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Eurocodes pour les

Structures en Acier
Elaboration d'une
Approche Trans-nationale

Formation: Eurocode 3

Module 5 : Assemblages structuraux

Cours 18 : Procédures pratiques pour la


caractérisation du comportement
des assemblages transmettant des
moments

Résumé:
· Ce cours présente des règles et des tableaux de dimensionnement simples conformes à l'Eurocode
3 - Annexe J révisée en vue de la caractérisation de cinq types différents d’assemblages
structuraux.
· Il donne des directives pour une utilisation convenable de ces outils.

Pré-requis:
· Généralités sur les assemblages structuraux.
· Concepts de caractérisation et d'idéalisation pour les assemblages.

Notes destinées aux Formateurs:


Ce support représente un cours de 45 minutes.

SSEDTA
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Assemblages structuraux
Procedures pratiques pour la caractérisation du comportement des assemblages
transmettant des moments

Objectifs:
Il convient que les étudiants:
soient capables de caractériser et d'idéaliser le comportement d’assemblages poutre-poteau par
des platines d'extrémité ou par cornières de semelle et d’assemblages de continuité de poutre par
des platines d'extrémité boulonnées.

Références:
[1] “ Semi-rigid connections in steel construction - simple design model and design aids ”, Sprint
contract RA351bis Final Report, 1994 (Partners : CRIF (B), CTICM (F), ENSIAS (F), LABEIN
(E), Univ. Trento (I)).
[2] “ Assemblages flexionnels en acier selon l’Eurocode 3 – Outils de calcul pour les assemblages
rigides et semi-rigides ”, Collection CTICM 1996, ISBN 2-902720-21-1.
[3] Stability design of semi-rigid frames, Chapter 2 - Semi-rigid connections,
W.F. Chen, Y Goto, J.Y.Richard Liew, John Wiley & Sons Inc, 1 st edition, 1995.

Table des Matières:


1. Introduction
2. Contraintes exercées dans la semelle et dans le panneau d'âme des poteaux
2.1 Coefficient b
2.2 Coefficient kwc
2.3 Coefficient kfc
3. Considérations de calcul supplémentaires et options prises pour les tableaux de dimensionnement
3.1 Dimensions des soudures
3.2 Diamètres des boulons
3.3 Assemblages par cornières de semelles
3.4 Choix pour les tableaux de dimensionnement
4. Résistance au cisaillement
5. Longueur de référence en vue de la classification de rigidité

Annexe A. Classification de rigidité des assemblages. Concept de "Longueur de référence"

Assemblages structuraux 2
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Assemblages structuraux
Procedures pratiques pour la caractérisation du comportement des assemblages
transmettant des moments

1 Introduction
Pour le dimensionnement des assemblages, des aides détaillées sont données dans la
références [1, 2] . Chacune de ces aides au dimensionnement est consacrée à un type
spécifique d'assemblage. Elles se composent de deux parties :
a. une procédure de calcul, présentée sous forme de fiches de calcul;
b. des tableaux de dimensionnement.
La procédure de calcul vise à assister le concepteur qui souhaite prendre en compte toutes
les potentialités de la semi-rigidité des assemblages, sans être obligé de suivre l'approche
plus complexe de l'Eurocode  3-Annexe J (révisée).
La première fiche de calcul est consacrée à la détermination des caractéristiques
mécaniques et des paramètres géométriques de l'assemblage. Dans les autres fiches, la
procédure de calcul donne d'abord toutes les expressions pour la rigidité et la résistance de
chacun des composants de l'assemblage suivant un ordre logique, et montre enfin
comment obtenir les caractéristiques de l'ensemble de l'assemblage, c'est-à-dire les
rigidités initiale et nominale ainsi que le moment de résistance de calcul. Le mode de
ruine correspond au composant dont la résistance détermine le moment de résistance de
calcul des assemblages. Des considérations supplémentaires concernant le calcul des
assemblages sont données ci-dessous.
La résistance au cisaillement de l'assemblage (résistance à un effort tranchant exercé
dans la poutre) constitue une valeur importante. Cependant, pour des raisons de clarté,
elle n'est pas traitée dans les fiches de calcul. Des informations appropriées sont données
plus loin dans ce cours.
La seconde partie de chacune des aides au calcul est composée de tableaux de
dimensionnement, qui, en principe, peuvent être utilisées directement comme alternative
aux fiches de calcul. Les tableaux, qui sont établies pour une sélection de combinaisons
courantes de sections d'éléments assemblés, donnent au concepteur les informations
suivantes:
Ÿ les rigidités de l'assemblage pour le calcul (initiale et nominale);
Ÿ la résistance au cisaillement et le moment de résistance de calcul de l'assemblage;
Ÿ une identification du composant de l'assemblage qui gouverne le moment de
résistance;
Ÿ les longueurs de référence pour la classification de l'assemblage,
outre les caractéristiques des matériaux et les paramètres géométriques pour la platine
d'extrémité, les boulons et les soudures. Le concept de longueur de référence pour la
classification des assemblages est présenté dans l'Annexe A de ce cours.
Les tableaux de dimensionnement peuvent être utilisées soit pour obtenir les
caractéristiques (c'est-à-dire. les caractéristiques mécaniques de rigidité et de résistance)
d'un assemblage donné soit pour choisir un assemblage possédant les caractéristiques
souhaitées.
Elles ont été obtenues au moyen des procédures de calcul données dans les fiches de
calcul associées à des options prises pour les valeurs de certains paramètres qui donnent

