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Eurocodes pour les

Structures en Acier
Elaboration d'une
Approche Trans-nationale
Formation: Eurocode 3

Module 5 : Assemblages structuraux

Cours 15 : Généralités sur les assemblages


structuraux
Résumé:
 Traditionnellement, les assemblages structuraux sont considérés comme rigides ou articulés.
· Un comportement intermédiaire peut être considéré: les assemblages sont alors appelés “semi-
rigides”.
· Le concept de semi-rigidité est présenté.
· Les avantages de ce concept font l'objet d'une discussion.
· Un parallèle entre sections d'éléments et assemblages dans l'approche semi-rigide est alors établi.
· Dans une ossature structurale, quatre types de configurations d'assemblage doivent être distingués:
assemblage poutres-poteaux, assemblage de continuité de poutres, assemblage de continuité de
poteaux et bases de poteaux
· Les termes assemblages et attaches doivent être clairement différenciés.
· Pour chaque type de configuration d'assemblage, les sources de déformabilité possibles sont
spécifiées.
· Les classes de rigidité, de résistance et de ductilité des assemblages structuraux sont présentées.
· La méthode de modélisation des assemblages pour l'analyse d'ossature structurale est décrite.

Pré-requis:
· Connaissances fondamentales du calcul et de l'analyse des ossatures.

Notes destinées aux Formateurs:


Ce support représente un cours de 90 minutes.

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Assemblages structuraux
Généralités sur les assemblages structuraux

Objectifs:
Il convient que les étudiants:
· Sachent que les assemblages peuvent être considérés comme articulés, semi-rigides ou rigides.
· Sachent comment tirer avantage du nouveau concept de semi-rigidité
· Comprennent physiquement comment les assemblages structuraux se comportent et se déforment.
· Soient capables de classifier les assemblages
· Soient capables de choisir le modèle d'assemblage approprié pour l'analyse d'une structure

Références:
 Annexe J Révisée de l'Eurocode 3, "Assemblages dans les Ossatures de Bâtiments", Amendement 2 à
l'ENV 1993-1-1, 1998

Table des Matières


1. Une approche cohérente pour les assemblages structuraux
2. Avantages de l'approche cohérente pour les assemblages structuraux
3. Parallèle entre sections d'éléments et assemblages
4. Définitions de configuration d'assemblage, d'assemblage et d'attache
5. Sources de déformabilité des assemblages
5.1. Assemblages poutres-poteaux
5.2. Assemblages sur les axes de faible inertie
5.3. Assemblages de poutres sur des axes de poteaux de faible et de forte inertie
6. Assemblages de continuité de poutres et assemblages de continuité de poteaux
7. Assemblages poutre-poutre
8. Bases de poteaux
9. Classification des assemblages
9.1. Généralités
9.2. Classification de rigidité
9.3. Classification de résistance
9.4. Limites pour la classification
10. Classes de ductilité
11. Modélisation des assemblages
11.1 Généralités
11.2 Modélisation et sources de déformabilité des assemblages
11.3 Modélisation simplifiée selon l'Eurocode 3
12. Concentration de la déformabilité des assemblages
12.1 Configuration d'assemblage poutre-poteau sur l'axe fort
12.2 Configuration d'assemblage poutre-poteau sur l'axe faible et configurations poutre-poutre

Assemblages structuraux 2
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Assemblages structuraux
Généralités sur les assemblages structuraux

Une approche cohérente pour les assemblages structuraux


Le comportement en rotation des assemblages réels est bien reconnu comme étant souvent
intermédiaire entre deux situations extrêmes, c'est-à-dire rigide ou articulé.
La différence entre assemblages et attaches sera introduite plus loin dans ce cours. Pour
l'instant, nous utiliserons uniquement des exemples d'assemblages entre une seule poutre et un
seul poteau.
Considérons à présent les moments fléchissants et les rotations associées au niveau d'un
assemblage (Figure 1):

(a) Assemblage rigide (b) Assemblage articulé (c) Assemblage semi-rigide

Figure 1: Classification des assemblages en fonction de leur


rigidité

Lorsque toutes les différentes parties de l'assemblage sont suffisamment rigides (c'est-à-dire
idéalement infiniment rigides), l'assemblage est rigide, et il n'y a aucune différence entre les
rotations respectives aux extrémités des éléments assemblés au niveau de cet assemblage
(Figure 1.a). L'assemblage subit une rotation unique globale en bloc qui est la rotation nodale
des méthodes d'analyse couramment utilisées pour les structures discontinues.
Si l'assemblage est dépourvu de toute rigidité, la poutre se conduit alors simplement comme
si elle avait des appuis libres quel que soit le comportement du ou des autre(s) élément(s)
assemblé(s) (Figure 1.b). Il s'agit là d'un assemblage articulé.
Pour les cas intermédiaires (rigidité non nulle et non infinie), le moment transmis provoque
l'apparition d'une différence f entre les rotations absolues des deux éléments assemblés
(Figure 1.c). Dans ce cas, l'assemblage est semi-rigide.
Le moyen le plus simple de représenter ce concept est un ressort de rotation (spirale) placé
entre les extrémités des deux éléments assemblés. La rigidité de rotation S de ce ressort est le
paramètre liant le moment transmis Mj à la rotation relative f qui est la différence entre les
rotations absolues des deux éléments assemblés.
Lorsque cette rigidité de rotation S est nulle, ou lorsqu'elle est relativement faible,
l'assemblage retombe dans la classe des assemblages articulés. A l'opposé, lorsque la rigidité
de rotation S est infinie, ou lorsqu'elle est relativement élevée, l'assemblage tombe dans la
classe des assemblages rigides. Dans tous les cas intermédiaires, l'assemblage appartient à la
classe des assemblages semi-rigides.
Pour les assemblages semi-rigides, les charges provoquent à la fois un moment fléchissant Mj
et une rotation relative f entre les éléments assemblés. Le moment et la rotation relative sont
liés par une loi constitutive qui dépend des caractéristiques de l'assemblage. Ceci est illustré
dans la Figure 2, où, pour des raisons de simplicité, on suppose que l'analyse globale est
effectuée avec des hypothèses élastiques linéaires.
A l'étape d'analyse globale, l'effet d'avoir des assemblages semi-rigides au lieu d'assemblages
rigides ou articulés est de modifier non seulement les déplacements, mais aussi la répartition
et l'amplitude des sollicitations introduites dans la structure.
A titre d'exemple, les diagrammes de moments fléchissants introduits dans un portique simple
à base fixe soumis à une charge uniformément répartie sont donnés dans la Figure 3 pour
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Généralités sur les assemblages structuraux

