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L'ENCAMPEMENT DU MONDE

Michel Agier

GISTI | « Plein droit »

2011/3 n° 90 | pages 21 à 24
ISSN 0987-3260

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Michel Agier, « L'encampement du monde », Plein droit 2011/3 (n° 90), p. 21-24.
DOI 10.3917/pld.090.0021
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Plein droit n° 90, octobre 2011 Réfugiés clandestins Page 21

La figure romantique de l’exilé a cédé progressivement la place à celle


de l’indésirable. Si les idéaux universalistes prônés par les Occidentaux
après-guerre pour des raisons politiques ont permis l’exil, les années
1990 marquent un véritable tournant : l’asile devient un poids, celui de
la « misère du monde » et une menace. Et l’exilé reste cantonné à des
espaces à part, hors de la société.

L’encampement

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du monde
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Arendt qui, la première, a pensé le soi, faire de soi un autre et ainsi se


Michel Agier, sociologue, EHESS statut des « sans État » et des réfu- détacher d’un soi laissé « en souf-
giés, en partie à partir de sa propre france »… le sujet de l’exil arrive
expérience de réfugiée allemande ainsi à exister quand il est objecti-
aux États-Unis. Malgré les pertes, vement à nouveau ancré.
Une poétique de l’exil a édifié les incertitudes et la souffrance Nous sommes aujourd’hui dans
le portrait romantique de l’exilé, produites par l’exil, les sujets de une situation historique bien diffé-
nous lui attribuions une dimen- l’exil ont ainsi pu redonner sens à rente. Les exilés n’ont plus de lieu
sion spirituelle, très forte sur le leur existence, se ré-ancrer, trou- d’arrivée à partir duquel ils peuvent
plan intellectuel et artistique. De ver une place, être bien là tout en faire le récit de cet exil − le récit
grandes figures ont émergé de cette pouvant « penser ailleurs » (selon de la souffrance, car comme le dit
situation de déracinement, jusqu’à les mots de Nicole Lapierre qui Edward Saïd, on n’enlèvera jamais
s’affirmer dans une véritable litté- désigne le regard critique qu’offre que tout exil est une souffrance,
rature d’exil. Je pense notamment l’exil lui-même). Cette présence au toujours une perte de quelque
à l’intellectuel américain d’origine monde, si particulière et riche, s’est chose de profond, des lieux et des
palestinienne Edward Saïd, dont les exprimée, selon les parcours des liens proches, et toujours le désir
Réflexions sur l’exil ont été un des uns et des autres, sous les formes d’autre chose. Mais aujourd’hui,
points de départ de ma réflexion. de la performance politique, artis- cette figure de l’exilé ne trouve plus
Ou encore à la philosophe Hannah tique, ou narrative : par le récit de à se réaliser, parce qu’il n’a plus de
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lieu, si ce n’est le lieu du camp, de niste, se voulait lieu d’accueil de les pays de provenance (Libye,
la mise à l’écart, du mouvement en- tous ceux qui étaient renvoyés par Sri Lanka, Pakistan, Albanie,
travé. On est passé de la grandeur le bloc soviétique ou parvenaient à Maroc, Sénégal, etc.) pour pouvoir
spirituelle de l’exilé à la misère s’en échapper. Le monde occiden- renvoyer sans délai les gens dans
institutionnelle du réfugié, voire de tal, l’Europe et les États-Unis en ces pays, ce qui revient à suppri-
l’étranger sans-papiers. Le réfugié tête, se sont alors faits les porteurs mer de facto le droit d’asile, tout
dépend de politiques reconnaissant des idéaux universalistes. en répétant officiellement qu’il
son statut de demandeur d’asile ou Avec la chute du Mur de existe toujours.
d’assistance. La demande d’accès à Berlin, la nécessité de la rhétorique On retrouve alors les figures
cette assistance minimale crée une universaliste semble avoir disparu, des parias, des surnuméraires, des
situation très étrange, humiliante, ou bien elle a changé de camp, vies en reste, et de la superfluité hu-
où l’exilé maintenant en vient à montrant ainsi le caractère situé et maine, déjà évoquées par Hannah
mendier pour avoir un statut de relatif de l’universalisme lui-même. Arendt à propos des sans-État.
réfugié. D’où la difficulté à penser Les années 1990 furent troubles, Dans un monde qui se prétend
aujourd’hui la grandeur de l’exil. incertaines. Marquant la fin d’un unique, homogène et consensuel,
siècle et le début d’un autre, elles sans reste, ils sont de trop… il
L’exil intérieur ont entamé un tournant radical, faut inventer pour eux un exté-
anti-universaliste, au moment rieur du monde qui les maintient
Que s’est-il passé ? Une bi- même où la sphère planétaire (les en vie physique sans reconnaître

