur il signifie son Di­
vin Humain, c'est ce qu'on peut voir par les passages suivants; dans
Ésare: (( Voici le Seigneur Jéhovih en {ort l;ient; comme Pas­
teur il pflilra ~on troupeau, sur son bras il recueillera les
Agneaux, dans son sein il (les) portera, doucement rCllX qui
teUent il conduira. II -XL. 11.- Ces paroles concernent l'Avé­
nement du Seigneur; par le troupeau qu'il paUl'a comme pasteur,
sont signiliés ceux qui sont dans le bien de la charité; et par les
agneaux qu'ill'ecueillera SUI' son bras t ceux qui sont dans ('amour
envel'S Lui; c'est cet amour qui, considéré en lui-méme, esll'inno­
cence, c'est pourquoi tous ceux qui sont dans cet amoul' sont dans
le Ciel de l'innocence, qui est le· Troisième Ciel; et comme cet
amour est signifié par les Agneaux, c'est aussi pour cela qu'il est
dit t (( doucement coux qui tellent il conduira; " dans la Parole pal'
ceux qui teUent et par les petits enfants sont entendus ceux qui sont
dans l'innocence, voir dans le Tl'aité DU CIEL ET DE L'ENFER,
N°' 277, 280 t 329 à 3lJ5. Dans le Méme : Il Le loup demeurera
anec l'Agneau, et le léopard avec le chevreau fouchera; le
veau et le jeune liolt et le bétail gras (sel'ont) ensemble; et un
petit garçon les conduira; la génisse et l'ours paîtront, en­
semble coucheront leurs petit,~; l'en{tmt qui tet te jouera sur
le tl'OU de la l:ipèrc, et sur la caverne du basilic l'en{ant
sev.ré sa main mettra." - XI. 6, 7, 8; - ces paroles ont été
dites de l'avénement du ·Seigneur et de son Royaume, et ilussi de
ceux qui y sont dans le bien de l'imtocence, en cc qu'ils n'uul'ont
rien à craindre des enfers, ni des maux qui en pl'oviennent, pal'ce
qu'ils sont en so.reté par le Seigneol'; le Royaume du Seigneur y
est décrit par des innocences de divers genre, et par leurs opposés
contre lesquels ils seront mis en so.reté; l'Agneau est l'innoccnce
du degl'é intime, son opposé est le loup; le chevreau est l'innocence
du .second degré, dont l'opposé est le léopard; le veau est l'inno­
cence du del'l1l'er degl'é, dont l'opposé est le jeune lion; que "A­
gneau, le béliel' ou la brebis, et le veau signifient les trois degrés
d'innocencc, on le voit, N° 10132 : l'innocence du degré ioti,me
52 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. 1\" 314:

est tellc qu'est l'innocence tIc ccox qui sont dans le Troisième Ciel
ou Ciel intime, et le bien ùe celte innocence est appelé bien céleste;
l'innocence du second degl'é-est telle qu'est l'innocence de ceux qui
sont dâns le Ciel moyen ou second Ciel, et le bien de cette inno­
cence est appelé hien spil'ituel; et j'innocence du der'nier' degl'é est
telle qu'est ['innocence de ceux qui sont dans le pl'emier ou dernier
Ciel, et le bien de celle innocence est appelé bien natul'el-spirituel ;
que tous ceux qui sonl dans les Cieux soient dans quelque bien de
l'innocence, on le voit, N° h707 : comme les biens de l'innocence
sont décl'ils par ces paroles, c'est aussi pour cela qu'il est dit, (( et
un petit garç.()n les conduira; Il puis, C( l'enfant qui telte jouera SUl'
le trou de la vipère, et sur la caverne ùu basilic l'enfant sevré sa
main melll'a ; Il par le petit garçon, l'enfant qui telle et l'enfant sevré
sont pareillement signitiés ces degrés de l'innocence; quant au petit
garçon (puel') 1!oir N°s h30, 523l3; quant à l'enfant qui telle ou
petit enfant du premier age, et à l'enfant serré ou pelit enfant du
second âge, voir N°' 3183, h563, 5608, 67hO, 67h5. Comme
J'Agneau signifie l'innocence ou ceux qui sont innocents, et le loup
ceux qui sont contre l'innocence, c'est pour cela qu'il est dit pal'cil­
lement ailleurs dans le même Prophète: l( Le loup et ['Agneau
paîtront ensemble; ils ne feront point de mal dans toute la
montagne de ma sainteté. Il - LXV. 25; - la montagne de la
sainteté est le Ciel, spécialement le Ciel intime: c'est aussi ilour
cela qne le Seignem a dit aux soixante-dix disciples. qu'il envoya
prêcher: Cl 111 ui, je VOllS envoie comme des Agneaux au milieu
de loups. Il - Luc, X. 3. - Comme les Agneaux signifient ceux
qui sont dans l'amour envel'S le Seigneur, amour qui est un avec
l'innocence, et comme les Brebis signifient ceux qui sont dans l'a­
mour à l'égard du prochain, amour qui est la charité, c'est pOUl'
cela que le SeigneUl' a dit à Piene : (( Simon, (fils) de Jona.~,
M'aimes-tu? Il.tui dit: Oui, Seigneur; Toi, tu sais que je
T'aime. Il lui dit: Pais mes Agneaux. Et ensuite: Pais mes
brebis. 1) - Jean, XXI. 15, 16, 17 : - si ces par'oles ont été
adressées à Pien'e, c'est parce que par lui était entendu le Vl'3i
d'après le bien, ou la foi d'après la charité, et que c'est le vrai d'a­
près le bien qui enseigne; pallre, c'est enseigner. Dans Ézéchiel:
(( L'Ambie et tou.~ les princes de Kédar, fila' les mllrchands
\'èl'S. 6. CHAPITUE CINQUlÈME. 53
de ta main en Agneaux, en béliers et en boucs. »- XXVI[.
. 21; - Iles choses ont été dites de TYI', pal' laquelle sont entendus
ceux qui sont dans les connaissances dù vrai et du bien; pal' l'A­
rabie et par les princes de Kédar, qui étaient les marchands de sa
main, sont signifiés ceux qui sont dans les vl'ais et dans les biens
d'apl'ès les connaissances, et pal' les mal'chands sont signifiés ceux
qui les communiquent et les enseignent; [lai' les agneaux, les bé­
liers, les houes, sont signifiés les trois degrés du bien de l'inno­
cence, de même que pal' les agneaux, les béliers eL les veaux; que
par ceux-ci soient signifiés les (l'Ois degl'és du bien de l'inno­
J'
cence, on le voit, No' 100ft2, 10132. Pal'eillement dans Moïse:
« /ll'a raft chevaudm' sur les lieux élevés de la terre, et
il l'a nourri du produit des champs, il lui a {ait sucer du
miel de la roche et de l'huile du caillou du rocher; le beurre
du gros bélail el le lait du menu bétail, at'ec la graisse des
agneaux; des béliers fils de I!aschan el des boués, avec la
gmisse des reins du troment, et sang du rai~'in tu bois, le vin,)1
- Deutér. XXXII. 13, 1ft; - ces paroles ont été dites de l'ins­
tauration de l'Église Ancienne, qui fut la pl'emière Église après le
déluge, et pal' elles toutes sont décrits ses différents genres du bien;
mais comme il est à peine quelqu'un qui puisse sans explication les
comprendre, je vais les expliquer en peu de mots: Chevaucl.lel' SUl'
les lieux élevés de la terl'e, signifie l'intelligence de ceux <le celle
Église, en ce qu'elle était intérieul'e; il l'a noul'I'i du produit des
champs, signifie qu'ils furent instruits de tout vrai et de tout bien;
il a fait sucer du miel de la l'oche, signifie qu'ils ont eu le bien na­
tm'el par les vràis; et de l'huile du caillou du rochel', signifie
qu'ils ont eu le bien spirituel aussi par les vrais; le miel et l'huile
signifient ces biens, et la roche, le tocher, le caillou signifient les
vrais; le beurt'e du gros bétail et le lait du menu bétail signifient le
hien cxteme et interne du vrai; la gl'aisse des agneaux, des bé­
li.tl's fils de Baschan et des boucs, signifie les biens de l'innocence
des lI'ois degrés, comme ci-dessus; la gl'aisse des reins du froment
et le sang du l'aisin signifient en conséqnence le bien l'éel et le vrai
réel. Dans Ésaïe: (1 L'épée de JNeOl)((/l serti remplie de sang,
Ile sera cngi"aissée de graisse, du smig des ngl/caux et des
bou('~. ri dl' Lcl (Jruùi:;(! d('~' l'fins des bdù l'S. ») - XXXIV. ();
5lt L' APOCALYPSE EXPLlQU ÉE. N" 31..,

- Ut aussi par les Agneaux, les béliers et les 1.l0uc.~ sonl signillés
Jes trois degrés du bien de l'innocence, dont il vie.nt d'éll'e pal'Ié;
mais il s'agit de la deSlJ'uction des degrés de ce bien pal' les faux
du malt car l'épée signifie le faux qui détruit le vrai et le bien t le
sang dont elle sera remplie signifie la destl'uction. Puisque l'A­
gneau signifie l'innocence, qui, considél'ée en elle-même, est l'a­
mour envers le Seigneul', c'est pour cela que dans le sens suprême
l'Agneau signifie le SeigneUJ' quant au Divin Humain, car le Sei­
gneUJ' quant à ce Divin était l'innocence méme; par exemple, dans
les passages suivants; dans Ésaïe: (1 L'exaction il a supporté,
et il a été affligé, cependant il n'a point oupert sa bouche,
comme 'Ult Agneau cl la tuerie il est mené. )l - LilI. 7; ­
dans le Même: Cl Envoyez f Agneau du Dominateur de la terre,
du rocher t'ers le désert, il la montagne de la fille de Sion. II
- XVI. 1. - Dans Jean: « Jean vit Jésus venant cl Lui, et il
dit: Voici l'Agneau de Dieu qui ~te le péché du monde: et,
plus tard, l'oyant Jés/!s qui marchait, il dit: Voilà ['Agneau
de Dieu. JI - 1. 29 t 36, 37; - dans l'Apocalypse: (1 L'Agneau
qui est tUt milieu du Trône les paftra, et il les conduira vers
des fontaines t'ivantes d'eaux. )) - VII. 17 ; - et ailleurs:
Il Ils ont t'aincu pllr le sang de ['Agneau et par la Parole de

leur Témoignaye, Il - XII. 11: - et en outre ailleurs dans l'A­


pocalypse, Ch. XIII. 8. XIV. 1, !J. XVII. H. XIX. 7, 9. XXI.
22,23. XXII. 1, 3. - Comme les Holocaustes_et les Sacrifices
signifiaient tout culte représentatif d'aprèS le bien de l'amour et
d'après les vrais qui en procèdent., les holocaustes d'aprèS le bien
de l'nmoul" et les sacrifices spécialement d'apl'ès les vrais qui en
procèdent, c'est pour cela que chaque jour, soir et matin, il
(1

se faisait un holocauste d'Agneaux, JJ - Exod. XXIX. 38 à


!J3. Nomb. XXVIII. 1 à 9; - Il de deux AgncalLx chaqu.e
Sabbat!l, outre l'holocauste perpétuel qui en était fait. 1 ) ­
Nomb. XXVIII. g, 10; - I l de sept Agneaux au commence­
ment des mois. Il - Nomb. XXVIII. 1 t à 15 : - pareillement
Il au jour des prémices. l) - Nomb. XXVIII. 26 à 31 ; - pa­
reillementll au srptième,mois, lors de la Convocation sainte. Il
- Nomb. XXIX. 1 à 7 : - pareillement, à savoÏl', Il de Stpl
Agneallx chaqllcjour de la Pâque, et en outre de deux N'aux,
Vers. 6. CHAPITRE CINQUIÈME. 55
d'un bélier et d'un bouc. Il - Nomb. XXVIII. 16 il 26; _. si
l'holocauste était de sept agneaux, c'était pal'ce que sept signifie le
tout et le plein, et se dit du saint, et pal'ce que dans le commun les
holocanstes signifient le culte du SeigneUl' d'après le bien de l'a­
mour; et que le bien de l'amour envers le SeigneUi' procédant du
Seigneur est le bien même de l'innocence, et que l'Agneau dans le
sens suprême signiOait le Seigneur quant au Divin Humain: ·que
les Holocaustes aient signifié tout culte d'après le bien de l'amOlli'
envel's le. SeigneUl' l)I'océdant du Seigneur, on le voit, No, 023,
6905, 8680, 8936, 10062. C'est même à cause ùe celle repré­
sentation que fut institué«( le Souper de la Pâque aveé desAgneaux
ou des Chevreaux. Il - Exod. XII. 1 à 29; - car la fête de la
Pâque représentait la Glorificalion de l'Humain du Seigneur, t'oir
N° 10655. Comme les petits Enfants signifiaient l'Innocence, c'est
aussi pour cela qu'il fut ol'donné, «de sacrifier après l'enfante­
ment, {l1ljour de la purification, un Agneau, un petit de co­
lombe et une tow'terelle, ou au lieu d'un Agneau deux petits
de colombes ou deux tourterelles. 1 I - Lévit. XII. 6, 8; - par
les petits de colombes et par les tourtCl'elles il est signifiée la même
chose que par les agneaux, il savoir, l'Innocence.
315. Comme tué, signifie reconnu jusqu'ici par peu de
personnes: on le voit par la signification de tué, lorsqu'il s'agit
du Seigneur, en ce que c'est qu'i! n'est point reconnu, ici qu'il est
reconnu par peu de personnes que son Humain est Divin, car il est
dit, un Agneau debout COMME tué, et par l'Agneau est signifié
le Seigneur quant au Divin Humain, ainsi qu'il vient d'êLre montl'é,
N° 3lla : cela est semblahle à ce qui a été dit du Seigneul', ci-dessus
Chap. 1. Vel's. '18, et j'ai été mort, ce qui signifie qu'il a été re­
jeté, 'voir ci-:dessus, N° 83. Pal' être tué dans le sens spil'iLuel ou
intel'ne il est entendu être tué, non quant aU corps, mais quant il
l'âme, et l'homme est tué quant à l'âme 10I'squ'i1 n'est plus dans
aucun !.lien de la foi, car alol's il n'y a plus en lui aucune vie spÎl'i­
Luelle, mais au lieu de celle vie il y a la mort, qui est appelée mOl't
spirituelle; toutefois, quand le mot Tué se dit du SeigneUl', il fi 'LI
point celte signification, pal'ce que le Seigneur est la vie même et
donne à chacun la vic spÎl'iluelle, mais il signifie on qu'il est rcjctù
ou qu'il n'cst point reconnu, cal' il est comme nul chez ceux qui nI'
56 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N":U6.

reconnaissent point, et encore plus chez ceux qui nient. Il est vl'ai
que dans l'Église le Seigneur Lui-Même estl'econnu, et aussi son
Divin, mais seulement comme homme quant à l'Humain et non
comme Dieu, d'où il résulte que son Divin Humain n'est point re­
connu; c'est donc là ce qui est entendu par un Agneau débout
comme Tué: mais que le Seigneur soit Dien aussi quant à l'Hu­
main, on le voit dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM,
Nol 280 à 310; et on le vena à la fin de cet Ouvl'age, où cela sera
maüifestement démontré. Ceux qui pensent seulement d'après le sens
de la lettre de la Parole, et non en même temps d'après la Doctl'ine
du vl'ai réel, ne savent autre chose, sinon que par êtl'e tué dans la
Pal'ole il esJ. entendu être tué quant au corps, mais pal' les passages
qui vont en être rapportés on verra qu'il est entendu être tué quant
à l'âme; en effet, c'est une chose reconnue que la Parole dans son
sein est spirituelle, quoique dans le sens de la letll'e elle soit natu­
relie; et que, être tué spirituellement, c'est périr quant à l'âme,
ce qui arrive chez ceux qui ne l'eçoivent pas la vie du Ciel, laquelle
est appelée la vie étel'nelle et simplement aussi la vie, et chez les­
quels pal' conséquent au lieu de ceUe vie il y a la mort· qui est la
damnation; et comme c'est là une chose reconnue, il en l'ésulte que
paF être tué il est entendu dans la Pal'ole périr pal' les faux et par
les maux : mais le Seigneur est dit spir'ituellement tué, 10l'squ'on
nie le vl'ai et qu'on l'ejette le bien qui procèdent de Lui; chez ceux
qui agissent ainsi le Seigneur n'est pas non plus reconnu, car celui
qui nie et l'ejeUe les choses qui \'iennent du Seigueur le nie et le re­
jeue aussi Lui-Même, cal' le Seigneur est dans ses vrais et dans ses
biens chez l'homme. Mais ici il s'agit de son Divin Humain; que ce
Divin ne soit pas encore reconnu, cela est notoÏl'e; j'en dÏl'ai les
causes; l'une, c'est que la Gent Pontificale a transféré sur son Chef
lout le Divin Pouvoir qui appal'lient l!U seigneur même quant à
l'Humain, sans vouloir enlendl'c que le SeigneUl' a fail Divin son Hu­
main, paree que c'est de l'Humain du SeigneUl' qu'ils tirent ee pou­
voir: l'autte cause, c'est que ceux qui ne sont point de cette gent ont
fait la foi seule l'unique moyen de salut, en considél'ant comme de
nul effet la vie de la charité; et ceux qui agissent ainsi ne peuvent
PeI'ccvoir l'Humain du Seigneur autrement que comme l'humain
d'un aull~C homme, c'cst même pour cela qu'ils restent aveuglément
Vers. 6. CHAPITltE CINQUIÈME. 5ï
dans la doctrine de la Tl'inité d'apl'ès la foi d'Athanase, et qu'ils
ne peuvent êll'c illustrés. Que dans la Parole ê!l'e tué signifie êl1'e
tué spirituellement, on peutie voir par les passages suivants; dans
Ésaïe: lC Tu es comme un rejeton abominable, un l)etement
'de tués, transpercés par fépée; car ta terre tu as perdu, ton
pmple tu as tué; préparez pour ses fils la tuerie, l l - XIV.
19, 20, 21. ; - ces paroles sont diles de Babel, qui signifie la pro­
fanation du bien et du vrai et pal' suite la destl'UcLion de l'Église;
ellc cst compal'ée à un vêtement de tués qui ont été tl'anspercés pal'
l'épée, parce que le vêtement des tués signifie le faux abominable
corl'ompant et détruisant les çhoses qui appartiennent li l'Église; ils
sont dits en conséquence transpercés pal' l'épée, parce que l'épée
signifie le faux détruisant le vrai; par suite il est dit l( ta tene tu
as perdu, ton peuple tu as tué; Il pal' la terl'e il est entendu l'Église,
et par le peuple ceux qui y sont dans les vrais; les tuel', c'est les
détl'Uire pal' les faux; (1 prépal'ez pour ses fils la tuerie, Il signifie
quc leurs faux doivent Ctre détruits; ses fils sont les faux. :Qans Jé­
l'émie: Il Il Y aura des transpercés de Jéhovah, en ce iour là,
depuis un bout de la terreiusqu'au bout de la terre. I l - X X V .
33 ; - par les transpcrcés de Jéhovah depuis un bout de la terre
jusqu'au bout de la tene, sont signifiés ceux chez qui tous les vrais
de l'Église ont été détruits par les faux; les transpercés de Jéhovah
signifient ceux chez qui ils ont été détruits, et depuis un bout de la
terre jusqu'au bout de la Lerre signifie toutes les choses de l'Église.
Dans le Mème : (( C'est pourquoi livre leurs fils li la {amine; et
{ais-les s'écouler par la main de l'épée, afin que les hommes
deviennent rares, tués par la mort, leurs Jeunes gens {rap­
pés par l'épée dans la guerre. II - XVIII. 21.; - livrer les fils
à la famine et les faire s'écoulel' pal' la main de l'épée, signifie
éteindre les vl'ais de l'Église par le manque de connaissances du
vrai et par les faux; les fils sont les vrais, la famine est le manque
- de connaissances, et l'épée est le faux qui détruit le vl'ai ; « alin que
les hommes devienflent rares, tués par la mort, » signifie que l'af­
fection du vrai et pal' suite la sagesse seront nulles, les hommes
signifient l'affection' du vrai et par suite la sagesse, voir ci-dessus,
N° 280; « leurs jeuncs gens frappés par l'épée dans la guerre, Il
signifie parce que les vrais sont détl'Uits par les allaques du faux,
S8 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 315,

les jeunes gens sont les vrais, l'épée est le faux qui détl'Uit, ct la
guerre est l'a~taque du fa\lx. Dans Ézéchiei : li Pass;cz par Jéru­
Mllnu, et frappez, 'et que 1'otre œil n'épargne pain t; vieiÏlard,
jeune /tomme, et vierge, et enfant tuez jusqu'il destruction;
mais d'aucun homme sur qui (sera) le signe n'approchez, 1 1 ­
IX. 5, 6; - ces choses ont été dites pal' l'homme vêtu de lin ou
par l'ange il d'autres anges, et elles ont été ouïes par le PI'ophète; ­
pal' elles il n'a pas été entendu qu'il fallait passer par Jél'usalem,
et y frapper et tuer jusqu'à destl'uction les vieillaJ'ds, les jeunes
gens, les vierges et les enfants, mais pal' Jérusalem il est entendu
l'Église quant à la doctt'ine, et qu'elle a été entièrenlent dévastée
quant à tous les biens et à tous les vrais qui la constituent; par le
vieillard il est enlendu la sagesse qui appal'lient au bien, pal' le
jeune homme l'intelligence qui appal'lient au vrai, par la vierge
l'affection du bien et du vrai, et pal' l'enfant tout bien et tout vrai
naissant, et spécialement le bien de l'innocence pal' lequel toutes
les choses de l'Ég,lise naissent chez l'homme; par n'approchel'
d'aucun homme SUI' qui sera le signe il est signifié le vrai d'après
le bien. Dans le Même: (1 Qu'ils les lapident at'ec la pierre,
qu'ils les déchirent avec leurs épées, 'que leurs fils et leurs
filles ils tuent, et que leurs maisons au feu ils brûlent. Il ­
. XXUI, 67; - ces choses ont été dites de Samal'ie et de Jérusa­
lem, qui y sont nommées Oholah et Oholibah, pal' lesquelles sont
signifiées les deux ltglises, à savoil', la spirituelle et la céleste, ici,
ces Églises dévastées par les faux et par les maux; lapideJ' de
pierre et dèchiI'er avec des épées signifie la destruction du \Tai
pal' les faux, cal' la lapidation signifiait la punition et la mort à
cause. de la violence faite au Divin Vrai, le déchirement avec les
épées signifiait la même chose; tuel' les fils èt les filles signifie dé­
tl'uil'e tous les \'l'ais ct tous les biens, les fils sont les \'l'ais, et les
filles les biens; et briller au feu les maisons signifie détl'uiJ'e toules
les choses appal'lenant à l'amour et il la charité parles maux de l'a­
mour de soi et du monde, les maisons sont les intél'ieurs de l'hom­
me, ainsi les choses qui appartiennent à son amoul" ici détl'Uitcs;
Ir- fcu cst l'amolli' dans l'un et dans l'autre sens. Dans Jél'émie :
«( Il:; .sont étendus il terre, dalts les 1'ltc,~; l'cnfant èt le "ù:il­

lard, mes nierges ('( tf/l'Ii jeu1/es g('I1,~ SOllt tomlJé.~ par Nptc;
Vcrs. G, CHAPITRE CINQUIÈME. 80
tu as tu~ aujour de til coftlre~ tu n'as point épargné. lI-La-
ment. II.21; -là, il s'agit aussi de l'Église dévastée; êLre étendu
à Lerre et dans les rues signifie ceux qui ont élé déLruits par les
maux et pal' les faux; l'enfant et le vieillal'd, les vierges eL les
jeunes gens sont tombés par l'épée, signifie ici, comme ci-de.8.sus,
tous les biéns et tous les vl'ais avec l'inlelligence et la sagesse; leur
extinction est signifiée pal' l( lu as tué au jour de La colèl'e, tu n'as
point épargné; II le jour de la colère signifie le dernier état de l'É-
glise, quand .'le fait le jugement; il est dit que c'est Jéhovah qui
les a tués, c'est-à-dire, qui les a éteints, mais c'est l'homme lui-
même; le sens de la lettre est LeI, que ce qui appal'lient à l'homme
même est attribué à Jéhovah, voir N°s 2447,5798,6071,6991,
6997,7533,7632,7643,7679,7710,7877,7926,8227,8282,
8483,8632,901.0,9128, 930û, 1.0/131. Dans Amos: (c Je re-
trancherai le Juge du milieu de 1J'loab~ et tOitS ses prillces Je
tuerai avec lui. )l - II. 3; - par Moab, dans la Parole, sont
entendus ceux qui adultèrent les biens de l'Église; par le juge qui
sem retranché 1 et pal' les princes qui seront Lués, il est signifié le
bien qui est adulté.'é et les vrais qui par suite sonl falsifiés; le juge
est le bien, et le pl'ince est le vrai. Dans Zacharie: Il Voix de-
hurlement des pasteurs~ parce que déul..\tée a été leur magni-
ficence; ainsi a dit Jéhovah mon Dieu: Pais les brebis de la
tuerie~ que leurs possesuurs tuent: j'ai fait paUre les bre-
bi:; de la tuerie à cause de vous~ malheureux du troupeau. II
-XI. 3,4,5, 7; - par les brebis de la tuel'ie, que leurs pos-
sesseurs Luent, sônt signifiés ceux qui sonl dans le bien et qui sont
séduits. par les faux de la doctl'ine.; sont appelés bl'ebis ceux qui
sont ,dans le bien de la charité, les pasteul's sont ceux qui ensei-
gnent les vrais et qui pal' les Hais conduisenl au bien. Dans Da-
vid : Nous avons été tués chaque jour~ nous m:om été répu-
(1

th comme un troupeau de la boucherie; réveille-toi~ Sei-


gneur~ ne (nous) abandonne point à perpétuité. Il -PSI XLIV.
23, 24; - nous avons été tués chaque JOUI', signifie que de nous-
mêmes toujours nous tombons dans les faux et sommes séduits par
eux, SUI'tOUt au temps que les faux règnent, d'où l'on voit claire-
ment ce qùe signifie le troupeau de la bouchèrie; Il l'éveille-loi,
SeigneLU', ne (tlou.l() abandonne point à perpétuiLé, 1) signilic afin
M L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 3iS,

que nous soyons élevés au-dessus des faux par.le Seigneur. Dans
Ézéchiel: Il Ils dégatneronl leurs ép~es sur la beauté de la sa­
gesse, et profaneront ta splendeur; dims la fosse ils le pré­
cipiteront, et lu mourras de la mort des transpercés. JI ­
XXVIII. 7, 8; - ceci est dit du pl'ince de Tyr, par qui est signi­
fiée l'intelligence pl'ovenant des connaissances du vrai, ici, celle
intelligence éteinte pal' les faux; dégalnel' les épées sur la beauté
de la sagesse, signifie son extinclion par les faux; 11I'écipitel' dans
la fosse, signifie l'immersion dans les faux; et mOUI'ir de la mort
des transpel'cés, signifie la l'uine et la damnation; les transpercés
signifient ceux chez qui tout vl'ai est éteint, voir N°' la5Q3, 9202,
et la mOlt signifie la damnation. Dans Ésare : Il Est-ce que selolt
la plaie de qui le frappait il l'a fhl1Jpé? ou que, selon le mas­
sacre de ses tués il a été tlté? )) - XXVII. 7; -ici, il s'agit de
Jacob et d'Israël par lesquels est signifiée l'Église, pal' Jacob l'É­
glise externe, et par ISl'aêl l'Église interne; les tentations de ceux
qui sont de l'Église sont ainsi décrites; elles sont signifiées pal'
Il est-ce que selon la plaie de qui le frappait ill'afl'appé; 1) et pal' Il ou

que, selon le massacre de ses tués il a été tué, 1) il est signifié que
dans les tentations ils n'ont pas succombé et qu'ainsi ils n'ont pas
péri; le massacre des tués signifie la pm'dilion pal' les faux. Le
massacl'e signifie aussi la perdition et la damnation ailleurs dans
le Même: Il Au jour du grand Massacre, quand tomberont
les LOurs, )) - XXX. 25; - le joUi' du grand massacre signifie
le jugement derniel', quand les impies sont damnés et pél'issent;
les tours signifient les doctrines du faux, Dans le Même: Cl Je tlle­
rai par la famine la racine, el tes résidus elle tuera. JI-XIV.
30; - il s'agit de la Philistbée, par laquelle est signifié le vrai
sans le bien, ou la foi sans la charité; tuer par la famine la l'acine,
signifie pél'ir entièl'ernent d'après le non-bien, la racine est tout ce
(lai' quoi elle vit, c'est aussi pour cela qu'il est dit Cl tes l'ésidus elle
tuel'u, JI pal' les j'ésidus est signifié tout cc qui reste de l'Église.
Dans .Jérémie : (( J'ai clltendu la voix de la fille de Siolt, elle
soupiJ"e et étend les mains; car ftlliguée a été mon tlme par
leli,.lueurs. 1) -IV. 31; - ainsi est décrite la douleur de l'Ég~ise
qui tombe des vl'ais dans les faux; la fille do Sion est l'Église;
(1 elle soupire et étend 1(':; maius, " signifie lu (\oulc\II' j Il car fa li­
V(\I'S, O. ClL\PITlŒ ClNQUlI':JUE. ôl
guée a élé mon âme pal' les lur.urs, Il signi Oc pal' I~s faux qui étei­
gnent la vie spirilllcllo, les tueurs sont ces faux. Dans Ésaïe:
« Voici JéhOl)ah qui ,~ort de'son lieu pour visiter l'iniquité de
la ten-e; alors la terre décollV1'ira ses sangs, et elle ne ca­
citera plus ses tub. II - XXVI. 21.; - ces pamles concel'llent
le jour de la visite ou du jugement, quand les iniquités de tous se­
l'ont dévoilées, ce qui est entendu pal' « alors la terre <1écouvl'ir'a ses
sangs, et elle ne cachera plus ses tués; " la terre signifie l'Église,
ici, les méchants qui y sont; les sangs sont les maux qui ont dé­
truit les biens de l'Église, et les tués.sont les faux qui en ont détl'uit
les vl'ais; soit qu'on dise que les tués signifient les faux, ou ceux
qui sont dans les faux, c'est la même chose, puisque ceux-là sout
dans les faux et que les faux sont en eux, et les faux en eux dé­
truisent. La même chose est signifiée pal' les tués dans Ésaïe ail­
leurs: (e Que {erez-vous au jour de la 'L'lsite et de la dlmas­
totion? Sous les tués ils tomberont. ,,-X. 3, II ; - puis, dans
l'Apocalypse: « Dans Babylone a été trouvé le sang des pro­
phètes et des saints, et de tous aux qui ont été tués sur la
terre. Il - XVIll. 26 ; - ce qui est signifié par ces paroles, on le
vena dans' la suile. Dans Ésaïe: « Je visiterai sur le globe la
malice; qu~conque sera trouvé sera transpercé, et quiconque
sera ramas,çé tomberapllr l'épée. Il -XIII.H, 15;-ces paroles
concernent aussi Babylone; « quiconque sera trouvé transpel'cé, 1)
signifie qu'ils périront par le mal; et « quiconque sera l'amassé
lombel'a par l'épée, Il signifie qu'ils pél'iront par le faux. Dans
Mallhieu : Cl A la consommation du siècle, ils vous livreront à
l'affliction, et ils VOllS tueront. Il - XXIV. g: - dans Jean:
Cl Ils vous e::rrluro/.lt des synagogues; même l'heure '/;'ient,

que quiconque l)OUS tuera pensera offrirun culte à Dieu. ) ­


XVI. 2, 3 ; - ces paroles ont été adressées aux disciples" et par
les disciples dans le sens spirituel l'eprésentalif sont entendus tous
les vrais et tous les biens de l'Église, d'où l'on voit clair'ement ce
qui est entendu dans cc sens pal' Cl ils vous tueront, II c'est-à-dire
qu'alors ils délruÏl'ont les vl'ais et les biens de l'Église. Dans Mal'c:
(1 A la consommation du siècle le Irère livrera son {rt'rc à la

mort, et le père ses en{ants, elles en{ants se soulèveront con­


tre leurs parel/ts, et ils les tueront. Il - XIII. 12; - la con­
û2 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE, N" 315,

sommation ùu sièéle est le derniel' temps ùe l'Église, quand les


faux détruiront les vrais, ct que les maux détruil'ont les faux; par
le frère, le pèl'e ct les enfants, il est entendu, non pas le fl'ère, ni
le père, ni les enfants, mais le faux et le vrai, et aussi le bien et le
mal; le fl'ère Iivrel'a son fl'èl'e à la mort, signifie que le faux dé­
truira le hien, et spécialement, que la foi seule détruÎl'a la charité,
car la foi dans la Parole est dite le fl'èl'e de la charité; le père li­
vl'era ses. enfants li la mOI't, signifie que le bien de l'Église périm
par' les faux du mal, le père est le bien de l'Église, et les enfants
sont les faux du mal; les enfants se soulèveront contre les pal'ents
et les tueront, signifie que les faux du mal attaquel'ont les biens et
les \'l'ais de l'Église et les détl'Uiront. Dans Luc: « L'homme, qui
arait pianU une dgne. envoya un servitcw' afin que les cul­
tivateurs lui domulssent du fruit de la vigne; mais les cultz'­
valeurs le battirent et le l'envoyèrent il vide; et il envoya en­
core un autre servitew'; mais eu.x. l'ayant aussi battu. le
renvoyèrent cl vide; il en envoya encore un troisième; mais
eux, l'ayant aussi blessé. le -:ha.ssèren': alors le Seigneur de
la t'igne dit: Que ferai-je? j'enverrai mon Fils bien-aimé;
mais ils dirent: Celui-ci est l'Iléritier, t'enez. tuons-Le; et,
Le jetant hol."s de la vigne. ils Le tuèrent, JI - XX. 10 à 16.
Marc, XII. 2 à {) ; - ces choses ont été dites de l'Église instituée
chez les Juifs, et par elles sont décrites la pel'ver'sion et la falsifi­
cation qu'ils fil'ent de tout vrai de la Parole par des traditions et
pal' des applications à eux-mêmes; là, chaque expl'ession contient
un sens spirituel, Cal' tout ce que le Seigneul' a prononcé, c'est spi­
rituellement même qu'ill'u prononcé, parce qu'il parlait d'après le
Divin; par la vigne, que l'homme avait plantée, est signifiée l'É­
glise qui est dans les vrais; pal' les serviteurs, qu'il envoya trois
fois, est entendue la Parole qui leul' avait été donnée pal' l'intel'­
médiaire de Moïse et des Pl'ophètes ; il est dit trois fois, parce que
tl'ois signifie le plein et le complet; ils les ont fl'appés, hlessés et
renvoyés à vide hOl's de la vigne, signifie qu'ils ont falsifié et per­
verti les vrais qu'elle l'enferme; renvoyer à vide hOfs de la vigne,
signifie qu'ils ont privé la Parole de ses biens et de ses vl'ais; par
le Fils iJicn·aim6 est entendu le Seigneur quant au nivin Vl'lli, qui
pal' suite aussi est appelé la Pm'ole ; ils L'onL jeté hOl'S de la vigne
Vers. 6. Cn;\PITItE CINQUIÈME. (l3
ct L'lin1 Iné, signifiH <lue ·c'cst non-seulement Lui, mais cnco['e
tout Divin VI'ai qui pl'ocMc de Lui, voir aussi (llus haut, N° 83.
Dans Daniel: « Après soiXlInte-deu:1: iie11utÏlles le !fI essie sera
retranché .. mais non point pour Soi. 1) - IX. 26; - par le
Messie il est aussi entendu le SeigneUl' quant au Divin Vrai, voir
No, 3008, 3009; Il 1\ sera ['etl'anché, Il signifie que c'est non-seu­
lement Lui, mais aussi tout Divin Vl'ai chez ce peuple;, « mais non
point pour Soi, 1) signifie qu'il doit vivre de nouveau chez ceux qui
seront {Jans la Nouvelle· Église, de même que ci-dessus, au Cha­
pitre Premier de l'Apocalypse, li Et je suis ûv{mt, et i' {fi été
mort; et voici, vivant je suis aux siècles des sÙJcles. Il ­
Vers, 18. .
316. Ayant sept cornes, signifie Auquel appartient la
Toute-Puissance .' on le voit p~I' la signification de la Corlle, en
cc qu'elle esl la llUissance du nai conll'e le faux, mais quand il
s'agit du ScigneUl', c'est toute puissance ou la Toute-Puissanee ; si
l'Agneau a été vu ayant des cOl'lles au nombl'e de st'pt, c'est parce
que sepl signifie toutes choses, ~t se dit du sainl, voir ci-dessus,
N° 257 : si la Corne et les Cornes signifient hi puissance, c'est
parce que la puissance des bêtes à comes, tels qne bœufs, béliel's,
bOues et aulr'es, consiste dans leurs cornes. Que la Corne ou les
Cornes signifient la puissance du vrai contre le faux, et dans le
sens suprême, lorsqu'il s'agit du Seigneul', la Toute-:-Puissance, ct
dans le sens opposé la puissance du faux contre le vl'ai, on le voit
par plusieurs passages de la Parole; et comme de là ré5ullc évi­
demment ce que signifient, dans la Parole, les Cornes, dont il est
si souvent pa l'lé dans Daniel, et aussi dans l'Apocalypse, ct comme
elles sont encore en usage dans le couronnement des Roi5, je vais
l'appol'ter ces passages; dans Ézéchiel: Il En ce Jour-là, je ferai
('roUre une Corne-tlla maison d'Israël, ct je te dOllnerai ou­
verture de bouche au milieu d'eux, afin qu'ils connaissent
que Aloi Oe suis) J éhovalz. 1) -XXIX. 21; - je fel'ai cl'oill'e
une corne à la maison d'Israêl signifie le vl'ai en abondance, la
maison d'Israêl est l'Église; comme c'est là ce qui est signilié pal'
la corne et (laI' sa croissance, voilà poul'quoi il est dit aussi, Il et je
te donnerai ouverture de bouche, Il ce qui signifie la pl'édication du
vrai. Dans le Livre 1 de Samuel: Ma Corne S'l'Sr Net'tr' t'II
l(
ü4 L'.\POCALYPSE EXPLIQUÉE. N"316.

Jéhot'(lh, ma bouche s'est dilatée contre m(',~ clIilemis parce J

que j' ai e.u de l'allégresse daus ton salut. Il dOlLllera (oree à


son Roi et il élèvera la Corne de son Oint. li -II. 1,10;­
J

c'est le pl'ophétique de Channah ; par Il ma corne s'est élevée en


Jéhovah, Il il est signifié que le Divin Vl'ai l'a remplie et qu'il l'a
rendue puissante contre les faux, et comme c'est là ce qui est si­
gnifié, voilà pourquoi il est dit CI ma bouche s'est dilatée contre
mes ennemis, Il la dilatation de la bouche est la prédication du vrai
avec puissance, et les ennemis saut les faux quidispel'sent le Divin
Vrai; Il il donnel'a force à son lloi et il élèvera la Corne de son
Oint Il signifie la Toute-Puissance du Seigneur d'apl'ès le Divin
Bien par le Divin Vrai, 'car dans la Parole la force se dit de la
puissance du bien, et la cOl'lle se dit de la puissance du vrai, et
l'Oint de Jéhovah est le Seignelll' quant au Divin Humain, Auquel
appartient la Toute-Puissance, voir N°' 3008, 3009, 99ôlJ. Dans
David: CI Jéhovah a élevé la corne de son peuple, une louange
pow' tous ses saints, pOlll'les fils d'Israël, pour le peuple pro­
('he de lui. Il - Ps. CXLVIIl. 1ft; - pal' « il a élevé la corne
de son peuple, Il il est signifié qu'il a l'empli de Divins Vrais; c'est
pourquoi il est dit, II une louange pour ses saints, pour les fils
d'Isl'aêl, ct pour le peuple qui est proche de lui; Il car ceux qui
sont dans les Divins Vl'ais sont appelés saints, puisque c'est le Di­
vin Vrai qui est lIppelé le saint, l)oir ci-dessus, N° 204; Israêl est
l'Église qui est dans les vl'ais, ses fils sont les vl'ais; le peuple aussi
se dit de ceux qui sont dans les vrais, et. celui qui"par eux a été
conjoint au Seigneur est dit ,pl'oclle. Dans le Même: Il J éhovalz
Dieu Sébaothf l'honneur de leur (orce Toi (Lu es), et par
J

ton bon plaisir tu élèveras notre Corne. Il - Ps. LXXXIX.


18; - ici élever la corne signifie aussi remplil' du Divin Vrai, et
par là agir avec puissance contl'e les faux; c'est pour cela qu'i! est
dit, CI Jéhovah Dieu Sébaoth ! ,l'honneur de leur force, Toi (tu eoS); li
l'honneur aussi dans la Parole se dit de l'Église et de la doctrine
du vl'ai de l'Église. Dans le Même: Il Bon (est) l'homme qui a
compassion et qui prete; sa justice demeure à perpétuité; sa
Corne sera élevée a'l.lt't gloire. Il - Ps. CXIl. 5,9; - que la
corne signifie le Divin VI'ai, cela est évident en cc qu'il est dit, Cl sa
justice demeure à pCl'pétuité, ct sa corne sCl'a élevée avec gloil'e; Il
Vers. 6. CHAPITRE CINQUIÈME. 65
la justice dans la Parolo sc dit du bien, c'est pourquoi la COl'ne so
dit du vrai, car dans cllllque cllose üe la Pal'ole il yale mariage
du bien et du vrai; la gloire aussi signifie le Divin Vrai. Dans Ha­
bakuk : Il La splendeur de Jéhovah Dieu sera comms la lu­
mière; des Cornes de sa main à Lui (sortironl), et lil sera ca­
chée sa forte. m. 4; - comme les cornes signifient le Divin
1) -

Vl'ai avec puissance, c'est pOUl' cela qu'il est dit, <c la splendeur de
Jéhovah Dieu sera comme la lumièl'e, et dans ses cornes sera ca­
chée sa fOI'ce; par la splendeur de Jéhovah et par la lumière est
1)

signifié le Divin Vrai; et· par l~ force cachée dans ses cornes est
signifiée la Toute-Puissance du Divin Bien pal' le Divin VI'ai, cal'
loute puissance du bien est par le vl'ai, ct dans le Divin Vrai est
cachée la Toute-Puissance qui appartient au Divin Bien. Dans Da­
vid : <c J'ai trouvé David mon serviteur, de l'huile de l1Ut
sainteté je l'ai oint; avec lui ma l1UlÏn sera ferme, et mon
bras le fortifiera; ma vérité et ma 112z'séricorde (seront) (mec
lui, et en mon Nom sera élevée sa corne. 1) - Ps. LXXXIX.
21, 22, 25; - par David est entendu le Seigneur quant au Diviu
VI'ai, voir ci-dessus, N° 205, et par II sel'a élevée sa corne, 1) il est
entendu sa Divine Puissance qui est à Lui par le Divin Vrai d'a­
près le Divin Bien; c'est pourquoi il est dit II ma Vérité et ma Mi­
séricorde seront avec Lui; » la Miséricorde, dans la Parole", quand
il s'agit de Jéhovah ou du SeigneUl', signifie le Divin Bien du Di­
vin Amoul' : puisque par David est entendu le Seigneur quant au
Divin Vrai procédant de son Divin Humain, c'est pour cela qu'il.
eSt dit, Cl David mon serviteul'; Il par le serviteur, dans la Parole,
il est entendu, non le sOl'viteu!' dans le commun sens, mais tout c
qui sert, et serviteur se dit du Vrai parce que le vrai sert au bien
pOUl' l'usage, ici pour la puissance. Dans le Même : Il Je fcrai
pousse1' une corne ù David, je disposerai une lampe ù mon
Oint. 1) - Ps. CXXXII. 17;- ici encore, par David est enlen~u
Je Seigneur' qnant au Divin VI'ai, et aussi par l'Oint; J..ui faire
pousser une corne, signifie la multiplication du Divin Vrai dans les
cieux et dans les terres par Lui; c'est même pour cela qu'il est dit
<c je disposel'ai une lampe à mon Oint, 1) par quoi il est enlendu la
même chose; que le Seigneur quant au Divin Vl'ai pl'océdant de
son Divin Bien soit appelé Lampe, on le voit ci-dessus, N° 02.
Il. 5.
()ij L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. -N"al6.

Dans le Mému : Il léItOt'llIt! mil (01'CO, mOIt roc, ma (ortereI>8,;.


mon Dieu, mon rocher en qui je me confie, mon bouclier, et
la Corne de mon salut. Il - l's, XVIII. 2, 3. II Sam. XXII.
3; - la fOl'ce et le l'OC, lorsqu'ils se disent de Jéhovah ou du Sei­
gneur, comme ici, signifient la Toute-Puissance; la fortel'esse, et
le rocher en qui il se confie, signifient la pr'otectitm; le bouclier el
la corne du salut signifient la salvation qui en résulte; dans la Pa­
role, la force, la forteresse et le bouclier se disent du Divin Bien;
le l'OC, le rocher et la come se disent du Divin Vrai; de là ces ex­
pressions signifient la Toute-Puissance, la protection et la salva­
tion qui sonl au Divin Bien par le Divin Vrai. Dans Luc: li Béni
(soit) le Seigneur, le Dieu d'Israël, de ce qu'il a 7!isité et l'a­
cheté son peuple, et de ce qu'il il suscité une Corne de salut
dans la maison de David, afin de nous sauve1' de nos enne­
mis. 1) - I. 68, 69, 71; - c'est le pl'ophétique de_Zacharie SUI'
le Seigneur el sur son avénement; une Corne de salut dans la mai­
son de David signifie la Toute-Puissance de sauver par le Divin
Vrai d'après le Divin Bien; la COI'ne esl celle Toute-Puissance, la
maison de David est l'Église du Seigneul'; les ennemis dont il nous
sam'el'a sont les faux du mal, car ces faux sont les ennemis dont le
Seigneur sauve ceux qui Le reçoivent; qu'il n'y ait pas d'autres
ennemis dont le Seigneur ait sauvé ceux qui là sont enlendus par
son peuple, cela est notoire. Dans MicMe : Il Lève-toi et (oule,
fille de Sion, car ta Corne je la (el'ai de (cr, et tes ongles je
les (erili d'airain, afin q~LC tu (roisses plusiew's peuples. Il ­
IV. 13; -- lève-loi et foule, fille de Sion, signifie la dissipation
du mal chez ceux qui sont de l'Église; foulel', c'est dissiper, et la
fille de Sion est l'Église qui est dans l'affection du bien; II ta corne
je la ferai de fer, )) signifie le Divin Vrai fort el puissant; II tes on­
gles je les ferai d'ail'ain, 1) signifie la même chose; les ongles sont
les vrais dans les dërniers; li afin que tu froisses plusieurs peuples, 1)
signifie afin que lu disperses les faux, Cal' les peuples se disent des
\'1'ais; el, dans le sens opposé, ils se disent des faux. Dans Zacha­
l'je: Ille vi,ç, et void, quatte Cornes, lesquelles ont dispersé
Ie/wdah, Israël et Jtlrusalem; Il me montra quatre (o1'ge­
rons, et il me dit': Ce sont ces C(Jrnes qui ont dispersé 1 ehu­
dah, tellement qu'il n'y a 1Jas un !tomme qui lève sa tUe;
Vers, 6, CHAPITUE CINQUIÈME, 6ï
ceux-ci sont venus pour les (lfrayer, pour abattre Ics cornes
des nations qui ont élevé la corne contre la terre de J ehudalt
pour la disperser. Il - II. 1. t 2 t 3t h; - par ces choses est dé­
crite la vastation de l'Église t et ensuite sa restauration; par Jehu­
dah t Israël et Jérusalem, il est signifié l'Église et la doctrine de
l'Église; les cornes qui les ont dispel'sés signifient les faux du mal
qui ont dévasté l'Église; les forgerons signifient la même chose que
le fel't à savoil't le .vrai dans les derniers, lequel est fort et puissant,
ainsi la- même chose que la corne de fer; c'est pOUl' cela qu'il est
dit d'eux t Il ceux-ci sont venus pOUl' abattre les cornes des nations
qui ont élevé la corne contre la terre de Jehudah; Il les cornes des
nations sont les faux du mal qui ont dévasté l'Église, et qui doivent.
êtl'e dissipés pOUl' qu'clic soit restaurée. Dans les Lamentations:
Il Le Seignew' a détruit cums son emportement le rempart

de la fille de Jehudah, il l'il abattu à terre, il a profané /,


royaume et ses princes; 'il a retranché dans l'emp01'Urnent de
sa colère toute corne d'Israël. 1) - II, 2 t 3; - làt il s'agit de
la vastation totale de l'Église; le dernier temps, quand elle a été
dévastée t est signifié par l'empol'tement de la colère du SeigneUl';
ct sa vastation totale est décrite par II il a détruil le rempart de la
fille de.Jehudah t il l'a abattu à terre t il a profané le royaume et
ses princes; Il la fille de Jehudah est l'Église; son rempal'tt ce sont
les vrais d'après le bien, le royaume et les princes sont les vrais de
sa doctrine; par là on \'oit c1ail'ement ce qui est signifié par II il a
retranché toute Corne d'lsra!!lt Il à sa\'oir t toute puissance du vrai
. _de l'Église pour résister contre les faux du mal. Dans Daniel:
Il Daniel vit en songe quatre bêtes qui montaient de la- mer;

la quatrième était robuste extrêmement, elle mangeait et


broyait, et slle avait dix Cornes: et le faisais attention aux
('ornes, et voici, un.e autre petite Corne montait entre_ elfes,
et trois des premières Cornes furent déracinées de devant
e//8; et voici, des yeux comme des yeux d' homme dans cette
Corne, et une' bouche proférant de grandes choses: je vis que
cette Corne- faisait la guerre contre les saints, et qu'elle avait
prévalu sur eux, et qu'elle prononçait des paroles contre le
Très-Haut: quant aux dix Cornes, ce sont d~x rois; el elle
humiliera tl'ois rois, 1) - VU, 3, 7, S, 20 t 2:1, 23 t 211, 25; ­
os L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE, N" 316.

qu'ici 1)81' les corncs il soit entendu les faux qui détruisent les vrais
de l'Église, ou la puissance. des faux contre les vrais, cela cst évi­
dent; par la MIe qui monlait de la mer est signifié l'amoUl' de soi,
d'où sUl'gisscnt tous les maux, ici, l'amour de dominCl' sur le ciel
et SUl' la tClTe, amoul' qui se sel't des choses Sainles pOUl' moycns, tel
qu'est l'Amour qui est entendu pal' Babylone dans l'Apocalypse; si
'la bête a été vue monter de la 'mer, c'est pal'cc que la Mer signifie
l'homme Naturel sépal'é de l'homme Spil'iluel, car alOl's l'hommc
est tel, qu'il ne désirc rien autant que de commandCl' à tous, et
d'affermi!' son empire pal' le sens de la lettre de la Parole; les dix
comes signifient les faux de tout genre, car dix signifie toutes
choses; c'est aussi pour cela qu'il est dit que les dix Cornes sont
dix rois, car les l'ois signifient les vrais, et dans le sens opposé,
comme ici, les faux; la petite come qui montait entre elles, et de
devant laquellctrois des premières cornes fUl'ent déracinées, signiOc
la perversion complète de la Parole par'l'application du sens de sa
lettre à confirmer l'amour de la domination; cette come est dite
petite, parce qu'il ne semble pas qu'elle pervel'!isse la Parole, et
que ce-qui ne se montl'e pas devant la vue de l'espl'it de l'homme,
ou devant son entendement, est considél'é ou comme nul ou comme
petit; dans le monde spirituel, telle est l'apparence des choses qui
ne peuvent être saisies que par peu de personnes; les trois Cornes,
qui furent déracinées de devant elle, signifient les vrais de la Parole
qui onl été ainsi détruits pal' les falsifications; ces vrais sont aussi
signifiés par les tl'ois rois qu'elle a humiliés; pal' trois il èst signi:­
fié, non pas trois, mais le complet; pal' conséquent, que les vrais
ont été complètement détruits; comme cette Corne signifie la pel'­
version de la Parole quant au sens de sa lettre, et que ce sens se
présente aux yeux- des hommes comme devant êtl'e entendu ai-nsi
et non autrement, et par conséquent comme ne devant êtl'e con­
ll'edit par personne, c'est pour cela qu'il est dit de cette Corne
qu'elle avait des yeux comme des yeux d'homme, et ulle bouche qui
Proférait de grandes choses; les yeux signifient l'entendement, et
des yeux comme des yeux d'homme signifient l'entendement comme
du vrai, et la bouche signifie la pensée et le langage qui provien­
nent de cet entendement; d'après ce qui vient d'être dit, on peut
donc vOÏl' cc qui est entendu par l'ensemble et par chaque partie de
VOI'S.6, CHAPITRE CINQUlÈ&Œ. 6ft
cc passage, pal' oxemple, par la hèle qui montait de la mm', qui
avait dix COI'nes et des denls de fer', qui mangeait et bl'oyail,; par
la pelite Corne qui montait entre elles, de devant laquelle trois des
premièl'es comes furent dél'acinées, et qui avait des yeux comme
des yeux d'homme, et une bouche pl'Ofél'ant de grandes choses;
pal' celte come qui fit la guerre contre les sainls et prévalut SUl' ,
eux, ct qui pl'ononçait des paroles contl'e le TI'ès-Haut; et par les
comes qui étaient aulant de l'ois, Dans le Même: Il Je vis en vi-
sion un Bélier, qui m)ait deux Cornes; et ces Cornes, hautes;
rune cependant plus /ulute que l'autre, mais la plus haute
était montée en arrière; il frappait de la Corne vers l'occi-
dent, vers le septentrion et vers le midi, Alors voici, Urt Bouc
de chèvres vint de l'occident sur les faces de toute la terre; il
avait une corne qui paraissait entre ses yéux : celui-ci courut
sur le Bélier dans la fureur de sa force, et il brisa ses dellx
Cornes, et il le Jeta ci terre, et il le foula; mais la grande
Corne du Bouc fut brisée, et quatre comes montèrent ci sa
place, selon les quatre vents des cieux: et de l'une d'elles
sortit une seule corne, d'abord petite; et elle grandit beaucoup
'rs le midi, et vers le levant, et lJers la splendeur; et elle -
grandit Jusqu' ci l'armée des cieux, et elle jeta à terre (une par-
tie) de l'armée, et elle la (oula; et même Jusqu'au Prince de
l'arrnée elle s'éleva, et fut rern'crsé l'Habitacle de son sanc-
tuaire, parce qu'elle Jeta la vérité il terre. Il - VIII. 3, U,
5, 7, 8, 9, 1.0, 1.1, 12, 21; - ici est décrit l'autl'e pl'incipe qui
dévaste l'ltglise, à savoir, la foi seule; pal' le Bélier il esl signilié
le ùien de la chal'ité et la foi qui en procède, et pal' le Bouc la loi
séparée d'avec la chal'ité ou la foi seule; ou, ce qui est la mêmu
chose, ceux qui sont dans le bien de la charité et. ceux qui sont
dans la foi seule; pal' leurs cornes sont signifiés les \'l'ais d'apl'ès le
bien ct les faux d'après le mal, les uns et les autres combattant;
les YI'ais ô'après le hien par les corn~ du héliel', et les faux d'après
le mal pal' les cornes du bouc; le vl'ai de la foi d'après le bien de
la ehUl'ilé est sigllifié en ce que le Béliel' avait deux COl'nes llaules,
l'uHe plus haute que l'autl'c, et la plus haule monlant Cil ulTière;
et cela fut vu scloll l'influx du bien ct du vl'ai chez l'homme et chez
l'csl'ril ~ l',al' lout 1.Jien cst l'CÇU dans la pal'lic postél'icUI'C, et tout
in L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. 1'<" 3i6.

vrai dans la partie antél'ieure t puisque le Cervelet a ét6 formé pour


recevoir le bien qui appal'tient à la volonté t et le Cerveau pOUl' re­
cevoir le vrai qUI appartient à l'entendement; par l'occident, le
septentrion et le midit.vers lesquels il frappait t sont signifiés les
biens et les vrais que reçoivent ceux qui sont dans la charité et par
suite dans la foi t et par lesquels ils dispersent les maux et les faux:
pal' le Bouc de chèvres, qui vint de l'occident sur les faces de toute
la tel're, est signifiée la foi séparée d'avec la charité, et dont l'ol'i­
gine vient du mal de la vie t le bouc de chèvres est cette foi, l'oe­
cident est le mal de la vie t et la terre est l'Église; la corne qui pa­
raissait enlJ'e ses yeux t signifie que c'était d'après la propl'e intel­
ligence; l( il COUl'Ut sur le bélieJ' dans la fureur de sa force t il brisa
ses deux cornes, il le jeta à terre t et il le foula, 1) signifie qu'il dé­
LJ'uisit entièrement la charité et par suite la foi" car la chal'ité étant
détruite t la foi l'est aussi, puisque la foi vient de la charité; (1 la
grande COl'ne du bouc fut brisée; et quatre cornes montèrent à sa
place selon les quatre vents des cieux t Il signifie tous les faux con­
joints avec les maux; les cornes signifient les faux du mal, quatre
leur conjonction, et les quatre vents des cieux tous tant les faux
que les maux; l( de l'une d'elles sortit une corne d'abord petite, Il
signifie la justification par la foi seulet car elle natl du pl'incipe de
la foi seule, elle est dite d'abol'd petite t pat'ce que ce principe ne se
présente pas comme faux; l( Cette corne gl'andit beaucoup vel's le
midi, et vers 1~levantt et vers la splendeur; et elle gl'andit jusqu'à,
l'armée des cieux t et elle jeta à terre une partie de l'at'mée t et elle
la foula t Il signifie qu'elle détruisit tous les vrais et tous les biens
,de l'Église, le midi c'est où le \'l'ai est dans la lumièl'c; le levant et
la splendeur t c'est où le bien est dans la clal'té pal' le nai; l'armée
des cieux, ce sont tous les vrais et tous les biens du Ciel et de l'É­
glise; jeter une partie de l'armée à terre et la fouler ~ c'est détruire
entièrement; II jusqu'au Pl'ince de l'armée elle s'éleva t et f1,lt ren­
versé l'Habitacle de son sanctuaiJ'e t 1) signifie l'action de nier, le
Divin Humain du Seigneurt et pal' suite la vastation de l'Église;
le Pl'ince de l'armée est li Seigneur quant au Divin Humain, parce
que de Lui pl'ocMent tous .les vrais et tous les biens qui font l'É­
glise; l'habitacle de son sanctuaire t c'est l'Église où sont ces vrais et
ces biens; qu'ici il soit entendu que les vrais onl éLé détruits par
Vers. 6. CHAPITRE CINQUIÈME. 7i
les faux, cela est évident, cal' il est dit qu'elle jeta la vérité à Lel'l'e.
Que de teUes choses soient signi1i6es par le Béliel' crie Bouc eL pal'
leurs Comes, on le voit clairement d'apl'ès les Apparences dans le
Monde spirituel; car Ill, quand ceux qui sc sont confirmés dans la
Doclrine sur la foi Seule et sur la Justification par cette foi, discu­
tent avec ceux qui sont dans la Do~tl'ine sur la charité et sur la foi
procédant de la charité, alOl's aux yeux de ceux qui gC tiennent au
loin il apparatt des Boucs ou un Bouc avec de semblables cornes,
et s'élançant avec une pal'eille fureur contre des Béliel's ou un Bé­
Iiel', et il semble aussi qu'il foule les étoiles sous ses pieds; ces
choses ont aussi étévucs par moi, et en même temps pal' des assis­
tants qui, par conséquent, fUl'ent confil'n1és que c'est là ce qui est
entendu dans Daniel, et que la même chose est aussi entendue pal'
les Bl'ehis il la droite et les Boucs à la gauche, dans Matthieu, ­
XXV. 32 à AG, - à savoir, pal' les BI~bis ceux qui sont dans le
bien de la chal'ité, et par les Boucs ceux qui sont dans la foi seule.
D'àprès ces passages, qui ont été rapportés d'après Daniel, on peut
en quelque sorte voh' ce qUi est signifié dans l'Apocalypse par li le
Dragon qui {ut vu ayant di7- Cornes, - XII, 3 ; - pal' « la
Bele que Jean vit monter de la mer, ayant aussi dix Cornes, li
- XIII. 1.; - et pal' « la Femme qu'il vit assise sur une Bête
écarlate ayant sept têtes et dix Cornes, au sujet de laquelle
l'Ange dit: Les dix Cornes, que tu as vues, sont dix rois, Il ­
XVII. 3, 7, 12; - mais il en sera tl'aité plus tal'(l dans l'expli­
cation de ces passages. Que la puissance du faux contre le vrai soit
signiliée par la Corne et pal' les Cornes, cela aussi est évident par
les passages suivants; dans Jér'émie: « Elle a été retranchée la
Corne de Moah, et son bras a été brisé. 1) - XLVIII. 25; .-:
pal' Moab sont signiOés ceux qui sont dans des hiens bâtards et pal'
suite dans des vrais falsifiés, lesquels en eux-mêmes sont des faux;
la destl'uction de ces faux est signifiée par (( elle a été l'ell'anchée
la come de Moab; et la destruction de ces maux, pal' « son hl'as
)1

a été brisé. )1 Dans les Lamentations: (e Jéhovah a {ait que s'est


rrjolli à ton sujet l'ennemi; il a élevé la Corne de tes adver­
saires. Il - II. 17; - pal' l'ennemi il est entendu le mal, eL par
les adver'sail'es les faux du mal; élever la corne des a(\vcrsuil'c~,
r.'p.sl fail'e 'lue les faux l'emportent SUi' les nais ct ICi> détruisent.
72 L'APOCALYPSE I0tPLlQUÉE. N" 316.
Dans Ézéchiel: « Du ct1té et de l'épaule vous poussez.. el de vos
Cornes vous frappez toutes les brebis faibles. jusqu'à ce que
t'Ous les ayeZ dispersées dehors. II - XXXIV. 21; - pousser
du COté et de l'épaule, c'est de toute force et avec effort; frapper
avec les cornes les brebis faibles, jusqu'à ce que vous les ayez dis­
persées dehors, signifie détruire par les faux les personnes probe.c;
qui ne sont pas encore dans les vrais d'apl'ès le bien, mais qui ce­
pendant désirent y être. Dans Amos: « Au jour que je ferai la
visite sur les prévarications d']sraël sur lui, je ferai la visite
sur les autels de Béthel, afin que soient retranchées les Cor­
nes de {'autel. et qu'elles tombent à terre. Il - III. H; - par
les autels de Béthel est signifié le culte d'après le mal, et par les
comes de l'autel sont signifiés ses faux du mal; les cornes de l'au­
tel qui sel'ont retl'anchées et tomberont à tel'fè, signifient que ces
faux doivènt être détruits. Dans le Même: « Vous qui avez de
l'allégresse pour une chose de néant, qui dites: N'est-ce pas
- par notre force que nous avons pris pour nous des Cornes. Il
-VI. 13; - « pal' noIre force pl'endre des cornes, »signifie par les
forces de la pl'opre intelligence pl'endl'e des faux 'par lesquels se­
l'ont détl'uits les vrais. Dans David: (d'ai dit à ceux qui se glo­
rifiaient : Ne vous glorifiez point; et aux impies " N'éleve.;­
point en haut votre Corne, ne parlez point avec un cou en­
durci; toutes les Cornes des impies je couperai; élevées seront
{es Cornes du juste. II - PS, LXXV. 5, 6, 11.; - pal' élever
la corne en haut, il est signifié défendre fortement le· faux contre
le vrai, c'est pourquoi il est dit aussi: « Ne pal'Iez point avec un
oou endurci; Il par couper leUl's cornes il est signifié détruire leurs
faux, et pal' élever les COI'nes du juste, rendre puissants et forts les
vrais du bien. Comme pal' rend.'e hautes les cornes, et pal' élever
les cornes, il est signifié remplir de V1'ais, et l'endre les nais puis­
sants et forts contl'e les faux, c'esl pour cela que les vrais ont été
aussi appelés cornes de licorne, et cela parce que ces cornes sont
hautes; comme dans MoIse: « Au prem.i8l·.né de son bœuf, hon­
neur à lui, et Cornes de LicOl·ne ses Cornes; avec elles les
peuples il frappera ensemble aux bouts de la terre; et eux·
(sont) les myriades d'Éphraim cl les milliers de Jl6nascheh.)1
- Deutél'. XXXlIl. 17; - ces choses sont dites de Joseph, par
\'crs:6, CHAPITRE CINQUIÈME. 73
lequel dans le sens supl'ème est repl'êsonté le Seigneur quant au
Divin Spirituel, ou quant au Divin Vl'ai dans le Ciel; de là aussi
par Joseph sont signifiés ceux qui sont dans le Royaume spirituel
du ScigneUl', voir No' 3969, 3Ù71, h6ti9, 6/d7; « premier-né du
bœuf, honneur à lui, n signifie le bien de l'amour spirituel; « corneS'
de licOI:nc ses cornes, Il signifie les \'l'ais dans leul' plénitude et par
suite dans le'ul' puissance; fl'apper les peuples aux bouts de la terre,
signifie rnstruil'e de vrais tous ceux qui sont de l'Église, et par les
vrais dissiper les faux; les mYl'iades d'J~phraïm et les milliers de
Menascheh, signifieni l'affluence et l'abondance du vrai et de la sa­
gesse qui en procède, et l'affluence et l'abondance du bien et de
l'arnour qui en procède; ÉphraIm, dans la Parole, signifie l'intel­
lectuel de l'Église, lequel appal'lient au V1'ai, et Menascheh signifie
le volontaire de l'Église, lequel appartient au bien, voir NOl 3969,
535!1, 6'222, 6'l3b, 6238,6267,6296; et par les myriades et les
milliers il est signifié des choses en gl'8nd nombI'e, par conséquent
·une alOuence et une abondance. Dans David: « Sauve-moi de la
gueule du lion, et d'entre les Cornes des licornes exauce­
moi. Il - 1>:>. XXII. 22; - par le lion est signifié le faux qui dé­
truit a"ec force le vrai, et pal' les cornes des licol'nes sont signifiés
les vrais qui pl'évalent contre les faux. Dans le Même: « Comme
(celle) d'une licorne ma Corne. li - Ps. XCII. ~ 1.; - la corne
comme celle d'une licorne signifie le vrai quant à la plénitude et à
la puissance. Dans l'Apocalypse: « Et le si,xième Ange sonna
de la trompette, et j'entendis llne voix des quatre Carlus de
l'autel d'or, qui e,~t en présence de Dieu. Il .-...IX.1.3;-I'Autel
du parfum, qui était aussi appelé l'Autel d'or, ~lait le représentatif
de l'audition et de la réception de loutes les choses du culte, qui
pro\'iennent de l'amour et de la charilé par le Seigneur, ainsi le re­
présentatif de ces choses du culte qui sQnt élevées pal' le Seigneur;
les cornes de l'autel l'eprésentaient les vl'ais qui procèdent du bien
de l'amour; de là on voit pourquoi une voix fut entendue des quatre
cornes de l'aulel, cal' c'est pal' les vrais que le bien agit et parle.
Comme les Autels l'epl'ésentaiellt le culte du Seigneur d'après le
bien ue l'amour, et que tout culte, qui est vél'ilablement culte, se
fuil d'apl'ès le hien dô l'amoUl' par les vl'ais, c'est pOUl' cela qu'il y
avait dès COI'DeS tlUX Autels; quant à l'Anlel du pal'fum, on le voit
7h L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. NG 316.
Ilans Moïse: (1 Tu feras quatre Cornes sur l'Autel du parfum,
de lui elles seront, et tu les couvriras d'or. )1 - Exod. XXX.
2, S, 1.0. XXXVII. 25, 26 : - quant à l'Autel de l'holocauste,
on le voit ailleurs, dans le Même: li Tu feras des Cornes sur les
quatre Angles de l'Autel de l' holoca,..ste, de lui seront ses
pornes.Il-Exod. XXVII. 2. XXXVIIl. 2; -les Comes étaient
tirées de l'Autel même, pour signiOer que les vrais, que les èornes
représ~ntaient, procèdent du bien de l'amour que représentait l'Au­
tel lui-même, car tout vrai est d'après le bien; elles étaient quatre,
et à chaque Angle, pOUl' signifier qu'elles tenaient lieu des quatl'c
plages du ciel, pal' lesquelles sont signifiées toutes les choses du
vrai d'apl'ès le bien. Comme toutes les expiations et toutes les pu­
. rifications se font pal' les vl'ais d'après le bien, c'est pour cela
qu'on faisait expiation sur les cornes des Autels; cc sur les Cornes
de l'Autel du parfum, )1 - Exod. xxx..10. Lévit. IV. 7;­
et (1 sur les Cornes de l'Autel de l'holocauste, )) - Lévit. IV.
25, 30, 3h. VIII. 15. IX. 9. XVI. 18. - Et comme toute Di­
vine Protection existe par les vrais d'après le bien, c'est pour cela
que (1 ceux qui almient fait des maux, et qui craignaient la
mort, saisissaient les Cornes de l'Autel, et étaient sauvés,)l­
1 Rois, 1. 50, 51, 53; - mais que li ceux qui, dé propos déli­
béré et par t'olonté, avaient fait le mal, n'étaient point sau­
vés. Il - 1 Rois, Il. 28 à 31. - Enfin, comme les CorIies signi­
fiaient les vl'ais d'après le bien, c'est aussi pour cela que, quand les
Rois étaient oints, cela se faisait avec de l'huile vel'sée d'une come;
(1 ainsi fut oint David,)l - voir 1 Sam. XVI. 1, 13; - et « de
même Salomon, Il - 1 Rois, 1. 39; - l'huile signifiait le bien de
l'amour. De cette signification des Cornes, que les Anciens ont con­
nue, est venu l'usage de faÎl'e des cornes germinatives et odol'ifé­
l'antes; de là l'expression cornucopia (corne d'ahondànce).
317, Et sept yeux, signifie et Auquel appartient la Toute­
Science: on le voit pal' la signification de sept Yeux, IOI'squ'il
s'agit du Seigneur, en ce que c'est la Toute-Science; cal' pal' les
yeux, quand il s'agit de l'homme, il est signifié l'entendement;
quand donc il s'agit du Seigneur, il est signillé la Toule-Science :
que les yeux, quand il s'agit de l'homme, sih'Ililient l'enlendemeut,
et quand il s'agit du Seigneul', la Pl'ovidence, ct aussi la DÏ\'ine
"crs. 6. CHAPITRE CINQUIÈME. 75
Sagesse et la Divine Intelligence, (lui est la Toule-Science, on le
voit ci-dessus, N" :152 : il cst dit sept youx, pal'cc que sept signifie
toules chose!;, ct se dit du Saint, comme ci-dessus,
318. Qui sont les sept e,çprits de Dieu# envuy~s par toute
III lerl'e # signifie de là dans le Ciel et dans l' ÉgUse toute
sagesse et toute intelligence : on le voit par la signification
des sept e,çprits de Dieu# en ce que c'est le Divin Vl'ai pl'océ-
dant du SeigneUl', ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N° :18S; et parce
qu'ils signifient le Divin Vrai procédant du Seigneur, ils signifient
aussi la Divine Sagesse ou la Toute-Science; ct par la significa-
lion de envoyés par toute la terre, en ce que c'est de là dans le
Ciel et dans l'Église toute sagess~ et toute intelligence; être en-
voyé signifie être communiqué, et pal' toute la tel're signifie l'Église
tant dans les Cieux que dans les tel'res, voir ci-dessus, N° SOli :
de là, on voit clairement pourquoi il est dit que les sept Yeux de l'A·
gneau sont les sept Esprits de Dieu envoyés pal' toute la tene, C3l'
les sept yeux signinent la Toute-Science qui est au Seignem' d'a-
pl'ès le Divin Bien par le Divin Vrai. Que de là pl'oviennent toute
sagesse et toute intelligence, c'est parce que l'homme ne peut com-
prendre le vl'ai ni savourer le bien par lui-même",mais Hie peut par
le Seigneur, et parce que toute sagesse et toute intelligence appar-
tiennent au vrai d'apl'ès le hien ; si la sagesse et l'intelligence n'ont
point été formées de ce vrai, ce n'est pas la sagesse ni Itintelligence,
mals c'est 19, folie et la sottise, lesquelles se présentent devant les
ignol'ants et devant les méchants comme la sagesse et l'intelligence,
en cela qu'on ~eut d'apl'ès la mémoil'e parler et l'aisonne.'; en effet,
le propre de l'homme n'est absolument que le mal et le faux, son
pl'opl'e \'olontail'e est le mal, et son pl'opre intellectuel pal' suite est
le faux; c'est pou l'quoi tout ce qui vient du propl'e est contre la s·a-
gesse et l'intelligence, et ce qui est contre la sagesse est folie, et ce
qui est contl'e l'intelligence est sottise: de là on peut voir qU'à moins
que l'homme ne soit élevé au-dessus de son propre par le Seigneul',
ce qui arrive quand il reçoit le Divin Vrai non-seulement pal' la
mémoil'e mais encore pal' la vie, il ne peut nullement être sage ni
compl'endre; mais celle élévation au-dessus du pl'opre par le Sei-
gneul' Ile se mnnifc..~te pas à l'homme et n'est pas pel'çn pal' lui,
lant qu'il est dans le monde, mais r.c n'esl que quand il vient dans
(\ L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. l''" 3iS.

son eSI>rit, cc qui arlive après quo le corps mau!r'icl en a élé séparé,
toutefois cela n'est alol's pcr~u qua par ceux qui viennent dans le
Ciel. II est dit la sagesse et l'intelligence, paree que la sagesse appal'·
tient au vrai d'apl'ès le bien, car 0101'8 l'homme savoure le bien dans
le vrai, tandis que l'intelligence appal'Lient au vrai par lequel est le
bien, car alors l'homme ne savoUl'e pas encore le bien dans le vrai,
mais il est affecté du vl'ai parce que c'est le vl'ai; dans la sagesse sont
ceux du Royaume Céleste du Seigneur, pal'ce qu'ils sont dans les
vl'ais d'apl'ès le bien, tandis que dans l'intelligence sont ceux du
Royaume Spirituel du Seigneur, parée qu'ils sont dans les vrais pal'
lesquels est le bien: mais SUl' ceux qui sont dans les vrais pal' les­
quels est le bien, voir dans la DOCTRINE DE LANouVELLEJÉRUSALEM,
le N° 23; et sur ceux qui sont dans les vl'ais d'après le bien, le N° 24
du même Traité: et sur le Royaume céleste et le Royaume spiri­
tuel, voir dans le Tl'aité nu CIEL ET DE L'ENFER, les No' 20 à 28.
31.9. Et il vint et prit le livre de la main droite de Celui
qui était assis sur le Tr~ne, signifie que ces choses viennent de
son Divinllumain: on le voit pal'la signification de l'Agneau qui
pl'it le livre de la main droite de Celui qui était assis SUI' le trône,
en ce qu'il est le Seigneur quant au Divin Humain, ainsi qu'il a été
expliqué ci-dessus, N° 314; que par la main droite dc Celui qui
était assis sur le trOne il soit entendu le Seigneur quant à la Toulc­
Puissance et à 11\ Toute-Science, on le voit aussi ci-dessus, No' 297,
298; c'est dc là que pal' il vint et ptit le /ivloe de la main droite
de Celui qui était assis sur le tr~ne, il est signifié que ces choses
viennent du Divin Humain; que ce soient la Toule.:})uissancc et la
Toule-Science, c'est aussi parce qu'il en est question, comme on le
voit clairement par ce qui précède, où il est dit quc l'Agneau avait
sept cornes et sept yeux, les sept cornes signifient la Toute-Puis­
sance, et les sept yeux la Toute-Science, ainsi qu'il vient d'êll'c
dit, N°' 316, 31ï; et ('Agnean le Divin Humain, N° 3U : que la
'foute-Puissance ct la Toute-Science appartiennent au Divin Hu­
main du ·Seigneur, on peut lc voil' d'après ce qui a été dit et ex­
pliqué ci-dessus, No' 10, 26, 32, 69, 52, 63, 77, 82, 96, H3,
BlJ, 135,1.3ï, 151,178, 200, 205 r., 209, 206, 297, 309.
320. VeI's. Sl 9, 10. Etlfllillul ill'Ut pris la /i,'re, lm; qUltlrtl
A llirrul1la; et les ViJl!Jt~ql/(tfrcAnd('n,~ oWJ prosternèrent dcm
Vers. 8. CIUPl'fUE CINQUlJ~ME.
J'AgI/NlII. ayant (!lIU'WI de!lltnrpe.~. et des coupcs d'or pleillc.~
de' parftml~. qui sont IC6 prù'f('s des ,çaints. - Et ils chan­
taieltl un Cantique llOuveflfl, disant: Digne tu es de prendre
le livre et d'en OUlwir les sceau;c, parce que tu as été tuA et
nous as mc/reth à Dieu en ton sang. de toute tribu el lan­
gue. et peuple et nation. - Et tu nous as raits à notre Dieu
rois et p,'Ures, et nous régnerons sur la terre. - Et qualllt
il eut p,'is le livre, signifie après la ,'econnaissance que l'Humain
du Seigneur est Divin, et qu'il a la Toute-Puissance et la Toute­
Science: les quatre Allimau;c et les vingt-quatre Anciens se
l)rosternb'ent devant l'Agneau. signifie la ,'econnaissance-et par
suite la glorification du Seigneur par les Anges des Cieux supé­
ricm1s : ayant clUlcun des harpes. signifie la confession d'après
les vrais sph'iluels : et des coupes d'or pleines de pa',!umN, si­
gnifie la confession d'après les biens spil'ituels : qui S01lt les prièl'es
des saints. signifie d'après lesquels il y a culte: et ils chantaient
un Cantique nouveau: signifie la reconnaissance et la confession
d'après la joie du cœur: disant: Digne tu es de prendre le /i­
m'e et d'en ouvrir les sceaux, signifie que le Seigneur d'après le
Divin Humain possède la Toute-Puissance et la Toute-Science :
parce que tu as été tué et nous as raclwtés à Dieu en ton sang.
signifie la séparation de tous d'avec le Divin, et la conjonction avec
le Divin par la l'econnaissance du SeigneUl', et par la réception du
Divin Vrai qui procède de Lui: de toute tribu et langue, signifie
de tous ceux qui sont dans les vrais quant à la doctrine et quant à
la vic: et peuple et nation, signifie qui sont de l'Église spiri­
Luelle du Seigneur et de son Église céleste: et tu nous as raits ci
notre Dieu rois et p,'êtres, signifie que ceux-là sont par le Sei­
gneur dans les vl'ais et dans les biens cie l'Église et du Ciel: et
nou.ç régnerons SUl' la terre, signifie la Puissance qui appartient
au Seigneul' Seul pal' le Divin Vl'ai uni au Divin Bien, et par suite
. la puissance et la sagesse pour ceux qui sont du Royaume spirituel
et du Royaume céleste du Seigneur.
32'1. Et quand il eut pris le livre. signifie après la ,'ec01l­
naissance que l'/lumain du Seigneur est Divin, et qu'il a III
Toute-Puissanre et la Toute-Science: on le voit pal' la Sél'ill
dans le sens interne; en elrel, il a été question de cela dans cc qui
78 l' APOCALYPSE EXPLIQUÉE, N· 321.

vient ù'èll'e expliqué, voir No, 316, 317,318,319; ct, dans ce


qui maintenant va suivre, cela est l'econnu, et c'est pour cela que le
Seigneur est célébl'é et glorifié; et comme celte célébration ct ceLLe
glorification sont une vive l'econnaissance que l'Humain du Sei­
gneU!' est Divin et qu'Il a la Toute-Puissance et la Toute-Science,
ct comme cette reconnaissance va suivl'e maintenant, voilà pOUI'­
quoi cela est signifié par Cl quand il eut pris le, livre. Il La glori­
fication du SeigneuI' dans ce qui va suivre est faite dans cet ordre:
D'abord, par les Anges des Cieux supél'ieuI's ; ensuite, par les An­
ges des Cieux inférieurs; et enfin, pal' ceux qui sont sous les Cieux;
la glorilication du SeigneU!' parles Anges des Cieux supérieurs est
contenue dans les Vel'sets 8,9,10; la glol'ification du Seigneur
par les Anges des Cieux inférieuI's, dans les Vel'sets 1.1, :1.2; et la
glol'Îfication par ceux qui sont sous les Cieux, dans le Verset 13 ;
mais il sera spécialement parlé de ceux-ci dans ce qui suit.
322. Les quatre Animaux et les vingt-quatre Anciens se
.prosternèrent del'llnt r Agneau, signifie la reconnaissance et
par suite la glorification du Seigneur par les Anges des Cieux
supérieurs: on le voit pal' la signification des quatre Animaux
et des vingt-quatre Anciens, en ce qu'ils sont en génél'al tout le
Ciel, mais en parliculiel'les Cieux intimes, pal' conséquent les An­
ges des Cieux supél'ieurs, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N° 313 ;
ici en particulier les Anges de ces Cieux, parce que la glorifica­
tion par les Anges des Cieux infél'Îelll's est faite dans la suite; ct
pal' la signification de se prosterner devant l'Agneau, en ce que
c'est la l'econnaissance d'apl'ès un cœul' humble; que se prosternel'
signifie l'humiliation, et alors la l'éceplion et la reconnaissance de
cœUI', on le voit ci-dessus, N° 290; qu'il soit entendu la l'econais­
sance du Divin Humain du Seigneur, cela est évident, car l'Agneau
signifie ce Divin Humain; voir ci-dessus, N° 31h. Il sera aussi dit
ièi en peu de mols quels sont les Cieux supél'ieuI's et quels sont les
Cieux inférieul's : Il ya trois Cieux, le TI'oisième ou Ciel Intime
habité par les Anges qui sont dans l'amolli' céleste, le Second ou
Ciel Moyen habité pur les Anges qui sont dans l'amour spirituel,
le Pl'Omier ou Derniel' Ciel habité par les Anges qui sont dans
l'amour spiJ'ituel-natUl'el : le TI'oisième ou Ciel Intime est conjoint
avec le Second ou Ciel Moyen par des Anges intermédiaires, qui
Vers. 8, CHAPITlŒ CINQUIÈME. 7~)

sont appelës Anges célestes-spirituels ct sPÎl'jtucls,cèlestes, ceux..ci


conjointement avec les Anges du Tl'oisièmc Ciel ou Ciel Intime
constituent les Cieux Supérieurs, Landis que tous les autres du
Second Ciel ou Ciel Moyen avec ceux qui sont dans le Pl'emier ou
Dernier Ciel coustituent les Cieux 'InférieUl's : les quatre Animaux
signifient en pat'ticulier le Tl'oisième Ciel ou Ciel Intime, et les
vingt-quatre Anciens le Second Ciel ou Ciel moyen qui a été con-
joint au Troisième Ciel ou Ciel Intime, ainsi ensemble les Cieux
supérieurs: quant aux Anges intermédiaires qui sont appelés cé-
lestes-spirituels et spirituels-célestes, et à la Conjonction du TI'oi-
sième Ciel avec le Second Ciel par ces Anges, voir dans les AR-
CANES CÉLESTES, N°' :1577, 182A, 2:186, A067, 6286, 6585,
6592,6596, 6A35, 6526,8787,8802,967:1,
323, Ayant chacun des hm'pes, signifie la confession d'a-
près les vrais spirituels : on le voit pal' la signification de la
harpe, en ce qu'elle est la confession d'apl'ès les vrais spirituels:
si les ha/'pes ont ceLte significaLion, c'est parce que la harpe était
. un inStl'Ulnent à cO/'des, et que ces instruments signifient les spiri-
tuels ou les choses qui appartiennent au vrai, tandis que les instl'U-
ments à vent signifient les cétestes ou les choses qui appartiennent
au bien: que les instruments de Musique aient de Lelles significa-'
tions, cela vient des sons, car le son correspond aux affections, et
même dans le Ciel les affections sont pel'çues d'après les sons; et
comme les affections sont diverses, et que les instruments de mu-
sique rendent des sons divel's, voilà poul'quoi d'après la correspon-
dance et par suiLe d'après la concol'dance ces insll'uments signifient
les affections; en général les instruments à cordes signifient des choses
qui appal'tiellnent aux affections du vrai, et les instruments à vent
. des choses qui appartiennent aux affections du bien, ou ce qui est la
même chose, ce~tains instruments appartiennent à la classe spiri-
tuelle, et certains autres à la classe célesLe : de nombreuses expé-
riences m'ont donné la pl'eu\'e que les Sons·corl'espondent aux affec-
tions, et aussi les sons de musique, et que les Anges sont affectés
selon les sons et selon les variétés des sons, mais il sel'ait trop long de
rappol'tel' toutes ces expériences; je vais seulement dire ce que j'ai
observé en génél'al, à su\'oir, que les sons discl'ets réveillent les af-
fections du \Tai, ou que ceux qui sont dans les affections du vrai
80 L'APOCALYPSE EX~LIQUÉK N" 323.

