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LA CONSECRATION

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« Consacrez-vous aujourd’hui à l’Eternel, même en sacrifiant votre fils et votre


frère, afin qu’il vous accorde aujourd’hui une bénédiction » Exode 32 :29

La racine du terme « consécration » est le verbe « consacrer » qui signifie « mettre à


part ». De ce fait, la consécration est l’acte par lequel une personne ou un objet est mis
à part pour Dieu et Son service dans Sa maison. Cet acte introduit systématiquement
son sujet dans une vie nouvelle dénommée : « vie de consécration ». C’est cette vie qui
constitue le sujet de cet ouvrage.

Origine de la Consécration

Trois ans après la sortie d’Israël d’Egypte, Dieu appela Moise sur le mont Sinaï à
l’effet de lui donner les lois qui devaient régir la communauté israélite ; lui donner en
outre, des instructions pour la construction d’un sanctuaire terrestre appelé Tabernacle,
d’après le modèle du sanctuaire céleste que Dieu lui donna de voir en vision ; où Il
résiderait et serait adoré par le peuple. Et enfin, pour donner à Moise des prescriptions
sur la manière de l’adorer et d’exercer le service dans le sanctuaire.

Relativement au service dans le Tabernacle, Dieu avait besoin d’israélites mis à part à
cet effet et qui s’y consacrerai totalement et entièrement sans mener aucune autre
activité. Pour ce faire, Dieu choisit tous les premiers des enfants d’Israël depuis l’âge
d’un mois et au-dessus.

L’origine de ce choix remonte à l’Egypte. En effet, Dieu avait dit à Moise : « Vers le


milieu de la nuit, je passerai au travers de l’Egypte ; et tous les premiers-nés mourront
dans le pays d’Egypte… ». Remarquons que Dieu n’avait pas dit que tous les
premiers-nés des égyptiens mourraient mais bien « tous les premiers-nés dans le pays
d’Egypte mourront ». Par conséquent, tous les premiers-nés des peuples vivant sur
le territoire d’Egypte étaient concernés par ce décret divin.

Mais, Dieu pour épargner les premiers-nés des hébreux, leur donna un signe : le sang
d’un agneau qu’ils devaient mettre sur le linteau et les deux poteaux de leurs portes
afin que le destructeur n’entre pas dans leurs maisons (Exo 12 :23). Si ce décret eut
concerné uniquement les Egyptiens, Dieu n’aurait pas eu besoin de donner une marque
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de distinction aux juifs avant de les protéger. Tout juif qui, par prétention aurait
enfreint à cette loi, aurait vu son premier-né mourir sous ses yeux comme ceux des
égyptiens. Dieu ne plaisantait pas avec cela. Le seul moyen d’échapper à ce jugement
était d’appliquer le sang de l’agneau et non pas d’être juif de sang.

Les premiers-nés d’Israël devaient tous mourir comme ceux des égyptiens, mais Dieu
dans sa miséricorde, les épargna. Donc ils ne vivent plus pour eux-mêmes mais pour
Dieu. Dieu les a acquis ce jour-là, raison pour laquelle il dit à Moise « consacre-moi
tout premier-né des enfants d’Israël… il m’appartient. » (Exo 13 :2). Ils devaient être
considérés comme morts et vivants pour Dieu.

Il en est de même de tout vrai croyant. Nous devions tous mourir à cause de nos
péchés. C’était la sanction divine « car le salaire du péché, c’est la mort … ». Mais le
Seigneur Jésus-Christ est mort pour nous comme un agneau et Son sang a été rependu
sur nos âmes. Par cet acte rocambolesque nous avons échappé à la mort éternelle. Par
conséquent, si nous avons compris l’Evangile, nous ne devons plus vivre pour nous-
mêmes mais pour le Seigneur qui nous épargna et demeurer dans une vie de
consécration totale et entière.

L’Apôtre des Gentils l’a tellement bien compris qu’il allègue : « J’ai été crucifié avec
Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi » (Gal 2 :20).
Paul a compris que la vie chrétienne commence par la mort (la crucifixion) – car dans
le Royaume de Dieu, on meurt avant de vivre, ce qui est l’inverse dans ce monde où
on vit avant de mourir. La porte d’entrée dans le Royaume de Dieu est la croix,
symbole de la crucifixion – de la mort. Donc il se voyait mort avec Christ donc vivant
pour Christ. C’est le principe fondamental de la foi. Donc quand un croyant n’est pas
mort ou refuse de mourir et prétend avoir la vie, on se demande par quelle porte il est
entré dans la foi – car la seule porte d’entrée : c’est la mort. Paul ne l’a pas dit avec
jactance comme le font plusieurs croyants en pure perte, mais sa vie l’a démontrée en
tout point. Il était le reflet de cette révélation.

Tous les premiers-nés d’Israël appartenaient à Dieu et c’est à eux qu’était destinée la
charge du sanctuaire. Cependant, le Seigneur choisit la tribu de Lévi en remplacement
des premiers-nés. Ce faisant, chaque Lévite devait racheter (à partir d’un mois et plus)
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chaque premier-né des fils d’Israël et comme le nombre des premiers-nés était
supérieur à celui des Lévites, alors les excédents devaient, pour leur rachat payer cinq
sicles chacun selon le sicle du sanctuaire.

C’est de cette manière que les Lévites ont été choisis par Dieu pour le service dans le
Tabernacle. Mais le choix que Dieu porta sur les Lévites ne fut pas arbitraire. C’est
parce que cette tribu s’était déclarée pour Dieu et a combattu contre l’idolâtrie du veau
d’or. Lorsque Moise a constaté l’idolâtrie du veau d’or, il lança un appel à tout Israël
pour laver l’affront, en disant : « A moi ceux qui sont pour l’Eternel ! ». Toutes les
tribus restèrent indifférentes à cet appel solennel à l’exception de la tribu de Lévi. Par-
là, ils se sont rendus dignes de servir Dieu, dans Sa présence (Exo 32 :25-29).

Ils ont été animés du « zèle de l’Eternel » en sacrifiant leurs fils et leurs frères qui
s’étaient plongés dans cette infamie, afin de laver l’opprobre qui avait été causé et
apaiser le cœur de Dieu. Ce jour-là, Dieu fit alliance avec eux et ordonna par la bouche
de Moise qu’ils se consacrassent à Lui pour l’adoration et l’entretien du sanctuaire.

En ces temps, les Lévites étaient au nombre de 22000. Ils étaient scindés en trois
classes que sont : les Guerschomites, les Kehathites et les Merarites. Chaque classe
avait un rôle différent de celui des autres mais axé sur la surveillance, l’entretien
extérieur et le portage du Tabernacle.

