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Une synthèse

1 Corinthiens 14

Emmanuel Fischer
LE PARLER EN LANGUES
LE PARLER EN LANGUES
UNE SYNTHÈSE
1 Corinthiens 14

Emmanuel FISCHER
ALGRANGE / REIMS 2007-2013
Remerciements à Jessica Melagne pour ses corrections
Copyright ©2014 ÉDITIONS JE CROIX
ÉDITIONS JE CROIX 5 rue Alfred de Vigny 51100 REIMS
Tous droits réservés pour tous pays

Les textes bibliques sont tirés de la version Bible Louis Segond 1910

Couverture : Emmanuel FISCHER


Photo de la couverture © Fotolia
Cartes et schémas : Emmanuel FISCHER

ISBN édition imprimée 979-10-94053-03-4


ISBN format PDF 979-10-94053-12-6

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Première partie

LE PARLER EN LANGUES
UNE SYNTHÈSE

5
INTRODUCTION
_______________________________________________________________________________________

Ce livre est une réaction à l’encontre des abus que font certains concernant les dons de l’Esprit et tout particu-
lièrement celui du parler en langues. Combien de personnes sont persuadées qu’elles n’ont pas obtenu le sceau
du Saint-Esprit simplement parce qu’elles ne parlent pas en langues ? Combien de chrétiens nés de nouveau
sont terrorisés par ce don si « extraordinaire » que semblent posséder les autres ? Comment de tels chrétiens
peuvent-ils s’épanouir et vivre la vie de sanctification produite par l’Esprit de Dieu ?
À travers ces quelques lignes, nous allons chercher à comprendre ce qu’est en réalité le parler en langues. Bien
souvent, les chrétiens élaborent leur doctrine à partir de leurs expériences, alors qu’il faudrait faire l’inverse.
Dieu nous a laissé sa Parole pour que nous prenions le temps de l’étudier. C’est à partir de cette révélation
divine que l’on peut bâtir une bonne doctrine et une bonne pratique.
Après avoir expliqué le parler en langues biblique, nous prendrons du temps pour étudier le chapitre 14 de la
première épître aux Corinthiens.
Une petite précision : nous emploierons l’orthographe « parler en langues » parce que nous pensons que ce don
était la capacité pour des chrétiens de parler plusieurs langues qui leur étaient jusqu’alors inconnues.

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QUELQUES REMARQUES PRÉLIMINAIRES
_______________________________________________________________________________________

Où trouve-t-on le parler en langues dans la Bible ?


Avant de commencer à parler du parler en langues, nous allons d’abord parcourir la Bible pour essayer de
trouver si des langues ont été employées dans d’autres situations.

Babel. La plus vieille référence que nous trouvons est évidemment Babel (Gen. 11.9). Ce fut l’occasion pour
Dieu de juger les hommes dont l’orgueil voulait atteindre le ciel. Les hommes qui parlaient jusqu’à présent une
seule langue se sépareront avec de multiples langues. Nous constatons que la diversité des langues est le fruit
du jugement de Dieu sur l’homme.

Avertissement. Nous trouvons une seconde référence dans la loi elle-même. En Deutéronome 28, lorsque Dieu
parle des conséquences de la malédiction, il écrit : « L’Éternel fera partir de loin, des extrémités de la terre,
une nation qui fondra sur toi d’un vol d’aigle, une nation dont tu n’entendras point la langue, une nation au
visage farouche, et qui n’aura ni respect pour le vieillard ni pitié pour l’enfant. » (Deut. 28.49). En somme,
lorsqu’Israël entendra une langue étrangère venir vers son pays, le peuple comprendra que Dieu est en train de
les punir. Nous trouvons la pratique de cette malédiction en Esaïe 28.11 où le prophète avertit le peuple de la
proche invasion des Assyriens. Ici encore, la langue barbare est signe de jugement.

Dans le N.T. Dans le Nouveau Testament, la première référence qui concerne le parler en langues est cette
promesse que fait Jésus à ses disciples : « Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon
nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues » (Mc. 16.17). Il faut savoir que les versets 9
à 20 du chapitre 16 ne se trouvent pas dans tous les manuscrits. C’est pourquoi certains pensent qu’ils ne sont
pas inspirés.

La Pentecôte. Puis, nous arrivons à la Pentecôte (Ac. 2). Le Saint-Esprit promis par le Seigneur est répandu,
ouvrant l’ère de l’Église. Tout au long du livre des actes, des manifestations du parler en langues rythmeront
l’avancé de l’Évangile.

1 Corinthiens 14. Finalement, nous trouvons dans le chapitre 14 de la première épître aux Corinthiens, la pra-
tique du parler en langues dans l’église ainsi que la gestion de son exercice.

Jésus annonce le « parler en langues »


Jésus annoncera avant son départ auprès de son Père que les hommes qui auront cru en lui parleront de nou-
velles langues et qu’ils feront divers miracles. Seulement, lorsque Jésus énonce de nouvelles langues, il ne
les qualifie pas d’extatiques ou d’angéliques : elles semblent être des langues compréhensibles, fait qui sera
confirmé à la Pentecôte. De plus, comme nous venons de la voir, tous n’ont pas la certitude que ces versets
soient inspirés. Aussi, nous resterons prudents.

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Marc 16.17 : « Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasse-
ront les démons ; ils parleront de nouvelles langues. »

Jésus n’a jamais parlé en langue


Nulle part la Bible ne nous enseigne que Jésus ait parlé en langues malgré qu’il fût rempli du Saint-Esprit.
Cela n’était pas nécessaire. Au moment où Jésus était au milieu d’Israël, le peuple pouvait reconnaître et com-
prendre son Messie. Mais nous savons que les Juifs préféreront le crucifier plutôt que de l’écouter.
Jésus, après son ascension auprès du Père, enverra le Consolateur qu’il avait promis (Jean 14.26), le Saint-Es-
prit qui offrira ses dons spirituels aux hommes : parmi ces dons spirituels, il y a celui du parler en langues.
Jean 14.26 : « Mais le consolateur, l’Esprit- Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera
toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. »

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AUTORITÉ DE L’ESPRIT SUR LES DONS
_______________________________________________________________________________________

C’est le Saint-Esprit qui distribue les dons spirituels


Nous remarquons qu’à la Pentecôte, les disciples furent remplis du Saint-Esprit. Mais il se mirent à parler
en d’autres langues « selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer ». Aussi, les disciples étaient entièrement
dépendants du Saint-Esprit quant aux choix des langues. Cette idée est confirmée en 1 Corinthiens 12, où une
fois de plus nous lisons que c’est l’Esprit qui distribue les dons à chacun comme « il » veut. C’est pourquoi,
seul le Saint-Esprit a autorité quant à la gestion des dons spirituels. Il distribue, qualifie, et gère tous les dons
spirituels nécessaires à l’Église.

Actes 2.4 : « Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon
que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. »
1 Corinthiens 12.8-11 : « En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse ; à un autre,
une parole de connaissance, selon le même Esprit ; à un autre, la foi, par le même Esprit ; à un autre,
le don des guérisons, par le même Esprit ; à un autre, le don d’opérer des miracles ; à un autre, la
prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues ; à un autre,
l’interprétation des langues. Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun
en particulier comme il veut. »

Pourtant 1 Corinthiens 12.31 nous déclare : « Aspirez aux dons les meilleurs ». Comprenons que le verbe « as-
pirer » (zhlow) signifie « jaloux, aspirer, envieux, zélé, avoir du zèle ». Il ne veut pas dire « choisir soi-même »
un don spirituel, mais simplement rechercher la volonté du Saint-Esprit et son choix pour moi. Je ne décide
jamais quel sera mon don spirituel : j’attends patiemment dans la prière et en espérant recevoir un grand don
pour servir Jésus-Christ.

Le Saint-Esprit se contredit-il ?
Comment le Saint-Esprit distribue-t-il les dons spirituels ? Selon 1  Corinthiens  12, les dons spirituels sont
équitablement distribués entre tous les membres de l’Église, tous différents, tous complémentaires. Si par
exemple dans une Église, tous les membres possèdent le don spirituel de la prédication, qui écouterait ? Si dans
l’Église tous les membres parlent en langues, est-ce vraiment la volonté du Saint-Esprit ? Chaque membre a
un rôle particulier à jouer dans l’Église : il possédera un ou plusieurs dons spirituels, répartis selon la sagesse
du Saint-Esprit.

1 Corinthiens 12.27 : « Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. »
1 Corinthiens 12.29-30 : « Tous sont-ils apôtres ? Tous sont-ils prophètes ? Tous sont-ils docteurs ?
Tous ont-ils le don des miracles ? Tous ont-ils le don des guérisons ? Tous parlent-ils en langues ?
Tous interprètent-ils ? »

9
En résumé
1) Le Saint-Esprit distribue les dons spirituels : le chrétien ne choisit pas.
2) Les dons spirituels sont répartis entre les membres selon les besoins de l’assemblée.
3) Le Saint-Esprit ne se contredit pas : il n’accorde pas à toute une assemblée le même don spirituel.

10
LA SIGNIFICATION
DU PARLER EN LANGUES
_______________________________________________________________________________________

Le parler en langues est un signe


Un signe (shmeion) c’est « un miracle, un prodige, une preuve, ou une signature ». L’objectif du parler en
langues est d’accomplir une mission particulière, non pas une mission hasardeuse. Ce signe est une démonstra-
tion, une preuve et une signature d’un événement qui doit s’accomplir ou qui s’accomplit. Ce signe est encore
un acte qui cherche un destinataire.

1 Corinthiens 14.22 : « Par conséquent, les langues sont un signe, non pour les croyants, mais pour
les non-croyants ; la prophétie, au contraire, est un signe, non pour les non-croyants, mais pour les
croyants. »

Un signe pour qui ?


Un signe pour les non-croyants. Au verset 21 de 1 Corinthiens 14, Paul rappelle la prophétie d’Esaïe 28.11.
Dans le contexte, cette prophétie est destinée au peuple d’Israël. Au verset 22, Paul emploie l’expression « par
conséquent les langues sont un signe... pour les non-croyants ». Le lien fait entre les deux versets démontre
que les non-croyants sont des Juifs.
Nous pouvons encore ajouter ceci à notre argumentation : « je parlerai à ce peuple » (dans le contexte Es-
aïe s’adresse aux Juifs). Paul reprend la même expression « ce peuple », puis fait le parallèle avec les non-
croyants. Le parler en langues est donc un signe pour les non-croyants1, c’est-à-dire pour le peuple juif à qui
Dieu s’adresse. Ajoutons encore que le parler en langues se manifestera chaque fois en présence des Juifs :
Actes 2 : présence des disciples et des Juifs pieux ; Actes 10.45 : présence des fidèles circoncis ; Actes 19 : les
12 disciples de Jean étaient juifs et 1 Corinthiens 14.22 : les non-croyants étaient également des Juifs.

Esaïe 28.11 : « Eh bien ! c’est par des hommes aux lèvres balbutiantes Et au langage barbare Que
l’Éternel parlera à ce peuple. »

Ce n’est pas un signe pour les croyants. Nous voyons dans ce texte que le parler en langues est un signe pour
les non-croyants. Aussi, le parler en langues n’est pas un signe pour les croyants ! Concernant les protagonistes
de ce passage, nous en reparlerons plus loin. Remarquons simplement que si le parler en langues est pratiqué
par le croyant, il est uniquement un signe pour le non-croyant. C’est un peu la même chose avec l’évangélisa-
tion : le chrétien parle de la Bonne Nouvelle aux non-croyants de notre époque.

« ... par conséquent, les langues sont un signe, non pour les croyants, mais pour les non-croyants ; la
prophétie, au contraire, est un signe, non pour les non-croyants, mais pour les croyants. »

1. Nous argumenterons ce point dans l’analyse de 1 Corinthiens 14.

11
Un signe dans quel but ?
Un jugement contre Israël. Pendant son ministère, Jésus s’adressait uniquement aux Juifs : Jésus interdisait
même à ses disciples d’aller annoncer l’Évangile aux païens. Il ne désirait que s’adressait au peuple choisi par
Dieu. En crucifiant Jésus, le peuple juif a refusé son Messie. Ce refus déclenchera l’accomplissement de la pro-
phétie d’Esaïe 28.11. Désormais, Dieu s’adressera aux Juifs par la bouche et la langue des païens, une langue
barbare pour la langue juive. C’est donc un langage barbare dont l’objectif annonçait un jugement.
Ce parler en langues s’accomplira le jour de la Pentecôte, lorsque des Juifs pieux viendront à Jérusalem. Ils
entendront les merveilles de Dieu exprimées dans des langues inconnues, des langues différentes de la langue
juive. Le jugement à l’encontre d’Israël se poursuivra ensuite par la destruction de Jérusalem et du temple en
l’an 70 ap. J.-C., lors de l’invasion des Romains.

Deutéronome 28.49 : « L’Éternel fera partir de loin, des extrémités de la terre, une nation qui fondra
sur toi d’un vol d’aigle, une nation dont tu n’entendras point la langue »
Esaïe 28.11 : « Eh bien ! c’est par des hommes aux lèvres balbutiantes Et au langage barbare que
l’Éternel parlera à ce peuple. »
Matthieu 10.5-6 : « Tels sont les douze que Jésus envoya, après leur avoir donné les instructions
suivantes : N’allez pas vers les païens, et n’entrez pas dans les villes des Samaritains ; allez plutôt
vers les brebis perdues de la maison d’Israël. »

Intégration des païens dans le peuple de Dieu. Le refus du peuple juif d’accomplir le témoignage en tant que
peuple de Dieu et son refus de reconnaître Jésus comme son Messie, conduira Dieu à se tourner vers les païens
afin de les intégrer dans le peuple qu’il s’est choisi. Ce peuple élu prendra désormais le nom « d’Église » (voir
Gal. 3.13-16).
Ce n’est pas le moment de faire une étude à ce sujet, mais ce verset nous démontre que faire partie du peuple
de Dieu n’est pas un héritage selon la race, mais s’obtient par la foi en Jésus-Christ. Celui qui accepte Jésus
est intégré au peuple de Dieu.

Parenthèse concernant l’orgueil national des Juifs. Nous devons également réaliser combien il était inconce-
vable pour un Juif de voir Dieu s’approcher des païens. Par exemple, Jonas refusera d’annoncer le salut aux
Ninivites (Jon. 4.1-2). Pierre lui-même aura besoin d’une vision pour comprendre que les païens, tels que Cor-
neille, pouvaient accéder à la repentance (Ac. 10). Paul, face au refus obstiné des Juifs, annoncera l’Évangile
aux païens (Ac. 13.46). Ajoutons encore que Moïse prophétisera en Deutéronome 32.21 : « Et moi, j’exciterai
leur jalousie par ce qui n’est point un peuple, Je les irriterai par une nation insensée ».

En résumé
1) Le parler en langues est un signe, avec un objectif.
2) Le parler en langues est un signe pour les Juifs identifiés comme les non-croyants.
3) Le parler en langues est un signe du jugement de Dieu à l’égard d’Israël.
4) Le parler en langues est un signe qui démontre l’intégration des païens dans le peuple de Dieu par le moyen
de l’Église.
5) Le parler en langues n’est pas un signe pour les croyants.

12
L’EXERCICE DU PARLER EN LANGUES
_______________________________________________________________________________________

Quel est le message du parler en langues ?


Les merveilles de Dieu. Selon Actes 2.11, le message du parler en langues exprime les merveilles de Dieu.
Cette louange à l’égard de Dieu était exprimée dans divers dialectes compréhensibles par les Juifs pieux pré-
sents à la Pentecôte. Le fait d’entendre les merveilles de Dieu, jusqu’alors exprimées dans la langue juive,
devait certainement surprendre les Juifs présents.

Actes 2.11 : « Crétois et Arabes, comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles
de Dieu ? » 

Un signe de jugement pour les Juifs. Si le message oral du parler en langues exprimait les merveilles de Dieu,
le sens réel du parler en langues avertissait les Juifs du jugement de Dieu à leur encontre, puisque les merveilles
de Dieu étaient exprimées dans une langue dite « barbare ». Ce fait aurait dû réveiller la conscience d’Israël.

Deux en un. Comprenons qu’il y avait donc deux actions simultanées du parler en langues : la première action
était la louange envers Dieu qui était exprimée dans une langue étrangère et la seconde le jugement de Dieu
prononcé à l’encontre du peuple juif.

Les différentes expressions du parler en langues


Si l’on cherche les expressions du parler en langues dans la Bible, nous en trouvons deux : la louange (Ac.
2.11) et la prière (1 Cor. 14.14). Il est difficile d’argumenter, comme nous pouvons l’entendre parfois dans
certaines églises, pour un chant en langues ou des guérisons par le parler en langues.

Une définition du parler en langues


Le parler en langues est une action de grâce exprimant oralement les merveilles de Dieu dans une langue étran-
gère aux Juifs (c’est-à-dire en hébreu), et proclamant l’accomplissement de la prophétie du jugement de Dieu
à l’encontre d’Israël.

Les « langues » du parler en langues


Actes 2.7-11 : « Ils étaient tous dans l’étonnement et la surprise, et ils se disaient les uns aux autres :
Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Et comment les entendons-nous dans notre
propre langue à chacun, dans notre langue maternelle ? Parthes, Mèdes, Elamites, ceux qui habitent
la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont, l’Asie, la Phrygie, la Pamphylie, l’Égypte, le ter-
ritoire de la Libye voisine de Cyrène, et ceux qui sont venus de Rome, Juifs et prosélytes, Crétois et
Arabes, comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu ? »

13
1 Corinthiens 14.10 : « Aussi nombreuses que puissent être dans le monde les diverses langues, il
n’en est aucune qui soit sans signification. »

Glossa=dialectos. En Actes 2.4, il est écrit que tous les disciples qui reçurent le Saint-Esprit se mirent à par-
ler en d’autres langues (glossa). Le mot « glossa » est employé à plusieurs reprises en 1 Corinthiens 14 pour
signifier le parler en langues (1 Cor. 14.2, 4, 5, 6, 9, 13, 14, 18, 19, 22, 23, 26, 27 et 39). Nous mettons donc
en relation le « glossa » (Ac. 2.4) avec la compréhension des Juifs pieux présents qui s’écriaient : « comment
les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle (dialectos) », c’est-à-dire
dans notre dialecte.
Les divers dialectes. Selon la liste du livre des Actes, lorsque les disciples reçurent le Saint-Esprit à la Pente-
côte, ils parlèrent dans des langues compréhensibles et intelligibles par leurs auditeurs. Les Juifs pieux alors
présents ont bien compris, chacun dans sa propre langue, les merveilles de Dieu.
Paul ajoute que les langues sont aussi nombreuses que les langues que comportait le monde de Paul, et ont
toutes une signification (1 Cor. 14.10).
Il faut aussi se souvenir que le livre des Actes rédigé environ en l’an 60 ap. J.- C., a été écrit après l’épître aux
Corinthiens qui fut rédigée en l’an 56 ap. J.-C.. Pourquoi Luc, auteur des Actes, aurait contredit volontaire-
ment Paul en décrivant les langues du parler en langues comme des dialectes compréhensibles ? Les langues
du parler en langues qu’elles soient celles de l’épître aux Corinthiens ou celles d’Actes, sont donc des langues
maternelles et compréhensibles.

Rome
Pont
Parthes
Phrygie
M
és Mèdes
Asie Capadoce op
ot
am
Pamphylie ie
M
ER
EG Elamites
ÉE
Créte
MER INTÉRIEURE

Jérusalem
Cyrène JUDÉE

Arabie
M
ER
R

Egypte
O
U
G
E

« Des sortes de langues, la diversité des langues » (genh glwsson, 1 Cor. 12.10). Le mot qui est traduit ici
par « sortes » ou « diversité » dérive de la racine grecque qui signifie « engendrer, naître, devenir » et il signifie
essentiellement « postérité » ou « famille », « ceux que l’on a engendrés ». De là, le mot a acquis le sens de
« race, nation, nationalité »2. Remarquons aussi que « les langues » sont au pluriel. Il n’y a pas qu’une seule
langue exprimée lors du parler en langues.

Des langues angéliques ou extatiques ? Il existe un seul passage dans la Bible qui parle de la langue des
anges..., et l’on en fait toute une doctrine ! Car l’unique passage qui parlerait de l’éventualité d’un parler en
langues angéliques est 1 Corinthiens 13.1 : « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai

2. Ralph Shallis, Le don de parler diverses langues, France, Éditions du C.C.B.P. 1982, p. 98

14
pas l’amour, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit. »
Certains précisent que le « Testament de Job », un livre pseudépigraphique, confirme un parler en langues des
anges, car les filles de Job, en mettant une ceinture spéciale, pouvaient s’exprimer dans le dialecte des anges3.
Paul dans ce verset emploie en réalité l’hyperbole, c’est-à-dire, un procédé qui consiste à exagérer l’expression
pour produire une forte impression. Nous savons que Paul n’a jamais eu connaissance de tous les mystères
puisqu’il déclare connaître en partie (1 Cor. 13.2 ; 13.12). Nous savons également que Paul n’a jamais livré son
corps aux flammes, puisque selon la coutume il fut décapité. Pour finir, nous savons aussi que Paul n’a jamais
distribué tous ses biens : il ne possédait rien et dépendait très souvent des dons des églises. Par conséquent,
Paul ne dit pas avoir parlé la langue des anges dans le contexte de ce chapitre ! S’il emploie l’hyperbole, c’est
pour soutenir son développement dans les chapitres 12 à 14. Il exprime ici la nécessité de l’amour préférable
à tous les dons mêmes les plus extraordinaires. En aucun cas Paul n’enseigne l’existence d’une langue angé-
lique. Paul ne parle pas d’un fait réel.

Visite au paradis. Paul — s’il s’agit bien de lui — fut ravi au paradis selon la deuxième épître aux Corinthiens.
Durant cette « visite », il a certainement entendu ses habitants s’exprimer, en l’occurrence les anges. Pourtant,
il déclare qu’il n’est pas permis à un homme d’exprimer les paroles merveilleuses qu’il a entendues. Si Paul
lui-même s’interdit de reproduire le langage angélique, combien plus l’Église de Jésus-Christ ne doit pas dé-
sobéir à cet ordre !

2 Corinthiens 12.4 : « fut enlevé dans le paradis, et qu’il entendit des paroles merveilleuses qu’il
n’est pas permis à un homme d’exprimer. »

Les anges parlent notre langue. Que ce soit une discussion avec Abraham, Daniel ou Esaïe, chaque serviteur
de Dieu comprenait parfaitement le message que leur adressait l’ange. Aussi, nous pouvons en conclure que
les anges adaptent leur langage au nôtre. Lorsqu’un ange parle à un homme, c’est parce qu’il a un message de
la part de Dieu : aussi, il veut se faire comprendre !
De plus, lorsque les anges communiquaient avec les hommes, ils n’étaient jamais en extase. C’est pourquoi, un
parler en langues nommé « extatique » qui serait basé sur la langue des anges, est à bannir définitivement des
dons spirituels et du vocabulaire évangélique.