SOllt a/Tectés pal' eux, et que les sons continus l'évcillent les affec­
tions du bien, ou que ceux qui sont dans les affections du bien
sont affectés par eux; soit que l'on dise les affections du vl'ai ou
les spirituels, c'est la même chose, comme aussi soit que l'on dise
les affections du bien ou les c6lestes, c'est encore de même; mais
ce sujet peut êl1'e mieux compris d'après ce qui a été rapporté par
ex.pél'ience sur les sons, et sur la conespondance des sons avec les
affections, dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, N° 241. D'a­
près ces explications, on peut voir. maintenant pourquoi, dans la
Parole, et surtout dans David, il 'est parlé de tant de genres d'Ins­
tl'uments de Musique, par exemple, de Nablions, de Harpes, de
Flûtes, de Cymbales, de Tamboul'ins, de Trompettes, d'Orgues,
et de plusieUl's autres, à savoil', que c'est pOUl' la corl'espondance avec
les affeclions, ct en même Lemps avec les articulations, lesquelles
sont les mots qui contiennent des choses ct en découlent. Que les
Harpes surtout signifient les affections du vrai, parce qu'elles les
l'é\'ei1lent, par conséquent aussi la confession qui se fait d'un cœul'
joyeux d'après les vrais spirituels, on peut le voil' par les passages
suivants; dans Ésaïe: Il Il sera dans l'affliction, le moût; il
languim, le cep; ils gémiront, tous les joyeux de cœur; elle
cessera, la joie des tambourins; il cessera, le tumulte des
joyeux; elle cessera, la joie de la harpe; avec le chant ils ne
boiront point le vin. Il - XXIV. 7, 8, {); -là, il s'agit de la
vastation de l'l~glisc spil'ituelle, ou de son bien et de son vrai; pal'
Il il sera dans l'affiiction, le moût, )) et Il elle cessera, la joie des

tamboul'illS, Il il est signifié que le bien spirituel doit cesser; pal'


Cl il languira, le cep, )) et Il elle cessel'a, la joie de la hal'pe, II il est

signifié que le vrai de ce bien doit cesser; en effet, le bien spiriluel


est signifié par le mofll, et la joie de ce bien par le tambourin; et
le vrai spirituel est signifié par le cep, el la joie de ce vl'ai par la
hal'pe; comme c'est l'affection de ce bien et de ce vrai qui doit
cesser, c'est pOUl' cela qu'il est dit Il ils gémil'ont, tous les joyeux
ùe cœur, Il et (1 il cessera, le tumulte des joyeux; li pal' les allé­
gresses et les joies, dans la Pal'ole, sont signifiées les allégresses et ,
les joies spirituelles, qui toutes proviennent des affections du vrai ét
du bien; il est'ajouté, (1 avec le chant ils ne boil'ont point le \'in, li
parce que le chant signifie le témoignage de l'allégresse d'après
Vers. 8. CHAPITRE CINQUIÈME. 81
l'affection du Yfai, et que le vin signifie le vrai. Dans David:
IC Con{esu.; J élwvllit avec la harpe; (wec le ni/biion ,) dia:

cordes plifltmodiez-Lui; cllO.ntez.-Lui lUI cantique nouveau,


rendez un beau loucher m'ec cri reteJ2li.~,~unt, cal' la Parole
de J é!t()'t)lIh e,çt droite, et toule son œuvre (esl) dan:.; la rérité.1l
- Ps. XXXIII. 2, 3, h. 5; - comme la harpe signifie la con­
fession d'après les vl'ais spirituels, voilà pourquoi il est dit (1 con­
fessez Jéhoyah avec la harpe; le nablion à dix cOI'des signifie le
1)

bien spirituel cOJ'fespondant, c'est pour cela qu'il est dit lc avec le
nabtion à dix cordes psalmodiez-Lui; Il et c'est aussi pour cela qu'il
est dit, IC cal' la Parole de Jéhovah est droite, et toule son œuvl'e
est dans la vérité; Il le vl'ai du bien est signifié par le la Parole de
Jéhovah est dl'oite, Il et le bien du vl'ai pal' II toute son œùvre est
dans la vérité, Il le vl'ai du hien est le vrai qui [)l'ocMe du bien, et
le bien du vrai est le hien qui est produit par le vrai. Dans le Même:
(1 Envoie ta lumière et ta 1:éria. ({u'clles me COlldllis~nt.
qu'elle,ç me mèllCl/t ""ers ta mon1(t[f,œ de ta sailltcté et llcr...·
tes habitacles. a/in que je Tc confesse uvee ln harpe, Dieu!
mon Dieu! » - Ps. XLIII. S, h ; - que la harpe signifie la con­
fession d'après les vrais spirituels, cela est évident, car il est dit
IC afin que je Te confesse avec la harpe, Dieu! mon Dieu! » et il

est dit aussi auparavant, IC envoie ta lumièl'e et ta vérité, qu'ell~s


me conduisen t! Il Dans le Même: l( J e Te confesserai avec l'in­
strument du nablion (pour) ta t'érité, mon Dieu! JeTe chan­
terai (tl)ec la harpe. Saint d'Israël! Il - Ps. LXXI. 22; ­
comme le nablion signifie. le hien spirituel ou le hien du Hai, et la
hal'pe le vrai spirituel ou le vrai du hien, et que la confession se fait
d'après l'un et l'autl'e, voilà pourquoi il est dit (1 je Tc confesserai
avec l'instrument du nahlion, et je Te chanterai avec la harpe. »)
-Dans le Méme : IC Je c/utllterai et je psalmodierai; excite-tllOl~
ma [floire; excite-moi. nablion et harpe; je Te confesserai
parmi les nation.~, Seigneur! et je Te psalmodierni parmi les
peuples. Il - Ps. LVII. 8, 9, 10. Ps. CVIII. 2, 3, h; -la con-·
fession et la glol'ification d'ap"ès le bien du vrai ou bien spirituel,
et d'après le vrai du bien ou vrai spirituel, sont exprimées dans
chaque parole de cc passage; le bien du vrai est expl'imé pal' chan­
le,-, être ex.cité par le nablion et confesser parmi les nalions; el 10.
n. 6.
82 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE, N" 323,

vl'ai ùu bicn pal' psalmodiel', étl'c excité pal' la harpe cl psalmodier


parmi les peuples; en effet, !JUI' les nations dans la Parole sont en·
lendus ceux qui sont <.Ians le bien, et par les peuplesceux qoi sont
dans le vl'ai, ici ceux qui sont dans le vrai spirituel: s'il est dit
ainsi, c'est parce que dans la Parole quand il est parlé du bien il
est aussi parlé du vrai, et cela à cause du mariage du bien et du
vl'ai dans chaque chose de la Pal'ole, voir ci-dessus, N°' 238 f.,
288. Dans le Même; I( Répondez ft Jéhovah par ta con{ession,
psalmodiez ft notre Dieu avec la harpe, )l - Ps, CXLVII. 7 ;
- ici aussi la confession d'apl'ès le hien spirituel et d'après le vrai
spirituel est exprimée par Il répondez à Jéhovah pal' la confession,
ct psalmodiez à notre Dieu avec la harpe; Il d'après le bien spiri­
tuel, pal' répondez à Jéhovah; et ,d'apl'ès le \Tai spirituel, par psal­
modiez à Dieu avec la harpe; il est aussi dit Jéhovah 101'squ'i1 s'a­
git du bien, et Dicu lorsqu'il s'agit du vrai, voir N°' 709, 732,
2586, 2769, 2807, 2822, 3921, li287, lili02, 7010, 91()7.
Dans Ézéchiel : li Je (erai cesser le bruit de tes cantiques, et
la wix· de tes harpes ne sera plus entendue; je te rrduirai
en aridité de roc. 1) - XXVI. 13, 1li; - il s'agit de TYI" pal'
laquelle est signifiée l'Église quant aux connaissances du bien et
du vrai; sa vastation est décrite par ces paroles; la vastation quant
aux connaissances du bien, par Il je ferai cesser le bl'uit de tes can­
tiques; 1) ct la vastation quant aux connaissances du vrai, par Il la
voix de tes hal'pes ne sera plus entendue; Il la désolation de tout
vrai, pal' Il je te réduil'ai en aridité de roc; )) le l'OC signifie le vl'ai,
et l'al'idité du roc la désolation du \'l'ai. Dans David; li Poussez
des cris Li Jéhovah, toute la terre; éc,'iez-vous, (aites des ac­
clamations et chantez; chantez à Jéhovah avec la harpe, avec
harpe et voix de chant, avec trompettes et voix de clairon,
poussez des cris dCI.:ant le Roi, Jéhovah! 1) - Ps, XCVIII. li,
5,6; -les divers geOl'es d'affections, d'apl'ès lesquelles il y a con­
fession et glol'ification du Seigneur, sont expl'imés ici par divers
genres de sons et d'instruments; par divers genres de sons, par
pousser des cris, s'écl'iel', faire des acclamations el chanter, et p~r
divers genres d'inslt'uments, par les harpes, [es trompettes et les
clairons; mais ce n'est pas ici le lieu d'exposer les significations
de chacune de ces eXIll'Cssions l je (lirai seulement ce que signifie la
Vel's. 8. CHA.PIT1Œ CINQUlÈME. 83
barpe; Cl chanter' à Jéhovah avec la harpe, avec hm'Ile ct voix de
chant, II signifie la confession d'après l'affeclion du hien et du vrai
spirituels; cal' toute affection, parce qu'elle appartient à l'amoul',
retentit d'une manièl'e qui lui est convenable, quand elle tombe
dans le son; de là aussi d'après le son qui est dans le langage,
et dans lequel coulent pOUl' ainsi dire les mots du langage, l'affec­
tion d'un autre est entendue. et est aussi pal' suite connue du
compagnon. et manifestement dans le monde spil'ituel. où tous les
. sons du ~angâge manifestent les affections. Pal'eillement ailleurs
dans David. par exemple. dans les passages suivants: « Faites des
acclamations il Dieu notre (oree, poussez des cris au Dieu de
Jacob; élevez le chant, et donnez du tqmbourin, de la harpe
agréable avec du nabtion; entonnez pour le moili la lrOm­
.pette. Il ~ Ps. LXXXI. 2, 3, h. - (( (II est) bon de con(esser
Jéhovah, el de chanter à ton Nom~ c1 Très-Haul! sur le Dé­
cacarde et sur le Nablion, et sur Ifiggajo1l at'ec la Ilarpe. 1)
- Ps. XCll. 2, 3, h. - (( Que les flls de Sion bondissent de
ioie. en leur Roi; qu'ils louent son Nom dans la danse; avec
Tambourin et Harpe qu'ils Lui psalmodient; 1) - Ps. CXLIX.
2, 3. - (1 Louez Jéhovah avec son de Trompette; louez-Le
avec N ablion et Ifal'pe; touez-Le avec Tambourin et Danses;
louez-Le at'ec Lutft et Orgue; louez-Le avec Cymbales sono­
res; louez-Le avec Cymbales retentissantes. li - Ps. CL. 3,
h. 5. - Comme les lnstl'Uments de Musique et aussi les Danses
signifiaient les joies et les allégl'esses qui rejaillissent des affections,
et aussi les affections du mental elles-mêmes que leurs sons produi­
sent dans le simple et dans le composé, c'est pOUl' cela que (( David
et toute la 111(lI'son d' Israël jouaient devant Jéhovah sur des
(instruments de) bois de tout gem'e, ct sur des H,arpes et arec
Nablions, et at~ec Tambourins et arec Sistres et avec Cym­
bales. II -11 Sam. VI. 5. - Comme la Hal'pe signifie la confes­
sion d'après les vrais spil'ituels. et que ce sont les vrais spirituels
qui affectent les Anges du Royaume spil'ituel du Seigneul', et qui
ùissipent les faux du mal. et avec ces faux les esPl'itS eux-mêmes
qui sont dans ces faux. c'est pOUl' cela que. «( Quand le mauUlïs
esprit était sur Saül, David pl'cnail une IIarpe, cl la piJl(flÏl
de sa main, et ((in,~i du repos était dOllllé il Saül, el le mau­
8/, L'APOCALYPSE EXPLlQTJÉE. ~"323.

. Mis ('.~prit .~e retirait de lui, 1 ) - 1 Sam, XVI. 1!J, 15, tOI 23;
- ccl.. arrivait, paree que los Rois repl'é$cntaient le Seigneur
quanL au Royaume Spirituel, et par suite signifiaient les vl'ais spi­
rituels, voir ci-dessus, N° 3'l ; mais Saül alors signifiait les faux
opposés à ces vrais; ces faux étaient dissipés pal'Ie son de la harpe,
parce que la harpe signifiait l'affection spil'ituelle du vrai: m1.lis
alol'5 cela arriva ainsi, parce que chez les l1Is d'Israël toutes choses
étaient représentatives et par suHe significatives; il en est autre­
ment aujoUl'd'hui. D'après ces passages, qui viennent d'êtl'e rap­
portés, on peut voir ce que ~a Hal'pe signifie; en outre aussi dans
d'autres passages, par ex.emple, - Ésaïe, XXX. 31. Ps. XLIII.
h, Ps. CXXXVII. 1, 2. 1 Sam. X. o. Apoc, XIV, 2. XVIII.
22. Job; XXX, 31, - Puisque dans la Pal'ole la plupart des ex­
pressions signifient aussi les opposés, il en est de même des Instfu­
ments de Musique; dans ce sens ils signifient les allégresses et les
joies qui rejaillissent des affections du faux ct du mal, pal' consé­
quent la harpe signifie aussi la confession du faux et pal' suite la
joie que l'on l'essent de la l1estr'uction du vrai; comme dans Ésaïe:
(( Au bout des soixante-dix années, il y aura rhanson SUI'
.Tyr comme la chanson de la prostituée; prend..~ la F/arpe,
promène-toi dans la vitte, prostituée lÏ1:rée à {'oubli, touche
avec élégance, multiplie le chant. Il - XXIlI, 15, 16 ; - pal'
Tyr est signifiée l'Église quant aux connaissances du vrai et du
bien spirituels, comme ci·dessus; ici, c'est l'Église dans laquelle
ces connaissances ont été falsifiées; la prostituée signifie la falsiCi-"
cation du vl'ai, voir ci-dessus, N° 1H ; et pal' prendre la harpe. se
pl'omenel' dans la ville, toucher avec élégance, et mullipltel' le
chant, il est signifié d'après le faux se l'éjouir et lirer gloil'e de la
destruction du vrai. Et gans le Même: « Malheur il ceux qui se
lèvent tM à raurore pour poursuivre la cervoise, qui restent
jusqu'au crépuscule pour que le vin les éc1zauffe! et ce n'est
que Harpe et Nablion, et Tambourin, et Flûte, et m'n, en
leurs (estins; mais l'œuvre de Jéhovah ils ne considèrent
point, et le (ait de ses mains ils ne voient point. 1) - V. 11,
12; - la hatpe, le nablion, le tambourin, la flûte et aussi le vin
sont pris ùans le sens opposé, et dans ce sens ils signiflenl la joie
et la gloire que l'on tire des faux du mal; que ee soit Iii ce qUÎ est
Vers. 8, CHAPiTRE Gl~QUlf~ME. ' 85
signifié, cela est évident, cal' il est dit (1 malheur il. cux 1 l'œuvre
de Jéhovah ils ne considèl'ent point, ct le fait de ses mains ils nc
voient point Il
324. Et lies coupes d'or pleines de pur{ion.$ J signifie la
:on{essiolt d' ap"è~ tes biens spi1'ituel:; : on le voit pal' la signi­
lieation des coupes d'or, qui sont aussi nommées enceusoirs et
cassolettes, en ce qu'clles sont les vrais d'apl'ès le hien, cal' les cou­
pes, comme tous les vases qui contiennent, signifient les vrais, et
l'or dont elles étaient composées signilie le bien; de là les coupes d'ol'
sont les vrais d'apl'ès le bien; les vases signifient k'S vrais, pal'cc
que les vl'ais servent au bien comme étant les vases qui le reçoivent
el le contiennent, t'oir N°s 3068, 3079, 3316, 3318, de même
aussi les vases des autels de l'holocauste el du parfum, N°' 9723,
9724; et l'or signifie le bien, ci-dessus, N° 242; ct pal' la signi­
fication des parfums, en ce qu'ils sonl les choses du culte qui se
font d'après le bien spirituel ou le bien de la charité, el sont perçues
pal' suite agl'éablement; si ces choses sont signifiées par les pal'­
fums, c'est parce que tous les rites, qui avaient été institués chez
la nation Israélite, étaient représentatifs des célestes et des spiri­
tuels, de là aussi les choses d'odeUl' qui étaient d'une odeul' agréable
l'ëprésentaient une perception agréable, et celles qui étaient d'une
odenr désagl'éable représentaient une perception désagréable; c'était
pour cela que le pal'fum se composait d'aromates odorifél'ants, de
slacté, d'onyx, de galbanum et d'encens: o,utre cela, il y a CO['­
l'espondance de l'odeur avec la pel'ception, ce qu'on peul voil' en
Ile que dans le Monde spil'ituel, où toutes les choses qui sont pel'­
çues pal' les sens cOl'l'espondenl, le perceptif du bien ct du vl'ai est
senti comme s'exhalant d'odeurs agl'éables, et vice vel"~û; sur cc SU~
jet, voir ce qui a été dit d'après l'expérience dans les ARCANES CË­
WirES, N°' 1514, 1517, 1518, 15'19, 1631,4626,4628, 4630,
4631, 5711 à 5717 : de là vient que sentil' (odorari) signifie
percevoÏl', même dans le langage ol'dinaire chez les hommes; en
elftt, de telles expl'essions dans le langage humain sont venues
de la corl'espondance, comme beaucoup d'autres, cal' l'esprit de
l'homme esll'6ellemelll dans le monde spirituel, quoique l'homme
ne le sache pas: de plus, le perceptif, qui est chez l'homme, PI'O­
duillr. sens de l'odol'at dans son COl'pS, cl cela aussi d'après la COI'·
86 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. l'in 324.

l'espondance; mais c'est là un arcane que l'on croit difficilement,


parce qu'il a été jusqu'à présent ignoré. Il faut qu'on sache que le
bien de'l'amour et de la charité produit cette odeul' suave ou odo­
riférante, mais pal' le vrai, et non de soi-même sans le vrai; à plus
forte raison le vrai, qui est appelé vl'ai de la foi, ne la produit pas
sans le bien, car, le hien sans le vrai n'a au'cun perceptif, et le vrai
sans le bien n'en a pas non plus. Si les parfums signifient les'choses
du culte qui sont faites d'ap"rès le hien spirituel, c'est parce que le
bien spirituel tire son origine et son existence du bien céleste, et
que ce bien-ci est le bien de l'amoUl' envers le Seigneur par le Sei­
gneur, et par suite le bien même du Ciel, car ce bien vient immé­
diatement du Seigneur; et le Seigneur est dans ce bien comme dans
ce qui est à Lui chez les Anges, au point que, soit qu'on dise que
le Seigneur est en eux et qu'ils sont dans le Seigneur, ou soit qu'on
dise que le Seigneur est chez eux dans ce bien et qu'ils sont dans
le SeigneUl' quand ils sont dans ce bien, c'est la même chose: le
bien spirituel qui tire son origine et son existence du bien céleste
est le bien de la chal'ité à l'égard du prochain; le culte d'apl'ès ce
bien est celui qui est signifié par le parfum. Comme tout culte du
SeigneUl' se fait d'après le bien, quoique par les vrais, et comme
il y a deux Biens universels qui constituent les Cieux et les distin­
guent en deux Royaumes, à savoiI', le Bien Céleste qui est le bien
de l'amoUl' envel's le SeigneUl', et le Bien Spirituel qui est le bien
de la charité à l'égard du prochain, c'est pOUl' cela qu'il y avait
deux Autels chez le~ fils d'Israël, l'un pour les holocaustes, l'autre
pour les fumigations, et que par l'Au lei de l'holocauste était signifié
le culte d'après le bien de "amoUl' céleste, et par l'Autel du parfum
le culte d'après le bien de l'amoUl' spirituel; de là on voit claire­
ment ce qui était représenté par les parfums. Qu'il en soit ainsi, on
peut le constater pal' les passages de la Parole, où il est padé de
parfums, comme dans MoYse: « Tu feras un Autel de fumiga­
tion de pllI'(um, et tu le couvriras d'or pur, et tu le mettras
devant le Voile qui (sera) sur l'A/'che du Tlhnoignage, devant.
le Propitiatoù'e : et (era (umer sur lui Aharon un parfum
d'aromates ('!laque 'fIlatin; el! préparant (es lampes il le fera
fumer; et quand il (era monter les lamlJeS entre les soirs il
le fera filmer; lJor(um perp{>(ue{ (tcl'ant JNwvah Cil 1JO,Ç gé­
Vers. 8, CHAPiTRE CINQUlÈMg, 87
nérations : VOllS ne ferez. point 1Jlonter sur lui de parfum
étranger, ni holocauste, ni minclwlt; et de libatioll point ne
verserez sur lui. Il - Exod, XXX. 1 à 10 ; - que par cet. Au­
tel, et par les fumigations qu'on y faisait, ait été signifié le culte qui
procède ùu bien spirituel, on peut le vOÏ\' en ce que cet Autel avait
été placé dans la Tente de Convention hors du Voile, où étaient
aussi les Lampes; et par la Tente était signifié le Royaume spi­
l'ituel du Seigneul', mais pal' celle partie tle la Tente, qui était au
dedans du Voile, était signifié le. Royaume céleste ùu SeigneuI',
comme on peut le voir pal' les explications données sur la Tente où
étaient la Table pOUl' les Pains des faces, l'Autel du pal'fum et te
Chandelier, ARCANES CKLESTES, N°' ûlt5ï, 9lt81, 9lt85, et d'après
celles qui ont été données SUI' l'Arche, dans laquelle était le Témoi­
gnage et sur laquelle était le Propitiatoire, N°' 9&57, ~)lt81, 9485,
1. 05lt5 ; d'où il est évident que pal' les choses qui étaient dans la
Tente hOI's du Voile, à savoil', le Chandeliel', l'Autel des parfums, et
la Table pour les pains, étaient signifiées celles qui appartiennent au
Uoyaume spirituel, lesquelles se l'appOI'lenttoutes au bien spÏ\'i!uel
et au vl'ai de ce bien; pal' la Table SUI' laquelle étaient les Pains
des faces était signifiée la réception du bien céleste dans le bien spi­
rituel, voir N° 9527 ; par le Chaudeliel' avec les tampes était si­
gnifié le SpÏ\'ituel méme de ce Royaume, No' 95lt8, 9551, 9555,
9561, 9572, 9783; et pal' l'Autel du parfum était signifié le culte
d'après le bien spirituel; et comme le culte d'apl'ès le bien spirituel
était signifié par la fumigation sur cet Autel, et le Spirituel lui­
même par· le Chandelier, c'est pour cela qu'il a été ordonné qu'A­
hal'on ferait fumer aussi SUI' cet autel chaque matin et chaque soir
quand il pl'éparel'ait les lampes; mais cela a été plus pleinement
expliqué dans les ARCANES CÉLtSTES, N°'1017G à 10213, où il
a été spécialement traité de chacun de ces objets. Et comme le Bien
spirituel tire son origine et son existence du Bien céleste, ainsi qu'il
vient d'être dit, c'est p·our cela que cet Autel non-seulement a été
placé près du Voile qui était SUI' l'Mche, mais qu'il a même été
ol'donné que, quand Aharon ferait expiation pour tui-même ct pour
sa maison, il ferait la fumigation en dedans du Voile, ce qui si­
gnilie l'innux, la communication et la conjonction du Bien céleste
et du Bien spil'ituel; il en est parlé ainsi dans Moïse: (( Quand
~8 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. 1\" 3211,

AharoJ/ fera e:tpiation pour soi et pOZlt" sa mai,wn, il ~gor­


gcra le fJl!llU du péché, et ü prendra plein l'ence/lsoir de char­
bons de (eu de dessus l'Autel devant Jéhovah, et plein ~'es
paumes de par(um d'aromates, et il l'apportera au dedans
du voile, afin qu'il mette le par(um sur le (eu devant Jého­
vah; et que la nuée du par(um couvre le Propitiatoire qui
(est) sur le Témoignage, pour qu'il ne meurre point. 1 1 ­
Lévil. XVI. 1.1., 12, 13; - de ce qu'il prenait de dessus l'Autel de
l'holocauste du feu sur lequel il mettrait le pal'fum, cela signifiait
aussi que le Bien spirituel, qui est le bien de la charité, tire son exis­
tence et procède du Bien Céleste qui est le bien de l'amour envers
le SeigneUl' : que le feu de l'Autel ait signifié ce bien, on le voit,
No' !JlJ89, 631.lJ, 6832, 97'1h, et ailleurs; c'était pour cela que le
feu pour la fumigation n'était pl'is que de dessus l'Autel de l'holo­
causte : si Ahal'on, quand il faisait expiation pour soi et pour sa
maison, offrait le parfum au dedans du voile, c'était pal'ce qu'i\.­
haron, comme Gl'and-Prètre, représentait le Seigneur quant au
bien fIe l'amour, et que pa'l' ses fonctions il représentait les choses
qui procèdent de ce bien, lesquelles se rappol'tent toutes au bien
spirituel; le bien spil'ituel, à moins qu'il ne pl'ocède du bien céleste,
n'est pas le bien, c'est pourquoi sa fonction n'aurait pas non plus Pl'O­
cMé du Divin, ou n'aurait représenté rien du Divin, aussi la mort
lui était-elle prédite s'il ne faisait pas ainsi, De là vient même que
Nadab et Abihu, fils d'Aharon, furent consumés par le feu du ciel,
parce qu'ils avaient offert un parfum avec un autre feu que le feu
de l'Autel de l'holocauste, et qu'en conséquence ils avai'ent fait le
culte d'apl'ès un autre amour que l'amour envers le Seigneur; il
en est parlé ainsi dans Moïse: «( Les fils d'Aharon, Nadah et
, Ahilm, prirent chacun leûr encensoir, et ils y mirent du (eu
étranger, sur lequel ils placèrent le par(um, c'est pourquoi
le (eu sortit de devant J éhorah, et il les dé1.,ora, et ils mou­
rzl1'ent; et ensuite ils (urent emportés hors du camp. Il ­
Lévit. X. 1 à 5; - ils fUl'ent empoltés hors du camp, signifiait
que leU!' culte ne venait pas du ciel, pal'ce qu'il ne provenait pas de
l'amour envel'S le SeigneUl', car pal' le camp des fils d'Isl'a81 étaient
représentés le Ciel et l'Église, voir N°' "236,10038. Si KOI'ach,
Dathan et Aùil'am fUl'enl engloulis pal' la terre avec leur assemblée,
n:1'5, 8, CHAPITUE CINQUIf:PtŒ. 89
quoiqu'ils eussent pris du feu de l'Autel el offert le p3lofum, c'etait
parce que lem' mlll'mUI'e conll'e Moïse et Ahal'on signifiait la pro-
fanation du bien de l'amoUl' céleste, cal' Moïse et Aharan représen-
t~ient le Saigneut'; en effet, mUl'n1Ul'er, c'est-à-dire, se révolter
contre le SeigneUl', et exel'cer des fonctions saiiltcs, c'est profaner;
mais comme ils avaient pl'is du feu ùe l'Autel, ce feu fut rejeté, et
leurs encensoil's furent étendus en lames pOUl' couverture de l'Au-
tel; il e.n est pal'lé ainsi dans Moïse: (( Moïse leur dit dt' prend1'e
du {eu et de le mettre dans leurs encensoirs; ce qui même {ut
{ait, mais ils (urent engloutis. » -Nomb. XVI. 1 à 35 : - mais
ensuite il fut ol'donné Il de prendre les encensoirs et d'en ré-
pandre le feu de côté, et de faire (roec les encensoirs, qui
étaient d'airain, des lames étendues pour couverture de l'au-
tel, parce qu'ils av.aient été sanctifiés. Il - Nomb. XVII. 1 à
15; - ils avaient été sanctifiés par le feu de l'autel, qui signiliait
le Divin amour céleste. Puisque le BieD spil'ituel, qui est le bien de
la charité à l'égard du prochain, tire son essence et son âme du
hien céleste qui est le bien de l'amoUl' envel's le Seigneul', c'est
pour cela même que l'Encens, paf' lequel est signifié le Bien spil'i-
tuel, était mis sur les Pains des faces pal' lesquels était signifié le
Bien céleste, comme on peut le voil' pal' ce passage ùans Moïse:
(1 De l'encens sera mis aussi sur les Pains des {aces, qui sont

sur la table dans la Tente de connention, afin que soit le Pain


pour mémorial, Il - Lévit. xxiv. 7; - afin que soit le pain
pour mémorial, signifie afin qu'il soit l'eçu et exaucé par le Sei-
gneur; en effet, tout culte du Seignelll', qui est véritablement un
culte, se fait d'après le bien céleste pal' le bien spirituel, car le bien
spirituel, qui est la chUl'ité à l'égard du pl'ochain, est l'effet du bien
céleste, puisque la charité à l'égal'd du prochain consiste à faire
des usages et à mener une vie morale d'ol'igine céleste; t'oir SUI' ce
sujet, dans le Tl'aité DU CIEL ET DE L'ENFER, les No' 390, !l8!J,
529, 530 à 535 ; et, dans la DOC'fRINH DE LA NOUVELLE JÉRUSA-
LEM, les N°' 8!l'à 107 ; c'est donc là le bien spil'ituel; et le Bien
Céleste est de toul'nel' ses regal'ds vers le SeigneUl', et de croire
que de Lui pl'ocède tout bien et tout vl'ai, et que de l'homme ou du
propre de l'bomme il ne vient que le mal. Que le parfum n'ait pas
été offel't avec un ilull'e feu que le feu de l'Autel de l'holocauste,
90 L'APOCALYPSE EXPLlQUI";E. N" 32ft.

qui signifiait le bien céleste, lequel est le bien de l'amour envers le


Seigneur, on le voit aussi pal' d'autres passages; par exemple,
dans Moïse: (1 Lorsque murmura t'assemblée contre Moïse et
contre Aharon, et que de la plaie ils eurent été frappés, Alla­
l'on prit du felf de dessusl' aut el, et le mit dans l' enl'e~'oir,
et y mit le parfum; et il courut au milieu d'eux, et (ut ar­
l'êtée la plaie. » - Nomb. XVII. 7 à 15 : - et, en outl'e, dans
l'Apocalypse, - VIlI. 3, lt~ 5. - Que le Pal'fum et l'Encens si­
gnifient le Bien spit'ituel, et la fumigation le culte agréable pl'ove­
nant de ce bien, et par conséquent l'audition et la réception pal' le
Seigneur', on peut le voir pal' les passages suivants; dans Ésaïe:
(1 Une (oule de cmarteaux te couvrira; les dromadaires de

Midian et d'Épha, tous de Schéba 'L'iendront; Or et Encens


ils porteront, et les louanges de Jéhovall ils annonceront. »)
- LX, 6; -là, il s'agit de l'avénement du Saigneur; par une
foule de chameaux, et par les dl'omadaires de Midian et d'Épha, sont
signifiées les connaissances du vl'ai et du bien en abondance; Il tous
de Schéba viendl'ont, » signifie qu'elles pfocèderont des connais­
sances du vrai l'éel et du bien réel; Schéba signifie ces connais­
sances, comme on le voit, N°' 11 71, 32ltO; par 1'01' et l'encens
qu'ils porteront est signifié le culLe d'apl'ès le bien spirituel qui pro­
cède du bien céleste, 1'01' signifie le bien céleste et l'encens le bien
spil'ituel; comme c'est ce culte qui est' signifié, il est dit (1 et les
louanges de Jého\'ah ils annoncel'ont; )l pal' annoncer les louanges
de Jéhovah il est signifié l'Évangélisation SUI' le Seigneur et SUI' le
culte du Seigneur, Dans Matthieu: II Les Sages de l'orien-t ou­
vrirent leurs trésors, et ils présentèrent au Seigneur nouvel­
lement né des dons, de l'Or, et de l'Encens, et de la Myrrhe. )l
- II. 11; - par les sages de l'orient sont aussi signifiés ceux qui
sont dans les connaissances du vrai et du bien; leur culte d'apl'ès
le Bien céleste, le Bien spirituel et le Bien naturel, est signifié en
ce qu'ils préSentèrent de l'or, de l'encens et de la mynhe, car pal'
1'01' est signifié le bien céleste, pal' l'encens le bien spirituel, et pal'
la mYl'rhe le bien naturel; que ces biens soient signifiés par ces
dons, cela est encore connu de plusieUl's cn Orient; de là aussi ils
ont été aprclès les fils de l'OI'ient, par lesquels dans la Pal'ole sont
entendus ceux qui sont dans les connaissances du \'l'ai et du bien,
Velos. 8. CHAPITRE CINQUlÈ~lE. 91
voir No' 3249, 3762; cal' la sciencc des correspondances était en­
core restée chez eux, aussi pOUl' témoigner' la joie de leur cœur
présentèrent-ils des dons qlIi signifiaient tout bien depuis le pre­
mier jusqu'au der'nier; et c'est là ce qui a été prédit dans Ésaïe,
que de Schéha ils viendraient, qu'or et encens ils porteraient, et
que les louanges de Jéhovah ils annonceraient, ainsi qu'il vient
d'etre rapporté. Dans Malachie: (1 Depuis le lever du soleil jus­
qu'à son coucher, grand (sera) mon Nom parmi les Nations,
et en tout lieu parfum (sera) offert il mon Nom, et Minchah
pure. )) -1. 11 ; - depuis le lever du soleil jusqu'à son couchel',
g)'and sera mon Nom parmi les Nations, signifie que l'Église et le
culte du Seigneur sera de tout cûté chez ceux qui sont dans le bien;
depuis le levc)' du soleil jusqu'à son couche)', signifie partout où est
le bien; grand sel'a mon Nom, signifie la r'econnaissance et le culte
du Seigneur', et les nations signilient cenx qui sont dans le bien;
le parfum offert à mon Nom, et la Minchah pure, signifient Je culte
du Seigneur d'après le bien spirituel, qui est le bien de Ja charité
à l'égard du pl'ochain, et d'après le bien céleste qui est le bien de
J'amour enver's le Seigneul'; Je culte d'après le hien spirituel est
signifié par le par'fum, el le culte d'après le bien céleste, par la
Minchah ; que la Minchah signifie ce bien, on le voit, N°' A581,
10079, 10137. La même chose est signifiée par le parfum et pal'
la minchah dans David: « Prête t'oreille li ma voix, quand je
crie. à Toi; acceptées soient mes prières, parfum devant Toi,
l'élévation de mes mains Mine/zah du soir. Jl - Ps. CXLI. 1,
2 ; - et dans Ésaïe: « Tu ne M'as pas amené le bétail de tes
/tolocaustes, et de tes sacrifices tu ne ]IJ' as pas honoré; je ne
['ai pas fait servir pow' de la Mine/wh, et je ne t'ai pas fati­
gué pour de l'Encens, » - XLIII. 23; - comme tout culte du
Seigneur se fait d'après le bien spirituel qui pl'oeMe du bien cé­
leste, c'est pour cela que la minehah et l'encens sont nommés l'un
et l'autr'e, dans la lettre, séparément; el cependant les choses qui
sont dans le sens inlerne ou spirituel sont entendues conjointement,
mais l'une procédant de l'aull'e : il en est de même da,.ns Jél'émie :
« Ils viendront des villes de J ehudah, et des alentours de J é­
rusal.elu, apportant holocauste et sacrifice, et minchah et elt-
Its. » - XVII, 26; - ici, pa)' Jehudah et par' Jérusalem il est
92 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. "'" N"ô26,

entendu, non Jchudah ni Jérusalem, mais l'Église du Seigneul' qui


est dans le bien de l'amout', et par suiiC dans la doclt'ine de la cha­
rité; le cuile qui en procède est signifié pat' holocauste et sact'lfice,
et aussi par minchah et encéns. Comme la Minchah signifiait le
bien de l'amout' céleste, et l'encens le bien de l'amour spirituel,
c'est pour cela que sur la minchah faile de tIeur de farine on met­
tail de l'huile el de l'encens, comme on le voit dans Moïse: « Quand
une âme voudra 00'1'1'1' un présent de mine/wh il J êhoralt,
fleur de farine sera son présent, et sur elle il répandra de
l'huile, et il mettra sur elle de l'encens; et le prêtre prendra
plein sa paume de sa fleur de farine, et de son huile conjoin­
tement arec tout son encens, et il fera fumigation en mémo­
rial sur l'autel. 1) - Lévil. II. 1, 2; - si ceUe Minchah a été
instituée, c'était parce que la fleut' de fal'ine signifiait le vrai 1'001,
voir N° 9995; comme ce vt'ai procède du bien, à savoir, du bien
céleste et ensuite du bien spirituel, c'est pour cela qu'on meltait
SUt' "la minchah de l'huile et de l'encens; l'huile signifie le bien de
l'amoUl' céleste, et l'encens le bien de l'amour spiriluel, dans le
sens interne l'un procédant de l'anll'e : il y avait aussi d'autt'es
espèces de minchah, qui étaient faites avec de l'huile, par lesquelles
la même chose élait signifiée. Dans Ézéchiel : l( Tu as pris tes
habits de broderie, et tu en as couvert les images de mâle
avec lesquelles tu commettais scortation, et mon huile et mon
parfwn tu as mis devant elles. 1) - XVI. 18, 19; - ces choses
concel'llenl Jérusalem, par laquelle est signifiée l'Église quant il la
doctt'ine", ici, quant il la doctrine entièt'ement pel'vertie; les images
de mâle qu'elle a couvet'les de ses habits de bt'oderie, et avec les­
quelles elle commcllait scol'tation, signifient les faux que pat' des
interprétations pet'vet'ses ils ont fait apparallre comme des vrais,
pal' conséquent les vt'ais falsifiés; les habits de broderie sont les
connaissances du vt'ai d'apl'ès la Parole; et cOmmellt'e scortalïon,
c'est falsifiet'; mettr'e devant elles mon huile et mon parfUm, si­
gnifie adultérer tant le bien de l'amour céleste qne le bien de l'a­
moUl' spil'ituel, lesquels sont adultét'ég quand la Parole est appli­
quée aux amoUl's de soi et du monde, Dans Moïse: « Ils ensei­
gneroltl Us Jugemellts fi Jacob, el ta loi li Israël; ils p{(l('('­
"ont li' particllt pour {Olt /Il' z, cl l' !toIOt'lluslc: SUI' to// AUbel. Il
Vers. 8. CH\PITRE CINQUli~ME.\ 03
- Deuté.'. XXXIII. 10; - c'esl le PI'ophéliquc de Moise SUI'
Lévi, par qui est signifié le sacCI'doce; el comme le sacel'doce était
10 repl'ésentatif du Seigneur quant au bien de ('amoui' tant colesto
que spirituel, c'est pOUl' cela qu'il est dit, ils placcront le parfum
(1

pOUl' ton nez, et l'holocauste SUI' ton Autel; 1) et par le parfum e,c;t
signifié le culle d'apl'ès le bien spÏI'ituel, el pal' l'holocauste sur
l'autel est signiOé le culte d'apl'ès le bien céleste; pour le nez si­
gnifie pour la perception. Dans David : (1 Je l'iCI/lirai dalt.~ ta
Maison at'ec de.ç Iz olocautes , je Te rendrai mes vœu:!'; des
holor:aust('s de (bêtes) grasses je T'offrirai, avec du parfum
les bélier,ç. Il - Ps. LXVI. 1. 3, 1.5; - o/fl'ir des holocaustes de
bêles grasses, signifie le culte d'apl'ès le bien de l'amour céleste;
offrir avec du parfum les béliers, signiOe le culte d'après le hien de
l'amour spil'ituel; le pal'fum et aussi le hélier signifl~nt ce hien.
Dans l'Apocalypse: « Un autre Ange m'nt, et ,ç(' tint rel',~ l'Au­
tel, ayant lUi encensoir d'or, et illtli fut dOJlné beauroup de
parfltUi,', afin qu'il (les) offrll avec les prières de tous les saints
sur l'autel d'or qui (est) derant le Tr~nc; et monta la funu:e
des parfums, avec les prières dn saints, de la main de l'Ange
devant Dieu; ensuite l'Ange prit l'encensoir, et il le remplit
du feu de l'autel, et il le jeta en la terre. » - VIII. 3,6, 5;
- ce que ces choses signifient sera dit plus tard dans l'explication
de ces vel'sets, ici il sera seulement dit que les parfums signiOent
le culte d'après le bien spirituel, qui est le bien de la chal'ité à l'é­
gard du prochain; ce culle est aussi signifié par les prières des
sainls, c'est pOUl' cela qu'il est dit, « il lui fut donné beaucoup de
parfums, afin qu'il les offl'U, avec les prières des saints; II et ensuite
(( la fumée des pal'fums monta avec les prières des saillIs devant
Dieu; Il que les prièl'es des saints signifient le culte d'après le bien
spit'jtuel, on le velTa dans l'al'tiC!e qui va suivre, puis aussi là ce qui
est entendu par le culte d'apl'ès le bien spil'ituel ou d'après le bien
de la charité. Dans Ésaie : l( Le peuple, (ceux) qui Me provo­
quent à la ~olère devant mes faces continuellement, qui sa­
crifient dans lesjordills, et font des parfums ,çur les briques. 1)
-LXV. 3;-ici, par sacriOer et faire des parfums sont signi fiés les
opposés, à savoil', les cultes d'après les faux de doctrine qui pro­
viennent de la pl'opl'e inlelligenlle; les jardins signifient l'intelli­
94 L'APOCALYPSE E-XPLIQUÉE. N" 324,
gence, ici la pl'opre intelligence, et les bl'iques signifient les faux
qui en proviennent; sacrifier et fail'e des parfums signilient le culte:
que les Anciens aIent eu un Culte Divin dans des jardins et dans
des bocages selon les significations des arbl'es qui y étaient, mais
que cela ait été défendu à la Nation Israélite, afin qu'elle ne se for­
geât pas un culle d'après le pl'opre, on le voit, No' 2722, 4552.
Dans Bosée : Sur les sommets des montagnes ils sacrifient,
(1

et sur les collines ils font des parfums, sous le chêne et le


peuplier et le rouvre, parce que bonne en est l'ombre; c'est
pourquoi vos filles commettent scortation, et 1)08 brus com­
mettent adultere. » - IV. :13; - ici est décrit le culle d'après
l'amour de soi et d'après l'amour du monde, et par suite d'après
les faux de la doctrine; le culte d'après l'amoUl' de soi par sacrifier
SUl' les sommets des montagnes, le culle d'apl'ès l'amour du monde
par faire des pal'fums sur les collines, et le culte d'après les faux
de la doctrine par sacl'ifiel' et faire des pal'fums sous le chêne, le
peupliel' et le rouvre; le sommet des montagnes signifie l'amour
célesle, ici l'amour de soi; les collines signifient l'amoui' spil'HueJ,
ici l'amoul' du monde, cal' l'amour de soi est opposé à l'amoUl' cé­
leste, et l'amour du monde est opposé à l'amour spirituel; le chêne,
le peuplier et le l'ouvre signifient les biens du vrai et les vrais du
hien, les infimes de l'homme naturel, ici les maux du faux et les
faux du mal chez cet homme; (( parce que bonne en est l'ombl'e, ".
signifie parce que cela plait; les falsifications du bien spirituel qui
en proviennent, sont signifiées par (1 c'est pourquoi vos filles com­
mettent scortalion, li et les adultérations du bien céleste le sont pal'
(1 c'est pourquoi vos brus commettent adultèl'e. li Dans Jérémie:

« (Selon) le nombre de tes villes ont été tes dieux, J ehudah!


et selon le nombre des rues de Jérusalem vous avez dressé de,~
autels, des autels pour faire des parfums à Baal. li -XI. :13,
17; - ici, pal' les villes ne sont point signifiées des villes, ni par
les dieux des dieux, ni pal' les mes de Jél'usalem les rues de cette
ville, mais par les villes sont signifiés les doctl'inaux. du faux, par
les dieux les faux eux-mêmes, et par les rues de Jérusalem les
faux de la doctrine de l'Église; pal' (( dresser des autels, des autels
pOUl' fail'e des parfums à Baal, 1) est signifié le culte d'après l'amoul'
tle soi et d'apl'ès l'amour du monde, comme ci-dessus: cette na­
Vm. 8, CHAPITRE CINQUIÈME. 05
tion dressait des autels et faisait des parfums à Baal; mais comme
toutes les choses de leur culte élaient ,'epl'éscntatives, celles qui sc
faisaient selon les statuts étaient repl'ésentatives des céiestes et des
spirituels, c'est pOUl'quoi celles qui se faisaient contre les statuts
étaient représentatives de choses infernales, c'est poU\' cela que par
les autels dressés aux dieux et les pal'fums offel'ts à Baal sont si­
gnifiés des ppposés. Dans le Même: « Je leur prononcerai mes
jugements sur toute leur malice, de ce qu'ils M'ont aban­
donllé et ont offert des paJ'fums il d'autres dieux, et se sont
prosternés devant les œuvres de leurs mains. JI - 1. 16; ­
om'ir des parfums-à d'autl'es dieux, et se prosterner devant les œu­
vres de ses mains, signifie le culte d'après les faux qui proviennent
de la propre intelligence; les autres dieux sont les faux, et les œu­
vres des mains solit les choses qui pl'oviennent de la ))l'opre intelli­
gence. Même chose est signifiée par offrir des parfums ù. des
dieux, ùans Jérémie, - XI. 12. XLIV. 3, 5, 8, 15, 18 : ­
mêmè chose par offrir des parfums aux images taillées, dans
Rosée, - XI. 2 : - même chose par offrir des parfums il la
vanité, dans Jérémie, - XVIII. 15 : - même chose encore que
ci-dessus par offrir des parfums il Baal, dans Jérémie, ­
VII. 9; et dans Rosée, II. 13 : - et même chose pal' offrir de,s
parfums il Mélécheth ou la reine des Cieux, dans Jérémie, ­
XLIV. 17,18,19,21,25;. -la reine des cieux signiQe les faux
ùans tout le complexe. En outl'e, si la fumigation signifie les choses
du culte qui sont peJ'çues avec plaisït', et si le parfum signifie le
bien spirituel, c'est pal'ce que toules les choses qui avaient été in­
stituées chez la nation ISl'aélite étaient représentatives des célestes
et des spirituels; car l'Église chez les Israélites n'était pas comme
l'Église aujourd'hui, qui est Inlerne, mais elle était Externe, et les
Externes représentaient et pal' sui~ signifiaient les Internes de l'É­
glise, tels qu'ils ont été dévoilés par le Seigneur dans la Parole du
Nouveau Testament; de là leur Église a été appelée Église Repré­
sentative; les Extel'nes de cette Église se composaient de choses
qui, dans le Monde de la nature, cOl'I'espondaient aux. affections du
bien et du vl'ai dans le Monde spirituel; de là venait que, quand
ceux qui étaient de l'Église se trouvaient dans les Externes quant
au culLe, ceux qui étaient dans le Monde spirituel ou dans le Ciel
96 L'APOCALYPSE l'XPLlQU EE. ?\" 324.

se tl'ouvaient dans les Internes et se conjoignaient avec ceux qui


~Laient dans les Externes; c'est de celte manièl'e que dans ce temps
le Ciel faisait un avec les hommes de la tel're. : d'après cela on
peut voir pourquoi dans la Tente de convention il y avait une Table
pour les Pains, un Chandelier avec des lampes, et un Autel du pal'­
fum ; car les Pains représentaient et par suite signifiaient le bien
de l'amour pl'Océdant du Seigneul' ou le Bien Céleste; le Chande­
liel' avec les lampes l'epl'ésentait et par suite signifiait le Bien et le
Vrai spil'ituels; et le Parfum représentait et par suite signifiait le
culte; et comme tout Culte Divin qui est perçu agréablement procède
du bien spirituel, c'est pour cela que le parfum signifiait ce bien;
pOUl' que le plaisir fllt représenté le parfum était composé d'aro­
mates odoriférants, et cela aussi d'après la cOI'l'espondaoce; en ef­
fet, les odeurs suaves correspondent aux charmes el aux délices
qui sont dans les pensées et dans les perceptions d'aprè{l le plaisir
de l'amour spirituel, par conséquent le parfum correspondait aux
choses qui sont agréahlement reçues par ·le Seigneur, et à celles
qui sont agl'éablement reçues par les Anges: cette r.éception agr6a­
LIe pl'ovient uniquement du bien spil'ituel ou du bien de la charité à
l'égard du prochain; car ce bien est le bien céleste, qüi est le bien de
l'amour envel's le Seigneur, dans l'effet, puisque le bien céleste, qui
est le bien de l'amour envers le Seigneur-; se fixe uniquement dans
l'effet par le bien spirituel qui est le bien de la charité à l'égard du
pl'ochain; c'est pourquoi être dans ce bien et l'exercel', c'est aimer
le Seigneur et lui l'endl'e un culte; ce que c'est que la Charité à l'é­
gard du prochain, et ce que c'est que l'exel'cice de la Charité, on le
voit dans la DOCTRINE Dt:: LA NOUVELLE JÉRUSALEM, Nol 8!J à 107.
Comme l'Huile par laquellese faisaient les Onctions signifiait le
Bien céleste ou le bien de l'amour envers le Seigneur, et que le
parfum signifiait le Bien spirituel ou Je hien de la charité à l'égal'd
du prochain, et comme le bien spirituel procède du bien céleste,
ainsi qu'il a été dit ci-dessus, c'est'poUl' cela que dans l'Exode,
Chap. XXX, il s'agit d'abord de la préparation de l'Huile de l'onc­
tion, ct aussitOt après de la préparation du parfum; de la prépara­
l.ion de l'Huile de l'onction du Vel's. 23 au Vers. 33, et de la pl'é­
paration du parfum du Vel's, 34 au Vel's, .38 : et comme il s'agit
ici du pal'fum, je vais rappoFter ce qui y a étë ol'ùonné sur la pré­
l'crs. 8. CHAPITlŒ <':II'ïQUlÈME. 9i
para Lion du parfum, à savoil' : Prends-loi de.~ aromates sell­
(l

teùrs, du stacté, et de l'onyx, et dlL galballlun, senteurs; et de


l'Encens pur; autant pour {lUtant il y aura. Et tu ell (cras un
par(um, un onguent, Q'/wrage d'onguentim', ,~alé, pltr, saint.
Et tu en hroieras menu, et tu en mettras devant le Témoi­
gnage dans la Tente de Convention, là oùje conviendl'aitlers
toi; saint des saints il sera pour vous, Et le parfum que tu
feras dal/S sa qualité. vous n'en ferez point pour vous, saint
il sera pour toi à Jéhovah.· L'homme qui en ferait cOllane
celui-là pour en faire une odeu,., et ret,.anché il sera de St'S
peuples. » - Exod. XXX. 3!J à 38; - mais quant à la signifi­
cation de chacune de ces choses, 1)oir dans les ARCANES CÉLESTES,
les N°' 1.0289 à 1.031.0, oi! elles ont été expliquées en ordre; ici,
il sera seulement dit que l'Encens était le principal, et que les trois
autres aromates étaient ajoutés à cause de l'odeUl', aussi est-il dit
de l'Encens, que, autant pour autant il y aura, ou qu'i! y en aura
autant de l'un que de l'auUe ; il en est de même que de l'huile de
l'onction, dans laquelle l'Huile d'olive était le principal, et les au­
Il'es aromates y étaient ajoulés à cause de leUl' signification, ­
l!:xod. XXX. 23 à 33 : - d'après cela on voit clairement pour­
quoi l'Encens signifie la même chose que le 'parfum confectionné,
à savoir, le Bien spil'ituel. Comme les exhalaisons de bonne odeUl'
correspondent aux char.mes spirituels ou aux cha l'mes qui ont leur
origine dans le Bien spirituel, c'est aussi pour cela que la récep­
tion la plus agréable au Seigneur est appelée OdeUl' de repos, ­
Exod. XXIX. 1.8,25, M, Lévit. 1. 9,13,17. Il. 2,9,12. III.
5. IV. 31.. VI. 8, 1!J. VIlI. 28. XXIII. 8,1.3,1.8. Nomb. XXVIII.
6, 8, 1.3. XV. 3. XXIX. 2, 6, 8, 1.3, 36: - et dans Ézéchiel:
Il Pa,. Odeur de repos je serai apaisé envel',~ vous. Il - XX.
!J1. : - dans Moise: « Si '1)OIlS ne 1)/(IJ'cltez pas dans mes pré­
ceptes. et que nous alliez à l'égard de JI oi à l'encontre, je
n'odorerai point vot,.e odeur de repos. ) - Lévit. XXVI. 27,
31. : - et dans Hosée : « Ses romCtl!t.1' s'at'anceront, et SOIl
honneur sera comme (celui) de l'oU'l'ier, et SOIl Odeur comme
(celle) du ~iban. ) -XIV. 7; - ces choses ont été dites d'Israël;
l'honneur de l'oliviet' signifie le bien céleste, et l'odeul' du Liban le
bien spirituel, à cause de son agl'ément : que !'honneUl' se dise du
Il. 7,
~)8 L' APOCALYPSE ]~XPLIQUÉE, N" 324

i.Jlen céleste, on le voit ci-dessus, N° 288 ; voir aussi dans Ie.'! AR­
CANEi CtLESTES, que l'olivier signifie ce bien, N°' 9277, 1. 0261 ;
que l'odeur signifie.le perceptif de ce qui est agréable selon la qua­
lité de l'amour et de la foi, N°'1.51lJ à 1519, 3577, 4624 à 4634,
4748,5621,10292; et que l'odeur du repos signifie le perceptif de
la paix, No' 925, 10054 :. ce que c'est que le perceptif de la paix,
on le voit dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, NOl 284 à 290.
325, Qui sont les pri~res des saints, signifie d'op~~s les­
quel" est le culte: on le voit pal' la signification des prières des
saints, en ce que c'est le cuIte d'après le bien spirituel; par les
pl'ièl'es, dans le sens interne, il est entendu toutes les choses du
cuIte, et par les saints Ie.<; spil'ituels; en 'effet, dans la Parole, sont
dits saints ceux qui sont dans le Royaume spirituel du Seigneur, et
justes ceux qui sont dans son Royaume céleste, voir ci-dessus,
N° 204 ; mais dans le sens interne de la Parole par les saints il est
entendu, non les saints, mais les choses saintes; en effet, les saints
enveloppent les personnes, et dans le sens intel'De le tout de la pér­
sonne est dépouillé, cal' les choses seules constituent ce sens,
noirci-dessus, N° 270; et en outre les Anges, étant spirituels, pen­
sent abstl'activement des personne.<;, voir aussi ci-dessus, N°' 99,
100; en cela le sens interne de la Parole est distingu~ de son sens
externe qui est le sens de la lettre; et ainsi, comme par les saints il
est entendu Ie.<; choses sainte.<;, et par le saint dans la Parole, le
Divin Vrai qui pl'ocede du SeigneUl', et constitue son Royaume
spirituel, voir ci-dessus, N° 204, c'est pour cela que par les choses
saintes il est entendu les spil'ituels, et par les prières des saints le
culte d'après le bien spiriluel : que le culle d'apl'ès ce hien soit en­
tendu par les prières des saints, on le voit en ce qu'il est dit qu'ils
avaient des coùpes d'or, pleines de pal'fums, qui sont les prières·
ries saints; et par les parfums sont signifiées toutes les choses du
culle qui pJ'ocèdent du bien spirituel, comme il vient d'être montré'
dans l'Article précédent, d'où il suit que par les prières des saints
il est signifié la même chose; comme aussi dans David: « Prete
l'oreille à ma voix quandie crie à Toi; acceptées soient mes
prières, par(um devant Toi, l'élévation de mes mains min­
chah du soir: garde la porte de mes lèt'res; n'incline pas
mon {'(eur nu mal, de sorte que ie (asse des octionç mauvnises
Vel's,8. CHAPITRE CINQUlÈMK. 99
dans l'impiété avec les hommes qui commettent l'iniquité;
car mIme encore (persistent) mes prières dans leurs maux. II
- Ps. CXLI. 1, 2, 3, h, 5; - ici aussi les prières sont appelées
parfum, et l'élévation ~es mains est appelée minchah, et cela parce
que les prières signifient la même chose que le parfum, et l'éléva-
tion des mains la même chose que la minchah ; le parfum signifie
le bien spirituel qui est "le hien de la charité à l'égal'd du prochain,
et la minchah le bien céleste qui est le bien de l'amour envers le
Seigneur, ainsi l'un et l'autre signifient le culte; et comme les
prières viennent, non de la bouche, mais du cœur pal' la bouche,
et que tout culte qui vient du cœur procède du bien de l'amour et de
la charité, car le cœur signifie ce bien, c'est pour cela aussi qu'il est
dit Il garde la porte de mes lèvres, n'incline pas mon cœur au mal
de sorte que je fasse des actions mauvaises dans l'impiété; Il et
comme David se plaint de ce que les maux ont encore de la force
cont/'e lui, c'est pOUl' cela qu'il est dit Cl car même encore persis-
tent mes prières dans leurs maux, II Que les prières signifient les
mêmes choses que les parfums, on le voit aussi ailleurs dans l'A-
pocalypse: «( Un autre Ange vint et se tint l)erS l'Autel. ayant
un encensoir d'or. et il lui {ut donné beaucoup de par{ums.
pour qu'il (les) offrit. avec les prières de tous les saints. sur
l'Autel d'or; et la {umée des par{ums monta avec les prières
des saints devant Dieu. 11- VIII. 3, h; - comme ici les prières
signifient les mêmes choses que les parfums, à savoil', le cuIte
d'apl'ès le b.ien spirituel, c'est pour cela qu'il est <lit Cl il lui fut
donné beaucoup de parfums, pOUl' qu'il les offrit avec les prièl'es des
saints; II et ensuite «( la fumée des parfums monta avec les prières
des saints devant Dieu. II II sera d'abord dit ce qui est entendu par
le culte d'après le bien spirituel; et, ensuite, que les pl'ières signi-
fient ce culle : Le eulle consiste, non dans des prières, ni dans la
dévotion ex teme, mais dans la vie de la charité; les prières sont
seulement les externes du culte, car elles pl'ocèdent de l'homme
par sa bouche, c'est pourquoi tel est l'homme quant à la vie, telles
sont ses prières; peu importe qu'il se conduise avec humilité, qu'il
soit à genoux, et pousse des soupirs quand il prie, ce sont là des
externes, et si les externes ne pl'ocMent pas des internes, ce sont
seulement des gestes et des sons sans vie; il Ya une affection dans
100 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. 1\" 325.

chacune des pal'oles que l'homme prononce, et chaque homme,


chaque esprit et chaque ange est son affection, car leU!' affection est
leur vie; c'est l'affection elle-même qui parle, et non l'homme sans
elle; c'est pourquoi telle est l'affection, telle est la prièl'e; l'affeclion
spirituelle est celle qui est appelée charité à l'égard du prochain;
être dans celte affection, c'est véritablement le culte, la prièl'e est le
procédant; pal' là on peut voir que l'essen'tiel du culte est la vie de
la charilé, et que l'instl'umental du cuIle, c'est le geste et la prière;
ou, que le pl'incipal du culle est la vie de la chal'ité, et le secon­
daire du culte la pl'ière : d'après cela il est évident que ceux qui
placent tout culle Divin dans la piété orale, ct ~on dans la piété ac­
tuelle, sont dans une gl'ande el'I'eUl'; la piété actuelle consiste à
agir dans touLe œuvl'e et dans toute fonction d'après le sincère et
le droit, et d'apl'ès le juste et l'équitable; el cela, parce que le Sei­
gneur l'a commandé dans la Parole; car, de cette manièl'e, l'homme
dans tout ce qu'il fait tourne ses regards vers le Ciel et vers le Sei­
. gneur avec lequel il est ainsi conjoint; mais agir avec sincérité et
droitul'e, avec justice et équité, seulement pal' crainte de la loi ct
par crainte de perdre l'éputation, hOllneUl' et profit, et ne pensel'
aucunement à la Loi Divine, aux préceptes de la Parole, ni au Sei­
gneur, et cependant prier avec dévotion dans les temples, c'est de
la piété extel'ne, laquelle, quelque sainte qu'elle paraisse, n'est ce­
pendant pas de la piété, mais c'est ou de l'hypocrisie, ou une sorte
de feinte contractée par habitude, ou une sorte de pel'suasif prove­
nant du faux pl'incipe qu'en cela seul consiste le Culte Divin; cal'
on l'egarde \'ers le Ciel et vers le Seigneur', non de cœUl' mais des
yeux, le cœur regarde vers soi et vers le monde, et la bouche parle
d'après l'hahitude du corps seul et d'apl'ès la mémoire; par là cet
homme est conjoint au monde et non au Ciel, ct aussi à lui-même
et non au Seigneur. D'après cela, on peut voir ce que c'est que la
piéLé, puis aussi, ce que c'est que le Culte Divin, et que la piété
actuelle est le culte même; sur ce sujet voi,' aussi ce qui a été dit
dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, ND' 222, 22&, 358, 359,
360, 528, 529, 530; et ce qui a été dit dans la DOCTRINE DE LA
NOUVELLE JÉRUSALElIl, ND' 123 ~ 129; où sont aussi ces paroles:
« La piété consiste à pensel~ cl à parler pieusement, à s'adonnel'
II beaucoup à la prièl'e, à se comporter alors avec humilité, à fré­
Vers. 8. CHAPITRE CINQUIÈME. 101
» quenter les Temples, et à )' écoutel' a\'oo dévotion les prédica­
)l tions, et participer fréquemment chaque année au Sacrement de
» la Cène, et à assistel' aux cérémoniùS, du culte selon les statuts
» de l'Église. Mais la Vie de la charilé, c'est de vouloir du bien et
» de faire du bien au {ll'ochain, d'agir dans tout ouvrage d'après
» le juste et l'équitable, d'après le bien et le vrai, pareillement
)l dans toute fonction; en un mot, la vie de la charité consiste à

l) fail'e des usages. Le Culle Divin consiste principalement dans la

Il vi~ de la chal'ilé, et en second ordre dans la vie de la piété; c'est

II pourquoi celui qui sépal'e l'une de l'autre, à savoir, celui qui mène

» la vie de la piété, et non en même temps la vie de la charité, ne


» rend pas un cuIle à Dieu; en effet, la vie de la piété n'a de valeur
» qu'autant que la vie de la charité lui a été conjointe, car celle-ci
;) est la principale, el telle est celle-ci, telle est l'autre, )1 N°' 124,
128. Que le Ciel soit insinué pal' le SeigneuI' dans la piété actuelle
de l'homll1€, et non dans la piété, orale ou exteme sépal'ée de la
piété actuelle, c'est ce qui m'a été prouvé par de nombreuses expé­
riences; en effet, j'en ai vu plusieurs qui avaient placé tout le culle
dans la piété orale et externe, et n'avaient en outre, dans leUl' vie
actuelle, nullement pensé aux préceptes du Seigneur dans la Pa­
role, ou nullement pensé que le sincère et le droit, le juste et l'é­
quitable dussent êtl'e faits d'après la religion, ainsi d'apl'ès une
ol'igine spil'jtuelle, mais qu'ils devaient les fail'e seulement d'apl'ès
la loi civile, et aussi d'après la loi morale, afin de se montre" sin­
cères et justes pOUl' la l'éputation, et cela pOUl' l'honneur et le pro­
fit, croyant qu'ainsi ils viendraient dans le Ciel de préfél'ence aux
aUll'es; c'esl pOUl'quoi ils fUl'ent, conformément à leUl' foi, élevés
dans le Ciel; mais quand les Anges eUl'ent perçu qu'ils adol'aient
Dieu seulement de bouche et non de cœur, et que leur piété ex:tcl'ne
ne lwocédait pas de la piété actuelle, qui appal'tient à la vie, ils les
chassèrent; et plus tal'd ils fUI'ent associés,à ceux qui avaient cu une
vie semblable à la leUl', et ils furent privés de leUl' piété et de leUl'
sainteté, puisqu'elles avaient été intéricUl'ement souillées pal' les
maux de la vie: par là il fut encore évident pour moi que le Culle
Divin consiste principalement dans la vie de la charilé, et en second
ordre dans la piété externe. CO,mme le Culte Divin même consiste
principalement dans la vie el non dans les pl'ièl'es, c'est pOUl' cela que
102 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 325.

le Seigneul' a dit qu'en priant il ne faut pas multiplier les pal'oles, ni


être prolixe, li Quand vous priez, ne multipliez pas les paroles,
comme les paiens, car ils s'imaginent que par la multitude
des paroles ils seront exaucés; ne vous rendez donc pas sem­
blables t{ eux. ) - Matth. VI. 7, 8. - Maintenant, puisque le
Culte Divin même consiste principalement dans la vie de la cha­
rité, et en second ordre dans les prières, voilà pOUl'quoi par les
prières dans le sens spirituel de la Parole il est entendu le culte
d'après le bien spirituel, c'est-à-dire, d'apl'ès .la vie de la charité,
car ce qui est le principal est entendu dans le sens spirituel, mais
le sens de la lettre se compose des secondaires, qui sont les effets
et qui cOl'I'espondent. Les prières sont aussi nommées dans un gr'and
nombre de passages de la Parole; mais comme les prières procè­
dent du cœur, et que le cœur de l'homme est tel qu'est la vie de
l'amolli' et de la charité, c!est pour cela que par les prièl'es, dans le
sens spirituel, il est entendu cette vie et le culte qui en procède;
comme dans les passages suivants; dans Luc: II Veillez donc en
tout temps, en priant, afin que vous soyez trouvés dignes d'é­
chapper à toutes ces choses qui doivent arriver, et de sub­
sister devant le Fils de l'homme. ) - XXI. 3.6. Marc, XIII.
33 ; - par veiller en tout temps il est signifié s'acquél'il' la vie spi­
rituelle, voir ci-dessus, N° 187; c'est même pOUl' cela qu'il est dit
l( en priant, ) parce que la prière est l'effet de cette vie, ou en est

l'externe, qui a de la force en proportion qu'il procède de la vie, car


la vie spirituelle et les prières sont comme l'âme et le COI'pS, et
comme l'interne et l'extel'lle. Dans Marc: Il Jésus dit: Toutes
les choses qu'en priant vous demandez, croyez que vous (les)
recevrez, alors (cela) vous sera fait; mais quand vous vous
présenterez faisant une priere, pardonnez si vous avez quel­
que chose contre quelqu'un. » - XI. 2!J, 25; - ici aussi par
prier, demander et faÏl'e une prièl'e, il est entendu dans le sens spi­
l'ituella vie de l'amour et de la charité, car ceux qui sont dans la
vie de l'amour el de la charité, le Seigneur leur suggère ce qu'ils
doivent demander, aussi ne demandent-ils autre chose que ce qui
eslle bien, et cela leur est fait; et parce que la foi vient aussi du Sei­
gneur, c'est pour cela qu'il est dit l( croyez que vous recevrez; » et
comme les prières procèdent de la vie de la charité et sont selon
Vers. 8. CHAPITRE CINQUIÈME. 103
cette vie, c'est pour cela qu'afin qu'il soit fait selon les pl'ières, il
est dit aussi (1 quand vous vous présenterez faisant une prièl'e, pal'­
donnez si vous avez quelque chose contre quelqu'un. Il Que par
(1 quand YOUS vous pl'ésenterez faisant une prière, Il il soit signifié

quand on est dans le Culte Divin, c'est encore ce qui est évident
en ce que la même chose, qui est dite ici de ceux qui font une prière,
est dite aussi de ceux qui présentent une offrande SUl' l'Autel, dans
Matthieu: « Si tu présentes ton offrande sur l'autel, et que tu
te sou"iennes que ton {rere a quelque chose contre toi, laisse
r
là ton offrande devant Autel, et premièrement réconcilie­
toi avec ton frère, et al6rs viens, présente ton offrande. II ­
V. 23, 24; - présenter une offrande SUl' l'Autel, signifie tout
Culte Divin, et cela parce que le Culte Divin chez cetle nation con­
sistait principalement à offrir des holocaustes et des sacrifices, par
lesquels en conséquence étaient signifiées toutes les choses du culte,
voir la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM, N°· 214, 221;
de là il est évident que prier ou faire uue prière signifie la même
chose que présentel' une offrande sur l'Autel, à savoir, le culle d'a­
pl'ès le bien de l'amoUl' et de la charité. Dans le Même: (1 Jésus
dit,: Il est écrit: Ma Maison sera appelée maison de prières;
,mais vous, vous en a1)ez {ait une caverne ·de brigands. II ­
XXI. 13, Mal'c, XI. 17. Luc, XIX. 46;-par la Maison du Sei­
gneUl' il est signifié l'Église, et par les prières le Culte, là; et pal'une
c!verne de brigands- la prof~nation der~glise et du -cu!te;" d'après
. _..

cet opposé il est encore évident que les prières signifient le culte
d'apl'ès le bien de l'amour et de la charité. Dans David: II A Dieu
j'ai crié de ma bouche; sij'eusse eu en vue l'iniquité dans
mon cœur, le Seigneur ne m'eût point écoulé;, mais Dieu m'a
éCO,lIlé, il a été allenlll à la voix de mes prieres. II -Ps. LXVI.
17, 18, 19; - comme les prières sont telles qu'est le cœur de
l'homme, et qu'en conséquence il n'y a point de pl'ières qui appar­
tiennent' à un culle quelconque, si le cœur est mauvais, c'est pOUl'
cela qu'il est dit « si j'eusse eu en yue l'iniquité' dans {llou cœur, le
Seigneul' ne m'mU point. écouté, Il ce qui signifie qu'il n'eClt point
l'eçu le culte; le creul' de l'homme est son amour, et l'amour de
l'homme est sa vie même; de là les prièl'es de l'homme sont telles
qu'est son amour, ou telles qu'est sa vie"d'oü il suit que les prières
iOta L'APOCALYPSE EXPLIQUEE. 1\" 325.

