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ACOUSTIQUE

DU BÂTIMENT
Cours
GC3 - Semestre S3

Dr. A.KHALED
Département de G.Civil
ENSAH

2015/2016
Table des matières

1 Notions de base d’acoustique 7


1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Un petit historique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 Le son et le bruit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4 Fréquence d’un son . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.5 Vitesse du son . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.6 Périodicité spatiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.7 Pression acoustique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.8 Puissance et Intensité acoustique . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.9 Niveaux sonores. Le Décibel (dB) . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.10 Onde plane, onde sphérique et front d’onde . . . . . . . . . . . 20
1.11 Impédance Acoustique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.12 Équation de propagation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.13 Coefficient de réflexion R et de transmission T . . . . . . . . . 22

2 Acoustique des salles 24


2.1 Définitions importantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.1.1 Bruits aériens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.1.2 Bruits solidiens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.1.3 Isolation et correction acoustique . . . . . . . . . . . . 26

2
2.2 Conservation de l’énergie acoustique . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.3 Correction acoustique des salles . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.3.1 Réverbération sonore . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.3.2 Correction acoustique : Utilisation des résonateurs . . . 31
2.3.3 Isolation acoustique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.3.4 Association de parois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.4 Réglementation Acoustique : Normes Européennes . . . . . . . 37
2.4.1 Isolation aux bruits aériens . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.5 Quelques solutions techniques d’isolation . . . . . . . . . . . . 38
2.5.1 Isolement aux bruits d’impacts . . . . . . . . . . . . . 38
2.5.2 Isolement aux bruits d’équipements : Plomberie . . . . 40

Annexe 44

Bibliographie 46

3
Table des figures

1.1 Mesure de la vitesse du son sous l’eau par Colladon et Sturm


sur le Lac de Genève en 1826. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2 Évolution temporelle de la pression . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3 Transmission de vibration plaque-air environnant . . . . . . . 10
1.4 Onde de compression-dilatation . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.5 Onde longitudinale dans le sens de propagation . . . . . . . . 11
1.6 Onde transversale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.7 Variation de la pression acoustique en fonction du temps . . . 12
1.8 A : Longueur d’onde. B : Oscillation avec une période T de
1ms, soit 1000 oscillations par seconde, f= 1000 Hz. . . . . . . 13
1.9 Propagation d’une onde sphérique . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.10 Réflexion et transmission par une interface . . . . . . . . . . . 22

2.1 Différents types de bruits dans un bâtiment collectif . . . . . . 25


2.2 Propagation acoustique par une paroi simple . . . . . . . . . . 27
2.3 Réverbération sonore avec et sans absorbant . . . . . . . . . . 28
2.4 Réverbération sonore dans une salle . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.5 Champ sonore : son direct et réverbéré . . . . . . . . . . . . . 29
2.6 Définition de la durée de réverbération à partir d’une mesure
directe faite par un sonomètre . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.7 Différents types de panneaux de mousse . . . . . . . . . . . . 31

4
2.8 Exemple de panneau rigide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.9 Résonateur d’Helmholtz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.10 Exemple de résonateurs perforés dans le mur . . . . . . . . . . 33
2.11 Résonateur poreux : effet de frottement . . . . . . . . . . . . . 34
2.12 Transmission sonore entre deux salles adjacentes . . . . . . . . 35
2.13 Isolation par revêtement du sol . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.14 Isolation : faux plafond . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.15 Dalle flottante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2.16 Isolation : Raccord flexible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.17 Isolation : support de fixation . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.18 Bruits aérien et d’impact causés par la chute d’eau . . . . . . 42
2.19 Désolidarisation d’une baignoire . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
2.20 Plaques d’amortissement du bruit rayonné . . . . . . . . . . . 43
21 Coupe transversale du système auditif . . . . . . . . . . . . . 44
22 Cochlée ou limaçon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45

5
Liste des tableaux

1.1 Les différentes gammes de fréquences . . . . . . . . . . . . . . 12


1.2 Vitesses du son dans l’air en fonction de la température . . . . 13
1.3 Différence de niveaux sonores et corrections correspondantes . 18

2.1 Coefficient d’absorption selon le matériaux d’isolation . . . . . 27


2.2 Isolement acoustique standardisé pondéré au bruit aérien vis
à vis des bruits intérieurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.3 Isolement acoustique standardisé aux bruits d’équipement . . 38

6
Chapitre 1

Notions de base d’acoustique

1.1 Introduction
L’acoustique est la branche de la physique qui a pour objet l’étude des
phénomènes sonores. Le son est le nom que l’on donne à toutes sensations
auditives dues à l’arrivée sur l’oreille d’une onde dont la fréquence est com-
prise entre 20 Hz et 20.000 Hz. Cette plage spectrale délimite, dans le champ
plus général de la physique des mondes mécaniques dans un milieu continu,
le domaine d’application de l’acoustique. Au dessous des 20 Hz se trouve les
infrasons et au dessus des 20.000 Hz se trouvent les ultrasons.
En architecture, l’acoustique est utilisée pour la conception d’enceintes douées
de qualités acoustiques déterminées. Par exemple, les salles d’audition doivent
posséder un temps de réverbération optimal. Elle sert également à amélio-
rer l’isolation phonique des bâtiments. Ainsi, des matériaux nouveaux et des
structures toutes aussi nouvelles ont vu le jour grâce à des recherches pous-
sées dans ce domaine.
L’acoustique englobe aussi bien les aspects physiques que ceux physiolo-
giques, c’est à dire, ceux en relation avec l’ouïe. Chacune des grandeurs
physiologiques est définie à partir de grandeurs et de phénomènes physiques.

