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Lycée Pierre de Fermat 2020/2021

MPSI 1 TD

Structures algébriques
Lois de compositions internes
Groupes

1 Lois de compositions internes.


∗→ a b c

⊲ Exercice 1.1. Soit E = {a, b, c} un ensemble muni de la LCI ∗ définie par la table suivante : a a c b
b c b a
c b a c
1. Quelles sont les propriétés de la loi ∗ ?
2. Résoudre les équations d’inconnue x ∈ E suivantes

x∗b=c (1) , (b ∗ x) ∗ a = c (2) , x∗x=a (3) , x∗x=x (4) .

⊲ Exercice 1.2. Soit E = {a, b, c, d, e, f } l’ensemble des sommets d’un hexagone régulier de centre O. On
définit une LCI sur E en posant, pour tout (x, y) ∈ E 2 , x ∗ y = z où z est le sommet image de x dans la réflexion
d’axe (Oy).
1. Dresser la table de loi de ∗.
2. Quelles sont les propriétés de la LCI ∗ ?
3. Résoudre les équations d’inconnue x ∈ E

a∗x = e (1) , x∗a = e (2) , x∗x = a (3) , x∗x = x (4) (e∗x)∗a = c (5) , e∗(x∗a) = c (6) .

⊲ Exercice 1.3. Soit E un ensemble non vide.


1. Quelles sont les propriétés des LCI ∩ et ∪ sur P(E) ?
2. Quelles sont les propriétés de la LCI ∆ (différence symétrique) sur P(E) ? On pourra calculer, pour tout
A ∈ P(E), A∆A, A∆∅ et A∆E. Tout élément est-il symétrisable pour cette loi ?
⊲ Exercice 1.4. Dans l’anneau usuel (Z, +, ×), on définit la loi ⊥ par

a ⊥ b = a2 + b 2

1. Calculer 2 ⊥ 1, 5 ⊥ 3, (3 ⊥ 1) ⊥ 5, 3 ⊥ (1 ⊥ 5). Quelles sont les propriétés de la loi ⊥ (associativité,


commutativité, neutre) ?
 (1)
 a =a
2. On définit a(n) pour tout n ∈ N∗ par ∀n ∈ N∗ , an = (((a ⊥ a) ⊥ a) ⊥ . . . ⊥ a) . Exprimer a(2) , a(3) ,
 | {z }
n fois a
a(4) et a(2) ⊥ a(2) .

2 Groupes
2.1 Propriétés élémentaires des groupes.
⊲ Exercice 2.1. Union de sous-groupes
Soient (G, ∗) un groupe, H et K deux sous-groupes de G. Montrer que H ∪ K est un sous-groupe de G si et
seulement si H ⊂ K ou K ⊂ H.
Ce résultat est à rapprocher du suivant : soient (E, +, .) un K-espace vectoriel, F et G deux sous-espaces vectoriels
de E, montrer que F ∪ G est un sous-espace vectoriel de E si et seulement si F ⊂ G ou G ⊂ F .
⊲ Exercice 2.2. Intersection de sous-groupes
Soient (G, ∗) \
un groupe, I un ensemble quelconque et (Hi )i∈I une famille de sous-groupes de G.
Montrer que Hi est un sous-groupe de (G, ∗).
i∈I

G → G
⊲ Exercice 2.3. Soit (G, ∗) un groupe. Montrer que l’application Ψ : est une bijection. Ψ est-il
g →
7 g −1
un morphisme de groupe ?

1
⊲ Exercice 2.4. Centre d’un groupe Soit (G, ∗) un groupe. Le centre Z(G) de G est l’ensemble des éléments
de G qui commutent avec tous les autres éléments de G :

Z(G) = {g ∈ G | ∀h ∈ G, g ∗ h = h ∗ g }.

Montrer que Z(G) est un sous-groupe abélien de G.


⊲ Exercice 2.5. Soient E un ensemble et (S(E), ◦) le groupe des permutations de E.
Fixons f0 ∈ S(E).
1. Montrer que Cf0 = {f ∈ S(E) | f ◦ f0 = f0 ◦ f } est un sous-groupe de (S(E), ◦).