signifient la vie de son amour et de sa charité, ou que cette vie est


entendue dans le sens spirituel par les prièl'es. Un plus gl'and nom­
Iu'e de passages pourraient être rapportés, mais comme l'homme
ne sait pas que sa vie et ses prièl'es font un, et que par suite il ne
peut que percevoÏl' qu'il est entendu seulement des prières, quand
dans la Parole il en est fait mention, cela serait pal' conséquent su­
perflu. En outre, quand l'homme est dans la vie de la chal'ilé, il
prie continuellement, sinon de bouche du moins de cœur, car ce qui ­
àppartient à l'amour est continuellement dans la pensée, même à
l'insu de l'homme, selon ce qui a été dit dans la DOCTRINE DE I.A
NOUVELLE JÉRUSALEM, N°s 66, 66, 67; de là il est encore évident
que la pl'ière dans le sens spirituel est le culle procédant de l'a­
mour. Mais c'est ce que ne senlent pas ceux qui placent la piété
dans les prières et non dans la vie, bien plus ils pensent l'opposé;
ceux-là ne savent pas même ce que c'est que la Piété actuelle,
326. Et ils chantaient un Cantique nouveau, signifie la
reconnaissance et la confession d'après lajoie du cœur: on le
voit pal' la signification du Cantique, en ce qu'il est la reconnais­
sance et la confession d'après la joie du cœur, ici la reconnaissance
et la confession qu'au SeigneUl' quant au Divin Humain appartient
tout pouvoir dans les Cieux et dans les terres; qu'il y ait confes­
sion sur ce point, c'est parce qu'il s'agit de ce sujet. Si chanter
un Canlique signifie la confession d'.apl'ès la joie du cœur, c'est
parce que .la joie du cœur, quand elle est dans sa plénitude, se mani­
feste par le chant; et elle se manifeste par le chant, parce que, quand
le cœur est plein de joie, et que par suite la pensée en est aussi
remplie, 'la joie s'épanche par le chant, la joie même du cœur par
le son du chant, et la joie de la pensée par le cantique; la qualité
de la joie de la pensée se montre par des paroles de cantique ·con­
formes et convenables à la chose qui est dans la pensée d'après le
cœur, et la qualité de la joie du cœur par l'harmonie, et la quanlité
de joie par l'élévation du son et des paroles dans le son; toutes
ces choses découlent comme sponlanément de la joie même, et cela
parce que lout le Ciel a été formé selon les affections du bien et du
vl'ai, le Ciel supl'ême selon les affections du bien, et le Ciel moyen
selon les affections du vl'ai; ainsi, tout le Cial a aussi élé formé pOUl'
les joies, cal' Ioule joie provient de l'aO'cction ou de l'amour; o'est
'~:" ..:.. .. .J
\'cr'~. O. CHAPITRE CINQUIÈME. 105
de là que dans tout langage Angélique il existe une sorte d'accol'd
(concel/lus); mais ces choses peu\'ent être plus amplement saisies
et compl'iscs d'après ce qui a été dit et expliqué dans le Traité DU
CIEL ET DE L'ENFER, à savoir, que les PenséeS et les Affections des
anges se répandent selon la forme du Ciel, No, 200 à 212, et 265
à 275 : et que par suite il y a une sorte d'Accol'd dans leur lan­
gage, N° 242 : que le son du langage des anges correspond à leurs
affections, et que les articulations du son, qui sont les mots, cor­
_ respondent aux idées de la pensée qui provient de l'affection,
No, 236, 241 : et en outre dans les ARCANES CÉLESTES, N°' 1648,
1649, 2595, 2596, 3350, 5182, 8115 : de là il est évident que
c'est d'après le monde spirituel, et non pas, comme on le croit,
d'apl'ès le monde natmel, que l'harmonique du chant et aussi l'Art
Musical peuvent exprimel' les divers genres d'affections et être ap­
pliqués aux choses; sur ce sujet, voir aussi dans le Traité DU CIEL
ET DE L'ENFER le N° 2111. C'est pour cette même raison que dans
le culte saint chez la nation Juive et Israélite il a été employé plu­
sieurs gem'es d'instruments de Musique, dont chacun avait été ap­
pliqué à des affections du !.lien céleste ou à des affections du !.lien
spirituel, et par suite à des joies, au sujet desquelles il était évan­
gélisé; les instruments à cordes avaient été appliqués aux affections
du bien spirituel, et les instruments à vent aux affections du !.lien
céleste; on y ajoutait des chants avec des cantiques, par lesquels les
convenances des sujets étaient formées avec les sons des affections:
tels étaient tous les Psaumes de David, aussi sont-ils appelés Psau­
mes du mot Psallere (Psalmodier), et aussi Cantiques : d'après
ces explications, on peut encore voir pourquoi il est dit que les quall'e
Animaux et les vingt-quatre Anciens avaient des harpes, et chan­
taient aussi ce Cantique. Que le Chant et chanter un Cantique si­
gnifient la reconnaissance et la confession d'apl'ès la joie du cœur,
on le voit dans les passages suivants; dans Ésaïe: « Tu diras en
ce jour-là : Je Tc confesserai, Jéhovah! voici le Dieu de mon
salut, l aurai confiance, et je ne craindrai point, car ma force
et nzon Cantique, (c'est) J ah, Jéhovah; il nz'a été à salut;
alors vous puiserez des eaux des fontaines du salut; et vous
direz en cc jour-là .. Çonfessez Jéhovah, invoquez son Nom;
chantez à J éhol1ah; p()usse des acclamations et éclaie en ju­
106 L' APOCALYPSE EXPLIQUEE. N" 326.

bilation, habitante de Sion, parce que grand (est) au milieu de


toi le Saint d'Israël. Il - XII. 1 à 0; - ainsi est décl'ite la con­
fession d'après la joie du creUl' àcause de l'avénement du Seigneur,
et de sa Divine Puissance de sauvel'le geOl'e humain, que ce soit la
confession, cela est évident, car d'abord il est dit « je Te confesserai,
Jéhovah! 1) et aussi ensuite «( confessez Jéhovah; Il la confession que
le SeigneUl' pal' sa Divine puissance doit sauver le genre humain,
est décrite par ces expressions (1 Dieu de mon salut, j'aurai con­
fiance, je ne craindrai point, car ma force, c'est Jéhovah; il m'a·élé
à salut; alors VOllS puiserez des eaux des fontaines du salut, et vous
dil'ez en ce jOUl'-là, grand est au milieu de toi le Saint d'Isl'aël; )1
en ce jOUl'-là, c'est quand le Seigneul' doit ven il' ; le Saint d'Isralll
est le Seigneur; la joie qui en procède, c'est-à-dire, la joie de la
confession, est décrite par (1 chantez à Jéhovah, pousse des accla­
mations et éclate en jubilation, habitante de Sion; Il l'habitante et
la fille de Sion, c'est l'Église où le Seigneur est adol'é; Il mon Can­
tique, c'est Jah, )1 signifie ici la célébration et la glal'Îficalion du
Seigneur. Dans le Même: Il Chantez, à Jéhovah un Cantique
nouveau; (chantez) sa louange, extrémité de la terre! qu'ils
élèvent la voix, le désert et ses villes! qu'ils chantent, les ha­
bitants du rocher! que du sommet des montagnes ils crient!)l
- LXII. 10, H;-là, il s'agit aussi de l'avénement du Seigneur,
et de l'instauration de l'Église chez ceux qui ont été hors de l'É­
glis~, ou chez ceux qui n'avaient pas la Parole, et qui auparavant
ne connaissaient pas le SeigneUl' ; Il chanter un Cantique nouveau, )1
signifie la confession d'après la joie du cœur; Il chantez sa louange,
exll'émite de la terl'e, Il signifie la confession de ceux qui sont éloi­
gnés de l'Église; l'extrémité de la tel'I'e, c'est où ce qui appartient
à 1',Église cesse d'être, la tene est l'Église ; le désert et ses villes
qui élèveront la voix, signifient ceux chez qui il n'y a pas le bien
parce qu'il n'y a pas le V1'ai, que cependant ils désirent; les habi­
tants du roche!' signifient le bien de la foi pour eux; le sommet
des montagnes signifie le hien de l'amour pour eux; chanter et
criel', c'est par suite la confession d'apl'ès la joie du mental (ani­
mus) et du cœUl'. Dans 10 Même: l( Jéhovah consolera Sion, il
conSOle7"a toutes ses db'astations, et II placera son désert
comme Éden, sa solitude comme (e jardin de J ého·ville; aJ(é­
Vers. 9. CHAPITRE CINQUIÈME. 107
gresse et joie seront trouvées eu elle, confession et voix de
chant. Il - LI. 3. LII. 8, 9; - ces paroles concernent aussi l'a­
vénement du Seigneur, et l'instaUl'alion de l'Église qui alors était
,dévastée ou enlièrement pel'due; Sion signifie l'Église où le Sei­
gneur 'doit êlre adoré; ses dévastations signifient le manque de vrai
et de bien parce qu'il n'y a pas les connaissances; placer le désert
comme Éden, et la solilude comme le jardin de Jéhovah, signifie
que le vrai elle bien seront pour eux en abondance; le désert, c'est
où il n'y a point de bien; et la solitude, où il n'y a point de vrai;
Éden signifie le bien en abondance, et le jardin de Jéhovah signifie
'le vrai en abondance; comme le chant et le cantique signifient la
confession d'après la joie du cœUI', c'est pOUl' cela qu'il est dit
qu'en elle il y aura allégresse et joie, confession et voix de chant;
la voix de chanl est le canlique. Dans les Lamentations: li Les
Anciens à la porte ont cessé d'être, les jeunes gens (de chan­
ter) leur chant; elle a cessé, lajoie de notre cœur. Il - V. 1h,
15; - « les Anciens à la porte ont cessé d'etre, Il sigllilie que ceux
qui sont dans les vrais d'après le bien, ou abstractivement les vJ'ais
d'apl'ès le bien, par lesquels il y alntl'oduction dans l'Église, n'exis­
tent point; 'li les jeunes gens de chantel' leur chant, Il signifie que
les vrais eux-mêmes ont été entièrement privés de leur affection
spiJ'ituelle, et ainsi de leur joie; et comme c'est là ce qui est si­
gnifié, voilà pourquoi il est dit li elle a cessé, la joie de notre cœur. Il
Dans Ézéchiel: « Je ferai cesser le bruit de tes Cantiques, et
la voix de tes harpes ne sera plus entendue. Il - XXVI. 13;
-le bruit des Cantiques signifie les joies des confessions; la voix
des haJ'pes signifie les allégresses pl'ovenant des vrais et des biens
spirituels. Dans David: « Jéhovah (est) ma force, et je suis se­
couru; mon cœur bondit, et par mon Cantique je Le confes­
serai. Il - PSt XXVlll. 7; - comme le Cantique signifie la con­
fession d'après la joie du cœUI', c'est pour cela qu'il est dit « mon
cœur bondit, et par mon Cantique je Le confesserai. JI Dans le
Meme: « Justes, chantez à Jéhovah 1 confessez Jéhovah avec
la harpe, avec le nablion à dix cordes psalmodiez-Luil chan­
tez-Lui un Cantique nouveau! rendez un beau toucher avec
cri retentissant! Il -,- l's. XXXIII. 1, 2,. 3 ; - comme la joie
du cœur procède de l'amoul' céleste ct de l'amopl' spirituel, c'est
108 L'APOCALYPSE EXPLlQUÉB. N"326.

pour cela qu'il est dit le justes, .chantez à Jéhovah, confessez Jého­
vah avec la harpe, avec le nahlion à dix corùes psalmodiez-Lui; l)

justes, chantez, se dit de ceux qui sont dans l'amour céleste; con­
fessez avec la hal'pe et psalmodiez avec le nablion à dix cordes, se
dit de ceux qui sont dans l'amoul' spirituel; que ceux qui sont dans
l'amOlli' céleste soient appelés Justes, on le voit ci-dessus, N° 20&;
et que la Impe et le nahlion se disent de ceux qui sont dans le
bien spirituel, on le voit aussi ci-dessus, N° 323; et comme le
Cantique est la confession d'après la joie qui provient de ces amours,
voilà pOUl'quoi il est dit le confessez Jéhovah, chantez-Lui un Can­
tique nouveau, ) l'exaltation de la joie d'après la plénitude est si­
gnifiée pal' Il l'enùèz un beau toucher avec cri retentissant. 1) Dans
le Même: Cl Je touerai te Nom de Dieu par un Cantique, et je
Le magnifiel'ai par une confession. l) - Ps. LXIX. 31; ­
dans le Même: Il Quandj'irai avec eux à la Maison de Dieu,
avec voix de Chant et de confession, la multitude faisant
flle, »-Ps. XLII. 5 ;-ùans le Même: l( Confessez Jéhot'ah!
invoquez son Nom! ch{(nte~Lui! psalmodiez-Lui! 1) -Ps. CV.
1., 2. CXLlX. 1 ; - dans le Même: Il Je confesserai Jéhovah
,çeton sa justice, et je chamerai le Nom de Jéhovah le TI'es­
/Iaut. l) - Ps. VII. 18; - dans le Même: le Prêt est mon
cœur, je chanterqi et je psalmodierai; excile-toi, ma gloire;
excite-loi, nahlion et lun'pe ; je Te confesserai parmi les na­
tions, Seigneur, je Te psalmodierai pa1'mi les peuples. Il ­
Ps. LVlI. 8, 9, 10; - comme chanter un Cantique signifie la
confession d'après la joie du cœur, c'est pOUl' cela que dans ces
passages il est dit l'un et l'autre, confesser et chantel',. confession
et cantique, voix de chant et voix de confession. LOI'squ'i1 s'agit de
l'avénement du Seigneur, il est dit un Cantique nouveau, et aussi,
que la terre, la mer, le champ, la forêt, les arbl'es, le Liban, le désert,
et plusieurs autres choses, se l'éjouissent et bondissent, comme
dans les passages suivants; dans David: Il Chantez à Jéhovah
un Cantique nouveau! poussez des cris à Jéhovah,. toute la
terre! écriez-vous, faites dr.~ acclamations, el chantez, avec
harpe et t'oix de chant, at'ec trompettes et voix de claIron,
pOlissez des cris devanl le Roi, J éhol'tlh! que fassent 1'etentù'
lellr bruit, la mer et sa ptfllÏlllde, le Globe, et ceux qui y Ila­
Vers, 9, CHAPITlŒ CINQUIÈMg. 1. OH
bitellt 1 que les Ilem>cs applaudissent de la mili", qu'en mêm
temps les montagne.s éclatent enjubilntion! Il - Ps. XCVIII;
1, li, 5, 6, 7, 8; - dans le Même: (( Chantez à JéhoVah un
Cantique nouveau; chantez à J élzovah, toute la terre! chan-
tez cl Jéhovah, bénissez son Nom, évangélisez dejoU" en jour
son salut; dans l'allégresse seront. les cieux et dans la joie
sera la terre, dans l'agitation ser'a la mer et toute sa pléni-
tude, de joie bondim le champ et tout ce qui (est) en lui, alors
chanteront tous les arbres de la forêt. 1 1 - Ps, XCVI. 1., 2,
H, 12; - dans le Même: (( Chantez ci Jéhovah un Cantique
nouveau, sa louange dans l'assemblée des saints! qu' f sraël se
rrjouisse en ceux qui l'ont fait! que les fils de Sion bondis-
sent de joie en leur Roi! qu'ils louent son Nom dans la danse!
avec tambour'in et har'pe qu'ils Lui psalmodient! )l - Ps.
CXLIX. 1., 2, 3; - dans Ésaie : «( Chantez à Jéhovah un
Cantique nouveau, (chantez) sa louange, ext1'émité de la terre!
qu'ils élèvent la voix, le désert et ses villes! 1 1 - XLII. 10,
11 ; - dans le Même: (( Chantez, Cieux! parce que Jfhovah
fl opéré; éclatez en jubilation, lieux infél'ieurs de la terre!
faites retentir des chants, montagnes, forêt et tout arbre en
elle! par'ce que Jéhovah a J'acheté Jacob, et'en fsmël il s'est
l'endu glol'ieux. II - XLIV, 23. XLIX. 13; - dans ces pas-
sages, il s'agit du SeigtTeur, de son avéncment, et de la salvation
par Lui; et comme ces choses devaient arriver, c'est pour cela
qu'il est dit « un Cantique nOU\'eau; Il la joie qui en résulte est dé-
crite non-seulement par chantel', psalmodier, faire retentir, éclatel'
en jubilation, applaudir, mais aussi" pal' les divers instruments de
Musique, qui concordaient avec le son; et qu'aussi il est dit, qu'en-
semble les fleuves, la mer, le champ, les forêts, les arbres, le Li-
ban, le désel't, les montagnes et plusieul's autres choses, se réjouis-
saient, bondissaient, éclataient en jubilation, chantaient, applau-
dissaient et cl'iaient ; si de telles choses se disent de ces objets, c'est
parce qu'ils signifient de semblables choses qui appartiennent à l'É-
glise, et pal' conséquent de semblables choses qui sont chez l'homme
de l'Église; les fleuves, celles qui appal'tiennent à l'intellig'ence; la
mer, celles de la science qui sont en concol'dance avec les vrais et
les biens; le champ, le bien de l'Église; les forêts, les \'l'ais de
HO L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 326.

l'homme naturel; les arbl'es, les connaissances; le Liban, le vrai


et le bien spil'ituel ; le désert, le désir du vrai pOUl' que le bien en
procède; les montagnes, les biens de l'amour; .toutes ces choses
sont dites chanter, faire retentir, éclater en jubilation, cl'ier et ap­
plaudir, quand elles viennent du ciel, cal' alors la joie céleste est en
elles, et par elles dal1s l'homme; en effet, l'homme n'est pas dans
la joie céleste, à moins que les choses qui sont chez lui, lesquelles
sont les vrais et les biens, ne viennent du ciel; de là la joie du cœur
qui est véritablement joie, et la joie de l'homme chez qui elles sont:
d'après cela on peut voil' pourquoi ce qui se dit de l'homme est dit
pareillement de ces choses, à savoir, parce que la joie est en elles
et pal' elles chez l'homme: une telle joie est dans tout bien spiri­
tuel et dans tout bien céleste, et par suite chez ceux chez qui sont
ces biens, cal' le Ciel avec sa joie, c'est-à-dire, le Seigneur pal'
le Ciel, influe dans les biens et par suite dans les vrais qui procè­
dent de Lui chez l'homme, et par eux dans l'homme, et non dans
l'homme qui en manque ou qui est vide; ce sont ces biens et ces
vrais qui, par l'influx. procèdant du Ciel, bondissent,- éclatent en
jubilation, font l'etentir, chantent, psalmodient, c'est-à-dire; se l'é­
jouissent, et par suite c'est le cœur de l'homme. Comme il y a di­
verSes a/t'ections du bien et du vl'ai, et que chacune se manifeste
par un son convenable, c'est pour cela que dans la Parole, et SU1'­
tout dans David, il est parlé de diverses genres d'instruments, pal'
lesquels de semblables affections sont signifiées; celui qui connait
le sens interne 11e la Pal'ole, et en même temps les sons des instru­
Rlents qui y sont nommés, peut savoil' quelle affection y est signifiée
et décl'ite; les Anges le savent par lem' nom seul et en même temps
.par le sujet décrit là par leurs sons, quand l'homme lit la Parole;
comme, par exemple, dans David: « Tous les peuples, frappez
des mains! rriez ù Dieu avec voix de chant! Dieu est monté
avec un cri, et Jéhovah avec voix de trompette; chantez à
Dieu, chantez à notre Roi, parce que Roide toute la terre
(est) Dieu; chantez un maskil! 11- Ps. XLVII. 2,6,7,8,9;
- dans le Même: « Ils On( vu tes démarches, 6 Dieu! les dé­
marches de mon Dieu; devant allaient des chantres, ensuite
des joueurs d'instruments à cordes, au milieu de jeunes {llles
bauant du tambourin. Il - Ps. LXVIII. 25, 26, 27; - dans
Vers. 9. CHAPITRE CINQUn~ME, Hi
le Même: Cl POll,çsez des fl('c!mnnli01lll il Dieu notre (or('e!
criez au Dieu de Jacob! élevez le ('hant, et donnez du tam­
bourin, de la harpe agréable avec le nablion, entonnez pour le
mois la trompette! ) - Ps. LXXXI. 2, 3, !J; - dans le Même:
II.Louez Dieu avec son de tl'ompette, avec nablion et harpe,
avec tambourin et danse, avec luth et orgue, avec cymbales
sonores, avec cymbales retentz'ssantes!) - Ps. CL. 3, !J, 5;­
tous les instruments nommés dans ces passages signifient des af­
fections, chacun la sienne, et cela d'après la concordance de leurs
sons; car ce sont les affections qui pl'oduisent les variétés de sons
chez les .hommes, d'où il résulte aussi que les affections sont con­
nues d'après les sons, comme il a été dit ci-dessus dans cet Article.
A cela j'ajouterai un arcane: Les Anges qui constituent dans le
Ciel le Royaume céleste du Seigneur puisent le sens interne de
la Parole d'après la seule affection de l'homme, quand il lit la Pa­
role, cette affection rejaillissant aussi du son des mots dans la Lan­
gue originale ;. mais les Anges qui sont dans le Royaume spirituel
du Seigneur puisent le sens interne d'apl'ès les vrais que les mots
contiennent; ainsi c'est du Royaume céleste que provient la joie du
cœur chez l'homme qui est dans l'affection sph'ituelle, et c'est du
Royaume Spil'ituel que pl'ovient la confession qui résulte de celle
joie; les sons des instl'Uments de Musique, qui ont été nommés
dans ces passages, élèvent l'affection, et les vrais la forment; c'est
même ce que savent ceux qui sont hahiles dans l'art musical: pOUl'
cette .raison les Psaumes de David ont été appelés Psaumes, du
moL Psallere (Psalmodier); et aussi Cantiques; du mot Canere
(Chantel') ; en effet, ils étaient psalmodiés et chantés, en y joignant
les sons de divers instruments; il est notoire qu'ils ont été appelés
Psaumes par David lui- même, puisque la plupal't portent celle
inscription; ceux qui sont appelés CANTIQUES sont les suivants:
Ps. XVlII. 1.• Ps. XXXIII. 1,2. Ps. XLV. L Ps. XLVI. 1.
Ps. XLVlII. 1. Ps. LXV. 1. Ps. LXVI. 1. Ps. LXVII. L Ps.
LXVIII. 1. Ps. LXXV. 1. Ps. LXXVI. 1. Ps. LXXXVII. 1.
Ps. LXXXVIII. 1. Ps. XCII, 1. Ps. XCVI. 1. Ps. XCVIII. 1.
Ps. CVIII. 1. Ps. CXX. 1. Ps. CXXI. 1. Ps. CXXII. L Ps.
CXXIII. 1. Ps. CXXIV. 1. Ps. CXXV. L Ps. CXXVI. 1. Ps.
CXXVII. L Ps. CXXVIII. 1. Ps. CXXIX. 1. Ps. CXXX. 1.
112 L'APOCALYPSE E..'(PLlQl1~E. J\"3~6.
Ils. CXXXI. 1. Ps. CXXXU. 1. Ps. CXXXIlI. 1. Ps. CXXXIV.
1. - On pourl'ait rapporter d'après la Parole plusieurs choses sur
le Chant et sur le Cantique, èt montrel' qu'ils signifient les confes­
sions d'après la joie du creu l', mais elles seront omises à cause de
leur grand nombre; celles qui ont été rapportées sutl1senl. ."
327. Disant: Digne tu es de prendre le livre et d'en ou­
vrir les sceaux, signifie que le Seigneur d'après le Divin Ilu­
main possède la Toute-Puissance et la Toute-Science.: on le
voit pal' toutes les choses qui précèdent; en effet, jusqu'ici il a été
montré que le SeigneUl' par le Divin Humain possède la 'foute­
Puissance et la Toute-SCience, et que par suite le Jugement Lui
appartient; que ce so"il là ce qui est entendu par digne tu es (Je
prendre le livre et d'en ouvrir les sceaux, on le voit clairement
par la sél'ie' des choses expliquées depuis le commencement de ce
Chapitre'jusqu'ici; je vais les rapporter en ordl'C; à savoir, parl( je
vis dans la main droite de Celui qui était assis sur le trône, » est
signifié le SeigneUl' quant à la Toute-Puissance et quant à la Toute­
Science, N° 297; par (( un livre écrit en dedans et par derrière,
scellé de sept sœaux, Il est signifié l'état de la vie de tous dans le
Ciel et SUI' la terre, entièl'ement caché, N°' 299, 300; par l( je vis
un Ange puissant qui criait à voix grande: Qui est digne d'ouvrir
le livre et d'en rompre les sceaux, Il est signifié l'examen, si quel­
qu'un est tel, qu'il sache et pel'çoive les états de la vie de tous,
N°' 302, 303 ; pal' l( pel'sonne ne put dans le Ciel, ni sur la terre,
ni sous la terl'e, ouvrÏl' le Livl'e, Il il est signifié que personne ne le
peut nullement de soi-même, N° 30lI; par Il voici, il a vaincu, le
Lion qui est de la tribu de Jehudah, la racine de David, pour ou­
VI'i1' le livre et en rompre les sept sceaux, )1 il est signifié que le Sei­
gneur, par la pl'opre puissance, a suhjugué les Enfers et remis
toutes choses en ol'dre dans les Cieux, et cela par fe Divin Bien un~
au Divin Vrai dans son Humain, N°' 309, 310; pal' l( je vis un
Agneau debout, ayant sept cornes et sept yeux, li est signifié le Sei­
gneur quant au Divin Humain, en ce que par ce Divin Humain il a
la Toute-Puissance et la Toule-Science, N°' 3U, 316, 317; par
l( et il \'int et prit le livl'e de la main droite de Celui qui était assis
sur le Trône, Il il est signifié que ces choses viennent de son Divin
Humain, N° 319: de IiI il est maintenant é\'ident qu'ici parle digne
Vel'S, \l, CHAPITUE CINQUlÈMK H3
tu es de prend,'e le livre et d'en OUVl'i!' les scea~x, II signifie que le
SeigneUl' d'apl'ès le Divin Humain possède la Toute-Puissance ct
la 'foute-Science.
328. Parce que tu as été tué et nous as rachetés li Dieu
en ton sang, signifie la séparation de tous d'avec le Divin, et
la conjonction avec le Divin par la reconnaissance du Sei­
gneur, et par la réception du Di'ln'n Vrai qui procède de Lui:
on le voit d'après la signification du tué, quand il s'agit du Sei­
gneur, en ce que c'est la sépal'ation de lous d'avec le Divin; - en
effet, être tué signifie dans la Parole être tué spil'ituellement, c'est­
à-dire, périr par les maux et par les faux, comme il a été monLL'é
ci-dessus, N° 315 ; et comme le Seigneur n'est pas non plus chez
èeux-Ià, cal' il est nié, c'est pour cela que pal' tué, quand il s'agit
du Seigneur, il est signifié non reconnu, comme ci-dessus, N° 315,
et aussi nié, et quand le 8eigneUl' est nié, il est comme tué chez eux,
et eux pàl' là sont séparés d'avec le Divin, puisque ceux qui nient
le Seigneul', c'est-a-dil'e, son Divin, se séparent entièrement du
Divin, cal' Lui-Même est le Dieu de l'univers, et Lui-Mème est un
avec le Père, le Père est en Lui et Lui dans le Père, et personne
ne vient au Père que par Lui, comme le Seigneur Lui-Même l'en­
seigne; c'est pourquoi, ceux qui dans l'Église ne reconnaissent pas
le Divin du Seigneur, et encore plus ceux qui le nient de cœur, ont
été entièl'ement séparés du Divin; nier ce Divin est entendu ici pal'
Le tuer chez soi; cela est aussi entendu dans le sens intel'lle de ia
Pal'ole pal' « ils ont crucifié le SeigneUl" II voir ci-dessus, N°' 83,
195 f.; car les Juifs, chez qui était alors l'Église, ont nié que le
Seigneur fOt le Christ, et pal' là ils se sont séparés du Divin, et
c'est pour cela qu'ils l'"ont livré à la mort ou crucifié; c'est aussi
ce que font aujourd'hui ceux qui nient son Divin; de là les Prédi­
cateUl's disent ordinairement que ceux qui mènent une mauvaise
vie et qui Le blasphèment, Le crucifient chez eux; c'est donc là ce
qui est signifié ici pal' il a été tué; - et d'après la signification
de tu nous os rachetés à Dieu en ton sang, en ce que c'est qu'il
nous a conjoints avec le Divin par la l'econnaissance de Lui, et pal'
la l'éccption du Divin Vrai qui procède de Lui, cal' "achetel' signifie
délivrel' de l'Enfer, et pal' là Se les apPl'oprier, et ainsi les con­
joindl'e au Divin, comme on le VCI'l'a pal' les passages de la Parole,
. Il. - 8,
116 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 328,

rapPOl'tés plus bas, où il est dit «_l'acheter et rédemption; Il ct le


sang du Seigneur signifie le Divin Vrai procédant de Lui; et comme
l;homme, p~r la réception du Divin Vrai qui procède du Seigneur,
est délivré de l'Enfer et conjoint au SeigneUl', c'est pOUl' cela que
pal' (1 tu nous as l'achetés à Dieu en ton sang, 1) il est signifié la con­
jonction avec le Divin par la réception du Divin Vrai qui procède
du Seigneur. Que ce sens soit caché dans ces paroles, c'est ce que
ne peut voÏl' quiconque reste dans le seul sens de la leUre, car dans ~
ce sens on. ne peut voir autre chose, sinon que par Il tu as été tué Il
il est entendu qu'il a été crucifié, et que pal' ct lu nous as rachetés
en ton sang, )l il est entendu qu'il nous a réconciliés avec son Pèl'e
par la Passion de la croix; et comme ce sens est le sens de la lettl'e,
et qu'on _a jusqu'ici ignoré que dans chaque chose de la Parole il y'
a un sens interne qui est spÏl'ituel, c'est pour cela que d'après ce
sens, à savoir, le sens de la lettre, on a établi cette doctrine de l'É­
glise, que le Divin Même, qu'on appelle le Père, a rejeté loin de
Lui tout le genre l1umain, et que le Seigneur par la Passion de la
croix a réconcilié, et qu'ainsi sont sauvés ceux pour lesquels il in­
tercède; quel est l'homme, ùont l'entendement est quelque peu i1­
luStl'é, qui ne puisse voir que ce Doctrinal est contre le Divin Même?
en effet, le Divin Même ne rejette jamais de Soi aucun homme, car
il les aime tous, et pal' suite il veut le salut de tous; et, en outre, il
est contraire au Divin Même d'êtl'e réconcilié par l'effusion du sang,
et d'être ramené à la miséricorde pal' l'intuition de la ·Passion de la
croix que son Fils a supportée, et que ce soit de là et non de Lui­
Même que la Miséricorde Lui vienne; et quoique cela soit contre
l'Esse~ce Divine, c'est néanmoins cette croyance qu'on nomme la
foi même ou la foi justifiante. Quel est aussi l'homme d'une raison
éclairée, qui puisse pensel' que les péchés du monde entier aient
été transportés dans le Seigneur, et qu'ils aient été ôtés de qUi~7
que a seulement celte foi? mais il est de fait que cette Doch'ine est .
chez ceux qui ne pensent pas au-"dclà du sens de la lettre; cepen­
dant, toujours es~-il que les Anges, qui sont chez les hommes,
pel'~,()ivent ces paroles, non selon ce sens, mais selon le sens spil'i­
tuel, cal' ils sont spirituels, et par suite ils pensent .spirituellement
et non natUl'ellemenl; pal' racheter l'homme en son sang, ils pel'­
çoivent déli \'l'Cl' l'homme de l'Enfel', et ainsi l'attacher et le COIl­
Vers. 9. CHAPITRE CINQUIÈME. 11.5
joinch'e à Soi pal' la reconnaissance du Seigneur et par la réception
du Divin Vrai qui pl'ocède de Lui; que cela soit ainsi, 'c'est même
ce que l'Église peut savoil', cal' elle peut savoir que personne n'est
conjoint au Divin pal' le sang, mais qu'on y est conjoint pal' la ré­
ception du Divin Vrai et par l'application de ce Vrai à la vie~ Que
le SeigneuI' ait délivré de l'Enfer, c'est ce qu'il a fait par cela qu'il
a pris l'Humain, et que par l'Humain il a subjugué les Enfers et a
remis toutes choses en ordre dans les Cieux, ce qui n'a pu être fait
que d'après l'Humain, cal' le Diyin opère des Pl'emiers par les Der­
niers, ainsi de Lui-Même pal' les choses qui sont par Lui dans les
derniers, lesquels sont dans l'Humain; c'est là l'opération de la
,Divine Puissance dans le Ciel et dans le Monde; mais sur ce sujet
voir quelques explications ci-dessus, N° h1; puis, dans le Traité
DU CIEL ET DE L'ENFER, N° 315 ; et dans les ARCANES CÉLESTES,
N~5897,6239,6&51,6&65,8603,9215,92t6i982&,A828,
9836, 100M, 10099, 1032A, 1.0335, 105lt8 : que le Seignelll'
ait délivré de l'Enfer, c'est aussi ce qui a été fait pal' cela qu'il a
glorifié son Humain, c'est-à-dire, par cela qu'il l'a fait Divin, car
ce n'est qu'ainsi qu'il peut tenir les Enfel's éternellement subjugués;
et comme la subjugation des Enfer's et la glOl'ification de son Hu­
main, ont été faites au moyen des Tentations qu'il a admises dans
son Humain, sa Passion de la croix a été la del'llière Tentation et
la Victoire complète. Par (1 il a porté les péchés de tom~, Il il est si­
gnifié qu'il a admis en Lui tous les Enfers quand il a été tenté, car
de l'Enfer montent tous les péchés ou tous les maux, et ils entrent
et sont chez l'homme, c'est pOUl' cela que par il a porlé les p~chés,
il est signifié qu'il a admis en tui les Enfers quand il a été tenté;
et par il a Oté les. péchés, Il il est signifié qu'il a subjugué les En­
(1

fers, afin que les maux ne puissent plus s'élever de là chez ceux
qnitreconnaissent le SeigneUl' et Le reçoivent, c'est-à-dil'e, qui re­
~ivent pal' la foi et par la vie le Divin Vrai procédant de Lui, et
ainsi ont été conjoints au Seigneur. II est dit que par « tu nous as
i'achetés à Dieu en ton sang, Il il est signifié la conjonction avec le
Divin par la reconnaissance du Seigneur et par la l'/lceplion du
Divin Vl'ai qui procède de Lui, et comme c'est là-dessus que l'É­
glise est fond~, je vais dire en peu de mots comment so fait la con­
jonction pal' celle l'econnai::;sance et pal' celle ,'écp.ption : Le prin­
Hô L'APOCAL YPSl~ EXPLIQUÉE, N" 328,

. cipal est de l'cconnallre le Seigneur, son Divin dans l'Humain, et


sa Toute-Puissance de sauver le Genre humain, car par celle l'e­
connaissance l'homme est conjoint au Divin, puisque le Divin n'est
pas ailleurs; en effet, là est le Père, cal' le Père est en Lui et Lui
est dans le Pèl'e, comme le Seigneul' Lui-Même l'enseigne; ceux
donc qui considèrent un aulre Divin près de Lui ou à cOté de Lui,
comme ont coutume de faire ceux qui prient le Pèl'e d'avoir pitié à
cause du Fils, ceux-là se détournent du chemin, et adol'ent le Di­
vin ailleUl's qu'en Lui, et en outl'e ils ne pensent alors nullement
au Divin du seigneur, mais ils pensent sel;llement à l'Humain, et
cependant le Divin et l'Humain ne peuvent être séparés, car ils
sont non pas deux Personnes, mais une seule Pel'sonne; ils ont été
conjoints comme l'Ame et le Corps, selon la Doctrine de la Foi
Athallasienne, l'eçue pal' les Églises : l'econnaitre le Divin dans
l'Humain du Seigneur ou le Divin Humain est donc le principal de
l'Église, par lequel il y a conjonction; et parce que c'est le principal,
c'est aussi la premièl'e cbose de l'Église: comme c'est la premièl'e
chose de l'Église, voilà pourquoi le Seigneur, quand il était dans le
Mon,de, adit tant de fois à ceux qu'il guérissait: Crois-tu que je
puisse faire cela? el quand on répondait qu'on le croyait, il disait:
Qu'il soit fait selon ta foi; il a dit cela lant de fois, afin que d'abol'd
ils cl'ussent qu'il aWlit d'après son Divin Humain la Divine Toute­
Puissance, cal' sans celle foi l'Église ne pouvait pas être com­
mencée, et sans celle foi ils n'auraient pas été r..onjoinls au Divin,
mais ils en auraient été séparés, et ainsi ils n'aul'aient pu recevoÏ!'
du SeigneUl' rien du bien. Dans la suite, le Seigneur a enseigné
comment ils seraient sauvés, à savoil" qu'ils .recevraient de Lui le
Divin Vrai, et ce vrai est reçu quand il est appliqué et implanlé
dans 11). vie par' le faire; c'est pourquoi le Seigne1!r a dit tant de
fois qu'ils devaient faire ses paroles: d'après ces considérations, on
peut voir que ces deux choses, à savoir, croire au Seigneur et faÏ!'e
ses paroles, font un, et qu'elles ne peuvent nullement être séparées,
cal' celui qui ne fait pas les paroles du Seigneur ne croit point en
Lui; puis aussi, celui qui s'imagine croÏ!'e en Lui et ne fait pas
ses paroles ne croit pas non plus en Lùi, car le Seigneur est dans
ses Pal'oles, c'est-à-dire, dans ses VI'ais, et d'après les vrais le
Seigneur donne à l'homme la foi. Par ce peu de mols on peut sa­
Vers. 9. CHAPITRE CINQUli~ME. 11.7
vOÏl' que la conjonction avec le Divin se fait par la reconnaissance
du Seigneur et par la l'éception du Divin Vrai qui procède du Lui:
c'est donc là ce qui est signifié quand il est dit que l'Agneau nous
a rachetés à Dieu en son sang; que l'Agneau signifie le Seigneur
quant au Divin Humain, on le voit ci-dessus, N° 3H ; voir sur ce
sujet plusieul's choses dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRU- "
SALEM, N°s 293 à 297; et là, d'apl'ès les ARCANES Ctf..ESTES,
N°' 300 à 306; comme aussi à la fin du même Ouvl'age, où il est
traité spécialement du Seigneur. Que le Sang signifie le Divin Vl'ai
pl'océdant du Seigneur, et que la salvation pal' le sang du Seignem'
signifie la salvation par la réception du Divin Vrai qui procède de
Lui, c'est ce qui sera dit dans l'AI'liele suivant. Mais que Racheter
signifie affl'anchiI' et délivrer, et quand il s'agit du Seigneur, af­
franchir et dêliVl'er de l'Enfer, et ainsi attacher et conjoindl'e à Soi,
on peut le voir pal' les passages suivants; dans Ésaïe: (1 Qui (esL)
cetui-ci qui vient d'Édom, s'avançant dans ta muttitude de
sa (oree? (c'est) Moi qui parte dans ta Justice, grand pour
sauver; car te jour de ta vengeance (est) dans mon cœur, et
t'année de mes RACHETÉS est venue: dans uJute teur détresse,
it a été en détresse, et t'Ange de ses (aces tes a détivrés; à
cause de son amOlli' et à cause de ~a clémence, LUI LES A RA-
ClIETHS, et il tes a pris, et it tes portera tous tes jours de t'é­
ternité. Il - LXIII. 1, li, 9; - là, il s'agit du Seigneur eL des
combats de ses tentations par lesquelles il a subjugué les Enfers;
son Humain est signifié par Édom, d'où il vient, et pareillement
pal' l'Ange de ses faces; sa Divine puissance, pal' laquelle il a com­
battu, est 'signifiée par cr s'avançant dans la multitude de sa force; »
l'action de (Il'écipiter dans l'enfel' ceux qui s'insurgeaient, et d'éle­
lei' les bons dans le Ciel, est entendue pal' la Justice, ainsi par ces
pal'oles, (1 Moi qui parle dans la Justice, grand pOUl' sauver, car le
jouI' de la vengeance est dans mon cœm', et l'année de mes Ra­
chetés est venue; Il son Divin Amour, d'après lequel il a fait ces
choses, est décrirpar «(,dans toute leUl' détresse, il a été en détresse,
et l'Ange de ses faces les a déliVl'és ; à cause de son amoul' et à
cause de sa clémence, Lui les a l'achetés, et il l'es a pl'is, et il les
portcl'a tous les jours de l'élel'nité; Il de là il est évident que par
les llachetés, et pal' ceux qu'il a l'achetés, sont signifiés eeux qu'il
118 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. 1\"328,

a déliVl'és de la fUl'eur des infernaux, et qu'il a sauvés. Dans le


Même: cc AinSi a dit J éhovall, ton Créateur, ô Jacob! et ton
Formateur, ô Israël! (ne crains point), car je t'ai Racheté,
je t'ai appelé pm' ton nom; à Moi, toi. Il - XLIII. 1.; - que
pal' Racheter il soit signifié délivl'er de l'Enfel', 'et aussi se les at­
tacher et se les conjoindre afin qu'ils Lui appartiennent, cela est
évident; car il est dit Cl je t'ai l'acheté, je t'ai appelé par ton nom,
à Moi, toi; Il comme cela est fait pal' le Seigneur au moyen de la
l'éformation et de la l'égénération, voilà pourquoi il est dit cc Jého­
vah ton CréateUl', 0 Jacob! et ton Formateur, Il Israêl ! Il il est
appelé Cl'éateul', pal'ce que pal' créer, dans la Parole, il est signifié
rtlgéné1'er, voir ci-dessus, N° 29!J; Jacob et Israêl signifient ceux
qui sont de l'Église et dans les nais d'après le bien. Dans le Même:
cc Dites à la fille de Sion : Voici, t011 salut vient; voici, sa
récompense (est) avec Lui, et le prix de son œuvre det,ant
Lui; et on les appellel"a'le peuple de sainteté, les Rachetés de
J éhovalt. Il - LXII. 11, 12; - ici, il s'agit aussi de l'avéne­
ment ùu Seigneur, et de l'instauration de l'Église par Lui; la fille
de Sion signifie l'Église qui est dans l'Amour envers le Seigneur;
son avénement est entendu par cc voici, ton salut vient; voici, sa
l'écompense est avec Lui, et le prix dè son œuvre devant Lui; Il
ceux qui ont été l'éfol'més et ceux qui ont été régénél'és par Lui
sont entendus pal' les Rachetés de Jéhovah; ils sont dits Rachetés,
parce qu'ils ont été délivrés des maux par la régénération, et qu'ils
ont été attachés et conjoints au Seigneur, Dans le Même: CI Il n'y
aura point là de lion, et de bête (éroc'e il ne s'y trouvera
point, mais les RACHETÉS (y) marcheront; ainsi LES RACHETÉS
DE JÉHOVAH retourneront, et ils viendront à Sion avec chant;
une joie d'éternité (sel'a) sur leur tete. Il-XXXV. 9,1.0;­
là allssi il s'agit de l'avénement du SeigneUl', et de la salvation de
ceux qui se laissent régénérer par le Seigneur; par cc il n'y aUl'a
point là de lion, et de hêle féroce il ne s'y'troU\'era point, Il il est
signifié que chez eux il n'y aUI'a point le faux qui détruit le vrai,
ni le mal qui détruit le hien ; pal' Cl les I\achetés y marcheI'ont, ainsi
les Rachetés de Jéhovah l'etournel'ont, Il il est signifié qu'ils sel'ont
affranchis des maux et délivl'és des faux; pal' C( ils viendront à Sion
avec chant; une joie d'éternité sera sur leur tête, Il il est signifié
Vers. 9. CHAPITRE CINQUIÈME.. :119
qu'ils auront la félicité étel'Delle; Sion est l'Église; ce que le chant
signifie, on vient de le voir, N° 326 : dans la Langue Ol'iginale il
y a deux mots par lesquels Rachetel' est exprimé; l'un signifie
l'afihnchissement d'avec les maux, et l'autre la délivrance d'avec
les faux; ces deux expressions sont dans ce passage, de là il est
dit Il les Rachetés marcheront, Il et Il les Rachetés de Jéhovah re-
tourneront; Il ces deux expressions se trouvent pareillement dans
Hosée, XlII. 1.4; dans David, Ps. LXIX. 19, et Ps. CVll. 2.-
Racheter signifie affl'anchir des maux et délivl'el' des faux, et aussi
affl'anchir et déliner de l'Enfer, pal'ce que c'est de l'Enfel' que sur-
gissent chez l'homme tous les maux et tous les faux; et comme ils
sont éloignés par le Seigneur au moyen de la réformation et de la
régénération, racheter ou la rédemption signifie aussi la réforma-
tion et la l'égenél'ation, comme dans les passages suivants; dans
David: Il Lève-toi à notre secours, et racllète-nous à cause de
ta mil;éricorde. Il - Ps. XLIV. 27; - racheter, c'est délivrer
et l'éfùrmel'; dans le Même: Il Dieu a racheté mon âme de la
main de l'Enfer, et il m'acceptera. Il - Ps. XLIX. 16;- ra-
cheter de la main de l'Enfel', c'est délil'l'er; accepter, c'est alta-
cher et conjoindre à soi, ou faire qu'ils Lui appal'tiennent comme
des esclaves vendus et rachetés. Dans Hosée : lt De la main de
l'Enfer je les rachèterai, de la mort je les rachèterai. Il -

XlII. 14; - racheter, c'est affranchir et délivrel' de la damna-


tion. Dans David: Il Mon lÎme, Bénis Jéhovah, Qu;' a ra-
cheté de la fosse ta vie. J) -Ps. CIIl. 1, ft; - racheter de la
fùsse, c'est délivrer de la damnation; la fosse est la damnation.
Dans le Même: Il Approche-toi de mon âme, rachète-là; et à
cause de mes ennemis 1'llcltète-moi, 1 1 - Ps. LXIX. 19;-s'ap-
pl'oehel' de l'âme signifie la conjoindl'e à soi, la l'achetel' signifie
l'affranchiI' des maux; Il à cause de mes ennemis rachète-moi, Il
signifie délivrer des faux; les ennemis sont les faux. Dans le Même:
Cl C'est ce que diront les rachetés de Jéhovah, qu'il a rachetés

de la main de l'ennemi qui les resserrait. Il - Ps. CVII. 2;-


les l'achetés de Jéhovah sont ceux qui ont été.affI'anchis des maux;
Cl qu'il a rachetés de la main de l'ennemi qui les l'esserrait, ce
J)

sont ceux qu'il a déliVl'és des faux. Dans Jérémie: Il Avec toi,
Moi, pour te srtlwcr el pour t'arracher; et je t'arracherai de
120 L'APOCALYPSE E.XPLlQUÉE. l'ln 328.

la main des méchants, et je te rachèterai de la main des vio-­


lents. 1) - XV. 20, 21. ; -l'acheter de la main des violents, c'est
délivl'er des faux qui font violence au bien. de la chal'ité; les vio­
len.ts signifient ces faux, par conséquent aussi ceux qui sont dans
ces faux. Dans David: « Qu'Israël espère en Jéhovah, parce
qu'avec Jéhovah (est) la misb'icorde, et en Lui beaucoup de
rédemption; el Lui-1l1~me mchètem Israël de toutes ses ini~
quitéa. »- Ps. CXXX. 7, 8 ; - la rédemption est la délivrance, .
Israël est l'Église; rachetel' Israêl de toutes ses iniquités, signifie
l'éfol'mel' et délivrer des faux ceu~ qui sont de l'Église. Dafls le
Même: «( Que l'intégrité et la droitUl'e me gardent, car je
me suis attendu à Toi; rachète, 0 Dieu, Israël de tout.es ses
détresses. Il - Ps. XXV. 21, 22; - l'aChetel' Israël de ses. dé­
tresses, c'est encore ici délivrel' ceux qui sont de l'Église des faux
qui les l'esse1'l'ent. Dans Ésaïe: (c Est-ce qu'a été /'accourcie ma
main, tellement qu'il n'y ait pas de rédemption? ou, est-ce
qu'il n'y a point en Moi de force pour arracher?l>- 1. 2;­
que la rédemption soit la délivrance, cela est évident, cal' il est même
dit, (c est-ce qu'a été l'accourcie ma main? ou, est,..ce qu'il n'y a
point en Moi de force pour al'l'acher? Il Dans David: « Die1,t exau­
ce/'a ma voix; il rachètera avec paix mon dme.)l-Ps. LV.1.S,
1.9; - rachetel', c'est délivrel'. Dans le Même: « JeTe chanterai
avec la âarpe, Saint d'Isl'aël! mes livres donneront louange,
et aussi m.on âme que tu as rachetée, Il - Ps. LXXI. 22, 23;
....,.. racheter l'âme, c'est délivrel: des faux; car dans la Parole pal'
l'âme,est signifiée la vie de la foi, et pal' le cœur la vie de l'amoul"
c'est poul'quoi racheter l'âme signilie délivrel' des faux et donner
la vie de la foi. Dans le Même: «( RachèLe-moi de ['oppression
de f h()mme, afin que je garde tes commandements. Il - Ps.
CXIX. 1.34; - racheter de l'oppression de l'homme, signifie dé­
livrer des faux du mal, car l'homme signifie l'affection spirituelle
du nai, et pal' suite la sagesse, et dans le sens opposé, comme ici,
le désil' al'dellt du faux et par suite la folie; l'oppression de l'homme
signifie la destruction du vrai par les faux. Dans le Même: « En
ta main Je remettrai mon e,~prit; tu m'avais racheté, Jé.ho­
vah, Dieu de vérité! ) -.Ps. XXXI. 6; - rache~er, c'est dé­
livrer des faux et l'éformer par les Hais; comme c'est là ce qlle si­
Vel's. (J. CHAPITRE CINQUlÈM~. 121
gnifie racheter, c'est pour cela qu'il est di! Cl Jébovab, Dieu de
vérité! )) Dans le Même: Dans les mains des pécheurs est le
(t

crime, et leur droite est pleine de présents; mais moi, je mar­


che dans mon intégrité; rachète-moi, et aie pitié de moi. l l ­
Ps. XXVI. 10, 1.1.; - rachetel', c'est délivrel' des faux et réfor­
mer. Dans le Meme: (( De la fraude et de la violence il rachè­
tera leur âme, et précieux sera leur sang il ses yeux; et il
vivra, et il lui donnera de l'or de Scheba, el il priera pour
lili continuellement, chaque jour il le bénira. )) - Ps. LXXII.
1lJ, 1.5 ; - il s'agit ici des indigents, pal' lesquels sont signifiés
ceux qui, désil'ent les vrais d'apl'ès l'affection spiriluelle; ill est dit
d"eux qu'il rachètera leur âme de la fl'aude et de la violeuce, ce
qui signifie délivrer des maux et des faux qui déti'uisent les biens
de l'amow' et les vrais de la foi; la réception du Diviu Vrai par
eux est signifiée par pl'écieux sel'a leUl' sang à ses yeux; )) leur
(t

l'éformation est décl'ite par (1 il vivra, et il lui donnel'a de l'or de


Schéba, et il pl'iet'a pour lui continuellement, chaque jour il le bé­
nira; Il 1'01' de Schéba est le bien de la charilé; [ll'iel' pOUl' lui con­
~iuuellement, signifie que continuellement ils sel'ont détournés des
faux et tenus dans les vrais;J et chaque jour il le bénira, signifie
que continuellement ils sel'ont dans le bien de la charilé et de la
, foi, car ceci est la bénédiction Divine, et cela est, pl'iel' pour lui
continuellement. Dans Ésaïe: (( Ainsi a dit Jéhovah: Gmtis
vous avez été vendus, 'et non par argent vous serez racht:tés;
en Égypte est descendu mo~ peuple pou; y séjourner, 11lais
Aschur pour rie.n l'a opprimé. )) - LlL 3, !J; - il s'agit ici
de la désolation du vl'ai par les scientifiques, et pal' les raisonne­
ments de l'homme naturel d'après ces scientifiques; en ell\)t, pal'
« en Égypte est descendu mon peuple pour y séjoul'ller,)) est signi­
. fiée l'instruction de l'homme naturel pal' les scientifiques et par les
connaissances du vl'ai; l'Égypte signifie les scientifiques et aussi
les connaissancas, mais telles qu'elles sont d'après le sens de la
lettre de la Parole, et séjourner signifie s'instruire; par Il Aschur
pOUl' rien l'a opprimé, l) est signifiée la falsification des connais­
sances pal' les raisonnements de l'homme naturel ;. Ascbur signifie
les raisonnements, et oppl'imer pour rien signifie la falsification,
cal' les faul> ne sont "jen pal'ce qu'il n'y a rien du vrai en eux,
122 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE.. N"328.
ce qui al'rive quand l'homme naturel séparé de l'homme spirituel
tire des conclusions; c'est de là qu'il est dit aupal'avant (1 gralis
vous avez été vendus, et non par al'gent vous serez rachetés; )) êtl'e
vendu gratis signifie par soi-même ou par le propre s'abandonner et
s'attacher aux faux; et être racheté non pal' al'gent, signifie qu'ils ne
peuvt:nt pal' le vrai être affranchis des faux du mal, l'argent signi­
fie le vrai, et êtl'e racheté signifie être affl'anchi des faux du mal·et
réformé. Dans Zacharie: Il Je les rassemblerai, parce que je les
rachèlerai, alors ils seronl multipliés; el je les semerai parmi
les peuples, el je les ramènerai de -la lerre d'Égypte, et de
l'Assyrie je les rassemblerai, el vers la lerre de Giléad et vers
le Liban je les conduirai. I I - X . 8, 9, 10; - il s'agit ici de la
restauration de l'Église, et de la l'éformation par les' vrais d'après
le bien; je les l'assemblerai pal'ce que je les rachèterai, signifie la
dissipation des faux et la réformation par les nais; (est pourquoi
il est dit « ils seront multipliés et je les semerai parmi les peuples, II
ce qui signifie la multiplication et l'ensemencement du vrai d'après
le bien; les J'amener de la terre d'Égypte etles-rassembler de 1'As­
syrie, signifie être détournés de la falsification du vrai dans laquelle
ils étaient par les l'aisonnements qui proviennent des scientifiques,
comme ci-dessus; les conduire vers la terre de Giléad et vers le
Liban, signifie vers le bien de l'Église qui est le bien de la charité,
et vers le bien et le vl'ai de la foi, le Liban est le bien de la charité,
et la. tene de Giléad est le bien et le Vl'ai dt: la foi. D'après ces
explications on peut voir ce qui est signifié dans le sens spil'ituel,
quand il est dit que Jéhovah a tiré d'Égypte son 'peuple, et qu'il les
a l'achetés, comme dans Moïse: « Je vous délivrerai de la ser­
vitude', el je vous rachètemi à bras élendu el par de grands
jugements. 1 ) - Exod. VI. 6. -« Je vous ai tirés de l'Égyple
à bras élendu, et je vous ai rachetés de la maison d'esclaves. l)
- Deutél'. IX. 26, 27, 28, 29. XIII. 6. XV. 15. XXIV. 18.
- (e Tu as conduit cûms la Miséricorde ton peuple que lu as

racheté., et lu l'as amené par la {oree de ta main vers l'lla­


bitacle de la sainleté. II - Exod. XV. 13. - Et dans Michée :
(( Je t'ai fail monter de la terre d'Égyple, el de la maison
d'esdav{ige je l'ai rachelé. )) - VI. !.J; - ici, dans le sens de
la leLtl'C, il est entendu que pal' la Divine puissance ils onl été IÎl'és
Vers. !J. CHAPITRE CINQUIÈME. 123
de l'Égypte, ou ils étaient devenus esclaves, mais dans le sens in­
terne ou spirituel, une telle chose n'est pas entendue, mais il est
entendu que ceux qui sont de l'Église, c'est-à-dire, ceux que le
Seigneur réforme par les vrais et par la vie selon les vrais, ont été
alfl'anchis et déli vrés des maux et pal' conséquent des faux, car ce
sont les maux et les faux qui rendent l'homme esclave; c'est dans
ce sens spirituel.de ces paroles que sont les Anges quand l'homme
est dans le sens de la lettre. Les Anges aussi pal' Rédemption en­
tendent être affranchis des maux et délivl'és des faux dans ces pas­
sages; dans Moïse: (1 Je mettrai une Rédemption entre mon
peuple et le peuple de Pharaon. » - Exod. VIII. 19; - dans
David: (1 Il a envoyé la Rédemption à son peuple; il a ordonné
pour l'éternité son alliance; saint et vénérable, son Nom! Il
-Ps. CXI. 9;- dans Matthieu: (( Que servirait-il à un homme
s'il gagnait le monde entier, mais qu'il {it la perte de son
lÎme? et que donnera un homme pour prix suffisant de la Ré­
demption de son âme? Il .:...- XVI. 26. Marc, VIII. 36, 3ï ; ­
la rédemption, c'est la délivl'ance de la damnation. D'aprèS' ce qui
pl'écède, on peut voir ce qui est signifié quand il est dit que le Sei­
gneur a l'acheté le genre humain, à savoir, qu'il a affranchi les
hommes et les a délivrés de l'Enfer, et aussi des maux et des faux
qui en surgissent continuellement et portent "homme dans la dam­
nation, et qu'il les affranchit et les .délivre continuellement; ila
affl'anchi et délivl'é, en ce qu'il â subjugué les Enfel's; et il affl'an­
chit et délivre continuellement, en ce qu'il a glorifié, c'est-à-dil'e,
rendu Divin son Humain, car pal' cet Humain glorifié il tient les
EnferS continuellement subjugués: c'est donc là ce qui est signifié
quand il est dit qu'il a J'acheté l'homme, et quand dans la Parole
il est appelé Rédempteul', comme dans les passages suivants; dans
Ésaïe: (1 Ne crains point, vermisseau de Jacob, moribonds
d' Israël! Je te secourrai, Ji! oi, et Lon Rédempteur le saint
d'Israël. »- XLI. ill; - dans le Même: (( Ainsi il dit Jého­
vah le Rédempteur d'Israël, son Saint; à cause de Jéhovah
qui (est) (idele, du Saint d'Israël qui t'a élu. »-XLIX. ï;
- dans le "Même : (1 Notre Rédempteur, Jéhovah Sébaoth (est)
son Nom, le Saint d' Israël. Il - XLVII. !J ; - dans le Même:
((Ainsi a dit Jéhocah, votre Rédempteur, le Saint d'Israël. 1)
12!1 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 328.

- XLIII. 14; - dans le Même: CI Afin que sache toute cluzir


que Moi (je suis) Jéhovah ton Sauveur, et ton Rédempteur le
{ort de Jacob. Il - XLIX. 26; - dans le Même: Il Afin que
tu saches que !fioi (je suis) Jéhovah ton Sauveur, et ton Ré­
dempteu,' le puissant de Jacob. Il - LX. 16; - par le Saint
d'Israël et par le fort de Jacoh, qui, dans ces passages, est appelé
le Rédempteur, il es't entendu le Seigneur quant aQ Divin Humain,
et par Jéhovah son Divin même. Si le Seigneur quant au Divin
Humain est nommé le Saint d'Israël, et aussi le fort et le puissant
de Jacob, c'est parce que par ISl'aël et par Jacob il est signifié l'É­
glise, ainsi ceux qui ont été régénérés et réformés, c'est-à-dire,
rachetés pal' le Seigneur, car ceux-ci seulement sont de l'Église,
ou constituent l' J~glise du Seigneur: que ce soit le Divin Humain
du Seigneur, qui est appelé le Saint, cela est évident, dans Luc:
Il L'Ange dit à 111 arie : Un Esprit Saillt viendra sur toi, et

llne puissance du Trè~-HaZlt t'ombragera; c'est pourquoi te


qui Ilaltra de toi, SAINT, sera appelé Fils de Dieu. ))-1. 35;
- et que le Seigneur quant au Divin Humain soit le fort et le puis­
sant de Jacob, on le voit dans le Même: « L'Ange dit à Marie:
Voici, tu concevras dans t'utérus et tu en{anteras un Fils;
celui-ci sera gralld, el il l'ègnel'a sur la maison de JACOB li
éterllité, et à son ROyattme if Il'y aura point de fin. Il - 1. 31,
32, 33; - par la maison de Jacob est entendue l'Église du Sei­
gncUl'; que ce ne soit point la Nation Juive, cela est évident. Puis­
que l'Humain du Seigneur a été également Divin, et que c'est son
Divin même qui a pris l'Humain, c'est aussi pOUl' cela qu'il est
dit Jéhovah Rédempteur dans les passages suivants; dans Ésaïe:
« Ainsi a dit J éh01Jah ton Rédempteur, le Saint d'Israël:
Moi, (je suis) Jéhovah ton Dieu. Il - XLVIII. 17; - dans le ­
Même: « J éllovah Sébaoth (est) son IVom, et ton Rédempteur,
fe Saint d'Israël, Dieu de toute la terre sera appelé. 1) - , ­
LIV. 5; - dans David: « Jéhovah! mon rocher, et mon Ré­
dempteur! 1) - PS, XIX. 15; - dans Jérémie: Il Leur Rtf-'
dempteur (est) fort, Jéhovah Sébaoth (est) son Nom. Il - L.
B!I; - dans Ésaïe: (1 Toi, Jéh01;ah! notre Père, notre Ré­
dempteur, dès le siecle (c'est) ton Nom. )) - LXIII. 16. ­
D'après cc qui précède, on peut maintenant vOÏ!' comment doit êlfe
Vers. 9. CHAPITRE CINQUIJ~:ME. 125
entendu cc que le Seigneur a dit: Il Le Fils de l'homnlt' est venu
pour donner son âme en Rédemption pour un grand riomb1·e. Il
- Matth. XX. 28. Marc, X. !Il>; - à savoir, que c'était pOUl'
qu'Us fussent afthnchis et délivrés de l'Enfel'; car la Passion de la
croix a été le derniel' combat et la complète victoire pal'laquelle il
a subjugué les Enfers et glorifié son Humain, voir la DOCTRINE DE­
LA NOUVELLE JÉRUSALEM, No' 293 à 297, et 300 à 306.
329. Puisqu'il est dit: Tu nous as 1'achetés il Dieu en ton
sang, et que ces paroles au dedans de l'Église sont entendues se­
lon le sens de I~ lettre, et non selon aucun sens spirituel, je vais
aussi montrel' que pal' le sang il est entendu, non le Sang du Sei­
gneUl' ou la passion de la croix, mais le Divin Vl'ai pl'océdant du
SeigneUl' et la réception de ce Vrai pal' l'homme, et qu'ainsi par
(1 tu nOlis as rachetés en ton sang, Il il est signifié qu'il a affranchi

et délivré de l'Enfer ceux qui Le l'econnaissent et reçoivent de Lui


le Divin VI'ai, comme il a été dit ci-dessus, N° 328. POUl' l'illus­
tration de ce sujet, je vais rapportel' les passages qui suivent.
Comme, dans l'Église Israélite, toutes les choses qui avaient été
commandées étaient représentatives des célestes et des spirituels,
et qu'il n'y avait pas la moindre chose qui ne le fO.l, c'est pOUl' cela
que,· quand la Cène Pascale fut instituée pOUl' la premièl'e fois, il
avait aussi été commandé de prendre du sang et d'en mettre
sur les deux poteaux et sur le linteau, sU?' les maisons dans
lesquelles ils mangeraient l'agneau Pascal: - Il et le sang
VOu.s sera pour signe sur les maisons, où vous (serez), et quand
je ?>errai le sang, je passerai par dessus vous, et il n'y aura
point sur vous de plaie du destructeur, quand je frapperai
la terre d'Égypte. Il Et plus loin: « Vous prendrez un (ais­
ceau d'hysope~ et vous le tremperez dans le sang qui (sera)
dans un bassin, et vous (erez toucher au linteau, et alt.'X
deux poteaux, du sang qui (sel'a) dans le ,bassin; mais vous
ne sortirez poi1it, aucun, de la porte de sa maison jusqu'au
. matin; et Jéhovalt passera poU?' (rappel' l' Ji gypte, et il verra
le Sang SW' le linteau et sur les deux poteaux, et Jéhovah
passera par-dessus la porte, et il ne permettra pas au des­
tructeur de venir à vos maisons pour (rappel' de plaie. 11­
Exod. XII. 7,13,22,23; - celui qui ne sait pas qu'il y a un
126 L' APOCALYPSE EXPLIQUl~I~, N" 329.

sens spirituel dans la Pal'ole, croit que pal' le sang il est entendu
ici le sang du Seigneur SUI' la croix; mais cela n'est nullement en­
tendu dans le Ciel; mais là, pal' la Cène Pascale les Anges enten­
dent dans ce passage la même chose que par la Sainte Cène instituée
par le Seigneur, dans laquelle il yale Pain et le Vin au lieu de l'A­
• gneau Pascal; et alors le SeigneUl' a dit que le Pain était sa Chair, et
que le Vin était son Sang ; et chacun sait, ou peut savoir, que le Pain
et le Vin sont les choses qui nOUl'J'issent le corps, le Pain comme
Aliment et le Vin comme Breuvage, et gne dans la Parole, qui dans
son sein est spirituelle, ces choses doivent aussi être entendues
spÎl'ituellement, ainsi le Pain pOUl' tout aliment spicituel et le Vin
pour tout breuvage spirituel; \'Aliment spirituel est tout bien qui
est communiqué et donné à l'homme pal' le SeigneUl', et le Breu­
vage spirituel tout vrai communiqué et donné à l'homme par le
Seigneur; ces deux, à savoir, le Bien et le VI'ai, ou l'Amour et la
Foi, constituent l'homme spirituel; il est dit, 011 l'amour et la foi,
pal'ce que tout bien appartient à l'amour, et tout vl'ai appartient à
la foi; de là il devient évident que par le Pain il est entendu le Di­
vin Bien du Divin Amour du Seigneur, et quant à l'homme, ce
bien l'eçu pal', lui, et que par le Vin il est enlendu le Divin Vrai
procédant du Divin' Bien du Divin Amoul' du Seigneul', et quant à
l'homme, ce vrai reçu pal'lui : comme le Seigneur dit que sa Chair
est le Pain, et que son Sang est le Vin, on peut voil' que par la
Chail' du Seigneur il est entendu le Divin Bien de son Divin Arpour,
et par manger sa Chair recevoÎl' ce bien, se l'approprier, et ainsi
être conjoint au Seigneur, et que pal' le Sang du Seigneur il est
entendu le Divin Vrai procédant du Divin Bien de son Divin Amour,
et par boire son sang l'ecevoÎl' ce vrai, se l'appl'opriel', et ainsi être
conjoint au Seigneur: la Null'ilion spirituelle vient aussi du Bien et
du Vrai qui procèdent du Seigneur, de même que toute nutrition
du C01'PS vient de l'aliment et du bl'euvage; de là aussi vient la cor­
respondance de ces choses, qui est telle, que quand dans la Parole
il est nommé quelque chose de l'aliment et qui sert pour aliment,
il est entendu le Bien, et que quand il est nommé quelque chose du
breuvage et qui sel't pour breuvage, il est entendu le Vrai. D'après
cela, on peut voir que par le sang de l'agneau Pascal, que les fils
d'Israël avaient reçu ordre de mettre sur les deux poteaux et sur
Vel's,9. CHAPITnE CJNQllll~ME. 127
le linteau de leurs maisons, il est entendu le Divin Vrai procédant
du Seigneur; ce vl'ai, l'eIiu ,par la foi et par la vie, protége aussi
l'homme contre les maux qui sUI'gissent de l'Enfer, car le Seigneur
est dans son Divin Vrai chez l'homme; en effet, ce vrai apparlient
au Seigneur chez l'homme; bien plus, chez lui il est le Seigneur
Lui-Même; quel est l'homme, pensant avec tlne raison saine,
qui ne puisse voir que le Seigneur n'est pas dans son sang chez
quelqu'un, mais qu'il y est dans $on Divin, qui est le Bien de l'a­
mour et le Bien de la foi, lesquels sont reçus par l'homme? Quant
à ce que signifie chacune des choses de ce passage, à savoir, les
deux poteaux et le linteau, le dcstructelll' et celui qui fl'appe, l'É­
gypte, et plusieUl's autres choses dans ce Chapitre, l)oir dans les
ARCANES CÉLESTES, où ces choses ont été expliquées. D'après ce
qui vient d'être dit, on voit maintenant, sans explication ultél'ieUl'e,
ce qui est signifié par les paroles du Seigneur quand il a institué
la Sainte Cène: « Pendant qu'ils mangeaient, J éSlls prenant
le Pain, et bénissant, (le) l'ompit, et (le) donna au,?: disciples,
et il dit: Prenez, mangez" ceci est mon Corps; et prenant
la Coupe, et rendant grâces, il {la) leur donna, en disant:
Buvez-en tous; car ceci est mort Sang, celui de la nouvelle
alliance, qui est répandu pour un grand nombre: jf' vous dis
que je ne boirai point désormais de ce produit du cep,jusqu'à
ce jour où je le boirai nouveau at'ec vous dans le Royaume de
Dieu.)1 - Mallh. XXVI. 26, 27, 28, 29. Marc, XIV. 22, 23,
26,25. Luc, XXII. 15,16,17, 18, 19, 20; - comme par le
Vin il est entendu le Divin Vl'ai nourrissant la vie spirituelle, c'est
pOllr cela que le Seigneur leur dit, Cl je vous dis que je ne boirai
point désormais de ce pl'oduit du cep, jusqu'à ce jour où je le boil'ai
nouveau avec vous dans le Royaume de Dieu; li d'où il est évident
, que c'est le spirituel qui est entendu, puisqu'il dit que Lui-Même
le boira avec eux, et qu'il le boira dans le Royaume de Dieu ou
dans le Ciel, et que même il y mangera de l'Agneau Pascal avec
eux, - Luc, XXII. 16. - D'après ce qui vient d'être dit ci­
dessus, on voit aussi ce qui est signifié par ces paroles du Seigneur:
cc Le Pain que Moije donnerai, c'est ma Chair; en vél'ité,
en t'érité je 1)01lS dis: Si vous ne mangez, la Chair du Fils de
l'homme, et ne buvez son Sang, l)Oll,Ç n'aurez point la 1.'ie en
128 L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N"32!i.

vous·m€mes : qui mange ma Chair, et boit mon Sang, a la vie


éternelle, et Moi je le ressusciterai au dernier jour; car ma
Chair est véritablement une Nourriture, et mon Sang est
véritablement un Breuvage. Qui mange ma Chair et boit
mon Sang en Moi demeure, et Moi en lui: c'est ici le Pain
qui du Ciel est descendu. l) - Jean, VI. 00 à 08; - que la
Chair du SeigneUl' soit le Divin Bien, et son Sang le Divin Vrai,
l'un et l'autre procédant de Lui, on peut le voir en ce que c'est ce
Bien et ce Vrai qui nourrissent l'âme; de là il est dit ma Chair
(1

est véritablement une nourl'itlll'e, et mon Sang est véritablement


un breuvage; n et comme l'homme est conjoint au Seignem' par le
Divin Bien et pal' le Divin Vl'ai, c'est aussi pour cela qu'il est dit,
(1 qui mange ma Chair, et boit mon Sang, a la vie éternelle, 1) et

aussi « en Moi demeUl'e, et Moi en lui. Il Si le Seigneur s'est ainsi


exprimé, à savoir, s'il a dit, sa Chail' et son Sang, elnon son Di­
vin Bien et son Divin Vrai, c'est afin que le sens de la lettl'e de la
Pal'ole fût composé de choses cOl'l'espondantes aux spirituels dans
lesquels sont les Anges; de là, entre les hommes de l'Église ét les
Anges il y a par la Parole une COl'respondance, qui autrement
n'existerait pas; voir la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM,
N°' 252, 258 à 262; et dans le Tl'aité DU CIEL ET DE L'ENFER,
les N°' 303 à 310. Puisque le Sang signifie le Divin Vrai procé­
dant du Seigneur, et que pal' la réception de ce vl'ai pal' l'homme
il y a conjonction avec le Seigneur, c'est pour cela que le sang est
appelé le Sang de l'alliance, car l'alliance signifie la conjonction:
le sang est appelé Sang de l'alliance par le Seigneul' quand il a
institué la Sainte Cène, car il a dit: Buvez-en tous, car ceci est
(1

mon Sang, celui de la Nouvelle Alliance ou Nouveau Testa­


ment. Il - Matth. XXVI. 28. Marc, XIV. 2ft. Luc, XXII. 20;.......
il est aussi appelé le Sang de l'alliance dans Moïse, où on lit: (1 Moise
vint de la Montagne de Sinaï, et il rapporta au peuple toutes
les paroles de J éhovah~ et tous les jugements: el Moïse écrivit
toutes les paroles de Jéhovah, et il se leva matin au matin, et
il bâtit un Autel sous la montagne; et il envoya les jeunes
gm'çons des fils d'1sl'aël, et il,q offrirent des holocaustes et sa­
crifib'ent, en sacl'ifices pacifiques à Jéhovah, des taureaux;
et I/loïse prit une moitié du sang, el il la mil dlms le$ ba,qsills,
Vers. 9. CHAPITIŒ CINQUIÈME. 129
et une moitié du sang il répandit Slll' l'Autel; et il prit te
LivRE DE L'ALLIANCE, et il (le) lut aux oreilles du peuple; et
ils dirent: Tout ce qu'a prononcé J (>hovah nou,~ (erons et
nous écouterons; et il prit le sang, et il Je répandit sur le
peuple, et il dit: Voici le SANG DE L'ALLIANCE, qu'a traitérJé-
hovah avec t'OUS sur toutes ces paroles, Et ils virent le Dieu
d' Israël, et sous ses pieds comme un oU1)rage de JJien'e de sa-
phir, et comme la substance du Ciel quant à la pureté. I l -
Exod. XXI V. 3 à 11; -que le sang ici signifie le Divin Vrai pro-
cédant du Seigneur, et l'eçu par l'homme, et par suite la conjonc-
tion, cela est évident, car une moitié en était l'épandue sur ('Autel,
et l'autre moitié sur le peuple; en effet, par l'Autel il était signifié
tout culte qui provient du bien de l'amoUl', et par le fleuple ceux qui
s'acquittent du culte et reçoÏ\'entle bien de l'amour par les vrais, car
toute réceplion du Divin Bien se fait par les vrais devenus choses
de la vie, et par suite par le hien dans ces vrais il y a conjonction;
que par le bien dans ces vrais, ou pal' les' vl'ais devenus choses de
la vie, il y ait conjonction, et que le sang en ait été le repl'é.~entatif,
on le voit clairement par les pal'oles de ce passage; en effet, cela a
été fait quand Moïse est descendu de la montagne de Sinaï, d'où
il y avait eu promulgation de la Loi, et aussi des statuts et des ju-
gements qu'ils devaient obsCl'ver; et il est dit que Moïse écrivit
toutes ces paroles de Jéhovah, et les lut aux oreilles du peuple, qui
l'épondit : Tout ce qu'a prononcé Jéhovah nous (erons et nous
écoutel'ons; cela a même été dit deux fois, ?)oir Vers. 3 et 7 du
même Chapil1'e; les p.arolos ou les nais' deviennent choses de la
vie qnand on les fuil ; ct parce que Moïse écrivit ces paroles, il les
appela le LIVRE DE L'AU.IANCE, ce qni signifie que par elles il y a
conjonction: pal' la Loi que Jéhovah a pl'omulguée sur la monta-
gne de Sinaï, et pal' les statuts et les jugements qui ont aussi alors
été commandés, il est signifié tout Divin Vrai, ou le Divin Vl'ai dans
tout le complex.e; c'est de là que ces choses sont appelées le LIVRE
DE 'L'ALLIANCE, et que l' Al'cIte dans laquelle était ce Livre est appe-
lée l'ARCHE D'ALLIANCE; l'alliance signifie la conjonction. Comme
le Divin VI'ai, par lequel il y a Conjonction, procède du SeigneUJ',
c'est pOUl' cela même que le Seigneul' fut vu pal' eux au-dessous
des pieds comme un ouvrage de pielTe de saphir; df. ce qu'il fnl vu
n, 9,
130 L' APOCALYPS1~ EXPLIQUÉE. ri" 329.

ainsi pal' dessous les pieds, cela signifie que le Divin Vrai est tel dans
les del'niers; le Divin Vl'ai dans les del'niers est le Divin Vrai dans le
sens de la lettre de la Parole; l'ouvrage de pierre de saphil' signifie
sa transparence d'après le Divin Vrai dans le sens interne ou spirituel,_
le Dieu d'Isl'aël est le Seigneur: que la pierre <le saphir signifie la
transparence d'après les vrais intel'nes, on le voit, No' 9407; et que
le Dieu d'Israël soit le Seigneur quant au Divin Humain, on le voit
ci-dessus, N° 328. De là il est maintenant évident que l'alliance
ou la conjonclion a été faile pal' le Divin Vrai, et que le sang, dont
une moitié a été l'épandue SUI' l'Autel et l'autre moitié sur le peu­
ple, en a été le repl'ésentatif, puisque le sang signifie le Divin Vrai
procédant du Seigneur et l'eçu par l'homme, ainsi qu'il li été dit
ci-dessus. Que l'alliance signifie la conjonction, on le voit, No' 665,
666,1023,1038,1864,1996,2003,2021,6804,8767,8778,
9396,10632; puis aussi, que la Loi dans le sens strict signifie les
dix préceptes du décalogue, et dans un sens large toute la Pa­
l'ole, ainsi tout Divin Vrai, N°' 2606, 3382,6762, 7463, 9U7;
que pal' suite la Montagne de Sinaï signifie le Ciel où était le Sei­
gneur de Qui procédail le Divin Vrai, ou de Qui procédait la Loi
dans le sens strict et dans le sens large, No' 8399,.8753,8793,
8805, 9420; et que l'Autel a été le principal Repl'ésentatif du
Seigneur'et de son Culte d'après le bien de l'amour, N°' 921,
2777, 2811, 4489, 45U, 8935, 8940, 9388, 9389, 9714,
9963, 9966, 10123, 10151, 10262, 10265, 10662, Comme
le Sang signifie le Divin Vrai pl'océdant du Seigneur et reçu par
l'homme, d'où résulte la conjonction, c'est pour cela que toutes les
choses, qui élllÏent repl'ésentatives des Divins procédants du Sei­
gneUl', qui sont appelés les Célestes et les Spirituels, étaienl inaugu­
rées pal' l'Huile el par le Sang, et alors étaient appelées les Saints;
si elles étaienl inaugurées par l'Huile et par le Sang pour qu'elles re­
pl'ésenlassent, c'est pal'ce que par l'Huile était signifié le Divin Bien
du Divin Amour, et par le Sang le DivinVl'ai qui pl'ocède de ce Bien,
car le Vrai procède du Bien: que les inaugurations et les sanctifi­
cations aient été faites par l'Huile, on le. verra dans la suite l.ors­
qu'il sera question de l'Huile; ici il sel'a seulement parlé de celles
qui étaienl faites pal' le Sang; par exemple: Il Lorsque Aharon
ct ses fils étaient sanctifiés, du sang était répandu sur les
l'ers. 9. CHAPITRE CINQ{]lÈME. 131.
cornes de l'Autel, et autour de l'Autel; et sur Aharon et se,~
fils, et sur leurs hahits. II - Exod. XXIX. 12, 1.6, 20, 21.
Lévit. VIII. 2h. - « Du sang était répandu sept fois devant
le Voile qui était sur l'Arche, et sur les comes de f Autel du
parfum. )) - Lévit. IV. 6, 7, 17, 18. - (1 A rant d'entrer au
dedans du Voile vers le PropÜiatoire, Alzaron faisait des sa­
crifices et des fumigations, et avec le doigt il répandait du
sang vers ~e Propitiatoire sept fois du côté de l'Orient. 11­
Lévit. XVI. 12, 13, H, 15. - «( Le sang de l'holocauste et
d!l sacrifice était répandu sur l'Autel, autour de l'Autel, et
au fondement de l'Autel. l) - Lévit. 1. 5, 11, 15. III. 2, 8,
1.3. IV. 25,30, ah. V. 9. VIII. 15, 2h. XVII. 6. Nomb. XVIII.
17. Deutér. XII. 27. - C l Du sang était répandu sur les Cor­
nes de l'Autel, et ainsi l'expiation pour l'Autel était faite. ))
- Exod. XXX. 10. Lévit. XVI. 1.8, 19 : - si le sang des ho­
locaustes et des sacrifices était répandu et versé SUl~ l'autel, autour
de l'autel ou au fondement de l'autel, c'était parce que l'Autel, avec
les holocaustes et les sacrifices qui étaient dessus, repl'ésentait et
par suite signifiait tout culte provenant du bien de l'amoUl' et des
vrais de ce bien; et comme les vrais procèdent du bien, c'est pour
cela que le sang était répandu et versé autour de l'autel, cal' au­
toUl' signifi~ procédant: mais ces choses peuvent être encore mieux
Viles d'après celles qui ont été dites sur les Holocaustes et sur les
Sacrifices dans' les ARCANES CÊLESTES, par exemple, d'après les
suivantes: Que les Holocaustes et les Sacrifices ont signifié toutes
les choses e1u.culte pl'ovenant du bien de "amour et des vl'ais de cc .
bien, N°' 023, 6905, 8680, 8936, 100h2; que c'est pOUl' cela que
les Holocaustes et les Sacrifices ont été appelés le Pain, N° 2165,
par la l'aison que le Pain signifie tout ce qui nourrit la vie spil'i­
tuelle, N°' 2165, 3h78, h976, 5U7, 59J5, 6118, 8UO, 8U8,
9323, 10686; que les Holocaustes et les Sacl'ifices ont signifié les
Divins célestes et spil'ituels, qui sont les internes de l'Église, d'a­
pl'ès lesquels existent toutes les choses du culte, N°' 2180, 2805,
2807, 2830, 3519, avec val'iation selon les diverses choses du
. culte, N°' 2805, 6905, 8936; que c'est pour cela qu'il y a eu
plusieurS genr~ d'holocaustes et de sacrifices, et dans ces genres
di\'el's pl'océdés, et qu'on y employait aussi di\'erses espèces de bê­
13j.· L'APOCALYPSE EXPLIQUJ~E. ~ .. 329.

tes, N°' 2830, 9391, 9990; queles diverses choses qu'ils signi­
fiaient spécialement peuvent êtl'e counues d'apl'ès les particularités
du procédé dévoilées pal' le sens interne. N° 1001l2; que dans les
rites et les procédés des sacrifices sont contenus des Al'canes "du
Ciel. N° 10067; qu'en général sont contenus les Arcanes de la
glorification de l'Humain du SeigneUl't et dans le sens respeclif les
AI'canes de la l'égénél'ation de l'homme et de sa purification des
maux et des faux, No' 9990,10022, 1001l2, 10063. 10057;
ce que signifiaient les Minchahs, lesquelles étaient des Pains et des
gâteaux, qui étaient aussi offerts en sacrifice, N° 10079; ce que
signifiait la Libation, qui était de vin, N°' 1158t, 10137. - Ces
choses étant comprises, on peut savoir que pal' le sang du Sacrifice,
ailleurs aussi dans la Parole, il est signifié le Divin Vrai; comme
dans Ézéchiel: Dis à l'oiseau de toute aile, et à la bOte du
(1

champ: Assemblez-vous et venez, ra,çsemblez-vous d'alentour


sur mon Sacrifice que je sacrifie pOlir vous, Sacrifice grand
slIr les montagnes d'Israël, afin que vous mangz:ez de la chair
et que t'OUS buviez du sang; dUti,' de {orts vous mangerez,
(lt sang des princes de la te"re vous boirez, et VOliS mangerez
de la graisse à ,çatiété, et vous boirez. du sang jusqu'à l'ivresse,
de mon SaCl'ifice que je sacrifie pour vous: et vous serez ras­
sasih, su,' ma table, de cheval, de char, et de tout homme de
guerre: ainsije donnerai ma gloire parmi les nations. Il ­
XXXIX. 17, 18, 19, 20, 2t ; - là, il s'agit de la restauration
de l'Église, et par ISl'aël et Jacoh sont entendus tous ceux qui sont
de l'Église, t'est donc de ceux-ci que ces choses sont dites; par le
Sacl'iflce grand sur les montagnes d'Israël, sont signifiées toutes
les choses de leur culte; par la chair et par la graisse le bien de
l'amolIl', et par le sang le vrai d'après ce bien, lesquels constituent
le culte; l'abondance de l'un et de l'autre est décrite en r,c qu'ils
mangeraient de la chair 'et de la graisse à satiété, et boiraient du
sang jusqu'à l'ivresse, et cela, provenant du sacrifice; c'est pOUl'quoi
il est dit aussi vous serez rassasiés, sur ma table, de cheval, de
(1

char, et de tout homme de guerl'e, car par le cheval est signifié


1)

I;entendement du vrai, par le char la doctl'ine, et par l'homme de


guerre le vrai combattant contre le faux et le délruisant; qui ne
peut voir qu'ici par le sang il n'est pas entendu du sang; qu'ainsi
Vel's.9. CHAPITRE CINQUlÈMK 1.33
ils ne boiraient pas le sang des pl'inces de la terre"et ne boiraient
pas jusqu'à l'ivl'esse le saliS du sacl'ifice; les princes de la terre si­
gnifientles pl'incipaux vrais de l'Église, pal' conséquent leur sang
signilie la null'ition spirituelle d'après ces vrais: comme de telles
choses sont signifiées, c'est pOUl' cela que dans ce Chapilre au der­
niel' Verset il est dit ~ussi d'lsl'aêl, par qui l'Église est signifiée,
(1 Alors je ne cacherai plus mes (aces d'eux, pm'ce que je ré­

pandrai mon esprit sur Israël, )l - Vers. 29; - s'il est dit
l( dis à l'oiseau de toute aile el à la bête du champ, ) c'est pal'ce

que pal' l'oiseau de toute aile il 88t signifié le vrai spil'ituel dans
tout le complexe, et pal' la bêle du champ l'affection du bien; que
dans la Parole les oiseaux signifient les spirituels, on le voit,
N°' 745, 776, 866, 988, 991, 3219, 5149, 71tH; puis aussi,
qu'il en est de même des ailes, N°' 876ft, 9514 ; que les bêtes si­
gnifient les affections, et les bêtes du champ les affections du bien,
No' 2180,3218, 3519,5198,9090,9280,10609; et que c'est
pour cela qu'on employait dans les sacrifices et des oiseaux et des
bêtes, N°' 1823, 3519, 7523, 9280 : afin de confit'mer que la
bête du champ et l'oiseau signifient de telles choses, je vais ici
rapportel' seulement un passage de la Pal'ole : Il Je traiterai pour
eux alliance. en ce jour-là. avec la bêle du champ et al)eC l'oi­
seau des cieux, et le reptile de la terre; et arc et épée et
guerre je briserai de dessus la terre; el je te fiancerai il lJf oi
pour l'éternité, et je te fiancerai à. Moi en justice et en juge­
ment, et en miséricorde el en commiséralions; et je te fian­
cerai à Moi en vérilé. » - Bos. Il. 1.8, 19, 20; - par traiter
alliance avec la bête du champ et avec l'oiseau des cieux, il est si­
gnifié avec les affections du bien et avec les vrais spirituels, cat'
avec ces choses le Seigneur est conjoint à l'homme, puisque le Sei­
gneur est en elles chez l'homme, aussi est-il dit (1 alliance avec la
bête du champ et avec l'oiseau des cieux, l'alliance est la con­
1)

jonction: que les bêtes signifient les affections du bien, et les oi­
seaux les spirituels, c'est ce qui sel'a pleinement montré pal' la suite
dans les At'ticles qui les concernent. Comme la Gl'aisse dans les
Sacl'ifices signifiait le Divin Bien, et le Sang le Divin Vrai, l'un
et l'autre procédant tlu Seigneur, et que la ,'éception de l'un et de
l'autl'e pat' l'homme constituait la conjonction, c'est pour cela qu'il
134 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N': 329.

avait été défendu aux descendants de Jacob, ou aux Juifs et aux


Israélites, de manger aucune graisse ni aucun sang, l)oir. Lévit.
III. 17. VII. 23 à 27. XVII. H, 12, 13,14. Deutér. XII.'17,
23, 24, 2Q. XV. 23; et cela, pal'ce que cette Nation n'était dans
aucun bien de l'amoul' ni dans aucun vrai du bien, mais elle était
dans les faux du mal; et chez eux manger de la graisse et du sang
signifiait mélanger le vrai d'apl'ès le bien avec le faux d'après le
mal, ce qui est la profanation; d'où l'on peut voil' aussi que par le
sang est signifié le Divin Vrai: que la Gl'aisse dans la Parole si­
gnifie le bien de l'amour, on le voit, NOf 353, 59!13, 6609,10033;
et que les Juifs et les Israélites aient été seulement dans les ex­
temes et non dans les intel'lles, et par suite non dans les vrais ni
dans les biens spirituels, mais dans les faux du mal, et que toutes
les choses de leur culte aient été des externes séparés d'avec les in­
ternes, et que néanmoins par les extemes ils aient pu représenter
les internes du culle, on le voit dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE
JÉRUSALEM, N° 2[,8. Comme le Sang dans les Sacrifices signifiait
le Divin Vrai, c'est pour cela même qu'il leur avait été défendu
(1 de sac1'ifier sur du fermenté le sang du sacrifice. 1) -Exod.