1.2 Un petit historique


≺ On ne connaît bien une science que lorsqu’on en connaît l’histoire 
August Comte, Introduction au cours de philosophie positive

7
Les premières études des phénomènes sonores remontent à la Grèce Antique.
Pythagore (né vers 580 et mort vers 490 av. J.C) et ses disciples réalisent les
premières expériences sur les cordes vibrantes, et ils remarquent l’existence
d’un lien entre la longueur de la corde, sa tension et la note qu’elle produit.
Ils considéraient le monde comme une Harmonie Universelle, exprimant ainsi
que l’univers est une musique comme le déclarait Hermès : la musique est la
connaissance de l’ordre des choses.
Aristote (384-322 av. JC) et Chrysippe (240 av. JC) sont parmi les pre-
miers qui avaient émis l’hypothèse, le son est une onde provenant du
mouvement d’un corps et transmise par un mouvement de l’air. Cette
hypothèse provient de l’observation des vagues : une onde est une va-
riation "oscillante" d’un milieu qui part d’une source et est transmise
tout le long d’une distance de propagation.
Au 16me siècle, Galilée (1564-1624),établit les relations entre la hauteur
d’un son, la longueur de la corde vibrante émettant ce même son et le
nombre de vibrations par seconde de la corde.
Au 17me siècle, Huygens interprète les phénomènes sonores et lumineux en
terme d’onde.
Au 19me siècle, Fourier (1768-1830) permet une meilleure compréhension de
la théorie de l’audition grâce à sa décomposition des fonctions pério-
diques. Ensuite, Helmholtz (1821-1894) développe la théorie de l’acous-
tique.
Rayleigh (1824-1919) publie un livre en 1877, intitulé La théorie du son qui
reste toujours un livre de base en acoustique.

1.3 Le son et le bruit


Le son correspond à une vibration d’un milieu mécanique (fluide, solide)
qui se propage dans le temps et dans l’espace avec une célérité (vitesse) notée
c, dépendant du milieu de propagation. Il est produit par une source sonore
(cloche, haut-parleur, voix, instrument de musique, frottement, etc.) et, sa
propagation nécessite un milieu matériel (eau, air, métaux, etc.)

8
Figure 1.1 – Mesure de la vitesse du son sous l’eau par Colladon et Sturm
sur le Lac de Genève en 1826.

Un bruit, dans la vie courante, le terme de bruit fait référence à un son


gênant (cf Norme [NFS30001] : "Un bruit est un phénomène acoustique pro-
duisant une sensation auditive considérée comme désagréable ou gênante (in-
tensité, facteurs culturels, psychologiques...)"). Cependant, en acoustique, un
bruit est une vibration aléatoire. Dans ce cas, l’évolution temporelle de la
pression ne présente aucune périodicité. Un événement sonore résulte de la

Figure 1.2 – Évolution temporelle de la pression

mise en vibration des molécules d’air autour d’une position initiale. Le son a
besoin d’un milieu pour se propager, c’est pour quoi il ne peut pas se propager
dans le vide. Afin de mettre en vibration les molécules d’air, il est nécessaire
qu’une structure entre en contact avec ces molécules, se mette en vibration
et transmette ses vibrations. La molécule au contact de la structure se met

9
alors en vibration puis transmet ses vibrations aux molécules voisines et ainsi
de suite (Fig 1.3). C’est ainsi que le son se transmet à l’environnement. Ce
processus est appelé une onde acoustique, ou ondes sonore. (Rappel : une
onde est une vibration dont l’amplitude est une fonction du temps et/ou de
l’espace).

Figure 1.3 – Transmission de vibration plaque-air environnant

Figure 1.4 – Onde de compression-dilatation

Une onde acoustique peut se propager dans différents milieux de propagation


(air, eau, métal...). Notre oreille perçoit les sons résultant de cette onde. On
distingue deux types d’ondes selon le milieu de propagation :

10
– Dans les fluides (air, eau,...), les ondes sont de type longitudinales : le
mouvement des particules s’effectue dans le sens de la propagation.

Figure 1.5 – Onde longitudinale dans le sens de propagation

– Dans les solides, la présence de forces de cisaillement dues à la struc-


ture microscopique de ces éléments entraîne des ondes transversales,
s’ajoutant aux ondes longitudinales.

Figure 1.6 – Onde transversale

Quand cette onde arrive à l’oreille, le son est alors perçu. Le son a deux
caractéristiques essentielles :
♠ sa fréquence,
♠ sa pression acoustique.

1.4 Fréquence d’un son


En un point donné de l’onde acoustique, la pression de l’air oscille autour
de la pression atmosphérique un certain nombre de fois par seconde.
Ce nombre d’oscillations par seconde définit la fréquence (ou hauteur) d’un
son, exprimée en Hertz (Hz) :

1Hz = 1s−1 (1.1)

11
Figure 1.7 – Variation de la pression acoustique en fonction du temps

L’oreille est sensible aux sons entre 20 et 20000 Hz (voir tableau 1.2).

<20 Hz 20 à 500 Hz 500 à 2000 Hz 2000 à 20.000 Hz >20.000 Hz


Infrasons Basses Médiums Aigus Ultrasons

Table 1.1 – Les différentes gammes de fréquences

On distingue plusieurs classes de sons en fonction de leur contenu fréquentiel :


Les sons purs : p(t) varie de façon sinusoïdale, à une fréquence f. Un son
pur ne contient donc qu’une seule fréquence.
Les sons périodiques : le signal temporel est périodique. En fréquence,
on peut d’écrire le signal comme la somme de différentes fréquences
(somme de plusieurs sons purs).
Les sons non périodiques : si le signal n’est pas constitué d’un motif qui
se répète, on dit qu’il est non périodique. Cela concerne par exemple
les bruits d’impact.

1.5 Vitesse du son


La vitesse du son, généralement notée c0 , dépend du milieu de propaga-
tion, ainsi que de l’état de ce milieu. Dans l’air, la vitesse de propagation
dépend principalement de la température (tableau 1.2) ; on a approximati-
vement :

12

c0 = 20, 05 T (1.2)

où T est la température en Kelvin (1C ◦ = 272K).

Température [C ◦ ] c0 [m.s−1 ]
-10 325.2
0 331.4
10 337.3
20 343.2
30 349.0

Table 1.2 – Vitesses du son dans l’air en fonction de la température

Note très importante : Dans les solides, les deux types d’ondes (longitu-
dinales (L) et transversales (T)) ont des vitesses différentes.

1.6 Périodicité spatiale


Lors de sa propagation, l’onde transporte à son passage d’un point P1 à
un autre P2 un état vibratoire du milieu matériel. Le déplacement effectué
par le son, en une période correspond à une longueur d’onde, notée λ, son
unité est le mètre (m). Cette dernière est la distance qui sépare deux points
qui ont, à chaque instant, le même état vibratoire (fig.1.8.A). On a :

Figure 1.8 – A : Longueur d’onde. B : Oscillation avec une période T de


1ms, soit 1000 oscillations par seconde, f= 1000 Hz.