Parmi les Lévites, dans la classe des Kehathites, Dieu choisit Aaron et ses fils,
perpétuellement pour être les sacrificateurs du peuple ; c’est-à-dire les représentants
restreints du peuple devant Dieu ; Aaron étant distingué au rang de Souverain
Sacrificateur, en d’autres termes sacrificateur en chef.

Seuls les Sacrificateurs : Aaron et ses fils avaient la caution d’entrer dans le sanctuaire,
au-delà du parvis (le parvis extérieur). Les fils d’Aaron faisaient le service uniquement
dans le lieu Saint alors que Aaron seul avait la permission d’entrer au-delà du voile,
dans le Saint des saints (le lieu Très saint), où il ne pouvait entrer qu’une seule fois
dans l’année pour l’expiation des péchés du peuple. Les sacrificateurs étaient
seulement les descendants d’Aaron. C’étaient des serviteurs de Dieu agissant pour le
compte du peuple comme intermédiaire entre Dieu et celui-ci. Leur mission était
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d’offrir les sacrifices et les parfums, d’enseigner la loi et de consulter Dieu pour le
peuple.

Il est vrai qu’Israël était le peuple de Dieu mais ce sont les Lévites qui Lui étaient
consacrés, les Sacrificateurs l’étaient encore plus que les Lévites et le Souverain
sacrificateur l’était dans une mesure encore plus élevée que celle des sacrificateurs. Ce
qui montre que la Consécration est une profondeur, elle admet des niveaux.

Les Sacrificateurs constituaient la race sainte ; ils vivaient seulement et


uniquement pour Dieu au quotidien, ils étaient entièrement appliqués à leurs
tâches, à l’étude et à l’enseignement de la loi.

Voici ainsi présenté les sacrificateurs et leur vie de consécration pour nous
appréhender ce que c’est que la vie de consécration.

Dans l’Eglise

La mort et la résurrection de notre Seigneur Jésus marque la transition entre la


dispensation mosaïque charnelle et la dispensation de l’Esprit, vu que le voile de
séparation fut déchiré.

Par l’œuvre de la croix, le Seigneur Jésus a fait de tous ceux qui sont nés « d’eau et
d’Esprit », « un royaume, des sacrificateurs pour Dieu son Père… » (Apo 1 :6), « une
race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis » afin que nous
annoncions les vertus de celui qui nous a appelé des ténèbres à son admirable lumière
(I Pi 2 :9).

Tous ceux qui sont nés de nouveau, petits et grands, jeunes ou vieillards, riches et
pauvres, ont été sauvés de la damnation parce que l’Agneau parfait a servi de rançon
pour eux. Par conséquent, ils ont été appelés à ne plus vivre pour eux-mêmes mais
pour celui qui les acquis au prix de son sang. Ils ont été appelés à se consacrer c’est-à-
dire à vivre constamment et journellement pour Dieu et au service de Dieu.

S’il est vrai que la sacrificature a changé, il n’en demeure pas moins que l’esprit est
demeuré intact.

L’esprit de la consécration est :


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« Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute
ta pensée, et de toute ta force » (Marc 12 :30)

« Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge
chaque jour de sa croix, et qu’il me suive » (Luc 9 :23)

La Consécration repose essentiellement sur deux princes inextricables : un amour


parfait pour le Seigneur et un renoncement total à soi-même.

Le Salut et la Consécration vont de pair car le premier entraine inéluctablement le


second. En effet, remarquons que la salvation des premiers-nés des fils d’Israël a
entrainé systématiquement leur consécration. Dieu les a automatiquement réclamés
parce qu’ils étaient considérés comme morts avec ceux d’Egypte et donc vivants pour
Dieu. Et tout contrevenant à cette norme devait être retranché du peuple.

C’est surprenant de constater avec quelle doucereuse componction beaucoup de


croyants chantent leur salut tout en vivant pour eux-mêmes. C’est une aberration!
Cette conception épicurienne de la foi est tout sauf l’Evangile.

Celui qui est réellement régénéré par l’Esprit de vie doit volontairement se consacrer
comme le fit Samuel pendant toute sa vie, depuis sa tendre enfance jusqu’à sa rude
vieillesse. La vie de ce saint prophète était tellement remarquable que par sa prière il
était capable de faire descendre le tonnerre et la pluie dans une saison de sècheresse (I
Sam 12 :16-18). C’est un acte volontaire en reconnaissance à l’immense œuvre que le
Seigneur opéra pour nous. Et à ce sujet Dieu n’appliquera pas la férule à qui que ce
soit.

En revanche, soyons-en certain, les élus de notre génération, les membres de l’Epouse
de Christ ne seront autres que ceux qui auront passés par ce chemin de crucifixion.

Celui qui n’aura pas vécu pour Dieu ici-bas sur terre ne doit pas non plus s’attendre à
vivre auprès de Lui là-haut au ciel.

Celui qui est réellement sauvé, non pas celui qui le prétend par de faux raisonnements,
en trompant son propre cœur, mais qui l’est en vérité doit lui-même se consacrer à
Dieu, esprit, âme et corps.
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L’Ecriture dit : « Consacrez-vous aujourd’hui à l’Eternel… ». Ce n’est pas une


exhortation qui nous est adressée mais un ORDRE. Mais libre à nous d’obéir ou de
nous dérober à cette divine injonction.

La Consécration de l’être

La Consécration concerne l’être tout entier, vu que rien n’est à nous et que tout est à
Dieu. La Parole de Dieu vient comme une épée à double tranchant pour séparer
l’impureté de l’esprit, de l’âme et du corps afin que l’être tout entier soit conservé
irréprochable, lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ (1 Tess 5 :23).

 L’Esprit qui est le siège la conscience de Dieu et de l’entendement doit se plier


devant la Parole de Dieu : « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais
soyez transformés par le renouvellement de l’esprit afin que vous discerniez
quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. » (Rom 12 :2).

L’esprit de l’Homme consacré doit être transformé par la Parole de Dieu. C’est-à-
dire que son entendement – sa compréhension doit s’aligner parfaitement avec la
pensée de Dieu afin qu’il connaisse Sa volonté pour s’y conformer. La volonté de
Dieu est aussi échelonnée : il y a la volonté de Dieu bonne, il y a la volonté de
Dieu agréable et il y a volonté de Dieu parfaite. Chacune de ces volontés de Dieu
correspondent à différents niveaux spirituels, par conséquent à différents niveaux
de consécration et d’obéissance à Dieu. Nous devons croitre dans la volonté de
Dieu. Celui qui est au niveau bon de la volonté de Dieu doit chercher à atteindre le
niveau agréable de la volonté de Dieu et celui qui est au niveau agréable – ce qui
est d’ailleurs excellent, ne doit s’y arrêter mais il doit chercher à atteindre le niveau
parfait de la volonté de Dieu. Car Dieu veut que nous accomplissions sa volonté
parfaite et cette volonté parfaite : c’est Christ Jésus. Donc c’est de lui être
semblable et faire ce qu’il aurait fait à notre place en toute chose – en chaque
circonstance.

