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CAHIER

DU

GI^ADE DE COMPAGNON
SOMMAIRE

Avertissem ent.

Mémento du 2° degré.

R IT U E L D U 2^ D E G R É .

O uverture des travaux.

P r o c è s -v e r b a l .

I n t r o d u c t io n des v is it e u r s .

CO M PAGNONNAGl:.

IXSTRODUCTIOX DU CAKDIDAT.

Examen.

IXITIATIOX .

1"' v o y a g e . — le s C in q sens.
2- — — les A rts.
3" — — les Sciences.
4'- — — le s B ien faiteu rs de l ’hu m anité.

S'-' — — G lo rific a tio n d u tr a v a il.

C lôture des travaux.

Instruction du 2"' degré.


AVERTISSEMENT

La tenue au grade de C om p.’ . a lieu ordina'irenient à la suite d’une tenue au grade


d’A pp .'. Mais il peut en être différemment ; par exemple^ si une loge veut conférer le
compagnonnage plus solennellement que d’habitude et invite de nombreux F F .', à y
assister; ou si plusieurs loges se réunissent pour célébrer une telle solennité.
Les seuls trav.-. pouvant être à Tordre du jour pour une tenue au grade de
Com p.'. sont ;
1° Examen des candidats pour lesquels il y a eu déjà vote favorable en tenue
d ’App.-., — et vote sur leur admission définitive;
2“ Initiation au 2* grade;
3° Morceaux d’arch.-., écrits ou oraux;
4° Prise en considération et vote sur les candidatures de Comp.-. pour l’augmen­
tation de salaire au grade de M.-.
Pour tous autres trav.-., même pour la communication de la correspondance
autre que les pl.-. d’excuses et les convocations imprimées, il faut^ préalablement,
travailler au 1" degré, en vertu de convocations envoyées aux App.-. comme aux
autres membres de la Loge.
Au grade de C om p.'., la décoration du temple est la même qu’au grade d’A p p .’ .,
sauf qu’il doit y avoir en plus :
1° Les outils symboliques devant servir aux cinq voyages (— maillet et ciseau, —
équerre et compas, — règle et levier, — niveau, — truelle) rassemblés sur une table
près du Surv.-., pour être à la disposition du G r.'. E xp.'. ;
2“ Cinq cartouches placés symétriquement, sur lesquels sont les inscriptions pour
les cinq voyages, telles qu’elles sont indiquées au rituel.
S’il y a eu, préalablement^ tenue au premier degré, aussitôt après la clôture des
trav.'. les A p p .'. sont invités par le Vén.*. à couvrir le temple.
Si la séance est exclusivement consacrée à des trav.'. du second degré, il n’y a pas
lieu de les ouvrir d’abord au premier degré.

MÉMENTO DU 2' DEGRE

R ite fran çais.

O rdre . — La main droite sur le cœur, le pouce étant relevé en équerre par rapport
aux autres doigts, — la main gauche pendante.
68 GRAD E DE COM PAGNON

S igne . — Étant à l’ordre, retirer la main droite horizontalement vers le flanc droit,
et la laisser tomber perpendiculairement.
A itouchement . — Prendre avec la main droite celle da tuileiir comme au grade
d’App.-., — lui faire sentir les trois coups de ce grade sur la.première phalange
de l’index, puis deux autres coups sur celle du médius.
M ot s .^ c r k . — Il commence par B. Il se donne comme celui <l’App.-.
M ot de passe. — Il commence par S.
M arch e . — Etant à l’ordre, faire les trois pas d’App.-., puis un pas à droite, — puis
un pas à gauche pour revenir dans la ligne, — et faire le signe comme saku :

...

B a t t e r ie . 9 ----• -------- • , -------- • •

A g c l a m .a t i o n . — Comme au grade.
A g e . — Cinq ans.
I nsigne . — Le tablier de peau blanche, avec la bavette rabattue.

Rite écossais.

Les différences sont les suivantes :

O rd re. — Les doigts de la main droite sont arrondis, comme pour saisir le cœur. —
L ’avant-bras gauche est relevé ; la main est tenue ouverte à la hauteur de la tête,
la paume en avant, le pouce rapproché de l’oreille.
S ign e . — En retirant la main droite comme au rite français, abaisser la main gauche
le long du corps.
A ttouchem ent . — Les cinq coups également espacés.
M ot sacki ;. — Com m ence par J.
M arche . — Se fait en partant du pied gauche.
B a t t e r ie . # ® ® ®

A c c la m a tio n . — H ! H ! H !
RITUEL DU 2“ D E G R É

OUVERTURE DES TRAVAUX

LesMxM.'. et Com p.‘ . membres la L .'. ayant été dûment convoqués, — sept au moins
d’entre eux, dont trois MM.-, au moins, étant réunis dans le temple, — le Vén.‘ . se décore
et prend place, — invite les F F .-, à prendre place et à revêtir leurs insignes, s’ ils ne les ont
déjà, — s’assure que les officiers indispensables sont à leurs postes ou les fait suppléer.
— Cela fait,

Le \'ÉN . ■. frappe un coup, ------ # ------ que répètent ïc et le 2'^ S u r v . ■ — puis il dit :

F.-, premier Surv.-., etes-vous Comp.-.

Le i'"" Surv.-.
Je connais h lettre G.

Le V k n .- .

F.-, second Surv.-., quel âge avez-vous?

Le 2^= Surv.-.
Cinq ans.
Le V é n .-.

F.-, premier Surv.-., quel est le premier devoir d’un Surv.-. en


chambre de Comp.-.?
Le i “‘' S u r v . ’ .

Vén.'. M.'., c'est de s'assurer si le temple est couvert.

L e V é n .'.

Veuillez vous en faire assurer par le F.-. Couvr.-.


Le I'-'" Surv.'. iaii voir par le C ouvr.'. si le temple est couvert.
— Après que le C ouvr.'. lui a rendu compte, à voix basse, de son examen,

Le t” S u r v .-.

