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PRODUCTION+RESUME DE TEXTE +QUESTION

Texte 1 : Le droit à l'information

Connaître objectivement les nouvelles en tous domaines est une nécessité vitale pour l'esprit
humain. En premier lieu parce qu'il est évident que toute action, toute réflexion, tous progrès
intellectuels et matériels ne peuvent se développer correctement s'ils n'ont pour base une
information juste dans ses éléments aussi bien que dans ses propositions. Le meilleur stratège
est paralysé sans son service de renseignements ; le savant doit patiemment établir et vérifier
les fait avant de chercher à les comprendre ; le voyageur a besoin de cartes et de guides.
Chacun de nous, dans ses mouvements, ses recherches, dans ses luttes, est déterminé par la
qualité comme par la précision des données sur lesquelles il s'appuie. Plus la vie sociale se
diversifie et plus elle s'ouvre à des domaines nouveaux, plus aussi se fait sentir l'absolue
nécessité d'une information à la fois générale et spécialisée. Il n'est pour ainsi dire pas un
aspect de la vie humaine réfléchie qui puisse développer harmonieusement sans une constante
référence aux acquisitions antérieures et parallèles.
Le besoin d'une information riche et permanente n'est pas limité à ces aspects utilitaires. En
faisant s'interpénétrer les différents groupes sociaux, l'information contribue largement à
constituer la société en tant que telle. Elle donne un sens à chaque destin individuel en
référence au destin collectif. Si les nouvelles sont faussées ou incomplètes, les structures dans
lesquelles nous nous insérons en seront infectées. Les assimilations, comparaisons ou
oppositions qui seront faites à partir des données inexactes se trouvent gravement perturbées.
En revanche, un riche courant de faits informant les personnes et les groupes permettra
l'épanouissement d'une société communautaire à l'échelle de la planète.
Etre informé n'est donc pas un luxe. C'est une nécessité et c'est un droit. Voilà pourquoi
l'assemblée générale des Nations Unies, en adoptant, le 10 décembre 1948, La Déclaration
Universelle des droits de l'homme, il y a inséré le droit à l'information sous la forme suivante :
Art 19 : " toute personne a droit à la liberté d'opinion et de réflexion, ce qui implique le droit
de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et répandre sans
considérations de frontières , les informations et les idées par quelque moyen d'expression que
ce soit."
Bernard VOYENE (la presse dans la société contemporaine)
I- QUESTIONS
1- Quel est le thème de ce texte ?
2- Quelle est la thèse développée par l'auteur dans ce texte ?
3- Quelle est la visée argumentative de l'auteur ?

II- RESUME
Résumez ce texte au 1/4 de son volume initial. Une marge de plus ou moins 10% est tolérée.

III- PRODUCTION ECRITE


Dans un développement organisé et argumenté vous étayerez le point de vue de Bernard
VOYENE : "Le besoin d'une information riche et permanente n'est pas limité à ses
aspects utilitaires".

Texte 2 : Savoirs scientifiques ; savoirs paysans

L'occident se comporte comme s'il y avait un savoir objectif, scientifique, rationnel, efficace,
celui de la botanique, de la géologie, de l'agronomie, de la médecine, face à un vide du savoir,
une ignorance.
On ne prête aux populations du sud que des savoir-faire, des pratiques jugées archaïques, des
techniques peu efficaces, le tout soumis aux superstitions, aux interdits religieux. Les savoirs
traditionnels sont en revanche rarement perçus comme la manifestation d'une véritable
connaissance de l'environnement.
En conséquence, les techniciens et scientifiques occidentaux pensent le plus souvent, dans les
meilleures intentions du monde, d'ailleurs, que les solutions aux problèmes que connaît le
tiers monde ne pourront être élaborées qu’à partir du savoir scientifique et technique rationnel
et efficient qui est le leur.
Cette attitude est évidemment lourde de conséquences : les termes de développement ne sont
pas innocents, car ils conditionnent, consciemment ou non, les comportements des experts
occidentaux, des formateurs, des enseignants, des médias et ces jugements de valeurs se
diffusent de manière pernicieuse dans les mentalités du Nord comme du Sud.
C'est trop souvent dans cet état d'esprit que s'élaborent les projets de développement agricole
qui proposent d'optimiser les rendements, de rationaliser les productions par le biais de
nouvelles techniques, l'utilisation de nouveaux outils et la promotion de nouveaux
comportements en remplacement de pratiques traditionnelles jugées dépassées.
Convaincre les paysans du bien fondé des solutions qu’on a élaborées pour eux, le plus
souvent tant leur participation n'est pas toujours chose facile. En effet, on pense souvent qu'il
suffira de leur présenter de manière claire les avantages des solutions préconisées pour
entraîner leur adhésion. Or, bien des expériences montrent que, sur le terrain, on se heurte à
des résistances culturelles, des habitudes, des convictions religieuses, mais surtout à des
façons de concevoir l'environnement. Bien souvent, lorsque ces projets échouent, on
incrimine l'ignorance paysanne ou une inaptitude particulière à accepter l'innovation, lorsque
les consignes données aux paysans ne sont pas suivies, la conclusion va toujours être qu'elles
n'ont pas été comprises. Or de nombreuses études montrent que si les paysans n'adoptent pas
les nouvelles techniques préconisées, c'est souvent parce que celles-ci se heurtent à des
contraintes dont les agronomes n'avaient pas tenu compte.
Le problème de fond semble bien être que l'expérience des paysans, leur très grande
connaissance de leur environnement naturel ne sont pas prises en compte comme constituant
un véritable savoir. Ces paysans ne sont consultés lorsque se définit le programme de
développement pas plus qu'ils ne participent à l'élaboration des solutions techniques. Pourtant,
ces savoirs-là sont en partie connus.
Une masse considérable d'informations a été recueillie par des ethnologues depuis des
décennies. Des disciplines même se sont constituées autour des savoirs populaires, que l'on
regroupe sous le terme d'ethnobiologie. Ces études prouvent d'une façon indéniable que les
agriculteurs de ces régions ont une très profonde connaissance du milieu naturel, qu'ils
connaissent une infinie variété de plante dont ils usent de toutes les manières possibles, pour
se nourrir, pour s'abriter, pour se vêtir, pour se soigner, pour se parer, pour communiquer avec
l'au-delà.
Ce sont des écologistes nés : ils savent comment protéger les plantes, comment assurer leur
reproduction, comment maintenir l'équilibre entre populations et environnement. Mais il
semble bien que l'on ne sache pas comment utiliser ces études. On peut se demander en effet
pourquoi la collaboration des spécialistes n'est pas systématiquement sollicitée, pourquoi la
lecture des travaux qu'ils ont rédigés n'est pas un préalable à toute réflexion sur la faisabilité
des projets de développement. Sans doute y a-t-il entre les ethnologues de terrain et les
techniques des projets de développement un important problème de communication et une
méfiance réciproque.
Les ethnologues sont considérés par les agronomes comme des opposants systématiques à
toute modernisation de l'agriculture, et inversement les ethnologues ont tendances à penser
que les agronomes interviennent dangereusement sur des sociétés dont-ils ignorent tout.
Les agronomes se réfugient derrière le fait que la mise en application du projet lui-même est
assurée par des techniciens nationaux, locuteurs des langues nationales formées et encadrées
afin d'assurer la vulgarisation des nouvelles techniques qui sont censées, du fait qu'ils en sont
issus, mieux connaître les cultures traditionnelles concernées. Or, évidemment, ce n'est pas si
simple. Tout d'abord parce qu'ils ne sont pas forcement originaires de la région où ils
travaillent et que les comportements culturels peuvent varier considérablement à l'intérieur
d'un même Etat. Ils ne parlent pas toujours la langue de leurs interlocuteurs paysans et n'en
connaissent pas nécessairement les usages. Mais la complexité de leur position va au-delà
d'une simple question de langue. Censés jouer le rôle de véritables intermédiaires culturels, ils
ne sont plus souvent, comme le soulignait l'ethnologue Jean-Pierre Olivier de Sardan, que des
porte-paroles du projet pour lequel ils ont été engagés.
Dominique ROLAND, in Diagonales, N°37 Février 1996.