S(E) → S(E)
2. Posons ϕ Montrer que ϕ est un automorphisme de groupes.
f 7→ f0−1 ◦ f ◦ f0
Préciser le sous-groupe ϕ(Cf0 ).

2.2 Exemples de groupes


⊲ Exercice 2.6.
1. Sur l’intervalle ] − 1, 1[, à partir des LCI usuelles +R et ×R de R, on définit une LCI notée ∗ en posant,
a +R b
pour tout (a, b) ∈] − 1, 1[2 , a ∗ b = . Montrer que cette formule donne effectivement une LCI
1 +R a ×R b
sur ] − 1, 1[ puis montrer que (] − 1, 1[, ∗) est un groupe abélien.
2. En exprimant, pour (x, y) ∈ R2 quelconques, th(x + y) en fonction de th(x) et de th(y), montrer que
(] − 1, 1[, ∗) est isomorphe à (R, +).
⊲ Exercice 2.7. Groupe √ de points d’une hyperbole
Montrer que G = {x + y 3 ∈ R | (x, y) ∈ R2 : x2 − 3y 2 = 1} est un sous-groupe de (R∗ , ×) (on suppose connu
que (R∗ , ×) est un groupe).
⊲ Exercice 2.8. Soit E un ensemble non vide muni d’une loi de composition interne notée ∗ qui est associative,
qui admet un élément neutre noté e, et pour laquelle, tout élément est symétrisable à droite (c’est à dire :
∀x ∈ E, ∃y ∈ E : x ∗ y = e).
1. Nous allons dans un premier temps supposer que E est un ensemble fini.
(a) Montrer que, dans un ensemble (fini ou pas) muni d’une LCI associative et d’un élément neutre, si un
élément est symétrisable à droite et à gauche, alors il est symétrisable.

E −→ E
(b) Montrer que, pour x ∈ E fixé quelconque, est injective.
z 7−→ z ∗ x
(c) En déduire que (E, ∗) est un groupe.
2. Montrer directement que, dans le cas général, l’ensemble (E, ∗) est un groupe.
⊲ Exercice 2.9. Le plus petit groupe non abélien : (S3 , ◦), le groupe des isométries d’un triangle
équilatéral.
Soit ABC un triangle équilatéral.

Notons r la rotation de centre le centre de gravité de ABC et d’angle , s la réffexion d’axe la médiatrice de
3
[AB].
Soit S3 = {id, r, r2 , s, s ◦ r, s ◦ r2 }. Montrer que cet ensemble, muni de la loi de composition est un groupe non
abélien de cardinal 6.

2.3 Propriétés de certains groupes particuliers


⊲ Exercice 2.10. Soit (G, ∗) un groupe non réduit à un seul élément dont tout élément différent du neutre
(noté e) est d’ordre 2 (c’est-à-dire que ∀g ∈ G, g ∗ g = e).
1. Montrer que G est abélien (on pourra considérer (g1 ∗ g2 )2 ).
2. Montrer que G possède au moins un sous-groupe de cardinal 2.
3. (a) Soit H un sous-groupe fini strict de G (c’est-à-dire H ( G) et soit g ∈ G \ H.
Posons gH = {g ∗ h | h ∈ H}.
Montrer que H ∪ gH est un sous-groupe de G de cardinal 2|H|.
(b) En déduire que, si G est un groupe fini, alors son cardinal est une puissance de 2.
⊲ Exercice 2.11. Soit (G, ∗) un groupe de cardinal fini et pair. Le but est de prouver qu’il existe au moins un
élément non trivial d’ordre 2 (c’est-à-dire g ∈ G tel que g 2 = e et g 6= e où e est le neutre de G).
1. Soit E = {g ∈ G | g 2 6= e }. Montrer que, si g ∈ E, g −1 ∈ E.
2. En déduire que E est de cardinal pair et conclure.

