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THEME N°14: Les Jeunes

Introduction
Les jeunes étaient toujours parmi les préoccupation du Souverain, dans son Discours de SM le Roi
adressé à la Nation à l’occasion du 65ème anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple
« Nous voici ,donc, aujourd’hui entrés de plain-pied dans une nouvelle révolution où nous continuerons à
relever les défis de construction d’un Maroc moderne pour donner leur place légitime et méritée aux
Marocains, notamment aux jeunes en qui Nous avons toujours vu la vraie richesse du pays »
Le Maroc a initié depuis 2005 une politique de développement axée sur une vision sectorielle, et s’est
engagé dans un processus important de réformes politiques, sociales, économiques et
environnementales audacieuses, dont l’aboutissement, au niveau institutionnel, a été l’adoption de la
Constitution de 2011, dans laquelle le pays a confirmé son choix irréversible pour la démocratie,
consacrant ainsi les droits humains, individuels et collectifs de nouvelle génération, et intégrant les
spécificités et la diversité des composantes de la Nation. Ces réformes ont permis de générer des taux de
croissance soutenus (3,9 % en moyenne durant les dix dernières années) traduits par des avancées
importantes, avec une diminution de la pauvreté absolue et du chô mage, un meilleur accès aux services
publics de base et un développement considérable des infrastructures publiques.
Si le pays a déjà réalisé de vrais succès, force est de constater qu’il n’a pas encore suffisamment répondu
à certains défis, pourtant clés pour l’avenir, notamment en matière de cohésion sociale et de
développement du capital humain.
En effet, lesdites stratégies n’ont pas atteint tous leurs objectifs et n’ont pas eu l’impact escompté sur le
développement du pays ; elles n’ont pas généré suffisamment de richesses locales, ni créé suffisamment
d’emplois, dont le nombre et la qualité restent en deçà des besoins ainsi que du vrai potentiel de la
nation.
Aujourd’hui, la situation de la jeunesse est caractérisée par des paradoxes saisissants, des disparités
extrêmes en termes de ressources économiques, technologiques, intégratives, sociales et culturelles qui
diffèrent considérablement selon les régions, les localités et les groupes de population. Ainsi, la Jeunesse
se révèle de plus en plus être une catégorie sociale spécifique qui connait plusieurs contraintes.
Les jeunes représentent un atout important, ils peuvent contribuer à l’innovation, à la consommation et
à la productivité croissantes, dans la mesure où ils participent activement au processus
économique. Une augmentation de la population en â ge de travailler par rapport aux enfants et
personnes â gées, la structure démographique actuelle de la jeunesse permet aussi une baisse des taux de
dépendance, ce qui peut alléger le fardeau de l’Etat. Si cette génération de jeunes n’a pas
d’opportunités suffisantes pour son insertion économique et sociale, ce grand potentiel risque d’être
perdu avec des conséquences négatives en termes de dynamisme économique et inclusion sociale.

