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Sixième séance

Les conflits liés à la mobilisation des créances

Éléments de correction

Sommaire
1. Exercices pratiques.........................................................................................................................2
Exercice n° 1 :.......................................................................................................................................2
1 ° Le refus d’acceptation.....................................................................................................................2
2 ° Le conflit entre le porteur de la lettre de change et le cessionnaire Dailly.....................................3
Exercice n° 2 :.......................................................................................................................................4
1° Le conflit entre le sous-traitant et le cessionnaire Dailly.................................................................4
2 ° Le conflit entre le sous-traitant et le porteur d’une lettre de change...............................................5
2. Documents reproduits....................................................................................................................7
2.1. Les recours du véritable titulaire de la créance.............................................................................7
2.2. Le conflit entre le sous-traitant et le cessionnaire Dailly...............................................................7
2.3. Le faux conflit entre la banque réceptionnaire et la banque cessionnaire.....................................8
2.4. Le conflit entre deux cessionnaires Dailly successifs....................................................................9
Exercice d’entraînement.......................................................................................................................9
3. Annexes..........................................................................................................................................10

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1. Exercices pratiques.

Exercice n° 1 :

Une lettre de change est tirée le 6 février par la société Benvenuto sur la société Cellini au profit
du Crédit Troyen. Le titre est présenté à l’acceptation le 15 février ; le tiré refuse cependant
d’accepter, car le tireur n’a pas livré les marchandises le jour de la présentation à l’acceptation. La
société Benvenuto cède le 28 février la même créance, par voie de bordereau de cession de créance
professionnelle, au Crédit Isérois. Le cessionnaire notifie la cession le 1er mars. Le débiteur, qui a
finalement reçu livraison des marchandises, se demande qui il doit payer à l’échéance.

1 ° Le refus d’acceptation

Le tiré peut-il refuser d’accepter la lettre de change lorsqu’elle lui est présentée à l’acceptation
en cas de défaut de livraison des marchandises ?

Par principe, le tiré d’une lettre de change est libre d’accepter ou de refuser la lettre de change.
Il existe une exception prévue à l’article L. 511-15, al. 9, du Code de commerce lorsque la lettre
de change est créée en exécution d’une convention relative à des fournitures de marchandises
passée entre commerçants et que le tireur a satisfait les obligations résultant pour lui de ce contrat
de fourniture de marchandises. Dans ce cas de figure, le tiré est contraint d’accepter dès l’expiration
d’un délai conforme aux usages normaux du commerce en matière de reconnaissance de
marchandises.

En l’espèce, les marchandises n’ont pas été livrées au moment où la lettre de change est
présentée à l’acceptation. Elles l’ont été après. Or, l’article L. 511-15 condamne le refus
d’acceptation lorsque la lettre de change est présentée au tiré et, au moment de la présentation à
l’acceptation, les conditions de l’alinéa 9 n’étaient pas réunies. Il n’est pas indiqué que la lettre a été
présentée de nouveau à l’acceptation après la livraison effective des marchandises.

En conclusion, le tiré pouvait valablement refuser d’accepter la lettre de change. Le titre n’est
donc pas accepté.

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2 ° Le conflit entre le porteur de la lettre de change et le cessionnaire Dailly

Le conflit entre le porteur d’une lettre de change, qui n’a fait l’objet ni d’une défense de payer,
ni d’une acceptation, et le cessionnaire Dailly qui a notifié la cession se résout en faveur de quel
créancier ?

En application de la maxime prior tempore, potior jure, celui qui a acquis son droit le premier
doit recevoir paiement de la créance. La règle est reprise à l’article 1325 du Code civil, selon
lequel « [l]e concours entre cessionnaires successifs d'une créance se résout en faveur du premier en
date ». Pour mettre en œuvre cette règle, il convient de tenir compte des mécanismes de
mobilisation de créance utilisés.