I- QUESTIONS
1- Relevez dans le texte deux expressions qui expliquent le jugement de valeur dont sont
victimes les populations paysannes.
2- Expliquez en contexte la phrase : " On se heurte à des résistances culturelles".

II- RESUME
Résumez le texte au 1/4 de son volume initial. Une marge de plus ou moins 10% est tolérée.

III- PRODUCTION ECRITE


Dans un développement argumenté et organisé, vous étayerez ce point de vue de Dominique
RROLAND : "Le problème de fond semble bien être que l'expérience des paysans, leur
très grande connaissance de leur environnement naturel ne sont pas prises en compte
constituant un véritable savoir."
Texte 03 : Encore l'école

La grève de 72 heures déclenchée, depuis le 26 avril dernier, par la Fédération Estudiantine et


Scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI) a dégénéré en actes de vandalisme à Yopougon, Abobo,
Issia ... C'est regrettable, d'autant plus que de multiples concertations ont été organisées et de
"sage" décisions prises pour tenter de juguler définitivement cette crise scolaire et
universitaire qui dure depuis près d'une décennie (1990-1996). Malheureusement, dans ces
rencontres ou le verbe l'a emporté souvent sur les actes concrets, l'école a perdu cette valeur
mythique qui en faisait la clé passe-partout de toutes les portes de la vie.
En effet, de l'indépendance à l'instauration du multipartisme (1990-1996), l'école constituait,
pour les oubliés du destin et de l'histoire, l'unique espoir de se faire une place au soleil. Grâce
à elle, de nombreux jeunes dont les parents n'étaient militants ni de la première ni de la
dernière heure ont pu partir, des campagnes pauvres et reculées, pour la ville afin d'y voler, à
l'instar de Prométhée, le dieu de la connaissance. Donnant droit à toutes les couches sociales,
d'y accéder par le travail et l'effort individuel, l'école a "démocratisé" la connaissance
universelle et ouvert le chemin du pouvoir et de la fortune à certains jeunes qui semblaient
définitivement condamnés, par leurs origines, à la misère et à la pauvreté.
Mais progressivement, la probité, la persévérance dans l'effort, le goût du
travail...qu'enseignait l'école ont été supplantés par d'autres valeurs. En fait, quand on
détourne impunément les deniers publics pour construire sa fortune personnelle, quand on
fausse les résultats des élections pour accéder au pouvoir, quand la politique transforme les
derniers de la classe en génies, quand le tribalisme et népotisme deviennent les seules critères
de promotion dans la carrière, quand l'affairisme détermine tout...il n'y a plus rien à attendre
de l'école. Aussi, pour bien des jeunes, les diplômes qu'elle délivre ne sont désormais que de
simples "bout de papier" sans aucune valeur sociale.
D'ailleurs, pourquoi les disciples continueraient-ils d'avoir foi en l'école quand leurs maîtres
qui auraient dû être gardiens du temple l'abandonnent ? Prolétarisés par des salaires de misère,
ils sont, eux aussi atteints par le virus de la politique des affaires. Leaders de partis politiques,
ministres, membre de cabinets occultes, directeurs de société, tenanciers de bars et de maquis,
commerçants, planteurs...on les retrouve partout sauf dans les amphithéâtres et les salles de
classes. Au point où l'enseignement est désormais devenu l'activité secondaire des enseignants
cherchant à "manger". Pour un grand nombre d'entre eux, la politique se présente comme la
porte dorée de la gloire et le PMU qui fait rapidement de l'argent.
Au bout du compte, abandonné par leurs parents, et leurs maîtres, tous occupés à chercher de
l'argent, les jeunes, eux aussi cherchent de nouveaux repères dans la rue. Ainsi les grèves à
répétition, les casses, le "bôrô d'enjaillement", la "traversée du guerrier", l'alcoolisme, la
drogue, la prostitution, constituent ils le mode d'expression privilégié de cette jeunesse
délaissée qui veut se faire voir, se faire entendre, se faire reconnaître.
Au demeurant, cette crise scolaire et universitaire qui perdure reflète comme dans un miroir,
toutes les tares de la société ivoirienne. Alors, plutôt que de perdre le temps, de l'énergie, de
l'argent à organiser des concertations pour réformer l'école, il vaudrait mieux reformer la
société toute entière. C'est une autre paire de manches.
DIEGOU BAILLY, Le jour, n° 1270 du vendredi 30 avril au dimanche 02 mai 2001

I- QUESTIONS
1- Expliquez en contexte le sens des mots : "probité" et "juguler".
2- Quelle est la visée argumentative de l'auteur ?

II- RESUME
Résumez ce texte au quart de son volume, une marge de plus ou moins 10% est admise.

III- PRODUCTION ECRITE


"L'école a perdu cette valeur mythique qui en faisait la clé passe partout de toutes les
portes de la vie".
Etayez ce point de vue de l'auteur.
Texte 4 : Les enfants exploités