2
Correction des exercices
⊲ Corrigé de l’exercice 1.1
1. • La LCI ∗ est commutative (symétrie de la table de loi par rapport à une des diagonales).
• La LCI ∗ ne possède pas délément neutre (sinon l’une la colonne correspondant à cet élément serait
identique à la première colonne).
• La LCI ∗ n’est pas associative :

a ∗ (b ∗ c) = a ∗ a = a et (a ∗ b) ∗ c = c ∗ c = c .

• La LCI ∗ a la proprié suivante : ∀x ∈ E, x ∗ x = x.


2. • x ∗ b = c ⇐⇒ x ∈ {a}.
• (b ∗ x) ∗ a = c ⇐⇒ b ∗ x = b ⇐⇒ x ∈ {b}.
• x ∗ x = a ⇐⇒ x ∈ {a}.
• x ∗ x = x ⇐⇒ x ∈ {a, b, c} ⇐⇒ x ∈ E.

⊲ Corrigé de l’exercice 1.2


∗→ a b c d e f

a a c e a c e
b f b d f b d
1.
c e a c e a c
d d f b d f b
e c e a c e a
f b d f b d f
2. • La LCI ∗ n’est pas commutative : a ∗ b = c 6= f = b ∗ a .
• La LCI ∗ ne possède pas délément neutre (sinon l’une la colonne correspondant à cet élément serait
identique à la première colonne).
• La LCI ∗ n’est pas associative :

a ∗ (b ∗ c) = a ∗ d = a et (a ∗ b) ∗ c = c ∗ c = c .

• La LCI ∗ a les propriétés suivantes : ∀x ∈ E, x ∗ x = x et ∀(x, y, z) ∈ E 3 , x ∗ y = z ⇐⇒ z ∗ y = x


(qui est la conséquence directe du fait qu’une réflexion est une involution).
3. • a∗x =e ⇐⇒
x ∈ {c, f }.
• x∗a=e ⇐⇒
x ∈ {c}.
• x∗x=a ⇐⇒
x ∈ {a}.
• x∗x=x ⇐⇒
x ∈ {a,
 b, c, d, e, f } ⇐⇒ 
x ∈ E.
 e∗x=b  x∈∅
• (e ∗ x) ∗ a = c ⇐⇒ ou ⇐⇒ ou ⇐⇒ x ∈ {b, e}.
 
 e ∗ x = e  x ∈ {b, e}
 x∗a=a  x ∈ {a}∅
• e ∗ (x ∗ a) = c ⇐⇒ ou ⇐⇒ ou ⇐⇒ x ∈ {a, d}.
 
x∗a=d x ∈ {d}

⊲ Corrigé de l’exercice 1.3

⊲ Corrigé de l’exercice 1.4


1. 2 ⊥ 1 = 5, 5 ⊥ 3 = 34, (3 ⊥ 1) ⊥ 5 = 10 ⊥ 5 = 125, 3 ⊥ (1 ⊥ 5) = 3 ⊥ 26 = 585.
• La loi ⊥ est commutative :

∀(a, b) ∈ Z2 , a ⊥ b = a2 + b2 = b2 + a2 = b ⊥ a

• La loi ⊥ n’est pas associative car (3 ⊥ 1) ⊥ 5 = 3 ⊥ (1 ⊥ 5).


• La loi ⊥ ne possède pas d’élément neutre. En effet, raisonnons par l’absurde et supposons que a ∈ Z
est le neutre de ⊥, alors
1 ⊥ a = 1 ⇒ 1 + a2 = 1 ⇒ a2 = 0 ⇒ a = 0
Par conséquent, 0 est le neutre de ⊥ donc

2⊥0=2⇒4+0=2

ce qui est une contradiction.


(2)
2. a = 2a2 , a(3) = 4a4 + a2 , a(4) = 16a8 + 8a6 + a4 + a2 et a(2) ⊥ a(2) = 8a4 .