 L’Ame étant le domaine de la pensée et le siège des sentiments est régi par ces
paroles : « … que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est
juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite
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l’approbation, tout ce qui est vertueux et digne de louange, soit l’objet de vos
pensées. ». (Phil 4 :8) et « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-
Christ » (Phil 2 :5)

L’Homme consacré ne laissera pas son âme se souiller par des pensées perverses ou
méchantes mais il les réprimera avec violence et fermeté afin de conserver celle-ci
dans la Lumière. Il revêtira en outre, les sentiments d’humilité, de douceur et d’amour.
Et rejettera toute aigreur, tout animosité, tout mépris ; toute sympathie et toute
antipathie issues de la chair. Il veillera à ne laisser aucune racine d’orgueil dans son
âme de peur de devenir ennemie de Dieu.

 Le Corps, agent exécutant de l’être humain est soumis à une discipline


rigoureuse conformément à cette écriture : « Je vous exhorte…, à offrir vos
corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu,… car nous sommes le
temple du Dieu vivant… » (Rom 12 :1/ 2 Cor 6 :6)

Le Seigneur par le truchement de l’apôtre Paul, nous montre clairement que nous ne
nous appartenons point. Ainsi, chacun de nos membres et de nos organes appartient au
Seigneur.

Les yeux

En ce qui concerne les yeux, David dit : « Je ne mettrai rien d’impur devant mes
yeux » (Ps 101 :3). Ce n’est pas en vain que Dieu l’appel « l’homme selon mon
cœur ». Job ajoute : « J’avais fait un pacte avec mes yeux, et je n’aurai pas arrêté mes
regards sur une vierge » (Job 31 :1). C’est à juste titre que Dieu témoigne de sa justice
et de son intégrité devant Satan. Ainsi l’homme consacré ne livrera pas ses yeux aux
choses obscènes ni à « la convoitise des yeux » mais plongera ses regards dans la loi
parfaite, la loi de la liberté ; dans la Parole de Dieu, pour la méditer jour et nuit afin
d’agir conformément à ce qui y est écrit (Jacq 1 :25/ Jos 1 :8), comme Samuel qui « ne
laissa tomber à terre aucune de ses Paroles » (1 Sam 3 :19).

La langue

Relativement à la langue, l’Homme consacré sachant pertinemment que « Celui qui


parle beaucoup ne manque pas de pécher… » (Prov 10 :19) et que « la langue aussi est
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un feu ; c’est le monde de l’iniquité,…souillant tout le corps… ; elle est pleine d’un
venin mortel. » (Jacq 3 :6,8), veillera avec une extrême prudence à « tenir sa langue en
bride ».

Il se gardera hardiment des paroles mensongères ; des paroles grossières, des propos
insensés, ou équivoques, des discours vains qui sont contraires à la bienséance. Mais
ouvrira la bouche pour proclamer les oracles du Seigneur. Sa parole sera toujours
« accompagnée de grâce, assaisonnée de sel » (Col 4 :6), pour encourager le fort,
relever le faible et édifier le Corps de Christ. Il priera sans cesse pour l’Eglise et les
âmes perdues afin que le règne du Seigneur vienne promptement.

Les oreilles

L’Homme consacré aura des oreilles pour entendre la Parole de Dieu. Ses oreilles
seront toujours attentives à la voix de la Sagesse, à la voix du Saint-Esprit en lui et à ce
que l’Esprit dit à l’Eglise de Laodicée. Il se détournera des paroles flatteuses du
Diable, des paroles doucereuses des mauvaises compagnies – car les mauvaises
compagnies corrompent les bonnes mœurs ; et des paroles crasseuses des impies -
détournera l’oreille des paroles calomnieuses, qui rongent comme la gangrène.

Les mains

Pour ce qui est question des mains, la Parole du Seigneur est sans ambiguïté : « que les
hommes prient en tout lieu, en élevant des mains pures… » (2 Tim 2 :8), l’Homme
consacré ne dérobera point, ni ne souillera ses mains par la violence. Il n’aura pas des
mains paresseuses en ce qui concerne les choses d’en-haut mais par des mains
diligentes, il s’amassera des trésors au ciel.

Les pieds

Ses pieds ne marcherons pas sur la voie des méchants, ne s’arrêterons pas sur le
chemin des pécheurs et ne seront point légers au mal. Mais au contraire, il aura des
pieds zélés pour l’Evangile.

La Consécration touche l’esprit avec toutes ses facultés, l’âme avec ses attributs et le
corps avec tous ses organes.
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Il en découle que la Consécration ne consiste pas en paroles, encore moins en des


spéculations métaphysiques mais en une vie profonde en Christ, par Christ et pour
Christ.

Les Saintes Ecritures nous présentent plusieurs cas de Consécration, par lesquels il
apparait clairement que, celui qui est consacré est soumis à un traitement particulier
que Dieu lui impose, et à une discipline spirituelle qu’il s’impose lui-même.

Le traitement particulier de l’Homme consacré

Les prescriptions que Dieu donnait aux personnes consacrées étaient de divers ordres.
Par exemple, le Souverain sacrificateur ne devait pas approcher un mort (Lev 21 :1)
peu importe la personne décédée, Samson et Jean-Baptiste ne devaient jamais toucher
au vin et à aucun autre spiritueux ; et Samson particulièrement ne devait jamais se
couper les cheveux.

Ces ordonnances montrent que celui qui est consacré au Seigneur a un traitement
particulier, différent de ceux qui ne le sont pas. Il est différent de la masse. Les autres
peuvent s’amuser, plaisanter, être légers sur le péché mais lui non. Le Seigneur est
plus dur envers lui et plus regardant sur les moindres motifs de son cœur – même ses
intentions les plus secrètes sont jugées par l’épée à double tranchant de Dieu. Il est
pour Dieu. C’est de cette manière que Dieu veut traiter tous ceux qui sont nés de
nouveau.

L’Homme consacré doit faire passer Dieu et son œuvre avant tout et tout le monde. Il
doit fermer sa bouche au vin et à tout breuvage contenant l’eau-de-vie (l’alcool). Et
enfin, se séparer des choses inutiles.

Aujourd’hui les injonctions de Dieu ne sont pas tous aussi littérales qu’à l’époque
vétérotestamentaire, mais le Saint-Esprit qui nous a été donné, a reçu la mission de
nous conduire « dans toute la vérité », en conséquence, il faut Lui être attentif pour
avoir le traitement nécessaire.

La discipline de l’Homme consacré


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Tous ceux qui ont vécus une vie de consécration remarquable dans l’Ecriture, s’étaient
imposés une discipline spirituelle selon la sagesse que le Seigneur a départi en chacun
d’eux, afin d’être tout entier à Dieu et/ou pour être efficace dans le ministère auquel ils
avaient été appelés.