Pour le bordereau de cession de créance professionnelle, la date à prendre en compte est la


« date apposée sur le bordereau lors de la remise » (C. mon. et fin., art. L. 313-27).

En ce qui concerne la lettre de change, l’article L. 511-7, al. 3, du Code de commerce dispose
que la propriété de la provision est transmise de droit à tous les porteurs successifs. Ainsi, à compter
de l’émission de la lettre de change, le tireur ne peut plus disposer de la créance de provision en la
mobilisant notamment par bordereau de cession de créance professionnelle. À lire strictement
l’alinéa 3, si la créance est cédée par bordereau après l’émission de la lettre de change, le conflit
devrait se résoudre en faveur du porteur de la lettre de change en raison de l’antériorité de sa
titularité sur la créance.

Toutefois, la jurisprudence considère que la propriété de la provision n’est définitivement acquise


au porteur d’une lettre de change non acceptée qu’au jour de son échéance, à moins que le porteur
n’ait adressé une défense de payer au tiré. En l’absence d’immobilisation de la créance de
provision (défense de payer ou acceptation), si un cessionnaire Dailly acquiert la créance après
l’émission de la lettre de change, il sera préféré au porteur du titre s’il a adressé au débiteur cédé
une notification. Par cette notification, la cession devient opposable au débiteur cédé qui ne peut se
libérer valablement qu’entre les mains de l’établissement de crédit cessionnaire (C. mon et fin., art.
L. 313-28), même si la créance a été antérieurement transmise par le tirage d’une lettre de change
sur lui.

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En l’espèce, la lettre de change a été émise le 6 février. La cession par bordereau de cession de
créance professionnelle est intervenue le 28 février. La lettre de change a été présentée à
l’acceptation, mais n’a pas été acceptée – ce qui ne peut être reproché au tiré (v. supra) – et n’a pas
fait l’objet d’une défense de payer. Le cessionnaire a, quant à lui, notifié la cession le 1 er mars. À
l’échéance, le débiteur cédé se libère valablement entre les mains du cessionnaire, le Crédit Isérois.
La solution peut paraître injuste : le cessionnaire Dailly a certes pris soin de notifier la cession.
Cependant, le porteur a également été diligent en prenant la précaution, avant la notification du
cessionnaire, de présenter le titre à l’acceptation ; il l’a cependant fait à un moment où le tiré n’était
pas contraint d’accepter. La créance n’a donc jamais été immobilisée au profit du porteur de la lettre
de change ; quand bien même le débiteur connaît l’existence du titre, le seul événement qui, en
droit, a pu produire effet avant l’échéance, est la notification de la cession. On ne peut qu’inciter les
porteurs de lettre de change à adresser une défense de payer lorsque le titre leur revient non accepté.
Rappelons simplement, même si ce n’est pas l’objet de la question directement posée, que le porteur
n’est pas démuni : le refus d’acceptation a pour effet d’ouvrir ses recours contre les autres
signataires – le tireur ici – sans attendre l’échéance.

En conclusion, le conflit se résout en faveur du Crédit Isérois, le cessionnaire Dailly qui a


valablement notifié la cession.

Exercice n° 2 :

Un maître d’ouvrage, la Société Fantastic, a confié des travaux à un entrepreneur principal, la


société Harold, pour un montant de 500.000 euros, payable le 11 octobre 2019. L’entrepreneur
principal a sous-traité les travaux à la société Reccio pour un montant de 200.000 euros, avant de
céder le 1er juin 2019 par bordereau de cession de créance professionnelle la totalité de sa créance au
Crédit Troyen. Le cessionnaire notifie la cession le 3 septembre 2019. Le sous-traitant exerce
l’action directe contre le maître d’ouvrage le 28 septembre 2019.

1° Le conflit entre le sous-traitant et le cessionnaire Dailly

Le conflit entre le sous-traitant exerçant une action directe contre le maître d’ouvrage et le
cessionnaire Dailly se résout en faveur de quel créancier ?