XXIlI. 18. XXX-IV. 25; - en effet, par le fel'ment est signifié


le faux, et par le fermenté le vrai falsifié, voir NOl 2362, 7906,
8051, 9992. La l'aison pOUl' laquelle la Chail' du Seigneur signifie
le Divin Bien du Divin Amour, et son Sang le Divin Vrai procé­
dant de ce Bien; c'est qu'il y a deux choses qui procèdent du Di­
vin Humain du Seigneur', à savoir, le Divin Bien et le Divin Vrai,
Celui-ci ést donc son Sang et Celuf-là est sa Chail' : ce qui pro­
cède est le Divin Céleste et le Divin Spirituel, qui font les Cieux
dans le cOmmun et dans le particulier; mais cela peut ,êtl'e mieux
vu d'apl'ès ce qui a é'té montl'é dans le 'fr'aité DU CIEL ET DE L'EN­
FER, aux Articles suivants, à savoir' : Le Divin du Seigneur fait le
Ciel, N°' 7 à 12 : le Divin du Seigneur' dans le Ciel est l'Amour
envers Lui et la Charité à l'égal'd du prochain, No' tS à 19 : de
là tout le Ciel dans le tout et dans la partie représente un seul
Homme, N°s 59 à 77 : cela vient du Divin Humain du Seigneur,
N°s 78 à 87 : et, en outre, d'après ce qui a été dit du Soleil dans le
Ciel, et aussi de la Lumière et de la Chaleur qui en procèdent, et
que la Chaleur est le Divin Bien ct la Lumière le Divin Vrai, l'un
Vers. 9. CHAPITRE CINQUIÈME. 135
et l'autl'e pl'océdant du seigneur, No, H6 à t'!JO : d'après toutes
ces considérations on peut, en quelque laçon, compl'endre pourquoi
le Divin procédant est entendu pal' la Chail' et le Sang; à savo~, le
Divin Bien pal' la Chail', et le Divin Vrai pal' le Sang, Il'ya aussi
cItez l'homme deux choses qui font sa vie spirituelle, à savoir, le
bien de l'amoUl' et le vl'ai de la foi; la Volonté est le l'éceptacle du
bien de l'amour chez lui, et l'Entendement est le réceptacle du Vl'ai
de III foi chez lui; toutes les choses qui appartiennent au mental,
c'est-à-dire, à la volonté et à l'entendement, ont une cOI'respoll­
dance avec toutes celles qui appartiennent au corps, c'est Ilourquoi
c~lIes-ci sont mues au gr-é du mental; la cOl'respondance de la vo­
lonté est en général avec la Chail', et la correspondance de l'enten­
dement est avec le Sang; c'est de là que le propre volontaire de
l'homme dans la Parole est entendu par la chair, et le propl'e in­
tellectuel pal' le sang, comme dans Matthieu: Il Jésus dit à Si­
mon: Tu es heureux, parce que ni Chair ni Sang ne t'a ré­
vélé (cela), )l-.XVI. 17; - ces choses ont été rapportées, afin
qu'oll sache que dans la Pal'ole, ce sorit les volontaires et les in­
tellectuels, par conséquent les spirituels, qui sont entendus pal' la
Chair et le Sang quand il s'agit de l'homme, et que ce sont les Di­
vins quand il s'agit du Seigneur: mais ces explications sont pOUl'
ceux dont le mental peut être élevé au-dessus des idées natul'elles
et voir les causes·. C'est là aussi ce que signifient le Sang et l'Ell:u
qui sortit'ent de la Poitrine du Seigneur; il en est parlé ainsi
dans Jean: <1 Un des soldats Lui pe1'ça le côté, et aussitôt il
sortit du Sang et de l'Eau .. et celui qui l'a vu l'alleste, el
vé,'itable est son témoignage, et celui-là sait qu'il dit vrai,
afin que vous aussi vous croyiez, II - XIX. 3ft, 35; - ces
choses ont été faites, afin de signifier la conjonction du Seigneur
avec le gelll'e humain par le Divin Vl'ai proc6dant du Divin Bien
de son amOlli'; la Poitrine signifie le Divin Amour; le Sang et
l'Eau signifient le Divin Vrai pl'oœdant, le Sang le Divin Vl'ai qui
est pour l'homme spirituel, et l'Eau le Divin Vl'ai qui est pour'
l'homme natul'el; en effet, toutes les choses qui sont l'apportées
dans la Parole SUi' la Passion du Seigneur ont, aussi une signilica­
lion, VOi1' ci-dessus, N°' 83, 195 f.; et comme celles-ci signifient
l'Amour du Seigneur, et la salvatioll de l'homme pal'le Divin Vl'ai
136 L'APOCALY('SE EXPLIQUÉE. ~"3~9.
pl'océtlant du Sfligneur, c'est pour cela même que l'Évangéliste dit
u celui qui l'a vu l'atteste, et véritable est son témoignage, celui-là
sait qu'il dit vl'ai, afin que vous aussi vous croyiez. Il Aux choses
qui viennent d'être l'apportées je vais joindre les suivantes lil'ées de
la Parole; dans Zacharie: Bondis à l'extréme, fille de Sionl
(1

éclate en cris d'a//égresse, fille de Jlrusalem 1 voici, ton Roi


vient; et il parlera de paix aux nations; et sa dominatioTt,
depuis la mer jusqu'à la mer, ef depuis le {leuvejusqu'aux
extrémités de. la terre: même quant à toi, par le SANG de ton
ALuANcEje tirerai tes enchaînés de la {osse où il n'y a POiTtl
d'eau. »~IX. 9,10,11; -ces choses ont été dites du Seigneur
el de l'instaul'ation par Lui de l'Église chez les nalions ; là, par le
sang de l'alliance esl entendu le Divin Vrai, par lequel il y a con­
jonction du Seigneur avec ceux qui seront de son Église, comme
ci-dessus; c'esl pourquoi il est dit aussi u je tiI'erai tes enchalnés
de la fosse où il o'y a point d'eau, )1 el pal' eux sont signifiées les
nations qui sont dans les faux d'après l'ignorance, la fosse où il n'y
a point d'eau signifie où il n'y a point de vrai, et les en tirer si­
gnifie les délivrer de ces faux; que par l'eau soit signifié le vrai de
l'Église, on le voit ci-dessus, N° 71 ; et que par les enchalnés dans
la fosse soient signifiés ceux qui sont dans les faux d'après l'igno­
rance, el qui cependant désirent savoiI' les vrais, on le voit dans les
ARCANES CÉLESTES, No·lt728, lt7ltlt, 5038, 685ft, 7950. Dans
David: u Dieu salivera les lÎmes des indigents; de la {raude
et de la violence il rachètera lell1' âme, et précieux sera leu,'
Sallg il ses yeux; et il vivra, et il lui donnera de /'01' de
Schéba, et il priera pour lui continuellement, chaque jour il
le bénim, sur le sommet des mOlltagnes sera agité son {ru il. II
- Ps. LXXII. 13, 14, 1.5, 16; - il s'agil ici des indigenls par
lesquels sont signifiés ceux qui désirent les vrais d'après l'affeclion
spirituelle; il est dit d'eux, qu'il l'achètera de la fraude et de la
violence leur âme, ce qui signifie la délivrance des maux et des
faux qui détruisent les biens de l'amour et les vl'ais Ile la foi; (1 Pl'é­
cieux sera leur Sang à ses' yeux, II signifie que la réception du Di­
vin Vrai pal' eux sel'a acceptée el agl'éêe; là, le sang est le Divin
Vrai reçu; leur réformation est décrite pal' Il il vivra, et il lui don­
nera de 1'01' de Schéba, et il pl'iera pOIll' lui cOnlinuellefuellt, cha­
Vel'S. 9. CHAPITRE CINQUIÈME. 13ï
que jour il le bénira; )l 1'01' de Schéba est le bien de la charité,
prier pOUl' eux continuellement signifie que continuellement ils se­
ront détournés des faux et tenus dans les vl'ais, et il le bénj~l si­
gnifie qu'ils seront continuellement dans le bien de la charité et de
la foi; c'est pourquoi il est dit aussi (l sur le sommet ùes monta­
gnes sera agité son fruit, Il le sommet des montagnes signifie le
Ciel, d'où le SeigneUl' leur donne le bien de l'amour, qui est le
fl'uit. Dans Moïse: (1 Le sceptre ne se retirera point de J ehll­
dah, ni le Législateur d'entre ses pieds,jusqu'{} ce que L'ienne
Schiloh, qui attachera au cep son ânon, et au cep excellent
le fils de son dnesse,jllsqu'à ce qu'il ait lavé dans le Vin sart
velement, et dans le SANG DES RAISINS son manteau. )l - Gen,
XLIX. 10, 1'1 ; - dans ce Prophétique il s'agit du Seigneur, de
qui il est dit (l il attachera au cep son ânon, et au cep excellent le
fils de son ânesse, 1) et «( il lavera dans le Vin son vêtement, et dans
le Sang des raisins son manteau; Il par le cep il est signifié l'É­
glise, et par le vin et le sang des raisins le Divin Vrai; quant à ce
qui est signifié pal' les autl'es expressions, voir dans les ARCANES
CÉLESTES l'ex plication s.ur ces paroles. La même chose est entendue
par le SANG DU RAISIN dans le Dentér. XXXII. 16, où il s'agit
de l'Église Ancienne réformée pal' le Divin Vrai. D'apl'ès ce qui a
été montré dans cet Article et dans le précédent, il devient évident
pour ceux qui reconnaissent un sens spirituel de la Parole, que par
Tu NOUS AS RACHETÉS A DIEU EN TON SANG, il est entendu la
conjonction avec le Divin pal' la reconnaissance du Seigneur et par
la réception du Divin Vl'ai qui pl'ocMe de Lui; et que la même'
chose est entendue par le sang dans ce Livre prophétique, Chapitre
XII, où il est dit, (1 que flrJ.ichel et ses Anges ont vaincllle dra­
gon par le Sang de l'Agneau et par la pal'ole de son Témoi­
gnage, )l - Vers. H ; - il est dit le Sang de l'Agneau et la pa­
role du Témoignage, parce que le Sang de l'Agneau signifie la
réception du Divin Vrai procédant du SeigneUl', et la parole du
Témoignage la reconnaissance de son Divin Humain. Que le Sang
signifie' le Divin Vrai, on peut encore le voir d'après le sens op­
}lO$é, dans lequel le Sang signifie la violence faiLe au Divin VI'ai
par les faux du mal, et la destl'Uction de ce Vl'ai par ces faux; et
comme les opposés manifestent aussi ce qui est signifié dans le sens
1.38 VAPOCALYPSE EXPLIQUÉE. 1\1·329,

l'ëel, je vais pour celte raison rapportel' quelques passages dans les­
quels le sang et les sangs ont cette signification : il faut qu'on sa­
che que, dans la Parole, la plupart des choses ont aussi le sens op­
posé, et que d'apl'ès ce sens on peut savoir ce qui est signifié dans le
sens réel: soient donc pour illustration ces passage.s; dans l'Apo­
calypse : IC Le second Ange versa sa coupe dans la mer, et elle
dçt'int comme du sang d'un mort; et tout animal vilmnt
mourut dans la mer. Et le troisième Ange versa sa coupe
dans les fleuves et dans les sources des eaux, et elles devin­
rent du sang. Il - XVI. 3, 4; - el ailleurs: 1 Les deux té­
moins ont pouvoir sur les eaux de les changer en sang. 1 ) ­
Apoc. XI. 6; - dans Ésaïe: Il Les eaux de N imrim seront des
désolations, et les eaux de Dimon sont pleines de sang. II ­
XV. 6,,9; - dans David: Il Il envoya des ténèbres et il cou­
vrit de ténèbres; il cltangea leurs eaux en sang, et il tua leur
poisson. 1) - Ps. CV. 28, 29; - d'après ces passages, on voit
pal' l'opposé ce que signifie le sang; en effet, dans le sens réel, le
sang signifie le Divin Vrai, et chez ceux qui reçoivent il signifie le
v.l'ai d'apl'ès le bien; de là, dans le sens opposé il signifie la vio­
lence faite au Divin VI'ai, et chez ceux qui font cette violence il si­
gnifie le faux d'après le mal; cet opposé se manifeste en ce qu'il
est dit que les Eaux de la mel', des fleuves et des sources ont été
changées en sang, cal' par les eaux sont signifiés les vl'ais, par le
sang y sont donc signiliés les faux qui détruisent les vl'ais; par l'a­
nimal vivant dans la mer et par le poisson sont signifiés les vrais
scientifiques; ainsi pal' eux morts et tués pal'le sang sont signifiés ces
vl'ais aussi détruits; que par les eaux soient signifiés les vrais, on le
voit ci-dessus, N° 71; et que pal'les poissons soient signifiés les vrais
scientifiques qui appal'tiennent à l'homme naturel, on le voit dans
les ARCANES CÉLESTES, No' 40, 991. De plus, dans l'Apocalypse:
Il Je t'is, lorsqu'il eut ouvert le sixiëme sceau, et voici, lm

graud tremblement de terre se fit, et le Soleil devint noir


comme un sac de poil, et la Lune en(ière devint comme du
sang. II - VI. 12. - Dans Joêl : Il Je dO,nnerai des prodiges
dans les Cieux et en la terre, du sang, du feu et des colonnes
de fumée; le Soleil sem changé en ténèbres, et la Lime en
sang, avant que vienlle le gral1djour de Jéhovah, 11- Ill. 3,
Vers, 9. CHAPITRE CINQUIÈME. 1.39
ln-ici aussi, d'après l'opposé, l'on connaît que le sang signifie la
violence faite au Divin Vrai; en effet, dans la Parole, par le Soleil
est signifié le Divin Céleste qui est le Divin Bien, et par la Lune le
Divin Spirituel qui est le Divin Vrai, c'est pourquoi il est dit que la
Lune sem changée en sang; que la Lune ait celte signification, on
le voit dans le Tl'aité DU CIEL ET DE L'ENFER, N6. H8, 11.9. Dans
Ésaïe: (( Celui qui marche dans les justices, et prononce des
droitures, qui bouche son oreille pour qu'elle n'entende point
les sangs, et qui (erme ses yeux pour .qu'ils ne voient point le
mal. 1) - XXXIII. 1.5; - que bouchel' l'oreille pour qu'elle n'en-
tende point les sangs~ ce soit pour qu'elle n'entende point les faux
d'apl'ès le mal, cela est évident, Dans David: (( Tu perdras ceux
qui prononcent le mensouge, l' !tomme de sangs et de (raude
est en abomination à Jéhovah. 1) - PSt V. 7; -l'homme de
sangs et de fl'aude signifie ceux qui sont dans les faux d'après le
mal; aussi est-il dit (( tu pel'dras ceux qui prononcent des men-
songes; l) les mensonges, dans la Parole, signifient les faux, Dans
Ésaïe : (( Il arriura que celui qui sera resté dtms Sion, et
celui quisera de reste dans J b'usalem, saint sera dit li Lui,
quiconque aura été écrit pow'-Ia vie dans Jérusalem, lorsque
If; Seigneur aura ltwé l'excrément des filles de Sion, et que
les sangs de Jérusalem il aura nettoyé du milieu d'elle par
un esprit de jugement el par un esprit de nettoiement. 1 I -
IV. 3, h; - comme par Jérusalem est signifiée l'Église quant à la
doch'ine, c'est pour cela qu'il est dit (( lorsque ses sangs il aura net-
toyé du milieu d'elle, JI par les sangs sont donc signifiés les faux
du mal; pal' un esprit de jugement est signifié le Divin Vrai, et
comme c'est ce vl'ai qui purifie, il est dit (1 par un esprit de net-
toiement. (( Dans ÉZéchiel: (1 Au jour que tu naquis, je passai
auprès de toi, et je te vis (oulée aux pieds dans tes sangs, et
je te dis: Vis dtms tes sangs; et je te dis: Vis dans tes sangs.
Je te lavai, et je nettoyai tes sangs de dessus toi, et je t'oignis
d'huile. 1) - XVI. 5, 6, 9, 22, 36, 38; - ici, il s'agit aussi de
Jérusalem, pal' laquelle est signifiée l'Église quant à la doctrine du
vrai; il est d'abol'cl question ici des faux du mal dans lesquels elle
était avant d'avoiI' été réfol'mëe ; et ensuite, de sa l'éfol'mation ; les
faux du mal sont signifiés ell ce qu'elle fut vue foulée aux pieds
140 L'APOCALYPSE- EXPLIQUÉE. N" 3211.

dans les sangs, et sa réfol'Olation est signifiée en ce qu'elle a été


lavée, nettoyée de ses sangs, et ointe d'huile; laver signifie pUl'iRet'
par les vrais, neUoyel' les sangs signifie éloigner les faux du mal,
et oindl'e d'huile signifie gratifier du bien de l'amour. Dans les
Lamentations : « A cause des péchés des prophètes de J érusa­
lem, des iniquités de ses prêtres, qui répandaient itu milieu
d'elle le sang des justes; ils ont erré aveugles dans les rues,
ils ont- été souillés par le sang; les choses qu'ils ne peuvent
(t~ucher), ils les touchent de leurs vêtements. li -IV. 13, 14;
- par les prophètes de Jél'usalem sont signifiés ceux qui ensei­
gnent les vrais de la doctl'ine, et par les prêtres ceux qui pal' les
vrais conduisent au hien ; ici, c'est le sens opposé, parce qu'il est
dit Il à cause de leurs péchés; II pal' l'épandre le sang des justes il
est signifié falsifier les vrais et adulLél'el' les biens, aussi est-il dit
Il ils ont erl'é aveugles dans les rues, ils ont été souillés par le sang;

les cho~es qu'ils ne peuvent toucher, ils les touchent de leurs vête­
ments; il errer aveugles dans les rues, signifie ne Voil' nullement
les vrais, les rues sont les vrais; êtl'e souillé par le sang, signifie .
êtl'e entièrement dans les faux; les choses qu'ils ne peuvent tou­
chel', ils les touchent de leurs vêtements, signifie que les vrais
qu'ils ne peuvent pei'verlir, il les falsifient néanmoins; les vête­
ments sont les vl'ais qui enveloppent les intél'ieurs, ces Vl'ais sOQt
les vrais du sens littéral de la Parole. Dans Ésaïe: « Tout tu­
multe retentira avec tremblement de terre, et le t'êtement
est souillé de sangs, Il - IX. 4 ; - le tremblement de terre, si- ­
gnifie la pel'vet'sion de l'É.glise pal' la falsilication du Vl'ai, et le vê­
tement souillé de sangs, signifie la falsification du sens de la lettl'e
de la Parole. Dans Jél'émie : « Des malices tu as enseigué, tes
chemins, et même dims tes ailes a été trouvé le sang des âmes
des innocents; non dans le percement je les ai trouvés, mais
dans toutes ces choses. Il - II. 33, 34; - là, par le sang
trouvé dans les ailes il est signifié la même chose que ci-dessus
par « les choses qu'ils ne peuvent toucher, ils les touchent de
leul's vêtements, Il les ailes sont les vêtements; u non dans le per­
cement je les ai tl'ouvés, mais dans toutes ces choses, Il signifie
qu'ils n'ont point osé détI'uil'e les Vl'ais mêmes, mais qu'ils ont fal­
sifié les nais du sens de la leUre; les ailes signifient ces vl'ais;
VPl's.9. CHAPITRE CINQUIÈME. llIi
nans Ésare : l( Vo,~ mains ,~ont p{eiIlC.~ de sangs. Il - I. 15;­
dans le Même: « VO.f mains ont été ,'louiltées par le sang, et
vos doigts par l'iniquité, vos lévres ont prononcé des men­
.~onges, et votre langue a médité la perversité; leurs pieds
.cowent au mal, et se hfttent pour répandre le sang innocent;
leurs pensées, pensées d'iniquités. Il - LIX. 3, ï; -les mains
souillées par le sang, et les doigts souillés pal' l'iniquité, signifient
que dans tout ce qui leur appartient il yale faux et le mal du faux;
les mains et les doigts signifient la puissance, et par suite chez eux
tout ce qu'ils peuvent; comme c'est là ce qui est signifié, voilà
pourquoi il est dit II vos lèvl'es ont prononcé des mensonges, et votre
langue a médité la pel'versité; II les mensonges sont les faux, et la
pervel'sité eslle mal du faux; (( leurs pieds se hâtent pour répandre
le sang innocent, Il signifie pour détl'uÏl'e le hien de l'amour et de
la charité, celle destl'Uction est signifiée par répandre le sang in­
nocent ; c'est du bien de l'innocence que procèdent tout bien et tout
l'l'ai du Ciel et de l'Église, voir dans le,Traité DU CIEL ET DE L'EN­
FER, N°' 276 à 283. D'après ces explications on peut voir ce qui est
signifié dans le commun sens pal' les sangs au pluriel, à savoir,
la violence faite tant aux vl'ais qu'aux hiens de la Parole et de l'É­
glise. Comme par répandre le sang innocent il est signifié détruiJ'e le
hien de l'amour et de la charité, c'est pOUl' cela que des précautions
ont été prises de toutes les manières pour que le sang innocent ne
fO.l pas répandu, et qu'il a été ordonné, s'il était l'épandu, de faire
expiation pour la terre, -- Deutér, XIX, la, 13. XXI. 1 à 9 ;­
cal' la terre signifie l'Église. Dans Ésaïe: Il Jéhovah 1.:a sortir de
son lieu pour llisiter riniquité de la terre; alors la tnre dé­
COW)1'!'/'a ses sangs, et ne cachera plus ses tués. Il - XXVI.
21; - par les sangs que la terre découvrÏl'a, sont signifiés tous les
faux et tous les maux qui ont détruit les vrais et les biens de l'É­
glise, la ter,'e est l'Église où ils sont; par les tués sont signifiés
ceux qui ont péri pal' les faux et par les maux.; que les tués signi­
fient ceux qui ont péri par les faux et par les maux, on le voit ci­
dessus, N° 315. Dans l'Apocalypse: Il Dans Babylone a été trout'é
le sang des prophètes et des saints, et de tous ceux qui ont
été tués sur la terre. 1) - XVIII. 2&; - le sang des prophètes
et des saints, ce sont les vl'ais et les biens étouffés; et les tués
1lt2 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 329.

sont ceux qui ,ont péri par les faux et par les maux, comme il vient
d'être dit. La même chose est entendue par «( le Sang des Pro­
prètes qui a été répandu SW' la terre, depuis le sang d'Abel
le Juste Jusqu'au sang de Zacharie, fils de Bm'acllie, qu'ils
ont tué entre le Temple et t'Autel. »- Matth. XXIII. 30, 3h,
35. Luc, XI. 50, 51 ; - dans le sens spirituel, par Abel sont en­
tendus ceux qui sont dans le bien de la chal'ité, et abstl'activement
de la personne ce bien lui-même, et par CaIn ceux qui font la foi
seule l'unique moyen de salut, et considèl'ent le bien de la charité
comme rien, et par suite le rejettent et le tuent; et par Zacharie sont
entendus ceux qui sont dans les vrais de la doctrine, et abstracti­
vement de la personne le vrai de la doctrine lui-même; de là par
le sang de l'un et de l'autre est signifiée l'extinction de tout bien et
de tout \'l'ai; le tuel' entl'e le Temple et l'Autel signifie rejeter de
toute manière le Seigneur, car le Temple signifie le SeigneUl' quant
au Divin Vrai, et l'Autel le Seigneur quant au Divin Bien, et pal'
entl'e l'un et l'autl'c il est signifié l'un et l'autl'e en même temps:
que dans le sens représentatif Abel soit le bien de la chal'ité, on le
voit, No' 3lJ2, 374, 1179, 3325; et Caïn la foi seule séparée de
la charité, No' 340, 3lJ7, 1179, 3325. Voir aussi, que le Pro­
phète signifie la doctrine du vrai, No' 253h, 7269; que le Temple
signifie le Seigneur quant an Divin Vrai, et l'Autel le SeigneuI'
quant au Divin Bien, et dans le sens l'espectif le Hoyaume du Sei­
gneul' et l'Église quant à ce Vl'ai' et quant à ce bien, N°' 2777,
3720, 971!J, 10M2; que entre l'un et l'autre signifie où il ya le
mariage du Divin Vl'ai et du Divin Bien, Nol 10001, 10025. Dans
la Parole, on lit plusieurs fois au sujet des condamnés à mort que
leurs sangs étaient sur eux, et par là dans le sens spirituel il est
entendu que la damnation était sur eux à cause des faux et des
maux pal' lesquels ils avaient détl'uit les vrais et ,les biens de l'É­
glise, car pal' les sangs en général sont signifiés tous les faux de la
doctrine, de la vie et du culte, pal' lesquels existent les maux qui dé­
truisent l'Église; ces maux sont en partie recensés dans Ézéchiel,
Chap. XVlIl. 10, 1.1., 1.2, 1.3 : ces choses sont aussi signifiées
par les sangs dans Jean : «( A tous ceux qui L'ont reçu, il leu/'
a donné pouvoir d'être des fils de Dieu, à ('eux qui croient e1l
son Nom, qui, 110n de sangs, ni de t'olollté de chai,', ni de '1,'0­
Vel'S. 9. CHAPITRE CIJ\JQUIÈME. U3
lonté d'homme, maz:~ de Dieu, sont n(~s. J) - I. 1.2, 13; ­
par Je. Nom du SeigneUl' sont entendus tous les vrais et tous les
biens, par lesquels il doit être adoré; pai' les sangs sont entendus
tous les faux et tous les maux qui détruisent; par volonté de chair
et par volonté d'homme sont signifiés tous les maux de l'amour et
tous les faux de la foi; car la chair signifie le propre volontaire de
l'homme d'où provient tout mal, et l'homme (vir) signifie le pro­
pre intellectuel de l'homme d'où pl'ovient tout faux; la volonté,
c'est où sont ces maux et ces faux; être né de Dieu, c'est être l'é­
généré par les vrais de la foi et pal' la vie selon ces vrais,
330. De toute tribu et langue, signifie de tous ceux qui
sont dans les vrais quant à la dor:triné et quant à la vie: on
le voit pal' la signification de tribu, en ce que ce sont tous les vrais
et tous les biens dans le complexe, ainsi qu'il a été dit ci-dessus,
N° 39; cal' les douze Tribus ont celte signification, et par suite
chaque Tribu signifie quelque chose du vrai et du bien, c'est pour­
quoi pal' (1 de toute tribu, il est signifié de tous ceux qui sont dans
J)

quelque genre du vl'ai et du bien; et par la signification de langue, .


en ce que c'est la doctrine de la vie et de la foi. Plus loin, dans un
Article spécial, il sera plus complètement montré que les Tribus
signifient tous les vrais et tous les hiens dans le complexe; et que, .
pareillement, la langue signifie la doctl'ine de la vie et de la foi, pal'
conséquent la religion: ici, il sera seulement rapporté ce qui a été
montré dans les ARCANES CÉLESTES sur la signification des Tri­
bus; à savoir: que les douze Tribus d'Israel ODt l'epl'ésenté et pal'
s~ite signifié tous les vrats et tous les biens dans le complexe,
N°' 3858, 3926, h060, 6335; que les douze Apôtl'es du Sei­
gneul' signifient la même chose, N°' 2·129, 33M; M88, 6~97;
qu'elles étaient au nombre de douze, parce que douze signifie toutes
choses, N°' 577, 2089, 21.29, 2130, 3272, 3858, 3913; que
les douze Tl'Îbus ayant l'eprésenté et pal' suite signifié tous les Hais
et tous les biens dans le complexe, ont par cela même repl'ésenté
le Ciel et l'Église, Nos 6337, 6637, 7836, 7891,7996; que les
douze Tribus ont des significations différentes selon l'ordre dans
lequel elles sont nommées, et qu'ainsi elles signifient aussi toutes
les choses du Ciel et de l'Église avec variété, No' 3862, 392G,
3939, h603 et suiv., 6337, 66ll0, 1.0335 ; que c'est poUl' cela
lU L'APOCALYPSE EXPLlQUli:E. N° 330.

que des réponses ont pu être données et ont été données parUl'im
et Thumim, où les Noms des douze Tribus d'Israël avaient été
gravés sur des piel'res précieuses, NOl 3858, 6335, 66l10; 9863,
9865,9873, 987ft, 9905.
331. Et peuple et nation, signifie qui sont de l'Église spi­
rituelle du Seigneur et de son Église céleste: on le voit par la
signification de peuple et de nation dans la Parole, en ce que par le
peuple sont signifiés ceux qui sont dans le bien spirituel, et par la na­
tion ceux qui sont dans le bien céleste, ainsi c.eux qui sont de l'Église
spirituelle du Seigneur, et ceux qui sontde son Église céleste: qu'ify
ait deux Royaumes dans lesquels les Cieux ont été distingués, à sa­
voir, le Royaume céleste etleRoyaume spirituel,et que dans leRoyau­
me céleste soient ceux qui sont dans le bien de l'amour envers le Sei­
gneur, et dans le Royaume spirituel ceux qui sont dans leNen de la
charité à l'égal'd du pl'ochain; on le voit dans le Tl'aité DU CIEL ET
DE L'ENFER, N°' 20 à 28 : mais ces deux Royaumes sont non-seu­
lement dans les Cieux, mais aussi dans les terres, et dans les tcnes
ils sont appelés Église céleste et Église spirituelle. Il en est peu qui
sachent ce qui, dans la Parole, est signifié spécialement par le peu­
ple ou les peuples, et ce qui est signifié spécialement par la nation
ou les nations, je vais donc rapportel' quelques passages de la Pa­
l'ole, où ils sont nommés en même temps, par lesquels on vena
clail'ement qu'-il y a quelque chose de distinct signifié par le peuple,
et quelque chose de distinct ~ignifié par les nalions ; cal' si quelque
chose de distinct n'était pas signifié, ils ne seraient pas nommés
en même temps l'uH et l'autre; par exemple, dans les passages
suivants: dans Ésaïe: « Un Peuple fort T'honorera, une ville
des Nations rofJuste,ç Te craindra; JéhOl:ah enlèvera en cette
Montagne les faces de l'enveloppe, l'em:eloppe (qui est) sur
tOIlS les Peuples, et le voile (qui est) étendu sur toutes les Na­
tions. ) - XXV. 3, 7, 8; - ici, il est distingué entre les peu­
ples et les nations, parce que les peuples signifient ceux qui sont
du Royaume spirituel du SeigneUl', et les nations ceux qui sont de
son Royaume céleste; ainsi cenx qui sont dans le Bien spirituel et
ceux qui sont dans le Bien céleste; le Bien spirituel est le bien de
la charité à l'égal'd dupl'Ochain et par suite le bien de la foi, et le
Bien céleste est le bien de l'amour envers le Seigneur et par suite
Vers. 9. CHAPITRE CINQUIÈME. us
le hien de l'amour mutuel; le vrai de ée bien est cé qui est entendu
par une ville des nations robustes, car la ville signifie la Doctrine
du vrai ou les vrais de la Doctl'ine; par enlever l'cnveloppe qui est
sur tous les peuples et le voile qui est étendu SUI' toutes les nations,
il est signifié que l'ombl'e, qui counait l'entendement pour' empê­
chel' de voir les vrais et de peI'cevoil' les biens qui appartiennent au
Ciel el à l'Église, sera dissipée, Dans le Mêmc : Il Approchez,
Nation$, pour entendre; et (vous) Peuples, écoutez; que la
terre et sa plénitude entendent. )) - XXXIV. 1; - comme
les nations signifient ceux qui sont dans le bien de l'amour, et
les peuples ceux qui sont dans le bien de la charité et pal' suite
dans les vrais de la foi, c'est pOUl' cela qu'il est dit des nations
« approchez, Il et des peuples Il écoutez; Il approcher signifie être
conjoint pal' l'amour', et écouler signifi"e obéir el être instruit;
c'est anssi pOUl' cela qu'il est dit Il que la tene et sa plénitude
entendent; )1 par la terre est signifiëe 'l'Église quant au bien, et
par sa plénitude sont signifiés les vrais. Dans le Meme: (1 lUoi,
Jéhovah, je T'ai appelé dans la justice, et je saisirai ta
main, et je Te donnerai en alliance au Peuple, pow' lu­
mière de$ iVations. Il - XLII, 6;- dans le Même: « F ai,~ $orlir
le Peuple aveugle qui a des yeux, el les sourds qui ont des
oreilles; que toutes les Nations se ,'éunissent ensemble, et que
s'assemblent le,ç Peuples. Il - XLIII. 8, 9; - dans le Même:
« Pour Témoin aux Peuple-8je L'ai donné, Prince et Légis­
lateur aux Natiol1.$, l l - LV. h, 5; - dans le Même: « Ainsi
a dit le Seigneur J ého7Jih: Voici, je Nverai t'ers les iVaiions
ma main, et t'er.ç le.~ Peuples j'élèverai mon enseigne, l l ­
XLIX. 22; - dans le Même: « Les Peuple.~ qui ?7uzrchaienl
dans lcs ténçb,'e$ ont vu une lumière grande: tu (1.$ multiplié
la lVation, grande tu lui as rendu la joie. Il - IX. 1, 2; - et
dans le Même: Il Il arrivera en ce jow'-là que la racine de
Jischai, dressée pOllr enseigne des Peuples, les Nalions la
rherclu:ront; el il lb;era une enseigne pour le.~ Nations, et il
assemblera les expulsés d'Israël. Il -XI. 10,12; -les choses
qui sont contenues dans ces passages ont été dites du Seigneur, et
par les peuples et les nations sont entendus tous ceux qui sont de
son Église, car tous ceux qui sont de l'Église du Seigneur sont ou
Il. 10.
1fJ6 L' APOCALYPSE EXPLlQllÉE, N"331.

de son Royaume céleste ou de son Royaume spirituel; outre ceux


qui sont dans ces deux Royaumes il n'yen a point d'autres qui
soient de l'Église: il y a aussi deux choses qui constiluent l'Église,
à savoir, le Bien et le Vrai, l'un et l'autre procédant du Seigneur;
par les Nations sont entendus ceux qui sont dans le bien, et par les
Peuples ceux qui sont dans le vrai; et, ahstractïvement des per­
sonnes, par les nations sont signifiés les biens de l'Église, et par les
peuples les vrais de l'Église: si par les peuples sont signifiés les
vl'ais de l'Église, c'est parce que le Bien spiI'ituel, ou le Bien de la
charité à l'égard du prochain, dans lequel sont ceux qui sont en­
tendllS pal' les peuples, est dans son essence le vrai, voir dans les
ARCANES CÉLESTES, Nos 80ll2, 10296; la cause de cela, Nos 863,
875,895,927,1023, 10ll3, 10llll, 1555, 2256, h328,hll9S,
5113, 9596; et pal' suite quelle est la ditfél'ence entl'e ceux qui
sont du Royaume céleste et ceux qui sont du Hoyaume spirituel,
Nos 2088, 2669,2709,2715,3235,32hO,h788,7068,8521,
9277, 10295. Dans le Même: Il En ce temps-là. il sera ap­
porté en présent à Jéhowh Sébaoth un Peuple dispersé et
pillé. et une LVation mesurée au cordeau et roulée. dont la
terre a été rat'agée par les torrents. urs le lieu du Nom de
J é/zovah. la montagne de Sion, » - XVIII. 2, 7 ; - là, il s'a­
git de l'invilation de tous à l'Église; c'est même pour cela que
le peuple et la nation sont nommés; la montagne de Sion signifie
l'Église à laquelle on est invité; pal' le peuple dispersé et pillé sont
signifiés ceux chez lesquels les vl'ais ont été enlevés, changés ou
perverlis par ceux qui sont dans les faux de la doctrine; par la
nation mesurée au cordeau et foulée, dont la tene a été l'avagée
pal' les torrents, sont signifiés ceux chez lesquels les bieus ont élé
traités p~reillement ; les torrents sont les faux et les raisonnements
qui enproviennenl. Dans Zacharie: lt Encol'e t'iendront les Peu­
ples. et les habitants des villes grandes. pow' supplier les {ares
de Jéhovah, et ainsi viëndront plusieurs Peuples et des N a­
tions JlOmbreuses pour chn'cher Jéhovah Sébaoth dans Jéru­
salem. li - VlIl. 20, 21, 22; -là aussi, pal' les peuples et par
les nations sont signifiés tous ceux qui sont de l'Église du Sei­
gneuI' ; pal' les peuples, ceux qui sont de son Église spirituelle, et
pal' les nations, ceux qui sont de son Église céleste; Jérusalem où
Vel's. 9. CHAPITRE CINQUlÈMK th7
ils viendront est l·Église. Dans ,David: « Tu Me mettras à la
Ute des Nations; un Peuple, que je ne connaissais ptl8, Me
sert'ira. 1) - Ps. XVIII. !JlJ; - dans le Même: (( J éltovalt met­
tra les Peuples sous nous, et les Nalion~; sous nos pieds: Dieu
règne sur le~ Nations, les t'olontaires d'entre les Peuples ont
été assemblés. » - Ps. XLVII. h, 9, 10; - dans le Même:
« Pour que l'on connaisse dan~ la terre parmi toules les Na­
tions lon salut; les Peuples Te confesseront, ô Dieu! dans
l'allégresse et dans lajubilation seront les Nations de ce que
tujugertl8les Peuples en droiture, et que.les Nations dans la
terre tu conduirtl8. 1) - Ps. LXVII. 3, h, 5; - dans le Même:
« Souviens-toi de Moi, Jéhovah, dans le bon plaisir pour ton
Peuple, afin que je me réjouisse dans la joie de tes Nations. 1)
- Ps. CVI. A, 5; - dans le Même: (1 Je Te confesserai parmi
les Nations, Seigneur; je Te psalmodierai parmi les Peu­
ples. 1 ) - Ps. LVII. 8,9,10. Ps. cvm. 2, 3, h ; - dans ces
passages aussi les peuples et les nations sont nommés, et par eux
sont entendus tous ceux qui sont dans les vl'ais et dans les lliens;
de plus, les expl'essions elles-mêmes qui sont dites des peuples
sont des expl'essions qui s'appliquent aux vrais, et celles qui sont
dites des nations sont des expressions qui s'appliquent aux biens:
qu'il n'yen ait point d'autres qui soient entendus par les Nations,
on le voit aussi en ce que ces paroles ont été dites pal' Da\'id
qui était l'ennemi ùes nations Cananéennes. Dans Luc: « Mes
ye,ux ont vu ton salut, que tu as préparé devant la face de
tous les Peuples, lumière pour révélation aux Nations. 11­
II. 30, 31, 32. - Dans Séphanie : (( Les resles de mon Peuple
les pilleront, et les résidus de ma Nation les aurout en héri­
tage. l) - Il. 9. - Dans Moïs~ : (1 Comme les deux fils de Ré­
becca s'entrelteurtaient dans son utérus, elle alla interroger
Jéltovalt, et J ého.valt lui dit: Deux Nations (sont) dans tOit
utérus, et deux Peuples (sortis) de tes entrailles seront sépa­
rés. 1) - Gen. XXV. 22, 23; - et dans le Même: CI Souviens­
toi des jours du siècle, quand le Très-Haut donnait l'héritage
aux Nations, quand il séparait les fils de l'homme, il établit
les bornes des Peuples selon le nombre des fils d'Israël. 1 ) ­
Deutér. XXXII. 7, 8; - pal' les fils de l'ho~me il est signifié la
llIS L'A.POCALYPSE I~XPLIQUf;E, 1'\" a:u,

même chosc que par les penples, à savoil', r..eux qui sont dans les
vrais et les biens spil'ituels, c'est pourquoi il est dit d'eux, «quand
il séparait les fils de l'homme, il établilles bornes des peuples se­
lon le nombl'c des fils d'Isl'ael; II pal' les fils d'Israel est signifiée
l'Église spirituelle, et par leUl' nombre ou celui des douze Tribus
qui pOl'lent leUl's noms, sont signiliés tous les vrais et tous les biens
qui sont dans cette Église, voir ce qui vient d'êtl'e dit ci-dessus,
N° 330, c'est pOUl'quoi eux sont nommés peuples; les séparer et
établir leurs bornes signifie déloul'nel' des faux et gratifier de vrais;
cl donner l'héritage aux nations signifie le Ciel ct la conjonction
a\'ec ceux qui sont dans le bien de l'amour. Dans Daniel: « Tous
le,ç Peuples, Nations et Langues Le serlJiront; sa Domina­
tion, Domination éternelle qui ne passera point, et son Royau­
me, (Royaume) qui ne périra point, ,l-'VII. 1.lI; - ces choses
ont été dites du Seigneul', et pal' les peuples et les nations il est en­
tendu tous ceux qui sont dans les vrais et dans les biens; et pal'
toutes les langues il est entendu de quelque doctl'ine ou de quelqùe
l'eligion qu'ils soient, car l'Église du SeigneuI' est universelle; etle
est, en effet, chez tous ceux qui sonl dans le bien de la vie, et qui
d'apl'ès leUl' doctrine regardent vel's le Ciel, et pal' là se conjoignent
au SeigneUl', voir SUl' ceux-ci dans le Traité DU CIEL ET DE L'EN­
FER, les Nol 318 à 328; puisque par les nations il est signifié ceux
qui sont dans le hien de l'amour, et pal' les peuples ceux qui sont
dans le bicn de la charité et pal' suite dans les vrais de la foi, c'est
pour cela qu'il est dit sa Domination, Dominalion éternelle; et
(1

son Royaume, Royaume qui ne pél'Ï!'a point; Il dans la Parole, la


Domination se dit du bien, et le Royaume se dit du vrai, aussi le
seigneur est-il appelé Seigneur d'apl'ès le Divin Bien, et Roi d'a­
près le Divin Vrai. ûull'e ces passages, il en est enr,ore d'autres qui
pourraient êtt'e l'appol'tés poUl' confirmer que les peuples signifient
ceux qui sont de l'Église spirituelle, et les nations ceux qui sont de
l'Église céleste, mais ici ont été seulement rapportés ceux dans
lesquels les pe~ples et les nalions sont nommés ensemble; il Y sera
joint quelques passages, où les nations sont seules nommées; dans
Ésaïe: (( Ouvrez les pOl'te,ç pour qu'elle entre, la Nationjuste
qui ,garde les fidélités: tu as ajou~é à la Nalion, Jéhovah; tu
((.~ ajout/ri la Natioll, III a,ç été glo1'ifié, tu lM éloigné touies
Vers. 9. CHAPIT1Œ CINQUIÈME. UO
les extrémités de la terre. l l - XXVI. 2, 15. - Dans Da\'id :
c( Vers Jéhovah se tourneront tous les bouts de la terre, et
devant Toi se prosterneront toules les familles de.~ Nations,
parce que le Royaume (est) à Jéhovah, et qu'il d011liue parmi
les Nations. Il - PSt XXII. 28, 29. - Dans Ésaïe: Il Les Na-
tions marcheront il ta lumiere, et les Rois à la splendeur de
ton lever; ton cœur se dilatera de ce que vers Toi se tournera
la multitude de la mer; les armées des lVations viendront li
Toi. Il - LX. 3, 0, 11 ; - dans le Même: II Toutes les Nations
verront tajustice, et tous les Rois ta glo;"e. II"":"" LXII. 2;-
dans ces passages les Nations et les Peuples ne sont pas nommés
ensemble, mais cependant dans les deux del'niers il est dit les Na-
tions et les Rois, parce que les Rois signifient la même chose que
les Peuples, à savoÏl', ceux qui sont dans les \'rais, voir ci-dessus,
N° 31; et comme pal' les Nations sont signifiés ceux qui sont dans
le bien, et par les Rois ceux qui sont dans les vrais, c'est pOUl' cela
qu'il est dit des Nations, « elles venont ta justice; Il et des Rois,
II ils venont la gloire; II dans la Pal'ole, la justice se dit du bien,

et la gloire se dit du vrai: que dans la Pal'ole la Justice se dise du


Divin Bien, on le voit, N°' 2235, 985ï ; et que la Gloire se dise
du Divin Vrai, on le voit, Nol !J8Û9, 5922, 8267, 8!J27, 9!J29.
D'apl'ès le sens opposé, 00 peut encol'e voir que les Peuples signi-
fient ceux qui sont dans les vrais, el les Nations ceux qui sont dans
le bien, cal' dans ce sens les Peuples signifient ceux qui sont dans
les faux, et les Nations ceux qui sont dans les maux; comme dans
les passages suivants; dans Ésaïe: Aschur, verge de ma (,:0-
(1

lere; contre la Nation hypocrite je [' ent'errai, el contre le


Peuple de mon emportement je le manderai. II-X. 5, 6 ; -
dans le Même: II Voix de multitude da ilS les montagnes, voix
de tumulte de royaumes des lVations asumblées; ils t'Ïell1tent
d'une terre éloignée, de l' extrémité de.~ Cieux, Jéhovah et
les instruments de sa colère pour détruire toute la terre. 1 ) _ .
XIII. !J, 5; - ·dans le Même: « J éhovalz frappe les Peuplfs
d'une plaie incurable, il domine (wec·colère sur les Nation.~. 1)

XIV. G; - dans le Même: Il Que par la voix; du tuml/lte les


Peuples s'en aillent errall ts, et que del'llllt ton élél'atioll soient
dil1persées les Nations. 1) -XXXIlI. 3.-Dans Jérémie: (1 Void,
150 L' APOCALYPSE I~XPLIQlJÉJ~. ~":m,

un Peuple vient de la terre du septentrion, et une Nation


grande sera suscitée des côtés de la terre; r arc et la lance ils
saisissent, cette (nation est) cruelle, ils n'ont point de com­
. passion. )) - VI. 22, 23. - Dans Ézéchiel: Il Je ne te (erai
plus entendre la calomnie des Nations, et l'opprobre des Peu­
ples tu ne porteras plus, ) - XXXVI. 15. - Dans David ~
Il Tu nous mets en proverbe parmi les Nations, en hochemènt

de tête parmi les Peuples. II - Ps. XLIV. 15; - et dans le


Même: Il Jéhot'{m rend inutile le conseil des Nations, il ren­
urse les pensées des Peuples. II - Ps. XXXIII. 10; - dans
ces passages les Peuples sont pris pour ceux qui sont contl'e les
vrais de l'Église spirituelle, ainsi pour ceux qui sont dans les faux,
et les Nations pOUl' ceux qui sont contre les biens de l'Église cé­
leste, ainsi pour ceux qui sont ·dans les maux. Ces choses sont
aussi signifiées par les Peuples et par les Nations qui ont été ex­
pulsés de la terl'e de Canaan. A tout ce qui vient d'être rapporté,
qu'on ajoute ce qui a été dit ci-dessus, N° 175.
332, El tu nous as (aits à notre Dieu rois et prêtres, si­
gnifie que ceux-là sont pm" le Seigneur dans les 't'rais et dans
les bien.~ de l'Église et du Ciel: on peut le voir d'après ce qui
a été monll'é ci-dessus, N° 31, où sont des paroles semblables.
333. Et nous règnerons sur la terre, signifie la Puissance
qui appartient au Seigneur Seul par le Divin Vrai uni au
Divin Bien, et par suite la puissance et la sagesse pour ceux
qui sont du Royaume sprituel et du Royaume céleste du Sei­
gneur : on le voit par la signification de régner, en ce que c'est
être dans les vrais et dans les biens, et de là être par le Seigneur
dans la puissance de résister aux maux et aux faux qui viennent
de l'Enfer; et comme les vrais et les biens viennent du Seigneur
Seul, et que toute puissance appartient aux vrais d'après le bien,
c'est pour cela que régneI' signifie la puissance qui appartient au
Seigneur Seul par le Divin Vl'ai uni au Divin Bien, et par suite la
puissance pOUl' ceux qui sont dans le Royaume spirituel et dans le
Royaume céleste du SeigneUl' : celui qui ni comprend pas conve­
nablement la Pal'ole dans le sens spirituel, s'imaginera que ceux­
là seront comme des Rois et des PI'êtl'es, et qu'ils l'ègneront avec
le Seigneur; mais dans le sens spirituel par les Rois sont entendus
Vers. 10, CHAPITRE CINQUIÈME. 1.51
les vl'ais, et par les Prêtl'es les biens, abstractivement des per­
sonnes, ou dans les pel'sonnes pal' le Seigneur, d'où il suil que ce
sonlles vrais d'après le bien qui règnel'ont, pal' conséquent le Sei­
gneur Seul de Qui procèdent ces vrais; les Anges, il est vrai, sonl
dans une grande puissance, mais toUjOUl'S est-il que nul n'a de la
puissance par soi-même; bien plus, celui qui dans le Ciel croit
êlre par soi-même dans la puissance, en est à l'instant privé, et
alors il ne peut absolument l'ien : si dans le sens de la lelll-e il est
dil qu'ils règneront, c'est parce que le sens de la lettre esl pel'son­
nel, -aussi quand dans ce sens il est dit qu'ils sel'ont Rois et Prê­
tres, il est dit de mêjne qu'ils règnel'ont; mais dans le sens spiriLuel
le lout de la pel'sonne est dépouillé, et pal' suite aussi le tout de la
domination en eux, et il est laissé au SeigneuI' Seul: il en est de
cela comme des paroles que le Seigneur a dites à ses Disciples,
« qu'ils seraient assis sur douze trônes, etjugeraient les douze
Tribus d'Israël, Il - Mauh. XIX. 28. Luc, XXII. 30 : - et
comme de celles que le Seigneur a dites. à Piel'l'e, (( que les clefs
du Royaume des Cieux lui appartiendraient, » - Mallh. XVI.
1.0; - par ces paroles il est entendu, lion pas que les Disciples et
Pierre auraient cette pl).issance, mais qu'elle appal'liendl'ait au Sei­
gneur Seul, puisque dans le sens spirituel pal' les douze Disciples
il est entendu tous les VI-ais et tous les biens de l'Église qui procè­
dent du Seigneur, et par Pierl'e, le Vl'ai d'après le bien qui pl'ocèdc
du Seigneur: que pal' les Disciples il soiL entendu tous les vrais et
tous les. biens de l'Église qui procèdent du SeigneUl', on le voiL ci­
dessus, N°' 1.00, 122 : que Piel're signifie le vrai d'après le bien
qui procède du SeigneUl', on le voit dans l'Opuscule du JUGEMENT
DERNIER, N° 57, et ci-dessus, N°' 0, 206, 209, Que toule puis­
sance appartienne au vrai d'après le bien qui procède du Seigneur,
pal' conséquent au Seigneur Seul, et que ce soit ùe là que les Anges
ont la puissance, on le voit dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER,
No' 228 à 233. Si par nou,ç règnerons il est aussi signifie qu'ils
ont la sagesse par le Seigneur, c'est pal'ce que par les Rois ct
par les Prêtres sont signifiés les vl'ais et les biens, et quc t.oute
sagesse vient des vl'ais qui procèdent du bien pal' le Seigneur; il
esl dit qu'ils règneront sur la terre, parce que par la tel'l'e est en­
tenduc l'I~glise du SeigncUl' dans les Cieux c~ dans les tel'l'es, voir
152 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. r\" 3:.13.

ci-dessus, N° 304 ; il est même bien évident que la tene dans ce


passage ne signifie pas la terl'e, et qu'ils ne seront pas non plus
Rois et Prêtres. Si régnel' signifie être dans les vl'ais d'après le bien
et pal' suite dans la puissance et dans la sagesse par le Seigneul',
c'est par'ce que le l\oyaume signifie le Ciel et l'Église quant aux
vrais, el que le Roi signifie le vrai d'apl'ès le bien; que le Royaume
dans la Pal'ole signifie le Ciel et l'Église quant aux vrais, on le voit
ci-dessus, N° 48; et que le Roi signilie le vl'ai d'après le bien, on.
le voit aussi ci-dessus, N° 31 ; la même chose est signifiée par ré­
gner, dans les Chapitl'es suivants, XX. li, G. XXII. 5.
33lJ. Vers. 11, 12. Et je vis, el j'entendis une voix de
beaucoup d'Anges aulour du Trdne et des Animaux· et des
Ancien.~, el lelJ.r nombre élait des myriades de myriades el
des milliers de milliers. - Disant d'une voix grande: Digne
est l'Agneau, qui a été tué, de recevoir le pouvoir el richesse
et sagesse et honneur et gloire et bénédiction. - Et je vis,
et j'entendis une voix de beaucoup d'Anges autour du Trd.ne
et des Animaux et des Anciens, signifie la reconnaissance et par
suite la glorification dn SeigneUl' pal' les Anges des Cien infé­
rieurs: et leur nombre était des myriades de myriades el des
milliel's de milliers, signifie innombrables ceux qui sont dans les
vrais, et innombrables ceux qui sont dans les biens: disant d'une
voix grande: Digne est rAgneau, qui a été tué, signifie la
reconnaissance de cœul' que tout Divin vient du Divin Humain du
Seigneur', Divin non":reconnu et nié par plusieul's : de recevoir le
pouvoir ft richesse et .~agesse, signifie qU'à lui appartiennent la
Toute-Puissance, la Toule-Science et la Divine Providence: el
honneur et gloire, signifie qU'à 'lui appartiennent le Divin Bien
et le Divin Vl'ai : et bénédiction, signifie la reconnaissance- et la
glorification du SeigneUl' à cause de cela, et ['action de gl'âces de
ce que par Lui il y a tout bien et tout vrai, et par suite le Ciel et
la félicité éternelle pour ceux qui reçoivent.
335. Etfe vis, etf' entendis une voix de beaucoup d'Anges
autour du Trône et des Animaux et des Anriens, signifie la
reconnaissance et par suite la glorification du Seigneur par
les Anges des Cieux inférieurs: on peut le voir' d'après ce qui
a élé dit ci-dessus, N° 322, à savoir, que la recon"naissance et la
"Cl'S. li. CHAPITRE CINQUIÈME. 1.53
glorification du Seignem' ont eu lieu dans cet ol'dl'e, d'abord pal'
les Anges des Cieux supél'ieul's, ensuite pal' les Anges des Cieux
illfél'ieul's, et enfin par ceux qui étaiem au-dessous des Cieux; car
pal' les qualt'e Animaux et les vingt-quall'e Anciens, qui ont d'a­
bOl'd glorifié, sont signifiés les Anges des Cieux supérieul's, voir
ci-dessus, N° 322; par ceux maintenant qui sont autoul' du TI'One
et autour des Animaux et des Anciens, sont entendus les Anges des
Cieux infél'iem's; et par « toute chose créée, qui est dans le Ciel et
en la Terre et sous la Terl'e, et dans la Mer', J) dont il va êll'e pal'lé
au Vel's. 1.3, sont entendus ceux qui sont au-dessous des Cieux.
Que ce soient les Anges des Cieux inférieurs qui sont ici entendus,
c'est même ce qu'on voit clairement en ce qu'ils sont dits autour du
TI'One et des Animaux et des Anciens, et que dans la Parole pal'
autour il est entendu ce qui est dans les confins plus éloignés,
ainsi ce qui est distant, mais quand il s'agit du Ciel, il est entendu
ce qui est distant en degré d'intelligence et de sagesse, pal' consé­
quent ce qui est au-dessous; en effet, il y a des Cieux supél'ieurs
et des Cieux infériem's, distingués entl'e eux selon la l'éception du
Divin Vrai et du Divin Bien, ainsi selon les degrés d'intelligence
et de sagesse; quant aux degrés dont diffèl'ent ent1'e eux les Cieux
et par conséquent les Anges qui y sont, t'OÙ' dans le Traité DU
CIEL ET DE L'ENFER, les NOl 33, 34, 38, 39, 208, 209, 2H,
425 ; au-dessous selon ces ùegl'és, c'est là ce qui est signifié par
autour; même chose est aussi signifiée ail1eul's dans la Pal'ole pal'
autour, circuit, de loin, distant, extl'émités, et aulres expl'essions
semblables.
336. Et leur nombre était des myriades de myriades et
des milliers de milliers, signifie 'inllombrables ceux qui sont
dans les vrais, et innombrables ceux qui sont dans les biens :
on le voit pal' la signification du nombre, en ce que c'est la
quantité et la qualité, la quantité dans le sens natm'el, et la qualité
dans le sens spirituel, le nombre apposé les détermine; mais tou­
jours est-il que pal' tous les nombres dans la PaI'ole il est signifié
quelque chose du sujet; pal' exemple, par deux, lI'ois, qualt'e, cinq,
sept, dix et douze, ainsi qu'il a été montré en leul' lieu; il en est
de même de la MYl'iade et du Milliel', qui sont nommés ici; soit
pour exemple le noml>l'e Sept; ce nombre ne signilie pas sept, mais
ibta L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 336•

. il signifie toutes choses, le plein et le tout; voir ci-dessus, N° 257 :


mais ce que signifient les myriades et les milliers, cela va ttre dit
maintenant: Les mYl'iades signifient des choses innombl'ables, et
il en est de même des milliers; mais les myriades se disent des
vl'ais, et les' milliers se disent d~ biens; de là vient que par li des
myriades de myriades et ;des milliers de milliers, Il il est signifié
innombrables ceux qui sont dans les vl'ais, et innombrables ceux qui
sont dans les biens; ceux qui sont dans les Cieux inférieurs dont
il est pal'lé ici, de même que ceux qui sont dans les Cieux supé­
l'ieurs dont il a été question ci-dessus, sont de deux Royaumes, à
savoil', du Royaume spirituel et du Royaume céleste; ceux du
Royaume spirituel sont entendus par ceux qui sont dans les vrais,
et ceux du Royaume céleste sont entendus par ceux qui sont dans
les biens; l'innombrabilité de ceux-ci est signifiée par des milliers
de milliers, et l'innombl'ahilité de ceux-là est signifiée par des
myriades de myriades; mais dans le sens abstrait, qui est le vrai
sens spirituel, il est signifié des vrais innombrables et des biens.
innombl'ables. Si les MYl'iades et les Milliers signifient des choses .
innombrables, c'est pal'ce que dix signifie des choses en grande
quanlité, et que pal' suite il en est de mtme de cent, de mille
et de dix mille, cal' les Nombres multipliés par un nombre sem­
blable, signifient la mtme chose que les nombres simples par les­
quels ils ont été multipliés, voir N°' 5291, 5335, 5708, 7973;
mais quand des choses innombrables, qui sont en quantité infini­
ment gl'ande, doivent être exprimées, il est dit des myriades de
myriades et des milliel's de milliers: de plus, quand deux Nom­
bres multipliés, l'un plus grand et l'autre plus petit, signifiant la
mtme chose, sont nommés ensemhle, pal' exemple, dix .et cent,
ou cent et mille, alors le plus petit se dit des biens, et le plus grand
se dit des vl'ais; et cela, ·pal'ce que chaque bien est composé de
plusieurs vrais, cal'le bien est formé de vrais, et.par suite le bien
est produit pal' les vrais; de là vient que le nombre plus gr'and se
dit des vrais et que le nombre plus petit se dit des biens; pareil­
lement ici les myriades de myriades et les milliers de milliers;
soit pour ilIustl'ation cet exemple: Un seul plaisir de l'affection
peut êtl'e représenté par plusieurs idées de la pensée, et ttre rendll
pal' diverses expressions du langage, le plaisir' de l'affection est ce
Vers. u. CHAPITRE CINQUIÈME. 155
qui est appelé le bien, et les idées de la pensée et aussi les diverses
expressions du langage, qui pl'ocèdent de ce plaisÏ1' ou de ce bien,
sont les choses qui sont appelées des vrais; il en est de même d'une
seule chose de la volonté relativement à plusieul's choses de son en­
tendement, et aussi d'une seule chose de l'amom' l'elativement à plu­
sieurs choses qui l'expriment; c'est aussi pour cela que, dans la Pa-'
l'ole, beaucoup et multitude se disent des vl'ais, et que gl'and et gran­
deur se disent du bien, car ce qui est grand contient en soi beaucoup
de choses: mais ceci est dit pour ceux qui peuvent être iIIustl'és pal'
des exemples, afin qu'ils sachent pourquoi les MiIliel's signifient des
'choses innomhrables de même que les Myriades, et que cependant
les Myriades se disent des vrais et les Milliers des biens. Que ces
nombres aient de telles significations, on peut le voil' par les pas­
sages suivants; dans Moïse: CI Au pl'emier-né de son bœuf.
honneur il lui, et cornes de licorne ses cornes; avec elles les
peuples il frappera ensemble aux bouts de la terre; et eux
sont les Myriades d'Éphraïm et les Milliers dè Ménasclteh. Il
- Deutér. XXXl1I. 1.7; - ces choses ont été dites de Joseph,
par qui, dans le sens représentatif, est signifié le Seigneur quant au
Divin Spirituel, et quant à son Royaume spirituel, voir NOl 3969,
3971,-!a669, 6!117; par ses deux fils, ÉphraYm et Ménascheh,
sont signifiées les deux choses de ce Royaume, à savoir, le Vrai
Intellectuel et le Bien Volontaire,.par Éphraïm le Vrai Intellectuel,
et par Ménascheh le Bien VolontaiJ'e; c'est de là qu'il est dit, Cl les
Myriades d'Éphraïm et les Mil1iers de Ménascheh. Il Que ce soit là
ce qui est signifié par Éphraïm et par Ménascheh, on le voit dans
les ARCANES CÉLESTES, Nol 3969, 5351., 5353, 5354, 6222,
6234, 6238, 6267, 6296 : quant à ce qui est signifié dans ce
passage pal' le premier-né du bœuf et par les cornes de Licorne,
voir ci-dessus, N° 31.6. Dans David: « Les chars de'Dieu (sont)
par doubles myriades, milliers d'Anges de paix, le Seigneur
en eux, Sinaï dans le sanctuaire. Il - Ps. LXVlII. 18; - par
les chars de Dieu sont signifiés les vrais de la doctrine, et par les
Anges de paix les biens de la doctrine, c'est pourquoi de ceux-là
il est dit des myriades, et de ceux-ci des mil1iers; que les chal's si­
gnifient les vrais de la doctl'ine, on le voit, NOl 2762, 5321, 8215;
et que la paix signifie l'intime du bien, on le voit dans le Traité DU

..