Difficultés linguistiques (le pluriel des langues angéliques). Les langues dont parle 1 Corinthiens 13.1 (taiv
glwssaiv) vient d’un nom féminin datif pluriel. Selon ce pluriel, il existerait plusieurs langages angéliques,
au moins autant que les langues humaines. Or, remarquons que les langues humaines et leurs variantes sont le
produit d’un jugement effectué à Babel. Aussi, si la diversité de langues est le fruit d’une condamnation, les
anges, s’ils possédaient diverses langues, auraient eux aussi subi une telle condamnation !

À qui s’adresse-t-on quand on parle en langues ?


1 Corinthiens 14.2 : « Celui qui parle en langues ne parle pas aux hommes, mais à Dieu, car per-
sonne ne le comprend, et c’est en esprit qu’il dit des mystères. »

« En effet, celui qui parle en langues ne parle pas aux hommes... ». Les disciples dans les Actes ne parlaient
pas précisément à quelqu’un, mais ils entendaient le parler en langues. Ils ne le cherchaient pas, tout comme les
disciples à la Pentecôte. C’est l’Esprit qui a donné cette faculté à ce moment-là. Pareillement, celui qui parle en
langues dans l’épître aux Corinthiens ne s’adresse pas à quelqu’un en particulier, sinon à Dieu.

« ... mais à Dieu ». Nous avons vu que le message du « parler en langues » exprime les merveilles de Dieu au
moyen de l’action de grâces, de la prière ou de la louange. Tout comme notre louange ou nos prières adressées

3. Florent Varak, La foi charismatique, France, éditions CLE et Maison de la Bible, 1994

15
à Dieu, l’action de grâces exprimée par le « parler en langues » ne s’adresse pas aux hommes, mais à Dieu.
Lorsque nous prions, nous nous adressons au Père, car Lui seul mérite notre louange. Il est évident alors que
Paul déclare que celui qui parle en langues s’adresse à Dieu, et non aux hommes.
Nous pourrions donc paraphraser 1 Corinthiens 14.2 ainsi : « Celui qui parle en langue (qui exprime son action
de grâce) ne parle pas aux hommes (c’est évident), mais à Dieu ».

« ... car personne ne le comprend ». Le verbe grec « comprendre » (akouw) signifie « entendre, ayant appris,
ce qui vous est dit, nouvelle, apprendre, tenir compte, exaucer, obéir, annoncer, paroles, mots, savoir, connais-
sance, comprendre, informer ».
Nous pourrions donc traduire par « personne ne l’entend ou ne l’écoute ». Au regard de ce verset, la langue
exprimée est une langue qui ne semble pas être pas comprise par ses auditeurs. Souvenons-nous que les dis-
ciples à la Pentecôte ont parlé en langues, mais que ce sont les Juifs pieux, alors présents, qui comprirent ce
qu’ils disaient. Pareillement, les Corinthiens, dont la langue était le grec, ne comprenaient pas ce que disait
celui qui parlait en langues, c’est-à-dire dans une langue étrangère. Imaginez que durant le culte, une personne
se mette à prier en russe. La réaction de l’assistance ressemblerait fort à celle des Corinthiens : « car personne
ne le comprend ». Nous comprenons désormais la nécessité évidente qu’une personne interprète le parler en
langues.
Comme nous l’avons dit précédemment, les Juifs pieux furent lors de la Pentecôte les tout premiers interprètes
de l’histoire du parler en langues. À Corinthe, Paul nous dit que certaines personnes avaient le don d’interpré-
ter, ou bien, que celui qui parlait en langues pouvait posséder ce don.
En quelque sorte, l’interprète est « l’ombre » de celui qui parle en langues : elle le suit partout. Paul appuie tout
au long du chapitre 14 de la première Épître aux Corinthiens, la nécessité d’une interprétation, autrement — et
il est formel — il faut se taire (1 Cor. 14.28) !

« Et c’est en esprit qu’il dit des mystères ». Selon le passage de 1 Corinthiens 14, parler en « esprit », c’est
« prier ou chanter par l’esprit » à Dieu (v. 15-16) ou encore se parler à soi même (v. 28). C’est une attitude
audible ou silencieuse, tout comme la prière. Il ne s’agit pas d’une attitude d’extase ou de transe !
Dans le contexte, celui qui parle en langues dit des mystères. En regardant autour de lui, ses frères et sœurs
étaient des Corinthiens, dont la langue était le grec. Comme nous l’avons déjà dit, demander à un étranger de
prier Dieu devant vous, et il vous semblera entendre des mystères, parce ce que vous ne le comprendrez pas !
Cependant, ce « mystère » ne l’est pas autant que nous voudrions le croire, puisque Paul dit que le parler en
langues peut et doit être interprété. S’il s’agissait de mystères incompréhensibles que celui qui parle en langues
dit à Dieu, aucune interprétation ne serait possible. Les mystères exprimés par le parler en langues ont toujours
une signification : ils expriment les merveilles de Dieu.

Un langage barbare. Le parler en langues peut sembler mystérieux, s’il n’est pas compris par l’auditeur. Celui
qui parle en langue ressemble à un barbare. Le mot « barbare » (barbarov) signifie « celui dont le parler est
rude, grossier, celui qui parle une langue étrangère ou incomprise par un autre ». C’est un peu comme si deux
personnes de nationalités différentes tentaient de communiquer ensemble : ils se diraient des mystères, comme
deux barbares dont le langage est incompréhensible !

1 Corinthiens 14.9 : « De même vous, si par la langue vous ne donnez pas une parole distincte, com-
ment saura-t-on ce que vous dites ? Car vous parlerez en l’air. »
1 Corinthiens 14.11 : « Si donc je ne connais pas le sens de la langue, je serai un barbare pour celui
qui parle, et celui qui parle sera un barbare pour moi. »

Objectif du parler en langues, l’édification


1 Corinthiens 14.4-5 : « Celui qui parle en langues s’édifie lui-même ; celui qui prophétise édifie

16
l’Église. Je désire que vous parliez tous en langues, mais encore plus que vous prophétisiez. Celui
qui prophétise est plus grand que celui qui parle en langues, à moins que ce dernier n’interprète pour
que l’Église en reçoive de l’édification. »
1 Corinthiens 14.28 : « s’il n’y a point d’interprète, qu’on se taise dans l’Église, et qu’on parle à
soi-même et à Dieu. »
1 Corinthiens 14.12-13 : « De même vous, puisque vous aspirez aux dons spirituels, que ce soit pour
l’édification de l’Église que vous cherchiez à en posséder abondamment. C’est pourquoi, que celui
qui parle en langues prie pour avoir le don d’interpréter. »

Édification personnelle ? Est-ce que le parler en langues permet une édification personnelle ? Souvenons-nous
d’abord que celui qui parle en langues (sauf s’il a le don d’interprétation), ne comprend pas ce qu’il dit, tout
comme les disciples à la Pentecôte. Sans interprétation, parler en langues n’édifie personne, ni même celui qui
le parle.
Alors pourquoi Paul déclare qu’il s’édifie lui-même ? Soit Paul est ironique par rapport à la prophétie qui édifie
véritablement, soit le fait de pouvoir parler une langue étrangère sans l’avoir apprise ni même la comprendre,
peut édifier la foi de celui qui parle en langue. La personne admire tout simplement Dieu pour ce don et sa
capacité de parler une langue inconnue. Évidemment, le parler en langues qui reçoit une interprétation édifie
automatique ceux qui l’entendent.
Édification de l’Église. Le parler en langues peut également devenir édifiant pour l’assemblée s’il est et seu-
lement s’il est traduit. « C’est pourquoi » poursuit l’explication de Paul. Cela signifie que, si vous aspirez
aux dons spirituels, c’est uniquement dans le but de servir à l’édification de l’Église. Il poursuit ensuite en
interdisant le parler en langues sans interprétation, pour la simple raison, c’est qu’il n’édifie pas l’Église
(1 Cor. 14.28).

Si le don spirituel est toujours pour l’utilité commune, alors pourquoi parler en langues seul dans sa
chambre ?
1 Corinthiens 12.7 : « Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. »

Jésus-Christ en montant au ciel a offert aux hommes des dons spirituels (Eph. 4.7-16). Ces dons ont été distri-
bués par le Saint-Esprit selon son bon plaisir avec un unique objectif : servir à l’utilité commune. Exercer un
don spirituel, c’est servir mon frère, c’est servir l’Église.
Aussi, quel que soit mon don, il servira mon assemblée ainsi que ses membres. Mais il ne devra jamais servir
ma propre personne. Car, parler en langues seul dans sa chambre, c’est anéantir l’essence même du don spiri-
tuel. Prier en langues seul dans sa chambre n’édifie personne, pas même celui qui le pratique seul, car il ne sert
personne ! Seul l’orgueil est édifié... L’édification personnelle, dont nous avons parlé plus haut, se réalise dans
l’Église, puisque le parler en langues à toujours un public. Si le don spirituel ne sert que ma personne, alors il
ne s’agit pas d’un don spirituel, mais d’autre chose.

Un don parmi beaucoup d’autres


1 Corinthiens 14.26 : « Que faire donc, frères ? Lorsque vous vous assemblez, les uns ou les autres
parmi vous ont-ils un cantique, une instruction, une révélation, une langue, une interprétation, que
tout se fasse pour l’édification. »

La diversité des dons est nettement visible dans le Nouveau Testament. 1 Corinthiens 12.12-31 exprime l’idée
de plusieurs membres avec différents dons, chacun complémentaire. Si tous parlent en langues, c’est un peu
comme si votre corps avait cinquante mains, mais aucune jambe, ni aucun œil ! Si tous parlent en langues, une
partie des dons ne serait pas exploitée, et l’église non seulement serait appauvrit plutôt qu’enrichit, mais elle

17
pécherait contre Dieu.
Dieu a donné à chacun un don spirituel, différent, complémentaire et choisi par le Saint-Esprit pour l’ensemble
de la communauté. Aspirons aux dons les meilleurs, en nous souvenant que c’est après avoir souffert la croix
et être remonté auprès de son Père, que Jésus nous a offert ces dons merveilleux par le biais du Saint-Esprit.
Sachons les employer comme Lui le désire, non pas comme nos passions parfois l’exigent !

Pourquoi Paul limite-t-il l’emploi du parler en langues ?


Dieu est un Dieu d’ordre. Que ce soit par sa création, par ses comportements, Dieu est toujours un Dieu ordon-
né et qui aime la discipline. Un culte désordonné, sans discipline, est un culte qui ne ressemble pas à Dieu, et
surtout qui ne le glorifie pas. Si tous parlent en langues dans l’assemblée, ils désobéissent au commandement
de Dieu (1 Cor. 14.27), qui limite l’exercice du parler en langues. N’oublions pas que désobéir à Dieu, c’est
pécher !

1 Corinthiens 14.33 : « car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix. Comme dans toutes
les Églises des saints... »

Par mesure de discipline. Imaginons que plusieurs pasteurs, dont le don est la prédication, prêchent en même
temps  : premièrement, êtes-vous certain de pouvoir comprendre ce que chacun dit ? Deuxièmement, pou-
vez-vous être édifié par le brouhaha de leurs messages simultanés ? Pourquoi l’idée de plusieurs prédications
simultanées nous semble inappropriée, tandis que l’idée de plusieurs parler en langues simultanés ne semble
déranger personne ?

1 Corinthiens 14.27 : « En est-il qui parlent en langues, que deux ou trois au plus parlent, chacun à
son tour, et que quelqu’un interprète »

Nous avons vu que c’est l’Esprit qui distribue les dons à chacun comme il veut, et qu’il déclare que tous n’ont
pas le même don (1 Cor. 12.29-31). Aussi, parler en langues tous ensemble contredit les écritures : c’est un
péché contre Dieu !

En résumé
1) Le parler en langues est une action de grâces exprimant oralement les merveilles de Dieu dans une langue
étrangère aux Juifs, et proclamant l’accomplissement de la prophétie de jugement de Dieu à l’encontre d’Israël.
2) Les langues du parler en langues sont des langues maternelles et humaines, compréhensibles, ni angéliques
ni extatiques.
3) Le parler en langues nécessite une interprétation, sinon il n’édifie pas l’église.
4) L’exercice du parler en langues solitaire n’a aucune valeur, puisque les dons du Saint-Esprit sont donnés
pour l’utilité commune.

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LE PARLER EN LANGUES : JUSQU’À QUAND ?
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Analyse de 1 Corinthiens 13.8-13


1 Corinthiens 13.8-13 : « L’amour ne périt jamais. Les prophéties seront abolies, les langues cesse-
ront, la connaissance sera abolie. Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie,
mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel sera aboli. Lorsque j’étais enfant, je parlais
comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; lorsque je suis deve-
nu homme, j’ai mis de côté ce qui était de l’enfant. Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir,
d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; aujourd’hui je connais en partie, mais
alors je connaîtrai comme j’ai été connu. Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l’es-
pérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour. »

Objectif de Paul. Paul dans le chapitre 13 de la première épître aux Corinthiens entreprend une comparaison
entre les charismes et l’amour. Cette évaluation porte sur l’aspect temporel des dons : si les charismes dispa-
raîtront, l’amour demeurera éternellement.

La durée du parler en langues. « L’amour ne périt jamais. Les prophéties seront abolies, les langues cesseront,
la connaissance sera abolie. » Le verbe « périr » (ekpiptw) signifie « tomber, échouer, heurter, être déchu,
déchoir, etc. ». Aussi, l’amour ne tombera pas : il n’aura jamais de fin.
Les prophéties et la connaissance seront abolies. Le verbe « abolir » (katargew) signifie « anéantir, détruire,
être dégagé, réduire à néant, prendre fin, disparaître, inutilement, passager, vain, séparé ». La prophétie et la
connaissance auront donc une fin marquée nettement. Elles seront stoppées net par la venue de ce qui est par-
fait.
Les langues cesseront. Le verbe « cesser » « n’a pas le même sens qu’« abolir » dans le grec. Cesser (pauw)
signifie « cesser, s’apaiser, achever, préserver, en avoir fini, laisser, abandonner ». Contrairement aux deux
autres dons, les langues ne subiront pas le même traitement : elles cesseront, elles s’apaiseront, ou elles seront
abandonnées. La forme du verbe signifie « s’arrêter » ou « cesser d’elles-mêmes ».

Bilan. « ... Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie » Paul fait ici un bilan : il avoue que
la connaissance et la prophétie sont partielles. Curieusement, Paul ne parle plus des langues. Donc, ce qui est
partiel concerne la prophétie et la connaissance. Les langues subissent un autre traitement temporel. Les lan-
gues ne peuvent pas être partielles, dans le sens de non-accompli. La prophétie et la connaissance au contraire,
ont un but d’accomplissement, de stade de maturité.

Traitement. « ... mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel sera aboli. » Le mot « partiel « signi-
fie « part, partie, un parti, partiel, territoire ». Ce mot se retrouve au verset 9 (« nous connaissons et prophéti-
sons en partie »), au verset 12 (« aujourd’hui je connais en partie »). Lorsque ce qui est parfait viendra, ce qui
est partiel disparaîtra.
Nous avons défini que la prophétie et la connaissance étaient partielles. Ce qui est partiel sera aboli, c’est-
à-dire, disparaîtra définitivement et subitement à l’arrivée de ce qui est parfait. Les langues ne sont pas ici
concernées. Nous identifierons « ce qui est parfait » plus loin.

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1) Première analogie > contraste entre l’enfance et l’âge adulte ou entre l’immaturité et la maturité :
« ... Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais
comme un enfant ; lorsque je suis devenu homme, j’ai mis de côté ce qui était de l’enfant. »

Paul fait un contraste entre l’enfant et l’adulte. L’enfant parle, pense, raisonne comme un enfant. L’âge adulte
met de côté les caractéristiques propres à l’enfance, c’est-à-dire, à l’immaturité.
De plus, l’enfance n’est pas une période qui dure toute la vie : elle est une période partielle, tout comme le sont
la prophétie et la connaissance : elle sera abolie (« mettre de côté » est le même verbe « katargew » employé
pour « abolir »). Devenir adulte correspond à atteindre la maturité. L’enfance partielle et immature laisse place
à l’âge adulte. Paul fait donc une métaphore entre ce qui est partiel et l’enfance, entre ce qui est parfait et
l’adulte, entre ce qui n’est pas destiné à durer toujours et ce qui deviendra mature et parfait.

2) Deuxième analogie > image du miroir et de notre reflet :


« ... Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons
face à face »

Paul, en précisant « aujourd’hui » démontre que la vision floue du miroir correspond à son contexte, à son
époque. En effet les miroirs de l’époque étaient des miroirs polis qui ne reflétaient pas aussi parfaitement le vi-
sage que ceux que nous connaissons aujourd’hui. Ils ne renvoyaient qu’une image partielle. Paul, en employant
l’image du miroir obscur (ainigma — ce mot est utilisé une seule fois dans le N.T. — et signifie « une parole
obscure, énigme »), rappelle un fait connu à l’époque : un miroir ne reflète pas une image correcte, mais plutôt
un reflet partiel, une image de nous-mêmes énigmatique et obscure. Dans un tel miroir, nous ne pouvons pas
nous voir véritablement face à face.
La phrase de Paul « mais alors nous verrons face à face » marque la venue de ce qui est parfait. C’est à ce mo-
ment que le miroir deviendra clair, et que notre reflet sera parfait. Lorsque le miroir était flou, notre reflet était
flou ; lorsque le miroir est devenu clair, notre reflet est devenu clair. Depuis la venue de ce qui est parfait, nous
pouvons nous voir face à face, tels que nous sommes réellement.

« ... aujourd’hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu »

Cette connaissance partielle (merov) a déjà été évoquée plus haut. Dans le cas de la métaphore du miroir,
c’est la connaissance de nous-mêmes et de notre nature réelle qui est partielle : son reflet est partiel. Mais je
connaîtrai comme j’ai été connu. Premièrement je me verrai tel que je suis (maintenant que le miroir renvoie
un reflet parfait), et deuxièmement, je me verrai comme j’ai toujours été vu par Dieu, c’est-à-dire pécheur.
C’est pourquoi Jacques utilise également l’image du miroir et va plus loin en l’identifiant à la Parole de Dieu,
c’est-à-dire la Bible (Jq. 1.22-25).

1 Corinthiens 8.2-3 : « Si quelqu’un croit savoir quelque chose, il n’a pas encore connu comme il
faut connaître. Mais si quelqu’un aime Dieu, celui-là est connu de lui. »

Ce verset nous montre qu’être connu de Dieu ne signifie pas de le voir face à face : l’amour que nous lui por-
tons nous fait connaître de lui.

3) Trois choses demeurent :


« ... Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande
de ces choses, c’est l’amour. »

« Maintenant » (nuni) signifie « maintenant, présentement, encore » et « aujourd’hui » (arti) signifie « main-
tenant, il y a un instant, à présent, désormais, encore, à cette heure, aujourd’hui ». Trois choses demeurent au

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moment où parle Paul. Mais ce qui est partiel fait aussi partie de ce maintenant : « aujourd’hui nous voyons au
moyen d’un miroir (donc partiellement) », « aujourd’hui je connais en partie ». Au moment où Paul parle, il
est dans cette époque dite « partielle », et il déclare que la foi, l’espérance et l’amour demeurent. « Demeurer »
vient du verbe (menw) qui signifie « demeurer, subsister, rester, s’arrêter, prolonger, attendre, loger, passer,
persévérer, permanent ». Il donne l’idée que l’état « maintenant » est prolongé.
Au moment où Paul écrit ce verset, il pense que la foi, l’espérance et l’amour demeureront, malgré la venue
de ce qui est parfait. L’amour, contrairement aux charismes, à la foi et à l’espérance qui disparaîtront au retour
de Jésus, demeurera éternellement.

En résumé
1) La venue de ce qui est parfait abolira la prophétie et la connaissance.
2) La venue de ce qui est parfait fera cesser les langues.
3) Ce qui est partiel disparaîtra (prophétie et connaissance).
La métaphore de l’enfance/adulte nous apprend que l’enfance (période partielle) laissera la place à un âge
mature (quand ce qui est parfait viendra).
4) La métaphore du miroir et du reflet démontre une connaissance partielle de nous-mêmes : à la venue de ce
qui est parfait, nous pourrons voir notre reflet avec plus de précision, nous connaître comme nous avons été
connus depuis toujours par Dieu.
5) Ce qui demeure malgré la venue du parfait : la foi, l’espérance et l’amour.

Quand cesseront les langues ?


Point de départ de la cessation des langues. 1 Corinthiens 13.10 : « mais quand ce qui est parfait sera venu, ce
qui est partiel sera aboli. » Le point de départ est « quand ce qui est parfait sera venu ». C’est la venue de ce qui
est parfait qui enclenchera l’abolition de la prophétie et de la connaissance, ainsi que la cessation des langues.

Prophétie

Connaissance

Le point de départ de la cessation des langues est aussi la venue de ce qui est parfait.

Prophétie

Connaissance

Langues

Par conséquent, tandis que la prophétie et la connaissance sont stoppées net à la venue du « parfait », les lan-
gues diminueront progressivement jusqu’à leur disparition totale.

Définition du parfait. Il existe plusieurs interprétations de ce que signifie « le parfait » : le Canon complet des
Écritures, la maturité de l’Église à la fin de l’ère apostolique, la mort des croyants et leur présence immédiate
auprès du Seigneur, l’enlèvement de l’Église, le retour de Christ, l’état éternel ou les événements de la fin.
Le mot « parfait » vient du mot vient du grec teleiov qui signifie « parfait, devenu parfait, homme fait, par-
faitement ». Il signifie aussi « amené à sa fin, fini, accompli, ne manquant de rien pour être parfait, parfaire,
ce qui est parfait ». Une dernière signification nous parle de « vertu et intégrité humaine consommée » et de
« complètement développé, adulte, d’âge mûr ».