Le temple est couvert, Vén.-. M.-.

Le V é n .'.

F.-, second Surv.'., quel est le second devoir d'un Surv. en chambre
de Com p.'.?
Le 2 ^ S u r v . '.

C'est de s’assurer si les FF.', présents sont Comp.'. et membres de


l’At.'. ou visiteurs connus.

Le V é n . ■. frappe un coup ■----- • --- ci dit :

Debout et à l’ordre, mes FF.'.


FF.', premier et second Surv.'., assurez-vous devant vos colonnes
respectives si tous les FF.-, qui les décorent sont Comp.-. et membres de
l’At.-. ou visiteurs connus.
Les deux Surv.'. parcourent leurs colonnes, maillet en main. Au retour, le 2'= Surv.-., à
voix basse, rend compte de son examen au i " S u rv .'.. Ils reprennent leurs places.
— La vérification ayant été satisfaisante,

Le I'"'’' S u r v . '. frappe un c o u p ---- • --- et dit :

Vén.'. M.-., tous les FF.', rangés devant les colonnes sont Comp.'. et
membres de l’At.'. ou visiteurs connus.
L e V é n .-.

Il ‘en est de même i\ l’Orient.


F.-, premier Surv.-., à quelle heure les Comp.-. se mettent-ils à
l’ouvrage ?
Le i °’' S u r v .-.
A midi.
L e "Vé n . ’ .

Quelle heure est-il, F .‘ . second Surv.-. ?

L e 2*^ SüRv.-.
11 est midi.
Le V én,-.
Puisqu’il est l’heure du travail, FF.-, premier et second Surv.'., invitez
les FF.-, de vos colonnes à se joindre à vous et à moi pour ouvrir les
trav. . de Comp.-. dans la R.-. L. ............ O.-. de ........

Le puis LE 2"^ SüRV.-.

FF.-, de la colonne (— du Midi, — du Nord), vous êtes invités par


le Vén. , et par moi à vous joindre à nous..........

Le V én.-.
Mes FF.-, fiice à l’Orient.
Pais il frappe les coups symboliques, soit au rite français :

• ----• -------- • -----— ----- •


que répètent successivement les deux S u rv .’ .

A moi, mes FF.-, p a rle signe, la triple batterie et l’acclamation.


— Ce commandement ayant été exécuté,

Les trav.-. de Comp.-. sont ouverts.


Prenez place, mes FF.-.
PROCÈS-VERBAL

Comme au i'"' degré.

INTRODUCTION DES VISITEURS

Comme au i " degré, — sauf le tuilage en ce qui concerne le mot de passe, le mot sacré,
le signe et l'attouchement.

COMPAGNONNAGE

L e V éN . ■. frappe un coup --- # ---- et dit :

Mes FF.-., dans notre tenue du.........au i'"'' degré, l’App.-. -N........a été.
reconnu, au-ssi bien par les autres App.-. que par les Comp.-. et les
MM.-., apte à une augmentation de salaire, tant à raison de son ancien­
neté que de son zèle et de son assiduité.
S’il n’y a pas d’opposition contre sa candidature, je vais le faire
introduire pour que, après l’avoir interroge, nous puissions juger s’il,
mérite, par son instruction, d’être promu Comp.-.
S’il y a opposition, l ’on discute et l’A t.'. statue.

F.-. Gr.-. Exp.-., allez chercher et faites entrer, à la manière accou­


tumée, l’App.-. qui sollicite une augm.-. de salaire. — Vous aurez soin
de le tuiler à son grade.

Introduction du candidat

L ’App.-., revêtu du tablier de peau blanche avec la bavette relevée, est amené par
l’Exp.-. à la porte du temple, où il frappe selon son grade.
Lk S u r V . '. frappe un coup---- # ------- d di! :

Vén.-, M.'., on fnippe à la porte du temple en App.'.

Le V én .-.

Faites-nous savoir qui frappe ainsi.


Sur lin signe du i"' Surv.-., leC o u v r.'. ouvre le guichet, communique à vui\ basse avec
rEÀ-p.'. et fiiit, également à voix basse, son rapport au i " Surv.'.

Le I"'- S u r v .- .

LApp.-. qui vient de frapper à Ja porte du temple est le F.-. N ......


qui demande à subir son examen pour le compagnonnage.

L e V é n . -.

Faites-le entrer.
Sur un signe du i “ S u rv.'., le C ouv.'. ouvre la porte. — L ’E x p .'. introduit le candidat.
— Celui-ci fait les trois pas d’A p p .'., salue, par le signe, le V é n .'., le i " et le 2- S u rv .'., et
se tient immobile.

Exam en

Le V é n . -., s’ adressant à l ’A p p .'.

Mon F.-., nous ne devons vous accorder l’augm.•. de salaire par vous
sollicitée qu'après nous être assurés que vous possédez les connaissances
maçonniques que comporte votre grade actuel.
Veuillez vous avancer et prendre place sur le siège qui ,ous est
destiné, au milieu du temple.
Le Vén.-. interroge le candidat d’après l’instruction au grade d’A pp .'. qui complète le
r '' cahier.
Il doit l’interroger ainsi :
1° Sur les deux premiers titres de la Constitution;
Sur l’organisation et le régime intérieur de la Loge, sur les attributions des officiers,
sur l’initiation au i'-'' degré, tant d’après le Règlement général que d’après le règlement parti­
culier de l’A t.'.
D’autres F F .', peuvent, après avoir obtenu régulièrement la parole, poser aussi des
questions, demander des éclaircissements, formuler des objections.
•— Une fois l’interrogatoire terminé,

Le V en.■.
F.'. N ......, vous allez maintenant couvrir le temple, et nous appré­
cierons vos réponses.
F.-. M.-. des Cérém reconduisez le candidat.
— Lorsque le candidat a couvert le temple.