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en général des résultats offrant toute sécurité. Cependant, il existe quelques rares
situations extrêmes où l'utilisation des tableaux de dimensionnement seuls peut ne pas
suffire à garantir un calcul sûr. Ces situations concernent surtout l'état des contraintes
(cisaillement et contraintes directes) du panneau d'âme de poteau (qui est évalué par les
coefficients b et kwc) et de la semelle de poteau (coefficient kfc) et qu'il convient
normalement de vérifier une fois que l'analyse de la structure est achevée.
Les significations physiques des coefficients b, kwc et kfc sont expliquées dans les
paragraphes suivants qui donnent les valeurs recommandées à utiliser dans les fiches de
calcul. Ces recommandations ont été adoptées pour les tableaux de dimensionnement.
Les autres options qui ont été prises lors de l'établissement des tableaux de
dimensionnement sont également identifiées. Elles concernent les dimensions des cordons
de soudures et des boulons dans les assemblages par platine d'extrémité et par cornières de
semelles.
Enfin, les longueurs de référence de classification des assemblages (cf Annexe A de ce
cours) sont spécifiées.

2 Contraintes exercées dans la semelle et le panneau


d'âme de poteau

2.1 Coefficient b
La déformation du panneau d'âme de poteau résulte de l'effort tranchant réel qu'il subit.
Cet effort tranchant (Vwp) est surtout l'effort tranchant local provoqué par les forces
d'introduction des efforts (F), mais, en outre, il existe une contribution des efforts
tranchants du poteau au-dessus et au-dessous de l'assemblage (Figure 1.a). Pour le calcul,
on l'obtient en multipliant la force F par le coefficient b (Figure 1.b). (Ce coefficient est
appelé paramètre de transformation dans l’Annexe J (révisée) où une expression est
donnée pour l’obtenir à partir des moments dans les assemblages)
Strictement parlant, des valeurs précises de b, pouvant affecter tant la résistance que la
rigidité du panneau d'âme, ne peuvent être obtenues que par itération. Toutefois, en
utilisant les valeurs sûres données dans le Tableau 1, il n'y a normalement nul besoin de
recourir à une telle procédure itérative, qui impliquerait une nouvelle analyse de la
structure avec des valeurs b corrigées.
Le choix des valeurs b dans le Tableau 1 est basé, pour les configurations d'assemblages
bilatéraux (poutres sur les deux côtés du poteau), sur l'importance relative des moments
gauche et droit agissant dans les poutres assemblées. Habituellement, ces informations
sont inconnues dans une première étape de calcul - sauf dans des situations de chargement
et de géométrie particulières – ce qui empêche le concepteur de choisir une valeur plus
exacte de b. Pour surmonter cette difficulté, les directives suivantes sont suggérées:
On peut utiliser la valeur b = 1 dans une première étape. En fait, les tableaux de
dimensionnement ont été élaborées pour b = 1.

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 wp
Vwp M=F.h Vwp F
1
V V
wp V wp   .F wp wp

F
2

(a) Définitions (b) valeurs de b

Figure 1: Effort tranchant exercé dans un panneau d'âme de


poteau

Une fois que l'analyse globale a été effectuée en prenant dûment en compte la semi-
rigidité éventuelle des assemblages, le concepteur doit normalement vérifier si l'hypothèse
qui a été prise (b = 1) est satisfaisante et s'il est nécessaire ou utile d'actualiser le calcul de
l'assemblage et/ou l'analyse globale. Dans ce processus, il convient de reconnaître que:
· Si la nouvelle valeur de b à choisir est égale à 0, les résultats obtenus par la
première analyse avec b = 1 présentent toute sécurité. Ils peuvent donc être
adoptés tels quels, ou, si l'on préfère, les fiches de calcul peuvent être
utilisées pour obtenir des caractéristiques plus appropriées pour
l'assemblage en vue d'une seconde analyse de la structure.
· Si la nouvelle valeur de b à choisir est égale à 2, les résultats obtenus par la
première analyse avec b = 1 ne sont pas sûrs et il convient que le concepteur
effectue une nouvelle analyse basée sur des caractéristiques d'assemblage plus
appropriées obtenues par l'utilisation des fiches de calcul avec b = 2.
Heureusement, de telles situations peuvent être considérées comme des cas
exceptionnels rarement rencontrés en pratique.