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furcation a eu lieu dans l’histoire limites de notre monde connu) leur existence sociale. Le résultat
européenne, en France notamment. pouvait fournir les seules limites de de cette opération identitaire et
Dans les années 1930, on a bien l’universalité et du monde commun. sécuritaire, c’est ce que j’ai appelé
désigné un certain nombre d’étran- Progressivement, l’asile et plus l’exil intérieur. Il décrit un parcours
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gers comme des « indésirables ». généralement tout ce qui concernait long, pénible, souvent dangereux,
Ce fut le cas des réfugiés espagnols le passage des frontières nationales, allant d’un quartier marginalisé
dont près de 500 000 arrivèrent en singulièrement les mobilités inter- à un camp, à un centre de réten-
France à la fin de la guerre d’Es- nationales du Sud vers le Nord, tion ou à un campement en forêt,
pagne, en 1939. Plus de 200 000 voire entre les pays du Sud, ont été ceux qui s’y trouvent passant aussi
d’entre eux sont passés par des traités comme un poids, celui de la d’une catégorie institutionnelle à
camps d’internement. Mais un plus « misère du monde », et une me- une autre – clandestin, demandeur
grand nombre encore a été reconnu nace, donnant des migrants et ré- d’asile, déplacé interne, réfugié ou
et secouru grâce à de fortes solida- fugiés en situation précaire l’image sans-papiers – sans trouver la sortie
rités politiques et intellectuelles. de personnes indésirables : illégales, vers une place et une reconnais-
Si bien que la figure de l’exilé clandestines ou dangereuses. sance dans une société ou une ville
espagnol ne se résumait pas à la Dans ce contexte soupçon- d’accueil.
condition de réfugié mis en camp. neux, en quelques années, l’asile
Après la Seconde Guerre mondiale en Europe est passé de 85 % d’ac- La paix humanitaire
et ses trente millions de déplacés ceptation des demandes au début
de force, le Haut Commissariat des années 1990 à plus de 85 % de Dans ce paysage global, ce sont
des Nations unies pour les réfu- refus au milieu des années 2000. les pays du Sud qui fournissent
giés (HCR) a été créé en 1950 et De nouvelles formes d’externali- le plus grand contingent de vies
la convention de Genève relative sation du traitement de l’asile et fragiles et d’indésirables : l’argu-
au statut des réfugiés fut adoptée de l’immigration ont été adoptées ment prophylactique et sécuritaire
en 1951 par les mêmes Nations dans la dernière décennie. Font – se protéger d’une « misère du
unies. Ces initiatives étaient direc- également partie de ce nouveau monde » soi-disant envahissante –
tement inscrites dans le cadre de dispositif institutionnel les fameux trouve sa place dans ce contexte-là,
l’après-guerre, de la rédemption « accords de réadmission » dont global. La compassion – souffrir
européenne après le drame de la les termes contredisent de plein soi-même du spectacle de la souf-
Shoa, et dans le nouveau cadre de fouet la convention de Genève de france de l’autre − devient une
la Guerre froide qui a culminé avec 1951 : il suffit que l’Union euro- vertu reconnue voire portée par les
la construction du mur de Berlin en péenne – ou l’un ou l’autre des gouvernants du premier monde.
1961. L’Ouest, qui avait endossé la pays membres pris séparément – Vertu ambivalente : si elle est le
posture du monde libre et huma- signe un de ces accords avec biais par lequel se reconnaît l’exis-
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tence d’un problème (éventuelle- des étrangers. En effet, voulant Depuis la fin de la Guerre
ment sous la forme de la révélation, détailler cet idéal de pacification froide et la représentation du
de « l’impensable » et du « scan- humanitaire, le président français monde mondialisé comme cadre
dale »), elle permet aussi, sur le s’est risqué à endosser l’habit d’un commun, ces politiques créent de
plan moral et « géologistique », commissaire du HCR réinventant nouvelles sortes d’extraterritoriali-
de déléguer au loin et aux organi- avec ses mots une ébauche de tés. L’extraterritorialité, c’est le lieu
sations non gouvernementales le camps de réfugiés : ce seraient, dit- exact de l’étranger : s’il est présent
soin d’écarter ce problème, c’est- il dans la même déclaration, « des physiquement, il est administrati-
à-dire de gérer les indésirables. Le zones humanitaires décentes, avec vement maintenu hors du territoire
gouvernement humanitaire et sans des écoles pour les enfants » et « des national. Deux lois françaises,
citoyens qui se développe dans les moyens sanitaires », édifiées « sous votées en 2003 et 2010, l’ont même
hors-lieux plus ou moins fragiles ou l’égide de l’ONU, avec une contri- instituée en déclarant « hors du ter-
stables (camps, campements, zones bution financière et logistique de ritoire » tout lieu que serait amené
de transit) qu’une l’Europe »… à traverser un étranger « en situa-
frontière renfor-
cée sépare des » Il y a dans ces
L’extraterritorialité, politiques et
tion irrégulière » quand il pose le
pied sur le sol français, ou s’il doit
zones les plus c’est le lieu exact de leurs justifi- circuler pour des raisons sanitaires
riches et mon- cations une ou administratives, par exemple
dialisées, porte
l’étranger : présent incompatibilité qu’il aille de la zone d’attente de
physiquement, il est de principe et