⊲ Corrigé de l’exercice 2.1

1
• Supposons que H ⊂ K (resp. K ⊂ H).
Alors H ∪ K = K (resp. H ∪ K = H) qui est un sous-groupe de G par hypothèse.
• Supposons que H ∪ K est un sous-groupe de G.
Par l’absurde, supposons que H ( K et K ( H.
Alors ∃(xK , xH ) ∈ (K \ H) × (H \ K) .
Considérons l’élément z = xK ∗ xH .
Puisque H ∪ K est un sous-groupe de G, z ∈ H ∪ K (car obtenu en composant pour la LCI ∗ deux
éléments de H ∪ K).
⋆ Si z ∈ H, alors xK = |{z}
z ∗ x−1
H ⇒
|{z} xK ∈ H ce qui est une contradiction donc
|{z}
∈H ∈H H sous-groupe
car xH ∈ H et
H sous-groupe
z∈ / H.
⋆ Si z ∈ K, alors xH = x−1
K ∗ |{z}
z ⇒
|{z} xH ∈ K ce qui est une contradiction donc
|{z}
∈K ∈ K K sous-groupe
car xK ∈ K et
K sous-groupe
xH ∈ H.
Ainsi, d’une part z ∈ H ( K et d’autre part z ∈ / H et z ∈
/ K, ce qui est une contradiction.
Par conséquent, l’hypothèse de départ, à savoir H ( K et K ( H est fausse si bien que H ⊂ K ou
K ⊂ H.

⊲ Corrigé de l’exercice 2.2


Notons e l’élément
\ neutre de G.
Posons H = Hi .
i∈I
⋆ H ⊆ G par définition. \
⋆ H=6 ∅ car ∀i ∈ I, Hi sous-groupe de G donc e ∈ Hi si bien que e ∈ Hi .
i∈I
⋆ Soient (g, h) ∈ H 2 fixés quelconques.
Soit i ∈ I fixé quelconque.
Puisque (g, h) ∈ H 2 , (g, h) ∈ Hi2 or Hi est un sous-groupe de G donc g ∗ h−1 ∈ Hi .
Par conséquent, g ∗ h−1 ∈ H.
Ainsi, H est un sous-groupe de (G, ∗).

⊲ Corrigé de l’exercice 2.3


G → G
Considérons l’application Ψ :
g 7→ g −1
1. — Cette application est bien définie car dans un groupe, tout élément est symétrisable.
— Soient (g, h) ∈ G2 fixés quelconques tels que Ψ(g) = Ψ(h).
Alors g −1 = h−1 . En composant à gauche par g et à droite par h, on obtient h = g.
Ainsi, Ψ est injective.
— Soit g ∈ E fixé quelconque.
D’après la première question, g −1 ∈ E, donc Ψ(g −1 ) a un sens et de plus Ψ(g −1 ) = (g −1 )−1 = g.
Ainsi, Ψ est surjective.

Par conséquent, Ψ est une bijection.

Remarque : une autre preuve consiste à dire que Ψ ◦ Ψ = idG donc Ψ est une involution, donc une
bijection.
2. (a) Montrons que, si (G, ∗) est abélien, alors Ψ est un morphisme de groupes.
(b) Montrons que si (G, ∗) n’est pas abélien, Ψ n’est pas toujours un morphisme de groupe. Prenons notre
groupe non abélien préféré : Scal3 c’est à dire le groupe des isométries d’un triangle équilatéral ABC :

(S3 , ◦) = {id, r, r2 , s, s ◦ r, s ◦ r2 } où r est la rotation de centre le centre de gravité et d’angle , s est
3
la réffexion d’axe la médiatrice de [AB].
Alors Ψ(r) = r2 (car r3 = id), Ψ(s) = s (car s2 = id), Ψ(s ◦ r) = s ◦ r (car s ◦ r est une réflexion) et
Ψ(s) ◦ Ψ(r) = sc ircr2 donc Ψ(s ◦ r) 6= Ψ(s) ◦ Ψ(r).

⊲ Corrigé de l’exercice 2.4


• Méthode 1. Montrons que Z(G) satisfait la définition d’un sous-groupe.
— Z(G) est une partie du groupe (G, ∗).
— Le neutre de G appartient à Z(G) car ∀h ∈ G, e ∗ h = h = h ∗ e.
— Soient (u, v) ∈ Z(G)2 fixés quelconques.