Historique
 La plupart des jeunes Marocains ont été exclus de la croissance économique enregistrée par le pays
au cours des années 2000 :
 un nombre considérable des jeunes sont au chô mage ;
 un nombre encore plus important demeurent inactifs, découragés par les minces
perspectives de trouver un emploi ;
 parmi les jeunes qui ont un travail, une bonne majorité évolue dans le secteur informel avec
peu ou pas de sécurité d'emploi ni d’avantages sociaux ;
 l'engagement des jeunes dans des activités civiques est très faible, ces derniers ne
participent pas, dans une large mesure, à des associations de la société civile et aux
affaires communautaires.
 Le Printemps Arabe a montré la profondeur de l’exclusion ressentie par les jeunes :
 au delà des demandes de démocratie, le respect des droits de l’homme, et l’amélioration de la
gouvernance et de la transparence ;
 les jeunes marocains ont exprimé leur volonté de réaliser leurs aspirations et participer
pleinement dans la vie économique, sociale et publique ;
 les jeunes militent aujourd’hui pour une politique qui considère l'expression de leurs
besoins ;
 ils cherchent à attirer plus d’attention sur les questions qui les concernent.
 En 2011, la nouvelle Constitution donne des nouvelles lignes directrices en faveur des processus
démocratiques, Dans ce contexte, l’article 33 de la nouvelle constitution insiste sur la
nécessité :
 d’étendre et généraliser la participation de la jeunesse au développement social,
économique, culturel et politique du pays ;
 aider les jeunes à s’insérer dans la vie active et associative et prêter assistance à ceux en
difficulté d’adaptation scolaire, sociale ou professionnelle ;
 faciliter l’accès des jeunes à la culture, à la science, à la technologie, à l’art, au sport et
aux loisirs, tout en créant les conditions propices au plein déploiement de leur potentiel
créatif et innovant dans tous ces domaines » ;
 elle a institutionnalisé un Conseil Consultatif de la Jeunesse et l’Action Associative, qui
devra favoriser la participation des jeunes à la vie publique du pays.
 La déclaration Gouvernementale en janvier 2012 a placé les jeunes au centre de ses
préoccupations ;
 Le Discours Royal du 20 août 2012 a mis en exergue la légitimité des jeunes à ambitionner une
meilleure insertion sociale et professionnelle :
 En 2014, a été rendue publique la Stratégie Nationale Intégrée de la Jeunesse (SNIJ), réalisée par le
département de tutelle, en partenariat avec la Direction Générale des Collectivités Locales, et avec
l’appui d’organisations internationales .Cette stratégie n’a pas fait l’objet d’une adoption en Conseil
des Ministres, est donc, de fait, elle est caduque (Selon l’article 49 de la constitution) ;
 Extrait du discours royal à l’occasion de l’ouverture de la première session de la 10ème législature
en octobre 2017 « Hélas, le progrès enregistré au Maroc ne profite pas à tous les citoyens. En
particulier, il ne touche pas ceux à qui Nous vouons une bienveillante sollicitude : nos jeunes qui
représentent plus d’un tiers de la population ».
Des Chiffres Clés
 Au Maroc d’aujourd’hui, les jeunes de 15 à 34 ans représentent environ 34% de la
population totale, dont 60% en milieu urbain: situation démographique constitue à la fois une
chance et un défi;
 1% seulement des jeunes qui appartiennent à une partie politique ou des syndicats ;
 Une participation à la vie associative de 10% à 15% ;
 75% des jeunes sans couverture sociale et 1/5 soufre des troubles psychologique ;
 72% du temps des jeunes passé dans des activités non productives de bien être social, alors que
82% n’exercent aucune activité ;
 Le taux de chô mage chez les jeunes est à l’ordre de 20%, 50% occupent des fonctions assujetties à
des bas salaires ;
 En matière d’éducation et de formation, le décrochage et les déperditions scolaires sont à 2/3, soit
plus de 270000 qui abandonnent leurs cursus scolaire ;
 Selon le HCP, Le chô mage reste encore élevé parmi les diplô més et les jeunes :
 Le Maroc compte 1.272.000 chô meurs qui sont en majorité citadins (85,6%) et jeunes
(63,7% sont âgés de 15 à 29 ans), plus de 810.000 jeunes chô meurs donc, essentiellement
en milieu urbain ;
 près de quatre sur dix (38,1%) des chô meurs détiennent un diplô me de niveau supérieur.
 En 2016, le Maroc figurait au 120ème rang des 183 pays sur l’échelle de l’indice de développement
de la jeunesse, cet indice permet d’établir des comparaisons entre pays et dans le temps et
comprend cinq principaux domaines que sont l’éducation, la santé et le bien-être, l’emploi, la
participation citoyenne et la participation politique ;
 L’effort financier de l’É tat en faveur des jeunes demeure aussi «très faible». Il est estimé à 3.510
DH/jeune.