La question du travail des enfants a été largement médiatisée et, depuis quelques années, des
campagnes cherchent à mobiliser l'opinion publique. Pour mettre un terme à cette
exploitation, la convention des droits des enfants, votée par les Nations Unies, constitue une
déclaration des principes sans doute nécessaire mais bien mais bien rarement mis en
application. Sans doute reste-t-elle trop vague sur les définitions des notions d'enfants et de
travail : Jusqu'à quel âge peu-on parler d'enfance, comment considérer les travaux
domestiques effectués au sein de la famille ?
L'absence de réflexion théorique et de la défection des chercheurs en la matière s'expliquent
sans doute du fait que le domaine a été longtemps occupé par des acteurs du terrain, ONG ou
organismes internationaux concernés par ce problème (UNICEF, BIT). Un colloque
réunissant des chercheurs de différentes disciplines (économistes, sociologues, ethnologues) a
donné lieu à la première publication d'importance sur la question (l'enfant exploité,
oppression, mis au travail, prolétarisation, Ed. KARTHALA-ORSTM, 1996). L'indignation
que suscite le travail des enfants masque parfois des réalités sociales et économiques
complexes. Par exemple, il faut savoir que l'appauvrissement de certains pays amène
inévitablement les familles, à la limite de la suivie, à mettre leur enfants au travail.
Beaucoup de spécialistes pensent donc que, compte tenu de cette réalité, il est illusoire de
vouloir contraindre les Etats à éradiquer le travail des enfants, quand on sait que la logique
impitoyable du capitalisme mondial conduit inévitablement à l'exploitation des plus faibles et
donc des mineurs et des femmes. Le poids de la dette, en effet, animé les Etats à développer
les exportations, et pour être compétitifs sur le marché mondial, à produire à moindre coût. Or
les industries du sud n'ont qu'un seul moyen de faire baisser leurs prix, c'est réduire le coût de
la main d'œuvre. C'est ce qui explique qu'elles vont choisir d'embaucher des femmes et des
enfants, moins payés que les hommes à travail équivalent. Les entreprises du Nord sont
directement impliquées puisqu'elles organisent la concurrence entre les pays du Sud pour
obtenir les meilleurs prix, et choisissent de se délocaliser pour avoir accès à une main-
d’œuvre bon marché. On sait par exemple que l'Inde, premier producteur mondial de tapis
noués, n'occupe cette place que par le travail de 250000 enfants et que toute application stricte
d'une législation prohibant le travail des enfants aboutirait à une perte catastrophique en
devise. Par ailleurs, le déclin de ces industries entraîne un accroissement du chômage, et donc
un développement de secteur informel qui fait particulièrement appel à la main-d’œuvre
enfantine. La question se pose donc de définir ce qu'est un enfant au travail, à quel âge il peut
travailler, et quel type de tâches il peut accomplir sans que cela perturbe son développement
physique et mental. Les situations en effet sont multiples : des enfants très jeunes (quatre ou
cinq ans), des travaux pénibles et dangereux (extraction minière, manipulation de produits
toxiques ...), des horaires éprouvants (12 à 14h par jours), des salaires misérables, mais aussi
des conditions peu décentes (travail domestique ou agricole dans le paternalisme qui régit les
rapports entre père et fils, oncle et neveu ou, sur ce modèle, patron et apprenti peut servir de
prétexte à la pire des exploitations. Les contraintes de la pauvreté pèsent lourdement sur les
économies familiales, et dans beaucoup de cas le travail enfants est vécu comme une
nécessité. L'enfant lui-même ressent avec une certaine fierté le fait d'assumer une partie de la
subsistance des siens en effectuant des travaux durs. La conséquence la plus grave est
qu'ainsi, rien ne leur permet de préparer leur avenir d'adultes. Non scolarisés, affectés à des
tâches non qualifiées, ils n'acquièrent la plus part du temps aucun savoir-faire. Les spécialistes
voient une corrélation évidente entre la faillite de l'école et le travail des enfants. L'école a
perdu sa crédibilité, les familles pensent qu'il est inutile d'y envoyer les enfants. Cette école
n'est pas pour eux, elle ne permet pas d'avoir un métier, d'échapper à la misère, d'apprendre
quelque chose d'utile, et de plus elle coûte trop cher.
Julien DEBELEQUE, Diagonales N°42. Mai 1997. Page 8.

I- QUESTIONS
Expliquez en contexte :
1- Déclaration de principe
2- Industrie

II- RESUME
Résumez ce texte au 1/4 de son volume. Une marge de plus ou moins 10% est tolérée.

III- PRODUCTION ECRITE


Les spécialistes voient une corrélation évidente entre la faillite de l'école et le travail des
enfants. "L'école a perdu sa crédibilité, les familles pensent qu'il est inutile d'y envoyer
les enfants. Cette école n'est pas pour eux, elle ne permet pas d'avoir un métier,
d'échapper à la misère."
Dans un développement organisé, justifiez les propos de Julien DEBELEQUE.
Texte 5 : Journalisme et vérité

En apparence, l'objet est clair, autant que le serment d'hippocrate 1 : dire la vérité rien que la
vérité, la vérité, comme le témoin devant le tribunal. Mais à ce témoin, le président du jury ne
demande que la vérité qui lui a été humainement perceptible, celle qu'il a pu appréhender en
un certain lieu, à une certaine heure, relativement à certaines personnes. Au journaliste est
demandée une vérité plus ample, complexe, démultipliée.
En rentrant de déportation, Léon Blum, qui avait été longtemps journaliste, déclarait devant
ses camarades qu'il savait désormais que la règle d'or de ce métier n'était pas : " de ne dire que
la vérité, ce qui est simple, mais de dire toute la vérité, ce qui est bien plus difficile". Mais
qu'est-ce que "toute la vérité" dans la mesure d'ailleurs où il est possible de définir "rien que la
vérité" ? La révolution romaine de décembre 1989 vient de poser, de crier de problème avec
une violence suffocante. On sait à quel point "la vérité" fut, en l'occurrence, malmenée, et
sous sa forme apparemment la plus simple, celle des chiffres. L'intoxication qui a fait dérailler
une grande partie des médias internationaux à donner lieu aux analyses les plus fines-
notamment celle de Jean-Claude Guillebaud qui a su saluer l'admirable retenue d'une
journaliste belge, Colette Braeckman, osant publier ces mots en apparence infamants : "je n'ai
rien vu à Timisora2".
" Je n'ai rien vu ne signifie certes pas qu'il ne s'est rien passé". Mais c'est à partir de cette
formule anathème3 à tout professionnel de la communication, et qui devrait être enseignée
comme un modèle absolu dans toutes les écoles de journalisme, que se définit et s'exerce la
conscience journalistique, le rapport le vrai et le vu, le véritable et la vérité-antithèse et
synonyme à la fois du "toute la venté" de Blum : toute cette ration de vérité que vous pouvez
appréhender.
L'interrogation du journaliste ne porte pas seulement sur la plupart de vérité qui lui est
accessible, mais aussi sur les méthodes pour y parvenir, et sur la divulgation qui peut être
faite.
Le journaliste dit d' "investigation" est à l'ordre du jour. Il est entendu aujourd'hui que tous les
coups permis. Le traitement par deux grands journalistes du Washington Post de l'affaire du
Watergate4 a donné ses lettres de noblesse à un type d'enquête comparable à celle que
pratiquent la police et les services spéciaux à rencontre de terroristes ou des trafiquants de
drogue. S'insurger contre ce modèle, ou le mettre en question, ne peut être le fait que d'un
ancien combattant cacochyme5 d'un reporté formé par les petites sœurs des pauvres. L'idée
que je me suis faite de ce métier me détourne d'un certain type de procédures, de certaines
interpellations déguisées, et je suis de ceux qui pensent que le journalisme obéit à d'autres
règles que la police ou le contre-espionnage. Peut-être ai-je tort.
Mais c'est la pratique de la rétention6 de l'information qui défie le plus rudement la conscience
de l'information professionnelle. Pour en avoir usé (et l'avoir reconnu...) à propos des guerres
d'Algérie et du Viêt-Nam, pour avoir cru pouvoir tracer une frontière entre le communicable
et l'indicible, pour m'être érigé en gardien d' "intérêts supérieurs" à l'information, ceux des
causes tenues pour "justes", je me suis attiré de rudes remontrances. Méritées, à coup à coup
sûr, surtout si elles émanaient de personnages n'ayant jamais pratiqué, à d'autres usages, de
manipulations systématiques, et pudiquement dissimulées. La loi est claire : "rien que la
vérité, toute la vérité", mais il faut la compléter par la devise que le New York Times titre en
manchette : "All the news that's fit to print", toutes les nouvelles dignes d'être imprimées. Ce
qui exclut les indignes c'est-à-dire toute une espèce de journalisme et, dans le plus noble, ce
dont la divulgation porte indûment atteinte à la vie ou l'honorabilité de personnes humaines
dont l'indignité n'a pas été établie.
Connaissant ces règles, le journalisme constatera que son problème majeur n'a pas trait à
l'acquisition mais à la diffusion de sa part de vérité, dans ce rapport à établir entre ce qu'il
ingurgite de la meilleure foi du monde où abondent les scories et les faux-semblants, et ce
qu'il régurgite. La frontière, entre les deux, est insaisissable, et mouvante. Le filtre, de ceci à
cela, est à sa conscience seule. (749 mots)
Jean Lacouture, extrait d'un article
publié dans le courrier de l'Unesco, septembre 1990

1
Serment d'Hippocrate : serment par lequel les médecins s'engagent à respecter leurs
obligations morales de leur profession.
2
Timisora : ville où l'on fit croire à la presse internationale qu'avait eu lieu un massacre.
3
Anathème : sacrilège aux yeux de...
4
Watergate : affaire d'espionnage politique qui entraîna la démission du président Nixon en
1974.
5
Cacochyme : en mauvaise santé.
6
Rétention de l'information : le fait de ne pas diffuser l'information.