21
Hypothèse 1 : Nous allons à présent chercher à
PARFAIT= CANON BIBLIQUE Retour de Jésus comprendre ce qu’est le « parfait ».
[Schéma  1] TRIBULATION MILLÉNIUM CIEL
Ce qui est partiel Après le parfait
Bible Ce qui est parfait = retour de Jésus

Enlèvement
Prophétie Esaïe 33.17-19 : [Schéma  2] ? Il est difficile d’ac-

de l'église
Connaissance Abolies plus de langues
cepter à la lumière de ce que nous
barbares lors du
Millénium venons de développer que ce qui est
Langues
Cesse
ro parfait est le retour de Jésus.
Premièrement, parce que les langues
nt
1

cesseront au moment de la venue


de ce qui est parfait. Dans ce cas, il
Trois choses

faudrait imaginer qu’elles cesseront


demeurent

Foi Ne sont plus


Espérance nécessaires 2 progressivement après la venue de
Amour
Demeure Jésus. Aussi, le parler en langues au-
1. Les langues cesseront quand ce qui est parfait viendra
rait encore lieu durant le Millénium !
2. La foi et l’espérance sont nécessaires au croyant jusqu’au jour où il sera dans la présence Seulement Esaïe 33.17-194, dont le
de Dieu; c’est pourquoi, elles demeurent (2 Cor. 5.7 ; Rom. 8.24). contexte est le Millénium et le règne
de Jésus-Christ sur la terre après son
Hypothèse 2 : retour semble écarter la possibilité
PARFAIT= RETOUR DE JÉSUS Retour de Jésus
d’un parler en langues durant cette
[Schéma  2] TRIBULATION MILLÉNIUM CIEL
époque. En effet, Esaïe déclare « tu
Ce qui est partiel Après le parfait
ne verras plus le peuple audacieux,
Abolies

Prophétie Esaïe 33.17-19 : le peuple au langage obscur qu’on


Enlèvement
de l'église

Connaissance plus de langues


barbares lors du n’entend pas, à la langue barbare
Millénium qu’on ne comprend pas.  » Aussi, il
Cessero
Langues nt est clair que le Millénium ne connaî-
tra pas de parler en langues. De plus,
1

comme nous l’avons dit précédem-


ment, le parler en langues est un
signe de jugement à l’encontre des
Trois choses
demeurent

Foi Ne sont plus


Espérance nécessaires 2 Juifs. À quoi bon parler en langues
Amour durant le Millénium, puisque les
Demeure
Juifs seront alors réconciliés avec
1. Les langues cesseront quand ce qui est parfait viendra
2. La foi et l’espérance sont nécessaires au croyant jusqu’au jour où il sera dans la présence leur Messie (Zach. 1210).
de Dieu; c’est pourquoi, elles demeurent (2 Cor. 5.7 ; Rom. 8.24). Deuxièmement, ce qui est « parfait »
est employé au neutre. Le grec ne
désigne pas une personne par un neutre. Le « parfait » désigne donc plutôt une chose qu’une personne.
Troisièmement, l’argument concernant le miroir qui semble au premier abord décrire un face à face avec Jé-
sus-Christ lors de son retour est anéanti par le fait qu’un miroir renvoie notre propre image. Si l’on se regarde
dedans, le miroir renvoie notre image, pas celle d’une autre personne. C’est pourquoi, en regardant dans le
miroir, je vois mon visage, pas celui de Jésus.
Quatrièmement, posons-nous la question : où seront les chrétiens lors du retour de Christ sur la terre ? Ils sont
au ciel, après l’enlèvement de l’Église, attendant de revenir avec Jésus sur la terre pour vivre le Millénium. Les
langues cesseraient alors au ciel, puisque ceux qui parlent en langues sont des convertis !

Ce qui est parfait = Nouveau Testament [Schéma 1] ? Pour beaucoup, la venue de ce qui est parfait est la
compilation du Nouveau Testament, que l’on date habituellement après la mort de Jean. La prophétie et la
connaissance se retrouveront réunies dans ce Nouveau Testament et toutes les prophéties, toute la connaissance
pourront être consultées désormais dans la Parole de Dieu. L’ère de la révélation orale est achevée : désormais,

4. Esaïe 33.17-19 : « Tes yeux verront le roi dans sa magnificence, Ils contempleront le pays dans toute son étendue. Ton cœur se
souviendra de la terreur : Où est le secrétaire, où est le trésorier ? Où est celui qui inspectait les tours ? Tu ne verras plus le peuple
audacieux, Le peuple au langage obscur qu’on n’entend pas, à la langue barbare qu’on ne comprend pas « .

22
il est possible de connaître cette révélation de Dieu au travers de la lecture de la Bible. La transmission orale
ou par épîtres fut une période partielle, une période précédant la compilation du Nouveau Testament. Cette
transmission partielle sera donc portée à maturité au travers du Nouveau Testament.
La Bible nous dit que la Parole est comme miroir : ce n’est pas la première fois que la Bible est comparée à la
perfection. En Jacques 1.23-25, cette parole est comparée à un miroir dans lequel nous pouvons nous voir tels
que nous avons été connus. C’est notre véritable reflet que nous pouvons y découvrir. C’est dans le miroir de la
Parole que nous réalisons comment Dieu nous a connus depuis notre enfance. En plongeant nos regards dans la
loi « parfaite », nous découvrons le reflet de notre personne et de notre nature réelle. C’est ce que voulait dire
Paul en usant de la métaphore du miroir trouble et énigmatique.

Un but atteint. Nous avons vu que c’est ce qui est partiel sera aboli (prophétie et connaissance). Nous avons
également vu que les langues ne subiront pas le même traitement, puisqu’elles cesseront d’elles-mêmes. Leur
fin est donc plus difficile à prévoir, car elle est progressive et non liée à un événement précis.
Pourtant nous savons que le but du parler en langues a été atteint il y a plusieurs siècles. En effet, nous avons
compris plus haut que les langues avaient un but : annoncer le jugement des Juifs et l’intégration des croyants
dans le peuple de Dieu par l’Église. Ce but a été atteint depuis longtemps. Pierre a été le premier Juif à com-
prendre le plan de Dieu lorsqu’il a été envoyé auprès de Corneille. Progressivement les Juifs et les païens
intégreront l’Église, tout cela devant les yeux des Juifs aveuglés, mais jugés par Dieu.
L’histoire de l’Église nous démontre également que, vers l’an 300 ap. J.-C., le parler en langues ne semblait
plus être exercé dans les assemblées, autrement, les pères de l’Église auraient certainement fait mention de sa
pratique. Pourquoi ? Simplement, parce que son but a été atteint : ce don est devenu inutile face à l’évidence
de l’Église constituée de païens et de Juifs.
Dieu avait équipé les apôtres et les chrétiens de l’Église primitive de facultés particulières, nécessaires aux
prémices de l’Église, ceci afin d’appuyer le témoignage naissant de l’Évangile :

Hébreux 2.3-4 : « Comment échapperons-nous en négligent un si grand salut ? Le salut annoncé


d’abord par le Seigneur nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu, Dieu appuyant leur témoi-
gnage par des signes, des prodiges, et divers miracles, et par les dons du Saint-Esprit distribués
selon sa volonté. »
Romains 15.19 : « par la puissance des miracles et des prodiges, par la puissance de l’Esprit de
Dieu ; ainsi depuis Jérusalem et les pays voisins jusqu’en Illyrie, j’ai abondamment répandu l’Évan-
gile de Christ. »
2 Corinthiens 12.12 : « Les preuves de mon apostolat ont éclaté au milieu de vous par une patience
à toute épreuve, par des signes, des prodiges et des miracles. »
Actes 5.12 : « Beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient au milieu du peuple par les mains des
apôtres. Ils se tenaient tous ensemble au portique de Salomon »

En résumé
1) Le « parfait » qui doit venir ne peut pas être la venue de Jésus-Christ.
2) Le « parfait » qui doit venir est le Nouveau Testament.
3) Le but du parler en langue a été atteint.
4) Certains dons spirituels étaient propres à l’époque apostolique.

23
UN SIGNE DU BAPTÊME DE L’ESPRIT ?
_______________________________________________________________________________________

Qu’est-ce que le baptême dans l’Esprit ?


Actes 1.5 : « car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Es-
prit. »
1 Corinthiens 12.13 : « Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un
seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul
esprit. »

Il existe sept passages dans le Nouveau Testament qui traitent du baptême dans l’Esprit. Les quatre premiers
concernent l’annonce de Jean-Baptiste (Mt. 3.11 ; Mc. 1.8 ; Lc. 3.16 ; Jn. 1.33). Il est difficile de trouver une
définition dans ces versets. Nous trouvons ensuite deux passages dans lesquels Jésus dit que les disciples seront
baptisés dans le Saint-Esprit (Ac. 1.5 ; 11.16). Le dernier passage est celui de 1 Corinthiens 12.13.
Certains pensent que 1 Corinthiens 12.13 ne fait pas référence aux six autres passages qui parlent du baptême
du Saint-Esprit. Les six premiers versets semblent dire que c’est Jésus qui est l’auteur du baptême de l’Esprit
et le Saint-Esprit l’élément dans lequel il baptise. Le dernier verset déclare selon eux qu’il existe un baptême
du Saint-Esprit distinct de celui de Jésus. C’est pourquoi il faut chercher ce baptême après la conversion. Voici
les versets dans le grec :

Mt. 3.11 : Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu.


autov umav baptisei en pneumati agiw kai puri
Mc. 1.8 : Moi, je vous ai baptisés d’eau ; lui, il vous baptisera du Saint-Esprit
ego ebaptisa umav udati ; autos de baptisei umas [en] pneumati agiw
Lc. 3.16 : Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu
autov umav baptisei en pneumati agiw, kai puri
Jn. 1.33 : ... c’est celui qui baptise du Saint-Esprit 
outov estin o baptizwn en pneumati agiow.
Ac. 1.5 : mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit
umeiv de en pneumati baptisyhsesye agiw, ou meta pollav tautav hmerav
Ac. 11.16 : mais vous, vous serez baptisés du Saint-Esprit.
umeiv de baptisyhsesye eb pneumati
1 Cor. 12.13 : Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps
kai gar, en eni pneumati, hmeiv pantev eiv en swma ebaptisyhmen

Tous les versets emploient « en pneumati (‘en’ suivit du datif) » (« dans l’Esprit »). En Marc 1.8 la particule
« en » est sous-entendue. Le verset de 1 corinthiens 12.13 ajoute « eni » (un seul). Aussi, ces sept versets
parlent clairement de la même chose, un baptême « dans » l’Esprit. Ils ne distinguent pas deux expériences. Le
baptême du Saint-Esprit est offert à tous ceux qui sont nés de nouveau.

24
Le baptême du Saint-Esprit est l’intégration du croyant dans le Corps de Christ
Nulle part la Bible ne stipule que le parler en langues est une preuve de la conversion et de la réception du
Saint-Esprit. Tous les croyants du passé, du présent, et tous les croyants à venir ont été seront baptisés dans
un seul Esprit, dès lors qu’ils ont accepté Jésus-Christ comme leur Sauveur. Le croyant est automatiquement
introduit dans le Corps de Christ par le baptême du Saint-Esprit. D’ailleurs Pierre lui-même déclare juste
après avoir reçu l’Esprit : « Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jé-
sus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. »
Le but du baptême de l’Esprit est de former un seul Corps, dont Christ est la tête et le Chef. Être baptisé dans
un seul Esprit, c’est un acte unique et intemporel, tout comme l’est la croix vers laquelle se tourne l’homme
repentant. Il n’existe donc en aucune manière un second baptême de l’Esprit pour le croyant, puisque le but
unique du baptême du Saint-Esprit est la formation du Corps de Christ. Si vous faites partie du Corps de Christ,
cela signifie que vous avez été baptisé du Saint-Esprit. Ne cherchez pas plus que ceux que déclare la Bible.

Le baptême du Saint-Esprit a précédé l’attribution des charismes


Lors de la Pentecôte, le Saint-Esprit s’est posé sur les disciples d’abord, puis ils se sont mis à parler en langues.
Aussi, le don des langues ne peut être en aucun cas le signe du baptême du Saint-Esprit, car ce dernier précède
l’attribution des dons spirituels.
Nul ne reçoit un don, tant qu’il n’a pas été intégré dans le corps de Christ et donc, qu’il n’ait été baptisé du
Saint-Esprit au moment de sa conversion. C’est pourquoi le croyant passe par la conversion d’abord, puis est
intégré dans le Corps de Christ par le baptême du Saint-Esprit. Ensuite, selon l’autorité du Saint-Esprit et son
bon vouloir, il lui est accordé au nouveau-né un ou plusieurs dons spirituels.
De plus, pourquoi le parler en langues serait-il le seul don signalant le baptême du Saint-Esprit ? Aucun don
dans la Bible n’est supérieur aux autres : au contraire ils sont tous complémentaires selon 1 Corinthiens 12.

Le parler en langues n’est pas le signe de la réception de l’Esprit


Ephésiens 1.13 : « En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l’Évangile de votre
salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis. »
La Bible déclare que seule la foi en Jésus-Christ mort pour nos péchés nous permet d’être sauvés. Aussitôt né
de nouveau, je suis intégré dans le Corps de Christ. Aussitôt justifié, je suis scellé du Saint-Esprit (Eph. 1.13).
Le sceau de l’Esprit est attribué à celui qui a placé sa foi dans la Bonne Nouvelle, et non dans l’exercice du
parler en langues.

C’est le Saint-Esprit qui distribue les dons


1 Corinthiens 12.8-11 : « En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse ; à un autre,
une parole de connaissance, selon le même Esprit ; à un autre, la foi, par le même Esprit ; à un autre,
le don des guérisons, par le même Esprit ; à un autre, le don d’opérer des miracles ; à un autre, la
prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues ; à un autre,
l’interprétation des langues. Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun
en particulier comme il veut. »
1 Corinthiens 12.30 : « Tous ont-ils le don des miracles ? Tous ont-ils le don des guérisons ? Tous
parlent-ils en langues ? Tous interprètent-ils ? »

Encore une fois nous tenons à rappeler que, si le croyant aspire « aux dons les meilleurs », c’est le Saint-Esprit
et lui seul qui lui attribuera un ou plusieurs dons. Curieusement, à l’époque de Paul, les croyants ne semblaient
pas frustrés de ce qu’ils ne parlaient pas tous en langues.

25
Paul rappelle aux Corinthiens que tous n’ont pas les mêmes dons spirituels. Car, comme dans une entreprise,
chacun a une tâche à accomplir dans l’église, avec le ou les dons que le Saint-Esprit lui accorde. Soyons re-
connaissants de ce don spirituel, quel qu’il soit : il a coûté la vie à Jésus-Christ, ne l’oublions pas. Tous les
dons sont excellents, à cause du prix qu’ils ont coûté ! Le don spirituel est effectivement le fruit de l’amour de
Jésus-Christ pour nous.

Une seconde expérience


Certains chrétiens pensent que le baptême de l’Esprit est une seconde expérience. Cette expérience a lieu après
la conversion. Pour cela, ils s’appuient sur le passage de Jean 20.22 où il est écrit : « Après ces paroles, il souf-
fla sur eux, et leur dit : Recevez le Saint-Esprit. » Aussi, les disciples qui étaient nés de nouveau avaient reçu
une première fois le Saint-Esprit. Puis, à la Pentecôte, ils auraient goûté à la seconde expérience, le baptême
du Saint-Esprit.
Nous savons d’après l’Ancien Testament que les croyants avaient le Saint-Esprit. La relation était propre à la
dispensation. Saül par exemple reçut l’Esprit, mais finalement il le quitta après ses désobéissances continuelles
(1 Sam. 10.9-10  ; 16.14). Aujourd’hui, et depuis la Pentecôte, les chrétiens sont scellés du Saint-Esprit (Eph.
1.13). La relation a donc changé.
Aussi, lorsque Jésus leur souffla l’Esprit en Jean, les disciples étaient encore dans l’Ancienne Alliance avec
une relation différente du Saint-Esprit. D’ailleurs, n Jésus leur demandera d’attendre le Saint-Esprit (Ac. 1.8).
S’ils avaient reçu l’Esprit, le travail d’évangélisation aurait commencé. C’est à la Pentecôte seulement qu’ils
seront baptisés du Saint-Esprit. Dès lors, la relation changera avec l’Esprit et la puissance promise par Jésus
leur permettra de commencer le travail d’évangélisation.

Baptême de feu ?
Dans deux versets des Évangiles, nous pouvons lire que Jésus baptisera les disciples de Saint-Esprit et de
feu (Mt. 3.11 ; Lc. 3.16). Certains pensent que les langues de feu descendues à la Pentecôte sur les disciples
confirment ces versets. Alors, faut-il chercher ce fameux baptême de feu que cherchent de nombreux croyants ?
Si l’on poursuit la lecture, nous lisons par exemple en Matthieu 3.12 : « Il a son van à la main ; il nettoiera son
aire, et il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point. » Le « il »
dont il est question ici est évidement Jésus-Christ. C’est lui qui baptisera de Saint-Esprit et de feu. Il ne faut
donc pas séparer les versets 11 et 12, sans quoi nous ne comprendrions pas ce que Jean-Baptiste voulait dire.
En réalité, ces versets nous enseignent que les croyants recevront le Saint-Esprit et que les non-croyants,
c’est-à-dire ceux qui n’ont pas le Saint-Esprit parce qu’ils ne sont pas nés de nouveau, seront éloignés de Dieu
lorsque le Christ reviendra. En effet, le feu est ici un jugement. Jésus séparera le blé (les croyants) et brûlera
la paille (les non-croyants) dans un feu qui ne s’éteint point. Ce feu dont il est question est évidemment l’enfer
(voir Mal. 4.1). L’analogie est claire. Le baptême de l’Esprit est pour les croyants et le baptême de feu est pour
les non-croyants. Alors, ne réclamons plus le baptême de feu, car c’est demander tout simplement à Dieu un
jugement.

En résumé
1) Le baptême du Saint-Esprit précède l’attribution des dons spirituels.
2) Le parler en langues n’est pas le signe du baptême du Saint-Esprit.
3) Tous les croyants ne possèdent pas le même don : ils sont complémentaires et variés.
4) Le baptême de feu est un jugement, non une bénédiction supplémentaire.

26
LES EXPÉRIENCES
NE FONT PAS LA DOCTRINE
_______________________________________________________________________________________

L’expression « Je voudrais que tous »


1 Corinthiens 14.5 : « Je désire que vous parliez tous en langues, mais encore plus que vous prophé-
tisiez... »

Paul semble dire que tous doivent parler en langues. Mais après une bonne analyse du verset, il ne semble pas
opportun de le comprendre dans le sens où Paul donne l’ordre de rechercher ou de posséder le don du parler en
langues. Il dit ailleurs : « Je voudrais que tous les hommes soient comme moi ; mais chacun tient de Dieu un
don particulier, l’un d’une manière, l’autre d’une autre. » (1 Cor. 7.7). Dans le contexte, Paul parle du don du
célibat : aussi, Paul donne-t-il l’ordre à tous les croyants de rester célibataires ? De plus comme nous l’avons
vu précédemment, Paul déclare que tous n’ont pas les mêmes dons spirituels (1 Cor. 12.30) ; par conséquent
Paul ne se contredit pas, mais exprime simplement un souhait personnel, bien qu’il favorise largement le don
de la prophétie.

Dieu m’a parlé par une prophétie en langues


Cette expression est certainement l’argument le plus utilisé pour défendre le parler en langues. Or, il s’agit là
d’une expérience personnelle basée sur des impressions personnelles. Ajoutons que Paul distingue la prophétie
et le parler en langues, sans jamais les confondre : une prophétie en langues n’est pas le fruit du Saint-Esprit.
L’inconvénient avec les expériences, c’est qu’elles n’ont pas d’interprètes objectifs. Les sentiments, les im-
pressions restent des expressions charnelles aléatoires et différentes selon les individus. Les expériences sont
authentiques, mais sont-elles pour autant véridiques, c’est-à-dire conformes à la Parole de Dieu ? à qui peut-on
se fier : à moi ou à la Parole de Dieu ? L’expérience nous apprendra que nous ne sommes pas des êtres fiables,
car notre péché nous fragilise. Cependant, la Bible n’a jamais failli.
Une doctrine chrétienne et toutes applications chrétiennes doivent donc se baser et se développer sur le fonde-
ment solide de la Parole de Dieu. Beaucoup trop de religions se sont constituées sur l’expérience. L’un a vu un
ange, l’autre a entendu Dieu lui parler... Ne soyons pas nous-mêmes des personnes à l’origine d’une nouvelle
secte. Soyons humbles, et sachons nous contenter de la Parole de Dieu.

D’autres expériences
Le monde est rempli d’hommes et de femmes qui témoigneront sous serment qu’ils ont connu tel ou tel mi-
racle. Lourdes est la capitale du miracle, où chaque jour beaucoup de gens font des expériences. Madame
Soleil ou plusieurs autres voyants n’ont-ils pas dit juste parfois ? En Actes 16.17, une femme semble annoncer
de bonnes choses, mais elle le fait sous la conduite d’un esprit malin !
La Bible nous avertit : « Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par
ton nom ? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles

27
par ton nom ? » (Mt. 7.22). L’expérience est souvent employée par Satan dans le but de diviser ou corrompre
la Parole. Aussi, toute expérience doit être en harmonie avec la Parole de Dieu, et toute théologie doit venir de
la Bible.

En résumé
1) Il ne faut jamais construire de théologie ou des principes bibliques sur l’expérience humaine.
2) La Bible est la vérité : c’est sur elle que nous devons appuyer notre expérience.

28
POURQUOI PAUL A-T-IL ÉCRIT
1 CORINTHIENS 12 À 14 ?
_______________________________________________________________________________________

Parler en langues : est-ce un signe de maturité spirituelle ?


1 Corinthiens 1.7 : « de sorte qu’il ne vous manque aucun don, dans l’attente où vous êtes de la ma-
nifestation de notre Seigneur Jésus-Christ. »
1 Corinthiens 3.1-4 : « Pour moi, frères, ce n’est pas comme à des hommes spirituels que j’ai pu vous
parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants en Christ. Je vous ai donné du lait,
non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter ; et vous ne le pouvez pas même à
présent, parce que vous êtes encore charnels. En effet, puisqu’il y a parmi vous de la jalousie et des
disputes, n’êtes-vous pas charnels, et ne marchez-vous pas selon l’homme ? Quand l’un dit : Moi, je
suis de Paul ! et un autre : Moi, d’Apollos ! n’êtes-vous pas des hommes ? »

En commençant son épître, Paul identifie les chrétiens de Corinthe : ce sont des enfants spirituels, auxquels
pourtant ne manque aucun don. Nous pouvons donc déduire que le don spirituel n’est pas un signe de maturité
spirituelle ni une « saturation » du Saint-Esprit ! Les dons de l’Esprit n’ont rien à voir avec la vie de sanc-
tification du chrétien ou sa maturité spirituelle, même si certains dons sont donnés selon notre maturité (un
pasteur ne l’est pas au moment de sa conversion). C’est pourquoi tous les chrétiens dès leur nouvelle naissance
reçoivent du Saint-Esprit un don spirituel pour le service dans l’église. Puis, chacun grandira dans la sainteté
selon son rythme et le plan de Dieu.

Des idolâtres (contexte historique et culture religieuse)


1 Corinthiens 12.1-3 : « Pour ce qui concerne les dons spirituels, je ne veux pas, frères, que vous
soyez dans l’ignorance. Vous savez que, lorsque vous étiez païens, vous vous laissiez entraîner vers
les idoles muettes, selon que vous étiez conduits. C’est pourquoi je vous déclare que personne, s’il
parle par l’Esprit de Dieu, ne dit : Jésus est anathème ! et que personne ne peut dire : Jésus est le
Seigneur ! si ce n’est par le Saint-Esprit. »

Paul connaît l’origine des Corinthiens et en particulier leur culture religieuse. Les Corinthiens étaient comme
les autres Grecs profondément idolâtres, adorant le panthéon grec classique (Zeus, Baccus, Poséidon, Arté-
mis...). Fervents croyants, superstitieux, faisant usage d’horoscopes et d’oracles, les Corinthiens, malgré leur
caractère franchement païen, se targuaient comme les Athéniens d’être de grands philosophes, et d’avoir com-
pris les grands mystères de la vie. Cet arrière-plan culturel collait à la peau et aux habitudes des chrétiens nés
de nouveau de l’église de Corinthe. C’est ce que Paul dénonce, lorsqu’il rappelle à ses auditeurs combien ils
se laissaient emporter autrefois par leurs idoles (1 Cor. 12.2).
L’apôtre Paul introduit son discours sur les dons spirituels en énumérant le passé des Corinthiens. D’une cer-
taine manière il veut leur faire réaliser leur fragilité passée et présente : l’inceste et les procès entre chrétiens,
sont des preuves de cette immaturité spirituelle. L’idolâtrie passée, et en particulier la glossolalie (parler en
langues) des cultes païens, était confondue avec les dons spirituels. Ce syncrétisme est toujours d’actualité

29
dans le milieu chrétien : les habitudes de notre ancienne vie, la tentation d’imiter le monde décrivent hélas
l’église contemporaine.

