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Nan Goldin

ou
la photo de famille

«La ligne de partage entre l’art et la vie doit être conservée aussi fluide,
et peut-être indécelable que possible.»

Allan Kaprow
Née en 1953 à Washington D.C, Nancy Goldin voit sa vie boule-
versée lorsque sa soeur aînée se suicide. Elle survit alors en prenant
des photographies, dans le but de ne plus jamais perdre quelqu’un.
La photographie devient pour Nan une lutte contre la disparition, un
moyen d’échapper à la mort, d’immortaliser la vie et ses souvenirs. Nan
inaugure une nouvelle façon de prendre des clichés : sur le vif. Elle
photographie instinctivement « If I want to take a picture, I take it no
matter what », sans se soucier de la lumière, des flous de mouvement :
elle bouleverse les conventions établies.
Ses photographies semblent tirées d’un journal intime rendu pu-
blic, comme un grand album photo de famille, qu’elle exposerait dans
un musée. Des sujets intimes et graves, banals mais marginaux. Les 3
couples, l’amour, la violence, la sexualité, la mort sont autant de sujets
et de moments que Nan capture, sans être immédiatement consciente
de prendre une photographie. Elle ne se résume pas à cela : elle immor-
talise la vie, ses instants dans tout ce qu’ils ont d’instantanés, ses peines
dans tout ce qu’elles ont de cruelles, ses douleurs dans tout ce qu’elles
ont de souffrances, ses plaisirs dans tout ce qu’ils ont de merveilleux.
L’oeil de l’artiste glisse le long des corps. Sensualité, pudeur aussi, Nan
Goldin, jamais vulgaire, capte dans ses photos l’exacerbation de la vie.