Le cas de David

David s’était imposé une discipline des yeux qu’il exprime dans le Psaumes 101 :3 «
Je ne mettrai rien d’impur devant mes yeux ». Parce qu’il savait que les yeux sont la
lampe du corps. Mais aussi que le péché commence généralement par les yeux. Pour
preuve, observons quelques cas : « la femme vit (voir au passé simple) que l’arbre était
bon … et agréable à la vue » (Gen 3 :6), « les fils de Dieu virent que les filles des
hommes étaient belles… » (Gen 6 :2). Moise insiste sur les yeux pour enseigner que
c’est cet organe qui perdit Eve et le monde antédiluvien.

David respectait cette discipline et tout allait bien jusqu’à ce qu’un jour, il se permit de
regarder, non que dis-je ? De contempler une femme nue qui se baignait. Dans cette
situation il n’avait pas détourné ses yeux de ce qui est impur, il a payé chèrement les
frais de sa légèreté.

Quel est ce croyant qui veut se consacrer au Seigneur et qui se permet de regarder tout
et n’importe quoi ? Non-sens !

Le cas de Daniel

« Daniel résolut de ne pas se souiller par les mets du roi et de ne pas boire du vin dont
le roi buvait » et demanda qu’on lui « donnât des légumes à manger et de l’eau à
boire » (Dan 1 :8,12) ; et pour entretenir la communion avec son Créateur, « trois fois
par jour, il se mettait à genoux, il priait et il louait son Dieu… » (Dan 6 :10).

Dans les résolutions que prient Daniel, il y a deux symboles qu’il nous faut
comprendre spirituellement pour comprendre leur application à notre vie de croyant. Il
s’agit « des mets du roi » et « le vin du roi ».

« Les mets du roi ». Littéralement, il s’agissait de la copieuse nourriture dont se


nourrissait Nebucadnetsar le roi de Babylone. Spirituellement, c’est la nourriture du
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Diable car Satan est le roi de Babylone – c’est-à-dire du monde. Et sa nourriture, c’est
l’impureté, les plaisirs de la chair et toutes sortes de souillures. La nourriture du
croyant c’est la Parole de Dieu. La Bible la représente par la manne que les hébreux
consommaient dans le désert et par le pain. C’est la nourriture qui entretien l’esprit. Ce
n’est pas seulement sa lecture et son écoute qui fortifient mais surtout son application.
Mais la nourriture du Diable est un poison mortel pour l’esprit.

« Le vin du roi ». Pour comprendre la signification du vin il faut voir dans
Apocalypse 17 :1-2, l’ange qui parlait à Jean lui dit : «… Viens, je te montrerai le
jugement de la grande prostituée qui est assise sur les grandes eaux. C’est avec elle
que les rois de la terre se sont livrés à la débauche, et c’est du vin de sa débauche que
les habitants de la terre se sont enivrés ». Nous voyons que le vin ici symbolise la
débauche. Cette débauche représente les fausses doctrines enseignées par les ouvriers
du Diable déguisés en serviteurs de Dieu – les doctrines de démon. Mais aussi les
courants de pensées anti-christs qui sont distillés partout dans le monde par les médias
et par les fils/filles (les stars : de cinéma, de la mode et de la musique) de la rébellion.
Ce vin est aussi la puissance de Satan – l’onction diabolique caché derrière les plaisirs
du monde et qui rend les hommes esclaves du péché. Le péché a une onction
d’attraction et d’assujettissement, les démons la rependent sur les hommes. Ce sont les
démons qui enseignent les hommes et même les chrétiens, en parlant soit directement
dans leur tête ; et ce fait se manifeste par de faux raisonnements. Soit par leurs adeptes
qui tordent la Parole de Dieu. Le résultat, c’est la mort de la conscience et la mort
spirituelle. N’est-ce pas le même effet que produit le vin naturel par l’état d’ivresse ?

Le deuxième aspect des résolutions de Daniel concernait la prière. Il avait résolu de


prier trois fois par jour – c’était une discipline ferme pour renouveler la présence de
Dieu dans sa vie. Daniel ne priait pas dans n’importe quelle direction, mais toujours
dans la direction de Jérusalem. Car non seulement il se trouvait dans une nation impie
– loin de la terre de ses pères mais en plus le temple qui représentait la gloire d’Israël
était en ruine. Il désirait ardemment la restauration de sa patrie donc pour ne pas
oublier les promesses de Dieu, il priait trois fois par jour en direction de Jérusalem.
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Pour dire que la véritable Consécration est basée sur les promesses de Dieu. Et comme
Daniel on prie en direction de la Jérusalem céleste.

Le cas de Paul

L’Apôtre Paul de son côté décida de ne pas se marier. Cette résolution ne lui avait pas
été imposée par le Seigneur car lui-même pose la question aux corinthiens en
disant : « N’avons-nous pas le droit de mener avec nous une sœur qui soit notre
femme, comme le font les autres apôtres ...? » (1 Cor 9 :5). Pour dire qu’il avait bien
aussi le droit de se marier comme tous les autres. Mais c’est volontairement qu’il ne le
fit pas pour la gloire du Seigneur. Quel est le meilleur cadeau que Dieu a donné à
l’homme à part Jésus, si ce n’est la femme ? Mais Paul préféra s’en priver pour
montrer que la Consécration ne consiste pas seulement à se discipliner vis-à-vis du
péché mais aussi vis-à-vis de choses dont la jouissance est légitime.

La Bible regorge d’une panoplie d’exemples de disciplines spirituelles prises par nos
pères dans la foi.

Ainsi, celui qui est mis à part pour Dieu doit s’imposer une discipline dans sa
conduite, dans ses paroles et dans les activités spirituelles, selon que le Seigneur le
conduit. Il doit se garder de la légèreté et de toute paresse dans l’œuvre de Dieu afin
d’être efficace. Il doit, en outre, fuir les passions et les plaisirs du monde comme une
antilope fuirait un guépard. Beaucoup veulent évoluer spirituellement mais ils n’ont
aucune discipline spirituelle. Ils se laissent facilement entrainer par leurs sentiments,
par leurs sens et par les autres – ils sont facilement influençables. Ils n’ont pas de
fondements spirituels.

La Consécration au service divin

De la même manière que les sacrificateurs étaient consacrés à Dieu pour accomplir des
fonctions dans la tente d’assignation et dans le temple de Salomon, les croyants
doivent en faire de même dans l’Eglise, qui est aujourd’hui le temple de Dieu et le
Corps de Christ.
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Chacun a une tâche à accomplir dans la maison de Dieu car le Seigneur a départi à
chacun des dons différents, des talents et des ministères selon son bon vouloir. De ce
fait, personne ne doit être oisif et indifférent dans la maison du Seigneur.