2
Soit h ∈ G fixé quelconque.

h ∗ (u ∗ v) = (h ∗ u) ∗ v = (u ∗ h) ∗ v = u ∗ (h ∗ v) = u ∗ (v ∗ h) = (u ∗ v) ∗ h

donc u ∗ v ∈ Z(G).
Ainsi, Z(G) est stable pour la loi ∗.
— Soit g ∈ Z(G) fixé quelconque.
Alors, ∀h ∈ G, h ∗ g = g ∗ h donc, en composant par g −1 à droite et à gauche, g −1 ∗ h ∗ g ∗ g −1 =
g −1 ∗ g ∗ h ∗ g −1 donc h ∗ g −1 = g −1 ∗ h si bien que g −1 ∈ Z(G).
Ainsi, Z(G) est stable par passage au symétrique.
• Méthode 2. Montrons que Z(G) satisfait la caractérisation d’un sous-groupe.
— (Z(G)) est une partie du groupe (G, ∗).
— Z(G) est non vide : l’élément neutre de G, noté e appartient à G car ∀h ∈ G, e ∗ h = h = h ∗ e.
— Soient (u, v) ∈ Z(G)2 fixés quelconques.
Soit h ∈ G fixé quelconque.

(u ∗ v −1 ) ∗ h = u ∗ (v −1 ∗ h)
= u ∗ (h−1 ∗ v)−1
= u ∗ (v ∗ h−1 )−1 car h ∈ G et v ∈ Z(G)
= u ∗ h ∗ v −1
= (u ∗ h) ∗ v −1
= (h ∗ u) ∗ v −1 car u ∈ Z(G)
−1
= h ∗ (u ∗ v )

donc u ∗ v −1 ∈ Z(G).

⊲ Corrigé de l’exercice 2.5


1. ⋆ Cf0 ⊂ S(E) et (S(E), ◦) est un groupe.
⋆ idE ◦ f0 = f0 et f0 ◦ idE = f0 donc idE ∈ Cf0 d’où Cf0 6= ∅.
⋆ Soient (f, g) ∈ Cf20 fixés quelconques.

(f ◦ g) ◦ f0 = f ◦ (g ◦ f0 ) (une loi de groupe est associative)


= f ◦ (f0 ◦ g) car g ∈ Cf0
= (f ◦ f0 ) ◦ g) (une loi de groupe est associative)
= (f0 ◦ f ) ◦ g car f ∈ Cf0
= f0 ◦ (f ◦ g) (une loi de groupe est associative)

donc f ◦ g ∈ Cf0 .
⋆ Soit f ∈ Cf0 fixé quelconque.
Par définition, f ◦ f0 = f0 ◦ f donc en composant par f −1 à gauche et à droite,

f −1 ◦ f ◦f0 ◦ f −1 = f −1 ◦ f0 ◦ f ◦ f −1
| {z } | {z }
= idE = idE

d’où f0 ◦ f −1 = f −1 ◦ f0 donc f −1 ∈ Cf0 .

Ainsi, Cf0 est un sous-groupe de (S(E), ◦).

2. ⋆ ϕ est une application bien définie puisqu’une composée de bijections est une bijection.
⋆ Soient (f, g) ∈ S(E)2 fixés quelconques.

ϕ(f ◦ g) = f0−1 ◦ (f ◦ g) ◦ f0 = f0−1 ◦ f ◦ f0 ◦ f0−1 ◦ g ◦ f0 = ϕ(f ) ◦ ϕ(g)

Ainsi, ϕ est un morphisme de groupes.

De plus, résolvons l’équation d’inconnue f ∈ S(E) et de paramètre g ∈ S(E) fixé quelconque :

ϕ(f ) = g ⇐⇒ f0−1 ◦ f ◦ f0 = g
⇐⇒ f0 ◦ (f0−1 ◦ f ◦ f0 ) ◦ f0−1 = f ◦ g ◦ f0−1
⇐⇒ f = f ◦ g ◦ f0−1

Le sens direct prouve que ϕ est injective, le sens réciproque prouve que ϕ est surjective donc ϕ est bijective.
De plus, ϕ est un morphisme du groupe (S(E), ◦) dans lui-même donc ϕ est un automorphisme de groupe
du groupe (S(E), ◦).