Le V é n . ■. fr a p p e nu c o u p --------- # ------ c i cUl :

Mes FF.'., quelqu’un a-t-il des observations à faire sur les réponses
de l'App. •. ?
— Si personne ne demande la parole, ou lorsqu’elle n’est plus demandée, — et si le
scrutin secret n’est pas régulièrement réclamé,

J e de mande les conclusio ns du F.-. Orat.-. sur FaLigmentation de


salaire, au gra d e de Comp.-., en l a v e u r de FApp.-. N .....
L ’Orateur conclut.
— Les conclusions étant favorables.

Je mets aux voix les conclusions du F .’ . Orat,-.


Qite ceux qui sont d’avis, conformément à ces conclusions, d’accorder
à FApp.-. N ..... Faugm.-. de salaire, veuillent bien le manifester en
levant la main à mon coup de m a ille t .------------ ® ♦
Avis contraire. ------------ %
— Le vote étant favorable,

L’augm.-. de salaire est accordée; et FApp.'. N ...... va être initié au


grade de Comp.-.
F.'. M.-. des Cérém.-., allez chercher le récipiendaire, et introduisez-
le sans formalité.
/)

IN IT IA T IO N

litnnt introduit, le récipiendaire fait les pas d’App.-. et salue, comme la première fois.

Le V én.-.
F-’ - N....... je suis heureux de vous annoncer que les MM.-, et les
Comp. -. ici présents consentent à vous accorder l’augm.-. de salaire que
vous avez demandée.
Nous allons procéder bientôt à votre initiation au grade de Comp.-.
Mais, auparavant, veuillez reprendre la place que vous occupiez tout à
l’heure. _
—■ Quand le récipiendaire a pris place.

Vous avez sans doute, mon F.-., rélléchi sur les symboles de votre
première initiation ; le souvenir de ces symboles vous rendra moins dif­
ficile à saisir le sens de l’initiation nouvelle qui va vous être donnée.
L’initiation au premier grade vous a représenté l’homme dans son
enfance et la société à ses origines.
L'ignorance du premier âge était figurée par le bandeau qui couvrait
vos yeux. L’entant ne sait d’abord ni voir, ni toucher : il ne peut marcher
et parler que longtemps après sa naissance. La pensée existe en lui ; mais
la réflexion et le raisonnement, qui en dirigent l’usage, ne sont pour lui
que des facultés latentes.
Aux âges primitils de l’humanité, l’homme, encore voisin de la brute,
ne savait pas même se vêtir. Par l’emploi du feu il parvint à modifier
ses conditions d existence, et avec elles sa propre nature, qui se trans­
forma en s améliorant au fur et à mesure des transformations et amé­
liorations du milieu où il vivait. Les premiers pas dans la voie de la civi­
lisation furent accomplis par l'iiivention des instruments et des armes,
que l'on obtint d’abord en laisant éclater la pierre dure par l’action du
feu, puis par la percussion. Ce ne fut qu’ensuite que Vhomme s avisa de
se vêtir de la dépouille des animaux immolés par lui à sa sûreté ou pour
le besoin de son alimentation. Puis, peu à peu, par des transformations
successives, le descendant de l’être primitif s’éleva jusqu’à devenir
l’homme intelligent, moral et social.
Dans les voyages symboliques que vous avez accomplis pour être
admis au premier degré de l’initiation, vous avez du reconnaître les
eflorts, les luttes, les combats de l’homme dans sa jeunesse et des
sociétés dans leur période de formation. Une nation n’a pas à redouter
seulement la compétition ou l’hostilité de ses voisins : souvent elle a plus
a craindre 1 eftet de ses propres passions, les entreprises de ses membres
I
I eux-mêmes. Heureuse, si elle n’est pas troublée par l’ambition et l’orgueil
de quelques-uns ! Heureuse, si elle échappe à la tyrannie d’un homme ou
d’une caste !

O^Liand enfin on vous a donné la lumière, on vous a montré la voie


qui conduit à devenir un homme nouveau. La lumière vous a permis de
lire dans le livre de la science. On vous a appris à travailler la pierre
brute. C est dans l àge de la pierre brute que l’humanité a commencé le
cours de ses transformations progressives.
Tel est, mon F.-., le sens allégorique de l’entrée et des premiers pas
dans la Franc-Maçonnerie. Conservez toujours présente à votre esprit
cette idée dominante : toutes les connaissances acquises doivent tendre au
développement moral de l'individu et à l’amélioration de la société.
Four vous initier au grade de Comp.-., nous allons vous laire faire
cinq voyages symboliques.
Ces voyag'es ne sont p:is des épreuves : ils figurent les travaux et les
études que comporte le grade qui va vous être conféré. Pythagore, qui
fut un maître des anciennes initiations, exigeait de ses disciples cinq
années de préparation, afin que, fortifiés par la méditation et l expérience,
ils fussent en état d’enseigner à leur tour et dignes d’être écoutés.
A l’explication des symboles empruntés aux instruments du travail
matériel, nous joindrons, successivement, l'indication sommaire des
notions que le Comp.-. doit s’assimiler.

1 '"’^ Voyage. — L e s cinq sens.

L e ’V é n . '.

F.-. Gr.-. Exp.-., donnez au récipiendaire le maillet et le ciseau, et


faites lui faire le premier voyage en commençant par le Midi.
L ’E x p .'. fait tenir au récipiendaire les deu.\ instruments d.uis l.i main droite; — il le
prend par la main gauche et, commençant par le Midi, il lui fait faire une fois, lentement, le
tour du milieu du temple. Au cours de ce voyage, il le fait arrêter devant le premier cartouche
et lui fait prononcer à haute voi.x les mots qui y sont écrits.
— L ’ayant ramené à sa place et fait asseoir,

Li-: G r .-. E x p . ’ .

’V én.'. M.-., le premier voyage est terminé.


Ll- V én.-.