λ=c·T (1.3)

13
T est la période, son unité est la seconde (s) (fig.1.8.B ). On a :
1
T (s) = (1.4)
f
La pulsation, notée ω est reliée à la fréquence f par ω = 2π ∗ f . L’unité
de la pulsation est le rad.s−1 . On utilise parfois la pulsation plutôt que la
fréquence pour des raisons pratiques, mais elles différent uniquement par un
facteur 2π. Le nombre d’ondes, note k, est définit par :
ω 2π
k= = (1.5)
c0 λ
L’unité du nombre d’ondes est le mètre (m). On peut aussi l’exprimer sous
la forme :
2πf
k= (1.6)
c0

1.7 Pression acoustique


La propagation d’une onde sonore dans un milieu se traduit par l’exis-
tence dune pression acoustique Pac qui s’ajoute à la pression atmosphérique
(pression statique), on écrit :

Ptot = Patm + Pac (1.7)

où Pac est la pression acoustique. L’oreille n’est sensible qu’aux fluctua-


tions de pression, c’est-a-dire a Pac . Les ordres de grandeurs de Patm et Pac
sont très différents : la pression statique est Patm (sous conditions atmosphé-
riques classiques) égales a 1.013105 P a, alors que les fluctuations acoustiques
dépassent rarement quelques dizaines de P a. Si on considère une source so-
nore, vibrant de façon sinusoïdale, à une fréquence f, la pression acoustique,
en un point quelconque M du champ sonore (espace entourant la source) est
une fonction sinusoïdale du temps de même fréquence. On écrit :

Pac (t) = pmax sin(ωt + ϕ) (1.8)

pmax : amplitude maximale de la pression acoustique. Rappelons la définition


générale de la valeur efficace d’un signal :
Z t2
2 1
pef f = p2 dt (1.9)
t2 − t1 t1

14
Dans le cas d’un son pur (une seule fréquence), on montre que la pression
efficace est :
pmax
pef f = √ (1.10)
2
On exprime alors la pression acoustique par :

Pac (t) = pef f 2sin(ωt + ϕ) (1.11)

ϕ : le déphasage entre la source sonore et la vibration au point M, ces deux


points sont séparés par une distance d de sorte que l’état vibratoire de la
d
source met un certain délai 4t pour atteindre M : = 4t
c

Remarque :
– Au voisinage de la source sonore, à l’instant t : Pac (t) = pmax sin(ωt)
– Au point M, à un instant 4t plus tard : Pac (t) = pmax sinω(t + 4t)
On en déduit :
2π d 2πd
ϕ = ω4t ⇔ ϕ= ⇒ ϕ= (1.12)
T c λ

Seuils d’audition et de douleur

Le seuil d’audition correspond au son le plus faible (en intensité) que


l’oreille est capable de percevoir. La pression acoustique correspondante vaut
1000Hz :
p0 = 2.10−5 P a (1.13)
Cette pression est appelée pression de référence. Elle correspond à une vi-
bration du tympan (voir annexe A) d’environ 0, 3.10−10 m.
Le seuil de douleur correspond à la pression acoustique d’intensité maximale
que l’oreille peut supporter sans être endommagée :

pdouleur = 20P a (1.14)

1.8 Puissance et Intensité acoustique


La puissance mesure la quantité d’énergie par unité de temps transportée
par l’onde sonore à travers une surface donnée. Bien sûr, elle dépend des

15
paramètres de l’onde, période et amplitude, mais également des caractéris-
tiques du milieu traversé, masse volumique et vitesse du son. Son expression
est :
2 (2πf )2
W = ρA c0 S W att[W ] (1.15)
2
où S est la surface traversée,A l’amplitude et c0 la vitesse du son
L’oreille présente une surface de réception qui ne laisse pénétrer qu’une petite
quantité de la puissance rayonnée par une source. L’emploi de l’intensité,
pour mesurer la puissance perçue par l’oreille, est alors plus commode. Cette
grandeur n’est autre que la puissance par unité de surface. Son expression
est obtenue en supprimant S dans la formule :

W (2πf )2
I= = ρA2 c0 [W.m−2 ] (1.16)
S 2
Seuils d’audition et de douleur La fréquence seuil ou de référence à partir de
laquelle l’oreille humaine commence à percevoir est choisie conventionnelle-
ment pour 1kHz. L’intensité correspondante appelée intensité de référence
I0 :
I0 = 10−12 [W.m−2 ] (1.17)
La puissance de référence W0 correspond à I0 :

W0 = 10−12 [W ] (1.18)

1.9 Niveaux sonores. Le Décibel (dB)


Le décibel (dB) est une mesure du rapport entre deux valeurs. Il est très
utilise dans des domaines comme l’acoustique, la physique et l’électronique.
C’est une unité sans dimension, comme le pourcentage. Le niveau de pression
(pressure level Lp) acoustique en dB est exprime par :

p2ef f
Lp = 10Log( ) (1.19)
p20

p0 : pression de référence, p0 = 20µP a

♣ Pourquoi utilise-t-on les décibels ?


♣ Réponse : Il y a deux raisons principales :

16
Erstens, pour une raison pratique. Les pressions acoustiques tolérées par
l’oreille humaine couvrent une large étendue. Du son le plus faible (seuil
d’audibilité, typiquement 10−5 P a) au son le plus fort (seuil de douleur,
typiquement 20P a) il y a un rapport de 106 . L’intérêt d’une échelle
logarithmique est de compresser la gamme de valeurs utilisées. Ainsi
du son le plus faible (0dB) au son le plus fort (120dB), on reste dans
un intervalle réduit plus simple à manipuler.
Zweitens, pour des raisons physiologiques : l’échelle logarithmique est plus
proche du ressenti que l’échelle linéaire :1dB correspond à la plus petite
variation détectable par l’oreille humaine.
De même on peut définir des niveaux d’intensité acoustique et de puissance
acoustique sous cette forme :
 
I
LI = 10Log (1.20)
I0
 
W
LW = 10Log (1.21)
W0
♣ Addition de niveaux sonores :
Si nous avons ”n” sources sonores qui ne sont pas corrélées (il n’y a pas de
phénomènes d’interférence entre les différents signaux ; les sources n’ont pas
de liaison harmonique entre elles), nous avons alors pour le niveau résultant :
 Lp1 Lp2 Lpn

LI = 10Log 10 10 + 10 10 + ... + 10 10 (1.22)

Exemples :
– Deux sources de 50 dB produisent un niveau sonore résultant de 53
dB.
– Une seule source de 40 dB et une autre de 50 dB donnent un niveau
de pression sonore résultant de (environ) 50 dB.