En résumé
1) L’épître aux Corinthiens décrit des croyants dont la maturité spirituelle est celle d’un enfant.
2) Le passé idolâtre nous fait comprendre pourquoi les Corinthiens chérissaient tant le parler en langues.
Le danger du syncrétisme est toujours d’actualité, mais sous des formes nouvelles : soyons prudents.

30
CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE
_______________________________________________________________________________________

Pour comprendre le parler en langues, il est d’abord préférable de connaître la Parole de Dieu, et de ne s’ap-
puyer que sur elle. L’expérience a ceci d’être fragile et aléatoire, tout comme l’est le cœur pécheur. Lorsque
Paul répond aux Corinthiens, il s’adresse à des chrétiens immatures et syncrétistes, auxquels le Saint-Esprit
avait accordé des dons spirituels. Paul les reprend, corrige l’exercice des dons, et établit l’ordre durant le culte.
Le parler en langues est à l’origine, un simple jugement annoncé prophétiquement par Dieu à l’encontre des
Juifs. Ces derniers entendront les merveilles de Dieu dans une langue qui leur était étrangère. Cette prophétie
se réalisa à la Pentecôte, lors du baptême du Saint-Esprit unique et intemporel, et de la fondation de l’Église.
Les disciples parleront des langues qui leur étaient inconnues, et les Juifs pieux, alors présents, deviendront les
premiers interprètes, mais aussi les premiers témoins du jugement de Dieu.
Le don du parler en langues se manifesta pendant environ un siècle, que ce soit dans l’église de Corinthe, ou
dans d’autres églises. Ce temps sera nécessaire pour convaincre les Juifs que Dieu a intégré les païens dans le
peuple de Dieu. Puis, le parler en langues cessera lorsqu’il eut atteint son but, marqué par la venue de ce qui
est parfait, c’est-à-dire la Bible, dans lequel toutes les prophéties et toute la connaissance seront désormais
concentrées.

Pour terminer, comprenons quatre choses encore :


1) Le Saint-Esprit est le seul qui prend l’initiative de distribuer les dons spirituels. Aussi, « aspirer » n’est pas
synonyme « d’obtenir » ou de « choisir ».
2) Le Saint-Esprit n’est pas contradictoire avec lui-même : s’il déclare qu’il distribue à chacun un don différent
et que tous n’ont pas le même don, il est impossible qu’il permette l’exercice simultané du parler en langues
lors d’un culte.
3) Exercer un don spirituel seul dans la chambre est totalement opposé à l’essence même du don : ce dernier est
toujours pour l’utilité commune. Prier seul en langues dans sa chambre n’est pas un exercice du don spirituel
selon les écritures. Prêcher chez soi devant ses plantes vertes n’édifie pas l’église de Jésus-Christ.
4) Le parler en langues n’est pas le signe du baptême du Saint-Esprit. Comme nous l’avons vu, ce baptême
est unique et précède l’attribution des dons. La Bible déclare que c’est par notre profession de foi que nous
sommes scellés du Saint-Esprit. Le parler en langues n’était qu’un don parmi tant d’autres, appelé à disparaître.

La confusion sur le parler en langues est d’abord de « théologiser » nos expériences, puis d’établir des règles
sur la base d’un seul verset (1 Cor. 13.1). La connaissance de la Bible dans sa totalité permettra d’éviter au
moins plusieurs de ces erreurs. Comme toutes les expériences surnaturelles, l’homme est attiré par ce qui est
extraordinaire. Laissons-nous attirer par la simplicité de Christ, par ce qui est humble, ceci afin de mieux res-
sembler à notre divin Maître Jésus-Christ.

31
DIX RAISONS
POUR NE PAS PARLER EN LANGUES
_______________________________________________________________________________________

1) Le parler en langues est un signe de jugement à l’égard des Juifs (Es. 28.11 ; 1 Cor. 14.21-22) : c’est un
signe pour les non-croyants (1 Cor. 14.22). Il n’a donc aucun objectif pour le croyant et son signe a atteint son
but.
2) Le Saint-Esprit distribue les dons spirituels comme Il veut (1 Cor. 12.11). Tous n’ont pas le même don
spirituel (1 Cor. 12.4-11 ; 29-30).
3) Nous recevons d’abord le Saint-Esprit à cause de la foi en l’évangile (Eph. 1.13), puis nous recevons
ensuite le don spirituel du Saint-Esprit (Ac. 2.4). Le parler en langues n’est donc pas le signe de la réception
du Saint-Esprit.
4) Les dons spirituels sont pour l’utilité commune, c’est-à-dire uniquement au service de l’église
(1 Cor. 12.7), pour son édification (1 Cor. 14.26). Aussi, prier en langues dans sa chambre ne correspond pas
à un don spirituel.
5) Les langues de 1 Corinthiens  14 et d’Actes  2 sont les mêmes langues, puisque 1 Corinthiens  14
(56 ap. J. C.) a été écrit avant Actes (60 ap. J.-C.) et que l’Esprit qui a inspiré Paul et Luc ne se contredit pas.
6) Les langues de 1 Corinthiens 14 et d’Actes 2.6-13 sont des dialectes : il n’existe pas de parler en langues
angéliques, car les anges dans la Bible se sont toujours adressés à l’homme de façon compréhensible.
7) Chaque parler en langues demandait une interprétation, ceci afin d’être compréhensible pour les audi-
teurs (1 Cor. 14.17), édifiant pour l’église (1 Cor. 14.4, 12), autrement il fallait se taire (1 Cor. 14.27-28). Il
n’est jamais parlé de prophétie en langues, mais de prière en langues (1 Cor. 14.14-17).
8) La pratique du parler en langues se faisait à l’époque dans l’ordre (1 Cor. 14.26-28). Un ou trois au maxi-
mum, chacun son tour et avec l’obligation d’une interprétation, sinon, il fallait se taire.
9) Les langues ont cessé après la venue de ce qui est « parfait », c’est-à-dire la Bible (1 Cor. 13.8-13). Ce qui
est « parfait »  est la Bible, car si l’on pense que « le parfait » est le retour de Jésus, n’oublions pas que l’Église
sera enlevée avant ce retour. De plus, seuls les chrétiens parlaient en langues. Esaïe 33.17-19 confirme le fait
que l’on ne parlera pas dans des langues barbares lors du Millénium.
10) Nos expériences personnelles ne doivent pas être à l’origine d’une doctrine biblique. C’est la Bible qui
dicte ce que nous devons vivre comme expérience.

32
Deuxième partie

1 CORINTHIENS 14

33
INTRODUCTION
______________________________________________________________________________________

Après avoir étudier le parler en langues en général, nous voulons nous intéresser au texte de 1 Corinthiens
14. De son interprétation dépend la pratique du chrétien et de l’Église. Comme toujours nous ne voulons pas
« plaquer » notre expérience sur ce chapitre, mais extraire la doctrine de Paul et du Seigneur pour savoir s’il
faut ou non pratiquer encore aujourd’hui le parler en langues.
Nous allons donc prendre le temps d’étudier chaque verset pour les remettre dans leur contexte et trouver
ainsi les caractéristiques du parler en langues qui se faisait dans l’Église primitive. Au fur et à mesure, nous
découvrirons que ce chapitre 14 est important, car il dévoile que le parler en langues avait un but propre à une
époque.

34
PLAN DE 1 CORINTHIENS 14
I. COMPARAISONS :
v. 1 : A) Introduction : ASPIREZ aux pneumatikov  surtout la prophétie
B) Comparaison de compréhension 
En effet v. 2 : 1. Parler en langues > parle à Dieu > n’est pas compris > mystère
v. 3 : 2. Prophétie > parle aux hommes > est compris > édifie/exhorte
v. 4 : C) Comparaison des objectifs
1. Parler en langues > édifie soi-même
PARLER EN LANGUES ET PROPHÉTIE

2. Prophétie > édifie l’église


v. 5 : D) Comparaison de valeur
COMPARAISON ENTRE

1. Parler en langues > moins grand que la prophétie (sauf s’il y a interprétation)
2. Prophétie > plus grand que le parler en langues
Et maintenant v. 6 : E) Comparaison d’utilité
1. Parler en langues > inutile (sauf s’il y a interprétation)
2. Prophétie > utile
II. ANALOGIES :
v. 7 : A) Analogie avec les instruments de musique (comparaison entre le distinct et le non distinct) 
v. 8 : 1. Son distinct > définit l’air joué, son objectif > parole compréhensible
v. 9 : 2. Son confus > ne définit pas l’air joué, son objectif > incompréhensible
B) Analogie avec les langages 
v. 10 : 1. Tous les langages (fwnh) ont une signification
v. 11 : 2. Ne pas connaître le sens du langage = barbare
De même v. 12 : C) CONCLUSION : ASPIREZ aux pneumatikov  Objectif : ÉDIFICATION
III. NÉCESSITÉ DE L’INTERPRÉTATION (ÊTRE COMPRÉHENSIBLE) :
A) Cas pratique dans l’Église 
C’est pourquoi v. 13 : 1. Le PEL est indissociable de l’interprétation > de la compréhension
L’INTERPRÉTATION

v. 14 : 2. Constat d’un P.E.L. sans interprétation > Intelligence stérile


NÉCESSITÉ DE

Que faire donc ? v. 15 : 3. Tous actes spirituels se font avec > l’intelligence = compréhension/maîtrise
v. 16 : > sans l’intelligence (compréhension) = personne ne dit Amen
v. 17 : > sans l’intelligence (compréhension) = personne n’est édifié
v. 18 : B) Exemple de Paul
1. Paul parle plus que tous en langues
v. 19 : 2. Mais il préfère parler avec son intelligence > être compréhensible
IV. ORIGINE ET OBJECTIF DU PARLER EN LANGUES :
Frères v. 20 : A) Appel à la maturité dans le jugement de l’exercice des dons spirituels
PARLER EN LANGUES

B) Argumentation de Paul
v. 21 : 1. Israël (ce peuple)= jugement de Dieu à l’égard de ceux qui n’ont pas écouté
ORIGINE DU

2. Autre langue, lèvres d’étrangers= initiateur du jugement à l’égard de ce peuple


Par conséquent v. 22 : C) Les signes :
1. De quels signes s’agit-il ?
2. Parler en langues = signe pour non-croyants
3. Prophétie = signe pour croyants
V. APPEL À L’ORDRE DANS L’EXERCICE DES DONS SPIRITUELS : 
A) Ordre dans l’exercice des dons spirituels 
v. 23 : 1. Si tous parlent en langues > entrent > Simples auditeurs = ne produit pas la foi (fou)
> Non-croyants = ne produit pas la foi (fou)
v. 24 : 2. Si tous prophétisent > entrent > Simples auditeurs = produit la foi
v. 25 : > Non-croyants = produit la foi
ORDRE DANS L’EXERCICE DES DONS À CAUSE DE DIEU

B) Ordre dans le culte :


Que faire v. 26 : 1. Toute action lors du culte a pour objectif  L’ÉDIFICATION
v. 27 : 2. Ordre > l’exercice du PEL > 2 ou 3 au plus
v. 28 : > Interprétation obligatoire (compréhension)
v. 29 : 3. Ordre > l’exercice de la prophétie > 2 ou 3 + jugement des autres
v. 30 : 4. Ordre > l’exercice de la révélation > le prophète doit se taire
v. 31 : > objectif : instruit (manyanw)/exhorter
v. 32 : > esprits des prophètes aux prophètes
C) Raison de l’ordre dans le culte 
v. 33 : 1. Exemple de Dieu = un Dieu d’ordre
2. Ordre dans l’assemblée à cause de Dieu 
D) Ordre de la prise de parole des femmes dans l’assemblée 
v. 34 : 1. Se taire > par bienséance
> Par soumission (comme le dit la loi)
v. 35 : 2. La cause de leurs paroles (lalew) > le désir de s’instruire
v. 36 : E) Ordre dans l’obéissance aux apôtres
v. 37 : F) Ordre d’obéir au commandement (pour le prophète ou le spirituel)
v. 38 :
VI. CONCLUSION :
v. 39 : A) ASPIREZ à la prophétie, n’empêchez pas de parler en langues
v. 40 : B) Conclusion : tout exercice des dons spirituels doit être fait avec dignité et ordre.

35
COMPARAISONS
(Versets 1-6)
_______________________________________________________________________________________

Aspirez aux « pneumatikos » (surtout celui de la prophétie)


........................................................................................
Verset 1 : Recherchez la charité. Aspirez aussi aux dons spirituels, mais surtout à celui de prophétie.
Διώκετε τὴν ἀγάπην, ζηλοῦτε δὲ τὰ
Recherchez l’amour, montrez du zèle mais quant
πνευματικά, μᾶλλον δὲ ἵνα προφητεύητε.
aux (choses) spirituelles surtout afin que vous prophétisiez
........................................................................................

Rechercher la charité. Le passage de 1 Corinthiens 14 se situe dans l’explication de Paul du chapitre 12 à 14,
lors de laquelle il cherche à faire comprendre aux Corinthiens que l’amour est supérieur aux « choses spiri-
tuelles ». Ces dernières sont devenues pour eux un sujet d’orgueil, de trouble et de désordre. Paul donne donc
la priorité à l’amour et cherche à discipliner l’exercice des dons.

(Dons) spirituels/choses spirituelles. L’expression « don spirituel » vient de « pneumatikos » (pneumatokov)


qui signifie «  spirituel, inspiré, esprits  ». Il s’agit donc dans le contexte de Corinthiens  14 d’aspirer «  aux
choses spirituelles » ou aux « expériences spirituelles ».

Étude du mot « pneumatikos » (pneumatokov) dans le Nouveau Testament :

Rom. 1.11 Don spirituel 1 Cor. 14.37 Si quelqu’un croit être prophète ou inspiré
Rom. 7.14 Spirituelle 1 Cor. 15.44 Ressuscite corps spirituel/un corps spirituel
Rom. 15.27 Spirituels 1 Cor. 15.46 Ce qui est spirituel
1 Cor. 2.13 Un langage spirituel, les choses spirituelles Gal. 6.1 Vous qui êtes spirituels
1 Cor. 2.15 L’homme spirituel Eph. 1.3 Bénédictions spirituelles
1 Cor. 3.1 Hommes spirituels (opposé à hommes Eph. 5.19 Cantiques spirituels
charnels)
1 Cor. 9.11 Biens spirituels Eph. 6.12 Contre les esprits (méchants)
1 Cor. 10.3 Aliment spirituel Col. 1.9 Intelligence spirituelle
1 Cor. 10.4 Breuvage spirituel/rocher spirituel Col. 3.16 Cantiques spirituels
1 Cor. 12.1 Les dons spirituels 1 Pi. 2.5 Une maison spirituelle/des victimes spirituelles
1 Cor. 14.1 Dons spirituels

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Paul ne met pas le mot « don » dans le grec. Il veut que l’on recherche les choses spirituelles, même si dans
le contexte proche, il énumère les dons spirituels. Le verbe « aspirez » vient de « zeloo » (zhlow) et signifie
« jaloux, aspirer, envieux, zélé, avoir du zèle ». Paul, dans cette recherche des choses spirituelles, fait une com-
paraison entre le parler en langue et la prophétie en mettant l’accent sur la prophétie.

1) Définir le prophète/prophétie :
La prophétie. La prophétie est un « pneumatikos », une expérience de l’Esprit (1 Cor. 14.1) et un « charisme »
(karisma), c’est-à-dire un don gracieux (1 Cor. 12.4).

Le prophète de l’Ancien Testament. Le prophète de l’Ancien Testament était souvent seul. Il prophétisait contre
son gré des événements futurs, mais exhortait aussi le peuple à la repentance pour un avenir plus proche. Re-
marquons que les prophéties qui concernent l’avenir ne sont pas l’intention de l’homme (exemple de Caïphe
Jn. 11.51).

Définition et but de la prophétie du Nouveau Testament. Nous trouvons deux prophètes dans les Actes qui dé-
crivent leurs activités. Jude et Silas sont appelés « prophètes » et leur activité était d’exhorter et de fortifier par
plusieurs discours les chrétiens (Ac. 15.32). En 1 Corinthiens 14.3, celui qui prophétise s’adresse aux hommes,
afin de les édifier, de les exhorter et de les consoler. Le rôle du prophète était donc d’encourager les chrétiens
par les paroles qu’il prononçait. C’est ici l’unique but de la prophétie dans l’Église.

Qui prophétisait ? L’Église du premier siècle était caractérisée par le fait que « tous » pouvaient prophétiser
dans le but d’édifier l’Église (1 Cor. 14.31). Ce n’était donc pas réservé à une élite.

Qui étaient les prophètes néo-testamentaire ? Nous trouvons dans les Actes des prophètes qui sont descendus
de Jérusalem à Antioche (Ac. 11.27). L’Église d’Antioche avait des prophètes (Barnabas, Siméon appelé Ni-
ger, Lucius de Cyrène, Manahen et Saul). En Actes 15.32, Jude et Silas sont nommés prophètes. Il y a égale-
ment quatre filles qui prophétisaient dans la maison de Philippe (Ac. 21.9). Aussi la prophétie, contrairement
à l’enseignement, pouvait être accomplie par des femmes.

Le cas Agabus. Il semblerait que le prophète était également capable de prédire des évènements à venir. Dans
un premier temps, Agabus avertira qu’il y aura une grande famine sous l’empereur Claude (Ac. 11.28). Il
avertira également Paul qu’il sera livré entre les mains des païens (Ac. 21.10-11). Agabus est-il en train de pro-
phétiser ? Car dans les deux textes, il n’est pas écrit qu’il prophétisa, mais qu’il déclara ce que le Saint-Esprit
lui avait dit. Certainement que nous pouvons dire qu’Agabus prophétisait. Nous remarquons donc une caracté-
ristique supplémentaire du prophète : il recevait des messages directement de Dieu pour l’Église. Certainement
que Dieu agissait ainsi, tout simplement parce que la Bible n’existait pas encore dans son intégralité.

Rôle du prophète. Le prophète avait-il un rôle secondaire dans l’Église primitive (1 Cor. 12.28) ? Comme
l’apostolat n’est plus d’actualité, le prophète est placé en premier. S’agit-il du pasteur ? Non, car tous peuvent
prophétiser.

La prophétie est à distinguer de... Nous remarquons que la prophétie se distingue de la prière (1 Cor. 11.4-5).
Elle ne concerne non pas plus l’enseignement, puisque tous peuvent prophétiser (1 Thess. 5.20-21), contraire-
ment à ceux qui enseignent et dont le nombre doit être limité (Jq. 3.1). Paul distingue encore la prophétie de la
révélation, de la connaissance et de la doctrine ou des docteurs (1 Cor. 14.6 ; Ac. 13.1).

La prophétie cessera (1 Cor. 13.8). Nous avons vu dans la première partie que le parler en langues cessera au
moment de la venue du « parfait », c’est-à-dire le Canon biblique. Or, il est également précisé que la prophé-
tie sera abolie à la venue du « parfait ». Aussi, pour rester cohérents, nous devons comprendre que depuis la
formation du Canon biblique, la prophétie a cessé. Si nous sommes d’accord sur le fait que la prophétie selon
la définition de l’Ancien Testament a disparu à la venue de la Bible, qu’en est-il de la prophétie de 1 Corin-

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thiens 14 ? Il faut comprendre que ce don a également été aboli. Certainement qu’au travers de la prophétie et
de la connaissance, Dieu s’adressait à l’Église de cette manière parce que la Bible n’était pas encore le livre
de chevet des chrétiens. Même s’ils possédaient l’Ancien Testament, la révélation n’était pas complète. Au-
jourd’hui les chrétiens ne reçoivent plus de messages directs de Dieu, car ils possèdent tous Son message dans
la Bible.

2) Définir le parler en langues :


Définition. Paul emploie en 1 Corinthiens 14 le mot « glossa » (glwssa) qui signifie « la langue, un membre
du corps, l’organe de la parole ». Le Bailly définit ainsi : « langue, particule ; 1. langue des hommes et des
animaux ; 2. langue, organe de la parole ; 3. langue, langage, idiome ». Il s’agit donc d’une langue d’homme,
compréhensible par celui qui la connaît.

Liens entre « glossa » et « dialectos ». En Actes 2.4, il est écrit que tous les disciples furent remplis du
Saint-Esprit et se mirent à parler en langues (glossa), selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. Au verset 8,
les Juifs pieux s’étonnaient de ce qu’il entendaient les disciples parler dans leur propre langue (dialectos) à
chacun, c’est-à-dire dans leur langue maternelle. Au verset 11, les auditeurs s’exclament en disant : « comment
les entendons-nous parler dans nos langues (glossa) des merveilles de Dieu ? ». Luc emploie donc, pour dé-
crire le parler en langues, à la fois le mot « glossa » et le mot « dialectos ». Les deux mots expriment la même
activité. Les disciples qui parlèrent en langues lors de la Pentecôte parlaient en fait des langues existantes, des
dialectes connus par les Juifs pieux présents.

Luc et Paul parlent du même parler en langues. Sachant que 1 Corinthiens (56 ap. J.-C.) a été écrit avant les
Actes (60 ap. J.-C.), le parler en langues dont parlent Luc et Paul est le même. Le Saint-Esprit dans son inspi-
ration ne se contredit pas.

Usage du mot « glossa » dans le Nouveau Testament. Marc utilise le mot « glossa » pour parler de la langue en
tant qu’organe (Mc. 7.33, 35). En Marc 16.17, il parle des miracles qui accompagneront ceux qui auront cru :
ils parleront de nouvelles langues. Tous les exégètes n’acceptent pas que les versets 9 à 20 du chapitre 16 soient
inspirés, car absents de certains manuscrits. Il est difficile de bâtir une doctrine sur ces versets. Luc emploie le
mot « glossa » de la même manière (Lc. 1.64, 24).
En Romains, Paul emploie le mot « glossa » pour parler de l’organe (Rom. 3.13 ; 14.11). En Philippiens (2.11),
Jacques (1.26 ; 3.5, 6, 8) et Pierre (3.10), le mot « glossa » est employé pour désigner l’organe. Jean l’emploie
dans le même sens en 1 Jean 3.18, puis en Apocalypse pour parler de la langue des hommes (Apo. 5.9 ; 7.9 ;
10.11 ; 11.9 ; 13.7 ; 14.6 17.15), sauf en 16.10 où il parle de l’organe.
Aussi, le mot « glossa » désigne dans le Nouveau Testament soit l’organe de la langue, soit le langage des
hommes. Le mot n’exprime certainement pas une expérience surnaturelle ou une extase quelconque. Le don
de parler en langues était donc la faculté donnée par Dieu à certains chrétiens de parler des langues qui leur
étaient inconnues mais humaines.

La diversité des langues. En 1 Corinthiens 12.10, Paul parle de la diversité (genov) des langues, c’est-à-dire
de toutes sortes de langues. En 1 Corinthiens 12.28, il écrit « parler diverses langues » (le mot parler n’est pas
dans le grec). Il est intéressant qu’il parle ensuite de l’interprétation des langues.