Chaque membre de l’Eglise a du prix aux yeux du Seigneur et personne n’est inutile.
Les membres sont différents l’un de l’autre comme dans le corps humain et par
conséquent ont des fonctions différentes car le Seigneur ne fait pas de nous des
photocopies mais chacun est un original ; une pierre vivante avec sa taille et sa forme
que le Seigneur prend le soin de façonner pour occuper un espace dans le mur du
Temple-Eglise, pour former tous ensemble un édifice stable.

Remarquons que pour la construction du Temple de Salomon, uniquement des pierres


massives avaient été utilisées et non pas des briques comme ce fut le cas dans la
construction de la Tour de Babel de Nimrod. En effet, les briques sont la reproduction
exacte l’une de l’autre : c’est la religion. C’est-à-dire un état où on cherche à faire
comme l’autre ou ce que l’autre fait – où on veut avoir le même langage « voici, ils
forment un seul peuple et tous ont une même langue » (Gen 11 :6). La liberté de
l’Esprit est obstruée. En revanche, pour celui de Salomon, c’étaient des pierres
naturelles qui, par la suite étaient taillées par les mains habiles des ouvriers commis à
cette tâche. C’est le symbole du Saint-Esprit qui ajuste tous les constituants de sa
maison pour le perfectionnement de l’Eglise. Cet Esprit se manifeste différemment
avec chacun des constituants du Peuple de Dieu mais l’objectif est commun. C’est
pourquoi, l’apôtre Paul dit « à l’un est donné … à l’autre est donné … par le même
Esprit ».

L’apôtre Paul l’illustre parfaitement dans son épitre aux Romains 12 :4-8. Il demande
à ceux qui ont le don de prophétie de l’exercer et à ceux qui ont un ministère ou un
don lié à la Parole (enseignement et exhortation) de s’y attacher, c’est-à-dire de s’y
consacrer. Paul n’utilise pas les mêmes verbes dans ces deux types de service.

Quand il s’agit des dons de l’Esprit stricto sensu, ceux de 1 corinthiens 12 :7-10, il
demande aux porteurs de l’exercer en proportion de la foi. Mais pour les ministères de
Ephésiens 4 :11 (qui sont aussi des dons de l’Esprit mais différents des premiers) et
pour ceux que je me permets d’appeler les dons-paroles (enseignement et exhortation,
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même si les ministères sont aussi des dons-paroles ; mais j’utilise ce terme ici pour les
différencier des dons-ministères), il demande aux porteurs de s’y consacrer. La raison
en est que les dons de l’Esprit et les ministères, n’opèrent pas de la même manière.

Relativement aux dons de l’Esprit

Celui qui porte un don de l’Esprit ne peut pas le manifester quand il le souhaite mais
seulement et uniquement lorsque le Saint-Esprit l’actionne. Il n’a aucune influence
directe sur son don. C’est-à-dire qu’il ne peut pas par l’intelligence améliorer son don.
C’est un canal passif. Mais lorsque le Saint-Esprit actionne le don, le porteur doit
passer à l’action par la foi afin que l’objectif du Seigneur soit atteint ; sinon rien ne se
fera, rien ne se produira. C’est pourquoi Paul dit « que celui qui a le don de prophétie
l’exerce en proportion de la foi ». Ici, le don de prophétie a été pris en exemple, mais
cela est valable pour tous les autres dons. Néanmoins la qualité de leur vie peut
corrompre le don et le rendre soit tranchant ou impuissant. De ce fait, ils doivent
entretenir le don par une vie de sanctification et par la prière à l’effet d’aiguiser le don
et de mieux l’exercer. A ce niveau, il incombe de leur entière responsabilité. Plusieurs
ont des dons mais ne les entretiennent pas par une vie de consécration – par la prière et
le jeûne et le don rouille car l’onction qui y est rattachée s’évapore. Et puis, personne
ne sera récompensé pour le don qu’il aurait manifesté car c’est un DON – il n’y aucun
mérite à avoir un don. Mais la récompense est liée à la qualité de vie du porteur.

Relativement aux ministères

En ce qui concerne les ministères et les autres dons liés à la Parole, les porteurs
doivent s’y consacrer. Par ce qu’ils ont une influence sur la manifestation et la qualité
du don et peuvent l’exercer à tout moment. La qualité du don dépend, il est vrai de
Dieu mais aussi du porteur. Les ministres, contrairement aux porteurs des dons
mentionnés plus-haut sont des canaux actifs. Car l’intelligence intervient dans
l’exercice du don. Ils prêchent selon le bagage biblique et l’ouverture d’esprit qu’ils
ont mais l’inspiration du Saint-Esprit vient pour tout ajuster et répondre aux besoins
spirituels du peuple. Ainsi, pour être habile ils doivent se consacrer à l’étude de la
Parole ; non seulement cela, mais aussi exercer le don fréquemment, de peur que
l’onction qui y est attaché ne s’étiole. Ils doivent se consacrer à leurs ministères : à la
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prédication, à l’enseignement et à l’exhortation. Il est de leur devoir d’assurer un


service de qualité au peuple de Dieu et non un service médiocre et pour cela ils doivent
veiller à s’améliorer dans l’exercice de leur fonction. Cela passe inéluctablement par
des efforts personnels. Par le travail spirituel et intellectuel. Cela est valable pour les
chantres. Les ministres sont très souvent porteurs des dons de l’Esprit et sont donc
polyvalents. Ils sont dans ce cas, à la fois des canaux passifs et actifs donc leur vie de
consécration doit être encore plus profonde.

D’aucuns veulent être d’excellents prédicateurs sans toutefois apprendre pensant que
Dieu Lui-même parlera au-travers de leur bouche lorsqu’ils seront en plein exercice.
On apprend auprès des ministres qui nous dispensent la Parole mais aussi par l’étude
approfondie personnelle des Saintes-Ecritures. Ce défaut entraine beaucoup de
digressions et qui, si elles ne viennent pas du Seigneur peuvent nuire ou détourner
l’attention de l’essence du message. Cela fait aussi qu’ils ne peuvent prêcher que ce
qu’ils ont entendu d’autres prédicateurs – ils n’ont eux-mêmes aucune révélation de la
parole de Dieu. Il est normal pour tout prédicateur de se servir des messages d’autres
prédicateurs, surtout lorsqu’ils sont excellents et oints du Seigneur mais le nerf
névralgique du sermon doit venir directement d’en-haut. Car chaque prédicateur a sa
particularité. Mais attention ! Tout doit se faire dans la soumission aux autorités
établies dans l’Eglise et dans la vision spirituelle donnée par le Seigneur, en toute
humilité, dans l’unique but d’édifier le peuple de Dieu, en vue de la perfection des
saints. Car l’Ecriture dit « Ne déplace pas la borne ancienne, que tes pères ont posée »
(Prov 22 :28). Les Apôtres ont posé le fondement de l’Evangile et personne ne doit y
toucher. Mais dans l’église locale les devanciers constituent les colonnes et doivent
être considérés comme tels pour éviter les déviations et les divisions.