Si, ou lorsque, une seconde analyse est effectuée, il convient de profiter de l'occasion pour
également procéder à toute modifications pouvant apparaître nécessaires en ce qui
concerne le choix des sections et/ou des assemblages.

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Configuration et chargement Valeur proposée pour 

 1

M1  M 2
Si
1   2  0

M1  M 2
Si
1   2  1
M1  M 2
Si
1   2  2

M 1 ou M 2  0
Si
1   2  1

Tableau 1: Valeurs recommandées pour b

2.2 Coefficient kwc


Le coefficient kwc prend en compte l'effet défavorable des contraintes longitudinales
agissant sur l'âme (en raison de la force normale et du moment fléchissant exercés dans le
poteau) sur la résistance de calcul locale de l'âme de poteau comprimée (stabilité locale).
Le coefficient kwc est donné de la façon suivante :
 n , wc
k wc  (1,25  0,5 )  1,0 (1)
f ywc
où fywc représente la limite d'élasticité de l’acier de l'âme de poteau et sn,wc la contrainte
maximale de compression longitudinale (effort normal et moment fléchissant) exercée
dans l'âme de poteau à la racine du rayon en un point situé juste à l'extérieur de
l'assemblage (Figure 2.b). Sa valeur est tracée dans la Figure 2.a.
La valeur de kwc est comprise entre 1,0 et 0,75 (cas le plus défavorable). Cependant, pour
le calcul, l'utilisation d'une valeur de 1,0 pour le calcul est habituellement sûre, comme
dans la plupart des situations:
sn,wc < 0,5 fywc.

Les tableaux de dimensionnement ont été établies avec k wc = 1,0.


Une fois que l'analyse d'ossature globale est achevée, il est essentiel que le concepteur
vérifie que l'hypothèse prise sur la condition de contraintes du poteau est bien respectée.
Si la valeur de k wc s'avère inférieure à l'unité, le concepteur devra utiliser les fiches de

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calcul pour vérifier la résistance de l'assemblage – (en vérifiant simplement la résistance
de l'âme de poteau en compression). La rigidité de l'assemblage ne sera pas affectée.

kwc

n,wc ZONE
COMPRIMEE
0,5 f f ywc
ywc

(a) Coefficient de réduction kwc (b) Emplacement de sn,wc

Figure 2: Valeurs du coefficient kwc et point où sn,wc est


calculée

2.3 Coefficient kfc


Le coefficient kfc prend en compte l'effet défavorable des contraintes longitudinales
agissant dans la semelle (en raison de la force normale et du moment fléchissant exercés
dans le poteau) sur la résistance locale de la semelle de poteau fléchie.
Le coefficient kfc est donné de la façon suivante:
k fc  1,0 si sn,fc £ 180 N/mm2 (2.a)

2 f yfc  180   n , fc
k fc  si s 2 (2.b)
2 f yfc  360 n,fc > 180 N/mm
où fyfc est la limite d'élasticité de l’acier de la semelle de poteau et sn,fc la contrainte
maximale de compression longitudinale (force axiale et moment fléchissant) exercée au
centre de gravité de la semelle de poteau. Dans les expressions (2), les valeurs de fyfc et
sn,fc doivent être exprimées en N/mm 2.
La valeur de kfc est comprise entre 1,0 et 0,5 (cas le plus défavorable). Cependant, pour le
calcul, l'utilisation d'une valeur de 1,0 pour le calcul est habituellement sûre, comme dans
la plupart des situations:
sn,fc < 0,5 fyfc.
Les tableaux de dimensionnement ont été établies avec k fc = 1,0.
Une fois que l'analyse d'ossature globale est achevée, il est essentiel que le concepteur

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vérifie que l'hypothèse prise sur la condition de contraintes du poteau est bien respectée.
Si la valeur de kfc s'avère inférieure à l'unité, le concepteur devra utiliser les fiches de
calcul pour vérifier la résistance de l'assemblage – (en réévaluant simplement la
résistance de l'âme de poteau comprimée). La rigidité de l'assemblage ne sera pas
affectée.