I- QUESTIONS
1- compréhension
a- quelle différence l'auteur établie-t-il entre le vrai et le vu ?
b- Quelle est la visée argumentative de l'auteur ?

II- RESUME
Résumez le texte au 1/4 de son volume. Une marge de plus ou moins 10% est tolérée.

III- PRODUCTION ECRITE


Discutez l'affirmation de Jean Lacouture selon laquelle : "Le journaliste doit s'imposer des
limites dans l'exercice de son métier".
Texte 06 :

Aujourd'hui, nous sommes entrés dans l'époque de la culture de mass, de la culture présente
dans tous les foyers grâce à la télévision et à l'audiovisuel individuel. Mais si ces appareils
sont porteurs de création, s'ils ont enrichi notre patrimoine de films de cinéma et de télévision
qui n'ont rien à envier aux chefs-d’œuvre des autres arts, ils sont avant tout des moyens de
diffusion ; cela signifie que, pour l'essentiel, les sources de la culture sont ailleurs qu'en eux :
dans les sciences, dans la littérature, dans les arts, dans l'Histoire, pour l'exploration de la
condition humaine, et dans la vie sociale, pour l'ensemble des pratiques culturelles. La culture
étant l'effort de l'homme pour comprendre le monde et s'adapter à lui, l'audiovisuel est le
témoignage offert à tous de cet effort. Mais cette offre ne constitue pas à elle seule un accès à
la culture : elle est un pas de géant qui ne débouche sur rien s'il n'y a pas apprentissage
préalable ou concomitant. C'est la raison pour laquelle il faut se résigner à accepter le fait que
la télévision par elle-même ne changera jamais dans les proportions importantes le niveau de
culture des téléspectateurs. Son effet est quantitatif : elle permet une plus large information à
tous les niveaux de culture, elle démultiplie à l'échelle d'un peuple entier cette information
diversifiée. Mais elle ne saurait avoir seule l'effet qualitatif qui ferait passer d'un niveau de
culture à un autre. Précisément parce que l'apprentissage préalable est indispensable et qu'il se
pratique ailleurs que devant l'écran familial. L'audiovisuel est un merveilleux instrument
d'appui, d'illustration, de commentaire, parce que l'image est présence, parce qu'elle parle aux
sens et à l'imagination. Mais elle doit être déchiffrée. Sa signification lui est donnée par un
savoir qui vient d'ailleurs. Celui que nous possédons déjà en nous-mêmes, ou celui qui nous
est communiqué par une voix extérieure à l'image.
De là vient que la télévision est toujours contestée. Elle nous enferme, en effet, dans une
alternative. Ou bien elle s'adapte au niveau moyen, évalué par sondage, d'un public massif,
mais alors elle renonce ouvertement à être un instrument de progrès et elle engendre la
frustration dans la partie de la nation la plus cultivée. Ou bien la télévision choisit de satisfaire
les goûts de l'élite : la frustration cette fois s'installe chez ceux qui ressentent leur insuffisance
et le dédain dans lequel ont les tient. Le bon sens commande donc une solution de compromis
et que l'on bâtisse des programmes diversifiés pour des publics différents. Mais, quelle que
soit la formule adoptée, on observera qu'elle agit comme un révélateur : elle renvoie toujours
à une réalité qui se situe en dehors et au-delà de la télévision, de cette réalité n'est autre que le
niveau de culture du téléspectateur.
L'avènement de l'audiovisuel ne change donc rien au fait qu'aujourd'hui comme hier nous
nous trouvons confrontés au problème éternel de la formation des hommes, c'est-à-dire de
l'acquisition d'une culture.
Gérard Montassier, Le Fait culturel.

I- QUESTION
1- Quel est le thème de ce texte ?
2- Quelle est la thèse défendue par l'auteur ?
3- Quelle est la visée argumentative de l'auteur ?

II- RESUME
Vous résumerez ce texte en 145 mots. Une marge de 10% en plus et en moins est admise.

III- PRODUCTION ECRITE


Réfutez le point de vue de Gérard Montassier selon lequel : "La télévision est toujours
contestée. Elle nous enferme, en effet, dans une alternative".
Texte 7 : Progrès et civilisation

"Progrès et civilisation" sont des mots que chacun de nous prononce chaque jour, comme si
personne n'avait aucun doute sur leur signification, et si tout le monde était d'accord sur leur
définition. Pourtant, nous serions tous bien embarrassés si nous devions en donner une
signification précise, ou si nous devions répondre à cette question : ces mots sont-ils
synonymes ou expriment-ils des choses différentes ? Et dans ce cas, où est la différence ?
Bref, nous employons ces mots étant persuadés qu'ils désignent une chose très importante,
mais sans savoir exactement ce qu'est cette chose si importante pour nous.
Au fond, ce que notre époque entend par le mot "progrès", ce sont les inventions et les
découvertes qui ont depuis un siècle tellement augmenté le pouvoir d'une partie de l'humanité.
Cette idée, au moins, est précise. Mais, elle semble trop étroite et insuffisante. Progresser,
implique l'idée qu'on a acquise un bien que l'on ne possédait pas, ou anéantie un mal dont on
souffrait ; l'idée de progrès suppose donc une définition du bien et du mal, sur laquelle on
serait d'accord. Ceci posé, on peut admettre que tout l'effort que l'homme fait pour créer des
instruments ou pour découvrir des notions qui lui permettrons d'écarter les dangers et les
causes de la douleur dont il est entouré est un bien et par conséquent un progrès. Ainsi
entendu, le progrès ne se limiterait pas aux inventions et découvertes des deux derniers siècles
; il faudrait l'étendre à tous les efforts que l'homme a fait pour créer l'outillage et la science,
qui lui servent pour vivre, depuis la découverte des métaux, la culture des plantes, la
domestication des animaux, jusqu'aux toutes dernières inventions en passant par les
explorations des planètes. Dans ce sens, l'histoire de l'humanité peut apparaître comme un
immense progrès.
En outre, si l'idée de progrès suppose une définition du bien et du mal, s'il n'y a de progrès que
lorsque le bien augmente et le mal diminue, il est évident que pour identifier le progrès avec
les découvertes et les inventions, il faudrait admettre que tout ce que nous pouvons faire grâce
aux découvertes et aux inventions est bon. C'est encore une conclusion devant laquelle le bon
sens et le sens moral se cabrent. D'après une telle théorie, il faudrait conclure que la guerre
mondiale a été un progrès sur les guerres précédentes, parce qu’elle a tué dix-millions
d'hommes au lieu d'en tuer quelques dizaines de milliers, comme les guerres du XVIII e siècle.
Il est évident que la science et la technique peuvent servir pour poursuivre des fins qui
semblent à notre conscience mauvaise. Dans ce sens, elles ne devraient pas être des progrès, si
nous envisageons le progrès comme une augmentation du bien et une diminution du mal.
C’est d'ailleurs ce que nous admettons confusément, quand nous nous refusons à confondre
progrès et la civilisation, tout en étant capables de les distinguer.
La civilisation, comme le progrès, implique l'idée qu'on a acquis un bien qu'on ne possédait
pas ou éliminé un mal dont on souffrait ; la civilisation est pour nous un état meilleur que la
barbarie, bien que nous ne sachions pas exactement en quoi il est meilleur. Parfois, nous
pensons qu'il est meilleur par le plus grand raffinement des goûts, tantôt par une plus grande
douceur des mœurs, tantôt par un plus fort esprit de justice et d'humanité. Mais nous sommes
tous d'accord que ces biens, quels qu'ils soient, ne sont pas nécessairement au progrès de la
science et de la technique.
En somme, tout est confusion, incertitude, flottement dans les idées de progrès et de
civilisation qui pourtant jouent un si grand rôle dans notre histoire. Mais nous parlons
continuellement de progrès et de civilisation sans savoir exactement ce que nous entendons
par ces mots.
GUGLIELMO Perrero, Civilisation et Progrès