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L’article 12 de la loi du 31 décembre 1975 dispose que « [l]e sous-traitant a une action directe
contre le maître de l'ouvrage si l'entrepreneur principal ne paie pas ». L’article 13-1 de la loi du 31
décembre 1975 précise que « [l]'entrepreneur principal ne peut céder ou nantir les créances
résultant du marché ou du contrat passé avec le maître de l'ouvrage qu'à concurrence des sommes
qui lui sont dues au titre des travaux qu'il effectue personnellement »1. La jurisprudence déduit de
cet article que la cession réalisée par l’entrepreneur principal est inopposable au sous-traitant
(Cass. com., 22 novembre 1988). Il existe deux exceptions à cette inopposabilité : si le maître
d’ouvrage a accepté la cession avant l’exercice de l’action directe ou si la cession a eu lieu avant la
conclusion du contrat de sous-traitance. En cas de conflit entre un sous-traitant et un cessionnaire
Dailly, la jurisprudence a précisé qu’il importe peu que la cession ait été notifiée à une date
antérieure à l’exercice de l’action directe : la cession demeure inopposable au sous-traitant (Cass.
com., 26 avril 1994). Le débiteur doit par conséquent payer le sous-traitant. En revanche, la cession
par bordereau n’est pas nulle : le cessionnaire peut donc se retourner contre le débiteur cédé pour la
partie des créances qui ne correspondent par à des travaux sous-traités.

En l’espèce, la société Harold, l’entrepreneur principal, a cédé la totalité des créances dont elle
disposait à l’encontre de la société Fantastic, le maître d’ouvrage. Or elle avait sous-traité une partie
des travaux pour 200.000 euros à la société Reccio et elle refuse désormais de payer le sous-traitant.
Le sous-traitant souhaite par conséquent exercer son action directe contre le maître d’ouvrage pour
obtenir paiement de sa créance. La partie de la créance qui correspond aux travaux sous-traités ne
pouvait pas être cédée et la cession réalisée au profit du Crédit Troyen est par conséquent
inopposable au sous-traitant. Les faits n’entrent dans aucune des exceptions prévues : la cession n’a
pas été acceptée par le maître d’ouvrage avant l’exercice de l’action directe et le contrat de sous-
traitance semble précéder la cession par bordereau. La société Fantastic doit par conséquent payer le
sous-traitant à l’échéance. Il importe peu que la notification ait eu lieu avant l’exercice de l’action
directe puisque la cession Dailly, qu’elle soit notifiée ou non, est inopposable au sous-traitant. En
revanche, la cession n’est pas nulle : pour les 300.000 restants, le cessionnaire Dailly peut obtenir
paiement du débiteur.

1 V. néanmoins le deuxième alinéa de l’article 13-1 de la loi du 31 décembre 1975, qui réserve le cas où
l’entrepreneur principal obtient, préalablement et par écrit, le cautionnement personnel et solidaire d’un
établissement agréé.

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En conclusion, le conflit entre le sous-traitant et le cessionnaire Dailly se résout en faveur du
sous-traitant.

2 ° Le conflit entre le sous-traitant et le porteur d’une lettre de change

Les faits sont identiques, hormis que le sous-traitant se trouve désormais en conflit avec le
porteur d’une lettre de change qui a adressé une défense de payer au débiteur le 3 septembre 2019.

Le conflit entre le sous-traitant exerçant une action directe contre le maître d’ouvrage et le
porteur d’une lettre de change se résout en faveur de quel créancier ?