deux situations, où les assemblages poutre-poteau sont respectivement articulés ou semi-


rigides. Les flèches sont considérées de la même façon.

Mj Mj Mj

  

(a) Assemblage rigide (b) Assemblage articulé (c) Assemblage semi-rigide


(f = 0) (Mj = 0) (Mj et f ¹ 0)

Figure 2: Modélisation d'assemblages (analyse globale élastique)

(a) Assemblages articulés (b) Assemblages semi-rigides

Figure 3: Répartition élastique des moments fléchissants dans un


portique simple

Avantages de l'approche cohérente pour les assemblages structuraux


Tant les exigences de l'Eurocode 3 que le désir de modéliser le comportement de la structure
de façon plus réaliste conduisent à considérer si nécessaire le comportement semi-rigide.
De nombreux concepteurs s'arrêtent à cette interprétation basique de l'Eurocode 3 et sont
donc réticents à affronter l'effort de calcul supplémentaire que cela implique. Evidemment, la
façon la plus simple pour eux de traiter cette nouvelle difficulté est de dimensionner des
assemblages qui sont toujours classifiés comme articulés ou totalement rigides. Cependant; le
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Généralités sur les assemblages structuraux

choix de ces caractéristiques doit être justifié à la fin du processus de calcul et, en outre, ces
assemblages s'avèrent à coup sûr peu économiques dans un certain nombre de situations.
Il convient de noter que le concept d'assemblages rigides ou articulés existe toujours dans
l'Eurocode 3. Il est admis qu'un assemblage qui est presque rigide, ou presque articulé, peut
encore être considéré comme étant réellement rigide ou réellement articulé dans le processus
de calcul. La manière de juger si un assemblage peu être considéré comme rigide, semi-rigide
ou articulé repose sur la comparaison entre la rigidité de l'assemblage et la rigidité de la
poutre qui dépend de son moment d'inertie de flexion et de sa longueur.
Le concepteur est fortement encouragé à dépasser cette attitude du "tout ou rien". En fait, il
est important d'examiner les avantages à tirer du comportement semi-rigide des assemblages.
Ces avantages peuvent être de deux sortes :
1. Le concepteur décide de persister dans la pratique de considérer -parfois à tort- que les
assemblages sont soit articulés soit totalement rigides. Toutefois, l'Eurocode 3 exige que
soit examinée convenablement l'influence que le comportement réel des assemblages
exerce sur le comportement global de la structure, c'est-à-dire sur la précision avec
laquelle la répartition des sollicitations et des déplacements a été déterminée. Ceci peut
s'avérer difficile lorsque les assemblages sont calculés tardivement dans le processus de
calcul, car certaines itérations peuvent être nécessaires entre l'analyse globale et les
vérifications de calcul. Néanmoins, on peut prévoir les situations suivantes:
 Pour qu'un assemblage puisse être considéré comme rigide, il est de pratique
courante d'introduire des raidisseurs d'âme dans le poteau. L'Eurocode 3 donne
alors les moyens de vérifier si ces raidisseurs sont réellement nécessaires pour
que l'assemblage soit rigide et possède une résistance suffisante. Il existe des
cas pratiques où ils ne sont pas nécessaires, ce qui permet alors d'adopter un
calcul d'assemblage plus économique.
 Lorsqu'il découvre ultérieurement que des assemblages supposés articulés ont
une rigidité significative (c'est-à-dire qu'ils sont semi-rigides), le concepteur
peut être amené à réduire les dimensions des poutres. Ceci s'explique
simplement parce que les moments supportés par les assemblages réduisent les
moments exercés en travée dans les poutres.
2. Le concepteur décide de prendre en compte, à l'étape de calcul préliminaire, non seulement les
caractéristiques des éléments mais aussi celles des assemblages. On peut démontrer que cette
nouvelle approche n'est pas du tout incompatible avec la séparation parfois habituelle des
tâches de calcul entre ceux qui ont la responsabilité de concevoir la structure et d'effectuer
l'analyse globale et ceux qui sont chargés de calculer les assemblages. En fait, ces deux tâches
sont très souvent effectuées par des personnes différentes, ou par différentes sociétés, en
fonction des coutumes industrielles locales ou nationales. L'adoption innovante de cette prise
en compte anticipée des assemblages dans le processus de calcul exige une bonne
compréhension de l'équilibre entre, d'une part, les coûts et la complexité des assemblages et,
d'autre part, l'optimisation du comportement structural. Deux exemples sont donnés pour
illustrer ceci:
 Il a été mentionné précédemment qu'il est possible dans certaines situations
d'éliminer les raidisseurs d'âme de poteaux et donc de réduire les coûts. Malgré
la réduction de sa rigidité et, éventuellement, de sa résistance, l'assemblage peut
encore être considéré comme rigide et posséder une résistance suffisante. Cette
possibilité est démontrée en particulier pour les assemblages de jarrets avec
renfort en gousset dans les portiques industriels, mais d'autres cas peuvent être
envisagés.
 Plus généralement, cela vaut la peine d'étudier l'effet de l'ajustement de la
rigidité des assemblages de manière à obtenir le meilleur équilibre entre le coût
des assemblages et celui des poutres et des poteaux. Par exemple, pour les
ossatures contreventées, l'utilisation d'assemblages semi-rigides, probablement
plus coûteux que des assemblages articulés, conduit à réduire les dimensions
des poutres. Pour les ossatures non contreventées, l'utilisation d'assemblages
semi-rigides moins coûteux, au lieu d'assemblages rigides, conduit à augmenter
les dimensions des poutres et éventuellement des poteaux.
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Généralités sur les assemblages structuraux