I- QUESTIONS
1- Quels sont les thèmes en présence dans ce texte ?
2- Quelle est la thèse de l'auteur ?
3- Repérez les autres thèses auxquelles s'oppose le locuteur.

II- RESUME
Résumez ce texte en 166 mots (écart toléré plus ou moins 10%).

III- PRODUCTION ECRITE


Dans un développement argumenté et organisé, étayez la thèse de l'auteur.
Texte 8 : La colonisation en question

Et puisque aujourd'hui il m'est demandé de parler de la colonisation et de la civilisation, allons


droit au mensonge principal à partir duquel prolifèrent tous les autres.
Colonisation et civilisation ?
La malédiction la plus commune en cette matière est d'être dupe de bonne foi d'une hypocrisie
collective, habile à mal poser les problèmes pour mieux légitimer les odieuses solutions qu'on
leur apporte.
Cela revient à dire que l'essentiel est ici de voir clair, de penser clair, entendre
dangereusement de répondre clair à l'innocente question initiale : qu'est-ce en son principe
que la colonisation ? De convenir de ce qu'elle n'est point : ni évangélisation, ni entreprise
philanthropique, ni volonté de reculer les frontières de l'ignorance, de la maladie, de la
tyrannie, ni élargissement de Dieu, ni extension du Doit ; d'admettre une fois pour toutes, sans
volonté de broncher aux conséquences, que le geste décisif est ici de l'aventurier et du pirate,
de l'épicier en grand et de l'armateur, du chercheur d'or et du marchand, de l'appétit et de la
force, avec, derrière, l'ombre portée, maléfique d'une forme de civilisation qui, à un moment
de son histoire, se constate obligée, de façon interne, d'étendre à l'échelle mondiale la
concurrence de ses économies antagonistes.
Poursuivant mon analyse, je trouve que l'hypocrisie est de date récente ; que ni Cortez
découvrant Mexico du haut du grand téocalli, ni Pizarre devant Cuzco (encore moins Marco
Polo devant Cambaluc) ne protestent d'être les fourriers d'un ordre supérieur ; qu'ils tuent
;qu'ils pillent ; qu'ils ont des casques, des lances, des cupidités ; que les baveurs sont venus
plus tard ; que le grand responsable dans ce domaine est le pédantisme chrétien, pour avoir
posé les équations malhonnêtes ; christianisme = civilisation ; paganisme = sauvagerie, d'où
ne pouvaient que s'en suivre d'abominables conséquences colonialistes et racistes, dont les
victimes devaient être les Indiens, les Jaunes, les Nègres.
Cela réglé, j'admets que mettre les civilisations différentes en contact les unes avec les autres
est bien ; que marier des mondes différents est excellent ; qu'une civilisation, quel que soit son
génie intime, à se replier sur elle-même, s'étiole ; que l'échange est ici l'oxygène, et que la
grande chance de l'Europe est d'avoir été un carrefour, et que, d'avoir été le lieu géométrique
de toutes les philosophies, le lieu d'accueil de tous les sentiments en a fait le meilleur
rédistributeur d'énergie.
Mais alors, je pose la question suivante : la colonisation a-t-elle vraiment mis en contact ? Ou,
si l'on préfère, de toutes les manières d'établir le contact, était-elle la meilleure ?
Je dis non.
Et je dis que de la colonisation à la civilisation, la distance est infinie ; que, de toutes les
expéditions coloniales accumulées, de tous les statuts coloniaux élaborées, de toutes les
circulaires ministérielles expédiées, on ne saurait réussir une seule valeur humaine.
Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, Présence Africaine, 1955.

I- QUESTIONS
1- Quel est le thème de ce texte ?
2- Quelle est la thèse de l'auteur ?
3- Expliquez les mots suivants : "évangélisation", "entreprise philanthropique",
"maléfique", "antagoniste", "fourriers"

II- RESUME
Résumez ce texte en 130 mots (écart toléré plus ou moins 10%).

III- PRODUCTION ECRITE


"Mettre les civilisations différentes en contact les unes avec les autres est bien". Dans un
développement argumenté et organisé, étayez cette affirmation d'Aimé Césaire.
Texte 9 : Des traductions journalistiques originales

Le journalisme Français a toujours été plus un journalisme d'expression qu'un journalisme


d'observation : il accorde la préférence à la chronique et au commentaire et sur le compte-
rendu et le reportage. Autant qu'à la présentation des faits, il s'est toujours intéressé à l'exposé
des idées ; autant qu'à l'analyse des situations, s'est attaché à la critique des intentions. Par là,
il est fondamentalement différent du journalisme factuel anglo-saxon selon lequel la nouvelle
doit être nettement séparée de son commentaire et du journalisme analytique, quasi
pédagogique, allemand, plus préoccupé de traiter des sujets que de décrire des faits. On peut
s'interroger à ce sujet sur la règle du journalisme anglo-saxon "les faits sont sacrés, le
commentaire est libre", souvent cité par les journalistes français, ce principe bien rarement
respecté car il, est, en réalité, à l'opposé des traditions du journalisme français et sans doute
aussi à des attendes de leurs lecteurs.
Depuis la fin de l'ancien régime, les journalistes français assimilent la liberté de la presse à la
liberté d'expression et se sont assez peu préoccupés de la liberté d'investigation ou d'accès aux
sources. Parmi les raisons qui peuvent expliquer ce goût naturel du journalisme français pour
le jugement et d'analyse subjective et son relatif mépris pour le témoignage objectif du
reportage, on peut en retenir que deux. La première tient à ce qu'on peut appeler l'ambition
littéraire des journalistes, qui se sont longtemps considérés plus comme des hommes de lettres
en devenir que comment observateurs des événements ; de fait, la partie culturelle et les
œuvres de fiction dans le contenu des journaux ont toujours été en France relativement
importantes par rapport aux articles d'actualité.
La seconde tient à l'histoire : La presse française jusqu'à l'avènement de la III République, a
été soumise à une forte contrainte des autorités gouvernementales et la liberté d'investigation
des journalistes français s'en est trouvée limitée. L'Etat, fortement centralisé et exerçant, à la
différence des Etats-Unis, par exemple, une influence décisive dans tous secteurs de la vie
politique, économique et même d'information culturelle, contrôlait les principaux réseaux
d'information et était, par son administration et ses services diplomatiques, la principale
source de nouvelles. La presse française fut donc souvent contrainte d'en remettre, pour
l'essentiel, aux sources gouvernementales et le moteur du journalisme fut non pas comme aux
Etats-Unis ou en Grande-Bretagne la chasse aux nouvelles, mais la critique d'une information
officielle. Dès le milieu du XIXe siècle, alors, même que la tutelle officielle se dresserait
progressivement jusqu'à s'effacer entièrement, les services de l'Agence Havas, par leur
abondance, perpétuèrent cette habitude et en firent une commodité. Encore, aujourd'hui, il est
clair que par l'étendue, la variété et la qualité de ses services, l'Agence France-Presse allège la
charge des journaux et favorise leur tendance à traiter l'actualité au second degré, celui non de
la collecte mais celui de l'analyse réflexive et critique. Lors même jusqu'aujourd'hui, le
journalisme français se réclame d'un nouveau journalisme d'investigation "à l'américaine", ils
s'en remettent, en fait pour l'essentiel de leurs informations à des sources institutionnelles
gouvernementales, administratives ou autres. Il est caractéristique que les grands noms du
journalisme français aient été, et sont encore souvent, des polémistes, des essayistes ou des
hommes de lettre.
Pierre Albert, La presse française, Note et étude documentaire, 1998.

