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DEVOIR N° 02

MÉDICAMENTS ET CONSOMMATION

Nous ingurgitons avec beaucoup d’entrain cachets, pilules et ampoules. Huit fois sur dix,
nous n’aurons pas le sentiment d’avoir été pris au sérieux si le médecin ne nous délivre pas une
ordonnance comportant une longue liste de spécialités dont l’aspect nous inspire confiance et
nous réconforte. De nos jours, le médicament est considéré comme un bien de consommation
courante au même titre que les macaronis ou l’essence. Il y en a, on en achète trop et on en
gaspille. Mais qu’est-ce qui nous pousse à cette consommation abusive des médicaments ?
D’abord, l’information et la vulgarisation, grâce aux mass média et à la publicité,
touchent toutes les couches sociales de la population. C’est bénéfique dans le mesure où elles
nous permettent de nous familiariser avec l’idée que se soigner est une bonne chose. C’est
moins heureux dans la mesure où elles incitent chacun à devenir son propre médecin. Ainsi
« mon cousin m’a dit …, j’ai lu que …, ma belle-sœur a été remise sur pieds par … » sont les
points de départ d’une automédication qui représente 45% des médicaments achetés sans être
prescrits par un médecin. On économise le prix d’une consultation mais on expose sa santé à des
risques parfois sérieux.
Ensuite, la pharmacie est conçue pour inviter à acheter. Entrez-y : tout reprise le bonheur,
la vie, la santé ! Les médicaments dans leurs boites colorées mettent de la gaieté sur les
rayonnages. Qui penserait à la souffrance, à la mort ? Personne. On est là en confiance. On entre
sans crainte ni hésitation avec ou sans ordonnance et ce qu’on vient acheter, dans ces boites au
nom compliqué, c’est de l’espoir autant que des médicaments.
Ce phénomène de consommation a une autre cause liée aux habitudes de notre société :
c’est le goût de la facilité, du confort et de l’immédiat. L’homme moderne, en effet, n’accepte
plus la maladie, ni la souffrance, ni le vieillesse. Pour dormir, pour se réveiller, pour se calmer,
pour se stimuler, pour avoir des enfants, pour ne pas en avoir, pour avoir bon moral, pour
affronter une difficulté l’homme ne fait plus appel à sa volonté, à son courage, il avale des
pilules.
D’après Christiane Van DEN BULCKE, (Revue "le coopérateur
de France")
QUESTIONS
I) Compréhension :
1. Une "automédication" c’est :
 Prendre des médicaments sous prescription médicale.
 Prendre des médicaments soi-même.
 Prescrire de médicaments à quelqu’un.
Choisissez la bonne réponse.
2. Relevez du texte les synonymes du verbe "ingurgiter" et de l’expression "c’est bénéfique"
3. Trouvez dans le texte le contraire du verbe "gaspiller".
4. Que nous conseille l’auteur de ne pas faire ?

II) Fonctionnement de la langue :


1. "On économise le prix d’une consultation : on expose sa santé à des risques parfois sérieux".
Quel est le rapport exprimé dans la phrase ci-dessus ?
Remplacez les (:) par l’une des expressions ci-après :
par conséquent – cependant – parce que
2. Réécrivez les deux premières phrases du texte en remplaçant "nous" par "ils".
3. Mettez à l’actif ou au passif :
 On économise le prix d’une consultation.
 45% des médicaments sont achetés sans prescription médicale.