Mon F.-., ce premier voyage figure la première année du compa­


gnonnage, qui doit etre employée à connaître la qualité des matériaux
et la manière de les tailler. Pendant votre apprentissage vous deviez vous
servir de ces deux mêmes instruments, le maillet et le ciseau, pour
dégrossir la pierre brute ; comme Comp.-., vous les emploierez à donner
à la pierre déjà dégrossie le poli et l’élégance de la forme, c’est-à-dire
que vous devez développer, modifier et améliorer vos propres 1 acuités.
La personnalité humaine est caractérisée par le développement relatil,
mais inégal, des sens. C ’est par les sens que nous acquérons la connais­
sance du monde extérieur. Ils sont pour nous les moyens du dévelop­
pement des fiicultés, de la pensée. Les philosophes anciens ont déjà
signalé ce fait qu’il n’est rien dans l’esprit de l’homme qui ne provienne
de la mise en jeu de ses sens : en d’autres termes, nos pensées pro­
viennent d’effets réflexes ayant leur cause initiale dans l’excitation
produite par les impressions que les organes de nos sens reçoivent des
objets extérieurs.
Etudier les sens en eux-mémes, c’est donc, mon F.'., étudier les
modes matériels de perception et de la production des idées. Quand
nous les connaissons bien, nous pouvons développer et perfectionner nos
facultés intellectuelles et morales.
L’étude de l’homme physique nous montre que les sens peuvent,
dans une certaine mesure, se suppléer les uns les autres, par exemple,
que les idées qui proviennent ordinairement du sens de la vue peuvent,
chez l’aveugle, provenir du sens du toucher. La distinction des cinq sens
n’est donc pas absolue.
Les autres sens ne sont guère que des transformations du sen-^ pri­
mordial du tact, lequel apparaît seul dans les animaux les plus inférieurs.
Tous ils se rattachent au système nerveux, que Ton rencontre plus ou
moins développé aux différents degrés de l’échelle animale.
Dans le corps des animaux supérieurs, dans celui de l'homme princi­
palement, il existe un tissu spécial, accumulé par masses dans le cerveau,
la moelle épinière et les g-anglions nerveux, répandu sous forme de
filaments de plus en plus déliés, les nerfs, jusqu’aux parties extrêmes de
forganisme. Ces nerfs, à leurs extrémités, reçoivent les impressions pro­
duites par les agents extérieurs; et ils les transmettent aux centres ner­
veux auxquels ils se rattachent. Là, ces impressions sont appréciées, des
sensations se trouvent produites. La sensation détermine dans le centi'e
nerveux lui-même la production d’une action excitatrice, d'une action
motrice des muscles, laquelle se traduit par un mouvement de recul, si
la sensation est désagréable ; par un cri de douleur, si elle est pénible ;
par un mouvement en avant, si elle est agréable.
Passons rapidement en revue les cinq sens et les facultés qui s’y
rattaclient. La synthèse de ces facultés est pour l’homme la connaissance
de la nature et de lui-même.
Le TOUCHER est le premier sens qui se développe chez l’enüint. 11
est, sinon le plus délicat, du moins le plus sur, celui dont les indications,
toujours exactes, ne nous trahissent jamais. C ’est par le toucher que nous
acquérons l’idée de notre individualité, que nous distinguons nettement
notre personne des objets extérieurs.
La VUE et l'OUIE nous font connaître le monde extérieur bien plus
largement que le toucher. Ils sont aussi, pour nous, les plus puissants
moyens de communication avec nos semblables ; la vue, par la percep­
tion des signes et de l'écriture ; l’ouïe par la perception des sons et du
langage articulé. Ils nous procurent les nobles jouissances de Tart sous
ses différentes formes, de l’éloquence et de la poésie.

L'ODOHAT et le GOUT, à un degré inférieur, concourent à la pro­


tection de notre personne, au maintien de notre existence et à nos jouis­
sances.
Les sens sont donc les facteurs de notre intelligence et les agents de
nos facultés. Le développement de la pensée est lié à leur bon exercice
et à leur saine éducation.
Apprenez à vous connaître vous-même, et pénétrez-vous de cette
maxime : Je suis homme, et j'estime que rien de ce qui touche à l'huma­
nité ne doit me rester étranger.

2 " Voyage. - Les A rts.

Lk V kn.-.
F.'. Gr.-. Exp.-. donnez au récipiendaire l’équerre et le compas, et
faites-lui faire le second voyage.
Ce voyngc et les suivants se font comme ie premier, — l’Exp.-. ayant soin de hiire arrèccr
!e récipiendaire devant le canotiche qui s’y réfère et de lui en faire prononcer à haute voix
l’inscription.
Le G r .-. E x p .-.

Vén.-. M.*., le second voyage est terminé.

L e V é n .-.

F.', premier Surv.-., je vous donne lu parole.

Le i '^'' S u r v . '.

Mon F.'., l’équerre que vous teniez sert à dresser régulièrement les
matériaux : il est l’emblème de la rectitude. Le compas sert à établir les
mesures exactes, à vérifier la justesse des parallèles : il est l’emblème de
l’exactitude. Ces deux emblèmes symbolisent la justice et la vérité, que
la Franc-Maçonnerie s’efforce de réaliser et de propager de plus en plus
dans l’humanité.
Les arts, dont l’étude vous est présentement recommandée, ne sont
pas seulement de puissants moyens d’éducation pour l’individu ; ils ser­
vent aussi au développement des sociétés. C ’est par eux, par les monu­
ments marqués de leur empreinte, que se manifestent les civilisations
disparues. Étudier les arts, c’est étudier l’humanité.
Après les satisfactions des sens, l’art est le premier besoin de fhomme.
Par la grandeur ou Lharmonie des proportions, des contours, du coloris,
des sons, l’art flatte à la fois les sens, qui en perçoivent l’expression, et
l’intelligence, qui en comprend l’ordre et la"règle. 11 donne à l’homme le
désir et le setitiment de l’idéal. 11 l’élève au-dessus des choses de la terre
et lui fait éprouver les émotions les plus agréables et les plus nobles.
C’est par des séductions empruntées à l’architecture, à la sculpture, à la
peinture, à la musique, à la poésie, à l’éloquence, que les religions ont
si longtemps captivé les esprits.
De nos jours, les arts de la médecine et de la chirurgie adoucissent
R2 grade de co m pagn o n