I-QUESTIONS
1- Identifiez les thèses défendues par l'auteur.
2- Expliquez les mots ou expressions suivantes en contexte : des "essayistes", "l'ambition
littéraire" des journalistes.

II- RESUME
Résumez ce texte au 1/4 de son volume initial avec une marge de plus ou moins 10% tolérée.

III- PRODUCTION ECRITE


"La presse française jusqu'à l'avènement de la III République, a été soumise à une forte
contrainte des autorités gouvernementales et la liberté d'investigation des journalistes
français s'en est trouvée limitée".
Dans un développement organisé, étayez cette assertion.
Texte 10 : Le parti de Prométhée

Pour me rassurer, je dirai que la pure connaissance scientifique que nous apporte la paix de
l'âme en nous affranchissant des terreurs invisibles, en nous donnant une conscience de plus
en plus exacte de notre situation dans l'univers. La science est en outre, et c'est l'un de ces plus
hauts titres, un élément fondamental d'unité entre pensées des hommes dispersés sur le globe.
Il n'est pas, selon moi, d'autres activités humaines dans lesquelles l'accord entre les hommes
soit toujours certainement acquis. L'activité scientifique se traduit par les mêmes réactions de
pensées quelque soit la longitude et la latitude. Et on pourrait se demander s'il n'en serait pas
également de même chez d'autres êtres vivants de notre univers, s'ils existent, si différente de
la nôtre que puisse être leur forme, du moment où ils seraient dotés de faculté de penser ; c'est
là l'universalité de la science.
Si le rôle moral et social de la science pure, de la science fondamentale, est en général
reconnu, c'est sur les applications que se porte la critique, et la science est considérée comme
morale ou immorale suivant que l'usage qui en est fait est bienfait ou destructeur.
En réalité, il serait plus convenable de faire porter le jugement non sur la science mais sur les
hommes qui l'applique, l'utilisent. Ceux-ci ne sont pas en général des scientifiques. Ce double
aspect de la science peut s'utiliser de nombreuses manières. La machine, le procédé nouveau
peut provoquer soit une crise douloureuse de chômage, soit l'affranchissement des travailleurs
astreints à un pénible labeur.
Dans le domaine même de la guerre, l'étude systématique des alliages a permis de découvrir
les acers nouveaux qui, sous la forme de blindage, protège les combattants, et sous forme de
canon plus puissant, contribuent à les détruire.
La biologie nous fournirait des exemples encore plus saisissants. La bombe atomique elle-
même, dont vous connaissez tous terrifiants effets sur Hiroshima et Nagasaki, est
l'aboutissement d'une longue série de recherche qui doit également conduire à des applications
pacifiques dans le domaine des sources d'énergies et de la nouvelle chimie des radioéléments.
En fait, il est indéniable que les difficultés de notre époque sont dues aux mauvais usages de
la science. Les crises économiques et le chômage que provoquent les guerres, destructions,
massives par l'aviation et par la bombe atomique sont autant des signes très graves qui doivent
nous alarmer et provoquer chez chacun des réactions salutaires.
Suffirait-il donc, comme il a été suggéré, de fermer les laboratoires, de supprimer les moyens
de travail aux savants, à défaut de les prendre, et de se contenter d'explorer les connaissances
acquises jugées largement suffisantes ?
La nature se changerait, tôt ou tard, de nous faire mesurer cruellement l'erreur d'une telle
attitude. Il est certain que nous serions en proie à des difficultés plus tragique encore si la
science n'avait pas progressé.
Mais, tournons vers l'avenir, nous savons, par exemple que les ressources connues d'énergie
sur la terre s'épuisent rapidement. Il est important d'y songer et de poursuivre les recherches
qui en feront jaillir de nouvelles.
Une bactérie peut, demain, s'attaquer à l'espèce humaine et tenter de la détruire, comme
d'autres espèces qui ont déjà disparu. Il existe une espèce d'herbe, le zooster, qui, en deux ans,
a presque complètement disparu de toutes les côtes du globe. Cet accident qui a frappé une
plante peut, demain s'abattre sur l'homme.
Pour pouvoir combattre efficacement ces fléaux éventuels, il nous faut accumuler une réserve
considérable de résultats scientifiques. Non seulement il serait fou de vouloir de nouveau
enchainer Prométhée, mais il nous faut au contraire, appliquer l'esprit scientifique pour
trouver des solutions aux difficiles problèmes de notre existence présente. (611 mots)
Frédéric Joliot, conférence de l'U.N.E.S.C.O, 1947.

I-QUESTIONS
1- Identifiez :
a- Une thèse réfutée par l'auteur.
b- La thèse défendue par l'auteur
2- Quelle est la visée argumentative de l'auteur ?

II- RESUME
Résumez ce texte au 1/4 de son volume initial. Une marge de plus ou moins 10% est admise.

III- PRODUCTION ECRITE


"Il est certain que nous serions en proie à des difficultés plus tragique encore si la science
n'avait pas progressée". Etayez cette assertion
COMMENTAIRE COMPOSE

Texte d'appui :

Défi à la force

Toi qui plies, toi qui pleurs


Toi qui meurs un jour comme ça sans savoir pourquoi
Toi qui luttes, qui veille sur le repos des autres
Toi qui ne regardes plus avec le rire dans les yeux
Toi mon frère au visage de peur et d'angoisse
Relèves toi et cri : Non
David DIOP, Coup de Pilon, présence africaine, 1956

Vous ferez de ce texte un commentaire composé. Sans dissocier la forme du fond,


vous pourriez montrer par exemple comment le poète retrace le drame du noir colonisé
tout invitant celui-ci à la révolte.

Texte 1 : Le dormeur du val

C'est un trou de vêture où chante une rivière


Accrochant follement aux herbes de haillons
D'argent, où le soleil de la montagne fière
Luit, c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue


Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu
Dort, il est étendu dans l'herbe, sous la nue
Pale dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort souriant comme


Souriant un enfant malade, un fait un somme
Nature, berce-le chaudement, il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner ta narine
Il dort dans le soleil, la main sur la poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges aux côtés droits.
Arthur RIMBEAUD (1854-1891)

Libellé : A travers un commentaire composé, vous mettrez en relief la vie dans la nature et le
sort du jeune soldat.