156 L' APOCAL y PSE EXPLIQlJEE. 1'\" 336.

CIEL ET DE L'ENFER, NO'28lrà2~)O:et comme le Seigneur eslllppelé


Seigneur d'après le bien, et que Sinaf signifie le Ciel où est el d'où
vient le Divin VI'ai, c'est pOUl' cela qu'il est dit, lt le Seigneur en
eux, Sinaf dans le sanctuaire; l) le sanctuait'e est le Ciel et L'Église'
où est le Di,vin Vrai; que le SeigneUl' soit appelé Seigneur d'après
le Divin Bien, et Dieu d'apl'ès le Divin Vrai, on le voit, N°' lt973,
9167, 9194; el que Sinaï signifie le Giel où est le Seigneur de
Qui procède le Divin Vl'ai ou la Loi dans le sens strict et dans le
sens lal'ge, on le voit, N°' 8399, 8753, 8793, 8805, 9420. Dans
le Même: Il Tu ne craindras pas pour toi devant la terrem' de
nuit, devant la flèche qui vole de jour, devant la peste qui
dans l'obscurité se glisse, devant la mort qui dévaste li midi;
il ell tombera li t'on côté un llf illier, et une Myriade à ta
droile. » - Ps. XCI. 5, 6, 7; - ces choses ont été dites des
faux et des maux qu'on ne sait pas être des faux et des maux, et
des faux et des maux qu'on sait êtl'e des faux et des maux, et qui
cependant font irmption dans la pensée et dans la volonté, et per­
denl les hommes; les faux qu'on sait êtl'e des faux sont entendus
pal' la flèche qui vole de joUI'; et les maux qu'on sait êtl'e des maux,
et qui cependant entrent, sont entendus pal' la mOlt qui dévaste à
midi; les faux qu'on ne sait pas ëtl'e des faux sont entendus pal' la.
Leneur de nùit, et les maux qu'on ne sait pas être des maux, par la
peste qui se glisse dans l'obsCUl'ité ; la destl'Uclion de ces maux est
signifiée pal' un millier qui tombera à son côté, et la destmclion de
ces faux pal' une myriade qui tombera à sa dl'oite; par le côté près
duquel ils tomberont est signifié aussi le bien, et par la droite le
vl'ai du bien; si le millier se dit des maux, et si la myriade se dit
des faux, c'est parce clue les faux sont opposés aux vl'ais, et les
maux aux hiens, et que dans la Parole les opposés sont eX(ll'imés
par des pal'oles sembl.ables et par des nombres semQlables. Dans le
Même: (1 Nos celliers (sont) pleins, fournissant provision sur
provision; nos troupeaux (sont) par Milliers, par Myriades
dans nos places. 1) - Ps. CXLIV. 13; -·par les celliers et pal'
la provision sont signifiés les hiens et les vrais de l'Église, car les
pl'Ovisions spirituelles sont les connaissances du vl'ai et du bien,
pal' lesquelles il y a inLeIl~ence; des choses semblables, mais in­
térieures, sont siguifié.es pal' les tl'oupeaux ; c'est pourquoi les biens
Vers. U. CHA.PITRE CINQUIÈME. 1 15i
de l'Église son\. enlendus pal' les milliers, elles vl'ais de l'Église
par les myriades; cl comme les vl'ais sont enlendus par les myriades,
c'est pour cela qu'il est dit « par mYl'iades dans nos places, Il car
par les places de la ville sont signifiés les vrais de la doctrine: que
la provision (ou noul'l'iture) signifie et le bien et le vrai, on le voit,
NM 3116, 4659,4792,5167,5293,5360, 5362,5610,5626,
5576, 5582, 5588, 5655, 5915,6277,8618, 8562, 9003;
pal' suile aussi les cel\iel's qui contiennent la pl'ovision ; que par les
lroupeaux soient signifiés les biens el les vrais intérieurs qui sont
appelés spirituels, on le voil, N°'1565, 2566, 3767,3768, 3772,
3783,3795,5913,6066, G068, 8937, 1.0609. Dans Michée:
Il Est-ce que prendra plaisir Jéhovah il des li! illiers de bé­

liers, il des Myriades de rui.~uau,x d' huile? )) - VI. 7; ­


comme pal' les béliers il est signifié les biens spirituels, et par les
l'uisseaux d'huile les vrais qui procèdent du bien, c'est pOUl' cela
que de ceux-ci il est dit Il des myriades, Il et de ceux-là Il des mil­
liers; Il que pal' les béliel's il soit signifié les biens spirituels, on le
voit, Nos 2830, !l170; et comme par l'huile il est signifié le bien de
l'amour., de là par des l'Uisseaux d'huile sont signifiées les choses
procédant de ce bien, lesquelles sont des vrais, Dans Daniel :
Il Voyant je (us jusqu'à ce que des tr~nes (ut'ent renrersés,

et que l'Ancien de,~ jours s'assit; un fleuve de (eu coulait et


sortait de det'ant Lui; un Millier de milliers Le serraient, et
une Myriade de myriades devant Lui se tenaient. )) - VU.
9, 10; -là, il s'agit de l'avénemenl du Seigneur, el pal'les trônes
qui furent renvel'sés sont signifiés les faux de l'Jtglise qui ont été
détruits; par l'Ancien des jours est entendu le Seigneur d'éternité;
par le fleuve de feu, qui coulait et sOI'lait de devant Lui, est signifié
le Divin Bien de l'amour et par suite le Div.in VI'ai, par le fleuve
de feu qui coulait, le Divin Bièn de l'amour, et par le même fleuve
qui SOI'lait, le Divin Vrai procédant; ç.omme il est signifié l'un et
l'aull'e, c'est pOUl' cela qu'il est dit Il un Millier de milliel's Le sel'­
vaient, et une Myriade de mYl'iades devant Lui se tenaient,' Il le
millier à cause ùu Divin Bien, et la myriade à cause du Divin Vrai;
servir se dit aussi du bien, voir ci-dessus, N° 1.55; et se tenir, de
même que sortil', se dit du vl'ai. Dans Moïse: Il Quand l'Arche
se reposait, JI{ oï,çe disait: Reviens, J éh01.'flh! (lUX m.llri(/de,~
158 L' APOCALYPSE EXPLIQ(Jr~E. N"336.

de millit-'1's d' Israël. II - Nomb. X. 36; - comme par l'Arche


était signifié le Divin Céleste procédant du Seigneur, à cause tie la
Loi ou du Témoignage qu'elle contenait, et que par Israël était si­
gnifiée l'Église quant à la réception du Divin Bien et du Divin
Vrai, c'est pour cela qu'il est dit « aux myriades de milliers d'Is­
raël, )l par lesquelles sont signifiés les vrais d'après le bien qui sont
dans Israël ou dans l'Église. Mais ce que signifie le Millier ou
mille, quand la Myriade ou dix mille n'y est point jointe, on le
verra dans ce qui suit à son Article; pareillement ce que signifie
le nombre.
337. Disant d'une voix grande: Digne est l'Agneau. qui
a été tué. signifie la reconnaissance de cœur que tout Divin
vient du Divin Humain du Seigneur. Divin non-reconnu et
nié p'ar plusieurs: on le voit par la signification de dire d'une
voix grande. en ce que c'est la reconnaissance de cœur, ainsi qu'il
va être expliqué; par la signification de dign·e. quand il s'agit du
SeigneUl', en ce que c'est le mérite et la justice, comme il a été dit
ci-dessus, N°' 293, 303; ici donc, qu'il s'est acquis tout Divin
d'après la propre puissance, ainsi d'après le mérite, et que par
conséquent tout Divin Lui appartient d'après la Justice; qne ce soit
là ce qui est entendu pal' il est digne. on le voit par les paroles
qui suivent immédiatement, à savoir, « de recevoir le pouvoir et
richesse et sagesse ,et honneur et gloire et bénédiction, II par les­
quelles dans le complexe est signifié tout Divin; par la signification
de l'Agneau. en ce qu'il est le Seigneur quant au Divin Humain,
_ comme ci-dessus, N° 3H.; et pal' la signifi0tioll de tué. en ce que
c'est non-reconnu et nié pal' plusieurs, comme aussi ci-dessus,
N°' 315, 328; d'après cela, il est évident que par « disant d'une
voix grande: Digne est l'Agneau qui a été tué, )l il est signifié la
recDnnaissance de cœU!' que tout Divin vient du Divin Humain du
Seigneur non-l'econnu et nié par plusieurs. Que tout Divin soit dans
l'Humain du Seigneur, et que pal' cet Humain il soit dans le Ciel
et dans la Terre, c'est ce qui a été montré dans plusieurs endroits,
et ce qu'on verra confirmé à la fin de cet ouvrage. Que « dire d'une
voix gl'ande, Il ce soit la reconnaissance de cœur, et qu'ici ce soit
comme il vient d'être dit, on peut le voir par ce qui précède et ce
qui suit en série; de plus, la voix signifie toutes ces choses qui sont
Vers. i2. CHAPITRE CINQUIÈUE. lM)
dites ensuite, el la \'oix grande signifie ces choses d'après le cœul';
il Ya deux expressions qui se trouvent très-souvent dans la Pal'ole,
à savoir, grand el beaucoup; gl'and s'y dit du bien, et heaucoup
s'y dit des vrais; la rais.on vient d'en êlre donnée ci-dessus, N° 336;
et comme ce qui pl'ocède du bien procède du cœm', c'csfpour cela
qu'ici, (1 dire d'une voix granae)l signifie la reconnaissance de cœur;
le cœur aussi, d'après la correspondance, signifie le bien de l'amour,
voir dans le Trailé DU CIEL ET DE L'ENFER, N°' 95, 447; el ci-
dessus, N° 167.
338. De recevoù' le pouvoir et richesse et sagesse, signifie
qu'à Lui appartiennent la Toute-Puissance, la Toute-Science
et la Divine Providence: on le voit par la signification du pou-
voir, quand il s'agit du SeigneUl', en ce que.c'cslla Toule-Puis-
sance; pal'Ia significalion de richesse, quand il s'agil du Seign~ur,
en ce que c'eslla Toule-Science; el pal' la significalion de sagesse,
quand il s'agil du SeigneUl', en ce qu'elle eslla Divine Pl'ovidellce;
si ces choses sont signifiées, c'est parce que, au sujet du Seigneur,
on ne peuL dil'e que ce qui est au-dessus de loules choses; lors
donc qu'on dil qu'il a le pouvoil', on entend qu'il a tout pouvoir,
c'est-à-dire la Toute-Puissance; et quand on dit qu'il a richesse,
on entend qu'il a toutes l'ichesses spirituelles, pal' lesquelles est si-
gnifiée l'intelIigence, pal' conséquent la Toule-Science; que dans la
Pal'Oie par les l'ichesses il soit signifié les connaissances du vrai et
du bien, et par suite l'intelligence, on le voit ci-dessus, N° 236;
et quand on dit 9u'il a sagesse, on enlend qu'il a toute sagesse,
qui eslla Divine Providence; en effel, la vraie sagesse esl de voir ce
qui est avantageux à la vie pour l'éternité, et de s'y disposel', ce
qui al'l'ive quand l'homme non-seulemenl connaît les vrais et les
perçoil par l'entendement, mais encore quand il les veut et les met
en pratique, tandis que la Divine sagesse est d'y pourvoÏl' chez
l'homme, ainsi c'est la Divine Providence : ce qu'est, en outl'e, la
Divine Providence, on le voit dans la DOCTRINE DE LA NOUVELI.E
JÉRUSALEM, N°' 267 à 279,
339. Et honneur et gloire signifie qu'à Lui appartz'ennent
le Divin Bien et le Divin Vrai: on le voit par la signification
de l'honneur et de la gloire, lorsqu'il s'agit du Seigneur, en ce
que c'esl le Divin Bien et le Divin Vrai, ainsi qu'il a été montl'é
ci-dessus, N° 288.
1üO L'APOCALYPSE EXPLIQUl~E. ",. 31&0,
340. Et bénédiction, $ignifie la 7'econnai$sance et la glo­
rification dl/Seigneur à cause de cela, et l'action de grllces dl
ce que par Lui il y a tout bien et tout vrai, et par suite le Ciel
et la {élicité éternelle pour ceux qui 7'cçoivent : on le voit par
la signification de la bénédiction, quand elle se dit ,du Seigneur,
en ce que c'est la reconnaissance, ici la l'econnaissance qu'il a la
Toute-Puissance, la Toute-Science, la Providence, le Divin Bien
et le Divin Vrai, lesquels sont signifiés par (t digne il est de l'ece­
voir le pouvoir et richesse et sagesse et honneur et gloh"e, Il et en
ce que c'est aussi la glol'ification à cause de cela; de plus, la béné­
diction, quand il s'agit du Seigneur, signifie l'acHon de grAces de ce
que par Lili il Ya tout bien de l'amour et tout vrai de la foi, et par
suite le, Ciel et la félicité étel'llel\e pour ceux qui reçoivent. Comme
la reconnaissance et la glorification à cause de cela, et aussi l'action
de grâces, sont signifiées ici pal' la bénédiction, c'est pour celle
raison qu'il est dit Il bénédiction)) en dernier lieu ou pour cOtlclusion
par ces Anges qui glorifiaient le Seigneur. Si ces choses sont signi­
fiées par la bénédiction, quand il s'agit du Seigneur, c'est parce
que la bénédiction n'est autl'e chose que ce qui est donné par le Sei­
gneur, car cela seul est béni, parce que cela est Divin et Éternel,
et a en soi le Ciel et la félicité étel'Oelle : toutes les autres choses
qui n'ont point en ell~ le Divin et l'éternel, ne sont point une béné­
diction, quoiqu'elles soient appelées ainsi, t'où-la DOCTRINE DE LA
NOUVELLE JÉRUSALEM, N°' 269, 270. Que la Bénédiction, lors­
qu'elle est nommée dans la Parole, ait ces significations, on peut
le voÏ!' pal' les passages de la Parole compris dans le sens interne;
mais d'abord il sel'a rappOl'té qüelques passages où, au sujet de Jé­
hovah, c'est-à-dire, du Seigneul', il est dit u Béni et u Bénédic­
1)

tion, )1 et où il est dit (1 Bénir Dieu, )) afin que l'on voie que ces ex­
pressions signifient la reconnaissance, la glol'ification et l'action de
gr:1ces de ce que par Lui il y a tout bien et tout vrai, et pal' suite
le Ciel el la félicité éternelle pour ceux qui l'cçoivent; dans Luc:
(1 Out'erte (ut la bouche de Zacluzrie, et il parlait B'énissant

Dieu; 'el il dit: Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, de


ce qu'il a visité et racheté son peuple, Il - l. 64, 68; - Za­
charie p,'ononça ces paroles, quand, l'empli de l'esPI'it, il prophétisa
SUI' le Seigneur', ct par Il Bénissant Dieu 1) et « Béni soit le Seigneul',

1.
Ven. 12, CHAPITRE CINQUI~m. i6i
le Dieu d'Israël, Il il est signifié la glorification et l'action de grâces
de ce qu'il a délivré et affranchi de l'Enfer ceux qui Le reçoivent;
c'est pourquoi il est dit aussi, Cl de ce qu'il a visité et racheté son
peuple, Israël; Il pal' la réde,mption est signifiée la délivrance de
l'Enfer, et par son peuple sont signifiés cenx qui sont dans les vrais
d'après le bien, ainsi ceux qui reçoh'ent; que par la rédemption il
soit signifié la délivrance et\'affl'3nchissement de l'Enfel', on le voit
ci-dessus, N° 328; et pal' le peuple ceux qui sont dans les vrais
d'après le bien, on le voit aussi ci-dessus, N° 331. Dans le Même:
Il Siméon prit le petit enfa1ll Jésu,~ dans ses bras, et il bénit

Dieu, et dit: Mes yeux ont vu ton salut, que tu as prépm'é


devant la lace de tous les peuples. II - II. 28, 30, 31 ; - ici,
bénir Dieu, c'est évidemment glorifier et l'endl'e grâces de ce que
le SeigneUl' est venu dans le monde pOUl' sauver tous ceux qui Le
reçoivent; c'est pourquoi il appelle le Seigneur le salut que ses yeux
voyaient, qu'il pl'épare pour tous les peuples; sont appelés peuples
du Seignem' ceux qui sont dans les vrais d'après le bien, ainsi ceux
qui pal' les vl'ais reçoivent le SeigneUl', comme ci-dessus. Daqs
David: Cl Ils ont ml tes démarches, ô Dieu! det'ant allaient les
chantres, ensuite les joueurs d'instruments à cordes, au mi­
lieu des jeunes filles qui frappaient le tambourin; dans les
assemblées Bénissez Dieu, le Seigneur, bénissez-le de la fon­
taine du salut. 11- Ps. LXVIII. 25,26,27; -«(dans les assem­
blées bénissez Dieu, le Seigneur, bénissez-le de la fontaine du sa­
lut, Il signifie glorifier le Seigneur d'après les vrais spirituels, qui
sont les vl'ais d'après le bien; par les assemblées dans la Parole il est
signifié la même chose que par le peuple, à savoir, ceux qui sont
dans les vrais spirituels, et absll'aclivement ces vrais eux-mêmes;
et par la foutaine du salut est signifié le bien spirituel puisque par
ce bien iÎ y a salut; le bien spirituel est le bien de la charilé à
l'égard du pl'ochain, et le vrai spirituel est le vrai de la foi d'après
ce bien; que les assemhlées dans la Pa l'ole se disent des vrais spi­
rituels, on le voit, N°' 6355, 78h3 : puisque bénir dans les assem­
blées signifie la glol'ification d'apl'ès les vrais spirituels, et que bénir
de la'fontaine du salut signifie d'après le bien spirituel, c'est pour
cela qu'au sujet de ces vl'ais il est dit Dieu, et au sujet de ce bien (
le Seigneur, cal' dans la Parole il est dit Dieu qlland il s'agit des
Il. 11..
162 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 3~O,

vrais, et Jéhovah ou le ScigneUJ' quand il s'agit du bien : que ce


soit la glorification qui est entendue par hénir, on le voit en ce que
çela est placé immédiatement après ces paroles, « devant allaient
les chantres, ensuite les joueurs d'iustl'uments à cordes, au milieu
des jeunes filles qui fl'appaient le tamboUJ'in, Il par lesquelles est
signifiée la glorification d'après les vrais et les biens spirituels; voir
ci-dessus, N°' 323, 326. Dans le Même: « Chantez cl Jéhovah
un cantique nouveau; chantez à Jéhovah, toute -la terre!
Bénissez son Nom, évangélisez de four en four son salut;
énumérez. pm'mi lès nations sa gIOl:re. » - l's. XCVI. 1, 2,
3; -qu'ici bénir Jéhovah, ce soit Le glorifier et Lui rendre grâces,
cela est évident; et comme toute glorification du SeigneUJ' est faite
d'après les vrais spirituels et le bien spirituel, c'est pour cela qu'il
est dit « bénissez son Nom, évangélisez de jour en jour son salut; »
le nom se dit aussi des vrais, et le salut se dit du bien; que chanter
un cantique signifie glorifier d'après ces vrais 'et d'apl'ès ce bien,
on le voit ci-dessus, N°' 323,326. Dans Moïse: uJéhovah choisit
les {ils de Lévi pour Le servir, et pour bénir au' Nom de Jé­
hovah. )1 - Deutér. X. 8. XXI. 5; - comme les Ols de Lévi
avaient été chargés du Culte Divin, et que tout Culle Divin a lieu
d'après le Bien spirituel et d'apl'ès les Hais qui pl'oviennent de ce
bien, c'est pour cela qu'il est dit que Jéhovah les choisit pour Le
sel'vir, et pour bénil' en son Nom; pal' sel'vir est signifié le culte
d'après le bien spil'Ïtuel, et par bénil' est signifié le culte d'après les
vrais spil'ituels; que servil' se dise du culte d'après le bien, on le
voit ci-dessus, N° 155. Dans David: J ého't'ah! tu as prévenu
(1

le Roi par les Bénédictions du bien, tu as mis sur sa tÜe une


couronne d'or très-bon; honneur et gloire tu répands sur
lui, puisque tu le mets en Bénédictions à perpétuité. Il - l's.
XXI. !J, 6, 7; - là, pal' le Roi il est entendu, non pas David,
mais le Seigneur, Qui est appelé Roi d'après le Divin spirituel pro­
cédant de son Divin Humain; et comme la Bénédiction signifie la •
reconnaissance, la glorification et l'action de grâces, de ce que tout
bien et tout vrai et pal' suite le Ciel et la félicité éternelle viennent
de Lui, on voit de là avec clarté ce qui est signifié pal' « tu as pt'é­
venu le Roi par les bénédictions du bien; Il et par « tu le mets en
bénédictions à pel',Pétuité; » les hénédictions du bien signifient les
V/m. 12, CHAPITRE (;INQUIl~ME. 163
vl'ais d'apl'ès le bien; la couronne d'or très-hon signifie le bien
d'où proviennent ces vl'ais; l'honneul' et la gloire signifient le Divin
Bien et le Divin Vrai: que par David, dans la Parole, il soit en-
tendu le Seigneul', on le voit ci-dessus, N° 205; pal'eillement par
le Roi dans les Psaumes, N° 31; voir alissi ci~dessus que par la
COUl'Ollne des Rois est signifié le Divin Bien, N° 272; pareillement
par l'or, N° 2lt2; et par l'honneur et la gloire le Divin Bien et le
Divin VI'ai, N° 288; D'après ces explications on peut voit' ce que
signifie Béni, quand il s'agit du Seigneur, comme dans les passages
suivants: cc Les Disciples criaient à voix grande: Béni (soiL)
le Roi qui vient (lU Nom du Seigneur!» - Luc, XIX. 37, 38 :
- Cl La (oule criait: Osanna au Fils de David! Béni (soit)

relui qui vient au Nom du Seignew'! li - Mauh. XXI. 9. Mal'c,


XI. 9, 10. Jean, XII. 12, 13 : - Cl Jésus dit: Vous ne Me
verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez: Béni (soit)
celui qui vient au Nom du Seigneur! 1) - MaLth. XXIII. 39.
Luc, XIII. 35 : - Cl Le Grand prêtre interrogea Jésus, et lui
dit: Toi, Es-tu le Christ, le Fils du Béni? 1) - Marc, XIV.
61; - Béni soit celui qui vient au Nom du Seigneu!', signifie qu'i!
a été glorifié, parce que de Lui pl'ocèdent tout Divin Bien et Lout
Divin VI'ai; le Nom du Seigneul' signifie tout ce par quoi il est
adoré, et comme tout cela se réfère au hien de l'amour et au vrai
de la foi, voilà pourquoi le Nom du Seigneur a ces significations;
que le Nom du Seigneur signifie tout ce pal' quoi il est adoré, on le
voit ci-dessus, N°' 102, 135, U8, 22ft; et que le Seigneur soit
appelé Seigneur d'après le Divin Bien, on le voit dans les ARCANES
CÉLESTES., No·lt973, 91.67, 919lt. Dans Moïse: Cl Melchisédech
bénit Abram, et il dit: Béni (soit) Abram par le Dieu Très-
Haut, Possesseur d,es Cieux et de la Te1're! et Béni (soit) le
Dieu Très-Haut qui a livré tes ennemis en ta main! )) -
Gen. XIV. 18, 19, 20; - ici, il est dit Cl Béni soit le Dieu Très-
Baut qui a livré tes ennemis en ta main 1 1) et il est signifié qu'Il
a la glorificatioll et l'action de grâces à cause de cela. Ceux donc
qui reçoivent le Divin Bien et le Divin Vrai par le Seigneur, sont
appelés Bénis,-Ps. XXXVII, 22. Ps. CXV. 15.. MatLh, XXV.
3lt. - Que par la Bénédiction, quand il s'agit de l'homme, il ne
soit entendu autre chose que la réception du Divin Vrai et du Divin
16lJ L'APOCALYPSE EXPLIQlJ~~E. J'\" 3lJO.

Bien, et cela, parce que ceux qui l'eçoivent ont le Ciel et la félicité
étemelle, on peut le voir dans les passages suivants; dans David:
Il Celui qui est net des mains et pur de cœur emportera la

Bénédiction de deuant Jéhovah, et ldjustice de devant le Dieu


de notl'e salut. Il - Ps. XXIV, !J, 5; - celui qui est net des
mains signifie ceux qui sont dans les vrais d'après la foi, et le pur
de cœur ceux qui sont dans les biens d'après l'amour; il est dit
d'eux qu'ils emportm'ollt la bénédiction de devant Jéhovah, et la jus­
tice de devànt le Dieu de salut; et par emporter la bénédiction est
signifiée la réception du Divin Vrai, et pal' empOl'ter la justice la
r.éception du Divin Bien; que la justice se dise du hien, on le voit
ci-dcssus, N° 20fJ, et dans les ARCANES CÉLESTES, No' 2235,
9857. Dans Moïse: l( Vous bénirez ainsi les /il.~ d'Israël: Que
te bénisse J éltovah et qu'il te garde! que {asse luire Jéhovah
ses {aces sw' toi et ait pitié de to.i! qu'élève Jéhovah ses {aces
sur toi et mette en toi la paix! ainsi ils mettront mon Nom
.~llr les /ils d'Israël, et Moi je les bénirai, lJ - Nomb, VI. 23
à 2ï ; - d'apl'ès ces pal'oles développées par le sens interne, on
voit clairement ce qu'enveloppe en somme la Bénédiction, à savoir,
que Jéhovah, c'est-à-dire, le Seigneur, influe d'après le Divin Amour
avec le Divin Vl'ai et avec le Di\'in Bien chez ceux qui l'eçoivent;
le Divin Amour, d'après lequel le Seignem' influe, est entendu par
les faces de Jéhovah; le Divin Vrai avec lequel le Seigneur influe
est entendu par (1 que fasse luire Jéhovah ses faces SUl' toi! Il et le
Divin Bien avec lequel il influe est entendu par (1 qu'élève Jéhovah
ses faces sur toi ! Il la défense contl'e les maux et les faux, qui au­
trement enlèveraient l'influx, est entendue pal' Cl qu'il te gal'de et
qu'il ait pitié de toi! Il le Ciel et la félicité éternelle, que le Seigneur
donne pal' son Divin Vrai et pal' son Divin Bien, sont entendus pal'
« qu'il mette en toi la paix; Il la communication et la conjonction
avec ceux qui rcçoivent sont entendues par Cl ainsi ils mettront mon
Nom sur les fils d'Isl'aêl ; Il par le Nom de Jéhovah est signifié le
Divin procédant, qui en général est appelé Divin Vl'ai et Divin Bien,
et par les fils d'Israël sont signifiés ceux qui SORt de l'Église,
ainsi ceux qui reçoivent, c'est pOUl'quoi il est dit d'eux « et Moi je
les hénirai : Il que ce soit là le sens interne ou spirituel de ces pa­
l'oies, on peut le voil' en ce que pal' les faces de Jéhovah est signifié
Vers. l~, CHAPITRE CINQUIÈMg, 1.65
Je Divio Arnoul', pal' faire luire ces faces est signifié l'infiux du
Divin Vmi, et par les élevel' est ;ignifié l'influx du Divin Bien :
afin que cela soit mieux compris, il sera dit d'où viennent ces si­
gnifications : Le Seigneur appal'atL aux Anges dans le Ciel comme
Soleil, car c'est SOli Divin AmOUI' qui apparaH ainsi, c'est donc cet
Amour qui est entendu par la face de Jéhovah; la Lumière qui en
procède est le Divin Vrai, c'est donc ce Vrai qui est entendu par
(1 qu'il fasse luil'e ses faces; la chaleur qui en procède aussi est le
1)

Divin Bien, c'est donc ce bien qui est entendu par « qu'il élève ses
faces, )1 cal' par élever il est signifie se révéler, ce qui a lieu d'après le
Divin Bien par le Divioyrai : que le Seigneur apparaisse aux Anges
dans le Ciel comme Soleil, et que cette apparence soit celle de son
Di\'in Amour, on le voit dans le Traité DU ClEL ET DE L'ENFER,
N°·:1.1.6 à 1.25: que la Lumière qui en procède soit le Divin Vrai, et
que la Chaleur qui en procède aussi soit le Divin Bien, on le voit
aussi là, N°' 1.26 à HO : que la Paix signifie le plaisir céleste qui
affecte intimement de béatitude tout bien, et que pal' suite elle si­
gnifie le Ciel et la félicité éternelle, on le voit dans ce même Traité,
N°' 2811 à 290; et que les fils d'Israël signifient ceux qui sont dans
l'Église, et par conséquent l'Église, on le voit dans les ARCANES
CÉLESTES, N°' 61126, 8805, 93110, Dans Ézéchiel: Je (es met­ (l

trai, eux et les contours de ma colline, Bénédiction; etj'en­


verrai la pluie en son temps, pluies de Bénédiction elles seront;
alO1'S l'arbre donnera son fi'uit,la terre {/()nnera son produit, ))
- XXXIV, 26, 2ï; - celui qui ne voit la Parole que dans son
sens naturel ne peut faire autrement que de cl'oÎl'e que par Béné­
àiction il est entendu les choses qui sont dites dans ce sens, à savoir,
que la pluie sel'a donnée pOUl' féconder les jal'dins et les champs, et
qu'ainsi l'arbre donnera son fmit el la terre son produit; mais c'est
la Bénédiction spiriluelle qui est entendue, car pal' la pluie est si­
gnifié tout Divin qui par le Ciel influe du Seigneur chez l'homme;
par ({ l'arbre donnera son fruit et la tel'I'e son produit, )1 il est si­
gnifié que les vl'ais prodl1il'ontle bien, et que le bien produira les
Vl'ais; la terre est l'Église, et le jardin où sqnt les arbres est aussi
l'Église; par eux el pal' les contoul's de ma colline, auxquels il don­
nel'a la bénédiction, il est signifié l'intel'lle el l'extel'De chez les
hommes de l'Église; le contoul' signifie ce qui esl au dehors ou au­

..
166 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. V' 3f10.

dessous, et la colline signifie ce qui est au dedans ou au-dessus,


spécialement oil est la chal'ité, cal' la charité est au dedans; que la
colline signifie où est la charité, on le voit, No, 6h35, 10h38, Dans
David: Il Heureux quiconque craint Jéhovah el marche dans
ses chemins! le travail de tes mains t~ mangeras, heureux
t(Ji! et bien il toi; ton épouse, comme un cep fécond sur les
c~lés de ta maison; les {ils, comme des plants d'olivier au­
tour de tes tables: voici, ainsi sera béni l'homme qui craint
Jéhovah: Jéhovah te bénira de Sion, a{in que tu voies le bien
de Jérusalem tous les jours de ta vie, la paix sur Israël. })­
Ps. CXXVIIl. 1 à 6; - ici aussi, par être béni il n'est pas en-'
tendu être béni natul'ellement, par exemple, manger du travail de
ses mains, avoir une épouse féconde, plusieurs fils autoul' de sa
taule, et cela dans Sion et dans Jél'usalem, mais il est entendu être
béni spirituellement; car par ceux qui craignent Jéhovah sont en­
tendus ceux qui aiment à faire ses préceptes, aussi ,est-il dit Il heu­
l'eux quiconque craint Jéhovah et marche dans ses chemins; 1)
marcher dans ses chemins signifie faire ses préceptes; pal' le tra­
vail des mains dont il mangera est signifiée l'étude de la vie se­
lon les préceptes; pal' l'épouse sur les côtés de la maison est si­
gnifiée l'affection spirituelle du vrai dans toutes les choses qu'il
pense et fait, aussi est-il dit l( comme un cep fécond, li cal' pal' le
cep est signifiée l'Église spirituelle d'après l'affection du vrai; pal'
les fils autoUl' des tables sont signifiés les nais du bien qui pro­
viennent de cette affection, les taules sont les instructions, c'est
même pour cela qu'il est dit « comme des plants d'olïviel', li les
plants signifient les vrais, et les oliviers les hiens; par Sion est si­
gnifié le Ciel d'où pl'oviennent ces choses, et par Jérusalem la doc­
trine; d'apl'ès cela, on voit clairement ce qui est signifié par Il Jé­
hovah te bénira de Sion, afin que tu voies le bien de Jérusalem tous
les jours de ta vie; )1 pal' la paix sur Israël est signifié tout hien
splrituel en général et en particulier; ISl'aêl est l'Église. Dans le
Même: « Comme la rosée de Chermou., qui descend sur les
montagnes de Siol1, car là Jéhovah a ordonné la Bénédiction
de vie jusqu'au siee/e. 1) - Ps. CXXXIU. 3; - là, il s'agit du
mariage du bien et du vl'ai, et aussi de la fructification ~t de la mul­
tiplication qui en résultent; l'un et l'autre sont signifiés par la rosée
Vers. 12. CHAPITRE CINQUIl<;ME. i6ï
de Chermon qui descend SUl' les montagnes de Sion; les montagnes
de Sion signifient où sont les biens de l'amour céleste, c'est même
POUl' cela qu'il est dit Il là Jéhovah a OI'donné la bénédiction de vie
jusqu'au siècle. Il Dans MoIse: I( Si vous écoutez ces jugements
pOlir les garder et les faire, Jéhot'ah ton.Dieu gardera l'al­
liance et la miséricorde; et il t'aimera, et il te bénira, et il
bénira le fruit de ton ventre et de ta terre, ton froment, et
t01l moût, et ton huile, et le produit de tes bœufs, et des bé­
liers de ton troupeau; béni tu seras par-dessus tous les peu­
ples, il n'y aum point parmi toi d'infécond ni d'inféconde,
ni parmi ta b8te; r! éhovah éloignera de toi toute maladie et
toutes les langueurs malignes d'Égypte, que tu as connues;
il ne les placera pas sur toi, mais il les mettra sur tous ceux
qui te haïssent; et tu dévoreras tous les peuples que Jéhovah
ton Dieu te livrera, ton œil ne les épargnera point, 1) - Deutél'.
VII. 12,13, 16, 15, 16; - pal' toutes ces choses sont entendus
des spirituels, par conséquent des bénédictions spirituelles; le sens
de la lettre, qui est natUl'el et pOUl' ceux qui sont dans le Monde
natul'el et par suite dans l'idée naturelle, les enveloppe ct les signifie,
c'est pourquoi d'après le sens spil'ituel de la Parole on peut voir ce
qui est entendu en général et en particulier pal' être Béni; pal' le
fruit du ventre et pal' le fruit de la Lem, par le froment, le mol1t et
l'huile, par le produit des bœufs et des béliel's du troupeau, sont en­
tendues les multiplications du vrai et les fructifications du bien, ainsi
les bénédictions spirituelles; ce qui est signifié en particulier pal'
chacune de ces choses, on peut le voir dans divers passages des AR­
CANES CÉLESTES, et dans les Explicalions SUI' ce Livre Prophétique;
Il il n'y aUl'a point parmi toi d'infécond ni d'inféconde, ni parmi ta

bête, Il signifie la multiplication du ''l'ai et la fructification du bien


dans l'homme Interne et dans l'homme J~xterne; ct Jého\'ah éloi­
gnera toute maladie et toutes les langueurs malignes d'Égypte, Il
signifie l'éloignement de tous les maux et de tous les faux; les lan~
gueurs malignes d'Égypte sont les faux qui sont produils par les
maux dans l'homme naturel; ceux qui te haïssent SUI' lesquels Jé­
bovah mettra ces langueurs, signifient ceux qui sont contre les vrais
Cl les biens de l'Église; la dissipation des maux et des raux qui sont
contre les vl'ais el les biens de l'Église, cst signifiée par (1 lu dévo­

;.

168 L'APOCALYPSEEXPLlQUÉE. N" 340.

rel'as tous les peuples que· Jéhovah ton Dieu te livrera; Il elle fait
de les évitel' continuellement est signifié par Il ton œil ue les épar­
gnera point; II qu'ainsi soient bénis ceux qui font les préceptes du
Seign~ur, cela est entendu par Il si vous éCOlllez ces jugements pOUL'
les garder et les fail'e, Jéhovah t.on Dieu te gardera l'alliance et la
misél'icol'de, il t'aimera el il le bénira; Il l'alliance el la miséricol'de,
c'est la conjonction d'aIIl'ès l'amour {laI' l'exécution des préceptes,
la conjonction par le bien est entendue pal' l'alliance et par Il il t'ai­
mera, li el la conjonction pal' le nai est enlenùue pal' la miséricorde
et par Il il W bénil'a, Il Dans le Même: II Il te bénira des béné­
dictions du Ciel en-haut, des bénédictions de l'abime couché
en bas, des bénédictions des mamelles et de l'utérus. Il - Gen.
XLIX. 2o;-ceci est dit de Joseph, pal' qui est signillé ici le Royaume
spil'i\uel du Seigneur; el pal' les hénédictions du Ciel en-haut il est
entendu les multiplications du vrai d'apl'ès le bien dans l'homme
Intel'De ou spirituel; pal' les bénédictions de l'ablme couché
en bas, les multiplications du vrai d'apl'ès le bien dans l'homme
Externe ou naturel; et pal' les hénédictions des mamelles et de l'u­
tél'us sont signifiés les biens spirituels et célestes. Dans JOêl: Il Qui
sait? Jéhovah Dieu se ,'etournera (peut-être) et se repentira,
et il laissera après Lui bénédiction, minchah, et libation de la
part de Jéhovah vot,:e Dieu. I I - I I . 1.fJ;- comme par la bénédic­
tion est signifiée la hénédiction spirituelle qui en général se rapporte
au bien et au Vl'8i, lesquels pl'ocèdent du Seigneut' et sont,donnés
à l'homme, c'est pour cela qu'il esl dilu il laisse l'a après Lui béné­
diction, minchah etlibatioll de la part de votl'e Dieu; li la minchah,
qui était du pain, signifie le bien, et la libation, qui étail ùu vin,
signifie le vrai, l'un et l'autre par le Seigneur, car il est dit Il de la
pal't de votre Dieu. II Dans ÉsaIe : Il En ce jour-là il y aura un
sentier de l'Égypte vel's Aschur, afin qu'Aschur vienne ell,
Égypte et l'Égypte en Aschul', et que les Égyptiem servent
avec AscllW' : en ce jour-là Israël sera en troisième à l'É­
gypte et à Aschur, Bénédiction au milieu de la te,"'e, que
bénira Jéhovah, en disant: Béni (soit) mon peuple, l'Égypte;
et l'œuvre de ?n& mains, Asehw'; et mon héritage, Is,·aël.11
- XIX. 23, 2ft, 26; - pal' Israêl, Aschur et l'Egypte sont si­
gnWées ll'ois choses qui sont chez les hommes de l'Église, à sa\'oiI',
Vers, i2, CHAPITRE CINQUlÈ&1E. Hi9
le spirituel, le l'aLionnel eL le scientifique; par ISl'aêlle spirituel,
par Aschur le 1'8tionnel, et par l'Égypte le scientifique; comme tout
l'ationnel ùe l'homme est formé par les scientifiques, et que le ra-
tionnel et les scientifiques viennent du spit'i!uel qui procède du Sei-
gneur pal' le Ciel, cal' toute intelligence du \Tai et toute application
es sciences aux nais ont celle ol'igine, c'est pour cela qu'il est dit
IU'il y aura un sentier de l'Égypte vers Aschur, afin qu'Aschur
ienne en Égypte et l'Égypte en AschUl', et que les Égyptiens ser-
ent avec Aschur; et ensuite, qu'Israël sera en troisième à l'Égypte
t à Aschur, bénédiction au milieu de la tel'l'e; le milieu signifie
'intime d'où [)l'ocède le reste ou d'où procède le tout, voir ci-dessus,
o 313, et la tene signifie l'Église où est le tout; et comme c'est

l'après le Spil'Huel que le rationnel et le scientifique sont appliqués


ux vrais réels, c'est pOUl' cela qu'Israêl est appelé l'hél'ilage ou
'héritier de la maison qui possède tout, et Aschul' l'œuvl'e de mes
ains parce que le l'ationnel en est formé, et que l'Égypte est appe-
ée peuple béni pal'ce que toutes ces choses sont dans le scientifique
omrue dans leur dernier; d'apl'ès cela, l'on voit encore que par la
énédiction, dans Ja Parole, il est entendu la Bénédiction spirituelle.
ans Zachal'ie: « De même que vous avez, été malédiction parmi
es nations, maison de Jehudah et maison d'Israël, de meme
"e vous délivrerai, atin que vous sO'ljez, Bénédiction. Il - VIII.
3 ; - ces choses ont été dites de l'Église dévastée, et de l'Église
lui devait être instaurée pal' le Seigneur; la maison de Jehudah et
a maison d'Israël signifient l'Église, ici dans l'un et dans l'autre
ens; l'Église dévastée est appelée malédiction, pal'ce que là il Ya
e mal et le faux; mais l'Église qui devait être instaurée est appelée
énédiction, pal'ce que là il Yaura le bien eL le vrai. Dans David:
1 De Jéhovah le salut, sur ton peuple ta Bénédiction. ) -
s. III. 9; - la bénédiction de Jéhovah SUI' son peuple, signifie
'influx et la réception du bien et du vrai; sont appelés peuple de
éhovah ceux qui sonL dans le bien spirituel, voir ci-dessus, N° 33:1.
ans Moïse: li Je ferai de toi une nation grande, et je te bé-
tiMi, afin que tu deviennes bénédiction: même. je bénirai
"'lUX qui te béniront, et ceux qui' te maudiront je maudirai,
., en toi seront bénies toutes les familles de la terre. 1) -
'en. XII. 2, 3; - dans le Même: (1 En lui seront bénies toutes
170 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 340.

les nations de la terre. Il - Gen. XVlIl. 18; - ces choses ont


été dites d'Abl'aham, et par lui da.ns le sens suprême est entendu
le Seigneur, et dans le sens respectif le Royaume céleste et l'Église
céleste du Seigneur: d'après cela, on voit clairement cc que signiO~
« je ferai de toi une nation gl'ande, et je 'kl bénirai afin que tu de1
viennes bénédiction, Il à savoir, que là il Y aura le Divin Bien et l~
Divin VI'ai; la nation grande, se dit du Divin Bien, 1)oir ci-dessus
N° 331, et la bénédiction se dit du Divin VI'ai; « je bénirai ceu
qui te bénÏJ'ont, et ceux ·qui te maudiront je maudiJ'ai, Il signioq
que le Divin Vrai sera pour ceux qui l'eçoivent, et le faux du mal
pOUl' ceux qui ue l'eçoivent pas; « en toi sel'ont bénies loutes les fal
milles de la terre, et en lui seront bénies toutes les nations de 1
lem, 1) signifie que par la réception du Divin Vrai et du Divin Bie
ils am'ont le Ciel et la félicité éternellc; les familles de la terre si
gnifient ceux qui sont dans les vl'ais d'apl'ès le bien, les famill
sont les vrais, les nations sont les biens, la bénédiction signifie qu
par suite ils auront le Ciel et la félicité éternelle. La même chos
est signifiée par la bénédiction d'ISI'aël et de Jacob, dans le Mêmc
« Quiconque te bénira sera béni, et quiconque te maudira sel'~
maudit. Il - Nomb. XXIV. 9; - et dans le Même: « Ta se
mence sera comme la poussib'e de la terre, et se répandr,
vers l'occident et vers l'orient et vers le septentrion et vers l,
midi, et seront bénies en toi toutes le,ç familles de la terre, e
en ta semence. Il - Gen. XXVlIl. 1h ô-par ISl'aël et pal' Jacob i
est entendu aussi dans le sens suprême le Seigneur, et dans le sen
respectif le Royaume spirituel et l'Église spirituclle clu Seigneur
par Israël celle Église interne, pal' Jacob cette Église externe; pa
la semence qui sel'a comme la poussière de la terre, et qui se l'é
pandra vers l'occident, l'orient, le seplentl'ion et le midi, est signifi
le Divin Vrai procédant du Seigneur et reçu par ceux qui sont d
cette Église; la fructification du bien est signifiée en ce que là se.. .
mence se l'épandra vers l'occident et l'orient, et la multiplication d
vrai en ce qu'elle se l'épandra vel's le septentrion et le midi; qu
ces plages aient de telles signiOcations, on le voit dans le Traité D
ClEL ET DE L'ENFER, N°' Hl li 153. Cl La bénédiction du Pai
du Vin, des Poissons, que le Seigneur donna aux disciples e
au peuple, 1) - Mallh. XIV. 15,21,22, XV. ·32. XXVI. 26
Vers. 1:2. CHAPITRE CINQUIÈME. i7'l
27. Marc, VI. !Ji. VllI. 6,7. XIV. 22,23. Luc, IX. 16. XXII.
19. XXIV. 30, - signifiait la communication de son Divin et
ainsi la conjonction avec eux pal' les biens et pal'les vrais, qui sont
signifiés par le pain et le vin, et aussi par les poissons; le pain et le
vin signifient les biens etlles vrais dans l'homme spirituel, el les
poissons les biens et les vrais dans ('homme naturel. Dans Ésaïe:
li Il appellera ses serviteurs d'un autre nom : celui qui se

bénit sur la terre se bénira dans le Dieu de vérité, et celui


qui jure sur la terre jurera par le Dieu de vé1'l'té, parce qu'à
l'oubli seront livrées les angoisses précédentes. )l - LXV. 1.5.
16; - par se bénir il est signifié s'inslt'uire dans les Divins vrais
et les appliquer à la vie; et par jurel' s'instruire dans les Divins
biens et les appliquer à la vie; si ceci est signifié par jurer, c'est
parce que le sel'ment dans le sens interne signifie la confirmation
chez l'homme et la conviction que la chose est ainsi, et cela est fait
d'aprèS le bien pal' les vrais; les vrais chez l'homme ne sont con­
firmés et il ne s'en convainc que d'après le bien; là, il s'agit de
la nouvelle Église, et pal' appeler d'un autre nom il est signifié sa
qualité quant au \Tai et au bien. Dans Jérémie: li Jure par le vi­
vant Jéhovah en Vérité, en jugement et en justice; les nations
se béniront en Lui, et en Lui elles se glorifieront. Il - IV. 2;
- ici, la même chose est signifiée par jurer et· se bénir; les na­
tions qui se bénil'ont en Jéhovah signifient ceux qui sont dans le
bien. Bénir, dans le sens opposé, signifie aimer le mal et le faux,
et s'en imbiber; par exemple, dans Ésaïe: li Celui qui immole
le bœuf frappe un homme, celui qui offre l'encens bénit la
vanité; m€me ces choses ils ont choisi dans leurs chemins. l)
- LXVI. 3; - immolel' ou sacrifier le bœuf et frapper un homme,
signifie adorer Dieu dan~ les externes, et cependant rejeter tout
vrai j par sacrifier le bœuf est signifié le culte par les choses qui
représentaient le bien naturel, car le bœuf est le bien nat.urel; et
par frapper un homme il est signifié l'ejeter et nier le vrai, l'homme
(vil') dans la Parole est le vrai; offrit' l'encens et bén,ir la vanité,
signifie adorer Dieu d'après les choses qui repl'ésentaient le bien
sp,Ï1'ituel, et cependant aimel' le mal et le faux et s'en imbiher j l'o­
blation de l'encens est le culte d'aprèS le bren spirituel, et la vanité
est le mal et le faux du ma:\.
li2 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 341.

341. Vers. 13. El toute chose créée, qui est dalls le Ciel
el en la l'erre et sous ta Terre, et dans la Lllel' celles qui sont,
et toutes les choses qui sont en elles, je les entendis, disant:
r
A Celui qui est assis sur le Trône et à Agneau la bénédic­
.tion et l'honneur et la gloire et la force aux siècles des siècles.
- Et toute chose créée, qui est dans le Ciel et en la Terre et
sous la Terre, el dans la Mér celles qui sont, et toutes les choses
qui sont en elles, je les entendis, disant, signifie la reconnais­
sance et par suite la glorification du Seigneur pal' les Anges qui
sont dans les infimes du Ciel: à Celui qui est assis sur le Trône
et à l'Agneau, signifie le Seigneur quant au Divin Bien et quant
au Divin Vrai: la bénédiction, signifie la reconnaissance, la glo­
rification et l'action de gl'Aces de ce que tout bien et tout vrai, et
par suite le Ciel et la félicité éternelle appartiennent à ceux qui re­
çoivent : el l'honneur et la gloire, signifie qU'à Lui Seul appar­
tient tout Divin Bien et tout Divin VI'ai, et par suite tout bien de
l'amotll' et tout vrai de la foi, desquels pl'Ocèdent toute la sagesse
et toute l'intelligence qui sont chez les Anges et chez les hommes:
et la force aux siècles des siècles, signifie qU'à Lui Seul appar­
tient la Toute-Puissance, à étel'llilé.
3112. Èt toute chose créée, qui est dans le Ciel et en la
Terre et sous la Terre, et dans la Mer celles qui sont, et toutes
les choses qui sont en elles, je les entendis, disant, signifie la
reconnaissance et par suite la glorification du Seigneur par
les Anges qui sont dalls les infimes du Ciel: on le voit par la
signi(Jcation de toute chose créée, en ce que c'est tous ceux qui
sont ['éformés ; êtl'e cl'éé siguifie être réfol'mé et régénél'é, voir ci­
dessus, N° 29ft; de là ce qui a été créé signifie ce qui a été ré­
formé et régéuél'é, mais l'espectivement aux Anges, de qui ces
choses sont dites, toute chose créée signifie ceux qui dans le monde
ont été réfol'més, c'est-à-dire, créés de nouveau, cal' tous ceux-là
sont dans le Ciel; par C,'éature, dans Marc, il est entendu la même
chose qu'ici I)al' toute chose créée: Il Jésus dit aux disciples: En
allant par le monde entier, prêchez la bonne nouvelle à toute
Créature. 1)-XVI. t5; -là, pal' toute CréatUl'e sont entendus
tous ceux qui l'eçoivent la bonne nouvelle et peuvent par elle être
l'éformés; les autres ne sont point ent.endus par créatul'cs, pal'ce
Vers, i3. CHAPITRE CINQUIÈME. 1i3
qu'ils ne reçoivent point, mais entendent et rejettent. D'après ces
explications, on peut voir quelle est la Pal'ole dans le sens de la
leltt'e, à savoir, ell ce qu'il est dit « CI'éature, )) et en ce qu'i! est
dit (1 toute chose cl'éée qui est dans le Ciel et en la terre et sous la
terre, et dans la mer celles qui sont, et toutes les choses qui sont en
elles; JI celui qui ne sait pas que le sens de la lettre se compose de
choses qui apparaissent devant les yellx, et que paI' elles sont si­
gnifiés les spil'ituels, peut facilement être conduit à croire que p~r
« toute chose cl'éée qui est dans le Ciel et en la tel'I'e et sous la
terre, et dans la mer celles qui sont, et toutes les choses qui sont en
elles, )) il est entendu les oiseaux qui volent dans le ciel, les têtes
qui marchent sur la terre, et les poissons qui sont dans la mer; et
cela, d'autant mienx qu'ailleurs, dans divers passages de la Parole,
il est dit la même chose des oiseaux du ciel, des Mtes de la tene, et
aussi des baleines et des poissons, par exemple,- Ézéch, XXXIX.
17, Ps. CXLVIII, 7, Job, XII, 7, 8. Apoc. XIX, 17, et ailleurs;
- mais toujours est-il que ceux dont le mental peut être un peu
élevé au-dessus du sens de la letll'e perçoivent aussitOt, par la vue
illtél'ielll'e, que ces expressions désignent les Anges et les espl'its
qui sont dans le Ciel et sous le Ciel, et que ce sont eux qui ont été
entendus par Jean quand il était en esprit, car on lit : Je les en­
tendis, disant: A Celui qui est assis sur le Trône et à l'A­
gneau la bénédiction et l'honneur et la gloire et la force aux
,~iècles de,~ siécles, d'où l'on peul voir' que ce sont des Anges dans
les infimes du Ciel, qui sont signifiés par « toute chose créée en
elles; Il cela ('ésulte aussi de ce que dans les Versets qui p,'écèdent
il a été traité des AngeS des Cieux supérieurs et des Anges des Cieux
inférieUl's, en ce qu'ils ont ('econnu et glorifié le Seigneur, voir ci­
dessus, No' 322 et 335. Maintenant il sera dit qui l'on doit enten­
dre par eux dans le Ciel, qui par eux en la terre et sous la terre,
et qui pal' eux dans la me,,; par tous ceux-là sont entendus ceux
qui sont dans les derniers du Ciel, les supérieurs là par ceux qui
sont dans le Ciel, les inférieurs là par ceux qui sont en la terre,et
sous la terre, et les infimes là par ceux qui sont dans la me,' : il y a
trois Cieux, et chaque Ciel a été distingué en trois degrés; pareil­
lement les Anges qui y sont; il Y a donc dans chaque Ciel des
Anges supél'ieUl's, des Anges moyens et des Anges inférieurs; ces
1i!J L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 342.

Irois degrés du dernier Ciel sonl enlendus pal' ceux qui sont dans
le Ciel, ceux qui sonl en la lerre, et ceux qui sont dans la mer; sur
cette distinction des Cieux et ,de chaque Ciel, voir dans les AR­
CANES CÉLESTES, N°' h938, h939, 9992, 1000f>, 10017,10068;
et SUl' le derniel' degré, NOl 3293, 329h, 3793, !J070, 0118,
5126, f>h97, 06h9, 9216; et dans le Trailé DU CIEL II DE L'EN­
FER, Nol 29 à hO. Il faut qu'on sache que dans'le Monde spiriluel,
où sont les esprits et les Anges, l'apparence de toules choses est la
même que dans le Mond~ nalurel où sont les hommes, c'.est-à- .
dil'e, que là il Ya des montagnes, des collines, des lerres et des
mers, voir ci-dessus, N° 30ll ; sUl'les monlagnes habilent les Anges
qui sont dans le troisième Ciel ou Ciel intime, sur les collines ceux
qui sont dans le second Ciel ou Ciel moyen, et sur la lel're el aussi
sous la tene et dans les mers ceux qui sonl dans le premier ou der­
nier Ciel; mais les mers, dans lesquelles habilent les Anges infimes
de ce Ciel, ne sont point comme les mers dans lesquelles habitent
les méchants, elles diffèrent pal' les eaux; les eaux des mers où
habilent les bons qui, sont dans le Ciel infime sont ténues et pures,
mais les eaux des mers où habilent les méchants sont épaisses et
impures; ainsi, les mers sonl absolument différenles : il m'a été
donné quelquefois de voir ces mers, et aussi de conversel' avec ceux
qui y habilenl, el j'ai découvert que ceux qui étaient là avaienl élé
dans le monde puremenl sensuels, mais cependant pl'obes ; el parce
qu'ils élaien.' sensuels ils ne pouvaient pas comprendl'e ce que c'é­
tail que le spirituel, mais ils comprenaienl seulement ce que c'élait
que le natUl'el; ils ne pouvaient non plus percevoir que sensuelle­
meut la Parole el la doctrine de l'Église d'uprès la Parole: Lous
ceux-là apparaissenl comme dans une mer; loutefois ceux qui y
sont ne se voient pas dans une mer, mais il leUl' semble êlre dans
une atmosphère semblahle à celle dans laquelle ils vivaient dans le
Monde; c'est seulement aux yeux de ceux qui sont au-dessus qu'ils
apparaissent être dans une mer: aujourd'hui le nombre de ceux
qui sont là esl lrès-grand, et cela parce qu'aujourd'hui les hommes
sensuels sont très-nombreux; cette dernière partie du Ciel corres­
pond aux plante::; des pieds. De là vient que, dans la Parole, il est
si souvent parlé des Mers et a.ussi des Poissons, el là pal' les Mers
sont signifiés les communs du vrai qui appartiennenl à l'homme
Vers. '3. CHAPITRE CINQUIÈME. 175
naturel, et pal' les Poissons les scientifiques sensuels qui sont les
infimes de l'homme naturel, pal' conséquent sont signifiés ceux qui
sont tels ou qui sont dans ces scientifiques: ce que c'est que les
sensuels, et ce que c'est que les hommes sensuels, et qu'il y a des
hommes sensuels bons et des hommes sensuels méchants, on le voit
dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM, N° 50. Mainte­
nant, d'après ces explications, on peut savoir ce qui est entendu
pal' (( toute chose Créée, qui est dans le Ciel et en la terre et sous la
tel're, et dans la mel' celles qui sont, et toutes les choses qui sont en
elles. » Pal' les Mers et par les choses qui y sont, qu'on nomme pois­
sons et haleines, sont signifiées de semblables choses dans les pas­
sages suivants; dans David: l( Qu'ils louent Jéhovah, le Ciel
et la terre, les Mers et tout ce qui rampe en elles; car Dieu
sauvera Sion, et bâtira les villes de J ehudah. ) - PS, LXIX.
35, 36; - il est dit aussi tout ce qui rampe en elles, et il est en­
tendu ceux qui sont sensuels; pal' Sion que Dieu sauvera et par les
villes de Jehudah qu'il bâtira, il est entendu l'Église céleste et sa
doctrine, par Sion cette Église, et pal' les villes la doctl'Îne. Même
chose est signifiée dans David pal' ces paroles: l( Louez Jéltot'alt
de la terre, baleines, et tous les abEmes. l) - PS, CXLVIII. 7;
- ces mêmes hommes sensuels sont entendus par les baleines; de
là vient aussi que l'Égypte est appelée baleine,- Ézéch. XXIX. 3;
- car par l'Égypte est signifié le scientifique qui est dans l'homme
naturel, et par la baleine le scientifique dans le commun. Les pois­
sons de la mel' ont aussi de semblables significations ailleurs dans
le Même: II Dominer tu l'as (ait sur les œuvres de tes mains,
toutes choses tu as mis sous ses pieds, tous les troupeaux de
menu et de gros bétail, et même les bêtes du champ, l'oiseau
des cieux, et les poissons de 7a mer. » - Ps, VIII. i, 8, 9;­
là, il s'agit du SeigneUI', et de son Divin pouvoir sur le Ciel et SUI'
la telTe; et par les troupeaux de menu et de gl'os bétail, les bêtes
du champ, l'oiseau des cieux et les poissons de la mer, sont entendus
les hommes, les esprits et les Anges quant à leurs spirituels el à
leurs 'naturels; et pal' les poissons de la mer, ceux qui sont dans
les derniers du Ciel, comme ci-dessus. Dans Job: II Interrofje,
je f.e prie, les bUes, et elles t'enseigneront, ou les oiseaux du
ciel, et ils te l'anl/bl/feront, Oll l'arbrisseau de la terre, et il
176 L'APOCALYPSE tXPLlQllÉE. 1'\" Sb:?

t'enseignera; et les poissons de la mer te le raconteront; qui


ne sait d'après toutes ces choses que la main de Jéhovah a
fait cela? Il - XII. 7, 8, 9, 1.0. - Dans Ézéchiel: (1 L'Ange
me ramena vers l'entrée de la Alaison. et voici, des eaux sor­
taient de dessous le seuil de la Maison vers l'orient: alors il
me dit: Ces eaux qui sortent vers la limite orientale et des­
cendent d(ms la plaine et t'iennent vers la mer. elles sont en­
voyées dans la mer afin que soient assainies les eaux. d'où il
arrirera que tOllte âme m'vante qui rampe. pm'tout où vien­
n.ent les deux torrents. vivra; et deviendra le poisson tre,s­
nombreux. pm'Ce que là 1;iennent ces eaux. et elles sont as­
sainies. a{zn que tout vive là où viendra le torrent; selon son
e,çpèce sera leur poisson. comme le poisson de la grande Mer.
en très-forte quantité. Ses bourbiers et ses marais ne sont
point a.çsainis. ils s'en vont en sel. Il - XLVII. 1., 8, 9, 1.0,
11. ; - par les eaux qui sortent de dessous le seuil de la Maison
vers l'ol'ient, sont signifiés les vl'ais d'origine céleste, les eaux sont
les vrais, ('orient est le bien de l'amour céleste, et la l,taison est le
Ciel et l'Église ; la plaine dans laquelle descendent les eaux, et la
Mel' où elles viennent, signilientles derniers du Ciel et de l'Église,
par conséqnent ceux qui sont dans les derniers, dont il vient d'être
pal'lé, à savoil', ceux qui sont dans les seules· connaissances du vrai
d'après le sens dernier de la Parole, et qui les saisissent naturelle­
ment et sensuellement; quand ceux-ci sont bons avec simplicité,
ils reçoivent des cieux supél'ieul's l'influx, ce qui fail qu'ils reçoi­
vent aussi le spirituel dans leurs connaissances, et pal' suite quelque
vie spirituelle; cela est entendu' pal' les eaux sont envoyées dans
(1

la Mer afin que soient assainies les eaux, d'où il arrivera que toute
âme vivante qui rampe, partout où viennent les torl'enls, vivl'a; Il
et aussi pal' ~l il al'I'ivera que deviendra le poisson très-nombreux,
, parce que là viennent ces eaux, et elles sont assainies; 1) mais ceux
qui sont tels et non hons, sont entendus par ces paroles: ses boUt'·
(1

biers et ses mal'ais, qui ne sont point assainis, s'en vont en sel; Il
s'en aller en sel signifie ne pas !'ecevoÎl' la vie spil'jtuelle, mais res­
ter dans la vie purement natuœlle, qui, sépal'ée de la vie spirituelle,
est souillée par les faux et pal' les' maux, qui sont les bour1.liel's et
les marais. Des choses semblables sont signifiées I~ar la Mel' et pal'
Vers. 13. CHAPITRE CINQUIÈME. 1i7
les poissons de la mel' dans Ésare : « Voici, par ma réprima,lde
je taris la Mer, je réduis les fleuves en désert, puant devien­
dra leur poisson, parce qu'il n'y a point d'eau, et il mourra
par la soif. Il - L. 2, 3; - par la réprimande est signifiée la
désolation de tout vrai; pal' la Mer il est signifié où le vrai est dans
son dernier, par l'eau le vrai d'origine Spil'iluelle, pal' mourir par
la soif la désolation à cause du manque de ce vrai, par les poissons
ùes mers ceux qui sont dans les derniers du wai, chez lesquels il
n'y a aucun vl'ai d'origine spil'ituelle, Des choses semblables sont
signifiées par les poissons de la mer dans Ézéchiel : « Dans mon
zèle, dans le feu de mon indignation, je parlerai, afin que
tremblent devant Moi les poissons de la mer, et l'oiseau de"
cieux, et la bête du champ, et tout reptile qui rampe sur la
[en'e. Il - XXXVlII. 19, 20. - Dans Bosée : « Ils commet­
tent le brigandage, et les sangs aux sangs atteignent; c'est
pOUl'quoi dans le deuil sera la terre, et dans la langueur qui­
conque y habite, quant à la bête du champ, et quant cl l'oiseau
des cieux, et même les poissons de la mer seront ramassés. li
- IV. 2, 3; - et dans Séphanie : (1 Consumant je consumerai
toutes choses de dessus les faces de la terre, je consumerai
homme et bête, je consumerai l'oiseau des cieux et les poissons
de la mer. Il - I. 2, 3; - par l'homme et la bête, quand ils sont
nommés ensemhle, sont signifiées les affections du bien, intérieures
et extél'ieures, l)oir No' 7!J26, 7523, 7872; et par les oiseaux
des cieux et les poissons de la mer sont signifiées les affections du
vl'ai et les pensées, spirituelles et naturelles; mais, dans les passages
rapportés, il est signifié qu'clics doivent périr. Si la Mer et les pois­
sons ont de telles significations, c'est d'après l'apparence dans le
Monde spirituel; toutes les sociétés, qui y sont, apparaissent entou­
rées d'une atmosphère correspondante à leurs affections et à lellrs
pensées; celles qui sont dans le tl'Oisième Ciel apparaissent dans
une atmosphère pure comme celle de l'éther; celles qui sont dans
le second Ciel appal'aissent dans une atmosphère moins pure, telle
que celle de l'ail'; et les sociétés qui sQnt dans Je demier Ciel ap­
paraisent entourées d'une atmosphèl'e comme aqueuse: mais ceux
qui sont dans les Enfers appal'aisent entourés d'almosphèl'es épaisses
et impUl'es, quelques-uns comme dans des eaux noit'es, eL d'autres
II. '1.2,
'178 L' APOCALYPSE EXPLlQUItE. N° 362,

autrement; ce sont les affections et pal' suite les pensées qui produi­
sent ces atmosphères autour d'eux, car des sphères s'exhalent d'eux
tous, et ces sphères se changent en de telles apparences; quant à
ces sphères, voir dans les ARCANES CÉLESTES, les No, 2h89, MM,
0179, 7656, 8630. Si les oiseaux du ciel signifient ceux qui sont
dans l'affection spil'ituelle et dans la pensée qui en pl'ovieut, et les
poissons ceux qui sont dans l'affection naturelle et dans la pensée
qui en résulte, c'est aussi d'après l'apparence dans le Monde spiri­
tuel; car il y appal'aU non-seulement des oiseaux, mais aussi des
poissons j sur les terres, des oiseaux, et dans les mel'S, des poissons;
ce sont les affections et pal' suite les pensées de ceux qui sont là,
qui apparaissent ainsi; tous ceux qui sont dans ce Monde savent
cela; et j'y ai vu aussi plusieurs fois non-seulement des oiseaux,
mais aussi des poissons; celte apparence pro~ient de la correspon­
dance. D'après cela on peut voir d'où vient que les Mel's signifient
les communs du vrai, et que les baleines et les poissons signifient
les affections et les pensées de ceux qui sont dans les communs du
vrai: qne les Mers signifient les communs du vrai, on le voit ex­
pliqué ci-dessus', N° 275. Quels sont ceux qui, dans le Monde
spirituel, habitent dans cette atmosphèl'e aqueuse, qui est entendue
par les Mers, je vais l'illustrer par un seul exemple: Ceux-là, quand
dans David ils lisent ces paroles: Il Tout ce que veut Jéhovah,
il le (ait dans le Ciel et sur la Terre, dans les Mers et dans
tous les abimes, Il - Ps, CXXXV, 6, - ne savent autre chose,
sinon que pal' le Ciel il est entendu le ciel visihle aux yeux et par
la Terre la tel'l'e habitable, et pal' les Mers et les abîmes les mel's
et les abimes, qu'ainsi Jého\'ah fait en eux tout ce qu'il veut; et ils
ne peuvent être amenés à croil'e que pal' le Ciel il est entendu le Ciel
Angélique, par la Terre ceux qui là sont au-dessous, et pal' les
Mers et les abImes ceux qui là sont dans les del'Oiel's; comme ces
. choses sont spirituelles et au-dessus du sens de la lettl'e, ils ne veu­
lent pas les percevoil' et ils le peuvent difficilement, par la raison
qu'ils voient toutes choses naturellement et sensuellement : de là
vient aussi que par ces paroles, dans l'Apocalypse: Il Je vis un
Ciel nouveau et une Terre nouvelle, (:ar le premier Ciel et la
première Terre ((Vaient passé, l l - XXI. l, - il a jusqu'à pré­
. sent été entendu que le Ciel visible et la Terre habitable devaient
Vers, 13. CHAPITRE CINQUli~MK :179
pèl'ir, et qu'un nouveau Ciel et une nouvelle 'ferre seraient formés;
que là pal' le Ciel il soit entendu le Ciel où sont les Anges, et pal'
la Terre l'Église où sont les hommes, Ciel et Église qui seront
nouveaux, c'est ce que ne veulent pas et pal' suite ne compren-
nent pas ceux qui Ile pensent que naturellement et sensuellement;
cal' ils ne souffrent pas que leUl' mental soit élevé de la lumière na-
turelle dans la lumière spil'ituelle; en effet, cela leur est pénible,
au point qu'ils supportent à peine qu'on entende autre chose que ce
que la lettre dit dans son sens, et ce que l'homme naturel saisit:
ils ressemblent assez à ces oiseaux qui dans l'obscurité voient et
chanterit, et qui à la lumière du jour clignent des yeux et voient
peu; les bons d'entre eux sont semblables à ces oiseaux et aussi à
des poissons volants; mais les méchants de ce genre sont sembla-
bles aux hiboux et aux chats-huants qui fuient absolument la lu-
mière du jour; ils ressemblent aussi aux poissons qui ne peuvent
étl'e élevés dans l'ail' sans périr: cela vient de ce que chez les bons
de ce genre l'homme Interne spil'Îtuel reçoit en quelque sorte du
Ciel l'influx spirituel, et pal' suite une sOlte de perception que cela
est ainsi, quoiqu'ils ne voient point; mais chez les méchants de
ce gem'e l'homme Interne spirituel a été entièrement bouché: en
effet, il y a dans chacun un Homme interne et un Homme externe,
ou un Homme spirituel et un Homme naturel; l'homme interne ou
spirituel voit d'après la lumière du Ciel, mais l'homme externe ou
natur:el voit d'apl'ès la lumière du monde.
3aS. A Celui qui est assis sur le tl'ône et à t'Agneau, si-
gnifie le Seigneur quant au Divin Bien et quant au Divin
Vrai: on le voit d'après ce qui a été dit et montré ci-dessus,
N° 297, à sal'oir, que par le tl'ône il est signifié le Ciel, par Celui
qui est assis sW' le trône le Divin Bien procédant, et pal'I' Agneau
le Divin Vrai procédant, l'un et l'autre ['emplissant les cieux et le~
faisant: puisque le Divin Bien procédant du Seiglleur comme So-
leil est reçu par les Anges dans son Royaume Céleste, et que le
Divin Vl'ai ëst reçu par les Anges dans son Royaume spirituel,
.c'est pour cela qu'ils sont dits deux, à savoir, Celui qui est assis
sur le tl'One et l'Agneau, cependant dans le sens interne, pal' l'un
et l'autre est entendu le Divin pr'océdantdu Divin Humain du Sei-
gneur, c'est-à-dire, Divin Bien uni au Divin Vrai, mais ùans le
180 L' APOCALYPSE EXPLlQ(Jl~E. N" 343.

sen~ de la letu'e il est distingué en deux à cause de la réception;


le Divin qui fait le Ciel et donne aux Anges el aux hommes l'a­
mour, la foi, la sagesse et l'intelligence, procède non immédiate­
ment du Divin Même du SeigneUl', mais par son Divin Humain, et
ce Divin qui procède est l'Esprit Saint, voir ci-dessus, N° 183 ;
ainsi doit êlre entendu ce qu'enseigne la Doctrine de l'Église, que
du Père procède le Fils, et par le Fils l'Esprit Saint, et que le Divin
du Seigneur et son Humain sont, non deux Petsonnes, mais une
seule Personne ou un seul Christ: en effet, c'est le Divin du Sei­
gneur qui a pris J'Humain, et en conséquence le SeigneUl'l'a appelé
son Père, ainsi il n'a pas appelé Pèl'e un autre Divin qui aujour­
d'hui est adoré à sa place comme étant son Pèl'e, et c'est le Divin
procédant qui est appelé Esprit Saint, esprit de Dieu, esprit de vé- .
rité et Paraclet, cal' il est le saint de l'esprit, ou le saint Divin que
l'esprit prononce, et non un autre Divin qui est adoré comme Troi­
sième Pel'sonne de la Divinité; que cela soit ainsi, c'est ce que peu­
vent comprendre tous ceux qui sont dans quelque lumièl'e du ciel,
quoique d'apl'ès la Doctrine de la Trinité, qui a été donnée pal'
Athanase, il soit dit en plusieurs endroits, que les ll'ois sont un :
que chacun examine en soi-même, quand il dit de bouche qu'il n'y
a qu'un seul Dieu, est-ce qu'il ne pense pas trois 7 et cependant il
n'y a qu'un seul Dieu, et les tl'ois Noms du Divin appartiennent à
un seul Dieu; comme Athanase n'a pas compl'is cela, il a cru que
les trois noms étaient trois Dieux, mais un quant à l',essence; ce­
pendant toujours est-il qu'on ne peut pas dit'e qu'il y a unité d'es­
sence, quand à l'un il est attribué autr.e d\ose qU'à l'autre, car ainsi
l'essence est divisée; de là à chaque èssêllce a été imposé Je nom
de personne: mais ces tl'ois, il savoir, le Divin Même qui est appelé
Père, le Divin Humain qui est appelé Fils, et le Divin procédant
qui est appelé Espl'it Saint, quand ils appartiennent à une seule
Personne, sonl une seule Essence, voir la DOCTRINE DE I.A Nou­
VELLE JÉRUSALEM, N°' 280 à 310. Ces choses ont été dites, afin
que par Celui qui est assi,s sur le trOne et pal' l'Agneau, il soit en­
tendu non Deux mais Un Seul, à savoir, le Seigneur quant au
Divin procédant.
366. La Bénhtiction, signifie la reconnaissanc~, la glori­
fication et {' action de gl'lÎ6e,Ç de cc que tout bien et tout vrai,
Vers, {3, CHAPITRE CINQUlÈME. 181
et par suite le Ciel et la f~licité éternelle appartiennent à
ceux qui reçoivent: on le "oit d'après ce qui vient d'être dit et
montl'é, N° 3âO.
3h5. Et l'honneur et la gloire, signifie qu'à Lui Seul ap­
partient tout Divin Bien et tout Divin Vrai. et par suite tout
bien de l'amour el tout vrai de la roi, desquels procèdent toute
la sagesse et toute l'intelligence qui sont chez les Anges et
chez les hommes: on le voit par la signification de l'honneur et
de la gloire. quand il s'agit du Seigneur, en ce que c'est le Divin
Bien et le Divin Vrai, comme ci-dessus, N° 288; et puisque pal'
"honneUl' et la gloil'e, quand il s'agit du Seigneur, il est signifié le
Divin Bien et le Divin Vrai, il s'ensuit que, quand il s'agit de l'hom­
me, pal' l'honneur et la gloire il ~st signifié tout bien de l'amoul' et
tout vrai de la foi, desquels procèdent toute la sagesse ct toute L'in­
telligence qui SOllt chez les Anges et chez les hommes. Ces paroles
ont été dites par ceux qui sont dans les derniers du Ciel, lesquels
savent cela, quoiqu'ils ne le voient pas et ne le pel'çoivent pas; cn
effet, tous ceux qui sont de l'Église savent, parce que c'est un point
de doctrine, que tout bien et tout vrai viennent de Dieu, et ceux
qui ont mené une vie bonne l'etiennent ce doctrinal ct lc croient, sans
rechercher comment cela se fait, de là vient qu'ils sont aussi dans
le Ciel, quoique dans le dernier du Ciel; mais ceux qui sont devenus
spirituels non-seulement savent, mais même voient et perçoivent
que cela est ainsi, d'où il résulte qu'ils sont dans les Cieux supé­
l'ieurs; quand ceux-ci viennent dans le Monde spirituel, ils voient
les nais et les perçoivent dans la lumièl'c du Ciel, et ils n'admet­
tent point la Règle, reçue dans le Monde par plusieurs, que l'en­
tendement doit êtl'e sous une certaine obéissance aveugle de la foi;
il en est autl'ement de ceux qui sont dans les demiers du Ciel,
comme ils ne voient pas et 11·': perçoivent pas, ils restent dans celle
l'ègle, mais néanmoins ils sont instl'Uits, et quand ils ont été in­
struits ils savent les vrais.
3116. Ella force aux siècles des siècles, signifie qu'à Lui
Seul appartient la Toute-Puissance, à élernité: on le voit par
la signification de la force, quand il s'agit du Seigneur', en ce quc
(~'est la 'foute-Puissance: cL comme le Seigneur a la Toute-Puis­
sance d'après le Dil'in Bien par le Divin Vrai, c'est pOUl' cela qu'il
182 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. ~. 346.

est dit l'Honneur et la Gloire et la Force, car pal' l'honneur et la


gloil'e il est signifié le Divin Bien et le Divin VI'ai; que toute Puis­
sance soit au Divin Bien par le Divin Vrai, on le voit dans le 'fraité
DU CIEL ET DE L'ENFER, N°' 231,232,539; et ci-dessus, N°s 209,
333. La Force est dite ici en derniel', et par les Anges du Dernier
Ciel, parce que la Force, quand il s'agit du Seignel.lr, se dit de la
Divine Puissance dans son Plein, et que dans son Plein, c'est dans
les Derniers: que dans les Derniers le Divin soit dans son Plein,
ainsi dans sa Force, on le voit dans les ARCANES CÉLESTES,
N°s 5897, MM, 8603, 9828, 9836, 10099, 10M8; et dans le
Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, N° 315.
347. Vers. 1h. Et les quatre Animaux disaient: Amen.
Et les vingt-quatre Anciens se prosternèrent et adorèrent Ce­
lui qui vit aux siècles des siècles. - Et les quatre Animaux
disaient: Amen, signifie la confil'mation venant du Seigneur par
le Ciel intime: et les vingt-quatre Anciens se prosternèrent et
adorh'ent Celui qui vit aux sÙJcles. des siècles, signifie l'humi­
liation et la reconnaissance de cœur de tous ceux qui sont dans les
vl'ais d'après le bien, que le Seigneur Seul vit, et que de Lui Seul
vient la vie éternelle,
M8, Et les quatre Animaux disaient: Amen, signifie la
confirmation venant du Seigneur par le Ciel intime: on le
voit par la signification des quatl'e Animaux ou Chérubins, en ce
que dans le sens suprême ils sont le Seigneur quant à la Providence
et à la Garde afin qu'on ne s'adresse à Lui que par le hien de l'amoUl',
comme ci-dessus, Nos 152 f. 27"1; et dans le sens respectif le Ciel
intime ou le troisième Ciel, Nos 313, 322; et pal' la signification
d'amen, en ce que c'est la confirmation venant du Divin, et la Vé­
rité, comme aussi ci-dessus, Nos M, 228 : d'après cela, il est évi­
dent que par les quatre Animaux diS'<lient : Amen li il est signifié
(1

la confirmation venant du Seigneur par le Ciel intime. Si les choses


qui ont été dites jusqu'à présent pal' les Anges des trois Cieux ont
été confi,rmées par le Seigneur, c'est parce que tout ce qu'ils ont dit
venait non d'eux-mêmes mais du Seigneur; en elfet, c'était la re­
connaissance de son Divin dans l'Humain, la glorification à cause
de cela, et l'action de grâces de ce que tout bien et tout vl'ai, et par
suite toute sagesse et toute intelligence viennent de Lui; les Anges
"ers. if,. CHAPITIŒ CINQUIÈME. 183
n'ont pas pu le dire d'eux-mêmes, mais ils l'ont dit d'apl'ès le Sei­
gneUl' pal' suite d'un dicta men intérielll' ou de ('influx; car par eux­
mêmes les Anges, comme les hommes, ne peuvent pas même nommer
le Seigneul', ni par conséquent Le l'econnaftre et Le glorifiel'; de
là vient que les choses qu'ils ont dites, le Seigneur les a confirmées
pal' Amen, qui signifie la vél'ité de la foi, et la foi elle-même: il
est même conrol'me à l'ÛI'dl'e Divin, que le SeigneUl' confirme les
vrais, que l'Ange et l'homme prononce comme de lui-même, qnoi­
que non de lui-même, mais il les confirme dans le cœUi' de l'Ange
et de l'homme pal' un affirmatif qui monte dans sa pensée non ma­
nifestement, mais pal' un plein acquiescement du mental (animus)
procédant de l'affection interne, qui résulte de la paix et du plaisir
de la paix: c'est cette confirmation qui est signifiée dans le sens
intel'lle l'éel pal' la confirmation manifeste entendue pal' Jean.
M9. Et les vingt-quatre Anciens se proste,'nerent et ado­
rb'ent Celui qui vit aux siècles des siècles, signifie l' humilia­
tion et la ,'econnaissance de cœur de tous ceux qui sont dans
les vrais d'après le bien, que le Seignell7' Seul vit, et que de
Lui Seul vient la vie éternelle " on le voit par la signification
des '1.Jingt-quatre anciens, en ce que ce sont tous ceux qui sont
dans les vrais d'après le bien, ainsi qu'il a été montl'é ci-dessus,
N° 2ïO; pal' la signification de se prosterne,' et d'adoter, en ce
que c'est J'humiliation et la l'econ~aissance de cœur, que tout bien
et tout vrai, qui ont en eux la vie, viennent du Seigneur, comme
aussi ci-dessus, N°s 290, 291 ; et par la signification de Celui qui
vit, quand il s'agit du Seigneur, en ce que c'est qu'Il vit Seul et
que de Lui vienlla vie éternelle, comme aussi ci-dessus, N°' 82, 84,
186, 289, 291. Puisqu'aujourd'hui, dans le Monde, on croit que
la vie, qui est à chacun, est donnée et insérée, et par conséquent
Jll'opre, et qu'elle n'influe pas continuellement, je vais en dire quel­
que chose: Si l'on croit que la vie est dans l'homme, au point d'être
la chose de l'homme, c'est seulement une apparence qui tire son
origine de la perpétuelle présence d-u Seigneur', et de son Divin
Amour de vouloir' f:tre conjoint à l'homme, et êtl'e en lui, ct lui
donner sa \'ie, cal' tel est le Divin Amour; et comme cela est per­
pétuel et (',ontinu, l'homme s'imagine que la "ie est en lui (',ontmc
propre; eependanl il est notoire que tout hi on ct tout vrai ne sont
18ft L'APOCALYP5E EXPLIQlJÉE. N" 349.

pas dans l'homme, mais qu'ils viennent d'en haut, et qu'ainsi ils
influent; il en est de même de l'amour et de la foi, cal' le tout de
l'amour de l'homme vient du bien, et le tout de sa foi vient du vrai,
puisque ce que l'homme aime est pOUl' lui le bîen, et que ce qu'il
croit est pour lui le vrai; par là on voit d'abol'd que le bien et le
vrai, non plus que l'amour et la foi, ne sont pas d~ns l'homme,
mais qu'ils influent du Seigneur; dans le bien et dans le vrai est la
vie môme et non ailleurs: le réceptacle du bien de l'àmoul' chez
l~~omme est la volonté, et le l'éceptacle du vrai de la foi chez lui est
l'entendement, et vouloir le bien n'appartient. pas à l'homme, ni
croire le vl'ai; c'est dans ces deux facultés que l'éside toute la vie
dé l'homme, hOl's de ces facultés elle est nulle; pal' là on voit aussi
que la vie de ces facultés, pal' conséquent la vie de l'homme tout
entier, n'est point dans l'homme, mais qu'elle influe: or, si le mal
et le faux, ou la volonté et l'amour du mal et l'entendement et la
foi du faux, sont chez l'homme, c'est aussi d'après l'influx, mais
cet influx vient de l'Enfeq en effet, l'homme estrenu dans le libre
de choisir, c'est-à-dire, de l'eceyoir du Seigneur le hien et le vrai,
ou de recevoir de l'Enfel' le mal et le faux; l'homme est tenu dans
ce libl'e à cause de la réformation, cal' il est tenu entre le Ciel et
l'Enfer, et de là dans l'équilibre spil'ituel, qui est le libre; ce Libre
lui-même n'est pas non plus dans l'homme, mais il est avec la vie
qui influe; sur le Libre de l'homme et snI' l'origine de ce libre,
voù' dans le Traité DU CIEL ET I?E L'ENFER, NOl 293, 537, 5!J0,
Mi, 5!J6, 589 à 596, 597 à 603; et dans la DOCTRINE DE LA.
NOUVELLE JÉRUSALEM, Ceux qui sont dans l'Enfel' vivent aussi de
l'influx de la vie provenant du Seigneur, car le bien et le vrai in­
fluent pareillement chez eux, mais ils tournent le bien en mal et le
vrai en t'aux, et cela alTive parce qu'ils ont retourné leurs formes
l'écipientes intérieures pal' la vie du mal, et que tout influx varie
selon les formes; il en est de même que de la pensée et de la volonté
de l'homme quand elles agissent dans des membl'es contournés de
naissance, ou dans des sensoria lésés; il en est aussi de même que
de la lumière du Ciel quand elle influe dans les objets q!li val'ient
quant aux couleurs, et de la chaleur du Ciel dans les mêmes objets
qui varient quant aux odeUl's selon les formes intérieures récipientes:
toutefois, il faut qu'on sache que la vie elle-même ne change point
Vers. 14. CHAPITRE (UNQUIÈME. 185
et ne val'ie point, mais que p~I' elle se manifeste l'apparence de la
forme l'écipiente par laquelle et d'après laquelle la vie passe, à peu
près comme chacun pal' la même lumière apparaH dans une glace
tel qu'il est. De plus, tous les sens de l'homme, à savoit', la vue,
l'ouïe, l'odorat, I.e goût et le touchel', ne sont point dans l'homme,
mais ils sont excités et produits d'après l'influx; dans l'homme il
y a seulement les formes organiques qui sont récipientes ; ces formes
n'appal'tiennent à ducun sens, avant que ce qui est adéquat influe
du dehors; il en est de même des sensoria internes, qui appartien­
nent à la pensée et à l'affection, lesquels reçoivent l'influx par le
Monde spirituel, et de même aussi des sensoria externes qui le l'e­
çoivent par le Monde natul'el. Qu'il y ait une unique source de vie,
et que toute vie en pl'ovienne, et influe continuellement, c'est ce
q~i est bien connu dans le Ciel, et n'est mis en doute par aucun
Ange des Cieux supérieurs, car les Anges de ces Cieux perçoivent
j'influx lui-même. Que toutes Ics vies soient comme des ruisseanx
découlant de celte unique et perpétuelle source de vie, c'est ce qui
m'a été aussi prouvé pal' de nombl'euses expériences, et c'est ce que
j'ai vu dans le Monde spirituel chez ceux qui avaient cru vivre par
eux-mêmes, et ne voulaient pas croire qu'ils vivaient par le Sei­
gneur; lorsque l'influx dans la pensée leUl' était enlevé quant à
quelque partie, ils tomhaient comme inanimés, et aussitôt que l'in­
flux approchait, ils l'evivaient comme sortant de la mort; et ces
mêmes esprits avouaient ensuite que la vie en eux ne leur appar­
tient point, mais qu'elle influe continuellement en eux, et que les
hommes, les esprits et les Anges sont seulement des fOI'mes réci­
pientes de la vie. Là, les sages concluent qu'il en est ainsi, pal'ce
que rien ne peut exister ni subsister de soi-même, mais que tout
existe et subsiste par un antérieur à soi, et que cet antél'ieur ne
peut non plus ni existel' ni subsister pal' lui-même, mais que dans
un ol'dre successif il dépend d'un Premier, et qu'ainsi la vie même,
considérée cn elle-même, Ile vient qu~ de Celui Qui Seul est la Vie
en Soi; par là aussi ils savent et même perçoivent, d'après l'idée
spirituelle, que chaque chose doit être dans une connexion avec Je
Premier pOUl' être quelque chose, et devient quelque chose selon
qu'elle 'est en connexion, D'après cela, on voit combien pensent fol­
lement cenx qui til'ent de la nature l'ol'iginc de la vie, et qui croient
186 L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 349.

que l'homme apprend à penser pal' l'influx de la nature intérieure


et de l'ordre de la nature, et non par Dieu qui est l'Ètl'e Même de
la \'ie, et de Qùi procède l'Ordre entier de l'un et de l'autre Monde
tant spil'ituel que natm'el, selon lequel influe la vie, vie éternelle
chez cenx qui peuvent être disposés à recevoir la vie selon l'Or­
dre Divin, mais vie opposée, qui est appelée mort spirituelle, chez
ceux qui ne peuvent pas être disposés, par conséquent qui vivent
contre l'Ordre Divin: c'est d'apl'ès le Divin Bien qui procède du
Seigneur qu'il y a l'Ordre, et les Divins Vrais sont tes lois de l'Or­
dre; voir dans la DOCTRINE DE LA NOUYELLE JÉRUSALEM, N° 279..
Qu'on se garde dOlic de croire que la Vie Divine soit changée chez
quelqu'un, même chez les méchants et dans l'Enfel'; cal', ainsi qu'il
vient d'êll'e dit, la vie elle-même ne change point ou ne varie point,
mais l'apparence de la forme récipiente pal' laquelle et d'après
laquelle elle passe se manifeste pal' elle, à pe~ près comme chacun,
dans une glace, apparailtel qu'il est par la lumière qui reste tou­
jours dans son état et pl'oduit seulement la forme à la vue, et comme
la vie elle-même se fait sentir selon la forme de l'Organe du corps,
aiQsi autrement dans l'œil, autrement dans l'ouïe, et autrement
dans l'odorat, le goût et le toucher; si l'on croit que la vie varie et
change, c'est d'après une apparence qui est une illusion semblable
il l'illusion provenant de l'apparence que l'influx· est physique, lors­
que cependant l'influx est spirituel: mais sur ce sujet on peul voil'
plus de détails dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, N° 9; aux­
quels on peut ajouter ce qui a été rappOlté sur l'Influx de la vie,
dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM D'APRÈS LES AR­
CANES CÉLESTES, No' 277, 278; et SUl' l'iriflux de la vie chez les
Animaux dans les ARCANES CÉLESTES, NOl 5850, 6211; et aussi
dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, NOl 39, 108, 110, !J35,
567; puis, dans l'Opuscule sur le Jugement Dernier, N° 25. Ces
choses ont été dites, afin qu'on sache qu'il y a une vie unique, et
que tout ce qui vit, vit d'après elle. Maintenant il sera montl'é
que le Seigneur est cette Vie elle-même, ou qu'II est le Seul qui
vive, puisque c'est là ce qui est signifié par Il Celui qui vit aux
siècles des siècles. Il Qu'il y ait un Divin unique, et que ce Divin
n'ait pas été distingué en trois Personnes, selon la foi d'Athanase,
on peul. le voir d'apl'ès ce qui a élé dit sou\'ent ci-dessus, ct surtout
Vers. 1u. CHAPITRE CINQUIÈME. 187
d'après ce qui sera dit spécialelllent sur cè sujet à la tin de cet Ou­
\Tage : et comme le Divin du Seigneur, qui est le Divin unique, a
pris l'Humain et l'a aussi fait Divin, c'est pour cela que le Divin et
cet Humain sont l'un et l'autre la Vie, d'apl'ès laquelle tous vivent:
que cela soit ainsi, c'est ce qu'on peut savoil' d'après les paroles du
8eiglleUl' Lui-Meme dans ces passages; dans Jean: « De même
que le Père ressuscite les morts et vivifie, de même le Fils ceux
qu'il veul vivifie: comme le Père a la Vie en Lui-mêl'ne, pa­
reillement il a donné au Fils d'avoir la Vie en Lui-Même. 1)
- V. 21, 26; - ici pal' le Père est entendu le Divin Même du
SeigneUl', qui a pris l'Humain, car ce Divin était de conception dans
le Seigneur, et comme le Seignellr a été conçu de Lui, c'est en con­
séquence ce Divin qu'il a appelé Pèl'e et non un autre Divin; par
le Fils est entendu le Divin Humain du Seigneur; que ce Divin soit
pareillement la Vie Elle-Meme, le Seigneur l'enseigne en termes
clail's, en disant « De même que le Père vivi lie, de même le Fils
ceux qu'il veut vivi lie, 1) et Il comme le Pèl'e a la Vie en Lui-Meme,
pareillement il a donné au Fils d'avoir la Vie en Lui-Même; 1) avoir
la vie en Soi-Même, c'est être la Vie Elle-Même; or les ault'es ne
sont pas la Vie, mais ils ont pal' suite la vie. Dans le Même: « Moi,
je suis le chemin, la vérité el la vie; personne ne vient au
Père que par Moi. 1) - XIV. 6; - Cl Moi, je suis le chemin, la
vérité et la vie, 1) ces paroles ont été dites de l'Humain du Seigneur,
car il ajoute même (( personne ne vient au Père que par Moi; Il en
effet, son Père était le Divin en Lui, c'est-à-dire, était son Divin;
d'où il est évident que le Seigneur aussi quant à son Humain est la
Vie, et qu'en conséquence cet Humain est pareillement Divin. Dans
le Même: « Jésus dit : Moi, je suis la "ésurrection et la vie,
celui qui croit en Moi, bien qu'il meure, vivra; quiconque vit
et croit en Moi ne mourra point durant l'éternité. » - XI.
25, 26; - ces pal'oles aussi, le Seigneur les a dites de son Hu­
main; et comme Lui-Même est la ,rie, et que tous ont par Lui la
vie, et ceux qui croient en Lui, la vie étel'llelle, c'est pour cela qu'il
dit Il Moi, je suis la résurrection et la vie, et quiconque croit en
Moi,ne mOUl'l'a point durant l'éternité; Il par cl'oire au Seigneur,
il est signifié être conjoint à Lui par l'amour et la foi, et pal' ne
point mOUl'il' il esl signifié ne point mourir spirituellement, c'est­
188 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. l.'<' 349.