Bien sûr, cette tâche peut sembler difficile, et c'est la raison pour laquelle ces cours visent à
donner au lecteur des informations utiles. La philosophie de cette méthode pourrait être
"Parce que vous devez le faire, profitez-en".
Ainsi l'Eurocode 3 offre à présent au concepteur le choix entre une attitude traditionaliste,
dont on peut cependant souvent tirer un certain profit, et une attitude innovante, grâce à
laquelle on peut mieux rechercher le résultat le plus économique.
Il est important d'insister sur les grandes similarités qui existent entre la classification des
éléments et la classification des assemblages. Ce sujet est traité dans la section suivante.

Parallèle entre sections d'éléments et assemblages


Le comportement des sections transversales des éléments peut être étudié au moyen d'une
courbe M-f pour une poutre sur appuis simples chargée à mi-portée (M : moment fléchissant
à mi-portée ;fsomme des rotations aux extrémités de la portée). Le comportement des
assemblages sera étudié au moyen d'une relation similaire, mais avec M = Mj étant le moment
fléchissant transmis par l'assemblage et f étant la rotation relative entre l'élément assemblé et
le reste de l'assemblage. Ces relations ont des formes similaires, comme le montre la Figure
4.
A la rigidité de flexion EI/L et à la résistance de calcul Mb.Rd de l'élément correspondent la
rigidité initiale Sj,ini et la résistance de calcul Mj.Rd de l'assemblage.
Selon l'Eurocode 3 les sections transversales des éléments sont divisées en quatre classes en
fonction de leurs différentes capacités à résister au voilement local lorsqu'elles sont
partiellement ou totalement soumises à une compression, et des conséquences que ceci peut
avoir sur la possibilité de redistribution plastique. Leur résistance varie donc entre la pleine
résistance plastique (classes 1 et 2) et la résistance élastique (classe 3) ou une résistance
élastique réduite (classe 4) comme il est expliqué dans le Cours "Voilement local et
classification des sections".

/2 /2

M Mj

Elément
Joint

 

Figure 4: Caractéristiques M-f pour section


transversale d'élément et assemblage

L'affectation d'une section transversale à une classe spécifique est gouvernée par les
hypothèses prises sur:
 Le comportement à idéaliser pour l'analyse globale (par ex. la classe 1 autorise la
formation d'une rotule plastique et permet la redistribution des sollicitations dans
l'ossature au fur et à mesure que les charges augmentent jusqu'au niveau ou au-delà des
charges de calcul);
 Le comportement à prendre en compte pour les vérifications de calcul locales (par ex. la
classe 4 implique que la résistance de la section transversale est basée sur les
caractéristiques d'une section transversale efficace appropriée plutôt que de la section
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transversale brute).
Dans l'Eurocode 3, la classification d'une section transversale est basée sur le rapport largeur-
épaisseur des parois composant la section. La ductilité dépend directement de l'amplitude de
rotation au cours de laquelle le moment résistant de calcul est conservé. Pour les assemblages,
le concept de capacité de rotation est équivalent au concept de ductilité pour les sections.
De manière similaire aux sections transversales d'éléments, les assemblages sont classifiés en
fonction de la ductilité ou de la capacité de rotation. Cette classification constitue une mesure
de leur capacité à résister à une ruine locale prématurée et, bien plus probablement, à une
ruine fragile prématurée (particulièrement par rupture de boulons) avec les conséquences
appropriées sur le type d'analyse globale autorisé.
L'intérêt pratique d'une telle classification des assemblages est de vérifier si une analyse
globale élasto-plastique peut être conduite jursqu'à la formation d'un mécanisme
d'effondrement plastique dans la structure, ce qui implique de telles rotules dans un certain
nombre d'assemblages.