3

S(E) → S(E)
Bonus : la résolution de l’équation ϕ(f ) = g permet d’expliciter ϕ−1 :
g 7→ f0 ◦ g ◦ f0−1
Observons que
∀f ∈ Cf0 , ϕ(f ) = f0−1 ◦ f ◦ f0 = f ◦ f0−1 ◦ f0 = f
| {z }
idE

donc ϕ|Cf0 = id|Cf0 si bien que ϕ(Cf0 ) = Cf0 .

⊲ Corrigé de l’exercice 2.6


Rédaction du corrigé.

⊲ Corrigé de l’exercice
√ 2.7
2 2 2
Soit G = {x + y 3 ∈ R | (x, √ y) ∈ R : x − 23y = 1}.2
• G 6= ∅ car 1 = 1 + 0 3 ∈ G puisque 1 + 3 × 0 = 1.
2 2 2
• L’inclusion
√ G ⊆ R est immédiate. √ De plus, si 0 ∈ G, alors il existe (x0 , y0 ) ∈ R 2: x0 −2 3y0 = 1 (∗) et
x0 + y0 3 = 0 donc x0 = −y0 3. En injectant dans la relation (∗), on trouve 3y0 − 3y0 = 1 ce qui est
faux. Par conséquent, 0 ∈ / G.
Ainsi, G ⊆ R∗ et (R∗ , ×) est un groupe.
• Soient (g1 , g2 ) ∈ G2 fixés quelconques.
Alors, par définition de G, ∃(x1 , x2 , y1 , y2 ) ∈ R4 :
 √  2
g1 = x1 + y1 √3 x1 − 3y13 = 1
et
g2 = x2 + y2 3 x22 − 3y23 = 1

Pour montrer que g1 × g2−1 appartient à G, mettons g1 × g2−1 sous la forme des éléments de G, c’est à dire
trouvons √
(x3 , y3 ) ∈ R2 : g1 × g2−1 = x3 + y3 3 et x23 − 3y33 = 1


x1 + y1 3
g1 × g2−1 = √
x2 + y2 3
√ √
(x1 + y1 3)(x2 − y2 3)
= en multipliant par l’expression conjuguée
x22 − 3y22
| {z }
=1

= (x1 x2 − 3y1 y2 ) + (−x1 y2 + x2 y1 ) 3

Posons x3 = x1 x2 − 3y1 y2 et y3 = −x1 y2 + x2 y1 .


Calculons maintenant
 
x23 − 3y32 = x21 x22 − 6x1 x2 y1 y2 + 9y12 y22 − 3 x21 y22 − 2x1 y2 x2 y1 + x22 y12
   

= x21 x22 − 3y22  + −6x1 x2 y1 y2 + 6x1 y2 x2 y1 +3y12 3y22 − x22 


   
| {z } | {z } | {z }
=1 =0 = −1
3 2
= x1 − 3y1
= 1

Ainsi, ∃(x3 , y3 ) ∈ R2 : g1 × g2−1 = x3 + y3 3 et x23 − 3y33 = 1 donc g1 × g2−1 ∈ G.

Ainsi, (G, ×) est un sous-groupe de (R∗ , ×).

⊲ Corrigé de l’exercice 2.8


1. Nous allons dans un premier temps supposer que E est un ensemble fini.
(a) Montrer que, dans un ensemble (fini ou pas) muni d’une LCI associative et d’un élément neutre, si un
élément est symétrisable à droite et à gauche, alors il est symétrisable.

E −→ E
(b) Montrer que, pour x ∈ E fixé quelconque, est injective.
z 7−→ z ∗ x
(c) En déduire que (E, ∗) est un groupe.
2. (i) E est un ensemble muni d’une LCI ∗ associative,
(ii) La LCI ∗ admet un élément neutre,

4
(iii) Soit x ∈ E fixé quelconque.
Puisque x ∈ E, x est symétrisable à droite donc

∃a ∈ E : x ∗ a = e .

De plus, a ∈ E est donc lui aussi symétrisable à droite :

∃c ∈ E : a ∗ c = e .