3 Considérations de calcul supplémentaires et options


prises pour les tableaux de dimensionnement
Un certain nombre d'autres choix ont été faits lors de l'établissement des tableaux de
dimensionnement, et tous ces choix ont un impact sur le calcul des assemblages. Ils
concernent les sujets suivants :
· la dimension des cordons de soudures entre la poutre et les platines d'extrémité;
· le diamètre des boulons utilisés dans les assemblages par platines d'extrémité avec
boulons extérieurs;
· la contribution des cornières d'âme aux caractéristiques globales d'un assemblage
par cornière de semelle;
· le glissement pouvant se produire dans les assemblages par cornières de semelle.
· les choix effectués pour les tableaux de dimensionnement.

3.1 Dimensions des soudures


On suppose que des soudures d'angle doubles seront utilisées pour attacher la poutre sur la
platine d'extrémité dans les assemblages par platines d'extrémité.
Les relations fondamentales pour le calcul de ces soudures sont données ci-dessous pour
les assemblages par platines avec boulons extérieurs et pour les assemblages par platines
débordantes sans boulons extérieurs (où la hauteur de platine est supérieure à la hauteur de
poutre). Les deux approches suivantes peuvent être utilisées:

Ÿ Calcul en fonction de la résistance de la poutre .

La résistance des soudures d'angle doubles entre les semelles de poutre sur la
platine d'extrémité doit être au moins égale à la résistance de calcul plastique des
semelles Nt.Rd :

N t .Rd  b f t fb f yfb /  M 0 (3)

où fyfb représente la limite d'élasticité de la semelle de poutre, tfb l'épaisseur de


semelle et bf la hauteur de poutre.

En utilisant la méthode simplifiée pour le calcul des soudures, on obtient:

2 a f b f f yw ,d  N t .Rd (4)

avec la résistance de calcul au cisaillement de la soudure définie comme :

f yw ,d  f u / 3  w Mw (5)
où af est la gorge de chacun des deux cordons de soudure et fu la résistance à la

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traction de calcul de l’acier de l'élément assemblé le plus faible (platine d'extrémité
ou semelle de poutre) .
L'expression suivante est obtenue pour la dimension de la gorge de soudure;
 3 Mw  w f yb 
af   t (6.a)
 2 M 0 f u  fb
 

Un calcul de soudure plus économique utilisant l'Annexe M de l'EC3 donne:


  f 
a f   Mw w yb t fb (6.b)
 2 M 0 f u 

Des expressions similaires peuvent être obtenues pour la dimension de la gorge des
soudures d'angle attachant la platine d'extrémité sur l’âme de la poutre.
Les valeurs des coefficients partiels de sécurité sont: gMw = 1,25 et gM0 = 1,1.
Les valeurs de  w dépendent de la résistance de l'acier fu , de la façon suivante:

w = 0,80 pour l'acier S 235


= 0,85 pour l'acier S 275
= 0,90 pour l'acier S 355
= 1,00 pour l'acier S 420
= 1,00 pour l'acier S 460

Ÿ Calcul en fonction de la résistance de l'assemblage.


L’effort de calcul dans la semelle de poutre peut être estimée en toute sécurité
comme:
FRd = MRd/ (hb -tfb) (7)
où MRd est le moment de résistance de calcul de l'assemblage, hb et tfb la hauteur
de poutre et l'épaisseur de semelle respectivement.
La résistance de calcul des cordons d’angle de soudure doit être supérieure à la
force exercée dans la semelle FRd, multipliée par un coefficient de majoration g , et
en utilisant la formule simplifiée pour la résistance des soudures on obtient:
2 a f b f f vw ,d  M Rd /( hb  t fb ) (8)

La valeur du coefficient g est (Annex J révisée de l'EC3 , article J.3.1.3(4)) :


  1,7 pour les ossatures souples et
  1,4 pour les ossatures rigides.
Cependant, on n’exigera que la résistance de calcul des cordons de soudures
n’excède la résistance plastique de calcul de la semelle, N t.Rd , donnée ci-dessus.

Il est important de noter également, étant donné que cette vérification ne prend
pas en compte le cisaillement de la poutre, que le concepteur doit s'assurer que
cette effort a été convenablement prise en compte.

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Les méthodes ci-dessus peuvent être adaptées pour le calcul des soudures d’angle des
assemblages par platines d'extrémité non débordantes sans boulons extérieurs (où la
hauteur de la platine d'extrémité est légèrement inférieure à la hauteur de poutre). Les
détails des soudures d’angle pour ce cas sont illustrés dans la Figure 3.b.