considérablement les soiifirances corporelles de Thomme. L'art de l’ingé-


niertir, qui a créé le pont, la route, le canal, la voie ferrée, les applications
multiples de la vapeur et de l’électricité, a largement modifié les condi­
tions d’être de l’humanité. L’obstacle de la distance est réduit d une
manière merveilleuse, presque supprimé pour la communication de la
pensée. L’humanité a bien moins à craindre le fléau de la famine, autre­
fois si fréquent et si funeste. Qiielle influence immense la mise en œuvre
des découvertes nouvelles n’aura-t-elle pas pour le progrès général de
l’humanité !
Faisons donc une part très large à l'art dans nos travaux et dans l'édu­
cation des nouvelles générations. Si les sens sont les moyens du déve­
loppement individuel, les formes multiples de l’art sont les moyens du
développement social.

3® Voyage. — L es Sciences.

III.

LES SC IEN CE S
m a th é n ia ti^ u e s

piiysiq;'j.e3 n a tu re lle s

m o ra le s sc c iolog iq ;u e£

Le V é n .-.

F.'. Gr.-. Exp.'., donnez au récipiendaire la règle et le levier, et faites


lui faire le troisième voyage.
— Après l’accomplissement du voyage,
Le G r .-. E x p .-.

Vén.-. M.-., le troisième voyage est terminé.

L e V é n .-.

Ce voyage, mon F.-., symbolise l'étude de la nature, dont la connais­


sance vous est donnée par les sciences, figurées ici par la règle, emblème
du jugement droit, et par le levier, emblème de la puissance du travail,
par lequel on pourrait soulever le monde, comme a dit Archimède, si
Ton avait pour cela un point d’appui.
Les sciences se classent en différents ordres.

Les sciences MATHÉMATIQUES étudient les propriétés des nombres


par l’arithmétique, les propriétés des grandeurs abstraites par l’algèbre,
les propriétés de l’étendue par la géométrie, les propriétés des forces par
la mécanique. Cette étude s’élève jusqu’à la connaissance des mondes par
l’astronomie et la mécanique céleste, qui nous apprennent que, dans la
merveilleuse harmonie des mouvements des astres, il n’y a rien autre que
l’application, simple mais ûitale, des lois mécaniques élémentaires qui
président, non seulement aux conditions d’existence de ces corps innom­
brables, mais à leur production et à leur transformation.

Les sciences PHYSIQUES portent leurs investigations sur les pro­


priétés de la matière brute, abstraction faite de ses formes et de ses carac­
tères spécifiques. — La physique proprement dite étudie l’action passa­
gère des forces extérieures sur la matière : elle nous montre que tous
les phénomènes qui semblent à première vue si mystérieux, tous les
efîets de la chaleur, du son, de la lumière, de l’électricité, sont réglés par
des lois très simples, mais toujours absolues, dont on peut prévoir l’effet
nécessaire dans chaque cas particulier. — La chimie étudie les actions de
Ui matière sur elle-même : elle explique la production et la combinaison
des corps par des lois dont l’application permet, aujourd’hui, de produire
artificiellement des corps qu'on estimait jadis ne pouvoir résulter que de
la vie animale ou végétale.

Les sciences NATURELLES scrutent la matière vivante.


La géologie et la minéralogie nous font connaître la structure du
globe terrestre et la nature de ses parties constitutives ; la paléontologie
se joint à elles pour nous expliquer les multiples et considérables chan­
gements qu’il a éprouvés à travers une série presque incommensurable
de siècles.
La botanique, la zoologie, l’anatomie, la physiologie, la biologie nous
enseignent les lois du développement de la vie dans les êtres. Par elles
nous savons que les phénomènes vitaux jadis inexpliqués, ces phéno­
mènes que l’on attribuait à des causes hypothétiques (principe excita­
teur ou principe moral, souffle ou âme, esprits animaux) que ces phéno­
mènes de la vie sont subordonnés à des actions physiques et,chimiques.
Nous savons, par exemple, que le mouvement chez les animaux se pro­
duit grâce à la chaleur, résultant des combustions chimiques efTectuées
dans les tissus et se transformant en travail mécanique par le jeu des
muscles.

Les sciences MORALES ont pour objet l’intelligence humaine.


La psychologie et hi logique étudient les ûicultés intellectuelles et les
lois qui président à leurs opérations : elles nous aident à diriger conve­
nablement notre pensée.
La morale proprement dite scrute les mobiles de nos actions, explique
le mérite et le démérite, nous enseigne le droit et le devoir.
La philosophie, par une élaboration incessante, dégage de la synthèse
de nos connaissances les idées dominantes et nous apprend à relier entre
elles les lois générales qui sont, dans l’ordre moral comme dans l’ordre
physique, les rapports nécessaires dérivant de la nature des choses.

Les sciences SOCIOLOGIQUES s’occupent des relations des êtres


humains vivant en société. Elles ont pour auxiliaire l’histoire, qui met en
lumière les causes de la grandeur et de la décadence des agrégations
humaines. Ces sciences, dont les principales sont la politique, le droit
et l’économie sociale, comportent l’emploi des mêmes méthodes d’obser­
vation et de déduction que les autres sciences. Elles tendent à la con­
naissance exacte des lois s’appliquant à l’organisation, au fonctionnement
et à l’évolution des sociétés.

4° Voyage. — L es B ien fa ite u rs de Thumanité.

Le V é n . -.

F.-. Gr.-. Exp.-., donnez au récipiendaire le niveau, et faites-lui Qiire


le quatrième voyage.
■— Après l’accomplissement du voyage,
Le G r . ‘ . E x p . '.