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en lui la garantie l’aéroport de Roissy jusqu’à la ville
de leur maintien administrativement une séparation de Paris. Tout ce qui l’entoure
à l’écart, et ainsi politique entre devient comme une aura, extraterri-
d’une forme en maintenu hors du le périmètre toriale, donc aussi hors du droit de
territoire national.
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expansion de des « sociétés ce territoire-là. En Europe comme


paix humanitaire. démocratiques » en Australie où des îles sont trans-
La dimension (même lorsque, formées en centres de rétention
géostratégique de ce maintien de prônant le soin et reconnaissant d’étrangers, il s’agit de contourner
la paix par la séparation, inclut les « victimes » en son sein, elles le droit international sur l’asile,
un contrôle des places, une distri- se font plus « immunitaires » lequel stipule que lorsqu’une per-
bution des « populations » dans qu’humanitaires), et le champ sonne met le pied sur le territoire
un encampement du monde où la d’action du gouvernement huma- national et fait une demande d’asile,
diffusion des camps d’une part, et nitaire qui, lui, concerne ceux qui elle ne peut être expulsée tant que
d’autre part des murs de séparation sont maintenus dans une altérité sa demande n’a pas été examinée
représentent la véritable nouveauté radicale, non pas d’abord cultu- et qu’elle n’a pas épuisé tous les re-
logistique et politique depuis la fin relle mais géopolitique. Celles-là cours. On peut dorénavant instituer
de la guerre froide. tiennent celui-ci sur les marges ou comme zones d’attente n’importe
De ce point de vue, la réaction les bords, dans une limite incer- quelle partie du territoire — un
européenne aux printemps arabes taine, souillée par la proximité chemin derrière Calais, une plage
au début de 2011 a été un cas de « l’autre » tenu pour étranger, de Corse… Ces lieux (je les appelle
d’école. En particulier lorsque le pour lui réserver un traitement des « hors-lieux ») deviennent des
11 mars 2011 à Bruxelles le prési- d’exception. Là se trouvent in- espaces d’exception où l’individu
dent français Nicolas Sarkozy, s’ap- distinctement sollicités, mobilisés quel qu’il soit sera un étranger. Il
puyant sur une prétendue menace ou convoqués les multiples ONG, est en quelque sorte confiné dans
d’invasion migratoire en Europe, a grandes ou petites, et leurs élans l’exception, l’extraterritorialité et
proposé à ses collègues européens humanistes, compassionnels, répa- l’exclusion, trois fois « ex » comme
la création en Afrique du Nord de rateurs. Leurs intervenants circu- dehors.
zones humanitaires pour, je cite, lent dans les mêmes lieux et les
« gérer tranquillement la question mêmes événements en s’adressant Lieux de l’étranger global
des flux migratoires » ajoutant ainsi aux mêmes interlocuteurs, que les
(à des fins électorales internes, intervenants militaires, policiers À partir des questions d’asile
selon les commentaires de quelques ou administratifs agissant au nom et plus généralement de mondiali-
experts européens) un versant com- du contrôle national ou onusien sation humaine, la dernière période
passionnel à une politique de rejet des frontières et des espaces. a vu se développer un anti-univer-
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salisme au nom du pragmatisme et d’un côté, s’impose une homo- concédés à des gens qu’on ne veut
de la soi-disant real politik. Si dans généisation culturelle du monde, pas intégrer, qui désignent l’étran-
le même temps, l’universalisme s’est aujourd’hui l’étranger est toujours ger de génération en génération,
quand même développé, c’est de d’abord montré comme étant quelle que soit sa nationalité. Ils
manière de plus en plus théorique « ailleurs », à l’écart − un écart précèdent, historiquement comme
et délocalisée, dans les débats intel- qu’illustrent de façon extrême les sociologiquement, la « fabrica-
lectuels ou parmi les organisations camps de réfugiés, les zones d’at- tion » intellectuelle de l’étranger au
et les assemblées internationales. Et tente, et tous les espaces de réten- nom de différences (physiques ou
ce fut sans véritable effet gouver- tion situés aux frontières. culturelles) supposées fonder une
nemental ; car son lieu, en principe Mais il se trouve qu’en Europe frontière radicale entre un dedans
toute l’étendue de la vie humaine, aujourd’hui de plus en plus on et un dehors, une frontière jamais
est devenu résiduel ou absent – un désigne aussi comme étrangers fixée entre les humains. On l’a vu
non-lieu, sans territoire propre les descendants de migrants, ceux d’ailleurs en 2010 en France au mo-
donc puisqu’il n’a toujours trouvé, qui n’ont pas quitté le lieu où sont ment de l’expulsion des Roms alors
sur le socle du réel, que les États- arrivés leurs pères. C’est ainsi que, que la plupart d’entre eux n’était
nations. Son contraire, lui, s’est finalement, le ghetto lui-même juridiquement pas expulsable,
incarné sur le terrain de la gouver- devient un autre lieu d’exilés indé- parce que de nationalité française
nance territoriale, qui est précisé- sirables (alors qu’il était vu dans la ou européenne. Le campement
ment celle des États-nations. Avec tradition sociologique américaine d’étrangers, comme le camp de