17
Différence entre 2 Correction à ajouté au Différence entre 2 Correction à ajouté au
niveaux sonores niveau le plus élevé niveaux sonores niveau le plus élevé
0 3 7 0.78
0.5 2.54 8 0.63
1 2.32 9 0.51
1.5 2.12 10 0.41
2 1.94 12 0.27
3 1.74 14 0.17
4 1.45 16 0.11
5 1.2 18 0.07
6 0.97 20 0.05

Table 1.3 – Différence de niveaux sonores et corrections correspondantes

♣ Soustraction de deux niveaux sonores :


On procède de la même façon lorsqu’on désire soustraire 2 niveaux sonores.
Supposons, par exemple, que l’on connaît le niveau sonore L1 produit par une
machine à laver. La mesure du bruit dans un local est celle du bruit de fond
qui est la résultante LR de tous les bruits émis. Si l’on veut alors connaître
le niveau sonore L2 sans la machine il faut appliquer la formule :
 LR L1

L2 = 10Log 10 10 − 10 10 (1.23)

♣ Relations entre les niveaux LI , LP , LW :

LP et LI : Dans le cas d’ondes planes en milieu extérieur, la relation entre la


pression efficace et l’intensité efficace est :

p2ef f
Ief f = (1.24)
ρ 0 · c0
La relation entre les niveaux LI et Lp est donc simple dans ce cas là.
 2 
pef f
   
Ief f pef f
LI = 10Log = 10Log = 20Log √
I0 ρ0 c0 I0 ρ0 c0 I0
or, p √
ρ0 c0 I0 = 400 · 10−12 = 2 · 10−5 = p0 .
on trouve donc :
Lp = LI (1.25)

18
Noter Bien : La plupart du temps on ne considère que des ondes du type
onde plane (on se place suffisamment loin des sources pour être localement
dans ce cas), la relation Lp = LI est donc générale. Cependant en milieu clos,
cette relation cesse d’être vraie à cause du champ réverbéré (Cf. Chapitre II).

Lp = LI :
On a vu dans la définition d’un plan d’onde sphérique, que lorsque on se situe
à une distance très supérieure à la longueur d’onde acoustique, on pouvait
considérer localement la surface d’onde comme plane. De plus, nous avons vu
dans la définition de la puissance acoustique d’une source d’ondes sphériques
la relation entre I et W. Nous pouvons donc en déduire la relation entre les
niveaux LI et LW .

Ief f · 4πr2 4πr2 I0


       
Wef f Ief f
LW = 10Log = 10Log = 10Log +10Log
W0 QW0 I0 QW0
W0
Si on note r02 le rapport (r0 = 1m), on obtient :
I0
 
 Q 
LI = LW + 10Log  (1.26)
 
 2 
 r 

r0
où Q est le facteur de directivité, définit comme étant le rapport entre l’in-
tensité dans cette direction sur l’intensité moyenne sur la sphere de rayon r.
I
Q= (1.27)
Imoy
Pour une onde sphérique :
I
Q= (1.28)
W/4πr2
Pour la pression, on obtient :
WQ
p2 (M ) = Iρ0 c0 = ρ0 c0 (1.29)
4πr2
On appelle source omnidirectionnelle une source acoustique dont le facteur
de directivité Q est égal à 1 dans toute les directions. La source rayonne la
même quantité énergie dans toutes les directions.

19
1.10 Onde plane, onde sphérique et front d’onde
Les sources sonores produisent le plus généralement ce qu’on appelle une
ondes sphérique. Il s’agit d’une onde qui se propage en trois dimensions que
l’on peut se représenter, en deux dimensions, par l’onde créée lorsque l’on
jette un caillou dans l’eau (des vagues "circulaires" se forment autour du
point d’impact puis se propagent vers l’extérieur). Loin de la source sonore,
cette onde devient une onde plane, de la même façon que la vague devient
plane loin du point d’impact. On considère généralement qu’une source sonore
émet tant une onde sphérique, dans un milieu homogène et libre, peut être
considérée comme plane après 2 ou 3 mètres.
On définit le front d’onde, la surface virtuelle d’un champ sonore sur laquelle
tous les points vibrent en phase.

Figure 1.9 – Propagation d’une onde sphérique

1.11 Impédance Acoustique


L’impédance acoustique caractérise la résistance d’un milieu au passage
du son. Rapport entre la pression acoustique et la vitesse de déplacement v
des particules dans le milieu.
P
Z= (1.30)
v
Dans le cas d’un espace illimité, au produit de la masse volumique du maté-
riau ρ par la vitesse du son c dans ce même matériau : Z = ρ · c avec :

20
ρ : densité volumique du milieu de propagation (kg/m3 )
c : vitesse ou célérité dans le milieu (m/s)
Z : Impédance (P a · s/m) ou (M Ra)

1.12 Équation de propagation


L’acoustique se base sur différentes lois fondamentales. Ces dernières sont
la Conservation de la masse, l’équation d’Euler, et l’équation d’état. En se
plaçant dans le cadre de l’approximation linéaire, sans aucune source et pour
un fluide adiabatique ces relations s’écrivent :

♣ La conservation de la masse :
∂ρ
+ ρ0 div(→

u)=0 (1.31)
∂t
♣ Équation d’Euler :
∂→
−u −−→
ρ0 + grad(p) = 0 (1.32)
∂t
♣ Équation d’état :
p = ρc20 (1.33)
En manipulant ces différentes équations on obtient l’équation de propagation
ainsi :
À l’aide de l’équation (1.33) on remplace l’expression de ρ dans (1.30) :
1 ∂p
2
+ ρ0 div(→

u)=0
c0 ∂t
puis il suffit de faire la divergence de l’équation (1.32) (div(1.32)) :
∂→
−  →
∂− ∂div(→−
  
u −−→ u −−→  u)
div ρ0 + grad(p) = ρ0 div +div grad(p) = ρ0 +∆p = 0
∂t ∂t ∂t
Dérivons maintenant par rapport au temps l’équation (1.30) :
1 ∂ 2p
 