Mj

Figure 5: Ductilité ou capacité de rotation des assemblages

Comme cela sera montré, cette classification des assemblages par ductilité, bien qu'elle ne
soit pas explicitement mentionnée dans l'Eurocode 3, peut être définie à partir des
caractéristiques géométriques et mécaniques de leurs composants (boulons, soudures,
épaisseur de plaques, etc.).
Les assemblages peuvent donc être classifiés en fonction à la fois de leur rigidité et de leur
ductilité. En outre, les assemblages peuvent être classifiés en fonction de leur résistance.
En ce qui concerne leur résistance, les assemblages sont classifiés comme à pleine résistance
ou à résistance partielle selon leur résistance comparée à la résistance des éléments
assemblés. Pour le calcul élastique, l'utilisation d'assemblages à résistance partielle se
comprend bien. Lorsque l'on fait appel au calcul plastique, la principale utilité de cette
classification est de prévoir la nécessité éventuelle de permettre la formation d'une rotule
plastique dans l'assemblage au cours de l'analyse globale. Afin de permettre une
augmentation supplémentaire des charges au-delà de celles correspondant à la formation de la
rotule, un assemblage à résistance partielle peut s'avérer nécessaire pour agir comme une
rotule à partir du moment où sa résistance plastique à la flexion est atteinte. Dans ce cas,
l'assemblage doit également posséder une ductilité suffisante.

Définitions de configuration d'assemblage, d'assemblage


et d'attache
Les ossatures de bâtiments sont constituées de poutres et de poteaux, habituellement faits de
profils en H ou en I, assemblés entre eux par des attaches. Ces attaches sont situées entre deux
poutres, deux poteaux, une poutre et un poteau ou un poteau et la fondation (Figure 6).
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Généralités sur les assemblages structuraux

A B A

C C
A

A A

D
D D

Figure 6: Différents types d'attaches dans


une ossature de bâtiment

Une attache est définie comme l'ensemble de composants physiques qui fixent
mécaniquement les éléments assemblés. On considère que l'attache est concentrée à
l'emplacement où l'action de fixation se produit, par exemple au niveau de l'interface
extrémité de poutre / poteau dans un assemblage poutre-poteau selon l'axe fort. Lorsque l'on
considère ensemble l'attache ainsi que la zone d'interaction correspondante située entre les
éléments assemblés, on utilise alors le terme assemblage (Figure 7.a).

Assemblage Assemblage
Attache gauche
droit

Attache
Assemblage gauche Attache
droite

(a) Configuration d'assemblage unilatérale (b) Configuration d'assemblage bilatérale

Figure 7: Assemblages et attaches

Selon le nombre d'éléments dans le plan assemblés entre eux, on définit des configurations
d'assemblages unilatérales (sur un seul côté) ou bilatérales (sur deux côtés) (Figure 8). Dans
une configuration bilatérale (Figure 8.b), deux assemblages - gauche et droit - doivent être
pris en compte (Figure 7.b.).

Les définitions illustrées dans les Figure 7 et 8 sont valables pour d'autres configurations
d'assemblages et types d'attaches.
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(a) Unilatérale (b) Bilatérale

Figure 8: Configurations d'assemblages dans le plan

Comme expliqué précédemment, les assemblages qui sont traditionnellement considérés


comme rigides ou articulés et sont calculés en conséquence, possèdent, en réalité, leur propre
degré de flexibilité finie ou de rigidité finie résultant de la déformabilité de tous les
composants constitutifs. La section suivante vise à décrire les principales sources de
déformabilité des assemblages.

Sources de déformabilité des assemblages


Le comportement des assemblages en rotation peut affecter le comportement structural local
et/ou global des ossatures. Dans cette section, les sources de déformabilité par rotation sont
identifiées pour les assemblages poutres-poteaux, les assemblages de continuité et les bases
de poteaux.
Il est utile de mentionner que la rigidité de rotation, la résistance des assemblages et la
capacité de rotation sont susceptibles d'être affectées par les efforts tranchants et/ou la force
axiale agissant dans l'assemblage.
Cet effort tranchant et cette force axiale peuvent bien évidemment contribuer à la
déformabilité axiale et de cisaillement dans les attaches. Cependant, il est bien connu que ces
contributions n'affectent pas de façon significative le comportement de l'ossature; par
conséquent, les comportements axial et en cisaillement de l'attache sont négligés, par rapport
à la déformabilité de rotation.

Assemblages poutre-poteau
Assemblages sur l'axe de forte inertie
Dans un assemblage poutre-poteau sur l'axe de forte inertie, différentes sources de
déformabilité peuvent être identifiées. Pour le cas particulier d'un assemblage unilatéral
(Figures 9.a et 10.a), celles-ci sont:
 La déformation de l'attache. Ceci comprend la déformation des éléments de l'attache :
semelle de poteau, boulons, platines d'extrémité ou cornières,... et la déformation par
introduction de charges dans l'âme de poteau : raccourcissement et l'allongement
transversal de cette âme sous l'effet des forces de compression et de traction Fb qui lui
sont appliquées. Le couple de forces Fb est statiquement équivalent au moment Mb au
niveau de l'extrémité de poutre. Ces déformations provoquent une rotation relative fc
entre les axes de poutre et de poteau; cette rotation, qui est égale à qb - qc (cf Figure 9.a)
est concentrée principalement le long du bord AB et donne une courbe de déformabilité
par flexion Mb - fc.
 La déformation par cisaillement du panneau d'âme de poteau associée à l'effort tranchant
Vwp agissant dans ce panneau. Elle entraîne une rotation relative g entre les axes de poutre
et de poteau; cette rotation permet d'établir une courbe de déformabilité par cisaillement
Vwp-g.
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La courbe de déformabilité d'une attache peut évidemment être influencée par la force axiale
et l'effort tranchant agissant éventuellement dans la poutre assemblée.