Que fait l’interprète du parler en langues ? Le verbe « interpréter » vient du mot grec « hermeneia » (ermhnia)
qui signifie « interprétation, traduction ». Le Bailly traduit par « 1. Expression d’une pensée, d’où élocution,
faculté de s’exprimer ; 2. Interprétation d’une pensée, d’où éclaircissement, explication ». Celui donc qui inter-
prète est celui qui rend compréhensible ce qui a été dit lors du parler en langues. D’une certaine manière — et
à l’exemple des Juifs pieux lors de la Pentecôte — il traduit ce qui vient d’être dit.

Un parler en langues des anges ? Il est tentant de penser que le parler en langues était un parler en langues
mystérieux. En effet, Paul parle des langues des anges (1 Cor. 13.1). Mais, dans ce passage, il fait une hyper-

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bole pour rappeler aux Corinthiens que, quoi qu’ils fassent d’extraordinaire, si cela est fait sans amour cela ne
sert à rien. Rappelons au passage que Paul ne pouvait pas distribuer tous ses biens puisqu’il était pauvre et qu’il
n’est pas mort brûlé, mais décapité. Par conséquent, il est difficile de bâtir une doctrine biblique sur un seul
verset mal interprété. D’ailleurs, les anges s’exprimaient toujours dans la langue de celui à qui ils s’adressaient,
ceci afin d’être compris. C’est également ici l’idée de Paul de comparer le parler en langues et la prophétie, car
le premier est incompréhensible et le second est compréhensible.

Comparaison concernant la compréhension


........................................................................................
Verset 2 : En effet, celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu, car personne ne le comprend, et c’est
en esprit qu’il dit des mystères.
ὁ γὰρ λαλῶν γλώσσῃ οὐκ ἀνθρώποις
Le Car/en effet parlant en une langue ne pas les humains
λαλεῖ ἀλλὰ θεῷ, οὐδεὶς γὰρ ἀκούει, πνεύματι
il parle mais à Dieu, personne car il comprend, dans l’esprit
δὲ λαλεῖ μυστήρια·
cependant il parle des mystères.
........................................................................................
Verset 3 : Celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console.
ὁ δὲ προφητεύων ἀνθρώποις λαλεῖ οἰκοδομὴν
Le cependant prophétisant aux hommes il parle d’édification
καὶ παράκλησιν καὶ παραμυθίαν.
et d’exhortation et de réconfort
........................................................................................

1) Le parler en langues :
Celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu. En effet, comme toute personne qui prie, les
requêtes, les actions de grâce, les parlers en langues de l’époque étaient adressés à Dieu. Ces choses spirituelles
viennent de Dieu et retournent à Dieu. Lors de la Pentecôte, les disciples qui parlaient en langues comptaient
les merveilles de Dieu (Ac. 2.11). Si les Juifs pieux n’avaient pas été présents le jour de la Pentecôte, peut-être
que personne n’aurait compris ce que disaient les disciples.

Personne ne le comprend. Le verbe « comprendre » vient du mot grec « akouo » (akouw) qui signifie « en-
tendre, ayant appris, comprendre, informer... ». Est-ce que Paul veut dire seulement que personne n’entend
ce qu’il dit à Dieu, c’est-à-dire dans le sens du message ? Certainement qu’il est préférable de comprendre
que personne ne le comprend ou ne l’écoute. Si un Russe priait en France le dimanche matin, personne ne le
comprendrait : il parlerait de mystère pour nous français. Pareillement les Corinthiens parlaient le grec. En
entendant le parler en langues, ils ne comprenaient pas ce qui était dit : c’était un mystère pour eux. C’est
pourquoi Paul préconise à plusieurs reprises l’interprétation, ceci afin de comprendre/entendre la signification
du parler en langues.

C’est en esprit qu’il dit des mystères. Que voulait dire Paul ? Est-ce en « Esprit » ou en « esprit » que celui
qui parle en langues dit des mystères ? Certains pensent qu’il s’agit du Saint-Esprit qui inspire les paroles
humaines.5 Mais qu’il dise des mystères par le Saint-Esprit ou par son esprit, il dit toujours des mystères pour
celui qui l’écoute. Ajoutons qu’au verset 14, Paul dit que son esprit est en prière. L’esprit dont parle Paul est
certainement l’esprit de l’homme et non le Saint-Esprit, qui évidemment participe à tout cela.

5. Sommerville Robert, La première épître de Paul aux Corinthiens (tome 2), Vaux-Sur-Seine, EDIFAC, 2005, p. 154.

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Celui qui parle en langues dit des mystères. Est-ce que ces mystères se référeraient aux mystères païens (car
au pluriel ici) qui consistaient en des rites démoniaques révélés aux initiés des religions occultes ? Mais Paul
emploie le mot « mystères » dans d’autres passages (1 Cor. 4.1 ; 15.51 ; Eph. 1.9 ; etc.).
Parler une langue inconnue, c’est évidemment dire des mystères pour celui qui écoute et qui ne comprend
pas. Celui qui parle en langues n’est pas compris et donc tout ce qu’il peut dire devient mystérieux pour ses
auditeurs.
Il semblerait que celui qui parlait en langues le faisait à voix haute, autrement pourquoi Paul précise que per-
sonne ne le comprend ? Nul ne cherche à comprendre quelqu’un qui ne dit rien ou qui parle dans son coeur.

Résumé du parler en langues selon Paul dans le contexte proche. Nous observons que celui qui parle en lan-
gues s’édifie lui-même (v. 4) lorsqu’il prie en langues (v. 14), qu’il est moins grand que celui qui prophétise
(v. 5b) sauf s’il y a une interprétation (v. 5) pour édifier l’église, qu’il est inutile (v. 6) parce qu’incompréhen-
sible (v. 7-9), qu’il parle en l’air (v. 9) et qu’il doit prier pour avoir l’interprétation (v. 13) afin d’édifier l’église
ou les croyants (v. 5, 17).
Paul rappelle également dans ce chapitre 14 que les langues sont un signe pour les non-croyants (v. 22), que
si tous parlent en langues, ils seront considérés comme fous (v. 23), que la manifestation de la langue était
donnée lors de l’assemblée pour édifier l’église (v. 26), que son exercice était limité à deux ou trois personnes
et cela chacun son tour (v. 28) et que s’il n’y avait pas d’interprète, il fallait que celui qui parle en langues se
taise (v. 28).

Comparaison des objectifs


Paul veut montrer ensuite les objectifs des deux dons. Celui qui parle en langues n’édifie que sa propre per-
sonne. L’Église ne profite pas de ce qu’il apporte.
........................................................................................
Verset 4 : Celui qui parle en langue s’édifie lui-même ; celui qui prophétise édifie l’Église.
ὁ λαλῶν γλώσσῃ ἑαυτὸν οἰκοδομεῖ·
Le parlant en une langue (1) lui-même il édifie ;
ὁ δὲ προφητεύων ἐκκλησίαν οἰκοδομεῖ.
Le cependant prophétisant l’assemblée il édifie.
(1) remarque : « glossa » est au singulier
........................................................................................

1) Celui qui parler en langues s’édifie lui-même :


Édifier. Le verbe « oikodomeo » (oikodomew) signifie « bâtir, rebâtir, édifier, porter ». Ce même verbe a été
employé par la LXX pour le bâtissement d’Ève à partir de la côte d’Adam (Gen. 2.22). L’hébreu traduit par
« banah » (anb). Ce verbe est généralement employé dans le sens de bâtir une maison.

Pourquoi celui qui parle en langues s’édifie-t-il lui-même ? Comprenons que Paul fait un contraste entre l’édi-
fication personnelle et l’édification commune. C’est le seul usage où le mot a pour complément soi-même. Cela
ne signifie pas obligatoirement que le parler en langues édifie comme la prophétie édifiée l’église. Éventuel-
lement, parler en langues édifie par le fait que Dieu fait des choses extraordinaires avec un homme ordinaire.
Rappelons que tous les dons spirituels sont pour l’utilité commune. Paul ne se contredit donc pas ici en affir-
mant que le parler en langues n’est utile qu’à soi-même : « Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée
pour l’utilité commune. » (1 Cor. 12.7).

Paul fait-il de l’ironie ? Pour certains, il semblerait que cette affirmation de Paul est une simple ironie. En ef-
fet, Paul déclare tout au long du chapitre la supériorité de la prophétie sur le parler en langues à cause de son
principal objectif qui est l’édification de l’Église.

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2) Celui qui prophétise édifie l’Église :
Paul est affirmatif lorsqu’il déclare que celui qui prophétise édifie l’église. Le but du don est de servir la com-
munauté (1 Cor. 12.7) : cela contraste avec le parler en langues. Le parler en langues qui n’est pas compris ne
sert à rien, et n’édifie personne, sinon soi-même.

Comparaison de valeur
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Verset 5 : Je désire que vous parliez tous en langues, mais encore plus que vous prophétisiez. Celui qui prophétise est plus
grand que celui qui parle en langues, à moins que ce dernier n’interprète, pour que l’Église en reçoive de l’édification.
θέλω δὲ πάντας ὑμᾶς λαλεῖν γλώσσαις,
Je veux cependant tous vous parler en des langues,
μᾶλλον δὲ ἵνα προφητεύητε· μείζων δὲ
surtout cependant que vous prophétisiez  ; plus grand cependant
ὁ προφητεύων ἢ ὁ λαλῶν γλώσσαις, ἐκτὸς εἰ μὴ
le prophétisant que le parlant en langues, à moins que ne

διερμηνεύῃ, ἵνα ἡ ἐκκλησία οἰκοδομὴν λάβῃ.


il interprète, que l’assemblée édification reçoive.
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Je désire que vous parliez tous en langues. Est-ce un ordre de Paul à l’égard des Corinthiens ? Si l’on est
attentif, on observera que Paul dit également qu’il voudrait que tous soient comme lui concernant le célibat
(1 Cor. 7.7). Cela ne signifie pas que tous devront être célibataires. Pareillement, Paul n’exhorte pas tous les
Corinthiens à parler en langues. Il rappelle d’ailleurs que tous n’ont pas le même don spirituel (1 Cor. 12.20s).

Infériorité du parler en langues. Paul continue sa comparaison entre le parler en langues et la prophétie. Même
s’il désire que tous parlent en langues, il dit néanmoins que la prophétie est supérieure au parler en langues.
Le parler en langue est utile seulement s’il reçoit une interprétation. En cela, celui qui écoute pourra com-
prendre ce qui a été dit, et de surcroît, édifiera l’Église. On ne peut s’édifier qu’avec des paroles compréhen-
sibles. Ici encore, l’objectif de tous les dons, nous rappelle Paul, c’est l’édification de l’Église.
En Actes, lors de la Pentecôte, les premiers interprètes étaient les Juifs pieux venus à Jérusalem. Ils compre-
naient le parler en langues, puisqu’ils disaient que les disciples parlaient des « merveilles de Dieu » chacun
dans leur langue (dialecte). Si les disciples avaient parlé dans des langues incompréhensibles, les juifs pieux
présents à ce moment-là n’auraient rien compris. Aucun intérêt !

Supériorité de la prophétie. Celui qui prophétise, nous dit Paul, est plus grand que celui qui parle en langues.
L’adjectif employé est « meizon » (meizon) qui signifie « plus grand, l’aîné, plus excellent, supérieur ». La
supériorité de la prophétie vient de ses caractéristiques et de ses priorités. Elle est comprise par les auditeurs et
permet leur édification. Non seulement elle édifie, mais elle exhorte et console les chrétiens. Paul rappelle plus
loin que c’est un signe pour les croyants : « Par conséquent, les langues sont un signe, non pour les croyants,
mais pour les non- croyants ; la prophétie, au contraire, est un signe, non pour les non-croyants, mais pour les
croyants. » (1 Cor. 14.22)

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Comparaison d’utilité
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Verset 6 : Et maintenant, frères, de quelle utilité vous saurais-je, si je venais à vous parlant en langues, et si je ne vous
parlais pas par révélation, ou par connaissance, ou par prophétie, ou par doctrine ?
Νῦν δέ, ἀδελφοί, ἐὰν ἔλθω πρὸς ὑμᾶς
Maintenant cependant, frères, si je viens vers vous
γλώσσαις λαλῶν, τί ὑμᾶς ὠφελήσω, ἐὰν μὴ
en des langues parlant, en quoi vous serai-je utile, si ne pas
ὑμῖν λαλήσω ἢ ἐν ἀποκαλύψει ἢ ἐν γνώσει
à vous je parle ou par révélation ou par connaissance
ἢ ἐν προφητείᾳ ἢ ἐν διδαχῇ;
ou par prophétie ou par enseignement ?
........................................................................................

Utilité du parler en langue. Paul compare à présent l’utilité des deux dons. Il se met en scène, imaginant venir
vers les Corinthiens en parlant en langues. Il finit par s’interroger sur l’utilité d’une telle action. Les Corin-
thiens ne comprendraient pas ce qu’il dit, et finalement, demanderont à Paul de se taire. Pareillement, si le
message du culte le dimanche matin est en allemand, alors que vous ne parlez que le français, à quoi cela vous
servirait-il de l’écouter ? Vous ne pourrez pas vous nourrir de la Parole de Dieu, car elle serait alors incompré-
hensible pour vous.
Par conséquent, le parler en langues n’est pas utile s’il n’est pas interprété, tout simplement parce qu’il n’est
pas compris. Paul dit que, s’il est interprété, alors il devient utile. C’est la compréhension du message transmis
qui conduit à son utilité.

Utilité de la prophétie. Paul affirme que la prophétie est utile. Le mot grec « opheleo » (wfelew) signifie
« utile, assister, servir, gagner, éprouver du soulagement, assister, avantageux, profiter ». La prophétie devient
utile aux chrétiens, parce qu’elle est compréhensible. D’une certaine manière Paul nous rappelle que quoi
que nous fassions dans l’Église, cela doit avoir un but et une utilité. Si le pasteur prêchait dans sa cuisine le
dimanche matin, cela n’est pas utile pour l’église !
Pareillement, la révélation (apokaluqiv), la connaissance (gnwsiv) et la doctrine/enseignement (didach)
permettent l’édification du chrétien. Aussi Paul met l’accent sur ce qui est utile aux chrétiens.

En résumé. Faisons à présent le point sur la première section de 1 Corinthiens 14. Paul vient de faire plusieurs
comparaisons :
→ La prophétie est compréhensible, pas le parler en langues (sauf interprétation) ;
→ La prophétie édifie l’Église, le parler en langues édifie seulement une personne ;
→ La prophétie est plus grande que le parler en langues ;
→ La prophétie est utile à l’Église, pas le parler en langues.
Paul exhorte donc les chrétiens de Corinthe à prophétiser plutôt qu’à parler en langues. Le vrai problème que
soulève Paul, c’est le but et l’utilité du don. Tout doit être fait pour que les auditeurs comprennent le message
de la Parole de Dieu. Sinon, à quoi bon parler si l’autre ne comprend pas. La foi vient de ce que l’on entend,
de ce que l’on comprend, et ce que l’on entend vient de la parole de Christ (Rom. 10.17).
Remarquons encore une chose. Paul est en train de distinguer le parler en langues de la prophétie. Aussi, il ne
peut pas exister de prophétie en langues comme certains parfois le suggèrent. Les deux dons sont distincts.

42
ANALOGIES
(Versets 7-12)
_______________________________________________________________________________________

Analogie avec les instruments de musique


Paul poursuit son développement en faisant à présent deux analogies : celle des instruments de musiques et des
divers langages. Après avoir argumenté en faveur de la nécessité de la compréhension de ce qui est dit, Paul
poursuit avec une première analogie afin de comparer ce qui est distinct et ce qui est non-distinct.
........................................................................................
Verset 7 : Si les objets inanimés qui rendent un son, comme une flûte ou une harpe, ne rendent pas des sons distincts,
comment reconnaîtra-t-on ce qui est joué sur la flûte ou sur la harpe ?
ὅμως τὰ ἄψυχα φωνὴν διδόντα, εἴτε
Pareillement des instruments inanimés un son donnant, soit
αὐλὸς εἴτε κιθάρα, ἐὰν διαστολὴν τοῖς φθόγγοις
flûte soit cithare, si différence aux notes
μὴ δῷ, πῶς γνωσθήσεται τὸ αὐλούμενον
ne pas donnent, comment sera connu ce étant joué sur la flûte
ἢ τὸ κιθαριζόμενον;
ou bien ce étant joué sur la cithare ?
........................................................................................
Verset 8 : Et si la trompette rend un son confus, qui se préparera au combat ?
καὶ γὰρ ἐὰν ἄδηλον σάλπιγξ φωνὴν δῷ, τίς παρασκευάσεται
Et car si un confus la trompette son donne, qui se préparera
εἰς πόλεμον;
au combat ?
Verset 9 : De même vous, si par la langue vous ne donnez pas une parole distincte, comment saura-t-on ce que vous dites ?
Car vous parlerez en l’air.
οὕτως καὶ ὑμεῖς διὰ τῆς γλώσσης ἐὰν μὴ sεὔσημον
Ainsi et vous à travers (gén) la langue si ne pas intelligible
λόγον δῶτε, πῶς γνωσθήσεται τὸ λαλούμενον;
parole vous donnez, comment sera connu l’étant parlé ?
ἔσεσθε γὰρ εἰς ἀέρα λαλοῦντες.
vous serez
car en l’air parlant.
........................................................................................

Les sons distincts et les sons indistincts. Les choses inanimées sont des instruments de musique qui peuvent
émettre un son (fwnh). Paul fait comprendre aux Corinthiens que chaque instrument a son propre son, ce qui
permet de les distinguer et donc de les identifier. Le mot grec « diastole » (diastolh) signifie « bien marqué,
clair et défini, distinct ». Mais si les instruments ne rendent pas des sons (fyoggov) distincts, il est impossible
de reconnaître une flûte d’une harpe. D’ailleurs, il poursuit en rappelant que personne ne partirait au combat
s’il ne reconnaissaient pas le son de la trompette !

43
Analogie avec le parler en langues et la prophétie. Les sons distincts ressemblent à la prophétie, tout simple-
ment parce qu’elle est compréhensible, avec un message distinct et utile. Les sons indistincts concernent le
parler en langues. Il émet des sons indistincts et incompréhensibles pour l’auditoire ; en ce sens ils sont donc
inutiles. C’est comme parler en l’air et perdre son temps !

Analogie avec les langages


........................................................................................
Verset 10 : Quelque nombreuses que puissent être dans le monde les diverses langues, il n’en est aucune qui ne soit une
langue intelligible ;
τοσαῦτα εἰ τύχοι γένη φωνῶν εἰσιν ἐν κόσμῳ, καὶ
Combien si il se trouverait des sortes de langage sont dans le monde, et
οὐδὲν ἄφωνον·
aucun sans langage ?
........................................................................................
Verset 11 : si donc je ne connais pas le sens de la langue, je serai un barbare pour celui qui parle, et celui qui parle sera
un barbare pour moi.
ἐὰν οὖν μὴ εἰδῶ τὴν δύναμιν τῆς φωνῆς, ἔσομαι τῷ λαλοῦντι
si donc ne pas je sais la valeur du langage, je serai pour le parlant
βάρβαρος καὶ ὁ λαλῶν ἐν ἐμοὶ βάρβαρος.
un barbare et le parlant pour moi un barbare.
........................................................................................

1) Tous les langages de la terre ont une signification :


Premièrement, voyons les mots concernant la « langue » que Paul emploie. En 1 Corinthiens 14, Paul emploie
quatre mots différents pour parler des langues :
a) « glossa » (glwssa) [1100] signifie « la langue, un membre du corps, l’organe de la parole » (voir 1 Cor. 14.2,
4, 5, 6, 9, 13, 14, 18, 19, 22, 23, 26, 27, 39) ;
b) « phoné » (fwnh) [5456] signifie « voix, cri, bruit, parole, son, langue » (voir 1 Cor. 14.10 et 11)  ;
c) « a-phoné » (a-fwnov) [880] signifie « muet, langue non intelligible » (voir 1 Cor. 14.10 ; Ac. 8.32 ; 1 Cor.
12.2 ; 2 Pi. 2.16) ;
d) « heteroglossos » (eteroglwssov) [2084] signifie « autre langue, celui qui parle un langage étranger »
(voir 1 Cor. 14.21).
Nous remarquons que jusqu’au verset 9, Paul a employé le mot « glossa » pour désigner les langues. Seule-
ment, aux versets 10 et 11, il emploie le mot « phoné ». Certainement qu’il fait le lien avec les versets précé-
dents ou le mot « phoné » est traduit par « son » (v. 7 et 8). Il faut donc mettre en relation les deux analogies.
Paul rappelle qu’il existe une multitude de langage et de sons (« phoné »). Mais, quelle que soit la langue,
elle est et reste compréhensible et intelligible. Aussi, si toutes les langues sont compréhensibles, le parler en
langues se doit également d’être compréhensible. Il est donc obligatoirement un langage connu des hommes et
non un parler en langues des anges ou une quelconque langue extatique.

2) Ne pas connaître le sens de la langue équivaut à être un barbare :


Le sens du mot grec « dunamis » (dunamiv) est « puissance, miracles, capacité, force, pouvoir, sens, moyens,
puissamment, capable ». On pourrait parler ici de la « valeur » du langage. Si je ne connais pas le sens du lan-
gage, je suis un barbare pour celui qui me parle et réciproquement.
Le barbare (barbarov) est celui dont le parler est rude, grossier, celui qui parle une langue étrangère ou in-
comprise par un autre. Tous ceux qui ne parlaient pas le grec étaient considérés comme des barbares.
Aussi Paul veut faire comprendre aux Corinthiens que cela ne sert à rien de parler dans un langage qui n’est pas

44
compréhensible par ceux qui écoutent. Comme pour l’analogie des instruments, un son indistinct ne permet
pas de connaître le sens de ce qui est dit. Parler en langues, sans interprétation, c’est comme si un Allemand
s’adressait à un chinois et tentait de tenir une conversation... Celui qui parle en langues, sans interprétation, est
donc un barbare pour celui qui l’écoute, un étranger incompréhensible. Une église de « barbares », où nul ne
se comprend, ne permet pas son édification.

Conclusion > Aspirez aux « pneumatikos »


........................................................................................
Verset 12 : De même vous, puisque vous aspirez aux dons spirituels, que ce soit pour l’édification de l’Église que vous
cherchiez à en posséder abondamment.
οὕτως καὶ ὑμεῖς, ἐπεὶ ζηλωταί ἐστε πνευμάτων, πρὸς
Ainsi et vous, puisque zélés vous êtes aux (choses) spirituels pour
τὴν οἰκοδομὴν τῆς ἐκκλησίας ζητεῖτε ἵνα περισσεύητε.
l’édification de l’assemblée cherchez que abondiez.
........................................................................................

Aspirez aux choses spirituelles. Après avoir fait quatre comparaisons et deux analogies, Paul reprend la recom-
mandation qu’il avait faite au verset 1 : « Aspirez aux choses spirituelles ». Il ne dit pas « surtout à celui de
prophétie », mais le sous-entend par son développement des versets 1 à 11. Ce qu’il met surtout en avant, c’est
l’édification de l’Église. Voilà ce Paul désire avant tout : des gens qui peuvent recevoir la Parole de Dieu parce
qu’ils l’ont comprise. C’est pourquoi la prophétie s’accorde mieux avec l’édification.