Pour les assemblages de sections de poutres de faibles et moyens dimensions (jusqu'à


environ 400mm de hauteur), une règle très simple, conforme au calcul en fonction de la
résistance des poutres attachées, consiste à utiliser une dimension de gorge de soudure a f
(figure 3.a) égale à 50 % de l'épaisseur de l’élément attaché , soit :
pour les soudures d'angle doubles sur la semelle de poutre,
a f  0 ,5t fb (9.a)
pour les soudures d'angle doubles sur l'âme de poutre,
a w  0,5t wb (9.b)

Des valeurs arrondies données par cette règle ont été adoptées dans les tableaux de
dimensionnement. Un avantage de cette solution est que, étant donné que la section
résistante des soudures est équivalente à celle de la poutre assemblée, la vérification de la
section de poutre au niveau de l'assemblage pour la combinaison de flexion, cisaillement
et charge axiale garantit également que les soudures, choisies comme indiqué ci-dessus,
sont suffisantes.

(a) Platine d'extrémité débordante (b) Platine d'extrémité non débordante

Figure 3: Soudures de semelle de poutre sur platine d'extrémité

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Pour les assemblages de dimensions plus importantes, il peut être plus économique de
dimensionner les soudures en fonction de la résistance de l'assemblage plutôt que en
fonction de la résistance de la poutre.

3.2 Diamètres des boulons


Pour les assemblages par platine d'extrémité avec boulons extérieurs, l'atteinte du moment
de résistance de calcul MRd par une redistribution plastique totale des sollicitations
exercées dans les rangées de boulons exige un minimum de ductilité des ensembles
boulons-platines. Selon l'Eurocode 3-Annex J (révisée), les exigences concernées sont les
suivantes:
d f
 1,9 yp (10.a)
tp f ub
ou
d f
 1,9 yfc (10.b)
t fc f ub
où:
d : diamètre nominal du boulon;
f yp : limite d’élasticité de calcul du matériau de la platine d'extrémité;
f yfc : limite d’élasticité de calcul de la semelle de poteau;
f ub : résistance ultime de calcul à la traction des boulons;
tp : épaisseur de la platine d'extrémité ou de l'aile de la cornière de semelle;
t fc : épaisseur de la semelle de poteau.
Les tableaux de dimensionnement satisfont les exigences ci-dessus.

3.3 Assemblages par cornières de semelles


a) Effet des cornières d’âme
Sont principalement examinés ici les assemblages réalisés avec des cornières boulonnées
pour l’attache des semelles de poutres sur les semelles de poteaux, mais sans cornières
d'âme. En fait, on peut se dispenser de cornière d'âme lorsque l'assemblage de l’attache de
la cornière de semelle inférieure suffit à transmettre l'effort tranchant de la poutre. Les
conditions suivantes doivent être satisfaites pour que cela soit valable:
 le jeu g entre l'extrémité de la poutre et la face du poteau ne doit pas être
supérieur à l'épaisseur t a de la cornière;
 la résistance au cisaillement de calcul des boulons fixant la cornière inférieure
au poteau doit être suffisante pour transmettre la totalité de l'effort tranchant
dans la poutre.
Lorsque l'effort tranchant est supérieur à la résistance des boulons fixant la cornière
inférieure, des cornières d'âme doivent être utilisées.
Certains fabricants ajoutent systématiquement un ou deux cornières d'âme pour des
questions de montage. Lorsque celles-ci sont situées près de l'axe de la poutre (à mi-
hauteur de l’âme) et sont assemblées par deux boulons au maximum (dans une file

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verticale) sur l'âme de poutre, l’effet des cornières d’âme sur les caractéristiques de
l'assemblage dans son ensemble peut être négligé. En fait, la rigidité flexionnelle et la
résistance au moment de l'assemblage ne sont pas sensiblement modifiées par la présence
des cornières d’âme de ce genre dans l’assemblage par cornières.
La résistance et la rigidité de l'assemblage s'accroissent avec l'augmentation du nombre de
boulons et de la hauteur des cornières d'âme, accroissement qui peut devenir significatif.
On peut se référer à d'autres publications en ce qui concerne la façon d'inclure leur
contribution [3].

b) Effet de glissement dans l'assemblage.


La tolérance entre les diamètres de boulons et de trous peut permettre un certain
glissement entre les cornières et les éléments auxquels elles sont attachées. Les
mouvements entre les cornières et les semelles de poutre en particulier provoquent une
rotation des extrémités de poutre par rapport aux poteaux. En réalité, on peut prévoir que
la totalité de ce glissement se produit progressivement au cours du processus de montage.
C'est pourquoi on suppose en général que son effet sur le comportement global de la
structure est négligeable.
Lorsqu'aucun glissement n'est autorisé, on doit utiliser des boulons précontraints et le
calcul doit être conforme aux spécifications concernant les assemblages résistant au
glissement données dans l'Eurocode  3-Annexe J (révisée). Cette exigence peut exister, par
exemple, lorsqu'on doit prévoir un renversement du sens des moments dans un
assemblage.