Des définitions similaires s'appliquent aux configurations d'assemblages bilatérales (Figure


9.b et Figure 10.b). Pour de telles configurations, il faut considérer deux attaches et un
panneau d'âme cisaillé, formant deux assemblages.
En bref, les principales sources de déformabilité qui doivent être envisagées dans un
assemblage poutre-poteau sur l'axe de forte inertie sont les suivantes :
Configuration d'assemblage unilatérale :
la caractéristique Mb-fc de déformabilité de l'attache ;
la caractéristique Vwp-g de déformabilité par cisaillement du panneau d'âme de
poteau.
Configuration d'assemblage bilatérale :
la caractéristique Mb1-fc1 de déformabilité de l'attache du côté gauche;
la caractéristique Mb2-fc2 de déformabilité de l'attache du côté droit;
la caractéristique Vwp-g de déformabilité par cisaillement du panneau d'âme de
poteau.

c

Fb Fb2 Fb1
b
z z
Mb Mb2 Mb1
z

Fb
Fb2 Fb1

Fb= Mb/z Fb2= Mb2/z Fb1= Mb1/z

(a) Configuration d'assemblage unilatérale (b) Configuration d'assemblage bilatérale

Figure 9: Sources de déformabilité des assemblages

La déformabilité de l'attache (éléments d'assemblage + introduction des charges) est


uniquement due au couple de forces transmis par les semelles de la poutre (équivalent au
moment d'extrémité de poutre Mb). La déformabilité par cisaillement du panneau d'âme de
poteau provient de l'action combinée de ces forces égales mais opposées et des efforts
tranchants exercés dans le poteau au niveau des semelles de poutre. Les équations d'équilibre
du panneau d'âme donnent l'effort tranchant Vwp (cf Figure 10 pour la convention de signe) :

M b1 + M b2 - V c1 + V c2
Vn= (1)
hb 2
Une autre formule à laquelle il est parfois fait référence, à savoir :

M b1 + M b2
V n= (2)
hb
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n'est qu'une approximation grossière et sécuritaire de (1).

Dans les deux formules, z représente le bras de levier des forces de traction et de compression
résultantes dans le ou les attache(s). Des directives sur la détermination de z sont données
dans le cours "Caractérisation et idéalisation des assemblages résistants aux moments".

Nc2 Nc2
Mc2
Vc2 Mc2 Vc2
VVb1b1 Vb2 V
Vb1
b1
Nb1
Nb2 Nb1
Mb1
Mb2 Mb1
Vc1
Mc1 Vc1
Nc1 Mc1
Nc1

Configurations d'assemblages
Vwp Vwp

z z
Vwp Vwp

Panneaux d'âme

Vb1 Vb2 Vb1


Nb1 Nb2 Nb1
Mb1 Mb2 Mb1

Attaches

(a) Assemblage unilatéral (b) Assemblage bilatéral

Figure 10: Chargement du panneau d'âme et des attaches

Assemblages sur l'axe de faible inertie


Une distinction similaire entre le panneau d'âme et l'attache doit aussi être faite pour un
assemblage sur l'axe faible (Figure 11). L'âme de poteau montre une déformabilité dite hors
du plan alors que l'attache se déforme en flexion comme il le fait dans un assemblage sur
l'axe fort. Cependant, aucune déformabilité par introduction de charges n'est impliquée.
Dans une configuration d'assemblage bilatérale, la déformation hors du plan de l'âme de
poteau dépend des moments fléchissants subis par les attaches droite et gauche (cf Figure 12):

 M b = M b1 - M b2 (3)
Pour une configuration d'assemblage unilatérale (Figure 11), la valeur de DMb est égale à
celle de Mb.
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Fb

Z Mb

Fb

Fb=Mb/Z

Figure 11: Déformabilité d'un assemblage sur l'axe faible

Mb2 Mb1

Figure 12: Chargement d'un assemblage bilatéral sur l'axe faible

Assemblages comportant des poutres sur les axes fort et faible de


poteau
Un assemblage tridimensionnel (Figure 13) est caractérisé par la présence de poutres
assemblées tant sur la ou les semelle(s) que sur l'âme du poteau. Dans ces assemblages, une
déformation par cisaillement et une déformation hors du plan de l'âme de poteau se
produisent simultanément.
Le chargement du panneau d'âme apparaît donc comme la superposition du chargement de
cisaillement donné par les formules (1) ou (2) et du chargement hors du plan donné par la
formule (3).
La configuration d'assemblage de la Figure 13 n'implique que deux poutres; on peut aussi
rencontrer des configurations comportant trois ou quatre poutres.
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Figure 13: Exemple d'assemblage tridimensionnel

Assemblages de continuité de poutres et assemblages de


continuité de poteaux
Les sources de déformabilité dans un assemblage de continuité de poutres (Figure 14) ou dans
un assemblage de continuité de poteaux (Figure 15) sont moindres que dans un assemblage
poutre-poteau; en fait, elles ne concernent que les attaches. La déformabilité est décrite par la
seule courbe Mb-f .