Une chose est de faire l’œuvre de Dieu et une autre est de bien le faire. Une chose est
d’avoir un ministère et une autre est de bien l’exercer. Le tout n’est pas d’avoir un
appel mais d’être habile et efficace. C’est pourquoi les porteurs doivent mener une vie
irréprochable et être enflammés dans la prière pour être revêtus de la puissance d’en-
haut, sans laquelle ils ne pourront jamais être des témoins efficaces comme le Seigneur
le souhaite.
21

Un ministère est un travail. On y applique tout son temps, toute son énergie, toute son
intelligence et tous ses biens.

Tout le monde

Par extrapolation tous les membres du corps de Christ ont obligation de se consacrer à
leur tâche respective selon les capacités dont ils sont dotés (dons de l’Esprit, ministères
et talents), par une vie de sanctification, par l’étude minutieuse de la Parole de Dieu,
par la prière et par l’exercice (l’action).

Paul donne la règle d’or à son bien-aimé fils dans la foi Timothée en
assertant : « Ne néglige pas le don qui est en toi….Occupe-toi de ces choses,
donne-toi tout entier à elles, afin que tes progrès soient évidents pour tous » (1
Tim 4 :14-15).

Celui ou celle qui est consacré à sa tâche fera absolument des progrès visibles dans
l’onction, dans l’habileté et dans le rendement.

Tout le monde devrait être actif vu que chacun sait faire quelque chose, chacun a un
savoir-faire. La sœur Tabitha de l’église de Joppé l’avait bien compris. Même si elle
ne pouvait pas prêcher ou prophétiser, mais au moins elle pouvait coudre des tuniques
pour les orphelins de l’église et s’occuper des veuves. Comme cette sainte sœur était
réellement consacrée au Sauveur, elle mit son savoir-faire, son talent à son service
pour le bien de l’église. Cette femme nous laisse sans excuse. Car il y a tellement de
choses à faire dans la maison du Seigneur que les anges sont surpris de voir tant
d’indifférences et d’amusements dans l’Eglise. Exercer la libéralité (donner), secourir
et intercéder sont tout aussi importants dans la stabilité et la consolidation de l’Eglise.

La place de l’intercession

L’intercession doit faire l’objet d’une attention particulière pour le Peuple de Dieu car
nous sommes avant tout intercesseur.

L’intercession est une tâche qui consiste à prier pour l’œuvre de Dieu et pour les autres
(chrétiens ou païens) selon que nous nous sentons conduit par le Seigneur. C’est l’une
des tâches les plus importantes dans la maison de Dieu et devrait être considérée
21

comme un ministère secret pour celui qui s’y consacre. De la même manière que les
prédicateurs se consacrent à leurs ministères par la prière et par la proclamation de la
Parole, l’intercesseur se consacre à son ministère qui consiste essentiellement à prier
constamment pour les besoins du Seigneur. C’est son travail quotidien et il ne se
donnera aucun repos jusqu’à l’avènement du règne du Seigneur car l’Ecriture
dit : « Pour l’amour de Sion je ne me tairai point, pour l’amour de Jérusalem je ne
prendrai point de repos, jusqu’à ce que son salut paraisse, comme l’aurore, et sa
délivrance, comme un flambeau qui s’allume. » (Esaïe 62 :1) et encore « Sur tes murs,
Jérusalem, j’ai placé des gardes ; ils ne se tairont ni jour ni nuit. Vous qui la rappelez
au souvenir de l’Eternel, point de repos pour vous ! » (v 7). Les gardes sont les
intercesseurs qui ont la responsabilité de prier sans relâche pour la restauration de
l’Eglise et le salut des pécheurs.

C’est malheureux de voir combien de fois l’Eglise manque de véritables intercesseurs,


de personnes entièrement consacrées à cette tâche. Soit parce que le Peuple de Dieu est
distrait, soit parce que tout le monde veut exercer un ministère public pour être vu.

Ce ministère secret est le précurseur de tout réveil spirituel et le Seigneur cherche des
intercesseurs puissants, qui ébranleront le ciel et l’enfer par leurs prières incessantes et
puissantes.

J’exhorte au passage, par les compassions de Christ, tous les membres du Peuple de
Dieu, qui jusqu’à présent ne savent pas quelle œuvre accomplir dans la maison de
Dieu, d’arrêter maintenant de se torturer par des interrogations à n’en point finir. Et de
s’engager dans le ministère de l’intercession, le ministère de la prière comme la
prophétesse Anne de Luc 2 :36-38, qui demeurait continuellement dans le Temple en
prière pour le Messie. Sa prière sauva l’enfant Jésus de l’extermination orchestrée par
Hérode. Dans le secret elle s’est fait connaitre au ciel ; sa récompense sera très grande.

En ces temps de la fin, le Seigneur cherche des intercesseurs excellents et des


prédicateurs puissants.

Les ennemies de la Consécration


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La consécration a trois ennemies opiniâtres : la Paresse, la Négligence et la


Distraction. Ce trio est aussi dévastateur que les grenouilles (esprits impurs)
d’Apocalypse 16 :13.

La paresse

La Consécration est une vie constante devant le Seigneur. Ce n’est pas pendant un
moment de prière ou durant un moment de jeûne qu’on se consacre, comme le croient
malheureusement plusieurs croyants. Mais c’est à chaque instant et pour toujours, en
pensées, en paroles et en actes ; en public comme en secret.

Cependant, la vie de consécration ne s’obtient pas aussi facilement que les galets au
bord d’un cours d’eau. Encore moins aussi aisément que l’air qu’on inspire. Elle ne
s’obtient pas non plus miraculeusement par une effusion de l’Esprit. Car certains
croient qu’ils croisement paisiblement les bras jusqu’à un puissant déferlement de
l’Esprit-Saint sur eux, qui les entrainerait dans une consécration totale comme pour la
force de Samson. Une telle conception est aussi chimérique que la mythologie
grecque.