3.4 Choix pour les tableaux de dimensionnement


Les tableaux de dimensionnement ont été élaborées pour une large gamme de
combinaisons de sections laminées courantes en acier S235. Des tableaux distinctes ont
été préparés pour les assemblages réalisés avec des boulons de classe 8.8 et pour ceux
réalisés avec des boulons de la classe 10.9. Les épaisseurs de platines d'extrémité ont été
choisies pour obtenir des assemblages couvrant un domaine large de comportement semi-
rigide.
Les tableaux peuvent évidemment être étendues pour couvrir une gamme plus large
d'assemblages et, en particulier, ceux faits des sections en acier de résistance plus élevée.
Les informations suivantes résument le domaine des cas couverts, où chaque cas est
constitué d'une combinaison de sections tirées du tableau approprié:
A. Assemblages poutre-poteau par platine d'extrémité: 364 cas pour chacun des éléments
suivants:
Platine d'extrémité avec boulons extérieurs en boulons cl. 8.8,
Platine d'extrémité avec boulons extérieurs en boulons cl. 10.9,
Platine d'extrémité sans boulons extérieurs, débordante, en boulons cl. 8.8,
Platine d'extrémité sans boulons extérieurs, débordante, en boulons cl. 10.9,
Platine d'extrémité sans boulons extérieurs, non débordante, en boulons cl. 8.8,
Platine d'extrémité sans boulons extérieurs, non débordante, en boulons cl. 10.9.

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ELEMENT PROFIL DIMENSIONS


POTEAU HEB 140 à 600
POUTRE IPE 220 à 600
PLATINE EPAISSEURS 15,20,25mm
BOULON DIAMETRES M16,M20,M24,M27

B. Assemblages poutre-poutre par platine d'extrémité: 36 cas pour chacun des éléments
suivants:
Platine d'extrémité sans boulons extérieurs, débordante, en boulons cl. 8.8,
Platine d'extrémité sans boulons extérieurs, débordante, en boulons cl. 10.9,
Platine d'extrémité sans boulons extérieurs, non débordante, en boulons cl. 8.8,
Platine d'extrémité sans boulons extérieurs, non débordante, en boulons cl. 10.9.

ELEMENT PROFIL DIMENSIONS


POUTRE IPE 160 à 600
E
PLATINE EPAISSEURS 15,20,25mm
BOULON DIAMETRES M16,M20,M24,M27

C. Assemblages poutre-poteau par cornières de semelle: 310 cas pour chacun des éléments
suivants:
Cornières avec boulons de cl. 8.8,
Cornières avec boulons de cl. 10.9.

ELEMENT PROFIL DIMENSIONS


POTEAU HEB 140 à 600
POUTRE IPE 220 à 600
TASSEAU CORN. INEGALES 130x65x72 à 200x100x16
BOULON DIAMETRES M16,M20,M24,M27

4 Résistance au cisaillement
Dans le cas d'assemblages par platines d'extrémité boulonnées, la totalité de l'effort
tranchant de la poutre doit être supporté indépendamment à la fois par:
Ÿ les soudures entre la platine d'extrémité et la poutre,
Ÿ et les rangées de boulons.
Lorsque l'on utilise des boulons non précontraints, l'effort tranchant de calcul transmis par
les boulons entre la platine d'extrémité et la semelle de poteau ne doit normalement pas
être supérieur à la somme de :
a. la résistance au cisaillement de calcul totale des boulons situés dans les files dont la

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résistance à la traction n'est pas exigée;
b. 30 % de la résistance au cisaillement de calcul totale des boulons situés dans les
rangées dont la résistance à la traction est aussi exigée.
Il convient de se reporter à la Section 3.3 ci-dessus pour de plus amples informations sur
les assemblages par cornières.

5 Longueur de référence pour la classification de rigidité


Pour les ossatures de bâtiments typiques, par exemple celles illustrées dans la Figure 4 , la
longueur Lb est définie comme la longueur d'une travée. On suppose que les assemblages
poutre-poteau aux extrémités de la poutre ont des caractéristiques d'assemblage (rigidité et
résistance) similaires .

Figure 4: Définition de Lb pour les ossatures de bâtiments

Les longueurs de référence des poutres pour la classification des assemblages, Lb.b et Lb.u
pour les ossatures contreventées et non contreventées respectivement, sont exprimées de la
façon suivante, les définitions étant celles de l'Annexe du présent Chapitre:
Ÿ Dans les ossatures contreventées
 Lb.b.1 = 8 EIb / Sj,ini
pour la limite entre rigide et semi-rigide;
 Lb.b.2 = 0,5 EIb / Sj,ini
pour la limite entre semi-rigide et articulé.
Ÿ Dans les ossatures non contreventées
 Lb.u.1 = 25 EIb / Sj,ini
pour la limite entre rigide et semi-rigide;
 Lb.u.2 = 0,5 EIb / Sj,ini
pour la limite entre semi-rigide et articulé.