Guido Costa, à propos du spectateur face aux photographies de


Nan : « le spectateur doit, jusqu’à un certain point, participer active-
ment à l’élaboration de la photo, en reconstruisant ce qui la précède
et les circonstances dans lesquelles elle a été prise. En d’autres termes,
le spectateur doit, pendant un bref instant, accepter de faire partie de la associés. Il existe en effet des photographes spécialisés dans le monde
large « famille » de Nan Goldin ». de la musique (on peut citer Richard Bellia, Marie-Paule Nègre, Bob
Gruen…) mais les deux n’ont pas souvent été liés. Etant chacun un art
à part entière, l’association de la musique et de la photographie com-
Une vingtaine d’années après The Ballad of the sexual dependency, plexifie l’œuvre. Cependant, ce choix judicieux de Nan sert la narration
Nan Goldin dévoile un nouveau diaporama : Heartbeat. Cette pro- du diaporama.
jection (environ un quart d’heure) se compose en effet de deux-cent La musique va rythmer le passage des photographies, comme un
quarante-cinq diapositives couleurs, dévoilant des couples dans leur souffle, créant une symbiose entre le diaporama et sa bande-son. Nan
intimité. Ce format d’œuvre d’art est inhabituel : davantage utilisé qualifiera la musique de « messe d’amour ». A New-York, au cœur de la
par les amateurs et dans les familles, Nan l’introduit dans les musées No wave, Nan se sent concerné par la musique et le mouvement punk.
comme Duchamp et son urinoir. Il semblerait cependant qu’un artiste Les titres de ses slide-shows sont d’ailleurs inspirés de la musique,
4 comme Dan Graham ai présenté des installations similaires dans les L’opéra de quat’sous de Brecht avec comme morceau Ballade von der 5
années 1960-1970, ce que la plupart des commentateurs de Nan ont sexuellen Hörigkeit pour Ballad of the sexual dependency et lorsqu’elle
occulté, s’attachant à chercher des similitudes uniquement chez les présente le diaporama, c’est en boucle accompagné par les morceaux
photographes antérieurs à l’artiste. Cette oeuvre, comme la précédente, d’Aznavour, Maria Callas ou le Velvet Underground. La rétrospective
est accompagnée en musique : avec « Prayer of the Hearts », morceau qui lui est consacré au Whitney Museum de New York, I’ll be your mir-
hypnotique de Sir John Tavener, interprété par Björk et le Brodsky ror est aussi un titre du Velvet Underground : «Le Velvet a toujours été
Quartet. Tavener, en parlant de Björk : « I’d heard her voice... It was une énorme influence. A 11 ans, je les ai vus en concert à Boston. J’ai
quite a raw, primordial sound, and I was very attracted to this sound... grandi avec l’album à la banane et le magazine Interview. Si j’ai choisi
I thought the way she sang it was quite wonderful, and it couldn’t pos- I’ll be your mirror, c’est à cause du Velvet bien sûr, mais aussi parce
sibly be sung by anybody but her. » qu’un ami m’a écrit récemment qu’il ne s’était jamais vu aussi nettement
« J’ai entendu sa voix, elle sonnait d’une manière très brute, presque que sur l’une de mes photos, que c’était comme un miroir de son âme.
primitive, ce qui m’a immédiatement attiré... J’ai trouvé sa manière de D’une certaine manière, je crois qu’avec mes photos je suis un peu le
chanter magnifique, seule björk pouvait interpréter cette pièce. » miroir de mes amis, de moi-même aussi.»
Nan bouscule les habitudes en mélangeant deux médiums rarement
On sait l’amour de Nan pour le cinéma et c’est sans doute dans le Cassavetes au lieu de Leave It To Beaver (une série populaire de la télé-
7ème art qu’il faut chercher la génèse du slide-show. Elle affirme « J’ai vision américaine sur l’histoire d’une famille suburbaine), j’aurais eu
été très influencée par le cinéma, parce que je n’ai pas pu aller à l’école une vie plus facile. Le film est ce qu’il y a de plus proche d’un rêve
secondaire. Je suis allée au cinéma. J’ai vu tous les films des années éveillé. Aller au cinéma avec quelqu’un est incroyablement intime, c’est
1940 et 1950, tous les films avec Marlène Dietrich, chaque film avec comme partager un rêve. » L’intimité dans laquelle est projetée le spec-
Bette Davies, tous les films avec Barbara Stanwyck, tous les films avec tateur est analogue à celle éprouvée lorsque l’on regarde des photos de
Marilyn Monroe. Puis j’ai vu une énorme quantité de films italiens avec famille. L’atmosphère créée par Nan, à l’aide des flous et des couleurs
Antonioni, De Sica, Pasolini, j’ai été très influencée par Cassavetes. J’ai criardes, nous plonge dans nos propres albums photos, ou séances dia-
aussi été très influencée par Fassbinder et Kieslowski. » A mi-chemin positives en famille. Cet instant saisi au hasard, sur le vif, peu importe
entre la photographie et le cinéma, Nan a trouvé comment relier ces la lumière, semble être le même élan que l’amateur ressent lorsqu’il
deux arts qu’elle apprécie tant. photographie sa famille, ses vacances. Nan photographie beaucoup à
6 Elle accorde également beaucoup d’importance à la musique qu’elle l’instinct, comme un besoin vital à satisfaire : garder l’image de ceux 7
choisit pour illustrer ses slide-shows, mettant parfois en scène des qui partiront un jour.
groupes de musique en live (Ballad of the sexual dependency au festival
Art Rock en juin 2011 mis en musique par The Tiger Lillies ou en 2008
par Patrick Wolf à la Tate de Londres.)
Nan a d’ailleurs réalisé deux films, des documentaires : l’un (avec la Ce n’est pas notre famille, mais au fil des pages, on semble en faire
BBC), consacré à sa vie I’ll be your mirror et l’autre, sur le thème du sida partie. On se raconte l’histoire de ces couples, qui, face à l’objectif, sont