Objectif des choses spirituelles. Comme Paul le dit, l’objectif des choses spirituelles, c’est l’édification de
l’église uniquement. Vouloir vivre des choses spirituelles ne signifie pas étaler ses capacités et son orgueil
personnel. C’est uniquement dans le but de servir ses frères et sœurs, et ainsi bâtir l’Église de Jésus-Christ.

Résumé des caractéristiques du parler en langues et de la prophétie


Voici un petit résumé simplifié des comparaisons et des analogies que Paul fait entre le parler en langues et la
prophétie. Édifiant !

PARLER EN LANGUES LA PROPHÉTIE

Parle à Dieu → Parle à l’homme

N’est pas compréhensible → Est compréhensible

Mystère → Pas un mystère

Édifie soi-même → Édifie l’Église


Moins grand que la prophétie (sans inter-
→ Plus grand que le parler en langues
prétation)
Inutile à l’Église (sauf si interprétation) → Utile à l’Église

Son confus, indistinct = incompréhensible → Son clair, distinct = compréhensible

Barbare, sans signification → Non barbare, car une signification

45
LA NÉCESSITÉ DE L’INTERPRÉTATION
(Versets 13-19)

____________________________________________________________________
Paul attaque à présent un autre domaine concernant le parler en langues. Après avoir démontré la supériorité
de la prophétie sur le parler en langues à cause de sa compréhension, il aborde maintenant la nécessité de son
interprétation. Sans quoi, comme il l’a démontré dans les versets précédents, parler en langues ne sert pas à
l’édification de l’Église.
........................................................................................
Verset 13 : C’est pourquoi, que celui qui parle en langue prie pour avoir le don d’interpréter.
διὸ ὁ λαλῶν γλώσσῃ προσευχέσθω ἵνα
διερμηνεύῃ.
C’est pourquoi le parlant en une langue qu’il prie que il interprète.
........................................................................................
Verset 14 : Car si je prie en langue, mon esprit est en prière, mais mon intelligence demeure stérile.
ἐὰν [γὰρ] προσεύχωμαι γλώσσῃ, τὸ πνεῦμά μου προσεύχεται,
Si car je prie en une langue, l’esprit de moi il prie,
ὁ δὲ νοῦς μου ἄκαρπός ἐστιν.
l’ mais intelligence de moi stérile/sans produire de fruit il est.
........................................................................................
Verset 15 : Que faire donc ? Je prierai par l’esprit, mais je prierai aussi avec l’intelligence  ; je chanterai par l’esprit,
mais je chanterai aussi avec l’intelligence.
τί οὖν ἐστιν; προσεύξομαι τῷ πνεύματι, προσεύξομαι δὲ καὶ
Quoi donc il est ? Je prierai par l’esprit, je prierai cependant et
τῷ νοΐ· ψαλῶ τῷ πνεύματι, ψαλῶ
par l’intelligence ; je dirai un psaume par l’esprit, je dirai un psaume
δὲ καὶ τῷ νοΐ.
cependant et par l’intelligence.
........................................................................................
Verset 16 : Autrement, si tu rends grâces par l’esprit, comment celui qui est dans les rangs de l’homme du peuple répon-
dra-t-il Amen ! à ton action de grâces, puisqu’il ne sait pas ce que tu dis ?
ἐπεὶ ἐὰν εὐλογῇς ἐν πνεύματι,
Quand si tu invoques une bénédiction (loues) dans l’[E] esprit,
ὁ ἀναπληρῶν τὸν τόπον τοῦ ἰδιώτου πῶς ἐρεῖ τὸ Ἀμήν
l’occupant la place de non-initié comment dira-t-il l’amen
ἐπὶ τῇ σῇ εὐχαριστίᾳ, ἐπειδὴ τί λέγεις οὐκ οἶδεν;
à la tienne action de grâce, puisque ce que tu dis ne pas il sait ?
........................................................................................
Verset 17 : Tu rends, il est vrai, d’excellentes actions de grâces, mais l’autre n’est pas édifié.
σὺ μὲν γὰρ καλῶς εὐχαριστεῖς, ἀλλ’ ὁ ἕτερος
Toi certainement car bien tu fais une action de grâce, mais l’autre
οὐκ οἰκοδομεῖται.
ne pas est édifié.

46
Cas pratiques dans l’Église
Le parler en langues est indissociable de l’interprétation. Cette petite transition « C’est pourquoi » fait le lien
avec tout ce qui vient d’avoir été dit et développé par Paul concernant l’édification de l’Église. Si l’on ne veut
pas être « mystérieux », « inutile » ou « un barbare », il faut l’interprétation. Cette dernière permettra de com-
prendre le parler en langues, donc d’être utile pour édifier l’église.

Celui qui parle en langues doit prier pour pouvoir obtenir le don d’interpréter. Une première condition à
l’exercice du parler en langues : comprendre ce qu’il dit. Voilà pourquoi Paul désire que celui qui parle en
langues reçoive également la capacité d’interpréter ce qu’il dit.

Réglons quelques problèmes


Paul parle-t-il d’un cas concret dans l’exemple qu’il donne au verset 14 ? On pourrait penser que Paul parle ici
d’une supposition à cause du « si » qui est employé. Il ne déclare pas ici qu’il prie en langues personnellement
ou que d’autres le fassent : il emploie un exemple.
En cherchant dans le reste du chapitre 14, Paul utilise la conjonction « si » à plusieurs reprises dans un sens
hypothétique (v. 6, 7, 8, 9, 11). Seulement, le verset 13 rappelle qu’il s’agit d’un cas concret à cause de la
demande d’interprétation. Pareillement, le verset 16 démontre que le parler en langues est audible, puisqu’il
attend l’approbation de l’assemblée (« Amen ! »). Paul est effectivement en train de parler d’un cas concret de
la pratique du parler en langues.

De quelle intelligence Paul est-il en train de nous parler ? Le mot que Paul emploie est « nous » (nouv) qui
signifie « esprit, entendement, pensée, intelligence, bon ». L’intelligence dont parle Paul est la compréhension
que les autres ont de moi6, c’est-à-dire la faculté d’être compris par autrui lorsque je prie. Il ne s’agit pas de sa
propre intelligence ou de sa maîtrise. Au verset 19, Paul parle avec son intelligence (litt. l’intelligence de moi).
Toujours au verset 19, le même mot « nous » est employé par Paul pour dire qu’il préfère dire cinq paroles avec
son intelligence afin d’instruire l’église. S’il s’agissait de remplacer « intelligence » par « maîtrise de soi », le
sens ne conviendrait pas dans ce verset : Paul dirait alors qu’il préfère dire cinq paroles en se contrôlant pour
instruire l’Église. Ce sens ne convient pas.

L’intelligence demeure stérile. Le mot « stérile » vient du mot grec « akarpos » (a-karpov) et signifie « in-
fructueux, stérile, sans produire de fruit ». Aussi, si je prie sans intelligence, c’est-à-dire sans me faire com-
prendre (intelligence stérile), personne ne peut dire « amen » à ma prière, puisqu’elle n’est pas comprise. La
prière en langues, sans interprétation, ne porte pas de fruit, tout simplement parce qu’elle n’est pas comprise.

Demeurer compréhensible des autres. Cette interprétation poursuit le développement de Paul qui désire que
celui qui parle en langues soit compris. Aussi, il donne un nouvel exemple : lorsque je prie ou lorsque je chante,
mon esprit et ce qu’il communique doit rester compréhensible des autres. C’est pourquoi l’interprétation est
nécessaire pour édifier celui qui écoute (v. 17).
On pourrait ainsi résumer : « quand je prie en langues, je ne suis pas compris. Alors que faire ? Lorsque je prie
ou chante habituellement, je suis toujours compris. Autrement, mon action de grâce (c’est-à-dire ma prière et
mon chant) ne serait pas comprise (l’action de grâce du verset 16 ne concerne que la prière et le chant du ver-
set 15). En somme, prier et chanter sans être compris ne peut pas être approuvé par les auditeurs. C’est pareil
pour celui qui parle en langues. Si je veux être approuvé, il faut être compréhensible ».

Est-ce que l’on pouvait « chanter » en langues ? Paul est-il en train de dire que l’on pouvait prier en langues,
chanter en langues ou rendre des actions de grâce en langues ?
L’apôtre prend deux cas : prier et chanter par l’esprit. Le verbe « prier » est le verbe grecque habituel « proseu-

6. MacDONALD William, Le commentaire du disciple de toute la Bible, Suisse, Société Biblique de Genève, 1995, p. 1855

47
chomai » (proseucomai) qui signifier « prier, faire des prières ». Le verbe « chanter » est « psallo » (qallw)
qui signifie littéralement « pincer la corde de l’instrument, de chanter en s’accompagnant » et plus générale-
ment « chanter, célébrer, chanter des cantiques ». C’est chanter un hymne ou célébrer par un chant les louanges
de Dieu. Mais, les Corinthiens chantaient-ils en langues ?
Si l’on considère que les versets 15 et 16 sont distincts du verset 14, puisqu’ils forment une sorte d’allégorie,
l’action de grâce formulée par la prière et le chant sont ordinaires et ne concernent pas la prière en langues du
verset 14.
Ajoutons encore qu’au verset 14, Paul précise « prier en langues » : il ne le fait jamais en relation avec le chant.
De plus, au verset 15, il dit « Je prierai par l’esprit » : pourquoi ne précise-t-il pas « Je prierai en langues par
l’esprit »  ? Souvenons-nous que chaque fois qu’il y a eu une manifestation du parler en langues dans les Actes,
il n’est jamais dit qu’ils chantaient, mais parlaient en langues.

Faut-il traduire « esprit » par « Saint-Esprit » au verset 15 ? Au verset 14 Paul dit « mon esprit » (to pneuma
mou). Il semblerait qu’il s’agit plutôt de l’esprit de celui qui prie et non du Saint-Esprit. Pourtant, certains
pensent qu’il faudrait traduire au verset 15 et 16 « pneuma » par Saint-Esprit, ce qui n’est pas totalement faux
dans le sens où l’on prie avec l’aide du Saint-Esprit (Rom. 8.26). D’autres estiment que la liaison entre les
versets 14 et 15 ne permet pas de changer d’un seul coup la traduction du mot « esprit ». De plus, au verset 32,
les esprits (« pneuma ») des prophètes restent soumis aux prophètes. Ajoutons encore que si l’action de grâce
est faite par le Saint-Esprit, comment peut-elle être stérile au point de ne pas pouvoir dire « amen » ? La stérilité
n’est pas une caractéristique du Saint-Esprit ! Il est donc préférable de traduire avec un « e » minuscule et de
l’identifié à l’esprit de l’homme.

Le parler en langues : un moment d’extase ? Ajoutons que la pratique du parler en langues n’est pas un état
d’extase ou de transe. Paul nous a montré qu’il fallait rester intelligible. Pour cela, il faut maîtriser ce que nous
disons. Un état de transe ou d’extase ne permet pas un tel contrôle. D’ailleurs, il est précisé plus loin au verset
33 que Dieu est un Dieu d’ordre.

Exemple de Paul
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Verset 18 : Je rends grâces à Dieu de ce que je parle en langue plus que vous tous ;
εὐχαριστῶ τῷ θεῷ, πάντων ὑμῶν μᾶλλον γλώσσαις λαλῶ·
Je rends grâce à Dieu, tous vous plus que des langues je parle ;
........................................................................................
Verset 19 : mais, dans l’Église, j’aime mieux dire cinq paroles avec mon intelligence, afin d’instruire aussi les autres, que
dix mille paroles en langue.
ἀλλὰ ἐν ἐκκλησίᾳ θέλω πέντε λόγους τῷ νοΐ μου
mais dans l’assemblée je veux cinq paroles par l’intelligence de moi
λαλῆσαι, ἵνα καὶ ἄλλους κατηχήσω, ἢ μυρίους
dire, afin que les autres j’instruise, plutôt que dix mille
λόγους ἐν γλώσσῃ.
paroles en une langue.
........................................................................................

Paul parle plus que tous en langues. Paul ne dévalue pas la valeur du parler en langues. D’ailleurs, il semble-
rait qu’il parle en langues plus que tous les Corinthiens. Mais Paul met l’accent sur la prophétie, c’est-à-dire
sur le fait d’être compris par son auditoire. Son but est l’édification de l’Église, pas son expérience personnelle.

De quelles langues Paul parle-t-il ? Paul est-il en train de dire au Corinthiens qu’il parle plus de langues qu’eux

48
(polyglotte) ou qu’il parle plus en langues qu’eux ? Il emploie le mot « glossa » comme lorsqu’il parle du parler
en langues. Aussi, il semblerait, car il est difficile d’être affirmatif, qu’il avait ce don comme les Corinthiens.
Connaissant la culture de Paul, il devait certainement connaître plusieurs langues. Mais dans le contexte, il
semblerait plus convenir que Paul parlait plus en langues, c’est-à-dire qu’il avait ce don spirituel. De toute
façon, cela ne change rien, car quelque soit la solution, les langues du parler en langues restent des langues
d’hommes. La seule différence, c’est que Dieu donnait par l’Esprit cette capacité de parler une langue non
apprise.

Parler avec intelligence pour édifier l’Église. Si Paul parle aussi en langues, il préfère dire cinq paroles avec
son intelligence dans l’Église, c’est-à-dire cinq paroles compréhensibles, plutôt que dix mille parler en lan-
gues. Paul avait compris que le fait d’être compréhensible permettait d’instruire l’assemblée. L’idée du verbe
« instruire » (katecew) est « d’être instruit, avoir appris, enseigner ».

Mais dans l’église ? Est-ce que Paul sous-entend que l’on puisse parler en langues en dehors de l’église ? Il
affirme parler en langues plus que tous, mais dans l’église, il préfère instruire. Certains pensent qu’il s’édifiait
lui-même hors de l’église en parlant en langues.
Seulement, à quoi bon parler en langues sans comprendre ce que l’on dit  ? D’ailleurs Paul lui-même rappelle
que tout don spirituel est pour l’utilité commune (1 Cor. 12.7). Peut-être veut-il dire qu’il n’utilise pas son don
des langues dans l’église, c’est-à-dire durant le culte, tout simplement parce qu’il préfère instruire les chrétiens
durant ce temps qu’il juge précieux vu l’accent qu’il met sur la prophétie.

49
ORIGINE ET OBJECTIF
DU PARLER EN LANGUES
(Versets 20-22)
_______________________________________________________________________________________

Appel à la maturité dans le jugement de l’exercice des dons spirituels


........................................................................................
Verset 20 : Frères, ne soyez pas des enfants sous le rapport du jugement ; mais pour la malice, soyez enfants, et, à l’égard
du jugement, soyez des hommes faits.
Ἀδελφοί, μὴ παιδία γίνεσθε ταῖς φρεσίν,
Frères, ne pas des enfants soyez pour la faculté de jugement,
ἀλλὰ τῇ κακίᾳ νηπιάζετε, ταῖς δὲ
mais pour la malice soyez des petits enfants, pour les mais
φρεσὶν τέλειοι γίνεσθε.
faculté de jugement adultes (voir 13.10) soyez.
........................................................................................

Paul en s’adressant aux Corinthiens les nomme frères. Il désire ainsi les ramener à une dignité chrétienne. Il
reproche aux Corinthiens d’agir comme des enfants concernant l’usage des dons spirituels. L’extraordinaire et
le clinquant attirent davantage les enfants. C’est pourquoi les Corinthiens, par manque de maturité, préféraient
parler en langues plutôt que de prophétiser.
Paul les exhorte donc à devenir des enfants vis-à-vis de la malice (kakia), c’est-à-dire de la méchanceté. Il
désire qu’ils grandissent spirituellement et qu’ils accordent davantage de place à l’instruction. Aujourd’hui
encore, le surnaturel prend la place de la doctrine.

La prophétie d’Esaïe
........................................................................................
Verset 21 : Il est écrit dans la loi : C’est par des hommes d’une autre langue Et par des lèvres d’étrangers Que je parlerai
à ce peuple, Et ils ne m’écouteront pas même ainsi, dit le Seigneur.
ἐν τῷ νόμῳ γέγραπται ὅτι Ἐν ἑτερογλώσσοις καὶ ἐν
Dans la loi il est écrit : Par les parlants une autre langue et par
είλεσιν ἑτέρων λαλήσω τῷ λαῷ τούτῳ,
des lèvres autres (étrangères) je parlerai au peuple celui-ci,
καὶ οὐδ’ οὕτως εἰσακούσονταί μου, λέγει κύριος.
et ne pas ainsi ils écouteront moi, dit le Seigneur.
........................................................................................

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Paul poursuit son argumentation en citant une prophétie d’Esaïe 28.11. Pourquoi un tel passage se trouve en
plein milieu de la gestion du parlant en langues et de la prophétie ?
Paul veut rappeler à ses auditeurs la signification et le signe du parler en langues. Autrefois, désirant ramener
son peuple à la repentance, Dieu avait annoncé par le biais d’Esaïe qu’un peuple à la langue barbare — en
l’occurrence les Assyriens — viendrait punir Israël. L’emploi de ces langues incompréhensibles ou barbares
était donc un signe et une conséquence de l’incrédulité d’Israël, de son manque de vigilance.
En effet, la loi disait déjà que la désobéissance d’Israël à Dieu aurait pour conséquence la malédiction sous
forme d’une invasion d’étrangers. Deutéronome 28.49 déclare : « L’Éternel fera partir de loin, des extrémités
de la terre, une nation qui fondra sur toi d’un vol d’aigle, une nation dont tu n’entendras point la langue ».
Paul fait donc une relation entre le signe ou le but du parler en langues et cette prophétie d’Esaïe.

Un signe
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Verset 22 : Par conséquent, les langues sont un signe, non pour les croyants, mais pour les non-croyants ; la prophétie,
au contraire (est un signe), non pour les non-croyants, mais pour les croyants.
ὥστε αἱ γλῶσσαι εἰς σημεῖόν εἰσιν οὐ τοῖς πιστεύουσιν
De la sorte les langues pour un signe sont, non pas pour les croyants
ἀλλὰ τοῖς ἀπίστοις, ἡ δὲ προφητεία οὐ τοῖς ἀπίστοις
mais les non-croyants, la mais prophétie pas pour les non-croyants
ἀλλὰ τοῖς πιστεύουσιν.
mais pour les croyants.
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Le signe. Le signe vient du mot grecque « semeion » (shmeion) et signifie « signe, miracle, prodige, preuve ou
signature ». Ce signe nous rappelle le verset de Marc 16.17 : « Voici les miracles (shmeion) qui accompagne-
ront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues... ». Le
parler en langues est donc un signe qui cherche un but.

Signe d’un jugement. La locution « par conséquent » fait le lien entre la prophétie d’Esaïe 28 et le signe du
parler en langues. Le parler en langues avait donc un objectif.
Entendre une langue étrangère, pour un Juif, devait lui rappeler la loi, leur désobéissance et la déportation pas-
sée, c’est-à-dire le jugement de Dieu. Le parler langues était donc pour un Juif un signe du jugement divin. Ce
genre de jugement avait déjà eu lieu à Babel pour punir l’humanité entière. Les langues étrangères, selon notre
contexte, expriment pour le Juif la séparation de Dieu d’avec son peuple. « Quand Dieu parle intelligiblement,
c’est pour s’ouvrir à son peuple ; quand il parle d’une manière inintelligible, c’est qu’il doit se fermer à lui »7.
Dieu emploie cette manière de communiquer uniquement dans le cas où le langage clair a échoué. D’ailleurs,
Jésus lui-même a agi ainsi lorsqu’il a commencé à enseigner en paraboles (Mt. 13 à 16) après avoir parlé en
termes clairs auparavant (dans le sermon sur la Montagne, par ex.).
« Le jour de la Pentecôte, la réaction d’une partie des auditeurs au parler en langues était significative de leur
incrédulité : ‘ Ils sont pleins de vin doux ‘(Actes 2.13). Par un effet de sa grâce, Dieu s’est ensuite adressé à
eux dans un langage compréhensible (2.14-34) qui a éveillé la foi de trois mille d’entre eux. »8.
« Paul veut dire aux Corinthiens qu’en parlant aux non-croyants dans un langage incompréhensible, ils leur
donnent à penser qu’ils sont des étrangers (pour Dieu), en dehors (de son plan) que ce n’est pas pour eux, que
Dieu les rejette, comme il a rejeté les Juifs du temps de l’invasion assyrienne »9.
Aussi, en entendant les merveilles de Dieu dans des langues étrangères (Ac. 2.11), les Juifs auraient du com-

7. Kling cité par F. Godet (Commentaire sur la 1ère épître aux Corinthiens. Monnier, Neuchâtel, 2e éditions, 1965. II p. 293.
8. A. Kuen, Encyclopédie des difficultés.
9. A.K. Dons pour le service, p. 24-30.

51
prendre qu’un jugement allait avoir lieu, du moins, qu’ils étaient désobéissants à Dieu après avoir rejetté le
Messie.
Accomplissement historique du signe. Malgré les avertissements dont le parler en langues était le signe
(Ac 2.4 ; 10.46 ; 19.6), les Juifs refusèrent pour la plupart le Messie et la Bonne Nouvelle. Comme du temps
des Assyriens, les Juifs connaîtront la diaspora après la destruction de Jérusalem par l’Empire romain. Titus
détruira le temple et la ville après un long siège en 70 ap. J.-C. Le signe du parler en langues a donc eu son
accomplissement.

52
APPEL À L’ORDRE
DANS L’EXERCICE DES DONS
(Versets 23-38)

____________________________________________________________________

Distinction entre les non-croyants et les simples auditeurs


En lisant attentivement 1 Corinthiens 14, nous remarquons que Paul distingue deux groupes de non-croyants.
En effet, au verset 23 à 25 Paul distingue les non-croyants et les simples auditeurs qui entrent dans l’assemblée.
Les simples auditeurs sont également nommés au verset 16, en parlant de l’homme du peuple qui dit « Amen ».
........................................................................................
Verset 23 : Si donc, dans une assemblée de l’Église entière, tous parlent en langues, et qu’il survienne des hommes du
peuple ou des non-croyants, ne diront-ils pas que vous êtes fous ?
Ἐὰν οὖν συνέλθῃ ἡ ἐκκλησία ὅλη ἐπὶ τὸ αὐτὸ καὶ
Si donc se réunit l’assemblée toute entière dans le même (lieu) et
πάντες λαλῶσιν γλώσσαις, εἰσέλθωσιν δὲ ἰδιῶται
tous ils parlent des langues, entrent mais des non-initiés
ἢ ἄπιστοι, οὐκ ἐροῦσιν ὅτι μαίνεσθε;
ou des non-croyants ne pas diront-ils que vous êtes fou ?
........................................................................................
Verset 24 : Mais si tous prophétisent, et qu’il survienne quelque non-croyant ou un homme du peuple, il est convaincu par
tous, il est jugé par tous,
ἐὰν δὲ πάντες προφητεύωσιν, εἰσέλθῃ δέ τις ἄπιστος
Si mais tous ils prophétisent, entre mais un non-croyant
ἢ ἰδιώτης, ἐλέγχεται ὑπὸ πάντων, ἀνακρίνεται ὑπὸ πάντων,
ou un non-initié, il est convaincu par tous, il est jugé par tous,
Verset 25 : les secrets de son cœur sont dévoilés, de telle sorte que, tombant sur sa face, il adorera Dieu, et publiera que
Dieu est réellement au milieu de vous.
τὰ κρυπτὰ τῆς καρδίας αὐτοῦ φανερὰ γίνεται, καὶ
Les secrets du cœur de lui manifestes deviennent, et
οὕτως πεσὼν ἐπὶ πρόσωπον προσκυνήσει τῷ θεῷ,
ainsi tombant sur la face il adorera Dieu,
ἀπαγγέλλων ὅτι Ὄντως ὁ θεὸς ἐν ὑμῖν ἐστιν.
annonçant que réellement Dieu dans/parmi vous il est.
........................................................................................