∂ 1 ∂p →
− ∂
2
+ ρ0 div( u ) = 2
+ ρ 0 div(→

u)=0
∂t c0 ∂t c0 ∂t2 ∂t
L’équation de propagation (équation d’onde) est de la forme suivante :
1 ∂ 2p
∆p − =0 (1.34)
c20 ∂t2

21
1.13 Coefficient de réflexion R et de transmis-
sion T
On suppose l’onde plane, de direction de propagation perpendiculaire au
plan du dioptre (c’est-à-dire à la surface de séparation des deux milieux). Le
premier milieu possède une impédance acoustique spécifique Z1 = ρ1 c1 et le
deuxième une impédance acoustique spécifique Z2 = ρ2 c2 .
On prend compte les équations de continuité suivantes :
Continuité des vitesses : la vitesse des molécules à gauche du dioptre
doit être égale à celle à droite du dioptre. Cela revient à supposer qu’il
n’y a pas de décollement entre les deux milieux.
Continuité des pressions : On suppose que les pressions à droite et à
gauche de l’interface sont égales.
Lorsque une onde acoustique provenant de l’infini, se propageant dans le
premier milieu (milieu de propagation) dans la direction de l’axe des x arrive
à la surface de séparation, elle donne naissance à deux ondes :
– une onde réfléchie qui se propage dans le premier milieu dans le sens
des x<0 décroissants.
– une onde transmise qui se propage dans le second milieu dans le sens
des x>0 croissants.

Figure 1.10 – Réflexion et transmission par une interface

On note pi la pression de l’onde incidente, pt la pression de l’onde transmise


et pr la pression de l’onde réfléchie. On prendra les mêmes notations pour les
vitesses. On va chercher à calculer :

22
Le coefficient de réflexion et de transmission en pression :
pr pt
R= et T = (1.35)
pi pi
Les équations de continuité s’écrivent (on oriente l’axe des x dans la direction
de propagation) :
vt = vi + vr et p t = pi + pr (1.36)
D’autre part on a :
pi pi pt pt pr pr
vi = = ; vt = = ; vr = − =−
ρ 1 c1 Z1 ρ 2 c2 Z2 ρ 1 c1 Z1
Démonstration : Partons des équations de continuité

p i + pr = pt
pi + p r = pt
vi − vr = vt ⇒ pi

pr pt
− =
Z1 Z1 Z2

Z2
p t = pi + p r (pi − pr ) = pi + pr

Z1


⇒ 

Z2 Z  
Z2

pt = (pi − pr )

2
Z1
− 1 pi = 1 + pr
Z1 Z1

Après calcul intermédiaire, on trouve :
Z2 − Z1
pr = pi (1.37)
Z2 + Z1
Injectons l’équation (1.37) dans l’équation (1.36) (continuité des pressions),
on obtient l’expression des coefficients R et T en amplitude :
pr Z2 − Z1 pt 2Z2
R= = et T = = (1.38)
pi Z2 + Z1 pi Z2 + Z1
L’expression des coefficients R et T en terme d’énergie sont :
Z1 2
R = R2 et T = T (1.39)
Z2
Étant données les deux définitions ci-dessus (1.39), on peut aisément vérifier
(en absence d’absorption) la conservation de l’énergie :
R+T =1 (1.40)
Les coefficients de réflexion et de transmission énergétiques sont souvent ex-
primés en décibel, en écrivant :
RdB = 10LogR et TdB = 10LogT (1.41)

23
Chapitre 2

Acoustique des salles

Préambule :

Le bruit est un mélange de sons auquel est généralement associée la no-


tion de gêne parce qu’il est souvent désagréable ou indésirable. Des enquêtes
récentes ont été faites dans de nombreux pays européens, montrent que le
bruit est ressenti comme une nuisance par 40 % de la population. Le bruit
peut avoir des effets à long terme sur la santé de l’homme (stress, insomnies,
troubles cardio-vasculaires, anxiété, effets psychomoteurs,..). Malheureuse-
ment, l’oreille n’a pas de "paupières" et l’on ne peut pas "fermer les yeux"
aux bruits. Il faut donc s’en protéger. C’est de là que l’on a pensé au confort
acoustique, qui est lié à l’absence de "bruit" et à la possibilité de vivre sans
déranger les autres. Mais comment le traduire en une exigence en matière
de performances pour l’isolement et/ou la correction acoustique d’un bâti-
ment ? En effet, l’objet de ce chapitre consiste à présenter quelques définitions
utiles, présenter ensuite des solutions pour objectif la correction et l’isolation
acoustique, exhiber aussi la différence entre les deux notions.

2.1 Définitions importantes


Lorsqu’il n’y a pas d’obstacle rencontré, l’onde sonore se propage en ligne
droite à partir de la source, et le bruit s’affaiblit au fur et à mesure que l’on
s’en éloigne (en plein air, à partir de 1m, le bruit perçu décroît de 6dB chaque
fois que l’on double la distance entre la source et le récepteur car l’énergie se
répartie sur une surface de plus en plus grande.
Question : c’est quoi un bruit arien et un bruit solidien ?

24
2.1.1 Bruits aériens

On appelle bruit aérien le bruit produit par une source sonore dont toute
l’énergie est transmise uniquement à l’air qui l’entoure : c’est le cas de la
voix, d’une sirène, d’un avion. On distingue deux types de bruit aérien :
Bruit rose : bruits aériens émis dans le bâtiment ou par les avions.
Bruit routier ou de route : bruits aériens émis par le trafic routier ou
ferroviaire.