: Ballad at the morgue, un couple, l’un est séropositif, l’autre non. Ce naturels. Invariablement, on les reconnaît au fil des clichés, on voit leur
film n’a été montré qu’à Turin. Elle dira, à la sortie de ce film : « De tous évolution. Nous partageons pendant 15 minutes le quotidien et la vie
les médias artistiques, le film est doté des plus grands pouvoirs pour d’autres personnages.
vous émouvoir et altérer irrévocablement votre perception du monde. Ce partage est rendu possible grâce au talent de la photographe, qui
Les films me permettent de voyager dans la peau d’autres gens et de parvient à instaurer une relation de confiance entre elle et les sujets des
retourner ensuite à moi-même, de façon plus pointue. photographies, elle et les spectateurs, puis les spectateurs et les sujets
« Si j’avais vu quand j’étais enfant Une femme sous influence de John des photographies. En acceptant de faire « partie de la large famille de
Nan Goldin », on éradique la moindre idée de voyeurisme. Il ne peut his book Tulsa? I knew that were precedents for using one’s private
y avoir voyeurisme puisque nous faisons partie de la famille lorsque experiences as art. »
nous visionnons le slide-show. Les couples, liés par un amour et une En effet, leur approche de la photographie semble similaire en cela
confiance aveugle en Nan, partagent leur quotidien avec le spectateur, qu’elle est toujours fondée sur une approche intime des sujets photo-
le kidnappant dans un album de famille coloré, sensuel et chaud. Ainsi, graphiés. A la frontière du journal intime, leur façon très personnelle
la sensibilité liée à l’intime qui se dégage de Heartbeat peut être mise en de s’approprier la photographie les unit. Persuadée de placer ses cli-
relation avec le travail de Larry Clark. chés au-dessus de tout vice, Nan sublime les photographies par l’amour
Ce photographe né en 1943 à Tulsa (Oklahoma) est aujourd’hui qu’elle porte à ses sujets. Comme l’exprime Larry Clark, le but de leurs
compté parmi les photographes incontournables américains. Il ex- photographies n’étaient pas, au départ, la publication. C’était une dé-
plique à propos de son travail : «Un jour, j’ai eu cette sorte de révélation marche intime, presque familiale.
que je pourrais photographier mes amis parce que je n’avais rien vu qui
8 leur ressemble. Nous sortions des années 50 où tout était réprimé et à 9
l’époque, en Amérique, on ne parlait jamais de drogue. Ce n’était pas
censé exister, et pourtant ça existait… C’est un peu comme si je n’avais On en oublie Nan Goldin, discrète derrière son appareil, mais
pas eu mon appareil, c’était du genre « Larry qu’est-ce que tu as fait de témoin immuable du temps qui passe, de la vie qui joue. Le jeu de
ton appareil »… Ça faisait partie de la scène, c’était très organique, on regard est important dans Heartbeat et en général dans l’œuvre de la
ne se posait pas la question de savoir si les photos allaient être montrées photographe. En effet, le regard du sujet est principalement tourné
ou publiées. C’était très intime.» Son premier recueil de photographies, vers l’objectif, à la manière d’un album souvenir. Le sujet regarde le
Tulsa, paraît en 1972. On y découvre la dérive quotidienne qu’il partage photographe droit dans les yeux (droit dans l’objectif), confirmant sa
avec sa bande de copains. Comme Nan, il survivra à nombre d’entre complicité, donnant son accord silencieux, participant à l ‘élaboration
eux, peut-être sauvé par son appareil photo. de la photographie. Il transperce de son regard, touchant Nan, puis les
spectateurs, outrepassant les codes et usages du nu, dans la peinture
Nan dit de lui : « In 1974, I went to school and there was a teacher who notamment, où les modèles posent, rêveurs en évitant le regard du
showed me Larry Clark. It has entirely changed my work. I knew that peintre ou photographe. La pudeur était palpable.
there had been somebody else who had done their own life. You know Nan retravaille le nu, à travers un jeu de regard nouveau.
Elle affirme : «je crois en l’intimité, en la privauté -mais je pense que les Nan réussit à disparaître lorsqu’elle s’immisce dans la vie privée de
gens protègent à tort certaines choses- comme la sexualité et la honte ses modèles, les photographiant jusque dans les moments les plus in-
qui s’y trouve attachée.» times de leur quotidien (Aurèle et Joana par exemple). Elle explique :
Diane Arbus, avant Nan, s’est attachée à photographier des sujets « Parfois je me sens effacée, parfois je sens que je regarde quelque chose
nus, en s’impliquant parfois même physiquement et choisissant ses de magique, si précieux, si tendre et fragile que je ne veux pas le casser
couples sans hasard (un homme noir et une femme blanche, deux de quelque manière que ce soit. Je ne veux pas que ma présence puisse
femmes). Elle racontait qu’elle couchait souvent avec ses sujets, ce qui les gêner ou les interrompre, parfois c’est comme retenir son souffle. »
peut expliquer la forte intimité que l’on ressent en regardant ses photo- Elle se fond dans leur décor, et l’appareil photo devient le témoin sen-
graphies. Diane avait pris des cours de photographies à la New School sible de leurs liens. Ignorants totalement l’appareil ou au contraire, le
for Social Research à New York avec Lisette Model, une photographe fixant comme pour le rendre vivant, les sujets de Nan se positionnent
née en 1901 à Vienne et renommée pour ses portraits. face aux clichés.
10 Cette dernière lui avait conseillé de « casser la distance avec ses mo- 11
dèles ». Ce que Diane Arbus semble avoir pris au pied de la lettre.