Mais au contraire, cette vie plus précieuse que l’or périssable, qui cependant est
recherché avec abnégation et obtenu en creusant encore et encore dans les profondeurs
de terre, est bien entendu obtenue avec peine – à force de labeur. Et donc ne saurait
concerner les paresseux. En effet « L’âme du paresseux a des désirs qu’il ne peut
satisfaire ; mais l’âme des hommes diligents sera rassasiée » (Prov 13 :4) surtout que
« Depuis le temps de Jean-Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux est forcé, et
ce sont les violents qui s’en emparent » (Matt 11 :12). Paul renchérit par ces
paroles : « Ayez du zèle, et non de la paresse. Soyez fervents d’esprit. Servez le
Seigneur » (Rom 12 :11). Le Seigneur désire des hommes et des femmes zélés pour la
prière, zélés pour son œuvre et pour les bonnes. Car qui aimerait d’une femme nue
parcourant les rues? Aussi belle soit elle, personne n’oserait s’approcher d’elle ni
même la regarder car on la prendrait pour une folle. Mais c’est par le zèle et le service
qu’on acquiert des vêtements spirituels. Le drame avec Laodicée est qu’elle est zélée
pour le monde et non pour le Seigneur. Par conséquent, elle est nue et le Seigneur ne
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voulant pas épouser une folle cri à minuit : «… Aie donc du zèle et repens-toi » (Apo
3 :19)

La négligence

Après plusieurs années de vicissitudes et d’égarements du royaume de Juda, enfin, 750


ans environ avant J.C, un roi pieux monte sur le trône. Il s’agit d’Ezéchias. Dès la
première année de son règne « il ouvrit les portes de la maison de l’Eternel et les
répara ». En effet, le Temple avait été fermé par son prédécesseur ; et abandonné par
les Lévites et par le peuple. La vraie adoration avait périclité dans ce royaume. Ainsi,
Ezéchias pour restaurer l’adoration, convoqua les Sacrificateurs et les Lévites ; et leur
dit entre autres paroles ce qui suit : « Maintenant, mes fils, cessez d’être négligents ;
car vous avez été choisis par l’Eternel pour vous tenir à son service devant lui, pour
être ses serviteurs, et pour lui offrir des parfums » (2 Ch 29 :11)

La négligence est une attitude de l’âme qui tend à accorder peu d’importance à Dieu et
à son œuvre. Cette disposition démoniaque entraine le mépris pour la Parole de Dieu,
pour Ses admonitions et pour les choses sacrées. N’est pas cette attitude charnelle qui
perdit Esaü et qui par la suite s’en fallu de peu causer la mort de l’un des prophètes les
plus extraordinaires de tous les temps, Moise ? La négligence cause la perte de celui
qui s’y adonne car à elle est attachée indélébilement la malédiction. C’est pourquoi le
saint prophète Jérémie dit avec véhémence : « Maudit soit celui qui fait avec
négligence l’œuvre de l’Eternel… ». N’est-elle pas la source des malédictions et des
blocages que rencontrent plusieurs dans leur vie ? N’est-elle pas la cause du manque
de progrès spirituel de plusieurs chrétiens ? N’êtes-vous pas la victime de ce monstre
hideux ? La négligence se manifeste par le manque de zèle et par la tiédeur, pour ne
citer que ceux-ci. L’Ecriture dit : « le zèle de ta maison me dévore » (Jean 2 :17). Jésus
ne se donna aucun répit avant d’avoir accompli sa mission parce que la terre n’est pas
le lieu de repos des fils de Dieu. Le ciel a été prévu pour se reposer éternellement.
C’est pourquoi Job poussé par l’Esprit de Christ affirme : « Le sort de l’homme sur la
terre est celui d’un soldat… » (Job 7 :1). La terre est un vaste champ où on vient
travailler pour ensuite repartir et rendre compte au Maitre. Mais beaucoup ont oublié
21

leur origine. Ils ont oublié qu’ils viennent du ciel et se comportent comme des fils de
la terre.  

La distraction

Le monde est plongé dans une distraction sans précédente du fait de la modernité.
Toute une atmosphère a été créée pour délasser les hommes, par toutes sortes de
plaisirs visant à leur faire oublier les choses essentielles et par-dessus tout, leur
Créateur. Les hommes n’ont pas le temps de contempler la création (le ciel et la
nature) afin de découvrir l’Etre merveilleux qui est caché derrière ces merveilles qui la
compose. Ils n’ont pas le temps de méditer sur le but de leur vie sur terre. Et c’est
indubitablement le prince des ténèbres qui, par ses artifices a obscurci leur
intelligence. Il les a rendus aveugles pour qu’ils ne vissent pas briller la lumière
éclatante de l’Evangile.

Il est surprenant de voir avec quelle facilité Satan a réussi à plonger dans la distraction
la chrétienté. Des pasteurs y compris. Et ce par les réseaux sociaux (Facebook,
Twitter, Whatsapp, Instagram…) et Internet. Attention à leur usage ! Mais l’instrument
le plus prodigieux dans la distillation de l’immoralité reste et demeure la Télévision.
Le prince des ténèbres, par ces moyens artificieux est en train de détruire les
fondements de la morale, de corrompre les mœurs et de propager la vie des démons
dans le monde, et dans l’Eglise. Tout cela pour entrainer les hommes à la rébellion vis-
à-vis de Dieu comme il le fit, environ un siècle après le Déluge, par la Tour de Babel.

Dans ce contexte effroyable, la consécration apparait comme l’unique moyen pour le


croyant de sauver son âme. Par conséquent, il doit fuir promptement toutes les
distractions du monde comme Joseph, qui prit ses jambes à son cou face aux
sollicitations perverses de la femme de Potiphar.

La Consécration et la distraction ne font pas du tout bon ménage aussi bien que l’eau
et l’huile sont immiscibles. Plusieurs chrétiens, après avoir fait beaucoup d’efforts
dans la prière et dans des jeûnes multipliés pour croitre dans l’onction et se hisser dans
les hauteurs de la spiritualité, pensent après qu’ils peuvent se laisser distraire un peu
par des films, des plaisanteries et des pensées impures. Ils finissent par perdre
21

graduellement la sensibilité de l’Esprit et l’onction qu’ils se sont donnés tant de mal à


acquérir. Ils veulent par la suite bien se sentir, mais ce n’est plus possible. Ils veulent
retourner dans la présence du Dieu Saint, mais ils sentent très tôt le ciel devenu
semblable à de l’airain sur leur tête – Dieu les résiste. C’est ce qui explique en partie le
manque de stabilité de plusieurs dans leur vie de prière.

Voyant l’imminence du retour de notre Seigneur Jésus-Christ et des jugements de Dieu


nous devons racheter le temps car les jours sont mauvais (Eph 5 :16). « Je dis cela dans
votre intérêt ; ce n’est pas pour vous prendre au piège, c’est pour vous porter à ce qui
est bienséant et propre à vous attacher au Seigneur sans distraction. » (1 Cor 7 :35)

En somme, le croyant qui aspire à une vie de consécration comme le Seigneur le


souhaite, doit irréfutablement faire violence sur lui-même, puis donner la priorité à
Dieu et à ses affaires ; et enfin garder son cœur et son esprit de toute distraction.

Les bénédictions attachées à la Consécration

Au niveau spirituel

Dieu ne saurait rester indifférent à une consécration totale et plusieurs illustrations


dans les Saintes Ecritures le démontrent parfaitement.