à-dil'e, ne point etre damné, car la vie des damnés est appelée mort.
Dans le Meme: (1 Au commencement était la Parole, et la Pa­
role était chez Dieu, et Dieu elle était, la Parole! en Elle
vie il y avait, et la vie était la lumière des hommes: et la Pa­
role Chair a été faite, et elle a habité parmi nous. Il - 1. 1,
h, 1h ; - il est notoÏ!'e que par la Parole, c'est le ,Seigneur qui
est ente.ndu; que son Humain soit la Parole, cela est évident, car
il est dit (1 la Parole Chail' a été faite, et elle a habité parmi nous; Il
et que son Humain ait été également Divin, comme le Divin Même
qui a pris l'Humain, on le vQit clairement, en ce qu'il est fait une
distinction entre l'un et l'autre, et que l'un et l'autre sont appelés
Dieu, car il est dit Cl la Parole était chez Dieu, et Dieu elle était, la
Parole! Il et (( en Elle vie il y avait ~» par (( la vie était la lumière
des hommes, Il il est entendu que tous vivent d'après la Parole; la
lumière des bommes est la vie de leur pensée et de leur entende­
ment; ed effet, le Divin procédant, qui est spécialement entendu
ici par la Pal'ole, apparall dans le Ciel comme une Lumière, qui
donne aux Anges non-seulement de voir, mais aussi de penser et
de comprendl'e, et, selon la réception, de devenir sages, voir dans
le Tl'aité DU CIEL ET DE L'ENFER, N°' 126 à HO; celte lumièl'e
procédant du Seigneur est la vie meme qui lion-seulement éclaire
l'entendement, comme le Soleil du monde éclaire l'œil, mais aussi
qui le vivifie selon la réception; et quand cette lumièr'e est reçue
par la vie, alol's elle est appelée la Lumièl'e de la vie, dans le M.eme :
(1 J éSllS dit: Moi, je suis la Lumière du monde, celui qui Me
suit ne marche point dans les ténèbres, mais il aura la Lu­
mière de la vie, Il - VIII. 12 : - et elle est aussi appelée le
Pain de vie, dans le Meme: « Le Pain de Dieu est celui qui est
descendu du Ciel, et qui donne la vie au monde; Moi, je sui.~
le Pain de vie. Il - VI. 33, 3h, h7, h8, 51; -le pain de Dieu
et le pain de vie, c'est ce par quoi tous ont la vie: puisque la vie,
qui est appelée intelligence et sagesse, vient du Seigneur, il s'en­
suit aussi que la vie dans le commun vient de Lui; car les singu­
liers de la vie, qui en font la perfection et sont insinués dans l'homme
selon la l'éception, appartiennent tous à la vie commune; celle-ci
est perfectionnée, à pl'opol'tion que les maux, dans lesquels naît
l'homme, en sont écartés. Que ceux qui sont conjoints au Seigneur
Vers. ll1. CHAPITRE CINQUIÈME. 189
pal' l'amour el la foi l'eçoivent la vie éteJ'Oelle, c'est-à-dire, la vie
du Ciel, qui est la salvation, on le voit c1ail'ement par ces passages;
dans Jean: (( Moi, je sui,~ le Cep; vous, les sarments; qui de-
meure en !If oi, et !If oi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit,
Cal'sans Moi vous ne pouvez faire rien: si quelqu'un Tle de-
meure pas en Moi, il e~t jeté dehors comme le sarment, et il
sèche. )l - XV. 5, 6 ; - dans le Même: (1 Quiconque C7'oit en
Moi a la vie éternelle. J) III. l/J, 15, 16; - dans le Même:
-

« Qui croit au Fils a la vie éternelle, mais qui ne croit point


au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure
sur lui. Il - lII. 36; - dans le Même: (( Quiconque croit au
Fils a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. )l
- VI. /JO, &7, /J8; - dans le Même: « Mes brebis Me suivènt,
et Moi je leur donne vie éternelle, et elles ne périront point
durant l'éternité. Il - X. 27, 28; - et dans le Même: (( Vous
scrutez les écritures; elles rendent témoignage de Moi, mais
vous ne voulez pas veliir à J'loi pour avoir la vie. )l - V. 39,
/JO: - dans la Parole, il est dit. cl'oire en Dieu ét croire les choses
qui sont de Dieu; croil'e en Dieu est la foi qui sauve, mais croi/'e les
choses qui sont de Dieu est la foi histol'ique, qui, sans la précédente,
ne sauve pas, c'est pOUl'quoi elle n'est pas la vraie foi; car croire en
Dieu, c'est savoir, vouloir et faire; mais cl'oire les choses qui sont
de Dieu, c'est savaiI', ce qui peUL avoir lieu sans qu'on veuille ni
qu'on fasse: ceux qui sont véritablement Chrétiens savent, veulent
et font; au contl'aire ceux qui ne sont pas véritahlement Chrétiens
savent seulement, mais le SeiglleUl' appelle ceux-ci insensés, et
ceux-là prudents, - Matth. VII. 2/J, 26.
I/.L\POCALYPSE.

CHAPITRE SIXIÈME.

1. Et je vis IOI'squ'eut ouvert l'Agneau le premier des sceaux,


et j'entendis ['un des quatl'e Animaux, qui disait comme d'une voix
de tonnelTe : Viens et vois.
2. Et je vis, et voici un Cheval blanc, et celui qui était monté
dessus avait un arc, et il lui fut donné une couronne, et il sortit vic­
torieux et pour vaincre.
3. Et lorsqu'il eut ouvert le second sceau, j'entendis le second
Animal, qui disait: Viens et vois.
, li. Et il sOI'lit un autre Cheval, l'OUX ; et à celùi qui était monté
dessus il lui fut donné d'enlever la paix de dessus la terre, en sOlte
qu'ils se tuassent les uns les autl'es, et il lui fut donné une épée
grande.
5. Et lorsqu'il eut ouvert le troisième sceau, j'entendis le troi­
sième Animal qui disait: Viens et vois, Et je vis, et voici un Cheval
noir; et celui qui était monté dessus avait une balance en sa main.
6. El j'entendis une voix au milieu des quatre Animaux, qui
disait: Un chénix de froment pOUl' un deniet', et trois chénix d'orge
pour nn denier; et l'huile ct le vin ne gâte point.
7. Et lorsqu'il eut ouvert le quatrième sceau, j'entendis la voix
du quatl'ième Animal, qui disait: Viens et \'ois.
8. Et je vis, et voici un Cheval pâle, et celui qui était monté
dessus avait nom la mort, et l'cnfel' suivait après lui; et il leur fut
donné pouvoit' de tuer sur la quatrième partie de la terre pal' épée,
et par famine, et pal' mort, et par les bêtes de la terre.
9. Et lorsqu'il eut ouvert le cinquième sceau, je vis sous l'Autel
les âmes de ceux qui avaient été tués à cause de la Pal'ole de Dieu,
et il callse du témoignage qu'ils a\'aient.
10. Et ils cl'iaient d'une voix gt'ande, disant: Jusques il quand,
Vers. 1. CHAPI'l'lŒ SIXIÈME. 191
Seigneur', qui (es) Saint et Vél'itable, ne juges-tu point, et Ile
venges-tu point notre sang de ceux qui habitellt sur la terre?
H. Et il fut donné à chacun des l'obes blanches, et il leur foL
dit qu'ils reposassent encore un peu de temps, jusqu'a ce que fus­
sent au complet et leurs compagnons de service et leUl's frères, qui
devaient être tués de même qu'eux.
12. Et je vis, lorsqu'il eut ouvert le sixième sceau, et voici: UII
grand tremblement de terre se nt, et le soleil devint noir comme
un sac de poil, et la lune devint comme du sang.
13. Et les étoiles du Ciel tombèl'ent sur la telTe, comme un
figuier jelte ses ligues ver'tes, pal' un grand vent secoué.
14. Et le Ciel se relira comme un livre roulé, el toute monlagne
et (toute) ile furent remuées de leurs places.
15. Et les rois de la tene, et les grands, et les riches, et les
kiliarques, et les puissanls, et 10Ul esclave el loul libre, se cachè­
rent dans les cavernes et dans les l'ochel's des montagnes.
16. Et ils disaienl aux montagnes et aux l'ochers : Tombez sur
nous, el cach.ez-nous de la face de Celui qui est assis SUI' le TrOne,
et de la colère de l'Agneau.
17. Pal'ce qu'il est \'ellu le jouI' gl'and de sa colère, et qui peut
se maintenir?

EXPLICATION.

350. Vers. 1, 2. Et je 1)is lorsqu'eut ouvert l'Agneau le


premier des sceaux, et j'entendis l'un des quatre Animaux,
qui disait comme d'une voix de tonnerre: Viens et vois.-Et
je vis, et voici unCheMl blanc, et celui qui était mtmté dessus
avait un arc, et il lui fut donné une couronne, et il sortit vic­
torieux et pour vaincre. - Et je vis, signifie la manifestation
des états de ceux qui sont de l'Église où est la Pal'ole : lorsqu'eut
ouvert l'Agneau le premier des sceaux, signifie la premièl'e
manifestation du Seigneur: et j'entendis l'un des quatre Ani­
maux, qui disait comme d'une voix de tonnerre, signifie pro­
venant du Ciel intime pal' le Seigneur: viens et voi.~, signifie l'al­
192 L' APOCALYPSE EXPLlQUltE. N° 350.
tention et la pel'ception : et je 'vis, et voici un Cheval blanc,
signifie l'entendement du vl'ai d'après la Pal'ole : et celui qui était
monté dessus avait ~n arc, signifie la doctl'ine de la charité et de
la foi, d'après laquelle on combat conUe les maux et les faux, et
on les dissipe: et il lui fut donné une COUl'onne, signilie la vie
éternelle qui est le prix de la victoire: et il sortit victorieux et
pour vainc/'e, signifie l'éloignement des maux et pal' conséquent
des faux à la fin deJa vie, et après cela pour l'éternité.
351. Et je vis, signifie la manifestati(}11 des états de ceux
qui sont de l'Église où est la Parole: cela est ~onstant d'après
les choses vues pal' Jeau, et dont il est parlé dans ce Chapitl'e et
dans ceux qui vont suivre, en ce qu'elles sout les manifestations de
l'état de ceux qui sont de l'Église où est la Parole; en effet, il
s'agit de l'ouverture des sceaux du Livl'e qui est dans la main du
Seigneur, et des choses qui alors furent vues, à savoir, quatre Che­
vaux, l'un Blanc, l'autr'e Roux, le tl'oisième Noir, et le'quatrième
Pâle, et apl'ès cela les âmes de ceux qui avaient été tués à eause de
la Parole de Dieu, puis un tremhlement de terre, et enfin sept Anges
qui avaient sept trompettes, choses qui toutes signifient des mani­
festations de l'état de ceux qui sont de l'Église, comme on peut le
voir par chacune de ces choses considérée dans le sens interne. II
est dit l'Église où est la Parole, parce que l'Église du Seigneur
est SUI' tout le Globe terrestl'e, mais spécialement où est la Parole
et où pal' Elle le Seigneur est connu; dans ce Livre Prophétique il
s'agit principalement de l'élat de ceux qui sont de ceUe Église, ici
en général, mais dans la suite en .pal'liculiel' : s'il s'agit principa­
lement de cette Église, c'est pal'ce que la présence du Seigneur, et
par suite celle des.Anges du Ciel chez les hommes de celte Terre,
ont lieu pal' la Pa1'Ole, cal' la Pal'ole a été écritè par de pm'es Cor­
l'espondances; de là il arrive qu'il 'j a aussi présence du Seigneur
et des Anges du Ciel chez ceux qui sont à l'entour ou hOrs de
l'Église, et qui sont nommés Nations, comme on peut le voir d'a­
près ce qui a été dit et montré dans le Tl'aité DU CIEL ET DE L'ENFER
sur la conjonc!ion du Ciel avec l'homme de l'Église par la Parole,
N°' H6, 303 il 310; et dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRU­
SALEM, N°' 2!J!J, 266, 255 à 266. En effet, l'Église sur tout Je
Globe tel'l'estl'e est devant le Seigneul' comme un seul Homme, cal'
Vers, L CHAPITlŒ SIXIÈME H)3
elle fait un a,'ec-!e Ciel Angélique; que ce Ciel, devant le Seigneur
soit comme un seul Homme, on le voit dans le Traité DU CIEL ET
DE L'ENFER, No, 59 à 102; l'Église où est la Par'ole, et où par
Elle le Seigneur est connu, est dans cet Homme comme le Cœur et
comme le Poumon; chez ceux qui sont dans ['amonr céleste, l'Église
est comme le cœur, et chez cellX qui sont dans l'amour Spil'iluel clic
est comme le Poumon; c'est pourquoi, de même que tous les mem­
bres, viscèrcs el organes du corps vivent d'après le Cœul' ct le
Poumon, et d'après leUl' influx et par suite d'après IcUl' présence,
de même aussi SUI' tout le Globe tenestre tous ceux qui constituent
l'Jtglise universelle vivent pal' l'Église où est la Parole, car le Sei­
gneur influe de là avec ('amour et avec la lumière, et il vivifie et
iIIustl'c tous ceux qui sont dans quelque affection spÏl'ituelle du vl'ai,
en quelque endroit qu'ils soient; la lumière du Ciel, ou la lumière
dans laquelle sont les Anges du Ciel qui sont issus de celte Tel'l'e,
procède du Seigneur pal' la Parole; de là est propagée la lumière
comme d'un milieu vers les périphéries de tous cOtés, ainsi vers
ceux qui y sont, lesquels, comme il a été dit, sont les nations qui
vivent hors de notl'e Église: mais celle propagation de la lumière
se fail dans le Ciel par le Seigneur; et ce qui se fait dans le Ciel
influe aussi dans les mcntals des hommes, car les mentais des hommes
font un avec les menlais des esprits et des anges. C'est donc là la
raison pOUl' laquelle, dans ce Livre Prophétique, il s'agit principa­
lcment de ceux qui sont de l'Église où est la Parole; il s'agit
aussi alors, quoiquc non-pi'oc,hainement, de ceux qui sont de l'É­
glise où il n'y a pas la Parole; cal' l'arrangement de ceux qui
sont autoUl' suit conformément à cet ordre dans lequel se trouvent
ceux qui sont dans le milieu.
352. Lorsqu'eut ouvert l'Agneau le premier des sceau.x,
signifie la première mamfestation par le Seigneur: on le voit
pal' la signification d'ouvrir le sceau, en ce que c'est révéler les
choses cachées qui ont été écritcs au dedans, cal' lorsqlle le sceau
est ouvert on lit les choses qui y sont, ici, les choses cachées que
personne n'a pu savoir que le Seigneur Seul, car ce sont les états
de tous dans le commml 'et dans le particulier; que personne ne
connaisse ces étal" que le Seigneur Seul, on le voit par les explica­
lions qui ont déjà été données sur ce Livre el SUI' l'ouverture de ses
II. 13.
:l 9!1 L' APOCAL YPSE EXPLIQUÉE. ,.. . ·352,

sceaux, N°' 199, 222, 299, 327 : de là il est évident que par
« lorsqu'eut ouvert l'Agneau le premier sceau, Il il est signifié la
premièl'e manifestation pal' le Seigneur.
353. Et j'entendis l'un des quatre Animaux, qui disait,
comme d'une voix de tonnerre, signifie provenant du Ciet
intime par le Seignew' .. on le voit pal' la signification des quatre
Animaux ou Chérubins,. en ce que, dans le sens suprême, ils sont
la Divine Pl'ovidence du Seigneur, et la garde pOUl' qu'on ne s'ap­
proche du Seignem' que par le bien de l'amour, ainsi qu'il a été dit
ci-dessus, No' 152, 277 ; et, dans le sens l'espectif, le Ciel intime
ou troisième Ciel, comme aussi ci-dessus, No' 313, 322; et par la
signification d'une t'oix de tonnerre, en ce que c'est la ma~ifes­
tation qui en résulte; que dans la Parole par les éclairs, les ton­
nerres et les voix, il soit signifié l'illustration, l'entendement et la
perteption, on le voit ci-dessus, N° 273, par conséquent aussi la
manifestation. Si les tonnerres signifient la manifestation provenant
du Ciel intime, c'est d'apl'ès la corl'esp6ndance, car les voix qui
tombent de ce Ciel jusque dans l'ouïe de l'homme ne sont pas en­
tendues aull'ement; en effet, elles remplissent tout le Cel'veau; et, de
là, elles s'étendent vers l'ouïe, et y sont pel'çues comme un bruit de
tonnene; il en est autrement des voix qui tombent du Ciel moyen,
comme elles pénètrent avec l'illustration, elles sont entendues d'une
manière sonore, comme les mots du langage; cela provient de ce
que celles qui tombent du Ciel intime ou troisième Ciel entrent
dans le volontaire de l'homme, et que le volontaire se présente pal'
des sons, tandis que celles qui tombent du Ciel moyen ou second
Ciel entrent dans l'intellectuel de l'homme, et que l'intellectuel se
présente par les articulations du son, cal' les sons sont fOl'més dans
l'entendement, et les sons formés, qui sont appelés articulations du
son, se présentent par des idées dans la pensée, et par des mots
dans l'ouïe: de là vient que les voix qui tombent du Ciel intime ou
troisième Ciel correspondent au tonnel'l'e, et que celles qui tombent
du Ciel moyen ou second Ciel cOl'respondent à l'éclair; et de là vient
aussi que, dans la Parole, par les éclairs et par les tonnert'es il .esl
signifié l'illustration, l'entendement et la perception, Ces choses ont
une ressemblance avec les sons dans le monde, en ce que les sons
cl'oissent a\'ec augmentalion, quand ils descendent de lieux élevés,
Vers. i. CHAPITRE SIXI~:ME~ 195
pal' exemple, de hautes montagnes dans les vallées, et aussi quand
ils descendent des nuées vers la lene, de là proviennent les tonnerres;
de même aussi les voix venant du tl'oisième Ciel ou Ciel suprême,
qui, lorsqu'elles tombent vel's les infél'ÏeUI's, et enfin dans les infimes
où est l'ouïe humaine, sont entendues comme des tonnerres, mais
seulenlcnt chez ceux. dont les intérieurs sont ouverts, comme l'é­
taient alors ceux de Jean.
35!J. Viens et vois, signifie l'attention et la perception:
cela est constant pal' la signification de venir, 101'sque quelque chose
se présente à voir, en ce que c'est faire attention, car par venil' dans
le sens spirituel il est entendu s'approcher pour voir, par consé­
quent faire attenlion, et même toute atlenlion existe par la présence
de la vue dans l'objet; et pal' la signification de voir, en ce que
c'est la perception, cal' par voir il est signifié'dans la Parole com­
prendre, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N°s 11, 260, ici perçevoÏl',
parce que c'est du Ciel intime; en effet, ce qui vient du Ciel intime
est perçu, mais ce qui vient du Ciel moyen est compl'is; et cela,
parce que le Ciel intime est dans le hien de l'amour, et le Ciel
moyen dans les vrais qui procèdent de l'amour, et que toute per­
ception vient du bien, et que tout entehdement vient des vl'ais; sur
ce sujet, voir ci-dessus, N° 307 ; et sur ce que c'est que la percep­
tion, voir dans LA DOCTRINE DE LA NOUVELJ.E JÉRUSALEM, N° 1!JO.
355. Et je vis, et voici un Cheval Blanc, signifie l'enten­
dement du vrai d'aprés la Parole: on le voit par la signification
du Cheval, en ce qu'il est l'intellectuel, et pal' la signification du
blaru:, en ce qu'il se dit du vrai: que le Cheval signifie l'intellec­
tuel, on peut le voir d'après ce qui a été rapporté et montré dans
l'Opuscule sur LE CHEVAL BLANC; el que le Blanc se dise du vrai,
on le voit ci-dessus, N° 196. Il est dit qu'un Cheval blanc fut vu
quand l'Agneau ouvrit le premiel' sceau, un Cheval roux quand il
ouvrit le second, un Cheval noir quand il ouvrit le troisième, et un
Cheval pMe quand il ouvrit le quatrième, et comme par le Cheval
est signifié l'intellectuel, spécialement quant à la Parole, on peut
voir par là que l'entendement du vrai d'après la Pal'ole, et la qua­
lité de cel entendement chez les hommes de l'Église, sont dé.crils
ici par les Chevaux; soit que l'on dise que cel entendement est dé­
crit, ou que ce sont ceux qui sont dans c,et entendement, c:est la
1!lG 1.' Al?OCALYPSE EXPLIQUÉE. S" 355.

même chose, car les hommes, les espl'its et les Anges sont les su­
jets dans lesquels il est. De là on peut savoir ce qui est décrit dans
Je.sens interne ou ~pirituel dans ce Chapitre et ùans ceux qui sui­
vent, c'est-à-dire que c'est la Parole quant à l'entendement; cela
aussi est évident pal' le Vers. 9 de ce Chapitre, où, après que les
quatre Chevaux eurent été vus, et que le cinquième sceau eut été
ouvert, il est dit qu' (1 il '1)it les âmes de ceux qui avaient été
tués pour la Parole de Dieu; Il et aussi pal' le Chapitre XIX de
ce Livre, où il est dit que « le Nom de Celui qui est monté ,~ur
le CheMl Blanc est appelé la Parole de Dieu. Il - Vers. 13.
- Que l'intellectuel soit signifié pal' le Cheval, et que l'entende­
ment du Vl'ai d'après la Parole soit signifié par le Cheval Blanc,
on le voit expliqué dans l'Opuscule, ci-dessus cité, sur LE CHEVAL
BLANC; mais comme dans cet Opuscule il n'a été rapporté que peu
de passages extl'aits de la Parole, qui confirment que le Cheval si­
gnifie l'intellectuel, je vais pour cela même en rapporter ici un plus
gl'and nombre, afin que la-confirmation soit complète; ce sont les
suivants; dans ÉZéchiel: « Rassemblez-vous d'alentour ,çw'
mon sacrifice que je sacrifie pour vous; vous serez mssasiés,
,ml' ma table, de Chet'al et de Char, de fOl't et de tout homme
de guerre : az'n,~ije donnerai ma gloire parmi les nations. Il
- XXXIX. 1. i, 20, 21 : -là, il s'agit de la convocation de tous
pour le Royaume du Seigneur, et spécialement de l'instaUl'ation de
l'Église chez les nations; car là il s'agit ùe la captivité spirituelle
dans laquelle ont été les nations, et de leur délivl'ance; par le sa­
crifice qui devait être sacl'ifié, il est signifié tout culte par lequel le
SeigneUI' est adoré; être rassasié SUI' ma table signifie recevoir toute
nourriture spil'ituelle, et comme cette nourriture e~t ('entendement
du VI'ai d'après la Parole et d'après la doctl'ine qui en provient, il
est dit êtl'e rassasié de cheval et de char, par le cheval est signifié
l'entendement du vrai d'après la Parole, et par le chal' la doctrine
qui en prO\'ient ; il est dit aussi être rassasié de fOI't et de tout homme
de guerre, ct par le fOI'! est signifié le vrai d'après le bien qui dé­
truit le,mal, ct par l'homme de guerl'e, le vl'ai d'après le bien qui
délruit le faux; si de telles choses n'étaient pas signifiées, que se­
rail-ee que d'être rassasié de cheval et de char, de fort et de tout
homme de gUClTe? Pareillement dans l'Apocalypse: Il Assemblez­
Vers. 2, CHAPITRE SIXIÈME, H)ï
vous pour le sOuper du grand Dieu, afin que VOus mangiez
chairs de rois, el chairs de kiliarques, el chairs de forts, el
chairs de chevaux et de ceux qui les montent, )1 - XIX. 1.7,
18; -là, dans ce qui précède, il s'agit de la Parole et de son sens
spirituel; ici maintenant on est invité à apPl'endl'e les vrais et à per­
cevoir les biens,. et par le souper du grand Dieu il est signifié l'ins­
truction dans les vrais, et par suite la perception du bien d'apl'ès le
Seigneur; et par chail's de rois, de kiliarq1)es, de forts, de chevaux
et de ceux qui les montent, sont signifiés les VI'r.is de tout genre qui
proviennent du bien, la chail' signifie le bien, les rois les Divins
vrais en gél\él'al, les kiliarques les mêmes en palticulier, les forts
les vrais natUl'els, les chevaux les vrais intellectuels, et ceux qui
les montent les vrais spirituels; que dans ce passage il ne soit pas
entendu des chairs de rois, de kiliarques, de forts, de chevaux et
de ceux qui les montent, chacun le voit clairement, Dans Habakuk :
« Est-ce que contre des fleures s'est courroul'é Jéhovah? est­
ce que contre les fleuves est ta colère? e,çt-ce que contre la mer
est\ ton emportement, que tu chevauches sur . tes chevaux?
tes chars (sont) le salut. Tu as foulé la mer avec tes chevaux,
le limon de,ç grosses eaux, li - III. 8, 15; - qui ne .voit qu'ici
par les chevaux il n'est point entendu des chevaux? en effet, il est
dit de Jéhovah qu'il chevauche SUI' ses c~evaux, et qu'il foule la mer
avec ses chevaux, et que ses chars sont le salut; mais cela est dit,
parce que pal' chevaucher SUI' des chevaux il est signifié que Jého­
vah, c'est-à-dire, le Seigneur, est dans l'entendement de sa Pal'ole
dans son sens spirituel; et comme de là vient la doctl'ine du vl'ai,
qui enseigne le chemin du salut, il est ajouté « tes chars sont le
salut; li les chars signifient la doctrine; et par foulel' la mel' avec
des chevaux il est signifié que Jéhovah, c'est-à-dire, le Seignel,ll',
est dans l'entendement de sa Parole dans le sens natUl'el, car la mel'
y signifie cela, et en général toutes les choses qui sont de l'homme
naturel el pOUl' l'homme naturel; et comme, là, ce sont les Divins
Vl'ais dans leur del'nier, c'est pOUl' cela qu'il est ajouté (( le limon
des grosses eaux, li le limon signifie le dernier d'après lequel et dans
lequel sont les vrais, et les eaux signifient les vrais. Dans Zacharie:
Il Je retrancherai le char hors d'Éphraim, et le cheval hors

de Jérll.~alem; et liera retranché l'arc de guerre; llIl contraire~


198 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉK N" 355,

il parlera de pai» aux nations, Il - IX, 10; - là, il s'agit de


l'avénement du Seigneur, et de l'instauration de l'Église chez les
nations; qu'alol's il n'y ait eu de l'Église rien de l'este chez les Juifs,
cela est décrit par je retrancherai le char hot's d'Éphrarm, et le
(1

cheval hors de Jérusalem, et sera retranché l'arc de guerre, Il ce


qui signifie qu'il n'y avait plus ni vrai dans la do~trine, ni enten­
dement du vrai, et que pal' suite il n'y avait aucun combat ni au­
cune l'ésistance contre le faux; pal' Éphl'aïm est signifiée l'Église
quant à l'entendement du vrai, et par Jérusalem l'Église quant à la
doctrine du vrai, par le char la doctrine elle-même, par le cheval
l'entendement lui-même, et par l'arc de guerre le combat et la ré­
sistance contl'e le faux; l'instauration de l'Église chez les nations
est signifiée par (1 il parlera de paix aux nations; Il par les nations
sont signifiés tous ceux qui sont dans le hien de l'amoul' em'ers le
Seigneur, voir ci-dessus, N° 331 ; la paix signifie ce hien, ct pal'
suite toutes les choses de l'Église: qU'Éphraïm signifie l'Église
quant à l'entendement du vrai, on le voit dans les ARCANES CÉ­
LESTES, N°> 3969, 535ft, 6222, 623l1, 6238, 6267, 6296; et
que Jél'usalem signifie l'Église quant à la Docll'ine, on le voit dans
la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM, N° 6; et ci-dessus,
N° 223. Dans le Même : En ce jour-là, je frapperai tout
(1

Cheval de stupeur, et son Callalier d'égarement; et sur la


maison de J ehudah j'ouvrirai mon œil;. mais tout cheml des
peuples je frapperai d'a7Jeuglement. Il - XII. h; -là, il s'agit
de la dévastation de l'Église précédente, et de l'instauration de l'É­
glise nouvelle; la dévastation de l'Église précédente est décrite pal'
li ell ce jour-là je frapperai tout cheval de stupeur, et son cavalier

d'égarement, et tout cheval des peuples je frapperai d'avenglement; Il


que là par le cheval il soit signifié l'entendement du vrai chez les
hommes de l'Église, et par le cavalier l'affection spirituelle du vrai,
d'oil provient l'entendement, cela est évident; autrement que serait­
ce que frapper le cheval de stupeur, et d'aveuglement le cheval des
peuples? la stupeUl' se dit de l'entendement, quand il n'a aucune
perception du vrai, et l'aveuglement se dit de l'eutendementquanli
il n'a aucune aperception du vrai; par la maison de Jehudah est
signifiée l'Église chez ceux qui sont dans le bien de l'amour envers
le SeigneUl', et par suite dans la doctl'ine du vl'ai d'après la Pal'ole,
Vers. 2. CHAPITRE SIXIÈi\Œ. 19~'

voir ci-dessus, N°' 119, 211 ; c'est pourquoi il est dit, cc SUI' elle
j'ouvl'irai mon œil, )1 ce qui signifie les illustrer alin qu'ils voient
les vrais. Dans le Même: Cl En ce jour-là il y aura sur les son-
nettes des chevaux: Sainteté à Jéhovah, Il -XIV. 20j-là,
il s'agit aussi de l'avénement du Seigneur, et de l'invitation de tous
pour l'Église, et par les sonnettes des chevaux sont signifiés les
scientifiques et les connaissances, et par suite les prédications qui
proviennent de l'entendement du vrai; et comme c'est du Seigneur
que procède tout entendement du vrai, et par suite les connaissances
elles-mêmes et les pl'édications, c'est pour cela qu'il est dit Il il Y
aura sur les sonnettes des chevaux: Sainteté à Jéhovah: Il comme
les sonnettes avaient ces significations, c'est aussi pOUt' cela qu'il y
avait des sonnettes d'or sur les bords du manteau d'Ahal'on tout
autour, - Exod. XXVlII. 3lt, 35. - Dans Moïse: Il Dan sera
un serpent sur le chemin, un aspic sur le sentier, qui mord
les talons du cheval; et tombera SOit cavalier à la renverse:
ton salut j'attencU, Jéhovah! Il - Gen. XLIX. 17, 18;-
c'est le prophétique d'lsl'aêl, le père, sur la Tl'ihu de Dan, tribu
par laquelle sont signifiés les derniers de l'Église, ainsi ceux qui
sont dans les derniers du vrai et du bien, el qui sont appelés sen-
suels; en effet, dans l'Église, il y en a qui sont spirituels, et il y en
a qui sont naturels, et les naturels sont intérieurs, moyens et der-
niers, les derniers sont les sensuels; ceux-ci ne s'élèvent pas quant
à la pensée au-delà du sens de la leltre de la Pal'ole, ils sont enten-
dus par Dan; par ce prophétique il est décrit quels ils sont, à sa-
VOil', II Dan est un serpent sur le chemin, un aspic sur le senliel',
qui mOl'd les talons du cheval; et tombera son cavalier à la ren-
vel'se; )l par le serpent SUI' le chemin et pat' l'aspic SUI' le sentier est
signifié le sensuel quant au vrai et quant au bien; par les talons du
chcval sont signifiés les derni8l's de l'entendement du vl'ai et du bien,
ct pal' le cavalier le raisonnement d'après ces derniel's; et comme
le sensuel, considéré en lui-même, ne \'oit point les vl'ais puisqu'il
ne saisit point les spirituels, et que par suite il tombe facilement
dans les faux, à moins qu'il n'en soit continuellement détoUl'né par
lc SeigneUl', c'est pOUl' cela qu'il est dit (1 et tombel'a son cavaliel' à
la l'cnverse, Lon salul j'attends, Jéhovah! )l que pal' Dan soient si-
gnifiés les derniers de l'(~glise, on le voit No' 1710, 6396,10335;
200 L'APOCALYPSE EXPLIQlJÉE, , .N" 355.

puis aussi, que par le sel'peut est signifié le sensuel, qui est le der­
niel' de l'entendement, N°' 6398, 69lt9, 862lt f., 1031.3, et ci­
dessus, N° 70; que par le chemin est signilié le vrai, No' 627,
2333, iOh22, et ci-dessus, N° 97; et que pat' le talon est signifié
le dernier natul'el, ou le naturel cOl'porel, N°' 259, h938 et suiv, :
ce que c'est que le sensuel, et quels sont les hommes sensuels dans
l'un et l'autre sens, on le voit dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE
JÉRUSALEM, N° 50, Dans Zacharie: « Je levai mes yeux, et je
vi.~, et voici, quatre Chars sortant d'entre deux montagnes,
et les montagnes, montagnes d'airain: au premier Char des
Chevaux roux, au second Char des Chevaux noirs, au troi­
sibne Char des Chevaux blancs, et au. quatrù1me Char des
Chevaux tachetés, des rouustes, L'Ange dit: Ceux-ci (sont)
les quatre vents des cieux, sortant d'où il.ç se tiennent, près
du Seignew' de toute la terre, Quant à celui où (sont) les che­
vaux nQirs, ils sortent vers la terre du septentrion; et les
blancs sont sortis après eux', et les tachetés sont sortis l)erS la
terre du midi, et les robustes sont sortis et ont demandé
d~aller parcourir la terre. Et il me dit: Vois ceux qui sortent
vers la terre du septentrion, ils ont (ait 1'eposer mon esprit
dans la terre du septentrion. Et des éloignés viendront, et
ils bâtiront dans le Temple de Jéhovah. » -VI. 1 à 8,15;­
ce prophétique n'est entendu par personne, à moins qu'on ne sache
ce que signifient les Chars et les Chevaux, et ce que signifient le
roux, le noir, le hlanc, le tacheté, et le robuste; puis, ce que signi­
fient la terre du septentrion et la terre du midi; lit, il s'agit de l'É­
glise à propage.' chez ceux qui n'étaient encore dans aucune lumière
du vrai, parce qu'ils n'avaient pas eu la Parole; pal' le septentl'ion
il est entendu l'obscurité du vrai qu'ils onL; par le midi, la clarté du
vrai; par les Chevaux, leur entendement; pal' le roux, le noir, le
blanc et le tacheté, la qualité de l'enteridement dans le commence­
ment, et sa qualité dans la suite; par le l'OUX, la qualité de leur en­
tendement quant au bien dans le commencement; par le noil', la
qualité de leur entendement quant au vrai dans le commencement;
par le blanc, la qualité de leur entendement quant au vrai dans la
suite; et par le tacheté, la qualité de leUl' entendement quant au vrai
et au bien enfin; par le l'obuste il est entendu quel est leur enten­
Vers. 2. CHAPITRE SIXIÈME. 201.
dement quant à la puissance de l'ésister aux maux et aux faux:
d'apr'ès cela, on pent voir maintenant ce qui est signifié en ce que
les Chevaux l'aux sont sortis vers la terre du septentrion, et que les
blancs sont sortis apl'ès eux, et pal' « ils ont fait reposer mon esprit
dans la terre du septentl'ion ; Il à savoir, que ceux qui sont d'après
le bien de la vie dans l'affection de. connaHre les vrais de l'Église,
les reçoivent et les compl'ennent, et que les autres ne sont point il­
lustrés; l'illustration et la réception par eux sont entendues par
« ils ont fait l'eposer mon espl'it dans la telTe du septentrion: )l pal'
les tachetés qui sont sortis vers la tene du midi, et les robustes
pour pa.rcoUl'il' la terre, il est signifié que ceux qui d'après le bien
de la vie sonl dans l'affection de savoir les vrais de l'Église, vien­
nent dans la lumière, et qu'ils résistent aux maux et aux faux et
constituent l'Église; de là vient que ces quatre espèces de chevaux
sont appelés les quatre vents des cieux, sortant d'où ils se tien­
nenl, près du Seigneul' de loute la terre; les vents signilient tous
les Divins vrais, et Il sortant d'où ils se tiennent pr'ès du Seigneur
de toute la telTe, signifie qu'ils procèdent du Seigneur; que les
1)

vents signifient tous les Divins vrais, on le voit N° 96lJ2, et dans


le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, No' 1lJ1 à 153; et que sortit'
signifie procéder, on le voit dans les ARCANES CÉLESTES, No' 5337,
712ft, 9303 : pal' les éloignés qui hâtil'ont dans le Temple de Jé­
hovah, il est signifié que œux qui avaient auparavant été éloignés
des vrais et des lJiens de l'Église, s'approcheront de l'Église; que
ceux-là soient signifiés par les éloignés, on I,e voit N°'lJ723, 891.8;
et que pal' le Temple de Jéhovah soit signifiée l'Église, on le voit
N° 3720 : que, de pftJs, pal' le septentrion il soit signifié l'obscu­
rité du vrai, et par le midi la clarté du vrai, par conséquent aussi
ceux qui sont dans l'obS'curité et ceux qui sont dans la clarté du
vrai, on le voit dans le Tl'aité DU CIEL ET DE L'ENFER, N°'U8, U9,
150,1.51 : ce qui est signifié par Le l'aux et par le noil' dans l'un
et l'autre sens, on le verl'a. dans les explications SUl' les Vers. ft et
5 de ce Chapitl'e; et ce qui est signifié pal' le blanc, on le voit ci­
dessus, N°196 : pal'Ies montagnes d'ail'ain, d'entre lesquelles sor­
tirent les chal's et les che\'aux, il est signifié le lJien de l'amour dans
l'homme natul'el; cela est dit, parce que les nations, dont il s'agit
ici, avant qu'elles fussent illustl'ées, étaient non pas dans le bien
202 L'APOCALYPSE E..XPLIQ(JI~E. N° 355.

spirituel mais dans le bien naturel; que par la montagne il soit si­
gnifié le bien de l'amour, on le voit NOl 795, !l210, MS5, 832i,
8758, 10!l38.; et par l'airain, le bien natm'el, on le voit ci-dessus,
N° 70. Dans Job: Il Dieu lui a fait oublier la sagesse, et il ne
lui a point départi l'intelligen.ce; dans le temps qu'en haut
elle s'élève, elle rit du Cheval et de son Cavalier. 1) - XXXIX.
17, 18 ; - cela est dit d'un oiseau, par qui est signifiée l'intelli­
gence provenant du propl'e, laquelle en elle-même n'est nullement
l'intelligence, car l'homme d'apl'ès le propre ne ,"oit que des faux,
et ne voit point les vrais, et l'intelligence vient des vrais et non pas
des faux ; c'~t poul'quoi il est dit à son sujet que Dieu lui a fait
oubliel' la sagesse et ne lui a pas dépal'ti l'inlelligence, el Il quand
en haut elle s'élève, elle rit du cheval el de son cavalier, Il c'est-à­
dil'e, de l'entendement du vrai et de l'intelligent. Dans David: Il Ils
sont devenus en proie, les fm·ts de cœur; ils ont dormi de leur
sommeil; devant ta réprimande, Dieu de Jacob, se sont en­
dormis et le Char et le Cheval. » - Ps. LXXVI. 6, i; - pal'
les forts de cœur sont signifiés ceux qui sont dans les vrais"1l'après
le bien; par « ils sont devenus en proie, et ils ont dormi de leUl'
sommeil, il est signifié que par les maux ils sont tombés dans les
1)

faux; par la réprimande du Dieu de Jacob, eSl signifié le l'enVerse­


ment de leur état par eux-mêmes; par Il se sonl endormis elle Chal'
et le Cheval, il est signifié que leUl' intellectuel a été assoupi, paree
1)

qu'il est devenu entièrement nalUl'el ; que par veiller il soit signifié
s'acquérir la vie spirituelle, et par dormir avoÏl'la vie naturelle sans
la vie spirituelle, on le voit ci-dessus, N° 187. Dans Ézéchiel:
Il J avan, T hubal et Meschech, en âme d' homme et vases d'ai­

min ils ont fourni ton fOmmerfe : de Beth-thogarrnah Che­


vaux, Cavaliers et Mulets ils ont donné pour tes négofes. )1
- XXVII. 13, 1h; - là, il s'agit de TYl', pal' laquelle sont si~
gnifiées les connaissances du vrai et du bien qui appartiennent à
l'Église externe et interne; par Javan, Thubal et Meschech, sont
signifiés ceux qui so.nt dans le culle externe; el par ce.ux de Beth­
thogal'mah, ceux qui sont dans le culle interne, aussi est-il dit que
ceux-ci ont donné pour les négoces de TYI' chevaux, cavaliers et
mulets, et que ceux-là ont donné âme d'homme et vases d'airain
pour le commet'ce; pill' l'âme d'homn1e est" signifié le \'l'ai de la foi
Vers. ~. CHAPITRE SIXIÈME. 203
quant à la connaissance, et par les vases d'ail'ain sont signifiés les
Yl'ais du bien naturel; pal' les chevaux, les cavaliers et les mulets
il est signifié l'entendement dlt vl'ai et du bien, par les chevaux l'en­
tendement du vrai, par les cavaliers l'intelligence, et par les mulets
le rationnel; que par le mulet soit signifié le rationnel, on le voit
N°' 2781, f>7!J:l, 9212 : chacun peut voir que par les négoces de
Tyr,.qui sont énumérés dans ce Chapitl'e et ailleurs, il n'est pas
entendu des négoces avec de telles choses, par exemple, avec des
vases d'airain, des chevaux et des mulets, ni avec plusieurs autres
marchandises, mais qu'il est entendu des négoces spirituels qui se
font par les connaissances du vrai et du bien; car la Parole est Di­
vine, etU'aite des Divins, et non des tel'l'estres; aussi contient-elle
les spirituels qui appartiennent au Ciel et à l'Église, lesquels sont
expr'imés dllns le sens dernier, ou sens de la lettl'e, pal' des naturels
qui y corl'espondent : que né~ocier et commercer signifie, dans la
Parole, acquérir et communiquer les connaissances du vrai et du
bien, 011 le voit N°' 2967, !JlJf>3; et qu'il en soit de même d'achetel'
et de vendl'e, on le voit N°' 2967, !J397, 6!J53, 5371,537!J, 5606,
5UO, 5!t26, 5886, o1!J3, 7999, 9039. Dans Ésaïe: ce Où est­
il celui qui les a conduits par les abîmes, comme le Cheval
dans le désert, sans qu'ils aient bronché, comme la bête qui
dans la vallée descend? l'esprit de Jéhovah l'a conduit. )l ­
LXIII. 13, 1!J; - dans ce Chapitre il s'agit du SeigneUl" ei de
son combat contre les enfers, et de leur subjugation; mais ici il est
question de la salvation de ceux qui sont dans j'amour et dans la
foi en Lui, ceux-ci sont comparés à un cheval dans un désert, et à
une bête dans une vallée, parce que par le cheval il est signifié l'en­
tendement du vl'ai, et par la.bête l'affection du bien; en effet, toutes
les comparaisons dans la Parole viennent des correspondances. Dans
l'Apocalypse: ce Je vis le Ciel ouvert, et voici un Cheval blanc,
et Celui qui était monté dessus s'appelait la Parole de Dieu;
et les armüs qui sont dans le Ciel Le suivaient sur des Che­
vau:r blancs. » - XIX, 11 à 16;-que par le Cheval blanc soit
signifié l'entendement de la Parole, de même que par les Chevaux
blancs sur lesquels étaient montés ceux qui suivaient, cela est évi­
dent; en effet, Celui qui était monté sur le Cheval blanc étaille Sei­
gneul' qnant à la Parole, car il est dit, « et Celui qui était monté
20ft L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N· 355.

dessus s'appelait la Parole de Dieu; Il et au Vers. 16: Il Il a sur son


vêtement et sur sa cuisse ce Nom écrit : Hoi des rois et SeigneUl'
des seigneurs; Il le Seigneur est appelé la Parole, parce que la Pa­
role signifie le Divin Vrai procédant de Lui; mais on peut vOh' ces
passages de l'Apocalypse plus pleinement expliqués dans l'Opuscule
sur LE CHEVAL BLANC, N° 1 ; et pourquoi le Seigneur est appelé la
Parole, N° 1lJ du même Traité. Puisque les Chars et les Chevaux
signifient la doctrine d'apl'ès la Parole et l'entendement de celle
doctl'ine, et que toute doctrine du vrai et tout entendement de la
doctrine viennent du Ciel par le SeigneUl', c'est pour cela qu'il est
dit du Seigneui' qu'il chevauche SUI' la Parole, sur les nuées, sur le
Ciel, sur un Chérubin, et qu'il fait Chevauchel', comme dans les
passages suivants; dans David: Il Ceins ton épée sw' ta cuisse.
Homme Puissant. en ta dignité et en tOrt honneul' monte, et
Chevauche sur la Parole ·de vérité et de mansuétude de jus­
tice. li - Ps. XLV. 5, 6; - ces paroles ont été dites du SeigneUl'.
Dans le Même: l( Chantez. cl Dieu, louez son Nom, exaltez
Celui qui Chevauche sur les nuées.! Il - LXVIII. 5. - Dans
Ésaïe: li Voici J éhorah Chevauchant sur une nuée, et il vient
en Égypte. et seront ébranlées les idoles de l'É.qypte devant
Lui. 1) XIX. 1, 2. - Dans David: « Psalmodiez au Sei­
-

gneur qui Chevauche sur le Ciet du Ciel d'antiquité. Il -Ps.


LXVIII. 3h. - I( Dieu Chevauchait sur un Chérubin, et il
volait. et il était porté sur les ailes du Vent. Il - Ps; XVIII.
11. - Dans Habakuk : Il Jéhovah. tu Chevauches sur tes Che­
vaux. tes Chars (sont) le salut; tu as {oulé la mer avec tes
Chevaux. Il - III. 8, 15. - Dans Ésaïe: Il Alors tu te délec­
teras en Jéhovah. et Chet:aucherje te {erai sur les lieux éle'l)és
de la terre. Il - LVIII. 1h. - Dans :Moïse: Il Jéhovah seuIl' lt
conduit. et il l'a {ait Chevaucher sur les lieux élevés ·de la
terre. Il - Deutér. XXXII. 12, 13. - Et dans Rosée: Che­ l(

vaucher je {erai Éphmim. Il - X. fi; - dans ces passages


par chevaucher il est signilié donner l'intelligence et la sagesse,
parce que pal' le char il est signifié la doctrine du vrai, et par les
chevaux l'entendement du vrai. Dans Ésaïe: l( Alo/'s on amènel'a
tous 1,'OS {l'ères, de toutes le.ç nations. en offrande à Jéhovah,
sur les Chevaux el sur le Char. et sur les charriots couverts.
"ers. 2. CHAPITIŒ SIXIÈME. 205
SW' les mulets et .ntr les dromadaires, li la montagne de ma
sain~eté, à J b·usalem. II - LXVI. 20; - là, il s'agit de l'in­
stauration de la Nouvelle Église par le Seigneur; c'est pourquoi il
n'est pas entendu qu'on amènel'a leur's fl'ères SUl' les chevaux, sur
le char, sur les charriols couverts, sur les mulets et SUI' les dl'oma­
daÏl'es, à Jérusalem; mais il est entendu que tous ceux qui sont dans
le bien sel'ont instruits dans les Divins Vrais, et que, devenus par
eux intelligents cl sages, ils seront introduits dans l'Église; car pal'
les frères il est signifié tous ceux qui sont dans le bien, pal' les che­
vaux l'entendement du vrai, par le char la doctrine du vrai, pal'
les charriots couverts les connaissances du vrai, pal' les mulets le
rationnel Interne qui est spirituel, pal' les dromadail'es le l'3lion­
nel externe qui est naturel, et par Jél'usalem l'Église où est la d~c- .
trine du Divin Vrai, laquelle, d'après l'amoui' du vrai, est appelée
montagne de sainteté. Par la signification des chars et des chevaux
on peut voil' d'où vient que «( Élie et Élisée ont été appelés Char
d'Israël et ses Cavaliers; et « que le serviteur d'Élisée vit la
1)

Montagne pleine de Chevaux et de Cha,'s de feu autour d'É­


lisée. Il - II H.ois, Il, 11, 12. VI. 17. XlII. 1lt; -la raison de
cela, c'est que l'un et l'auh'e, tant"Élie qu'Élisée, représentaient le
SeigneUl' quant à la Parole, et que pal'les Chars il est signifié la ùoc­
tl'ine d'après la Pal'ole, et pal' les Cavaliers l'intelligence; qu'Élie
ct Élisée aient représenté le SeigneUl' quant à la Pal'ole, on le voit
N°' 7643, 8029, 9372. Que les Chars et les Chevaux signifient
la Doctrine et l'entendement de la Doctrine, on peut encore le voir
par le sens opposé, ùans lequel les Chars et les'Chevaux signifient
les doctrines du faux et les scientifiques faux d'après un intellectuel
pel'verti; en effet, dails la Pal'ole, la plupart des cxpl'essions ont le
sens opposé, d'après lequel on peut voir ce que ces mêmes expres­
sions signifient dans le sens réel. Que les Chal's et les Chevaux dans
le sens opposé aient de telles significations, on peut le voi)' par les
passages suivants ; dans Ézéchiel: (1 Voici, Je vais amener contre
Tyrle Roi de Babel du septentrion, avec Ch,eva/ et avec Char,
et avec Cavaliers; tes filles dans le champ il tuera par l'épée:
à cause de la multitude de ses Chevaux leur poussière te cou­
vrira; à cause de la voix de Cavalier et de ,'oue ct de Char
tes mw'ailles seront ébranlées; sous les Sabots de ses Ckevflux
206 L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 355.

il roulera toutes tes rues; ton peuple par l'épée il tuera. II ­

XXVI. 7,8, 10, 11 ;- par Tyr il est signifié l'Église quant aux
connaissances du Vl'ai, et par le roi de Babel la destruction du vrai
par les faux et la profanation; par le septentrion, d'où il doit venir,
il est signifié d'où pl'ovient tout faux, spécialement l'enfer d'où s'é­
lève le faux; pal' chal', chevaux et cavaliel's, sont signifiés les doc­
trinaux du faux et les raisonnements qui en proviennenti pal' les
filles qu'il tuer'a pal' l'épée dans le champ, sont signifiées les affec­
tions du vrai qu'il élouffel'a pal'les faux, car les filles sont les affec­
tions du vrai, le champ est l'Église où sont ces affections, .l'épée
est le combat du faux conlre le vl'ai, et tuer c'est étouffel'; de là on
voit clairement ce qui est signifié par c( à cause de la multitude de
ses che.vaux leur poussièl'e te couvl'il'a, la poussière est le mal du
1)

faux; par les murailles, qui seront ébranlées à cause de la voix de


cavaliel', de roue et de char, sont 'signifiés les vrais qui protègent,
lesquels sont en général, qu'il ya un Dieu, que la Parole est Divine,
et qu'il y a une vie étel'nelle; ces mUl'ailles, ou ces vrais, sont dites
être ébranlées à cause de la voix de cavalier, de roue et de char,
quand on tombe dans le doute pal' les faux de la doctrine et par les
raisonnements qui en proviennent; pal' les sabots des chevaux, sous
lesquels il foulera toutes les rues, sont signifiés les extrêmes de
l'homme naturel, qui sont appelés sensuels, d'après lesquels exis­
tent toutes faussetés; les rues qu'il foulera sont les vl'ais de la doc­
trine de l'Église, qu'il détruÏl'a entièl'ement; pal' le peuple qui tom­
bera pal' l'épée, sont signifiés tous ceux qui sont dans les vrais, et
pal' abstraction tous les vl'ais. Dans Jérémie: « Épée! contre les
menteurs, afin qu'ils deviennent insensés; épée! contre les
forts, afin qu'ils soient consternés; épée! contre ses Chevaux
et contre ses Chars; épée! contre ses trésors, afin qu'ils soient
pillés; sécheresse sur ses eaux, afin qu'elles tarissent, parce
que terre d'images taillées, elle. Il - L. 36, 37, 38; - par
l'épée il est signifié le combat du vrai contre le faux et du faux con­
tre le vrai, et par suite la vastalion, ici la vaslation; par les men­
teurs et pal' les forts sont signifiés les faux et les raisonnements qui
en proviennent; de même par les chevaux et pal' les chars; par les
trésors qui seront pillés sont signifiées toules les choses de la doc­
trine; pal' « sécheresse sur les eaux afin qu'elles tarissent, Il est
Vers. 2. CHAPITHE SIXIÈME. 20ï
signifiée la désolation du vrai; la sécheresse est la désolation, et les
eaux sont les vl'ais : et comme tous les faux viennent de la propre
intelligence, c'est pOUl' cela qu'il est dit, « pal'ce que tel're d'images
taillées, elle; Il la tene y signifie l'hérésie, et les images taillées
signifient les choses qui viennent de la propre intelligence; que ces
choses soient signifiées pal' les images taillées, les images de fonte
et les idoles, on le voit No' 8869, 89!J1, 10h06, 10503. Dans le
Même: « Voici, comme les nuées il montera, et comme la tem­
pête ses chars; légers sont plus que des aigles se,~ chevaùx;
malhew' à nous, car nous avons été dévastés! Nettoie de la
m.alice ton cœur, afin que tu soi~ sauvée; combien de temps
demeureront-elles au milieu de toi, les pensées de ton iniquité?
En dévastation seta toute la terre; à cause de la voix de Ca­
valier et d'A"chers s'enfuit toute ville; ils sont entrés dans
les nuées, et danR les rochers ils sont montés, toute ville est
déserte. JI - IV. 13, 'lfJ, 27, 29; - là est décrite la vastation
de l'Église pal' les faux du mal; les faux sont signifiés par' la nuée,
et le désil' de raisonner' d'après les faux conll'e les vrais est signifié
par les chevaux qui sont légers plus que des aigles; les doctl'inaux
du faux sont signitiés par les chars qui sont comme la tempête; que
par suite le tout de l'Église et le tout de sa doctrine périssent, cela
est signifié pal' « en dévastation sel'a toute la terre, et à la voix de
cavalier et d'archers s'enfuit toute ville; la terre est l'Église, et la
1)

ville est la doctrine de l'Église, la voix de cavalier et d'archers est


le raisonnement d'apl'ès les faux et l'attaque, et fuil' c'est périr; en­
suite, pal' « ils sont entrés dans les nuées, et dans les rochers ils sont
montés, JI il est signifié que le faux et la foi du faux doivent régner;
les nuées sont les faux, et les rochers sont la foi des faux; que la
dévastation de l'Église et de la docll'ine de l'Église soit ainsi décrite,
cela est évident, cal' il est dit: (1 MalheUl' à nous, cal' nous avons
été dévastés 1 comhien de temps demeurer'ont-el}es au milieu de toi,
les pensées de Lon iniquité? en dévastation sel'a toute la terre, toute
ville est déserte. )) Dans le Même: (( Voici, Wl peuple vient de
la tetre du septentrion, et une nation gtande sera suscitée
des côtés de la terre; leur voix comme la mer retentit, et sur
des Chevaux ils chevauchent. JI - VI. 22, 23. L. h2; - ici
est pal'eillement décrite la dévastation de l'Église par les l'aux du
208 L'APOCALYPSE EXPLlQlJl~E. ~ .. 3:,5.

mal; la tcne du septentrion et les cOtés de la tene, c'est d'où ils


viennent; la terre du septentrion, d'où viennent les faux, et les cOtés
de la terre d'où viennent les maux, car par le septentrion est signifié
ce qui a été éloigné des vrais, et par les côtés de la terre ce qui a
été éloigné des hiens, c'est poul'quoi ,il est dit la' nation au sujet"rles
maux, et le peuple au sujet des faux, cal' par la nation sont entendus
ceux qui sont dans les maux, et par le peuple ceux qui sont dans
les faux, t'oir ci-dessus, N° 331; leur raisonnement est signifié
par « leur voix comme la mer retentit, et sur des Chevaux ils
chevauchent. Il Dans ÉZéchiel: (1 Tu viendra,s de ton lieu, des
c~tés du septentrion, toi, et des peuples en grand nombre avec
toi, chevauclumt sur des chevaux, eux tous; et tu monteras
contre mon peuple Israël, comme la nuée pour couvrir la
tm'e. - XXXVlII. 15, 16; - ces paroles sont dil,es de Gog,
pal' lequel est signifié le culte externe sans aucun culte interne; les
côtés du septentrion signifient, ici comme ci-dessus, ce qui a été
éloigné des biens et des vrais, ainsi ce dont pl'oviennent les faux du
mal; et comme pal' suite ils raisonnent et attaquent les vl'ais de
l'Église et les étouffent, il est dit (( chevauchant sur des chevaux,
eux tous; et tu monteras conll'e mon peuple ISI'aël, comme la nuée
pour COUVl'il' la terre, Il Chevaucher SUI' des chevaux, c'est J'aison­
nel'; monter contJ'e le peuple Israël et couvrir la tene, c'est atta­
quer les vrais de l'Église et les étoufi'er'; la nuée, ce sont les faux
du mal. Dans Daniel: (( [)ans le temps de la {in, le roi du midi
sera en collision avec le roi du septent"ion; c'est pourquoi
comme une tempête contre lui se précipitera le ,'ai du septen­
trion avec char et avec cavaliers, et avec navires en grand
nombre, et il t1Îendra dans les ten'es, et il inondera, et péné­
t7'era. Il - Xl. hO ;-dans ce Chapitre il s'agit du combat du roi
du septentrion contJ'e le roi du midi, pal' le J'oi du septentrion il est
entendu le faux d'après le mal, et par le roi du midi le vrai d'après
le bien; c'est pourquoi il est évident que les choses qui sont dites
ùans ce Chapitre ont été dites, non pas de quelque guefl'e future
entre deux l'ois, mais des combats du faux d'après le mal contl'e le
vrai d'apl'ès le bien; les chars et les cavaliers avec lesquels se pré­
cipitel'a le roi du septentrion sont les attaques des faux du mal contre
le vrai; les navires en grand nombl'e avec lesquels il se pl'écipilera
Vers. 2, CHAPITRE SIXIÈME. 209
aussi sont les scienlifiqnes et les docli'inaux du faux; la destruction
de l'Église par ces choses est signifiée par (1 il viendra dans les terres,
et il inondera et pénétrera; Il que les navil'es signifient les scientifi-
ques et les doctrinaux dans l'un et l'autl'e sens, on le voit N°' 19ï7,
6385 : et qu'inondel' signifie l'immersion dans les faux et dans les
maux, on le voit N°' 660, 705, 739, 756, 790, 5725, 6853.
Dans Jél'émie : (1 Je dispersemi par toi les nations, et je dé-
trui1'lli par toi les royaumes, etje disperse7'ai par toi le Cheval
et son Cal)alier, et je disperserai par toi le char et celui qui
y est POl'té. Il - LI. 20, 21; - et dans Haggée : (1 Je renver-
serai le trône des royaumes, et je détruirai la fOl'ce des
7'oyaumes des nations, et je re71t'erserai le char et ceux qui le
montent, et desClmdront les Chevaux et lew's Cavaliers,
l' homme par l'épée de son frb'e, )) - Il. 22; - ces choses ont
été dites de la destruction du faux et du mal, et non pas de la des-
truction d'une nation ou d'un l'oyaume quelconque, cal' par les na-
tions sont signifiés les maux, et par les royaumes, de même que par
les peuples, les faux; c'est aussi un prophétique et non un historique;
de là on voit clairement ce qui est signifié pal' le cheval et le cava-
lier, et aussi pal' le char et celui qui y est porté, à savoir, par le
cheval et le cavalier' l'entendement pel'\'el'ti et le raisonnement qui
en pl'ovient, et par le chal' et celui qui y est porté la doctrine du
faux ou l'hérésie, et ceux qui sont dans cette doctrine. Dans Nahum:
Cl Malhellr il la ville de sangs! tout entièr.e de mensonge et

de rapine pleine. Voix de fouet el voix de fracas de roue, et


cheval hennissant, et char bondissant, cavalier faisant lever,
et flamme d'épée, et éclair de lance, et multitude de trans-
percés, et amas de cadavres, il cause de la multitude des dé-
bauches de la débauchée, qui vendait les nations par ses scor-
tations et les familles par ses prestiges, Il - Ill. 1, 2, 3, !J ;
-là il s'agit de la violence faite au Divin Vrai, et de sa destl'uction
pal' les faux du mal, i',lIr c'est là ce ylli est signifié pal' la ville de
sangs à laquelle s'appliquent les choses qui suivent, voir ci-dessus,
N° 329; c'est m~me pour cela qu'il est dit CI tout entièl'e de men-
songe et de rapine pleine; ) le mensonge est le faux, et la l'apine est
la violence faite pal' le faux; et comme les guel'l'cs signiOent les
combats spirituels, qui sont les combats du vl'ai conll'e le faux et
Il. 16,
210 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 355.

du faux contre le vl'ai, c'est pour cela que toutes les choses qui ap­
partiennent à la guerre, comme le fouet, le cheval, le char, l~épée et
la lance, signifient diverses choses qui ~oncernent cette guerre spi­
\'ituelle; mais quant à ce que signifie chacune de ces choses en par­
ticulier, ce n'est pas ici le lieu de l'exposer, il sera seulement parlé du
Cheval, du Cavaliel' et du Char; la voix de fracas de roue, signifie
les raisonnements d'apl'ès les faux et les maux; le cheval hennis­
sant, et le char bondissant, signifient le désir de détl'Uil'C les vl'ais,
le cheval est l'intellectuel perverti d'où provient ce désir, et le chal'
est la doctl'ine du faux d'où provient aussi ce désir; hennir et sauter,
c'est être pOI'té à détruil'e les vrais par le désir et le plaisir, et le
cavaliel' qui fait lever est l'attaque; de là il est dit « multitude de
transpercés, et amas de cadavres; )l SOl)t dits transpercés ceux qui
ont pél'j par les faux, et cadu\!res ceux qui ont péri par les -maux;
et de là aussi il est dit ({ à cause de la multitude des débauches de
la débauchée, qui vendait les nations pal' ses scortations et les fa­
milles par ses prestiges; )l par les scortations il est signifié les fal­
sifications du vrai, par la débauchée l'hérésie, par vendre les na­
tions chasser les biens, et par vendre les familles par des prestiges
chassel' les vrais; les nations sont les biens, les familles sont les
vrais qui proviennent des biens, et les prestiges sont les faux du
mal par lesquels ils sont chassés. Dans Habakuk : {( Moi, je vais
susciter les Chaldéens, la nation amère et prompte, qui s'a­
vance li travers les largeurs de la terre; et légers sont plus
que des léopards ses chevaux, et rusés plus que des loups du
soir, en sorte que çà et là se répandent ses cavaliers; de là ses
cavaliers de loin viend7'ont, ils voleront comme un aigle qui
se hlÎte pour se repaitre; tout 'entière pour la violence, elle
viendra; des rois elle se moquera, et les dominateurs en déri­
sion pour elle (seront). » - I. 6,8,9,10; - pal' les Chaldéens
sont entendus ceux qui profanent les vrais, et par conséquent dé­
vastentl'Église, aussi est-il dit ({ la Nation amère et prompte, qui
s'avance à lravers les largeurs de la terre; )l les largeurs de la terre
sont les vrais de l'Église, voir dans le Traité DU CIEL ET DE L'EN­
FER, N° 197; leur cupidité et leur astuce pour pervertir les nais,
et pour les délruil'e pal' des raisonnements qui proviennent de faux
ahsolument éloignés des vrais, sont signifiées par Il légers sont plus
Vers. 2. CHAPITRE SIXIÈME. 2H
que des léopards ses chevaux., et rusés plus que des loups du soir,
en sorte que çà et là se l'épandent ses cavaliel's; de là ses cavaliers
de loin viendl'Ont, ils volel'Ont comme un aigle qui se h<1te pour se
repaîll'e; » la cupidité est signifiée en ce que ses chevaux sont lé­
gers plus que des léopards, et l'astuce en ce que ses chevaux sont
rusés plus que des loups du soir, et l'une et l'autre sont signifiées
en ce qu'ils voleront comme un aigle; comme la cupidité et l'as­
tuce consistent à détl'uÏl'e les vrais, c'est pour cela qu'il est dit
u tout entière pour la violence elle viendra; Il pal' (1 des rois elle
se moquera, et les dominateurs en dérision pour elle (seront); Il il
est signifié qij'ils tournent en dél'ision les vrais et les biens, les rois
signifient les vrais, les seigneurs ou les dominateUl's signifient les
biens. Dans David: (1 Ceux-ci dans le char, et ceux-là dans
le,~ cIzCl!aux, mais nous dans le Nom de notre Dieu nOllS nou.~
glorifierons. Il - Ps. XX. 8, 9 ; - dans le Méme : « Le roi
11' est pas sauvé par la multitude de l'armée; mensonge, le
ch(Joal, pour le salut. Il - Ps. XXXIII. i 6, 17 ; - dans le
Même: (1 J éhorah dans la force du cheMI ne se délecte point,
dans les jambes de l'homme il ne trouve point de plaisir. 1 1 ­
Ps. CXLVn. 10: - par se glorifiel' dans le char et dans les che­
vaux, et par « Jéhovah dans la fOl'ce du cheval ne se délecte point, )1
sont signifiées toutes les choses qui viennent de la propre intelli­
gence, d'oi! dérivent entièrement les faux; et par les jambes de
l'homme sont signifiées les choses qui viennent de la propre vo­
lonté, d'où dérivent entièrement les maux. Dans Amos: « Celui
qui manie l'arc ne tiendra point ferme, et celui qui est alerte
des pieds n'échappera point; et cellli qui chevauche sur le
clumal ne délivrera point SO/1 âme, et celui qui est fort en
son cœur s'enfuira nu en ce jour-là. Il - II. 15, 16; - là
aussi est décrite la propre intelligence, et la confiance provenant de
la faculté de parler et de l'aisonner d'après les faux; par « celui qui
. .
manie l'al'c ne tiendra point ferme, Il et pal' celui qui est alerte
(1

des pieds n'échappera point, » II est signifié que celui qui sait vive­
ment l'aisonnel' d'après la doctl'Ïnc du faux, et d'après la science et
la mémoire de l'homme natut'cl, ne sera pas pour cela sauvé; la
même chose est signifiée pal' Il celui qui chevauche SUI' le eheval ne
délivrera point. son ame; ) par Il celui qui est fort en son cœur, qui
212 L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 355.

s'enfuira nu en ce jour-là, Il il est signifié que celui qui se confie en


ses faux sera sans aucun vl'ai; par fOl't en son cœur il est entendu'
qui se confie en ses faux, et par nu, qui est sans aucun entende­
ment du vrai, voir ci-dessus, N° 260. Dans Ésaïe: Il Ainsi a dit
le Seigneur J éhovih, le Saint d' Israël: En vous reposant et
darl$ la confiance ura votre force; mais 'vous n'avez point
voulu; et vous avez dit: Non; mais à cltevalllOus nous en­
fuiron.~; ct à cause de cela vous VOIlS enfuirez. Et: Sur un
(cheval) léger nous chevaucherons; et à cause de cela légers
seront rendus ceux qui l)OUS pOllrsuirront. II - XXX. 15, 1.6 ~
- là, il s'agit de la confiance au Seigneul', et de la confiance en
soi; de la confiance au Seigneur par ces paroles, (1 ainsi a dit le
Seigneur Jéhovih, le Saint d'Israël: En vous reposant et dans la
confiance sera votl'e force; Il et de la confiance en soi par celles~ci,
Il et vous avez dit: Non, mais à cheval nous nous enfuil'ons; et: Sur

un cheval léger nous chevaucherons; Il par s'enfuir à cheval et che­


vauchel' sur un chevallégel', il est signifié désirel' el aimer les choses
qui appartiennent au propre entendement, et p'al' suite à la pl'opre
pensée et au propre ,'aisonnement; que les faux doivent alOl's faire
irruption et s'empal'er de l'homme, cela est signifié par « à cause
de cela vous vous enfuirez; et, à cause de cela légers seront l'endus
ceux qui vous poursuivl'ont; Il la vélocité et la promptitude signi­
fient ce qui se fâit d'après la cupidité ou d'après l'amour. Dans
Zacharie : « J éhovalt placera J ehudtth comme son Cheval de
gloire dans la guerre; de lui (viendi'a) l'angle, de lui le clou,
de lui l' llrc de guerre; ct ils seront comme des puissant,y qui
foulent la bouc des rues, et il,y combattront parce que Jéhovah
(sera) avec eux; et honteux seront ceux qui chevauchent 'sur
des chevaux. li - X. 3, 6, 5; - par la maiiion de Jehudah il est
signifié le Royaume céleste du SeigneUl', ou le Ciel et l'Église qui
sont dans l'amour envers le Seigneur; il est dit de cette maison
qu'elle sera comme un Cheval de gloire dans la guerre, par lequel
est signifié l'entendement du Divin Vrai combattant contre les maux
et les faux qu'il détruira; pal' le cheval est signifié l'entendement,
pal' la gloil'e le Divin Vrai, et par la guerre le combat contre les
faux et les maux et lem' destl'lIc!.ion; pal' l'angle, le clou et l'arc de
guerl'e, qui viennent de Jehudah, il est signifié les vrais, par l'angle
Vers. 2. CHAPITRE SIXIÈME. 21.3
le vrai qui protége, par le clou le vrai qui affermit, et par l'arc de
guerre le vrai qui combat d'apI'ès la doctrine; par (1 ils seront comme
des puissanls qui foulent la bonedes rues, li il est signifié la puis­
sance de dissiper et de détruire les faux, la boue des rues signifie
les faux; pal' (1 honteux seront ceux qui chevauchent sur des che­
vaux, » il est signifié l'anéantissement des l'aisonnements, des ar­
gumentations et des confil'mations qui viennent du propre enten­
dement; qne cela se fera par le SeigneUl' et non par eux, c'est ce
qui est entendu pal' « ils combattront parce que Jéhovah sera avec
eux. Dans Hosée : Aschur ne nous saU1Jera point; sur le
1) (1

Cheval nous ne chevaucherons point; nous ne dirons plus:


Notre Dieu! il l'œuvre de nos mains. Il - XIV. Il; -là, il
s'agit anssi de l'intelligence d'après le propre, et qu'elle ne sauve
point; par Aschur est signifié le rationnel, ici le rationnel qui pro­
vient du propre; pal' chevaucher sur le cheval est signifié le rai­
sonnement d'après le propl'e eotendement; et par l'œuvre des mains,
le propre lui-même. Dans Ézéchiel: Scortfl.tion a commis Oho­
(1

lah, et elle a aimé ses amants, les Assyriens ses voisins, vêtus
d' hyacinthe, cavaliers chevauchant sur des chevaux. 1) ­
XXIII. 5, 6, 12, 23; - Oholah qui, dans ce passage, est Sa­
made, signifie l'Église où les vrais ont été falsifiés; ses scortalions,
dont il est parlé dans ce Chapitre, signi fient les falsifications; par les
Assyriens sont signifiés les raisonnements par lesquels on falsifie;
et comme pal' chevaucher sur des chevaux il est signifié raisonner
d'après les faux qui viennent de la propre intelligence, c'est pour
cela qu'il est dit qu'elle a aimé les Assyriens, cavaliers chevauchant
sur des chevaux; par l'hyacinthe dont ils sont vêtus, est signifié
le faux qui apparaît comme vrai, ce qui se fait principalement par
l'application du sens de la lettre de la Parole aux principes du faux.
Dans Jérémie: (( De Dan a été entendu le ronflement de ses
chevaux; à la 'Voix des hennissements de ses robustes (chevaux)
a tremblé toute la terre; et ils sont venus, et ils ont consommé
la terre et sa plénitude, et ceux qui y lut.bitent. Il - VIII. :1.6;
- il a été dit ci-dessus, dans cet Article, ce qui est entendu pal'
Dan, à savoil" le Hai dans son demiel'; ce vl'ai, dans l'Église, est
ce qui est c0ntenll dans le sens de la lettre de la Pal'ole; ceux qui
restent dans cc sens seul, et qui ne lisent pas la Pm'ole d'après la
214 L' APOCALYPSB J~XPLIQUÈE. N" 355.