Figure 2.1 – Différents types de bruits dans un bâtiment collectif

2.1.2 Bruits solidiens

Les vibrations sont au départ créées sur ou dans les solides. Elles se trans-
mettent directement par la structure du bâtiment (isolation acoustique). Ce

25
sont les bruits de choc (coup de marteau, talon, etc) ou encore certains bruits
d’équipement du bâtiment (chasse d’eau, TV, etc). On distingue deux types
de bruit solidien :
Bruit d’impact : émis par une paroi mise en vibration (pas, chutes ou
déplacement d’objet, etc)
Bruit d’équipement : émis par des appareils et installations situés soit
dans le logement récepteur (chauffe-eau, machine à laver, etc), soit en
dehors (ascenseurs, ventilations, etc)

2.1.3 Isolation et correction acoustique

Les deux notions sont très différentes. On définit :


Isolation acoustique : Elle vise à limiter la transmission des sons d’un
local à un autre (ou entre un local et l’extérieur) : il s’agit de limiter
de la transmission au travers des parois.
La correction acoustique : La correction acoustique d’une salle ou d’un
local réduit le niveau sonore d’un bruit émis dans ce même local ou
améliorer les qualités d’écoute du local. Elle consiste à modifier l’état de
surface ou de revêtements des parois. Le choix des revêtements dépend
du coefficient d’absorption qu’on définira dans le paragraphe suivant.
Remarque : Différence entre isolation et absorption ?
Il ne faut pas confondre l’atténuation du son réverbéré (correction)
dans une salle et l’atténuation de la transmission dans la salle voisine.
Par exemple, si on place de la moquette contre un mur, on atténue la
réverbération dans la salle où le matériau est placé. Mais la transmission
acoustique dans la pièce voisine n’est pas réduite. Pour atténuer la
transmission d’un local à l’autre, il faut considérablement alourdir la
paroi (loi de masse), ce que la simple pose de moquette murale ne
permet pas.

2.2 Conservation de l’énergie acoustique


Lorsqu’une onde sonore rencontre une paroi, son énergie incidente est
divisée en trois parties, figure 2.2 :
Énergie transmise Et (qu’on limite par l’isolation acoustique),
Énergie réfléchie Er et Énergie absorbée Ea (qu’on traite par la cor-
rection acoustique)

26
Figure 2.2 – Propagation acoustique par une paroi simple

La conservation de l’énergie acoustique implique : R + T + α = 1


R = Er /Ei est le coefficient de réflexion ; T = Et /Ei est le coefficient de
transmission ; α = Ea /Ei est le coefficient d’absorption. (α = 0 : Absorption
nulle, α = 1 : absorption totale.)
Le coefficient d’absorption est appelé aussi coefficient α Sabine, il caracté-
rise les matériaux d’isolation acoustique. Le tableau 2.1 classifie le caractère
d’absorption selon le coefficient α.

Matériaux Très Absorbant Moyen Réfléchissant Très


absorbant réfléchissant
α ≥ 0.4 0.25 0.15 0.10 ≤ 0.05

Table 2.1 – Coefficient d’absorption selon le matériaux d’isolation

Remarque : Au moment de l’absorption, l’énergie est transformée en cha-


leur.

2.3 Correction acoustique des salles


Comme on a dit dans le paragraphe (Cf.2.1.3 ), La correction acoustique
a pour but principal :

27
– Lutter contre le bruit dans un local.
– Améliorer les qualités acoustiques d’une salle ou d’un local :
La principale amélioration porte sur la réverbération de la salle (les ondes
sonores se réfléchissant de façon répétitive sur les parois provoquent la persis-
tance du son qui ne s’affaiblit que progressivement).Suivant le but recherché
on peut :
• Favoriser la réflexion vers les auditeurs dans une salle de spectacle, théâtre,
cinéma
• Limiter la réflexion par l’introduction de matériaux dits absorbants.
• Créer une acoustique spécifique selon les exigences demandées (salle de
sports, restaurants)

Figure 2.3 – Réverbération sonore avec et sans absorbant

2.3.1 Réverbération sonore

Quand, dans un local, l’émission d’un bruit cesse, on remarque que le bruit
demeure pendant un certain temps. Cette persistance, appelée réverbération,
est due aux réflexions multiples sur les parois du local. Un auditeur dans une
salle perçoit alors deux types de sons provenant de la source sonore :
• Le son direct qui n’a pas subi de réflexion sur les parois.
• Un ensemble de sons ayant subi une ou plusieurs réflexions sur les
parois.

28
Figure 2.4 – Réverbération sonore dans une salle

Figure 2.5 – Champ sonore : son direct et réverbéré

29
La durée de cette persistance est appelée durée de réverbération. Cette traî-
née sonore est d’autant plus longue que le volume de la salle ou local est
important et que les parois sont réfléchissantes.
La définition retenue par la convention internationale pour la durée de réver-
bération d’un local, est le temps que met le son pour que son niveau d’inten-
sité diminue de 60 dB après interruption de la source sonore. Une expression

Figure 2.6 – Définition de la durée de réverbération à partir d’une mesure


directe faite par un sonomètre

simple, donnée par la formule de Sabine (Wallace C. SABINE 1788-1833 ),


est utilisée pour le calcul du temps de réverbération. Elle s’écrit :

Tr = 0.16 · V /(S · α) [s] (2.1)

où Tr est le temps de réverbération, V le volume du local en m3 , S la surface


des parois du local en m2 et enfin α le facteur d’absorption des parois. Le
produit S · α est appelé aire d’absorption équivalente. On le désigne par la
lettre A. Une durée de réverbération de 0, 5s est considérée comme normale.
Lorsque les parois du local sont de nature différente, ce qui est le cas le
plus fréquent, alors l’aire d’absorption équivalente est la somme des aires
d’absorptions équivalentes. Dans ce cas, on a :

A = ΣSi · α et Tr = 0.16 · V /A (2.2)

Dans le cas de parois composées de matériaux différents, par exemple une


paroi avec une fenêtre et une porte, le calcul de A est la somme des aires
d’absorption équivalente associées à chacune des éléments composants la pa-
roi.

30
2.3.2 Correction acoustique : Utilisation des résonateurs

♣ Résonateurs mécaniques

Panneaux de mousse :
On utilise ces panneaux, possédant des reliefs pour casser la réflexion. Il faut
pourtant que les dimensions du motif soient du même ordre de grandeur que
la longueur d’onde à diffuser : Panneaux rigides :

Figure 2.7 – Différents types de panneaux de mousse

Panneau rigides pour absorber les graves (< 300Hz) : le panneau et la masse
d’air située derrière celui-ci entrent en vibration et absorbe l’énergie de l’onde
incidente. Cet ensemble forme une masse relativement lourde qui oscille sur
des fréquences basses. La fréquence propre d’un panneau situé à la distance
d d’un mur et de masse surfacique σ (en kg/m2 ) vaut :
60
f0 = √ (2.3)
σ·d