Pour les assemblages de continuité de poutres, aucune distinction n'est faite entre les
ossatures contreventées et non contreventées et une valeur unique de la référence (Lb) est
donnée :
 Lb.1 = 25 EIb / Sj,ini

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transmettant des moments
pour la limite entre ‘rigide’ et ‘semi-rigide’;
 Lb.2 = 0,5 EIb / Sj,ini
pour la limite entre ‘semi-rigide’ et ‘articulé’.
La longueur de travée réelle Lb doit être comparée avec ces longueurs de référence afin de
déterminer si l'assemblage doit être considéré comme articulé, semi-rigide ou rigide dans
l'analyse globale.
Lorsque les tableaux de dimensionnement sont utilisées, les informations données au
concepteur dans la colonne intitulée "Longueur de référence" sont en général les
suivantes:
Ÿ Lettre R : Signifie que l'assemblage peut être considéré comme rigide dans la
totalité de la plage de longueurs pratiques de travées dans laquelle on prévoit
d'utiliser la poutre en question. Les longueurs de référence se situent hors de cette
plage pratique usuelle définie ainsi:
longueur minimale de travée : plus grande des deux valeurs 5.hb ou 2,5 mètres;
longueur maximale de travée : 40.hb
où hb représente la hauteur de la poutre (en mètres).
Ÿ Nombre suivi de la lettre R : Le nombre est la longueur de référence en mètres et
l'étiquette R signifie que la longueur de référence constitue la limite entre les
classifications en assemblages ‘semi-rigide’ et ‘rigide’. Pour les travées de poutres
supérieures à la longueur de référence, l'assemblage peut être considéré comme
rigide, tandis que pour les travées inférieures à la longueur de référence il doit
être considéré comme semi-rigide.
Ÿ Lettre S : Signifie que l'assemblage doit être considéré comme semi-rigide dans la
totalité de la plage de longueurs pratiques dans laquelle on prévoit d'utiliser la
poutre en question. Les longueurs de référence se situent hors de cette plage.
Ÿ Nombre suivi de la lettre P: Le nombre est la longueur de référence en mètres et
l'étiquette P signifie que la longueur de référence constitue la limite entre les
classifications en assemblages ‘articulé’ et ‘semi-rigide’. Pour les travées de
poutres supérieures à la longueur de référence, l'assemblage doit être considéré
comme semi-rigide, tandis que pour les travées inférieures à la longueur de
référence il peut être considéré comme articulé.
Exemple :
Examinons le cas d'un assemblage comportant un assemblage par platine d'extrémité avec
boulons extérieurs ; boulons HR10.9, M16, poteau HEB240, poutre IPE220.
Si l'assemblage est utilisé dans une ossature non contreventée : Lbu = 2,7m
Si Lb ³ 2,7m : l'assemblage peut être considéré comme rigide.
Si Lb < 2,7m : l'assemblage peut être considéré comme semi-rigide.
Si l'assemblage est utilisé dans une ossature contreventée: Lbb = 8,6m
Si Lb ³ 8,6m : l'assemblage peut être considéré comme rigide.
Si Lb < 8,6m : l'assemblage peut être considéré comme semi-rigide.

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transmettant des moments
ANNEXE A : Classification de rigidité des
assemblages - Concept de
"Longueur de référence"

D'une manière générale, la classification de rigidité des assemblages constitue un moyen


pour obtenir une indication de l'importance du comportement en rotation (la réponse
flexionnelle) de l'assemblage sur le comportement global de la structure et, en particulier,
de son effet sur les efforts agissant sur les assemblages. Plus spécifiquement, elle donne
un moyen d'indiquer si l'hypothèse selon laquelle un assemblage donné est "articulé" ou
"rigide" pour l'analyse d'ossature globale est justifiée ou non. Lorsqu'on l'utilise ainsi, la
vérification de classification des assemblages peut constituer une alternative à la
modélisation des assemblages de la structure. Lorsqu'un assemblage choisi se trouve
classifié comme "semi-rigide", alors que l'analyse l'avait supposé "rigide", on a le choix
entre deux procédures d'action corrective. La première consisterait à modifier le calcul de
l'assemblage de sorte à le rendre suffisamment rigide pour permettre de le classifier
comme "rigide", et la seconde (approche plus précise) consisterait à ré-analyser la
structure, en prenant en compte cette fois la modélisation du comportement de
l'assemblage dans le modèle structural.
Afin de savoir si un assemblage peut être classifié comme "rigide", "semi -rigide" ou
"articulé", on utilise le concept de "longueur de référence" de poutre, qui est expliqué dans
la Figure A.1 pour une poutre avec des assemblages d'extrémité.