Concernant la ressemblance de son travail avec celui de Diane
Arbus, Nan expliquera : « The daughter of Arbus thinks that there is
no connection at all. I think there is some connection, because both On peut noter de grandes différences entre The Ballad of the sexual
of us have an unusual degree of empathy, but it is manifested in a dif- dependency et Heartbeat. Le travail de l’artiste semble mûri et les thèmes
ferent way. She was a photographic genius and I am not a photographic sont différents. Dans son premier slide-show, Nan met en avant la rela-
genius. My genius, if I have any, is in the slideshows, in the narratives. tion avec autrui, le sexe, la drogue, l’homosexualité et les transgenres.
It is not in making perfect images. It is in the groupings of work. It is in La liberté sexuelle que l’on retrouve dans ce diaporama trouve sa fin
relationships I have with other people. ». tragique dans l’apparition du sida. Elle offre la vérité à notre regard,
Pour Nan, une seule photographie ne suffit pas à décrire une per- sans y amener de jugements et sans placer le spectateur sous le sceau du
sonne, elle croit en une compilation de moments, de visages, fidèle à voyeurisme. Elle nous présente les images comme un constat clinique.
une citation qui lui est chère : « Comme chacun de nous était plusieurs, Cette volonté de ne rien cacher, de tout montrer, vient chez Nan de son
ça faisait déjà beaucoup de monde… » de Deleuze et Guattari. aversion pour le mensonge et l’hypocrisie. A la racine de ce dégoût est
la mort de sa soeur et l’attitude de ses parents qui en découla. Le déni Dans Heartbeat, la famille et le couple sont très présents aussi, mais
de ses parents sur la vérité concernant le suicide de Barbara lui laisse sous un autre angle de vue. Il se dégage une douceur de ce slide-show,
une blessure indélébile, et ainsi elle semble s’être promis de ne jamais moins présente dans le premier. De nouveaux thèmes font leur appari-
mentir dans ses photographies : «Très tôt, j’ai eu l’impression que ce tion tels que la filiation, la maternité. Les photographies s’enchaînent,
qui se passait dans ma famille ne correspondait pas nécessairement à en fondu, à quelques secondes d’intervalle. La violence est moins pré-
ce que je voyais à la télé. Il ne fallait surtout pas que les voisins soient sente si ce n’est celle du désir.
au courant, voilà, c’était ça l’état d’esprit à la maison. Et, plus largement, La drogue aussi se fait plus discrète voire inexistante.
dans le pays tout entier. Il fallait tout garder secret.» Nan ne change pas sa façon de photographier, sa manière de transcen-
Elle décrit sans dénoncer, annihilant pourtant le rêve américain, der l’ordinaire, elle s’immisce dans le quotidien et l’ennoblit. Cependant,
grande mascarade fétiche de ses compatriotes. Le milieu underground elle varie sensiblement de sujets, délaissant des motifs qui lui étaient
de New-York lui offre tout ce qu’elle espère : amitié, amour, sexe et chers. Heartbeat est une sorte d’hommage à ses amis disparus, plein
12 drogue, sans faux-semblants. La photographie Jimmy Paulette and de promesses d’amour. Elle s’interroge sur les décors, donnant autant 13
Taboo! undressing illustre bien cette vision, maquillés mais pas entiè- d’importance au grain de la peau, qu’à la texture du papier peint, des
rement vêtus, on comprend la dualité des drag-queens. Ils se livrent draps froissés, l’eau d’une baignoire, les miroirs, les regards... Le dia-
sans rien cacher, Nan dira : «Des gens proches de moi disent que je porama a une teinte baroque. L’intimité est très présente et donne au
leur laisse assez d’espace pour qu’ils s’autorisent plus encore à être eux- travail de Nan un air de photobiographie. Le journal intime traite de
mêmes qu’ils ne croyaient pouvoir le faire.» Les blessures de Nan sont la relation à soi-même tandis que le journal visuel montre le rapport
elles aussi livrées aux yeux des spectateurs, sans artifices. La photogra- aux autres. Sans recours à la mise en scène ou à la fiction, l’artiste se
phie Nan one month after being battered où l’on voit la photographe borne à présenter le récit d’une existence ni plus ni moins intéressante
avec un oeil tuméfié (elle avait risqué de le perdre) nous met face à sa qu’une autre. Il conserve son propre souvenir, dans la continuité des
vérité, sans complaisance. démarches artistiques des années soixantes.
Elle donne au spectateur son constat sur la vie, les relations, la violence. En effet, Nan explore le rapport entre photographie et mise en
images de soi. Sans parler uniquement de ses autoportraits, car la mise
en image de soi est aussi personnifiée par les photographies qu’elle
prend de ses proches. En 1993, Gilles Mora et Claude Mori publient
L’été dernier. Manifeste photobiographique, tentant ainsi de créer une Nan photographie instinctivement, sans se soucier des codes et usages
nouvelle forme artistique, un mélange d’autobiographie et de photo- de la photographie. C’est en cela que son travail pourrait trouver sa place
graphie. Selon Gilles Mora, l’image photobiographique est « un pont parmi des albums photos de famille. Cependant elle livre un témoignage
entre le présent et le déjà-vu, et le contexte du moment photographi- dont la valeur historique et sociologique s’intensifie à mesure que l’on
quement immobilisé ». Nan rejoint cette problématique, invitant son s’éloigne des années soixante-dix. Ce témoignage riche en émotions
autobiographie dans ses photographies, ou ses photographies dans son porte en lui-même le caractère intime, sensible et sensuel qui fait la force
autobiographie. de son travail.