31
Figure 2.8 – Exemple de panneau rigide

♣♣ Résonateurs acoustiques

L’onde acoustique qui atteint le résonateur est capturée et dissipée par lui.
Généralement un résonateur acoustique est couplé avec un matériau poreux
qui permet d’augmenter la dissipation de l’énergie acoustique capturée sous
forme de chaleur. Un exemple typique de résonateur acoustique :
Résonateur d’Helmholtz :
Ce résonateur absorbe les médiums (300Hz à 1000Hz ). Il est constitués de
cavités de différentes tailles qui piègent et absorbe l’énergie. Il est formé
d’un goulot et d’une cavité. L’énergie acoustique fait vibrer le résonateur
(absorption acoustique). Une fraction de l’énergie acoustique est transformée
en chaleur par dissipation sur les parois du goulot (ou dans le matériau poreux
placé à l’intérieur).
La fréquence fondamentale de résonance est :
r
c0 S
f0 = (2.4)
2π V · l
(Une paroi possède une fréquence propre de vibration ; si un son est émis
à cette fréquence, il se produit un phénomène de résonance, les vibrations
de la paroi sont amplifiées et celle-ci perd de sa résistance à la transmission
du son). Dans le cas des panneaux perforés, chaque trou joue le rôle d’un
petit résonateur qui absorbe une partie de l’énergie acoustique incidente au

32
Figure 2.9 – Résonateur d’Helmholtz

voisinage de sa fréquence de résonance. Les fréquences absorbées sont des


fréquences moyennes (250 Hz < f < 1000 Hz ). Voici l’allure de la courbe
d’absorption d’un tel matériau.

Figure 2.10 – Exemple de résonateurs perforés dans le mur

♣♣♣ Résonateurs poreux

Ils permettent de dissiper l’énergie sonore sous forme de chaleur. L’ab-


sorption d’un matériau poreux dépend de la fréquence de l’onde incidente
(plus la fréquence est élevée meilleure est l’absorption), de l’épaisseur du ma-
tériaux, etc. Exemples : laine de verre, laine de roche, mousses, etc. Ce type
de résonateur absorbe les aigus (f>1000 Hz ). L’énergie acoustique absorbée

33
par les frottements de l’onde acoustique sur les fibres. Le matériau sera d’au-
tant plus efficace qu’il sera poreux à l’air et présentera beaucoup de surfaces
de contact à l’air.

Figure 2.11 – Résonateur poreux : effet de frottement

2.3.3 Isolation acoustique

Nous allons maintenant nous intéresser à la propagation du son dans les


parois séparant deux salles (transmission solidienne). La source et le récepteur
seront donc situés dans deux salles distinctes.
Le son transmis par un solide peut être dû à un contact mécanique sur ce
solide (bruit d’impact : coup de marteau sur un mur qui s’entend dans tout
l’immeuble), ou plus simplement à une onde sonore qui frappe le solide et qui
est transmise par celui-ci (bruit d’équipement). En acoustique du bâtiment
on définit deux types de transmissions entre deux pièces :

♦ Isolement brut : Db

Soit L1 et L2 les niveaux de l’intensité moyen des bruits respectivement


dans le local émission et dans le local réception. L’isolement acoustique brut
 ladifférence arithmétique : Db = L1 − L2
Db est défini par
A
Db = 10 + Log
S

34
Figure 2.12 – Transmission sonore entre deux salles adjacentes
     
1 A 1 A
Db = 10Log + 10Log = 10Log +
T S T S
A
Db = 10Log (2.5)
T ·S

♦♦ Isolement normalisé : Dn

Cet isolement tient compte du phénomène


  de réverbération dans la salle
Tr
de réception : Dn = L1 − L2 + Log
0.5
   
Tr A
Dn = Db + 10Log = Db − 10Log (2.6)
0.5 A0
A0 : aire d’absorption équivalente du local de référence pour laquelle. A0 =
10m2

♦♦♦ Indice d’affaiblissement : R

On défini l’indice d’affaiblissement acoustique R d’une paroi par la rela-


tion :
R = niveau sonore incident (L1 ) – niveau sonore transmis (L2 )
    
Ii It
R = 10 Log − Log
I0 I0

35
 
Ii
= 10Log
It
 
1
R = 10Log (2.7)
T
T : Coefficient de transmission.
R : Caractérise la qualité acoustique d’une paroi de construction (mur, cloi-
son, plancher, plafond,
fenêtre, porte, etc), est sans unité.
Remarque : Plus R est grand, plus la paroi a un isolement acoustique élevé.

2.3.4 Association de parois

♠ Parois juxtaposées

Nous appelons parois juxtaposées : une paroi constituée de plusieurs pa-


rois différentes. Prenons l’exemple d’une paroi composée de n parois de sur-
face S1 , S2 , S3 , ..., Sn et de coefficient de transmission T1 , T2 , T3 , ..., Tn .
L’indice d’affaiblissement total :
Pour calculer le coefficient de transmission équivalent de la paroi totale, on
doit calculer le coefficient de transmission moyen :
T1 · S1 + T2 · S2 + ... + Tn · Sn
T = (2.8)
Stotale

♠♠ Parois superposées

On parle de parois superposées deux parois placées l’une derrière l’autre


en laissant Un espace d’air entre elles (par exemple, comme pour un double
vitrage). Le fait de les accoler reviendrait à utiliser ce que l’on a vu précé-
demment avec la loi de masse. Ici, on laisse un espace d’air (ou de la laine
de verre) entre elles. Il faut aussi que les deux parois soient les plus désoli-
darisées possible : c’est-à-dire que les vibrations de l’une entraine le moins
possible de vibrations de l’autre. Pour cela, on monte les deux parois sur un
support élastique (comme du caoutchouc). De plus il faut en général deux
parois différentes, au minimum avec deux épaisseurs différentes. Si on met
deux parois identiques, l’efficacité est moindre car on entraine une symétrie
dans la structure et cela entraine une meilleure réception des parois à leurs
fréquences de résonance (la fréquence de résonance d’une paroi dépend du
matériau utilisé ainsi que les dimensions de la paroi).

36
Indice d’affaiblissement total :
Pour des parois juxtaposées, théoriquement (c’est-à-dire si on a des parois
totalement désolidarisées), le coefficient de transmission total est alors égal
à:
T = T1 × T2 × T3 × ... × Tn (2.9)

2.4 Réglementation Acoustique : Normes Eu-


ropéennes
Les arrêtés du 30 juin 1999 pour les logements. La réglementation euro-
péenne, rentrée progressivement en vigueur depuis les années 2000 : selon les
types d’établissements.