En matière de lettre de change, la jurisprudence refuse d’appliquer l’article 13-1 de la loi du


31 décembre 1975. L’arrêt de la Chambre commerciale de la Cour de cassation du 18 novembre
1997 affirme ainsi que « l’inopposabilité de la transmission de créance énoncée par l’article 13-1 de
la loi de 1975 ne s’applique pas aux endossements d’effets de commerce acceptés par le tiré ou
payés par lui ». Il faut donc appliquer la règle prior tempore, potior jure, ce qui suppose de savoir si
la créance a été immobilisée au profit du porteur de la lettre de change avant l’exercice de l’action
directe du sous-traitant. À l’échéance, le tiré doit payer le porteur qui a émis une défense de payer
avant l’action directe du sous-traitant. En effet, la défense de payer consolide les droits du porteur
avant l’échéance et est opposable au sous-traitant.

En l’espèce, le porteur de la lettre de change a adressé une défense de payer le 3 septembre 2019.
Le sous-traitant a exercé l’action directe le 28 septembre.

En conclusion, les droits du porteur de la lettre de change ont été consolidés par la défense de
payer, intervenue avant l’exercice de l’action directe du sous-traitant. Le conflit se résout en faveur
du porteur de la lettre de change.

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2. Documents reproduits.

2.1. Les recours du véritable titulaire de la créance.

Le débiteur peut s’être valablement libéré en payant une autre personne que le véritable titulaire
de la créance. Ainsi en était-il dans l’affaire ayant donné lieu à l’arrêt de la Chambre commerciale
de la Cour de cassation du 19 mai 1992 (document 2), opposant un cessionnaire Dailly et un
affactureur ou factor. Le contrat d’affacturage est un contrat qui permet un transfert de créance, via
le mécanisme de la subrogation personnelle. En l’espèce, la cession par bordereau était la première
en date, le contrat d’affacturage ayant été conclu après la date apposée sur le bordereau. Le
cessionnaire Dailly était donc le véritable titulaire de la créance, en vertu de l’adage prior tempore,
potior jure. Cependant, le cessionnaire Dailly n’avait pas notifié la cession au débiteur. Ce dernier,
ayant eu seule connaissance du contrat d’affacturage, avait par conséquent payé l’affactureur. Ce
paiement ne pouvait pas être reproché au débiteur : le paiement fait de bonne foi à un créancier
apparent est valable.

La question portée par l’arrêt n’était pas de savoir si le paiement réalisé par le débiteur était
libératoire. La question était celle de savoir si le cessionnaire Dailly pouvait agir contre celui qui
avait reçu paiement. Autrement dit, le véritable titulaire de la créance peut-il agir contre l’accipiens
qui a reçu paiement du débiteur ?

La Cour de cassation a répondu par la positive dans l’arrêt du 19 mai 1992 : le véritable titulaire
de la créance peut agir contre l’accipiens pour obtenir restitution des sommes versées. Cependant,
cette solution est controversée et les arguments pour ou contre sont légion.

Précisons toutefois que le législateur a entériné la solution jurisprudentielle, puisque l’article


1325 du Code civil (document 9) dispose désormais que « [l]e concours entre cessionnaires
successifs d'une créance se résout en faveur du premier en date ; il dispose d'un recours contre
celui auquel le débiteur aurait fait un paiement ».

Il existe une exception à ce recours du véritable titulaire de la créance : si l’accipiens était le


porteur d’une lettre de change acceptée. Il a dès lors reçu paiement sur le fondement de
l’acceptation ; le paiement avait une cause propre. Il n’y a donc pas d’enrichissement sans cause
(Cass. com., 19 décembre 2000, document 7).

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2.2. Le conflit entre le sous-traitant et le cessionnaire Dailly.

L’arrêt du 26 avril 1994 (document 3) illustre la difficulté posée dans l’exercice pratique n° 2.
Nous vous y renvoyons. Rappelons simplement que lorsqu’un sous-traitant agissant directement
contre le maître d’ouvrage se trouve en conflit avec un cessionnaire Dailly, le sous-traitant est
particulièrement protégé. L’article 13-1 de la loi du 31 décembre 1975 prend en effet tout son sens :
l’article interdit la cession par l’entrepreneur principal des créances correspondant aux
travaux qu’il a sous-traités, à moins qu’il n’obtienne le cautionnement d’un établissement
spécialisé en faveur du sous-traitant. Si l’entrepreneur principal cède, en dépit de l’interdiction, la
créance par voie de cession par bordereau, cette cession est inopposable au sous-traitant. L’arrêt
précise qu’il importe peu de s’intéresser au fait de savoir si la cession a été notifiée avant l’exercice
de l’action directe. Le sous-traitant primera toujours le cessionnaire Dailly.