On peut rapprocher ce travail de celui de Sophie Calle. Se définis-


sant comme une «artiste narrative», elle réalise depuis 1979 des instal-
lations à base de photos (souvent noir et blanc) et textes ou de films,
14 sous forme de récits semi-autobiographiques, souvent inspirés d’expé- 15
riences personnelles et de souvenirs.
Comme dans les photographies de Nan, il est difficile de distinguer les
limites entre l’art et la vie de l’artiste. Elles entretiennent cette frontière
ténue, volontairement pour Sophie, involontairement pour Nan. So-
phie Calle affirme ignorer les subtilités techniques de la photographie,
demandant même parfois à des professionnels de faire les clichés dont
elle a besoin. Son travail réside davantage dans la démarche que dans
la photographie en soi. Ce désintérêt pour la technique semble présent
également chez Nan. En effet, ses photographies sont aux antipodes
des canons de l’époque lorsqu’elle débute. L’utilisation de la pellicule
couleur qui peut renvoyer à une pratique grand public, la surexposi-
tion, la sous-exposition, les flashs agressifs, les flous de mouvement, les
mauvaises balances de blanc, les tirages de mauvaise qualité...
SITOGRAPHIE

La vie et la mort dans les photos de Nan Goldin http://www.telerama.fr/scenes/diane-arbus-photographe-ecorchee,


de Silvia Lippi 73735.php
http://girel.supportscours.free.fr/CLA_015_0195.pdf Luc Desbenoit
Consulté le 15 octobre 2011 Télérama n° 3221
Le 20 octobre 2011 à 9h30
Interview de Nan Goldin : Consulté le 5 novembre 2011
http://fototapeta.art.pl/2003/ngie.php
Consulté le 15 octobre 2011 C. DELORY-MOMBERGER (DIR.), PHOTOGRAPHIE
16 ET MISES EN IMAGES DE SOI 17
Marie Bottin , « La critique en dépendance », Parution : 1 novembre 2005.
Études photographiques, 17 | Novembre 2005 , [En ligne], mis en Information publiée le vendredi 6 mai 2005 par Camille Esmein
ligne le 27 août 2008. (source : gérard Laniez)
http://etudesphotographiques.revues.org/index753.html. Consulté le 25 décembre 2011
Consulté le 15 octobre 2011

LARRY CLARK : LE CORPS DU DÉLIT


http://ici-et-ailleurs.org/spip.php?article101
24 novembre 2010 par Philippe Bazin, photographe
Consulté le 30 Octobre 2011
BIBLIOGRAPHIE

Nan Goldin
Guido Costa
Paris, Editions Phaidon 2001

Nan Goldin : journal intime


Christine Macel
Qu’est-ce que la photographie aujourd’hui?
18 — Sous : Figures contemporaines. — P. 106-[109] 19
Paris : Beaux Arts magazine, 2003.

Beaux-Arts Magazine
Spécial photo P. 50-[59]
mensuel N°318 Décembre 2010

Mythologies Personnelles
Isabelle de Maison Rouge Ce document a été achevé d’imprimer le 5 Janvier 2012
Editions Scala 2004 en 2 exemplaire (s)

Les polices utilisées sont Quicksand, Clemente, Minion Pro et Elega


Photographies :
Nan Goldin

The Hug, NYC, 1980,


cibachrome,
Misty and Jimmy
Paulette in a Taxi,
NYC, 1991,
Gilles Arm, 1993
Clemens at Lunch at
Cafe de Sade,
France, 1999
20 Joana and Aurèle, 1999
Guido on the dock, 1998
Jimmy Paulette and
Taboo! undressing,
NYC, 1991
Joana with Valerie and
Reine in the Mirror,
Paris, 1999
Joana’s Back in the Door,
Avignon, 2000
Nan one month after
being battered, 1984
Rise and Monty Kissing,
NYC, 1988