Abraham, le père de la foi dans la Genèse 15 :12-17 consacra à Dieu une génisse de
trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune
colombe ; qu’il coupa chacun par le milieu excepté les oiseaux, et ce, conformément
aux instructions du Seigneur. « Quand le soleil fut couché, il y eu une obscurité
profonde ; et voici, ce fut une fournaise fumante, et des flammes passèrent entre les
animaux partagés » (v 7).

Dieu agréa son sacrifice et répondit par le feu.

Moise, le prophète par excellence dressa le Tabernacle en joignant toutes ses


composantes ; il y mit chaque ustensile à la place qui lui était destiné, suivant
scrupuleusement les instructions que le Seigneur lui donna. Puis il le consacra « Alors
la nuée couvrit la tente d’assignation, et la gloire de l’Eternel remplit le tabernacle »
(Exode 40 :34)
21

Dieu donna son approbation par Sa gloire qui remplit le Tabernacle.

David, l’homme selon le cœur de Dieu bâtit dans l’aire d’Ornan le Jébusien, un autel à
l’Eternel. Il le fit après la peste de trois jours qui sévit en Israël et offrit sur cet autel
des holocaustes et des sacrifices d’action de grâce. Ensuite « Il invoqua l’Eternel, et
l’Eternel lui répondit par le feu, qui descendit du ciel sur l’autel de l’holocauste » (1
Cor 21 :26)

Dieu répondit par le feu à cette consécration que fit le Roi- Prophète.

Quarante jours après la résurrection du Seigneur Jésus, quelques instants après son
ascension au ciel, ses disciples au nombre de 120, montèrent dans la chambre haute où
ils se consacrèrent à Dieu de tout leur cœur. Au dixième jour de leur consécration qui
coïncida avec celui de la Pentecôte, « Tout à coup, il vint du ciel un bruit comme celui
d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues,
semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se
posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit … » (Actes 2 :1-
4)

Le Seigneur approuva leur consécration par l’effusion du Saint-Esprit.

Le feu qui descendit du ciel pour consumer l’offrande d’Abraham et celui de David,
descendit également à la chambre haute sur les 120 disciples, les remplissant ainsi de
la même gloire qui avait envahi le Tabernacle.

Dieu répond toujours par le feu du Saint-Esprit à la Consécration parfaite.

Dans notre génération, ceux qui seront consacrés comme Dieu veut seront des hommes
puissants en paroles et en actes. Dieu les élèvera et les glorifiera. Ils ont cherché et
servi Dieu de tout leur cœur dans le secret, le Seigneur les révèlera au grand jour soit
sur terre et/ou au ciel.

Le Seigneur Dieu leur donnera le bâton de Moise, le manteau d’Elie, la corne


d’huile de Samuel, le sceptre de fer de Jésus.
21

La vie de consécration a été le secret de la puissance de l’Eglise primitive et demeure


aujourd’hui le seul moyen pour l’Eglise de Laodicée de sortir de sa condition
misérable.

Un réveil éclatera dans notre temps, et il est commun d’entendre dire : « Nous


attendons le réveil ». Une telle allégation est à mon sens inadéquate car un réveil ne
s’attend pas, il se cherche avec ardeur. Et c’est par une vie de consécration
conséquente.

Le réveil viendra lorsque l’holocauste de nos cœurs sera totalement offert sur l’autel de
la croix de Christ.

C’est dans la Consécration que le Seigneur pourra démolir toutes les forteresses des
caractères de démons et construire la belle cité de la vie de Christ en nous. Cité, don
Lui seul est le sage architecte.

Au niveau physique

La Consécration a non seulement les promesses de la vie à venir mais aussi celles de la
vie présente. Jésus a dit : «… Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant
quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle , sa maison, ou ses frères, ou ses
sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple,
présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des
enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle. »
(Marc 10 :29-30)

Le Seigneur n’entendait pas dire par ses saintes paroles, que ceux qui se consacreraient
entièrement à lui deviendraient riches comme l’interprètent fallacieusement les
prédicateurs de Mammon. Mais qu’ils auraient le nécessaire pour vivre heureux sur
cette terre – ils ne manqueraient de rien car le Dieu qu’ils servent pourvoirait à tous
leurs besoins selon sa richesse en Jésus-Christ.

David de son côté ajoute par expérience : « J’ai été jeune, j’ai vieilli ; et je n’ai point
vu le juste abandonné, ni sa postérité mendiant son pain…et Il (l’Eternel) n’abandonne
pas ses fidèles… » (Ps 37 :25,26)
21

Dieu prend soin de tous ceux qui se consacrent à lui sans oublier leur famille. Il les
bénit de la rosée du ciel, de la graisse de la terre ; et le fruit de leurs entrailles est bénit
et leur entreprises prospères. Jamais ils ne seront misérable ni ne manquerons de pain
car Dieu remuera ciel et terre pour eux. Dieu aura toujours une oreille attentive et un
cœur sensible aux désirs de leur cœur. C’est sa promesse – il ne faillira pas. L’histoire
du prophète Elie pendant la famine de trois ans qui frappa de plein fouet Israël,
pendant le règne du roi Achab nous renseigne sur la véracité de ce principe. Pendant ce
temps de disette, plusieurs familles ont péri par la faim et par la soif. Mais ce vieux et
pauvre prophète, caché dans le désert, mangeait à sa faim et buvait à sa soif. Car Dieu
avait commandé aux corbeaux de le nourrir.

Aujourd’hui encore le Seigneur ordonne aux corbeaux, aux hommes, aux


circonstances et aux anges de pourvoir aux besoins de ceux qui Lui sont réellement
consacrés car il est le même hier, aujourd’hui et éternellement.

Diverses paroles

La Consécration est ni plus ni moins la vie que tout chrétien devrait mener. Ce n’est
pas une vie extraordinaire que Dieu nous demande mais la vie normale en Christ.
C’était la vie des apôtres et de l’Eglise primitive. Tous les héros des Ages de l’Eglise
n’ont rien fait d’insolites si ce n’est de se consacrer véritablement au Seigneur. Si
aujourd’hui, elle parait difficile c’est parce qu’il y a une déviation quelque part vis-à-
vis de la doctrine de Christ. C’est aussi parce qu’il y a des dieux étrangers dans le cœur
des croyants. Dans ce contexte, la parole prophétique de notre Age vient pour
accomplir l’ordre de mission de Jérémie : « … je t’établis aujourd’hui sur les nations
et sur les royaumes, pour que tu arraches et que tu abattes, pour que tu ruines et que
détruises, pour que tu bâtisses et que tu plantes. » (Jérémie 1 :10)

L’œuvre du Saint-Esprit est une œuvre de destruction et de construction. Destruction


du vieil homme et des idoles. Construction de la nature de Christ pour une
consécration parfaite.

« Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. »


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Votre bien-aimé frère en Christ Toti Fernand Gires