Texte 3 : Le pin des landes

On ne voit pas en passant les landes désertes


Vrai Sahara français poudré de sable blanc
Surgir de l'herbe sèche et des flaques d'eaux vertes
D'autre arbre que le pin avec ta plaie au flanc ;
Car pour lui dérober ses larmes de rétine,
L'homme avare (1) bourreau de la création
Qui ne vit qu'au dépend de ceux qu'il assassine,
Dans son tronc douloureux ouvre un large debout,
Sans regretter son sang qui coule goutte à goutte,
Le pin verse son baume et ta sève qui bout,
Et se tient toujours droit sur le bord de la route,
Comme un soldat blessé qui veut mourir debout,
Le poète est ainsi dans les landes du monde ;
Lorsqu'il est sans blessure, il garde son trésor.
Il faut qu'il ait au cœur une entaille profonde
Pour épancher ses vers, divines larmes d'or !
Théophile Gautier (1811-1872) écrivain français, poème d'Espana (1845)
(1)
avare : avide
Libellé : Vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous pourrez par exemple,
montrer comment en établissant une analogie entre le pin et le poète, l'exaltation de la
douloureuse inspiration poétique est mise en évidence.
Texte 5 : La cellule

Avec sa tignasse pouilleuse, sa maigreur famélique, ses joues que les larmes, dans le silence
funéraire des nuits, ont creusées en profonds et sinyeux sillons, ses jeux exorbités,
Mélédouman était méconnaissable : un véritable cadavre ambulant.
Rebelle, mauvais esprit, on lui interdit de recevoir les visites de sa famille. Seule sa petite-fille
Ya, âgée d'à peine sept ans, fut tolérée à ses côtés. Ce n'est qu'au septième jour de sa détention
qu'on lui permit de se laver. En effet, les gardes eux-mêmes s'étouffaient à force de pincer leur
nez pour éviter de respirer la puanteur dégagée par la cellule de la vérité. Pour empester, elle
empestait. Avec la souffrance chaleur y montait une odeur irrespirable. Chaîne aux pieds,
menottes aux poignets, ne pouvant bouger, Mélédouman était obligé de tout de tout faire dans
cette case hygiénique : selles et urine dans un vieux seau criblé de trous : une vraie passoire.
Celui-ci au reste tenait lieu de tabouret et de grabat. En effet, la cellule de la vérité qui, en fait,
était celle de la mort ; était tellement minuscule et basse que la prisonnier ne pouvait ni
s'asseoir, ni rester débout, ni se coucher. Il était ainsi plié, comme si un invisible et lourd
fardeau pesait tour à tour sur sa tête, ses épaules et son dos Zébré par les fouets.
Les autres prisonniers qui avaient pour corvée quotidienne le nettoyage des lieux ne venaient
plus. L'une des sanctions prises contre ce mauvais génie, pour la mater, était de laisser pourrir
son cagibi. Cet objectif était atteint au-delà de tout espoir. Paradis des asticots géants, des
grosses mouches prolifiques aux ailes luisantes, qui faisaient un tapage d'enfer, la cellule de la
vérité est un réduit on ne peu plus repoussant. Il mérite bien son nom : Ebissoa, que les Noirs
ont donné aux prisons : maison de caca. On voyait fourmiller dans le pagne de ce curieux
condamné une armée révoltée de vermine : vers et poux, puces, cafards, blattes organisaient
perpétuellement un joyeux défilé militaire, accompagné bien sûr par la fanfare de la colonie
de la colonie dynamique des mouches et des moustiques.
Jean-Marie ADIAFFI, La carte d'Identité.

Libellé : Vous étudierez ce texte sous la forme d'un commentaire composé.


Vous insisterez particulièrement sur la précision artistique avec laquelle l'auteur peint la
cruauté du régime en place et la déchéance du prisonnier.
Texte 6 : Les vautours

En ce temps-là
A coups de gueule de civilisation
A coups d'eau bénite sur les fronts domestiqués
Les vautours construisaient à l'ombre de leurs serres
Le sanglant monument de l'ère tutélaire
En ce temps-là
Les rires agonisaient dans l'enfer métallique des routes
Et le rythme monotone des Pater-Noster
Couvrait les hurlements des plantations à profit
O le souvenir acide des brasiers arrachés
Les promesses mutilées au choc des mitrailleuses
Hommes étranges qui n'étiez pas des hommes
Vous saviez tous les livres vous ne saviez pas l'amour
Et les mains qui fécondent le ventre de la terre
Les racines de nos mains profondes comme la révolte
Malgré vos chants d'orgueil au milieu des charniers
Les villages isolés l'Afrique écartelée
L'espoir vivant en nous comme une citadelle
Et des mines du Souaziland à la sueur lourde
Des usines d'Europe
Le printemps prendra chair sous nos pas de clarté.
David DIOP, Coup de pilon, présence Africaine, 1956

Libellé : Vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous montrerez par exemple
comment le poète critique le colonisateur et la souffrance du noir colonisé.
Texte 7 : L'albatros

Souvent, pour s'amuser, les hommes d’équipage


Prennent des albatros, vastes oiseaux de mers.
Qui suivent glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposées sur les planches.
Que ces rois de l'azur : maladroits et honteux.
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches,
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère le beau, qu'il est comique et laid
L'un agace un bec avec brûle gueule.
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !
Le poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer
Exilé sur le sol au milieu des huées.
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
Les fleurs du mal, Charles Baudelaire (1821-1867), Ed. Classiques français

Libellé : Faites de ce texte un commentaire composé en tenant compte du fond et de la forme.


Vous pourrez montrer par exemple le martyre de l'oiseau et aussi comment le poète comparé à
l'albatros traduit sa solitude parmi les tiens.

Texte 8 : Mensonge

L'Afrique n'est pas une vache laitière


Qu'on trait et traite
Comme un produit de marché
L'Afrique n'est pas une bête de somme
Qu'on charge et alourdit
Sous le poids du mensonge
L'Afrique n'est ni cobaye
Ni champ d'essais
Pour les canons médicaments
Et homme de médiocrité
L'Afrique n'est pas un fief
Un domaine privé
Où l'on abuse des plots de vin
En tout repos
L'Afrique n'est pas un cirque
Une machine à rire
Babacar Sall, Les voix de l'aube, paris, silex 1985

Libellé : Vous ferez de ce texte un commentaire composé.


Vous montrerez par exemple comment le poète met en lumière le déjoue de
la considération lugubre occidentale et l'expression d'une autre face de l'Afrique.

Texte 9 : Chant d'automne

Bientôt nous plongerons les froides ténèbres ;


Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Les bois retentissant sur le pavé des cours

Tout l'hiver va rentrer dans mon être : colère,


Haine, frissons, horreurs, labeur dur et forcé.
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon cœur ne sera plus qu'un choc rouge et glacé.

J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe


L'échafaud qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

Il me semble, bercé par ce choc monotone.


Qu'on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui c'était hier l'été, voici l'automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.
Les fleurs du mal, Charles Baudelaire, poète du XIXe siècle

Libellé : Dans un commentaire composé, en prenant en compte le fond et la forme, vous


pouvez montrer par exemple l'angoisse de la mort et la douleur que la poète ressent.
Texte 10 :

La scène se passe le pays imaginaire de BELEYA plus précisément à l'intérieur d'une prison, un
véritable enfer. SANABA est une détenue comme les autres. Cependant son statut de femme lui a
permis d'être chargée de la distribution des repas des prisonniers.

Les prisonniers mangeaient très peu de viande. La société elle-même trouvait immoral de
nourrir convenablement les criminels ; des hommes dont le seul tort, parfois était de se
retrouver dans une prison. Personne en ville ne savait c'eut été scandaleux, que le régisseur
fournissait, tous les dimanches en principe, dix kilogrammes de viande de chèvre.