1) Le non-croyant :
Le mot « croyant » en grec est « pisteuo » et signifie « croire, foi, confier, croyant, etc. ». Bailly traduit par
« I. act. 1. Qui n’a pas la foi, défiant, incrédule ; 2. désobéissant ; II. pass. 1. indigne de foi, infidèle, perfide ; 2.
incroyable, invraisemblable »

53
Les non-croyants sont donc des personnes qui ne croient pas ou qui n’ont pas la foi. Ils sont opposés aux
croyants, donc aux chrétiens de Corinthe (v. 22-23).
Faut-il faire un lien entre la prophétie d’Esaïe, stipulant que Dieu parlera à « ce peuple » et la locution « par
conséquent » qui introduit les non-croyants ? Curieusement Paul emploie d’abord « idiotes » en parlant de l’as-
semblée au verset 14. Puis, il ajoute la catégorie des non-croyants juste après avoir cité la prophétie d’Esaïe 28.
Puis, il distingue les non-croyants et les simples auditeurs aux versets 22 et 23. Faut-il comprendre que Paul
parle des non-croyants comme étant un groupe distinct des simples auditeurs ?
Remarquons également que Paul emploie d’abord le pluriel aux versets 22 et 23 en parlant des non-croyants et
des simples auditeurs, puis le singulier au verset 24.

DANS L’ASSEMBLÉE

V.  16 Simple auditeur = Amen

V.  21 Prophétie d’Esaïe concernant ce peuple (Juifs)

V.  23 : Croyants Non-croyants

V.  23 : parler en langues Simples auditeurs (pluriel) Non-croyants (pluriel)

V.  24 : prophétie Simple auditeur (singulier) Non-croyant (singulier)

2) Les simples auditeurs :


Définition. Le mot « simple auditeurs » vient du mot grec « idiotes » (idiwtnv) qui signifie « homme du peuple,
sans instruction, ignorant ».
Le Bailly définit ainsi « idiotes » : « I. Substantif (nom) ; A. Simple particulier : 1) par opposition à État ; 2)
homme privé (par opposition au roi, homme public, homme d’État, magistrat, etc.) ; 3) par suite, tout homme
de condition modeste, c.a.d. simple citoyen, d’où homme du peuple, plébéien ; simple soldat ; 4) homme
étranger à tel ou tel métier (par opposition à diverses professions, médecin, orateur, etc.) : ignorant, novice en
quelque chose ; 5) abs. homme sans éducation, ignorant. B. qui réside dans son propre pays, qui est du pays,
indigène. II. Adjectif, de simple particulier, d’homme privé ; p. suite, simple, ignorant, vulgaire (idiov). »

Utilisation dans le Nouveau Testament. Dans tous les versets du Nouveau Testament employant « idiotes »,
l’auteur emploie le nom. Ce mot est utilisé pour désigner Pierre et Jean en Actes 4.13 comme des hommes du
peuple sans instruction, c’est-à-dire comme le traduit justement Darby « des hommes (anyrwpov) illettrés (du
peuple) (a-grammatov) et du commun (sans instruction) (idiotev) ». Peut-être faut-il faire dans le contexte
un parallèle avec les chefs religieux qui se croyaient instruits.

Actes 4.13 : « Lorsqu’ils virent l’assurance de Pierre et de Jean, ils furent étonnés, sachant que
c’étaient des hommes du peuple sans instruction; et ils les reconnurent pour avoir été avec Jésus. »

En 1 Corinthiens 14.16, le simple auditeur peut dire « Amen ». Il s’agit certainement d’un croyant qui ne peut
pas approuver ce que dit celui qui parle en langues, puisqu’il ne le comprend pas. Mais il peut également s’agir
d’une personne qui n’a pas la foi et qui ne comprend pas ce qui est dit comme au verset 24.
En 1 Corinthiens 14.23 et 24, le simple auditeur est distingué du non-croyant.
En 2 Corinthiens 11.6, Paul emploie le mot « idiotes » pour se désigner comme un « ignorant » sous le rapport
du langage. 

54
QUELQUES TRADUCTIONS : IDIOTAI APISTOI
Bible Annoté Gens sans culture Infidèles (Juifs ou païens)

Commentaire Biblique Ceux qui assistaient aux réunions, mais Ceux qui étaient conscients de l’Évangile
du chercheur incroyants sans être encore convaincu de son message

Bible Online Homme du peuple Non-croyant

Bible Simples auditeurs Non-croyant


Segond 1979

Godet Catéchumènes ou novice Non-croyant

3) Synthèse :
À la lumière de ce que nous venons de voir, il est difficile d’identifier avec précision le simple auditeur. Nous
allons donc procéder par élimination en employant le tableau suivant :
idiotai OUI, MAIS... CONCLUSION
La Bible + Chrétien qui dit « Amen » Mais pourquoi est-il jugé avec le > Ce n’est pas un chrétien.
(1 Cor. 14.16) non-croyant en entendant la prophétie
au verset 24 ?
+ Un chrétien Juif Mais pourquoi est-il jugé avec le > Ce n’est pas un chrétien juif.
(Ac. 4.13) non-croyant en entendant la prophétie
au verset 24 ?
+ Distinct du non-croyant Il ne semble pas avoir la foi (v. 24) ? > Une personne sans la foi différente
Donc « l’idiotes » est un non-croyant du non-croyant : soit un autochtone
qu’il faut distinguer de la catégorie et/ou Juif non-croyant.
des non-croyants.
Bible + Homme du peuple, sans instruction, Il peut être chrétien (Pierre et Jean) > Mais nous avons déjà éliminé le
Online ignorant ou non-croyant. chrétien.
Bailly + Un homme ignorant S’il s’agit d’un autochtone qui n’a pas > Un autochtone qui ne possède pas
+ Un autochtone la foi, il se distingue du non-croyant la foi.
qui serait alors un Juif.
Bible + Gens sans culture Pierre et Jean sont ainsi nommés
Annotée (Ac. 4.13).
Com. Bibl. du + Ceux qui assistaient aux réunions, Des incroyants. > Un autochtone conviendrait bien
Chercheur mais incroyants pour le distinguer des non-croyants
également présents.
Bible + Simple auditeur Il peut être jugé (v. 24). Mais il est > Un simple auditeur habitant le pays
Segond  différent du non-croyant. Donc la conviendrait pour le distinguer des
1979 différence n’est pas sur la base de la non-croyants également présents.
foi, mais sur leur nationalité.
Godet + Catéchumènes ou novice Mais pourquoi est-il jugé comme > Pas un catéchumène, puisqu’il n’est
l’incroyant (v. 24) ? pas chrétien.

Dans ce tableau, nous pouvons en déduire que « l’idiotes » n’est pas un chrétien ni un jeune converti. C’est
donc un inconverti, mais qui ne fait pas partie du groupe des « non-croyants ». Aussi, « l’idiotes » serait un au-
tochtone, un païen qui est du pays et qui entre dans l’assemblée. Il se distingue donc du « non-croyant » qui est
alors un Juif. Paul parlerait donc d’un autochtone (idiotes) et d’un Juif (apistos). Cela semble mieux convenir
avec le contexte proche de la prophétie d’Esaïe et du signe de jugement qu’évoque le parler en langues pour

55
les Juifs.
Ajoutons encore que le parler en langues est un signe pour le « non-croyant » au verset 22. Il n’ajoute pas
dans ce verset les simples auditeurs comme aux versets 24 et 25. Certainement que cette distinction n’est pas
innocente. D’ailleurs, les versets 24 et 25 ne parlent pas du signe du parler en langues, mais de son impact sur
celui qui l’écoute sans l’assemblée. Cela conforte une fois de plus l’idée que le simple auditeur dont parle Paul
est un autochtone distinct du « non-croyant », c’est-à-dire un Juif.

3) Remarques :
Absence. Il semblerait que le mot « non-croyant » soit absent dans un manuscrit (manuscrit B de la Bible [Vati-
canus graecus 1209])10. Aussi le problème entre les non-croyants et les simples auditeurs serait réglé ou plutôt
compliquerait l’interprétation.

Si tous parler en langues. Paul utilise au verset 23 l’expression « si tous parlent en langues » dans l’assemblée.
Est-il en train d’encourager une pratique simultanée du parler en langues ? Certainement pas. Il s’agit d’abord
d’un exemple, puisque Paul réfute cette idée par deux fois. D’abord, il entrevoit les conséquences d’une telle
pratique, puisque les auditeurs penseront que les chrétiens sont fous ! Cela rappelle la Pentecôte lorsque les
Juifs estimaient que les disciples étaient ivres (Ac. 2.15).
Puis, et parce qu’il est justement en train de reprendre les Corinthiens, il va organiser dans les versets suivants
l’exercice du parler en langues. Par conséquent, Paul n’encourage en rien un parler en langues à plusieurs ou
simultané. Paul met une fois encore l’accent sur la nécessite de transmettre un message compréhensible pour
les auditeurs.

Le parler en langues est un signe pour les non-croyants


Un signe pour les non-croyants. Le don de parler en langues n’a pas de but pour le croyant, mais pour le non-
croyant. Simplement que son signe — un jugement — ne concerne que les non-croyants. Mais un païen non-
croyant pouvait-il comprendre ce signe ? Évidemment que non. C’est pour cela que ce signe ne concerne que
les Juifs et que Paul ne fait pas de relation avec l’autochtone.
Comme nous l’avons déjà fait remarqué, le signe du parler en langues s’adressait plus particulièrement aux
Juifs. Il est intéressant de réaliser en parcourant le livre des Actes qu’à chaque manifestation du parler en lan-
gues, des Juifs étaient présents (voir tableau ci-dessous).

10. GODET Frédéric, Commentaire sur la première épître aux Corinthiens, Neuchâtel, Éditions de l’imprimerie Nouvelle L.-A. Mon-
nier, 1965, p. 296.

56
PRÉSENCE DES JUIFS À CHAQUE PARLER EN LANGUES DANS LE LIVRE DES ACTES

Actes 2.5-13 Actes 8 Actes 10 Actes 19.1-7

Protagonistes  Les Juifs pieux. Les Samaritains. Corneille. Disciples de Jean-Baptiste.


Remarques Pas de pure race juive & Païens. Baptême de repentance pas
religions mixtes. celui de Christ.
Il n’est pas dit que les
Samaritains parlaient en
langues lors de la réception
de l’Esprit.

Présence Des apôtres juifs et les 120 De Philippe et nécessité des Frères de Joppé (des Juifs) Présence de Paul (Juif) et
+ les Juifs pieux. apôtres (Pierre et Jean). et Pierre (v. 23) = fidèles des disciples de Jean-Bap-
circoncis (v. 45). Il s’agit de tiste (eux-mêmes Juifs).
6 hommes juifs (Ac. 11.12).
Parler Oui. Non (Simon le Magicien Oui. Oui.
en langues semble voir quelque chose
au v. 18).
Message Les merveilles de Dieu. Glorifie Dieu.
du parler
en langues
Les Les juifs pieux de toutes Les juifs présents com- Paul connaissait beaucoup
interprètes nationalités. prennent ce que les païens de langues (1 Cor. 14.18).
disent lors du parler en
langues (v. 46).

La prophétie est un signe pour les croyants


Contrairement au parler en langues, la prophétie n’est pas un signe pour les non-croyants, mais pour les
croyants. Elle est comprise par les croyants et donc, comme l’a développé Paul jusqu’à présent, utile pour celui
qui l’écoute.
Mais si le but (signe) des langues est d’annoncer un jugement aux Juifs, quel est l’objectif de la prophétie,
puisqu’elle est également un signe ? En lisant plus bas, Paul déclare que la prophétie a pour effet de convaincre
et de « juger » celui qui entre dans l’assemblée et qui certainement ne connaît pas Dieu. Le mot « juger » (ana-
krinw) signifie « interroger, examiner, juger, accuser ». Il produit un examen de conscience et le conduit à
reconnaître que Dieu est en action dans l’assemblée. Il semblerait donc que le parler en langues et la prophétie
ont tous deux la même vocation : émettre un jugement. Le parler en langues est un jugement à l’encontre des
Juifs et la prophétie un jugement qui conduit à la repentance tous les hommes.

Ordre dans le culte


........................................................................................
Verset 26 : Que faire donc, frères ? Lorsque vous vous assemblez, les uns ou les autres parmi vous ont-ils un cantique, une
instruction, une révélation, une langue, une interprétation, que tout se fasse pour l’édification.
Τί οὖν ἐστιν, ἀδελφοί; ὅταν συνέρχησθε, ἕκαστος
Quoi donc il est, frères ? Lorsque vous vous assemblez, chacun

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ψαλμὸν ἔχει, διδαχὴν ἔχει, ἀποκάλυψιν ἔχει,
un psaume il a, un enseignement il a, une révélation il a,
γλῶσσαν ἔχει, ἑρμηνείαν ἔχει· πάντα πρὸς
une langue il a, une interprétation il a ; tout vers
οἰκοδομὴν γινέσθω.
l’édification qu’il soit fait.
........................................................................................
Verset 27 : En est-il qui parlent en langue, que deux ou trois au plus parlent, chacun à son tour, et que quelqu’un inter-
prète ;
εἴτε γλώσσῃ τις λαλεῖ, κατὰ δύο ἢ τὸ πλεῖστον τρεῖς,
Si en langue quelqu’un il parle, par deux ou au plus trois,
καὶ ἀνὰ μέρος, καὶ εἷς διερμηνευέτω·
et à tour de rôle (partiel), et quelqu’un interprète ;
........................................................................................
Verset 28 : s’il n’y a point d’interprète, qu’on se taise dans l’Église, et qu’on parle à soi-même et à Dieu.
ἐὰν δὲ μὴ ᾖ διερμηνευτής, σιγάτω ἐν ἐκκλησίᾳ,
Si mais ne pas il est d’interprète, qu’il se taise dans l’assemblée,
ἑαυτῷ δὲ λαλείτω καὶ τῷ θεῷ.
à soi-même mais qu’il parle et à Dieu.

1) Toute action dans le culte a pour but l’édification :


« Que faire donc » ? Pourquoi Paul pose-t-il cette question ? Il veut faire comprendre que l’exercice des dons
spirituels nécessite un encadrement et de l’ordre. Puisque le parler en langues non traduit n’édifie pas l’église,
comment faire pour qu’il devienne utile à l’assemblée.

Petite incursion dans le culte de l’Église primitive. Paul dresse une liste de ce qui se faisait pendant le culte.
Cette liste n’est certainement pas complète puisqu’il manque la prière collective et la lecture de la Bible men-
tionnées ailleurs (Ac. 2 ; 1 Cor. 14.16 ; 1 Tim. 4.13). Mais nous découvrons quelques activités cultuelles dans
ce verset : un cantique (qalmov) qui désigne « un chant pieux, un psaume, un cantique », une instruction
(didach) qui désigne « doctrine, enseignement, instruction, instruire », une révélation (apokaluqiv) qui si-
gnifie « révélation, apparaître, manifestation, éclairer », une langue (glwssa) qui désigne le parler en langues
puisque l’interprétation suit (ermhnia) et signifie « interprétation, traduction ».

Tout doit être fait pour l’édification de l’église. C’est toujours le même leitmotiv de Paul dans le chapitre 14
des Corinthiens. Il répète cinq fois ce désir de voir l’église être édifiée au travers de l’exercice des dons (v. 3,
5, 12, 17, 26).

2) L’ordre dans le culte de l’exercice du parler en langues :


Ordre. En instaurant de l’ordre dans le culte, Paul répond au désordre des Corinthiens dans l’exercice des
dons spirituels, en particulier, celui de l’exercice du parler en langues. Il impose trois conditions au parler en
langues : 1) deux ou trois seulement peuvent parler en langues ; 2) chacun son tour pour ne pas provoquer la
confusion du verset 23 et pour que tous puissent entendre ce qui est dit ; 3) nécessité de l’interprétation du
parler en langues, afin qu’il puisse édifier l’église et que tous puissent dire « Amen ».
Paul ajoute encore que, s’il n’y a point d’interprète à ce moment-là, il est préférable que celui qui parle en lan-
gues se taise. Cela est logique, puisque Paul vient de démontrer de plusieurs manières qu’un parler en langues
qui n’est pas traduit ne sert pas à l’édification de l’Église. Il est préférable que la personne se taise et parle à
soi-même et à Dieu.

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3) Remarques :
Pourquoi Dieu ne permet pas qu’il y ait une personne pour interpréter chaque fois le parler en langues ?
........................................................................................
Verset 29 : Pour ce qui est des prophètes, que deux ou trois parlent, et que les autres jugent ;
προφῆται δὲ δύο ἢ τρεῖς λαλείτωσαν, καὶ οἱ ἄλλοι
Les prophètes mais deux ou trois qu’ils parlent, et les autres
διακρινέτωσαν·
qu’ils discernent.
........................................................................................
Verset 30 :  et si un autre qui est assis a une révélation, que le premier se taise.
ἐὰν δὲ ἄλλῳ ἀποκαλυφθῇ καθημένῳ,
Si mais à un autre une révélation est faite étant assis,
ὁ πρῶτος σιγάτω.
le premier qu’il se taise.
........................................................................................
Verset 31 : Car vous pouvez tous prophétiser successivement, afin que tous soient instruits et que tous soient exhortés.
δύνασθε γὰρ καθ’ ἕνα πάντες προφητεύειν, ἵνα πάντες
Vous pouvez car un par un tous prophétiser, afin que tous
μανθάνωσιν καὶ πάντες παρακαλῶνται,
soient instruits et tous soient exhortés,
........................................................................................
Verset 32 : Les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes ;
καὶ πνεύματα προφητῶν προφήταις ὑποτάσσεται·
et les esprits des prophètes aux prophètes sont soumis ;
........................................................................................

L’ordre dans l’exercice de la prophétie lors du culte. À présent Paul aborde la manière d’exercer la prophétie.
Il désire le même ordre que pour le parler en langues. Deux ou trois peuvent parler. Il semblerait qu’ils se le-
vaient pour faire leurs prophéties (v. 30). La prophétie, selon 1 Corinthiens 14, était d’abord un signe pour les
croyants (v. 22), parce qu’elle était utile pour édifier l’église (v. 6), l’exhorter et la consoler (v. 3).

Que les autres jugent. Une fois que le prophète avait parlé, les autres pouvaient juger ce qui avait prophétisé.
Le mot « diakrino » (diakrinw) signifie « discerner, douter, hésiter, juger et distinguer ». Bref, il s’agissait de
discerner si ce qui avait été dit était véritablement biblique. Les personnes qui devaient juger étaient appelées
par Paul « les autres ». Ces personnes faisaient partie de l’assemblée (1 Thess. 5.20-21 ; 1 Jn. 4.1-6) ou étaient
elles-mêmes des prophètes (v. 32). Selon 1 Thessaloniciens, l’assemblée était exhortée à ne pas mépriser les
prophéties, mais à les examiner (dokimazw), c’est-à-dire à « discerner, apprécier, approuver, éprouver, exami-
ner et sonder ». Les esprits des prophètes étaient donc soumis aux prophètes.

Priorité à celui qui a une révélation. Posons-nous d’abord la question : qu’est-ce qu’une révélation ? Est-ce la
même chose qu’une prophétie ? Non, puisque Paul les distingue ici et au verset 26. La révélation, comme la
prophétie, étaient utile pour édifier l’Église (v. 6). La révélation édifiait et se pratiquait lors des rassemblements
pour le culte. Le mot « révélation » vient de « apo-kaluptw » (apo-kaluptw) et signifie « découvrir, révéler,
dévoiler, paraître, éclairer, manifester ». Certainement que Dieu permettait des révélations particulières tout
simplement parce l’Église primitive n’avait pas encore la chance de posséder toute la révélation au travers de
la Bible. En tout cela, Paul insiste sur l’ordre et la bienséance.

La prophétie est ouverte à tous. Paul déclare au verset 31 que tous les chrétiens pouvaient prophétiser. Cela ne
signifie pas que tous devaient prophétiser en même temps. Même si « tous » peuvent prophétiser, cela se faisait

59
dans l’ordre et de façon limitée comme nous l’avons vu précédemment.

La prophétie n’est pas à confondre avec l’enseignement. La prophétie est distincte de l’instruction/doctrine,
de la langue et de son interprétation (1 Cor. 14.26). Si tous peuvent prophétiser, l’enseignement reste limité à
quelques personnes seulement (Jq. 3.1 ; 1 Cor. 12.29).

Raison de l’ordre dans le culte > l’exemple de Dieu


........................................................................................
Verset 33 : car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix. Comme dans toutes les Églises des saints,
οὐ γάρ ἐστιν ἀκαταστασίας ὁ θεὸς ἀλλὰ εἰρήνης.
ne pas car il est de désordre Dieu mais de paix.
Ὡς ἐν πάσαις ταῖς ἐκκλησίαις τῶν ἁγίων,
Comme dans toutes les assemblées des saints,

La cause de l’ordre dans l’assemblée. Après avoir fixé des règles dans l’exercice des dons, Paul donne la rai-
son de l’ordre dans le culte : Dieu lui-même. Paul nous rappelle un attribut de Dieu : il n’est pas désordonné.
Le désordre (a-katastasia) signifie « troubles, soulèvements, instabilité, un état de désordre, dérangement,
confusion, agitation, émeute, soulèvement, bouleversement ». Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais un
Dieu de paix. Certainement que l’Église de Corinthe exerçait ses dons dans le désordre.

Ordre dans l’assemblée à cause de Dieu. Le peuple ressemble à son Dieu en toute chose. Comme Dieu est or-
donné, les protagonistes du culte doivent imiter leur Seigneur. L’exercice des « pneumatikos » ne doit donc pas
être désordonné, car les dons viennent d’un Dieu ordonné. C’est pourquoi le parler en langues et la prophétie
doivent être exercés avec ordre. Le désordre est contraire au caractère de Dieu.

Ordre de la prise de parole des femmes dans l’assemblée


........................................................................................
Verset 34 : que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d’y parler ; mais qu’elles soient
soumises, selon que le dit aussi la loi.
αἱ γυναῖκες ἐν ταῖς ἐκκλησίαις σιγάτωσαν, οὐ γὰρ
les femmes dans les assemblées qu’elles se taisent, ne pas car
ἐπιτρέπεται αὐταῖς λαλεῖν· ἀλλὰ ὑποτασσέσθωσαν, καθὼς
il est permis à elles de parler ; mais qu’elles soient soumises, comme
καὶ ὁ νόμος λέγει.
et la loi elle dit.
........................................................................................
Verset 35 : Si elles veulent s’instruire sur quelque chose, qu’elles interrogent leurs maris à la maison ; car il est malséant
à une femme de parler dans l’Église.
εἰ δέ τι μαθεῖν θέλουσιν, ἐν οἴκῳ
Si mais quelque chose apprendre elles veulent, dans une maison
τοὺς ἰδίους ἄνδρας ἐπερωτάτωσαν, αἰσχρὸν γάρ
leur propre maris qu’elles interrogent, inconvenant car
ἐστιν γυναικὶ λαλεῖν ἐν ἐκκλησίᾳ.
il est pour une femme de parler dans l’assemblée.
........................................................................................