Charge uniforme: p

M O  pL2b / 12(totalement fixe)


O  pL3b / 24 EI b ( parfaitement articulé)

(a) Assemblages d'extrémité différents (b) Assemblages d'extrémité


identiques

Figure A.1: Poutre avec des assemblages d’extrémité


transmettant des moments

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transmettant des moments
Les équations générales d'équilibre ou de "Déplacement  -force" en mode rigide pour la
poutre i j (Figure A.1.a), où l'on définit les moments et rotations se produisant dans le sens
horaire comme positifs, sont les suivantes :
2 EI b
M ij  M ij  (2 i   j ) (A.1.a)
Lb
2 EI b
M ji  M ji  (2 j  i ) (A.1.b)
Lb
où M ij ,M ji : moment d'extrémité réel aux assemblages i et j respectivement
M ij ,M ji : moments d’encastrement parfait (même poutre, mêmes charges)
 i , j : rotations d'extrémité de poutre réelles.
E: module d'élasticité pour l'acier
Ib , Lb : moment d'inertie de flexion et travée de poutre respectivement.
Pour des conditions d'assemblage identiques aux extrémités de poutre (Figure A.1.b), les
expressions suivantes sont valables:
M ij   M ji  M 0 (A.2.a)
M ij   M ji  M 1 (A.2.b)
 i   j   1 (A.2.c)
Sj,i = Sj,j = Sj (A.2.d)
Fj,i = -Fj,j = Fj (A.2.e)
Mj,i = -Mj,j = Mj (A.2.f)
L'équation (A.1) devient alors :
2 EI b
M1  M0  1 (A.3)
Lb
L'équation d'équilibre du ressort, dont la rigidité est S j , donne:
Mj = Sj Fj (A.4)
La compatibilité des rotations et de l'équilibre des moments au niveau de l'interface entre
ressort et poutre exige que:
Fj = F1 (A.5.a)

M 1  S j 1  0 (A.5.b)

Après substitution dans l'expression (A.3) de F1 tiré de (A.5.a et A.5.b), on obtient


l'équation suivante pour l'extrémité gauche d'une poutre uniformément chargée:
 
pL2b  Sj 
M1   .  (A.6)
12  S  2 EI b 
 j Lb 

L'équation (A.5) démontre l'influence de la rigidité d'assemblage sur le moment


d'extrémité réel. Pour un assemblage possédant une rigidité très élevée par rapport à celle
de la poutre, la poutre se comporte presque comme si elle avait des extrémités encastrées.
Lorsque la rigidité d'assemblage est très faible par rapport à celle de la poutre, la poutre se

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comporte presque comme si elle avait des extrémités articulées. La façon dont la poutre se
comporte dépend essentiellement des rigidités relatives de l'assemblage et de la poutre.
La rigidité d'une section de poutre donnée ne varie qu'en fonction de sa longueur. On peut
en déduire que, pour une section de poutre de caractéristiques Ib et Lb avec des
assemblages d'extrémité de rigidité Sj :
Ÿ lorsque Lb est relativement longue (poutre très flexible), l'assemblage tend à se

comporter comme un assemblage totalement rigide ( M 1   pL2b / 12 ),


Ÿ lorsqueLb est relativement courte (poutre très rigide), l'assemblage tend à se
comporter comme un assemblage articulé ( M 1 Þ 0).

En gardant ces observations présentes à l'esprit, on peut définir deux longueurs


caractéristiques, Lb 1 e Lb 2 :
1) Lb1 telle que :
- si Lb  Lb 1 l'assemblage peut être considéré comme rigide,
- si Lb < Lb 1 l'assemblage doit être considéré comme semi-rigide;
2) Lb 2 telle que :
- si Lb > Lb 2 l'assemblage doit être considéré comme semi rigide,
- si Lb  Lb 2 l'assemblage peut être considéré comme articulé,
où Lb 2 < Lb 1
En prenant les longueurs dans l'ordre croissant, la longueur Lb 2 représente la limite entre
les classifications "articulé" et "semi-rigide", et la longueur Lb 1 représente la limite entre
les classifications "semi-rigide" et "rigide". Leurs valeurs dépendent de la rigidité
d'assemblage et des caractéristiques de section de poutre données. Il est très important de
souligner que, conformément à l'Eurocode 3- Annexe J (révisée), la rigidité d'assemblage
à prendre en considération pour la classification de rigidité est la rigidité initiale élastique.

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