Vén.-. M /., le quatrième voyage est terminé.


Apres avoir fait cette annonce, le G r .'. E x p .'. prend le niveau que tenait le récipiendaire
et l’appoite sur le plateau présidentiel.

L e V é n . '.

F.-, second Surv.-., je vous donne La parole.

L e 2'= S uR v.-.

P a rle niveau que vous portiez, mon F .\ , le voyage que vous venez
de faire symbolise l’égalité sociale.
Cette égalité ne consiste pas seulement dans la parité des droits et
l'équivalence des devoirs parmi les membres de la société : elle implique
le relèvement des faibles, l’amélioration constante du sort des déshérités
et des disgraciés. C ’est l’égalité ascendante de la crue du Nil, qui porte
la fécondité partout où elle s’étend.
Les bienfaiteurs de lliumanité ont ébauché cette œuvre jusqu’à
présent ; leurs successeurs l’achèveront progressivement.

Honorons donc les INVENTEURS qui font servir les lois de ht nature
il l’uîilité et au bien-être de l’humanité. — Quels services n’ont pas
rendus les inventeurs de la forge, de la charrue, de la roue, de la navi­
gation, et, dans des temps plus rapprochés de nous, ceux de la boussole,
de l’imprimerie, de la machine à vapeur, des appareils électriques !

Honorons les ARTISTES, qui éprouvent le sentiment du beau et le


communiquent aux autres hommes.

Honorons les SAVANTS, qui observent les phénomènes de la nature


et qui en déduisent les lois.
Honorons les MORALISTES qui déterminent de plus en plus précisé­
ment les conditions de l’humanité et les vertus quelle doit pratiquer.

Honorons enfin les HOMMES POLITIQUES qui, sans autre ambition


que celle de servir leur patrie et de perfectionner son état social, em­
ploient leurs facultés à l’organisation, à la législation ou au gouverne­
ment de la société à laquelle ils appartiennent.

5® Voyage. — Glorification du tra v a il.

Le V éx .-.

F.'. Gr.-. Exp.-., donnez au récipiendaire la truelle, et foites-lui


ûiire le cinquième voyage.
— Après l’accomplissement du voyage,

Le G r .-. E x p .-.

Vén.-. M.-., le cinquième voyage est terminé.


Après avoir, fait cette amionce, le G r.'. Exp '. prend la truelle que tenait le récipiendaire
et l’apporte sur le plateau présidentiel.
Le V é n .'.

Mon F.'., la truelle que vous teniez à la main pendant ce dernier


voyage est l'outil avec lequel on unit les pierres par la chaux ou le
ciment, on place les enduits et on polit les surfaces. C ’est par elle que
le travail du constructeur s’achève et devient parfait : elle symbolise ici
la glorification du travail.
L’humanité ne subsiste et ne se perfectionne que par le travail : c’est
lui qui est le vainqueur de la nature. C ’est lui, aussi, qui nous améliore :
il nous protège contre le vice; il nous assure la liberté; il nous enseigne
l’égalité; et il nous mûrit pour la fraternité.
Dans les colonies animales, les tâches sont divisées, et chaque
individu accomplit un travail approprié à scs aptitudes spéciales. Ainsi,
parmi les abeilles, les ouvrières récoltent le suc et le pollen des fleurs,
élaborent le miel et la cire, construisent les rayons, prennent soin des
œufs pondus par l’abeille mère, élèvent et nourrissent les larves qui sont
l'espoir de l’avenir; les autres, l’abeille mère et les mâles ont pour
fonction d’assurer le renouvellement de la colonie. De même, dans la
société humaine, chaque homme a sa tâche à exécuter, sa fonction à
remplir; et nul ne doit rester oisif. L’œuvre la plus humble a toujours
une certaine utilité sociale.
Glorifions le travail, honorons ceux qui l’accomplissent. Qiie le
blâme, au contraire, frappe ceux qui sont inutiles dans la société et qui
y jouent le rôle de ce troupeau des frelons que les abeilles écartent de
leur ruche.
Mais aussi que cette glorification du travail ne soit pas un hommage
stérile rendu aux travailleurs. Retenons les enseignements de ce symbo­
lisme. Puisque les sociétés humaines ne vivent que du travail de leurs
membres, elles doivent préparer les travailleurs de l’avenir par l’éducation
et l’instruction ; elles doivent empêcher l’oppression de ceux qui tra­
vaillent de leurs bras et tout mettre en œuvre pour améliorer leur sort ;
elles doivent enfin mettre à l’abri du besoin ceux qui, par l’àge ou par
les accidents, sont devenus les invalides du travail.
— Après une pause,

F.-. N ..., veuillez vous lever et contempler l’étoile flamboyante que


le F.-. G r.'. Exp.-. va vous montrer.
— Ce commandement étant exécuté,

Cet emblème, placé près de la colonne du Nord, est notreétoile


polaire. C ’est l’astre de la pensée libre, dégagée des préjugés et des
superstitions.
La lettre G, qui se voit au milieu, est le monogramme de gravitation,
de géométrie, de génération, de génie et de gnose.
La gravitation est la force primordiale qui régit le mouvement et
l’équilibre de la matière. C ’est elle qui préside aux révolutions de la terre
et de tous les corps célestes.
La géométrie est le fondement de la science positive. Sans elle l’esprit
de l’homme s’égarerait dans de vaines spéculations. C ’est pourquoi
Pythagore avait inscrit au-dessus de la porte de son temple : Que nul
n’entre ici s’il ne connaît la géométrie.
La génération est la force vitale perpétuant la série des êtres. Il nous
faut en connaître les phénomènes pour déchiffrer l’énigme de la vie.
Le génie est l’intelligence humaine brillant de son plus vif éclat.
L’homme qui en est doué doit l’employer à guider les autres dans la voie
de la justice et de la vérité.
La gnose, enfin, que son étymologie (yvo^;) rattache à la langue des
premiers philosophes, est la connaissance morale la plus étendue,
l’impulsion qui porte l’homme à apprendre toujours davantage et qui est
le principal facteur du progrès.
— Après une pause,

Puisque vous connaissez la lettre G, vous allez être reçu Comp.-.