Mb Mb Mb Mb

Attache gauche Attache droite Attache gauche Attache droite

Figure 14: Déformation d'un assemblage de continuité de poutres

La courbe unique Mb-f correspond à la déformabilité de la totalité de l'assemblage, c'est-à-


dire des deux attaches qui le constituent (attaches gauche et droite dans un assemblage de
continuité de poutres, attaches supérieure et inférieure dans un assemblage de continuité de
poteaux).
Dans un assemblage de continuité de poteaux où la force de compression est prédominante, la
force axiale affecte les caractéristiques mécaniques de l'assemblage, c'est-à-dire sa rigidité de
rotation, sa résistance et sa capacité de rotation, de manière significative. L'influence de la
déformabilité axiale des assemblages de continuité sur le comportement d'ossature global est
cependant limitée, et elle est donc négligée.
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Mc Mc

Nc Nc

Attache supérieure Attache supérieure

Attache inférieure
Attache inférieure

Nc
Nc

Mc
Mc

Figure 15: Déformation d'un assemblage de continuité de poteaux

Assemblages poutre-poutre
La déformabilité d'un assemblage poutre-poutre (Figure 16) est tout-à-fait similaire à celle
d'un assemblage poutre-poteau sur l'axe faible; les chargements ainsi que les sources de
déformabilité sont similaires à ceux exprimés ci-dessus pour les assemblages sur l'axe faible.

Mb

Figure 16: Déformation d'un assemblage poutre-poutre

Bases de poteaux
Dans une base de poteau, deux déformabilités d'attache doivent être distinguées (Figure 17) :
 la déformabilité de l'attache entre le poteau et la fondation en béton (attache poteau-
béton);
 la déformabilité de l'attache entre la fondation en béton et le sol (attache béton-sol).
Pour l'attache poteau-béton, le comportement en flexion est représenté par une courbe Mc - f ,
dont la forme est influencée par le rapport du moment fléchissant à la charge axiale au pied
du poteau.
Pour l'attache entre la fondation en béton et le sol, on identifie deux courbes de déformabilité
fondamentales:
 une courbe Nc-u qui correspond au tassement du sol provoqué par la force de compression
axiale exercée dans le poteau; contrairement aux autres types d'assemblage, cette courbe
de déformabilité peut avoir un effet significatif sur le comportement de l'ossature;
 une courbe Mc - f caractérisant la rotation du bloc de béton dans le sol.
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Comme pour tous les autres assemblages décrits ci-dessus, la déformabilité de la base de
poteau résultant de l'effort tranchant exercé dans le poteau peut être négligée.
Les caractéristiques Mc-f de l'attache poteau-béton et de l'attache béton-sol sont combinées
afin d'en déduire la rigidité de rotation au pied du poteau et de procéder à l'analyse et au
calcul de l'ossature en conséquence.
Des sources de déformabilité similaires existent dans les bases de poteaux soumis à une
flexion biaxiale et à une force axiale. Les caractéristiques Mc-f d'attache sont alors définies
respectivement tant pour l'axe fort que pour l'axe faible.
Nc

Mc

"Attache"
poteau-béton

"Attache"
béton-sol

Figure 17: Attaches dans une base de poteau

Classification des assemblages

Généralités
Il est montré plus loin dans ce cours que les assemblages doivent être modélisés pour
l'analyse globale d'ossature et qu'il existe trois types différents de modélisation d'assemblages:
simple, semi-continue et continue.
Il est également expliqué que le type de modélisation d'assemblage à adopter dépend à la fois
du type d'analyse d'ossature et de la classe de l'assemblage en termes de rigidité et/ou de
résistance.
On utilise des critères de classification pour effectuer cette tâche, et ceux-ci sont décrits ci-
dessous.

Classification de rigidité
La classification de rigidité en assemblages rigides, semi-rigides et articulés s'effectue en
comparant simplement la rigidité de calcul à deux limites (Figure 18). Pour des raisons de
simplicité, les limites de rigidité ont été déterminées de manière à permettre une comparaison
directe avec la rigidité de calcul initiale de l'assemblage, quel que soit le type d'idéalisation
utilisé ultérieurement dans l'analyse.
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Assemblages structuraux
Généralités sur les assemblages structuraux

Mj
Rigide

Semi-rigide

Sj,ini
Articulé

Limites de rigidité
Rigidité initiale

Figure 18: Limites de classification de rigidité

Classification de résistance
La classification de résistance consiste simplement à comparer le moment résistant de calcul
de l'assemblage aux limites des assemblages "à pleine résistance" et "articulés" (Figure 19).

Mj
Pleine résistance

Mj,Rd
Résistance partielle

Articulé

Limites de résistance
Résistance de l'assemblage

Figure 19: Limites de classification de résistance

Limites de classification
Il est utile de souligner qu'une classification fondée sur les caractéristiques M-f d'assemblage
expérimentales n'est pas autorisée, car seules les caractéristiques de calcul sont concernées.
Les limites de rigidité et de résistance pour la classification des assemblages sont données ci-
dessous:

Classification par rigidité

 assemblage rigide S j,ini ³ 25 EI/L (ossatures non contreventées)


S j,ini ³ 8 EI/L (ossatures contreventées)
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Assemblages structuraux
Généralités sur les assemblages structuraux

 assemblage semi-rigide 0 ,5 EI / L  S j ,ini  25 EI / L (ossatures non contreventées)


0 ,5 EI / L  S j ,ini  8 EI / L (ossatures contreventées)
 assemblage articulé S j ,ini  0 ,5 EI / L

Classification par résistance

 assemblage à pleine résistance M j . Rd  M pleine  résistance

 assemblage à résistance partielle 0,25 M pleine  résistance  M j . Rd  M pleine  résistance


 assemblage articulé M j . Rd  0,25 M pleine  résistance

Dans cette notation, EI/L et Mfull-strength désignent respectivement :

 la rigidité de flexion de la poutre assemblée;


 la résistance de calcul du plus faible des éléments assemblés.