2.4.1 Isolation aux bruits aériens

Dans ce dernier paragraphe, on va présenter en valeur, l’isolement aux


bruits aériens pour bâtiment résidentiel. L’isolation acoustique standarisé
pondéré DnT,A (minimale (dB) des bâtiments d’habitat) doit être égal ou
supérieur aux valeurs (exprimées en décibels) indiquées dans le tableau ci-
après.

local pièce du logement : réception :


d’émission pièces principales cuisine et salle d’eau
(dB) (dB)
Local d’un logement à l’exclusion 53 50
des garage individuels
Circulation commune 40 37
intérieure au bâtiment
Local d’activité 58 55
Garage individuel d’un logement 55 52
et garage collectif

Table 2.2 – Isolement acoustique standardisé pondéré au bruit aérien vis à


vis des bruits intérieurs

37
♥ Isolation acoustique des bruits d’impact LnTw

Les textes limitent la réception des bruits d’impacts sur le sol aux seules
pièces principales des logements lorsque la machine à chocs normalisée fonc-
tionne à l’extérieur du logement testé. Les valeurs maximales des niveaux de
pressions acoustiques sont de 65 dB.

♥♥ Isolation acoustique des bruits d’équipement

Équipements visés Local de réception LnTA limite (dB)


Appareil individuel de chauffage Pièces principales 35
d’un logement du logement
Cuisine du logement 50
Appareil de climatisation individuel Pièce principale ouverte 40
dans un logement sur une cuisine
Pièce principale du logement 35
Cuisine du logement 50
Ventilation mécanique au débit Pièces principales 30
minimal
Cuisines 35

Table 2.3 – Isolement acoustique standardisé aux bruits d’équipement

2.5 Quelques solutions techniques d’isolation

2.5.1 Isolement aux bruits d’impacts


1. Mettre un revêtement de sol élastique et mou (exemple : mo-
quette) :

38
Figure 2.13 – Isolation par revêtement du sol

Solution non durable : usure, changement éventuel par un revêtement


moins performant.
2. Réaliser un faux plafond :

Figure 2.14 – Isolation : faux plafond

39
Dans la pièce située sous le local (salle) où se produit le bruit d’impact
(plaque de plâtre + vide d’au moins 5 cm bourré de fibre minérale.
La transmission directe (1) sera réduite mais le système n’empêche pas
les transmissions latérales (2).
3. Intercaler entre la dalle et le plancher porteur un matériau
résilient :

Figure 2.15 – Dalle flottante

On utilise comme matériau résilient : fibre minérale, polystyrène, ca-


outchouc, liège,...celui-ci absorbera une importante quantité d’énergie.
On réalise ainsi une dalle flottante.

2.5.2 Isolement aux bruits d’équipements : Plomberie


1. Canalisations :
Le frottement de l’eau sur les parois des canalisations et les turbulences
dues aux coudes créent un bruit ressemblant à un sifflement. Afin de
diminuer ces bruits, il faut :
• Mettre des raccords flexibles pour empêcher les vibrations dans la
tuyauterie.

40
Figure 2.16 – Isolation : Raccord flexible

• Utiliser des canalisations avec des diamètres adéquats pour diminuer


la vitesse d’écoulement d’environ 2 m/s.
• Désolidariser (séparer) les canalisations de la structure.

Figure 2.17 – Isolation : support de fixation

2. Appareils sanitaires : Baignoire


Deux types de bruits : Bruits aériens (chute d’eau dans le baignoire),
bruits d’impacts (vibrations transmises du réceptacle à la structure).

41
Figure 2.18 – Bruits aérien et d’impact causés par la chute d’eau

On limite les bruits d’impacts :

• En interposant des joints élastiques entre le baignoire d’eau et les


parois sur lesquelles ils s’appuient.

Figure 2.19 – Désolidarisation d’une baignoire

42
• En collant des plaques amortissantes qui limitent le bruit rayonné
dans la salle d’eau.

Figure 2.20 – Plaques d’amortissement du bruit rayonné

43
Annexe : Aspect physiologique de l’acoustique

Les ondes sonores sont collectées par le pavillon de l’oreille qui les mo-
difie différemment selon leur direction d’entrée dans le pavillon. Puis, elles
atteignent le tympan via le conduit auditif, dans lequel les fréquences dans
la gamme de 3000 Hz sont fortement amplifiées par résonance du conduit au-
ditif. La transmission s’effectue ici uniquement par l’air. A la manière d’une
membrane de microphone, le tympan réagit à la différence de pression entre
le conduit auditif et la cavité de l’oreille moyenne, dont la pression demeure
égale à la pression atmosphérique grâce à la trompe d’Eustache qui va à la
partie supérieure de la gorge. Les vibrations du tympan sont répercutées par
les trois osselets (le marteau, l’enclume et l’étrier) et ainsi transmises à la
fenêtre ovale (transmission mécanique), qui est reliée à la Cochlée, remplie
de fluide. La Cochlée ou limaçon, qui est divisée dans le sens de la longueur
par la membrane basilaire, a environ la taille d’un petit pois (figure 2.21).
Les vibrations de la fenêtre ovale se transmettent au fluide de l’oreille interne

Figure 21 – Coupe transversale du système auditif

sous forme d’ondes progressives et mettent en mouvement différentes parties


de la membrane basilaire selon la fréquence : à proximité de la fenêtre ovale
pour les fréquences élevées et à proximité du centre de la Cochlée pour les
fréquences basses (figure 2.22). Il s’agit d’une première analyse spectrale.

44
Figure 22 – Cochlée ou limaçon

45
Bibliographie

[1] H. KUTTRUFF, Room Acoustics, Fifth Edition, Spon Press (2009)


[2] T.E.VIRGAN, Building Acoustics, Taylor & Francis Edition (2008)
[3] H.GHALILA, Physique pour l’architecte, Partie IV
[4] A. BOUDIER, E.GUIBERT, Cours d’Acoustique, Ecole Sup. des Arts
et Media (2007)
[5] A.GERMAN, La réverbération en acoustique des salles, Univ. Nice
(2013)
[6] Bruit dangereux pour l’ouïe aux postes de travail, SuvaPro (2008)
[7] Ministère de l’Équipement, des Transports, du Logement, Le Confort
Acoustique, Mémonto Technique du Bâtiment (2013)

46

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