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le tournant anti-universaliste des comme un « sas » d’accès à la ville réfugiés ou le ghetto, est le lieu
États européens, les gouvernements pour les migrants ou les étrangers même de la frontière, une frontière
nationaux semblent avoir trouvé ethniques). À l’inverse on s’aper- imparfaite, instable, et épaisse qui,
tout le fondement de leur légitimité çoit que les ghettos ont commencé selon les politiques, sera plus ou
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dans l’opposition à la mondialisa- d’exister comme des refuges. Ce moins aspirée vers le dedans et vers
tion, voire dans la « protection » sont ces lieux circonscrits, à l’écart, le dehors. u
des populations contre les effets
néfastes de cette mondialisation.
Le réfugié, le migrant dit « clandes-
tin » ou le sans-papiers représente-
raient ainsi la face négative d’une
mondialisation moins visible sur
les autres plans. Mais cette place
symbolique est celle d’un étranger « Je me suis réfugié là ! ».
global au sens où, ne trouvant de Bords de route en exil
place nulle part, son altérité reste
inexplorée : le mur qui le tient à Patras en Grèce, Rome en Italie, Calais, Norrent-
l’écart empêche toute expérience Fontes et Paris en France sont davantage des
de cette altérité. L’indésirable est impasses que des étapes pour les Afghans, les
le nouvel étranger, global et sans Érythréens ou les Somaliens auxquels Michel
identité. Agier et Sara Prestianni s’intéressent. Ils ne
Ce qui fait l’étranger dans sont dits « réfugiés » parce qu’ils aimeraient
cette nouvelle forme du monde, ce l’être. Les États dont ils espèrent la protection
n’est donc pas une identité ou une les ignorants, ils sont condamnés à un exil
culture mais un lieu, le lieu de la itinérant à l’« arrivée introuvable », qu’elle soit
mise à l’écart. Pour reconnaître qui géographique ou juridique. Et évidemment aussi
est l’étranger, il ne reste plus que à l’extrême misère de leurs « jungles » et de
la figure du « mauvais » étranger. leurs squats. De quoi méditer, avec les auteurs,
sur les valeurs d’une Europe d’aujourd’hui qui permettent l’existence de ces
Comme si le « bon », celui qui était
nouveaux ghettos. On appréciera également les photos remarquables et justes
le bienvenu, libre d’aller et venir,
de Sara Prestianni.
celui dont la différence culturelle
pouvait provoquer curiosité, éton- Michel Agier & Sara Prestianni, « Je me suis réfugié là ! ». Bords de route en
nement et questions, avait disparu exil, Éditions Donner lieu, Paris, 2011.
dans le monde global. Alors que

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