Classes de ductilité
L'expérience ainsi que la conception de détails appropriés aboutissent à des assemblages dits
articulés qui font preuve d'une capacité de rotation suffisante pour supporter les rotations qui
leur sont imposées.
Pour les assemblages résistants aux moments, le concept de classes de ductilité est introduit
pour traiter la question de capacité de rotation. Ce sujet sera évoqué dans le Cours
"Caractérisation et idéalisation des assemblages résistants aux moments".

Modélisation des assemblages

Généralités
Le comportement des assemblages affecte le comportement des ossatures et doit donc être
modélisé, tout comme pour les poutres et les poteaux, pour le calcul et l'analyse des ossatures.
Traditionnellement, on considère les types de modélisation d'assemblage suivants :

Pour la rigidité de rotation : Pour la résistance :


Ÿ rigide Ÿ à pleine résistance
Ÿ articulé Ÿ à résistance partielle
Ÿ articulé

En ce qui concerne la rigidité de rotation de l'assemblage, le terme rigide signifie qu'il ne se


produit aucune rotation relative entre les éléments assemblés quel que soit le moment
appliqué. Le terme articulé suppose l'existence d'une rotule parfaite (c'est-à-dire sans
frottement) entre les éléments. En fait, ces définitions peuvent être mitigées, comme expliqué
plus haut. En effet, des assemblages assez flexibles mais pas totalement articulés et des
assemblages assez rigides mais pas totalement rigides peuvent être considérés respectivement
comme effectivement articulés et suffisamment rigides. Les limites de rigidité permettant de
classifier les assemblages comme rigides ou articulés ont été étudiées.

Concernant la résistance, un assemblage à pleine résistance est plus résistant que le plus
faible des éléments assemblés, ce qui est le contraire d'un assemblage à résistance partielle.
Dans la pratique quotidienne, on utilise des assemblages à résistance partielle chaque fois
qu'ils sont calculés pour transmettre les sollicitations mais pas pour supporter la pleine
capacité des éléments assemblés. On considère qu'un assemblage articulé ne transmet aucun
moment. Les critères de classification correspondants ont également été présentés.
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Généralités sur les assemblages structuraux

La prise en compte des caractéristiques de rigidité de rotation et de résistance des


assemblages conduit à trois modèles d'assemblage significatifs :
 rigide/à pleine résistance;
 rigide/à résistance partielle;
 articulé.
Cependant, en ce qui concerne la rigidité de rotation, les assemblages calculés sur des critères
d'économie peuvent n'être ni rigides ni articulés mais semi-rigides. Il existe donc de nouvelles
possibilités pour la modélisation des assemblages:
 semi-rigide/à pleine résistance;
 semi-rigide/à résistance partielle.
Par souci de simplification, l'Eurocode 3 - Chapitre 6 et Annexe J prend en compte ces
possibilités en présentant trois modèles d'assemblages (Tableau 1) :
 continu : couvrant uniquement le type rigide/à pleine résistance;
 semi-continu : couvrant les types rigide/à résistance partielle, semi-rigide/à pleine
résistance et semi-rigide/à résistance partielle;
 simple : couvrant uniquement le type articulé.

RIGIDITE RESISTANCE
Pleine résistance Résistance partielle Articulé
Rigide Continue Semi-continue *
Semi-rigide Semi-continue Semi-continue *
Articulé * * Simple
* : Sans objet

Tableau 1: Types de modélisation d'assemblages

Les significations suivantes sont données à ces termes :


 continu: l'assemblage assure une continuité de rotation totale entre les
éléments assemblés;
 semi-continu: l'assemblage n'assure qu'une continuité de rotation partielle entre
les éléments assemblés;
 simple: l'assemblage empêche toute transmission de rotation entre les
éléments assemblés.
L'interprétation à donner à ces termes dépend du type d'analyse d'ossature à effectuer. Dans le
cas d'une analyse d'ossature globale élastique, seules les caractéristiques de rigidité sont utiles
pour la modélisation des assemblages. Dans le cas d'une analyse rigide-plastique, la
caractéristique principale est la résistance. Dans tous les autres cas, ce sont à la fois les
caractéristiques de rigidité et de résistance qui gouvernent la manière dont il convient de
modéliser les assemblages. Ces possibilités sont illustrées dans le Tableau 2.

TYPE D'ANALYSE
MODELISATION Analyse élastique D'OSSATURE
Analyse Analyse élastoplastique et
rigide-plastique élastique-parfaitement plastique
Continue Rigide Pleine résistance Rigide/pleine résistance
Semi-continue Semi-rigide Résistance Rigide/résistance partielle
partielle Semi-rigide/pleine résistance
Semi-rigide/résistance partielle
Simple Articulé Articulé Articulé

Tableau 2: Modélisation des assemblages et analyse d'ossature


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Modélisation et sources de déformabilité des assemblages


La différence entre le chargement de l'attache et celui de l'âme de poteau dans un assemblage
poutre-poteau exige, d'un point de vue théorique, de prendre en compte séparément les deux
sources de déformabilité dans le calcul d'une ossature de bâtiment.
Cependant, ceci est uniquement possible lorsque l'on analyse l'ossature au moyen d'un
programme informatique sophistiqué permettant une modélisation séparée des deux sources
de déformabilité. Pour la plupart des logiciels disponibles, la modélisation des assemblages
doit être simplifiée en concentrant les sources de déformabilité en un ressort de rotation
unique situé à l'intersection des axes des éléments assemblés.