Etats des lieux


 Jeunes et accès aux services publics de base :
 le décrochage et les déperditions scolaires et les inégalités entre offres publique et privée ;
 une orientation des jeunes vers des études qui ne leur permettent pas d’acquérir des
connaissances en mesure de préparer leur avenir ;
 certains fléaux parmi lesquels on cite l’addiction aux drogues, le tabagisme, le suicide… ;
 la santé mentale qui demeure un véritable problème de santé publique.
 Jeunes et employabilité :
 l’inadéquation entre les formations proposées par le système d’éducation et de formation et
les besoins du marché du travail ;
 le taux de chô mage chez les jeunes augmente avec le nombre d’années d’études ce qui ne fait
que les diplô més de l’enseignement supérieur sont plus exposés au chô mage.
 Jeunes et inclusion économique :
 le rythme de croissance annuelle moyenne favorable du PIB national sur la dernière décennie
n’a pas d’impact direct sur la création d’emplois et sur l’insertion des jeunes ;
 lorsqu’il y a emploi, il s’agit souvent d’emploi informel, précaire, mal rémunéré et sans
avantages sociaux.
 Jeunes, vulnérabilité, relations de genre et disparités territoriales :
 le chô mage des jeunes touche aussi et surtout les femmes, un écart qui s’explique en partie par
la tendance des parents à favoriser l’éducation des garçons au détriment de celle des filles ;
 les discriminations ‘genre’ en termes de salaires restent importantes ;
 l’ancrage des stéréotypes négatifs, les discriminations et violences fondées sur le genre, ou la
précarité économique des femmes.
 Jeunes et engagements citoyen, politique et associatif :
 un très faible taux (1%) d’adhésion aux syndicats et aux partis politiques, traduit une
véritable crise de confiance entre les jeunes et les institutions politiques ;
 ils sont de plus en plus nombreux à rejoindre le cercle associatif, dans des perspectives pour
initier un véritable changement.
Programme du Gouvernement 2016-2021
La réalisation et la mise en œuvre d’une stratégie nationale intégrée destinée aux jeunes, come il a été
évoqué dans le Discours à la Nation, prononcé en 2012 à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution du
Roi et du Peuple, dans lequel S.M appelait déjà à « mettre au point une stratégie globale qui mettrait fin à
la dispersion des prestations fournies actuellement à notre jeunesse, et adopter une politique intégrée
qui associe, dans une synergie et une convergence, les différentes actions menées en faveur des jeunes ».
La mise en place du Conseil consultatif des jeunes et de l’action associative est également au programme.
Mesures prévues dans le Plan du Gouvernement 2016-2021 en faveur des jeunes :
 Mise à niveau du système législatif national et parachèvement de la mise en œuvre de la
Constitution : Parachever l’adoption des lois organiques relatives à la mise en œuvre des
dispositions de la constitution, dont la loi relative au Conseil consultatif de la jeunesse et de l’action
associative ;
 Promotion de l’emploi et l’intégration professionnelle :
 lancement d’un programme d’auto-emploi au profit des jeunes dans les zones rurales ;
 la création de programmes de formation dédiés à la qualification des jeunes diplô més, en vue
de contribuer au développement rural ;
 mise en place d’espaces numériques dans le milieu rural, en vue d’encourager les jeunes à
développer des activités de télétravail ;
 appui et accompagnement des initiatives des jeunes visant l’auto-emploi et la création des
entreprises, ainsi que la mise en œuvre des dispositions du décret sur les marchés publics
relatives à l’octroi d’une part de 20% aux PME.
 Intérêt à l’égard de la jeunesse et amélioration de l’accès au sport :
 révision du cadre réglementaire relatif aux prestations servies en matière de colonies de
vacances, de maisons de jeunes et de centres de formation professionnelle;
 mise à niveau et développement des infrastructures de 1000 maisons de jeunes, centres de
formation et d’estivage et centres d’accueil et d’enfance ;
 adoption du principe de la contractualisation basée sur les résultats, avec les organisations de
jeunesse de la société civile ;
 permettre à 1 Million d’enfants de bénéficier du programme national d’estivage et améliorer
l’accueil dans les espaces d’estivage.
La politique gouvernementale à horizon 2021, regroupées autour de mesures institutionnelles,
organisationnelles et infrastructurelles sans l’impact relatif sur la jeunesse, qui gagneraient à être
enrichies, renforcées et élargies à d’autres domaines structurels pour la jeunesse.
Une Stratégie Nationale Intégrée pour la Jeunesse est e cours d’élaboration par le ministère de tutelle.

Recommandations
Pour remédier aux contraintes et problèmes des jeunes Marocains, Le conseil Economique, Social et
Environnemental a défini trois principes directeurs, à savoir :
 La participation des jeunes dans la prise de décision ;
 L’équité et égalité des chances entre les jeunes citoyennes et citoyens ;
 Une gouvernance cohérente et intégrée aux niveaux national et territorial ;
Afin d’assurer un développement inclusif de la jeunesse, le Conseil recommande à cet effet :
 Renforcer les capacités des jeunes, élever leur niveau général de connaissances et développer leurs
aptitudes tout au long de la vie afin qu’ils puissent s’adapter de manière continue et s’intégrer au
monde du travail ;
 Promouvoir l’insertion professionnelle des jeunes ;
 Assurer une prévention efficace des jeunes vis-à -vis des risques sanitaires, améliorer leur accès à
des soins de qualité, à la couverture médicale et à une protection sociale universelle ;
 Lutte contre les formes de vulnérabilité, la pauvreté, la précarité et l’exclusion des jeunes (Adosser
l’Initiative Nationale Intégrée pour la Jeunesse à l’Initiative Nationale pour le Développement
Humain (INDH) ;
 Conforter une citoyenneté indivisible des jeunes, dans sa plénitude et ses différents aspects, ainsi
que dans ses droits et obligations ;
 Conforter les valeurs du projet sociétal commun ;
 Promouvoir et soutenir la création culturelle et artistique des jeunes, leur créativité et leur
intelligence sportive ;
 Eduquer et sensibiliser les jeunes à la préservation et à la protection de l’environnement ;
 Consolider l’engagement international des jeunes dans les grands agendas mondiaux et les faire
participer au rayonnement du Maroc ;
 Institutionnaliser un organe de pilotage de haut niveau, comme plateforme de concertation et de
pilotage stratégiques, en charge de la question de la jeunesse, sous la responsabilité directe du Chef
du Gouvernement ;
 Accélérer l’institution du Conseil consultatif de la jeunesse et de l’action associative ;
 Territorialiser la politique publique en faveur de la jeunesse ;
 Les Régions devront jouer pleinement leur rô le de portage de l’action en faveur de la jeunesse dans
le cadre de leurs nouvelles missions, pour participer à la consolidation d’une politique nationale
inclusive ;
 La régionalisation avancée devrait constituer une opportunité unique pour déployer un dispositif
de simplification du système de gouvernance national, permettant d’accompagner une évolution de
l’action en faveur de la jeunesse ;
 Offrir aux jeunes des avantages préférentiels pour accéder à des prestations spécifiques ;
 Favoriser le tutorat et le mentoring des jeunes et constituer un réseau de parrains pour les
accompagner vers l’autonomie et l’insertion professionnelle ;
 Favoriser les technologies numériques à l’appui de politiques de services publics adaptés aux
jeunes et donner aux jeunes plein accès aux informations qui les concernent.