F.-. M.-. des Cérém.-, faites monter le récipiendaire à l’Orient, pour
prêter son obligation.
Coup de m aillet---------#

Debout et à l’ordre, mes FF.-


Quand le récipiendaire s’est arrêté, debout, près du plateau présidentiel,

F.-. N.-., posez la main droite sur ce niveau et cette truelle.


Je vais vous lire la formule de votre obligation. Vous direz ensuite ;
Je le promets.

« Sur ce niveau, emblème de l’égalité sociale, et sur cette truelle,


« emblème du travail parfait, je promets de me conformer aux enseigne-
« ments qui viennent de m’être donnés. ,
« Je promets, en outre, de ne révéler à personne les rites du grade
de Comp.-. »

Le promettez-vous ?
— Après que le récipiendaire a dit « Je le promets »,

Je prends acte de votre promesse.


Le V én .‘ . prend son glaive de la main gauche, — le tient étendu sur la tête du réci­
piendaire, pendant que de la main droite il tient son maillet, — et prononce la formule
suivante :

Au nom et sous les auspices du Grand Orient de France, en vertu des


pouvoirs qui m’ont été conférés, je vous reçois et constitue compagnon.
Aussitôt après, le Vén.-. frappe avec son maillet les cinq coups symboliques sur la lame
du glaive, et, avec cette lame, il touche légèrement la tête du récipiendaire.
— Puis il dit :

Mes FF.’ ., vous pouvez vous asseoir.


Ayant déposé son glaive et son maillet sur le plateau, le V é n .'., s’adressant au nouveau
Com p.-., lui dit :

Mon F.-., je vais vous faire donner, au nom de tous les FF.-. Comp.-.,
la triple accolade fraternelle.
F.-. Gr.-. Exp.-., veuillez donner l’accolade au nouveau Comp.-.
— Quand l’E x p .'. a donné l’accolade.

Mon F.-., en votre qualité de Comp.-., vous porterez, à l’avenir, la


bavette de votre tablier baissée.
A ce grade nous avons, pour nous reconnaître, des mots, un signe et
un attouchement. Je vais vous les faire communiquer par le F.-. Exp.-.,
qui vous enseignera aussi la marche et la batterie, et vous fera con­
naître votre âge symbolique.
F.-. G.-. Exp.-., fiiites votre devoir.
L ’Exp.-. conduit le nouveau Comp.*. au milieu du temple et lui fait, d’après le mémento
qui précède le présent rituel, les communications prescrites. I! s’assure que le nouveau Comp.‘ .
les a bien comprises.
— Cela fait,

Le G r . -. E x p .-.

Vén.-. M.-., le mot de passe, le mot sacré, le signe et l'attouche­


ment sont justes et parfaits.

Le V é n .-.

F.-. M.-. des Cérém.-., conduisez le nouveau Comp.-. entre les co­
lonnes, et placez-vous à sa gauche.
— Ce commandement étant exécuté,
Le VéN . ■. debout, frappe nu c o u p -- ----- et dit :

Debout et à l’ordre, mes FF.-.

— Ce commandement étant exécuté,

F.-, premier et F.-, second Surv.’ ., invitez les FF.-, qui décorent vos
colonnes à reconnaître désormais comme Comp.-. le F.-. N.... présent
entre les colonnes, et à applaudir à son augm.-. de salaire par une triple
batterie.
L ’annonce ayant été répétée par les deux S u rv .'.,

A moi, mes FF.-., p arle signe, la batterie et l’acclamation.


Le nouveau Com p.'. remercie avec l’aide du M .‘ . des Cérém.’ ., et le V én .’ . fait couvrir
sa batterie. Puis, il donne au M .‘ . des Cérém .'. l’ordre de le conduire en tête de la colonne
du Midi ; et il invite tous les FF.*, à s’asseoir.
Le V én .'. donne ensuite la parole à l’O rat,'. ou à tout autre F .', ayant assumé la charge
de faire un morceau d’arch.'. Il est désirable que^ par un ou plusieurs discours, l’on fasse
ressortir l’importance du grade de Com p.'. etl’ on développe un o u plusieurs des sujets indiqués
dans les explications qui accompagnent les cinq voyages de l’initiation.
A défaut de discours, on peut faire usage de l’instruction qui accompagne le présent rituel.
L’interrogatoire, d’après cette inscription, est fait par le V én.-., qui pose successivement les
questions aux Com p.'. présents et qui, si les réponses sont défectueuses, les fait rectifier par
Tun ou l’autre Surv.".
CLOTURE DES TRAVAUX

Quand l’ordre du jour est épuisé, le V é n .'., comme en tenue du ! “■degré, offre k parole
dans l’intérêt de l’Ordre en général ou de la Loge en particulier, puis fait procéder à la cir­
culation du sac aux propositions et du tronc de la V .'.
— Le produit du tronc étant constaté,

Le V é N .‘ . frappe un coup de m a ille t --- 9 ---- est répété p a r h et le 2'= S iir v .- .

— Puis il dit :

F.-, premier Surv.-., à quelle heure finissent les trav.-. des Comp.-. ?

Le i ®*" S u r v .-.

A minuit.
Le V én .‘.

Quelle heure est-il, F .‘. second Surv.-.?

Le 2*= S u r v .-.

11 est minuit.
Le V é n .-.

Puisqu’il est l’heure du repos, F.-, premier et F.-, second Surv.-.,


invitez les FF.-, qui décorent vos colonnes à se joindre à vous et ii moi
pour fermer, en la forme accoutumée, les trav.-. de Comp.*. dans la R.-.
L .- .......... O.-. de......