En revanche, la cession de créance n’est pas nulle. La sanction de l’inopposabilité au sous-


traitant n’équivaut pas à la nullité. Cette précision est importante : il se peut tout à fait que le
bordereau contienne des créances qui n’ont pas fait l’objet d’une sous-traitance. La cession de la
part correspondant aux travaux réalisés par l’entrepreneur principal doit demeurer pleinement
efficace, sous peine de fragiliser la cession par bordereau de créance professionnelle.

Dans l’hypothèse où le maître d’ouvrage aurait payé le cessionnaire Dailly, le sous-traitant peut
exercer un recours contre le cessionnaire qui a reçu paiement (Cass. com., 16 mai 1995,
document 4).

2.3. Le faux conflit entre la banque réceptionnaire et la banque cessionnaire.

Dans le conflit qui oppose la banque réceptionnaire (la banque du cédant) et la banque
cessionnaire, la jurisprudence a évolué. La situation est celle-ci : la banque réceptionnaire, qui tient
le compte du cédant, reçoit les fonds versés par le cédé. La question s’est posée de savoir si la
banque cessionnaire pouvait réclamer les fonds encaissés par la banque réceptionnaire. Par un arrêt
critiqué, la Cour de cassation avait d’abord admis que la banque cessionnaire pouvait revendiquer
les sommes correspondant à sa créance entre les mains de la banque réceptionnaire (Cass. com., 28
octobre 1986). La réaction doctrinale vis-à-vis de cette solution fut très critique et les juridictions du
fond ont fait de la résistance, ce qui a eu pour conséquence d’emporter un revirement de
jurisprudence (Cass. com., 4 juillet 1995, document 5) : le banquier qui a reçu les paiements
litigieux au nom et pour le compte du cédant n’est pas tenu à restitution envers la banque
cessionnaire. L’idée derrière cette solution est que le banquier réceptionnaire est un simple

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mandataire. L’action doit être dirigée directement contre le cédant (ce qui pose nécessairement
difficulté lorsque ce dernier est en procédure collective).

2.4. Le conflit entre deux cessionnaires Dailly successifs.

Lorsque le débiteur cédé reçoit deux notifications pour une seule et même créance, il doit
rechercher lequel des deux cessionnaires Dailly dispose du titre le plus ancien, ce qui revient à
comparer les dates apposées sur les bordereaux (Cass. com., 12 janvier 1999, document 6).

Exercice d’entraînement.

Le 2 mars 2020, la société Léna a cédé, par bordereau de cession de créance professionnelle, une
créance sur la société Ob pour un montant de 120.000 euros. Le cessionnaire est la BNP.
Rencontrant d’importantes difficultés financières, la société Léna ne voit pas d’autres moyens, pour
obtenir immédiatement des fonds, que de céder une nouvelle fois cette créance. Elle la mobilise à
nouveau, le 23 mars, cette fois-ci au profit du Crédit agricole, au moyen d’un nouveau bordereau
Dailly. La créance est à échéance au 20 avril.

Le Crédit agricole, ayant eu vent des difficultés financières de la société Léna, a notifié la
cession à la société Ob le lendemain de la cession, soit le 24 mars.

a) Qui la société Ob doit-elle payer ? Quels seraient les éventuels recours envisageables après
paiement ?

b) La solution aurait-elle été différente si la BNP avait procédé à une notification de la cession le
1er avril ?