Les mesures du Discours Royal, l’occasion du 65ème anniversaire de la


Révolution du Roi et du Peuple 2018
Premièrement : Entreprendre une refonte globale des mécanismes et des programmes d’appui public à
l’emploi des jeunes, pour les rendre plus efficaces et adaptés aux attentes des jeunes. Ce travail de
remaniement doit se faire selon le modèle préconisé dans le Discours du Trô ne, à propos des
programmes de protection sociale.
Dans cette perspective, il a été décidé que d’organiser, avant la fin de l’année, une rencontre nationale
sur l’emploi et la formation. Ses objectifs consisteront à formuler des résolutions pratiques et des
solutions nouvelles, à lancer des initiatives et à mettre au point une feuille de route rigoureusement
définie pour la promotion de l’emploi.
Deuxièmement : Donner la priorité aux spécialités qui permettent de trouver un emploi et instaurer un
système efficace d’orientation précoce au niveau de la deuxième ou de la troisième année précédant le
baccalauréat. Son rô le est d’aider les élèves, en fonction de leurs aptitudes et de leurs inclinations, à faire
l’un ou l’autre des deux choix : s’engager dans une filière universitaire ou une formation professionnelle.
Parallèlement, le Roi a appelé à la mise en place d’une Convention-cadre entre le gouvernement et le
secteur privé, pour imprimer une impulsion vigoureuse à l’opération de requalification des étudiants qui
quittent les études sans diplô me. Ils pourront ainsi jouir de nouvelles opportunités pour faciliter leur
insertion socioprofessionnelle.
Troisièmement : Revoir en profondeur les spécialités de la Formation professionnelle pour qu’elles
répondent aux besoins des entreprises et du secteur public, et qu’elles soient en phase avec les
transformations que connaissent les secteurs industriel et professionnel. Ainsi, les lauréats auront plus
de chance de s’intégrer professionnellement.
Par conséquent, il convient d’accorder une plus grande attention à la formation professionnelle, tous
niveaux confondus. Il importe aussi de mettre en place une nouvelle génération de centres de formation
et de qualification des jeunes, qui seront propres à répondre aux exigences actuelles et à prendre en
considération les spécificités et les besoins de chaque région.
A cet égard, le Fonds Hassan II pour le Développement économique et social contribuera à la
construction et à l’équipement de nouveaux centres de formation professionnelle pour répondre aux
nouveaux besoins.
Quatrièmement: Mettre en place des mécanismes pratiques pour améliorer qualitativement les
dispositifs incitant les jeunes à créer de petites et moyennes entreprises dans leurs domaines de
spécialité et pour appuyer les initiatives d’auto-emploi et de création d’entreprises sociales ;
Cinquièmement : Instaurer de nouveaux mécanismes permettant d’intégrer une partie du secteur
informel dans le secteur formel, en assurant au potentiel humain que recèle le premier une formation
adaptée et incitative et une couverture sociale et en appuyant ses projets d’auto-emploi ou de création
d’entreprise.
Sixièmement: Mettre en place, au niveau de chaque établissement, un programme obligatoire étalé sur
une période de trois à six mois, visant la mise à niveau des étudiants et des stagiaires en langues
étrangères; favoriser une intégration linguistique accrue à tous les niveaux d’études, plus
particulièrement dans l’enseignement des matières scientifiques et techniques.

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