60
On peut se demander pourquoi Paul parle soudain de la femme. Jusqu’à présent son idée était de démontrer
la supériorité de la prophétie sur le parler en langues à cause de son utilité à édifier l’Église. De plus, il fait un
lien direct entre le Dieu d’ordre et la femme.

1) Comme dans toutes les églises, que les femmes se taisent dans les assemblées :
En silence. Nous trouvons un autre passage dans 1 Timothée 2.11-12 qui reprend cette idée : « Que la femme
écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission. Je ne permets pas à la femme d’enseigner ni de
prendre de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence ».
Paul demande ici aux femmes d’écouter l’instruction (manyanw), c’est-à-dire «  apprendre, recevoir, s’ins-
truire, instruction, recevoir enseignement étudier ». Elles doivent le faire avec une entière soumission (upota-
gh), c’est-à-dire avec « soumission, obéissance, exigence ».
Être en silence (hsucia) signifie « en silence, paisiblement ». On le retrouve en Actes 22.2, 2 Thessaloni-
ciens 3.12 et dans 1 Timothée 2.11-12. Il s’agit donc d’un silence qui apporte la paix.
En 1 Corinthiens 14, Paul demande aux femmes de se taire (sigaw) qui signifie « garder le silence, se taire,
cesser de parler, cacher ». Bailly traduit par « I. Se taire, garder le silence, se taire au sujet de qql. ch., à l’égard
de qqn, rester silencieux ; II. 1. taire, garder secret ; 2. rendre silencieux, devenir silencieux ». Cela semble
signifiait que ces dames parlaient durant le culte.

Pas de mutisme total. Il ne s’agit pas ici d’un mutisme total de la femme lors des réunions de culte. En 1 Corin-
thiens 11, Paul rappelle que la femme priait et prophétisait. Il s’agit donc d’un silence dans certains domaines.
Selon 1 Timothée, le domaine du silence chez la femme concernait le fait ne pas prendre autorité sur l’homme
ou d’enseigner lors des réunions publiques.

1 Cor. 11.5 : « Toute femme, au contraire, qui prie ou qui prophétise, la tête non voilée, déshonore
son chef :c’est comme si elle était rasée. »

Selon 1 Timothée 2.11 à 12, la femme ne peut pas enseigner. Les verbes « enseigner » et « prendre autorité »
sont à l’infinitif présent et indique une condition, un état ou un processus. Ce temps est différent de l’infinitif
aoriste qui désigne une possibilité ou un cas particulier. Par exemple, lorsque l’on parle de la foi à l’infinitif
présent il s’agit d’un croyant. Si l’on parle du verbe « pécher » (amartia) à l’infinitif aoriste, il s’agit d’un pé-
ché ponctuel, contrairement au verbe à l’infinitif présent qui désigne le pécheur (celui pèche constamment). Un
autre exemple est celui du verbe « servir » (doulew) qui à l’infinitif aoriste signifie un service ponctuel, tandis
qu’à l’infinitif présent, il désigne l’esclave (celui qui rend constamment un service). En somme, la femme ne
peut pas avoir la fonction d’enseignante de l’église en présence des hommes. Cela ne signifie pas qu’elle ne
peut pas enseigner ses enfants ou les femmes.

1 Timothée 2.11-12 : « Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission.
Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit
demeurer dans le silence.»

2) La cause de leurs paroles (lalew) :


Nous allons à présent chercher à comprendre pourquoi Paul interdit aux femmes de parler dans l’assemblée.
Pour cela, nous analyserons dans le tableau suivant les versets 33 à 35 de la première épître aux Corinthiens.

61
VERSETS EXPLICATIONS

v. car Dieu n’est pas Paul poursuit son désir d’ordre dans le culte et l’exercice des dons.
33b un Dieu de désordre,
mais de paix.
Comme dans toutes La raison de l’ordre :
les Églises des saints, ++ Une même pratique dans toutes les églises (intemporelle).

v. 34 que les femmes se L’ordre de Paul :


taisent dans les as- ++ Les femmes doivent se taire dans toutes les Églises.
semblées (pluriel),

car il ne leur est pas Pourquoi doivent-elles ne pas parler ?


permis d’y parler ; ++ Cela ne leur est pas permis (1 Cor. 14.34b).
++ Car il est malséant à une femme de parler dans l’Église (1 Cor. 14.35b).
++ Par soumission au mari (1 Cor. 14. 35 ; 1 Tim. 2.11-12).
++ Pour ne pas prendre autorité sur l’homme (1 Tim. 2.11-12).

mais qu’elles soient Soumise à qui ?


soumises, ++ À l’homme (Eph. 5.22 ; Col. 3.18 ; 1 Pi. 3.1-5).
++ À l’ordre dans l’Église.
++ À un Dieu d’ordre.

selon que le dit aussi À quoi se rapporte la loi :


la loi. ++ À la soumission de la femme à l’homme, non au fait de parler.
De quelle loi s’agit-il ?
++ La loi est la Torah (le Pentateuque).
++ La seule loi concernant la soumission (Gen. 3.16)

v. 35 Si elles veulent s’ins- Paul donne ici la raison du parler (lalew) de la femme :
truire sur quelque ++ Le désir de s’instruire sur quelque chose.
chose, La raison du parler n’est pas le jugement des prophéties :
++ Juger les prophéties= autorités ? Non, puisque Paul leur permet tous de juger (1 Thess. 5.20). Seul
l’enseignement à cette fonction d’autorité (1 Tim. 2.11-12).

qu’elles interrogent L’ordre n’est donné ici qu’à des femmes mariées :
leurs maris à la ++ Parce que les autres n’avaient personne à interroger dans le contexte immédiat du culte.
maison ; ++ Donc le bruit venait de femmes mariées, qui avaient la possibilité immédiate d’interroger leur
mari.
Pourquoi à la maison ?
++ Si leur mari était à côté d’eux, pourquoi faudrait-il attendre d’être à la maison ?
++ Les femmes et les hommes étaient peut-être séparés : aussi elles interrogeaient leur époux d’un
bout à l’autre de la salle !

car il est malséant Il est malséant :


à une femme de ++ Malséant (aiskron) signifie « honteux, bas, déshonorant (1 Cor. 11.6 ; 14.35 ; Eph. 5.12)
parler dans l’Église
(singulier).

62
3) En résumé :
La raison de « parler » de la part de la femme est le désir de s’instruire. Il ne s’agit donc pas de prendre autorité
durant l’évaluation des prophéties. Le contexte proche nous parle de l’ordre de Dieu, de l’ordre dans l’exercice
des dons et donc de l’ordre parmi les femmes. Mais l’ordre adressé à la femme ne concerne pas l’exercice des
dons, puisqu’elle elles peuvent prophétiser, prier, etc.
Il existe de nombreuses explications que nous verrons ensuite. Mais l’une retient davantage l’attention par sa
simplicité et son réalisme. Il faut imaginer une assemblée de l’époque dans laquelle hommes et femmes étaient
séparés lors de la réunion. Aussi, la femme, à l’autre bout de la salle, tentait de parler avec son mari. On peut
aisément imaginer la scène et les nuisances sonores qui s’en suivaient.
« Une circonstance inhérente aux habitudes du temps rendait cette intervention des femmes encore plus diffi-
cile et plus ‘ dérangeante ‘ G.L. Almlie pense que les hommes et les femmes mangeaient ensemble, mais se sé-
paraient en deux groupes pendant les réunions de culte - sinon les femmes auraient pu questionner leurs maris
à côté d’elles au lieu d’attendre jusqu’à ce qu’elles soient ‘ chez elles ‘ (14.35). Ce que Paul veut donc éviter,
c’est qu’elles lancent des questions à travers le lieu de réunion ; il faut que ‘ tout se passe convenablement et
non dans le désordre ‘ (v. 40). C’est aussi la conclusion vers laquelle penche L. Birney après un séjour en Co-
lombie. Dans un additif ajouté en 1979 à un article écrit en 1971, il dit qu’à propos de 1 Corinthiens 14.34-35,
il ne rejetterait plus l’idée que le problème de Corinthe était celui de femmes posant à tue-tête des questions à
leurs maris d’un coin de la salle à l’autre, car c’est ce qu’il a vu faire dans de jeunes Églises en Colombie »11

C’est pourquoi Paul demande aux femmes de se taire, uniquement par souci de conserver l’ordre dans les réu-
nions et un bon témoignage envers les personnes présentes lors du culte. De plus, lorsque les femmes parlaient,
il était impossible de comprendre ce qui était dit. Cela rejoint l’idée du parler en langues incompréhensible.

Quatre interprétations de l’interdiction pour la femme de parler


N° 1 - Interdiction de parler en langues. Mais le contexte immédiat est la prophétie. De plus le verbe « laleo »
(lalew) n’a rien à voir avec « glossa » (glossa), le parler en langues dont Paul dit : « je veux que vous par-
liez tous en langues » (v. 5).

N° 2 - Paul veut mettre fin au bavardage des femmes. Cette idée rappelle 1 Timothée 5.13 où certaines femmes
sont décrites comme causeuse et intrigantes. Mais dans le contexte de Timothée, il ne s’agit pas du culte.

N° 3 - Paul cherche à corriger le fait que certaines femmes interrompaient le culte par des questions intempes-
tives. Alors peu instruites dans le monde gréco-romain, les femmes (surtout de classes sociales inférieures)
ne comprenaient pas tout ce qui se disait durant le culte. C’est pourquoi elles interrompaient certainement le
culte pour poser des questions. Le problème est comment appliquer cela aux femmes non mariées (veuves ou
célibataires), puisque seules les dames mariées étaient invitées à interroger leur époux à la maison ?

N° 4 - Selon certains, Paul interdirait la participation à l’évaluation des prophéties, parce qu’elles prendraient
ainsi de l’autorité sur l’homme. Mais est-ce que l’évaluation des prophéties voulait dire un examen oral, ou
simplement de faire attention à ce qui est dit ? De plus, ajoutons que le fait que les femmes parlent, c’est parce
qu’elles veulent être instruites (v. 35). Aussi, il ne s’agit pas ici du rôle de la femme dans l’évaluation des
prophéties. Le verset 29 précise que « les autres jugent » les prophètes. Aussi, puisque les autres sont les chré-
tiens, hommes et femmes de l’église, ces dames étaient également invitées à examiner, comme le dit Paul en
Thessaloniciens, les prophéties (1 Thess. 5.20-21).

11. The Role of Women in the N.T. Church » in Christian Brethren Review Journal n°33, Paternoster, Exeter, 1982 p. 30).

63
Ordre d’obéir à l’autorité des apôtres
........................................................................................
Verset 36 : Est-ce de chez vous que la parole de Dieu est sortie ? Ou est-ce à vous seuls qu’elle est parvenue ?
ἢ ἀφ’ ὑμῶν ὁ λόγος τοῦ θεοῦ ἐξῆλθεν, ἢ εἰς ὑμᾶς
Ou bien de chez vous la parole de Dieu est-elle sortie, ou bien vers vous
μόνους κατήντησεν;
seuls est-elle parvenue ?
........................................................................................
Verset 37 : Si quelqu’un croit être prophète ou inspiré, qu’il reconnaisse que ce que je vous écris est un commandement
du Seigneur.
Εἴ τις δοκεῖ προφήτης εἶναι ἢ πνευματικός,
Si quelqu’un pense un prophète être ou bien un inspiré de l’Esprit,
ιγινωσκέτω ἃ γράφω ὑμῖν ὅτι κυρίου ἐστὶν
qu’il reconnaisse les choses que j’écris à vous du Seigneur il est
ἐντολή·
un commandement.
........................................................................................
Verset 38 : Et si quelqu’un l’ignore, qu’il l’ignore.
εἰ δέ τις ἀγνοεῖ, ἀγνοεῖται [ἀγνοεῖtw].
Si mais quelqu’un ignore il est ignoré.
........................................................................................

Est-ce de chez vous que la parole est sortie ? Ou est-ce à vous seuls qu’elle est parvenue ? Paul rappelle que
l’autorité de la Parole de Dieu et son inspiration était accordée aux apôtres, non aux Corinthiens. Aussi, les
Corinthiens étaient appelés à obéir à Paul, apôtre de Jésus-Christ.
Par les mots de Paul, nous décelons l’orgueil profond des Corinthiens et leur égocentrisme. C’est cette attitude
qui les a conduits à une mauvaise utilisation des dons spirituels.

Accord entre l’Esprit inspirant Paul et celui du prophète. Paul rappelle que l’Esprit qui inspire Paul et inspire
les prophètes est le même. Aussi, dans l’exercice des dons spirituels, l’Esprit est en accord entre l’exercice des
dons spirituels et ce qu’il inspire aux apôtres.

Paul écrit un commandement. Ce qui vient de l’apôtre (qui doit être accepté avec confiance) est plus grand que
ce qui sort du prophète (qui doit être jugé par les autres prophètes). De plus l’ordre dans le culte n’est pas une
suggestion de Paul : c’est un commandement qui découle logiquement du caractère même de Dieu.

Si quelqu’un l’ignore. De quoi parle Paul dans ce verset ? Certainement qu’il s’agit des commandements don-
nés aux versets précédents ou l’ensemble (parler en langues...).

Qu’il l’ignore. De nombreux manuscrits lisent « agnoeitw » (qu’il l’ignore). Deux grands manuscrits (Sin et
A) et quelques autres auteurs anciens lisent « agnoeitai » (qu’il soit ignoré).
Mais on se poser la question : ignoré par qui ? Est-ce par l’Église ? Le contexte fait penché vers l’assemblée,
car le sujet traité est la discipline dans l’Église. Paul veut-il dire ignoré par Dieu ? Cela voudrait dire que Dieu
ne reconnaîtrait pas celui qui l’ignore comme l’un des siens lors du jugement. Mais nous savons que Paul ne
prêche pas la perte de salut. Il est probable qu’il s’agisse simplement de la non-reconnaissance (par Dieu ou
par l’Église) de la qualité de prophète inspiré de cette personne.

64
CONCLUSION DE LA SECONDE PARTIE
(Versets 39-40)

____________________________________________________________________

........................................................................................
Verset 39 : Ainsi donc, frères, aspirez au don de prophétie, et n’empêchez pas de parler en langues.
ὥστε, ἀδελφοί [μου], ζηλοῦτε τὸ προφητεύειν, καὶ τὸ λαλεῖν
De la sorte, frères de moi, soyez zélés pour prophétiser, et le parler
μὴ κωλύετε γλώσσαις·
ne pas empêchez en langues ;
........................................................................................
Verset 40 : Mais que tout se fasse avec bienséance et avec ordre.
πάντα δὲ εὐσχημόνως καὶ κατὰ τάξιν γινέσθω.
tout mais dignement et dans l’ordre que cela se passe.
........................................................................................

Paul résume le chapitre 14 en une phrase : aspirez à la prophétie. Mais en même temps, il ne minimise pas le
parler en langues. Son désir — nous l’avons compris — n’est pas d’empêcher l’exercice des dons spirituels,
mais de le cadrer afin qu’ils se fassent dans l’ordre.
Durant tout le chapitre, Paul rappellera aux Corinthiens que l’exercice des dons spirituels doit se faire avec
dignité et ordre, tout simplement pour imiter celui qu’ils désirent servir : Dieu lui-même.
Terminons par nous souvenir que le parler en langues était propre à une époque. Selon 1 Corinthiens 13.8 à 13,
le parler en langues cessera lorsque le parfait sera venue. Ce parfait est la formation du Canon biblique vers la
fin du 1er siècle. De plus, le signe du parler en langues, c’est-à-dire le jugement contre les Juifs qui ont refusé
leur Messie, a été atteint en 70 ap. J.-C. lorsque les Romains ont détruit Jérusalem et son Temple pour laisser
la place à deux millénaires de diaspora juive.

Si le miraculeux attire tant les chrétiens aujourd’hui, c’est certainement parce la Bible ne suffit plus aux
chrétiens. La doctrine étant abandonnée, les chrétiens cherchent des sensations qu’ils osent attribuer à Dieu !
Osée disait « Mon peuple est détruit, parce qu’il lui manque la connaissance » (Os. 4.6). Que nos expériences
trouvent leur source dans la Bible et non pas dans les sentiments d’une nature pécheresse !

65
BIBLIOGRAPHIE
____________________________________________________________________

Ralph Shallis, Le don de parler diverses langues, (Liginiac, Éditions du C.C.B.P., 1982)
Robert Somerville, La première Épître de Paul aux Corinthiens (Tome  2), (Vaux-Sur-Seine, Éditions de la
Faculté de Théologie évangélique, 2005)
Fernand Legrand, Le signe du parler en langues, (Juriens, Éditions de Bérée, 1990)
G.F. Rendal, Je parle en langues plus que vous tous, (Orbe, Éditions de Bérée)
John F. Walvoord, Roy. B. Zuck, Commentaire Biblique du Chercheur, PARA, 1997
L. Bonnet, Bible Annotée, NT3, Épîtres de Paul, Suisse, 1806
Frédéric Godet, Commentaire sur la première épître aux Corinthiens, Neuchâtel, Éditions de l’Imprimerie
Nouvelle L.-A. Monnier, 1965
William MacDonald, Arthur Farstad, Le Commentaire du disciple de toute la Bible, Suisse, Éditions La Joie
de l’Éternel, 2012
Bible Online
Nouveau Dictionnaire Biblique Online (BibleWorkshop 5.0)

66
67
TABLE DES MATIÈRES

LE PARLER EN LANGUES.......................................................................................................................5

Quelques remarques préliminaires...............................................................................................................7


Où trouve-t-on le parler en langues dans la Bible ?.....................................................................................7
Jésus annonce le « parler en langues »........................................................................................................7
Jésus n’a jamais parlé en langue..................................................................................................................8

Autorité de l’Esprit sur les dons ...................................................................................................................9


C’est le Saint-Esprit qui distribue les dons spirituels..................................................................................9
Le Saint-Esprit se contredit-il ?...................................................................................................................9
En résumé..................................................................................................................................................10

La Signification du parler en langues .........................................................................................................11


Le parler en langues est un signe...............................................................................................................11
Un signe pour qui ?....................................................................................................................................11
Un signe dans quel but ?............................................................................................................................12
En résumé..................................................................................................................................................12

L’exercice du parler en langues ..................................................................................................................13


Quel est le message du parler en langues ?................................................................................................13
Les différentes expressions du parler en langues.......................................................................................13
Une définition du parler en langues...........................................................................................................13
Les « langues » du parler en langues.........................................................................................................13
À qui s’adresse-t-on quand on parle en langues ?......................................................................................16
Objectif du parler en langues, l’édification................................................................................................17
Si le don spirituel est toujours pour l’utilité commune, alors pourquoi parler en langues seul dans sa
chambre ?...................................................................................................................................................18
Un don parmi beaucoup d’autres...............................................................................................................18
Pourquoi Paul limite-t-il l’emploi du parler en langues ?..........................................................................18
En résumé..................................................................................................................................................19

Le parler en langues : jusqu’à quand ? ......................................................................................................20


Analyse de 1 Corinthiens 13.8-13.............................................................................................................20
En résumé..................................................................................................................................................22
Quand cesseront les langues ?....................................................................................................................22
En résumé..................................................................................................................................................24

Un signe du baptême de l’Esprit ? ..............................................................................................................25


Qu’est-ce que le baptême dans l’Esprit ?...................................................................................................25
Le baptême du Saint-Esprit est l’intégration du croyant dans le Corps de Christ.....................................26
Le baptême du Saint-Esprit a précédé l’attribution des charismes............................................................26
Le parler en langues n’est pas le signe de la réception de l’Esprit............................................................26
C’est le Saint-Esprit qui distribue les dons................................................................................................26
Une seconde expérience............................................................................................................................27
Baptême de feu ?........................................................................................................................................27
En résumé..................................................................................................................................................27

Les expériences ne font pas la doctrine ......................................................................................................28


L’expression « Je voudrais que tous ».......................................................................................................28

68
Dieu m’a parlé par une prophétie en langues............................................................................................28
D’autres expériences..................................................................................................................................28
En résumé..................................................................................................................................................29

Pourquoi Paul a-t-il écrit 1 Corinthiens 12 à 14 ? ....................................................................................30


Parler en langues : est-ce un signe de maturité spirituelle ?......................................................................30
Des idolâtres (contexte historique et culture religieuse)............................................................................30
En résumé..................................................................................................................................................31

Conclusion de la première partie ................................................................................................................32

Dix raisons pour ne pas parler en langues .................................................................................................33

1 CORINTHIENS 14...................................................................................................................................34

Comparaisons ...............................................................................................................................................37
Aspirez aux « pneumatikos » (surtout celui de la prophétie)....................................................................37
Comparaison concernant la compréhension..............................................................................................40
Comparaison des objectifs.........................................................................................................................41
Comparaison de valeur..............................................................................................................................42
Comparaison d’utilité................................................................................................................................43

Analogies ......................................................................................................................................................44
Analogie avec les instruments de musique................................................................................................44
Analogie avec les langages........................................................................................................................45
Conclusion > Aspirez aux « pneumatikos »..............................................................................................46
Résumé des caractéristiques du parler en langues et de la prophétie........................................................46

La nécessité de l’interprétation ...................................................................................................................47


Cas pratiques dans l’Église........................................................................................................................48
Réglons quelques problèmes.....................................................................................................................48
Exemple de Paul........................................................................................................................................49

Origine et objectif du parler en langues ...................................................................................................51


Appel à la maturité dans le jugement de l’exercice des dons spirituels....................................................51
La prophétie d’Esaïe..................................................................................................................................51
Un signe.....................................................................................................................................................52

Appel à l’ordre dans l’exercice des dons ....................................................................................................54


Distinction entre les non-croyants et les simples auditeurs.......................................................................54
Le parler en langues est un signe pour les non-croyants...........................................................................57
La prophétie est un signe pour les croyants...............................................................................................58
Ordre dans le culte.....................................................................................................................................58
Raison de l’ordre dans le culte > l’exemple de Dieu.................................................................................61
Ordre de la prise de parole des femmes dans l’assemblée.........................................................................61
Quatre interprétations de l’interdiction pour la femme de parler..............................................................64
Ordre d’obéir à l’autorité des apôtres........................................................................................................65

Conclusion de la seconde partie .................................................................................................................66


Bibliographie ................................................................................................................................................67

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DU MÊME AUTEUR
____________________________________________________________________

 Rendez à Dieu ce qui est à Dieu (les offrandes)


 Les noms de Dieu
 Angélologie, La doctrine des anges
 Joseph, l’Éternel était avec lui
 Le don des guérisons
 Oui, je viens bientôt ! (Eschatologie Générale)
 Je croix (Petite théologie Systématique)
 Organisation de l’église locale

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