Sur cette quantité qui arrivait très irrégulièrement, les gardes révoltés par ces excès de
générosité grivelaient (1) impitoyablement. La moitié à peine, de cette méchante came
parvenait aux détenus. Le bouché de son coté, prenait soin d'abattre une vieille chèvre malade,
impropre à la reproduction, et dont la viande pouvait être difficilement écoulées sur le
marché.

Tous les prisonniers suivaient d'un clin d'œil vigilant la cuisine de cette précieuse source de
protéine. Le partage se faisait en présence du garde de la semaine, qui, seul pouvait interdire à
ces hommes misérables de se ruer sur la marmite, tels des fauves. Chacun essayant de
s'emparer du morceau le plus gros. Ils entouraient le plait, le bras droit tendu, les doigts
crispés comme des griffes d'un rapace. Il y avait autant de morceau que de détenus dont les
nombres, certains mois dépassaient la centaine.
Dans ce trou, la viande était à vie. Sanaba, sous la protection du sbire, remettait à chacun son
morceau. Personne ne bougeait avant cette délicate opération. Des miettes pourraient rester au
fond du chaudron (2) et Sanaba aurait peut être pitié ou une certaine préférence ; elle pourrait
aussi vouloir préparer une ancienne injustice. Nul ne se présentait à la distribution avec un
récipient.

Le partage terminé, chacun, la main fermée sur ce qui lui était revenu, rejoignait, comme un
chien, un coin ou tranquillement et goulûment, il mangeait son morceau, presque fibre après
fibre. Il mastiquait longuement pour avoir le maximum de jus, avant la déglutition. Il gardait
longtemps le jus dans bouche avant de décider de l'avaler. C'était la seule façon de se
convaincre d'avoir mangé de la viande.
Ibahim Ly, toiles d'araignées, 1982
Libellé : Sous la forme d'un commentaire composé, vous pourrez par exemple montrer
comment, à travers les conditions de vie carcérale, se dégage l'image de la société humaine.
DISSERTATION LITTERAIRE

Sujet : "Pensez-vous que la littérature puisse et doive avoir pour mission d'élever la voix
contre les injustices ?". En vous appuyant sur vos différentes connaissances en littérature
doublées des diverses fonctions assignées à celle-ci, quelle appréciation pouvez-vous faire de
cette assertion ?

Sujet 1 :
"Le temps use les œuvres littéraires, les chefs-d’œuvre quoi qu'on dise"
Expliquez et discutez cette affirmation dans un développement illustré d'exemple précis.

Sujet 2 :
"Il est peu élevé de limiter l'écriture à un plaisir égoïste. J'écris pour l'autre. Ecrire est
une quête de l'autre, une recherche de la rencontre de l'autre"
Expliquez et discutez cette assertion de l'écrivain ivoirien Maurice Bandama.

Sujet 3 :
"Le théâtre africain n'est pas seulement une habile reconstruction de l'Afrique évanouie.
Il est aussi la projection (consciente ou non) de la mentalité présente des problèmes que
se pose l'Afrique"
Expliquez et commentez cette assertion en vous référent aux œuvres connues.

Sujet 4 :
"Peut-on dire du poète qu'il est celui qui sait jouer avec le langage ?"
A partir des œuvres lues ou étudiées, appréciez et discutez cette assertion.

Sujet 5 :
"Quel plaisir et quel profit pensez-vous qu'on puisse tirer de la lecture d'un bon
Roman ?"
Dans un développement organisé et illustré d'exemples, Expliquez cette préoccupation.

Sujet 6 :
"La littérature Africaine marche au pas de l'histoire de notre continent" disait Jean Pierre
Makouta M'boukou.
Commentez et Discutez cette affirmation.

Sujet 7 :
Selon Jean Pierre Makouta M'boukou "La littérature négro-africaine est un cri d'âme d'un
peuple qui se projette face de l'occident tel qu'il spolié, asservi, acculturé et méconnu"
Partagez-vous cette affirmation ?

Sujet 8 :
Dans l'hebdomadaire "Notre Temps" du 27/11/1991, Séry Bailly disait : "La parole de
l'écrivain est belle mais elle parait si impuissante"
Expliquez son propos et dite si vous partagez son avis.

Sujet 9 :
"Le roman copie-t-il le réel ?"
En vous appuyant sur les œuvres lues ou étudiées, quelles appréciation faite vous de cette
assertion ?"

Sujet 10 :
"La mise en scène d'une pièce de théâtre est-elle une lecture fidèle du texte ou une
recréation ?"
En vous fondant sur les œuvres théâtrales que vous avez lues ou connues que vous inspire
cette affirmation ?

Sujet 11 :
"Les textes littéraires et les formes d'argumentations souvent complexes qu'ils proposent
vous paraissent-ils être un moyen efficace de convaincre et persuader ?"
Discutez.

Sujet 12 :
"Les spécialistes de la littérature Africaine s'accordent à reconnaître que les écrivains
Africains à travers leurs écrits ont inventé une nouvelle littérature"
Vous fondant sur les différentes mutations qu'a connues la littérature Africaine, dites en quoi
les écrivains Africains révèlent leur spécialité littéraire.

Sujet 13 :
"Bernard Dadié que d'aucun considèrent comme le père de la poésie ivoirienne
d'expression française, est auteur de la Ronde des jours, (1956, Paris, Seghers).
Négritudien dans l'âme, il prône dans cette œuvre les valeurs du monde noir et combat
pour la liberté, sans pour autant sacrifier la beauté formelle du texte"
Pensez-vous que ces deux options (l'engagement militant et l'esthétique) soient compatibles et
efficaces en poésie ? Commentez et au besoin Discutez cette affirmation à la lumière des
œuvres lues et étudiées.

Sujet 14 :
Un critique contemporain affirme : "Loin de nous amuser et de nous attendrir, le rôle de
l'écrivain se réduit à l'enseignement de la lucidité et de la prise de conscience car il est le
bâton de l'aveugle"
Commentez et discutez cette assertion à la lumière des œuvres que vous avez lues ou étudiées.

Sujet 15 :
"je ne sais pas écrire (...) pour anesthésier les consciences ; ma plume ne connait pas ces
œuvres qu'on écrit pour encenser ou louer. Mon œuvre romanesque ? Un long cri de
liberté..."
En vous appuyant sur des exemples empruntés de vos lectures, appréciez cette pensée d'un
auteur contemporain.

Sujet 16 :
Dans le commerce des classiques de 1953, Claude Roy écrit : "La littérature est l'art
admirable de penser plus profondément, plus valablement les choses"
En vous appuyant sur exemples empruntés de vos lectures, appréciez cette pensé de l'auteur.

Sujet 17 :
"Le théâtre Africain puise dans l'histoire pour mieux élucider l'actualité"
Partagez-vous cette assertion ?

Sujet 18 :
Robert Rolland dans une nouvelle littéraire tenait ce propos : " On ne lit jamais un livre. On
se lit à travers les livres, soit pour se découvrir, soit pour se contrôler"
En vous appuyant sur votre expérience personnelle de lecteurs d'œuvres littéraires, vous
expliquerez ce propos.

Sujet 19 :
Selon vous, "la fin essentielle de la poésie est-elle l'évocation des déboires humains ?"
Sujet 20 :
" Le roman négro-africain s'est toujours voulu un romain de contestation"
Discutez cette affirmation.