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3. Annexes

Conflits entre cessionnaires Dailly successifs

Un seul des Les deux cessionnaires Le débiteur cédé


Aucune notification
cessionnaires notifie notifient accepte
Prior tempore, potior Paiement régulier au Le débiteur compare les Le paiement est régulier
jure. cessionnaire qui a notifié dates des bordereaux et sauf si mauvaise
- mais si le débiteur, de (L. 313-27). paye, à l’échéance, le acceptation.
bonne foi, paye le premier cessionnaire en - si un seul cessionnaire
cessionnaire second en Le cessionnaire lésé peut date, peu important les demande acc°, pas de pb
date, son paiement est agir en garantie contre le dates des notifications - si les deux cessionnaires
régulier (art. 1342-3 C. cédant (L. 313-24) + (Com., 12 janvier 1999). demandent acc° et que le
civ. et L. 313-28 CMF a revendication entre les débiteur accepte les deux,
contrario) mains du cessionnaire il doit payer deux fois
- en pratique, le débiteur accipiens (par analogie, - acc° puis cessionnaire
qui n’a pas connaissance Com., 19 mai 1992) antérieur notifie : le
des cessions paye le plus débiteur cédé n’est tenu
souvent le cédant : son que de la cession qu’il a
paiement est régulier accepté en toute bonne
foi
- notif° par le
cessionnaire premier en
date puis acce°, après
cette notif°, de la cession
seconde en date : le
débiteur doit payer deux
fois.

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Conflits entre le cessionnaire Dailly et le porteur d’une lettre de change

Aucune notification Notification seulement, Si les deux agissent Acceptation


le porteur ne fait rien (notification et défense
de payer)
À l’échéance le débiteur Le débiteur paie Le débiteur doit vérifier Si le débiteur accepte
paie valablement le valablement le cédant. qui est le titulaire mal : paye deux fois.
porteur de la LC qui véritable. Comp° des Dépend de savoir si la
présente au paiement. dates du bordereau et de notification est intervenue
la défense de payer. avant ou après l’acc°.
Si paye mal, paiement Dans le 1er cas : le
non libératoire. débiteur paye deux fois.
Dans le 2nd cas : acc°
opposable au
cessionnaire.
Si paye 2 x : le débiteur
ne dispose pas d’un
recours en répétition de
l’indu c/ le porteur
(paiement qui trouve sa
cause dans l’acceptation).
Il pourra en revanche
exercer un recours c/ le
cédant qui a commis une
faute en cédant deux fois
la même créance.

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Les recours du véritable titulaire de la créance cédée

Recours c/ le débiteur cédé Recours c/ le cédant Recours c/ l’accipiens


Si le débiteur a mal payé. Le cédant Dailly et le tireur de la Cass. com., 19 mai 1992 : action
LC sont garants du paiement. admise.
Entériné par art. 1325 C. civ.
Il faut apprécier qui est le véritable
titulaire de la créance.
Exception = si l’accipiens a reçu
paiement sur le fondement d’une
acceptation. Paiement qui a une
cause propre. Pas d’enrichissement
sans cause (Cass. com., 5 juin
2012).

Le conflit entre le sous-traitant

et un cessionnaire Dailly et un porteur d’une LC


Art. 13-1 L. 31 déc. 1975. ‘Prior tempore, potior jure.’
Principe = interdiction faite à l’EP de mobiliser sa - Le ST prime le porteur si action directe exercée
créance sur le MO. avant échéance, défense de payer ou acceptation.
Sanction = inopposabilité de la cession au ST. - Le porteur prime le ST si échéance, défense de
Peu importe la date de la cession/de l’action directe. payer ou acceptation intervient avant l’action directe.

Si le débiteur cédé (le MO) a payé avant l’exercice


de l’action directe, le ST ne peut demander un
second paiement car le débiteur a valablement payé.

Mais le ST peut demander au cessionnaire la


restitution des sommes (jp 92 avant, art. 1325
maintenant).

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