Calculons a ∗ x ∗ a ∗ c de deux façons différentes :


— a ∗ x ∗ a ∗ c = (a ∗ x) ∗ (a ∗ c) = (a ∗ x) ∗ e = a ∗ x
— a ∗ x ∗ a ∗ c = a ∗ (x ∗ a) ∗ c = a ∗ (e) ∗ c = a ∗ c = e
donc a ∗ x = e
Par conséquent x ∗ a = a ∗ x = e donc x est symétrisable.
Ainsi, l’ensemble (E, ∗) est un groupe.

⊲ Corrigé de l’exercice 2.9


Rédaction du corrigé.

⊲ Corrigé de l’exercice 2.10


1. Soient (g1 , g2 ) ∈ G2 fixés quelconques.
Alors l’élément g1 ∗ g2 est d’ordre 2 donc (g1 ∗ g2 )2 = e soit g1 ∗ g2 ∗ g1 ∗ g2 = e.
Par ailleurs, g1 ∗ g1 = e et g2 ∗ g2 = e donc g1 ∗ g1 ∗ g2 ∗ g2 = e si bien que

g1 ∗ g2 ∗ g1 ∗ g2 = g1 ∗ g1 ∗ g2 ∗ g2

d’où, en composant à gauche par g1−1 et à droite par g2−1 , g2 ∗ g1 = g1 ∗ g2 .

Ainsi, (G, ∗) est un groupe abélien.

2. Puisque G n’est pas réduit à un seul élément, choisissons g ∈ Gs etminus{e}. Par hypothèse, g est d’ordre
2 donc g ∗ g = e d’où g −1 = g. Considérons H = {e, g}. Montrons que H est un sous-groupe de G :
— H est une partie de G,
— H contient le neutre de G,
— H est stable pour la loi ∗ car e ∗ e = e ∈ H, e ∗ g = g ∈ H, g ∗ e = g ∈ H et g ∗ g = e ∈ H,
— H est stable par inversion : e−1 = e ∈ H et g −1 = g ∈ H.
Ainsi, G possède au moins un sous-groupe de cardinal 2.

3. (a)

(b) Ainsi, si G est un groupe fini, alors son cardinal est un puissance de 2.

⊲ Corrigé de l’exercice 2.11


1. Soit E = {g ∈ G | g 2 6= e }. Montrer que, si g ∈ E, g −1 ∈ E.
Soit g ∈ G. Montrons que g 2 = e ⇐⇒ (g −1 )2 = e.
— Supposons que g 2 = e. En composant par g −1 à gauche, on obtient g −1 ∗ g 2 = g −1 ∗ e donc g = g −1
donc g 2 = (g −1 )2 or g 2 = g donc (g −1 )2 = e.
2
— Supposons que (g −1 )2 = e. En appliquant le sens direct pour g = g −1 , on obtient que (g −1 )−1 = e.
Or la prise du symétrique est une involution dans un groupe donc (g −1 )−1 = g si bien que g 2 = e.

En contraposant les deux implications de l’équivalence prouvée ci-dessus, g ∈ E ⇐⇒ g −1 ∈ E .

2. G est l’union disjointe de F = {g ∈ G|g 2 = e} et de E = {g ∈ G|g 2 6= e} (ces deux ensembles sont


clairement disjoints !) et puisque G est un groupe fini,

|G| = |E| + |F |

De plus les éléments de E peuvent être regroupés par paires de la forme (g, g −1 ) car d’une part g ∈ E ⇒
g −1 ∈ E et d’autre part g ∈ E ⇒ g −1 6= g (car g −1 = g ⇒ g 2 = e donc g ∈ F !).
Par conséquent le cardinal de E est pair, or celui de G est pair donc celui de |F | est aussi pair.
De plus |F | > 1 car e ∈ F donc |F | > 2.

Ainsi, ∃g ∈ F tel que g 6= e et g 2 = e.

Remarque : une “bonne” façon de formaliser ce dénombrement consiste à utiliser la notion de relation
d’équivalence et celle d’ensemble quotient.