Doctrine du vl'ai réel, qui dirige et illustre, peuvent être entraînés


dans rles efl'eurs de tout gelll'e; ceux qui sont entraInés dans les
el'I'eurs ou les faux, sont entendus ici pal' Dan; la confirmation des
faux qui en proviennent est signifiée par le ronflement de ses che­
vaux, et les falsifications du vrai sont signifiées par la voix des
hennissements de ses l'obustes chevaux; ils sont dits robustes d'a­
près la confiance que le faux est le vrai, parce qu'ils raisonnent
d'après le sens de la lettre de la Parole; que pal' suite l'Èglise soit
dévastée quant à ses vrais et à ses biens, cela est signifié par «( toute
la terre a tremblé; et ils sont venus, et ils ont consommé la terre
et sa plénitude, et ceux qui y habitent; )) la tene est l'Église, sa
plénitude, ce sont les vrais, et ceux qui y habitent sont les biens.
Dans Ésaïe: Cl Il a élevé un étendard pour les nations loin­
taines, et il a sifflé à celui qui (est) à l'extrémité de la terre;
et voici, bientôt, rapide il arrivera, celui dont les traits (sont)
acérés, et tous les arcs tendus; les saûots de ses chevaux comme
le roc sont réputés, et ses roues comme la tempête. )) - V. 26,
28; - ici aussi, il s'agit de ceux qui sont dans les derniers quant
à l'entendement du vrai, et quant à la perception du bien; ces der­
niers sont appelés les sensuels, ce sont les derniers de l'homme na­
turel, voir dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM, N° 50;
de ces derniel's, séparés de l'homme spirituel, jaillissent tous les
maux et tous les faux qui sont dans l'Église et dalls la doctrine de
l'Église; les maux qui en jaillissent sont signifiés pal' les nations
qui viendront de loin, et les faux par celui qui vient de l'extrémité
de la terre; le lointain et l'extrémité de la terre signifient les choses
qui ont été éloignées des vrais et des biens de l'Église; par les
tl'aits qui sont acérés, et par les arcs qui sont tendus, sont signifiés
les faux de la doctrine préparés pOUl' détruire les vrais; et par les
sabots des chevaux qui sontl'éputés comme le l'OC, et par ses roues
qui sont comme la tempête, sont signifiés les derniers du vrai tels
que sont ceux du sens de la leUre de la Parole, et aussi les al'gu­
mentaLions et les confirmations du faux pal' ces derniers; les sabots
des chevaux sonl'les derniers de l'entendement, ici de l'entende­
ment perverti parce qu'il a été séparé d'avec l'entendement de
l'homme spirituel, et comme ces del'Diel's viennent du sens de la
lettre de la Parole, il est dit que les sabots comme le roc sont ré­
Vers. 2. CHAPITRE SIXIÈME. 2i5
putés; les roues sont les al'gumentations et les confirmations par
ces derniers, et comme elles pal'aissent fortes, il est dit que les
roues sont réputées comme la tempêle. Dans le Livre des Juges :
Il Mon cœur (est) pour les Légi:ilateur:> d'Israël; vous qui che­

vauchez sur des ânesses blanches, et qui êtes assis sw'lJ1 iddim,
et qui marchez Sllr le chemin, méditez,. Les étoiles ont de
leurs chemins combattu contre Sisera; alors ont été brisées
les plantes des cheraux, ont été cornprimés les trépignements
de ses robustes (chevaux). Il - V. 9, 10, 20, 22; - ces paroles
sont tirées du Cantique de Déborah et de Barak, dans lequel il s'a­
git du combat du vrai contre le faux, et de la vicloil'e du vrai; pal'
les législateurs d'Isl'aël sont signifiés les vrais de l'Église; par che­
vauchet' SUI' des ânesses blanches et être assis sur Middim, il est
signifié la perception du bien el l'entendement du l'l'ai; les ânesses
blanches signifient le ['ationnel quant au bien, et Mitldim le ra­
tionnel quant au vrai; marchet' sur le chemin et méditer', signifient
la vie du vrai; les étoiles ont de leurs éhemins comballu contl'e
«(

Sisel'a, Il signifie les connaissances du vrai, et le combat d'après


ces connaissances contre les faux du mal; les plantes des chevaux
qui ont été brisées, et I<!s trépignements des chevaux qui ont été
comprimés, signifient que les faux qui viennent du der'nier naturel
ou du sensuel, et les al'gumenlalions qui en résultent, ont élé dé­
truits, Dans Amos : (( Est-ce que courront .Hlr le rocher des
chevaux? y labourera-t-on avec les bŒufs, que t'Ous ayez
changé en fiel le jugement, et le fruit de lajustice en absin­
the? Il - VI. 12; - (( est-ce que courront sur le l'ocher des che­
vaux, Il signifie y aura-t-il quelque entendement du vrai? (( Yla­
bourera-t-on avec les lJœufs, II signifie y aura-t-il quelque percep­
tion du bien? que ce soit là ce qui est signifié, on le '"oit clairement
en ce qu'il est dit ensuite, (\ que vous ayez changé en fiel le juge­
ment, et le fl'uit de la justice en allsinthe; Il changel' en fiel le ju­
gement signifie changer en faux le \Tai ... et changer le fruit de la
justice en absinthe signifie changer le bien en mal. Dans David:
l( Tu as mis l'oppression SUl' 1/0S reins, cltevaurhcl' tu as lait

l'homme sur notre Tête; nous sormnes entrés dan.ç le fell et


les eaux; tu, nous as <:ependant fait sortir au large, Il - Ps.
LXVI. 11, 1.2; - ainsi est décrite la captivité spit'ituelle, ct par
216 L'APOCALYllSE EXPLIQUÉE, N· a55,

suite la délivrance; il Ya captivité spil'ituelle quand le mental est


clos de manière à ne pas percevoir le bien et à ne pas comprendre
le vl'ai, et il y a délivrance de cette captivilé quand le menLaI est
ouvel't; par l'oppression SUI' les )'eins, il est signifié qu'il n'y a au­
cune perception du bien de l'amour, car les reins et les cuisses si­
gnifient le bien de l'amour; pal' faire chevauchel' l'homme sur nOlre
Tête, il est signifié qu'il n'y aura aucun entendement du vrai, par
l'homme ici est signifiée l'intelligence provenant du propre, la­
quelle est une intelligence nulle, et la même chose est signifiée par
la tête; comme ce sont là les choses qui sont signifiées, c'est pOUl'
cela qn'i1 est dit, Il nous sommes antrés dans le feu et les eaux, 1)

dans le feu, c'est dans les maux qui proviennent de l'amour de soi,
el dans les eaux, c'est dans les faux; la délivrance qui en pl'ovient
est entendue pal' Il tu nous as cependant fait sortir au large, Il le
large signifie le vrai, comme ci-dessus, Dans Ésaïe: Il Malheur
à ceux qui descendent en Égypte pour du secours! et sur les
chevaux ils s'appuient, et ils se confient sur le char, mais ils
ne regardent point t'ers le Saint d'Israël, et Jéhovah ils ne
~'herchent point; car l'Égypte (est) homme et non Dieu, et
ses c!t/maux chair et non esprit, II - XXXI. 1, 3; - pal'
l'Égypte, dans la Parole, est signifié le scientifique qui est dans
l'homme naturel, et pal' suite aussi l'homme Dalul'el; el comme
l'homme naturel, avec le scientifique qui est en lui, n'a aucun en­
tendement, mais possède seulement la pensée d'après la mémoil'e,
qui est une sorte d'imagination produile par les objels de la vue
el de ['ouïe, el comme cette pensée est au-dessous de l'homme
spil'ituel dans lequel cependant résident tous les biens el Lous les
vrais du Ciel el de l'Église, c'esl de là que par l'Égyple, dans la
plupart des -passages, il est signitié le scientifique faux, cal' lorsque
l'homme spirituel n'influe pas, les scientifiques de l'homme natu­
rel sont changés en de purs faux, et ses pensées eu confirmations
du t'aux et pal' suite en raisonnements contre les vl'ais ; pal' là on
peut voir ce qui esl signifié par les Chevaux de l'Égypte et pal' ses
Chars, à savoir, que pal' les chevaux sont signifi~s les scientifiques
faux, et pal' les chal's les doctrinaux d'où pl'oviennent les raison­
nements conIre les vl'ais; ceux donc qui sont tels ne cherchent pas
les \Tais d'anlre part que d'après eux-mêmes, car le propre de
VCI'5. 2. CHAPITRE SIXIÈME. 217
chacun réside dans l'homme naturel, et le non-propl'e dans l'homme
spirituel; c'est pourquoi au lieu des vrais ils saisissent les faux, et
au lieu des biens les maux, et ils disent que les maux sont des
biens et que les faux sont des vrais, et ils se fient à eux-mêmes
parce qu'ils se lient à leur propre; c'est là ce qui est signifié par
Il malheur à cenx qui descenùent en Égypte! et sur les chevaux ils

s'appuient, et ils se confient SUI' les chars parce qu'il y en a beau­


coup, et SUl' les cavaliers parce qu'ils sont très-forts; » là, les che­
vaux sont les scientifiques faux, les chal's sont les doctrinaux qui
en pl'oviennent, et les cavaliers sont les raisonnements d'après ces
scientifiques contl'e les vrais; c'est aussi pour cela qu'il est dit
Il l'Égypte est homme et non Dieu, et ses chevaux chair' et non es­

prit; Il ce qui signifie qu'il y a en eux le pur natUl'el et non le spi­


rituel, et que par suite il n'y a l'ien de la vic; l'homme signifie
l'homme naturel, et la chair son propre, Dieu el l'esprit signifient
l'homme Divin spirituel, et par suite la vie; et parce que ceux-là
se confient à eux-mêmes el non au Seigneul', il est dit «( ils ne l'e­
gardent point vers le Saint d'Israël, et Jéh'Ovah ils ne cherchenl
point. Il D'après ces explications on peut maintenant "oir ce qui
est signifié par les chevaux, les chars et les al'IDées de Phal'aon,
dans Moise: Il Je serai glorifié en Pharaon et en son Armée.
et en ses Cht(rs et en ses CŒValiers. Et les Égyptiens pour­
suivirent les fils d'Israël. et vinrellt après eux les Chevaux
de Pharaon. ses c-hars et lies Ca:valiers au milieu de la mer;
et Jéhovah déplaça la roue de se.~ chars. pour qu'on les con­
duisit arec difficulté: et quand L1'10ise étendit la main sur la
mer. les eaux retournérent. et elles couvrirent lcs Chars et les
Cavaliers avec toute l'armée de Pharaon. Il - Exod, XIV,
17,18, 23, 25, 26, 27, 28; - et dans le Même: «( Moise chanta.
et les fils d' Israël. ce Cantique Il Jéhovah: En chantant je
chanterai li J é/uJVah. car en s'exaltant il s'est exalté; le Che­
val et son Clwalier il a jeté dans la mer. et ses Chars et son
armée. Il - Exod. XV. 1, h, 19, 21.; - il a été dit ei-dessus ce
qui est signifié par les chevaux et par les chars de Pharaon ou de
l'Égypte; pal' son al'mée sont signifiés tous les faux en général et
en particuliel', et par la mer il est signifié la damnation et l'enfer
oü tous sont dans le propre, parce qu'ils sont dans l'homme naturel
l
218 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N"35G.

séparé de l'holllme spirituel, et par suite dans les maux et les faux
de tout genre. La même chose est signifiée par les Chevaux de
l'Égypte dans ces passages, dans Moïse: «( Si tu dis : Je met­
trai sur moi un Roi; en mettant tu mettras sur toi un Roi
qu'aura choisi Jéhovah ton Dieu; seulement qu'il ne multi­
plie pas pour lui les Chevaux, et qu'il ne ramène pas le peuple
en Égypte pour multiplier les Chevaux. 1) - Deuté.'. XVII.
1.6, 15, 16; - ces paroles ont été dites du Roi, parce que pal' les
nois est l'eprésenté le Seigneur quant au Divin Vrai; et que par
suite pal' les Rois sont signifiés les vrais d'apl'ès le bien par le $ei­
gneUl', 1)oir ci-dessus, N° 3:1 ; et comme les vrais d'apl'ès le bien
résident dans l'homme spirituel, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, et
que les scientifiques qui appal'liennent à l'homme naturel doivent
servir l'homme spirituel comme des serviLeurs servent leur MaUre,
c'est pour cela qu'il est dit (( seulement qu'il ne multiplie pas pour
lui les chevaux, et qu'il ne ramène pas le peuple enJgypte pou.!'
multiplier les chevaux, ) ce qui signifie, pOUI'VU que d'homme
spirituel il ne devienne pas homm-e naturel et ne se ëonduise pOas
lui-même, et qu'il ne se confie pas à son propre au lieu de se
confier au Seignéu~-; ainsÇpourvu que les vraios qui appal'tiennent
à l'homme spil'ituel ne servent pas l'homme naturel, et que les
scientiliqlles qui appartiennent à l'homme naturel servent l'homm~
spirituel, car ceci est selon l'ordl'e, muis cela est contre l'ordl'e.
De semblables choses sont signifiées ailleUl's dans la Parole par les
,~

Chevaux de l' Égypte, comme dans .Jél'ém. XLVI. 4, 9. Ezéch.


XVII. 15. XXIIl. 20.
356. Et celui qui était monté dessus avait un a1'C, signifie
la doctrine de la charité et de la foi, d'après laquelle on com­
bat contre les maux et tes faux, et on les dissipe: on le voit
par la signification de celui qui était sur le cheval humc, en ce
que c'est la Parole, ainsi qu'il vient d'être dit ci-dessus; et pal' la si­
gnification de l'arc, en ce qu'il est la doctrine de la chal'ité et de la
foi, d'après laquelle on combat contre les maux et les faux, et on
les dissipe; qlie par l'arc soit signifiée cette doctrine, on le verra
daps ce qui suit; ici, il sera d'abord dit quelque chose de la doc­
tl'Îne : I. Que personne ne peut comprendre la Parole sans doc­
Il'ine, II. Que personne ne peut combattre contre les maux et les
V~rs. ~. CHAPITRE SIXIÈME. 219
faux, ni les dissiper, sans la doctrine d'après la. Parole. 111. Que
pel'sonne ne peut ùevenÏl' spil'ituel, au dedans de l'Église où est la
Parole, sans la doctrine d'après la Parole. IV. Que la Doctrine ne
peut êtl'e tirée d'autre part que de la Parole, ni par d'autres que
ceux qui sont dans l'illustration pal' le Seigneur. V. Que toutes les
choses de la doctrine doivent être eonfirméespal' le sens de la lettre
de la Pat'ole.- Quant au PREMIER POINT, à savoir, que personne
ne peut comprendre la Parole sans doctrine: on peut le voir
en ce que le sens de sa lettre consiste en de pmes eorl'espondances
qui en elles-mêmes contiennent les spirituels, ainsi en choses qui
sont dans le monde et dans la nature du monde, d'où il l'ésulte que
le sens de la lettre es~ naturel et non spirituel, accommodé cepen-
dant il la conception des simples qui n'élèvent pas leurs idées au-
dessus des choses qu'ils voient devant leurs yeux; de là vient qu'il
contient aussi des choses qui ne paraissent pas spil'ituellcs, quoique
toute la Parole intérieurement en elle-même soit purement spil'i-
tuelle, puisqu'elle est Divine; c'est pOUl' cela qu'il y a dans le sens
de la lettre plusieUl's choses qui ne peuvent servil' pour aucune doc-
trine de l'Église aujoUl'ù'hui, et plusieul's choses qui peuvent être
appliquées à des principes divel's et différents, d'où sont nées des
hél'ésies; mais néanmoins il y en a plusieurs entremêlées, dont on
peut recu~itIir et former une doctrine, principalement la doctrine
de vie, qui est la doctrine de la charité et de la foi qui en provient:
mais celui qui lit la Parole d'après la doct.rine y voit toutes les
choses qui confirment, et aussi plusieurs choses qui sont cachées
aux yeux des autl'es ; et il ne se laisse pas entrainer dans des doc-
trines étl'angèl'es par les choses qui n'y paraissent pas d'accord, et
qu'i! ne comprend pas, car pour lui toutes les choses de la docl/'ine
qu'il y voit sont dans la clarté, et toutes les autres sont dans l'obs-
curité; c'est pomquoi la doctrine qui consiste en des \'l'ais réels
est comme un. flambeau pOUl' ceux qui lisent la Parole; et, vice
t'erstl, la Pamle pour ceux qui la lisent sans la doctl'ine est comme
un chandelier sans lumièl'c placé dans un lieu obscur, et pal' lequel
ils n'y peuvent rien voir, ni savoil" ni cherchel', IIi trouver, qui
conduise au salut, outre qu'ils peuvent être attil'és dans toutes les.
errem's pOU\' lesquelles le mental incline par quelque amoUl" ou
dans lesquelles il est entrainé par quelque principe: de là on peut
220 L' APOCALYPSE EXPLIQU ÉE, No> 356,

voir que personne ne peut comprendre la Parole sans doctrine. SE­


CONDEMENT. Que personne ne peut combattre contl'e les maux
et les faux, ni les dissiper, sans la doctrine d'après la Pa­
role : on peut le voÏ!' en ce que d'apl'ès la doctrine les \'l'ais peuvent
être vus dans leur lumière el dans leur ol'dre, mais non d'après
la Parole sans la doctrine, ce qui est évident par ce qui vient
•d'être dit; et si les vrais ne peuvent être vus, les faux et les maux
ne peuvent pas non plus être vus, cal' ils sont opposés aux \'raisj
et cependant lout comhat contre les maux et les fau'x a lieu d'après
les vrais, c'est-à-dire, au moyen des vrais par le Seigneur; c'est
pourquoi celui qui lit la Parole sans doctrine peut facilement éom­
battre pOUl' le faux contre le vrai, et pour le mal contre le bien, en
confirmant le faux et le mal par une funeste intel'prétation et une
funeste application du sens de la leure de la Pal'ole, d'où il suit
que l'homme n'est point réformé, cal' il est l'éformé par la disper­
sion des maux et des faux du mal au moyen des vrais appliqués à
la vie. C'est là maintenant ce qui est entendu par Il il fut vu un
Cheval hlanc et quelqu'un monté dessus ayant un arc, II cal' par le
Cheval blanc est signifié l'entendement du vrai d'après la Parole,
et par l'Arc est signifiée la doctrine de la charité et de la foi, d'a­
près laquelle on combat contre les maux el les faux, et on les dis­
sipe. TROISIÈMEMENT, Que personne ne peut deL'enir spirituel,
au dedans de t'Église où est la Parole, sans la doctrine d'a­
près la Parole: on peut le voir d'apl'ès ce qui vient d'être dit, à
savoir, que la Parole sans doctrine n'est pas comprise, et que sans
la doctrine d-après la Pal'ole on ne peut pas combattre contre les
maux et les faux; en effet, l'homme devient spirituel pal' la vie
selon les Divins Vrais, lesquels il ne connaU pas sans la doctrine,
et par l'éloignement des maux et des faux, lequel ne se fait pas
sans la doctrine, ainsi qu'il a été dit ci-dessus; et sans ces deux
conditions l'homme n'est pas réformé, par conséquent il ne devient
pas spirituel, mais il reste naturel et confirme sa vie naturelle par
le sens de la lettre de la Parole, qui est le sens naturel, en l'inter­
prétant et l'appliquant de travel'S, Il est dit au dedans de l'Église
oil est la Parole, parce que ceux qui sont hors de l'Église n'ont pas
la Parole, et par conséquent n'ont aucune connaissance du Sei­
gneUl', et personne ne devient spirituel que pal' le Seigneur; mais
Vers. 2. CHAPITRE SIXIÈME. 221
néanmoins tous ceux qui reconnaissent un Dieu dl l'adorent sous
une forme Humaine, et qui vivent dans la chal'ité selon une religio­
sité concordant avec la Parole, sont préparés pal' le Seigneur pour
recevoil'la vie spirituelle, qu'ils reçoivent aussi dans l'autre vie, voir
sur c~,sujet dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, N°' 318 à 328;
et ci-dessus, N°' 107,195, L'homme devient spirituel par la Régé­
nération, et la Régénération se fait par l'eau et par l'esprit, c'est-à­
dire, pal' les vrais et pal' la vie selon les vl'ais; voir dans la DOCTRINE
DE LA NOUVEllE JÉRUSAJ.EM, No' iï3 à 186 : que le Baptême dans
le Monde Chrétien en soit le signe et le mémorial, on le voit dans
ce même Ouvrage, N°' 202 à 209. QUATRltMEMENT. Que la Doc­
trine ne peut être tirée d'autre part que de la Parole, ni par
d'autres que ceux qui sont dans {'illustration par le Seigneur:
on peut le voil' en ce que la Parole est le Divin Vrai même, et est
telle, qu'en Elle il yale Seigneul', cal' le Seigneul' est dans son Divin
Vl'ai qui procède de Lui; ceux donc qui tirent la Doctrine d'autre
part que de la Pal'ole, ne la tirent pas du Divin Vl'ai, ni du Sei­
gneur. Outre cela, il y a dans chaque chose de la Pal'ole un sens
spil'Ïtuel, d\lns lequel sont les Anges du Ciel, d'où il résulte que
par la Parole il y a conjonction dll Ciel avec l'Église; ceux donc
qui font une Doctrine d'autre palt que d'après la Pal'ole, ne la
font pas en conjonction avec le Ciel, d'où vient cependant l'i1­
lustl'atioll; qu'il y ait conjonction du Ciel avec l'homme par la
Pal'ole, on [e voit dans le Tl'aité DU ClEL ET DE L'ENFER, N'" 303
à 3iO ; de là il est évident que la Doctl'ine ne doit pas être liI'ée
d'autre pal't que de la Pal'ole, IIi pal' d'autl'es que ceux qui sont
dans l'illustration par le SeigneuJ' : sont dans l'illustration pal' le
Seigneur ceux qui aiment les vrais pal'ce qu'ils sont des vrais;
ceux-ci, pal'ce qu'ils font les vl'ais, sont dans le Seigneur, et le
Seigneur est en eux. CINQUIÈMElIIENT. Que toutes lcs choses de
la Doctrine doivent être confirmées par le sens de la lettre
de la Parole: on peutIe voir en ce que le Divin Vrai dans le sens
de la lettre est dans son plein, cal' ce sens est le dernier, et en lui
est le sens spirituel; lors donc que la Doctrine a été confirmée pal'
ce sens, la Doctrine de l'Église est aussi la Doctrine du Ciel, et
il y a conjonction par les correspondances: ce point sera illustré
par cette seille considél'aLïon, que, quand l'homme pense quelque
222 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 356.

vrai et le confirme par le sens de la lettre, cela est perçu dans le


Ciel, mais non s'il ne le confirme pas: en effet, le sens de la
lettre est la base dans laquelle se tel1ninent les idées spirituelles
qu'ont les Anges, à peu près comme les mots sont les bases dans
lesquelles le sens de la pensée tombe et est communiqué à un
autl'e : que cela soit 3insi, c'est ce qui peut être confirmé pal' un
grand nombre d'expériences til'ées du Monde spirituel; mais ce
n'est pas ici le lieu de les rapportel'.
357. Que l'Arc signifie la Doctrine qui combat, ou la Doctrine
d'après laquelle on comb3t contre les maux et les faux, et que les
flèches, les javelots et les traits signifient les vrais de la doctrine
qui combattent, c'est ce qu'on peut vOÏl' pal' les passages suivants;
dans Zacharie: (1 Je retrancherai le Char hors d'Éphraïm, et
le Cheval hors de Jérusalem, el sera retranché l'arc de guerre;
au contraire, il parlera de paix aux Nations. Retournez à lit
rortere.~se, prisonniers d'espérance; et Je tendrai pour Moi
J elmdah, et d'Arc je remplirai Éphraïm, et j'exciterai tes
fils, ô Sion; car J éh01-,ah sur eux apparaîtra, et sortira comme
l'éclair son trrdt, et le Seigneur J éhovih' entonnera la trom­
pette, el il s'avancera dans les tempêtes du midi. ) - IX. 10,
12, 13, 1lJ ; -là, il s'agit de la vastation de l'Église Juive, et de
l'instauration de l'Église chez les nations; la vastation de l'Église
Juive est décrite par je retrancherai le char hOI's d'Éphraïm; et Te
(1

cheval hors de Jérusalem, et sel'a l'etranché l'arc de la guerre, )


ce qui signifie que dans la Doctl'ine il n'y aura plus ni vrai ni en­
tendement du vrai, et pal' suite ni combat ni résistance contre le .
fanx; pal' le chal' il est signifié la doctl'ine du vrai, par le cheval
l'entendement du vrai, par l'arc de guel'l'e le combat contre le faux
d'apl'ès la doctrine; il est dit l'al'c de guerre, parce qu'il est en­
tendu la doctrine qui combat; par Éplll'aïm il est signifié l'Église
quant à l'entendement du vrai, et par Jérusalem l'Église quant à la
doctl'ine; et l'instauration de l'Église chez les nations est décrite
par au contraÏl'c, il parlel'a de paix aux nations; \'etoumez à la
(l

forteresse, prisonniers d'espérance; et je lendl'ai pour moi Jehudah,


et d'arc je remplirai Éphraïm, et j'exciterai tes fils, 0 Sion, » ce
qui signifie que l'Église doit être instaurée chez ceux qui sont dans
le bien ùe l'amour envers le Seigneur et par suite dans les vl'ais;
"er6, 2. CHAPITRE SIXIÈME. 223
par la paix il est signifié ce bien, par Jehudah ceux qui sont dans
ce bien, et par Éphraïm ceux qui pal' suite sont dans l'entendement
du vl'ai, aussi est-il dit d'Éphraïm, qu'il le remplira d'arc, c'est­
à-dil'e, de la doch'ine du vrai; leur illustration dans les vrais est
décrite par ces paroles: « et sortira comme l'éclail' son trait, et le
Seignel1l' Jéhovih entonnera la trompette, et il s'avancera dans les
tempêtes du midi; le tl'ait qui sortira comme l'éclair signifie le
1)

vrai illustré, ainsi le vrai d'après le hien de l'amour, il entonnera


la trompeLle signifie une perception manifeste du bien, et les tem­
pêtes du midi signifient un entendement manifeste du vrai, le midi
est la lumièl'e du vrai; il s'agit là du Seigneur, ainsi ces choses
viennent du Seigneur. Dans Moïse: (1 Fils de la féconde, Joseph,
fils de la féconde près de la fontaine; les filles, elle s'avance
sur la muraille; elles l'irriteront, et elles lanceront des traits;
et ils l'auront en haine les archers; et il sera assis dans' la
force de son arc, et seront fortifiés les bras de ses mains par
les mains du puissant de Jacob; de là le Pasteur, la Pierre
d'Israël. ,)-Gen. XLIX. 22,23, M, 25;-parJoseph dans le
sens suprême est signifié le Seigneur quant au Royaume spirituel;
il Ya deux Royaumes du Ciel, t'un est appelé Royaume céleste, et
J'autre Royaume spirituel; le Royaume céleste est décrit dans le
Prophétique sur Jehudah, elle Hoyaume spirituel est décl'it dans ce
Prophétique SUI' Joseph; ceux qui sont dans le Royaume céleste du
Seigneur sont dans le bien de l'amoUl' cnvel's Lui, hien qui est ap­
pelé bien céleste, et ceux qui sont clans le Royaume spirituel du Sei­
gneur sont dans le bien de l'amoul' à l'égard du prochain et par
suite dans les Vrais, et comme tous les vrais procèdent du Seigneur
par le Royaume spirituel, c'est de là que Joseph est dit (1 fils lIe la
féconde, fils de la féconde près de la fontaine; » par la féconde est
signifié le bien spirituel qui est.le hien de la charité, par fils est si~
gnifié le vl'ai qui pl'oeMe de cc bien, et par la fontaine est signifiée
la Parole; le combat contl'e les maux et les faux est décrit en ce
que les filles l'i1'riLeront et !ancel'ont des tl'aits, et que les archers
l'auront en haine; les filles signifient ceux qui sont dans les maux,
, ct qui par les faux veulent détruil'e les biens; ceux qui aLlaquent
par les maux sont signifi(js par' « elles lanceront des traits, Il et ceux
'. qui attaquent pal' les faux du mnl sorit signifiés par les archers qui
22la L' APOCALYPSE EXPLlQU(~E. Nn 357,
.
l'aUl'ont en haine; la victoil'e que le Seigneur l'emportera sur eux
est décrite par ces paroles, « et il sera assis dans la force de son arc,
et seront fortifiés les bras de ses mains pat' les mains du puissant
de Jacob; de là le Pasteur, la Piel'l'e d'Israël; Il par être assis dans
la force de l'arc il est signifié dans la doctrine du vl'ai l'éel, et par
seront fortifiés les bras de ses mains par les mains du puissant de
Jacob, il est signifié la puissance qu'ils ont par le Seigneur, les
bras des mains sont la puissance, et le puissant de Jacob est le Sei.
gneur, Qui aussi est appelé le Pasteur, la pien'e d'Israël, d'après la
doctl'ine de la charité et de la foi qui procède de Lui: que Joseph
dans le sens supl'ême signifie le Seigneur quant au Divin sph'ituel,
et dans le sens interne le Royaume spirituel du Seigneur, on le voit
N°' 3969,3971, ft669, 6ld7; et quant il ce qu'il signifie en outre,
voir No' ft286, ft592, !l963, 5086, 5087, 5106, 52h9, 5307,
5869, 5877, 622ft, 6526. Dans le LiVl'e Il de Samuel: (1 David
prononça une lamentation sur Schaül et sur Jonathan son
fils, et il l'intitula: Pour enseigner 'aux fils de Jehudah
l'arc. ) -1. 17,18 ;-dans cette lamentation il s'agit du combat
du vrai d'après le bien contre le faux d'après le mal; car par Schaül,
comme Roi, il y est signifié le \Tai d'après le bien, puisque ce vrai
dans la Parole est entendu par le roi, voir ci-dessus, N° 3i; et par
Jonathan, comme fils du l'oi, il est signifié le vrai de la doctrine;
c'est pourquoi il intitula la lamentation: « POUl' enseignel' aux fils
de Jehudah l'al'c, li ce qui signifie pOUl' leUl' euseigne!' la doctrine
du vrai qui pl'ocède du bien. Le combat de ce Vl'ai contre les faux
et les maux est décl'it dans cette lamentation par ces pal'oles : «Sans
le sallg des transpercés, san.~ la graisse des vaillants l'Arc de
Jonathan n'est pas retourné en m'rière, et l'épée de Schaül
n'est pas revenue en vain. li - Ibid. Vers, 22; - le sang des
transpercés signifie les faux vaincus.et dissipés, la gl'aisse des vail­
lants signifie la même chose quant aux maux; qu'ils aient été vain­
cus et dissipés par la doctrine du vrai qui pl'ocède du bien, c'est ce
qui est signifié par « l'Arc de Jonathan n'est pas l'etourné en al'­
rièl'e, et l'épée de Schaül n'est pas revenue en vain, JI l'Arc de Jo­
nathan eslla doctl'ine, et l'épée de Schaül est le vrai d'après le bien.
Dans David: « Dieu enseigne à mes mains la guerre, il met un
arc d'airain à mes brn,~, Jl-PS. XVIII. 35;-là, pal'Ia guel're
Vers. 2. CHAPITRE SIXIËME. 225
il est signifié dans le sens spil'ituel la guerre qui existe contre les
maux et les faux; celle guerre, Dieu l'enseigne; et pal'I'arc d'airain
est signifiée la doctrine de la charité, Dieu la met aux bras, c'est­
à-dire, la donne pour qu'elle ait de la force. Dans Ésaïe: (( Qui a
excité de l'Orient celui qu'en justice il a appelé à sa suite? il
a lil)ré devànt Lui les nations, et sur les mis il l'a (ait dominer;
il (les) a rédllit,~ comme poussiére par son épée, ct cOmme
paille dissipée par son arc. )) - XLI. 2; - ces paroles ont été
dites du Seigneur et de sa domination SUi' les maux et sur les faux;
par les nations qu'il a liVl'ées devant Lui sont signifiés les maux,
et par'ies rois SUI' lesquels il l'a fait dominer sont signifiés les faux;
que les maux et les faux soient dispersés comme un rien par son
Divin Vrai et par la doctrine qui en procède, cela est signifié par
(( il les a réduits comme poussière pal' son épée, et comme paille
dissipée par son arc, Il son épée est le Divin Vrai et son aJ'C est la
Doct.rine; comme poussièl'e et comme paille dissipée, signifie que
les maux et les faux sont dispersés comme un rien; il est dit que
les maux et les faux sont dispersés ainsi, et il est entendu qu'ainsi
le sont dans l'autre vie ceux qui sont dans les maux et par suite dans
les faux. Dans Zacharie: II Jéhovah vi,~itera ,~on troupeau, la
maison. de J ehudah, et il les placera comme son cheval de
gloire dans la guerre; de lui (viendra) l'angle, de lui le clou,
de lui l'arc de guerre. Il-X. 3, a; -voir ce passage expliqué
dans l'Article précédent, où il s'agit de la signification du cheval;
par l'am de guerre est signifié le vrai qui comhat d'après la doc­
tl'ine. Dans Hahakuk : Il Est-ce que contre des fleuves s'est
courroucé Jéhovah? est-ce que contre les fleuves est ta colère?
est.ce que contre la mer est ton emportement, que tu chenau­
cites sur tes chevaux? tes chars (sont) le salut, à nu entière­
ment sera mis ton arc. ) -Ill. 8, 9; - cela aussi a été expliqué
dans l'Alticle précédent; par ton arc mis il nu il est signifié qne la
dor-Irine du \'l'ai sera ouverte. Dans Ésaïe: Il Devant les épées il.~
seront errants, devant l'épée levée et derant l'arc tendu; et
li cause du poids de la guerre sem consumée toute la gloire
de Kédar, et les restes du nombre d'arc des vaillants fil.~ de
Kédar seront réduits à peu. li - XXI. 15, 16, 17; - là, -tians
le sens spirituel, il s'agit des c.onnaissances du bien, en ce qu'elles
II. 15.
22ô L'.\POCALYPSI~ EXPLlQU!~L~. ~~o afi7.

duiveut périr, cl qu'il cn restel'a peu; pal' Kédar ou l'AI'abie sOlit


signifiés ceux qui sont dans les connaissances du bien, et a1Jstl'ac­
tivement ces connaissances elles-mêmes; que les connaissances du
nai doivent péril' par les faux et par la doctrine du faux, cela est
signifié pal' CI devant les épées ils sel'ont elTants, devant l'épée levée
et devant l'arc tendu; » l'épée est le faux qui combat et qui déll'uil,
ct l'arc est la doctrine du faux; que les connaissances du hien doi­
vent pél'il', cela est signifié pal' ces paroles: (1 à cause du poids de
la gue1'l'e sera consumée toute la gloire de Kédar; le poids de la
1)

guerre, c'est l'attaque; et toute la gloire de Kédal' sera consumée,


c'est la vastation; par (( les restes du nombl'e d'arc des vaillants fils
de Kédar seront réduits à peu, » il est décl'it qu'il doit rester' peu
de connaissances; l'al'c des vaillants est la doctrine du vl'ai d'apl'eS
les connaissances qui sont fortes contl'e les faux. Dans le Mênle :
CI 11 a disposé mll bouche comme une épée aiguë, et il J}l'a dis­

posé en flèche polie, dans son carquois il M'a caché. II -·XLIX.


2; - là aussi il s'agit du Seigneur; et par l'épée aiguë est signilié
le vl'ai qui disperse le faull. ; par la flèche polie 'est signif\é le \'l'ai
qui dispel'se le mal, et par le carquois est signifiée la Parole; de là
on voit clairement ce qui est signifié pal' CI il a disposé ma bouche
comme une épée aiguë, et il M'a disposé en flèche polie, et dans son
c,arquois il l\l'a caché, » à savoir, qu'en Lui est et que de Lui vient
le Divin Vrai pal' qui sont dispersés les faux et les maux, et qu'cil
Lui est et que de Lui vient la Parole où sont et d'où proviennent
ces Vl'ais. Dans David: CI Voici, héritage de J é/lOvah, les fils;
récompense, les fl'uits du I)entre; comme des flèche:s dans fa
main d'unpuissant, de même les fils de l"jeunesse: Heureux
l' homme qui en a rempli son carquois! Ils Ile ~serOrtt point
confus, 100'squ'ils parleront avec des ennemis à la porte. Il ­
Ps. CXXVII. 3, !J, 5; - pal' les Iils, qui sontl'hél'itage de Jé­
hovah, sont signifiés les vrais par lesquels il y a intelligence; pal'
les fruits du \'entl'e, qui sont la récompense, sont signifiés les biens
pal' lesquels il y a félicité; pal' les fils de la jeunesse, qui sont comme
des flèches dans la main d'un puissant, sont signifiés les vrais du
bien de l'innocence; comme aucun mal ni aucun faux ne peut ré­
sister à ces vrais, c'est pOUl' cela qu'il est dit qu'ils sont comme des
flèches dans la main a'un puissant; le bien de l'innocence est le
Vel'~. 2. CHAPITRE SIXIÈME 22ï
bien de l'amoul' envers le Seigneur; comme ces vrais ont une telle
puissance, c'esl pOUl' cela qu'il est dit Cl heureux l'homme qui en
a rempli son carquois; )1 ici pal' le carquois il est signifié la même
chose que pal' l'al'c, à savaiI', la doclrine d'après la Pal'ole; « ils ne
seront point confus lorsqu'ils parleront avec des ennemis à la porte;)
signifie qu'il n'y aura aucune crainte des maux qui proviennent
des enfers; les ennemis sont les maux, el la parle est l'enfer, voir
dans le 'l'l'ailé DU CIEL ET DE L'ENFER, N°s ft28, ft29, 583, 58ft,
585. Dans le Mème: « Les {ils d'Éphraïm armés, tireurs d'arc,
se sont détournés au jour du combat; ils n'ont point gardé
l'alliance de Dieu. Il - Ps. LXXVIII. 9 j - pal' Éphraim il eSl
signifié, ici comme ci-dessus, l'entendement du vrai, et par ses fils
les vrais eux-mêmes, c'est aussi pOUl' cela qu'ils sont. appelés lireurs
d'arc, c'esl-à-dire, combattant conlre les maux elles faux; par (( ils
se sont détoul'Oés au jouI' du combat, parce qu'ils n'ont pas gardé
l'alliance de Dieu, il est signifié ici qu'ils n'onl pas l'ésisté aux
1)

maux ni aux faux, parce qu'ils n'étaient pas conjoints au Seigneur;


l'alliance est la conjonction, el ne pas garder cette alliuuce, c'esl
ne pas vivre selon les vl'ais et les biens qui conjoignent.. D'après les
passages rapporlés, on peut voir que pal' l'arc est signifiée la doc­
u'ine du vrai qui comhat conlre les faux et les maux et les dissipe;
que ce soit là ce qui est signilié par l'a l'C , on peut encore le voir
d'après son sens opposé, dans lequel l'arc signifie la doctrine du
faux qui com\}at contre les vrais el les biens et les détruit, ,el alors
les traits et les flèches signifient les faux mêmes de celte doctl'ine :
l'Arc est pris dans ce sens dans les passages suivants; dans David:
(1 Voici, les impies tendent l'arc, ils préparent leur {leche sur

la corde pour tirer dans les lénebres contre ceux qui sont
droits de- èœur. JJ - Ps. Xl. 2; - (1 les impies tendent l'arc, Il
signilie qu'ils imitent la doctrine; «( ils prépal'ent la flèche SUI' la
cOI'de, J) signifie qu'ils y appliquent des faux qui apparaissent comme
des vl'ais; «( pour tirer dans les ténèbl'es contl'e ceux qui sont droits
de cœur, Il signifie pour tromper ceux qui sont dans les vrais d'a­
près le hien ; là, l'arc est la doctrine du faux, la /lèche est le faux lui­
même; tirer contre, c'est tromper,et les ténèbres sonlles apparences,
car ils raisonnent d'après les apparences dans le monde et d'après
des illusions, en appliquant 'même le sens de la leltrc de la Parole.
228 L'APOCALYPSE EXPLlQUl~E. N" 357.

Dans le Mème : « Les impies mettent à nu l'épée, et ils tendent


leur arc pour abattre le misérable et l'indigent: leur épée
entrera dans leur cœur, et leurs-arcs seront brisés, )1 - Ps.
XXXVII. H, 15; - par l'épée est signifié le faux qui combat
contre le Vl'aï, et par l'arc est signifiée la doctrine du faux; pour
abattre le misérahle et l'indigent, signifie pour pervertir ceux qui
sont dans l'ignol'3nce du vl'ai et du hien; leur épée entrera dans
leur cœur, signifie qu'ils périront pa,' lem' faux; et leurs arcs se­
ront brisés, signifie que leur doctrine du faux sera dissipée, ce qui
a même lieu après lem' sortie du monde; alors les faux les perdent,
et la doctrine en ce qui concerne les vrais appliqués aux faux est
dissipée. Dans le Même : (( Ils aiguisent cOlllme une épée leur
langue, ils tendent leur flèche en parole amère, pour tirer
dans leurs repaires contre l'intègl'e. )1 - Ps. LXIV. 6, 5; ­
comme l'épée signifie le faux qui conlhat contre le vrai, c'est pout'
cela qu'il est dit: (1 ils aiguisent comme une épée leur langue; Il ct
comme la flèche signifie le faux de la doctrine, c'est pour cela qu'il
est dit: « ils tendent leur flèche en parole amère; Il tire,' dans leurs
"epaires contre l'intègre, signifie la même chose que ci-dessus tire,'
dans les ténèbres contl'e ceux qui sont droits de cœur, c'esl-à-dire,
tromper ceux qui sont dans les vrais d'après le bien. Dans Jérémie:
(\ Tous sont adultères, a.çsemblée de perfide.ç, qui tendent leur
langue; leur arc (est) mensonge, et ce n'est pas dans la vérité
qu'ils ont prévalu dans la terre, car de mal en mal ils s'en
vont, et ils ne M'ont point connu. II - IX, 1, 2; - par (( tous
sonl adultères, assemblée de perfides, Il sont entendus ceux qui fal­
sifient les connaissances du vrai et du bien; les adultères sonl ceux
qui falsifient les connaissances du vl'ai, et les perfides ceux qui fal­
~ifientles connaissances du bien; il est dit d'eux qu'ils tendent la
langue, et que lem' al'c est mensonge, l'arc est la doctrine d'où p"o­
viennent les principes du faux, et le mensonge est le faux; et de là
aussi il esl dit, que ce n'est pas dans la vérité qu'ils ont prévalu
tians la lCI're, c'est-à-dil'e, dans l'Église où sont les vrais réels;
par ( cal' ùe mal en mal ils s'cn vont, ct ils ne M'ont point connu, Il
il csl signifié que tels sont ceux qui sont dans la vic du mal, el ne "e­
r,onnaisscnt pas le Seigneur. Dans .r érémie : «( Voici, Moi, je vais
{aire monter contre Babel ulle assemblée de nation,ç grandes
Vers. 2. CHAPITRE SIXIÈME. 229
de la terre du septentrion; ses flèches, l'OmnM d'un homme
(art, aucune ne ret'iendra en vain : Rangez - vous contre
Babel alentour; vous tous qui tendez l'arc, tirez contre elle,
n'épargnez pas les traits. Acclamez contre Babel, archers,
vous tous qui tendez t'arc, campez contre elle alentour, que
personne n'en échappe. 1) - L. 9, H, 29, !l2; LI. 3; - pal'
ces paroles est décrite la totale dévastation du vrai chez ceux qui
SOllt entendus pal' Babel, lesquels sont ceux qui s'arrogent le pou-
voit' Divin, et reconnaissent, il est vl'ai, le Seigneur, mais le pl'ivellt
de toute puissance de sauver, et qui par suite profanent les Dh'ins
vl'ais; et comme il est, le plus possible, pourvu pal' le SeigneUl' il
ce que les vrais l'éels ne soient point profanés, c'est pour cela que
ces V1'ais le lU' sont entièrement enlevés, et qU'à la place de ces \Tais
ils sont imbus de purs faux; pal' (1 une assemblée de nations
gl'andes de la terne du septentrion,)) sont signifiés les maux aifreux
qui s'élèvent de l'enfer, les nations grandes sont des maux affr'eux,
et la tel'l'e du septentl'ion est l'enfer où il n'y a que le faux; p?!'
(1 ses fièches,.comme celles d'un homme fort, aucune Ile I~eviendl'a

en vain, Il il est signifié que par suite ils seront i01hus de purs
faux; pal' « rangez-vous contre Babel alentoUl'; vous tous qui
tendez ~e l'arc, tirez contre elle, n'épargnez pas les tl'ails, )) il est
signifié qu'il en sem de même quant il tous les doctrinaux; la totale
dévastation du vrai chez eux est signifiée par c( vous tous qui tendez,
l'arc, campez contre elle alentour, que personne n'en échappe. Il
Dans Ésaïe: Il Je vais exciter contre eux le,ç Mèdes, qui de
l'argent ne (eront aucune estime, et de l'or ne se réjouiront
point, dont les arcs les jeunes gens briseront, et du (ruit du
ventre ils n'auront point pitié: ainsi sera Babel, comme la
subversion de Dieu, Sodome et Gomo1"/'/te, Il - XIII. 17, i 8,
19; -ces paroles allssi sont dites de Babel, et de la dévastation de
toutes les choses de l'Église chez ceux qui sont entendus pal' Bahel,
et dont il vient d'être parlé ci-dessus; les Mèdes signifient ceux qui
ne font aucun cas des vrais ni des biens du Ciel et de l'f~glise, c'est
pourquoi il est dit d'eux, II qui de l'argent ne feront aucune estime,
et de l'or ne se réjouiront point;)l l'argent signifie le vl'ai, et l'or le
bien, l'uu et l'autre appartenant :" l'J~glise; par leur's al'cs qui brise-
ront les jeunes gens, et par le fruit du ventre dont ils n'auront pojut
230 L'APOCALYPSE EXPLlQUl~E. ~ .. 3:>7.

pitié, sont signifiés les doctl'inaux qui détruiront tout vraÎ et tout
bien du vrai, les jeunes gens signifient les vrais, et le fruit du ventre
les hiens; et comme tout mal leur vient de l'amour de soi, et que
tout faux leU!' vient de ce mal, et comme ce,. mal et pal' suite ce
faux sont condamnés à ['enfer, c'est pour cela qu'il est dit (1 ainsi
sera Babel, comme la subl'ersion de Dieu, Sodome et Gomorrhe, 1) la
.subvel'sion de Dieu signifie la condamnation à l'enfer, Sodome et Go­
morrhe signifient les maux d'après l'amour de soi et par suite les
faux; que ces maux et ces faux soient signifiés par Sodome et Go­
morrhe, on le voit dans les ARCANES CÉLESTES, N°' 2220, 2266,
2322. Dans le Même: Cl En ce jour-là tout lieu dans lequel il y
a eu mille ceps, de mille (pièces) d'argent, .sera en "onces et en.
épines; arp,c les {lèches et avec l'arc on y v,ieudra, parce que
ronce et épine sera toute la terre, Il - VII, 23,26; -l'Église
dévastée quant à tout vrai et à tout bien est ainsi décrite; l'Église
telle qu'elle avait été d'abord, à savoir, en ce qu'il y avait eu en abon­
dance les VI'ais l'éels, qui sont les vrais d'après le bien, est décrite
pal' Cl le lieu dans lequel il y a cu mille ceps, de mille pièces d'ar­
gent; Il les mille ceps sont les vl'ais d'après le hien en abondance,
les mille pièces d'argent sont les vl'ais les plus estimés parce qu'ils
sont réels, l'argent est le vrai, et mille signifie beaucoup, pal' con­
séquent en abondance; au contrail'c, l'Église, telle qu'elle est de­
venue lorsqu'elle a été dévastée quant à tout vrai et à tout bien, est
décrite pal' ces paroles, II avec les flèches et avec l'al'c on y viendra,
parce que ronce et épine sera toute la terre, 1) les flèches sont le faux
qui détl'uit le vl'ai, et l'arc est la doctl'ine du faux; la l'Once signifie
Je faux d'après le mal, et l'épine le mal d'après le faux, la terre est
l'I~glise. Dans Jérémie: II Voici, un peuple vient de la terre du
septentrion, et une nation grande sera suscitée des côtés de
la terre; arc et Irince ils prennent; cruelle, elle; ils n'ont point
de compassion; leur voix comme la mer retentit, et sur des
chevaux ils chevauchent, équipés comme un homme pour la
guerre, contre toi, (ille de Sion, Il - VI. 22, 23 ; -là est aussi
décrite la dévastation de l'Église par les faux du mal; ce que signi­
fient le peuple de la terre du septentrion, et la nation grande des
côtés de la terre, puis ce que signifie li leur voix comme la mer re­
leQtit, et SUI' des chevaux ils chenlUchent, Il cela a été expliqué dans
Vers. 2. CHAPITRE SIXIl~ME. 23:1
un des Articles précédents; « arc et lance ils pl'ennent, llsignifie le
faux de la doctl'ine détruisant le \Tai, et le faux du mal détrui­
sant le bien, la fille de Sion est l'Église. Dans le Même: « En dé­
vastation sera toute la terre; à cause de la voi,7: de c{matier et
d'archers s'en(uit toute l,ille; ils sont entré,ç dans les nuées,
dans les rochers ils sont montés, toute ville est déserte, et per­
sonne n'y habile. » - IV. 27, 29; - voir allssi ce passage ~x­
pliqué dans l'Article précédent; la voix de cavalier et d'archel's
signifie les raisonnements d'après les faux et les attaques contr'e le
vrai, les archers ou ceux qui tiennent ['arc sont ceux qui attaquent
les vrais d'après les faux de la doctl'ine; de là il est dit toute ville
s;enfuit, et toute ville est déserte, la ville signifie la doctrine de
l'Église. Dans Ésaïe: « Jéhovah a üevé ['étendard pour les
nations lointaines; et voici, bientôt, rapide il arril)era, celui
dont les traits (sont) acéré~', et tous les arcs tendus; les sabots
de ses chevmlx comme le roc sont réputés, et ses roues comme
la tempête. )l - V. 26, 28; - par les tl'aits acérés et les arcs
tendus sonl.signifiés les faux de la doctrine préparés pour détl'Uire
les vrais: ce qui est signifié par les nations lointaines, pal' les sabots
des chevaux qui comme le roc sont réputés, et par les roues qui
sont comme la tempête, on le voit ex pliqué dans ('Article pl'écédent.
Dans Amos: « Celui qui manie l'arc ne tiendra point (erme,
et celui qui est alerte de ses pieds n'échappera point; et celui
qui chevauche sur le cheval ne délivrera point son lime; et
celui qui est (art en son cœllr parmi les /zéros s' m(aiera nu
en ce jour-là. 1) - II. 1lJ, 15, 16; - ici est décrite la propre
intelligence, et pal' suite la confiance en ce qu'on peut ('aisonnel'
d'après les faux contre les nais; par celui qui manie l'arc ne tiendra
point ferme, et celui qui est alerte de ses pieds u'échappel'a point,
il est signifié que celui qui sait ('aisonnel' avec promptitude et adresse
d'après la doctl'ine, et d'après la mémoir'e qui appartient à l'homme
naturel, ne peut pourvoil' en l'ien à son salut ni se tenir ferme au
jour du jugement; la même chose est signifiée par celui qui che­
vauche SUI' le cheval ne délivrel'a point son âme; par « celui qui est
fort en son cœur s'enfuil'anu en ce joul'-là, "il est signifié que celui
qui se confiera à soi- même, p,lI'ce qu'il ycut l'aisonner d'après les
faux, sera alors privé dc lout \'l'ai; pal' r.elui 'lui cst fort Cil son
232 L'APOCALYPSE EXPLIQlJItK N" 357.

cœur il est entendu cell\i qui d'après cela se confiel'a à soi-même, et


par nu il est signifié celui qui est pl'ivé de tout vrai. Dans David:
« Dieu (est) un Jugejuste; Dieu s'irritem tout lejour; si (le mé­
chant) ne se convertit pas, (Die~) aiguisera son épée, il tendra
son arc, et il le dirigera; et il s'est p1'éparé des instruments de
mort, il rend ardentes ses flèches. Il - Ps. VII. 12, 13, ilJ ; ­
ici, il est attribué à Dieu de s'ilTiter contre le méchant, d'aiguisel'
son épée, de tendre son arc et de le dirigel', de pl'éparer des instl'u­
ments de mort et de l'endl'e al'dentes ses flèches, mais dans le sens
spirituel il est entendu que c'est l'homme qui agit ainsi; ces choses
sont attl'ibuées à Dicu dans le sens de la leUI'e, pal'ce que ce sens est
naturel et pour l'homme naturel qui croit qu'il faut craindre Dieu à
cause de cela, et parce que chez cet homme la crainte opèl'e ce que
l'amour opère ensuite quand il devient spirituel; de là on voit claire­
ment ce qui est signifié ici par ces paroles, à savoir, que le méchant
s'irrite contre Dieu, aiguisè pOUl' soi l'épée, tend l'arc et le dil'ige,
pl'épare des instl'uments de mort, et l'end al'dentes ses flèches; pal'
il aiguise l'épée, il est signifié qu'il s'acql.\iert le faux par lequel il
combat contl'e les vrais; par il tend l'arc et le dirige, il est signifié
qùe d'après les faux il se fait une doctl'ine contl'e les Vl'ais; par il
prépare des instruments de mOlt et l'end al'dentes ses flèches, il est
signifié que, d'apl'ès l'amour infernal, il se fait des principes du
faux, par lesquels il détruit le bien et les vrais du bien. Dans les
Lamentations: « Le Seigneur a tendu son arc comme un enne­
mi, il a affermi sa droite comme un adve1'soire, il a tué tout ce
qui était déslrable aux yeux. )l - Il. !J; - ici aussi sont attl'i­
buées au Seigneul' des choses semblables par le m8me motif, dont il
vient d'8tl'e parlé; « il tend son arc comme un ennemi, et il affermit
sa droite comme un adversail'e,)l signifie que l'homme méchaut agit
ainsi, à savoil', qu'il défend le mal conLI'e le bien, et le faux contre le
vrai; d'après la doctrine qu'il s'est forgée pal'Ia propre intelligence,
et qu'il a confil'mée pal' le sens de la lettre de la Parole; car dans les
Lamentations il s'agit de la vastation de tout bien et de tout vrai
chez les Juifs, à cause de l'application du sens littéral de la Parole
en fa veu!' de leurs amours; dans ce passage, l'arc est la doctrine du
faux qui provient de là, ['ennemi est le mal, et l'adversaire est le
faux; que [l'Il' ~tlite ait péri totlt entendement du \'l'ai et du bien,
Vers. 2. CHAPITRE SIXIÈME.
233
c'est ce qui est signifié ell ce que le Seigneur a tué tout ce qui est

désil'able aux yeux; ce qui est désirable aux yeux, ce sont toutes les

choses qui appartiennent à l'intelligence et à la sagesse. Dans Moïse:

(1 Un feu s'est emb;asé dans ma colère, et il dévoréra la terre

et son produit, et il enflammera les fondements des monta­


gnes; en répandant sur eux des maux, mes traits j'épuiserai
contre eux. )l - Deutél'. XXXII. 22, 23 ; - ces paroles sont
dans le Cantique de Moïse, où il s'agit de la Nation Israélite et
Juive, et il est décl'it quels ils sont dans lem' cœul', à savoil', que chez
eux il n'y a l'ien de l'Église, parce qu'il n'y a absolument que le
faux d'apl'ès le mal; par la tene et son [ll'oduit qllÎ seront dévorés,
il est signifié l'Église, et aussi tout vl'ai et tout bien de l'Église,
pal' la terre l'Église, et pal' le produit tout vrai et tout bien de l'É­
glise; pal' les fondements des montagnes qui seront enflammés,
sont signifiés les vrais sur lesquels sont fondés les biens de l'amoUl',
spécialement les vrais du sens littéral de la Parole, puisque ces vrais
sont les fondements; par les maux qui sel'ont répandus SUI' eux, et
par les tl'ails qui seront épuisés contre eux, il est signifié qu'ils seront
imbus de tous maux et de tous faux; quelle a été cette nation dès
le commencement, et quelle elle est enCOl'e aujourd'hui, on peut le
voir dans la DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM, N° 2lJ8. Dans
le Livre 1de Samuel: ((Les Arcs des forts ont été brisés, et ceux
qui étaient abattus ont été ceints de for.te. Il - II. li; - c'est
le Prophétique de Channah mère de Samuel, où il s'agit de la pl'i­
vation du vrai chez ceux qui sont de l'Eglise pal'ce qu'ils ne sont
dans aucune affection spirituelle du vrai, et de la réception et illus­
tration de ceux qu i sont hors de l'Église parce qu'ils sont dans l'af­
fection spirituelle du vrai; par Il les Arcs des forts ont été brisés, Il
il est signifié que les doctrines des faux, que se sont faites ceux qui
sont de l'Église, ne sont rien; pal' (1 ceux qui étaient abattus ont
été ceints de fOI'ce, Il il est signifié la réception et l'illustl'ation de
ceux qui sont hors de l'Église; ceux qui sont pressés par les faux de
l'ignorance sont dits abattus, et la fOl'ce se dit de la puissance et de
l'abondance du vrai d'après le bien. Dflns Jél'émie: (1 Voici, je vais
-- briser l'Arc d' Élam, le principe de sa puissance. Il - XLIX.
35; - pal' Itlam est entendue la science qui appartient à l'homme
naturel, et pal' suite la confiance; pal' son 31'C est signifiée la science
23lJ L' APOCALYPSE EXPLlQUt~E. N" 357.

d'après laquelle il combat comme d'après la doctrine; et par le prin­


cipe de sa puissance est signifiée la confiance; en effet, la science
n'a aucune force si elle ne sert pas à l'homme rationnel et spil'ituel :
que pal' Élam il soit entendu la science qui appartient à l'homme
naturel, on peut le voir par la Parole dans les passages où Élam
est nommé, ainsi - Gen. X. 22; Ésaïe, XXI. 2; Jérém. XXV.
2!l, 25, 26. XLIX. 3!l à 39; Ézéch. XXII. 2!l, 25, - Dans
David: li Jéhovah (ait ('esser les guerres jusqu'à l'extrémité
de la terre, l'arc il brise, et il coupe la lance, les char,ç il brûle
au (eu. I l - PS, XLVI. 10; - comme pal' les guerres il est signifié
des c,ombats spirituels, qui sont ici des comhats du faux contre le
vrai et le bien appartenant à l'Église, on voit c1ail'ement ce qui est
signifié en ce que Jéhovah fera cesser les guerres jusqu'à l'extré­
mité de la tel'I'e, à savoir, qu'il fera cesser tout combat et toute dis­
sidence depuis les pl'emiel's jusqu'aux del'Oiers du vrai de l'Église,
l'extrémité de la tene signifie les derniers de ce vrai; il brisera
l'arc, signifie qu'il n'y aura point de combat de doctl'ine eontre doc­
trine; il coupera la lance, signifie qu'il n'y aura point de combat
.d'apl'ès aucun faux du mal; et les chal's il brülera au feu, signifie
que tout ce qui appartient à la doctl'Îne du faux sera détruit. Dans
le' Même: li En Schalern est le taberllarle de Jéhovah, et son
habitacle en Sion; là, il a bri.~é le.~ cordes de l'arc, le bou­
clier et l'épée et la guerre. Jl - PS, LXXVI. 3, !l; - ici pa­
reillement, il s'agit de la cessation de tout combat et de toute dis­
sidence dans le Royaume du Seigneur; par Schalem où est le
tabel'Dacle de .Jéhovah, et par Sion oiI est SOlI habitacle, il est si­
gnifié le RoyauI!\e spirituel et le Royaume céleste du Seigneur; par
Schalem, le Royaume spirituel où est le vrai réel, et par Sion le
Royaume céleste où est le hien réel; et pal' briser les cordes de
l'arc, le bouclier, l'épée et la guel'l'e, il est signifié la dissipation
de tout combat des faux de la doctl'ine contre le bien et le vl'ai; les
cordes de l'arc sont les choses principales de la doctriue. Dans
Rosée: Il./e traiterai pour' ell.x alliance en ce jour-lti avec la
bête du champ, et avec l' oiseau de.~ cieux, et avec le reptile
de la terre; et m'c et épée et guerre je briserai de dessus la
terre, et je les (erai touclter en sécw·ité. Il - Il, 18; - Iii, il
s'agit de.l'a\'énement du Seigneur, ct alors de sa conjonction avec
Ver's. 2. CHAPITRE SIXll~ME. 335
tous ceux qui sont dans les vl'ais d'après le bien; par l'alliance avec
la MIe du champ, avec ['oiseau des cieux, et avec le reptile de la
terre, est signifiée la conjonction avec l'affection de leur bien, avec
l'affection du vrai, et avec l'affection des connaissances du vrai et
du bien qui appartiennent à l'Eglise; en effet, la bête du champ
signifie ['affection du bien, l'oiseau des cieux l'affection du vrai, et
le reptile de la terl'e l'affection des connaissances du vrai et du hien;
il n'y a personne ql1i ne voie qu'ici il n'est entendu aucune bête, ni
aucun oiseau, ni aucun reptile de la terre; est-ce qu'aucune alliance
peut être traitée avec eux? que d'apl'ès la conjonction avec le Sei­
gneul' il n'existera plus aucun combat du faux contre le vrai, cela
est signifié pal' Cl arc et épée et guerre je bl'iserai; )) l'arc, là, est
la doctrine, l'épée est le faux, et la guerre est le combat. Dans
Ézéchiel: li Celui-ci (esl) le jour dont j'ai parlé; alors sorti­
ront les habitants des villes d'ls1'aël, et ils incendieront et
brûle1'ont les flrme,ç, et l'écu, et le bOllc!ie1', avec l'arc et avec
les flèches, et alJec le bâton de main, et avec la lance, et ils
allumeront avec ell,'C le (eu sept ans. )) - XXXIX. 8, 9; ­
là, il s'agit de Gog, par lequel sont entendus ceux qui sont dans le
culte extel'Oe et n'ont aucun culte interne; comme ceux-ci ,sont
contre ['affection spir'itllelle du vrai, qui consiste à aimer les vrais
parce que ce sont des vrais, et comme par suite ils sont dans les
faux quant à la doctrine, et dans les maux quant à la vie, car pet'­
sonne ne peUL être réformé, c'esl-à-dir'e, être détoul'Oé des maux
et des faux, sinon par les vrais, c'est pOlir cela qu'il est dit que les
habilants des vilies d'Israel sortiront et brilleront les armes, et l'écu,
et lé bouclier, avec l'arc el avec les flèches, et avec le bâton de main,
et avec la lance; par les habitants des villes d'Israël sont entendus
ceux qui sont dans l'affection du v('ai d'après le bien, c'est-à-dire,
'i
dans l'affection spirituelle du vrai, el par suile dans la doctrine du
vrai réel; pal' brOler les armes il est signifié extil'per les faux de
tout genre; par l'écu est signifié le faux qui détruit le bien; par le
bouclier, le faux qui délruille vrai; par l'arc avec les 'flèches, la doc­
t('ine avec ses faux; pal' le Mlon de main el la lance sont signifiées
la puissance et la confiance pl'op,'e, telles qu'elles sont chez ceux.
qui placent dans le culte ex terne lout ce qui appartient à l'Église el
ct pal' suite au salut; allumer avec eux le feu sept ans, signifie
236 L' APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 358,

étouft'el' entièrement ces faux et ces maux, sept ans signifie toutes
choses,le plein, et entièrement; voir ci-dessus, Nu 257, 300.
358. Et il lui {ut drmné une couronne, signifie la vié éter­
nelle qui est le prix de la victoire: on le voit pal' la signification
de la couronne, quand il s'agit du combat spiriluel, comme ici,
en ce qu'elle esl la vie élernelle qui est le pr'ix de la victoire; qu'i!
s'agisse ici du combat spil'ituel, cela est évident d'après ce qui pré­
cède et ce qui suil; dans ce qui précède il est dit que celui qui était
monté sur le Cheval blanc avait un ar'c, et pal' l'arc est signifiée la·
docll'Ïne de la charité el ùe la foi, d'apl'ès laquellc on combat contre
les maux elles faux el on les dissipe; et aussi d'après ce qui suit,
où il esl dil, Il el il sortit victorieux et pOUl' vaincre, Il ce qui si­
gnifie la victoil'e sur les maux et SUI' les faux; de là par la couronne
il est signifié ici la vie éternelle qui est le prix de la victoire. La
même chose est signifiée par la Couronne lorsqu'il s'agit des ten­
tations, puisque les tentalions sont des combats spirituels, comme
dans le Chapill'c Il de ce Livl'e, où sont ces paroles: Il Voici, il
arrivera que le diable en;'ettera d'entre vous en prison, pour
que vous soyez tentés; et vous aurez une affliction de dix
;'ours; sois {idéle ;'usqu'à la mort, et;'e le donnerai la cou­
ronne de la vie. Il-Vers, '10; -que là par la couronne il soit si­
gnifié la sagesse et la félicité étel'llelle, on le voit ci-dessus, N° '126;
la sagesse et la félicité éternelle pl'ises ensemble sont la vie éter­
nelle, cal' dans la sagesse el dans la lëlicilé étel'llelle il y a la vie
même du ciel. La même chose esl signifiée par la couronne des
marlyrs, puisque ceux-ci onl élé dans l'atniclion el fidèles jusqu'à
la mort, et ont aussi été dans les lenlations et victorieux; et même,
après la mort, des couronnes leur ont élé données; mais atin de ne
pas s'en arroger' l'honneur, et de ne pas ainsi en tirer de l'orgueil,
ils les ont rejelées cie lem' lête. Comme dans la Pal'ole par les
guerres sonl signifiées les guelTes dans le sens spil'ituel, qui sont
des combats cOlltl'e les maux et les faux, et que pal' les Rois sont
signiliés les vl'ais d'après le bien qui combaltent contl'e ces maux'
et ces faux, de là vient que dans les temps anciens, quand on était
dalls la science des correspondances el des !'epl'ésentations, les Rois
ùans les combats avaient une Couronne SUI' la Tête et un 1JI'acelet
au bras, ainsi (IU'On peut le voir pal' le Livre II de Samuel: Le (1
Vel's.2, CHAPITIŒ SIXIÈME. 23i
jeune homme, fiLs d'Amalékite, qu.i annol/ça à. David la mort
de Schalll et de Jonathan, lui dit: Je VilM dans lamoTttagne
de Gilboah, et voici, Schaul s'appuyait su.r sa lance, et tes
rhm's et les che{s le poursuivaient; et il me dit: Viens et
tue-moi; et je me tins (erme contre lui et je le tuai; et je pris
la Couronne qui (était) sur sa tete, et le bracelet sur son bras,
et je te les apporte. )) - I. 6, 8, g, 10 j - la Couronne dans
les batailles était alors le signe du combat, et le bracelet SUI' le bras
le signe de la puissance, l'un et l'autre contre les maux et les faux;
ces combats sont aussi signifiés pal' les batailles partout où il en
est question dans la Parole, même dans la Pal'ole historique: que
les Bracelets sur le bras signilientla puissance du vrai d'apr'ès le bien,
on Je voit, N° 3105 j ce que signifient en outre les Couronnes dcs
Rois, et les Couronnes en général, on le voit ci-dessus, N° 2i2,
359, Et il sortit victorieux et pour vaincre, signifie l'é­
loignement des maux et par conséquent des {aux li (a fin de .
la vie, et après cela pour {éternité: on le voit par la significa­
tion de -vaincre dans la Parole, en ce que c'est vaincre spirituel­
lement, ce qui est subjuguel' les maux et les faux; mais comme'ils
ne sont vaincus qu'en ce sens qu'ils sont éloignés pal' le SeigncUl',
il s'ensuit que pal' vaincre il est signifié l'éloignement des maux et
des faux: que les maux et les faux soient éloignés et non pas en­
levés, ou, que ['homme en soit détoumé et tenu dans le bien et
dans le vrai par le Seigneur, 'on le voit dans la DOCTRINE DE LA
NOUVELLE JÉRUSALEM, N° 166; et dans les ARCANES CÉLESTES,
N°'S65, 868, 88i, 89â, 929, 1581, 2116,2â06, â56h,8206,
8393, 8988, 901â, 9333 à 9338, 9M6, 9Mi, 9M8, 9!l51.
1005i, 10060; il est dit « il sortit victorieux et pour vaincl'e, ))
ct pal' (1 il sortit victorieux Il est signifié l'éloignement des maux et
pal' conséquent des faux jusqu'à la fln de la vie; et pal' Il pour vain­
cre, Il il est signifié et après cela pour l'étemité ; car celui qui com­
bat contre les maux et les faux, et en est victorieux dans le monde
jusqu'il la fin de la vie, en est victorieux pour l'étemité; en effet,
l'homme reste pOUl' l'éternité tel qu'il èst' à la fin de sa vie d'après
la vje passée antél'ieurement. Si vaincre signifie vaincre spirituel­
lement, c'est parce que la Parole est spirituelle dans son sein, ou
traite dans son sein de choses spirituelles et non de choses tel'res­
238 L' APOCALYPSE EXPLlQUl~E.. i\" :J5H.

tl'es; les let'I'cslres qui sont dans son sens littéral servent seule­
ment au sens spirituel de base, SUI' laquelle se termioent et dans la­
quelle sont les spirituels: la même chose est signifiée par vaincre
dans les passages suivants; dans l'Apocalypse : A celui qui
(1

vaincra,jellui donnerai tl11'langer de l'arbre de vie qui (esl)


dans le milieu du par{ulis de Dieu. l) - II. 7 : - . (( Celui qui
vaincra ne recevra aucun dommage de la mort seconde. ») ­
Il. fi : - (1 Celui qui vaincra et qui gllrderajusqu'ti la fb~
mes œurres,je lui donnerai pouvoir sur les nations. ») -II.
26 : - (( Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dan.~
le Temple de mon Dieu. 1) - III. 12: - « Celui qui l.'aincra,je
lui donnerai de s'asseoir avec Moi en mon Trône. 1) - III. 21. :
- (( Ils ont l.'aincu le Dragon par le sang de l'Agneau, et pal'
la Parole du témoignage. 1) - XII. 1.1 : - (( Celui qui vaincra
possédera toutes choses, et je lui serai Dieu, et il me sera
fils. 1 ) - XXI. 7 : -et dans Jean: (1 Jésus dit aux disciples:
Je vous ai énoncé ces choses, afin qu'en Moi vous ayez la paix;
dans le monde, de l'affliction vous avez, mais ayez confiance,
Moi j'ai raincu le monde. 1) - XVI. 33; - par (( le Seigneur
a vaincu le monde, » il est entendu qu'il a subjugué tous les enfers,
car là le monde signifie tous les maux et tous les faux qui pro­
viennent de l'enfet', comme aussi dans Jean, VIIl. 23. XII. 31.
XIV. 1.7, 19, 30. XV. 18,19. XVI. 8, H. XVII. 9, 1lI, 16.
- Vaincre, lorsqu'il s'agil du Seigneur, signifie la même chose
dans Ésaïe: Cl Qui (esl) celui-ci qui vitnt d'Édom, les habits
teints, de Bm;1Ylh? Au pressoir j'ai foulé seul, et d'entre les
peuples pll-S un homme avec Moi: c'est pourquoije les ai foulés
dans ma colère, et je les ai' écrasés dans mon emportement;
de là a été l'épandue leur victoire sur mes habits; et tout mon
1)êtement j'ai souillé: mais j'aÏ' (ait descendre à terre leul'
7)ictoire. ) - LXllI. 1, 3,6; ~ là, il s'agit du Seigneur, el de
ses combats contre les enfers, et de leur subjugation; il Yest en­
tendu Lui-Même quant à son Divin Humain par Édom, d'ou vient
celui dont les habils sonl teInts, de Bosrah; et par ses habits, H est
signifié la Pal'ole dans la leure, cal' les habits signifient les vrais
qui couvrent, et IOI'squ'i1 s'agit du Seigneut', ils signifient les Di­
vins Vrais, par conséquent la Pal'ole, puisque lous les Divins VI'ais
Vers. 2. CHAP1TlΠSlXll~ME. 23H
y sont, rail' ci-dessus, N° 1ü5 : la Parole dans le sens ùela lettre
est aussi entendue ici pal' les Habits, parce que dans ce sens sont
les VI'ais qui couVI'ent, car le sens de la lettre selt de vêtement au
sens spirituel; et comme la Pal'ole quant à ce sens i;l été violem-
ment déchirée par le peuple Juif, et que pal' là le Divin Vrai a été
adultéré, il est dit (( les habits teints, de Bosrah ; leur victoil'e s'est
('épalldue SUI' mes hahits, et j'ai souillé tout mon vêtement; Il les
habils, de Bosrah, signifient le dernier de la Parole, qui e..<;t le sens
ùe sa lettre; leur victoire sur mes habils signifie une pet'vel'se in-
terprétation et une perverse application de la Parole pal' ceux qni
tirent le sens de la lettre pour favoriser leUl'S amOUl'S et les principes
qu'ils en ont déduits, comme il est arrivé aux Juifs, et comme encore
aujourd'hui il anive à plusieurs; c'est là ce qui est entendu pal' leUl'
victoire SUl' mes habits; par (1 au pressoir j'ai foulé seul, et d'enU'e
les peuples pas un homme avec Moi, )l il est signifié que le Seigneul'
Seul a combattu; le pressoir signifie le combat d'après les Divins
Vrais contre les faux, parce que dans les pressoirs on exprimait le
vin des raisins, et que pal' le vin est signilié le Divin Vrai; de là, le
fouler seul;et d'entre les peuples pas un homme avec Moi, signifie
que c'est le Seigneur seul sans aucun secours de pel'sonne; pal' (( je
les ai foulés dans ma colère, et je les ai écrasés dans mon emportc- .
ment, il est signifié que le Seigneur a subjugué les enfers; il est
1)

dit j'ai foulé et j'ai écrasé, parce qu'il s'agit du pressoir, et cela
signifie qu'il a détl'Uit; il est dit la colère et l'emportement parce
qu'ils ont été détruits, el cela est altribué dans le sens de la lettre
au Seigneul', 101'sque cependant il n'y a en Lui aucune colère ni
aucun emportement, mais ces passions sont chez ceux qui sont
contl'e Lui; c'est d'apl'ès l'appal'ence qu'il est parlé ainsi ici et très-
souvent ailleurs; pal' (( j'ai fait descendr'e à tene leur victoil'e, ~ il
est signifié qu'ils ont été subjugés el condamnés à l'enfel'; à tene,
c'est pour la damnation, ainsi en en rel' ; que par la terre il soit si-
gnifié àussi la damnation, on le voit ci-dessus, N° 30lt fin,
360. Vers. 3, lt. Et lorsqu'il eul oul'ert le second sceau,
j'enlendis le second Animal, qui disait: Viens et vois. - Et
il sortit un aulre Cheval, roux; el il celui qui était monlé
dessus il lui (ut donné d'enlever la paix de dessus la terre, en
sm"te qu'ils se tua~sent les UliS IfS autres, et il lui (ut donné
2lJO L' APOCALYPSK EXPLIQUÉE. N" 360.