Modélisation simplifiée selon l'Eurocode 3


Pour la plupart des applications, la modélisation séparée du comportement de l'attache et du
panneau d'âme n'est ni utile ni exigée; par conséquent, seule la modélisation simplifiée du
comportement des assemblages sera étudiée dans le présent document. L'idée est celle suivie
dans la norme expérimentale ENV 1993-1-1 (Chapitre 6 et Annexe J ). Le Tableau 3, tiré de
l'Annexe J révisée, montre comment faire correspondre la modélisation simplifiée
d'assemblages typiques aux termes fondamentaux utilisés pour la modélisation des
assemblages: simple, semi-continu et continu.

MODELISATION ASSEMB. POUTRE-POTEAU ASSEMB. DE BASES DE


ASSEMBLAGES FLEXION / AXE FORT CONTINUITE POTEAUX

SIMPLE

SEMI-

CONTINUE

CONTINUE

Tableau 3: Modélisation simplifiée des assemblages selon


l'Eurocode 3

Concentration de la déformabilité des assemblages


Pour la pratique normale, la prise en compte séparée du comportement en flexion de l'attache
et du cisaillement (assemblage poutre-poteau sur l'axe fort) ou du comportement hors du plan
du panneau d'âme de poteau (configurations d'assemblages poutre-poteau sur l'axe faible ou
configurations poutre-poutre) n'est pas réalisable. Cette section vise à expliquer comment
concentrer les deux déformabilités en un seul ressort de rotation situé à l'intersection des axes
des éléments assemblés.

Configurations d'assemblages poutre-poteau sur l'axe fort


Dans une configuration unilatérale, un seul assemblage est concerné. La courbe de
déformabilité cisaillement-rotation caractéristique du panneau d'âme de poteau (Figure 20.b)
est d'abord transformée en une courbe Mb- au moyen du paramètre de transformation  Ce
paramètre, défini dans la Figure 21.a, fait correspondre l'effort tranchant exercé dans le
panneau d'âme aux forces de compression et de traction (introduction des charges) dans
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Généralités sur les assemblages structuraux

l'attache (cf également les formules 1 et 2).


La caractéristique de ressort Mb-f qui représente le comportement de l'assemblage est
montrée dans la Figure 20.a; elle est obtenue par la somme des contributions de rotation
provenant de l'attache (fc) et du panneau de cisaillement (g). La caractéristique Mj-f du
ressort de rotation de l'assemblage situé à l'intersection poutre-poteau est supposée s'identifier
à la caractéristique Mb-f obtenue comme indiqué dans la Figure 20.c.

Mb Mb Mb, Mj

ci  c,i+i
Mb,i Mb,i Mb,i
i

c  

(a) Assemblage (b) Panneau de cisaillement (c) Ressort

Figure 20: Caractéristique de rigidité du ressort en rotation

Mb Mb2 Mb1
Vwp Fb Fb2 Vwp Fb1

Vwp Vwp
Fb Fb2 Fb1

Vwp =  Fb Vwp = 1 Fb1


= 2 Fb2
où F b = Mb/z où Fb1 = Mb1/z
Fb2 = Mb2/z
(a) Configuration d'assemblage unilatérale (b) Configuration d'assemblage bilatérale

Figure 21: Définition du paramètre de transformation b pour les


assemblages sur l'axe fort
Dans une configuration bilatérale, deux assemblages - le gauche et le droit – sont impliqués.
La détermination de leurs courbes de déformabilité correspondantes est conduite de façon
similaire à une configuration unilatérale au moyen de paramètres de transformation b1 et b2
(Figure 21.b).
Parce que les valeurs des paramètres b ne peuvent être déterminées qu'une fois que l'on
connaît les sollicitations, leur détermination précise exige un processus itératif dans l'analyse
globale. Pour les applications pratiques, un tel processus itératif est à peine acceptable, à
condition que l'on dispose de valeurs de b sûres. Ces valeurs peuvent être utilisées a priori
pour modéliser les assemblages et, à partir de cette modélisation des assemblages, l'analyse
de l'ossature peut être effectuée en toute sécurité de façon non itérative.
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Les valeurs recommandées mais approchées de b, où b1 est pris égal à b2 pour les
configurations bilatérales, sont données dans le Cours "Procédures pratiques pour la
caractérisation du comportement des assemblages résistants aux moments". Elles varient de b
= 0 (configuration d'assemblage bilatérale avec moments équilibrés dans les poutres) à b = 2
(configuration d'assemblage bilatérale avec moments égaux mais non équilibrés dans les
poutres). Ces deux cas extrêmes sont illustrés dans la Figure 22.

Mb Mb Mb Mb

(a) Moments de poutres équilibrés (b) Moments de poutres égaux mais non équilibrés

Figure 22: Cas extrêmes pour les valeurs de b

Mb Mb2
Mb1 M
b
Mb =  M b M b = 1 M b1
= Mb =  2 M b2
=1

(a) Configuration d'assemblage unilatérale (b) Configuration d'assemblage bilatérale

Figure 23: Définition du paramètre de transformation b pour les


assemblages sur l'axe faible

Configurations d'assemblages poutre-poutre et configurations poutre-


poteau sur l'axe de faible inertie
Il est fait référence à des concepts similaires à ceux développés pour les configurations
d'assemblages poutre-poutre et configurations poutre-poteau sur l'axe de faible inertie. La
définition du paramètre de transformation est un peu différente (cf Figure 23).
Des valeurs approchées de  (supposant 1 = 2) pour ces configurations d'assemblages
peuvent également être recommandées, de façon similaire au cas des configurations
d'assemblages poutre-poteau sur l'axe de forte inertie.