. Le I'"*', puis LE l '" S u R V . -.

FF.-, qui décorez la colonne du......, vous êtes invités par le Vén.-. et
par moi à vous joindre à nous........
G RAD E DE COM PAGNON

Le VéN . ‘ , LE I ET I.E 2° S uR V . ‘ . frappent successivemail les coups syinboUques, soit, au rite français :

« ----- O---------- O---------- ------------ -%

Tous les F F .’ , se mettent debout et à l’ordre.

Le V én.'.

Mes FF.-., face à l’Orient.


A moi, par le signe, la batterie et l’acclamation.
Ce commandement est exécuté.

Les trav.-. sont fermés.

Retirons-nous en paix, mes FF.'., sous la loi du silence.


INSTRUCTION AU r DEGRÉ

N . B. — Les réponses imprimées en italique doivent être données textuelleinenl.

D. — Etes-vous C om p .-.?
R. — Je connais la lettre G.

D. — Que signifie cette lettre?


R. — (V. au Rituel, p. 89.)

D. — Comment avez-vous été reçu Comp.-. ?


R. — En passant de la colonne du N ord à celle duM idi, aprèsavoir fait cinq
voyages.

D. — Quel est le sens général de ces voyages ?


R. — ils figurent les travaux et les études quecom porte legrade deComp.-.

D. —■ Que signifie le i " voyage?


R. ~ P a r le maillet et le ciseau, il signifie quele Comp.-. doit s'améliorer lui-
même en s’efforçant de faire disparaître, comme autant d’aspérités fâcheuses, ses
défauts, ses préjugés et ses erreurs. — A ce travail doit se joindre l ’étude des sens, qui
conduit à la connaissance de la personnalité humaine et qui explique la formation des
idées.

R. — Que signifie le 2° voyage ?


R. — Par l’équerre et le compas, il symbolise la recherche de la justice et de la
vérité. — Il marque aussi que, dans ses études, le Comp.-. doit faire aux arts une part
importante, aussi bien à ceux qui ont pour objet l'expression du beau qu'à ceux qui
tendent à la réalisation de Tutile, les uns et les autres étant nécessaires au développe­
ment de Thumanité.

D. — Que signifie le 3 “^voyage ?


R. — Par la règle, emblème du jugement droit, et par le levier^ emblème de la
puissance du travail, il symbolise l’étude de la nature. — A cette étude se rattachent
les différentes sciences, dont les données principales ne doivent pas rester étrangères
au C om p.’ .

D. — Que signifie le 4® voyage ?


R. — Par le niveau, il figure les efforts que nous devons faire pour réaliser pro­
gressivement l’égalité sociale. — Il sert aussi à honorer la mémoire et à rappeler
l’exemple des bienfaiteurs de l’humanité.

D. — Que signifie le 5 ° voyage?


R. — Par la truelle, il marque l’achèvement du labeur. — 11 proclame, en outre,
la glorification du travail, qui implique le relèvement des travailleurs déshérités ou
disgraciés par le sort.

D. — Après les cinq voyages que vous fit-on faire ?


R. — On me fit contempler l’étoile flamboyante.

D. — Que signifie cet emblème?


R. — C’est notre étoile polaire, l’astre de la libre pensée.

D. — Comment les Comp.-. se font-il reconnaître ?


R. — P a r deux mots, lin signe et un attouchement.

D. — Donnez-moi le mot de passe.


R. — Sch.......

D. — Que signifie-t-il ?
R. — 11 signifie : nombreux comme les épis de blé.

D. — Faites le signe.
(L’interrogé le fint.)

D. — Donnez l’attouchement au Surv.-. de votre colonne.


A p rès l ’avoir reçu, le S u r v .-. dit ; .

L ’attouchement est juste, Vén.-. M .‘ .

D. — Donnez-moi le mot sacré; au rite français.


R. — Dites-moi la première lettre; je vous dirai la seconde.
(O n fait com m e pour le m ot sacré d ’A p p .'.)

D. — Que signifie ce mot ?


R. — Persévérance dans le bien. C’est le nom d’une colonne du temple de
Salomon, près de laquelle les compagnons touchaient leur salaire.
D. — Pourquoi le nombre cinq caractérise-t'il le grade de Comp.-. ?
R. — Parce qu’ il marque uneprogression sur le nombre trois en unissant à lui
le premier des nombres pairs. Chez les anciens, il était l’emblème de l’union conjugale.

D. — Que signifie le cordon, terminé par deux houppes dentdées, qui entoure le
temple ?
U. — Par ses nœuds entrelacés, il symbolise l’union qui lie ensemble tous les
francs-maçons et en forme une même famille. 11 circule autour du temple pour
indiquer que cette union s’étend par toute la terre.

D. — Pourquoi les Comp.-. se tiennent-ils au Midi?


K. ~ Parce que, plus avancés en instruction que les App.\ et mieux habitués à
la lumière, ils peuvent, sans danger et sans trouble, recevoir des rayons plus vifs.

D. — Pourquoi l’App.-. a-t-il la bavette de son tablier relevée, et pourquoi le


Com p.'. l’a-t-il baissée?
R. — Parce que, sous le rapport matériel, l’A p p .'. a besoin de se mieux couvrir
de son tablier, étant occupé de travaux plus grossiers que ceux du C om p.'..

D. — Quel dge avez-vous?


R. — Cinq ans.

D. — Comment travaillez-vous sous la direction des maîtres ?


R. — Avec ardeur, joie et liberté.

D. — Avez-vous reçu
> votre salaire?
R. — Je suis content.

D. — Où l’avez-vous reçu ?
R. — A la colonne R.

D. — N ’attendez-vous plus rien de vos frères ?


R. — J’attends l’heure où, suffisamment instruit de ce que doit savoir un
Comp.-., je serai admis à partager les travaux des M M .’ , dans la chambre du milieu.

L e V l: n . -.

Tout vient à point à qui sait attendre.