lIne épée grande. - Et lorsqu'il eut ourerl le second sceau,


signifie la manifestation du suhséquent état de ceux qui sont de
l'Église où est la Pal'Ole : j'entendis le serond Anirnal, qui di­
sait, signifie provenant clu Ciel intime par le Seigneur: ?,iens et
vois, signifie l'attention et la perception: et il sortit un autre
Cheval, roux, signifie l'entendement de la Parole entièrement
perdu quant au !lien: et à celui qui était monlé dessus il lui
{ut donné d'enlener la paix de dessus la terre, signifie la Pa­
role par suite non comprise, de là les dissidences dans l'Église: en
.~o/"te qu'ils se tuassent les uns les aut/"es, signifie la falsification
et l'extinction des vérités: et il lui {ut donné llne épée grande,
signifie par les faux.
361.. Et lorsqu'il eut ouvert le second sceau, signifie la
mani{estation du subséquent état de ceux qui sont de l'Églùse
où est la Parole: on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus,
No, 351, 352, à savoir, que par ouvrir le sceau, il est signifié la
manifestation de l'état de ceux qui sont de l'Église; et comme il y
avait sept sceaux et qu'ils ont été ouverts en sept fQis, ce sont leurs
états successifs qui sont par suite signifiés. Mais ces états successifs
de l'Église, qui sont ici décrits, ne se montrent à personne dans le
monde, car ce sont les états successifs quant à l'entendement du
vrai d'après la Parole, personne ne les voit que le Seigneur seul:
et comme tous ceux qui sont dans les Cieux y ont été mis en ordre
selon les affections du hien et du vrai, et par suite quant à la pel'­
ception et à l'entendement de la Pal'ole, et que dans ce Livre Pro­
phétique il est tI'aité du Jugement Demier sur ceux qui étaient
dans le Ciel précédent, et de l'Ordination de ceux qui sont dans le
Nouveau Ciel, c'est pour cela qu'ici il s'agit de ces étals; en effet,
ùe là dépendent les choses qui suivent.
362.•l'entendis le second Animal, qui disait, signifie pro­
renant du Ciel intime ?Jar le Seigneur: on le voit d'apl'ès ce
qui a été dit ci-dessus, N° 353 : en effet, par les Animaux sont
entendus des Chérubins, et par les Chérubins il est signifié, dans le
sens suprême, le Seigneur quant à la Providence et quant à la garde
pour qu'on ne s'approche de Lui que par le hien de l'amoul'; ct,
dans le sens respectif, le Ciel intime, voir ci-dessus, Nos 152, 277,
313, 322: si les Chérubins signifient aussi le Ciel intime, .c'est
Vers. 3. CHAPITlΠSIXll~ME. 2h1
parce que ce Ciel est dans le bien de l'amoul' 'envel'S le SeigneUl' ;
et que le SeigneUl' ne pellt être approché que pal' les Cieux, et que
dans le Ciel intime ou troisième Ciel il n'est admis aucune chose
qui ne tienne sa saveur du bien de ce Ciel. S'il y a eu quatre Ani­
maux ou Chérubins, c'est parce que quatl'e signifie la conjonction
en un, et 1elle est la conjonction pour ceux qui sont dans ce Ciel,
car le SeigneUi' les conjoint ainsi pal' l'amour envers Lui procédant
de Lui; de là vient qu'il en fut vu quatre. D'après ces explications
il est encore évident qu'ici par le second Animal il est entendu la
même chose que par le premier, et la même chose est entendue pal'
le troisième et par le quatrième dans ce qui suit: que quatl'e si­
gnifie la conjonction, on le voil, Nos 1686,8877,9601, 967li,
363. Viens et vois, signifie l'attention et la perception:
on le voit par les explications données ci-dessus, N° 35li, oil sont
des paroles semblables.
36h. Et il sortit un autre Cheval, roux, signifie l'enten­
dement de la Parole entièrement perdu quant au bien: on le
voit pal' la signifi~ation du Cheval, en ce qu'il est l'intellectuel,
comme ci-dessus, N° 355; ici, parce qu'il s'agit des états de ceux
qui sont de l'Église où est la Parole, par le Cheval est signifié l'intel­
lectuel des hommes de l'Église quant à la Parole; et pal' la signifi­
cation de rouge ou roux, en ce que c'est la qualité de la chose quant
au bien, ici donc la qualité de l'entendement ùe la Pal'ole quant au
bien; que roux signifie ici cel entendement entièrement perdu quant
au bien, on peut le voir par la suite de ce Verset, car il est dit: «( A
celui qui était monté dessus il lui fut donné d'enlever la paix de
dessus la terre, en sorte qu'ils se tuassent les \111S les autres, et il
lui fut donné une épée grande, )l ce qui signifie que pal' suite il y
eut ex tinction de tout vrai. Puisque les Chevaux, qui furent vus
par Jean, sont distingués pal' les couleurs, cal' le premier apparut
hlano, le second roux, le troisième noir, et le quatrième pâle, et
que les couleurs signifient la qualité de la chose, il faut par consé­
quent dire d'ahord ici quelque chose des couleurs: Dans les Cieux
il apparaît des Couleurs de tout geme, et elles tirent leUl' origine
de la lumière qui est là; comme cette Lumière surpasse immen­
sément la lumière du monde en éclat et en splendeur, de même
aussi les CouleUl's qui y sont; et comme la Lumièr'c y émane du
II. _ 16.
~h2 L'r\POCALYPSI~ F.XPL1Q(jE~:, 1\" 36h,

Soleil du Ciel, qui egt Je SeigneUl', et qui est le Divin procédant, et


que par suite celle Lumièl'e est spirituelle, c'est aussi pour cela que
toutes les CouleUl's signifient des spirituels : et comme le Divin
procédant e;gt le Divin Bien uIIi au Divin Vrai, et que le Divin Bien
dans le Ciel se présente par une Lumièl'e enflammée et le Divin
Vrai par une Lumière d'nn blanc éclatant? c'est. pOOl' cela qu'il y a
deux Couleurs qui sont là les couleurs fondamentales de toutes les
autres, à savoir, la Couleur' l'ouge et la Couleur blanche; la Cou­
leur l'ouge tire son origine de la Lumière enflammée qui provient
,du Divin Bien, et la Couleur blanche tire la sienne de la Lumière
d'un blanc éclatant qui provient du Divin Vrai; autant donc les
Couleurs Iiennent du rouge, autant elles signilientle bien, et autant
elles tiennent du blanc, autant elles signifient le vl'ai : mais on peut
encore mieux le \'oil' par ce qui a été l'apporté sur iei> Couleurs,
d'après l'expérience, dans les ARCANES CÉLESTES; à savoil', que
dans les Cieux apparaissen,t les plus belles Coureurs, N°' 1053,
1626 ; que les Couleurs dans les Cieux pl'oviennent de la LUl1lièl'e
qui est là, et qu'elles en sont des modifications et des nuances,
·Nos10lt2, 10lt3, 1053, 162lt, 3993, lt530, !J922, lt7lt2; qu'ainsi
elles sont les apparences du \'rai et du bien, et signifient des choses
qui appal'tiennent à l'intelligence et à la sagesse, N°'lt530, lt922,
lt6i7, OltM; que c'est pour cela que les Pierres pr'écieuses, de
div$lrses Couleurs, dans le Pectoral de l'Éphod, ou dans Drim et
Thumim, ont signifié toutes les choses du Vrai d'après le Bien dans
le Ciel et dans l'Église, et que de là ce Pector'al en généJ'al a si­
gnifié le Divin Vrai,brillant d'apl'èi> le Divin Bien, N°s 9823,9865,
9868, 9905; et que par suite les Réponses ont été données pal'
les nuances et les éclats de la Lumière, et en même temps par une
tacite perception, ou par vive voix venant du Ciel, N° 3862; que
les Couleul's en tant qu'elles tiennent du l'ouge signifient le bien,
et en tant qu'elles t.iennent du blanc le vl'ai, N° 9!J6i : quant à la
Lumière du Ciel, d'où elle \'ient et ce qu'elle est, on le voit dans
le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, N°s 126 à 1ft0, 275. Outre
cela, il faut qu'on sache que la Coulem' rouge signifie non-seule­
mentla qualité de la chose quant au bien, mais aussi la qualité de
la chose quant au mal; en effet, cette couleUl' existe d'après la Lu­
mière entlammée, Lumière qui émane du Soleil du Ciel, comme il
Vers.lJ. CHAPITRE SIXIÈME. 2lJ3
a été dit ci-dessus, et elle existe aussi d'après un enOammé infer­
nal qui pl'ovient du feu de l'enfel', feu qui est semblable à u() feu
,de charbon; de là le l'ouge dans le Ciel est absolument un autre
rouge que le rouge dans l'cnfel'; le l'ouge dans le Ciel est resplen­
dissant et vif, tandis que le rouge dans l'eufel' est affreusement obs­
CUI' et mOl't ; et même le l'ouge du Ciel vivi lie, tanùis que le l'ouge
de l'enfer donne la mort: la raison de cela, c'est ~ue le feu d'où

provient le l'ouge est dans son origine l'AmoUl', le feu céleste vient
de l'amour céleste, elle feu infernal vient de l'amour infel'llal ; c'est
de [à que [e feu dans la Parole signifie l'ArnoUl' dans ['un et l'aulre
sens, ?)oir No' li90ô, 5071, 52l5, 63U, 683:2, 7575, 107li7;
el dans le Trailé DU CIEL ET DE L'ENFER, N°' lM, 566 à 575 ;
c'est pourquoi le rouge qui tire de là son existence signilie la qua­
lilé de j'amour dall~.I'un et l'autre sens: et même le roux ici, ou le
"oux de ce Cheval, dans la Langue Grecque ol'igillale se dit du feu:
d'après ces considérations, el en même temps d'apl'ès la description
de ce Cheval dans ce Vel'set,on voilclail'ement d'où vient que le Che­
val l'aux signilie ['entendement de la Parole entiè~remelll perdu quant
au bien, Que le Cheval signifie quelque chose du sujet, c'est ce qui
est bien évident, en ce que des Chevaux fm'ent vus quand [es sceaux
curent été ourel'Is, et qu'il est dit qu'ils sortirent; car des Chevaux
n'ont pas pu sortir' du Livre, mais ce S011t ces sujets signifiés pal'
IcsChcvaux qui ont été manifestés: que le Cheval signilie ['intel­
lectuel, ct la couleur la qualité de l'intellectuel, c'est ce qui est de­
venu pour moi très"':certain pal' l'expérience; en effet, des esprits
qui médilaient SUI' un sujet d'après l'entendement m'ont parfois
apparu faisant ùes courses SUI' des chevaux, et lorsque je leUl' de­
mandais pourquoi ils avaient fait des cou l'ses à cheval, ils me di­
saient n'en avoir pas fait, mais qu'ils s'étaient tenus plongés doos
des méditations sur un sujet; de là il était évident que la course à
cheval avait été une appal'ence représentant l'opération de leul' en­
tendement : il y a aussi un lieu, qui est appelé l'assemblée des in­
telligents el des sages, où ils mal'chent, cn très-grand nombre,
plongés dans des méditations, et lorsque quelqu'un y vient, il lui ap­
parait ùes chevaux de diverses couleurs, et diversement harnachés,
et aussi des chars, et quelques esprits courant à cheval, el d'autres
tl'alnés dans des chars; eux aussi, quand on leur demande s'ils font
2lllJ L'APOCALYPSl~ EXPLIQUÉE. 1\" 364.

des courses à cheval et s'ils sont ll'alnés dans des chal's, disent
que non, mais qu'ils mal'chent en méditant; par là je vis encOl'e
clairement ce qui est signifié par les chevaux et par les chal's;
mais sur ce sujet, voir de plus grands détails dans l'Opuscule SUl'
LE CHEVAL BLANC : d'apl'ès ces considérations, on peut main­
tenant voil' d'où vient que des Chevaux apparurent à Jean quand
le3 sceaux du Livl'e furent ouverts, et aussi ce qu'ils signifient:
si des Chevaux lui apparurent, c'est pal'ce que tons les spirituels
de la Parole dans le sens de sa lettre sont présentés par des choses
qui correspondent ou qui l'epl'ésentent, et par suite signifient; et
cela, pOUl' que le Divin y soit dans les derniers, et pal' conséquent
plein, ainsi qu'il a déjà été dit quelquefois. Que le roux ou le rouge
signifie la qualité de la chose quant au bien, on penl aussi le voir
pal' les passages suivants dans la Pal'ole; doos Moïse: « Il lalJe
dans le vin son vêtement, et dans le sang des misills son man­
teau : "ouge d'yeux par le vin, et blanc de dents par le lait. Il
- Gen. XLIX. 11, 12; - ces pal'oles sonl du Pl'ophétique d'Is­
raël, le pèl'e, sur Jehudab, et là par Jehudah est entendu le Sei­
gneur quant au hien de l'amour, et dans le sens l'espectif le Royaume
céleste du Seigneur; quant à ce qui est signifié pal' chacune de ces
paroles dans le sens spirituel, on le \'oit dans les ARCANES CÉLESTES,
où elles ont été expliquées; la Divine sagesse qui procède du Divin
Bien est signifiée pal' (1 rouge d'yeux par le vin, )l et la Di\'ine
intelligence qui procède du Divin Vrai est signifiée pal' I( blanc de
denls pal' le lait. Il Dans les Lamentations: « Éclatants étaient ses
iVaziréens plus que la neige, blaTlcs "l,s étaient plus que le lait,
rougissants étaient lew's os plus que des perles. Il -IV. 7;­
par les Naziréens était repl'égenlé le Seigneur quant au Divin Hu­
main, voir ci-dessus, No' 66, 196 f. ; c'est aussi pour cela que pal'
eux, dans le sens respectif, était signifié le bien de l'amour céleste,
parce que ce bien procède immédiatement du Divin Humain du Sei­
gneur; son l'epl'ésentalif dans l'Église est ainsi décrit; le vrai de ce
bien est signifié par « éclatants ils étaienl plus Que la neige, et blancs
plus que le lait, elle bien du vrai est signifié par rougissants étaient
1) (1

leurs os plus que des perles; en effet, les os signifient les vrais dans
1)

leul' dernier, ainsi les vl'ais dans tout le complexe, car dans les der­
niers ils sont lous en même temps et pleinement; que ces 'nais
"ers. U. CHAPITRE SIXl~ME. 2lt5
viennent du bien et soient aussi des biens, c'est ce qui est signifié
pal' Il robgissants ils étaient Il Dans Zacharie: l( Je vis quatre
chars qui sortaient d'entre des montagnes d'airain; au pre­
miel' char des chevau:x roux, au second cltm' des chevaux
noirs, au troisième des chevaux blancs, et au quatl'ième des
chevaux tachetés, des robustes. )) - VI. 1, 2; - ici aussi pal'
les chevaux l'OU X il est signilié la qualité de l'entendement quant au
bien dans le commencement, par les chevaux noil's la qualité de
l'entendement quant au vl'ai dans le commencement, pal' les che­
vaux hlancs la qualité de l'entendement quant au vrai dans la suite,
pal' les chevaux tachetés la qualité de l'entendement quant au vrai et
au bien dans la suite, et pal' les r~9ustes sa qualité par suite quant
à la puissance de résiste" aux faux et aux maux; voir ci-dessus,
N° 355, où il a été traité de la signification du cheval. Une chose
presque semblable est entendue dans le Même pal' (1 Le Cheval,'oux
sur lequel che/laucltait un homme qui se tenait parmi des
myrtes. )) - 1. 8, - Comme le rouge ou le roux signifie la qua­
lité de la chose quant au bien, c'est pour cela que CI pour COUVf.r­
ture sur la tente il y avait des peaux de bélier:> l'OUX'. Il ­
Exod. XXV. 5. XXVI. H. XXXV. 7. - Et c'est aussi pOUl'
cela que Il l'eau de séparation, par laquelle on était purifié,
était composée avec la cendre d'une vache rousse. Il - Nomb.
XIX. 1. à 1.0; - pal' la vache rousse est signifié le hien de l'homme
natmel, et (lai' l'eau de séparation composée avec sa cendre est si­
gnifié le vrai de l'homme naturel; et comme t()ute purification se
fait pal' les vrais, voilà pourquoi cela a été ordonné; chacune des
choses qui concernent l'immolation de la vache, et la préparation de
l'eau pOUl' la purification, enveloppe aussi des spirituels. Comme le
!longe signifie la qualité de la chose quant au bien, c'est aussi pOUl'
cela que les Noms et les Choses, qui sont exprim6s d'après ce même
mot dans la Langue Originale, signifient le bien ex qU() (d'où vient
l'ol'igine;) le Rouge dans la Langue Originale est appelé ADAM; de
là vient le nom d'Adam, et de là aussi le nom d'Édom; el par suite
aussi l'Homme a été appelé Aùam, l'Humus Aliama, et le Ruhis
Odam, ainsi ces noms et ces choses viennent du rouge: pal' Adam
est signifioo l'ltglise Tl'ès-Anciennc, c"est-à-lIil'e, l'Église qui a été
dans le hicn de l'amollI'; pal'eille chose esl signifiée pal' !'HlHllme, et
2h6 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 36li,

pal'eille chose par l'Humus dans le sens spirituel, lorsqu'il s'agit du


bien céleste; qu'Édom ait tiré son nom du 'rouge, on le voit dans
la Genèse, XXV. 30; et de là, par lui est signifié le vrai du bien
de l'homme naturel; que le Rubis tire aussi son nom du l'ouge,
on le voit, Exod. XXVIII. 17. XXXIX. 10. Ézéch. XXVIII.
13; de là vient que par le Rubis est signifié le Vrai du bien céleste,
Qu'Adam signifie l'Église Très-Ancienne, c'est-à-dire, l'Église
céleste ou l'Église qui était dans le bien de l'amour envers le Sei­
gneur, on le voit N°' h78, h79; puis aussi, que l'Homme signifie
l'Église quant au bien, N°s h287, 7 h2h, 7523; que l'Humus si­
gnifie aussi la même chose, N°s 566, 10070 ; qu'Édom, parce qu'il
tire son nom du rouge, signifi~l~ Vrai du bien de l'homme naturel;
N°' 3300, 3322; et que le Rubis signifie le Vrai du bien céleste,
N° 9865. Comme le Rouge signifie la qualité de la chose quant au
bien, c'est pour cela que dans le sens opposé il signifie la qualité de
la chose quant au mal qui est l'opposé du bien, et pal' conséquent
le bien entièl'ement perdu; le rouge est dit dans ce sens dans les
passages suivants; dans Ésaïe: (( Quand seraient vos péchés
comme l'éCaI'late, comme la neige ils deviendront blancs;
quand rouges ils seraient comme la pow'pre, comme la laine
ils seront. Il - I. 18; - et dans Nahum: « Le bouclier de ses
(hommes) (orts a été ,'ougi, les hommes de valeur ont été em­
pourp"és; en un {eu de. {lambeaux ses chars; dans les rues
s'agitaient tumultueusement les chars, ils couraient çà et là
dans les places; leur aspect (était) comme les torches. li - II.
!J, 5. - Dans ce sens aussi le Dragon est dit roux, - Apoc.
XII. 3, - il en sel'a parlé dans la suite.
365. Et cl celui qui était monté dessus il lui (ut donné
d'enlever la paix de dessus la terre, signifie la Par'ole par
suite non comprise, de là les dissidences dans l'Église: on le
voit par la signilication de celui qui était monté sur le Cheval
roux, cn ce que c'est la Pal'ole non comprise quant au bien, car par
celui qui était monté SUI' le che\'al il est signifié la Parole, comme
ci-dessus, N°s 355, 356; par le cheval, l'entendement de la Parole,
N° 355; et par le cheval l'OUX, l'entendement entièrement perdu
quant au hien, N° 3ô!J; celui qui était monté sur le chevall'oux
signifie donc la Parole pal' suite non comprise; pal' la signification
D

Ve1'5. li, CHAPiTRE SIXIÈME. 24ï


" d'enlever la paix, en ce que c'est « de là les dissidences, Il ainsi
qu'il va êtl'e e,xpliqué; et pal' la signification de la terre, en ce
qu'elle est l'Église; que la tel'I'e signifie l'Église, on le voit ci-dessus,
N°' 29, 304, Avant d'expliquer ce que signifie la Paix, il sera dit
quelque chose sur' ce que, quand l'entendement de la Parole a été
entièl'ement perdu, il s'élève des dissidences dans l'Église: Pal' le
bien il est entendu le bien de l'amour envers le Seigneul' et le bien
de l'amour à l'égard du prochain, puisque tout bien apPul'tient à
l'amoul'; quand ctlS biens ne sont pas chez l'homme de l'Église, la
Parole n'est point comprise; car c'est par le bien 'qu'il y a conjonc­
tion du Seigneul' et conjonction du Ciel avec l'homme de l'Église;
si donc le bien n'est pas chez lui, il ne peut y avoir aucune illustra­
tion, cal' toute illustration, quand la Pal'ole est lue, \'ient du Sei­
gneul' par le Ciel; et quand il n'y a aucune illustl'alion, les vrais
qui sont dans la Parole sont dans l'obscur, de là les dissidences :
que la Pal'ole ne soit pas comprise si l'homme n'est pas dans le bien,
on peut aussi le voir en ce que, dans chaque chose de la Parole il y
~ a le mariage céleste, c'est-ù-dil'e, la conjonction du bien et du vl'ai ;
si donc le bien n'est pas pl'ésent quand l'homme lit la Parole, le
vl'ai ne se montre pas non plus, car' le l'rai se montre d'après le
bien, et le bien se montl'e pal' les vrais; que dans chaque chose de la
Parole il y ait la conjonction du bien ct du vrai, on le l'oit ci-dessus,
N°' 238 f, 288. En effet, ainsi se passe la chose: Autant l'homme
cst dans le bien, autant le Seigneur influe, et donne l'affection du
l'rai et par suite l'entendement; cal' le mental intél'ieur humain
a été entièl'ement fOl'mé à l'image du Ciel, et tout le Ciel a été formé
selon les affections du bien el du vrai d'après le bien, c'est poul'quoi
si le bien n'est pas chez l'homme, ce mental ne peut pas ètl'e ou­
vert, ni à plus forte raison être fOl'mé pOUl' le Ciel; il est formé pal'
la conjonction du bien et du vl'ai : de là, on peut enCOl'e voir que si
l'homme n'est pas dans le bieu, les \'l'ais n'onl pas UII humus dans
lequel ils soient l'eçus, ni une chaleul' f1'après laquelle ils cl'oissent ;
Cil erret, chéz l'homme qui est dans le bien, lcs vrais sont comme
des semences dans l'humus à la saison du printemps, tandis que
cltel. l'homme qui u'est pas dans le bien, les vrais sont comme des
semences dans un humus resserré pal' la gelée au temps de l'hivCl',
quand iluc croit ni herbe, ni (leur ni al'ùl'c, ni à plus forte raison du
1
248 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 365.

fruit. Dans la Parole sont tous les vrais du Ciel et de l'Église, et


même tous les arcanes de sagesse que possèdent les Anges du Ciel;
mais pel'sonne ne les voit, il moins d'être dans le bien de l'amour
env.ers le Seigneur et dans le bien de l'amoUl' à l'égard du prochain;
ceux qui n'y sont point voient çà et là des vrais, mais Us ne les
comprennent point; ils ont de ces vl'ais une perception et une idée
tout autl'e que celle qui est réellement dans les vrais eux-mêmes,
d'où il résulte que quoiqu'ils voient les vrais ou les connaissent,
néanmoins les vrais ne sonl point des vrais chez eux, mais ce sont
des faux; cal' les vrais sont des vrais non d'après leur son ni d'après
la manière de les exprimer, mais d'après t'idée et la perception
qu'on en a; il en est autrement quand les vrais ont été implantés
dans le bien, alors les vrais se montrent dans leur forme, car le vrai
est la forme du bien. D'après cela on peut conclure quel est l'enten­
dement de la Parole chez ceux qui font la foi seule le moyen unique
de salut, et rejettent derrière leur dos le bien de la vie ou le bien
de la charité; il m'a été découvert que ceux qui se sont confirmés
en cela, tant pal' la doctrine que pal' la vie, n'ont pas même une
seule idée juste du vrai; c'est aussi pour cela qu'ils ne savent pas
non plus ce que c'est que le bien, ni ce que c'est que la charité et
l'amOlli', ni ce que c'est que le prochain, ni ce que c'est que le ciel
et l'enfer, ni qu'ils vivent après la mort comme hommes, ni même
ce que c'est qué la régénération, ni ce que c'est que le baptême, et
beaucoup d'autres choses; bien plus, ils sont dans un tel aveugle­
ment SUI' Dieu même, qu'ils adorent trois dieux dans la pensée, et
non un seul si ce n'est de houche seulement, et qu'ils ne savent pas
que le Père du Seigneur est le Divin en Lui, et que l'Esprit Saint
est le Divin procédant de Lui. Ces choses ont été dites, afin qu'on
sache que là où il n'y a pas le bien, l'entendement de la Parole est
nul. S'il est dit ici: « A celui qGi était monté SUl' le Cheval roux il
lui fut donné d'enlever la paix de dessus la terre, » c'est parce que
la Paix signifie le pacifique du mental (mens) et la tranquillité du
mental (animus) d'après la conjonction du bien et du vrai; de là
«( enlever la paix,» signifie le non-pacifique et la non-tranquillité d'a­
près la disjonction du bien et du vrai, d'où résultent des dissidences
intestines; en elfet, 100;sque le bien a été séparé du vrai, à la place
du bien succède le mal, et le mal n'aime pas le vrai, mais il aime
Vers, 4, CHAPITRE SIXIÈME. 2M)

le faux, car tout faux appartient au mal, comme tout vrai appal'-
tient au bien; lors donc qu'un tel homme voit le ~rai dans la Parole,
ou entend le vrai prononcé par un autre, le mal qui appartient à son
amour et pal' suite à sa volonté fait des efforts contre ce vrai, et
nlOl's ou il le rejette, ou il le pervertit, ou pal' les idées qui provien-
nent du mal il l'obscurcit tellement, qu'enfin lui-même ne voit rien
du Hai dans le vrai, de quelque manièl'e que ce vrai retentisse comme
vl'ai quand il est prononcé; de la l'ol'igine de toutes les dissensions,
de toutes les controverses et de toutes les hérésies dans l'Église:
d'apl'ès ces exp1icaLions, on peut voir ce qui est signifié ici par enle-
ver la paix de· dessus la tene, Quant a ce que c'est que la Paix dans
sa pl'emière ol'igine, cela a été montré fOl't au long dans le Traité
DU CIEL ET DE t'ENFER, à l'Article de l'état de paix daus le Ciel,
No' 28!J à 290; a savoil" que dans sa premièl'e origine elle est d'a-'
près le Seigneur, en Lui d'après l'union du Divin-Même et du Divin
Humain, et pal' 'Lui d'après Sa conjonction avec le Ciel et l'Église,
et en particulier d'apl'ès la conjonction du bien et du vrai chez cha-
cun; de là vient que pal' la Paix dans le sens suprême il est signifié
le Seigneur, dans lesens respectif le Ciel etl'ltglise dans le commun,
et aussi le Ciel et l'Église dans le particulier chez chacun: que ce
soit là ce qui est signifié par la Paix dans la Parole, on peut le voir
pal' un grand nombre de passages de la Parole, dont je vais rap-
portel'les suivants pour confirmation; dans Jean: (1 Jésus dit: Paix
je vous laisse, ma paix je vous donne, non comme le monde
donne, Moi je vous donne; que ne se trouble point votre cœur,
et qu'il ne s'intimide point. Il - XIV. 27; - là, il s'agit de
l'union du SeigneUl' avec le Père, c'est-a-dire, de l'union de son
Divin Humain avec le Divin Même qni était en Lui pal' la r.oncep-
Lion, et pal' conséquent de la conjonction dn Seigneur avec ceUx qui
sont dans les vrais d'après le hien ; de là par la paix est entendue la
tranquillité du mental en raison de celte conjonction, et comme pal'
elle ils sont en so.r·eté contl'e les maux eL les faux qui pl'oviennent
de l'enfer, car le Seigneur tient en sOrelé ceux qui ont été conjoints
avec Lui, c'est poUl' cela qu'II dit, «( que ne sc trouble point votre
cœur, et qu'il ne s'intimide point; Il cette Divine Paix est dans
l'homme, et comme le Ciel est avec elle, la aussi par la paix il est
entendu le Ciel, et dans le sens suprême le Seigneul'; an contrail'e,
'250 L>~pO(nLYPSE EXPLIQUÉE, N"365,

la paix du monde vient des succès qu'on y obtient, par conséquent de


la conjonction avec le monde, et comme cette paix est seulement ex­
terne, et qu'en elle il n'y a pas le Seigneur ni par conséquent le Ciel,
elle pél'it avec la vie de l'homme dans le monde et est changée en une
non-paix, c'est pourquoi le Seigneur dit, (1 ma paix je vous donne,
non comme le monde donne, Moi je vous donne: Il Dans le Mème:
« Jésus dit: Ces choses je vous ai énoncé, afin qu'en !Ifoi paix
t'Ous ayez; dans le monde vous avez de l'affliction; mais ayez
confiance, Aloi j' ai vaincu le monde. XVI. 33; -là aussi
J) -

pal' la paix il est entendu un plaisir' interne d:apl'~ la conjonction


avec le SeigneUI', de là le Ciel et la joie éternelle; la paix, dans ce
passage, est opposée à l'atlliction, parce que pal' l'affliction est si­
gnifiée ['infestation par les maux et les faux, laquelle est chez ceux
qui sont dans la paix Divine tant qu'ils sont dans le monde, car la
chair, qu'ils pOltent a\ol's aUloUI' d'eux, désire ardemment les choses
qui sont du monde, de là l'affliction; c'est pour cela que le Seigneul'
dit, « afin qu'en Moi paix vous ayez; dans le ruonde vous avez de
l'allliction; )) et comme le Seigneul' quant à son Humain s'est ac­
quis la puissance sur les enfers, pal' conséquent sur les maux et les
faux qui de là s'élèvent chez chacun dans la chair et l'infestent, c'est
pour cela qu'il dit, « ayez confiance, Moi j'ai vaincu le monde, l)
Dans Luc: « Jésus .dit aux 1i00'xante-dix qu'il avait envoyés
det'allt Lui: Danli quelque maison que vous entriez, d'abord
dites: Pai:c il cette maison; et s'il y a là un fils de paix, sur
lui reposera votre paix, mais si non, SUI' vous elle retournera. ))
- X. 5, (3 ; - et dans Matthieu: « En entrant dans la maison,
saluez-la; et Iii la maison est digne, votre paix m"endra sur
elle; mais si elle n'est pas digne, vôtre paix retournera il
vous; et quiconque ne vous aura pas reçus, et n'aura pas écouté
vos paroles, en sortant de cette maison ou de celte ville-là,
liecouez la poussière de vos pied:;. 1) - X. 12,13, HI ; - qu'ils
devaient dil'e paix à la maison, cela signifie pour connaître si ceux
qui étaient là l'ccevraient le Seigneur; ils annonçaient comme bonne
nouvelle le Seigneur, et pal' suite le Ciel, la joie céleste et la vic
éternelle; cal' toutes ces choses sont signifiées par la paix; ct ceux
qui ont l'CÇU ces choses sont entendus (lar les ms de paix SUI' les­
quel~ la paix reposerait; quc si, au contrail'e, ils ne )'cconllaissaicnt
Vel'S, {~, CHAPITRE SIXIÈME. 251
pas le Seigneur, et par suite ne l'ecevaient pas les choses qui sont
du Seigneur ou qui appartiennenl à la paix, elle leur serait enlevée,
cela est signifié par « si la maison ou la ville n'est pas digne, votre
paix retoUl'nem à vous; Il alol's de peUl' qu'ils ne fussent lésés pal'
les maux et les faux qui sont dans cette maison ou dans cette ville,
il leU!' a été ol'donné de secouel' la poussière de leul's pieds en SOI'­
tant, ce qui signifie afin que ce qui est damné ne s'y attachât pas;
en effet, par la poussièl'e des pieds est signifié ce qui est damné, cal'
chez l'homme le del'niel', qui est le sensuel-naturel, correspond aux
plantes des pieds, et comme le mal s'attache à ce sensuel, c'est pour
cela que chez ceux qui étaient dans ~es représentatifs de l'Église,
co!ume la plupart y étaient dans ce temps-là, on secouait la pous­
sière des pieds, quand les vrais de la doctrine n'étaient pas l'eçus;
en effet, dans le monde spil'ituel, quand un esprit hon vient vel's des
méchants, le mal influe des méchants et le tl'ouhle quelque peu; mais
cela trouble seulement les derniers qui cOITespondent aux plantes
des pieds; ensuite, lorsqu'on se détourne et qu'on s'en va, il semble
qu'on secoue la pous~ièl'e de ses pieds, ce qui est un indice qu'on a
été déliVl'é, et que le mal s'attache à ceux qui sont dans le mal:
que les plantes des pieds cOI'respondent aux naturels infimes, et que
par suite ils les signifient dans la Parole, on le voit N°' 2:1.62, 31l1i,
3761, 3986, !l280, lt938 à li952 ; et que la poussière qu'on doit
secouer signilie ce qui est damné, on le voit N°' 2li9, 7li18, 7522.
Dans Luc: « J é,~us pleura ,çur la viLLe, en disant: Si tu avais
connu, et même en ce jour, les clto,çe,ç qui sont pour ta paix!
mais maintenant cela est caché à tes yeux, Il - XIX, li1, li2;
- ceux qui ne pensent que d'apl'ès le sens de la lettre SUI' ces pa­
roles et SUI' celles qui suivent, cl'oient, parce qu'ils ne voient pas
autre chose, qu'elles ont été dites par le SeigneUl' sur la destruction
de Jérusalem; mais tout ce que le Seigneur a prononcé, venant du
Divin, concernait lion pas ce qui est mondain et tempol'ail'e, mais
ce qui est céleste et étemel; ici donc, comme ailleurs, pal' Jérusalem
SUI' laquelle le Seignem a pleuré jl est signifié l'Église, qui alors
avait été entièrement dévastée, de sOlte qu'il n'y avait plus le vrai
ni par suite le bien, et qu'ainsi les hommes de cette Église devaient
périr pOUl' ('étel'Oité; c'est pour cela qu'li dit, ( si tu avais connu,
et même en ce JOUI', les choses qui sont pOUl' ta paix! Il c'esl-à-dil'e,
252 J:APOCALYPSE EXPLIQUÉE, N° 365.

pour la vie et la félicité élernelle qui viennnent du Seigneur seul;


car pal' la paix, comme il a été dil, il esl entendu le Ciel et la joie
céleste pal' la conjonction avec le Seigneur'. Dans le Méme : (1 Za­
c!zan'e p7'ophétisant dit : L~Orient d'en haut nou,~ a visités,
pour apparaitre il ceux qui étaient assis dans des ténèbres et
une omb7'e de mort, afin de diriger nos pieds dans up. chemin
de paix. Il - J. 78, 79; - il s'agit du Seigneur qui devait venir
dans le monde, et alOl's de l'i\lust,'ation de ceux qui étaient bors de
l'Église et dans l'ignorance du Divin Vrai, pal'ce qu'ils n'avaient
pas la Parole; le Seigneur' est entendu par l'orient d'en haut qui
apparaît; et ceux qui sont hors de l'Église sont entendus pal' ceux
qui étaient assis dans des lénèlwes et une omhre de mOI't; pal' .un
chemin de paix est entendue leur ilIusll'ation dans les Divins 'Hais
pal' la l'éception du Seigneur et pal' la conjonction avec Lui, d'où
résultent le Ciel et la\ félicité étel'llelle; pal' dil;iger nos pieds dans
ce chemin est signifiée l'instruction. Dans le Méme : Il Les disci­
ples louaient Dieu, èn disant: Béni (soit) le Roi qui t,ient au
Nom du Sei,qneu7'! Paix dans le Ciet et gloire dans (es Lieux
très-hauts! li - XIX. 38; - ces paroles ont été dites par les
disciples, quand le Seigneur vinl il Jérusalem, afin d'y unir com­
plètement son Humain à son Divin par la passion de la croix, qui
fUl sa del'nière lentation, et aussi afin de subjuguer entièrement les
enfers; et comme alors tout Divin Bien et tout Divin Vl'ai devait
procédel' du Seigneur les disciples dirent li béni soit le Roi qui
1

vient au Nom du Seigneur, Il ce qui signifiait la reconnaissance, la


glorilication et l'action de gl'àces de ce que ce hien et ce vrai pro­
cédel'aienl de Lui, voir ci-dessus, N° 3!JO ; par «( paix dans le Ciel, Il
et par (( gloire dans les lieux Il'ès-hauts, 1) il est signifié que les choses
qui sont signifiées par la paix viennent de l'union du Divin Même
el du Divin Humain, el sont pal' suite aux Anges et aux hommes
d'ap!'ès la conjonction avec le Seigneur, cal' lorsque les enfers eu­
l'en! été subjugués pal' le Seigneur, il Yeut alors paix dans le Ciel,
el alors le Divin Vrai fut par le Seigneur à ceux qui y élaient, c'est
là la gloire dans les lieux tl'ès-hauts; que la Gloire signifie le Divin
Vrai pl'océdant du Seigneur, on le voit ci-dessus, NOl 33, 288,
3115. Comme la Paix, dans le sens inter'ne de la Pal'ole, signifie le
Seigneur, ct pal' suite le Ciel et la vie élernelle, spécialement le
Vers. 6. CHAPITlΠSIXl~lIm.
253
plaisir du Ciel qui tire SOIl ol'igine de la conjonction avec le Sei­

gneul', c'est pOUl' cela qu'après la \'ésul'l'ection, quand le Seigneur

apparut aux disciples, (t IL leur dit : Paix à vou.~! )) - Luc,

XXIV. 36, 37. Jean, XX. 19,21, 2G.-De plus; dans Morse:
Il Que te bénisse Jéhovah, et qu'il te garde! que (asse luire

Jéhovah ses (aces sur toi, et ait pitié de toi! qu'élcve Jéhovah
.s('s (aces sw' toi, et qu'il mette en toi la paix. Il - Nomb. VI.
26, 25, 26; - le Divin Vrai, d'où procèdent toute intelligence et
toute sagesse et avec lequel influe le Seigneur, est entendu par li que
fasse luire Jéhovah ,ses faces sm' toi; )l et la pl'Oteclion du Divin
"

Vrai contre les faux eSt entendue pal' li qu'il ait pitié de toi; )) le
Divin Bien, d'où procèdent tout amour et toute. charité et avec le­
quel influe le Seigneur, est entendu par Ct qu'élève Jéhovah ses
faces SUI' toi; li et la protection du Divin Bien contre les maux, et
par suite le Ciel et la félicité élemelle, sont entendus par li qu'il
mette en toi la paix, )) car 100'sque les maux et les faux ont été éloi­
gnés et n'infestent plus, le Seigneur influe avec la paix, dans la­
quelle et pal' laquelle il yale Ciel et un plaisir qui remplit de béa­
titude les intél'ieurs du mental, et pal' conséquent la joie céleste;
cette Bénédiction aussi a été expliquée ci-dessus, voir N° 360. La
même chose est signifiée par la Paix, dans David : (( Jéhovah bé­
nira son peuple dans la paix, » - Ps, XXIX. H : - et dans
le Même: (( Qui nous mont rera du bien? É llive sur nous la
lumière de tes (aces, Jéhovah! Tu donnes lajoie dans mon
cœw' au sujet du teJnp.~ où lew' blé et leul' vin doux sont mul­
tipliés; en paix à..ta (ois je me couche et je dors, car Toi,
Jéhovah, 'seul, en sécurité tu me (ais habiter. Il - Ps. IV. 7,
8, 9; - ici est dtCl'ite la Paix dont jouissent ceux qui SOllt en con­
jonction avec le Seigneur par la réception du Divin Bien et du Divin
Vrai procédant de Lui, et il est signifié que c'est dans cette Paix et
par cette Paix qu'existe la joie céleste; le Divin Bien est entendu
par qui nous montrera du bien, )) et le Divin VI'ai pal' Il élè\'e sur
(t

nous la lumière de tes faces; la Lumière des faces du Seigneur


1)

est la Divine Lumièl'e procédant de Lui comme Soleil dans le Ciel


Angélique, lumière qui dans son essence est le Divin" Vrai, comme
on le voit expliqué dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENFER, N°' 126
à HO ; de lit la joie céleste est entendue par li tu donnes la joie dans
2blJ L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" .'3650

le cœul'; Il la multiplication du bien et du vl'ai est entendue pal'


l( leur blé et leur vin doux sont multipliés, Il le blé signifie le bien,
et le vin doux le vrai; comme la paix est dans le bien et le vrai et
provient du bien et du nai, c'est pour cela qu'il est dit (l en paix à
la fois je m,e couche et je dors. car Toi, Jéhovah, seul, en SéCUl'ité
tu me fais habilel'; Il pal' la paix est signifié le plaisil' intel'lle du
Ciel, par la sécllrité le plaisil' externe, par couchel' et dormil', et pal'
habiter, il est signifié vivre. Dans Moïse: (( Si dan,ç mes statuts
vous marchez, et mes préceptes vous observez et les (aites, je
donnerai la paix dans la terre, et en sécurité vous vous cou­
cherez, et personne ne vous épouvantera; et je (erai dispa­
raitre la bête mauvaise hors de la te7're"et l'épée ne passera
point par votre te7're. l l - Lévi!. XXVI. 3, 6; - ici, il est dé­
cl'it d'où procède la paix, c'est-à-dire, d'où procèdent le Ciel et la
joie céleste; la paix, considél'ée en elle-même, n'est ni le Ciel ni la
joie céleste, mais le Ciel et la joie céleste sont dans la paix et vien­
nent de la paix; en effet, la Paix est comme dans le monde l'Au­
\'ore ou le PI'intemps, qui disposent les mentaIs humains à recevoir
par le cœur les plaisil'S et les charmes provenant des choses qui se
présentent de\Oant les yeux, cal' elle donne le plaisÎl' et le charme;
et comme toutes les choses du Ciel et de la joie céleste procèdeut
pareillement de la Paix Divine, de là vient aussi qu'elles sont en­
tendues par la Paix; puisque l'homme a le Ciel en vivant suivant
les pl'éceptes, car c'est pal' là qu'il a conjonction avec le Seigneur,
voilà pourquoi il est dit Il si dans mes statuts vous marchez, et
mes pl'éceptes VOliS observez et les faites, je donnel'3i la paix dans
la tel're; Il pal' « en séCUl'ité vous vous coucherez, et personne ne
vous épouvantera, et je ferai dispal'aHl'e la bête mauvaise hors de
la tene, et l'épée ne passel'a point pal' \'otl'e tel're, Il il est entendu
qu'alors ils ne sel'ont infestés ni par les maux ni par les faux; pal'
la bête mauvaise il est signifié les cupidités mauvaises, et pal' l'épée
les faussetés qui en proviennenl, les unes et les aulI'cs détl'uisent
le bien et le vrai d'où pl'ovient la Paix; et par la terre est signifiée
l'Église; que la bète mauvaise signifie les cupidités mauvaises et la
deslruction du hien pal' elles, on le voit, Nos lJ729, 7102, 9335;
que l'épée signifie les faussetés et la destnlction du vl'ai pal' elles,
on le voit ci-dessus, N° 131 ; et que Iii tcne signifie l'Église, on
Vers. !J. CHAPITRE SlXIÈMft 255
le voit allssi ci-dessus, Nos 29, 30fJ. Celui qui ne s'élève point au­
dessus du sens IiUér-a1 de la Parole ne voiL autre chose, sinon que
celui qui vit selon les statuts et les préceptes ,'ivl'a dans la paix,
c'est-à-dire qu'il n'aura ni ennemis ni advel'sail'es, et qu'ainsi il se
couchera en sécurité; puis aussi, qu'aucune bête mauvaise ne lui
fera de dommage, et qu'il ne pél'il'a point pal' l'épée; mais ce n'est
point là le spiT'Îluel de la Parole; cependant la Parole est spirituelle
dans chaque chose qu'elle contient, et son spirituel est caché dans lé
sens de sa lettre, qui est le sens naturel; le spirituel de ce passage
est ce qui vient d'être expliqué. Dans David: (( Les malheureux
possèderont la l('r~e, et ils se délecteront dans la multitude
de la paix: observe l'intégrité et vois la droiture, car la chose
finale pour un homme (est) la paix. 1) - Ps. XX.XVII. 1'1, 3i;
- ici, par les malheUl'eux sont entendus ceux qui sont dans les
tentations dans le monde; pal' la multitude de la paix dans laquelle
ils se délecteront sont signifiés les plaisil's qui suivent les tentations,
cal' apl'ès les tentations le Seigneur donne des plaisirs d'apl'ès la
conjonction du bien et du Vl'ai alors, et pal' suite d'après la con­
jonction avec le SeigneUl'; par « obsel've l'intégl'ité et vois la droi­
ture, car la chose finale pour un homme est la paix, )l il est entendu
que l'homme jouit du plaisir de la paix d'après la conjonclion du
bien et du vrai; j'intégl'ité qu'on doit observer, se dit, dans la Pa­
l'ole, du bien; et la droiture qu'on doit voir, se dit du vl'ai; la chose
finale, c'est la fin quand il y a paix. Dans le Même: «( Les montagnes
porteront la Paix ail peuple, el les collines (seront) dans la
justice; dans Ses jours fleurira le juste; et beaucoup de paix,
jusque-là qu'il n'y aura pas de lune. Il - Ps. LXXII. 3, 7;
- là, il s'agit de l'avénement du Seigneur et de son Royaume; pat'
les montagnes, qui porteront la paix au peuple, est signifié ('amoul'
enVel's le Seigneur; et pal' les collines, qui sCl'ont dans la justice, est
signifiée la charité à l'égard du prochain; que ce soit là ce qui est
signifié dans la Parole pal' les montagnes (et pal' les collines,) on
le voit, Not 795, M35, 10h38; et cela, parce que ceux qui sont
dans l'amour envers le Seigneur habitent dans le Ciel Sllr des mon­
tagnes, et ceux qui sont dans la charité Il l'égard du prochllin; sur
des collines, N° 10h38, et dans le Traité DU CIEL ET DE L'ENfER,
N° 188; de là il est évideut que par la paix il est cntcndu la joie

/'
250 L' APOCALYPSE EXI)LlQUÉE. ~. 3G5,

céleste qui pl'ovient de la conjonction avec le Seigneur pal' l'amour;


pal' « dans ses jours fleurira le juste, )l est signifié celui qui est dans
le bien de l'amour; par suite il est dit l( ct beaucoup de paix, )l
car la paix ne vient pas d'autre part que du Seigneur, et de sa con-
jonction avec ceux qui sont dans le bien de l'amour, ainsi qu'il a
été dit ci-dessus; il est dit (( jusque là qu'il n'y aura pas de lune, Il
ce qui signifLe que le vrai ne sCl'a point séparé du bien, mais qu'ils
seront conjoinls de manière à n'être qu'un, c'est-à-dire, de manièl'e
que le vrai soit aussi le bien, cal' tout vrai appartient au bien parce
qu'il procède du bien, et que par suite dans son essence il est le bien;
lei est le vrai chez ceux qui sont dans le bien de l'amour envers le
Seigneur pal' le Seigneur, lesquels ici sont entendus pal' le juste:
que le soleil signifie le bien de l'amour, et la lune le Hai qui en
pl'ocMe, on le voit NO! 1521 à 1531, 2h95, ft060, !t696, 7083.
DansÉsaïe : Il Un Enfant nous est né, un Fils nous a été donné,
sur son épaule (sCl'a) la principauté; on appellera son Nom,
Admimble, Conseiller, Dieu, Héros, Père d'éternité, Prince
de paix: il sa multiplication de principauté et de paix il n'y
aura point de (in, Il - IX. 5, 6; - ces pa 1'0 les concernent l'a-
vénement du Seigneur, il est dit de cet avénement que Il un Enfant
nous est né et un Fils nous a été donné, parce que dans la Parole
1)

pal' un enfant est signifié le bien, ici le Divin Bien, et que par un
fils est signifié le vrai, ici le Divin Vrai; il est dit ainsi, à cause du
mariage du bien et du vrai, qui est dans chacune des choses de la
Parole; et comme le Divin Bien et le Divin Vrai pl'ocèdent du Sei-
gneul', c'est pOUl' cela qu'il est appelé Prince de paix, et qu'il est
dit qu'à sa multiplication de principauté et de paix il n'y aura point
de fin; principauté se dit du Divin Vl'ai, et paix se dit du Divin
Bien conjoint au Divin Vrai; de là il est appelé Pl'ince de paix: que
le pl'ince se dise des Vrais, et qu'il signifie le principal vrai, on le
voit N°' lh82, 2089, 504!l et ci-dessus, N° 29; et que la paix se
dise de la conjonction du bien et du vrai, on le voit ci-dessus dans
cet Al'licle. Mais comme la paix est nommée dans un grand nombre
de passages de la Parole, et que l'explication doit être appliquée à
la chose dont elle se dit ou au sujet dont elle est l'attribut, et que
par suite il semble que sa signification soit dilfél'ente, je vais pOlir
cela même montl'el' sommairement ce que signifie la Paix, afin que
Vers. li. CHAPITIŒ SIXIÈME. 257
le mental ne soit point eOll'aIné en diveI'ses idées sm' ce point CI La
Il Paix est une béatitude du cœul' et de l'âme, qui lire son origine
Il de la conjonction du Seigneur avec le Ciel et avec l'Église, con­

Il jonction procédant de celle du bien et du Vl'ai chez ceux qui y sont,

Il d'où il résulte qu'il n'y a plus de combat du mal et du faux contre

Il le bien et le vrai, ou bien, plus de dissidence ou de guerre dans I~

l) sens spirituel; de là la Paix dans laquelle se fait toule fl'Uclifica­

l) tion du bien et toute multiplication du vrai, par conséquent toute

Il sagesse et toute intelligence: et comme cette Paix existe pal' le

Il Seigneur' Seul, et procède de Lui chez les Anges dans le Ciel et

Il chez les hommes dans l'Église, c'est pOUl' cela que par la Paix

l) dans le sens suprême il est entendu le Seigneur, et dans le sens

Il l'espectif le Ciel et l'Êglise, pal' conséquent le bien conjoint au vrai

Il chez ceux qui y sont. Il Pal' là on peut avoir une idée de la signi­

lication de la Paix dans les passages suivants; dans David: l( Re­


tù'e-toi du mal, et (ais le bien; cherche la Paix, et poursuis­
la, Il - PSt XXXI V. 15; - la paix, ce sont toutes les choses qui
appartiennent au Ciel et à l'Église, d'où pl'ovienlla félicité de la vie
éternelle; et comme elle n'est que chez ceux qui sont dans le bien,
c'est pour cela qu'il est dilllretil'e-toi du mal, et fais le bien; cherche
la paix, et poursuis-la. l) Dans le Même: Il Btaucoup de paix pour
ceux qui aiment ta loi, et point pour eux d'achoppement ;j'ai
attendu ton salut, JéllOl:ah! et tes préceptes j'ai (ait. Il ­
PSt CXIX. 165, 166; - la paix, c'est la béatitude, la félicilé et
le plaisir célestes; et comme ils ne sont donnés que chez ceux qui
aiment faire les préceptes du Seigneur, voilà poul'quoi il est dit:
II beaucoup de paix pour ceux qui aiment ta loi; j'ai attendu ton

salut, Jéhovah! et tes préceptes j'ai fait, Il le salut, c'est la vie éter­
nelle; Il point pOUl' eux d'achoppement Il signifie que pour eux il
n'y a point d'infestation par les maux et les faux. Dans Ésaïe: « J é­
hovah! dispose la pai,7: pow' nous; car tOlites nos œUV1'es. tu
(les) as opérées pour nous. 1) - XXVl. 12; - comme la paix
vient de Jéhovah seul, c'cst-à-dil'e, du Seigneul' seul, et lorsqu'on
fait le bien d'apres Lui, c'est pour cela qu'il est dit: « Jéhovah!
dispose la paix pOUl' nous; cal' toutes nos œuvres, tu les as opérées
pOUl' nous, Il Dans le Même: (( Les Anges de paix pleurenl,amè­
l'('I/Ienl; dévaslés Ollt été les sentiers",plus de passants par le
II, 17.
258 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 365.

chemin. 1) - XXXlII, 7, 8; - comme la paix vient du Sei­


gneur et est par Lui dans le Ciel, c'est pour cela que là les Anges
sont appelés Anges de paix; et comme il n'y a aucune paix
pOUl' ceux qui, sur la terre, sont dans les maux et pal' suite dans
les faux, c'est pOUl' cela qu'il est dit qu'ils pleurent amèrement,
parce que les sentiers ont été dévastés, et qu'il n'y a plus de pas­
sants par le chemin; les sentiers et le chemin signifient les biens de
la vie et les vrais de la foi, c'est poUI'quoi les sentiel's dévastés si­
gnifient qu'il n'y a plus de biens de la vie, et que (1 plus de passants
par le chemin 1) signifie qu'il n'y a plus de vrais de la foi. Dans le
Même: Oh! si tu eusses écouté mes préceptes! et elle aurait
(1

été comme le fleuve, ta paix, et tajustice comme les flots de


la mer: point de paix, dit Jéhovah, pour les impies. ) ­
XLVIII. 18, 22; - comme la paix est à ceux qui vivent selon les
préceptes du Seigneur, et non à ceux qui n'y conforment pas leur
vie, c'est pour cela qu'il esl dit, Il oh! si tu eusses écouté mes pré­
ceptes! et elle aurai,t été comme le fleuve, ta paix; poinl de paix
pour les impies; la paix comme le fleuve signifie dans l'abondance;
1)

la juslice comme les flots de la mel' signifie la fl'uotification du bien


pal' les vrais; la justice dans la Parole se dit du bien, et la mer se
dit des vrais. Dans le Même : Il Les montagnes se retire1:ont et
les collines seront 'déplacées, mais ma miséricorde d'avec toi
ne se retirera point; ['alliance de ma paix ne sera point dé­
placée. T Ol/S tes {ils seront enseignés de Jéhovah, et abondante
(sera) la paix de tes {ils. Il - UV. 10, 13; -là, il s'agit du
nouveau Ciel el de la nouvelle Église; pal' «( les montagnes se reLi­
rel'ont et les collines seront déplacées; 1) il est entendu que le Ciel
précédent et l'Église pl'écédente périront; pal' « ma ~iséricorde .
d'avec toi ne se retirera poinl, el l'alliance de ma paix ne sera point
déplacée, il est signifié que ceux qui sont dans le nouveau Ciel et
1)

dans la nouvelle Église seront dans le bien par le Seigneur, et qu'ils


auront la joie céleste pour l'étel'Dité par la conjonction avec le Sei­
gneur; la misél'icorde signifie le bien pal' le Seigneur. et l'alliance
de la paix signifie la joie céleste d'après la conjonction avec le Sei­
gueul', l'alliance eslla conjonction; par les fils qui seront enseignés
de Jéhovah, et qui auront une paix abondante, il tst entendu que
ceux qui, dans le Nouveau Ciel et dans la Nouvelle Église, sel'ont
Vers. 4. CHAPITRE SIXIÈME. 259
par le Seigneur dans les vl'ais d'après le bien, aUl'ont la béatitude
et la félicité éternelles; par les fils dans la Parole sont signifiés ceux
qui sont dans les vrais d'après le bien; par cela qu'ils sont ensei-
gnés de Jéhovah, il est signifié qu'ils 80nt par le Seigneur dans les
vrais d'après le \lien, et par la paix abondante il est signifié la béa-
titude et la félicité éternelles. Dans Ézéchiel; (1 David sera leur
prince pour l'éternité; et je contracterai avec eux une alliance
de paix; une alliance d'éternité il y aura avec eux, et je les
donnerai, et je les multiplierai, et je placerai mon Sanctuaire
au milieu d'eux pour l'éternité. l)- XXXVII. 25, 26; -là,
il s'agit du Seigneur, et de la création du Nouveau Ciel et de la
Nouvclle Église par Lui; par David, qui sera leur prince pOlir l'é-
ternité, il cst entendu le Seigneur; par contracter avec eux une
alliance de paix, il est signifié la joie céleste et la vic .éternelle pour
ceux qui ont été conjoints au Seigneur, l'alliance de paix est ici,
comme ci-dessus, la joie céleste et la vie éternelle d'après ta con-
jonction avec le Seigneur; la fruotification du bien, et la multiplica-
lion du vrai qui en résulte, sont signifiées pal' (1 je les donnerai et
je les multiplierai; 1) et comme de là proviennent le Ciel et l'Église,
il est ajouté, (1 et je placerai mon Sanctuaire au milieu d'eux pour
l'éternité, II le SanctuaiI;,e est le Ciel et l'Église. Dans Malachie:
Cl Afin qu'il soit, (ce précepte), mon alliance avec Lévi; mon al-

liance avec lui a été celle de la vie et de la paix; la loi de vérité


a été dans sa bouche, et la perversité n'a point été trouvée
dans ses lèvres; dans la paix et dans la droiture il a marché
avec Moi. 1) - II. ft, 5, 6; - par Lévi sont signifiés tous ceux
qui sont dans le bien de la Charité à l'égard du prochain, et dans le
sens suprême le Seigneur Lui-Même, parce que du Seigneur pro-
cède ce bien, ici le Seigneur Lui-Même; l'alliance de la \lie et de
la paix signifie l'union de son Divin Même avec son Divin Humain,
union d'où procèdent toute vie et toute paix; la loi de vérité a été
dans sa hauche, et la perversité n'a point été trouvée dans ses lèvres,
signifie que le Divin Vrai procède du Seigneur; dans la paix et dans
la droiture il a marché avec Moi, signifie l'union même qui a été
faite dans le monde; que dans la Parole par Lévi soit signifié l'a-
mour spirituel ou la chal'ité, on le voit, N°' h697, ft5û2, ft5û3 : et
que par loi dans le sens suprême il soit entendu le Seigneur? on le
260 L>APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N"365.

voit, N°s 3875, 3877. Dans Ézéchiel: Il Alors je conlracterai


avec eux une alliance de paix, et je ferai disparaître la bête
mauvaise hors de la terre, afin qu'ils habitent dans le désert
en sécurité, el qu'ils dormenl dans les (orêts : alors l'arbre
du champ donnera son fruit, et la lerre donnera son produit,
quand j'uurai brisé les courroies de lew' joug, et que je les
aurai déliVl'é,5 de la main de ceux qui les asservissent. 1) ­
XXXIV. 25, 2ï; -là aussi, il s'agit de l'avénement du Seigneur,
et de l'instauration de la nouvelle Église par Lui; la conjonction de
ceux qui sont de l'Église avec le Seigneur, est signifiée par l'alliance
de paix qu'alors il contractera avec eux; par suite la protection et
la sécurité contl'e les maux et les faux, sont signifiées pal' u je ferai
disparatlre la bête mauvaise hors de la tel'l'e, afin qu'ils hahitent
dans le désert en sécurité, et qu'ils dorment dans les forêts;) la bête
mauvaise signifie les maux de tout gent'e, le déselt où ils habiteront
en sécurité signifie que les cupidités du mal ne les infesteront point,
et les forêts dans lesquelles ils dormiront signifient que les faux qui
proviennent des cupidités ne les infesteront point non plus; la fruc­
tification du bien pal' les vrais, etla'multiplication du vrai d'après le
bien, sont signifiées pal' (( alors l'arbre du champ donnera son fruit,
et la terre donnera son produit,» l'arbre du champ signifie les con­
naissances du vrai, le fruit signifie le bien qui en provient, la terre
signifie l'Église quant au hien, par conséquent aussi le bien de l'É­
glise, et le produit de la terre signifie par suite la multiplication du
vrai; pal' u quand j'aurai brisé les courroies de leul' joug, et que je
les aUI'ai délivl'és de la main de ceux qui les asservissent, » il est
signifié que ces choses leUt' arriveront après que le Seigneur aura
éloigné les maux et les faux qui sont en eux; les courroies du joug
sont les plaisirs du mal d'apl'ès l'amour de soi et du monde, qui les
tiennent enchatnés, et ceux qui les asservissent sont les faux, parce
que les faux font qu'ils sont esclaves de ces maux. Dans Zacharie:
u La semence de paix ils seront, le cep dOT/nera son (ruit, et
la terre donnera son produit, el les cieux donneronl leur ro­
sée .' prononcez la 'Vérité, l'homme avec son compagnon; vé­
rité et jugement de paix jugez dans vos POl'tes; aimez seule­
ment la vérité et la paix. )l - VIII. '12,16,19; - sont appelés
semence de paix ceux chez qui il y a conjonction du bien et du vrai,
Vers, 4, CHAPITRE SIXIÈME. 261
et comme ceux-ci sont entendus pal' la semence de paix, c'est pour
cela qu'il est dit que Je cep donnera SOli fruit, et la terre son produit;
par « le cep donnel'a son fI'uit, Il il est signifié que le vrai produira
le bien, et par (1 la tene donnera son pl'oduit, Il il est signifié que le
bien produira des vrais, car le cep signifie l'Église quant aux vrais
ou les vrais de l'Église, et la terre signifie l'Église quant au bien
ou le bien de l'Église, et le produit signifie la pl'oduction du vrai;
par « les cieux donneront leur r8sée, il est signifié la fructification
1)

du hien et la multirlicat.ion du vrai; [a conjonction du ,'rai et du


bien 'est ultérieurement décrite pal' li prononcez la vérité, l'homme
avec son compagnon; vél'Îté et jugement de paix jugez dans vos
pOI'tes; aimez seulement la vérité et [a paix; )1 par [a vérité est si­
gnifié le vrai; par un jugement de paix, et par la paix, est signifiée
la conjonction du vrai avec le bien. Dans David: (1 Jéhovah par­
lem de paix à son peuple et à ses saints, afin qu'ils ne retour­
nent point à la (olie : la miséricorde et la justire se rencon­
treront, la justice et la paix se baiseront. )1 - LXXXV. 9,
1.1 ; - Jéhovah parlera de paix à son peuple et à ses sa'ints, signifie
qu'il enseignera et donnera la conjonction avec Lui par la conjonc­
tion du bien et du vrai chez eux; par la paix est signifiée l'une et
l'autre conjonction, pal' le peuple sont signifiés ceux qui sont dans
les vrais d'apl'ès le bien, et par les saints ceux qui sont dans le bien
pal' les vrais; par li afin qu'ils ne l'etournent point à la folie, il 1)

est signifié qu'ensuite le mal d'apl'ès le faux et le faux d'après le


mal ne sont poinl. chez eux; l'une et l'autre conjonction est ulté­
rieUl'ement décrite par li la misél'icorde et la justice se rencontre­
ront, la justice et la paix se baiseront; la misél'icorde y signifie
)1

l'éloignement des faux, de là pour eut les vrais, et la justice l'éloi­


gnement des maux, de là pOUl' eux les biens; d'après cela on voit
clairement ce qui est signifié pal' « la justice et la paix se baiseront. Il
Dans Ésaie : Qu'ils sont agréables sur les montagnes les pieds
(1

du messager de bonne nouvelle, qui (ait entendre la paix, qui


apporte la bonne nouvelle du bien, qui (ait entendre le salut,
qui a dit à Sion: Il regne, ton Roi! Il - LII. 7; - ces pal'oles
sont dites du SeigneUI" et pal' la Paix il y est signifié le Seigneur
Lui-Même, et par suite le Ciel pour ceux qui ont été conjoints à
Lui; apporter la honne nouvelle signifie pl'édire ces choses; et comme
262 L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N" 365.

cette conjonction se fait par l'amour, c'est pour cela qu'il est dit
Il apportel'Ia bonne nouvelle sur les montagnes, et dil'e à Sion; Il les

montagnes signifient ici comme ci-dessus le bien de l'amoUl' envers


le SeigneUl', et Sion signifie l'Église qui est dans ce bien; et le Sei­
gneur est entendu pal' ton Roi qui règne; comme la conjonction du
vrai et du bien par la conjonction avec le Seigneur est signifiée pal'
la paix, c'est pOUl' cela qu'il est dit qui fait entendre la paix, qui
(1

allnonce la bonne nouvelle du bien, qui fait entendre le salut; II an­


noncer la bonne nouvelle du bien signifie la conjonction avec le Sei­
gneur par le bien, et fail'e entendre.le salut signifie la conjonction
avec Lui pal' les vl'ais et par la ,'ie selon les vl'ais, car pal' cette vie
il ya salut. Dans le Même: Et Lui a été percé à cause de nos
(1

prévarications, meurtri il cause de nos iniquités; le châtiment


pour notre paix (a été) sur Lui, et par sa ble,~sure la santé nous
a été donnée, Il ~ LIlI. 5; - ces choses sont dites du Seigneur,
de qui il s'agit bien évidemment dans ce Chapih'e, et pal' ces paroles
sont décrites les tentations qu'il a subies Lui-Méme dans le monde
pOUl' subjuguer les enfel's, et l'emellre toutes choses en ol'dre là et
dans les cieux; ces atroces tentations sont entendues pal' (1 il a été
percé à cause de nos pl'éval'ications, meurtl'i àcause de nos iniquités,
et le châtiment pOUl' notre paix a été sur Lui;" la salvation par là est
signifiée par ces paroles par sa blessure la santé lIOUS a été don­
(1

née; " donc par la paix il est signifié le Ciel et la vie éternelle pour
ceux qui ont été conjoints avec Lui; en effet, le genre humain n'au­
rait pu en aucune manière être sauvé, si le SeigneuI' n'eftt pas re­
mis toutes choses en ordre dans les enfers et dans les cieux, et glo­
rifié en même'temps son Humain, ce qui a été fait par les Tentations
admises dans son Humain. ~ans Jérémie: l( Voici, Moi, je {erai
monter sur elle santé et guérison, et je les guérirai, et je leur
dévoilerai une santé de paix .et la vérité: toutes les nations
de la terre entendront tout le bien que je leur {erai, et elles
craindront et elles seront émues, à cause de tout le bien et de
toute la paix que je vais lui {aire. Il - XXXIII. 6, 9; - ces
choses aussi sont dites du Seigneur, en ce qu'il doit délivrer des
maux et des faux ceux qui sont en conjonction avec Lui; la déli­
vrance des maux et des faux est signifiée par Il je ferai monter sur
elle santé et guérison, et je les guéril'ai, Il car êtl'e guéri spirituel­
Vers. 4. CHAPITRE SIXIÈME. 263
lement, c'est être délivré des maux et des faux; et comme cela est
fait par le Seignem' au moyen des vl'ais, il est dit Il et je leur dé­
voilerai une santé de paix et la vérité j Il pal' les nations de la terl'e
sont s~gnifiés ceux qui sont dans les maux et dans les faux; il est
dit d'eux Il elles craindront et elles seront émues à cause de tout le
bien et de toute la paix que je vais lui faire. )) Dans David: Il Il
rachètera en paix mon âme, afin qu'ils n'approchent point de
moi. 1) - Ps. LV. 19; - par racheter en paix mon âme, il est
signifié la salvation par la conjonction avec le Seigneur; et par afin
(1

qu'ils n'approchent point de moi, Il il est signifié l'éloignement par


suite d'avec les maux et les faux. Dans Haggée : Il Grande sera
la gloire de cetle maison postérieure plus que (celle) de l'an­
térieure, car dans ce lieu je donnerai la paix. 1) - II. 9; ­
par la maison de Dieu il est signifié l'Église, par la maison anté­
rieure l'Église qui existait avant l'avénement du Seigneur, et par
la maison postérieure l'Église qui exista après son avénement; par
la gloire est signifié le Divin Vrai qui a été dans l'une et dans l'au­
tre j et par la paix qu'il donnel'a dans ce lieu, ou dans l'Église, sont
entendues toutes les choses qui sont signifiées par la Paix, et dont
il a été parlé ci-dessus. Dans David: (( Demandez. la paix de
Jérusalem; qu'ils soient tranquilles ceux qui t'aiment! qu'il
y ait paix dans ton avant-mur, tranquillité dans tes palais!
A cause de mes (rères et de mes compagnons je parlemi; aie
la paix én toi; li cause de la maison de Jéhovah notre Dieu,
je chel'cherai le bien pour toi. Il - Ps. CXXII. 6, i, 8,9;­
pal' Jérusalem il est entendu non pas Jérusalem, mais l'Église quant
à la doctrine et au cuIte j par la paix il est entendu le tout de la doc­
trine et du culte, cal' lorsque ~s choses sont d'une origine céleste,
c'est-à-dire, viennent du Seigneur pal' le· Ciel, elles sont pal' la paix
et dans la paix, d'où l'on voit ce qui est entendu par Il demandez la
paix de Jél'Usalem ; Il et comme ceux qui sont dans celte paix sont
appelés tranquilles, il est dit aussi l( qu'ils soient tranquilles ceux
qui t'aiment, Il à savoir, ceux qui aiment la doctrine de l'Église et
le culte; par (( qu'il y ait paix dans ton avant-mur et tranquillilé
dans tes palais, II il est signifié dans l'homme extérieur et dans
l'homme tntérieUl', cal' l'homme extérieur avec les choses qu'il ren­
ferme, e'est-à-dirp., avec les scientifiques et les plaisil's naturels,
26ft L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE. N° 365,

est comme un avant-mur ou un rempart pour l'homme intérieur,


parce qu'il est en dehors et devant celui-ci et le protège; etl'hom.me
intérieur avec les choses qu'il renferme, c'est-à-dire, avec les vrais
et les biens spirituels, est comme un palais ou une maison, parce
qu'il est au dedans de l'homme extérieur; de là les extérieurs de
l'homme sont signifiés par l'avant-mur, et ses intérieurs le sont par
les palais, de même aussi ailleurs dans la Parole; CI à cause de mes
frères et de mes compagnons, signifie à cause de ceux qui sont
1)

dans les biens et par suite dans les vrais, et, en faisant abstraction
des personnes, les biens et les vl'ais; que ce soit là ce qui est en­
tendu par les frères et les compagnons dans la Parole, on le voit
N° 10~90, et ci-dessus, N° 67; par la maison de Jéhovah notre
Dieu il est signifié l'Église dans laquelle sont les hiens et les vrais.
Dans le Même: le Loue, ô Jérusalem, Jélzot'ah! célèbre son
Nom, ô Sion! Lui qui place ta limite en paix; de la graisse
des froments il te r{/$sasie. 1) - Ps. CXLVII. 12, U; - pal'
Jérusalem et par Sion est entendue l'Église, par Jérusalem l'Église
quant aux vrais de la doctrine, et pal' Sion l'Église quant aux biens
de l'amolli'; pal'Ie Nom de Jéhovah, que Sion célébrCl'a, est signifié
le tout du culte d'apl'ès le bien de l'amouI'; Il qui place ta limite en
paix, Il signifie toutes IfS choses du Ciel et de l'Église, car la limite
signifie toutes ces choses, puisque dans la limite ou dans le demier
elles sont toutes dans le complexe, l)oir No' 636, 5897, 5239,
6651, 6665, 8603, 9211>'1 921.6, 9826, 9828, 9836, 9905,
100fJla, 10099, 10329, 10335, 1.0568; II de là graisse des fl'o­
ments il te rassasie, » signifie de tout bien de l'amour et de la sa­
gesse, car la graisse signifie le bien de l'amour, voir N°' 5963,
6609, 1. 003~ ; et le froment signifit~:'outes les choses qui viennent
du bien de l'amour, spécialement les vrais du Ciel, et par suite la
sagesse, N°' 39U, 7605, Dans le Même: Il Que te bénis,~e Jé­
hovah de Sion, afin que tu voies le bien de Jérusalem tous les
jours de ta vie, afin que tu voies les fils de tes fils, la paix sur
Israël. » - Ps. CXXVIII. 5, 6; - ici, comme ci-dessus, par
Sion et par Jérusalem est signifiée l'Église quant aux biens de l'a­
mour et quant aux vrais de la doctrine; s'il est dit Il que te bénisse
Jéhovah de Sion, » c'est afin que ce soit d'après le bien de l'amour,
cal' Sion signifie l'Église quant a11 bien de l'amolli'; et comme tout
Vers. Il. CHAPITRE SIXIÈME. 2155
bien et tout vrai de la doctrine procèdent de ce bien et existent par
ce bien, c'est de là qu'il est dit « afin que tu voies le hien de Jéru­
salem, et les fils de tes fils; Il les ms des fils signifient les vrais de
la doctrine et leUl' multiplication à étel'nilé; comme toutes ces
choses viennent du Seignenr, et au moyen de la paix qui procède de
Lui, c'est pOUl' cela qu'il est conclu pal' « afin que tu voies la paix
sur Israêl ; Il Israêl signifie ceux chez lesquels il y a l'Église. Dans
le Méme : En Schalem est le Tabernacle de Dieu, et son Ha­
c(

bitacle en Sion; là, il a brisé les étincelles de l'arc, le bouclier,


l';pée et la guerre. » - Ps. LXXVI. 3, !J ; - ici Jérusalem est ap­
pelée ~chalem, parce que par Schalem est signifiée la Paix, d'après
laquelle aussi Jérusalem a été nommée; si elle a été ainsi nommée,
c'est pal'ce que la Paix signifie toutes ces choses qui ci-dessus ont
été sommairement dites, et qu'on peut voil'; par le tabel'nacle de
Dieu en Schalem est signifiée l'Église d'après ces choses; et pal' son
habitacle en Sion est signifié le bien de l'amoUl', puisque le Seigneur
habite dans ce bien, et que de la il donne les vl'ais, les fructifie et
les multiplie; et comme pal' la paix il est signifié aussi qu'il n'y a
plus de combats du mal et du faux contre le bien et le vrai, ou bien,
plus de dissidence ou de guerre dans le sens spirituel, voilà pourquoi
il est dit, « là, il a brisé les étincelles de l'arc, le bouclier, l'épée
et la guelTe, Il ce qui signifie la cessation de tout combat des faux
de la doctrine contl'e le bien et le vrai, et en général la cessation de
toute dissidence. D'après la Paix aussi (1 Jérusalem a été appelée
Sohélomim, Il - Jérém. XIIl, 19: - et c'est pour cela que « Mel­
chisédeck, qui était Prêtre au Dieu Très-Haut, fut Roi de
Schalem, Il - Gen. XIV. 1.8; - et que pal' lui le Seigneur a" été
représenté, comme on le voiMdans David: (1 Tu es Prêtre pour
l'éternité selon le mode de Melchisédeck. Il - Ps. ex. !J. ­
Dans Ésaïe: (1 Soyez en allégresse avec Jérusalem, et bondissez
en elle, (vous) tous qui l'aimez; afin que t'OUS tétiez et soye;
rassasiés par la mamelle de ses consolation.s, et que vous ex­
primiez et trouviez des délices par la splendeur de sa gloire;
voici, je vais répandre sur elle comme un fleuve la paix, et
comme un torrent débordé la gloire des nations, afin que VQus
tétiez; sur le c6té vous serez portés, et sur le.~ genoux vous
serez caressés. Il - LXVl. 10, 1.1, 12; -là, comme ci-dessus,
266 L'AFOCALYPSE EXPLiQUÉE. 1\" 365.

par Jérusalem est entendue l'Église quant à la doctrine, ou, ce qui


est !a même chose, la doctrine de l'Église; c'est de la doctrine qu'il
est dit (1 soyez en allégresse avec Jérusalem et bondissez en elle,
wus tous qui l'aimez; Il et c'est aussi de la doctrine qu'il est dit Il afin
que vous tétiez et soyez rassasiés pal' la mamelle de ses consolations,
et que vous exprimiez' et trouviez des délices par la splendeur de sa
gloil'e; par la mamelle des consolations il est signifié le Divin
1)

Bien, el par la splendem' de la gloire le Divin Vrai d'où procède


la doctrine; que toutes ces choses seront en abondance d'après la
conjonction avec le Seigneur, cela est signifié par Il voici, je vais
répandre SUI' elle comme un fleuve la paix, et comme un tOfl'ent
débordé la gloire des nations, afin que vous tétiez; Il par la paix est
signifiée la conjonction avec le Seigneur; par la gloil'e des nations,
la conjonction du bien et du vrai; par téter, l'influx pl'océdant du
Seigneur; et par Cl comme un fleuve et comme un torrent débordé,l)
l'abondance; de là l'amour spiriluel et l'amour céleste, par lesquels
se fait la conjonction avec le Seigneur, sont signifiés par sur le (1

COté vous serez portés, et SUI' les genoux vous serez caressés; Il par
le côté est signifié l'amour spirituel, et par les genoux l'amoul' cé­
leste; et par être pOl'té et être caressé, il est signifié la félicité éter­
nelle d'après la conjonction: que la mamelle signifie l'amour spil'i­
tuel, et qu'il en soit de même du cOté ou de la poitrine, on le voit
ci-dessus, N° 65; voir aussi, que les genoux signiftentl'amoUl' con­
jugal et par suite l'amour céleste, dans les ARCANES CtLESTES,
No' 3021, 11280, 5050 à 5062 ; que la gloire signifie le Divin Vrai
et par suite l'intelligence et la sagesse, ci-dessus, N°' 33, 288, 345;
el que les nations signifient ceux qui sont dans le bien de l'amour,
et abstraction faite des pel'sonnes, les biens de l'amour, aussi ci­
dessus, No' 1.75, 331; de là la gloire des nations signifie le vrai
réel qui procède du bien de l'amoUl', pal' conséquent la conjonction
de ce vrai et de ce bien. Dans le Même: «L'œuvre de Jéhovah
est la Paix, et le labeur de justice le repos et la sécurité po..,.
l'éternité; afin qu'habite mon peuple dans un h~bitacle de
Paix, et dans des tentes de sécurités, et dans des repoB tran­
quilles. Il - XXXII. 1.7,18; - la paix est dite l'œuvre de Jé­
hovah, parce qu'elle vientuniquemenl du Seigneur, et tout ce qui
existe pal